BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 122
MARS-AVRIL 1973
zoolosfie
94
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1973
Abonnement général : France, 360 F ; Etranger, 396 F.
Zoologie : France, 250 F ; Etranger, 275 F.
Sciences de la Terre : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Botanique : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 15 F ; Étranger, 16 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 122, mars-avril 1973, Zoologie 94
Mollusques terrestres récoltés
par M. Soula dans la région d’Antalaha (Madagascar)
par Édouard Fischer-Piette, Michèle Cauquoin et Anne-Marie Testud *
Résumé. — M. H. Soula nous a envoyé une grande quantité de Mollusques venant de la région
d’Antalaha. Il y a 49 espèces dont 7 nouvelles et pour certaines d’entre elles l’aire de répartition
a été considérablement étendue.
Abstract. — Mr. H. Soula had sent us many species of Molluscs from Antalaha. There
are 49 species, 7 of which are new, and for several the area is considerably extended.
M. Henri Soula, Directeur du Collège d’Enseignement général de la ville d’Antalaha
située dans le nord-est de Madagascar, a bien voulu récolter pour nous, depuis 1967, des
Mollusques terrestres dans cette région dont la faune malacologique était très insuffisam¬
ment connue. Ses recherches, effectuées en de nombreuses localités, ont été extrêmement
profitables et lui acquièrent le droit à toute notre reconnaissance qui va aussi à ses élèves
qui dans bien des cas l’ont aidé aux récoltes ; de plus, M. Soula a sollicité et obtenu l’aide
de deux Directeurs d’école, M. Alexis Maka, Directeur de l’école d’Ampohafana (vallée
de l’Ankavarana), et M. Florent Jaozafy, Directeur de l’école d’Ambodiangezoka, ainsi
que de leurs élèves.
Non seulement la collection ainsi rassemblée a permis de faire connaître plusieurs
espèces nouvelles x , mais pour les espèces déjà connues on constate très fréquemment qu’elles
n’avaient pas encore été citées du nord-est. Si l’on considère les nombreuses cartes de
répartition que nous avons publiées dans nos travaux antérieurs pour beaucoup d’espèces
malgaches, on constate que, pour la plupart, la région du nord-est est vierge de localités
pointées. On comprend donc combien la prospection de M. Soula était utile.
D’autre part, les matériaux rassemblés sont très abondants, de sorte que la région
d’Antalaha est la première des contrées de Madagascar pour laquelle nous puissions, à
travers les récoltes, essayer de nous faire une idée des degrés d’abondance des diverses
espèces et des différences de composition de la faune malacologique d’un point à un
autre d’une même région. La variabilité intraspécifique et ses rapports avec l’écologie
peuvent être abordés dans plusieurs cas.
On remarquera qu’aucune des espèces décrites comme nouvelles n’est due
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’Histoire naturelle,
57, rue Cuvier, 75005 Paris.
1. Les types, ainsi que toute la collection, sont conservés au Laboratoire de Biologie des Invertébrés
marins et Malacologie du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
122, 1
478
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
à l’ensemble des trois auteurs du travail. Cela tient à ce que celui-ci a été entrepris par
Fischer-Piette seul, puis poursuivi en collaboration avec M lle Cauquoin ; enfin, celle-ci
ayant quitté Paris, le reste du travail, le plus considérable d’ailleurs, fut accompli avec
la collaboration de M lle Testud, d’où les espèces Fischer et Testud.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
479
OPERCULÉS
Cyathopoma filocinctum Benson
(PI. I, fig. 1-9)
Cyclostoma filocinctum Benson, 1851 : 188.
Cyclostomus ? filocinctus Bens., Pfeiffer, 1852 : 221.
Cyclotus filocinctus Bens., Pfeiffer, 1858 : 25 ; Reeve, 1863 : pl. 9, fig. 50 ; Pfeiffer, 1865 :
32.
Cyathopoma filocinctum Bens., Blanford, 1868 : 258, pl. 12, fig. 1.
Cyclostoma filocinctum Bens., Pfeiffer, 1876 : 23.
Un échantillon de Cyathopoma a été récolté par M. Soula dans la colline de Besakay,
à l’ouest du village d’Anjarina, canton d’Ampohibé.
Une seule espèce de ce genre a jusqu’ici été trouvée à Madagascar : C. pauliani F.
Salvat (1967, Bull. Mus. Hist. nat., Paris : 965-967, fig. 1 et 2) qui est une espèce de forme
élevée.
L’échantillon de M. Soula est beaucoup moins élevé ; nous l’identifions spécifique¬
ment à trois échantillons que nous avons pu examiner et qui tous trois avaient reçu comme
détermination : Cyathopoma filocinctum. L’un d’eux se trouve dans la collection générale
du Muséum national d’Histoire naturelle (achat Marie, 1886), provenance : Inde. Un autre
est dans la collection Staadt ; il vient de Nilgiri Hills, Inde. Le troisième est dans la « Col¬
lection des types » du Journal de Conchyliologie, il correspond à l’article de Blanford
de 1868, « Monographie du genre Cyathopoma ». Ce dernier échantillon nous semble donc
faire autorité pour nous convaincre que tous trois, et donc le nôtre, appartiennent bien
à cette espèce, ce dont nous aurions pu douter à considérer les figures que nous en con¬
naissons et qui sont ceiies de Reeve et de Blanford.
1. Amboahangibe
2. Analamaho
3. Ambohimitsinjo
4. 2 km à l’ouest d’Ampampa-
mena
5. Doany
6. Ampataka
7. Ankadirano
8. Maheva
9. Marojala
10. Belambo
11. Ambodimanga
12. Ambatolalomona
13. Analanantsoa
14. Ambodilalona
15. Ambinanifaho
16. Ambodipont
17. Mahadera
18. Andrapangy
19. Andapa
Fig. 1. — Liste des localités :
20. Ambanitaza
21. Analalava
22. Antampolo
23. 1 km au sud d’Ampahana
24. Antanetibe
25. Malotrandro
26. Andranovato
27. 8 km à l’est de Sarahandrano
28. Ambatovaky
29. 2 km à l’est de Marokosa
30. 8 km à l’est d’Antsahanora
31. Antsahamanemona
32. 5 km à l’ouest de Virembina
33. Anteviala
34. Bevapaza
35. Ambohivoahangibe
36. Ambohifamotsy
37. Antsandravava
38. Antanifotsy
39. Andongozabe
40. Ambodiangezoka
41. Maromandia
42. Marolambo
43. Antsiranamatso
44. Namoahana
45. 2 km à l’ouest d’Antsahabe
46. Marofinaritra
47. Marofototra
48. Sahantaha
49. Amparihy
50. Andasibe
51. Ampohibe
52. Antsambalahy
53. Ambatofotsy
54. Antakotako
55. Ambohitralanana
56. Cap Est
57. 3 km au sud d’Ambodirafia
480
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
En effet, sur ces figures les tours sont moins étagés, séparés par des sutures moins
enfoncées que ne le montre l’échantillon de Blanford et le dernier tour dépasse l’aligne¬
ment des précédents avec une ouverture un peu détachée, ce que ne montre pas non plus
l’échantillon.
Nous croyons donc devoir, pour éviter toute ambiguïté, figurer l’échantillon de Blan¬
ford, ainsi que celui récolté par M. Soula ; nous figurons aussi celui de la collection Staadt
(pl. I).
L’échantillon récolté par M. Soula a cinq tours, il est blanchâtre, il possède environ
18 costules spirales ; son péristome est double, il comporte un petit bourrelet et, juste en
arrière, une collerette évasée tranchante. Alors que les trois autres échantillons que nous
avons en main montrent sur le milieu du dernier tour une côte un peu plus forte que les
autres, sur celui qu’a récolté M. Soula il n’y a pas à ce point de vue de différence entre
les côtes.
Acroptychia metablata Crosse et Fischer
(Pl. I, fig. 10-13)
Euptychia metablata Crosse et Fischer, 1873 : 157.
Euptychia metablata Cr. et F., Crosse et Fischer, 1874 : 80, pl. I, fig. 5a à 5d.
Acroptychia metablata Cr. et F., Crosse et Fischer, 1877 : 70 ; Crosse et Fischer, in Grandi-
dier, 1889 : pl. 24 A, fig. 1-4 ; Chevallier, 1964 : 34 ; Fischer-Piette et Bedoucha, 1965 ;
Fischer-Piette, Blanc et Salvat, 1969 : 111.
M. Soula nous a procuré un très grand nombre d’exemplaires de cette espèce dont
nous n’avions précédemment que quelques individus. Cela nous a révélé qu’elle est très
variable. Nous rappellerons les caractères de la forme typique, avant de parler des autres
aspects.
Les quatre échantillons de Crosse et Fischer ont des dimensions allant de 29 X
27 mm à 26 X 24 mm. Le nombre de tours est de 7 à 8. Ils portent des péristomes succes¬
sifs dont le nombre est de 7 ou de 8 selon les individus. Ces collerettes, assez distantes les
unes des autres, sont réparties sur environ la moitié du dernier tour.
Les deux autres échantillons que nous avons, et qui ont été mentionnés dans le travail
de 1969 (p. 111-112), rentrent dans ces normes, si ce n’est que l’un d’eux, dont la localité
n’est pas indiquée, est d’une taille supérieure : 30 X 26,5 mm.
Nous verrons plus loin que nous trouvons des tailles encore plus grandes, et des col¬
lerettes plus nombreuses et occupant une plus grande longueur chez certains des échan¬
tillons de M. Soula que nous rapporterons à la forme typique ; mais dans ces récoltes
nous grouperons beaucoup d’autres individus autour d’une variété qu’il nous faudra décrire.
Nous serons aussi amenés à indiquer si dans certaines récoltes les individus appartien¬
nent tous à l’une ou à l’autre des deux formes, ce qui pourrait faire apparaître le rôle des
conditions régnant dans la localité ; dans ce cas on pourrait trouver aussi des lots composés
d’individus tous intermédiaires et rechercher s’il y a aussi des localités où toutes les caté¬
gories d’individus vivent côte à côte.
Taille : un certain nombre d’individus dépassent 29 mm, le plus grand a 34 sur 27 mm
(pour 7 1/2 tours).
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
481
Nombre de collerettes : il peut y en avoir 9, 10, Il et même, chez un individu, 12 (pl. I,
fig. 10).
Portion de la coquille présentant des collerettes : chez un certain nombre d’individus,
les collerettes sont réparties sur la totalité du dernier tour ; chez un autre, exemplaire, sur
les trois quarts ; nous n’en avons pas trouvé d’autres chez lesquels cette partie soit très
supérieure à la moitié.
Nous considérerons comme constituant la forme typique de l’espèce, non seulement
les individus antérieurement décrits par Crosse et Fischer ou par nous, mais aussi ceux
dont nous venons de parler.
Acroptychia metablata Crosse et Fischer variété abortiva nov. Fischer et Testud
(Pl. I, fig. 11-13)
Beaucoup d’échantillons se distinguent de la forme typique par un ensemble de carac¬
tères consistant en une taille plus réduite, en un nombre moindre de collerettes, et dans
le fait que ces collerettes se groupent à proximité de l’ouverture. On pourrait se demander
si, plutôt que d’une variété, il ne s’agit pas simplement d’individus jeunes, d’autant plus
que le nombre de tours est un peu plus faible, 6 1/2 à 7 1/2 ; le fait que de nombreuses
récoltes ne comportent que de tels individus est défavorable à cette supposition, mais notre
conviction qu’il s’agit, en fait, d’une variété rabougrie, s’étaye sur le fait que, chez beaucoup,
les collerettes se serrent de plus en plus aux approches mêmes de l'ouverture, ce qui doit
être corrélatif à une croissance de plus en plus lente, et que souvent, chez ces individus,
on a en fin de compte une ouverture en bourrelet doublant le dernier périst.ome, comme
chez celles des espèces A'Acroptychia où il s'agit du processus terminal de la croissance.
Description du type de la variété
Hauteur 18 mm, diamètre 21 mm. Ouverture : hauteur 9 mm, largeur 8 mm. 7 1/2
tours. 11 y a 5 collerettes réparties sur le dernier quart du dernier tour, les premières régu¬
lièrement espacées, les deux dernières serrées contre le bourrelet de l’ouverture. La colo¬
ration comporte deux bandes foncées, visibles sur le dernier tour et situées de part et d’autre
de l’équateur ; la pointe du sommet est brun-noir.
La présence d’un bourrelet doublant la dernière collerette et démontrant la cessation
de la croissance peut s’observer chez des individus ayant moins de collerettes que notre
type, 4 ou 3. La taille de ces individus à bourrelet terminal peut être moindre que celle
du type : 17 X 17 mm chez un individu à 4 collerettes groupées dans le dernier quart du
dernier tour (provenance : Namoahana).
Nous figurons un individu jeune n’ayant qu’une collerette, pour bien préciser que,
si l’on rencontre un cas semblable, il n’y a pas lieu de penser qu’il s’agit là d’une autre espèce
qu ’Acroptychia metablata (pl. 1, fig. 13).
122,2
482
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Répartition o’Acroptychia metablata et de ses variétés
L’espèce, d’abord connue du nord-est de Madagascar, sans précision, a ensuite été
récoltée par M. Blanc à Ambanje, en face de Nossi-Bé, ce qui montre qu’elle existe non
seulement dans le nord-est mais aussi dans le nord. Ambanje était jusqu’ici la seule loca¬
lité précise ; par les récoltes de M. Soula, nous en connaissons maintenant de nombreuses,
36 en tout. La localité située le plus au sud est Antsiranamatso, à environ 30 km au sud-
ouest d’Antalaha.
Dans les diverses récoltes de M. Soula concernant cette espèce et qui ont été faites
sur une zone s’étendant sur environ 140 km du nord au sud, on trouve la variété abortwa
d’un bout à l’autre ; pour la variété constituée par la forme typique, il en est presque de
même ; toutefois nous n’en avons pas qui soient situées plus au sud qu’Analalava, à 25 km
environ au nord-nord-ouest d’Antalaha, de sorte que, de là à Antsiranamatso qui est envi¬
ron à 30 km au sud-ouest d’Antalaha, le territoire de 40 km environ situé le plus au sud
ne nous en a pas encore fourni.
Répartition des deux variétés dans chacun des lots reçus
Cette espèce étant variable, la question se pose de savoir si les diverses formes peuvent
coexister en un même lieu ou si chaque population a un caractère distinctif permettant
de conclure à un rôle des conditions extérieures sur la morphologie.
A considérer les lots qui sont à notre disposition, un fait est très frappant. Chacun
d’eux est constitué ou bien de l’une des deux formes en totalité, ou bien de l’une des deux
formes en très grande majorité. Voici quelques cas, les plus valables parce que relatifs aux
lots les plus nombreux en individus.
Un lot de 72 exemplaires d’Ankadirano (58 km au nord d’Antalaha) est constitué
uniquement par la variété abortwa (100 %). Un lot de 36 exemplaires venant d’Amboa-
hangibe (120 km au nord-nord-est d’Antalaha) est constitué par 34 individus de la forme
typique (94 %) et 2 individus intermédiaires entre la forme typique et la forme abortwa
(6 %). Un lot de 26 individus venant de la forêt de Bekona (15 km à l’ouest d’Antampolo)
est constitué uniquement par la variété abortwa (100 %). Un lot de 26 exemplaires venant
d’Ambatofotsy (22 km au sud-ouest d’Antalaha) est constitué uniquement par la variété
abortwa (100 %). Un lot de 11 individus (Ampampamena, à 80 km au nord-nord-ouest
d’Antalaha) est constitué uniquement par la forme typique (100 %). Un lot de 11 indivi¬
dus venant de la forêt d’Antsandravana (13 km à l’ouest-sud-ouest d’Antalaha) est cons¬
titué uniquement par la variété abortwa (100 %).
Ces faits inciteraient à penser que, l’appartenance à une variété plutôt qu’à l’autre
dépendant des populations, donc aussi des localités, les conditions extérieures seraient
responsables de la morphologie des individus.
Il ne semble pas qu’il s’agisse d’une question d’altitude, car nous trouvons la forme
abortwa au fond des vallées aussi bien que sur des sommets. Le couvert végétal n’intervient
pas davantage, car en forêt on trouve des populations d ’abortwa aussi bien que des popu-
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
483
lations typiques. Il reste l’hypothèse que la séparation soit génétique ; autrement dit,
il aurait peut-être été plus justifié de traiter la forme abortiva comme espèce distincte que
comme variété.
Nous pensons que c’est une question qui effectivement mériterait examen. Nous avons
admis qu’il s’agissait d’une variété en nous basant sur la présence d’intermédiaires. En
fait ces intermédiaires sont très peu nombreux, nous en avons trouvé six sur un total de
301 individus, soit 2 %. Le nombre de spécimens intermédiaires serait nettement plus
élevé si l’on voulait parler d’intermédiaires de taille, mais nous l’avons formulé par l’exa¬
men du nombre des collerettes et de leur groupement dans une partie plus ou moins étendue
du dernier tour. A ces points de vue, nous pensons que la petitesse de ce nombre d’inter¬
médiaires résulte en partie, mais non uniquement, de la définition même que nous avons
faite des deux formes. La forme typique comprenant au moins 7 collerettes et la forme
abortiva au plus 5, seuls les individus en possédant 6 sont intermédiaires. Ils ne peuvent
donc pas être très nombreux, mais d’autre part leur nombre est très inférieur à celui des
individus possédant soit 5, soit 7 collerettes, et de même vis-à-vis de 4 et 8, etc.
Pour le groupement des collerettes, chez abortiva il s’agit au maximum du dernier
tiers du dernier tour, et chez la forme typique, au minimum de presque la dernière moi¬
tié du dernier tour. L’espace situé entre la limite du dernier tiers et les approches de la
limite de la dernière moitié est faible ; ce qui doit expliquer que nous ayons peu d’intermé¬
diaires à ce point de vue aussi, explication partielle cependant, car les cas voisins sont
incomparablement plus nombreux. Notons, d’autre part, que les intermédiaires au point
de vue du nombre des collerettes ne sont pas les mêmes individus que ceux qui sont inter¬
médiaires au point de vue de leur groupement : les premiers sont, pour leurs autres carac¬
tères, des abortiva, tandis que les autres sont, pour leurs autres caractères, des individus
typiques.
Nous croyons pouvoir dire que la question est ouverte ; le fait d’avoir traité les abor¬
tiva en variété et non en espèce résulte d’une simple préférence de notre part, en attendant
des recherches mettant en œuvre des méthodes appropriées.
Tropidophora (Ligatella) fulvescens Sowerby
Cyclostoma fulvescens Sowerby, 1843 : 99, pl. 25, fig. 79-80.
Cyclostoma fulvescens Sow., Pfeiffer, 1846 : 39, pl. 5, fig. 10-11 ; Morelet, 1860 : 104 ; Reeve,
1861 : pl. 4, fig. 17 ; Kobelt, 1910 : 91.
Tropidophora fulvescens Sow., Fischer-Piette, 1949 : 18.
M. Soula nous a procuré un exemplaire provenant des environs du village d’Anda-
sibe, sur la côte, à 35 km au sud d’Antalaha ; un autre, d’Antalaha, nous a été remis par
M me Bouchard.
Cette espèce était antérieurement connue de Diego-Suarez, du Cap Diego, de Oran-
gea et Port-Léven (1949 : 18). Les récoltes de la région d’Antalaha étendent vers le sud-
est faire de distribution connue.
484
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Tropidophora (Ligatella) pyrostoma Sowerbv
Cyclostoma pyrostoma Sowerby, 1843 : 129, pl. 29, fig. 200.
Cyclostoma pyrostoma Sow., Reeve, 1843 : p). 183, fig. 9 ; Pfeiffer, 1846 : 157, pl. 21, fig. 23 ;
Reeye, 1861 : pl. 9, fig. 51 ; Kobelt, 1910 : 91 ; Fischer-Piette, 1949 : 25, pl. 1, fig. 13 à
16.
M. Soula a récolté à Andasibe, sur la côte, à 35 km au sud d’Antalaha, un exemplaire
que nous rapportons à cette espèce bien que, par rapport aux échantillons que nous avons
déjà en collection (1949 : 25), il soit plus large par rapport à sa hauteur ; son sommet est
plus dégagé, il esl plus lourd (moins transparent), d’une teinte plus claire, et son péristome,
au lieu d’être en entonnoir, est plus dressé et plus épais (voir pl. I, fig. 14 à 16).
L’échantillon a 22 mm de haut et 24 mm de diamètre. La suture est légèrement cré¬
nelée. La sculpture spirale l’emporte très nettement sur la sculpture de croissance. Elle
existe sur toute la surface y compris l’intérieur du puits ombilical, mais elle est très atténuée
de l’équateur au milieu de la base et renforcée, au contraire, dans la région périombilicale
et dans l’ombilic. Le péristome, épais, brièvement dressé, esl orange sur toute sa surface.
Pour le reste de la coquille, la teinte de fond est blanchâtre tirant sur le gris, le jaune, ou
le bistre, selon les régions ; sur cette teinte de fond se trouvent deux bandes spirales de
1 mm, accolées, l’une blanche, immédiatement sous-équatoriale, l’autre brun-noir, immé¬
diatement sous-jacente.
T. pyrostoma n’avait pas été localisée par son descripteur. Les échantillons que nous
avons précédemment (1949) rapportés à cette espèce sont de la côte ouest et du Centre
ouest : Morondava, Bemaraha près de Miandrivazo, et Maintirano. Par la récolte de
M. Soula, l’aire d’habitat doit être considérée comme allant jusqu’au nord-est.
Tropidophora (Ligatella) pulchella Sowerby
Cyclostoma pulchellum Sowerby, 1843 : 129, pl. 31, fig. 263-264.
Cyclostoma pulchellum Sow., Pfeiffer, 1846 : 135, pl. 18, fig. 7-8.
Cyclostoma hanleyi Pfeiffer, 1846 : 136, pl. 18, fig. 9, 11.
Cyclostoma pulchellum Sow., Rf.eve, 1864 : pl. 2, fig. 6.
Cyclostoma crosseanum Morelet, 1877 : 218.
Tropidophora pulchella Sow., Kobelt, 1910 : 91 ; Fischer-Piette, 1949 : 37.
Tropidophora ( Ligatella ) pulchella Sow., Fischer-Piette, Blanc et Sai.vat, 1969 : 132.
Cette espèce n’est connue que du nord-est de Madagascar et dans un secteur relati¬
vement étroit. Précédemment, trois localités seulement furent données : deux en 1949
(p. 38), Ranolanina et Ambohitsitondrona situées près des bords de la baie d’Antongil,
et une en 1969 (p. 132), Andrapangy située à 27 km au nord d’Antalaha.
Les récoltes de M. Soula permettent d’ajouter 9 autres localités qui sont, du sud au
nord : près du cap Est (à 5 km au sud) ; près d’Ambodirafia (à 3 km au sud, vallée de l’Antsa-
hambélé) ; Amboditralanana ; Marofototra ; Marofclana (à l’ouest d’Anjiamangotroka) ;
Ambatogisy (à 4 km à l’ouest d’Antalaha) ; au sud d’Ambanitaza ; Marokosa (10 km au
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
485
nord-ouest d’Antalaha) ; Ambodimanga, sur l’Andempona, à 40 km environ au nord d’Anta-
lalia.
Cette dernière localité est la plus au nord qui soit connue, nettement plus au nord
qu’Andrapangy. Il se pourrait qu’elle marque la frontière de l’espèce, car M. Soula n’en
a pas récolté au-delà dans ses recherches qui sont allées jusqu’à 120 km au nord d’Anta¬
laha.
Variations
« Cette espèce est très variable, non seulement dans sa taille, mais aussi dans sa forme
plus ou moins élancée ou aplatie, sa couleur (jaune, gris, brun, avec un nombre variable
de lignes brunes interrompues) et surtout sa sculpture, non celle de l’ombilic, qui est tou¬
jours rigoureusement strié spiralement, mais celle de l’extérieur du tour. Des individus
ont un grand nombre de faibles côtes spirales subégales, d’autres ont de une à quatre for¬
tes côtes carénales » (Fischer-Piette, 1949 : 38).
Au point de vue de la taille, deux échantillons récoltés par M. Soula, l’un à Ambohi-
tralanana, l’autre à Ambodimanga, sont les plus grands de tous ceux qui se trouvent au
Muséum : tous deux ont 28 mm de hauteur sur 27 de largeur ; le plus petit que M. Soula
ait récolté (près d’Antalaha) a 13 mm de hauteur sur 14 mm de largeur ; il est très compa¬
rable au plus petit que le Muséum avait antérieurement en collection (d’Ambohitsiton-
drona) et qui a, lui, 13 mm de largeur sur 14 mm de hauteur.
Contrairement à ce que nous avons constaté pour Acroptychia rnetablata, où la taille
des individus différait d’une localité à une autre, ici toutes les tailles peuvent se trouver
réunies en une même localité. Voici les dimensions en mm de 12 individus adultes récol¬
tés par M. Millot à Ambohitsitondrona :
Hauteur : 14 15 16 16 17 17 17 17 17 20 20 21 mm.
Diamètre : 13 14 15 16 17 17 17 17 18 20 20 20 mm.
Dans une autre récolte de M. Soula, à Marofelana, trois individus ont respectivement
12,5, 14, 19 mm de haut, et le dernier était encore plus grand (il est cassé).
Il est cependant possible qu’en dehors de ces localités à spécimens de tailles très varia¬
bles, il y en ait d’autres où les tailles soient plus ou moins uniformes, comme dans le cas
des Acroptychia rnetablata. Il y a une indication dans ce sens dans le fait que les trois indi¬
vidus récoltés par M. Soula à Ambodimanga sont tous grands avec 26, 27, et 28 mm de
haut, et que les cinq individus qu’il a recueillis près du cap Est ont 23, 23, 24, 25 et 27 mm.
Une récolte plus abondante, effectuée à 4 km d’Amtalaha en forêt, ne contient que des
individus petits ou assez petits, ayant de 13 à 16 mm de hauteur.
Tropidophora (Ligatella) soulaiana n. sp. Fischer et Testud
Description de l’holotype (pi. I, fig. 17 à 19)
Exemplaire récolté à Andrakata (à 14 km au nord-est d’Andapa) dans des plantations
de vanille. Diamètre maximum : 42 mm ; hauteur : 26 mm ; ouverture ayant, péristome
486
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
compris, 21 X 21 mm, et, intérieurement, 14 X 14 mm, qui sont les dimensions de l’oper¬
cule.
Nombre de tours : 6 1/2 probablement (le sommet manque sur un tour, comme chez
tous nos autres échantillons) ; leur enroulement s’accroît beaucoup plus vite à la fin qu’au
début ; le sommet est donc très dégagé.
La suture, suivie à partir du sommet, est crénelée, mais dans les deux derniers tours
on ne la voit pas car une carène, qui se perçoit déjà dans le tour précédent, vient la mas¬
quer.
Cette carène occupe, dans le dernier tour, une situation franchement équatoriale :
elle est tranchante et s’élève sur près de 2 mm. Elle constitue l’élément prédominant de
la sculpture spirale qui comporte, en outre, sur le dessus du dernier tour, une vingtaine
de côtes peu saillantes et très irrégulières, séparées par des intervalles eux-mêmes très irré¬
guliers. Sur la base, il faut distinguer la partie supérieure et la partie périombilicale, sépa¬
rées par une côte quelque peu carénale. Au-dessus se trouvent une dizaine de côtes encore
moins saillantes que celles qui sont sur le dessus du tour, mais un peu plus régulières. Au-
dessous se trouvent, jusqu’au puits ombilical proprement dit, 17 côtes plus fortes, la pre¬
mière étant la plus forte puisque nous l’avons dite quelque peu carénale, et les dernières
étant plus faibles. Ces côtes, comme les intervalles qui les séparent, sont régulières dans
leur décroissance. Ce système de costulation décroissante se poursuit dans l’entonnoir
ombilical proprement dit.
Toutes les côtes spirales sont croisées par des stries de croissance qu’elles n’interrom¬
pent pas, exception faite pour la carène.
L’ombilic est très largement ouvert, l’étagement des tours y est très apparent (on y
voit les bases des autres tours).
Juste avant l’ouverture, le dernier tour s’abaisse un peu. L’ouverture est oblique.
Le péristome est en biais, faisant un angle de 120° avec la surface voisine du tour. 11 est
plus étroit au côté columellaire de l’ouverture, où sa largeur est de 2 mm environ, qu’au
bord externe où il a 2,5 mm d’évasement pour qui le regarde de l’extérieur et 3,5 mm inté¬
rieurement. La carène va jusqu’au bord extrême de ce péristome, qui est donc anguleux
à l’équateur, et, à la saillie que forme la carène au côté extérieur, correspond au côté inté¬
rieur un creux, une rigole.
Ce péristome est intérieurement d’un rouge sombre qui se continue dans l’ouverture,
et, extérieurement, de cette même couleur qui n’y forme qu’une bande étroite interrompue
par le tranchant de la carène : ce tranchant est d’un jaune clair qui le détache très nette¬
ment sur la teinte générale du test, d’un brun sale, clair sur le dessus du tour, moins clair
sur le dessous.
Les tout premiers tours sont gris très foncé.
Variations
Elles nous paraissent assez faibles pour la forme générale. Pour la taille, aucun exem¬
plaire ne dépasse les dimensions du type ; le plus petit, d’Analamaho, a 32 X 21 mm (pi. I,
fig. 20 à 22). La sculpture du dessus du dernier tour peut être faite de côtes un peu plus
saillantes que chez le type et l’une d’elles, située à mi-distance entre l’équateur et la suture,
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
487
peut s’individualiser suffisamment pour être assimilée à une petite carène supplémentaire ;
la carène principale est bien développée chez tous nos individus, sauf le plus petit d’Ana-
lamaho, chez lequel elle est très peu marquée. Chez un individu d’Ampampamena il y a
même, auprès d’elle, en allant vers la suture, encore une petite carène supplémentaire
(bien moins marquée). Sur le dessous du tour, les côtes peuvent être moins marquées que
nous ne l’avons dit, ou au contraire plus marquées ; la limite entre les deux parties du
dessous peut être constituée par deux côtes au lieu d’une. Le péristome, assez fréquemment,
est moins développé que chez le type figuré ; c’est le cas du plus petit.
Distribution
Les 32 exemplaires viennent de quatre lieux différents : Marolambo (10 km au sud
d’Antalaha) ; Analamaho (70 km au nord-nord-ouest d’Antalaha) ; Ampampamena (80 km
au nord-nord-ouest d’Antalaha) et Andrakata (14 km au nord-est d’Andapa et 110 km
à l’ouest-nord-ouest d’Antalaha).
Rapports et différences
Cette espèce rappelle beaucoup T. eustola Crosse et Fischer, mais cette dernière n’a pas
de carène périomhilicale et possède, sur le dessus du tour, une sculpture et une coloration
bien plus complexes.
Elle est certainement très proche parente de la très polymorphe Tropidophora tri-
carinata Müll., au point que nous supposons qu’elle est destinée à y être rattachée pour
constituer une variété s’ajoutant à celles, si nombreuses, qu’il a déjà fallu définir. Parmi
elles, c’est de la variété secans (Fischer-Piette, 1949 : 48-49, pl. III, fig. 44, 45) que T.
soulaiana est la moins éloignée : l’évasement du péristome est le même, et secans est l’une
des variétés les plus plates de T. tricarinata, mais T. soulaiana est encore beaucoup plus
plate, et secans a davantage de carènes très marquées. Tant que des intermédiaires ne seront
pas trouvés avec cette variété secans ou une autre, nous devrons traiter T. soulaiana en
espèce distincte de T. tricarinata.
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Müller
L’un des grands intérêts des récoltes de Tropidophora tricarinata effectuées par M. Soula
est de nous montrer l’incroyable variété de cette espèce propre à Madagascar.
Grâce au nombre remarquablement élevé des échantillons récoltés dans la région
d’Antalaha, nous espérons pouvoir amorcer l’importante étude qu’il faudra bien que les
naturalistes arrivent à faire sur cette espèce extraordinaire. Essayons de faire comprendre
ce qu’elle a justement d’extraordinaire, et pour cela de brosser le tableau de ses aspects
et de son histoire.
Ses aspects sont d’une diversité exceptionnelle. De ce fait, on comprend très bien que
toutes les espèces qui ont été décrites antérieurement à la révision de Fischer-Piette,
488
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
1949, l’aient été à titre d’espèces distinctes. En voici la liste : Hélix tricarinata Midi. ;
Cyclostoma zonulatum Sow. ; C. boioini Pfeif. ; C. dyganum Mab. ; Tropidophora nigro-
taeniata Boett. ; C. scalatus Mouss. ; C. bicarinatum Sow. ; C. campanulatum Pfeif. ; C.
Jousseaumianum Mab. ; C. madagascariensis Gray ; C. haemastoma Grat. ; C. cerastum Mab. ;
C. myrtinum Mab. ; C. unicarinata Lam. ; C. duisabonis Grat. ; C. fulvifrons Reeve ; C.
subcampanulatum Mab. ; C. obsoleta Lam. ; C. consanguineum Sow. ; C. euchilum Pfeif. ;
C. congener Smith ; C. cnissum Mab. ; C. citrinum Sow. ; C. isabella Pfeif. ; C. brevimargo
Mouss.
De ces 25 noms, il en est 7 que Fischer-Piette, en 1949, a réunis à d’autres, comme
désignant des individus trop proches. Ce sont : T. nigrotaeniata, C. haemastoma, C. ceras¬
tum, C. myrtinum, C. duisabonis, C. fulvifrons et C. subcampanulatum.
Il en restait donc 18, considérés par Fischer-Piette comme étant des aspects vrai¬
ment distincts les uns des autres. Mais il ne reconnut à aucun la valeur d’espèce, du fait
de l’existence dans nos abondantes collections de nombreux intermédiaires entre eux.
Il les mit donc tous en synonymie avec T. tricarinata, mais à titre de variétés.
Par ailleurs, dans ce travail de 1949, et dans celui qui parut en 1965 en collaboration
avec J. Bedoucha, furent décrites plusieurs variétés nouvelles, jugées aussi distinctes
des aspects déjà décrits que l’étaient entre elles les « espèces » devenues variétés. Ce sont
les suivantes : en 1949, var. subdygana F.-P. ; var. secans F.-P. ; var. lesagei F.-P. ; var.
chenui F.-P. ; var. rocquignyi F.-P. ; var. leucotropis F.-P. En 1965, var. propesecans F.
et B. ; var. juliana F. et B. ; var. expectata F. et B.
Enfin dans le présent travail, Tropidophora multifasciala Grat., jusqu’ici considérée
comme espèce distincte, va être ramenée au rang de variété de tricarinata, et une forme
nouvelle, qui aurait constitué une variété de multifasciata si cette espèce avait été main¬
tenue, est donc décrite, elle aussi, comme une variété de tricarinata.
Au total, la diversité des aspects de T. tricarinata a donc justifié, à ce jour, la création
de 29 variétés distinctes.
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Millier var. campanulata Pfeiffer
Cyclostoma tricarinatum, Potiez et Michaud, 1838 : 242, pl. 24, fig. 22-23.
Cyclostoma campanulatum Pfeiffer, in Martini et Chemnitz, 1846 : 135, pl. 18, fig. 4-6.
Cyclostoma bicarinatum Sow., Reeve, 1861 : pl. I, fig. 1 c.
Tropidophora campanulata, Kobei.t, 1910 : 90.
Tropidophora tricarinata Müll. var. campanulata Pfr., Fischer-Piette, 1949 : 47.
Tropidophora tricarinata Müll. var. campanulata Pfr., Fischer et Bedoucha, 1965 : 78.
Tropidophora tricarinata Midi. var. campanulata Pfr., Fischer, Blanc: et Salvat, 1969 : 132.
Cette variété était connue jusqu’ici sur la côte est avec comme localité la plus au sud,
Betampona, et la plus au nord, Mananara, qui est à l’extrémité sud de la baie d’Antongil ;
d’autre part un échantillon avait été trouvé dans le Haut-Sambirano. Elle était donc incon¬
nue de la région d’Antalaha.
M. Soula nous a envoyé 5 exemplaires venant de trois provenances différentes. Du
sud au nord : forêt à 3 km au sud d’Ambodirafia (49 km au sud d’Antalaha) ; Ambato-
fotsy (40 km au sud) ; forêt du sommet de l’Ambohifamotsy (15 km au sud-ouest).
Le faible nombre de ces récoltes et le faible nombre d’échantillons de chacune, com-
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
489
parés au très grand nombre de points de récolte et d’individus de variétés telles que secans
unicarinata, etc., nous montrent à l’évidence que la variété campanulata est très mal repré¬
sentée dans cette région.
Est-ce le cas dans toute son aire de répartition ? Nous ne sommes pas en mesure de le
dire car il n’avait été fait nulle part à Madagascar de récoltes exhaustives. Mentionnons
toutefois que tous les lots de campanulata du Muséum sont constitués de fort peu d’indi¬
vidus, alors que pour d’autres variétés les lots d’une dizaine d’individus ne sont pas rares
dans les collections du Muséum.
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Müller var. secans Fischer-Piette
Tropidophora tricarinata var. secans Fischer-Piette, 1949 : 48, pl. 3, fig. 44-45.
Tropidophora tricarinata var. secans F.-P., Fischer, Blanc et Salvat, 1969 : 132.
Cette forme, qui a été décrite de la région moyenne (est et ouest) de Madagascar, a
été retrouvée (1969) au cap Est. La région d’Antalaha est donc le point nord de son aire
de distribution actuellement connue. C’est vraisemblablement pour cette raison que les
récoltes de M. Soula, si abondantes en grosses Tropidophora, ne contiennent que 2 exem¬
plaires, venant de Marolambo, de la variété secans proprement dite.
Mais ces récoltes contiennent par contre, et en grand nombre, des exemplaires tout
à fait alïins, constituant des formes de passage entre la variété secans et la variété unica¬
rinata Lamarck. Ces intermédiaires consistent dans le fait que les carènes se réduisent en
nombre et en importance et que le péristome devient moins large.
Ces intermédiaires, au nombre de 59, donc en nombre écrasant par rapport à nos deux
seuls représentants de la variété secans proprement dite, proviennent de : 5 km au sud
du cap Est ; Ambohitralanana ; Marolambo ; Marofotra ; Marofînaritra ; Ambatomanono ;
Ambohipariana ; Ambohifamotsy ; Yirembina ; Sarahandrano et Analanantsoa.
Étant donné que la variété unicarinata est connue pour être localisée dans le nord-
est, il est normal que la variété secans, répandue surtout plus au sud, ait ses intermédiai¬
res dans la région d’Antalaha qu’elle ne dépasse pas ; ceci semblerait indiquer, dans le cas
du couple secans-unicarinata, une action morphogène des conditions extérieures liées à la
latitude.
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Müller var. madagascariensis Gray
Cyclostoma madagascariensis Gray, in Griffith’s Cuvier, f834 : 597, pl. 28, fig. 4.
Cyclostoma haemastoma Grateloup, 1840 : 168 et 437, pl. 3, fig. 5.
Cyclostoma madagascariensis Gray, Sowerby, 1850 : 157, fig. 289 ; Pfeiffer, in Martini et
Chemnitz, 1853 : 290, pl. 39, fig. 1-2 ; Morelet, 1860 : 102 ; Reevf., 1862 : pl. 1, fig. 4.
Cyclostoma cerastum Mabille, 1886 : 134.
Cyclostoma myrtinum Mabille, 1886 : 134.
Tropidophora madagascariensis Gray, Kobelt, 1910 : 91.
Tropidophora tricarinata var. madagascariensis Gray, Fischer-Piette, 1949 : 49, pl. 4, fig. 50-
52 ; Fischer et Bedoucha, 1965 : 79.
122 , 3
490
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Cette variété n’était connue que d’une seule provenance précise, Tampolo, un peu au
sud de l’île Sainte Marie. M. Soula en a récolté un échantillon en forêt à 10 km au sud-ouest
d’Ambohitralanana (45 km au sud-ouest d’Antalaha), et un autre échantillon à Andasibe
(35 km au sud d’Antalaha).
Il semble donc que cette forme soit localisée dans le nord-est mais comme dans le
cas de la variété campanulata il faut remarquer, d’après les récoltes de M. Soula, qu’elle
est incomparablement plus rare que d’autres formes telles que secans et unicarinata.
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Müller var. unicarinata Lamarck
Cyclostoma unicarinata Lamarck, 1822a : 144 ; Lamarck, 1822& : pl. 461, fig. 1, a, b.
Cyclosturna duisabonis Grat.eloup, 1840 : 167, pl. 3, fig. 2.
Cyclostoma fulvifrons Reeve, 1843 : 185, fig. 20.
Cyclostoma unicarinatum, Sowerby, 1843 : 120, pl. 26, fig. 120 ; Pfeiffer, in Martini et Chem-
nitz, 1846 : 174, pl. 25, fig. 7.
Cyclostoma campanulatum, Pfeiffer, in Martini et Chemnitz, 1846, éd. 2 : 135, pl. 18, fig. 4-6.
Cyclostoma subcampanulatum Mabille, 1886 : 132.
Cyclostoma campanulatum, Crosse et Fischer, in Grandidier, 1889 : pl. 26, fig. 6.
Tropidophora subcampanulatum Mab., Robert, 1910 : 91.
Tropidophora tricarinata var. unicarinata Lk., Fischer-Piette, 1949 : 51, pl. 4, fig. 53 à 56 ;
Mermod, 1952 : 36, fig. 104 ; Fischer et Bedoucha, 1965 : 79 ; Fischer, Blanc et Salvat,
1969 : 133.
Cette variété n’était connue que de trois provenances, toutes du nord-est : « entre
Fenerive et Antaloha » ; cap Est ; Andrapangy, à 27 km au nord d’Antalaha.
M. Soula nous a envoyé de très nombreux exemplaires venant de localités elles-mêmes
très nombreuses et qui sont les suivantes du sud au nord, leurs distances étant indiquées
par rapport à Antalaha : cap Est (45 km au sud) ; Ambohitralanana (40 km au sud) ; Anda¬
sibe (35 km au sud) ; Antsambalahy (33 km au sud-ouest) ; Ambatofotsy (22 km au sud-
ouest) ; Sahantaha (18 km au sud) ; Amparihy (17 km au sud-sud-ouest) ; 2 km à l’ouest
d’Antsahabe (17 km au sud) ; Antsahabe (15 km au sud) ; Androfary (15 km au sud) ;
Sahantaha (15 km au sud) ; Ambatomanono (14 km au sud) ; collines d’Antanifotsy (13 km
au sud) ; Antsandravava (13 km à l’ouest-sud-ouest) ; 2 km à l’ouest de Mahatsara (13 km
au sud) ; Mahatsara (12 km au sud) ; Marolambo (10 km au sud) ; Ambohitsara (8 km
au sud-ouest) ; Ambodileakazo (7 km au sud) ; forêt de Bevapaza (6 km au sud) ; forêt
d’Andrakaroka (5 km au sud-ouest) ; versant sud de l’Ambohifamotsy (15 km à l’ouest) ;
sommet de l’Ambohifamotsy ; Masindrano (5 km au nord-ouest) ; vallée Ankavanana
(10 km au nord-ouest) ; forêt de Bekona (10 km au nord-est) ; Ampombolava (12 km au
nord-ouest) ; Ambanitaza (25 km au nord-est) ; Antaminiavotra (25 km au nord) ; Antsa-
hanora (25 km au nord-ouest) ; Ambodilalona (38 km au nord-ouest) ; Ampohafana (30 km
au nord-ouest) ; Analanantsoa (40 km au nord-ouest) ; forêt de l’Ambatomalomara (40 km
au nord-ouest) ; Ambodimanga (40 km au nord) ; Maheva (50 km au nord) ; Amboahangibe
(120 km au nord-nord-ouest).
La dernière de ces provenances se trouvant à 120 km au nord d’Antalaha, l’aire de
répartition connue pour la variété, dont le point le plus au nord était Andrapangy, à 27 km
au nord d’Antalaha, se trouve donc grandement accrue vers le nord.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
491
A en juger par sa fréquence dans les envois de M. Soula, cette forme est l’un des Mol¬
lusques les plus abondants de la région d’Antalaha.
En 1949 (p. 43), en abordant l’étude des variétés de T. tricarinata, Fischer-Piette
a écrit : « Elles sont très nombreuses, et, si je ne me suis pas trompé en ramenant au rang
de variété tant de formes qui avaient été décrites comme espèces distinctes, il faut admet¬
tre que l’espèce tricarinata présente un polymorphisme tel que nous en avons peu d’exem¬
ples dans le règne animal.
« Ce polymorphisme doit être dans une certaine mesure lié à l’habitat, car à en juger
par les lots qui ont été rapportés au Muséum, il semble rare qu’une même récolte donne
des spécimens dissemblables : une population donnée offre des caractères d’une même
variété. Cette impression serait à vérifier sur place. Une prospection entreprise méthodi¬
quement dans ce but serait sans doute du plus haut intérêt. Beaucoup de ces variétés seront
probablement en fin de compte considérées comme sous-espèces. »
Devons-nous considérer comme sous-espèce géographique, la forme unicarinata ? Le
fait qu’elle ne soit connue (jusqu’ici) que de la région d’Antalaha et en direction de Fenerive,
et qu’elle soit dominante, peut nous y inciter. Mais elle n’exclut pas d’autres formes, d’ail¬
leurs peu nombreuses ; et surtout, il y a, en plus des très nombreux exemplaires d 'unicari¬
nata, des formes de passage à deux autres variétés ( secans et obsoleta ), et ces formes de pas¬
sage sont encore plus abondantes que les unicarinata proprement dites. La question n’est
donc pas simple. On pourrait se demander s’il ne faudrait pas considérer l’ensemble des
trois variétés et de leurs intermédiaires comme une sous-espèce géographique. Mais il
nous semble que la notion de sous-espèce géographique est surtout valable pour le cas
où tous les individus d’une espèce revêtent un aspect particulier dans une région donnée.
Or ce n’est pas le cas dans cette région du nord-est, où se trouve aussi, en abondance, le
groupe multifasciata et les formes voisines.
Nous renonçons donc à voir là une sous-espèce géographique ; mais il n’en est pas
moins vrai qu’il y a là une sorte d’unité qui est à la fois prépondérante dans la région et
limitée à la région, et qui a donc un caractère géographique indéniable. Cela semble nous
obliger à accepter la conception, dans la hiérarchie subspécifique, d’un échelon situé entre
la sous-espèce et la variété. Dans le cas présent, ce serait, en prenant le mot « variété »
au sens large, puisque en fait il s’agit d’un groupement de plusieurs variétés, ce serait, dirons-
nous, une « variété géographique », plus importante que ce que l’on appelle une variété
locale car il s’agit, non d’un lieu, mais d’une région de 150 km. Une variété géographique
constitue, dans notre idée, un groupe d’individus avec un stock chromosomique sans beau¬
coup de mélanges avec les gènes des populations voisines. Ici il s’agirait, on le voit, d’une
unité beaucoup plus importante, du fait de tout ce que nous venons d’en dire.
Variations
Taille : celle des échantillons adultes envoyés par M. Soula varie de 23 mm (à Antsam-
balahy) à 39 mm (à Ambohitsara).
Y a-t-il, comme dans le cas des Acroptychia metablata, des différences de taille d’une
population à une autre ? Ce n’est le cas qu’à un bien moindre degré. Le cas général est celui
de populations de belle taille (autour de 36-37 mm) avec des individus peu nombreux, un
492
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHELE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
peu plus petits ; les tailles extrêmes que nous avons indiquées plus haut ne concernent
que de rares individus, exceptionnels en somme. Toutefois, la récolte de la forêt de Bekona,
où se trouvent 28 individus tous adultes, ne contient que des exemplaires de taille médiocre,
de 28 à 34 mm.
Coloration : Tous ceux des individus qui ont une fraîcheur suffisante (beaucoup sont
subfossiles) pour laisser apprécier leur coloration, montrent des bandes brunes spirales,
au nombre de 5 à 10, le plus souvent 7, sur le dernier tour. Ils sont donc comparables au
plus petit des deux types de Lamarck étudiés par Mermod. Aucun ne ressemble au plus grand
de ces deux types, jaune, sans bande spirale. Le péristome de nos individus est souvent
blanchâtre ou blanc, parfois interrompu par le prolongement des bandes brunes.
Ouverture : Le péristome est généralement assez étroit, comme celui du petit échantil¬
lon de Lamarck, rarement aussi large que celui du grand échantillon. Jamais le rebord
columellaire ne s’étend vraiment sur l’ombilic, ce qui est le cas du petit échantillon lamarc-
kien et non du grand.
Carène : Elle est généralement bien marquée, mais chez quelques échantillons elle est
émoussée, et chez deux de ces derniers, elle s’atténue en approchant de l’ouverture et dispa¬
raît presque.
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Millier var. obsoleta Lamarck
(PL I, fig. 23 à 25)
Cyclostoma obsoleta Lamarck, 1822 : 144.
Cyclostoma obsoleta Lk., Deshayes, 1838 : 355.
Cyclostoma obsoletum Lk., Reeve, 1843 : 97, pl. 183, fig. 4 ; Pfeiffer, in Martini et Chemnitz :
32, pl. 4, fig. 14-15 ; pl. 5, fig. 8-9.
Tropidophora tricarinata var. obsoleta Lk., Fischer-Piette, 1949 : 53.
Cyclostoma obsoleta Lk., Mermod, 1952 : 37, fig. 105.
Aucune provenance n’avait été donnée jusqu’ici pour cette variété.
M. Soula nous a envoyé environ 70 échantillons provenant de 20 localités différentes, qui
sont les suivantes, du sud au nord : forêt à 10 km au sud-ouest d’Ambohitralanana (47 km
au sud-ouest d’Antalaha) ; Andasibe (35 km au sud) ; Antsiranamatso-Antsambalahy
(33 km au sud-ouest) ; Amparihy (17 km au sud-ouest) ; Andongozabe (13 km au sud) ;
Marofelana (12 km au sud-ouest) ; Marolambo (10 km au sud) ; Anjiamangotroka (9 km
au sud) ; Bevapaza (6 km au sud) ; Beramboa (3 km a l’ouest) ; 2 km à l’est de Marokosa
(10 km au nord-ouest) ; Ampombolava (12 km au nord-ouest) ; 2 km à l’ouest d’Antse-
rambidy (17 km au nord) ; Antanetibe (18 km au nord) ; Virembina (25 km au nord-ouest) ;
Ambodilalona (38 km au nord-ouest) ; Analanantsoa (39 km au nord-ouest) ; Ambodi-
pont-Isahana (50 km au nord-nord-ouest) ; Ambinanifaho (50 km au nord-nord-ouest) ;
Ankadirano (55 km au nord).
Variations
Le type de Lamarck est d’une forme très élevée. Fischer-Piette (1949 : 54) a signalé
que les divers échantillons du Muséum qu’il a rattachés à cette variété étaient d’une forme
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
493
plus basse. C’est à cette forme plus basse qu’appartiennent tous les échantillons de M. Soula.
Voici, par exemple, les dimensions d’un de ces échantillons (pl. II, fig. 23 à 25) venant
de Marokosa : 30 mm de hauteur, 35 mm de diamètre ; son ouverture a intérieurement
i4 mm de haut et 12 mm de large ; le péristome a 5 mm de large au côté externe, tranchant,
dont le bord est recourbé vers l’avant, et 1 mm seulement au côté columellaire, non tran¬
chant, dont le bord est recourbé vers l’arrière ; l’ombilic, largement ouvert, a environ
5 mm de diamètre.
C’est le plus grand des échantillons de M. Soula et il est de taille supérieure à ceux
qui se trouvaient déjà dans la collection du Muséum. Le plus petit, de Marolambo (M. Soula),
a 28 mm de diamètre.
Intermédiaires avec la variété unicarinata : Ces intermédiaires sont environ trois fois
plus nombreux que ceux de la variété obsoleta proprement dite. Dans ces exemplaires,
seul le dernier tour (qui est celui qui compte le plus pour la classification) est dépourvu de
carène ; les tours précédents en ont évidemment une, et on la voit sortir dans le prolon¬
gement de la suture, dans le dernier tour par conséquent, mais généralement sur un trajet
Irès court, et, sans être en général émoussée, cette carène a une hauteur très réduite qui
s’annule rapidement.
Les localités où ont été récoltés des intermédiaires sont les suivantes, du sud au nord :
4 km au sud-ouest d’Ambohitralanana (40 km au sud d’Antalaha) ; Antsambalahy (33 km
au sud-ouest) ; Antsiranamatso (30 km au sud-ouest) ; Antakotako (30 km au sud) ; Andon-
gozabe (20 km à l’ouest-sud-ouest) ; Marofelana (12 km au sud-ouest) ; Marolambo (10 km
au sud) ; Anjiamangotroka (9 km au sud) ; Bevapaza (6 km au sud) ; Ambohifamotsy
( 15 km à l’ouest) ; 5 km à l’ouest de Virembina (25 km à l’ouest) ; Ambodihintsira (17 km
à l’ouest) ; Andranovato (20 km au nord-ouest) ; Ambodiharo (25 km au nord-ouest) ;
Antsahanoro (25 km au nord-ouest) ; Ampofalana (30 km au nord-ouest) ; Mahadera (33 km
au nord-ouest) ; Ambo dilalona (38 km au nord-ouest) ; Analanantsoa (39 km au nord-
ouest) ; Ambatolalomona (40 km au nord-ouest) ; Ankadirano (50 km au nord) ; Ambi-
nanifaho (50 km au nord-nord-ouest) ; forêt d’Ampataka (60 km au nord-nord-ouest).
La disproportion entre le faible nombre des individus de la variété obsoleta (70) et
le grand nombre (200) des intermédiaires entre elle et la variété unicarinata montre bien
le caractère artificiel que revêtent souvent les catégories faites par l’homme. Dans cette
région-ci, ce sont ces intermédiaires qui auraient dû recevoir un nom de variété, de laquelle
les individus que nous nommons obsoleta n’auraient été que des exemplaires extrêmes ne
nécessitant pas de nom particulier.
Formes de T. tricarinata ayant F ombilic couvert : L’une de ces formes, correspondant
à ce qui a été décrit par Grateloup comme Cyclostoma rnultifasciata, nous a été procurée
par M. Soula en grande abondance et avec des variations marquées, de sorte que nous
avons été incités à réexaminer les formes affines en plus de la rnultifasciata.
Ces formes affines sont celles qui, chronologiquement, ont été décrites sous les noms
suivants : Cyclostoma bicarinatum Sowerby, 1843 ; Cyclostoma zonatum Petit, 1850 ; Cyclos¬
toma dyganum Mabille, 1886.
En premier lieu nous avons dû constater que dyganum ne se différencie pas de bicari¬
natum , ce qui n’avait pas été noté dans le travail de Fischer-Piette, 1949, sur les Tro-
pidophora.
494 ÉDOUARD FXSCHER-PIETTE, MICHELE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
En second lieu, nous avons trouvé dans les récoltes de M. Soula des intermédiaires
entre T. multifasciata, jusqu’ici considérée comme espèce distincte, et bicarinata qui est
une variété de tricarinata, de sorte que T. multifasciata perd son rang d’espèce pour devenir
elle aussi une variété de tricarinata.
Cette constatation nous laisse penser que Tropidophora zonata (et sa variété tubula
Reeve) est vraisemblablement destinée à subir le même sort, mais jusqu’ici les intermédiaires
ne se sont pas présentés.
Nous allons maintenant énumérer les lots de bicarinata, les lots contenant des inter¬
médiaires entre bicarinata et multifasciata et les lots de multifasciata, que nous devons à
M. Soula.
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Muller var. bicarinata Sowerby
Cyclostoma bicarinalum Sowerby, 1843 : 120, pl. 26, fig. 121.
Cyclostoma bicarinatum Sow., Pfeiffer, in Martini et Chemnitz : 139, pi. 19, fig. 1-3 ; Crosse,
1860 : 205 ; Reeve, 1862 : pl. 1, fig. la, lb.
Cyclostoma dyganum Mabille, 1886 : 133.
Tropidophora nigrotaeniata Boettger, 1890 : 94.
Tropidophora bicarinata Sow., Kobei.t, 1910 : 90.
Tropidophora. dyganum Mab., Kobelt, 1910 : 90.
Tropidophora nigrotaeniata Boet., Kobelt, 1910 : 91.
Tropidophora bicarinata Sow., Robson, 1914 : 379.
Cyclostorna bicarinatum Sow., Odhner, 1919 : 45.
Tropidophora tricarinata var. dygana Mab., Fischer-Pif.tte, 1949 : 45, pl. 3, fig. 39-41.
Tropidophora tricarinata var. bicarinata Sow., Fischer-Piette, 1949 : 46.
Tropidophora tricarinata var. dygana Mab., Fischer et Bedoucha, 1965 : 77.
Tropidophora tricarinata var. bicarinata Sow., Fischer et Bedoucha, 1965 : 77-78.
Nous mettons ici en synonymie avec la variété bicarinata la forme appelée dygana
(avec son synonyme nigrotaeniata). Fischer-Piette, en 1949, n’avait pas opéré cette mise
en synonymie, sans doute parce que les échantillons se trouvant dans les collections du
Muséum sous le nom dygana sont beaucoup plus colorés que ceux qui s'y trouvent sous
le nom bicarinata. Mais la figure de bicarinata de Sowerby étant vivement colorée, les
dygana ne peuvent pas en être séparés.
Sous l’un ou l’autre de ces noms, la variété bicarinata était connue, jusqu’à présent,
de la côte est jusqu’à Ranolalina vers le nord, ainsi que de Nossi-Bé et de Nossi-Comba.
La région d’Antalaha n’avait pas encore été mentionnée. M. Soula nous a envoyé des
exemplaires provenant des localités suivantes, du sud au nord : Marofinaritra (24 km au
sud-ouest d’Antalaha) ; Marofototra (23 km au sud-ouest) ; Maromandia (20 km au sud-
ouest) ; forêt d’Ambohipariana (18 km au sud-ouest) ; versant sud de l’Ambohifamotsy,
au nord d’Antanandana (15 km au sud-ouest) ; montagne d’Ambohifamotsy (12 km au
sud-ouest) ; Mahadera (33 km au nord-ouest) ; forêt d’Ambatolalomona (40 km au nord-
ouest) ; 2 km à l’ouest d’Ampampamena (80 km au nord-nord-ouest) ; Belambo, au nord
d’Ambodiangezoka (120 km à l’ouest-nord-ouest).
Ces récoltes comportent chacune un exemplaire sauf celle de Marofinaritra qui en
a douze. Il s’agit donc d’une variété qui est très pauvrement représentée, comparative¬
ment à la grande abondance des variétés secans et unicarinata. Mais nous allons voir qu’il
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
495
y a dans cette région, en nombre beaucoup plus élevé, des intermédiaires entre elle et la
forme multifasciata, et que cette dernière forme, elle-même, y présente une certaine abon¬
dance.
Intermédiaires entre bicarinata et multifasciata ( pi. Il, fi g. 26 à 29) : Cyclostoma
multifasciata n’est « point caréné » (Grateloup, 1840 : 50).
Nous avons toute une série d’intermédiaires avec la forme à deux carènes nettes et
bien espacées (var. bicarinata). Mais ils sont très divers, ils ne forment pas une série simple ;
d’autre part certains échantillons qui montrent, aux abords de l’ouverture, des carènes
surnuméraires ne mériteraient pas d’être qualifiés d’intermédiaires entre la forme à une
carène et la forme à deux carènes, mais pour les commodités de la publication nous ne
les en séparons pas.
Les individus dont il va être question se répartissent comme suit : certains ont l’indi¬
cation d’une carène ; d’autres ont une carène nette (mais ils ne peuvent pas être rattachés
à unicarinata du fait de leur forme élevée les rapprochant de multifasciata) ; d’autres ont
l’indication d’une deuxième carène ; d’autres ont deux carènes très voisines l’une de l’autre,
et ne sont donc pas des bicarinata vraies dont les deux carènes sont distantes.
Parmi eux, il en est dont la sculpture est beaucoup plus compliquée : en plus des côtes
périombilicales de Tropidophora multifasciata, il peut y avoir, non seulement la ou les deux
« carènes » conduisant à la forme bicarinata, mais des côtes spirales plus ou moins nombreu¬
ses qui peuvent être presque aussi fortes que celles du système périombilical, et d’autres
plus marquées (légères carènes supplémentaires), surtout sur la base, mais aussi sur le des¬
sus, et qui souvent accentuent nettement leur force et parfois leur nombre aux approches
du péristome (voir les figures).
M. Soula nous a envoyé des exemplaires des provenances suivantes : 2 km à l’est
de Marokosa (10 km au nord-est d’Antalaha) ; Mahadera (33 km au nord-ouest) ; Ambo-
dilalona (38 km au nord-ouest) ; Analanantsoa (39 km au nord-ouest) ; Ambatolalomona
(40 km au nord-ouest) ; Farahalana (50 km au nord-nord-ouest) ; 2 km d’Ampampamena
(80 km au nord-nord-ouest) ; Ampasidroatra (120 km au nord-nord-ouest) ; Amboahangibe
(120 km au nord-nord-ouest).
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Millier var. multifasciata Grateloup
Cyclostoma multifasciata Grateloup, 1840 : 167 et 436, pl. 3, fig. 3.
Cyclostoma belairi Petit de la Saussaye, 1853 : 360, pl. 11, fig. 2.
Tropidophora multifasciata Grat., Kobelt, 1910 : 91 ; Fischer-Piette, 1949 : 60 ; Fischer, Blanc
et Salvat, 1969 : 133.
Nous considérons maintenant la forme multifasciata jusqu’ici traitée en espèce, comme
une variété de tricarinata, pour les raisons exposées plus haut à propos de bicarinata.
La répartition connue pour cette forme comportait des localités du sud-ouest vers
Morondava et Tuléar, du nord-ouest, Maromandia et du nord-est, Vohémar et Sam-
bava. M. Soula nous a envoyé des exemplaires venant, du sud au nord, de : 3 km au nord-
nord-est de Marokosa (12 km au nord-ouest d’Antalaha) ; la colline de Beramboa (30 km
496
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
au nord) ; Ambodilalona (38 km au nord-ouest) ; Marojala (60 km au nord-nord-ouest) ;
Ampampamena (80 km au nord-ouest) ; Bevonotra (80 km au nord) ; Amboahanjibe (120 km
au nord-nord-est) ; Ambohimitsinjo (140 km au nord-ouest).
Tropidophora (Ligatella) tricarinata Müller var. mahaderensis n. var. Fischer et Testud
(PI. II, fig. 30 à 32)
Un seul échantillon (holotype), venant de la forêt de Mahadera, à 5 km au sud-ouest
d’Ambodilalona (33 km au nord-ouest d’Antalaha).
Hauteur 33 mm, diamètre 34 mm ; hauteur de l’ouverture 17 mm, largeur de l’ouver¬
ture 14 mm. Les tours de spire sont très gonflés, séparés par une suture très enfoncée et
qui n’est pas crénelée. Teinte beige-orange, correspondant au n° 192, qualifié « roux »,
du Code universel des Couleurs de E. Séguy. Péristome très dilaté (4 mm au côté externe
de l’ouverture), nullement réfléchi, jaunâtre sur ses deux faces sauf au côté columellaire
qui est de teinte vermillon et qui se termine en haut, d’une part par une callosité vermil¬
lon rejoignant l’angle supérieur de l’ouverture, d’autre part par un cal vermillon occupant
l’entrée de l’ombilic dont la perforation est ainsi entièrement couverte. L’intérieur de
l’ouverture, roux en profondeur, passe, aux abords du péristome, à une bande orange.
La sculpture spirale comporte sur le deuxième tour des stries très fines, très serrées, régu¬
lièrement espacées. Sur le tour suivant elles sont vingt-cinq. Sur le dernier tour, ces côtes
fines, au nombre d’une quarantaine environ, occupent la surface jusqu’à la moitié de la
base, dont la moitié, périombilicale, est occupée par des côtes plus fortes et plus écartées
au nombre de 13, en comprenant celles qui sont dans la partie visible de l’entonnoir.
Rapports et différences
La forme est celle de la variété multifasciata, mais on ne peut l’v ranger du fait de l’absence
de toute faseie ; c’est, pourquoi nous donnons à cet échantillon le nom d’une variété nouvelle.
Tropidophora (Ligatella) zonata Petit de la Saussaye
Cyclostoma zonatum Petit de la Saussaye, 1850 : 50, pl. 4, fig. 7.
Cyclostoma zonatum Petit, Reeve, 1861 : pl. 10, fig. 60 b.
Tropidophora zonata Petit, Kobelt, 1910 : 91.
Cyclostoma zonatum Petit, Odhner, 1919 : 45.
Tropidophora zonata Petit, Fischer-Piette, 1949 : 60 ; Fischer et Redoucha, 1965 : 80.
Cette espèce était précédemment connue de la moitié sud de Madagascar, depuis
l’extrême sud, jusqu’à l’Antsingy à l’ouest et Didy (ouest de Tamatave) à l’est.
Les deux exemplaires récoltés par M. Soula à Ambodilalona (38 km au nord-ouest
d’Antalaha) nous montrent que son domaine s’étend aussi dans le nord.
Ces deux échantillons ont les mêmes dimensions, 36 mm de hauteur et 34 mm de dia¬
mètre. Ils dépassent de beaucoup la taille de tous les échantillons qui se trouvaient déjà
dans les collections du Muséum.
Dans la même récolte se trouvaient 3 exemplaires de T. tricarinata Müller var. rnulti-
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
497
fasciata Grateloup, bien distincts (spire bien moins étirée). On voit donc bien, malgré la
grande parenté de zonata et multifasciata, qu’il n’est pas possible, jusqu’ici, de ramener
zonata au rang de variété de tricarinata.
Tropidophora (Ligatella) milloti Fischer-Piette
(PL II, fig. 33 à 38)
Tropidophora milloti Fischer-Piette, 1949 : 111, pl. 5, fig. 70 à 72.
M. Soula a récolté un exemplaire de cette espèce à Antsahabe à 15 km au sud d’Anta-
laha (pl. II, fig. 33 à 35), trois échantillons à Antalaha (à 4 km à l’ouest de la ville) et un
échantillon cassé (pl. II, fig. 36 à 38) sur le versant est de l’Antanimiavotra, à 280 m d’alti¬
tude, 2 km à l’ouest d’Antampolo (20 km au nord d’Antalaha).
Cette espèce n’avait été jusqu’ici mentionnée que de sept provenances, toutes situées
de l’Ankarana au Sambirano et aux îles proches de Nossi-Bé. Son aire de répartition con¬
nue se trouve donc étendue plus à l’est.
Variations
A en juger par les 23 échantillons qui sont actuellement connus, cette espèce semble
être peu variable pour ce qui est de sa forme générale. Sa taille est moins fixe. L’échan¬
tillon d’Antsahabe est le plus grand, il a 17 mm de diamètre sur 15 mm de hauteur. Notre
plus petit échantillon adulte, venant du Bas-Sambirano, mesure 12 X 11 mm.
Fischer-Piette (1949) a fait connaître que cette espèce est assez variable pour la cou¬
leur, qui peut être uniformément brune au lieu de présenter, comme chez le type, une bande
brune sous-équatoriale et des lignes blanches sur les côtes. Les récoltes de M. Soula nous
permettent d’ajouter beaucoup à cette variation, non du fait des trois individus d’Anta-
laha qui sont décolorés (sauf la bande brune, encore perceptible), mais du fait des deux
autres.
L’individu d’Antampolo (pl. II, fig. 36 à 38) présente, en plus de la large bande brune
sous-équatoriale, six autres bandes spirales brunes, dont trois sur le dessus du tour (celle
qui est le plus loin de l’équateur, et qui est assez distante de la suture, étant d’ailleurs
dédoublée) et trois sur la base. Ces bandes de coloration spirale sont croisées par un système
vertical (prallèle aux lignes de croissance), constitué de lignes ou bandes étroites qui sur
les deux premiers tiers vont de la suture à l’ombilic et qui sur le tiers le plus proche de l’ouver¬
ture n’intéressent que le dessus du tour. Elles ne sont pas régulièrement espacées. Sur les
deux premiers tiers, ce ne sont pas à prcprement parler des bandes colorées car leur teinte
est la teinte de fond ; il s’agit en fait d’interruptions concomitantes des bandes spirales.
Sur le dernier tiers, elles sont brunes.
Le type de l’espèce possède des lignes spirales localisées sur les crêtes des côtes ; ici
il n’y en a pas. Le péristome est blanc jaunâtre, sauf les bandes brunes qui vont jusqu’à
l’ouverture même.
L’individu d’Antsahabe (pl. II, fig. 33 à 35) présente, lui, des lignes blanches sur les
122, 4
498 ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
côtes spirales, mais par ailleurs son cas s’apparente au précédent du fait de l’existence
de bandes spirales brunes. Sur le dessus du tour on voit une étroite ligne brune suturale,
puis une bande brune, puis une large zone que des éléments plus ou moins diffus de bandes
brunes colorent irrégulièrement. Il y a une très nette bande brune sous-équatoriale et,
entre elle et l’ombilic, une ligne brune peu perceptible. La coloration brune spirale est
interrompue dans le sens spiral par les lignes blanches des côtes, du moins sur les deux
principales bandes ou zones brunes du dessus. Et elle est interrompue dans le sens perpen¬
diculaire par les bandes verticales que nous avons vues dans le cas précédent : une dizaine
en tout, dix claires dans les deux premiers tiers du tour et cinq brunes mal séparées dans
le dernier.
Les bandes brunes spirales s’arrêtent un peu avant le péristome, mais non les lignes
blanches spirales qui vont jusqu’au bord de l’ouverture. Le péristome est orange sur ses
deux faces, alors que celui du type était blanc. L’intérieur de l’ouverture est jaune orangé
marbré de brun foncé.
T. milloti, dans la région d’Antalaha, semble bien appartenir aux formes qui sont
d’une fréquence incroyablement plus faible que celles de quelques autres Tropidophora
telles que T. tricarinata var. secans et unicarinata dont il sera question plus loin.
Tropidophora (Ligatella) sarodranensis Fischer, Blanc et Salvat
Tropidophora ( Ligatella ) sarodranensis Fischer, Blanc et Salvat, 1969 : 140, pl. II, fig. 41 à 43.
Nous rapportons à cette espèce, bien qu’il soit décoloré et que sa suture soit un peu
plus profonde, un échantillon que M. Soula a récolté à Belambo, au nord d’Ambodiange-
zoka (120 km à l’ouest-nord-ouest d’Antalaha).
C’est le troisième échantillon connu, les deux premiers avaient été récoltés par
M me Blanc à Saint-Augustin, donc dans le sud-ouest de l’île.
L’espèce est donc bien loin d’être localisée, comme on aurait pu le croire, mais il est
vraisemblable qu’elle pourra être considérée comme sporadique car, dans toute l’île et
encore plus nettement dans la région d’Antalaha où les récoltes sont très abondantes,
il est bien remarquable qu’elle se soit si peu présentée aux collecteurs.
Tropidophora (Ligatella) vignali Fischer-Piette
Tropidophora vignali Fischer-Piette, 1949 : 121, pl. VI, fig. 88 à 90.
Tropidophora vignali F.-P., Fischer et Bedoucha, 1965 : 84.
Tropidophora vignali F.-P., Fischer, Blanc et Salvat, 1969 : 140.
M. Soula a récolté un échantillon de cette espèce au nord-nord-est de Marokosa.
L’espèce était connue jusqu’ici de l’Antsingy, de l’Ambongo, de Salapango et de la mon¬
tagne d’Ambre, c’est-à-dire de l’ouest et du nord.
Cet exemplaire mesure 15 mm de haut et 14 mm de large, il dépasse la taille maxima
des autres qui est de 12 X 10 mm.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
499
Tropidophora (Ligatella) andrakarakarensis n. sp.
(PL III, fïg. 39 à 41)
Fischer et Testud
Espèce [ondée sur un échantillon unique, récolté par M.
karaka, à 3 km au sud-ouest d’Antalaha.
Soula dans la forêt d’Andra-
Description
Hauteur, 12 mm ; diamètre maximum, 10 mm ; hauteur de l’ouverture, 5 mm ; largeur
de l’ouverture, 5 mm ; nombre de tours, 5. Ces tours, qui présentent de fines stries de crois¬
sance sont complètement dépourvus de sculpture spirale, depuis les premiers jusqu’au
dernier, même dans le puits ombilical. Ils sont renflés, séparés par une suture non crénelée.
L’ouverture comporte un bref évasement péristomial, qui, au côté externe (bord de droite),
se redresse à environ 60° par rapport à la surface du tour et, au côté interne (bord de gauche),
se reploie bien davantage tout en étant encore plus bref.
L’ombilic, perforé, est une fente étroite (moins d’un demi-millimètre), en partie recou¬
verte par le repliement du bord péristomial.
Le premier tour est brun-noir, le deuxième un peu plus clair ; sur le troisième tour
la teinte de fond est brun clair, et il y apparaît deux lignes spirales foncées ; l’une, contre
la suture supérieure, est large d’un tiers de millimètre et de teinte brun-noir ; l’autre, située
à mi-distance entre les deux sutures, est une fine ligne brun-chocolat. Les deux derniers
tours ont tous deux une teinte de fond très claire, gris verdâtre un peu jaunâtre. Les deux
lignes spirales se continuent sur le 4 e , celle du haut passant au brun chocolat, et de plus
il apparaît dans le dernier tiers de ce tour une ligne brun chocolat bordant la suture infé¬
rieure. Sur le dernier tour, celle-ci, dont on ne voyait que la bordure supérieure, se dégage
en une bande sous-équatoriale, large de 0,5 mm (au début) à 1 mm (à la fin), la plus large
du système de coloration qui comprend, en plus des deux lignes situées plus haut, deux
nouvelles lignes brun chocolat situées sur la base autour de l’entonnoir ombilical. L’intérieur
de l’ouverture est blanc jaunâtre ; de l’intérieur se voient, atténuées, par transparence,
toutes les bandes de coloration.
Rapports et différences
La forme générale est la même que chez T. vexillum Sow. et T. consocia Pf., mais ces
deux espèces ont une sculpture spirale et un ombilic circulaire (en plus des différences des
systèmes de coloration), et T. vexillum a, de plus, une suture crénelée.
L’absence de sculpture spirale s’observe aussi chez T. salvati F. et B., espèce toutefois
bien différente par son allongement, son ombilic circulaire, etc. Deux autres espèces sont,
non pas dépourvues de sculpture spirale, mais peu sculptées : T. tomlini F.-P. et T. ambi-
lobeensis F. B. S. qui ne sont sculptées que sur le 3 e tour, mais dont le sommet est moins
effilé, l’ombilic circulaire, et les ornementations différentes.
500 ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
L’ombilic en fente se rencontre chez T. virgata Sow., mais c’est une espèce beaucoup
plus élancée, à sculpture spirale, et qui a une ligne brune de plus. Il se rencontre aussi chez
T. alluaudi Dautz., sans que mention en ait été faite par le descripteur, mais nous consta¬
tons ce caractère chez le type que nous avons dans la collection des types du Journal de
Conchyliologie, et chez les 8 échantillons (d’origine diverses) que nous avons par ailleurs ;
mais cette espèce a une sculpture spirale (très peu marquée d’ailleurs), une forme plus
élancée, un péristome plus rudimentaire et une ornementation bien différente.
Nous venons d’exprimer des rapports et différences, caractère par caractère. Mais
il nous faut dire qu’en recevant cet échantillon, il nous avait fait penser à T. goudotiana
Sow. ; or cette espèce est moins élancée, elle est spiralement sculptée, sa suture est crénelée,
son ombilic est circulaire, son péristome est plus développé, et elle n’a que deux bandes
colorées.
Faisons aussi une comparaison avec T. ligatula Grat., puisque cette espèce est la plus
abondante des petites Tropidophora de la région d’Antalaha. T. ligatula est plus haute
par rapport à sa largeur, de profil plus rectiligne ; elle est spiralement sculptée, sa suture
est légèrement crénelée, l’ombilic est circulaire, le péristome est moins marqué et, bien que
son ornementation colorée soit variable, nous n’avons pas trouvé d’échantillon qui ait
exactement celle de notre nouvelle espèce.
Tropidophora (Ligatella) goudotiana Sowerby
(PL III, fig. 42 et 43)
Cyclostoma goudotianum Sowerby, 1843 : 130, pl. 29, fig. 193.
Cyclostoma goudotianum Sow., Petit de la Saussaye, 1850 : 42 ; Reeve, 1861 : pl. 8, fig. 42 a.
Tropidophora goudotiana, Kobelt, 1910 : 91.
Tropidophora goudotiana Sow., Fisciier-Piette, 1941 : 125.
Cette espèce était connue de trois localités, toutes trois dans le nord-est autour de
la baie d’Antongil : Beanana, Ambohivoangy et Ambohitsitondrona.
M. Soûla en a récolté deux exemplaires. L’un a 16 mm de hauteur sur 14 mm de dia¬
mètre et provient de la forêt à 3 km au sud d’Ambodirafia (49 km au sud d’Antalaha),
l’autre a 15 X 13 mm et vient d’Ambodilalona (38 km au nord-ouest d’Antalaha).
Du point le plus au sud, Beanana, au point le plus au nord, Ambodilalona, la distance
est de 140 km. Dans l’état actuel de nos connaissances, cette espèce apparaît donc comme
très étroitement localisée dans le nord-est de l’île, encore plus étroitement que Tropido¬
phora ligatula (voir plus loin) qui va des environs du cap Est à Vohémar. Or nous verrons
que T. ligatula est d’une extrême abondance dans les récoltes de M. Soula (Antalaha,
etc.), tandis que T. goudotiana, dans la même région, n’a fourni que deux individus. Ce
contraste est très frappant, d’autant plus qu’il s’agit de deux petites formes très affi¬
nes.
L’échantillon d’Ambodilalona est tout à fait analogue en ce qui concerne son orne¬
mentation colorée au type figuré par Sowerby ; l’échantillon d’Ambodirafia (pl. III,
fig. 42 et 43) s’écarte de ceux qui étaient jusqu’ici connus et qui présentaient sur le dessus
du tour une à trois bandes spirales ; il en a six dont une qui borde la suture. Sur la base
il y en a trois en dessous de la bande principale sous-périphérique.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
501
Tropidophora (Ligatella) ligatula Grateloup
(PI. III, fig. 44)
Cyclostoma ligatula Grateloup, 1840 : 445, pl. 3, ûg. 20.
Tropidophora ligatula Grat., Kobelt, 1910 : 91 ; Fischer-Piette, 1949 : 128.
Nous ne connaissions jusqu’ici cette espèce que par le type et un paratype que nous
avons examiné au British Muséum, et 5 échantillons du Muséum national d’Histoire natu¬
relle de Paris dont un lot de 3 échantillons avait fourni la seule provenance connue : Vohé-
mar.
M. Soula nous en a procuré un nombre considérable, environ 1 300, venant de 25
provenances qui toutes sont donc nouvelles et situées plus au sud que Vohémar.
Liste des stations du nord au sud : Ambodilalona (38 km au nord-ouest d’Antalaha) ;
Ambodirano (30 km au nord-ouest) ; Malotrandro (25 km au nord-ouest) ; Andoharindra,
entre Ambohitsina et Virembina (22 km au nord-ouest) ; Virembina (20 km au nord-ouest) ;
Antalaha, près de la plage de la Balise ; Antsahamenona (2 km à l’ouest) ; Anteviala ( 4 km
à l’ouest) ; Andoharindra (25 km à l’ouest) ; Bevapaza (6 km au sud) ; Marofelana (8 km
au sud) ; Androfary (10 km au sud) ; Antsandravana (13 km à l’ouest-sud-ouest) ; Antsa-
habe (15 km au sud) ; versant sud de l’Ambohifamotsy (15 km au sud-ouest) ; Namoahana
(17 km au sud) ; colline de Besakay (18 km au sud) ; Andongozabe (20 km à l’ouest-sud-
ouest) ; Antanetilava (25 km à l’ouest-sud-ouest) ; forêt d’Ambohipariana (20 km au sud-
ouest) ; Antakotako (30 km au sud-ouest).
Ce matériel doit nous servir à compléter nos connaissances sur la variabilité de l’espèce ;
le fait le plus essentiel est que justement cette variabilité est faible, tout particulièrement
au point de vue de sa forme générale. Pour ce qui est de la taille, le plus grand de nos échan¬
tillons a 15 mm (la plus grande dimension antérieurement connue était 14 mm). Nous le
représentons pl. III, fig. 44.
Le nombre de bandes spirales colorées, qui est de 6 chez le type, varie de 10 (peut-être
davantage, nous n’avons pas examiné tous les individus) à une seule, qui est alors la bande
qui prolonge la suture, et cette dernière est quelquefois peu marquée. La teinte de fond
peut être uniformément blanche, jaunâtre ou jaune clair ; cela, pour le dessus du tour.
Mais la base peut être brune.
Cette espèce est donc peu variable. Il n’est pas inutile de souligner ce qui suit.
La faune malacologique de la région d’Antalaha, qui est nettement dominée par les
Tropidophora comme l’est toute l’île (sauf le centre où on n’en trouve guère), doit cette domi¬
nance essentiellement à deux espèces, T. tricarinata et T. ligatula. Or le contraste est extrê¬
mement marqué entre la grande variabilité de la première (encore que beaucoup de ses
variétés manquent dans cette région) et la faible variabilité de la seconde. Par ailleurs,
il y a aussi un grand contraste entre la large dispersion de la première dans l’île, et l’étroite
localisation de la seconde, de Vohémar au sud d’Antalaha. Peut-être la vaste dispersion
de tricarinata a-t-elle été favorisée par sa plasticité qui a fait que certaines de ses formes
au moins ont prospéré dans telle ou telle partie de l’île, tandis que l’invariabilité de T.
ligatula peut avoir eu pour conséquence une impossibilité de s’étendre hors de son secteur
originel.
502
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Cela impliquerait en même temps qu’elle est sensible aux différences climatiques même
bien faibles (nous les percevons mal) de cette région avec les régions voisines, et dans ce
cas le fait que les conditions lui conviennent ici pleinement contribuerait à expliquer qu’elle
y est infiniment plus abondante que des espèces analogues telles que : T. milloti, T. saro-
dranensis, T. andrakarakarensis, T. goudotiana et T. andrapangana.
Tropidophora (Ligatella) andrapangana Fischer, Blanc et Salvat
Tropidophora andrapangana Fischer, Blanc et Salvat, 1909 : 143, pl. II, fig. 50 à 53.
Cette espèce n’était connue que par deux échantillons provenant d’Andrapangy (25 km
au nord d’Antalaha).
M. Soula nous a procuré deux échantillons récoltés sur le versant sud de l’Ambani-
taza (25 km au nord-ouest d’Antalaha) et deux autres (dont un cassé) pris à 3 km au nord-
est de Marokosa (10 km au nord-ouest).
Des six échantillons ainsi connus il n’y en a que trois qui aient formé leur péristome.
Le plus petit d’entre eux est le type, avec 14,3 mm, les plus grands sont ceux de Marokosa
avec 17 et 15,5 mm.
La forme est la même chez les six exemplaires. Tous sont très minces (très fragiles)
et dépourvus de toute sculpture spirale. Tous ont à peu près la même teinte de fond jaune.
Le nombre et la disposition des bandes, qui chez les exemplaires de M. Soula sont toutes
brun-noir comme chez le type, montrent une certaine variation. Le grand échantillon de
Marokosa en a six en tout : la fine bande suturale (qui existe chez tous les exemplaires),
une fine bande supra-équatoriale, la large bande sous-périphérique, et, sur la hase, trois
fines bandes régulièrement espacées.
Un des deux individus d’Ambanitaza est celui qui a le moins de bandes spirales : trois
en tout, la suturale, une très fine suprapériphérique et la large sous-équatoriale.
Les autres exemplaires de M. Soula rentrent dans l’un des cas décrits.
Omphalotropis madagascariensis Germain
Omphalolropis madagascariensis Germain, 1921 : 50, pl. IV, fig. 5 à 8, 13 et 14.
Omphalotropis madagascariensis Germ., Fischer et Bedoucha, 1965 : 89.
Les récoltes de M. Soula sont relatives aux provenances suivantes, du nord au sud :
Virembina, à l’ouest d’Ambodihintsina (25 km au nord-ouest d’Antalaha) ; Malotrandro,
8 km à l’est d’Antsahanoro (25 km au nord-ouest) ; Anteviala (4 km au sud-ouest) ; Namo-
hana (17 km au sud-ouest), nombreux individus ; Antanetilava, près d’Andongozabe (20 km
à l’ouest-sud-ouest) ; Andoharindra (25 km à l’ouest) ; Androfary, 10 km environ au sud-
sud-ouest de Maromandia (30 km au sud-ouest), nombreux individus.
Dans le travail de 1965 trois catégories morphologiques avaient été distinguées. Les
individus quaternaires d’Andrahomana (dans le sud de l’île), sur lesquels l’espèce avait
été décrite par Germain, sont légèrement carénés, dépourvus d’ombilic et relativement
étroits. Les individus actuels récoltés par M. Decary, dans le sud également, à Fort Dau-
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
503
phin, ont un ombilic bien net, aucune trace de carène, et les tours plus renflés. Les spé¬
cimens de Goudot, venant de la forêt orientale, sont dépourvus de carène comme ceux
de Fort-Dauphin et pour les deux autres caractères ils sont dans un état intermédiaire
entre ceux des deux autres lots.
Les individus que nous devons à M. Soula appartiennent à la même catégorie que
ceux de Fort-Dauphin ; ils sont seulement légèrement plus petits, la taille de 5 mm étant
un maximum, alors que les autres ont 5 à 7 mm.
PULMONÉS
Kaliella soulaiana n. sp. Fischer-Piette
Espèce fondée sur un échantillon récolté par M. Soula au cap Est, au sud du phare.
Coquille conique ayant 5,5 mm de diamètre et 6 mm de hauteur, faite de 6 tours de
spire légèrement bombés, le dernier très franchement caréné : la carène n’est pas seulement
un angle, elle constitue un filet saillant. Ce dernier tour, dans son dernier tiers, décroche
sa suture de la carène du tour précédent et se termine nettement en retrait. Malgré cela
l’ouverture est nettement plus large que haute : 3 mm sur 2. Le bord de cette ouverture
est très oblique. La fine sculpture de croissance est donc elle-même très oblique. Pas d’ombi¬
lic. Le test, luisant, de couleur paille, est très mince et translucide sur la base, mais nette¬
ment moins translucide sur la spire.
Fig. 2. — Kaliella soulaiana n. sp. Fischer-Piette, holotype.
Un autre échantillon, cassé, a été récolté dans la forêt d’Andrakaraka, à 5 km au sud-
ouest d’Antalaha.
Cette espèce est voisine de Kaliella ahitsitondrona F. Salvat (Fischer, Bedouciia
et Salvat, 1966 : 4, fig. 3) par sa forme très conique et ses dimensions. Elle s’en distingue
par sa moindre élévation par rapport au diamètre, son sommet plus arrondi, sa carène
plus individualisée, le décrochement du dernier tour, les stries de croissance bien plus obli¬
ques (nous avons examiné les deux types côte à côte) et le fait que la spire est plus opaque
que la base, alors que chez K. ahitsitondrona la transparence est uniforme et égale à celle
de la base de K. soulaiana.
504
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Kalidos oleatus Ancey
(PI. III, fig. 45 et 46)
Hemiplecta uleata Ancey, 1902 : 65.
Hemiplecta oleata Ane., Robson, 1914 : 382.
Methvenia oleata Ane., Robson, 1914 : 386, fig. 1 à 3.
Kalidos oleatus Ane., Fischer, Redoucha et Salvat, 1966 : 27, pl. 3, fig. 15 à 17.
Cette espèce, décrite d’une provenance (Antsianaka Country) que nous n’avons pu
localiser, a été retrouvée, jusqu’ici, en quatre autres points (voir la carte de 1966) dont
deux sur le Tsaratanana et les deux autres beaucoup plus au sud, sur la côte ouest. En
tout, onze exemplaires étaient connus (y compris le type et l’individu disséqué par Rob¬
son).
M. Soula nous en a procuré d’autres très nombreux, plus de 120. La région d’Anta-
laba comble quelque peu la lacune entre le Tsaratanana et les autres localités.
Les nouveaux points de récolte sont les suivants, du nord au sud : forêt d’Ambato-
lalomona (40 km au nord-ouest d’Antalaha) ; Ambodimanga (39 km au nord) ; Ambodi-
lalona (38 km au nord-ouest) ; forêt de Mahadera (33 km au nord-ouest) ; Analalava (25 km
au nord-nord-ouest) ; Virembina (15 km au nord-ouest) ; Ambohifamotsy (10 km à l’ouest) ;
Andrakaraka (5 km au sud-ouest) ; Antsandravava (13 km à l’ouest-sud-ouest) ; Maro-
lambo (10 km au sud) ; Antahabe (15 km au sud) ; Marofinaritra (15 km au sud-ouest) ;
Ambatomanono (20 km au sud-ouest) ; Ambohipariana (20 km au sud-ouest) ; Marofototra
(25 km au sud) ; Antsambalahy (33 km au sud-ouest) ; Mahadera (33 km au sud-ouest) ;
Ambohitralanana (37 km au sud-ouest) ; Ambinanifaho (45 km au sud) ; Ambodirafia
(50 km au sud).
Un très grand nombre des échantillons sont d’une taille supérieure à la taille maxima
précédemment connue, 34 mm. Trois d’entre eux ont 42 mm, et un, d’Antsambalahy,
44 mm.
Les grandes tailles observées dans les récoltes de M. Soula par rapport à celles qui
étaient connues, ne résultent pas d’une sorte de gigantisme, car les grands individus ont
6 tours alors qu’il n’y en a que 5 chez ceux de 34 mm dont nous avons parlé.
Variations
La variation de sculpture a déjà été étudiée en 1966. Nous signalerons ici la variabi¬
lité des proportions de la hauteur par rapport au diamètre et aussi celle, plus ou moins
liée à la précédente, du contour caréné ou arrondi.
Le plus aplati de nos échantillons, venant de la région du cap Est, a 32 mm de dia¬
mètre sur 16 mm de hauteur (le rapport est de 2) ; il a une carène franchement individua¬
lisée, s’élevant brièvement mais à angle si aigu qu’on peut la considérer comme tranchante.
Parmi les échantillons ayant un diamètre analogue, celui qui est le plus élevé, venant d’Ant-
sambalahy, a 31 X 20 mm (rapport 1,5) ; il a un angle carénai, mais nullement individua¬
lisé. Un échantillon d’Ambohitralanana a 41 X 28 mm (rapport 1,5) ; il n’est nullement
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
505
caréné (pl. III, fig. 45). Un autre échantillon (cap Est) ayant 41 mm de diamètre et 22 mm
de hauteur, donc très aplati (rapport 1,9), a une carène bien individualisée mais non tran¬
chante (pl. III, fig. 46). Il existe tous les intermédiaires pour ces variations de l’élévation
et de la carène. Tous nos individus jeunes sont carénés ; il n’y en a pas qui d’emblée aient
un profil arrondi.
Kalidos capuroni Fischer, Blanc et Salvat
(Pl. III, fig. 47 à 50)
Kalidos capuroni Fischer, Blanc et Salvat, sous presse.
Espèce décrite sur trois échantillons du cap Est.
M. Soula en a récolté 4 exemplaires à 2 km à l’ouest de Mahatsara (13 km au sud d’Anta-
laha) ; 3 exemplaires à Mahatsara ; 2 exemplaires à Anteviala (4 km à l’ouest) ; 3 exemplai¬
res au nord-ouest d’Ampahana (25 km au nord-nord-ouest) ; 1 exemplaire à Ampohafana
(30 km au nord-ouest) ; 1 exemplaire au nord d’Ambinanifaho (50 km au nord) ; 1 exem¬
plaire à 7 km au nord-est d’Andapa (110 km au nord-ouest).
Les tailles varient de 20 à 31 mm de diamètre ; les récoltes de M. Soula nous mettent
donc en mesure de compléter très largement la connaissance de cette espèce.
Le type, de 20 mm, a 5 tours. Nos nouveaux échantillons en ont 5 1/2 et même, pour
l’un d’eux, 6. Ceux qui ont la même taille que le type, avec 5 1/2 tours alors que le type
en a 5, montrent qu’il y a une variabilité indépendante de la taille. Elle est très marquée,
car notre échantillon de 31 mm a 5 1/2 tours tout comme ceux de 20 mm ; c’est donc un géant
et non pas un individu plus âgé. Et notre échantillon de 6 tours a 22 mm, alors que d’autres-
de cette taille de 22 mm n’ont que 5 1/2 tours. On voit qu’à ce point de vue le cas de AL
capuroni est très différent de celui de K. oleatus.
Les proportions diamètre/hauteur sont très variables.
Diamètre Hauteur Rapport diamètre/hauteur
type 20 mm
11 mm
1,8
20
14
1,4
20
14
1,4
21
13
1,6
22
14
1,6
22
14
1,6
23
13
1,8
23
14
1,6
23
15
1,5
25
14
1,8
25
15
1,7
26
15
1.7
26
16
1,6
31
22
1,4
506
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHELE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Kalidos propeanobrachis Fischer, Bedoucha et Salvat
Kalidos propeanobrachis Fischer, Bedoucha et Salvat, 1966 : 30.
Cette espèce n’était connue que par deux exemplaires de même provenance, le massif
du Manongarino (Sambirano).
Nous avons reçu de M. Soula un spécimen moins âgé, ayant 22 mm de diamètre sur
12 mm de hauteur. Il provient de Maheva, à 500 m au sud de Farahalana.
Macrochlamys stumpfii Boettger
(PL III, fig. 51)
Macrochlamys stumpfii Boettger, 1889 : 43 ; Ciïossf. et Fischer, in Grandidier. 1889 : pl. 19, fig. 5,
5 a, 5 b.
Macrochlamys suarezensis Dautzenberg, 1894 : 94, pl. 3, fig. 3.
Macrochlamys granosculpta Ancey, 1902 : 67.
Macrochlamys stumpfi Boettg., Haas, 1929 : 406, pl. 2, fig. 10.
Macrochlamys stumpfii Boettg., Fischer, Bedoucha et Salvat, 1966 : 6, carte n° 5.
Cette espèce est connue du nord de l’île en d’assez nombreuses stations. Dans la région
d’Antalaha, une seule provenance était connue : Ambohivoangy.
M. Soula l’a trouvée en divers points, avec un nombre d’individus qui montre que
cette espèce est abondante dans cette région. Du nord au sud : versant sud de l’Ambani-
taza (25 km au nord-ouest d’Antalaha) ; Ankavanana (10 km au nord-ouest) ; Virembina
(25 km à l’ouest) ; Andrakaraka (5 km au sud-ouest) ; Ambodileakaso (7 km au sud) ; Maro-
felana (7 km au sud) ; Ambodivoahangibe (12 km au sud) ; Marolambo (10 km au sud) ;
Marofinaritra (15 km au sud-ouest) ; Ambatofotsy (20 km au sud-ouest) ; Amparihy (20 km
au sud-sud-ouest) ; Ambohitralanana (45 km au sud-ouest).
Le plus grand des individus, venant de la forêt d’Andrakaraka, a 22 mm, la taille maxima
dans les collections du Muséum étant de 23 mm.
Un échantillon, de Virembina, est d’une élévation très remarquable : 14 mm pour
18 mm de diamètre. Nous le figurons pl. III, fig. 51. Il faut dire que beaucoup d’autres
exemplaires sont, comme lui, plus élevés que ceux qui étaient connus auparavant ; la région
d’Antalaha serait donc propice à cette modification de forme.
Sitala soulaiana n. sp. Fischer et Testud
(Pl. III, fig. 52 à 54)
Description
Holotype provenant d’Ansahantangata (au sud-ouest d’Antanandara). Diamètre,
3,5 mm ; hauteur, 2,5 mm. Profil à peu près conique, les tours étant à peine renflés, mais
avec le sommet non pointu. 6 tours, à enroulement serré. Une carène, se dégageant de la
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
507
suture au début du dernier tour, suit l’équateur de celui-ci. Cette carène n’est pas seule¬
ment un angle dans le contour du tour, elle est un peu dégagée par rapport à ce contour,
elle est assez aiguë. Il n’y a pas d’autres côtes spirales ; striation de croissance fine et ser¬
rée, très peu élevée. La base étant très peu renflée, l’ouverture est beaucoup plus longue
que haute. Ombilic punctiforme au fond d’un entonnoir peu évasé. La coquille est d’un
blanc assez pur, non luisant.
Paratypes. L’holotype fait partie d’une récolte d’environ vingt échantillons ; une
dizaine d’autres spécimens viennent d’Amboafotsy et huit d’Ainbodirano.
Rapports et différences
Sitalci monomena Benson (Conch. Ind., pt. 2, 9 , fig. 6), de Ceylan, a une forme ana¬
logue mais ses tours sont étagés par une sorte de carène qui se voit sur tous les exemplaires
et mesure 5 mm au lieu de 3,5 mm. Sitalci emüiana Pfeiffer (Conch. Cab., éd. 2, 158 , fig. 33),
de Ceylan, a des côtes spirales, est plus aplatie et mesure 16 mm.
Sitala falcata Blanford (J. Asiat. Soc. Bengal, 54 , fig. 10), de l’Inde, a une forme géné¬
rale analogue à celle de notre espèce, mais elle a une forte costulation oblique, elle est moins
carénée ; elle mesure 13 mm.
Sitala confinis Blanford
(PI. III, fig. 55)
Nanina confinis Blanford, 1865 : 71.
Sitala confinis Blf., Godvvin-Austen, 1882 : 32, pl. X, fig. 2 ; Tryon, 1886 : 53, pl. 24, fig. 9.
Sitala confinis a été décrite de l’Inde aux confins de la Birmanie.
Nous rapportons à cette espèce un échantillon de 7 mm de haut sur 7,5 mm de dia¬
mètre, récolté à Virembina (2 km à l’ouest d’Amhodihitsina).
Subulina octona Chemnitz
Cette espèce est largement répandue dans toutes les régions chaudes et humides du
globe. En ce qui concerne Madagascar, on trouvera la liste des citations qui y avaient été
faites, ainsi qu’une carte des localités connues dans notre travail de 1964 (Bull. Mus. Hist.
nat., Paris, 2 e sér., 36 : 380, fig. 2 à 4).
Aucune de ces localités ne concerne la région où M. Soula a effectué ses recherches.
Les provenances les plus proches sont le mont Tsaratanana et Ambohivoangy.
Les points de récolte de M. Soula sont les suivants, du nord au sud : Malotrandro,
8 km à l’est de Sarahandrano (25 km au nord-ouest d’Antalaha) ; Virembina (20 km au
nord-ouest) ; plage de la Balise, près d’Antalaha ; Anteviala (4 km au sud-ouest) ; Mahat-
sara (12 km au sud) ; colline de Besakay (18 km au sud) ; Ambodirano (20 km au sud-
ouest) ; Androfary (30 km au sud-ouest).
Dans tous ces lots, le nombre d’individus est faible ou très réduit.
508
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Opeas gracile Hutton
Cette espèce a une très large répartition dans le inonde. Les provenances malgaches
déjà connues sont indiquées dans notre travail de 1964, page 382 et carte n° 1 (dans le cen¬
tre et le nord-ouest de l’île) ; il faut donc y ajouter le nord-est. M. Soula a récolté 4 échan¬
tillons à Mahatsara, à 13 km au sud d’Antalaha.
Opeas clavulinum Potiez et Michaud
Bulimus clavulinum Potiez et Michaud, 1838 : 136, pl. 14, fig. 9 et 10.
Bulimus clavulinum Pot. et Mich., Reeve, 1849 : pl. 80, fig. 595 ; Morelet, 1860 : 68.
Opeas clavulinum Pot. et Mich., Pilsbry, in Tryon, 1906 : 138, pl. 21, fig. 3 à 5 et pl. 23, fig. 17,
21 et 22 : Germain, 1921 : 197 ; Fischer et Testud, 1964 : 382 et carte n° 1.
Espèce connue de Madagascar, des Comores, de la Réunion, de l’île Maurice, des
Seychelles, du Japon et des îles Hawaii.
A Madagascar, les provenances antérieurement connues sont dans le centre-est et
le nord-ouest.
Les récoltes de M. Soula permettent d’ajouter le nord-est, avec d’assez nombreuses
localités, du nord au sud : Ambodirano (30 km au nord-ouest d’Antalaha) ; Malotrandro
(25 km au nord-ouest) ; Virembina (20 km au nord-ouest) ; Antsahamanemona (2 km
à l’ouest) ; Anteviala (4 km au sud-ouest) ; forêt de Bevapaza (6 km au sud) ; Namahana
(17 km au sud-ouest) ; colline de Besakay (18 km au sud) ; Andoharindra (25 km au sud-
ouest) ; Androfary (35 km au sud-sud-ouest).
D’après le nombre des échantillons des divers lots, Opeas clavulinum est l’un des Mol¬
lusques terrestres les plus abondants de la région d’Antalaha.
Opeas soulaianus n. sp. Fischer et Testud
(Pl. IV, fig. 56)
Description
Holotype provenant d’Ambodirano, à 5 km environ au nord de Malotrandro, canton
d’Antsahanoro.
Longueur, 10 mm ; largeur, 3 mm. 9 tours très légèrement bombés, à enroulement
régulier, le dernier tour ne débordant pas le précédent. Le premier par son étroitesse (0,5 mm
de diamètre) détermine un sommet très pointu. Les deux premiers tours sont lisses et sépa¬
rés par une suture simple. Les autres tours présentent de fines et nombreuses stries de
croissance, ni obliques ni flexueuses jusque sur le dernier où elles deviennent visibles à l’œil
nu. La suture reste simple sur les sept premiers tours, puis elle devient canaliculée. La
largeur du canal est, aux abords de l’ouverture, d’un cinquième de millimètre environ, le fond
du canal semble plat, les extrémités des stries de croissance s’arrêtent net aux abords du
canal sans déterminer aucune crénulation ni même affecter la rectitude de ces bords.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
509
L’ouverture a 2 mm de haut sur 1,5 mm de large, elle est très anguleuse en haut. La
courbure de son côté externe est régulière. Le bord columellaire est presque rectiligne,
très légèrement convexe, brièvement tronqué en oblique à sa base. Cette columelle réflé¬
chit très légèrement sa bordure.
La coquille est uniformément blanche.
Variations
Nous avons plus de 100 échantillons. Leur taille est peu variable. La variation porte
essentiellement sur les deux points suivants : l’axe d’enroulement peut marquer un léger
changement de direction après les premiers tours. Nous figurons celui de nos échantillons
où cet angle est le plus prononcé, tout en étant encore peu marqué. Sur la grande majorité
il est inexistant. Le niveau auquel la suture devient canaliculée peut varier ; souvent ce
n’est que plus près de l’ouverture, et chez quelques échantillons la suture est simple jusqu’au
bout.
Dans la localité type, de nombreux échantillons ont été récoltés.
Autres provenances, du sud au nord : Androfary ; colline de Besakay ; Andongozabe ;
Antanetilava ; Anteviala ; Andoharindra ; Virembina ; Malotrandro.
Rapports et différences
Cette forme n’est peut-être pas distincte de Stenogyra simplex Morelet, de Mayotte,
que nous ne connaissons que par sa description (1882, J. Conchyl., 30 : 188-189, pl. X,
fig. 11). Si nous avons cru préférable de lui donner, au moins à titre provisoire, une appel¬
lation distincte, c’est parce que le seul qualificatif qui nous soit donné pour la suture, « sub-
marginata », nous semble évoquer un aspect différent de celui que nous avons sous les
yeux.
Achatina sp.
Dans de nombreuses récoltes de M. Soula se trouvaient des Achatina trop jeunes
pour pouvoir être déterminées.
Ampelita gaudens Mabille
Hélix gaudens Mabille, 1884 : 139.
Hélix ( Ampelita ) lanciformis Boettger, 1889 : 47.
Hélix lanx Crosse et Fischer, in Grandidier, 1889 : pl. 11, fig. 4.
Hélix ( Ampelita ) lanciformis Boett., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 39 et 303.
Hélix ( Ampelita ) gaudens Mab., Pilsbry, 1890 : 54.
Ampelita lanciformis Boett., Pilsbry, 1894 : 157.
Ampelita gaudens Mab., Pilsbry, 1894 : 157 ; Kobelt, 1909 : 89 ; Fischer-Piette, 1952 : 25,
pl. II, fig. 24 à 2(3 et pl. IV, fig. 57.
Cette espèce n’était connue que de Nossi-Bé et du mont Tsaratanana dans le nord
et de Tuléar dans le sud-ouest. Elle est assez abondante dans la région d’Antalaha.
510
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
M. Soula en a récolté dans les localités suivantes, du nord au sud : Ambodiangezoka (120 km
à l’ouest-nord-ouest d’Antalaha) ; Amboahangibe (120 km au nord-nord-ouest) ; piste
entre Andapa et Doany (110 km au nord-ouest) ; Doany (100 km au nord-ouest) ; Bevo-
notra (80 km au nord) ; Ampampamena (80 km au nord-nord-ouest) ; Marojala (60 km
au nord-nord-ouest) ; Ambohipariana, au nord d’Ambatofotsy (15 km au sud-ouest).
Ampelita xystera (Valenciennes in Pfeiffer)
Hélix xystera Val., Mus. Paris, in Pfeiffer, 1841 : 41.
Hélix xystera Val., in Pfeiffer, 1846 : 343, pl. 61, fig. 4 à 6.
Hélix xystera, Deshayes, in Férussac, 1851 : 401, pl. 62 A, fig. 5 à 7.
Hélix xystera (Val.) Pfr., Reeve, 1851 : pl. 91, fig. 185.
Hélix novacula Martens, 1879 : 181, pl. 152, fig. 4 à 6.
Hélix xystera, Crosse et Fischer, in Grandidier, 1889 : pl. 10, fig. 2.
Hélix xystera var. (3, Crosse et Fischer, in Grandidier, 1889 : pl. 10, fig. 3.
Hélix novacula, Crosse et Fischer, in Grandidier, 1889 : pl. 13, fig. 3.
Ampelita sikorae Ancey, 1890 : 344.
Hélix ( Ampelita) novacula Mart., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 33 et 302, pl. 6, fig. 75 à 77.
Hélix ( Ampelita) xystera Val., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 33, pl. 11, fig. 36 à 38.
Ampelita novacula Mart., Pilsbry, in Tryon, 1894 : 357.
Ampelita xystera Val., Pilsbry, in Tryon, 1894 : 155 et 157, pl. 51 A, fig. 4 et 5.
Ampelita ( Ampelita ) novacula Mart., Kobelt, 1895 : 733, pl. 206, fig. 7, 8.
Ampelita novacula Mart., Kobelt, 1910 : 89.
Ampelita sikorae Ancey, Kobelt, 1910 : 89.
Ampelita xystera, Sow., in Kobelt, 1910 : 89.
Ampelita xystera Pfr., Robson, 1914 : 385 ; Fischer-Piette, 1952 : 31, fig. 2 ; Fischer et Gar¬
reau, 1965 : 148.
Cette espèce était connue depuis le sud de l’île jusqu’à Périnet et Tananarive et aussi
dans l’Ambongo, mais elle n’avait pas encore été signalée du nord-est ; or elle y est assez
abondante d’après les récoltes de M. Soula. Les localités sont les suivantes, du nord au sud :
Antanimiavotra, altitude 278 m, 2 km à l’ouest d’Antampolo (23 km au nord) ; Antsera-
nambidy, à 1 km au sud d’Ampahana (17 km au nord) ; Marokosa (10 km au nord-ouest)
Anteviala (4 km au sud) ; Andrakaraka (5 km au sud-ouest) ; Marofelana (8 km au sud) - r
Antsahabe (15 km au sud).
Ampelita lamarei Pfeiffer
(Pl. IV, fig. 57 et 58)
Hélix lamarei (Menke ms.) Pfeiffer, 1853 : 272, pl. 123, fig. 22 à 24.
Hélix sakalava Angas, 1877 : 80, fig. 10.
Ampelita (Hélix) lamarei, Mousson, 1882 : 30.
Hélix (Ampelita) lamarei Menke, Pilsbry, in Tryon, 1890 : 25, pl. 5, fig. 65 à 67.
Ampelita lamarei Menke, Pilsbry, in Tryon, 1894 : 156.
Ampelita lamarei Menke, Kobelt, 1910 : 90.
Ampelita hova var. sakalava Angas, Fischer-Piette, 1952 : 51.
Ampelita lamarei Pfr., Fischer-Piette, 1952 : 53.
Ampelita hova var. sakalava Angas, Fischer-Piette et Garreau, 1965 : 152.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
511
Espèce connue dans toute la région ouest depuis le sud jusque vers la baie d’Anton-
gil, ainsi qu’au mont Tsaratanana et plus à l’ouest. M. Soula l’a trouvée dans la région
d’Antalaha avec une abondance qui en fait un des Mollusques dominants de cette région.
Les nombreuses localités sont les suivantes du sud au nord : à 5 km au sud du cap Est
(50 km au sud d’Antalaha) ; 3 km au sud d’Ambodirafia (49 km au sud) ; en forêt à 10 km
au sud-ouest d’Ambohitralanana (47 km au sud) ; cap Est (45 km au sud) ; Ambohitra-
lanana (37 km au sud) ; Andasibe (35 km au sud) ; Antakotako (30 km au sud-ouest) ;
Antsambalahy (33 km au sud-ouest) ; Belambo (25 km au sud-ouest) ; Anjiamangotroka
(20 km au sud) ; Sahantaha (20 km au sud) ; Marofototra (25 km au sud) ; Marolambo
(10 km au sud) ; Marofînaritra (25 km au sud) ; Ambohitsara (8 km au sud-ouest) ; Ambo-
dileakazo (7 km au sud) ; Anteviala (4 km au sud-ouest) ; Sarahandrano (30 km à l’ouest) ;
sommet de l’Ambohifamotsy (10 km à l’ouest) ; Masindrano (5 km au nord-ouest) ; versant
sud de l’Ambanitaza (20 km au nord) ; Andranovato (20 km au nord-ouest) ; Analanant-
soa (39 km au nord-ouest) ; Ambatolalomona (40 km au nord-ouest) ; Maheva (50 km
au nord) ; Ambinanifaho (50 km au nord-nord-ouest) ; Marojala (60 km au nord-nord-
ouest) ; Bevonotra (80 km au nord) ; piste entre Andapa et Doany (80 km au nord) ; Ampam-
pamena (80 km au nord-nord-ouest) ; 2 km à l’ouest d’Ampampamena ; Analamaho (100 km
au nord-nord-ouest) ; Ambodiangezoka (120 km à l’ouest-nord-ouest) ; Ambohimitsinjo
(140 km au nord-nord-ouest) ; Amboahangibe (130 km au nord-ouest).
Le grand nombre des échantillons permet de donner divers renseignements sur la varia¬
bilité de cette espèce. Rappelons d’abord que les auteurs avaient décrit primitivement
trois formes évidemment parentes : Hélix lamarei (Pfeiffer, 1853 : 272, pl. 123, fig. 22
à 24), avec un épiderme caduc uniformément jaune verdâtre et une position très élevée
de la carène entourant la dépression du dernier tour, ce dessus faisant contraste par son
aplatissement, avec une base au contraire très renflée ; Hélix hova (Angas, 1877 : 804,
pl. 80, fig. 4 et 5), à sommet beaucoup moins aplati et à bandes spirales alternativement
jaune verdâtre et marron ; Hélix sakalava (Angas, 1877 : 804, pl. 80, fig. 6-11) avec un
sommet très peu saillant, une saillie spirale subcarénale en position haute, et la coloration
très variable pouvant comporter des dessins en zigzag, en semis de taches, en bandes ver¬
ticales, etc.
Selon les auteurs, les opinions ont varié sur le degré d’indépendance de ces trois formes.
La forme sakalava a été réunie à titre de variété, tantôt à lamarei (Pilsbry, 1890 : 26)
et tantôt à hova (Fischer-Piette, 1952 : 51).
Y a-t-il là une, deux ou trois espèces ?
L’examen des matériaux de M. Soula, nous impose de considérer A. sakalava comme
appartenant à l’espèce Ampelita lamarei. Mais, ces récoltes ne nous ayant procuré aucun
échantillon correspondant indubitablement à la forme hova, nous considérons qu’il y a,
entre hova et lamarei, tout au moins une non-identité de répartition.
Dans les récoltes de M. Soula, la plupart des échantillons sont des lamarei typiques
ou proches de l’aspect typique (teinte uniforme jaune verdâtre), qui est d’ailleurs un des
aspects qu’ Angas avait vus (sans l’identifier à la forme de Pfeiffer, car il correspond
à sa variété a de sakalava). Mais souvent on trouve aussi, et généralement en mélange avec
eux, des échantillons diversement colorés, de deux aspects principaux et avec quelques
variantes.
512 ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Les deux aspects principaux sont les suivants :
•—- Le dessus et la périphérie peuvent présenter des zébrures brun chocolat, parallèles
au bord de l’ouverture, et s’arrêtant net en arrivant à la base où une zone spirale claire
(jaune en général) les sépare du puits ombilical qui est brun. Cet aspect a été représenté
par Angas sur sa figure 11.
— La saillie spirale subcarénale (bordant la dépression spirale du dessus du tour) peut
être soulignée par une ligne spirale, ou une étroite bande spirale, de couleur contrastant
avec le fond. Cette couleur est généralement claire, blanche le plus souvent, ou jaune, mais
parfois c’est une ligne brune, très foncée.
Nous figurons (pi. IV, fig. 57) un exemplaire à ligne blanche et un à ligne foncée (pl. IV,
fig. 58).
La taille est très variable. Le diamètre va de 24 à 45 mm. Pour cette espèce, s’observe
dans quelque mesure le fait que nous avions déjà signalé pour Acroptychia metablata, à
savoir qu’il y a des récoltes où tous les individus sont de taille médiocre ou petite, d’autres
où ils sont tous de taille moyenne, d’autres où ils sont grands ou très grands. Nous igno¬
rons dans quelle mesure ces différences sont dues aux conditions ambiantes ou à des ques¬
tions génétiques.
Fischer-Piette (1952 : 51) avait déterminé A. hova var. sakalava divers spécimens
que nous considérons maintenant comme distincts d’A. hot>a et faisant partie d ’A. laina-
rei. Il en résulte qu’il faut rectifier ses données sur l’habitat d ’A. hova : toutes les prove¬
nances qu’il avait données pour A. hova var. sakalava doivent maintenant être considé¬
rées comme des provenances d ’A. lamarei.
Ampelita fulgurata Sowerby
Hélix fulgurata Sowerby, 1838 : 47 C.
Hélix fulgurata Sow., Pfeiffer, 1846 : 239, pl. 112, fig. 20-22 ; Reeve, 1854 : pl. CCV, fig. 1446 ;
Crosse et Fischer, 1873 : 117 ; Morelet, 1876 : 85 ; Crosse et Fischer, in Grandidier,
1889 : pl. 3, fig. 5 à 7.
Hélix ( Ampelita ) fulgurata Sow., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 36 et 302, pl. 8, fig. 12 à 14. pl. 67,
fig. 75-76.
Ampelita fulgurata Sow., Pilsbry, in Tryon, 1894 : 157 ; Kobelt, 1910 : 89 ; Fischer-Piette,
1952 : 39 ; Fischer-Piette et Garreau, 1965 : 150.
La seule localité antérieurement connue était Ambohitsitandrona, située dans la région
même dont M. Soula s’est occupé et où il a récolté cette espèce en plusieurs endroits, du
sud au nord : Marofinaritra, au nord-ouest de Maromandia (20 km au sud-ouest d’Anta-
laha) ; Ambohifamotsy (10 km à l’ouest).
Les exemplaires sont au nombre de 8 en tout. Leur taille varie de 30 à 33 mm.
Il a été signalé, en 1965 (p. 150), que les ornementations colorées pouvaient faire défaut,
car nous avons eu un exemplaire uniformément blanc dans ses premiers tours et devenant
brun foncé sur le dernier tour. L’échantillon d’Ambatovaky est encore plus uniforme :
entièrement d’un jaune paille foncé (les autres sont décolorés).
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
513
Ampelita soulaiana n. sp. Fichser et Testud
(PL IV, fig. 59 à 62)
Description
Holotype provenant d’Ambodilalona (38 km au nord-ouest d’Antalaha). Diamètre,
27 mm ; hauteur, 17 mm ; ouverture, 12 mm de largeur sur 14 mm de hauteur. Le dessus
de la coquille forme un dôme très régulier, séparé par un angle carénai net du dessous où
l’ouverture occupe une très grande place. La régularité du dôme est telle que les tours ne
sont pratiquement pas séparés, il faut regarder de près pour voir la suture. 4 1/2 tours ;
les deux premiers tours sont lisses, puis le reste de la surface du test porte une sculpture
spirale, à peine perceptible à l’œil nu, faite de stries régulières, légères et très serrées, croi¬
sées par des stries de croissance serrées et moins régulières ; de plus une côte carénaie appa¬
raît vers la fin de l’avant-dernier tour du fait que celui-ci est un peu descendant et se pour¬
suit, en s’affaiblissant, jusqu’aux abords de l’ouverture.
L’ouverture est très oblique par rapport à l’axe d’enroulement, environ 45°, en même
temps que par rapport à la carène, avec un angle de 45° aussi. La forme générale de l’ouver¬
ture évoque un rectangle, les bords internes et externes étant subparallèles, la limite du
bas étant subrectiligne, et la limite du haut étant formée par la surface basilaire du der¬
nier tour qui est assez plate. Le bord externe de l’ouverture est flexueux et redressé en un
étroit péristome de 1 à 1,5 mm selon les endroits ; le bord inférieur a 1,5 mm et le bord
interne a 1 mm. Ce péristome ne déborde pas sur l'ombilic. Cet ombilic est remarquable¬
ment faible pour une Ampelita ; il forme un puits cylindrique de 1 mm de diamètre, situé
au fond d’une fente dont l’entrée partant du milieu du bord interne de l’ouverture est sub¬
anguleuse. La coquille est dépourvue de cuticule. La teinte est d’un blanc pur sur le dessus,
un peu grisâtre sur la base, sur lequel se détachent des bandes spirales dont la teinte est
d’un brun très foncé (certaines d’entre elles sont assez décolorées sur une partie du dernier
tour). Sur le dessus de la spire elles sont au nombre de deux, dont la largeur atteint, en
approchant de l’ouverture, environ 2 mm. Sur la base il s’en trouve une troisième de largeur
équivalente, distante de la carène de 1,5 mm. Enfin, cette teinte brun foncé garnit aussi
l’entonnoir cl le puits ombilical. Le péristome est blanc ainsi que l’intérieur de l’ouver¬
ture.
Variations
De la même récolte il y a 4 autres échantillons, un jeune de 18 mm de diamètre et
3 adultes. Les couleurs ne présentent pas de variation marquée, l’abaissement de la fin
du dernier tour et la forme de l’ouverture et du péristome non plus, mais il n’en est pas
de même pour l’ombilic ni pour l’élévation de la coquille. Le jeune a un ombilic un peu
plus large mais les trois adultes, s’ils ont une fente ombilicale, ne présentent pas de per¬
foration. Deux exemplaires sont plus élevés que le type, ils ont 26 X 19 mm et 27 X 18 mm,
et le jeune a son sommet plus aplati.
514
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Rapports et différences
Cette espèce se place tout à fait à part parmi les Ampelita. Nous l’attribuons aux
Ampelita du fait de l’existence, au moins chez certains individus, d’une perforation ombi¬
licale, mais surtout du fait que la suture ne sépare pratiquement pas les tours qui ne sont
donc pas gonflés : cela se voit chez diverses Ampelita, tout au moins pour les premiers tours
(par exemple Ampelita fulgurata).
Les bandes colorées évoquent celles de certains échantillons d’Eurystyla viridis Des-
hayes, mais n’ont d’analogie avec aucune Ampelita, celles d’M. consanguinea et de certaines
A. hova n’y ressemblant que de très loin. La forme du dessus de la coquille en dôme très
élevé, s’opposant à une base au contraire assez plate, éloigne véritablement cette espèce
de tout ce que nous connaissons. Mais elle a des points communs avec une autre forme
qui n’était pas connue jusqu’ici et que nous allons maintenant décrire.
Ampelita stephani n. sp. 1 Fischer et Testud
(PL IV, fig. 63 à 66)
Espèce fondée sur un exemplaire unique, récolté en forêt à Ambohimitsinjo (140 km
au nord-est d’Antalaha). Dimensions : 27 mm de diamètre, 15 mm de hauteur totale (y
compris l’ouverture). 4 tours, les premiers constituant un sommet aplati, aux tours sans
relief du fait de la faiblesse de la suture, le dernier se terminant en retrait du précédent,
ce qui dégage dès avant sa fin une carène très individualisée subtranchante. L’ouverture,
beaucoup plus longue que large, a son grand diamètre très plongeant vers le bas, et elle
est nettement sinueuse.
Le péristome, légèrement retroussé, est faible du côté externe, mais se dilate beaucoup
ensuite, et présente en son bord columellaire une protubérance (dent) assez nette et assez
longue, mais de faible hauteur. Ce bord columellaire se termine en un petit épanouissement
revêtant de son cal l’emplacement correspondant à l’ombilic, sans qu’aucune dépression
ombilicale ne soit visible. Pas de sculpture spirale, pas de malléations, rien que des stries
de croissance. Il y a un pcriostracum, qui n’est conservé que par places et en particulier
aux abords de l’ouverture. Il est luisant, d’une teinte uniforme qui est d’un brun entre
paille et caramel, proche du n° 337 du Code universel des couleurs de Ségijy, qualifié « ocre »
par cet auteur, mais avec des reflets dorés.
Rapports et différences
L’absence, non seulement de perforation ombilicale, mais même de toute fente ou
entonnoir, écarte cette espèce des autres Ampelita. Elle la rapproche des Eurystyla encore
plus que A. soulaiana, au point qu’on pourrait se demander si la séparation entre ces deux
sous-genres pourra être maintenue. Toutefois il s’agit là d’un seul des caractères. Nous
1. Nommée d’après le prénom de l’un des enfants de M. Soula.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
515
considérons qu’il s’agit d’une Ampelita, essentiellement, comme dans le cas précédent,
en raison du fait que la suture n’interrompt pas le profil régulier de tours saillants.
h’Ampelita la plus proche est A. soulaiana pour ce qui concerne la région ombilicale,
mais A. stephani est beaucoup plus plate, elle n’a aucune sculpture et elle est revêtue d’une
cuticule.
La forme du sommet rappelle celle d’A. fulgurata Sow., mais en moins planorbe. La
carène rappelle celle d’A. fulgurata Sow., d’A. havi Smith et d’A. stumpfii Kobelt. La con¬
tracture de l’enroulement à la fin du dernier tour et la forme sinueuse ainsi que la direc¬
tion très inclinée de l’ouverture ont des analogies plus ou moins prononcées chez beaucoup
d’exemplaires d’A. calypso Pfeiffer, funebris Morelet, lanx Férussac, bathiei Fischer-Piette
et stumpfii Kobelt.
Ampelita julii Fischer et Garreau
(PL IV, fig. 67 et 68)
Ampelita julii Fischer-Piette et Garreau, 1965 : 158, pl. IX, fig. 31 à 33.
Cette espèce n’était connue jusqu’ici que par trois échantillons, l’holotype, sans pro¬
venance précise, un échantillon d’Ambanje (en face de Nossi-Bé) et un autre à Maroantse-
tra, localité qui est dans le nord-est, non loin d’Antalaha.
M. Soula en a récolté de nombreux exemplaires qui nous permettront de mieux décrire
la variation en diverses localités dont voici la liste, du sud au nord : 3 km au sud d’Ambo-
dirafia ; 10 km au sud-ouest d’Ambohitralanana ; cap Est ; 4 km au sud-ouest d’Ambo-
hitralanana ; Ambohitralanana ; Antsambalahy ; Andrakaraka ; Marolambo ; Anjiaman-
gotroka ; sommet de l’Ambohifamotsy ; 2 km à l’est de Marokosa ; Analalava ; Ampoha-
fana ; Amhodimanga; Ambinanifaho ; Maheva ; Amboahangibe.
Variations
La variation de taille est considérable. L’holotype avait 32 mm de diamètre sur 27 mm
de hauteur. Le plus grand des échantillons de M. Soula a 37 X 29 mm. Le plus petit a
24 X 16 mm.
Un exemplaire d’Ampohafana est remarquable à deux points de vue. Son dernier
tour n’est nullement descendant et il cache donc la carène du tour précédent ; d’autre part
la columelle présente, près de son extrémité supérieure, une protubérance qui mériterait
le nom de dent. Cette dernière formation se voit chez d’autres individus mais avec un
développement moins marqué.
Le caractère subcaréné indiqué dans la description de l’espèce est dans une certaine
mesure en rapport avec la taille. Il y a une carène véritable chez les échantillons jeunes
et elle mérite encore à peu près ce nom chez les adultes de petite taille ; chez les grands
échantillons, les uns sont subcarénés, mais ce trait est plus obsolète chez d’autres, qu’ils
soient plus grands (cas du plus grand) ou non, et il peut faire défaut chez certains exem¬
plaires. Il y a des échantillons de 30 mm de diamètre, qui ont le dernier tour à profil arrondi,
mais il s’agit d’exemplaires de forme particulièrement élevée.
516
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
L’élévation, en effet, est variable. Voici un tableau, donnant les dimensions en mm
et les rapports de quelques individus :
Diamètre Hauteur Rapport diamètre/hauteur
30 mm
26 mm
L2
32
24
1,3
34
24
1,4
24
16
1,4
26
17
1,5
28
18
1,6
La coloration est peu variable. Elle est la plupart du temps uniforme (ou graduée).
La cuticule peut être uniformément d’un brun assez foncé, ou d’un brun plus ou moins
mélangé de vert, souvent plus foncé sur la base, ou vert olive, ou jaune verdâtre (holo-
type) ; le péristome peut être lisse sur ses deux faces, lilas extérieurement et blanc intérieu¬
rement (holotype), ou tout blanc.
Mais il peut y avoir, sur la teinte de fond, une disposition colorée spirale, consistant
en une ligne lilas ou brun-violet qui est immédiatement sous-carénale et qui se prolonge
sur le dernier tour en position basse. Elle est le plus souvent très étroite, mais peut avoir
2 mm de large (pl. IV, fig. 67 et 68). Cette teinte appartient à la coquille et non à la cuti¬
cule.
Les différentes tailles ne se trouvent guère ensemble dans un même lot. Voici ce que
donne l’examen des lots suffisamment nombreux pour avoir une signification, avec les
tailles limites pour chacun :
Ambohitralanana : 35 à 29 mm
4 km à l’ouest d’Ambohitralanana : 34 à 30 mm
Cap Est : 34 à 28 mm
Ambohifamotsy : 30 à 25 mm
Ambinanifaho : 29 à 25 mm
Antsambalahy : 28 à 25 mm
Nous ignorons à quel degré ces lots sont comparables entre eux au point de vue des
conditions de récolte. En supposant qu’ils le soient, les différences ont-elles une significa¬
tion écologique ? Ce n’est pas, en tout cas (et il en était déjà de même pour Acroptychia
metablata), une question de latitude, car au niveau du cap Est les individus sont grands
en deux stations, petits en une troisième (Antsambalahy).
Helicophanta magnifica Férussac
Hélix ( Helicophanta) magnifica Férussac, 1819 : 10, fig. 4.
Hélix polyzonalis Lamarck, 1822 : 66 ; Deshayes, in Lamarck, 1838 : 28.
Hélix magnifica Fér., Pfeiffer, 1846 : 116, pl. 86, fig. 1 et 2.
Hélix polyzonalis Lmk., Chenu, 1848 : pl. I, fig. 3 et 4.
Iîelix magnifica Fér., Deshayes, in Férussac, 1851 : 278, pl. 10, fig. 4 ; Reeve, 1851 : pl. 38,
fig. 175.
Hélix ( Helicophanta ) magnifica, Semper, 1880 : 60.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
517
Hélix magnifica, Crosse et Fischer, in Grandidier, 1889 : pl. 3, fig. 1 et 2.
Hélix ( Helicophanta ) magnifica Fér., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 65, pl. 9, fig. 16 et 17.
Helicophanta magnifica Fér., Pilsbry, in Tryon, 1894 : 151-152, pl. 48, fig. 12 et 13, pl. 49, fig. 3,
19 à 23 ; Ancey, 1902 : 82 ; Kobelt, 1910 : 89 ; Odhner, 1919 : 43 ; Fischer-Piette, 1950 :
95, fig. 5 et 6 ; Fischer-Piette et Garreau, 1965 : 133.
M. Soula nous a envoyé un bel échantillon provenant d’Antsiatsiaka, village du can¬
ton de Malotandrano, sous-préfecture de Mandritsara (en forêt). Cette récolte augmente
considérablement vers le nord l’aire de répartition connue pour cette espèce. La plus au
nord des localités précédemment connues était Tampolo, au sud de l’île Sainte Marie.
Helicophanta amphibulima Deshayes
(pl. IV, fig. 69)
Hélix amphibulima Deshayes, in Férussac, 1851 : 4, pl. 10 A, fig. 4 et 5.
Hélix goudotiana Fér., Deshayes (non Pfeiffer), 1851 : 286, pl. 10 A, fig. 4 et 5.
Hélix oviformis Grat., Reeve, 1851 : pl. 38, fig. 172.
Hélix (Helicophanta ) partuliformis Boettger, 1889 : 44.
Hélix amphibulima, Crosse et Fischfr, in Grandidier, 1889 : pl. I, fig. 3 et 4.
Hélix ( Helicophanta) goudotiana Fér., Pilsbry, in Tryon, 1890 : 70, pl. 9, fig. 21.
Hélix ( Helicophanta) partuliformis Boettg., Pilsbry', in Tryon, 1890 : 72, pl. 42, fig. 29.
Helicophanta goudotiana Fér., Pilsbry, in Tryon, 1894 : 151, pl. 38, fig. 4.
Helicophanta partuliformis Boettg., Pilsbry, in Tryon, 1894 : 153.
Helicophanta amphibulima Fér., Fischer-Piette, 1945 : 42 ; Fischer-Piette, 1950 : 101 ; Fis-
cher-Piette et Garreau, 1965 : 133, fig. 1, 3 et 4.
M. Soula nous a envoyé d’assez nombreux individus venant des localités suivantes,
du nord au sud : Ampampamena (80 km au nord-nord-ouest d’Antalaha) ; Analanantsoa
(40 km au nord-ouest) ; colline de Beramboa (35 km au nord-nord-ouest) ; collines de l’Ana-
lalava (28 km au nord-nord-ouest) ; versant est de l’Antanimiavotra, à 278 m d’altitude,
à 5 km au nord d’Ampahana (25 km au nord-ouest) ; versant sud de l’Ambanitaza (25 km
au nord-ouest) ; Ambohifamotsy (10 km à l’ouest) ; Marolambo (10 km au sud) ; Mahatsera
(12 km au sud) ; Marofinaritra (15 km au sud-ouest) ; Marofototra (20 km au sud-ouest) ;
Ambohitralanana (37 km au sud-ouest) ; forêt à 5 km au sud du cap Est.
Un des échantillons, venant d’Ambohitralanana, est plus petit que tous ceux que
nous avions dans les collections du Muséum en ce qui concerne sa hauteur qui est de 43 mm ;
mais il est très large du fait de son ouverture qui a une forme monstrueuse (pl. IV, fig. 69).
Clavator moreleti Deshayes
Bulimus moreleti Deshayes, in Férussac, 1851 : 114, pl. 154, fig. 5 et 6.
Bulimus moreleti Desh., Pfeiffer, 1853 : 396 ; Morelet, 1860 : 127.
Bulimus humbloti Ancey (ms.), Mabille, 1886 : 127.
Obeliscus moreleti, Crosse et Fischer, in Grandidier, 1889 : pl. 22, fig. 5 et 5 a.
Obeliscus obtusatus Gmel., Dautzenberg, 1894 : 91.
Clavator moreleti Desh., Kobelt, 1900 : 653, pl. 99, fig. 3 et 4.
Clavator humbloti Mab., Kobelt, 1900 : 974.
Clavator humbloti Ane., Ancey, 1902 : 80.
518 ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
Clavator moreleti Desh., Pilsbry, in Tryon, 1905 : 198, pi. 49, fig. 32, 33, 34 et 36.
Clavator humbloti Mab., Pilsbry, in Tryon, 1905 : 199 ; Kobelt, 1910 : 89.
Stenogyra moreleti Desh., Germain, 1913 : 476.
Clavator humbloti Mab., Germain, 1913 : 476.
Clavator moreleti Desh., Fischer-Piette, 1963 : 63, fig. 4.
L’espèce était connue pour habiter le nord-ouest de l’île, du Tsaratanana à Nossi-
Comba, et la pointe nord (montagne d’Ambre), ainsi que le nord-est (région de Ranolalina),
mais elle n’avait pas encore été signalée de la région d’Antalaha.
Elle y est assez abondante. M. Soula en a fait des récoltes dans les points suivants,
du sud au nord : forêt à 3 km au sud d’Ambodirafia ; 5 km au sud du cap Est ; Antsirana-
matso ; Ambatofotsy ; Andongozabe ; 2 km à l’est de Marokosa ; 3 km au nord-nord-est
de Marokosa ; 1 km au sud d’Ampahana ; Antanimiavotra ; Ambodimanga ; Ambinani-
faho.
Edentulina metula Crosse
Ennea metula Crosse, 1881 : 93, pl. 8, fig. 3.
Ennea ( Edentulina) metula Cr., Kobelt, 1904 : 302, pl. 36, fig. 9 et 10.
Edentulina metula Cr., Kobelt : 88 ; Fischer-Piette et Bedoucha, 1964 : 372.
Un échantillon de 10 mm de hauteur sur 4,5 mm de diamètre a été récolté par M. Soula
sur le versant est de l’Ambabovaky, à 4 km à l’ouest de Sarahandrano. Le type de l’espèce
provenait de Nossi-Comba et la seule localité connue depuis lors était le mont Tsaratanana
(récolte de M. Blanc). L’aire de répartition est étendue vers l’est.
Gulella soulaiana n. sp. Fischer
(Pl. IV, fig. 70)
Espèce fondée sur un seul échantillon, provenant de Virembina, à 2 km à l’ouest d’Ambo-
dihintsina, à 8 km au sud-sud-ouest d’Antsanahore.
Coquille blanche ayant 10,5 mm de haut sur 4 mm de large. La forme générale est,
sauf pour l’ouverture, cylindro-ovoïde. Le nombre de tours est de 8. Ils sont séparés par
une suture crénelée, chaque saillie constituant le départ d’une côte ; sur l’avant-dernier
il y a environ 60 de ces côtes, qui ne sont séparées que par des sillons sans largeur. Chacune
de ces côtes présente quelques fines stries longitudinales. Le creux ombilical mène à une
minuscule perforation.
Ouverture assez triangulaire extérieurement et débordant très nettement le contour
général de la coquille par son angle supéro-externe. Le labre, épais, étrangle l’ouverture
par deux saillies allant à la rencontre l’une de l’autre, l’une qui part du côté externe et qui
ne provoque pas de déformation importante du bord périphérique du labre, l’autre qui
part du bord supérieur et pour laquelle le bord périphérique du labre « suit le mouvement ».
Au côté columellaire existe un long bourrelet oblique et très saillant.
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
519
Rapports et différences
Cette espèce rappelle Gulella crassilabris Craven ( Zool. Proc., 1880, pl. 57, fîg. 5) par
sa forme générale et par les traits essentiels de son ouverture, mais elle s’en distingue au
premier coup d’œil par l’amplitude bien plus grande de la partie gauche (columellaire)
de l’ouverture dans le sens de la hauteur, ainsi que par la forme triangulaire de cette ouver¬
ture. L’ouverture ressemble davantage à celle d ’Ennea sulcifera Morelet, de Mayotte,
pour sa forme générale (J. Conch, 1883, pl. 10, fig. 6) mais elle est bien plus étranglée et la
coquille est plus cylindrique.
Eulota similaris Férussae
Hélix similaris Fér., Tryon, 1887 : 205-206, pl. 46, fig. 27-30; pl. 47, fig. 33-37.
Eulota similaris Fér., Tryon, 1894 : 202-205, pl. 65, fig. 3 et 4 ; pl. 66, fig. 20.
Cette espèce, d’origine antillaise, qui s’est largement répandue dans le monde, était
connue à Madagascar dans le nord-ouest, à Tuléar dans le sud-ouest, et sur la côte est
depuis Fort-Dauphin jusqu’à Maroantsetra. M. Soula l’a récoltée en abondance. La liste
des provenances est la suivante, du sud au nord : forêt au nord d’Ambatofotsy, colline de
Besakay, Namohana, Antsahabe, Marofelana, Bevapaza, versant sud de l’Ambohifamotsy,
Masindrano et Malotrandro.
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
520
Liste des espèces citées
Acroptychia metablata Crosse et Fischer
Acroptychia metablata n. var. abortiva Fischer
et Testud
Ampelita fulgurata Sowerby
Ampelita gaudens Mabille
Ampelita hova var. sakalaaa Angas
Ampelita julii Fischer et Garreau
Ampelita lamarei Pfeiffer
Ampelita suulaiana n. sp. Fischer et Testud
Ampelita slephani n. sp. Fischer etTestud
Ampelita xystera (Valenciennes in Pfeiffer)
Clavator moreleti Deshayes
Cyathopoma fïlocinctum Benson
Edentulina metula Crosse
Eulota similaris Férussac
Gulella suulaiana n. sp. Fischer
Helicophanta amphibulima Deshayes
Ilelicophanta magnifica Férussac
Kaliella soulaiana n. sp. Fischer
Kalidas capuroni Fischer, Blanc et Salvat
Kalidos oleatus Ancey
Kahdos propeanobrachis Fischer, Bedoucha et
Salvat
Macrochlamys stumpfh Boettger
Omphalotropis madagciscariensis Germain
Opeas clavulinum Potiez et Michaud
Opeas gracile Hutton
Opeas soulaianus n. sp. Fischer et Testud
Sitala soulaiana. n. sp. Fischer et Testud
Sitala confnis Blanford
Subulina octona Chemnitz
Tropidophora andrapangana Fischer, Blanc et
Salvat
Tropidophora andrakarakarensis n. sp. Fischer
et Testud
Tropidophora fulvescens Sowerby
Tropidophora goudotiana. Sowerby
Tropidophora ligatula Grateloup
Tropidophora milloti Fischer-Piette
Tropidophora pulchella Sowerby
Tropidophora pyrostoma Sowerby
Tropidophora sarodranensis Fischer, Blanc et
Salvat
Tropidophora soulaiana n. sp. Fischer et Testud
Tropidophora tricarinata Millier
Tropidophora tricarinata var. bicarinata Sower-
,, lj y.
Tropidophora tricarinata var. campanulata
Pfeiffer
Tropidophora tricarinata var. madagciscariensis
Gray
'Tropidophora tricarinata var. mahaderensis n.
var. Fischer et Testud
Tropidophora tricarinata var. multifasciata Gra¬
teloup
Tropidophora tricarinata var. obsoleta Lamarck
Tropidophora tricarinata var. serons Fischer-
Piette
Tropidophora tricarinata var. unicarinata La¬
marck
Tropidophora oignali Fischer-Piette
Tropidophora zonata Petit
MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
521
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MOLLUSQUES TERRESTRES DE MADAGASCAR
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Manuscrit déposé en avril 1971.
524
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHELE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
PLANCHE I
Fig. 1 à 3. — Cyathopoma filocinctum Benson. Echantillon récolté par M. Soula à Besakay. X 4.
Fig. 4 à 6. — Cyathopoma filocinctum Benson. Un exemplaire des Indes (coll. Staadt). X 4.
Fig. 7 à 9. — Cyathopoma filocinctum Benson. Exemplaire figuré par Blanford. X 4.
Fig. 10. — Acroptychia metablata Crosse et Fischer. Exemplaire à 12 collerettes. X 1.
Fig. 11 et 12. — Acroptychia metablata Crosse et Fischer var. abortiva nov. X 1.
Fig. 13. — Acroptychia metablata Crosse et Fischer. Spécimen jeune. X 1.
Fig. 14 à 16. — Tropidophora pyrostoma Sowerby. Andasibe. X 1.
Fig. 17 à 19. — Tropidophora soulaiana n. sp. Ilolotype. X 1.
Fig. 20 à 22. — Tropidophora soulaiana n. sp. Paratype. X 1.
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526
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
PLANCHE II
Fig. 23 à 25. — Tropidophora tricarinata Müller var. obsoleta Lamarck. X 1.
Fig. 26. — Tropidophora tricarinata Müller var. multijasciata tendant à bicarinata par un début de carène.
X 1.
Fig. 27. — Catégorie à deux carènes rapprochées. X 1.
Fig. 28. — Catégorie à nombreuses carènes. X 1.
Fig. 29. — Forme plus élevée, x 1.
Fig. 30 à 32. — Tropidophora tricarinata Müller var. mahaderensis nov. X 1.
Fig. 33 à 35. — Tropidophora milloti Fischer, d’Antsahahe. X 2.
Fig. 36 à 38. — Tropidophora milloti F'ischer, d’Antampolo. X 2.
528
ÉDOUARD FISCHER-PIETTE, MICHELE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
*
PLANCHE III
Fig. 39 à 41. — Tropidophora andrakarakarensis n. sp. Type. X 2.
Fig. 42 et 43. — Tropidophora goudotiana Sowerby, d’Ambodirafia. X 2.
Fig. 44. — Tropidophora ligatula Grateloup, individu le plus grand. X 2.
Fig. 45. — Kalidos oleatus Ancey. Exemplaire gonflé. X 1.
Fig. 46. — Kalidos oleatus Ancey. Exemplaire caréné. X 1.
Fig. 47. — Kalidos capuroni Fischer, Blanc et Salvat. Individu géant. X 1.
Fig. 48 à 50. — Autres aspects de Kalidos capuroni Fischer, Blanc et Salvat. X 1.
Fig. 51. — Macrochlamys stumpfii Boettger. X 1,5.
Fig. 52 à 54. — Sitala soulaiana n. sp. Holotype. X 4.
Fig. 55. — Sitala confiais Blanford. X 3.
530
ÉDOUARD FISCIIER-PIETTE, MICHÈLE CAUQUOIN ET ANNE-MARIE TESTUD
PLANCHE IV
Fig. 5G. — Opeas soulaianus n. sp. X 4.
Fig. 57. — Ampelita lamarei Pfeiffer. Exemplaire à ligne blanche. X 1.
Fig. 58. — Ampelita lamarei Pfeiffer. Exemplaire à ligne foncée. X 1.
Fig. 59 à 62. — Ampelita soulaiana n. sp. Holotype. X 1.
Fig. 63 à 66. — Ampelita stephani n. sp. Holotype. x 1.
Fig. 67 et 68. — Ampelita julii Fischer et Garreau, x 1.
Fig. 69. — Helicophanta amphibulima Deshayes. X 1.
Fig. 70. — Gulella soulaiana n. sp. Holotype. X 2.
Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 122, mars-avril 1973,
Zoologie 94 : 477-532.
Achevé d’imprimer le 30 novembre 1973.
IMPRIMERIE NATIONALE
3 564 002 5
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Bauciiot, M.-L., J. Daget, J.-C. Bureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Ilist. nal., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tin bergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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