BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 293
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
MARS-AVRIL 1975
203
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, parait depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
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toire naturelle, 38, rue Geofîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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Inlernatiojial Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 293, mars-avril 1975, Zoologie 203
Contribution à l’étude des Amphibiens de Guyane française
III. Une nouvelle espèce de Colosthetus (Dendrobatidae) :
Colosthetus degranvillei nov. sp.
par Jean Lescure *
Résumé. —- Colosthetus degranvillei nov. sp. vit en Guyane sur les rives rocailleuses des ruis¬
seaux de la forêt équatoriale. Il se distingue des autres Colosthetus par une palmure des orteils peu
développée, des tibias courts et une coloration ventrale brun-noir avec des points blancs.
Abstract. — Colosthetus degranvillei is a new species of guianan country living on rocky
sides of Rainforest streams. It is distinguishable from other Colosthetus by a less developed web-
bing of the toes, short tibia, ventral coloration black brown with white spots.
Savage (1968) a redéfini les genres Phyllobates et Colosthetus : Phyllohat.es a des taches
noires sur les flancs, la couleur dorsale et ventrale est noire, la peau est venimeuse. Colos¬
thetus n’a pas de pigmentation noire sur les flancs, la couleur dorsale est brun sombre, le
ventre est blanc ou jaune et la peau n’est pas venimeuse. Edwards (1971) a très juste¬
ment remarqué que la coloration ventrale n’est pas un bon caractère de distinction entre
les deux genres, car certains Colosthetus ont le ventre plus ou moins noir.
Au cours de plusieurs expéditions dans la forêt de Guyane française (missions CNRS),
j’ai récolté sur le bord des ruisseaux de terrains accidentés une nouvelle espèce, Colosthe¬
tus degranvillei, qui a sur le ventre une coloration noire avec des points blancs et que sa
palmure distingue aisément des autres Colosthetus de Guyane française.
Colosthetus degranvillei nov. sp. 1
Holotype : MNHNP 1973-1655, Ç, monts Atachi-Bacca (Guyane française), 9-111-1971, près du
camp III (3°34'N, 53°55'W ; ait. 360 m) (fig. 2 et 3).
Paratypes : MNHNP 1973-1656-58, Ç, monts Atachi-Bacca, 9, 10-1T1-1971. MNHNP 1973-
1659-63, LG 870, 873, <$, Eaux Clément, montagne Patawa près de Roura, 18-VI11-1969 ;
1973-1667-70, <$, même localité, 20-11-1973. MNHNP 1973-1664, Ç, Saül, 22-XII-1969. MNHNP
1973-1665-66, Ç, Cacao, 8-X-1965, coll. G. Dubost. MNHNP 1973-1672, juv., source de la
* Laboratoire Reptiles Poissons, Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris.
1. Cette espèce est dédiée à mon collègue et ami, Jean-Jacques de Granville, botaniste du Centre
ORSTOM de Cayenne, qui dirigea les expéditions ORSTOM sur les monts Atachi-Bacca et Galbao.
293, 1
414
JEAN LESCURE
Mana au pied de la montagne Galbao, 16-111-1973. LACM 44211-12, crique Ipoucin, col],
P. A. Silverstonk. LACM 44213-23, montagne Tortue, coll. P. A. Silverstone. MNHNP
1973-1676, crique Grégoire, 7-11-1969 (cf. lîg. 4).
Diagnose. — Colostlietus de petite taille, mais plus grand que C. brunneus. Tibias
courts, les talons ne se touchent pas quand les cuisses et les jambes sont placées horizon¬
talement. Palmure peu développée et prolongée par des franges latérales le long des orteils.
Pli métatarsien externe allant jusqu’au tubercule métatarsien externe. Tympan à peine
visible. Couleur dorsale brune à brun-noir, couleur ventrale noire à gris avec des points
blancs.
Description
Ilolotijpe
Tête plus large que longue. Museau très large, aplati sur le devant de la tête. Narines
latérales et très proches de l’extrémité du museau. Distance de l’œil aux narines (2 mm)
nettement plus petite que celle entre les narines (3,5 mm) et que le diamètre de l’œil (2,8 mm).
Canthus rostralis à peine défini, région loréale légèrement concave. Diamètre de l’œil un
petit peu plus grand que l’espace interorbitaire (2,6 mm). Tympan plus ou moins visible,
pli glandulaire supratympanique du coin postérieur de l’œil à l’aisselle. Choanes petits,
circulaires, disposés très latéralement en avant du palais. Langue étroite, libre sur presque
toute sa longueur.
Mains sans palmure. Doigts larges et aplatis. Premier doigt plus court que le second
qui est égal au quatrième ; troisième doigt bien plus long que les autres, l'extrémité du
deuxième doigt n’atteint que l’avant-dernière phalange du troisième doigt. Disques des
doigts larges. Tubercule métacarpien externe large, presque circulaire, occupe presque
toute la base de la main ; tubercule métacarpien interne, plus petit, ovale.
Quand les cuisses sont placées horizontalement et que les jambes sont repliées en des¬
sous, l’écart entre les tarses est important. Lorsque la jambe est allongée le long du corps,
le talon atteint le coin postérieur de l’œil. Orteils un peu aplatis, troisième orteil un peu
plus long que le cinquième. Premier orteil entièrement palmé, palmure des autres orteils
peu développée mais prolongée jusqu’aux disques par des franges latérales. Formule pal¬
maire 1 établie en comptant les phalanges libres, y compris celle du disque, de chaque côté
des doigts numérotés en chiffres romains : I 1-2 II 1 1/2-3 III 2-4 IV 4-2 1/2 V (cf. fig. 3).
Tubercules sous-articulaires ovoïdes, peu saillants.
La faible frange latérale interne du premier orteil est prolongée par un pli qui borde
le pied, contourne le tubercule métatarsien interne et devient le pli tarsien. Celui-ci, très
saillant, s’incurve dans sa portion terminale. Présence d’un pli métatarsien externe conti¬
nuant la frange latérale externe du cinquième orteil et aboutissant à un tubercule méta¬
tarsien externe petit, circulaire mais plus saillant que le tubercule métatarsien interne.
Peau du dos et des flancs non uniformément lisse mais plutôt boursouflée avec des
pustules larges et aplaties dans la région postérieure du dos. Pustules plus nombreuses
et plus accusées sur la face supérieure des cuisses et des jambes.
1. Cette méthode, employée par Guibé et Lamotte (1957), est préférable à celle de Rivero (1961)
que je pratiquais auparavant. Les orteils qui sont souvent joints et rigides empêchent d’évaluer avec pré¬
cision la hauteur du milieu de la membrane palmaire.
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
415
Fig. 1. — Coloslhetus degranvillei. MNHNP 1973-1663 <J (paratype).
Silhouette en vue dorsale (échelle : 2 mm).
Fig. 2. — Coloslhetus degranvillei. MNHNP 1973-1655 Ç (holotype).
Vue ventrale (échelle : 2 mm).
Fig. 3. — Coloslhetus degranvillei. MNHNP 1973-1655 Ç (holotype).
Vue ventrale du pied droit (échelle : 2 mm).
Couleur : Face supérieure du corps brun-noir. Gorge, ventre, face inférieure des membres
brun-noir avec des points blancs. Gorge plus sombre que le ventre (cf. fig. 2). Région infé¬
rieure des flancs également mouchetée de points blancs. Ligne de points blancs de l’œil
à l'aisselle sous le pli supratympanique.
Pciratypes
Le tympan, qui est dissimulé sous la peau, est plus perceptible chez quelques paratypes.
Le pli supratympanique est toujours bien marqué. En dessous de ce pli, la ligne blanche
416
JEAN LESCURE
est plus ou moins continue, on ne voit parfois que trois ou quatre petites taches blanches.
Des spécimens ont la palmure du premier orteil plus échancrée.
Tableau I. —
- Mesures (en mm
) de Colosthetus
degranvillei.
Holotvpe
X zb u
Valeurs extrêmes
1973-1655
(N = 30)
mesurées
Longueur du corps (L)
20,1
17,3 £ 2,0
14,2-20,5
(Museau-Anus)
Longueur de la tête (lo)
6,6
5,6 ^ 0,6
4,4-6,9
Largeur de la tête (la)
7,8
6,6 ± 0,8
4,7-9,9
Tibia (t)
9,9
8,4 ± 0,9
6,4-10,2
Tarse
6,0
5,1 + 0,5
4,0-6.0
Distance œil-narine (o-n)
2,0
1,5 ± 0,2
1 2-2 0
Distance entre les narines (n-n)
3,5
2,5 - 0,3
1,9-3,2
lo/L
0,322
0,325
0,277-0,377
la/L
0,388
0,381
0,335-0,401
la/lo
1.182
1,126
1,000-1,301
t/L
0.492
0,485
0,443-0,539
n-n/o-n
1,740
1,660
1,380-2,070
(X ^ a : valeur moyenne calculée accompagnée de l’écart-type.)
La répartition et le nombre de pustules sur la partie inférieure du dos, sur les lianes
près de l’aine, sur la face supérieure des cuisses et des jambes est variable. M\ 11 \ P 1973-
1660 n’en a quasiment pas, alors que la peau du dos est presque entièrement granuleuse
chez MNHNP 1973-1662 et 63. Deux exemplaires récoltés à Cacao ont beaucoup de pustules
saillantes sur les cuisses et les jambes.
Plusieurs spécimens ont une tache blanche à la naissance des cuisses sur leurs faces
postérieures, mais ce n’est pas une bande bien délimitée, allant de l’aine à la l'ace postérieure
des cuisses, comme chez ('. brunneus.
La coloration du dos esl noire, brun-noir, brun chocolat ou brun clair. Les spécimens
brun clair ont des zones plus brunes entre les orbites, sur le dos (en forme de V) et au bas
du dos. Un peu plus décolorés par l’alcool, ils ont aussi les côtés de la tète brun sombre
avec quelques points blancs sous l’oeil et les flancs sont toujours plus bruns que le dos.
La gorge, la région scapulaire, le ventre et la face inférieure des membres sont noirs ou
brun noir mouchetés de points blancs. Certains ont la gorge et la poitrine plus sombres,
le ventre gris et la face inférieure des cuisses gris clair.
Chez les mâles il y aurait une séparation nette au niveau de la ceinture scapulaire entre
la gorge brun-noir avec des points blancs et le ventre gris moucheté. Cet éclaircissement
serait plus progressif chez les femelles. Quelques spécimens ont la face inférieure du corps
grise mouchetée de points blancs. Des jeunes ont la gorge grise mouchetée de points blancs,
le ventre plus clair et des points blancs sur les lianes.
In vivo, la coloration des C. degranvillei est très mimétique. Les spécimens trouvés
AMPHIBIE NS DE GUYANE FRANÇAISE
417
dans les graviers de latérite ont le dos brun rouille ; il est brun-noir dans les feuilles mortes
en décomposition et noir dans la boue argileuse au bord de l’eau. Le ventre est brun sombre
à brun-noir (notes à Eaux Clément, 20-11-1973).
Une petite bande jaunâtre est visible à la naissance des cuisses sur leur faces supé¬
rieures et postérieures (notes à Galbao, 16-111-1973).
Silverstone (comm. pers.) a noté pour un spécimen à dos brun (LACM 44211) et un
autre à dos brun clair (LACM 44212) : « bande orange à la base dorsale des cuisses, face
supérieure des jambes brune avec des barres brun sombre. Aine et aisselle jaunâtres. Sur¬
face entre l’angle postérieur de la bouche et l’aisselle dorée. Base dorsale du bras orange
terne, lèvre supérieure brun orangé. Flanc brun moucheté de points blancs. Face inférieure
des jambes très légèrement jaunâtre ou grise avec des bords jaunes. Face antérieure et
postérieure des cuisses brune avec de petits points jaunes. Iris doré ».
Écologie
Les C. degranvillei sont diurnes. Je les ai toujours récoltés au bord des petites « criques »
rocailleuses de la forêt primaire, près de l’eau ou sur les pierres. Ils ne vivent pas le long
de ces petites rivières lorsque celles-ci traversent un terrain marécageux ou sableux. On
les rencontre souvent dans les ruisseaux de « montagne » mais ils gîtent également en aval
au bas des collines. MN11NP 1973-1655 à 58 ont été pris sur les berges d’une crique, à envi¬
ron 360 m dans les monts Atachi-Bacca, 1973-1672 au bord de la source de La Mana, au
pied des monts Galbao à 200 m, 1973-1659 à 63 dans la montagne Patawa à environ 100 m.
Ce n’est donc pas une espèce d’altitude mais de terrains accidentés. De même que les Colos-
thetus trinitatis (Test, 1954 ; Sexton, 1960), les C. degranvillei doivent avoir un territoire
individuel ; en effet, ils demeurent toujours à une certaine distance les uns des autres le
long des « criques ». Cette espèce très mimétique est de plus très rapide dans sa fuite et les
sauts successifs ne sont jamais effectués dans la même direction.
Commentaires
La couleur ventrale de C. degranvillei est noire ou grise avec des points blancs ; la seule
autre espèce de Colosthetus qui a un ventre noir avec des points blancs est C. inf’raguttatus
(Boul.) qui habite les pentes ouest des Andes dans le centre sud de l’Équateur (Edwards,
comm. pers.). J’ai examiné le type de cette espèce (BM 1947.2.11.7) au British Muséum :
il est très différent de C. degranvïllei ; plus grand (L = 22,6 mm), moins trapu, il a le
museau proportionnellement moins large et plus arrondi et ne présente aucune trace de
palmure aux orteils mais de petites franges latérales. Sa couleur ventrale est très caracté¬
ristique et ne ressemble pas à celle de C. degranvillei. La gorge, la poitrine, le ventre et les
flancs sont tachetés de nombreux points blanc crème, plus grands et plus circulaires que
chez la nouvelle espèce guyanaise. La région postérieure du ventre, la face inférieure des
cuisses et des jambes, la face supérieure du pied sont blanchâtres. Les spécimens
BM 1920.2.9.3-6 de Guatea, à l’ouest de l’Équateur, se distinguent du type par de légers
rudiments de palmure mais ils ont ces gros points blancs sur la gorge, le ventre, le bord
418
JEAN LESCURE
des cuisses, les flancs, les laces latérales de la tête et le dessus des doigts. Un mâle (1920.2.9.6)
présente sur la gorge un carré brun-noir sans aucun point blanc. Chez les autres, les taches
blanches fusionnent sur le ventre qui devient blanc avec une marbrure brune. Chez tous,
la couleur brune du dos n’est pas uniforme, le pli métatarsien externe n’atteint pas le tuber¬
cule métatarsien externe, les talons se touchent quand les cuisses et les jambes sont dis¬
posées horizontalement.
C. degranvillei serait un peu plus proche de C. inguinalis (Cope) de Colombie, mais
les différences sont également nettes. J’ai examiné un mâle (BM 1970-513 = LACM 42530,
L = 23,5 mm) et une femelle (BM 1970-512 = LACM 42491, L = 26 mm) récoltés par Sil-
verstone au Choco. Le mâle est plus grand que la plus grande des femelles de C. degran¬
villei, les doigts et les orteils sont un peu plus grêles mais les orteils ont des franges latérales ;
la palmure est plus réduite (formule palmaire : I 1 1/2 à 2-3 II 2-3 III 2 1/2-4 IV 4 1/2-3 V).
Les talons ne se touchent pas lorsque les cuisses et les jambes sont placées horizontalement.
La face supérieure du corps est brune, les membres sont plus clairs que le dos et ont des
barres brunes. Chez la femelle, la face inférieure du corps est grise ; chez le mâle, la gorge
est noire et le ventre est blanc. Chez les deux, la lèvre supérieure, la partie latérale inférieure
de la tête et du corps sont blanc grisâtre ; une ligne blanche court sur les lianes dans la
région de l’aine.
C. bocagei Espada, synonyme de C. fuliginosus Espada (Edwards, comm. pers.)
serait peut-être l’espèce la plus proche de C. degranvillei mais elle s’en distingue aussi
très facilement. Cette espèce de l’Équateur est, en effet, plus grande avec une palmure
beaucoup plus développée ; formule palmaire : I 1-1 à 1 1/2 II 1-2 1/2 III 0 à 1-2 3/4 à 3
IV 3-1 1/2 à I V. Elle n’a pas de tubercule métacarpien interne et le tympan, bien qu’il
soit à moitié dissimulé, est plus visible que chez C. degranvillei. Le mâle (KL 120494,
L = 23,2 mm) a la gorge et le ventre noir avec des points blancs qui atteignent les flancs.
La femelle (IxU 120493, L = 24,2 mm) a la gorge et la poitrine grise avec des points blancs,
le ventre est beaucoup plus clair. Un spécimen de Sarayacu (Équateur), BM 80.12.5.221,
a une coloration ventrale assez proche de C. degranvillei : gorge et ventre sont bruns avec
des points blancs mais BM 80.12.5.222, de la même localité, a la gorge et le ventre blanchâ¬
tres.
On reconnaît aisément C. degranvillei des autres Colosthetus de Guyane française
{C. brunneus ou beebei). Ceux-ci sont plus petits et moins trapus, leurs talons se touchent
quand les cuisses et les jambes sont disposées horizontalement. Les orteils n’ont ni franges
latérales ni palmures (certains spécimens ont de faillies rudiments de palmure). Les plis
métatarsiens sont moins marqués. La face dorsale est brun clair et la face ventrale est
blanche. Quelques spécimens ont de minuscules points noirs snr la gorge. Une bande oblique
blanche traverse la face postérieure des cuisses de chaque côté de la région anale et des barres
brunes sillonnent leur face supérieure. In vivo, le dos est brun fauve, brun rouille ou brun
clair, la face ventrale est blanc crème ou jaune soufre.
Remerciements
Je remercie vivement M. Brugière, Directeur du Centre ORSTOM de Cayenne et ses collègues
botanistes, R. A. À. Oldeman et J. J. de Granville, pour leur amical accueil et tous les services
qu’ils m’ont rendus en Guyane. J’adresse mes remerciements à M. le Pr Guibé du Muséum natio-
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
419
nal d’Histoire naturelle (MNHNP), M. le Pr Lamotte (ENS, Paris), Miss A. G. C. Grandison
du British Muséum (BM) et J. W. Wright du Muséum de Los Angeles (LACM) pour leur hospita¬
lité dans leurs laboratoires ou le prêt des spécimens. Je les exprime également à St. R. Edwards
de l’Université du Kansas (KU) et à P. A. Silverstone pour leurs précieux renseignements ainsi
qu’à M me Shach (ENS, Paris) pour l’exécution des dessins.
Fig. 4. — Répartition de Colosthetus degranvillei en Guyane française.
420
JEAN LESCURE
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Test, F. H., 1954. — Social aggressiveness in an Amphibian. Science, 120 : 240.
Manuscrit déposé le 7 janvier 1974.
Bull. Mus. natn. Ilist. nat., Paris, 3 e sér., n° 293, mars-avril 1975,
Zoologie 203 : 413-420.
Achevé d'imprimer le 19 juillet 1975
imprimerie nationale
5 564 001 5
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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