BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N 0 62
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
JUILLET-AOUT 1972
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l'illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Idistoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements :
Abonnement Général : France, 260 F ; Étranger, 286 F.
Zoologie : France, 200 F ; Étranger, 220 F.
Sciences de la Terre : France, 50 F ; Étranger, 55 F.
Sciences de l’Homme : France, 45 F ; Étranger, 50 F.
Botanique : France, 40 F ; Étranger, 44 F.
Sciences Physico-Chimique : France, 15 F ; Étranger, 16 F.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 62, juillet-août 1972, Zoologie 48
SOMMAIRE
Jean-Marie Démangé. — Myriapodes récoltés au Dahomey et au Togo par Ch. Gasc. 723
Gaston Pierrard. — Péridontopygines (Diplopodes, Odontopyges) de la zone sou-
dano-sahélienne de l’Afrique de l’Ouest. 753
62, 1
Myriapodes récoltés au Dahomey et au Togo
par Ch. Gasc
par Jean-Marie Démangé *
Résumé. — Douze espèces et une sous-espèce nouvelles sont décrites, de même que quelques
formes rares ou peu connues ( Aporodesmus gabonicus, Urotropis cingulata).
Deux malformations segmentaires sont étudiées : une diastématie et une hémiatrophie. Les
anomalies sont probablement à interpréter comme les résultats d’une hélicomérie et non comme
une présence de diplosegment supplémentaire ou de demi-diplosegment dédoublé.
Abstract. — Twelve new species and a new subspecies are described, as well as some rare
or unknown forms ( Aporodesmus gabonicus, Urotropis cingulata).
Two segmentai malformations are studied : a « diastématie » and an « hémiatrophie ». The
anomalies are probably to be interpreted as the results of an helicomery and not as a supplemen-
tary diplosegment or as half a split diplosegment.
La faune du Dahomey et du Togo est à peine connue, aussi sommes-nous reconnaissant
à M. Ch. Gasc d’avoir bien voulu s’y intéresser. Non seulement douze espèces nouvelles
et une sous-espèce inconnue sont décrites, mais quelques formes rares ou peu connues
ont pu être étudiées. Plusieurs cas tératologiques intéressants ont été découverts et une
étude du développement postembryonnaire de Pacliybolus ligulatus (Voges) a pu être entre¬
prise. Elle fera l’objet d’une note ultérieure mais d’ores et déjà on peut dire que le dévelop¬
pement de cette espèce est tout différent de celui d’une espèce voisine du même genre,
P. laminatus cheoalieri Brôl. En effet, il semble que chez ligulatus deux lignées larvaires
seulement sont possibles alors qu’il en existe au moins quatre ou cinq après la phase de
multiplication diplosegmentaire chez chevalieri.
1. ANALYSE DU MATÉRIEL ÉTUDIÉ
A. — Liste des espèces par stations de récoltes
Dahomey
Porto-Novo, VI. 70
Habrodesmus faix Cook.
Peridontopyge gasci nov. sp., holotype et paratype.
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes) du Muséum d’Histoire naturelle, 61, rue de Buffon, 75005 Paris.
62 , 2
724
JEAN-MARIE DEMANGE
Dangbo, III. 70
Oxydesmus granulosus (Pal. de Beauvois).
Porto-Novo, VI. 70
Cordyloporus ornatus (Peters).
Porto-Novo, jardin botanique, 15.X.70
Cordyloporus ornatus (Peters).
Oxydesmus granulosus (Pal. de Beauvois), 2 : un exemplaire marron foncé avec bord des
ailes rougeâtre ; un exemplaire marron plus clair, de taille plus grande que le précédent,
ailes entièrement éclaircies ; les gonopodes sont identiques.
Porto-Novo, jardin botanique, 15.X.70
Plethocrossus acutiformis nov. sp., holotype, 62/1, paratypes, 62/1, 63/1, 64/1, 64/1,
64/1, 65/1.
Dangbo, forêt, milieu humide, sous-bois, 25.X.70
Pachybolus ligulatus (Voges), nombreux exemplaires.
Onychostreptus aoutii Dem., 1<^, 75/1.
Oxydesmus granulosus (Pal. de Beauvois), 4 : 1 marron clair (café au lait), ailes entière¬
ment éclaircies ; 3 noirs, avec bord des ailes éclairci, étroite bande claire, pattes
marron clair.
Dassa, Zoumé (150 km N de Porto-Novo), dans roches granitiques, 23.XI.70
Graphidostreptus tumuliporus (Ivarsh), 1 <§, 66/1.
Porto-Novo, jardin botanique, sur feuilles en décomposition, 18.XI.70
Ballophilus foresti Dem., 1 ex.
Porto-Novo, 10.XI.70
Orthomorpha coarctata (Sauss.), nombreux exemplaires : sur un chemin de sable, récoltés
le matin entre 8 h et 10 h et seulement visibles à ces heures précises alors qu’ils tra¬
versent le chemin pour rejoindre un champ de hautes herbes vertes dans lequel ils
disparaissent.
Porto-Novo, jardin botanique, 18.XII.70
Isoporostreptus (?) bouixi nov. sp., holotype, 3 $ paratypes, 54/2, 55/2, 58/2.
Ribautia unguiculata (Por.), Brôl., 1 juv.
Forêt de Sakete, près de celle de Dangbo, 1.71
Pachybolus ligulatus (Voges), 1 juv.
Dangbo, assez profondément dans la terre, 14.1.71
Peridontopyge minuta nov. sp., 1 holotype, 1 paratype.
Urotropis cingulata Brôl., Dem., 1 (connu que du sexe $).
Dangbo, sous les feuilles, après un orage, 22.1.71
Plethocrossus acutiformis Dem., 1
Porto-Novo, jardin botanique, 22.1.71
Urotropis cingulata Brôl., Dem., 1 $ allotype (seule Ç connue), 2 <$ paratypes.
MYRIAPODES RÉCOLTÉS AU DAHOMEY ET AU TOGO
725
Kraté, 10 km de Porto-Novo, 10.11.71
Oxydesmus pellisternus Att., 1 1 Ç (la coloration diffère très légèrement sur le dos; forme
géographique ?).
Porto-Novo, jardin botanique, 15.11.71
Mecistocephalus insularis (Lucas), 2 ex.
Onychostreptus assiniensis (Att.), très abondants à partir de mars.
Rhysida nuda togoensis Krpln., 1 ex.
Ribautia unguiculata (Por.), Brôl., 2 ex.
Porto-Novo, jardin botanique, 27.11.71
Onychostreptus aoutii Dem., 3 <J, 55/1, 57/1, 57/1; 57/1 (cas tératologique).
Peridontopyge gasci Dem., 3 69, 72, 73.
Dans le nord, sous les feuilles, dans le lit d’un ruisseau asséché, 25.11.71
Lamyctes africana (Por.) ?, 1 Ç mauvais état.
Dangbo, forêt, 2.III.71
Onychostreptus aoutii Dem., 3 54, 56, 56.
Porto-Novo, 2.III.71
Peridontopyge spinosissima Silv., 1
Dassari, 600 km N de Porto-Novo, dans la brousse, 4. IV.71.
Scolopendra morsitans L.
Porto-Novo, jardin botanique, 14.V.71.
Peridontopyge crucifera nov. sp., 1 <$ holotype, 2 $ paratypes.
Peridontopyge spinosissima Silv., 1 <$.
Dangbo, 8.X.71
Myostreptus huttneri Cook elegans Brôl., 1 q.
Togo
Klouto, 650 m ait., 5. IV.71
Mychodesmus rectus nov. sp., 1 (J holotype, 6 <$ paratypes, 1 Ç allotype.
Aporodesmus gabonicus (Lucas), Att., 4 (J.
120 km N de Lomé, forêt de teck, 5.IV.71
Peridontopyge guineae Silv., 1<J, 76/1.
Klouto, 650 m ait., 5.IV.71
Afolabina togoensis nov. sp., 1 <$ holotype.
Paltophorus tubulatus nov. sp., 1 holotype, 3 paratypes.
Odontopyge tumidens (Karsch) francosudanica Att., 1 <J, 61.
Peridontopyge togoensis nov. sp., 1 holotype, 65/1, 4 £ paratypes, 65/1, 66/1, 66/1, 68/1,
!<?• '
726
JEAN-MARIE DEMANGE
Urolropis cingulata Brôl., Dem.(connu par la Ç seulement), 2 (J, 51/1, 51/1 et nombreux
en fragments.
Urotropis bicornis nov. sp., 1 $ holotype, 57/1, 2 (J paratypes, 56/1, 57/1 et 5 (J, 2 $ en plu¬
sieurs fragments.
Alyostreptus buttneri Cook elegans Brôl., 1(J, 39/1.
Klouto, 650 m ait., sous manguiers, 5. IV.71
Duseviulisoma acutiformis Att., 6 1 juv.
Duseviulisoma iuliforme (Cari) gracilis nov. subsp., 1 $ holotype, 2 paratypes.
Barrage de Kpimé, teck, 5.IV.71
Peridontopyge poculifera nov. sp., 1 holotype, 66/1, 66/1.
Peridontopyge rubolineata nov. sp., 1 $ holotype, 67/1, 1 <§ paratype, 69/1, 1 Ç, 68/1.
Zodgbegan, site voisin de Klouto, dans une église, 5. IV.71
Plethocrossus domesticus Att., 2
Onychostreptus aoutii Dem., 1 70/1.
Klouto, 4.IV.71
Ethmostigmus trigonopodus (Leach), 1 ex.
B. —- Liste des espèces récoltées 1
DIPLOPODA
Spiroboloidea
Pachybolus ligulatus (Voges). — Dahomey : Dangbo ; forêt de Sakete.
Spirostreptoidea
Graphidostreptus tumuliporus (Karsch). —• Dahomey : Dassa-Zoumé.
Plethocrossus domesticus Att. — Togo : Zodgbegan.
Plethocrossus acutiformis nov. sp. — Dahomey : Porto-Novo, Dangbo.
Isoporostreptus (?) bouixi nov. sp. — Dahomey : Porto-Novo.
Urotropis cingulata Brôl., sensu Dem. — Dahomey : Dangbo, Porto-Novo; Togo : Klouto.
Urotropis bicornis nov. sp. — Togo : Klouto.
Onychostreptus assiniensis (Att.). -—- Dahomey : Porto-Novo.
Onychostreptus aoutii Dem. — Dahomey : Dangbo, Porto-Novo ; Togo : Zodgbegan.
1. Voir dans la liste des stations les remarques concernant quelques espèces ; seules les stations sont répé-
MYRIAPODES RÉCOLTÉS AU DAHOMEY ET AU TOGO
727
Odontopyge tumidens (Karsch) francosudanica Att. —- Togo : Klouto.
Peridontopyge crucifera nov. sp. — Dahomey : Porto-Novo.
Peridontopyge gasci nov. sp. — Dahomey : Porto-Novo.
Peridontopyge guineae Silv. — Togo : Klouto.
Peridontopyge minuta nov. sp. — Dahomey : Dangbo.
Peridontopyge poculifera nov. sp. — Togo : Barrage de Kpimé.
Peridontopyge rubolineata nov. sp. —- Togo : Barrage de Kpimé.
Peridontopyge spinosissima Silv. — Dahomey : Porto-Novo.
Peridontopyge togoensis nov. sp. —- Togo : Klouto.
Myostreptus buttneri Cook elegans Brôl. — Togo : Klouto ; Dahomey : Dangbo,
Polydesmoidea
Orthomorpha coarctata (Sauss.). — Dahomey : Porto-Novo.
Habrodesmus faix Cook. —• Dahomey : Porto-Novo.
Duseviulisoma acutiformis Att. — Togo : Klouto.
Duseviulisoma iuliforme (Cari) gracilis nov. subsp. — Togo : Klouto.
Oxydesmus granulosus (Pal. de Beauvois). — Dahomey : Dangbo, Porto-Novo.
Oxydesmus pellisternus Att. — Dahomey : Porto-Novo.
Afolabina togoensis nov. sp. — Togo : Klouto.
Cordyloporus ornatus (Peters). — Dahomey : Porto-Novo.
Paltophorus tubulatus nov. sp. — Togo : Klouto.
Mychodesmus rectus nov. sp. — Togo : Klouto.
Aporodesmus gabonicus (Lucas). — Togo : Klouto.
CIIILOPODA
Geophilomorpha
Mecistocephalus insularis (Lucas). — Dahomey : Porto-Novo.
Ballophilus foresti Dem. — Dahomey : Porto-Novo.
Ribautia unguiculata (Por.), Brôl. — Dahomey : Porto-Novo.
Scolopendromorpha
Scolopendra morsitans L. — Dahomey : Dassari.
Ethmostigmus trigonopodus (Leach). — Togo : Klouto.
Rliysida nuda (Newp.) togoensis Krpln. — Dahomey : Porto-Novo.
62, 3
728
JEAN-MARIE DEMANGE
II. DESCRIPTIONS DES FORMES NOUVELLES
ET REMARQUES SYSTÉMATIQUES
Plethocrossus domesticus Attems, 1914
Il a paru nécessaire de figurer à nouveau le coxoïde des gonopodes de cette espèce
car sa morphologie est très proche de celle de P. acutiformis nov. sp. ; la figuration exis¬
tante est assez imprécise pour que l’on puisse confondre les deux espèces (fig. 1).
Plethocrossus acutiformis nov. sp.
Holotype 62 anneaux ; Paratypes 62, 63, 64, 64, 64, 65 anneaux.
Coloration, dans l’alcool, brun-rouge.
Tète lisse et brillante ; sillons interoculaire et occipital bien marqués ; 6 soies préla¬
biales. Antennes longues et grêles, atteignant le IV e diplosegment. Rord antérieur des
stipes simplement échancré.
Collum à lobes en angle droit, largement rebordés, surtout dans l’angle antérieur. Un
sillon à peine incurvé sur la surface.
Diplosegments ridés-striolés, avec pore petit, éloigné de la suture qui est fine et à peine
déviée au niveau du pore. Prozonites avec sillons annulaires très fins, sauf le dernier bien
marqué indiquant la limite de la zone sillonnée.
Soles sur les deux avant-derniers articles des pattes, de la 5 e ou 6 e paire de pattes
à la dernière (les dix dernières environ en sont pratiquement dépourvues).
Dernier anneau rugueux, granuleux, allongé, dont la pointe ne dépasse pas le bord
supérieur des valves en amande, aplaties ; 3—[—3 soies à l’extérieur du bord des valves,
plantées dans l’étroit bourrelet marginal.
Gonopodes. — Coxoïdes fortement écartés l’un de l’autre, d’abord étroits puis brus¬
quement épanouis en un complexe lamellaire en fer de hache (fig. 2). Le bord vertical
interne de cette formation est constitué par deux lames, perpendiculaires à la pièce prin¬
cipale, disposées l’une au-dessus de l’autre ; la lame distale est visible dans son ensemble,
face caudale, et la proximale, face orale. L’ensemble de la pièce est concave, faces orale et
Fig. 1. — Plethocrossus domesticus Att., du Togo ; gonopodes.
Fig. 2 et 3. — Plethocrossus acutiformis nov. sp. ; gonopodes.
Fig. 4. —- Urotropis bicornis nov. sp. ; gonopodes.
Fig. 5 et 6. —- Isoporostreptus (?) bouixi nov. sp. ; gonopodes.
Fig. 7 à 9. —- Urotropis cingulata Brôl., sensu Démangé ; gonopodes.
730
JEAN-MARIE DEMANGE
caudale ; elle est agrémentée d’une robuste nervure verticale, face orale, limitant l’ouver¬
ture de la gaine coxale qui est largement béante ; une nervure semblable, horizontale,
marque le sommet de cette ouverture dont le feuillet coxal postérieur, simple et étroit,
à angle interne pointu, marque le bord latéral externe. Sommet du coxoïde en forte lame
lobiforme, concave côté oral.
Télopodite (fig. 3) à rameau séminal long, tortillé et en très étroite bandelette ; à sa
base, une longue épine développée dans le sens de la pièce 1 , (e). Tibiotarse complexe, noueux
à sa base, immédiatement au-delà du rétrécissement cylindrique suivant la grande cour¬
bure, en bande spiralée. Les différenciations tibiotarsales sont de deux sortes, issues éga¬
lement de la base noueuse et spiralée : un complexe en feuillets translucides et une longue
apophyse (x) jaillissant de la dernière spire, à la partie inférieure du tibiotarse et se déve¬
loppant dans le sens du membre.
Le complexe des feuillets est constitué d’une double gouttière de lamelles translucides
enroulées l'une dans l’autre. La gouttière supérieure (f) recourbée en crochet vers l’arrière est
brusquement atténuée en une longue pointe fine ; la gouttière inférieure, plus volumineuse (g),
à concavité opposée à la première, s’ouvre en corolle vers l’extrémité et porte, sur son bord
supérieur, une petite lame perpendiculaire verticale ( h ).
La nouvelle espèce est proche de P. domesticus Att. ; elle s'en distingue par la forme
très particulière de la saillie du bord interne des coxoïdes avec ses deux lames perpendi¬
culaires. Chez domesticus, cette saillie est plus simple, sans lames rapportées.
Le télopodite d’ acutiformis est également différent., tout en gardant une architecture
de base identique à celle de domesticus, c’est-à-dire la formation en bonnet du tibiotarse
avec sa longue pointe, l’appendice spiniforme du bord tibiotarsal et l’apophyse épineuse
du rameau séminal. On remarque, seulement, une légère différence dans la morphologie
de ces pièces. Par contre, chez domesticus, la gouttière tibiotarsale est plus simple et ne
comporte pas, apparemment, de gouttière accessoire raccordée à elle.
Isoporostreptus (?) bouixi nov. sp. 1
Holotype 55 anneaux, 45-55 mm de long, 4 mm environ de diamètre. Paratypes <§,
55, 55, 58 anneaux.
Coloration, dans l’alcool, brunâtre ; corps annelé, sur le dos, brun-noir et café au lait.
Ventre café au lait ; pattes de même couleur.
Tête classique, 4 soies prélabiales. Antennes classiques, atteignant le bord du IV e anneau.
Collum à lobes subrectangulaires, à angle antérieur peu accusé, saillant en angle aigu
vers le lias ; 7 à 8 plis obliques sur la surface, peu incurvés, à bordure peu accusée.
Diplosegments à surface fortement ridée-ponctuée, paraissant mats ; pores répugna-
toires débutant au V e diplosegment, situés dans les métazonites ; suture fine, non déviée au
niveau du pore. Métazonites avec de fines stries longitudinales, parallèles sur toute la surface
de l’anneau ; prozonit.es avec plusieurs stries circulaires sinueuses (la dernière, la plus en
arrière, étant de beaucoup la plus nette), situées environ à la moitié de la surface : de la
1. Espèce dédiée au Professeur G. Bouix de l’Université du Dahomey.
MYRIAPODES RÉCOLTES AU DAHOMEY ET AU TOGO
731
dernière strie annulaire partent de courtes stries rejoignant la suture. Surface des nictazo-
nites nettement striolée-ponetuée en arrière de la strie circulaire postérieure.
Pattes avec soles volumineuses, sur le tibia seulement, à partir de la 3e paire de pattes ;
les soles s’interrompent un peu au-delà de la moitié du corps.
Dernier anneau à surface fortement ponctuée, à bord postérieur épais. Valves forte¬
ment ponctuées, bombées, avec large et profonde rigole prémarginale.
Gonopodes. — Coxoïdes à sommet remarquablement différencié (fig. 5 et 6). Face
orale, le bord latéral interne est droit, légèrement recourbé en gouttière et portant une
arête lamellaire ( m ). Bord latéral externe recourbé verticalement en gouttière et encoché
à mi-hauteur, en arceau, au niveau de la sortie du télopodite de la gaine coxale ; la grande
courbure de ce télopodite est dominée par une formation verticale, continuation de l’encoche
en arceau, évasée en palette et développée obliquement ; la base de la formation rejoint
un épaississement latéral du bord du feuillet coxal évasé latéralement. Au-dessus de l’apo¬
physe, le feuillet se différencie en une volumineuse coquille oblique portant, latéralement,
une forte épine horizontale ( p et t) ; la base de la coquille recouvre l’apophyse précédente
et son sommet se raccorde à une nouvelle différenciation (du sommet du coxoïde) amincie
en lamelle, découpée en deux lobes translucides (s et r) et rabattue sur la face latérale de
la face caudale externe. Face caudale, cette formation en lame se présente vaguement
comme une palette en feuillet enveloppant, dont le bord latéral externe recouvre, en partie,
la gibbosité épineuse latérale ( t ) et sa base (p). Cette formation et la précédente sont donc
intriquées l’une dans l’autre.
Télopodite enroulé deux fois en spirale. Une longue épine à la grande courbure, recourbée
en demi-cercle vers la base du membre. Sinus de la rainure séminale avec un lobe épais,
allongé en palette, et volumineux. Au-delà de la grande courbure, le membre est différencié
en une large et volumineuse gouttière longitudinale à parois translucides. Dans son
milieu, une saillie longitudinale, d’abord épaisse puis lamellaire, conduit la rainure séminale
qui débouche dans un rameau séminal bien développé, planté à côté de l’arête translucide
distale de la saillie longitudinale. Cette saillie s’interrompt bien avant l’extrémité lamellaire
de la gouttière. Longitudinalement et de chaque côté de cet axe, deux arêtes lamellaires
longitudinales : l’une complète, allant jusqu’à l’extrémité du membre, l’autre insérée
seulement dans la portion distale lamellaire du membre sur une courte distance.
La nouvelle espèce est momentanément classée dans le genre Isoporostreptus pour la
morphologie du télopodite qui se présente comme une gouttière translucide avec rameau
séminal central subdistal. Par contre, la structure particulière du sommet des coxoïdes
est tout à fait originale ; cette structure rappelle, dans une certaine mesure, ce que l’on
rencontre chez Onychostreptus dont le bord latéral externe, plus ou moins enveloppé, se
rabat sur l’ouverture de la gaine coxale et se différencie en une apophyse pointue à sa base
latérale. Ces caractères très particuliers pourraient définir un nouveau genre ; un matériel
plus abondant, d’espèces plus diversifiées, est néanmoins nécessaire pour conclure définiti¬
vement.
Remarquons, en outre, la présence d’un lobe très net, volumineux, au niveau du sinus
de la rainure séminale ; ce caractère, que Von rencontre très généralement chez les formes à
télopodite lamellaire ou en gouttière, constitue probablement un intéressant couplage à la forme
732
JEAN-MARIE DEMANGE
de ce télopodite précisément ; il ne serait pas surprenant qu’une étude plus approfondie
apportât de nouveaux documents aidant à une meilleure compréhension de la systéma¬
tique des Spirostreptidae.
Urotropis cingulata Brôlemann, 1926, sensu Démangé
Connu seulement par la Ç avec un nombre d’anneaux moins élevé.
Allotype çj, 53/1 anneaux.
Coloration marron clair (café au lait), annelé de marron un peu plus foncé. Tête et
collum plus foncés ; dernier anneau fauve, taché de noir sur les flancs. Une bande orangé
sale, longitudinale, sur le dos.
Tête sans particularités ; antennes assez grêles, peu en massue.
Collum large, à lobes latéraux très larges ; bord antérieur non rejeté en arrière, tombant
verticalement, déterminant un angle droit de grande surface limité par un profond sillon
oblique ; un second sillon, situé entre celui-ci et le sillon marginal, limite un large rebord.
Diplosegments brillants et finement striolés. Pores répugnatoires très petits, débutant
au VI e anneau, situés environ au milieu des prozonites. Soles sur les deux avant-derniers
articles des pattes ; absentes sur les pattes du tiers postérieur du corps.
Dernier anneau fortement ponctué, sans prolongement distal. Une très nette crête
longitudinale dorsale. Valves anales rugueuses, fortement bombées et creusées d’une large
et profonde gorge marginale.
Gonopodes. — Coxoïdes élancés (fig. 7 à 9). Feuillet latéral externe terminé par une
formation en tête d’oiseau. Feuillet latéral interne fort complexe, surmonté d’un long
processus distal et vertical dont l’extrémité est en anneau à deux pointes. Base du processus
raccordé, côté latéral externe, à une lame vaguement en hélice transversale et formant le
véritable sommet du feuillet. Bord latéral interne avec une formation en hachoir à deux
longues et robustes pointes. Face caudale, le bord de l’orifice de la gaine coxale est en lame
translucide oblique, raccordée à la formation elliptique du sommet du feuillet coxal interne.
Télopodite long et grêle, sinueux, en S, seulement différencié à l’extrémité en une
formation en cuiller, développée parallèlement au rameau séminal.
Paratypes 50/1, 52/1 anneaux comme l’allotvpe.
Exemplaire de Dangbo, 14.1.71, 51/1 diplosegments.
Taille plus petite que le type : 43 mm de long, 2 mm de large.
Coloration uniforme brun-noir foncé avec une vague ligne longitudinale dorsale orangée
presque effacée ; la coloration générale est plus foncée que celle du type.
Collum à lobes latéraux en angle droit (bord antérieur non réfléchi vers l’avant).
Gonopodes. — Différenciation verticale du feuillet de même forme que le type mais
avec branche interne du processus distal plus large et mieux individualisée. Formation en
hachoir du bord interne des coxoïdes plus robuste, à pointes plus allongées. Appendice
du sommet du coxoïde plus grêle.
MYRIAPODES RÉCOLTÉS AU DAHOMEY ET AU TOGO
733
L’espèce cingulata Brôl. de Zagnanado (Dahomey) n’est connue que par le sexe femelle.
Les exemplaires récoltés par Gasc correspondant dans leur ensemble à la description de
Brôlemann, il nous a paru logique de rattacher les mâles de la collection à cette espèce.
Les gonopodes sont tout à fait originaux avec leurs formations coxales verticales rempla¬
çant les épines classiques du genre Urotropis ; en outre, les épanouissements lamellaires du
bord interne des coxoïdes ne se rencontrent chez aucune espèce du genre, sinon chez une
nouvelle bicornis nov. sp. Les deux formes ont des affinités très étroites, mais elles cons¬
tituent un petit groupe bien caractéristique.
Urotropis bicornis nov. sp.
Holotype <J, 57/I anneaux, 35 mm environ de long, 2,5 mm de diamètre environ.
Paratypes <J, 56/1, 57/1 anneaux.
Couleur, dans l’alcool, marron foncé annelé de marron clair ; tête et dernier anneau
brun-noir plus foncé.
Tête classique ; antennes en massue atteignant le bord du IV e anneau, à pilosité
moyenne.
Collum à surface brillante et finement ponctuée, à lobes latéraux larges et à angle
antérieur accusé en large saillie épaisse ; deux plis obliques sur la surface ; angle antérieur
bordé par un profond sillon.
Diplosegments brillants, densément et finement ponctués-striolés. Sillons longitudi¬
naux fins, localisés ventralement ; suture fine mais nette, éloignée du pore qui est petit.
Prozonites avec fins sillons annulaires.
Dernier anneau robuste, large et massif, à surface fortement ponctuée comme les valves,
presque rugueuse ; une faible carène longitudinale dorsale localisée plus spécialement à
l’extrémité postérieure de l’anneau. Valves épaisses, fortement bombées et creusées brus¬
quement d’une gorge prémarginale ; les bords marginaux demeurent épais. Appendices
avec soles sur les deux avant-derniers articles, de la 3 e paire de pattes à la dernière (quelques
dernières paires de pattes n’ont pas de soles).
Gonopodes (fig. 4). — Coxoïdes larges et élancés, largement ouverts face orale. Sommet
différencié en un volumineux appendice horizontal à pointe recourbée en crochet issu du
feuillet latéral externe et une fine lame translucide arrondie au sommet et à bord externe
sinueux. Issue du bord interne de ce feuillet limitant la fente coxale, se développe verti¬
calement une longue apophyse en tigelle plus ou moins aplatie, brusquement recourbée
vers l’arrière. Face caudale, l’orifice de la gaine coxale situé très haut, près du sommet
du coxoïde, se trouve limité par le bord aminci et translucide de la formation en lamelle
interne.
Télopodite classique d ’ Urotropis avec une longue épine en ruban, flexueuse, à pointe
épanouie en fer de lance, située à la grande courbure. Extrémité distale du télopodite
épanouie latéralement en coquille translucide rabattue sur le membre et faisant suite à un
épanouissement lamellaire débutant au sinus de la rainure séminale ; rameau séminal
court, épais, tordu et abrité dans l’épanouissement distal.
734
JEAN-MARIE DEMANGE
La morphologie du télopodite est identique à celle d ’ Urotropis cingulata Brôl., sensu
Dem. (cf. p. 732).
La nouvelle espèce est très proche d’ U. cingulata Brôl., sensu Dem., dont les exemplaires
mâles sont décrits ici pour la première fois (cf. remarques p. 733).
Peridontopyge crucifera nov. sp.
Holotijpe (J, 75/1 diplosegments, 110 mm environ de long, 6 mm de diamètre.
Paratijpes 78/1 et 80/1 anneaux.
Coloration, dans l’alcool, marron-noir avec une bande longitudinale fauve sur le dos ;
pattes et pygidium fauves.
Tête classique ; antennes allongées, atteignant le bord du III e anneau.
Collum à lobes latéraux larges, subrectangulaires ; angle antérieur allongé et aigu ;
trois gros plis obliques sur la surface ; angle antérieur finement rebordé.
Diplosegments finement ponctués-striolés, mats, à suture très nette et profonde, à
peine déviée au niveau du pore légèrement éloigné. Pattes avec soles sur les deux avant-
derniers articles, de la 3 e paire de pattes à la dernière.
Dernier anneau finement et densément rugueux, sans carène longitudinale dorsale.
Valves rugueuses comme l’anneau, en amande, avec deux petites pointes au sommet.
Gonopodes. — Coxoïdes allongés (fig. 10, 11), étroits, épanouis seulement au sommet
en une lame triangulaire réfléchie vers l’extérieur ; angle latéral externe souligné par une
épaisse formation en crochet court, recourbé vers le sommet. Face caudale, la gorge du
coxoïde est largement ouverte et plus ou moins recouverte par une différenciation lamellaire
longitudinale externe lobiforme, enroulée sur l’ouverture ; la lamelle, épaissie en saillie
près du sommet, domine l’ouverture de la gaine coxale.
Télopodite (fig. 12, 13) avec épine à l’arête inférieure, à rameau séminal classique
avec une formation denticulaire dans sa courbure.
Complexe tibiotarsal avec une longue apophyse grêle développée vers l’extrémité
distale, rapportée à la base de la découpure externe du complexe et repliée sur elle-même;
une lamelle lobiforme sur la face externe ; découpure externe d’abord assez étroite puis
brusquement épanouie en lame fourchue dont les pointes sont longues et grêles : une pointe
est presque verticale, la seconde dirigée vers l’extrémité du membre.
La nouvelle espèce se rapproche de P. minuta nov. sp. ; comme chez celle-ci, le télo¬
podite présente un complexe formé d’une différenciation à deux longues pointes et un
processus allongé issu de la base. Elle s’en distingue par l’absence de lamelle télopodiale
Fig. 10 à 13. —- Peridontopyge crucifera nov. sp. ; gonopodes.
Fig. 14 à 17. — Peridontopyge gasci nov. sp. ; gonopodes.
Fig. 18 à 20. -—- Peridontopyge minuta nov. sp. ; gonopodes.
736
JEAN-MARIE DEMANGE
perpendiculaire, subdistale et par un sommet des gonopodes épanoui et pointu ; chez minuta
le sommet est simplement arrondi.
La taille de crucifera nov. sp. est beaucoup plus grande que celle de minuta nov. sp. :
110 mm contre 45 mm et le nombre des anneaux est beaucoup plus élevé, 75 au lieu de 67.
Peridontopyge gasci nov. sp.
Holotype 76/1 diplosegments.
Paratype 73/1 anneaux.
Coloration, dans l’alcool, brun foncé, à bords des diplosegments éclaircis. Pattes plus
claires, fauves. Chaque diplosegment est marqué dorsalement d’une tache claire au niveau
du prozonite qui reste clair.
Tête brillante et lisse, à sillons interoculaires effacés ; sillon occipital net, recoupé
par plusieurs sillons transversaux, profonds sur le vertex. Antennes à peine en massue à
l’extrémité, atteignant le bord du III e anneau.
Diplosegments lisses et brillants, à peine striolés. Pores gros, au contact de la suture
qui n’est pas déviée à son niveau. Sillons longitudinaux localisés seulement sous le ventre.
Pattes avec soles sur les deux avant-derniers articles, de la 3 e paire de pattes à la dernière
(seules les toutes dernières paires de pattes en sont dépourvues).
Dernier anneau court, densément et profondément ponctué, à pointe restant bien en
retrait du bord supérieur des valves. Deux dépressions dorsales déterminent une nette
carène longitudinale. Valves globuleuses et peu allongées, en amande ; pointes supérieures
courtes et obtuses. Bords épais, arrondis, non en bourrelet ; 2—|—2 soies très courtes au bord
marginal.
Gonopodes. — Coxoïdes élancés (fig. 14, 15) ; sommet épanoui en une lamelle interne
verticale, lobiforme, prolongée extérieurement par une robuste pointe subhorizontale. Face
caudale, le bord interne rabattu du feuillet porte une forte pointe développée verticalement
et dont la base gibbeuse est en continuation avec un volumineux bourrelet en lame épaisse,
transversale, dominant l’ouverture de la gaine coxale. Feuillet coxal postérieur très étroit,
simplement encoché au sommet.
Télopodite long et délié, relativement simple, courbé en angle droit dès sa sortie de
la gaine coxale, côté latéral interne (fig. 16 et 17).
Rameau séminal assez grêle, avec une formation lamellaire subrectangulaire avant sa
deuxième courbure. Tibiotarse en gouttière allongée et étroite, à extrémité distale amincie
en feuillet recourbé couvrant l’extrémité distale du rameau séminal et portant une rangée
de volumineuses cannelures. Sur la face opposée, à la base de la gouttière, une longue for¬
mation épineuse coudée en angle droit et dirigée vers l’extrémité du membre. Complexe
tibiotarsal en une épaisse formation allongée en appendice pointu et dirigée vers l’extré¬
mité distale du membre. Face orale, la surface développe une longue cannelure tordue
dont l’extrémité distale pousse un prolongement saillant allongé.
MYRIAPODES RECOLTES AU DAHOMEY ET AU TOGO
737
La nouvelle espèce se rapproche de P. clavigera Dem. Comme chez cette dernière,
on trouve le coxoïde armé de deux processus épineux : un vertical issu de la face orale, un
latéral externe horizontal ; mais chez gasci nov. sp., non seulement l’apophyse verticale
de la face orale est plus volumineuse mais le bourrelet en lame, partant de sa base et limi¬
tant le bord supérieur de l’orifice de la gaine coxale, est disposé plus bas, franchement
sur la face orale ; chez clavigera, cette formation est nettement au bord supérieur interne.
En outre, gasci présente une lame translucide interne inexistante chez clavigera. Le télo-
podite de gasci présente également des cannelures comme clavigera et une longue apophyse
horizontale au complexe mais il manque la formation externe du processus de clavigera ;
l’épine inférieure est beaucoup plus longue chez gasci. Par contre, la formation du rameau
séminal est identique.
Les deux espèces appartiennent au même groupe et l’on peut remarquer que, dans
ce groupe, une formation épineuse développée verticalement ( clavigera, gasci ) ou basale-
ment ( schoutedeni ) remplace la lame présente au même endroit chez d’autres espèces :
cornuta Dem., demangei Pierrard, par exemple. Ces deux caractères, épine et lamelle, semblent
couplés avec la présence d’un appendice épineux externe plus ou moins horizontal.
Peridontopyge minuta nov. sp.
Holotype <$, 67/1 anneaux.
Paratypes <$, 67/1, 51/1 ? anneaux.
Petite espèce : 45 mm de long environ, 1,5 mm de diamètre.
Coloration, dans l’alcool, brun foncé annelé de brun un peu plus clair. Tête et collum
noirs.
Tête sans particularités ; antennes épaisses, en massue, atteignant le bord du II e anneau.
Collum à surface finement ponctuée et à lobes latéraux classiques ; bord en oblique
et angle antérieur largement arrondi ; un sillon oblique bien marqué en plus du sillon mar¬
ginal.
Diplosegments avec pores répugnatoires débutant au V e anneau, bien visibles, situés en
arrière de la suture qui n’est pas déviée à leur niveau. Surface brillante, très finement
striolée. Pattes avec soles discrètes sur les deux avant-derniers articles des pattes du tiers
antérieur du corps environ.
Dernier anneau classique, sans trace d’appendice caudal, à bord postérieur tronqué,
sans carène dorsale et à surface densément ponctuée. Valves bombées, sans particularités.
Gonopodes (fig. 18). — Coxoïdes allongés à bords parallèles et à sommet arrondi,
sans particularités face orale. Face caudale, le bord externe de la gaine coxale, en fente
verticale, est aminci en lamelle, épaissi vers le sommet du coxoïde, et prolongé en pointe
vers le haut, avant de se raccorder au feuillet suivant par une épaisse formation arrondie.
L’ensemble forme un volumineux cornet en saillie dont l’ouverture est vaguement en
ellipse.
Télopodite classique (fig. 19 et 20), avec une épine tibiale allongée et grêle. Complexe
tibiotarsal en palette triangulaire dont les angles de la base sont fortement prolongés par
738
JEAN-MARIE DEMANGE
des saillies épineuses. Une longue formation llagelliforme épineuse complémentaire, repliée
vers la concavité du tibiotarse, jaillit de la base de cette palette. Extrémité du tibiotarse
élargie, avec un angle saillant denticulaire. Face inférieure de cette extrémité, avec une
formation lamellaire en cuiller, plantée verticalement et obliquement en travers de l’axe
longitudinal du membre. Une volumineuse cannelure dans la concavité. Rameau séminal
classique avec une formation subrectangulaire dans la concavité.
La nouvelle espèce est également originale, comme la plupart des espèces nouvelles
décrites dans cette note ; par ses coxoïdes elle rappelle rubescens, mais la structure très
particulière du complexe tibiotarsal ne permet pas encore actuellement d’en établir les
affinités exactes.
Peridontopyge poculifera nov. sp.
Holotype 66/1 anneaux, 76-70 mm de long, 4 mm diamètre.
Couleur, dans l’alcool, marron foncé ; métazonites légèrement éclaircis. Pattes jau¬
nâtres.
Tête classique ; antennes allongées, pileuses, atteignant le V e anneau.
Collum à lobes latéraux larges et à angle antérieur fortement saillant vers le bas,
arrondi ; deux plis élevés obliques sur la surface ; angle antérieur souligné par un profond
sillon déterminant un large et épais bourrelet.
Diplosegments brillants, finement et densément striolés-ponctués ; sillons longitudi¬
naux fins, localisés face ventrale ; suture profonde touchant au pore. Soles sur les deux
avant-derniers articles, à partir de la 3 e paire de pattes ; les soles sont absentes sur une
dizaine de paires de pattes postérieures.
Dernier anneau fortement striolé-ponctué, sans prolongement postérieur et sans carène
dorsale nette ; valves classiques en amande.
Gonopodes. —- Coxoïdes complexes (fig. 21 et 22) ; de la face antérieure, les coxoïdes
paraissent allongés et à bords subparallèles ; sommet boursouflé en un lobe transversal,
prolongé, côté latéral externe, par une formation épineuse horizontale ; en arrière de ce
lobe distal se développe une longue formation en tigelle verticale tordue, légèrement recourbée
côté externe et fortement aplatie, au sommet arrondi. Face caudale, le feuillet latéral
externe, rabattu sur la fente coxale, est creusé en une profonde gouttière, accusée côté
latéral externe près du sommet, par une épaisse lame arrondie ( l ) disposée perpendicu¬
lairement par rapport à la gouttière.
Télopodite (fig. 23 et 24) avec une courte épine tibiotarsale (et) au bord inférieur ; rameau
séminal sans talon, avec une formation denticulaire médiocre ; extrémité distale abritée dans
une gorge formée par les feuillets translucides de la partie distale du tibiotarse. Extrémité
distale du tibiotarse simplifiée, avec une rangée de hautes cannelures formées de lamelles
translucides arrondies, le long de l’arête supérieure. Complexe tibiotarsal en deux parties :
une partie externe constituée d’une formation en trompette, développée vers l’avant, une
partie interne, issue de la base de la précédente, formée d’une longue apophyse grêle plus
ou moins cannelée, dirigée vers l’extrémité du tibiotarse.
740
JEAN-MARIE DEMANGE
La nouvelle espèce est proche de P. clavigera Dem. (Sierra Leone) par la structure
du télopodite. Comme cette espèce, elle possède une longue apophyse interne au complexe
tibiotarsal dont la différenciation tibiotarsale externe est en forme de champignon (girolle).
Toutefois, poculifera s’éloigne nettement de clavigera par la présence d’un long processus
vertical en lame courbée au sommet du coxoïde ; chez clavigera, c’est une simple épine
en crochet qui le remplace.
Peridontopyge rubolineata nov. sp.
Holotype <$, 67/1 anneaux, 60-70 mm de longueur environ, 3 mm de diamètre environ.
Paratype <$, 69/1 anneaux.
Coloration, dans l’alcool, marron foncé annelé de brun clair. Une large bande dorsale
rouge orangé ; dernier anneau plus clair jaune orange à café au lait, taché de brun sombre.
Collum bordé de brun-jaune clair.
Tête brillante, sans particularités. Antennes longues, légèrement en massue, densé¬
ment pileuses, atteignant le bord du III e anneau.
Collum à lobes latéraux larges, taillés en carré avec angle antérieur non saillant et
pointu ; deux épais replis obliques, à peine incurvés, sur la surface.
Diplosegments lisses et brillants, très légèrement striolés-ponctués. Prozonites avec
de fines stries annulaires. Suture très nette, non déviée au niveau du pore qui la touche.
Pattes avec soles sur les deux avant-derniers articles, de la 3 e paire de pattes à la dernière.
Dernier anneau densément ponctué, mais brillant, ainsi que les valves, sans appen¬
dice caudal et sans carène longitudinale dorsale. Valves en amande, bombées, non atténuées
au bord marginal qui reste épais. Pointes dorsales robustes.
Gonopodes. — Coxoïdes allongés et à sommet arrondi ; un fort appendice épineux
développé horizontalement et à pointe recourbée vers la base du membre (fig. 25).
Télopodite (fig. 26 et 27) classique avec une épine tibiale au bord inférieur. Rameau
séminal classique, sans talon particulier avec un processus denticulaire allongé ; extrémité
du rameau abritée dans une gorge formée par deux feuillets enroulés appartenant à la
partie distale du membre. Extrémité distale tronquée, avec une série de lamelles au bord
distal taillé carrément ; on remarque particulièrement une petite lamelle arrondie (x) au
bord supérieur et une large formation lamellaire (y) à la face inférieure reposant sur une
sorte d’entablement.
Complexe tibiotarsal relativement simple, composé d’une robuste dent (f) recourbée
vers l’avant et munie d’un robuste talon proximal en épaisse lame interne subrectangulaire ;
l’ensemble du complexe est creusé en vasque à concavité dirigée vers l’extrémité du tibio-
tarse.
La nouvelle espèce est assez proche de demangei avec son complexe tibiotarsal portant
à la base une formation plus ou moins solidaire de la découpure externe ; chez rubolineata
il s’agit d’une lame épaisse subrectangulaire ; chez demangei c’est un processus avec une
MYRIAPODES RÉCOLTÉS AU DAHOMEY ET AU TOGO
741
pointe épineuse. Les coxoïdes des deux espèces sont armés d’une apophyse externe, recourbée
vers le sommet chez demangei, vers la base chez rubolineata ; par contre, le sommet des
coxoïdes est arrondi chez rubolineata et un peu plus en pointe chez demangei.
Peridontopyge spinosissima Silvestri
De nouvelles précisions sont apportées à la morphologie de la partie distale du télo-
podite. Chez les exemplaires de Porto-Novo, l’épine et le lobe distal du bord inférieur sont
particulièrement bien développés (fig. 28).
Peridontopyge togoensis nov. sp.
Holotype <§, 65/1 anneaux, 55-60 mm de longueur, 3 mm de diamètre.
Paratype 65/1, 66/1, 66/1, 68/1 anneaux.
Couleur, dans l’alcool, brun foncé presque noir ; pattes fauves. Une vague série de taches
rougeâtres dorsales, seulement visibles dans la partie postérieure du corps.
Tête classique, antennes moyennes atteignant le bord postérieur du III e anneau.
Collum à lobes latéraux larges, subrectangulaires, à angle antérieur prolongé en angle
très aigu. Trois plis robustes en angle obtus sur la surface ; angle limité par un profond
et court sillon.
Diplosegments à aspect satiné, densément striolés, à sillons longitudinaux bien mar¬
qués, localisés face ventrale. Suture profonde, à peine déviée au niveau du pore. Pore
éloigné de la suture. Soles sur les deux avant-derniers articles, de la 3 e paire de pattes à la
dernière.
Dernier anneau rugueux, fortement ponctué ainsi que les valves ; une faible carène
longitudinale dorsale. Valves classiques en amande.
Gonopodes (fig. 29 et 30). — Feuillet coxal postérieur le plus externe, étroit, à sommet
arrondi et armé d’un large et long processus en lame recourbée vers la base, auquel s’oppose
une formation identique, développée de même, issue du feuillet coxal antérieur, le plus
interne, rabattu sur le précédent. L’appendice crochu du feuillet antérieur est moins aplati
et porte, près de sa base, une saillie plus ou moins conique.
Télopodite sans trace d’épine tibiotarsale au bord inférieur qui est lamellaire et enroulé
autour du membre (fig. 31 et 32). Extrémité distale recourbée et portant deux lamelles
rapportées sur la surface : une longue ( l ), en demi-cercle, épousant la courbure du tibiotarse,
une plus petite (m) à l’extrémité distale. De longues carènes lamellaires, moins hautes
encadrent également la convexité aplatie de la courbure de l’extrémité du tibiotarse.
Rameau séminal à talon aigu et avec formation en large dent classique ; extrémité non
dissimulée dans une gorge.
Complexe tibiotarsal pédonculé, terminé par une formation en large croissant dont
les pointes sont longues et aiguës (x et y), dirigées vers l’extrémité du tibiotarse. Au niveau
MYRIAPODES RÉCOLTÉS AU DAHOMEY ET AU TOGO
743
du complexe, le bord supérieur du tibiotarse est aminci et découpé en une large dent trans¬
lucide (a), doublée d’une seconde découpure (b) du bord inférieur du tibiotarse en longue
épine large, robuste et pointue.
La nouvelle espèce est très particulière ; elle semble s’écarter des espèces déjà connues
par la configuration du complexe tibiotarsal. En dehors de mauriesi Dem. et aberrans Att.
qui possèdent deux longues épines à ce complexe, aucune autre espèce ne montre une arma¬
ture semblable à celle de togoensis ; il semble que togoensis soit proche également de vachoni.
L’armature des coxoïdes est la même, dans son ensemble, que chez mauriesi, aberrans
et vachoni et, comme elles, togoensis est dépourvue d’épine tibiotarsale.
Myostreptus buttneri Cook elegans Brolemann
Il est utile de signaler que le télopodite porte une petite saillie épineuse, étroitement
accolée au membre au niveau de la grande courbure (fig. 33).
Duseviulisoma iuliforme (Cari) gracilis nov. subsp.
Holotype (J, 22 mm de long, 1,5 mm de large.
Coloration, dans l’alcool, brun-rouge foncé jusqu’à brun-noir ; pattes de même couleur.
Face ventrale blanc-jaunâtre.
Corps élancé ; chaque diplosegment fortement étranglé dans son milieu. Pattes grêles,
remarquablement longues (fig. 34) ; chaque article considérablement développé en longueur
surtout ceux de la dernière paire de pattes. Sternite de la 4 e paire de pattes avec deux
saillies pointues, fortement pileuses. A partir du Y11 I e diplosegment chaque sternite posté¬
rieur possède une paire de petites saillies coniques pileuses alors que le sternite antérieur
ne montre qu’une petite verrue pileuse insignifiante ; sternites des deux dernières paires
de pattes sans particularités.
Gonopodes. — Structure de base semblable à celle du type (fig. 35 et 36) mais avec
appendice proximal du tibiotarse long et délié. Différenciation de la concavité de la faucille
tibiotarsale en lame mince en fer de hache ; les angles sont aigus. Base de la faucille tibio¬
tarsale avec une formation épineuse (e).
Fig. 29 à 32. — Peridontopyge togoensis nov. sp. ; gonopodes.
Fig. 33. — Myostreptus buttneri Cook elegans Brol., de Dangbo ; grande courbure du télopodite des gono¬
podes.
Fig. 34 à 36. — Duseviulisoma iuliforme gracilis nov. subsp. ; appendice ambulatoire antépénultième et
gonopodes.
Fig. 37 et 38. — Afolabina togoensis nov. sp. ; gonopodes et détails de l’extrémité distale du rameau
séminal.
744
JEAN-MARIE DEMANGE
La différence caractéristique de gracilis réside dans la structure de la formation de
la concavité du tibiotarse. Chez gracilis, il s’agit d’une lame simple à deux pointes : une
pointe distale grêle et une pointe proximale denticulaire. Chez le type, la pointe distale
est remplacée par une série de lamelles rondes (trois petits lobes suivant l’auteur).
Le type est de Guinée espagnole (Cabo St. Juan).
Afolabina togoensis nov. sp.
Longueur 30 mm environ, diamètre 5 mm environ.
Coloration, dans l’alcool, marron-rouge foncé ; pattes brun-rouge ; bord des prolon¬
gements aliformes des diplosegments porifères éclairci, blanchâtre.
Tête lisse, à surface un peu inégale, avec pilosité longue et espacée. Antennes longues
et grêles atteignant le bord du V e anneau.
Collum à bord antérieur en arc de cercle ; bord postérieur oblique, les bords latéraux
fortement atténués et pointus ; surface chagrinée.
Prolongements aliformes du deuxième diplosegment subrectangulaire, réfléchis vers
l’avant ; ceux des deux anneaux suivants (III et IV) à bords subparallèles. A partir du
V e anneau les prolongements sont peu à peu réfléchis vers l’arrière, jusqu’à ce que le bord
antérieur forme un angle obtus très net. Surface des diplosegments fortement chagrinée,
grenue. Angle postérieur des expansions aliformes d’abord arrondi puis pointu et de plus
en plus allongé et aigu au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la tête. A partir du II e diplo¬
segment, le milieu du métazonite est déprimé transversalement en une large ligne dessi¬
nant un accent circonflexe de plus en plus aplati au fur et à mesure que l’on considère des
anneaux plus postérieurs. Sternites et appendices sans particularités.
Dernier anneau avec un prolongement aplati subtriangulaire, à pointe carrée, à angles
latéraux accusés par une verrue sans poil ; bords latéraux portant 1-j-l verrues pilifères ;
pointe avec deux longues soies au bord, entre les verrues. Surface avec trois rangées de
deux longues soies sublatérales portées par des verrues. Valves anales avec 2—(—2 verrues
pilifères submarginales. Plaque ventrale avec 2—(—2 soies.
Gonopodes. — Tibiotarse court et large ; profondément divisé en trois branches :
une branche séminale encadrée de deux longs processus (fig. 37).
Branche séminale (s) courte et large, tordue en crochet portant une large découpure
pointue et un petit lobe au bord interne et une petite dent au bord externe (fig. 38).
Appendice de la face interne ( i ) long et grêle, recourbé vers l’arrière comme la branche
séminale et portant à sa base, à la partie renflée du tibiotarse, une saillie conique médiocre.
Appendice de la face externe (e) plus robuste que le précédent, plus court, aplati et
recourbé également vers l’arrière ; sa base est armée d’une volumineuse formation denti¬
culaire.
La nouvelle espèce appartient incontestablement au genre monospécifique Afolabina
Hoffman ; elle est même très proche du type du genre : A. yoruba Hoff., originaire du
Nigeria.
MYRIAPODES RECOLTES AU DAHOMEY ET AU TOGO
745
Le rameau séminal de la nouvelle espèce présente une petite apophyse à la place d’un
denticule chez yoruba et la branche accessoire (e) montre une large saillie remplaçant l’épine
flagelliforme de yoruba.
Paltophorus tubulatus nov. sp.
Holotype 28 mm de long environ, 4,5 à 5 mm de diamètre.
Coloration, dans l’alcool, gris sale avec bords latéraux des expansions aliformes blan¬
châtres ; une tache claire marque les diplosegments porifères. Pattes blanchâtres.
Tète classique, sans particularités.
Collum classique, de forme générale en demi-lune.
Prolongements aliformes subrectangulaires sur les diplosegments II, III et IV ; angles
latéraux antérieurs légèrement arrondis. Bords latéraux parallèles, avec une saillie denti-
forme à la base de chaque angle antérieur. A partir du V e anneau, les angles antérieurs
des protubérances aliformes s’arrondissent progressivement de même que la saillie denti-
forme latérale s’accuse. Bord postérieur de la plupart des diplosegments droit ; seuls les
anneaux les plus postérieurs ont des angles latéraux un peu plus accusés et pointus. Bords
latéraux nettement dentelés (deux encoches) et légèrement convergents, progressivement
à partir du VII e ou VIII e anneau. Surface des diplosegments densément granuleuse, avec
une dépression transversale en accent circonflexe fortement aplati à partir du III e ou
IV e anneau. Sternites et appendices sans particularités.
Dernier anneau classique, aplati, subtriangulaire, avec trois rangées de longues soies
plantées sur des verrues. Bords latéraux irréguliers, avec une encoche subdistale.
Gonopodes. —• Structure générale classique (fig. 39 et 40) (celle du genre Paltophorus),
vue par la face caudale, avec son rameau séminal sinueux en S (rs), son tibiotarse épanoui
en gouttière lamellaire et son processus (p) tibiotarsal. Base du rameau séminal avec une
gouttière conique (g) à côté de laquelle jaillit une longue formation verticale translucide
en gouttière, plus étroite à la base qu’au sommet, et appliquée étroitement contre une
différenciation spéciale de la concavité du tibiotarse (d). Ce complexe ( d ), en une longue
et volumineuse saillie du fond du tibiotarse, va en s’élargissant vers le sommet, s’épanouit
et s’aplatit en une plateforme rugueuse et épineuse dont la base est soulignée par une
rangée de longs denticules et une petite lamelle translucide dressée le long du bord ; cette
lamelle s’épanouit brusquement vers l’extrémité distale du tibiotarse tout en se compliquant
d’une série de longues formations verticales en gouttière (o), disposées côte à côte ; l’ensemble,
sinueux, se dispose verticalement en cercle avant de se raccorder à la face concave de
l’épanouissement distal du membre, à peu près en son milieu ; les gouttières successives
se continuent dans la concavité, tout en diminuant de volume et de hauteur, n’atteignant
pas le bord distal du feuillet tibiotarsal ; la limite est d’ailleurs marquée par un certain
relief ( x ). Extrémité lamellaire du tibiotarse, à bord distal taillé en oblique vers la face
interne et prolongé en une longue pointe recourbée vers l’arrière ; côté latéral externe,
le feuillet distal en gouttière du tibiotarse se prolonge en un lobe arrondi, recourbé vers
l’arrière ( l ).
MYRIAPODES RÉCOLTÉS AU DAHOMEY ET AU TOGO
747
La nouvelle espèce est très originale et ne peut être comparée à aucune autre espèce
du genre. Il est néanmoins un caractère particulièrement original que l’on retrouve chez
quelques espèces : c’est la formation en relief du fond de l’épanouissement tibiotarsal qui
se traduit par une saillie en balcon.
Une révision du genre Paltophorus et des genres voisins est actuellement en cours ;
on aura l’occasion de créer des coupures nouvelles, notamment pour des morphologies
semblables à celle-ci.
Mychodesmus rectus nov. sp.
Holotype 30 mm de long, 4,5 à 5 mm de diamètre environ.
Coloration, dans l’alcool, brun clair (prozonites) et brun foncé (métazonites). Pattes
marron clair.
Tête classique, antennes normales.
Collum large à bords latéraux fortement atténués, en pointe arrondie.
Diplosegments à prolongements aliformes plantés assez bas, de position presque ven¬
trale et courbés vers le bas ; forme presque régulièrement rectangulaire, les bords antérieurs
peu réfléchis vers l’arrière et les angles postérieurs non saillants, aigus. Pores de formule
5, 7, 9 à 19. Sternite antérieur du VI e anneau du $ fortement saillant en un lobe en triangle
arrondi, au sommet disposé entre les appendices. Diplosegment gonopodial (VII e ) à bord
postérieur de l’arc pleuro-tergal bombé et surélevé en un rebord bas, limitant en arrière
la cavité gonopodiale entre les appendices ; ouverture gonopodiale vaguement triangulaire,
à angles arrondis.
Dernier anneau court, avec un prolongement épais et aplati ; planté de longues soies.
Gonopodes (fig. 41 à 43). — Coxoïdes sans particularité, de longueur moyenne. Tibio-
tarse robuste à partie proximale densément pileuse, déprimée et renflée à la base ; après
la grande courbure, le membre demeure épais et court, développé sans sinuosité jusqu’à
la base. Près de la courbure, une forte gibbosité plus longue que large, dirigée vers la conca¬
vité de la courbure et portant deux saillies : une rectangulaire et une conique, armée de
deux fortes pointes. Extrémité distale dilatée et divisée en un petit lobe lamellaire trans¬
lucide latéral interne (p) développé distalement et une épaisse cuiller vaguement sphérique,
prolongée par une saillie distale pointue, légèrement courbée, le rameau séminal (r) opposé
à la lamelle précédente. Une petite saillie pointue le long de l’arête antérieure (s).
La nouvelle espèce ne semble avoir aucune affinité avec l’une des espèces connues
de la famille des Gomphodesmidae.
Par la morphologie de l’extrémité distale du télopodite, il serait nécessaire de créer
un nouveau genre ; celle-ci est, en effet, particulière avec gibbosité globuleuse et ses diffé¬
renciations diverses encadrant un rameau séminal court, mais il paraît plus raisonnable
d’attendre la découverte de nouveaux documents ; la famille des Gomphodesmidae appelle
d’ailleurs une sérieuse révision, la plupart de ses genres devant être caractérisés de nouveau.
748
JEAN-MARIE DEMANGE
Aporodesmus gabonicus (Lucas) Atteins
Comme l’a si bien fait remarquer J.-P. Mauriès (1967 : 395), la caractérisation des
espèces du genre Aporodesmus laisse à désirer, à telle enseigne que l’espèce type elle-même,
A. gabonicus, est inconnue. L’auteur fait remarquer d’ailleurs que le spécimen type,
une femelle de Lucas, n’a pas pu être retrouvé. Nous sommes donc tout à fait de l’avis
de Mauriès qui considère (malgré les imprécisions de provenance, cf. Mauriès : 396)
comme Aporodesmus gabonicus (Lucas) typique, le spécimen d’ATTEMS, 1900, premier
étudié, figuré et connu par ses gonopodes.
La morphologie des gonopodes des spécimens de Klouto (Togo) paraît concorder,
dans ses grandes lignes, avec celle des organes copulateurs figurés par Attems ; toutefois,
certains points de détail semblent les différencier, autant que l’on puisse en juger par la
figure schématique publiée ne donnant apparemment que les caractères du tibiotarse.
Il a donc paru indispensable de représenter les gonopodes des exemplaires étudiés ; ce
n’est que par une abondante documentation que les espèces du genre seront mieux connues
et que les caractères de gabonicus pourront être précisés car il paraît que certains d’entre
eux sont labiles.
Description des gonopodes des spécimens du togo (fig. 44 et 45). — Coxoïde
massif, globuleux à la base, fortement aplati à son extrémité ; au niveau de son articula¬
tion avec le tibiotarse, le bord distal épais est fortement encoché en demi-lune ; il est sad-
lant en cône, face externe, et présente une apophyse robuste assez courte, sensiblement
de même longueur que le cône, face interne, au-dessus du crochet coxal.
Tibiotarse court et épais, étranglé au milieu (niveau de l’articulation). Extrémité
distale fortement dilatée et développée en vasque dont la continuité est interrompue,
face interne, par le repli profond et large de la rainure séminale. Bord de la vasque distale
accusé par une lame translucide mince, de hauteur variable, plus haute, face interne, que
face externe, beaucoup plus développée sur ces faces que sur les autres, et dont le bord est
finement frangé. Surface de cette lame plantée de nombreuses formations épineuses. La
rainure séminale y ménage une large fente à son niveau. Côté latéral externe, sous la vasque,
le long de l’épanouissement en bourrelet du tibiotarse, deux rangées de soies plus longues
que les autres, recourbées en crochet.
Caractères externes. — 27 mm de long, 7 mm de large.
Coloration, dans l’alcool, brun-rouge.
Diplosegments à bord antérieur des prolongements aliformes courbé ; prolongements
légèrement ramenés vers l’avant. Bord postérieur assez nettement en S ; angle postérieur
pointu, saillant vers l’avant, de plus en plus au fur et à mesure que l’on considère des anneaux
de plus en plus postérieurs. Surface avec une large bordure de cellules allongées, légèrement
en relief, parallèles dans l’axe du corps et de plus en plus divergentes vers les bords latéraux,
jusqu’à devenir parfaitement horizontales, autour d’une zone centrale marquée de deux
rangées parallèles de boursouflures ; les rangées sont assez confuses sauf la plus postérieure.
Chacune des aires cellulaires boursouflées plantée d’une soie raide et grêle.
MYRIAPODES RÉCOLTÉS AU DAHOMEY ET AU TOGO
749
III. DEUX CAS D’ANOMALIE SEGMENTAIRE
Les anomalies segmentaires ne sont pas rares chez les Diplopodes mais on trouve ici
deux malformations, non hélicomères, des divisions asymétriques des diplosegments chez
Onychostreptus aoutii Dem. et chez Peridontopyge togoensis nov. sp.
Un cas intéresse les diplosegments moyens, l’autre les diplosegments terminaux
précédant immédiatement le telson.
Fig. 46. — Onychostreptus aoutii Dem., de Porto-Novo.
Diplosegments anormaux vus par leur côté droit.
Cas d’ Onychostreptus aoutii Démangé
Au niveau des diplosegments 38 et 39, du côté droit, seuls les anneaux sont visibles
dorsalement, chacun divisé en pro- et métazonite (fig. 46) et encore jusqu’à la moitié du
flanc, approximativement au niveau de la ligne des pores ; en dessous de cette zone, il
n’apparaît qu’un seul anneau, le 39 e , dont la zone prozonitale, avec ses fines lignes annulaires
nettement visibles, est considérablement développée ventralement. On ne remarque aucune
trace de pore répugnatoire du côté droit, non seulement sur les anneaux 38 et 39 mais
aussi sur le 37 e ; par contre, on ne constate aucune interruption dans la série des pores
du côté gauche, ce qui semble marquer plus précisément la perturbation segmentaire du
côté droit.
Face dorsale, les diplosegments 38 et 39 ne sont pratiquement pas déformés.
750
JEAN-MARIE DEMANGE
Face ventrale on remarque, à droite (fig. 47, en bas), la zone prozonitale considérable¬
ment développée du diplosegment 39 dont les deux paires de pattes sont présentes et nor¬
males avec leurs sternites à peine déformés, sauf peut-être le postérieur. Au niveau du
38 e diplosegment, dont le sternite des appendices postérieurs est considérablement déformé,
on remarque, à droite des deux sternites, une profonde dépression accusée par une ligne
en relief marquant incontestablement une certaine zone ventrale appartenant au
38 e anneau ; la zone prozonitale du 39 e anneau n’atteint donc pas le 37 e anneau sur la
totalité de sa surface ce qui revient à dire qu’une portion ventrale du 38 e diplosegment
est encore apparente et individualisée.
Le cas décrit est une diastématie du diplosegment 38 comme on en connaît un exemple
chez Neptunobolus hogei Schub. (cas rapporté par J. Balazuc et O. Schubart en 1962).
Fig. 47. — Mêmes anneaux tératologiques vus par leur face ventrale.
Les appendices ambulatoires ont été détachés des sternites.
Cas de Peridontopyge togoensis nov. sp. (fig. 48 et 49)
Il s’agit ici d’un cas hémitrophique d’un somite, le dernier du corps, qui n’est repré¬
senté que par une très faible portion ventrale mais porte les traces des sternites et même
des appendices.
A notre connaissance, c’est la première fois qu’un tel cas est signalé et que le volume
du diplosegment intéressé est aussi réduit.
MYRIAPODES RECOLTES AU DAHOMEY ET AU TOGO
751
Carl (1913) a voulu voir, dans ces « demi-segments », des anneaux supplémentaires
dont le développement est provoqué par un traumatisme. Tel n’est pas l’avis de Balazuc
et Schubart qui « à la lumière des faits établis dans la tératologie des Arthropodes » inter¬
prètent le phénomène comme une hélicomérie, à la différence que le décalage est à la
fois dorsal et ventral. « Il n’y a pas de demi-segments (droits ou gauches) dédoublés dans
le sens antéro-postérieur, ni supplémentaires. »
Sahli (1969 : 102, note infrapaginale 53) signale avoir rencontré, chez Tachypodoiulus
albipes de haute altitude, des anomalies de segmentation, notamment « quelques individus
possédant entre le dernier segment pédifère et le telson un anneau incomplet, réduit à sa
partie dorsale... »
Fig. 48 et 49. — Peridonlopyge togoensis nov. sp. ; derniers anneaux du corps
vus par la face ventrale et le profil droit.
CONCLUSIONS
Les récoltes de Ch. Gasc renferment douze espèces et sous-espèce nouvelles. En outre,
on a pu étudier quelques formes rares ou peu connues, comme Aporodesmus gabonicus et
Urotropis cingulata Brôl. connues seulement par les femelles. Ce sont les espèces du genre
Peridontopyge (Spirostreptoidea) qui sont les plus nombreuses : six espèces nouvelles et
deux espèces inconnues soit du Togo, soit du Dahomey.
752
JEAN-MARIE DEMANGE
Les faunes du Dahomey et du Togo étant fort peu connues, la plupart des espèces
rencontrées étendent, d’une façon parfois non négligeable, leur répartition géographique.
C’est le cas, par exemple, d’une nouvelle espèce d’un genre monospécifique, Afolabina, ori¬
ginaire du Nigeria, de Peridontopyge guineae retrouvé au Togo, de P. spinosissima,
d ’Odontopyge tumidens sundanica Att. etc.
Deux cas tératologiques intéressants, malformations segmentaires, sont décrits chez
Onychostreptus aoutii Dem., du Dahomey, et Peridontopyge togoensis nov. sp. Le premier
est une diastématie d’un diplosegment du milieu du corps, le second une hémiatrophie
d’un dernier somite du corps qui n’est représenté que par une très faible portion ventrale.
Ces anomalies sont probablement à interpréter comme une hélieomérie et non comme un
demi-diplosegment dédoublé ou un diplosegment supplémentaire.
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPHIQUES
Brôlemann, H. W., 1926. —• Myriapodes recueillis en Afrique occidentale française par M. l’Admi¬
nistrateur en chef L. Duboscq. Arch. Zool. exp. gen., 65 (1) : 1-159.
— 1924. — Myriapodes recueillis au Soudan par M. Mimeur etc. Bull. Soc. zool. Fr., 49 (3-5) :
307-319.
Carl, J., 1905. — Diplopodes de la Guinée espagnole. Mém. Soc. Esp. Hist. nat., 1 (15) : 261-284.
— 1913. — Sur une anomalie dans la segmentation de certains Diplopodes. Arch. Sci. phys.
nat., (118 e année, 4 e pér.), 36 : 279-280.
Hoffman, R. L., 1967. — Polydesmoid Diplopods from Nigeria. Rev. Zool. hot. afr., 76 (3-4) :
201-234.
Démangé, J.-M., 1970. — Myriapodes Diplopodes récoltés au Togo, au Dahomey et en Côte-
d’Ivoire par M. A. Aouti. Bull. IF AN, sér. A, 33 (1) : 76-86.
Balaztjc, J., et O. Schubart, 1962. — La tératologie des Myriapodes. Année hiol., 4 e sér., 1 (3-4) :
145-174.
Mauriès, J.-P., 1967. — Matériaux récoltés par M. H. Coiffait au Gabon : Myriapoda, Diplopoda.
Rev. Biol. Gab., 3 (4) : 361-401.
Sahli, F., 1969. — Contribution à l’étude du développement post-embryonnaire des Diplopodes
Iulides. Ann. Univ. Saraviensis, 7 : 1-154.
Manuscrit déposé le 11 octobre 1971.
Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 3 e sér. n° 62, juillet-août 1972,
Zoologie 48 : 723-752.
Achevé d’imprimer le 30 décembre 1972.
Péridontopygines (Diplopodes, Odontopyges)
de la zone soudano-sahélienne de l’Afrique de l’Ouest
par Gaston Pierrard *
Résumé. — Etude chorologique, écologique et systématique d’une sous-famille de Diplopodes
Odontopygidae d’Afrique occidentale et description d’une nouvelle espèce du Mali : Peridonto¬
pyge maliensis n. sp.
Chorologiiî
L’Afrique de l’Ouest est la région qui compte le plus d’espèces de Peridontopyginae ;
en dehors de cette zone, quelques espèces sont connues de l’Afrique centrale, une seule,
P. flavisolea Attems récoltée à Sennaar (Soudan), a un habitat plus oriental. Peridontopyge
leopoldina Attems est l’unique espèce connue au sud de l’équateur où elle a été trouvée
sur les rives du fleuve Congo à hauteur du Stanley Pool.
La figure 1 présente Faire de répartition connue des Peridontopyginae ; il est probable
que son étendue s’agrandira ; ainsi, avant les captures récentes en République Centrafri¬
caine, aucun représentant de la famille des Odontopygidae n’avait été récolté dans ce pays ;
la carte a été établie d’après les données bibliographiques et l’examen de collections et
aussi, pour la République Centrafricaine, la Haute-Volta, le Mali et le Sénégal, d’après nos
récoltes.
Peridontopyge spinosissima Silvestri
Parmi les Péridontopygines, P. spinosissima a la dispersion géographique connue la
plus vaste ; il a été rencontré du nord du Cameroun à l’ouest du Sénégal. C’est aussi l’espèce
la plus fréquemment citée comme ennemie des cultures (Pierrard, 1970). La figure 2
donne la répartition géographique de cette espèce, dressée d’après les lieux de capture
indiqués ci-après : Tchad : Tikem (09°55'N, 15°03'E) (Démangé, 1957) ; Cameroun : Maroua
(10°46'N, 14°20'E) (récolte P. Jacquemart, collection personnelle) ; Nigeria : Jos (09°58'N,
08°53'E) (récolte de E. R. Gwong, collection Musée Tervuren), Zaria (11°06'N, 07°42'E)
(Krauss, 1966) ; Dahomey : Zagnanado (07°18'N, 02°13'E) (Brôlemann, 1926), Porto-
Novo (06°27'N, 2°41'E) (Démangé, 1972) ; Togo : Namoundjega (10°54'N, 00°24'E) (récolte
F. Puylaert, collection Musée Tervuren) ; Haute-Volta : Saria (12°16'N, 02°09'W) (Mau-
* Institut de Recherches du Coton et des Textiles exotiques, (IRCT), Station de M’Pesoba (MaliJ, sec¬
tion d’Entomologie.
754
GASTON PIERRARD
ries, 1969), Kari (12°16'N, 03°33'W) (récolte personnelle), Mali : Boadie (13°13'N, 06°53'W)
(Brôlemann, 1924), Nienebale (12°56'N, 07°28'W) {id.), M’Pesoba IBCT (12°36'N,
05°43'W) (récolte personnelle), Cinzana (13°15'N, 05°54'W) (id.), Ivogoni (14°44'N, 06°02'W)
(id.) ; Sénégal : Darou (13°57'N, 15°50'W) (id.), Koungheul (13°58'N, 14°49'W) (id.) ;
Guinée, côte (Silvestri, 1897).
Fig. 1. — Carte de la répartition géographique des Peridontopyginae (zones hachurées).
A propos de P. spinosissima, Brôlemann (1924) notait des variations d'appendices
des gonopodes entre les individus dahoméens et maliens et soulignait que la différenciation
en variétés ne pourrait être reconnue qu’après contrôle de la constance de ces structures.
Un envoi de notre collègue P. Jacquemart, en provenance du Cameroun du Nord, montre
la coexistence des deux formes décrites par Brôlemann, ce qui écarte que ces variations
soient de nature géographique.
Les individus récoltés à Kogoni (Mali) ont une coloration très particulière à tel point
qu’avant un examen détaillé nous ne pensions pas qu’ils puissent appartenir à cette espèce.
La coloration habituelle de l’espèce est brun-noir, plus ou moins foncé, avec la région dor¬
sale plus claire tandis que les individus de Kogoni sont brun blanchâtre, de coloration
semblable aux espèces P. clavigera et P. trauni ; parmi les mâles et femelles capturés
à Cinzana, une seule femelle avait la coloration des individus de Kogoni.
PÉRIDONTOPYGINES DE L’AFRIQUE DE L’OUEST
755
Peridontopyge trauni Silvestri
Cette espèce a été décrite par Silvestri (1907) à partir d’exemplaires provenant de
Bissao (11°51'N, 15°38'W) ; Démangé (1957) l’identifia parmi les Diplopodes nuisibles
aux cotonniers à Tikem (09°55'N, 15°03'E) au Tchad ; au Mali nous ne l’avons retrouvé
qu’à M’Pesoba (12°36'N, 05°43'W). Les trois lieux de capture cités laissent supposer soit
une aire de dispersion étendue, analogue à celle de P. spinosissima, soit une répartition
géographique discontinue.
Fig. 2. — Carte des stations de récolte de Peridontopyge spinosissima.
Peridontopyge conani Brôlemann
Brôlemann (1905) dénomma ce Peridontopyge sur un exemplaire étiqueté « Mission
du Ch. de f. Thiès-Kayes par le Ferlo, Niani-Ouli et Boundou », localités situées au Sénégal.
Carl (1940) a reconnu cette espèce dans du matériel myriapodologique provenant de
Bissao (11°51'N, 15°38'W). Nous avons récolté cette espèce au Mali : Kogoni (14°44'N,
0o°02'W), Fana (12°53'N, 06°57'W), M’ Pesoba IRCT (12°36'N, 05°43'W) ; au Sénégal :
Velingara (13°08'N, 14°07'W), Gouloumbo (13°28'N, 13°49'W), Koungheul (13°58'N,
14°59'W), Kalïrine (14°07'N, 15°34'W), Darou (13°57'N, 15°50'W) et Keur Madjabel
(13°51'N, 16°04'W).
756
GASTON PIERRARD
Peridontopyge guineae Silvestri
En 1907, Silvestri décrivit cette espèce, qui provenait de Bissao (11°51'N, 15°38'W)
en Guinée portugaise. Brôlemann (1926) soupçonne la synonymie entre P. guineae et
Odontopyge falemica, dénomination qu’il donne en 1905 à un Peridontopyge femelle récolté
lors de la construction du chemin de fer Thiès-Kayes sur la Falémé (14°22'N, 12°11'W),
à la frontière sénégalo-malienne. Des femelles de P. guineae récoltées au Mali nous ont permis
de constater la concordance totale avec la description de P. falemica donnée par Brôlemann
(1905) ; il y aurait donc bien synonymie entre P. guineae et P. falemica.
3
4a
4b
Fig. 3. —- Peridontopyge guineae, hanche droite, face antérieure, individu malien.
Fig. 4. — Peridontopyge clavigera, hanche gauche, face postérieure ; a, individu malien ; b, individu togolais.
L’appartenance à cette espèce d’un individu récolté à Firawa (09°22'N, 11°18'W) en Sierra
Leone fut établie par Démangé (1970). Cet auteur (1972) note encore sa présence au Togo
à 120 km au nord de Lomé. Nous avons identifié cette espèce dans des captures faites au
Mali, à Fana (12°53'N, 06°57'W), Cinzana (13°15'N, 05°54'W), M’Pesoba IRCT (12°36'N,
05°43'W), Loutana (11°36'N, 05°40'W) et Ivassarola (12°45'N, 04°59'W). Les exemplaires
maliens se distinguent des individus guinéens et sierra-léoniens par l’absence d’une spinule
au lobe externe de la hanche (fig. 3) qui est arrondi ; par l’épine postfémorale légèrement
ondulée placée sur la face interne parallèle au tibio-tarse, alors que sur les exemplaires
plus occidentaux, cette épine est droite, moins longue et de direction oblique ce qui la
rend invisible, sauf à la base, sur la face antérieure du télopodite ; l’épine qui naît à
l’endroit où se différencie le rameau séminal ne présente pas un brusque rétrécissement
peu avant l’apex.
PÉRIDONTOPYGINES DE L’AFRIQUE DE L’OUEST
757
Peridontopyge clavigera Démangé
Parmi les diplopodes nuisibles aux semis de mil en Haute-Volta, Démangé (1966)
a trouvé un mâle d’une espèce nouvelle, P. clavigera. Mauriès (1969), identifiant des Spiros-
treptoïdes récoltés à Saria (12°16'N, 02°09'W) en Haute-Volta, pense que des femelles
pourraient appartenir à l’espèce clavigera. Dans le matériel myriapodologique ramené du Togo
par F. Puylaert (Musée de Tervuren), nous avons identifié un mâle de cette espèce éti¬
queté Missahohe (06°57'N, 00°34'E) (6-9-VIII-1969). Au Mali, P. clavigera était présent
dans nos captures des localités suivantes : Fana (12°53'N, 06°57'N), M’Pesoba IRCT
(12°36'N, 05°43'W) et Kassarola (12°45'N, 04°59'W).
Les individus maliens sont identiques au type voltaïque ; les différences suivantes ont
été notées sur l’exemplaire du Togo : épine coxale apicale du feuillet, postérieure, non accu-
minée (fig. 4) et plus longue (environ 2 fois) ; sommet antérieur de la hanche en lamelle
beaucoup moins élevée ; épine de l’apophyse du tibio-tarse droite non boursouflée ; épine
postfémorale plus petite (environ 1/2).
Peridontopyge rubescens Attems
Cette espèce n’était connue que par un seul mâle de Dakar (14°41'N, 17°27'W) (Attems,
1927), lorsqu’en 1940, Carl rapporta la découverte de 3 mâles dans la collection de Diplo¬
podes remise au Muséum de Genève et récoltée par A. Monard à Bissao (11°51'N, 15° 38'W).
Nous avons recueilli cet Odontopygide au Sénégal, début octobre 1970, à Darou (13°57'N,
15°50'W) et à Kaffrine (14°07'N, 15°34'W), en juillet 1971 à Iveur Madjabel (13°51'N,
16°04'W) et à Keur Samba (13°54'N, 14°53'W).
Peridontopyge pervittata Silvestri
Cette espèce élancée trouvée à Bissao (T1°51'N, 15°38'W) et décrite en 1907 par Sil¬
vestri n’avait plus été signalée en d’autres lieux. Au Sénégal, début octobre 1970, nous
avons récolté 1 et 5 à Gouloumbo (13°28'N, 13°49'W), 1 $ et 2 ÇÇ à Darou (13°57'N,
15°50'W).
Peridontopyge demangei Pierrard
Cette espèce connue de République Centrafricaine (Pierrard, 1967) (Bambari, Kouango,
Bakala, Ippy) n’a été capturée qu’en un seul lieu dans l’Afrique de l’Ouest, : Loutana (11°36'N,
05°40'W) au Mali, 2 <?<£, 9-IX-1969 ; 1 <J, 6-VII-1970.
Les mâles maliens, plus robustes, présentent des variations minimes par rapport aux
individus centrafricains :
758
GASTON PIERRARD
République
Centrafricaine
Mali
Nombre d’anneaux
66 à 71
71 à 73
Bord libre le plus apical de la saillie triangulaire
du rameau séminal
Lobe en palette de l’apophyse du tibio-tarse
Droit
De direction légère¬
ment oblique
Cassé, donnant l’impres¬
sion que le sommet de
la saillie est tronqué
Plus large et de direc¬
tion droite
Peridontopyge maliensis sp. n.
Les lieux de capture de cette espèce malienne sont : M’Pesoba (12°36'N, 05°43'W),
Loutana (U°36'N, 05o40'W) et Zamblara (11°22'N, 05°43'W).
Peridontopyge togoensis Domange
Cette espèce n’a été trouvée, au Mali, qu’à M’Pesoba 1RCT (12°36'N, 05°43'W).
L’espèce décrite par Démangé (1972) provenait du Togo : Klouto (06°57'N, 00°35'E).
Écologie
La connaissance chorologique actuelle des espèces de Peridontopyginae de l’Afrique
de l’Ouest est trop incomplète pour permettre d’avancer des hypothèses quant aux rapports
entre les faunes de la zone forestière guinéenne, de la zone de savane sahélienne et de la
zone intermédiaire. Cependant certains éléments laissent supposer que la région où règne
une longue saison sèche possède en propre certaines espèces, comme d’ailleurs la région
à longue saison des pluies aurait des espèces caractéristiques.
P. trauni, P. conani, P. rubescens, P. pervittata et P. maliensis ne sont connus que de la
zone de climat de type A\v6-8 de la classification de Kôppen (A = t° moyenne du mois
le plus froid > 18°, w = saison sèche dont une partie ou la totalité coïncide avec l’hiver,
6-8 = 6 à 8 mois avec une pluviométrie mensuelle < 60 mm).
P. aberrans Attems, P. cinerea Démangé, P. colombi Brôlemann, P. condamini Démangé,
P. junquai Démangé, P. royi Démangé, P. vachoni Démangé, Neodotopyge volzi Cari et
N. gracilis Cari, qui furent trouvés dans des zones à forte pluviométrie et où la durée de
la ou des saisons sèches n’excède pas 4 mois, n’ont jamais été récoltés dans les régions sou-
dano-sahélienne et sahélienne.
P. spinosissima, pour lequel les captures relatées sont les plus nombreuses, n’est connu
que de Zagnanado au Dahomey et de la côte guinéenne en région à climat humide ; tous
les autres endroits de récolte sont localisés en climat Aw7-8, y compris Porto-Novo sur
la côte dahoméenne qui est compris dans une bande littorale étroite qui jouit d’un climat
maritime très peu pluvieux.
PÉRIDONTOPYGINES DE L’AFRIQUE DE L’OUEST
759
P. guineae est connu de Guinée portugaise et du Mali, dans des régions où la saison
sèche compte 7 mois, également de Firawa 1 en Sierra Leone qui appartient au climat de
type Aw4 et où les précipitations annuelles moyennes sont supérieures à 2 mètres, et du
Togo dans une zone où la saison sèche n’est que de 3 mois.
P. clavigera a été récolté en Haute-Yolta et au Mali dans des régions à climat de type
Aw8, mais aussi à Missahohe 2 au Togo en climat Aw2.
P. demcmgei, qui a été identifié dans des récoltes faites dans le centre-sud de la Répu¬
blique Centrafricaine de climat Aw3-4, a été retrouvé au Mali dans une seule localité à
climat Aw6.
P. togoensis a été décrit d’exemplaires en provenance d’une zone togolaise à climat
Aw2 ; les exemplaires maliens proviennent d’une localité à climat Aw7. Les mâles de ces
derniers comptaient 64 à 68 anneaux et les femelles 61 à 64.
Description de Peridontopyge maliensis sp. n.
Holotype et paratypes. Holotype et 2 paratypes déposés au Musée royal de l’Afrique
centrale à Tervuren (Belgique), 2 paratypes déposés au Muséum national d’Histoire
naturelle à Paris, 1 paratype cJ et les paratypes Ç dans notre collection.
Holotype : £ : 75 anneaux (1 apode).
Paratypes : <?<? : 74 (1), 74 (1), 72 (1), 73 (1), 73 (1).
Paratypes : : 73 (1), 72 (1), 74 (1).
Longueur : 80 à 104 mm ; largeur : 5,2 à 5,8.
Coloration in vivo : noir brunâtre, avec pattes et antennes brun-roux.
Tète. Labre avec une grosse dent médiane en retrait ; 6 fossettes pilifères prélabiales
disposées sur une aire légèrement rimulaire. Sillon interoculaire droit et net ; sillon coronal
plus marqué. Champs ocellaires étirés obliquement, séparés par une distance d’environ
une fois et demi leur plus grand axe ; ocelles sur 7 rangs. Saillie des stipes mandibulaires
rectangulaire à bord distal légèrement incurvé vers la base de la pièce ; angle postéro-distal
plus marqué et légèrement plus saillant que l’antérodistal.
Collum. Deux petites taches claires symétriques médio-dorsales ; bord latéral en saillie
obtuse à la partie antérieure ; trois côtes marginales, la plus interne presque droite, la
plus externe infléchie vers le bord distal.
Anneaux du tronc et valves anales. Glandes répugnatoires à partir du 5 e diplosegment ;
pore sur le métazonite, contre, proche ou sur le sillon suturai. Frange du métazonite droite.
Soles plantaires des mâles à partir de la 4 e paire de pattes et présentes sur les pattes des
3/4 des anneaux antérieurs. Pygidium sans carène. Valves anales avec une épine apicale
bien développée, pas de tubercule antérieur au bord postérieur.
1. Nous tenons à remercier ici la direction des services météorologiques de Sierra Leone, qui nous
a transmis les données climatiques de la région de Firawa.
2. Les données climatiques de cet endroit nous ont été fournies très aimablement par Monsieur Cou¬
teaux, Directeur de l’Institut de Recherches du Coton et des Textiles exotiques au Dahomey.
PÉRIDONTOPYGINES DE L’AFRIQUE DE L'OUEST
761
Gonopodes
— Hanches (fig. 5 et 6). Fortement écartées, légèrement divergentes. Bord interne
du feuillet antérieur terminé par une petite saillie arrondie (a) ; bord externe du feuil¬
let postérieur légèrement concave à la hauteur de la sortie du télopodite. Cavité
coxale (b) ouverte sur plus de la moitié de la face interne du membre. Feuillet postérieur
se terminant en une forte expansion uncinée (c) ; une longue épine externe (d) de direction
postéro-apicale prend naissance peu avant l’extrémité du membre.
—- Télopodite (fig. 7, 8 et 9). Vu de la face antérieure, le tibio-tarse comprend un feuil¬
let de direction postérieure-externe (e) portant deux spinules (e et e", cette dernière pou¬
vant être très émoussée ou même absente) et une expansion complexe postérieure-interne
(f) portant dans sa partie proximale 3 lamelles parallèles (g), la moins proximale étant
la plus développée, et une expansion lamellaire (h) aux 2/3 de sa hauteur. A la jonction
du feuillet postérieur-externe et de l’expansion postérieure-interne s’épanouit une lame (p).
Sur la face postérieure, le feuillet de direction postérieur-externe porte une petite expan¬
sion (i) comptant 2 pointes (j).
Présence d’une épine postfémorale (k) procédant du bord interne du membre (1),
recourbée postérieurement pour croiser par dessus le rameau séminal ; celui-ci (m) se détache
à la partie extéro-antérieure (ri) et une courbure en S le place sur la face postérieure du
membre ; juste après la première courbure se développe une expansion triangulaire (o).
Affinité. Tant par la forme de la hanche que par celle du télopodite, P. maliensis ne
se rapproche d’aucune espèce connue.
Lieux de capture. Mali (G. Pierrard) : Zamblara (11°22'N, 05°43'W) 1 $ (holotvpc)
16-VII-1969 ; IRCT-M’Pesoba (12°36'N, 05°43'W) 2 (paratypes) ll-IX-1969, b $$
et 8 (paratypes -f- 1 paratype Ç) 6-VII-1970, 1 £ et 1 Ç 9-VIII-1969, 2 ^ 6-IX-1969 ;
Loutana (11°36'N, 05°40'W) 1 <? et 1 ? 9-IX-1969, 1 Ç 6-VII-1970.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Attems, C., 1914. — Afrikanische Spirostreptiden nebst Uberblick über die Spirostreptiden orbis
terrarum. Zoologica, Stuttgart, 25 (65-66) : 1-233.
— 1927. — Diplopoda. Wiss. Ergebn. Exped. R. Grauer Zentralafrika. Ann. naturh. Mus.,
Vienne, 41 : 51-90.
Brôlemann, H. W.j 1905. — Myriapodes de la Mission du chemin de fer Thiès-Kayes, recueillis
par le Dr. Conan. Mém. Soc. zool. Fr., Paris, 18 : 201-213.
— 1924. — Myriapodes recueillis au Soudan par M. Mimeur, chargé d’études entomologiques
en Afrique occidentale française. Bull. Soc. zool. Fr., Paris, 49 : 307-319.
— 1926. — Myriapodes recueillis en Afrique occidentale française par M. L’Administrateur
en chef L. Duboscq. Arch. Zool. exp. gén., Paris, 65 (1) : 1-159.
Carl, J., 1940. — Diplopodes de la Guinée portugaise, récoltés par le Dr. A. Monard. Rev. suisse.
Zool., Genève, 47 (18) : 367-370.
Démangé, J.-M., 1957. — Myriapodes Diplopodes du Tchad (A.E.F.) nuisibles aux cotonniers.
Bull. Mus. Hist. nat., Paris, sér. 2, 29 (1) : 96-105.
762
GASTON PIERRARD
-— 1966. — Une nouvelle espèce du genre Peridontopyge, nuisible aux plantations tropicales
(Myriapode, Diplopode, Spirostreptoidea ). Bull. IFAN, Dakar, sér. A, 28 (3) : 986-988.
■— 1970. -— Communication personnelle.
— 1972. — Myriapodes Diplopodes. In : Le massif des monts Loma, Mém. IFAN, 86 (1) ( sous
presse).
— 1972. —Myriapodes récoltés au Dahomey et au Togo par Ch. Gasc. Bull. Mus. Hist. nat.,
Paris, 3 e sér., n° 62, juillet-août 1972, Zoologie 48 : 723-752.
Kraus, O., 1966. — Phylogénie, Chorologie und Systematik der Odontopygoideen ( Diplopoda,
Spirostreptomorpha). Abh. senckenb. naturf. Ces., Frankfurt/a.M., 5i2 : 1-143.
Mauriès, J.-P., 1969. — Spirostreptoidea (Myriapoda, Diplopoda) récoltés dans une parcelle expé¬
rimentale de l’Institut de Recherches agronomiques tropicales en Haute-Yolta. Bull. Mus.
Hist. nat., Paris, sér. 2, 40 (5) : 984-991.
Pierrard, G., 1967. — Les diplopodes ( Myriapoda ) nuisibles aux cultures en République centra¬
fricaine. Description de Peridontopyge demangei sp. n. ( Odontopygidae, Peridontopyginae).
Cot. Fib. trop., Paris, 22 (3) : 425-426.
— 1970. — Nocuité des Diplopodes aux plantes cultivées dans les pays chauds. Cot. Fib. trop.,
Paris, 24 (4), 1969 (1970) : 429-441.
Silvestri, F., 1897. — Neue Diplopoden. Abh. Ber. Mus. Dresden, 6 (9) : 1-23.
—- 1907. — Neue und wenig bekannte Myriapoden des Naturhistorischen Muséum in Hamburg.
Mitt. naturh. Mus., Hamburg, 24 : 229-257.
Manuscrit déposé le 11 octobre 1971.
Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 62, juillet-août 1972,
Zoologie 48 : 753-762.
Achevé d’imprimer le 30 décembre 1972.
IMPRIMERIE NATIONALE
2 564 002 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Us seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauciiot, M.-L., J. Daget, J.-C. IIureau et Th. Monod, 1970. -— Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Alus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.