BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 233
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
JUILLET-AOUT 1974
zoologie
157
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Hisloire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre —• Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 233, juillet-août 1974, Zoologie 157
Chétotaxie des cercaires
de Gymnophallus nereicola Rebecq et Prévôt, 1962,
et Gymnophallus fossarum Bartoli, 1965
(Trematoda Gymnophallidae)
par Josette Richard et Pierre Bartoli *
Résumé. — La répartition des cils chez les cercaires de deux espèces de Gymnophallidae
Morozov, 1955, Gymnophallus nereicola et Gymnophallus fossarum, est étudiée.
Au niveau générique, les cercaires sont caractérisées par les papilles buccales C II et C III,
acétabulaires S et postacétabulaires P. Au niveau spécifique elles sont caractérisées par les termi¬
naisons ciliaires C I, StDL, AD, A (I et II) V, A (I et II) L.
Abstract. — The distribution of cilia in two Gymnophallid cercariae Gymnophallus nereicola
and Gymnophallus fossarum is studied.
At a generic level cercariae are characterized by the oral C II and C III, acetabular S and
postacetabular P papillae. At a spécifie level they are characterized by papillae C I, StDL, AD,
A (I and II) L, A (I and II) V.
Les cycles biologiques de deux Trématodes de la famille des Gymnophallidae, Gymno¬
phallus nereicola et Gymnophallus fossarum ont été réalisés par Bartoli (1972).
Les cercaires de ces deux espèces sont morphologiquement très proches. Outre la
différence portant sur les hôtes [ Abra ovata (Philippi) pour la première et Scrobicularia
plana (Da Costa) pour la seconde], un seul caractère permet de les distinguer : la présence
chez G. nereicola de deux paires de glandes céphaliques ; elles font défaut chez G. fossarum.
Comme nous l’avons déjà démontré pour d’autres espèces (Richard, 1971), des cercaires
morphologiquement semblables peuvent avoir une chétotaxie différente. Nous allons voir
qu’il en est également ainsi chez G. nereicola et G. fossarum que nous décrivons en utilisant
la nomenclature proposée en 1971.
Description
Gymnophallus nereicola Rebecq et Prévôt, 1962
Hôte de la cercaire : Ahra ovata (Philippi).
* J. Richard, Laboratoire de Zoologie et d’Embryologie expérimentale, Université Louis Pasteur, 12,
rue de V Université, 67000 Strasbourg.
P. Bartoli, Laboratoire de Zoologie marine, Université de Provence, Saint-Jérôme, 13013 Marseille.
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JOSETTE RICHARD ET PIERRE BARTOLI
Fig. i. — Gymnophallus nereicola : papilles buccales C I, C II, C III. A, remarquer les deux CIL accolées
et les quatre orifices de glandes céphaliques (og) ; B, orifices et canaux excréteurs des glandes cépha¬
liques.
Lots de préparations : n° 54 A.
Lieu de récolte : lagune de Beauduc, Camargue.
1. Région céphalique (fig. 1, 2 A et 3)
Cycle C I complet, 1 C I V, 2 C I L accolées l’une à l’autre, 1 C I d 2 .
Cycle C II composé de 6 papilles (C IIj à C II 6 ). Les papilles C 11 3 à C II 6 sont groupées,
l’intervalle qui les sépare étant inférieur à celui qui sépare les papilles C Ilj-C II 2
et C II 2 -C II 3 .
Cycle C III : 3 C IIIj — 3 C 111 2 — 7 à 9 C III 3 .
A l’apex de la cercaire se trouvent les orifices de deux paires de glandes céphaliques.
De chaque côté, on observe un groupe de 7 petites papilles formant les St^ Il y a deux St D
plus ou moins distinctes des Stj ; les St DL forment deux groupes composés l’un de 2, l’autre
de 3 papilles.
2. Corps (fig. 4 et 5)
Nous devons admettre l’existence de cinq cycles antéacétabulaires, un cycle moyen et
trois cycles postacétabulaires. La disposition des terminaisons sensorielles est la suivante :
3 A I V — 3 A I L — 1 A I D disposées longitudinalement.
1 A II Y — 1AIIL — 1AIID —
Fig. 2. —• A, Gymnophallus nereicola : schéma de la région céphalique. OG : orifice des glandes céphaliques.
B, Gymnophallus fossarum : schéma de la région céphalique.
Fig. 3. — Gymnophallus nereicola : région céphalique, vue ventrale de quatre spécimens.
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848 JOSETTE RICHARD ET PIERRE BARTOLI
Fig. 4. — Gymnophallus nereicola : corps, vues ventrales (A, D), latérale (B), dorsales (C, E).
2 A III V — 1 A III L — 3 A III D —
1 A IV V —-
1 A V Y'— 3AVL — 2AVD —
2MIV —- 3 M I L — 4MID —
2PIL —■ 2 P I D —■
1 P II L — 1 P II D — 1 P III L.
3. Acétabulum (fig. 4 A et 5 A)
6 S I — 6 S II. Ces papilles sont disposées suivant un hexagone dont l’une des diago¬
nales, joignant deux pôles opposés, est perpendiculaire au plan sagittal.
4. Queue (fig. 5)
La queue porte dorsalement quatre papilles. Deux sont disposées horizontalement
CERCAIRES DE G. NEREICOLA ET G. FOSSARUM
Gymnophallus nereicola : corps entier, vues ventrale (A), dorsale (B)
au niveau du tiers postérieur du tronc caudal. Les deux autres, également dorsales, sont
situées à mi-longueur de chacun des bras de la furca.
En arrière des orifices excréteurs, à l’extrémité de chaque furca, se trouvent deux
taches argyrophiles. Il pourrait s’agir de récepteurs sensoriels, mais il ne semble pas qu’ils
soient de même nature que les autres.
Gymnophallus fossarum : papilles buccales. A, cycle C I (les CIL sont séparées)
B, cycle C II et Stj. Il n’y a pas d’orifice de glandes céphaliques.
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JOSETTE RICHARD ET PIERRE BARTOLI
Gymnophallus fossarum Bartoli, 1965
Ilote de la cercaire : Scrobicularia plana (Da Costa).
Lot de préparations : n° 61 A.
Lieu de récolte : lagune de Beauduc, Camargue.
1. Région céphalique (fig. 2 B, 6 et 8 C à E)
Cycle C I : le nombre des terminaisons sensorielles C I est identique à celui de G. nerei-
cola, mais leur disposition est différente. Les deux C I L et la C I V sont placées à égale
distance les unes des autres.
Fig. 7. — Gymnophallus fossarum : corps, vues ventrale (A), dorsale (B).
Région céphalique, vues ventrales (C, E), dorsale (D).
CERCAIRES DE G. NEREICOLA ET G. FOSSARUM
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Cycle C II : il est composé de 6 papilles (C IIj^ à C II 6 ). Les terminaisons C II 3 à C II 6
sont groupées, l’intervalle qui les sépare est inférieur à celui compris entre C II-^C II,
et C II 2 -C II 3 .
Cycle C III : 3 C 11^ — 3 C 111 2 —- 8 C III 3 . Une de ces 8 papilles, située au niveau de
C II 4 , se détache plus particulièrement de l’ensemble.
Il y a 2 St V — 7 St, — 3 + 2 St D L.
2. Corps (fig. 7 et 8)
Le groupement des terminaisons sensorielles n’étant pas le même que chez G. nerei-
cola, nous sommes contraint d’admettre chez cette espèce seulement 4 cycles antéacéta-
hulaires. Nous trouvons :
4 ou (3 + 1) A I V — 3 A I L — 2 A I D. 3 A II Y —-1 A II L — 4 A II D. Les termi¬
naisons ventrales et latérales des deux premiers cycles délimitent une figure géomé-
Fig. 8. — Gymnophallus jossarum : corps, vues dorsale (A), ventrale (B),
latéro-ventrale (D), latéro-dorsale (E). Queue, vue dorsale (C).
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JOSETTE RICHARD ET PIERRE BARTOLI
trique latérale approximativement circulaire, composée de 10 ou 11 papilles (voir
flèches, pl. 7 D et E).
1 A III V — 1 A III D — 1 A IV V — 2 A IV L — 4 A IV D — 2 M I V — 2 M I L —
2 M I D.
Les cycles postacétabulaires se composent d(! :
2PIL — 2PID —
1 P II L — 1 PHD — 1 P III L.
3. Acétabulum (fig. 8 A)
6 S I — 6 S II. Ces papilles sont disposées suivant un hexagone dont l’une des dia¬
gonales joignant deux pôles opposés est perpendiculaire au plan sagittal.
4. Queue (fig. 7 et 8)
La queue porte dorsalement 4 papilles. Deux sont placées côte à côte au niveau du tiers
postérieur du tronc caudal. Les deux autres, également dorsales, sont situées à mi-longueur
de chacun des bras de la furca. Comme chez G. nereicola (voir ci-dessus), les furcas portent
à leur extrémité deux taches argyrophiles.
Conclusion
Le nombre et la disposition des terminaisons sensorielles buccales C II, acétabulaires
S, postacétabulaires P, et caudales sont identiques chez G. nereicola et G. fossarum.
Par contre, chacune de ces espèces est caractérisée par :
— la disposition des cils du cycle CI : les deux CIL accolés chez G. nereicola sont
séparés chez G. fossarum ;
— le nombre et la disposition des papillos ventrales et latérales des deux premiers
cycles antéacétabulaires A (I et II) V et A (I et II) L ;
— le nombre et la disposition des terminaisons sensorielles dorsales St DL et A D.
La comparaison de plusieurs espèces de Microphallidae Travassos, 1920, nous a conduit
à des résultats parallèles (Richard et Prévôt, 1973). Au niveau générique et supragéné-
rique, les variations portent sur les papilles buccales C II, C III et sur les cycles postacéta¬
bulaires P. Au niveau spécifique les variations affectent essentiellement les terminaisons
antéacétabulaires A (Y, L et D).
CERCAIRES DE G. NEREICOLA ET G. FOSSARUM
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RÉFÉRENCES RIRLIOGRAPIIIQUES
Bartoli, P., 1972. — Les cycles biologiques des Gymnophallus nereicola J. Rebecq et G. Prévôt,
1962 et G. fossarum P. Bartoli, 1965, espèces jumelles parasites d’Oiseaux de rivages marins
(Trematoda, Digenea, Gymnophallidae). Annls Parasit. hum. comp., 47 : 193-223.
Richard, J., 1971. — La chétotaxie des cercaires. Valeur systématique et phylétique. Mérn. Mus.
natn. Iiist. nat., Paris, sér. A, 67 : 1-179.
Richard, J., et G. Prévôt, 1974. — Étude comparée de la répartition des cils chez quelques espèces
de Microphallidae Travassos, 1920. Z. ParasitKde, 43 : 71-88.
Manuscrit déposé le 9 octobre 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 233, juillet-août 1974,
Zoologie 157 : 845-853.
Achevé d’imprimer le 15 février 1975.
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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