BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 288
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
198
MARS-AVRIL 1975
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Baüchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupèrier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d'Ilis-
toire naturelle, 38, rue Geolîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-621 ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geolîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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International Standard Serial Num ber (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 288, mars-avril 1975, Zoologie 198
Complément aux Mollusques Pulmonés
de Madagascar
par Edouard Fisciier-Piette, Françoise Blanc et Francine Salvat
Résumé. Ce travail concerne 75 espèces, dont 27 sont décrites comme nouvelles. Les
renseignements apportés pour les 4<8 autres sont de divers ordres ; certaines n’avaient pas encore
été citées de Madagascar ; pour d’autres nous faisons connaître, ou mieux connaître, leur anato¬
mie, leur distribution géographique à l’intérieur de l’ile, leur bibliographie, etc.
Abstract. - Fins work concerns 75 species, 27 of them are described as new. Some otliers
are new for Madagascar. Anatomical investigations are presented, as well as complementary
informations about the distribution, the bibliograpby, and so on.
Introduction
Ce travail concernant des Pulmonés de Madagascar fait suite à une publication simi¬
laire relative à des Operculés terrestres et qui a paru dans les Mémoires du Muséum de
1969, IV, série Zoologie, 2, sous le titre « Complément aux Mollusques Operculés terrestres
de Madagascar ». La présente étude, comme la précédente, est principalement basée sui¬
des récoltes effectuées récemment par M. et M me Blanc. Ici, comme pour les Operculés,
il ne s’agit certainement que d’un premier complément, car il reste beaucoup à faire pour
la connaissance de la faune malacologique terrestre de Madagascar.
Vertigo (Angustula) milium Gould
En donnant dans notre travail sur les Vertiginidae de Madagascar (1965 : 145) une
liste de références, nous avons omis de citer W. Adam, 1954, \ol. Jubil. Van Straelen
qui, à la page 751, a constaté la présence à Madagascar, Fort-Dauphin, de cette espèce
nord-américaine qu’il a supposée avoir été importée par l’homme.
* E. Fischer-Piette, Muséum national d'Histoire naturelle, Laboratoire de Biologie des Invertébrés
marins et Malacologie, 55, rue de Buffon, 75005 Paris.
F. Blanc, Laboratoire de Zoologie et de Biologie générales, Faculté des Sciences et des Techniques, Uni¬
versité de Madagascar, B.P. 906, Tananarive. République Malgache ; et : Laboratoire de Zoo géographie.
Université Paul Valéry, B.P. 5043, 34032 Montpellier Cédex.
F. Salvat, Laboratoire de Biologie marine et de Malacologie de l’École Pratique des Hautes Études, 55,
rue de Buffon, 75005 Paris.
288, 1
210
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Genre Nesopupa
Nous n’avions fait connaître de Madagascar (1965 : 147) que deux espèces, Nesopupa
waterloti n. sp. et N. decaryi n. sp., or nous avions omis de signaler que le genre était déjà
connu de Madagascar, W. Adam ( loc. cit.), ayant décrit (p. 780) et figuré (p. 777, fig. 14, F)
une Nesopupa ( Insulipupa ) sp. de Nossi-Comba, qu'il a constaté ressembler fortement
à N. minutalis Morelet. Les deux espèces que nous avons décrites l’année suivante sont
distinctes de la forme signalée par W. Adam.
Gastrocopta seignaciana Crosse et Fischer
Nous avons omis de signaler que W. Adam [loc. cit. : 798) a étudié 20 exemplaires
de Nossi-Bé et Nossi-Comba el a fait connaître leur variabilité par 4 ligures (fig. 21, A à D :
80 et fig. 22, A et B : 803) et par des tableaux de mensuration.
Gastrocopta madagascariensis Bavay et Germain
C’est par une erreur de mise en pages que, dans notre travail de 1965 (p. 149), cette espèce
se trouve séparée de la précédente par trois formes d’autres genres. Pour elle aussi nous
avons omis de citer le travail de W. Adam [loc. cit. : 803). M. Adam en a étudié 30 spéci¬
mens et a donné des tableaux de mensuration et des figures (fig. 21, 1 et .1 : 801 ; fig. 22,
E : 803). La provenance est Fort-Dauphin, dans le sud de l’ile, ce qui montre une réparti¬
tion beaucoup plus large que celle que nous avons mentionnée avec deux localités du nord :
cap Diego et Imorona.
Pupisoma (Ptychopatula) dioscoricola C. B. Adams
(Fig. 1)
Conulus dioscoricola Adams, Teste d. 1965 : 153.
C’est de Tsimbazaza que Testud a signalé pour la première fois la présence de cette
espèce à Madagascar. En fait, l’espèce était déjà introduite en 1921 car nos collections
Fig. 1. — Pupisoma dioscoricola C. 15. Adams. X 9.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
211
contiennent un lot de six échantillons récoltés à cette date par M. Decaky à Tananarivc
(Palais de la Heine) ; nous avons aussi, d’une écriture semblant encore plus ancienne, 12!)
individus récoltés à Tananarivc sur divers arbres, principalement des orangers.
Rachis tulearensis Fiseher-Piette
Rachis tulmrensis Fiseher-Piette, 1964 : 72, pl. \ I. fig. 2.
M me Blanc en a récolté trois exemplaires dans la région de Tuléar, qui est celle d'où
l’espèce est connue, mais de deux localités nouvelles : vallée du Fieherenna (deux exem¬
plaires) et Andavadoaka (entre Morombe et Morondava) (un exemplaire).
Edouardia battistinii Fiscber-Pielle
Edauardia battistinii Fiseher-Piette, 1964 : 76, pl. VI, lig. 3 et 4.
La description de cette espèce a constitué une erreur monumentale, un Operculé
ayant été pris pour un Pulmoné ! Il s’agissait d’échantillons quaternaires du sud de I'ile :
depuis lors, M. Battistini nous a envoyé de la même région un certain nombre d’autres
échantillons quaternaires beaucoup mieux conservés, qui nous ont permis de nous rendre
compte qu’il s’agissait de jeunes d '11 ainesia crocea Sowerbv chez lesquels la forme de l’ou¬
verture diffère profondément de celle de l’adulte.
Zonitoides arboreus Say
Hélix arboreus Say, 1817 : pl. IV, lig. 4.
Zonitoides arboreus Say, Paci.i.v.v, 1955 : 226; Teste d, 1965 : 151.
M. Bhunck nous a remis un exemplaire récolté en 1965 à Tampolo (un peu au sud
de Sainte-Marie). Cette localité étend vers le nord l’aire de répartition montrée par la carte
établie par Testuo.
Microcystis nitelloides n. sp.
(Pl. 1, 1-3; fig. 2)
Espèce basée sur cinq échantillons récoltés sur le mont Tsaratanana (fig. 3), quatre
par M. Blanc en 1966 et un jeune, antérieurement, par M. Paulian, à 2 200 m.
Description du type
Diamètre 7 mm ; hauteur 4,4 mm ; ouverture ayant 4 mm de long et 3 mm de haut.
Ombilic perforé mais de la plus grande finesse. Un peu plus de cinq tours. L’apex est lisse
sur deux tours et demi. Ensuite apparaît une sculpture croisée, line et régulière, où J orne¬
mentation spirale est légèrement prédominante sur le troisième tour, puis les deux sys-
Fig. 2. — Microcystis nitelloides n. sp. X 6.
Nossi-Comba
cap Diego
Nossi-Bé
Ankarana_^
Windsor Castle près
de^Qiego Suarez
OrangeaMontagne des
Français
Montagne
d'Ambre
Port Leven
Mont Tsaratanana
0 Sambava
Andapa
Andrapangy
Ankarafantsika
Besalampy
BefandrianaQ £
AnkazoaboO &
\vallée du Fiherana
Miary^!Î!Sto3^naly
Manampetsa
Mahofaly (sud
du plateau
Fig. 3. — Localités citées.
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR
213
tèmes de stries sont équivalents, formant sur le reste de la spire et sur la hase un quadril¬
lage parfait. Le test, luisant, opaque, est brun très clair.
Paratypes
Les trois autres échantillons de M. Blanc ont 6,5 mm ; celui de M. Paulian a 4,5 mm.
L’animal est noir en alcool.
Rapports et différences
La forme générale est très analogue à celle de M. nitella Morelet, de l’île Maurice et
de l’île de La Réunion. Mais M. nitella est dépourvue de stries spirales, sauf sur les pre¬
miers tours, et l’animal est jaune.
Microcystis madecassina Fischer et Salvat
(Fig. 4)
Microcystis madecassina Fischer-Piette. et Salvat in Fischer-Piette, Bedoucha et Salvat,
1966 : 6, pl. I, lig. 1 à 3.
De cette espèce, qui n’était connue que par un seul spécimen, M. Blanc en a récolté
deux autres, vivants, sur le mont Tsaratanana qui est la région d’où provenait déjà le type.
Leur détermination nous a amenés à constater que la diagnose avait été amputée
d’un passage concernant la sculpture, de sorte que nous décrivons à nouveau cette sculp¬
ture du type.
Sur la spire l’ornementation n’apparaît qu’à la fin du deuxième tour. Chaque tour
est divisé en deux par une forte costule spirale, sorte de deuxième carène, qui donne aux
tours un aspect subanguleux. L’ornementation est sensiblement différente entre la partie
Fig. 'î. — Microcystis madecassina Fischer et Salvat. X 6.
214
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
supérieure du tour et la partie inférieure, mais ceci n’est vraiment net qu'à partir du qua¬
trième tour car sur le troisième l’ensemble est beaucoup trop fin. Pour le dernier tour, la
partie supérieure est ornée de sept costules spirales coupées par de fines stries de croissance ;
la partie inférieure est ornée d’une dizaine de costides spirales de grosseur inégale, mais
bien plus fines et plus serrées que sur la partie supérieure, coupées elles aussi par de fines
stries de croissance. La coupure des costules spirales par les stries de croissance donne une
ornementation en croisillons. Nous donnons des croquis (fig. 4).
Ce type a 7 X 4,5 mm pour 5 tours et demi. Les deux nouveaux échantillons sont plus
grands, ils ont respectivement 8x6 pour 6 tours et 8 X 5,2 pour 5 tours et demi. Ils ont
une ornementation spirale légèrement atténuée par rapport au type, surtout pour I un
d’eux (le plus haut) où la forte costule spirale médiane est presque disparue sur le dernier
tour ; ceci diminue un peu l’aspect en croisillon de l’ornementation. La base est identique.
La spire de l’échantillon de 5 tours et demi est moins élevée.
Microcystis bathiei n. sp.
(PL I, 4-6; fig. 5)
Très jolie petite espèce fondée sur un spécimen unique, récolté par M. Perkieh de la
Bathie sur les dunes des bords du lac Tsimanampetsotsa (côte Mahafaly) (fig. 3) en 1910.
Elle mesure 6,3 mm de diamètre, 4 mm de hauteur et comprend 5 tours à croissance lente.
L’ouverture a 3,3 mm de large pour 2,4 mm de haut. La spire est conique, peu élevée
(1,70 mm), séparée de la base par une carène. L’ombilic est très étroitement perforé. Le
test est couleur chamois, translucide, mat sur la spire et luisant sur la hase. La spire est
ornée de nombreuses costules de croissance, sauf à l’apex sur un tour et demi ; sur toute
la spire, des stries spirales extrêmement fines et serrées, visibles seulement à un fort gros¬
sissement. La base est ornée de fines stries de croissance et de très fines stries spirales plus
ou moins régulières.
Nous donnons des croquis (fig. 5) pour compléter les photographies.
Fig. 5. — Microcystis bathiei il. sp. X 6.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
215
Rapports et différences
Cette espèce est proche, par sa forme générale, de Microcystis proletaria Morel et, espèce
dont nous n’avons malheureusement pu examiner aucun spécimen. Elle s’en distingue par
sa taille plus petite, n’ayant que 6,3 mm au lieu de 10; cela pourrait d’ailleurs signifier
seulement que l’exemplaire est plus jeune car il n’a que 5 tours de spire au lieu de 6, mais
en se guidant sur l’enroulement pour estimer le diamètre qui serait atteint avec un tour
de plus on ne trouve que 8 mm. D’autre part, alors que chez M. proletaria le profil de la
spire accentue un peu sa pente en allant de l’apex au dernier tour, ici c’est l’inverse. Enfin,
alors (pie M. proletaria a ses stries de croissance « irrégulières et un peu crispées » (Germain,
1921 : 148), ici elles sont assez régulières et nullement crispées. Il se pourrait qu’il y ait
une autre différence puisque nous décrivons des stries spirales qui n’ont pas été mention¬
nées chez l’autre espèce, mais elles n'v ont peut-être pas été recherchées avec une loupe
suffisante. M. proletaria est connue de File Maurice et de File de La Réunion.
Microcystis (?) tangens n. sp.
(PI. 1. 7-9; fig. 6)
Espèce fondée sur un spécimen unique, récolté vide par M. Blanc dans le mont Tsa-
ratanana (fig. 3).
Diamètre 7,9 mm ; hauteur 5 mm ; ouverture ayant 3,5 mm de long et 2,8 mm de haut.
Ombilic punctiforme. Un peu plus de 5 tours. La spire est un cône surbaissé aux généra¬
trices presque rectilignes en dépit du fait que la suture soit pour les deux derniers tours
très légèrement canaliculée, à une distance minime, par une ligne qui la double. A l’extré¬
mité de cette suture, à l’ouverture donc, on constate que le départ de cette ouverture est
Fig. 6. — Microcystis (?) tangens n. sp. X 6.
216
E. FISCHEK-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
presque tangentiel à la surface du tour précédent au lieu d’être inséré selon l’angle assez
fort qui se voit sur la plupart des espèces. Aucune striation spirale n’est visible, même
au grossissement 32. Stries de croissance (faisant défaut sur les deux premiers tours) plus
ou moins fines (très fines sur la base), quelquefois assez profondes, irrégulièrement espacées.
Test luisant, un peu moins sur la base que sur le dessus. Les deux premiers tours sont gris
opaque, le reste, translucide sans trop de fragilité, corné, est brun clair sur le dessus et la
périphérie, jaune-gris sur la base.
Rapports et différences
Par sa forme générale et en particulier par la rectitude presque parfaite des côtés du
cône surbaissé constituant sa spire, cette espèce est proche de Microcysûs proletaria More-
let,, de l’île Maurice et de l’île de La Réunion. Malheureusement, nous n’avons pas d’échan¬
tillons de cette espèce figurée par Morelet (1860, II : pl. IV, fig. 4) et, sous le nom Nanina
geoffreyi, par Adams (1868 : pl. 38, fig. 5). Les figures de ces auteurs ne permettent d'ailleurs
pas de A oir si le départ de l’ouverture est tangentiel comme il l’est ici. Mais il existe en tous
cas une différence très nette dans la sculpture : notre espèce est dépourvue de stries spirales,
même à de forts grossissements, alors que Adams ( loc. cit. : 286 et 290) dit de N. geoffreyi :
« sub lente minutissime spiraliter striata » et, comparativement à A. virginea : « the spiral
fines are more stronglv impressed ».
Pilula madecassina n. sp.
(Pl. I, 10-12 ; fig. 7)
Espèce fondée sur 14 échantillons récoltés par M. Rlanc sur le mont Tsaratanana
(fig. 3).
Description du tape
Diamètre 9 mm ; hauteur 5,8 mm. Ouverture ayant 5 mm de long et 4,3 mm de haut.
Ombilic punctiforme. Cinq tours à enroulement assez serré. Spire très peu proéminente,
dernier tour prépondérant. Suture très profonde formant une tranchée dont le bord externe
est à pente plus forte que le bord interne, mais sans être abrupte. Les deux premiers tours
sont lisses, les autres portent une sculpture de stries croisées. Sur le dessus du tour, les stries
spirales sont plus marquées, plus serrées et plus régulières que les stries de croissance.
Sur la base, les stries spirales sont beaucoup plus nombreuses que les stries de croissance
et légèrement onduleuses. Le test est luisant, de teinte paille.
Paratypes
Les autres échantillons sont bien semblables, compte.tenu du fait que certains sont
plus jeunes ; la taille du plus petit est de 7 mm.
Animal
En alcool il est beige très pâle sur toute la sole pédieuse et sur la région moyenne avec
des teintes gris foncé diffuses aux deux extrémités.
218
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Rapports et différences
Cette espèce est proche de Pilula praetumida Fér., de l’île de La Réunion, mais son
canal suturai a sa pente externe moins abrupte ; le dernier tour est moins haut par rapport
au diamètre et, de même, l’ouverture est plus longue par rapport à sa hauteur ; la sculp¬
ture de notre espèce est beaucoup plus vigoureuse que celle de P. praetumida.
Pilula excavata n. sp.
(Fig. 8)
Espèce fondée sur un seul exemplaire, récolté par M. Blanc dans le mont Tsaratanana
(fig. 3). Cet exemplaire a malheureusement été écrasé après que nous l’ayons décrit et dessiné,
mais avant que nous ayons pu le photographier.
Diamètre 5,8 mm. Hauteur 3,9 mm. Ouverture ayant 2,1 de long sur 2,1 de haut.
Coquille caractérisée principalement par la forme très courte et très élevée de son ouverture,
qui nous la fait attribuer au genre Pilula, et par son très large ombilic, qui lui vaut son nom
spécifique. Cet ombilic laisse voir l’enroulement jusqu’au premier tour.
Cinq tours et demi. Le dernier tour, très élevé, non caréné, est très prédominant par
rapport à la spire qui est d’élévation modérée. Ouverture entre subcirculaire et subquadran-
gulaire, dont le haut est un peu au-dessus de l’équateur du dernier tour. Le sommet est
lisse ; à partir du troisième tour, se voient à la loupe de fines costules de croissance qui
se voient aussi sur la hase.
Le test est luisant, de teinte blanc jaunâtre.
Rapports et différences
Comme nous venons de le dire, il s’agit à notre avis d’une Pilula, mais la largeur et
la profondeur de l’ombilic lui sont propres.
Tachyphasis milloti n. sp.
(PI. I, 13-15; fig. 9)
Espèce fondée sur un exemplaire unique, récolté vide en 1949 par J. Millot, en forêt,
dans le massif de l’Andringitra (dans le sud-est de Madagascar).
Diamètre 6 mm ; hauteur 3,8 mm ; ouverture ayant 3 mm de long et 2,5 mm de haut.
Ombilic punctiforme. Quatre tours trois quarts, le dernier très légèrement subcaréné ;
cette indication de carène est en position haute, l’apex est lisse. A partir du deuxième
tour se voient sur la spire une assez vigoureuse costulation de croissance serrée et des stries
spirales très fines, nombreuses et serrées. Sur la hase, les stries de croissance sont irrégu¬
lières et très atténuées, et les stries spirales extrêmement fines, serrées et régulières. Le
test, tout en étant mince et fragile, est assez opaque et mat, surtout sur le dessus, sans doute
du fait de la sculpture. Il est beigeâtre très clair, encore plus clair sur la base (presque
blanchâtre).
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
219
Rapports et différences
Celte espèce est proche de Taclujphasis caldwelli Barclay, de Pile Maurice, par renfon¬
cement de la suture et. par la croissance du dessus des tours. Elle s’en distingue au premier
coup d’œil par son ombilic beaucoup plus étroit, non seulement des adultes de caldwelli,
mais aussi des jeunes (nous le précisons car notre spécimen peut être un jeune), et par la
hauteur de son dernier tour et de son ouverture. Cette dernière différence est extrêmement
marquée par rapport aux jeunes de ealdwelli qui sont fortement carénés avec une ouver¬
ture particulièrement allongée.
Par rapport à Tachyphasis sterilis Ben son, de Pile Maurice et de l’île de La Réunion,
notre espèce se distingue au premier coup d’œil par l'absence du large évasement périom-
liilical que présente cette forme.
Microstylodonta odontina Morelet
Hélix odontina Morelet, 1851 : 219.
Ilelix sufjulta Benson, 1853 : 31.
Xanina Stylodorita ) odontina Morelet, Tryon, 1885 : 27, pl. 6, fig. 5, li.
Microstylodonta odontina Morelet, Germain, 1921 : 124, pl. 1, fig. 4 à (’>.
Celte espèce n'a été décrite et citée que de l’île Maurice. I n lot de huit échantillons
a été vendu au Muséum, en 1878, par M. Vimont, avec la provenance « Madagascar ». Le
même achat avait procuré aussi des Microcystis nilella Morelet, espèce connue de File
Maurice et de File de La Réunion, avec la même mention « Madagascar ». Pour ces derniers
nous avions écrit, dans le travail de 1966 sur les Ariophantidae (p. 5), qu’il fallait attendre
confirmation. Il en est de même pour Microstylodonta odontina.
220
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Caldwellia cernica Adams
Nanina ( Rotula ) cernica Adams, 1868 : 12, pl. IV, fig. 3.
Caldwellia cernica Adams, Germain, 1921 : 130, fig. 11, 12.
Les collections du Muséum renferment un lot de quatre individus étiquetés : « Hélix
cernica Adams, Madagascar, achat, Vimont 1878 ». Cette espèce étant connue de l’île Mau¬
rice et n’ayant jusqu’ici jamais été signalée à Madagascar, cette dernière provenance demande
confirmation.
Kalidos bathiei Fischer et Salvat
Propebloyetia bathiei Fischer-Piette et Salvat, 1965 : 164, pl. X, fig. 1 à 6.
Kalidos bathiei Fischer-Piette et Salvat in Fischer-Piette, Bedoucha et Sai.vat, 1966 : 18.
Cette espèce n’était connue que par onze échantillons. Maintenant il y en a dix-sept :
M me Blanc en a récolté un échantillon à Betioky et deux autres à Andranohinaly ; ce sonl
là deux localités nouvelles de la région de Tuléar, qui est celle d’où l’espèce a été décrite ;
le Père Otto Appert nous en a remis deux autres pris à Ankazoaba et à Befandriana (au
niveau du cap Saint-Vincent), toujours dans le sud-ouest de File, mais plus loin de la côte
que les autres localités connues (cf. fig. 3, carte générale des localités nouvelles). Nous avons
vu entre les mains de M. Van Mol (de Bruxelles) un échantillon de Befandriana qui est
moins élevé que les autres : il a 10 mm de haut pour 17 mm de grand diamètre.
Kalidos capuroni n. sp.
(Pl. I, 16-18; fig. 10)
Espèce fondée sur trois spécimens, récoltés en 1967 par M. Capuron au cap Fst (fig. 3).
Description du type
Diamètre 19,8 mm; hauteur 10,9 mm; ouverture ayant 8,7 mm de long sur 6 mm
de haut. Ombilic de moins de 1 mm de diamètre. Un peu plus de cinq tours. Sutures très
peu enfoncées, profil presque rectiligne. La coquille est mince, assez translucide. Elle est
nettement carénée. Ses stries de croissance sont serrées, régulières, visibles à l’œil nu. Pas
de striation spirale à première vue, mais en regardant de près, et surtout avec la loupe,
on voit que la hase seule est lisse et que, sur le dessus du tour, seule la région de la suture
est lisse et que le reste présente 9 à 10 stries spirales. Au niveau de chacune d’elles les stries
de croissance cessent brusquement. La teinte générale du test est un brun relativement
clair dans les quatre premiers tours, plus foncé sur le dessus du dernier, plus clair, au con¬
traire, sur la première moitié de la base, plus foncé dans la moitié la dernière formée. A cette
teinte de fond se superpose un pointillé de légères mouchetures brunes, sur le dessus dans
les deux derniers tours (auparavant il n’y a que quelques points isolés), au-dessous sur la
plus grande partie de la surface avec raréfaction aux approches de l’ouverture et absence
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
221
dans l'ombilic et autour de lui. De plus, un filet blanchâtre spiral marque exactement la
carène (il n’est donc visible que pour le dernier tour) et, immédiatement au-dessous, la teinte
brune est renforcée.
Paratypes
Un exemplaire de 18 X 10,5 est plus élevé, un peu moins caréné, sa suture est plus
profonde, sa couleur est plus claire (presque jaunâtre pour les quatre premiers tours), sans
moucheture sauf quelques points sur le dessus de la fin du dernier tour ; les deux iilets
colorés accompagnant la carène sont peu apparents, et les côtes spirales, au nombre de
neuf, sont beaucoup moins marquées. L’autre, de 17,4 sur 11, a les quatre premiers tours
plus clairs que le type et le dernier plus foncé au contraire, les mouchetures sont moins nom-
Fig. 10. — Appareil génital de Kalidos c&puroni n. sp.
c.h., canal hermaphrodite ; g. ci., glande de l’albumine ; sp., spermiducte ; ou., oviduete ; v., vagin ; o. s., vési¬
cule séminale ; c.s., canal séminal ; p., pénis ; ax., appendix ; rn.r., muscle rétracteur ; /., flagelle ;
c.d., canal déférent ; v.g., vestibul génital commun ; g.p., gaine du pénis ; g. h., glande hermaphrodite.
222
E. FJSCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
breuses que chez le type et plus nombreuses que chez l’exemplaire précédent, les côtes
de croissance sont moins marquées que chez les deux autres spécimens et il n’y a que huit
côtes spirales, dont les intervalles sont d étendues irrégulières.
Appareil génital (fig. 10)
l il individu de 18 X 11 mm a été disséqué. Le canal hermaphrodite est court et con¬
tourné, la glande de l’albumine est grande, en forme de sabot ; le spermiducte est long ;
l'oA’iducte, long, a un aspect spongieux légèrement grisâtre ; la vésicule séminale est grosse,
son canal est court, étroit, et, s'insère au milieu du vagin qui est long; le pénis est très long
et possède un appendix ; son muscle rétracteur est assez long; le flagelle est en forme de
marteau.
Rapports et différences
Celle forme est très proche de À. bathiei F. et S. et il se pourrait, qu elle soit appelée
à lui être réunie. Les seules différences qui soient (dans l’état, actuel de nos connaissances)
suffisamment tranchées sont la teinte de fond, brune au lieu d’être blanchâtre, et la sculp¬
ture spirale qui comprend huit à dix côtes au lieu de deux à six et qui interrompt brusque¬
ment les stries de croissance, tandis que chez A. bathiei elles meurent progressivement.
Remarquons que les deux régions d’habitat dans 1 île sont diamétralement opposées.
Fit;. II. Appareil génital de K ali dos ntangokyanns Fischer et Sulvnt.
( Abréviations, voir fig. 10.)
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR
223
Kalidos mangokyanus Fischer et Salvat
(Fig. 11)
Propehloyetiu rnangokyanu Fischer-l’iette et Salvat, 1965 : 166, pl. X, lig. 7 à 9.
Kalidos mangokyanus Fischer-Piette et Salvat in Fischer-Piette, Hiî doucha et Sai.vat, 1966 : 18.
Le Père Appert a récolté à Andavadoaka (fig. 3) quatre échantillons, dont deux nous
ont été remis et les deux autres envoyés à M. Van Mol de Bruxelles. Tous ces échantillons
diffèrent de ceux <|ue nous connaissions par un ombilic plus large résultant du fait qu’ils
sont très peu élevés. Exemples 15,3 X 9mm avec un ombilic de 1,5mm de diamètre;
13,8 X 7,8 et ombilic de 1,1 mm.
Appareil génital ( fig. 11)
L’échantillon disséqué avait 5 tours 3/4 et mesurait 16 X 9,5 mm. Le canal herma¬
phrodite est assez gros et contourné ; la glande de l’albumine est petite ; l ovispermiducte
est court : le vagin est gros et long ; la vésicule séminale est allongée et possède un long
canal ; le pénis est très long, son muscle rétracteur est court : le flagelle est long et le canal
déférent est court et étroit.
Kalidos androkae Fischer et Salvat
Propebloyetia androkae Fischer-Piette et Salvat, 1965 : 167, pl. X, lig. 10 à 13.
Kalidos androkae Fischer-Piette et Salvat in Fischer-Piette, Beuoccha et Sai.vat, 1966 : 19.
Les nouveaux échantillons que nous avons reçus de A. mangokyanus se rapprochent
de K. androkae, ce qui nous porte à croire que cette dernière espèce devra un jour tomber
en synonymie de la première, mais nous n’avons pas encore tous les intermédiaires.
Kalidos lamyi Fischer et Bedoucha
(Fig. 12)
Kalidos lamyi Fischer-Piette et Bedoucha, 1966 : 19, pl. I, fig. 10 à 12.
M me Blanc nous a rapporté de la montagne des Français (fig. 3) deux échantillons
de cette espèce, dont un en alcool, ce qui va nous permettre de donner des renseignements
sur l’animal.
Le corps, en alcool, est blanc.
Appareil génital (fig. 12)
L’animal disséqué avait un diamètre de 17 mm. Le canal hermaphrodite est long et
contourné ; la glande de l’albumine est longue et volumineuse ; l’ovispermiducte est long.
La vésicule et le canal séminal sont extérieurement peu distincts l’un de l’autre. Le pénis
se trouvait à l’extérieur de sa gaine quand l’animal a été fixé. Le muscle rétracteur est
très long ainsi que le flagelle.
224
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Kalidos humbloti Ancey
Macrochlamys humbloti Ancey, 1902 : 66.
Kalidos humbloti Ancey, Fischer-Piette, Bedovcha et Salvat, 1966 : 20, pi. If, fig. 1 à 10.
M me Blanc a récolté un exemplaire dans la montagne d’Ambre (fig. 3), localité nou¬
velle. 11 a sur la base une très fine sculpture croisée, ce qui correspond bien à la diagnose
d’A ncey.
M. Blanc a rapporté du Tsaratanana trois individus récoltés vivants. A l’oeil nu,
ils apparaissent comme étant des K. humbloti , de la catégorie dépourvue de bande claire
suturale. Mais sous la loupe on constate qu’ils présentent une très fine sculpture croisée
sur toute la surface et non pas seulement sur leur base. Nous croyons néanmoins pouvoir
les rattacher à K. humbloti car nous avons trouvé certains intermédiaires parmi les échan¬
tillons que nous avions réunis sous ce nom dans le travail de 1966. L’espèce serait donc
variable à ce point de vue.
Voici des renseignements sur l’animal de ces échantillons entièrement sculptés.
En alcool, la sole pédieuse est beige grisâtre très clair sauf au pourtour de son extré¬
mité antérieure, qui est gris-noir. Le dessus est gris-noir, sauf une large plage beige grisâtre
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR
225
1res clair située au début de la moitié postérieure. Protubérance caudale étroite et assez
longue.
Appareil génital (fîg. 13)
L’animal disséqué mesurait 16,2 X 10,5 mm. Le canal hermaphrodite est blanc à
l'intérieur avec une pellicule brun clair sur le dessus ; la glande de l’albumine, en forme de
marteau, est beige fumé ; le spermiduete est long, d’aspect granuleux, beige plus clair ;
l’oviducte est blanc grisâtre, long et contourné ; le vagin est long et tordu sur lui-même ;
la vésicule séminale, ampullaire, est grosse et a un canal étroit et très court qui s’insère
sur la partie médiane du vagin ; le pénis est long, sur sa partie terminale s’insère un court
muscle rélracteur ; le flagelle est long; le canal déférent court et étroit.
Cet appareil génital, ayant les caractères de ceux des autres Kalidos et s’éloignant
de celui de Macrochlamys ulumpfii (figuré par nous) ou de ceux des Macrochlamys étudiés
par Godwin-Austen, l’attribution aux Kalidos, opérée en 1966, de cette espèce qui avait
été décrite comme Macrochlamys, se trouve justifiée.
g.a.
Fig. 13. — Appareil génital de Kalidos humbloti Ancey.
( Abréviations, voir fig. 10.)
Kalidos amicus n. sp.
(PL 1, 19-21 ; fig. 14)
Espèce fondée sur trois individus récoltés vivants par M. Blanc sur le mont Tsarata-
nana (fig. 3).
288, 2
226
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Description du type
Diamètre 10 mm ; hauteur 6,5 mm ; ouverture ayant 4,5 mm de long et 3,7 mm de
haut. Ombilic à perforation punctiforme. Profil légèrement caréné, à hase beaucoup plus
renflée que le dessus qui est un cône fort obtus dont la surface n’est que faiblement entaillée
par la suture. Quatre tours. A l’œil nu le dessous est lisse et le dessus montre des costules
de croissance irrégulières, les plus fortes étant très visibles. Sous la loupe, on voit que toute
la surface est granuleuse, les granules étant aux intersections de stries spirales fines, nom¬
breuses et régulières, et de stries de croissance fines, un peu moins nombreuses, moins régu¬
lières. Le test est légèrement luisant, subtranslucide, de teinte brun clair.
Paratypes
Ils ont 10 et 9,2 mm. Ils diffèrent du type par l’absence de carène, et l’un d’eux a l’ombi¬
lic un peu moins étroit.
Animal
Appareil génital (fig. 14)
L’échantillon disséqué est un paratype de 10,6 X 7,5 mm. La glande hermaphrodite
est en forme de grappe ; le canal hermaphrodite est assez court ; la glande de l’albumine,
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR 227
en forme d’écope, est assez grosse ; le spermiducte est court et finement granuleux ; l’ovi-
ducte est court mais volumineux, gonflé, à l’aspect « cotonneux », le vagin est long, étranglé
près de I’oviducte ; la vésicule séminale est grosse et allongée, avec un canal gros et court
qui s’insère sur le milieu du vagin : le pénis est long avec un muscle rétracteur étroit et
court ; le canal déférent est étroit.
Rapports et différences
Cette espèce est très proche de K. humbloti Ancey. La différence essentielle, pour le
test, est le caractère granuleux de la sculpture, tandis que chez À. humbloti les stries de crois¬
sance et les stries spirales ne déterminent pas de granules à leurs intersections. Pour ce qui
est de l’anatomie, le canal hermaphrodite, la longueur du vagin, du pénis et du muscle rétrac¬
teur sont très comparables, mais l’ovispermiducte est beaucoup plus court que sur
K. humbloti ainsi que le flagelle, le canal déférent est plus long et la vésicule séminale
est plus allongée avec un canal plus long et plus large.
Kalidos decaryi n. sp.
(PI. I, 22-24; fîg. 15)
Espèce fondée sur sept échantillons, récoltés vivants par M. Blanc dans le mont Tsa-
ratanana (fig. 3).
Description du type
Diamètre 16,6 mm ; hauteur 10,2 mm, donc coquille très peu élevée. Ouverture ayant
7,9 mm de long sur 6 mm de haut. Le test n'est pas luisant. Cinq tours, le premier est blanc
jaunâtre, puis apparaît le long de la suture inférieure une ligne brun-rouge, le reste étant
toujours jaunâtre, puis cette zone foncée s’élargit au détriment de la bande jaunâtre, et
en fin de compte la coloration peut être dite brun-rouge foncé sauf une étroite ligne jaunâtre
longeant la suture supérieure. L’ombilic est pratiquement imperloré. Les stries de crois¬
sance ne sont pas la seule sculpture. Sur le dessus des tours on distingue à l’œil nu des
lignes spirales peu serrées et on devine un chagrinage ; sur la base, à l’œil nu, on devine
un chagrinage plus fin, allant de pair avec l’aspect non luisant que la base présente comme
le dessus. La loupe montre, sur le dessus, des granules très fins alignés dans le sens des
lignes de croissance ; cet alignement est flexueux dans le détail et interrompu, de distance
en distance, par des lignes spirales, une quinzaine en tout, dont chacune se présente comme
une très étroite bande à peu près lisse. Ce genre de sculpture existe jusqu’à la ligne péri¬
phérique, laquelle constitue, au début du dernier tour, une carène assez nette, qui s’atténue
aux approches de l’ouverture mais sans disparaître. La sculpture de la hase ne comporte
pas de lignes spirales, mais uniquement des granules très fins, beaucoup plus fins que ceux
du dessus, formant des lignes flexueuses extrêmement serrées et parallèles aux stries de
croissance.
Paratypes
Ils sont d’âges échelonnés, ce qui permet de constater que la coquille jeune (12 mm)
228
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
est plus plate (6,5 X 7,5), plus carénée et à ombilic ouvert quoique d’une très grande finesse.
Chez un échantillon de 15 mm l’ombilic est entouré de jaune sur 2 mm. La coloration du
reste de la coquille est sensiblement la même chez tous les individus.
Appareil génital (fig. 15)
L’animal disséqué est un paratype de 11,6 X 7,3 mm, avec une spire de cinq tours.
Le canal hermaphrodite est beige clair marbré de blanc, large et contourné ; la glande de
l’albumine est petite, en forme de spatule à facettes, brune et granuleuse ; le spermiducte
est légèrement granuleux ; l’oviducte est plissé dans ses deux derniers tours : le vagin est
petit ; la vésicule séminale est grosse avec un court canal séminal qui s'insère vers le milieu
du vagin ; le pénis est assez court et prolongé par un épiphallus sur lequel s’insère un court
muscle rétracteur ; le flagelle est très long.
Rapports et différences
Cette espèce est analogue à K. humbloli Ancey par sa forme générale et par sa colo¬
ration brune (plus foncée toutefois) avec une bande claire et subsuturale. Elle en diffère
par le fait que l’espèce d’ANCEY, nitidissima, n’est nullement granuleuse. De plus, notre
espèce est carénée, alors que celle d’ANCEY ne l’est pas ou est seulement subcarénée chez
certains échantillons.
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR
229
Kalidos tenebricus n. sp.
(PI. I, 25-27 ; fig. 16)
Espèce fondée sur trois échantillons récoltés vivants par M me Blanc en 1967 dans la
montagne d’Ambre (fig. 3).
Description du type
Diamètre 16,7 mm ; hauteur 11,8 mm ; l’ouverture a 9 mm de large et 8 mm de haut.
Coquille d’une grande fragdité, le test étant très mince. Cinq tours à enroulement très
régulier. Le dernier tour est caréné, la carène est franche au début, moins marquée aux
abords de l’ouverture. Les deux premiers tours sont brun clair, les autres apparaissent,
vus de l’extérieur, comme uniformément brun-rouge très foncé, mais en regardant l’intérieur
de l’ouverture on voit par transparence que la ligne carénale forme frontière entre, au-des¬
sus d’elle, une étroite bande nettement plus foncée que le reste, et en dessous d’elle, une
étroite bande nettement plus claire que le reste. Ombilic punctiforme. Le dessus des tours
est finement granuleux du fait que les fines stries de croissance sont croisées par de fines
stries spirales onduleuses qui sont exactement aussi serrées qu’elles. Cette granulation n’est
pas loin d’être perceptible à l’œil nu et au toucher. Sur la base existent les mêmes stries
de croissance : elles sont croisées aussi par des lignes spirales flexueuses, mais beaucoup
plus ténues que celles du dessus ne se voyant qu’avec une forte loupe, de sorte que cette
surface de base ne peut pas être dite granuleuse.
Les deux paratvpes, qui nous ont servi pour l’anatomie, étaient très semblables mais
un peu plus grands, 18 mm.
Le corps de l’animal, en alcool, est gris sur le dessus ; la sole pédieuse est grise sur les
bords et blanchâtre dans la région médiane.
Appareil génital (fig. 16)
La glande hermaphrodite est une grosse grappe ; le canal hermaphrodite, étroit près
de la glande, devient gros et contourné dans ses trois derniers quarts ; la glande de l’albu¬
mine est très petite ; le spermiducte est long ; i’oviducte long et plissé ; le vagin est très
long ; la vésicule séminale est grosse et allongée avec un canal étroit et très court qui s’insère
sur la partie médiane du vagin ; le pénis est long, avec un épiphallus long, sur la partie
terminale duquel s’insère un petit muscle rétracteur ; le flagelle est assez long.
Rapports et différences
Cette espèce ressemble aux Kalidos humbloti, decaryi, feneriffensis, oxyacme, thalia,
hastia. Par rapport à K. humbloti , la forme est plus élevée, plus carénée, et la sculpture
du dessus des tours est une différence radicale.
Par rapport à K. decaryi, la forme est bien plus élevée, la teinte est plus foncée et il
n’y a pas de bande claire, la sculpture spirale est très différente.
Par rapport à Kalidos feneriffensis, la forme générale est bien plus comparable, mais
la teinte est très foncée au lieu d’être très claire et K. feneriffensis a une striation plus fran¬
chement oblique que notre espèce.
230
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. S AL V AT
Fig. 16. -— Appareil génital de Kalidos tenebricus n. sp.
( A brèviaI io ns , vo ir fis- 10.)
Kalidos oxijacme ira jamais été figuré. Ancey Ta dite proche de feneriffensis. Il nous
dit quelle apparaît décaissée sous une bonne loupe, ce qui concorde avec notre espèce.
Mais elle est « corneo-lutescens » ; sa spire est « perfecte cotiica, rectilinearis acuta », tandis
que notre espèce n’est pas pointue et que le profil de sa spire est assez loin d’être rectiligne ;
il l’est beaucoup moins que celui de feneriffensis dont Ancey rapproche son espèce ; enfin,
alors que notre espèce n’est pas très carénée, pour celle d’ Ancey le dernier tour est « acute
et compresse in medio carinatus ». Nous ne pensons donc pas pouvoir identifier les deux
formes.
Par rapport à K. thalia, existe la même différence pour la carène. La teinte est un peu
comparable (fulvo-cornea). Le dessus des tours est « supra striis decussatibus obliquis et
spiralibus tenuissimus sub lente granulate-decussata », ce qui est très comparable. Du fait
de la très forte différence de la carène, il nous semblerait trop hasardeux d’identifier les
deux formes.
Par rapport à K. hestia, la forme est bien moins élexée, la couleur très foncée au lieu
d’être « viridis-cornea », la carène est beaucoup moins individualisée, et la sculpture est
beaucoup plus forte.
Kalidos cleamesi Smith
Hélix (Nanina ?) cleamesi, Smith, 1882 : .'179, pl. 21, lig. 8, 9.
Kalidos cleamesi. Smith, Fischer-Piette, Reboucha et Salvat, 1966 : 31.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
231
Le Muséum ne possédait pas encore cette espèce, connue du Betsileo et d’une localité
de l’ouest (Sahana) non située par nous.
M. Blanc a récolté dans le mont Tsaratanana, situé dans le nord de l’ile (lig. 3), trois
individus que nous croyons pouvoir rapporter à cette espèce. En dehors du fait que leur
provenance donne une extension plus grande que ce <jui était connu, ils apportent des
additions à la connaissance de la variation. En effet, alors que la description de Smith
semble indiquer une coloration uniforme (vinous-horn-colour), deux de nos exemplaires
(de 18 mm sur 10,5 et 17 mm sur 10) présentent, immédiatement au-dessus de la suture,
une très étroite ligne d’un jaune paille très clair séparant le dessus du tour, brun clair,
du dessous qui est plus foncé, brun rougeâtre d’abord, s’éclaircissant en allant vers l’ombilic
entouré de reflets roses. Le troisième exemplaire (de 22 mm sur 13) est de teinte uniforme
brun franc, sauf dans le dernier tiers du dernier tour où apparaît une ligne claire carénale
et où la base fonce nettement, avec toutefois de légers reflets roses autour de l’ombilic.
Nous avions mentionné, en 1966, que l’espèce, granuleuse sur le dessus du tour seule¬
ment d’après le descripteur, pouvait l’ètre sur la base aussi d’après un échantillon que nous
avait soumis le Britisb Muséum. Les trois échantillons du Tsaratanana sont dans ce dernier
cas.
Kalidos glessi n. sp.
(PI. II, 28-30)
Espèce fondée sur un échantillon de la montagne d’Ambre ( glessum : ambre), récolté
vide par M mR Blanc.
Diamètre 18 mm ; hauteur 11 mm ; cinq tours un tiers ; teinte rosâtre grisâtre ; test
mince, translucide ; profil subcaréné ; ouverture ayant 7 mm de haut et 9 mm de large ;
ombilic de I mm de diamètre, nullement caché par le bord columellaire de l’ouverture.
La base est lisse. Le dessus présente des stries de croissance peu marquées et peu ser¬
rées, croisées par des stries concentriques peu marquées et beaucoup moins serrées encore
(20 stries concentriques, comptées près de l’ouverture), de sorte que les saillies situées entre
ces deux systèmes de gravure sont non des granules, mais des bâtonnets allongés parallè¬
lement aux stries de croissance.
Rapports et différences
M ême forme générale et même couleur que pour K. cleamesi ; en diffère par un ombilic
bien ouvert alors que cleamesi est « narrowly perforate », par une carène équatoriale obso¬
lète alors que cleamesi est « keeled » (ce qui se voit sur la figure de Smith), et par le fait que
le dessus du tour, au lieu d'être « miuutely granular », présente des saillies nettement allon¬
gées et d’une assez grande taille.
Diffère de K. montis par une sculpture beaucoup plus grossière, un enroulement plus
rapide, le dessus des tours plus convexe, l’ombilic bien plus large.
Par rapport à K. eos Dohrn (espèce non figurée), les proportions du diamètre de la
hauteur sont sensiblement les mêmes (À. eos, 25/15 = 1,7 ; K. glessi, 18/11 = 1,6), mais
K. eos a son dernier tour « aeute earinatus » et « supra obliqua fortiter striata » alors que
K. glessi n’est que subcaréné et que sa striation de croissance est peu marquée.
232
E. FISCHER-P3ETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Kalidos (?) merschardti n. sp.
(PI. II, 31-33; fig. 17)
Espèce fondée sur une récolte d’une quinzaine d’échantillons, effectuée par M. Blanc
dans Je mont Tsaratanana (fig. 3).
Description du type
Diamètre 11,2 mm ; hauteur 7 mm ; ouverture ayant 5 mm de long et 3,5 mm de haut.
Six tours à croissance lente, dont le dessus forme un cône assez régulier, la suture étant
peu profonde. Dernier tour ayant une carène peu prononcée qui, aux abords de l’ouverture,
s’atténue sans disparaître. Ombilic perforé, mais d’un diamètre des plus lins qui soient.
Les deux premiers tours sont lisses. Les autres, peu luisants, presque opaques, relativement
solides, ont sur le dessus de fines costules spirales croisant des stries de croissance, ce qui
donne une ornementation spirale un peu granuleuse, qui toutefois s’atténue sur la dernière
moitié du dernier tour pour disparaître près de l’ouverture où ne restent que les stries de
croissance. La base ne présente que des stries de croissance, plus ou moins marquées mais
fines dans l’ensemble. La coloration du test est un jaune-brun, terne.
Les paratvpes, d’une taille égale ou inférieure, ne montrent pas de variation impor¬
tante.
Fig. 17. — Appareil génital de Kalidos merschardti n. sp.
( Abréviations, voir /if;. 10.)
Appareil génital (fig. 17)
L’échantillon disséqué est un paratype de 7 X 6,2 mm. Le canal hermaphrodite est
très court ; la glande de l’albumine est petite et granuleuse ; l’oviducte est lisse et le sper-
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR 233
miducte finement granuleux ; le vagin est très petit ; la vésicule séminale et son canal
sont importants et larges, leur séparation n’est pas distincte extérieurement, le canal est
légèrement rétréci vers son point d’insertion sur le vagin, très près du vestibule génital ;
le pénis est long et volumineux et possède un gros appendix ; le muscle rétracteur est court
et s’insère sur un long épiphallus ; le flagelle est long et gros, et le canal déférent est court
et étroit.
Rapports et différences
L’enroulement serré de cette espèce nous la fait placer à côté de K. (?) tulearensis,
malgré la différence énorme de hauteur et de carène à laquelle il faut ajouter la différence
dans la sculpture, K. tulearensis n’ayant pas de sculpture spirale, de sorte que, pour elle
comme pour tulearensis, nous nous posons la question de savoir s’il ne s’agirait pas d'une
Trochonanina.
Mais la différence de hauteur avec tulearensis est si grande que nous croyons devoir
aussi effectuer une comparaison avec des Kalidos de proportions plus voisines, notamment
K. milloti F. et S. Mais, là, se présente une autre différence considérable, celle de l’enroule¬
ment, normal chez milloti, bien plus serré ici.
Kalidos ( ? ) fallax n. sp.
(PL II, 34-36; fig. 18)
Espèce fondée sur un échantillon récolté vide par M me Blanc dans la montagne d’Ambre
(fig. 3).
Coquille extrêmement fragile (cassée à l’intérieur de l’ouverture) et cependant opaque,
ayant 10,3 mm de diamètre, 5,8 mm de haut avec une ouverture de 5,2 mm de long sur
3,9 mm de haut. Angle carénai net, ne s’atténuant pas aux abords de l’ouverture. Suture
très peu profonde. Ombilic avec perforation relativement étroite. Cinq tours à croissance
lente. Dans le dernier tiers du dernier tour, la suture se décroche lentement de la carène
pour se terminer nettement en dessous comme le montre notre croquis (fig. 18). Sous la
loupe, le dessus présente une fine sculpture croisée, spirale et de croissance, et la base des
stries spirales très fines et onduleuses et des stries de croissance plus ou moins régulières.
Il semble y avoir une cuticule, susceptible d’être soulevée et retenant les poussières, par
laquelle la coquille, surtout sur le dessus, est mat et opaque.
Fig. 18. — Kalidos (?) fallax n. sp. X 4.
234
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Rapports et différences
Nous plaçons cette espèce à côté de K. (?) tulearensis et K. (?) merschardti à cause de
son enroulement serré, mais il les dépasse par le fait que le dernier tour vient en retrait.
Espèce bien moins aplatie et carénée que K. tulearensis. Par rapport à K. merschardti,
les tours sont encore moins bombés du fait que la suture est encore moins profonde, la coquille
est beaucoup plus opaque et semble porter une cuticule, le dernier tour se décroche.
Nous supposons que cette espèce ne restera pas dans le genre Kalidos, mais nous ne
hasardons aucune opinion sur sa destination.
Kalidos dautzenbergianus Ancey
Ilelicarion (?) dautzenbergianum Ancey, 1902 : 64.
Kalidos dautzenbergianus Ancey, Fischer-Piette, Bedoucha et Salvat, 1966 : 40, pl. 5, fig. 9 à 11.
Cette espèce n’était connue que par un seul exemplaire, décrit sans figure, conservé
au Musée de Bruxelles, figuré par nous en 1966 ; localité d’origine : montagne d’Ambre (fig. 3).
Un second exemplaire a été récolté, dans la montagne d’Ambre aussi, par M me Blanc
en 1967, et se trouve au Muséum. 11 a 15 mm de diamètre et 9,5 de haut, pour quatre tours.
Il est proportionnellement moins élevé que le type d’ Ancey tel que le représente notre
figure 9, mais les autres caractères concordent. A en juger par les chiffres donnés par Ancey
dans son texte il serait au contraire plus élevé, mais nous supposons que cet auteur en a
mesuré l’élévation en posant l’échantillon sur une table, tandis que nous faisons nos mesures
en mettant dans un plan horizontal l’équateur du dernier tour.
Cet exemplaire montre, en plus de sa plication de croissance très marquée, une stria¬
tion spirale extrêmement fine et serrée, légèrement flexueuse, qui se constate aussi bien
sur le dessus des tours que sur la base. Bien n'avait été noté à ce point de vue, ni par Ancey,
ni par Fischer-Piette, Bedoucha et Salvat en 1966.
Kalidos secans n. sp.
(Pl. II, 37-39)
Description fondée sur un échantillon recueilli par M. Blanc sur le mont Tsaratanana
(fig. 3).
Il a 11 mm de diamètre et 5 mm de haut, sa forme est donc très aplatie. Le dessus est
conique (les bombements des tours sont très faibles, la suture peu enfoncée) à angle d’ouver¬
ture très obtus, le dessous est un peu moins aplati. Carène des plus prononcée. Trois tours
un tiers. Pas d’ombilic. Enroulement à croissance très rapide. Coquille des plus minces,
très fragile, très translucide. Côtes de croissance très marquées, assez inégales, assez dis¬
tantes, croisées, sur le dessus comme sur la base, par des stries spirales extrêmement fines
et serrées et légèrement flexueuses. Coloration d’ensemble jaune paille, avec une étroite
ligne brunâtre située sur le dessus, tout près de la carène.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
235
Rapports et différences
Cette espèce est analogue à K. dautzenbergianus par sa ligne spirale brune, par sa grande
fragilité, par sa striation spirale. Elle en diffère par sa suture moins enfoncée, ses côtes de
croissance beaucoup plus fortes et par son aplatissement. Chez le type d’ANCEY le rapport du
diamètre à la hauteur est 1,5 ; chez le second échantillon connu, dont nous venons de parler,
il est 1,6 ; ici il est 2,2. Cet aplatissement serait peut-être moindre chez un échantillon plus
âgé, à supposer que celui-ci soit jeune. Est-il jeune ? C’est possible, il a trois tours un tiers
alors que K. dautzenbergianus a quatre tours. Mais ce n’est pas certain. Pour K. tsarata-
nanensis nous avons écrit que le fait que nous ayons dix échantillons avec le même nom¬
bre de tours incite à croire qu’ils sont adultes, or ce nombre de tours est de trois un
tiers à trois trois quarts, et notre secans en a trois un tiers.
Par rapport à K. tsaratananensis, très aplati, K. secans diffère par un aplatissement
encore plus grand, une moindre transparence, une sculpture de croissance plus marquée,
une teinte générale plus foncée, une bande brune spirale beaucoup moins étroite et beaucoup
plus foncée.
Kalidos (?) andapaensis n. sp.
(PI. II, 40-42 ; fig. 3, 19, 20)
Description du type
Récolté par J. Millot en 1949 aux environs d’Andapa, dans le nord-est de Madagascar.
Diamètre 20 mm ; hauteur 9,5 mm. Ouverture ayant 11 mm de long et 8 mm de haut.
Quatre tours, à croissance très rapide, séparés par une suture hien marquée. Carène très
nettement individualisée et allant jusqu'à l’ouverture même. Plication de croissance bien
visible à l’œil nu, peu serrée, irrégulière, peu saillante sur le dernier tour (davantage sur le
dessus que sur la base), plus nette sur l’avant-dernier, peu nette sur le deuxième, inexis¬
tante sur le premier. Stries spirales présentes sur la base comme sur le dessus, visibles sous
la loupe, mais à peine marquées, modérément serrées, et surtout tracées sans continuité,
s’interrompant sans véritable régularité. Le sommet est blanc jaunâtre, un peu opaque sur
un tour et demi, puis la coquille, très mince, très fragile, translucide, très luisante, est uni¬
formément jaune paille verdâtre, sans qu’aucune ligne spirale colorée vienne accompagner
la carène. Nous ne pouvons parler de l’ombilic car le test est rompu à son emplacement,
mais nous avons l’impression qu’il n’y en avait pas.
Autres échantillons
Cinq proviennent de cette même récolte d’Andapa. L’un d’eux a 19 mm. Il appartient
très certainement à la même espèce, mais sa base non seulement est dépourvue de la région
de l’ombilic, mais est chiffonnée, déchirée par places. Un autre a 14 mm. La région de l’om¬
bilic et une grande partie de la base font défaut. Enfin, il y a 2 petits exemplaires, de 6,5 et
4,5 mm, ayant perdu leurs bases, et un fragment (on dirait mieux : un lambeau) de 9 mm.
De M. Petit, 1927, montagne des Français, nous avons un exemplaire de 14 mm,
assez chiffonné sur le dessus et sur le dessous, auquel manque le sommet, mais où la région
columellaire n’est que déchirée et semble montrer qu’il n’y avait pas d’ombilic.
236
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
De M. Mi llot, 1949, vient un échantillon de Périnet, en forêt, sur arbustes, mesurant
15 à 16 mm, dont une partie du dessus et tout le dessous sont enfoncés, le dessous étant
chiffonné, en outre.
De M. Waterlot, Tsaratanana, vers l 500 ou 2 000 m, vient I ex. chiffonné, peut-être
entier, ayant tel quel 13 mm de diamètre, qu’on croirait avoir été pétri entre les doigts.
De J. Millot, 1949, « Madagascar est, Fenerive Tampolo (battage) », une boulette de
6 mm, serait logiquement attribuable à cette même espèce.
Ces divers échantillons sont ici depuis longtemps, est-ce ce temps écoulé qui les a réduits
à cet état ? Nous pensons plutôt (pie seuls des exemplaires d’une bonne taille acquièrent
quelque rigidité, comme celle du type de 20 mm ou de l’échantillon de 19 mm, et qu’aupa-
ravant le test n’est pratiquement qu’une membrane déformable.
A l’appui de cette manière de voir, disons que nous avons en outre deux spécimens
récoltés il y a moins d’un an.
L’un d’eux, de 14 mm, récolté par M me Blanc dans la montagne d’Ambre, et qui
nous est parvenu sans l’animal mais dans un llacon d’alcool, a le sommet disjoint, la base
enfoncée dans la région de l’ouverture et trouée juste en arrière de la eolumelle là où pour¬
rait être l’entonnoir ombilical.
L’autre, de 15,5 mm, récolté aussi par M me Blanc dans la montagne d’Ambre, a été
mis vivant dans l'alcool, or il est chiffonné sur toute sa surface. La région ombilicale est
cachée par le pied, nous ne pouvons rien dire à son sujet.
Fig. 19, — Kalidos (?) andapaensis n. sp. (animal mort) X 1,6.
L’animal est gris en alcool, avec la partie médiane de la sole pédieuse plus claire que
les bords. Lobe caudal bien visible (fig. 19). Sur ce croquis nous avons fait abstraction de
l’état chiffonné du test.
Appareil génital (fig. 20)
La glande de l’albumine est petite; l’ovispermiducte est très long et contourné; le
vagin est court ; le canal séminal est très bref ; le pénis était à l’extérieur de sa gaine quand
l’animal a été fixé ; le muscle rétracteur est court, le flagelle long et le canal déférent court
et étroit.
Rapports et différences
Cette espèce est proche de K. tsaratananensis, K. daulzenbergianus et Kalidos secans,
mais elle s’en distingue par son enroulement à croissance encore plus rapide, par la fragilité
encore plus grande du test, par sa striation spirale presque obsolète.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
237
Fig. 20. — Appareil génital de Kalidos (?) andapaensis n. sp.
( Abréviations, voir fig. 10.)
Distribution
A supposer que les divers lots que nous avons signalés appartiennent bien à une même
espèce, celle-ci serait présente à la montagne des Français, à la montagne d’Ambre, dans
le Tsaratanana, à Andapa, à Tampolo, à Périnet, c'est-à-dire dans une vaste région du
nord-est de bile. Nous portons ces localités sur la carte (fig. 3).
Kalidos anceyianus Fiscber et Salvat
Kalidos anceyianus Fischer-Piette et Salvat in Fischer-Piette, Bedoucha et Salvat, 1966 :
40, pl. Y, (ig. 1 à 4.
Deux échantillons rapportés par M me Blanc en 1967 et provenant de la montagne
d’Ambre portent à trois le nombre d’exemplaires connus de cette espèce. Ils sont tout à
fait conformes au type pour ce qui est de la forme générale et de la sculpture mais de teintes
fort différentes, ce qui montre que l’espèce est très variable à ce point de vue.
L’un d’eux de 18 mm de diamètre et 14 mm de haut, est d’un jaune verdâtre uniforme
238
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
alors que le type est brun clair dessus, brun-jaune dessous, avec une bande spirale brun
lilas.
L’autre, de 16,8 mm de diamètre et 12 mm de haut, est uniformément marron foncé.
Sitala recondita Godwin-Austen
Sitala ? recondita Godwin-Austen, 1883 : 75, pl. XIII, fig. 4 à 4 c.
Nanina ( Sitala) recondita Godwin-Austen, Tryon, 1886 : 60, pl. 26, fig. 52.
Un échantillon de cette espèce de I Inde a été récolté par M. Decary à Madagascar
(sans localité précisée).
Sitala elevata Fischer et Salvat
Kalidos elevatus Fischer-Piette et Salvat in Fischer-Piette, Bedoucha et Salvat, 1966 : 42,
P l. VI, fig. 10.
« Il se pourrait fort bien que cette espèce et les deux suivantes [K. acutus F. et S. et
K. culminis F. et S.] aient à être retirées du genre Kalidos », avaient écrit les auteurs à la
page 43 du travail que nous venons de citer.
Ayant actuellement en main de nouvelles espèces analogues, que nous décrivons plus
loin comme Sitala, nous transférons donc celle-ci dans le même genre.
On remarquera d’ailleurs, sur notre figure 10 de 1966, un caractère que nous n’avions
pas décrit : le sommet est un peu déjeté. Nous retrouverons cela dans d’autres espèces
traitées ci-dessous. L’enroulement serré, à nombreux tours de spire, et la forte costulation
spirale éloignaient d’ailleurs nettement cette forme des espèces qui la précédaient dans
notre travail de 1966 sous le nom Kalulos.
Par ailleurs M. Blanc a récolté sur le mont Tsaratanana, qui est la région d’où l’espèce
a été décrite, un échantillon vivant, de 10,5 mm de diamètre sur 10,1 mm de haut. L’animal,
en alcool, est gris-bleu foncé sur le dessus et sur le pourtour de la sole pédieuse, dont la
partie médiane est claire (jaunâtre blanchâtre). Large protubérance caudale.
Le nom eleaatus, qui était approprié pour un Kalidos, l’est beaucoup moins pour une
Sitala, mais cela ne suffit pas à provoquer une nouvelle dénomination.
Sitala acuta Fischer et Salvat
Kcdidos acutus Fischer-Piette et Salvat in Fischer-Piette, Bedoucha et Salvat, 1966 : 43, pl. VI,
fig. 10.
De même que la précédente, nous transférons cette espèce du genre Kalidos au genre
Sitala.
Sitala culminis Fischer et Salvat
Kalidos culminis Fischer-Piette et Salvat in Fischer-Piette, Bedoucha et Salvat, 1966 : 44,
pl. VI, fig. 14-15.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
239
De même que les deux précédentes, nous transférons cette espèce du genre Kalidos
au genre Sitala.
Sitala delaportei n. sp.
(PL II, 43-45; fig. 21)
Espèce basée sur une récolte de M. Blanc au mont Tsaratanana (fig. 3) comprenant
trois échantillons récoltés vivants et un échantillon vide.
Description du type
Diamètre 9,1 mm ; hauteur 7,9 mm ; ouverture ayant 5 mm de long et 4 mm de haut.
Six tours un tiers. Ombilic bien visible, punctiforme. La spire, dominée par un sommet
un peu déjeté avec un nucléus très dégagé, est proche d'un cône, mais les lignes de profil
ne sont pas rectilignes, elles ont une courbe déterminant une certaine concavité et, par
ailleurs, les tours sont relativement renflés, la suture étant bien marquée (fig. 21). Le nucléus
240
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
est jaune, puis la teinte devient brun-jaune sur le dessus, jaune-brun sur le dessous. Ces
deux teintes sont séparées sans gradation par une fine carène équatoriale. Le dessus des
tours porte une sculpture peu visible à Fœil nu, faite de cinq à huit lignes spirales renforcées
de granules à chacune de leurs croisements avec les nombreuses costules de croissance.
Ces costules sont, d'une ligne spirale à la suivante, des éléments un peu courbes (courbure
convexe à droite) et plus ou moins onduleux. Sur la base, se croisent des stries spirales très
fines et des stries de croissance très fines également ; du fait du croisement, les stries spirales
semblent onduleuses. La base est relativement renflée.
Paratypes
Ils sont très semblables. Ils ont 9,8 sur 8 (échantillon vide) ; 8,9 sur 9 ; 8,8 sur 7,7 mm.
Rapports et différences
Espèce proche de Sitala elevata Fischer et Salvat, s’en distingue par une moindre
élévation, les pentes plus courbes du côté, la saillie plus forte du nucléus, une carène moins
forte séparant une base plus renflée d’un dessus qui est lui aussi plus bombé du fait que
la suture est plus profonde. L’ombilic est moins fin. La sculpture de la base est analogue
mais le dessus est sculpté de façon moins visible et bien différente, des alignements de gra¬
nules remplacent les côtes spirales de S. elevata.
Sitala roedereri n. sp.
(PI. II, 46-48; fig. 22)
Espèce fondée sur une douzaine d’échantillons récoltés au mont Tsaratanana par
M. Blanc en 1966.
Description du type (remis vide)
Diamètre 10,2 mm ; hauteur 7 mm. Ouverture ayant 7 mm de large et 3 mm de haut.
Angle au sommet très faible tant ce sommet est dégagé, mais à partir de là, la pente de la
ligne de profil diminue rapidement, la coquille s’évasant considérablement jusqu’à une
carène très marquée, sous laquelle la base est assez plate au début du dernier tour, pour
aboutir toutefois à un gonflement plus net dans le dernier quart de ce dernier tour. Ombi¬
lic punctiforme. Coquille très mince, à peu près transparente, d’un brun-jaune clair. Cinq
tours trois quarts. Les deux premiers sont lisses, les autres sont sculptés. Sur le dessus,
la sculpture consiste en costules de croissance serrées, croisées par des stries spirales bien
moins nombreuses, six au début, sept à la fin et moins saillantes. Sur la base les stries de
croissance sont bien moins marquées et la sculpture spirale est faite d'une infinité de lignes
à peine perceptibles, à parcours flexueux les rendant très gracieuses dans leur petitesse.
Paratypes
A part un jeune de 7 mm, ils ont tous de 10 à 11 mm. Tous ont été récoltés vivants ;
comme la coquille est transparente et que l’animal est moucheté de taches noires sur fond
clair, l’aspect, de ces coquilles pleines est très différent de celui de la coquille vide.
MOLLUSQUES PtILMONES DE MADAGASCAR
241
Le dernier tour peut, à son extrémité, se décrocher très légèrement de la carène-suture
et se terminer un peu en retrait, comme le montre notre croquis (fig. 22). Ce croquis montre
aussi un sommet un peu déjeté.
L’animal est moucheté de noir sur fond heige clair pour ce qui est de la partie de son
corps qui reste dans la coquille ; pour la partie qui en sort, la teinte d’ensemble est beige
clair en alcool avec du gris noir colorant la région des tentacules ainsi que la protubérance
caudale qui est assez large.
Fig. 22. — Silala roedereri n. sp. X 4,5.
Rapports et différences
Par rapport à Silala subelevata, cette nouvelle espèce est plus aplatie, son nucléus
est bien plus dégagé et sa sculpture ne comporte pas d'alignements spiraux de granules.
Une certaine ressemblance de contours existe avec Silala cacumifera Benson, de l’Inde,
mais cette dernière espèce est plus élevée et sa carène reste mieux individualisée aux abords
de l’ouverture. Sitala cingalensis Benson est au contraire moins élevée et son sommet n’est
pas individualisé en papille comme celui de notre espèce.
Sitala antsingiana n. sp.
(PI. III, 49-52)
Espèce fondée sur deux coquilles vides, recueillies dans l’Antsingy (fig. 3) par M. Blanc.
Description du type
Coquille fragile, d’un blanc translucide, formée d’un cône bien pointu à sommet déjeté
et d’une base assez renflée, séparés par une carène très nette individualisée en un cordon
qui se voit déjà contre la suture des tours précédents. Sept tours et demi, à enroulement
assez serré, mais cet enroulement se modifie dans le dernier quart du dernier tour qui vient
en retrait du tour précédent. Hauteur 7,5 mm. Diamètre 8 mm. Ombilic étroitement per¬
foré. Ouverture ayant 3,5 mm de large sur 2 mm de haut.
La sculpture ne consiste qu’en stries de croissance obliques assez serrées.
Le paratype a 7 mm de haut sur 7 mm de diamètre. Chez lui, le décrochement de
l’enroulement intéresse presque tout le dernier tour.
288, 3
242
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Rapports et différences
Cette espèce se différencie nettement de ses voisines par le décrochement très marqué
de son dernier tour aux abords de l'ouverture. Nous avons signalé une petite indication de
ce processus chez S. roedereri. Il existe aussi, plus marqué que chez S. roedereri et moins
marqué que chez S. antsingiana, chez Sitala arx Benson, de l’Inde, espèce qui est beaucoup
plus large par rapport à sa hauteur, et spiralement striée. Le sommet est d’ailleurs sembla¬
blement déjeté chez les deux espèces, mais Sitala arx présente un enroulement à accroisse¬
ment net, donnant des côtés concaves.
Subulina octona Chemnitz
Subulina octona Chemnitz, Fischer-Piette et Testud, 1964 : 380.
M. Blanc a récolté un échantillon dans l’Antsingy (fig. 3). L’espèce n’avait pas encore
été signalée de cette région ; les provenances les moins éloignées étaient Besalampy et
Miandrivazo (1964 : 381, carte).
Leucotaenius favannii Lamarck
Bulimus favannii Lamarck, 1822 : 120.
Bulimus favannii Lamarck, Delessert, 1841 : pl. 27, fig. 8 a, 8 b.
Leucotaenius favannii Lamarck, Fischer-Piette, 1963 : 15.
M me Blanc en a eu un bel exemplaire (50 mm) de Betioky (fig. 3). L’espèce était
déjà connue du sud, en plus de deux stations de l’est et d’une station de l’ouest. Mais dans
la région sud on ne connaissait qu’une provenance qui soit proche de celle-ci : Saint-Augus¬
tin.
Leucotaenius procteri Sowerby
Buliminus ( Leucotaenius) procteri Sowerby, 1894 : 214, pl. 13, fig. 9.
Leucotaenius procteri Sow., Fischer-Piette, 1963 : 19, et carte n° 3.
Le British Muséum nous a soumis deux individus récoltés par Perhier de la Bathie
« sur l’ünilahy ». Cette provenance, nouvelle, est située dans Faire d’habitat déjà publiée
(fig. 3).
Bloyetia revoili Bourguignat
Guillainia revoili Bourguignat, 1885 : 17.
Bloyetia revoili, Bourguignat, 1889 : 30, pl. I, fig. 4 à 6.
Un échantillon bien adulte de cette espèce, ayant 21 mm de diamètre et 14 mm de
hauteur, a été recueilli en 1929 par G. Petit sur une falaise calcaire des environs de Miarv,
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR
243
près Tuléar (fig. 3). L’espèce est originaire de la Somalie (nous en avons de Moguedou-
chou, nommés par Bourguignat). S’agit-il d’un apport sans lendemain ou d’une implan¬
tation définitive, l’avenir nous l’apprendra.
Helicophanta geayi Fischer-Piette
Helicophanta geayi Fischer-Piette, 1950 : 83, pl. I, 5 à 8 ; fig. 1 et 2.
M me Blanc a récolté trois exemplaires dans la région du sud d’où l’espèce était déjà
connue, mais deux sont de localités nouvelles : Betioky et sud du plateau Mahafaly (fig. 3).
Helicophanta vesicalis Lamarck
(Fig. 23, 24)
Hélix cornu giganteum Chemnitz, 1795 : 274, pl. 208, fig. 2051-2052.
Hélix vesicalis Lamarck, 1822 : 65.
Helicophanta vesicalis Lamarck, Fischer-Piette, 1950 : 86.
Le Père Otto Appert nous a soumis, en août 1966, trois échantillons (un très jeune,
un jeune, un adulte) provenant d’Ankazoabo (fig. 3). Cette localité est en dehors de l’aire
de répartition donnée dans le travail de 1965. Nous donnons (fig. 23) le nouveau tracé de
cette aire.
Fig. 23. — Aire actuellement connue
d ’Helicophanta vesicalis Lamarck.
Appareil génital (fig. 24)
La glande hermaphrodite est grosse et se prolonge assez loin dans le tortillon ; le canal
hermaphrodite est long ; la glande de l’albumine, en forme de sabot, est très grosse ; l’ovis-
244
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Fig. 24. — Appareil génital d’Helicophanta vesicalis Lamarck.
( Abréviations , voir fig. 10.)
permiducte est assez court ; le vagin est très long ; le canal séminal est très large dans sa
moitié terminale et s’insère près de l’ovispermiducte, il ne possède pas de diverticule ; le
pénis est volumineux ; son muscle rétracteur est très large et envoie un faisceau s’insérer
sur l’épiphallus ; le canal déférent est long ; le vestibule génital est peu important.
Helicophanta gloriosa Pfeiffer
Hélix gloriosa Pfeiffer, 1858 : 107, pl. 30, fig. 1, 2.
Helicophanta gloriosa Pfeiffer, Fischer-Piette, 1950 : 88, fig. 3 et 4.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
245
M me Blanc nous a rapporté un individu vivant, récolté à Tuléar (fig. 3). L’animal
n’était connu que par un exemplaire conservé dans l’alcool. Voici donc quelques détails
supplémentaires. Il s’agit d’un adulte de 63 mm.
En regardant l’animal rétracté, on constate que la surface est d’un gris très clair poin¬
tillé de noir. Ce gris a tendance à être jaunâtre par places. La fente de rétraction se présente
comme celle qui avait été figurée sur l’exemplaire conservé, mais avec en outre une courte
bifurcation sans profondeur. La surface offre beaucoup de résistance à l’enfoncement du
doigt, ce qui correspond à ce qui avait été constaté sur l’animal conservé.
L’animal rampant a la tête et le dos chagrinés, gris-noir pointillé de blanc, et les côtés
étalés un peu plus clairs. La sole pédieuse est crème grisâtre.
Helicophanta socii n.
(PI. III, 53, 54)
sp.
Description du type
Récolté par M. Blanc dans l’Ankarana en 1966 (fig. 3). Longueur 88 mm, diamètre
46 mm sur l’avant-dernier tour, 51 mm dans la région de l’ouverture en y comprenant la
saillie du péristome. Quatre tours et demi. La coquille est lisse sur les deux premiers tours,
puis marquée de fines stries de croissance qui deviennent plus grossières dans le dernier
tour surtout aux abords de l’ouverture ; dans les derniers centimètres la surface est fine¬
ment chagrinée. Le mode d’enroulement est d’abord très comparable à celui (YHelico-
phanta oviformis Gratel., mais après trois tours et demi la suture accentue sa descente et
passe bientôt en situation plus basse que l’équateur du tour précédent, si bien que le dernier
tour, vers sa fin, ne fait pas saillie par rapport au tour précédent si ce n’est par son péris¬
tome. L’ouverture mesure à son intérieur 46 mm sur 24, et 50 mm sur 37 avec le péristome
qui est très développé, à la fois large et épais. Ce péristome a 3,6 mm de large au côté externe,
4 mm en bas et jusqu’à 10,3 mm au côté eolumellaire, il est donc très saillant. De plus il
est retroussé à 180 degrés. Il est flexueux, un peu sur toute sa longueur mais surtout dans
la région eolumellaire. Il laisse voir un ombilic net par une fente de 1 mm de large sur 3
à 4 mm de long. Il n’y a pas d’épiderme, la coquille n’est pas fraîche, ce qui subsiste de
sa teinte est d’un brun franc sur les deux premiers tours, d’un brun plus passé ensuite,
au-dessus de la suture, avec naissance progressive de deux bandes brunes de 1,5 mm de
haut, distantes de 12 à 13 mm. La base est d’un brun très clair et, plus souvent, jaune paille.
Toutefois, les abords de l’ouverture constituent une région franchement brune.
M. Blanc a récolté dans la même localité que le type trois autres échantillons. Le
premier a 87 mm ; ses caractères sont les mêmes que ceux du type, si ce n’est que le péris¬
tome est encore plus épais.
Biotope
Les quatre individus ont été trouvés dans une région de rochers calcaires déchiquetés,
région où existent des grottes. Nous supposons que cette espèce doit vivre dans des grottes,
comme Tropidophora cuvieriana, et que les coquilles mortes doivent être entraînées à l’air
libre en période de crues.
246
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Rapports et différences
Cette espèce est proche d’Hélico phanta oviformis Gratel. et d'Hélico phanta amphi-
bulima Desh. Mais ces deux espèces ne dépassent pas 63 mm, elles ne présentent pas de
contraction de la fin de l’enroulement, elles ont un péristome beaucoup moins épais et
beaucoup moins retroussé, elles ont un tour de moins et elles ne sont pas ombiliquées,
tout au plus quelques échantillons ont-ils une fente ombilicale virtuelle.
Le deuxième a 88 mm. Le mode d’enroulement est le même, mais l’ouverture est moins
allongée, ses dimensions à l’intérieur sont 41 mm sur 27 mm. Le péristome est moins achevé,
le cal ne revêt pas encore toute la surface bombée du tour précédent dans l’ouverture,
la largeur du péristome n’est que de 3 mm à droite et 4 mm à gauche, 3,5 mm en bas et
7 à 8 à l’étalement columellaire qui est irrégulier parce que non achevé, et ce péristome
ne fait que commencer à se retrousser. La surface du test est moins polie, elle est chagrinée
dès le troisième tour. Les bandes de coloration sont les mêmes. Ombilic net.
Le troisième a 86 mm. Le mode d’enroulement est toujours le même, l’ouverture a,
à l’intérieur, 41 mm X 21 mm, le péristome est plus épais et un peu plus retroussé que chez
le type. Mêmes bandes de coloration. Même ombilic.
Ampelita caduca n.
(PI. III, 55-58)
sp.
Description du type
Récolté vide sur le mont Tsaratanana (fig. 3) par M. Blanc en 1966.
Diamètre 27 mm. Hauteur 16 mm. Ouverture ayant intérieurement 11,5 mm de long
sur 9,5 de haut et extérieurement, péristome compris, 13 mm de long sur 12,5 de haut.
Quatre tours un quart, dont le dernier est légèrement subcaréné. Ombilic assez large, 3 mm
environ, assez nettement délimité par une rupture de pente. Le test calcaire, d’aspect
crayeux, blanchâtre en général, teinté de violâtre au sommet et près de l’ouverture et de
brunâtre sur la périphérie de l’avant-dernier tour, portait une cuticule de teinte uniformé¬
ment dorée dont une grande partie était déjà tombée lorsque nous eûmes cet échantillon
récolté mort, et qui acheva presque de disparaître depuis. Stries de croissance assez pro¬
noncées, assez espacées. Un semis assez espacé de petites granulations, parfois alignées
parallèlement aux stries de croissance, se voit sur le dessus du dernier tour (les tours pré¬
cédents sont corrodés), et sur sa périphérie ; sur la base des nodules sont plus menus et
cessent avant la région ombilicale. Il y a aussi des stries spirales irrégulièrement réparties,
perceptibles surtout dans la région périphérique et au pourtour de la base.
Paratype
Nous possédions déjà un autre exemplaire, venant aussi du mont Tsaratanana, mais
nous l’avions publié comme paratype d ’ Ampelita parva Fischer et Garreau, 1965 (p. 136).
C’est un échantillon incomplet mais pour lequel nous avions cependant fait connaître la
présence de granules et d’une striation spirale. Nous n’avions pas fait savoir que cet exem¬
plaire était subcaréné, nous le constatons maintenant.
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR
247
Rapports et différences
Proche d ’Ampelita parva, notre espèce s’en distingue par le fait qu’elle est sculptée
au lieu d’être lisse. Son test est plus léger. Son péristome est plus dilaté. Son sommet est
moins saillant. Le puits ombilical est délimité par une rupture de pente plus nette. Enfin,
Ampelita parva ne présente aucune indication de carène.
Ampelita grandidieri Fischer-Piette
(PL IV, 59-64)
Hélix atropos, Crosse et Fischer (non Deshayes), 1889 : pl. 8, fig. 3, 3 a, 3 b.
Hélix madagascariensis, Crosse et Fischer (non Lamarck), 1889 : pl. 12, fig. 2, 2 a, 2 b.
Ampelita grandidieri Fischer-Piette, 1952 : 10.
Nous n’avons pas de nouveaux échantillons de cette espèce. Mais, comme nous allons
avoir à lui comparer une forme très voisine que nous décrivons ci-dessous comme distincte,
il est nécessaire de faire connaître les types d’M. grandidieri mieux qu’ils ne le sont. En
effet, les figures de Crosse et Fischer ne sont pas toutes exactes, en particulier elles repré¬
sentent les sommets plus pointus qu’ils ne le sont, et celles qui donnent les profils sont un
peu penchées ce qui empêche de bien saisir la forme du dernier tour. Surtout, ces figures
ne sont pas accompagnées de textes. Or, Fischer-Piette, en 1952, n’a pas non plus
donné de description véritable, il n’a fait qu’affirmer l’appartenance à une même espèce
des deux échantillons figurés par Crosse et Fischer, dire en quoi ils ne pouvaient être
assimilés ni à atropos ni à madagascariensis et exprimer en outre les différences de grandi¬
dieri avec duvali et consanguinea.
L’un des individus (de la planche 8 de Crosse et Fischer) a quatre tours et demi,
36,5 X 21 mm, son ouverture a 17 X 14. Nous le considérons comme le type d’Æ grandi¬
dieri. L’autre (celui de la planche 12) a quatre tours un quart, 31 X 18, avec une ouverture
de 16 X 12. Leur dernier tour est assez peu descendant aux abords de l’ouverture. Les
stries de croissance sont peu importantes et peu inégales. Pas de stries spirales. Toute la
surface est luisante. La coloration comporte des zones alternativement brun-rouge et
blanches : à partir de la suture, une zone brune très large, une zone blanche étroite, une zone
brune équatoriale étroite, une zone blanche assez large, suivie sur la base d’une large zone
brune, d’une assez large zone blanche périombilicale et d’une teinte brune dans l’ombilic.
Ampelita dingeoni n. sp.
(Pl. IV, 65-67)
Espèce fondée sur deux échantillons récoltés par M me Blanc en 1966.
Description du type
Récolté dans les environs de Tuléar (fig. 3). Diamètre 38,5 mm ; hauteur 22 mm ;
ouverture ayant 17 mm de long et 14 mm de haut ; ombilic de 4 mm de diamètre environ.
248
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Quatre tours et demi, le dernier s’abaissant nettement en arrivant à l'ouverture. Spire
avec stries de croissance peu serrées, très inégales, importantes, évoquant presque une
plication et dont 1 importance rend la surface mate, non luisante. Leur importance est
moindre sur la base qui est plus luisante. Pas de striation spirale. Le dernier tour est sub¬
caréné à son début, puis ce caractère s’atténue et disparaît presque complètement. La
couleur est brun-noir à reflets à la fois verdâtres et dorés, avec une unique bande spirale
claire, jaune verdâtre, large de 2 mm, située très en dessous de l’équateur, sans pouvoir
être dite basale. L’intérieur de l’ouverture est presque noir. Le péristome, très étroit, est de
couleur chair dans la région columellaire et très foncé ailleurs.
Pauatype
Il vient de la montagne d’Ambre. C’est un jeune de 28 mm et trois tours un quart.
Comme le type, il est mat sur le dessus et luisant sur la base. La position de la bande claire
est exactement la même. Il n’est pas subcaréné. Sa teinte brun-noir tire sur le brun-rouge
au lieu de tirer sur le verdâtre doré. La bande claire est d’un jaune non verdâtre.
Rapports et différences
Cette espèce est très voisine d 'Ampelita grandidieri Fischer-Piette, au point que nous
avions d’abord pensé en faire une variété. Mais la fin du dernier tour descend davantage,
l’ouverture est plus haute par rapport à sa longueur, le dernier tour est nettement plus haut
par rapport aux tours précédents, l’équateur est en position plus basse dans ce dernier
tour, les stries de croissance sont plus fortes et plus irrégulières, le dessus des tours est
terne alors qu’il est luisant chez A. grandidieri, la teinte brune est plus foncée, brun-noir
au lieu de brun-rouge, il n’y a qu’une bande claire au lieu de quatre, sa position ne corres¬
pond à celle d’aucune de ces quatre, et sa coloration est jaune au lieu d’être blanche.
La force des plis de croissance pourrait faire penser à Ampelita batdstinii Fischer el
Garreau, mais ceux de notre nouvelle espèce sont moins forts et plus serrés sur le dessus
et au contraire, sur la base, plus marqués que ceux de battistinii qui y sont très faibles ;
l’enroulement de notre nouvelle espèce est plus serré et la hauteur est moindre, en parti¬
culier la hauteur de l'ouverture est bien moindre.
Ampelita calida n. sp.
(PL IV, 68-71)
Quatre échantillons de cette espèce, très semblables les uns aux autres, ont été remis
à M me Blanc par M. Capuron qui les avait récoltés à Sambava (nord-est de l’île) (fîg. 3).
Description du type
Diamètre maxima 32 mm. Hauteur 20,5 mm. L’ouverture a 17 mm de long sur 13,5 mm
de haut. Trois tours et demi, enroulés de manière assez globuleuse ; l’enroulement s’abaisse
assez brusquement sur le dernier centimètre avant l’ouverture. L’équateur du dernier
tour est subcaréné au début, mais dans le dernier tiers la saillie carénale a complètement
disparu. Péristome peu marqué, consistant en un bref évasement de l’ouverture. Ce péris-
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR 249
tome est tranchant, son tranchant fait un angle de 90 degrés avec la surface du tour mais
ne s’élève que d’un demi millimètre et la différence entre le diamètre de l’intérieur de l’ouver¬
ture et le diamètre incluant le péristome n’est que de 1,5 mm. Aucune callosité. Ombilic
assez étroit, moins de 2 mm dans le puits, partiellement recouvert par la dilatation du bord
columellaire de l’ouverture. La surface des tours est chagrinée parallèlement aux stries
de croissance. La coloration est d’un brun très chaud, passant au brun-noir dans le dernier
demi-tour, avec trois bandes spirales jaune clair : la première longe la suture et a 1 mm de
large, la deuxième, de 1 mm aussi, est équatoriale et coïncide avec la carène dont elle marque
le prolongement là où cette carène a disparu, la troisième est basilaire, large de 2 mm,
séparée de la précédente par 8 mm et de l’ombilic par 4 mm. Ces trois bandes sont visibles
dans l’intérieur de l’ouverture, mais en blanc pur et non en jaune. Le péristome est, de
même, jaune sur sa face externe et blanc ou blanchâtre sur sa face interne.
Le corps de l’animal est d’un brun très foncé.
Rapports et différences
Cette espèce ressemble à ArnpelUa grandidieri Fischer-Piette, 1952, par la présence
de bandes claires sur fond brun foncé, par la forme d^l’ouverture, par le faible développe¬
ment du péristome. Mais elle s’en écarte par son moindre diamètre par rapport à sa hauteur,
par son ombilic beaucoup plus étroit, par le fait qu’M. grandidieri a sa surface lisse et non
chagrinée, par la carène qui fait entièrement défaut chez A. grandidieri, enfin par sa distri¬
bution des bandes de couleur.
La forme générale est proche de celle d’/L consanguinea Desh., mais cette dernière
a ses premiers tours plus serrés et faisant nettement saillie en un sommet individualisé,
elle a son ombilic plus étroit et plus nettement délimité par rapport à la base, elle n’est pas
subcarénée, sa surface n'est pas chagrinée, sa base est claire, et la suture est longée par
une bande foncée au lieu de l’être par une bande claire.
Par rapport à Ampelita pfeifferi Fischer-Piette, les différences sont moindres. A. pfeif¬
feri est nettement plus globuleuse, non carénée, non chagrinée, son ombilic est mieux déli¬
mité (mais de diamètre comparable), son péristome est un peu plus important surtout au
côté columellaire ; mais la disposition colorée est plus comparable, avec une bande blanche
suivant la suture, une bande équatoriale qui est toutefois bien plus large, ayant 3 mm,
une bande basilaire qui est toutefois plus large (3 mm) et située tout contre l’ombilic.
Il se pourrait donc que notre nouvelle espèce doive être ultérieurement réunie à A.
pfeifferi.
Ampelita atropos Deshayes
llelix atropos Deshayes, in Férussac, 1851 : 56, pl. 69 II, fig. 13, 14.
Ampelita atropos Deshayes, Fischer-Piette, 1952 : 15.
Cette espèce n’était connue que de la région de Diego Suarez (fig. 3). Or, M rae Blanc
en a récolté dans la région de Tuléar un bel échantillon vivant, de 45 mm.
250
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Fig. 25. — Appareil génital d 'Ampelita subatropos Dautzenberg.
(Abréviations, voir fig. 10.)
Ampelita subatropos Dautzenberg
(Fig. 25)
Hélix subatropos Dautzenberg, 1894 : 97, pl. III, fig. 5.
Ampelita subatropos Dautzenberg, Fischer-Piette, 1952 : 16.
M me Blanc a récolté à la montagne d’Ambre (fig. 3) deux exemplaires, l’un de 42 mm,
l’autre de 45 mm pris vivant, ce qui nous permet de donner des renseignements anatomiques.
Le corps rétracté est brun foncé. Lorsque l’animal est étendu, on voit que la sole pédieuse
est gris lilas jaunâtre dans le tiers médian et gris lilas dans les tiers droit et gauche, et que
le dessus du corps, coloré d’un réseau noir sur fond plus clair, est d’une teinte d’ensemble
brune dans la bande dorsale, beige dans deux bandes latérales et brune plus extérieurement.
MOLLUSQUES PULMOINES DE MADAGASCAR
251
Appareil génital (fig. 25)
La glande hermaphrodite est foliacée, son canal est long et contourné ; la glande de
l’albumine est ovoïde et peu volumineuse ; l’ovispermiducte est important, large et long ;
le vagin est petit, un peu étranglé près de l’oviducte ; la vésicule séminale est volumineuse ;
le canal séminal est long, étroit dans sa première moitié, puis s’élargit et se termine en un
vaste évasement ; le pénis semble large avec un long muscle rétracteur ; le canal déférent
est court.
Ampelita petiti Fischer-Piette
Ampelita petiti Fischer-Piette, 1952 : 17, pl. I, fig. 10 à 12.
M. le Pr Lamotte nous a remis, en novembre 1966, un individu d 'Ampelita petiti Fischer-
Piette récolté, comme tous les échantillons précédents, dans le massif de l’Andringitra
(fig. 3), mais avec une précision d’altitude qui nous apprend que cette espèce peut atteindre
2 500 m. Cet échantillon mesure 27 mm sur 16 mm, ce qui est, malgré l’altitude, une taille
parfaitement normale pour l’espèce dont la taille maxima actuellement connue est 29 mm.
A un endroit où la cuticule brune fait défaut, on voit que la couche sous-jacente est dorée.
Récolteur : M.G. Rongerie.
Ampelita culminans Fischer-Piette
(Pl. IV, 72-75; fig. 26)
Ampelita culminans Fischer-Piette, 1952 : 18, pl. I, fig. 13 à 15.
Ampelita culminans Fischer-Piette, Fischer-Piette et Garreau de Loubresse, 1964 : 141.
Cette espèce a été décrite en 1952 sur un seul exemplaire, du mont Tsaratanana (fig. 3),
qui mesurait 26 mm sur 17 ; un second, de même provenance, mesurant 28 mm sur 20,
a été signalé en 1965. Cette taille est encore dépassée de beaucoup par un exemplaire, tou¬
jours du mont Tsaratanana, récolté par M. Blanc en 1966 : diamètre 35 mm, hauteur 22 mm,
ouverture de 16 mm sur 12 mm. Par rapport aux précédents il présente la particularité
de ne pas avoir de bande blanche périphérique ; il n’a que la bande blanche péri-ombili-
cale. Le semis de taches blanches, si particulier à cette espèce, est particulièrement serré
sur l’avant-dernier tour de ce nouvel échantillon.
Appareil génital (fig. 26)
La glande hermaphrodite est très volumineuse et de forme irrégulière ; le canal herma¬
phrodite est long, d’abord étroit, puis large et contourné ; la glande de l’albumine, assez
petite, a l’aspect d’un sabot de cheval ; l’ovispermiducte est long et assez gros ; le vagin
est rétréci dans sa partie médiane ; la vésicule séminale est petite, le canal séminal est long,
peu dilaté sur sa partie terminale ; le pénis est assez long ; le canal déférent est long et
débouche dans la partie terminale du pénis ; le vestibule génital est ampullaire.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
253
exemplaire peu ancien, nous sommes maintenant en possession d’un spécimen récolté
vivant par M me Blanc dans la montagne des Français (fig. 3). L’espèce y était localement
très abondante sur et dans un tapis de feuilles mortes situé au pied d’une haute paroi
rocheuse.
L’animal, en alcool, est de couleur crème.
L’individu disséqué avait cinq tours et mesurait 41 mm de diamètre ; ayant peu séjourné
dans l’alcool nous avons pu noter quelques couleurs.
Appareil génital (fig. 27)
Le canal hermaphrodite, marron foncé, est fin et contourné ; la glande de l’albumine,
jaune ambré, est volumineuse ; l’oviducte est brunâtre ; le vagin est long, un peu rétréci
près de l’oviducte ; la vésicule séminale est petite, le canal séminal long et étroit est très
Fig. 27. — Appareil génital d 'Ampelita granulosa Deshayes.
(Abréviations, voir fig. 10.)
254
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
évasé dans le dernier tiers ; le pénis, jaunâtre, est très volumineux ; il est prolongé par un
court épiphallus sur lequel s’insère un muscle rétracteur court ; le canal déférent est long
et étroit ; le vestibule génital est réduit.
Ampelita gaudens Mabille
Hélix lanx Férussac., Reeve (non Férussac), 1851 : pi. 38, fig. 171.
Hélix gaudens Mabille, 1884 : 139.
Ampelita gaudens Mab., Fischer-Piette, 1952 : 25.
Cette espèce n’était connue que de Nossi-Bé et du mont Tsaratanana. M me Blanc
en a récolté un exemplaire jeune (34 mm) à Tuléar (fig. 3). Il était vivant. L’animal est de
couleur grise dans l’alcool.
Ampelita lanx Férussac
(Fig. 28)
Hélix lanx Férussac, 1822 : 37, n° 156.
Ampelita lanx Férussac, Fischer-Piette, 1952 : 26 ; Fischer-Piette et Garreau de Loubresse,
1964 : 26, pl. VIII (indiquée par erreur pl. II), fig. 17.
M me Blanc a récolté un individu de cette espèce à l’ile Sainte-Marie, localité nouvelle
mais située dans l’aire de répartition déjà donnée (fig. 3). Il était vivant.
Appareil génital (fig. 28)
La glande hermaphrodite a un aspect foliacé ; le canal hermaphrodite est peu contourné ;
la glande de l’albumine, en forme de sabot, est assez grosse ; l’ovispermiducte est très long ;
le vagin est long ; la vésicule séminale, ampullaire, est petite ; le canal séminal débouche
au milieu du vagin ; le pénis, court, a un muscle rétracteur assez long ; le canal déférent
est long ; le vestibule génital est peu individualisé.
Ampelita omphalodes Pfeiffer
Hélix omphalodes Pfeiffer, 1846 : 56, pl. 75, fig. 9 à 11.
Ampelita omphalodes Pfeiffer, Fischer-Piette, 1952 : 29 ; Fischer-Piette et Garreau de Lou¬
bresse, 1964 : 147, fig. 13 et 14.
Tout en sachant que cette espèce avait dans l île une très large répartition, on n’en
connaissait qu’un très petit nombre de provenances. Nous en avons une de plus avec la
récolte, faite par M. Blanc à Ankarafantsika (100 km au sud de Majunga, cf. fig. 3), de
deux individus dont l’un est de la variété typique et dont l’autre appartient à la variété
locoubeensis Crosse.
256
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Ampelita xystera Pfeiffer
Hélix xystera Val., Pfeiffer, 1846 : 343, pi. 61, fig. 4 à 6.
Ampelita xystera Pfeiffer, Fischer-Piette, 1952 : 31, fig. 2 ; Fischer-Piette et Garreau de Lou-
bresse, 1964 : 148.
M me Blanc a rapporté, en 1967, un individu récolté à Andrapangy, localité nouvelle
située dans le nord-est, entre Antalaha et Sahambavany (fig. 3). Jusqu’ici l’espèce n’était
pas connue plus au nord que la région de Tamatave, pour ce qui est du versant est, et celle
de l’Ambongo pour ce qui est du versant ouest.
Ampelita sepulchralis Férussac
Ifelix sepulchralis Férussac, 1822 : pl. 75, fig. 1.
Ampelita sepulchralis Férussac, Fischer-Piette, 1952 : 41, (ig. 5 et 6 ; Fischer-Piette et Garreau
de Loubresse, 1964 : 150, fig. 16 et 17.
M me Blanc en a récolté un exemplaire, « sud du plateau Mabafaly », c'est-à-dire entre
Tuléar et le cap Sainte-Marie (fig. 3). Or A. sepulchralis n’était connu que de l est ; la pro¬
venance la moins éloignée de celle-ci était le sud du Betsileo.
Cet échantillon du sud-ouest, très Irais, de 44 mm de diamètre, appartient à la variété
typica.
Ampelita capuroni n. sp.
(Pl. V, 76-79)
Espèce fondée sur un seul exemplaire remis à M me Blanc par M. Capuron qui
l’avait récolté à Manerinerina en 1967. Manerinerina est dans le centre nord-est de l’île
(fig. 3).
Diamètre maximum 56 mm. Hauteur 24 mm. Quatre tours et demi. Le dessus est
planorbe, seul le dernier tiers du dernier tour est descendant. La descente s’accentue nette¬
ment dans le dernier centimètre. Ouverture très oblique, ovale, mesurant à l’intérieur
24 mm sur 18. Péristome de 2,5 mm de large en bas et 2,5 à 3 mm en haut, retroussé, enroulé
de façon irrégulière sur 120 à 180 degrés. Ombilic en entonnoir large et profond, large de
13 mm environ. Le péristome est blanc et l’intérieur de l’ouverture est d’un brun foncé
avec reflets cœrulescents dus à une couche brillante qui forme callosité sur le bombement
du tour précédent. L'extérieur a une teinte de fond brun foncé, passant au brun-noir sur
le dernier demi-tour, avec de nombreuses lignes spirales claires, blanchâtres sur les premiers
tours, et de blanchâtre à doré, selon les endroits, sur le dernier demi-tour. Sur ce dernier
demi-tour on voit, de la suture à l'ombilic, une bande spirale foncée de 2 mm, une bande
claire de 1 mm, une bande foncée de 5 mm, une bande claire de 1,5 mm, une bande foncée
de 5 mm, trois lignes claires alternant avec trois lignes foncées, une bande claire de 1,5 mm,
une bande foncée de 2,5 mm que l’équateur sépare d’une bande claire de 2 mm, puis une
succession de bandes de 1,5 mm environ, quatre foncées avec trois claires intercalaires,
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR 257
qui nous mènent au point le plus bas. De là à la suture située dans l’ombilic, il y a douze
bandes claires d’une largeur variant de 1,2 à 0,5 mm, séparées par des lignes ou de minces
bandes foncées.
Le test est granuleux ; les granules, peu saillants et peu serrés, sont plus ou moins
disposés en traînées parallèles aux stries de croissance.
L’animal est noir.
Rapports et différences
La forme générale est comparable à celle de A. sepulchralis Fér. Mais notre espèce
s’en distingue d’abord par ses bandes de coloration, A. sepulchralis étant de teinte uniforme
ou de teintes dégradées. De plus, l’entonnoir ombilical est plus large et moins délimité
de la surface de base que chez A. sepulchralis. Le dessus du dernier tour ne présente ni
malléation ni dépression spirale, tandis que A. sepulchralis présente l’un, l’autre, ou les
deux. La présence de bandes spirales claires et foncées rappelle Ampelita zonata Fischer
et Garreau, mais notre nouvelle espèce a son sommet plus plat, son ouverture bien plus
allongée, son péristome plus enroulé, son ombilic beaucoup plus large et les proportions
du diamètre et de la hauteur sont bien différentes.
Ampelita lamarei Pfeiffer
Hélix lamarei Pfeiffer, 1853 : 272, pl. 123, fig. 23-24.
Ampelita lamarei Pfeiffer, Fischf.r-Piette, 1952 : 53.
M. Blanc a récolté cette espèce à Ambanja, situé en face de Nossi-Bé, et dans le mont
Tsaratanana (fig. 3).
Ampelita (Eurystyla) julii Fischer et Garreau
Ampelita ( Poecylostylus ) julii Fischer-Piette et Garreau de Loubresse, 1964 : 158, pl. IX, fig. 31
à 33.
De cette espèce, qui n’était connue que par deux échantillons, M. Blanc a récolté
un troisième individu, à Ambanja, localité située en face de Nossi-Bé (fig. 3). Un seul
des deux exemplaires connus avait une provenance précise : Maroantsetra, situé au fond
de la baie d’Antongil dans le nord-est. On voit que l’espèce semble avoir une certaine exten¬
sion dans le nord de l’île.
Les dimensions de ce nouvel exemplaire sont 24,5 mm de diamètre et 19 mm de haut,
il est donc nettement plus petit que les deux autres. Sa coloration est différente : le péris¬
tome est d’un blanc pur, sans trace de teinte lilas, et la teinte générale est vert olive, sauf
le premier tour qui est blanc grisâtre et la dernière moitié du dernier tour qui est jaune
verdâtre sur le dessus et jaune brunâtre sur le dessous.
Le nom Eurystyla Ancey, 1887, a priorité sur Poecylostylus Pilsbry, 1890.
288 , 4
MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR 259
M me Blanc a récolté en 1967 un individu à Andranohinaly, localité nouvelle située
au nord-ouest de Saint-Augustin et, dans les environs de Tuléar, d’autres spécimens dont
plusieurs vivants (fig. 3). Nous représentons (fig. 29) l’appareil génital de l’un d’eux.
Clavator moreleti Deshayes
(Fig. 30)
Bulimus moreleti Deshayes in Férussac, 1851 : 114, pl. 154, fig. 5-6.
Clavator moreleti Deshayes, Fischer-Piette et Salvat, 1963 : 63.
Le British Muséum nous a soumis, en 1965, un échantillon qui avait été récolté par
Perrier de la Bathie à Maroantsetra (fig. 3). C’est une localité nouvelle, mais située
non loin de Ranolalina déjà connue.
v. s.
Fig. 30. — Appareil génital de Clavator moreleti Deshayes.
( Abréviations , voir fig. 10.)
260
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
M. Blanc a récolté en 1966, dans le mont Tsaratanana, deux individus de cette espèce,
dont un était vivant. Nous représentons (fig. 30) son appareil génital. Cette dissection diffère
de notre figure par la moindre longueur du canal séminal et son point d’insertion et, sur¬
tout, par le canal déférent beaucoup plus court, aboutissant à la base du pénis.
Clavator dingeoni n. sp.
(PI. V, 80, 81)
Description du type
Récolté en 1967, par M. Blanc, au Tsaratanana (fig. 3). Longueur 75 mm, largeur
maxima 28 mm au niveau de l’ouverture, largeur au-dessus de l'ouverture 26 mm ; hauteur
de l’ouverture 30 mm, largeur 13 mm. Il n’y a pas d’épaississement péristomial, l’exemplaire
n’avait donc pas achevé sa croissance. Cinq tours un tiers. Les deux premiers tours sont
planorbes ; l’enroulement continue ensuite à la manière habituelle, le profil devient donc
celui d’un fuseau. La suture est un peu enfoncée. Les tours sont peu bombés, en particulier
le cinquième dont le profil est presque rectiligne, ce qui doit nous faire admettre, par com¬
paraison avec l’espèce la plus voisine, C. pauliani, que la croissance était près d’être termi¬
née au moment de la récolte. Pas de fente ombilicale. L’ouverture est franchement oblique,
ce qui ne se voit chez aucun autre de nos échantillons de Clavator, à quelque stade de leur
développement qu’ils se trouvent. Les stries de croissance sont assez serrées. Dans les premiers
tours non planorbes, elles sont croisées par des stries spirales aussi prononcées qu’elles,
ce qui détermine une granulation régulière. Puis ces stries spirales perdent de leur impor¬
tance, surtout dans le haut des tours. Elles sont encore un peu visibles vers le bas de l’avant-
dernier tour, mais ne se prolongent sur le dernier tour que sous forme de lignes d’aplatisse¬
ment des côtes de croissance. La coloration est blanche au sommet planorbe, puis d’un
brun jaunâtre interrompu de minces bandes brunes longitudinales irrégulièrement distri¬
buées, puis, dans les deux derniers tours, d’un brun assez uniforme et assez foncé sur lequel
les bandes longitudinales sont brun-noir.
Il est probable que le plateau apical est une formation secondaire succédant à un som¬
met primitif, comme chez Rumina decollata.
Cet exemplaire a été récolté vivant. La sole pédieuse était jaune d’or.
Rapports et différences
Nous classons cette espèce dans le « groupe du C. eximius », que Fischer et Salvat
ont traité aux pages 66 à 74 de leur étude de 1963, et qui comprend Clavator eximius Shuttl.,
C. johnsoni Smith, C. bathiei Fischer et Salvat, et C. pauliani Fischer et Salvat. L’obliquité
de l’ouverture nous empêche de l’assimiler à aucune de ces espèces. L’existence d’une sculp¬
ture spirale rapproche cette espèce de C. eximius et C. johnsoni. Mais ici elle est bien moins
apparente, c’est dans la partie basse des tours qu’elle est le plus marquée alors que chez
ces deux espèces c’est juste au-dessous de la suture et elle disparaît dans le dernier tour
alors que chez ces deux espèces elle persiste jusqu’au bout. La forme générale fait surtout
penser à C. pauliani du fait de l’aplatissement et de la grande longueur de l’avant-dernier
tour et du fait du sommet tronqué, mais la sculpture spirale et l’obliquité de l’ouverture
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
261
l’en écartent. Nous avons des individus jeunes et très jeunes de C. pauliani (de 52, 48,
34 mm), leur ouverture n’est nullement oblique.
La couleur jaune d’or de la sole pédieuse est une différence avec les autres espèces
que M me Blanc a vues vivantes et chez lesquelles elle est grise.
Edentulina arenicola Morelet
Ennea arenicola Morelet, 1860 : 80, pl. 5, fig. 9.
Edentulina arenicola Morelet, Fischer-Piette et Bedoucha, 1964 : 371.
Lin échantillon de 12 mm a été recueilli par M me Blanc à Windsor Castle. C’est la
troisième provenance précise connue, les deux autres étant Port Leven et Orangea, tout
proche de Windsor Castle (fig. 3).
Edentulina alluaudi Dautzenberg
(Pl. V, 82-85)
Gibbus ( Edentulina) alluaudi Dautzenberg, 1894 : 91, pl. III, fig. 1.
Edentulina alluaudi Dautzenberg, Kobelt, 1904 : 304, pl. 36, fig. 13, 14; Fischer-Piette et
Bedoucha, 1964 : 372.
M me Blanc a récolté deux échantillons de deux localités nouvelles situées dans la région
connue : Windsor Castle et montagne des Français (fig. 3). Celui de Windsor Castle a 25 mm
de haut, ce qui est de loin la plus grande taille connue. Le type, figuré par Dautzenberg
et reproduit par Kobelt, a 20 mm et les sept autres échantillons de cette espèce antérieu¬
rement connus, ceux qu’ont mentionnés Fischer-Piette et Bedoucha, ont de 17,3 à 22 mm.
Les figures données sont inexactes, le type n’est pas si étroit qu’il a été représenté.
Nous les figurons à nouveau, ainsi que plusieurs autres exemplaires, pour montrer que la
grande variation de taille porte davantage sur la longueur que sur la largeur, les échantil¬
lons courts étant comme télescopés.
Edentulina battistinii n. sp.
(Pl. Y, 86-88)
Edentulina stumpfii Kobelt, Fischer-Piette et Bedoucha (non Kobelt), 1964 : 369.
Nous avions, en 1964, rapporté à E. stumpfii, décrite de Nossi-Bé, des échantillons
d’Amparimgidro (région de Majunga), de Salapango, Bemaraha et d’Antsingy (fig. 3).
Une récolte faite à Tuléar (M me Blanc) nous ayant procuré une Edentulina comparable
à celles que nous venons de citer, nous les avons réexaminées ; cela nous amène à renoncer
à notre identification à E. stumpfii et à admettre que nous sommes en présence d’une espèce
nouvelle, dont nous prendrons pour type l'exemplaire de Tuléar.
En effet, cette espèce diffère à’E. stumpfii par sa forme générale moins allongée, par
ses tours plus renflés, par son ouverture non ovoïde, à bord externe sinueux et, surtout,
262
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
par sa sculpture qui, au lieu d'être une striation fine et serrée, est faite de côtes bien sail¬
lantes et assez distantes.
Description du type
Hauteur 27,5 mm ; diamètre 13 mm. Huit tours assez renflés, séparés par une suture
bien marquée, non accompagnée de bourrelet subsutural. Les deux premiers tours, blancs,
sont lisses. Les suivants, grisâtres, portent des côtes un peu obliques, bien marquées, non
serrées : vers la fin de l’avant-dernier tour, il y en a environ 20 pour 6 mm, ce qui en fait
3 par mm. Leur saillie diminue en allant de la suture supérieure à la suture inférieure, si
bien que sur la base du dernier tour elles sont à peu près effacées. Ombilic en large fente.
L’ouverture a, intérieurement, 10 mm de haut sur 5 mm de large, elle est donc relativement
étroite. Le péristome, blanc, large d’un demi-millimètre, est un peu flexueux au bord
externe, ce qui étrangle légèrement l’ouverture.
Les quelques provenances connues pour cette espèce s’échelonnent le long de la côte
ouest de l’île.
Edentulina montis n. sp.
(P). V, 89-91)
Espèce fondée sur un seul exemplaire récolté vivant sur la montagne des Français
(région de Diego Suarez) (fig. 3) par M. Blanc. Longueur 27 mm ; diamètre 12,5 mm ;
ouverture ayant extérieurement, péristome compris, 12 mm de haut et 9 mm de large
et intérieurement 9,5 mm de haut et 4,8 mm de large. Huit tours, les deux premiers lisses,
les suivants présentant des stries de croissance bien saillantes et assez distantes. Leur sail¬
lie diminue en allant de leurs extrémités supérieures à leurs extrémités inférieures, si bien
que sur la base du dernier tour elles sont à peu près effacées. Un sillon spiral sépare la suture
de l’extrémité supérieure de ces côtes de croissance à partir du quatrième tour. Les quatre
premiers tours sont gris brunâtre, les quatre derniers gris jaunâtre. Ouverture relativement
étroite. Le péristome, blanc, assez large, est assez flexueux dans le haut de son bord externe,
ce qui étrangle nettement l’ouverture à ce niveau.
Rapports et différences
La forme générale est très analogue à celle d E. battistinii. Cette espèce en diffère
par la présence d’un sillon spiral subsutural très net, par l’étroitesse de son ombilic, par
son péristome encore un peu plus flexueux.
Edentulina metula Crosse
Ennea metula Crosse, 1881 : 193, pl. VIII (non VI), fig. 3; Crosse et Fischer in Grandidier,
1889 : pl. 23, fig. 7.
Edentulina metula Crosse, Fischf.r-Piette et Bedoucha, 1964 : 372.
On ne connaissait cette espèce que par le type de Nossi-Comba. M. Blanc en a récolté
trois exemplaires dans le mont Tsaratanana (fig. 3), dont un jeune et deux adultes de 10,5
et 10,7 mm.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
263
Gulella (Diaphora) gallorum n. sp.
(PI. V, 92-95)
Espèce fondée sur un seul exemplaire récolté par M me Blanc en 1967 dans la mon¬
tagne des Français (Diego Suarez) (fîg. 3). Longueur 9,2 mm, diamètre 3 mm. Sauf à ses
deux extrémités, la coquille est un long cylindre. Huit tours un tiers, présentant des côtes
obliques légères et serrées. L’ouverture, subquadrangulaire, a 2,2 mm de haut et 1,8 mm
de large, péristome compris. A son angle supéro-externe le péristome forme un golfe compris
entre deux dents, l’une émanant du bord supérieur, l’autre, plus volumineuse, du bord
externe : cette dernière produit un certain étranglement de l’ouverture et il lui correspond
un creux de la surface externe du dernier tour. Un autre creux, oblique, assez large, d’une
bonne longueur, 1 mm, simule une fente ombilicale et il lui correspond à l’intérieur une
saillie coinmellaire située profondément.
Rapports et différences
Dans sa forme générale et sa sculpture cette espèce est analogue à G. diodon Morelet,
de Mayotte, mais elle est bien plus grande et l’ouverture se distingue dès le premier coup
d’œil par la plus forte saillie qu'y fait la dent du bord externe.
Fig. 31. — Carte de répartition d'Eulota similaris Férussae.
264
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
Eulota similaris Férussac
C’est par omission que cette espèce antillaise, devenue cosmopolite, n’a pas été men¬
tionnée dans la note de Testud, 1965 : 151-154 sur les Mollusques introduits.
Robson (1914) l’avait déjà signalée de Madagascar « between Tamatave and Maro-
dasatia (Antongyl Bay), East Madagascar ».
En fait, elle est très répandue à Madagascar.
Notre carte (fig. 31) montre qu’elle existe sur toute la côte est, également au nord
et nord-ouest et à Tuléar. Jusqu’ici nous ne la connaissons pas sur la côte ouest entre le
bas Sambirano et Tuléar.
MOLLUSQUES PULMONES DE MADAGASCAR
265
Index des
Ampelita alropos Deshayes
— caduca n. sp.
— valida n. sp.
—- capuroni n. sp.
— culminons Fischer-Piette
— dingeoni n. sp.
—- g audens Mabille
— grandidieri Fischer-Piette
— granulosa Deshayes
— ( Eurystila ) julii Fischer et Garreau
— lamarei Pfeiffer
-— lanx Férussac
—• omphalodes Pfeiffer
— petili Fischer-Piette
— sepulchralis Férussac
— subatropos Dautzenberg
— xystera Pfeiffer
Bloyetia revoili Bourguignat
Caldwellia cernica Adams.
Clùvator clavator Petit de la Saussaye
— dingeoni n. sp.
— mcreleti Deshayes
Edentulina alluaudi Dautzenberg
— arenicola Morelet
— battistinii n. sp.
-— metula Crosse
— montis n. sp.
Edouardia battistinii Fischer-Piette
Eulota similaris Férussac
Gastrocopla madagascariensis Bavay et Germain
— seignaciana Crosse et Fischer
Gulella ( Diaphora ) gallorum n. sp.
Helicophanta geayi Fischer-Piette
— gloriosa Pfeiffer
— socii n. sp.
vesicalis Lamarck
Kalidos amicus n. sp.
— ancey ianus Fischer et Salvat
-— (?) andapaensis n. sp.
ESPÈCES CITÉES
— androkae Fischer et Salvat
— bathi»i Fischer et Salvat
— capuroni n. sp.
— clearnesi Smith
— daulzenbergianus Ancey
— decaryi n. sp.
— fallax n. sp.
— glessi n. sp.
— humbloti Ancey
— lamyi Fischer et Bedoucha
— mangokyanus Fischer et Salvat
— (?) merschardti n. sp.
— secans n. sp.
— lenebricus n. sp.
Leucotaenius favannii Lamarck
— procteri Sowerby
Microcystis bathiei n. sp.
madecassina Fischer et Salvat
— nitelloides n. sp.
— (?) tangens n. sp.
Microstylodonta odontina Morelet
Nesopupa sp.
Pilula. excavata n. sp.
— madecassina n. sp.
Pupisoma ( Ptychopatula) dioscoricola C. B.
Adams
Rachis tulearensis Fischer-Piette
Sitala acuta Fischer et Salvat
— anlsingiana n. sp.
— culminis Fischer et Salvat
— delaportei n. sp.
— elevata Fischer et Salvat
— recondita Godwin-Austen
— roedereri n. sp.
Subulina octona Chemnitz
Tachyphasis milloti n. sp.
Vertigo ( Angustula ) milium Gould
Zonitoides arboreus Say
266
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
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MOLLUSQUES PULMONÉS DE MADAGASCAR
267
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Manuscrit déposé le 5 février 1973.
268
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
PLANCHE I
1-3. — Microcystis nitelloides Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
4-6. — Microcystis bathiei Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
7-9. — Microcystis (?) tangens Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
10-12. — Pilula madecassina Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
13-15. — Tachyphasis milloti Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
16-18. — Kalidos capuroni Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1,5.
19-21. — Kalidos amicus Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
22-24. — Kalidos decaryi Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 2.
25-27. — Kalidos tenebricus Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1,5.
7
270
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
PLANCHE II
28-30. — Kalidos glessi Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1,5.
31-33. — Kalidos (?) merschardti Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
34-36. — Kalidos (?) fallax Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
37-39. — Kalidos secans Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
40-42. — Kalidos (?) andapaensis Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type X 1,5.
43-45. — Sitala delaportei Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
46-48. — Sitala roedereri Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
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PLANCHE II
272
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
PLANCHE III
49-52. — Sitala antsingiana Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 3.
53, 54. — Helicophanta socii Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1.
55-58. — Ampelita caduca Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 2.
PLANCHE III
288, 5
274
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
PLANCHE IV
59-61. — Ampelita grandidieri Fischer-Piette. Type (H. atropos de Cr. et F.) X 1.
62-64. — Ampelita grandidieri Fischer-Piette. (H. madagascariensis de Cr. et F.) X 1.
65-67. — Ampelita dingeoni Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1.
68-71. — Ampelita calida Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1.
72-75. — Ampelita culminans Fischer-Piette. X 1.
PLANCHE IV
'■Mk,
276
E. FISCHER-PIETTE, F. BLANC ET F. SALVAT
PLANCHE V
76-79. — Ampelita capuroni Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1.
80, 81. — Clavator dingeoni Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1.
82. — Edentulina alluaudi Dautz. ( Gibbus ). Type. X 1,5.
83. — Edentulina alluaudi. Un individu de la coll. Lf.tf.llier, cap d’Ambre. X 1,5.
84. — Edentulina alluaudi. Un individu récolté par M me Blanc sur la montagne des Français. X 1,5.
85. — Edentulina alluaudi. Un individu récolté par J. Millot dans l’Ankarana. x 1,5.
86-88. — Edentulina battistinii Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1,5.
89-91. — Edentulina montis Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 1,5.
92-94. — Gulella (Diaphora) gallorum Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 2.
95. — Gulella (Diaphora) gallorum Fischer-Piette, Blanc, Salvat. n. sp. Type. X 4.
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Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Ilist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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