BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
N» 256 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1974
178
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1974
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
B ULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 256, septembre-octobre 1974, Zoologie 178
SOMMAIRE
M.-C. Durette-Desset. — Sur trois nouveaux Suncinema (Nematoda, Trichostron-
gylidae) parasites d’insectivores de Côte d’ivoire (collection P. Hunkeler). . .. 1495
J.-C. Quentin. —- Sur les Oxyures d’Anomalures. 1507
J.-C. Quentin et F. Tenora. — Morphologie et position systématique de Lemuricola
(. Rodentoxyuris ) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb., nov. subgen., et Syphacia
( Syphatineria ) funambuli Johnson, 1967, Oxyures (Nematoda) parasites de Ron¬
geurs Sciuridés. 1525
256, 1
Sur trois nouveaux Suncinema
(Nematoda, Trichostrongylidae)
parasites d’insectivores de Côte d’ivoire
(collection P. Hunkeler)
par Marie-Claude Durette-Desset *
Résumé. — Trois nouvelles espèces du genre Suncinema (Molineinae), parasites de différentes
espèces de Crocidures de Côte d’ivoire, sont décrites : Suncinema vaucheri n. sp. est caractérisé
par un allongement considérable des spiculés et du vagina vera ; Suncinema hunkeleri n. sp. est
très proche de Tespèce-type du genre, S. murini, parasite d’un Suncus du Népal, mais s’en distingue
par la présence de rameaux supplémentaires sur la côte 9 et par un ovéjecteur différent ; Sunci¬
nema africana n. sp., bien que présentant un vagina aéra très long comme S. vaucheri, se différen¬
cie de cette espèce par l’allongement de la côte dorsale, la forme des spiculés et la position du pore
excréteur.
Nous pouvons distinguer deux lignées chez les Trichostrongyloidea parasites de Crocidures :
alors que, dans la région holarctique, elles se sont contaminées à partir de Sorex (genre Longis-
Iriata [Heligmosomidae]), dans le reste du monde, elles sont parasitées par les Suncinema (Tri¬
chostrongylidae).
Les données paléontologiques des hôtes expliquent cette répartition, car les paléontologistes
admettent que la lignée des Sorex s’est séparée des lignées africaines à l’Oligocène.
Abstract. - On three ne tv species cf Suncinema ( Nematoda, Trichostrongylidae) parasites of
Ivory Coast Insectivora (collection P. Hunkeler).
Suncinema vaucheri sp. n., parasite of Crocidura flavescens spurelli, is characterised by an
extensive lengthening of the spicula and the vagina vera ; Suncinema hunkeleri sp. n. seems closely
related to S. murini, type species of the genus, parasite of Suncus mur inus from Népal. It differs
from that species by the presence of supplementary branchs on the rib 9 and a different ovejector ;
Suncinema africana sp. n. lias a very long vagina vera like S. vaucheri but differs from that species
by the extension of the rib 9, the morphology of the spicula and the position of the excretory
pore.
We can notice two lines among the Trichostrongyloidea, Crocidures’s parasites : whereas in
the holarctic area, they hâve been infected with the Sorex (genus Longistriata [Heligmosomidae]),
in the rest of the world, they are parasited by the Suncinema (Trichostrongylidae).
The paleontological data of the hosts explain tliis distribution for the paleontologists admit
that the line of the Sorex has separated from the African lines at the Oligocène.
Nous devons à l’obligeance de notre collègue, le D r P. Hunkeler, de l’Université de
Neuchâtel, que nous remercions vivement, l’envoi d’une importante collection de para¬
sites d’insectivores Soricidés de Côte d’ivoire.
Les Crocidures sont parasitées par des Helminthes variés, mais nous n’étudierons
ici que les Trichostrongyloidea et plus particulièrement les Molineinae, les Heligmosomidae
faisant l’objet d’une autre note.
Les Molineinae sont représentés par trois nouvelles espèces du genre Suncinema Durette-
Desset, 1973. Ce genre n’était connu jusqu’à présent que par deux espèces, l’une du Népal,
l’autre d’Israël.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier,
75005, Paris.
256 . 2
1496
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
RÉPARTITION DES PARASITES SELON LES HÔTES
ET LA RÉGION GÉOGRAPHIQUE
79 Crocidures appartenant à 9 espèces différentes ont été examinées. 30 étaient para¬
sitées par des Suncinema. La répartition de ces Nématodes selon l’hôte et la région géo¬
graphique est donnée dans la liste ci-après.
Les chiffres entre parenthèses ont la signification suivante : après le nom de localité,
le nombre d’hôtes trouvés à cet endroit ; après le nom des parasites, associés ou isolés, le
nombre d’hôtes parasités par ces espèces.
1. Crocidura bottegi eburnea Heim de Ralzac
Adiopodoumé (2) : S. vaucheri (1), S. vaucheri -)- 5. hunkeleri (1).
2. Crocidura flavescens spurelli Thomas
Abadjin koati (1) : S. vaucheri + S. hunkeleri (1). — Adiopodoumé (17) : S. vau¬
cheri (2), S. hunkeleri (1), S. vaucheri + S. hunkeleri (3). — Anguédédou (2) : S. vau¬
cheri (1). —Bakanou (1) : S. vaucheri -j- S. hunkeleri -f- S. africana (1). —-Banco (1) :
aucun parasite. — Fétékro (1) : S. africana (1). — Goboupleu (1) : aucun parasite. —
Lamto (2) : S. hunkeleri (2). — Matongouine (2) : aucun parasite. —- Mopoyen (2) :
S. vaucheri (1).
3. Crocidura foxi Dollman
Kafiné (1) : S. vaucheri (1).
4. Crocidura jouvenetae ebriensis Heim de Balzac et Aellen
Adiopodoumé (2) : S. vaucheri (1), S. sp. (1). — Anguédédou (3) : S. vaucheri -f-
S. hunkeleri (1). — Banko (2) : S. africana (1). — Goboupleu (1) : aucun parasite. —
Taï (1) : aucun parasite.
5. Crocidura lamottei Heim de Balzac
Kafiné (1) : aucun parasite.
6. Crocidura odorata giffardi Heim de Balzac
Mogdeto (2) : aucun parasite.
7. Crocidura poensis parnela Dollman
Adiopodoumé (14) : S. vaucheri (3), S. hunkeleri (2). — Anguédédou (4) : aucun
parasite. — Banco (2) : aucun parasite. — Tai (1) : aucun parasite.
8. Crocidura theresae Heim de Balzac
Adiopodoumé (2) : aucun parasite. — Duékoué (3) : aucun parasite. — Kafiné (1) :
aucun parasite. — Mopoyen (4) : S. vaucheri (2).
9. Crocidura wimmeri Heim de Balzac et Aellen
Adiopodoumé (1) : aucun parasite.
10. Crocidura sp.
Ehania (2) : S. africana (1).
TROIS NOUVEAUX SUNCINEMA
1497
Pour situer les localités citées dans ce texte, on pourra se référer à la carte de Côte
d’ivoire donnée dans la thèse de P. Hunkeler « Les Cestodes parasites des petits Mammi¬
fères (Rongeurs et Insectivores) de Côte d’ivoire et de Haute-Volta », Revue suisse de Zool.,
1973, 80 (4) : 809-930.
DESCRIPTION DES ESPÈCES
Suncinema vaucheri n. sp.
Matériel-type : 4 çj, 7 Ç (481 Ka), coparasites de S. hunkeleri n. sp.
Hôte : Crocidura flavescens spurelli.
Origine géographique : Adiopodoumé.
Description
Petits Nématodes enroulés le long de leur ligne ventrale selon une spire sénestre. Vési¬
cule céphalique très haute, légèrement asymétrique. En vue apicale, la tête porte 2 amphides
et 4 papilles céphaliques. La bouche est entourée par un anneau chitinoïde. Présence d’une
dent dorsale (fig. I, R). Pore excréteur situé à peu près à la limite œsophage-intestin, tantôt
en avant, tantôt en arrière. Deirides au même niveau que le pore excréteur, arrondies,
plus ou moins visibles (fig. 1, A).
Sijnlophe : Dans les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 3 arêtes
cuticulaires ventrales gauches, dont la pointe est dirigée de la droite vers la gauche (fig. 1,
C, D). Les arêtes débutent en arrière de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau
de la vulve chez la femelle, jusqu’à environ 110 p en avant de la bourse caudale chez le
mâle.
Mâle : Corps long de 2,7 mm, large de 50 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 82 p (côté dorsal), 86 p (côté ventral) sur 28 p de large. Anneau nerveux,
pore excréteur et deirides situés respectivement à 155 p, 270 p et 275 p de l’apex. Œso¬
phage long de 270 p.
Bourse caudale subsymétrique avec un lobe droit légèrement plus développé. Côtes 8
naissant soit à la racine de la côte dorsale (type), soit en avant de cette dernière (fig. 1, F).
La côte dorsale, relativement courte, est divisée en deux rameaux à la moitié de sa
hauteur. Elle porte à sa racine, mais du côté ventral, deux branches surnuméraires recour¬
bées vers l’intérieur (fig. 1, G). Autres côtes figurées en 1, F.
Spiculés fins, ailés, à extrémité pointue, subégaux, longs de 590 p (fig. 1, H). Ils glissent
dans un gubernaculum en forme de lame, arrondi à son extrémité postérieure et pointu
à son extrémité antérieure (fig. 1, J). Cône génital bien marqué, avec papille zéro et papilles 7
bien visibles, de forme triangulaire (fig. 1, I).
Femelle : Corps long de 3,5 mm, large de 60 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 80 p (côté dorsal), 86 p (côté ventral), sur 28 p de large. Anneau nerveux,
pore excréteur et deirides situés respectivement à 160 p, 280 p et 286 p de l’apex. Œsophage
long de 280 p (fig. 1, A).
1. — Suncinema vaucheri n. sp. — A, $, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, (J, tête en vue
apicale montrant la dent dorsale ; C, <J, coupe transversale au milieu du corps ; D, id., au niveau des
spiculés ; E, Ç, partie postérieure, vue latérale droite ; F, {J, bourse caudale, vue ventrale ; G, (J, détail
des côtes dorsale, externodorsales et des branches surnuméraires, vue dorsale ; H, , extrémité d’un
spiculé ; I, cône génital, vue ventrale ; J, (J, gubernaculum, successivement vue ventrale et laté¬
rale droite.
A, E : éch. 100 u ; B, C, D, F à J : éch. 50 u.
TROIS NOUVEAUX SUNCINEMA
1499
Didelphie. La vulve s’ouvre à 325 p de la pointe caudale. Vagina vera très long, mesu¬
rant 220 p. 11 débouche à peu près au milieu des deux branches de l’ovéjecteur. Les vesti¬
bules sont longs de 30 p pour le postérieur et de 85 p pour l’antérieur. Les sphincters sont
bien marqués, hauts de 25 p chacun. Entre les sphincters et les trompes, il existe une zone
muscularisée, longue de 20 p pour la branche postérieure, et de 55 p pour la branche anté¬
rieure. Les deux trompes sont de même longueur : 6 p. La branche utérine antérieure
mesure 500 p et contient 6 œufs non embryonnés, hauts de 52 p sur 22 p de large. La branche
utérine postérieure mesure 300 p et contient 2 œufs (fîg. 1, E).
Queue longue de 76 p, avec une pointe de 14 p (fîg. 1, E).
Discussion
Les principaux caractères de nos spécimens répondent à la définition du genre Sun-
cinema Durette-Desset, 1973. Deux espèces sont actuellement connues dans ce genre, toutes
deux parasites d’insectivores.
La première, S. murini Durette-Desset, 1973, est parasite de Suncus murinus au Népal.
La seconde, N. witenbergi Wertheim et Durette-Desset, 1974, parasite une Crocidura
d’Israël.
Les spécimens de Côte d’Ivoire se différencient aisément par 2 caractères : allongement
considérable du vagina vera ; allongement des spiculés. (Ils sont respectivement 4 et 6 fois
plus grands que ceux de S. murini et ceux de S. witenbergi.)
Il s’agit donc d’une espèce nouvelle et nous proposons de la nommer Suncinema vau-
chéri n. sp., en la dédiant à notre collègue le D r Claude Vaucheb.
Suncinema hunkeleri n. sp.
Matériel-type : 6 5 $ (340 Ka).
Hôte : C rocidura flcivescens spurelli.
Origine géographique : Adiopodoumé.
Description
Petits Nématodes enroulés le long de leur ligne ventrale selon une spire sénestre. Vési¬
cule céphalique haute. En vue apicale, la tète porte 2 amphides et 4 papilles céphaliques.
Présence d’une dent dorsale (fig. 2, B). La bouche est entourée par un anneau chitinoïde
(fîg. 2, C). Pore excréteur situé à peu près à la limite œsophage-intestin, tantôt en avant,
tantôt en arrière. Deirides au même niveau que le pore excréteur, assez grosses et crochues
(fig. 2, F).
Synlophe : Dans les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 3 arêtes
cuticulaires ventrales gauches dont la pointe est dirigée de la droite vers la gauche (fig. 2, D).
Les arêtes débutent en arrière de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau de
la vulve chez la femelle, jusqu’à environ 110 p. en avant de la bourse caudale chez le mâle.
Mâle : Corps long de 2,6 mm, large de 55 p dans sa partie moyenne. Vésicule céphalique
haute de 75 p sur 22 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deiiides situés respec¬
tivement à 110 p, 270 p et 275 p de l’apex. Œsophage long de 275 p.
2 5 G, 3
Fig. 2. — Suncinema hunkeleri n. sp. — A, $, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, $, tête en vue
latérale droite, montrant la dent dorsale ; C, $, tête en vue apicale ; D, coupe transversale au milieu
du corps ; E, $, ovéjecteur disséqué ; F, pore excréteur et deirides, vue dorsale ; G, $, extrémité
postérieure, vue latérale droite ; H, <$, bourse caudale, vue ventrale ; I, cône génital, côte dorsale
et branche surnuméraire droite, vue latérale droite ; J, cône génital, vue ventrale ; K, çj, spiculé
disséqué ; L, (J, gubernaculum, successivement vue ventrale et latérale droite.
A, G : éch. 100 ll ; B à F, H à L : éch. 50 tx.
TROIS NOUVEAUX SUNCINEMA
1501
Bourse caudale subsymétrique avec un lobe droit légèrement plus développé. Côte 8
naissant en avant de la côte dorsale. Cette dernière, relativement courte, est divisée à la
moitié de sa hauteur en deux rameaux bifides. Présence de 2 côtes surnuméraires, recour¬
bées vers l’intérieur, naissant à la racine de la côte dorsale (fig. 2, I). Autres côtes figurées
en 2, H.
Spiculés ailés, élargis dans leur partie proximale, pointus à leur extrémité distale,
subégaux, longs de 115 p (fig. 2, K). Ils glissent dans un gubernaculum haut de 24 p, effilé
à son extrémité antérieure et arrondi à son extrémité postérieure (fig. 2, L). Cône génital
bien marqué. La papille zéro et les papilles 7 sont bien visibles et de forme triangulaire
(fig. 2, J).
Femelle : Corps long de 3,7 mm, large de 50 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 78 p sur 28 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 150 p, 290 p et 290 p de l’apex. Œsophage long de 280 p (fig. 2, A).
Didelphie. La vulve s’ouvre à 330 p de la pointe caudale. Vagina vera court, mesurant
28 p. La distance entre les 2 sphincters est de 50 p, mais les limites sphincter-vestibule
sont mal définies. Les deux vestibules s’infléchissent plus ou moins profondément du côté
dorsal en formant une « bosse » (fig. 2, E). Comme dans l’espèce précédente, il existe une
zone muscularisée entre les sphincters et les trompes, longue de 20 p pour chacune des
branches (fig. 2, E). Les trompes mesurent respectivement 66 p (trompe antérieure) et 55 p
(trompe postérieure). La branche utérine antérieure est longue de 1 100 p et contient
6 œufs non embryonnés hauts de 50 p X 26 p. La branche utérine postérieure mesure 180 p
et contient un œuf (fig. 2, G).
Queue longue de 50 p avec une pointe de 10 p (fig. 2, G).
Variations
Elles portent, chez les mâles, sur la longueur des spiculés et celle du gubernaculum.
Chez un spécimen de 2,4 mm de long (348 Iva) 1 , les spiculés mesurent 140 p et le guber-
naculum est haut de 40 p.
Chez les femelles, les variations affectent les longueurs respectives des organes et le
nombre des œufs. Par exemple, chez une femelle longue de 4,7 mm, la branche utérine
antérieure est longue de 750 p et contient 26 œufs ; la branche utérine postérieure mesure
450 p et contient 13 œufs. La vulve s’ouvre à 570 p de la pointe caudale (348 Ka).
L’absence de corrélation dans la variabilité des différentes mensurations et le fait que
les autres caractères morphologiques (synlophe, bourse caudale, forme de l’ovéjecteur)
concordent, nous amènent, à considérer qu’il s’agit de la même espèce.
Discussion
Par leurs principaux caractères, nos spécimens peuvent être rangés dans le genre
Suncinema.
Du point de vue de la morphologie bursale, l’espèce la plus proche est S. murini. La
1. L’hôte est le même que celui des spécimens-types, mais a été piégé à Lamto.
1502
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
disposition des côtes lmrsales est pratiquement la même chez les deux espèces et, de plus,
les spiculés sont sensiblement de la même longueur et de forme semblable.
En revanche, il n’existe pas chez S. murini de rameaux supplémentaires sur la côte 9
et le cône génital est très petit. De plus les ovéjecteurs sont différents.
Nous pensons donc que les spécimens de la Crocidure sont nouveaux et nous les nom¬
mons Suncinerna hunkeleri n. sp. en les dédiant au D r Pierre Hunkeler.
Suncinema africana n. sp.
Matériel-type : 1 1 Ç (461 Ka).
J Iote : C roc.idura jouvenetae ebriensis.
Origine géographique : Banco.
Description
Petits Nématodes enroulés le long de leur ligne ventrale selon une spire sénestre. Vési¬
cule céphalique haute. En vue apicale, la tête porte 2 amphides et 4 papilles céphaliques.
La bouche est entourée par un anneau chitinoïde (fig. 3, C). Présence d’une dent dorsale
(fig. 3, B). Pore excréteur situé environ à mi-distance entre l’anneau nerveux et la fin de
l’œsophage. Deirides au même niveau, de forme triangulaire (fig. 3, E).
Synlophe : Dans les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 3 arêtes
euticulaires ventrales gauches dont la pointe est dirigée de la droite vers la gauche (fig. 3, D).
Les arêtes débutent en arrière de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau de
la \mlve chez la femelle, jusqu’à environ 100 p en avant de la bourse caudale chez le mâle.
Mâle : Corps long de 1,5 mm, large de 50 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 53 p sur 21 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 110 p, 185 p et 190 p de l’apex. Œsophage long de 255 p (fig. 3, À).
Bourse caudale subsymétrique aA r ec un lobe droit plus développé. Lobe dorsal bien
marqué aA r ec une côte dorsale longue divisée dans son quart postérieur en 2 rameaux eux-
mêmes bifurqués. Côtes 8 naissant à la racine de la côte dorsale et plus courtes que cette
dernière (fig. 3, II). Présence de rameaux surnuméraires recourbés vers l’intérieur, naissant
à la racine de la côte dorsale. Côtes 4 plus longues que les autres côtes.
Spiculés ailés, simples, mais de diamètre relativement important pour leur longueur,
non élargis à leur extrémité antérieure. L’extrémité postérieure est arrondie. Ils sont subé¬
gaux, longs de 380 p. Le gubernaculum est haut de 27 p. Sa disposition est particulière,
comme l’indique la figure 3, H.
Cône génital bien marqué, portant la papille zéro allongée sur sa lèvre antérieure,
les 2 papilles 7, arrondies, sur sa lèvre postérieure (fig. 3, H).
Femelle : Corps long de 3,2 mm, large de 100 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 80 p sur 28 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 155 p, 270 p et 280 p de l’apex. Œsophage long de 330 p.
Didelphie. La vulve s’ouvre à 190 p de la pointe caudale. Vagina vera très long, mesurant
132 p. Branches antérieure et postérieure de l’ovéjecteur de même longueur ; vestibule :
1504
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
30 (j. ; sphincter : 25 p. ; trompe : 42 p. La branche utérine antérieure mesure 330 p et con¬
tient 3 œufs hauts de 60 p sur 40 p, non embryon nés. La branche utérine postérieure mesure
260 p et contient 2 œufs (fîg. 3, F).
Queue longue de 40 p, avec une pointe de 12 p (fîg. 3, G).
Discussion
Bien que présentant les caractères essentiels du genre Suncinema (synlophe, allonge¬
ment de la côte 4, présence d’une pointe caudale chez la femelle, présence d’une dent dor¬
sale), nos spécimens possèdent des caractères originaux, qui sont les suivants : chez le mâle,
allongement de la côte dorsale, forme des spiculés, disposition du gubernaculum ; par contre,
chez la femelle, l’allongement du vagina vera rappelle celui de S. hunkeleri. Les femelles
des deux espèces ne peuvent cependant être confondues, car la position du pore excréteur
est différente.
Nous pensons donc que nos spécimens sont nouveaux et nous les nommons Suncinema
africana n. sp.
Quatrième stade larvaire de Suncinema sp.
Dans les tubes 481 Ka (hôte : Crocidura flavescens spurelli, originaire d’Adiopodoumé)
et 261 Ka (hôte : Crocidura jouvenetae ebriensis, originaire d’Anguédédou), nous avons
trouvé quelques quatrièmes stades larvaires femelles. S. vaucheri et S. hunkeleri étant
associés chez les deux Crocidures, nous ne pouvons rapporter ces stades à une espèce donnée.
Fig. 4. — Suncinema sp., quatrième stade larvaire $. — A, tête, en vue apicale ; B, id., en vue latérale
gauche ; C, queue, vue latérale droite ; D coupe transversale au milieu du corps.
TROIS NOUVEAUX SUNCINEMA
1505
Description d’un quatrième stade larvaire femelle prêt à muer
Corps long de 2,5 mm, large de 40 [z dans sa partie moyenne. Pas de vésicule céphalique
(fig. 4, B). En vue apicale, la tête porte deux amphides, quatre papilles céphaliques externes
et six labiales externes. La bouche est entourée par un anneau chitinoïde (fig. 4, A). Anneau
nerveux, pore excréteur et deirides situés à 110 [a, 205 p. et 210 p de l’apex. Œsophage long
de 250 p. Queue longue de 70 p, avec une pointe de 6 p (fig. 4, C).
Synlophe : tout à fait identique à celui de l’adulte, avec trois arêtes cuticulaires ven¬
trales gauches, orientées de la droite vers la gauche (fig. 4, D).
CONCLUSION
Nous avons été amenée (1973) à considérer le genre Suncinema comme un genre relique
donnant une bonne image de ce qu’ont pu être les ancêtres de trois lignées d’1 leligmoso-
midae actuellement très distinctes : les Viannaiinae de Marsupiaux sud-américains, les
Longistriatinae d’insectivores holarctiques et les Heligmosominae issus de Citellinema
Ilall, 1916, parasites de Sciuridés.
La très vaste répartition des Suncinema est un nouvel argument en faveur du carac¬
tère archaïque de ce genre.
Il apparaît maintenant que le parasitisme des Crocidures est très distinct d’une région
à l'autre du monde. Dans la région lmlarctique, elles paraissent s’être contaminées à partir
des Sorex (Longistriatinae) ; dans le reste de l’Ancien Monde, au contraire, c’est une lignée
bien différente.
Heim de Balzac et Lamotte (1956-1957) admettent en effet que la séparation de la
lignée des Sorex, d’une part, et de celle des Soricidae afiicains, d’autre part, a eu lieu à
l’Oligocène. La lignée africaine qui nous intéresse ici est représentée par les genres Syl-
çisorex, Suncus et Crocidura.
L’évolution morphologique des espèces que nous connaissons actuellement vient à
l’appui de cette hypothèse : la forme la moins spécialisée est celle du Népal, la forme d’Israël
ne s’en distingue que par un caractère évolué (asymétrie de la bourse caudale). Nous retrou¬
vons en Afrique une espèce, S. hunkeleri, étonnamment proche de celle du Népal. Les deux
autres espèces africaines, l’une remarquable par l’allongement des spiculés et de l’ovéjec-
teur, l’autre par l’hypertrophie du lobe dorsal, sont clairement dérivées de la précédente.
Nous retrouvons ici un processus de diversification spécifique chez un même hôte, souvent
rencontré chez les 1 léligmosomes (voir le genre Paraheligmonina chez les Sciuridés et chez
l’Athérure, Durette-Desset, 1971).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Durette-Desset, M. C., 1971. —• Essai de classification des Nématodes Iléügmosomes. Corré¬
lations avec la paléobiogéographie des hôtes. Mém. Mus. nat. Hist. nat., n. sér., sér. A,
Zool., 49 : 126 p.
1506
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
— 1973. — Nouveaux Nématodes Trichostrongyloidea parasites d’insectivores Soricidés
du Népal ; description de Suncinema murini n. gen., n. sp., forme relique montrant les liens
qui unissent les Molineinae et certains Héligmosomes. Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris,
3e sér., n° 136, Zool. 100 : 759-774.
IIeim de Balzac, R., et B. Lamotte, 1956. — Evolution et Phylogénie des Soricidés africains.
Mammalia, 20 : 140-167.
— 1957. — Evolution et Phylogénie des Soricidés africains. Mammalia , 21 (1) : 15-49.
Wertheim, G., et M. C. Dlrette-Desset. — Helminths of Birds and Mammals from Israël. VI.
The taxonomy and ecology of trichostrongyloid nematodes. Annls Parasit., sous presse.
Manuscrit déposé le 26 octobre 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 256, sept.-oct. 1974,
Zoologie 178 : 1495-1506.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1975.
Sur les Oxyures d’Anomalures
par Jean-Claude Quentin *
Résumé. — Étude morphologique de six espèces d'Oxyures parasites de Rongeurs Anoma-
luridae. Cinq sont récoltées chez des Anomalurinae et appartiennent au genre Acanthoxyurus
Sandground, 1928. Ce sont .1. anomaluri Sandground, 1928, A. obubra (Baylis, 1936) nov. comb.,
.4. vincenti n. sp., A. hunkeleri n. sp. et A. coronata n. sp.
Ces espèces se différencient les unes des autres, principalement par l’aspect de leurs replis
cuticulaires céphaliques latéro-dorsaux et par leurs structures labiales et pharyngiennes.
Le genre Syphasciuris Skrjabin et Schikhobalova, 1951, dont l’espèce-type est A. obubra, est
placé en synonymie du genre Acanthoxyurus. Le genre Acanthoxyurus est redéfini ; il est retiré
des Heteroxynematidae pour être classé dans la sous-famille des Oxyurinae.
La sixième espèce : Zenkoxyuris mabokensis n. gen. n. sp. est parasite d’un Rongeur Zenke-
rellinae : Zenkerella insignis Matschie en République centrafricaine. Elle représente un nouveau
genre qui se distingue des autres Oxyurinae par les particularités de ses structures céphaliques :
dents épaisses pourvues de diverticules cylindriques accolés à la paroi de la dent, présence de lames
interradiales dans la capsule buccale, absence de lèvres, existence d’un cycle de papilles labiales
internes, papilles céphaliques pédonculées et rapprochées latéralement des amphides.
Abstract. — A study of the morphology of six species of Oxyurids of Anomalurid rodent®
was conducted.
Five of them were collected from Anomalurinae rodents, and belong to the genus Acanthoxyu¬
rus Sandground, 1928.
These species are A. anomaluri Sandground, 1928, A. obubra (Baylis, 1936) nov. comb., A. vin¬
centi n. sp., A. hunkeleri n. sp. and .4. coronata n. sp.
They differ from each other mainly by the shape of their latero-dorsal cuticular cephalic folds
and by their labial and pharyngeal structures.
The genus Syphasciuris Skrjabin and Schikhobalova, 1951, of which the type species is A. obu¬
bra, is placed in synonymy with Acanthoxyurus.
The genus Acanthoxyurus is redefined. It is removed from the Heteroxynematinae so as
to be transferred to the subfamily of Oxyurinae.
The last species Zenkoxyuris mabokensis n. gen. n. sp. was discovered in a Zenkerellinae rodent :
Zenkerella insignis Matschie in Central Africa. It is considered as belonging to a new genus which
differs from the other ones elassified in Oxyurinae in features of its cephalic structures : thick teeth
furnished with cylindrical digitiform “ horns ” to their wall, inter-radial lamella présent in buccal
capsule, lips absent, internai labial papillae présent, cephalic papillae pedunculated and closed
to amphids on the latéral sides.
Des Oxyures appartenant à deux genres différents ont été récoltés dans le tube digestif
de Rongeurs Anomalures, Anomalurinae et Zenkerellinae. Il s’agit, d’une part, de cinq
espèces d’Oxyures du genre Acanthoxyurus Sandground, 1928, parasites d’Anomalurinae
de l’Angola, du Cameroun et de Côte d’ivoire. Nous étudions leur morphologie et redé-
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
256, 4
1508
JEAN-CLAUDE QUENTIN
finissons le genre Acanthoxyurus afin de préciser sa nouvelle position systématique dans la
sous-famille des Oxyurinae.
Cette étude comporte d’autre part la description d’un Oxyure femelle parasite d’un
Zenkerella insignis Matschie, capturé dans le voisinage de la station du Muséum de la
Maboké (République Centrafricaine). Les particularités céphaliques de cet unique spéci¬
men en font le représentant d’un nouveau genre d’Oxyurinae. Nous en donnons donc une
description sans attendre la récolte de spécimens mâles dont l’étude compléterait la con¬
naissance du parasite, car les captures de Z. insignis sont extrêmement rares. Il n’existait,
en effet, jusqu’à présent, qu’un Rongeur du genre Zenkerella dans les collections du Muséum
et huit captures connues au monde (cf. Roche, 1972).
Acanthoxyurus anomaluri Sandground, 1928
Hôte : Anomalurus derbianus neavei Dollman.
Localité : Alto chicapa (Angola).
Date de récole : 13-VII-1954.
N° enregistrement MNHN : 658 D (collection Machado n° 4301).
Matériel étudié : 10 Ç dont 1 Ç gravide.
Description (fig. 1)
Les principales particidarités de cet Oxyure résident dans sa grande taille, la femelle
gravide atteint 15 mm, et dans ses structures céphaliques. Celles-ci présentent, sur la face
dorsale du corps, quatre forts crochets chitinoïdes équidistants les uns des autres qui résultent
de l’épaississement de replis cuticulaires longs de 300 p. Les crochets des deux paires sub¬
dorsales sont séparés par de profondes indentations ; les replis cuticulaires donnant naissance
aux crochets les plus dorsaux sont fusionnés à la moitié de leur longueur.
A la hase de ces crochets céphaliques, la cuticule est renflée et couverte de petits tuber¬
cules.
Cette ornementation cuticulaire comporte en outre deux formations lancéolées longues
de 250 p, larges de 70 p, disposées latéralement à la base du cou. Deux ailes latérales naissent
en arrière de ces formations et s’arrêtent au niveau de la vulve. Les stries cuticulaires du
corps sont espacées d’environ 10 p. Par ailleurs, l’extrémité céphalique légèrement inclinée
dorsalement présente une bouche petite, triangulaire, de 16 p de côté, au rebord épaissi,
et quatre papilles épaissies, rapprochées latéralement des amphides. Deux glandes cépha¬
liques forment deux cordons brunâtres accolés latéralement à l'oesophage.
Les dimensions d’une femelle gravide sont les suivantes : longueur 15 450 p ; largeur
950 p ; écart des pores amphidiaux 100 p ; profondeur de la capsule buccale 25 p ; longueur
totale de l’œsophage 850 p ; longueur et largeur du bulbe 160 et 190 p ; anneau nerveux
pore excréteur et vagin situés respectivement à 300 p, 2 650 p et 6 150 p de l’apex ; dimen¬
sions des œufs 80-83 p X 38 p ; longueur de la queue 350 p.
Les dimensions d’une femelle immature sont les suivantes : longueur 9 750 p ; largeur
500 p ; longueur totale de l’œsophage 880 p ; dimensions du bulbe 150 X 160 p ; anneau
.nerveux, pore excréteur et vagin situés respectivement à 200 p, 2 220 p et 4 600 p de l’apex ;
longueur de la queue 2 000 p.
Fig. 1. — Acanthoxyurus anomaluri Sandground, 1928, femelle. — A, vue apicale de l’extrémité cépha¬
lique ; B, détail de l’ouverture buccale ; C, extrémité antérieure du corps, vue dorsale ; D, idem, vue
latérale gauche ; E et F, jeunes femelles immatures ; G, détail de l’aile latérale ; H, ovéjecteur ; I, oeuf.
A : éch. 100 p ; B, G, I : éch. 50 p ; C, D, H : éch. 150 p ; E, F : éch. 1 000 p.
1510
JEAN-CLAUDE QUENTIN
Discussion
Par l’ornementation de son bouclier cuticulaire céphalique muni de crochets dorsaux,
et par l’anatomie de ses structures buccales, cet Oxyure appartient au genre Acanthoxyu¬
rus Sandground, 1928, qui comprend actuellement, selon nous, trois espèces.
A. shortridgei Mônnig, 1931, n’est pas parasite d’Anomalures, mais de Rongeurs
Petromyscidés du genre Petromyscus et de Petromyidés du genre Petromys du Sud-Ouest
afiicain. Cet Oxyure ne porte que deux crochets dorsaux et présente des papilles cépha¬
liques dorsales fortement pédonculées. Il diffère en outre de nos spécimens par la présence
de lèvres, par la striation cuticulaire du corps et par les dimensions des œufs (117 X 43 y).
Deux espèces sont parasites de Rongeurs Anomaluridés :
Acanthoxyurus obubra (Raylis, 1936) nov. comb. a été récolté chez Anomalurus fraseri
au sud du Nigéria. Cet Oxyure, ainsi que nous le verrons dans la suite de ce travail, doit
être retiré du genre Syphasciuris Skrjabin et Schikhobalova, 1951. 11 se caractérise prin¬
cipalement par le rebord arrondi de ses expansions cuticulaires dorsales et diffère, par
conséquent, de nos spécimens munis de crochets.
Acanthoxyurus anomaluri Sandground, 1928, est récolté chez Anomalurus orientalis
au Tanganyika.
Nos spécimens se rapportent parfaitement à cette espèce par la forme et la taille des
crochets céphaliques, par la présence de deux grandes languettes cuticulaires disposées
latéralement dans la région cervicale, par la forme de l’ouverture buccale et la fine stria¬
tion cuticulaire du corps, enfin, par la taille importante des femelles et les dimensions des
œufs.
Acanthoxyurus obubra (Baylis, 1936) nov. comb.
Hôte : Anomalurus peli peli Schlegel et Müller.
Localité géographique : Bolo, Ehania (Côte d’ivoire).
Dates de récolte : 23-\ III-1967, 8-1-1969.
N° d’enregistrement MNHN : H 233 (collection P. Hunkeler n° C 228 C 921).
Matériel étudié : 25 Ç (n° C 228 Hunkeler) et 12 Ç 2 $ (n° C 921 Hunkeler).
Description
La cuticule de la région céphalique forme ainsi que chez l’espèce précédent e deux replis
latéraux longs de 140 p et deux replis subdorsaux longs de 100 p. Cependant, le bord pos¬
térieur de ces formations cuticulaires n’est pas terminé en crochets mais dessine, ici, une
frange aux contours arrondis ; les épaississements cuticulaires en « fer à cheval » qui sou¬
tiennent ces replis se joignent sur la face dorsale du corps en un anneau incomplet. Enfin,
il n’existe pas dans la région du cou de formations cuticulaires lancéolées.
Les stries cuticulaires du corps sont espacées de 11 à 17 p dans la région antérieure
du corps. Elles sont interrompues sur les faces latérales pour constituer deux légères ailes.
Sur certains spécimens, deux cordons brunâtres, représentant vraisemblablement les glandes
céphaliques signalées par Sandground (1928) dans le genre Acanthoxyurus, sont visibles
de chaque côté de l’œsophage.
La bouche parfaitement circulaire s’ouvre sur une capsule buccale de section triangu¬
laire, aux rebords amincis aux sommets du triangle. Les dents buccales sont simples.
Fig. 2. — Acanthoxyurus obubra (Baylis, 1936), femelle. — A, vue apicale de l’extrémité céphalique ;
B, extrémité antérieure du corps, vue dorsale ; C, idem , vue latérale gauche ; D, détail de la région
œsophagienne ; E, femelle gravide, vue latérale ; F, ovéjecteur ; G, œuf.
A, G : éch. 50 p ; B, C : éch. 125 p ; D, F : éch. 150 p ; E : éch. 1 000 p.
1512
JEAN-CLAUDE QUENTIN
Par ailleurs, quatre grosses papilles céphaliques sont disposées latéralement de part
et d’autre des amphides.
Les dimensions d’une femelle gravide sont les suivantes : longueur 9 650 p, ; largeur
600 p ; écart des pores amphidiaux 68-70 p ; profondeur de la capsule buccale 18 p ; lon¬
gueur totale de l’œsophage 925 p ; diamètre du bulbe 100 p ; anneau nerveux, pore excré¬
teur et vagin situés respectivement à 170 p, 1 850 p et 4 300 p de l’apex ; longueur de
l’ovéjecteur musculaire 550-600 p ; dimensions des œufs 65-67 p X 30-33 p ; longueur de
la queue 1 300 p.
Discussion
Le dessin des structures cuticulaires céphaliques de cet Oxyure femelle correspond
parfaitement à celui de l’espèce Acanthoxyurus obubra (Baylis, 1936) nov. comb. L’appar¬
tenance de nos spécimens à cette espèce est confirmée en outre par le dessin de la capsule
buccale, la taille relativement faible de l’ovéjecteur musculaire, le dessin très léger de l’aile
latérale, l’espacement assez prononcé des stries cuticulaires du corps, enfin par les dimen¬
sions des œufs.
Baylis a classé son espèce dans le genre Syphacia car les mâles qu’il a récoltés présen¬
taient deux mamelons cuticulaires ventraux et des pièces génitales correspondant aux
structures génitales des mâles de Syphacia (Oxyurinae).
Skrjabin et Schikhobalova, 1951, ont créé pour cette espèce le genre Syphasciuris
en raison du dimorphisme sexuel des structures céphaliques.
Nous rangeons dans le même genre Acanthoxyurus Sandground, 1928, les espèces
A. shortridgei Mônnig, 1931, A. anomaluri Sandground, 1928 et A. obubra (Baylis, 1936).
L’étude des Oxyures femelles appartenant à chacune de ces deux dernières espèces montre
en effet que les différenciations cuticulaires céphaliques, en crochets (A. anomaluri) ou en
replis arrondis [A. obubra), sont tout à fait comparables. En outre, les structures senso¬
rielles et buccales correspondent d’une espèce à l’autre. L’absence de formations cuticu¬
laires lancéolées au niveau du cou chez A. obubra ne justifie pas une séparation générique ;
il s’agit en effet de formations cuticulaires dont la présence ou la taille peuvent varier
considérablement d’une espèce à l’autre, ainsi que nous le verrons dans la suite de ce travail.
Enfin, l’appareil génital femelle et la structure de l’œuf sont comparables chez les deux
espèces.
Ces observations entraînent les conclusions systématiques suivantes :
1. Le genre Syphasciuris Skrjabin et Schikhobalova, 1951, est placé en synonymie
du genre Acanthoxyurus Sandground, 1928.
2. Le genre Acanthoxyurus appartient à la sous-famille des Oxyurinae (Cobbold,
1864) et non pas à la sous-famille des Heteroxynematinae (Skrjabin et Schikhobalova,
1948 fam.), ainsi qu’en témoignent dans les deux sexes les structures céphaliques, et chez
le mâle l’anatomie des pièces génitales qui sont comparables à celles du genre Syphacia.
3. La sous-famille des Acanthoxyurinae Schulz, 1948, dont le génotype est le genre
Acanthoxyurus, est confondue avec celle des Oxyurinae.
SUR LES OXYURES d’aNOMALURES
1513
Acanthoxyurus vincenti n. sp.
Hôte : Anomalurus sp.
Localité : Cameroun.
Date de récolte : 15-XII-1970.
N° d’enregistrement MNHN : Sb 597.
Matériel étudié : 3 Ç.
Description (fig. 3)
Chez ces femelles d’Oxyures, les deux replis cuticulaires latéraux et les deux replis
dorsaux sont d’égale longueur et mesurent 180 p de long. Les replis dorsaux sont jointifs.
Il existe en outre, dans la région du cou, deux formations cuticulaires lancéolées longues
de 115 à 130 p qui recouvrent, au niveau de leur pointe distale, la naissance de deux ailes
latérales épaisses de 10 p. Celles-ci s’étendent jusqu’au niveau de la vulve.
La striation cuticulaire est fine, l’espacement des stries dans la région antérieure du
corps étant de 8 à 9 p.
La tête porte quatre grosses papilles céphaliques rapprochées latéralement des amphides.
Le masque cuticulaire facial déhorde légèrement sur les replis cuticulaires dorsaux. Le
contour de la bouche épouse étroitement celui de la capsule buccale. Celle-ci est constituée
de trois segments aux parois légèrement renflées aux extrémités et placées respectivement
au-dessus de chacune des dents buccales. Ces dernières sont épaisses et denticulées.
Les dimensions de la femelle-type sont les suivantes : longueur 7 200 p ; largeur 650 p ;
écait des pores amphidiaux 70-80 p ; profondeur de la capsule buccale 17 p ; longueur totale
de l’œsophage 760 p ; diamètre du bulbe 170 p ; anneau nerveux, pore excréteur et vagin
situés respectivement à 190 p, 1 200 p et 2 650 p de l’apex ; longueur de l’ovéjecteur mus¬
culaire 800 p (700-1 000 p sur les autres femelles) ; dimensions des œufs 65 X 35 p ; lon¬
gueur de la queue 1 600 p.
Discussion
Ces Oxyures femelles appartiennent également au genre Acanthoxyurus Sandground,
1928, en raison de leur différenciation cuticulaire céphalique et de leurs structures buccales
et sensorielles.
A. anomaluri Sandground, 1928, se différencie aisément de nos spécimens par l’aspect
des replis cuticulaires céphaliques terminés en crochets.
A. shortridgei Mônnig, 1931, se distingue principalement de nos spécimens par la
forme des replis cuticulaires subdorsaux qui sont en crochets, par l’absence de replis laté¬
raux, par des papilles dorsales pédonculées, par la présence de lèvres et une cuticule large¬
ment striée.
A. obubra (Baylis, 1936) se distingue aussi de nos spécimens principalement par les
caractères céphaliques. La tète est plus petite pour un corps plus allongé, les replis cuti¬
culaires subdorsaux sont plus petits et leur dessin est différent. Ces replis sont en effet
séparés par un épaississement semi-circulaire chez A. obubra alors qu’ils sont ici jointifs.
3. •— Acanthoxyurus vincenti n. sp. — A, extrémité céphalique femelle, vue apicale ; B, tête, femelle
détail de la région faciale ; C, tète, mâle ; D, extrémité céphalique, vue dorsale ; E, extrémité cépha
lique, vue latérale gauche ; G, ovéjecteur ; H, œuf.
A : éch. 100 p ; B, C, H : éch. 50 p ; D, E : éch. 125 p ; G : éch. 150 p.
SUR LES OXYURES D ANOMALURES
1515
Les languettes cuticulaires cervicales absentes chez A. obubra sont présentes sur ce
matériel.
Enfin, A. obubra présente une striation cuticulaire plus espacée, des ailes latérales
moins marquées et un ovéjecteur musculaire moins important.
Ces Oxyures femelles appartiennent donc à une espèce distincte d’A. obubra. Nous
pensons qu’elle est nouvelle. Nous la dédions à notre collègue François Vincent qui a récolté
ce matériel et nous l’a fait parvenir ; nous la nommons Acanthoxyurus vincenti n. sp.
Nous rapportons à cette espèce des Oxyures mâles parasites d ’Anomalurus fraseri
(Waterhouse) du Cameroun et déterminés par Tkoncy (1969) comme étant des mâles de
Syphasciuris obubra (Baylis, 1936).
Troncy n’a pu alors comparer les structures apicales de ces Oxyures avec celles du
matériel original de Baylis mais a relevé des différences dans les mensurations respectives
de son matériel et celles de types décrits par Baylis.
Nous avons pu observer que les structures céphaliques des Oxyures mâles qui consti¬
tuent le matérial de Troncy (fîg. 3 C) correspondent parfaitement par la forme de la houche,
celle de la capsule et des dents buccales aux structures céphaliques des femelles d’Acan-
thoxyurus vincenti et non pas à celles d’A. obubra.
Nous renvoyons au texte et aux figures particulièrement précis de Troncy pour
la description des mâles d’A. vincenti.
Acanthoxyurus hunkeleri n. sp.
Hôte : Anomalurus peli peli Schlegel et Müller.
Localisation géographique : Ehania (Côte d’ivoire).
Date de récolte : 8-1-1969.
N° d'enregistrement MNHN : Sb 233 (collection I*. Hunkeler C 921).
Matériel étudié : 9 $; ces femelles étaient associées chez le même Anomalure avec des femelles
d’Acanthoxyurus obubra.
Description (fig. 4)
Les structures labiales sont très développées chez cette espèce où trois grandes lèvres
aux rebords épaissis, terminées en une pointe recourbée à l’apex du Nématode, recouvrent
chacune des trois dents buccales dont la face interne est aplatie. Ces lèvres sont délimitées
à leur périphérie par un profond sillon de section semi-circulaire.
Par ailleurs, l’extrémité céphalique n’est pas étirée latéralement comme chez les autres
espèces d'Acanthoxyurus mais présente un contour circulaire. Enfin, les papilles céphaliques
restent écartées les unes des autres, les deux dorsales étant quelque peu plus rapprochées
des deiiides que les ventrales.
Il existe également quatre replis cuticulaires, hauts de 140 p, sur les faces latérales
et dorsale du Nématode, les deux subdorsaux étant presque fusionnés. Dans la région
du cou, sur chaque face latérale, une ou deux épines cuticulaires longues de 20 à 22 p cor¬
respondent aux formations lancéolées observables chez A. anomaluri et A. vincenti.
Les stries cuticulaires sont espacées d’environ 7 p dans la région antérieure du corps.
Elles sont interrompues sur chacune des ailes latérales. Celles-ci débutent en arrière du
4. — Acanthoxyuriis hunkeleri n. sp., femelle. — A, extrémité céphalique, vue apicale ; B, idem ,
vue dorsale ; C, idem, vue latérale gauche ; D, détail de la région œsophagienne ; E, femelle gravide,
vue latérale ; F, détail de l’aile latérale ; G, ovéjecteur ; H, œuf.
A, F, H : éch. 50 p. ; B, C : éch. 100 p, ; D : éch. 150 p. ; E : éch. 1 000 p. ; G : éch. 200 p..
SUR LES OXYURES D’ANOMALURES
1517
bulbe et se terminent en arrière de la vulve. L’œsophage flanqué des deux cordons des glandes
céphaliques est particulièrement allongé chez cet Oxyure.
Les dimensions de la femelle-type sont les suivantes : longueur 8 650 p ; largeur 750 p ;
écart des pores amphidiaux 86 p ; capsule buccale profonde de 30 p ; longueur totale de
l’œsophage 1 075 p. ; longueur du bulbe œsophagien 180 p ; largeur 190-200 p ; anneau
nerveux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 200 p, 1 200 p et 3 750 p de
l’apex ; longueur de l’œsophage musculaire 800 p ; dimensions des œufs 64 X 35 p ; lon¬
gueur de la queue 1 800 p.
Discussion
Cet Acanthoxyurus se différencie aisément des espèces A. anomaluri, A. obubra et
A. vincenli chez lesquelles les lèvres sont absentes.
L’extrême réduction des languettes cuticulaires cervicales et l’aspect différent des
replis cuticulaire subdorsaux et des papilles céphaliques permettent également de distinguer
cet Oxyure de l’espèce A. shortridgei.
Nous pensons donc que cette espèce est nouvelle. Nous la dédions à notre collègue
P. Hunkeler qui a récolté ces spécimens et nous les a fait parvenir. Nous la nommons
A. hunkeleri n. sp.
Acanthoxyurus coronata n. sp.
Hôte : Anomalurus derbianus fraseri Waterhouse.
Localité géographique : Bolo (Côte d’ivoire).
Date de récolte : 23-VIII-1967.
N° d’enregistrement MNHN : Sb 233 (collection Hunkeler C 227).
Matériel étudié : 23 Ç dont 6 $ sont gravides.
Description (fig. 5)
Cette espèce présente des structures labiales et buccales particulièrement complexes.
Le rebord de la bouche est en effet découpé en douze à treize lobes pointus qui forment
une couronne denticulée. Trois dents buccales aplaties latéralement sont soudées à la paroi
de la capsule buccale et s’élargissent en profondeur. A la base de la capsule, les dents sont
séparées par trois lames interradiales qui s’élargissent en hauteur et se recourbent en spa¬
tule dans la lumière de la capsule buccale (fig. 5 D à G).
Les papilles céphaliques sont petites et rapprochées latéralement des amphides.
A la base de quatre replis cuticulaires latéraux et dorsaux, longs chacun de 280 p.,
naissent, dans la région du cou, deux languettes cuticulaires longues de 250 p qui sont élar¬
gies sur chacune des faces latérales. Les stries cuticulaires sont très espacées. Elles sont
distantes de 35 à 45 p dans la région antérieure du corps et de 75 p dans la région du vagin.
Deux bandes latérales où sont interrompues les stries cuticulaires s’étendent de la région
cervicale jusqu’en arrière de l’anus. Deux glandes céphaliques sont situées de part et d’autre
de l’œsophage.
Les dimensions de la femelle-type sont les suivantes : longueur 12 700 p ; largeur
rt 00Z ZJOTtXjJUUUUUJlJUUua
Fig. 5. — Acanthoxyurus coronata n. sp., femelle. — A, extrémité céphalique, vue apicale ; B, idem , vue
ventrale ; C, détail de la capsule buccale ; D, détail de la couronne des denticules labiaux ; E, coupe
optique en haut de la capsule buccale ; F, idem, moitié inférieure de la capsule ; G, coupe optique des
dents buccales et des lames interradiales à la base de la capsule buccale ; H, extrémité antérieure du
corps, vue dorsale ; I, idem , vue latérale gauche ; J, femelle gravide, vue latérale ; K, détail de la stria¬
tion cuticulaire au niveau de la ligne latérale ; L, ovéjecteur ; M, œuf.
A, B, K : écli. 100 p. ; C à G, M : écb. 50 p. ; H, I : éch. 150 p. ; J : éch. 1 000 p. ; L : éch. 200 p..
SUR LES OXYURES d’aNOMALURES
1519
900 (A ; écart des pores amphidiaux 120 p. ; profondeur de la capsule buccale 27 p ; longueur
totale de l’œsophage 1 100 p ; longueur du bulbe 210 p ; largeur 240 p ; anneau nerveux,
pore excréteur et vagin situés respectivement à 270 p, 2 700 p et 5 300 p de l’apex ; lon¬
gueur de l’ovéjecteur musculaire 870 p ; dimensions des œufs 58-60 p X 28-29 p ; longueur
de la queue 4 400 p.
Discussion
Cet Oxyure se différencie des quatre espèces que nous venons d’étudier, A. anoma-
luri, A. obubra, A. vincenti et A. hunkeleri, par des structures labiales et buccales plus
complexes.
Il se distingue en outre d'A. anomaluri par la forme des lobes cuticulaires céphaliques
qui ne sont pas en crochets, d’M. vincenti par des stries cuticulaires plus marquées et plus
espacées, et des espèces A. obubra et A. hunkeleri par la présence dans la région cervicale
de deux languettes cuticulaires bien développées. Celles-ci sont en effet absentes chez
.4. obubra et très réduites chez A. hunkeleri.
Par ailleurs, cet Oxyure se différencie d’M. shortridgei par l’aspect de l’ouverture
buccale, celui des papilles céphaliques, la forme des lobes cuticulaires dorsaux céphaliques
qui ne sont pas en pointe, la présence de replis céphaliques latéraux absents chez A. shor¬
tridgei, enfin par les dimensions du corps et les dimensions des œufs qui sont de très grande
taille (117 X 43 p.) chez l’espèce de Mônnig.
Nous spécimens appartiennent donc à une espèce distincte de celles qui sont connues
dans le genre Acanthoxyurus. Nous pensons qu’ils représentent une espèce nouvelle que
nous nommons A. coronata n. sp.
Redéfinition du genre Acanthoxyurus Sandground, 1928
Oxyurinae : Cycle céphalique comprenant quatre papilles généralement rapprochées
des amphides, cycle interne non visible ; ouverture buccale béante ou bordée de trois lèvres
ou entourée de nombreux denticules labiaux ; capsule buccale simple ou munie de forma¬
tions interradiales ; dents buccales épaisses ; vésicule céphalique absente ; ailes latérales
généralement présentes. Femelle munie d’un bouclier cuticulaire céphalique renforcé dor-
salement par des épaississements terminés soit en deux ou quatre crochets soit en lobes
arrondis ; présence ou non de deux languettes cuticulaires dans la région cervicale, sur les
faces latérales ; deux glandes céphaliques, partie distale de l’ovéjecteur musculaire dirigée
vers la région antérieure du corps ; œufs asymétriques, sans opercule, généralement embryon-
nés in utero. Mâle dépourvu de bouclier cuticulaire céphalique, muni de deux mamelons
cuticulaires ventraux et d’une area rugosa précloacale ; pièces génitales comportant un
spiculé simple et un gubernaculum avec son crochet accessoire, deux paires de papilles péri-
cloacales sessiles, une paire de papilles postcloacales pédonculées ; appendice caudal déve¬
loppé.
Parasites de Rongeurs Anomalurinés, Petromyscidés et Petromyidés africains.
Espèce-type : Acanthoxyurus anomaluri Sandground, 1928, parasite de Rongeurs du
genre Anomalurus.
1520
JEAN-CLAUDE QUENTIN
Zenkoxyuris mabokensis n. gen. n. sp.
Hôte : Zenkerella insignis Matschie.
Localité : La Maboké (République Centrafricaine).
Date de récolte : 25-VIII-1972.
Matériel étudié : 1 Ç.
N° d’enregistrement MNHN : Sb 458.
Les structures céphaliques sont remarquables chez cet Oxyurinae car elles réunissent
à la fois des caractères primitifs et très spécialisés.
Ces structures sont primitives au niveau des dents pharyngiennes très épaisses, de
l’ouverture buccale où il n’existe pas de formations labiales et où le rebord circulaire de
la bouche est entouré d’un cycle labial de quatre papilles.
Elles sont également très spécialisées ; trois lames interradiales émises par la paroi
de la capsule buccale s’intercalent entre les dents pharyngiennes. Ces dents sont découpées
en deux lobes latéraux et un lobe médian et sont ornementées chacune de trois diverticules.
Ceux-ci naissent à mi-hauteur des dents puis se dirigent vers l’ouverture buccale tout en
restant accolés à la paroi de la dent. Enfin, les papilles céphaliques sont regroupées de
part et d'autre de chaque amphide selon deux massifs latéraux. Une volumineuse vésicule
céphalique entoure l’extrémité apicale au contour circulaire.
Le corps est orné sur chacune de ses faces latérales de deux crêtes cuticulaires parallèles
qui naissent en arrière de la vésicule céphalique et s’arrêtent en avant de l'anus.
L’ovéjecteur remonte vers la région antérieure avant de se courber vers l’arrière du
corps en une chambre utérine impaire. Les œufs ne sont pas formés. L’extrémité caudale
est absente sur ce spécimen.
Les dimensions de cette femelle sont les suivantes : longueur (sans la queue) 4 330 p. ;
largeur 250 p ; écart des pores amphidiaux 34 p ; diamètre du plateau céphalique 53 p ;
longueur totale de l’œsophage 710 p ; dimensions du bulbe 130 p X 110 p ; anneau nerveux,
pore excréteur et vagin respectivement situés à 170 p, 850 p et 2 600 p de l’apex.
Discussion
L’Oxyure parasite de Zenkerelle se différencie aisément du genre Acanthoxyurus
Sandground, 1928, par l’absence, chez la femelle, de bouclier céphalique renforcé dorsale-
ment par des épaississements en crochets ou en lobes.
Parmi les autres Oxyurinae, les genres Austroxyuris Johnston et Mawson, 1938, et
Paraustroxyuris Mawson, 1964, parasites de Marsupiaux australiens, ont une capsule buc¬
cale également pourvue de lames interradiales et des dents pharyngiennes très épaisses,
ornées d’aspérités et de denticules. Cependant, l’ornementation des dents pharyngiennes
est différente de celle observée sur notre spécimen. En outre, les genres Austroxyuris et
Paraustroxyuris ont un œsophage très allongé, des papilles céphaliques très écartées qui
leur confèrent une morphologie plus primitive que celle de l’Oxyure parasite de Zenke¬
rella insignis.
Le genre Skrjabinema Werestchagin, 1926, parasite d’Artiodactyles, présente également
des lames interradiales qui s’intercalent entre les dents pharyngiennes. Cependant, dans
SUR LES OXYURES d’anOMALURES
1521
Fig. 6. —J Zenkoxyuris mabokensis n. gen. n. sp. — A, tête représentée en vue apicale, entourée d’une
vésicule céphalique ; B, tête représentée en vue dorsale, les trois diverticules chitinoïdes naissent à
mi-hauteur des dents pharyngées, les papilles céphaliques sont regroupées en deux paires pédonculées
sur chacune des faces latérales ; C, idem, vue ventrale ; D, femelle représentée en vue latérale ; E, extré¬
mité antérieure ; F, ovéjecteur ; G, détail des deux plis cuticulaires latéraux.
A, B, C : éch. 50 p ; D : éch. 500 p ; E : éch. 200 p ; F et G : éch. 100 p.
1522
JEAN-CLAUDE QUENTIN
le genre Skrjabinema, des lobes labiaux, absents sur notre spécimen, recouvrent chacune
de ces dents ; les papilles céphaliques y sont très écartées les unes des autres, alors qu’elles
sont très rapprochées des amphides chez l'Oxyure de Zenkerella insignis.
Les particularités des structures céphaliques de cet Oxyure ne permettent pas, par
conséquent, de le classer dans un quelconque des genres desquels il paraît se rapprocher
le plus au sein de la sous-famille des Üxyurinae.
Elles nécessitent à notre avis la création d’un genre nouveau que nous nommons
Zenkoxyuris n. gen.
Définition du genre Zenkoxyuris n. gen.
Oxyurinae : Cycle céphalique externe comprenant quatre papilles rapprochées des
amphides avec lesquelles elles forment deux bourrelets latéraux pédonculés, cycle interne
de quatre papilles entourant une bouche circulaire ; absence de formations labiales, capsule
buccale garnie de lames interradiales intercalées entre les dents pharyngiennes ; dents
pharyngiennes épaisses trilobées, pourvues de trois diverticules cylindriques accolés à la
paroi de la dent et dirigés vers l’orifice buccal ; vagin non extroversé.
Mâle inconnu.
Parasite de Rongeurs.
Espèce-type : Zenkoxyuris mabokensis n. sp., parasite de Zenkerella insignis Matschie,
1898 (Rongeur Anomaluridae Zenkerellinae).
Remerciements
Nous remercions vivement nos collègues P. Hunkeler, du Laboratoire de Zoologie de l’Uni¬
versité de Neuchâtel (Suisse), R. Pujol, du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, et
F. Vincent, du Laboratoire de Physiologie de la Faculté des Sciences de Yaoundé, qui nous ont
fait parvenir ces Oxyures d’Anomalures capturés en Côte d’ivoire, au Cameroun et en République
Centrafricaine.
Les Oxyures parasites d ' Anomalurus derbianus neavei proviennent d’une collection de Néma¬
todes parasites, confiée au laboratoire par le D r de Barros Machada, du Laboratoire de Biologie
du Musée de Dundo (Angola), auquel nous exprimons notre reconnaissance.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Baylis, H. A., 1936. — Some parasitic worms from the British Cameroons. Ann. Mag. nat. Hist.,
Sér. 10, 17 : 257-272.
Johnston, T. H., et P. M. Mawson, 1938. — Some Nematodes from Australian marsupials. Rec.
S. Aust. Mus., 6 (2) : 187-198.
Mawson, P. M., 1964. — Some Nematoda (Strongylina and Oxyurina) from kangaroos ( Macro¬
pus spp.) from Eastern Australia. Parasitology, 54 (2) : 237-262.
Mônnig, H. O., 1931. — A second species of the Nematode Genus Acanthoxyurus. 17th Rep. vel.
Res. Un. S. Afr. : 269-272.
SUR LES OXYURES D’ANOMALURES
1523
Roche, J., 1972. — Capture de Zenkerella insignis (Rongeurs, Anomalurides) en République Cen¬
trafricaine. Mammalia, 36 (2) : 305-306.
Sandground, J. II., 1928. — Some new Cestode and Nematode Parasites from Tanganyika Terri-
tory. Proc. Boston Soc. nal. Ifist., 39 (4) : 131-150.
Schulz, R. Es., 1948. — [Nouveaux Nématodes de Rongeurs d’Altaï et de Mongolie (Ochotonidae)]
(en russe). Dokl. Akad. Nauk SSSB. 61 (1) : 173-176.
Skrjabin, K. I., et N. P. Schikhobalova, 1948. — [Sur la reclassifieation des Nématodes de la
famille des Subuluridae] (en russe). Dokl. Akad. Nauk SSSR [Proc. Acad. Sci. U.S.S.B.],
60 il) : 189-191.
Skrjabin, K. I., et N. P. Schikhobalova, 1951. Réorganisation de la classification des Néma¬
todes du sous-ordre des Oxyurata Skrjabin, 1923. Trudy Gelmint. Lab., 5 : 5-8.
Troncy, P. M., 1969. — Contribution à l’étude des Helminthes d’Afrique, principalement du Tchad.
Bull. Mus. nain. Ilist. nat., 2 e sér., 41 (6) : 1487-1511.
Wereschtchagin M. N., 1926. — Zur Kenntnis der Helminthenfauna der Ziegen Turkestans.
Trudy gos. Inst. éksp. Vet., 2 (2) : 20-32.
Manuscrit déposé le 26 octobre 1973.
Bull. Mus. nain. Ilist. nat., Paris, 3 e sér., n° 256. sept.-oct. 1974,
Zoologie 178 : 1507-1523.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1975.
Morphologie et position systématique
de Lemuricola (Rodentoxyuris ) sciuri
(Cameron, 1932) nov. comb., nov. subgen.,
et Syphacia ( Syphatineria ) funambuli Johnson, 1967,
Oxyures (Nematoda) parasites de Rongeurs Sciuridés
par Jean-Claude Quentin et Frantisek Tenora *
Résumé. — Lemuricola ( Rodentoxyuris ) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb. est récolté pour
la première fois en France dans la région parisienne chez Sciurus vulgaris L. Cet Oxyure est retiré
du genre Trypanoxyuris car ses structures céphaliques sont primitives et ne correspondent pas
à celles des espèces du genre Trypanoxyuris où les lèvres et la vésicule céphalique sont profondé¬
ment modifiées. Il représente un nouveau sous-genre : Rodentoxyuris n. subgen. du genre Lemu¬
ricola.
Syphacia ( Syphatineria) funambuli Johnson, 1967, est redécrit d’après des spécimens gravides
parasites de Funambulus pennanti Wroughton au Népal. Cette espèce se rapproche, par sa morpho¬
logie céphalique et les caractères génitaux du mâle, de S. transafricana Chabaud et Biocca, 1955.
Abstract. — Lemuricola ( Rodentoxyuris) sciuri (Cameron, 1932) is found for the first time
in France, near Paris, in Sciurus vulgaris. This Oxyurid is removed from the genus Trypanoxyu¬
ris because its cephalic structures are primitive and do not correspond to the characters of the
genus Trypanoxyuris where the lips and cephalic vesicle are deeply modified. It is designated as
the type of a new subgenus Rodentoxyuris n. subgen. of the genus Lemuricola.
Syphacia ( Syphatineria ) funambuli Johnson, 1967, is redescribed with gravid specimens para¬
sites of Funambulus pennanti Wroughton in Népal. This species is closed to S. transafricana
by its cephalic morphology and génital features of the male.
Lemuricola (Rodentoxyuris) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb.
Synonymie : Enterobius sciuri Cameron, 1932 ; E. sciuri Kreis, 1944 ; E. apapillus Skrjabin et
Schikhobalova, 1951, nom. nov. ; E. trogontiae Kreis, 1952, nom. nov. ; Trypanoxyuris sciuri
(Cameron, 1932) Inglis, 1961.
Hôte : Sciurus vulgaris L. Localité : région parisienne, France.
Matériel étudié : nombreux oxyures J 1 et Ç.
Hôte : Sciurus vulgaris L. Localité : Gottwaldov, Tchécoslovaquie. Leg. Tenora, 15-V-1973.
Matériel étudié : huit $.
* J. C. Quentin, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire natu¬
relle, 57 , rue Cuvier, 75005 Paris.
F. Tenora, Institut de Zoologie de l’École Supérieure d’Agriculture de Brno, 1, rue Zemêdëlskd, 662 65
Brno, Ceskoslovensko.
1526
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET FRANTISEK TENORA
Cette espèce a été récoltée pour la première fois chez Sciurus carolinensis en Écosse
par Cameron, 1932, qui la classe dans le genre Enterobius. Kreis, 1944, n’ayant pas eu
connaissance du travail de Cameron, redécrit cet Oxyure sous le même nom, E. sciuri,
comme une nouvelle espèce parasite de Sciurus vulgaris en Suisse, où elle est de nouveau
récoltée par Hôrning en 1963. Rausch et Tiner, 1948, signalent l’espèce E. sciuri chez
Sciuris niger rufventer et Glaucomys volans au Michigan, USA. Erhardova (1958) et
Tenoha (1967) l’identifient chez Sciuris vulgaris en Tchécoslovaquie.
Inglis (1961) qui n’a pas alors eu connaissance de la création du genre Lemuricola
Chabaud et Petter, 1959, classe cette espèce dans le genre Trypanoxyuris. Il remarque que
cet Oxyure présente des structures labiales comparables à celles de l’espèce T. sceleratus
qu’il considère connue une des plus primitives du genre Trypanoxyuris, mais qu’il se dis¬
tingue cependant de cette espèce par une vésicule céphalique simple : « the mouth opening
is virtually identical with that of T. sceleratus although with a simple cephalic vesicle ».
La remarquable diversité des caractères rencontrés chez les Oxyures du genre Lemu¬
ricola depuis la création de ce genre et le fait que le genre Trypanoxyuris semble inféodé
aux Primates néotropicaux, nécessitent un nouvel examen de la place systématique de
T. sciuri. Nous reprenons donc l’étude morphologique de cet Oxyure de Rongeur alin d’en
préciser ses ailinités respectives, par rapport aux genres Lemuricola et Trypanoxyuris.
Morphologie
L’extrémité céphalique est identique dans les deux sexes. La bouche triangulaire est
entourée par trois lèvres égales aux rebords épaissis en une lame cuticulaire transparente.
Ces lèvres portent quatre papilles céphaliques qui paraissent être doubles et deux amphides.
Six papilles du cycle labial sont visibles chez le mâle. Elles ne sont pas observées chez la
femelle où l'on remarque cependant, par transparence, six teiminaisons dans l’épaisseur
des lèvres. Trois dents terminent chaque secteur de l’œsophage. Une importante vésicule
céphalique entoure la tête dans les deux sexes.
L’œsophage est relativement court. Il comprend un corpus légèrement enflé posté¬
rieurement, un isthme court et un bulbe sphérique valvulé. Le pore excréteur est posté¬
rieur à l’œsophage.
Deux ailes latérales, simples chez le mâle, dédoublées chez la femelle, parcourent le
corps sur toute sa longueur.
Mâle : Il présente deux ailes caudales soutenues par la première et la dernière paire
de papilles fortement pédonculées. Il existe en tout quatre paires de papilles plus une paire
de phasmides situées entre la troisième et la quatrième paire de papilles. La deuxième
paire de papilles (première paire de papilles post-cloacales) est sessile et entourée d’un léger
anneau qui semble chitinoïde. La troisième paire de papilles est pédonculée. La tête du
spiculé présente latéralement deux lobes cuticulaires arrondis. Enfin, la portion terminale
de la queue porte une fine pointe caudale. Il n’existe pas de frange cuticulaire sur la face
ventrale du mâle.
Les principales dimensions d’un spécimen long de 1,25 mm sont les suivantes : lar¬
geur 85 p ; écart des pores amphidiaux 16 p ; longueur de l’œsophage 460 p ; dimensions
du bulbe 95 X 85 p ; anneau nerveux, pore excréteur situés respectivement à 70 p et
OXYURES PARASITES DE RONGEURS SCIURIDES
15 21
1. — Lemuricola (Rodentoxyuris) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb., mâle. — A, vue latérale ; B,
tête représentée en vue apicale ; C et D, aile latérale représentée en vue latérale et en coupe trans¬
versale ; E et F, bourses caudales, représentées en vue ventrale ; C, bourse caudale, vue latérale.
A : éch. 200 (i; B à G : éch. 50 p.
2. — Lemuricola ( Rodentoxyuris ) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb, femelle, — A, vue latérale ;
B, C et D, différentes vues apicales de tête. On note en particulier les traces des terminaisons du cycle
labial interne, et la bordure chitinoïde des lèvres ; E, tête en vue ventrale ; F et G, aile latérale repré¬
sentée en coupe transversale et en vue latérale ; H et I, détail de l’extrémité antérieure et terminale
du corps ; J, vagin ; K, œuf.
A : éch. 300 u ; B à G, K : éch. 50 u ; H, I : éch. 200 u ; J : éch. 100 u.
OXYURES PARASITES DE RONGEURS SCIURIDES
1529
350 [A de l'apex ; contour testiculaire situé à 500 p. de l’apex ; longueur du spiculé 50 p ;
longueur de la queue 27-30 p ; longueur de la pointe caudale 12-13 p.
Femelle. Les femelles ont une queue peu effilée. La vulve est située dans la première
moitié du corps ; l’ovéjecteur dirigé vers l’extrémité postérieure comprend un court vagin
à paroi épaisse et musculaire, auquel fait suite une trompe à paroi mince de large diamètre.
Les œufs non embryonnés sont oblongs et aplatis sur une face.
Les principales dimensions d’une femelle longue de 2,34 mm sont les suivantes : lar¬
geur 190 p ; écart des pores amphidiaux 26 p ; hauteur de la vésicule céphalique 110 p ;
longueur totale de l’œsophage 450 p ; dimensions du bulbe 100 X 85 p ; anneau nerveux,
pore excréteur et vagin situés respectivement à 170 p, 480 p et 750 p de l'apex ; dimensions
des œufs 53 X 23 p ; longueur de la queue 345 p.
Discussion
Cet oxyure d’Ecureuil correspond parfaitement par ses dimensions et sa morphologie
générale à l’espèce Trypanoxyuris sciuri. (Cameron, 1932). Celle-ci appartient à tout un
groupe d’Oxyures dont les hôtes fondamentaux sont des Primates.
Ces Oxyures sont répartis en trois genres : Lemuricola Chabaud et Petter, 1959, para¬
site de Lémuriens, Trypanoxyuris Yevers, 1923, parasite des Platyrrhiniens (Simiens du
Nouveau Monde) et Enterobius Leach in Baiud, 1853, parasite de Catarrhiniens (Simiens
de l’Ancien Monde) 1 .
S’il est aisé de différencier le genre Trypanoxyuris du genre Enterobius sur la présence
ou non d’une pointe caudale, les limites respectives de ces deux genres par rapport au genre
Lemuricola sont difficiles à préciser en première analyse.
Cela réside d’une part dans le fait que le genre Lemuricola représente une synthèse
parfaite de tous les éléments primitifs existants chez les deux autres genres, mais que ceux-ci
ne sont jamais tous réunis chez une même espèce, étant donné l’extraordinaire diversité
des caractères morphologiques (cf. Chabaud et coll., 1965) et que d’autre part les caractères
les plus saillants, cjui paraissent particuliers au genre Lemuricola, ne sont pas représentés
chez toutes les espèces du groupe, et peuvent même apparaître dans le genre Trypanoxyuris.
Ainsi, la plaque chitinoïde sous-cloacale du mâle, très développée chez les espèces des
sous-genres Lemuricola Chabaud et Petter, 1959, et P rot enterobius Inglis, 1961, est frag¬
mentée chez l’espèce Lemuricola (Madoxyuris) daubentoniae Petter, Chabaud, Delavenay
et Brygoo, 1972 ; elle est réduite à des cercles entourant les papilles post-cloacales chez les
autres espèces du sous-genre Madoxyuris Chabaud, Brygoo et Petter, 1965 ; ces anneaux
sont difficilement discernables chez l’espèce L. ( Ingloxyuris ) inglisi Chabaud, Petter et
Golvan, 1961.
Des structures cuticulaires analogues renforcent les papilles qui bordent l’ouverture
cloacale chez l'espèce Trypanoxyuris tamarini Inglis et Dunn, 1964.
La frange cuticulaire qui orne la ligne médio-ventrale du mâle chez les Lemuricola
malgaches n’existe pas dans le sous-genre Protenterobius parasite de Lorisiformes asiatiques.
1. Dans ce genre, une espèce, E. parallela (Linstow, 1908), est également parasite d’un Rongeur Sciu
ridé.
1530
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET FRANTISEK TENORA
Seules les structures céphaliques permettent de dilîérencier fondamentalement les
genres Lemuricola et Trypanoxyuris.
Elles sont remarquablement primitives dans le genre Lemuricola. En effet, à l’excep¬
tion de l’espèce L. (Ingloxyuris) inglisi, chez qui la bouche est entourée de six petits lobes
labiaux égaux, toutes les autres espèces de Lemuricola présentent trois lèvres d’égale impor¬
tance bordées généralement d’une lame chitinoïde transparente. La vésicule céphalique
entourant la tête est toujours simple.
Ces structures deviennent en revanche profondément modifiées dans le genre Trypa¬
noxyuris, au niveau des lèvres qui sont échancrées, divisées en lobes inégaux, ou fusionnées
secondairement en deux pseudolèvres, ou au niveau de la vésicide céphalique qui est marquée
de stries cuticulaires profondes ou divisée en une série de lohes.
Ainsi les espèces considérées comme les plus primitives du genre Trypanoxyuris pré¬
sentent déjà des lèvres latéro-ventrales réduites ou en partie fusionnées [T. callithricis
(Solomon, 1933), T. tamarini Inglis et Dunn, 1964], ou une vésicule céphalique divisée
en lobes [T. scelercitus (Travassos, 1925)].
De ce fait, il s'avère que l’Oxyure parasite de Sciurus vulgaris appartient en réalité
au genre Lemuricola. Il possède, en effet, des structures céphaliques très primitives carac¬
térisées par trois lèvres d’égale importance, aux rebords épaissis en lame chitinoïde, et
une vésicule céphalique simple.
Dans le tableau évolutif des différents sous-genres de Lemuricola (subgen. Lemuri¬
cola, subgen. Madoxyuris, subgen. Protenterobius, subgen. Ingloxyuris) tel qu’il est pro¬
posé par Petteh et coll., 1972, l’espèce Lemuricola sciuri (Cameron, 1932) nov. comb.
se rapproche du sous-genre Protenterobius par la morphologie de la bourse caudale munie
d’une pointe, et par celle des structures céphaliques.
Ainsi, l’espèce Lemuricola ( Protenterobius ) malayensis Inglis et Dunn, 1963, porte un
cycle externe de quatre papilles qui paraissent être doubles et un cycle interne de quatre
terminaisons qui sont visibles dans l’épaisseur des lèvres.
Lemuricola sciuri diffère cependant des espèces classées dans le sous-genre Protente¬
robius par l’absence de plaque post-cloacale cuticulaire et un isthme œsophagien court.
Nous la considérons donc comme l’espèce-type d’un nouveau sous-genre de Lemuricola
issu du sous-genre Protenterobius.
Nous la nommons Rodentoxyuris n. subgen.
Définition : Lemuricola : trois lèvres, pièces pharyngées soudées à la paroi ; isthme
œsophagien court ; mâle : frange cuticulaire ventrale absente, plaque postcloacale absente,
réduite à un anneau cuticulaire autour des papilles postcloacales de la première paire,
pointe caudale présente ; parasite de Sciuridés.
Espèce-type : Lemuricola ( Rodentoxyuris ) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb., para¬
site de Sciuridés holarctiques.
La nouvelle position systématique de l’espèce Lemuricola ( Rodentoxyuris ) sciuri rend
mieux compte des relations paléobiogéographiques qui ont pu exister entre les Primates
et les Sciuridés.
Selon l’hypothèse de Sandosham (1950), ce parasite serait en effet originaire du Nou¬
veau Monde et serait apparu en Europe avec l’introduction récente du Rongeur américain
OXYURES PARASITES DE RONGEURS SCIURIDÉS
1531
Sciurus carolinensis dans les îles Britanniques. Une telle hypothèse implique des échanges
de parasites entre les Primates néotropicaux et les Sciuridés néarctiques, qui n’ont pu
s’effectuer à la fin du tertiaire qu’à la faveur des ponts continentaux établis à cette époque
entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud.
Il s’agirait donc d’une capture récente d’un parasite dérivant d’un Trypanoxyuris
dont les structures céphaliques sont déjà très modifiées, ce qui est en profonde contradic¬
tion avec la morphologie particulièrement primitive de l’Oxyure de Sciuridé.
La classification de l’Oxyure d’Ecureuil dans le genre Lemuricola paraît plus satisfai¬
sante. On conçoit mieux en effet que cet Oxyure dont la morphologie reste très primitive
soit très ancien et que le transfert d’un Oxyure du genre Lemuricola des Lémuriens de
l’Ancien Monde aux Sciuridés ait pu se réaliser en raison de la même écologie arboricole
de ces hôtes.
Syphacia (Syphatineria) funambuli Johnson, 1967
Hôte : Funambulus pennanti Wroughton. Localité : Adhabar Terai, Népal.
Matériel étudié : 43 Ç dont 7 gravides et 17 <$. N° d’enregistrement MNHN 167 Ha, 169 Ha,
170 Ha.
Morphologie
Le plateau céphalique de cet Oxyure est arrondi, les papilles céphaliques sont rap¬
prochées latéralement des amphides. Il existe trois lèvres épaisses, mais le masque facial
est réduit et ne déborde pas le plateau céphalique. Dans les deux sexes une vésicule cépha¬
lique peu développée entoure la tête et deux ailes latérales parcourent toute la longueur
du corps.
Mâle. 11 porte sur la face ventrale et dans la région postérieure du corps deux mame¬
lons cuticulaires. Sa principale particularité réside dans l’ornementation du crochet acces¬
soire au gubernaculum. Celui-ci est en effet hérissé de deux pointes latérales en forme de
cornes.
Les dimensions d’un mâle long de 1,33 mm sont les suivantes : largeur 100 p ; lon¬
gueur totale de l’œsophage 215 p ; dimensions du bulbe 50 X 45 p ; anneau nerveux et
pore excréteur situés respectivement à 80 p et 250 p de l’apex ; coude testiculaire situé
à 570 p de l’apex ; les deux mamelons, longs de 60 p, sont situés respectivement à 725 p
et 920 p de l’apex ; longueur de la queue 170 p ; le spiculé mesure 94-95 p ; les dimensions
de son gubernaculum sont 45 X 8 p ; l’épaisseur de son crochet est de 4 p.
Femelle. Les femelles sont toutes de petite taille. Line femelle gravide longue de 2,65 mm
présente les dimensions suivantes : largeur 35 p ; longueur totale de l’œsophage 250 p ;
diamètre du bulbe 65 p ; anneau nerveux, pore excréteur et vagin situés respectivement
à 100 p, 180 p et 310 p de l’apex ; dimensions des œufs non embryonnés 105-110- p X
34-32 p ; longueur de la queue 430 p.
it os
Fig. 3. — Syphacia ( Syphatineria ) jitnarnbuli Johnson, 1967, mâle. — A, vue latérale ; B, tête, vue api
cale ; C, second mamelon cuticulaire et bourse caudale représentés en vue latérale ; D, bourse eau
dale ventrale ; E, spiculé et gubernaculum ; F, détail du gubernaculum et de son crochet accessoire ;
G, vue ventrale du crochet accessoire montrant les deux cornes latérales.
A : éch. 200 p ; B, E : éch. 50 p ; C, D : éch. 100 p ; F, G : éch. 30 p.
OXYURES PARASITES DE RONGEURS SCIURIDÉS
1533
Fig. 4. — Syphacia ( Syphatineria ) funambuli Johnson, 1967, femelle. — A, vue latérale ; B, tête, vue
apicale ; C, tête, vue ventrale ; D, extrémité antérieure du corps, vue ventrale montrant le départ
des ailes latérales ; E, détail du pore excréteur et de la vésicule excrétrice ; F, vagin ; G, œuf.
A : éch. 500 p ; B, C, E, G : écli. 50 p ; D, F : éch. 100 p.
Discussion
Cet Oxyure appartient au genre Syphacia, et au sous-genre Syphatineria en raison
des caractères génitaux du mâle orné de deux mamelons cuticulaires ventraux.
Deux espèces de Syphacia sont parasites de Funambulus pennanti.
L’une, S. lahorea Akthar, 1955, est parasite de la sous-espèce F. p. argentescens au
Pakistan. Cette espèce se différencie aisément de notre matériel, car le mâle possède trois
1534
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET FRANTISEK TENORA
mamelons cuticulaires ventraux. Les dimensions des pièces génitales sont en outre plus
importantes ; le spiculé mesure 126 p. et le gubeinaculum 63 p ; les œufs par contre sont
de plus petite taille : 90 X 32 p ; enfin, le crochet accessoire du gubernaculum n’est pas
denté.
La seconde espèce, S. funambuli Johnson, 1967, est comme nos spécimens parasite
de Funambulus pehncinti Wroughton, au Rajasthan.
La description originale de cette espèce est peu précise car elle concerne des spéci¬
mens immatures. La taille des œufs (22 X 21 p) donnée par Johnson est en effet inhabi¬
tuelle dans le genre Syphacia. Nous pensons cependant que nos spécimens appartiennent
à cette espèce car ils sont de petite taille, et parce que le mâle de S. funambuli est orné
seulement de deux mamelons cuticulaires ventraux.
Dans une étude comparée des espèces du genre Syphacia (Quentin, 1971), nous avons
réparti les Oxyures selon dix groupes d’après la forme de leur plateau céphalique arrondi
ou étiré latéralement, la disposition des papilles submédianes plus ou moins rapprochées
des amphides, la présence ou l’absence de lèvres.
Syphacia funambuli se définit par un plateau céphalique arrondi, des papilles cépha¬
liques dorsales situées ventralement par rapport aux commissures interlabiales et rappro¬
chées latéralement des amphides, une région péribuccale épaisse. Cette espèce se classe
par conséquent dans le groupe II du genre Syphacia où figure déjà l’espèce S. transafricana.
Les autres caractères morphologiques concordent chez les deux espèces. Les deux
premières paires de papilles cloacales restent éloignées de la dernière paire de papilles, la
forme du spiculé est identique. Ces Oxyures diffèrent cependant entre eux par l’ornementa¬
tion du crochet accessoire au gubernaculum. Celui-ci est muni d’une pointe chez S. transafri¬
cana et de deux cornes chez S. funambuli.
Remerciements
Nous remercions le Dr F. Petter du Muséum national d’IIistoire naturelle de Paris qui nous
a communiqué les Sciurus vulgciris L. de la région parisienne.
Les Oxyures parasites de Funambulus pennanti du Népal proviennent d’une importante
collection de Nématodes parasites de Rongeurs qui nous a été confiée par les Drs Masachi Ohbaya-
shi et Hisashi Abe auxquels nous tenons à exprimer notre reconnaissance.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Akhtar, S. A., 1955. — Syphacia lahorea sp. n. a new nematode parasitic in pennant’s squirrel.
Pakist. J. sci. Res., 7 (1) : 1-3.
Cameron, T. W. M., 1932. — On a new species of oxyurid from the grey Squirrel in Scotland.
J. llelminth., 10 (1) : 29-32.
Chabaud, A. G., et E. Biocca, 1955. — Vicariances spécifiques (et non génériques) chez des Oxyures
parasites de Xerus africanus. Description de Syphacia transafricana n. sp., division du genre
Syphacia Seurat, 1916. Bull. Soc. zool. Fr.. 80 (2-3) : 124-131.
Chabaud, A. G., E. R. Brygoo et A. J. Petter, 1965. — Les Nématodes parasites de Lémuriens
malgaches. VI. Description de six espèces nouvelles et conclusions générales. Annls Parasit.
hum. comp., 40 (2) 181-219.
OXYURES PARASITES DE RONGEURS SCIURIDÉS
1535
Chabaud, A. G., et A. J. Petter, 1959. — Les Nématodes parasites de Lémuriens Malgaches.
IL Un nouvel Oxyure : Lemuricola contagiosus. Mém. Inst, scient. Madagascar, sér. A, 13 :
127-132.
Chabaud, A. G., A. J. Petter et Y. Golvan, 1961. — Les Nématodes parasites de Lémuriens
malgaches. III. Collection récoltée par M. et M me Francis Petter. Annls Parasit. hum.
comp., 36 (1-2) : 113-126.
Erhardova, B., 1958. — Parasiticti cervi hlodavcu ceskoslovenska. Cslkâ. Parasit., 5 (1) : 27-103
(résumé en allemand).
Hôrning, B., 1963. — Zur Ivenntnis der Endoparasitenfauna des Eichhôrnchens ( Sciurus vulgaris)
in der Schweiz. Revue suisse Zool., 70 (2) : 25-45.
Inglis, W. G., 1961. — The Oxyurid parasites (Nematoda) of Primates. Proc. zool. Soc. Lond.,
136 (1) : 103-122.
Inglis, W. G., et F. L. Dunn, 1963. — The occurrence of Lemuricola (Nematoda : Oxyurinae)
in Malaya : with the description of a new species. Z. ParasitKde, 23 (3) : 354-359.
Inglis, W. C., et F. L. Dunn, 1964. — Some Oxyurids (Nematoda) from neotropical Primates.
Z. ParasitKde, 24 (1) : 83-89.
Johnson, S., 1967. — A new Nematode of the genus Syphacia (Oxyuroidea) from the Squirrel
Funambulus pennanti from Rajasthan, India. Proc. zool. Soc., Calcutta, 20 (1) : 83-85.
Kreis, H. A., 1944. — Beitràge zur Kenntnis parasitischer Nematoden. XI. Neue parasitische
Nematoden. Revue suisse Zool., 51 (6) : 227-262.
— 1952. — Ilelminthologische Untersuchungen in schweizsrischen Tierpârken und bei Haus-
tieren. Schweizer Arch. Tierheilk.. 94 : 499-522 et 556-583.
Linstow, O. von, 1908. — Zoologische und anthropologische Ergebnisse einer Forschungsreise
im westlichen und zentralen Südafrika ausgeführt in den Jahren 1903-1905. IL Helminthes.
Nematoden und Acanthocephalen. Denkschr. med.-naturw. Ges. Jena, 13 : 19-28.
Petter, A. J., A. G. Chabaud, R. Delavenay et E. R. Brygoo, 1972. — Une nouvelle espèce
de Nématode du genre Lemuricola parasite de Daubentonia madagascariensis Gmelin, et
considérations sur le genre Lemuricola. Annls Parasit. hum. comp., 47 (3) : 391-398.
Quentin, J. C., 1971. — Morphologie comparée des structures céphaliques et génitales des Oxyures
du genre Syphacia. Annls Parasit. hum. comp.. 46 (1) : 15-60.
Rausch, R., et J. D. Tiner, 1948. — Studies on the Parasitic Helminths of the North Central
States. I. Helminths of Sciuridae. Am. Midi. Nat., 39 (3) : 728-747.
Sandosham, A. A., 1950. — On Enterobius vermicularis (Linnaeus, 1758) and some related species
from primates and rodents. J. Helminth., 24 (4) : 171-204.
Skrjabin, K. I., et N. P. Schikhobalova, 1951. — [Réorganisation de la classification des Néma.
todes du sous-ordre des Oxyurata Skrjabin, 1923.] (En russe). Trudy gelmint. Lab.. 5 : 5-8
Solomon, S. G., 1933. — On a new species of Enterobius from the marmoset (Callithrix jacchus).
J. Helminth., 2 (2) : 95-100.
Tenora, F., 1967. — The helminthofauna of small Rodents of the Rohacska dolina valley (Lip-
tovské Hole Mts) Slovakia. Acta Sci. nat. Brno, 1 (2) : 31-68.
Travassos, L., 1925. — Fauna brasiliense : Nematodes, Oxyuroidea, Oxyuridea. Revisâo do genero
Enterobius Leach, 1853. Museu nac. do Rio de Janeiro, n. sér., 1 : 5-11.
Vevers, G. M., 1923. — Some new and little known Helminths from British Guiana. J. Helminth.,
1 (1) : 35-45.
Manuscrit déposé le 26 octobre 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 256, sept.-oct. 1974,
Zoologie 178 : 1525-1536.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1975 .
IMPRIMERIE NATIONALE
4 564 004 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.