BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
37
N° 43 MARS-AVRIL 1972
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BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 43, mars-avril 1972, Zoologie 37
Pseudodifflugia senartensis n. sp.
et Pseudodifflugia moderi n. sp.,
nouveaux Thécamoebiens édaphiques
(Rhizopoda Testacea)
par Marie-Madeleine Couteaux *
Résumé. — Pseudodifflugia senartensis n. sp. et Pseudodifflugia moderi n. sp. sont caracté¬
risées par leur revêtement composé d’éléments siliceux remaniés très grossiers et très anguleux,
de teinte très claire. Elles ont été trouvées en petit nombre mais fréquemment dans le sol hydro-
morphe à pseudogley d’une chênaie à Desehampsia flexuosa (L.) Trin.
Abstract. — Pseudodifflugia senartensis n. sp. and Pseudodifflugia moderi n. sp. are caracte-
rized by the structure of the test, which is constructed with very angular minerai particles. The
colour is very light. We found them in small numbcrs but very often in an Oak Forest with
Desehampsia flexuosa (L.) Trin.
Dans les niveaux de surface du sol d’une chênaie de la forêt de Sénart, au sud-est de
Paris (station de la R.C.P. 40), nous avons trouvé deux espèces nouvelles dont la présence
a été observée pendant toute une année. Ces deux espèces peuvent être rattachées au
genre Pseudodifflugia Schlumberger, 1842, si on se réfère à la description de Pénard
(1902) : « Je considérerai comme rentrant dans ce genre toutes les espèces pourvues d’une
enveloppe rigide, ou déformable dans une très faible mesure seulement, et alors surtout
à la bouche, recouvertes d’éléments siliceux de forme irrégulière et disposés sans ordre,
et ne montrant jamais ni collerette bien nette, ni appendices, carène ou ornements de carac¬
tère très décidé qui pourraient permettre de les séparer du genre. » Les pseudopodes n’ont
pas été observés, nous ne savons donc pas s’ils sont filiformes.
Pseudodifflugia senartensis n. sp.
(Fig. 1, 3 et 4)
La thèque est le plus souvent sphérique, parfois légèrement allongée selon l’axe oral-
aboral, de teinte jaunâtre, très claire. Le pseudostome est à peine visible du fait, pré¬
cisément, de l’absence de différenciation du revêtement sur sa bordure. Il s’agit d’un simple
* Station de Recherches cytopathologiques , INRA/CNRS, Montpellier/Saint-Christol. — Muséum d’His-
toire naturelle, Laboratoire d’Écologie générale, 91800 Brunoy — R.C.P. 40.
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MARIE-MADELEINE COUTEAUX
orifice circulaire dont le diamètre est légèrement inférieur ou égal au demi-diamètre de la
thèque. Très souvent, le pseudos tome est invisible. Selon Bonnet (communication ver¬
bale), il est possible qu’un épiphragme obture le pseudostome, épiphragme dont la confor¬
mation serait absolument identique à celle de la thèque elle-même.
Le revêtement, composé d’éléments siliceux remaniés, grossiers et très anguleux, est
très épais (environ 5 p, en coupe optique). Ceci est l’aspect le plus caractéristique de l'es¬
pèce.
Dimensions : diamètre : 40 p ; diamètre du pseudostome : 20 p.
Fig. 1. — Pseudodifflugia senarlensis n. sp.
Fig. 2. — Pseudodifflugia moderi n. sp.
Échelle : 1.100 X
Pseudodifflugia moderi n. sp.
(Fig. 2, 5 et (i)
Cette espèce est très petite, de forme ovale, allongée selon l’axe oral-aboral, de teinte
très claire, à peine jaunâtre. Le pseudostome est toujours visible, contrairement à Pseudo¬
difflugia senarlensis ; il est très petit (environ 3 p de diamètre), circulaire, sans différen¬
ciation particulière en bordure.
Le revêtement est composé d’éléments siliceux remaniés, grossiers et très anguleux
comme Pseudodifflugia senarlensis. Son épaisseur est assez considérable proportionnelle¬
ment à la dimension de la thèque (environ 3 p).
Dimensions : grand axe : 25 p ; petit axe : 20 p ; diamètre du pseudostome : 3 p.
Écologie des deux espèces
La description de la station a été publiée par Bauzon, Rouiller et Bachelier (1967).
De nombreuses précisions climatiques et écologiques ont été données par Vannier (1970).
Il s’agit d’une chênaie à Deschampsia flexuosa (L.) Trin. sur sol faiblement podzolique à
pseudogley. L’horizon humifère où vivent ces espèces est de type moder (pli : 3,70 ; C/N :
25,1). La végétation, et plus précisément l'abondance de Molinia caerulea (L.) Moencb.,
témoigne de l’hydromorphie du sol, particulièrement manifeste en hiver.
PSEUDODIFFLUGIA SENARTENSIS N. SP. ET P. MODERI N. SP. 515
Sur les 52 échantillonnages hebdomadaires (comportant 20 prélèvements chacun),
44 échantillonnages contiennent Pseudodifflugia senartensis et 42 contiennent Pseudo-
difflugia moderi. Bien que la densité de ces espèces ne soit pas très élevée (tabl. I), leur
constance est évidente.
Fig. 3-4. — Pseudodifflugia senartensis n. sp. : 3, mise au point sur la coupe optique ;
4, mise au point sur le revêtement.
Fig. 5-6. — Pseudodifflugia moderi n. sp. : 5, mise au point sur la coupe optique;
6, mise au point sur le revêtement.
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MARIE-MADELEINE COUTEAUX
Tableau I.
Moyenne annuelle des indivi-
Pourcentage par rapport au
dus vivants par mg de sol sec
total des individus vivants
Pseudodifflugia senartensis ...
0,48 ± 0,10
3,76 %
Pseudodifflugia moderi .
0,43 ± 0,08
3,37 %
Les relations de ces espèces avec les autres espèces du peuplement et avec les fac¬
teurs écologiques sont en cours d’étude.
RÉFÉRENCES RIRLIOGRAPHIQUES
Bauzon, D., J. Rouiller et G. Bachelier, 1967. — Caractéristiques pédologiques et microbio-
logiques des sols de la station R.C.P. 40 de la Forêt de Sénart et du Parc de Brunoy. Rev.
Écol. Biol. Sol, Paris, 4 : 533-551.
Pénard, E., 1902. — Faune rhizopodique du Bassin du Léman. Kündig, Genève, 714 p.
Sc h lu m berger, P., 1845. — Observations sur quelques nouvelles espèces d’infusoires de la famille
des Rhizopodes. Ann. Sci. nat. Zool., Paris, 3 : 254-256.
Vannier, G., 1970. — Réactions des Microarthropodes aux variations de l’état hydrique du sol,
P.B.I., R.C.P. 40, Écologie du sol, Éd. CNRS : 23-258.
Manuscrit déposé le 1 er avril 1971.
Bull. Mus. llist. nat., Paris, 3 e série, n° 43, mars-avril 1972,
Zoologie 37 : 513-516.
Achevé d’imprimer le 15 octobre 1972.
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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