BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
N 322 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1975
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-621 ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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Cuvier, 75005 Paris.
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Abonnement général : France, 440 F; Etranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de j.a Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F’ ; Étranger, 77 F.
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Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 322, septembre-octobre 1975, Zoologie 229
Données sur la variabilité volumétrique
dans l’analyse de l’eneéphale d ’Hydromantes italicus Dnnn
(Amphibia, Caudata)
par Michel Thireau *
Résumé. — Dans la perspective de comparaisons interspécifiques du volume des régions
encéphaliques chez les Urodèles, nous avons recherché la variabilité intraspécifique existant au
sein même de l’espèce Hydromantes italicus Dunn, une étude précédente du même type sur Sala¬
mandre/ salamandra (I..) n’ayant pas permis de fournir des conclusions généralisables à l’ordre.
L’étude comparée de ces deux espèces définit, pour toute espèce d’Urodèle, deux ensembles de
valeurs caractérisant la variabilité intraspécifique régionale : l’un, minimal, affecte tout individu
choisi dans une série statistique ; l’autre, moyen, est utilisable en l’absence de série.
Abstract. ■— With a view to ulterior interspecific comparisons of the volume of encephalic
régions in Urodeles, we looked for the intraspecifîc variability occuring within Hydromantes ita¬
licus Dunn, a previous study of the same nature on Salamandra salamandra (L.) having failed
to furnish conclusions generalizable to the order. The comparative study of these two species
defines, for every species of Urodele, two sets of values of régional intraspecific variability : the
first, minimal, affects ail individuals ehosen in a statistical sériés ; the other, mean, can be used
in the absence of sériés.
La mise en évidence de variations interspécifiques significatives du volume des régions
encéphaliques chez les Urodèles ne peut être entreprise sans la connaissance préalable des
limites de la variabilité intraspécifique régionale. Aussi, avions-nous réalisé (Thirf.au,
sous presse) l’étude de Salamandra salamandra (L.) (Salamandridae) sans qu’il soit possible,
en définitive, de dégager des taux de variation susceptibles de caractériser l’ensemble des
Urodèles avec certitude. La présente étude porte sur une espèce biologiquement et taxi-
nomiquement éloignée de la Salamandre puisqu’il s’agit d ’Hydromantes italicus Dunn
(Plethodontidae). Le même mode d’investigation va être suivi de façon à permettre la
confrontation des résultats obtenus chez chacune de ces deux espèces. Nous espérons ainsi
mettre en évidence la variabilité intraspécifique régionale probable dont on doit affecter
toute espèce d'Urodèle.
Matériel et méthode
I. Choix des spécimens
Dans une précédente étude (Thireau, 1975a) nous avons recherché les caractéris¬
tiques de l’allométrie pondérale encéphalo-somatique d ’Hydromantes italicus Dunn : axe
* Laboratoire de Zoologie (Reptiles el Poissons), Muséum national d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
322, 1
1066
MICHEL THIREAU
majeur réduit (AMR) = 0,550 ; coefficient de corrélation (r) = 0,9735 ; effectif ( n ) = 24.
Le calcul de l’indice de dispersion i = b/b° [cf. Thireau (sous presse), pour sa définition
permet de séparer les individus voisins de la droite d’ajustement de ceux qui en sont éloi¬
gnés. La constitution de 2 lots d’individus dont l’encéphale est peu variable (lot I), ou au
contraire très variable (lot 2), suit quelques principes préalables.
Chez les Urodèles (sauf Salamandra atra Laur., cf. Thireau et Bauchot, 1974) la liaison
pondérale encéphalo-somatique ne présente pas de rupture de pente entre b 1 stade
juvénile et l’état, adulte. En conséquence, nous estimons que les allométries partielles
régionales procèdent du même phénomène. L’avantage d’une telle situation est de pouvoir
élargir l’amplitude pondérale, ce cjui favorise l’estimation du taux d’allométrie ; ainsi,
il y a 2 adultes pour 1 juvénile dans le lot J, et 3 adultes pour 1 juvénile dans le lot 2 (tabl. If).
Puisque dans le lot 1 (n° 11, 8 et 2 tabl. II) nous retenons les 3 individus pour lesquels i est le
plus près de la valeur 1, il convient, pour le lot 2, de prendre les 3 individus dont i s’éloigne
au maximum de 1 (n os 21, 4 et 6, tabl. II). Mais une telle démarche nous conduirait à
sous-estimer la variabilité du lot 2 puisque tous les individus retenus sont au-dessus de
l’axe majeur réduit (i > 1). Le rééquilibrage nécessaire a été obtenu par l’adjonction du
numéro 22 pour lequel i = 0,8591 (tabl. II).
2. Méthodologie
Le lecteur peut se reporter au travail de Bauchot et Platel (1971) et à celui de Tm-
reau ( sous presse ) pour une information détaillée.
Les 7 encéphales dî Hydromantes fixés au Bouin aqueux sont débités en coupes trans¬
versales sériées à 10 p. d’intervalle. A partir de ces coupes nous établissons des photogram¬
mes (environ 50 pour tout l’encéphale) dont la moitié affecte le télencéphale qui est l’objet
d’une étude cytoarchitecturale plus approfondie que les autres étages. Le cervelet n’a pas
subi de découpage (photographique) plus intense que dans les étages voisins. Le calcul
d’un coefficient de rétraction (Thireau, 1975c et sous presse ) permet de calculer les volu¬
mes régionaux absolus. Le volume de chaque hémisphère télencéphalique a été mesuré
tandis que les volumes structuraux et zonaux sont déterminés seulement sur l’hémisphère
gauche.
3. Délimitation des régions encéphaliques étudiées (tabl. I)
Dans un autre article (Thireau, sous presse ) nous avons introduit les termes suivants :
région, étage, structure et zone. Cette terminologie possède un contenu anatomique que
nous rappelons. Par région, nous entendons tout découpage de l’encéphale à partir de l’his¬
tologie optique. L’étage, la structure et la zone sont des régions encéphaliques de hiérarchie
décroissante. Les étages encéphaliques sont au nombre de cinq : le télencéphale, le diencé-
phale, le toit optique, le cervelet et le tronc cérébral. Dans un précédent article (Thireau,
1975c) nous avons indiqué la délimitation de chaque étage encéphalique, généralisable
à l’ensemble des Urodèles. Une structure encéphalique est une masse nucléaire identifiable
au moins à partir de la coloration au crésyl-violet. Chez Salamandra salamandra (Thireau,
1975c) des « colorations » complémentaires ont été utilisées. Enfin, la zone encéphalique,
partie d’une structure, n’est pas toujours aisément reconnue chez les Urodèles.
ENCÉPHALE D’HYDROMANTES ITALICUS DUNN
1067
Tableau I. — Synonymie des régions télencéphaliques chez Hydromantes italicus.
Terminologie proposée
Terminologie employée par Rôthig, 1912
Glomérules du bulbe olfactif principal (s.l.)
Formatio bulbaris
Grains et noyaux mitraux du bulbe olfactif
cipal rostral
prin- Cellulae bulbares dorsales, mediales et ventrales
Grains et noyaux mitraux du bulbe olfactif
prin- Cellulae latérales ventriculi et cellules superfi-
cipal caudal
cielles
Bulbe olfactif accessoire
Formatio bulbaris, bulbulus accessorius
Nucléus olfactorius anterior
Cellulae dorsales ventriculi et cellulae mediales
ventriculi
Archipallium
Primordium hippocampi
Pallium dorsal
Cellulae dorso-mediales ventriculi et cellulae
dorsales
Pallium latéral
Cellulae dorso-laterales ventriculi
Epistriatum
Epistriatum
Striatum
Cellulae latérales ventriculi et cellulae ventro-
laterales ventriculi
Septum
Cellulae bulbares ventrales, Prominentia media-
lis, nucléus medialis septi, nucléus lateralis septi,
eminentia septalis et pars fimbrialis septi
Noyau inter-stnato-septal
Prominentia ventralis
Sulcus medialis
Sulcus limitans hippocampi
Sulcus endorhinalis
Sulcus endorhinalis
Ventricule latéral
Ventriculus bulbaris et ventriculus lateralis
L’étude qualitative de la coloration au crésyl-violet du télencéphale à’Hydromantes
italicus est illustrée avec la figure 1 réalisée à partir de photogrammes des coupes transver¬
sales. Nous n’avons relevé que le travail de Rôthig (1912), traitant (en particulier) de
l’organisation des structures télencéphaliques de Spelerpes fuscus Strauch, 1870 (= Hydro-
manies italicus Dunn, 1923 ; cf. Thorn, 1968). Rôthig accompagne son texte de six figures
du télencéphale d’ Hydromantes, ce qui nous a permis d’établir la synonymie (voir aussi
Herrick, 1933) du tableau I ; quelques précisions complémentaires sont à apporter. Dans
son article, Rôthig (1912) mentionne l’existence d’un bulbulus accessorius ventral chez
Hydromantes, sans mettre de légende dans son illustration. Selon nous, la partie postérieure
de la formatio bulbaris (cf. figure 3 de Rôthig) correspond au bulbe olfactif accessoire,
1068
MICHEL THIREAU
Fig. 1. — Coupes transversales (antéro-postérieures de a à f) de l'hémisphère cérébral gauche de l’individu
n° 2 (femelle adulte) à'Hydromantes italicus. Pour avoir une représentation de toutes les structures
télencéphaliques, l’intervalle entre deux niveaux successifs n’est pas constant ( a-h : 0,36 mm ; b-c :
0,45 mm ; c-d : 0,45 mm ; d-e : 0,54 mm ; e-f : 0,36 mm).
do, angle dorsal ; en, sulcus endorhinalis ; me, sulcus medialis ; rh, sulcus rhinalis ; se, sulcus sepli ;
ve, angle ventral ; 1, couche des grains du bulbe olfactif principal (s.l.) ; 2, couche des noyaux mitraux
du bulbe olfactif principal (s.l.) ; 3, couche des glomérules du bulbe olfactif principal (s.l.) ; 4, nucléus
olfactorius anterior ; 5, noyau antéro- septal ; 6, archipallium; 7, pallium dorsal; 8, pallium latéral;
9, Striatum ; 10, bulbe olfactif accessoire ; 11, noyau inter-striato-septal ; 12, septum ; 13, épistriatum :
14, noyau des commissures ; 15, amygdale ; 16, noyau préoptique.
Tableau 11.
Caractéristiques pondérales des 2
lots étudiés d 'Hydromantes i
Numéro de
Poids somatique
Poids encépha-
Indice
protocole 1
(•■U g)
LIQUE BRUT (eil Ilîgl
(b/b°)
i
h
7,8
11,3
0,9603
8
22,U
20,8
0,9993
2
25,1
23,0
1,0276
2
22
8,5
10,6
0,859
21
10,9
16,6
1,1738
4
19,0
22,2
1,1545
6
21,6
25,2
1,2221
1. Les adultes sont en caractères normaux, les juvéniles eu caractères gras.
Tableau III. - Variabilité des volumes soustraits du poids encéphalique brut, à poids somatique constant, chez
Hydromantes italiens V
11
8
2
1
Lot 1
| 22
21
4
6
Lot 2
Lot
1 +
2
Caractéristiques
statistiques 2
i
i
i
ï
a
sm °/°
i
*
>
i
*
a
sm °/°
ï
c sm°/°
Moelle épinière
7,15
3,34
2,73
4,41
2,40
54
5,20
7,14
0,60
11,70
7,68
2,80
36
0,27
2,98
48
Hypophyse, com¬
plexe pariétal,
méninges, toile
choroïdienne...
0,72
1,05
0,93
0,90
0,17
19
1,15
1,30
0,41
0,48
0,84
0,46
54
0,80
0,34
39
\ entricules télencé-
phaliques
1,92
2,90
2,55
2,40
0,50
20
1,25
4,51
2,89
3,74
3,10
1,40
45
2,82
1,08
38
Ventricules des éta¬
ges postérieurs
2,21
2,47
3,00
2,50
0,40
10
2,58
2,71
2,78
2,99
2,77
0,17
6
2,08
0,28
11
Rubrique X 3
11,87
9,84
9,27
10,33
1,37
13
10,24
15,62
12,66
18,93
14,36
3,76
26
12,63
3,51
28
1. Avec l’AMR 0,6250 de la liaison du poids encéphalique corrigé au poids somatique des individus du lot 1.
2. Indice de dispersion i = b/L>° ; ï : valeur moyenne ; a : écart-type ; sm°/° : erreur standard en pour cent de la moyenne.
3. Sommi' (les divers volumes soustraits.
1070
MICHEL THIREAU
tandis que la partie antérieure représente la zone glomérulaire du bulbe olfactif principal
(s.l.). Pour les cellulae latérales ventriculi il convient de distinguer une partie rostrale appar¬
tenant à la structure olfactive principale et une partie caudale correspondant au striatum.
Nous ne suivons pas Rôtiiig quand il reconnaît une grande diversité de zones dans le sep¬
tum. L’une d’elles, la partie médio-ventrale caudale des cellulae bulbares ventrales, est
précédée par le noyau antéro-septal que Rôtiiig ne représente pas. Dans le texte, Rôthig
mentionne un septum ependymale qui, bien sûr, appartient au septum, une pars dorsa-
lis du lobus hemisphaericus représentant le pallium dorsal et, enfin, un sulcus endorhi-
nalis.
Après avoir délimité les régions encéphaliques chez Hydromantes, nous pouvons entre¬
prendre l’étude de leur variabilité volumétrique.
Résultats
Avant d’entreprendre l’inventaire des résultats de l’étude de la variabilité intraspéci-
fîque des volumes régionaux d 'Hydromantes italicus, nous préciserons la variabilité des
volumes soustraits du poids encéphaliques brut, à poids somatique constant (tabl. III).
Au cours de la dissection de l’encéphale nous n’avons pas établi avec certitude que
l’hypophyse, le complexe pariétal, les méninges et la toile choroïdienne étaient régulièrement
et entièrement conservés. De même il n’a pas été possible d’affirmer que la section (macros¬
copique) de la moelle épinière a été opérée avec une parfaite régularité d’un individu à
l’autre. Il en résulte, pour le lot 1, un certain écart entre l’allométrie pondérale encéphalo-
somatique obtenue avec le poids encéphalique brut (AMR = 0,6011) ou le poids encépha¬
lique corrigé (AMR = 0,6250) (tabl. V). Cette situation était plus prononcée chez Salaman-
drci salamandra pour laquelle dans le premier cas AMR = 0,4762 contre 0,5595 dans le second
cas (cf. Thireau, sous presse, tabl. III). Nous n’avions pas cherché à analyser statistique¬
ment les composantes d’un tel phénomène, ce que nous proposons chez Hydromantes.
La recherche d’une allométrie partielle liant les volumes soustraits (tels que la moelle
épinière, l’hypophyse, le complexe pariétal, les méninges et la toile choroïdienne) au poids
somatique est inutile. En revanche, il serait possible d’établir l’allométrie du volume ventri¬
culaire (télencéphalique ou des étages postérieurs) par rapport au poids encéphalique.
Pour permettre la comparaison des résultats entre les divers volumes soustraits, nous
avons pris pour coeflicient d’allométrie la valeur AMR = 0,6250 de la liaison poids encé¬
phalique brut-poids somatique (lot 1). Le calcul de l’indice de dispersion i des divers
volumes soustraits étudiés et son traitement statistique se trouvent rassemblés dans le
tableau III.
Les valeurs i de chaque lot (1, 2 et 1 —2), pour chacun des volumes déduits, montre
la part prépondérante tenue par la moelle épinière. La variabilité qui l’affecte est parti¬
culièrement élevée dans le lot 1 où sa valeur (sm°/° = 54) est probablement responsable
de l’écart d’allométrie dont nous avons parlé plus haut (0,6011 — 0,6250) puisque l’individu
le plus petit (n° 11) est le moins bien « équilibré » (i = 7,15 contre i moyen = 4,41). L’ensem¬
ble hypophyse, complexe pariétal, méninges et toile choroïdienne intervient très peu (i
faible) quel que soit le lot considéré. En revanche, le volume ventriculaire (s.l.) est impor¬
tant, il intervient pour près de moitié dans la rubrique X, et ceci dans chacun des lots ;
ENCÉPHALE D’HYDROMANTES ITALICUS DUNN
1071
mais sa variabilité modérée dans le lot 1 le rend peu responsable de la variation d’allométrie
enregistrée. Compte tenu de l’importance des valeurs i des divers volumes déduits dans le
lot ! + 2 et eu égard aussi aux variabilités correspondantes, nous pouvons considérer que la
moelle épinière d’adord, les ventricules ensuite, sont les éléments essentiellement responsables
de la variabilité totale des volumes soustraits. Celle-ci est indiquée dans la dernière ligne
du tableau III ou l’on retrouve une justification du regroupement en lots que nous avons
établi.
Dans un précédent article (Thireau, 1975a, tabl. III) nous donnions pour valeur
de l’allométrie pondérale encéphalo-somatique chez Hydromantes : AMR = 0,550 (effectif
n — 24). Le lot 1 auquel nous ferons référence pour l’étude de la variabilité intraspécifique
a une allométrie différente : AMR = 0,6011 (n = 3) (cf. tabl. V). L’augmentation du taux
Tableau IV. — Volumes frais (en mm 3 ) des diverses régions encéphaliques du lot 1
(11, 8 et 2) et du lot 2 (22, 21, 4 et 6) d 'Hydromantes italicus.
Régions encéphaliques
11
8
2
22
2 JL
4
6
Poids encéphalique brut 1
11,30
20,80
23,00
10,60
16,60
22,20
25,20
Poids encéphalique corrigé 2
9,90
18,71
20,74
9,35
14,55
19,75
21,34
Télencéphale
4,56
10,87
11,40
4,40
7,26
10,54
11,97
f fiencéphale
1,55
2,33
3,15
1,56
2,30
2,81
2,64
Toit optique
1,95
2,48
2,59
1,63
2,30
2,80
3,09
Cervelet
0,24
0,22
0,31
0,26
0,36
0,37
0,40
Tronc cérébral
1,60
2,81
3,29
1,50
2,33
3,23
3,24
Bulbe olfactif accessoire
0,05
0,11
0,07
0,03
0,06
0,09
0,13
Grains du b.o.p. rostral 3
0,03
0,11
0,12
0,06
0,09
0,04
0,13
Noyaux mitraux b.o.p. rostral 0,04
0,22
0,26
0,07
0,13
0,13
0,24
Grains du b.o.p. caudal
0,09
0,26
0,25
0,10
0,17
0,20
0,31
Noyaux mitraux b.o.p. caudal
0,14
0,34
0,22
0,11
0,16
0,29
0,29
Nucléus olfactorius anterior
0,08
0,19
0,22
0,10
0,21
0,16
0,27
Archipallium (s.l.)
0,49
1,19
J,29
0,46
0,76
1,27
1,23
Pallium dorsal
0,30
0,81
0,84
0,27
0,46
0,73
0,87
Pallium latéral
0,22
0,52
0,47
0,20
0,32
0,49
0,51
Epistriatum
0,02
0,05
0,05
0,03
0,06
0,09
0,06
Striatum
0,47
0,90
1,01
0,43
0,66
0,97
1,15
Noyau antéro-septal
0,02
0,04
0,06
0,04
0,05
0,06
0,05
Septum (s.l.)
0,15
0,24
0,29
0,14
0,22
0,28
0,29
Noyau inter-striato-septal
0,09
0,19
0,22
0,09
0,16
0,17
0,17
Noyau des commissures
0,08
0,09
0,16
0,05
0,08
0,23
0,18
Amygdale
0,011
0,03
0,03
0,014
0,02
0,03
0,03
Coefficient de rétraction
1,979
2,105
2,270
1,879
2,181
2,128
2,211
1. On admet une densité de 1 (lg — 1mm 3 ).
2 . Les volumes ventriculaire* de la moelle épinière, de l’hypophyse, du complexe pariétal et de la toile
choroïdienne sont soustraits.
3. b.o.p. : bulbe olfactif principal.
1072
MICHEL THIREAU
d’allométrie n’a rien de surprenant puisque l’indice de dispersion des 3 individus les plus
proches de l’AMR (n = 24) a pour valeurs : 0,9603 ; 0,9993 ; 1,0276 (tabl. II) dans l’ordre
croissant du poids somatique.
Les résultats que nous allons exposer maintenant seront comparés, dans toute la
mesure du possible, à ceux qui ont déjà été trouvés chez la Salamandre (Thireau, sous
presse).
1. L’asymétrie télencéphalique
Pour chaque individu (11, 8, 2, 22, 21, 4 et 6), nous avons recherché v, volume de
l’hémisphère cérébral gauche en pour cent de la moitié télencéphalique théorique : I u =
Tableau V. — Corrélations liant au poids somatique (Ps) les volumes frais (Vf)
des régions encéphaliques du lot 1 d 'Hydromantes italiens.
Régions encéphaliques
log Ps
MOYEN
log Vf
MOYEN
Coefficient
DE CORRɬ
LATION r
Axe majeur
RÉDUIT
AMR
Ordonné]
l'origine
Poids encéphalique brut 1
2,21
3,2443
0,9996
0,6011
1,9159
Poids encéphalique corrigé 2
2,21
3,1950
0,9997
0,6250
1,8138
Télencéphale
2,21
2,9173
0,9983
0,8055
1,1371
Diencéphale
2,21
2,3517
0,9450
0,5559
1,1232
Toit optique
2,21
2,3657
0,9992
0,2381
1,8395
Cervelet
2,21
1,4043
0,3711
0,2784
0,7890
Tronc cérébral
2,21
2,3900
0,9946
0,5921
1,0815
Bulbe olfactif accessoire
2,21
0,8617
0,7569
0,6171
-0,5021
Grains du b.o.p. rostral 3
2,21
0,8657
0,9988
1,2125
-1,8139
Noyaux mitraux b.o.p. rostral
2,21
1,1197
0,9997
1,6176
-2,4552
Grains du b.o.p. caudal
2,21
1,2557
0,9906
0,9400
-0,8217
Noyaux mitraux b.o.p. caudal
2,21
1,3397
0,8153
0,6923
-0,1903
Nucléus olfactorius anterior
2,21
1,1747
0,9996
0,8536
-0,7118
Archipallium (s.l.)
2,21
1,9590
0,9996
0,8401
0,1024
Pallium dorsal
2,21
1,7697
0,9973
0,9120
-0,2458
Pallium latéral
2,21
1,5767
0,9775
0,7351
-0,0479
Epistriatum
2,21
0,5663
0,9945
0,8264
-1,2600
Striatum
2,21
1,8767
0,9994
0,6437
0,4541
Noyau antéro-septal
2,21
0,5603
0,9640
0,8675
-1,3569
Septum (s.l.)
2,21
1,3393
0,9843
0,5296
0,1689
Noyau inter-striato-septal
2,21
1,1917
0,9989
0.7488
-0,4631
Noyau des commissures
2,21
1,0203
0,7083
0,5793
-0,2560
Amygdale
2,21
0,3317
0,9945
0,9053
-1,6690
1. On admet une densité de 1 (lg = 1 mm 3 ).
2. Les volumes ventriculaire, de la moelle épinière, de l’hypophyse, du complexe pariétal et de la toile
choroïdienne sont soustraits.
3. b.o.p. : bulbe olfactif principal.
ENCÉPHALE DEYDROMANTES ITALICUS DUNN
1073
102,19 ; e 8 = 98,35 ; e 2 = 98,77 ; e 22 = 100,9 ; v 21 = 100,28 ; e 4 = 100,38 et c 6 = 100,17.
La valeur moyenne v = 100,15 a un écart-type a = 1,29 ; il semble qu’il y ait une légère
asymétrie télencéphalique, au bénéfice de l’hémisphère cérébral gauche. S’agit-il d’une
tendance généralisable à l’ensemble des Urodèles ? C’est possible, car chez la Salamandre
(Thireau, sous presse) ce type d’asymétrie est hautement probable. La conséquence métho¬
dologique (immédiate) de cette situation sera d’étudier les volumes régionaux télencépha-
liques des Urodèles à partir de leur hémisphère cérébral gauche.
2. Les volumes frais (= absolus) des régions encéphaliques
Le tableau IV indique les volumes des diverses régions encéphaliques des deux lots
étudiés. Le coefficient de rétraction moyen K = 2,11 ± 0,14 (sm°/° = 6,5) est différent
de celui qui a été calculé chez la Salamandre : K = 2,41 ± 0,094 (Thireau, sous presse).
Il est donc indispensable de rechercher, pour chaque encéphale d’Urodèle, le coefficient
de rétraction individuel. La valeur de la rétraction est probablement tributaire d’un ensemble
de facteurs autres que la durée de préservation de l’encéphale en alcool à 70°, après fixation
au liquide de Bouin ; nous n’avons pas cherché à expliciter cette question, nous nous en
tenons aux conséquences méthodologiques.
Le tableau V donne les caractéristiques des corrélations liant le volume des régions
encéphaliques au poids somatique. Le coefficient de corrélation est étroit sauf pour le cer¬
velet (r = 0,3711), le noyau des commissures (r = 0,7083), le bulbe olfactif accessoire (r =
0,7569) et, à un degré moindre, les noyaux mitraux du bulbe olfactif principal caudal (r =
0,8153). L’allométrie du bulbe olfactif principal rostral (s.l.) est nettement positive, la
situation est exactement inversée pour la partie caudale. L’ensemble du phénomène a déjà
été constaté chez la Salamandre (Thireau, sous presse). C’est un élément favorable au
découpage antéro-postérieur de la structure olfactive principale, qui vient lever la part
d’arbitraire qui pouvait encore subsister avec l’argumentation que nous avions précédem¬
ment fournie (Thireau, 1975c). A part la région rostrale du bulbe olfactif principal, toutes
les régions encéphaliques ont une allométrie de croissance négative. La situation est compa¬
rable chez la Salamandre (à l’exception du noyau inter-striato-septal ? cf. Thireau, sous
presse) et peut être étendue à l’ensemble des Urodèles.
L’allométrie générale AMR = 0,6250 est la résultante d’allométries partielles dont
l’ordonnée à l’origine b° (tabl. V) sert de base au calcul de l’indice de dispersion i (= b/b°)
pour toute région encéphalique de chacun des 7 individus d ’Hydromantes (tabl. VI).
3. La variabilité volumétrique intraspécifique des régions encéphaliques
Le tableau VII donne les valeurs (sm°/°) de la variabilité des régions encéphaliques
à partir des variations individuelles de l’indice de dispersion i (tabl. VI). Comme chez la
Salamandre (Thireau, sous presse), du regroupement des individus en trois lots résulte
une variabilité extrême dans les lots 1 (sni°/° = 8,02) et 2 (sm°/° = 22,69), intermédiaire
dans le lot 1 -f- 2 (sm°/° = 21,49).
Le but essentiel de cette étude est de déterminer une variabilité intraspécifique des
1074
MICHEL THIREAU
Tableau VI. — Indices de dispersion (i = b/l>°) des volumes encéphaliques régionaux
du lot 1 (11, 8 et 2) et du lot 2 (22, 21, 4 et 6) d ’Hydrornantes italicus 1 .
Régions encéphaliques
11
8
2
22
21
4
(i
Poids encéphalique brut
1,0017
0,9891
1,0102
0,8923
1,2039
1.1511
1,2108
Poids encéphalique corrigé
1,0009
0,9888
1,0090
0,8959
1,1933
1,1442
1,1406
Télencéphale
0,9976
1,0315
0,9722
0,8977
1,2138
1,1252
1,1533
Diencéphale
1,0359
0,8753
1,0988
0,9949
1,2786
1.1460
1,0037
Toit optique
0,9999
0,9927
1,0046
0,8187
1,0900
1,1609
1,2437
Cervelet
1,1609
0,7971
1,0824
1,2289
1,5865
1,3966
1,4580
Tronc cérébral
1,0067
0,9582
1,0354
0,8974
1,2023
1,1988
1,1117
Bulbe olfactif accessoire
1,0811
1,2536
0,7351
0,6152
1,0553
1,1221
1,5000
Grains du b.o.p. rostral
0,9949
1,0379
0,9635
1,7944
1,9906
0,4503
1,2556
Noyaux mitraux du b.o.p. rostral
0,9954
1,0235
0,9756
1,5176
1,8857
0,7656
1,1509
Grains du b.o.p. caudal
0,9951
1,0861
0,9212
1,0211
1,3727
0,9574
1,3164
Noyaux mitraux du b.o.p. caudal
1,0638
1,2598
0,7433
0,7875
0,9649
1,1883
1,0885
Nucléus olfactorius anterior
1,0007
0,9822
1,0131
1,1634
1,9748
0,9353
1,4158
Archipallium (s.l.)
0,9954
1,0138
0,9822
0,8728
1,1673
1,2214
1,0633
Pallium dorsal
0,9952
1,0436
0,9586
0,8283
1,1264
1,0739
1,1424
Pallium latéral
0,9988
1.1033
0,9038
0,8537
1,1374
1,1561
1,0980
Epistriatum
0,9968
1,0586
0,9480
5,1225
2,2688
2,1469
1,2893
Striatum
1,0008
0,9833
1,0124
0,8660
1,1350
1,1647
1,2730
Noyau autéro-septal
1,0417
0,8479
1,1325
1,9348
1,9496
1,4421
1,0772
Septum (s.l.)
1,0114
0,9346
1,0517
0,9044
1,2421
1,1776
1,1399
Noyau inter-striato-septal
1,0020
0,9748
1.0197
0,9401
1,3877
0,9707
0,8829
Noyau des commissures
1,1690
0,7213
1,1872
0,6956
0,9634
2,0073
1,4580
Amygdale
0,9949
1,0627
0,9417
1,1730
1,3382
1,2118
1,0806
1. Mêmes conventions que pour le
tableau
IV.
volumes encéphaliques régionaux de toute espèce d’Urodèle. Les diverses espèces dont nous
disposons (Thireau, 19756) sont représentées soit par quelques individus (1 < n < 17),
soit par un effectif permettant un traitement statistique (n > 18). Chacun des deux cas
doit être considéré séparément. Si l’espèce est représentée par peu d individus, la varia¬
bilité moyenne probable de chaque région encéphalique est indiquée dans le tableau VIII
établi à partir des lots 1 -)- 2 de la Salamandre et d 'Hydromantes. En revanche, si l’espèce
est représentée par un nombre plus élevé d’individus, il devient possible de choisir un indi¬
vidu parmi les moins variables (lot 1). Dans ce dernier cas, la variabilité de chaque région
encéphalique est donnée dans le tableau IX, établi à partir du lot 1 des espèces témoins.
Dans les tableaux VITf et IX, nous proposons des valeurs sm°/° moyennes arrondies
à l’unité, les décimales n’ayant guère de signification quand on extrapole à l’ensemble
des L T rodèles. Bien (pie ces valeurs soient un ordre de grandeur, il ne serait pas convenable
d’utiliser une estimation moyenne rie la variabilité de toute région de toute espèce d Lrodèle
puisque les variations interrégionales peuvent atteindre un facteur 35 (tabl. IX).
Tableau VIL — Variai
lililé du
volume
des régions
encépha
liques, i
i poids
somatique
constant,
chez Hydromantes italiens.
Régions encéphaliques
Lot 1
(11, 8 e
t 2)
Lot 2
(22, 21, 4
et 6)
Lot 1 +
2
ni
CT
sm°/°
ni
CT
sm°/°
m
CT
sm °/°
Poids encéphalique brut
1,0003
0,0106
1,06
1,1146
0,1505
13,50
1,0656
0,1229
11,53
Poids encéphalique corrigé
0,9996
0,0102
1,02
1,0935
0,1339
12,25
1,0532
0,1073
10,19
Télencéphale
1,0001
0,0298
2,98
1,0975
0,1382
12,60
1,0559
0,1112
10,61
Diencéphale
1,0033
0,1153
11,49
1,1058
0,1344
12,16
1,0619
0,1283
12,08
Toit optique
0,9991
0,0060
0,60
1,0783
0,1841
17,08
1,0444
0,1370
13,11
Cervelet
1,0135
0,1914
18,89
1,4175
0,1486
10,48
1,2443
0,2644
21,25
Tronc cérébral
1,0001
0,0390
3,90
1,1026
0,1430
12,97
1,0586
0,1172
11,07
Bulbe olfactif accessoire
1,0233
0,2640
25,80
1,0732
0,3627
33,80
1,0518
0,2995
28,48
Grains du b.o.p. rosirai 1
0,9988
0,0374
3,74
1,3727
0,6890
50,19
1,2125
0,5271
43,47
Noyaux mitraux du b.o.p. rostral
0,9982
0,0241
2,41
1,2674
0,5691
44,90
1,1878
0,3839
32,33
Grains du b.o.p. caudal
1,0008
0,0826
8,25
1,1669
0,2081
17,83
1,0957
0,1783
16,27
Noyaux mitraux du b.o.p. caudal
1,0223
0,2607
25,5'
1,0073
0,1727
17,14
1,0137
0,1940
19,14
Nucléus olfactorius anterior
0,9987
0,0156
1,56
1,3723
0,4470
32,57
1,2122
0,3740
30,85
Archipallium (s.l.)
0,9971
0,0159
1,59
1,0812
0,1536
14,21
1,0452
0,1179
11,28
Pallium dorsal
0,9991
0,0426
4,27
1,0428
0,1459
14,00
1,0241
0,1086
10,61
Pallium latéral
1,0020
0,0998
9,96
1,0613
0,1405
13,24
1,0359
0,1191
11,50
Epistriatum
1,0011
0,0554
5,54
2,7069
1,6684
61,63
1,9758
1,4913
75,48
Striatum
0,9988
0,0146
1,47
1,1097
0,1729
15,58
1,0622
0,1361
12,82
Noyau antéro-septal
1,0074
0,1454
14,43
1,6009
0,4213
26,32
1,3465
0,4432
32,92
Septum (s.l.)
0.9992
0,0595
5,95
1,1160
0,1472
13,19
1,0660
0,1262
11,84
Noyau inter-striato-septal
0,9988
0,0226
2,26
1,0454
0,2311
22,11
1,0254
0,1658
16,17
Noyau des commissures
1,0258
0,2639
25,72
1,2811
0,5780
45,12
1,1717
0,4570
39,00
Amygdale
0,9998
0,0606
6,07
1,2009
0,1068
8,89
1,1147
0,1360
12,20
Moyenne générale
8,02
22,69
21,49
1. b.o.p. : bulbe olfactif principal.
1076
MICHEL THIREAU
Tableau VIII. — Variabilité 1 moyenne du volume des régions encéphaliques
des Urodèles, à poids somatique constant.
Régions encéphaliques
Varia bilité
chez A. sala- i
mandra (L.)
Variabilité
chez II. italiens
Dunn
Variabii.it h
CHEZ LES
Urodèlf.s
Poids encéphalique brut
5,81
11,53
9
Poids encéphalique corrigé
6,48
10,19
8
Téleneéphale
14,93
10,61
13
Diencéphale
11,14
12,08
12
Toit optique
21,00
13,11
17
Cervelet
69,69
21,25
45
Tronc cérébral
14,85
11,07
13
Bulbe olfactif accessoire
28,48
28
Grains du bulbe olfactif principal rostral
18,07
43,47
31
Noyaux mitraux du b.o.p. rostral 2
22,67
32,33
28
Grains du bulbe olfactif principal caudal
10,37
16,27
13
Noyaux mitraux du b.o.p. caudal
10,39
19,14
15
Nucléus olfactorius anterior
23,72
30,85
27
Archipallium dorsal
11,73
12
Archipallium ventral
6,07
6
Archipallium (s.IA
11,28
11
Pallium dorsal
9,21
10,61
10
Pallium latéral
2,33
11,50
i
Epistriatum
20,42
75,48
48
Striatum
3,43
12,82
8
Noyau antéro-septal
42,48
32,92
38
Septum médial
28,00
28
Septum latéral
10,60
il
Septum (s.l.)
11,84
12
Noyau inter-s triât o-sept al
53,72
16,17
35
Noyau des commissures
13,77
39,00
26
Amygdale
70,50
12,00
41
1. Erreur standard pour cent (sm°/°), soit l'écart-type rapporté à la moyenne en pour cent de celle-ci.
2. h.o.p. : liullie olfactif principal.
4. Organisation quantitative des volumes régionaux de l'encéphale d 'Hydromantes
Dans un autre article (Tiiireau, sous presse) nous expliquons le calcul du volume
pour cent de chaque région encéphalique sur une hase 100 et compte tenu du taux d’allo-
rnétrie de croissance générale. Le tableau X nous donne ces résultats encadrés de la varia¬
bilité moyenne tirée du tableau VII.
Si nous comparons les résultats obtenus chez la Salamandre (Tiiireau, sous presse,
tabl. VI) à ceux d 'Hydromantes, nous constatons que, pour un certain nombre de régions,
ENCÉPHALE D’HYDROMANTES ITALICUS DUNN
1077
Tableau IX. — Variabilité 1 minimale du volume des régions encéphaliques
des Urodèles, à poids somatique constant.
Régions encéphaliques
Variabilité
chez S. sala-
mandra (L.)
Variabilité
chez H. it ali eus
Du un
Variabil
CHEZ L
Urodèi
Poids encéphalique brut
0,06
1,06
1
Poids encéphalique corrigé
0,23
1,02
1
Télencéphale
0,25
2,98
2
1 iiencéphale
9,27
11,49
10
Toit optique
5,12
0,60
3
Cervelet
41,29
18,89
30
Tronc cérébral
6,21
3,90
5
Ihilbe olfactif accessoire
_
25,80
29
Grains du bulbe olfactif principal rostral
6,04
3,74
5
Non aux mitraux du b.o.p. rostral 2
29,30
2.41
16
Grains du bulbe olfactif principal caudal
6,10
8,25
7
Novaux mitraux du b.o.p. caudal
0,79
25,51
13
Nucléus olfactorius anterior
2,68
1,56
2
Archipallium dorsal
0,33
0
Archipallium ventral
1,53
2
Archipallium (s.l.)
1,59
2
Pallium dorsal
1,28
4,27
3
Pallium latéral
0,83
9,96
5
Epistriatum
2.36
5,54
4
Striatum
0,52
1.47
1
Novau antéro-septal
10,90
14,43
13
Septum médial
15,36
15
Septum latéral
10,81
■—
11
Septum (s.l.)
5,95
6
Novau inter-striato-septal
67,52
2.26
35
Novau des commissures
17,91
25.72
22
Amygdale
53,77
6.07
30
1. Krreur standard pour cent (sm°/°).
2. b.o.p. : bulbe olfactif principal.
il n'existe aucun chevauchement : cervelet, noyaux mitraux du bulbe olfactif principal
rosirai et caudal, pallium dorsal, striatum et septum (s.L). L’on constate aussi que le volume
interspécifique des régions encéphaliques peut varier significativement malgré une forte
variabilité intraspécifique (cervelet, noyaux mitraux du bulbe olfactif principal rostral),
ce qui indique l’intensité de la divergence évolutive. Ces premiers résultats tendent vers
le but que nous poursuivons, à savoir la comparaison quantitative des volumes régionaux,
de la densité et du diamètre neuroniques encéphaliques. Dans cette perspective, il convien¬
dra d’établir une allométrie moyenne pour chacun des trois critères d’étude envisagés.
1078
MICHEL THIREAU
Tableau X. •—- Organisation générale de l’encéphale à'Hydromantes italicus 1 .
Régions encéphaliques
log Ps 2
log vol 3
Volumes pour
100 mm 3 , 4
Poids encéphalique brut
2,173
3,246
113,24
±
13,06
Poids encéphalique corrigé
2,173
3,192
100,00
±
10.19
Télencéphale
2,173
2,908
52,00
±
5,51
Diencéphale
2,173
2,354
14,52
±
1,75
Toit optique
2,173
2,373
15,17
±
1,99
Cervelet
2,173
1,479
1,94
±
0.41
Tronc cérébral
2,173
2,390
15,78
±
1,75
Bulbe olfactif accessoire
2,173
0,844
0,45
±
0,13
Grains du b.o.p. rostral 5
2,173
0,864
0,47
±
0,20
Noyaux mitraux du b.o.p. rostral
2,173
1.116
0,84
±
0,27
Grains du b.o.p. caudal
2,173
1,256
1,16
±
0,19
Novaux mitraux du b.o.p. caudal
2.173
1,313
1,33
±
0,25
Nucléus olfactorius anterior
2,173
1.212
1,05
±
0,32
Archipallium (s.l.)
2,173
1,945
5,66
i
0,64
Pallium dorsal
2,173
1.744
3,57
±
0,38
Pallium latéral
2.173
1,562
2,35
dz
0,27
Epistriatum
2,173
0,669
0,30
±
0,23
Striatum
2,173
1,876
4,83
±
0,62
Noyau antéro-septal
2,173
0,637
0,28
±
0,09
Septum (s.l.)
2,173
1,345
1,42
±
0,17
Noyau inter-striato-septal
2,173
1,170
0,95
±
0,15
Noyau des commissures
2,173
1,040
0,70
±
0,27
Amygdale
2,173
0,342
0,14
±
0,02
1. A partir du lot 1 -f- 2, avec un AMR = 0,6250 (cf. tabl. V).
2. Moyenne des logarithmes du poids somatique des individus du lot 1 -(— 2.
3. Moyenne des logarithmes des volumes régionaux des individus du lot 1-f- 2.
4. Indice de base : i = 6° = 100.
5. b.o.p. : bulbe olfactif principal.
Ceci devrait ensuite permettre d’éclairer les problèmes d’évolution des Urodèles sur la base
de l’encéphale, bon organe d’enregistrement de tels processus.
Conclusion
Avec l'étude de la Salamandre (Thireau, sous presse ) nous avons recherché la varia¬
bilité intraspécifique des volumes encéphaliques régionaux et nous avons préféré ne pas
la généraliser d’emblée à l’ensemble des Urodèles. L’étude d’Hydromanies confirme l’impos¬
sibilité de déterminer une variabilité moyenne capable d’affecter n’importe quelle région
encéphalique. Il en résulte que des variabilités partielles propres à chaque région encépha¬
lique constituent une meilleure approche de la question de la variabilité intraspécifique.
Dans la mesure où les variabilités régionales changent pour deux espèces taxinomiquement
ENCÉPHALE D’HYDROMANTES ITALICUS DUNN
1079
et biologiquement éloignées (comme c’est le cas pour la Salamandre et Hydrornantes) la
démarche la plus logique est de rechercher une valeur moyenne avec laquelle on peut espé¬
rer caractériser n’importe quelle espèce d’Urodèle. Nous ne pensons pas qu’une étude de
la variabilité intraspécifiq.ue de chaque espèce d’Urodèle puisse améliorer notablement
les résultats proposés qui constituent un ordre de grandeur généralisable.
Dans un prochain article nous délimiterons les régions encéphaliques de plus de 40
espèces ’dUrodèles en nous référant aussi aux travaux des anciens auteurs en particulier
par une mise en synonymie de nombreux termes régionaux. Puis nous estimerons les volu¬
mes régionaux spécifiques probables, enfin nous dégagerons au moyen d’indices de disper¬
sion, l’évolution volumétrique de l’encéphale des Urodèles.
Remerciements
Je remercie M. le Pr R. Bauchot d’avoir eu l’obligeance do relire mon manuscrit, je remercie
aussi M. le Pr C. Delamare Deboutteville pour l’intérêt qu’il a porté à mon travail.
R É F K RENÉES BIBLIOGRAP HIQUES
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— 1975c. — Etude cytoarchitecturale qualitative et quantitative du télencéphale de Sala-
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Thorn. R., 1969. — Les Salamandres d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord. Lechevalicr, Paris,
iv -j* 876 p.
Manuscrit déposé le 18 décembre 1974.
IMPRIMERIE
Achevé d’imprimer le 31 octobre 1975.
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compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hubeau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Ilist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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