BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
166
N° 242 JUILLET-AOUT 1974
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vaciion.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la i re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'IIISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 242, juillet-août 1974, Zoologie 166
Nouvelles observations sur le genre Bagatus (Crustacea Isopoda)
par Théodore Monod *
Résumé. — Essai de mise au point critique sur la systématique et la synonymie du genre
Bagatus Nobili, 1906 (Crust. Isopodes, Asellotes), avec description d’une espèce nouvelle, B. brucei
sp. nov., trouvée aux Seychelles sur le Pagure Dardanus megistos.
Abstract. — A critical survey of the systematics and synonymy of the genus Bagatus Nobili,
1906 (Crust., Isopoda, Asellota), with the description of a new species, B. brucei. sp. nov., from the
Seychelles, found on the hermit-crab Dardanus megistos.
Malgré la tentative que j’avais esquissée en 1961, il faut bien reconnaître que la systé¬
matique du genre Bagatus demeure très confuse : elle ne se verra sans doute éclaircie
qu’avec l’examen de spécimens plus nombreux (de façon, en particulier, à pouvoir mieux
connaître l’amplitude de la variabilité morphologique du P 1 (J) et appartenant à toutes
les espèces décrites, dont il faudrait évidemment pouvoir réexaminer tous les types.
Bien qu’incapable de procéder à tous les examens indispensables et par conséquent
de tenter une révision proprement dite du genre, j’ai cru utile de reprendre cependant
la question, en espérant apporter au moins de la sorte quelques éléments utiles à une future
monographie générique.
Une première difficulté réside dans le fait qu’il n’est pas exclu que des espèces appar¬
tenant au genre Bagatus n’aient pas encore été identifiées pour telles et se trouvent encore
connues sous d’autres noms de genre, par exemple Ianira, Ianiropsis, etc.
En ce qui concerne le genre Carpias Richardson, 1902, il a été réuni avec Bagatus
par Menzies et Glynn en 1968 (p. 77) et, on doit le penser, à juste titre, car on peut en
effet tenir l’extraordinaire dilatation en massue du carpe P 1 et l’allongement de cet
appendice chez Carpias comme une manifestation « terminale » d’une tendance déjà mani¬
feste chez Bagatus ; la présence de 2 dents au bord propodien interne de P 1 S chez Carpias
se retrouve d’ailleurs chez Bagatus brucei. On verra plus loin que Menzies et Glynn con¬
sidèrent même B. minutus (Richardson, 1902) comme synonyme de Carpias bermudensis
Richardson, 1902.
En 1962 cependant, Menzies croyait pouvoir opposer Carpias et Bagatus, dans une
clef, de la façon suivante (p. 70) :
4. Propod and carpus of gnathopod hugely swollen, dactyl présent. Carpias
4. Propod and carpus of gnathopod hugely swollen, dactyl lacking. Bagatus
* Laboratoire des Pêches Outre-Mer, Muséum national d'Hisloire naturelle, 43, rue Cuvier, 75005 Paris .
242, 1
1122
THÉODORE MONOD
11 eût sans doute fallu spécifier qu’il s’agissait du gnathopode mâle ; d’autre part,
le propode ne semble pas être jamais « hugely swollen » chez les Bagatus, même chez pla-
Ujdactylus, et il est souvent au contraire étroit et grêle ( stylodactylus , longidactylus, longi-
manus, etc.) ; enfin l’absence de dactyle n’est nullement la règle chez Bagatus, cet article
existant, réduit, certes, mais très net, chez stebbingi, minutus, ichthyoxenos, nanus , cross-
landi, etc. ; d’ailleurs, en 1968, Menzies et Glynn (p. 77) font figurer dans la diagnose
du genre Bagatus : « dactyl reduced », mais on eût pu ajouter « ou absent ».
Menzies me signale à ce propos (in litt., 1 -X11-1972) : 1) que la figure de Richardson
pourrait n’être pas tout à fait exacte ; 2) que « Janira minuta » ne serait en réalité qu’un
juvénile de Bagatus : « I hâve raised Janira minuta to the Carpias stage ».
Il demeure, à mon avis, surprenant qu’un P 1 comme celui de Janira minuta Richard¬
son (1902, fig. 52), ressemblant tellement à des P 1 de Bagatus indubitablement adultes
(stebbingi, serricaudus, brucei, etc.), puisse représenter simplement un état juvénile de
celui de Carpias, dont le propode est à la fois courtement claviforme et muni au bord interne
de 2 fortes dents triangulaires (celles de brucei sont à peine indiquées).
Les deux caractères principaux pouvant servir à distinguer les espèces sont d’une part
le P 1 (J, de l’autre le PI 1 ^ et il est possible que si nous les connaissions, avec le détail
nécessaire, pour toutes les espèces nominales décrites, la systématique du genre se verrait
dans une large mesure éclaircie. Malheureusement : 1) nombre d'espèces n’ont fait l’objet
que de descriptions sommaires, avec des dessins peu nombreux ou mauvais (et parfois
les deux) ; 2) le nombre de spécimens étudiés jusqu’ici reste très insuffisant pour permettre
de mesurer l’étendue de la variabilité de ces deux appendices, qu’il s’agisse de variations
individuelles ou représentant des stades successifs en rapport avec l’âge.
Ce second type de variations pourrait atteindre une amplitude surprenante s’il faut
admettre avec Menzies et Glynn (1968 : 78) que les P 1 $ de Janira minuta (Richardson,
1902, fig. 52 [pl. XXXIX] et 1905, fig. 525 c) et île Carpias bermudensis (Richardson,
1902, fig. 45 [pl. XXXIX] et 1905, fig. 505 c) appartiennent à une même espèce, Bagatus
bermudensis.
On hésitera, dans l’état actuel de la systématique du genre, entre deux tendances :
reconnaître, au moins provisoirement, la plupart des espèces décrites — sans d’ailleurs
pouvoir souvent leur assigner de caractères vraiment diagnostiques —, ou bien réduire
le nombre des espèces tenues pour « valables » en multipliant les synonymes.
A vrai dire, je pense que la première méthode reste, pour le moment, plus prudente ;
il sera toujours plus facile, en effet, au fur et à mesure du progrès des connaissances, de
réunir des espèces tenues jusque là pour distinctes, que d’extraire d’une synonymie établie
tel ou tel binom auquel on se verrait amené à restituer un jour son autonomie spécifique.
Un genre ne peut être tenu pour connu de façon satisfaisante que dans la mesure où
il est possible de construire pour ses espèces une clef dichotomique. L’établissement d’une
telle clef est-il déjà possible pour les Bagatus ?
Malgré de longs essais, j'ai dû renoncer à cette tentative, manifestement prématurée.
J’ai donc dû me limiter à une sorte de répertoire, plus ou moins critique des espèces, dans
l’espoir que ces matériaux pourront un jour faciliter la tâche de celui qui pourra enfin
s’attacher à une révision proprement dite du genre.
LE GENRE BAGATUS
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BAGATUS Nobili, 1906
Bagalus Nobili, 1906 : 267 1 (étymol. : « Nome proprio » (Nobili, 1907 : 417, note 1).
Générotype : B. stylodactylus Nobili, 1906 : 268, par antécédence textuelle (plutôt que par
« original désignation », Menzies & Glynn, 1968 : 77).
Carpias Richardson, 1902 : 294.
Générotype : C. bermudensis Richardson, 1902 : 294-295, fîg. 41 (pl. XL) et 42-45 (pl.
XXXIX), par monotypie.
Wolff (1962) cite Bagalus (gen. : p. 235, 276, 281, 292, 300 : « eulittoral-sublittoral » ;
spp. : p. 250-251, 254) et Carpias (gen. : p. 276, 281 ; sp. : p. 251).
Les espèces provisoirement acceptées peuvent sans doute se voir énumérées de la façon
suivante.
I. Pléotelson à bords denticulés
B. serricaudus (carpe P 1 $ à 3 dents)
IL Pléotelson à bords entiers
1. Carpe P 1 (J à 2 dents
B. algieola
B. faie i fer
B. ichthyoxenos
B. longidactylus
B. longimanus
B. nanus
B. parçus
B. platydactylus
B. stebbingi galloprovincialis
B. stylodactylus (1-2)
2. Carpe P 1 (J à 3 dents
B. bermudensis
B. brucei
B. minutus
B. stebbingi stebbingi (2-3)
B. serricaudus a aussi 3 dents au carpe du P 1 J.
On notera, également, que le bord interne du propode porte 1 dent basse chez B. steb¬
bingi galloprooincialis, 2 dents basses chez B. brucei, 3 fortes dents chez B. bermudensis .
1. Et non : « 1907 » (Menzies & Geynn, 1968 : 77).
1124
THEODORE MONOD
Remarquons enfin qu’il ne sera pas toujours aisé de décider si l’angle distal interne
du carpe doit ou non compter pour une « dent » : d’où les chiffres 1-2 ou 2-3 indiqués plus
haut.
Bagatus serricaudus Menzies & Glynn, 1968
1968 Bagatus serricaudus Menzies & Glynn : 12-79, fig. 43 A-D. — Porto-Rico.
Remarque. — Les bords du pléotelson sont denticulés, cas unique dans le genre (fig.
43 A, C). Quant au nom spécifique, on se fût plutôt attendu soit à serricauda, en apposition,
soit à l’adjectif accoutumé serricaudatus.
Bagatus algicola (Miller, 1941) Pillai, 1954
1941 Janira algicola Miller : 317-319, fig. 4. — Hawaii.
1954 J .[aniraJ\ algicola, Pillai : 19. — Citation.
1961 Bagatus algicola, Monod : 70. — Citation.
1962 Bagatus algicola, Wolff : 41, 250. — Citation.
1968 Janira algicola, Menzies & Glynn : 78.
Remarque. — B. algicola est-il bien distinct de B. longimanus ? Leurs P 1 ^ parais¬
sent semblables. Pillai (1954 : 19) tient B. algicola pour probablement identique à Janira
crosslandi, mais sans doute plutôt à B. stebbingi (cf. Miller, 1941, fig. 4 g) qu’à B. stylo-
dactylus ; de leur côté Menzies et Glynn (1968 : 78) considèrent Janira algicola comme
synonyme de B. stylodactylus.
Bagatus falcifer (Barnard, 1962) comb. nov.
1962 Janira falcifera Barnard : 244-245, fig. 3 (a-c). — Inhaca fsland, Delagoa Bay (Mozambique).
Remarque. — Le P 1 ^ a le carpe particulièrement étroit et allongé (fig. 3 c).
Bagatus ichthyoxenos Monod, 1961
1914 Janira minuta Yanhôffen pro parte : 528-529, fig. 56 b. — Iles du Cap Vert.
? 1949 Janira sp., Brian et Dartenelle : 93-94, fig. 8-10. — 1 ex. juv. (1,4 mm), Landana,
Congo, sur la Méduse Catostylus tagi (Haeckel).
1961 Bagatus ichthyoxenos Monod : 70-74, fig. 1-36. — Sénégal, dans le vestibule branchial d’un
Poisson [Antennarius (F owlerichthys) senegalensis Cadenat).
1962 Bagatus ichthyoxenos, Wolff : 254.
Bagatus longidactylus Nordenstam, 1946
1946 Bagatus longidactylus Nordenstam : 16-18, fig. 15-19. — Gilbert Islands.
1962 Bagatus longidactylus, Wollf : 250. — Citation.
1963 Bagatus longidactylus, Pillai : 111. — Citation.
LE GENRE BAGATUS
1125
Remarque. — Le nom spécifique n’est peut-être pas très adéquat puisque le long
article dactyloïde est en réalité le propode, et non le dactyle. J’avais souligné (1961 : 69)
la ressemblance des P 1 $ de B. longidactylus et de longimanus, en ajoutant : « n’était la
forme apparemment plus élargie de la partie proximale des PI 1 on serait tenté de consi¬
dérer les B. longimanus et longidactylus comme conspécifiques ». Pillai (1963 : 111), tout
en admettant la grande ressemblance des deux espèces, les croit l’une et l’autre valides :
« This species closely resembles B. longidactylus Nordenstam (1946) but difïers as follows.
The front border of the cephalon is not straight. The peraeon is parallel-sided and the
shape of the pleotelson is different. The antennular flagellum is eight-jointed as against
eleven-jointed in B. longidactylus ; the second antenna is only three fourths the total length
of the animal. The most important différence is the width of the peduncle of the first pleopod
of the male. In B. longimanus it is much narrower and the rami, unlike as in B. longi¬
dactylus, are conipletely fused with each other. Because of these différences I find it
dillieult to agréé with Monod (1961) that they are conspecific ». Il se peut que les deux
espèces soient en effet distinctes mais il faudra attendre, pour en être bien certain, d’avoir
pu procéder à la comparaison directe de leurs types et à des récoltes nouvelles dans des
localités intermédiaires entre Travancore et les îles Gilbert.
Bagatus longimanus Pillai, 1954
1954 Bagatus longimanus Pillai : 19.
1961 Bagatus longimanus, Monod : 69. — Citation.
1962 Bagatus longimanus, Wollf : 251. — Citation.
1963 Bagatus longimanus, Pillai : 109-111, fig. 5 A-N. — Intertidal, Quilon, Travancore.
Remarque. — Voir les notes concernant B. longidactylus.
Bagatus nanus (Stebhing, 1905) Monod, 1933
1905 Janira (?) nana Stebhing : 50, pl. XIII, fig. C. — 1 Ceylon.
1910a J .[anira] nana, Stf.bbing : 109, 110. — Correction à la description princeps.
1933 Bagatus nanus, Monod : 169-170. —- Citation.
1946 Bagatus nanus, Nordenstam : 18. — Citation.
1954 .7. [anira] nana, Pillai : 19. — Citation.
1961 Bagatus nanus, Monod : 69-70. — Citation.
1962 Bagatus nanus, Wolff : 251. — Citation.
1968 Janira nana, Menzies & Gi.ynn : 78.
Remarque. — Considéré par Menzies et Glynn (1968 : 78) comme « probably » un
synonyme de B. stylodactylus.
Bagatus parvus (Omer-Cooper, 1921) Wolff, 1962
1921 Janiropsis Par va Omer-Cooper : 80-82, fig. 1-7. — Fanning Island (3°51'23"N-159°21'50"W).
1962 Bagatus parva [sic] Wolff : 251. — Citation.
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THÉODORE MONOD
Remarque. — IJ ne semble nullement exclu que cette espèce et B. longimanus soient
synonymes ; il n’est pas douteux que longidactylus, longimanus et parvus sont extrêmement
proches et qu’une comparaison détaillée de spécimens (et pas seulement de dessins) serait
nécessaire pour en définir le statut. Omer-Cooper signale (p. 79) que l’espèce tient à la
fois de Janiropsis et de Carpias et décrit (p. 81), subapicale interne sur l’épipodite du Mxp,
« a seta of peculiar structure, possibly sensory in function. This seta is attenuated and
flexible, and carries a number of minute transparent larnellae, projecting from it like leaves
upon a twig ».
Bagatus platydactylus Nobili, 1906
1916 Bagatus platydactylus Nobili : 268. —• Rikitea, Polynésie.
1907 Bagatus platydactylus, Nobili : 418-419, fig. 6 + 6 a-b (pl. III). —• 1 + carpe du P 1 + « con
due denti subapicali di forma diversa, il primo piu corto ed ottuso, il secondo triangolare,
acuto e piu longo », Pl 1 £ « coll’ estremita irregolare e cigliata » (p. 419).
1933 Bagatus platydactylus, Monod : 170. — Citation.
1933 Bagatus curvidactylus Monod : 169. — Nomen nudum, laps. cal. pro : platydactylus, cf. Wolff,
1962, note 2 : 251.
1962 Bagatus platydactylus, Wolff : 251.
Bagatus stebbingi Monod, 1933
1910a Janira Crosslandi, Stebbing : 108-110, pl. 6 (fig. A). — Egmont, îles Seychelles.
1914 Janira minuta, Vanhôffen, pro parte : 528, fig. 56 a. — Parages des Açores (Sargasses).
1931 Janira Crosslandi, Monod : 408-410, fig. 5 (1-2), 6 (1-5), 7 (1-7), 8 (1-5) et 9 (1-3). — Côtes
de Syrie.
1933 Bagatus Stebbingi Monod : 170, fig. 170 (1-5).
1946 Bagatus minutus, Nordenstam : 15. — Citation.
1950 Bagatus Stebbingi, Amar : 36, 40, 41. — Citation.
1950 Bagatus Stebbingi var. galloprovincialis Amar : 36-41 [16] fig. —- 3 ex., Calanque d’En-Vau,
région de Marseille, paroi rocheuse au-dessous du trottoir à Tenarea.
1961 Bagatus stebbingi, Monod : 69.
1961 Bagatus stebbingi var. galloprovincialis , Monod : 69.
1962 Bagatus stebbingi stebbingi, Wolff : 215. — Citation.
1962 Bagatus stabbingi galloprovincialis, Wolff : 251.
Bagatus stylodactylus Nobili, 1906
1906 Bagatus stylodactylus Nobili : 268. — P 1 $ avec « deux fortes dents triangulaires ». — Man-
gareva, Polynésie.
1907 Bagatus stylodactylus, Nobili : 418, fig. 11-11 a (pl. II). — 1 $ et « une supposta femina »
(p. 418), Pl 1 $ « termina con una estremita troncata obliquamente ail’ interno e irregolar-
mente denticulata » ( ibid.).
1910 Janira Crosslandi Stebbing : 225-226, pl. 22 (fig. A). — Mer Rouge.
1933 Bagatus stylodactylus, Monod : 169, 170, fig. 69 : P 1 <?, 70 (1) : Pl 1 + 70 (2) : Ur. — Golfe
de Suez.
1946 Bagatus stylodactylus, Nordenstam : 15-16, fig. 12 : Mxp, 13 : Pl 1 <+ 14 : Op. Ç. — Gilbert
Islands.
1950 Bagatus stylodactylus, Amar : 36, 41. — Citation.
LE GENRE BAGATUS
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1954 J .[unira ] crosslandi, Pillai : 19. — Citation.
1962 Bagatus stylodactylus , Wolff : 251, 289. —- Citation.
1968 Bagatus stylodactylus, Menzies & Glynn : 77-78, fig. 40 A-F et 41 A-G. —- Porto-Rico.
Bagatus bermudensis (Richardson, 1902) Menzies & Glynn, 1968
1902 Carpias bermudensis Richardson : 294-295, fig. 41 (pl. XL) et 42-45 (pl. XXXIX [41 : vue
d’ensemble, 42 : Md, 42 a : Mxp, 42 b : Mx 1, 42 c : Mx 2, 43 : Pl 1 <J, 43 a : Pl 2 d 1 , 44 : Op. Ç,
45 : P 1 (JJ.
1905 Carpias bermudensis, Richardson : 452-454, fig. 505 ( a-f ) et 506 ( a-c ).
1921 Carpias bermudensis, Omer-Cooper : 82. — Citation.
1962 Carpias bermudensis, Wolff : 45, 251 (« in Carpias bermudensis... the mandible seems to
lie totaily without molar process according to fig. 505 a but Miss Richardson does not mention
this feature in her description » : il n’y a aucune raison de penser que ce Bagatus puisse être,
à cet égard, différent des autres qui, partout où la Md est connue, possèdent une pars molaris
développée).
Remarque. — Menzies et Glynn (1968) ont figuré un P 1 « $ » (= $) (fig. 42 C), qui
porte 3 fortes dents au bord distal du carpe ; le propode porte « one obtuse tooth on inferior
margin changing to two teeth in fully mature male » (p. 78) ; l’extrémité distale des Pl 1
« witfi swollen, medially recurved tips » (ibid.).
Sur l’identité possible de Janira minuta et de Carpias bermudensis voir plus haut,
p. 1122 et plus bas, p. 1127.
Bagatus minutus (Richardson, 1902) Nordenstam, 1946
1902 Janira minuta Richardson : 297, fig. 50-52 (pl. XXXIX). — Castle Harbour, Bermudes.
1905 Janira minuta, Richardson : 471-472, fig. 525 a-c.
1910 Janira minuta, Stebbing : 109-110. — Citation.
1921 Janira minuta, Omer-Cooper : 79, 80. — Citation.
1941 Janira minuta, Miller : 319. — Citation.
1946 Bagatus minutus [incl. B. Stebbingi], Nordenstam : 15. — Citation.
1961 Bagatus minutus, Monod : 69. — Citation.
1961 Bagatus minutus, Wolff : 251. —- Citation (cf. p. 41).
1968 Bagatus bermudensis [pro parte ?], Menzies & Glynn : 78-79, fig. 42 A-D.
1969 Janira minuta, Schultz : 258, fig. 405 (a-b) (d’après Richardson). — Citation.
Remarque. — On a vu (p. 1122 et 1127) que Janira minuta et Carpias bermudensis
ont été parfois considérés comme synonymes, la première représentant un stade jeune du
second.
Si les conclusions de Menzies devaient se voir confirmées — et l’identité de prove¬
nance des deux espèces serait un argument supplémentaire en leur faveur — les références
à Janira minuta seraient à ajouter à la synonymie de Carpias bermudensis.
Il est au moins singulier que le P 1 $ décrit et figuré par Menzies et Glynn ressemble
si peu à celui du Carpias bermudensis de Richardson : la figure 42 C ne représenterait-elle
pas le P 1 d’un mâle entièrement adulte, encore en deçà d’un « stade Carpias » ?
Enfin, Richardson signale avoir examiné « a number of specimens, both males and
females » de son Janira minuta, apparemment sans avoir découvert, dans ce matériel,
de « stade Carpias ».
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THÉODORE MONOD
Bagatus brucei nov. sp. 1
(Fig. 1-31)
Matériel. — 51 ex. Ç, juv.1, R.V. « Maniking », Cr. 386, station 38, 20 février
1972, Curieuse Bay, Praslin, Seychelles, 2 fathonis (3,2 in), sur le corps d’un grand Pagure,
Fig. 1-7. — Bagatus brucei nov. sp. :
1, d; 2, région céphalique, $ ; 3, Mxp ; 4, clypeus ; 5, labium ; 6, opercule, $ ; 7, PI 2 d-
1. L’espèce est dédiée à son récolteur, le Dr A. J. Bruce, qui a bien voulu m’en confier l’étude.
LE GENRE BAGATUS
1129
Dardanus megislos (Herbst) installé dans une coquille de Conus et pris en compagnie de
la crevette Aretopsis amabilis de Man, 1910. — Syntypes : Mus. natn. hist. nat., Brit.
Mus. (N.H.), Nat. Mus. (Nairobi), East Afr. Mar. Fish. Res. Org., collection (Zanzibar).
Description
Corps (fig. 1) modérément allongé, à bords sensiblement parallèles, environ trois fois
et demie plus long que large, à bords latéraux sétigères.
Céphalon (fig. 1-2) environ une fois et demie plus large que long, à bords latéraux for¬
tement convexes, à bord frontal sensiblement transverse, à très légère convexité antérieure
entre les antennules.
Yeux (fig. 1-2) de petite taille, un peu crescentiformes, la partie pigmentée située à
une certaine distance (sur le matériel en alcool !) des bords céphaliques latéraux.
Péréionites (fig. 1) libres à bords latéraux un peu échancrés (1-2), sinueux (3-4) on
arrondis (5-7), légèrement concaves vers l’avant (1-2), transverses (3-5) ou concaves vers
l’arrière (6-7) ; des soies raides aux bords latéraux ; coxa des P 1-4 partiellement visibles
en vue dorsale.
Pléon (fig. 1) sensiblement aussi long que large, de forme « urcéolée », assez fortement
immergé dans le dernier somite péréial, rétréci au bord proximal, largement arrondi, à
bords latéraux fortement convexes, à extrémité arrondie, très faiblement rétrécie ; bords
sétigères.
Antennules (fig. 2, 8) : article pédonculaire 1 à bords convexes, à peu près égal à la somme
2 -f- 3 ; ceux-ci sensiblement de même longueur, mais le 3 plus étroit ; flagellum environ
8-articulé, avec lanière sensorielle à partir du 4 e article.
Antennes (fig. 9) : presque aussi longues que le corps dont elles font les 3/4 ou même
les 7/8 ; écaille bien développée ; flagelle avec environ 45-55 articles.
Clypeus (fig. 4) semi-circulaire, pileux-tomenteux au bord distal.
Mandibule (fig. 16-18) : pars incisiva 5-7 dentée, lacinia nobilis présente, pectinée
(Md gauche), spine-row à 6-10 soies, pars molaris à profil tronqué, voire légèrement concave ;
palpe à article 3 peu arqué, relativement étroit, avec une rangée de soies courtes dans sa
moitié distale.
Maxillule (fig. 10) : lobe externe avec une dizaine d’épines pectinées, lobe interne avec
4 soies distales principales.
Maxille (fig. 19) : lobes externes étroits, avec un petit nombre de soies apicales ; lobe
interne avec une dizaine de soies-épines.
Labium (fig. 5) : lobes latéralement convexes, à sommités rétrécis-arrondis, sétigères.
Maxillipèdes (fig. 3) : basis (avec l’endite) à peu près égal en longueur au palpe, avec
une rangée de courtes épines au sommet, tronqué, de l’endite et 2 rétinacles ; palpe à arti¬
cles 1-3 dilatés, 4-5 cylindroïdes, le 5 e moitié moins long que le 4 e ; épipode avec un angle
externe saillant déterminant un secteur un peu concave du bord externe, comme chez de
nombreux Asellotes.
Pérciopode 1 çj (fig. 20 et 24-27) : basis, ischium, mérus claviformes, à base rétrécie
et partie distale dilatée ; mérus à angle distal-externe étiré, pointu ; carpe de contour géné¬
ral triangulaire à « sommet » proximal et « base » distale, cette dernière région portant :
une très forte dent aiguë, un peu arquée et constituant l’angle distal-interne de l’article —
1130
THÉODORE MONOD
Fig. 8-15. — Bagatus brucei nov. sp. : 8, A 1 ; 9, A 2, région proximale ;
10, Mx 1; 11, P 1, 12, P 5, (J; 13, P 6, $ ; 14, P 7, $ ; 15, P 7, <?, dactyle.
un profond sinus en U ou en V (à angle inférieur arrondi) —, une deuxième dent aiguë un
peu incurvée, moins forte que la première — un second sinus moins profond et plus aigu
que le premier —, une troisième dent moins saillante et moins aiguë que les autres, plus
ou moins saillante et située juste à côté de la base (côté interne) du propode ; celui-ci, un
peu plus court que le carpe, est légèrement claviforme, à extrémité distale arrondie et porte
LE GENRE BAGATUS
1131
Fig. 16-23. — Bagatus brucei nov. sp. : 16, Md, droite ; 17, id., gauche ; 18, id ., droite ;
19, Mx 2; 20, P 1, cJ, articulation propodo-dactylienne ; 21, PI 1, £ ; 22, id., 23, uropode, $.
à son bord interne 2 dents coniques peu saillantes ; dactyle (fig. 27) tiès petit, étroit, avec
2 grilles, dont l’inférieure est élargie en lame de scalpel.
Péréiopode 1 Ç (fig. 11) : carpe ovalaire, sétigère sur son bord interne ; propode étroit
à peu près aussi long que le carpe ; dactyle environ 4 fois plus court que le propode, avec
2 griffes inégales et une soie terminale.
1132
THÉODORE MONOD
Péréiopodes ambulatoires (2-7) (fig. 1, 12-14, 28-31) avec un mérus à angle distal-externe
plus ou moins prononcé, une rangée d’épines au bord ventral du carpe et du propode, un
dactyle court (environ 3 fois dans le propode) terminé (fig. 15 et 30) par 2 griffes courbes
(la ventrale aplatie, en scalpel, la dorsale cylindrique), un sétule dorsal, et une soie-épine
insérée un peu en retrait de la griffe-scalpel.
Pléopode 1 (fig. 21-22) environ 2 fois plus long que large, à plaques latérales termi-
Fig. 24-31. — Bagatus brucei nov. sp. :
24-27, PI, d ; 28, P 2, ; 29, P 3, 3; 30, id., dactyle ; 31, P 4, <J.
LE GENRE BAGATUS
1133
nées en bec sinueux, avec une pointe aiguë externe et un lobe interne arrondi, séparé de
celle-ci par un sinus régulièrement incurvé et peu profond ; des soies sur la pointe étirée
externe et un groupe de soies en bouquet inséré du côté interne, proximalement au lobe
interne.
Pléopode 2 $ (fig. 7) avec l’appendice copulateur grêle, sinueux, ne dépassant pas
l’extrémité du sympode.
Opercule $ (fig. 6) très légèrement plus large que long, à extrémité échancrée, glabre
sauf au niveau du sinus distal.
Uropodes (fig. 1 et 23) à sympode arqué et branches subégales, l’externe un peu plus
étroite que l’interne.
Taille. — 2-2,5 mm.
Remarque. — Ce n’est pas sans hésitations que je me suis résolu à décrire le Bagatus
des Seychelles comme une espèce nouvelle, malgré l’état si peu satisfaisant de la systéma¬
tique du genre.
Avec son P 1 à carpe 3-denté, l’espèce se place à côté de B. stebbingi et du groupe
bermudensis-minutus . Les dents, ici aiguës et incurvées, sont différentes de celles de B.
stebbingi stebbingi et le PI 1 par la forme de son extrémité, s’éloigne aussi, très nettement,
de celui de cette dernière espèce. Il n’y a, d’autre part, rien de commun entre le P 1 (J de
B. bermudensis et celui de B. brucei, rien d’autre en tous les cas que la présence de 2 dents
au bord propodial interne. Il n’y a aucune raison d’imaginer que les mâles des Seychelles
ne soient pas adultes et puissent, par conséquent, passer encore à un type « Carpias ». Donc
en ce qui concerne « B. minutus », s’il représente un « Carpias » immature, il ne saurait être
conspécifîque avec B. brucei, et s’il s’agit d’une espèce autonome ses mâles supposés adultes
restent encore assez différents de ceux de B. brucei pour ne pouvoir leur être conspécifi-
ques (P 1 (J : forme et disposition des dents carpiennes, pléotelson : forme générale).
Appendice. — Ma collaboration à la définition des genres grammaticaux d’une série
de noms génériques de Poissons (pour l’établissement du Catalogue des Poissons de l’Atlan¬
tique nord-oriental et de la Méditerranée, UNESCO, Paris, 1973) a attiré mon attention
sur la situation, à cet égard, dans d’autres groupes. Il est certain que, faute de données
précises, ou d’indications fournies par le créateur du genre, de trop fréquentes incertitudes
subsistent, soit que les auteurs ne fassent pas la différence entre une épithète spécifique
substantif en apposition et une épithète adjectif, et, dans ce cas, exigeant l’accord, soit que
l'ignorance porte sur le genre grammatical du nom de genre, pas toujours, on doit le recon¬
naître, très facile à préciser.
On est donc surpris de trouver nombre d’incertitudes dans la littérature quant au
genre grammatical des genres ; c’est ainsi qu’on trouve dans Eurycope, f. : E. vicarius,
dans Acanthocope, f. : A. annulatus, dans Dendromnuna, f. : D. mirabile, dans Desmosorna,
n. : D. reticulata, dans Austrosignum, n. : A. incisa et dubia, dans Neojaera, f. : N. octoden-
tatus, dans Ianiropsis, f. : I. perplexus. On voit d’ailleurs encore des auteurs ignorer que
les composés en -cola sont, employés comme noms d’espèces, des substantifs masculins en
apposition et nullement des adjectifs féminins. On a encore pu voir un génitif pluriel, duo-
rarum, pris pour un adjectif et... décliné ( duorara !), un substantif en apposition, « serri-
1134
THÉODORE MONOD
cauda », adjectivé, au « masculin » : « serricaudus », le mot appendix utilisé comme neutre :
appendix masculinum, etc.
Dans le cas de l’épithète « minocule » (Stenetrium minocule), il semble que le substantif
« minoculis », pris pour un adjectif, ait été décliné et accordé avec un nom de genre neutre :
il eût fallu, évidemment : Stenetrium minoculis. On pourrait multiplier les exemples. La
consultation de l’excellent volume de R. W. Brown, Composition of Scientific Words
(Baltimore, 1956, 882 p.) devrait à l’avenir prévenir un certain nombre d’inutiles entorses
au latin.
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Achevé d’imprimer le 15 février 1975.
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
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'< auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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