BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
252
N» 359 JANVIER-FÉVRIER 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéros, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1976
Abonnement général : France, 530 F ; Étranger, 580 F.
Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
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Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 359, janvier-février 1976, Zoologie 252
Les Bopyres des Porcellanes
par Roland Bourdon *
Résumé. — Les 33 Bopyridae parasites de la famille des Porcellanes (Crustacés Décapodes)
sont passés en revue dans la présente note qui comprend, outre la description de six espèces et
d’une sous-espèce nouvelles, la création du genre Allorbimorphus ainsi que la mise en synonymie
d’Aporobopyrosa avec Parioninella.
Comme les Galatheidae, dont elles sont d’ailleurs très proches, les Porcellanes peuvent
héberger des Epicarides dans leurs cavités branchiales. Jusqu’à ces derniers temps, une
quinzaine d’entre elles étaient connues pour servir d’hôtes à ces parasites. Mais, au cours-
de récents travaux de systématique sur les Porcellanes, le Dr Janet Haig a eu l’occasion
de trouver une dizaine d’autres formes pourvues d’un Bopyre, ce qui, avec celles que nous
pouvons nous-même ajouter, porte maintenant à 38 le nombre de Porcellanes susceptibles
d’être infestées par ce groupe d’Isopodes.
Grâce à l’extrême complaisance de Miss IIaig, qui nous a transmis les individus en sa
possession et demandé que nous soient communiqués ceux appartenant à différents Muséums,
nous avons pu étudier ces Bopyres. Par suite de l’insuffisance de renseignements morpho¬
logiques contenus dans beaucoup de diagnoses, la détermination du matériel reçu a nécessité
l’examen de la plupart des holotypes. Les données complémentaires ainsi obtenues étant
évidemment indispensables pour mieux faire connaître les affinités et les différences existant
entre les anciennes et les nouvelles espèces, nous les indiquerons donc dans cette note, où
l’on trouvera également, outre la description des formes nouvelles, les précisions que la
récolte d’individus additionnels apporte sur la variabilité intra-spécifique de formes anté¬
rieurement établies.
Dans le présent travail seront donc passés en revue les 33 Bopyridae connus actuelle¬
ment comme vivant sur les Porcellanes. Toutefois, il convient de préciser qu’il ne s’agit
pas d’une révision proprement dite, ce qui impliquerait que nous pensions avoir complète¬
ment éclairci la systématique si confuse de la sous-famille des Pseudioninae à laquelle appar¬
tiennent ces parasites. En fait, le statut générique de plusieurs d’entre eux demeure encore
très incertain. Tel est le cas des « Pseudione » inféodés à ces Anomoures, lesquels ne se
distinguent plus, à présent, du genre Aporobopyrus Nobili puisque ce dernier renferme des
espèces dont le mâle possède également des pléopodes, comme Pseudione. D’un autre côté,
la validité de Parione Richardson est quelque peu compromise du fait qué l’abdomen du
mâle est parfois de six segments (tandis qu’à l’inverse, des Aporobopyrus peuvent avoir
* Station biologique, 29211 Roscoff , et Laboratoire de Carcinologie et d'Océanographie biologique de
l’École pratique des Hautes Études, 75005 Paris.
359, 1
166
ROLAND BOURDON
cinq pléonites !). Quant à Pleurocryptosa Nz. & Br. Br., il repose uniquement sur la grosseur
inhabituelle du céphalon de la femelle, particularité certes intéressante, mais dont la valeur
taxonomique à l’échelon générique reste à démontrer. Toutes ces formes sont manifestement
apparentées. Les réunir dès maintenant serait, toutefois, pour le moins prématuré, tant
que n’aura pas été réalisée la révision du complexe Pseudione, laquelle pourrait fort bien
amener à retenir comme critères génériques des caractères aujourd’hui considérés tout au
plus comme spécifiques. Par contre, pour les raisons qui seront exposées dans les remarques
les concernant, nous avons cru devoir mettre Aporobopyrosa Shiino en synonymie avec
Parioninella Nz. & Br. Br., et créer un nouveau genre pour Orbimorphus lamellosus Nz.
& Br. Br.
Avant d’aborder cette étude, nous tenons à remercier tout particulièrement Miss J. Haig
(Allan Hancock Foundation, Los Angeles), ainsi que MM. les Conservateurs des Muséums auprès
desquels nous avons pu obtenir soit des holotypes, soit des spécimens non déterminés : les Drs T.
E. Bowman et H. B. Roberts (United States National Muséum, Washington), A. Capart (Muséum
royal Hist. nat. de Belgique), M. J. Feinberg (American Muséum Nat. Hist., New-York), J. Forest
(Muséum nat. Hist. nat., Paris), J. G. Ghiffjn (Australian Muséum, Sydney), H. E. Gruner
(Zoologisches Muséum der Humboldt-Universitât, Berlin), G. Hartman (Zoologisches Muséum,
Hamburg), Ch. P. Raven (Zoôlogisch Laboratorium der Rijksuniversiteit, Utrecht), J. H. Stock
(Instituut voor Taxonomische Zoôlogica, Amsterdam), H. Ütinomi (Seto Marine Biological Labo-
ratory), T. Wolff (Zoologisches Muséum, Copenhague). Nous remercions également notre ami
Yves Carton (Laboratoire de Génétique, Gif-sur-Yvette) pour l’exemplaire récolté par lui à notre
intention.
Liste des Bopyridae actuellement connus sur les Porcellanes
Pseudione trilobata Nz. & Br. Br.
» peirolistbeae Shiino
» petrolistheae palpifera, n. ssp.
Aporobopyrus curtatus (Richardson)
» aduliticus Nobili
» oviformis Shiino
» parvus Shiino
» ryukyuensis Shiino
» muguensis Shiino
» « gracilis » de Lemos de Castro
» dollfusi Bourdon
» sp. sur Pachycheles sculptus
Pleurocryptosa megacephalon Nz. & Br. Br.
» calypso n. sp.
Parione pachychelii Shiino
» ischyrandra n. sp.
» pisidiae n. sp.
Astalione cruciaria Markham
Orbimorphus constrictus Richardson
Allorbimorphus lamellosus (Nz. & Br. Br.) n. g.
» scabriculi n. sp.
» haigae n. sp.
Aporobopyrina lamellata Shiino
Parionella richardsonae Nz. & Br. Br.
» decidens Nz. & Br. Br.
Parioninella astridae Nz. & Br. Br.
» pacifica (Shiino)
Pleurocrypta porcellanae Hesse
» yatsui (Pearse)
» macrocephala Nz. & Br. Br.
Anuropodione australiensis n. sp.
Pseudioninae sur Petrolisthes edwardsi
Bopyridae sur Petrolisthes moluccensis
Liste des abréviations utilisées
AM NII
AMS
MNHN
MRB
SMBL
US NM
American Muséum of Natural History, New York
Australian Muséum, Sydney
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris
Muséum royal d’Histoire naturelle de Belgique, Bruxelles.
Seto Marine Biological Laboratory
United States National Muséum, Washington
LES BOPYRES DES PORCELLAINES
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ZLRU Zoôlogisch Laboratorium (1er Rijksuniversiteit, Utrecht
ZMA Zoologisches Muséum, Amsterdam
ZMC Zoologisches Muséum, Copenhague
ZMH Zoologisches Muséum, Hamburg
Genre PSEUDIONE Kossmann, 1881
Kspèce-type : Pseudione callianassae Kossmann, 1881
Pseudione trilobata Nz. & Br. Bi.
1925, Pseudione trilobata Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 2-3, 7, fig. 7-10.
1933, Pseudione trilobata : Shiino : 271.
1933, Pseudione trilobata : Monod : 227.
1968, Bopyride : Haig : 67.
1969, Pseudione trilobata : Schultz : 325, fig. 519.
1970, Pseudione trilobata : Danforth : 11, 103-104, 153, fig. 34 a-b.
19746, Pseudione trilobata : Markham : 70-71, 73, 312, 327.
1 — Spécimens ouest-atlantiques (Curaçao)
Matériel examiné : 3 $$ + types, sur Neopisorna angustifrons (Benedict), Spaansche
Bay, Curaçao (ZMA et ZLRU).
Distribution : Curaçao et côte est-pacifique du Mexique (loc. nov.).
Remarques : Nous n’indiquerons pas ici les points sur lesquels la diagnose de Nierstrasz
et Brender-à-Brandis (1925) a besoin d’être complétée, les spécimens décrits ci-après
correspondant en majeure partie à la morphologie de leur espèce. Nous nous conten¬
terons d’en figurer certains appendices (fig. 1, a-i), en indiquant que la variation entre
les trois individus s’avère très faible. Celle-ci se borne à la forme différente du premier
oostégite, dans un cas (fig. 1, b) : moitié postérieure la plus importante, lobe postéro-
distal bien développé ; à un amincissement de l’endopodite des pléopodes 4-5 gauches
(fig. 1, g-h) chez le même exemplaire ; et à une réduction de la première plaque latérale
abdominale du côté déformé, dans une seconde femelle.
2 — Spécimens est-pacifiques (Mexique)
Matériel examiné : 6 ÇÇ -j- <$<$, sur Petrolisthes hians Nobili, Sihuatenejo Bay, Mexique,
24.XI.1937, « Eastern Pacific Zaca Expédition » (AMNH).
Description
Femelle (fig. 2)
Longueur : 2,7 mm ; largeur : 2,3 mm ; pléon : 0,4 mm. Asymétrie : 36°.
168
ROLAND BOURDON
Fig. 1. — Pseudione trilobata Nz. & Br. Br. Ç paratype : a, lamelles céphaliques gauches X 72 ; h, 1 er oosté-
gite X 56 ; c, péréiopode 7 X 87 ; d-h, pléopodes 1-5 X 50 ; i, uropodes X 50.
Céphalon plus large que long, sans fissure médio-dorsale. Lame frontale mince en avant,
s’élargissant un peu sur les bords latéraux. Yeux présents. Antennules et antennes parais¬
sant respectivement constituées de trois et six articles. Maxillipèdes (fig. 3, a) avec palpe
très rudimentaire terminé par deux soies. Bord postérieur pourvu de deux paires de lamelles
courtes et lisses ; la partie médiane droite, également sans tubercules.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites ; celles du côté non déformé
très saillantes et de conformation particulière, leur moitié externe étant boursouflée et
repliée vers l’intérieur ; sur l’autre côté elles sont plus étendues, mais aplaties. Plaques
coxales antérieures peu développées, les trois postérieures lamelleuses et arrondies à gauche,
tronquées et renflées à droite où elles forment des protubérances charnues qui, vues de pro¬
fil, sont presque aussi proéminentes que les bosses latérales. Bord postéro-latéral distinct
dans tous les segments, particulièrement important sur le côté déformé des thoracomères II
à IV. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 3, b) avec la partie antérieure plus grande
que l’inférieure ; crête interne faiblement tuberculée dans sa partie proximale ; le lobe
postéro-distal peu allongé et aigu. Les autres plaques incubatrices très développées, sans
crête oostégale, mais légèrement granuleuses sur leur face externe ; leur bord postérieur
est cilié, sauf dans la cinquième paire qui possède une frange de longues soies. Péréiopodes
(fig. 3, c-d) relativement forts, augmentant de longueur jusqu’à la quatrième paire ; ceux
LES BOPYRES DES PORCELLANES
169
Fig. 2. — Pseudione trilobata Nz. & Br. Br. sur Pelrolisthes hians Nobili. Ç X 30.
du côté déformé sont munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite, laquelle est lar¬
gement convexe dans P1-P4 et devient tuberculiforme à partir de P5.
Pléon six-segmenté. Plaques latérales droites rudimentaires et arrondies ; à gauche,
la première est en continuité avec le dernier péréionite, mais les suivantes sont de plus en
plus courtes. Pléopodes : cinq paires biramées, largement visibles en vue dorsale, la plupart
redressées vers l’avant du corps, dissimulant ainsi la partie postérieure du pléon. De forme
d’abord ovalaire, ils diminuent de taille vers l’arrière tout en devenant plus amincis ; les
deux rames restent à peu près égales. Uropodes uniramés, de même longueur que les der¬
niers pléopodes.
Mâle (fig. 3, e)
Longueur : 1,8 mm ; largeur : 0,4 mm ; pléon : 0,5 mm.
Céphalon important, transversalement ovalaire et distinct du thorax. Yeux présents.
Antennules et antennes (fig. 3, f) comprenant respectivement trois et cinq articles. Maxil-
lipèdes effilés.
Péréion diminuant légèrement de largeur vers l’arrière. Péréiopodes (fig. 3, g-h) de
taille décroissante ; P1-P2 avec le propode plus grand que le basipodite et un dactyle
long et acéré ; dans les pattes suivantes, ce dernier article devient court et obtus tandis
que les dimensions du propode régressent. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon (fig. 3, i) six-segmenté. Pléopodes ovalaires. Uropodes absents, mais deux bou¬
quets de courtes soies sur les bords postéro-externes du pléotelson.
170
ROLAND BOURDON
Fig. 3. — Pseudione trilobata Nz. & Br. Br. sur Pelrolisthes hians Nobili. $ : a, maxillipède et lamelle cépha¬
lique externe X 48 ; b, 1 er oostégite X 48 ; c-d, péréiopodes 1 et 7 X 109. — cj : e, vue dorsale X 36 ;
f, antennule et antenne X 109 ; g-h, péréiopodes 1 et 7 X 118; i, pléon, vue ventrale X 91. -—Variation
chez le (J : j, pléon X 75 ; k-1, pléotelson X 89.
Variation
Femelle
—■ Taille de l’adulte : 1,9 à 3,0 mm, le rapport L/l du corps étant de 1,40 à 1,61.
— Céphalon : arrondi dans un seul exemplaire, celui-ci possédant une lame frontale
nettement plus large (1/3 de la longueur de la tête).
LES BOPYRES DES PORCELLANES
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— Yeux : absents dans un individu.
— Premier oostégite : le lobe postéro-distal parfois moins aigu.
Mâle
— Taille : 1,8 à 2,1 mm.
— Céphalon : presque complètement fusionné avec le thorax dans deux cas.
— Pléon : réduit à deux segments dans un individu (fîg. 3, j). Le premier segment
dépasse un peu la largeur du septième péréionite dans deux spécimens. D’autre part, dans
le mâle figuré, le pléotelson semble quelque peu anormal : ordinairement, le dernier somite
abdominal a une forme bilobée (fig. 3, k), mais ses bords latéraux peuvent également être
droits (fig. 3, 1).
Renseignements biologiques
Les six parasites proviennent d’un lot de 84 Porcellanes, ce qui donne un taux d’infes¬
tation de 7,1 %. Les mâles semblent d’ailleurs moins souvent bopyrisés que les femelles
(5,0 au lieu de 9,1 %), dont certaines sont ovigères. Les deux cavités branchiales de l’hôte
se montrent indifféremment infestées.
Remarques
Les parasites de Petrolisthes hians Nobili peuvent être rapportés à Pseudione trilubata
Nz. & Br. Br. (1925). Ils présentent, en effet, la plupart des caractères propres à cette
espèce, notamment l’inégalité de développement des bosses latérales et, sur le côté déformé,
ces dernières divisées en deux parties (l’une plane, l’autre bombée), ainsi que le gonflement
du bord antéro-latéral des segments postérieurs. Par ailleurs, la plupart des femelles ont
les antennes repliées sur le devant de la lame frontale et, chez toutes, les pléopodes sont
redressés.
Si la conspécificité des présents spécimens avec Ps. trilobata semble très probable,
leur localisation géographique séparée du lieu de récolte du Bopyridae de Nierstrasz
et Brender-à-Brandis incite à prendre en considération les plus minimes différences.
Or, la comparaison avec l’holotype montre qu’ils ne concordent pas entièrement, du moins,
en ce qui concerne la femelle.
1 — Aucune ne présente de lame frontale trilobée ; en outre, celle-ci est le plus souvent mince
et non élargie.
2 — Au fieu d’être allongée, la tête affecte ordinairement une forme ovalaire, au plus est-elle
arrondie.
3 —- Les plaques coxales antérieures du côté déformé restent fort rudimentaires ; dans les
spécimens-types, certaines sont aussi larges que la bosse latérale adjacente.
4 — La bosse des derniers péréiopodes a l’aspect d’un tubercule de dimensions assez réduites
par rapport à celle de la forme typique où sa hauteur dépasse la largeur du basipodite (fig. 1, c).
Il est très possible que ces légères différences rentrent à l’intérieur du rang de varia¬
bilité de Ps. trilobata ; mais il n’est pas exclu non plus qu’il s’agisse de deux formes vica-
riantes en voie de séparation. L’étude d’un matériel plus abondant devrait nous renseigner
sur ce point.
172
ROLAND BOURDON
Pseudione petrolistheae Shiino
1933, Pseudione petrolistheae Shiino : 271-273, fig. 8.
1939, Pseudione petrolistheae : Shiino : 81.
1958, Pseudione petrolistheae : Shiino : 30.
19746, Pseudione petrolistheae : Mahkham : 79.
1975, Pseudione petrolistheae : Markham : 263.
Distribution : Japon.
Cette espèce, établie par Shiino (1933), se trouve communément sur les Petrolisthes
japonicus (de Haan) de Seto. Elle est très voisine de Pseudione orientalis et Ps. lenticeps
du même auteur (1933, 1958), qui parasitent des Galathées et ne paraissent guère s’en dis¬
tinguer que par les pléopodes de la femelle (longueur relative des deux rames pour le premier,
forme de ces appendices pour le second).
Pseudione petrolistheae n. ssp. palpitera
Matériel examiné : 1 Ç -J- <J, sur Petrolisthes mililaris (Heller), Amboine, 50 fms, « Danish
Keï Islands Expédition », 1922 (ZMC).
Description
Femelle (fig. 4, a)
Longueur : 5,3 mm ; largeur : 3,2 mm ; pléon : 1,4 mm. Asymétrie : 40°.
Céphalon transversalement ovalaire, non fissuré sur la face dorsale. Lame frontale peu
distincte, sauf sur les côtés où elle forme un lobe chevauchant le premier thoracomère.
Yeux absents. Antennules et antennes comprenant respectivement trois et cinq articles.
Maxillipèdes (fig. 5, a) avec palpe bien développé, séparé par une échancrure et terminé
par deux soies. Bord postérieur pourvu de deux paires de lamelles relativement courtes,
lisses comme la partie médiane.
Péréion. Bosses latérales très peu visibles sur les quatre premiers segments. Plaques
coxales rudimentaires sur les mêmes. Bord post-latéral de ces somites plus long sur le côté
déformé, absent dans les suivants. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 5, b) avec
la moitié antérieure un peu plus importante que l’inférieure ; crête interne ornée de quelques
tubercules proximaux ; le lobe postéro-distal court. Les autres plaques incubatrices ciliées
sur leur bord postérieur, la cinquième paire possédant une frange ; ni crête oostégale ni
granules. Péréiopodes augmentant à peine de longueur vers l’arrière, tous avec bosse au
bord supérieur du basipodite.
Pléon six-segmenté. Plaques latérales peu développées, leur bord latéral arrondi. Pléo¬
podes : cinq paires biramées, ovalaires, en grande partie visibles en vue dorsale et ne recou¬
vrant pas la face médio-ventrale du pléon ; ils diminuent peu de taille et les deux rames
restent égales. Uropodes simples, de même forme et dimension que les derniers pléopodes.
174
ROLAND BOURDON
Mâle (fig. 4, b)
Longueur : 1,3 mm ; largeur : 0,6 mm ; pléon : 0,3 mm.
Céphalon beaucoup plus large que long, bien distinct du thorax. Yeux non figurés.
Antennules et antennes (fig. 5, c) respectivement composées de trois et cinq articles. Maxil-
lipèdes (fig. 5, d) effilés.
Péréion augmentant sensiblement de largeur jusqu’au quatrième segment pour diminuer
ensuite. Péréiopodes (fig. 5, e-f) de taille croissante de PI à P4, leur longueur régressant
dans les deux dernières paires qui ont un dactyle plus court. Pas de tubercules médio-ven-
traux.
Pléon (fig. 5, g) six-segmenté, les somites plus minces que les thoracomères. Pléopodes
représentés par une zone ovoïde légèrement surélevée d’où saillit, dans les quatre premiers
pléonites, une protubérance latéro-interne prononcée. Uropodes absents, mais deux bou¬
quets de soies sur les bords postéro-externes du pléotelson.
Remarques
Le présent spécimen est facilement identifiable à Pseudione petrolistheae Shiino (1933).
Il présente, toutefois, une différence avec la description très complète qu’en a donnée cet
auteur : les maxillipèdes possèdent un palpe. Or ce caractère paraît très important car il
Tableau I. — Caractères distinctifs entre les deux sous-espèces
de Pseudione petrolistheae Shiino.
Caractères Forme typique palpifera n. ssp.
Lame frontale
Maxillipèdes
Lamelles cépha¬
liques
Bosses latérales
Pléopodes
non développée dans le milieu et
formant simplement deux lobes de largeur régulière
latéraux
sans palpe avec palpe bien développé
tuberculées lisses
bien distinctes P eu apparentes
exopodite devenant de plus en plus l es 2 rames égales dans toutes les
court que l’endopodite vers l’ar- paires
rière.
[ Corps
3 fois plus long que large seulement 2 fois plus long que large
^ i Pléopodes tout l’appendice proéminent formant une protubérance latéro-
/ interne prononcée, le reste de
l’appendice peu visible
LES BOPYRES DES PORCELLANES
175
indique chez les espèces qui l’ont conservé un degré d’évolution moins avancé. D’autre
part, c’est un caractère auquel on peut, semble-t-il, se fier, puisqu’il ne manque jamais
dans ces dernières. Sa persistance dans le parasite de Petrolisth.es militaris (Heller) amène
donc à considérer celui-ci comme une sous-espèce distincte.
Le Bopyre de cette Porcellane s’écarte d’ailleurs du Pseudione des P. japonicus (de
Haan) sur plusieurs autres points, dont certains sont peut-être à retenir comme critères
distinctifs (tabl. I).
A signaler que l’hôte était, de plus, infesté par une jeune femelle et un mâle d’Ento-
niscien fortement apparenté, sinon identique, à Entoniscus japonicus Shiino (Pr A. Veil-
let dét.).
Genre APOROBOPYRUS Nobili, 1906
Espèce-type : Aporobopyrus aduliticus Nobili, 1906
Aporobopyrus curtatus (Richardson)
1904, Pseudione curtata Richardson : 80-81, fîg. 72-74.
1905, Pseudione curtata : Richardson : 523, 530-531, fîg. 574-577.
1906, Pseudione curtata : Nobili : 1108.
1920, Pseudione curtata : Van Name : 72.
1923, Pseudione curtata : Nierstrasz et Brender-A-Brandis : 72, 74, 77-78.
1925, Pseudione curtata : Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 3, 7.
1929, Aporobopyrus curtatus : Nierstrasz et Brender-a-Brandis : 12.
1929, Aporobopyrus johannis : Nierstrasz et Brender-a-Brandis : 10-11, fîg. 9-10.
1931, Pseudione curtata : Nierstrasz et Brender-a-Brandis : 169.
1933, Pseudione curtata : Shiino : 271.
1933, Aporobopyrus curtatus : Monod : 227.
1933, Aporobopyrus johannis : Monod : 227.
1934, Aporobopyrus curtatus : Shiino : 267.
1934, Aporobopyrus johannis : Shiino : 267.
1950, Pseudione curta (sic) : Hehre : 18.
1952, Pseudione curtata : Shiino : 41.
1958, Pseudione curtata : Shiino : 35.
1964, Aporobopyrus curtatus : Shiino : 22.
1966, « Bopyrid parasite » : Haig : 355.
1968, Pseudione curtata : Menzies et Glynn : 13.
1969, Pseudione curtata : Schultz : 326, fig. 522.
? 1970, « Bopyrid » : Gore : 963.
1970, Aporobopyrus johannis : Danforth : 9, 54, 149, fig. 3 a-b.
1970, Pseudione curtata : Danforth : 11, 98-99, 152, fig. 32 a-c.
1975, Aporobopyrus curtatus : Markham : 257-265, fig. 1-3.
nec 1966, Aporobopyrus curtatus : Menzies et Frankenberg : 26.
Matériel examiné : les spécimens-types $ -|- (?, sur Petrolisthes galathinus (Bosc), Key
West, Floride (USNM) ; 3 $$ -f- 1 $ et 2 individus juvéniles, sur Porcellana sayana
(Leach), « Calypso », st. 129, 136 et 143, 37-48 m, Brésil, 10/11.XII.1961 (MNHN).
Distribution : Nord-Caroline, Floride, mer des Caraïbes ; Brésil (loc. nov.).
176
ROLAND BOURDON
Redescription de l’holotype
Femelle (fig. 6)
Longueur : 7,5 mm ; largeur : 5,3 mm ; pléon : 1,5 mm. Asymétrie : 14°.
Céphalon presque parfaitement ovale, non fissuré au milieu. Lame frontale extrême¬
ment mince en avant, mais s’élargissant en un petit lobe acuminé de chaque côté de la tête.
Yeux absents. Antennules et antennes paraissant respectivement composées de trois et
Fig. 6. — Aporobopyrus curtatus (Richardson). Ç holotype (les derniers pléopodes étaient enlevés) X 10.
quatre articles, le dernier assez long. Maxillipèdes (fig. 7, a) avec palpe plutôt court orné
de soies. Bord postérieur (fig. 7, b) pourvu de deux paires de lamelles très digitées, l’externe
plus longue que l’interne ; partie médiane concave s’avançant latéralement en trois lobes
tuberculés.
Péréion. Bosses latérales bien distinctes sur les quatre premiers somites. Plaques
coxales étroites sur les mêmes, la première du côté déformé non visible de dessus. Bord
post-latéral distinct dans tous les segments, moins long que les bosses latérales dans la
partie antérieure du corps, encore plus réduit dans les trois derniers péréionites. Marsu¬
pium fermé. Premier oostégite (fig. 7, c) avec la moitié antérieure la plus importante ;
crête interne digitée ; le lobe postéro-distal bien développé et légèrement incurvé. Les
autres plaques incubatrices ornées de soies assez longues à leur bord postérieur, celles de la
cinquième paire formant une frange ; toutes montrent quelques granules sur la face externe,
LES BOPYRES DES PORCELLANES
177
Fig. 7. — Aporobopyrus curtatus (Richardson). $ holotype : a, maxillipède X 15 ; b, bord postéro-ventral
du céphalon X 20 ; c, 1 er oostégite X 14 ; d, péréiopode X 36. — d allotype : e, antennule et antenne
X 89 ; f, maxillipède et maxille X 89 ; g-h, péréiopodes 1 et 7 X 73 ; i, pléotelson X 104. — Second
cj : j, pléotelson X 104.
mais elles ne possèdent pas de crêtes oostégales. Péréiopodes (fig. 7, d) de taille croissante
vers l’arrière ; le propode est mince et le basipodite particulièrement fort ; sur les pattes
du côté déformé, cet article présente une curieuse bosse en pointe sur le bord supérieur.
Pléon six-segmenté. Plaques latérales de plus en plus courtes, lamelleuses, mais retour¬
nées verticalement, ce qui leur donne une apparence tuberculiforme dans la figure de
Richardson (1904). Contrairement à ce qu’indique cet auteur les pléopodes ne sont pas
lisses mais assez tuberculés et leur bord est renflé en un bourrelet charnu. Iïndopodite un
peu plus développé que l’exopodite dans les cinq paires, la longueur des deux rames dimi¬
nuant relativement peu postérieurement. Uropodes simples, semblables en forme et dimen¬
sion aux derniers pléopodes.
Mâle
Longueur : 3,2 mm ; largeur : 1,2 mm ; pléon : 0,8 mm.
Céphalon étroit, distinct du thorax. Yeux présents. Antennules et antennes (fig. 7, e)
comprenant respectivement trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 7, f) effilés.
178
ROLAND BOURDON
Péréion à bords presque parallèles. Péréiopodes (fig. 7, g-h) augmentant légèrement
de taille jusqu’à la troisième paire, diminuant un peu ensuite, le dactyle nettement plus
long dans P1-P3 que dans les pattes suivantes. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon six-segmenté, le dernier somite (fig. 7, i) en losange. Pléopodes ovalaires. Uropodes
absents, mais deux bouquets de soies sur les bords postéro-externes du pléotelson.
Un second mâle se trouvait dans le marsupium de la femelle, parmi les œufs nouvelle¬
ment pondus. De taille plus petite (1,4 mm), il diffère du précédent par le céphalon presque
aussi long que large, la forme trilobée du pléotelson (fig. 7, j) et surtout par les deux pre¬
mières paires de péréiopodes plus développées que les autres.
Variation
Les parasites de Porcellana sayana (fig. 8-9) s’écartent de l’holotype sur les points
suivants :
Fig. 8. —- Aporobopyrus curtatus (Richardson) sur Porcellana sayana (Leach). $ x 19.
Femelle
— Taille de l’adulte : 3,0 et 4,2 mm (rapport L/l du corps = 1,45 et 1,50).
— Lame frontale : latéralement arrondie.
— Bord postérieur du céphalon (fig. 9, b, j) : ayant les lamelles bien moins digitées.
— Premier oostégite (fig. 9, c) : avec la crête interne à peine tuberculée et le lobe postéro-
distal légèrement dirigé en biais.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
179
Fig. 9. — Aporobopyrus curtatus (Richardson) sur Porcellana sayana (Leach). l re $ : a, maxillipède X 37 ;
b, bord postéro-ventral du céphalon X 35 ; c, 1 er oostégite X 37 ; d, péréiopode X 66. — $ : e, vue
dorsale X 28 ; f, antennule et antenne X 113; g, raaxille et maxillipède X 225; h-i, péréiopodes 1 et 7
X 113.— 2 e $ : j, bord postéro-ventral du céphalon X 35. — 3 e $ préadulte : k, palpe du maxilli¬
pède X 130.
— Péréiopodes (fig. 9, d) : pourvus d’une carène basale de type normal, d’ailleurs peu
prononcée.
Mâle
-— Taille de 2,4 mm.
— Dépourvu d’yeux.
180
ROLAND BOURDON
La troisième femelle est une pré-adulte nettement plus étroite, de 2,8 mm sur 1,7 mm
de large. Les lamelles céphaliques sont encore tuberculiformes et le palpe des maxillipèdes
(fig. 9, k) mieux développé.
Deux juvéniles, de 2,2 mm chacun, étaient trouvés dans la cavité branchiale gauche
d’une Porcellane déjà infestée à droite par un couple. Rien ne les distingue du mâle adulte.
Remarques
Nous avons hésité avant de rapporter ces exemplaires à l’espèce de Richardson,
à cause de la conformation si particulière de la bosse des pattes dans l’holotype. Toutefois,
étant donné que Marhkam (1975) a comparé ce dernier avec des parasites de P. sayana
et ne relève pas la différence qui nous avait frappée, sans doute doit-on en déduire que la
forme de cette carène varie beaucoup dans A. curtatus ; son absence occasionnelle a d’ailleurs
été constatée par le même auteur.
Outre les deux Porcellanes ci-dessus mentionnées, Marhkam l’a également signalé
sur Petrolisthes armatus (Gibbes) et P. marginatus (Stimpson), de la Caroline du Nord aux
Barbades. Le parasite, apparemment localisé, se montre très commun à Miami où son taux
d’infestation atteint 40 %.
Ajoutons que, parmi son matériel d’A. curtatus, Marhkam a trouvé des mâles indis¬
cutablement dépourvus de pléopodes et d’autres possédant, au contraire, des tubercules
ventraux très proéminents, ce qui l’amène à douter qu’ Aporobopyrus puisse être considéré
comme un genre séparé de Pseudione Kossmann. Que ces tubercules ou pléopodes repré¬
sentent un critère taxonomique des plus médiocres, c’est ce qui semblait déjà démontré
puisque dans certains Pseudione tout à fait typiques, tel Ps. hyndmanni (B. & W.), ils sont
parfois si peu apparents qu’il est nécessaire de vider les spécimens pour déceler leur empla¬
cement 1 . Cependant, si ce caractère parait sans valeur, en conclure qu Aporobopyrus doit dis¬
paraître en tant que genre et que ses espèces doivent passer dans Pseudione serait pour le moins
prématuré. En fait, les Aporobopyrus correspondent seulement à quelques formes de Pseu¬
dione ; mais celles-ci sont-elles à leur véritable place, classées dans le genre de Kossmann ?
C’est ce dont il conviendrait, au préalable, de s’assurer.
Après avoir examiné un certain nombre de représentants des deux genres, nous pensons
non seulement qu 'Aporobopyrus est parfaitement valable, mais qu’il faudra y inclure au
moins les Pseudione apparentés à Ps. petrolistheae Shiino, et peut-être même les Parione
des Porcellanes. Toutefois, comme déjà dit dans l’introduction, nous ne pouvons anticiper
tant que le complexe Pseudione n’aura pas été entièrement revu.
Aporobopyrus aduliticus Nobili
1906, Aporobopyrus aduliticus Nobili : 1106-1108, fig. 4 a-f.
1929, Aporobopyrus aduliticus : Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 10-12.
1934, Aporobopyrus aduliticus : Shiino : 267.
1939, Aporobopyrus aduliticus : Shiino : 86.
1964, Aporobopyrus aduliticus : Shiino : 22.
1. Raison pour laquelle ce caractère “générique” n’était pas inclus dans notre clé des Pseudioninae
européens (Bourdon, 1968).
LES BOPYRES DES PORCELLANES
181
1975, Aporobopyrus aduliticus : Markham : 260,265.
nec 1933, Aporobopyrus aduliticus : Monod : 224-227, fig. 47-49.
Distribution : mer Rouge.
Cette forme, trouvée sur un Petrolisthes rufesccns Heller, par Nobili (1905), partage
avec A. parvus Shiino (1939) la particularité de posséder des plaques coxales bien déve¬
loppées sur le côté déformé du thorax.
Aporobopyrus oviformis Shiino
1934, Aporobopyrus oviformis Shiino : 265-267, fig. 4.
1964, Aporobopyrus oviformis : Shiino : 19.
1970, Aporobopyrus oviformis : Danforth : 9, 41, 55-56, 149, fig. 4 a-c.
1975, Aporobopyrus oviformis : Markham : 265.
Matériel examiné : 1 Ç -(- çj syntypes, sur Petrolisthes coccineus (Owen), Seto (SMBL).
Distribution : Japon, Californie.
Fig. 10. — Aporobopyrus oviformis Shiino. Syntype $ X 11.
359 , 2
182
ROLAND BOURDON
Description
Les spécimens différant quelque peu des types, nous donnerons la figure du couple,
en même temps que les additifs pouvant être apportés à la diagnose.
Femelle (fig. 10)
Longueur : 8,0 mm ; largeur : 5,5 mm ; pléon : 2,1 mm. Asymétrie : 23°.
Céphalon. Lame frontale présentant deux petites fissures sur le bord antérieur. Anten-
nules et antennes respectivement composées de trois et quatre articles, le segment basilaire
de ces dernières très allongé et montrant une apophyse antéro-externe. Maxillipèdes (fig. 11, a)
Fig. 11. — Aporobopyrus ovi/ortnis Shiino. $ : a, partie antérieure du maxillipède X 26; b, bord postéro-
ventral du céphalon X 23 ; c, 1 er oostégite X 17 ; d, péréiopode X 33. — (J : e, vue dorsale X 17 ;
f, antennule et antenne x 69 ; g, maxillipèdes X 126 ; h-i, péréiopodes 1 et 7 X 60.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
183
avec palpe triangulaire court. Bord postérieur (fig. 11, b) pourvu de deux paires de lamelles
tuberculées ; la partie médiane également ornée de tubercules et de digitations, sauf au
centre.
Péréion. Bord postéro-latéral des segments I-IV plus ou moins arrondi en arrière et
chevauchant légèrement les bosses latérales suivantes. Premier oostégite (fig. 11, c) avec
la partie antérieure la plus courte ; crête interne aux trois quarts digitée ; lobe postéro-
distal très développé, atteignant presque la moitié de la longueur de la partie postérieure
de l’appendice. Les autres plaques incubatrices ciliées sur leur bord inférieur, les cinquièmes
avec frange ; pas de crête oostégale, mais leur face externe granuleuse. Péréiopodes (fig. 11, d)
augmentant légèrement de taille vers l’arrière, seuls ceux du côté déformé portent une
bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon. Pléopodes avec l’endopodite plus grand que l’exopodite dans les deux premières
paires, les deux rames devenant égales dans les derniers segments. Uropodes un peu plus
courts que les cinquièmes pléopodes.
Mâle (fig. 11, e)
Longueur : 3,5 mm ; largeur : 1,3 mm ; pléon : 0,9 mm.
Céphalon très peu distinct du thorax. Antennules et antennes (fig. 11, f) comprenant
respectivement trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 11, g) effilés.
Péréion. Péréiopodes (fig. 11, h-i) 1 et 2 un peu plus grands que les autres paires, leur
basipodite plus court que le propode muni d’un dactyle très développé ; à partir de P3,
l’article basilaire des pattes devient plus long que le propode, lequel est moins important
et porte un dactyle plus réduit. Un tubercule médio-ventral en pointe sur les thoraco-
mères 11-VII ; ils sont redressés verticalement, sauf le dernier dirigé en biais vers l’avant.
Pléon cinq-segmenté, les deux derniers pléomères étant fusionnés ensemble, quoique
leur limite reste visible latéralement. Un tubercule médio-ventral sur le bord antérieur
du premier pléonite, semblable en position à celui du septième péréionite, mais plus émoussé.
Pléopodes : cinq paires représentées par des zones ovoïdes non proéminentes. Uropodes
absents.
Variation
L’examen de ces syntypes apporte donc des renseignements intéressants sur la varia¬
bilité de l’espèce. En l’occurrence, le contour de la partie antérieure du céphalothorax de
la femelle peut se montrer moins régulier que dans l’holotype et, d’autre part, le mâle
peut avoir les deux derniers pléonites en grande partie soudés.
Remarques
Aporobopyrus oviformis Shiino (1939) paraît très voisin de A. ryukyuensis décrit en
même temps par cet auteur. Chez cette dernière espèce, le mâle possède également des
tubercules médio-ventraux, mais ceux-ci diffèrent par leur position ; de plus, il a les P1-P2
beaucoup plus développés et le corps se rétrécissant moins vers l’arrière. Par ailleurs,
la forme du lobe postéro-distal du premier oostégite chez la femelle constitue peut-être
aussi un caractère distinctif entre les deux Bopyres.
184
ROLAND BOURDON
Aporobopyrus parvus Shiino
1939, Aporobopyrus parvus Shiino : 84-87, fig. 5-6.
1964, Aporobopyrus parvus : Shiino : 22.
1975, Aporobopyrus parvus : Markham : 263,265.
Distribution : Japon.
Remarques
Parasite d’un Pisosoma sp. des îles Ryùkyû. D’après Shiino (1939), cette forme se
distingue de l’espèce-type par l’absence de palpe aux maxillipèdes, le bord latéral des
péréionites entier sur le côté non déformé, ainsi que par les pléopodes et, notamment, les
uropodes beaucoup plus courts.
Aporobopyrus ryukyuensis Shiino
1939, Aporobopyrus ryukyuensis Shiino : 81-84, fig. 3-4.
1942, Aporobopyrus ryukyuensis : Shiino : 441.
1975, Aporobopyrus ryukyuensis : Markham : 264-265.
Distribution : Palao, Ryùkyû.
Matériel examiné : 2 -|- 1 <$, sur Petrolisthes fimbriatus Borradaile, Ngadark et Ngare-
mediu Reefs, îles Palau, F. M. Bayer et ail. coll, août 1955 (USNM).
Description
Femelle (fig. 12, a)
Longueur : 3,5 mm ; largeur : 2,2 mm ; pléon : 0,8 mm. Asymétrie : 25°.
Céphalon assez large, non fissuré sur la face dorsale. Lame frontale étroite et peu dis¬
tincte, ses bords latéraux légèrement acuminés. Yeux visibles. Antennules triarticulées,
antennes paraissant constituées de quatre segments. Maxillipèdes (fig. 13, a) terminés
par un palpe sétacé bien séparé du reste de l’appendice. Bord postérieur (fig. 13, b) possé¬
dant deux paires de lamelles, l’externe effilée, plus longue que l’interne qui présente un
renflement près de la base ; la partie médiane avec un tubercule et quelques minces digi¬
tations.
Péréion. Bosses latérales peu proéminentes sur les quatre premiers segments. Plaques
coxales rudimentaires sur les mêmes. Bord latéral des trois derniers thoracomères non divisé
par une scissure. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 13, c) avec les deux moitiés
égales ; crête interne digitée ; le lobe postéro-distal très avancé. Les paires suivantes, sans
LES BOPYRES DES PORCELLANES
185
b
Fig. 12. — Aporobopyrus ryukyuensis Shiino. a, ? X 22 ; b, $ X 29.
crête oostégale et ciliées sur leur bord postérieur, la cinquième pourvue d’une frange et
recouverte de granules. Péréiopodes augmentant de longueur vers l’arrière ; seuls P4-P7
du côté déformé ayant une bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon six-segmenté. Plaques latérales courtes et arrondies. Pléopodes : cinq paires
biramées de longueur décroissante, largement visibles en vue dorsale et laissant apparente
la majeure partie de l’abdomen ; l’endopodite est plus développé que l’exopodite dans
la première paire et porte quelques tubercules, les deux rames sensiblement égales dans
les appendices suivants. Uropodes uniramés, plus courts et plus minces que les derniers
pléopodes.
Mâle (fig. 12, b)
Longueur : 1,8 mm ; largeur : 0,8 mm ; pléon : 0,4 mm.
Céplialon très élargi, peu arrondi en avant et plus ou moins fusionné avec le thorax
dans sa partie médiane. Yeux présents. Antennules et antennes (fig. 13, d) comprenant
respectivement trois et six articles. Maxillipèdes (fig. 13, e) triangulaires, surmontés d’un
poil court, aussi larges que les maxilles dont ils sont assez écartés.
Pêréion avec les deux premiers segments égaux, diminuant de largeur ensuite ; les
bords latéraux sont anguleux. Péréiopodes (fig. 13, f-g) avec propode et dactyle particu¬
lièrement développés dans P1-P2. Un petit tubercule médio-ventral, d’ailleurs peu saillant,
à partir du deuxième thoracomère.
Pléon six-segmenté, le premier somite légèrement plus large que le dernier segment
186
ROLAND BOURDON
Fig. 13. — Aporobopyrus ryukyuensis Shiino. Ç : a, maxillipède X 70 ; b, bord postéro-ventral du céphalon
X 23 ; c, 1 er oostégite X 70. — : d, antennule et antenne x 109; e, maxillipède X 245; f-g, péréio-
podes 1 et 7 X 79 ; h, pléonites 4-6 X 85.
thoracique. Pléopodes (fig. 13, h) représentés par une zone chitineuse ovoïde. Pas d’uropodes,
mais quelques soies courtes de chaque côté du pléotelson.
Variation
Femelle
•— Pléopodes : Shiino (1939) précise que l’endopodite est plus grand que l’exopodite
dans toutes les paires. Seul celui du premier pléopode est plus développé dans nos
exemplaires, les deux rames devenant égales dans les suivants, ce qui peut s’expliquer
par la petite taille des présents Bopyridae (3,5 et 2,9 mm) comparativement à celle de l’holo-
type (6,2 mm).
— Péréiopodes : plus intéressant est de constater que, dans la seconde femelle examinée
ce sont les trois dernières pattes du côté non déformé qui possèdent une hosse au basipodite,
alors que, dans la première, celle-ci se trouve placée sur P4-P7 du côté déformé.
Mâle
Mis à part le nombre d’articles aux antennes (6 au lieu de 4), il convient de noter que
la diagnose indique l’absence de tubercules médio-ventraux, lesquels existent dans l'indi-
LES BOPYRES DES PORCELLANES
187
vidu ci-dessus décrit ; mais ils n’ont été distingués qu’après éclaircissement du spécimen,
ce qui est le cas également pour la zone ovoïde délimitant l’emplacement des pléopodes.
Remarques
Aporobopyrus ryukyuensis Shiino (1939) est actuellement connu sur quatre Porcellanes
du genre Petrolisthes : P. hastatus Stimpson et P. asiaticus Leach (= P. akeyamensis Miyaké)
aux îles Ryûkyû, P. lamarcki (Leach) et P. fimbriatus Rorradaile aux îles Palau. Le déve¬
loppement considérable des deux premiers périopodes du mâle permet facilement d’identi¬
fier l’espèce.
Signalons que la seconde femelle (sans mâle) contenait dans son marsupium un Cabi-
rops.
Aporobopyrus muguensis Shiino
1964, Aporobopyrus muguensis Shiino : 20-22, fig. 1.
1969, Aporobopyrus muguensis : Schultz : 315, fig. 500 b.
1970, Aporobopyrus muguensis : Danforth : 9, 41, 54, 149, fig. 3 c-e.
1975, Aporobopyrus muguensis : Markham : 265.
Distribution : Californie.
Connu par un couple, récolté sur Pachycheles rudis Stimpson, à Point Mugu. Shiino
(1964) note que son parasite diffère de tous les autres Aporobopyrus par les plaques coxales
de la femelle, seulement présentes sur le côté déformé des troisième et quatrième péréio-
nites, et par le pléotelson bilobé du mâle.
« Aporobopyrus gracilis » de Lemos de Castro
1965, Aporobopyrus gracilis : Lemos de Castro : 178-180, fig. 1-10.
? 1972, Aporobopyrus gracilis : Coelho et Koening : 256.
1975, Aporobopyrus gracilis : Markham : 264-265.
Matériel examiné : les spécimens-types $-)-(? d’ Aporobopyrus gracilis Nz. & Rr. Rr.
(ZMC).
Remarques
Lemos de Castro (1965) a rapporté à l’ Aporobopyrus gracilis Nierstrasz et Brender-à-
Rrandis (1929), parasite d’une Galathea intermedia Lilljeborg 1 de Dakar, un Bopyre infes¬
tant Petrolisthes armatus (Gibbes) et P. galathinus (Bosc) au Brésil. Grâce aux figures pré¬
cises des principaux caractères taxonomiques présentés par les deux sexes, dont cet auteur
n’a pas omis d’accompagner la description de ses exemplaires, il s’avère, toutefois, que
ceux-ci s’écartent des spécimens-types sur un certain nombre de points (tabl. II).
1. Signalée comme Galathea sp. par les deux auteurs hollandais ; la détermination spécifique de l’hôte
est de M me de Saint-Laurent.
188
ROLAND BOURDON
Tableau II. — Caractères distinctifs entre V Aporobopyrus de Lemos de Castro
et A. gracilis Nz. & Br. Br.
Caractères
A. gracilis Nz. & Br. Br.
Espèce de Lemos de Castro
Maxillipèdes
Bord postérieur du
céphalon
Ç Bord latéral des pé-
réionites 5-7
Péréiopodes
Pléopodes
Thorax
avec palpe
les 2 paires de lamelles subégales
et lisses ; la partie médiane peu
tuberculée
fissuré dans les 3 segments
mérus plutôt massif ; propode et
dactyle dépourvus de soies
endopodite > exopodite
augmentant de largeur jusqu’au
3 e segment, diminuant ensuite
sans palpe
lamelle externe très rudimentaire,
l’interne digitée de même que
la partie médiane
fissuré seulement sur le côté dé¬
formé, entier sur l’autre
mérus relativement mince ; pro¬
pode et dactyle avec de longues
soies sur leur bord supérieur
les 2 rames égales
segments 1-4 égaux, les suivants
diminuant de largeur
Péréiopode 1 propode à peine plus long que
dans P7
propode nettement plus dévelop¬
pé que dans P7
Ces différences, et notamment l’absence de palpe aux maxillipèdes, la réduction très
importante des lamelles céphaliques externes, les digitations des lamelles internes et du
bord médian de la tète, ainsi que les curieuses soies insérées à l’extrémité des pattes de la
femelle (chétotaxie inattendue notée pour la première fois chez un Bopyridae), constituent
des particularités morphologiques suffisantes pour ne pas laisser le parasite brésilien dans
A. gracilis.
Cet Aporobopyrus ressemble beaucoup à VA. curtatus (Richardson, 1904), lequel infeste
d’ailleurs les mêmes hôtes. Cependant, d’après Markham (1975) qui a eu l’occasion de
voir certains des spécimens de Lemos de Castro, ces derniers appartiennent à une espèce
différente. Cette forme étant commune, on peut donc espérer que son statut spécifique
sera prochainement rectifié.
Aporobopyrus dollfusi Bourdon
1933, Aporobopyrus aduliticus : Monod : 224-227, fig. 47-49.
(Sous presse), Aporobopyrus dollfusi Bourdon.
Distribution : mer Rouge.
i . Par suite d’une erreur, la légende des figures de Lemos de Castro désigne la P7 de la femelle comme
étant celle du mâle.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
189
Commun sur Aliaporcellana suluensis (Dana) et A. quadrilobata (Miers), cette espèce
est l’un des rares Aporobopyrus chez lesquels le palpe des maxillipèdes fasse complète¬
ment défaut. Seuls A. parvus Shiino et VA. gracilis de Lemos de Castro en sont égale¬
ment dépourvus. Mais A. dollfusi se distingue du premier par ses plaques coxales rudi¬
mentaires et du second par le bord postéro-ventral du céphalon sans tubercules.
Aporobopyrus sp.
Matériel examiné : 1 Ç -)- sur Pachycheles sculptus (H. M. Edwards), golfe de Davao,
Philippines, « Albatross », st. 5249, 18.V.1908 (USNM).
Description
Femelle (fig. 14, a)
Cette femelle se trouvait en très mauvais état, le pléon ainsi que la face ventrale de la
tête étant endommagés.
Longueur : environ 2,7 mm.
Céphalon légèrement ovalaire. Lame frontale étroite et peu distincte. Antennules et
antennes paraissant triarticulées.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales rudimentaires
sur le côté court des mêmes segments ; sur le côté déformé, elles sont au nombre de sept,
de plus en plus développées vers l’arrière. Marsupium fermé. Oostégites 2-5 sans crête oosté-
gale ni granules, la cinquième paire avec frange. Péréiopodes de taille croissante, leur lon¬
gueur doublant presque entre P3 et P4 ; seules les pattes du côté déformé portent une
bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon avec les pléopodes relativement petits, les deux rames sensiblement égales.
Uropodes simples, beaucoup plus importants que les derniers pléopodes.
Mâle (fig. 14, b)
Longueur : 2,0 mm ; largeur : 0,8 mm ; pléon : 0,5 mm.
Céphalon très peu distinct du thorax, son bord antérieur à peine convexe. Yeux non
visibles. Antennules et antennes (fig. 14, c) comprenant respectivement trois et cinq articles.
Maxillipèdes en ogive.
Péréion diminuant régulièrement de largeur à partir du deuxième thoracomère. Péréio¬
podes (fig. 14, d-f) : P1-P2 nettement plus grands que les autres pattes, leur basipodite
beaucoup plus court que le propode, lequel est muni d’un dactyle puissant ; dans P3, les
deux derniers articles sont moins développés et le basipodite devient de même longueur
que le propode ; il tend même à le dépasser dans les paires postérieures. Un tubercule médio-
ventral sur chacun des péréionites.
Pléon six-segmenté. Pléopodes représentés par une zone ovoïde non ressortie. Pas
d’uropodes, mais les bords postéro-externes du pléotelson avec un bouquet de soies.
190
ROLAND BOURDON
Fig. 14. — Aporobopyrus sp. sur Pachycheles sculptus (H. M. Edwards). Ç : a, vue dorsale X 29. — (J :
b, vue dorsale X 27 ; c, antennule et antenne X 39 ; d-f, péréiopodes 1, 3 et 7 X 78.
Remarques
Malgré que la femelle soit incomplète, ses plaques coxales 1-4 peu développées et le
pléon du mâle à six segments dépourvu de pléopodes bien constitués permettent de penser
que le parasite de Pachycheles sculptus (H. M. Edwards) doit vraisemblablement apparte¬
nir au genre Aporobopyrus.
La grande taille des deux premières paires de péréiopodes du mâle le rapproche, en
tous cas, beaucoup d ’A. ryukyuensis Shiino (1939), dont il s’écarte, cependant, par trois
caractères notables : ($) plaques coxales 1-5 du côté déformé, de plus en plus importantes
vers l’arrière, uropodes très développés comparativement aux pléopodes postérieurs ;
(cj) tubercules médio-ventraux saillants.
Il y a donc quelque probabilité pour que ce Bopyridae soit nouveau ; mais, étant donné
LES BOPYRES DES PORCELLANES
191
que tous les renseignements essentiels concernant sa morphologie ne peuvent être fournis,
nous nous abstiendrons de le nommer.
Genre PLEUROCRYPTOSA Nz. & Br. Br., 1929
Espèce-type : Pleurocryptosa megacephaton Nz. & Br. Br., 1929
Pleurocryptosa megacephalon Nz. & Br. Br.
1929, Pleurocryptosa megacephalon Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 9-10, fig. 6-8.
1972, Pleurccrypta (sic) megacephalon : Danforth : 1-2.
Matériel examiné : l’holotype ($ -f- çj), sur Porcellanidae, Koh Kram, Siam (ZMC).
Distribution : golfe de Siam.
Description
La diagnose originale de Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1929) peut être complétée
par les indications suivantes :
Femelle
Céphalon. Bord postérieur présentant une paire de très petites lamelles digitiformes,
la deuxième paire (l’interne) non décelée. Maxillipèdes (fig. 15, a) pourvus d’un palpe bien
défini.
Péréion. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 15, b) avec la moitié antérieure
la plus longue ; crête interne montrant quelques tubercules proximaux ; le lobe postéro-
distal bien développé, légèrement incurvé. Plaques incubatrices 2-4 de plus en plus grandes,
les cinquièmes munies d’une frange ; ni crête oostégale ni granules. Péréiopodes (fig. 15, c)
augmentant de taille vers l’arrière, sans bosse au basipodite.
Pléon. Premier pléopode du côté déformé plus important que les autres.
Mâle
Céphalon. Antennules et antennes (fig. 15, d) comprenant respectivement trois et six
articles. Maxillipèdes coniques.
Péréion. Péréiopodes (fig. 15, e-g) : P1-P2 très forts, leur basipodite plus court que le
propode qui porte un dactyle puissant ; à partir de P3, les deux derniers articles sont beau¬
coup moins développés et la longueur du basipodite tend à dépasser celle du propode. Sur
chaque thoracomère, des squames concentriques sont visibles à l’emplacement des tuber¬
cules médio-ventraux.
Pléon (fig. 15, h). Pléopodes représentés par une zone ovoïde peu proéminente. Pas
d’uropodes, mais un bouquet de soies sur l’un des bords postéro-externes du pléoteison.
192
ROLAND BOURDON
Fig. 15. — Pleurocryptosa megacephalon Nz. & Br. Br. $ holotype : a, maxillipède X 40 ; b, 1 er oostégite
X 40 ; c, péréiopode 1 X 109. — (J allotype : d, antennule, antenne et maxillipède X 40; e-g, péréio-
podes 1, 3 et 7 X 40 ; h, pléon, vue ventrale X 40.
Remarques
A s’en rapporter à la diagnose, la seule caractéristique de Pleurocryptosa se borne
à la présence de pléopodes tuberculiformes chez le mâle. En fait, ces appendices se montrent
aussi rudimentaires que dans certaines espèces d’Aporobopyrus ou de Pseudione. Il ne peut
donc être retenu. Néanmoins, il est possible que le genre soit à conserver à cause du déve¬
loppement considérable du céphalon dans la femelle adulte. Ce caractère constitue d’ailleurs
un élément de détermination assez subjectif, à moins de calculer la surface de la tête et
celle du corps (face dorsale), pratique peu en usage en systématique mais à laquelle nous
nous sommes astreint pour plus de précision. Résultat : dans PL megacephalon, les propor¬
tions du segment céphalique représentent environ le sixième du corps ; chez VAporoho-
pyrus qui s’en rapproche le plus sous ce rapport, c’est-à-dire A. gracilis Nz. & Br. Br.,
seulement un peu plus du huitième. Sans nous convaincre, la différence se montre toute¬
fois trop sensible pour être négligée, de plus, étant donné que nous ne connaissons encore
que deux spécimens de Pleurocryptosa, il paraît donc plus prudent de garder le genre en
attendant que de nouvelles récoltes confirment ou non que l’on doit admettre ce critère.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
193
Pleurocryptosa calypso n. sp.
1966, Bopyridae : Haig : 353.
Matériel examiné : 1 Ç -|- sur Pachycheles ackleianus (A. Milne Edwards) « Calypso »,
st. 1, 7°29'S-34°30'W, Brésil, 45 m, 16.XI.6l (MNHN).
Description
Femelle (fig. 16)
Longueur : 1,6 mm ; largeur : 1,2 mm ; pléon : 0,3 mm. Asymétrie : 17°.
Céphalon très développé, légèrement plus large que long. Lame frontale plutôt étroite,
légèrement trilobée. Yeux présents. Antennules et antennes comprenant respectivement
trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 11, a) dépourvus de palpe. Bord postérieur avec
deux paires de lamelles relativement courtes, les internes digitiformes, lisses comme la partie
médiane.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales rudimentaires
r les mêmes. Partie postlatérale distincte seulement sur ces péréionites où elle atteint
au plus la longueur des bosses latérales ; dans les thoracomères suivants, le bord latéral
est entier. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 17, b) avec la moitié antérieure la plus
courte ; crête interne sans tubercules ; le lobe postéro-distal bien développé. Les autres
194
ROLAND BOURDON
plaques incubatrices ciliées sur leur bord postérieur, la cinquième paire munie d’une frange ;
ni crête oostégale ni granules. Péréiopodes augmentant de longueur vers l’arrière ; seuls
P3-P7 du côté déformé ayant une bosse au bord supérieur du basipodite ; de forme d'abord
convexe, celle-ci devient triangulaire dans la dernière patte.
Pléon six-segmenté. Plaques latérales courtes. Pléopodes : cinq paires biramées, lar¬
gement visibles en vue dorsale et de taille décroissante. L’endopodite est nettement plus
grand que l’exopodite dans les paires antérieures, les deux rames tendant à devenir de même
longueur dans les segments suivants. Uropodes simples et inégaux.
Fig. 17. — Pleurocryptosa calypso n. sp. $ : a, maxillipède et lamelle céphalique externe X 89 ; b, 1 er oosté-
gite X 75. — (J : c, face dorsale X 53 ; d, antennule et antenne X 163 ; e, maxille et maxillipède X 268 ;
f-g, péréiopodes 1 et 7 X 178.
Mâle (fig. 17, c)
Longueur : 1,2 mm ; largeur : 0,4 mm ; pléon : 0,3 mm.
Céphalon arrondi en avant, bien séparé du thorax. Yeux présents. Antennules et
antennes (fig. 17, d) respectivement composées de trois et six articles. Maxillipèdes (fig. 17, e)
coniques.
Péréion à bords presque parallèles. Péréiopodes (fig. 17, f-g) de taille régressive ; P1-P2
avec un grand dactyle acéré ; cet article est plus court dans P3 et diminue encore dans les
pattes postérieures où il devient obtus. Pas de tubercules médio-ventraux.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
195
Pléon six-segmenté, le troisième somite tronqué à gauche. Pléopodes ovalaires, peu
saillants. Uropodes absents, le pléotelson (qui paraît d’ailleurs malformé) présentant seu¬
lement un bouquet de soies sur l’un de ses bords postéro-externes.
Remarques
La femelle étant ovigère, la grosseur du céphalon peut donc être retenue comme le
caractère le plus marquant du parasite de Pachycheles ackleianus (A. Milne Edwards).
Cette particularité le place évidemment aux côtés de Pleurocryptosa megacephalon Nz.
& Br. Br. (1929) du golfe de Siam, avec lequel il présente d’ailleurs les plus étroites ana¬
logies par beaucoup d’autres détails de sa structure. C’est ainsi ([lie le mâle ne s’en distingue
pratiquement pas. Mais, pour la femelle, on constate cependant un certain nombre de diffé¬
rences non négligeables (tabl. III).
Tableau III. — Caractères distinctifs entre les ÇÇ
de Pleurocryptosa megacephalon Nz. & Br. Br. et PL calypso n. sp.
Caractères
PI. megacephalon Nz. & Br. Br.
PI. calypso n. sp.
Lame frontale
non distincte
bien distincte
Maxillipèdes
avec palpe
sans palpe
Plaques coxales du
côté déformé
sur le 3 e péréionite
sur les péréionites I-IV
Péréiopodes
pas de bosse
une bosse sur P3-P7 du côté déformé
Pléopodes 1-3
les 2 rames égales
endopodite > exopodite
Jointes à l’éloignement géographique considérable des deux Bopyres, elles semblent
même de nature à faire considérer le parasite de la « Calypso » comme une forme nouvelle.
L’absence de palpe aux maxillipèdes indique qu’il s’agit au moins d’une sous-espèce. Comme
à ce critère s’ajoute la possession d’une bosse à certains péréiopodes, nous lui attribuerons
plutôt un rang spécifique ; mais que ce caractère ait autant de valeur demanderait, toute¬
fois, confirmation. Quoiqu’il en soit, l’important est de ne pas confondre les deux Pleu¬
rocryptosa.
Genre PARIONE Richardson, 1910
Espèce-type : Pseudione paucisecta (Richardson, 1904)
Parione pachychelii Shiino
1950, Parione pachychelii Shiino : 157-159, fig. 3.
196
ROLAND BOURDON
Distribution : Japon.
Sur les Pachycheles stevensii (Stimpson), de Seto. Ses caractéristiques seront ci-après
mentionnées à propos des nouvelles espèces incluses dans le genre Parione.
Parione pisidiae n. sp.
Matériel exaiMiné : 10 $$ + 9 sur Pisidia dispar (Stimpson), 15 milles N. W. G. Ger-
vis, 17 fins, South Australia ; 1 Ç, même hôte, Kangaroo Islands, 17 fms, 13.VIII. 1909,
South Australia (AMS).
Description
Femelle (fig. 18, a)
Longueur : 3,6 mm ; largeur : 2,1 mm ; pléon : 0,8 mm. Asymétrie : 14°.
Céphalon plutôt arrondi. Lame frontale bien distincte seulement sur les bords latéraux
où elle s’avance en un lobe triangulaire. Yeux non apparents. Antennules et antennes triar-
ticulées. Maxillipèdes (fig. 19, a) avec palpe. Bord postérieur pourvu d’une paire de lamelles
externes bien définies, les internes représentées par une simple saillie (celle de gauche divisée
Fig. 18. — Parione pisidiae n. sp. a, $ X 22 ; b, X 35.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
197
en deux par une scissure) ; la partie médiane avancée, concave et séparée des rudiments
de lamelles internes par une grande échancrure.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers segments. Plaques coxales très peu
développées sur les mêmes. Bord latéral des trois derniers somites entier. Marsupium fermé.
Premier oostégite (fig. 19, b) avec la moitié antérieure la plus grande ; crête interne lisse ;
Fig. 19. — Parione pisidiae n. sp. $ : a, maxillipède X 37 ; b, 1 er oostégite X 35 ; c, pléon, face ventrale
X 41. — (J : d, antennule et antenne X 194; e, maxille et maxillipède X 311 ; f-g, péréiopodes 1 et 7
X 129 ; h, pléon, face ventrale X 100. — Ç préadulte : i, face dorsale X 24 ; j, palpe du maxillipède X 68.
— Variation : k, bord antéro-externe du maxillipède X 68 ; I, lobe postéro-distal du 1 er oostégite
X 59. —- Variation £ $ : m, pléon, face ventrale X 100 ; n, malformation du thorax X 40.
359, 3
198
ROLAND BOURDON
le lobe postéro-distal assez court. Les autres plaques incubatrices sans crête oostégale,
légèrement granuleuses sur la face externe et ciliées sur leur bord postérieur, sauf la cin¬
quième paire qui porte une frange. Péréiopodes augmentant de taille jusqu’à P6, la dernière
paire plus petite que les pattes précédentes ; tous avec une bosse au bord supérieur du
basipodite.
Pléon (fîg. 19, c) de six segments. Plaques latérales courtes et arrondies. Pléopodes :
cinq paires biramées, largement visibles en vue dorsale et laissant la face ventrale de l’abdo¬
men en grande partie découverte ; l’endopodite est plus long que l’exopodite dans tous les
segments. Uropodes simples, un peu plus grands que les derniers pléopodes.
Mâle (fig. 18, b)
Longueur : 1,4 mm ; largeur : 0,6 mm ; pléon : 0,3 mm.
Céphalon distinct du thorax, beaucoup plus large que long, son bord antérieur à peine
convexe. Yeux absents. Antennules et antennes (fig. 19, d) comprenant respectivement
trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 19, e) eililés.
Péréion s’élargissant vers le quatrième segment. Péréiopodes (fig. 19, f-g) avec le dac¬
tyle un peu plus développé et aigu dans les trois premières paires ; P2 légèrement plus
grande que PI, les pattes suivantes diminuant à peine de longueur. Pas de tubercules
médio-ventraux.
Pléon (fig. 19, b) einq-segmenté. Pléopodes ovalaires, bien distincts dans les trois
premiers somites, seulement représentés par une zone ovoïde non saillante dans les deux
derniers. Uropodes absents.
Femelle préadulte (fig. 19, i)
Longueur : 2,8 mm. Ce stade se distingue de l’adulte par sa forme plus étroite (L/l du
corps = 1,80), le céphalon plus important et surtout le pléotelson bifurqué dont les uropodes
ne sont pas encore individualisés. Le palpe des maxillipèdes (fig. 19, j) est plus développé
et porte des soies ; la bosse des péréiopodes et le lobe postéro-distal du premier oostégite
sont déjà constitués, de même que la frange des cinquièmes plaques marsupiales, mais
ces dernières ne dépassent pas encore la longueur des oostégites précédents. D’autre part,
les lames incubatrices sont plus granuleuses. Ce spécimen n’avait pas de mâle.
Variation
Femelle
— Taille de l’adulte : 2,1 à 3,6 mm, le corps étant plus ou moins étroit (L/l = 1,53
à 1,71).
— Maxillipèdes : palpe toujours rudimentaire et pratiquement inerme (sauf chez
la femelle préadulte). Dans un des exemplaires, un de ces appendices a l’angle antéro-
externe presque bilobé (fig. 19, k).
— Lamelles céphaliques (fig. 20) : jamais bien développées, souvent elles se réduisent
même à deux paires de tubercules. Dans un individu celles de gauche manquent complè¬
tement (peut-être par suite d'une lésion).
LES BOPYRES DES PORCELLANES
199
Fig. 20. — Parione pisidiae n. sp. Variation du bord postéro-ventral du céphalon chez la ? X 51.
— Premier oostégite (fig. 19, 1) : le lobe postéro-distal peut être plus aigu que dans,
l’holotype.
— Pléopodes : endopodite parfois à peine plus grand que l’exopodite, surtout dans
les paires postérieures.
— Uropodes : le plus souvent plus larges que la rame externe des derniers pléopodes.
Mâle
— Antennes : invariablement composées de cinq articles, mais leur longueur varie
un peu.
— Tubercules médio-ventraux : des squames concentriques apparaissent à leur empla¬
cement après éclaircissement des spécimens.
— Pléon : sur les dix mâles examinés, quatre ont l'abdomen constitué de six segments,
mais le pléotelson reste cependant plus ou moins soudé avec le somite précédent ; dans un
seul cas, il était nettement individualisé (fig. 19, m). Chez les individus à pléon cinq-seg-
menté il y a toujours cinq paires de pléopodes.
— Malformation (fig. 19, n) : dans un mâle, les trois derniers péréionites sont fusionnés
ensemble dans leur moitié droite ; la P7 correspondante manque tandis que la P6 est repré¬
sentée par un moignon de basipodite. Le premier pléopode du même côté est également
réduit.
Renseignements biologiques
L’espèce infeste les deux sexes de l’hôte et se fixe indifféremment à droite ou à gauche.
Une des Porcellanes mâle était féminisée, mais on ne peut dire s’il s’agit d’une conséquence
du parasitisme, une autre, indemne, l’étant également.
Les œufs ont un diamètre de 0,14 mm et, dans les femelles les plus petites (2,2 à
2,6 mm), la fécondité varie entre 180 et 460 œufs.
Remarques
Bien que l’extrême variabilité du nombre des pléonites constatée chez le mâle de plu-
200
ROLAND BOURDON
sieurs Pseudioninae rende plutôt sceptique sur la valeur générique de ce caractère, la ten¬
dance à la fusion des deux derniers pléomères paraissant manifeste dans le Bopyre des
Pisidia dispar (Stimpson), nous le classerons dans Parione Richardson, lequel comprend
trois espèces : P. paucisecta (Richardson, 1904), P. lamellata Richardson (1910) et P. pachy-
chelii Shiino (1950).
La femelle se distingue immédiatement de P. lamellata, bien typique par la longueur
de ses appendices abdominaux qui dépassent celles du pléon. Son faciès le rapprocherait
davantage de P. paucisecta, mais celui-ci parait également bien caractérisé par la forme
ellilée de l’endopodite des pléopodes et par ses plaques coxales, pour la plupart aussi larges
que les bosses latéro-dorsales du thorax. Le présent Bopyridae ne peut, non plus, être
confondu avec P. pachychelii, parasite également d’une Porcellane, dont il se différencie
par : (1) le corps plus étroit ; (2) la lame frontale non régulière, plus développée sur les bords
latéraux ; (3) l’abdomen plus allongé ; (4) le palpe des maxillipèdes rudimentaires et inermes ;
(5) les trois derniers péréionites ne présentant pas de grandes plaques coxales. En consé¬
quence, on peut donc considérer que le Parione des Pisidia dispar représente une nouvelle
espèce.
Parione ischyrandra n. sp.
Matériel examiné : 1 Ç immature -f- (J adulte, sur Polyonyx pedalis Nobili, « Danish Keï
Islands Expédition 1922 », st. 30, 40 m (ZMC).
— Parione ischyrandra n. sp. a, Ç X 47 ; b, q même grossissement.
Fie. 21.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
201
Description
Femelle (fig. 21, a)
Longueur 1,3 mm ; largeur 1,0 mm ; pléon 0,4 mm. Asymétrie 14°.
Céphalon très développé. Lame frontale assez large, ses bords latéraux avancés, mais
la séparation avec le bord antérieur de la tête peu distincte. Yeux non figurés. Antennulcs
et antennes (fig. 22, a) comprenant respectivement trois et quatre articles, le segment
basilaire important. Maxibipèdes (fig. 22, b) incomplètement formés, s’allongeant en un
grand palpe terminé par trois soies. Bord postérieur encore sans lamelles.
Péréion. Bosses latérales non apparentes. Plaques coxales au nombre de sept paires,
peu développées dans les quatre somites antérieurs où elles sont d’ailleurs le mieux délimitées.
Marsupium déjà fermé. Premier oostégite (fig. 22, c) avec les deux moitiés égales, la crête
interne lisse et sans lobe postéro-distal accusé. Les plaques incubatrices suivantes pour¬
vues de quelques petites soies sur leur bord postérieur, celles de la cinquième paire plus
Fig. 22. — Parione ischyrandra n. sp. $ : a, antennule et antenne X 99 ; b, maxillipède X 139 ; c, 1 er oosté
gite X 139. — (J : d, antennule et antenne X 118 ; e-f, péréiopodes 1 et 3 X 115 ; g, pléon, face ven¬
trale X 75.
202
ROLAND BOURDON
longues ; ni crête oostégale ni granules. Péréiopodes augmentant légèrement de taille vers
l’arrière, P1-P4 avec une bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon six-segmenté. Plaques latérales courtes et arrondies. Pléopodes : cinq paires
biramées, largement visibles en vue dorsale et laissant le milieu de la face ventrale du pléon
découverte ; l’endopodite est plus large et plus long que l’exopodite. Uropodes uniramés,
semblables en forme et dimensions à la rame externe du dernier pléopode.
Mâle (fig. 21, b)
Longueur : 1,9 mm ; largeur : 0,7 mm ; pléon : 0,4 mm.
Céphalon large et arrondi en avant, bien séparé du thorax. Yeux non visibles. Anten-
nules et antennes (fig. 22, d) respectivement composées de trois et cinq articles. Maxilli-
pèdes non distingués.
Péréion diminuant régulièrement de largeur à partir du premier thoracomère. Péréio¬
podes (fig. 22, e-f) avec le propode et le dactyle beaucoup plus forts dans P1-P2 que dans
les pattes suivantes, dont la longueur décroît légèrement. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon (fig. 22, g) cinq-segmenté, les deux derniers somites fusionnés ensemble. Pléo¬
podes ovalaires, les trois paires antérieures avec une sorte de protubérance latéro-interne.
Uropodes absents.
Remarques
Vu le développement incomplet de la femelle (absence de lamelles céphaliques post¬
ventrales et de bosses latéro-thoraciques, forme juvénile des maxillipèdes), le parasite
de Polyonyx pedalis Nobili se montre particulièrement délicat à classer. En fait, il présente
des points communs avec trois genres, d’ailleurs étroitement apparentés. Ainsi, le pléon
à cinq segments du mâle le fait correspondre, à la fois, à Parione Richardson et à Astalione
Markham, mais la femelle s’en distingue par le grand développement de la tête et le mâle
par celui des deux premières paires de péréiopodes. Ces deux derniers caractères existent,
au contraire, dans Pleurocryptosa Nz. & Br. Br., mais dans ce genre, le pléon du mâle a
six segments.
Aucun des trois critères n’est absolument sûr. On peut même dire qu’à l’échelon géné¬
rique, ils seraient plutôt douteux ; et le présent cas nous renforce dans notre opinion que
Pleurocryptosa et les Parione des Porcellanes devront être mis en synonymie avec Aporo-
bopyrus Nobili. Toutefois, n’étant pas présentement en mesure de le démontrer et, comme
de toutes façons l’état immature de la femelle du Bopyre de Polyonyx pedalis suscitera
toujours des réserves quant à sa détermination, nous nous en tiendrons donc aux caractères
génériques actuellement utilisés. Le mâle possédant cinq pléonites et la femelle des plaques
coxales rudimentaires sur les segments thoraciques antérieurs, théoriquement, c’est un
Parione.
En ce qui concerne la disproportion frappante entre la taille respective des deux sexes,
on remarquera que c’est la seconde fois que l’on trouve un mâle « nain » plus grand que sa
femelle. Une observation semblable était, en effet, relevée par Hansen (1897) chez Bopy-
roides hippolytes (Kr0yer). Dans les deux cas, la femelle n’ayant pas achevé sa croissance,
on peut donc supposer qu’elle doit sans doute atteindre, à la maturité, des dimensions
LES BOPYRES DES PORCELLANES
203
supérieures à celles de son conjoint, comme telle est la règle générale. Néanmoins, il est
intéressant de constater que, dans ces deux espèces, le mâle peut devenir adulte avant
la femelle.
Genre ASTALIONE Markham, 1974
Espèce-type : Astalione cruciaria Markham, 1974
Astalione cruciaria Markham
19746, New Genus A, n. sp. Markham : 90-94, 313, 326, fig. 16-17.
1975, Astalione cruciaria Markham : 266-269, fig. 4-5.
Di stribution : Antilles.
Cette espèce, connue par deux couples de parasites récoltés à l’île Sainte-Croix, sur
Clastotoechus vanderhorsti (Schmidt), est la seule de ce genre tout récent établi à cause de
l’absence de plaques coxales et de bosses dorso-latérales chez la femelle. Le mâle a l’abdo¬
men comprenant cinq segments, comme dans Parione Richardson.
Genre ORBIMORPHUS Richardson, 1911
Espèce-type : Orbimorphus constrictus Richardson, 1911
Orbimorphus constrictus Richardson
1910, Orbimorphus constrictus Richardson : 84-85, fig. a-d.
1923, Orbimorphus constrictus : Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 70.
1973, Orbimorphus constrictus : Markham : 633.
1974, Orbimorphus constrictus : Markham : 89.
1975, Orbimorphus constrictus : Markham : 264.
Matériel examiné : l’holotype (Ç -f- (J), sur Petrolisthes armatus (Gibbes), Pérou (USNM).
Distribution : Pérou.
Description
Les précisions suivantes peuvent être apportées à la diagnose originale de Richard¬
son (1910) :
Femelle (fig. 23, a)
Céphalon. Lame frontale plutôt large qu’étroite. Antennes paraissant constituées
d’un seul segment conique. Maxillipèdes (fig. 23, b) avec rudiment de palpe cilié. Bord
204
ROLAND BOURDON
Fig. 23. — Orbimorphus constrictus Richardson. $ holotype : a, face dorsale X 16 ; b, maxillipède X 26 ;
c, bord postéro-ventral du céphalon X 26.
postérieur (fig. 23, c) possédant deux paires de lamelles amincies, sauf l’externe du côté
gauche (peut-être en régénération) qui est digitiforme et beaucoup plus courte que son
homologue.
Péréion. Armature chitineuse interne bien apparente. Plaques coxales 3-7 du côté
non déformé redressées ou rabattues sur la face dorsale du thorax. Marsupium fermé.
Premier oostégite avec un ou deux tubercules à la crête interne. Les autres plaques incuba-
trices lisses, sans crête oostégale, leur bord postérieur non cilié, à l’exception des cinquièmes
pourvues d’une frange. Péréiopodes de taille croissante vers l’arrière.
Pléon. La délimitation entre les segments peu distincte dans leur partie médiane.
Pléopodes avec l’endopodite sensiblement aussi long que l’exopodite, mais moins large
dans toutes les paires. Uropodes ayant les deux rames égales.
Mâle
Céphalon. Antennules et antennes respectivement composées de trois et cinq articles.
Maxillipèdes non distingués.
Péréion. Péréiopodes avec le dactyle plus long et aigu dans P1-P3 que dans les autres
pattes. Un tubercule médio-ventral peu saillant sur chacun des péréionites.
Remarques
Les caractères du genre (femelle avec plaques coxales bien développées, cinq pléonites,
LES BOPYRES DES PORCELLANES
205
quatre paires de pléopodes et uropodes biramés ; mâle à pléon soudé suffisent à identifier
cette espèce, connue à un seul exemplaire, et que nous considérons comme la seule du genre
Orbimorphus Richardson (voir ci-dessous).
Genre ALLORBIMORPHUS n. g.
Espèce-type : Orbimorphus lamellosus (Nz. & Br. Br., 1923)
Allorbimorphus lamellosus (Nz. & Br. Br.)
1923, Orbimorphus lamellosus Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 69-70, fig. 5.
1966, Bopyridae : Haig : 61.
1973, Orbimorphus lamellosus : Markham : 69.
Matériel examiné : l’holotype (Ç) A'Orbimorphus lamellosus, sur Porcellanella triloba
White, « Siboga-Expedition », st. 321, Amboine (ZMA) ; 2 ÇÇ -f- 1 çj, même hôte,
12 milles E-NE de Bahrein, golfe d’Iran, 23 m, 27.III.1927, G. Thorson coll. (ZMC).
Distribution : Amboine ; golfe d’Iran (loc. nov.).
b
Fig. 24. — Allorbimorphus lamellosus (Nz. & Br. Br.), a, Ç X 23 ; b, A X 54.
206
ROLAND BOURDON
Description
Femelle (fig. 24, a)
Longueur : 3,7 mm ; largeur : 2,1 mm ; pléon : 0,8 mm. Asymétrie : 12°.
Céphalon ovalaire. Lame frontale assez large, ses bords latéraux échancrés. Yeux
non visibles. Antennules et antennes comprenant respectivement trois et deux articles,
le segment basilaire important. Maxillipèdes (fig. 25, a) sans palpe, l’angle antéro-externe
orné de trois soies minuscules. Bord postérieur pourvu de deux paires de lamelles lisses,
l’interne un peu plus longue ; partie médiane également sans tubercules.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales bien dévelop¬
pées à tous les thoracomères, se chevauchant légèrement. Bord post-latéral non distinct
dans les trois derniers segments. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 25, b) avec la
moitié inférieure beaucoup plus courte que l’antérieure ; crête interne lisse ; le lobe postéro-
distal court et aigu. Les autres plaques incubatrices ciliées sur leur bord postérieur, les
cinquièmes avec frange ; ni crête oostégale ni granules. Péréiopodes augmentant de taille
vers l’arrière, tous munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite, laquelle s’atténue
toutefois dans les deux dernières pattes.
Pléon cinq-segmenté. Plaques latérales lamelleuses et arrondies sur chaque pléomère,
les postérieures se touchant presque par leur bord interne. Pléopodes : quatre paires bira-
mées, dépassant à peine en vue dorsale et recouvrant l’abdomen ; l’endopodite plus déve-
Fig. 25. — Allorbimorphus lamellosus (Nz. & Br. Br.). l re $ : a, maxillipède et lamelle céphaliques gauches
X 36 ; b, 1 er oostégite X 36. — : c, antennule et antenne X 21 ; d-e, péréiopodes 1 et 7 X 105. —
2® $ : f, pléon, face ventrale X 38.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
207
loppé dans les trois premiers pléopodes, les deux rames égales dans le dernier. Uropodes
biramés, très petits et cachés sous les endopodites des pléopodes.
Mâle (fig. 24, b)
Longueur : 1,0 mm ; largeur : 0,4 mm ; pléon : 0,2 mm.
Céphalon semi-circulaire, séparé du thorax. Yeux absents. Antennules et antennes
(fig. 25, c) courtes, respectivement composées de trois et deux articles. Maxillipèdes ellilés.
Péréion ayant sa plus grande largeur au quatrième segment. Péréiopodes (fig. 25, d-e) :
P1-P3 avec propode et dactyle plus forts que dans les autres pattes, celles-ci diminuant
légèrement de longueur vers l'arrière. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon six-segmenté, plus large que le dernier thoracomère, le pléotelson très petit,
mais bien distinct. Pléopodes ovalaires sur les quatre somites antérieurs, la cinquième paire
non visible. Pas d’uropodes.
Variation
L’exemplaire décrit ne présente aucune différence notable avec l’holotype, celui-ci
ayant seulement le corps plus piriforme et les lamelles céphaliques externes plus longues
que les internes.
Quant au second spécimen iranien, il s’agit d’une femelle préadulte de 2,6 mm qui ne
diffère de l’adulte que par la lame frontale plus large et les lamelles du bord postérieur de
la tête encore tuberculiformes. Les maxillipèdes n’ont pas de palpe, l’angle antéro-externe
étant toutefois mieux défini. D’autre part, les plaques coxales, le marsupium et les appen¬
dices abdominaux (fig. 25, f) sont bien développés et les péréiopodes possèdent déjà une
bosse au basipodite.
Remarques
Les deux Bopyres peuvent être immédiatement identifiés à Orbirnorphus larnellosus Nz.
& Br. Br. (1923), par l’abdomen cinq-segmenté de la femelle et la forme de ses plaques
latérales. Cette espèce était d’ailleurs trouvée sur le même hôte, Porcellanella plcta Stimpson
étant un synonyme de P. trilobata White.
Si la détermination spécifique ne soulève aucun problème, on peut se demander, par
contre, si Nierstrasz et Brender-à-Brandis auraient placé cette forme dans le genre
Orbirnorphus s’ils avaient vu le mâle. Etant donné l’importance que les auteurs attachaient
au nombre de pléonites dans ce sexe, il est probable qu’ils en auraient fait un nouveau
genre. Outre ce caractère, le parasite des Porcellanella s’écarte d’ailleurs trop de l’espèce-
type, O. constrictus Richardson (1910) pour qu’on le laisse dans Orbirnorphus (tabl. IV).
Comme il ne peut être placé dans aucun autre genre, il convient donc d’en créer un pour le
recevoir : Allorbimorphus n. g.
208
ROLAND BOURDON
Tableau IV. — Caractères opposant Allorbimorphus lamellosus (Nz. Br. Br.)
à Orbimorphus constrictus Richardson.
Caractères
0. constrictus Richardson
A. lamellosus (N. BB.)
Plaques latérales
absentes au pléotelson, les
deux dernières paires très
courtes
présentes au pléotelson, toutes
bien développées
Ç \ Uropodes
terminaux, dorsalement visibles
ventraux, cachés sous les pléo¬
podes
! P1-P3 par rapport aux
autres pattes
de taille sensiblement égale
nettement plus forts
1 Tubercules médio-
1 ventraux
présents
absents
S ^ Abdomen
soudé
6-segmenté
f 1 er pléonite/7 e péréionite
plus étroit
plus large
A. lamellosus se distingue aussi en ce que les pléopodes de la femelle au lieu d’être
largement visibles en vue dorsale, comme dans O. constrictus, ne dépassent pas (ou très
peu) les lames pleurales. Que ces appendices soient ou non cachés constitue ordinairement
un bon critère générique, puisqu’il permet de répartir la plupart des Pseudioninae en deux
groupes bien tranchés ; toutefois, dans le cas présent, il ne semble pas que l’on puisse le
retenir, car, chez une espèce apparentée à A. lamellosus (ci-après décrite), les pléopodes
sont en partie visibles.
La diagnose du genre Allorbimorphus est la suivante :
Femelle : Céphalon pourvu de deux paires de lamelles post-ventrales. Segments du thorax
distincts. Plaques coxales bien ou très développées sur les sept péréionites. Marsupium fermé,
pas d’oostégites rudimentaires aux péréiopodes 6-7. Pléon de cinq segments (occasionnellement
de trois), tous avec plaques latérales lamelleuses, la dernière dirigée vers l’arrière et presque en
contact l’une de l’autre. Cinq à trois paires de pléopodes biramés. Uropodes simples ou biramés
(pouvant manquer dans les cas de réduction du nombre de pléomères).
Mâle : Céphalon distinct du thorax. Péréiopodes 1-3 plus forts que les autres pattes. Pas
de tubercules médio-ventraux. Abdomen de six à quatre segments, le premier typiquement plus
large que le dernier thoracomère. Pléopodes uniramés, plus ou moins proéminents. Pas d’uropodes.
Allorbimorphus scabriculi n. sp.
Matériel examiné : 1 Ç, sur Petrolisthes scabriculus (Dana), St Cruz Pavad, Mindinao,
Philippines, G. R. Oesch coll., 1938 (AMNH).
Description
Femelle (fig. 26)
LES BOPYRES DES PORCELLANES
209
Longueur : 1,9 mm ; largeur : 1,3 mm ; pléon : 0,4 mm. Asymétrie : 26°.
Céphalon plus large que long, son bord postérieur vaguement trilobé. Lame frontale
assez large, s’avançant en pointe sur les côtés. Yeux non visibles. Antennules et antennes
(fig. 27, a) Inarticulées, les premières soudées ensemble. Maxillipèdes (fig. 27, b) avec palpe
sétacé. Bord postérieur pourvu de deux paires de lamelles simplement digitiformes.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales Jamelleuses,
bien développées à tous les thoracomères. Bord postéro-latéral distinct que dans les péréio-
nites antérieurs où il est d’ailleurs rudimentaire par rapport aux bosses latérales. Marsu¬
pium fermé. Premier oostégite (fig. 27, c) avec la moitié antérieure la plus longue ; crête
interne lisse ; le lobe postéro-distal mince et allongé. Les autres plaques incubatrices sans
crête oostégale ni granules, la cinquième paire avec frange. Péréiopodes augmentant peu
de taille vers l’arrière, tous munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon (fig. 27, d) cinq-segmenté. Plaques latérales lamelleuses et bien développées
à chacun des pléomères, les dernières rapprochées. Pléopodes : cinq paires biramées, non
visibles en vue dorsale et laissant la partie médio-ventrale de l’abdomen découverte ; les
deux rames à peu près égales, sauf dans les dernières paires où l’endopodite est plus court
que l’exopodite. Uropodes uniramés, l’un deux d’ailleurs plus petit que l’autre.
Remarques
En l’absence du mâle, la détermination générique d’un Bopyridae est toujours incer-
210
ROLAND BOURDON
Fig. 27. — Allorbimorphus scabriculi n. sp. $ : a, antennule et antenne X 99 ; b, maxillipède X 83 ;
c, 1 er oostégite X 119 ; d, pléon, face ventrale X 110.
taine. Toutefois, pour le parasite de Petrolisthes scabriculus (Dana), la ressemblance de la
femelle avec celle d’Allorbimorphus lamellosus (Nz. & Br. Br., 1923) s’avère si grande qu’on
ne peut que la classer dans ce genre, bien qu’elle ne corresponde pas à l’espèce-type en
ce qui concerne le nombre des pléopodes (cinq paires au lieu de quatre) et celui des uropodes
(simples et non doubles). Ces deux caractères, surtout le dernier, sont encore considérés
comme génériques ; mais la réduction numérique des premiers appendices n’est pas très
rare et les seconds varient souvent. Le fait de posséder un abdomen de cinq segments,
tous avec plaques latérales, les dernières rapprochées, paraît beaucoup plus significatif,
et c’est sur cette analogie que cette femelle sera classée dans Allorbimorphus.
Allorbimorphus haigae n. sp.
Matériel examiné : 6 -)- 5 sur Aliaporcellana suluensis (Dana), Amboine, 25-70 fins ;
1 $ + cryptoniscien, même hôte, Samalona, Makassar, 35 m ; 3 ÇÇ + 2 même
hôte, st. 11, 14 et 71, 20-54 m ; tous les spécimens provenant de la « Danish Keï Island
Expédition » 1922 (ZMC).
Description
Femelle (fig. 28, a)
LES BOPYRES DES PORCELLANES
211
b
Fig. 28. — Allorbimorphiis haigae n. sp., n. sp. a, $ X 43 ; b, X 73.
Longueur : 1,9 mm ; largeur : 1,3 mm ; pléon : 0,5 mm. Asymétrie : 10°.
Céphalon important, non fissuré sur la face dorsale. Lame frontale plutôt étroite. Yeux
non distincts. Antennules (fîg. 29, a) bi ou triarticulées, accolées à une éminence soudée
au rostre buccal ; antennes en cône aplati paraissant constituées d’un seul segment. Maxil-
lipèdes (fig. 29, b) avec le bord antérieur fortement convexe, sans palpe, son emplacement
indiqué par trois soies. Bord postérieur (fig. 29, c) pourvu de deux paires de petites lamelles
digitiformes.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers segments. Plaques coxales très déve¬
loppées à tous les thoracomères, augmentant de longueur jusqu’à la quatrième paire, dimi¬
nuant ensuite ; toutes se chevauchent en arrière, celles du côté court rabattues sur le
thorax, les autres étalées. Bord postéro-latéral seulement indiqué sur les quatre péréionites
antérieurs. Marsupium légèrement entrouvert au milieu. Premier oostégite (fig. 29, d)
avec la moitié antérieure un peu plus grande que l’inférieure ; pas de tubercules à la crête
interne ; le lobe postéro-distal court et acuminé. Les plaques incubatrices suivantes ciliées
sur leur bord postérieur, les cinquièmes avec frange ; pas de crête oostégale mais des gra¬
nules sur leur face externe. Péréiopodes augmentant de taille vers l’arrière les quatre pre¬
miers ayant seuls une bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon einq-segmenté. Plaques latérales distalement arrondies, également présentes
au pléotelson où elles sont parallèles. Pléopodes : quatre paires biramées, débordant assez
du pléon et laissant une grande partie de l’abdomen découverte ; les deux rames ovalaires,
sensiblement égales, mais diminuant de longueur vers l’arrière. Uropodes uniramés, plus
courts que les derniers pléopodes, non visibles dorsalement.
212
ROLAND BOURDON
Fig. 29. — Allorbimorphus haigae n. sp. Ç : a, antennule et antenne X 74 ; b, maxillipède X 59
postéro-vcntral du céphalon X 89 ; d, 1 er oostégite X 83. — : e, antennule et antenne X
péréiopodes 2 et G X 203. — Variation : h-i, maxillipède X 160 et 192 ; j, pléon, face dorsale
Ç juvénile : k, pléon X 110. — $ juvénile : I, antennule et antenne X 325 ; m, pléon X 116.
cryptoniscienne : n, antennule X 466 ; o, pygidium X 466.
; c, bord
36 ; f-g,
X 59. —
— Larve
LES BOPYRES DES PORCELLANES 213
Mâle (fig. 28, b)
Longueur : 0,67 mm ; largeur : 0,30 mm ; pléon : 0,15 mm.
Céphalon large et arrondi en avant, distinct du thorax. Yeux non figurés. Antennules
(fig. 29, e) triarticulées ; antennes plus petites, composées de deux segments. Maxillipèdes
non distingués.
Péréion s’élargissant peu vers sa partie médiane. Péréiopodes (fig. 29, f-g) avec le pro-
pode et le dactyle beaucoup plus développés dans P1-P3 que dans les autres pattes. Pas
de tubercules médio-ventraux.
Pléon cinq-segmenté, le premier somite plus large que le dernier thoracomère. Pléo-
podes représentés par une légère élévation ventrale sur les quatre premiers pléonites. Uro¬
podes absents.
Femelle juvénile
Un stade peu avancé était trouvé dans la cavité branchiale gauche d’un Polyonyx
parasité, à droite, par un couple adulte. Ce dernier peut donc être considéré comme une
femelle juvénile. Long de 1,05 mm, sa forme est élançée, le céphalon très développé, les
antennes déjà réduites à un article et le pléon six-segmenté, les deux derniers somites
n’étant d’ailleurs séparés que dorsalement (fig. 29, k). Il ne présente aucune trace de maxil¬
lipèdes, d’oostégites ni d’appendices pléaux. La structure des péréiopodes est assez inatten¬
due, P1-P3 étant plus forts que les autres pattes, comme chez le mâle adulte.
Mâle juvénile
Longueur : 0,54 mm (c’est-à-dire plus grand que certains mâles matures). Cet indi¬
vidu possède des antennes (fig. 29, 1) curieusement allongées en une sorte de filament cylin¬
drique non articulé. Le propode et le dactyle des péréiopodes sont semblables à ceux des
pattes postérieures de l'adulte. Pléon (fig. 29, m) de cinq segments, sa largeur en continuité
avec celle du thorax. Pléotelson avec deux lobes falciformes postéro-externes, représen¬
tant sans doute des uropodes vestigiels.
Larve cryptoniscienne
Longueur : 0,69 mm. Céphalon arrondi en avant. Yeux non distincts. Antennules
(fig. 29, n) avec les deux premiers articles munis de trois courtes épines au bord postérieur.
Epaulettes coxales non denticulées. Péréiopodes pourvus d’un dactyle biungulé, à l’excep¬
tion de la septième paire où celui-ci, plus développé que dans les pattes précédentes, porte
un ongle simple. Une épine médio-ventrale sur les cinq premiers pléonites. Pléopodes bira-
més, l’exopodite terminé par cinq grandes soies plumeuses et une externe plus petite ;
l’endopodite équipé de quatre soies semblables, sauf dans la dernière paire qui n’en possède
que trois. Uropodes avec l’exopodite beaucoup plus important que la rame interne, son
bord postérieur pourvu de deux grosses dents, deux épines minces et une longue soie ; endo-
podite se terminant par une dent, deux épines et une grande soie. Pygidium (fig. 29, o)
découpé en six dents.
359, 4
214
ROLAND BOURDON
Variation
Femelle
— Taille de l’adulte : 1,60 à 2,05 mm, avec un rapport L/l du corps de 1,51 à 1,37.
— Céphalon : peu distinct du thorax dans trois exemplaires.
— Maxillipèdes (fig. 29, h-i) : avec la partie antéro-externe à angle droit dans un cas,
mais les trois soies sont présentes à cet endroit, comme chez tous les autres spécimens.
— Pléon (fig. 29, j) : de trois segments avec trois paires de pléopodes et pas d’uropodes ;
observé dans un autre individu.
Mâle
— Taille : 0,42 à 0,67 mm.
— Pléon (fig. 30) : comprend typiquement cinq pléonites chez l’adulte, la séparation
des deux derniers pouvant se montrer peu distincte sur la face dorsale (un individu) ; une
réduction à quatre segments a cependant été notée une fois. Le premier pléonite est plus
large que le dernier thoracomère, excepté dans un mâle. Le pléotelson peut être arrondi
ou trilobé.
Fig. 30. — Allorbimorphus haigae n. sp. cJ, variation du pléon X 153.
Renseignements biologiques
Le parasite infeste les Aliaporcellana des deux sexes (3 9 9,5 â <$) et se fixe aussi bien
dans la cavité branchiale droite (6 cas) que dans la gauche (3 cas). Une des Porcellanes était
ovigère. Le Bopyre a des œufs d’un diamètre d’environ 0,12 mm et sa fécondité varie entre
190 et 470 œufs.
A noter, par ailleurs, que le spécimen récolté à la station 11 portait, à la place du mâle,
une larve cryptoniscienne de Cabirops.
Remarques
Corps presque arrondi, plaques coxales considérablement développées et rabattues
sur le côté court : l’holotype femelle a tout à fait le faciès de Parioninella astridae Nz. &
Br. Br. (1930). Mais si, apparemment, les deux espèces sont proches l’une de l’autre, le Bopyre
d 'Aliaporcellana suluensis (Dana) se différencie, dans les deux sexes, par des caractéris¬
tiques que l’on peut supposer systématiquement plus importantes et qui sont celles d’Allor-
LES BOPYRES DES PORCELLANES
215
bimorphus n. g., ainsi qu’il appert de la confrontation de ses analogies et différences avec
les représentants des deux genres (tabl. V).
Tableau Y. — Caractères différentiels entre Allorbimorphus spp.
et Parioninella Nz. & Br. Br.
Caractères
Allorbimorphus
A. scabriculi A. lamellosus
A. haigae
Parioninella
astridae
n. sp.
(N. BB.)
n. sp.
N. BB
Rapport L/l du corps
1,48
1,78
1,51-1,37
1,14-1,00
Lobe postéro-distal
du 1 er oostégite
mince et allongé
court et aigu
Plaques coxales
bien développées
très développées
Nombre de pléonites
5
5 ou 3
6
?
^ nombre
Pléopodes .
/ en vue dorsale
Plaques latérales
au dernier pléonite
5 p.
non visibles
4 p.
à peine visibles
présentes
3-4 p.
en partie
visibles
4-5 p.
largement
visibles
absentes
1
1 position
Uropodes /
1 nombre
ventraux,
1-ramés
cachés sous les pléopodes
2-ramés 1-ramés
(ou absents)
terminaux,
dorsalement
visibles
1-ramés
Nombre de pléonites
6
4-5
1 er pléonite/7 e péréionite
typiquement plus large
plus étroit
c? <
Tubercules médio-ventraux
absents
1 ou 3
P1-P3 par rapport
aux autres pattes
plus
forts
semblables
Genre APOROBOPYRINA Shiino, 1934
Espèce-type : Aporobopyrina lamellata Shiino, 1934
Aporobopyrina lamellata Shiino
1934, Aporobopyrina lamellata Shiino : 263-265, fig. 3 a-f.
1936, Aporobopyrina lamellata : Shiino : 1.
216
ROLAND BOURDON
1972a, Aporobopyrina lamellata : Bourdon : 114.
1973, Aporobopyrina lamellata : Markham : 637-638.
19746, Aporobopyrina lamellata : Markham : 141, 148.
Matériel examiné : 1 $ -(- sur Petrolisthes penicillatus (Heller), Tuléar, Madagascar,
Petit coll. (MNHN) ; 1 Ç + (J, sur P. lamarckii (Leach), même localité, Y. Carton
coll., 1969 ; 1 2 -f- même hôte, St. Cruz Pavad, Mindanao, Philippines, G. R. Oescli
coll. (AMNH).
Distribution : Japon ; Madagascar, Philippines (loc. nov.).
Description
Femelle (fig. 31, a)
Longueur : 3,4 mm ; largeur : 2,6 mm ; pléon : 0,6 mm. Asymétrie : 5°.
Céphalon plat, légèrement ovalaire. Lame frontale assez large, ses bords latéraux
en pointe. Yeux absents. Antennules et antennes triarticulées, le segment basal de ces
dernières particulièrement élargi. Maxillipèdes (fig. 32, a) dépourvus de palpe, l’angle aritéro-
externe orné de quelques soies courtes. Bord postérieur (fig. 32, b) muni de deux lamelles
lisses à droite, l’interne manquant à gauche ; la partie médiane avec des petits tubercules
à peine ébauchés.
Fig. 31.
Aporobopyrina lamellata Shiino. a, $ X 25; b, d X 31.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
217
Fig. 32. — - Aporobopyrina lamellata Shiino. $ : a, maxillipède X 45 ; b, bord postéro-ventral du céphalon
X 53 ; c, 1 er oostégite X 40 ; d, péréiopode X 69 ; e-f-, pléopodes 1 et 5 X 52. — <J : g, antennule et
antenne X 125 ; h, maxillipède X 210 ; i-j, péréiopodes 1 et 7 X 155 ; k, pléon d’un autre spécimen X 60.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Saillies tergales présentes
sur le premier thoracomère. Plaques coxales lamelleuses et aussi longues que le bord latéral
à tous les segments, lequel est entier dans les trois derniers. Marsupium fermé. Premier
oostégite (fig. 32, c) avec la moitié supérieure un peu plus développée que l’inférieure ;
crête interne pourvue de tubercules et de digitations ; le lobe postéro-distal court et aigu.
Les plaques incubatrices 2 à 4 ciliées sur leur bord postérieur, les cinquièmes avec frange ;
aucune ne possède de crête oostégale et leur face externe est lisse. Péréiopodes (fig. 32, d)
montrant une forte bosse au bord supérieur du basipodite, arrondie dans les pattes anté¬
rieures, en carène dans P5-P7. Sur le côté non déformé, leur taille augmente jusqu’à P5
et diminue ensuite, tandis que sur le côté déformé, la longueur des pattes s’accroît réguliè¬
rement jusqu’à P7, les trois dernières étant plus grandes que leurs homologues.
Pléon de six segments. Plaques latérales très courtes sur les cinq premiers somites,
218
ROLAND BOURDON
les postérieures boudinées. Pléopodes (fig. 32, e-f) au nombre de cinq paires biramées,
presque entièrement visibles en vue dorsale ; ils diminuent considérablement d’importance
vers l’arrière en même temps que leur forme s’amincit, sans toutefois devenir effilée ; les
deux rames sont sensiblement égales. Uropodes, l’un simple, l’autre biramé, l’endopodite
étant rudimentaire. La face ventrale du premier pléonite (comme celle du septième péréio-
nite) est transversalement plissée et son bord antérieur tuberculé.
Mâle (fig. 31, b)
Longueur : 1,5 mm ; largeur : 0,7 mm ; pléon : 0,4 mm.
Céphalon arqué en avant, sa délimitation avec le thorax peu distincte. Yeux présents.
Antennules et antennes (fig. 32, g) respectivement composées de trois et cinq articles.
Maxillipèdes (fig. 32, h) l’un conique et terminé par une soie, l’autre tronqué.
Péréion trapu, s’élargissant dans sa partie médiane. Péréiopodes (fig. 32, i-j) augmen¬
tant légèrement de taille vers l’arrière. Dans P1-P2, le dactyle est fort et acuminé ; il
devient brusquement court et émoussé à partir de P3. Un tubercule médio-ventral sur cha¬
cun des thoracomères.
Pléon composé d’un segment semblable à ceux du thorax et d’un pléotelson beau¬
coup moins large comprenant trois somites soudés ensemble. Aucune trace d’appendices
abdominaux.
Variation
Le parasite décrit ci-dessus est celui de Petrolisthes penicillatus (Heller). Les autres
en diffèrent sur les points suivants :
1 — La femelle de Mindanao, sur P. lamarckii (Leach), a les quatre lamelles cépha¬
liques égales, assez minces et effilées ; la partie médiane du bord postérieur de la tète est
faiblement tuberculée. Par ailleurs, les saillies tergales du premier péréionite sont situées
plus latéralement et les uropodes ont chacun deux rames, l’interne étant presque de moitié
plus courte que l’exopodite. Le mâle a le pléon trisegmenté (fig. 32, k).
2 ■—-La seconde femelle de Tuléar, également sur P. lamarckii, est rapportée à cette
espèce avec réserve, car, à la suite d’un traumatisme apparemment récent, elle a perdu
tous les appendices droits du pléon et les uropodes manquent. Les deux paires de lamelles
céphaliques sont semblables à celles de l’exemplaire précédent, mais le bord postérieur
est lisse ; d’autre part, les périopodes augmentent graduellement de taille jusqu’à la septième
paire et les derniers ne présentent pas l’asymétrie de développement notée dans le spéci¬
men de référence. Par contre, le mâle se montre identique, à l’exception de l’abdomen
composé de deux segments libres et deux soudés.
Remarques
Les Bopyridae ci-dessus décrits sont référables à Aporobopyrina lamellata Shiino
(1934), laquelle a maintenant comme hôtes connus quatre Petrolisthes : P. coccineus (Owen,
P. hastatus Stimpson, P. penicillatus (Heller) et P. lamarckii, et semble se répartir dans
tout l’Indo-Pacifique.
Outre A. lamellata, le genre Aporobopyrina comprend, depuis peu, deux parasites de
Munida : A. javaensis Bourdon (1972a) et A. anomala Markham (1973), ce dernier étant,
LES BOPYRES DES PORCELLANES
219
comme son nom le souligne, très variable, notamment en ce qui concerne le nombre de
saillies tergales et d’uropodes chez la femelle, celui des pléonites dans le mâle. Markham
a énuméré les caractères par lesquels il distingue son espèce des précédentes. Beaucoup
sont toutefois relatifs à des différences dimensionnelles ou de proportions, et A. anomala
paraît surtout s’écarter dh4. lamellata par sa plus forte asymétrie (29°) et la présence de
saillies tergales sur plusieurs péréionites. Celles-ci n’existent pas dans l’holotype à'A.java-
ensis qui, d’autre part, possède seulement trois paires de plaques latérales au pléon.
Genre PARIONELLA Nz. & Br. Br., 1923
Espèce-type : Parionella richardsonae Nz. & Br. Br., 1923
Parionella richardsonae Nz. & Br. Br.
1923, Parionella richardsonae Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 88-89, fîg. 16 a-f.
1972, Parionella richardsonae : Bourdon : 824.
Matériel examiné : l’holotype Ç, sur Petrolisthes asiaticus (Leach), Mindanao (ZMA).
b, bord postéro-ventral du céphalon X 20 ; c, 1 er oostégite X 13.
220
ROLAND BOURDON
Description
Femelle (fig. 33, a)
La diagnose peut comporter les additifs suivants :
Longueur : 4,5 mm ; largeur : 3,0 mm ; piéon : 0,7 mm. Asymétrie : 14°.
Céphalon aplati, sans fissure médio-longitudinale. Yeux absents. Lame frontale rela¬
tivement large (un tiers de la longueur de la tête). Bord postéro-ventral (fig. 33, b) avec
deux paires de lamelles lisses et eflilées ; la partie médiane présentant une petite saillie
au centre.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales bien dévelop¬
pées à tous les thoracomères, les plaques 2-5 du côté déformé plus courtes que le segment ;
celles du côté non déformé repliées sur la face dorsale du thorax, la première présentant
une crête antérieure. Bord postéro-latéral indistinct dans les trois derniers péréionites.
Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 33, c) ayant la partie antérieure la plus dévelop¬
pée ; crête interne digitée ; le lobe postéro-distal court et arrondi. Les plaques incubatrices
2-4 possèdent une crête oostégale et leur bord postérieur est cilié ; la cinquième paire porte
une frange et quelques granules sur la face externe. Péréiopodes augmentant sensiblement
de taille vers l’arrière, tous munis d’une forte bosse au bord supérieur du basipodite.
Piéon de six segments. Plaques latérales courtes et arrondies latéralement.
Remarques
L’holotype de Parionella richardsonae ne concorde pas avec la description et la ligure
données par Nierstrasz et Brendeh-à-Brandis (1923), du moins en ce qui concerne la
tête de la femelle, représentée fortement bilobée (presque autant que chez les Céponiens)
et pourvue d’une lame frontale étroite. Celle-ci est, au contraire, très large et le céphalon
entier et à peine bombé, ce qui rend le faciès du parasite identique à celui de Pleurocrypta
macrocephala Nz. & Br. Br. (1923).
Le plus embarrassant est que nous ne voyons rien, dans le reste de sa morphologie,
qui le distingue de cette dernière espèce, si l’on excepte deux différences bien faibles : cer¬
taines plaques coxales plus courtes que le segment correspondant et l’abdomen plus allongé.
Si, à cette convergence étonnante, on ajoute que l’hôte est le même pour les deux Bopyres
et qu’il en héberge un troisième, encore d’un autre genre ( Aporobopyrus ryukyuensis Shiino),
les présomptions pour que l’espèce-type des Parionella soit en réalité une Pleurocrypta
sont des plus fortes. Son mâle n’étant pas connu, il ne peut cependant être statué sur son
sort.
Parionella decidens Nz. & Br. Br.
1929, Parionella decidens Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 13-14, fig. 13-14.
1972, Parionella decidens : Bourdon : 825,835.
Distribution : mer de Chine.
Remarques
Connue par deux couples. Les différences pouvant être spécifiques sont les suivantes :
(Ç) lame frontale formant deux lobes latéraux, plaques coxales imbriquées, bosses latéro-
LES BOPYRES DES PORCELLANES
221
dorsales sur le côté déformé des péréionites V-VI, plaques latérales digitiformes, uropodes
aussi longs que les derniers pléopodes ; (<J) très étroit, sans tubercules médio-ventraux
(du moins, ceux-ci ne sont-ils pas mentionnés dans la diagnose).
Cet ensemble de caractères semble séparer P. decidens Nz. & Br. Br. (1929) des autres
Parionella, des Parionina et aussi de Parioninella obovata Shiino (1958), lesquelles (si l’on
exclut le nombre des pléonites du mâle) forment un complexe de sept espèces dont les femelles
ont en commun : des plaques coxales bien développées des deux côtés du thorax (sans
qu’aucune n’atteigne un développement considérable), un pléon de six segments pourvu
de plaques latérales courtes, de pléopodes dépassant largement ces derniers et d’uropodes
simples. Ce complexe « Parionella » demanderait une étude comparative, si possible basée
sur un matériel plus abondant, car il montre des analogies avec les genres Aporobopyrina
Shiino (uropodes de la femelle occasionnellement uniramés) et Pleurocrypta Hesse (abdo¬
men du mâle parfois segmenté).
Genre PARIONINELLA Nz. & Br. Br., 1930
Espèce-type : Parioninella aslridae Nz. & Br. Br., 1930
Parioninella astridae Nz. & Br. Br.
1930, Parioninella aslridae Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 14-15, lig. 17-18.
? 1942, Aporobopyrosa pacifica : Shiino : 442-443, fig. 2 a-c.
1967 Parioninella astridae : Bourdon : 111.
Matériel examiné : l’holotype Ç -)- le paratype sur Pachycheles sculptus (H. M. Edwards),
île Enoé (MRHN ; 2 $$ + <$<$, même hôte, Philippines, « Albatross » st. 5141, Jola
Light, Tawi Tawi, 15.11.1908 et st. 5401, Tanguingui, 16.III. 1909 (USNM).
Distribution : île Enoé ; Philippines (loc. nov.).
Description
Femelle (fig. 34)
Longueur : 2,5 mm ; largeur : 2,1 mm ; pléon : 0,5 mm. Asymétrie : 22°.
Céphalon transversalement ovalaire, non fissuré sur la face dorsale. Lame frontale
assez large, régulière, ses bords latéraux échancrés. Yeux présents. Antennules et antennes
triarticulées, le segment basilaire globuleux très important dans les antennes. Maxillipèdes
(fig. 35, a) avec palpe sétacé. Bord postérieur (fig. 35, b) pourvu de deux paires de lamelles
très courtes et aiguës ; la partie médiane droite et lisse.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales lamelleuses
au nombre de sept paires ; celles du côté déformé beaucoup plus développées que les autres
qui sont toutes repliées sur la face dorsale du thorax. Partie post-latérale seulement dis-
222
ROLAND BOURDON
Fig. 34. — Parioninella astridae Nz. & Br. Br. $ X 28.
tincte sur les quatre segments antérieurs. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 35, c)
avec la moitié antérieure un peu ou nettement plus grande que l’inférieure ; crête interne
présentant deux petites digitations proximales ; le lobe postéro-distal très petit et acuminé.
Les autres plaques incubatrices sans crête oostégale ni granules ; leur bord postérieur fai¬
blement cilié, la cinquième paire avec frange. Péréiopodes (fig. 35, d) augmentant sensible¬
ment de taille vers l’arrière, tous avec une forte bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon (fig. 35, c) six-segmenté. Plaques latérales courtes. Pléopodes : cinq paires bira-
mées, largement visibles en vue dorsale et diminuant d’importance vers l’arrière. L’exopo-
dite est beaucoup plus développé que l’endopodite, surtout dans les deux dernières paires,
les cinquièmes nettement plus petits que les précédents. Uropodes uniramés, de même
taille que l’exopodite des derniers pléopodes.
Mâle (fig. 35, f)
Longueur : 1,1 mm ; largeur : 0,55 mm ; pléon : 0,2 mm.
Céphalon arrondi en avant, distinct du thorax. Yeux absents. Antennules et antennes
(fig. 35, g) comprenant respectivement trois et cinq articles. Maxillipèdes non distingués.
Péréion augmentant de largeur jusqu’au quatrième thoracomère, diminuant ensuite.
Péréiopodes (fig. 35, h-i) avec le dactyle très long et effilé dans P1-P4, plus court et devenant
obtus dans les paires suivantes. Un tubercule médio-ventral sur le septième péréionite.
Pléon (fig. 35, j) particulièrement court, comprenant seulement quatre segments,
les deux premiers avec tubercule médio-ventral, le pléotelson arrondi. Pléopodes présents
sur les trois pléonites antérieurs. Pas d’uropodes.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
223
Fig. 35. — Parioninella aslridae Nz. & Br. Br. $ : a, maxillipède X 39 ; b, bord postéro-ventral du cépbalon
X 28 ; c, 1 er oostégite X 39 ; d, péréiopode X 39 ; e, pléon, face ventrale X 47. —■ cî : f, face dorsale
X 44; g, antennule et antenne X 194; h-i, péréiopodes 1 et 7 X 150; j, pléon, face ventrale X 104;
k, pléon du 2 e {J X 104.
Variation
La seconde femelle, qui parasite une Porcellane ovigère, mesure 2,1 mm. Elle ne diffère
que par sa plus grande largeur (rapport L/l = 1,0). Quant au mâle (1,15 mm), il possède
cinq segments à l’abdomen (fig. 35, k) et quatre paires de pléopodes, mais il n’a qu’un seul
tubercule médio-ventral situé sur le premier pléonite.
Remarques
C’est à Parioninella astridae Nz. & Br. Br. (1930) que peuvent être identifiés les deux
spécimens de 1’ « Albatross », la forme régulière de la lame frontale et la plus grande taille
224
ROLAND BOURDON
de l’endopodite du premier pléopode de la femelle étant les seules différences constatées
avec l’holotype. Tous les autres caractères correspondent, notamment celui qui semble
le plus important pour le genre, à savoir le grand développement des plaques coxales du côté
déformé (ce que ne met pas en évidence la figure de Nierstrasz et Brender-à-Brandis).
Quant au mâle, le nombre de segments du pléon ne saurait être retenu, puisque l’un des
exemplaires en possède quatre comme l’indique la diagnose et que l’autre, indubitablement
conspécifique, en a cinq. Mais tous deux ressemblent, par ailleurs, en tous points au mâle
de P. astridae. Non seulement la forme générale du corps, la tète presque arrondie, les bords
latéraux des péréionites antérieurs anguleux et la longueur relative du pléon sont identiques,
mais les pattes antérieures sont également pourvues d’un grand dactyle et les deux premiers
pléonites portent un tubercule médio-ventral. D’autre part, l’hôte est le même, Pachy-
cheles pisutn (H. M. Edwards) étant un synonyme de P. sculptus (H. M. Edwards).
Cette Porcellane s’est vue aussi classée dans le genre Pisosoma et, sous cette appellation,
désignée comme hôte d’ Aporobopyrosa pacifica Shiino (1939). Compte tenu de ce que nous
connaissons maintenant de la morphologie de P. astridae, la ressemblance entre les deux
Bopyres apparaît frappante. Le caractère typique du genre se retrouve : développement
inégal des plaques coxales de la femelle, toutes étalées d’un côté, rabattues de l’autre,
tandis que la comparaison des diagnoses respectives ne révèle que des différences mineures.
L’identité des hôtes et leur récolte dans la même zone géographique (Aroé, Palao,
Philippines) laissent même présumer qu’il pourrait bien s’agir de la même espèce. Mais
sur ce point, on ne peut s’avancer, car Shiino (1939) décrit le mâle de son parasite sans
pléopodes ni tubercules médio-ventraux et le maxillipède de la femelle avec palpe. Si les
deux premiers caractères ne sont pas toujours faciles à voir, il n’en est pas de même du
dernier. Aussi est-il possible que, bien qu’infestant la même Porcellane, il existe, sinon deux
espèces distinctes, au moins deux sous-espèces de P. astridae. Vu le peu de différences entre
elles, un nouvel examen d'A. pacifica reste néanmoins souhaitable pour confirmer cette
supposition.
En tous cas, que Pachycheles pisum soit parasité par un seul Bopyridae ou par deux,
il ne saurait maintenant être question de conserver P. obovata Shiino dans le genre Pario-
ninella.
Genre PLEUROCRYPTA Hesse, 1865
Espèce-type : Pleurocrypta galatheae Hesse, 1865
Pleurocrypta porcellanae Hesse
Outre les références indiquées dans notre faune des Bopyridae européens (1968 : 281 et 290), qui sont
évidemment comprises dans la bibliographie qu’on trouvera à la fin de cet article, les références suivantes
se rapportent également à l’espèce :
1887, Pleurocrypta porcellanae Giard : 113.
1915, Pleurocrypta porcellanae : Farran : 55.
1923, Pleurocrypta porcellanae : Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 80.
1933, Pleurocrypta porcellanae : Shiino : 262.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
225
1946, Pleurocrypta porcellanae : Caroli : 64.
1963, Pleurocrypta porcellanae : Naylor : 148.
1967, Pleurocrypta porcellanae : Bourdon : 285.
1970, Pleurocrypta sp. Geldiay et Kocatas : 28.
1970, Pseudione convergeas : Danforth : 15,17.
1970, Pleurocrypta porcellanae : Danforth : 15,17.
1972, Pleurocrypta sp. : Geldiay et Kocatas : 28.
1972, Pleurocrypta porcellanae : Naylor : 69,74.
1972B, Pleurocrypta porcellanae : Bourdon : 833.
1973, Pleurocrypta porcellanae : Smaldon et Naylor : 210-211.
1974a, Pleurocrypta porcellanae : Markham : 270-271.
1974, Pleurocrypta porcellanae : Hamond : 209.
Matériel examiné : 860 (la plupart avec <J), sur Pisidia longicornis (Linné), côtes de
Bretagne (RB col 1.) ; 1 $ -f- <$, sur Pisidia longimana (Risso), golfe d’Izmir, Turquie
(collection A. Kocatas).
Distribution : Irlande, Écosse, Angleterre, France (Bretagne, Arcachon), Turquie, Maroc.
Remarques
Parasite commun des Pisidia longicornis de Roscoff (4,0 %) ; c’est le seul Bopyre de
Porcellanes sur lequel nous possédions quelques données biologiques (Bourdon, 1968).
L’absence de saillies tergales et de crêtes oostégales dans la femelle le distingue des autres
formes du genre.
Pleurocrypta yatsui (Pearse)
1930, Probopyrus yatsui Pearse : 5-6, fig. 19-21.
1933, Pleurocrypta yatsui : Shiino : 259-263, fig. 4 a-m.
1965, Pleurccrypta yatsui : Bourdon : 174.
1968, Pleurocrypta yatsui : Bourdon : 219-222,290.
1970, Probopyrus yatsui : Danforth : 17.
1970, Pleurocrypta yatsui : Danforth : 17.
1974a, Pleurocrypta yatsui : Markham : 271.
Matériel examiné : 17 -f- 15 <$<$ et 4 individus juvéniles, sur Pachycheles natalensis
(Krauss), « Mission Bonnier-Pérez 1901 au Golfe Persique », st. LIII, nord-est d’Arzana
(MNHN) ; 3 2Ç -\- sur Petrolisthes japonicus (de Haan), Misaki, Japon, 28.IV.1914,
Th. Mortensen coll. (ZMC) ; 2 $$ + <$<$, sur P. boscii (Audouin), Suez, 13.VIL 1914
(ZMH).
Distribution : Japon ; golfe Persique, mer Rouge (loc. nov.).
Description
Femelle (fig. 36)
Longueur : 2,3 mm ; largeur : 1,7 mm ; pléon : 0,4 mm. Asymétrie : 6°.
226
ROLAND BOURDON
Fig. 36. — Pleurocrypta yatsui (Pearse) sur Pachycheles natalensis (Krauss). $ X 32.
Céphalon important, transversalement ovalaire et sans fissure médio-dorsale. Lame
frontale très développée, presque moitié aussi longue que la tête, ses bords latéraux plus
ou moins tronqués. Yeux indistincts. Antennules et antennes triarticulées, le dernier seg¬
ment minuscule. Maxillipèdes (fig. 37, a) avec l’angle antéro-externe formant deux petits
lobes sétacés. Bord postérieur (fig. 37, b) pourvu de deux paires de lamelles lisses, l'interne
légèrement plus courte que l’externe ; la partie médiane droite, sans tubercules au milieu.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers segments. Plaques coxales lamelleuses
à tous les péréionites ; celles des somites antérieurs très développées, montrant une petite
crête vers l’avant, les dernières triangulaires ; toutes sont recouvertes de granules sur la
face ventrale. Bord postéro-latéral seulement visible dans les thoracornères I-IV, en forme
de tubercule dans le premier. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 37, c) avec la partie
antérieure la plus longue ; crête interne munie de tubercules ; le lobe postéro-distal bien
défini. Les plaques incubatrices 2-4 possèdent une crête oostégale très distincte et leur
bord postérieur est cilié ; la cinquième paire porte une frange de soies. Péréiopodes (fig. 37, d)
de taille croissante vers l’arrière, tous ayant une forte bosse, presque aussi grosse que le
propode, au bord supérieur du basipodite.
Pléon six-segmenté, très court. Plaques latérales peu développées. Pléopodes : cinq
paires biramées, largement visibles en vue dorsale. Les premières paires beaucoup plus
grandes que les suivantes, les dernières réduites à de petites lamelles étroites ; les deux
rames sont égales, sauf dans les pléopodes 4-5 où l’endopodite se montre nettement plus
court que l’exopodite. Uropodes uniramés, à peu près de la longueur de l’endopodite du
cinquième pléopode.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
227
Fig. 37. — Pleurocrypta yatsui (Pearse) sur Pachycheles natalensis (Krauss). $ : a, maxillipède X 48 ; b, bord
postéro-ventral du céphalon X 46 ; c, 1 er oostégite X 48 ; d, péréiopode X 40. — $ : e, maxille et
maxillipède X 322 ; f-g, péréiopodes 1 et, 7 X 169. — Variation : h, bord postéro-ventral du céphalon
X 46 ; i, 1 er oostégite X 20 ; j, pléon, face dorsale X 48. — Variation $$ : k, péréiopode X 169.
Mâle
Longueur : 1,4 mm ; largeur : 0,5 mm ; pléon : 0,3 mm.
Céphalon arrondi antérieurement, distinct du thorax en arrière. Yeux absents. Anten-
nules et antennes (fig. 38, h) comprenant respectivement trois et six articles. Maxillipèdes
(fig. 37, e) presque ovalaire et surmontés d’un poil.
Péréion ayant sa plus grande largeur au quatrième segment. Péréiopodes (fig. 37, f-g)
de taille sensiblement égale, le dactyle plus allongé et plus aigu dans P1-P3 que dans les
autres pattes. Un tubercule médio-ventral sur chacun des péréionites, mais très peu appa¬
rent, et seulement décelable après éclaircissement.
Pléon soudé, les trois premiers somites indiqués latéralement. Ni pléopodes ni uropodes.
228
ROLAND BOURDON
Variation
a — Parasites de Pachycheles natalensis ( Krauss)
Femelle
— Taille : 1,9 à 3,5 mm, avec un rapport L/l du corps de 1,24 à 1,57, sans relation
apparente avec les dimensions du parasite.
— Asymétrie : 6° à 29°.
— Maxillipèdes (fig. 38, a) : les deux lobes sont ordinairement présents ; ils peuvent
être séparés ou se chevaucher, et le nombre de leurs soies varier de une à cinq. Dans un spé¬
cimen, ces lobes sont à peine formés, dans un autre, il n’y en a qu’un seul, et, dans un troi¬
sième, ils manquent complètement ; mais cette variation n’affecte qu’un des appendices.
— Bord postéro-ventral de la tête : chez la plus petite femelle, encore préadulte, les
lamelles internes sont à l’état de tubercules, ce qui est normal puisque celles-ci apparaissent
après les externes. Toutefois, une ovigère de grande taille (3,1 mm) se trouve dans le même
Fig. 38. — Pleurocrypta yalsui (Pearse) sur Pachycheles natalensis (Krauss).
Variation : a, palpe du maxillipède X 58 ; b, antenne du £ X 206.
cas (fig. 37, h) ; comme leur développement, parfaitement symétrique, rend improbable
qu’il s’agisse de régénérats, on doit donc en conclure que la formation des lamelles internes
peut parfois se réaliser très tardivement chez les Bopyridae.
— Premier oostégite (fig. 37, i) : les tubercules proximaux de la crête interne s’allon¬
gent quelquefois en digitations ; le lobe postéro-distal toujours court, mais bien formé
en petite pointe ou arrondi.
— Abdomen (fig. 37, j) : les extrémités des plaques latérales disposées en une ligne
droite perpendiculaire à l’axe du corps (fig. 36) représentent un cas extrême ; le plus souvent,
elles forment un angle allant jusqu’à 107°.
— Pléopodes : les deux derniers sont toujours très réduits et, ordinairement, l’endopo-
dite est plus court que l’exopodite. Dans quelques exemplaires, les deux rames sont cepen¬
dant d’égale longueur, soit de chaque côté de l’abdomen, soit sur un seul.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
229
— Uropodes : leur absence a été constatée une fois, le pléotelson portant latéralement
un petit lobe triangulaire, vestige de ces appendices. Etant, donné que l’un des cinquièmes
pléopodes et la plaque latérale correspondante manquaient aussi chez cette femelle, on peut
donc imputer l’anomalie à une perte accidentelle.
Mâle
La variation s’avère importante et porte pratiquement sur chacun des caractères
morphologiques, mais la plus remarquable réside dans la forme de l’abdomen (fig. 39)
qui permet de classer les mâles en deux groupes :
1 — Type Pleurocrypta à pléon soudé, comprenant huit individus, tous de petite
taille (0,67 à 1,45 mm). Chez les plus jeunes, l’abdomen est plus allongé et les premiers
pléonites restent parfois visibles ventralement ; les segments peuvent être latéralement
indiqués dans les exemplaires les plus grands. Il n’y a jamais trace de pléopodes.
Fig. 39. — Pleurocrypta yatsui (Pearse) sur Pachycheles natalensis (Krauss).
de types Pseudione et Pleurocrypta X 34.
359, 5
230
ROLAND BOURDON
2 — Type Pseudione à pléon segmenté, comprenant sept individus, tous de grande
taille (1,56 à 2,50 mm). L’abdomen est très développé et se compose de quatre à six seg¬
ments ; dans un cas il n’y en a que deux, mais il semble s’agir d’un spécimen anormal.
Les pléopodes sont parfois figurés comme une zone ovoïde très peu saillante dans les pléo-
mères antérieurs.
Ajoutons que, dans quatre cas, la femelle portait deux mâles, de taille très différente,
soit de même type ( Pseudione : deux fois ; Pleurocrypta : une fois), soit des deux (Pseudione -f-
Pleurocrypta : une fois) ; ce qui exclut l’éventualité qu’il s’agisse de deux espèces. Quant
aux formes juvéniles fixées directement, par couples, dans la cavité branchiale de l’hôte,
bien que l’une soit théoriquement femelle, elles correspondent en tous points aux mâles
de type Pseudione (1,93 -f- 2,40 mm ; 2,25 -f- 2,50 mm).
Ce polymorphisme, signalé pour la première fois dans cette forme, par Shiino (1933),
est à rapprocher de celui du parasite des Munida speciosa von Martens Anuropodione
senegalensis (Bourdon, 1972Ô), observé dans des proportions identiques. Des cas semblables,
mais avec formes intermédiaires entre les deux types, ont également été constatés par
Pire (fide Delye, 1955) chez un Bopyridae indéterminé des Munida iris rutlanti Zari-
quiey et, beaucoup plus rarement, un mâle Pseudione sur 25, sur Pleurocrypta, porcellanae
Liesse (Tattersall, 1912 ; Stock, 1960 ; Bourdon, 1965a, 1968).
— Antennes (fig. 38, b) : le nombre d’articles varie beaucoup et une tendance à la
régression paraît manifeste chez les mâles de type Pseudione (tabl. VI).
Tableau VI. — Pleurocrypta yatsui (Pearse) sur Pachycheles natalensis :
variation du nombre d’articles des antennes chez le mâle.
Types 6 5 4 3 2 1
Pleurocrypta 2 2 2 1 — 1
Pseudione 2 12 4 — 2
— Maxillipèdes : toujours présents et à peine plus développés que les maxilles. Ils
peuvent ou non être surmontés d’un poil.
— Péréiopodes (fig. 37, k) : dans trois individus de type Pseudione, les pattes ont une
forme un peu différente, le propode étant moins gros que le basipodite.
— Tubercules médio-ventraux : la moitié des mâles en possèdent, sur le thorax et
même sur le premier ou les deux pléonites antérieurs (deux cas) : mais ces tubercules ne
deviennent visibles qu’à fort grossissement ; aussi est-il difficile d’en tenir compte pour la
diagnose.
b — Parasites de Petrolisthes boscii ( Audouin)
La première femelle (3,2 mm) a le corps relativement large (L/l = 1,20). La seconde
(fig. 40, a), de 5,4 mm de longueur, ne possède pas d'uropodes proprement dits, le pléo-
telson étant seulement bifurqué comme chez les Bopyroides cluthae (Scott) ; d’autre part,
les deux lobes ordinaires manquent aux maxillipèdes et la crête interne du premier oostégite
est digitée. Les mâles sont de type Pleurocrypta.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
231
Fig. 40. — Pleurocrypta yatsui (Pearse).
: a, sur Petrolisthes boscii (Audouin) X 14 ; b, sur P. japonicus (de Haan) X 16.
c — Parasites de Petrolisthes japonicus ( de Haan)
Les trois femelles (fîg. 40, b) ont une longueur de 4,2 à 4,6 mm ; elles ne présentent
rien de particulier à noter. Les mâles montrent le pléon typique du genre.
Renseignements biologiques
Le parasite infeste les Pachycheles natalensis (Krauss) des deux sexes, même les plus
grands individus, se logeant indifféremment dans leur cavité branchiale droite ou gauche,
et provoque une déformation de la carapace souvent peu accusée. Il ne stérilise pas les
femelles qui peuvent pondre ni ne féminise les mâles.
La fixation peut s’effectuer sur des Pachycheles adultes, les deux individus avec stades
juvéniles étant des femelles ovigères de 5,0 mm de longueur. La fécondité de l’espèce varie
entre 375 et 1 334 œufs (d’environ 0,11 mm de diamètre),' mais les différences individuelles
sont très importantes, du simple au triple pour des spécimens de même dimension.
Se référant au nombre de P. natalensis, désignés sous le nom de P. sculptus (H. M.
Edwards) par Nobili (1907) pour la Station LUI d’où provient la plus grande partie de la
collection étudiée ici, le taux de parasitisme était alors au minimum de 7,9 % .
359, 6
232
ROLAND BOURDON
Re MARQUES
Indubitablement, qu’ils infestent Pachycheles natalensis (Krauss), Petrolisthes boscii
ou P. japonicus (de Haan), les présents parasites sont conspécifiques, les différences, notam¬
ment de faciès, que présentent les femelles figurées appartenant aux deux derniers hôtes,
entrant dans le rang de variabilité des Bopyres du premier. L’espèce correspond à l’excel¬
lente redescription de Pleurocrypta yatsui (Pearse, 1930) donnée par Siiiino (1933) à partir
de spécimens japonais trouvés sur la dernière Porcellane.
Nous avons déjà noté (1968) les différences entre cette espèce et la forme la plus voi¬
sine, PI. porcellanae Hesse (1865). Tout en les confirmant, l’examen des présents spécimens
permet d’augmenter la liste des caractères distinctifs, pour la femelle (tabl. VII).
Tableau VII. — Caractères distinctifs entre les femelles de Pleurocrypta yatsui (Pearse)
et de PL porcellanae Hesse.
Caractères
PL yatsui (Pearse)
PI. porcellanae Hesse
Rapport L/l du corps
1,24 à 1,50
1,50 à 2,00
Palpe du maxillipède
absent, ordinairement remplacé
par 2 lobes
bien développé
Plaques coxales antérieures du
côté déformé
avec crête antérieure charnue
pas de crête
crête interne
1 er oostégite
& t lobe postero-
distal
tuberculée ou digitée
lisse
court, mais bien défini
absent ou très rudimentaire
Crête oostégale sur les oosté-
gites 2-4
présente
absente
Pleurocrypta macrocephala Nz. & Br. Br.
1923, Pleurocrypta macrocephala Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 79-80, fig. 12 a-c.
1933, Pleurocrypta macrocephala : Shiino : 562.
1968, Pleurocrypta macrocephala : Bourdon : 218, 222, 290, 300-301, fig. 122, d-e.
1974a, Pleurocrypta macrocephalon (sic) Markham : 271.
Matériel examiné ; l’holotype $, sur Petrolisthes asiaticus Leach, station inconnue (ZMA).
Remarques
Après avoir vu des spécimens de Pleurocrypta yatsui (Pearse, 1930), nous doutons fort
que cette espèce soit différente de PL macrocephala Nz. & Br. Br. (1923) car tous les carac-
LES BOPYRES DES PORCELLANES
233
tères concordent dans les femelles : grosseur du céphalon, largeur de la lame frontale, lobes
ciliés des maxillipèdes, lamelles céphaliques, bord postlatéral du premier péréionite tuber-
culiforme, présence de crêtes oostégales, abdomen ramassé. Seule l’absence du mâle nous
empêche de les mettre en synonymie.
Genre ANUROPODIONE Bourdon, 1967
Anuropodione australiensis n. sp.
Espèce-type : Anuropodione senegalensis Bourdon, 1967
Matériel examiné : 2 -f- sur Pisidia dispar (Stimpson), Cockborn Sound, Port-
Royal, Australie, 14,5-18 m, 30.IX.1905, « Hamburg S. W. Australian Expédition »
(ZMH).
Description
Femelle (fig. 41)
Longueur : 1,5 mm ; largeur : 1,0 mm ; pléon : 0,3 mm. Asymétrie : 19°.
Fig. 41. — Anuropodione australiensis n. sp. $ X 55.
234
ROLAND BOURDON
Céphalon presque ovale, non fissuré dorsalement. Yeux absents. Lame frontale large,
formant une sorte de digitation sur le côté droit. Antennules triarticulées, antennes parais¬
sant constituées d’un seul segment. Maxillipèdes (fig. 42, a) sans palpe, l’angle antéro-
externe arrondi, orné de quatre petites soies. Bord postérieur avec les deux paires de lamelles
représentées par des tubercules.
Pêréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales bien dévelop¬
pées à tous les thoracomères, la plupart rabattues sur la face dorsale du thorax, seules les
trois dernières du côté le plus long étant étalées. Partie postlatérale des segments distincte
seulement dans les quatre péréionites antérieurs où elle est d’ailleurs peu importante.
Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 42 b) avec les deux moitiés à peu près égales ;
crête interne lisse ; le lobe postéro-distal très petit et acuminé. Les autres plaques incu-
Fig. 42. —Anuropodione australiensis n. sp. l re $ : a, maxillipède X 63 ; b, 1 er oostégite X 63. — 1 er :
c, face dorsale X 90 ; d, antennule et antenne X 380 ; e, péréiopode X 303. — 2 e Ç : f, antennule et antenne
X 120 ; g, bord postéro-ventral du céphalon X 155; h, 1 er oostégite X 63 ; i, derniers pléonites,
face ventrale X 180. — 2 e $ : j, face dorsale X 109 ; k, pléon, face ventrale X 122.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
235
batrices sans crête oostégale, ciliées sur leur bord postérieur ; la cinquième paire, avec
frange, est légèrement granuleuse. Péréiopodes augmentant peu de longueur vers barrière,
PJ-P4 avec une bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon six-segmenté. Plaques latérales sur les cinq premiers somites, les antérieures en
retrait par rapport aux plaques coxales thoraciques, les dernières minces et allongées.
Pléopodes largement visibles en vue dorsale, ceux du côté déformé plus développées que les
autres. Les quatre premières paires sont biramées, l’endopodite étant nettement plus court
que l’exopodite ; la cinquième paire a des pléopodes simples. Pléotelson très petit, sans
uropodes.
Mâle (fig. 42, c)
Longueur : 0,5 mm ; largeur : 0,3 mm ; pléon : 0,1 mm.
Céphalon volumineux, distinct du thorax. Yeux non visibles. Antennules et antennes
(fig. 42, d) Inarticulées. Maxillipèdes, l’un arrondi, l’autre effilé, minuscules en comparai¬
son des maxilles.
Péréion trapu, s’élargissant vers le troisième somite. Péréiopodes (fig. 42, e) massifs,
diminuant légèrement de taille vers l’arrière, tandis que le dactyle devient plus court.
Pas de tubercules médio-ventraux, mais le bord antérieur du septième thoracomère en
pointe vers l’avant.
Pléon composé de trois segments, sans aucune trace d’appendices.
Variation
Le second couple se trouvait dans l’autre cavité branchiale de l’hôte.
Femelle
Celle-ci était morte depuis déjà un certain temps au moment de la récolte et à demi
décomposée ; l’enveloppe chitineuse n’a pas résisté au traitement à l’acide lactique, mais
certaines parties ont pu cependant être examinées.
Les antennes (fig. 42, f) sont également réduites à un segment et la conformation
des pattes identique à celle de l’holotype. Par contre, le bord postérieur de la tête (fig. 42, g)
a des lamelles digitiformes ; la moitié antérieure du premier oostégite (fig. 42, h) est arrondie,
son lobe postéro-distal plus long. Autre différence plus intéressante, les cinquièmes pléo¬
podes ( fig. 42, i) possèdent un endopodite, celui de l'appendice droit toutefois à peine formé.
Mâle (fig. 42, j)
Le mâle (0,4 mm) a le pléon globuleux et sa métamérisation n’est apparente que ven-
tralement ; encore le premier segment est-il seul bien défini, les deux suivants paraissant
anormalement fusionnés (fig. 42, k).
Remarques
Par les sept paires de plaques coxales bien développées de la femelle, les présents
spécimens appartiennent à un tout autre groupe de Pseudioninae que Parione pisidiae n. sp.,
236
ROLAND BOURDON
également parasite des Pisidia dispar (Stimpson). L’absence d’uropodes constitue évidem¬
ment leur caractéristique principale et cette analogie avec Anuropodione Bourdon (1967)
nous amène à les inclure dans ce genre b Toutefois, ce n’est pas sans formuler de fortes
réserves, car ils diffèrent beaucoup des quatre espèces antérieurement décrites, toutes sur
Munida, par leur faciès et les particularités morphologiques suivantes : Ç (1) antennes
réduites à un article ; (2) lobe postéro-distal du premier oostégite particulièrement court
et acuminé ; (3) plaques latérales du pléon nettement en retrait par rapport aux plaques
coxales postérieures, sur le côté déformé ; (4) pléopodes, surtout les derniers, beaucoup
moins allongés ; (5) forme plus trapue ; (6) tête très grosse ; (7) bord médio-ventral du
septième péréionite en pointe.
Pseudioninae sur Petrolisthes edwardsi (de Saussure)
1968, Bopyrid : Haig : 61.
Matériel examiné : 1 Ç + c?> sur Petrolisthes edwardsi (de Saussure), « Eastern Pacific
Zaca Expédition », 1937, Chamela Bay, Mexique (AMHN).
Description
Femelle (fig. 43,a)
Cette femelle se trouvant en mauvais état de conservation (enveloppe chitineuse
fripée, corps rétracté, appendices en moins), il n’est donc pas possible d’en donner une des¬
cription complète ; la morphologie pléale, notamment, reste à préciser.
Longueur : environ 3,5 mm ; largeur : environ 2,4 mm. Asymétrie de l’ordre de 15°.
Céphalon beaucoup plus large que long, son bord postérieur trilobé. Lame frontale
bien développée seulement dans sa partie antérieure et sur les bords latéraux. Yeux pré¬
sents. Antennules et antennes triarticulées. Maxillipèdes (fig. 43, b) sans palpe proprement
dit, son angle antéro-externe seulement en pointe. Bord postérieur pourvu de deux paires
de lamelles, les externes au moins étant digitées ; la partie médiane paraît présenter aussi
quelques digitations.
Péréion. Bosses latérales sur les quatre premiers somites. Plaques coxales très minces
sur les mêmes, la première du côté déformé non visible. Bord postéro-latéral des seg¬
ments I-IV plus court que les bosses latérales, chevauchant légèrement les thoracomères
suivants. Séparation et bord latéral des péréionites Y-VII difficiles à distinguer. Marsu¬
pium fermé. Premier oostégite (fig. 43, c) avec les deux moitiés égales ; crête interne digitée
sur les trois quarts de sa longueur ; le lobe postéro-distal bien développé. Les autres plaques
incubatrices ciliées sur leur bord postérieur, les cinquièmes avec frange ; ni crête oostégale
ni granules. Péréiopodes augmentant légèrement de taille jusqu’à P6, la dernière paire
plus petite que la précédente ; toutes les pattes présentent une bosse au bord supérieur
du basipodite.
Pléon à métamérisation indistincte. Plaques latérales paraissant rudimentaires. Appen-
1. La diagnose générique à'Anuropodione, déjà émendée par Marhkam (1973), concernant les cinquièmes
pléopodes de la femelle, parfois uniramés, doit être également rectifiée quant au pléon du mâle, souvent
segmenté, et comprendre aussi la présence éventuelle de tubercules médio-ventraux dans ce dernier, si l’on
admet l’inclusion de Probopyrus dubius Nz. & Br. Br.
LES BOPYRES DES PORCELLANES
237
Fig. 43. — Pseudioninae sur Petrolisthes edwardsi (de Saussure). Ç : a, face dorsale x 20 ; b, maxillipède
et lamelle céphalique externe X 25 ; c, 1 er oostégite X 26. — (J : d, l'ace dorsale X 26 ; e, antennule
et antenne X 82 ; f-h, péréiopodes 1, 3 et 7 X 88.
dices pléaux largement visibles en vue dorsale en nombre incomplet (18 seulement). Les
pléopodes sont biramés, mais il n’est pas possible de dire combien il y a d’uropodes.
Mâle (fig. 43, d)
Longueur : 2,0 mm ; largeur : 0,8 mm ; pléon : 0,45 mm.
Céphalon séparé du thorax. Yeux présents. Antennules et antennes (fig, 43, e) compre¬
nant respectivement trois et cinq articles. Maxillipèdes effilés.
238
ROLAND BOURDON
Péréion diminuant graduellement de largeur à partir du premier segment. Péréiopodes
(fig. 43, f-h) : P1-P2 plus grands que les autres pattes, leur basipodite, relativement peu
important, propode et dactyle très développés ; dans P3, ce dernier article est moitié plus
court ; il diminue encore dans les paires postérieures tandis que la longueur du basipodite
tend à devenir égale à celle du propode. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon six-segmenté. Pléopodes délimités par une zone ovalaire dont la partie latéro-
interne est un peu surélevée. Uropodes absents, les bords postéro-externes du pléotelson
ornés d’un bouquet de soies.
Remarques
Ce parasite appartient au groupe des Pseudioninae à plaques coxales rudimentaires
et pléopodes plus longs que les lames pleurales. L’aspect particulier de la tête de la femelle
n’est pas sans rappeler l’holotype d’ Aporobopyrus curtatus (Richardson, 1904), mais le
développement des premières pattes du mâle l’écarte franchement de cette espèce.
Peut-être s’agit-il d’une nouvelle forme d’Aporobopyrus ?
Pseudioninae sur Pachycheles ackleyanus A. Milne-Edwards
1974, « Unidentified pseudionine bopyrid 1 », Markham : 154, 314, 326.
Cette forme, récoltée en deux couples, sur Pachycheles ackleyanus A. Milne-Edwards,
près de Sainte-Lucie et d’Enriquillo en République Dominicaine, n’est pas encore décrite.
Mais Markham (1974) indique qu’elle appartient à un genre nouveau se plaçant à un niveau
assez évolué dans la sous-famille des Pseudioninae, ce qui exclut donc qu’il s’agisse de
Pleurocryptosa calypso n. sp., trouvée sur le même hôte.
Bopyridae sur Petrolisthes moluccensis (de Man)
Matériel examiné : 1 Ç juvénile, sur Petrolisthes moluccensis (de Man), « Mission Bonnier-
Pérez au Golfe Persique », st. LUI, 1901 (MNLIN).
Description
Femelle (fig. 44, a)
Longueur : 2,3 mm ; largeur : 1,1 mm ; pléon : 0,7 mm. Asymétrie nulle.
Céphalon ovalaire. Lame frontale très large. Yeux non visibles. Antennules et antennes
(fig. 44, b) triarticulées. Maxillipèdes (fig. 44, c) avec palpe nettement séparé de l’appen¬
dice. Bord postérieur sans aucune ébauche de lamelles.
Péréion. Bosses latérales en formation sur les quatre somites antérieurs. Plaques
coxales lamelleuses et bien développées à tous les segments. Partie post-latérale des thora-
comères peu importante, indistincte sur le septième péréionite et sur le côté droit du sixième.
Une paire de saillies tergales sur le premier segment. Marsupium avec les oostégites (fig. 44, d)
LES BOPYRES DES PORCELLANES
239
Fig. 44. — Bopyridae sur Petrolisthes moluccensis (de Man). $ : a, face dorsale x 40 ; b, antennule et antenne
X 87 ; c, maxillipède X 138 ; d, bord thoracique droit, face ventrale ; e, pléon, face ventrale X 63.
encore loin d’atteindre la ligne médiane. Péréiopodes augmentant de taille jusqu’à P4,
diminuant un peu ensuite ; tous avec une forte bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon (fig. 44, e) de six segments. Plaques latérales courtes. Pléopodes : cinq paires
biramées, largement visibles en vue dorsale, l’exopodite beaucoup plus long que l’endo-
podite. Uropodes simples, de même dimension que les derniers pléopodes.
Remarques
La détermination des Bopyridae étant basée sur la morphologie de l’adulte, il n’est
pas possible de savoir à quelle espèce ni même à quel genre appartient cette femelle. On
serait évidemment enclin à la ranger dans le groupe des Pseudioninae à plaques coxales
bien développées ; mais que ces appendices soient déjà importants à ce stade ne signifie
pas qu’ils le resteront, car on connaît au moins une espèce, Pseudione affinis (G. O. Sars),
où ils régressent quand la femelle devient adulte (Bourdon et Pire, 1972).
Liste des Porcellanes parasitées par des Bopyres
(Les nouveaux
Hôtes
Porcellanidae
Porcellanidae
Aliaporcellana quadrilobata (Miers)
Aliaporcellana suluensis (Dana)
Clastoloechus vanderhorsti (Sclimitt)
Neopisosoma angusti/rons Benedict
Pachycheles ackleianus A. Milne-Edwards
Pachycheles natalensis (Krauss)
Pachycheles pubescens Holmes
Pachycheles rudis Stimpson
Pachycheles sculptus (H. M. Edwards)
Pachycheles greeleyi (Rathbun)
Pachycheles stevensii Stimpson
Petrolisthes armatus (Gibbes)
Petrolisthes asiaticus Leach
Petrolisthes boscii (Audouin) *
Petrolisthes coccineus (Owen)
hôtes trouvés par Miss Haig sont indiqués
Parasites
Parionella decidens Nz. & Br. Br.
Pleurocryptosa megacephalon Nz. & Br. Br.
Aporobopyrus doll/usi Bourdon
Allorbimorphus haigae n. sp.
Aporobopyrus doll/usi. Bourdon
Bopyre indéterminé (J. Haig)
Astalione cruciaria Markham
Pseudione trilobata Nz. & Br. Br.
Pleurocryptosa calypso, n. sp.
Pseudioninae n. g. (Markham, 1974)
Pleurocrypta yatsui (Pearse)
Aporobopyrus ovijormis Shiino
Aporobopyrus m guensis Shiino
Parioninella astridae Nz. & Br. Br.
Parioninella pacifica (Shiino)
Aporobopyrus sp.
Bopyre indéterminé (J. Haig)
Bopyre indéterminé (Coelho, 1966)
Parione pachychelii Shiino
Orbimorphus constrictus Richardson
Aporobopyrus curtatus (Richardson)
Aporobopyrus « gracilis » de Lemos de Castro
Pleurocrypta macrocephala Nz. & Br. Br.
Parionella richardsonae Nz. & Br. Br.
Aporobopyrus ryukyuensis Shiino
Pleurocrypta yatsui (Pearse)
Aporobopyrina lamellata Shiino
Aporobopyrus ovijormis Shiino
par un astérisque.)
Localités
mer de Chine
golfe de Siam
mer Rouge
Amboine, Makassar
mer Rouge
îles Keï, mer de Java
Sainte Croix (Antilles)
Curaçao
Brésil
Antilles, République Dominicaine
golfe Persique
Californie
Californie
îles Aroë
Palao
Philippines
Australie
Brésil
Japon
Pérou
Floride
Brésil
station inconnue Siboga-exp.
Philippines
Ryûkyù
mer Rouge
Japon
Japon
240 ROLAND BOURDON
Petrolisthes edwardsii (de Saussure) *
Petrolisthes fini brialus Borradaille
Petrolisthes galathinus (Bosc)
Petrolisthes hastatus Stimpson
Petrolisthes hians Noliili *
Petrolisthes japonicus de Haau
Petrolisthes lamarcki (Leach)
Petrolisthes marginatus Stimpson
Petrolisthes mili taris (Heller) *
Petrolisthes moluccensis (de Man)
Petrolisthes peniccilatus (Heller)
Petrolisthes rufescens Heller
Petrolisthes scabriculus (Dana) *
Pisidia dispar (Stimpson) *
Pisidia longicornis (Linné)
Pisidia longimana (Bisso)
Pisosoma sp.
Polyonyx pedalis Nobili *
Porcellana sigsbeiana A. Milne-Edwards
Porcellana sayana (Leach) *
Porcellanella triloba White
Bopyre indéterminé
Aporobopyrus ryukyuensis Shiino
Aporobopyrus curtatus (Richardson)
Aporobopyrus « g racilis » de Lemos de Castro
Aporobopyrina lamellala Shiino
Aporobopyrus ryukyuensis Shiino
Pseudione trilobata Nz. & Br. Br.
Pleurocrypta yatsui (Pearse)
Pseudione petrolisthae Shiino
Aporobopyrus ryukyuensis Shiino
Aporobopyrina lamellala Shiino
Aporobopyrus curtatus (Richardson)
Pseudione petrolisthae palpi/era n. ssp.
Bopyre indéterminé (J. Haig)
Bopyre indéterminé
Aporobopyrina lamellata Shiino
Aporobopyrus adulilicus Nobili
Allorbirnorphus scabriculi n. sp.
Parione pisidiae n. sp.
Anuropodione australiensis n. sp.
Pleurocrypta porcellanae Hesse
Pleurocrypta porcellanae Hesse
Aporobopyrus panais Shiino
Parione ischyrandra n. sp.
Bopyre indéterminé (Milne-Edwards et Bouvier, 1923)
Aporobopyrus curtatus (Richardson)
Allorbirnorphus lamellosus (Nz. & Br. Br.) n. g.
Bopyre indéterminé (J. Haig)
W. Mexique
Palao
Floride, Saint Jean (Antilles)
Brésil
Japon
Ryukyû
W. Mexique
Japon
Japon
Palao
Madagascar, Philippines
Barbades
Amboine
Australie
golfe Persique
Madagascar
mer Rouge
Philippines
S. Australie
W. Australie
Écosse au Maroc
Turquie
Ryukyû
îles Keï
golfe du Mexique
N. Caroline au Brésil
Amboine, golfe Persique
Zanzibar
4 ^
LES BOPYRES DES PORCELLANES
242
ROLAND BOURDON
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Achevé d’imprimer le 30 avril 1976.
IMPRIMERIE NATIONALE
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