BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
78
N° 104 JANVIER-FÉVRIER 1973
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l'illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série,' n° 104, janvier-février 1973, Zoologie 78
Étude de la répartition des pores fémoraux, anaux, préanaux
et ventraux chez les Lacertiliens (Reptilia)
par Robert Jullien et Sabine Renous-Lécuru *
Résumé. — Des pores préanaux et fémoraux existent chez les Geckotiens, les Scincomorphes
et les Iguaniens. Ces derniers montrent de plus des pores anaux et ventraux. Certaines familles
de ces trois superfamilles de Lacertiliens sont cependant totalement dépourvues de pores : les
Caméléonidés, les Uroplatidés et les Scincidés ; d’autres n’en n’ont qu’une seule catégorie, tandis
que les Agamidés les possèdent toutes. Paradoxalement, toutefois, un tiers seulement des genres
de cette dernière famille présente des pores alors que presque tous les représentants des familles
à un type de pore en sont pourvus. Nous avons remarqué que des pores fémoraux aux pores anaux
et ventraux, le degré de liaison au sexe augmente et ceci très souvent au bénéfice des mâles. Les
différentes catégories de pores peuvent s’associer deux à deux. Nous avons rencontré des pores
fémoraux liés à des pores préanaux et des pores anaux liés à des pores ventraux.
Les Amphisbéniens n’ont que des pores préanaux.
Abstract. — Preanal and fémoral pores exist in Gekkota, Scincomorpha and Iguania.
The latter show besides anal and ventral pores. However some families of these three infra-
orders are entirely without pores : Cameleonidea, Uroplatidea and Scincidea, others bave only
one category, whereas Agamidea possess ail them. One may notice that in the last family is at
once the richest in types of pores shown and the poorest in the number of généra possessing porcs
(one third only) ; the reverse is truc, for in the families which show only one kind of pores, almost
ail généra possess them. The possible linkage between pores and sex increases for males frorn
fémoral to ventral, through anal pores.
The different categories of pores can combine two by two. We hâve met fémoral pores asso-
ciated with preanal pores and anal pores associated with ventral pores.
Amphisbaenia hâve only preanal pores.
Les pores fémoraux, anaux, préanaux et ventraux représentent le débouché de glandes
particulières de l’épiderme des Lacertiliens. Ces glandes diffèrent, d’après Maderson
(1970), de toutes les autres formations glandulaires épidermiques connues chez ces animaux.
Elles ont une activité sécrétrice indépendante et un orifice excréteur externe, nettement
visible à l’œil nu, qui permet l’écoulement des substances élaborées. L’activité de ces glandes
que Kluge (1967) groupe sous le nom de « pre-anal organs », serait associée pour Cole
(1966) et Maderson (1970) à celle des gonades. Pour de nombreux auteurs, notamment
Gasc, Lageron et Schlümberger (1969), la sécrétion serait odoriférante ; comme ces
glandes débouchent dans des régions du corps qui peuvent frotter le substrat — régions
i
* Laboratoire d’Anatomie comparée, Muséum national d’Histoire naturelle, 55, rue de Buffon, 75005
Paris.
104, 1
2
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LECURU
abdominale postérieure, péri-anale et ventro-fémorale — il en résulterait un marquage
odorant du territoire de l’animal.
Nous ne discuterons pas ici de ces hypothèses, que Maderson suggère de vérifier
par une étude comparative du degré de développement de l’organe de Jacobson et de ces
glandes chez les Lacertiliens. Nous nous attacherons seulement à étudier l’extension de
ces dernières formations dans ce sous-ordre. Pour ce faire, l’examen des pores qui en sont
le débouché externe nous suffira. Signalons toutefois, avant de commencer leur recensement,
qu’il existe des glandes dépourvues de pores excréteurs, uniquement décelables par l’étude
histologique. D’après Maderson (1970), ces formations seraient vestigiales, et nous n’en
tiendrons pas compte dans ce travail. Il ne sera question que de pores visibles à l’œil nu
et donc immédiatement utilisables en systématique. Mais il est bien évident qu’une étude
de ces structures rudimentaires ne pourrait que compléter et corriger les observations du
présent mémoire et nous souhaitons vivement qu’un tel travail soit entrepris.
Avertissement
La distinction entre pores fémoraux, préanaux, anaux et ventraux, uniquement topographique,
est due à Bouienger (1887) à qui nous avons emprunté, également, toute la nomenclature latine,
au moins pour les genres et les espèces. Rappelons que cet auteur est le dernier à avoir établi une
liste complète des Lacertiliens. Quoique ancienne maintenant, et demandant une certaine révision
que nous-mêmes n’avons pu entreprendre, elle reste encore une référence fondamentale. Dans nos
listes, nous ne mentionnerons d’ailleurs que les genres, sauf naturellement si ces derniers sont
eux-mêmes sujets à variations, auquel cas nous descendrons jusqu’à l’espèce. Ajoutons encore
que nous nous intéresserons aux changements de nature — nous devrions plutôt dire de localisa¬
tion — des pores et non à leur nombre.
Nous comparerons enfin les Lacertiliens aux Amphisbéniens, considérés par quelques auteurs
(Cope, Romer, Camp) comme d’authentiques Lacertiliens.
Ce travail est le cinquième d’une série consacrée à des variations morphologiques intéressantes
des animaux de ce sous-ordre.
REPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
3
LES IGUANIENS
I. Les Iguanidés
(Fig- 1)
Nous distinguerons cinq catégories d’animaux : les Iguanidés sans pores, à pores fémo¬
raux dans les deux sexes, à pores fémoraux, anaux, puis ventraux chez les mâles seulement.
Fig. 1. — Carte de répartition géographique des Iguanidés et des Cordylidés pourvus de pores.
Les Iguanidés occupent le Nouveau Monde, les Cordylidés le sud de l’Afrique et Madagascar,
p.a., formes à pores anaux ; p.f., formes à pores fémoraux ; p.v., formes à pores ventraux.
Les lignes pointillées indiquent la limite nord d’extension des deux familles. Lorsqu’en un lieu
donné, les genres et les espèces qui possèdent des pores fémoraux sont plus nombreux, le pointillé
devient plus dense.
104 , 2
4
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
a. Iguanidés dépourvus de pores
Anisolepis
Sud Brésil
Anolis
Amérique tropicale et subtropicale
Basiliscus
Amérique tropicale
Chalarodon
Madagascar
Chamaeleolis
Cuba
Corytophanes
Amérique centrale, Équateur
üiplolaemus
Patagonie
Enyalius
Amérique du Sud
Laemanctus
Amérique centrale
Liocephalus
Amérique centrale
Liosaurus
Amérique du Sud
Norops
Amérique tropicale
Oplurus
Madagascar
Ophryoessa
Amérique du Sud
Pristidactylus
Patagonie
Saccodeira
Patagonie
Scartiscus
Paraguay
Stenocercus
Ouest de l’Amérique du Sud
Strobilurus
Ouest de l’Amérique du Sud
Tro p idodactyl us
Venezuela et Antilles
Tropidurus
Venezuela et Antilles
U racenlron
Venezuela et Antilles
U raniscodon
Venezuela et Antilles
Urostrophus
Amérique du Sud
Xiphocercus
Amérique tropicale
b. Iguanidés à pores fémoraux dans les deux sexes
Amblyrhynchus
Galapagos
Brachylophus
Iles Fidji et Tonga
Cachryx
Yucatan
Callisaurus
Californie au Texas
Cojiolophus
Galapagos
Crotaphytus
Nord du Mexique, sud et centre des USA et
ouest de l’Amérique du Nord
Ctenosaura
Basse Californie, Amérique centrale et Mexique
C y dura
Antilles
Dipsosaurus
Basse Californie à l’Arizona
Holbrookia
Mexique et sud des USA (du Texas à la Cali¬
fornie)
lloplocercus
Brésil, Équateur
Iguana
Brésil, Antilles, Nicaragua, Panama, Guyanes,
Pérou, Équateur, Venezuela
Metopoceros
Antilles
Pelrosaurus
Basse Californie
Phrynosoma
Amérique du Nord et Mexique
Polychrus
Venezuela, Brésil, Paraguay, Colombie, Costa
Rica
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
5
Sauromalus
Basse Californie et Soundra, sud-ouest de l’Amé
rique du Nord
Sceloporus
Amérique du Nord et Mexique
U ma
Arizona
U ta
Amérique du Nord et Mexique
c. Iguanidés à pores fémoraux chez les mâles
Enyalioides
Haute Amazone, Équateur et est du Pérou
d. Iguanidés à pores anaux chez les mâles
Pérou
Atacoma et nord-ouest de La Plata
Chili, Argentine, détroit de Magellan, Pérou,
Uruguay et sud du Brésil
e. Iguanidés à pores ventraux chez les mâles
Phymaturus Chili
Remarques. — Comme on peut le voir sur les listes précédentes, il existe à peu près
autant de genres sans pores que de genres pourvus de pores. Les premiers se rencontrent
sur toute la surface occupée par la famille sauf aux îles Fidji et Tonga et, au Nouveau
Monde, au nord d’une ligne qui passe approximativement entre les Etats-Unis et le Mexi¬
que à l’ouest, et au nord de la Floride à l’est. Les seconds couvrent toute l’aire occupée
par la famille excepté Madagascar. Les Iguanidés possèdent trois catégories de pores :
fémoraux, anaux et ventraux. Les pores fémoraux caractérisent toujours les deux sexes,
sauf dans le genre Enyalioides où la femelle n’en présente apparemment pas. Les deux
autres catégories de pores paraissent liées au sexe mâle, dans tous les cas. Aucun Iguanidé
ne possède plus d’un type de pores. Enfin, on ne connaît aucun genre groupant des espèces
pourvues de pores et des espèces sans pores.
Si les formes qui possèdent des pores fémoraux couvrent la plus grande partie du
continent américain, celles qui montrent des pores anaux ou ventraux ne se rencontrent
qu’en Amérique du Sud. Dans cette vaste région aucune de ces dernières n’atteint, au
nord, l’Équateur. Au sud du tropique du Capricorne, elles supplantent très rapidement
les animaux pourvus de pores fémoraux qui disparaissent définitivement. Nous avons
tenté d’expliquer cette curieuse répartition géographique dans une précédente note 1 .
Ctenoblepharis
Holocephalus
Liolaemus
IL Les Agamidés
(Fig- 2)
Ces Lacertiliens sont encore plus diversifiés que les Iguanidés du point de vue des
pores épidermiques. Nous y avons reconnu sept catégories d’animaux : Agamidés sans
1. Contribution à la connaissance de l’histoire des Iguanidés par la confrontation de divers critères :
types d’innervation reconnus aux deux membres d’une part, présence ou absence de pores fémoraux et
préanaux d’autre part. (Ces pores préanaux sont en réalité anaux.)
6
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LECURU
pores, pourvus de pores fémoraux dans les deux sexes, de pores fémoraux et préanaux
dans les deux sexes, de ces mêmes pores chez les femelles seulement, de pores préanaux
chez les mâles, de pores anaux chez les mâles, enfin de pores anaux et ventraux toujours
chez les mâles.
p.atZI]
p.pEsa
Fig. 2. — Carte de répartition géographique des Agamidés pourvus de pores,
p.a., formes à pores anaux ; pf., formes à pores fémoraux ; p.p., formes à pores préanaux ; p.v.,
formes à pores ventraux.
La ligne pointillée marque la limite nord d’extension de la famille. Lorsqu’en un lieu donné, les
genres et les espèces pourvus d’une certaine catégorie de pores sont plus nombreux, le pointillé ou le
hachuré devient plus dense.
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
7
Acanthosaura
Amphibolurus
Aphaniotis
Aporoscelis
Calotes
Ceratophora
Charasia
Chtlosauria
Cophotis
Draco
Cionyocephalus
Tiarpesaurus
Japalura
Lophocalotes
Lyriocephalus
Moloch
Otocryptis
Phoxophrys
Phrynocephalus
Ptyctolaemus
Salea
Sitana
Liolepis
Lophura
Quelques espèces
a. Agamidés sans pores
Siam, Singapour, Penang, Tenasserim, Cochin-
chine, Pegu, est et ouest de l’Himalaya, Khasia
Hills
Australie
Malacca, Nias, Bornéo
Est de l’Afrique
Péninsule et archipel Indo-Malais, Célèbes, Phi¬
lippines, Nicobar, Cambodge, Java, Sumatra,
Ceylan, Inde, Cochinchine, sud de la Chine,
ouest de l’Afghanistan et Belouchistan, Khasia
Hills, Himalaya
Ceylan
Inde
Ouest de l’Australie
Ceylan, Sumatra
Malaisie, Sumatra, Java, Bornéo, Philippines,
Sanghir Islands, Timor, du Yunnan à Singa¬
pour, Moluques, Célèbes, Kandari, Tenasserim,
Malabar, Cochinchine, Travancore, Siam et
Penang
Bornéo, Java, Sumatra, Bengale, Philippines,
Nouvelle-Guinée, archipel Est-Indien, Queens¬
land, îles Andaman et Nicobar, Tillingchang,
mont Arfak, Nouvelle-Irlande, Nouvelle-Bre¬
tagne, îles Fidji, Salomon, Birmanie, et Malai¬
sie
Java
Indes orientales, sud de la Chine, Himalaya, For-
mose, île Amakarima, Loo choo, ouest de la
Chine, Khasia Hills, Bornéo
Archipel Est-Indien
Ceylan
Sud et ouest de l’Australie, Pegu, Mergin et
Tenasserim, Arrakan, Siam et Malabar.
Ceylan, sud de l’Inde
Ouest de Sumatra
Perse, Belouchistan, sud-ouest de la Sibérie,
sud-est du Turkestan, Bussie, Lac Kuku,
Tibet, Yarkand, sud de la Chine, mer Cas¬
pienne
Nord de l’Inde
Sud de l’Inde
Inde, Ceylan
b. Agamidés à pores fémoraux dans les deux sexes
Sud de la Chine, Siam, Birmanie, Malaisie, sud
de l’Inde
Philippines, Java, Célèbes, Moluques
de Physignathus :
8
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
Physignathus cochinchinensis
» lesueuri
» mentager
Cochinchine
Queensland
Siam
c. Agamidés à pores fémoraux
Chlamydosaurus
Uromastix
Quelques espèces de Physignathus :
Physignathus gilberti
» longirostris
» temporalis
et préanaux dans les deux sexes
Queensland, nord et nord-ouest de l’Australie
Égypte, Syrie, Afrique du Nord, Crète, Arabie,
Perse, nord de l’Inde et Belouchistan
Australie
Nord-ouest de l’Australie
Nord de l’Australie
d. Agamidés à pores fémoraux et préanaux chez les femelles
Une espèce de Physignathus :
Physignathus maculilabris Timor
e. Agamidés à
Diporiphora
T ympanocryptis
Quelques espèces d ’Agama :
Agama aculeata
» annectens
» armata ?
f. Agamidés
Quelques espèces d ’Agama :
Agama agilis
» atra
» atricollis
» bibronii
» brachyura ?
» colonorum
» cyanogaster
» hartmanni ?
» himalayana
» hispida
» inermis
» isolepis
» kirku
» latastii ?
» leucostigma ?
» megalonyx ?
pores préanaux chez les mâles
Nord et nord-ouest de l’Australie
Sud et nord-ouest de l’Australie
Afrique du Sud
Abyssinie
Afrique du Sud
i pores anaux chez les mâles
Sud de la Perse, Bagdad
Afrique du Sud
Afrique du Sud
Maroc, Algérie, Tunisie
Afrique du Sud
Ouest de l’Afrique
Abyssinie, Arabie
Dongola
Himalaya
Afrique du Sud
De l’Égypte à l’Algérie
De l’Égypte à Sind
Est de l'Afrique
Égypte _
Arabie, Égypte
Afghanistan
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
9
Agama mossambica ?
Afrique du Sud
» mutabilis
Égypte
» pallida
Égypte, nord de l’Arabie
» persica
Perse, Euphrate
» planiceps
Sud-ouest de l’Afrique
» rubrigularis
Sind, Belouchistan, Perse
» ruderata
Sind à Syrie
» rueppellii ?
Somalies
» sanguinolenta
Mer Caspienne, Asie centrale et Turkestan
» sinaita
Nord de l’Arabie, Syrie
» spinosa
Nord-est de l’Afrique, Arabie
» stoliczkana
Est du Turkestan
» tournevillii
Désert algérien
g. Agamidés
à pores anaux et ventraux chez les mâles
Quelques espèces d 'Agama :
Agama agrorensis
Punjab et Cachemire
» caucasica
Du Caucase à la Perse
» dayana
Hardwar, nord de l’Inde
» lirata ?
Belouchistan
» melanura
Nord-ouest de l’Inde
» microlepis
Perse
» nupta
Perse
» tuberculata
Himalaya
» stellio
Sud-est de l’Europe, Asie mineure, Syrie, nord
l’Arabie et Égypte
Remarques. — R y a chez les Agamidés beaucoup plus de genres sans pores que
de genres pourvus de pores. Les premiers occupent presque toute Faire de répartition de
la famille à l’exception de l’Est africain, de l’Arabie et d’un petit nombre de régions du
Proche-Orient. Quant aux seconds, une bonne partie de l’Eurasie, ainsi que de nombreuses
îles situées entre l’Asie et l’Australie, leur échappent.
Cette famille possède une catégorie de pores de plus que la précédente, les préanaux.
Ceux-ci peuvent apparaître dans les deux sexes ou chez les mâles seulement. Les pores
fémoraux, comme chez les Iguanidés, caractérisent mâles et femelles. Comme chez eux
aussi, il existe une exception à cette règle. Elle était au bénéfice des mâles chez les Igua¬
nidés ; elle favorise ici l’autre sexe. Comme dans la famille précédente, les pores anaux
et ventraux sont toujours portés par des mâles. Mais une nouvelle différence sépare les
deux familles. Chez les Agamidés, en effet, un même genre peut posséder plusieurs types
de pores, juxtaposés ou non sur un même individu. Agama, par exemple, en présente trois.
Remarquons, toutefois, qu’on n’en trouve jamais plus de deux sur un même animal. Les
combinaisons observées sont au nombre de deux. Les pores fémoraux associés aux préanaux
caractérisent généralement les deux sexes tandis que les porcs anaux associés aux ventraux
se voient chez les mâles.
Les Agamidés pourvus des seuls pores fémoraux sont surtout australiens, mais on
trouve quelques représentants de ce groupe en Indonésie et dans certaines régions du Sud-
Est asiatique.
10
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
Les formes pourvues à la fois de pores fémoraux et préanaux dans les deux sexes sont
aussi surtout australiennes. Uromastix, toutefois, fait exception ; il peuple l’Afrique du
Nord et s’étend vers l’est jusqu’au nord de l’Inde.
Une seule espèce, Physignathus maculilabris, illustre le quatrième de nos groupes :
Agamidés à pores fémoraux et préanaux seulement chez les femelles. Ce genre, qui a des
représentants dans les deux groupes précédemment cités, ne montre pas de relation par¬
ticulière entre la possession de telle ou telle catégorie de pores et sa distribution géogra¬
phique.
Les Agamidés mâles pourvus de pores préanaux ne se rencontrent qu’en Afrique du
Sud et en Australie. Les deux derniers groupes (mâles à pores anaux et mâles à pores anaux
et ventraux) ne contiennent que des espèces du genre Agama qui avait aussi quelques
représentants dans le groupe précédent, mâles à pores préanaux. Comme pour Physignathus
dont nous avons parlé plus haut, il n’y a aucune corrélation entre la nature des pores et
la répartition géographique.
En résumé, aucun fait vraiment remarquable ne se dégage de l’examen de la distri¬
bution géographique des formes d’Agamidés à diverses catégories de pores. Tout au plus,
peut-on signaler que les aires couvertes par chacune d’elles ne se superposent que dans
une zone assez réduite de l’étendue occupée par la famille. Cette zone qui a, à peu près,
pour limite sud le tropique du Cancer, s’étend de façon presque continue de l’ouest de
l’Égypte à l’est de la Birmanie.
III. Les Chaméléonidés
Tous les animaux de cette famille, essentiellement malgache et africaine, sont dépour¬
vus de pores.
Conclusions sur les Iguaniens
Les représentants de deux des trois familles d’Iguaniens, Iguanidés et Agamidés sont
donc susceptibles de posséder des pores. Si la moitié environ des Iguanidés en présentent,
près des deux tiers des Agamidés en sont dépourvus. Toutefois, dans cette seconde famille,
les pores sont plus diversifiés. Des éléments préanaux viennent, chez eux, s’ajouter aux
fémoraux, anaux et ventraux déjà vus chez les Iguanidés. Un même genre peut, de plus,
posséder plusieurs catégories de pores et deux peuvent d’ailleurs coexister sur un même
individu. Les pores fémoraux et préanaux, les pores anaux et ventraux peuvent s’associer.
Dans les deux familles, les pores ventraux et anaux sont liés au sexe mâle tandis que les
pores fémoraux se rencontrent presque toujours dans les deux sexes, et de même les pores
préanaux chez les Agamidés.
Dans cette dernière famille, la répartition géographique des pores est beaucoup plus
difficile à interpréter que chez les Iguanidés. Nous n’avancerons, pour l’instant, aucune
hypothèse à ce sujet.
REPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
11
LES GECKOTIENS
I. Les Geckonidés
( Fi ë- 3)
Nous distinguerons parmi eux quatre catégories : les Geckonidés sans pores, à pores
fémoraux chez les mâles, à pores préanaux chez les mâles, à pores fémoraux et préanaux
chez les mâles.
Fig. 3. — Carte de répartition géographique des Geckonidés pourvus de pores,
p.f., formes à pores fémoraux ; p.p., formes à pores préanaux.
La ligne pointillée indique la limite nord d’extension de la famille. Lorsqu’en un lieu donné, les
genres et les espèces pourvus d’une certaine catégorie de pores sont plus nombreux, le pointillé ou le
hachuré devient plus dense.
a. Geckonidés sans pores
Agarnura persica
Aristelliger
Calodactylus
104, 3
Perse
Antilles, Amérique centrale
Sud de l’Inde
12
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURÜ
Chondrodactylus
Colopus
Dactychilikion ?
Ebenavia
Eodura lesueuri
Gonatodes
Gymnodactylus affinis
n
»
»
»
»
»
»
»
Homonota
Homopholis
Nephrurus
Pachydactylus
Perochirus articulatus ?
» ateles ?
Phyllodactylus
Phyllopezus
Pristurus
Ptenopus
Ptyodactylus
Rhoptropus
Rhynchoedura sinaita
Sphaerodactylus
Stenodactylus
T arentola
Teratoscincus
Thecadactylus rapicaudus
albofasciatus
deccanensis
jeyporensis
mauritanicus
nebulosus
oldhami
stoliczkae
trochyblepharus
Afrique du Sud
Afrique du Sud
Afrique du Sud
Madagascar
Australie
Espèces américaines et malaises
Sinang
Sud de Canara
Deccan
Jeypoov?
Algérie, Maroc
Sud de l’Inde, Ceylan
Inde
Ladak (Indian Muséum)
Madagascar
Sud-est de l’Amérique du Nord
Afrique du Sud
Est de l’Australie
Afrique
Carolines
Philippines
Méditerranée
Brésil
Abyssinie, Arabie de Socotra à Sind
Afrique du Sud
Afrique du Nord, Egypte, sud-ouest de l’Asie,
Sinaï, mer morte, Sind
Sud-ouest de l’Afrique
Nord-ouest de l’Australie
Antilles, Amérique centrale, Colombie
Afrique du Nord, sud-ouest de l’Asie et Sind
Afrique de l’Ouest et bords Méditerranée, Antil¬
les, Cap Vert
Perse, moitié est du Turkestan
Amérique centrale et sud des Antilles
b. Geckonidés à pores
Gecko monarchus
Gehyra
Gonatodes indicus
» jerdomi
» littoral is
» sisparensis
» wynadensis
llemidactylus brookii
» coctoei
» depressus
» fasciatus
» giganteus
» gleadoiri
» kuchmorensis
fémoraux chez les mâles
Indes occidentales, Ceylan
Indes occidentales, Australie, îles de l’océan
Indien et sud du Pacifique, côte ouest du
Mexique
Sud de l’Inde
Sud de l’Inde et Ceylan
Sud de l’Inde et Ceylan
Sud de l’Inde et Ceylan
Sud de l’Inde et Ceylan
Afrique de l’Ouest et Cap Vert
Inde, péninsule Malaise
Ceylan, péninsule Malaise
Cameroun, Gabon
Inde
Inde, Sind, Bengale, Ceylan, Chine, Birmanie
Haut Sind
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
13
Iiemidactylus leschenaulti
» mabouia
» maculatus
» platyurus
» stellatus
Hoplodactylus anamallensis
Lepidodactylus lugubris
Perochirus scutellatus
Phelsuma andamanense
» guentheri
» laticauda
» lineatum
» madagascariense
Inde, Ceylan, péninsule Malaise
Amérique du Sud, Antilles, Afrique du Sud,
Madagascar
Inde
Ceylan, nord de l’Inde, Chine du Sud, Indochine,
Malaisie et Indonésie
Afrique de l’Ouest
Sud de l’Inde
Péninsule et archipel Malais, Nouvelle-Guinée,
Polynésie
Carolines
Iles Andaman
lies Round près Maurice
Madagascar, Comores,
Madagascar
Madagascar, Seychelles
c. Geckonidés à pores préanaux chez les mâles
Aeluronyx
Aelurosaurus
jIgainlira cruralis
Also phylax
Ceramodactylus
Diplodactylus ciliaris
» spinigerus
» strophurus
Eodura marmorata
» ocellata
» rhombifera
» robusta
Eurydactylus
Gecko japonicus
» swinkonis
» stentor
Gecko subpalmatus
» verticillatus
Gonatodes ornatus
» marmoratus
Geckolepis ?
Gymnodactylus arnouxii
» brevipes
» causobrinus
» elongeatus
» frenatus
» geckoides
» heterocercus
» hachhensis
» khasiensis
» kotschyi
Madagascar, Seychelles
Indonésie
Belouchistan
Turkestan, Perse, Belouchistan
Perse, Arabie
Nord de l’Australie
Nord et ouest de l’Australie
Sud-ouest de l’Australie
Australie
Australie
Australie
Australie
Nouvelle-Calédonie
Sud du Japon, Chine
Chine du Nord
Birmanie, péninsule Malaise, îles Andaman,
Sumatra, Java, Bornéo
Chine
Sud de la Chine, nord-est de l’Inde, Birmanie,
Anam, Siam, péninsule Malaise, archipel In¬
dien
Sud de l’Inde
Sud de l’Inde
Madagascar
Nouvelle-Zélande
Belouchistan
Bornéo
Est du Turkestan
Ceylan
Brésil
Est de la Perse
Cutch Sind
Assam, nord-est du Bengale
Sud de l’Italie, Grèce, Turquie, Chypre, Syrie,
Perse, Egypte
14
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
Gymnodactylus lancleranus
» pelagicus
» philipinicus
» scaber
» subulus
» triedrus
lientidactylus bocagi i
» bouvieri
)) boweingii
» echinus
» gracihs
» gumeensis
» homeolepis
» persicus
» reticulatus
» sinaitus
» subtriedrus
» triedrus
» turcicus
Heieronota
Hoplodactylus pacificus
Lepidodactylus aurantiacus
» ceylonensis
» crepuscularis
» cyclurus
» labia lis
» pulcher
» sauvagii
Luperosaurus
Lygodactyl us
Microscalabotes
Phelsuma newtonii
Peroch iras de press us
» guentheri
Ptychozoon
Rhacodactylus
Spathoscalabotes ?
Teratolepis ?
Thecadactylus australis
Bengale
Pacifique, Nouvelle-Guinée, nord de l’Austra¬
lie
Philippines
l)e l’Egypte à l’Abyssinie et est de l’Afghanistan
à Si ml
Iles Andaman
Ceylan
Afrique de l’Ouest
Iles du Cap Vert
Birmanie, nord et centre de l’fnde
Gabon
Indes
Guinée
Socotra
Perse, Sind
Sud de l’Inde
Mont Sinaï
Inde
Inde, Ceylan
Bords Méditerranée et mer Rouge, Sind
Australie
Nouvelle-Zélande
Sud de l’Inde
Ceylan
Nouvelle-Calédonie
Nouvelle-Calédonie
Mindanao
Iles Amirauté
Nouvelle-Calédonie
Iles Philippines
Afrique, Madagascar
Madagascar
Iles Rodriguez
Carolines
Nouvelles-Hébrides
Indes occidentales
Nouvelle-Calédonie
Indes occidentales
Centre et nord-ouest de l’Inde
Iles du détroit de Torres
d. Les Geckonidés à pores
Gecko vittatas
Gonatodes gracilis
» kandianus
» mysonensis
Gymnodactylus cas puis
» fasciolatus ?
» marmoratus
» pulchellus
Hoplodactylus diwancelii
fémoraux et préanaux chez les mâles
Moluques, Nouvelle-Guinée, îles Salomon
Sud de l’Inde, Ceylan
Sud de l’Inde, Ceylan
Sud de l’Inde
Turkestan, Punjab
Ouest de l’Himalaya
Java, Sumatra, Célèbes
De la péninsule Malaise au Bengale
Bengale
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
15
Iloplodactylus granulatus ?
» maculatus
Naultinus
Phelsuma cepedianum
» trilmeatum
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
lies Bourbon et Maurice
Madagascar
Remarques. — Les genres dépourvus de pores sont un peu moins nombreux que ceux
qui en possèdent. Toutefois, ils couvrent approximativement toute l'aire de répartition
des Geckonidés. Les formes pourvues de pores n’atteignent pas, elles, en Eurasie, la limite
septentrionale de cette répartition générale.
Nous n’avons reconnu ici que deux types de pores : fémoraux et préanaux, présents
chez les mâles seulement. Ajoutons qu’un même genre peut posséder les deux catégories
de pores, juxtaposées ou non sur un même individu, et que dans un genre donné il peut
y avoir des espèces sans pores et des espèces pourvues de pores.
Les Geckonidés qui ne. montrent que des pores fémoraux peuplent le sud de l’Inde,
nombre d’îles de l’océan Indien, dont Madagascar, et du Pacifique, la Nouvelle-Guinée,
l’Australie, l’ouest du Mexique, les Antilles et l’Amérique du Sud.
Les formes pourvues des seuls pores préanaux sont beaucoup plus nombreuses et cou¬
vrent une petite partie de Faire, occupée par les Geckonidés en Eurasie, en Afrique et en
Océanie. Au Nouveau Monde, toutefois, elles n'apparaissent qu’aux Antilles et. au Brésil.
Un certain nombre de genres se répartissent entre les groupes a, b et e : Lepidactylus,
Hemidaclylus et Perochirus qui possèdent, tantôt des pores fémoraux, tantôt, des pores
préanaux, puis Diplodactylus, Eodura et Thecadaclylus, tantôt sans pores, tantôt pourvus
de pores préanaux. De tous ces genres, seule la répartition géographique de Thecadaclylus
présente un intérêt. Les formes sans pores de ce genre vivent au Nouveau Monde et celles
qui (ui montrent peuplent les îles du détroit de Torres.
Les Geckonidés nantis de pores fémoraux et préanaux sont assez rares et se limitent
à quelques îles de l’océan Indien, Bourbon, Maurice et Madagascar, à l'Asie du Centre
et du Sud, à l’Indonésie, à la Nouvelle-Guinée, aux îles Salomon et à la Nouvelle-Zélande.
Quelques genres figurant dans cette dernière catégorie ont déjà été signalés plus haut.
En effet, Gymnodactylus et Gonatodes ont des représentants dans les quatre groupes dis¬
tingués a, b, c et d, et Gecko, Hoplodactylus et Phelsuma dans les trois derniers (b, c, et d).
De tous ces genres, seul Gonatodes montre une nette relation entre l’absence où la pré¬
sence de pores et la localisation géographique. Toutes les espèces américaines et malaises
sont sans pores, tandis que toutes les espèces indiennes en sont pourvues.
En résumé, les aires occupées par les formes présentant des pores fémoraux et celles
où l’on rencontre des animaux à pores préanaux se superposent en de nombreux points
du monde : Afrique, Asie, Océanie et Nouveau Monde.
II. Les Eublépharides
(Fig. 4)
Nous distinguerons trois groupes, des Eublépharidés sans pores, à pores préanaux
dans les deux sexes et à pores préanaux chez les mâles seulement.
16
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LECURU
a. Eublépharidés sans pores
Eublepharis fasciatus Mexique
» variegatus Texas et Californie
b. Eublépharidés à pores préanaux dans les deux sexes
Eublepharis dovii Panama
c. Eublépharidés à pores préanaux chez les mâles
Coleonyx
Eublepharis hardwickii
» macularius
Psilodactylus
Amérique centrale
Est et sud de l’Inde
Nord-ouest de l’Inde
Afrique de l’Ouest
Remarques. — Dans cette famille, que d’ailleurs certains auteurs ne séparent pas
des Geckonidés, un seul genre ( Eublepharis ) possède des espèces dépourvues de pores.
Celles-ci se rencontrent en Amérique centrale et sur une étroite bande qui longe la côte
nord-américaine. Les espèces de ce genre, qui présentent des pores, peuplent, outre l’Amé¬
rique centrale, l’ouest de l’Afrique et le sud et l’ouest de l’Asie. Les premières formes sont
donc uniquement américaines. Sur le bloc nord-américain, elles dépassent largement vers
le nord les secondes.
On ne voit dans cette famille que des pores préanaux. Ils caractérisent quelquefois
les deux sexes, mais surtout les mâles.
III. I jES Uroplatidés
Cette famille est actuellement réduite au seul genre Uroplates qui vit à Madagascar
et ne possède pas de pores.
IV. Les Pygopodidés
(Fig. 4)
Nous distinguerons encore trois groupes, les Pygopodidés sans pores, à pores préanaux
dans les deux sexes, à pores préanaux chez les mâles.
a. Pygopodidés sans pores
Aprasia Ouest de l’Australie
Delma Ouest de l’Australie
Pletholax Sud-ouest de l’Australie
b. Pygopodidés à pores préanaux dans les deux sexes
P y go pus Australie
Cryptodelma Nicol Bay, ouest de l’Australie, New-South
Wales
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
17
c. Pygopodidés à pores préanaux chez les mâles
Lialis Australie et Nouvelle-Guinée
Ce dernier groupe doit peut-être être rattaché au précédent car Boulenger précise que ces
pores sont souvent indistincts chez la femelle, mais n’affirme pas leur absence chez elle.
F ig. 4. — Carte de répartition géographique des Eublépharidés, des Pygopodidés et des Xantusiidés
pourvus de pores.
p.f., Xantusiidés américains à pores fémoraux ; p.p., formes à pores préanaux correspondant
à des Eublépharidés en Amérique, en Afrique et en Asie, et à des Pygopodidés en Australie et en Nou¬
velle-Guinée.
La ligne pointillée, en Amérique, marque la limite nord d’extension des Xantusiidés, en Afrique
et en Asie, celle des Eublépharidés, au nord de la Nouvelle-Guinée, celle des Pygopodidés.
18
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
Remarques. — Il y a autant de genres sans pores que de genres en possédant. L’aire
recouverte par les premiers ne représente que les parties sud-ouest et ouest de l’Australie.
Celle occupée par les seconds, plus vaste, comprend toute l’Australie, la Tasmanie et la
Nouvelle-Guinée.
Il n’existe ici qu’un seul type de pores, les préanaux, généralement visibles dans les
deux sexes (exception faite pour Lialis). Aucun genre ne possède à la fois des espèces
pourvues de pores et des espèces sans pores.
La superposition des trois groupes ne se réalise qu’en Australie, b débordant a en
Tasmanie et c occupant seul la Nouvelle-Guinée.
V. Les Xantusiidés
(Fig. 4)
Les trois genres de cette famille, Lepidophyma, Xantusia et Cricosaura, sont nantis
de pores fémoraux et peuplent la Californie, une partie du Mexique et de; l’Amérique cen¬
trale et aussi Cuba.
Conclusions sur les Geckotiens
On peut donc observer des pores dans quatre des cinq familles de Geckotiens : Geeko-
nidés, Eublépharidés, Pygopodidés et Xantusiidés. Il en existe deux sortes : fémoraux
et préanaux. Alors que les premiers caractérisent tous les Xantusiidés et les seconds une
partie des Pygopodidés et des Eublépharidés, les deux catégories se retrouvent chez les
Geckonidés, où elles peuvent d’ailleurs coexister ou non sur un même individu.
Dans plusieurs familles de Geckotiens, les genres groupent des espèces sans pores et
d’autres pourvues de pores. Les pores fémoraux et préanaux, qui sont liés au sexe mâle
chez les Geckonidés, peuvent marquer les deux sexes dans les autres familles.
Dans les deux familles très cosmopolites que sont les Eublépharidés et les Geckonidés,
les formes dépourvues de pores restent toujours nettement en retrait des limites nord de
répartition de la famille : les Eublépharidés au Nouveau Monde, les Geckonidés dans l’Ancien.
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
19
LES SCINCOMORPHES
I. Les Scincidés
Il n’existe aucun animal pourvu de pores dans cette importante famille qui vit en
Afrique, à Madagascar, en Australie et dans de nombreuses îles du Pacifique. Elle a peu
pénétré en Eurasie et en Amérique du Sud. L’Amérique du Nord ne connaît pas les Scin¬
cidés.
II. I ÆS CORDYLIDÉS
(Fig. I)
Les Lézards mâles ou femelles appartenant à cette famille malgache et sud-africaine,
montrent tous des pores fémoraux.
III. Les Gerrhosauhidés
Boulenger ne mentionne pas la présence de pores dans cette famille, mais nous-mêmes
avons observé des pores fémoraux dans le genre Zonosaurus.
IV. Les Lacertjdés
(Fig. 5)
Ils se séparent en deux groupes : Lacertidés à pores fémoraux et sans pores.
a. Les Lacertidés sans pores
A porosaura
Tachydromus
b. Les Lacertidés
Acanthodactylus
Algiroides
Cabrita
Eremias
Gastropholis
Holaspis
Ichnotropis
Ouest de l’Afrique
Est de l’Asie, Japon, archipel Indien
ci pores fémoraux
Sud de l’Espagne et Portugal, Afrique du Nord
et de l’Équateur, sud-ouest de l’Asie
Illyrie, Istrie, Dalmatie, Morée, Corse et Sar¬
daigne
Sud et centre de l’Inde
Afrique, Asie
Zanzibar
Côte de l’Or, Sierra Leone, Gabon et Congo
Afrique du Sud et de l’Équateur
20
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
Lacerta
Latastia
Nueras
Ophiops
Poromera
Psammodromus
Scapteira
T ropidosaura
Ouest de l’Afrique, Afrique du Nord et Arabie,
Europe, Asie mineure et centrale, îles Canaries
et Madère
Arabie, Abyssinie, Somalies, est de l’Afrique
Afrique tropicale et du Sud
Afrique du Nord, Turquie, sud-ouest de l’Asie,
Inde
Gabon
Côtes méditerranéennes de France, Espagne,
Portugal et Afrique du Nord
Asie centrale, Afrique du Sud
Afrique du Sud
Remarques. — La plupart des genres sont pourvus de pores. On ne trouve des Lacer-
tidés sans pores que dans l’Ouest africain, dans l’extrême sud-est asiatique, au Japon
et en Indonésie. Les autres se rencontrent sur toute l’aire couverte par la famille excepté
en Extrême-Orient. Les pores sont uniquement fémoraux et apparaissent toujours dans
les deux sexes. Les limites systématiques de répartition des pores sont génériques.
V. Les Téiidés
(Fig. 5)
Les Téiidés, très uniformes pour d’autres caractères envisagés dans des notes pré¬
cédentes x , sont extrêmement diversifiés si l’on examine les pores. Nous distinguerons
huit catégories : des Téiidés dépourvus de pores, à pores fémoraux dans les deux sexes,
à pores fémoraux chez les mâles uniquement, puis chez les femelles, à pores fémoraux et
préanaux dans les deux sexes, à pores fémoraux chez les mâles et préanaux chez les femelles,
à pores fémoraux et préanaux chez les mâles, enfin à pores préanaux chez les mâles.
Callopistes
Ecpleopus
Leposoma
Loxopholis
Monaplocus
Pholidobolus
Scolecosaurus
a. Téiidés sans pores
Chili, Pérou
Brésil, Andes de l’Equateur
Amazone, Colombie
Colombie
Ouest de l’Équateur
Andes de l’Équateur
Amérique du Sud
b. Téiidés à pores fémoraux dans les deux sexes
Ameiva Equateur, Amérique centrale, nord du Pérou,
Antilles, Amérique du Sud jusqu’au Nicara-
gua
Venezuela, Colombie
Argalia
1. Voir Bibliographie.
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
21
Centropyx
Cercosaura
Cnemidophorus
Crocodilurus
Dicrodon
Dracaena
Pantodactylus
Nord de l’Amérique du Sud, Brésil, Guyanes,
Equateur, Nord du Pérou
Brésil
Nord de l’Amérique du Sud, Amérique tropi¬
cale, sud de l’Amérique du Nord
Guyanes, Brésil
Pérou
Guyanes et Bassin de l’Amazone
Sud du Brésil, Uruguay, Buenos Aires
Fig. 5. — Carte de répartition géographique des Lacertidés et des Téiidés pourvus de pores.
Les Lacertidés occupent l’Ancien Monde, tandis que les Téiidés se localisent au Nouveau Monde,
p.f., formes à pores fémoraux ; p.p., formes à pores préanaux.
Les lignes pointillées indiquent les limites nord de l’extension des deux familles. Lorsqu’en un
lieu donné, les genres et les espèces qui possèdent des pores fémoraux sont plus nombreux, le pointillé
devient plus dense.
22
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LECURU
Prionodactylus manicalus
» oshanghnessyi
» vertebralis
Proctoporus simoterus
Teins
T upinambis
c. Téiidés à pores
Aloploglossus
Anadia
Arthrosaura
Euspondylus
Gymnophthalmus
II eterodactylus
Iphisa
Microblepharus
Oreosaurus
Perodactylus
Prionodactylus argulus
» quadrilineatus
Tretioscineus
Équateur
Équateur
Équateur
Équateur
Sud du Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine
Mandoza, Antilles, nord de l’Amérique du Sud
fémoraux chez les mâles
Équateur, Pérou
Équateur, Costa Rica, Santa Fé de Bogota
Équateur
Equateur, nord du Pérou, Venezuela
Brésil, Antilles, Guatemala, Venezuela
Brésil
Guyanes, Brésil
Paraguay, Brésil
Équateur, Venezuela, Santa Fé de Bogota, Para
Brésil
Santa Fé de Bogota
Saint Paul (Brésil)
Colombie, Amérique centrale
d. Téiidés à pores fémoraux chez les femelles
Proctoporus pachyvrus Pérou
e. Téiidés à pores fémoraux et préanaux dans les deux sexes
Proctoporus meleagris Équateur
f. Téiidés à porcs fémoraux chez les mâles et préanaux chez les femelles
Neusticurus Amérique du Sud (Brésil, Équateur, Haute
Amazone)
g. Téiidés à pores fémoraux et préanaux chez les mâles
Placosoma
Proctoporus unicolor
Brésil
Équateur
h. Téiidés à pores préanaux chez les mâles
Bachia — cophias
Ophiognomon
Guyanes, Venezuela, Chili
Nord-est du Pérou
Remarques. — Les genres dépourvus de pores sont cinq fois moins nombreux que
les autres. Ils peuplent toute l’Amérique du Sud, mais ne se trouvent que là. Par contre,
ceux qui possèdent des pores couvrent toute la surface occupée par la famille, c’est-à-dire
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
23
non seulement l’Amérique du Sud, mais aussi l’Amérique centrale et le sud du bloc nord-
américain.
Nous avons relevé deux types de pores : fémoraux et préanaux liés l’un à l’autre, tantôt
aux deux sexes, tantôt à l’un des deux. Nous ne rencontrons jamais dans un genre, à côté
d’espèces pourvues de pores, des espèces sans pores.
Le groupe b s’observe sur toute l’aire de répartition de la famille. Le groupe c occupe
toute l’Amérique intertropicale. Prionodactylus a des représentants dans chacun de ces
deux groupes, mais la répartition géographique de ses espèces dans b ou c n’a rien de remar¬
quable. Les groupes d et e sont illustrés par une seule espèce de Protoporus : P. pachyurus,
péruvien pour le premier groupe et P. meleagris, équatorien pour le deuxième. Un seul
genre définit le groupe f : Neusticurus qui se trouve au Brésil, en Equateur et en Haute
Amazone. Le groupe g est rare. On le rencontre au Brésil et en Equateur. Le genre Procto-
porus possède des représentants dans ce groupe ainsi que dans les groupes b, d, et e. Là
aussi, la subdivision en plusieurs lots ne s’accompagne pas de différence dans la réparti¬
tion géographique. Le groupe h peuple le nord et l’ouest de l’Amérique du Sud.
Au total, si nous examinons la répartition géographique des formes à pores fémoraux
par rapport à celles qui sont dépourvues de tout pore, nous constatons que les premières
dépassent très largement les secondes vers le nord.
Nous retrouvons une situation identique à celle qui existe chez les Iguanidés améri¬
cains. Comme dans cette famille aussi, les formes à pores préanaux sont toutes cantonnées
en Amérique du Sud et aucune n’en franchit vers le nord les limites.
Conclusions sur les Scincomorphes
Il existe des pores dans quatre des cinq familles de Scincomorphes : Cordylidés et
Gerrhosauridés, Lacertidés et Téiidés. La première est exclusivement constituée de formes
pourv ues de pores qui sont encore dominantes dans les deux dernières. Les pores sont ici
de deux types : fémoraux et préanaux. Si Cordylidés et Lacertidés ne possèdent que les
premiers, les Téiidés les présentent tous, associés ou non sur un même individu et caracté¬
risant l’un ou l’autre des sexes, ou les deux à la fois.
On pourrait s’étonner de voir que de deux familles systématiquement très proches
comme les Lacertidés et les Téiidés, la seconde seule possède les deux catégories de pores.
En fait, la répartition de ces derniers est intéressante et suggère une explication. Les pores
préanaux n’apparaissent, en effet, que chez les Téiidés et ceux de ces animaux qui en pos¬
sèdent se situent dans la moitié ouest de l’Amérique du Sud. On peut donc penser que
ces pores ont commencé à circuler dans la nappe lacertoïde (Lacertidés -T Téiidés) dans
ces régions et qu’ils n’ont pu atteindre la partie orientale de la nappe, celle qui devait don¬
ner les Lacertidés, pour les raisons suivantes : morcellement systématique peut-être déjà
commencé de la nappe lacertoïde, enfin et surtout déchirure de cette dernière en deux
morceaux géographiquement distincts, l’un occidental, américain, l’autre oriental, africain
et peut-être eurasiatique. Cette déchirure correspondrait évidemment à la séparation du
Nouveau Monde et de l’Ancien.
24
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
LES ANGUIMORPHES
Il n’existe aucun pore dans cette superfamille.
COMPARAISON AVEC LES AMPHISBÉNIENS
(Fig. 6)
Ce groupe de Squamates, élevé par les uns au rang de sous-ordre, au même titre que
les Lacertiliens, est rattaché à ce dernier par les autres. Il constitue dans ce cas une cin¬
quième superfamille. Sans prendre parti sur ce point, nous dirons seulement que les Rep¬
tiles qui constituent cet ensemble peuvent montrer des pores comme ceux que nous venons
d’étudier.
Fig. 6. — Carte de répartition géographique des Amphisbénidés pourvus de pores préanaux,
p.p., formes à pores préanaux.
Lorsqu’en un lieu donné, les genres et les espèces qui possèdent des pores préanaux sont plus
nombreux, le pointillé devient plus dense.
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
25
a.
Lepidosternon
Monopeltis anchietae
» jugularis
» koppenfelsii
» welwitschii
Rhineura
Trogonophis
Amphisbéniens sans pores
Amérique du Sud
Sud-ouest de l’Afrique
Ouest de l’Afrique
Gabon
Angola
Floride
Nord-ouest de l’Afrique
Agarnodon
Amphisbaena
A nops
Rlanus
Chirotes
Geocalamus
Monopeltis capensis
» dumerilii
» galeata
» guentheri
» magniparlita
» scalper
» sphenorhynchus
Pachycalamus
b. Amphisbéniens à pores préanaux
Est de l’Afrique
Amérique du Sud tropicale, Antilles, sud-est,
sud-ouest et ouest de l'Afrique
Sud-est de l’Amérique du Sud, ouest de l’Afrique
Asie mineure
Mexique, Californie
Est de l’Afrique
Afrique du Sud
Gabon
Liberia
Congo
Gabon
Angola
Sud-est de l’Afrique
Socotra
Remarques. — Les formes sans pores sont beaucoup moins nombreuses que celles
qui en sont pourvues. On les trouve dans tout l’Ouest africain, sur tout le continent sud-
américain et en Floride. Les autres couvrent toute la vaste surface occupée par la famille,
sauf l'ouest et le nord de l’Amérique du Sud et la Floride.
On ne voit sur ces animaux, d’ailleurs en quasi totalité apodes, que des pores préanaux,
toujours liés aux deux sexes. Mais, un même genre peut posséder des espèces à pores et
d’autres chez qui ils font défaut. C’est le cas de Monopeltis.
26
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LECURU
CONCLUSIONS SUR LA RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
Il existe des pores dans trois des quatre sous-ordres de Lacertiliens : Iguaniens, Gecko-
tiens et Scincomorphes et chez les Amphisbéniens, proches parents des Lacertiliens. Ces
quatre groupes présentent tous des pores préanaux, seuls présents chez les Amphisbé¬
niens, animaux apodes pour la quasi totalité. Chez les autres viennent s’ajouter des pores
fémoraux. Les Iguaniens ont, en outre, deux nouvelles catégories de pores : anaux et ven¬
traux.
Les différentes catégories de pores n’ont donc pas pénétré uniformément dans chacun
des groupes. A l’intérieur des trois superfamilles de Lacertiliens qui en possèdent, cer¬
taines familles n’en montrent aucun. Ce sont les Caméléonidés chez les Iguaniens, les Uro-
platidés chez les Geckotiens, les Scincidés chez les Scincomorphes. D’autres familles n’en
portent qu’un type : pores préanaux chez les Euhlépharidés et les Pygopodidés parmi les
Geckotiens, pores fémoraux chez les Xantusiidés dans cette même superfamille et dans
trois familles de Scincomorphes, les Lacertidés, les Cordylidés et les Gerrhosauridés. Ajou¬
tons encore que les Geckotiens et les Scincomorphes contiennent chacun une famille où
pores fémoraux et préanaux se trouvent réunis ; les Geckonidés pour les premiers, les Téii-
dés pour les derniers. Les Iguanidés constituent la seule famille lacertilienne où l’on trouve
trois types de pores : fémoraux, anaux et ventraux et les Agamidés la seule où il y en ait
quatre, car aux précédents s’ajoutent des pores préanaux.
En dehors des Cordylidés et des Xantusiidés, tous munis de pores, toutes les autres
familles où s’observent ces formations n’ont pas été entièrement colonisées par elles. Para¬
doxalement les Agamidés, qui présentent la plus grande variété de pores, ont été les moins
perméables à la tendance qui a suscité leur formation puisqu’en effet un tiers seulement
des genres en possède.
Au sein d’une même famille, la différence entre les formes sans pores et les autres
est le plus souvent générique. C’est le cas pour les Iguanidés, les Agamidés, les Pygopo¬
didés et les Lacertidés. Mais cette différence peut être aussi générique et spécifique comme
chez les Geckonidés et les Téiidés ou seulement spécifique comme chez les Euhlépharidés.
Enfin, la présence ou l’absence de pores peut être seulement liée au sexe. Ceci s’observe
dans toutes les familles qui nous intéressent sauf chez les Xantusiidés, Cordylidés et Lacer¬
tidés. Pores anaux et ventraux, seulement visibles chez les Iguaniens, sont l’apanage exclu¬
sif des mâles. Pour les pores préanaux, rencontrés aussi bien chez les Iguaniens que chez
les Geckotiens et les Scincomorphes, la liaison au sexe est moins nette. En effet, si ces pores
caractérisent souvent les mâles seuls, et quelquefois les femelles seulement, ils apparaissent
aussi parfois dans les deux sexes. Ce cas, sporadique encore avec les pores préanaux, devient
presque la règle avec les pores fémoraux. Ainsi donc, de ces derniers aux pores anaux et
ventraux, le degré de liaison au sexe augmente. De faible qu’il était pour les pores fémoraux,
il devient important pour les pores préanaux et paraît total pour les deux derniers. Remar¬
quons aussi que la liaison au sexe s’établit surtout au bénéfice des mâles et que là aussi
on peut observer un gradient croissant des pores fémoraux aux pores anaux et ventraux.
RÉPARTITION DES PORES CHEZ
LES LACERTILIENS
27
Tableau I. — Diverses
catégories
et répartition des pores.
Nombre de catégories de pores
Types de pores
Iguaniens
/ fémoraux
Iguanidés
3
j anaux
\ ventraux
( pas de pores
fémoraux
i anaux
Agamidés
4
< ventraux
! preanaux
! pas de pores
Caméléonidés
0
pas de pores
Geckotiens
( fémoraux
Geckonidés
2
< préanaux
( pas de pores
Eublépharidés
1
( préanaux
( pas de pores
Uroplatidés
0
pas de pores
Pygopodidés
1
{ préanaux
( pas de pores
Xantusiidés
1
\ fémoraux
( pas de pores
Scincomorphes
Scindés
0
pas de pores
Cordylidés
1
fémoraux
Gerrhosauridés
1
fémoraux
Lacertidés
1
i fémoraux
( pas de pores
( fémoraux
Téiidés
2
] préanaux
( pas de pores
Anguimorphes
0
pas de pores
Ainphisbéniens
1
[ préanaux
( pas de pores
28
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LECURU
Nous avons vu plus haut que quatre familles de Lacertiliens possédaient plus d’un
type de pores : les Agamidés en avaient quatre, les Iguanidés trois, les Geckonidés et les
Téiidés deux. Au sein de ces familles, nous avons observé que divers types de pores pou¬
vaient se combiner dans un même genre, quelquefois dans une même espèce et, dans ce
dernier cas, généralement sur le même individu (il peut arriver en effet, exceptionnellement,
que le mâle possède un type de pore et la femelle un autre). Toutefois, ces cas peuvent
ne pas se présenter et, chez les Iguanidés par exemple, un genre est toujours caractérisé
par un type de pore. Les trois autres familles présentent toutes des genres chez lesquels
Tableau IL — Fréquence des divers types de pores dans les deux sexes.
fe
c/9
morau
o*
X
9
p
0*9
éanaux
d i 9
0*9
anaux
cT
9
ventraux
cf 9| cT ! 9
IGUANIDES
S
B
yy
fl
H
AGAMIDES
B
B
B
fl
HH
fl
yyy
GECKONIDES
: +
■ v.v. .
fl
IBM
11
EUBLEPHARIDES
+
_ A
i
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les pores sont davantage liés à l'un des deux sexes
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—les pores sont de plus en plus liés au sexe O —
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ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
des Lacertiliens, ni au Nouveau Monde, ni en Eurasie. Toutefois, les deux limites se con¬
fondent en Indonésie, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il est remarquable que le centre
de l’Afrique ne soit pas occupé par ces animaux, et la distribution africaine des Amphisbé-
niens pourvus de pores préanaux est à peu près identique.
Les animaux munis de pores anaux ont une extension encore moindre que les précé¬
dents. Au Nouveau Monde, ce groupe est représenté par des Iguanidés qui se cantonnent
au sud du tropique du Capricorne et sur la Cordillère andine (fig. 9). Dans l’Ancien Monde,
ce lot est illustré par des Agamidés qui sont installés en Afrique sauf en son centre (comme
les formes à pores préanaux) et dans la partie sud-est, et qui peuplent aussi le sud de l’Eura¬
sie où ils ne dépassent pas, à l’est, le nord de l’Inde.
Les animaux à pores ventraux se rencontrent, eux, en des régions très limitées du globe :
au Nouveau Monde, au sud de la zone andine (quelques Iguanidés), dans l’Ancien Monde,
Fig. 8. — Carte de superposition des aires de répartition des animaux à pores préanaux.
Les tirets marquent la limite nord de l’aire de répartition géographique de la totalité des Lacer¬
tiliens.
RÉPARTITION DES PORES CHEZ LES LACERTILIENS
31
sur une bande de territoire qui va de l’Égypte à l’ouest, au nord-ouest de l’Inde à l’est
(quelques Agamidés) (fig. 9).
p.a
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Fig. 9. — Carte de superposition des aires de répartition des animaux pourvus de pores anaux d’une part,
de ceux pourvus de pores ventraux d’autre part,
p.a., formes à pores anaux ; p.v., formes à pores ventraux.
32
ROBERT JULLIEN ET SABINE RENOUS-LÉCURU
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Manuscrit déposé le 27 mars 1972.
Achevé d’imprimer le 31 octobre 1973.
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
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