BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
85
N° 111 JANVIER-FÉVRIER 1973
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, il 0 111, janvier-février 1973, Zoologie 85
Diptères Mycetopliilidae de Fernando-Poo
par Loïc Matile *
Résumé. — L’auteur étudie une petite collection rapportée de Fernando-Poo, qui fournit
les premières données sur les Mycetophilidae de cette île du golfe de Guinée. Les forêts de haute
altitude n’ont pu être prospectées ; le présent matériel renferme cependant 20 espèces, dont 19
sont nouvelles. Trois genres nouveaux sont établis : Tolletia (espèce type : Platyroptilon vrydaghi
Tollet), Mycomyiella (espèce type : M. camerounensis n. sp., décrit du Cameroun dans le présent
travail) et Boletiniella (espèce type : B. nigrifemur n. sp.). La comparaison entre le matériel nou¬
veau étudié ici et celui en provenance du continent africain montre des affinités indiscutables
entre les Mycetophilidae de Fernando-Poo et la faune des hautes forêts de la « ligne du Came¬
roun ».
Abstract. — The author studies a small collection from Fernando-Poo, which gives the fîrst
data on the Mycetophilidae from this island of the Gulf of Guinea. The high altitude forests
could not be prospected ; nevertheless, the présent material contains 20 species, 19 of which are
new. Three new généra are established : Tolletia (type species : Platyroptilon vrydaghi Tollet),
Mycomyiella (type species : M. camerounensis n. sp., here described from Cameroons) and Bole¬
tiniella (type species : B. nigrifemur n. sp.). À comparison between the new material studied
in this paper and material from the African mainland shows undeniable alfinities between the
Mycetophilidae from Fernando-Pôo and the fauna of the high forests of the “ ligne du Came¬
roun ”.
Introduction
Les Mycetophilidae des îles du golfe de Guinée ne sont encore connus que par les résul¬
tats d’une seule expédition, celle des Percy Sladen & Godman Trusts (1932-1933), dont
les Diptères Nématocères ont été étudiés par Edwards en 1934. Celui-ci a fait connaître
5 espèces de Mycetophilidae, toutes de Sâo Thomé : Macrocera puncticosta n. sp., Mycomyia
sp., Leia thomensis n. sp., Exechia silhouettensis Enderlein var. ? et Mycetophila lineola
Meigen var. ? Macrocera puncticosta a été reconnu par la suite comme largement réparti
en Afrique continentale (Freeman, 1970 ; Matile, 1973a) ; j’ai montré (Matile,
1970/)) que F « Exechia silhouettensis var. » d' Ldwards était en réalité un Pseudexechia
distinct de l’espèce d’ENDERLEiN (des Seychelles), Pseudexechia edwardsiana n. sp. Le sta¬
tut de Mycetophila lineola var. ? sera à revoir en fonction du travail, actuellement en
préparation, de P. Lastovka, sur les Mycetophila du groupe ruficollis Meigen (= lineola
auct., Edwards, non Meigen). Les Mycetophilidae étudiés dans la présente note sont les
premiers connus de Fernando-Pôo.
On sait que cette île, qui culmine à 2 850 m (pic Santa Isabel), constitue le premier
* Laboratoire d'Entomologie générale et appliquée, Muséum national d’Histoire naturelle, 45, rue de
Buffon, F-75005 Paris.
111, 1
190
LOÏC MATILE
élément d’une chaîne continuée par Principe (821 ni), Sâo Thomé (2 135 m) et Annobon
(990 m), qui prolonge au sud-ouest la « ligne du Cameroun ». Le premier élément de celle-ci,
le mont Cameroun (4 070 m), n’est séparé de Fernando-Pôo que par un bras de mer dont
la profondeur maximum n’excède pas 88 m (cf. Gèze, 1943).
Peu de choses semblent connues sur la biogéographie de Fernando Pôo. Sur le plan
botanique, on trouvera quelques données générales dans la mise au point de Boughey
(1956). Celui-ci distingue trois éléments dans la flore insulaire : 1) les introductions dues
à l’homme ; 2) les espèces endémiques ; 3) les espèces continentales établies sans intervention
humaine. En ce qui concerne Fernando-Pôo, Boughey souligne une anomalie du pour¬
centage d’espèces continentales qui, dans la zone de basse altitude (au-dessous de 2 500
pieds), est de moitié plus faible que dans les régions plus élevées. Boughey envisage plu¬
sieurs explications de ce fait, dont celle d’une connexion terrestre avec le continent à une
époque où les températures moyennes étaient beaucoup plus basses que maintenant. Une
autre explication est que ces plantes de basse altitude auraient été largement éliminées
par l’extension des cultures. Les deux hypothèses ne s’excluent pas mutuellement et il
paraît certain, vu le degré de plantation qu’a atteint l’île, et ceci depuis fort longtemps,
que bien des espèces ont dû ou disparaître, ou se confiner aux régions plus hautes, non
cultivées.
Les trois éléments cités par Boughey' semblent également valables sur le plan zoolo¬
gique. En ce qui concerne plus spécialement les Mycetophilidae, la petite collection étudiée
ici ne peut guère fournir de données précises étant donné l’impossibilité de\ r ant laquelle
nous nous sommes trouvés de prospecter la zone forestière proprement dite. Faute des
autorisations nécessaires, que nous n’avons pu obtenir pendant notre bref séjour, nous
avons dû limiter nos recherches à la zone côtière, principalement plantée de cacaoyers.
Les Mycetophilidae s’y sont révélés très rares, et nous n’avons pu récolter que quelques
Keroplatinae, un couple de Viridivora et un Leia, dans la végétation d’ombrage. Fort
heureusement, un lambeau de forêt primaire situé hors des zones interdites, vers 400 m
d’altitude, nous a fourni un matériel plus varié qui nous donne au moins une indication
sur la faune du niveau forestier supérieur. Les insectes trouvés peuvent se diviser ainsi :
1. des éléments comme Tolletia vrydaghi (Tollet), Parempheria n. sp. et Macrocera
puncticosta Edwards (probablement présent dans l’île bien que non récolté) sont plus ou
moins largement répartis dans les forêts du continent ;
2. d’autres ( Boletiniella nigrifemur n. sp., Epicypta costalis n. sp. et E. scutellata n.
sp.) existent également dans les régions de haute ou de basse altitude du Cameroun ;
3. tous les autres, considérés jusqu’à plus ample informé comme endémiques, possèdent
de proches parents sur le continent, et en particulier sur les hautes terres qui constituent
la « ligne du Cameroun ». Ceci est particulièrement visible chez les Epicypta et Mycomiella
et, à un moindre degré, les Viridivora et les Neoempheria.
En tout état de cause, l’endémisme ainsi constaté se situe au niveau spécifique. Sous
réserve d’une prospection des forêts d’altitude, que nous n’avons pu qu’effleurer, et surtout
d’une meilleure connaissance de la faune d’Afrique occidentale, on peut dire que si la spé¬
ciation a pu ici se donner libre cours à partir de souches d’origine continentale, les Myce-
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-PÔO
191
tophilidae de Fernando-Pôo montrent encore des affinités indiscutables avec ceux du
mont Cameroun et des premiers contreforts des monts Bambutos (seules localités que j’ai
pu prospecter dans la « ligne du Cameroun »). Ces données confirment celles obtenues à
partir d’autres groupes animaux et végétaux, qui conduisent Monod (1957) à envisager
« la création d’une unité montagnarde (Domaine ou Secteur) comprenant à la fois les divers
massifs du Cameroun et les îles du golfe de Guinée, chaque territoire constituant une unité
subordonnée ».
Remarques. — Les Mycetophilidae décrits dans le présent travail proviennent presque
tous du lambeau de forêt primaire mentionné plus haut. Ce biotope est situé au col de Moka,
qui sépare les deux massifs de l’île, vers 400 m d’altitude. Au nord de la route, dont il est
séparé par une large tourbière (fig. 31), il se place environ à 4 km du carrefour de Moka,
dans la direction de Concepciôn ; cette localité sera nommée « forêt de Moka » dans le texte.
Trois des quatre Iveroplatinae décrits ici, ainsi que les V iridivora, ont été capturés
dans des toiles d’Araignées grégaires de la famille des Pholcidae L Ces toiles constituent
en effet un microbiotope fort intéressant ; tissées dans l’angle formé par les contreforts
des grands arbres, elles abritent toujours une quantité de Diptères Cecidômyiidae, souvent
des Limoniidae, parfois des Mycetophilidae ; suspendus aux fils par les pattes antérieures,
ils s’envolent, lorsqu’ils sont dérangés, vers l’intérieur des toiles qui leur servent de pro¬
tection. Les Mycetophilidae des genres Euceroplatus , Tolletia et Rhymoleia les fréquentent
régulièrement, et en particulier tous les Tolletia que j’ai récoltés (Cameroun, République
Centrafricaine et Fernando-Pôo) en proviennent. La manière dont ces Diptères se réfugient
dans le réseau des Pholcidae rend leur capture particulièrement difficile. La seule méthode
elficace consiste à emporter, d’un seul coup de filet donné de bas en haut, le long du tronc,
toute la colonie avec ses commensaux. Le tri s’effectue ensuite dans la poche du filet.
Les types des espèces nouvelles sont conservés dans les collections du Muséum natio¬
nal d’Histoire naturelle de Paris.
KEROPLATINAE
Genre EUCEROPLATUS Edwards
Ceroplatus, subg. Euceroplatus Edwards, 1929, Proc. Linn. Soc. A.5.IA., 54 (3) : 174.
Euceroplatus, Matile, 1970a : 779.
Euceroplatus plokiophilus n. sp.
(J holotype. — Tête : Occiput jaune à soies noires, calus ocellaire noir. Antennes brun-
noir, sauf les deux derniers articles qui sont jaunes. Face et palpes jaunes.
1. Je remercie vivement M. M. Hubert (Laboratoire de Zoologie, Arthropodes) d’avoir bien voulu
déterminer ces Araignées.
111 , 2
192
LOÏC MATILE
Thorax : Mésonotum jaune à soies noires, une trace d’une étroite ligne centrale brune,
visible seulement en avant. Scutellum jaune bruni, mésophragme jaune. Pleures jaunes ;
anépisternite brun, cilié en haut, sternopleure d’un jaune assombri dans la moitié inférieure.
Hanches jaunes, II largement brunie à la face antérieure, III tachée de brun sur la moitié
inférieure de la face externe. Pattes jaunes, éperons noirs, tarses assombris. Balanciers à
pédicelle jaune et capitule brun-noir.
Ailes jaune-brun, fortement enfumées dans toute la moitié antérieure. Sc 2 absente,
C dépassant largement l’embouchure de R 5, R 4 oblique, son extrémité proche de celle
de R 1. M 2 et M 3 interrompues avant la marge de l’aile.
Abdomen unicolore, jaune, les derniers segments et l’hypopyge (fig. 1) assombris. —
Longueur : 5,7 mm.
Quatre paratypes <$ semblables à l’holotype. Holotype et paratypes : route de San
Carlos, km 36, cacaoyère au bord du Rio Pae, il-XI-1970 ; tous capturés dans des toiles
de Pholcidae au pied d’un arbre.
1 2
Fig. 1-2. — 1 : Euceroplatus plokiophilus n. sp.,
hypopyg e cf, vue latérale (x 77,5) ; 2 : E. brevistylus n. sp., hypopyge cf, vue latérale (x 77,5).
Cette espèce, ainsi que la suivante, est proche d’ E. alberti (Tollet), dont l’hypopyge
est voisin. E. plokiophilus ressemble surtout à E. alberti forme flavithorax Matile, dont il
se distinguera aisément, outre par la forme de l’hypopyge, par les fémurs entièrement jaunes.
E. alberti est actuellement connu du Zaïre (ex Congo belge) (Tollet, 1955), du Cameroun
et de la République Centrafricaine (Matile, 1970a).
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-POO
193
Euceroplatus brevistylus n. sp.
(J holotype. —■ Semblable à E. plokiophilus, en diffère par le mésonotum d’un jaune
plus sombre, portant des traces de quatre lignes longitudinales minces, jaunes, les fémurs
postérieurs largement brunis sur la moitié basale, le brun s’étendant, sur le bord ventral
du fémur, jusqu’aux deux tiers de la longueur. Ailes moins fortement enfumées à la marge
antérieure. Hypopyge avec les styles dorsaux très courts (fig. 2). — Longueur : 4,8 mm.
Holotype <$ : forêt de Moka, 13-XI-1970, dans une toile de Pholcidae.
L'espèce sera difficile à distinguer d’E. alberti versicolor. L’hypopyge, et particulière¬
ment la forme et l’écartement des styles dorsaux, permettra la distinction. D’autre part,
sur l’exemplaire d’JL alberti versicolor que je possède (République Centrafricaine), les pattes
sont beaucoup plus sombres, et en particulier les tibias III sont bruns, sauf à l’apex, alors
que chez E. brevistylus, ils sont entièrement jaune sombre.
Genre TOLLETIA n. gen.
Platyroptilon Tollet, 1955 : 11, non Westwood, 1849.
Je propose ce genre pour Platyroptilon vrydaghi Tollet, décrit du Zaïre. L’examen
de l’espèce type du genre Platyroptilon, P. tniersi Westwood, et sa comparaison avec P.
vrydaghi, permettent en effet de s’assurer que les deux espèces ne sont pas congénériques.
Platyroptilon et Tolletia se distingueront de la façon suivante :
Platyroptilon. — Antennes de 2 -f- 10 articles, les articles 3 à 11 avec expansions ven¬
trales portant une longue soie apicale. Yeux très faiblement émarginés. Anépisternites
nus. Nervure M 3 complète. Cellule basale de l’aile grande. Tibia III avec deux éperons
subégaux.
Tolletia. — Antennes de 2 —14 articles, les articles 3 à 8 avec expansion ventrale inerme
à l’apex. Yeux nettement émarginés au-dessus de l’insertion des antennes. Anépisternites
ciliés en haut. Nervure M 3 interrompue à la base. Cellule basale très petite. Eperon externe
du tibia III très court.
Diagnose du genre. — Tête : Trois ocelles ; antennes de 2 -f- 14 articles, les articles 3
à 8 fortement pectinés, l’expansion ventrale dépourvue de macrochète ; articles 9 à 13 for¬
tement élargis et comprimés ( cf . Tollet, 1955, lig. 6). Palpes uniarticulés, pièces buccales
réduites.
Thorax : Mésonotum uniformément sétuleux, mésophragme nu. Pleures nus, sauf
l’anépisternite cilié dans la partie supérieure. Pas de soies poststigmatiques. Pattes : micro-
chètes tibiaux disposés en rangées régulières. Tibia I avec 1 éperon, II et III avec 2 éperons,
l’externe très petit (Tollet indique un seul éperon au tibia II de T. vrydaghi, il s’agit d’une
erreur d’observation).
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LOÏC M ATI LE
Aile : Cellule basale très petite (fig. 5), sc 2 absente, R 4 oblique, se terminant sur
la costale dès le premier quart de l’intervalle R 1-R 5 ; costale dépassant fortement R 5,
prolongée jusqu’à l’apex de l’aile. Nervures basses dépourvues de macrochètes, sauf sur
la moitié basale de Cu 1 ; pétiole de la fourche médiane long, M 3 interrompue à la base ;
anale longue, mais n’atteignant pas la marge.
Espèce type : Platyroptilon vrydaghi Tollet, 1955.
Tolletia vrydaghi (Tollet) n. comb.
Platyroptilon vrydaghi Tollet, 1955 : 11.
Route de San Carlos, km 36, au bord du Rio Pae, ll-XI-1970, 2 <$ ; forêt de Moka,
13-XI-1970, 2 <?.
J’ai aussi récolté cette espèce, jusqu’ici connue seulement du Zaïre, en République
Centrafricaine (La Maboké) et au Cameroun (forêt d’Ototomo). Tous ces exemplaires pro¬
viennent de toiles de Pholcidae.
Genre ORFELIA Costa
Orfelia Costa, 1857, Giambat., Gior. Sci., Naples, 2 : 448.
Platyura auct., non Meigen.
Orfelia (Ralytupa) danielae n. sp.
holotype. — Tête : Occiput roux, calus ocellaire noir, en forme de cœur, à limites
précises. Antennes : scape et pédicelle 1 jaune-roux, ainsi que les 9 articles basaux du fla¬
gelle, le reste brun-noir ; flagelle épaissi dans sa moitié basale. Face et palpes roux.
Thorax : Mésonotum roux à soies noires ; une bande longitudinale dénudée de chaque
côté de la ligne médiane, ne dépassant pas en arrière la moitié antérieure du mésonotum.
Scutellum, mésophragme et pleures roux, soies mésophragmales et prostigmatiques noires.
Hanches et pattes rousses, tibia I plus court que le protarse I (2 : 3). Ralanciers roux.
Ailes jaunes, brunes apicalement à partir de R 4, et sur la marge postérieure. Pétiole
de la fourche médiane aussi long que la fusion radio-médiane.
Abdomen roux, ainsi que l’hypopyge (fig. 3). — Longueur : 6,9 mm.
Allotype Ç semblable à l’holotype, mais les antennes d’un roux plus sombre à la base.
Segment prégénital avec une bande apicale brune, cerques (fig. 4) fortement brunis.
Holotype et allotype, in copula, palmeraie à Elaeis guinensis, route de Concepciôn,
ait. 300 m, 13-XI-1970.
1. Dans mes publications précédentes, j’ai improprement appliqué le terme de scape aux deux articles
basaux des antennes, alors qu’il est réservé au premier seulement.
196
LOÏC MATILE
SCIOPHILINAE
Mycomyiini
Genre NEOEMPHERIA Osten-Sacken
Empheria Winnertz, 1863, Verh. zool.-bot. Ges. Wien, 12 (Abh.) : 738 (préocc.).
Neoempheria Osten-Sacken, 1878, Smithson. mise. Colins, 16 (pub. 270) : 9.
Bien qu’extrêmement répandus dans les régions forestières de toute l’Afrique, seules
deux espèces de Neoempheria ont jusqu’ici été décrites de la région éthiopienne : N. amphi-
phaea Speiser, 1910, et N. jeanneli Edwards, 1914, toutes deux d’Afrique orientale. Les
quatre espèces décrites ci-dessous possèdent toutes des espèces affines en Afrique occiden¬
tale. Elles se sépareront comme suit :
Clé des Neoempheria de Fernando-Pôo
1. Cellule radiale non brunie. N. flavida n. sp.
-— Cellule radiale brunie. 2
2. Pleurotergites jaunes, un peu assombris. N. boubya n. sp.
— Pleurotergites bruns. 3
3. Tergite abdominal IV jauni à l’apex ; pattes jaune-brun. N. ediya n. sp.
— Tergite abdominal IV unicolore ; pattes plus sombres. N. appendiculata n. sp.
Neoempheria appendiculata n. sp.
$ holotype. — Tête : Occiput brun, calus ocellaire noir ; soies ocellaires courtes, dépas¬
sant le calus de la moitié de leur longueur. Antennes brunes, articles basaux et moitié proxi¬
male du premier article flagellaire jaunes ; soie apicale dorsale du pédicelle aussi longue
que les deux premiers articles flagellaires réunis. Palpes bruns.
Thorax : Mésonotum jaune-brun, divisé par 5 étroites lignes jaunes, peu distinctes.
Scutellum et mésophragme jaune-brun, 2 scutellaires apicales. Pleures jaunes, à l’excep¬
tion du pleurotergite entièrement bruni. Hanches jaunes, la première paire un peu plus
sombre. Pattes brun-jaune, fémur I et base des fémurs II-III plus clairs ; éperons brun-
noir. Balanciers : pédicelle jaune, capitule brun.
Ailes grises, claires à la base, cellule radiale brunie ; une tache claire indécise, à la marge
antérieure, s’étendant, d’avant en arrière, de la costale au pétiole de la fourche médiane
et, de dedans en dehors, d’un peu après R 4 au niveau de la base de la fourche médiane.
Sc ciliée à l’apex, sc 2 placée au niveau de la base de M, cellule radiale petite, un peu plus
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-POO
197
Fig. 6-9. — 6 : Neoempheria appendiculata n. sp., hypopyge tf,
vue ventrale ; 7 : id., vue dorsale ; 8 : N. boubya n. sp., hypopyge c f , vue ventrale ; 9 : id., vue dorsale ( X 120).
longue que large ; costale dépassant largement l’extrémité de R 5, base de la fourche cubi¬
tale au niveau de M. Nervures basses, y compris le pétiole de la fourche cubitale, ciliées.
Abdomen brun, tergite II jauni latéralement, sternites jaunes. Hypopyge (fig. 6-7)
jaune. — Longueur : 2,4 mm.
Holotype $ : forêt de Moka, 13-XI-1970.
198
LOÏC MATILE
Neoempheria boubya n. sp.
(J holotype. — Tête : Occiput jaune, calus ocellaire noir ; soies ocellaires courtes,
dépassant à peine le calus. Antennes brunes, scape, pédicelle et base du premier article
du flagelle jaune orangé ; soie pédicellaire dorsale un peu plus courte que les deux premiers
articles flagellaires ensemble. Front jaune, palpes bruns.
Thorax : Mésonotum jaune à soies noires ; deux bandes postalaires et une trace de
bande médiane préscutellaire brunes. Scutellum et mésophragme jaunes, deux scutellaires
apicales. Pleures jaune pâle, le pleurotergite et le sternopleure un peu plus sombres. Hanches
et pattes jaunes. Balanciers à pédicelle jaune et capitule brun-noir.
Ailes brunes, la base et une tache après la cellule radiale plus claires, cellule radiale
assombrie. Sc ciliée à l’apex, sc 2 située un peu avant M. Cellule radiale petite, un peu plus
longue que large. Fourche cubitale située au niveau de la base de M. Nervures basses ciliées,
sauf la moitié basale de M 2 et le quart basal de M 3.
Abdomen jaune brunâtre, le premier tergite plus clair à la base. Hypopyge : fig. 8-9.
— Longueur : 2,4 mm.
Holotype : forêt de Moka, 13-XI-1970.
Neoempheria ediya n. sp.
c? holotype. — Tête brune, calus ocellaire noir ; soies ocellaires petites, leur extrémité
dépassant légèrement le calus ocellaire. Antennes brunes, scape, pédicelle et base du premier
article flagellaire jaunes ; soie pédicellaire apicale un peu plus longue que le premier article
du flagelle. Palpes brun-noir.
Thorax : Mésonotum, scutellum et mésophragme unicolores, jaune-brun à soies noires ;
deux scutellaires apicales. Pleures jaune pâle, pleurotergite largement bruni. Hanches
jaunes, pattes jaune-brun, fémurs postérieurs un peu assombris à l’apex. Éperons brun-
noir. Balanciers brun-noir, jaunes à la base.
Ailes brunies, sauf la base et une large tache quadrangulaire claire vers le milieu de
l’aile. Cette tache s’étend du niveau de R 4 à celui de la base de la fourche médiane, et
de R 1 à mi-distance entre M 2 et M 3 ; région de la cellule radiale et de rm plus sombre que
le reste de l'aile. Sc ciliée à l’apex, sc 2 avant le niveau de la base de M ; cellule radiale courte,
un peu plus longue que large. Costale dépassant largement l’extrémité de R 5, fourche
cubitale débutant au niveau de la base de M. Nervures M 2 et M 3 nues, M 1 ciliée à l’apex,
pétiole de la fourche cubitale et Cu 1 ciliés.
Abdomen brun ; tergite I jauni à la base, IV à l’apex. Stérilités et hypopyge (fig. 10-
11) jaunes. •—- Longueur : 2,6 mm.
Holotype : forêt de Moka, 13-XI-1970.
200
LOÏC MATILE
Neoempheria flavida n. sp.
<? holotype. — Tête : Occiput jaune, calus ocellaire noir ; soies ocellaires courtes, dépas¬
sant à peine le calus. Antennes jaunes, le flagelle progressivement assombri ; soie pédicel-
laire plus courte que le premier article du flagelle. Face et palpes jaunes.
Thorax : Mésonotum, scutellum et mésophragme jaunes ; deux taches mésonotales
préscutellaires brunes ; deux scutellaires apicales. Pleures et hanches jaune pâle, pattes
jaunes, éperons bruns. Balanciers jaunes, le capitule un peu bruni à la base.
Ailes jaune brunâtre, deux taches claires, l’une basale, l’autre après la cellule radiale.
Sc complète, dépourvue de macrochètes ; sc 2 située avant la base de la cellule radiale,
celle-ci petite, un peu plus longue que large. Fourche cubitale au niveau de la base de M.
Nervures basses ciliées, sauf la base de M 2 et M 3.
Abdomen : tergite I jaune à la base, roux à l’apex ; II-III entièrement roux ; IV entiè¬
rement jaune ; V brun, VI jaune à marge apicale brune. Hypopyge (fig. 12-13) et segments
prégénitaux jaunes. -—• Longueur : 2,6 mm.
Holotype <$ et un paratype : forêt de Moka, 13-XI-1970.
Genre MYCOMYIELLA n. gen.
Ce nouveau genre diffère notamment de Mycomyia Meigen par la nervure costale
longuement prolongée après R 5, de Neoempheria Osten-Sacken par la sous-costale incom¬
plète et l’absence de pli sclérifié entre R 5 et M 1, de Parempheria Matile et Syndocosia
Speiser 1 par la présence de R 4, et de Viridivora Matile par la présence de macrochètes
tibiaux.
Diagnose du genre. — Tête : Occiput sétifère ; deux ocelles. Antennes courtes,
une soie pédicellaire dorsale longue. Yeux très faiblement émarginés au-dessus des antennes.
Pièces buccales légèrement allongées ; palpes de quatre articles, les deux premiers assez
fortement épaissis.
Thorax : Mésonotum avec des rangées bien délimitées de soie:; dorsocentrales et acrosti-
cales ; mésophragme et pleures nus. Pattes : microchètes tibiaux disposés en rangées régu¬
lières ; éperons 1 : 2 : 2 ; tibia I sans macrochètes, II et III avec des rangées de soies dor¬
sales, externes et internes.
Ailes (fig. 20) : Costale dépassant largement l’extrémité de R 5, atteignant l’apex de
l’aile. Sous-costale incomplète, recourbée sur la radiale au niveau de la cellule, celle-ci
petite, Rs et R 4 imprécises, peu sclérifiées, ainsi que rm. Nervure R 5 presque rectiligne ;
pas de pli sclérifié entre R 5 et M 1.
1. Ce genre, classé par Edwards (1925) dans les Leiini, et dont j’ai pu examiner plusieurs espèces,
fait indubitablement partie des Mycomyiini. Edwards reconnaît d’ailleurs ce fait dans une note manus¬
crite sur son exemplaire de sa révision de 1925, que j’ai pu consulter grâce à l’obligeance de Mr A. M. Hut-
son, du British Muséum (Natural History).
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-POO
201
Fig. 14-19. — 14 : Mycomyiella camerounensis n. sp., hypopyge <J, vue ventrale ; 15 : id., vue dor¬
sale ; 16 : id., stylomère ventral, vue latérale ; 17 : M. securiculata n. sp., hypopyge vue ventrale; 18:
id., vue dorsale ; 19 : id., stylomère ventral, vue latérale. (Fig. 14, 15, 17,18,19 : X 120 ; fig. 16 : X 155.)
Abdomen de 7 segments apparents. $ : sternite VIII bien développé, recouvrant la
base de l'hypopyge. $ : cerques bisegmentés.
Espèce type ; Mycomyiella camerounensis n. sp.
202
LOÏC M ATI LE
Une vingtaine d’espèces de ce genre habitent le Cameroun et la République Centra¬
fricaine, ce qui laisse prévoir une répartition couvrant l’ensemble forestier guinéo-congo-
lais. On trouvera ci-dessous la description de l’espèce type et de celle capturée à Fernando-
Pôo.
Mycomyiella camerounensis n. sp.
<$ holotype. — Tête : Occiput brun, calus ocellaire noir, soies ocellaires dépassant
légèrement le calus. Antennes brunes, sauf les deux articles basaux et la base du premier
article flagellaire, jaunes ; soie pédicellaire dorsale aussi longue que les deux premiers arti¬
cles du flagelle. Face jaune-brun, palpes brun-noir.
Thorax : Mésonotum brun à soies noires. Scutellum et mésophragme bruns, deux lon¬
gues soies scutellaires apicales. Pleures jaunes, sauf les pleurotergites qui sont entièrement
bruns. Hanches jaunes, les médianes et les postérieures brunies à l’apex. Pattes jaune-
brun, fémur I jaune, II et III bruns. Eperons brun-noir. Balanciers : pédicelle jaune à la
base, progressivement bruni, capitule brun-noir.
Ailes (fig. 20) jaune brunâtre, la cellule radiale et l’apex de sc légèrement assombris.
Sc ciliée à l’apex, ainsi que M 1, M 2 avec un seul chète apical ; fourche cubitale située un
peu après la base de M.
Abdomen : Tergite I jauni à la base, II jaune à bande apicale brun-noir, IV jaune-
brun à bande apicale brun-noir, le reste des tergites brun-noir. Stérilités là III jaunes,
les suivants brun-noir. Hypopyge (fig. 14, 15, 16) et segment prégénital jaunes. — Lon¬
gueur : 3 mm.
Holotype <$, allotype Ç, 2 paratypes 1 paratype $ : Sud-Cameroun, mont Fébé,
10-VIII-1967 (L. Matile ) ; 1 paratype $, 2 paratypes Ç : id., 6-VIII-1967 (L. Matile) ;
1 paratype Ç : id., 7-VIII-1967 (L. Matile) ; 1 paratype $ : id., 19-X-1967 (L. Tsacas) ;
1 paratype $ : Sud-Cameroun, mont Kala, forêt primaire, ait. 1 200 m, 27-X-1970
(L. Matile) ; 3 paratypes (J, 1 paratype Ç : Cameroun occidental, forêt de Bafut-Nguemba,
ait. 1 400 m, 14-VIII-1967 (L. Matile) ; 1 paratype <$, 1 paratype Ç : id., chemin du Lac,
12-X-1970 (L. Matile) ; 1 paratype $ : Cameroun occidental, plateau de Kounden, galerie
forestière, ait. 1 400 m, ll-X-1970 (L. Matile).
Cette répartition du matériel typique indique que Mycomyiella camerounensis est
inféodé aux forêts d’altitude camerounaises.
Mycomyiella securiculata n. sp.
$ holotype. — Tête : Occiput brun, calus ocellaire noir, soies ocellaires n’atteignant
pas la base des antennes, mais dépassant le calus de la moitié de leur longueur. Antennes
brun-jaune, sauf les deux articles basaux et la base du premier article du flagelle ; soie
apicale du pédicelle longue comme les deux premiers articles flagellaires. Palpes brun-noir.
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-POO
203
Thorax : Mésonotum et scutellum bruns, soies noires, 2 soies seutellaires apicales ; méso-
phragme, pleures et hanches unicolores, jaunes. Pattes brunes, y compris tous les fémurs ;
éperons brun-noir. Balanciers : capitule brun-noir, pédicelle jaune.
Ailes brunes, non tachées. Sc ciliée à l’apex ; cellule radiale petite. Base de la fourche
cubitale située après celle de M. Nervures basses nues, sauf Cu 1 et le pétiole de la fourche
cubitale.
Abdomen : Tergites bruns, II et IV avec une large bande basale jaunâtre à limites
imprécises. Stérilités I-IV jaunes, les suivants bruns. Segment VII entièrement jaune,
ainsi que l’hypopyge (fig. 17, 18, 19). — Longueur : 2,8 mm.
Holotype $ : forêt de Moka, 13-XI-1970.
La coloration des hanches, des fémurs et de l’abdomen permettra de séparer aisément
M. securiculata de l’espèce précédente. Une espèce très voisine a été récoltée sur le plateau
de Kounden, au Cameroun occidental, à une altitude de 1 200 m.
Genre PAREMPHERIA Matile
Parempheria Matile, 19736 : 2.
Ce genre semble répandu dans toute l’Afrique intertropicale. J’en connais de nombreu¬
ses espèces, qui feront l’objet d’une publication séparée. Un $ et une $ appartenant à une
espèce nouvelle ont été capturés dans la forêt de Moka, le 13-XI-1970.
Genre VIRIDIVORA Matile
Viridivora Matile, 1972 : 1929.
Ce genre, dont les larves se nourrissent de mousses et d’hépatiques, est représenté
au Cameroun (mont Cameroun) et en République Centrafricaine. L’espèce récoltée à Fer-
nando-Pôo sera étudiée dans un travail ultérieur consacré aux Viridivora ; nous n’en don¬
nons ici qu’une brève, description préliminaire.
Viridivora formosa n. sp.
(J holotype. — Tête brunâtre, calus ocellaire noir. Antennes et palpes bruns. Méso¬
notum brun, noir luisant sur le disque. Pleures (sauf l’hypopleure), scutellum et mésophragme
bruns. Pattes jaunes ; balanciers jaunes, capitule bruni. Ailes jaunâtres, sans taches ;
sc 2 située au premier tiers de la cellule radiale, fourche cubitale un peu avant la base de
M. Abdomen entièrement brun-noir, sauf le premier tergite et le premier sternite, jaunes.
Hypopyge jaune. — Longueur : 2,7 mm.
Allotype Ç semblable à l’holotype.
204
LOÏC MATILE
Holotvpe et allotype : in copula, toile de Pholcidae au pied d’un arbre, cacaoyère au
bord du Rio Pae, route de San Carlos, km 36, ll-XI-1970.
Une espèce voisine, récoltée sur le mont Cameroun, diffère notamment de V. formosa
par les ailes brunies à l’apex et l’abdomen entièrement brun.
Gnoristini
Genre BOLETINIELLA n. gen.
Ce nouveau genre est proche de Boletina Meigen, dont il diffère par les caractères
suivants : antennes avec les articles flagellaires 1 à 13 élargis et aplatis ; ailes : nervure
R 5 courte, subrectiligne, se terminant bien avant l’apex de l’aile ; nervures basses incom¬
plètes, n’atteignant pas la marge alaire.
Diagnose du genre. — Tète : Trois ocelles, le médian petit, les latéraux éloignés
de la marge oculaire par plus de leur propre diamètre. Yeux émarginés au niveau des anten¬
nes. Palpes de quatre articles.
Thorax : Mésophragme et pleures nus. Pattes courtes, fémurs III fortement élargis.
Microchètes tibiaux irrégulièrement disposés, mais ceux du tibia III montrant une tendance
à former des rangées régulières. Eperons tibiaux 1:2:2, éperons externes des tibias II
et III plus courts que les internes. Tibia III régulièrement élargi de la base vers l’apex,
avec quelques macrocliètes externes et une rangée continue de soies dorsales. Empodium
présent.
Ailes (fig. 21) : Costale dépassant largement l’embouchure de R 5 ; sc complète, se
terminant sur la costale, sc 2 présente, située au milieu de sc, R 4 absente, R 5 courte,
subrectiligne, nervures basses n’atteignant pas la marge. Sc ciliée à l’apex, nervures basses
portant de longues soies. Nervure anale réduite.
Abdomen : Les deux segments prégénitaux cachés dans le précédent.
Espèce type : Boletiniella nigrifemur n. sp.
Boletiniella nigrifemur n. sp.
(J holotype. — Tête : Occiput noir, antennes brun-noir, sauf le pédicelle, jaune. Face
brune, palpes jaunes, dernier article de celui-ci brun.
Thorax : Mésonotum noir, calus huméraux jaunis. Scutellum brun-noir, deux soies
scutellaires apicales ; mésophragme brun-noir. Pleures brun-noir, sauf le ptéropleure et
l’hypopleure, qui sont jaunes. Hanches jaunes, II et III brunies à l’apex. Pattes I et II
jaunes, III, y compris le fémur, brun-noir. Éperons jaunes. Balanciers à capitule noir et pédi¬
celle jaune.
206
LOÏC MATILE
Ailes jaunâtres, sans taches (fig. 21).
Abdomen brun-noir, sauf la base du tergite I et le sternite I, qui sont jaunes. Hypo-
pyge (fig. 22) brun-noir. — Longueur : 2 mm.
Holotype et 1 paratype $ (semblable à l’holotype) : forêt de Moka, 13-XI-1970 ;
1 paratype <$ : Cameroun, environs d’Ongot, rives encaissées d'un ruisseau, 5-VIII-1967
( L. Mutile).
Leiini
Genre LEIA Meigen
Leia Meigen, 1818, Syst. Beschr., I : 258.
Leia setosa n. sp.
holotype. — Tête : Occiput brun sombre, très luisant. Antennes brunes, les arti¬
cles basaux et la base du premier article flagellaire jaune orangé. Face et palpes jaunes.
Thorax : Mésonotum brun-noir à pruinosité grise, deux taches humérales jaunes de
taille moyenne. Scutellum et mésophragme brun-noir, deux longues soies seutellaires api¬
cales. Pleures bruns, le propleure, le pleurotergite et l’hypopleure plus sombres. Hanches
et pattes jaunes, hanches III étroitement brunies à l’apex. Eperons et balanciers jaunes.
Ailes jaunâtres, avec une large bande brune préapicale et une bande médiane inter
rompue au centre. R 1 plus courte que rm, M 3 interrompue à la base.
Abdomen : Tergites brun-noir, IV étroitement roux à la base, V avec une bande basale
rousse indécise. Sternites III, IV et base du sternite V jaune-roux, le reste brun-noir. Hypo-
pyge (fig. 23) jaune.
Holotype : route de San Carlos à Concepcion, près du Rio Tiburones, ll-XI-1970.
MYCETOPIIILINAE
Mycetopuilini
Genre EPICYPTA Winnertz
Epicypta Winnertz, 1863, Verh. zool.-bot. Ges. Wien, 13 (Abh.) : 909.
Delopsis Skuse, 1890, Proc. Linn. Soc. N.S.W., sér. 2, 4 : 623.
Bien qu’ils soient extrêmement abondants en région éthiopienne, quatre Epicypta
seulement en ont été décrits jusqu’ici. Ce sont Epicypta seychellensis (Enderlein) n. comb.
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-POO
207
(.Mycetophila seychellensis End., 1910 : 80), E. collaris (End.) ri. comb. (Mycetophüa colla-
ris End., 1910 : 81) et E. luridiceps (End.) n. comb. (Mycetophila luridiceps End., 1910 :
81) décrits des Seychelles, et E. auranticeps (Edwards) n. comb. (Delopsis auranticeps
Edwards, 1914 : 56) d’Afrique orientale. Je connais plusieurs dizaines d’espèces de ce genre,
provenant de diverses régions d’Afrique occidentale. On trouvera ci-dessous une clé per¬
mettant d’identifier les Epicypta de Fernando-Pôo.
Clé des Epicypta de Fernando-Pôo
1. Tête en grande partie orangée. E. scutellata n. sp.
— Tête brune ou noire.2
2. Nervure costale dépassant nettement l’extrémité de R 5. E. costalis n. sp.
-— Nervure costale ne dépassant pas R5. 3
3. Palpes brun clair ; fémurs brunis à l’apex et sur l’arête dorsale ; tibias III brunis à la base.
E. femorata n. sp.
— Palpes jaunes ou orangés, parfois un peu brunis ; fémurs sans ligne dorsale brune ; tibias III
non brunis. 4
4. Soies seutellaires longues, prolongées au-delà de la moitié du 2 e tergite abdominal. hypopyge :
lobe interne du style ventral réduit (fig. 28). E. proxima n. sp.
— Soies seutellaires courtes, au plus dépassant légèrement l’apex du 1 er tergite abdominal.
hypopyge : lobe interne du style ventral réduit ou bien développé. 5
5. Soies préscutellaires externes plus longues que les 2 paires internes ; hypopyge : lobe interne
du style ventral réduit (fig. 30). E. propinqua n. sp.
— Soies préscutellaires subégales. hypopyge : lobe interne du style ventral bien développé,
longuement cilié à l’apex (fig. 27-29). 6
6. Balanciers jaunes, légèrement brunis. hypopyge : style ventral presque quadrangulaire,
bord postérieur avec des soies moyennes (fig. 29). E. vicina n. sp.
— Balanciers brun-noir, çj, hypopyge : style ventral très allongé, soies du bord postérieur plus
longues (fig. 27). E. halterata n. sp.
Epicypta costalis n. sp.
Holotype <$. — Tête : Occiput brun-noir, luisant, finement ponctué. Antennes grises,
les articles basaux et la base du premier article flagellaire jaune orangé. Face brune, palpes
jaunes.
Thorax : Mésonotum brun-noir, luisant, ponctué, la marge antérieure étroitement
orangée. Scutellum et mésophragme bruns, orangés sur les côtés. Trois paires de longues
soies préscutellaires noires, deux paires de seutellaires subégales. Pleures bruns. Hanches
et pattes jaune orangé, base des hanches postérieures brunie. Tibia II avec une soie ventrale
longue et deux courtes. Eperons jaune-brun ; balanciers jaunes, le capitule un peu assom¬
bri.
Ailes jaunes, nervure costale dépassant légèrement, mais nettement, l’extrémité de
R 5.
208
LOÏC MATILE
Abdomen : Tergites brun-noir, largement d’un jaune orangé sur les côtés et ventra-
lement. Stérilités jaune orangé. Hypopyge (fig. 24) jaune orangé. — Longueur : 2,2 mm.
Holotype <$ : foret de Moka, 13-XI-1970 ; 1 paratype $ (semblable à l’holotype) :
Cameroun occidental, forêt de Bafut-Nguemba, ait. 2 000 m, bord de chemin près de la
maison forestière, 10-X-1970 (L. Matile).
Fig. 24-26. — 24 : Epicypta costalis n. sp.,
hypopyge <J, vue ventrale ; 25 : E. jemorata n. sp., id. ; 26 : E. scutellata n. sp., id. (x 120).
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-POO
209
Epicypta femorata n. sp.
<£ holotype. — Tête : Occiput brun-noir, luisant, ponctué. Antennes grises, les deux
articles basaux un peu jaunis vus sous un certain angle. Face brune, palpes brun clair.
Thorax : Mésonotum brun-noir, ponctué, luisant, marge antérieure étroitement rousse.
Trois paires de longues soies préscutellaires sombres. Scutellum brun-noir, luisant, deux
paires de scutellaires subégales. Mésophragme brun, mat. Pleures brun-noir, la partie supé¬
rieure luisante, l’inférieure à pruinosité grise. Hanches jaunes, les postérieures largement
brunies à la base;. Pattes jaunes, tous les fémurs avec une ligne dorsale brune, moins mar¬
quée sur le II, celui-ci légèrement bruni à l’apex, le III plus largement. Base du tibia II
étroitement brunie, base du III plus largement. Tibia II avec 2 longues soies ventrales et
2 courtes. Eperons jaune-brun, balanciers jaunes.
Ailes jaunes, costale ne dépassant pas R 5.
Abdomen brun sombre, face ventrale jaunie. Hypopyge (fig. 25) jaune. — Longueur :
2,7 mm.
Holotype $ : forêt de Moka, I3-XI-1970.
Une espèce très voisine a été récoltée à Bafut-Nguemba, Cameroun occidental.
Epicypta scutellata n. sp.
(J holotype. —- Tête : Occiput jaune orangé, luisant, ponctué, un peu bruni au-dessus
des antennes ; celles-ci grises, sauf les deux articles basaux, jaunes. Face brune, palpes
jaunes.
Thorax : Mésonotum brun-noir, luisant et ponctué, une large bande jaune orangé
le long de la marge antérieure ; deux faibles taches externes à la marge postérieure ; trois
paires de longues soies préscutellaires. Scutellum brun-noir, deux paires de soies scutel¬
laires subégales, longues, dépassant le milieu du tergite abdominal II. Mésophragme et
pleures brun-noir. Hanches et pattes jaunes, hanche III largement brunie à la base ; fémur
III roux le long du bord dorsal et à l’apex. Tibia II avec 2 longues soies ventrales et 2 cour¬
tes. Éperons bruns, balanciers jaunes.
Ailes jaunes, un peu plus sombres à la base et le long du bord antérieur ; costale dépas¬
sant très légèrement R 5.
Abdomen : Tergites brun-noir, jaunis au bord ventral, sternites jaunes ; tergite V lar¬
gement roux. Hypopyge (fig. 26) jaune. — Longueur : 3,6 mm.
Holotype £ et allotype $ : forêt de Moka, 13-XI-1970 ; 1 paratype çj : Sud-Cameroun,
région côtière, plantation Eaux et Forêts près Bidou 1, 6-XI-1970 (L. Mutile).
Le paratype du Cameroun diffère de l’holotype par les hanches postérieures non bru¬
nies à la base ; de légères différences hypopygiales suggèrent qu’il pourrait s’agir là d’une
210
LOÏC MATILE
sous-espèce distincte. Une espèce très proche d’E. scutellata existe au Cameroun, à Nkuem-
vone, et en République Centrafricaine, département de la Lobaye ; l’hypopyge o se dis¬
tingue de celui d'E. scutellata par les styles intermédiaires proportionnellement beaucoup
plus longs.
Les quatre espèces suivantes sont très voisines les unes des autres, et il existe des formes
très proches au Cameroun.
Fig. 27-30. — 27 : Epicypta halterata il. sp.,
hypopyge vue ventrale ; 28 : E. proxima n. sp., id. ; 29 : E. vicina n. sp., id. ; 30 : E. propinqua n. sp.,
id. (X 155).
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-PÔO
211
Epicypta propinqua n. sp.
£ holotype. — Tète : Occiput brun-noir, luisant, ponctué. Antennes brunes, les deux
articles basaux orangés. Face jaune-brun, palpes orangés.
Thorax : Mésonotum brun-noir, ponctué, marge antérieure étroitement orangé sombre,
deux taches latérales orangées préscutellaires ; trois paires de soies préscutellaires, les
deux paires internes petites. Scutellum et mésophragme bruns ; deux paires de scutellaires
subégales, leur apex dépassant légèrement la marge postérieure du premier tergite abdo¬
minal. Pleures bruns. Hanches et pattes jaunes ; hanche III brunie à la base, fémur III
plus roux à l’apex. Tibia II avec une longue soie ventrale et deux courtes. Eperons brun-
jaune. Balanciers : pédicelle jaune, capitule jaune bruni.
Ailes jaunes, costale ne dépassant pas R 5.
Abdomen brun-noir, les tergites jaunis ventralement, sternites jaunes. Hypopyge
(fig. 30) jaune, styles médians brunis. — Longueur : 2,4 mm.
Holotype (J et 5 paratypes $ : forêt de Moka, 13-XI-1970. Deux des paratypes mon¬
trent une petite soie ventrale additionnelle sur le tibia II, à gauche seulement.
Epicypta halterata n. sp.
(J holotype. — Semblable à E. propinqua et aux espèces suivantes, mais la teinte
générale tirant plus vers le noir. Antennes brunes, articles basaux jaunes. Face brune.
Marge antérieure du mésonotum très indistinctement éclaircie, taches postérieures préscu¬
tellaires peu nettes. Soies préscutellaires subégales ; scutellaires courtes, dépassant à peine
l’apex du tergite abdominal I. Tibia II avec une longue soie ventrale et trois courtes. Fémurs
II et III légèrement brunis à l’apex. Balanciers à capitule brun-noir.
L’hypopyge (fig. 27) diffère de celui d’iï. proxima et d ’E. halterata par la présence
d’un lobe interne bien développé au style ventral ; de celui d’£. vicina par le style ventral
bien plus allongé, longuement cilié à la marge postérieure, par la rangée plus courte de
soies spiniformes sur le style intermédiaire et par quelques détails de l’édéage. — Longueur :
2,8 mm.
Holotype <$ et allotype Ç : forêt de Moka, 13-XI-1970. L’allotype $ montre, au tibia
II, une longue soie ventrale et deux courtes.
Epicypta proxima n. sp.
cj holotype. — Semblable aux autres espèces du groupe. Articles basaux des antennes
jaune orangé. Trois paires de soies préscutellaires subégales ; soies scutellaires plus longues,
prolongées jusqu’à la moitié du tergite abdominal IL Balanciers bruns. Abdomen nette¬
ment jauni ventralement.
212
LOÏC MATILE
L’hypopyge (fig. 28) diffère surtout de celui des autres espèces par la pilosité du style
ventral, très longue et très fournie à la marge postérieure ; le lobe interne du style ventral
est réduit. — Longueur : 2,7 mm.
Holotype £ et 2 paratypes $ : forêt de Moka, 13-X1-1970. Un des paratypes a une
longue soie ventrale et trois courtes au tibia II.
Epicypta vicina n. sp.
^ holotype. — Comme les autres espèces du groupe. Antennes à articles basaux jaunes.
Soie scutellaire médiane aussi longue que l’externe. Hanche III seulement légèrement
brunie à la base, balanciers plus clairs que chez les autres espèces. Abdomen à peine jauni
ventralement.
Hypopyge (fig. 29) : styles médians plus massifs, style ventral avec un lobe interne
long, cilié à l’apex, bord postérieur à soies longues et nombreuses, mais moins serrées que
chez E. proxima et E. halterata. — Longueur : 2,6 mm.
Holotype et 3 paratypes $ : forêt de Moka, 13-XI-1970.
Fig. 31. — Lambeau de forêt primaire du col de Moka ; au fond, le pic Santa Isabel.
DIPTÈRES MYCETOPHILIDAE DE FERNANDO-POO
213
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Achevé d’imprimer le 31 octobre 1973.
IMPRIMERIE NATIONALE
3 564 001 5
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seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d'un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Bureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement, des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-LIilaire, 75005 Paris.