BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
Il II I II 1 1111111 1 111 ! 1 1 1 1 1 1 1 1 II 111 1 !
PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 291
MARS-AVRIL 1975
zoologie
201
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum, national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geofîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1974
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 291. mars-avril 1975, Zoologie 201
SOMMAIRE
J.-M. Démangé. — Anomalie segmentaire chez Polydesmus cingustus Latzel (Myria¬
podes, Diplopodes, Polydesmidae). 383
J.-M. Démangé et J.-P. Mauriès. — Diplopodes de la région d : Ahidjan, Côte d’ivoire. 387
J.-M. Démangé. — Nouvelle espèce du genre Tibiozus Attems récoltée en Ouganda
(Diplopoda, Spirostreptoidea, Spirostreptidae). 401
291, 1
Anomalie segmentaire chez Polydesmus angustus Latzel
(Myriapodes, Diplopodes, Polydesmidae)
par Jean-Marie Démangé *
Abstract. — For the fîrst time, an helicomeral anomaly in tlie segmentation of tlie posterior
part of the body in Polydesmus angustus Latzel is described. In the Diplopoda as well as in the
anamorph Chilopoda, the anomaly seems to be situated on the segmentai postembryonic pretel-
sonian région.
Les anomalies segmentaires des Myriapodes sont assez fréquentes et commencent à
être connues. Chez les Diplopodes, ce sont surtout les lulomorphes qui les présentent :
Iulides, Spirobolides, Spirostreptides, I larpagophorides, comme on peut en juger d’après
le travail de J. Balazuc et O. Schubart (1962).
Le cas rapporté ici est particulièrement intéressant du fait qu’il est le premier signalé,
à notre connaissance, chez les Polydesmides.
Nous devons à M. H. Daussy, correspondant du Muséum, de pouvoir décrire ce qui
semble être une hélicomérie chez Polydesmus angustus Latzel, et aussi, sans doute, des
phénomènes additionnels.
Le spécimen a été récolté par R. Daussy en juin 1973 à Céhazat, Puy-de-Dôme.
Il présente, au niveau des diplosegments 13, 14 et 15, des malformations segmentaires
se traduisant par une réduction du volume des anneaux 13 (faiblement) et 14 et par une
perturbation dorsale au niveau des deux anneaux suivants : 15 et 16.
Lorsque l’on examine les diplosegments 15 et 16 par leur profil droit, rien de très anor¬
mal ne les signale à l’attention ; ils possèdent chacun deux paires de pattes, bien qu’ils
paraissent plus rapprochés l’un de l’autre et que le 16 e présente un prozonite peu développé.
C’est la face dorsale de ces deux anneaux qui est seule marquée par l’anomalie (fig. 1).
La suture prozonitale, habituellement circulaire, traverse ici en diagonale le 15 e diplo-
segment, du côté gauche vers le côté droit, pour rejoindre la portion droite de la suture du
diplosegment 16, en arrière de la protubérance alaire droite. La section droite de la suture
prozonitale du 15 e anneau est elle-même infléchie vers barrière, contourne la base arrondie
du processus aliforme droit et s’interrompt un peu avant le milieu du dos.
Il existe donc une fusion dorsale des deux anneaux mais, alors que le 16 e reste nor¬
mal (en ce sens qu’il n’est pas déformé), le 15 e est assez profondément modifié dorsalement.
Dans ce dernier, les modifications morphologiques se situent au niveau des processus laté¬
raux aliformes et atteignent plus particulièrement le côté droit.
On constate, tout d’ahord, le déportement de la partie antérieure médiane de la suture
prozonitale vers le centre médio-dorsal ainsi que l’effacement quasi total et la déformation
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes ), 61, rue de Bufjon, 75005 Paris.
384
JEAN-MARIE DEMANGE
Fig. 1. — Anomalies segmentaires chez Polydesmus angustus Latzel ;
diplosegments 14, 15, 16 et 17.
complète du bord postérieur de l’anneau ; ce dernier s’interrompt très légèrement dans
le milieu puisqu’il y a fusion des deux diplosegments à cet endroit. Du côté droit, le bord
libre est en grande partie soudé à l’ensemble et il circonscrit vers l’intérieur et vers l’avant,
une formation alaire réduite. Du côté gauche, le bord, également, soudé, est plus nettement
marqué par un faible bandeau libre à bords sinueux ; ces sinuosités correspondent aux
saillies postérieures de la rangée postérieure de mamelons en relief de l’anneau. Ces bosses
aplaties du bord postérieur existent également sur l’aile opposée mais elles paraissent moins
visibles.
Les diplosegments 15 et 16 ne sont pas les seuls modifiés ; on remarque, en effet, que
les deux précédents sont de taille très réduite, inférieure à la normale, particulièrement
le 14 e . Toutefois, aucun autre caractère ne les distingue des diplosegments voisins, anté¬
rieurs.
On peut donc supposer soit que les phénomènes se sont exercés plus faiblement sur les
anneaux 13 et 14 que sur les anneaux 15 et 16, soit que les anneaux eux-mêmes manifestent
une sensibilité différente à l’égard de ces phénomènes.
Il est malgré tout un fait remarquable, c’est que la nature des anomalies est différente
ANOMALIE SEGMENTAIRE CHEZ POLYDESMUS ANGUSTUS
385
suivant deux groupements segmentaires de deux diplosegments : une réduction de volume
dans l’un et une liélicomérie dans l’autre.
Etant donné que des facteurs mécaniques sont très souvent à l’origine des anomalies de
segments, le fait de rencontrer des perturbations morphologiques différentes chez deux
groupes différents de diplosegments suggère la possibilité d’une action sur les tissus embryon¬
naires île la zone de croissance. L’ordre de ces anneaux permet également de situer avec
précision entre le stade tV et le stade V d’une part, entre le stade V et le stade VI d’autre
part, l’origine possible du phénomène. En effet, contrairement aux lulomorphes chez les¬
quels les anomalies segmentaires sont fréquentes et l’acquisition segmentaire postembryon¬
naire très variable pour un stade et un individu donné ainsi que d’un stade à un autre,
Polydesmus angustus acquiert un nombre fixe de diplosegments aussi bien pour chaque
stade que pour tous les individus d’un même stade. C’est ainsi que le 5 e stade apporte
trois anneaux pédifères complets à la larve (12 e , 13 e et 14 e ), anneaux présents sous forme
d’apodes au stade précédent. La larve du stade VI, à son tour, acquiert deux anneaux
(15 e et 16 e ) connus sous forme d’apodes au stade précédent. C’est donc au cours de leur
préparation dans la zone de croissance prételsonienne, pendant la phase d’intermue, qu’ont
pu s’exercer les causes des anomalies décrites eL non chez l’embryon puisque ce dernier ne
possède pas, même en puissance, les anneaux dont il est question.
Il n’en est pas de même de certains Chilopodes épimorphes comme les Géophilimorphes
et les Scolopendromorphes chez qui les segments sont acquis dans l’œuf par l’embryon ;
c’est donc alors au cours de la phase embryonnaire que les anomalies ont pu se former.
En conclusion, il semble que les causes des anomalies segmentaires des Diplopodes
et éventuellement des Chilopodes anamorphes, à l’inverse des Chilopodes épimorphes,
agissent sur le matériel embryonnaire de la zone de croissance segmentaire prételsonienne.
RÉFÉRENCE CITÉE
Balazuc, J., et O. Schubart, 1962. — La tératologie des Myriapodes. Année biol. , 4 e sér., 1 (3-4' :
145-174.
Manuscrit déposé le 5 décembre 1973.
Bull. Mus. natn. Hisl. nat., Paris , 3 e sér., n° 291, mars-avril 1975,
Zoologie 201 : 383-385.
Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
291, 2
Diplopodes de la région d’Abidjan, Côte d’ivoire
par Jean-Marie Démangé et Jean-Paul Mauhiès *
Résumé. Treize espèces, dont cinq nouvelles, et une sous-espèce nouvelle ont été récoltées
dans la région d’Abidjan. Les cinq espèces nouvelles se rattachent aux genres Diopsiulus (deux
espèces), Tonkouibolus (une espèce), Villiersiellina (une espèce) et Aporodesmus (une espèce).
Les huit autres étaient déjà connues du mont Nimba et quatre d’entre elles de pays limitrophes
de la Côte d’ivoire.
Abstract. — Thirteen species, among winch üve new ones and a new subspecies, were gathe-
red in the neighbourhood of Abidjan. These five new species belong to the généra Diopsiulus
(2 species), Tonkouibolus (1 species), Villiersiellina (1 species) and Aporodesmus (1 species). The
eight other ones are known from the mont Nimba and four of them from the countnes which neigh-
bour with Ivory Coast.
M. A. Aouti, Maître-Assistant à la Faculté des Sciences d’Abidjan, a effectué, dans
le cadre d’une étude écologique, des récoltes préliminaires de Diplopodes dans la région
d’Abidjan ; la plupart ont été faites dans la forêt de Téké, forêt primaire dégradée par
l’exploitation, située à 30 km au nord d’Abidjan. C’est ce matériel que nous étudions
ici.
Quatorze espèces et sous-espèces ont été identifiées. Une sous-espèce et cinq espèces
sont nouvelles pour la Science : deux espèces appartenant au genre Diopsiulus , jusqu’ici
inconnu de Côte d’ivoire (Nimba excepté) ; deux autres espèces appartenant à deux genres
jusqu’ici monospécifiques et décrits de la région du mont Nimba (' Tonkouibolus et Villier-
siellinà) ; la cinquième appartient au genre ouest-africain Aporodesmus ; la sous-espèce
nouvelle se rattache à Cordyloporus studeri, connu de Sierra Leone et du mont Nimba.
Les autres espèces, au nombre de huit, ont déjà été signalées du Nimba et de ses abords
(Schubart, 1955 ; Démangé et Mauriès, sous presse ) ; quatre d’entre elles n’étaient d’ail¬
leurs encore connues que de cette région-là ; il s’agit de :
Guviogonus lobifer Dem. et Mauriès
Cordyloporus quadrilobatus Schubart
Cordyloporus triangulatus Schubart
Diceratodesmus rnimicus Schubart
Quant aux quatre dernières, ce sont des espèces à plus large répartition :
Mardonius aculeatus Att., du Ghana (Attems, 1914) et de Côte d’ivoire (Démangé,
1957).
Oxydesmus granulosus P. de B., à large répartition, sur la côte ouest-africaine, du
Congo au Sénégal.
* Laboratoire de. Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue de Buffon,
75005 Paris.
388
JEAN-MARIE DEMANGE ET JEAN-PAUL MAURIÈS
Aporodesmus gabonicus (Lucas), espèce aux caractères mal définis, qui semble avoir
une large répartition du Gabon à la Côte d’ivoire.
Thelydesmus dispar Cook, du Liberia.
STEMM IULI DA
Diopsiulus albicollis n. sp.
Localité-type : Côte d’Ivoire, forêt de Téké (30 km au nord d’Abidjan), 4-V11-1973, coll. A. Aouti,
1 çj holotype, 1 <$, 5 Ç et jeunes paratypes.
Nombre d’anneaux : holotype : 51/1 ; paratypes, J : 51/1, $ : 50/1 — 51/1 — 52/1,
jeunes : 47/2 — 48/2.
Me nsurations du holotype : longueur : 27 mm ; diamètre vertical : 2,8 mm ; dia¬
mètre horizontal : 2,4 mm.
Coloration : chez le mâle holotype, la moitié ventrale du corps est blanchâtre, ainsi
que le labre et les pattes ; la tète, les antennes et la moitié dorsale du corps ont une teinte
brun foncé ; une ligne médio-dorsale jaunâtre (0,3 mm de large) débute au 2 e tergite :
de part et d’autre de cette ligne, les parties brunes sont interrompues par deux lignes de
taches claires. Les autres individus présentent également cette coloration, mais avec des
variations dans les proportions des parties claires et des parties sombres. Tous les indi¬
vidus (y compris I holotype) ont le 2 e et quelquefois le 3 e anneau d’une coloration blanche
qui tranche sur le reste.
Capsule céphalique : sans particularité en ce qui concerne la forme générale et la denti¬
tion du labre, elle est remarquable par la présence de soies (plus longues que les douze soies
prélabiales) disposées de manière non anarchique. On peut observer :
— 6 rangs transverses : un de 4 soies au vertex, un de 2 soies interantennaire, un de
3 + 3 soies devant les fosses antennaires, trois de 4 soies au clypeus.
— 1 —(— 1 rang clvpéo-marginal de 5-6 soies.
Œil de deux ocelles, le postérieur a un diamètre de 1,5 fois celui de l’antérieur.
Antenne assez longue : 3,3 mm ; massue antennaire 5,5 fois plus longue que large.
Collum portant deux soies antérieures parasagittales et 3-4 + 3-4 soies post-tergales.
Anneaux moyens à striation normale.
Pygidium : 4 T- 4 fortes soies sur la partie tergale ; 3 + 3 tubercules sétigères [Plu-
sincliaelurus ) ; valves anales avec une douzaine de soies paramarginales longues.
Pattes assez longues et grêles (2 mm de long).
Caractères sexuels mâles : P. 1 : télopodite de 4 articles (fig. 1). P. 2 : coxites subcar¬
rés surmontés d’un prolongement digitiforme pileux interne distal ; télopodite grêle Inar¬
ticulé (fig. 2). P. 3-P. 5 à préfémurs, fémurs et tibias très élargis (fig. 3). P. 8 (gonopodes,
fig. 4 et 5) se rapprochant, du fait de leur simplicité de structure, de pullulus Dem. et Mau
riès [sous presse) ; ils s’en distinguent par la longueur relative des deux branches internes 1
et externes E, qui sont égales chez notre nouvelle espèce ; la branche E est plus courte chez
Fig. 1-5. — Diopsiulus albicollis n. sp., çj holotype : 1, P. 1 ; 2, P. 2 et pénis ; 3, P. 3 ;
mopodes (P. 8), vue caudale; 5, moitié du même, vue orale; (», paragonopodes (P. 9)
390
JEAN-MARIE DEMANGE ET JEAN-PAUL MAURIÈS
pullulus. Le bloc gonopodial est moins ramassé que chez pullulus, l’extrémité de I et E
plus allongée ; la base d’implantation antérieure (i) des branches internes est beaucoup
plus étroite. P. 9 (paragonopodes, fig. 6) réduits à des moignons vaguement biarticulés,
aplatis dans un cadre constitué par le sternite.
Diopsiulus aoutii n. sp.
Localité-type : Côte d’ivoire, forêt de Téké (30 km au nord d’Abidjan), 30-III-1973, coll. À.
Aouti, 1 $ holotype, 2 $ paratvpes.
Autre récolte : même station, 3-YII-1973, 2 Ç.
Nombre d’anneaux : 46/1 chez les 3
Mensurations du $ holotype : longueur : 20 mm ; diamètre vertical : 1,9 mm ; diamètre
horizontal : 1,6 mm.
Coloration générale brun foncé, brun rougeâtre dorso-médialement ; ventre et pattes
blanches.
Capsule céphalique : les soies sont disposées de la façon suivante, qui est notablement
différente de celle observée chez l’espèce décrite précédemment. On peut observer 6 rangs
transverses, comme chez albicollis, mais la composition et le nombre de soies sont très
différents : un rang de 2 soies rapprochées au vertex ; un rang de 2 soies très éloignées
entre les fosses antennaires (pas de soies en avant des fosses antennaires) ; 4 rangs au clvpeus,
ayant respectivement (d’arrière en avant) 4, 6, 2 et 2 soies. Il existe également de chaque
côté du clypeus 5 soies marginales.
Œil de 2 ocelles subégaux.
Antenne assez longue : 2,6 mm.
Collum portant deux soies antérieures parasagittales très fines et 3 -j- 3 soies post-ter-
gales également très fines. Anneaux moyens à striation normale.
Pygidium : 4 -f- 4 soies sur la partie tergale ; 2 -fi 2 tubercules sétigères ( Diopsiulus ).
Pattes de longueur médiocre (1,8 mm).
Caractères sexuels mâles : P. 1 très volumineuses, notamment au niveau des pré¬
fémurs et fémurs. P. 2 à coxite subcarré dépourvu de prolongement ; télopodite grêle Inarti¬
culé (fig. 7). P. 3 surtout, P. 4 et P. 5 renflées, surtout au niveau des fémurs et tibias. P. 8
(gonopodes, fig. 8 et 9) présentant des affinités incontestables avec ceux de D. tremblayi
Dem. et Mauriès, D. keoulentanus Dem. et Mauriès et D. verus Silv., du fait de l’existence d'un
feuillet antérieur se détachant vers le plan sagittal de la branche externe E ; les gonopodes
de notre nouvelle espèce se distinguent cependant par un plus faible développement des
branches internes et par le fait que la partie distale de ces dernières est masquée, envelop¬
pée par un feuillet postérieur distal de la branche externe. A noter l’aspect gibbeux, ren¬
flé de la face antérieure de la branche E. P. 9 (paragonopodes, fig. 10) en moignons allongés
biarticulés.
Cette espèce est cordialement dédiée à son collecteur.
DIPLOPODES DE LA RÉGION D’ABIDJAN
391
Fig. 7-10. — Diopsiulus aoulii n. sp., holotype : 7, P. 2 ; 8, gonopodes (P. 8), vue caudale;
9, moitié du même, vue orale ; 10, paragonopodes (P. 9).
SPIROSTREPTIDA
SpiROSTREPTIDAE
Spirostreptini
Mardonius ( Aulonopygus) aculeatus (Atteins, 1914)
Matériel récolté : Côte d’ivoire, Abobo, près Abidjan, plantation de palmiers à huile, 1X-1972,
coll. A. Aouti, 5 S à 52/1, 50/1, 50/1, 50/1 et 53/1 anneaux — 7 Ç à 48/1, 49/1, 50/1, 51/1.
55/1, 56/1 et 56/1 anneaux.
Forêt de Téké (30 km au nord d’Abidjan), 4 11-1973, coll. A. Aouti, 2^4 46/1 et 47/1, 2 $ à 47/1
et 48/1 anneaux.
392
JEAN-MARIE DEMANGE ET JEAN-PAUL MAURIES
T rachystreptini
Guviogonus lobifer Démangé et Mauriès ( sous presse)
Matériel récolté : Côte d’ivoire, forêt de Téké (30 km au nord d’Abidjan), VII-1973, coll. A.
Aouti, 4 rj à 37/2, 37/2, 34/2, 34/2 anneaux ; 2 jeunes à 33/2 et 36/3 anneaux ; 6 $ à 33/2,
33/3, 32/3, 37/2, 36/2, 33/2 anneaux ; 1 jeune à 30/4 anneaux.
30-111-1973 : 1 (J à 35/2 ; 3 $ j. à 31/4, 32/3 et 33/2 ; 1 $ à 37/3 ; 1 jeune à 25/5 anneaux.
13-111-1973 : 2 £ à 34/2 et 33/2 ; 4 Ç à 34/3, 34/2, 34/2 et 34/1 anneaux.
Carré XIII, 13-II1-1973 : 2 £ jeunes à 32/3 et 33/3 ; 10 ? à 31/4, 31/4, 32/2, 33/2, 33/2, 33/2, 33/3,
33/3, 34/2 et 32/3 anneaux.
4-VII-1973, 15 jeunes.
VII-1973 : 4 à 35/2, 33/2, 33/2 et 34/2 ; 5 S jeunes à 33/2, 33/2, 33/3, 33/2 et 30/4 ; 11 $ à 33/2,
33/2, 33/2, 33/2, 33/2, 34/2, 34/2, 34/1, 35/2, 35/2 et 35/1 anneaux.
SPIROBOL1DA
Tonkouibolus 1 levieuxi n. sp.
Localité-type : Côte d’ivoire, forêt de Téké, 30 km au nord d’Abidjan, 13-YII-1973, coll. A
Aouti, 1 holotype, 2 4 $, 1 jeune paratypes.
Autres récoltes : Même station, ll-YII-1973, 2 r/, 2 Ç. Carré X\ J, I4-\ I 1-1973, 2 Ç. 4-\ 11-1973,
1 ^ et quelques jeunes.
Petite espèce de 16 mm de long et 1 à 1,2 mm de diamètre de section. 37/1 anneaux
chez les adultes.
Coloration dans l’alcool : beige clair à beige foncé, avec des annelures marron clair
et une série latérale de taches foncées au niveau des pores répugnatoires ; une série de taches
foncées au niveau des pores répugnatoires ; une série de taches foncées plus ou moins confon¬
dues en une bande longitudinale dorsale est de teinte marron ; la tète et le collum sont
beige clair.
Tète et collum sans particularités. Diplosegments à métazonites de diamètre plus
grand que les prozonites, l’anneau paraissant étranglé en son milieu. Surface rugueuse,
fortement striolée ; sillons longitudinaux fortement marqués dans la portion ventrale.
Pores gros, situés dans le métazonite. Pattes sans particularités. Dernier anneau ramassé,
le prolongement dorsal court et massif ; pièce ventrale (valve sous-anale) large, à bord
arqué ; valves anales peu développées, peu bombées, presque aplaties, peu visibles et à
bord postérieur presque droit.
Caractères sexuels mâles : peltogonopodes (P. 8, fig. Il et 12) à sternite fortement
développé en un triangle dont la pointe atteint l’extrémité distale des coxoïdes ; côtés du
triangle sensiblement concaves. Coxoïdes à sommet échancré, face orale ; au bord interne,
1. Le genre Tonkouibolus Démangé et Mauriès est décrit dans un travail sous presse ; il se singularise
par la possession aux P. 9 (gonopodes) de caractères appartenant à deux familles : coxite allongé sclérifié
(Pachybolidae) — télopodite à flagelle subdistal (Trigoniulidae).
DIPLOPODES DE LA RÉGION D’ABIDJAN
393
Fig. 11-13. — Tonkouibolus levieuxi n. sp., holotype : 11, peltogonopodes (P. 8), vue orale ;
12, le même, vue caudale ; 13, gonopode isolé (P. 9),
un feuillet enveloppe légèrement le télopodite. Télopodite triangulaire, à sommet arrondi
et à face caudale déprimée ; une large lamelle semi-lunaire prend naissance le long du bord
latéral interne et se rabat vers l’extérieur.
Gonopodes (P. 9, fîg. 13) : partie distale (articulée) du gonopode à bord latéral interne
lamellaire et fortement découpé ; on remarque une première découpure isolant un lambeau
proximal suivi d’une lame supportant une ampoule spermatique légèrement ouverte sur
l’extérieur et à la base de laquelle débouche la rainure 1 . Cette lame séminale est en partie
recouverte d’un second lobe échancré à son sommet. La partie distale (articulée) du gono¬
pode est, à son extrémité, en mince membrane développée en hauteur et vaguement en forme
de fer de hache. Elle est flanquée, du côté externe, d’une ampoule surmontée d’un flagelle
recourbé vers l’intérieur.
La nouvelle espèce est proche de T. flagellatus Déni, et Mauriès (type du genre Ton¬
kouibolus Dem. et Mauriès, sous presse), du mont Tonkoui. Les deux espèces habitent la
forêt. Elles se distinguent par la forme générale des coxoïdes des peltogonopodes, dont le
sommet (échancré chez les deux espèces) est beaucoup plus élancé chez flagellatus. D’autre
part, le sommet du télopodite est bien visible face orale chez flagellatus, tandis qu’il est
en grande partie dissimulé chez levieuxi n. sp. ; toujours face orale, le télopodite paraît
beaucoup plus élancé chez flagellatus, et la lamelle latérale oblique beaucoup plus discrète
que chez levieuxi. A noter également l’absence, chez flagellatus, du lambeau proximal
interne et de découpure subdistale surmontant le feuillet séminal. Enfin, la membrane du
1. Cette rainure est sinueuse, surtout au niveau de l’articulation de la pièce.
394
JEAN-MARIE DEMANGE ET JEAN-PAUL MAURIES
sommet est plus élevée chez flagellatus et le flagelle paraît plus court et plus saillant au
bord externe chez leoieuxi.
Nous sommes heureux de dédier cette espèce à notre collègue L. Lévieux, Professeur
à l’Université d’Abidjan.
POLYDESMIDA
SPH AERIODESMIDEA
OxYDESMIDAE
Oxydesmus granulosus (Palisot de B.)
M atériiîl récolté : Côte d’ivoire, forêt primaire de Taï (frontière du Libéria et de la Côte d’ivoire),
VI1-1973, coll. A. Aouti, 1
Cordyloporidae
Cordyloporus quadrilobatus Sehuhart, 1955
Matériel récolté : Côte d’ivoire, Abobo près Abidjan, plantation de palmiers à huile, IX-1972,
coll. A. Aouti, 3 (J, 1 Ç.
Cordyloporus triangulatus Schubart, 1955
Matériel récolté : Côte d’ivoire, Abobo près Abidjan, plantation de palmiers à huile, IX-1972,
coll. A. Aouti, 3 1 Ç.
Tylodesmus studeri ivoiriensis n. su Iisp.
Localité-type : Côte d’ivoire, Abobo près Abidjan, plantation de palmiers à huile, IX-1972,
coll. A. Aouti, 1 $ holotype, 2 paratypes.
Coloration noir brillant ; pattes et antennes brun rougeâtre ; une tache médio-dorsale
allongée, jaune orangé sur chaque anneau ; tubercules porifères également jaune orangé.
Les gonopodes (flg. 14 et 15) diffèrent de studeri studeri Cari (de Sierra Leone) et de
studeri alticola Dem. et Mauriès ( sous presse ) du Nimba, par les caractères suivants :
—- La partie tibiotarsale postérieure (cf. auteurs) est une simple lame plus large au
sommet qu’à la base et qui ne porte qu’une dent à l’angle distal externe ainsi qu’une digi¬
tation simple à l’angle distal interne. Cette pièce se termine par trois processus distaux
chez studeri studeri ; elle n’est pas en forme de lame chez studeri alticola.
- Le processus x, bien apparent et caractéristique de l’espèce, qui se détache du
Fig. 14-15. — Tylodesmus studeri ivoiriensis subsp. nov., <$ holotype :
14, gonopode isolé, vue latérale interne ; 15, le même, vue orale.
Fig. 16-18. -— Aporodesmus ivoiricus n. sp., $ holotype : 16, gonopode isolé, vue interne
17, le même, vue externe ; 18, le même en place, vue ventrale.
396
JEAN-MARIE DEMANGE ET JEAN-PAUL MAURIÈS
bord interne de la lame tibiotarsale postérieure, n’est ici qu’une simple digitation un peu
renflée en son milieu et émoussée à l’apex. Ce processus a la forme d’un dard chez studeri
studeri ; il est élargi en palette chez studeri alticola.
POLYDESMOIDEA
CryptodesmidaK
Aporodesmus gabonicus fLucas)
Matériel récolté : Côte d’ivoire, forêt de Téké, 30 km au nord d’Abidjan, 19-VII-1973, coll.
A. Aouti, 3 6 Ç. — 19-VI1-1973, 4 3, 4
Aporodesmus ivoiricus n. sp.
Localité-type : Côte d’Ivoire, forêt de Téké, 30 km au nord d’Abidjan, 19- \ 1 1-1973, coll. A. Aouti,
1 çj holotype, 3 4 Ç paratypes.
Longueur 22 mm ; largeur 5 mm ; diamètre au prozonite 2 mm ; 20 anneaux.
Coloration générale brune, plus foncée dorsalement aux prozonites et au milieu des
métazonites, plus claire ventralement, aux pattes et aux carènes.
Tête à sillon sagittal bien marqué au vertex ; antenne médiocre, massue antennairc
trois fois plus longue que large. Collum légèrement plus étroit que les autres anneaux :
4 mm ; champ antéro-latéral à 22 interstries en éventail ; champ postérieur-médian à 4-5
rangs de petits tubercules.
Autres anneaux : dos plan-convexe ; chaque métazonite porte deux rangs de 18 tuber¬
cules aplatis et mal rangés ; les parties latérales des carènes sont divisées en 5 interstries ;
la marge postérieure des métazonites est ditusée en 22-24 interstries. Les angles antérieurs
sont effacés, largement arrondis. Les angles postérieurs sont aigus, 60° au T. 2, 70° au T. 7,
75° au T.11, 50° au T. 17, 55° au T. 18, 60° au T. 10.
Pygidium à extrémité vaguement arrondie.
Gonopodes (fig. 16, 17 et 18) remarquables par la forme de la partie distale en calice
du télopodite ; en vue latérale, cette partie apparaît comme une pièce à profil en croissant
dont les deux pointes se prolongent, l’une (l’antérieure) par une lamelle hyaline m à bords
vaguement denticulés, l’autre (la postérieure) par un prolongement digitiforme courbé, p.
En réalité, la lamelle m porte, à son angle distal externe une languette n dirigée vers l’arrrière
et l’extérieur ; d’autre part, on observe à la base de p et vers l’extérieur un ressaut chiti-
neux qui se termine en une petite dent, q.
Les gonopodes de notre noin r elle espèce sont bien différents de ceux de gabonicus ;
il est d’ailleurs impossible de les rapprocher pour comparaison de ceux de l’une ou l’autre
des espèces du genre en raison de l’originalité de leur structure.
DIPLOPODES DE LA RÉGION D'ABIDJAN
397
Villiersiellina 1 tekeensis n. sp.
Localité-type : Côte d’ivoire, forêt de Téké, 30 km au nord d’Abidjan, date ?, coll. A. Aouti,
1 ^ holotype, 4 $ et l $ paratypes.
Autre récolte : Même station, 7-V11-1973, 4 3 Ç, 6 jeunes.
Caractères morphologiques externes : aspect d ’Aporodesmus ; coloration brun clair ;
longueur 18 mm ; largeur 4 mm ; diamètre du prozonite 1,7 mm.
Capsule céphalique à sillon médio-occipital bien marqué.
Collum hémicirculaire à surface divisée en 18 interstries en éventail, portant chacune
un poil fin.
Prozonites finement chagrinés.
Métazonites convexes médio-dorsalement, le bord latéral des carènes relevé dorsale-
ment, surtout l’angle postérieur, qui est aigu ; l’angle antérieur est obtus et émoussé. Chaque
métazonite porte, sur ses 2/3 antérieurs et sur presque toute sa largeur, deux rangs trans¬
verses de 12-14 tubercules (précédés quelquefois en avant par un rang de quelques tuber¬
cules très plats ou à l’état d ébauches). Les côtés sont découpés en 5 interstries, la marge
postérieure en 16 interstries ; le bord du métazonite paraît festonné, le bord de chaque inters¬
trie étant arrondi ; le bord des carènes montre 5 dents, correspondant aux 5 interstries ;
la plus postérieure se confond avec l’angle postérieur de la carène. La valeur de cet angle
postérieur est variable : 60° au T. 2, 50-55° des T.3 au T. 6, 45° des T. 7 au T. 17, 60° au
T. 18 et 70° au T. 19 (où il est d’ailleurs émoussé).
Pygidium à prolongement dorsal tronqué à l’extrémité, chaque côté portant 4 petits
tubercules sétigères. Pattes et notamment les sternites sans particularités.
Caractères sexuels du mâle : P. 6 : pas de cônes sur le sternite (caractère de l’espèce-
type). P. 8 (gonopodes, fig. 19) se distinguent de ceux de V. tonkouia Schubart, 1955, par
la forme de la branche tibio-tarsale rétroarquée, tt, qui est moins étroite, moins grêle et
ornementée différemment à son extrémité ; celle-ci, au lieu d’être vaguement bilobée,
porte une rangée de petites dents sur le côté interne. Il est à noter également la présence,
sur le côté externe à proximité de la rainure, d’une digitation (en réalité une languette
allongée, l) qui n’existe pas chez tonkouia.
Pyhgodesmidae
Diceratodesmus mimicus (Schubart, 1955 ?)
Matériel récolté : Côte d'ivoire, forêt de Téké, 30 km au nord d’Abidjan, carré X, 11-4 11-
1973, coll. A. Aouti, 2 Ç. — Carré XIV, 13-VI1-1973, 2 $ jeunes.
La détermination n’est pas rigoureuse, en raison de l’absence de mâles.
1. Le nom de Villiersiellina Scliub., 1955, est conservé ici en vertu de l’article 23 du chapitre vi (des
noms valides) du Code de nomenclature, malgré la synonymie parfaitement justifiée proposée par R. L. Hoff¬
man en 1967 (p. 228) et 1973 (p. 186 et 189) (Gypsodesmus Cook, 1895 = Villiersiellina Schubart, 1955).
Gypsodesmus n’est plus utilisé depuis 1896.
398
JEAN-MARIE DEMANGE ET JEAN-PAUL MAURIÈS
Fig. 19. — Vüliersiellina tekeensis n. sp., holotype, gonopode isolé, vue interne.
Fig. 20. — Thelydesmus dispar Cook, çj, gonopode isolé, vue interne et moitié distale du même en vue distale.
Thelydesmus dispar Cook, 1896
Nous rattachons à cette espèce, bien que les caractères du $ ne soient pas connus,
les (J et Ç récoltés par A. Aouti dans la forêt de Téké : 1 Ç le 4-VII-1973, 4 çj, 7 $, 11 jeunes
le 9-VII-1973, 1 <J, 3 Ç le 10-VII-1973 et 4 <J, 7 Ç, 10 jeunes, le 13-VII-1973. Les caractères
de morphologie externe, taille et coloration notamment, sont ceux donnés par Cook, 1896,
puis par Schubart, 1955. Nous figurons ici (fig. 20) le gonopode de l’un des mâles récoltés
le 9-VII-1973.
AUTEURS CITÉS
Attf.ms, C., 1914. — Afrikanische Spirostreptiden. Zoologica, Stuttgart, 25, 5-6, 65-66 : 1-233.
Cook, O. F., 1896. — Summary of new Liberian Polydesmoidea. Proc. Acad. nat. Sci. Philadel¬
phia : 257-267.
Démangé, J.-M., 1957. — Sur quelques Spirostreptides de Côte d’ivoire et description d'une
sous-espèce nouvelle. Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 29 (3) : 226-230.
Démangé, J.-M., et J.-P. Mauriès (sous presse). — Diplopodes des Monts Nimba et Tonkoui
(Côte d’ivoire — Guinée) récoltés par M. Lamotte et ses collaborateurs. Annls Mus. r.
Afr. cent., Tervuren.
Hoffman, R.L., 1967. — Polydesmoid Diplopoda from Nigeria. Revue ZolI. Bot. cifr., 76 (3-4) :
201-234.
DIPLOPODES DE LA REGION D’ABIDJAN
399
— 1973. — A new milliped of the genus Ghonodesmus, with a proposed reclassification of ihe
family Cryptodesmidae (Diplopoda, Polydesmoidea). Stud. Neotrop. Fauna, 8 : 179-193.
hubart, 0., 1955. — Proterospermophora oder Polydesmoidea von franzosisch West Afrika.
(Diplopoda). Bull. Inst. fr. Afr. noire, Dakar, sér. A., 17 (2) : 377-443.
Manuscrit déposé le 6 février 1974.
Bull. Mus. natn. Ihst. nat., Paris, 3 e sér., n° 291, mars-avril 1975,
Zoologie 201 : 387-399.
Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
Nouvelle espèce du genre Tibiozus Attems
récoltée en Ouganda
(Diplopoda, Spirostreptoidea, Spirostreptidae)
par Jean-Marie Démangé *
Résumé. — L’auteur décrit une nouvelle espèce de Diplopode de l’Ouganda et précise cer¬
tains caractères morphologiques utilisés en systématique.
Abstract. — A new species of Diplopoda from Uganda is described and sorae morphological
caracters used in systematic are more precisely defined.
La faune de l’Ouganda est très incomplètement connue, aussi sommes-nous reconnais¬
sant à J. Six d’avoir bien voulu récolter pour nous des exemplaires de Spirostreptoidea
au cours de son voyage.
L’espèce nouvelle, dédiée à son collecteur, est originaire de Mweya, localité située sur
une presqu’île de la rive nord du lac Edouard.
Tibiozus sixi nov. sp.
Holotype : 58/1 anneaux ; 65 mm de long ; 7 mm de diamètre.
Allotype Ç : 60/1 anneaux. Paratype $ : 61/1 anneaux.
Coloration, dans l’alcool, marron foncé, annelé de café au lait. Tête et collum brun-
rouge ; pygidium marron-noir.
Tête lisse et brillante ; surface prélabiale profondément striée et plissée dans la ligne
longitudinale médiane ; trois fortes dents au labre, espacées les unes des autres.
Collum à lobes latéraux étroits ; bord inférieur nettement oblique, subconvexe ; angle
antérieur fortement allongé vers l’avant et vers le bas en un triangle à pointe arrondie.
Diplosegments classiques, à prozonites parcourus de fines lignes circulaires et à méta-
zonites très finement ridés-striolés. Sillons longitudinaux situés ventralement et en léger
arc de cercle. Pattes à soles sur les deux avant-derniers articles.
Pygidium rugueux, densément mais finement striolé, à bord postérieur très légèrement
en triangle presque droit, précédé d’une vague dépression peu marquée. Valves épaisses,
fortement bombées, à large gouttière submarginale, non recouvertes par le bord postérieur
du pygidium.
Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), 61, rue de Bufjon, 75005 Paris.
402
JEAN-MARIE DEMANGE
Gonopodes typiques du genre Tibiozus, proches de ceux de Tibiozus robustus pharao-
nicus Att.
Sommet du feuillet interne des coxoïdes fortement développé en angle droit avec une
longue pointe latérale externe subhorizontale ; bord latéral interne épaissi, visible orale¬
ment et terminé par une pointe mousse. Feuillet externe à sommet en triangle épais souli¬
gné à la base par un épais bourrelet arrondi ; surface pileuse.
Télopodite avec une fine épine à la grande courbure, recourbée en crochet sur le som¬
met du feuillet externe. Au-delà de la courbure, le membre épaissi et tordu forme un sinus
en une spirale lâche et épaisse, soutenue par des sclérifications en tigelle arrondie formant
un A’ et prolongée par un appendice digitiforme charnu. Au-delà de ce sinus le tibiotarse
est en lame épaisse qui s’amincit progressivement en se tordant et s’enroulant sur elle-
même. Extrémité distale mince et cylindrique, munie d’une formation en feuillet en amande
située sous l’orifice de la rainure séminale.
La nouvelle espèce est proche de T. robustus pharcionicus Att. La forme des coxoïdes
est à peu près semblable ; cependant, chez T. sixi le sommet du feuillet externe paraît
plus large à la base et pourvu d’un bourrelet très net apparemment absent chez le premier.
Les saillies pointues du sommet sont dirigées vers le bas chez robustus et sixi tandis qu’elles
se relèvent vers le haut et sont d’aspect plus grêle chez pharaonicus.
Le télopodite se distingue fondamentalement de robustus et de la sous-espèce d’ATTEMS
par l’absence de toute trace de formation externe à la courbure. Le membre semble se
développer plus régulièrement chez pharaonicus. L’appendice du sinus télopodial est long,
NOUVELLE ESPECE DU GENRE TIBIOZUS
403
digitiforme, plus chez robustus que chez sixi, mais prend une forme plus triangulaire chez
ro bus tus.
Du point de vue de la répartition, l’espèce-type du genre, T. robustus Att., est origi¬
naire de l’Ouganda comme la nouvelle espèce tandis que la sous-espèce pharaonicus habite
l’Egypte. On peut toutefois être surpris que ce soit la forme d’Egypte qui soit la plus proche
de sixi et non celle de l’Ouganda.
Remarques
En 1970 nous avons eu l’occasion (p. 371) d’attirer l’attention sur la valeur particu¬
lière de la région du sinus de la rainure du télopodite des gonopodes, et de l'intérêt de dis¬
tinguer les excroissances, souvent plus ou moins épineuses de cette zone, des formations
franchement préfémoro-fémorales, situées plus spécialement à des niveaux plus ou moins
proches de la grande courbure. Il est, en outre, important de distinguer les différenciations
propres du sinus de celles situées plus distalement dans le tibiotarse.
L’examen approfondi de la nouvelle espèce permet d’apporter des précisions concer¬
nant les caractères du genre dont on a pu analyser la morphologie (1970 : 374 et suivantes)
en fonction des documents publiés. L’accent a été mis, par exemple, sur la présence, chez
Tibiozus, d’une apophyse antérieure située avant la seconde courbure du télopodite c’est-
à-dire entre l’épine préfémoro-fémorale et la différenciation tibiotarsale de cette seconde
courbure. Nous pouvons affirmer aujourd’hui, grâce à T. sixi, que cette apophyse fait partie
de la zone du sinus de la rainure séminale et représente, en fait, un allongement en appen¬
dice de sa portion distale. Le genre Tibiozus, sous ce rapport, se rapprocherait de Brevitibius
qui porte, au même niveau, non seulement une formation arrondie ou en apophyse mais
aussi une longue épine. Ce qui revient à dire que les genres Pseudotibiozus et Tibiozus pour¬
raient constituer des intermédiaires en ce qu’ils ne rassemblent que les espèces portant
soit une seule épine au niveau du sinus, soit un seul lobe.
De nouvelles études et une meilleure connaissance des espèces sont nécessaires pour
trancher d’une façon satisfaisante cette question particulière de la classification.
Le genre Tibiozus, créé par Attems en 1950, a pour type T. robustus Att. D’après
l’auteur il renferme six espèces et une sous-espèce : armatus Att., pictus (Sauss. et Zehntner),
punctatus (Att.), robustus Att., robustus pharaonicus Att. et sebastianus (Brôl.).
Nous avons pu déjà nous prononcer en 1970 sur les espèces armatus (p. 378 et 404)
et pictus (p. 391 et 404) ; elles sont à ranger dans le genre Conchostreptus. La conséquence
en est que Conchostreptus pictus Schubart prend le nom de Conchostreptus schubarti Démangé
nom. nov, (1970).
Quant à punctatus, primitivement classé dans le genre Synophryostreptus Att., genre
considéré par l’auteur lui-même comme synonyme de Mardonius, d semble bien apparte¬
nir néanmoins à un genre particulier. La synonymie proposée n’est pas évidente (Démangé,
1970 : 394), mais l’espèce ne peut appartenir au genre Tibiozus tel qu’il est compris ici,
sous réserve, bien entendu, de l’apport de nouveaux documents.
404
JEAN-MARIE DEMANGE
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPIIIQUES
Attems, C., 1950. — Über Spirostreptiden (Diplopoda). Annln naturli. Mus. Wien, 57 : 179-257.
Démangé, J.-M., 1970. — Éléments d’une révision des Spirostreptidae. I. — Étude de quelques
caractères taxonomiques des Spirostreptinae. Bull. Inst. fond. Afr. noire, sér. A, 32 (2) :
366-411.
Manuscrit déposé le 29 juillet 1974.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 291, mars-avril 1975,
Zoologie 201 : 401-404.
Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
IMPRIMERIE NATIONALE
5 564 001 5
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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