BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 38
! Il ! 1111 !
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
MARS-AVRIL 1972
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geofïroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
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Zoologie : France, 200 F ; Etranger, 220 F.
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Sciences de l’Homme : France, 45 F ; Etranger, 50 F.
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 38, mars-avril 1972, Zoologie 32
Sur quelques Fissurellidae (Mollusques, Gastéropodes)
du nord, nord-est du Brésil
(Matériel du Laboratôrio de Ciências do Mar,
ex Instituto Oceanogrâfico, Recife)
par Bernard Métivier *
Résumé. — Cette étude comprend 13 espèces et une variété de Fissurellidae du plateau con¬
tinental du nord nord-est du Brésil. Une espèce du genre Diodora, Diodora mirifica, y est décrite
comme nouvelle ; deux échantillons d’une espèce précédemment décrite, Fissurella emmanuelae
Métivier, y sont mentionnés. Trois espèces et une variété [ Lucapina aegis (Rve.), Lucapina suffusa
(Rve.) var. tobagoensis Farfante, Diodora fluviana (Dali), Puncturella antillana Farfante] y sont
rapportées pour la première fois du Brésil et des précisions y sont données concernant la distribu¬
tion sur les côtes de ce pays de trois espèces [Lucapina suffusa (Rve.), Lucapinella limatula (Rve.),
Emarginula pumila (A. Ad.)].
Abstract. — This study includes 13 species and a variety of Fissurellidae of the north, north-
east brazilian continental shelf. A species of the genus Diodora, Diodora mirifica, is described
as new ; two specimens of an already described species, Fissurella emmanuelae Métivier, are men-
tioned. Three species and a variety [Lucapina aegis (Rve.), Lucapina suffusa (Rve.) var. toba¬
goensis Farfante, Diodora fluviana (Dali), Puncturella antillana Farfante] are reported for the
first time off Brazil and précisé details are given about the distribution on the coasts of this coun-
try for three species [Lucapina suffusa (Rve.), Lucapinella limatula (Rve.), Emarginula pumila
(A. Ad.)].
A la suite de croisières océanographiques réalisées au large des côtes nord, nord-est
du Brésil par le Laboratôrio de Ciências do Mar (ex Instituto Oceanogrâfico) de Recife,
nous avons reçu de cet organisme, par l’intermédiaire de M. Marc Ivempf, un lot de Fis-
surelles draguées, sur le plateau continental de la région prospectée, par les navires océa¬
nographiques <c Almirante Saldanha » et « Akaroa », ou récoltées à l’île Fernando de Noronha
et sur la plage de Recife.
Dans un précédent travail (Métivier, 1969-1970) nous avions étudié les Fissurellidae
recueillies, entre la latitude 4° S et Golfo Nuevo, lors de la campagne de la « Calypso »
au large des côtes de l’Amérique du Sud. On voit donc l’intérêt que présente ce matériel
du Laboratôrio de Ciências do Mar, qui nous apporte un complément d’information pour
le nord du Brésil, région non prospectée par la « Calypso ».
Les lieux de récoltes s’étendent de la latitude de l’équateur à la latitude 18° S.
Ces Fissurelles, qui se composent de 42 échantillons répartis dans 13 espèces, dont
* Muséum national d’Histoire naturelle, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie,
55, rue de Bufjon, 75005 Paris.
38, 1
406
BERNARD METIVIER
une nouvelle et une variété, regroupées dans 7 genres différents, sont conservées dans les
collections du Laboratôrio de Cièncias do Mar ainsi que dans celles du Laboratoire de
Biologie des Invertébrés Marins et de Malacologie du Muséum. L’holotype et un paratype
de l’espèce décrite comme nouvelle sont déposés à Paris, le deuxième paratype à Recife.
Avant d’examiner dans le détail les différentes espèces, nous tenons à exprimer toute
notre gratitude et nos remerciements au Laboratôrio de Cièncias do Mar pour le matériel
qu’il a bien voulu nous confier, ainsi qu’à M. Marc Kempf qui s’est chargé de nous le faire
parvenir et qui assure notre liaison avec cet organisme océanologique.
I. — Genre FISSURELLA Bruguière, 1789
Sous-genre Cremides IL et A. Adams, 1854
1. Fissurella rosea (Gmelin, 1791)
Patelin rosea Gmelin, 1791 : 3730.
Fissurella ( Cremides ) rosea Gmel., Bios, 1966 : 16.
Fissurella rosea Gmel., Matthews et Rios, 1967a : 67 ; Rios et Olf.iro, 1968 : 9 ; Rios, 1970 :
20, pl. 2 ; Métivier, 1969-1970 : 117, fig. 1 E.
De cette espèce, ont été récoltés deux échantillons à Fernando de Noronha et deux
autres à Recife (Piedade, plage devant le laboratoire).
2. Fissurella clenchi Farfante, 1943
Fissurella clenchi Farfante, 1943a : 11, pl. 3, fig. 8-11 ; Rios, 1970 : 20, pl. 2 ; Métivier, 1969-
1970 : 119, fig. 1 C.
Des îles Abrolhos, un seul échantillon.
3. Fissurella emmanuelae Métivier, 1969-1970
(Pl. I, fig. 11-15 ; pl. II, fig. 1-5)
Fissurella n. sp., Rios, 1970 : 20.
Fissurella emmanuelae Métivier, 1969-1970 : 119, pl. J, fig. 4-8 et 10.
Nous rapportons à F. emmanuelae, décrite de l’île Fernando de Noronha, haie Sâo
Antonio, deux coquilles récoltées dans cette même île sans autre précision. Leurs dimen-
sions sont
les suivantes (en mm)
longueur
largeur
hauteur
longueur de la fissure
long, fissure/long, coquille
24,3
17,0
8,8
1,8
1/13
23,4
17,0
8,8
2,0
1/12
407
SUR QUELQUES FISSURELLIDAE DU BRESIL
Ces échantillons, d’une taille supérieure à celle de l’holotype et des paratypes, présentent
un contour basal ové et ont un rapport de la longueur de la fissure à celle de la coquille
légèrement inférieur. Nous devons faire remarquer que leur perforation trilobée est bordée
extérieurement, comme chez l’holotype et les paratypes, par une mince ligne rougeâtre,
et que l’un des deux (celui de 23,4 mm de long) n’a pas son cal interne entouré par une
ligne rougeâtre. Nous croyons utile de donner des figures de ces deux spécimens (pl. I,
fîg. 11-15 ; pl. II, fig. 1-5).
II. — Genre LUCAPINA (Gray) Sowerby, 1835
1. Lucapina aegis (Reeve, 1850)
Fissurella aegis Reeve, 1850 : pl. XI, fig. 72 ; Sowerby, 1866 : 201, pl. VIII, fig. 188 ; Pilsbry,
in Tryon, 1890 : 200, pl. 38, fig. 69.
Lucapina aegis Rve., Fabfante, 1943a : 15, pl. 4, fig. 4-6 ; Coomans, 1958 : 51 ; Rios, 1970 : 19.
Cette espèce connue de la Floride aux Bahamas et aux Antilles (Farfante, 1943 :
16) ne semble jamais avoir été citée du Rrésil avant Rios (1970). Elle a été recueillie à l’île
Fernando de Noronha, ce qui étend beaucoup vers le sud sa distribution.
2. Lucapina suffusa (Reeve, 1850)
Fissurella hondurasensis Reeve, 1850 : pl. X, fig. 70.
Fissurella suffusa Reeve, 1850 : index et errata « Sp. 70. For F. hondurasensis, read F. suffusa,
Rve. ».
Fissurella cancellata (in part) Sowerby, 1866 ( non Sowerby, 1835) : 200, pl. VIII, fig. 187, 189.
Lucapina suffusa Rve., Farfante, 1943a : 17, pl. 4, fig. 7-9 ; Morretes, 1953 : 45 ; Abbott, 1954 :
98, pl. 17, fig. k ; Perry et Schwengel, 1955 : 106, pl. 21, fig. 133 ; Coomans, 1958 : 51 ;
Olsson et Mc Ginty, 1958 : 10 ; Warmke et Abbott, 1961 : 39, pl. 6, fig. f ; Work, 1969 :
641 ; Rios, 1970 : 19.
Work (1969 : 641) donne comme distribution pour cette espèce : « Northeast and
Southwest coasts of Florida southward throughout the Bahamas and entire Caribbean
région and along the Atlantic coast of South America as far south as Estado Sâo Paulo,
Brazil. Also the extreme Southwest gulf of Mexico. »
Cet auteur attribue à Morretes (1949) pour Lucapina suffusa Rve. la provenance :
« Ilha de Sâo Sebastiâo, Estado Sâo Paulo, Brazil ». Or, dans ce travail de Morretes, il
n’est fait aucune mention de L. suffusa. Morretes ne cite L. suffusa qu’en 1953 (p. 45)
et lui donne comme distribution : « Antilhas ao Norte da América do Sul » à la suite de
Farfante (1943).
Nous rapportons à cette espèce un échantillon usé de 32 mm de longueur, dragué par
le navire océanographique « Almirante Saldanha » à la station 1813 (1°29'S, 43°19'W) par
83 m de fond, un deuxième dragué par le navire océanographique « Akaroa » à la station 96
(10°25'30"S, 36°08'15"W) à 23 m de profondeur, et un troisième de 17 mm de long de File
Fernando de Noronha, d’aspect terne car encore recouvert par son periostracum et possé-
408
BERNARD METIVIER
dant dix raies colorées plus ou moins discontinues. Malgré sa coloration, nous croyons
préférable de le considérer comme appartenant à L. sufjusa au sens strict du terme, plutôt
qu’à la variété tobagoensis, car son orifice est large et non contracté dans sa portion médiane.
Ces trois spécimens donnent des précisions dans la distribution de cette espèce pour
le nord de l’Amérique du Sud.
3. Lucapina suffusa (Reeve) var. tobagoensis Farfante, 1945
Lucapina suffusa tobagoensis Farfante, 1945 : 5, pl. 3, fig. 4-7 ; Olsson et Mc Ginty, 1958 : 10.
Farfante (1945) a décrit, comme sous-espèce de L. suffusa sous le nom tobagoensis,
des échantillons de l’île de Tobago qu’elle distingue de l’espèce typique par son orifice
plus étroit, contracté au milieu, et surtout par la présence de raies de coloration discontinues.
Nous pensons qu’une grande série d’exemplaires devrait montrer tous les intermé¬
diaires entre suffusa et la sous-espèce de Farfante. C’est pourquoi nous jugeons préférable
de considérer tobagoensis seulement comme une variété de suffusa.
Nous rapportons à cette variété un échantillon de 17 mm de long sur 9,5 mm de large
et 4 mm de haut, orné de dix raies formées par des taches de couleur, et qui a été recueilli
à l’île Fernando de Noronha (Atalaia).
A notre connaissance, cette variété n’a été citée que de l’île Tobago (Farfante, 1945)
et de Colon, Panama (Olsson et Mc Ginty, 1958).
III. — Genre LUCAPINELLA Pilsbry, 1890
Lucapinella limatula (Reeve, 1850)
Fissurella aculeata Reeve, 1850 : pl. XV, fig. 111.
Fissurella limatula Reeve, 1850 : pl. XV, fig. 115.
Fissurella aculeata Rve., Sowerby, 1866 : 201, pl. VIII, fig. 186.
Fissuridea limatula Rve., Sowerby, 1866 : 203, pl. VIII, fig. 204.
Fissurellidea limatula Rve., Dall, 1889a : 409.
Lucapinella aculeata Rve., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 197, pl. 36, fig. 19.
Lucapinella limatula Rve., Pilsbry, in Tryon 1890 : 198, pl. 36, fig. 13, pl. 61, fig. 6-9 ; Pilsbry
et Johnson, 1892 : 104 ; Ihering, 1927 : 102 ; Farfante, 1943a : 19, pl. 5, fig. 1-3 ; Morretes,
1949 : 56 ; Abbott, 1954 : 98, pl. 17, fig. i ; Perry et Schwengel, 1955 : 106, pl. 21, fig. 135 ;
Olsson et Mc Ginty, 1958 : 10 ; Moore, 1961 : 12 et 17 ; Warmke et Abbott, 1961 : 38,
pl. 6, fig. d ; Ilios et Oleiro, 1968 : 9 ; Rios, 1970 : 18.
Un exemplaire de cette espèce a été recueilli par le navire océanographique « Akaroa »
à la station 97 (10°24'30"S, 36°13 , 15"W), c’est-à-dire au large de Maceio, à 21 m de profon¬
deur. Cette récolte précise, pour les côtes du Rrésil, l’aire de distribution qui s’étend de
la Caroline du Nord au Brésil (île de Sào Sebastiâo et Etat de Sâo Paulo).
SUR QUELQUES FISSURELLIDAE DU BRESIL
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IV. — Genre DIODORA Gray, 1821
1. Diodora cayenensis (Lamaiek, 1822)
Fissurella cayenensis Lamarck, 1822 : 12.
Fissurella alternata Say, 1822 : 224.
Fissuridea alternata Say, Weisbord, 1926 : 87.
Diodora cayenensis Lk., Olsson et Mc Ginty, 1958 : 10 ; Moore, 1961 : 12 et 17 ; Weber, 1961 :
56 ; Matthews et Rios, 1967a : 67 ; Rios et Oleiro, 1968 : 9 ; Rios, 1970 : 17 ; Métivier,
1969-1970 : 121.
Plusieurs exemplaires de cette espèce, de l’île Fernando de Noronha, de Recife et de
Suape (30 km au sud de Recife).
2. Diodora sayi (Dali, 1889)
Fissurella alternata Say var. sayi Dali, 1889a : 407.
Diodora sayi Dali, Olsson et Mc Ginty, 1958 : 10; Rios, 1970 : 18 ; Métivier, 1969-1970 : 122.
Trois échantillons de cette espèce, dragués par les navires océanographiques « Almi-
rante Saldanha » à la station 1751 (0°37' S, 44°40' W) et « Akaroa » aux stations 102 (10°
30'15" S, 36°05'30" W) et 190 II (10°36'09" S, 36°12'25" W) à 44 m, 90 m et 85 m de pro¬
fondeur.
3. Diodora mirifica n. sp.
(PI. I, fig. 1-10)
Diodora minuta Lk., Rios (non Lk.), 1970 : 18, pl. 2.
Description de l’holotype
Coquille mince, petite, d’aspect fragile, en forme de cône déprimé, légèrement plus
étroite dans sa partie antérieure, oblongue à contour basal ovale, un peu plus de deux fois
plus longue que haute et qui, lorsqu’elle est posée sur une surface plane, ne repose que sur
ses extrémités antérieure et postérieure. Le côté antérieur est court, rectiligne : le côté
postérieur est beaucoup plus long et nettement convexe. Sommet situé au tiers antérieur,
remplacé par une petite perforation ovale, un peu plus étroite vers l’arrière, bordée par
deux portions de lignes noires de chaque côté dans un peu moins de la moitié antérieure.
La longueur de la fissure occupe 1 /10 e de celle de la coquille. La sculpture est réticulée
par l’intersection de côtes radiaires et de côtes concentriques. Il y a 28 côtes radiaires prin¬
cipales assez fortes, qui vont du bord basal à la fissure et qui alternent avec 28 côtes radiaires
secondaires, beaucoup plus fines, bien individualisées dans leur moitié basale mais qui
disparaissent ensuite avant d’atteindre la perforation. L’intersection de ces côtes rayon¬
nantes avec les côtes concentriques, qui sont un peu plus fortes que les côtes rayonnantes
secondaires, forme de petits nodules. Dans l’intervalle situé entre deux côtes concentriques
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BERNARD METIVIER
se trouvent trois côtes concentriques très fines (visibles seulement à la loupe), interrompues
par les côtes rayonnantes principales, mais qui interceptent les côtes rayonnantes secon¬
daires en formant de très petits nodules.
La couleur externe est blanche avec quatorze zones noires. Chaque zone de coloration
est formée par trois côtes rayonnantes noires, une fine, une forte, une fine, avec, entre cha¬
cune, un intervalle blanc. Cette zone est séparée de la suivante par une forte côte blanche.
La couleur noire des côtes colorées est localisée aux nodules et aux portions de côtes qui
les relient. Ainsi, on peut trouver un nodule coloré relié au précédent et au suivant, colorés
ou blancs, par une portion de côte en partie ou complètement colorée. Les fines côtes ne
sont colorées, à partir de la base, que sur une très faible longueur sur le côté antérieur,
longueur qui s’accroît en allant vers barrière pour y atteindre un peu plus de la moitié
de celle du côté postérieur. Couleur intérieure d’un blanc porcelainé, avec des raies d’un
blanc plus foncé et des zones sombres qui correspondent respectivement aux fortes côtes
blanches et aux zones colorées. Le cal autour de l’orifice est ovale, blanc, brillant, très
nettement tronqué vers barrière, avec deux zones sombres de chaque côté qui corres¬
pondent aux deux portions de lignes noires qui bordent extérieurement la perforation.
L’ouverture basale est très finement denticulée et colorée : à chaque côte colorée
correspond un denticule noir, séparé du suivant par un faible intervalle blanc ; les (len¬
ticules colorés sont groupés par trois, chaque groupe étant séparé du suivant par une large
dcnticulation blanchâtre qui correspond à la forte côte blanche.
L’impression musculaire est très peu visible et située à environ 1 mm du bord basal.
Dimensions (en mm)
longueur largeur
8,0 5,2
hauteur
longueur de la
largeur de la
long, fissure [
fissure
fissure
long, coquille
3,4
0,8
0,5
1/10
Provenance
L’holotype a été récolté à bile Fernando de Noronha.
Paratypes
Dans ce même envoi de bInstituto Oceanogrâfico de Recife se trouvaient trois autres
échantillons, dont un brisé, provenant d’un dragage du navire océanographique « Almi-
rante Saldanha » (oct.-déc. 1967) à la station 1701 (01°57' S, 37°46' W), c’est-à-dire au
large de Fortaleza, à 57 m de profondeur.
Les dimensions des deux spécimens intacts, dont nous donnons des figures (pl. I,
fig. 6-10), sont les suivantes :
longueur largeur
hauteur
longueur de la
fissure
largeur de la
fissure
long, fissure/
long, coquille
6,8 4,0 3,3
5,3 3,5 2,4
0,6 0,5 0,088 ~ 1/11
0,6 0,45 0,113 ~ 1/9
Le paratvpe de plus petite taille correspond à un jeune qui possède, à barrière de la
perforation, une protubérance recourbée et dirigée vers l’extrémité postérieure, reste du
SUR QUELQUES FISSURELLIDAE DU BRESIL
411
sommet qui existait avant la formation de la fissure. Il a une forme plus conique et plus
haute par rapport à la longueur et il possède un côté postérieur rectiligne et une petite perfo¬
ration sub-circulaire, dont la longueur occupe 1 /9 e de celle de la longueur totale de la
coquille ; il n’a que 26 côtes radiaires principales dont 13 sont colorées et 26 côtes radiaires
secondaires très peu visibles car très minces et très rarement colorées : l’ouverture basale
est assez grossièrement denticulée et il n’v a pratiquement que des forts denticules colorés
qui correspondent aux fortes côtes colorées, séparés par des denticules blanchâtres.
Le second paratype diffère de l’holotype par sa forme plus conique et plus haute (deux
fois plus long que haut), par son côté postérieur beaucoup moins convexe et sa perforation
qui occupe 1 /11 e de la longueur de la coquille ; il ne possède que 26 fortes côtes radiaires
dont 12 blanches et 14 colorées, car vers l’arrière, sur le côté gauche, se trouve une zone
colorée formée par trois fortes côtes colorées séparées par de fines côtes secondaires colorées
sur une plus ou moins grande partie de leur longueur. La coloration des côtes est discon¬
tinue mais elle est beaucoup plus homogène que chez l’holotype ; elle est régulièrement
interrompue par les côtes concentriques blanches, c’est-à-dire que les nodules sont blancs
à leur extrémité ainsi que dans leur portion basale, seulement colorés dans leur portion
apicale et ils sont reliés les uns aux autres par des portions de côtes rayonnantes colorées.
Rapports et différences
Cette espèce est apparentée à Diodora minuta (Lk.) par sa perforation située au tiers
antérieur, son côté postérieur convexe, son aspect porcelainé et sa coloration blanche et
noire, celle-ci étant seulement localisée aux côtes. Elle en diffère par sa forme beaucoup
plus haute, sa perforation ovale et par la présence de côtes principales et secondaires alors
que D. minuta possède une fissure oblongue, étroite- et trilobée et des côtes rayonnantes
arrondies, subégales.
Son contour et sa perforation ovales, sa sculpture formée par une alternance de côtes
radiales fortes et faibles, croisées par de nombreuses côtes concentriques entre lesquelles
sont intercalées deux ou trois petites côtes plus minces, rapprochent D. tnirifica de D. jau-
mei Aguayo et Rehder. Elle s’en éloigne, par contre, par sa plus petite taille et sa plus
grande hauteur (en proportion), par son côté postérieur convexe, par sa petite perforation
plus étroite vers l’arrière et qui est bordée, de même que le cal, de chaque côté, par une
portion de ligne noire.
Enfin, D. tnirifica s’apparente à D. fargoi Olsson et Mc Ginty par sa forme générale,
sa petite taille, son orifice situé au tiers antérieur et sa sculpture réticulée, mais elle en
diffère par sa plus faible hauteur, son aspect plus fragile, sa perforation plus petite et non
oblongue ni trilobée, et par la seule présence de côtes rayonnantes principales, en nombre
plus élevé, et secondaires (absence de côtes tertiaires).
En outre, la coloration très jolie et vraiment très particulière de 1). tnirifica est une
différence très importante qui éloigne celle-ci des espèces citées auxquelles elle s’appa¬
rente par certains caractères.
412
BERNARD MÉTIVIER
4. Diodora fluviana (Dali, 1889)
Glyphis fluviana Dali, 1889a : 408, pl. XIV, fig. 6, 6a ; Dall, 18891/ : 170 ; Pilsbry, in Tryon,
1890 : 210, pi. 27, fig. 52, 53.
Fissuridea fluviana Dall, Pilsbry et Johnson, 1892 : 105.
Diodora fluviana Dall, Fartante, 19435 : 18, pl. 6, fig. 5-8.
De cette espèce connue de « Southern Florida and south throught the Greater and
Lesser Antilles, probably to Trinidad », nous possédons deux échantillons, dont un brisé,
dragués par le navire océanographique « Akaroa » à la station 186 (10°43'03" S, 36°39'40" W)
à une profondeur de 135 m. Cette provenance étend beaucoup vers le sud la distribution
précédemment connue.
V. — Genre EMARGINULA Lamarck, 1801
Sous-genre Emarginula
Emarginula pumila (A. Adams, 1851)
Subemarginula pumila A. Adams, 1851 : 91.
Emarginula Rol.landii P. Fischer, 1856 : 356, pl. 12, fig. 10.
Emarginula pumila A. Ad., Sowerby, 1866 : 216, pl. XII, fig. 80 ; Sowerby, in Reeve, 1873 :
pl. 7, fig. 46.
Emarginula tumida Sowb., Dall ( non E. tumida Sowb. 1874), 1889c : 358.
Emarginula pumila A. Ad., Dall, 18895 : 170.
Emarginula tumida Sowb., Simpson ( non E. tumida . Sowb., 1874), 1889 : 63.
Emarginula dentigera Heilprin, 1890 : 142, pl. 8, fig. 7, 7a.
Emarginula pileum Heilprin, 1890 : 142, pl. 8, fig. 6, Ga ; Heilprin, 1890 : 188, 189, t. 17, fig. 6, 7.
Subemarginula rollandii Fischer, Pilsbry, in Tryon, 1890 : 274, pl. 64, fig. 36.
Emarginula dentigera Heilp., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 275, pl. 41, fig. 26, 27.
Subemar ginula rollandii Fischer var. pileum Heilp., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 275, pl. 41, fig. 18, 19.
Emarginula pumila A. Ad., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 275, pl. 29, fig. 36.
Subemarginula rollandii Fischer, Pilsbry et Johnson, 1892 : 107.
Emarginula, pumila A. Ad., Farfante, 1947 : 107, pl. 47, fig. 1-5.
Emarginula tumida Sowb., Morretes ( non Sowb.), 1949 : 55.
Emarginula pumila A. Ad., Morretes, 1953 : 44; Coomans, 1958 : 46 et 52, pl. II ; Olsson et
Mc Ginty, 1958 : 10 ; Cardoso et Rios, 1967 : 117 ; Rios, 1970 : 16.
De cette espèce connue des Bermudes et de la Floride aux Antilles et au Brésil (état
d’Alagoas), un échantillon de 5 mm de long, 3,9 mm de large et 2,4 mm de haut, dragué
par le navire océanographique « Almirante Saldanha » à la station 1701 (01°57' S, 37°46' W)
à 57 m de profondeur. Cette provenance précise la distribution de E. pumila sur les côtes
du nord du Brésil.
SUR QUELQUES FISSURELLIDAE DU BRESIL
413
VI. — Genre PUNCTURELLA Lowe, 1827
Sous-genre Cranopsis A. Adams, 1860
Puncturella antillana Fariante, 1947
Cranopsis asturiana (in part) Dali (non P. Fischer 1882), 1889a : 404.
Puncturella ( Cranopsis ) antillana Farfante, 1947 : 120, pl. 52, fig. 6-8.
De cette espèce des Antilles, nous possédons deux échantillons dragués par le navire
océanographique « Akaroa » à la station 5 c (9° 01' S, 35°51'10" W) à une profondeur de
370 m. Cette récolte étend donc Faire de distribution de Puncturella antillana, qui allait
des Antilles jusqu’à la région de Maceio.
VII. — Genre HEMITOMA Swainson, 1840
Sous-genre Hemitoma
Hemitoma octoradiata (Gmelin, 1791)
Patella octoradiata Gmelin, 1791 : 3699.
Subemcirginula octoradiata Gmel., Weisbord 1926 : 87.
Hemitoma octoradiata Gmel., Olssox et Mc Ginty, 1958 : 10 ; Weber, 1961 : 57 ; Houbrick,
1968 : 11 ; Rios, 1970 : 16 ; Métivier, 1969-1970 : 123.
Deux exemplaires de lleeife.
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Manuscrit déposé le 1 er avril 1971.
416
BERNARD MÉTIVIER
PLANCHE I
Fig. 1-3. — Diodora mirifica n. sp., holotype. Ile Fernando de Noronha (X 3).
Fig. 4-5. — Diodora mirifica n. sp., holotype. Ile Fernando de Noronha (x 5).
Fig. 6-10. — Diodora mirifica n. sp., paratypes. « Almirante Saldanha », st. 1701, 01°57, Lat. S, 37°46, Loupr.
W, prof. 57 m (X 5).
Fig. 11-13. — Fissurella emmanuelae Métivier. Ile Fernando de Noronha (éch. de 24,3 mm, X 2).
Fig. 14-15. — Fissurella emmanuelae Métivier. Ile Fernando de Noronha (éch. de 23,4 mm, X 2).
418
BERNARD METIVIER
PLANCHE II
Fig. 1 et 3. — Fissurella emmanuelae Métivier. Ile Fernando de Noronha (éch. de 23,4 mm, X 4)
Fig. 2. — Fissurella emmanuelae Métivier. Ile Fernando de Noronha (éch. de 23,4 mm, x 2).
Fig. 4-5. — Fissurella emmanuelae Métivier. Ile Fernando de Noronha (éch. de 24,3 mm, X 4)
PLANCHE II
Bull. Mus. IJist. nat., Paris, 3 e série, n° 38, mars-avril 1972,
Zoologie 32 : 405-420.
IMPRIMERIH
Achevé d'imprimer le 15 octobre 1972.
NATIONALE
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureaij et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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