BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
352
N* S13 MARS-AVRIL 1978
BULLETIN
du
MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi, E. R. Brygoo et R. Laffitte.
Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Halle.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
De 1971 à 1977, le Bulletin 3 e série est divisé en cinq sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Écologie générale — Sciences physico-chimiques) et les articles
paraissent par fascicules séparés. A partir de 1978 les articles sont regroupés en fascicules
bimestriels, par section.
S’adresser :
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centrale du Muséum national d’Histoire naturelle, Service des ventes,
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International Standard Serial Numler (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 513, mars-avril 1978, Zoologie 352
SOMMAIRE
G. Faure et M. Pichon — Description de Favites peresi, nouvelle espèce de
Scleractiniaire hermatypique de l’océan Indien (Cnidaria, Anthozoa, Sclerac-
tinia). 107
I. Marche-Marchad. — Description d’un nouveau Volutidé ouest-africain : Cym-
bium tritonis (Broderip, 1830) senegalensis subsp. nov. 129
M.-C. Durette-Desset. — Nouvelles données morphologiques sur des Nématodes
Trichostrongyloides des collections du United States National Muséum. 135
J. -M. Démangé. — Myriapodes Diplopodes de la région d’Abidjan (forêt de Téké),
Côte d’ivoire. Description d’une espèce nouvelle. 149
B. Bozic. — Le genre Delamarella Chappuis et le problème de son statut systéma¬
tique (Crustacea, Copepoda, Harpacticoida). 153
— Ectinosorna barbicauda, espèce nouvelle de La Réunion (Crustacea, Copepoda,
Harpacticoida) . 157
Y. Crouau. — Organes sensoriels d’un Mysidacé souterrain anophthalme, Antro-
rnysis juberthiei : étude ultrastructurale des aesthetascs. 165
R. Dajoz. — Contribution à l’étude des Cerylonidae du Cameroun (Insectes, Coléop¬
tères). 177
51 H, 1
Bull. Mus. nain. Ilisl. nat., Paris, 3 e sér., n° 513, mars-avril 1978,
Zoologie 352 : 107-127.
Description de Favites peresi ,
nouvelle espèce de Scleractiniaire hermatypique
de Focéan Indien (Cnidaria, Anthozoa, Scleractinia)
par G. Faure et M. Pichon *
Résumé. — Favites peresi, nouvelle espèce de Scleractiniaire récifal, appartenant à la famille
des Faviidae est décrite. L’analyse des variations de la structure du squelette conduit à distinguer
deux écomorphes. Les relations de Favites peresi avec F. seychellensis (Milne-Kdwards et Haime),
Favites abdita (Ellis et Solander), Goniastrea incrustans Duncan, et Metastrea aegyptiaca Milne-
Edwards et Haime sont discutées. Favites peresi vit dans les récifs coralliens de la mer Rouge et
de l’océan Indien occidental et central de 0 à 50 ni.
Abstract. — Favites peresi, a new species of hermatypic Scleractinia (Family Faviidae) is
described. A study of the variations of the skeleton structure shows that two ecomorphs can
be distinguished. The relationships of Favites peresi with F. seychellensis (Milne-Edwards &
Haime), Favites abdita (Ellis et Solander), Goniastrea incrustans Duncan, and Metastrea aegyptiaca
Milne-Edwards & Haime are discussed. Favites peresi lives in the eoral reefs of the Red Sea
and of the central and western Indian Océan.
Matériel étudié
47 spécimens provenant des localités suivantes :
Collection G. Fauiîe : lie Maurice, 6 colonies ; île de La Réunion, 18 colonies étiquetées
Goniastrea cf. incrustans Duncan ; île Rodrigue, 2 colonies (Faure, 1974, 1977) ; Madagascar
(Tuléar), 2 colonies étiquetées Favites cf. abdita (Ellis & Solander).
Collection M. Pichon : Tuléar, 6 colonies ; Nossi-Bé, 3 colonies.
Collection British Muséum Natural Historv (BMNH) : n° 28-9-1-282, Dongonab, Red
Sea [étiqueté Prionastrea seychellensis (M.-E. & H.)] ; n° 28-4-23-4, Dongonab, Red Sea [Favia sp.j ;
n° 28-9-1-283, Dongonab, Red Sea [. Prionastrea sp.] ; n° 28-9-1-206, Port Sudan, Red Sea Prio¬
nastrea seychellensis (M.-E. & H.)] ; n° 1928-9-1-280, Port Sudan, Red Sea \ Favites sp. ; n° 82-10-
17-165, Bird Island, Seychelles [ Aphastrea deforrnis (Lamarck)] ; n° 82-10-17-164, Bird Island,
Seychelles [Favites pentagona Esperj (new registred 1975 : 3-11-1 ?) ; n° 28-9-1-278, Coetivv 'Prio¬
nastrea sp. ; n° 636, Remire [ Goniastrea incrustans ? Duncan] ; n° 1928-9-1-284, Amirantes [ Prio¬
nastrea sp.l ; n° 1928-10-10-61, Amirantes [Prionastrea sp.] ; n° 1928-10-10-59, Amirantes [Prio¬
nastrea sp. ; n° 1928-9-1-205, Amirantes [Prionastrea sp.] ; n° 28-9-1-281, Saya de Malha [Prio¬
nastrea sp.j : n° 1927-5-4-200, Hulule, Maldives [P. robusta Dana! : n° 1946-18-86, Dar es Salam.
* G. Faure : Centre Universitaire, BP 5 Ste-Clotilde — 97490 lie de l-a Réunion.
M. Pichon : Dpi of Marine Biology, James Cook University, OLD 4811 Australia.
— 108 —
Collection Hessisches Landesmusedm Darmstadt Germany : EC 1325b, Jidda Harbour
Arabie Saoudite ; RM 40,2, Wingate reef : Port Soudan : X2 : 2-6, Gûbal island (nord mer Rouge).
Diagnose
Colonie cerioïde à bord calicinal mince. Lames radiaires pouvant atteindre la centaine et
disposées en quatre cycles. Les septes sont peu développés, et portent de très nombreuses petites
dents spiniformes dont la taille augmente depuis le bord calicinal jusqu'à la columelle. Les élé¬
ments du 4 e cycle, sont abortifs et limités le plus souvent à des épines très fines assez peu déve¬
loppées. Muraille toujours mince. Endothèque très développée, vésiculeuse (surtout à la périphérie).
Gemmation intratentaculaire sub-axiale à périphérique, di ou tristomodeale avec séparation pré¬
coce des bourgeons et isolement complet de façon plus tardive. Holothèque continue, parfois vési¬
culeuse, ornée de rides portant des dents très fines.
Description
Hoi.otype : n° MP/NH — 11/63, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
Dimensions, 102 mm X 90 mm X 60 mm. Nossi-Ré (Madagascar), baie d’Ambavatoby. Pro¬
fondeur, 15 m.
Paratypes : 1. Muséum national d’Histoire naturelle, Paris. N 0 GF/REU 355 (écomorphe a),
La Réunion St-Gilles, profondeur 20 m. N° GF/MAU 276 (écomorphe pf, Maurice Grand-Gaube,
profondeur 40 m. — 2. British Muséum (Natural History), London (voir p. 107). — 3. Hessisches
Landsmuseum Darmstadt, Germany (voir ci-dessus). -— 4. Rijksmuseum Van Natuurlijke Historié,
Leiden, Netherlands. N° GF/REU 364. — 5. Mauritius Institute, Port Louis, Maurice. N° GF/
MAU 312. — 6. Les autres paratypes sont dans les collections des auteurs.
La colonie est de forme massive, irrégulièrement hémisphérique, fixée sur un fragment
de calcaire organogène très fortement perforé par divers organismes biodestructeurs et
correspondant lui-même en partie à une petite colonie morte de la même espèce.
Les dimensions maximales des calices sont de 23 X 21 mm pour un calice en voie de
division, 18 X 15 mm pour les calices ne montrant pas de division, profondeur 4-7 mm.
Forme générale assez régulièrement polygonale ; il s’agit le plus souvent d’un quadrilatère
tendant vers un rectangle ou un carré, plus rarement d’un pentagone. Bord calicinal mince
légèrement recourbé dans sa partie périphérique distale.
La muraille, d’origine septotrabéculothécale est mince. Elle présente parfois des pores
qui résultent de la soudure incomplète d’éléments subhorizontaux issus de la partie dis¬
tale et périphérique des septes, nommés par Chevalier (1971 : 188, à propos de Favites
abdita Ellis & Solander) « apophyses trabéculaires ».
Les éléments radiaires répartis en trois cycles principaux s’étendent de la muraille
à la columelle, avec généralement un quatrième cycle n’atteignant pas la columelle.
— Les septes des deux premiers cycles au nombre de 14 à 22 sont peu développés
dans la région murale où ils prennent l’aspect de rides rehaussées de petites dents spini¬
formes. Leur taille augmente (sans dépasser 2 mm de hauteur) dans la région moyenne.
Les dents septales plus ou moins développées et en nombre variable (6-12 le plus souvent
10-12) sont relativement rapprochées vers le sommet de la muraille, plus espacées dans
la partie médiane (correspondant à la région d’un changement d’inclinaison du bord septal).
Les dents les plus internes sont généralement plus développées ; elles se courbent, deviennent
— 109 —
subhorizontales et se soudent aux lobes paliformes en délimitant des pores disposés en
files verticales, se poursuivant en profondeur. Les dents septales sont terminées par quel¬
ques granules ou épines. Elles correspondent à un épaississement du septum par ailleurs
très mince. Les faces latérales des septes sont garnies de granulations peu abondantes,
revêtant la forme de petites épines hirsutes.
— Les septes du troisième cycle s’amincissent dans la région moyenne des calices et
deviennent souvent abortifs. Les plus développés se soudent soit à l’organe axial, soit au
liane des palis ou des éléments radiaires des cycles précédents par un réseau complexe des
dents axiales fortement inclinées, plus ou moins anastomosées.
— Les éléments radiaires du quatrième cycle sont abortifs, présents sous la forme
d’une simple ride dans la région murale, ils ne subsistent vers l’intérieur que sous la forme
de 3 ou 4 dents très fines et spiniformes, espacées, et ne s’étendant pas au-delà de la moitié
du rayon calicinal. Leur nombre varie suivant les calices de 0 à 20.
La partie inférieure de la colonie (surface non calicinale) est finement et régulièrement
costulée, les côtes sont arrondies ou anguleuses. Épines costales présentes, de petite taille.
Des lobes paliformes (voir variations) se développent en avant des septes des deux
premiers cycles et constituent une couronne régulière de 15 à 20 éléments séparés des
septes par une échancrure marquée. Le bord interne des lobes paliformes dans leur partie
supérieure développe une ou plusieurs dents d’inclinaison variable et distinctes de la eolu-
melle. Plus en profondeur les dents du bord interne deviennent subverticales, s’anasto¬
mosent pour constituer une columelle fine, spongieuse, formée de lobes trabéculaires sub-
chicoracés et légèrement coudés. La surface supérieure columellaire présente en général
un aspect concave.
Une endothèque vésiculeuse est présente, bien développée à partir de la paroi interne
de la muraille et s’étendant vers le centre sur une distance variant du tiers à la moitié
du rayon du calice.
De nombreux calices sont en voie de division, le bourgeonnement intratentaculaire
étant de règle. Les calices en cours de gemmation sont caractérisés par une cloison médiane
à submédiane séparant les calices en cours d’individualisation plus basse que la muraille.
Le bourgeonnement est mono, di ou tristomodeal, l’état normal des calices étant par ailleurs
mono-eentrique.
Variabilité
1. Généralités
Faciles peresi, comme beaucoup de Faviidae, montre une très grande variabilité.
Le problème de la « plasticité squelettique » intraspécifique en fonction des conditions
d’environnement a été reconnu depuis longtemps. Plus récemment, Goreau (1959, 1963),
Laborel (1970), Chevalier (1971), Wijsmain-Best (1972-1974), Barnes (1973), Weber
(1974a et b), Hubbard (1974a et b), Mac Intyre and Smitii (1974), Veron et Pichon
(1976) ont apporté un certain nombre d’explications satisfaisantes.
Dans le domaine des variations intra-spécifiques, si les auteurs s’entendent sur l’ori¬
gine des causes et leurs effets, l’usage d’une terminologie propre à chacun prête à confu-
— 110 —
sion. Au terme d’ « écomorphose » (Laborel, 1970), « écotype » Wijsman-Best, 1972), nous
préférons celui d' « écomorphe » (Veron et Pichon, 1976), défini comme suit : « Iritra-
specific skeletal variations phenotypically and (or) genotypically determined in response
to spécifie ecological condition ». Bien que très voisin des deux précédents termes, celui
proposé par Veron et Pichon permet à la fois de préciser les limites d’application du concept
d’ « écomorphose », et de compléter la notion « d’écotype », qui est dans son acceptation
originelle, et contrairement à l’usage qu’en fait Wijsman-Best (1972) un mécanisme adap¬
tatif à base essentiellement génétique.
La plupart du matériel étudié peut être divisé en deux « lignées écomorphiques »
divergentes, qui s’individualisent à partir de l’holotype en fonction de conditions écolo¬
giques différentes.
Les rapports existant entre les variations squelettiques intraspécifiques de F. peresi
et les milieux considérés, sont de même type que ceux précédemment établis par Wijsman-
Best (1972-1974) chez d’autres Faviidae : corrélation inverse entre la profondeur (non
considérée en terme de bathymétrie, mais comme intégrant l’influence des facteurs éclai¬
rement et hydrodynamique) et le nombre de septes et de calices par unité de surface.
Weber (1974a et b), sur la base du taux de 13 C associé au squelette des Seléractiniaires
arrive à des conclusions très voisines. Cependant, s’il établit (19746) une corrélation néga¬
tive, en fonction de la bathymétrie croissante, entre l’augmentation de taille des corallites
et le taux de 13 C, il ne mentionne pas clairement qu’il s’agit bien d’une variation intraspé-
cifique. Aux variations squelettiques proposées comme paramètres pour une meilleure
connaissance du taux de calcification par Wijsman-Best (1974), ajoutons la variation
du rapport Poids/Volume des colonies (coefficient de calcification), en fonction de l’envi¬
ronnement. Les résultats obtenus ont une valeur relative, qui confirme cependant les
observations effectuées au niveau des corallites. Les coefficients les plus élevés (1,30 <
P
— '' 1,60) caractérisent les colonies des pentes externes de mode battu et à faible profon¬
deur ( < 20 m). Les colonies situées au-delà de 20 m ou en mode calme ont un coefficient
P
moindre : 1,05 < y < 1,25.
2. Étude d'ensemble de la variabilité
Couleur : les polypes sont colorés de façon uniforme du jaune pâle au brun clair.
Morphologie des colonies : les colonies sont de taille décimétrique (taille moyenne 10-
15 cm), hémisphérique (écomorphe a) ou représentant une tendance à l’aplatissement
(écomorphe (3). La zone d’attache avec le substrat est souvent limitée à la seule région
basale centrale, permettant ainsi le développement d’une holothèque très caractéristique.
Calices : les dimensions moyennes des calices sont très variables. L’écomorphe a est
caractérisée par des calices de taille moyenne variant entre 6 et 12 mm (grand diamètre),
assez réguliers, et dont la profondeur est comprise entre 4 et 10 mm. La lignée P s’oppose
à la précédente par une taille supérieure des calices (12 à 20 mm), et une muraille qui ne
dépasse pas 4 mm de hauteur.
— 111 —
Eléments radiaires : ils sont généralement disposés en quatre cycles (les éléments du
4 e cycle faisant parfois défaut) ; les septes des deux premiers cycles ne sont cependant jamais
très développés et restent identiques entre eux dans la région périphérique. Dans la région
moyenne des calices, les éléments qui constituent le 3 e cycle s’amincissent et deviennent
abortifs. Les lames du dernier cycle peu visibles sont le plus souvent limitées à une simple
ride murale, pouvant se poursuivre par quelques épines à la surface des dissépiments endo-
théc.aux. Le nombre de septes (pour les individus adultes) ne varie pas de façon significa¬
tive. Seul l’espace interseptal est plus développé dans la lignée 13. Les dents qui ornent
le bord supérieur des éléments radiaires montrent une très grande variabilité en taille et
en nombre, d’un calice à l’autre, au sein d’une même colonie. Elles sont cependant beau¬
coup plus aplaties (dans un plan plus perpendiculaire à celui du bord septal) dans la lignée (3.
Les flancs des septes portent des granules dont le nombre et la taille ne paraissent pas
directement liés au plus ou moins grand développement des cloisons.
Structures paliformes : Un des caractères les plus constants de F. peresi est la pré¬
sence d'une couronne de palis qui s’individualise en face des septes des deux premiers
cycles et dont le développement est extrêmement variable. Il peut s’agir soit de véritables
palis formés de trabécules disposées en éventail, soit d’une trabécule composée, plus forte
que les autres et verticale, constituant un lobe paliforme, soit de quelques trabécules
subparallèles pointant plus fortement que les autres dents septales.
Chez quelques spécimens (écomorphe P), le bord distal des septes des deux premiers
cycles porte, avant la nette échancrure qui la sépare des palis, une forte dent subverticale
mono ou pluritrabéculaire (soudure de plusieurs dents septales) dont le bord interne se
dresse verticalement depuis le fond du calice et dépasse les palis. Ces dents simulent une
couronne surnuméraire de palis autour et au-dessus de la première.
Columelle : elle est toujours présente, mais jamais très développée. Les variations
portent sur l'épaisseur, la hauteur, l’orientation des lobes trabéculaires qui la constituent.
Le plus souvent elle est finement papilleuse (lobes trabéculaires de petite taille, subver¬
ticaux, ou légèrement « tordus » à leur extrémité). Chez quelques spécimens, la partie dis¬
tale des lobes s’aplatit, s’élargit, se hérisse de petites dents donnant à l’ensemble un aspect
hirsute.
Muraille : haute (écomorphe a) ou rudimentaire (écomorphe (3), mais l'épaisseur reste
toujours faible. Elle présente parfois à son sommet une disposition en zigzag et des pores
que l’on rencontre également chez Favites abdita.
Endothèque : elle est toujours très vésiculeuse et bien développée mais présente des
variations en liaison avec le coefficient de calcification. Les dissépiments endothécaux,
constituent un réseau beaucoup plus serré dans la lignée a que chez les spécimens de la
lignée 3.
Remarque : On ne saurait accorder aux lignées écomorphiques précédemment définies,
une signification absolue, du fait d’une appréciation subjective des facteurs écologiques
et de leur interaction au niveau des colonies. D’autre part, certains spécimens présentent
à la fois des caractères des deux lignées.
— 112 —
PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DES LIGNEES ECOMO R PII IQUES
Caractères
T.GOMORPHE a
licOMORPHE P
Biotope
Couleur
Forme et taille des colonies
Fente externe 0-25 mode 0-20 mode calme (vasque, passe,
battu
pente interne)
20-50 m (pente externe)
jaune à brun pâle Jaune pâle
Forme hémisphérique Forme aplatie à sub-eneroûtante
dominante 5-12 cm dominante 5 à 20 cm
Taille des calices (grand diamètre 6-10 mm
calicinal)
Profondeur des calices
4-10 mm
10-20 mm
1-4 mm
Nombre de septes des deux premiers 16 à 28
cycles
Nombre de septes du 3 e cycle 16 à 30
Nombre total de septes 63-90
Nombre de septes/cm 2 60-80
20 à 32
16 à 32
70-90
25-42
Palis Palis ou lobes paliformes Palis ou lobes paliformes mono et
mono et multitrabécu- multitrabéculaires.
laires.
Coellicient de calcification
P
V
1,25-1,60
1,05-1,25
Discussion
La multiplicité et l’imprécision des noms donnés dans le passé aux spécimens réfé-
rables à F. peresi montrent l’embarras des auteurs à trouver la place exacte de ce même
matériel dans la famille des Faviidae. C’est ainsi que figurent au BMNH plusieurs échan¬
tillons libellés : Prionastrea seychellensis (Milne-Edwards et Haime). Aphastrea deformis
(Lamark), F civiles pentagona Esper, Goniastrea incrustans Duncan, Prionastrea robusta
Dana, dont l’appartenance avec F. peresi est certaine. De la même manière, une partie
de notre matériel inventorié sous le nom de Goniastrea cf. incrustans Duncan et de F. cf.
abdita Ellis & Solander (Faure, 1974, 1977), est référable à cette nouvelle espèce.
La variabilité de la structure des éléments paliformes (pouvant varier d’une simple tra¬
bécule à un véritable système de trabécules en éventail) font de cette espèce un élément
charnière entre les genres Favites et Goniastrea. Cependant, les véritables palis n’étant pas
— 113 —
toujours présents de façon constante, nous sommes conduits à ranger cette espèce dans
le genre Favites.
1 — Nous rapportons à F. peresi, les spécimens BMNH 28-9-1-282, 28-9-1-206 libellés
Prionastrea seychellensis Milne-Edwards et Haime.
Le statut de l’espèce de Milne-Edwards et Haime (1849, t. XII : 132) a été contro¬
versé. Conservée par Studer (1877 : 640), Ridley (1883 : 255), l’espèce a été mise der¬
nièrement en synonymie par Chevalier (1971 : 189) et Wijsman-Best (1972 : 33 et 35)
avec Faciles abdita Ellis & Solander L
Klunzinger (1879 : 33) rapporte Prionastrea seychellensis Milne-Edwards et Haime
au genre Goniastrea. L’opinion de Klunzinger est partagée par Ortmann (1888 : 173 ;
1889 : 190 ; 1892 : 661) et Crossland (1948 : 190 ; 1952 : 133). Nous avons retrouvé au
BMNH, et examiné, l’échantillon de Goniastrea seychellensis (Milne-Edwards et Haime)
(BMNH, D.C. 18) décrit et figuré par Crossland (1948 : 190 ; pl. VI, upper figure), ainsi
que l’échantillon BMNH 161-7-17-45 enregistré sous le même nom. Les deux échantillons
s’écartent du type de Milne-Edwards et Haime par les caractères suivants : taille plus
importante des calices, muraille calicinale épaisse avec parfois présence de sillons inter-
calicinaux, septes bien développés avec dent supéro-interne forte, tendance à la méandri-
sation (série calicinale formée par deux ou trois individus sans trace de séparation). En
accord avec Crossland (« it is like Goniastrea in its tendency to form valleys, in its septa
and walls »), nous rapportons ces spécimens au genre Goniastrea. De plus, ils s’apparentent
de très près à Goniastrea seychellensis (Milne-Edwards et Haime) ? de Klunzinger (1879,
III : 33, pl. 4, fig. 3). L’échantillon figuré par Crossland ne diffère de celui de Klunzinger
que par des détails portant sur la columelle et l’épaisseur des septes (« I therefore give
a photograph of the présent specimen, which differs from Klunzinger’s in having a better
developed columella, and septa which are thin on the tops of the walls, as well as within
the calice »).
Matthai (1914 : 80) place Prionastrea seychellensis (Milne-Edwards et Haime) en
synonymie avec Favia favus (Forskâl), avec quelques doutes cependant, comme le men¬
tionne Chevalier (1971 : 189). Matthai ajoute (p. 122 « I hâve examined Ehrenberg’s
large type of Astrea deformis, and Milne-Edwards and Haime’s two large examples of
Prionastrea seychellensis, and hâve no doubt that they belong to the same species ... », et
confirme plus loin : « at présent it cannot be settled whether the species is a Favia or Gonias¬
trea, probably the latter. »
A côté de l’holotype de l’espèce de Milne-Edwards et Haime (collection Milne-
Edwards et Haime, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris), nous avons retrouvé
et étudié un spécimen du BMNH libellé : « Prionastrea seychellensis (Milne-Edwards et
Haime), n° 1849-9-28-10, holotype, provenant des Seychelles, collection Muséum d’His¬
toire naturelle de Paris ». L' « holotype » du BMNH, est une portion (20 X 15 cm) de colo¬
nie massive, dont les calices sont serrés, arrondis et déformés (diamètre moyen 8 mm),
septes peu exserts, côtes présentes. Les palis sont absents, la columelle rudimentaire. Enfin,
présence de sillons inter-calicinaux bien marqués, séparant les polypierites périphériques.
Cet échantillon est très voisin, sinon identique à Favia favus (Forskâl), et s’écarte ainsi
1. Ce qui peut d’ailleurs être discuté. En tout état de cause, Prionastrea seychellensis de Mii.ne-Edvvards
et Haime demeure différent de Favites peresi.
114 —
de Goniastrea seychellensis de Klunzingeh (1879) et de Crossland (1948, 1952), et de
Prionastrea seychellensis (Milne-Edwards et Haime).
Facites peresi se distingue de l’espèce de Milne-Edwards et Haime par les carac¬
tères suivants : muraille et septes plus minces, lames radiaires peu développées ou abor¬
tives, couronne de palis généralement bien développée, endothèque vésiculeuse abondante,
holothèque présente et continue.
2 — Dans de précédents travaux (Faure, 1974, 1977), nous rapportions, bien que
d’une façon incertaine, à Goniastrea incrustans Duncan une partie de notre matériel récolté
dans les Mascareignes. De la même façon Rosen (in Baumes et al., 1971 : 112, et comrn.
pers.) mentionne, sous le nom de Goniastrea incrustans Duncan, la présence de F. peresi
à Aldabra. L’échantillon BMNH 636 provenant de Remire, libellé G. incrustans Duncan,
est également référable à F. peresi.
L’examen de nombreux exemplaires de l’espèce de Duncan (collection Chevalier,
MNHN, Paris, collection Wijsman-Best et « Siboga » I.T.Z. Amsterdam, collection BMNH,
Londres) fait apparaître des alfinités entre les deux espèces portant sur les caractères sui¬
vants : absence de séries calieinales bien individualisées (gemmation intratentaculaire
périphérique, avec séparation précoce des bourgeons) ; palis constituant une couronne
régulière : endothèque bien développée. Cependant, G. incrustans Duncan s’éloigne de
F. peresi par la taille plus réduite des calices « diameter of calices from 3 milli. with l'orty
septa, 5 milli. of the same septal number 8 milli. with fîfty-six septa » (Duncan, 1889 :
11). Elle s’en distingue également par la faiblesse du développement de la columelle et
une muraille plus régulière que chez F. peresi.
3 — Nous rangeons les échantillons BMNH 82-10-17-164, Faciles pentagona Esper,
et 82-10-17-165, Aphastrea deformis (Lamarck), provenant des Seychelles (Bird Island),
dans la série de Faciles peresi dont ils ne diffèrent que par la taille plus réduite des calices
et un degré de calcification plus marqué des éléments radiaires.
4 — Nous assimilons à F. peresi, avec quelques doutes cependant, le spécimen BMNH
1927-5-4-200 Prionastrea robusta Dana (Hulule, Maldives), libellé par la suite G. incrus¬
tans Duncan. Il s’agit d’une colonie subcirculaire (12 X 18 cm), dont les calices sont peu
profonds, peu déformés, sauf à la périphérie, la muraille et la thèque plus épaisses que
chez le type F. peresi. Les septes sont bien développés et les palis très lins constituent une
couronne irrégulière peu développée. Nous la considérons comme un échantillon limite
de F. peresi.
Affinités
1 — F. peresi présente quelques affinités avec F. abdita (Ellis et Solander) et plus
spécialement avec la variété magnifica (Chevalier, 1971 : 182, pl. XX, fig. 7 = Faciles
magnifica Blainville, 1830). Elle s’en éloigne cependant par les caractères suivants : muraille
et éléments radiaires plus fins, septes abortifs plus nombreux, dents septales plus fines
et plus serrées ; palis ou lobes paliformes présents et bien développés, endothèque vésicu-
115 —
leuse très développée, holothèque continue également bien développée. F. peresi présente
également des caractères proches de ceux de F. pentagona (Esper), (dont Vaughan, 1918 :
112) souligne par ailleurs l'alïinité avec F. abdita). Les caractères voisins portent sur l’orne¬
mentation des septes (dents également plus fines et plus rapprochées que chez F. abdita),
l’endothèque très vésiculeuse. F. peresi se différencie de l’espèce d’EsPEB, par les carac¬
tères suivants : taille plus importante des calices (diamètre pouvant atteindre 15 à 20 mm),
nombre plus élevé de septes, palis ou lobes paliformes plus nombreux, muraille plus fine.
2 — F. peresi est par ailleurs très proche de Metastrea aegyptiaca Milne-Edwards
et Haime (1850, t. Xll : 137 ; 1857, t. 111 : 525, pl. 09 fig. la et lb), ainsi que l’a montré
l’examen des deux spécimens du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (Fossile
des dépôts récents d’Égypte,) rapportés à cette espèce. La description de Milne-Edwards
et Haime (1857, t. 111 : 525) est des plus sommaires. En fait, le nombre de cloisons de Metas¬
trea aegyptiaca (38 à 64) est supérieur au chiffre moyen (24) avancé par les auteurs qui ne
mentionnent pas l’existence de septes d’ordre inférieur abortifs, ou limités à une simple
ride dans la partie sommitale de la muraille, et qui disparaissent très rapidement dans la
partie moyenne des calices. Des structures paliformes (non signalées) sont parfois visibles
bien que peu développées, dans les calices les mieux conservés. La columelle sans être haute
est normalement développée. L’endothèque est très vésiculeuse, et l’holothèque présente.
F. peresi et Metastrea aegyptiaca paraissent ainsi très voisines. Les caractères distinctifs
entre les deux espèces portent sur l’épaisseur de la muraille (plus marquée chez M. aegyp¬
tiaca), le nombre de septes, moins important chez l’espèce de Milne-Edwarsd et Haime,
les structures paliformes également moins nombreuses chez cette dernière. Ces variations,
quoique n’étant pas fondamentales, sont cependant suffisantes pour considérer F. peresi
comme distinct de M. aegyptiaca dont il est par ailleurs difficile d’apprécier la variabilité
intraspécifique (il n'existe que deux échantillons en mauvais état de conservation).
On remarquera également que les auteurs n’ont fait que très rarement mention de
l’espèce de Milne-Edwards et Haime, à l’exception de Verrill (1866) et Klunzingeiî
(1879). Verrill dans sa description de Coelastrea nov. gen. signale : « This genus ( Coelas-
trea) appears to bear the saine relation to Goniastrea that Metastrea does to Prionastrea... ».
Klunzinger range Metastrea aegyptiaca près de F. pentagona Esper, dont on a par ailleurs
mentionné qu’elle présentait des traits communs avec F. abdita et dans une moindre mesure
avec F. peresi. Il se pourrait donc que Metastrea aegyptiaca ne soit qu’une écomorpbe de
F. abdita. ou de F. pentagona.
Répartition géographique : Mer Rouge (Dongonab, Port Soudan, Jidda, Gùbal
island), Maldives (Hulule), Seychelles, Amirautés, Coetivy, Remire, Sava de Mailla, Egmont
atoll, Chagos, Dar es Salaam, Aldabra, Madagascar (Nossi-Bé, Tuléar), Mascareignes (La
Réunion, Maurice, Rodrigues). Mayotte, Glorieuses, Banc du Geyser, Banc de la Zelée,
Tromelin.
Distribution bathymétrique : 0 à 50 m.
— 116 —
Remerciements
Les auteurs ont le plaisir d’adresser leurs remerciements au Dr J. P. Chevalier pour les fruc¬
tueuses discussions échangées avec lui ainsi que pour les observations apportées au présent travail,
au Dr M. Wijsman-Best et au Pr J. W. Wells qui ont bien voulu critiquer le manuscrit. Nous
remercions également le Dr P. Cornélius (British Muséum) et le Dr. G. Scheer qui ont bien
voulu nous confier leur matériel.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 2 août 1977.
118 —
l'L ANC 11 K I
1 : Faciles peresi , Ilolotype MP/NB 11/63 x 2,5 —- Nossi-Bé — 15 m Madagascai
2 : Favitea peresi, Kcomorphe y. BMNH Londres n° 28-9-1-282 1 — Dongonab,
mer Rouge.
— 120 —
PLANCHE H
3 : Favites peresi, Para type, écomorphe a, GF/REU 355 X 2,5 — St Gilles — 15 m, île de la Réunio
4 : Favites peresi, Paratype, écomorphe p, GF/MAU 276 X 0,8 — Grande Gaube — 40 m, île Mauric
PLANCHE II
122 —
PLANCHE III
5 : Faciles peresi, Paratype, écomorphe (3, GF/MAU 276 x 3,2.
6 : Favites peresi , Paratype, écomorphe [3, GF/MAU 276 X 2.
124 -
PLANCHE IV
7 : Metastrea aegi/ptiaca Milne-Edwards et Haime, 1850. Holotype X 2,5, dépôts fossiles récents d’Egvpte,
MNHN, Paris.
8 : Goniastrea incrustans Duncan, 1889 X 2,5. Collection Nouvelle Calédonie, J.-P. Chevalier, MNHN.
Paris.
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— 126 —
PLANCHE V
9 : Prionastrea seychellensis Milne-Edwards et Haime, 1850. Ilolotype x 2,5, Seychelles, MNHN, Paris.
10 : Prionastrea seychellensis Milne-Edwards et Haime, 1850. « Ilolotype » ? v 2,5, collection BMNH,
Londres, n° 1849-9-28-10, Seychelles, = Favia faons Forskâl.
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Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 513, mars-avril 1978
Zoologie 352 : 129-133.
Description d’un nouveau Volutidé ouest-africain :
Cymbium tritonis (Broderip, 1830) senegalensis subsp. nov.
par Igor Marche-March ad *
Abstract. — Description of a new subspecies of the west african genus Cymbium, C. tritonis
(Broderip, 1830) senegalensis subsp. nov.
Description
Coquille de grande taille (jusqu’à 300 mm), cylindro-ovoïde, composée de deux tours
et demi le dernier recouvrant tous les autres. Protoconque peu saillante entourée d’une
rampe suturale à bords relevés, s’élargissant rapidement en forme de cratère, ce qui donne
à la coquille une silhouette tronquée.
Surface de la coquille lisse, parcourue de stries de croissance serrées, plus ou moins
nettes. Enduit calleux, mince et transparent, recouvrant la zone pariétale, le bord columel-
laire et une bonne partie de la fasciole.
Ouverture ovale-allongée. Encoche siphonale assez profonde. Labre incurvé aux deux
extrémités, mince et tranchant, subrectiligne dans sa partie moyenne, remontant très au-
dessus du sommet, en pavillon. Bord columellaire faiblement flexueux, muni de trois plis
obliques lamelliformes, de couleur blanche aux intervalles orange. Easciole nettement
délimitée. Coloration externe rosâtre ou brun-jaune (couleur de base) avec un periostracum
brun-olive.
Intérieur de l’ouverture rose pâle ou ocré. Cerne plus soutenu à la pointe de la colu-
melle et en bordure de l’échancrure siphonale
Pigmentation de l’animal vivant : tête et siphon d’un beau noir, maculés de blanc
de rouge et de jaune. Le pied est de couleur rouge-brique uniforme, plus clair sur la sole.
Radula : unisériée, composée de dents rachidiennes tricuspides à pointes subégales
(sous-genre Cymbci s.s., Marciie-Marciiad, 1974).
Biologie
Comme la totalité de ses congénères C. tritonis senegalensis est ovovivipare. Les larves
sont incubées dans la glande pédieuse ventrale transformée en poche incubatoire (Marche-
Marchad, 1968). Les « portées » sont de 12 à 23 larves, mesurant 30 à 35 mm de long,
Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, 55, rue de Buffon, 7501)5 Paris.
nov.
Fig. 2. — C. tritonis senegalensis , individu vivant vu pai* l’extrémité céphalique.
Fig. 3. — C. pepo (Lightfoot, 1786) vivant, même orientation que la figure 2.
La coloration des téguments est uniforme.
Fig. 4. — Deux larves néonates de C. tritonis senegalensis et trois de C. pepo.
Noter la différence de taille et de coloration des téguments et de la coquille.
— 132 —
ayant l’aspect de petits adultes et munis au moment de leur expulsion d'un vélum flasque
et non fonctionnel.
Comme la totalité de ses congénères C. tritonis senegalensis est carnassier et se nourrit
de Mollusques lamellibranches et gastropodes.
I ) IS T KIB U TIO N B ATH Y MÉTRIQUE
C. tritonis senegalensis vit dans l’étage infralittoral entre 4 et 40 m de profondeur
sur des fonds de sable coquillier et de gravier.
Distribution géographique
Jusqu'à plus ample informé C. tritonis senegalensis est localisé aux rivages du Sénégal :
baie de Corée (populations clairsemées, notamment dans l’anse de Bel-Air d’où provient
l’holotype) et surtout « Petite Côte ».
L’holotype est conservé au Muséum national d’Histoire naturelle. Ses dimensions sont :
long. 175 mm, larg. 93 mm.
Rapports et différences
L’espèce décrite par Broderip (1830) sous le nom de C. tritonis devient ipso facto
pour les Systématiciens la sous-espèce nominative C. tritonis tritonis. C’est une forme
plus septentrionale, dont Faire de distribution débute au cap Blanc (Mauritanie) pour
s’étendre vers le nord où sa limite n’est pas connue avec précision.
Broderip, puis Paluary (1930) ont fort bien décrit et figuré sa coquille. Cette sous-
espèce diffère de C. tritonis senegalensis par la forme de l’extrémité apicale dont la crête
est nettement infléchie vers l’intérieur, pouvant ainsi surplomber et masquer en partie
la protoconque, par la coloration généralement plus pâle de l’ouverture de la coquille et
surtout par l’éclatante polychromie des téguments du pied où domine le vert, le bleu et
le rouge.
Fig. 5. — Une dent de la radula de C. tritonis senegalensis.
— 133 —
Les deux sous-espèces sont fréquemment confondues avec C. pepo Lightfoot, dont elles
diffèrent pourtant par de nombreux caractères. Cette dernière possède une coquille nette¬
ment arrondie, quatre plis à la columelle, des téguments de couleur unie tirant générale¬
ment sur le gris, un nombre de larves qui oscille entre 6 et 10 par portée, de forme et de
teinte différentes de celles des C. tritonis et nettement plus grandes (jusqu’à 55 mm).
L’espèce récemment décrite Cymbium caputvelatum Bruynseels, 1975, paraît être une
forme « composite », incluant plusieurs espèces distinctes et déjà connues. La pigmentation
des téguments est identique à celle de C. tritonis tritonis et Van Goethem (1976) consi¬
dère ce taxon comme un synonyme junior de C. tritonis Broderip, opinion à laquelle nous
souscrivons (ex visu typi).
Nous avons publié dans La Conchiglia (1977) des photographies en couleurs d’indi¬
vidus vivants de 6 espèces du genre Cymbium, avec leurs larves pour la plupart, et parmi
elles C. tritonis tritonis et C. tritonis senegalensis subsp. nov. (fig. 14, 15 et 17). Ces photo¬
graphies font bien ressortir les différences remarquables dans la pigmentation des téguments
de ces deux sous-espèces qui ne peuvent être confondues entre elles, pas plus qu’avec
C. pepo, qui a été également figuré.
RÉFÉRENCES CITÉES
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werby, Species Conchyliorum..., I (1) : 1-7, fig. 1-9. London.
Bruynseels, J. K., 1975. — Genus Cymbium Rôding 1798, een revisie/a révision. Antwerp (Glo¬
ria-Maris ed.).
Marche-Marchad, I., 1968. — Un nouveau mode de développement intracapsulaire chez les
Mollusques Prosobranehes Néogastropodes : l’incubation intrapédieuse des Cymba. C. r.
Iiebd. Séanc. acad. soi., Paris, 266 : 706-709.
— 1977. - Remarks on the biology, ecology and systematic of the genus Cymbium Rôding,
1798. La Conchiglia, n° 104-105 : 3-9, 15 fig.
N.R. : Une erreur fâcheuse s’est glissée lors de la mise en page de cet article. La ligure, d’ailleurs non
numérotée, représente Phototype de Cymbium tritonis senegalensis , forme qui fait l’objet de la présente
note, et non pas Cymbium glans (Gmelin, 1791). Cette photographie ne devait pas figurer dans la revue
italienne.
Pallary, P., 1930. — Révision du genre Yetus. Annls Mus. Hist. nat. Marseille, 22 (3) : 52-78,
pl. 1-2.
Van Goethem, J. L., 1976. — A note on the révision of the genus Cymbium Rôding, 1798, by
J. K. Bruynseels. 1975. Basteria, 40 : 123-126.
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79 pl. cartes.
Manuscrit déposé le 7 novembre 1977.
Bull. Mus. nain. Ilist. nat., Paris , 3 e sér., n° 513, mars-avril 1978,
Zoologie 352 : 135-147.
Nouvelles données morphologiques sur des Nématodes
Trichostrongyloides des collections
du United States National Muséum
par Marie-Claude Durette-Desset *
Résumé. — Description du synlophe de Nematodirus lamae Becklund, 1963, et des espèces-
types suivantes :
1. Molineidae : Arioplostrongylinae : Biacantha desmoda Wolfgang, 1954; Bidigiticauda vivi-
para Chitwood, 1938; Bradypostrongylus panamensis Price, 1928. — Nematodirinae : Lamanema
chavezi Becklund, 1963.
2. Heligmosomidae : Ornithostrongylinae : Allintoshius nycticeius Chitwood, 1937. — Vian-
naiinae : Vexillata vexillata (Hall, 1916).
3. Heligmonellidae : Pudicinae : Stunkardionema halla Arnold, 1941.
4. Trichostrongvlidae : Libyostrongylinae : Obeliscoid.es cuniculi (Graybill, 1923). Pseudoster-
tagia builosa (Ransom et Hall, 1912). — Graphidiinae : Parostertagia heterospiculum Schwartz
et Alicata, 1933. — Haemonchinae : Biogastranema leporis Rohrbacher et Ehrenford, 1954.
Dans de nombreux cas, la connaissance de cet appareil permet une interprétation de la place
zoologique et des affinités du genre considéré.
Abstract. — Morphological new data on Trichostrongyloidea Nematod.es from United States
National Muséum Helminthological Collection. — Description of the synlophe of Nematodirus lamae
Becklund, 1963 and of the following type species :
1. Molineidae : Arioplostrongylinae : Biacantha desmoda Wolfgang, 1954 ; Bidigiticauda vivi-
para Chitwood, 1938 ; Bradypostrongylus panamensis Price, 1928. — Nematodirinae : Lamanema
chavezi Becklund, 1963.
2. Heligmosomidae : Ornithostrongylinae : Allintoshius nycticeius Chitwood, 1937. — Yian-
naiinae : Vexillata vexillata (Hall, 1916).
3. Heligmonellidae : Pudicinae : Stunkardionema halla Arnold, 1941.
4. Trichostrongvlidae : Libyostrongylinae : Obeliscoides cuniculi (Graybill, 1923), Pseudo-
stertagia builosa (Ransom et Hall, 1912). fe- Graphidiinae : Parostertagia heterospiculum Schwartz
et Alicata, 1933. — Haemonchinae : Biogastranema leporis Rorhbacher et Ehrenford, 1954.
In numerous cases, the knowledge of this apparatus allows us to give a new interprétation
of the zoological position and of tire relations between this genus and the others.
Introduction
Il apparaît clairement depuis plusieurs années que le synlophe, c’est-à-dire le système
d’arêtes cuticulaires longitudinales qui assure la fixation du Nématode à la muqueuse
* Laboratoire de Zoologie] (Vers), associé, au CNRS, Muséum national d’Histoire, naturelle, 43, rue
Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
— 136 —
intestinale de son hôte, est un élément essentiel pour la phylogénie et la classification des
Trichostrongyloidea.
Cet appareil n'ayant pas été pris en considération dans les descriptions classiques,
il devient essentiel de le connaître chez les espèces-types des genres actuellement reconnus.
Pour être complet, cet examen nécessite le prélèvement d’un segment haut de quelques
pm dans la partie moyenne du corps de l’animal, ce qui revient à effectuer une section
de celui-ci. Cet examen est donc impossible sur des holotypes ou des allotypes. Dans ce
cas cependant, le simple examen in loto permet parfois d’avoir une idée approximative
mais suffisante de l’appareil étudié.
Grâce à l’extrême obligeance du Dr. J. Ralph Lichtenfels que nous remercions très
vivement, nous avons obtenu communication du matériel provenant des collections du
United States National Muséum (Animal Institute, Beltsville, Maryland). La présente note
a pour objet de décrire de façon plus ou moins complète le synlophe des spécimens-types
ou de spécimens identifiés, sans hésitation, aux spécimens-types des genres suivants :
Allintoshius Chitwood, 1937, Biacantha Wolfgang, 1954, Bidigiticauda Chitwood, 1938,
Biogastranema Rohrhacher et Ehrenford, 1954, Bradypostrongylus Price, 1928, Lamanema
Becklund, 1963, Obeliscoides Graybill, 1924, Parostertagia Schwartz et Alicata, 1933,
Pseudostertagia Orlolf, 1933, Stunkardionerna Arnold, 1941, Vexillata (Hall, 1916).
Biacantha desmoda Wolfgang, 1954
Hôte : Desmodus rufus.
Localisation : intestin.
Origine géographique : Trinidad.
Matériel : fragments (types) n° 48791
1953.
récoltés par Cameron et déterminés par Wolfgang
en
Synlophe : Le corps est parcouru par 28 crêtes cuticulaires orientées perpendiculaire¬
ment à la paroi du corps et espacées de façon régulière sauf les trois crêtes situées en face
des champs latéraux qui sont davantage resserrées (fig. 1, G).
Conclusion
L’interprétation des quatre genres de Trichostrongyloides parasites de Chiroptères
qui ont le bord postérieur des lèvres armé de crochets, reste difficile. Le synlophe de Bia¬
cantha est d’un type « Molineus » peu modifié. Cela ne nous apprend donc rien sur le mono
ou le polyphylétisme entre les formes de l’Ancien Monde ou celles du Nouveau Monde.
En ce qui concerne les deux genres sud-américains, l’existence d’un synlophe chez
Biacantha qui disparaît chez Histiostrongylus dont l’armature céphalique est plus évoluée
n’est pas incompatible avec l’hypothèse que nous avions formulée sur la disparition du
synlophe chez les formes qui acquièrent un appareil de fixation céphalique.
Fig. 1. — Allintoshius nycticeius Chitwood, 1937 : (J. A, tête, vue latérale droite ; B, extrémité antérieure,
vue latérale gauche ; C, coupe transversale au milieu du corps ; D, bourse caudale vue ventrale ; $. E,
extrémité postérieure, vue latérale gauche ; F, région de l’ovéjecteur, vue latérale gauche. Biacantha
desmoda Wolfgang, 1954 : G, coupe transversale au milieu du corps. Biogaslranema leporis Rochbacher
et Ehrenford, 1954: Ç. H, tête, vue latérale gauche ; I, détail des crêtes cuticulaires en face du champ
latéral gauche ; J, coupe transversale au milieu du corps ; K, bourse caudale, vue ventrale.
513, 3
— 138 —
Bidigiticauda vivipara Chitwood, 1938
Hôte : Chauve-Souris.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Puy Cave Oxkutzcab, Yucatan, Mexique.
Matériel : 1 cotype n° 42478 récolté par Pearsk en 1936 et déterminé par Chitwood la même
année.
Synlophe : Nous n’avons pas eu la possibilité de pratiquer une coupe de corps de
l’animal. Apparemment il n’existe pas de crêtes cuticulaires.
Conclusion
Les genres Cheiropteronema Sandground, 1929, et Bidigiticauda sont proches l’un de
l’autre et correspondent à une hyperévolution particulière liée à l’adaptation aux Chirop¬
tères frugivores. L’hypothèse de cette étroite parenté n’est pas incompatible avec les carac¬
tères fournis par le synlophe puisque Cheiropteronema a un synlophe presque atrophié
formé de nombreuses ondulations et non de véritables crêtes (cf. Durette-Desset et
Tcheprakoff, 1977) et que Bidigiticauda n’a plus aucun synlophe perceptible.
Bradypostrongylus panamensis Price, 1928
Hôte : Bradypus sp.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : non précisée.
Matériel : 1 cotvpe n° 27 002, récolté par H. \V. Brown en 1926 et déterminé par E. W. Price
en 1927.
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par deux ailes cuticulaires laté¬
rales hautes de 45 pm (fig. 2, A).
Conclusion
Le synlophe, constitué simplement de deux ailes latérales, peut donc être rapproché
de celui de certains Delicata et Fonlesia (cf. Durette-Desset, Chabaud et Cassone,
1977) et est donc conforme à celui des autres parasites de Xénarthres.
Nematodirus lamae Becklund, 1963
Hôte : Lama parus.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Puno, Pérou, Amérique du Sud.
Matériel : 1 <$, 1 $ paratypes n° 57 287 récoltés par Ch avez en 1959 et déterminés par Becklund
en 1963.
Fig. 2. — Bradypostrongylus panamensis Price, 1928 : (J. A, portion cuticulaire montrant les ailes latérales,
vue sub-dorsale. Lamanema chavezi Becklund, 1963 : <$. B, tête, vue latérale gauche ; C, extrémité anté¬
rieure, naissance des crêtes cuticulaires, vue latérale gauche. Nematodirus lamae Becklund, 1963 :
D, extrémité antérieure, vue ventrale ; E, tête, vue latérale ; F, bourse caudale, vue ventrale. Paro-
stertagia heterospiculurn Schwartz et Alicata, 1933 : G, tête, vue latérale. Pseudostertagia bullosa
(Ransom et Hall, 1912) : Ç, H, tête, vue latérale ; I, coupe transversale au milieu du corps. Hyostron-
gylus rubidus Stiles et Hassal, 1893 : (J n° 1267 coll. Muséum, Paris, parasite de l’estomac d’un Sus
scrofa originaire de Washington, $. J, coupe transversale au milieu du corps. Stunkardionema halla
Arnold, 1941 : Ç. K, portion cuticulaire montrant la disposition des arêtes, vue dorsale ; L, extrémité
postérieure, vue latérale droite.
— 140 —
Synlophe : Comme l’a noté l’auteur, le corps est parcouru par environ 40 crêtes cuti-
culaires qui d’après l’étude de l’animal in toto doivent être orientées perpendiculairement
à la paroi du corps.
Tête : Il existe un anneau buccal haut de 4,5 ji.m (fig. 2, E).
Conclusion
Par l’absence de dent œsophagienne et par l’existence d’un tronc commun aux côtes 8
et 9 qui reste perceptible, l’espèce se présente comme un Nematodirus relativement primitif.
Lamanema chavezi Becklund, 1963
Hôte : Lama pacos.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Puno, Pérou, Amérique du Sud.
Matériel : 1 paratvpe n° 60 136, récolté par Chavf.z en 1959 et déterminé par Becklund
en 1963.
Synlophe : Comme l’a noté Becklund, il existe une quarantaine de crêtes cuticulaires.
Elles débutent en arrière de la vésicule céphalique (fig. 2, C) et s’étendent jusqu’au niveau
de la bourse caudale chez le mâle. D’après l'étude de l’animal in toto, ces crêtes doivent
être orientées perpendiculairement à la paroi du corps.
Tête : En plus de la dent œsophagienne signalée par l’auteur, nous avons observé
un petit anneau buccal haut de 6 jim (fig. 2, B).
Conclusion
La structure du synlophe (crêtes cuticulaires orientées perpendiculairement à la paroi
du corps) permettrait de ranger ce genre soit parmi les Trichostrongylidae soit parmi les
Molineidae.
Chez les Trichostrongylidae, seuls les Cooperinae possèdent une vésicule céphalique et
dans ce cas, la bourse caudale est d'un type particulier, les côtes ventrales 2 et 3 formant
une pince et les côtes 4 étant presque toujours aussi longues que les côtes 5. De plus, chez
les espèces dont le synlophe est connu, le nombre de crêtes cutitulaires reste peu élevé.
11 nous paraît donc préférable de classer le genre dans les Molineidae, ce qui est conforme
en particulier à la brièveté de la côte 4 et à la morphologie des spiculés.
Chez les Molineidae, l’existence de la dent œsophagienne évoque immédiatement les
Nematodirinae. Nous interprétons donc le genre Lamanema comme une forme de transi¬
tion entre Molineinae et Nematodirinae.
— 141 —
Allintoshius nycticeius Chitwood, 1937
Hôte : Nycticeius humeralis.
Localisation : intestin.
Origine géographique : Washington DC, USA.
Matériel : 1 1 2 n° 42 464 récoltés par Allen Mc Intosh en 1932 et déterminés par G. B. Chit¬
wood en 1936.
Synlophe : Chez le mâle, le corps est parcouru longitudinalement par 13 crêtes cuti-
culaires dont 7 dorsales et 6 ventrales. La pointe des crêtes est orientée de la droite vers
la gauche. Les crêtes ventrales sont les plus développées (fig. 1, C).
Tête : Présence d’un anneau buccal haut de 2 [im (fig. 1, A).
Mâle : Longueur : 2,5 mm ; largeur : 50 jim ; vésicule céphalique : 65 pm de haut sur
30 pm de large ; anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés à 100 pm, 155 pm et
160 pm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 215 pm (fig. 1, B) ; bourse caudale figurée
en 1, D.
Femelle : Longueur : 5 mm ; largeur : 80 pm ; vésicule céphalique : 60 pm de haut
sur 30 pm de large ; anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés à 115 pm, 225 pm
et 235 pm de l’extrémité antérieure ; œsophage : 310 pm.
Vulve située à 1 mm de la pointe caudale. Vagina fera : 32 pm ; branche antérieure
de l’ovéjecteur : vestibule : 85 pm ; sphincter : 17 pm ; trompe : 50 pm ; branche utérine
antérieure : 500 pm avec 5 œufs hauts de 80 pm sur 42 pm de large ; branche postérieure
de l’ovéjecteur : vestibule : 85 pm ; sphincter : 17 pm ; trompe : 70 pm ; branche utérine
postérieure : 350 pm avec 3 œufs ; il existe une petite aile prévulvaire gauche (fig. 1, F) ;
queue longue de 130 pm avec pointe caudale de 15 pm (fig. 1, F).
Conclusion
La connaissance du synlophe de l'espèce-type d’Allintoshius nous permet de confirmer
la mise en synonymie du genre Par allintoshius Araujo, 1940 (cf. Durette-Desset et Cha-
baud, 1975). Ce genre fait partie de la lignée caractérisée par l’orientation de la pointe
des arêtes de la droite vers la gauche.
Vexillata vexillata (Hall, 1916)
Hôte : Perognathus hispidus.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Waco, Texas USA.
Matériel : 1 1 Ç n° 66271, récoltés par J. A.
en 1968.
M F.ADOWS
et
déterminés
par
Lien te ni lis
d.
Fig. 3. — Vexillata vexillata (Hall, 1916) : $. A, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, coupe trans¬
versale au milieu du corps. Obeliscoides cuniculi (Graybill, 1923) : $. C, extrémité antérieure, vue laté¬
rale gauche ; D, id., montrant la naissance des crêtes cuticulaires ; E, tête, vue latérale gauche ; F, détail
du pore excréteur et des deirides, vue ventrale ; G, coupe transversale au milieu du corps ; H, détail
des crêtes cuticulaires en face du champ dorsal ; I, queue, vue latérale droite ; J, détail des crêtes
cuticulaires en face du champ latéral gauche ; K, bourse caudale, vue ventrale.
— 143 —
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par 12 arêtes cuticulaires dont
la pointe est orientée de la droite vers la gauche. Les 2 arêtes gauches sont les plus déve¬
loppées. Les autres arêtes sont de taille subégale sauf la deuxième arête dorsale en partant
de la gauche et l’arête ventrale adjacente au champ latéral droit (fig. 3, B). Les arêtes
débutent derrière la vésicule céphalique (fig. 3, A) et s’étendent jusqu’au niveau de la
bourse caudale chez le mâle et de la vulve chez la femelle.
Conclusion
Le genre Vexillata (Hall, 1916) a été scindé en deux groupes par Durette-Desset,
1971. Le premier groupe est caractérisé par une côte dorsale profondément divisée, et par
12 arêtes orientées de la ligne droite, ventrale droite vers la gauche. Le second groupe est
caractérisé par une côte dorsale divisée à l’apex, 11 arêtes et un axe d’orientation frontal.
La connaissance du synlophe de l’espèce-type permet de confirmer son appartenance
au premier groupe, ce que suggérait la morphologie déjà connue de la côte dorsale.
Stunkardionema halla Arnold, 1941
Hôte : Sylvilagus floridanus alacer.
Sylvilagus floridanus mallurus.
Localisation : duodénum.
Origine géographique : Kansas et New York, USA.
Matériel : 1 1 $ paratypes, n° 36 771 (sur lames) déterminés par J. G. Arnold en 1941.
Synlophe : Son étude a été faite sur l’animal in toto. Nous avons pu cependant observer
qu’il existe une double arête gauche, 5 arêtes ventrales et 5 arêtes dorsales. La pointe des
arêtes est dirigée de la droite vers la gauche pour les deux faces. Les arêtes ne sont pas
interrompues (fig. 2, K).
Femelle : Nous avons pu observer qu’il s’agit non pas d’une forme didelphe mais mono-
delphe (fig. 2, L).
Conclusion
Le type de synlophe correspond à celui du genre Heligmostrongylus Travassos, 1917
(Arnir Durette-Desset, 1971). Étant donné que, d’une part, la femelle est monodelphe et
que, d’autre part, la description de l’espèce par Arnold est conforme aux caractères du
genre Heligmostrongylus, nous proposons de mettre le genre Stunkardionema en synonymie
A'Heligmoslrongylus. Stunkardionema halla Arnold, 1941, devient Heligmostrongylus hallus
(Arnold, 1941) n.cb. Dans cette interprétation, il s’agit d’un genre parasite de Caviomorphes,
qui se serait adapté aux Lagomorphes.
— 144 —
Obeliscoides cuniculi (Gravbill, 1923)
Hôte : Marmota monax « Woodchuck ».
Localisation : non précisée.
Origine géographique : Central Pennsylvania, USA.
Matériel : 1 <$, 1 $ n° 66 381, récoltés par Beaudouin en 1966 et déterminés par M. B. Chit-
wood en 1968.
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par des crêtes cuticulaires qui
débutent à différents niveaux en arrière de la tète (fig. 3, D) et disparaissent à environ
300 pm en avant de la bourse caudale chez le mâle, au niveau de l’anus chez la femelle.
Chez la femelle que nous avons coupée au milieu du corps, les crêtes sont au nombre
de 68. Elles se présentent sous forme d’ondulations, soutenues par un léger axe chitinoïde.
Les crêtes sont, espacées régulièrement mais les latérales sont plus serrées (fig. 3, G, H, J).
Tête : Présence d’un anneau buccal haut de 9,5 pm (fig. 3, E).
Mâle : Nous donnons un dessin de la bourse caudale pour montrer la « pince » que
forment les côtes 2 et 3 (fig. 3, K).
Femelle : Nous avons observé une torsion de la queue de 90° par rapport à la vulve.
La queue est pointue (fig. 3, I).
Conclusion
En accord avec l’auteur, nous rangeons ce genre dans les Trichostrongylidae. La dis¬
position des côtes ventrales place l’espèce dans la lignée Libyostrongylinae — Cooperiinae,
mais le synlophe à peine différencié et la présence d’un anneau buccal sont des caractères
primitifs qui placent le genre dans les Libyostrongylinae. La réduction de la côte dorsale
et le nombre assez élevé de crêtes cuticulaires semblent indiquer cependant une évolution
plus poussée que chez les Libyostrongylinae de l’Ancien Monde.
Pseudostertagia bullosa (Ransom et Hall, 1912)
Hôte : Odocoileus hemionus « mule deer ».
Localisation : non précisée.
Origine géographique : Garfield, Co., Montana, USA.
Matériel : 1 n° 66 645 récolté et déterminé par D. E. Worlev en 1968 et 1970.
Hôte : Ovis aries.
Localisation : non précisée.
Origine géographique : Clay Center, Nebraska, USA.
Matériel : 1 Ç n° 59 039 récoltée par R. A. Knight en 1967 et déterminée par W. W. B. Knight
and W. W. Becklund en 1969.
— 145 —
Synlophe : Le corps est parcouru par des arêtes cuticulaires qui naissent au niveau
de l’hypoderme (fig. 2, I). Chez la femelle, ces arêtes sont au nombre de 31, espacées régu¬
lièrement, mais les arêtes situées en face des champs latéraux sont plus serrées. La pointe
des arêtes est orientée perpendiculairement à la paroi du corps. Les arêtes débutent en arrière
de la tête et s’étendent jusqu’au niveau de la bourse caudale chez le mâle.
Tête : 11 n’existe ni anneau buccal, ni vésicule céphalique (fig. 2, H).
Conclusion
Ce synlophe comprend des arêtes qui nous semblent d’un type particulier car elles
prennent naissance dans l’hypoderme au lieu d’être seulement incluses dans l’épaisseur de
la cuticule.
Nous avons observé des synlophes d’un type comparable chez Pararhabdonema longis-
triata Kreis, 1945, parasite d’un Lemurien malgache et Chabaudstrongylus dubosti (Durette-
Desset et Chabaud, 1974) Durette-Desset et Denké, 1978, parasite d’un Tragule africain.
Ces trois formes constituent donc un ensemble archaïque et comme l’ont indiqué
Chabaud et Chocquet, 1955, il est très vraisemblable qu’ Antilocapra est l’hôte véritable
de Pseudostertagia.
Nous interprétons donc ces trois genres comme des formes reliques faisant partie de
la lignée Libyostrongylinae.
Parostertagia heterospiculum Schwartz et Âlicata, 1933
Hôte : Tayassus tajacu.
Localisation : intestin grêle.
Origine géographique : Kingsuille, Texas, USA.
Matériel : 1 1 $, n° 66 250 récoltés et déterminés par W. M. Samuel en 1967.
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par environ 20 arêtes cuticulaires
qui débutent en arrière de la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’au niveau de la bourse
caudale chez le mâle et de l’anus chez la femelle. Ces arêtes sont probablement orientées
perpendiculairement à la paroi du corps mais nous ne pouvons sur l’animal in toto préciser
si elles s’insèrent sur l’hypoderme ou s’il s’agit de simples replis cuticulaires comme chez
Molineus par exemple.
Tête : Il existe un anneau buccal très mince, haut de 4 p.m (fig. 2, G).
Conclusion
D’après l’examen partiel que nous avons pu en faire, le synlophe paraît proche de celui
du genre Hyostrongylus, mais le nombre d’arêtes est inférieur. L’absence de vésicule cépha¬
lique, l’existence d’un léger anneau buccal, le nombre des arêtes sont trois éléments qui
— 146 —
paraissent indiquer que Parostertagia, bien que proche, est légèrement plus primitif que
Hyostrongylus rubidus Hassal et Stiles, 1892. Hyostrongylus gabonensis Durette-Desset et
Cliabaud, 1974, a une vésicule céphalique comme rubidus, un nombre d’arêtes intermé¬
diaire entre Parostertagia et rubidus, et un anneau péribuccal très bien marqué (fig. 2, J).
Nous avons donc un ensemble de trois espèces : Parostertagia heterospiculum parasite
du Pécari en Amérique du Nord, Hyostrongylus gabonensis parasite d’un Tragule africain
et H. rubidus parasite de Suidés, cosmopolite.
Les deux premières espèces sont plus primitives que la troisième et le fait qu’elles
appartiennent à deux continents différents devient explicable si l’on sait que des fossiles
de la lignée Pécari existent un peu partout dans le monde, y compris l’Afrique.
Ces trois formes nous paraissent donc avoir un intérêt exceptionnel car, dans notre
interprétation, elles correspondent au passage entre Graphidiinae et Ostertagiinae. Ceci
semble indiquer que cette évolution a eu lieu en Afrique.
Biogastranema leporis Rohrbacher et Ehrenford, 1954
Hôte : Lepus californicus.
Localisation : non précisée.
Origine géographique : Davis, California, USA.
Matériel : 1 $, 1 Ç, n° 66 171, récoltés par Y. P. Douglas et déterminés par M. B. Chitwood.
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par 47 crêtes cuticulaires orientées
perpendiculairement à la paroi du corps. Les crêtes sont espacées régulièrement mais de
façon plus serrée sur les faces latérales (fig. 1, I, J).
Tête : Présence d’une capsule buccale haute de 10 pm et d’une dent dorsale (fig. 1, H).
Conclusion
Nous interprétons ce genre comme un Haemonchinae primitif car la réduction de
la côte dorsale est apparente mais moins prononcée que chez Haernonchus et la côte 2
reste relativement importante par rapport à la côte 3.
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Manuscrit déposé le 24 mars 1977.
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Zoologie 352 : 149-152.
Myriapodes Diplopodes de la région d’Abidjan
(forêt de Téké), Côte d’ivoire
Description d’une espèce nouvelle
par Jean-Marie Démangé *
Abstract. — A new collection of Myriapoda-Diplopoda from the Téké forest (IvoryCoast)
is studied and a new speeies from Mt Nimba : implicatus belonging to the genus Involverostreptus
is described.
La nouvelle collection rassemblée par notre collègue A. Aouti, de la Faculté des Sciences
d’Abidjan, dans la forêt de Téké, apporte des documents nouveaux et complémentaires
sur la faune de cette forêt primaire dégradée. Une récolte a été faite dans une plantation
d’Hévéas à Lamé.
Une nouvelle espèce est décrite appartenant à un genre créé récemment du mont
Nimba, Côte d’Ivoire-Guinée. Il s’agit de /nvolveroslreptus implicatus nov. sp.
Liste des espèces étudiées
Spirostreptoidea
Involverostreptus implicatus nov. sp. : Forêt de Téké, 18.1.1974, holotype : 52/1, $ allotype :
53/1 (paratypes J 1 et Ç) ; 25.1.1974, : 51/1, 52/1, Ç : 51/1.
Peridontopi/ge vachoni Dem. : Forêt de Téké, 18.1.1974, J 1 : 63/1 ; 25.1.1974, $ : 63/1, 64/1,
64/1, 65/1, $ : 63/1, 64/1.
Guviogonus lobifer Dem. et Maur. : Forêt de Téké, 25.1.1974, : 33/2, 34/2, 34/2, 34/2, Ç :
34/2, 34/2, 34/2, 34/2, 34/2, 35/2, $ juv. : 34/2, 32/3, 32/3, 32/3.
Polydesmoidea
Pterodesmus brownellii Cook : Plantation de Lamé, Hévéas, 4.IV.1974, 1 3 $.
La présence des espèces citées en forêt de Téké n’appelle aucun commentaire du point
de vue biogéographique car en dehors de Pterodesmus brownellii Cook signalé de Guinée,
du Liberia, de Sierra Leone, nouveau pour la Côte d’ivoire, les autres espèces sont tou¬
tes originaires de la région. Peridonlopyge vachoni Dem. est décrit d’Abidjan et Guviogonus
lobifer Dem. et Maur. de Côte d’ivoire également (Nimba).
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue de Bufjon, 75005
Paris.
— 150 —
Involverostreptus implicatus nov. sp.
Holotype 52/1 anneaux. Petite espèce ; diamètre du corps 1,5 à 2 mm, longueur 25
à 28 mm.
Coloration, dans l’alcool, gris bleuâtre.
Tête sans particularité. Collum à lobes latéraux à angle antérieur saillant en arrondi
vers le bas ; deux profondes dépressions anguleuses sur la surface.
Anneaux du corps sans particularité. Appendices avec petites soles transparentes sur
les premières paires de pattes seulement.
Première paire de pattes sans trace de télopodite ; seul est présent l’article proximal
Fig. 1-6. — 1, Coxoïde des gonopodes, face orale ; 2, coxoïde, face caudale ; 3, extrémité du télopodite des
gonopodes, vue de profil ; 4, extrémité vue de dessus ; 5, P. 1 du face caudale ; 6, P. 1 du <J, face
orale.
— 151 —
modifié en longue tigelle robuste portant, à son extrémité, une minuscule saillie conique
brunâtre (fig. 5 et 6). Tablier coxosternal volumineux ; une grande partie indivise ; une
trace médiane nettement visible de la coalescence des coxoïdes.
Pygidium à surface rugueuse, court avec une nette arête longitudinale. Valves globu¬
leuses avec une profonde gorge prémarginale.
Gonopodes très complexes, à coxoïdes volumineux, pourvu de multiples lamelles
translucides, à télopodite court, lamellaire, à extrémité distale portant de nombreuses
lamelles.
Coxoïdes trapus, à sommet brusquement différencié ; face orale, un talon latéral externe
saillant marque une large lamelle rabattue en oblique et couvrant le sommet (m) (fig. 1
et 2). Une seconde lamelle (ri) verticale semi-lunaire, issue du bord latéral interne et une
lamelle (o) qui s’y rattache perpendiculairement se rabat sur la première. Le point de croi¬
sement se situe au niveau du second feuillet coxal.
Face caudale, le coxoïde est armé d’une longue branche verticale (p) épanouie en
palette translucide (fig. 2) ; à sa base, côté interne, se développe un robuste crochet dont
la pointe se dirige vers la base (c) ; c’est la continuation de la lamelle interne de la face
orale (o) disposée perpendiculairement. La lamelle n de la face orale, porte, face caudale,
une saillie lamellaire (t) à crête dentelée enveloppant le bord du sommet du coxoïde et s’in¬
sérant dans le fond de la gouttière formée par ce sommet lamellaire.
Télopodite très court ; la section située au-delà du sinus de la rainure est très courte
et très remarquablement différenciée (fig. 3).
Vu de dessus, l’extrémité du membre développe deux lames translucides volumineuses s
et w, de part et d’autre d’une épaisse nervure longitudinale. A l’extrémité du télopodite
et dans l’axe longitudinal dorsal, on remarque une large corbeille allongée dont les bords
relevés produisent, de profil, une première petite lame u et une seconde lame plus déve¬
loppée v au bord opposé.
Vu de profil, le rameau séminal (r), très court, flagelliforme est recourbé en S. 11 est
court, situé dans une vaste gorge formée par deux lamelles : une lamelle volumineuse (d)
et une plus petite (r). Cette dernière se recourbe en r dans le sens de la gouttière et développe
une lame perpendiculaire qui se rattache à la lamelle précédente. Cette lame est creusée
d’une encoche supportant l’extrémité du rameau séminal.
La nouvelle espèce est proche de I. schubarti Dem. et Maur. ; on retrouve chez cette
espèce le même coxoïde compliqué de lamelles intriquées les unes dans les autres. Le feuillet
distal de la tigelle caudale (p) est beaucoup plus volumineux chez implicatus et les feuillets
accessoires, comme t notamment, sont de structures différentes. On ne retrouve pas chez
schubarti le crochet c et la lamelle du bord interne est absente ou du moins considérable¬
ment réduite chez schubarti.
Par contre, le nombre des anneaux est le même.
La P. 1 du (J possède un télopodite chez schubarti ; on peut noter que l’absence de ce
télopodite, même chez une paire d’appendices modifiés, est rarissime.
Les différenciations télopodiales sont beaucoup plus simples chez schubarti ; c’est une
simple gouttière dépourvue des lamelles décrites précédemment.
Le genre Involverostreptus renferme trois espèces ; il est donc intéressant de publier
une clef dichotomique pour les reconnaître.
— 152 —
Clef des espèces du genre Involverostreptus
1. Télopodite des gonopodes en une gouttière simple. Rameau séminal libre issu du fond de la
gouttière . 2
— Télopodite des gonopodes en une gouttière compliquée de nombreuses lamelles translucides
enveloppant et dissimulant le rameau séminal. Coxoïdes complexes analogues à ceux de schu-
barti avec appendice vertical subdistal très largement épanoui au sommet en lamelle trans¬
lucide (fig. 1, 2, 3) . 1 . implicatus nov. sp.
2. Feuillets coxaux relativement simples, en deux lamelles enroulées l’une dans l’autre.
1. involutus Dem. et Maur.
— Feuillets coxaux complexes, analogues à ceux de implicatus ; en dehors des deux lamelles de
base entortillées, plusieurs lames secondaires plus petites et un long processus en appendice
vertical subdistal. 1. schubarti Dem. et Maur.
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPH1QUES
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Tonkoui (Côte d’ivoire, Guinée) récoltés par M. Lamotte et ses collaborateurs de 1942 à
1960. Éltude systématique, caractérisation des Diopsiulides africains, révision des Trachvs-
treptini, essai de classification des Cordyloporidae. Annls Mus. r. Afr. cent., Tervuren,
sér. Zool., n° 212 : 1-192.
Démangé, J.-M., et J.-P. Mauriès, 1975. — Diplopodes de la région d’Abidjan, Côte d’ivoire.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., 3 e sér., n° 291, Zool. 201 : 387-399.
Manuscrit déposé le t mars 1977.
Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 513, mars-avril 1978,
Zoologie 352 : 153-155.
Le genre Delamarella Chappuis
et le problème de son statut systématique
(Crustacea, Copepoda, Harpacticoida)
par Branko Bozic *
Résumé. - Mise au point sur le maintien de la famille des Latiremidae Bozic, 1969. Cette
famille inclut le seul genre Delamarella Chappuis, 1953, jusqu’ici incertae sedis, et dont Latire-
mus Bozic, 1969, est un synonyme.
Abstract. - Restatement on the maintenance of the family Latiremidae Bozic, 1969. This
family includes onlv the hitherto incertae sedis genus Delamarella Chappuis, 1953, of whieli f.ati-
remus Bozic, 1969, is a synonvm.
Depuis la découverte du premier représentant du genre Delamarella par Chappuis
en 1953, D. arenicola , deux autres ont été décrits sous le même nom générique : karamani
Petkovski (1957) et galateae Cottarelli (1971), tandis qu’un quatrième, qui ligure sous le
nom de Latiremus eximius Bozic, 1969, devra rejoindre les autres. Dans les quatre cas
lors de la description de la nouvelle espèce, les auteurs ont renoncé à tout classement dans
Lune des 32 familles que compte le groupe.
Ce petit ensemble d’espèces se présente comme très homogène, les différences qui
séparent ses membres sont minimes et l’établissement d’une clé de détermination ne s’im¬
pose pas encore. Les distinctions portent sur les points suivants :
— Antennule. A neuf articles chez karamani et galateae, à huit chez arenicola et L. eximius.
— PI. Exopodite bi-articulé ; endopodite sans soie interne au 1 er article chez les trois Dela¬
marella ; trois articles à la rame externe et présence de la soie à la rame interne chez Latiremus.
— P4. Endopodite bi-articulé chez arenicola, tri-articulé chez les autres.
— P5. Présence d’épmes foliacées chez galateae.
— Opercule. A 15 dents chez karamani, à 10 chez arenicola et galateae lisse chez L. eximius.
Ce peu de diversité dessert évidemment la recherche des affinités, en accentuant la
coupure qui sépare ces formes de toutes les autres. On se trouve en présence de deux compo¬
sants qui, dans les grandes lignes, caractérisent la morphologie de ces animaux ; d’une
part la conformation relativement réduite de certains caractères : appendices buccaux et
natatoires qui conservent, à côté d’une chétotaxie réduite, leur aspect neutre, primitif,
de l’autre, apparition d’une modalité de spécialisation « inédite » de l’exopodite de P4 du
* Muséum national d’Histoire naturelle , laboratoire de Zoologie (Arthropodes) et Ecole Pratique des
Hautes Études, laboratoire de Carcinologie et d'Océanographie biologique, 61, rue de Bufjon, 75005 Paris.
513, 4
154 —
mâle. 11 y a là, en somme, coexistence du banal, que l'on trouve partout, avec l’exceptionnel,
que l’on ne trouve nulle part ailleurs.
En décrivant une forme de La Réunion, j’avais été amené à créer le genre Latiremus
à la suite d’une regrettable bévue ; il est évident que ce nom est synonyme de Delamarella
et je ne puis que me joindre à la constatation exprimée par Bodin (1975, 1976). Malgré
l’avis de Wells (1976), qui estime qu’il serait préférable de conserver la distinction géné¬
rique jusqu’à une plus ample étude, je pense pour ma part que le genre Latiremus n’est
pas valide et que l'espèce de La Réunion doit être désignée sous le nom de Delamarella
eximia. Ce changement figure déjà dans l’Additif n° 2 du catalogue de Bodin (1975).
Après un réexamen aussi soigneux que possible des affinités supposables, je dois recon¬
naître ne pas avoir obtenu un meilleur succès que dans mon premier essai. Ainsi, le même
tvpe de PI se retrouve aussi bien chez des Thalestridae que chez des Ameiridae ou des Can-
thocamptidae, familles pourtant bien éloignées les unes des autres dans le schéma phyléti-
(jue avancé par Lang. Mais c’est l’absence de toute trace d’un dimorphisme sexuel aux
endopodites des pattes natatoires qui empêche les tentatives de rapprochement avec des
familles, telles les Thalestridae, où ce caractère est dominant. La coalescence complète des
deux rames de la P5 rend également inutilisable ce si important caractère. En cherchant
bien, on peut remarquer chez des Canthocamptidae — et c’est, je crois, le seul exemple -—
l’apparition de formations atypiques sur les articles terminaux des rames externes P2-P4
chez le mâle, sous forme d’épines assez modifiées et qui ne sont pas sans rappeler les « cornes »
homologues des Delamarella. Mais la constatation d’une vague tendance ne saurait entamer
la barrière qui limite le genre de tout côté.
La description d'une espèce et d’un genre nouveaux, P rotolatiremus sakaguchii par
Itô (1974) ne me semble pas avoir apporté d’élément utile à cette question. L’auteur pré¬
sume la possibilité d’une relation évolutive P rotolatiremus — Latiremus Delamarella
par voie d’un processus « dégénératif » à signification probablement adaptative. Protola-
tiremus étant placé parmi les Thalestridae, la recherche des affinités semblerait trouver
ainsi un appui capital ; je dois cependant reconnaître que les arguments avancés, visant
à étayer ces liens de parenté, ne me paraissent pas entièrement probants.
11 est évident que ce genre appartient à un type plus primitif ou le dimorphisme
sexuel, quoique à peine indiqué, existe quand même ; la P5 est d’un modèle « passe-partout »
et demeure loin de la forme presque hvpertélique qui caractérise la majorité des espèces
des Thalestridae. S’il est aisé d’admettre la régression des P5, l’absence chez les Delamarella
de tout dimorphisme aux endopodites exclut toute filiation et, du coup, l’appartenance
à cette famille ; car on voit difficilement intervenir un processus de différenciation qui
effacerait la conformation particulière d’un caractère en le ramenant au modèle initial
avec restitution de ses éléments constitutifs. Itô lui-même exprime un léger doute sur
une « completely linear phylogenetical relation » entre les P rotolatiremus et les Latiremus —
Delamarella, ce qui est, à mon avis, amplement justifié. Si parenté il y a, l’origine des Dela¬
marella devrait être cherchée non pas dans, mais à côté de cette famille, sur leur rameau
commun.
Comme conclusion de cette courte mise au point, j’estime toujours valable ma propo¬
sition d’établissement de la famille des Latiremidae qui, après la mise en synonymie de
Latiremus Bozic, inclut donc le seul genre Delamarella Chappuis. Le cas de familles d’Harpac-
ticoïdes ayant été longtemps ou restant encore monogénériques n’est pas exceptionnel ;
— 155 —
je trouve même assez curieux de voir ces quelques familles entourer les deux qui ont été
mentionnées, les Canthocamptidae et les l'halestridae, el qui occupent les places les plus
avancées dans les deux lignées les plus riches des Podogennonta. Même dans le cas ou
quelque nouvelle trouvaille surviendrait pour nous fournir un indice de parenté net et
significal if, je crois que le caractère original de ce groupe d’espèces justifierail la solution
envisagée. Quant à la dénomination de la famille en question, le maintien du nom de Lati-
remidae est conforme aux règles de la Nomenclature actuellement en vigueur (G. I. N. Z.,
art. 40).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 21 juillet 1977.
Bull. Mus. nain. Hisl. nal., Paris, 3 e sér., n° 513, mars-avril 1978
Zoologie 352 : 157-163.
Ectinosoma bar b irait da, espèce nouvelle de La Réunion
(Crustacea, Copepoda, Harpacticoida)
par Branko Bozic *
Résumé. — Description à'Ectinosoma barbicauda, nouveau représentant de la famille des
Ectinosomidae provenant de La Réunion, et qui s’apparente étroitement à l’espèce californicum
Lang.
Abstract. — Description of a new member of the family Ectinosomidae, Ectinosoma barbi¬
cauda sp. nov. from La Reunion, closelv related to E. californicum Lang.
L’échantillon étudié fait partie du matériel recueilli par R. Paulian à La Réunion
et qui a été traité dans une série d’articles de 1964 à 1969 : la présente note termine ainsi
cette série. La prise provient d’une plage à eau résurgente de la station « Ravine Mana-
paay » à La Réunion. Elle contenait quatre femelles non ovigères d’un Ectinosomide nou¬
veau, dont deux ont été disséquées. Les préparations ainsi que les deux paratypes restants
sont conservés dans la collection du Muséum.
Description
Extrémité antérieure et rostre arrondis, taille d’environ 0,60 mm. Partie postérieure
du céphalothorax ornée de la rangée d’épaississements canaliculaires, qui est commune
à diverses espèces. Disposition des « pores » et des sensilles peu claire, en jugeant d’après
une préparation obtenue par résection circulaire (fig. 16). Segment génital pourvu dorsa-
lement de six pores et de deux courtes traînées de « perles », avec deux sensilles près du
milieu (fig. 14) ; ventralement, le rudiment de la P6 est représenté, en plus des deux séries
habituelles, de quatre très petites dents, le tout surmontant le groupe médian de « perles »
(fig. 12 et 13). Segment suivant portant en tout quatre pores, trois dorsaux et un ventral.
Limites postérieures des deux segments ornées d’une rangée marginale continue de spi-
nules, précédée d’une denticulation continue et très plate en « sommet de palissade ». Avant-
dernier segment orné pareillement, avec des éléments nettement plus fins ; pas de pseudo-
opercule. Dernier segment garni de deux franges de poils dans le champ péri-anal, avec
un pore et une sensille de chaque côté. Branches furcales à peine plus longues que larges, se
* Muséum national d’Histoire naturelle, laboratoire de Zoologie (Arthropodes) et École Pratique des
Hautes Études, laboratoire de Carcinologie et d'Océanographie biologique, 61, rue de Bufjon, 75005 Paris.
— 158 —
terminant en une forte pointe du côté ventral et en une moins forte du côté dorsal ; sept pha-
nères. Une sorte de peigne de très longs filaments occupe presque toute la surface de chaque
branche.
Antennule à six articles (fig. 1) : Le troisième, prolongé vers l’avant, porte le filament
sensoriel. Le cinquième est deux fois plus long que large et porte cinq soies. Le dernier se
termine par une longue soie et un aussi long filament sensoriel.
Antenne (fig. 2) : Basipodite assez large et légèrement plus court que le 1 er article de
l’endopodite. Exopodite Inarticulé, article médian deux fois plus long que le proximal,
le distal dépassant la longueur de l’ensemble des deux autres ; une soie au 1 er article, deux
soies apicales au dernier. Endopodite : 1 er article avec deux spinules au bout distal, 2 e article
avec une soie proximale et cinq soies distales ; une rangée transversale de spinules courtes
et une autre de spinules plus fortes accompagnent respectivement la soie distale et les cinq
soies terminales.
Fig. 1-6. —■ Kctinosoma barbicauda sp. nov. :
1, antennule; 2, antenne; 3, mandibule; 4, maxillule ; 5, maxille ; 6, maxillipède.
— 159
Mandibule (fig. 3) : Pars incisiva de la precoxa surmontée d’une soie forte et recourbée,
lacinia à quatre dents assez égales entre elles. Coxo-basipodite portant trois soies distales
plumeuses, endopodite avec cinq soies apicales. Exopodite court, faiblement bilobé, garni
de trois soies, dont une très courte.
Maxillule (fig. 4) : Arthrite armé de quatre crochets, dont deux ornés de deux spinules,
et de quatre soies. Basipodite bilobé, portant en tout cinq soies, endopodite à six soies,
exopodite à deux soies.
Maxille (fig. 5) : Syncoxa avec trois endites ; le proximal porte trois fortes épines
spinulées et une soie flanquée d’une courte épine ; le médian se termine par deux fines
soies ; le distal est doté de trois soies, dont une est plus courte et plutôt spiniforme. Basi¬
podite avec une soie et trois spinules au milieu du rebord interne. Endopodite portant sept
phanères : trois soies fortes et recourbées et quatre soies fines dont une très courte.
Maxillipède (fig. 6) : Basipodite avec la longue soie habituelle. Article proximal de
l’endopodite bordé de spinules du côté interne et d’une frange de longs poils du côté externe.
Article distal environ trois fois plus court que le précédent, portant trois soies : une longue
apicale et deux courtes, respectivement subapicale et médiane.
PI (fig. 7) : Basipodite avec une courte soie externe et une assez forte soie interne à
spinulation plus marquée vers l’extérieur. La longueur de la rame externe n’atteint pas la
Fig. 7-10. — Eclinosoma barbicauda sp. nov. : appendices natatoires PI-PL
— 160
limite distale du 2 e article de la rame interne. Longueur décroissante des articles dans les
deux rames.
P2 (fig. 8) : Basipodite avec une courte soie externe et une protubérance pointue interne.
La longueur de la rame externe n’atteint pas le milieu de l’article terminal de la rame
interne. L’article médian des deux rames est le plus court.
P3 (fig. 9) : Basipodite avec protubérance, soie externe non observée. La longueur
de la rame externe atteint à peine le milieu de l’article terminal de la rame interne. Raccour¬
cissement notable de l’article médian de la rame externe, son article terminal étant le plus
long.
P4 (fig. 10) : Protubérance moins marquée, soie externe non observée. Longueur des
deux rames presque égale, l’article médian de la rame externe restant le plus court.
Caractères communs aux P1-P4 : soie de l’article proximal de la rame interne plumeuse ;
soie de l’article médian de la rame externe se terminant en une aigrette multifide ; plusieurs
fortes épines au rebord externe de l’article proximal de la rame externe ; peigne aux trois
articles de la rame (excepté PI) et au 1 er article de la rame externe ; pore près du bout
distal de l’article terminal des P2-P4.
Formule sétale
PI
ex.
0
1
1.2.3
end.
1
1
2.2.1
P2
ex.
1
1
2.2.3
end.
1
1
2.2.1
P3
ex.
1
1
3.2.2
end.
1
1
2.2.1
P4
ex.
1
1
3.2.2
end.
1
1
2.2.1
P5 : Basiendopodite dépassant le milieu de l’exopodite ; soie externe plumeuse dépas¬
sant en longueur l’exopodite, soie interne environ deux fois plus longue, faiblement plu¬
meuse. Exopodite un peu plus large que long, lobes sétigères d’égale importance. Différences
de longueur entre les trois grandes soies modérément marquées, la soie courte arrivant
à peu près à la moitié de l’interne. Pore situé près du milieu du rebord interne, surmonté
de quelques petites spinules ; petite pointe à l’angle apical interne ; peigne partant du
milieu de l’article vers l’extérieur.
Discussion
La comparaison entre cette nouvelle forme 1 et les dix-sept espèces qui constituent
le genre Ectinosoma Boeck nous permet de la considérer avec certitude comme très proche
de l’espèce californicum Lang. La ressemblance concerne autant l’aspect général — corps
1. Le nom spécifique étant un substantif (cf. « spinicaudx »), l’accord de genre avec le nom générique
ne s’impose pas.
— 161 —
Fig. 11-15. — Ectinosoma barbicauda sp. nov. : 11, cinquième patte ; 12, abdomen côté ventral ; 13, rudi¬
ment de la sixième patte ; 14, abdomen côté dorsal ; 15, branche furcale (semi-schématique).
fusiforme à partie frontale arrondie — que la structure des appendices. Les antennules
correspondent tout à fait, avec la même proportion des longueurs des articles et la même
chétotaxie, y compris la présence de cinq soies sur le pénultième article. Le palpe mandi-
luilaire, le maxillule et les appendices natatoires ont également la même garniture sétale.
Cependant, l’examen détaillé permet de relever de nombreuses différences, dont les
principales sont les suivantes :
A2 : basipodite plus large, avec une petite soie ; chétotaxie de l’endopodite plus réduite
(6 soies en tout) ; rangée de spinules à la base de la soie médiane du 2 e article.
Md : pars incisiva de même forme et taille que les dents de la lacinia ; celle-ci à quatre
dents.
— 162 -
Mxl : armature de l’arthrite différente, avec quatre soies supplémentaires.
Mx : nombre de soies plus élevé.
Mxp : ornementation très différente du 1 er article de l’endopodite (peigne et frange),
soie terminale deux fois plus longue que la subterminale.
PI : exopodite plus court, doté de phanères plus courtes et plus fortes ; longueur décrois¬
sante des articles de l’endopodite, soie du 1 er article plus longue ; épine interne plus forte.
P2-P4 : proportions différentes concernant les rames, les articles et les phanères ; pré¬
sence de pores aux extrémités de la rame interne.
P5 : longueurs relatives des grandes soies assez différentes ; soie externe du basiendo-
podite notablement plus longue ; exopodite de forme différente, aux lobes sétigères égaux,
et dépourvue de la fine soie au rebord interne, que remplacent quelques spinules et une
pointe.
D’autres dissemblances concernent le segment génital et 'ornementation générale :
le nombre et la disposition des pores du segment génital, l’aspect des soies (plumeuses)
et la présence de dents à la P6 ; la rangée unique de fortes spinules à la place de la double
rangée de fines spinules à la limite postérieure des articles ; l’absence de pseudo-opercule ;
la double brosse périanale ; les brosses qui recouvrent les branches furcales.
Une certaine variabilité doit frapper ce dernier caractère, car le deuxième individu
n’en portait qu’à une seule branche, et d’un seul côté. Cette structure est analogue à la
frange circulaire que l’on remarque chez E. paranormani.
La branche furcale se termine par une formation dentelée, représentée dans la figure
semi-schématique 15, et qui semble être la même que Lang décrivit chez E. melaniceps
(1965, fig. 2 c, p. 19) : « Furcal rami. ventrally running out into an acute scale-like
projection, being finely serrate on innermost part » ; ce petit caractère n’apparaît donc
pas comme exclusif.
Le système de pores du céphalothorax pose un petit problème. Jusqu’à présent, la
plupart des auteurs se sont bornés à signaler l’existence de ces structures sans entrer dans
le détail de la disposition de ces éléments, les considérant sans doute comme trop complexes
ou dilïiciles à observer. A ma connaissance, ce n’est qu’à partir du travail de Lang (1965)
cpie ce caractère se trouve décrit et représenté avec précision. Ainsi californicum porte
neuf pores disposés en trois rangées parfaitement régulières et symétriques ; dans les des¬
sins de Wells (1967), on dénombre quatorze pores entre les dorsaux et les latéraux. Chez
la présente forme, on peut discerner une vingtaine de pores, mais répartis sans aucune
orientation ni régularité au milieu de très nombreux points qui semblent être des sensilles
(fig. 16). Malgré une certaine détérioration difficile à éviter dans une dissection aussi déli¬
cate, la forme du céphalothorax a été bien conservée et il est impossible de voir dans l’image
relevée l’effet d’un éventuel artefact. Néanmoins, je considère cette question comme non
résolue dans ce cas particulier et conclus à la nécessité d’approfondir l’étude de ces forma¬
tions à un niveau plus général.
En ce qui concerne les spécimens que Wells considère comme éventuellement appar¬
tenant à californicum , je pense que la réserve de cet auteur est pleinement justifiée et qu’il
s’agit d’une forme qui, pour pouvoir être définie, exigerait une redescription beaucoup
plus précise.
La variation de la formule sétale me semble être un indicateur utile dans une étude
— 163 —
Fig. lti. — Ectinosoma barbicauda sp. nov. : préparation du céphalothorax.
des processus de réduction. Sur les dix-huit espèces (la présente incluse), onze (la majorité)
conservent le nombre maximal de phanères à l’article terminal de l’exopodite P2-P4 : 7-8-8.
Puis un groupe de trois, englobant californicum Lang, acutorostratum Vervoort et barbi¬
cauda n. sp., se trouve touché par une réduction à 7-7-7, suivi du groupe de reductum Bozic
et littorale Noodt avec 7-6-6 ; enfin le groupe de mediterraneum Kunz et pruooti Soyer
avec 6-6-6 représente la limite inférieure de la série. Ces deux derniers groupes se trouvent
réunis dans un « Rassenkreis » chez Kunz (1974). Quoiqu’il me semble encore hasardeux
de songer à établir des séries naturelles, impliquant par définition des catégories infra-
spécifiques et une variation géographique continue, dans un groupe où beaucoup de formes
restent sans doute encore à découvrir, une pareille tentative n’est pas sans intérêt.
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Manuscrit déposé le 21 juillet 1977.
Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 513, mars-avril 1978,
Zoologie 352 : 165-175.
Organes sensoriels d’un Mysidacé souterrain anophthalme,
Antromysis juberthiei : étude ultrastructurale des aesthetascs
par Yves Crouau *
Résumé. — Antromysis juberthiei Bacesco et Ürghidan présente sur l’exopodite des antennules
de 14 à 21 aesthetascs possédant chacun environ une trentaine de neurones bipolaires. Chaque
neurone donne naissance à un long prolongement dendritique. Celui-ci présente une région à
mitochondries et une région ciliaire de laquelle naissent 2 cils qui se ramifient dans la partie élargie
de l’aesthetasc. Cet axe sensoriel est entouré de plusieurs enveloppes cellulaires. L’aesthetasc pré¬
sente à son extrémité un pore très large obturé par une substance fibrillaire ; ses parois latérales
sont très minces et perméables au violet cristal. L’ensemble de ces caractères permet de penser
qu’il s’agit de chémorécepteurs.
Abstract. Antromysis juberthiei Bacesco & Orghidan shows from 14 to 21 aesthetascs
on the outer flagellum of the antennulae, each of which is innervated by approximatively 30 bipolar
sensory neurons. Each neuron possesses a long dendrite which displays a zone with numerous
mitochondria and 2 basal bodies from which two cilia arise.
Each cilium pénétrâtes the widened part of the aesthetasc where it dividesinto slender branches.
The sensory axe is wrapped by several cellular sheaths. A large pore containing a fibrillar plug
is found at the tip of the aesthetasc ; the wall of this one is tenuous and penetrated by crystal
violet. On these morphological features the aesthetascs are believed to be chemoreceptors.
Les organes sensoriels de Crustacés terrestres ou aquatiques vivant dans un milieu
autre que le milieu souterrain ont fait l’objet de recherches qui nous ont renseignés d’une
part sur leur organisation ultrastructurale, d’autre part sur leur nature à la suite d’études
électrophysiologiques. C’est ainsi que de nombreux chémorécepteurs ont été décrits (Hodg¬
son, 1958 ; Laverack, 1964 ; Laverack et al., 1965 ; Ghiradella et al., 1968a, b, 1970 ;
Ong, 1969 ; Elofsson, 1971 ; Dahl, 1973a, b ; Snow, 1973 ; Shepheard, 1974 ; Anders-
son, 1975 ; Mead et al., 1976).
En ce qui concerne les Crustacés souterrains peu de travaux ont été réalisés et très peu
assignent une fonction aux organes sensoriels décrits. Chez les Décapodes Natantia l’étude
de l’organe de Bellonci, de nature encore énigmatique, a été réalisée (Chaigneau et al.,
1975 ; Jubehthie-Jupeau et al., 1975), ainsi que celle des pores sensoriels (Juberthie-
Jupeau et al., 1976) ; la nature chémoréceptrice de ces derniers est apparue vraisemblable.
Enfin des aesthetascs ont été signalés et observés en microscopie à balayage par Danie-
lopol (1971) chez quelques Ostracodes.
En ce qui concerne les Mysidacés, chez Antromysis juberthiei Bacesco et Orghidan,
* Laboratoire souterrain du Centre National de la Recherche Scientifique , 09410 Moulis.
— 166 —
Juberthie-Jupeau et Crouau (1977) ont signalé la présence d’aesthetascs sur les anten-
nules, organes dont il convient de donner une description détaillée. Ce Mysidacé est dépourvu
de structure oculaire ce qui accroît l’intérêt de l’étude de son équipement sensoriel.
Matériel et méthodes
Antromysis juberthiei est un Mysidacé souterrain tropical, récolté à 1 île des Pins
(Cuba) et décrit dans les « Résultats des expéditions biospéléologiques cubano-roumaines
à Cuba. » t. 11 (sous presse). Les animaux étudiés proviennent des élevages réalisés au
Laboratoire. Les antennules ont été observées in toto avec ou sans coloration au violet
cristal ; la pénétration de ce colorant a été suivie en microscopie photonique. Pour la micro¬
scopie électronique les antennules ont été fixées au glutaraldéhyde à 2,9 % dans le tampon
Millonig à 0,15 M et post-fixées au tétroxyde d’osmium à 2 % dans le même tampon. Après
inclusion à l’Epon, les coupes ont été exécutées au microtome Reichert ()MU 2 , contrastées
à l’acétate d’uranvle et au citrate de plomb et observées au microscope Sopelem sous 50 Kv.
Localisation et morphologie des aestiietascs
Les exopodites des antennes 1, constituées d’une quarantaine d’articles portent de 14
à 21 aesthetascs localisés dans leur moitié basale ; ceux-ci sont implantés à raison d’un
Fig. 1 . — Antromysis juberthiei femelle. Aesthetascs des 9 e , 10 e et 11 e articles de l’exopodite de l'anteulie 1 ;
a, aesthctasc ; s, soie.
— 167 —
par article du côté interne par rapport au plan médian de 1 animal dans la partie subdistale
de l’article (fig. 1). Chaque aesthetasc est flanqué latéralement d’une ou plusieurs soies
plus petites que lui.
Les aesthetascs sont des phanères en forme de batte de 90 pm de long ; ils présentent
une partie basale cylindrique et étroite de 15 pm de long environ et de 2 pin de diamètre
et une partie distale élargie, subcylindrique de 5 pm environ de diamètre. Leur extrémité
apicale plus ou moins déprimée, de 3 à 4 pm de diamètre, présente une frange d’une sub¬
stance réfringente se colorant intensément par le violet cristal. L’aesthetasc se colore
entièrement et d’une façon instantanée par le violet cristal.
ÉTUDE ULTRASTRUCTURALE
Un aesthetasc contient de nombreux prolongements sensoriels émanant de cellules
situées dans le corps de Tantennule, assez loin de la base de Taesthetasc. Il possède ainsi
un axe sensoriel, relativement long, présentant plusieurs parties se succédant d’abord
dans Tantennule puis dans l’aesthetasc. Cet axe sensoriel est entouré dans sa partie moyenne
par un fourreau constitué de plusieurs cellules.
1. — Étude des parois d’un aesthetasc
Chaque aesthetasc présente à sa jonction avec l’article antennulaire une cuticule amin¬
cie, légèrement invaginée sur tout son pourtour (fig. 7). Dans la partie basale de l’aesthe-
tase la cuticule montre d’abord un bourrelet basal interne puis une épaisseur uniforme
de 0,2 pm environ. Dans la partie élargie de l’aesthetasc (fig. 9) elle devient d’une extrême
minceur de l’ordre de 70 A 0 . A l’extrémité de l’aesthetasc (fig. 10) la cuticule limite latéra¬
lement la substance réfringente observée en microscopie photonique ; elle apparaît à ce
niveau formée de 3 couches nettes : 1 couche claire entre 2 couches denses aux électrons.
La cuticule s’interrompt brusquement et ne recouvre pas l’extrémité de la substance réfrin¬
gente. Elle présente donc un pore et l’aesthetasc est ainsi ouvert sur le milieu extérieur ;
ce pore est cependant obturé par une substance fibrillaire, dense aux électrons, formant
une sorte de bouchon de 4 pm de diamètre et 1 pm de hauteur.
IL — Etude de l’axe sensoriel
Il est constitué d’une trentaine de cellules toutes identiques qui, au-delà du périca-
rvone, donnent chacune un long prolongement dendritique se différenciant en 2 cils, lesquels
se terminent dans l’aesthetasc. Les différentes parties de ces cellules sensorielles sont étudiées
successivement.
Fig. 2. — Péricaryones des cellules sensorielles, d, dendrite. 9500.
3 — Région à mitochondries du prolongement dendritique en section transversale ;
ce, cellule enveloppe ; d, dendrite ; m, mitochondrie. X 16200.
Fig. 4. Région des structures ciliaires ;
c, cil ; cb, corps basal ; cl, cavité lymphatique. X 24000.
Section transversale coupant les 2 centrioles d’un prolongement dendritique et des cils dans
leur région basale, c, cil ; cb, corps basal ; f, fibrilles de transition. X 32400.
— 169
1. Corps cellulaires
ils forment un cordon presque continu, parallèle à l'exopodite, légèrement déporté du
côté des aesthetascs par rapport à l’axe médian de l’appendice. Des cellules gliales, beau¬
coup moins nombreuses que les péricaryones se trouvent à ce niveau ; ces cellules, à noyau
généralement très allongé, ont un cytoplasme riche en corps de Golgi ; elles forment de
longs bras cytoplasmiques qui bordent les cellules nerveuses. Des prolongements nerveux,
groupés en général par paquets, sont également observables à la périphérie du cordon
cellulaire.
Les corps cellulaires sont en continuité par leur pôle basal avec un axone provenant
de la région proximale de l’exopodite et donnent naissance, à leur pôle distal, à un dendrite
long et mince. Ce sont donc des neurones bipolaires (fîg. 2).
Le corps cellulaire subsphérique, de 4 à 5 pm de diamètre, renferme un noyau volu¬
mineux, sphérique de 3 à 4 pm de diamètre. La chromatine y est distribuée en grosses
mottes surtout pariétales. Le cytoplasme est peu volumineux. Il contient des mitochon¬
dries assez nombreuses, parfois allongées ; leur matrice est dense aux électrons. On y observe
aussi quelques corps de Golgi. L’ergastoplasme est présent sous la forme de cysternes très
aplaties étendues et isolées. Elles possèdent de très nombreux ribosomes ce qui leur confère
une teinte sombre. Les ribosomes libres sont également très abondants.
2. Prolongements dendritiques
De chaque corps cellulaire part un prolongement dendritique très long qui présente
4 régions successives bien différenciées.
a —• Région proximale
Dans cette portion le dendrite, subrectiligne, a un diamètre variant de 0,17 à 0,3 pm
et contient des microtubules. L’ensemble des dendrites forme un faisceau lâche baignant
dans le sinus sanguin.
b — Région à mitochondries (fig. 3)
A peu près au même niveau, le diamètre des dendrites s’élargit brusquement et atteint
de 0,85 à 2,5 pm ; cette région est caractérisée par la présence de nombreuses mitochondries
globuleuses, à matrice dense aux électrons. Dans la partie basale de cette région les dendrites
baignent dans le sinus sanguin, dans la partie haute ils sont entourés étroitement par 2 cel¬
lules enveloppes.
c — Région ciliaire (fig. 4-6)
Dans cette région le diamètre des dendrites est un peu plus petit que dans la région
précédente. On y observe quelques rares mitochondries de petite taille, de très nombreuses
vacuoles à contenu hétérogène, des microtubules, et dans la partie distale, 2 centrioles.
513, 5
Fig. 6. — Section longitudinale intéressant la région ciliaire et les cils au début du fourreau cellulaire ;
c, cil ; cb, corps basal ; ce 1, l re cellule enveloppe ; ce 2, deuxième cellule enveloppe ; cl, cavité lympha¬
tique ; r, renflement d’un cil ; ra, racine ciliaire. X 10900.
Fig. 7. — Coupc longitudinale dans la partie basale d’un aesthetasc.
a, articulation ; c, cil ; rd, ramifications des cils. X 8900.
Fig. 8. — Coupe transversale de l’axe sensoriel avant sa sortie de l’antennule.
ce 1, première cellule enveloppe ; ce 2, deuxième cellule enveloppe; ch, cellule hypodermique,
Section transversale au niveau de la partie élargie d’un aesthetasc,
rd, ramifications de cil. X 10300.
r. 10. — Coupe longitudinale à l’extrémité d’un aesthetasc ;
eu, cuticule ; sf, substance fibrillaire. X 14700.
— 172 —
Chacun de ceux-ci se prolonge vers la base par une racine ciliaire à striation dont la pério¬
dicité est de 600 A 0 . Les 2 racines ciliaires, atteignant environ 2 p.m de long, convergent
vers la base de cette région.
Du côté apical, chaque centriole se prolonge par un cil ; les fibrilles de transition dis¬
posées en un disque forment 9 faisceaux rayonnants particulièrement nets, tangentiels
à la partie supérieure du centriole.
d — Cils
Chacun des 30 prolongements dendritiques ayant donné naissance à 2 cils, une soixan¬
taine de cils apparaissent, d’abord répartis isolément dans la cavité lymphatique limitée
par les cellules enveloppes (fig. 6) puis étroitement enserrés par ces dernières.
Dans la cavité lymphatique, les cils ont un diamètre à peu près constant de 0,25 p.m ;
dans leur partie tout à fait basale (fig. 5) ils présentent un axonème classique du type
9 —(— 2 ; les 2 tubules centraux disparaissent rapidement, la répartition des doublets devient
quelconque puis les microtubules se dissocient.
Les cils pénètrent dans l’aesthetasc et dans la partie élargie de celui-ci, ils se dilatent
puis se subdivisent en fins prolongements de 700 A 0 de diamètre. On compte plus de 300 de
ces prolongements qui contiennent chacun un seul microtubule ou 2 microtubules accolés
(fig. 9). Certains prolongements atteignent l’extrémité distale de l’aesthetasc mais aucun
n’a été observé pénétrant dans la substance fibrillaire qui en obture le pore distal.
III. — Étude des enveloppes cellulaires
Elles débutent au niveau de la région à mitochondries et se terminent dans la partie
tout à fait basale de l’aesthetasc.
1. Première enveloppe cellulaire
Au niveau de la région à mitochondries et de la région ciliaire elle est constituée de
2 cellules accolées sur une de leurs faces. Chacune de ces cellules enveloppe la moitié du
contingent des prolongements dendritiques. Chacune en effet présente une invagination
de géographie complexe dont la cavité devient virtuelle et dont les parois se moulent sur
les dendrites et les séparent complètement les uns des autres. Des jonctions septées, courtes,
apparaissent entre les parois opposées de l'invagination de part et d'autre de chaque den-
drite (fig. 3). Par ailleurs, les 2 lèvres de l’invagination de cette cellule sont soudées selon
une jonction, septée par endroits, qui rejoint la face d’accolement des deux cellules enve¬
loppes.
A la base des cils, ces 2 cellules, qui ne sont plus accolées en leur partie centrale, ménagent
la cavité lymphatique (fig. 6) ; au-delà elles sont creusées en gouttière (fig. 8) et se font
vis-à-vis réalisant ainsi une gaine cytoplasmique à paroi mince (de l’ordre d’un demi-micron),
autour des cils et jusqu’à 4 à 5 microns après leur pénétration dans l'aesthetasc.
La partie basale de ces 2 cellules renferme le noyau, volumineux, parfois échancré,
renfermant une chromatine en très petites mottes éparses.
— 173 —
Le cytoplasme contient un réticulum granulaire abondant sous la forme de cysternes
en général courtes. Il existe également quelques petites mitochondries, des corps de Golgi
également petits, quelques corps inultivésiculaires et de grandes vacuoles renfermant un
matériel granulaire, peut-être de nature sécrétoire. Dans la gaine cytoplasmique, on observe
de rares mitochondries, de petites vacuoles et de nombreux microfilaments parallèles au
grand axe des cellules.
2. Deuxième enveloppe cellulaire
Elle double extérieurement la première depuis son rétrécissement jusqu’à la base de
l’aesthetasc. Elle est également constituée de 2 cellules creusées en gouttière disposées
autour des précédentes (fig. 8). Le noyau, situé dans la partie proximale de la cellule, est
assez petit et ovoïde. Le cytoplasme renferme en petit nombre des mitochondries très
allongées, un ergastoplasme relativement développé, de nombreux ribosomes libres et des
microfilaments.
3. Cellules hypodermiques
Dans leur partie sous-cuticulaire, les 2 enveloppes cellulaires précédentes sont entourées
de cellules hypodermiques disposées en 3 couches concentriques, chacune formée de 2 cel¬
lules. Filles sont riches en mitochondries globuleuses.
Discussion
Les caractères ultrastructuraux présentés par les aesthetascs d’A. juberthiei, joints à
la pénétration de ces organes par le violet cristal, permettent de penser qu’il s’agit de ché-
morécepteurs. En effet, ils présentent les mêmes caractères que d’autres chémorécepteurs
déjà décrits : ils sont pourvus de neurones bipolaires donnant naissance à des cils, et de
cellules enveloppes ; les cils se terminent dans la cavité de l’aesthetasc dont la paroi fine
est perméable au violet cristal.
En ce qui concerne le nombre des neurones de chaque aesthetasc, chez A. juberthiei,
Mysidacé de petite taille (de 4 à 5 mm), on en compte une trentaine, soit environ deux fois
plus que chez les Ostracodes Cyprididae (Andersson, 1975) mais beaucoup moins que chez
les grands Crustacés tels que Pagurus hirsutiusculus où Ghiradella étal. (1968) en dénombre
400 en moyenne.
Chez A. juberthiei les cils naissent profondément dans l’antennule. Cette position des
corps basaux très enfoncés dans l’appendice a été observée chez les Ostracodes (Andersson)
chez des Pagures terrestres du genre Coenobita (Ghiradella et al.) et chez Paragrapsus gai-
mardii (Snow). En revanche chez d’autres espèces ( Pagurus hirsutiusculus, Panulirus
interruptus, Cancer antennarius et C. productus ) les corps basaux sont situés dans l’aesthe-
tasc. Ces observations ont conduit les auteurs à émettre l’hypothèse d’une position enfoncée
des corps basaux, liée à la vie terrestre donc à une défense contre la dessication (Ghira-
— 174 —
della et al., 1968), ou à l’hypothèse d’une relation entre la position enfoncée des corps basaux
et le nombre plus important de stress subis par les animaux vivant dans le milieu terrestre
et le milieu littoral (Snow, 1973).
Quant à la structure des cils dans leur partie basale elle est du type 9 -f- 0 d’après
Snow et également d’après Laverack et al. ; Ghiradella et al. observent quelquefois un
tubule central ; chez A. juberthiei il semble que le type 9 + 2 soit présent sur une faible
longueur.
Dans les aesthetascs, exceptés ceux des Ostracodes (Andersson) et ceux de Panu-
lirus argus (Laverack et al.), on observe une ramification des cils en fins prolongements
comme chez Antromysis. Chez ce dernier les prolongements gagnent en majorité l’extrémité
distale de l’aesthetasc, observation qui s’accorde avec celles qui ont été faites chez d’autres
espèces.
L’axe sensoriel de chaque aesthetasc est entouré par des cellules enveloppes dans sa
région moyenne. Ces cellules ménagent une cavité lymphatique qui se continue par un
double fourreau cellulaire appliqué autour de l’ensemble des cils. La disposition ainsi
observée n’est pas identique à celle des autres Crustacés. En effet chez ces derniers le four¬
reau n’est formé que d’une seule cellule.
Notons en ce qui concerne l’aesthetasc que sa cuticule est interrompue à l’extrémité
et cjue le pore ainsi formé est obstrué par une substance fibrillaire assez comparable à
celle observée chez les Ostracodes (Andersson) et chez les Amphipodes Talitridés (Dahl).
Il semble que la paroi cuticulaire de l’aesthetasc soit traversée par les petites molécules du
violet cristal. Ce colorant se fixe de façon intense sur la substance fibrillaire du pore qui
doit aussi le laisser pénétrer. 11 y a ainsi 2 voies de pénétration du colorant et on peut sup¬
poser qu’elles constituent 2 filtres de perméabilités différentes, le pore terminal pouvant
laisser passer les grosses molécules.
AUTEURS CITÉS
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Manuscrit déposé le 18 avril 1977.
Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 513, mars-avril 1978,
Zoologie 352 : 177-208.
Contribution à l’étude des Cerylonidae du Cameroun
(Insectes, Coléoptères)
par Roger Dajoz *
Résumé. — Cet article renferme la description de cinq genres nouveaux de Coléoptères
Cerylonidae du Cameroun : Bafutia microphtalma n. g., n. sp. ; Ahalaia camerunensis n. g., n. sp. ;
Ebolowaia pubescens n. g., n. sp. ; Manengouba elongata n. g., n. sp. ; Nkolbissonia mirei n. g.,
n. sp. Douze espèces nouvelles sont décrites dans des genres déjà connus : Thyroderus mirei n. sp.,
Philothermus tibialis n. sp., P. sextriatus n. sp., P. carinatus n. sp., P. montanus n. sp. ; Philother-
mopsis niger n. sp., P. pseudohamatus n. sp., P. mirei n. sp., P. camerunensis n. sp., P. nova n. sp.,
P. thoracicus n. sp. ; Cerylon nguembae n. sp. ; Lapethus ( Decalapethus n. subg.) antennatus n. sp.
En outre, Ahalaia gabonensis n. sp. est décrit du Gabon à propos de la création du genre et les
combinaisons nouvelles suivantes sont proposées : Ebolowaia hirtum (Grouvelle), Suakokoia exca¬
vatum (Grouvelle), Philothermopsis major (Pope), Philothermopsis muhavurense (Tope), Philother-
mopsis kabwense (Pope). Des tableaux de détermination des espèces connues des genres Thyroderus
et Philothermopsis sont fournis. Belingaia condei Dajoz est signalé pour la première fois du Gabon.
Abstract. — In this article we are given the description of five new généra of Coleoptera
Cerylonidae from Cameroon : Bafutia microphtalma n. g., n. sp., Ahalaia camerunensis n. g., n. sp.,
Ebolowaia pubescens n. g., n. sp., Manengouba elongata n. g., n. sp., Nkolbissonia mirei n. g., n. sp.
Twelve new species belonging to already known généra are described : Thyroderus mirei n. sp.,
Philothermus tibialis n. sp., P. sextriatus n. sp., P. carinatus n. sp., P. montanus n. sp., Philother¬
mopsis niger n. sp., P. pseudohamatus n. sp., P. mirei n. sp., P. camerunensis n. sp., P. nova n. sp.,
P. thoracicus n. sp., Cerylon nguembae n. sp., Lapethus ( Decalapethus) antennatus n. sp. Further-
more Ahalaia gabonensis is described from Gabon, and the new following combinations are proposed :
Ebolowaia hirtum (Grouvelle), Suakokoia excavatum (Grouvelle), Philothermopsis major (Pope),
Philothermopsis muhavurense (Pope), Philothermopsis kabwense (Pope). Keys to known species
of the généra Thyroderus and Philothermopsis are given. Belingaia condei Dajoz is mentioned
for the first time from Cameroon.
Les espèces qui sont étudiées ici proviennent des récoltes que notre collègue Pli. Bru-
neau de Miré a effectuées au Cameroun, en particulier dans le cadre de la RCP318 du CNRS.
Nous le remercions bien vivement de nous avoir confié ce très intéressant matériel, qui
est déposé dans les collections du Muséum.
Genre THYRODERUS Sharp, 1885
Thyroderus mirei n. sp. (Fig. 1 a)
Holotype : Cameroun, Oko, 2 500 m, forêt de Podocarpus 5-9.XI. 1975, lavage de terre RCP 318.
De Miré leg.
Paratype : Cameroun, forêt de Bafut Nguemba, 17.XI.1969, tamisage. Df, Miré leg.
* Muséum national d’Histoire naturelle, Laboratoire d'Écologie générale, 4, avenue du Petit Château
91800 Brunoy et Laboratoire d’Entomologie, 45 bis, rue de Bufjon, 75005 Paris.
— 178 —
Longueur 1,50 et 1,55 mm. Holotype brun foncé avec les pattes et les antennes brun-
jaune ; paratype brun-jaune. Pubescence rare, courte et uniforme, formée de petits poils
dressés et jaunâtres. Antennes de 8 articles avec le huitième formant une massue ovale ;
article 11 un peu plus long que large, articles T11 à VII courts et transverses. Pronotum
transverse ; disque convexe à ponctuation uniforme, les points séparés par environ leur
diamètre. La plus grande largeur du pronotum est environ au milieu ; les deux dépressions
latérales ont une forme ovale. Elytres courts, convexes, avec seulement 7 stries entre la
suture et l’angle huméral (au lieu de 8 chez les autres espèces connues) ; les interstries 2,
4 et 6 sont faiblement soulevés en carène ; les interstries 2 et 4 sont réunis en arrière au
niveau de la déclivité apicale et prolongés en une carène unique ; l’interstrie 6 est inter¬
rompu au niveau de la déclivité apicale. Elytres tronqués à l’extrémité apicale.
Cette espèce est bien distincte de toutes les autres par ses élvtres possédant 7 stries
au lieu de 8. Le tableau suivant permettra de reconnaître les espèces de Thyroderus.
Fig. 1. — Thyroderus rnirei n. sp. : a, habitus. — Philothermus basilewskyi (Pope) : b, tibia antérieur ;
c, ponctuation du pronotum. —- Philothermopsis hamatus Heinze : d, tibia et tarse de la patte antérieure ;
e, patte postérieure ; f, premier urite et lignes fémorales ; g, antenne ; h, bord antérieur du clypéus
et labre.
Échelle 1 pour la figure a ; échelle 2 pour les autres figures. Les échelles de toutes les figures sont
divisées en dixième de millimètres.
— 179
1. Antennes de 10 articles à massue de 2 articles. 2
— Antennes de 8 articles à massue de un seul. 3
2. Yeux réduits à quelques ommatidies. Pubescence plus courte avec des poils de 0,03 mm non
épaissis à l’extrémité. Pronotum transverse 1,20 fois plus large que long ; élytres plus allongés
1,33 fois plus longs que larges, avec les interstries moins soulevés. elgonicus Dajoz
(T. elgonicus Dajoz, Annls Soc. ent. Fr., 1977 : 99. Kenya : massif de l’Elgon.)
— Yeux plus développés ; pubescence plus longue formée de poils de 0,06 mm de long épaissis
à l’extrémité. Elytres seulement 1,20 fois plus longs que larges ; pronotum 1,50 fois plus large
que long et de forme différente. ruwenzoricus Dajoz
[T. ruwenzoricus Dajoz, Annls Soc. ent. Fr., 1977 : 98. Uganda : massif du Ruwenzori.)
3. Seulement 7 stries en avant de l’élytre entre la suture et l’angle huméral. . . . mirei n. sp.
— Il y a 8 stries élytrales entre la suture et l’angle huméral. 4
4. Taille grande de 2,4 mm. kittenbergeri Heinze
(T. kittenbergeri Heinze, Annls Hist.-nat. Mus. natn. hung.. Pars Zoologica, 37 , 1944 : 22.
Kénya : massif du Kilimandjaro.)
— Espèces nettement plus petites ne dépassant pas 1,80 mm. 5
5. Le deuxième article des antennes n’est pas plus long que large. Pronotum avec les côtés sinués
dans la partie antérieure, les dépressions dorsales petites, le disque avec une dépression médiane.
Taille 1,47 mm. grouvellei
(T. grouvellei Dajoz, Bull. Mus. natn. Flist. nat., Paris, 3 e sér., n° 238, 1974 : 1066. Singapour.)
— Le deuxième article des antennes est un peu plus long que large. Pronotum avec les côtés
non sinués dans la moitié antérieure. Dépressions dorsales du pronotum plus grandes et disque
non déprimé. 6
6. Plus grand 1,62 à 1,80 mm. Côtés du pronotum anguleux au milieu. Elytres avec la plus grande
largeur un peu en avant du milieu. kiwuensis
(T. kiwuensis Dajoz, Annls Soc. ent. Fr., 1977 : 97. Kiwu, Ruanda et Urundi.)
— Plus petit 1,33 à 1,45 mm. Côtés du pronotum arrondis au milieu. Élytres non ou à peine élargis
en avant du milieu. porcatus
(T. porcatus Sharp, J. Linn. Soc. London, 13 , 1882 : 82. Japon : Nagasaki ; Ceylan ; Inde :
Darjeeling.)
Espèce incertae sedis : T. sculpticollis Grouvelle, Trans. ent. Soc. London, 1918 : 44
et 47, et pl. 2, fig. 12 des Seychelles, n’est vraisemblablement pas un Thyroderus.
Genre BELINGAIA Dajoz, 1974
Belingaia condei Dajoz, Bull. Soc. Lin. Lyon, 1974, 43 : 291.
Ce genre monospécifique décrit du Gabon existe aussi au Cameroun. Deux exemplaires
appartenant à cette espèce se trouvent dans les récoltes de B. de Miré : Nkolbisson mai
1966 et mont Féhé 15.IX.1966.
BAFUTIA n. g.
Aspect général d’un Cerylon ou d’un Philothermus. Convexe, en ovale court, à pubes¬
cence courte et éparse. Aptère.
Tête transverse, rétrécie au niveau des antennes ; labre court, transverse. Pièces bue-
180 —
cales de type broyeur comme chez les Philothermus . Antennes de dix articles à massue
d’un seul, le troisième article à peine plus long que large et pas plus long que le deuxième.
Yeux situés sur des expansions latérales de la tête et réduits à une ommatidie de grande
taille. Pronotum avec le disque convexe, uni, sans fossettes basales, portant de chaque
côté un sillon longitudinal partant des angles postérieurs et limité extérieurement par
une fine carène. Élytres en ovale court, régulièrement convexes, avec 8 stries de points.
Scutellum triangulaire, bien développé.
Cavités coxales antérieures ouvertes, l'apophyse prosternale à bords parallèles et
arrondie en arrière. Hanches postérieures largement séparées par le premier urite qui est
rectiligne sur son bord antérieur et aussi long que les quatre suivants réunis. Tarses de
quatre articles. Ni fossettes antennaires ni sillons antennaires sur la face ventrale. Pas de
lignes fémorales.
Fig. 2. — Bafutia microphtalma n. g., n. sp. : A, habitus et détail de la sculpture du pronotum et des
élytres ; B, moitié gauche de la tête en vue dorsale avec l’œil (œ) réduit à une seule ommatidie ; C, idem,
vue de profil gauche, montrant l’œil ( œ ) et la carène latérale (ca) ; D, antenne ; E, tibia et tarse de
la patte antérieure.
Echelle 1 pour la figure A et échelle 2 pour les autres figures.
Ce genre rappelle beaucoup les Philothermus. Il en diffère par des caractères qui à notre
avis suffisent pour une séparation générique. Ce sont : les yeux réduits à une seule omma¬
tidie et les sillons longitudinaux des côtés du pronotum. La forte réticulation du tégument,
Faptérisme et la faiblesse de la ponctuation élytrale sont aussi à noter. Ces trois derniers
caractères se retrouvent aussi dans le genre monospécifique Ploeosoma Wollaston.
Espèce-type du genre : Bafutia microphtalma n. sp.
— 181 —
Bafutia microphtalma
(Fig- 2)
n. sp.
Holotype : Cameroun, Bafut Nguemba. altitude 2 100 m ; 22.X-3.XI.1975, lavage de terre, mis¬
sion CNRS ; RC P 318. De Miré leg.
Paratypes : Deux exemplaires récoltés avec l’holotype.
Longueur 2,10 à 2,25 mm. Brun-noir à courte pubescence blanche et espacée. Tégu¬
ment du pronotum et des élytres entièrement réticulé. Tête transverse ; bord antérieur
du clypéus rectiligne. Yeux situés sur des expansions latérales de la tête qui, vues de profd,
ont l’aspect d’une carène en arc de cercle venant entourer la base de l’antenne. Antennes
avec les articles II et III à peu près carrés ; article IV transverse ; article V à peine plus
long que large ; articles VI à IX carrés ; article X formant une massue ovale deux fois
plus longue que large.
Pronotum faiblement transverse 1,1 fois plus large que long, les angles antérieurs
arrondis ainsi que les angles postérieurs ; base saillante au milieu. Le disque du pronotum
est régulièrement convexe, uniformément ponctué ; pas de fossettes basales ; base rebordée
seulement sur les côtés. De chaque côté du pronotum il existe un sillon rebordé à l’exté¬
rieur par une fine carène, qui part des angles postérieurs et se termine avant les angles
antérieurs. Scutellum lisse. Elytres convexes avec la ponctuation des stries superficielle
et espacée, les interstries plans. Rebord latéral étroit et visible de dessus seulement en
avant.
Élytres en ovale court 1,25 fois plus longs que larges, la plus grande largeur vers le
milieu.
Face ventrale : prothorax très éparsement ponctué sur les hypomères, plus densément
sur le prosternum ; mésothorax à ponctuation serrée ; métathorax ponctué assez densé¬
ment sur les côtés et presque lisse au milieu. Abdomen presque lisse.
AHALAIA n. g.
Forme générale rappelant celle du genre Suakokoia Sen Gupta et Crowson. Ailé, glabre
et brillant.
Pièces buccales de type broyeur semblables à celles des Philothermus. Yeux trans¬
verses, bien développés. Labre court, transverse. Pas de sillons antennaires à la face ven¬
trale de la tête. Antennes de 10 articles avec une massue ovale formée par le dernier article.
Pronotum transverse avec le bord antérieur à peu près rectiligne ; disque avec de
chaque côté deux longues dépressions longitudinales et une dépression médiane. Proster¬
num avec des fossettes antennaires sur le bord antérieur, ces fossettes prolongées par de
vastes dépressions sur les bypomères. Cavités coxales antérieures ouvertes ; apophyse
prosternale à bords parallèles arrondie en arrière.
— 182 —
Scutellum grand, triangulaire. Élytres en ovale court avec 7 stries faiblement ponc¬
tuées. Épipleures larges prolongés jusqu’à l’apex. Mésothorax avec les épimères n’attei¬
gnant pas les hanches et avec les épisternes indistincts. Métathorax avec des lignes fémo¬
rales bien marquées et une dépression longitudinale médiane ; épimères allongés et bien
développés. Hanches postérieures largement séparées par le premier urite qui est à peu
près rectiligne sur son bord antérieur. Cinq urites, le premier presque aussi long que les
quatre suivants réunis et portant des lignes fémorales bien développées.
Trochanters allongés ; fémurs postérieurs bien développés ; tibias antérieurs avec une
forte épine à l’angle apical externe. Tarses de 3 articles, le troisième plus long que les deux
premiers réunis.
Les trois genres Ahalaia n. g., Belingaia Dajoz et Suakokoia Sen Gupta et Crowson
Fig. 3. — Ahalaia camerunensis n. g., n. sp. : A, habitus et détail de la ponctuation du pronotum ; B, face
ventrale (fo : fossettes antennaires du prothorax ; Im et la : lignes fémorales du métasternum et du
premier urite) ; C, tarse antérieur ; D, antenne ; E, coupe schématique du pronotum suivant le plan XX.
— Ahalaia gabonensis n. g., n. sp. : F, contour du côté gauche du pronotum.
Échelle 1 pour A et échelle 2 pour les autres figures.
— 183 —
sont certainement très voisins par les caractères suivants : tarses de 3 articles, cavités
coxales antérieures ouvertes, lignes fémorales sur le métasternum et le premier urite, élytres
avec 7 stries, pièces buccales de type broyeur. Les principales différences entre ces trois
genres sont résumées dans le tableau I.
Espèce-type du genre : Ahalaia camerunensis n. sp.
Ahalaia camerunensis n. sp.
(Fig- 3)
Holotype : Cameroun, Àhala II le 18.IX.1909, test cacao. De Miré leg.
Paratypes : Un exemplaire Ahala II le 28.IX.1967, test cacao. De Miré leg. — Deux exemplaires
de Nkolbisson le 6.Y.1966 et un exemplaire le 20.IX.1966. De Miré leg.
Longueur 3,15 à 3,65 mm. Brun-rouge à brun-noir, brillant. Tète transverse rétrécie
au niveau des insertions antennaires, finement ponctuée. Bord antérieur du clypéus légè¬
rement concave. Antennes avec l’article I globuleux ; article II pas plus long que large ;
l’article 111 est 1,5 fois plus long que large ; articles IV à IX progressivement élargis ; X en
massue ovale.
Pronotum à ponctuation forte mais espacée dans la moitié antérieure, à peu près
nulle dans la moitié postérieure qui porte seulement quelques gros points au niveau des
angles postérieurs. Le disque du pronotum porte deux dépressions longitudinales limitées
extérieurement par un bourrelet, et une dépression médiane. Bord antérieur à peu près
rectiligne. Angles antérieurs arrondis ; angles postérieurs bien marqués, droits. Pronotum
transverse 1,50 fois plus large que long. Scutellum à peu près triangulaire, lisse, non ponc¬
tué.
Élytres convexes avec les stries I et II peu enfoncées, III et IV modérément enfon¬
cées, V à VII plus fortement ; toutes les stries sont nettement creusées dans leur partie
antérieure sur environ 0,07 à 0,1 mm. Six stries seulement sont visibles en vue dorsale.
Ponctuation élytrale fine, à peine marquée sur les stries I à III, un peu plus nette sur les
stries externes. Angle lmméral bien marqué. Les élytres sont en ovale court 1,30 fois plus
longs que larges et un peu plus larges que le pronotum.
Face ventrale : Prosternum fortement ponctué ainsi que la partie externe des épi¬
nières ; dépressions antennaires lisses, constituées d’une partie antérieure profonde et
circulaire et d’une partie postérieure bien plus large mais moins profonde. Mésosternum
avec une fossette médiane et une rangée antérieure de gros points. Métasternum avec deux
rangées de gros points de chaque côté en arrière des hanches intermédiaires ; lignes fémo¬
rales longues et courbées, prolongées par une rangée de gros points contigus. Un large
sillon longitudinal dans la partie postérieure du métasternum. Lignes fémorales du pre¬
mier urite convergentes vers l’arrière. Abdomen non ponctué.
Ahalaia gabonensis n.
(Fig- 3)
sp.
Holotype unique : Gabon, Ogooué, Lambaréné (R. Ellenberger, 1913). Muséum national
d’Histoire naturelle, Paris.
Tableau I. — Principaux caractères des genres Suakokoia, Belingaia et Ahalaia.
Genres
Suakokoia
Belingaia
Ahalaia
Dépressions recevant les
antennes sur les hypomères
absentes
présentes
présentes
Bord antérieur du pronotum
Profondément échancré
Rectiligne
Élytres
Interstries fortement carénés entre les stries 4 et 5
et les stries 6 et 7
Interstries tous très faible¬
ment carénés
Pronotum
Pas de carènes longitudinales
Une carène longitudinale
de chaque côté
du pronotum
Pas de carènes longitudinales
Métasternum
Sans carène ni dépression
Avec une carène longitu¬
dinale
Avec une dépression longi¬
tudinale
Tibias antérieurs
Non dentés au bord apical
Dentés au bord apical externe
— 185 —
Longueur 3,10 mm. Brun clair brillant, glabre. Pronotum à ponctuation plus fine et
plus espacée que chez A. carnerunensis. Rebord latéral visible de dessus; côtés presque
rectilignes en avant du milieu, puis convergents vers l’arrière et légèrement sinués avant
les angles postérieurs. Stries élytrales plus profondes, interstries plus convexes. Pronotum
seulement 1,4 fois plus large (pie long.
Genre SUAKOKOIA Sen Gupta et Crowson, 1973
Ce genre a été créé pour une espèce du Libéria, Suakokoia striata Sen Gupta & Crowson
Trans. H. eut. Soc. London, 124, 1973 : 428. L’examen du type de Cerylon excavatum Grou-
velle nous a montré que cette espèce appartient aussi au genre Suakokoia. Elle a été retrou¬
vée au Cameroun.
Suakokoia excavatum (Grouvelle) n. comb.
Annls. Soc. ent. Fr., 65, 1896 : 85.
Espèce décrite de Sierra Leone (type in : collection Grouvelle, Muséum, Paris) et
présente aussi au Congo (Fort Crampel, ex-Congo français, un exemplaire dans la collec¬
tion Grouvelle). Au Cameroun, de Miré a retrouvé cette espèce en trois exemplaires
à Nkolbisson (14.X.1969, 15.III. 1966 et 14.111.1970). Nous donnons une redescription de
cette espèce en la comparant à Suakokoia striata que nous ne connaissons que par sa des¬
cription.
Longueur 2,45 à 2,50 mm ; brun-rouge, brillant, glabre. Distinct de S. striata Sen
Gupta & Crowson par la taille plus petite (cette dernière espèce mesure 3 mm), par le
pronotum de forme différente avec deux profondes dépressions symétriquement disposées
sur le disque. Yeux transverses ; tête à ponctuation fine. Pronotum faiblement ponctué
en avant et lisse en arrière avec seulement 3 ou 4 gros points de chaque côté le long de
la base. Elytres avec le troisième interstrie faiblement soulevé, les interstries 5 et 7 forte¬
ment carénés (fig. 4).
Face ventrale : tête fortement ponctuée ; prosternum lisse ; apophyse prosternale
bordée de deux bourrelets ; mésosternum fortement ponctué comme la tête ; métasternum
lisse avec seulement quelques points en arrière des hanches intermédiaires. Premier urite
avec seulement quelques points en arrière des hanches postérieures, les autres urites à
ponctuation très fine.
Genre EBOLOWAIA n. g.
Habitus d’un Philothermus pubescent et ailé. Yeux bien développés. Antennes de
10 articles à massue d’un seul. Pièces buccales broyeuses. A la face ventrale de la tête
le long du bord interne de l’œil il existe des sillons profonds recevant les deux premiers
513 , 6
— 186 —
articles des antennes. Disque du pronotum uni, sans sculpture. Cavités coxales antérieures
ouvertes, l’apophyse prosternale à peine élargie en arrière. Pas de fossettes antennaires
sur le prosternum. Métasternum sans lignes fémorales. Mésépimères n’atteignant pas les
cavités coxales intermédiaires. Premier urite avec des lignes fémorales longues atteignant
Fig. 4. — Suakokoia excavatum (Grouvelle) : A, habitus avec coupes schématiques au niveau du prono¬
tum en X-X et au niveau des élytres en Y-Y montrant dans ce dernier cas la position des stries 1 à 7 ;
B, antenne ; C, face ventrale du thorax et de l’abdomen avec les lignes fémorales du métasternum ( U )
et celles du premier urite (la) ; D, extrémité du tibia et tarse de la patte antérieure.
Echelle 1 pour A et échelle 2 pour B et D.
presque le bord postérieur du segment. Tarses de trois articles, le troisième plus long que
les deux premiers réunis. Tibias antérieurs dentés à l’angle apical externe. Scutellum grand.
Elytres sans interstries carénés, avec sept stries.
Espèce-type du genre : Ebolowaia pubescens n. sp. (fig. 5).
— 187 —
Ebolowaia pubescens n. sp.
IIolotype unique : Cameroun, Ebolowa, station de Nkoemvone le 23.11.1967, de Miré leg.
Longueur 2,70 mm. Brun-rouge, brillant ; pubescence blanche, semi-dressée de 0,1 mm
de long sur toute la face dorsale. Bord antérieur du clypéus échancré ; tête un peu plus
large que longue, rétrécie au niveau des insertions antennaires, les yeux saillants à grosses
Fig. 5. — Ebolowaia pubescens n. g., n. sp. : A, habitus et détail de la ponctuation du pronoturn sur le
disque et dans les fossettes basales ; B, face ventrale de la tête (sa : sillons antennaires) ; C, face ven¬
trale du thorax et de l’abdomen (If : lignes fémorales du premier urite) ; D, antenne ; E, apophyse
prosternale.
Échelle 1 pour A et C et échelle 2 pour B, I) et E.
— 188 —
facettes, plus développés dans le sens dorso-ventral que dans le sens antéro-postérieur.
Toute la tête fortement et régulièrement ponctuée. Antennes avec le premier article glo¬
buleux, article II une fois et demie plus long que large, article III une fois et demie plus
long que large, articles IV à IX aussi longs que larges, article X en ovale allongé. Pronotum
transverse 1,53 fois plus large que long, peu convexe, sans sculpture, à ponctuation forte
et peu serrée sur le disque, les points de 0,02 mm séparés par environ deux fois leur dia¬
mètre ; dépressions basales peu profondes mais larges, couvertes d’une ponctuation grosse
et confluente atteignant le bord postérieur, les points de 0,05 mm. Angles antérieurs arron¬
dis et légèrement saillants ; angles postérieurs presque droits ; côtés en courbe régulière
en avant et presque parallèles en arrière ; base sinuée légèrement saillante vers l’arrière
en son milieu ; rebord latéral étroit visible seulement en arrière.
Scutellum grand, lisse, triangulaire. Élytres en ovale court 1,40 fois plus longs que
larges, un peu plus larges que le pronotum (1,15 fois) régulièrement convexes ; rebord
latéral non visible de dessus. Sept stries ponctuées marquées presque jusqu’à l’arrière,
les points fins et contigus. Interstries plans, non ponctués. Pubescence alignée sur les stries,
les interstries glabres.
Face ventrale : cf. la figure 5. Lignes fémorales du premier u ri te bordées sur leur face
interne d’une ligne de points dans la moitié postérieure.
L’espèce suivante appartient aussi au genre Ebolowaia. Ebolowaia hirlurn (Grouvelle) n. comb.,
Annls Soc. ent. Belg., 46, 1902 : 186. Nous désignons comme lectotype un exemplaire de la collec¬
tion Grouvelle, Muséum Paris.
E. hirtum est distinct de E. pubescens par la taille plus faible 2,3 mm ; les lignes fémorales
du premier urite non bordées d’une ligne de points ; le pronotum de forme différente avec les côtés
en courbe régulière sur toute leur longueur, le rapport : largeur à la base/largeur en avant étant
de 1,57 chez E. hirtum et de 1,80 chez E. pubescens ; le bord antérieur du clypéus plus fortement
échancré ; la ponctuation du pronotum un peu moins profonde et plus espacée ; les fossettes basales
du pronotum moins profondes, le rebord latéral plus large et plus visible.
E. hirtum est décrit du Zaïre : Kinshasa.
Genre MANENGOUBA n. g.
Genre à aspect général de Cerylon ou de Philothermus. Antennes de 10 articles à massue
d’un seul. De larges sillons antennaires à la face ventrale de la tète le long du bord interne
de l’œil. Pièces buccales de type broyeur comme chez les Cerylon. Des sillons antennaires
sur les hypomères à la limite du prosternum. Cavités coxales antérieures faiblement ouvertes,
l’apophyse prosternale plane, lisse, un peu élargie en arrière, arrondie sur son bord posté¬
rieur. Hanches intermédiaires séparées par environ 1,25 fois leur diamètre. Tarses de
4 articles ; trochanters allongés. Pas de lignes fémorales sur le métasternum ; lignes fémo¬
rales du premier urite atteignant presque le bord postérieur du segment. Yeux bien déve¬
loppés. Ailé.
Espèce-type : Manengouba elongata n. sp.
— 189 —
Fig. 6. — Manengouba elongata n. g., n. sp. : a, habitus ; b, face ventrale de la tête (les pièces buccales
non représentées) avec en o les sillons antennaires ; c, antenne ; d, prosternum avec les sillons anten-
naires en p.
Echelle 1 pour a et échelle 2 pour b, c et il.
Manengouba elongata n. sp.
(Fig. 6)
Holotype unique : Cameroun, cratère du Manengouba, 1 500 m d’altitude, le 21.XI. 1975 ; de Miré
leg. Récolte faite par lavage de terre.
Longueur 1,80 mm. Forme assez allongée 2,70 fois plus longue que large, peu convexe ;
brun clair, glabre et brillant. Tête transverse à ponctuation espacée ; bord antérieur du
clypéus presque rectiligne. Antennes avec les articles II et III à peu près de même lon¬
gueur, environ 1,25 fois plus longs que larges, articles IV à IX transverses et progressi¬
vement élargis, article X en massue allongée.
Pronotum transverse 1,25 fois plus large que long avec le disque uni, presque plan,
la ponctuation fine et espacée, les fossettes basales à peu près nulles marquées seulement
par quelques gros points serrés. Angles antérieurs arrondis et un peu saillants ; angles
postérieurs droits ; base légèrement saillante ; rebord latéral très étroit. La plus grande
largeur un peu en avant du milieu. Scutellum triangulaire, non ponctué. Elytres allongés
1,55 fois plus longs que larges, peu convexes, avec six stries de points gros et presque conti¬
gus, les interstries plus étroits que les stries. Premier urite aussi long que les quatre sui¬
vants réunis ; tous les urites éparsement et finement ponctués. Métathorax à ponctuation
fine et espacée. Quatrième article des tarses aussi long que les trois premiers réunis.
— 190 —
Genre NKOLBISSONIA n. g.
Genre voisin de Philolhermus et de Philothermopsis. Ailé. Yeux bien développés.
Antennes de 10 articles à massue d’un seul. Tarses de trois articles, le troisième égal aux
deux premiers réunis. Tibias arrondis à l’extrémité. Cavités coxales antérieures ouvertes ;
apophyse prosternale à bords à peu près parallèles, non élargie en arrière. Prosternum
avec de chaque côté sur le bord antérieur une large dépression recevant la massue anten-
naire. De courtes lignes fémorales sur le métasternum. Lignes fémorales courtes sur le
premier urite, délimitant entre elles une petite dépression. Scutellum bien visible.
Le genre Nkolbissonia peut donc être séparé des Philothermopsis par ses fossettes
antennaires prosternales et ses lignes fémorales du métathorax.
Espèce-type du genre : Nkolbissonia rnirei n. sp.
Fig. 7. — Nkolbissonia mirei n. g., n. sp. : A, habitus et détail de la ponctuation et de la pubescence du
pronotum ; B, prosternum avec les fossettes antennaires an ; C, abdomen avec les lignes fémorales f ;
D, tibia et tarse de la patte antérieure ; E, antenne.
Echelle 1 pour A et échelle 2 pour les autres figures.
— 191 —
Nkolbissonia mirei n. sp.
(Fig- 7 )
Holotype unique : Yaoundé, station de Nkolbisson le 16.XII. 1966. B. de Miré leg.
Longueur 2,05 mm ; largeur 0,90 mm ; espèce assez allongée 2,30 fois plus longue
que large. Brun-rouge, brillant ; pubescence longue de 0,1 mm, jaune, hérissée sur tout
le corps. Tète fortement ponctuée, les yeux gros et saillants, le clypéus droit sur son bord
antérieur. Antennes de 10 articles avec l’article III à peine plus long que le II et nette¬
ment plus long que le IV ; articles V à IX transverses ; article X en ovale allongé.
Pronotum avec le disque modérément convexe, la ponctuation forte et serrée, les
dépressions basales larges et profondes. Forme transverse 1,68 plus large que longue, le
rebord latéral étroit mais bien visible de dessus sur toute la longueur. Angles antérieurs
arrondis, non saillants ; angles postérieurs presque droits ; la plus grande largeur au quart
postérieur, les côtés convergents en arrière et en avant à partir du point de plus grande
largeur. Scutellum grand. Elytres en ovale peu allongé 1,37 fois plus longs que larges la
plus grande largeur vers le milieu. Forme convexe, le rebord latéral non visible de dessus.
Six stries ponctuées progressivement effacées vers l’arrière ; interstries légèrement convexes
en avant.
Face ventrale : Prosternum fortement ponctué au niveau de certaines régions (cf.
fig. 7), lisse ailleurs. Apophyse prosternale rebordée sur les côtés, un peu échancrée en
arrière. Mésothorax, métathorax et abdomen lisses ; premier urite aussi long que le méta-
thorax et que les urites suivants réunis ; lignes fémorales courtes.
Genre PHILOTHERMUS Aubé, 1843
Philothermus tibialis n. sp.
(Fig. 8)
Holotype unique : Cameroun, Arri Kribi, colline de Ngon le 18.IV.1968. B. de Miré leg.
Longueur 5,4 mm. Ailé. Brun acajou foncé, brillant, glabre. Tète 1,5 fois plus large
que longue, à ponctuation uniforme assez forte et serrée. Clypéus rectiligne sur son bord
antérieur. Yeux gros saillants. Antennes de 10 articles avec l’article III deux fois plus
long que large, deux fois plus long que le II et 1,7 fois plus long que le IV ; articles V à IX
à peine plus longs que larges ; article X en massue ovoïde 1,4 fois plus long que large.
Pronotum transverse 1,20 fois plus large que long, la plus grande largeur au niveau
des angles postérieurs qui sont un peu saillants vers l’extérieur ; angles antérieurs large¬
ment arrondis ; base saillante en arrière dans sa partie médiane. Disque du pronotum peu
convexe, les fossettes basales larges et peu profondes avec la ponctuation un peu plus
— 192 —
Fig. 8. — Genre Philotherrnus Aube. —- P. tibialis n. sp. : A, habitus ; B, tibia et tarse de la patte anté¬
rieure ; C, base de l’antenne ; D, ponctuation du pronotum. — P. sextriatus n. sp. : E, tibia et tarse
de la patte antérieure ; F, antenne ; G, ponctuation du pronotum.
Echelle 1 pour la figure A et échelle 2 pour les autres figures.
forte que sur le disque. Sur le disque les points sont séparés par environ 2 fois leur diamètre.
Rebord latéral très étroit, visible de dessus seulement dans les deux tiers postérieurs ;
base et bord antérieur non rebordés. Scutellum triangulaire finement ponctué.
Elytres convexes, en ovale court 1,5 fois plus longs que larges, la plus grande largeur
en arrière du milieu, arrondis séparément à l’apex. Angle huméral denté. Sept stries ponc¬
tuées régulièrement presque jusqu’à l’extrémité. En outre il existe une rangée de points
le long du rebord externe. Les quatre premières stries sont superficielles, la cinquième est
fortement enfoncée dans sa partie antérieure, de même que la sixième. Rebord latéral
non visible de dessus.
Face ventrale : apophyse prosternale à côtés parallèles et arrondie en arrière, plane.
Face ventrale de la tête, du prothorax et du mésothorax à ponctuation forte et serrée ;
métathorax et abdomen à ponctuation plus fine. Premier urite avec des lignes fémorales
bien développées.
— 193 —
Tibias antérieurs fortement élargis un peu avant le milieu ; tibias intermédiaires et
postérieurs normaux, en forme de triangle allongé.
Espèce bien distincte par sa grande taille, la forme de ses tibias antérieurs et ses lignes
fémorales.
Philothermus sextriatus n. sp.
(Fig. 8)
Holotype : Cameroun, Yaoundé, station de Nkolbisson le 25.IV.1967, de Miré leg.
Paratype : Cameroun, Kounden le 12.VIII.1967, un exemplaire. B. de Miré leg.
Longueur 5,1 à 5,6 mm. Noir brillant, glabre. Bord^antérieur du'clypéus en large
courbe concave vers l’arrière. Ponctuation de la tête forte et espacée. Antennes avec l’ar¬
ticle III 1,5 fois plus long que large et 1.5 fois plus long que le IV. Pronotum comme P. tibia-
lis mais à ponctuation un peu plus forte et plus espacée. Scutellum finement ponctué.
Élytres plus fortement convexes que chez P. tibialis, plus larges que le pronotum et 1,40 fois
plus longs que larges, la plus grande largeur au milieu. Six stries élytrales et une ligne
de points le long de la gouttière externe. Stries I à IV superficielles ; strie V fortement
enfoncée dans la moitié antérieure ; strie VI enfoncée sur toute sa longueur. Tibias anté¬
rieurs moins fortement élargis dans la moitié distale. Lignes fémorales comme chez P. tibialis.
Philothermus montanus n. sp.
Holotype : Forêt de Bafut Nguemba, Cameroun le 15. X. 1968, de Miré leg.
Paratypes : Deux exemplaires avec l’holotype ; un exemplaire le 2.1.1967; un exemplaire le
17.XI.1969, de Miré leg.
Longueur 2,25 à 2,50 mm. Brun foncé, glabre, brillant ; faiblement convexe. Tête
finement ponctuée, le bord antérieur du clypéus en forme de V largement ouvert. Antennes
avec l’article III 1,5 fois plus long que le III et 2 fois plus long que le IV ; article V à IX
carrés et augmentant légèrement de largeur ; article X en massue ovale seulement 1,2 fois
plus longue que large.
Pronotum à peine plus large que long (en moyenne 1,06 fois) ; angles antérieurs arron¬
dis à peine saillants ; angles postérieurs droits ; côtés rectilignes et presque parallèles dans
la moitié postérieure, courbés en avant. Rebord latéral étroit mais bien visible sur toute
la longueur, non prolongé sur le bord antérieur. Base échancrée de chaque côté, faiblement
saillante au milieu. Fossettes basales à peu près inexistantes, simplement marquées par
une ponctuation plus forte que sur le disque, celui-ci à ponctuation régulière et espacée.
Les côtés du pronotum sont très obliquement inclinés, tombant presque verticalement
au niveau de la gouttière latérale. Scutellum en forme de triangle équilatéral.
Élytres en ovale court 1,39 fois plus longs que larges, à peu près de la largeur du prono¬
tum à la base, élargis ensuite avec la plus grande largeur un peu en avant du milieu. Angle
huméral bien marqué, denté. Sept stries de points dont six entre la suture et l’angle huméral,
toutes les stries effacées dans le quart postérieur. Une ligne de points le long de la gouttière
externe des élytres, cette gouttière non visible de dessus. Il existe quelques très rares poils
194 —
courts et dressés, visibles seulement au grossissement X 100 sur les interstries externes des
élytres, mais qui ne peuvent être considérés comme une pubescence. Interstries plans plus
larges que les stries qui sont superficielles.
Tibias antérieurs avec une petite dent apicale externe bien marquée ; les autres tibias
arrondis à l’extrémité. Prosternum et mésosternum fortement ponctués ; métasternum et
abdomen faiblement ponctués. Lignes fémorales seulement sur le premier urite et attei¬
gnant les trois quarts du segment.
Cette espèce est bien distincte de toutes celles que nous avons pu voir mais elle ne
pourra être placée que lorsque une révision des espèces d’Afrique aura été faite.
Philothermus carinatus n. sp.
(Fig. 9)
Holotype unique : Cameroun, Nkolbisson, le 6. III. 1969, de Miré leg.
Longueur 3,8 mm ; largeur 1,50 mm. Tête et pronotum brun-noir ; élytres, pattes
et antennes brun acajou ; brillant, glabre. Tête à ponctuation fine et éparse ; bord anté¬
rieur du clypéus échancré largement en avant. Antennes courtes avec l’article II carré,
Fig. 9. — Philothermus carinatus n. sp. : A et B, partie médiane du thorax et du premier urite (noter
la carène médiane du mésosternum et les lignes fémorales It et la) ; C, antenne ; D, bord antérieur du
clypéus.
Echelle 1 pour la figure C et échelle 2 pour A, B et D.
— 195 —
le III deux fois plus long que le II, rétréci à la base et à peine plus long que large au som¬
met ; articles IV et IX courts et transverses ; article X en ovale court à peine plus long
que large.
Disque du pronotum peu convexe à ponctuation fine et espacée, les points de 0,02 mm
séparés par environ 3 fois leur diamètre ; fossettes basales grandes, profondes, éloignées
des bords et garnies de gros points de 0,06 mm presque contigus. Rebord latéral du pro¬
notum très étroit prolongé sur les côtés au niveau du bord antérieur et un peu au niveau
des angles postérieurs qui sont arrondis. Angles antérieurs largement arrondis ; côtés rec¬
tilignes et parallèles en arrière du milieu, convergents en avant. Le pronotum est 1,29 fois
plus large que long.
Elytres 1,47 fois plus longs que larges, convexes, avec sept stries mais la septième
est à peine visible, les six autres sont bien marquées, les deux premières sont réunies en
avant ainsi que la troisième et la quatrième ; la cinquième est enfoncée dans sa partie
antérieure, la sixième effacée en avant. Rebord latéral visible seulement en avant. Tibias
antérieurs dentés à l’angle apical externe, les autres arrondis.
Face ventrale : Prosternum et mésosternum fortement ponctués, l’apophyse proster¬
nale non ponctuée ni sculptée, à bords parallèles et arrondie en arrière. Le mésosternum
est soulevé dans sa partie médiane qui est séparée des parties latérales par un rebord très
net ; en outre il existe sur cette partie médiane une carène longitudinale très nette située
dans le plan de symétrie. Métasternum avec des lignes fémorales très obliques ; le métaster-
num est ponctué sur les côtés et à peu près lisse au milieu. Premier urite avec des lignes
fémorales atteignant la moitié du segment, plus fortement ponctué à l’extérieur des lignes
fémorales qu’entre elles ; les autres urites finement ponctués.
Cette espèce est très caractérisée en particulier par la sculpture du mésosternum.
Philothermus sp. ?
Un exemplaire de la forêt de Bafut Nguemba altitude 2 100 m, lavage de terre, septembre 1975.
B. de Miré leg.
Nous ne pouvons pas pour l’instant déterminer cette espèce représentée par un unique
exemplaire.
Remarques sur le genre Philothermus
Comme divers auteurs l’ont déjà fait remarquer la séparation des genres Cerylon et Philo¬
thermus est délicate. Nous considérons comme appartenant au genre Philothermus les espèces
dont l’apophyse prosternale est non ou à peine élargie en arrière, et les cavités coxales antérieures
ouvertes. A l’opposé les Cerylon ont l’apophyse prosternale plus ou moins élargie et les cavités
coxales fermées. En outre le labium des Philothermus possède une ligula très large et prolongée
latéralement par des expansions qui n’existent pas chez les Cerylon, tout au moins chez les espèces
pour lesquelles nous avons pu examiner ce caractère (dont la généralité reste donc à démontrer).
Ainsi défini le genre Philothermus renferme beaucoup d’espèces qui ont été décrites comme des
Cerylon.
Les principales variations portent sur la présence ou l’absence de lignes fémorales sur le méta-
thorax et le premier urite ; sur la face dorsale qui peut être glabre ou pubescente ; sur les stries
élytrales au nombre de 6 à 8 ; sur la massue antennaire formée soit d’un seul article, soit de deux
— 196 —
articles plus ou moins nettement distincts ; sur la forme des tibias et du bord antérieur du clypéus,
etc. Seule une révision permettra de mettre de l’ordre dans ce genre riche de plusieurs dizaines
d’espèces dans la faune africaine.
Un groupe bien distinct semble constitué par des espèces de grande taille (4 mm ou plus),
glabres, possédant des lignes fémorales sur le premier urite. Les unes ont six stries élytrales comme
P. basilewskyi (Pope), P. sextriatus n. sp. ; les autres ont sept stries élytrales comme P. libialis n. sp.,
P. camerunensis Sen Gupta & Crowson, P. ugandense Sen Gupta & Crowson.
Genre CERYLON Latreille, 1802
Cerylon nguembae n. sp.
(Fig. 10)
Holotypf. : Cameroun, forêt de Bafut. Nguemba, le 5.1.1967, de Miré leg.
Paratype : Un exemplaire de la même localité le 4.VIJ.1965, de Miré leg.
Longueur 1,25 mm ; largeur 0,80 mm. Brun-rouge brillant ; pubescence courte et éparse
sur la face dorsale. Ailé. Tête transverse à ponctuation éparse ; yeux gros et saillants.
Bord antérieur du clypéus faiblement échancré au milieu. Antenne de 11 articles ; l’article II
est 1,25 fois plus long que large, l’article III un peu plus long que le II et 1,5 fois plus long
que large, les articles IV et V isodiamétraux, les articles VI à IX transverses. Massue
formée de deux articles constituant un ovale allongé.
Pronotum avec le disque régulièrement convexe, sans sculpture ; ponctuation assez
forte et régulière, les points séparés par deux fois leur diamètre, le tégument réticulé entre
Fig. 10. — Cerylon nguembae n. sp. : A, habitus et détail de la sculpture du pronotum et des élytres ;
B, antenne ; C, apophyse prosternale.
Echelle 1 pour A et échelle 2 pour B et C.
— 197 —
les points (la réticulation visible au grossissement X 70). Angles antérieurs arrondis et
très légèrement saillants, les angles postérieurs droits. Côtés en courbe régulière en avant,
à peu près rectilignes en arrière, la plus grande largeur un peu en avant du milieu. Rebord
latéral non visible de dessus. Scutellum triangulaire.
Elytres convexes, en ovale allongé, arrondis séparément à l’extrémité, la plus grande
largeur en avant du milieu. Sept stries de points effacés vers l’arrière, les points gros, les
interstries plus étroits que les points. Une rangée de points le long du bord externe de
l’élytre en arrière du niveau des hanches postérieures. Pubescence répartie sur les stries
et les interstries.
Tarses de 4 articles. Cavités coxales fermées, l'apophyse prosternale élargie en arrière
et coupée droit. Pas de lignes fémorales. Tous les tibias arrondis à l’extrémité. Proster¬
num et mésosternum fortement ponctués ; métasternum et abdomen à peine ponctués.
Espèce très particulière par sa forme, sa pubescence, la réticulation du pronotum et
la massue antennaire de deux articles distincts (alors que la règle chez les Cerylon semble
bien être la présence d’une massue antennaire uniarticulée).
Fig. 11. — Genre Philothermopsis Heinze. — P. pseudoharnatus n. sp. : a, patte postérieure ; b, patte
intermédiaire ; c, pronotum ; d, articles I à V de l’antenne. — P. hamatus Heinze : e, pronotum.
Echelle 1 pour les figures a et b, échelle 2 pour les figures c et e, échelle 3 pour la figure d.
Genre PHILOTHERMOPSIS Heinze, 1944
Ce taxon, créé comme sous-genre de Philothermus, a été élevé au rang de genre par
Sen Gupta A Crowson (1973 : 42). Il est voisin de Philothermus dont il se sépare essen¬
tiellement par ses tarses de trois articles, la présence de lignes fémorales sur le premier
stérilité abdominal. Les antennes ont dix articles avec une massue d’un seul.
— 198 —
Toutes les espèces connues sont localisées à l’Afrique intertropicale. Les espèces sui¬
vantes ont été récoltées au Cameroun par de Miré.
Philothermopsis hamatus Heinze
(Fig. 1 et 11)
Arb. morphol. taxon. Ent. Berlin-Dahlern, 11, 1944 : 137.
L’espèce a été décrite du Cameroun : Lolodorf et Johan Albrecht Hôhe. Elle a été
retrouvée en un exemplaire par de Miré à Nkolbisson en octobre 1969.
Les principaux caractères distinctifs de cette espèce sont les suivants : Clypéus forte¬
ment échancré en courbe concave sur son bord antérieur. Antennes avec l’article III pas
plus long que le II et à peine plus long que le IV, articles IV à IX transverses, article X
en massue allongée 1,4 fois plus longue que large. Fémurs intermédiaires et postérieurs
dentés à l’angle apical interne, fémurs postérieurs dentés sur leur bord postérieur. Toute
la face ventrale fortement et uniformément ponctuée, sauf sur les quatre derniers ster-
nites abdominaux qui sont plus faiblement ponctués. Dernier sternite déprimé au milieu.
Lignes fémorales très courtes.
Philothermopsis niger n. sp.
(Fig. 12)
Iloi. otype unique : Cameroun, Nkolbisson le 17.VI.1966.
Longueur 4,5 mm ; largeur maximum au niveau des élytres 2,05 mm. Noir brillant,
glabre, pattes et antennes brunes. Tête transverse, les yeux convexes et saillants, la ponc¬
tuation fine et assez serrée. Clypéus fortement échancré sur son fond antérieur. Antennes
avec l’article III presque deux fois plus long que le IV et 1,5 fois plus long que II, élargi
au sommet et 1,5 fois plus long que large.
Pronotum transverse 1,30 fois plus large que long, le disque régulièrement convexe,
le rebord latéral non visible de dessus, la base non rebordée, les fossettes basales profondes
et étroites. Ponctuation régulière sur tout le disque, plus grosse dans les fossettes basales.
Angles antérieurs arrondis, non saillants ; angles postérieurs presque droits. La plus grande
largeur du pronotum est à la base, les côtés convergent vers l’avant avec un étranglement
léger mais net au niveau du milieu.
Scutellum convexe, très finement ponctué. Elytres fortement convexes nettement
plus larges à la base que le pronotum 1,37 fois plus longs que larges, en ovale régulier,
la plus grande largeur vers le milieu. Rebord latéral visible de dessus seulement dans la
partie tout à fait antérieure. Sept stries élytrales dont six sont visibles de dessus ; les stries
sont superficielles à ponctuation fine et peu profonde, sauf la sixième strie qui est plus pro¬
fondément enfoncée que les autres. Toutes les stries sont marquées jusqu’à l’extrémité
postérieure ; les stries 1 et 2 ont une origine commune en avant. Interstries plans à ponc¬
tuation très fine visible seulement au fort grossissement.
Tibias antérieurs non dentés au bord apical externe.
— 199 —
Philothermopsis pseudohamatus n. sp.
(Fig. 11)
Holotype unique : Cameroun, Nkolnkossé, environs de Yaoundé, décembre 1976, de Miré leg.
Longueur 3,70 mm ; largeur 1,70 mm. Brun-rouge brillant, glabre, la tête et le pro-
notum brun-noir. Voisin de P. hamalus Heinze dont il diffère par les caractères suivants :
bord antérieur du clypéus presque rectiligne; article 111 des antennes égal à 1,5 fois le
deuxième et le quatrième et 1,5 fois plus long que large ; côtés du pronotum à peu près
rectilignes, très légèrement concaves dans leur partie médiane ; dépressions basales moins
grandes ; tibias postérieurs crénelés au bord interne ; fémurs intermédiaires denticulés sur
leur bord postérieur ; fémurs postérieurs arrondis à l’extrémité et non dentés comme chez
P. hamalus. Lignes fémorales du premier urite très courtes, presque nulles.
Philothermopsis camerunensis n. sp.
(Fig. 12 et 13)
Holotype unique : Cameroun, Ebolowa, station de Nkoemvone le 2.XI.1968, de Miré leg.
Longueur 3,2 mm ; largeur 1,3 mm. Brun acajou brillant, glabre sauf la tête qui est
couverte de longs poils blancs couchés. Bord antérieur du clypéus à peu près rectiligne.
Antennes avec l’article III environ 1,5 fois plus long que le II. Article X en ovale court.
Pronotum faiblement transverse 1,12 fois plus large que long, le disque uni faiblement
convexe. Les côtés du pronotum tombent presque verticalement sur le rebord latéral qui
est étroit mais cependant bien visible de dessus et qui se prolonge jusque sur les côtés
du bord antérieur. Cette partie latérale presque verticale possède un sillon longitudinal
effacé en avant, un peu approfondi en arrière, arrêté bien avant les angles postérieurs.
Angles antérieurs arrondis, non saillants ; angles postérieurs presque droits. Pronotum à
côtés à peu près rectilignes et parallèles, aussi large en arrière qu’en avant. Scutellum plan,
non ponctué.
Elytres peu convexes, presque plans dans la partie postérieure, en ovale, 1,5 fois plus
longs que larges, la plus grande largeur un peu en avant du milieu. Angle huméral non
saillant, base à peine plus large que le pronotum. Rebord latéral visible de dessus seule¬
ment dans la partie tout à fait antérieure. Sept stries de points, la septième très superfi¬
cielle et à peine visible, la sixième plus enfoncée que les autres, les stries I à V un peu mieux
marquées en avant et progressivement effacées en arrière.
Tibias antérieurs faiblement dentés au bord apical externe. Apophyse prosternale
légèrement élargie et coupée droit, sans sculpture ni ponctuation. Prosternum et méso¬
sternum à ponctuation forte et uniforme ; métathorax plus faiblement ponctué, presque
lisse au milieu. Abdomen ponctué faiblement comme le métathorax. Lignes fémorales du
premier urite courtes n’atteignant pas la moitié du segment. Lignes fémorales du méta-
sternum courtes atteignant seulement le tiers du segment.
— 200 —
Fig. 12. — Genre Philothermopsis Heinze. — P. niger n. sp. : A, avant-corps avec les détails de la ponc¬
tuation en B, C et D ; E, tibia et tarse de la patte antérieure ; F, antenne. — P. camerunensis n. sp. :
G, antenne.
Echelle 1 pour toutes les figures sauf pour 15, G et D agrandis deux fois plus.
Philothermopsis mirei n. sp.
(Fig. 13)
Mo i.otypk : Cameroun, Ebianemeyong, Nkolbenga le 11. IV. 1970. B. de Miré leg.
Paratypes : Un exemplaire récolté avec l’holotype. Un autre exemplaire de Nkolnkossé, environs
de Yaoundé en décembre 1976. B. de Miré leg.
Longueur 3,7 à 3,8 mm. Brun acajou brillant ; glabre. Tète transverse à ponctuation
fine et régulière ; bord antérieur du clvpéus profondément échancré au milieu et convexe
dans l’échancrure (fig. 13 h). Antennes avec l’article III égal à 1,5 environ le II.
201 —
ig. 13. — Genre Philothermopsis Heinze. — P. camerunensis n. sp. : A, habitus et côté gauche du pru-
notum en vue oblique montrant le sillon latéral (si). — P. mirei n. sp. : B, pronotum ; C et D, détail
de la ponctuation du disque et des dépressions basales ; E, bord antérieur du clypéus et labre. —
P. alluaudi (Grouvelle) : F, tibia et tarse de la patte antérieure ; G, antenne ; H, bord antérieur du
clypéus et labre ; I, premier urite.
Échelle 1 pour la figure A et échelle 2 pour les autres ligures.
Pronotum avec le disque convexe en avant et avec une dépression transverse occu¬
pant toute la largeur de la partie postérieure, donc sans fossettes basales distinctes. Angles
antérieurs arrondis, non saillants ; angles postérieurs droits. Rebord latéral invisible de
dessus, les côtés du pronotum tombant presque verticalement. Ponctuation forte et régu¬
lière sur tout le disque. Côtés convergents vers l’avant, à peu près rectilignes jusqu’au
tiers antérieur, la plus grande largeur au niveau des angles postérieurs. Pronotum légère¬
ment transverse 1,20 fois plus large que long.
51 . 3 , 7
— 202 —
Êlytres en ovale court 1,32 fois plus longs que larges, convexes, la plus grande largeur
au milieu. Angle huméral denté ; rebord latéral visible seulement dans la partie tout à fait
antérieure. Stries bien marquées jusqu’à l’extrémité, à ponctuation fine et espacée. Inter¬
stries plans, larges, couverts d’une ponctuation très fine et éparse visible au fort grossis¬
sement.
Lignes fémorales du métasternum courtes ; celles du premier urite encore plus courtes
et à peine marquées. Ponctuation du prosternum et mésosternum forte, le métasternum
presque lisse au milieu ; abdomen peu ponctué.
Philothermopsis nova n. sp.
(Fig. 14)
Holotype : Cameroun, station de Nkolnkossé, environs de Yaoundé, de Miré leg.
Pahatype : Un exemplaire récolté avec l’holotype.
Longueur 4,0 à 4,1 mm. Largeur 1,80 mm pour l’exemplaire de 4,0 mm. Tête et pro-
notum noirs, brillants, élytres pattes et antennes brun-rouge foncé ; glabre. Tête à ponc¬
tuation fine et éparse ; bord antérieur du clypéus en courbe très légèrement convexe.
Antennes avec l’article III aussi long que le II. Pronotum transverse 1,20 fois plus large
que long, de même forme que chez P. mirei mais avec les impressions basales peu profondes,
longues et larges, séparées, la ponctuation fine et espacée. Elytres convexes avec les stries
Fig. 14. —- Genre Philothermopsis Heinze. — P. raffrayi (Grouvelle) : a, tibia et tarse de la patte anté¬
rieure ; b, articles I à VI de l’antenne ; c, clypéus. — P. alluaudi (Grouvelle) : d, clypéus ; e : ponctua¬
tion de la base des stries 1 à 3. — P. nova n. sp. : f, clypéus. — P. fcolèeiJGrouvelle) : g, pronotum et
détail de la ponctuation.
Échelle 1 pour la figure g et échelle 2 pour les autres figures.
— 203 —
bien marquées jusqu’à l’extrémité postérieure. Les élytres sont 1,40 fois plus longs que
larges. Tibias antérieurs épineux au bord apical externe. Lignes fémorales du métaster-
num et du premier urite très courtes.
Cette espèce voisine de P. mirei s’en distingue par la taille, la forme générale et du
bord antérieur du clypéus.
Philothermopsis thoracieus n. sp.
(Fig. 15)
Hoi.otype unique : Cameroun, forêt de Bafut Nguemba le 15.X.1968, de Miré leg.
Longueur 2,07 mm. Brun-rouge brillant, glabre, peu convexe. Largeur 0,84 mm. Tête
à ponctuation forte et assez espacée ; bord antérieur du clypéus avec une échancrure étroite
et profonde. Antennes avec l’article II un peu plus long que large, l’article III carré, les
articles IV à IX légèrement transverses et de largeur croissante, l’article X en ovale court
à peine plus long que large.
Fig. 15. — Philothermopsis thoracieus n. sp. : A, habitus avec le détail de la ponctuation du pronotum ;
B, antenne ; C, ponctuation d’une fossette basale du pronotum ; D, E et F, tibia et tarse des pattes
antérieure, intermédiaire et postérieure ; G, premier urite avec les lignes fémorales (If).
Échelle 1 pour la figure A et échelle 2 pour les autres figures.
Pronotum seulement 1,24 fois plus large que long, les angles antérieurs arrondis et
peu saillants, les angles postérieurs droits. Côtés en courbe régulière jusqu’en arrière du
milieu, rétrécis et un peu sinués devant la base ; la plus grande largeur au niveau du milieu.
Disque régulier, à ponctuation assez forte et espacée, les fossettes basales peu étendues
— 204 —
mais profondes et garnies de quelques gros points contigus. Rebord latéral bien marqué
plus large en arrière qu’en avant. Scutellum en triangle transverse.
Elytres en ovale 1,50 fois plus longs que larges avec l’angle huméral peu marqué, un
peu plus larges que le pronotum à la base, élargis au maximum un peu en avant du milieu.
Sept stries, les six stries internes bien marquées en avant et effacées en arrière, la septième
peu visible sauf dans sa partie tout à fait antérieure. Points des stries gros et serrés, les
interstries presque nuis.
Tibias antérieurs fortement dentés au bord apical externe ; tibias intermédiaires arrondis
ainsi que les tibias postérieurs. Face ventrale du thorax ponctuée comme le pronotum ;
abdomen presque imponctué sauf le premier urite qui porte une ligne de points le long
du bord postérieur à l’extérieur des lignes fémorales. Lignes fémorales du premier urite
longues atteignant presque le bord postérieur du segment, larges et peu profondes, légère¬
ment courbes. Pas de lignes fémorales sur le métasternum.
Clé des espèces de Philothermopsis
La clé qui suit a été établie d’après l’examen des espèces elles-mêmes ou bien à partir des
descriptions originales. Beaucoup d’espèces classées dans ce genre ont été décrites comme Cerylon.
1. Face dorsale pubescente, le tégument peu brillant. Petite taille inférieure ou égale à 2,65 mm.
2
— Face dorsale glabre, le tégument brillant. 3
2. Bord antérieur du clypéus en large courbe concave. Pubescence plus longue. P. pubescens
— Bord antérieur du clypéus rectiligne. Sept stries élytrales. P. ghanensis
— Bord antérieur du clypéus plus étroitement et plus profondément échancré. Pubescence plus
courte. P. notnia
— Bord antérieur du clypéus avec une échancrure encore plus étroite. P. sérum
3. Tibias antérieurs avec une épine apicale externe très longue. Troisième article des antennes
deux fois aussi long que le deuxième. Pronotum avec les dépressions basales peu profondes,
la ponctuation forte et serrée, confluente dans les impressions basales. Stries élytrales profondes.
Bord antérieur du clypéus en large courbe, presque rectiligne. Lignes fémorales du premier
urite atteignant seulement le quart du segment. Longueur 3,1 mm. P. raffrayi
— Tibias antérieurs sans épine apicale externe ou avec une épine plus courte. 4
4. Fémurs postérieurs avec une rangée de dents sur leur bord postérieur. Grande taille 3,8 à 3,9 mm.
5
— Fémurs postérieurs sans rangée de denticulations sur leur bord postérieur. 6
5. Le troisième article des antennes pas plus long que le deuxième. Bord antérieur du clypéus
échancré en large courbe concave ; côtés du pronotum sinués en avant du milieu. Tibias pos¬
térieurs non dentés. P. hamatus
— Le troisième article des antennes environ 1,3 fois plus long que le deuxième. Bord antérieur
du clypéus rectiligne. Côtés du pronotum beaucoup moins nettement sinués en avant du milieu.
Tibias postérieurs crénelés sur leur bord interne. P. pseudohamatus
6. Le troisième article des antennes à peu près aussi long que le deuxième. Taille inférieure à
2,5 mm sauf chez P. noua qui mesure 4 mm. 13
— Le troisième article des antennes est égal à environ 1,5 fois le deuxième. Taille supérieure
à 3,2 mm. 7
7. Bord antérieur du clypéus presque rectiligne.
— Bord antérieur du clypéus échancré au milieu plus ou moins fortement
8
9
— 205 —
8. Côtés du pronotum tombant presque verticalement sur le rebord latéral qui est étroit mais
bien visible de dessus et qui se prolonge jusque sur les côtés du bord antérieur. Un sillon lon¬
gitudinal effacé en avant, un peu appronfondi en arrière et arrêté bien avant les angles pos¬
térieurs existe sur cette partie latérale. P. camerunensis
— Pas de sillon sur les côtés du pronotum. P. punctala
9. Bord antérieur du clypéus fortement échancré avec une dent au milieu. ... P. laeoigatus
— Bord antérieur du clypéus moins fortement échancré et sans dent au milieu. 10
10. Très grand 4,5 mm. Fossettes basales du pronotum séparées. Bord antérieur du clypéus comme
sur la figure 12. P. niger
— Plus petit 3,1 à 3,8 mm. 11
11. Une vaste dépression sur presque toute la largeur de la base du pronotum. P. mirei
— Pas de dépression basale mais deux fossettes basales séparées et allongées. 12
12. Forme plus allongée et plus convexe. Pronotum un peu allongé 1,21 fois plus long que large ;
les sillons latéraux du pronotum sont confinés dans le quart basal. Lignes fémorales du pre¬
mier urite courtes et non réunies en arrière. Longueur 3,2 à 3,4 mm. ... P. muhavurense
— Forme moins allongée, le pronotum transverse 1,29 fois plus large que long. Sillons latéraux
allongés atteignant le tiers antérieur. Lignes fémorales du premier urite larges, arquées et se
rejoignant en arrière ou bien réunies par une ligne de points serrés ce qui donne l’impression
d’un sillon semi circulaire entre les hanches. Longueur 3,1 à 3,7 mm. P. major
— Plus petit 2,4 à 2,6 mm. Pronotum transverse 1,20 fois plus large que long. Lignes fémorales
du premier urite un peu convergentes vers l’arrière. P. kabwense
13. Grande taille 3,9 à 4,1 mm. Bord antérieur du clypéus en courbe légèrement concave au milieu.
P. nova
— Taille comprise entre 2,0 et 2,5 mm. 14
14. Bord antérieur du clypéus rectiligne ou presque. 16
—- Bord antérieur du clypéus nettement échancré. 15
15. Lignes fémorales du premier urite larges et peu profondes n’atteignant pas le bord postérieur
du segment. Pronotum rétréci à la base. Troisième article des antennes court, pas plus long
que le quatrième. Fossettes basales du pronotum profondes. P. thoracicus
— Lignes fémorales du premier urite longues atteignant le bord postérieur du segment. Le pre¬
mier urite est lisse entre les lignes fémorales et fortement ponctué à l’extérieur. Antennes avec
le troisième article pas plus long que le deuxième et à peine plus long que le quatrième. Lon¬
gueur 2,0 à 2,15 mm. Forme allongée 2,47 fois plus longue que large, le pronotum non rétréci
à la base 1,33 fois plus large que long et les élytres en ovale allongé 1,60 fois plus longs que
larges. Disque du pronotum plan ; pas de fossettes basales. Elytres déprimés avec les stries
bien marquées, les points gros et contigus mais peu profonds. P. alluaudi
16. Angles antérieurs du pronotum non saillants. ; . P. liberiensis
— Angles antérieurs du pronotum saillants. Longueur 2,2 mm. Élytres 1,65 fois plus longs que
larges à ponctuation grosse mais superficielle, les interstries presque nuis.... P. kolbei
Catalogue des espèces
1. P. harnatus Ileinze, Arb. morphol. taxon. Ent. Berlin Dahlem, 11, 1944 : 136.
Cameroun : Lolodorf et Johan Albrecht Hôhe, types. Retrouvé par B. de Miré à Nkolbisson.
2. P. pseudohamatus n. sp.
Espèce décrite ci-dessus du Cameroun.
3. P. laeoigatus Heinze, Arb. morphol. taxon. Ent. Berlin Dhalem, 11, 1944 : 138.
Cameroun : Lolodorf, type ; nord-ouest du Cameroun : Moliwe près de Victoria.
4. P. alluaudi (Grouvelle), Annls Soc. ent. Fr., 61, 1892 : 297.
Côte d’ivoire : Assinie. Les cinq exemplaires mentionnés dans la description sont désignés
— 206 —
comme lectotype et paralectotypes in collection Grouvellf., Muséum Paris. Espèce décrite
comme Cerylon.
5. P. kolbei (Grouvelle), Revue Ent., 27 , 1908 : 159.
Kénya : Kwai. Nous désignons comme lectotype un exemplaire de la collection Grouvelle,
Muséum, Paris.
6. P. pubescens Sen Gupta & Crowson, Trans. R. ent. Soc. London, 124 , 1973 : 430.
Libéria : Suakoko et mont Coffee ; Rhodésie : Lunsemfwa river, Mposhi, nord-est de Kapiri.
7. P. punctata Sen Gupta & Crowson, l. c., p. 431.
Kénya : mont Elgon, versant est, 2 050 m et Kitale 2 000 m.
8. P. liberiensis Sen Gupta & Crowson, l. c., p. 431.
Libéria : mont Coffee.
9. P. raffrayi (Grouvelle), Annls Soc. ent. Fr., 65 , 1896 : 83 et 87.
Ethiopie. Le type se trouve dans la collection Grouvelle, Muséum, Paris.
10. P. niger n. sp.
Espèce décrite ci-dessus du Cameroun.
11. P. camerunensis n. sp.
Espèce décrite ci-dessus du Cameroun.
12. P. mirei n. sp.
Espèce décrite ci-dessus du Cameroun.
13. P. nova n. sp.
Espèce décrite ci-dessus du Cameroun.
14. P. nomia (Hinton), Annls Mag. nat. Hist., sér. 11, 7 , 1941 : 145.
Ethiopie : Jem-Jem forêt vers 9 000 pieds d’altitude. Espèce décrite comme Cerylon.
15. P. sérum (Hinton), l. c., p. 167.
Éthiopie : Jem-.îem forêt vers 8 000 pieds.
16. P. ghanensis Dajoz, Annls Soc. ent. France, 1977 : 99.
Ghana : Kumasi.
17. P. major (Pope) (n. comb.), Annls Mus. Congo, Tervuren, in-8°, sér. Zool., 40 , 1955 : 150.
Ruanda : Nyamateke, contrefort sud du mont, territoire de Ruhengeri 2 200 m.
18. P. muhavurense (Pope) (n. comb.), idem., p. 151.
Ruanda : Muhavura. contrefort est, territoire de Ruhengeri 2 000-2 200 m.
19. P. kabwense (Pope) (n. comb.), Parc National de VUpemba, fasc. 38 (2), 1955 : 40.
Zaïre, Parc de l’Upemba, Kabwe sur Muye, affluent Mitembo 1 320 m.
20. P. thoracicus n. sp.
Espèce décrite ci-dessus du Cameroun.
Genre LAPETHUS Casey, 1890
Ce genre renferme des espèces d’Amérique, d’Australie et de la région Pacifique, ainsi
que des Seychelles et de Madagascar. La seule espèce signalée jusqu’ici du continent afri¬
cain est Lapethus sparsus Hinton, Annls Mag. nat. Hist., sér. 11, 7, 1941 : 171, décrite
d’Éthiopie, mont Chillalo vers 3 000 m dans l’humus forestier.
Tous les Lapethus connus jusqu’ici sont caractérisés par leurs antennes de 8 articles
avec une massue uniarticulée. L’espèce nouvelle que nous décrivons ci-après se distingue
— 207 —
immédiatement par ses antennes de 10 articles. Ce caractère nous semble suffisant pour
justifier l’isolement de cette espèce dans un sous-genre particulier : Decalapethus n. subg.
Lapethus (Decalapethus) antennatus n. sp.
(Fig. 16)
Holotype unique : Cameroun, forêt de Bafut Nguemba le 14.VIII.1967, tamisage. B. de Miré
leg.
Longueur 1,87 mm ; largeur 0,93 mm. Espèce seulement deux fois plus longue que
large en ovale court, assez convexe. Brun-rouge brillant, glabre, les antennes et les pattes
jaunâtres.
Tête transverse finement et éparsement ponctuée ; bord antérieur du clypéus faible¬
ment échancré. Antennes de dix articles à massue en ovale, 1,25 fois plus long que large.
Article III deux fois et quart plus long que large, les autres articles courts et carrés.
Fig. 16. — Lapethus (Decalapethus) antennatus n. sp. : A, habitus; B, face ventrale (f : fossettes anten-
naires ; m et a : lignes du métasternum et du premier urite) ; C, antenne.
Échelle 1 pour A et B et échelle 2 pour C.
Pronotum transverse 1,5 fois plus large que long, la plus grande largeur à la base,
assez fortement rétréci en avant, la largeur au niveau des angles antérieurs est seulement
de 0,6 fois celle de la base. Angles antérieurs arrondis et légèrement saillants ; côtés angu¬
leux un peu en arrière du milieu. Bord antérieur entièrement rebordé ainsi que les côtés
jusqu’aux angles postérieurs. Angles postérieurs faiblement arrondis ; base non rebordée
et saillante vers l’arrière. Disque uniformément convexe, à ponctuation fine et régulière,
— 208 —
les points espacés par 1,5 à 2 fois leur diamètre. Fossettes basales étroites et profondes
à ponctuation pas plus forte ni plus serrée que sur le disque. Scutellum lisse, en triangle
transverse.
Elytres avec une ponctuation fine et superficielle très vaguement alignée où l’on ne
peut guère distinguer de stries. Rebord latéral non visible de dessus. Les élytres sont en
ovale court 1,25 fois plus longs que larges et prolongent vers l’arrière les côtés du prono-
tum.
Tarses de 4 articles ; tibias arrondis à l’extrémité. Face ventrale avec des fossettes
antennaires profondes au niveau des angles antérieurs du pronotum ; apophyse proster¬
nale élargie, les cavités coxales antérieures légèrement ouvertes. Ponctuation de toute la
face ventrale fine et éparse. Lignes fémorales sur le métasternum et le premier urite. Hanches
intermédiaires largement séparées. Le métasternum est égal en longueur à 2 fois le premier
urite qui est égal à 1,5 fois le deuxième.
Manuscrit déposé le 22 mars 1977.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1978.
IMPRIMERIE NATIONALE
8 564 001 5
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et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
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