BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
111 II 111111111 ! I ! 1111111 ! I II ! 111 II I
PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 144
MAI-JUIN 1973
zoologie
108
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-G2) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —-
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1973
Abonnement général : France, 360 F ; Étranger, 396 F.
Zoologie : France, 250 F ; Étranger, 275 F.
Sciences de la Terre : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Botanique : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 15 F ; Étranger, 16 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 144, mai-juin 1973, Zoologie 108
Présence d’une sous-espèce
(Y Atelopus pulcher (Amphibien, Anoure)
dans les Guyanes : Atelopus pulcher hoogmoedi
par Jean Lescure *
Résumé. — Atelopus pulcher hoogmoedi est une nouvelle sous-espèce propre aux massifs
guyanais ; elle se distingue des Atelopus pulcher du Pérou et de l’Équateur par la palmure moins
développée des orteils et elle présente un polychromatisme très diversifié. L’auteur pense qu’il
faut déclarer Atelopus spumarius : « nomen dubium ».
Abstract. •— Atelopus pulcher hoogmoedi is a new subspecies peculiar to the highlands of
three Guyana ; it is separable from Atelopus pulcher of Peru or Ecuador by the less developed
webbing of the toes and by intense polychromatism. The autor believes that Atelopus spumarius
should be considered “ nomen dubium ”,
En 1971, au cours d’une expédition scientifique en Guyane française (mission CNRS),
j’ai récolté dans les monts Atachi-Bacca des Atelopus qui sont très proches des Atelopus
pulcher Boulenger, 1882, mais s’en différencient par quelques caractères morphologiques.
Cette sous-espèce nouvelle, qui vit en altitude (300-500 m), est propre aux massifs guyanais ;
elle paraît séparée géographiquement, par les bassins de l’Amazone et de l’Orénoque, des Ate¬
lopus pulcher Boul. habitant les premiers contreforts des Andes orientales.
Historique
Au xix e siècle, trois espèces d’ Atelopus du groupe flavescens ont été décrites : Atelopus
flcwescens Duméril et Bibron, 1841, de Cayenne, Guyane française (l’espèce-type), Atelopus
spumarius Cope, 1871, du Pérou et Phryniscus (= Atelopus) pulcher Boulenger, 1882, de
Chyavetas (Pérou). Le premier orteil entièrement inclus dans la peau distingue ces trois
formes des autres Atelopus.
Atelopus flaoescens Dum. et Bibr. qui vient d’être retrouvé en Guyane française (Les¬
cure, 1972) est jaune fauve avec de petits points bruns sur le dessus du corps, et rose en
dessous. Dans l’alcool, le jaune devient jaunâtre (= flaoescens) et le rose cède la place à
du blanc pur. Ce n’est pas ce que pensait Güntiier (1858) qui a mal interprété la description
de Duméril et Bibron. Il imagina des taches brunes bien plus grandes qu’elles n’étaient
* Laboratoire Arago , 66650 Banyuls-sur-Mer.
IM, l
998
JEAN LESCURE
en réalité et détermina comme Atelopus flavescens des spécimens de Chyavetas (Pérou)
dont les taches du dos étaient de véritables bandes latérales.
Influencé par ces erreurs, Boulenger (1882) déclare Phryniscus flavescens synonyme
(VAtelopus flavescens Günther, 1858, d’ Atelopus flavescens Duméril et Bibron, 1841, et
A’Atelopus spumarius Cope, 1871. Il classe dans cette espèce des spécimens de Demerara
Falls (Guyane) et de l’intérieur du Brésil, qui ont des bandes latérales dorsales jaune bril¬
lant, et les sépare de ceux de Chyavetas qui ont des bandes dorsales vertes et du carmin
sur le ventre. Ceux-ci deviennent les types de sa nouvelle espèce : Phryniscus pulcher.
La plupart des systématiciens n’ont pas suivi toutes les décisions de Boulenger ;
ils ont plutôt considéré Atelopus spumarius Cope et Atelopus flavescens Boul. comme deux
espèces très proches mais distinctes parce que l’une vit en Equateur et au Pérou et l’autre
dans les Guyanes. C’est pourquoi Lidth de Jeude (1904) décrit la couleur des Atelopus
flavescens sensu Boulenger, du Surinam, avec les termes qu’employait Cope pour Atelopus
spumarius.
Une dilliculté supplémentaire vint s’ajouter à cet imbroglio. Atelopus pulcher Boul.
perd vite ses couleurs caractéristiques dans l’alcool et peut alors être confondu avec Atelopus
flavescens sensu Boulenger ou avec Atelopus « spumarius ». On a ainsi attribué le nom
A’Atelopus spumarius Cope à des Atelopus pulcher capturés à l’ouest de l’Amazone et celui
A’Atelopus flavescens à des Atelopus pulcher provenant des Guyanes.
En raison de ces confusions, Rivero (1968) pensa que les Atelopus pulcher Boulenger
(1882) étaient des Atelopus spumarius Cope, 1871, et qu’ Atelopus « flavescens » (sensu Bou¬
lenger) était une forme très voisine de ces Atelopus « spumarius », mais localisée à l’est
de l’Amérique du Sud.
J'ai récolté récemment en Guyane française (mission CNRS, 1969-1970) des Atelopus
correspondant exactement au type A'Atelopus flavescens Duméril et Bibron. Il s’agit d’une
forme très différente A'Atelopus pulcher et A’Atelopus « spumarius » (Lescure, 1972). Quant
à Atelopus pulcher, la description assez précise et les figures de Boulenger (1882), le bon
état des types et les spécimens recueillis en Équateur par J. A. Peters ne laissent planer
aucun doute sur son identité.
Le cas A'Atelopus spumarius est plus obscur, car on a nommé ainsi diverses espèces.
Les Atelopus de l’Equateur qui ont été appelés « spumarius » sont des Atelopus pulcher
(J. A. Peters, communie, pers.). Ces erreurs sont dues à la description de Cope (1871)
qui est trop vague, trop brève, sans figure, et à la perte du type A'Atelopus spumarius.
On ne possède donc plus de référence précise pour donner le nom de spumarius à des Ate¬
lopus.
Doit-on déclarer Atelopus spumarius « nomen dubium » ? C’est mon opinion, mais
il faut peut-être attendre encore d’autres récoltes en Amazonie brésilienne et péruvienne
pour l'affirmer plus nettement.
Atelopus pulcher hoogmoedi nov. ssp. 1
Holotype : MNHN, Paris, n° A 522 Ç (fig. 2a), monts Atachi-Bacca (Guyane française), 5 mars
1971. Paratype : MNIIN, Paris, n° A 514-521 Ç, même localité, 5-10 mars 1971.
1. Cette sous-espèce est dédiée à mon collègue et ami, le Dr M. S. Hoogmoed du Rijksmuseum de
Levde.
ATELOPUS PULCHER HOOGMOEDI DANS LES GUYANES
999
Diagnose. — Cette forme de Guyane diffère des Atelopus pulcher du Pérou et de
l’Equateur par la palmure moins développée des orteils, par la forme et la coloration des
motifs du dessus du corps. Atelopus pulcher hoogmoedi présente un polychromatisme :
dans la forme « A », les motifs sont jaunes sur un fond brun, tandis que la face inférieure
est saumon ; dans la forme « A' », les motifs du dessus sont vert clair et le dessous du corps
est blanc avec des zones roses sous les mains et les pieds ainsi que sur le ventre.
Description
Holotijpe
La face dorsale de la tête n’est pas entièrement plane : un sillon élargi va du museau
à la région interorbitaire. L’extrémité du museau forme un angle obtus. En vue latérale,
l’extrémité du museau surplombe la lèvre supérieure avec qui elle dessine un angle très
aigu. De chaque côté du museau les narines sont percées obliquement, et font légèrement
saillie. Le eanthus rostralis est droit, la région loréale est un peu concave.
Fig. 1. — a, Atelopus pulcher hoogmoedi, MNHN A522 (holotype) : vue ventrale du pied gauche ;
b, Atelopus pulcher, JAP.7520 de Limon (Équateur) : vue ventrale du pied gauche.
144 , 2
1000
JEAN LESCURE
Le diamètre de l’œil (2,7 mm) est presque égal à la distance internasale (2,8 mm)
mais un peu plus petit que la distance de l’œil à la narine (3,1 mm). La région paramarginale
du bord de la paupière supérieure est plus charnue. Une crête supratympanique entoure
le bord antérieur et dorsal de la région tympanique ; son ossification est très visible en
radiographie. Le tympan est dissimulé sous la peau. En arrière de la crête tympanique un
sillon vertical sépare nettement la tète du tronc ; il constitue la base d’un triangle dont le
sommet est l’extrémité du museau.
En vue ventrale, la mâchoire inférieure forme un triangle presque équilatéral dont
l’angle rostral serait tronqué. La langue est étroite et pigmentée latéralement à sa base ;
elle est libre après le premier tiers de sa longueur et légèrement élargie à son extrémité
postérieure.
Le corps est trois fois plus long que la tête. Les membres antérieurs atteignent le milieu
de la cuisse lorsqu’ils sont plaqués le long du corps. Ils sont grêles, mais l’avant-bras l’est
moins que le bras. La main est charnue avec un tubercule palmaire externe émoussé et à
peine visible. Les doigts sont élargis à la base, en particulier le troisième doigt. Le deuxième
doigt est plus court que le quatrième. Le premier doigt, presque entièrement palmé, est
un peu plus long et moins large chez la femelle (l’holotype) que chez le mâle. Un rudiment
de palmure existe entre le deuxième et le troisième doigt. Les extrémités des doigts sont
arrondies.
Le tibia est un peu plus long que le fémur. Le tubercule métatarsien externe est cir¬
culaire, saillant, mais plus petit que le tubercule palmaire ; sa surface est dépigmentée.
Le premier orteil indistinct est entièrement dissimulé dans la peau. La radiographie montre
que les deux phalanges du premier orteil sont très réduites et inclinées vers le deuxième
orteil. En vue dorsale, seule une encoche traduit la place de ce premier orteil. Sur la face
plantaire du pied, une surface épaissie correspondant au premier orteil est visible. Le
deuxième orteil est très court, le troisième orteil est presque égal au cinquième (fig. 1 a).
Si on adopte le système de mesure de la palmure établi par Loveridge et repris par Rivero
(1961) b la formule palmaire indiquant le nombre de phalanges libres à partir du premier
orteil est : 0-1/4-2-3 3/4-2.
La peau est lisse sur le dos et les membres. A la loupe binoculaire, on aperçoit sur le
dos de minuscules granules avec un petit pertuis central ou en forme de cratère. Les flancs
sont parcourus par des « rides ».
Couleur
In vivo. La couleur de fond des flancs et des parties supérieures du corps et des mem¬
bres est brun sombre. Sur ce fond de teinte uniforme, un ensemble de motifs (« patterns »)
jaunes sont disposés plus ou moins symétriquement par rapport à l’axe du dos. Sur la tète,
une fine barre cerne obliquement le bord antérieur de chaque paupière. De chaque côté
du corps une bande sinueuse court de l’œil à l’aine : elle est marquée de cercles de dimen¬
sions variables qui laissent apparaître le fond brun. Quelques petites taches et quelques
1. Le nombre de phalanges libres est déterminé en considérant le milieu et non les bords de la membrane
palmaire. La palmure du premier orteil est celle qui est située entre le premier et le deuxième orteil, celle
du deuxième est entre le deuxième et le troisième, celle du troisième entre le troisième et le quatrième,
celle du quatrième entre le quatrième et le cinquième, celle du cinquième est également entre le quatrième
et le cinquième mais elle se mesure par rapport au cinquième orteil.
ATELOPUS PULCHER HOOGMOEDI DANS LES GUYANES
1001
anneaux jaunes sont épars sur le dos et les flancs. Sur la face supérieure, de minces barres
jaunes, s'anastomosant entre elles, forment une trame arachnéenne qui paraît posée sur le
fond brun. Le dessous du corps (gorge, ventre, face inférieure des cuisses et des jambes)
est saumon. Cette teinte semble être donnée par du rose combiné au jaune de la face infé¬
rieure du corps. La gorge est plus claire et le ventre plus coloré. Des zones jaune clair et
saumon se juxtaposent sur la face postérieure des membres. Une ligne brune borde la
mâchoire inférieure. Il y a plusieurs taches brunes sur le bas de la gorge et le haut du ventre,
elles ont tendance à se rejoindre et à constituer une barre transversale au-dessus de la cein¬
ture scapulaire. Les taches brunes sont plus nombreuses et plus grandes sur la face inférieure
des jambes et des pieds que sur les bras. A la commissure des lèvres le jaune de la gorge
passe sur la face latérale de la tête et forme une bande qui va d’un côté jusqu’à la région
infraorbitaire et de l’autre à l’épaule. Des diapositives Perutzcolor de spécimens vivants,
dont l’holotype et certains paratypes, ont été prises par l’auteur.
In vitro. Le brun vire au brun-noir, le jaune et le saumon ont presque disparu et sont
devenus blancs. La lace inférieure du corps est devenue blanche. Des traces de jaune sub¬
sistent en plusieurs endroits et particulièrement sur le ventre.
Paratypes
Il existe une autre variété de couleur parmi les spécimens du même sexe que j’ai récol¬
tés à côté de l’holotype. In vivo, chez cette forme « A' » (ex. : MNHN A 520), sur le même fond
brun que l’holotype, les motifs du dessus du corps sont vert clair. Ces motifs sont analogues
à ceux de la forme « A » représentés par l’holotype et décrits ci-dessus : fines barres
devant les paupières, bandes sinueuses latérales ponctuées de brun, anneaux et petites
taches sur le dos, barres s’anastomosant entre elles sur les membres. La face inférieure du
corps est blanc à reflets verdâtres. Du rose se superpose au blanc dans la région du ventre,
de la face inférieure des cuisses, de l’aisselle, de la plante des pieds et de la paume des mains ;
il atteint aussi les parties supérieures du pouce, du premier et du deuxième orteil. Dans
l’alcool, le brun vire au brun-noir, le vert et le blanc verdâtre deviennent blancs, le rose
disparaît. Les spécimens MNHN A 521 (l’holotype), MNHN A 514, A 516, A 518 et A 521
sont de la forme « A » tandis que MNHN A 515, A 517 et A 519-520 sont de la forme « A' ».
Les motifs dorsaux des paratypes ne varient presque pas d’un spécimen à l’autre :
seuls les anneaux et les taches sont plus ou moins nombreux : MNHN A 515 en a trois
et MNHN A 520 une vingtaine. Chez certains exemplaires (MNHN A 514-515, A 519 et A 521)
les taches brunes de la gorge et du haut de la région pectorale sont plus grandes ; elles cons¬
tituent une bande transversale qui atteint les deux bras lorsqu’elles fusionnent au-dessus
de la ceinture scapulaire. La petite bande latérale qui va de l’œil à la naissance du bras
est ponctuée de points bruns comme les bandes du dos ; elle est souvent plus étroite que chez
l’holotype. L’extrémité du museau de 4 exemplaires est plus arrondie que chez MNHN
A 522.
Mâle
Les Atelopus p. hoogmoedi récoltés à Atachi-Bacca sont tous des femelles. Cependant
deux mâles (B.M. 1936.9.3.3 et 4) trouvés avec deux femelles (B.M.1936.3.1 et 2) à King
Frederick Williams Falls (Guyane) sont très proches de l’holotype et des paratypes. La
1002
JEAN LESCURE
Fig. 2. — Vue dorsale de : a, Alelopus pulcher hoogmoedi $, MNHN A 522 (holotype) ; b, Atelopus pulcher
hoogmoedi , MNHN A 516 (paratype) ; c, Atelopus pulcher pulcher (J, JAP.7520 (coll. J. A. Pkters) ;
d, Alelopus pulcher pulcher JAP.7514.
différence de taille entre les femelles et les mâles est importante : la moyenne est de 34,5 mm
pour les femelles et de 25,4 mm pour les mâles (cf. tabl. I). Ceux-ci sont adultes car ils pos¬
sèdent les brosses copulatrices au pouce qui est entièrement palmé, plus gros, plus large
et plus court que celui des femelles.
Tableau I. —- Mesures.
L
a
b
C
d
e
f
a/L
b/L
d/L
e/L
f/l.
MNHN A 522 $ Holotype 35,2
9,8
10,0
15,7
15,9
9,9
12,5
0,278
0,284
0,451
0,281
0,355
MNHN A 514 2 Paratvpe 31,6
9.7
9,0
13,4*
15,3
9,5
11,0
0,307
0,285
0,484
0,301
0,348
MNHN A 515 Ç »
36,2
10,1
9,8
12,0*
16,6
9,7
10,9
0,279
0,271
0,459
0,268
0,301
MNHN A 516 Ç »
37,4
10,1
10,1
16,9
16,4
10,3
12,4
0,270
0,270
0,439
0,275
0,332
MNHN A 517 $ »
35,2
9,9
9,6
15,9
15,3
10,0
11,3
0,281
0,273
0,435
0,284
0,321
MNHN A 518 $ »
34,0
10,5
10,1
15,0
15,8
9,5
11,3
0,309
0,297
0,468
0,279
0,332
MNHN A 519 Ç »
34,5
11,0
10,0
12,4*
16,1
9,9
11,5
0,318
0,290
0,466
0,287
0,333
MNHN A 520 $ »
31,2
9,2
9,4
15,3
15,5
9,5
11,4
0,295
0,301
0,497
0,305
0,365
MNHN A 521 2 »
36,4
10,0
10,3
13,9*
16,4
10,2
12,4
0,275
0,283
0,451
0,280
0,341
BM.1936.9.3.1 2
33,5
10,0
9,1
15,1
15,4
10,0
11,6
0,299
0,272
0,460
0,299
0,346
BM.1936.9.3.2 2
33,9
10,0
8,7
15,5
15,3
10,0
11,7
0,295
0,257
0,451
0,295
0,345
Moyenne 2
34,5
10,0
9,7
14,6
15,8
9,9
11,6
0,291
0,280
0,460
0,288
0,338
BM.1936.9.3.3
27,4
7,8
7,6
12,3
12,8
8,4
9,5
0,284
0,277
0,467
0,307
0.347
BM.1936.9.3.4
23,3
6,8
6,8
10,5
10,9
7,2
8,0
0,291
0,291
0,468
0,309
0,343
Moyenne çj
25,4
8,0
7,3
11,4
11,9
7,8
8,8
0,287
0,284
0,468
0,308
0,345
L = longueur du corps (museau-anus), a = longueur de la tête, b = largeur de la tête, c = longueur du fémur, d = longueur du tibia, e =
longueur du tarse, f = longueur du pied.
Les longueurs des fémurs marquées par un * sont anormales, les fémurs de ces spécimens présentent une courbure très visible en radiographie
(mesures exprimées en millimètres).
1004
JEAN LESCURE
Ecologie
Atelopus pulcher hoogmoedi a été trouvé dans les monts Atachi-Bacca situés près de
l’embouchure de l’Inini, au sud-est de Maripasoula. Cette montagne a un sommet tabulaire
latéritique très caractéristique (altitude du point coté : 782 m) avec des arbres clairsemés
couverts de mousses et de fougères.
Atelopus p. hoogmoedi a été découvert près de la source d’une « crique » (petite rivière)
à une altitude de 360 m environ (coordonnées de la source : 3°34'N, 53°56'W). A cette alti¬
tude, la forêt est encore dense, mais la température est nettement plus fraîche et le brouil¬
lard de la nuit et du matin plus abondant qu’aux bords du Maroni. Atelopus p. hoogmoedi
est diurne, les exemplaires ont été capturés pendant la journée aux alentours du camp
et sur la berge argileuse de la crique. Un soir, néanmoins, deux spécimens, perturbés sans
doute par le bruit et attirés par la lumière, entrèrent dans les cases. D’autres furent pris
le matin à 10 h vers 400 m à côté de la source d’une autre crique (3°36'N, 53°56'W). Les
formes « A » et « A' » ont été récoltées côte à côte et en même temps.
Je n’ai pas aperçu d’Atelopus parmi les blocs de granit qui apparaissent de temps en
temps le long de ces rivières de montagne. Je ne les ai rencontrés ni sur le sommet latéri¬
tique ni au bas du massif. Il semble donc que Atelopus p. hoogmoedi vive entre 300 et 500 m
sur les berges argileuses et abruptes des « criques » et dans leur voisinage immédiat.
Di SCUSSION
La principale différence entre Atelopus pulcher hoogmoedi et Atelopus p. pulcher réside
dans la palmure des orteils. La formule palmaire des Atelopus p. pulcher de l’Equateur
et du Pérou (exemples : JAP. 7514, 7520 et BM. 1905.1.31.10 et 11) est : 0-0-1-3-1, tandis
que celle d 'Atelopus p. hoogmoedi est : 0-1/2-2-3 1/2-2 (cf. fig. 1). Le tubercule palmaire
externe d ’ Atelopus p. pulcher est large et aplati ; celui A'Atelopus p. hoogmoedi est indis¬
tinct.
Atelopus p. hoogmoedi, sous-espèce particulière aux Guyanes, est isolée géographique¬
ment d’Atelopus p. pulcher ; en effet, d’après McDiarmid (1971), les Atelopus sont apparem¬
ment absents des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque qui séparent les Andes des pla¬
teaux guyanais. Ceci est dû pour Atelopus pulcher à la disparition de son biotope d’altitude,
les berges des ruisseaux de montagne.
Des populations d’Atelopus pulcher hoogmoedi semblables morphologiquement à celle
d’Atachi-Bacca présentent des motifs dorsaux et des colorations différents. Des spéci¬
mens du Tumuc-Humac (massif du Mitaraca) récoltés récemment par J.-P. Gasc ont des
bandes et des taches dorsales noires et jaune d’or ; ils constituent sans doute une forme
qui correspondrait à certains Atelopus flaoescens de Boulenger (1882). Une autre
forme plus orangée existe dans le Haut-Maroni, au Surinam et en Guyane. Un travail
ultérieur tentera de décrire et d’interpréter la répartition géographique de ces variations.
ATELOPUS PULCHER HOOGMOEDI DANS LES GUYANES
1005
Remerciements
Je remercie particulièrement M. le Pr Guibé pour toute l’aide accordée pendant mon
séjour dans son laboratoire et M. de Granville qui dirigeait l’expédition ORSTOM dans
les monts Atachi-Bacca à laquelle j’ai participé.
J’adresse mes remerciements à Miss A. G. C. Grandison (British Muséum),
Mrs. J. A. Peters (U.S. National Muséum) et M. S. Hoogmoed (Rijksmuseum de Leyde)
pour leur hospitalité dans leur laboratoire et le prêt de spécimens ; je les exprime aussi à
M me Schach pour l’exécution des dessins.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Boulenger, G. A., 1882. — Catalogue of the Batrachia Salientia in the collection of the British
Muséum. 2 e édit., Londres, 503 p.
Cope, E. D., 1871. — Ninth contribution to the herpetology of tropical America. Proc. Ac. nat.
Sci. Phila, 23 : 200-227.
Dumeril, A. M. C., et G. Bibron, 1841. — Erpétologie générale. Paris, 8, 792 p.
Günther, A., 1858. — Catalogue of the Batrachia Salientia in the collection of the British Muséum.
Londres, 160 p.
Lescure, J., 1972. — Contribution à l’étude des Amphibiens de Guyane française. I Notes sur
Atelopus flavescens Duméril et Bibron et description d’une nouvelle espèce. Vie Milieu,
23 (IC) (sous presse).
McDiarmid, R. W., 1971. — Comparative morphology and évolution of frogs of the neotropical
généra Atelopus, Dendrophryniscus, Melanophryniscus and Oreophrynella. Bull. Los Angeles
County Mus., Sci., 12 : 1-66.
Rivero, J. A., 1961. — Salientia of Venezuela. Bull. Mus. comp. Zool., 126 : 1-207.
— 1968. — More on the Atelopus ( Amphibia, Salientia ) from western South America.
Carib. J. Sci., 8 (1-2) : 19-28.
Van Lidth de Jeudf., T., W., 1904. — Reptiles and Batrachians from Surinam. Notes from the
Leyden Mus.. 25 : 83-94.
Manuscrit déposé le 30 octobre 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 144, mai-juin 1973,
Zoologie 108 : 997-1005.
Achevé d’imprimer le 31 janvier 1974.
IMPRIMERIE NATIONALE
3 564 003 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d'un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d'un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-IIilaire, 75005 Paris.