BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N > 205
111111111111111111111111111111 ! 1111
PUBLICATION BIMESTRIELLE
JANVIER-FÉVRIER 1974
mil
zoologie
135
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vacuon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. IIai.lé.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 h 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
generale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
loire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1974
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Nurnber (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 205, janvier-février 1974, Zoologie 135
SOMMAIRE
M.-C. Durette-Desset et A. G. Chabaud. — Trois nouveaux Nématodes parasites
du Chevrotain aquatique : Hyemoschus aquaticus au Gabon (collection G. Dubost). 75
J.-C. Quentin et M.-C. Durette-Desset. — Helminthofaune des Rongeurs Cricé-
tidés malgaches du genre Brachyuromys . 89
205, 1
Trois nouveaux Nématodes parasites
du Chevrotain aquatique :
Hyemoschus aquaticus au Gabon (collection G. Dubost)
par Marie-Claude Durette-Desset et Alain G. Chabaud *
Résumé. — Description de trois nouveaux Nématodes parasites d ’Hyemoschus aquaticus
(Ogilby) au Gabon :
1. Cooperia dubosti n. sp. se distingue principalement de ('. mnhae par l’allongement de la
côte 4.
2. Hyostrongylus gabonensis n. sp. peut être rapproché soit d ’Ostertagia skrjabini Singh et
Pande, 1963, parasite d’Antilope en Inde, soit d’ Hyostrongylus rubidus, parasite de Suidés domes¬
tiques.
3. Toxocctra warreni n. sp. est très proche de T. vitulorum mais s'en distingue aisément par la
coque de l’œuf.
Avec Oesophagostomum hyemoschi, quatre Nématodes sont connus chez le Chevrotain. L’ensem¬
ble est plus proche des parasites de Ruminants que de ceux de Suidés ; il ne s’agirait pas d’une
faune de transition, mais plutôt, semble-t-il, d’une faune constituée de façon relativement tar¬
dive.
Abstract. — Three new Nematodes parasites of the water-chevrotain : Hyemoschus aqua¬
ticus (Ogilby) in Gabon (collection G. Dubost).
1. Cooperia dubosti n. sp. is differentiated from C. ninhae by the élongation of the fourth
rib.
2. Hyostrongylus gabonensis n. sp. could lie related either to Ostertagia skrjabini Singh and
Pande, 1963, parasite of Antelope cervicapra in India or of Hyostrongylus rubidus, parasite of domes-
tic swines.
3. Toxocara warreni n. sp. is very close to T. vitulorum and is distinguished only by the egg
shell.
With Oesophagostomum hyemoschi, four Nematodes are presently known in the water-Chevro-
tain. They are doser to the parasites of the Ruminants than to those of the Swine ; t.hey might
not form a transition fauna but rather a recently constituted one.
Étant donné les difficultés qu’éprouvent les Mammalogistes à préciser les affinités
zoologiques du Chevrotain aquatique, il nous a paru intéressant de faire une étude helmin-
tliologique de cet animal. L’occasion nous en a été fournie par M, Gérard Dubost qui,
au cours de ses travaux sur ce Mammifère, a eu l’amabilité d’en récolter les parasites à notre
intention. Nous l’en remercions très vivement.
Aucun Helminthe ne semble avoir été décrit précédemment chez Hyemoschus (cf. la
monographie de Round, 1968). La connaissance de trois nouveaux Nématodes qui s’ajoute
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au (’NItS, Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
76
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET ALAIN G. CHABAUD
à celle d’un nouvel Œsophagostome (Cijabaud et Durette-Desset, 1973), donne 1 impres¬
sion qu’il y a davantage d’allinités avec les parasites de Ruminants qu’avec ceux des
Suidés. Mais ceci n’est vrai qu’avec certaines nuances. Nous savons, par ailleurs, que les
Nématodes sont plutôt caractéristiques de l’époque géologique à laquelle ils se sont adaptés
à leurs hôtes que des allinités phylogéniques qui peuvent exister entre ces derniers.
L’objet de cette note est donc davantage d’apporter des faits préliminaires que de
chercher à formuler une conclusion.
Tous les spécimens sont déposés dans les collections du Muséum national d’IIistoire
naturelle de Paris.
Cooperia dubosti n. sp.
M atériel type : Nombreux et Ç (695 H).
Hôte : Hyemoschus aquaticus (Ogilby).
Localisatiom : Intestin grêle.
Origine géographique : Makokou, Gabon.
Autre matériel : 1 2 Ç (691 H), parasites de l’intestin grêle d’un H. aquaticus de
la même région.
Description
Nématodes de petite taille dont le corps est enroulé légèrement sur lui-même. En vue
apicale, la bouche est circulaire, entourée de six papilles labiales internes : quatre papilles
labiales externes, submédianes, soudées aux labiales internes correspondantes ; deux amphi-
des et quatre papilles céphaliques (fig. 1, B). La tête est entourée d’une dilatation circulaire
qui forme une vésicule céphalique, fortement striée transversalement, amincie en son
milieu et élargie dans sa partie postérieure, haute de 190 p. sur 50 p de large (fig. J, A).
Les deirides sont situées au même niveau que le pore excréteur et sont très discrètes. Les
glandes excrétrices sont bien visibles.
Synlophe
Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 16 arêtes cuticulaires
espacées régulièrement les unes des autres et de taille subégale, sauf les latérales qui sont
plus petites et plus serrées. La pointe des arêtes est dirigée perpendiculairement à la paroi
du corps (fig. 1, E).
M aie
Corps long de 6,5 mm, large de 140 p, dans sa partie moyenne. Vésicule céphalique
haute de 192 p sur 50 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés res¬
pectivement à 290 p, 415 p et 420 p de l’apex. Œsophage long de 390 p (fig. 1, A). Spiculés
ailés, longs de 180 p, à extrémité distale arrondie (fig. 1, II). Bourse caudale subsymétrique.
Papilles prébursales présentes mais très discrètes. Côtes 3 très longues et nettement sépa¬
rées des 4. Côtes 8 aussi longues que la côte dorsale. Cette dernière est divisée à son extré-
1. -— Cooperia dubosti n. sp. A, mâle, extrémité antérieure, vue ventrale. B, femelle, tète en vue
apicale. C, femelle, région des ovéjecteurs, vue latérale droite. D, autre femelle, id., mais présence
d’un « clapet » devant la vulve. E, femelle, coupe transversale au milieu du corps. F, femelle, extré¬
mité postérieure, vue latérale gauche. G, mâle, bourse caudale, vue ventrale. H, mâle, spiculé droit.
I, J, mâle, cône génital, successivement vue ventrale et vue dorsale.
A, H, éch. : 100 p ; B, E, I, J, éch. : 50 p ; C, D, éch. : 200 p ; F, G, éch. : 150 p.
78
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET ALAIN G. CHABAUD
mité distale en quatre rameaux dont les médians sont les plus longs (fig. 1, G). Cône génital
grossièrement triangulaire, fortement chitinisé. Papille impaire allongée, papilles 7 arron¬
dies (fig. 1, I, J).
Femelle
Corps long de 8,8 mm, large de 130 p. dans sa partie moyenne. Anneau nerveux, pore
excréteur et deirides situés respectivement à 270 p, 375 p et 380 p de l’apex. Œsophage
long de 380 p.
Appareil génital didelphe. Vulve située à 2,25 mm de la pointe caudale. Vagina vera
long de 45 p. Ovéjecteur antérieur : vestibule, 230 p ; sphincter, 50 p ; trompe, 180 p ;
utérus antérieur, 1 670 p, contenant 33 œufs de 68 p X 38 p, non emhryonnés. Ovéjecteur
postérieur : vestibule, 225 p ; sphincter, 50 p ; trompe, 170 p ; utérus postérieur, 1 370 p,
contenant 30 œufs (fig. 1, C).
Queue arrondie, longue de 200 p (fig. 1, F). La moitié environ des spécimens femelles
présente en avant de la vulve une formation cuticulaire en forme de clapet (fig. 1, D).
Discussion
L’espèce peut être facilement rangée dans la sous-famille des Trichostrongylinae.
Dans cette sous-famille, deux espèces appartenant à deux genres très proches l’un
de l’autre présentent quelques ressemblances avec les spécimens du Chevrotain, en par¬
ticulier en ce qui concerne la morphologie bursale : Pseudostertagia bullosa (llansom et
Hall, 1912), parasite de moutons et d’antilopes nord-américains et Pararhabdonema lon-
gistriata Kreis, 1945, parasite de Lémuriens malgaches : ce dernier possède un synlophe
assez comparable à celui de nos spécimens, mais sans différenciation latérale des arêtes.
Cependant, l’absence de vésicule céphalique, un cône génital peu marqué, des spi¬
culés de forme différente nous paraissent des éléments suffisants pour séparer nos spéci¬
mens de ces deux espèces.
Les affinités semblent beaucoup plus grandes avec certaines espèces du genre Cooperia
Ransom, 1907, qui ont avec nos spécimens les points communs suivants :
1. Présence d’une vésicule céphalique.
2. Cône génital avec papille zéro longue et fine et papilles 7 arrondies (ce caractère
n’est pas net chez C. okapi et C. ninhae).
3. Spiculés ailés avec une extrémité élargie sans indentations ni striations sur les
faces latérales.
4. Allongement de la côte 3, fortement coudée, et dont l’extrémité est dirigée vers
la côte 2 ; côtes 4 et 5 parallèles sur la plus grande partie de leur trajet et bien développées ;
côtes 8 naissant à la racine de la côte dorsale.
Les espèces qui présentent l’ensemble de ces caractères sont les suivantes :
1. C. okapi Leiper, 1935, parasite à'Okapia johnstoni en Afrique ; il se sépare de nos
NÉMATODES PARASITES DU CHEYROTAIN AQUATIQUE
79
spécimens par une côte dorsale profondément divisée et la présence d'une épine sur la face
dorsale des spiculés.
2. C. oncophora (Railliet, 1898) parasite de Bovidae et de Camelidae holarctiques
et asiatiques ; il se distingue de nos parasites par la forme différente de ses spiculés, des
côtes 4 et 5 courtes, une côte dorsale plus courte que les côtes 8.
3. C. zurnabada Antipin, 1931, parasite de Bos taurus en URSS ; il se distingue immé¬
diatement de nos spécimens par une côte 3 relativement courte et une côte dorsale pro¬
fondément divisée.
4. C. lanchowensis Shen, Tung et Chow, 1964, parasite de Bos taurus en Chine ; il
se sépare de notre matériel par des côtes 4 et 5 épaisses et relativement courtes et une côte 8
profondément divisée.
5. C. ninhae Drozdz, 1967, parasite de Muntjacus rnuntjak au Yiet Nam ; c’est l’espèce
la plus proche de nos spécimens. Elle s’en distingue cependant immédiatement par le rac¬
courcissement de la côte 4.
Les spécimens du Chevrotain nous paraissent donc constituer une nouvelle espèce
que nous proposons de nommer Cooperia dubosti n. sp. en la dédiant au Dr G. Dubost.
C. okapi, C. oncophora, C. zurnabada, C. lanchowensis, C. ninhae et C. dubosti sem¬
blent donc former à l’intérieur du genre Cooperia un petit groupe relativement bien indivi¬
dualisé, présentant, associés, les caractères indiqués ci-dessus. Nous avons cependant jugé
préférable de ne pas créer un sous-genre nouveau pour regrouper ces espèces, en particulier
tant que nous ne connaîtrons pas mieux le synlophe des espèces du genre Cooperia.
Hyostrongylus gabonensis n. sp.
Matériel : 2 $, 2 Ç (695 H).
Hôte : Hyemoschus aquaticus (Ogilby).
Localisation : Caillette.
Origine géographique : Makokou, Gabon.
Description
Nématodes de petite taille, complètement déroulés. L’extrémité antérieure est entou¬
rée d’une dilatation cuticulaire formée de deux parties : l’antérieure, haute de 20 p, n’est
pas striée ; elle est plus large que la postérieure haute de 80 p à 100 p ; cette seconde partie
est striée transversalement (fig. 2, A, C).
En vue apicale, la bouche, circulaire, est entourée par un anneau cuticulaire présentant
six lobules. Cet anneau est entouré par six papilles labiales internes, deux ampbides et
quatre papilles céphaliques. Les papilles labiales externes ne sont pas visibles (fig. 2, B).
Deirides triangulaires de même forme que celles du genre Ostertagia. Pore excréteur situé
très antérieurement entre l’anneau nerveux et les deirides (fig. 2, A).
Fig. 2. — 11yostrongylus gabonensis n. sp. A, femelle, extrémité antérieure, vue latérale droite. B, femelle,
tête en vue apicale. C, id., extrémité antérieure, vue latérale. D, femelle, région des ovéjecteurs, vue
latérale droite. E, femelle, extrémité postérieure, vue ventrale. F, G, spiculé gauche, successivement
vues de face et de profil. H, mâle, bourse caudale, vue ventrale. I, J, mâle, cône génital, successivement
vues ventrale et dorsale. K, L, M, mâle, coupes histologiques, sections transversales d’un spiculé à
différents niveaux.
A, D, éch. : 200 p. ; B, C, I, J, K, écli. : 30 p. ; E, H, éch. : 150 p. ; F, G, éch. : 100 jx.
NÉMATODES PARASITES DU CHEVROTAIN AQUATIQUE
81
Synlophe
Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 31 crêtes chez le
mâle, 37 à 41 chez la femelle, dans la partie moyenne du corps. Les crêtes ventrales et
dorsales sont de même taille et légèrement plus grandes que les crêtes situées en face des
champs latéraux. Ces dernières sont moins espacées que les médianes. La pointe des crêtes
est orientée perpendiculairement à la paroi du corps (fig. 3, A, 13).
Mâle
Corps long de 8,3 mm, large de 160 p dans sa partie moyenne. Anneau nerveux, pore
excréteur et deirides situés respectivement à 250 p, 330 p, et 370 p de l’apex. Œsophage
long de 680 p.
Spiculés complexes, ailés, subégaux, longs de 240 p (fig. 2, F, G, Iv, L, M).
Bourse caudale subsymétrique, dont la cuticule est ornée comme l’indique la figure 2, H.
Prébursales présentes. Tronc commun aux côtes 2 et 3 d’une part, 4 et 5 de l’autre ; les
côtes 6, assez longues, sont nettement séparées des autres côtes. Côtes 8 naissant en avant
du tronc de la côte dorsale. Cette dernière est plus longue que les 8 et divisée à son extrémité
en quatre rameaux dont les médians sont les plus longs (fig. 2, H).
Le gubernaculum a la forme d’une lame mince, convexe du côté dorsal, haute de 105 p
sur 5 p de large en moyenne (fig. 2, I). Le cône génital est complexe, fortement chitinisé
ventralement. Les papilles 7 sont allongées ; la papille 0 n’a pas été vue (fig. 2, I, J).
Fig. 3. — Hyostrongylus gabonensis n. sp. A, femelle, coupe transversale. B, mâle, id.
Femelle
Corps long de 15,6 mm, large de 190 p dans sa partie moyenne. Anneau nerveux, pore
excréteur et deirides situés respectivement à 210 p, 250 p et 270 p de l’apex. Œsophage
long de 740 p (fig. 2, A). Didelphie. La vulve s’ouvre à 2,4 mm de la queue. Le vestibule,
82
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET ALAIN G. CHABAUD
d’un sphincter à l’autre, mesure 320 p. ; sphincters et trompes longs respectivement de 70 p
et 250 p. Les œufs mesurent 80 p de long sur 42 p de large (fig. 2, D). La queue est arrondie,
longue de 250 p. Les phasmides sont situées à 120 p de la pointe caudale (fig. 2, E).
Discussion
La systématique des Ostertagia sensu lato est en remaniement depuis plusieurs années
et les avis des auteurs sont actuellement divergents. Nous préférons laisser aux auteurs
spécialisés le soin de placer notre espèce dans tel ou tel sous-genre.
Le moyen le plus simple pour la comparer aux autres Trichostrongylides de ce groupe
est de tenir compte de la disposition particulière (2-2-1) des côtes bursales, c’est-à-dire
les deux ventrales jointives et bien séparées des deux latérales antérieures, elles-mêmes
jointives et bien séparées de la latérale postérieure.
Dans ce groupe, deux espèces seulement ont, comme chez nos spécimens, une côte
dorsale de longueur sensiblement égale à celle des côtes externo-dorsales. Ce sont :
1. Hyostrongylus rubidus (Hassal et Stiles, 1892), parasite cosmopolite des Suidés.
2. Ostertagia ( Grosspiculagia) skrjabini Singh et Pande, 1963 1 , parasite d’Antilope
cervicapra en Inde.
Les caractères qui rapprochent le plus la première espèce de la nôtre, sont la présence
d’une vésicule céphalique petite mais complète et la naissance des externo-dorsales. Oster¬
tagia de l’Antilope, au contraire, est plus proche de la nôtre par la structure du cône génital
et par celle des spiculés.
Aucune des deux espèces, cependant, n’a de dorsale plus longue que les externo-dor¬
sales, ni de côtes 4 plus courtes que les côtes 5.
Les spécimens du Chevrotain nous paraissent donc nouveaux et nous choisissons de
les ranger dans le genre Hyostrongylus puisque l’espèce type de ce genre est relativement
proche de nos parasites. Nous proposons de nommer ces derniers Hyostrongylus gabonensis
n. sp.
Malgré la désignation générique, il faut avoir présent à l’esprit que cette espèce est
aussi proche de certains Ostertagia, parasites de Bovidés ; que des Hyostrongylus , parasites
de Suidés.
Toxocara warreni n. sp.
Matériel type : 1 <$ et 1 Ç (279 K).
Hôte : Hyemoschus aquaticus (Ogilby).
Localisation : Intestin.
Origine géographique : Booné, Gabon.
1. Il existe parmi les Ostertagia sensu lato quatre espèces nommées skrjabini , celle de Kamenskii,
1929, celle de Schulz, Andheeva et Kadenazii, 1953, celle de Shen, Wu et Yen, 1959, et colle de Singh
et Pande, 1963. Aucune de ces espèces n’est, synonyme. Il semble cependant prématuré de donner des
noms nouveaux tant qu’un statut générique satisfaisant n’aura pas été établi pour les Ostertagia.
84
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET ALAIN G. CHABAUD
Description
L’espèce est trop proche (lu Toxocara vitulorum pour qu'il soit nécessaire de la décrire
en détail. Les éléments utiles pour la diagnose spécifique sont indiqués sur la figure 3.
Les principales mensurations sont :
Mâle holotype
Longueur 40 mm ; largeur maximum 1,55 mm ; lèvre dorsale haute de 210 p. et large
de 230 p ; lèvres latérales hautes de 210 p et larges de 250 p ; anneau nerveux et pore excré¬
teur à 1 000 p et 1 150 p de l’apex ; œsophage long de 4,7 mm ; ventricule haut de 510 p,
large de 540 p ; queue longue de 320 p ; spiculé droit long de 550 p, gauche de 450 p ; nombre
de paires de papilles précloacales : 15.
Femelle allotype
Longueur 85 mm ; largeur maximum 2,3 mm ; lèvre dorsale haute de 280 p et large
de 300 p ; lèvres latérales hautes de 280 p et larges de 310 p ; anneau nerveux et pore excré¬
teur à 1 200 p et 1 450 p de l’apex ; œsophage long de 5,2 mm ; ventricule haut de 600 p,
large de 550 p ; vulve à 1,6 mm de l’apex ; queue longue de 750 p ; œufs, 100 p X 80 p.
Les ailes cervicales ne sont pas perceptibles. Il semble ne pas y avoir de soutien chiti-
noïde en forme de V sur les lignes latérales de la région cervicale, mais le matériel est mal
fixé, et la cuticule se dilacère lorsque l’on effectue des coupes transversales du corps ; nous
ne pouvons donc aflirmer l’absence de ce caractère.
Discussion
Le travail de Warren (1971) qui met au point la systématique du genre cite deux
espèces valides (et quatre espèces inquirendae) . Il faut y ajouter T. genettae Warren, 1972,
et T. sprenti Warren, 1972, parus plus récemment. L’espèce du Chevrotain se rapproche
beaucoup de Toxocara vitulorum (Goeze, 1782), parasite de Bovidés.
L’extrémité postérieure du mâle, brusquement rétrécie et terminée en un appendice
subglobuleux portant les quatre paires postérieures de papilles, est un élément commun,
bien caractéristique de ces deux espèces.
La différence la plus remarquable réside dans la structure de la coque des œufs (fig. 5),
creusée de profondes fossettes et qui rappelle beaucoup celle de T. apodemi (Olsen, 1957)
et de T. mackerrasae (Sprent, 1957), et peut-être aussi celle de T. alienata (Rud., 1819)
(voir pl. 3 in Warren, 1970).
L’espèce parasite du Chevrotain est donc nouvelle et nous la nommons Toxocara
warreni n. sp. en l’honneur du Dr George Warren.
Il est curieux de constater que les espèces qui se rapprochent du parasite du Che¬
vrotain, soit par l’ensemble des caractères et en particulier la queue du mâle (T. vitulorum),
soit par l'aspect des œufs (T. mackerrassae, etc.), constituent précisément l’ensemble des
NEMATODES PARASITES DU CHEVROTAIN AQUATIQUE
85
espèces qui formaient le genre Neoascaris, différenciai)!» des T oxocara sensu stricto par le
faible développement des ailes cervicales.
Il est difficile de savoir s’il faut interpréter ce fait comme une simple coïncidence,
ou si le parasite du Chevrotain indique, au contraire, une affinité réelle entre ces différentes
espèces.
Fig. 5. — ■ A, Toxocara warreni n. sp., coque de l’œuf. B, T oxocara vitulorum Goeze, 1782, id.
On remarquera que les Toxocara sensu stricto sont parasites, soit de Carnivores, soit
de Chéiroptères, c’est-à-dire de Mammifères paléontologiquement anciens, les représentants
du Paléocène ou de l’Eoeène étant peu différents des animaux actuels. Au contraire, les
liôtes du genre Neoascaris sont des Mammifères d’apparition paléontologique plus récente
(Ruminants, Muridae). On peut concevoir également que les Procyonidae, strictement
américains, se soient contaminés ultérieurement.
Ayant souvent constaté des différences significatives entre les parasites de Mammi¬
fères « anciens » et ceux de Mammifères « récents » (cf. Chabaud, 1971 ; Durettr-Df.sset,
1971; Quentin, 1971), nous sommes tentés d’interpréter ces faits de la façon suivante :
le genre Toxocara, parasite de Carnivores et de Chéiroptères répandus dans tout l’Ancien
Monde, aurait subi plusieurs « phénomènes de capture », c’est-à-dire une adaptation à de
nouveaux hôtes s’accompagnant de modifications morphologiques. Une première capture
aurait eu lieu vraisemblablement en Afrique, chez les Ruminants, une seconde vraisem¬
blablement en Extrême-Orient, chez les Muridés, et peut-être une troisième en Amérique
du Sud, chez les Procyonidae.
L’ancien genre Noeascaris grouperait donc les T oxocara les plus évolués.
Un élément morphologique complémentaire, vu par Sprent (1957), vient à l’appui
de cette conception. L’eulabium de Neoascaris, est, de façon générale, plus saillant en avant
et plus étendu en éventail que celui des T oxocara, ce qui correspond aux notions sur l’évo¬
lution labiale des Ascarides de Hartwich (1957) et de Osciie (1957).
D’un point de vue systématique, nous nous rallions donc plutôt à l’opinion de War¬
ren, qui met les deux genres en synonymie. Neoascaris pourrait éventuellement être con¬
servé, comme sous-genre, pour rassembler les espèces apparemment les plus évoluées.
205 , 3
86
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET ET ALAIN G. CHABAUD
Conclusion
En tenant compte de l’Œsophagostome étudié précédemment, les quatre Nématodes
maintenant connus chez le Chevrotain aquatique sont tous particuliers à cet hôte. Aucune
des quatre, espèces n'a de caractères morphologiques franchement archaïques.
L’Ascaride qui pourrait être issu des parasites de Carnivores ou de Chéiroptères est
très proche de l’Ascaride connu chez les Bovidés domestiques.
L’Œsophagostome semble, comme toutes les espèces parasites de Ruminants, avoir
été capturé à partir des espèces de Suidés mais l’espèce du Chevrotain ne constitue pas
une forme de transition et paraît plutôt une espèce bien évoluée, proche de celle que l’on
connaît chez l’Okapi.
La place zoologique et l’interprétation des deux Trichostrongylides sont plus difficiles
à préciser. Seul, le Hyostrongylus, pourrait être une forme de transition entre les parasites
de Suidés et ceux de Ruminants.
Le Chevrotain a une faune en Nématodes qui se rapproche de celle des Ruminants
mais qui pourrait s’être constituée de façon relativement tardive.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Antipin, D. N., 1931. — Cooperia surnabada nov. sp. aus dem Dünndarm des Rindes Aserbaidjans.
Dt. Tieràrztl. Wschr., 39 (30) : 469-471.
Chabaud, A. G., 1971. — Facteurs phylogéniques et historiques dans les Nématodoses. 1 er Multi-
colloque européen de Parasitologie, Rennes, 1-4 sept. 1971 : 6-11.
Chab aud, A. G., et M. C. Durette-Desset, 1973. — 1 Inscription d’un nouvel Œsophagostome para¬
site d ’Hyemoschus au Gabon, et remarques sur le genre Oesophagostomum. Bull. Mus. natn.
Hist. nat., Paris , 3 e sér., n° 184, Zool. 123 : 1415-1424.
Drozdz, J., 1967. — Cooperia ninhae sp. n. (Nematoda : Trichostrongylidae), a parasite of Munt-
jacus muntjak in Vietnam. Acta parasit. poL, 14 (15/27) : 209-211.
Durette-Desset, M. C., 1971. — Essai de classification des Nématodes Héligmosomes. Corréla¬
tions avec la paléobiogéographie des hôtes. Mém. Mus. natn. Hist. nat., Paris, sér. A, Zool.,
69 : 1-126.
Goezf., .J. A. E., 1782. — Yersuch einer Geschichte der Eingeweidewürmer thierischer Kôrper.
Blankenburg, xi-471 p.
Hartwtch. G., 1957. — Zur Systematik der Nematoden Superfamilie Ascaridoidea. Zool. Jahrb.,
Abt. Syst., 85 (3) : 211-252.
Hassall, A., and C. W. Stii.es, 1892. — Strongylus rubidus, a new species of nematode, parasitic
in pigs. ./. vont p. Med. cet. Archs, 13 (4) : 207-209.
Kamenskii, V. C., 1929. — K faune trichostrongylid ovetz Turkmenistana. Sborn. Rabot. Kur-
santov V etvrachei Sozyva, 1 (2) : 223-224.
Kreis. H. A., 1945. — Reitrage zur Kenntis parasitischer Nematoden. XII. Parasitische Nema¬
toden aus den Tropen. Rev. suisse Zool., Genève, 52 : 551-596.
Leiper, R. T., 1935. — Helminth parasites ohtained from the Okapi at post-mortem. Proc. zool.
Soc. Lond., 4 , 949 p.
Oi.sen, L. S., 1957. — A new species of Neoascaris (Nematoda) from a Korean wood mouse. Tram.
Am. Microsc. Soc., 76 (2) : 205-208.
NEMATODES PARASITES DU CHEVROTAIN AQUATIQUE
87
Osche, G., 1957. — Die « Wirtskreiserweiterung » bei parasitischen Nematoden und die sie bedin-
genden biologisch-okologischen Faktoren. Z. ParasitKde., Berlin, 17 (6) : 437-489.
Quentin, J. C., 1971. — Sur les modalités d’évolution chez quelques lignées d’Helminthes de
Rongeurs Muroidea. Cah. ORSTOM, sér. Ent. Méd. Parasitol., 9 (2) : 103-176.
Railliet, A., 1898. — Rectification de la nomenclature d’après les travaux récents. Réel Méd.
vét., 75 : 254-256.
Ransom, B. H., 1907. — Notes on parasitic Nematodes including descriptions of new généra and
species and observations on life historiés. Bull. U.S. Dept. Agric. Anim. Industr. Cire.,
116 , 52 p.
Ransom, B. IL, and M. C. Hall, 1912. — A new nematode, Ostertagia bullosa, parasitic in the
alimentary tract of sheep. Proc. U.S. natn. Mus., (1892), 42 : 175-179.
Round, M. C., 1968. — Check list of the Helminth Parasites of African Mammals of the Orders
Carnivora, Tubulidentata, Proboscidea, Hyracoidea, Artiodactyla and Perissodaetyla.
Technical Communication n° 38 of the Commonwealth Bureau of Helminthology, St. Albans,
Bâtes, Manchester, 252 p.
Rudolphi, C. A., 1819. —• Entozoorum synopsis oui accedunt mantissa duplex et indices locu-
pletissimi. Rüeker, Berolini, x ■ j- 811 p.
Schulz, Andreeva et Kadenazii, 1954. — In Skrjabin, Schikhobalova et Schui.z, Osnovi
Nematodologii, 111. Acad. Sci. éd. Moscou., 683 p.
Shen, S. S., Y. Y. Tung et T. C. Chow, 1964. — A new species of the genus Cooperia. Acta zool.
sin., 16 (2) : 187-192.
Shen, S. S., S. C. Wu et W. C. Yen, 1959. — A new Nematode, Ostertagia ( Grosspiculagia ) skrja-
bini sp. nov. from the abomasum of the chinese goat. Acta zool. sin., 11 (4) : 568-571.
Singh, P. P., et B. P. Pande, 1963. — Helminths colleeted from the Indian Antelope, Antelope
cervicapra. Annls Parasit. hum. comp., 38 (3) : 439-457.
Sprent, F. F. A., 1958. — A new species of Neoascaris from Battus assimilis, with a redéfinition
of the genus. Parasitology, 47 (3-4) : 350-360.
Warren, G., 1970. — Studies on the morphology and taxonomy of the généra Toxocara. Stilcs,
1905 and Neoascaris Travassos, 1927. Zool. Anz., 185 (5-6) : 393-442.
— 1972. — Two new species of Toxocara from viverrid hosts. Parasitology, 65 (2) : 179-187.
Manuscrit déposé le 22 janvier 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 205, janv.-févr. 1974,
Zoologie 135 : 75-87.
Achevé d’imprimer le 30 septembre 1974
Helminthofaune des Rongeurs Cricétidés malgaches
du genre Brachyuromys
par Jean-Claude Quentin et Marie-Claude Durette-Desset *
Résumé. — Description des Nématodes et des Cestodes parasites des Rongeurs Cricétidés
malgaches : Brachyuromys ramirohitra et B. betsileoensis.
Une partie de cette helminthofaune : Mastophorus mûris (Gmelin, 1790), Nippostrongylus
brasiliensis (Travassos, 1914), Heterakis spumosa (Schneider, 1866), Trichuris mûris (Schrank,
1788), provient d’une contamination par Rattus rattus. Les autres espèces se répartissent, en deux
groupes.
Le groupe le plus ancien comprend les Oxyures Syphacia ramirohitra n. sp. et S. brachyuro-
myos n. sp. L’originalité de leurs structures céphaliques est compatible avec l’hypothèse d’un iso¬
lement géographique ancien des Cricétidés malgaches.
Dans le second groupe sont rangés les Héligmosomes Heligmonina albignaci n. sp., H. betsi¬
leoensis n. sp. et les Cestodes Skrjabinolaenia baeri Lynsdale, 1953, et S. madagascariensis n. sp.
Ces quatre espèces appartiennent à des lignées qui paraissent s’être diversifiées récemment
chez les Muroidea africains et nous comprenons mal leur présence chez les Brachyuromys.
Abstract. — The helminth fauna of the Brachyuromys rodents (Cricetidae) from Madagas¬
car. Description of Nematodes and Cestodes parasites of Cricetid rodents from Madagascar :
Brachyuromys ramirohitra and B. betsileoensis.
Some species : Mastophorus mûris (Gmelin, 1970), Nippostrongylus brasiliensis (Travassos,
1914), Heterakis spumosa (Schneider, 1866), Trichuris mûris (Schrank, 1788), resuit from a con¬
tamination by Rattus rattus. The other species could be divided in two groups.
The oldest group comprises the oxyurids Syphacia ramirohitra n. sp. and S. brachyuromyos
n. sp. The originality of their cephalic structures is compatible with the hypothesis of the ancient
geographical isolation of the cricetids of Madagascar.
In the second group, heligmosomes : Heligmonina albignaci n. sp., H. betsileoensis n. sp. and
Cestodes : Skrjabinolaenia baeri Lynsdale, 1953, and S. madagascariensis n. sp. are found.
The four species belong to lines which seem to hâve diversified recently in african Muroidea
and we do not explain their presence in the Brachyuromys species.
Une mission d’étude des écosystèmes montagnards dans le massif de TAndringitra
à Madagascar, réalisée par le Pr. Paulian et ses collaborateurs, a permis la récolte de nom¬
breux groupes zoologiques.
Parmi le matériel rapporté, douze tubes digestifs de Brachyuromys betsileoensis Bartlett
et un tube digestif de B. ramirohitra F. Major, recueillis par les soins de MM. R. Albignac
et A. Peyrieras du centre ORSTOM de Tananarive, nous ont aimablement été confiés.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
90
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
I. NÉMATODES
Heligmonina albignaci n. sp.
Le matériel étudié a été récolté chez neuf Brachyuromys betsileoensis Bartlett. Numé¬
ros d’enregistrement MNHN : 921 Ka (types), 941 Ka, 977 Ka, 1075 Ka, 1095 Iva, 1098 Ka,
6 MA, 7 MA, 9 MA.
Description
A. Adultes
Ces Nématodes sont enroulés de façon assez lâche le long de leur ligne ventrale.
Synlophe : Le corps est parcouru longitudinalement par onze arêtes cuticulaires chez
le mâle, douze chez la femelle. Les arêtes naissent sur le bord postérieur de la vésicule cépha¬
lique et disparaissent à environ 85 p en avant de la bourse caudale chez le mâle, sauf l’arête
ventrale gauche qui s’étend jusqu’à 40 p en avant de cette bourse. Chez la femelle, les
arêtes s’étendent jusqu’au niveau de la trompe, sauf l’arête ventrale gauche qui disparaît
entre la vulve et l’anus. Les arêtes latérales sont hypertrophiées et tendent à la formation
d’une carène. Le gradient de taille est latéro-médian pour la face dorsale, de gauche à droite
pour la face ventrale. L’orientation des arêtes va de la ligne ventrale droite vers la ligne
gauche, dorsale-gauche pour les deux faces. La face latérale droite est inerme (fig. 1, B, C,
D).
Dans la partie postérieure du corps, chez le mâle, l’arête ventrale gauche s’élargit
jusqu’à atteindre 40 p à environ 250 p en avant de la bourse caudale alors qu’à ce niveau,
le corps proprement dit n’est large que de 35 p (fig. 1, E).
Chez la plupart des femelles, on note également l'élargissement de l’arête ventrale
gauche qui forme une aile de 200 p de long, atteignant sa plus grande largeur (30 p) au
niveau de la vulve.
Mâle : Le corps mesure 2,1 mm de long ; sa largeur, y compris celle de l’arête ventrale
gauche, est de 70 p dans sa partie moyenne. La vésicule céphalique est haute de 42 p sur
30 p de large. L’anneau nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés respectivement
à 140 p, 200 p et 210 p de l’apex. L’œsophage est long de 260 p. La bourse caudale est
fortement asymétrique avec un lobe gauche plus développé. Les côtes sont dessinées sur
la figure 1, H. Les côtes 8 naissent à la racine de la côte dorsale et sont plus longues que
celle-ci. La côte dorsale est divisée à peu près à la moitié de sa hauteur en deux rameaux
bifides à leur extrémité.
Les spiculés sont fins, subégaux et longs de 240 p. Leur extrémité distale est pointue.
Ils glissent dans un gubernaculum haut de 26 p sur 12 p de large. Le cône génital est bien
développé et porte sur sa lèvre postérieure deux grandes papilles allongées (fig. 1, II).
Femelle : Le corps mesure 2,3 mm de long, sa largeur est de 65 p dans sa partie moyenne.
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
Fig. 1. — Heligmonina albignaci n. sp., adultes.
A, mâle, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, femelle, coupe transversale au milieu du corps ; C,
mâle, id. ; D, femelle, coupe transversale entre la vulve et l’anus ; E, mâle, coupe transversale dans la
partie postérieure du corps ; F, femelle, extrémité postérieure, vue latérale ; H, mâle, bourse caudale,
vue ventrale.
A, F, éch. = 100 p, ; B, C, D, E, H, éch. = 50 p ; G, éch. = 150 p.
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
93
La vésicule céphalique est haute de 30 p. sur 22 p de large. L’anneau nerveux, le pore excré¬
teur et les deirides sont situés respectivement à 100 p, 140 p, 145 p de l’apex. L’œsophage
est long de 240 p.
La vulve s’ouvre à 145 p de la pointe caudale. Le vagin, le vestibule, le sphincter et
la trompe sont longs respectivement de 28 p, 60 p, 28 p et 100 p. L’utérus mesure 310 p et
contient trois œufs non embryonnés hauts de 70 p sur 35 p de large. L’ovaire débute au
début de l’intestin.
La queue est pointue, longue de 37 p (fig. 1, F).
B. Quatrième stade larvaire mâle
Nous avons trouvé dans le tube 921 Ka un jeune mâle enfermé dans la cuticule du
4 e stade. Nous pouvons constater que les côtes bursales sont parfaitement visibles et per¬
mettent même de reconnaître l’espèce (fig. 2), tandis que les arêtes cuticulaires de l’adulte
ne sont pas encore formées.
Synlophe : Constitué par neuf arêtes cuticulaires latéro-ventrales ; les arêtes ventrales
sont les plus développées et les arêtes latérales droites les plus petites. La pointe des arêtes
est dirigée de la ligne ventrale droite vers le dos (fig. 2, A, B).
Principales mensurations : Le corps mesure 1,3 mm, sa largeur est de 40 p dans sa
partie moyenne. L’anneau nerveux et le pore excréteur sont situés respectivement à 132 p
et 180 p de l’apex. L’œsophage est long de 240 p.
Discussion
Ces spécimens présentent les principaux caractères du genre Heligmonina Baylis,
1928 : hypertrophie de l’arête gauche et asymétrie marquée de la bourse caudale. Le syn¬
lophe larvaire est également celui du genre Heligmonina.
Parmi les espèces de ce genre, quatre possèdent comme nos parasites les caractères
suivants : 1) une côte dorsale bien développée et des côtes 8 naissant presque à sa racine,
2) un lobe gauche fortement allongé, alors que le lobe droit est très petit, 3) un cône génital
bien marqué.
Ces quatre espèces sont les suivantes :
H. cricetomyos Baylis, 1928, connu chez deux Cricetomys africains du Niger. Elle se
différencie des spécimens du Brachyuromys par la disposition particulière des côtes 4 et 5
non jointives, et aussi par une taille plus élevée.
H. thamnomysi Durette-Desset, 1966, connu à la fois chez Thamnomys rutilons et
Cricetomys gambianus en République Centrafricaine. Elle se différencie de nos parasites
par l’asymétrie des côtes externo-dorsales : raccourcissement de la côte 5 gauche par rap¬
port à la côte 4.
H. stellenboschius (Ortlepp, 1939), parasite de Myomys verroxii en Afrique du Sud.
Elle se distingue de nos parasites par sa taille plus élevée, ses spiculés plus longs et le nom¬
bre plus grand de ses arêtes cuticulaires.
94
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
II. spira (Ortlepp, 1939), parasite de Muridés, largement répandu en Afrique. C’est
l’espèce qui se rapproche le plus de nos spécimens, en particulier en ce qui concerne la mor¬
phologie bursale. Elle se distingue cependant immédiatement par le synlophe (nombre
d’arêtes plus élevé, arête dorsale droite peu développée, présence de trois arêtes ventrales
droites). En outre, II. spira a des œufs beaucoup plus nombreux et plus petits.
Les spécimens du Brachyuromys nous paraissent donc nouveaux et nous les nommons
Heligmonina albignaci n. sp. en l’honneur du Dr Albignac.
Heligmonina betsileoensis n. sp.
Le matériel a été récolté chez un Brachyuromys betsileoensis. Numéro d’enregistrement
MNHN : 1096 Ka (1 et 4 $).
Description
Ces petits Nématodes sont enroulés de façon senestre le long de leur ligne ventrale.
Synlophe : C.’est typiquement celui du genre Heligmonina : les arêtes sont orientées
de la ligne droite, ventrale droite, vers la ligne gauche, dorsale gauche. L’arête latérale
gauche est hypertrophiée. Le gradient de taille est dirigé de droite à gauche pour la face
dorsale et de gauche à droite pour la face ventrale.
Chez le mâle, on note la présence d’une petite arête ventrale droite supplémentaire.
Il n’existe pas chez la femelle d’aile gauche au niveau de la vulve.
Les arêtes naissent sur le bord postérieur de la vésicule céphalique et disparaissent
juste en avant de la bourse caudale chez le mâle, et en avant de la trompe chez la femelle
(fig. 3. B).
Mâle : Le corps mesure 2,8 mm, sa largeur est de 90 p dans sa partie moyenne, dont
50 p pour l’arête gauche. La vésicule céphalique est haute de 42 p sur 28 p de large. L’anneau
nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés respectivement à 112 p, 157 p et 160 p
de l’apex. L’œsophage est long de 245 p.
La bourse caudale est fortement asymétrique avec un lobe gauche plus développé.
Les côtes 5 sont nettement plus courtes que les côtes 4. Les côtes 8 naissent asymétrique¬
ment sur la dorsale, divisée en deux rameaux dans son tiers postérieur. Les spiculés sont
fins, ailés et subégaux, ils sont longs de 190 p et à pointe aiguë. Le gubernaculum n’a pas
été vu. Le cône génital est très allongé, de forme rectangulaire, sa hauteur est de 52 p sur
20 p de large (fig. 3, C).
Femelle : Le corps est long de 3,2 mm, sa largeur est de 120 p dans sa partie moyenne,
dont 65 p pour l’arête gauche. La vésicule céphalique est haute de 60 p sur 20 p. L’anneau
nerveux, le pore excréteur et les deirides sont situés respectivement à 150 p, 215 p et 205 p
de l’apex. L’œsophage est long de 275 p (fig. 3, A).
Fig. 3. — Heligmonina betsileoensis n. sp.
A, femelle, extrémité antérieure, vue ventrale ; B, femelle, extrémité postérieure, vue latéiale droite ;
C, mâle, bourse caudale vue ventrale ; le lobe gauche parait moins développé que chez H. albignaci
mais ceci est dû au fait qu’il ne nous a pas été possible d’étaler complètement la bourse caudale ;
D, E, femelle, coupes transversales effectuées successivement au milieu du corps et à 500 p de la queue ;
F, mâle, id., au milieu du corps.
A, B, C, éch. = 100 p ; D, E, F, éch. = 50 p.
96
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Discussion
Ces spécimens présentent également les principaux caractères du genre Heligmonina
et l’espèce la plus proche, en particulier en ce qui concerne la morphologie bursale, paraît
être précisément l’autre Heligmosome malgache : H. albignaci. Nos spécimens en diffèrent
par des côtes 5 plus courtes et un cône génital hypertrophié. Les œufs sont plus nombreux
et plus petits ; le synlophe présente une diminution de l’arête dorsale droite corrélativement
à une hypertrophie de l’arête ventrale gauche et une diminution du nombre des arêtes
ventrales.
Il nous semble donc nécessaire de séparer ces spécimens d’//. albignaci. Nous pensons
qu'ils constituent une espèce nouvelle que nous nommons Heligmonina betsileoensis n. sp.
Syphacia ramirohitra n. sp.
Le matériel étudié réunit un mâle (holotype) et une femelle (allotype) ainsi que cinq
mâles et dix femelles (paratypes) récoltés avec cinq larves au niveau du cæcum d’un
Brachyuromys ramirohitra, F. Major. Numéro d’enregistrement MNHN : 8MA.
Description
Dans les deux sexes, l’extrémité céphalique est ovale, les papilles submédianes restent
éloignées latéralement des amphides. La bordure buccale est hexagonale. Elle ne présente
pas de lèvres et laisse apparaître en profondeur trois dents pharyngiennes. La tête est entou¬
rée d’une vésicule céphalique.
Ces structures adultes sont sensiblement modifiées par rapport aux structures cépha¬
liques de la larve chez laquelle l’ouverture buccale est triangulaire.
Mâle : Les mâles sont enroulés sur eux-mêmes et portent sur leur face ventrale trois
mamelons eu tien] aires.
Spécimen holotype (fig. 4) : Il mesure 1,4 mm de long sur 100 p. de large. Les dimen¬
sions de l’extrémité céphalique sont 30 p X 27 p. L’écart des pores amphidiaux est de 23 p.
La vésicule céphalique mesure 20 p de haut, l’anneau nerveux et le pore excréteur sont
respectivement situés à 125 p, et 275 p de l’apex; la longueur totale de l’œsophage est
de 235 p, les dimensions du bulbe sont 60 p X 57 p. Les mamelons cuticulaires, longs de
70 p, 60 p et 76 p, sont respectivement situés à 355 p, 470 p et 620 p de l’apex.
Le spiculé est court : 57 p ; le gubernaculum muni de sa pièce accessoire mesure 34 p
de long sur 7 p de large. La longueur du crochet accessoire atteint 11 p.
La longueur de la queue est de 120p, celle de l’appendice caudal est de 76 p.
Femelle : Ces femelles sont caractérisées par l’atrophie de l’ovéjecteur. Deux ailes
latérales membraneuses larges de 5 p dans la région antérieure du corps parcourent chacun
Fig. 4. — Syphacia ramirohitra n. sp., mâle.
A, vue latérale ; B, tête en vue apicale ; C, tête en vue ventrale ; D, pore excréteur ; F, détail des trois mame¬
lons cuticulaires en vue latérale ; F, détail de la surface d’un mamelon en vue ventrale ; G, bourse
caudale, vue ventrale ; H, bourse caudale, vue latérale ; I, détail du spiculé, du gubernaculum et de
son crochet accessoire en vue latérale ; J, gubernaculum et crochet accessoire en vue ventrale.
A, éch. = 75 u ; B, C, D, G, H, éch. = 50 p. ; E, éch. = 100 p. ; I, J, éch. = 30 p..
Fig. 5. — Syphacia ramirohitra n. sp., femelle.
, vue latérale ; B, tête en vue apicale ; C, tête en vue ventrale ; D, tête d’une larve en vue apicale ; E,
extrémité antérieure en vue ventrale, départ des ailes latérales ; F, détail de l’aile latérale au niveau
de l’anneau nerveux ; G, pore excréteur ; H, extrémité caudale ; I, ovéjecteur ; J, œuf.
A, éch. = 500 p ; B, C, D, F, G, I, J, éch. = 50 p ; E, éch. = 100 p, ; H, éch. = 200 p.
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
99
des champs latéraux et s’estompent en avant de l’anus. Il n’existe pas de deirides au niveau
de l’anneau nerveux.
Spécimen allotype (fig. 5) : Cette femelle gravide mesure 4,2 mm de long sur 225 p
de large. L’écart des pores amphidiaux est de 35 p ; les dimensions de l’extrémité cépha¬
lique sont 50 p X 42 p. La vésicule cuticulaire céphalique est peu dilatée, elle est haute
de 40 p. L’anneau nerveux, le pore excréteur et le vagin sont situés respectivement à 200 p,
510 p et 780 p de l’apex ; la longueur totale de l’œsophage est de 400 p ; les dimensions du
bulbe sont 100 p X 90 p. L’ovéjecteur ne mesure que 53 p ; les œufs mesurent 110 p X 52 p.
La longueur de la queue est de 770 p.
Discussion
Nous classons cet Oxyure dans le genre Syphacia et dans le sous-genre Syphacia en
raison de la présence de trois mamelons cuticulaires sur la face ventrale du mâle.
Dans ce genre, deux espèces présentent à notre connaissance (cf. Quentin, 1971)
une ouverture buccale sans lèvres. Il s’agit de Syphacia eutarnii Tiner, 1948, parasite d’un
Seiuridé américain et S. mesocriceti Quentin, 1971, parasite du Hamster doré, Mesocricetus
auratus.
Nos spécimens diffèrent de Syphacia eutarnii, car cette espèce présente une extrémité
céphalique circulaire, des papilles submédianes plus écartées et des dents pharyngiennes
plus importantes. Par ailleurs le spiculé est plus court sur notre matériel (57 p) alors qu’il
mesure 72 à 92 p de long chez S. eutarnii.
Ils se différencient de la deuxième espèce S. mesocriceti par leur plus petite taille et
par l’aspect des papilles submédianes. Chez S. mesocriceti, celles-ci sont en effet légèrement
pédonculées et sont plus rapprochées des amphides. En outre, le spiculé de nos spécimens
mâles est plus court (57 p) que celui des mâles de S. mesocriceti qui mesure 65 à 84 p.
Ces Oxyures représentent donc une espèce distincte des autres espèces congénères.
Nous pensons qu’elle est nouvelle et la nommons Syphacia ramirohitra n. sp.
Syphacia brachyuromyos n. sp.
Lin abondant matériel constitué par des larves et de nombreux spécimens mâles
et femelles a été récolté au niveau de l’intestin grêle et du cæcum de neuf Brachyuromys
betsileoensis. Numéros d’enregistrement MNHN : 902 Ka, 921 Ixa (types), 941 Ka, 970 Ka,
977 Ka, 1075 Ka, 1095 Ka, 6 Ma, 7 Ma.
Description
La principale particularité de cet Oxyure réside dans la morphologie de ses structures
céphaliques. Chez le mâle et chez la femelle, la tête entourée d’une vésicule céphalique
est circulaire et porte un masque facial très réduit, limité par quatre grosses papilles hémis¬
phériques et par les amphides. La bouche est bordée par six lobes labiaux dont deux sont
Fig. 6. — Syphacia brachyuromyos n. sp., mâle.
A, mâle en vue latérale ; B, tête en vue apicale ; C, coupe optique au niveau de la capsule et des dents pha¬
ryngées ; D, tête en vue ventrale ; E, extrémité antérieure du corps, vue ventrale ; F, pore excréteur ;
G, détail d’un mamelon cuticulaire en vue ventrale ; H, vue latérale des trois mamelons cuticulaires ;
I et J, bourse caudale successivement représentée en vues ventrale et latérale ; K et L, spiculé, guber-
naculum et crochet accessoire successivement représentés en vues latérale et ventrale.
A, E, éch. = 100 tx ; B, C, D, K, L, éch. = 30 p ; F, G, H, I, J, éch. = 50 [i.
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRAGHYUROMYS
101
situés dorso-ventralement et quatre sont latéro-médians. Ces lobes sotit soutenus en pro¬
fondeur par une petite capsule triangulaire à la paroi de laquelle sont incorporées les trois
dents pharyngées. Ces structures sont différentes chez la larve où la bouche triangulaire
présente une morphologie buccale comparable à celle de la larve de la précédente espèce,
Syphacia ramirohitra.
Mâle (fig. 6) : 11 est courbé sur sa lace ventrale et porte trois mamelons culieulaires.
Spécimen holotype : Il mesure 950 p. de long sur 73 p, de large. La largeur de l’extrémité
céphalique est de 22 p, l’écart des pores amphidiaux est de 12 p, et la profondeur de la cap¬
sule buccale est de 4 p.
La vésicule céphalique mesure 40 p de haut ; l’anneau nerveux et le pore excréteur
sont respectivement situés à 110 p et 310 p de l'apex ; la longueur totale de l’œsophage
est. de 230 p, les dimensions du bulbe sont 60 p X 50 p.
Les trois mamelons culieulaires, longs de 50 p, 50 p et 55 p, sont respectivement situés
à 390 p, 465 p et 550 p de l'apex.
Le spiculé est très eililé et mesure 92 p X 2 p ; h; gubernaeulum muni de sa pièce
accessoire atteint 29 p de long sur 4 p de large ; la longueur de la pièce accessoire est de
10 p.
La longueur de la queue est de 95 p, celle de l’appendice caudal est de 70 p.
Femelle (fig. 7) : Trois éléments caractérisent ces femelles. Ce sont les deux ailes laté¬
rales qui débutent en arrière de la vésicule céphalique et s’arrêtent en avant de l’anus,
l’atrophie de l’ovéjecteur et la taille importante des œufs.
Spécimen allotype : Cette femelle gravide mesure 2,25 mm de long sur 160 p de large ;
l’extrémité céphalique est large de 33 p el l’écart des pores amphidiaux esl de 20 p. La
capsule buccale est profonde de 7 p ; la hauteur de la vésicule céphalique esl de 60 à 70 p :
l’anneau nerveux, le pore excréteur et le vagin sont situés respectivement à 85 p, 360 p
et 475 p de l’apex ; la longueur totale de l’œsophage est de 320 p : les dimensions du bulbe
sont 75 p X 85 p. L’ovéjecteur ne mesure que 50 p de long. Les œufs atteignent 150 à 155 p
de long sur 34 à 38 p de large. La longueur de la queue est de 500 p.
Discussion
Les structures céphaliques de ce Syphacia, constituées de six lobes labiaux et d’une
petite capsule buccale sont si particulières qu’elles le, différencient aisément des espèces
actuellement décrites dans le genre où l’évolution céphalique est marquée par un allonge¬
ment latéral et par la formation et l’épaississement des trois lèvres du masque facial (cf.
Quentin, 1971).
Il ne fait par conséquent aucun doute que le Syphacia parasite de Brachyuromys betsi-
leoensis appartient à une espèce nouvelle. Nous la nommons Syphacia brcichyuromyos
n. sp.
102
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Fig. 7. — Syphacia brachyuromyos n. sp., femelle.
A, femelle en vue latérale ; B, tête en vue apicale ; C, coupe optique au niveau de la capsule buccale ; D,
coupe optique au niveau des dents pharyngées ; E, tête en vue ventrale ; F, vue apicale d’une larve ;
G, extrémité antérieure, vue ventrale ; H, pore excréteur ; I et J, détail de l’aile latérale au niveau de
l’anneau nerveux et du bulbe ; K, ovéjecteur ; L, œuf.
A, éch. = 300 p ; B, C, D, F], H, I, J, K, L, éch. = 50 p ; F, éch. = 10 p ; G, éch. = 100 p.
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
103
Mastophorus mûris (Gmelin, 1790)
Une femelle immature aisément identifiable par ses six lobes labiaux denticulés et
sa capsule buccale de section circulaire est parasite de l’estomac de B. betsileoensis. Numéro
d’enregistrement MNHN : 1080 Ka.
Nippostrongylus brasiliensis (Travassos, 1914)
Sur les treize autopsies de Brachyuromys, nous avons retrouvé deux fois et en assez
grand nombre des Nippostrongylus brasiliensis parfaitement identifiables à l’espèce de
Travassos. Il est intéressant de noter que deux Battus rattus originaires de la même
région étaient aussi parasités par les Nippostrongylus et il est vraisemblable que les
Brachyuromys se sont contaminés à partir des parasites du Rat. A notre connaissance,
c’est la première fois que N. brasiliensis est signalé ailleurs que chez des Rongeurs domes¬
tiques.
Heterakis spumosa (Schneider, 1866)
De nombreux mâles et femelles ont été rencontrés au niveau du rectum de B. betsi¬
leoensis, n 08 902 Ka, 970 Ka, 977 Ka, 8 Ma et 9 Ma.
Ces spécimens sont indifïérenciables, tant par leurs structures céphaliques que par
leurs structures génitales et cuticulaires, de l’espèce Heterakis spumosa Schneider, 1866.
Cette espèce parasite de Battus rattus est cosmopolite.
Trichuris mûris (Schrank, 1788)
Seule l’extrémité postérieure d’un mâle a pu être récoltée au niveau du rectum de
B. betsileoensis. Numéro d’enregistrement MNHN : 1096 Ka. La taille du spiculé (830 p)
correspond aux dimensions données par Roman (1951) pour le spiculé de Trichuris mûris
(Schrank, 1788).
II. CESTODES
Skrjabinotaenia baeri (Lynsdale, 1953)
Matériel : 20 Cestodes récoltés chez un seul Brachyuromys betsileoensis. Numéro
d’enregistrement MNHN : 1096 Ka.
Description (fig. 8)
La forme générale de ce Cestode est remarquable car le strobile, une fois déroulé,
présente un dernier proglottis considérablement élargi.
Fig. 8. — Skrjabinotaenia baeri (Lynsdale, 1953).
A, B, C, différents strobiles récoltés chez Brachyuromys betsileoensis ; D, détail de la répartition des testi¬
cules et des organes génitaux femelles, le proglottis suivant, gravide, est détaché ; E, détail des conduits
génitaux mâles et femelles (CD, canal déférent ; RS, réceptacle séminal ; O, ovaire ; U, utérus ; Va,
vagin ; Vi, vitellogène).
A, B, C, éch. = 2 000 p. ; D, éch. = 500 p. ; E, éch. = 150 p..
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
105
La longueur d'un spécimen comprenant trois proglottis, dont le dernier est gravide,
esl en elïet de 2,5 mm alors que la largeur atteint 13 mm. D'autres individus dont il manque
le dernier segment mesurent 1,4 mm de long sur 4,5 mm de large.
Le scolex est généralement encastré dans le premier proglollis. Sa longueur est de
240 p. à 170 p, sa largeur de 260 p à 360 p. Les ventouses ont un diamètre de 110 p à 120 p
et présentent un orifice de 40 p à 80 p.
Le système osmorégulateur est ramifié.
Les testicules sont séparés en deux groupes latéraux par rapport aux glandes génitales
femelles. 70 à 120 testicules sont dénombrés du côté poral, 100 à 180 du côté antiporal.
Le nombre total des testicules varie, selon les individus, de 170 à 300.
Les pores génitaux alternent. La poche du cirre, longue de 110 p. est mal délimitée
du canal déférent car sa largeur est comparable : 25 p à 30 p. La longueur du vagin et du
canal séminal est de 800 p. Le réceptacle séminal a 110 p de diamètre. La glande vitello-
gène, étirée dans le sens de la largeur, mesure 320 à 350 p X 100 p.
L’utérus ne compte que deux à trois branches utérines dans chacun des deux lobes
latéraux du dernier proglottis. Ces branches peuvent atteindre 7,5 mm de long. Les œufs
de 10 p de diamètre ne sont pas totalement embryonnés.
Discussion
Ce Cestode Anoplocepbalidae appartient au genre Skrjabinotaenia Akhumian, 1946,
en raison de son utérus ramifié, de son système osmorégulateur en réseau et de la répar¬
tition des testicules en deux champs latéraux par rapport aux organes génitaux femelles.
Dans ce genre, nos spécimens s’identifient à l’espèce S. baeri, à la fois par la forme
« ailée » du strobile, ses dimensions, le nombre de ses testicules (il en existe en effet 250 à
350 d’après la description originale de l’espèce), l’anatomie de ses organes génitaux et enfin
par le faible nombre de ses branches utérines.
Skrjabinotaenia madagascariensis n. sp.
Matériel : Ce Cestode Anoplocepbalidae de très petites dimensions a été récolté, en
abondance au niveau du duodénum de sept Brachyuromys betsileoensis. Numéros d’enre¬
gistrement MNHN : 921 Ka (types) : 49 strobiles, 941 Ka : 35 strobiles, 970 Ka : 5 strobiles,
977 Ka : 14 strobiles, 1075 Ka : 3 strobiles, 1098 Ka : 2 strobiles, 7 Ma : 17 strobiles, et d’un
B. ramirohitra, 8 Ma : 20 strobiles.
Description
A. Spécimens parasites de B. betsileoensis (fig. 9 A, B, C, D)
La longueur totale du strobile est de 1,15 à 3 mm, sa largeur de 0,5 à 1,1 mm. L’évo¬
lution de l’appareil génital est condensée sur cinq proglottis. Le premier proglottis ne pré¬
sente pas encore d ébauches génitales ; au niveau du deuxième apparaissent les testicides
Fig. 9. — Skrjabinotaenia Madagascar iensis n. sp.
A, B, C, D, différents strobiles récoltés chez Brachyuromys betsileoensis ; E, strobile récolté chez B. rarni-
rohitra ; F, détail du scolex (spécimen parasite du B. betsileoensis) ; G, détail des conduits génitaux
mâles et femelles (C, poche du cirre ; R.S. réceptacle séminal ; T, testicule ; Va, vagin ; Vi, vitello-
gène).
A, B, C, éch. = 2 000 [x ; D, éch. = 500 jx ; E, éch. = 150 [x.
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
107
et les conduits génitaux ; le troisième est arrivé a maturité sexuelle et comporte deux champs
testiculaires situés de part et d’autre de l’utérus en formation ; celui-ci s’accroît dans le
quatrième proglottis où quelques testicules subsistent encore ; enfin le cinquième proglottis
gravide est souvent détaché du strobile.
Le scolex triangulaire est terminé par une petite ampoule, vestige de la ventouse
apicale, remarquée par Joyeux et Baer (1945), chez les larves de Catenotaeniinae. Il
mesure 250 p de large sur 180 à 190 p de long et porte quatre ventouses de 100 p de dia¬
mètre et de 24 p d’épaisseur, rapprochées et groupées deux par deux sur chaque face du
Cestode.
Le système osmorégulateur est ramifié.
Les pores génitaux sont très antérieurs et alternent. L’appareil génital mâle est consti¬
tué de deux champs testiculaires latéraux qui regroupent 50 à 60 testicules de 40 à 60 p
de diamètre chacun.
Le canal déférent est entouré, avant d’aboutir à la poche du cirre, d’un manchon
glandulaire prostatique. Il se prolonge à l’intérieur de la poche du cirre où il effectue trois
boucles. La poche du cirre, parfaitement délimitée, mesure 100 à 110 p de long sur 35 à
44 p de large.
L’appareil génital femelle se compose d’un ovaire diffus, d’une glande vitellogène
compacte large de 75 à 130 p, d’un réceptacle séminal qui mesure 70 à 85 p de diamètre
et d’un vagin long de 300 p.
Les branches utérines sont dirigées vers le pôle postérieur du proglottis et sont au
nombre de 4 à 8 X 2.
B. Spécimens parasites de Brachyuromys ramirohitra (fig. 9, E)
Quelques différences sont observées par rapport aux spécimens parasites de B. betsi-
leoensis.
La taille du strobile est plus importante puisqu’elle atteint 6 mm de long mais le sixième
proglottis gravide mesure à lui seul 2,7 mm de long.
La largeur du scolex est de 450 p et sa longueur de 300 p, le diamètre des ventouses
est de 200 p.
Les champs testiculaires sont réunis par une rangée de testicules postérieurs aux glandes
génitales femelles. Le nombre total des testicules s’élève à 80-90.
Ces différences sont à notre avis peu significatives car les autres caractères — appareil
génital, anatomie du système osmorégulateur, nombre de branches utérines (7 à 8 X 2) —
sont comparables aux précédents spécimens. Nous pensons donc que les Cestodes parasites
de Brachyuromys ramirohitra appartiennent à la même espèce que ceux parasites de B.
betsileoensis.
Discussion
Ce Cestode Skrjabinotaenia est tout à fait intermédiaire par la taille, le nombre de
testicules, et la rapidité d’évolution des organes génitaux, aux espèces ,9. media Quentin,
1971, et S. paueiproglottis Quentin, 1965. Il diffère de S. media car chez cette espèce l’évo¬
lution génitale se réalise sur une dizaine de segments, le strobile mesure plus de 10 mm de
long, et chacun des proglottis compte 60 à 120 testicules.
108
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
11 se différencie de S. pauciproglottis car cette espèce naine est réduite à trois pro-
glottis dont le deuxième ne compte que 30 à 40 testicules et dont le dernier est gravide.
Nous considérons donc que les spécimens parasites du Brachyuromys appartiennent
à une espèce distincte des précédentes, et que cette espèce est nouvelle. Nous la nommons
S. madagascariensis n. sp. Celle-ci représente dans notre conception une des étapes de la
réduction du strobile, consécutive à la dispersion géographique de l’espèce S. lobata.
Conclusions
Hormis les espèces Mastophorus mûris (Gmelin, 1790) — signalée aussi chez des Lému¬
riens malgaches (cf. Chabaud, Brygoo et Petter, 1964) —, Nippostrongylus brasiliensis
(Travassos, 1914), Heterakis spumosa (Schneider, 1866), Trichuris mûris (Schrank, 1788),
qui proviennent toutes quatre d’une contamination par Battus rattus et qui sont dissémi¬
nées dans le monde entier, les autres espèces qui constituent l’helminthofaune des Ron¬
geurs Crieétinés malgaches Brachyuromys ramirohitra et B. betsileoensis se répartissent
en deux groupes différents, qui semblent correspondre à deux étapes du peuplement para¬
sitaire.
A. Parasites anciens
Nous considérons comme paléoendémiques les deux espèces d’Oxyures. Nous pen¬
sons, en effet, qu’elles sont contemporaines de l’introduction et de l’isolement géographique
des Cricétidés à Madagascar.
Syphacia ramirohitra n. sp. paraît être l’espèce la plus ancienne car l’ouverture buc¬
cale hexagonale ne porte aucune lèvre. L’absence de formations labiales ne se rencontre
dans le genre Syphacia que chez deux espèces. L’une, S. eutamii Tiner, 1948, est parasite
d’un Sciuridé nord-américain ; la seconde, S. criceti Quentin, 1971, est parasite d’un Cri-
cétidé de laboratoire en Amérique du Nord.
La morphologie céphalique de ces Oxyures est la plus primitive du genre Syphacia,
et nous pensons qu’elle remonte à l’époque d’apparition géologique des hôtes bis plus anciens :
les Sciuridés, à l’Oligocène.
Syphacia brachyuromyos n. sp. La morphologie très atypique de cette espèce paraît
dériver de la précédente : les larves ont en commun une ouverture buccale triangulaire ;
chez l'adulte les structures céphaliques se sont profondément transformées. Les six lobes
labiaux du pourtour buccal et la capsule buccale sont en effet des néoformations qui
rappellent par convergence celles d’un autre Oxyurinae malgache Lemuricola ( Ingloxyuris)
inglisi Chabaud, Petter et Golvan, 1961, parasite de Lémurien.
Cette morphologie originale est tout à fait atypique dans le genre Syphacia dont les
espèces se sont diversifiées dans le monde entier, et semble donc résulter directement de
l’isolement géographique des hôtes Crieétinés à Madagascar.
B. Parasites récents
Nous rangeons parmi les parasites plus récents des formes proches de celles qui se
trouvent chez les Muroidea africains et qui, par conséquent, paraissent avoir été introduites
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
109
secondairement dans l’île. Leur spéciation, lorsqu’elle se manifeste chez les Cricétidés
malgaches, est faible. A ce groupe appartiennent les Nématodes Heligmosomes et les Ces-
todes Skrjabinotaenia.
a — Nématodes Heligmosomes
D’après l’interprétation de l’un d’entre nous sur l’évolution des Héligmosomes
(Durette-Desset, 1971), le genre Heligmonina se serait formé récemment chez les Muridés
africains, principalement dans le bloc forestier guinéo-congolais, à partir du genre Neohe-
ligmonella. Ce dernier genre est parasite de Muridés éthiopiens, spécialement dans l’Est
et dans le Sud.
Le petit groupe d’espèces que nous avons eu à considérer ci-dessus est caractérisé
essentiellement par une forte asymétrie de la bourse caudale, ce qui indique donc norma¬
lement un groupe très spécialisé.
Or, sur les six espèces qui constituent ce groupe, il est remarquable de constater que
quatre d’entre elles se trouvent chez des Cricétidés (deux en Afrique, deux à Madagascar) ;
cela peut paraître paradoxal puisque l’apparition paléontologique des Cricétidés a précédé
celle des Muridés, mais il s’agit en fait d’un phénomène général chez les Heligmosomes
parasites de Cricétidés puisqu’il est constaté également en Europe avec le genre Heligmo-
somoides, et en Amérique avec les genres Hassalstrongylus et Stilestrongylus.
Cela nous a conduit à envisager dans un précédent travail ( Durette-Desset, 1971),
que les Cricétidés ont échappé au parasitisme par les Héligmosomes à l’époque de leur
apparition et n’ont été contaminés que beaucoup plus tardivement à partir de parasites
de Muridés ou de Microtidés.
L’Afrique constituerait donc un troisième exemple de ce phénomène, ce qui implique
une date très récente pour l’introduction des parasites de Brachuyromys à Madagascar.
h — Cestodes Skrjabinotaenia
Ces Cestodes Anoplocephalidae se sont également diversifiés en Afrique selon deux
rameaux évolutifs (cf. Quentin, 1971).
— S. baeri (Lynsdale, 1953) appartient à l’un de ces rameaux dont la tendance évo¬
lutive consiste en une scission profonde et longitudinale du strobile. Les espèces qui le
constituent, S. oranensis (Joyeux et Foley, 1930), S. aegyptica Wolfgang, 1956, S. gerbilli
Wertheim, 1954, S. cricetomydis Hocklev, 1961 et S. baeri sont réparties à la fois chez des
Gerbillidés, des Cricétidés et des Muridés. L’espèce S. baeri, récoltée chez un Brachyuro-
mys, paraît donc avoir une extension géographique assez vaste puisque, découverte en
Rhodésie du Sud chez deux Rongeurs non identifiés (« House rat » et « Granary rat »), elle
a récemment été retrouvée en Centrafrique par l’un de nous, chez Thamnomys rutilans.
— S. madagascariensis n. sp. s’intégre parfaitement dans le second rameau évolutif
qui regroupe en Afrique des Cestodes dont les proglottis restent indivis mais chez qui la
réduction de la taille du strobile et du nombre de proglottis s’accentue de plus en plus avec
les espèces S. lobata (Baer, 1925), S. lucida (Ortlepp, 1962), S. compacta (Ortlepp, 1962),
S. media Quentin, 1971, et S. pauciproglottis Quentin, 1965, parasites de Muridés et de
Dendromuridés.
110
JEAN-CLAUDE QUENTIN ET MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Les Nématodes Heligmonina et les Cestodes Skrjabinotaenia appartiennent donc à
des lignées qui paraissent s’être diversifiées de façon récente chez les Muroidea éthiopiens.
Nous comprenons mal, par conséquent, leur présence chez les Cricétidés malgaches, d’autant
plus que ces genres parasites n’ont jamais été signalés chez Rattus rattus.
Nous sommes donc amenés à envisager l’hypothèse d’un transfert de ces parasites
d’Afrique à Madagascar par des Rongeurs Muroidea autres que Rattus, et qui, peut-être
sous la concurrence de ce dernier, auraient disparu.
En conclusion, l’endémisme de l’helminthofaune des Cricétidés malgaches est parti¬
culièrement marqué chez les Oxyures du genre Syphacia ; les profondes transformations
des structures céphaliques de ces Nématodes paraissent en effet résulter de l’isolement
géographique ancien de leurs hôtes. L’endémisme est faible chez les Héligmosomes et les
Cestodes. Ces parasites, qui appartiennent à des lignées parasitaires africaines d’évolution
récente, semblent avoir été introduits plus tardivement dans l’île.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Akhumyan, K. S., 1946. — Révision of the Systematics of the genus Catenotaenia Janicki, 1904.
Helminthol. coll. dedicated to the Acad. K. I. Skrjabin. Izd. Akad. Nauk. S.S.S.R., Moscou-
Leningrad : 37-41.
Baer, J. C., 1925. —- Sur quelques Cestodes du Congo Belge. Revue suisse Zool., 32 (18) : 239-
251.
Bayj.is, H. A., 1928. — On a collection of Nematodes from Nigérian Mammals (Chiefly Rodents).
Parasitology, 20 (3) : 280-304.
Chabaud, A. G., E. E. Brygoo et A. J. Petter, 1964. — Les Nématodes parasites de Lémuriens
malgaches V. — Nématodes de Daubentonia madagascariensis. Vie Milieu, suppl. n° 17 :
205-212.
Chabaud, A. G., A. J. Petter et Y. Golvan, 1961. — Les Nématodes parasites de Lémurien
malgaches. III. Collection récoltée par M. et M me Fr. Petter. Annls Parcisit. hum. comp.,
36 (1-2) : 113-126.
Durette-Desset, M. C., 1966. — Les systèmes d’arêtes cuticulaires chez les Nématodes Héligmo¬
somes. 11. Étude de cinq Longistriata, parasites de Rongeurs Africains. Cah. La Maboké.
4 (2) : 120-140.
— 1971. — Essai de classification des Nématodes Héligmosomes. Corrélation avec la paléo¬
biogéographie des hôtes. Mém. Mus. natn. Hist. nat., Paris, sér. A, Zool., 69, 126 p.
Hockley, A. R., 1961. — On Skrjabinotaenia cricetomydis n. sp. (Cestoda Anoplocephalata) from
the Gambian Pouched Rat, Nigeria. J. Helminth., 35 (3-4) : 235-254.
Joyeux, Ch., et H. Foi.ey, 1930. — Les Helminthes du Meriones shawi shawi Rozet dans le nord
de l’Algérie. Bull. Soc. zool. Fr., 55 (5) : 353-374.
Joyeux, Ch., et J. G. Baer, 1945. — Morphologie, évolution et position systématique de Cateno¬
taenia pusilla (Goeze, 1732) Cestode parasite de Rongeurs. Revue suisse Zool., 52 (2) : 13-
51.
Lynsdale, S. A., 1953. — On a remarkable new Cestode, Meggitina baeri gen. et sp. nov. (Ano-
plocephalinae) from Rodents in Southern Rhodesia. J. Helminth., 27 (3-4) : 129-142.
Ortlepp, R. J., 1939. —- South African Helminths. Part VI. Some Helminths, chiefly from Rodents.
Onderstepoort J. vet. Sci. Anim. Ind., 12 (1) : 75-101.
— 1962. — On two new Catenotaenia tapeworms from a south African Rat with remarks
on the species of the genus. Onderstepoort J. veter. Res., 29 (1) : 11-19.
HELMINTHOFAUNE DES RONGEURS DU GENRE BRACHYUROMYS
111
Paulian, R., J. M. Betsch et J. L. Guillaumet, 1971. — Étude des Écosystèmes montagnards
dans la région malgache. I. Le massif de l’Àndringitra 1970-1971. Géomorphologie, clima¬
tologie et groupements végétaux. Bull. Soc. Êcol., 2 (2-3) : 189-266.
Quentin, J. C., 1965. — Skrjabinotaenia pauciproglcttis n. sp. Cestode nouveau parasite de Ron¬
geurs de République Centrafricaine. Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 37 (2) : 357-362.
— 1971. — Cestodes Skrjabinotaenia de Rongeurs Muridés et Dendromuridés de Centrafrique.
Hypothèse sur l’évolution des Cestodes Catenotaeniinae. Cah. La Maboké, 9 (1) : 57-79.
— 1971. — Morphologie comparée des structures céphaliques et génitales des Oxyures du
genre Syphacia. Annls Parasit. hum. comp., 46 (1) : 15-60.
Tiner, J. D., 1948. — Syphacia eutamii n. sp. from the least chipmunk, Eutamias minimus with
a key to the genus (Nematoda Oxyuridae). J. Parasit., 34 (2) : 87-92
Wertheim, G., 1954. — A new Anoplocephalid Cestode from the Gerbil. Parasitology, 44 (3-4) :
446-449.
Wolfgang, R. W., 1956. — Helminth parasites of Reptiles, Birds and Mammals in Egypt. II.
Catenotaenia aegyptica sp. nov. from Myomorph Rodents, with additional notes of the genus.
Can. J. Zool., 34 (1) : 6-20.
Manuscrit déposé le 22 janvier 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 205, janv.-févr. 1974,
Zoologie 135 : 89-111.
Achevé d’imprimer le 30 septembre 1974.
IMPRIMERIE NATIONALE
4 564 001 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauciiot, M.-L., J. Dagf.t, J.-C. Hukeau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Ilist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
'Fin bergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue GeofTroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.