BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 170
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
JUILLET-AOUT 1973
115
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
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Rédacteur général : Dr. M.-L. Baüchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum, national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 170, juillet-août 1973, Zoologie 115
Sur une nouvelle espèce d’Holothurie dendrochirote
du golfe de Guinée : Hemioedema multipodia n. sp.
par Gustave Cherbonnier *
Résumé. — Une nouvelle espèce d’Holothurie dendrochirote : Hemioedema multipodia n. sp.,
est ici décrite et comparée aux trois autres espèces connues du genre.
Abstract. — A new dendrochirotid Holothurian is deseribed : Hemioedema multipodia n. sp.,
and compared with the three others species of the same genus.
La faune du golfe de Guinée, notamment celle des Échinodermes, est encore assez mal
connue, ce qui explique l’abondance relative d’espèces nouvelles découvertes dans cette
vaste région.
En étudiant une collection d’Holothuries, aimablement confiée par le Dr Benoit,
Chef de la section des Invertébrés du Musée royal d’Afrique centrale de Tervuren (Belgique),
j’ai eu l’attention attirée par cinq exemplaires d’une Holothurie dendrochirote, du genre
Hemioedema ; après examen, elle se révéla hien différente des trois espèces jusqu’ici connues
de ce genre : H. gruveli Hérouard, des côtes de Mauritanie, H. albofusca et H. goreensis
Cherbonnier, des eaux de Dakar.
Hemioedema multipodia n. sp.
Origine. — Golfe de Guinée. Zone s’étendant entre l’isobathe de 15 m et celui de 10 m,
située entre le parallèle de Banana et celui de la frontière de Cabinda ; .1. Meulenrerg
coll., mars 1960.
L’holotype — ainsi que les quatre autres spécimens, tous marron — a l’aspect d’une
boule épineuse pourvue de prolongements coniques, l’un buccal de 3,5 mm de long, l’autre
anal de 7 mm (fig. 1, A-D). Le trivium mesure 58 mm de long, de la bouche à l’anus, le hivium
seulement 38 mm. La face ventrale est couverte uniformément de longs podia cylindriques,
non entièrement rétractiles, terminés par une petite ventouse dépourvue de disque calcaire
de soutien. La face dorsale est uniformément couverte de longues papilles rigides, coniques,
non rétractiles, à sommet effilé pourvu d’une très petite ventouse sans disque calcaire.
Sur les prolongements coniques des parties buccale et anale, podia et papilles deviennent
hien plus petits, extrêmement serrés, et chaque radius y est souligné par une profonde
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie du Muséum national d'Histoire natu¬
relle, 55, rue de Buffon, 75005 Paris.
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GUSTAVE CHERBONNIER
Fig. i. — Hemioedema multipodia n. sp. Holotypc.
A, vue dorsale; B, vue ventrale; C, extrémité anale; I), extrémité orale.
A, B = éch. 1 ; C, D = éch. 2.
rainure étroite (fig. 1, A). Citez l’animal vivant, il est probable que les cônes buccal et sur¬
tout anal s’allongent considérablement et, qu’alors, les podia et les papilles sc répartissent
comme sur le reste du tégument tout en restant de petite taille.
La bouche est entourée de dix petits tentacules très touffus, gris clair ponctué de gris
foncé, les deux ventro-médians étant nettement plus courts que les huit autres. Couronne
calcaire péripharyngiennc faite de dix pièces, cinq radiales à sommet échancré, prolongées
distalement par deux courtes queues, et cinq interradiales triangulaires (fig. 2, Q). Une
grosse et courte vésicule de Poli ; un canal hydrophore coiffé d’un madréporite lobé (fig. 2,
NOUVELLE HOLOTHURIE DENDROCHIROTE
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Fig. 2. — Hemioedema multipodia n. sp. A, plaque du tégument dorsal ; lï, plaques du tégument ; C,
bâtonnets des podia ventraux ; D, plaque des papilles dorsales ; E, bâtonnet des ramifications des
tentacules ; F, G, bâtonnets du tronc des tentacules ; 11-P, corbeilles ; Q, couronne calcaire x 3,5 ;
R, madréporite X 12.
H-P = éch. 2 ; autres figures = éch. 1.
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GUSTAVE CHERBONNIER
R). Muscles longitudinaux émettant, vers leur milieu, des muscles rétracteurs rubanés.
Gonades disposées, de chaque côté du mésentère dorsal, en touffes de plusieurs centaines
de très longs tubes simples, très fins. Poumons extrêmement développés, très ramifiés,
de la longueur du corps. L’intestin débouche dans un cloaque long et étroit ; anus étoilé,
sans dents.
Le tégument renferme deux sortes de spiculés : une couche superficielle de corbeilles,
une couche profonde de grandes plaques ajourées.
Les corbeilles en voie de formation sont à peine creuses, percées de quatre trous, à
bords portant de très courts processus arrondis (fig. 2, H) ; le nombre de trous augmente,
ainsi que celui des processus, les corbeilles se creusent davantage (fig. 2, I, L, M) pour pren¬
dre leur forme définitive (fig. 2, K) ; de nombreuses corbeilles ont des formes aberrantes
(fig. 2, J, N, O, P).
Les autres sclérites sont de grandes plaques allongées, très perforées (fig. 2, A), surtout
dominantes dans le tégument dorsal. Dans le tégument ventral, les plaques sont plus petites
et prennent souvent des formes irrégulières (fig. 2, B) ou celles de longs bâtonnets étroits,
semblables mais plus développés que ceux des podia et des tentacules (fig. 2, C).
Les podia et les papilles contiennent de nombreuses corbeilles identiques à celles du
tégument, accompagnées de bâtonnets chez les podia (fig. 2, C), et de plaques petites (fig. 2,
D) ou semblables à celles du tégument dorsal (fig. 2, A) chez les papilles.
Le tronc des tentacules possède des bâtonnets un peu différents de ceux des podia
(fig. 2, F, G), les bâtonnets des ramifications étant bien plus petits et délicats (fig. 2, E).
Il n’y a pas de corpuscules crépus dans le tégument, les tentacules ou l’introvert.
Rapports et différences
Dans une révision du genre Hemioederna (1958), je notais que les trois espèces avaient
une morphologie externe très semblable : même forme, tégument de couleur presque iden¬
tique, podia répartis sur le corps entier sans radius discernables sauf, parfois, chez H. goreen-
sis. Seule, la spiculation permettait de les distinguer.
Il en est autrement pour la morphologie externe de H. multipodia dont 1 aspect est
bien différent, avec ses longs podia ventraux et ses grosses papilles dorsales rigides. En ce
qui concerne la spiculation, son tégument renferme de vraies corbeilles à longues expansions
latérales qu’aucune des trois autres espèces ne possède, même II. gruveli qui n’a que des
pseudo-corbeilles ; les sclérites de la couche profonde se composent de boutons et de gros
nodules en cône de sapin chez H. goreensis, de biscuits et de nombreux corpuscules crépus
chez H. albofusca, de plaques lisses et de grandes plaques très épaisses, non noduleuses,
chez II. gruveli. Enfin, les corpuscules crépus des tentacules et de l’introvert manquent
complètement chez II. multipodia, alors qu’ils existent chez les autres Hemioederna.
L’holotype de II. multipodia est conservé dans les collections du laboratoire de Bio¬
logie des Invertébrés marins du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, les para-
types au musée de l’Afrique centrale de Tervuren, Belgique.
NOUVELLE HOLOTHURIE DENDROCHIROTE
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RÉFÉRENCES RIRLIOGRAPHIQUES
Cherbonnier, G., 1949. — Note sur une Holothurie nouvelle des côtes du Sénégal : Hemioedema
goreensis n. sp. Bull. Mus. natn. llist. nat., Paris, 2 e sér., 21 (5) : 585-589, text-fig. 1-2.
— 1958. — Le genre Hemioedema. Bull. Inst. fond. Afr. noire, sér. A, 20 (2) : 320-329, text-
fig. 1-3.
Hérouard, E., 1929. — Holothuries de la côte atlantique du Maroc et de Mauritanie. Bull. Soc.
Sci. nat. Maroc, 9 : 45-48, text-fig. 2 A-H, pl. I, fig. 4.
Manuscrit déposé le 9 octobre 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 170, juillet-août 1973,
Zoologie 115 : 1161-1165.
Achevé d’imprimer le 30 mars 1971.
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. —- The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p
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