BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
IIIIIIIIIIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
N° 186 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1973
h
125
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1973
Abonnement général : France, 360 F ; Étranger, 396 F.
Zoologie : France, 250 F ; Étranger, 275 F.
Sciences de la Terre : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Botanique : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 15 F ; Étranger, 16 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 186, septembre-octobre 1973, Zoologie 125
Contribution à l’étude des Lépidoptères Hétérocères
du massif de l’Andringitra
(Madagascar Centre)
RCP 225 — Campagne 1970-1971
(Insecta Lepidoptera Shingidae, Saturniidae, Amatidae, Lymantriidae,
par Paul Griveaud *
Résumé. — Cette note est une étude des récoltes effectuées dans le massif de l’Andringitra
et ses annexes au cours de la campagne RCP 225 de 1970-1971, dans les familles de Lymantrii¬
dae, Amatidae, Saturniidae et Sphingidae. Cinq espèces nouvelles de Lymantriidae et un Amati¬
dae y sont décrits. Des tableaux, des graphiques et des observations tentent de délinir les éléments
à tendance orophile des quatre familles étudiées.
Abstract. — In this paper the author studies collections made in the Andringitra mountain
range and its dependencies during the operations of the RCP 225 1970/1971 (and on a previous occa¬
sion in january 1958), in the following familics of Lepidoptera : Lymantriidae, Amatidae, Satur¬
niidae and Sphingidae. Five new species of Lymantriidae and one of Amatidae arc described.
Tables, graphs and notes are given in an endeavour to define the spécifie mountain éléments in
the four families studied and their distribution.
Nous donnons ci-après le résultat des récoltes et observations effectuées dans le massif
de l’Andringitra pour les quatre familles de Lépidoptères sur lesquelles nous poursuivons
des études.
La présente note a été rédigée tandis que de son côté notre collègue et ami P. Viette,
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, nous précédait en rédigeant une note sur
les Noctuelles trifides récoltées par lui en notre compagnie, au cours de la même campagne
(Viette, 1972).
La publication de P. Viette est plus complète et plus détaillée que ne l’est le travail
qui suit.
Nous recommandons de se reporter à ce travail, qui donne une meilleure idée des possi¬
bilités de l’existence d’une faune, sinon vraiment orophile, du moins à répartition alticole
assez caractéristique. Les Noctuelles tiifides sont vraisemblablement, pour le genre d’étude
qui nous était demandé, de meilleurs témoins que ne le sont les quatre autres familles sur
lesquelles nous travaillons nous-même.
Par ailleurs P. Viette a pu utiliser sa révision du groupe des Trifides malgaches, ce
qui n’était pas notre cas pour les Lymantriidés.
* Fail'amzer, Sainte Marguerite, 44380 Pornichet.
Travail rédigé au Centre ORSTOM de Madagascar.
186, 1
1462
PAUL GRIVEAUD
1
2
3
5
6
7
Fig. 1-7. — 1 , Dasycltira maculata n. sp., çj ; 2, id., Ç ; 3, Porthesaroa sogai n. sp. ; 4, Dasycliira betschi n. sp. ;
5, Tsarafidynia bla?ici n. sp. ; 6, Dasycliira collenettei n. sp., (J ; 7, id., $.
Méthodes et lieux des récoltes
Les récoltes ont été effectuées de nuit principalement avec abri de chasse à drap blanc
vertical et lampe à vapeur de Hg de 125 W alimentée par groupe électrogène.
Quelques espèces ont été capturées à vue, de jour, particulièrement en fin d’après-
midi, où leur activité est la plus grande (Amatidae).
Les lieux de récolte sont les suivants 1 (leurs numéros correspondent à ceux des
tableaux) :
Massif de l’Andrianony — Manjarivolo, 1650 m (1)
Massif de l’Andringitra — Plateau d’Andohariana, 2030 m (2)
» » — Cirque Boby, 2500/2550 m (3)
» » — Marositry, 2000 m (4)
') » — Anjavidilava, 1900/2000 m (5)
» » — Ambalamarovandana, 1530 m (6)
1. Pour les milieux végétaux des diverses localités, se reporter au tableau dressé par J. L. Guillau-
mf.t et aux listes des pages 259 à 261 du Rapport de la mission (Guillaumet, 1971).
LÉPIDOPTÈRES HETEROCÈRES DU MASSIF DE l’aNDRINGITRA
1463
I. — DESCRIPTION DES NOUVEAUX TAXA 1
Lymantriidae
Porthesaroa sogai n. sp.
(Fig- 3)
Holotype : 1 Madagascar Centre, Andringitra oriental, forêt d’Anjavidilava, 1 990 m,
19/25-XI1-1970 (P. Griveaud ) (genitalia prép. P. Griveaud n° 742) (Muséum, Paris).
Allotype : 1 Ç, Madagascar Centre, Andringitra méridional, chaîne de l’Andrianony,
cirque de Manjarivolo, 1 650 m, 26-X/4-XI-1970 (P. Viette et P. Griveaud) (genitalia prép.
P. Griveaud 745) (Muséum, Paris).
Paratypes : 1 <$, Madagascar Centre, Andringitra central, plateau d’Andohariana
(Soaindrana), 2 030 m, 10/21-XI-1970 (P. Viette et P. Griveaud); 1 mêmes station,
dates et récolteur que l’holotype (Muséum, Paris).
<$. — Envergure : 24 mm. Longueur des ailes antérieures : 11 mm. Tête, thorax,
ptérygodes, pattes et palpes de fond blanc fortement semé de gris brun. Antennes avec
le flagellum blanc sale semé de gris brun, pectination gris brun. Abdomen concolore avec
le thorax.
Ailes antérieures de fond blanc brillant semé d’écailles gris brun. On distingue essen¬
tiellement : une forte tache gris brun au milieu du bord dorsal, une tache subtriangulaire
plus foncée le long de la côte, bien avant l’apex. Cette tache est suivie, près de l’apex, le
long de la côte, par une seconde, bien plus petite. Enfin, une ombre large, antémarginale
le long du bord externe. Une ligne de points blancs internervuraux avant les franges qui
sont gris brun mélangé de blanc.
Ailes postérieures blanc sale, avec deux ombres gris brun parallèles au bord externe,
l’une postmédiane, la deuxième antémarginale.
Au revers, les ailes antérieures sont gris brun, éclaircies vers le bord dorsal. Les ailes
postérieures portent les mêmes macules gris brun qu’à l’avers, mais mieux marquées.
Armure génitale (fig. 8). De forme trapue. Les valves sont petites, subovales, l’uncus
étroit et crochu. Saccus allongé, de forme triangulaire en vues ventrale et dorsale, édéage
simple, faiblement courbé.
Ç. — Diffère du mâle par son envergure légèrement plus grande (26 mm), par les
antennes bien plus fines et courtement pectinées et par la teinte générale plus claire des
ailes antérieures, avec les taches ou macules brunes plus diffuses. Revers des ailes égale¬
ment plus clair.
Armure génitale (fig. 9). Wostium bursae ne comporte pas de plaque vaginale scléri-
fiée, la bursa est petite et courte.
1. Les photographies des insectes décrits sont en grandeur naturelle. L’échelle figurant sur les dessins
d’armures représente 1 mm.
LÉPIDOPTÈRES HETÉROCÈRES DU MASSIF DE l’ANDRINGITRA
1465
Fig. 10. — Dasychira montana n. sp., $.
Dasychira montana n. sp.
(Fig. 10)
Holotype : 1 <$, Madagascar Centre, S/Préf. d’Ambositra, Ankazomivady, 1 640 m,
23-VIII-1957 (P. Griveaud ) (genitalia prép. P. Viette n° 5 285) (Muséum, Paris).
Allotype : 1 Ç, Madagascar Centre, Andringitra central, plateau d’Andohariana (Soain-
drana), 2 030 m, 10/21-XI-1970 (P. Viette et P. Griveaud) (prép. P. Griveaud n° 746)
(Muséum, Paris).
Paratype : 1 <$, Ambatofînandrahana, 1 180 m, 27-VII-1957 (P. Griveaud) ; 6 $,
récoltées en même temps que l’allotype ; 2 Ç, Andringitra oriental, est de la rivière Antsi-
fotra, formation à Agauria, 2 000 m, 2/5-XII-1970 (P. Soga) (Muséum, Paris, et Centre
ORSTOM, Tananarive).
(J. — Envergure : 57 mm. Longueur des ailes antérieures : 28 mm. Tète, thorax et abdo¬
men uniformément beige clair. Palpes beiges marqués de brun sur leur face externe à la
base. Antennes fortement bipectinées, avec le flagellum blanc, semé de brun roux ; pecti-
nation fauve. Pattes brun noir, annelées de blanc sur les tibias.
Ailes antérieures de fond blanc, avec un semis dense d’écailles noires. Trois lignes
très nettes formées de taches rouges internervurales traversent l’aile. La première, courte,
postbasale, la seconde antémédiane, presque droite et perpendiculaire au bord dorsal, la
troisième, sinueuse, antémarginale. Une ombre brune le long du bord externe.
Ailes postérieures blanc jaunâtre, les antérieures saupoudrées de brun dans la partie
discale, vers le bord costal.
Armure génitale (fig. 11). L’uncus, crochu, est large et trapu ; les valves larges, subo¬
vales ; l’édéage porte une plaque dentelée comportant une dépression centrale dans son
axe médian.
Ç. — Diffère du mâle par sa teinte générale nettement plus foncée. Les lignes rouge
sombre des ailes antérieures sont mieux marquées et renforcées de taches discocellulaires
et marginales très nettes.
186, 2
1466
PAUL GRIVEAUD
Ailes postérieures également plus foncées, légèrement saupoudrées de brun.
Tête, thorax et abdomen également plus foncés, semés de brun. Antennes beaucoup
plus fines.
Armure génitale (fig. 15). Ostium bursae très large. Bursa formant un repli prononcé
à son origine sous Y ostium.
c, uncus vu de dessus ; d, édéage.
Cette espèce est proche de D. çibicipennis (Butler) dont elle se distingue facilement,
chez les mâles, par l’absence de marge blanche le long de la côte aux ailes antérieures et les
caractères de l’armure.
L’uncus, chez D. montana, est court, recourbé et trapu, tandis qu’il est étroit, allongé
et aplati chez D. vibicipennis. L’édéage porte une plaque dentelée creusée longitudinale¬
ment, alors qu’elle est plate chez D. vibicipennis.
Nous n’avons malheureusement pas pu comparer les femelles des deux espèces, n’ayant
eu en mains que celles de D. montana n. sp.
Dasychira maculata n. sp.
(Fig. 1 et 2)
Holotype : 1 <$, Madagascar Centre, Andringitra oriental, forêt d’Anjavidilava, 2 005 m,
1/15-1-1971 (P. Griveaud) (Muséum, Paris).
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE l’aNDRINGITRA
1467
Allotype : 1 Ç, même localité, 1 975 m, 26/30-XII-1970 (P. Griveaud ) (prép. P. Gri-
veaud n° 741) (Muséum, Paris).
Paratypes : 1 <$, Madagascar Centre, massif de l’Ankaratra, Ambahona, 1 940 m,
5-IV-1956 (P. Griveaud) ; 1 $, Madagascar Centre, Andringitra méridional, chaîne de l’An-
drianony, cirque de Manjarivolo, 1 650 m, 26-X/4-XI-1970 (P. Vielte et P. Griveaud) ;
1 o, récolté en même temps que l’holotype ; 1 Ç, récoltée en même temps que l’allotype ;
3 $, Andringitra oriental, forêt d’Anjavidilava, 1 990 m, 19/25-XII-1970 (P. Griveaud) ;
1 <$, même localité, même récolteur, 3-VII-1956 ; 1 q, Madagascar Centre, massif de l’Andrin¬
gitra, forêt Imaitso, Anjavidilava, 2 030 m, 19-1-1958 (P. Griveaud); 3 q, Madagascar
Centre, Ambohimahasoa, forêt de Tsarafidy, 1 450 m, XII-1959, 1-1960, 1-1961 (P. Gri¬
veaud) ; 1 $, id., 12/18-XI-1963 (P. Viette) ; 1 (J, Madagascar Centre, Anjozorobe, forêt
de Vanjamanitra, 1 380 m, 20/23-X-1966 (P. Griveaud, J. Vadon et P. Viette) ; 4 $ et 6 Ç,
Madagascar Centre, Mantasoa, Andrangoloaka, 1 389 m, III-1970 (P. Griveaud) ; 2 çj,
Madagascar Centre, massif de l’Ankaratra, 2 200 m, 6-VII-1971 (B. Turlin) (Muséum,
Paris, et Centre ORSTOM, Tananarive).
— Envergure : 36 mm. Longueur des ailes antérieures : 17 mm. Dessus de la tête
blanc, tacheté de brun. Palpes beiges, tachés de brun sur les côtés près de la base. Antennes
avec les pectinations brunes en dessus, beiges en dessous. Ptérygodes et thorax chinés de
blanc et de brun. Pattes blanches annelées de brun. Abdomen blanc semé de roux, avec
trois touffes de poils brunâtres sur le dessus.
Ailes antérieures de fond gris brun, avec des taches vert vif soulignées de noir. Bord
costal avec des taches blanches. Une macule subrectangulaire blanche très nette au-
dessus et au milieu du bord costal. On distingue en outre : une tache basale verte
Fig. 12. — Armure génitale $ de Dasychira maculata n. sp. : a, vue de profil ; b, vue ventrale ;
c, unous vu de dessus ; d, édéage.
1468
PAUL GRIVEAUD
13 14 15
Fig. 13-15. — Armures génitales $ de Dasychira, vues ventrales.
13, D. collenettei n. sp. ; 14, D. mandata n. sp. ; 15, D. montana n. sp.
avec, distalement, une macule brune, deux lignes sinueuses noires, s’écartant vers le
bord costal et se terminant chacune dans une petite tache blanche. Ombres vertes
et brunes parallèles au bord externe, une série de taches semi-lunulaires vertes inter-
nervurales, contre le bord externe ; ces taches sont intérieurement bordées d’un liseré noir.
Franges brunes, avec des poils blancs à l’extrémité des nervures.
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE l’aNDRINGITRA
1469
Ailes postérieures blanches, avec un fin liseré antémarginal au bord externe et une
petite tache brune sur les discocellulaires.
Revers des ailes postérieures avec une ombre brune au bord antérieur avant l’apex.
Armure génitale (fig. 12). L’uncus est aplati et effilé, les valves tronquées à leur apex.
L’édéage porte une plaque allongée et étroite à sa base, dentelée sur les bords.
$. — Envergure : 40 à 45 mm. Mêmes dessins alaires, mais teinte générale plus foncée
et les ailes postérieures brunes.
Armure génitale (fig. 14). Bursa très développée, ostium bursae fortement sclérifié.
Cette espèce est pioche de D. viola Butler, dont elle se distingue par les ailes postérieures
pratiquement blanches du mâle et la présence d’une macule subrectangulaire blanche aux
ailes antérieures.
Dasychira collenettei n. sp.
(Fig. 6 et 7)
Holotype : 1 <J, Madagascar Centre, Andringitra oriental, forêt d’Anjavidilava, 2 005 m,
1 /15-1-1971 (P. Griveaud) (prép. P. Griveaud n° 632) (Muséum, Paris).
Allotype : 1 Ç, même localité, même récolteur, 26/30-X11-1970 (prép. P. Griveaud
n° 740) (Muséum, Paris).
Paratypes : 1 çj, Madagascar Est, environs de Périnet, forêt d’Analamazoatra, 910 m,
20-111-1955 (P. Viette) ; 7 Réserve naturelle intégrale II 1, Ambatovositra, Andranoma-
laza, XI1-1956, I et 11-1957 (P Soga) ; I $, Madagascar Est, route de Lakato, km 15, 2/10-
1-1959 (P. Viette) ; 1 Madagascar Xord, massif du Tsaratanana, au-dessous de l’Ando-
hanisambirano, Matsabory, 1 900 m, déb. XII-1964 (P. Soga) : 3 q, S/Préf. Anjozorobe,
Analavory, 11-1965 (P. Griveaud ) ; 1 g, Madagascar Centre, route de Lakato, XII-J968
(G. Dujardin Delacour) ; 2 Madagascar Centre, route d’Andriamena, forêt d’Andranobe,
1 250 m, 29-1/6-11-1970 (P. Griveaud ) ; 2 Madagascar Centre, Moramanga, route de
Beparasy, Ambodimanga, 800 m, l-XI-1970 (B. Turlin) ; 1 <$, Madagascar Est, Manjakan-
driana, La Mandraka, 1-1972 (B. Turlin) (Muséum, Paris, et Centre ORSTOM, Tananaiive).
cJ. — Envergure : 34 mm. Longueur des ailes antérieures : 16 mm. Dessus de la tête
blanc semé de beige. Palpes blanc sale, bruns à la base sur leur face externe. Antennes
avec le seape et le flagellum blancs, pectinations brunes. Thorax blanc semé de beige,
ptérygodes concolores, pattes blanches. Abdomen brun clair en dessus, avec trois touffes
de poils, blanc en dessous.
Ailes antérieures de fond blanc, avec à la base une tache formée d’un semis d’écailles
vert foncé, bordée extérieurement par une ligne brisée oblique d’écailles brunes allant du
premier tiers du bord costal au milieu du bord dorsal. Au milieu du bord costal, une tache
subtriangulaire vert foncé, bordée de brun le long de la côte. Une plus petite tache foncée,
antéapicale, le long de la côte. Semis dispersé d’écailles vertes sur toute la surface de l’aile.
Ailes postérieures blanches, saupoudrées de brun vers le bord antérieur. L T ne fine
ligne brun clair, parallèle au bord externe.
Revers des ailes blanc, avec le bord costal des antérieures brun.
1470
PAUL GRIVEAUD
Fig. 16. — Armure génitale $ de Dasychira collenettei n. sp. : a, vue de profil ; b, vue ventrale ;
c, uncus vu de dessus ; d, édéage.
Armure génitale (fig. 16). Uncus tronqué à son apex en vue de profil, valves subovales
régulièrement arrondies à l’apex. Edéage avec une plaque dentelée courte et large.
Ç. — Envergure : 34 mm. Teinte générale plus foncée, particulièrement aux ailes pos¬
térieures qui sont gris brun.
Armure génitale (fig. 13). Bursa étroite et allongée. Ostium bursae en godet très sclé-
rifié.
Le mâle de cette espèce avait été confondu par Collenette avec celui de D. abbre-
viata (Butler) et étiqueté sous ce nom, de sa main, dans les collections du Muséum, à Paris,
et du Centre ORSTOM de Tananarive.
En fait, collenettei devra être placée ultérieurement dans un genre différent que
celui d 'abbreviata.
Dasychira betschi n. sp.
(Fig. 4)
Holotype : 1 Madagascar Centre, Andringitra oriental, forêt d’Anjavidilava, 2 005 m,
1/15-1-1971 ( P. Griveaud) (Muséum, Paris).
Paratypes : 1 (J, Madagascar Centre, Andringitra méridional, chaîne de l’Andrianony,
cirque de Manjarivolo, 1 650 m, 26-X/4-XI-1970 (P. Viette et P. Griveaud) ; 4 même
localité, même date et même récolteur que l’holotype (Muséum, Paris).
— Envergure : 35 mm. Longueur des ailes antérieures : 17 mm. Dessus de la tête
brun. Palpes bruns, antennes brunes avec l’apex du flagellum blanc, pectination brune.
Thorax brun semé de blanc. Pattes annelées de brun et de blanc. Abdomen brun fauve.
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE l’ANDRINGITRA
1471
Ailes antérieures de fond brun, chargé de vert olive, avec des semis d’écailles blanches.
On distingue trois lignes brisées noires, une postbasale, une antémédiane et une postmédiane,
les deux dernières s’écartant vers le bord costal et marquées de blanc de chaque côté le
long de la côte. Une ombre foncée élargie près du bord costal entre les deux branches des
lignes anté- et postmédiane. Une tache brune, dentelée, antémarginale. Franges brunes,
avec des poils blancs à chaque nervure.
Ailes postérieures gris brun avec deux lignes ombrées, postmédianes et parallèles au
bord externe.
Au revers, les antérieures sont brunes avec un assombrissement dans la partie médiane,
le long du bord costal. Une ligne brune, largement antémarginale, traverse l’aile du bord
costal au bord dorsal.
Ailes postérieures, comme à l’avers, mais avec les lignes ombrées mieux marquées.
Armure génitale (fig. 17). Valves subtriangulaires. Uneus crochu et épais. Edéage avec
une plaque dentelée, triangulaire et allongée.
$. — Inconnue.
Fig. 17. — Armure génitale ^ de Dasychira betschi sp. : a, vue de profil ; b, vue ventrale ;
c, uneus vu de dessus ; d, édéage.
Amatidae
Tsarafidynia blanci n. sp.
(Fig. 5)
Holotype : 1 Madagascar Centre, Andringitra oriental, Anjavidilava, 1 900/2 000 m,
19-XII-70/15-I-1971 (P. Griveaud ) (prép. P. Griveaud n° 747) (Muséum, Paris).
1472
PAUL GRIVEAUD
Allotype : 1 Ç, même localité, 2 005 tri, 19-XII-70/15-I-1971 (P. Soga) (Muséum, Paris).
Paratypes : 1 <$, même station que l’holotype, 1 975 m, 26/30-XII-1970 (P. Griveaud) ;
1 3, même localité que l’allotype (P. Soga).
3- — Envergure : 18 mm. Longueur des ailes antérieures : 9 mm. Tête, palpes, thorax,
ptérygodes concolores, gris beige. Antennes noires, simples et finement ciliées. Abdomen
jaune paille.
Ailes antérieures de fond gris beige, identique à la tête et au thorax avec des ombres
foncées et claires sans séparation nette. La côte et les franges sont brun foncé.
Ailes postérieures jaune paille avec le bord marginal étroitement brun foncé ainsi
que les franges.
Au revers, les ailes antérieures ont leur nervation soulignée de brun avec une petite
tache jaune paille, dans la cellule, toute la partie apicale de l’aile également jaune paille.
Ailes postérieures comme à l’avers.
Armure génitale (fig. 18). Les valves sont fines et allongées, l’uncus large en vue dorsale
et recourbé en vue de profil. Le saccus est de longueur moyenne. Édéage faiblement courbé,
sans cornuti apparent.
Fig. 18. — Armure génitale (J de Tsarafidynia blanci n. sp. : a, vue. de profil ; b, vue ventrale ;
c, uncus vu de dessus ; d, édéage.
Ç. — Diffère du mâle par son envergure légèrement plus grande (20 mm) et par la
teinte plus foncée, tirant sur le brun, du corps et des ailes antérieures.
A l’avers, les ailes antérieures présentent deux macules jaunes très distinctes, l’une
allongée, près de la base le long du bord dorsal, et l’autre ronde au milieu et largement avant
le bord externe. Ces deux taches jaunâtres se retrouvent au revers, et d’autres, peu dis¬
tinctes, apparaissent entre elles.
Les ailes postérieures sont comme chez le mâle, mais ombrées de brun dans la partie
apicale.
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE l’aNDRINGITRA
1473
L’armure génitale n’a pas été disséquée.
Discussion. — Cette nouvelle espèce nous a causé quelques difficultés pour sa position
systématique exacte.
La nervation est entièrement conforme à celle des genres Maculonaclia Griveaud et
T sarafidynia Griveaud (nervations identiques).
Le genre Maculonaclia, que nous avons divisé en plusieurs groupes d’espèces, avait
été séparé du genre précédent, du fait que les espèces connues lui appartenant comportent
toutes des taches ou macules jaunes très nettes aux ailes antérieures.
La nouvelle espèce décrite ci-dessus ne pouvait donc s’intégrer dans la clé de détermi¬
nation des genres que nous avons établie, à moins de la modifier, que dans le genre T sara¬
fidynia.
Cependant, l’armure sexuelle mâle est bien plus proche de celle de Maculonaclia alti-
tudina Griveaud, que de celle de Tsarafidynia perpusilla (P. Mabille).
Nous pensons, en conclusion, qu’ainsi que nous le disions dans notre révision de la
famille (1964, Introduction, p. 2) les genres et sections que nous avons créés en essayant
de simplifier les divisions taxinomiques au maximum devront faire plus tard, avec l’appro
fondissement progressif de nos connaissances sur la famille, l’objet de remaniements.
IL — ÉTUDE DES RÉCOLTES PAR FAMILLE ET PAR STATION
Lymantriidae
Sept genres et vingt-huit espèces, représentés par 127 individus au total, ont été récoltés.
Parmi les Lymantriidés capturés dans l’Andringitra, trois espèces semblent montrer
des tendances orophiles ou être des vicariants dérivant d’espèces de moyenne ou basse
altitude. Ce sont :
— Porthesaroa sogai n. sp. qui n’a jusqu’alors jamais été prise ailleurs, et pourrait
être considérée comme appartenant à une faune d’altitude ;
— Dasychira montana n. sp. x , proche de D. vibicipennis (Butler), qui peut être consi¬
dérée comme un vicariant d’altitude ; les seuls spécimens connus ont tous été capturés entre
1 500 et 2 000 m ;
— Dasychira maculata n. sp. qui n’a jamais, à notre connaissance, été capturée en dessous
de 1 300 m.
Les vingt-cinq autres espèces récoltées ont une vaste dispersion et se retrouvent à
des altitudes très variables.
1. Dans la révision que nous avons en cours de travail sur cette famille, le genre Dasychira Hübner
est appelé à éclater en un nombre assez important de genres nouveaux.
Il est en effet impossible de laisser sous ce nom de genre (décrit d’Amérique, espèce type du genre :
D. tephra Hübner) toutes les espèces malgaches, très variées, placées par les anciens auteurs sous ce nom
générique, nettement impropre, comme on le constate aisément, et en particulier d’après la structure des
différents types d’armures sexuelles.
Dans les descriptions d’espèces nouvelles qui précèdent, nous avons laissé, à titre provisoire, sous le
nom de genre Dasychira les espèces se rapprochant de ce genre au sens des anciens auteurs.
Mais, lorsque nous pourrons publier la révision générale de la famille les affections génériques seront
à modifier.
1474
PAUL GRIVEAUD
Tableau
des récoltes par station
Genres et espèces
Nombre de spécimens par
12 3 4
STATION
5
6
Total
Euproctis stenobia Collenette
1
10
il
» producta Walker
2
1
5
1
9
» putilla Saalmüller
1
1
Dasychopructis dubiosa Hering
2
1
3
*Porthesaroa sogai n. sp.
1
2
3
Laelia conioptera Collenette
1
1
» nigrostriata (Kenrick)
2
2
Dasychira bata Collenette
1
1
» viola (Butler)
15
1
16
» rencminata Strand
1
1
» euthyzona Collenette
3
3
» lignea (Butler)
1
1
» pastor (Butler)
1
1
» pyrsonata Collenette
1
1
2
» montana n. sp.
2
7
9
» mascarena Butler
1
1
2
» maculata n. sp.
2
1
3
» collenettei n. sp.
1
1
» betschi n. sp.
1
9
10
» prasina (Butler)
1
1
» perinetensis Collenette
1
15
16
Lymantria malgassica (Kenrick)
2
1
3
» polycima Collenette
5
5
» dubia (Kenrick)
1
5
6
» castanea (Kenrick)
1
1
» rosea Butler
6
4
6
» dulcinea Butler
2
6
Numenoides grandis Butler
1
2
3
Totaux par station
16 6
8
71
26
127
On notera que les Lymantriidae, dans les stations étudiées, diminuent en nombre,
d’une part avec l’altitude (aucune capture au cirque Boby, 6 seulement au plateau d’Ando-
hariana et 8 à Marositry) et, d’autre part entre les régions forestières et celles à végétation
basse et réduite.
Mais il faut rappeler que de nombreuses espèces de Lymantriidés malgaches éclosent
en fin de saison chaude, certaines étant même abondantes en hiver, ce qui peut entraîner
d’importantes variations entre les diverses saisons, tant en nombre de spécimens qu’en
nombre d’espèces.
Nombre total des specimens
1475
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE l’aNDRINGITRA
Fig. 19. — Lymantriidae : graphique des quantités récoltées par genre et espèce,
dans l’ensemble des stations du massif.
Quantités Genre et espèce Quantités
1476
PAUL GRIVEAUD
ANDRIANONA - MANJARIVOLO
. i . > V/YA . . £-3 . VÀA H , , ,
i
, PLATEAU ANDOHARIA NA
, ^.
^ ■
CUVETTE
BOBY
MAROSITRY
I
_ 1 _L _1_1_1_1_1_1 1 1 t 1_ i . ...
lu la
«
Qlû
Z\>-
Ûlû
E
-J lu
Fig. 20. — Lymantriidae : graphique de la répartition spécifique par station.
(Erratum : pour Andrianona, lire Andrianony.)
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE L’ANDRINGITRA
1477
Amatidae
Quatre genres et cinq espèces, représentes par 130 spécimens au total, ont été capturés.
Sur ce total, il faut souligner la grande abondance de deux espèces : Micronaclia imaitsia
Griveaud (72 spécimens) et Tsirananaclia milloti Griveaud (50 spécimens).
Tableau des récoltes par station
Genres et espèces
Nombre de spécimens par station
1 2 3 4 5 6
Total
Tsarafidynia perpusilla (P. Mabille)
*Tsarafidyma blanci n. sp.
Micronaclia imaitsia Griveaud
Tritonacha stephania (Ch. Oberthür) 1
T sirananaclia milloti Griveaud
2
2
4
4
72
72
1
2
50
50
Totaux par station
1
128 1 130
Parmi les espèces capturées dans l’Andringitra, quatre appartiennent à des genres
qui semblent nettement orophiles, dont les représentants n’ont jamais été capturés en
dessous de 1 200 m.
Ce sont : Tsarafidynia perpusilla (P. Mabille) et Ts. blanci n. sp., Micronaclia imaitsia
Griveaud et T sirananaclia milloti Griveaud.
Le genre Tritonaclia a une répartition verticale très différente puisque certaines espèces
ont été capturées au niveau de la mer (Maroantsetra) et d’autres jusqu’à près de 2 000 m.
Le genre T sirananaclia ne comporte jusqu’alors de représentants connus qu’au-dessus
de 1 400 m.
Les Amatidae semblent être l’une des familles de Lépidoptères les plus caractéristiques
possédant une répartition verticale tranchée. Leur répartition géographique, avec certains
genres limités à des domaines phytogéographiques distincts, fait également de cette petite
famille un groupe à retenir dans l’étude biogéogiaphique.
Il est à noter que les Amatidés sont peu phototropiques.
Dans l’Andringitra, seul Tritonaclia stephania (Ch. Oberthür) est venu à la lumière.
Les 128 autres spécimens capturés l’ont été de jour, au blet, dans le sous-bois.
Saturniid ae
Deux genres et deux espèces, représentés par 4 spécimens seulement ont été capturés b
1. Nous ne présentons pas de graphiques pour celte famille trop faiblement représentée.
Nombre total de specimens
1478
PAUL GRIVEAUD
ANDRIANONO
Manjarivolo
FIGURE 21 FIGURE 22
Fig. 21. — Amatidae : graphique des quantités récoltées par genre et espèce,
dans l’ensemble des stations du massif.
Fig. 22. — Amatidae : graphique de la répartition spécifique par station.
(Erratum : pour Andrianono, lire Andrianony ; pour Micronaclia imaïtsi, lire Micronaclia imaitsia.)
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE L’ANDRINGITRA
1479
Tableau des récoltes par station
Nombre des spécimens par localité
Genres et espèces
Total
1
2 3 4 5
6
Bunaea aslauga Kirby
2
2
Antherina suraka (Boisduval)
1
1
2
Totaux par station
1
1
2
4
Observations. — La plupart des Saturnidés ne se trouvent que dans les régions
boisées, ou à végétation arbustive feuillue.
Les prairies et la végétation éricoïde basse ne semblent guère convenir à leurs chenilles.
Contrairement aux deux précédentes familles, on ne connaît, à Madagascar, que peu
d’espèces typiquement altitudinales, à l’exception d’une ou deux espèces du genre Tago-
ropsis, avec, dans l’Ankaratra, Tagoropsis ankaratrae Viette, jamais pris jusqu’alors en
dessous de 1 500 m.
Les Saturnidés ne présentent donc que peu d’intérêt pour l’étude des écosystèmes
d’altitude.
La pauvreté des récoltes dans l’Andringitra peut toutefois être attribuée à ce que
quelques chasses seulement ont été poursuivies en deuxième partie de nuit, les représentants
de cette famille ne venant que rarement à la lumière avant minuit.
Spiiingidae
Dix genres et vingt espèces, représentés par 116 individus au total, ont été récoltés.
La richesse la plus grande en espèces et en nombre de spécimens se situe dans les milieux
de caractère nettement forestier : le cirque de Manjarivolo dans l’Andrianony et à Anja-
vidilava.
Les récoltes du plateau d’Andohariana, avec une végétation plus arbustive et plus
restreinte, doivent être appréciées en tenant compte de ce que la lumière de l’abri de chasse
avait un champ d’action bien plus vaste, qui a certainement dû influer sur l’abondance
relative des arrivées.
La pauvreté en Sphingidés de la cuvette du Boby, à 2 500 m, doit être soulignée. La
végétation réduite de la cuvette et sa faible dimension en sont les causes essentielles.
Seules les conditions climatologiques, vent violent et période précyclonique, peuvent
expliquer qu’un seul représentant de la famille ait été récolté à Ambalamarovandana, alors
que l’abri de chasse se trouvait face à une belle forêt.
1480
PAUL GRIVEAUD
Tableau
des
récoltes par
station
Genres et espèces
Nombre de
SPÉCIMENS
PAR LOCALITÉ
1
2
3
4
5 6
Total
Agrius convolvuli (L.)
3
1
4
4
12
Coelonia mauritii (Butler)
3
4
4
1
12
Batocnema coquerelii occidentalis Griveaud
1
1
Deilephila nerii (L.)
1
1
Nephele comma f. derasa R. et J.
1
1
2
» oenopion (Ilübner)
1
1
» densoi Keferstein
7
4
5
2
18
Ternnora grandidieri (Butler)
2
1
3
» argyropeza (Mabille)
1
1
» fumosa peckoveri (Butler)
2
5
i
1
9
» palpalis R. et J.
1
1
2
Atemnora westermani Boisduval
2
i
2
5
Ilyles biguttata (Walker)
15
1
16
» lineata livornica (Esper)
1
1
Basiothia medea Fabricius
1
2
i
6
10
Hippotion geryon (Boisduval)
1
1
5
2
9
» celerio (L.)
1
1
2
4
» balsaminae (Walker)
2
2
» batschi Keferstein
2
1
3
» saclavorum (Boisduval)
4
4
Totaux par station
37
24
4
23
27 i
116
Par ailleurs, il y a lieu de signaler les captures, exceptionnelles à cette altitude et dans
un milieu montagnard, de Batocnema coquerelii occidentalis Griveaud, sous-espèce des régions
de l’Ouest et du Sud, mais qui doit remonter sur les pentes occidentales de l’Andringitra
et passer accidentellement les sommets. Peut-on rapprocher cette capture des observa¬
tions anciennes de Lemur catta dans le massif ?
La capture d ’Hyles lineata livornicci (Esper), sous-espèce de l’Ouest et du Sud, mérite
aussi attention bien qu’il s’agisse là d’un Insecte à très large répartition et migrateur.
Il n’existe pas dans la famille des Sphingidae, qui est de vaste répartition, d'espèces
ou de sous-espèces propres aux hautes altitudes de l’Andringitra.
DISCUSSION
Les récoltes que nous avons effectuées parmi les quatre familles de Lépidoptères étu¬
diées dans la présente note ne peuvent donner qu’une idée approximative des genres et
espèces réellement présents.
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE l’aNDRINGITRA
1481
Genres Nombre total de specimens
— - M
M» O \A O
AGRI U$
COELONIA
BATOCNEMA
D E ILEPHILA
NEPHEUE
TEMNORA
ATEMNORA
HYL.ES
BA SIOTHIA
HIPPOTION
I-'ic. 2.3. -— Sphingidae : graphique des quantités récoltées par genre et espèce,
dans l’ensemble des stations du massif.
Quoiqu’il en soit, des résultats de cette première campagne, nous ne pouvons déduire
que l’existence, aux altitudes supérieures à 1 200-1 500 m, de genres, d’espèces ou de sous-
espèces qui ne paraissent pas descendre plus bas, malgré la continuité apparente de la
couverture forestière.
Les détails de la répartition de ces taxa reste à définir sur l’ensemble des massifs éle¬
vés de Madagascar et sur les sommets dépassant 1 000 à 2 000 m des îles voisines.
Ceci tient à plusieurs facteurs :
1° Mis à part les Insectes appartenant à la famille des Amatidae, les récoltes ont été
effectuées par des chasses à la lumière et l’on sait que les réactions phototropiques des
divers Lépidoptères sont extrêmement variables.
2° Les récoltes n’ont duré à chaque station qu’un temps court (quelques nuits) alors
que, pour avoir une connaissance complète d’une faune, il faudrait idéalement pouvoir
effectuer les collectes, à chaque station, pendant une année entière.
3° Les conditions météorologiques ont été variables d’une station à l’autre, d’un jour
à l’autre.
1482
PAUL GRIVEAUD
Fig. 24. — Sphingidae : graphique de la répartition spécifique par station,
j .Erratum : pour Andrianono, lire Andrianony.)
Ces réserves nous amènent à rechercher, pour une étude des écosystèmes de haute
montagne, objet de la RCP 225, les groupes les plus caractéristiques des zones d’altitude.
Parmi les quatre familles étudiées ici, seuls les Amatidae permettent d’intéressantes
constatations, d’une part du fait que nos connaissances sur cette famille sont pratiquement
LÉPIDOPTÈRES HÉTÉROCÈRES DU MASSIF DE L’ANDRINGITRA
1483
à jour, d’autre part parce que la majorité des espèces se capture de jour et à vue, enfin
parce qu’elle comporte une répartition verticale assez bien tranchée.
Il est bon d’indiquer ici que, lors de la création de la RCP, les groupes suivants de
Lépidoptères avaient été retenus par MM. R. Paulian et P. Viette comme étant les plus
favorables à une étude comparative et biogéographique des différentes faunes malgaches
d’altitude : Tortricidae, Geometridae, Larentiinae, Noctuelles trifides, Arctiidae Lithosiinae
et Satyridae. Des travaux sur les espèces de ces groupes récoltées par la RCP 225 dans le
massif de l’Andringitra et ses annexes ont été récemment publiés par A. Diakonoff, C. Her-
BULOT, H. DE ToULGOËT et P. VlETTE.
Dans l’impossibilité matérielle d’effectuer des récoltes exhaustives sur les quelques
40 familles de Lépidoptères présentes à Madagascar, il semble plus rationnel de pousser
au maximum les recherches sur les groupes énumérés ci-dessus, ce qui permettrait d’obtenir
des éléments comparatifs, aussi précis et sûrs que possible, entre les divers écosystèmes
étudiés.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Collenette, C. L., 1956. — A catalogue of the Lymantriidae of Madagascar. Naturaliste Malgache,
7 (2) : 167-179.
Griveaud, P., 1959. — Insectes Lépidoptères Sphingidae. Faune de Madagascar, 8.
— 1961. Insectes Lépidoptères Eupterotidae et Attacidae. Faune de Madagascar, 14 .
— 1964. — Insectes Lépidoptères Amatidae. Faune de Madagascar, 17 .
Guillaumet, J. L., 1971. — In R. Paulian et al., Étude des écosystèmes de la région malgache.
Les groupements végétaux. Bull. Soc. Écologie, 2 : 234-261.
Guillaumet, J. L., et J. Koechlin, 1971. — Contribution à la définition des types de végétation
dans les régions tropicales— Exemple do Madagascar. Candollea, 26 (2) : 263-277.
Paulian, R., 1961. — La Zoogéographie de Madagascar et des îles voisines. Faune de Madagas¬
car, 13 .
Paulian, R., et al., 1971. —- Etude des écosystèmes montagnards dans la région malgache. Le
Massif de l’Andringitra 1970-71. Bull. Soc. Écologie, 2 : 189-266.
Viette, P., 1963/1967. — Noctuelles trifides de Madagascar. Écologie, biogéographie, morpho¬
logie et taxonomie. Annls Soc. ent. Fr., 131 (fasc. 1 [et unique]), 1962 ; Faune de Madagas¬
car, 20 , fasc. 1, 1965, et fasc. 2, 1967.
— 1972. — Les Noctuelles trifides du Massif de l’Andringitra (Madagascar Centre) [Lép.].
Annls Sci. nat., Zoologie et Biologie animale, 12 e série, 14 (fasc. 2) : 147-176.
Manuscrit déposé le 11 octobre 1972.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 186, sept.-oct. 1973,
Zoologie 125 : 1461-1483.
Achevé d'imprimer le 30 avril 1971.
IMPRIMERIE NATIONALE
3 564 005 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titie ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Ilist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinrergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geofîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.