BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
183
N» 261 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1974
i i i
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
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1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
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A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
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générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 261, septembre-octobre 1974, Zoologie 183
La patte prothoracique des Mantispidés
et ses récepteurs sensoriels fémoraux
par Claude Poivre *
Résumé. — La structure de la patte prothoracique des Mantispidés est profondément modi-
liée en vue de la prédation et comporte un équipement sensoriel très spécialisé. Des chevilles chi-
tineuses, en partie invaginées et dérivant de sensilles trichoïdes, se trouvent à l’extrémité des
épines fémorales. La structure fine de ces récepteurs et leur innervation sont mises en évidence.
Abstract. — The structure of the prothoracic leg of the Mantispids has been deeply modifîed
in view of the prédation and bears a sensorial équipment very specialized. Some chitinous cônes
partly invaginated and evolued from the sensilla trichoïdea are located at the top of the fémoral
spines. The fine structure of these receptors and their innervation are made évident.
Zusammenfassung. — Als Anpassung an die ràuberisclie Lebensweise ist der Bau der Vor-
derbeine der Mantispiden weitgehend abgewandelt. Die Vorderbeine sind mit einem sehr spezia-
lisierten Sinnesorgankomplex ausgestattet. An der Spitze der Schienendornen befmden sich Chi-
tinstrukturen, die teilweise eingestülpt werden konnen und sich von den Sensillae trichodeae ablei-
ten. Der Feinbau und die Innervation dieser Sinnesorgane werden aufgezeigt.
Introduction
L’organe sensoriel apical des épines fémorales des Mantispidés fut décrit, pour la
première fois, par Stitz (1931) qui s’exprime en ces termes : « chez Mantispa pagana 1
et autres, surgit une longue et puissante épine principale à la surface interne de la moitié
inférieure de l’arête ; en position distale par rapport à l’épine principale, se trouvent quelques
épines plus courtes, entre lesquelles on rencontre des épines encore plus petites. Toutes
sont creuses et portent à leur extrémité une cheville chitineuse en forme de quille à l’extré¬
mité aplatie. Chacune d’elle est vraisemblablement innervée, si bien que toute la rangée
d’épines forme un organe tactile. Lorsqu’une proie touche ces organes, elle provoque
le repli réflexe du petit tibia et se trouve prise entre l’épine principale et les rangées d’épines
externes ». Un dessin de détail (fig. 315), que je reproduis plus loin, illustre ce texte (fig. 4).
Mc Keown et Mincham (1948) ont étudié le fonctionnement des pattes ravisseuses
lors de la capture des proies chez Mantispa vittata Guérin, sans mentionner le rôle éventuel
des organes fémoraux.
Lucchese (1956), dans une étude morphologique et biologique de Mantispa perla Pal-
* Laboratoire de Zoologie approfondie de V Université de Nancy /.
1. M. pagana Fabricius, 1775, est identique à M. styriaca Poda, 1761.
261, 1
Fig. 1. — Pattes prothoraciques gauches, à partir du trochanter, en vue antérieure (interne) : A, Man-
lispa styriaca (Poda, 1761) ; B, Mantispa tenella Erichson var. dispersa Navas, 1914 ; C , Pseudoclima-
ciella loanga Navas, 1909 ; D, épine tibiale gauche de M. tenella en vue antérieure (interne) ; E, épine
tibiale droite de M. tenella en vue postérieure (externe) ; F, patte prothoracique (à partir de l’apex
du fémur) de Symphrasis myrapetrella Westwood (d’après Stitz, 1931) ; G, 5 e article tarsal de la patte
prothoracique gauche de M. tenella ; H, tarse de la même ; J, tarse de la patte métathoracique gauche
de M. tenella ; K, 5 e article tarsal de la patte métathoracique droite de M. tenella ; L, griffe postérieure
de la même ; M, schéma de la position comparée du buttoir des trois espèces étudiées.
bu. : buttoir ; fe. : fémur ; ta. : tarse ; ta. 1 - ta. 5 : 1 er et 5 e articles tarsaux ; ti. : tibia ; tr. : tro¬
chanter ; 1, 2, 3 : épines principales entre le buttoir et l’apex du fémur.
LA PATTE PROTHORACIQUE DES MANTISPIDÉS
1635
las, a mentionné l’existence des phanères spatuliformes des épines fémorales chez cette
espèce et a figuré en particulier celui de l’épine principale (fîg. XVII).
Tétry (1948) rapporte, sans le citer, l’interprétation de Stitz au sujet de la fonction
des organes tactiles fémoraux. Pour Berland et Grasse (1951), le minuscule bouton chi-
tineux qui se trouve à la pointe de chaque épine creuse et que l’on considère comme un
organe tactile renseigne la Mantispe sur les réactions de sa proie.
Cette dernière interprétation, qui n’infirme pas celle de Stitz, insiste sur une fonction
qui me paraît importante.
En effet, selon Lucchese, les petites proies 1 sont dévorées instantanément, tandis
que les plus fortes qui se débattent vigoureusement sont maintenues, serrées, dans le piège
épineux formé par les tibias repliés sur les fémurs et ne sont consommées qu’après immo¬
bilisation complète.
L’observation du comportement de prédation des Mantispidés, particulièrement en
ce qui concerne les fortes proies maintenues jusqu’à immobilisation complète, avant inges¬
tion, tend donc à renforcer l’idée que l’organe tactile, qui sera décrit plus loin, a pour fonc¬
tion de renseigner ces Insectes chasseurs sur les réactions de leurs proies.
Fémur
Le fémur (fig. 1) est plus ou moins fortement dilaté selon les espèces, armé d’une ran¬
gée d’épines sur son bord sternal postérieur (externe) ; ces épines, dont la taille et le nombre
peuvent varier d’une espèce à l’autre, ont une position intermédiaire, les unes par rapport
aux autres, en fonction de leur taille. Derrière cette rangée d’épines, face interne, se trouve
une légère dépression dans laquelle le tibia vient se loger lorsqu’il se replie sur le fémur.
A l’extrémité basale de cette dépression, sur le bord sternal antérieur (interne) de
l’article, s’implante une épine beaucoup plus grande que les autres (le buttoir) qui cale
l’extrémité apicale du tibia lors de la fermeture de la pince (fig. 1). Le buttoir peut être
un peu différent de forme d’une espèce à l’autre (fig. 3). La longueur du tibia étant variable
avec l’espèce, la longueur de la dépression et par conséquent la position du buttoir par
rapport aux deux extrémités du fémur varient aussi ; le buttoir s’implante au milieu du
fémur chez M. styriaca, aux 2/5 proximaux chez M. tenella et aux 5/12 proximaux chez
P. loanga (fig. 1). Toutes les épines fémorales sont sensiblement inclinées vers l avant pour
une raison mécanique évidente (rétention de la proie) ; elles sont creuses et portent toutes,
à leur extrémité, le petit organe sensoriel tactile qui sera décrit plus loin. Il y a aussi de tels
organes entre les épines et même, quelquefois, à leur base (fig. 1 à 3). La cuticule des épines
est traversée, sur toute leur longueur, par un nombre plus ou moins important de fins
canaux (2 à 3 p de diamètre chez les 3 espèces étudiées de ce point de vue) ; ceux-ci laissent
passer des filets nerveux qui aboutissent à la base de microscopiques poils sensoriels de
2 à 25 p de long chez M. styriaca (fig. 2 à 6). Le tibia, robuste, s’articule sur le fémur comme
la lame d’un couteau pliant. Il se termine en une courte pointe, du côté interne, masquant
1. Petits Diptères, Microlépidoptères et petits Hyménoptères sont les proies principales des Mantispes,
dont le régime alimentaire est essentiellement carnivore. Les auteurs nourrissaient leurs animaux en cap¬
tivité principalement avec des Mouches.
Fig. 3. — Buttoirs : A, de Mantispa styriaca (droit, vue antérieure = interne) ; B, apex du même ; C, de
M. tenella (gauche, vue antérieure) ; D, apex du même ; E, le même en vue postérieure (= externe),
le fémur est coupé longitudinalement sur les épines ; F et G, de Pseudoclimaciella loanga (gauche, vue
antérieure) ; H, apex du même.
1638
CLAUDE POIVRE
l’articulation du premier article tarsal (fîg. 1). Le tarse compte cinq articles dont le premier
est beaucoup plus grand que les suivants et le dernier, environ une fois et demi plus long
que les trois précédents, porte à son extrémité une courte mais solide griffe en forme de
crochet ; il n’y a pas d’arolium adhésif, comme aux deux autres paires de pattes qui portent
deux griffes à plusieurs pointes (fîg. 1).
Deux genres sur vingt-cinq (environ), Symphrasis et Plega, d’Amérique, n’ont pas
de buttoir sur le fémur, mais deux rangées d’épines et de soies spiniformes, et n’ont pas de
pointe tibiale, mais une forte épine courbée à l’extrémité du premier article tarsal ; ils ont,
de plus, conservé deux griffes et un petit arolium adhésif au dernier article du tarse qui
n’en compte que quatre aux pattes antérieures (fîg. 1).
Description détaillée des chevilles sensorielles
Structure
Le récepteur tactile que l’on trouve à la pointe de chaque épine fémorale, ainsi qu’à
la base des épines et entre elles (sous une forme plus petite et plus élancée) est un phanère
sensoriel du type sensille trichoïde (fîg. 4 et 5), modifié par la spécialisation de la patte.
Il est probable qu’un poil sensoriel ordinaire, planté au sommet d’une épine, risquerait
d’être brisé à chaque capture de proie.
La sensille trichoïde a évolué en une cheville chitineuse 1 profondément enfoncée dans
l’épaisseur de la cuticule. Elle saille à l’extérieur en un court cône parabolique, mesurant
environ un tiers de sa longueur totale chez Mantispa styriaca (fîg. 4 et pi. I). Chez les deux
espèces africaines étudiées, Mantispa tenella et Pseudoclimaciella loanga, la saillie de l’orga¬
nite est moins importante et se réduit à un petit dôme, haut du quart de la longueur totale
pour M. tenella et du cinquième pour P. loanga (fig. 5 et pl. II). La partie saillante est élar¬
gie à sa base, ce qui évoque l’aspect de certains bouchons, d’où le nom « d’organe en bou¬
chon » donné quelquefois (Berland et Grassé). Comme n’importe quelle sensille trichoïde,
ce poil modifié est creux, mais cela se voit très difficilement tant la chitine qui le constitue
est opaque ; même après éclaircissement intensif par la potasse caustique ou par bain pro¬
longé dans l’hydrate de chloral acétique, il n’est pas facile de définir le contour exact de la
partie creuse. Par contre, l’épaisse cuticule fémorale est translucide (même avant éclair¬
cissement chez M. styriaca) et l’on peut voir par transparence les chevilles sensorielles dans
leur entier, y compris la masse cellulaire enveloppant leur hase. Le « bouchon » peut être
brisé ou arraché accidentellement, comme un autre phanère (fîg. 4), sans que la cuticule
1. Gueguen, Sellier et Lefeuvre (1971), étudiant la morphogenèse de l’appareil stridulant fémoral
chez un Orthoptère Acridiné (Chrysochraon dispar Germ.), ont montré que la râpe est composée de tuber¬
cules pédonculés dérivant de sensilles trichoïdes banales larvaires qui conservent, chez l’adulte, leurs con¬
nexions nerveuses. Ces tubercules présentent une certaine similitude morphologique avec les chevilles
sensorielles fémorales des Mantispidés, mais leur fonction dilfère ; elle est d’abord phonatrice et probable¬
ment aussi, d’après les auteurs, sensorielle.
Sur la face dorsale de la maxille d’une larve de Coléoptère Scarabéidé, Vadonidella descarpentriesi,
Paulian et Lumaret (1973) ont signalé la présence d’une rangée de six ou sept courtes dents stridulatoires.
D’après le dessin des auteurs (p. 87, fig. 6), celles-ci ressemblent extérieurement aux cônes chitineux des
organes sensoriels fémoraux des Mantispidés et mesurent 30 à 40 p. de longueur sur 20 p environ à la base.
La description de ces organes coniques entrant dans le cadre d’un travail de systématique, leur structure
morphologique fine et leur éventuelle innervation n’ont pas été étudiées.
Fig. 4. — A, épines fémorales des pattes ravisseuses et détail de l’organe sensoriel de Manlispa pagana F.
( = styriaca Poda), (d’après Stitz, 1931) ; B, apex d’un buttoir droit de M. styriaca laissant voir par
transparence l’implantation du phanère sensoriel terminal avec ses cellules trichogène et tormogène
formant une masse enveloppante à sa base ; C, le même coupé verticalement, montrant sa structure
trichoïde et son innervation, ainsi que celle des microsensilles ; les cellules nerveuses bipolaires sont
figurées par un petit renflement (noir) du filet nerveux ; D, organe aberrant implanté à mi-longueur
d’une épine fémorale droite (n° 2) de M. styriaca <ÿ (Saint-Jorioz, 25-VI-1961) ; E, coupe synthétique
d’un phanère sensoriel du type sensille trichoïde, montrant sous la base du poil les cellules trichogène
(à droite), tormogène (à gauche) et nerveuse bipolaire un peu en dessous ; F, G, apex coupés des
buttoirs droit et gauche d’une M. styriaca , dont les chevilles chitineuses sont brisées, l’une au-dessus
et l’autre en dessous de l’extrémité apicale, laissant voir la membrane articulaire (buttoir droit, F) ;
H, coupe d’une petite cheville sensorielle située entre deux épines fémorales.
1640
CLAUDE POIVRE
f ig. 5. — A, apex d’un buttoir gauche de Mantispa tenella ; B, le même en coupe verticale ; C, apex du
5 e article d’un palpe maxillaire droit de M. tenella coupé verticalement ; D, digitus d’une maxille droite
(même espèce, même présentation) ; E, apex du 3 e article d’un palpe labial gauche.
LA PATTE PROTHORACIQUE DES MANTISPIDÉS
1641
qui l’entoure soit obligatoirement abîmée. Il mesure 30 à 35 p. de haut sur 16 à 22 p dans
son plus grand diamètre, à l’extrémité du buttoir et des grandes épines fémorales chez
M. styriaca, 25 p sur 18 p environ chez M. tenella et 25 p sur 15 p chez P. loanga. Une
membrane arliculaire en forme de manchon enveloppant relie la cheville chitineuse à la
cuticule fémorale. On distingue assez nettement, à la base de l’organe et l’entourant par¬
tiellement, les deux grosses cellules trichogène 1 et tormogène 2 3 qui possèdent, chacune,
un gros noyau sombre courbé et allongé. Ces deux cellules sont logées dans des cavités
endocuticulaires peu profondes. Au-dessous, suit une cellule sensorielle bipolaire inner¬
vant l’organe et reliée à celui-ci par un filament nerveux (fîg. 4 et 5).
Un petit nombre (variable) de canalicules intracuticulaires, conduisant aux micro-
sensilles trichoïdes qui se répartissent tout le long des épines, se trouvent très près et autour
des organes en bouchon (fig. 3 à 5).
Parmi 17 fémurs des 3 espèces étudiées, j’ai trouvé, chez un mâle de M. styriaca (Saint-
Jorioz, 25-V1-1961, Ch. Degrange), un organe aberrant, d’une forme intermédiare entre
une sensille trichoïde et un organe en bouchon. 11 est implanté à mi-longueur d’une grosse
épine et se présente sous la forme d’un poil spiniforme transparent ; sa base, de structure
analogue aux autres, est enfoncée profondément comme celle-ci dans la cuticule (fig. 4).
Une étude en cours, au microscope à balayage (STERÉOSCAN), des récepteurs sen¬
soriels fémoraux de Mantispa styriaca et Pseudoclimaciella loanga 3 permet déjà de confir¬
mer les observations faites en microscopie optique. Elle fait apparaître, en plus, une striation
convergente externe des cônes ehitineux et des petits pores sécréteurs, situés autour de
l’embase des microsensilles. Ces pores sont peut-être en relation avec des glandes tégumen-
taires émettant une sécrétion épicuticulaire, ce qu’une étude histologique ultérieure pourra
sans doute préciser (pl. 1 et II).
Liaison au tractus nerveux périphérique
Des organes sensoriels, partent, à partir de leur cellule bipolaire, des filets nerveux
très fins qui cheminent à l’intérieur des épines, jusqu’à la base de celles-ci, en se joignant
souvent entre eux (fig. 6).
Ensuite ces filets, auxquels se relient ceux des organes situés entre les épines, se groupent
en éventail sous des séries de 4 à 7 épines. Ces faisceaux nerveux ne sont pas séparés, mais
sont reliés entre eux à la base des épines extrêmes de chaque série. Ils font partie intégrante
du système nerveux sensoriel périphérique très complexe du fémur (fig. 6).
Similitude partielle entre le système sensoriel des épines fémorales et celui
DES APPENDICES BUCCAUX
Le 5 e article du palpe maxillaire, le digitus de la maxille et le 3 e article du palpe labial
portent, à leur extrémité, quelques microsensilles trichoïdes semblables à celles des épines
fémorales. Elles sont reliées également au tractus nerveux par l’intermédiaire de fins cana¬
licules, traversant la cuticule, et dans lesquels passe un filet nerveux. Il n’y a pas d’autre
1. Qui produit la sensille trichoïde.
2. Qui forme la membrane articulaire du poil.
3. Je dois cette étude à l’aide efficace de mon ami C. Bareth.
LA PATTE PROTHORACIQUE DES MANTISPIDES
1643
organe sensoriel sur le digitus de la maxille. Par contre, à l’extrémité des palpes maxillaires
et labiaux, il existe un petit organe sensoriel, très différent de celui des épines fémorales
qui a la forme d’un petit dôme épineux de 12 à 15 p. de diamètre chez M. tenella (fig. 5).
On en ignore la fonction (olfactive, gustative, tactile ?).
Conclusion
La description des pattes ravisseuses de 3 espèces de Mantispidés, dont deux du même
genre (Mantispa styriaca et M. tenella ), fait ressortir une différence importante et constante
dans la forme des fémurs et dans ses moindres détails. Ce caractère, bien qu’exploité en sys¬
tématique, ne l’est malheureusement pas autant que la nervation alaire qui, pourtant,
varie d’un individu à l’autre, au sein de la même espèce, et des ailes gauches aux ailes droites
sur un individu.
La structure de l’organe sensoriel tactile dit « en bouchon » méritait d’être étudiée
avec plus de précision. Cette étude devrait être prolongée par des examens histologiques,
afin de préciser les structures cellulaires L Cela ne peut se faire convenablement avec des
matériaux conservés dans l’alcool éthylique, mais il faut disposer d’appendices d’imagos
fraîchement éclos, fixés au Bouin Hollande avant qu’ils ne se durcissent 1 2 . On ne peut
obtenir ces imagos que par l’élevage des larves du 2 e stade, récoltées dans les sacs ovigères
d’Araignées, ce qui pose des problèmes de temps.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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des Musée Royal du Congo Belge, Tervuren. Revue Zool. Bot. afr.. 59 (3-4) : 185-227.
1. L’étude histologique des sensilles permettra de les classer dans les différentes catégories, selon leur
taille et leur mode d’innervation.
2. Je dois ces derniers renseignements à la compétence do mes amis et collègues C. Bareth et J. C.
Pihan.
1644
CLAUDE POIVRE
— 1960. — Beitrage zu einer Révision fier Mantispiden (Neuroptera), Il Teil, Mantispiden
des Musée Royal du Congo Belge, Tervuren. Revue Zool. Bot. afr., 62 (3-4) : 181-245.
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Tétry, A., 1948. — Les outils chez les êtres vivants. Gallimard, Paris.
Manuscrit déposé le 22 octobre 1973.
PLANCHE I
Mantispa styriaca Poda, 1761.
De gauche à droite et de haut en bas : fémur droit en vue sternale de 3/4 ( X 30) ; fémur gauche en vue
sternale, épine principale n° 3 (au premier plan) et les trois suivantes ( X 450) ; cône sensoriel d'une
épine proche du buttoir gauche et microsensille située à la base de l'épine ( x 3 000) ; une des micro-
sensilles du buttoir avec pores sécréteurs contigus représentés par les zones sombres situées au-dessus
du poil ( X 7 500) ; une autre microsensille avec pores sécréteurs proches matérialisés par des rassem¬
blements de matières blanchâtres provenant soit de sécrétions, soit d’arctéfacts (x 7 500). (Photos
C. Bareth.)
LA PATTE PROTHORACIQUE DES MANTISPIDES
164S
PLANCHE I
1646
CLAUDE POIVRE
PLANCHE 11
l'seudoclimaciella loanga Navas, 1909.
De gauche à droite et de haut en bas : apex d’une épine fémorale principale (n° 1, 2 ou 3 X 1 500) ; le même
apex ( X 3 750) ; poils fémoraux ordinaires avec 2 pores sécréteurs apparents près de leur embase
(x 3 C00) ; cône d’un petit organe sensoriel, entre épines (X 3 750) ; microsensille d’épine avec 3 pores
sécréteurs contigus apparents (x 3 000) ; microsensilles d’épine avec 2 et 3 pores apparents et peut-
être quelques pores oblitérés (X 3 000). (Photos C. Bareth.)
LA PATTE PROTHORACIQUE DES MANTISPIDES
1647
PLANCHE II
IMPRIMERIE
Achevé (Timprimer le 30 avril 1975.
NATIONALE
4 564 004 5
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seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoflroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.