BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 216
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
MAI-JUIN 1974
144
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
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Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
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A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
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générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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International Standard Serial Nurnber (ISSN) : 0027-1070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 216, mai-juin 1974, Zoologie 144
SOMMAIRE
M.-C. Durette-Desset. — Ohbayashinema ochotoni n. gen., n. sp. (Nematoda,
Trichostrongyloidea), parasite d’un Lagomorphe du Népal ; intérêt phylétique
de ce genre. 415
— Murielis abei n. sp. (Nematoda Heligmosomidae), parasite d’un Lagomorphe
du Népal, et remarques sur le genre Murielus Dikmans, 1939. 419
216, 1
Ohbayashinema ochotoni n. gen., n. sp.
( Nematoda, Trichostrongyloidea),
parasite d’un Lagomorphe du Népal ; intérêt phylé tique de ce genre
par Marie-Claude Durette-Desset *
Résumé. — Description d’un nouvel Héligmosome Ohbayashinema ochotoni n. gen., n. sp.,
parasite d’ Ochotona macrotis au Népal.
Ce nouveau genre, dont la bourse caudale est de type Heligmosomoides, est caractérisé par
un synlophe symétrique par rapport au plan frontal.
Du point de vue phylétique, le genre Ohbayashinema appartient à la lignée « Heligmosomum ».
Par son synlophe, il forme un chaînon entre les Molineus et les Citellinema, mais la femelle
étant monodelphe, il faut concevoir qu’il dérive d’un genre didelphe hypothétique proche des
Molineus et que ce genre aurait donné naissance à 2 rameaux : 1) chez les Lagomorphes, au genre
Ohbayashinema, 2) chez les Sciuromorphes, au genre Citellinema, puis essentiellement chez les
Microtidés aux genres Heligmosomoides et Heligmosomum.
Abstract. — Ohbayashinema ochotoni n. gen. n. sp. (Nematoda, Trichostrongyloidea) para¬
site of a Lagomorph from Népal ; phyletic interest of the genus.
This new genus, the caudal bursa of which is of the Heligmosomoides type, is characterized
by a dorso-ventral symetrical synlophe.
From a phyletic point of view, the genus Ohbayashinema belongs to the phylum “ Heligmo¬
somum ”.
By the characteristics of its synlophe, the genus Ohbayashinema forms a link between the
Molineus and the Citellinema. Nevertheless, the female being monodelpliic, we are led to suppose
that its origin is an hypothetic didelphic genus related to the Molineus ; this hypothetic genus
would hâve given rise to two branches : 1) to the genus Ohbayashinema in the Lagomorpha, 2) to
the genus Citellinema in the Sciuromorpha and then to the généra Heligmosomoides and Heligmo¬
somum in the Microtidae.
Nous étudions ci-dessous trois mâles d’un nouveau Trichostrongylide, parasites de
l’intestin d’un Ochotona macrotis Gunther, originaire de Gasainhund. Ces spécimens font
partie de l’importante collection de Nématodes récoltés au Népal par les Professeurs
M. Ohbayashi et H. Abe, que nous remercions vivement.
Les spécimens ont été déposés dans les collections du Muséum de Paris sous le n° 158 I1A.
Ohbayashinema ochotoni n. gen., n. sp.
Description
Petit Nématode enroulé de façon irrégulière le long de sa ligne ventrale. Vésicule cépha¬
lique bien marquée. Pore excréteur et deirides au même niveau. Ces dernières sont séti-
formes. Glandes excrétrices bien visibles (fig. 1, A).
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 43, rue Cuvier’
75231 Paris Cédex 05.
216, 2
416
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Fig. 1. — Ohbayasliinema ochotoni n. gen., n. sp., mâle. A, extrémité antérieure, vue latérale droite ;
B, coupe transversale au milieu du corps ; C, bourse caudale, vue ventrale ; 1), détail du pore excré¬
teur et des deirides, vue ventrale ; E, pointe d'un spiculé.
A, C, éch. = 150 p. ; B, éch. = 50 p ; D, E, éch. = 100 p.
Bourse caudale typique des genres Citellinema, Heligmosomoides, figurée en 1, C.
Spiculés dédoublés, sauf à leur extrémité distalc.
Synlophe : constitué par des crêtes cuticulaires longitudinales, dont la pointe, en coupe
transversale, apparaît dirigée de la droite vers la gauche. On compte 5 arêtes dorsales,
5 arêtes ventrales subégales. La portion cuticulaire située en face des champs latéraux
est dépourvue de crêtes (lig. 1, B).
Mensurations : corps long de 8,7 mm, large de 150 p dans sa partie moyenne. Vésicule
céphalique haute de 100 p sur 45 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides
situés respectivement à 240 p, 430 p et 430 p de l’apex. Œsophage long de 710 p.
OHBAYASHINEMA OCHOTONI N. GEN., N. SP.
417
Le testicule débute à 450 p. en arrière de la fin de l’œsophage.
Spiculés longs de 560 p. avec une pointe caudale de 70 p (fig. 1, E).
Discussion
A la suite de Skrjabin, Schikobalova et Sciiulz, 1954, nous avons admis que le grand
groupe des Heligmosominae, essentiellement parasite de Microtidae, est issu des Tricho-
strongylides du genre Citellinema, parasite de Sciuridés.
Nous sommes en présence, cette fois, d’un Nématode qui appartient à la même lignée,
puisque la bourse caudale est presque identique à celle des genres précédents, mais qui a
un synlophe à symétrie dorso-ventrale, relativement peu modifié, intermédiaire entre le
synlophe de type Molineus et celui de type Citellinema.
Nous avons, par une autre voie, une confirmation indirecte de ce fait, puisque nous
avons été amenée récemment (Dubetïe-Desset, 1973) à reclasser le genre Citellinema
précisément dans les Molineinae.
Gvozdev, en 1966, a décrit un Nématode trouvé chez Ochotona alpina en Russie, sous
le nom d’ Heligmosomum dubinini et dont la femelle est monodelphe. Bien que ne connais¬
sant pas de. façon approfondie le synlophe de cette espèce, il nous paraît certain qu’//.
dubinini et nos spécimens appartiennent au même genre. En effet, ils sont tous deux
parasites d’Ochotones asiatiques, sont très proches l’un de l’autre et le nombre d’arêtes
limité à 14 serait très anormal pour un véritable Heligmosomum ou Heligmosomoides.
Les deux espèces se différencient par le nombre de crêtes cuticulaires qui est moins
élevé (10 au lieu de 14) chez nos spécimens. De plus, chez H. dubinini, les côtes 4 se séparent
du trident latéral avant la séparation des côtes 5 et 6, alors que c’est l’inverse chez nos
spécimens, et les spiculés sont beaucoup plus longs.
Puisque ces deux espèces ne peuvent être rapportées au genre Citellinema , nous sommes
astreinte à créer un nouveau genre, que nous nommons Ohbayashinema en le dédiant au
Professeur Ohbayashi, et dont nous donnons la définition suivante :
Ideligmosomidae, Heligmosominae, avec synlophe constitué par des crêtes longitu¬
dinales ventrales et dorsales, symétriques par rapport au plan frontal. Bourse caudale de
type Heligmosomoides-Heligmosomum. Spiculés dédoublés dans leur partie moyenne. Dei-
rides sétiformes.
Espèce-type : Ohbayashinema ochotoni n. sp. parasite d’’Ochotona macrotis au Népal.
Autre espèce : Ohbayashinema dubinini (Gvozdev, 1966) n. comb. (= Heligmosomum
dubinini Gvozdev, 1966) parasite d 'Ochotona alpina en Russie.
Nous avons vu plus haut que, du point de vue du synlophe, Ohbayashinema se situait
entre les Molineus et les Citellinema, mais la femelle étant monodelphe alors qu’elle est
didelphe chez Citellinema, il faut concevoir l’existence de deux rameaux évolutifs chez la
lignée « Heligmosomum ».
A partir d’un ancêtre hypothétique proche des Molineus tt didelphe, un rameau se
serait adapté aux Lagomorphes avec perte d’un utérus et conservation d’un synlophe
symétrique (genre Ohbayashinema ) ; l’autre rameau se serait adapté aux Sciuromorphes
avec conservation de deux utérus mais apparition d’un synlophe asymétrique (genre Citel-
418
MABIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
linema ) ; ce dernier genre aurait donné naissance aux genres Heligmosomoides et Helig-
mosomum avec perte d’un utérus et apparition de l’obliquité des crêtes.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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nematode family, Trichostrongylidae Leiper. J. Helminlh., 1 : 71-96.
Durette-Desset, M. C., 1973. — Nouveaux Nématodes Trichostrongyloidea parasites d’insec¬
tivores Soricidés du Népal ; description de Suricinema murini n. gen. n. sp., forme relique
montrant les liens qui unissent les Molineinae et certains Héligmosomes. Bull. Mus. natn.
Ilisl. nat., Paris, 3 e sér., n° 136, zool. 100 : 759-774.
Gvozdev, E. V., 1966. — r New Nematodes from Ochotona alpina Pall.] Helminthologia, 7 (1/4) :
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H all, M. C., 1916. — Nematodes parasites of Mammals of the Orders Rodentia, Lagomorpha,
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Railliet, A., et A. Henry, 1909. — Sur la classification des Strongylidae. 1. Metastrongylidae.
C. r. Séanc. Soc. Biol., Paris, 66 (2) : 85-88.
Skrjabin, K. I., N. P. S c h i k h o b a l o w a et R. S. Schulz, 1954. — Osnovi Nematodologii. IV.
Dictyoeaulides et Heligmosomatides. Acad. Sci. URSS, Moscou, 323 p.
Manuscrit déposé le 19 mars 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 216, mai-juin 1974,
Zoologie 144 : 415-418.
Achevé d’imprimer le 31 octobre 1971.
Murielus abei n. sp. (Nematoda Heligmosomidae),
parasite d’un Lagomorphe du Népal,
et remarques sur le genre Murielus Dikmans, 1939
par Marie-Claude Durette-Desset *
Résumé. — Description de Murielus abei n. sp., parasite d’ Ochotona roylei Ogilby, au Népal.
L’espèce est caractérisée par la naissance des côtes 9 presque à la racine de la côte dorsale. De plus,
le nombre de crêtes cuticulaires est plus élevé que chez les deux autres espèces du genre.
Le genre Murielus Dikmans, 1939, ayant un synlophe tout à fait différent de celui des autres
genres de la famille des Heligmosomidés et formant un groupe bien individualisé par rapport au
genre didelphe Nematodirus dont il dérive (séparation des côtes 9 d’une part, des côtes 10 et 11
de l’autre), il nous paraît nécessaire d’élever la tribu Murielea Skrjabin et Schikhobalova, 1952,
au rang de sous-famille.
Abstract. — Murielus abei n. sp. (Nematoda : Heligmosomidae) parasite of a Lagomorph
from Népal and remarks on the genus Murielus Dikmans, 1939.
This species is characterized by the beginning of the ray 9 at the basis of the dorsal ray.
Moreover the number of cuticular ridges is larger than in the two other species of the genus.
The genus Murielus has a different synlophe than that of the other généra of the Heligmo¬
somidae and forms a group well separated from the didelphic genus Nematodirus from which
it dérivés (séparation of the ray 9 on one hand and of rays 10 and 11 on the other). It seems ne-
cessary to elevate the tribe Murielea Skrjabin and Schikhobalova, 1952, to the rank of subfamily.
Nous poursuivons dans cette note l’étude des parasites de Lagomorphes du Népal,
récoltés par les Professeurs Ohbayasiii et Abe que nous remercions vivement. Six intestins
à'Ochotona roylei Ogilby ont été examinés et contenaient des Capillaria sp. qui n’ont pas
été déterminés et une nouvelle espèce du genre Murielus, répartis comme suit, selon l’ori¬
gine géographique :
a — Gasainhund : 159 HA, 5 Ç Capillaria sp., 1 morceau de Murielus abei n. sp. ;
160 HA, 2 $ M. abei n. sp.
b — Thare Pâte à l’est de Gasainhund : 161 HA, 2 Ç Capillaria sp., 1 morceau pos¬
térieur $ de M. abei n. sp. ; 162 HA, 3 7 Ç M. abei n. sp. (types) ; 163 HA, plusieurs
Capillaria sp. $.
Nous devons à l’obligeance du D r Lichtenfelds, à qui nous exprimons toute notre
reconnaissance, l’envoi de quelques spécimens de l’espèce type du genre Murielus : M. har-
pespiculus Dikmans, 1939. Ceci nous a permis de donner une description du synlophe de
cette espèce qui n’était pas connu et de comparer les deux espèces.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris Cédex 05.
420
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Fig. 1. — Murielus harpespiculus Dikmans, 1939. A, femelle, extrémité antérieure, vue latérale gauche ;
B, femelle, tête, vue apicale ; C, femelle, coupe transversale du corps ; D, mâle, bourse caudale, vue
ventrale ; E, mâle, détail du pore excréteur et des deirides, vue ventrale.
A, éch. = 150 p ; B, C, E, éch. = 50 p ; D, éch. = 100 p.
Compléments morphologiques
À la description de Murielus harpespiculus Dikmans, 1939
Nous complétons simplement la description de Dikmans en donnant quelques figures
du mâle (fig. 1, D, E) et de la femelle (fig. 1, A), et une vue apicale de la tête (fig. 1, B).
Nous donnons également une description du synlophe : chez les deux sexes, le corps est
parcouru longitudinalement par 14 crêtes cuticulaires réparties comme suit : 5 ventrales,
5 dorsales, 2 latérales droites, 2 latérales gauches ; en coupe transversale, la pointe des
crêtes est dirigée du ventre vers le dos. Il n’existe pas de gradient de taille des crêtes mais
les latérales sont plus grandes que les autres (fig. 1, C).
Fig. 2. — Murielus abei n. sp. A, femelle, extrémité antérieure, vue latérale gauche ; B, femelle, tête
en vue apicale ; C, femelle, coupe transversale au milieu du corps ; D, mâle, id. à environ 500 p en
avant de la bourse caudale ; E, mâle, pointe des spiculés ; F, mâle, détail du pore excréteur et des
deirides, vue ventrale ; G, femelle, extrémité postérieure, vue latérale gauche ; H, mâle, bourse cau¬
dale, vue ventrale ; I, autre mâle, id.
A, H, I, éch. = 100 p ; B, C, D, E, F, éch. = 50 p ; G, éch. = 150 p.
422
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Les crêtes naissent derrière la vésicule céphalique et s’étendent jusqu’à 350 p environ
en avant de la bourse caudale chez le mâle et jusqu’au niveau du sphincter chez la femelle.
Murielus abei n. sp.
Description
Petits Nématodes ne présentant pas d’enroulement mais légèrement recourbés le long
de leur ligne ventrale.
Vésicule céphalique bien marquée. Présence d’une capsule buccale réduite (fig. 2, B).
Pore excréteur situé en arrière de l’anneau nerveux. Deirides au même niveau, sétiformes
(%• 2, F).
Synlophe : Chez les deux sexes, le corps est parcouru longitudinalement par 16 crêtes
cuticulaires réparties comme suit : 7 ventrales, 5 dorsales, 2 latérales droites, 2 latérales
gauches. En coupe transversale, la pointe des crêtes est dirigée du ventre vers le dos, mais
les crêtes dorsales sont presque orientées perpendiculairement à la paroi du corps. Il n’existe
pas de gradient de taille des crêtes, mais les latérales sont plus grandes que les autres et les
ventrales les plus petites (fig. 2, C). Les crêtes naissent sur le bord postérieur de la vésicule
céphalique et s’étendent jusqu’à environ 600 p de la bourse caudale chez le mâle et jusque
au niveau de la trompe chez la femelle.
Mâle : Corps long de 6 mm, large de 75 p dans sa partie moyenne. Vésicule céphalique
haute de 40 p X 28 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés respec¬
tivement à 195 p, 260 p et 260 p de l’apex. Œsophage long de 410 p.
Bourse caudale légèrement asymétrique avec un lobe droit plus développé. Disposi¬
tion des côtes bursales typique du genre Nematodirus, mais la côte 9 est complètement sépa¬
rée des côtes 10 et 11 qui ne se divisent qu’à leur extrémité distale (fig. 2, I). Ornementation
bursale granuleuse (fig. 2, H, I).
Spiculés longs de 480 p. Ils sont ailés seulement dans leur seconde moitié. Leur extré¬
mité distale est enfermée dans une gaine commune (fig. 2, E). Absence de gubernaculum.
Cône génital à peine marqué.
Femelle : Corps long de 9 mm, large de 100 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 42 p X 38 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 235 p, 330 p et 325 p de l’apex. Œsophage long de 490 p (fig. 2, A).
Monodelphie. La vulve s’ouvre à 290 p de la pointe caudale.
Vestibule allongé, long de 220 p, sphincter et trompe longs respectivement de 50 p
et 220 p. L’utérus mesure 2,5 mm et contient 19 œufs au stade morula, hauts de 140 p X
80 p de large.
Queue longue de 60 p, pointue mais sans épine terminale (fig. 2, G).
Discussion
Les spécimens de l’Ochotone présentent les principaux caractères du genre Murielus
Dikmans, 1939. Deux espèces sont actuellement connues dans ce genre, toutes les deux
MUHIELUS ABEI N. SP.
423
parasites d’Ochotone, l’une M. harpespiculus Dikmans, 1939, en Amérique du Nord, l’autre,
M. tjanschaniensis Gvosdev, 1962, en Chine.
Nos parasites sont très proches de ces deux espèces mais s’en éloignent :
1. par la séparation totale des côtes 9 d’une part et des côtes 10 et 11 de l’autre,
2. par le nombre plus élevé de crêtes cuticulaires qui sont de 14 chez l’espèce-type,
15 chez l’espèce chinoise, 16 chez nos spécimens,
3. par des spiculés nettement plus petits que chez les deux autres espèces.
De plus, ils se distinguent de la première espèce par la longueur égale des côtes 10 et 11
et diffèrent de la seconde car les côtes 6 sont sensiblement égales aux côtes 5 et non plus
longues.
Nous considérons donc que les parasites de l’Ochotone sont nouveaux et nous les nom¬
mons Murielus abei n. sp., en les dédiant au Professeur Hirashi Abe.
Conclusion
Comme l’a indiqué très clairement Dikmans, 1939, le genre Murielus dérive directe¬
ment du genre didelphe Nematodirus Ransom, 1907. L’auteur a rangé son genre dans la
famille des Ileligmosomidae, puisque la femelle était monodelphe. Mais il n’existe pas, en
réalité, d’affinités réelles avec les autres genres de la famille.
D’autre part, par rapport aux Nematodirus, les trois espèces ont un caractère très
particulier, à savoir que les côtes 9 sont nettement individualisées par rapport aux côtes 10
et 11, ce qui n’est pas le cas chez les Nematodirus où elles sont confondues sur la plus grande
partie de leur trajet.
Il nous semble donc nécessaire d’élever la tribu des Murielea Skrjabin, et Schikho-
balova, 1952, au rang de sous-famille et nous en donnons la définition suivante :
Murielinae, synlophe avec crêtes longitudinales, orientées du ventre vers le dos et
symétriques par rapport au plan sagittal. Crêtes latérales fortes.
Bourse caudale typique des Nematodirus, mais avec des côtes 9 nettement individua¬
lisées.
Parasites de Lagomorphes néarctiques et asiatiques.
Genre unique : Alurielus Dikmans, 1939.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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et R. S. Schulz, Osnovi Nematodologii IV. Dictyocaulides et Heligmosomatides. Acad.
Sci. URSS, Moscou, 323 p.
Manuscrit déposé le 19 mars 1973.
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Achevé d'imprimer le 31 octobre 1974.
NATIONALE
4 564 002 5
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The studv of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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