BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
300
N» 430 JANVIER-FÉVRIER 1977
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Halle.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geofïroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1977
Abonnement général : France, 530 F ; Étranger, 580 F.
Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
Écologie générale : France, 70 F ; Étranger, 80 F.
Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 430, janvier-février 1977, Zoologie 300
Monogènes parasites de Poissons
de la Nouvelle-Amsterdam
par Monique Lambert et Louis Euzet *
Résumé. — Trois Monogènes décrits chez des Poissons de Nouvelle-Zélande sont retrouvés
à la Nouvelle-Amsterdam. Ce sont Pseudomegalocotyla latridis, Allomegalocotyla johnstoni et Allo-
cotylophora polyprionum. Des précisions morphologiques et anatomiques sont apportées à leur
description. Un Microcotyle est signalé chez Bovichthys veneris.
Abstract. — Three Monogenea already described in Fishes from New-Zealand are found
in New-Amsterdam. They are Pseudomegalocotyla latridis, Allomegalocotyla johnstoni, Alloco-
tylophora polyprionum. Morphological and anatomical details are added to their description.
A Microcotyle is mentioned in Bovichthys veneris.
Au cours d’une mission à la Nouvelle-Amsterdam, M. J. Trave, que nous remercions
ici, a eu l’amabilité de récolter, en vue de la recherche des Monogènes parasites, les bran¬
chies de quelques Poissons pêchés sur les côtes de cette île. Les arcs branchiaux ont été
fixés, sur place, dans du formol à 8 %.
Les Poissons examinés appartiennent à cinq espèces différentes :
—- Polyprion americanus (Schneider), Serranidae
— Latris lineata (Schneider), Cirrhitidae
— Cheilodactylus sp., Cirrhitidae
— Bovichthys veneris Sauvage, Bovichthyidae
— Thyrsites atun (Euphrasen), Gempylidae
Nous n’avons rien trouvé sur les branchies de Thyrsites atun et de Cheilodactylus sp.
Les trois autres espèces étaient parasitées par des Monogènes déjà connus dans une région
du Pacifique Sud (Nouvelle-Zélande).
Il nous a paru intéressant, au point de vue biogéographique, de signaler la présence
de ces parasites dans le sud de l’océan Indien, à la même latitude que la Nouvelle-Zélande.
Nous avons récolté deux Monopisthocotylea et deux Polyopisthocotylea. L’étude
de ce matériel nous permet d’apporter à leur description quelques précisions morpholo¬
giques et anatomiques.
* Laboratoire de Parasitologie Comparée, Université des Sciences et Techniques du Languedoc, place
E. Bataillon, 34060 Montpellier Cedex, France.
430 , 1
218
MONIQUE LAMBERT ET LOUIS EUZET
MONOPISTHOCOTYLEA
Pseudomegalocotyla latridis (Robinson, 1961) Yamaguti, 1963
Capsalidae Baird, 1853. Trochopodinae Price, 1936
H ôte : Latris lineata (Schneider, 1801).
Habitat : branchies.
Localité : Nouvelle-Amsterdam.
Matériel étudié : 15 individus colorés et montés in toto, 3 individus débités en coupes sériées
transversales et sagittales.
La morphologie, dans son ensemble, diffère très peu de la description originale de
Robinson. Nos exemplaires sont en général plus courts (1,6 à 3,1 mm au lieu de 4,03 à
4,59 mm) mais ces différences peuvent s’expliquer par le mode de fixation.
Le hapteur circulaire mesure de 0,740 à 0,780 mm de diamètre. Il est armé par trois
paires de grands crochets (sclérites accessoires, hamuli antérieurs et hamuli postérieurs)
et quatorze crochetons marginaux disposés en sept paires symétriques. Le disque est bordé
par une mince membrane périphérique loculée.
La surface ventrale du hapteur est divisée en iogettes par neuf septes musculaires,
symétriques et radiaires, autour d’une logette centrale subcirculaire.
Nous distinguons (fig. 1) : 2 septes postérieurs dans lesquels sont alignés les trois grands
crochets; 4 septes médians symétriques (2 postérieurs et 2 antérieurs) bifurqués distale-
ment en Y ; 3 septes antérieurs (2 latéraux symétriques et 1 sagittal impair).
Ces cloisons musculaires limitent neuf Iogettes autour de la centrale. Nous proposons
de les nommer :
— Logette postérieure, celle située entre les septes postérieurs. La logette centrale, dans
l’axe de celle-ci, n’en est parfois séparée que par une faible cloison transversale.
— Logettes postéro-latérales, entre les septes postérieur et médio-postérieur.
— Logettes latérales, entre les septes médio-postérieur et médio-antérieur.
— Logettes antéro-latérales, entre les septes médio-antérieur et antéro-latéral.
— Logettes antérieures, de part et d’autre du septe antéro-sagittal.
Nous précisons ci-dessous la répartition des quatorze crochetons marginaux, par
rapport à la position des septes radiaires, car elle nous paraît avoir une importance dans
la compréhension du hapteur des Trochopodinae.
Les crochetons sont disposés symétriquement de part et d’autre du plan médio-lon-
gitudinal et de chaque côté nous avons (fig. 1) : le crocheton 1 sur le bord de la logette pos¬
térieure ; les crochetons 2 et 3 sur le bord de la logette postéro-latérale, 2 près du septe
postérieur, 3 à mi-hauteur ; les crochetons 4 et 5 aux extrémités des branches en Y du
septe médio-postérieur ; le crocheton 6 à l’extrémité du bras inférieur du septe médio-
antérieur ; le crocheton 7 au niveau du septe antéro-latéral.
MONOGÈNES PARASITES DE POISSONS
219
Les crochets médians, hamuli postérieur (fîg. 2), hamuli antérieur (fig. 3) et sclérite
accessoire (fig. 4), ont une morphologie très voisine de celle donnée dans la description
originale, mais l’hamuli antérieur de nos exemplaires (« middle anchors » de Robinson)
a une taille régulièrement plus grande (375-470 pm au lieu de 284-426 pin).
L’anatomie est identique. Les œufs tétraédriques portent au pôle postérieur un long
filament sinueux qui s’amincit très progressivement et se termine par un petit élargisse¬
ment.
Fig. 1-4. — Pseudomegalocolyla latridis (Robinson, 1961) Yamaguti, 1963.
1 : Hapteur. L.p., logette postérieure ; L.p.l., logette postéro-latérale ; L.I., logette latérale; L.a.l., logette
antéro-latérale ; L.a., logette antérieure ; S.p., septe postérieur ; S.m.p., septe médio-postérieur ;
S.m.a., septe médio-antérieur ; S.a.l., septe antéro-latéral ; S.a., septe antérieur ; I à VII, croche¬
tons marginaux. — 2 : Hamuli postérieur. —- 3 : Hamuli antérieur. — 4 ; Sclérite accessoire.
Pseudomegalocolyla latridis a été découvert par Robinson en 1961 sur les branchies
de Latris lineata Forster 1 pêché sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. Nous pensons que
les Monogènes récoltés à la Nouvelle-Amsterdam sur Latris lineata (Schneider), malgré
la différence de taille des hamuli antérieurs, correspondent à cette espèce.
1. Dénomination utilisée par Robinson pour Latris lineata (Schneider) mais à tort car elle ne figure
que dans un manuscrit de Forster.
430 , 2
220
MONIQUE LAMBERT ET LOUIS EUZET
Allomegalocotyla johnstoni (Robinson, 1961) Yamaguti, 1963
Capsalidae Baird, 1853. Trochopodinae Price, 1936
Hôte : Latris lineala (Schneider, 1801).
Habitat : branchies.
Localité : Nouvelle-Amsterdam.
Matériel étudié : 30 individus colorés et montés in toto, 3 débités en coupes sériées sagittales,
3 débités en coupes sériées transversales.
Comme pour l’espèce précédente, nos exemplaires sont, par suite du mode de fixa¬
tion, un peu plus petits (1,10 à 1,75 mm pour 2,06 à 2,88 de longueur et 0,5 à 1,1 mm au
lieu de 0,86 à 1,06 de largeur). Ces parasites correspondent à la description de Robinson,
en particulier le hapteur est replié selon une ligne transversale qui passe au niveau des
sclérites accessoires.
L’attachement de ces parasites sur le bord des filaments branchiaux de Latris lineata
est identique à celui décrit par Kearn (1971) pour Trochopus pini Van Beneden et
Hesse, 1864, sur les branchies de Trigla lucerna L., 1758 1 .
Le hapteur circulaire, bordé par une mince membrane marginale, est divisé en sept
logettes inégales par sept septes musculaires radiaires.
Sur un hapteur étalé, on distingue ainsi (fig. 5) : 2 septes postérieurs, dans lesquels
sont alignés les grands crochets (hamuli antérieur, hamuli postérieur et sclérite acces¬
soire) ; 2 septes médio-antérieurs très faibles sauf dans leur partie distale qui atteint le
bord du disque ; 3 septes antérieurs bien marqués, 2 latéraux symétriques et 1 sagittal
impair.
Il n’y a pas de logette centrale nette, les sept périphériques sont disposées de la manière
suivante : 1 logette postérieure, très allongée, entre les deux septes postérieurs ; 2 logettes
postéro-latérales, les plus grandes, entre le septe postérieur et le médio-antérieur ; 2 logettes
antéro-latérales entre les septes médio-antérieur et antéro-latéral ; 2 logettes antérieures,
de part et d’autre du septe antéro-sagittal.
Nous avons compté quatorze crochetons qui sont disposés symétriquement par rap¬
port au plan médio-longitudinal, à la limite du hapteur et de la membrane marginale.
De chaque côté, on peut observer (fig. 5) : le crocheton 1, sur le bord de la logette pos¬
térieure ; les crochetons 2, 3, 4, 5 à égale distance l’un de l’autre, sur le bord de la grande
logette postéro-latérale ; le crocheton 6 à l’extrémité du septe médio-antérieur ; le croche-
ton 7 au milieu de la logette antérieure.
La taille des crochets (fig. 6, 7, 8) est très voisine de celle donnée par Robinson, mais
les hamuli postérieurs (fig. 6) paraissent avoir une base plus élargie et la pointe des sclé¬
rites accessoires (fig. 8) est nettement recourbée.
Nous n’avons pas noté de différences essentielles dans l’anatomie.
1. D’après Blanc et Hubeau (1973) dans le CLOFNAM, Trigla hirundo Bloch, 1785, est synonyme
de Trigla lucerna L., 1758.
MONOGÈNES PARASITES DE POISSONS
221
Fig. 5-8. — Allomegalocotyla johnstoni (Robinson, 1961) Yamaguti, 1963.
5 : Hapteur. L.p., logette postérieure ; L.p.l., logette postéro-latérale ; L.a.l., logette antéro-latérale ; L.a.,
logette antérieure ; S.p., septe postérieur ; S.m.a., septe médio-antérieur ; S.a.l., septe antéro-latéral ;
S.a., septe antérieur ; I à VII, crochetons marginaux. — 6 : Hamuli postérieur. — 7 : Hamuli antérieur.
— 8 : Sclérite accessoire.
Allomegalocotyla johnstoni a été décrit par Robinson d’après des exemplaires récoltés
chez Latris lineata Forster 1 , pêché sur les côtes de la Nouvelle-Zélande.
Discussion
Les deux Monogènes parasites de Latris ont été originellement placés par Robinson
dans le genre Megalocotyle Folda, 1928. Yamaguti (1963) les a considérés comme les types
de deux genres nouveaux, Pseudomegalocotyla et Allomegalocotyla. Cette distinction nous
paraît logique, mais la systématique des Trochopodinae reste cependant assez confuse.
D’après les travaux parus depuis 1963, il semble que l’on peut, dans cette sous-famille,
distinguer d’après la position de l’ouverture vaginale, deux groupes. Un groupe où le vagin
s’ouvre latéralement, à côté du pore génital et un groupe où l’ouverture du vagin, médiane
ou submédiane, est éloignée du pore génital.
1. Voir note p. 219.
222
MONIQUE LAMBERT ET LOUIS EUZET
On peut aussi séparer les genres d’après la structure du hapteur, comme l’a proposé
Bychowsky en 1957, c’est-à-dire distinguer les genres où le hapteur a un nombre impair
de septes musculaires et ceux à nombre pair.
De telle sorte que chez les Trochopodinae il est possible de regrouper les genres connus
de la manière suivante :
1. Vagin latéral
a — Septes en nombre pair
Trochopus Diesing, 1850
Trochopella Euzet et Trilles, 1962
b — Septes en nombre impair
Megalocotyla Folda, 1928
Macrophyllida Johnston, 1929
Sprostonia Bychowsky, 1957
Megalocotyloides Bychowsky et Nagibina, 1967
Allosprostonia Lawler et Hargis, 1968
SprostoniÆa Bychowsky et Nagibina, 1967
Trilobiodiscus Bychowsky et Nagibina, 1967
2. Vagin médian
Pseudobenedenia Johnston, 1931
Allomegalocotyla Yamaguti, 1963
Pseudomegalocotyla Yamaguti, 1963
Mediaoagina Lawler et Hargis, 1968
Sessilorbis Mamaev, 1970
Nous nous proposons d’étudier plus en détail ces distinctions dans un travail ulté¬
rieur.
POLYOPISTHOCOTYLEA
Allocotylophora polyprionum Dillon et Hargis, 1965
Discocotylidae Price, 1936. Allocotylophorinae Dillon et Hargis, 1965
Hôte : Polyprion americanus (Schneider, 1801).
Habitat : branchies.
Localité : Nouvelle-Amsterdam.
Matériel étudié : 4 individus colorés et montés in toto, 1 individu débité en coupes sériées sagit¬
tales, 1 individu débité en coupes sériées transversales.
Les quatre individus examinés sont beaucoup plus petits que ceux qui ont servi à
la description originale, mais cela résulte peut-être, ici aussi, du mode de fixation. Nos
exemplaires mesurent, en effet, en moyenne 2,3 mm au lieu de 5,6 mm.
Mais la morphologie est identique avec le même déplacement longitudinal dans le
hapteur des pinces droites et gauches. Ces pinces ont la même taille que celles du type
MONOGENES PARASITES DE POISSONS
223
et les sclérites ont une morphologie semblable, en particulier les sclérites marginaux posté¬
rieurs (PI et Ps) sont subdivisés (fig. 9).
Sur les coupes transversales, le corps apparaît très bombé dorsalement et aplati ven-
tralement. Sur cette face, la musculature longitudinale sous-épidermique est doublée vers
l’intérieur par une nappe plus épaisse de fibres longitudinales. Cette couche est certainement
à l’origine de l’aplatissement ventral (fig. 10).
Fig. 9-10. — Allocotylophora polyprionum Dillon et Hargis, 1965.
9 : Pince, vue dorsale. — 10 : Coupe transversale. M.l.v., musculature longitudinale ventrale ; Vt., vitello-
gènes ; Int., intestin ; T, testicule ; Vg. vagin ; Ut., Utérus ; Cd., canal déférent.
Tous nos exemplaires ont l’utérus très dilaté par l’accumulation de nombreux œufs
(25 à 100). Ces œufs ovoïdes (185 pm de longueur — 75 pm de diamètre) ont un très long
filament polaire postérieur. Ils paraissent dans l’ensemble plus longs et plus étroits que
les œufs mesurés par Dillon et Hargis qui signalent 177 pm de longueur et 92 pm de
largeur.
L’étude des coupes sériées a prouvé que les deux vagins sont situés ventralement
de part et d’autre de l’ouverture génitale médiane. Les conduits vaginaux ne se rejoignent
224
MONIQUE LAMBERT ET LOUIS EUZET
pas sur le plan médian comme l’ont figuré Dillon et IIargis, mais descendent latérale¬
ment, parallèles à l’utérus (fig. 10), jusqu’au niveau de l’ovaire où ils se jettent dans les
vitelloductes.
Ce parasite détermine une nette réaction du tissu branchial du Poisson-hôte. On dis¬
tingue, en effet, sur les filaments branchiaux, l’empreinte des pinces entourée par un bour¬
relet réactionnel.
Nous assimilons les Monogènes récoltés à la Nouvelle-Amsterdam sur Polyprion ame-
ricanus à Allocotylophora polyprionum, trouvé sur Polyprionum (= Polyprion) oxygenios
en Nouvelle-Zélande.
Microcotyle sp.
Microcotylidae Taschenberg, 1879
Hôte : Booichthys veneris Sauvage, 1879.
Habitat : branchies.
Localité : Nouvelle-Amsterdam.
Matériel étudié : 3 individus dont 1 juvénile, colorés et montés in toto, 1 individu débité en
coupes sériées longitudinales.
Ces parasites, très contractés, sont très voisins de Microcotyle brevis Dillon et Hargis,
1965, espèce trouvée sur un Blenniidae de Nouvelle-Zélande, Forsterygion varium (Schneider).
Nous avons compté dix-sept paires de pinces chez les trois individus adultes et onze
paires seulement chez le juvénile. Dillon et IIargis avaient compté trente paires chez
M. brevis.
Le nombre de testicules paraît plus élevé (6-8). Chez l’espèce de Nouvelle-Zélande,
Dillon et Hargis en signalent, en effet, un très petit nombre (2 ou 3).
L’atrium génital est armé de nombreuses petites épines coniques, disposées comme
chez Microcotyle donavini Van Beneden et Hesse, 1863.
L’anatomie du type Microcotyle, sans particularités, nous a paru semblable.
Ce Monogène est le premier Microcotyle signalé chez Bovichthys. Le matériel à notre
disposition est insuffisant pour savoir s’il représente une espèce nouvelle. Nous espérons
que de nouvelles récoltes permettront, en apportant des précisions morphologiques et
anatomiques, de décider de la position systématique de ce Microcotylidae.
CONCLUSION
Parmi les Monogènes de Poissons récoltés à la Nouvelle-Amsterdam, nous avons déter¬
miné trois espèces déjà connues sur les côtes de la Nouvelle-Zélande : Pseudomegalocotyla
latridis (Bobinson, 1961), Allomegalocotyla johnstoni (Robinson, 1961) et Allocotylophora
polyprionum Dillon et Hargis, 1965.
MONOGENES PARASITES DE POISSONS
225
Ce dernier, signalé en Nouvelle-Zélande chez Polyprionum oxygenios, a été trouvé à la
Nouvelle-Amsterdam chez Polyprion americcmus.
La question de la spécificité parasitaire est donc posée. Mais les données sur le para¬
sitisme des Poissons de ces régions sont trop succinctes et les lieux de récolte trop éloignés
pour que nous puissions nous prononcer.
Un quatrième Monogène, parasite de Bovichthys veneris , qui n’est représenté que par
quatre individus, appartient au genre Microcotyle. Nous l’avons comparé à Microcotyle
brevis Dillon et Hargis, 1965, parasite d’un Blenniidae, mais il semble que nous ayons affaire
à des espèces différentes. Le peu de matériel ne nous permet pas cependant de la consi¬
dérer comme une espèce nouvelle.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Blanc, M., 1961. — Les Poissons des terres australes et antarctiques françaises. Mém. Inst, scient.
Madagascar, sér. F, 4 : 109-159.
Bychowsky, B. E., 1957. — Monogenetic Trematodes. Their systematics and phylogeny. Akad.
Nauk. SSSR. Trans. by W. J. Hargis Jr, Am. Inst. biol. Sci., Washington, DC, 1961, 627 p.
Dillon, W. A., et W. J. Hargis, 1965. — Monogenetic Trematodes from the Southern Pacific
Océan. 1. Monopisthocotyleids from New Zealand fishes. Biol. Antarctic Seas, II,'Antarctic
Research ser., 5 : 229-249.
— 1965. -—- Monogenetic Trematodes from the Southern Pacific Océan. 2. Polyopisthoco-
tyleids from New Zealand fishes : the families Discocotylidae, Microcotylidae, Axinidae
and Gastrocotylidae. Biol. Antarctic Seas, II, Antarctic Research ser., 5 : 251-280.
Hureau, J. C., et Th. Monod, 1973. — CLOFNAM I. Catalogue des Poissons de l’Atlantique
du Nord-Est et de la Méditerranée. UNESCO. Presses Universitaires de France, Vendôme,
683 p.
Kearn, G. C., 1971. — The attachment site, invasion route and larval development of Trochopus
pini, a monogenean from the gills of Trigla hirundo. Parasitology, 63 : 513-525.
Robinson, E. S., 1961. —- Some Monogenetic Trematodes from marine fishes of the Pacific. Trans.
Am. microsc. Soc., 80 (3) : 235-266.
Yamaguti, S., 1963. — Systema helminthum. IV. Monogenea and Aspidocotylea. Interscience
Pb., New-York, 699 p.
Manuscrit déposé le 13 avril 1976.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 430, janv.-févr. 1977,
Zoologie 300 : 217-225.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1977.
IMPRIMERIE NATIONALE
7 564 001 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Batjchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.