BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
265
N° 377 MARS-AVRIL 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 377, mars-avril 1976, Zoologie 265
Contribution à l’étude des Amphibiens de Guyane française.
VI. Liste préliminaire des Anoures
par Jean Lescure *
Résumé. —- Sur les 70 espèces d’Anoures qui sont citées dans cette liste préliminaire des
Amphibiens de Guyane française, 32 n’avaient jamais encore été récoltées dans ce pays, 15 sont
signalées ici pour la première fois de Guyane française, 25 autres l’ont été dans mes publications
antérieures. Des espèces rares, Phyllobates pictus, Hyla favosa, Hyla proboscidea, AUophryne
ruthveni, Phrynohias resinifictrix, Eleutherodactylus marmoratus, Hydrolaetare schmidti, Physae-
lemus petersi, Otophryne robusta, ont été trouvées. 6 espèces étaient recensées à tort de Guyane fran¬
çaise. L’histoire taxinomique de Dendrobates tinctorius (Cuvier, 1797), Hyla rubra Laurenti, 1768,
Hyla boans (Linné, 1758), Hyla boans Daudin, 1800 (senior synonyme de H. multifasciata ) et Phyl¬
lobates pictus Bibron in Tschudi, 1838, est retracée.
Abstract. — On 70 Anuran species reported in this preliminary checklist of French Guiana
Amphibians, 32 had never collected in this country, 15 are recorded here, 25 others were recorded
in my previous papers. Some rare species, Phyllobates pictus, Hyla favosa, Hyla proboscidea,
AUophryne ruthveni, Phrynohias resinifictrix, Eleutherodactylus marmoratus, Hydrolaetare schmidti,
Otophryne robusta, Physaelemus petersi, were found in French Guiana, 6 species were erroneously
reported from French Guiana by various authors. The taxonomie historiés of Dendrobates tinc¬
torius (Cuvier, 1797), Hyla rubra Laurenti, 1768, Hyla boans (Linné, 1758), Hyla boans Daudin,
1800 (senior synonym of II. multifasciata ) et Phyllobates pictus Bibron in Tschudi, 1838, are given.
Introduction
Les Amphibiens Anoures de Guyane française sont encore très peu connus. Pourtant
l’étude de ces Vertébrés avait commencé très tôt dans les régions voisines. Des Amphibiens
du Surinam ont été décrits ou figurés dès l’époque de Linné dans les planches de Seba
(1734, 1735), les livres de Sybille Mérian (1705) et de Philippe Fermin (1765) ; deux espèces
sont citées comme originaires de ce pays dans le Systema Naturae (1758). Toutefois,
Barrère, en 1741, nomme 4 espèces d’Amphibiens dans son « Essai sur l’Histoire naturelle
de la France équinoxiale » mais ses descriptions trop succintes seront ignorées des zoolo¬
gistes.
Buffon (1779) est sans doute le deuxième auteur à signaler un Amphibien Anoure
de Guyane : il écrit que les Indiens de cette contrée ou d’Amazonie se servent du sang
« d’une petite grenouille... d’un beau bleu d’azur, avec des bandes longitudinales de couleur
d’or » pour tapirer les Perroquets, c’est-à-dire changer la couleur de leur plumage. D’Auben-
* Laboratoire de Zoologie (Reptiles et Poissons), Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
377, I
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JEAN LESCURE
ton (1784), Lacepède (1788) et Bonnaterre (1789) ne mentionnent pas la Guyane comme
lieu d’origine des Amphibiens qu’ils décrivent. Schneider (1799) précise seulement que
Rana dorsigera (= Pipa pipa ) habite « Guianae et Surinami ». Daudin qui a étudié les collec¬
tions de Marin de Baize et de Levaillant provenant du Surinam décrit ou cite 15 espèces
de ce pays dans ses différents travaux, il en déclare seulement 4 en Guyane (Daudin, 1800,
1803a, 18036, in Sonnini et Latreille, 1801) h
Il faut attendre Duméril et Bibron (1841) pour avoir un premier aperçu de la faune
des Amphibiens de Guyane française. Les deux I lerpétologistes du Muséum de Paris indi¬
quent que 25 espèces d’Anoures leur ont été envoyées de Cayenne : 4, parmi elles, sont
nouvelles pour la Science mais 4 autres y sont recensées à tort de Guyane française car elles
ne vivent que dans le sud-est de l’Amérique du Sud.
Depuis Duméril et Bibron (1841), aucune revue des Amphibiens de Guyane n’a été
réalisée mais diverses espèces ont été citées pour la première fois de Guyane française par
Guichenot (1855), Cochran (1955), Heyer et Silverstone (1969), Trueb et Duellman
(1971), Duellman (1972) dans des travaux de faunistique, et par Silverstone (1970)
et IIeyer (1970, 1973) dans des révisions de genres.
Durant ces dernières années, grâce à plusieurs missions CNBS, j'ai pu entreprendre
l’inventaire des Amphibiens de Guyane française et récolter un matériel abondant à travers
le pays (environ 2 500 spécimens). Des espèces ou des sous-espèces nouvelles ont été décrites
(Lescure, 19736 et c ; 1975a et 6) et la reproduction de certains Anoures a été étudiée
(Lescure, 1973a, 1975c). Cependant il nous a paru nécessaire de publier une première liste
des Anoures de Guyane. Plusieurs d’entre eux ont été cités brièvement dans des notes sur
la biogéograpbie des Amphibiens guyanais (Lescure, 1973d, 1973e ; 1974 ; 1975c).
Des Eleutherodactylus, les Bufo du groupe typhonius et certaines Hyla n’y seront pas
mentionnés car leurs études effectuées par divers collègues avec mon matériel ne sont pas
encore achevées. Sur les 70 espèces qui sont répertoriées dans ce travail, 32 n’avaient pas
encore été récoltées en Guyane française, 15 sont citées ici pour la première fois de ce pays,
25 autres ont fait l’objet d’une première mention dans mes publications antérieures.
Quelques autres collections d’Anoures recueillies en Guyane française sont jointes
à mon matériel (LG) : celle du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (MNIINP),
celle du Muséum Comparative Zoology de Harvard (MCZ) rassemblée par Monath en 1963,
celle du Muséum de Los Angeles (LACM) réalisée par Silverstone en 1968 et celle du
Muséum de Genève (MHNG) effectuée en 1972. La collection de l’auteur (LG) sera remise
prochainement au Muséum de Paris.
Pour contribuer à la solution de certains problèmes taxinomiques, nous retraçons dans
cet article l’origine et l’histoire de Dendrobates tinctorius (Cuvier), Hyla rubra Laurenti,
Hyla boans (Linné), Hyla boans Daudin (= H. multifasciata Günther) et Phyllobates pictus
Bibron in Tschudi. En dehors de ces quelques cas, seules les citations des auteurs qui ont
signalé les espèces en Guyane française ont été retenues dans les listes de références.
1. D’après les recherches de IIarper (1940) et de M. C. Dupuis (comm. pers.), les dates des œuvres
batrachologiques de Daudin sont : Histoire naturelle des Quadrupèdes ovipares, première livraison :
13.IX.1800 ; deuxième livraison : 12.XI.1800 ; Histoire naturelle des Rainettes, des Grenouilles et des Cra¬
pauds, première date de recension : février 1803 ; Histoire naturelle des Reptiles, Vol.8 :18.VIII.1803.
Les tomes 1 et 2 de l’Histoire naturelle des Reptiles de Sonnini et Latreille sont de novembre 1801.
(Daudin est l’auteur de certaines descriptions d’Anoures dans cet ouvrage.)
GUYANE FRANÇAISE
1. — Principales localités de récolte (cercles). 1, Rémire (Montjoly, Cabassou) ; 2, Matoury (lac des
Américains, Rochambeau, Paramana) ; 3, Montsinéry ; 4, Kourou : savane Matiti ; 5, crique Grégoire
i Kcrenroeh) ; 6, Iracoubo : Bellevue ; 7, Base Pasteur sur l’Inini ; 8, monts Atacbi-Bacca ; 9, La Grève ;
10, Entouka (Eniponou Tabiki est un peu plus en aval) ; 11, Antecuine-Pata (=• Yillage-Malavate) ;
12, Grigel ; 13, saut Verdun ; 14, Lavaud ; 15, Icholi Epoyan et Elachi Pata sur le « sentier indien »
(frontière Guyane-Surinam) : 10, Koulimapopane (— point de trijonction) ; 17, massif du Mitaraca ;
18, crique Gabrielle (Eaux-Clément, montagne Patawa, montagne Gabrielle) ; 19, Fourgastié ; 20, Bégrad
Edmond (crique Sainte Anne) ; 21, Cacao (la crique Boulanger est un peu à l’est) ; 22, Guisambourg ;
23, rivière Matarony ; 24, saut Tortue (crique Tortue) ; 25, montagnes Tortue ; 26, crique Ipoucin ;
27, Pierrette ; 28, Ouanary ; 29, saut Maripa (saut Galibi est légèrement en aval) ; 30, monts Alikéné ;
31, Yanioué (mont Yanioué) ; 32, Alicoto ; 33, Village-Pina (près de l’embouchure de la crique Eleu-
posing) ; 34, Village-Zidok ; 35, Trois-Sauts ; 36, montagne Saint-Marcel ; 37, montagne Galbao (crique
Cambrouze est un peu à l’est).
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JEAN LESCURE
Bufonidae
Atelopus flavescens Duméril et Bibron
Atelopus flavescens Duméril et Bibron, 1841 : 661 (localité-type : environs de Cayenne); Gunther,
1859 : 48 ; Lescure, 1973a : 125, 1973e : 589 ; 1975 : 74.
Atelopus vermiculatus McDiarmid, 1973 : 1 (nouvelle synonymie).
Matériel examiné. — Cayenne : MNHNP 803 (lectotype), 256 (2 ex., syntypes) ;
Chaumière, LG 18, 186-87, 189-90, 291, 680-82, 684, 686, 688-90, 1431 ; lac des Américains
(Matoury) LG 1069, 1430, 1910-19, 2050-51. Roura : LG 780-83; Eaux-Clément, LG 46-
49, 691-95, 1908, 1432-33. ICaw : LG 1901-07, MHNG 1225.11. Approuague : rivière Mata-
rony : LACM 42049-59, 42060 (holotvpe d’A. vermiculatus), 42070-79 ; saut Tortue, LACM
42067, 42069 ; crique Ipoucin *, LACM 42064-66 ; mont Tortue, LACM 42068.
Duméril et Bibron (1841) ont décrit A. flavescens d’après des spécimens récoltés
par Leprieur « sur les bords d’un ruisseau dans une montagne près de Cayenne ». Cette
espèce a été retrouvée récemment dans des collines des environs de Cayenne, donc dans
la localité-type (Lescure, 1973è). Je désigne comme lectotype A’Atelopus flavescens Dum.
et Bibr., 1841, le spécimen MNHNP 803, une femelle dont les mesures correspondent à
celles données dans l’Erpétologie générale.
A. flavescens sensu Boulenger (1882) n’est pas synonyme d’A. flavescens Dum. et
Bibr. mais représente une sous-espèce d’A. pulcher, .4. pulcher hoogmoedi Lescure, 1973 :
il n’existe ni à Cayenne ni dans la forêt côtière mais dans l’extrême sud du pays (Lescure,
19756).
A. vermiculatus McDiarmid, 1973, est synonyme d’A. flavescens Dum. et Bibr., 1841 ;
la palmure, la coloration et les patterns dorsaux (vermiculations) sont semblables. La
coloration dorsale des spécimens de l’Approuague est un peu plus foncée mais cela peut
dépendre soit de la fixation, soit de la teinte du substrat sur lequel l’animal vivait au moment
de sa capture. La moyenne de leur taille esL un peu moins élevée que chez les exemplaires
de Cayenne. La couleur dorsale violette avec les vermiculations vertes n’a jamais été vue
dans les populations de Cayenne.
Les spécimens de Roura et Eaux-Clément n’ont pas de vermiculations et sont un peu
plus petits que ceux de Cayenne ; ils paraissent un peu plus proches d’A. franciscus.
A. flavescens se reproduit au début de la saison des pluies, je l’ai entendu chanter près
des ruisseaux de forêt et i’ai trouvé des couples tout au bord de l’eau en décembre 1969
et 1972.
Atelopus franciscus Lescure
Atelopus franciscus Lescure, 19736 : 131, 1973e : 589 ; 19756 : 75.
Matériel examiné. — Sinnamary : crique Grégoire I, MNHNP 1975-1502 (holotvpe =
LG 192). 1975-1503 (= LG 14), 1975-1504-05 (= LG 41-42), 1975-1506-08 (= LG 435-437),
1. En créole guyanais, crique = petite rivière.
AMPHIBIE N S DE GUYANE FRANÇAISE
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1975-1509 (= LG 458), LG 43, 438, 459 ; USNM 192814 (= LG 457) (paratypes) ; MNHNP
1975-1514-20 (collection Jullien) ; MNHNP 1975-1521-24, LG 772-73, 775, USNM 192815 ;
crique Grégoire II, MNHNP 1975-1510-13 (= LG 460-63) (paratypes).
A. franciscus est proche d’M. flavescens niais il est plus petit (moyenne des tailles :
e?, 20,5 mm ; Ç, 25,5 mm), a une coloration dorsale uniformément noire (in vivo) ou brun-
noir dans l’alcool (Lescure, 19736). Il est différent des populations de l’Approuague (« A.
vermiculatus ») par sa taille plus petite, sa forme plus grêle, ses pattes postérieures plus pal¬
mées et sa coloration dorsale plus noire sans aucune vermiculation.
,4. franciscus n’a été récolté jusqu’à maintenant que dans la région du fleuve Sinnamary ;
un couple a été trouvé près de l’eau pendant la première période de la saison des pluies
(février).
Atelopus pulcher hoogmoedi Lescure
Phryniscus flavescens : Boulenger (non A. flavescens Dum. et Bibr.), 1882 : 153 ; Lidth de Jeude,
' 1904 : 92.
Atelopus flavescens : Rivero, 1968 : 19 ; McDiarmid, 1973 : 1.
Atelopus pulcher hoogmoedi Lescure, 1973c : 997 ; 1973d : 58 ; 1974 : 797 ; 19756 : 76.
Matériel examiné. — Forme A. Haut-Maroni : monts Atachi-Bacca : MNHNP.
A522 (holotype), A514, A518, A521 (paratypes). Coloration A’. Monts Atachi-Bacca :
MNHNP. A515, A517, A519-20 (paratypes).
Forme B. Haut-Oyapock : mont Yanioué, MNHNP 50-12 ; Trois-Sauts, LG 1596-97,
1920-47, Village-Zidok, LG 1108, 1126 ; embouchure riv. Yaroupi, LG 1979, Haut-Maroni :
LG 1986-89.
Forme C. Haut-Maroni : monts Tumuc-Humac : MNHNP A260-68, A465-67 ; Kouli-
mapopane, LG 7262 ; camp Mitaraca, LG 7292, 7295, 7299-101, 72111, 1973-76. Coloration
C’. Sentier indien, LG 7240, 7244 ; Elachi Pata, LG 72142-43 ; Icholi Epoyan, LG 72147-48.
A. pulcher hoogmoedi est une sous-espèce polymorphique et polychromatique qui vit
dans la région guyanaise : cinq colorations regroupées dans trois formes ont été décelées
parmi les spécimens de Guyana, Surinam, Guyane française, Amapa, et Santarem (Para,
Brésil) (Lescure, 1973d). On l’a seulement récolté dans les bassins supérieurs du Maroni
et de l’Oyapock en Guyane française. Des couples ont été trouvés dans la première période
de la saison des pluies (janvier) et au début de la saison sèche.
Bufo granulosus merianae Gallardo
Bufo granulosus Spix, 1824 : 51 ; Gunther, 1859 : 67 ; Lescure, 1973a : 92, 1973? : 589.
Bufo strumosus : Dumérii. et Bibron, 1841 : 716 (partim).
Bufo granulosus merianae Gallardo, 1965 : 112 ; Lescure, 1974 : 797 ; 19756 : 73.
Mat ériel examiné. — Guyane : MNHNP 4996. Kourou (savane Matiti) : LG 6,
35, 117, 407, 1866-68, 1869-81. Ôrganabo : LG 796.
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JEAN LESCURE
Gallardo (1965) n’a pas examiné d’exemplaires de Guyane française et n’inclut pas
ce pays dans la distribution géographique de son 11. granulosus merianae. Il mentionne
seulement « Bufo strumosus Duméril et Bibron (1841)... Cayenne » dans ses citations de la
littérature se rapportant à la nouvelle sous-espèce. Ce matériel récolté en Guyane française
correspond aux descriptions et illustrations de B. granulosus merianae Gallardo.
Une nymphe d’ Amblyomna sp. (Ixodidae) a été trouvée sur le spécimen CG 35. Ca pré¬
sence de Tiques sur Bufo granulosus n’a été signalée qu’une seule fois : Sundman (1966)
cite un Bufo granulosus (une autre sous-espèce que celle des Guyanes) recueilli par Rive ho
et portant un mâle et une nymphe d’Amblyomna dissimile.
Bufo guttatus Schneider
Bufo guttatus Schneider, 1799 : 218.
Bufo leschenaullii Duméril et Bibron, 1841 : 666 ; Günther, 1859 : 64 *.
Bufo guttatus guttatus : Rivero, 1961 : 20 (« Guianas »).
Matériel examiné. — Guyane : CG 1010, 1110, 1855, 1966-67. Crique Grégoire (Sinna-
marv) : CG 805. Mana : MNHNP 801 (type de Bufo leschelnaultii), Fourgastié (rivière
Comté) : CG 2002-06. Rivière Inini : Dorliu, MCZ 44399 ; Cambrouze, MCZ 44400-02.
Haut-Maroni : Maripasoula, MCZ 44396-98, CG 2114-19 ; Entouka, CG 86-91 ; rivière
Ouaqui, CG 1453, MCZ 44395 (Dégrad Roche) ; île Ca Moitié, CG 1983. Saül : Galbao, CG
1854. Haut-Oyapock : Camopi, MNHNP 02-289 ; Trois-Sauts, CG 1294 : Dégrad-Galoupa :
MNHNP 50-13.
En Guyane française, Bufo guttatus n’était connu que de Mana, la localité-type de
Bufo leschenaullii Dum. et Bibr., 1841. B. guttatus n’est pas rare en Guyane ; on trouve
assez facilement des jeunes au bord des cours d’eau sous les pierres. Ces adultes qui peuvent
atteindre une grande taille (140 mm) sont moins fréquents.
Bufo marinus (Cinné)
Bufo vulgaris Barrère, 1741 : 149.
Rana marina Linné, 1758 : 210; Cuvier, 1816 : 97 ; Bory de Saint Vincent, 1824 : 29.
Bufo humeralis Daudin, 1803& : 205.
Le Crapaud Epaule-armée : Ci.oquet, 1818 : 349.
Bufo agua : Duméril et Bibron, 1841 : 703 ; Guichenot, 1855 : 88.
Bufo marinus : IIeyer et Silverstone, 1969 : 141 ; Cescure, 1974 : 797 ; 1975& : 73.
Matériel examiné. — Guyane : MNHNP 8851, 95. 23-24. Presqu’île de Cayenne :
Cayenne, MNHNP 4972-73, LG 121; Montjoly, CG 920; Rémire, CG 2013; Paramana
(Matoury), CG 2149. Sinnamary : CG 2113. Mana : MNHNP 4974. Saint Caurent du Maroni ;
LG 2102. Haut-Maroni : Maripasoula, CG 2120-24; Cavaud, CG 7217-19 ; saut Galibi :
1. Dans ses récentes publications Duellman (1970, 1971) donne 1859 comme date de parution du
Catalogue of the Batrachia Salientia de Güntukr (« 1858 »), j’admets cette modification mais je ne connais
pas encore les preuves de ce changement de date.
AMPHIBIE NS DE GUYANE FRANÇ AISE
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MNHNP 03-139. Houra : LG 2137. Kaw : LG 1968-69. Regina : LG 2110- Bas-Oyapock :
Saint Georges de l’Oyapock, LG 2007-09; saut Maripa, LG 96. Haut-Oyapoek : LG 21.50,
MNHNP 50-15 ; Village-Zidok, LG 343. Saül : LG 98.
Daudin (1803a, 18036) fut le premier à écrire que le Bufo marinus, « l’Epaule armée »
des anciens auteurs, vivait en Guyane française.
Reed et Bohowsky (1970) ont noté que les plus grands Crapauds connus du monde
étaient des Bufo marinus femelles de la région guyanaise. LTne femelle capturée à Roura
(L = 250 mm) dépasse le record de longueur établi par un spécimen du Surinam (RMNI1
4981).
Bufo marinus est une espèce anthropophile comme Bufo bufo en Europe et Bufo regu-
loris en Afrique ; il ne vit pas dans la forêt, primaire mais dans les villages, les plantations,
les terrains en friche, les prairies et les savanes. Il suit la progression de l’homme à l’inté¬
rieur de la forêt le long des routes, des pistes ou des fleuves.
Les B. marinus qui habitent au voisinage des habitations sont souvent parasités par
des Tiques : une Amblyomna cayennense (Fabricius) et des Amblyomna dissimile (Koch)
ont été trouvées sur des spécimens capturés dans la presqu’île de Cayenne.
Dendrophryniscus minutus (Melin)
Atelopus minutus Melin, 1941 : 18.
Dendrophryniscus minutus : Lescure, I973d : 61 ; 1973e : 589.
Matériel examiné. — Haut-Maroni : Kasabitiki, LG 2143 ; Mitaraca, LG 7296 ;
saut Verdun, LG 1438. Haut-Oyapoek : Village-Zidok, LG 1124, 1885-97.
McDiarmid (1971) a inscrit la Guyana et la Guyane française dans la répartition géo¬
graphique du genre Dendrophryniscus mais sans préciser l’espèce. En signalant la présence
de D. minutus en Guyane française (Lescuriî, 1973d), j’avais établi une carte de la distri¬
bution de cet Amphibien. Depuis, d’autres spécimens ont été récoltés dans de nouvelles
localités : le mont Kasabitiki près du Point de trijonction (frontière Guyane-Surinam-
Brésil), les environs de Léticia et le hameau Kuiru en Amazonie colombienne.
D. minutus est une espèce diurne de la forêt équatoriale ; on le trouve sur le sol des
microbiotopes ouverts : sentiers, anciens abattis, chablis.
CentROLENIDAE
Centrolenella oyampiensis Lescure
Centrolenella nov. sp. Lescure, 19756 : 78.
Centrolenella oyampiensis Lescure, 1975d : 386.
Matériel examiné. — Village-Zidok (Haut-Oyapoek) : MNHNP 1973-1673 (Holotype).
Entre Ouaqui et Grigel (Haut-Maroni) : MNHNP 1973-1674 (paratype).
482
JEAN LESCURE
C. oyampiensis est une espèce récemment décrite qui se distingue facilement de C. tay¬
lori Goin par la coloration, la présence d’un pollex au premier doigt et des dents vomé-
riennes.
Centrolenella taylori Goin
Centrolenella taylori Goin, 1968 : 115 ; Lescure, 19756 : 78, 1975d : 390.
Matériel examiné. — Village-Zidok (Haut-Oyapock) : MNHNP 1973-1675.
Après notre récolte dans le Haut-Oyapock, C. taylori est désormais connue des trois
Guyanes. Une clé synoptique et une carte de la distribution géographique des Centrolenidés
guyanais a été publiée (Lescure, 1975d).
Dendrobatidae
Colosthetus beebei (Noble)
Ilyloxalus beebei Noble, 1923 : 289.
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Rémire, LG 795. Crique Grégoire
(Sinnamary) : LG 767. Mitaraca (Haut-Maroni) : LG 1626-46.
La plupart des auteurs (Cochran, 1955 ; Cochran et Goin, 1970...) ont déclaré C. beebei ,
dont la localité-type est Kaieteur Falls (Guyana), synonyme de C. brunneus (Cope) décrit
du Matto Grosso. Edwards (1974) considère C. beebei comme une espèce valide et signale
que les orteils de ce Colosthetus ont une palmure plus distincte que ceux de C. brunneus.
Il m’est dillicile de distinguer avec certitude les deux espèces car je n’ai pas eu à ma dispo¬
sition des C. brunneus provenant du Matto Grosso qui m’auraient permis de faire une bonne
comparaison avec mon matériel. Cependant certains Colosthetus de Guyane française me
paraissent conformes à la description de Noble (1923).
Colosthetus brunneus (Cope)
Prostherapis brunneus Cope, 1887 : 54.
Matériel examiné. —- Atachi-Bacca (Haut-Maroni) t LG 551. Saiil : LG 1239-52,
1504-18.
L’identification de C. brunneus est rendue difficile par la description trop brève de Cope
(1887) et le mauvais état du type. Cette situation a provoqué la mise en synonymie de plu¬
sieurs espèces de Colosthetus avec celle de Cope. II me semble, d’après les indications
d’EDWARDS (1974), que plusieurs Colosthetus de Guyane française possèdent les caractéris¬
tiques de C. brunneus.
C. brunneus est diurne et vit sur le sol dans les microbiotopes ouverts de la forêt :
sentiers, bord des criques et chablis.
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
483
Colosthetus degranvillei Lescure
Colosthetus degranvillei Lescure, 1975a : 413.
Matériel examiné. — Crique Grégoire (Sinnamary) : MNHNP 1973-1676. Roura :
Eaux-Clément : MNHNP 1973-1659-63, 1667-70, LG 678-79, 870-73. 1233. Rivière Comté :
Cacao : MNHNP 1973-1665-66 ; crique Boulanger, LG 2144. Approuague : mont Tortue,
LACM 44213-23; crique Ipoucin, LACM 44211-12. Saül : MNHNP 1973-1664; Galbao,
MNHNP 1973-1672, LG 1416, 1418. Haut-Maroni : monts Atachi-Bacca, MNHNP 1973-
1655 (holotype), 1656-58.
C. degranvillei se distingue des autres Colosthetus de la région guyanaise par sa taille,
une palmure des orteils plus développée et prolongée par des franges latérales, des tibias
courts et une coloration ventrale brun-noir avec des points blancs. Cette espèce découverte
récemment en Guyane française devrait exister dans les autres Guyanes.
C. degranvillei vit sur les rives rocailleuses des petits cours d’eau de la forêt équa¬
toriale.
Dendrobates quinquevittatus Fitzinger in Steindachner
Hyla tinctoria (première variété), Daudin, 18036 : 50 (cf. 1800 : pl. 4, fig. 3 ; 1803a : pl. 8, fig. 3).
Dendrobates tinctorius var. quinquevittatus Fitzinger in Steindachner, 1864 : 260, pl. 15, fig. 2.
Dendrobates quinquevittatus : Sij.verstone, 1971 : 113; Lescure, 1973e : 589; 19756 : 74.
Matériel examiné. — Crique Gabrielle (Roura) : LG 701. Crique fpoucin (Approuague) :
LACM 42309. Galbao (Saül) : LG 1422. Oyapock : saut Maripa, LG 73, MNHNP 1950-09 :
Carnopi, MNHNP 1950-08.
Daudin (1800, 1803) avait distingué sans la nommer la variété de Dendrobates tinc¬
torius que Fitzinger appela « quinquevittatus » (Steindachner, 1864). La preuve en est donnée
par la ligure 3 de la planche 4 de son Histoire des Quadrupèdes ovipares et celle de la planche
8 de son Histoire naturelle des Rainettes, des Crapauds et des Grenouilles représentant
le spécimen MNHNP 4904, originaire de l’Amérique méridionale (cf. fig. 2). Daudin (18036)
le considérait comme un jeune de sa première variété d’Hyla tinctoria alors qu’il est un adulte
de D. quinquevittatus. Duméril et Bibron (1841) ont vu cet exemplaire mais ne l’ont pas
reconnu comme une variété de D. tinctorius.
Silverstone (1971) est le premier à mentionner D. quinquevittatus en Guyane fran¬
çaise ; il en a récolté un individu près de la crique Ipoucin.
D. quinquevittatus ri’a encore jamais été signalé en Guyana, au Surinam et à l’ouest
de la Guyane française ; il existe mais il est rare dans l’est et le centre de ce pays ainsi que
dans l’Àmapa ; il semble donc avoir pénétré dans la région guyanaise par l’est, et le sud-est
(Lescure, 19756) ; il est commun dans l’Amazonie colombienne.
D. quinquevittatus est une espèce diurne de la forêt équatoriale ; on le trouve sur le
sol, les sentiers de forêt et quelquefois sur les troncs des arbres à 1 ou 2 m du sol.
484
JEAN LESCURE
Fig. 2. — Reproduction photographique de la planche VIII de Daudin (1803a) qui est semblable à la
plauche 4 de Daudin (1800). La figure 1 a été copiée in Sonnini et Latreille (1801).
Bendrobates tinctorius (Cuvier)
Ilyla rubra, variété la Raine à tapirer : Lacepède, 1788 : 567, pl. 39.
Hyla rubra, variété a : Bonnaterre, 1789 : 10, pl. 5, fig. 4.
Rana tinctoria Cuvier, 1797 : 295 ; 1816 : 94 ; 1829 : 108 ; Shaw, 1802 : 135 ; Bosc, 18031) : 183 ;
1819 : 543.
Calamita linctorius : Schneider, 1799 : 175 ; Merrem, 1820 : 169.
Hyla tinctoria : (partim) Daudin, 1800 : 5, pl. 4, fig. 1, 2 : 1803a : 18, pl. 8, fig. I, 2.
Hyla tinctoria : (sensu stricto) Daudin, in Sonnini et Latreii.le, 1801 : 170, fig. 3 ; 18031) :
48 ; Cloquet, 1826 : 397 ; Bory de Saint Vincent, 1828 : 454.
Hylaplesia tinctoria : Boié in Schlegel, 1826 : 239 ; Tschudi, 1838 : 70 (variété À, partim) ; Gün-
tiier, 1859 : 125.
Bendrobates tinctorius : Wagler, 1830 : 202 (partim : variété A) ; Duméril et Bibron, 1841 : 652
(partim : variété daudini) ; Steindaghner, 1864 : 262 (partim : variété Dm) ; Boulenger,
AMPHIBIE NS DE GUYANE FRANÇAISE
485
1882 : 142 (partim : forme typique) ; 1913 : 1026 ; Hoogmoed, 1969 : 139 ; Silverstone,
1971 : 124; Lescuhe, 1973c : 589; 19756 : 73.
Dendrobates tinctorius tinclorius : Laurent, 1942 : 12.
Dendrobates machadoi Bokermann, 1958 : 73.
Matériel examiné. — Guyane : MNHNP 97-7. Presqu’île de Cayenne : Cayenne,
MN11NP 4905, 4909: Matourv, (lac des Américains) LG 195, (Paramana) LG 654, 776,
(Chaumière) LG 196. Roura : LG 702 ; crique Gabrielle, LG 197 ; montagne Gabrielle,
LG 1594-95. lvaw : MHNG 1225. 17-18. Approuague : saut Tortue, LACM 43920; rivière
Matarony, LACM 43909-19, 43921-31. Saut-Sabbat : MHNG 1228. 17-18. Entre Dorlin
et Sophie : MCZ 43509. Haut-Maroni : mont Atachi-Bacca, LG 566-620 ; Mitaraca, LG
7292 ; Icboli Epoyan, LG 72150 ; Koulimapopane, LG 1992-96. Saül : Galbao, LG 1570-81.
Saint Georges de l'Ovapock : MNHNP 1902-273. Ouanary, MNHNP 02-274. Haut-Oya-
poek : Camopi, MNHNP 1902-277 ; rivière Camopi, MNHNP 1902-296, 1950-1-5 ; Yanioué,
MNHNP 1950-6; Trois-Sauts, LG 1331-35, 1352-68.
Buffon (1779) fut le premier à décrire Dendrobates tinclorius et à signaler sa présence
en Guyane. En effet, il écrit dans son Histoire des Oiseaux que, pour tapirer les Perroquets,
les Indiens de Guyane et d’Amazonie se servent du « sang d’une petite grenouille, dont
l’espèce est bien différente de nos grenouilles d’Europe, elle est de moitié plus petite et d’un
beau bleu azur, avec des bandes longitudinales de couleur d’or;... elle se tient rarement
dans les marécages, mais toujours dans les forêts éloignées des habitations ». Buffon a
dû observer un spécimen qui n’avait pas encore perdu ses couleurs dans l’alcool ; il ne donna
pas de nom à cette « petite grenouille ». Lacepède (1788) l’appelle la « Raine à tapirer »
mais il en fait une variété de « la Rouge » ; les spécimens qu’il a vus étaient devenus brun
rougeâtre par leur long séjour dans l’alcool. Toutefois, il parle très justement de « deux
bandes longitudinales irrégulières d’un blanc jaunâtre ou même couleur d’or » sur le dos.
Lacepède exclut donc de sa description un exemplaire (MNHNP 4904) pourvu d’une troi¬
sième bande longitudinale dorsale et qui est un Dendrobates qidnquevittatus. Ce spécimen
ne nous sera connu qu’à partir de l’époque de Dal din (1800 : pl. 4, lig. 3 ; 18036 : pl. 8,
lig. 3) qui le considère nettement comme une variété de Ilyla tincloria dans son Histoire
des Reptiles (18036).
Cuvier (1797) fut le premier à donner un nom spécifique en latin à la Raine à tapirer ;
son texte est une référence implicite, à Lacepède et sa diagnose est aussi bonne que celle
de Schneider (1799) qui n’a pas vu d’exemplaire de l’espèce. Celui-ci connaissait sans doute
le livre de Cuvier qui a eu une très large diffusion en Europe mais il ne l a pas cité.
La Hij la tincloria sensu stricto de Daudin est très facilement reconnaissable sur les
ligures de ses ouvrages (Daudin, 1800 : pl. 4, fig. 1, 2 : 1803« : pl. 8, fig. 1, 2) (cf. fig. 2) ;
sa couleur de fond brun rougeâtre correspond à celle d’individus conservés depuis long¬
temps dans l’alcool et non à celle d animaux vivants. Sa description, tout en étant plus
complète, répète celle de Lacepède. Nous avons dans le matériel de Guyane française des
D. tinctorius qui ressemblent exactement aux figures de Daudin. Lacepède et Cuvier
ont certainement vu le modèle de ces dessins.
Il n’y a donc pas de doute sur l’identité de Hyla tincloria (sensu stricto), Daudin,
18036, de la Raine à tapirer de Lacepède (1788), de Rana tincloria Cuvier, 1797, et même
de Calamita tinctorius, Schneider, 1799.
377, 3
486
JEAN LESCURE
La dénomination Ranci, tinctoria Cuvier, 1798, a été utilisée par II arper (1940) mais
cet auteur s’est trompé sur la date de parution du « Tableau élémentaire de l’Histoire natu¬
relle des Animaux ». La publication de cet ouvrage a été notifiée dans le journal typogra¬
phique et bibliographique du 4 nivôse An 6 (= 24 décembre 1797) (C. Dupuis, comm. pers.).
A l’opposé de Lacepèdf. (1788), Cuvier (1797) et Schneider (1799), Daudin (1800,
1803a, 18036) indique que D. tinctorius vit en Guyane française et au Surinam. L’emploi
de ce Dendrobatidé pour tapirer les Perroquets a été observé par Sonnini lui-même pendant
son séjour à Cayenne (Sonnini et Latreille, 1801).
D. tinctorius est endémique aux Guyanes (Lescure, 19756), il est abondant en altitude
(500-700 m) et colonise les sommets des petites montagnes (mont Atachi-Bacca, monts
Cacao, mont Galbao). Il est diurne et vit sur le sol de la forêt, mais monte parfois à 1 ou 2 in
sur les arbres moussus. Les disques des doigts sont plus larges chez les mâles que chez les
femelles (Polder, 1973).
Duméril et Bibron (1841) avaient hésité à considérer que leur Dendrobates obscurus
appartenaient à la même espèce que la Hijla nigerrima de Spix (1824) (= Phyllobates tri¬
vittatus), ils en ignoraient l’origine. Depuis Steindachner (1864) les Herpétologistes ont
déclaré D. obscurus Dum. et Bibr. synonyme de Phyllobates trivittatus (Spix). La descrip¬
tion de Duméril et Bibron (1841) ainsi que celle de Guiciienot (1855) coïncide avec les
diagnoses de P. trivittatus données par différents auteurs (Boulenger, 1882 ; Lutz et Kloss,
1952; Cochhan et Goin, 1970).
Cependant l’exemplaire MNHNP 4906 étiqueté comme l'holotype de D. obscurus
dans la collection du Muséum de Paris et provenant probablement de Cayenne n’est pas
un Phyllobates trivittatus mais un Dendrobates comme l’a déjà fait remarquer Silverstone
(1971). Ce spécimen diffère en plusieurs points de la description originale : il est plus petit
(L = 31,5 mm), a la peau lisse, des disques relativement grands aux doigts et le premier
doigt un peu plus court que le deuxième, il est entièrement brun-noir et on ne distingue
aucune trace des plis glanduleux clairs signalés par Duméril et Bibron (1841) ou Gui-
chenot (1855). L’exemplaire récolté par de Castelnau dans le Matto Grosso et dessiné
in Guichenot (1855) n’est pas dans la collection du Muséum de Paris.
On peut émettre l’hypothèse que le spécimen MNHNP 4906 est une forme mélanique
des Dendrobates tinctorius de petite taille que j’ai récoltés dans la région de Cayenne : il
en est très proche. Le Muséum de Paris possède d’autres « D. obscurus » originaires de l'Ama¬
zonie brésilienne ; ils sont malheureusement en très mauvais état. Ils ont le premier doigt
légèrement plus long ou égal au deuxième. Ce ne sont ni des Phyllobates trivittatus ni des
Dendrobates galactonotus (absence de tubercule tarsien).
Phyllobates femoralis (Boulenger)
Prostherapis femoralis Boulenger, 1884 : 635.
Matériel examiné. — Guyane : LG 1884, 2085. Roura : crique Gabrielle, LG 1423 ;
Eaux-Clément, LG 1238. Kaw : MHNG 1225-2. Approuague : saut Tortue, LACM 42232-
34. Yatiioué (rivière Camopi) : MNHNP 1950-7. Haut-Oyapock : Village-Zidok, LG 1130-
34; Trois-Sauts : LG 1393-94, 1397-98. Saiil : LG 1052-57; Galbao, LG 1582. La Grève
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
487
(rivière Inini) : MCZ 44555. Haut-Maroni : Maripasoula, MCZ 44552-54, monts Atachi-
Bacca : I,G 637 ; Mitaraca sud, LG 72107 ; Grigel (rivière Ouaqui), LG 1446.
La présence de P. femoralis en Guyane française n’a pas encore été signalée. Cette
espèce diurne n’est pas rare dans les biotopes ouverts de la forêt ou dans les milieux secon¬
daires boisés, on la trouve dans les chablis près des troncs d’arbres morts ou dans les anciens
abattis en cours de reboisement. LG 337, un mâle, portait 13 têtards sur son dos.
Phyllobates pictus (Bibron in Tschudi)
Hylaplesia picta Bibron in Tschudi, 1838 : 28 et 71.
Dendrobates pictus : Duméril et Bibron, 1841 : 656 ; Gay, 1848 : 119 ; Lutz et Kloss, 1952 :
670.
Dendrobates trivittatus var. C : Boulenger, 1882 : 144.
Dendrobates hahneli Boulenger, 1884 : 636, pl. 57, fig. 4.
Matériel examiné. — Saül : LG 1052. Haut-Maroni : Empounou Tabiki (frontière
Guyane-Surinam), LG 1023.
Les spécimens (MNHNP, 4910, 4910a) nommés lhjlaplesia picta par Bibron et vus
au Muséum de Paris par Tschudi (1838) avaient été envoyés de Santa Cruz de la Sierra
située en Bolivie (et non au Chili) par d’Orbigny. Ils sont devenus les types de Dendrobates
pictus mais ils sont en réalité les types à’Hylaplesia picta Bibron in Tschudi. Hylaplesia
picta Bibron n’est pas un nomen nudum car Tschudi (1838) donne une diagnose sullisante
de cette espèce à la page 28 de sa « Classification der Batrachier » et se réfère expressément
aux exemplaires de Santa Cruz.
Les deux syntypes ne sont pas en bon état (peau décolorée) mais on distingue encore
les taches caractéristiques des aisselles, de l’aine, des jarrets et de la face postérieure des
cuisses, ainsi que la marbrure du ventre et de la face inférieure des membres postérieurs.
La description de Duméril et Bibron (1841) est très explicite sur la coloration, remplace¬
ment des deux lignes latérales et des taches ; ils précisent que ces taches sont roses, la gorge
noire, le ventre également noir mais qu’il « offre une marbrure blanche ».
Je désigne comme lectotype de Hylctplesia picta Bibron le spécimen MNHNP 4910
dont les dimensions correspondent à celles données dans la description de Dendrobates
pictus par Duméril et Bibron (1841).
La ceinture scapulaire du cotype (MNHNP 4910a) est semblable à celle d’un D.p. pictus
figurée par Lutz (1952a) ; toutefois sou xiphisternum est légèrement moins large et moins
échancré dans sa partie postérieure.
Selon les définitions des genres Dendrobates, Phyllobates et Colosthetus énoncées par
Savage (1968) et Silverstone (1971), Dendrobates pictus est à classer dans le genre Phyllo¬
bates.
V part l’extension de la marbrure sur la face ventrale du corps et des membres, la
description de Phyllobates hahneli (Boulenger), 1883, accompagnée d’une très bonne illus¬
tration, ne diffère pas de celle de P. pictus. P. hahneli est sans doute une variété locale de
P. pictus.
488
JEAN LESCURE
P. pictus guayanensis (Heatwole, Solano et Heatwolc), 1965, a été décrit d’après 2
exemplaires de la Guyane vénézuélienne. Heatwole et al. (1965) affirment que la marbrure
ventrale et la tache du jarret sont plus réduites que chez les 25 spécimens de Bolivie qu’ils
ont examinés.
P. pictus n’avait pas encore été signalé en Guyane française, j’en ai récolté 2 au début
de la saison des pluies on décembre 1972. Ils sont très proches de la sous-espèce « guaya¬
nensis ». Quand il fut capturé en plein jour dans la litière de la forêt, le spécimen LG 1023
portait sur son dos des têtards disposés transversalement en deux rangées symétriques.
11Y II o a E
Allophryne ruthveni Gaige
Allophryne ruthveni Gaige, 1926 : 1 ; Lescure, 1973e : 589, 1975fc : 76.
Matériel examiné. — Guyane : LG 2083. Ilaut-Maroni : rivière Ouaqui, LG 1440-45.
Haut-Oyapock : crique Eleuposing, LG 1102-03.
Dans une publication sur ce petit Amphibien guvanais, Hoogmoed (1969) écrivait
qu’il n’avait pas encore été trouvé en Guyane française. Grâce à nos récoltes, j’ai pu complé¬
ter la carte de la répartition géographique A'Allophryne ruthveni (Lescure, 1975/0. En janvier
1973, j’ai trouvé un couple de cette espèce forestière dans une mare au milieu d’un rassem¬
blement de Chiasmocleis shudikaremis.
Hyla albomarginata Spix
Hyla albomarginata Spix, 1824 : 33 ; Duméril et Bibron, 1841 : 555 ; Duei.i.man, 1970 : 245 (« Guia-
nas »).
Matériel examiné. — Cayenne : MNHNP 4633.
On a souvent attribué le nom d’//. albomarginata à plusieurs espèces de l’Amérique
tropicale. Fouçh ette (1961) a démontré que les populations d’Amérique centrale formaient
une espèce distincte : H. ntfitela. D’après Duellman (1970), II. albomarginata est une
espèce du bassin amazonien, des Guyanes, du sud-est du Brésil et peut-être de la région
du lac Macaraibo (Vénézuela). Goin (1971) la cite du Surinam. Duméril et Bibron (1841)
la signalent de Guyane ; ils possèdent un exemplaire qui leur a été envoyé de Cayenne par
Leprieur. On peut émettre un doute sur l’origine de ce spécimen car le matériel de ce
naturaliste renfermait aussi des Amphibiens et des Reptiles vivant uniquement au sud-est
du Brésil ou en Argentine (cf. p. 515).
//. albomarginata n’a pas été retrouvée en Guyane française.
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
489
Hyla boans (Linné)
Rana Virginiana exquisitissirna Seba, 1734 : pl. 72, fïg. 3.
! Ranci palmis telradactylis fissis, plantes pentadactyhs palmatis, apicibus digitibus subrotondis
Linné, 1749 : 285 (nomenclature plurinominale).
?Rana lactea Linné, 1754 : 47.
Rana boans Linné, 1758 : 213.
Rana maxima Laurenti, 1768 : 32 (basé sur Seba, 1734 : pl. 72, fig. 3).
La Grenouille patte d’oye Daubenton, 1784 : 659 (taxon nominal substitué pour Rana maxima
Laur.).
Rana palmata (la Patte d’oie) Lacepède, 1788 : 538 et Synopsis methodica ; Bonnaterre, 1789 : 1;
Daubenton ex Gunther, 1859 : 99.
Calamita rnaximus : Schneider, 1799 : 163.
Hyla palmata : Daudin in Sonnini et Latreille, 1801 : 173 ; Daudin, 1803a : 38, pl. 14 ; 18036 :
79 ; Fitzinger, 1826 : 64 ; (partim) Duméril et Bibron, 1841 : 544.
Rana zébra Shaw, 1802 : 123 (nomen substituai pour R. maxima Laur.).
La Patte-d’oye : Cuvier, 1829 : 108.
Calamita palmcitus : Merrem, 1820 : 173.
Boana boans : Gray, 1825 : 214.
Hypsiboas palmata : Wagler, 1830 : 200 ; Tschudi, 1838 : 72.
Lobipes palmata : Fitzinger, 1843 : 30.
Hyla langsdorfii (partim) : Gunther, 1859 : 99.
Hyla maxima : Peters, 1872 : 218 ; Boulenger, 1882 : 349 ; Cochran et Goin, 1970 : 199.
Hyla lactea : Lonnberg, 1896 : 13 (nouv. comb. pour R. lactea Linné, 1754 = R. boans L., 1758).
Hyla boans : Andersson, 1900 : 17 ; Mertens, 1940 : 195 ; Bivero, 1961 : 96 ; Duellman, 1970 :
258 ; 1971 : 397 ; Lutz, 1973 : 32.
Matériel examiné. — Guyane : LG 2073-74, MNHNP 4621. Crique Grégoire (Sinna-
mary) : LG 2014. Cacao (rivière Conté) : LG 2065. Approuague : llégina, LG 487 ; crique
Ipoucin, LACM 47192-93. Saint Georges de l’Oyapock : MNHNP 03-143. Haut-Oyapock :
LG 342 ; Village-Zidok, LG 1199; Trois-Sauts, LG 161-70, 1971, 1187-88. Saül : LG 113,
308. Haut-Maroni : Maripasoula : LG 64-65; Empounou-Tabiki (frontière Guyane-Surinam) :
LG 1064-65. Mitaraca : LG 72130-31.
Malgré les récents commentaires de Duelt.man et Rivero (1971) eL ceux de Duell-
man (1970, 1971), l’identité spécifique de Rana boans Linné, 1758, est encore confuse.
La description de Rana boans Linné, 1758, indique un animal qui a toutes les pattes
palmées (cf. l’analyse du texte de Linné in Dupuis et Lescure, sous presse).
Le type de Rana boans Linné, 1758, c’est-à-dire le premier spécimen auquel se réfère
Linné est celui du Muséum principis (= n° 8 de la Donatio Adolpho Frederici) décrit dans
Amoenitates Academiçae (1749 : 285). D’après Lonnberg (1898) cet exemplaire existe,
« it is a true Linnean type », il est facilement reconnaissable comme une Hyla maxima (Lau¬
renti). Le Dr L. Wallin (in litt., 6 juin 1975) nous a confirmé que le spécimen n° 8, classé
sous le n° 27 dans la collection linnéenne de l’Institut zoologique d’Uppsala, « bas its Fingers
webbed almost to their full lengbt ». Cet exemplaire s’accorde avec la description, la dia¬
gnose différentielle et la première synonymie corrigée (l’adjectif « fissis » est supprimé)
de Linné, 1758. Cependant d’après Wallin, il n’y a pas de preuves directes que cet exem¬
plaire soit celui que Linné a examiné et il ne correspond pas à la description de l’Amoe-
490
JEAN LESCURE
nitates Academicae (1749). En effet Linné y écrit à deux reprises : « palmis tetradactylis
Assis, plantis pentadactylis palmatis » (diagnose) et « Palmae pentadactylae (sic) digitis
Assis nec membrana connexis ».
La suppression de l’adjectif « Assis » dans la citation en 1758 de la phrase descriptive
de 1749 représente-t-elle une correction délibérée ou le souci de ne pas contredire sa diagnose
de Rana boans ? La possibilité de cette double interprétation entraîne un doute sur l’authen¬
ticité de l’échantillon n° 8 de la Donatio Adolphi Frederici et sur sa valeur en tant que type
de quelque taxon que ce soit.
Le deuxième spécimen cité par Linné (1758) est la Rana lactea Linné, 1754. Andersson
(1900) a trouvé dans la collection linnéenne du Muséum de Stockholm une Rana lactea qui
n’est pas mentionnée dans le catalogue de Quensel. 11 est très douteux que ce spécimen,
qui est une Hyla leucophyllata, soit celui qui fut étudié par Linné en 1754. Dans ce texte,
l’auteur suédois met sa Rana lactea synonyme de sa Rainette aux doigts non palmés de
1749 et il ajoute « corpus ad spersum maculis lacteis variis inaequalibus, lacteis ». Cette
description qui ne correspond pas à celle d ’Hi/la maxima (Laur.) explique le commentaire
de la 10 e édition du Systema Naturae : « corpus album magnum maculis etiam lacteis »
(ces taches lactées n’existent pas chez H. maxima).
Les références de Linné (1758) aux figures 3 et 4 de la planche 71 de Sera (1734)
n’apportent aucun éclaircissement, elles représentent deux espèces différentes ; la figure 3
est celle d’une Rainette aux pattes antérieures non palmées qui sera appelée Hyla auran-
tiaca par Laurenti (1768), la Agure 4 est celle de la face dorsale de Hyla marmorata (Laur.),
dessinée in Seba avec des pattes antérieures non palmées. Linné avait cité ces mêmes
figures dans les deux descriptions de 1749 et 1754.
La citation supplémentaire de la figure 3 de la planche 72 de Seiia (l’unique modèle
de la Rana maxima Laurenti) dans la '12 e édition du Systema Naturae (1766) n’est pas suffi¬
sante pour identifier la Rana boans Linné, 1758. Bien qu’elle soit l’œuvre de l’auteur de
la première révision, la description de Rana boans ne retranche ni les synonymies antérieures
(Linné, 1749 ; 1754 ; Seba : pl. 71, Ag. 3 et 4) ni les contradictions évoquées ci-dessus.
L’absence de certitude sur l’existence d’un type de Rana boans Linné (1758) contredit
les affirmations de Lonnberg (1896) et d’ANDERSsoN (1900) qui ont été adoptés par Mer¬
tens (1940), Rivero (1961) et Düellman (1970, 1971).
Si nous doutons encore de l’identité d'Hyla boans (Linné, 1758), celle à'Hyla maxima
(Laurenti, 1768) a toujours été unanimement reconnue. N’aurait-il pas été plus raisonnable
de s’y rallier ? De toutes manières, l’opinion 1029 de la Commission internationale de Nomen¬
clature (1974) nous oblige en ce moment à donner le nom de Hyla boans (Linné) à la Hyla
maxima (Laurenti).
Le type de Rana palmata Lacepède, 1788, s’il a existé, est perdu. La planche 14 de
Daudin (1803a) ne reproduit pas la palmure entière des trois derniers doigts de Hyla pal¬
mata alors qu’il est écrit dans le texte que « ses pieds antérieurs et postérieurs ont tous
leurs doigts entièrement palmés ». Toutes les II. boans (Linné) étudiées par Duméril et
Bibron (1841) étaient déterminées comme des H. palmata.
Ces auteurs sont les premiers à avoir signalé que H. boans (Linné) demeurait en Guyane
française. L’espèce est commune le long des fleuves, elle chante dès la tombée de la nuit
pendant la saison sèche.
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
491
Hyla boesemani Goin
Hyla boesemani Goin, 1966 : 229 ; Lescure, 1973e : 589 ; 1974 : 797 ; 1 9756 : 72.
Matériel examiné. —• Guyane : LG 241-43, LG 1013. Presqu’île de Cayenne : Cabas-
sou (Rémire), LG 366-68, 380, 389-92, 403-05 ; 500-01, 520-21, 528. Roura : crique Gabrielle,
LG 230-35. Kourou : savane Matiti, LG 1084-85, 1220. Sinnamarv : LG 19. Iracoulio :
LG 236-37 ; Bellevue, LG 1090-92. Saint-Laurent du Maroni : LG 238-40, 910-12. Régina
(Approuague) : LG 470-79. Saül : LG 310- L3, 315-16, 630-31, 633, 638, 656.
Hyla boesemani est une petite Rainette que Goin (1966) a décrite de la région côtière
du Surinam. Reed et Borowsky (1970) l’ont signalée du mont Kayser à l’intérieur de ce
pays. Crump (1971) l’a recueillie dans les environs de Belém ; elle n'est pas connue de Guyana
mais Rivero (1971) l’a citée de la Guyane vénézuélienne. En Guyane française où elle n’avait
pas encore été récoltée, je l’ai capturée dans la région côtière et dans l’intérieur (11 nou¬
velles stations pour l’espèce).
H. boesemani chante la nuit sur les feuilles des Graminées ou des Cvperacées des pri-
pris, dans les buissons des Mélastomatacées des prairies artificielles humides et dans les
marécages boisés.
Hyla brevifrons Duellman et Crump
Hyla brevifrons Duellman et Crump, 1974 : 15 ; Lescure, 1975è : 79.
Matériel examiné. — Village-Pina (Haut-Oyapock) : LG 1117-23, 1157-60, 1308-14.
Hyla brevifrons a été recueillie dans la Haute-Amazonie et près de Belém ; elle était
inconnue des Guyanes, sa présence en Guyane française a été citée d’après les spécimens
que j’ai récoltés sur le Haut-Oyapock (Duellman et Crump, 1974). Cette Rainette est
encore un exemple d’Amphibien amazonien qui a pénétré dans la région guyanaise par
l’est ou le sud-est et qui est apparemment absente de l’ouest de la Guyane française, du
Surinam et de la Guyana (Lescure, 1975 b). Une autre Hyla du groupe parviceps, H. luteo-
cellata Roux, 1927, vit au Vénézuela et au Surinam (Hoogmoed, comm. pers.).
Les soirs des 21 et 23 janvier 1973, dans la première période de la saison des pluies,
les H. brevifrons étaient rassemblées pour se reproduire dans un marécage de forêt en face
(lu village Pina (frontière Guyane-Brésil), le niveau des eaux était encore très bas. Les mâles
chantaient sur les branches des arbustes à 1,80 m, 2 et même 2,50 m au-dessus du sol ;
les œufs pris dans une masse gluante étaient collés sur les feuilles ou les petites branches
au-dessus de l’eau. Les H. leucophyllata et les H. favosa qui se reproduisaient en même
temps étaient en dessous des H. brevifrons.
Hyla calcarata Troschel
Hyla calcarata Troschel, 1848 : 660 ; Cochran et Goin, 1970 : 206 (« Guianas ») ; Duellman,
1973 : 522 (« Guianas ») ; Lescure, 1974 : 797 ; 1975è : 80.
492
JEAN LESCURE
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Cabassou (Rémire), LG 259-60, 823.
Roura : LG 728-29. Base Pasteur (rivière Inini) : LG 1214-15. Saül : Galbao, LG 1584-87.
Village-Zidok (Haut-Oyapock) : LG 1270.
L’aire de distribution de Hyla calcarata donnée par Duellman (1974), Cochran et
Goin (1970) est : les Guyanes, le nord du bassin amazonien, le Haut-Orénoque et l’est de la
Colombie ; aucun spécimen de Guyane française n’est cité dans le très abondant matériel
qu’ils ont vus. Goin (1971) a examiné 5 H. calcarata du Surinam provenant de 4 stations diffé¬
rentes. Duellman (1974) a étudié 180 spécimens récoltés dans 28 localités dont 2 de Guyana.
En Guyane française où l’espèce n’était pas connue, j'ai récolté 9 exemplaires dans 5 loca¬
lités. H. calcarata, est une espèce aussi répandue dans les bois inondés de la région côtière
qu’au long des cours d’eau à l'intérieur de la Guyane.
Le 30 juin 1973, à Corneliskondre (Surinam), Hyla calcarata a chanté pendant la phase
d’obscuration de l’éclipse totale du soleil (Lescure, 1975e).
Hyla crepitans Wied
Hyla crepitans Wied, 1824 : 671, pi. 47 ; Guibé, 1950 : 24 ; Cochran, 1955 : 66; Cochran et Goin,
1970 : 192.
Iiyla xerophylla Duméril et Bibron, 1841 : 549 ; Gunther, 1859 : 100 ; Boulenger, 1882 : 358.
Mat ériel examiné. —- Cayenne : MNIINP 752 (type de Hyla xerophylla Dum. et
Bibr.).
Duméril et Bibiîon (1841) décrivirent Hyla xerophylla à partir d’un spécimen que
Leprieur leur avait envoyé de Cayenne. Güntiier (1859) et Boulenger (1882) ont considéré
cette espèce comme valide, mais Guibé (1950), Cochran (1955), Cochran et Goin (1970)
l’ont mise en synonymie avec H. crepitans Wied. L’examen du type malgré son mauvais état
(peau décolorée) permet de confirmer cette détermination. Il est exact également que les
types de Hyla leçaillantii Dum. et Bibr. et Hyla doumercii Dum. et Bibr., originaires du
Surinam, sont des H. crepitans. Cochran a commis une erreur en incorporant le type de
Hyla leprieurii Dum. et Bibr. dans sa liste de synonymie de //. crepitans, il ne l’est plus
dans Cochran et Goin (1970).
H. crepitans n’a pas été retrouvée en Guyane française depuis Duméril et Bibron
(1841). Elle est commune au Surinam mais Crump (1971) ne la signale pas à Belém, elle
est peut-être présente dans le nord-ouest de la Guyane française qui n’a pas encore été bien
prospectée. On peut supposer que H. raniceps, commune dans les marécages côtiers à partir
de Kouron, est en concurrence écologique avec //. crepitans.
Hyla cynocephala Duméril et Bibron
Hyla cynocephala Duméril et Bibron, 1841 : 558.
Matériel examiné. — Guyane : MNHNP 765 (type).
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
493
Duméril et Bibron (1841) ont décrit II . cynocephala d'après un exemplaire (MN1INP 1
765) ([ue Leschenault et Doumerc leur ont rapporté de Guyane. Le mauvais état du spé¬
cimen et peut-être son caractère juvénile rendent son identification très difficile. Guihk
(1950), Cociiran et Goin (1970) l’ont déterminé comme une Hyla rubra Daudin. Le spécimen
MNHNP 765 n’appartient pas à cette espèce mais plutôt au groupe rostrata. Certains carac¬
tères encore visibles l’apparentent à Hyla rostrala Peters — narines protubérantes, tuber¬
cules sur la tête et les paupières —, cependant les tubercules métacarpiens et métatarsiens
internes me paraissent avoir une forme difïérente.
Hyla egleri Lutz
Hyla egleri Lutz, 1968 : 8 ; Duellman, 1972 : 181 ; Lescure, 1973e : 589 ; 1974 : 797.
Matériel examiné. — Guyane : LG 248-49, 253-55. Presqu’île de Cayenne : Cabassou
(Rémire), LG 247, 250-52, 362-65, 370-72, 375-77, 623-27, 632, 640-46, 658, 662, 734-39,
792-93, 1019 ; Montjoly, LG 714 ; Rocliambeau (Matoury), LG 706. Kourou : LG 1086-88.
B. Lutz a décrit cette espèce à partir d’un exemplaire de Belém. D’après Crump (1971)
et Duellman (1972), H. egleri est très abondante près de cette ville. Duellman (1972)
la cite de la crique Gabrielle (Guyane française) mais le spécimen LG 676 est une jeune
Hyla rostrata Peters.
H. egleri chante la nuit sous les feuilles de Montrichardia arborescens, sa posture est
très caractéristique : elle est toujours en position plus ou moins verticale, la tête en bas.
Hyla fasciata Günther
Hyla. fasciata. Günther, 1859 : 100 ; Lescure, 1974 : 797 ; 19756 : 80.
Hyla gr. fasciata : Lescure, 1973 : 589.
Matériel examiné. — Guyane : MNHNP 99-152, LG 2080. Presqu’île de Cayenne :
Cabassou (Rémire), LG 141-44,' 370, 378-79, 628, 639, 654, 808-22, 1020-21 ; Montjoly,
LG 499, 502, 712. Macouria : LG 185. Yanioué (Haut Camopi) : MNHNP 50-19. Village-
Zidock (Haut-Oyapock) : LG 1271-72. Base Pasteur (rivière Inini) : LG 1216-17.
Cociiran et Goin (1970) estimaient que H. fasciata était une espèce plus montagneuse
i[ue H. calcarata et restreinte aux pentes est des Andes. Duellman (1974) qui a étudié 133
spécimens de 13 localités situées entre 300 et 1 000 m près des Andes donne comme aire
de distribution : la Haute-Amazonie, de l’Equateur à la Bolivie. En Guyane française où
elle n’avait pas encore été signalée, j’ai récolté 49 exemplaires et en ai examiné 3 autres
provenant de 8 localités différentes.
H. fasciata n’a pas encore été citée de Guyana ou du Surinam, H. dentei Bokerman,
1967, de Serra do Navio (Amapa) est sans doute une H. fasciata femelle mais je n’ai pas
encore pu observer l’holotype.
H. fasciata habite les bois inondés de la région côtière et près des cours d’eau ou des
mares de forêt à l’intérieur.
377, 4
494
JEAN LESCURE
Hyla favosa Cope
Hyla favosa Cope, 1886 : 95.
Hyla reticulata : Lescure, 1973e : 589, 19756 : 79.
Matériel examiné. — Village-Pina (Haut-Oyapock) : LG 1100-01, 1109-10, 1200.
Récemment, Duellman (1974) a considéré Hyla reticulata . Espada, 1871, et Hyla
laynei Goin, 1957, comme des synonymes de Hyla triangulum Günther, 1869. En 1974,
lors d’une expédition en Amazonie colombienne, j’ai récolté à Léticia un couple dont le
mâle avait la forme « laynei » et la femelle la forme « reticulata ». Tous les mâles qu’ils soient
« laynei » ou « reticulata » avaient le même chant.
Au contraire, dans un petit marécage de forêt du Haut-Oyapock, j’ai recueilli au
milieu d’un rassemblement de H. leucophyllata d’autres Hyla que j’avais appelées H. reti¬
culata (Lescure, 1973e). Cependant elles sont plus grandes que les H. triangulum de Léticia
et à part les taches rectangulaires brun chocolat sur la face dorsale, elles sont très semblables
à //. leucophyllata : le fond de la coloration dorsale est blanc crème avec des reflets argentés,
leur coloration ventrale et la face dissimulée des membres est orange vif. Je n’ai pas entendu
leurs chants mais j’ai remarqué que les couples étaient homogènes ; aucune de ces Rainettes
n’était accouplée à des H. leucophyllata. Jusqu'à plus ample information, je préfère comme
Duellman (1974) les distinguer des H. leucophyllata et les nommer H. favosa. Dans mon
matériel, il n’y a pas de formes intermédiaires entre le morphe « favosa » et le morphe « leuco¬
phyllata » malgré le nombre variable des taches rectangulaires.
Alors que H. leucophyllata est commune dans les marécages de forêt et particulière¬
ment dans la région côtière des trois Guyanes, //. favosa n’est connue que de quelques
localités dans la Haute-Amazonie (nord-est de la Bolivie, est du Pérou et de l’Equateur,
ouest du Rrésil) et dans le Haut-Oyapock. C’est un exemple d’espèce amazonienne habitant
seulement dans le sud-est des Guyanes (Lescure, 19756).
Hyla geographica Spix
Hyla geographica Spix, 1824 : 40 ; Duellman, 1973 : 526 (« Guianas ») ; Lescure, 19756 : 80.
Hyla geographica geographica : Rivero, 1961 : 101 (« Guianas »).
Matériel examiné. — Cayenne : MNHNP 4618. Fleuve Approuague (entre Pierrette
et saut Tourépé) : LG 486. Crique Grégoire (Sinnamary) : LG 420-32, 439-41, 460-63. Rase
Pasteur (rivière Inini) : LG 1212. Rivière Ouaqui : LG 1548. Carnopi : LG 498. Haut-Oya¬
pock : Village-Pina, LG 1144; Trois Sauts, LG 175, 1273-8.
Duméril et Bibron (1841) ne reconnurent pas la validité spécifique de certaines Hyla
de Spix (1824) comme H. geographica à cause de leurs descriptions incomplètes. Ils avaient
cependant une Hyla geographica dans le matériel que Leprieur leur avait envoyé de
Cayenne, ils la déterminèrent comme une Hyla palmata.
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
495
Rivero (1961) et Duellman (1973) mentionnent « les Guyanes » dans leurs distributions
de II . geographica mais ils n’indiquent aucune localité de Guyane française. Duellman
(1973) a examiné 676 spécimens originaires de 92 localités dont 3 de Guyana, et Goin (1971)
en a étudié 5 provenant de 4 autres endroits au Surinam. Neuf nouvelles stations situées
en Guyane française sont à ajouter à leurs listes ; j’ai capturé également des adultes et des
têtards à Corneliskondre (Surinam) en juin 1973.
H. geographica vit dans la forêt le long des rivières ou des fleuves.
Hyla granosa Boulenger
llyla granosa Boulenger, 1882 : 358 ; Lescure, 19756 : 77.
Matériel examiné. — Rivière Comté : LG 226-28. Pierrette (Approuague) : LG
481-85. Saint Laurent du Maroni : LG 151.
Les syntypes de 7/. granosa sont originaires de. Guyana, de Santarem (Brésil), de Canelos
(Equateur) et de l’intérieur du Brésil. Certains ont des taches sur le dos et une barre inter¬
orbitaire, d’autres u’en ont pas.
Cette espèce n’avait, pas encore été récoltée en Guyane française. Je l’ai trouvée au
pied des Palmiers dans les bas-fonds humides ; elle chante en février, c’est-à-dire après le
début de la saison des pluies.
Hyla leucophyllata (Bereis)
Rana leucophyllata Bereis, 1783 : 178.
Hyla leucophyllata : Duméril et Bibron, 1841 : 607 ; Gunther, 1859 : 112 ; Boulenger, 1882 :
388 ; Cochran, 1955 : 115 ; Duellman, 1974 : 18 (« Guianas ») ; Lescure, 19756 : 80.
Maté riel examiné. — Cayenne : MNHNP 4865. Iracoubo : LG 205-14. Saint Laurent
du Maroni : LG 139, 202-04, Haut-Oyapock : Village-Pina, LG 1147-48, 1167-83, LG
1376-90; Trois-Sauts, LG 176, 1371.
Daudin (1800, 1803a, 18036 ; in Sonini et Latreille, 1801) connaissait H. leucophyl-
lata mais l’appelait H. frontalis. Le type qui provenait du Surinam a été représenté dans
la première livraison de son Histoire naturelle des Quadrupèdes ovipares (1800) et dans
son Histoire naturelle des Rainettes, des Grenouilles et des Crapauds (1803a), il existe
toujours au Muséum de Paris. Guibé (1950) en le citant dans son catalogue des types d’Am-
phibiens écrit pour la localité-type : « Surinam (Guyane) ». Le terme « Guyane » tel qu’il
est utilisé dans ce contexte n’indique pas la Guyane française mais souligne que le Surinam,
appelé encore récemment Guyane hollandaise, était dans la région des Guyanes. La même
remarque est à faire dans cet ouvrage pour les citations des types A'Hyla dournercii, Hyla
levaillantii, Pseudis rnerianae et Ceratophrys daudini.
Duméril et Bibron (1841) qui ont mis en synonymie H. frontalis Daudin, 1803, avec
H. leucophyllata Bereis, I 783, sont les premiers à mentionner cette espèce en Guyane fran¬
çaise. Ils possédaient deux exemplaires que Leprieur leur avait envoyés de Cayenne.
496
JEAN LESCURE
Hyla marmorata (Laurenti)
Hufo marmoratus Laurenti, 1768 : 29.
Hyla marmorata : Duméril et Bibron, 1841 : 571 ; Guichenot, 1855 : 85 ; Bokerman, 1964 :
250 (Guianas) ; Lutz, 1973 : 86 (.« Guianas »).
Ilyla marmorata marmorata : Rtvero, 1961 : 126 (« Guianas »).
Duméril et Bibron (1841) alfirment avoir reçu des Hyla marmorata de Cayenne.
Le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris ne possède plus ces exemplaires. Je
n’ai malheureusement pas encore retrouvé cette espèce en Guyane.
Hyla minuta Peters
Hyla minuta Peters, 1872 : 680 ; Rivero, 1961 : 133 (« Guianas »).
Matériel examiné. Presqu’île de Cayenne : Cayenne, LG 244, 394; Montjoly,
LG 527. Saint Jean du Maroni : LG 152-53. Acarouany : LG 135-38, 245-46.
Hyla, minuta n’avait pas encore été signalée en Guyane française, on la connaît du Suri¬
nam (Goin, 1971), de Belém (Crump, 1971) et de Guyana. La comparaison de mes exem¬
plaires avec les types de Peters, originaires de Rio de Janeiro révèlent quelques différences :
ils sont plus grands, ont la tète plus large, la région loréale plus concave, le museau plus
court et plus retroussé. Cependant les dessins dorsaux se réfèrent au même modèle et les
palmures sont identiques.
Les spécimens de Guyane représentent sans doute une autre espèce que les H. minuta
du sud-est du Brésil, il faudrait une analyse comparative des chants des deux populations
pour résoudre le problème.
Hyla multifasciata Günther
La couleur de lait Daubenton, 1784 : 604 (partim).
Hyla lactea (La couleur de lait), Lacepède, 1788 : 323 et Synopsis methodica (partim).
Hyla boans, sensu Baudin, 1800 : 12, pl. 8 ; in Sonnini et Latreille, 1801 : 184 (localité : Suri¬
nam) ; 1803a : 21 ; 18035 : 64 ; Fitzinger, 1826 : 63 ; Duméril et Bibron, 1841 : 604 (partim) ;
Gunthkr, 1859 : 102 ; Boulenger, 1882 : 360 (partim) ; Crawford, 1931 : 34 ; Parker,
1935 : 511.
Auletris boans : Wagler, 1830 : 201.
Hypsiboas boans : Tschudi, 1838 : 72.
Hyla multifasciata Günther, 1859 : 101 ; Cochran et Goin, 1970 : 191 ; Duellman, 19716 : 402 ;
Goin, 1971 : 14 ; Crump, 1971 : 19.
Hyla albopunctata : Cochran, 1955 : 80 (partim).
Hyla albopunctata. multifasciata : Rivero, 1961 : 105.
Hyla daudini B. Lutz, 1973 : 41 (nomen substitum pour Hyla boans Daudin).
Matériel examiné. — Guyane : MNHNP 4862, LG 106-08, 705, 2079. Presqu’île de
Cayenne. Cayenne : LG 385-88, 636 ; Cabassou (Rémire), LG 102, 399 ; Matoury, LG 20,
AMPHIBIE NS DE GUYANE FRANÇAISE
497
411 (Rochambeau). Rivière Comté : Dégrad-Edmond, LG 124-25 ; crique Sainte Anne,
LG 123. Saint Georges de l’Oyapock : LG 171-74, 257-58, 348-51. Acarouany : LG 134.
Saül : LG 114-16, 317, 322, 629, 635, 700, 1588.
Hyla multifasciala Günther n’était pas encore citée de Guyane française car cette espèce
a été très longtemps confondue avec II. albopunctata Spix et II. buans Daudin appelée par
d’autres auteurs : II. boans Latreille. Cocu h an et Goin (1970) puis Duelimak (1971)
ont très justement fait la distinction biogéographique et taxinomique entre II. albopunc¬
tata , II. lanciformis et II. multifasciala. Les chants d’il, multifasciala et d’il, lanciformis
sont très différents.
Fig. 3. — Reproduction photographique de la planche XI de Daudin (1803a) qui est semblable à la planche 8
de Daudin (1800). La figure a été copiée in Sonnini et Latkeille (1801).
La lhjla boans de Daudin se rapporte seulement à la Ilijla multifasciala Günther. La
description détaillée de sa coloration correspond à cette espèce ; Daudin (1800, 1803»,
18036) ne parle pas de taches blanches sur la face postérieure des cuisses, il affirme même
(18036) s’être « assuré qu’elle n’est pas blanche en-dessus ni variée de taches lactées » après
avoir observé les exemplaires du Muséum de Paris et de Lev.aii.lant. La planche 8 de son
Histoire des Quadrupèdes ovipares (1800, 2 e livraison) reproduite in Sonnini et Latreille
498
JEAN LESCURE
(1801 : 176, fîg. 3) et dans son Histoire naturelle des Rainettes, des Grenouilles et des Cra¬
pauds (1803a) (cf. fîg. 3) représente une Hyla multifasciata. Une réponse définitive ne peut
pas être apportée car les syntypes de Ilyla boans Daudin sont apparemment perdus ; cependant
je ne crois pas que Daudin ait eu à sa disposition du matériel provenant du sud-est du
Brésil et les spécimens de Levaillant (les cotypes) étaient originaires du Surinam. In
Sonnini et Latrejlle (1801), il est écrit que « l’espèce habite à Surinam ». Hyla multifas-
ciata Günther, 1859, et non Hyla albopunctata Spix, 1824, doit être considéré comme nom
de remplacement de Hyla boans Daudin, 1800.
Duméril et Bibron (1841) ont déterminé comme H. boans Daudin des II. multifasciata
provenant de Guyane (MNHNP 4862) et des II. albopunctata du sud-est du Brésil. Hyla
daudini Lutz, un taxon nominal substitué de Hyla boans Daudin, 1802 (= 1803a, synonyme
de H. boans Daudin, 1800), est synonyme de Hyla multifasciata Günther.
II. multifasciata n’est pas une espèce de forêt primaire et on ne l’entend pas dans les
grands marais côtiers, elle vit plutôt dans les milieux secondaires.
Hyla nana Boulenger
llyla. nana Boulenger, 1899 : 249 ; Lescure, 1974 : 797 ; 19756 : 72.
Ilyla gr. rhodopepla : Lescure, 1973e : 589.
Matériel examiné. — Guyane : LG 1028-29. Presqu’île de Cayenne : Cayenne, LG
318-21, 393, 1496 ; Rémire, LG 848-55, (Cabassou) LG 361 ; Montjoly, LG 511-17, 524-26,
717-20, 746-49, 830-46, 857-69.
Hyla nana est une toute petite espèce (17 à 20 mm) des grands marais du nord de
l’Argentine (Chaco), du Paraguay, de la province du Béni en Bolivie et du territoire de
Bondonia au Brésil. Cochran (1955) l’a signalée dans le Minas Gérais et Crume (1971)
à Belém.
II. nana n’était pas connue des Guyanes, elle n’a été récoltée que dans la presqu’île
de Cayenne ; je l’ai toujours trouvée dans des prairies marécageuses à Eleocharis (Cypéracées)
où l'eau ne recouvre jamais totalement la végétation.
Les spécimens de Guyane sont assez proches du type de Boulenger et d’exemplaires
du Paraguay (BM 1972-262 à 288), les points sur leur dos sont souvent disposés en lignes
régulières.
Hyla ornatissima Noble
Hyla ornatissima Noble, 1923 : 291 ; Lescure, 1973e : 589 ; 19756 : 76.
Matériel examiné. — Yanioué (rivière Camopi) : MNHNP 50-18. Montagne Saint
Marcel (Haut-Oyapock) : LG 2153.
Rivero (1961) pense que II. ornatissima est une variété de H. granosa, et Duellman
(1974) écrit que le type est une forme juvénile de cette espèce. J’ai examiné le type et 5
autres spécimens connus de H. ornatissima ; leurs dessins dorsaux très particuliers sont
exactement semblables malgré les distances qui séparent les stations (Lescure, 19756).
AMPHIBIE NS DE GUYANE FRANÇAISE
499
Pour être sûr de la synonymie de H. ornatissima, espèce uniquement guyanaise, avec H. gra-
nosa largement répandue dans le bassin amazonien et les Guvanes, il faudrait des spécimens
vivants ou très fraîchement préservés de l’espèce décrite par Noble (1923). Je préfère
distinguer les deux espèces en attendant les récoltes ultérieures h
Hyla punctata (Schneider)
Calamila punctatus Schneider, 1799 : 170.
Ilyla punctata : Lescure, 1973a : 92 ; 1973e : 589 ; 19756 : 72.
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Cayenne, LG 382 ; Cabassou (Rémire),
LG 335, 354, 369, 384, 402 ; Montjoly : LG 497, 503-04, 508, 522-24, 529, 713; Matoury,
I.G 122 (Galion), LG 750 (Rochambeau). Kourou (savane Matiti) : LG 2, 25-28. Iracouho :
LG 200. Mana : LG 154-55. Acarouany : LG 133. Saint Laurent du Maroni : LG 913-1.5.
Saint Jean du Maroni : LG 198-99.
Cette espèce des Guyanes et de l’Amazonie n’avait pas encore été récoltée en Guyane
française. Gaudin (1803a, 1 8036), Duméril et Bibron ne la signalaient que du Surinam
ou de l’Amérique méridionale.
II. punctata est commune dans les « pripris » c’est-à-dire les prairies marécageuses à
Ileliconia psittacorum ou à Eleocharis de la région côtière.
Hyla proboscidea Brongersma
Hyla proboscidea Brongersma, 1933 : 267 ; Duellman, 1972 : 186 ; Lescure, 1973e : 589 ; 19756 :
77.
Matériel examiné. — Saiil : LG 622.
H. proboscidea est une Hyla du groupe roslrala, endémique aux Guyanes. On n’en con¬
naissait que 7 spécimens provenant de 4 localités situées en Guyana et au Surinam. Duell¬
man (1972) a mentionné sa présence en Guyane française à partir d’un individu que j’ai
récolté à Saül au-dessus d'une mare. La Rainette cachée dans une végétation arbustivc
très dense chantait sur une branche située à 2 m du sol. Son cri n’a été enregistré qu’après
mon retour au camp de base quand l’animal s’est remis à chanter dans le sac plastique, je
doute que cet enregistrement, analysé par Duellman (1972) soit celui du chant complet
ou de l’appel sexuel de l’espèce. La photographie publiée par notre collègue représente le
même individu.
Chez l’animal vivant, la coloration dorsale est brun clair avec un triangle interorbi¬
taire plus foncé, la partie dissimulée des lianes est verte.
1. Cet article était déposé pour sa publication lorsque j’ai reçu une Ilyla ornatissima (LG 2153) récoltée
en juillet 1975. Cet adulte d avec son pattern dorsal très caractéristique, sa taille plus petite, son corps plus
étroit, me confirme que l’espèce est différente de II. granosa.
500
JEAN LESCURE
Hyla raniceps (Cope)
Ifypsiboas raniceps Cope, 1862 : 358.
Hyla raniceps : Lescure, 1973e : 589 ; 1974 : 797 ; 19756 : 72.
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Cabassou (Rendre), LG 355-57. Kaw :
LG 110-12. Guisambourg : MHNG 1225. 8-9. Kourou (savane Matiti) : LG 408-09, 647-50,
1073-83, 1218-19.
H. raniceps est connue des grands marais de l’Argentine, du Paraguay, de Bolivie
(province du Béni), du territoire de Rondonia et de Belém au Brésil (Lescure, 19756).
En Guyane française où elle n’avait pas encore été recueillie, elle vit dans les prairies maré¬
cageuses à Echinochloa polystachia (Graminées) ou à Eleocharis (Cypéracées). Je ne l’ai pas
vue et je n’ai pas entendu son chant caractéristique à la crique Gabrielle. A Kourou, une
population assez abondante demeure parmi les Typhacées d’un grand marécage île la savane
Matiti ; c’est la station la plus septentrionale de l’espèce.
Hyla rostrata Peters
Hyla rostrata Peters, 1803 : 406; Duei.i.man, 1972 : 187 ; Lescure, 19756 : 72.
Matériel examiné. — Crique Gabrielle (Roura) : LG 178-80, 675-76, 697, 1221-29.
Il. rostrata habite les biotopes ouverts mais humides à Panama et au nord de l’Amérique
du Sud, particulièrement dans les Llanos de Colombie et du Vénézuela. Sa présence en
Guyane française a été signalée à partir de spécimens que j’ai récoltés près de Roura (Duell-
man, 1972). On la connaît du Surinam par un exemplaire envoyé à Berlin par Kappler
mais on ne l'a pas encore trouvée en Guyana et Crump ne l’a pas vue à Belém.
A la crique Gabrielle, H. rostrata gîte dans les buissons de Melastomatacées ou la brous¬
saille arbustive au bord d’une grande prairie marécageuse à Echinochloa polystachia (Gra¬
minée), appelée localement « savane inondée ».
Hyla rubra Laurenti
Hyla rubra Laurenti, 1768 : 35 ; Daudin, 1800 : 11, pl. 6 ; in Sonnini et Latreille, 1801 : 176,
fig. 1 ; 1803» : 19, pl. IX, fig. 1 et 2 ; 18036 : 53 ; Guibé, 1950 : 18 ; Cochran et Goin, 1970 :
239 ; Lescure, 1973a : 92 ; 1973e : 589 ; 19756 : 72.
ilyla rubra rubra : Lutz, 1973 : 155.
Matériel examiné. — Guyane : MNIINP 4841, LG 194, 292-97, 826-29, 885-87,
1022, 2070-72. Presqu’île de Cayenne : Cayenne, LACM 42241, 42273-74, LG 327-32, 395-
96, 825, 1375, 1954-65, 2104-05; Cabassou (Rémire), LG 268-69, 280-83, 336; Montjoly :
LG 265-66, 276-79, 298-300, 530, 916-919, 2112 ; Matoury, LG 261-64 (Stoupan), LG 2049
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
501
(lac des Américains). Kourou : LG 1, 3, 9, 11, 267, 794. Polder Marie-Anne (Bas-Mahury) :
LG 784. Roura : LG 732, 2133-35; crique Gabrielle, LG 181. Kaw : MHNG 1225-24,
1227. Rivière Comté : Dégrad-Edmond, LG 270-72 ; Cacao, 273-75. Approuaguc : Régina,
LACM 42243-71; crique Jean-Pierre : LACM 42242. Haut-Maroni : Maripasoula, MCZ
44551 ; Antecume-Pata, LG 7216 : Saint Georges de l’Oyapock : LG 347. Saut Maripa (Bas-
Oyapock) : LG 345. Trois-Sauts (Haut-Oyapock) : LG 1861-62.
Malgré les commentaires de Léon (1969) et Duellman (1970), l’histoire taxinomique
de Hyla rubra est assez confuse. Laurenti (1768) se réfère expressément à la Ranula ame-
ricana rubra de Sera (1735, pl. 68, fig. 2), mais il ne semble pas qu’il en ait vu le modèle,
sa diagnose est très mauvaise et est fondée seulement sur la figure.
Fig. 4. — Reproduction photographique du dessin de la face dorsale de Hyla rubra
dans Daudin (1803a, pl. IX, fig. 1).
Daudin (1800, 1803a, 18036) cite la Ranula americana rubra dans ses listes de synonymie
de Hyla rubra et écrit que l’individu qu’il a fait dessiner « provient du cabinet de Seba ».
Duméril et Bibron (1841) nient que le spécimen du Muséum de Paris que Daudin a décrit
et a fait représenter soit celui de Séba. La contradiction entre ces auteurs n’est peut-être
qu’apparente car le dessin de la face dorsale de Hyla rubra dans l’Histoire des Quadrupèdes
ovipares (1800) n’est pas identique à celui de l’Histoire naturelle des Rainettes, des Gre¬
nouilles et des Crapauds (1803a) (cf. fig. 4). Daudin qui n’avait pas encore reçu les spécimens
de Marin de Baizf. a peut-être fait dessiner l’exemplaire de Séba en 1800 et un individu
de Marin de Baize en 1803. Le texte de 1800 sur le modèle du dessin n’a pas été corrigé
et a été reproduit avec toute la description dans ceux de 1803. De toute façon les Batraciens
qui avaient appartenu à Séba étaient au Muséum de Paris à l’époque de Daudin (cf. 18036 :
502
JEAN LESCURE
59), celui-ci a sans doute examiné la Ranula americana rubra et l’a comparée avec les exem¬
plaires qu’il avait reçus du Surinam. Grâce à Daudin, nous connaissons l’identité de la
Hyla rubra Laurenti.
Duméril et Bibron (1841) sont les premiers à mentionner la présence de //. rubra
en Guyane française, Daudin (1803a, 18036) ne l’avait citée que du Surinam. Comme
nous l'avons écrit plus haut, le type de Hyla cynocephala Duméril et Bibron (MNHNP 765)
n’est pas une Hyla rubra ; Guibé (1950), Cochran et Goin (1970) n’ont signalé la présence
de H. rubra en Guyane française qu’en se référant à cet exemplaire.
H. rubra qui est très commune à Cayenne est une espèce anthropophile : elle habite
dans les maisons ou les jardins. Elle chante dès les premières averses de la saison des
pluies.
Il existe à l’intérieur de la Guyane une autre Hyla, très proche de H. rubra, mais elle
est plus grande, plus brune et n’a pas les bandes longitudinales dorsales. Les taches qui sont
orange in vivo, sont plus étendues dans la région de l’aine, sur la face antérieure et postérieure
des cuisses, la face inférieure des jambes et la face supérieure des pieds. La peau du dos
est couverte de petites pustules. Cette Hyla correspond peut-être à la forme de « l’upper
Coastal plain » du Surinam remarquée par Goin (1971). Des récoltes plus abondantes et
des comparaisons avec les nombreux types mis en synonymie avec H. rubra sont nécessaires
pour déterminer le statut taxinomique de cette espèce.
Osteocephalus buckleyi (Boulenger)
llyla buckleyi Boulenger, 1882 : 362.
Matériel examiné. — Crique Ipoucin (Approuague) : LACM 44665-68. Alicoto (Ilaut-
Oyapock) : LG 71.
Cette espèce connue de Guyana et du Surinam, n’avait pas encore été recensée en
Guyane française. Trueb et Duellman (1971) ont inclus Hyla cabrerai Cochran et Goin,
1970, dans la synonymie d’O. buckleyi. Les trois exemplaires récoltés par Silverstone
à la crique Ipoucin sont très proches de la forme « cabrerai ». Au contraire le spécimen
LG 71 n’a pas les crêtes denticulées sur les bords postérieurs des bras et des jambes.
Osteocephalus leprieurii (Duméril et Bibron)
Hyla leprieurii Duméril et Bibron, 1841 : 553 ; Guibé, 1950 : 21.
Osteocephalus leprieurii : Cochran et Goin, 1970 : 322 ; Trueb et Duellman, 1971 : 25.
Matériel examiné. — Guyane : MHNG 278-100. Cayenne : MNHNP 4629 (holotype).
Cacao (rivière Comté) : LG 2066. Village-Pina (1 Iaut-Oyapock) : LG 1145.
Duméril et Bibron (1841) ont décrit O. leprieurii à partir d’un spécimen que Leprieur
leur a envoyé de Cayenne. Depuis cette date on n’a récolté que 3 exemplaires en Guyane
française. Cochran (1955) classait le type d’O. leprieurii parmi les Hyla crepitans mais plus
tard elle reconnut la validité de cette espèce (Cochran et Goin, 1970).
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
503
True» et Duellman (1971) ont mentionné la Guyane française dans la distribution
géographique de O. leprieurii; un des exemplaires qu’ils citent dans cette espèce (MNHNP
98-217) est un Osteocephalus taurinus et sa localité, la rivière Lunier, n’est plus en Guyane
française mais dans l’Amapa. O. leprieurii, connu des 3 Guyanes et de l’Amazonie, n’avait
pas encore été signalé dans la Guyane brésilienne.
Osteocephalus taurinus Steindachner
Osteocephalus taurinus Steindachner, 1862 : 77 ; Trueb et Duellman, 1971 : 31 ; Duellman
et Lescure, 1973 : 1.
Hyla taurina : Boulenger, 1882 : 363.
Matériel examiné. — Guyane : LG 1011-12, 1701-03. Presqu’île de Cayenne : Cayenne,
LG 334 ; Paramana (Matoury), LG 1039. Crique Grégoire (= Kerenroch, Sinnamary)
LG 40, MNHNP A513 (15 têtards ayant servi à sa description), LG 400-05, 880-83, 888-99,
907-09, 926-37 (tous ces exemplaires sont des têtards). Saut Sabbat : LG 788. Roura : crique
Gabrielle : LG 118-20. Bas-Oyapock : mont Marouanne, MNHNP 03-144. Haut-Oyapock :
Camopi, MNHNP 02-290, Village-Zidok, LG 11201-03, 1268-69. Haut-Maroni monts
Atachi-Bacca : LG 546.
Le Muséum de Paris ne possédait pas de O. taurinus du temps de Duméril et Bibron.
Boulenger (1882) cite les Guyanes dans la distribution de l’espèce mais il mentionne seule¬
ment des exemplaires de Guyana et du Surinam.
Grâce à nos récoltes, Trueb et Duellman (1971) sont les premiers à avoir signalé
la présence de O. taurinus dans diverses localités de Guyane française ; 7 autres stations sont
rapportées ici. J’ai pu observer à plusieurs reprises le comportement grégaire des têtards
de O. taurinus et obtenir la métamorphose en élevage. Le développement larvaire, l'écologie
et l’éthologie du têtard ainsi que le chant de l’adulte ont fait l’objet d’une publication récente
(Duellman et Lescure, 1973).
O. taurinus vit dans la forêt de la région côtière et de l’intérieur.
Phrynohias resinifictrix (Goeldi)
Hyla resinifictrix Goeldi, 1907 : 135.
Mat ériel examiné. — Village-Zidok (Haut-Oyapock) : LG 1266-67.
Deux Phrynohias récoltées dans la canopé des arbres correspondent exactement à la
P. resinifictrix (Goeldi), leurs dessins dorsaux sont très semblables à celui du type (BM
1907.2.23.1).
Duellman (1956, 1971) a considéré P. resinifictrix comme synonyme de P. venulosa
(Laurenti). En réalité P. resinifictrix a un chant très différent de celui de P. venulosa, elle
n’a pas le même pattern dorsal (malgré le polymorphisme de P. venulosa), elle est plus
grande et les disques de ses doigts et de ses orteils sont plus larges. Ces deux espèces n’ont
ni la même écologie ni le même comportement.
504
JEAN LESCURE
P. resinifictrix est rare et vit isolée au sommet des arbres dans la forêt primaire ; le
mâle chante tout au long de la saison des pluies. Selon les Indiens Üyampis, on trouve
parfois cette Rainette avec ses têtards dans de petites cavités remplies d’eau en haut des
arbres. Je pense <| n'elle ne construit pas un nid avec de la résine comme l’avait affirmé
Goeliji (1907) mais qu’elle utilise des creux naturellement imperméables dans les troncs
ou les grosses branches.
P. resinificlrix me paraît différente de Phrynohias coriacea Peters, 1873, qui est beau¬
coup plus petite, a un autre pattern dorsal, les disques des doigts et des orteils moins larges
et le disque du troisième doigt plus petit que le diamètre du tympan. La tache noire à l’ais¬
selle et la structure quadrillée des lianes qui ont été remarquées chez P. coriacea par Duell-
man (1968, fig. 3) n’existent pas chez P. resinificlrix. Cette tache et ce quadrillage « en nid
d’abeille » est encore visible sur les flancs du type de Ilyla coriacea Peters (ZMB 5807).
Le chant et l'écologie de P. coriacea ne sont pas connus, l’espèce a été décrite à partir d’un
exemplaire du Surinam. Le spécimen RMNII 7296 du Muséum de. Le.vde et provenant du
Surinam est une P. resinifictrix (Goeldi).
Phrynohias venulosa (Laurenti)
Rana venulosa Laurenti, 1768 : 31.
Ilyla venulosa : Dumkbil et Bibron, 1841 : 560 ; Gunthkr, 1859 : 104 ; Boulrnger, 1882 : 364;
Cochban, 1955 : 62.
Phrynohias zonata : Dveumax, 1956 : 35 ; Lescure, 1973a : 96.
Ilyla tibialrix tibiatrix : Rivero, 1961 : 127 (« Guianas »).
Phrynohias venulosa : Duellman, 1971 : 11.
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Cayenne, MNHNP 4793-94, RM 1853.
2.4.89, LG 66-68, 75-85, 99-101, 326, 777, 1030, 1032-33, 1035-38 ; mont Cabassou (Rémire),
LACM 44638. Saül : LG 305-06.
Phrynohias venulosa est une espèce répandue à travers l’Amérique tropicale. Elle est
connue de Guyane française depuis Duméril et Bibron (1841).
La nuit, après la première grande pluie de la saison humide, les P. venulosa descendent
des arbres, forment un rassemblement très bruyant auprès d’un marécage ou d’un fossé,
pondent dans l’eau et repartent avant le jour. Quelques mâles isolés chanteront encore
dans d’autres marécages les nuits suivantes. Ensuite on n’entendra plus P. venulosa pendant
la saison des pluies. Certaines années, si la sécheresse revient entre la première et la deuxième
période des pluies, P. venulosa se reproduira une deuxième fois sur le même lieu de ponte.
P. venulosa habite la région côtière dans les arbres des villages ou des bois de formation
secondaire, je l’ai entendue à Saül dans les arbres fruitiers ; elle est commune dans les jar¬
dins de Cayenne.
Phyllomedusa bicolor (Boddaert)
Rana bicolor Boddaert, 1772 : 459.
Phyllomedusa bicolor : Duméril et Bibron, 1841 : 629 ; Boulenger, 1882 : 427 (« Guianas »).
Matériel examiné. — Village-Zidok (Haut-Oyapock) : LG 1351.
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
505
Duméril et Bibron (1841) n'ont pas discerné les différentes espèces de Phyllomedusa
qu'ils possédaient dans leur collection, ils ne reconnaissaient que Phyllomedusa hicolor
(Boddaert). La Phyllomedusa qui leur avait été envoyée de Cayenne par Leprieur est une
P. vaillantii Boulenger ; ils ont donc mentionné à tort la présence de P. hicolor en Guyane
française. J’ai seulement trouvé un juvénile de cette espèce dans le Haut-Oyapock.
Phyllomedusa tomopterna (Cope)
Pithecopus tomopternus Cope, 1868 : 112.
Phyllomedusa tomopterna : Lescure, 1975c : 117.
Matériel examiné. — Acarouany : LG 229. Saint Jean du Maroni : LG 150. Saiil :
LG 300, 1858-60. Haut-Oyapock : Village-Zidok, LG 1349; Village-Pina, LG 1111-12,
1704-11 (métamorphosés et juvéniles), 1712-20 (têtards), 2098-99 (ponte).
Funkhouser (1957) considérait P. tomopterna comme une espèce de la I faute-Amazonie
au Pérou, en Equateur et au Brésil. Coin ( 1971) et Duellman (1974) l'ont citée du Surinam.
En Guyane française, je l'ai récoltée dans la forêt de la région côtière et de l’intérieur.
Grâce à la découverte de la ponte et aux résultats de l’élevage, le « nid » et le développe¬
ment larvaire de cette espèce ont été décrits (Lescure, 1975c). Les têtards nouvellement
éclos sont oranges et correspondent au stade 24 de Gosner (1960) ; leurs branchies sont
extrêmement réduites ; dans l’eau ils ont tendance à se regrouper.
Phyllomedusa vaillantii Boulenger
Phyllomedusa vaillantii Boulenger, 1882 : 427.
Matériel examiné. — Cayenne : MNHNP 4892. Saül : LG 790, 1856-57 ; crique
Cambrouze, LG 1853.
Boulenger (1882) a décrit cette espèce à partir d’un exemplaire de Santarem (Brésil).
Duellman (1974) la cite de Guyana, de l’Amapa et de l’Amazonie. On ne l’a pas encore
trouvée au Surinam. En Guyane française où elle n’avait pas été signalée, je l’ai seulement
récoltée dans la région de Saiil.
La station « Cayenne » de l’exemplaire MNHNP 4892 ne signifie pas nécessairement
que ce spécimen a été pris dans cetle cité. Duméril et Bibron (1841) inscrivaient le nom
du port d’embarquement comme lieu d’origine du matériel qu’ils recevaient quand ils
n’avaient pas de renseignements complémentaires. Au xvm e et au début du xix e siècle,
pour des motifs analogues, le nom de Cayenne fut non seulement utilisé pour désigner le
port, la ville ou l’île de Cayenne mais aussi toute la Guyane française. Il est donc probable
que Leprieur a recueilli son exemplaire pendant un de ses voyages à l’intérieur du pays.
P. vaillantii vit dans la forêt, on la rencontre dans les arbres ou les arbustes autour
des mares, loin des fleuves.
506
JEAN LESCURE
Leptodactylidae
Adenomera andreae (Millier)
Leptodactylus andreae Millier, 1923 : 41 ; Lescure, 1973e : 136 ; Heyer, 1973 : 29.
Leptodactylus marmoratus : Heyer et Silverstone, 1969 : 141.
Adenomera andreae : IIeyer, 1974 : 42 (sans localités).
Matériel examiné. — Guyane : LG 878-79. Presqu’île de Cayenne : Rémire, LG 789,
LG 358-59 (Cabassou), LACM 44592 (mont Cabassou) ; Matoury, LG 555-56, LG 711, 724,
733, 741-45, 1016 (Paramana). Crique Anguille : MNHNP 8148. Roura : montagne Gabrielle,
LG 1898 ; montagne Patawa : LG 1236-37. Montagne des Chevaux: LG 397-98. Approuague :
Régina, LACM 44597-99 ; saut Tortue : LACM 44606, 44669, rivière Matarony : LACM
44593-96, 44600-05, 44617-23; entre T Approuague et le mont Tortue, LACM 44607-11.
Haut-Maroni : LG 1498 ; rivière Ouaqui : LG 1450-51 ; entre Sophie et La Grève : MCZ
44559. Saiil : camp Galbao, LG 1499, 1600. Haut-Oyapock : Trois-Sauts, LG 1128-29,
1403 ; Village-Zidok, LG 1602.
Heyer et Silverstone (1969) distinguèrent 2 espèces parmi les Leptodactylus du groupe
marmoratus récoltés par Silverstone à Régina : l’une aux extrémités des doigts et des
orteils élargis en disque fut provisoirement appelée Leptodactylus marmoratus, l’autre
aux extrémités sans dilatation fut identifiée comme Leptodactylus hylaedactylus. J’ai récolté
la première espèce à la crique Grégoire au voisinage du biotope à Atelopus franciscus et je
l’ai nommée L. andreae suivant la détermination de Heyer (Lescure, 1973e). Heyer
(1973) appliqua ce nom à d’autres spécimens de Guyane cités dans sa révision des Lepto¬
dactylus du groupe marmoratus. Ce groupe a récemment été inséré dans le genre Adenomera
(Heyer, 1974).
Adenomera hylaedactylus (Cope)
Cystignathus hylaedactylus Cope, 1868 : 115.
Leptodactylus hylaedactylus : Heyer et Silverstone, 1969 : 141 : Heyer, 1973 : 35.
Adenomera hylaedactylus : Heyer, 1974 : 42 (sans localités).
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Cayenne, LG 2086, LACM 44280.
Montsinéry : LG 670. Roura : crique Gabrielle, LG 126 ; Eaux-Clément, LG 877. Cacao
(rivière Comté) : LG 124. Régina (Approuague) : LACM 42082-83 (têtards), LACM 44282-
378.
Silverstone (IIeyer et Silverstone, 1969) a trouvé les têtards de cette espèce
à Régina. Ils accomplissent toute leur vie larvaire dans le nid d'écume, n’ont ni spiracle,
ni denticules sur les rangées de « dents » mais possèdent une importante réserve vitelline.
Il semble que H. hylaedactylus n’habite pas dans l’intérieur de la Guyane.
507
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
Ceratophrys cornuta (Linné)
Rana cornuta Linné, 1758 : 212.
Ceratophrys cornuta : Gorham, 1966 : 37.
Matériel examiné. — Cayenne : MNI1NP 5822. Cacao (rivière Comté) : LG 1253.
Village-Pina (Haut-Oyapock) : LG 1254-65.
Daudin (in Sonnini et Latreille, 1801 ; 1803a, 18036) a décrit son Bufo cornutus
d’après un exemplaire du Surinam que Levaillant lui avait donné. Ce spécimen (MNHNP
692) a servi de modèle pour la planche 38 de son Histoire naturelle des Grenouilles, des
Rainettes et des Crapauds. Cuvier (1829) en a fait le type de son Ceratophrys daudini
(localité-type : Amérique méridionale) et Tsciiudi (1838) celui de son Phrynoceros vaillanti
(localité-type : Surinam). Les deux zoologues n’ont jamais cité la Guyane à propos de cette
espèce ; sa localité-type n’est donc pas « Surinam, Guiana » comme l’a indiqué Gorham
(1966).
Duméril et Bibron (1841) ont étudié le même animal que Daudin et ont conservé
la dénomination de Cuvier ; ils ont considéré comme synonyme de cette espèce la Rana
megastoma Spix, 1824, et la Ceratophrys spixii Cuvier, 1829, qui en est un nomen substi-
tum. Ces mêmes auteurs refusaient de reconnaître que le Crapaud cornu et épineux de
Seba (1734) et donc la Rana cornuta de Linné (1758) étaient identiques à leur Ceratophrys
daudini, ils les classaient à tort dans leur Ceratophrys dorsata qui est totalement différente.
Aucun exemplaire déterminé par Duméril et Bibron comme un C. dorsata (= C. caria
Wied) n’était un C. cornuta.
A part la citation erronée de Gorham (1966), C. cornuta n’avait pas été signalée en
Guyane française.
Eleutherodactylus marmoratus (Boulenger)
Ilylodes marmoratus Boulenger, 1900 : 56.
Matériel examiné. — Haut-Maroni : Wahrémapane, LG 7225, 7239 ; Koulimapopane,
LG 1489, 1491, 7260; Mitaraca, LG 1490. Haut-Oyapock : Village-Zidok, LG 1106-07.
E. marmoratus a été décrit par Boulenger à partir d’un spécimen recueilli au pied
du mont Roraima. Il n’avait pas encore été signalé en Guyane française, on ne l’a récolté
que dans l’extrême sud du pays.
Hydrolaetare schmidti (Cochran et Goiru
Limnomedusa schmidti Cochran et Goin, 1959 : 208.
Hydrolaetare schmidti : Lescure, 1973e : 589 ; 19756 : 72.
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Matoury, LG 32. Roura : crique
Gabrielle, LG 791.
508
JEAN LESCURE
Cette espèce très rare était connue par un exemplaire de Léticia (Amazonie colom¬
bienne) et par 6 spécimens du Matto Grosso. Je l'ai trouvée dans le grand marais de la
crique Gabrielle au moment des grandes pluies et dans une mare de Matoury au début
de la saison humide. La crique Gabrielle qui communique avec les marais de Kaw est en
continuité avec l’estuaire de l’Amazone. Les marécages et la montagne de Matoury sont
considérés comme les limites île l’expansion de la faune de la crique Gabrielle ou de la mon¬
tagne de Kaw.
77. schmidti est une espèce nocturne et aquatique, les pattes postérieures sont entiè¬
rement palmées. La face dorsale chez l’animal vivant est brun verdâtre, la face ventrale
est jaune brillant marbré de noir.
Leptodactylus bolivianus Boulenger
Leptodactylus bolivianus Boulenger, 1898 : 131.
Matériel examiné. — Haut-Maroni : Entouca, LG 94 ; Antecume-Pata, LG 1455.
Ce Leptodactylus est rare en Guyane française où il n’avait pas encore été signalé. Je
ne l’ai récolté que dans le Haut-Maroni.
Leptodactylus fuscus (Schneider)
lianti fusca Schneider, 1799 : 130.
La Grenouille galonnée : Bosc, 1803a : 13b ; 1817 : 477.
Rana typhonia Daudin in Sonni.ni et Latreille, 1801 : 159; Cloquet, 1821 : 41 1 ; Bory oe Saint
Vincent, 1825 : 498.
Cysti gnathus typhonius : Duméril et Bihron, 1841 : 402.
Leptodactylus sibilator : Gorham, 1966 : 139 (« Guianas »).
Leptodactylus fuscus : Lescure, 1973a : 91 ; 1973e : 589 ; 1974 : 797 ; 19756 : 73.
Matériel examiné. — Guyane : LG 760. Presqu’île de Cayenne : Cayenne, BM 1920.
1455, (Baduel) LG 2132 ; Matoury, (Bochambeau) LG 704, 740, 1018, 2152 (têtards), (Stou-
pan), LG 62, LG 2151 (têtards). Montsinéry : LG 664-69, 752-55. Kourou : savane Mat il i,
LG 5, 22-24, 50-61. 285-90. Mana : MNHNP 4488.
Daijbin (in Sonnini et Latreille, 1801) est le premier à signaler la présence de la
« Grenouille galonnée » en Guyane française, il ne la cite que du Surinam dans ses ouvrages
ultérieurs (Daudin, 1803a, 18036)' Duméril et Birron (1841) possédaient un individu
recueilli à Mana par Lesciienault.
L. fuscus est commun sur toute la bande côtière, c’est une espèce de savane vivant
dans des terriers creusés sous des touffes d’herbe. Il colonise également les bords des routes.
La morphologie et la couleur des spécimens de Guyane, le chant, le nid d’écume et le
têtard ont été décrits récemment (Lescure, 1973a).
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
509
Leptodactylus mystaceus (Spix)
Rana mystacea Spix, 1824 : 27.
Matériel examiné. — Presqu’île de Cayenne : Rémire, LG 224-25. La Mana : MNLINP
4488. Cacao (rivière Comté) : LG 215-18. Ouanary (Bas-Oyapock) : MNHNP 02-298. Yanioué
(rivière Camopi) : MNLINP 50-17. Haut-Oyapock : Village-Pina, LG 1150-53 ; Village-
Zidok, LG 11204-05, 11207, 1285-89, 1291 ; Trois-Sauts, LG 177. Haut-Maroni : Antecume-
Pata, LG 1210-11 ; rivière Ouaqui, LG 1447-49.
Ce Leptodactylus n’avait pas encore été signalé en Guyane française. Duméril et
Bibron (1841) en possédaient un exemplaire recueilli à La Mana par Lesciienault mais
les deux Herpétologistes ne reconnaissaient pas la Rana mystacea de Spix (1824) et la met¬
taient en synonymie avec leur Cystignathus ocellatus.
L. mystaceus n’est pas rare dans la forêt guyanaise, il sort dès les premières pluies, mais
chante et se reproduit un peu plus tard quand le sol des marécages de forêt est bien détrempé.
Leptodactylus ocellatus (Linné)
Rana ocellata Linné, 1758 : 21.
Cystignathus ocellatus : Duméril et Bibron, 1841 : 396.
Leptodactylus ocellatus : Gohram, 1966 : 133 (« Guianas ») ; Lescure, 1973e : 589 ; 1974 : 797 ;
1975 b : 73.
Matériel examiné. — Kourou : savane Matiti, LG 651, 1094-95.
Duméril et Bibron (1841) mentionnèrent à tort que des Cystignathus ocellatus de leur
collection provenaient de Cayenne ; en fait, le spécimen MNHNP 4428 est un L. mystaceus
et les spécimens MNHNP 4497 et 8852 sont des L. pendactylus, mais les deux zoologues fran¬
çais ne reconnaissaient pas la validité spécifique de la Rana pentadaclyla Laurenti, 1768,
et de la Rana mystacea Spix, 1824, qu’ils mettaient en synonymie avec leur C. ocellatus.
Los premiers L. ocellatus récoltés en Guyane française sont donc les exemplaires cités
ci-dessus ; je ne les ai trouvés qu’à Kourou. Il est peu probable qu’on capture cette espèce
de savane à Cayenne.
Leptodactylus pentadactylus (Laurenti)
Rana pentadactyla Laurenti, 1768 : 32.
Rana ocellata : Bory de Saint Vincent, 1825 : 498.
Cystignathus ocellatus : Duméril et Bibron, 1841 : 396 (partira).
Leptodactylus pentadactylus pentadactylus : Gohram, 1966 : 134 (« Guianas »).
Leptodactylus pentadactylus : Lescure, 1973« : 92.
Matériel examiné. — Guyane : LG 2018-20, 2044-45, 2075, MNHNP 8852. Presqu’île
de Cayenne : Cayenne, MNHNP 4497, (Baduel) LG 2129, (Bourda) LG 1031 ; Rémire,
JEAN LESCURE
S10
LG 2012, (Cabassou) LG 2069 ; Matoury, LG 30-31. Montsinéry : LG 672-73, 757. Kourou :
savane Matiti : LG 7-8. Acarouany : LG 159. Saint Laurent du Maroni : LG 2107. Haut-
Maroni : mont Attachi-Bacca, LG 541 : Antecume-Pata, LG 7265. Saiil : LG 304. Roura :
cricjne Gabrielle, LG 2023-27, 2038-43. I'ourgastié (Orapu) : LG 2010. Cacao (rivière Comté) :
LG 2067. Bas-Oyapock : Ouanary : LG 2021-22, 353-54; Saint Georges de l’Oyapock :
LG 2011, Saut-Maripa : LG 346. Camopi (Haut-Oyapock) : LG 341.
Les anciens auteurs ont souvent confondu L. ocellatus (Linné) avec L. pentadactylus
(Laurent!) ; la ligure de la « Grenouille mugissante » de Laeepède (1788) et, celle de la Ranci
ocellata de Daudin (1803«) représentent un L. pentadactylus.
Duméril et Bibron (1841) ont classé de vrais L. pentadactylus provenant de Cayenne
et du Brésil avec leurs Cystignathus ocellatus. Ils distinguaient cependant Cyslignathus
labyrinthicus (Spix) dont ils possédaient un exemplaire envoyé du Brésil par Dabadie.
Aucune citation de L. pentadactylus en Guyane française n’a été faite jusqu’à ces dernières
années (Lescure, 1973a).
L. pentadactylus est une espèce commune en forêt, elle vit parfois dans des formations
secondaires boisées ou près des sillages. Kl le chante le jour ou la nuit dès les premières
averses de la saison des pluies.
Leptodactylus rhodomystax Boulenger
Leptodactylus rhodomystax Boulenger, 1883 : (>37.
Matériel examiné. — Crique Grégoire (Sinnamary) : LG 418-19, 435, 2016-17. Aca¬
rouany : LG 132. Mont Atachi-Bacca (Haut-Maroni) : LG 542. Village-Zidok (Haut-Oya-
pock) : LG 11203.
L. rhodomystax n’était pas encore répertorié de la Guyane française. C’est une espèce
terrestre et nocturne de la foret équatoriale qui ne chante pas au début de la saison des
pluies.
Leptodactylus wagneri (Peters)
Plectromantis wagneri Peters, 1862 : 232.
Leptodactylus podicipinus pelersii : Gohram, 1966 : 136 (« Guianas » .
Leptodactylus wagneri : Hiver et Sii.verstonk, 1969 : 141 : Heyer, 1970 : 17: Lescure : 1973e:
589 ; 1974 : '797 ; 19756 : 73.
Matériel examiné. — Guyane : LG 182. Presqu’île de Cayenne : Cayenne LG 333,
LACM 44629-31 ; Montjoly, LG 493-4, 1899 ; Rémire (Cabassou) : LG 634, LACM 44632-33 ;
Matoury, Paramana LG 722-23, 726, 759, (lac des Américains) LG 93, 1027. Montsinéry :
LG 491-92, 674, 756. Kourou : LG 4. Saint Laurent du Maroni : LG 2103. Maripasoula
(Haut-Maroni) : MCZ 44563. Sophie : MCZ 44564. SaüI : LG 219-20, 223. Roura : crique
Gabrielle, LG 221. 698-99. Cacao (rivière Comté) : LG 1900. Approuague : Régina. LACM
44624-27 ; crique Ipoucin, LACM 44628. Haut-Oyapock : Village-Pina, LG 1163-64 ; Village-
Zidok : LG 1290, 1293, 1395, 1400-02, 1404.
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
511
Cette espèce très commune a été signalée pour la première fois en Guyane française
par Heyer et Silverstone (1969). Heyer (1970) a également mentionné les exemplaires
capturés à Sophie et Maripasoula par Monatii.
L. wagneri habite en forêt au bord des terrains inondés et dans les marécages peu pro¬
fonds. Il vit aussi dans la boue des milieux secondaires (ornières des chemins de forêt,
fossés, pelouses ou prairies humides).
Lithodytes lineatus (Schneider)
Ranci lineata Schneider, 199 : 138.
Hylodes lineatus : Duméhil et Bibron, 1841 : 625 ; Boulenger, 1882 : 207 (« Guianas »).
Eleutherodactylus lineatus : Gorham, 1966 : 106 (« Guianas »).
Matériel examiné. — Guyane : LG 2084. Cayenne : MNHNP 4885, 4886. Crique
Grégoire (Sinnamary) : LG 764-65, 800.
Malgré sa rareté, L. lineatus est connu de Guyane française depuis Duméril et Bibron
(1841). L n jeune et un adulte leur avaient été envoyés de Cayenne par Leprieur.
Nelson et Miller (1971) ont émis l’hypothèse que L. lineatus est une forme mimétique
de Phyllobates femoralis, un Dendrohatidé diurne à la peau venimeuse. Certes L. lineatus
ressemble à P. femoralis, il a la même peau festonnée brun-noir sur le dos, les deux bandes
latéro-dorsales et les taches de couleur claire à l’aine et sur la face postérieure des cuisses.
Cependant les bandes et les taches sont rouges chez L. lineatus et jaunes ou orange chez
P. femoralis, les taches à l’aine et sur les cuisses ne sont pas agencées exactement de la même
façon. La similitude globale entre les deux espèces n’est pas affectée par ces petites diffé¬
rences mais elle doit l’être par l’écart de taille entre les adultes : P. femoralis ne mesure
généralement pas plus de 31 mm tandis que L. lineatus peut atteindre 52 mm (MNHNP
4885). Si le mimétisme existe entre les deux espèces, il concerne seulement le jeune de L. linea¬
tus, plus vulnérable et de mœurs plus diurnes que l’adulte.
Physaelemus petersi (Espada)
Engystomops petersi Espada, 1872 : 86.
Physaelemus petersi : Lescuhe, 1973e : 589 ; 19756 : 79.
Matériel examiné. — Saül (crique Cambrouze) : LG 1436, 1564-65. Village-Zidok
(Ilaut-Oyapock) : LG 11209.
Physaelemus petersi est connu des États amazoniens et du Para au Brésil, des provinces
de Napo et de Pastaza en Equateur et de la province de Loreto au Pérou (Lynch, 1970).
Il n’avait jamais été récolté dans la région guyanaise. Il a une coloration rouge et des taches
noires caractéristiques à l’aine et dans la région inférieure du ventre. C’est une espèce
forestière qui chante près des points d’eau pendant la nuit.
512
JEAN LESCURE
Mickohylidae
Chiasmocleis shudikarensis Duim
Chiasmoc.le.is shudikarensis Dunn, 1949 : 7; Lescuhk, 1973e : 589.
Matériel examiné. -Crique Grégoire Sinuamary) : LG 762-63. 766. Saül : LG 1046.
Haut-Oyapock : Village-Pina, LG 1549, (frontière Guyane-Brésil) LG 1550; crique Eleu-
posing, LG 11 15-16, 1551-63, 1569, 1650-90, 1814-53.
Cette espèce forestière décrite par De an (1949) et connue de Guyana et du Surinam
n’avait pas encore été récoltée en Guyane française. Les exemplaires de la crique Grégoire
sont très proches de l’holotype.
C. shudikarensis est nocturne mais peut se reproduire en pleine journée pendant la
pluie, l’accouplement, la fécondation et la ponte ont lieu dans l’eau.
Elachistocleis ovalis (Schneider)
Ranu ovalis Schneider, 1799 : 131.
Elachistocleis ovalis : Dunn, 1949 : 12 (« Guianas »).
Matériel examiné. - MNHNP 5028.
E. ovalis n’était pas signalé de Guyane française, en effet Duméril et Bibron (1841)
ont seulement écrit qu’ils possédaient « des Engystoma ovalis recueillis à Surinam par
MM. Leschenault et Doumkhc ».
La collection du Muséum de Paris n'a actuellement qu’un seul exemplaire (MN11XP
5028), récolté par Leschenault, il provient de La Mana. On ne peut écarter l’hypothèse
que Duméril et Bibron ont eu d’autres spécimens venant du Surinam, mais il est logique
de supposer soit qu’ils ont oublié de citer l'exemplaire de Guyane, soit qu’ils ont commis
une erreur de transcription de lieu, le matériel de Leschenault et Doumerc étant origi¬
naire du Surinam ou de La Mana.
E. ovalis n’a pas encore été retrouvé en Guyane française.
Hamptophryne boliviana (Parker)
Chiasmocleis boliviana Parker, 1927 : 3.
Hamptophryne boliviana : Lf.scure, 19756 : 7!).
Matériel examiné. — Ilaut-Maroni : Malavale (= Antecuine-Pata). MCZ 43512-13,
LG J 213.
Cette espèce est connue de la région guyanaise (Dunn, 1949) et de llaute-Amazonie :
Bolivie (Parker, 1927; Di ns, 1949), Pérou Nelson, 1973) et Équateur (spécimen MCZ
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
513
58239 de Santa Caecilia). Elle n’avait pas encore été citée de Guyane française, je l’ai récoltée
au même endroit que Monath en 1963. Les deux exemplaires de Malavate ont le même
pattern dorsal que le type.
Otophryne robusta Boulenger
Otophryne robusta Boulenger, 1900 : 55; Lescure, 1974 : 797 ; 19756 : 79.
Matériel examiné. — Ilaut-Oyapock : Village-Zidok ; LG 1340-47; Village-Pina ;
LG 1348.
O. robusta qu’on disait endémique du mont Roraima est commune en Guyane française
mais elle est dillieile à capturer. On l’a signalée en Amapa (Nelson, 1971), en Guyane
vénézuélienne (Rivero, 1967) et en Colombie dans la région du Rio Apoporis (Cochran
et Goin, 1970) mais elle n'a pas encore été récoltée au Surinam et en Guyana en dehors
du mont Roraima. J’en ai trouvé dans le Haut-Oyapoek (altitude : 200 m) et je l’ai entendue
aux monts Atachi-Bacca (500 m) et au pied du mont Galbao (250 m).
Le type et les autres spécimens du mont Roraima ont des dessins sur la face supérieure
des cuisses, ceux de l'Ovapock n’en ont pas. La coloration dorsale chez l’animal vivant
est marron avec deux bandes latéro-dorsales jaune plus ou moins orangé, ces deux bandes
s’amincissent et deviennent deux lignes qui passent sur la paupière supérieure, l’arête du
canthus rostralis et se rejoignent à l’extrémité du museau. Une ligne de points blancs va
de l'anus à la saignée du genou sur la face postérieure des cuisses. La gorge est très brune
avec des taches orange chez le mâle, elle est beaucoup plus claire chez la femelle. La région
scapulaire est brune avec des taches orange plus nombreuses, le ventre est orange-marron.
O. robusta n’est pas inféodée à l’altitude mais il habite dans les berges rocheuses des
torrents qui dévalent les pentes des collines, il niche parfois dans le sable et le gravier quart-
zeux des criques, les petites rivières de forêt. 11 est de mœurs diurnes. Derrière le Village-
Zidok, les mâles étaient échelonnés le long d’une crique et se répondaient pendant presque
toute la journée, la distance entre eux était de 20 à 50 m ; leur chant a donc une significa¬
tion territoriale. La plupart du temps les individus sont plus isolés mais leurs cris s’entendent
de fort loin.
Synapturanus mirandaribeiroi Nelson et Lescure
Synapturanus mirandaribeiroi Nelson et Lescure, 1975 : 394.
Matériel examiné. Mont Alikéné (rivière Camopi) : LG 74.
Comme nous Lavons démontré (Nelson et Lescure, 1975), Engystoma subnigrurn
Miranda-Riheiro, 1920, est synonyme à'Engystoma microps Duméril et Bibron, 1841.
Le type de Duméril et Bibron ne provient pas de la région guyanaise mais de Rio de Janeiro
où il a été récolté par Gaudichaud. Le Synapturanus « microps » de Boulenger (1882),
Parker (1934), Dunn (1949) et Carvaluo (1954) représentait une espèce non décrite,
S. mirandaribeiroi est son nouveau nom. fl n’avait pas encore été récolté en Guyane fran¬
çaise.
514
JEAN LESCURE
PlPIDAE
Pipa pipa (Linné)
Bufo magnus Barrère, 1741 : 149.
Rana pipa Linné, 1758 : 210 ; Cuvier, 1816 : 98 ; 1829 : 113 ; Bory de Saint Vincent, 1828a :
610 ; 1828c : 240.
Rana dorsigera Schneider, 1799 : 121.
Bufo dursiger : Daudin, in Sonnini et Latreille, 1801 : 120 ; 1803a : 56 ; 18035 : 172.
Pipa vulgaris Cloquet, 1826 : 97 (nomen substitum pour Rana pipa L.).
Pipa americana Duméril et Bibron, 1841 : 773; Guichenot, 1855 : 92 ; Boulf.ngf.r, 1882 : 459
(« Guianas »).
Pipa pipa : Dunn, 1948 : 11 ; Ginès, 1958 : 7 ; Lescure, 1973e : 589 ; 1974 : 797 ; 19755 : 73.
Matériel examiné. — Guyane : MNHNP 8193. Presqu'île de Cayenne : Cayenne,
MNHNP 506, 1883; Rémire, LG 1034, 1456. Kaw : LG 97. La Mana : MNHNP 5051 ;
Maria, LG 63. Village-Zidok (Haut-Oyapock) LG 1189.
Sonini et Latreille (1802) puis Daudin (1803a, 18035) sont les premiers à affirmer
que le « Crapaud de Surinam » vivait en Guyane. L’espèce n’est pas rare dans les marécages
côtiers (pripris) et les mares de la forêt équatoriale.
Pseudidae
Pseudis paradoxus paradoxus (Linné)
Rana palustris Barrère, 1741 : 156.
Rana paradoxa Linné, 1758 : 212 ; Daudin, 18035 : 130 ; Bosc, 1803a : 136 ; 1817 : 477 ; Cuvier,
1816 : 93 ; 1829 : 105 ; Cloquet, 1821 : 415 ; Bory de Saint Vincent, 1825 : 499.
Pseudis paradoxa : Boulenger, 1882 : 186 (« Guianas »).
Pseudis paradoxa paradoxa : Lescure, 1973e : 589 ; 1974 : 797.
Pseudis paradoxus paradoxus : Lescure, 19755 : 72.
Matériel examiné. — Guyane : MNHNP 587 (cotype de Pseudis merianae Dum. et
Bibr., 1841). Presqu’île de Cayenne : Cayenne, MNHNP 4352 (têtard), LG 160, 323-25 ;
Montjoly, LG 496, 505-07, 509-10, 518-19, 523, 707-10, 730-31. Mana : LG 156-58.
Pseudis paradoxus fut connu dès le xvm e siècle par le récit et les dessins de Sybille
Mérian (1705). Après elle, tous ceux qui évoquèrent cette Grenouille extraordinaire la
localisaient au Surinam. Daudin (18035) est le premier à la citer en Guyane ; il indique
dans sa liste de synonymie que Rana paradoxa est « la Jackie, la Grenouille-poisson des
habitants de la Guiane ». Duméril et Bibron (1841) la signalent seulement du Surinam,
ils possédaient, pourtant un spécimen récolté par Leschenault en Guyane française.
Dans sa révision des Pseudidae, Gali.ardo (1961) a décrit plusieurs sous-espèces de
P. paradoxus : deux sont du Minas Gérais, une du Paraguay et une autre de Trinidad et du
AMPHIBIENS DE GUYANE FRANÇAISE
515
Vénézuela. La sous-espèce nominale est restreinte à la Guyana et au Surinam, sa diagnose
est basée sur l'examen de 16 spécimens de Guyana et 1 du Surinam.
3 exemplaires ont été récoltés à Mana et 22 dans la presqu’île de Cayenne. Les dessins
de la face inférieure des cuisses et des jarrets sont extrêmement variables et peuvent autant
se rapporter à ceux de P. p. paradoxus (MCZ 12135) qu’à ceux de P. p. caribensis (MCZ
19890). Le diamètre du tympan est presque toujours plus petit que celui de l’œil et égal
ou subégal à la distance de l’œil à la narine. La ligne brune tympanique est souvent présente
et il y a une ou deux taches claires sous le tympan. Les nombres de points noirs sur la gorge,
la poitrine ou le ventre et la forme des bandes dorsales sont très divers. Les critères énoncés
par Gallardo (1961) pour distinguer ces deux sous-espèces ne sont donc pas valables
car ils sont inclus dans la variabilité d’une même population, celle de Montjoly.
La proximité géographique de Cayenne et plus particulièrement de Mana avec le Suri¬
nam, la localité-type de l’espèce, m’incite à insérer les spécimens de Guyane dans la sous-
espèce nominale.
P.p. paradoxus habite les rizières inondées et les marécages côtiers peu profonds dont
la végétation n’est pas trop dense.
I ! ANIDAE
Rana palmipes Spix
Raiia palmipes Spix, 1824 : 29 ; Lescure, 1973e : 589 ; 1975.
Matériel examiné. — Guyane : LG 2076-77. Crique Grégoire (Sinnamary) : LG 12,415,
727, 802-03, 2015. Rivière Comté : Cacao, LG 2068, 2088 ; Dégrad-Edmond, LG 1997-
2001. Approuague : crique Jean-Pierre : LACM 44634; crique Ipoucin : LACM 44635-36;
saut Tortue, LACM 44637. Ilaut-Oyapôck : Village-Pina, LG 11206 ; Trois-Sauts, LG 1295,
LG 2028-37.
Cette vraie Grenouille n’avait pas encore été répertoriée en Guyane française. C’est
une espèce commune dans les forêts tropicales de l’Amérique du Sud et elle a pénétré en
Amérique centrale. Elle existe en Guyana et à Roa Vista mais elle n’a pas été capturée au
Surinam et je ne l’ai pas vue sur le Maroni. Elle serait venue en Guyane française par le
sud-est et n’aurait pas dépassé le Sinnamary.
B. palmipes n’est pas une grenouille entièrement aquatique : la nuit, elle est sur les
berges et plus particulièrement sur les rochers.
Espèces recensées a tort de Guyane française
Brachycephalus epphipium (Spix)
Duméril et Bibron (1841) indiquent que le Brésil et la Guyane sont les patries de
Brachycephalus epphypium (Spix), une espèce vivant exclusivement dans le sud-est du
Brésil. Suivant le Catalogue des entrées rédigé par Bibron entre 1832 et 1839 (Archives
516
JEAN LESCURE
n° 42 du Laboratoire de Zoologie (Reptiles et Poissons) du Muséum de Paris, les spécimens
(MNHNP 5023) que les deux Herpétologistes croyaiejit originaires de Guyane faisaient
partie d’un lot « envoyé de Cayenne par Leprieur aîné » et arrivé au Muséum de Paris en
septembre 1836. Dans ce matériel existent d’autres Amphibiens et Reptiles connus unique¬
ment du sud-est du Drésil ou de l’Argentine : Proceratophrys boiei (MNHNP 4521), Bufo
melanotis (MNHNP 4824), PIguanidé Enyalius boulengeri (MNHNP 2373) et l’Anguidé
Ophiodes striatus (MNHNP 5557).
D’après nos connaissances, Leprieur n’est pas allé dans le sud-est du Brésil ; il a été
pharmacien de la Marine à Cayenne et a voyagé à l’intérieur de ce pays jusqu’au Tumuc
Ilumac. On peut émettre l’hypothèse que Leprieur aurait reçu du matériel du Brésil par
un collègue de la Marine ou un voyageur et qu’il l’aurait envoyé de Cayenne à Duméhil
et Bibron.
Bufo crucifer Wied
Duméril et Bibron (1841) ainsi que Guiciirnot (1855) citent la Guyane française
comme patrie de Bufo melanotis Dum. et Bibr., synonyme de Bufo crucifer Wied, 1821.
L’exemplaire (MNHNP 4984) sur lequel ils se fondent pour une telle affirmation est un spéci¬
men du lot évoqué ci-dessus.
Ceratophrys varia Wied
Duméril et Bibron (1841) écrivent qu’ils possèdent des C. dorsata (= C. caria) recueil¬
lies à Cayenne et au Brésil. Le spécimen de Cayenne auquel ils font allusion porte le n° 690
dans la collection du Muséum de Paris ; on ignore le nom de son donateur.
Les Ceratophrys caria habitent uniquement le sud-est du Brésil tt PArgentine (Goii-
ram, 1966). L’origine « Cayenne » est due sans doute à une erreur d’étiquetage.
Eleutherodactylus urichi (Boettger)
Schwartz (1967) signale la présence d’E. urichi ssp. en Guyane française. Je n’ai pas
examiné le spécimen AMNH 4221 mais les deux MCZ 4457-58 qui sont sans doute des jeunes
Eleutherodactylus marmoratus (Boulenger). Au Venezuela, les El. urichi (peut-être une sous-
espèce) n’ont été trouvés qu’à l’est du « Coastal Bange » (Rivero, 1961 ).
Phyllomedusa burmeisteri trinitatis Mertens
Rivero (1961) inclut les Guyanes dans la distribution géographique de P. burmeisteri
trinitatis. Il est possible que P. trinitatis Mertens, 1926, vive au sud du Vénézuela et en
Guyana mais elle est absente de Guyane française. P. caillantii Boulenger est une espèce
voisine de P. trinitatis.
AMPHIBIES S DE GUYANE FRANÇAISE
517
Proceratophrys boiei (Wied)
Duméril et Bibron (1841) allirment avoir reçu un Ceratophrys boiei de Cayenne par
les soins de Leprieur. Ce spécimen (MNHNP 4521) est un Proceratophrys boiei, une espèce
qui ne vit que dans le sud-est du Brésil (Goriiam, 1966) ; il provient du lot cité précédem¬
ment.
Osteocephalus langsdorffii (Duméril et Bibron)
Düellman (1974è) écrit « Duméril et Bibron (1841) gave the type iocality as Brasil ;
a label in the jar with the holotype gives “ Cayenne ” ». Je n’ai vu aucune étiquette avec la
mention « Cayenne » dans le bocal contenant le type de Jfyla langsdorffii (MNIINP 4634),
j’ignore les circonstances de sa disparition (si cette étiquette a existé), et qui en fut l’auteur.
On lit sur l'unique étiquette, imprimée et collée sur le bocal au siècle dernier, « Hyla langs¬
dorffii... Brésil. Langsdorff. type ». Ce pays est le seul cité dans les Catalogues du Muséum
pour ce spécimen. Duméril et Bibron (1841) précisent bien que la Rainette « leur avait été
envoyée du Brésil par M. Langsdorff lorsqu’il y exerçait les fonctions de consul pour le
gouvernement russe ». Il n’y a donc aucun doute sur l’origine brésilienne du type de II. langs¬
dorffii, car pendant cette période (1813 à 1820) le naturaliste russe ne voyagea que dans
les régions de Rio de Janeiro et du Minas Gérais (Papavf.ro, 1971).
Conclusion
Les premiers résultats de l’inventaire des Amphibiens de Guyane française nous révè¬
lent un certain nombre de faits :
1. Diverses espèces sont endémiques aux Guy^anes : Atelopus flaoescens, Atelopus
franciscus, Centrolenella oyampiensis, Centrolenella taylori, Colosthetus degrarwillei, Dendro-
bates tinctorius, Allophryne ruthveni, Hyla ornatissima, Hyla proboscidea, Eleutherodactylus
marmoratus et Chiasmocleis shudikarensis.
2. Des espèces demeurent seulement dans le nord-ouest de l’Amérique du Sud, de la
Guyane vénézuélienne à Belém et Santarem : Hyla boesemani, 11. egleri, lf. multifasciata.
3. Plusieurs espèces amazoniennes apparemment absentes de la Guyana ou du Surinam
ne sont connues que de l’est ou du sud-est de la Guyane française : Dendrobates quinquevitta-
tus, Hyla favosa, Hyla brevifrons, Hyla raniceps, Physaelemus petersi et Hydrolaetare schmidti.
4. Quelques espèces liées aux rives rocheuses des petits cours d’eau de forêt vivent le
long de l’Arc guyanais, du « Tumuc-Humac » aux massifs gréseux du sud de la Colombie :
Otophryne robusta et peut-être Atelopus pulcher hoogmoedi.
Ces faits démontrent l’existence d’une région biogéographique guyanaise malgré l’appa¬
rente continuité de la forêt guyanaise avec la forêt amazonienne. La Guyane française,
située au sud-est du plateau guyanais, est une contrée de transition où les influences ama¬
zoniennes plus fortes que dans les deux autres Guymnes diminuent progressivement d’est
en ouest.
518
JEAN LESCURE
Remerciements
Je remercie vivement Mr Brugières, Directeur du centre ORSTOM de Cayenne et MM. Sérié
et Digout, Directeurs de l’Institut Pasteur de Cayenne pour toute l’aide qu’ils m’ont accordée
pendant mes expéditions en Guyane. Je voudrais aussi remercier le R. P. Barbotin, Président
de la Société de la Protection de la Nature de Guyane, qui m’a fait profiter de sa grande connais¬
sance de ce pays.
Il m’est très agréable d’exprimer ma reconnaissance au Commandant de la Gendarmerie
nationale en Guyane française et aux Capitaines de la Compagnie de Cayenne qui m’ont aidé à
maintes reprises pour mes déplacements sur les fleuves. Je remercie également les chefs de Brigade
de Camopi, Saül et Maripasoula (entre 1969 et 1973) pour leur cordiale hospitalité.
J’adresse mes remerciements à MM. J. W. Wright (Los Angeles Muséum), E. E. Williams
(Muséum Comparative of Zoology) et V. Manhert (Muséum d’Histoire naturelle de Genève)
pour le prêt des spécimens. Je remercie aussi tous mes collègues et amis qui ont récolté à mon
intention des spécimens pendant leurs expéditions, notamment : J. J. de Granville, J. P. Gasc,
Y. M. Brandily, M. Krammer.
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« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Iiist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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