BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
326
N* 469 JUILLET-AOUT 1977
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Halle.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, parait depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1977
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Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F.
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Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
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Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 469, juillet-août 1977, Zoologie 326
SOMMAIRE
M.-C. Durette-Desset et R. Magalhâes Pinto. — Nouvelles données morpholo¬
giques sur les Nématodes Trichostrongyloides des collections de l’Institut
Oswaldo Cruz. 755
A. G. Ciiabaud et R. Tcheprakoff. — Sur Chapiniella diazi n. sp., Strongylide
parasite de Testudo denticulata au Vénézuela. 765
J.-C. Quentin. — Cyclobulura lainsoni n. gen. n. sp., Nématode Sùbulure parasite
d’un Xénarthre d’Amérique du Sud. 771
469, t
Nouvelles données morphologiques
sur des Nématodes Trichostrongyloides
des collections de l’Institut Oswaldo Cruz
par Marie-Claude Durette-Desset et R. Magaliiàes Pinto *
Résumé. — Le synlophe de neuf espèces connues de Trichostrongyloidea parasites de Verté¬
brés néotropicaux est décrit. Ces espèces peuvent être réparties en trois groupes selon leur synlophe :
1. Synlophe avec pointe des arêtes orientée du ventre vers le dos : Anoplosirongylus paradoxus
(Travassos, 1920), parasite de Chauve-souris ; Caenostrongylus magnificus Mendonça, 1960, parasite
de Myrmecophaga tridactyla ; Paragraphidium pseudosexradiatum Freitas et Mendonça, 1959,
parasite de Myrmecophaga tridactyla. Ce synlophe est typique de la lignée parasite de Xénarthres.
Sa présence chez un parasite de Chauve-souris américaine est signalée pour la première fois. —
2. Synlophe avec pointe des arêtes orientée de la ligne ventrale-droite vers la ligne dorsale-gauche :
Trichotravassosia travassosi Lent et Freitas, 1938, parasite de Kannabateomys amblyonyx. Cette
espèce appartient à la lignée des Pudicinae. Chez les Caviomorphes, cette lignée n’est connue jus¬
qu’à présent que chez les Erethizontoidea, Octodontoidea et Dasyproctidés, les autres Caviomor¬
phes étant contaminés par les Viannaiinae. L’espèce ci-dessus, parasite d’un Echimyidé, est un
nouvel exemple de cette spécificité parasitaire. — 3. Synlophe avec pointe des arêtes orientée de
la droite vers la gauche : Ornithonema mensoris Travassos, 1935, parasite de Leptoptila reichen-
bachi, Ornithostrongylus fariai Travassos, 1914, parasite de Leptoptila rufaxilla, Parallintoshius
parallintoshius Araujo, 1940, parasite de Myotis nigricans. L’orientation des arêtes droite-gauche
paraît caractéristique des Trichostrongyloides d’Oiseaux. Sa présence chez une Chauve-souris
américaine est particulièrement intéressante.
Heligmoskrjabinia skrjabini est rattaché de façon hypothétique à la lignée des Viannaiinae,
ses fortes arêtes ventrales étant interprétées comme des comarêtes.
Sumàrio. — Novos dados morfolôgicos dentre os Nematôdeos Trichostrongylideos da Coleçcio
Helmintologica do Instituto Oswaldo Cruz.
No présente trabalho, é descrita a combinaçâo das estruturas cuticulares da superficie do corpo
de nove espécies conhecidas de Trichostrongyloidea parasitas de Vertebrados neotropicais. Segundo
esse critério, as espécies podem ser divididas em très grupos : 1. Combinaçâo na quai o âpice das ares-
tas orienta-se do ventre ao dorso : Anoplostrongylus paradoxus (Travassos, 1920), parasita de mor-
cego ; Caenostrongylus magnificus Mendonça, 1960, parasita de Myrmecophaga tridactyla ; Paragraphi¬
dium pseudosexradiatum Freitas & Mendonça, 1959, parasita de Myrmecophaga tridactyla. Esta organi-
zaçâo é tipica na linhagem de parasitas de Xenartros. Sua presença num parasita de morcego
americano é assinalada pela primeira vez. — 2. Combinaçâo na quai o âpice das arestas orienta-se
da linha ventral-direita à linha dorsal-esquerda : Trichotravassosia travassosi Lent & Freitas,
1938, parasita de Kannabateomys amblyonyx. Esta espécie pertence à linhagem dos Pudicinae.
Entre os Caviomorfos, os Pudicinae eram referidos até o présente momento apenas entre os Erethi¬
zontoidea, Octodontoidea e Dasyproctideos ; os outros Caviomorfos estavam contaminados pelos
Viannaiinae. A espécie acima referida, parasita de um Echimyideo constitui um novo exemplo
de especifidade parasitâria. — 3. Combinaçâo na quai o âpice das arestas orienta-se da direita para
esquerda : Ornithonema mensoris Travassos, 1935, parasita de Leptoptila reichenbachi, Ornithostron-
* M.-C. Durette-Desset, Laboratoire de Zoologie (Vers), associé au CNRS, Muséum national d'His-
toire naturelle, 43, rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
R. Magalhâes-Pinto, Laboratoire d’Helminthologie, Institut Oswaldo Cruz, Rio de Janeiro, Brésil.
756
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET R. MAGALHAES PINTO
gylus fariai Travassos, 1914, parasita de Leptoptila rufaxilla, Parallintoshius parallintoshius Araujo,
1940, parasita de Myotis nigricans. A orientaçâo no sentido direita-esquerda das arestas parece
caracteristica dos Triehostrongylideos de Aves. Sua presença num parasita de morcego americano
é particularmente intéressante.
Heligmoskrjabinia skrjabim é incluida hipotéticamente na linhagem dos Viannaiinae, suas
fortes arestas ventrais sendo interpretadas como cristas altamente especializadas, résultantes da
fusâo de diversas arestas.
L’importance considérable du synlophe dans la systématique des Trichostrongyloidea
n’a été démontrée qu’au cours des récentes années et il est intéressant de l’étudier chez les
espèces déjà décrites, en particulier les espèces-types.
Grâce à l’amabilité de M me Kohn-Hoineff, nous décrivons dans cette note le syn¬
lophe d’espèces déposées dans les collections de l’Institut Oswaldo Cruz.
Nous y ajoutons, parfois, des compléments morphologiques sur les femelles.
L’obligation de ne pas endommager le matériel-type et le mauvais état de conservation
de certains spécimens ne nous ont pas toujours permis de donner une description très détaillée
du synlophe, ou de situer le niveau auquel la coupe de corps a été effectuée.
Anoplostrongylus paradoxus (Travassos, 1920)
Hôte : Chauve-Souris.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Manguinhos, Rio, Brésil.
Matériel : 1 1 $ n° 12363, récoltés et déterminés par Travassos en 1942.
Synlophe : Dans les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par des crêtes
cuticulaires au nombre de 19 dans la partie moyenne du corps (10 dorsales et 9 ventrales).
La pointe des crêtes est dirigée du ventre vers le dos (fig. 1). Chez le mâle, dans la partie
antérieure du corps les crêtes latérales s’élargissent pour former 2 ailes (fig. 1, A). Chez
la femelle, ces 2 crêtes, bien que plus développées que les autres arêtes, sont nettement plus
petites que les crêtes correspondantes du mâle (fig. 1, C).
Conclusion : L’orientation de la pointe des crêtes du ventre vers le dos est caractéris¬
tique des Trichostrongyloidea qui parasitent les Xénarthres. Il est donc intéressant de retrou¬
ver ce synlophe chez une Chauve-Souris d’Amérique du Sud.
Caenostrongylus magnificus Mendonça, 1960
Hôte : Myrmecophaga tridactyla.
Localisation : estomac.
Origine géographique : Balsamo, Mato Grosso, Brésil.
Matériel : 2 Ç n° 28142, paratypes, récoltées en 1948 et déterminées en 1960 par Mendonça.
DONNÉES MORPHOLOGIQUES SUR DES NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDES 757
Nous ajoutons à la description du synlophe quelques figures et précisions sur le matériel dont
nous disposons (femelles) car la description originale n’est pas illustrée.
d
v.
Fig. 1. — Anoploslrongylus paradoxus (Travassos, 1920). tf, A, B, coupe transversale du corps successive¬
ment dans la partie antérieure et moyenne ; Ç, C, D, id.
Corps enroulé de façon senestre mais très lâchement le long de sa ligne dorsale. Le pore
excréteur s’ouvre donc à l’extérieur de la spire. Chez une femelle longue de 10,5 mm et large
de 55 p dans sa partie moyenne, la vésicule céphalique est haute de 80 p sur 40 p de large.
Anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 250 p et à 350 p de l’apex. Sinus
excréteur long de 70 p. Glandes excrétrices très développées. Deirides non vues. Œsophage
long de 675 p (fig. 2, A).
Didelphie. Vulve située à 3,5 mm de l’extrémité caudale. Vagina verci : 24 p. Branche
génitale antérieure : vestibule : 100 p ; sphincter : 50 p ; trompe : 75 p ; utérus : 1,450 mm.
Branche génitale postérieure : vestibule : 95 p ; sphincter : 50 p ; trompe : 60 p ; utérus :
469, 2
758
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET R. MAGALHAES PINTO
1,150 mm. La branche utérine antérieure contient 29 œufs, la postérieure : 25. Les œufs,
hauts de 55 p sur 35 de large au stade morula, sont disposés sur une seule file. Les ovi-
ductes sont bien différenciés (fig. 2, B).
Queue pointue, apparemment sans pointe, longue de 160 p (fig. 2, C).
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par 17 crêtes cuticulaires dont
8 ventrales, 2 latérales et 7 dorsales. Les crêtes latérales sont plus développées que les autres.
La pointe des crêtes est dirigée du ventre vers le dos. Les crêtes sont disposées symétrique¬
ment par rapport à Taxe sagittal (fig. 2, D).
Fig. 2. — A-D : Caenoslrongylus magnifiais Mendonça, 1960. $, A, extrémité antérieure, vue latérale droite;
B, région des ovéjecteurs, vue latérale gauche ; C, extrémité postérieure, vue latérale droite ; D, coupe
transversale au milieu du corps. E : Heligrnoskrjabinia skrjabini Freitas et Lent, 1937. tf, id. F : Urni-
thonema mensoris Travassos, 1935, id. G : Ornithostrongylus jariai Travassos, 1914. 9, id.
A, B, C, éch : 100 p ; D à G, éch : 50 p.
DONNÉES MORPHOLOGIQUES SUR DES NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDES
759
Conclusion : Comme il était prévisible, le synlophe de cette espèce est typique de ceux
des Trichostrongyloides de Xénarthres. Il ne présente aucune différence particulière avec
le synlophe des genres Moennigia Travassos, 19356 (semi-monodelphe), Maciela Travassos,
19356 (didelphe) et Graphidiops Lent et Freitas, 1938a (didelphe).
Heligmoskrjabinia skrjabini Freitas et Lent, 1937
Hôte : « Agouti paca » = Cuniculus paca.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Estrella vale, Est do Rio, Brésil.
Matériel : 1 S n° 7834, cotype, récolté par Lent en 1935 et déterminé par Freitas et Lent en
1935.
Synlophe : Corps parcouru longitudinalement par 9 arêtes cuticulaires réparties comme
suit : 5 ventrales, 3 dorsales droites, et 1 dorsale gauche. Les arêtes sont de taille inégale,
les 2 dorsales droites étant les plus développées. La pointe des arêtes est dirigée de la ligne
ventrale-droite vers la ligne dorsale-gauche pour les deux faces (fig. 2, E).
Conclusion : Le synlophe de cette espèce nous paraît difficile à interpréter. Deux hypo¬
thèses peuvent être envisagées :
— la présence d’un gradient de taille des arêtes de droite à gauche sur la face dorsale
et de gauche à droite sur la face ventrale rapproche le genre de Paraheligmonella et nous
considérons Heligmoskrjabinia comme appartenant à la lignée des Pudicinae.
— les fortes arêtes ventrales et dorsales sont interprétées comme des comarêtes. Un
exemple identique se trouve chez Viannella brevispicula (Lent et Freitas, 1936) parasite
du même hôte. On doit également observer que sur la face ventrale, le gradient de taille
n’est pas parfait car il existe 3 fortes arêtes subégales puis 2 petites, également subégales.
L’espèce serait donc rangée dans les Viannaiinae.
Bien que restant hypothétique, nous choisissons cette seconde solution, en notant
également la présence d’une petite arête gauche que l’on retrouve chez certains Viannella
Travassos, 1920, mais jamais dans la lignée des Pudicinae.
Ornithonema mensoris Travassos, 1935a
Hôte : Leptoptila reichenbachi .
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Angra dos Reis, Est do Rio, Brésil.
Matériel : 1 $ n° 3245 récoltée et déterminée par Travassos en 1922.
Synlophe : Chez la femelle, le corps est parcouru longitudinalement par 14 crêtes cuti¬
culaires (7 ventrales, 7 dorsales) de taille subégale. Leur pointe est orientée de la droite
vers la gauche. Il existe une symétrie dorso-ventrale parfaite (nombre, taille, orientation)
par rapport à l’axe frontal (fig. 2, F).
760
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET R. MAGALHÂES PINTO
Conclusion : Le synlophe correspond à celui d'Ornithostrongylus streptopeliae décrit
par Puylaert en 1969 chez une Tourterelle du Togo.
Ornithostrongylus fariai Travassos, 1914a
Hôte : Leptoptila rufaxilla .
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Angra dos Reis, Est do Rio, Brésil.
Matériel : 2 S n° 5363 récoltés et déterminés par Travassos en 1925.
Synlophe : Corps parcouru longitudinalement par 14 crêtes euticulaires, 7 ventrales,
7 dorsales de taille subégale. Leur pointe est orientée de la droite vers la gauche. Il existe
donc une symétrie dorso-ventrale parfaite (nombre, taille, orientation, par rapport à l’axe
frontal) (fig. 2, G).
Conclusion : Nous retrouvons chez l’espèce-type du genre le synlophe connu en Afrique
chez Ornithostrongylus streptopeliae et au Brésil chez l’espèce-type d’ Ornithonema (voir
plus haut).
Paragraphidium pseudosexradiatum Freitas et Mendonça, 1959
Hôte : Myrmecophaga tetradactyla.
Localisation : estomac.
Origine géographique : Mato Grosso, Brésil.
Matériel : 4 Ç n° 28150, paratypes récoltés par Mendonça en 1948, et déterminés par Freitas
et Mendonça en 1959.
Nous complétons la description de la femelle et nous décrivons le synlophe.
Chez une femelle longue de 9 mm et large de 80 p dans sa partie moyenne, la vésicule
céphalique est haute de 80 p sur 40 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides
situés respectivement à 235 p, 300 p et 350 p de l’apex. Sinus excréteur long de 45 p. Glandes
excrétrices bien développées. Œsophage long de 560 p (210 p, œsophage musculaire ; 350 p,
œsophage glandulaire) (fig. 3, A).
Didelphie. Vulve située à 1 mm de l’extrémité caudale. Présence d’une languette
vulvaire sur le côté gauche et d’une petite aile vulvaire sur le côté droit (fig. 3, D). Vagina
vera : 22 p. Branche génitale antérieure : vestibule : 75 p ; sphincter : 40 p ; trompe : 100 p ;
utérus : 1 150 p. Branche génitale postérieure : vestibule : 55 p ; sphincter : 40 p ; trompe :
70 p ; utérus : 850 p. La branche utérine antérieure contient 25 œufs, la postérieure 16.
Les œufs hauts de 55 p sur 35 p de large sont disposés sur une ou deux files (fig. 3, B).
Queue pointue, longue de 75 p (fig. 3, E).
Synlophe : Corps parcouru longitudinalement par 6 crêtes euticulaires : 3 latérales
gauches et 3 latérales droites. Les faces dorsale et ventrale sont dépourvues de crêtes. Les
crêtes sont subégales et leur pointe est dirigée du ventre vers le dos (fig. 3, C).
DONNÉES MORPHOLOGIQUES SUR DES NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDES
761
Fig. 3. — A-E : Paragraphidium pseudosexradiatum Freitas et Mendonça, 1959 : Ç, A, extrémité antérieure,
vue latérale droite ; B, région des ovéjecteurs, vue latérale gauche ; C, coupe transversale au milieu
du corps ; D, région des ovéjecteurs, vue latérale droite ; E, queue. — F : P’arallintoshius parallintoshius
Araujo, 1940. V, coupe transversale au milieu du corps, — G-I : Trichostravassosia travassosi Lent et
Freitas 1938, b, d\ extrémité antérieure, vue latérale gauche ; H, coupe transversale au milieu du corps ;
I, détail des arêtes cuticulaires interrompues. — J : Viannella hydrochoeri (Travassos, 1914, b),
coupe transversale au milieu du corps.
A, B, D, E, G, éch : 100 [i ; C, F, H, I, J : éch : 50 [x.
762
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET R. MAGALHAES PINTO
Conclusion : Ce synlophe a la symétrie et l’orientation ventre-dos des Trichostron-
gyloides de Xénarthres mais c’est la première fois que nous rencontrons dans ce groupe ce
nombre de 6 arêtes, qui paraît placer Paragraphidium entre le groupe Fontesia Travassos,
1928, Delicata Travassos, 19356 et le groupe Caenostrongylus- Graphidiops-Maciela-Moenni-
gici.
Parallintoshius parallintoshius Araujo, 1940
Hôte : Myotis nigricans.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Estancia Cuevas (Villa Hayes) Chaco, Paraguay.
Matériel : 2 $ n° 18563 récoltées en 1944 et déterminées en 1945 par Cient.
Synlophe : Corps parcouru longitudinalement par 15 crêtes cuticulaires dont 7 ventrales,
7 dorsales et 1 petite crête latérale droite. Excepté cette crête dont la pointe est orientée
perpendiculairement à la paroi du corps, la pointe des autres crêtes est dirigée de la droite
vers la gauche avec un axe d’orientation sub-frontal. Les crêtes dorsales sont subégales,
les ventrales droites sont les plus développées (fig. 3, F).
Conclusion : Le synlophe est du type Ornithonema-Ornithostrongylus vu précédemment.
L’un de nous a proposé en collaboration avec Chabaüd, 1975, la mise en synonymie de
Parallintoshius avec Allintoshius . Il s’agit bien de la même lignée caractérisée par l’orien¬
tation de la pointe des arêtes de la droite vers la gauche mais le seul synlophe que nous con¬
naissions chez Allintoshius est celui de la seule espèce connue de l’Ancien Monde. Il faudrait,
pour tenter de rétablir l’individualité des 2 genres, connaître le synlophe de l’espèce-type
A’Allintoshius : A. nycticeius Chitwood, 1937, parasite d’un Chiroptère du Yucatan.
Trichotravassosia travassosi Lent et Freitas, 19386
Hôte : Kannabateomys amblyonyx.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Angra dos Reis, Est do Rio, Rrésil.
Matériel : 1 2 Ç n° 9790 récoltés par Lent en 1937 et déterminés par Lent et Freitas en 1937.
Synlophe : Dans les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 14 arêtes
cuticulaires (7 ventrales, 7 dorsales) dont la pointe est orientée du ventre vers le dos. Seules
les deux arêtes gauches adjacentes au champ dorsal sont orientées du dos vers la gauche.
Les arêtes latérales sont les plus développées. Il existe un gradient de taille latéro-médian
sur les faces dorsale-droite et ventrale-gauche. L’hypoderme de cette dernière face apparaît
fortement chitinisé (fig. 3, H). Comme l’ont noté Lent et Freitas, les arêtes sont inter¬
rompues. Elles sont imbriquées les unes sur les autres, excepté l’arête ventrale qui est formée
de petites bosses espacées régulièrement (fig. 3, G, I). La plupart des arêtes naissent derrière
763
DONNÉES MORPHOLOGIQUES SUR DES NÉMATODES TRICHOSTRONGYLOIDES
la vésicule céphalique, quelques-unes au niveau de l’anneau nerveux. Les arêtes disparais¬
sent au niveau de la vulve chez la femelle à environ 100 p. en avant de la bourse caudale
chez le mâle.
Conclusion : Par sa symétrie et par le gradient de taille des arêtes, le synlophe est com¬
patible avec celui du genre Paraheligmonella Durette-Desset, 1971 (Pudicinae). Il reste
cependant assez original et hyperspécialisé par la présence de 5 grandes arêtes latérales et par
l’épaississement chitinoïde qui renforce celles de gauche. L’un de nous (cf. Durette-Desset,
1971 : 98) a constaté que les Trichostrongyloides de Caviomorphes paraissent se répartir
en deux groupes : Viannaiinae et Pudicinae, et que ces deux groupes ne contaminent pas les
mêmes familles de Caviomorphes. Trichotravassosia appartenant à la lignée des Pudicinae
et étant parasite d’une Eehimyidé, est un exemple supplémentaire de ce phénomène de
spécificité parasitaire.
Viannella hydrochoeri (Travassos, 1914è)
IIôte : Hydrochoerus capibara.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Matto Grosso, Brésil.
Matériel : 1 1 Ç n° 9242 récoltés par Ventel en 1922 et déterminés par Travassos en 1937.
Synlophe : En coupe transversale du corps (le niveau n’a pu être précisé) le synlophe
est constitué par 14 arêtes : 7 ventrales, 6 dorsales et une grande comarête gauche. La pointe
des arêtes est orientée de la droite vers la gauche selon un axe d’orientation frontal. Les arêtes
ventrales sont plus développées que les dorsales (flg. 3, J).
Conclusion : Par l’orientation générale de la pointe des arêtes de la droite vers la gauche,
le synlophe de l’espèce-type correspond à celui des 8 autres Viannella déjà connus (cf.
Durette-Desset, 1968a et b).
Il est un peu regrettable que l’espèce-type s’écarte de toutes les autres espèces du genre
par la présence d’une comarête gauche originale. Celle-ci cependant ne traduit qu’une hyper¬
spécialisation particulière et nous pensons qu’il n’est pas souhaitable de lui attribuer une
valeur supra-spécifique.
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764
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Manuscrit déposé le 15 septembre 1976.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 469, juillet-août 1977,
Zoologie 326 : 755-764.
Achevé d’imprimer le 15 décembre 1977.
Sur Chapiniella diazi n. sp.,
Strongylide parasite de Testudo denticulata au Venezuela
par Alain G. Chabaud et Roselyne Tchephakoff *
Résumé — Description de Chapiniella diazi n. sp., parasite de Testudo denticulata au Vene¬
zuela, qui est la cinquième espèce de Strongle connue chez les Reptiles.
Les caractères morphologiques de ces cinq espèces et le fait qu’elles soient toutes parasites de
la même espèce de Tortue montrent qu’il ne s’agit pas d’espèces reliques, mais d’une capture de
Strongle de Mammifères, suivie de spéciations à l’intérieur de l’hôte, comme on en connaît de nom¬
breux autres exemples.
Les genres Sauricola et Chapiniella sont proches de Pteridopharynx et de Theileriana et ne
doivent pas être isolés dans une sous-famille particulière.
Abstract. - Description of Chapiniella diazi n. sp., parasite of Testudo denticulata in Vene¬
zuela, which is the 5th Strongylid species known from reptiles.
The morphological characteristics of these 5 species, the fact they parasitize only one species
of tortoise indicate that they are not relict species but a « capture » by Reptiles of a Strongylid
from Mammals. Internai spéciations inside the host occur as it is frequently known to happen.
Sauricola and Chapiniella are related to Pteridopharynx and Theileriana and the création of
a spécial subfamily does not appear to be necessary.
Presque tous les Strongylidae connus sont parasites de Mammifères. Nous sommes
donc très reconnaissants à notre collègue et ami, le Dr. Diaz-Ungria, de nous avoir donné
l’occasion d’étudier une espèce parasite de Reptile.
Cette espèce était présente chez quatre sur sept très jeunes Testudo denticulata Linné
(= T. tahulata) provenant de la région de Barquisimeto (Vénézuela) en juillet 1965.
Chapiniella diazi n. sp.
Description
Corps trapu, recouvert d’une cuticule à stries transversales très espacées (20 p environ).
Le corps, très atténué en avant, se dilate brusquement après l’œsophage. Cet effilement
du corps en avant est partiellement compensé, par une dilatation cuticulaire étendue jusqu’au
niveau de la moitié antérieure de l’œsophage (fig. 1, C). Ailes latérales étroites, ne débutant
qu’en arrière de l’œsophage. Tête portant 4 papilles céphaliques grandes, formées d’un long
pédoncule et d’un bouton terminal. Amphides plus plates.
Bouche triangulaire, presque ronde. Cavité buccale haute de 20 p et large de 23 p.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS , Muséum national d’Histoire naturelle , 43 rue Cuvier,
75231 Paris Cedex 05.
766
ALAIN G. CHABAUD ET ROSELYNE TCHEPRAKOFF
Fig. 1. — Chapiniella diazi n. sp. : A, Ç, tête, vue apicale ; B, id ., vue latérale ; C, Ç, région œsophagienne,
vue latérale ; D, coupe transversale de l’œsophage antérieur ; E, Ç, extrémité postérieure, vue latérale ;
F, cf, extrémité postérieure, vue latérale ; G, id ., vue ventrale ; la bourse ne pouvant être complète¬
ment mise à plat, un dessin de la région antérieure et un dessin de la région postérieure ont été raccordés ;
H, cône génital, vue ventrale.
Sa base est renforcée par un anneau chitinoïde assez mince, haut de 8 p., inséré sur la face
antérieure de l’oesophage. A la base de cet anneau est insérée une coronule formée de 30
languettes. Chaque élément est renforcé à. la base par un petit épaississement qui fait que
certains auteurs décrivent deux coronules. Chaque lobe œsophagien a une petite dent interne,
à la base de la capsule. L’œsophage est grêle, mince, légèrement enflé en arrière. Les angles
CHAPINIELLA DIAZI N. SP., STRONGYLIDE
767
de la lumière œsophagienne (fig. 1, D) sont renforcés par des épaississements chitinoïdes
qui constituent sur la moitié antérieure de l’œsophage des séries de 6 éléments réfringents
régulièrement espacées.
Début de l’intestin fortement enflé et formant des dilatations irrégulières, mais non
des diverticules ou des caeca. Anneau nerveux encerclant la fin de l’œsophage. Pore excré¬
teur et deirides au même niveau. Les deirides sont petites et sétiformes.
Male
Corps long de 4,0 mm, large de 175 p.. Œsophage long de 300 p. Anneau nerveux, pore
excréteur et deirides respectivement à 265 p, 280 p et 290 p de l’apex.
Bourse large de 350 p et haute de 290 p. Spiculés longs de 1,33 mm, fins, à pointe
simple, avec un léger crochet. Gubernaculum petit et très peu chitinoïde. Bourse caudale
figurée en F et G, et cône génital en H.
Femelle
Corps long de 6,15 mm, large de 330 p. Œsophage long de 335 p. Pore excréteur, deirides
et anneau nerveux respectivement à 260 p, 265 p et 270 p de l’apex.
Queue pointue, longue de 80 p.
Corps très dilaté aussitôt après l’anus, si bien que la vulve, qui s’ouvre à 10 p en avant
de l’anus, semble lui faire face, au fond d’un cratère terminal. Un cément de copulation
couvre, chez nos spécimens, la région antérieure de la vulve et forme vers l’arrière une pseudo¬
pointe caudale, plus importante que la véritable queue (fig. 1, E).
Ovéjecteur impair, avec vestibule long de 80 p, sphincter de 40 p et trompe de 140 p.
Œufs longs de 68 p et larges de 38 p. Tube génital impair long d’environ 350 p ; l’utérus se
scinde en 2 branches qui restent d’un diamètre très étroit par rapport à la largeur du corps.
Discussion
Quatre espèces de Strongylidae ont été décrites chez les Reptiles : Sauricola, sauricola
Chapin, 1924, Deletrocephalus variabilis Chapin, 1924, Echinopharynx echinopharynx Thapar,
1925, et Chapiniella larensis Diaz-Ungria et Gallardo, 1968.
En 1926 Yorke et Maplestone ont supposé que l’ Echinopharynx de Tiiapar était
très proche ou identique au Sauricola de Chapin, et ont, en reproduisant les figures de
Chapin, donné plus de confiance au texte de Thapar. Le genre Sauricola se trouve donc
caractérisé par des épines œsophagiennes et des diverticules intestinaux effectivement
décrits par Thapar, mais qui n’existent pas chez l’espèce-type vue par Chapin. Ces erreurs
sont reproduites dans tous les traités : Popova (1958), Yamaguti (1961), Chabaud (1965).
Quant à la troisième espèce, qui ne peut, en effet, être conservée dans le genre Deletroce¬
phalus, elle est placée dans le genre Theileriana Mônnig, 1924, parasite de Damans, par
Yorke et Maplestone, puis dans un genre particulier, Chapiniella, par Yamaguti, 1961.
768
ALAIN G. CHABAUD ET ROSELYNE TCHEPRAKOFF
Pour caractériser son nouveau genre, Yamaguti le place dans une nouvelle sous-famille,
les Sauricolinae, et ne fait la diagnose qu’avec Sauricola. Malheureusement, les caractères
donnés pour définir la nouvelle sous-famille (p. 373) sont faux : nous avons vérifié que les
stries transversales de la cuticule ne sont pas plus espacées chez notre espèce que chez un
Theileriana, et les diverticules intestinaux n’existent chez aucune des espèces parasites
de Reptiles, sauf celle de Thapar.
La séparation des espèces de Reptiles de celles des Mammifères est donc en réalité
assez difficile. Les cinq espèces ont en commun : la capsule buccale faible et arrondie, la coro-
nule simple formée de 18 à 36 éléments, la côte dorsale allongée, la vulve située près de
l’anus. Elles sont donc proches, soit de Murshidia sous-genre Pteridopharynx (Lane, 1921)
sensu Chabaud, 1957 (parasite d’Éléphants et de Rhinocéros), soit de Theileriana Mônnig,
1924 (parasite de Damans).
Les espèces de la Tortue se distinguent de Pteridopharynx par une pointe caudale
femelle très réduite, et de Theileriana par la bourse caudale du mâle, triangulaire arrondie
chez les parasites de Tortues, avec deux grands lobes latéraux et un petit lobe dorsal chez
les parasites de Damans.
L’interprétation théorique de ces espèces semble facile : les caractères morphologiques
relativement évolués et le fait que les cinq espèces soient parasites d’une même espèce de
Tortue 1 montrent qu’il s’agit d’une capture d’Œsophagostomatinae de Mammifères par
un Reptile, suivie de spéciations en multiples formes congénères chez un même hôte, comme
on en connaît beaucoup d’exemples chez les Oxyures de Tortues herbivores, ou chez les
Strongles de Mammifères anciens.
Il ne s’agit donc pas d’espèces reliques, mais d’espèces proches de celles des Mammifères.
L’isolement dans une sous-famille particulière est donc à rejeter, et, théoriquement, il
serait logique de grouper les cinq espèces dans le seul genre Sauricola. Cependant, la diver¬
sité morphologique est si grande qu’il paraît plus commode de conserver le genre Chapi-
niella.
L’espèce décrite plus haut constitue une troisième espèce, proche de Chapiniella varia-
bilis et de C. larensis. Elle s’en distingue par l’aspect effilé du corps en avant et le nombre
d’éléments de la coronule. Nous la désignons sous le nom de Chapiniella diazi n. sp.
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1. Testudo tabulata est synonyme de T. denticulata Linné. Cf. Wermuth et Mertf.ns, 1961.
CHAPINIELLA DIAZI N. SP., STRONGYLIDE
769
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Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 469, juillet-août 1977,
Zoologie 326 : 765-769.
Achevé d’imprimer le 15 décembre 1977.
Cyclobulura lainsoni n. gen. n. sp.,
Nématode Subulure parasite d’un Xénarthre
d’Amérique du Sud
par Jean-Claude Quentin *
Résumé. — Description d’un nouveau Subuluridae Cyclobulura lainsoni n. gen. n. sp., parasite
d’un Xénarthre Cyclopes didaclylus L. d’Amérique du Sud.
Cette espèce est interprétée comme une forme primitive dont les structures céphaliques peu
développées, mais essentiellement cuticulaires paraissent faire transition entre les Allodapinae
parasites d’Oiseaux et les Labiobulurinae parasites de Tupaidés, de Primates primitifs et de Marsu¬
piaux australiens.
Abstract. — Description of a new Subuluridae Cyclobulura lainsoni n. gen. n. sp., parasite
of a Xenarthre Cyclopes didactylus L. from South-America.
This species is considered a primitive form with poorly developed cephalic cuticular struc¬
ture, making a transition between the Allodapinae parasites of birds and the Labiobulurinae
parasites of Tupaidae, primitive primates and Australian marsupials.
Grâce à l’obligeance du Dr. Lainson, nos collègues et amies O. Bain et M. C. Durette-
Desset ont pu récolter des Helminthes parasites de Vertébrés à la station biologique de
Belem en novembre 1971.
Un nouveau Trichostrongyloidea, Graphidiops cyclopi, recueilli par leurs soins chez le
Cyclopes didactylus L. a été décrit par Diaw, en 1976. Nous complétons l’étude des Néma¬
todes du Cyclopes par la description de son Subulure. Le matériel étudié consiste en un mâle
et une femelle types et trois paratypes déposés au MNHN sous le numéro 156 RL.
Cyclobulura lainsoni n. gen. n. sp.
Description
Subulure dont les structures buccales et pharyngiennes identiques dans les deux sexes
sont étroites et n’occupent qu’une faible partie de l’extrémité céphalique (fig. 1, E). La bouche,
petite, a un contour ovale plus resserré sur la face ventrale. Elle est entourée par 6 papilles
labiales internes (fig. 1, B). Les papilles labiales externes sont accolées aux céphaliques, mais
leurs terminaisons demeurent distinctes. La bouche s’ouvre sur une capsule buccale épaisse
de section triangulaire (fig. 1, C). Cette capsule constitue la première partie du vestibule
* Laboratoire de Zoologie (Vers), associé au CNKS, Muséum national d'Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris Cedex 05 et Laboratoire de Biologie, Faculté des Sciences et Techniques, S fax [Tunisie).
Fig. 1. — Cyclobulura lainsoni n. gen. n. sp., structures céphaliques et œsophagiennes : A, tête en vue
apicale ; B, détail de l’ouverture buccale ; C, coupe optique de la capsule buccale ; D, coupe optique
du vestibule buccal au niveau des lobes chordaux ; E, vue dorsale de l’extrémité céphalique montrant
le faible développement du vestibule buccal par rapport à l’ensemble de la tête ; F, détail du vesti¬
bule buccal montrant les deux parties superposées ; G, légende des differentes structures buccale et pha¬
ryngiennes ; H, détail de ces structures en vue ventrale ; I, œsophage.
 : éch. 100 p. ; B, C, D, G : éch. 25 p ; E : éch. 150 p ; F, H : éch. 50 p ; I : éch. 500 p.
CYCLOBULURA LAINSONI N. GEN. N. SP.
773
buccal (fig. 1, F, G, H). Les parois cuticulaires de la cavité pharyngienne sont constituées
par les lobes pharyngiens périphériques. Les lobes chordaux sont arrondis, peu développés,
et amorcent une torsion en hélice sans cependant se recouvrir (lig. 1, D) ; les lobes radiaux
situés à la base des lobes chordaux sont à peine prononcés.
Les ailes cuticulaires sont absentes.
Male
Corps long de 3 cm, large de 500 p dans sa partie moyenne. Anneau nerveux et pore
excréteur situés respectivement à 570 et 930 p de l’apex. Profondeur du vestibule buccal
44-47 p, largeur 33 p. Longueur totale de l’œsophage 2 150 p. Dimensions du bulbe 280 X
360 p.
Bourse caudale représentée figure 2, A, C. La ventouse précloaeale (fig. 2, B) est peu
marquée, soulignée par de fins replis cuticulaires perpendiculaires aux stries transversales
de la cuticule.
Phasmides situées entre la 8 e et la 9 e paire de papilles cloacales. Spiculés égaux longs
de 2 330 p (exemplaire type) à 2 400 p (exemplaires paratypes), renforcés à leur extrémité
proximale (fig. 2, D), ailés et pointus à leur extrémité distale (fig. 2, E). Gubernaculum
long de 205 p, large de 80 p (exemplaire type), pouvant atteindre 225 p. Longueur de la
queue 250 p ; longueur de la pointe caudale 53 p.
Femelle
Ses dimensions sont voisines de celles du mâle. Corps long de 2,8 cm, large de 450 p
dans sa partie moyenne. Écart des pores amphidiaux 140 p. Anneau nerveux et pore excré¬
teur situés respectivement à 500 p et 900 p de l’apex. Profondeur du vestibule buccal 42 p ;
largeur 32 p ; longueur totale de l’œsophage 1 900 p. Dimensions du bulbe 250 X 300 p.
Vulve située à. 1 cm de l’apex. Ovéjecteur (fig. 2, H) simple, long de 400 p. Dimensions
des œufs embryonnés dans l’utérus 95-100 p X 80-85 p. Longueur de la queue 700 p.
Discussion
Deux lignées évolutives ont clairement été mises en évidence chez les Nématodes Subu-
luridae par Inglis, 1958-1960 :
— Une lignée où les structures pharyngiennes sont essentiellement musculaires et
subissent une torsion hélicoïdale de plus en plus prononcée. Cette évolution s’observe à
partir des genres Allodapa et Aulonocephalus dans les genres Parasubulura, Leipoanema,
Subulura, Oxynema et Primasubulura.
— Une lignée où les structures pharyngiennes deviennent essentiellement cuticulaires
et où les lobes chordaux et radiaux sont faiblement tordus en hélice. Cette évolution s’observe
dans les genres Labiobulura et Tarsubulura.
En nous fondant sur ces données, deux éléments paraissent essentiels pour interpréter
les structures céphaliques du Subulure du Cyclopes :
2. — Cyclobulura lainsoni n. gen. n. sp., structures génitales : A, bourse caudale, vue ventrale ; B, détail
de la ventouse précloacale ; C, détail de la disposition des papilles péri et post cloacales ; D et E, extré¬
mités proximales et distales des spiculés ; F et G, gubernaculum représenté en vues ventrale et latérale ;
H, ovéjecteur.
A : éch. 500 p ; B, C, D, E, F, G : éch. 100 p ; H : éch. 200 p.
CYCLOBULURA LAINSONI N. GEN. N. SP.
775
— En premier lieu, les cavités buccales et pharyngiennes du Subulure du Cyclopes
sont étroites, peu développées et semblent plus correspondre aux structures céphaliques
d’un quatrième stade larvaire qu’à celles d’un adulte de Subuluridae. Les lobes chordaux
sont en effet faiblement tordus et comparables à ceux d’une larve de quatrième stade de
Subulura otolicni (cf. Quentin et Tciieprakoff, 1969).
— En second lieu, les lobes périphériques qui constituent la paroi de la cavité pharyn¬
gienne sont essentiellement cuticulaires et non musculaires. Ce caractère rattache les Subu-
lures du Cyclopes à la lignée comprenant les genres Tarsubulura et Labiobulura.
Nos spécimens diffèrent des genres Tarsubulura et Labiobulura par le faible développe¬
ment des structures buccales et pharyngiennes et l’absence de différenciation labiale.
Le Subulure du Cyclopes apparaît donc comme une forme primitive faisant transition
entre les Allodapinae et les genres Tarsubulura et Labiobulura plus différenciés.
Nous pensons qu’il représente le type d’un genre nouveau Cyclobulura n. gen. que nous
proposons de classer aux côtés des genres Tarsubulura Inglis, 1958, et Labiobulura Skrjabin
et Schikhobalova, 1948, dans la sous-famille des Labiobulurinae Quentin, 1969.
La section triangulaire de la capsule buccale et l’absence de lobes labiaux chez
Cyclobulura nécessitent une nouvelle définition de la sous-famille des Labiobulurinae.
Sous-famille des Labiobulurinae Quentin, 1969
Dé finition
Subuluridae ; portions pharyngées lobées essentiellement cuticulaires ; lobes périphériques
radiaux et chordaux indépendants, allongés verticalement, cavité buccale triangulaire, circulaire
ou hexagonale en section transversale ; ouverture buccale simple ou lobée. Mâle : ventouse préclo-
acale allongée sans rebord ni élaboration cuticulaire.
Genre-type : Labiobulura Skrjabin et Schikhobalova, 1948.
Hôtes et distribution : Xénarthres, Tupaiidés, Tarsiidés et Lorisiidés asiatiques, Marsupiaux
australiens.
Trois genres : Cyclobulura, Tarsubulura, Labiobulura.
Genre Cyclobulura n. gen.
Définition : Labiobulurinae, lobes chordaux foliacés, ouverture buccale simple.
Espèce-type : Cyclobulura lamsoni n. sp.
Hôte : Xénarthre.
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Achevé d’imprimer le 15 décembre 1977.
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« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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