ISBN 2-85653-127-X
Pr iéo ci
• '*?
MÉMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
t»
Série A, Zoologie,
TOME 127
D.T. HOLYOAK et J.-C. THIBAULT
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DES OISEAUX
DE POLYNÉSIE ORIENTALE
PARIS
EDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V 8 )
1984
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
En vente à la Bibliothèque centrale du Muséum,
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris
C.C.P. : Paris 9062-62 Y
Annuaire du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1939).
Archives du Muséum national d'IIisloire naturelle (depuis 1802. In-4°, sans périodicité).
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1895. Depuis 1979, divisé en 3 sections : A
(Zoologie, Biologie et Écologie animales), B (Botanique, Biologie et Écologie végétales, Phyto¬
chimie), C (Sciences de la Terre, Paléontologie, Géologie, Minéralogie). 4 livraisons par an.
Les grands Naturalistes français (depuis 1952. Sans périodicité).
Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle (depuis 1935. Depuis 1950, nouvelle série en 3 (puis 4)
parties : A (Zoologie) ; B (Botanique) ; C (Sciences de la Terre) ; D (Sciences physico-chimiques).
Notes et Mémoires sur le Moyen-Orient (depuis 1933. In-4°, sans périodicité).
Publications du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1933. Sans périodicité).
© Éditions du Muséum national d'Histoire naturelle, 1984
Source : MNHN, Paris
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MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie, Tome 127
CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DES OISEAUX DE
POLYNÉSIE ORIENTALE
•
par
D.T. HOLYOAK * et J.-C. THIBAULT **
SOMMAIRE
Avertissement. 3
Liste des espèces . 8
Annexe . 182
Bibliographie . 184
Liste des noms d’îles . 197
Index des noms scientifiques d’oiseaux. 201
* Department of Geography, University of Nottingham, Great Britain.
** Parc naturel régional de la Corse, BP 417, F 20 184 Ajaccio.
Bibliothèque Centrale fit.
■
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
3
AVERTISSEMENT
Cette synthèse de la répartition et des connaissances sur la biologie des oiseaux de Polynésie
orientale est le fruit de recherches bibliographiques et d’observations sur le terrain. En outre, nous
avons indu des informations inédites dépouillées dans les journaux de terrain des collecteurs de l’Expé¬
dition Whitney du Pacifique Sud (1921-1930) et les mentions de spécimens que nous avons examinés
dans les collections des muséums. Nous avons apporté un certain nombres d’information obtenues au
cours de nos missions respectives en Polynésie orientale. D.T.H. a séjourné en 1972 dans les îles de
la Société, des Marquises et aux Tuamotu. Puis en 1973, il travaille aux îles Cook. J.-C. T. a séjourné
durant douze mois en 1972-1973 dans les îles de la Société et des Tuamotu à l’Antenne du Muséum
national d’Histoire naturelle et des Hautes Études. En 1974-1975, il travailla dans le cadre de l’Office
de la Recherche scientifique et technique outre-mer durant dix-huit mois aux îles de la Société, Aus¬
trales, Tuamotu et Marquises. Les observations et les citations sont arrêtées au 31 décembre 1979.
L’aire géographique couverte par cet ouvrage comprend les îles de la Ligne, les îles Cook, la Polynésie
française (îles de la Société, Australes, Tuamotu, Gambier et Marquises), le groupe Pitcairn et l’Ile
de Pâques (voir carte I).
Les noms scientifiques et les synonymes.
La présentation de chaque espèce commence par le nom valide, suivi du nom de l’auteur qui
l’a décrite. Les noms des sous-espèces sont énumérés dans le paragraphe « Répartition et statut ».
Habituellement, on considère deux populations étroitement apparentées comme des espèces
séparées si elles ne se reproduisent pas entre elles quand elles nichent en sympatrie et comme des
sous-espèces d’une même espèce s’il existe beaucoup de formes intermédiaires. Le test de repro¬
duction ne peut être utilisé chez beaucoup d’oiseaux terrestres polynésiens qui ont des populations
légèrement différentes, habitant des îles séparées.
Les facteurs écologiques empêchent la coexistence d’oiseaux semblables sur la plupart des îles
de Polynésie, de sorte qu’il nous paraît purement théorique et assez spécieux de disserter pour savoir
si les formes similaires géographiquement séparées sont ou non des espèces distinctes. Aussi avons-
nous délibérément traité ces formes au statut incertain comme des espèces distinctes. Afin de signaler
les formes pour lesquelles subsistent des doutes pour leur classement en espèces ou sous-espèces, nous
plaçons entre le nom générique et le nom de l’espèce un troisième nom entre parenthèses. Ainsi, l’écri¬
ture Ptilinopus ( purpuralus ) chalcurus implique qu’un doute existe pour décider si cette forme doit
être traitée comme l’espèce Ptilinopus chalcurus ou comme une sous-espèce de Ptilinopus purpuratus
(Ptilinopus purpuratus chalcurus). En fait, nous avons traité ces formes de statut incertain, comme
des espèces valides. L’emploi de noms mis entre parenthèses, entre le nom générique et l’actuel nom
d’espèce, a été utilisé par d’autres auteurs pour identifier les « demi-espèces », d’après ces auteurs ce
terme s’appliquant à des formes allopatriques en voie de devenir des espèces séparées et faisant partie
de « super-espèces ». Telle n’a pas été notre intention ; nous avons seulement recherché à présenter
séparément les informations biologiques sur les formes mises entre parenthèses sans préjuger s’il
s’agissait d’espèces, de sous-espèces ou de demi-espèces.
Quand la localité-type d’une espèce ou d’une sous-espèce est comprise dans la région concernée,
nous donnons une référence bibliographique de sa description originale, la localité-type et, quand
Source : MNHN, Paris
4
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
cela est possible, le muséum qui possède le ou les spécimens-types. Comme le nom de certains muséums
qui possèdent de nombreux types de la région polynésienne est souvent mentionné, nous utilisons les
abréviations suivantes :
A. M.N.H. = American Muséum of Natural History, New York, U.S.A.
B. M.(N.H.) = British Muséum (Natural History), Tring, Angleterre.
M. N.H.N. = Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France.
N. M.N.H. = National Muséum of Natural History, Washington, D.C., U.S.A.
Après le nom valide, nous indiquons certains noms synonymes d’usage fréquent dans la litté¬
rature. Quand la localité-type d’un nom synonyme est en Polynésie, nous donnons le nom d’auteur,
l’année et la localité-type ; mais quand la localité est ailleurs, nous ne mentionnons que le nom et
l’auteur.
Noms français et polynésiens.
Nous nous sommes efforcés d’utiliser les noms français conseillés par Devillers (1976-1977).
Toutefois, dans quelques cas, nous avons choisi des noms vernaculaires qui nous semblaient plus
corrects.
Beaucoup d’espèces possèdent un ou plusieurs noms vernaculaires polynésiens et nous avons
mentionné les noms cités dans la littérature, ceux notés par Beck et Quayle de l’Expédition Whitney
et par nous-mêmes entre 1971 et 1975 ; ces derniers sont cités sans référence. Les noms vernaculaires
peuvent servir tant à des linguistes et des ethnographes qu’à des ornithologues pour faciliter leurs
recherches sur le terrain.
Description.
Nous donnons dans quelques cas des informations sur le plumage ou sur la structure du plu¬
mage. Les mensurations d’un certain nombre d’espèces nicheuses sont indiquées dans des notes infra-
paginales. Nous précisons la moyenne, les extrêmes et, dans certains cas, l’écart-type.
Répartition et statut.
La distribution de quelques espèces largement répandues en Polynésie est précisée sur des
cartes pour éviter d’insérer une trop longue énumération d’îles. Les noms de toutes les îles de Polyné¬
sie orientale sont mentionnés dans une liste accompagnée d’une carte permettant de les localiser.
Le statut des espèces bien répandues est indiqué brièvement, mais dans le cas d’espèces loca¬
lisées, spécialement des espèces endémiques, nous tentons de présenter les changements éventuels
intervenus dans la répartition et l’importance numérique.
Pour les espèces éteintes ou les espèces dont les spécimens sont rares en collection, nous pré¬
cisons l’origine du matériel étudié.
Habitat et nourriture.
Nous essayons de préciser quels sont les habitats préférés, l’importance numérique des diffé¬
rentes populations et les variations saisonnières. Le régime alimentaire et les habitudes de nourrissage
sont décrits en tenant compte, quand cela est possible, des observations sur le terrain et des analyses
des contenus stomacaux d’oiseaux collectés.
Voix.
Il est très difficile de transcrire phonétiquement la voix des oiseaux, aussi regrettons-nous de
ne pas pouvoir donner des sonogrammes car l’étude des oiseaux de cette région est encore trop frag¬
mentaire.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
5
Reproduction.
Nous avons inclus toutes nos observations et celles citées dans la littérature pour décrire, quand
cela était possible, le nid, le site du nid, l’œuf, l’élevage du jeune, les cycles de reproduction, la séquence
et la période de mue observée en Polynésie orientale.
Références bibliographiques.
Les informations puisées dans la littérature sont suivies de la référence. Nos propres informa¬
tions ne sont pas référencées. Toutefois, dans le cas d’observations d’oiseaux en mer ou d’oiseaux
accidentels, nous précisons duquel des deux auteurs il s’agit.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
REMERCIEMENTS
Il nous est agréable de remercier toutes les personnes qui nous ont aidés, tant en Polynésie qu’en Europe
et aux États-Unis : Dr. D. Amadon, la regrettée M Ue P. Barclay-Smith (c.b.e.), C. W. Benson, le regretté Pro¬
fesseur J. Berlioz, M. Brando, Y. Briens, E. H. Bryan Jr., Dr. W. R. P. Bourne, M. D. Bruce, J. Bull, Dr. P. J. K.
Burton, P. Colston, G. Cowles, R. Desforges, Dr. P. Devillers, Professeur J. Dorst (membre de l’Institut), J. Drol-
let, le regretté D. Dubois, B. Dundas, Dr. E. Eisenmann, Sir H. F. I. Elliot (o.b.e.), Dr. C. Érard, J. Farrand Jr.,
I. M. Fenwick, M 1,e C. Fisher, I. C. J. Galbraith, Dr. F. B. Gill, D. Goodwin, J. C. Greenway Jr., Dr. P. Greig-
Smith, Dr. C. J. O. Harrison, M. G. Heviery, Sir A .R. Henry, M me D. M. Holyoak, M me N. A. Holyoak, C. Joua-
nin, W. B. King, Dr. II. Lavondès, Mgr Le Cleacli, Dr. W. E. Lanyon, M me M. Lecroy, Dr. B. Leisler, Y. Lemaître,
M Ue A. Lysaght, Père Maurice, Professeur J. Maynard-Smith, Dr. G. F. Mees, Lord Medway, P. Moorgat, P. J. Mor¬
gan, Dr. J.-L. Mougin, M Ue A. Natua, C. Pichard, Dr. S. L. Oison, D. Reed, Professeurs. D. Riplcy, C. Rives,
M me M.-F. Rives, C. Robineau, M. Rongatira, Dr. M.-H. Sachet, Dr. B. Salvat, Professeur R. A. G. Savigear,
G. Sawtell, P. Siu, I. Short, Dr. D. W. Snow, J. Soroquère, J. Spencer, M me A. Vale, le regretté Dr. C. Vaurie,
M. P. Walters, Dr. D. Whitehouse, M me L. Whitehouse, Professeur K. Wodzicki.
J.-C. T. tient à remercier tout particulièrement Bernadette Leclerc pour son dévouement sur le terrain
et lors de la rédaction du manuscrit, ainsi qu’Édith Thibault et Marcel Leclerc qui lui ont apporté aide et
soutien.
Nous n’oublions pas les nombreux guides polynésiens qui nous ont tant appris sur la vie de leurs îles ;
à tous les MA’ORIS que nous avons côtoyés, nous n’adresserons pas de remerciements, mais plutôt des excuses
pour nous être conduits en POPA’A pressés de savoir et de repartir.
Nous remercions les organismes dont le nom suit, soit pour leur aide financière, soit pour les facilités
de travail qu’ils nous ont fournies : Académie des Sciences (Paris), American Muséum of Natural History (New
York), Bernice P. Bishop Muséum (Honolulu), British Muséum (Natural History) (Tring et Londres), Comité
International de Protection des Oiseaux, Cook Islands Library and Muséum Society (Rarotonga), École Pra¬
tique des Hautes Études (Paris et Papeete), Merseyside County Muséums (Liverpool), Muséum National d’His-
toire Naturelle (Paris et Papeete), Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer (Paris et Papeete),
Parc Naturel Régional de la Corse (Ajaccio), Smithsonian Institution (Washington D.C.), University of Rea-
ding (Reading), University of Sussex (Brighton), Winston Churchill Memorial Trust.
Les cartes ont été dessinées par J.-J. Luciani.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
7
Fto. 1. — Les îles de Polynésie orientale : les numéros renvoient à la liste des noms d’îles, p. 197.
île volcanique (et île en partie volcanique et coralienne).
atoll soulevé (= « île Makatea »).
rochers et îlots bas sans végétation arborescente.
Bnt.oui
IMUSEU7
8
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Famille des Tinamidae
Nothoprocta perdicaria
Famille des Diomedeidae
Diomedea exulans
Diomedea epomophora
Diomedea melanophris
Phoebetria palpebrata
Famille des Procellariidae
Macronectes giganteus
Macronectes halli
Daption capense
Pterodroma macroptera
Pterodroma lessonii
Pterodroma rostrata
Pterodroma alba
Pterodroma neglecta
Pterodroma arminjoniana
Pterodroma ultima
Pterodroma inexpectata
Pterodroma externa
Pterodroma nigripennis
Pterodroma cookii
Pterodroma leucoptera
Bulweria bulwerii
Puffinus carneipes
Puffinus pacificus
Puffinus griseus
Puffinus tenuirostris
Puffinus nativitatis
Puffinus assimilis
Puffinus lherminieri
Famille des Hydrobatidae
Oceanites oceanicus
Pelagodroma marina
Fregetta grallaria
Fregetta tropica
Nesofregetta albigularis
Oceanodroma Castro
Oceanodroma leucorhoa
LISTE DES ESPÈCES
Tinamou perdrix
Albatros hurleur
Albatros royal
Albatros à sourcils noirs
Albatros fuligineux
Pétrel géant
Pétrel de Hall
Pétrel damier
Pétrel noir
Pétrel de Lesson
Pétrel de Tahiti
Pétrel à gorge blanche
Pétrel de Kermadec
Pétrel de la Trinité du Sud
Pétrel de Murphy
Pétrel de Peale
Pétrel de Juan Fernandez
Pétrel à ailes noires
Pétrel de Cook
Pétrel de Gould
Pétrel de Bulwer
Puflin à pieds pâles
Puffin fouquet
Puffin fuligineux
Puffin à bec grêle
Puffin de la Nativité
Petit Puffin
Puffin d’Audubon
Océanite de Wilson
Océanite frégate
Océanite à ventre blanc
Océanite à ventre noir
Océanite à gorge blanche
Océanite de Castro
Océanite cul-blanc
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
9
Famille des Phaethontidés
Phaethon aethereus
Phaethon rubricauda
Phaethon lepturus
Famille des Sulidae
Sida sula
Sula dactylatra
Sula leucogaster
Famille des Fregatidae
F régala minor
F régala ariel
Famille des Ardeidae
Butorides striatus
Egretta sacra
Famille des Anatidae
Notes générales
A nas penelope
A nas americana
A nas strepera
A nas crecca
A nas platyrhynchos
A nas poecilorhyncha
A nas acuta
A nas clypeata
Aythya marila
Famille des Accipitridae
Circus approximans
Famille des Falconidae
Milvago chimango
Famille des Phasianidae
Phasianus colchicus
Gallus gallus
Famille des Rallidae
Ballus (philippensis 1) pacifiais
Porzana tabuensis
Porzana atra
Porphyrio porphyrio
Famille des Charadriidae
Pluvialis dominica
Pluvialis squatarola
Charadrius semipalmatus
Paille-en-queue éthéré
Paille-en-queue à brins rouges
Paille-en-queue à brins blancs
Fou à pieds rouges
Fou masqué
Fou brun
Grande Frégate
Frégate ariel
Héron vert
Aigrette des récifs
Canard siffleur
Canard jansen
Canard chipeau
Sarcelle d’hiver
Canard colvert
Canard à sourcil
Canard pilet
Canard souchet
Fuligule milouinan
Busard de Gould
Caracara chimango
Faisan de Colchide
Coq bankiva
Râle tévéa
Marouette fuligineuse
Marouette de Henderson
Talève poule-sultane
Pluvier fauve
Pluvier argenté
Pluvier semi-palmé
Source : MNHN, Paris
10
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Famille des Scolopacidae
Limosa lapponica
Numenius tahitiensis
Tringa melanoleuca
Heteroscelus incanus
Aechmorhynchus cancellatus
Prosobonia leucoptera
Arenaria interpres
Phalaropus tricolor
Phalaropus lobatus
Phalaropus fulicarius
Calidris alba
Calidris melanotos
Calidris acuminala
Philomachus pugnax
Famille des Stercorariidae
Stercorarius maccormicki
Slercorarius pomarinus
Stercorarius parasiticus
Stercorarius longicaudus
Famille des Laridae
Notes générales
Larus delawarensis
Larus atricilla
Larus pipixcan
Famille des Sternidae
Sterna hirundo
Sterna paradisaea
Sterna sumatrana
Sterna lunata
Sterna fuscata
Sterna bergii
Procelsterna cerulea
Anous slolidus
A nous tenuirostris
Gy gis alba
Famille des Columbidae
Columba livia
Geopelia striata
Gallicolumba erythroptera
Gallicolumba rubescens
Notes générales sur le genre Ptilinopus
Ptilinopus (purpuratus) rarotongensis
Ptilinopus (purpuratus) purpuratus
Ptilinopus (purpuratus) chalcurus
Ptilinopus (purpuratus) coralensis
Ptilinopus (purpuratus) insularis
Ptilinopus huttoni
Ptilinopus mercierii
Ptilinopus dupetithouarsii
Ducula pacipca
Ducula galeata
Barge rousse
Courlis d’Alaska
Chevalier criard
Chevalier errant
Bécasseau polynésien
Bécasseau à ailes blanches
Tournepierre à collier
Phalarope de Wilson
Phalarope à bec étroit
Phalarope à bec large
Bécasseau sanderling
Bécasseau tacheté
Bécasseau à queue pointue
Bécasseau combattant
Grand Labbe de l’Antarctique
Labbe pomarin
Labbe parasite
Labbe à longue queue
Goéland à bec cerclé
Goéland atricille
Mouette de Franklin
Sterne pierregarin
Sterne arctique
Sterne diamant
Sterne à dos gris
Sterne fuligineuse
Sterne huppée
Noddi bleu
Noddi brun
Noddi noir
Gygis blanche
Pigeon biset
Colombine zébrée
Gallicolombe erythroptère
Gallicolombe des Marquises
Ptilope des Cook
Ptilope de la Société
Ptilope de Makatea
Ptilope paumotu
Ptilope de Henderson
Ptilope de Hutton
Ptilope de Mercier
Ptilope de Dupetit-Thouars
Carpophage du Pacifique
Carpophage des Marquises
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE 11
Famille des Psittacidae
Vini kuhlii
Vini stepheni
Vini peruviana
Vini ultramarina
Cyanoramphus zealandicus
Cyanoramphus ulietanus
Lori de Kuhl
Lori de Stephen
Lori nonette
Lori marquisien
Perruche de Tahiti
Perruche de Raiatea
Famille des Cuculidae
IJrodynamis taitensis
Coucou de Nouvelle-Zélande
Famille des Tytonidae
Tyto alba
Chouette effraie
Famille des Strigidae
Bubo virginianus
Grand-duc de Virginie
Famille des Apodidae
Aerodramus (leucophaeus) leucophaeus
Aerodramns (leucophaeus) sawlelli
Aerodramus (leucophaeus) ocistus
Salangane de Tahiti
Salangane d’Atiu
Salangane marquisicnne
Famille des Alccdinidae
Le martin-chasseur éteint de Rarotonga
Halcyon tuta
H alcyon ruficollaris
Halcyon venerata
Halcyon gambieri
Halcyon godeffroyi
Martin-chasseur de Polynésie
Martin-chasseur de Mangaia
Martin-chasseur vénéré
Martin-chasseur paumotu
Martin-chasseur des Marquises
Famille des Hirundinidae
Hirundo tahitica
Hirondelle du Pacifique
Famille des Muscicapidae
Sous-famille des Sylviinae
Notes générales sur le genre Acrocephalus
Acrocephalus (caffer) aequinoctialis
Acrocephalus (caffer) caffer
Acrocephalus (caffer) kerearako
Acrocephalus (caffer) vaughani
Espèce incertae cedis « Lanius gambieranus »
Fauvette de la Ligne
Fauvette à long bec
Fauvette des Cook
Fauvette de Pitcairn
Sous-famille des Muscicapinae
Pomarea dimidiata
Pomarea pomarea
Pomarea nigra
Pomarea iphis
Pomarea mendozae
Pomarea whitneyi
Monarque de Rarotonga
Monarque de Maupiti
Monarque de Tahiti
Monarque pie
Monarque marquisien
Monarque de Fatu Iva
Famille des Zosteropidae
Zosterops lateralis
Zosterops à poitrine grise
Source : MNHN, Paris
12
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Famille des Meliphagidae
« Turdus » ulietensis
Famille des Emberizidae
Diuca diuca
Ramphocelus dimidiatus
Famille des Icteridae
Sturnella militari*
Famille des Estrildidae
Estrilda astrild
Aeginlha lemporalis
Lonchura castaneothorax
Famille des Passeridae
Passer domesticus
Famille des Sturnidae
Aplonis mavornata
Aplonis cinerascens
Acridotheres tristis
« Bay Thrush » de Latham
Pinson diuca
Tangara cramoisi
Grand Étourneau militaire
Astrild à bec de corail
Astrild australien
Munie à gorge brune
Moineau domestique
« Étourneau mystérieux »
Étourneau de Rarotonga
Martin triste
Famille des TINAMIDAE
Genre Nothoprocta.
Nothoprocta perdicaria (Kittlitz), Tinamou perdrix.
Originaire du Chili, il a été introduit en 1885 à l’île de Pâques où il était encore présent en 1968
(Johnson et al., 1970). Peters (1931) indique qu’il s’agit de la forme nominale, mais nous n’avons pas
vu de spécimens.
Famille des DIOMEDEIDAE
Genre Diomedea.
Diomedea exulans L., Albatros hurleur.
Il y a quelques mentions en Polynésie orientale. Un individu vu par Beck (ms) en avril 1921
à 45 km au nord de Rapa est désigné dans son journal comme « Wandering Albatross » ; bien qu’aucun
autre détail ne soit donné, on doit considérer cette mention comme valide, car il connaissait parfaite¬
ment cette espèce ; un oiseau bagué comme « adulte au nid » à l’île Antipodes le 1 er fév. 1969 a été
trouvé mort à Taiaro (Tuamotu), à la fin déc. 1971 (Robertson, 1972) ; deux oiseaux ont aussi été notés
en mer entre Rapa et Pitcairn, l’un par 29°44' S, 139°20' W le 6 mars 1931, l’autre par 28°52' S,
140°55' W en sept. (Harrison, 1962). Beck consigne aussi que Quayle tua un albatros (noirâtre dessus
avec la poitrine blanche) le 23 avril 1921 à 75 km au sud de Raevavae mais il ne put retrouver le
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
13
corps. Bonaparte (1855) a cité cette espèce pour les îles Marquises, probablement d’après un spécimen
rapporté par Jardin (1862), mais il peut s’agir d’une erreur (Holyoak, 1975a ; cf. Bruner, 1972, Dupont,
1976 et King, 1967).
Diomedea epomophora Lesson, Albatros royal.
La seule mention en Polynésie orientale ( D. e. epomophora ) concerne un oiseau bagué à l’île
Campbell le 23 mai 1970, qui fut retrouvé mort à Tematangi (Tuamotu) au milieu de l’année 1971
(Robertson, 1972).
Diomedea melanophris Temminck, Albatros à sourcils noirs.
Il y a trois mentions pour la Polynésie orientale : un individu vu près du rocher Adam à Pit¬
cairn le 21 oct. 1956 (Williams, 1960) et deux reprises d’oiseaux bagués comme poussins à l’île Camp¬
bell (D. m. impavida Mathews) ; le premier, bagué le 17 janv. 1968 a été trouvé mort à Arutua (Tua¬
motu) le 14 août 1968 (Thibault et Thibault, 1973), le second, bagué le 31 mars 1972, a été retrouvé
à Tekokoto (Tuamotu) le 26 juin 1972 (Thibault et Thibault, 1975).
Deux albatros vus le 7 août 1966 par 1°15' S, 161°01' W près des îles de la Ligne, puis d’autres
plus au nord en 1963 et 1965, pourraient appartenir à cette espèce (P. J. Gould in Bourne, 1967).
Genre Phoebetria.
Phoebetria palpebrata (Forster), Albatros fuligineux.
Il existe une vieille mention d’un oiseau qui aurait été collecté aux îles Marquises par Jardin
(Bonaparte, 1855, Jardin, 1862), mais comme il est possible qu’il s’agisse d’une erreur de localité, il
est préférable de ne pas en tenir compte (Holyoak, 1975a ; cf. Dupont, 1976).
Famille des PROCELLARIIDAE
Genre Macronectes.
Macronecles giganteus (Gmelin), Pétrel géant.
Des mentions récentes indiquent que des oiseaux de l’année atteignent régulièrement la Polyné¬
sie orientale durant l’hiver austral. La plupart étant trouvés mourant ou dans un état physique déplo¬
rable, il est vraisemblable que les eaux chaudes de Polynésie ne leur conviennent guère. Quatre men¬
tions d’oiseaux bagués concernant bien M. giganteus, soit parce que les localités où les oiseaux furent
bagués étaient au sud de celles où niche M. halli, soit parce que les poussins avaient été bagués suffi¬
samment tard dans l’année pour qu’il ne s’agisse pas de M. halli :
1) bagué comme poussin à l’île Macquarie le 17 fév. 1971 ; capturé aux îles Gambier le 16 juil. 1971,
puis décédé quelques jours après (Thibault et Thibault, 1973).
2) bagué comme poussin à l’île Macquarie le 24 fév. 1959 ; retrouvé à Hao (Tuamotu) le 14 juin 1959
Thibault et Thibault, 1973).
3) bagué à l’île Frazier en mars 1961 ; retrouvé mourant à l’île de Pâques le 6 oct. 1961 (Orton, 1963).
4) bagué à l’île Heard le 14 fév. 1954 ; retrouvé mourant à Rimatara (îles Australes) le 19 juil. 1954
(Downes et al., 1954).
Source : MNHN, Paris
14
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Il y a plusieurs mentions de pétrels géants qui concernent soit cette espèce, soit M. halli : un
ind. est capturé en août 1972 dans le lagon de Tahiti, un autre est trouvé mourant à Moorea (Thibault
et Thibault, 1975) ; un juvénile est capturé avec une ligne à poissons par les habitants de Maturei
Vavao (Tuamotu) à fin sept, ou début oct. 1965 (Lacan et Mougin, 1974b) ; un oiseau bagué aurait
été trouvé à l’île de Pâques au début de déc. 1968 (Johnson et al., 1970) ; un individu a été observé en
mer entre Pitcairn et l’île de Pâques (25° S, 115° W) en sept, (cité par Harrison, 1962). Il existe d’autres
mentions non confirmées de Mururoa (Tuamotu) à la fin de 1966 (Lacan et Mougin, 1974b), une autre
des Tuamotu et de la Société (King, 1967). Un oiseau capturé à Rimatara le 28 juin 1976 appartenait,
d’après la description qu’en a donné un gendarme local, très vraisemblablement au genre Macronectes.
Les pétrels géants sont connus des habitants de Rapa et les habitants de l’île de Pâques leur attribuent
un nom vernaculaire (Johnson et al., 1970). La population de Mangaia a donné des descriptions précises
d’un oiseau appelé Ruro, observé une fois tous les deux ans environ et qui semble appartenir au genre
Macronectes (C. C. Clerk, in litt.).
Macronectes halli Mathews, Pétrel de Hall.
Quelques mentions de pétrels géants pourraient se référer à cette espèce. Un oiseau bagué
poussin à l’île de la Possession (Crozet) le 10 déc. 1969 et retrouvé à Mauke (île Cook) le 7 juil. 1970
(Despin et al., 1972) pourrait concerner cette espèce en raison des dates de reproduction respectives
des deux espèces. En effet, les éclosions chez M. giganteus débutent dans la première quinzaine de nov.
(Voisin, 1968) et l’oiseau aurait été trop petit pour être bagué un 10 déc.
Genre Daption.
Daption capense (L.), Pétrel damier.
Il semble qu’il soit un visiteur régulier des eaux tropicales de la zone sud du Pacifique central
durant l’hiver austral. Dans les îles méridionales de l’archipel des Cook, entre 19°56' S et 20°35' S,
en août-sept. 1973, des oiseaux isolés ont été observés cinq ou six fois et un sujet collecté (Holyoak,
ms). A l’île de Pâques, un sujet déposé au B.M.(N.H.) a été trouvé en août 1915 (Routledge, 1919)
et les habitants de Rapa voient parfois l’espèce en mer près de l’île. Les spécimens collectés aux îles
Cook et à l’île de Pâques appartiennent à la forme nominale. La mention d’un oiseau collecté par
Jardin a fait penser qu’il pouvait visiter les îles Marquises (Bonaparte, 1855, Dupont, 1976, Gray,
1859 et King, 1967). Mais comme il n’y a pas de preuve de l’authenticité d’une telle mention, il est
possible qu’il s’agisse d’une erreur de localité (Holyoak, 1975a) ; de plus, le nom vernaculaire marqui-
sien « Koputu » donné par Jardin est normalement attribué à Pterodroma anninjoniana.
Genre Pterodroma.
Pterodroma macroptera (A. Smith), Pétrel noir.
Noté aux îles Kermadec (King, 1967) et peut-être une fois aux îles Phoenix (Murphy et Pen-
noyer, 1952). Dans le sud de la Polynésie, cette espèce a été signalée une fois au sud de Rapa (31° S,
144° W) en juill. (Harrison, 1962).
Pterodroma lessonii (Garnot), Pétrel de Lesson.
La seule mention en Polynésie orientale concerne un cadavre, en partie décomposé, trouvé
sur une plage de l’îlot Tekava aux îles Gambier le 4 août 1971 (spécimen au M.N.H.N.). La direction
des courants est telle qu’il semble douteux que le corps ait été apporté du sud de cette manière.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
15
Pterodroma rostrata (Peale), Pétrel de Tahiti x .
Proceüaria rostrata Peale, 1848, U.S. Expi. Exp., 8, p. 296. Mountains about 6 000 feet on Tahiti. Holotype
au N.M.N.H.
Noha (Tahiti, Moorea et Tahuata).
[Description]. — Les populations de la Société et des Marquises ne diffèrent pas significa¬
tivement en taille et en coloration (Murphy et Pennoyer, 1952). De Naurois et Erard (1979) ont montré
que le bec des oiseaux de la population de Nouvelle-Calédonie est nettement plus robuste que celui
des oiseaux de la population de Polynésie orientale, mais qu’il n’existait pas de différence de colora¬
tion.
[Répartition et statut]. — P. r. trouessarti Brasil, 1917 niche en Nouvelle-Calédonie. On
trouve la forme nominale en Polynésie orientale dans les îles de la Société (Tahiti, Moorea) et les îles
Marquises (Nuku Hiva, Hiva Oa et Tahuata). Une mention de Hatutu est basée sur une mauvaise
identification d’un poussin de P. alba. La nidification est difficile à déceler et il pourrait nicher sur
d’autres îles comme Fatu Iva, Ua Pou ou Raiatea et peut-être Rarotonga aux îles Cook.
La population nicheuse des Marquises est inférieure à 500 couples, celle de Moorea est proba¬
blement inférieure à 1 000 couples mais celle de Tahiti est beaucoup plus importante avec plusieurs
milliers de couples.
Il est commun en mer la plus grande partie de l’année (et probablement toute l’année), jusqu’à
50-60 km des sites de nidification dans les îles de la Société et aux Marquises. Noté aussi à 300 km
au nord-est de Tahiti (King, 1958), près du nord des Tuamotu (Holyoak, 1973a), près de Rarotonga
(au moins trois ind. en juil.-août 1973, Holyoak, ms), près de Maiao (un ind. en déc. 1972, Thibault,
1974b) et près de Raiatea (un ind. en oct. 1973, Thibault, 1974b).
On ne sait pas si l’espèce est véritablement migratrice ou si les observations réalisées en de
nombreux points de l’Océan Pacifique ne correspondent qu’à des individus égarés (cf. King, 1967).
L’espèce pourrait être surtout sédentaire près des archipels où elle niche, avec une tendance pour les
jeunes oiseaux à se disperser plus loin.
[Habitat]. — Niche sur des îles volcaniques seulement. A Tahiti et Moorea, les oiseaux éta¬
blissent leurs nids souvent loin de la mer (jusqu’à 12 km à l’intérieur des terres dans la première île).
Ils creusent des terriers sur les crêtes élevées, sur des pentes rocheuses, mais boisées, ou sur des cor¬
niches. On trouve des nids à partir de 150 m d’altitude à Moorea, plus haut à Tahiti, entre 600 m et
les plus hauts sommets. On les trouve dans des conditions semblables aux Marquises.
[Comportement]. — Établit son terrier isolément ou en colonie lâche ; les terriers étant alors,
dans ce dernier cas, isolés de quelques mètres ou quelques dizaines de mètres. Généralement, vu seul
en mer, moins fréquemment par deux à cinq. A l’occasion, les oiseaux semblent suivre les associations
de sternes et de fous, mais le fait reste inhabituel.
Les sites de reproduction sont toujours visités de nuit, l’observation d’un oiseau volant de jour
à Moorea étant exceptionnelle (Quayle, ms). D’après les cris, les mouvements au-dessus des colonies
débutent environ une heure après le coucher du soleil et reprennent peu avant le lever du soleil, avec
un court regain d’activité au milieu de la nuit. Occasionnellement, des oiseaux sont trouvés la nuit sur
des routes, peut-être attirés par des lumières.
Quand les terriers sont situés sous une végétation dense, les oiseaux pour atterrir traversent
le feuillage avec fracas et tombent lourdement sur le sol. Pour en repartir, ils grimpent le long du tronc
et des branches en s’aidant de leur bec et de leurs ailes, jusqu’à ce qu’ils aient atteint une hauteur
suffisante pour prendre leur envol de la voûte des arbres. L’olfaction pourrait avoir une grande impor¬
tance pour localiser les terriers (Thibault et Holyoak, 1978).
1. Cinq adultes de Tahiti et Nuku Hiva pesaient 310-460 (398) g, trois spécimens collectés en mer dans le Paci¬
fique centre-nord pesaient 307, 451 (Gould et King, 1967) et 348 g (Clapp, 1974).
Source : MNHN, Paris
16
). T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Voix]. — Près des sites de nidification, les oiseaux appellent de nuit, soit en vol, soit depuis
les terriers, et même parfois en plein jour depuis les terriers. Il n’est pas rare d’entendre plusieurs oiseaux
chanter ensemble en vol, mais en mer, l’oiseau est silencieux. La voix est forte et consiste en une série
de notes siiïïées de longueur variable, se terminant par un son chuinté, ouit, oui-i, oui-u-oui-i-oui-ha ,
oui-i-ouaa, oui-u-i-ouaa ou oui-u-i-iiiuouiheu.
[Reproduction]. — Niche dans des terriers creusés sous des racines d’arbres, des buissons
ou des blocs rocheux. La longueur et la direction des terriers dépendent de la nature du terrain ; des
ébauches sont parfois trouvées, les oiseaux ayant dû quitter le site à la suite d’éboulement ou encore
renoncer à creuser en raison d’obstacles. Le nid est généralement constitué d’un couloir précédant
une chambre. La longueur du couloir varie de 80 cm à 3 m et la chambre est assez spacieuse, garnie
parfois d’herbes ou de feuilles séchées. Les terriers sont souvent occupés plusieurs années de suite.
La ponte est composée d’un œuf unique de couleur blanche et de forme ovale ; un ex. trouvé à Tahiti
(64.5 mm de long) pesait 65 g et un autre ex. trouvé à Nuku Hiva (70 X 45 mm) pesait 72 g. L’incu¬
bation et le nourrissage du jeune sont assurés par les deux sexes. Quayle a noté que le jeune déféquait
à l’entrée du terrier, apparemment pour ne pas souiller le nid (Holyoak, 1974b).
Les périodes d’incubation et d’élevage du jeune ne sont pas connues. Les oiseaux nicheurs
subissent parfois la prédation des rats et font de temps en temps l’objet de captures de la part des
Polynésiens qui recherchent spécialement les plumes blanches, qui servent de leurres pour pêcher.
La saison de nidification n’est pas bien connue, probablement assez longue et étalée au cours
de l’hiver austral. Un œuf incubé a été trouvé en sept. (Holyoak, 1974b), deux œufs frais et un pous¬
sin de taille moyenne en oct., de grands poussins en juil. (Murphy, 1928, Holyoak, 1974b) et nov.
(Thibault, 1974c). On peut ainsi penser que la ponte a beu de mars à octobre. Des adultes, sans œufs
ni poussins, ont été collectés dans des terriers en oct., nov. et déc. (Holyoak, 1974b).
Plerodroma alba (Gmelin), Pétrel à gorge blanche.
Procellaria alba Gmelin, 1789, Syst. Nat., I, pt. 2, p. 565. Turtle and Christmas Islands, Pacific Océan = île
Christmas. Basé probablement sur le White-Breasted Petrel de Latham, 1785, Gen. Syn. Bds. 3 (2),
p. 400, des îles Turtle et Christmas. Type probablement perdu depuis longtemps,
syn. Procellaria parvirostris Peale, 1848, U.S. Expi. Exped., Birds, 8, p. 298. At sea near Puka-Puka, Tuamotus.
Holotype au N.M.N.H.
Oestrelata wortheni Rothschild, 1902, Bull. Br. Orn. Cl., 12, p. 62. Lat. 3° S, long U8°45' W. Holotype à l’A.M.N.H.
Aestrelala olivieri Mathews et Iredale. Iles Kermadec.
Putuputu [Pitcairn (Williams, 1960) comme pour les autres pétrels],
[Répartition et statut]. — Espèce monotypique, nicheuse aux îles Tonga, Phoenix, de la
Ligne, Pitcairn et Marquises. Il est possible qu’elle niche aux Tuamotu mais il n’existe aucun indice
le confirmant.
En Polynésie orientale niche à l’île Christmas (2 100 i 15 % nids recensés durant la période
où était réuni le maximum de nicheurs en 1967 sur les îlots non perturbés du lagon, Schreiber et Ash-
mole, 1970), à Oeno, Henderson et Ducie (Murphy et Pennoyer, 1952 ; Williams, 1960), aux Marquises
à Hatutu, Motu Iti, Fatu Huku et sur les îlots près d’Ua Pou (Oa et Mokohe). L’importance de la
population marquisienne est faible. Ainsi, en 1975, nous avons noté une trentaine de couples à Hatutu 1
et moins de 10 sur l’îlot Mokohe à Ua Pou. L’expédition Whitney collecta un oiseau en vol près de
l’atob Tikehau aux Tuamotu, en juin 1923 (Murphy et Pennoyer, 1952 ; Quayle, ms) et 1’ « U. S. Expi.
Exp. » en collecta un autre en mer près de Puka-Puka (Peale, 1848). Ainsi ces deux collectes ne cons¬
tituent nullement des preuves de nidification, en dépit du statut assez vague attribué à l’espèce par
Peale : « they breed on the coral islands ».
Il est fréquent en mer autour des archipels où il niche quand la population est abondante. Il
existe des mentions d’un petit nombre d’individus observés ou collectés en mer dans le Pacifique
1. Deux S 6 adultes de Hatutu pesaient 270 et 280 g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
17
centre-nord (King, 1967) ; un spécimen (le type de worthenï) collecté en mer, à peu près à mi-chemin
entre les îles Marquises et les Galapagos (Murphy et Pennoyer, 1952) ; noté aussi aux îles Kermadec
(quatre spécimens, visiteurs isolés probablement) (Murphy et Pennoyer, 1952 ; King, 1967), près de
Faaite aux Tuamotu en sept. 1974 (deux ind. en mer), entre Tahiti et les îles Tuamotu en sept. 1972
(un ind. observé en mer, Holyoak, 1974b), entre les îles Marquises et le nord des Tuamotu par 12°46' S
et 145°19' W en sept. 1972 (un ind. en mer, Holyoak, 1973a). Enfin des observations faites en mer
dans les îles méridionales des Cook en juil. 1973 peuvent se rapporter autant à cette espèce qu’à P. ros-
trala.
[Habitat et nourriture]. — Niche sur des atolls inhabités, sur des îlots coralliens isolés, sur
des îlots rocheux et sur des îles volcaniques exemptes de chats et de rats de grosse taille (coexiste en
effet avec Rattus exulans).
Le régime alimentaire est principalement composé de Céphalopodes mais des poissons, des
crustacés et des insectes ont aussi été notés (King, 1967).
[Comportement]. — Niche en colonies, souvent mélangées avec d’autres ptérodromes nichant
sur le sol 1 ou avec des puffins (Beck, ms ; Gallagher, 1960 ; Quayle, ms). Niche aussi parfois isolément
ou en colonie dont les nids sont assez espacés, comme c’est le cas aux Marquises. Visite les sites de
reproduction aussi bien en plein jour qu’à la tombée du jour.
Aux îles Marquises, les vols de « parade » débutent vers 14 h 00 et continuent pendant quelque
temps après le coucher du soleil. Les oiseaux se poursuivent l’un l’autre en criant et en volant rapide¬
ment au-dessus des colonies. Le vol de « parade » ressemble à celui de P. ultima, et se distingue de celui
de P. arminjoniana par l’absence de battements d’aile amples et rapides. Souvent les oiseaux volent
près du sol, comme s’ils recherchaient un site de nidification ; ils ralentissent et planent assez lente¬
ment en tendant les pattes et en appelant. Les adultes qui viennent nourrir les jeunes sont discrets ;
ils effectuent plusieurs passages rapides à faible hauteur au-dessus du nid, puis se posent.
[Voix]. — Gallagher (1960) a décrit l’appel comme une longue trille, émise par les oiseaux
en vol ou posés sur le sol. Il mentionne aussi un hennissement, quand les oiseaux sont dérangés au
nid. A Hatutu et Ua Pou, les gros poussins et les adultes au nid étaient silencieux et l’appel entendu
lors des « parades » était une longue phrase pluri-syllabique, rapide et monotone ti-ti-ti-ti-ti... audible
à plus de 500 m.
[Reproduction]. — Les oiseaux nichent sur le sol et il n’a jamais été observé de nids dans
des terriers. Les nids sont normalement cachés par de la végétation herbacée (au pied et sous des
touffes d ’Eragrostris aux Marquises), des buissons ou des arbres. L’emplacement du nid forme une
sorte de coupe, généralement dépourvue de matériaux.
Murphy et Pennoyer (1952) donnent les mensurations de huit œufs de l’île Christmas et des
Tonga : 52.9-59.4 (56.1) X 39.4-43.5 (42.5) mm. Les durées d’incubation et de séjour au nid du jeune
ne sont pas connues.
1. Note sur la possibilité de l’existence d’hybrides inter-spécifiques chez les ptérodromes nichant sur le sol :
Il arrive que plusieurs espèces de ptérodromes de taille voisine nichent ensemble sur le sol dans une même île.
Les sites connus sont peu nombreux : Rapa (P. ultima et P. neglecta ), Oeno, Henderson et Ducie (P. arminjoniana,
P. neglecta, P. alba et P. ultima ). Ces espèces ne sont pas toujours aisées à déterminer en raison des faibles différences
qui existent dans leurs mensurations et de la grande variabilité de coloration de P. arminjoniana et de P. neglecta.
Bourne (1967 et in litt .) a été le premier, semble-t-il, à suggérer que les quelques spécimens de l’A.M.N.H., appa¬
remment intermédiaires, pouvaient être des hybrides interspécifiques. Une étude des spécimens de cette collection et
d’un petit nombre dans d’autres musées, a montré qu’au moins dix spécimens étaient difficiles à attribuer à une des espèces
sur une autre base que celle d’un unique et léger caractère. Par exemple, quelques spécimens placés avec P. ultima ou
P. neglecta différaient de l’une ou l’autre espèce seulement parce qu’ils avaient du blanc ou du noir au rachis des rémiges
primaires externes, ou plus ou moins de blanc sous les ailes. Beaucoup d’oiseaux placés avec P. neglecta se distinguent
de P. arminjoniana seulement par les traces blanches sur les rachis des primaires externes. Quelques spécimens placés
avec P. arminjoniana sont très proches de P. alba et ont pu être mal identifiés.
Ainsi, comme toutes ces espèces sont semblables et, dans certains cas, difficiles à identifier avec certitude, il semble
prématuré de considérer les oiseaux d’allure intermédiaire comme des hybrides inter-spécifiques et seules des études
sur le terrain pourront clarifier les relations qui existent entre les représentants de ce groupe complexe de pétrels.
Source : MNHN, Paris
18
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
A l’île Christmas, il niche tous les mois de l’année, avec apparemment des périodes plus actives
de nov. à janv. (spécialement en déc.) et une période moins active d’avril à juin (Schreiber et Ashmole,
1970). Que la nidification se solde par un échec ou une réussite, il semble qu’elle soit reconduite après
un intervalle de 12 mois ; ainsi il semblerait que la population soit divisée en deux, une majorité d’oi¬
seaux nichant en hiver et une minorité en été (Schreiber et Ashmole, 1970). Aux îles Phoenix, il semble
aussi qu il niche en toutes saisons. Les informations sur la nidification dans les autres régions de son
aire de répartition sont assez fragmentaires : des poussins développés mais encore en duvet et des
jeunes prêts à 1 envol ont été vus et collectés à Hatutu (Marquises) en sept, et oct., des parades ont été
observées à Hatutu et Ua Pou en sept, et nov. et beaucoup d’adultes ont été collectés à Henderson,
Ducie et Oeno en mars et avril 1922 (Murphy et Pennoyer, 1952 et obs. pers.). Pour cette espèce,
P. neglecta et P. arminjoniana, Williams (1960) notait qu’en oct. 1956 à Oeno, l’incubation et l’éclo¬
sion étaient à peu près terminées. Or, il apparaît que P. neglecta niche durant l’été austral et que
P. arminjoniana niche surtout durant l’hiver austral.
Les adultes muent apparemment durant les six ou sept mois qui suivent le départ des sites
de reproduction, et la plupart reviennent avec les plumes des ailes neuves (Schreiber et Ashmole, 1970),
mais les détails sur la séquence et la saison de mue restent inconnus.
Pterodroma neglecta (Schlegel), Pétrel de Kermadec.
syn. Pterodroma neglecta juana Mathews.
Pterodroma philipii est un synonyme de P. solandri.
Ke’a (Rapa), Putuputu (Pitcairn, Williams, 1960, comme pour les autres pétrels), Kakapa
(île de Pâques, Johnson et al., 1970).
[Description]. — Les oiseaux des populations de l’île San Ambrosio et Juan Fernandez sont
en moyenne plus grands que les oiseaux des populations du reste du Pacifique et il n’existe pas de
différence nette entre les populations de Polynésie orientale. Cinq adultes de Rapa pesaient 310-520
(406) g; trois de Mururoa et Fangataufa pesaient 375-385 (380) g (Lacan et Mougin, 1974b). Les
oiseaux de phase foncée, claire et intermédiaire sont tous communs sur les sites de reproduction en
Polynésie orientale, mais la phase claire se rencontre peut-être un peu plus souvent que les autres.
[Répartition et statut]. — Nicheur au large du Chili sur les îles San Ambrosio et Juan Fernandez,
à l’île Lord Howe, dans les îles Kermadec, Australes, dans le groupe Pitcairn, à l’île de Pâques et dans
les Tuamotu. Dans les îles Australes, on ne possède de preuves de sa nidification qu’à Rapa où la popu¬
lation nicheuse sur l’île principale et sur les îlots était environ d’un millier de couples en 1974. Un ind.
a été collecté alors qu’il volait au-dessus des collines de Raevavae le 9 fév. 1922 et un autre fut observé
alors qu’il volait le long des falaises le lendemain, mais aucun indice de nidification n’a été trouvé
(Beck, ms). Un oiseau mort trouvé sur une plage de Tubuaï le 28 juil. 1975 est conservé au Musée de
Genève (F. Gautier, in litt.). Dans le groupe Pitcairn, il niche en abondance à Henderson, Ducie et
Oeno et il nichait probablement à Pitcairn avant que l’île ne soit colonisée par les révoltés de la
« Bounty » et leurs familles (Williams, 1960). Aux Tuamotu, quelques oiseaux volant au-dessus des
atolls Maria, Nengonengo et Ahunui furent collectés par l’Exp. Whitney à la fin mai et juin 1922
(Murphy et Pennoyer, 1952). Mais des preuves de nidification ne furent obtenues qu’à Maria (Beck,
ms ; Quayle, ms). Lacan et Mougin (1974b) ont aussi noté et collecté des oiseaux qui volaient au-dessus
des colonies de P. ultima à Mururoa et Fangataufa en mars et avril ; près d’une dizaine d’oiseaux furent
ainsi notés pendant de longs moments en cours d’après-midi mais trois femelles collectées avaient des
grappes ovariennes peu développées et Ton ne peut pour l’instant considérer l’espèce comme nicheuse
sur ces atolls. A l’île de Pâques, des adultes et un œuf furent collectés sur le motu Nui (Johnson et al.,
1970).
Il semblerait que l’espèce se disperse en mer, loin des colonies en périodes inter-nuptiales mais
il est vraisemblable qu’il ne s’agit que de mouvements de jeunes oiseaux, plutôt que de véritables
migrations. Un ind. fut observé près de Tahiti en fév. 1973 (Thibault, 1974b), trois au nord des Tua-
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE 19
motu au début du mois de sept. 1972 (Holyoak, 1973a), enfin des oiseaux isolés furent observés dans
les îles Cook du nord et du sud en août 1973 (Holyoak ms).
[Habitat et nourriture]. — Sur les atolls, niche sous le couvert des buissons et des arbres
ou sur la végétation rase ; sur les îlots rocheux, niche souvent sur des pentes raides, sous la végétation
herbacée ; sur les îles volcaniques niche dans des falaises maritimes ou à l’intérieur des terres et en
montagne à 300-400 m d’altitude (Rapa).
A Maria (Tuamotu), niche sur le sol, au pied de Tournefortia où les crabes terrestres sont absents
(Quayle, ms). Se nourrit en mer loin des lieux de reproduction et devient entièrement pélagique en
dehors de la période de reproduction.
P. neglecla est principalement teutophage (King, 1967 ; Lacan et Mougin, 1974b ; Murphy et
Pennoyer, 1952), mais il capture aussi des crustacés (King, 1967).
[Comportement]. — Niche en colonie, pouvant être très importante. Les densités sont parfois
si élevées que les nids ne sont séparés que d’un à deux mètres (Ducie). Dans le groupe Pitcairn et à
Rapa, ils sont souvent associés à d’autres ptérodromes nichant en surface, quoique chaque espèce
ait tendance à nicher par quartier (Murphy et Pennoyer, 1952 ; Williams, 1960).
A Henderson et Ducie, Beck (ms) observait souvent des oiseaux volant de jour, mais la plupart
étaient vus en début de soirée. A Rapa, d’oct. à déc. 1974, de nombreuses parades ont été notées et
la plupart avaient lieu entre 13 h 00 et le début de la nuit. Deux, parfois trois oiseaux se poursuivaient
en volant rapidement et avec aisance le long des lignes de crête et des falaises ; au cours de ces évo¬
lutions, ils donnaient souvent de rapides, mais très amples battements d’aile. A d’autres moments,
l’un des oiseaux essayait de donner un coup de bec à l’autre, après avoir effectué des piqués vertigi¬
neux. Les parades sont différentes de celles de P. ultirna, cette espèce ayant généralement en vol,
une allure plus lourde, plus massive. Des acrobaties semblables à celles que nous avons observées à
Rapa ont été notées par Beck (ms) à Ducie en mars 1922 et il mentionne également que les couples
effectuaient souvent des cercles haut dans le ciel. A Henderson, Ducie et Oeno, les collecteurs de l’Exp.
Whitney ont noté que des oiseaux grimpaient souvent le long des troncs d’arbres inclinés ou verticaux
et prenaient leur envol à la cîme. Des oiseaux ont aussi souvent été vus posés sur des branches à plu¬
sieurs mètres au-dessus du sol. P. arminjoniana utilise probablement des méthodes semblables pour
prendre son envol mais Quayle (ms) pensait que P. ultirna ne grimpait jamais dans les arbres.
[Voix]. — Les appels émis lors des vols de parades sont bruyants. On distingue une phrase
courte, Oui-ki-ki (répété deux fois), et différents autres appels, Ti-i-i-i-i (longs), Oui-tiou-oui, Ti-i-i-
i-i-i-ha-hou (les deux dernières notes sont longues). Des notes semblables ont été entendues dans le
groupe Pitcairn par l’Exp. Whitney. Quayle (ms) transcrivait dans son journal les sons entendus par
whong-kea-kea-kea-kea. Ward (1969) décrivait les appels émis par les oiseaux en vol aux îles Kermadec
comme : « yuk, kerroouw, yuk, yuk », le son terminal yuk cessant d’être émis à partir de fin nov. Les
oiseaux posés au sol émettent différentes notes plus basses que celles émises en vol.
[Reproduction]. — Niche sur le sol ou dans des cavités de falaises mais jamais dans un terrier
creusé dans le sol. Dans le groupe Pitcairn et aux îles Kermadec, les nids sont sur le sol, généralement
sous l’ombrage d’arbres, d’arbustes ou de végétation basse (Murphy et Pennoyer, 1952 ; Williams,
1960). A Rapa, les oiseaux nichent dans les cavités de falaises de l’île principale, sur le sol des îlots,
plus ou moins bien cachés par la végétation herbacée. Les sites sur sol dégagé sont semblables à ceux
de P. ultirna, P. alba et P. arminjoniana (Beck, ms; Quayle, ms). Le nid dont le volume des matéraiux
est variable, est composé d’herbes séchées. De très grands nids ont été notés à l’île Lord Howe (Murphy
et Pennoyer, 1952).
Un œuf de l’île de Pâques mesurait 61.3 X 46.3 mm (Johnson et al., 1970). 11 œufs de l’île
Ducie mesuraient 60.4-69.0 (63.9) X 44.6-49.7 (46.3) mm et cinq d’Oeno avaient des dimensions simi¬
laires. Les durées d’incubation et d’élevage du jeune sont inconnues.
Murphy et Pennoyer (1952) estiment que cette espèce niche tous les mois de l’année, mais
il semblerait que la saison de reproduction corresponde à peu près à la durée de l’été austral. Dans
les îles Kermadec, la ponte à l’île Sunday a lieu d’oct. à déc., alors qu’à l’île Meyer, elle a lieu quatre
mois plus tard (Oliver, 1955). A Rapa, le premier œuf a été trouvé un 20 nov. et un adulte, collecté
Source : MNHN, Paris
20
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
les semaines précédentes, avait des gonades développées ; en février, l’Exp. Whitney trouve un pous¬
sin bien développé (Murphy et Pennoyer, 1952) et aucun œuf n’est noté à cette date (Beck, ms et Quayle,
ms) ; toutefois, un œuf est trouvé plus tard en avril (Beck ms). Dans le groupe Pitcairn, des œufs et
des jeunes ont été trouvés en mars, des œufs en avril et un grand poussin en janv. (Beck, ms ; Murphy
et Pennoyer, 1952 ; Quayle, ms). A Oeno, comme nous l’avons déjà dit précédemment, Williams (1960)
notait qu en oct. 1956 1 incubation et l’éclosion étaient à peu près terminées, mais il n’est pas sûr qu’il
ait distingué P. neglecta des trois autres espèces de ptérodromes nichant sur l’île. A l’île de Pâques,
un œuf incubé a été vu à la fin de déc. (Johnson et al., 1970).
Pterodroma arminjoniana (Giglioli et Salvadori), Pétrel de la Trinité du Sud.
syn. Pterodroma arminjoniana heraldica (Salvin).
Pterodroma (AestrelaUi) heraldica paschae Lônnberg, 1921, in Skottsbcrg, Nat. Hist. Juan Fernandez and
Eastcr Islands, 3, pt. 1, p. 23. Easter Island. Type au Royal Nat. Hist. Mus., Stockholm.
Putuputu (Pitcairn, comme pour les autres pétrels, Williams, 1960), Upoa (Cook méridionales),
Koputu (Ua Pou et Tahuata aux Marquises).
[Description]. — Il n’existe pas de différences constantes de taille au sein des populations
du Pacifique sud ; pas plus d’ailleurs qu’entre les populations du Pacifique et celles de l’océan Indien
(Bourne in Palmer, 1962).
Cinq adultes des îles Marquises pesaient 260-320 (287) g et un sujet collecté en mer entre les
îles Cook du Nord et les Samoa pesait 310 g (Clapp, 1974).
La proportion numérique des oiseaux de chaque phase varie sensiblement d’une colonie à
l’autre et d’une période à l’autre pour une même colonie (cf. P. neglecta dont les variations sont faibles).
On trouve ainsi :
Localité
Source
Phase
sombre
Phase claire
et intermédiaire
Ile de Pâques (peaux)
Murphy et Pennoyer (1952)
1
Ducie (ois. observés)
Beck (ms) Quayle (ms)
1/
10
Henderson (ois. observés)
Beck (ms) Quayle (ms)
40/
Oeno (peaux)
Murphv et Pennoyer (1952)
—
22
Gambier (ois. observés)
Thibault (1973b)
—
c.50
Ua Pou (peaux)
Murphy et Pennoyer (1952)
2
21
Ua Pou (ois. observés en 1971)
Thibault (1973c)
c.25
c.25
Ua Pou (ois. observés en 1975)
Thibault (ms)
1-2 %
98-99 %
Tahuata (ois. observés en 1975)
Thibault (ms)
c.50
Tonga (peaux)
Murphy et Pennoyer (1952)
—
18
Quelques oiseaux des îles Marquises semblent plus gris, moins brun dessus que les oiseaux du
groupe Pitcairn, mais cette différence faible n’est pas constante.
[Répartition et statut]. — Dans l’Océan Pacifique niche à l’île de Pâques, dans le groupe
Pitcairn, aux îles Marquises, Tonga, Chesterfield et dans le sud des Tuamotu (Murphy et Pennoyer,
1952).
De l’île de Pâques, on connaît seulement deux spécimens de type paschae. collectés le 1 er juil.
1920 (Gyldenstolpe, 1926 ; Lônnberg, 1921) et un oiseau non-nicheur collecté en déc. 1968 (Johnson
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
21
et al., 1970). Dans le groupe Pitcairn niche en abondance à Ducie où Quayle (ms) avait estimé l’impor¬
tance numérique de la population de P. arminjoniana et P. neglecta à 230 000 ind. en mars 1922 ; niche
aussi à Henderson et Oeno (Murphy et Pennoyer, 1952). Aux Tuamotu, des oiseaux isolés ou des petites
séries ont été collectés à Vanavana, Maria, Tenarunga et Timoe par l’Exp. Whitney en avril, mai et
juin 1922 (Murphy et Pennoyer, 1952). Mais il n’existe aucune preuve de la nidification de cette espèce
aux Tuamotu, à part un œuf bien incubé trouvé à Maria en juin 1922 (Quayle, ms). Cet œuf appar¬
tiendrait plutôt à P. arminjoniana qu’à P. neglecta (voir les commentaires sur la saison de reproduc¬
tion de cette espèce). Niche probablement aux Gambier où des oiseaux ont été observés en vol de
parade près de sites convenables pour la nidification. Noté à Mangareva (environ 40 ind.) et Akamaru
(environ 12 ind.) en juil.-août 1971 (Thibault, 1973b). Aux îles Marquises, il niche à Ua Pou (800-1200
couples) et à Tahuata (120-180 couples). Nicherait peut-être aussi à Rarotonga dans les îles Cook où en
quatre jours, cinq oiseaux au total ont été vus en montagne sur des crêtes en juil. 1973 (Holyoak, ms) ;
Turbott (1977) signale aussi l’espèce à Rarotonga. 11 existe d’ailleurs de nombreux sites convenant à
sa nidification sur l’île.
Murphy et Pennoyer (1952) considéraient l’espèce comme sédentaire, les oiseaux étant observés
toute l’année près des colonies et leur présence loin des lieux de reproduction pouvant être attribuée
à des ouragans. Mais certaines dispersions observées ne peuvent ainsi s’expliquer et représentent très
probablement des mouvements d’erratisme : autour des îles Hawaï d’octobre à mai (trois spécimens,
plusieurs observations (Bourne, 1967 ; Gould et King, 1967 ; King, 1967), en mer dans les îles septen¬
trionales des Cook en août 1973 (quatre oiseaux de phase claire), en mer dans les îles méridionales des
Cook en août-sept. 1973 (trois phases claires et une phase sombre, Holyoak, ms), un sujet collecté
entre les îles Cook et les Samoa par 11°51' S et 167°27' W le 7 avril 1967 (Clapp, 1974), au large de
Tahiti en sept. 1972 (environ 30, Holyoak, 1974b) et enfin au nord des Tuamotu en sept. 1972 (un
ind., Holyoak, 1973a).
[Habitat et nourriture]. — Niche sur les atolls isolés (groupe Pitcairn), sur de petits îlots
rocheux (île de Pâques) et sur des corniches dans des falaises entre 700 et 1 000 m d’altitude dans des
îles volcaniques (îles Marquises).
Le régime alimentaire est inconnu en Polynésie orientale, mais il est vraisemblablement sur¬
tout teutophage et se nourrit également de petites quantités de poissons, comme dans l’Océan Indien
(Vinson, 1976).
[Comportement]. — Quand les oiseaux nichent sur le sol, ils ne sont séparés bien souvent
que d’un mètre ou deux de leurs congénères ou d’autres espèces de pétrels nichant en surface ; mais
dans les falaises, les distances sont souvent plus grandes, imposées par les sites propices.
Visite les nids durant le jour et parfois la nuit. Dans les îles Gambier, à Ua Pou et à Tahuata,
les oiseaux volaient au-dessus des vallées et le long des falaises. Aux îles Gambier, ces vols de parade
débutaient vers 13 h 00 et se poursuivaient jusqu’à la nuit ; à Ua Pou (la plus grosse colonie des Mar¬
quises), les parades avaient lieu toute la journée avec une période d’activité beaucoup plus intense
de 13 h 00 et 18 h 00 ; l’activité était très réduite de nuit. A Tahuata, où la colonie n’est pas numé¬
riquement très importante, les oiseaux furent observés et entendus de 10 h 00 à 18 h 45 seulement.
Les oiseaux se poursuivent en vol, par couple ou par groupe de trois à quatre individus ; ils volent
très rapidement en effectuant de multiples acrobaties, donnant souvent des battements d’ailes très
amples (comme P. neglecta) et appelant sans cesse. Comme les colonies marquisiennes se trouvent
dans des falaises, bien souvent battues par un vent violent, les oiseaux ont une technique très parti¬
culière pour se poser sur leur nid ou pour repérer un emplacement pour nicher. Arrivés le long de la
paroi, ils se laissent descendre en freinant avec les ailes, les pattes et la queue, le dos face à la paroi
et s’immobilisent bien souvent en l’air, maîtrisant parfaitement leur vol. Les essais pour se poser se
soldent parfois par un échec, l’oiseau tombant lourdement de plusieurs mètres s’il ne se raccroche pas
à des fougères par les pattes. En vol, près des colonies, les oiseaux sont souvent assez agressifs, pour¬
suivant le premier oiseau venu ; c’est ainsi que Ptilinopus dupetithouarsii fait l’objet de fréquentes
poursuites aux Marquises. Vinson (1976) décrit des comportements semblables observés à l’île Ronde
dans l’océan Indien.
Source : MNHN, Paris
22
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Voix]. - La voix est souvent audible à plus de 1 000 m dans de bonnes conditions. C’est géné¬
ralement une succession de notes bruyantes, ressemblant parfois à un hennissement. Trois sortes de
TIlTl- IT, t0US émis ,0rS de P arades > Ki-ki-ki-ki-ki-I-I-i-i-i-i-i-i-i, Ti-ti-ti-ti-ti-ti-ti-ti... et
Ké-ké-ke-ké-ke-ké. Au sol, sur le nid, les oiseaux émettent une série de cris dont la première partie
est lente et rauque, la seconde partie rapide et sèche, Ouèk-ouèk-ké-ké-ké-ké-ké ; d’autres cris sont aussi
emis,^ une trille Trrr et un son plaintif Ouin. Johnson et al. (1970) décrivent la voix entendue à l’île
de raques comme forte et perçante, pouvant être facilement confondue avec celle de Falco peregrinus
Les memes auteurs précisent que la voix est bien différente de celle de P. neglecta. Quayle (ms) notait
aussi que les appels, à Ducie et Henderson, étaient composés souvent de notes très rapides et nette¬
ment detachees, émises en séries, clack ou tack.
[Nidification]. - Dans le groupe Pitcairn, il niche seulement sur le sol, généralement sous le
couvert herbace ou sous les arbres et les buissons (Beck, ms et Quayle, ms). Aux îles Marquises, les oiseaux
nichent sur de petites corniches dans les falaises, mais le nid est souvent caché au milieu d’une touffe
de fougères. Les nids établis sur le sol sont souvent garnis de végétation herbacée.
29 œufs d’Oeno et Ducie mesuraient 56.1-62.7 (59.1) X 40.9-45.8 (42.7) mm (Murphy et Pen-
noyer, (1952). Les périodes d'incubation et d'élevage du jeune sont inconnues. On estime généralement
que leslo,seaux nichent tous les mois de l'année (Murphy et Pennoyer, 1952), mais il semblerait que
la nidification soit plus active durant l'hiver austral. Beck (ms), Williams (1960) et d'autres ont pro¬
bablement mal identifié les nids des différentes espèces de ptérodromes quand elles nichent ensemble
sur le sol. Beck (ms) notait qu’à Ducie le 20 mars, les oiseaux venaient de choisir leur site de nidifi¬
cation et qu’ils étaient presque tous appariés. L’Exp. Whitney collecta également des œufs à Ducie
en mars et encore plus à Oeno en avril (Murphy et Pennoyer, 1952). A l'ile de Pâques, la nidification
était abondante en juin 1916 (Johnson et al., 1970; LSnnberg, 1921) alors qu'en déc 1968 un seul
adulte non-meheur fut trouvé (Johnson et al., 1970). Les seul, poussins des îles Tonga mentionnés
par Murphy et Pennoyer ont été collectés en juil. Dans ces mêmes îles, Jenkins (in Turbott 1977)
a noté l’espèce en mer seulement entre mars et septembre. Aux Marquises, des adultes ont été vus
ou collectés tous les mois de Tannée près des sites de nidification mais la période d'avril à sept réunit
le plus grand nombre de nicheurs. A l’île Bonde, il semble que les oiseaux nichent tous les mois de
1 annee mais avec une période de ponte plus active à la fin de l’hiver austral (Vinson, 1976).
Si, comme nous le supposons, P. arminjoniana niche surtout durant l’hiver austral dans le sud
de la Polynésie, la séparation écologique avec P. neglecta dans cette région serait nette, cette dernière
espèce nichant surtout durant l’été austral.
Pterodroma ultima Murphy, Pétrel de Murphy.
Pterodroma ultima Murphy, 1949, Ornithologie als biologische Wissenschaft (Festschrift zum 60 Geburtstae
von Erwin Stresemann), Heidelberg, p. 89. Oeno. Holotype à l’A.M.N.H.
E’upô (Rapa), Ghost Bird (Pitcairn, Williams, 1960).
[Description], — Il n’y a pas de différences de taille d’une part entre les sexes et d’autre part
entre les oiseaux des populations connues. Poids de 39 ad. nicheurs de différentes colonies : 300-425
(374) g, Lacan et Mougin (1974b).
[Répartition et statut]. — Connu comme nicheur en Polynésie orientale seulement. Noté
înSuT’ " enderson ’ Oeno (Murphy et Pennoyer, 1952), Mururoa, Fangataufa (Lacan et Mougin,
1974b) et Rapa. Pourrait nicher aussi dans d’autres localités où les oiseaux ont été observés ; proba¬
blement aux îles Marotin (Murphy et Pennoyer, 1952), peut-être aux îles Gambier (Thibault 1973b)
à limoe, à Maria (Murphy et Pennoyer, 1952) et aussi à Pitcairn (Quayle, ms).
Des mentions semblent indiquer que l’espèce se livre à un certain erratisme : un ind, observé en
mer à 128 km au nord de Tahiti le 8 sept. 1972 (Holyoak, 1974b), un ind., attiré par une lampe à pétrole
est noté de nuit sur une plage de l'ile Scilly (Thibault, 1974b), un sujet est observé en vol sur le lagon
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
23
de l’île Tubuaï à la fin du mois de juil. 1975 (F. Gautier, in litt.), un ex. est collecté en mer au large
de Oahu, Hawaï, le 29 oct. 1966 et deux ind. sont collectés alors qu’ils appelaient en plein jour à Kure,
Hawaï, le 20 oct. 1963 (Gould et King, 1967) ; noté aussi à French Frigate Shoals, Hawaï, le 8 sept.
1966 (Amerson et Amerson, 1971), enfin un ind. est collecté en mer à 340 miles à l’est de Santa Barbara,
Californie, le 3 avril 1967 (Clapp, 1974).
[Habitat et nourriture]. — Niche sur des atolls, des îlots coralliens isolés, des îlots rocheux
et des îles volcaniques. Se nourrit et stationne en mer, en dehors de la période de reproduction.
Les contenus stomacaux de 22 adultes et poussins collectés en avril, mai, oct. et nov. montrent
qu’il est surtout teutophage. Ainsi, Lacan et Mougin (1974b) ont trouvé dans tous les contenus exa¬
minés des Céphalopodes avec de petites quantités de poissons (un oiseau) et de crustacés (deux oiseaux,
dont un contenant un Amphipode non identifié).
[Comportement]. — Les oiseaux visitent les colonies surtout, sinon exclusivement, de jour;
aucun appel n’est entendu de nuit. Les vols de parade sont très différents de ceux de P. neglecta ; les
oiseaux se suivent de très près en volant rapidement. Quand ils arrivent au-dessus de la terre, ils ralen¬
tissent et donnent de faibles coups d’ailes, écartent leurs pattes en avant, relèvent le cou et tout en
appelant, baissent la queue au maximum pour se freiner. On observe des vols de parades tout au long
de la période de reproduction.
[Voix]. — Silencieux en mer, semble-t-il. La voix des oiseaux au cours des parades est moins
sonore que celle de P. neglecta ou P. arminjoniana. Elle consiste en des séries de cris assez rapides :
Ouin-hi-hi-hi, Hou-hou-hou-hou, Ki-ki-ki, ce dernier appel étant assez aigu.
[Nidification]. — Niche sur le sol à l’abri du soleil sous des arbres, des buissons ou de la végé¬
tation basse ; parfois dans des cavités de falaises. Le nid, creusé au pied d’une fougère, est un amas
plus ou moins important de brindilles et d’herbes ou encore une simple dépression dans le sable, comme
c’est parfois le cas aux Tuamotu (Lacan et Mougin, 1974b).
Les deux sexes couvent et la période d’incubation est probablement comprise entre 50 et 54 jours
(Lacan et Mougin, 1974b). Deux poussins bien développés, de Rapa, pesaient 500 g (23 oct.) et 620 g
(30 oct.), ce qui montre qu’ils atteignent un poids supérieur à celui de l’adulte avant l’envol. La période
d’élevage du jeune est comprise entre 90 et 100 jours (Lacan et Mougin, 1974b).
Niche durant l’hiver austral à Mururoa, les adultes commencent à visiter la colonie en avril
et pondent durant les trois dernières semaines de juin. Les éclosions ont lieu dans les trois premières
semaines d’août et l’envol a lieu durant les trois premières semaines de novembre (Lacan et Mougin,
1974b). Des informations éparses montrent que la période de reproduction est la même dans les autres
colonies.
Pterodroma inexpectata (J. R. Forster), Pétrel de Peale.
Observé en mer, en assez grand nombre au moment des migrations, au sud des îles Hawaï,
aux îles Phoenix et de la Ligne (King, 1967). Il n’a pas été signalé plus au sud en Polynésie, vraisem¬
blablement par manque d’observations en mer durant les mois de passage des migrations.
Pterodroma externa (Salvin), Pétrel de Juan Fernandez,
comprend P. cervicalis (Salvin)
Hiverne en mer entre les îles Hawaï et l’équateur où il est abondant de mai à nov. Quelques
ind. y sont même observés toute l’année (King, 1967). Le centre d’hivernage se trouve au large des
îles Phoenix et au nord des îles de la Ligne mais il peut s’étendre bien au-delà. P. e. cervicalis a été
observé très à l'ouest jusqu’aux îles Salomon (Greensmith, 1975). Un ind. observé aux îles Cook par
21°51' S et 158°49' W a pu être identifié comme un P. e. cervicalis grâce à son cou blanc (Holyoak,
ms). Un autre, vu le 14 oct. 1974 entre Rapa et Raevavae (25°30' S et 145° W) était vraisemblable-
Source : MNHN, Paris
M D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
ment un P. e. exlerna (Thibault, ms). Ont été identifiés comme P. phaeopygia des oiseaux aux Mar¬
quises en sept. 1958 (King, 1958) et des ind. isolés près de Tahiti en mai et juil. 1971 (Thibault, 1974b).
Or le nombre meme de ces observations laisse supposer qu’il s’agit d’une identification erronée de
P. exlerna (Holyoak, 1975 ; W. B. King, m lia.) car P. phaeopygia est une espèce rare et il semble dou¬
teux qu il visite cette région, surtout pendant la période de nidification.
Le petit nombre de références sur P. exlerna dans la Polynésie orientale semble devoir être
attribue aux rares observations effectuées pendant la période de migration plutôt qu’à la rareté de
1 espèce.
Plerodroma nigripennis (Rothschild), Pétrel à ailes noires *.
syn. P. hypoleuca nigripennis, P. cookii nigripennis.
Titi (Rapa).
. [Répartition et statut]. - En Polynésie orientale, il niche à Rapa (îlots Tauturou, Rapa Iti
peut-être Karapoo Rahi et Karapoo Iti) et probablement sur les îlots Marotiri où trois adultes ont été
collectés en mer près des côtes par l’Exp. Whitney le 27 fév. 1922 (Murphy, 1929) et d’autres ind.
observés à terre sur les rochers (Beck, ms). Comme aucun ornithologue n’a encore débarqué durant
1 été austral sur Marotiri, cette nidification supposée attend une confirmation.
La population totale sur les îlots de Rapa était estimée à 200-300 couples durant la période
prépositale en 1974. v
Après la saison de nidification, l’espèce émigre vers ses quartiers d’hivernage dans le Pacifique
centre-nord, où elle a été trouvée en très grand nombre entre 5° N et 25° N de mai à novembre (King,
1967). Noté aussi aux îles Marshall et Gilbert en nov. (King, 1967), aux Tonga (Jenkins, 1973) et autour
des îles Phoenix et de la Ligne, au moins d’avril à déc. (King, 1967). En Polynésie orientale, les mentions
hors des lieux de reproduction sont rares et incertaines. Des observations de ptérodromes apparte¬
nant au groupe « Cookilaria » dans les îles de la Société et des Marquises en mai et juin (King, 1958)
ont été attribuées à cette espèce (Holyoak, 1974b). Trois ind. observés près de Tahiti le 9 sept 1972
et deux autres près de Rarotonga (îles Cook) le 29 août 1973 (Holyoak, ms) ont été déterminés comme
P. nigripennis. Les membres de l’Exp. Whitney observèrent au large de Marutea sud en mai 1922
un « nigripennis shearwater » qu’ils déterminèrent comme « Bass Rock species », c’est-à-dire l’espèce
collectée quelques mois auparavant à Marotiri (Quayle, ms).
[Habitat et nourriture]. — A Rapa, niche seulement sur les îlots, absent, semble-t-il, de
1967) >rinCiPa * e rég * me al ’ mentaire est vraisemblablement surtout composé de Céphalopodes (King,
[Comportement]. — A Rapa, les oiseaux nichent dans des terriers, souvent très proches les
uns des autres, en des emplacements où la terre est meuble. Dans le mois qui précède la ponte, beau¬
coup d’adultes retournent à la colonie de 17 h 00 à 22 ou 23 h 00, moins fréquemment durant la journée.
Au cours de ces visites prépositales, les oiseaux volent isolément tôt le matin et durant la journée.
1. Mensurations de Pterodroma nigripennis
Aile
queue
culmen exposé
tarse
Iles Kermadec
217-237
92-102
22.0-24.6
(11 sp.)
(226)
(98)
(23.8)
Rapa (21 sp.,
222-238
96-104
23-26
5 pour la queue)
(229)
(100)
(24.5)
au large de
227, 230,
102.5,
24,23,23.5
30,32,30,5
Marotiri (3 sp.)
221
103.5,101.5
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
25
Le soir, ils volent en plus grand nombre, de préférence par couple, et se poursuivent en s’appelant ;
le vol au-dessus des colonies est rapide, des coups d’ailes nerveux alternant avec des glissades. En vol,
les oiseaux sont assez agressifs, poursuivant volontiers les ptérodromes plus gros, comme P. neglecta
ou P. ultima.
[Voix]. — Lors des vols au-dessus des îlots, les oiseaux lancent des cris monosyllabiques forts
et aigus, entendus jusqu’à quelques centaines de mètres pi-pi-pi-pi-pi-pi-... Depuis le terrier, ils émettent
des cris très doux.
[Reproduction]. — A Rapa, niche dans des terriers, au sommet des îlots, là où la terre est
meuble et recouverte de végétation herbacée. Établit son nid en réaménageant des terriers de lapins
ou de Puffinus assimilis dont la nidification se termine au moment des visites prépositales. Mais il ne
fait aucun doute qu’il creuse lui-même ses propres terriers. Ceux-ci comportent, pour la plupart, un
couloir de 80 à 100 cm de long, donnant accès à une chambre plus ou moins spacieuse. Le nid est com¬
posé d’herbes et de brindilles trouvées à quelques mètres du nid. Un oiseau, observé vers 3 h 00 du
matin, transportait de la végétation dans son bec.
Aux îles Kermadec, des nidifications ont été notées tous les mois entre août et avril (Murphy,
1929 ; King, 1967), mais Oliver (1955) note que la ponte a lieu de la fin déc. à la fin de janv., les jeunes
s’envolant à la fin avril. A Rapa, en 1974, les premiers adultes étaient notés à terre au début de nov.,
puis à la fin de ce mois le nombre des oiseaux avait augmenté, et nous avons noté beaucoup de parades
et de constructions de nids. Le 11 décembre, tous les terriers étaient désertés, les oiseaux ayant terminé
leurs visites prépositales, mais ils laissaient des nids avec des matériaux frais. L’espèce fut notée en
fév. à Marotiri par l’Exp. Whitney mais pas en avril sur les îlots de Rapa (Beck, ms; Lacan et Mougin,
1974b ; Quayle, ms).
Pterodroma cookii (G. R. Gray), Pétrel de Cook,
syn. Pterodroma cookii orientalis Murphy.
Aucune mention définitive de cette espèce n’a été faite dans la région tropicale du Pacifique
centre-sud, bien que des spécimens provenant des îles Phoenix laissent supposer qu’ils traversent cette
région lors des migrations. Une vingtaine de « Cookilaria » observés au large de Tahiti le 9 sept. 1973
(Holyoak, 1974b) semblaient être des P. cookii et quelques autres observations en mer dans cette
même région peuvent également se rapporter à cette espèce. Il conviendrait cependant de collecter
des spécimens pour confirmer les identifications.
Pterodroma leucoptera (Gould), Pétrel de Gould.
Il n’existe pas d’identification certaine de cette espèce dans le sud-est du Pacifique tro¬
pical, bien que deux individus observés environ à 12°20' S et 145°21' W au nord des Tuamotu, le 3 sept.
1972, semblaient être des oiseaux de phase claire plutôt qu’un autre type de « Cookilaria » (Holyoak,
1973a). Deux pétrels semblables ont été aperçus en août 1973 au nord des îles Cook et un troisième
à la même date au nord du même archipel (Holyoak, ms). Wiglesworth (1891b) mentionne que Garrett
signale Oestrelata cookii à Raiatea, mais il s’agit plus vraisemblablement de P. leucoptera.
Bien que nous ne disposions d’aucune référence, il est tout à fait possible que des petites popu¬
lations de P. leucoptera se reproduisent sur diverses îles volcaniques de Polynésie orientale, étant donné
la grande difficulté de rencontrer des oiseaux qui visitent de nuit les montagnes.
Source : MNHN, Paris
26
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Genre Bulweria.
Bulweria bulwerii (Jardine et Selby), Pétrel de Bulwer 1 .
,, En Polynesie orientale, il niche seulement dans les îles Marquises à Hatutu, Nuku Hiva (îlot
Mataua) Ua Huka (îlots Hemen, et Epeti), Ua Pou (îlots Mokohe, Oa et Papal) et Hiva Oa îlot
Ainahoe). Il pourrait nicher aussi près de Fatu Iva. Nous estimons que la population nieheuse de l'archi-
pel est comprise entre 2 000 et 6 000 oiseaux.
IV- orient ? le ' a ”’ est très commun en mer que près des îles Marquises. Toutefois
“î l 1958 ) 1 » ” ol « » sse2 fréquemment jusqu’à 300 km de Tahiti en mai 1958 Un ex a été observé
près de Tahiti en juin 1971 (Thibault et Thibault, 1973). Beck (ms) a noté deux sujets en mer au nord-
est de bangahina en oct. 1921 et un autre à un jour de navigation au nord-est de Napuka en déc. 1922.
[Habitat et nourriture]. — Aux îles Marquises, il niche sur des îlots rocheux et des îles
volcaniques inhabitées mais aux Phoenix, il fréquente des atolls.
Jouanin et al. (1979) ont discuté la signification écologique de ses capacités voilières II est
exclusivement pélagique en période inter-nuptiale. Le régime est composé principalement de micro-
organismes planctomques, tels œufs de poissons, ctenophores et polychaetes (King 1967 • Witherbv
et al., 1940). 8 ’ ’ 3
Aux îles Marquises, il niche en colonie, parfois nombreuse. Les visites ont lieu plus particuliè¬
rement dans l’obscurité, surtout après le coucher et avant le lever du soleil. Mais des oiseaux sont
parfois observés en vol, de jour, près des colonies. Les allers et venues à la colonie sont discrètes sans
vol de parade ou acrobatie aérienne.
Durant les visites de la période pré-positale, les nids occupés dégagent une odeur forte et nau¬
séabonde, différente de celle généralement dégagée par les pétrels. Cette odeur permet d’ailleurs de
localiser aisément les nids. Lorsqu’ils contiennent des œufs et des poussins, les nids ne dégagent plus
cette odeur particulière mais celle commune aux autres pétrels. Il est possible que chez cette espèce
les odeurs dégagées au nid remplacent en partie les parades aériennes et vocales des autres pétrels
Thibault et Holyoak, 1978).
[Voix]. — Silencieux en mer et au cours des trajets à la colonie, ce qui le distingue des ptéro-
dromes. Aux îles Marquises, les oiseaux appariés émettent des cris assez semblables à ceux de chiots
whô-who ou cô-cô, répétés en série à des intervalles plus ou moins réguliers. Des appels semblables ont
été décrits chez les colonies de Hawaï (Munro, 1960) et de l’océan Atlantique (Witherby et al., 1940)
D autres cris attribués à cette espèce aux îles Hawaï semblent plutôt se rapporter à ceux des océanites
(voir Munro, 1960).
[Reproduction]. — Aux îles Marquises, il niche surtout dans des milieux rocailleux entre 5
et 40 m au-dessus du niveau de la mer. Les nids sont placés dans des sites divers, sous des rochers, dans
des cavités de falaises, parfois à l’air libre contre un rocher, dans des terriers creusés par Puffinus
lherminieri ou dans des petites cavités creusées par les oiseaux eux-mêmes. Les nids, dans les colonies
marquisiennes, sont souvent rapprochés (50 à 100 cm à Ua Huka et Ua Pou) et d’autres espèces (P. lher¬
minieri) nichent parfois très près, quoique cette dernière espèce recherche de préférence des sols meubles
pour établir son terrier. Aux îles Phoenix, Nesofregetta albigularis niche souvent près de B. bulwerii
mais leurs saisons de reproduction ne sont pas exactement les mêmes (Crossin, 1974). Les nids sont
parfois garnis de végétaux.
Dix œufs des îles Marquises mesuraient 40.7 (± 1.20) X 30.5 (i- 1.22) mm. Ils sont un peu
plus petits que ceux des colonies de l’océan Atlantique (Witherby et al., 1940). Les périodes d’incuba¬
tion et d’élevage du jeune sont inconnues en Polynésie, Jouanin et al. (1979) donnant des informations
sur la reproduction aux îles Selvagens.
1. Pour les mensurations de spécimens des îles Marquises,
originaires de cet archipel pesaient 86-95 (87) g.
Jouanin et al. (1979). Quatre adultes nicheurs
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
27
Dans les colonies marquisiennes les poussins élevés à l’air libre font parfois l’objet de préda¬
tions de la part de crabes marins.
Aux Marquises, la nidification a lieu durant l’été austral, bien qu’elle ne soit pas exactement
synchronisée d’une colonie à l’autre. On trouve des œufs de sept, à déc. et l’envol des jeunes a lieu
de janv. à avril. En décembre, il a été trouvé en même temps des œufs et des poussins à tous les stades
de développement. Les adultes sont absents des colonies d’avril à juil.
Genre Puffinus.
Puffinus carneipes Gould, Puffin à pieds pâles (comprend P. creatopus Coues).
Cette espèce a été vue en mer à plusieurs reprises d’oct. à déc. entre les îles Hawaï et les îles
de la Ligne ; elle a été collectée une fois en oct. (King, 1967). Sa présence pourrait s’étendre à la Poly¬
nésie orientale.
Puffinus pacificus (Gmelin), Puffin fouquet.
Procellaria pacifica Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, p. 560, basé sur le « Pacific Petrel » de Latham, 1785, Gen.
Syn. Bds., 3 (2), p. 416, Pacific Océan ; restreint aux îles Kermadec par Mathews, 1912.
syn. Puffinus chlororhynchus Lesson.
Puffinus cuneatus Salvin. Localité du type « Krusenstern Island » qui fut identifié comme Tikehau, Tuamotu,
mais attribuée aux îles Sous-le-Vent des Hawaii (Murphy, 1951).
Kokokoko (Mangareva, probablement comme P. natwitatis, Beck, ms), O’upoa (Moorea,
Maupiti).
[Description]. — La variation chez cette espèce est surtout clinale, la taille augmentant d'une
part d’est en ouest, d’autre part avec la latitude. Ainsi, l’augmentation de la taille en fonction de la
latitude est en accord avec la règle de Bergmann ; la moyenne de la longueur d’aile qui est de 290 mm
aux îles Phoenix et de la Ligne atteint 299.5 mm en Polynésie orientale, 303 mm à Kadavu (Fiji) et
314 mm aux îles Kermadec. Les oiseaux nicheurs au sud des îles Kermadec, à Lord Howe et sur les
îles au large de la côte australienne sont plus petits que les oiseaux des Kermadec ; mais ce phénomène
peut s’expliquer par l’incursion, dans ces régions, des eaux chaudes du courant est-australien qui
n’atteint pas les îles Kermadec.
[Répartition]. — En Polynésie orientale, P. pacificus niche à l’île Christmas (surtout sur les
îlots du lagon, avec une population de 2 500 ± 25 % couples, Schreiber et Ashmole, 1971), à l’île Jar-
vis (petite colonie, Munro, 1956), à Maupiti (présomption, des plumes ayant été trouvées dans des
terriers, Thibault, 1974c), à Bora Bora (petite colonie trouvée sur un îlot en 1921 et 1923, Holyoak,
1974b), à Maiao (colonie de 50-60 nids trouvés en 1973, Thibault, 1974c), à Moorea [trois adultes avaient
été collectés en 1881, probablement à terre, (Holyoak, 1974b) et récemment il a été entendu de nuit],
à Tahiti (entendu et enregistré de nuit à plusieurs reprises ces dernières années), à Mehetia (un adulte
collecté dans un terrier en 1923, Holyoak, 1974b), à Tubuaï (nicheurs trouvés sur un îlot corallien par
l’Exp. Whitney, Quayle, ms), à Raevavae (un adulte et deux poussins en duvet, collectés en altitude
par Quayle en fév. 1922), aux îles Gambier (en assez grand nombre, semble-t-il, sur les îlots Manui
et Makaroa (Lacan et Mougin ,1974b ; peut-être aussi à Agakauvai où Quayle (ms) trouva en 1922,
dans des terriers inoccupés, des plumes de cette espèce (ou de P. nativilatis), à Hatutu, Motu Iti et îlot
Epeti à Ua Huka (petites colonies), peut-être à Nuku Hiva (entendu de nuit sur le plateau de Toovii
le 9 juil. 1975), à Ua Pou (entendu en altitude de nuit, le 31 juil. 1975). D’autre part, sa nidification
est possible à l’île Henderson, l’Exp. Whitney ayant collecté au large quatre spécimens (Murphy,
1951). L’espèce pourrait également nicher dans d’autres îles de Polynésie orientale (Cook — à Mangaia
un adulte a été attrapé vivant, C. C. Clerk, in litt. —, Société, Australes, Marquises et Oeno).
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
P. pacificus est généralement assez commun en mer autour des lies où il niehe, durant la période
de reproduction, comme 1 a mis en évidence King (1974).
Les oiseaux de phase sombre sont bien répandus en mer, en Polynésie orientale, quoiqu’ils n'aient
L Û M ‘ S ! S P " S ““ sud d " 20 ° S ' La P lu P» rt mentions sont à moins
de 150 km des colon.es connues ; le. observations les plus lointaines concernent des oiseaux erratiques
de. oiseaux venus de colonie, mconnucs ou encore des oiseaux effectuant de longues distances pour
se nourrir : un ind. dans le, lies septentrionales des Cook (12<W S, 164°48' W) en août 1973 deux
md. dans les lie, méridionales de Cook en sept. 1973 (Holyoak, ms) et dix ou plus, près du nord des
Tuamotu en août-sept. 1972 (Holyoak, 1973a). P ’ P
[Habitat bt nourriture]. - Niche sur des îlots rocheux, sur des atolls, sur des vires et en bas
des falaises sur des îles volcaniques (jusqu’à 500 m d’altitude).
1974b) La "° U ' PilUre com P““ dc P°™°“ Céphalopodes (King, 1967; Lacan et Mougin,
[Comportement]. _ Niche en colonie, de densité variable. Sur certains sites, les terriers sont
mélangés avec ceux d autre, puffin, ou pétrels, comme c'est le cas à 111e Cbristma, avec P. naliuiuuis
(Uallagher, lybü).
[Reproduction]. — Niche généralement dans des terriers creusés dans la terre meuble au
pied d un rocher ou sous la végétation herbacée ; niche aussi dans des sites divers (grottes). A l’ile
Chnstmas, dans tous les endroits où le sol n’est pas assez meuble pour établir un terrier, les oiseaux
nichent dans de simples cavités naturelles sous les rochers. Les terriers, établis dans la terre meuble
sont composés d’un couloir dont la longueur est souvent voisine de 2 m et d’une chambre assez spacieuse.
En fait, la longueur du couloir et son orientation dépendent de la nature du terrain. Certains nids
aux îles Gambier, sont établis dans d’anciens terriers de lapins (Lacan et Mougin, 1974b). A Maiao
des oiseaux partageaient leurs terriers avec des crabes terrestres (Cardisoma carnifex Herbs). Dans
certaines colonies, la chambre est souvent garnies de brindilles ou de végétaux divers, dans d’autres
elle en est dépourvue. ’
Murphy (1951) donne les mensurations de six œufs de colonies du Pacifique central : 66.5-69 5
(68.0) X 44.0-44.5 (44.3) mm. La période d’incubation est probablement de 55 jours environ et la période
d elevage du jeune de 95 jours environ (Lacan et Mougin, 1974b). Les mêmes auteurs donnent les
poids de huit gros poussins des îles Gambier (465-550 g), montrant qu’ils atteignent un poids supérieur
à celui de 1 adulte avant l’envol. v
Dans l’hémisphère nord, la période de reproduction est en été (avril à nov. à Hawaï et Revilla
Gigedo, King, 1974 et Murphy, 1951) et durant l’été austral dans l’hémisphère sud (oct à mai aux
îles Kermadec et à Norfolk, Crockett, 1975 ; Murphy, 1951). Des données éparses des îles de la Société,
Australes et Marquises montrent qu’il niche également durant l’été austral dans ces archipels. C’est
aussi le cas aux îles Gambier où les œufs sont pondus entre fin déc. et fin janv., et les jeunes
s envolent de mai à fin juin (Lacan et Mougin, 1974b ; Quaylc, ms). Aux îles Phoenix (lat. 3°-4° S)
a nidification a lieu surtout au cours de l’été austral, mais elle n’est pas rigoureusement synchronisée
(King, 1974). A 1 île Chnstmas (lat. 2° N) où les adultes sont présents de janv. à oct., il niche durant
i, e . te ’ de ,a fin mai à j uin > la plupart des jeunes s’envolant en oct. (Gallagher, 1960 •
King, 1974 ; Schreiber et Ashmole, 1971).
jf ? u . e a , lieu P er J dant que les oiseaux sont en mer durant la période inter-nuptiale. King
(iy/4) décrit la sequence de mue et donne des détails comparatifs des périodes de mue entre les phases
claire et sombre dans le Pacifique central et oriental.
Puffinus griseus (Gmelin), Puffin fuligineux.
La traversée du Pacifique tropical s’effectue rapidement et a lieu principalement en mai-juin
et sept.-oct. sur un très large front allant de l’est des îles Marshall aux îles Marquises. Il a été signalé
à maintes reprises dans l’est de la Polynésie, dans la région des îles de la Ligne, tant lors de sa migra-
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
29
tion vers le nord que de celle vers le sud (King, 1967). Un total d au moins 18 individus a été vu en
mer dans les îles méridionales des Cook les 16 et 19 sept. 1973 et volant en direction du sud-ouest
(Holyoak, ms). Noté couramment en mai 1958 autour de Tahiti jusqu’à 300 km (King, 1958), ainsi
qu’aux îles Marquises en mai et début juin 1958 (King, 1958) ; bien que dans ce dernier cas, il puisse
s’agir d’une identification erronée de P. pacificus (Holyoak, 1975).
Un spécimen fut capturé sur une plage à Tahiti le 13 déc. 1971 (Thibault et Thibault, 1973)
et un certain nombre d’individus furent vus dans les îles Australes entre le 20 mars et le 13 avril 1921,
depuis le nord de Rurutu jusqu’à 75 km au nord de Rapa, tous se dirigeant vers le nord (Beck, ms).
L’espèce n’a pas été signalée dans les régions des Tuamotu, des îles Pitcairn ou de 1 île de Pâques,
sans doute parce que les observations en mer dans ces régions ont été rares.
Puffinus tenuirostris (Temminck), Pulïin à bec grêle.
Des individus ont été vus aux alentours des îles Hawaï durant la migration vers le nord mais
un très grand nombre traverse cette région en oct. et nov., lors de la migration vers le sud (King,
1967). En Polynésie orientale, lors de la migration vers le sud, l’espèce a été signalée dans la région
des îles Phoenix, Samoa et de la Ligne d’oct. à déc. (King, 1967) ; un spécimen (déposé à 1 A.M.N.H.),
en provenance des Tuamotu, a été trouvé le 25 déc. 1906. Il est à présumer que la période où la migra¬
tion est la plus intense s’étend d’oct. à déc., au moins dans la région des îles Cook et également plus
à l’est en Polynésie méridionale, mais rares sont les observations faites en mer dans ces régions pendant
ces mois.
Puffinus nativitatis Streets, Pulïin de la Nativité L
Puffinus (Nectris) nativitatis Streets, 1877, Bull. U.S. Nat. Mus., 7, p. 29. Christmas Island, Pacific Océan.
Type au N.M.N.H.
Kokokoko (Mangareva, comme pour P. pacificus, Quayle, ms).
[Répartition et statut]. — Niche dans les îles Hawaï, de la Ligne, Phoenix, Marquises, Aus¬
trales, Tuamotu (Gambier), dans le groupe Pitcairn, à l’île de Pâques et peut-être dans les îles de la
Société. Nichait autrefois dans les îles Bonin, à Marcus et à Wake ; noté aux îles Marshall où il pour¬
rait nicher (Baker, 1951 ; King, 1967). Noté aussi en mer dans les îles Gilbert (King, 1967).
1. Mensurations des principales populations connues de P. nativitatis
aile
queue
culmen exposé
tarse
11 sp. Hawaï
242-254
83-87
29-33
41.5-45
(sous le vent)
(246.5)
(85)
(31)
(44)
245-258
83-90
29-33
39.5-45.5
Christmas
(251)
(86)
(31)
(44)
244-259
82-90
30-33
40-46
Marquises
(252)
(86)
(32)
(44)
8 sp. Rapa et Marotiri
254-264
82.5-91
30-34
(258.5)
(87)
(32.5)
(44.5)
18 sp. îles Gambier d’après
240-260
81-97
31.5-37
43-48
Lacan et Mougin (1974b)
(250)
(85)
(34)
(46)
16 sp. Ducie
247-266
81-92
30-35
(259)
(87)
(33)
(45)
4 sp. île de Pâques d’après
240-260
90-95
—
35-41
Johnson et al. (1970)
(250)
(92)
(39)
18 adultes des Iles Gambier pesaient 305-390 (360) g (Lacan et Mougin, 1974b) et une? ad. de Rapa pesait 320 g.
Source : MNHN, Paris
30
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Les mensurations montrent que les populations du sud de la Polynésie sont en moyenne plus
grandes que celles du Pacifique équatorial, mais il y a tout de même un net chevauchement.
Un Polynesie orientale, niche à l'île Christmas (1 400 ± 25 % nids durant la période oil était
reuni le maximum de meheurs en 1967, Schreiber et Ashmole, 1970), peut-être à Mehetia (deux sp.
déposés au M.N.H.N., collectés par l’Exp. Franco-Belge de l'île de Pâques sont libellés s Mehetia .
avec un point d interrogation), aux îles Marquises (niebeur localisé et peu abondant trouvé seulement
a tlatutu (Beek, ms et Quayle, ms) ; observé en vol sur deux îlots à Ua Pou), à Rapa (nicheurpeu abon¬
dant sur les îlots Karapoo Iti et Karapoo Rahi, apparemment absent de l’île principale), aux îles Gam-
bier, meheur en nombre modéré (à Manui, Motu Teiku, Lacan et Mougin, 1974b ; Makaroa et peut-
être sur un ou deux autres îlots, Quayle, m.) ; à Oeno (probablement en nombre restreint, Quayle ms ;
.’i no j 19f ÏÏ' à He " dcrsc '“ et D" 01 ® (Beok, ms ; Holyoak, ms ; Quayle, ms ; Rebder et Randall, 1975)
et à 1 île de Pâques (80-100 nids trouvés à Motu Nui en déc. 1968, Johnson et al, 1970 ; l'espèce fut
autrefois confondue avec P. tenuirostris, Johnson, 1965).
Espèce vraisemblablement sédentaire, rarement observée en mer à plus de 30 km des îles où
elle niche. Aussi, est-il possible que les oiseaux résident toute l’année non loin des colonies, car en
Polynesie orientale, les mentions d’oiseaux éloignés sont rares : un ind. en vol au-dessus de la terre
a Mururoa le 6 janv. 1966 (Lacan et Mougin, 1974b), deux ind. observés à 100 km au nord de Tahiti
le 8 sept. 1972 (Holyoak, 1974b) et un autre au nord des Tuamotu (12°46'S, 145°19' W) le 4 sept.
1972 (Holyoak, 1973a). Une mention concernant les îles Cook repose apparemment sur un « ouï-dire »
(Burland, 1964) et ne peut être homologuée.
[Habitat et nourriture]. — Niche sur des îlots rocheux, des pentes d’îles volcaniques, des
atolls isolés et des îlots coralliens. Les chats et les rats de grosse taille sont absents de tous les sites
de nidification connus.
Le régime alimentaire est composé de poissons, de calmars et de crustacés (King, 1967). Les
contenus stomacaux de six ad. nicheurs des îles Gambier avaient des Céphalopodes (quatre oiseaux)
et des poissons (deux oiseaux), Lacan et Mougin (1974b).
[Comportement]. — Niche en petites colonies dont les densités sont souvent assez faibles et
les nids mélangés à ceux d’autres espèces d’oiseaux de mer. Des nids isolés sont aussi parfois trouvés.
A 1 île Christmas, les adultes volent parfois près des colonies le matin et le soir après 17 h 00 mais ils
sont peu disposés à quitter le sol en plein jour, préférant se réfugier entre les herbes quand ils sont
dérangés (Gallagher, 1960). Il est d’ailleurs probable que la grande majorité des oiseaux visitent les
nids dans l’obscurité.
[Voix]. — Gallagher (1960) notait qu’à l’île Christmas, les oiseaux étaient généralement silen¬
cieux durant la journée mais lançaient des cris plaintifs, l’obscurité venue.
A l’île de Pâques, Johnson et al. (1970) mentionnent des plaintes et des gémissements rappelant
ceux des chats, mais l’oiseau est probablement moins bruyant dans ses allers et venues à la colonie
que P. pacificus.
[Reproduction], — Les nids sont installés sur le sol, contre un rocher, dans une cavité, sous
le couvert végétal (herbes, buissons ou arbres) ou sur des vires dans des falaises. Dans le groupe Pit¬
cairn (Quayle, ms ; Williams, 1960), on a trouvé des nids dans des cavités sous des racines d’arbres ; à
1 île Christmas (Gallagher, 1960), les oiseaux nichent parfois dans des terriers peu profonds. A l’île
de Pâques, les nids sont sur des pentes raides, sous des plaques de lave, l’entrée étant souvent cachée
par des herbes (Johnson et al., 1970). Aux îles Gambier, les oiseaux nichent dans des petites cavités
ou sous des abris rocheux au sommet de falaises donnant sur la mer (Lacan et Mougin, 1974b). A Rapa,
ils nichent sur des vires dans des falaises. Le nid est généralement garni de brindilles ou d’herbes séchées.
Lacan et Mougin (1974b) donnent des mensurations de sept œufs des îles Gambier : 57.7-61.5 (59.7)
X 38.6-40.4 (39.8) mm ; un œuf d’Oeno mesurait 61 X 39.5 mm (Williams, I960) et huit de l’île de
Pâques une moyenne de 56.6 X 31.1 (Johnson et al., 1970). Les deux sexes couvent. La durée de l’incu¬
bation et la période d’élevage du jeune ne sont pas exactement connues, mais doivent être respecti¬
vement d’environ 55 et 95 jours (Lacan et Mougin, 1974b).
A l’île Christmas, on trouve des nicheurs toute l’année (Gallagher, 1960), mais la période la
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
31
plus active se situe d’oct. à janv. (Schreiber et Ashmole, 1970) ; onze oiseaux dont la nidification était
réussie ont répondu environ 12 mois après, mais quelques oiseaux dont la nidification s’était soldée
par un échec ont pondu à nouveau dix mois après (Schreiber et Ashmole, 1970). En Polynésie orientale,
il semble que la nidification ait lieu durant l’été austral. Aux îles Gambier, les adultes sont absents
des colonies d’avril à juin et ils y retournent probablement à la mi-juil., la ponte étant étalée sur trois
semaines de sept, au début d’oct. ; les jeunes s’envolent à la fin de fév. et au début de mars (Lacan
et Mougin, 1974b ; Quayle, ms). Les observations dans d’autres colonies méridionales sont plus ou
moins concordantes : poussin prêt à l’envol trouvé à Ducie en mars (Beck, ms ; Quayle, ms), œuf incubé
à Rapa à la Gn d’oct. ; huit œufs incubés et deux poussins assez gros trouvés en déc. à l’île de Pâques
(Johnson et al., 1970). On possède peu de renseignements pour les Marquises où des poussins ont été
notés en sept, à Hatutu (Holyoak, 1975).
Les adultes commencent à muer, la saison de reproduction terminée, et retournent à la colonie
six mois après, la mue des plumes des ailes étant complète ou presque complète (Schreiber et Ashmole,
1970).
Pufjlnus assimilis Gould, Petit Puflin.
Kaki Kaki (Rapa).
[Répartition et statut]. — En Polynésie orientale, il est connu seulement à Rapa (îles Aus¬
trales) où il est représenté par une sous-espèce endémique. Les oiseaux de cette forme sont en moyenne
plus grands que ceux des Kermadec et des autres populations de la région néo-zélandaise, mais on
constate des chevauchements de taille (Merton, 1970). Les parties supérieures sont plus grises, moins
noirâtres que chez la plupart des formes de cette espèce.
Puffinus assimilis myrtae Bourne *, 1959, Emu, 59, p. 212. Rapa. Type au B.M.(N.H.).
Cette forme a été décrite récemment d’après un spécimen collecté à Rapa le 17 avril 1925 par
H. J. Kelsall (Bourne, 1959). Un couple de Puffinus collecté par Quayle (ms) en fév. 1922 sur un îlot
près de Rapa a été perdu, semble-t-il. En 1974, les oiseaux nichaient sur quatre îlots mais pas sur l’île
principale. La population était estimée à 250-400 couples (200-300 sur l’îlot Tauturou, 40-50 à Rapa
Iti, 15-20 à Karapoo Iti et probablement moins de 10 à Karapoo Rahi). Il est possible qu’il niche aussi
à Marotiri, au sud de Rapa, où Fosberg (1972) nota en juillet 1934, deux ou trois espèces de pufïins.
Il trouva des nicheurs, des œufs et des poussins en abondance sur des petites vires et sous des touffes
d’herbes.
Rarement noté en mer dans le PaciGque tropical et les mentions des îles Marquises (du Pont,
1976, King, 1958) étaient probablement dues à une confusion avec P. lherminieri.
[Habitat et nourriture]. — A Rapa, il niche au sommet de petits îlots de 30 à 110 m au-dessus
du niveau de la mer, dans des endroits où la terre est suffisamment meuble pour établir des terriers.
1. Mensurations de P. a.
myrtae de Rapa
aile
queue
culmen exposé
1 Ç (holotype)
3
10 non sexés
198
192, 195, 204
190-204
(198.5)
80
73.5, 76, 76
24.5
26, 26.5, 27
24-28
(25.8)
40
40.5, 41, 41
39.5-42
(40.7)
13 ad. de Rapa pesaient 175-215 (192) g.
Source : MNHN, Paris
32
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Le régime alimentaire de myrlae est inconnu, mais les autres formes se nourrissent de Cépha¬
lopodes, de petits poissons et de crustacés (King, 1967).
[Comportement]. — A Rapa, niche de préférence en colonie, que les oiseaux visitent de nuit.
Ils vont et viennent à la tombée du jour (18 h 35), tournent en criant pendant une à deux heures et
recommencent pendant quelques dizaines de minutes avant le lever du soleil (vers 3-4 h 00).
Comme chez la forme baroli des îles Selvagen, un comportement protogamique a été observé
(voir Jouanin, 1964). La nidification terminée, les adultes et les jeunes émancipés retournent la nuit
sur les colonies pendant quelque temps. Ainsi, une centaine d’oiseaux étaient notés dans la nuit du
18 nov. 1974 sur l’îlot Tautorou, alors que de jour, la plupart des terriers étaient vides.
[Voix]. — Quand ils vont et viennent à la colonie, les oiseaux lancent sans arrêt des appels
bi-syllabiques, une note aspirée et grave précédant une note expirée et aiguë ha-hi-ha-hi-ha-hi... Ces
cris diffèrent peu de ceux mentionnés pour la forme nominale (Serventy et al., 1971), mais ils sont
très différents de ceux d’une autre forme de l’Océan Atlantique (P. a. baroli).
[Reproduction]. — A Rapa, les oiseaux nichent dans des terriers creusés dans le sol. La plu¬
part de ceux-ci sont composés d’un couloir, long de 80 à 100 cm et d’une chambre plus ou moins spa¬
cieuse. Beaucoup de terriers sont utilisés par P. nigripennis, une fois la nidification de P. assimilis
terminée et il est probable que chacune des espèces en creuse et en modifie à chaque nidification. Sur
l’îlot Tauturou, ils utilisent parfois des terriers de lapins.
Deux poussins bien développés (de Rapa) pesaient 240 à 300 g, ce qui montre que le poids du
jeune dépasse celui de l’adulte pendant quelque temps avant l’envol ; mais un poussin, non loin de
l’émancipation (avec encore un peu de duvet), pesait 195 g, poids voisin de celui des adultes.
A Rapa, il semble qu’il niche durant l’hiver austral, comme dans les autres colonies de l’hémis¬
phère sud (Merton, 1970 ; Serventy et al., 1971 ; Warham, 1958). L’Exp. Whitney ne trouva pas
l’espèce en avril 1921 (Beck, ms ; Quayle, ms), mais collecta deux adultes en fév. 1922 (visite prépo-
sitale ?). Kelsall collecta un seul adulte à la mi-avril (Bourne, 1959). Sur 30 nids visités à l’îlot Tauturou
le 10 oct. 1974, neuf contenaient un jeune près de l’émancipation ; à Karapoo Iti, le 23 oct., deux grands
poussins en duvet sont notés et à Rapa Iti le 30 oct., un grand poussin en duvet ; à Tauturou, le 15 nov.,
30 nids visités (la plupart de ceux contrôlés le 10 oct.) étaient vides, à l’exception d’un seul contenant
un poussin ressemblant à l'adulte mais avec un peu de duvet ; le 18 nov., l’oiseau est encore présent
mais le 11 déc., il n’est plus retrouvé.
Puffinus lherminieri Lesson, Puflln d’Audubon.
Tira’o (Maupiti), Ka’ako (Marquises), Karako (Mangareva).
[Répartition et statut]. — Niche dans les régions tropicales et subtropicales des Océans
Atlantique, Indien et Pacifique. Les populations des îles Bonin et Galapagos ont chacune des sous-
espèces localisées. P. I. nugax Mathews, nicheur maintenant aux Nouvelles-Hébrides, est peut-être
une forme valide. Mais toutes les autres populations semblent appartenir à P. I. dichrous (Baker, 1951 ;
Bourne, in litt.).
Puffinus lherminieri dichrous Finsch et Hartlaub, Iles Phoenix.
syn. Puffinus obscuras Auctorum, basé sur le « Dusky Petrel » de Latham, 1785, Gen. Syn. Bds. 3 (2), p. 416, de
l’île Christmas.
Puffinus lherminieri polynesiae Murphy, 1927, Amer. Mus. Novit., N° 276, p. 8. En mer près de Tahiti. Type
à l’A.M.N.H.
Nicheur aux îles Mariannes, Palau, Caroline, Nauru, Fiji, Tonga, Samoa, Phoenix, Ligne, Société,
Marquises et Gambier (Baker, 1951 ; Murphy, 1928).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
33
En Polynésie orientale, nicheur à Tahiti [Quayle (ms) entendit l’espèce crier de nuit en mon¬
tagne ; mais la première preuve de nidification est une série de photographies d’un grand poussin
avec un peu de duvet sur la tête, publiées par un quotidien de Papeete (anon. 1975) ; l’oiseau, trouvé
sur une route, a été relâché quelques jours plus tard], à Maupiti [des plumes d’oiseaux, vraisembla¬
blement de cette espèce, ont été trouvées dans des petits terriers bien typiques en juin 1973 (Thi¬
bault, 1974c)], à l’île Christmas [niche en petit nombre sur quelques îlots du lagon (Schreiber et Ash-
mole, 1970)], à Ua Pou [un sp. collecté par l’Exp. Whitney (Murphy, 1928) ; en 1971-1975, les colonies
des îlots Oa, Mokohe et Takahe réunissaient plusieurs milliers de couples et il est possible qu’il niche
sur l’île principale], aux îles Gambier [nicheur en nombre important à Manui, en nombre restreint
sur le Motu Teiku et peut-être aussi à Kamaka et Agakauvai (Lacan et Mougin, 1974b ; Quayle, ms)].
Cette espèce, peu visible, pourrait nicher sur beaucoup d’autres îles de la région, aussi bien
sur des îles volcaniques que sur des atolls soulevés. Ainsi Quayle (ms) entendit des oiseaux appeler
en montagne sur les crêtes de Moorea en 1921 et Forster (1844) décrivit un pulïin de Raiatea qui pour¬
rait bien appartenir à cette espèce (Wiglesworth, 1891b).
P. lherminieri est commun en mer dans un rayon d’environ 150 km autour des îles où il niche ;
au-delà, il est moins fréquent et il est rarement vu à de très grandes distances des colonies. Quelques
populations semblent migratrices (Bourne, 1967), mais il n’y a aucun indice laissant supposer que les
populations de Polynésie le soient aussi (King, 1967). Néanmoins, il existe quelques observations
d’oiseaux loin des colonies : dix ind. observés dans les îles Cook méridionales en juil. et août 1973
(Holyoak, ms) pourraient se rapporter à des nicheurs provenant d’une colonie encore inconnue. Quayle
(ms) observa un ind. à Maturei-Vavao en juin 1922.
[Habitat et nourriture]. — Niche sur des îlots rocheux, dans des falaises de corail d’atolls
soulevés, sur des îlots coralliens et très probablement dans des falaises élevées en montagne, à l’inté¬
rieur des îles volcaniques, comme c’est le cas à Tahiti.
Le régime alimentaire comprend des poissons (au moins des Mullidae) et des Céphalopodes
(King, 1967 ; Palmer, 1962) ; les estomacs de six oiseaux prélevés aux Gambier contenaient tous des
Céphalopodes (Lacan et Mougin, 1974b).
[Comportement]. — Niche en colonie, souvent avec des densités élevées quand le sol est meuble,
mais avec des densités faibles dans des milieux rocailleux. En Polynésie, les oiseaux nicheurs visitent
les colonies de nuit.
En mer, ils se nourrissent en groupes parfois importants (jusqu’à 200 ind. ensemble aux Mar¬
quises), associés à des bancs de pêche de sternes et de fous.
[Reproduction]. — Niche dans des terriers creusés dans la terre meuble, mais aussi dans des
cavités de rochers, sur des vires dans des falaises, sous des touffes d’herbes. Aux îles Gambier, la plu¬
part des nids sont situés sur les versants orientés au nord et au nord-est (Lacan et Mougin, 1974b),
mais il n’y a pas de telles préférences aux îles Marquises où les oiseaux nichent partout où il y a de
la terre. Les terriers sont creusés sur des pentes dans la terre meuble (Gambier) ou sous des touffes
d’herbes ( Eragrostris xerophila, Marquises). La longueur du terrier est variable ; il est souvent composé
d’un couloir de quelques dizaines de cm et d’une chambre plus ou moins spacieuse. Mais le nid est
parfois réduit à une simple chambre. Aux îles Gambier, les oiseaux utilisent à l’occasion les terriers
de lapins comme le fait P. pacificus (Lacan et Mougin, 1974b). Ces auteurs suggèrent que la grande
variété dans les choix du site de nidification est peut-être due à l’abondance des oiseaux qui n’ont
pas la possibilité de nicher tous dans les lieux où toutes les conditions favorables sont réunies.
Aux îles Marquises, il semble qu’il y ait, sur certains îlots, une concurrence avec Bulweria bul-
werii pour les sites de nidification. Le nid est généralement garni de débris de végétaux.
14 œufs des îles Gambier mesuraient 45.9-50.9 (48.4) X 32.5-35.4 (34.3) mm (Lacan et Mougin,
1974b) et trois œufs des Marquises mesuraient 46-50 (48.3) X 33.5-34.5 (34.0) mm.
La durée d’incubation de P. I. dichrous n’est pas connue.
La saison de reproduction et la longueur du cycle n’ont pas été bien définies dans les colonies
de Polynésie orientale. A l’île Christmas, des ind. semblent nicher la plupart des mois de l’année, si
ce n’est toute l’année (Schreiber et Ashmole, 1970). Aux îles Gambier, tous les stades, de l’œuf fraî-
Source : MNHN, Paris
34
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
chement pondu au poussin prêt à l’envol, ont été notés en mai, début juin 1922 (Quayle, ms), nov.,
avril et mai 1966 (Lacan et Mougin, 1974b), ce qui laisse supposer que la saison de reproduction est
très étendue. En août 1971, uniquement des adultes et des œufs furent trouvés à Motu Teiku (Thibault,
1973a), mais il est possible qu’en raison du faible nombre de nicheurs sur cet îlot, le régime de nidi¬
fication y soit différent de celui des autres îlots. Aux îles Marquises, tous les stades, de l’œuf au pous¬
sin prêt à l’envol, ont été trouvés en juil., août, oct. et nov., ce qui montre que la période est longue
et peut être irrégulière. Enfin, un juvénile volant a été trouvé à Tahiti en mars 1975.
Des études à long terme seront nécessaires pour déterminer si la nidification en Polynésie orien¬
tale est saisonnière, étalée sur toute l’année ou si elle correspond à un cycle régulier non annuel.
Il semble que les adultes muent en dehors de la période de nidification, mais des détails sur
l’époque et les modalités de mue des populations de Polynésie sont inconnus.
Famille des HYDROBATIDAE
Genre Oceanites.
Oceanites océaniens (Kuhl), Océanite de Wilson.
Les seules mentions de Polynésie orientale sont les observations réalisées en mer par le P.O.B.S.P. :
une près de l’île Christmas et deux assez à l’ouest de l’île Jarvis (Crossin, 1974), mais il est vraisem¬
blable que l’espèce émigre régulièrement et en nombre important, à travers cette région. Il est possible
que certaines observations A’O. leucorhoa concernaient des Oceanites mal identifiés.
Genre Pelagodroma.
Pelagodroma marina (Latham), Océanite frégate.
La seule observation concernant le Pacifique central tropical est celle d’un oiseau au crou¬
pion noir vu près de l’île Jarvis (King, 1967) et dont une description plus détaillée ne semble pas avoir
été publiée. Il est cependant possible que l’espèce traverse les eaux polynésiennes lorsqu’elle émigre
vers le Pacifique oriental ou en revient.
Genre Fregetta.
Fregetta grallaria (Vieillot), Océanite à ventre blanc.
Korue (Rapa, comme pour Nesofregetta albigularis ).
On trouve en Polynésie orientale la forme F. g. titan qui est très sensiblement plus grande 1
que les autres et pourrait représenter une espèce distincte. En effet, le duvet du poussin est de couleur
différente (gris plus clair que chez les autres jeunes) et la voix n’est pas la même. Des arguments en
faveur d’une signification adaptative de sa grande taille sont donnés plus loin.
1. Mensurations de F. g. titan
aile queue bec tarse
27 sp. Rapa 177-188 78-89 15-16.5 39-43
(182.5) (83) (15.5) (41)
Neuf adultes de F. g. titan de Rapa (oct.-déc. 1974) pesaient 60-74 (69) g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
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Fregetta grallaria titan Murphy, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 322, p. 4. Rapa. Holotype à l’A.M.N.H.
[Répartition et statut]. — Connu comme nicheur seulement sur les îlots proches de Rapa
où il fut découvert par l’Exp. Whitney ; H. J. Kelsall collecta d’autres spécimens en 1925. Des obser¬
vations réalisées en 1974 montrent qu’il niche uniquement sur les îlots Karapoo Iti, Karapoo Rahi,
Rapa Iti, Tarakoi et Rarapai. Les plus grandes colonies (Tarakoi et Rarapai) réunissent quelques
dizaines de couples seulement et la population totale ne dépasse certainement pas la centaine de couples.
La présence des oiseaux est fonction de l’absence des rats. Il est très possible que les oiseaux nichent
aussi à Marotiri.
La répartition en mer de F. g. titan est peu connue (voir Murphy, 1936 ; Crossin, 1974).
La répartition pélagique des autres sous-espèces habitant le Pacifique est aussi peu connue.
Il est possible qu’elles fréquentent le Pacifique tropical comme migrateurs ou visiteurs mais la seule
mention sûre est un spécimen, avec les parties inférieures tachetées de sombre, collecté par Beck au
large d’Ua Pou (Marquises) le 15 sept. 1922, alors qu’il se nourrissait en compagnie de Bulweria bul-
werii et Nesofregetta albigularis ; l’oiseau fut primitivement identifié comme « Fregetta lineata » (Mur¬
phy, 1924b ; Murphy et Snyder, 1952). Le spécimen a les mensurations suivantes : aile 165, queue
73.5, culmen exposé 14, tarse 38 mm et il doit appartenir aux populations nicheuses des îles Kermadec
ou de Lord Howe {F. g. grallaria), en dépit de la remarque « gonades développées » notée sur l’étiquette.
La possibilité qu’il vienne de l’Atlantique n’est pas à exclure, bien que moins probable. L’espèce n’a
pas été revue aux îles Marquises par la suite et la mention de Beck comme quoi l’espèce était observée
en grand nombre doit plutôt concerner Nesofregetta albigularis. Un Fregetta a été vu au large de Raro-
tonga, îles Cook, le 26 août 1973 et déterminé comme F. grallaria ; deux autres ind. notés dans les
îles septentrionales des Cook en août 1973 pourraient ainsi être de cette espèce (Holyoak, ms). Une
vieille mention de la Société (Tahiti) est apparemment due à une confusion entre cette espèce et Neso¬
fregetta albigularis (Holyoak, 1974b) ; il en est vraisemblablement de même avec la mention des îles
Samoa (cf. duPont, 1976).
[Habitat]. — F. g. titan niche au sommet de petits îlots rocheux près de Rapa, à trois ou quatre
mètres au-dessus du niveau de la mer.
[Comportement]. — F. g. titan niche isolément ou en colonie lâche, les nids étant éloignés
de quelques mètres. Observé de jour en vol près des colonies. Quand il quitte le nid, l’adulte reste en
altitude quelque temps avant de rejoindre la surface de l’eau.
[Voix]. — Probablement silencieux hors des colonies. A Rapa, les adultes au nid lançaient
des cris doux et fins qui semblent différer du cri sifflé monotonique huu décrit chez les oiseaux de
Tristan da Cunha (Hagen, 1952).
[Reproduction]. — A Rapa, l’emplacement des sites de nidification est très variable : grottes,
vires dans des falaises, cavités contre un rocher ou simplement sous la végétation herbacée. Le nid
est assez bien construit, garni d’herbes séchées. Des œufs collectés à Rapa sont blancs avec des points
très fins de couleur rouge-brun clair ou lavande ; quelques œufs n’ont pas de points et la plupart en
ont moins et de plus petits que les œufs de N. albigularis. Dix œufs de Rapa mesuraient 38.4 (± 1.23)
X 27.4 (± 0.50 )mm.
Il semble qu’à Rapa la nidification soit saisonnière et limitée à la fin de l’été austral. L’exp.
Whitney collecta des œufs en fév. et nota quelques jeunes bien développés le 18 avril (Murphy, 1924b ;
Beck, ms) ; Kelsall trouva un jeune développé aux trois-quarts à la mi-avril et, en 1974, des adultes
appariés ou seuls étaient trouvés sur les nids. Leur nombre allait en croissant d’octobre à décembre.
La sympatrie à Rapa entre N. albigularis et F. grallaria, bien que les sites de nidification ne
varient pas d’une espèce à l’autre, peut s’expliquer de deux façons. D’une part, la population de N. albi¬
gularis de Rapa niche plus tôt dans l’année que celle de F. grallaria ; d’autre part, la grande taille de
F. g. titan par rapport aux autres populations de cette espèce, permet de mieux équilibrer la compé¬
tition avec N. albigularis.
Source : MNHN, Paris
36
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Fregetla tropica (Gould), Océanite à ventre noir,
syn. Thalassidroma lineata Peale, prétendue originaire des Samoa.
duPont (1976) et Kmg (1967) indiquent que l’espèee a été signalée comme erratique dans les
î es Salomon, Samoa, Marquises et Nouvelles-Hébrides, mais il est probable que pour les lies Samoa,
il y ait eu une confusion avec NesofregeUa albigularis (Bourne, 1957 ; Murphy et Snyder 1952) Pour
es de. Marquises (Gray, 1859; Jardin, 1859), il s'agit d'une identification erronée de N. albigularis
(specimen au M.N.H.N., coll. Jardin libellé aussi F. tropica). Quant aux deux autres observations
elles sont anciennes et peu étayées. Aussi, pensons-nous que F. tropica peut occasionnellement errer
vers le Pacifique tropical depuis la région de l’Antarctique, mais qu’aucune observation sûre ne peut
Genre Nesofregetta.
Nesofregetta albigularis (Finsch), Océanite à gorge blanche 1 .
Procellaria albigularis Finsch, 1878, Kadavu, Fiji.
syn. Procellaria fuligimsa Gmelin, 1789, Syst. Nat, 1 (2), p. 562. Otaheito = Tahiti. Holotype perdu Basé
sur le * Society Petrel » de Latham, 1785, Gen. syn. Bds. 3 (2), p. 409.
Fregetla Amphitrite Jardin, 1859, Mém. Soc. Imp. Sci. Nat. Cherbourg, 6, (1858), p. 172. Iles Marquises (Autre
nom pour Fregetla tropica Bonaparte, 1855, C. R. Acad. Sci., Paris, 41, p. 1109, qui était occupé par Procellaria
tropica Gould, 1844). r
Fregetla moestissima Salvin, 1879, Samoa.
Kôrue (Rapa), Kotai (Mangareva, Beck, ms), Pitai (Marquises).
[Description]. — Différentes populations semblent varier très sensiblement par la taille, les
oiseaux méridionaux étant les plus grands mais il ne semble pas utile de nommer des sous-espèces
d’après ce seul critère. F
Sept ad. nicheurs de Rapa pesaient 68-85 (77) g ; un ad. nicheur des Gambier pesait 86 g ;
19 oiseaux, pour la plupart des îles Phoenix et Christmas, pesaient 57-70 (63) g (Crossin 1974) et deux
ad. nicheurs des îles Marquises pesaient 56 et 64 g.
1. Mensurations de Nesofregetta albigularis
.9.
queue
culmen
exposé
—
2 sp. île Christmas
193, 198
100, 102
6 sp. îles Phoenix
183-200
83-108
16-18
18 sp. îles Marquises
1194)
(99)
(17.2)
175-193
88-102
14.5-18
1 sp. îles Samoa
(186)
(96)
(16.3)
209
112
6 sp. Nouvelles-Hébrides
194-210
97-108
15-17
2 sp. îles Gambier
(1 sp. d'après
Lacan et Mougin, 1974b)
(202)
(103)
(16.5)
205, 210
111, ?
17, 18
48, 51
8 sp. Rapa
204-219
116-122.5
16.5-19
(211)
(119.7)
(17.7,
(47.7)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
37
A Rapa et aux Gambier (Lacan et Mougin, 1974b ; Thibault, ms), on trouve seulement des
phases claires ; aux Marquises (Murphy, 1924b ; Murphy et Snyder, 1956) et à l’île Christmas (Crossin,
1974) on trouve autant de phases claires que de phases intermédiaires, et la phase sombre n’a jamais
été notée. Aux Samoa, on a noté des phases sombres et intermédiaires (Bourne, 1957) ; un ind. de phase
sombre et un autre de phase claire sont connus de Tahiti (Bourne, 1957 ; Forster, 1844 ; Peale, 1848).
Enfin, aux îles Phoenix, les trois phases ont été notées (Crossin, 1974).
[Répartition et statut], — Nicheur aux îles Marquises, de la Ligne, Gambier, Australes,
Phoenix, Fiji et Nouvelles-Hébrides (Crossin, 1974). Nichait autrefois, et niche peut-être encore,
dans les îles Samoa et Tahiti (Bourne, 1957 ; Murphy et Snyder, 1956).
Dans le Pacifique centre-sud, il niche à l’île Christmas (seulement sur des îlots du lagon où la
population est estimée à 350-450 oiseaux au moins) (Crossin, 1974 ; Schreiber et Ashmole, 1970), peut-
être à 1 île Malden (Crossin, 1974) ; aux Marquises où la population n’est pas très importante, il est
connu à Hatutu, aux îlots proches d’Ua Pou (Murphy, 1924b), à l’îlot Hemeni près d’Ua Huka, à l’îlot
Tu, près de Fatu Iva et il niche vraisemblablement à Tahuata (îlot Hava) et à Fatu Huku. Aux Gam¬
bier, il niche en nombre restreint sur les îlots Manui et Motu Teiku (Lacan et Mougin, 1974b ; Thibault,
1973a) et peut-être sur Agakauvai et un îlot près de Taravai où Quayle (ms) trouva des petites cavités
avec des plumes de cette espèce ou de Fregetta grallaria. Nicheur à Rapa (quelques dizaines de couples)
sur les îlots Tarakoi, Karapoo Iti, Karapoo Rahi, Rarapai et peut-être Tapiko. A niché à Tahiti où
e type, aujourd hui perdu, de Procellaria fuliginosa fut collecté au cours de la seconde expédition
du capitaine Cook (Bourne, 1957 ; Lysaght, 1959). Forster (1844) décrivit aussi un oiseau à poitrine
blanche (Bourne, 1957). Bennett (1840) mentionne qu’il trouva « Procellaria fuliginosa » ou « Sooty
etrel » à Tahaa, près de Raiatea. En fait, on ne trouve plus désormais les oiseaux que sur les îles et
les îlots où il n’y a pas de rats de grosse taille, aussi la nidification dans les deux dernières îles semble
bien compromise de nos jours.
Les oiseaux s éloignent loin des colonies en période internuptiale. Ainsi, des ind. ont été notés
près des îles Hawaï, en assez grand nombre entre les îles Marquises et Galapagos (Crossin, 1974), près
du nord des Tuamotu (Holyoak, 1973a) et dans les îles Cook septentrionales (six phases claires et une
phase sombre en août 1973.)
[Habitat et nourriture]. — Se trouve aujourd’hui seulement sur les îles sans chat ou rat
de grosse taille. Nicheur sur des îlots coralliens ou rocheux et sur les pentes d’îles volcaniques (Hatutu).
Le régime alimentaire est composé de petits poissons, d’œufs de poissons et de Céphalopodes.
Quatre sp. collectés aux îles Gambier ne contenaient que des Céphalopodes (Lacan et Mougin, 1974b).
Des petits débris de matière synthétique retrouvés dans des estomacs de poussins à Rapa, avaient
certainement été pris en mer par les adultes. Un sp. des îles Marquises avait ingurgité des Céphalo¬
podes et un morceau de plastique bleu. Il est vraisemblable qu’il se nourrit uniquement en piquant
des petites proies à la surface de l’eau.
[Comportement], — A l’île Christmas, les oiseaux visitent les nids à la tombée du jour princi¬
palement, mais plusieurs adultes qui venaient nourrir des jeunes ont été observés en plein jour (Cros¬
sin, 1974). A Rapa, les oiseaux visitent leurs nids autant de jour que de nuit. En arrivant vers la colonie,
les oiseaux effectuent des cercles pendant quelques minutes, se rapprochent peu à peu et se posent
maladroitement.
L’emplacement des nids est variable ; les oiseaux nichent parfois en colonie lâche les nids
étant séparés de quelques mètres à quelques dizaines de mètres (Rapa), mais aux îles Gambier (Motu
Teiku), les nids sont très proches les uns des autres, séparés seulement de quelques dizaines de cm.
[Reproduction]. — Les sites de nidification varient d’une colonie à l’autre. A Rapa et aux
Gambier, on les trouve au sommet d’îlots rocheux, à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.
A Rapa, les nids sont dans des petites cavités, contre des rochers, sur le sol mais cachés par la végéta¬
tion, plus rarement dans des petits terriers. Aux Gambier, les oiseaux utilisent des terriers profonds
de quelques dizaines de cm, composés d’un couloir et d’une chambre assez spacieuse mais on trouve
souvent des nids dans des cavités ou sur le sol, cachés par la végétation (Lacan et Mougin, 1974b ;
Thibault, 1973a) ; les oiseaux nichent en communauté avec Puffinus lherminieri. Aux îles Phoenix’
Source : MNHN, Paris
38
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
ils utilisent souvent les terriers creusés par cette dernière espèce (Crossin, 1974). Mais ils creusent aussi
leur propre terrier ou cavité (cf. la méthode de forage d 'Oceanodroma leucorhoa décrite par Grubb, 1973).
Les nids des colonies marquisiennes sont, pour la plupart, situés sous des touffes de graminées
( Eragrostris xerophila). A Christmas, les nids sont souvent dans des cavités dont l’entrée est masquée
par la végétation (Crossin, 1974). Quand le terrier n’est pas profond, les oiseaux couvent en ayant la
tête contre le fond de la cavité, les ailes dépassant à l’extérieur. Le nid, généralement bien construit
avec des herbes séchées, est aussi parfois établi sans matériaux, se réduisant à une simple dépression.
Il est occupé par le couple quelque temps avant la nidification et l’accouplement a probable¬
ment lieu au nid (Crossin, 1974). La ponte est d’un œuf unique de couleur blanc-crème avec des petits
points rougeâtres, ordinairement concentrés sur l’extrémité la plus large. La texture peut varier d’une
région à l’autre. Aux Marquises, par exemple, les taches semblent plus nombreuses et plus grandes
qu’à Rapa. La taille de l’œuf peut varier aussi ; les œufs de Rapa sont nettement plus grands que ceux
des Marquises. 20 œufs de Christmas et des îles Phoenix mesuraient 35.95 (± 1.85) X 27.45 (±0.82) mm
(Crossin, 1974). Un œuf de Ua Huka mesurait 33.5 X 26.0 mm et pesait 10 g ; sept œufs de Rapa mesu¬
raient 40.7 (± 1.6) X 28.7 (± 0.8) mm, cinq d’entre eux pesaient 13-15.5 g.
Les deux sexes couvent (Crossin, 1974), mais on ne connaît pas exactement les durées de relèves
des partenaires ni les durées d’élevage du jeune et d’incubation. D’après Lacan et Mougin, (1974b),
la période d’incubation est d’environ 50 jours, et celle d’élevage du jeune d’environ 60 jours. Les adultes
restent sur le jeune pendant quelques jours après l’éclosion, puis ne viennent au nid que pour le nourrir.
Trois gros poussins des Gambier pesaient 75, 80 et 85 g (Lacan et Mougin, 1974b) et deux de
Rapa 93 et 95 g, ce qui montre qu’ils atteignent un poids supérieur à celui de l’ad. avant l’envol.
A l’île Christmas, quelques oiseaux nichent tous les mois de l’année, mais il y a une période
plus intense de sept, à nov. (Crossin, 1974). Quelques nicheurs sont trouvés aussi tous les mois de
l’année aux îles Phoenix, mais en nombre plus restreint durant la saison de nidification de Bulweria
bulwerii qui utilise des sites semblables pour nicher. Par contre, la nidification à Rapa et aux îles
Gambier est saisonnière et a lieu durant l’été austral. A Rapa, l’espèce n’a pas été vue en fév. et avril
(Beck, ms ; Quayle, ms) ; des œufs ont été trouvés en oct. (4), nov. (9) et déc. (2), des jeunes poussins
en nov. (11) et déc. (2). Aux îles Gambier, un seul ad. est noté en avril et mai (Lacan et Mougin, 1974b)
et aucun oiseau n’est vu au début de mai (Beck, ms ; Quayle, ms) ; la plupart des œufs sont pondus
en août (Thibault 1973a) et des grands poussins avec seulement trois semaines d’intervalle entre les
plus jeunes et les plus vieux sont trouvés en nov. (Lacan et Mougin, 1974b). Aux îles Marquises, l’espèce
niche la plupart des mois de l’année, si ce n’est toute l’année ; des œufs ont été trouvés en avril, sept,
et oct., et des jeunes de tout âge en sept, et oct.
Genre Oceanodroma.
Oceanodroma Castro (Harcourt), Océanite de Castro.
En Polynésie orientale, elle a été vue à six reprises près des îles de la Ligne et de nombreuses
fois depuis 120° W jusqu’à l’est des îles Marquises (Crossin, 1974). Sa dispersion est probablement plus
étendue car peu d’observations ont été faites en mer dans les autres régions de la Polynésie. Il est
possible que quelques rapports sur la présence de O. leucorhoa (q. v.) concernent O. Castro.
Oceanodroma leucorhoa (Vieillot), Océanite cul-blanc.
Le P.O.B.S.P. collecta divers spécimens près des îles de la Ligne et en signala d’autres au sud
et à l’ouest de cette région. L’espèce fut également vue à l’est des îles Marquises par 120° de longitude
ouest. Elle est évidemment répandue en plus grand nombre dans ces régions pendant l’hiver boréal
(octobre à mai) bien qu’elle soit présente en grand nombre durant tout l’été (Crossin, 1974). Les limites
sud et est de la répartition pélagique en Polynésie sont pratiquement inconnues en raison de la rareté
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
39
des observations faites en mer. Elle a été signalée comme peu commune dans la région des Marquises
à fin mai et début juin 1958 (King, 1958), bien que l’identification de l’espèce puisse se poser devant
la désignation d’une ambiguïté désarmante « Madeiran Storm Petrel ( Oceanodroma leucorhoa) ». Un
oiseau isolé vue en mer au sud-est des îles Marquises en août 1972 fut considéré comme étant plus pro¬
bablement O. leucorhoa qu’ O. Castro (Holyoak, ms).
En général, O. leucorhoa semble être présent en mer en plus grand nombre dans l’est de la Poly¬
nésie qu’O. Castro. Il serait toutefois nécessaire de collecter des spécimens en mer pour déterminer la
répartition pélagique en Polynésie des océanites.
Famille des PHAETHONTIDAE
Genre Phaethon.
Phaethon aethereus L., Paille-en-queue éthéré.
Il est possible, mais il n’est pas certain, qu’il ait été vu aux Marquises (cf. Bruner, 1972 ; duPont,
1976 qui le considère comme nicheur). Un adulte a été vu au nord des Tuamotu en sept. 1972 (Holyoak,
Phaethon rubricauda Boddaert, Paille-en-queue à brins rouges \
Tavake (Mangareva, fide Beck), Tava’e (Tubuai, Rapa), Tavake, Hope Kura (Tuamotu),
Toake (Marquises), Hope’uo, Ma’uroa (Société).
[Répartition et statut]. — P. r. melanorhynchos Gmelin.
Phaëton melanorhynchos Gmelin, Syst. Nat., I, pt. 2, 1789, p. 582 Turtle et Palmerston. Basé
sur le « Black-billed Tropic Bird » de Latham, 1785, Gen. Syn. Bds. 3 (2), p. 619, des îles Turtle et
Palmerston.
1. Mensurations et poidB de Phaethon rubricauda melanorhynchos
*“•
queue
culmen
exposé
—
1 sp. sexe inconnu
Palmerston
338
?
60
1 mâle Manuae
344
_
72.5
1 femelle Takutea
351
—
66.0
6 sp. sexe inconnu
352.5
—
66.4
Rapa
(± 16,6)
—
(± 2,42)
(± 1.37)
sud Tuamotu (d'après
315-352
90-120
61-74.2
Lacan et Mougin 1974 b)
(335)
(105)
(66.6)
(30.7)
1 sp. sexe inconnu
Ile de Pâques (d'après
Johnson et al., 1970)
330
—
—
Poids de 30 ind. des deux sexes du sud des Tuamotu 590-950 (760) g d'après Lacan et Mougin (1974b) et de 11 ind.
mcheurs des deux sexes de Rapa 758.2 (± 56.5) g.
Source : MNHN, Paris
40
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
En Polynésie orientale, cette forme niche dans les îles de la Société, Marquises, Tuamotu, Aus¬
trales, Groupe Pitcairn et île de Pâques (voir carte 2). L’importance des colonies est très variable.
Aux îles de la Ligne, la population de l’île Christmas était estimée à 3 000 nids (± 15 %) en 1967
(Schreiber et Ashmole, 1970). Aux îles Cook, la population de Takutea était estimée à 4 000-8 000
couples en sept. 1973 ; celle de Palmerston à quelques centaines de couples (Burland, 1964) et celle
de Suwarrow à environ 500 adultes en oct. 1972 (R. Desforges, comm. pers.). Dans les îles de la Société,
les colonies de Scilly et de Mopelia réunissaient quelques centaines de couples chacune en 1973, les
autres étant beaucoup plus modestes. Aux îles Marquises, les colonies réunissent quelques dizaines
de couples au maximum. Aux îles Tuamotu, l’importance numérique des colonies ne dépasse pas
quelques centaines de couples pour chacune. Aux îles Australes, la plus importante est Rapa qui réunis¬
sait quelques milliers de couples en 1974.
Des oiseaux isolés sont fréquemment observés dans un rayon de 100 km autour des colonies.
Un individu a été noté à près de 1 000 km au nord-est de Nuku Hiva (Townsend et Wetmore, 1919)
et un autre le 14 oct. 1974 sur la Référence Thiers entre Tubuai et Rapa.
[Habitat et nourriture]. — Sur les atolls, les colonies sont établies sur des plages, aussi
bien du côté de la mer que du lagon, dans des endroits dégagés ou sous des buissons et des arbustes.
Sur les îles volcaniques, les oiseaux nichent de préférence sur les vires des falaises, parfois au sommet
d’îlots ou à l’intérieur des terres. C’est le cas à Rapa où des oiseaux nichent aussi dans des cavités de
falaises, comme le fait P. lepturus dans beaucoup d’îles volcaniques.
Les oiseaux ont un régime alimentaire assez voisin de celui de S. sula (Ashmole et Ashmole
1967a). D’ailleurs, il semble que l’on ne trouve pas de colonies où les deux espèces nichent toutes deux
en grand nombre. Lacan et Mougin (1974b) ont noté dans les analyses de contenus stomacaux, autant
de Céphalopodes que de poissons. P. lepturus est rare sur les vrais atolls et l’on ne trouve les deux
espèces nicheuses ensemble que dans un nombre très limité d’îles volcaniques et d’atolls (voir carte 2).
En général, P. rubricauda utilise des vires ou des plates-formes et P. lepturus des cavités.
[Reproduction]. — Plutôt grégaire, mais niche aussi parfois isolément. Suivant les colonies,
les nids sont éloignés d’un ou plusieurs mètres les uns des autres. Sur les atolls, le nid est une simple
dépression creusée dans le sable, dans laquelle il y a parfois des apports de végétaux. Dans les falaises,
les oiseaux nichent à même la roche (Rapa).
34 œufs des îles Tuamotu mesuraient 60.4-76.1 (67.1) X 43.6-49.4 (46.9) mm ; trois œufs de
Rapa mesuraient 69 X 44.5, 62.3 X 48 et 62.5 X 45 mm ; un œuf de l’île de Pâques mesurait 68.3 X
47.2 mm (Johnson et al., 1970). Deux œufs de Rapa pesaient 68 et 71 g.
A l’île Christmas, les oiseaux nichent toute l’année, mais il y a une période nettement plus active
durant l’hiver austral. Dans le sud des Tuamotu, des pontes ont été notées entre août et juin et il est
probable que l’espèce niche toute l’année (Lacan et Mougin, 1974b).
Aux îles Marquises, on a noté des poussins en sept, et oct. (Holyoak, 1975a), mais il est vrai¬
semblable que des oiseaux nichent toute l’année.
A Rapa, en nov. et déc. 1974, furent notés surtout des œufs et très peu de poussins. Aux îles
Cook, à Takutea, on nota des pontes et des poussins en sept. 1973 et à Suwarrow, des poussins bien déve¬
loppés en oct. 1973.
Peu d’oiseaux muent en nichant. Diamond (1975a), Schreiber et Ashmole (1970) donnent des
précisions sur la mue à Aldabra et à l’île de Christmas.
Source : MNHN, Paris
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Fig. 2. — Répartition de Phaethon rubricauda et P. lepturus.
Sites de nidification de Phaethon rubricauda :
* = nidification confirmée,
o = nidification probable.
Sites de nidification de Phaethon lepturus :
» = nidification confirmée,
o = nidification possible.
• = île jamais visitée par un ornithologue.
Source : MNHN, Paris
42
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Phaethon lepturus Daudin, Paille-en-queue à brins blancs 1 .
Tavake (Cook comme pour P. rubricauda), Rakoa (Palmerston, Burland, 1964), Tavake-Iku-
Tea (Rarotonga, Savage, 1962), Pirake (Mangaia), Pete’a, Ma’uro’a, Mauroa, Hope U’o (Société),
Tavake Uaka (Mangareva, Beck, ms), To’ake, To’ae, Tevake, Teva’e (Marquises).
[Répartition et statut]. — P. I. dorotheae Mathews est bien répandu dans les eaux chaudes
du Pacifique, des îles Palau et de la Nouvelle-Calédonie aux îles Hawaï et à la Polynésie orien¬
tale.
La carte 2 indique la répartition des oiseaux nicheurs en Polynésie orientale. Sur les grandes
îles comme Tahiti, Rarotonga ou Nuku Hiva, la population est de l’ordre de quelques centaines de
couples, mais sur beaucoup de petites îles, elle se chiffre par quelques unités. P. lepturus est pélagique
et ne vient à terre que pour nicher ; il a été noté en mer à plus de 800 km des îles Marquises et il en est
de même dans de nombreux archipels.
[Habitat et nourriture]. — En Polynésie orientale, il niche dans des cavités de falaises, mais
dans d’autres régions, il niche aussi dans des cavités d’arbres et sur le sol. Sur les grandes îles de Poly¬
nésie, il niche fréquemment jusqu’à 600 m d’altitude au moins, dans les falaises de l’intérieur, mais
aussi dans les falaises maritimes. Les nids sont fréquemment séparés les uns des autres mais on trouve
parfois des petites colonies lâches, quand l’habitat est très favorable.
Les observations en mer et l’analyse de la nourriture régurgitée sur les lieux de reproduction
montrent que les Céphalopodes et les poissons constituent l’essentiel du régime alimentaire (Diamond
1975 ; Gibson-Hill, 1947 ; Holyoak, ms).
[Reproduction]. — La nidification a été seulement notée dans des cavités de falaises volca¬
niques ou coralliennes, situées à l’intérieur des terres ou en bordure de mer. Ce sont des cavités plus
ou moins profondes, de petites grottes ou de simples vires. Des habitants de Pukapuka (îles Cook)
ont affirmé que cette espèce nichait parfois dans des arbres (Holyoak, ms) ; à Mohotani, il était très
fréquent d’observer dans la forêt de Pisonia grandis des oiseaux, qui volaient sur place, se posaient
dans des arbres présentant des cavités mais aucun cas de nidification ne fut observé (Thibault,
ms). Des arbres sont utilisés comme site de nidification en Micronésie (Baker, 1951) et aux
Seychelles.
On ne dispose pas d’information sur les durées d’incubation et d’élevage des jeunes en Poly¬
nésie.
On ne possède que deux mensurations d’œufs :
48.7 X 37.2 (Mehetia) et 49.5 X 36.1 mm (Moorea).
Quelques populations tropicales et sub-tropicales nichent de façon saisonnière, peut-être à
cause de compétitions interspécifiques. Les quelques informations que l’on possède sur la région poly¬
nésienne montrent que les nids sont occupés tous les mois de l’année. Il pourrait y avoir des périodes
durant lesquelles la reproduction est plus intense.
1. Mensurations et poids do Phaethon lepturus en Polynésie orientale
culmen
exposé
Société et
244-291
86-124
39-52
Marquises 21 sp.
(263)
(109)
(46.5)
(21.5)
Gambier 1 sp.,
Lacan et Mougin (1974b)
265
130
51,5
21
Une femelle des îles Gambier pesait 300 g (Lacan et Mougin, 1974b) et un adulte (non sexé) de Maiao 325 g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
43
Famille des SUL1DAE
Genre Sida.
Sula sula (L.), Fou à pieds rouges.
Takupu, Tapuku (Pukapuka, Cook) ; Kena (Manihiki) ; Toroa (groupe sud des îles Cook) ;
Uau (Mangareva, fide Beck, ms) ; Ua’au (Société) ; Kariga (Tuamotu) ; Faufe e, Kakioa, Tapu-
vaekua (Marquises).
S. s. rubripes (Gould).
[répartition et statut].
Syn. Sula nicolli Grant et Mackworth-Praed, 1933, île Henderson.
En Polynésie, niche aux îles de la Ligne, Cook, Société, Marquises, Tuamotu et dans le groupe
Pitcairn (voir carte 3). Aux îles Gambier, l’espèce a été observée à Tekava, mais il semble qu’elle ne
niche pas (Lacan et Mougin, 1974b) ; aux îles Australes, il est possible qu’elle niche à Maria. Aux îles
de la Ligne, la population de Palmyre était estimée à 25 000 oiseaux (King, 1973) et celle de Caroline
à 5 000 oiseaux (Clapp et Sibley, 1971a). A Christmas, Schreiber et Ashmole (1970) estimaient la popu¬
lation à 2 500 nids (± 15 %). Aux îles Cook, les colonies les plus importantes sont à Suwarrow- (quel¬
ques milliers de couples) et Takutea [250 couples (± 80) en septembre 1973]. Dans les îles de la Société,
les colonies les plus importantes sont celles de Tetiaroa (5 000 couples en 1972-73) et de Tupai (1 200
couples en 1973) ; les autres colonies comprennent quelques centaines de couples au maximum. Aux
îles Marquises, les colonies de Hatutu, Fatu Huku et Mohotani réunissaient quelques centaines de
couples en 1975 ; les colonies des autres îles comprenaient quelques dizaines de couples. On possède
peu d’informations sur l’importance des colonies dans les îles Tuamotu.
[Habitat et nourriture]. — Niche sur les îlots coralliens et volcaniques inhabités ou dans
des régions isolées de grandes îles volcaniques.
A Tetiaroa, les régurgitats de poussins contenaient en très grande majorité des Céphalopodes
et quelques poissons (Exocoetidae). Dans le sud des Tuamotu, Lacan et Mougin (1974b) ont trouvé
des poissons (dans 8 contenus stomacaux), des Céphalopodes (4 contenus) et un crustacé (un contenu).
[Reproduction]. — Niche en colonie avec des densités souvent élevées (90 couples/ha à Tetia¬
roa). Les nids sont établis sur des buissons, des arbustes et des arbres, de 20 cm à 20 m du sol. Sur
les atolls, les oiseaux nichent rarement dans les cocotiers (comme c’est le cas à Clipperton, Ehrardt,
1971). Sur un îlot de Tetiaroa, dont les conditions sont assez représentatives de celles trouvées géné¬
ralement sur les atolls, l’occupation du couvert végétal était la suivante : Pemphis acidula (70 % des
nids), Tournefortia argenlea (23 % des nids), Pisonia grandis (7 % des nids). Sur les îles volcaniques
habitées (Maupiti, Ua Pou), les oiseaux nichent pour la plupart dans Pisonia grandis quand il pousse
dans des falaises. Sur les îles volcaniques inhabitées (Hatutu), les oiseaux nichent dans les arbres (P.
grandis) et des arbustes, souvent près du sol ( Cordia lutea).
Le nid est un amas de brindilles de taille volumineuse, parfois cimenté par les fientes. En général,
il mesure 20-30 cm de hauteur, 15-20 cm de diamètre interne et 40-50 cm de diamètre externe. Il est
construit sur une fourche, à l’extrémité ou au milieu des branches. L’œuf repose souvent sur quelques
rameaux de feuillage frais.
Six œufs de Suwarrow mesurent 59.7 (± 4.5) X 38.9 (± 0.7) mm ; quatre œufs des îles Marquises
mesurent 57.4 (± 2.8) X 38.8 (± 1.8) mm; six œufs de Fangataufa mesurent 55.0-64.7 (59.0) X
37.7-41.9 (39.6) mm (Lacan et Mougin, 1974b) ; 14 œufs de Tetiaroa pesaient 48.8 (± 5.5) g.
Source : MNHN, Paris
44
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
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1974 74 A lI etiar °4 e  1972 ' 7 , 3, °° ob “ rvait une P éri ° d « P onte plu. active entre sept, et nov • en
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- d -^ ^ d6S P “ “ ■“« * - lu'i.
Sula dactylatra Lesson, Fou masqué.
Kena (Tuamotu, Gambier).
S. d. personala Gould.
[Description]. — Habite la plupart des archipels du Pacifique tropical de l’ouest dn Pm.mn
L C S,lbTn,'Te. d I 1 ’ A '“ lr ; lie ; U . 0i ' ea “ des P°P“ Ia ‘i°”> les plus méridionale. (Kermadec,
semblés identicpîes à ceux^e’pest^e^k pôlynésde^L C " t, "’ e ' P ° P “ ,aliMS * * *"«“
[Répartition et statut], — En Polynésie, niche dans les lies de la Ligne, Cook Marouises
en 1967 1901, ”h f?T “ rt * 3) ' A Chri ' ,mas ' la Population était estimée à 500 nids’
1967 (Schreiher et Ashmole, 1970) ; à Jarvis, elle était estimé à 9 000 individus (King, 1973). Mais
1. Mensurations et poids de Sida dactylatra
culmen exposé
S. d. personala
2 c?(? Christmas
2 99 Jarvis
1 <5 Ua Pou
9 9? sud Tuamotu
5 <J<î sud Tuamotu
(4 sp. pour la queue
et 2 pour le bec)
3 <$<$ Oeno et Ducie
2 99 Oeno et Ducie
1 île de Pâques (non nicheur)
S. d. grantii
1 ad. Clipperton
6 9? Galapagos (d’après
Murphy, 1936)
2 9? île de la Plata
(d’après Murphy, 1936)
4 99 île San Félix
(d’après Murphy, 1936)
428, 420
447, 423
446
442.1 (± 11.7)
434 (± 13.6)
444, 438, ?
443
435
427-468
(450)
465, 474
453-486
(471)
180, 181
177, ?
205
194.4 (± 9.4)
192.2 (± 12.8)
186, 184, ?
185
195
176-189
(183)
188, 193
188-196
(192)
100. 100,5
104, 98
106
105.4 (± 2.1)
102.9 (± 2.4)
101.5, 110, 109
102, 104.5
108
104
102-114.5
(106,5)
109, 111
100.5-108.4
(104.1)
60, 57
61, ?
53
57.9 (± 2.9)
64.5, 56.5
57.5, 63, ?
60
57
54-59
(57)
55, 56
57.4-60.6
(58.7)
Poids de 16 ind. des îles Tuamotu : 3 mâles
Lacan et Mougin (1974b).
1 550-1 750 (1 625) g et 13 femelles 1 180-2 050 (1 850) g, d’après
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
45
visitée par un ornithologue.
46
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
sur beaucoup d’îles de Polynésie, les effectifs sont plus faibles ; ainsi la population des îles Marquises
est inférieure à quinze couples et il n’y a guère plus d’une dizaine de couples à Suwarrow (R. Desforges,
comm. pers.).
[Habitat et nourriture]. — Fréquente des îlots coralliens ou volcaniques qui sont inhabités.
Les analyses de contenus stomacaux et de régurgitats d’adultes et de poussins ont révélé que les oiseaux
du sud des Tuamotu se nourrissaient en majeure partie de poissons et de Céphalopodes (Lacan et Mou-
gin, 1974b).
[Reproduction], — Niche dans des milieux découverts et souvent ventés, ce qui doit faciliter
d’une part l’envol des oiseaux, et d’autre part leur thermorégulation aux heures les plus chaudes de
la journée. Le nid est établi dans des endroits peu accidentés et plutôt plats, dans la partie élevée des
plages (côté océan) sur les atolls, sur des plateaux ou des vastes plates-formes recouvertes de végéta¬
tion herbacée sur les îlots volcaniques. Aux Marquises, on trouve des couples isolés au milieu des colo¬
nies de S. leucogaster ; aux Tuamotu, ils nichent en petites colonies, les nids étant distants de quelques
dizaines de mètres les uns des autres. Aux îles de la Ligne, où il existe d’importantes colonies, les den¬
sités sont assez élevées.
Le nid, établi sur le sol, est semblable à celui de S. leucogaster. Bien souvent sur les atolls il
est construit avec des brindilles de Tournefortia argentea et sur les îlots volcaniques, avec des brindilles
de Portulacca sp.
Il pond généralement deux œufs, mais semble n’élever qu’un jeune en Polynésie. Dans le sud
des Tuamotu, 70 % des pontes étaient de deux œufs et 30 % d’un œuf (Lacan et Mougin, 1974b).
Neuf œufs d’Oeno et Ducie mesuraient 65.3 (± 2.2) X 44.9 (± 1.4) mm ; deux œufs d’Ua Pou
59 X 39.5 et 60.5 X 42 mm ; quatre œufs du sud des Tuamotu 57.4-69 (62.9) X 42.2-45.1 (43.2) mm
selon Lacan et Mougin (1974b). Deux œufs d’Ua Pou pesaient 46 et 52 g.
Les durées d’incubation et d’élevage du jeune ne sont pas connues en Polynésie.
A l’île Christmas, il niche tout au long de l’année avec des périodes d’activité plus intenses
(Schreiber et Ashmole, 1970). A Suwarrow, en oct. 1972, il n’y avait qu’un seul poussin, mais de nom¬
breuses pontes. Aux îles Marquises la période semble s’étendre sur toute l’année : parades notées en
sept., pontes en juil.-août et juvéniles en mai. Aux Tuamotu, les oiseaux semblent nicher tout au long
de l’année. A Fangataufa, des pontes étaient notées au moins entre début juin et début avril et à Matu-
rei-Vavao, des pontes étaient observées en mars-avril (Lacan et Mougin, 1974b). A Oeno, des pontes
et des poussins étaient notés au milieu du mois d’octobre et à l’île Henderson, des poussins étaient
notés en janvier (Williams, 1960).
Sula leucogaster (Boddaert), Fou brun.
Kela (Rarotonga) ; Kapu (Penrhyn) ; Ruru (Pukapuka, Cook) ; Karena (Mangareva fide
Beck) ; Kena (Marquises et Tuamotu) ; Kariga (Mangareva).
[Répartition et statut]. 1 . — S. I. plolus (Forster). Habite la plupart des archipels du Paci¬
fique tropical, du Groupe Pitcairn au nord-est de l’Australie et aux îles Hawaii.
1. Mensurations de Sula leucogaster plolus
aile
queue
culmen exposé
tarse
1 (J île Christmas
407
207
95
3 de? îles Marquises
380, 400, 379
190, 205, 195
99, 100, 99.5
3 ?? îles Marquises
425, 423, 410
204, 200, 215
103.5, 101, 103.5
1 $ Marutea sud
6 $9 Tuamotu sud et
380
207
96
43
Gambier (d'après Lacan
390-425
190-205
96.2-107.2
et Mougin, 1974b)
(405)
(195)
(100.9)
(45.8)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
47
En Polynésie, il niche dans les îles de la Ligne, Cook, Société, Australes (Rapa ?, Maria ?, Rae-
vavae ?), Tuamotu, Marquises, Groupe Pitcairn (voir carte 3). Aux Tuamotu, il est vraisemblable
que l’espèce niche dans des localités autres que celles indiquées sur la carte, mais l’espèce n’est pas
présente partout et n’est pas abondante (Beck et Quayle, ms ; Lacan et Mougin, 1974b). Aux Australes,
l’espèce a été observée sur l’îlot Karapoo Iti près de Rapa (Lacan et Mougin, 1974b) où il est possible
qu elle niche à l’occasion ; à Raevavae, un individu a été observé dans le lagon (Beck et Quayle, ms).
En général, les colonies réunissent une dizaine ou quelques dizaines d’oiseaux au maximum ; toutefois
quelques îles, comme Jarvis (Iving, 1973), Fatu Huku (obs. pers.) et Suwarrow (R. Desforges, comm.
pers.) possèdent des colonies de quelques centaines de couples. Les colonies des îles Marquises tota¬
lisent moins d’un millier de couples et celles des îles de la Société quelques centaines de couples.
[Reproduction]. — Niche parfois isolément, mais il est plus fréquent de trouver des colonies
où les nids sont séparés de quelques mètres ou quelques dizaines de mètres les uns des autres. Dans
les grandes colonies des îles de la Ligne, les densités de nicheurs sont très élevées. Les nids sont cons¬
truits sur les plateaux des îlots volcaniques et sur les plages des atolls, souvent à quelques mètres de
la mer. Le nid est généralement un grossier amas de brindilles (Tournefortia argentea sur certains
atolls, Portulacca spp. sur certains îlots volcaniques). 11 se réduit parfois à une simple touffe d’herbes
(Eragrostris xerophyla à Hatutu) piétinée, sans apports de matériaux. Les oiseaux pondent un, deux,
rarement trois œufs. Dans les îles de la Société, on trouve une majorité de pontes de deux œufs (68 %,
Thibault, 1974b), mais tous les nids observés ne contenaient qu’un seul poussin. Aux îles Marquises,
il a été noté 15 pontes d’un œuf, 41 pontes de deux œufs, une ponte de trois œufs et une ponte de quatre
œufs (ces quatre derniers tous stériles ; un ou deux des œufs pouvaient provenir aussi d’un autre nid).
Les oiseaux incubent facilement d’autres œufs et même des objets (comme une ampoule électrique
trouvée dans un nid occupé à Tatiaroa). En général, ils n’élèvent qu’un seul jeune, mais trois nids trou¬
vés aux îles Marquises en 1975, dans différentes colonies, contenaient deux poussins. Dans l’un de ces
nids, les deux poussins étaient âgés d’au moins trois semaines.
On ne possède pas de données sur les durées d’incubation et d’élevage du jeune en Polynésie.
10 œufs de Suwarrow mesuraient : 60.7 (± 2.6) X 40.7 (± 1.1) mm et 40 œufs de diverses loca¬
lités des Marquises61.4 (±3.7) X 40.8 (± 2.2) mm ; 14 œufs de diverses localités des Marquises pesaient
46-69 (55.6) g.
A l’île Christmas, les oiseaux nichent toute l’année avec des périodes d’activité plus intenses,
mais irrégulières.
Dans les îles de la Société et aux Marquises, les oiseaux nichent toute l’année, avec des périodes
plus actives qui ne sont ni annuelles, ni synchronisées entre les îles. Aux îles Gambier, les oiseaux
nichent au minimum entre octobre et mars (Lacan et Mougin, 1974b).
Famille des FREGATIDAE
Genre Fregata.
Fregata minor (Gmelin), Grande Frégate.
Tarakura (mâle Manihiki), Maari (femelle et immature, Manihiki), Kotawa (tous oiseaux
Pukapuka), Umalawa (femelles et immatures seulement, Pukapuka), Kotaa (Aitutaki et Rarotonga),
Kotaha (Rarotonga, Mangaia, Mauke et probablement tout le groupe sud des Cook), Otaha, Ota’a
(Tubuai, Société, Tuamotu, Gambier), Mokoe (Tuamotu), Kota’a, Kotaha (Tuamotu, groupe sud
des îles Marquises), ’Iva (Société), ’Ota’a Oro Oro (mâle avec poche gonflée, Société), Mokoiie (Mar¬
quises, groupe nord), Mo’ohe (Marquises, groupe sud).
Source : MNHN, Paris
nidification possible.
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
49
Fregata minor palmerstoni (Gmelin ) 1 .
Pthcanu, Palmermni Gmelin, Sy.t. Nat., I. pt. 2, 1789, p. 573 (île Palmerston, océan Indien), basé sur le
«Palmerston Frig.te Petrel . de Latham, 1785, Gen. Syn. Bds. 3 (2), p. 592, de Palmerston dans les
Mers du Sud.
Fregata strumosa Hartert, 1891, Sandwich Island = îles Hawaii est probablement un synonyme.
[Répartition et statut]. — Niche dans la plupart des archipels du Pacifique tropical. En
Polynésie orientale, se reproduit dans les îles de la Ligne, Cook, Société, Marquises, Tuamotu et groupe
Pitcairn (voir carte 4).
Dans les îles de la Ligne, il existe d’importantes colonies à Jarvis, Caroline (10 000 ind. en 1967
King, 1973), Christmas (2 500 couples ± 15 %, Schreiber et Ashmole, 1970). Aux îles Cook, la seule
colonie importante est située à Takutea (60-120 nids en juil. 1973). Dans la Société, les colonies ne
dépassent pas 500 couples chacune. Aux îles Marquises, les populations les plus importantes habitent
Falu Huku et Hatutu (environ un millier de couples sur chacune des îles en 1975) ; les autres colonies
comprennent chacune quelques dizaines de couples seulement ; aux îles Tuamotu, les effectifs sont géné¬
ralement de quelques dizaines de couples sur les îles habitées, mais il est possible qu’ils soient beaucoup
plus importants sur certaines îles inhabitées. Nichait autrefois à l’île de Pâques (Johnson et al., 1970)
et niche probablement à Sala-y-Gomez (MacFarlane, 1887 ; Johnson in litt.). Les oiseaux, principale¬
ment les immatures, se livrent à d’importants mouvements d’erratisme ; des individus non nicheurs
sont observés sur la plupart des îles de Polynésie.
[Habitat et nourriture]. — En Polynésie, comme les oiseaux font l’objet de prédations
humaines, on trouve les plus grandes colonies sur les îles inhabitées. Sur les atolls, les oiseaux nichent
sur des îlots coralliens peu ou rarement fréquentés. Sur les îles volcaniques, ils nichent dans la végé¬
tation des falaises.
[Reproduction]. — En Polynésie, les nids sont établis de préférence dans la partie supérieure
des arbres ou des buissons, probablement pour faciliter l’envol des oiseaux. Quand ils nichent sur des
atolls, les nids sont construits non loin des plages, entre un et quatre mètres au-dessus du sol dans
des buissons et des arbustes (Pemphis acidula, Suriana maritima et Tournefortia argentea). Sur les îles
volcaniques habitées, les oiseaux nichent entre 10 et 20 mètres au-dessus du sol dans des arbres (Pisonia
grandis) poussant dans des falaises. Sur les îlots volcaniques inhabités (Hatutu, Fatu Huku), les oiseaux
nichent dans des buissons, dans des conditions voisines de celles trouvées sur les atolls. Il est fréquent
de noter plusieurs nids dans un même arbre. Le nid est un amas de brindilles de 20-40 cm de diamètre
1. Mensurations et poids de F. m. palmerstoni
aile
queue
culmen exposé
Suwarrow
1 2 <?<?
535, 548
380, ?
98, 99
' 2 ?$
583, 585
360, 370
102, 110
Marquises
.2 SS
558, 560
395, 382
98.5, 95
'2 $$
588, ?
—
109.5 102.5
Tuamotu sud /
8 dd
510-570
345-375
et Gambier )
(545)
(355)
(97,1)
(d après Lacan )
,11 99
550-600
300-400
108-114
et Mougin, 1974b) (
(580)
(365)
(111.6)
(21.7)
Poids d’oiseaux des îles Tuamotu : 8 adultes <?<? 880-1 230 (1 050) g, 11 ad. $? 1 259-1 550
et Mougin, 1974b). Deux ad. des Marquises pesaient 940 g (£) et 1 050 g (?).
(1 400) g, (Lacan
Source : MNHN, Paris
50
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
et de 10-30 cm de hauteur. Les matériaux sont ramassés sur le sol, arrachés des arbres et souvent
volés dans les nids des arbres voisins.
24 œufs de Fangataufa mesuraient 65.1-71.9 (68.3) X 43.2-48.9 (46.4) mm (Lacan et Mougin,
1974b) ; un œuf de Takutea mesurait 67.6 X 44.4 mm ; sept œufs de Tetiaroa pesaient 78.1 (± 7.8) g.
Les durées de l’incubation et de l’élevage du jeune ne sont pas connues en Polynésie.
A l’île Christmas, il semblerait que les oiseaux nichent pendant l’hiver austral (Schreiber et
Ashmole, 1970). Dans les îles de la Société et Tuamotu, on trouve des nicheurs toute l’année, mais il
existe des périodes où le reproduction est plus intense. On ignore si ces cycles sont réguliers. A Tetiaroa,
en 1972, il semblait que la période de reproduction suivait de peu celles de S. sula et A. stolidus,
phénomène peut-être en rapport avec les possibilités alimentaires plus importantes lors de cette période
(Thibault, 1974c). Aux îles Marquises, des nicheurs sont notés toute l’année. 11 ne semble pas y avoir
beaucoup de synchronisation au sein d’une même colonie, puisque dans tous les sites visités entre mars
et sept. 1975, il y avait tous les stades du cycle reproducteur.
Fregala ariel (Gray), Frégate ariel.
Confondu avec F. minor dans les différentes langues polynésiennes, voir cette dernière espèce.
[Répartition et statut]. — F. a. ariel (Gray ) 1 .
En Polynésie orientale, cette forme niche aux îles de la Ligne, Cook, Société, Marquises et
Tuamotu (voir carte 4). En Polynésie, la répartition s’étend moins vers le sud que chez F.
minor.
Les oiseaux, principalement les immatures, se livrent à un erratisme qui les amène à fréquenter
régulièrement de nombreuses îles où ils ne nichent pas. 11 existe deux mentions d’oiseaux bagués à l’île
Mac Kean (Phoenix) repris en Polynésie orientale à Iluahine et Manihiki (Clapp et Sibley, 1967). Des
immatures ont aussi été notés au Japon et jusqu’en Sibérie (Dementiev et al., 1951-54). Aux îles de
la Ligne, il existe des colonies à Christmas, Jarvis, Malden, Starbuck, Caroline et Penrhyn (Schreiber
et Ashmole, 1970 ; Sibley et Clapp 1967). Les colonies les plus importantes sont à Jarvis et Malden.
Aux îles Cook, la colonie de Suwarrow réunissait quelques centaines d’oiseaux lors du passage de
Correaia (ms) en 1923. En 1973, R. Desforges (comm. pers.) nota quelques milliers de frégates d’espèce
indéterminée dans cette île et en 1974, nous y recensions quelques centaines d’individus. Dans la Société,
1. Mensurations et poids de Fregala a. ariel
aile
queue
culmen exposé
Suwarrow
( 3 SS 524, 505, 517
310, 327, 312
(Cook)
/ 2 $Ç 537, 539
336, 326 +
Nengo Nengo
( 1 S 500
291
(Tuamotu)
il? 533
333
Marquises
( 5 S3 505.6 (± 13.4)
( 3 Ç? 549, 535, 547
334.4 (± 10.4)
347, 343, 347
83.6 (± 3.6)
85, 90.5, 87.5
Poids de 5 adultes des lies Marquises : 3 S<S 840, 680 et 620 g ; 2 $$ 800 et 780 g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
51
les effectifs sont limités à quelques dizaines de couples. Aux Marquises, les colonies les plus impor¬
tantes (Mohotani et Fatu Huku) réunissent quelques centaines de couples. On ne possède pas d’infor¬
mations sur l’importance des effectifs aux îles Tuamotu.
[Habitat et nourriture]. — Niche sur des îlots coralliens ou volcaniques inhabités, parfois
dans la végétation des falaises sur les grandes îles volcaniques habitées (Marquises).
Plus fréquemment observé à moins de 50 km des côtes mais il existe des observations, au large
des îles Tuamotu, d’un individu isolé en sept. 1972 (par 12°25' S, 144°35' W) et d’un autre par 12°22' S
144°05' W.)
En Polynésie orientale, les habitats terrestres que fréquentent les oiseaux sont semblables à
ceux de F. minor. Les oiseaux se nourrissent en mer, généralement non loin des côtes. Les méthodes
de pêche et de parasitage sont semblables à celle de F. minor (Ashmole et Ashmole, 1967b). Aux Mar¬
quises, les oiseaux semblent parasiter plus spécialement G. alba, mais comme F. minor, ils évitent
de s approcher des importantes colonies de S. fuscala. En Polynésie orientale, le régime alimentaire
n est P as connu mais il est certainement assez voisin de celui de F. minor.
[Reproduction]. — Vit en colonie dont l’importance numérique est très variable. Il est inté¬
ressant de remarquer les différences de comportement dans le choix de l’emplacement du nid lorsque
F. ariel et F. minor nichent dans la même colonie. Quand F. ariel est aussi nombreuse que F. minor,
elle niche toujours plus bas que cette dernière. Ainsi à Hatutu où Ton trouve les deux espèces, sans
que Tune domine l’autre numériquement, les Frégates ariels établissent leur nid sur des rochers, des
touffes de Portulacca sp. et d ’Eragrostris xerophyla, alors que les Grandes Frégates nichent dans des
arbustes. En revanche, nous n’avons pas constaté cette ségrégation dans la nidification lorsque F. ariel
est moins nombreuse que F. minor. Les deux espèces nichent entre 1 et 4 m du sol dans les buissons
des atolls et des îlots volcaniques, et entre 5 et 10 m du sol dans les grandes îles volcaniques habitées.
Les nids sont constitués par un grossier amas de brindilles. La distance entre eux varie de quelques
dizaines de cm à quelques dizaines de mètres. On trouve souvent plusieurs nids dans un même arbre.
Gallagher (1960) remarquait que le nid de F. ariel était plus soigné que celui de F. minor, mais nous
n’avons pas fait une telle constatation.
A Hatutu, les oiseaux établissent un nid très sommaire, se contentant de déposer 4 ou 5 brin¬
dilles sur une touffe de Portulacca sp., dont les tiges de la périphérie ont été cassées.
10 œufs de Hiti mesuraient 61.6 (± 2.7) X 42.9 (± 1.0) mm ; 10 spécimens de Hatutu mesu¬
raient 59.4 (± 3.6) X 42.5 (± 1.4) mm ; 12 spécimens de Hatutu pesaient 52.9 (± 6.4) g.
Les durées d’incubation et d’élevage du jeune, ainsi que la période entre deux cycles reproduc¬
teurs sont inconnues en Polynésie.
Des oiseaux nicheurs sont observés toute Tannée, mais il semble bien que les périodes d’activité
plus intense varient d’une année à l’autre et soient en relation avec celles d’espèces parasitées.
A Suwarrow, des poussins et des œufs ont été notés en août-sept. 1923 (Correia, ms). A Tetiaroa,
des pontes ont été trouvées en avril 1973. A Hatutu, en sept. 1975, des œufs seulement étaient trouvés
alors qu’il y avait des œufs et des poussins à tous les stades de développement chez F. minor. Aux
Marquises, des poussins ont été trouvés en mars, avril, mai et juin.
Source : MNHN, Paris
52
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Famille des ARDEIDAE.
Genre Butorides.
Butorides striatus (L.), Héron vert.
A’o.A’u (Tahiti).
[Description]. — B. s. patruelis de Tahiti 1 se distingue des autres populations de l’ouest du
Pacifique par l’absence de points sombres à la gorge chez les oiseaux adultes (Mayr, 1940a).
[Répartition et statut]. — B. s. patruelis.
Ardea patruelis Peale, 1848, U.S. Expi. Exped., Birds, 8, p. 216. Tahiti. Syntypes au N.M.N.II. (Dei-
gnan, 1961).
Endémique à Tahiti. Découvert par Peale (1848) au cours de l’U.S. Exploring Expédition.
En 1904, Wilson (1907) le trouva assez commun à l’embouchure de la Papeari et en collecta deux sp.
au lac Vaheria. Entre 1971 et 1974, il fut noté en très petit nombre dans les districts de Teahupo,
Papeari, Papara, Paea, Punaauia et Tautira. La lecture des notes de terrain de Quayle en 1920-22
fait penser que l’espèce était beaucoup plus commune que de nos jours où la population est comprise
entre 100 et 200 individus. L’espèce n’a jamais été retrouvée dans de nombreuses zones où l’habitat
semble convenir.
[Habitat et nourriture]. — Occupe un vaste échantillonnage d’habitats humides dans les
différentes régions du monde : marais, bordures des rivières ou des lacs, mangroves.
A Tahiti, on le trouve à l’embouchure et le long des rivières bordées de forêts (Hibiscus tiliaceus
plus particulièrement). Habitait aussi le long des côtes avant que la végétation arborée n’eût disparu
par suite des mises en lotissements.
Se nourrit en eau peu profonde à l’embouchure des rivières, depuis les rives ou sur des gros rochers
au milieu du cours des rivières.
Des observations sur le terrain semblent montrer qu’il n’y a pas de compétition avec Egretta
sacra, car le Héron vert capture des proies dont la longueur est souvent inférieure à 30 mm (Thibault,
1974b). Attrape surtout des poissons, mais Quayle a noté des mollusques dans l’estomac d’un ind.
collecté ; il vit aussi un oiseau capturer une écrevisse et un autre poursuivre un lézard dans le lit rocheux
d’une rivière.
[Comportement]. — A Tahiti, les oiseaux sont généralement seuls et plutôt méfiants face à
l’homme. Ils restent de longs moments dans la voûte des arbres qui bordent les rivières et se nour¬
rissent à toute heure du jour. Quand ils sont dérangés, les oiseaux s’envolent pour aller se percher dans
un arbre.
[Voix]. — L’alarme des oiseaux de Tahiti perchés ou en vol, est un cri strident ki-ki. D’autres
cris ont été entendus, kiou-kiou-kiou, houk-houk, haou, kik.
[Reproduction], — Le nid et la ponte des oiseaux de Tahiti n’ont pas été décrits.
1. Mensurations de B. s. patruelis de Tahiti
ail.
queue
culmen
exposé
•a».
7 dd
178-185
63-65
63-69
46-50
(181)
(64)
(66)
(48)
4 $Ç
174-182
63-65
62-63
47.5-50
(177)
(64)
(63)
(48.5)
Source : MNHN, Paris
I
%
Répartition à'Egretta sacra.
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
54
Genre Egretta, syn. Demigretta.
Egretta sacra (Gmelin), Aigrette des récifs.
Ardea sacra Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 640. Basé sur le « Sacred Héron Var. A » de Latham, 1785,
Gen. Syn. Bds. 3 (1), p. 122, d’Otaheite et les îles proches.
Syn. comprend Ardea jugularis Wagler, 1827. Tahiti.
Matiku (Pukapuka), Kotuku (Palmerston selon Burland, 1964 et îles méridionales des Cook),
Matuku (autre nom à Rarotonga, Savage, 1962), ’Otu’u (Rapa, Société), O’otu’u (Tubuaï, Société),
Kotuku (Tuamotu, Gambier), Matuku (Marquises nord), Matu’u (Marquises sud).
[Description]. — Il y a seulement une légère variation de taille entre les différentes popula¬
tions de Polynésie orientale, comme d'ailleurs entre la plupart des populations du Pacifique tropical
(Mayr et Amadon, 1941). Toutefois, les oiseaux marquisiens sont en moyenne légèrement plus petits
que ceux des autres îles et ils montrent moins de dimorphisme sexuel de taille 1 .
Le pourcentage des phases blanches et grises varie d’une île à l’autre en Polynésie. Aux îles
Marquises, où il y a peu de corail, on ne trouve que des phases grises (plusieurs centaines d’individus
comptés). Sur les atolls, la phase blanche est généralement dominante (60 %, pour plus de 500 oiseaux
comptés dans les îles Cook, Société et Tuamotu). La phase blanche ne forme qu’une petite proportion
des populations sur les îles de structure à la fois volcanique et corallienne (13 % pour plus de 300 oiseaux
comptés dans les îles Cook, Société, Australes et Gambier). Mayr et Amadon (1941) pensent que la
coloration blanche est due à un seul gène récessif, mais la prédominance d’oiseaux blancs sur certaines
îles (31 sur 36 comptés à Manuae) fait penser que la coloration blanche est provoquée par plusieurs
gènes. Certaines hypothèses ont été avancées pour expliquer la signification écologique de ce polymor¬
phisme (Holyoak, 1973d ; Recher, 1972).
[Répartition et statut], — Espèce commune sur la plupart des îles de Polynésie orientale
(carte 5) mais connue seulement comme visiteur occasionnel ou régulier sur quelques îles isolées comme
1. Mensurations et poids A'Egretta sacra
aile
queue
culmen exposé
tarse
i io SS
282-302
82-103
84-94
70-82
Iles
)
(293)
(96)
(88)
(78)
de la Société
1 10 $?
273-296
78-94
78-91
(283)
(86)
(84)
(71)
( 20 SS
271-302
77-96
80-92
69-81
(286)
(87)
(86)
(74)
Iles Marquises
) 18 $Ç
269-298
75-94
77-90
66-80
f
(284)
(86)
(85)
(72)
( 25 SS
279-301
—
—
Tuamotu (d'après
(292)
Mayr et Amadon, 1941)
25 Ç?
270-285
—
—
65-74
(274)
(76)
Iles Australes
( io ss
278-302
—
—
(d’après Mayr
et Amadon, 1941)
j 10 9?
271-293
(278)
—
—
-
21 adultes mâles des Tuamotu pesaient 490-625 (565) g, 7 immatures mâles 450-625 (545) g, 12 adultes femelles
410-575 (490) g et 5 immatures femelles 345-490 (420) g, Lacan et Mougin (1974b).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
55
Pukapuka (Holyoak, ms), Nassau (Holyoak, ms), Rapa (Quayle, ms ; Thibault, ms), Henderson
(Quayle, ms), Oeno (Quayle, ms ; Williams, 1960) ; elle n’a jamais été notée dans les autres îles septen¬
trionales des Cook, la plupart des îles de la Ligne, Pitcairn, Ducie et l’île de Pâques. Abondante sur
la plupart des îles, particulièrement sur les grands atolls. Généralement, l’espèce jouit d’une protec¬
tion populaire issue de croyances religieuses et la réduction de la population de Rarotonga à quelques
exemplaires vers 1973, semble une exception. On possède pour quelques îles des estimations numé¬
riques de populations : Palmerston (pas plus de 50 ind. en 1960, Burland, 1964) ; Takutea (8-10 en 1973) ;
Caroline (30-50 en 1965, Clapp et Sibley, 1971b) ; Scilly ( c . 30 en 1922, Quayle, ms et autant en 1973) ;
Rora Bora (50-70 en 1972, Holyoak, 1974b) ; Tupai (moins de 20 en 1973, Thibault, 1974b) ; Moorea
(c. 60 en 1973, Thibault, 1974b) ; Tahiti (200-300 en 1973, Thibault, 1974b) ; Tetiaroa (c. 40 en 1972-
1973, Thibault, 1976) ; Takapoto (pas plus de 30 en 1974).
[Habitat et nourriture]. — Se nourrit sur les rivages, en eau peu profonde, sur des vasières,
parfois dans des régions sèches (« steppes » coralliennes, sous-bois de cocoteraie). En Polynésie orien¬
tale, c’est un oiseau caractéristique des récifs coralliens et des plages. Se déplace activement en eau
peu profonde, attrapant ses proies avec des gestes rapides, après s’être immobilisé un moment. Se
nourrit parfois sur la crête algale, en sautant les ailes écartées, quand la vague vient déferler. Dans les
grandes îles volcaniques, où les rivières sont importantes (Tahiti, Fatu Iva), il se nourrit jusqu’à plu¬
sieurs km en amont ; fréquente aussi les lacs et les mares (à 800 m aux Marquises). Se nourrit égale¬
ment dans les prairies, les zones marécageuses, les cocoteraies ouvertes et les zones cultivées.
Le régime alimentaire est surtout composé de petits poissons : sur 53 proies prélevées aux îles
de la Société, 6 seulement avaient plus de 50 mm dont une de 325 mm. Les captures sont variées [deux
estomacs d’oiseaux collectés dans la Société contenaient 36 Crenimugil crenilabris (Mugillidae), un
Leiuranus semicinclus (Opichthyidae) et un Pseudupereus sp. (Thibault, 1974b)]. L’espèce attrape
également des crustacés en petite quantité [Isopodes marins, Amphipodes marins, crabes marins (Bra-
chyoure) et écrevisses], Bruner (1972) a noté que les oiseaux se nourrissaient aussi de Mollusques.
A terre, en zones sèches, les oiseaux se nourrissent en marchant activement, attrapant surtout des
lézards et des insectes ; Lacan et Mougin (1974b) ont trouvé les restes d’un Rattus concolor dans 1 esto¬
mac d’un oiseau collecté aux Tuamotu.
Recher et Recher (1969 et 1972) donnent des détails sur l’écologie de nourrissage en Australie,
où les poissons semblent former dans le régime alimentaire une proportion plus grande qu’en Polynésie.
Ces auteurs ont noté qu’ Egrella sacra capturait à l’occasion des poussins d Anous stolidus et volaient
la nourriture à cette espèce et à Sterna bergii. En Polynésie orientale, Beck (ms) la vit souvent au
milieu des colonies de sternes et de noddis et il suggère que les aigrettes pourraient parfois manger des
œufs et des poussins, ce qui est fort probable si l’on tient compte de la fréquence avec laquelle ces
espèces harcèlent l’aigrette.
[Reproduction]. — En Polynésie orientale, l’oiseau niche dans les arbres et les buissons, sur
des vires, dans des cavités de falaises, dans des grottes, et aussi sur le sol quand les îles sont inhabitées.
Les nids sont séparés de quelques dizaines ou centaines de mètres quand les densités sont faibles (Mar¬
quises), ils sont groupés en colonies d’une dizaine de couples quand les densités sont élevées (grands
atolls des Tuamotu).
Le nid est d’importance variable. Dans les arbres, c’est une structure de brindilles de 30 à 40 cm
de diamètre environ ; sur le sol, c’est parfois un énorme amas de brindilles et de branches de plus d’un
mètre de diamètre et de 70 à 80 cm de hauteur.
La ponte est généralement de deux à trois œufs, parfois d’un seul œuf (Suwarrow, 1923, un
œuf en partie incubé). En Polynésie orientale, l’œuf est vert-bleu clair et mat, avec un dépôt crayeux
plus ou moins important. 13 œufs des Tuamotu mesuraient 40.3-46.2 (43.9) X 32.8-35.9 (34.5) mm
(obs. pers., Lacan et Mougin, 1974b) ; un œuf de Nuku Hiva mesure 41.8 X 32.4 mm et un de Suwarrow
47.3 X 32.3 mm. Deux œufs des Marquises pesaient 25 et 26 g.
Dans un nid où une ponte de deux œufs bien incubés fut collectée le 5 sept., deux autres œufs
furent notés à nouveau le 5 déc. suivant.
Des nids avec des œufs ont été trouvés en janv. (Thibault, 1974b), mars (Beck, ms), avril (Quayle,
Source : MNHN, Paris
5b D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
ms), août (Seurat, 1903), sept. (obs. pers.), nov. (obs. pers., Lacan et Mougin, 1974b), déc. (obs. pers.)
et des nids avec des jeunes en janv. (Thibault, 1974b), mars (Thibault, 1974b), avril (Thibault, 1974b),
juil. (Holyoak, 1974b), nov. (Lacan et Mougin, 1974b) et déc. (Lacan et Mougin, 1974b, obs. pers.).’
Les oiseaux nichent toute l’année, mais il est possible qu’il y ait une période plus active du printemps
à l’automne austral. Quelques oiseaux sont en mue la plupart des mois de l’année ; mais la mue des
plumes de vol est lente, avec une ou deux rémiges collatérales poussant simultanément.
Famille des ANATIDAE
Notes générales.
Dans le passé, deux espèces de canards [A. poecilorhyncha et A. strepera) ont été mentionnées
comme se reproduisant en Polynésie, mais le cas est douteux pour A. strepera qui ne semble pas s’y
reproduire actuellement. Des oiseaux égarés et des visiteurs occasionnels ont été signalés pour sept
espèces.
En dehors des oiseaux migrateurs, dont les espèces furent identifiées et qui sont présentées plus
loin, il existe un certain nombre de mentions d’espèces non identifiées. Des canards furent signalés
par Burland (1964) à l’île Penrhyn. Les habitants de cette île ont aussi déclaré récemment qu’il leur
arrive souvent de voir une vingtaine de canards au moins, à la période de Noël et qu’ils en avaient
tué un qui était bagué « Washington U.S.A. » mais dont ils ignoraient l’espèce. Des renseignements
analogues ont été donnés par les habitants de Pukapuka aux îles Cook. Les habitants de Mangareva
(Gambier) voient parfois des canards sauvages et leur ont d’ailleurs attribué le nom vernaculaire
Mokora.
Deux sortes de canards domestiques sont largement répandues dans certaines îles de Polynésie :
le Canard d’Aylesbury issu du Colvert A. platijrhijnchos et le canard de Barbarie Cairina moschala (L.).
Munro (1943) rapporte que des oies sauvages ont été vues à Palmyre en 1942. Plusieurs Anser
albifrons (Scopoli) et Branla canadensis (L.) ont été signaléees aux îles Hawaï, ainsi qu’occasionnelle-
ment Anser caerulescens (L.), Branta bernicla (L.) et Anser canagicus (Sewastianoff), (Munro, 1960).
Des égarés de ces différentes espèces peuvent éventuellement être signalés aux îles de la Ligne.
Derscheid (1939) accrédite une mention ancienne d’un oiseau décrit très schématiquement
comme une oie et qui aurait habité les montagnes de Tahiti, mais son exposé est loin d’emporter la
conviction.
Genre A nas.
Anas penelope L., Canard siffleur.
La seule référence en provenance de la Polynésie orientale concerne une femelle collectée sur
une mare dans l’îlot du Paradis, à Palmyre le 27 nov. 1964, alors qu’elle était en compagnie de deux
femelles A'Anas americana (Clapp et Sibley, 1967). Munro (1943) a vu à Palmyre un canard siffleur
européen ou américain.
A/uw americana Gmelin, Canard jansen.
Le seul rapport en provenance de la Polynésie orientale concerne deux femelles collectées à
Palmyre, sur l’îlot du Paradis, le 27 nov. 1964. Munro (1943) note avoir vu à Palmyre un canard siffleur,
soit européen, soit américain.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
57
Anas strepera L., Canard chipeau.
[comprend A. couesi (Streets)].
La seule mention en provenance du sud-est de la Polynésie se rapporte à un caneton trouvé
aux Tuamotu qui fut élevé à Tahiti par Charles Nordhoff et identifié, quand il fut adulte, comme un
Canard chipeau (Greenway, 1967, informations recueillies auprès de S. D. Ripley). Malheureusement,
cette information de seconde main doit être acceptée avec réserve, car une erreur est fort possible si
le caneton a été élevé avec d’autres oiseaux sauvages, comprenant des Canards chipeaux. Forster
(1844) consigne avoir vu un Canard chipeau à Tahiti, et lors de la première Expédition du Capitaine
Cook en 1769, le médecin Robert Monkhouse nota avoir vu « canard et sarcelle ». Wiglesworth (1891b)
identifia la sarcelle comme un Anas strepera couesi, influencé sans doute par le rapport de Forster,
mais cette identification est très douteuse, et de toutes façons, l’identification de l’oiseau vu par Forster
n a pas été confirmée par la collecte d’un spécimen.
« A
. s. couesi ».
i. Washington, Groupe Fanning. Deux
Chaulelasmus couesi Streets, 1876, Bull. Nutt. Orn. Cl., 1, p.
syntypes au N.M.N.H. (Deignan, 1961).
Deux Canards chipeaux (désignés comme A. s. couesi) furent collectés dans l’île Washington
en 1874,1 un mâle, l’autre femelle, tous deux probablement immatures. Ils sont actuellement conservés
au N.M.N.H. et décrits comme étant nettement plus petits que le Canard chipeau (Delacour et Scott,
1954-64). En fait, la différence de taille ne concerne que la longueur des ailes. Le mâle est semblable
au Chipeau mâle en plumage d’éclipse, mais avec des petites stries sinueuses blanches sur le manteau
et la poitrine. La femelle se différencie de la femelle du C. chipeau par les grandes couvertures sans
taches noires et par ses secondaires internes qui sont grises et non blanches (Delacour et Scott 1954-
64).
On pourrait raisonnablement penser que ce sont en fait deux jeunes C. chipeaux légèrement
aberrants qui sont à l’origine de la forme A. s. couesi. Il convient cependant de noter que celui-ci aurait
davantage de lamelles sur la mandibule supérieure (Ripley, 1957) et que le bec et les pattes seraient
noirs (Greenway, 1967).
Streets note que les deux spécimens de l’île Washington se trouvaient sur un lac d’eau douce
et sur des tourbières qui constituent l’intérieur de l’atoll. Wetmore (1925a) n’obtint aucun renseigne¬
ment sur cette espèce et supposa que leur absence était due à la pratique de la chasse aux canards qui
était un sport couramment pratiqué par les habitants de l’île. Quoiqu’il en soit, il n’existe aucune preuve
certaine qu’une population de Canards chipeaux se soit établie à l’île Washington dans le passé.
Anas crecca L., Sarcelle d’hiver.
[comprend A. carolinensis Gmelin].
La seule mention en Polynésie orientale concerne une femelle (sous-espèce non identifiée) oui
fut collectée à Palmyre le 3 avril 1964 (Clapp et King, 1967). 4
Anas platyrhynchos L., Canard colvert.
Les quelques mentions de C. colvert en Polynésie orientale concernent très probablement des
individus de la forme nominale. Palmyre : un mâle isolé a été vu en 1943 (Munro, 1943). Christmas :
un groupe de neuf canards a été vu le 30 nov. 1958 ; d’autres petits groupes de canards, vus entre
mi-oct. et début nov. 1958, pouvaient également comprendre des C. colverts (Gallagher, I960). Penrhun •
les habitants de l’île signalèrent à Burland (1964) et à l’un de nous (D.T.H.) avoir vu des canards au
Source : MNHN, Paris
58
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
cours de l’hiver boréal ; ils les appelaient « Mallard », mais il est plus vraisemblable qu’il s’agissait
d’A. acuta. Pukapuka : les habitants déclarèrent à l’un de nous (D.T.H.) qu’un oiseau de cette espèce
bagué en Californie avait été capturé dans l’île quelques années auparavant. Mais nous n’avons pas
trouvé trace de publication de cette capture. Suwarrow : Tom Neale dans son livre An island, to oneself
écrit avoir tué un « Mallard », mais l’identité exacte de l’oiseau peut être contestée.
Toutes les observations ont été faites sur des atolls et concernent des oiseaux vus sur des lagons
ou des petits marais.
Anas poecilorhyncha Forster 1 , Canard à sourcil.
Mokora (Cook du sud, Rapa), Mokara, Mokora-Rauvae, Mokora-Rarevao (autres noms
pour les îles Cook du sud), Mo’ora, Mo’ora Oviri (Tahiti, Moorea, Raiatea et Tubuaï).
[Répartition et statut]. — A. p. pelcwensis Hartlaub et Finsch 2 .
La carte 6 indique la répartition en Polynésie orientale. L’espèce était autrefois plus commune
que maintenant, la diminution étant attribuable en partie à la chasse, mais surtout au drainage des
zones humides. La population des îles de la Société peut aussi avoir subi les prédations de Circus
approximans ; une étude de ce rapace en Nouvelle-Zélande a montré en effet que 5 % de son régime
alimentaire était composé de ce canard, la plupart des individus étant capturés pendant la mue (Red-
head, 1968 et 1969). Ce pourcentage a pu localement être beaucoup plus élevé en Polynésie du fait
de la rareté des proies.
On possède les informations suivantes sur les populations de Polynésie orientale. Aitutaki :
la population locale a indiqué que quelques oiseaux (dont une nichée) avaient été vus vers 1960, mais
que l’espèce était maintenant rare. Atiu : 15 ind. observés en 1973 et la population locale a noté des
canetons. Mitiaro : six individus vus en 1973 ; la population locale a signalé des canetons et des groupes
comportant jusqu’à 30 ind. Mauke : la population locale a mentionné des observations de canards
sauvages en 1973. Rarotonga : plusieurs spécimens furent collectés en 1890 et 1903 (Amadon, 1943 ;
obs. pers.) ; il ne fut pas retrouvé en 1973 et la population locale ne le connaissait plus. Mangaia :
trouvé « en abondance » avant 1920 selon Christian (1920) ; en 1973, la population locale déclara qu’il
était vu par groupes comptant jusqu’à 50 ind. Bora Bora : Quayle (ms) en vit cinq en 1922 ; il ne fut
pas retrouvé en 1971 et 1973. Raiatea et Tahaa : un ind. fut collecté en 1922 (Amadon, 1943) ; en 1973,
trois ind. furent observés à Raiatea et quatre ou cinq à Tahaa (Thibault, 1974b). Huahine : Garrett
le trouva au milieu du xix® siècle (sp. Wodehouse ; Wiglesworth, 1891b) ; Quayle collecta un ind.
en 1921 (Amadon, 1943) ; pas noté en 1973 (Thibault, 1974b). Maiao : une population inférieure à 20 ind.
est trouvée en 1973 (Thibault et Thibault, 1975). Moorea : 16 sp. collectés en 1921-1922 (Holyoak,
1974b) ; 200 ind. notés au lac Temae en 1937 (S. D. Ripley, in litt.) ; en 1971-1973, il était observé un
groupe de 30 ind. au maximum au lac Temae et la population de l’île était estimée à 50 ind. (Thibault,
1974b). Tahiti : la littérature ornithologique ancienne le décrivait comme très nombreux ; Beck (ms)
vit 50 ind. au lac Vaheria ; en 1971-1974, il fut trouvé en petit nombre au lac Vaheria et dans l’anse
1. Nous suivons Mayr et Delacour (1945) et Johnsgard (1965) qui incluent superciliosa Gmelin et pelewensis
Hartlaub et Finsch dans A. poecilorhyncha.
2. Mensurations A'Anas poecilorhyncha pelewensis (spécimens de la Société, Cook et Australes).
aile culmen exposé
16 <?<?
232-246
42-49
(238.7)
(45.7)
18 ?5
223-232
39-46
(226.9)
(43.1)
Source : MNHN, Paris
60
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Phaeton principalement, observé parfois à Faaa et dans quelques grandes vallées (Punaruu entre
autres) ; la population totale était estimée à 30-60 ind. Riniatara : sept oiseaux furent collectés sur un
total de trente observés en 1921 (Beck ,ms ; Quayle, ms). Raevavae : cinq sp. collectés en 1921 et Beck
(ms) pensait que la population comprenait une centaine d’oiseaux environ. Tubual : neuf sp. furent
collectés en 1921 (Beck, ms) ; en 1974, la population était estimée à 20-25 couples (Thibault, ms).
Rapa : 14 sp. collectés et un nid trouvé en 1921 (Beck, ms) ; en 1974, la population était estimée à
35-40 couples. Niau : quatre ind. observés en 1974 ; il pouvait s’agir de visiteurs, mais l’île possède
des habitats humides suffisamment grands pour abriter une population nicheuse.
[Habitat et nourriture]. — En Polynésie orientale, les oiseaux fréquentent les lacs, les mares,
les marais, les lagunes, les bords de rivières, les tarodières et les baies. Dans les habitats humides sujets
à des perturbations humaines pendant le jour, les oiseaux ne viennent se nourrir que de nuit, restant
jusqu’au soir dans des régions tranquilles (collines couvertes de fougères, baies, plages). A Rapa, où
les oiseaux sont chassés très rarement, ils se nourrissent de jour. Alors qu’à Moorea et Tubuaï où ils
sont plus fréquemment chassés, les oiseaux gagnent les zones de nourrissage le soir.
Les oiseaux se nourrissent en eau peu profonde, sur des vasières, des prairies humides. Quayle
(ms) nota que les oiseaux de Rimatara grattaient le sol sur des collines couvertes de fougères comme
le feraient des poulets, quoique les oiseaux grattaient plutôt avec leur bec qu’avec leurs pattes. Le régime
alimentaire des oiseaux de Polynésie est inconnu.
[Comportement]. — La chasse les a rendus plutôt farouches et dans la plupart des îles, les mouve¬
ments ont lieu de préférence le soir et le matin. Mais à Tahiti, où ils ne sont plus chassés, les mouve¬
ments suivent surtout ceux des marées, les oiseaux quittent le lac Vaheria pour rejoindre l’anse Phaeton
à marée basse, quand les vasières sont découvertes. Plutôt grégaires, les oiseaux se déplacent par
couples ou par groupes, qui réunissent parfois une centaine d’oiseaux quand la population est impor¬
tante.
[Reproduction]. — Peu de renseignements de Polynésie. Un nid trouvé par l’Expédition
Whitney à Rapa, sur le sol, dans la végétation herbacée près d’un marais (Beck, ms), un autre à Man-
gaia par un habitant, sur le sol dans la végétation basse d’une colline couverte de fougères et un autre
nid trouvé à Tahiti, aussi par un habitant, à la limite d’une cocoteraie, sur le sol. Le nid de Rapa était
construit avec des fragments de fougères et un peu de duvet (Beck, ms).
La ponte de Rapa était de neuf œufs, peu incubés, dont deux pourris.
Le nid de Mangaia contenait six œufs ; une nichée de 12 canetons a aussi été notée dans cette
île.
Les œufs de Rapa sont chamois chair, avec un léger éclat qui devient plus brillant quand l’incu¬
bation est plus avancée. Ils mesurent : 52.8 (± 1.38) X 38.3 (± 0.96) mm.
On possède peu d’informations sur le cycle annuel en Polynésie. Le nid de Rapa a été trouvé
en avril (Beck, ms) et celui de Tahiti en juin ou en juil.
Anas acuta L., Canard pilet.
Utukaha, Kutu’aiia (Marquises).
C’est le plus commun des canards migrateurs à Hawaï où il hiverne par centaines ; noté comme
visiteur aux îles Phoenix (les types de Dafila modesta Tristram de l’île Sydney sont des C. pilets) et
en Polynésie où il est probablement régulier dans les îles de la Ligne et Marquises. Palmyre : des groupes
de 30 canards notés en 1942 et 1943 étaient principalement composés d’oiseaux de cette espèce ; beau¬
coup d’entre eux étaient épuisés et plusieurs avaient été bagués dans l’Utah aux U.S.A. (Cooper et
Lysaght, 1956 ; Munro, 1943). Fanning : des « centaines » seraient arrivés en nov. 1953 (Cooper et
Lysaght, 1956). Christmas : des effectifs importants qui arrivaient le soir par groupes de cinq ou six
oiseaux ont été notés au milieu du mois de nov. 1953, quelques-uns restèrent jusqu’en janv. et fév.
(Cooper et Lysaght, 1956) ; Gallagher (1960) nota qu’à la fin sept. 1958, les oiseaux commençaient
d’arriver, certains d’ailleurs en conditions physiques déplorables ; on put en observer un certain nombre
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
61
jusqu’à la fin du mois de fév. 1959 (observations de 2 à 40 ind.). Jarvis : Munro (1943) nota qu’à leur
arrivée, les oiseaux étaient « presque morts » et qu’ils se laissaient attraper à la main ; un spécimen
collecté en 1939 est conservé au B.P. Bishop Muséum, Honolulu. Iles Marquises : les habitants connais¬
sent bien l’espèce et disent en voir presque chaque année en nombre très restreint ; la seule mention
sûre est un mâle collecté par l’Exp. Whitney à Hiva Oa le 30 nov. 1922 (Holyoak, 1975a). Tahiti :
Cooper et Lysaght (1956) estimaient que l’espèce hiverne régulièrement sur le lac Vaheria, mais des
visites de ce lac durant l’hiver boréal ne permirent pas d’observer des canards de cette espèce ; Bruner
(1972) considère qu’elle hiverne régulièrement à Tahiti et à Moorea, mais nous n’avons pu trouver
aucun indice révélant sa présence, même accidentelle, dans les îles de la Société. Au cours de la pre¬
mière Expédition du Capitaine Cook, le chirurgien Robert Monkhouse écrivait qu’il avait vu « canards
et sarcelles » à Tahiti entre avril et juil. 1769. Quoiqu’en pensent Cooper et Lysaght, il y a peu de
raisons de croire que des C. pilets étaient présents dans ces groupes. Rapa : selon de Verneix (comm.
pers.), un mâle adulte fut tué en juil. 1958.
En Polynésie, l’espèce fréquente les eaux des lagons, les embouchures de rivières et les petites
mares.
Anas clypeata L., Canard souchet.
Visiteur, peut-être régulier, dans les îles de la Ligne. On possède les informations suivantes
en ce qui concerne la Polynésie orientale. Palmyre : un mâle et deux femelles (dont une collectée) notés
le 28 nov. 1964 ; deux mâles et deux femelles observés le 3 avril 1964 ; un mâle vu le 6 juin 1964 (Clapp
et Sibley, 1967). Christmas : Gallagher (1960) vit plusieurs groupes dont certains comprenaient jusqu’à
16 individus entre sept. 1958 et mai 1959. Tikehau : Beck (ms) vit quatre femelles ensemble le 13 déc.
1922 ; les habitants de l’île lui précisèrent qu’un groupe était arrivé quelques jours auparavant à la
suite de fortes pluies. Kauehi : le 6 mars 1923, Beck (ms) vit une femelle qu’il collecta le lendemain
(spécimen déposé à l’A.M.N.H.).
Fréquente les mares d’eau douce et les petits marais des atolls.
Genre Aythya, syn. Nyroca.
Aythya marila (L.), Fuligule milouinan.
La seule mention de Polynésie orientale concerne une femelle vue à l’île Christmas du 8 nov.
1958 au 18 janv. 1959 (Gallagher, 1960) ; il semble qu’il s’agissait bien d’A. marila et non d’A. affinis
(Eyton) dont les femelles, dans la nature, sont très difficiles à distinguer de l’espèce précédente.
Famille des ACCIPITRIDAE
Genre Circus.
Circus approximans Peale, Busard de Gould.
[parfois traité comme C. aeruginosus approximans .]
Amu Moa, Manu Amu Moa (Tahiti).
[Répartition et statut]. — C. a. approximans.
Il a été introduit à Tahiti vers 1885 par le Consul d’Allemagne dans l’intention de limiter le
nombre des rats, puis il a gagné d’autres îles sans intervention humaine. Quelques observations font
Source : MNHN, Paris
62
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
penser qu’il peut voler entre Tahiti et Moorea. La répartition en Polynésie est la suivante : Maupiti :
cinq à six couples en 1973 (Thibault, 1974b). Bora Bora : Quayle (ms) vit deux individus en 1922 ;
en 1972, la population était estimée à 20 couples (Holyoak, 1974b). Tupaï : probablement deux couples
étaient présents en 1973 (Thibault, 1974b). Raiatea et Tahaa : noté par l’Expédition Whitney en 1922 ;
en 1972 et 1973, il était bien répandu et abondant. Iluahine : noté à plusieurs reprises en 1973 (Thi¬
bault, 1974b). Moorea : vu en 1921 (Quayle, ms) ; en 1972-73, l’espèce était vue dans toute l’île et la
population estimée à 35-45 couples (Thibault, 1974b). Tahiti : introduit vers 1885 ; en 1971-75, il était
noté en abondance par tous les visiteurs. Tetiaroa : Quayle (ms) en vit plusieurs en 1921. En 1973,
il y avait probablement deux couples nicheurs (Thibault, 1976). Rapa : un couple a été lâché vers
1920, mais sur plaintes des villageois, ils furent abattus quelques mois après, sans qu’il y ait eu
reproduction (de Verneix, comm. pers.).
[Habitat et nourriture]. — Les oiseaux des îles de la Société chassent dans des habitats
variés : collines couvertes de fougères, forêts de montagnes et de vallées, plantations, prairies, cultures
à proximité des villages, et parfois sur les plages et les récifs. A Tahiti, il est peut-être absent des plus
hautes régions, mais il a été vu fréquemment vers 1 500 m.
Dans d’autres régions, il capture ses proies au sol ou en eau peu profonde ; il semble que dans
les îles de la Société, il capture certaines proies dans les arbres, peut-être capture-t-il aussi des oiseaux
en vol.
Introduit à l’origine pour limiter le nombre des rats, il semble qu’il ait entraîné la diminution
de certaines espèces locales d’oiseaux. L’analyse de pelotes de réjection des oiseaux de Tahiti et de
Raiatea a révélé la présence de souris et de rats qui doivent aujourd’hui composer l’essentiel de son
régime alimentaire. Selon Bruner (1972), il se nourrit à l’occasion de charognes de poulets écrasés sur
les routes. Dans la Société, Beck et Quayle (ms) ont noté qu’il se nourrissait aussi de poulets sauvages,
de Ptilinopus purpuratus et de Gygis alba.
Léopold (1965) observa un oiseau de cette dernière espèce tué par le busard, ce qui expliquerait
la rareté des Sternes blanches dans les îles hautes de l’archipel. II est fréquent qu’un busard s’approche
quand la voix de P. purpuratus est imitée (Holyoak, 1974b). La raréfaction de Vint peruviana, Ptili¬
nopus purpuratus, Ducula pacifica aurorae, Anas poecilorhyncha et Acrocephalus cafjer peut en partie
être attribuée au busard.
[Reproduction]. — On ne possède pas d’informations sur la reproduction dans les îles de la
Société. Mais il est vraisemblable que sur les îles hautes, les oiseaux établissent leur nid sur les pentes
recouvertes de fougères.
Des parades ont été vues au cours de tous les mois de l’année en Polynésie orientale.
Famille des FALCONIDAE
Genre Milvago.
Milvago chimango (Vieillot), Caracara chimango.
L’espèce, introduite à l’île de Pâques en 1928, avait envahi toute l’île vers 1968 (Johnson et al.,
1970). On ignore à quelle sous-espèce elle appartient.
Famille des PHASIANIDAE
Il y a quelques dizaines d’années, ont eu lieu différents essais d’introduction de gibiers à plumes
et d’oiseaux d’ornements. Il semble que seul le Faisan de Colchide se soit maintenu.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
63
Genre Phasianus.
Phasianus colchicus L., Faisan de Colchide.
Introduit à plusieurs reprises à Tahiti (voir Anon., 1943), plus particulièrement dans le district
de Taravao. Des femelles ont été observées en 1975 (J.-P. Vernoux, comm. pers.). Introduit à Pitcairn
vers 1935, mais rapidement exterminé par les habitants.
Genre Gallus.
Gallus gallus (L.), Coq bankiva.
Syn. comprend Gallus tahiliensis Hartlaub, 1854. Tahiti (basé sur un oiseau décrit par Peale, 1848 ; type appa¬
remment perdu). Gallus tahiticus Cassin, 1858. Tahiti (basé sur le précédent).
Coq domestique ; Mo a (Polynésie orientale), Moa Taetevao, Moa Rere Vao (Rarotonga :
oiseaux sauvages), Moa Ovmi (Tahiti, Moorea, Raiatea : oiseaux sauvages), Mouti (Tahiti : oiseaux
sauvages).
[Répartition et statut]. — Les populations sauvages proviennent d’un stock domestique établi
depuis longtemps sur les îles d’Indonésie et du Pacifique, en Micronésie, Nouvelle-Calédonie, Fiji, Tonga,
Samoa, Hawaii et Polynésie orientale. Des fouilles archéologiques aux îles Marquises et de la Société
ont montré que les Polynésiens avaient introduit l’espèce lors de leur arrivée en Polynésie.
Les oiseaux sont gardés plus ou moins en liberté près des villages et sont élevés plus pour la
chair que pour la production d’œufs.
Des stocks d’oiseaux sauvages sont connus à Rarotonga, Bora Bora, Raiatea, Huahine, Maiao,
Moorea, Tahiti, Rapa, Tubuai, Eiao, Nuku Hiva, Ua Huka, Ua Pou, Hiva Oa, Tahuata, Mohotani,
Fatu Iva, aux îles Gambier (Mangareva, Aukena, Tekava) et à Pitcairn. Des petites populations
vivant en liberté habitent beaucoup d’îles où les oiseaux se confondent avec les oiseaux domestiques.
Certaines populations se maintiennent sur des îles ou des îlots inhabités par l’homme (comme Motu
Kotawa à Pukapuka, Eiao, Mohotani).
L’espèce est généralement bien répandue dans les forêts retirées de Raiatea, Moorea, Tahiti,
Rapa et dans la plupart des îles Marquises ; les populations sont faibles dans les petites îles (Raro¬
tonga, Eiao, Mohotani). Beaucoup d’ornithologues ont considéré que cette espèce ne présentait qu’un
intérêt gastronomique, aussi possède-t-on peu d’informations sur la répartition des oiseaux sauvages.
[Association avec l’homme]. — Le Coq constitue un élément important dans la culture poly¬
nésienne (Henry, 1928), ses plumes servaient d’ornements (Brigham, 1899, 1903) et sa chair était con¬
sommée suivant un rituel particulier. Les oiseaux sont encore consommés pour leur chair et les coqs
servent pour des combats.
Les oiseaux sauvages sont particulièrement recherchés pour les combats de coqs.
On a décrit un piège particulier qui était utilisé autrefois pour capturer les oiseaux vivants
à Aitutaki. En dehors de l’homme, le Coq bankiva subit les prédations des chats, des chiens et de
Circus approximans dans les îles de la Société.
[Habitat et régime alimentaire]. — En Polynésie orientale, le Coq bankiva habite surtout
les forêts, jusqu’à 800 m d’altitude aux îles Marquises, et peut-être plus haut localement à Tahiti.
Ils vivent aussi dans des zones recouvertes de buissons (Eiao) ou des zones rocailleuses (Gambier).
Dans les basses terres des îles volcaniques, on trouve des sujets plus ou moins sauvages dans les vil¬
lages et dans les villes. A Nuku Hiva et Ua Huka, l’Exp. Whitney en trouva sur des îlots où ils se nour¬
rissaient d’insectes et des restes de la nourriture d’oiseaux de mer. Un ind. collecté avait mangé un
gros calmar.
Source : MNHN, Paris
64
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Le régime alimentaire des oiseaux vivant près des habitations est de nature variée (pain, crabes
écrasés sur les routes, pulpe de cocotier, insectes, fruits) ; les oiseaux sauvages vivant en forêt se nour¬
rissent d’insectes, de graines et de fruits, de préférence sur le sol et souvent en groupes sous des arbres
à baie. Il est fréquent qu’ils volent pour atteindre les branches de manguiers, de goyaviers ou d’autres
arbres à fruits charnus.
[Comportement]. — Les oiseaux en liberté sont très farouches, peut-être à cause de la chasse
qui leur est faite depuis longtemps. Les oiseaux vivant à Eiao et Mohotani sont nettement moins farou¬
ches que ceux vivant dans les autres îles des Marquises. Ils volent bien et courent très rapidement
quand ils sont dérangés.
[RBpnoDOCTioN]. - Des sujets domestiques ou semi-domestiques pondent toute l'année en
Polynésie, mais on possède peu d’informations sur les oiseaux sauvages.
Aux îles Marquises, des jeunes poussins ont été collectés en oct., un gros poussin en sept et
deux nichées ont été vues en mars ; à Rarotonga, un poussin développé aux trois-quarts fut noté en
juillet ; un md. avec deux œufs fut trouvé sur le sol dans un bosquet de Casuarina sp. à Tahuata en
avril 1975. Un nid trouvé sur une crête à Rarotonga était placé à 50 cm du sol au centre d’une fourche,
à la base d’un gros tronc ; constitué par une accumulation de feuilles mortes et de brindilles, il con¬
tenait trois œufs de couleur chamois.
Famille des RALLIDAE
Genre Rallus, syn. Hypolaenidia , Tahitornis.
L'existence passée d’un râle à long bec à Tahiti est connue grâce à une planche réalisée par
Georg Forster au cours de la seconde Expédition du Capitaine Cook (Lysaght, 1959) et par les brèves
descriptions de J. R. Forster (1844) et d'autres auteurs. La structure et la coloration de cet oiseau
sont assez semblables à celles de Rallus ( Hypolaenidia) philippensis L. qui est bien répandu dans le
Pacifique, depuis la Nouvelle-Guinée jusqu’aux Samoa américaines à l'est ; il convient toutefois de
noter que le Râle tévéa diffère du Râle tiklin par les parties supérieures surtout noires, le ventre non
barré, peut-être aussi par le bec et l'iris rouge-sang (cl. les descriptions de R. philippensis des Samoa
dans Ashmole, 1965 et duPont, 1976).
Il y a eu de grandes confusions à propos du nom de l’oiseau de Tahiti. Lysaght (1953 et 1959)
a montré, d’une part que le nom Rallus ecaudata J. F. Miller concerne un râle des Tonga, alors que
plusieurs auteurs l’on attribué à l’espèce de Tahiti (Mathews, 1927 ; Peters, 1934) et que d’autre part,
le nom correct du Râle de Tahiti était Rallus pacificus Gmelin.
Mathews (1930, note infra-paginale à l’appendice, p. 904) a donné le nom générique Tahitornis
pour Rallus pacificus Gmelin parce qu’il différait du type d 'Hypolaenidia par le bec plus grand, plus mince
et par le doigt médian plus court que le tarse. Ces distinctions subtiles furent reconnues sur la planche
de l’ouvrage de Rothschild (1907) qui est une copie de la planche de Forster (reproduite dans Thi¬
bault et Rives, 1975 et Ripley, 1977). Toutefois, même si ces différences ont été correctement repré¬
sentées, elles constituent une base insuffisante pour justifier une séparation générique.
Oison (1973) affirme que les wékas ( Gallirallus ) de Nouvelle-Zélande dérivaient des très répandus
râles à bandes, que Peters (1934) plaçait dans le sous-genre Hypotaenidia de Rallus. Nous sommes
d’accord qu’il s’agit de l’origine la plus probable des wekas, mais nous préférons retenir ce dernier
genre séparé (cf. Ripley, 1977) en considérant les différences importantes de structure avec Rallus
philippensis. Si une étude cautionnait la suggestion d’Olson, que R. philippensis n’est pas proche de
R. aquaticus, nous reconnaîtrions le genre Hypotaenidia pour R. philippensis et ses alliés.
Rallus (philippensis ?) pacificus (Gmelin), Râle tévéa.
Rallus pacificus Gmelin, 1789, Syst. Nat., I, pt. 2 ; p. 717. Basé sur le « Pacific Rail » de Latham, 1785, Gen.
Syn. Bds. 3 (1), p. 122, d’Otaheite et des îles voisines. Type perdu depuis longtemps.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
fAshmoÏ V 196^ a a h,t1 ’ \ de F ° rSter (1 f‘ 4) ; . Ve ’ A eSt ,e n0m vernaculaire d e R- philippensis aux Samoa
tahltipnnp ^ ’ M • S ° nt eS memCS C3r Te eSt ,,article défini dans ,es langues samoane et
tahitienne , le nom Maori Weka vient probablement de Ve’a)
L,th J°,îrnTÎT7 T d r G '° rg F ” !t " (Ly!aght - 1969) e * des le Gmelin,
atham (1785) et J. R. Forster (1844). Greenway (1967) interprète la représentation de J. R Forster
ains, : « Black with white spots or bars ; abdomen, throat and eyebrow white ; hind-neck ferruginous ■
breast grey ; bill blood red ; iris red ». B 8 »
tain 7, Découverl à Tahi «i aa "Ours de la seconde Expédition du Capi-
m“! n* “ 1773 ou . 1774 ' 9“ a " d G. Forster exécuta vraisemblablement la planche d'après un spéci-
ment. Un ne sait pas si un specimen a été rapporté en Angleterre, mais si tel est le eas, il a probable-
| d él ParU md,eu du x ‘* e s,èc1 '' Cet 0lseau "’ a P aa été retrouvé à Tahiti par la suite, il est vrai-
semb'able que espèce dut disparaître au début du xix» siècle. Curtiss (1938 et in Greenway 1967-
IhM ‘fri 1977 -’ PU ‘ S B u U ”° r 1972) SUSg " é 9 ue l’espèce avait survécu jusqu'au début du xx" siècle
la b 1 0Ctt “ yP ' f bi «“ P™ plausible (Holyoak, 1974b). Les commentaires de Brun»
de toutes .Vide Cet ,°' SCaU SOnt , bases T des renseignements fournis par la population locale qui,
<ie toutes evidence, n a pu connaître cet oiseau. 4
Genre Porzana, syn. Porzanoidea, Nesophylax.
Porzana tabuensis (Gmelin), Marouette fuligineuse.
^ S'7 T Gm,li î d789 ' Sy >*' "?*•■>■ P*- 2 - P' 717 ' »" M- »»» sur 1, . Tabuan Rail, de Latbam,
1785, de longa Tabu. Type probablement perdu depuis longtemps.
Syn. liallus nigra Miller, 1784, Var. Sub. Nat. Hist., pt. 9, pl. 50 Otaheite — Tahiti Tvn. n. h ni
depuis longtemps. Rallu, nigra Miller, 1784, Icoé Anim "T» 7 B XbriT
(1921), Mathews (1927) et Ly.aght (1956) ont prouvé que ce nom antidatait celui de «XA abZnÙ
Com'm.'h ™“m Î> a “"“S q “ eP '* m .(‘f 4 » '* “»>idér,it à tort comme synonyme de Porzana alra.
Comme le nom Pomma loi» (Gmelm) est utilisé depuis de nombreuses années, nous le maintenu^
clatur ‘Ü 7 de Ia Stab ' “ J U î' ‘ é‘é présentée à la Commission Internationale do Nomen-
n 717 Zoolog,,ue pour garder 1. nom de Gmelin. Poilus tahüUmi, Cmelin, 1789, Syst. Nat., 1, p,. 2,
ei des'lle, FriendTy ‘ ” ' de La * ham ’ 1WB - G “- S L a - B3a - 3 (*). P- 236, d'O,abrité
Mo’o
Kororo-Iva
(Marquises).
(Mitiaro, Atiu), Meho
(Mangareva, Beck, ms
(Tahiti), Kôtô Kôtô (Rapa), Mono (Tuamotu, Emory 1944),
; Quayle, ms), Chicken Bird (Pitcairn, Williams, 1960), Koao
[Répartition et statut]. — P. t. tabuensis (Gmelin) \
En Polynésie orientale (voir carte 7), il est connu des îles
et Marquises.
Cook, Australes, Tuamotu, Pitcairn
1. Mensurations de Porzana tabuensis de Polynésie orientale
.n.
queue
culmen exposé
10 <?<?
10 $9
79-85
(82)
76-84
(81)
38-45
(42)
37-44
(40)
19-21
(20)
18-19
(19)
28-33
(30)
26-31
(29)
Une femelle adulte de Tahiti pesait 30 g. Il y a
Polynésie orientale et de Mélanésie (Amadon, 1942a).
peu de variations de taille
ou de coloration entre les oiseaux de
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Cet oiseau peu visible passe facilement inaperçu. Il a été noté dans les lies suivantes, mais il est
vraisemblablement présent dans d’autres (comme Mauke, Rimatara, Rurutu, Fatu Huku et diverses
lies des Tuamotu). 11 a probablement diminué considérablement depuis l'introduction des chats Man-
e “*!nerr5 U , de ! a POP" 18 *' 0 " looal « ( C - C - CI “ k > *» Kb.). MUiaro : un ind. vu et d’autres entendus
en 1973 (Holyoak, ms). Atiu : un ind. vu et deux ou trois autres entendus en 1973 (Holyoak, ms)
Tubimî : un md. collecté et d’autres entendus en 1921 (Amadon, 1942a ; Quayle, ms) ; encore bien
répandu en 1974 (Thibault, ms). Rapa : nombreux spécimens collectés en 1921 et 1922 (Amadon
1942a ; Quayle ms) ; en 1974, il est encore bien répandu sur l'ile principale et sur les îlots Tauturou’
înnzl, ( Th,bau1 *' ’ RauUea ' entendu par Quayle en 1921 et de nouveau entendu en 1973 (Thibault
1974b). Moorea : Quayle (ms) collecta deux ind. et trouva un nid en 1921 ; noté en 1972-73 sur les
pentes du mont Roto Nui et dans un petit marais de la baie d’Oponohu (Thibault, 1974b) Tahiti ■
découvert au cours de la seconde Expédition du Capitaine Cook en 1773 et Georg Forster en fit une
pe “*” e “f® ** ,’ 959) ; 1 ;?ïf édi,i °” Wh:tney “ coll “ ,a d "“ *PÙ«™ au lac Vaheria
en 1920 et 1921 (Quayle, ms) i entre 1971 et 1974, un ind. fut observé au lac Vaheria (Holyoak, 1974b)
plusieurs couples notés au lac Vaifaufau (district de Taravao), un individu tué par un chat fut trouvé
à Ame, plusieurs entendu, en forêt sur un plateau qui domine la Papenoo et plusieurs couples localisés
sur les pentes du mont Mar.u (Thibault, ms). Tikehau : un spécimen collecté en 1923 (Beck, ms)
Haagtroa : en 1923, la population locale dit à Beck (ms) que l’espèce était présente sur Me ■ vers 1966
un md. fut observé non loin de la mare de Tiputa (Y. Plessis, comm. pers.). Ahe : en 1923, la population
locale dit à Beck (ms) que 1 espèce était présente sur Me. Manihi : en 1923, l’Expédition Whitney
la trouva assez abondante sur un îlot sans chat et collecta une série de spécimens (Beek, ms). Takapoto :
vue mais pas collectée en 1922 par l’Expédition Whitney, observée et entendue en 1974 (Thibault
ms). Tiket : quelques ind. furent entendus et observés par l’Expédition Whitney en 1922 mais aucun
ne fut collecté (Quayle, ms). Apataki : un ind. collecté en 1923 (Amadon, 1942a). Kaukum ■ en 1923
la population locale déclara à Beck (ms) que l’espèce était présente. Aratika : en 1923 l’Expédition
Whitney la trouva abondante sur un îlot et collecta une série de spécimens. Toau : en 1923 deux ind
furent observés et un spécimen collecté (Beck, ms). Kauehi : en 1923, la population locale déclara à
Beck (ms) que 1 espèce était présente. Baraka : en 1923, l’Expédition Whitney trouva cinq jeunes et
collecta un adulte (Beck, ms). Makemo : en 1923, la population locale déclara à Beck (ms) que l’espèce
était présente. Faaüe : en 1923, la population locale déclara à Beck (ms) que l’espèce était présente
Tuanake : un ind. observé par Beck (ms) en 1923, mais aucun oiseau n’est collecté. Hiti • un ind coUecté
en 1923 (Amadon, 1942a). Napuka i la population locale dit à Beck (ms) que l’espèce avait été exter¬
minée par les chats. Marutea sud : deux individus collectés et plusieurs autres vus ou entendus en 1922
(Beck, ms et Quayle, ms). Iles Gambier : Quayle collecta un individu sur Mot Manui en 1922 - la popu¬
lation locale lui précisa que l’espèce habitait autrefois Mangareva, mais que les chiens l’avaient fait
disparaître ; elle n’a pas été retrouvée par la suite (Lacan et Mougin, 1974b ; Thibault 1973a) Oeno ■
l’Expédition Whitney trouva un individu mort (Quayle, ms) et les habitants de Pitcairn déclarèrent
à Beck qu’un râle habitait Me ; Williams (1960) en vit en 1956, mai, il pensait que l’espèce était peu
abondante. Ducie : Williams (1960) mentionne qu’elle habite peut-être Me, mais il ne s’agit que d’une
supposition. Halutu : un individu collecté en 1922, alors qu’il était très commun (Beck, ms ■ Quayle
ms) i un seul ind. est observé en 1975 (Thibault, ms). Nuku Hwa : Quayle (ms) vit et collecta quelques
oiseaux sur le plateau de Toovn ; Berlioz (1934) mentionne un spécimen collecté dans la vallée de
Taiohae en 1933 ; un oiseau isolé fut entendu à Toovii en 1972 (Holyoak, 1975a) ; en 1975, l’espèce
est trouvée assez communément dans les régions boisées ou sur les collines recouvertes de’fougères
à partir de 500 mètres d’altitude. Ua Pou : connu de la population locale ; un individu est entendu
en foret à 600 m d’altitude en 1975 (Thibault, ms). Hioa Oa : plusieurs individus entendus au mont
O’otua en 1975 (Thibault, ms). Tahuata : plusieurs ind. vus et entendus sur l’arête centrale de Me
en 1975 (Thibault, ms). Fatu Isa : entendu par Quayle, au cours de l’Expédition Whitney ; entendu
à nouveau en 1975 (Thibault, ms).
[Habitat et régime alimentaire]. — Fréquente des habitats très variés, depuis la forêt de
montagne très humide sur les îles volcaniques jusqu’aux pentes herbacées très sèches des îlots et aux
cocoteraies des atolls. Sur les grandes îles volcaniques, on trouve l’espèce dans les zones un peu maré-
Source : MNHN, Paris
visitée par un ornithologue.
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
cageuses dan, les forêts montagnardes (jusqu'à 1 500 m d'altitude au moins) et dans les aones recou¬
vertes de fougères ; sur les petites lies volcaniques, on la trouve dans les forêts, les prairies, les tarodières ■
sur les .lots volcaniques, elle frequente les pentes herbacées humides (îlots autour de Rapa) ou très
sèches (Hatutu) i sur les atolls, on la trouve dans les régions recouvertes de buissons, bord des petites
mares, limites de cocoteraies. *
Elle se nourrit surtout sous le couvert végétal, mai, les traces observées sur des vasières et des
tarodières montrent quelle se rend de nuit dans des endroits plus ouverts. Sur un îlot de Rapa les
oiseaux ont été observes en milieu de journée sur les plages de galets. Le régime alimentaire et les tech-
mques de nourrissage sont pratiquement inconnus ; l'espèce se nourrit vraisemblablement de petit,
mvertebres comme les autres marouettes. '
[Comportement], - Vit isolé ou par couples qui limitent leur territoire par la voix. Plutôt
silencieux, mais quand les densités sont élevées (Rapa), les oiseaux crient beaucoup au cours de la
journee. Quand .1 est dérange, 1 oiseau s enfuit de préférence en courant, mai. il s'envole sur quelques
mètres ou quelque, tomes de mètres . 4 ne peut pas faire autrement. Quand il vole, l'oiseau produit
une succession de battements rapides, les pattes pendantes, le corps voûté. *
ment iHk" ^ OISea ' 1 , est «"tendu beaucoup plus souvent qu’il n'est vu. Appelle plus fréquem¬
ment à la tombée de la nuit et à 1 aurore. Le, appels sont très variés et difficiles à rendre phonétique¬
ment. Emet des trille, rapides, répétés une ou plusieurs fois de suite (jusqu'à 10 ou 12 fois) ; des notes
sifUees ouU'OUU-ouit-ouit, répétées longtemps et audibles à plus de 50 à 60 mètres ; un lin hou-hou-hou
ou tu-tu-tu. audible seulement de près ; un son à la fois grogné et roulé grrr.
1 M [R 7 8 rT,1,r ” id °"" P “ C °“ U de P» 1 *™™ orientale fut trouvé par Quayle
à Moorea le 29 ,u,l. 1921; c était une construction simple, en forme de coupe, composée de feuilles
sèches, de brindilles et de fougères placées dans une légère dépression sous des fougères, sur une pente
humide. Deux nids semblables, mai, vides furent trouvés non loin. Le nid, occupé, contrait trois œuf,
peu incubes déposés aujourd h„. à l'A.M.N.H. Ils sont de couleur chamois pâle avec des marques
gr„ clair pal, et sont couvert, de petits point, fins et peu distincts, de couleur brun clair et concentrés
autour de 1 extrémité la plus large. Ils mesurent 30.3 X 23.9, 29.4 X 23 3 et 29 7 x 23 3 mm
De, poussin, de quelques jour» furent notés alors qu'ils se déplaçaient avec un adulte'(Beck,' ms)
ce qui montre qu ils quittent le nid peu de jours après l’éclosion.
Les quelques informations que l'on possède sur la reproduction en Polynésie orientale font
penser que des oiseaux nichent toute 1 année. Le, œufs de Moorea furent trouvé, en juil., de jeunes
poussins à Raraka en mars, de vieux poussins à Rapa en fév. et avril, à Manihi en mars et à Tahiti
en dec. (Beck, ms et Quayle, ms).
Les informations notées sur les étiquettes d’oiseaux adultes montrent c
duction est très étendue.
t que la saison de repro-
Porzana atra North, Marouette de Henderson L
f™ .«a North, 1908, Rec. Austr. Mu, 7 p. 31. Ile Henderson. Helotype à l'Au.trali.n Muséum, Sydney.
Syn. Porzana murray, Ogilvie-Grant, 1913. Ile Henderson. Holotype au B.M.fN.H.). Nesophylvx auct.
Chicken Bird (Pitcairn, Williams, 1960).
1. Mensurations de Porzana atra
aile
queue
culmen exposé
tarse
10 <?<?
80-87
36-44
23-24
(84)
(40)
(24)
10 $9
79-86
36-43
21-22
(82)
(40)
(21)
(34)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE 0g
E„ ” STiTÜT] ' " Endé ™?™ à >'“« Henderson, Groupe Pitcairn (voir carte 7).
c , ’ ° e * a,t ° lseau assez à 1 intérieur de l'ile (North, 1908). L’Expédition Whitnev
le trouva aussi assea commun en 1922 et collecta de nombreux spécimens, surtout à l’intérieur mal
(lsSlTu’il étSlmmun ' "" ‘ m>> - E ” 1956 ' d “ habi,ant! daPi,cail '” dire ”' à Williarras
Quayle [ fm,r„ÔIe™’™7",7 S “ r ‘'i S °‘' “ C °“ Verl é P a “ a * ^sonnant.
„„ y ( 7 6 q, 1 l ° n f le trouvait plus souvent là où le sol est jonché de feuilles mortes. Il en vit se
Lan 6 " T J" f T lGS m ° rtRS 3VeC ,GUrS P attes c “ ^s poulets, mais avec une\ igueur
eaucoup plus grande, qu .1 projetait à plus d’un mètre en arrière les feuilles et les petits grains de corail
un ne possédé pas de details sur le régime alimentaire, mais North (1908) suggéra qu’il devait
se nourrir probablement de petits mollusques terrestres. q
L f CoMPORTEMENT ]- - Q»ayle (ms) nota que les oiseaux restaient souvent sous le couvert végétal
coura b t Uger: H ma,S qUG Certa,nS s ’ a PP rochaient de lui à deux ou trois mètres seulement ; oiseau aptère
courant rapidement en agitant ses ailes avec vivacité quand il était poursuivi par un chien. P
guayle vit les oiseaux isolés ou par couples et nota qu’ils étaient actifs aussi bien au milieu
. E "r d* 7 1 0b! ° U f - 11 - » ■“>» d - un endroit sans vé g Lt„
ies deux battaient des ailes mais, de toute évidence, ne volaient pas.
suite . ÜcÛèJv^ ï my r . ( . mS) 8 déC "* ‘'“PP 6 , 1 comme u “ ,riUe répétée plusieurs fois de
chaien, de ü h"” de ^ q “ e ^ ^ ° iSea “ X sa PP r0 "
1, [ REPRODU cx r l. — Le nid et l’œuf n’ont jamais été décrits. Beaucoup d’oiseaux collectés
par 1 Expédition Whitney en mars et avril 1922 étaient en activité sexuelle, mais d’autres muaient
e avaient des gonades de faible dimension ; un juvénile fut aussi collecté à la même époque
Genre Porphyrio.
Porphyrio porphyrio (L.), Talève poule-sultane.
tienne « “ Polï fT ° r ”° tale ast due à Wiglesworth (1891b) qui me»-
rett II7 bî P '° 1CS • 18 “ dapreS deUX s P cc,me “ immatures collectés par Andrew Gar-
é?rVarr7 q " e , SpCC,me “ a “« disparu. U « a « douteux qu’il s’agisse d’une erreur d’étiquetage
étaient doÙr / “'7“”'"* P as ie! Samoa ’ m d ' autre * de l'ouest du Pacifique. Ces oiseaux
Raiatea'eT’éteinte deptfis’^ongtemps. 8 ™ 08 ' d ’““ "van. autrefois à
Famille des CHARADRI1DAE
Genre Pluoialis, syn. Squatarola.
Pluoialis dominica (P. L. S. Müller), Pluvier fauve.
( R uk a h»nga), Tonna (Manihiti, Cook du sud), Ke.l.i ? (Pukapuka, Cook), Tôrea
quïès)'’ T “ am ° ’’ Tl 0,1 < Tubuaï >’ Tl iIE (R-pa), peut-être Keue (Mangareva), Keuhb ? (Mar-
[Répartition et statut]. — P. d. fulva.
CW 7 î; 7 2 ' P’ 687 ’ Ba “ *“ '« ■ Pulvou, Plover . de L.tham, 1785,
Gen Syn.. Bds. 3 (1), p. 211, d Otaheite. Type apparemment perdu.
Syn. comprend Charadrius tailensis Lesson, 1826. Tahiti.
Charadrius glaucopus Wagler, 1829. Ex Forster ms., Tahiti.
Source : MNHN, Paris
7 Q D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
En Polynésie orientale c’est un visiteur commun et bien répandu dans les îles de la Ligne,
Cook, Société et Tuamotu, moins abondant mais régulier aux Australes et aux Marqm.es jam
noté dans le Groupe Pitcairn et à l'ile de Pâques (carte 8). Parmi le. lun.coles visitant la Polynesie
c'est le second en abondance après Heleroscelw: incarna. La population totale en hivernage dans la
région est sans aucun doute de plusieurs milliers d oiseaux. . . . , ■ i,i„o rnfl ntp
Dans les lies de la Société où les habitats convenables sont limites, la population hlver ” anl ®
était estimée à un millier d'oiseaux (Thibault, 1974b), mais les popuhtion. hivernante, dksatofc du
nord et du centre des Tuamotu sont beaucoup plu. importantes. En Polynesie, le plus grand nom
d'oiseaux est présent de sept, à avril mai, il y a beaucoup de mentions en ]um et ,uil„ ce qui prouve
que les estivants sont assez nombreux (Stickney, 1943). „ .
I ’esDéce émigre sur de longue, distances au-dessus de 1 océan (Manson-Behr, 195J), mais U
semble que les oiseaux qui se rendent en Polynésie orientale s'arrêtent en cours de route sur d autre,
îles occasionnellement sur la mer (Munro, 1960). Plusieurs observation, prouvent que des oiseaux
migrateurs s’arrêtent provisoirement dan, le, lie, du nord de la Polynesie orientale pour continuer
plu? au sud ■ à l'ile Christmas, Gallaghcr (1960) observa des oiseaux de passage en plus des hivernants ,
les 50 Oise,;* comptés sur 1. petite Ile de Nassau le 7 août 1973 (Holyoak ms) comprenaient une
grande majorité de migrateurs ; de. dizaine, d'oiseaux furent observe, aux Marquise» en sept, alom
mie la population hivernante est réduite à quelque, ind. ; un grand nombre d oiseaux fut note en
automne et au printemps à Tetiaroa (Société) alors que 1. population hivernant est très faible. Des
observation, à Mooroa montrent qu’il y a aussi des mouvements entre novet fev. (Thibault, 1974 ^
On ne connaît qu'une seule observation d'oiseau en vol au-dessus de la mer un ind. qui volait
bas au-dessus de l'eau tourna autour d'un voilier à 200 km au nord-ouest de Nuku Hiva le 31 août
1972 (Holyoak, 1975a). ,
[Habitat et nourriture]. - En Polynésie orientale, il fréquente de, habitat, varies, mais
dégagés, plu, souvent loin de l'eau que ne le sont les habitat d ’ Heleroscelw, memm. Sur les atolls,
frequente j’/^'/.Trfourrit sur le, plages, les récifs, le, prairies littorales ou d'altitude
(jusqu'à 800 m aux Marquises), les terrains libres (aérodromes), les lagunes, les marais et les tjrod.è™
1 q Les oiseaux sont souvent peu farouche, et restent non loin de, endroit, habites. Ils se nour
rissent comme le, autres pluviers, en effectuant alternativement quelque, pas et des arrêt» pour piquer
un animal Se nourrit parfois dan, l'eau peu profonde et souvent sur des terrain, secs. Le régime ali¬
mentaire noté en Polynésie orientale comprend : des petits mollusque, (Gastéropodes marins, Bivalves
marins, petit, mollusques terrestres), de. petit, crustacés (Ostraeode, Bracbyoure du genre Uca, p«M.
crabes) et une variété d’insectes (Coléoptère, supposes ; larves de Diptères). Clapp et T.lger (1967)
ont noté dans les contenus stomacaux un lézard (Ablephorus bonloru).
rfoMPORTEMENTl - En Polynésie orientale, on les trouve isolés ou par petits groupes de quel-
que, ind sur les lieux d'hivernage, mai, par dizaines ou par centaines en migration (200 notes ensemble
à Niau en sept. 1974, Thibault, ms). En hivernage, les oiseaux se tiennent à quelque distance les un,
des autres et il est fréquent de voir un ind. qui se nourrit en chasser un autre qui , approche trop près ,
ce qui fait penser que les oiseaux défendent une . distance individuelle ».
Le plumage d'hiver est acquis au cours d une mue complète entre août et fev. Le plumage
nuptial est^acquis après une mue des plumes du corps, des rcctrices centrales, de quelque, secondaires
internes, de quelques petites couverture, alaires, entre mars et mai. Toutefois, beaucoup d individu,
qui estivent en Polynésie n'acquièrent pas, ou n'acquièrent qu en partie, leur plumage nuptial. Le plu¬
mage juvénile, à l'exception, semble-t-il, de, rémige, et de la plupart des rectrices, mue de sept, à janv.
Pluvialis squatarola (L.), Pluvier argenté.
Signalé quatre fois en Polynésie orientale : Malden : un vu le 22 juin 1964 (Clapp et Sibley,
1967) ; Fanning : deux vus le 20 mars 1967 (Clapp 1968b) ; Manuae: un vu le 31 août 1973 (Holyoak,
1976b) • Nuku Hiva : deux vus ensemble du 2 juil. au 14 nov. 1975 (Thibault, ms). . .
Én Polynésie, visite les plages, les rivage, de lagons, seul ou en compagnie de P. domimca.
Source : MNHN, Paris
île jamais visitée par un ornithologue
72
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Charadrius semipalmatus Bonaparte, Pluvier semi-palmé.
La seule mention en Polynésie orientale est celle d’un adulte mâle en mue collecté sur une plage
de Ua Huka, îles Marquises, le 6 sept. 1975 (M.N.H.N.).
Famille des SCOLOPACIDAE
Genre Limosa.
Limosa lapponica (L.), Barge rousse.
On ne possède pas de preuve certaine de sa présence en Polynésie orientale. Batham et Batham
(1973) ont noté un groupe de 20 oiseaux de cette espèce et d’Asiatic Whimbrel « Numenius variegaius »
à Suwarrow en oct. 1968. Mais comme leurs Courlis asiatiques étaient certainement N. tahitiensis
(Holyoak, 1976b), leur mention de Limosa doit être acceptée avec réserves. Les habitants de Pukapuka
(Cook) ont déclaré à l’un de nous (D.T.H.) qu’ils voyaient régulièrement en petit nombre et durant
l’hiver boréal des oiseaux ressemblant au Kaue (N. tahitiensis) mais avec un bec droit. Une personne
qui avait fait l’observation d’oiseaux en Nouvelle-Zélande les appelait « Bar-tailed Godwits » et il
est vraisemblable qu’il s’agit de L. lapponica.
Genre Numenius, syn. Phaeopus.
Numenius tahitiensis (Gmelin), Courlis d’Alaska.
Scdopax tahitiensis Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 656. Basé sur le < Otaheite Curlew . de Latha.n, 1785,
Gen Syn. Bds. 3 (1), p. 122, d’Otaheite. Type perdu depuis longtemps.
Syn. Numenius femoralis Peale, 1848. Ile Vincennes = Kauehi, Tuamotu. Cinq syntypes au N.M.N.H. (Dei-
gnan, 1961).
Kim (Rakahanga, Manihiki), Kaue (Pukapuka), Kivi (Palmerston), Kiohi, Kiovi (Mitiaro,
Mauke) Teu’e, Kivi, Kiwi (Société), Vea ? (Moorea, Quayle, ms), Kivi (Tuamotu, Emory, 1944),
Kiwi (Marutea sud, Quayle, ms), Kivi, Kivikivi (Mangareva, Buck, 1938), Kioi (Nuku Hiva), Keuhe
(Hiva ®^ artition et STATUT ], _ Visiteur régulier dans la plupart des îles de la Ligne, Cook, Société,
Tuamotu, Pitcairn et Marquises, peu fréquent aux Australes et jamais noté à l’îlc de Pâques (carte 8).
En Polynésie, il est plus commun d’août à avril ou mai, mais il y a beaucoup d’observations en juin,
ce qui montre qu’une partie de la population estive. En Polynésie, il est généralement plus commun
sur les atolls que sur les îles volcaniques ; aussi ce sont les Tuamotu qui accueillent la grande majorité
des oiseaux alors que les îles Marquises (uniquement volcaniques) ne reçoivent que des oiseaux de
passage et un nombre négligeable d’hivernants. C’est le limicole le plus commun après Heteroscelus
incanus et Pluvialis dominica, et on le rencontre en troupe de dizaines, parfois de centaines d indi¬
vidus au moment des migrations (comme à Takutea le 3 sept. 1973) (Holyoak, ms) ou en oct. 1973 à
Suwarrow (R. Desforges, comm. pers.).
[Habitat et nourriture]. — Occupe des habitats variés en Polynésie, mais la grande majo-
rite des oiseau* fréquentent les lies coralliennes où ils se nourrissent sur le récif, les plages, les cocoto-
raies dégagées, les vasières, les espaces ouverts. Sur les lies volcaniques, on les trouve sur les plages,
les prairies (en altitude, jusqu'à 800 m à Nuku Hiva), les pentes recouvertes de fougères, les soncs
humides mais pas le long des rivières à l'intérieur des lies. Très souvent observés sur les Ilots qui
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
73
abritent des colonies d’oiseaux de mer. Le régime alimentaire comprend principalement des crustacés,
des insectes et des produits d’origine végétale. Selon Lacan et Mougin (1974b) et Mougin et Stockmann
(1969), les contenus stomacaux de 14 oiseaux collectés aux Tuamotu ont révélé : Gastéropodes ( Nerita
plicala et Tectarius coronarius entre autres), crustacés (Graspidae et Coenobita perlatus entre autres),
insectes, un scorpion (Hormurus auslralasiae) et des végétaux divers. Dans la Société, les oiseaux se
nourrissent entre autres aliments, de crabes (y compris Uca sp.) ; un oiseau a été vu piquant un cadavre
de poisson (Chaetodon sp.) échoué sur une plage (Thibault, 1974b). Seurat (1934) a noté des bernard-
l’hermite dans le régime alimentaire d’oiseaux des Tuamotu et Williams (1960) a aussi noté des Crus¬
tacés. Deux spécimens collectés aux îles Cook avaient mangé des petits crabes et l’un d eux des algues
filamenteuses de couleur verte (Holyoak, ms). Quayle (ms) nota qu un spécimen collecté à Tahiti
avait mangé cinq mollusques terrestres, en entier avec la coquille.
Pour se nourrir, les oiseaux introduisent leur bec dans les trous de crabes à pinces rouges pour
les en extraire, ils cherchent aussi dans les interstices de corail, retournent les algues encroûtantes
ou fouillent activement les prairies. Des oiseaux observés à Takutea, en sept. 1973, se perchaient
dans les arbres où nichaient Fregala minor et Sula sula, récupérant des morceaux de nourriture perdus
par ces oiseaux. Un courlis s’envola d’une palme de cocotier vers un nid de F. minor où il avala un
poussin de frégate fraîchement éclos (Holyoak, ms).
[Comportement]. — On observe parfois des parades en Polynésie, tel ce groupe de six ind.
vus en sept, aux îles Marquises qui avançaient les ailes déployées, tenues sur le côté (Holyoak, 1975a).
Mais la parade n’a pas été décrite en détail.
Tringa melanoleuca (Gmelin), Chevalier criard.
Un limicole observé sur le récif d’Avarua à Rarotonga le 24 août 1975 et le même oiseau (ou
un autre) vu à Ngatangia Harbour (Rarotonga) le lendemain par F. J. Taylor (comm. pers.) appar¬
tenait soit à cette espèce, soit au Chevalier à pattes jaunes Tringa flavipes (Gmelin). La description
qui nous a été donnée était en effet insuffisante pour déterminer à laquelle de ces deux espèces d’Amé¬
rique du Nord appartenait ce limicole. Les îles Hawaii sont visitées plus souvent par T. flaoipes que
par T. melanoleuca.
Genre Heteroscelus.
Heteroscelus incanus (Gmelin), Chevalier errant L
Scolopax incana Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 658. Basé sur le « Ash-coloured Snipe » de Latham, 1785,
Gen. Syn. Bds. 3 (1), p. 154, d’Eimeo (= Moorea) et des îles Palmerston.
Syn. Scolopax undulata Forster, Tahiti. Scolopax pacifica Forster, Tahiti. Totanus oceanicus Lesson, Océan
Pacifique. Tringa incana (Gmelin).
Rakiea (Rakahanga, Manihiki), Poroporouenga ? (Pukapuka), Kuri (Palmerston, Bur-
land, 1964), Kuriri (Takapoto, îles méridionales des Cook ; aussi connu sous le nom de Torea à Man-
gaia, mais il s’agit probablement d’une confusion avec Pluvialis dominica), ’Uriri (îles de la Société),
Kekerei’a (Rapa), Torea (Mangareva, Beck, ms), Kivi (Nuku Hiva), Tuki (Hiva Oa), Kikiriri
(Hiva Oa, Tahuata).
[Répartition et statut]. — C’est le limicole le plus répandu et le plus commun en Polynésie.
Il a été noté dans toutes les îles visitées par des ornithologues à l’exception de l’île de Pâques (carte 8).
Il est commun, même sur des îles isolées comme Rapa où une population de 60-70 oiseaux hivernaient
en 1974 (Thibault, ms). Les populations hivernantes sur les îles volcaniques et les grands atolls sont
1. Nous avons recherché, mais sans succès, H. brevipes (Vieillot) sur le terrain et dans les collections (plusieurs
centaines de spécimens examinés).
Source : MNHN, Paris
74
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
estimées à plusieurs centaines d’individus. En Polynésie orientale, le nombre des oiseaux est plus élevé
de la fin de juil. à la fin avril ou début mai, mais certains oiseaux estivent dans la région.
[Habitat et nourriture]. — En Polynésie orientale, la majorité des oiseaux fréquentent les
côtes, tant rocheuses que coralliennes (plus rarement les côtes sableuses). Ils recherchent leur nourriture
dans une eau peu profonde sur les plages ou sur les récifs. Les places favorites sont les petites zones de vase
et les accumulations de débris sur les plages. Fréquente aussi les bords de rivières dans les grandes
îles volcaniques et les retenues d’eau diverses. C’est ainsi qu’il a été noté à plusieurs km en amont
dans les vallées de Tahiti et au bord de petites mares sur des plateaux à 800 m d’altitude aux îles Mar¬
quises. Fréquente aussi en petit nombre, au moment des migrations, les espaces dégagés, aéroports
zones désertiques... comme le fait Pluvialis dominica.
Les oiseaux qui hivernent en Polynésie utilisent plusieurs méthodes pour se nourrir. Dans la
vase molle et l’eau peu profonde, tantôt ils courent sur de courtes distances de façon brusque et sacca¬
dée, frappant rapidement le sol à chaque arrêt, tantôt ils sondent le sol plus profondément. Dans les
terrains secs, ils courent constamment en changeant de direction, piquant le sol çà et là de façon très
rapide. A Bora Bora, des oiseaux apportaient leurs proies dans l’eau pour les laver avant de les avaler
(Holyoak, 1974b).
En Polynésie orientale, le régime alimentaire est composé de petits mollusques, de petits crabes
(Uca sp. entre autres), de « Myriapodes », probablement de petits vers, d’insectes (y compris des Dip¬
tères), de petits poissons et de petites quantités de matériaux d’origine végétale, comme de la pulpe
de noix de cocotier. Les contenus stomacaux de 26 ind. collectés aux Tuamotu (Lacan et Mougin,
1974b) comprenaient des petits crustacés (spécialement des crabes). Clapp et Tilger (1967) ont noté
la capture d’un lézard.
[Comportement]. — En hivernage, les oiseaux sont généralement seuls ou par petits groupes
lâches. En migration, ils sont parfois vus par centaines d’individus (250 ensemble à Niau en sept.
1974, Thibault, ms). Les oiseaux restent groupés quand ils arrivent dans une île, mais s’il ne s’agit
pas d’une étape migratoire, il y a dispersion du groupe 24 heures environ après leur arrivé (Rapa,
déc. 1974, Thibault, ms).
Genre Aechmorhynchus.
Aechmorhynchus cancellatus Gmelin, Bécasseau polynésien *.
Aechmorhynchus cancellatus Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 675. Basé sur le « Barred Phalarope » de Latham,
1785, Gen. Syn. Bds. 3 (1), p. 274 de l’île Christmas (Océan Pacifique). Type perdu depuis longtemps.
Syn. Tringa parvirostris Peale, 1848, U.S. Expi. Exped., Birds, 8, p. 235. Honden (= Puka-Puka) et Baraka,
Paumotu Group (= Tuamotu). Syntypes au N.M.N.H. et au Mus. Comp. Zool., Harvard (Dcignan
1961).
Titi (Marutea sud, Quayle, ms), Kivikivi (Mangareva, Quayle, ms).
1. Mensurations et Poids de Aechmorhynchus cancellatus
aile
queue
culmen exposé
tarse
l 8 JJ
98-109
51.5-60
15-16
23.5-26
Tuanake et Tepoto
(104.5)
(55)
(15.7)
(25)
( 44 $?
99-109
54-62
15.5-16.5
25-26.5
(105)
(59)
(16.0)
(25.5)
( 4 JJ
101-109
56-59
16-17
24.5-26.5
Iles Gambier
(104)
(57)
(16.6)
( 3 9$
100, 101, 102
56, 57, 54.5
?, 17.5, 17
?. 24, 25.5
Trois mâles pesaient 28.8, 27.2, 27.0 g et trois femelles pesaient 25.8, 25.0 et 26.5 g (Lacan et Mougin, 1974b).
Source : MNHN, Paris
usitée par un ornithologue.
76
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Description]. — Les spécimens du groupe Acteon ont une longueur de bec intermédiaire
entre celles des oiseaux de Tuanake et Tepoto au nord et celles des oiseaux des îles Gambier au sud
[15.5-17 (16.1) mm pour 10 mâles]. La proportion d’oiseaux avec un plumage sombre ou clair varie
d’une île à l’autre.
[Répartition et statut]. — Probablement bien répandu en Polynésie orientale avant le
xix e siècle, alors qu’il habitait les îles de la Ligne et l’ensemble des Tuamotu. Il est possible qu’il ait
habité le nord des îles Cook et certaines îles de la Société. Gray (1859) l’a inclus dans l’avifaune des
îles Cook, mais avec des réserves, l’origine de cette mention étant incertaine. Leur nombre a considé¬
rablement diminué et il est maintenant localisé à un petit nombre d’atolls des Tuamotu sur lesquels
le chat n’a pas été introduit.
Nous indiquons ci-dessous les îles où il a été noté (voir carte 9). Christ mas : découvert au cours
de la troisième Exp. du Capitaine Cook en janv. 1778, et une peinture a été réalisée par W. W. Ellis
(Lysaght, 1959) ; Latham (1785) a probablement vu un spécimen dans la collection de Sir Joseph
Banks (spécimen perdu depuis longtemps). Lowe (1927), Lysaght (1959) et Stresemann (1950) ont
estimé que l’oiseau représenté par Ellis était dans la norme des variations trouvées chez les spécimens
des Tuamotu. Cette population de l’île Christmas ne fut pas retrouvée par les visiteurs du xix® siècle
et il est vraisemblable qu’elle est éteinte depuis longtemps. Bangiroa : un oiseau isolé, noté en 1972,
devait être un égaré (Holyoak, 1973a). Kauehi : un oiseau fut observé en mars 1923 et quatre furent
collectés en mai 1923 (Beck, ms ; Greenway, 1967 ; Quayle, ms). Faharava : collecté en 1923 (Beck
et Quayle, ms) ; pas noté en 1929 (Fisher et Wetmore, 1931). Baraka : vu par Peale en 1839, qui
l’estima moins commun qu’à Henuake (= Puka-Puka), (Peale, 1848 ; Cassin, 1858). Tahanea : collecté
en 1923 (Beck, ms). Katiu : collecté en 1923 (Greenway, 1967 ; Quayle, ms). Tuanake : collecté en 1923
(Beck, ms). Hiti : environ sept ind. sont vus en oct. 1921 (Quayle, ms) ; deux œufs libellés « Tuanake »
(Greenway, 1967) y ont été apparemment collectés en 1923 (Beck, ms). Tepoto : plusieurs sp. collectés en
1923 (Beck, ms). Puka-Puka : Peale (1848) le trouva commun en août 1839, il vit des œufs et des jeunes
et collecta cinq adultes (Deignan, 1961) ; plus récemment, Seurat (1904), puis Lacan et Mougin (1974b)
ne l’ont pas trouvé. Pinaki : collecté en 1899 (Townsend et Wetmore, 1919). Vanavana : vu et collecté
en 1922. Tenararo : abondant en juin 1922 (lleck, ms et Quayle, ms). Vahangn : Quayle (ms), après
avoir parcouru tout l’atoll, ne vit que quatre oiseaux (dont trois furent collectés, Beck, ms). Tena-
runga : trouvé en grand nombre d’un côté de File en 1922, mais peu abondant de l'autre côté (Beck,
ms et Quayle, ms). Maturei-Vaoao : en 1922, Quayle (ms) écrivait qu’il en vit des centaines, dont 20
sur une toute petite superficie. Noté comme assez commun en 1966, bien qu’il soit quelquefois tué
par les visiteurs de l’île (Lacan et Mougin, 1974b). Maruteasud: collecté au tout début du siècle (Seurat,
1903) ; en 1922, il était commun sur le Motu Kaveka, mais quelques-uns seulement furent notés sur
les autres îlots (Beck, ms et Quayle, ms) ; en 1965, il était peu abondant (Lacan et Mougin, 1974b).
Maria : très commun en 1922 (Beck, ms et Quayle, ms). Iles Gambier : Lesson (1844) mentionne « le
phalarope » à Mangareva et il s’agit certainement du bécasseau polynésien ; l'Expédition Whitney
le trouva en 1922 en petit nombre sur les îlots Makaroa, Manui, Kamaka et peut-être Motu Teiku ;
cette population a aujourd’hui disparu (Thibault, 1973a).
[Habitat et nourriture]. — Fréquente surtout les régions ouvertes sur des atolls et des
îlots inhabités, ou offrant seulement un habitat humain temporaire. Il est absent où ont été introduits
des chats ou des rats ( Hallus norvegicus) ; toutefois, l’Expédition Whitney a noté Battus exulans sur
plusieurs îles où l’on rencontre ce bécasseau (Quayle, ms). Il fréquente les plages, les barrières de corail
sur les atolls et les régions sèches jonchées de débris coralliens et recouvertes de buissons et d’arbustes •
mais il est absent des régions où le couvert arbustif est trop dense. Quayle (ms) trouva qu’il était plus
commun près des hoas. Aux îles Gambier, il fréquente les rochers et les pentes recouvertes de végé¬
tation herbacée (Quayle, ms). Le nid trouvé par l’Expédition Whitney était sur une plage de corail
le long du lagon (Beck, ms).
Le régime alimentaire est principalement composé d’insectes. Les contenus stomacaux étudiés
par Lowe (1927) comprenaient des fourmis (Hyménoptères), des Chalcidae (Ilyménoptère) et des
criquets ou des sauterelles (Orthoptères). Les contenus stomacaux étudiés par Lacan et Mougin (1974b)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
77
étaient également des insectes, parmi lesquels furent identifiés des Coléoptères, mais il y avait aussi
des restes de végétaux. Quayle (ms) nota qu’il se nourrissait de petits invertébrés piqués sur les plages
de corail, sur les plantes basses, et sur le feuillage des arbustes. Il vit un spécimen piquer une fleur
jaune. Plusieurs ind. gardés en captivité sur le bateau de l’Expédition Whitney mangeaient des can¬
crelats et des fourmis, les pourchassant souvent délibérément ; ces oiseaux mangeaient aussi des petits
morceaux de viande provenant des spécimens collectés.
[Comportement]. — Très peu farouche et étonnamment confiant ; il est possible de s’en appro¬
cher à quelques mètres seulement. Quayle (ms) nota que les oiseaux étaient très curieux, et qu’ils
volaient et se perchaient près de lui et des chiens de l’Expédition, en se laissant parfois attraper à la
main. Se perche souvent dans les arbres et les buissons à toutes les hauteurs, parfois sur des brindilles
ou des grandes feuilles (Beck, ms ; Quayle, ms). Beck nota qu’il s’affaire çà et là dans les arbres aussi
bien qu’une fauvette. Les collecteurs virent souvent des groupes de 12-14 oiseaux voler ensemble,
mais aussi des oiseaux isolés ou par couples. Quayle (ms) nota qu’à Maria, les oiseaux étaient actifs au
clair de lune.
[Voix]. — L’appel le plus fréquent et le plus caractéristique est une série de son flûtés émis
sur un ton élevé, répétés souvent pendant longtemps quand l’oiseau est perché ou en vol (Beck, ms ;
Holyoak, 1973a ; Quayle, ms). Quayle nota un certain nombre d’autres appels : tantôt l’oiseau lance
une note ressemblant à celle d’un jeune poulet (mais un peu plus douce), tantôt il émet un appel bas
mih, tantôt il lance en vol un joyeux trille.
[Reproduction]. — Le seul nid qui ait été décrit fut trouvé par Madame Correia le 5 mai 1923
à Hiti (Beck, ms), bien qu’il soit libellé Tuanake comme l’a mentionné Greenway (1967). Le nid était
d une structure légère composée de petites herbes sèches placées dans une petite dépression, près du
rivage en bordure du lagon ; il contenait deux œufs à peine incubés, sur lesquels reposait un oiseau.
Les œufs, déposés à 1A.M.N.H., mesurent 34.8 X 25.4 et 35.6 X 26.0 mm. Ils sont mats, de couleur
chamois pâle (presque blanc), semblable à celle du sol, avec des taches brun-rouge et des marques
gris-lavande sur la coquille ; ces marques sont concentrées autour du côté le plus large et sont mélangées
de raies et de points noirs.
Peale (1848) trouva des œufs et des poussins à Puka-Puka en août 1839, mais on ne trouve
pas trace d’œufs qu’il aurait pu collecter. Plusieurs auteurs ont suggéré que l’espèce nichait de façon
saisonnière (Greenway, 1967 ; Lacan et Mougin, 1974b).
Dans les séries de spécimens collectés par l’Expédition Whitney, étaient en activités sexuelle :
trois individus sur 12 en mars, environ un tiers en mai-juin et deux sur trois en oct. Lacan et Mougin
(1974b) ont collecté des oiseaux en repos sexuel et n’ont noté aucune nidification en nov. 1965, mars
et avril 1966. Il est vraisemblable qu’il niche principalement durant l’hiver austral.
Les oiseaux adultes et immatures avec un plumage tant en mue qu’à un stade d’usure variable,
étaient nombreux dans les larges séries de spécimens collectés en mai et juin par l’Expédition Whitney.
La mue est remarquablement lente pour un bécasseau, avec seulement une ou deux rémiges primaires
collatérales poussant simultanément. Certains oiseaux en mue des rémiges externes étaient en activité
sexuelle.
Genre Prosobonia.
Prosobonia leucoptera (Gmelin), Bécasseau à ailes blanches.
Tringa leucoptera Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 678. Tahiti et Eimeo (= Moorea). Basé sur le « White-
winged Sandpiper » de Latham, 1785, Gen. Syn. Bds. 3 (1), p. 172, d’Otaheite... aussi d’Eimeo.
Prosobonia ellisi Sharpe 1906, Bull. Br. Orn. Cl., 16, p. 86. Eimeo (= Moorea).
Torome (Tahiti, Latham, 1781-1802), Tete (Moorea, Latham, 1781-1802).
[Répartition et statut], — Habitait autrefois Tahiti et Moorea (îles de la Société), où il a
été découvert au cours des seconde et troisième Expédition du Capitaine Cook (voir carte 9). Il semble
Source : MNHN, Paris
78
). T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
que Latham ait vu trois spécimens au moins, mais un seul a pu être conservé ; il s’agit d’un oiseau
monté déposé au Muséum de Leyden, Pays-Bas (cliché dans Zusi et Jehl, 1970). On possède aussi
trois peintures des Expéditions du Capitaine Cook (Lysaght, 1959). Aucun des collecteurs ne l'a retrouvé
par la suite et il est vraisemblable que l’espèce s’éteignit au début du xix e siècle.
[Habitat], — Une notation de Forster (1844) signale qu’on le trouve plutôt près des ruisseaux
et des rivières que près des côtes, et qu’il niche sur le sol.
Arenaria interpres (L.), Tournepierre à collier.
C’est probablement un hivernant ou un migrateur régulier en petit nombre dans les îles de la
Ligne, Cook et Société, mais moins fréquent plus à l’est. Il a été noté dans les îles suivantes. Palmyre :
citée par Streets (1877a). Christmas : deux vus, dont un collecté le 12 fév. 1921 (Quayle, ms ; Stickney,
1943) ; 5 à 20 vus régulièrement de sept. 1958 à mars 1959 (Gallagher, 1960). Manihiki : un vu le 13 août
1973 (Holyoak, 1975b). Suwarrow : plusieurs vus en oct. 1972 (R. Desforges, comm. pers.). Manuae :
un groupe de huit est vu le 1 er sept. 1973 ; deux autres ind. sont vus le 2 sept. 1973 (Holyoak, 1975b).
Takulea : un vu le 3 sept. 1973 (Holyoak, 1975b). Mitiaro : un vu le 17 sept. 1973 (Holyoak, 1975b).
Rarotonga : deux vus les 25-27 août 1975 par F. J. Taylor (comm. pers.). Scilly : un groupe de 18,
dont un collecté (M.N.H.N.), le 8 oct. 1973 (Thibault, 1974b). Tupal : deux vus les 25 et 26 sept. 1973
(Thibault, 1976). Teliaroa : un vu du 30 mars au 18 avril 1973 (Thibault, 1976). Niau : deux vus les
12 et 13 sept. 1974 (Thibault, ms). Nuku Riva : un vu le 24 nov. 1975 (Thibault, ms).
Il est difficile de savoir à quelle sous-espèce les oiseaux appartiennent, car l’identification des
deux formes nécessite des spécimens en plumage nuptial. La plupart des oiseaux notés en Polynésie
étaient sur les vasières et les plages d’atolls.
Genre Phalaropus, syn. Lobipes, Steganopus.
Phalaropus Iricolor (Vieillot), Phalarope de Wilson.
Accidentel dans le Pacifique tropical, où il a été noté une fois sur l’atoll Johnston (King, 1967)
et une fois, en mer, à mi-chemin entre les îles Galapagos et l’île de Pâques (Alexander, 1927). La route
principale de migration longe probablement la côte sud-américaine, mais des oiseaux égarés pourraient
à l’occasion être notés en Polynésie orientale.
Phalaropus lobatus (L.), Phalarope à bec étroit.
Dans le Pacifique central, l’espèce a été notée trois fois à Hawaï (King, 1967). Pourrait à l’occa¬
sion être noté en mer près des îles de la Ligne.
Phalaropus fulicarius (L.), Phalarope à bec large.
Les seules mentions de Polynésie orientale concernent des petits groupes d’oiseaux vus en mer
près des îles de la Ligne, entre février et avril (King, 1967).
Genre Calidris, syn. Crocethia, Ereunetes, Erolia.
Calidris alba (Pallas), Bécasseau sanderling.
Turi, Tuki (Marquises).
[Répartition f.t statut]. — L’espèce a été notée dans les îles suivantes ; Palmyre : cinq vus
le 28 nov. (Clapp et Sibley, 1967) ; un vu le 12 nov. 1966 (Clapp, 1968). Washington : deux vus le 25 nov.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
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1964 (Clapp et Siblcy, 1967). Christmas : un vu le 7 nov. 1953 (King, 1955) ; un vu en 1958 (Gallagher,
1959b) ; un vu le 22 mars 1964 et deux collectés le 23 nov. 1964 (Clapp et Sibley, 1967). Jarvis : un vu
le 15 nov. 1964 (Clapp et Sibley, 1967) ; un vu le 26 mars 1967 (Clapp, 1968). Manihiki : un vu le 13 août
1973 (1 lolyoak, 1975b). Manuac : deux vus le 1 er sept. 1973 (Holyoak, 1975b). Scilly : trois individus
observés, dont un collecté (M.N.H.N.), les 7 et 8 oct. 1973 (Thibault, 1974b). Maupiti : deux vus, dont
un collecté (M.N.H.N.), le 17 juin 1973 (Thibault, 1974). Tureia : vu en nov. et deux spécimens collectés
(Lacan et Mougin, 1974b). Reao : vu en avril (Lacan et Mougin, 1974b). Fangataufa : vu en avril (Lacan
et Mougin, 1974b). Iles Gambier : vus sur deux îlots en avril (Lacan et Mougin, 1974b). Ducie : un
collecté le 20 mai 1922 (Stickney, 1943). Nultu Hiva : un ind. collecté et un autre vu en oct. 1921 (Quayle,
ms ; Stickney, 1943) ; un vu en oct. puis cinq vus le 5 nov. 1971 (Thibault, 1973b) ; jusqu’à huit notés
ensemble durant tout l’automne 1975 (Thibault, ms). Ua Pou : un collecté le 25 juil. 1975 (M.N.H.N.) ;
deux vus du 21 juil. au 4 août 1975.
[Habitat et nourriture]. — Fréquente de préférence les plages de sable. Les contenus sto¬
macaux de trois spécimens collectés aux Tuamotu avaient des insectes, des larves d’insectes, les restes
de petits Bivalves et Gastéropodes (Lacan et Mougin, 1974b). Deux spécimens collectés dans la Société
avaient mangé des Coléoptères, des Amphipodes et des Polychètes (Thibault, 1974b).
Calidris melanotos (Vieillot), Bécasseau tacheté.
Noté dans les Iles suivantes : Scilly : un spécimen collecté le 7 oct. 1973 (Thibault, 1974b).
Rapa : sept individus observés, dont trois collectés (M.N.H.N.) entre le 24 oct. et le 15 déc. 1974.
Il est vraisemblable que l’espèce atteint la Polynésie orientale chaque année. Fréquente les
prairies, les embouchures de rivières et les lagunes.
Calidris acuminala (Horsfield), Bécasseau à queue pointue.
Noté dans les îles suivantes : Palmyre : trois vus du 27 au 29 nov. 1964 (Clapp et Sibley, 1967) ;
deux vus, dont un collecté, le 14 nov. 1966 (Clapp, 1968). Fanning : 35 vus, dont 4 collectés, le 20 mars
1967 (Clapp, 1968).
Les îles où l’espèce a été notée dans le Pacifique central sont assez proches de la trajectoire
allant de la Sibérie orientale à la Nouvelle-Zélande, aussi est-il possible qu'une petite proportion de
la population émigre régulièrement à travers le Pacifique central.
Se nourrit sur les lagunes et souvent dans la végétation basse.
Genre Philomachus.
Philomachus pugnax (L.), Bécasseau combattant.
La seule mention de Polynésie concerne un mâle en plumage d’hiver vu à Rapa le 3 nov. 1974
et collecté le lendemain (spécimen déposé au M.N.H.N.). Cet oiseau était à plus de 6 000 km des régions
qu’il visite parfois et à plus de 10 000 km de son aire d’hivernage habituel.
Famille des STERCORARIIDAE
Genre Stercorarius, syn. Catharacla.
Plusieurs observations d’oiseaux non identifiés, y compris de labbes parasitant des sternes,
nous amènent à penser qu’ils visitent régulièrement la Polynésie orientale.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Stercorarius maccormicki Saunders, Grand Labbe de l’Antarctique.
Dans le Pacifique, l’espèce a été identifiée à plusieurs reprises au large du Japon et des oiseaux
en petit nombre (espèce indéterminée) ont été notés d’avril à nov. en mer dans le Pacifique central,
près des îles Hawaii, des îles de la Ligne et Phoenix (King, 1967). C’est probablement un migrateur
peu commun venant des eaux antarctiques et se dirigeant vers le nord du Pacifique plutôt qu’un visi¬
teur occasionnel.
Stercorarius pomarinus (Temminck), Labbe pomarin.
Les seules mentions de Polynésie orientale concernent un ind. collecté par l’Expédition Whit-
ney près de Tahiti en déc. 1921 (A.M.N.H.) et un autre vu aussi près de Tahiti par Beck en fév. 1922
(Holyoak, 1974b).
Stercorarius parasiticus (L.), Labbe parasite.
L’expédition Whitney collecta deux spécimens (A.M.N.H., l’un d’eux immature l re année) en
mer près de Tahiti en déc. 1921 (Holyoak, 1974b). Rollo H. Beck (ms) vit aussi un petit labbe en mer
à 80 km au sud de Tahiti en fév. 1922 et il pourrait s’agir soit de cette espèce, soit de S. longicaudus.
Stercorarius longicaudus Vieillot, Labbe à longue queue.
Les seules mentions concernent quelques individus vus au nord des îles de la Ligne de sept,
à déc. et de mars à mai.
Famille des LAR1DAE
Une mouette vue à l’île Fanning (Fry, 1966) fut identifiée comme étant probablement L. occi¬
dentale Audubon, mais il est également possible qu’il puisse s’agir de L. schistisagus Stejneger.
11 existe des vieilles mentions de L. novaehollandiae Stephens pour les îles de la Société et des
Marquises (Gray, 1859). Mais la mention concernant les îles de la Société est basée sur un vieux spécimen
vu par Saunders au Muséum de Mainz et l’origine de la mention concernant les îles Marquises n’est
pas connue (cf. duPont, 1976 et King, 1967). Aussi, devant si peu d'informations, il est préférable
de considérer ces deux mentions comme des erreurs.
Larus delawarensis Ord, Goéland à bec cerclé.
Noté une seule fois aux îles de la Ligne ; un immature vu à l’île Christmas du 15 au 17 nov.
1953 (King, 1955). Trois oiseaux immatures observés dans le port de Papeete (Tahiti) le 1 er mars 1973
pouvaient appartenir à cette espèce (Thibault, ms).
Larus atricilla L., Goéland atricille.
Noté dans les îles suivantes : Palmyre : un adulte vu le 5 juin 1964 ; deux ind. vus, dont un col¬
lecté le 28 nov. 1964 (Clapp et Sibley, 1967). Christmas : quatre oiseaux de première année collectés
le 22'mars 1964 (Clapp et Sibley, 1967). Fanning : un adulte en plumage d’hiver et quatre autres mouettes
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
81
qui appartenaient peut-être à cette espèce vus le 28 mars 1964 (Clapp et Sibley, 1967) ; quelques oiseaux
observés à la fin du mois de déc. 1963, déterminés comme L. pipixcan (Clapp et Sibley, 1967) pouvaient
être les mêmes oiseaux que ceux cités précédemment (Bourne, 1965).
Larus pipixcan Wagler, Mouette de Franklin.
L’espèce est connue des îles suivantes : Palmyre : deux femelles adultes collectées, les 13 et 15 mai
1966 (Clapp, 1968). Nuku Hiva : deux adultes observés du 15 au 25 mai 1958 (King, 1958). Hiva Oa :
un adulte vu le 7 avril 1975 (Thibault, ms).
Famille des STERNIDAE
Genre Sterna.
Sterna hirundo L., Sterne pierregarin.
La seule mention sûre de Polynésie orientale concerne un oiseau bagué au lac Lost Mountain
près d’Imperial au Canada (51°21' N, 105°15' W) le 8 juil. 1956 et retrouvé dans le lagon d’Aitutaki
(Cook) le 26 nov. 1960 (Houston, 1963). Une sterne vue à Hao (Tuamotu) le 23 juin 1972 était un repré¬
sentant soit de cette espèce, soit de S. paradisaea (Y. Briens, comm. pers.). Gray (1859) cite une
mention de S. dougalli Montagu, mais son authenticité a été mise en doute par Wiglesworth (1891b) ;
l’origine de cette mention est incertaine et il semble qu’il y ait soit une erreur de détermination, soit
une erreur de localisation. Par ailleurs, il est possible que la mention de cette espèce pour les îles Tua¬
motu citée par duPont (1976) et King (1967) se réfère à celle Gray.
Sterna paradisaea Pontoppidan, Sterne arctique.
Bruner (1972) décrit l’espèce comme un migrateur « rencontré avec une certaine régularité »
en Polynésie française ; mais nous ne connaissons aucune mention de cette espèce en Polynésie orien¬
tale. Néanmoins, elle pourrait être rencontrée comme migratrice ou comme visiteuse occasionnelle.
Sterna sumatrana Rallies, Sterne diamant 1 .
Syn. Gygis decorata Hartlaub, 1866. Fiji.
Sterna sumatrana kempi Mathews, 1912. Queensland.
Sterna sumatrana mathewsi Stresemann, 1914. Aldabra, Océan Indien.
Kakavai Maui (Manihiki), Kakaia-Tungi-a-Maui ou Pirake (Rarotonga, utilisé seulement
pour le folklore, Christian, 1920).
Baker (1951) a montré que la longueur moyenne du bec est plus grande chez les populations
des îles océaniques isolées du Pacifique que chez celles des côtes de l’Asie et des Indes Orientales ;
un spécimen unique de Manihiki semble confirmer cette constatation. Comme la variation est faible
et clinale, nous préférons suivre Vaurie (1965) qui considère l’espèce comme monotypique.
1. Aile : 220, queue : 132, culmen : 41, tarse : 19 mm (1 sp. Iles Cook).
Source : MNHN, Paris
82
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Répartition et statut]. — En Polynésie orientale, on n’a des preuves de sa nidification qu’à
Manihiki (île septentrionale des Cook) où 100 adultes ont été observés et dix nids environ ont été trou¬
vés sur l’îlot Takaniko en août 1973. Il existe des mentions de « centaines » d’oiseaux nichant à cer¬
taines saisons sur l’îlot Anchorage à Suwarrow, les œufs étant parfois collectés (T. Neale, comin. pers.
et T. Clarke, comm. pers.). L’espèce niche peut-être dans d’autres îles du nord des Cook. Il y a des
observations non confirmées de l’île Christmas (Gallagher, 1960 ; King, 1967).
[Habitat]. — En Polynésie orientale, on la trouve seulement dans un petit nombre d’atolls
sur des îlots peu perturbés par des activités humaines. En Polynésie orientale, elle se nourrit seulement
dans les lagons d’atolls, où elle niche ; ne se nourrit pas en mer, semble-t-il.
[Reproduction]. — Niche généralement en petites colonies où les nids sont séparés les uns
des autres de quelques mètres ou plus. Le nid, composé de fragments de végétaux, est construit à
terre, sur le sable ou le corail. A Manihiki, tous les nids étaient déposés dans un endroit ouvert, sur un
petit îlot où ils étaient protégés de la lumière du soleil par des arbustes.
En Asie méridionale, la ponte est de deux à trois œufs (Ali et Ripley, 1969), mais à Manihiki,
quatre pontes étaient d’un seul œuf (incubé) et la population locale précisa que l’espèce pondait tou¬
jours un seul œuf sur cette île.
Cinq œufs collectés à Manihiki étaient d’un blanc mat sale légèrement teinté de chamois et
assez souvent tachetés de brun-noirâtre et de gris clair, la taille des taches variant souvent un peu
d’un œuf à l’autre. Ils mesuraient 39.3-42.1 (40.4) X 28.2-29.3 (28.8) mm.
En août 1973, à Manihiki, cinq œufs à différents stades d’incubation furent trouvés ainsi que
des juvéniles ; la période de nidification en Polynésie orientale reste inconnue. Aux îles Tokélau, elle
serait de nov. à avril (Wodzicki et Laird, 1970).
Sterna lunata Peale, Sterne à dos gris.
Sterna lunata Peale, 1848, U.S. Expi. Exp., Birds, 8, p. 277. Vinccnnes Island, Paumotu Group = Kauehi
îles Tuamotu. Holotype (ou seul syntype restant )au N.M.N.H. (Deignan, 1961).
Généralement confondue avec S. fuscata, Ore Ore (Scilly, Quayle, ms ; Raroia, Goo et Banner
ms), Tara, Ta’a (îles Marquises), Kaveka (Tuamotu).
[Description]. — Dans chaque population, les femelles sont en moyenne de taille plus petite
que les mâles, et le bec est légèrement plus court. Toutefois, comme il y a des chevauchements, nous
avons mélangé les mensurations des deux sexes.
Il y a apparemment un cline, la taille augmentant du sud vers le nord du Pacifique ; ainsi,
les oiseaux des îles Hawaii sont plus grands que ceux des îles Tuamotu L En outre, les oiseaux nicheurs
1. Mensurations de Sterna lunata
aile queue culmen exposé tarse
8 sp. îles Sous-le-vent Hawaii 272-282
11 sp. îles Phoenix
3 sp. Ile Christmas
13 sp. îles Marquises
4 sp. îles de la Société
12 sp. nord Tuamotu
(278)
256-273
—
(264)
272, 278
?, ?
262
184
261-276
160-185
(270)
(174)
252-275
—
(263)
251-268
156-176
(260)
(165|
41-46
21-24
(42.9)
(21.9)
39-43
19.5-21
(40.6)
(20.2)
43.5, 42
21.5, 22
39
21
40-44
20-22
(41.7)
(21.0)
37,5-42
19-21,5
(39.1)
(19.9)
37-41
18-20
(39.0)
(18.9)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
83
des des Hawaii et des îles Marquises ont un peu de gris délavé sur le blanc des parties inférieures ;
cette nuance est à peine visible chez les oiseaux des îles Tuamotu. Toutefois, les différences sont trop
faibles pour reconnaître l’existence de sous-espèces. 5. lunata est apparemment très proche de S. ana-
ethetus Scopoli qui habite l’océan Pacifique occidental (nicheur à l’est des îles Fiji). Cette dernière
espèce pourrait être notée comme visiteuse en Polynésie orientale.
Les adultes de S. anaelhetus nichant le plus à l’est de son aire de répartition dans le Pacifique
(îles Fiji ; spécimens à l’A.M.N.H.) ont une coloration plus proche de S. lunata que de celle des oiseaux
nichant en Mélanésie ou en Indonésie. Cette observation suggère qu’il existe une légère introgression
entre ces deux formes. Signalons qu’il n’y a pas de preuve formelle de la présence de S. anaethetus en
Polynésie orientale.
[Répartition et statut]. — L’espèce niche dans les îles Sous-le-Vent des Hawaii, aux îles
Phoenix, aux îles de la Ligne (Christmas), Marquises, Tuamotu et peut-être dans les îles de la Société
(île Scilly) (voir carte 10).
L’espèce est relativement abondante aux îles de la Ligne (2.500 ± 15 % d’adultes et de juvé¬
niles à l’île Christmas selon Schreiber et Ashmole, 1970) ; les colonies des îles Tuamotu et Marquises
réunissent quelques centaines d’oiseaux chacune (le maximum observé était de quelques centaines
d’ind. sur les îlots d’Ua Pou).
Nous l’avons régulièrement observée en mer, plus généralement près des îles où elle niche.
[Habitat et régime alimentaire]. — Les nids sont placés sous le couvert végétal herbacé
ou sur des petites vires dans des falaises, comme le sont les nids de S. anaethetus dans d’autres régions.
11 arrive aussi que S. lunata niche à découvert (à l’île Christmas selon Gallagher, 1960 ; à Ua Pou,
obs. pers.). Les oiseaux nichent en colonie dont l’importance numérique est très variable.
Ashmole et Ashmole (1967b) et Ashmole (1968) ont décrit le régime alimentaire de cette espèce
à l’île Christmas, où elle se nourrit de poissons et de Céphalopodes ; des insectes sont aussi parfois
capturés (Gallagher, 1960).
A Hawaii, les oiseaux quittent, semble-t-il, les lieux de reproduction en période inter-nuptiale
(Clapp et Wirtz, 1975), mais le comportement des populations de Polynésie orientale est inconnu.
S. lunata se nourrit en principe près des îles, dans les baies et les eaux des lagons, rarement
à plusieurs kilomètres des terres. Quand ils se nourrissent, les oiseaux s’associent souvent à des groupes
d’Anous tenuirostris.
[Reproduction]. — Niche sur des îlots. Généralement le nid est sommaire, composé de plantes
disposées sous le couvert végétal ou sur des vires. Les oiseaux nichent parfois sur des plages de sable.
En Polynésie orientale, on la trouve uniquement en association avec S. fuscala. Les petits groupes de
S. lunata forment des enclaves au milieu des gigantesques colonies de S. fuscata. Toutefois, quand la
colonie de S. lunata est plus importante que celle de S. fuscata, comme c’est le cas à Lisiansky (Hawaii),
les oiseaux nichent séparément (Clapp et Wirtz, 1975).
10 œufs des îles Marquises déposés à 1’ A.M.N.H. mesuraient 43.5 (± 1.70) X 32.6 (± 1.51) mm.
La taille et la coloration des œufs sont assez proches de celles de S. anaethetus.
Les durées d’incubation et d’élevage du jeune restent inconnues.
Dans les îles Sous-le-Vent de Hawaii, l’espèce niche au cours de l’été boréal (de mars à fin août
à Lisiansky ; Clapp et Wirtz, 1975). A l’île Christmas, des œufs ont été trouvés en assez grand nombre
de janvier à mai, et en nombre limité en juin, juillet et décembre ; la période de reproduction pouvant
varier d’une année à l’autre et d’une colonie à l’autre, mais la reproduction est synchronisée au sein
d’une même colonie (Schreiber et Ashmole, 1970). Aux îles Marquises, la saison de reproduction est
certainement longue ; des œufs ont été trouvés en sept. 1922 et sept. 1975, et des poussins en nov.
1922 et de juillet à novembre 1975.
La période et la séquence de mue sont inconnues.
Source : MNHN, Paris
• nidification possible.
Ile jamais visitée par un ornithologue.
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
85
Sterna fuscala Linné, Sterne fuligineuse.
Seagull (Palmerston, Burland, 1964), Whale Bird ? (Pitcairn, Williams, 1960), Kaveka
(Société, Tuamotu), Tara (Mangarcva, île de Pâques, Ua Pou), Taraka (Ua Pou), Ta’a (Hiva Oa
et Tahuata).
Il y a une variation clinale, la taille augmentant du nord vers le sud de la Polynésie 1 . Ainsi
les spécimens de Fiji et des Kermadec qui sont d’assez grande taille, ne semblent pas différer sub-
8pécifiquement des oiseaux de Polynésie.
[Répartition et statut]. — S. f. cahuensis Bloxham.
Syn. comprend la « Sooty Tern » de Latham, 1785, Gen. Syn., Bds. 3 (2), p. 352, Chriftmas Ifland = île Christ-
Largement répandue dans le Pacifique central ; les autres sous-espèces décrites pour l’océan
Pacifique doivent être considérées comme des synonymes de cette forme. Niche dans tous les archi¬
pels de Polynésie orientale et à l’île de Pâques (voir carte 10). L’homme et les prédateurs introduits
ont probablement provoqué l’extinction d’un certain nombre de colonies.
S. fuscala est sans aucun doute l’oiseau le plus abondant dans le sud-est de la Polynésie. King
(1973) donne des estimations sur le nombre d’oiseaux dans les colonies des îles de la Ligne : Palmyre
750 000 ind., Fanning quelques milliers, Christmas 15-25 millions (cf. un total annuel d’au moins 3,5 mil¬
lions d’œufs signalés par Schreiber et Ashmole, 1970), Jarvis 1,9 million, Malden 10 000, Starbuck
2,5-3 millions et Caroline 500 000. 600 000 à 1 100 000 individus étaient présents à Suwarrow en août
1973. Dans les îles de la Société, l’importance des colonies est de l’ordre de quelques milliers d’individus
(Scilly) ; à Tetiaroa, la nidification est occasionnelle et concerne un nombre très limité d’individus.
Aux îles Marquises, les colonies les plus importantes sont situées sur des îlots près d’Ua Huka (près du
million d’individus en 1971) et d’Ua Pou (400 000-600 000 ind. en 1975). Quelques colonies aux îles
Tuamotu sont très importantes, comme Rangiroa, Kauehi, Puka-Puka, Tekokoto (Beck, ms ; Jouanin,
1953 ; Quayle, ms).
Dans les eaux polynésiennes, l’espèce est fréquente et l’on observe souvent des petits groupes
de quelques individus volant au-dessus de la mer et très loin des terres. Ashmole et Ashmole (1967b)
estiment que les oiseaux nicheurs peuvent aller se nourrir à des distances supérieures à 1 100 km. Ces
auteurs et Gould (1974) donnent des exemples prouvant que les oiseaux effectuent des déplacements
de plusieurs centaines de km pour se nourrir.
1. Mensurations de Sterna fnscata
aile
queue
culmen exposé
Ile Christmas
284-293
150-178
41-45
22-24
10 sp.
(288)
(42.9)
(22.7)
Ile Suwarrow
287-303
—
39-44
22-23.5
10 sp.
(293)
(41.1)
(22.8)
Iles Marquises
281-302
157-186
41-44
22-23.5
10 sp.
1291)
(42.1)
(22.8)
Nord Tuamotu
284-306
—
40-45
22-24
10 sp.
(296)
(43.2)
(21.3)
Ocno et Ducie
286-313
—
41-47
22-25
14 sp.
(299)
(44.6)
(23.2)
Marotiri
313 +
—
46
23
1 sp.
Ile de Pâques
313, 305
—
48, 46
27, 25
2 sp.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Des oiseaux bagués dans le Pacifique central ont été retrouvés comme visiteurs aux Philippines
et au Japon après des typhons (Gould, 1974). Cet auteur donne des précisions sur le statut de l’espèce
dans le Pacifique central et sur ses mouvements. Un individu bagué poussin à Starbuck en 1967 a été
retrouvé à Matahiva, Tuamotu en 1970.
[Habitat et régime alimentaire]. — Niche sur des îlots coralliens ou volcaniques. Sur cer¬
tains grands atolls, les oiseaux nichent dans des endroits éloignés des centres d’activités humaines,
mais la plupart des oiseaux nichent sur des îles ou des îlots inhabités. Les colonies sont situées sur de
larges plates-formes ou sur des vires.
Les oiseaux se nourrissent en mer, souvent loin des terres, et ils sont entièrement pélagiques
en période inter-nuptiale. Le régime alimentaire est composé de petits poissons et de Céphalopodes
dont la taille est comprise entre 2 et 8 cm (Ashmole, 1963a ; Ashmole et Ashmole, 1967b ; Lacan et
Mougin, 1974b) ; ils prennent aussi à l’occasion des crustacés (Ashmole, 1963a ; King, 1967).
Pour rechercher leur nourriture, les Sternes fuligineuses sont assez grégaires et s’associent sou¬
vent à d’autres espèces (voir Gould, 1974). Les oiseaux rencontrent des bancs de pêche quand les Céta¬
cés ou des gros poissons prédateurs, comme les Thons, poursuivent les petits poissons ou des Calmars
en surface. Les pêcheurs de Polynésie ont l'habitude de surveiller le comportement des oiseaux pour
localiser les bancs de poissons.
[Reproduction]. — Niche en colonie de quelques unités à quelques millions d’individus. Dans
les grandes colonies, les densités sont très élevées et peuvent aller jusqu’à 4 ou 5 couples par m 2 .
Aux îles Marquises, les oiseaux nichent fréquemment dans certaines parties des grandes îles
habitées, mais la plupart des poussins y sont victimes de prédateurs. Certaines colonies très impor¬
tantes ont probablement été la source principale de guano qui s’est formé sur quelques îles sèches du
Pacifique central (Hutchinson, 1950a et b). Beaucoup de sites offrent un sol complètement dénudé
mais certains autres présentent un couvert végétal, herbacé ou buissonnant. Le terrain peut être plat
ou parsemé de rochers.
Le nid est une petite dépression, généralement sans apports de matériaux. Quelquefois, l’oiseau
y a déposé des herbes, des brindilles ou des plumes.
10 œufs d’Eiao mesuraient 50.1 (± 1.81) X 34.9 (± 1.60) mm. 15 œufs de Fatu Iva mesuraient
49.6 (±2.82) X 34.4 (± 1.07) mm. 15 œufs de Fatu Iva pesaient 31.1 (± 3.23) g.
Les Polynésiens collectent très fréquemment des œufs pour la consommation domestique. Cer¬
taines îles des Tuamotu exportent des œufs sur Papeete.
En Polynésie, la nidification à l'île de Pâques est apparemment annuelle et a lieu durant l’été
austral (Chapin, 1954a ; Johnson et al., 1970) ; dans le sud des îles Tuamotu (Lacan et Mougin, 1974b),
à l’île Ascension (Ashmole, 1963a), elle n’est que de 9 mois environ. A l’île Christmas, il y a deux périodes
dans l’année, en juin et de fin décembre au début de janvier (Hutchinson, 1950a ; Chapin, 1954 ; Gal-
laghcr, 1960 ; Ashmole, 1963a, 1963c ; Schreiber et Ashmole, 1970). Ashmole (1963c) a montré, en
baguant des oiseaux à l’île Christmas, que certains individus qui avaient échoué leur nidification
nichaient à nouveau 6 mois après, alors que ceux qui avaient réussi leur nidification attendaient au
moins 12 mois avant de nicher à nouveau. Aux îles Marquises, on ne possède pas de données sur une
période suffisamment longue pour connaître la durée qui sépare les cycles reproducteurs. Des œufs
furent trouvés durant toute l’année 1975, mais il ne semble pas y avoir de synchronisation entre les
colonies des différentes îles. Dans l’ensemble, on manque d’informations pour les colonies des îles Cook
Société, du nord des Tuamotu et Marquises.
Sterna bergii Lichtenstein, Sterne huppée.
Syn. Thalasseus bergii
Tarapapa (Société), Tara (Tuamotu nord), Tarara (Gambier).
[Répartition et statut]. — S. b. cristala Stephens,
syn. Sterna rectirostris Peale, Fiji.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
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I
ornithologue
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Répartie de la péninsule malaise aux îles Tuamotu et de la Société. En Polynésie orientale,
nicheur très localisé (une dizaine de sites de nidification connus) dans les îles de la Ligne, Cook (?),
Société et Tuamotu. Mais des résidents non-nicheurs ont été observés dans de nombreuses îles de ces
archipels. N’a jamais été notée aux îles Australes, à Rapa, dans le groupe Pitcairn, à l'ile de Pâques.
Il existe une observation à Mangaia (Cook) d’un individu en janvier 1977 après un coup de vent
(C. C. Clerk, in litt.). Mathews (1927) inclut les îles Marquises dans l'aire de répartition de l’espèce,
mais il n’existe aucun spécimen, ni aucune observation récente de l’espèce dans cet archipel. Toutefois,
Wiglesworth (1891b) cite les îles Marquises, d’après Garrett. Répartition : fig. 11.
[Habitat et nourriture]. — En Polynésie, pêche dans les eaux peu profondes des lagons,
près des récifs-barrières et aux embouchures de rivières. Observée très rarement à plus de un ou deux km
des côtes. Le fait qu’elle se nourrisse presque exclusivement dans des eaux peu profondes explique
son absence des îles Marquises et, comme elle ne peut se nourrir longtemps en haute mer, on comprend
qu’elle soit également absente des îles isolées comme le sont les îles Cook, les Australes ou le groupe
Pitcairn, où il existe pourtant des lagons.
Se nourrit surtout de poissons (Mullidae, Scaridae) et parfois de déchets de cuisine (Lacan et
Mougin, 1974b).
[Reproduction]. — En Polynésie, les colonies sont toujours établies sur des plages de sable,
couvertes de débris coralliens avec peu ou pas de végétation. Le site est de faible superficie, situé près
de l’eau du lagon sur des îlots, d’où chats et rats sont absents. Les colonies dont l'emplacement est
variable d’une année sur l’autre, contiennent rarement plus d’une centaine de couples et une colonie
de cinq à six couples est assez fréquente.
L’importance des effectifs et la saison de reproduction varient d’une année sur l’autre, fait
étonnant alors que les oiseaux vivent presque uniquement dans les eaux des lagons coralliens, milieu
apparemment stable.
Les colonies sont isolées ou parfois associées à d’autres espèces, comme Anous stolidns à Tetia-
roa, mais les nids restent assez rapprochés les uns des autres (0.50-2 m).
Les nids, souvent à quelques mètres seulement du rivage, se réduisent à une simple dépression
dans le sable.
Deux œufs de Mururoa mesuraient 54.2 X 40.1, 57.5 X 40.7 mm (Lacan et Mougin, 1974b)
et dix œufs de Kauehi 58.6 (± 1.56) X 40.0 (± 1.01 mm). L’espèce pond normalement un œuf en
Polynésie, parfois deux en Asie et Australie (Ali et Ripley, 1969 ; Serventy el al., 1971).
Les adultes prêtent une grande attention aux colonies ; la moindre alerte déclenche des réac¬
tions d’alarme se traduisant par le hérissement de la crête, ou l’envol du groupe si le danger se précise.
Les visites d’humains sur les colonies provoquent de véritables paniques chez les poussins âgés qui se
dirigent souvent vers les eaux du lagon. C’est probablement pour cette raison que Gallagher (1960)
a observé un poussin se faisant dévorer par un requin de sable. Les plus jeunes oiseaux se tapissent
sur le sol, leur excellent mimétisme leur assurant une bonne protection.
A Christmas, les périodes de reproduction varient suivant les années ; les œufs sont pondus
entre déc. et mai (Schreiber et Ashmole, 1971). Dans les îles de la Société (Tetiaroa), la ponte a lieu
entre juil. et janv., mais la période la plus active est comprise entre août et oct. (Thibault, 1976). On
possède peu de renseignements pour les Tuamotu. A Mururoa, Lacan et Mougin (1974b) ont noté des
œufs et des poussins en nov. et ils ont constaté que la colonie était désertée en avril ; Beck (ms) a noté
des poussins à Hao en oct., mais aussi des pontes en mars (Kauehi) et en juin (Apataki).
La dispersion des jeunes suit de quelques semaines leur envol et ils visitent des localités assez
éloignées, s’ils n’ont pas de trop grandes distances à franchir en mer pour se rendre d’une île à une autre.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
Genre Procelslerna.
Procelsterna cerulea (F. D. Bennett), Noddi bleu.
Sterna cerulea F. D. Bennett, 1840, Narr. Whaling Voy., 2, p. 248. Ile Christmas, Océan Pacifique. Type non
Sterna australis Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 608. Basé sur la « Southern Tern » de Latham, 1785, Gen.
Syn. Bds. 3 (1), p. 365, de l’ile Christmas, Océan Pacifique. Type apparemment perdu depuis longtemps.
Stresemann (1950, Auk, 67, p. 78, 86-87) recommande de ne plus utiliser ce nom oublié depuis longtemps
et nous suivons cette recommandation l .
Syn. comprennent Sterna terelirostris Lafresnaye 1841. Pas de localité = Tuamotu. Procelsterna tereticollis
Lafresnaye, 1842. Erreur du précédent. Anous parvulus Gould, 1845. Ile Christmas, Océan Pacifique.
Megalopterus plumbeus Peale, 1848. Ile Honden = Puka-Puka, Tuamotu (Holotypc au N.M.N.H.,
Deignan, 1961). Stolidus cinerea Neboux, 1849. Ile Christmas, Océan Pacifique (Holotype au M.N.H.N.).
Anous tephrodes Heichenbach, 1850. Nouveau nom pour le précédent.
Ngoro-a-Reureu ? (Rarotonga, Savage, 1962), Kaba’üra’u (Mangaia, Christian, 1920), A’a
(Q uayle, n»), Pauaki (Rapa), Nganga ?, Gaga (Mangareva), Parara, Kaka (Marquises).
[Description]. — Les oiseaux des populations de la forme nominale qui habitent les îles de
la Ligne, Marquises et Samoa ont une petite taille et une coloration foncée. La variation chez cette
espèce est clinale, les populations les plus méridionales étant beaucoup plus grandes 2 et plus pâles,
avec les parties supérieures gris clair, la tête et les parties inférieures blanches (P. c. albivitla). Les
poussins des populations méridionales ont un duvet gris beaucoup plus pâle que celui des oiseaux du
nord. Les oiseaux les plus petits et les plus sombres sont trouvés dans les îles de la Ligne, Hawaï, Mar¬
quises et Samoa. Ceux des îles de la Société et du nord des Tuamotu sont légèrement plus pâles ; dans
le sud des Tuamotu, ils sont encore plus pâles ; à Rapa et à l’île de Pâques, les parties inférieures des
oiseaux sont blanches, lavées de gris pâle ; à Lord Howe et San Ambrosio, la tête et les parties inférieures
sont entièrement blanches.
1. Bruce, Holyoak et Thibault (1979) ont présenté une demande à la Commission Internationale de Nomenclature
Zoologique pour conserver le nom de Bennett — (cf. Bull. Zool. Nom., 1983, 40, 90-91).
2. Mensurations de Procelsterna cerulea
aile
queue
culmen exposé
«™
lies Hawaï
176-184
90-96
23-25
23-24
5 sp.
(181|
(93)
(24.5)
(23.5)
Iles Christmas
177-188
91-99
23-26
23-24.5
14 sp.
(1821
(96)
(25)
(24)
Iles Marquises
175-191
92-107
23-26.5
22.5-24.5
17 sp.
(182)
(100)
(24.5)
(23.5)
Iles Samoa
171-187
22.5-28
12 sp.
(1811
(25)
Tuamotu
177-196
92-108
23-27
23-26
30 sp.
(1841
(102)
(25.5)
(24.5)
Rapa et Marotiri
193-203
99-110
24-27.5
24-26
11 sp.
(1991
(105)
(26)
(25)
Ile de PAques
194-204
101-110
25.5-27
24-25.5
4 sp.
(197)
(105)
(26)
(25)
Ile San Félix
200-210
—
26-28
25-27
(205)
(27)
(26)
Ile Lord Howe
199-209
—
26 5-28
25-27
5 ,p.
(206)
(27.5)
(26)
Source : MNHN, Paris
90
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Répartition et statut]. — De nombreuses sous-espèces ont été reconnues (Mathews, 1927 ;
Peters, 1934) et certains auteurs ont aussi considéré qu’il y avait deux espèces (Falla et al., 1966 ;
Murphy, 1936). Quoique la variation soit clinale, nous préférons reconnaître les deux formes extrêmes.
P. c. cerulea.
En Polynésie orientale (voir carte 12) niche dans les îles de la Ligne, Cook, Société, Tuamotu
et Marquises. Les oiseaux du sud des Tuamotu sont très proches des populations que nous avons placées
dans la sous-espèce suivante.
P. c. albivitta.
Procelsterna albivitta Bonaparte, 1856. Lord Howe. Nouveau nom pour A no us cinereus Gould, 184G, déjà occupé
par Anous cinereus Haldeman.
Syn. comprend Procelsterna cærulea skotlsbergi Lônnberg, 1920. Ile de Pâques, Holotype au Royal Nat. Hist.
Mus., Stockholm (Gyldenstolpe, 1926).
Niche à Lord Howe, Norfolk, Philip et Nepeon, Kermadec, Australes, Groupe Pitcairn, île de
Pâques, San Félix et San Ambrosio (répartition en Polynésie orientale indiquée sur la carte 12). Les
oiseaux de Raevavae et Rurutu sont seulement très légèrement plus grands et plus pâles que ceux du
sud des Tuamotu.
[Habitat et nourriture]. — En Polynésie orientale, nous ne connaissons pas de mentions
de cette espèce à plus de 10 km des côtes des îles où elle niche. Les oiseaux se nourrissent généralement
à moins de deux km du rivage, souvent très près du rivage ou dans le lagon sur les atolls.
A Rapa, Ducie, île de Pâques, des spécimens collectés contenaient des Céphalopodes et des
poissons de petite taille.
[Reproduction]. — En Polynésie orientale, l’espèce niche dans des petites cavités, sur les
corniches et les vires des falaises, parfois jusqu’à un km à l’intérieur des terres, sur des îles et des îlots
volcaniques, sous des buissons ou dans des cavités de blocs de rocaille sur les atolls. Les nids sont par¬
fois éloignés d’à peine quelques dizaines de cm sur certaines îles volcaniques (Rapa), mais ils sont
souvent éloignés de quelques mètres ou plus sur les atolls (Lacan et Mougin, 1974b). Le nid est parfois
absent ou composé de matériaux divers, comme des brindilles, des herbes sèches sur certaines îles
des morceaux de coquillages marins sur d’autres. A San Ambrosio, les nids comportaient de grandes
plumes (Johnson, 1965).
Les mensurations d’œufs de Polynésie orientale sont les suivantes : Hao (Tuamotu) 38.8 X 26.2
40.2 X 28.0 mm ; Kauehi (Tuamotu) (Lacan et Mougin, 1974b) 36.1 X 27.0 mm ; île Christmas 38.2 X
25.4 mm ; îles Marquises 37.6 X 26.7, 35.9 X 26.8 mm.
Les deux adultes couvent, mais les durées d’incubation et d’élevage du jeune sont inconnues.
Les adultes qui couvent quittent rapidement le nid quand ils sont dérangés et font preuve de beau¬
coup de prudence pour revenir.
A l’île Christmas, Schreiber et Ashmole (1970) ont noté qu’il y avait davantage d'adultes à
l’aube et dans la soirée que durant la journée, et cela tout au long de l'année. Ces mêmes auteurs ont
constaté que 20 % seulement des œufs pondus sur certains îlots éclosaient, probablement parce qu’il
se formait des dépôts de sel sur les œufs exposés aux embruns.
A Hiva Oa, les oiseaux souffrent dans une certaine mesure de la concurrence de Columba livia
pour les sites de nidification.
La saison de reproduction à l’île Christmas est étendue. Schreiber et Ashmole (1970) mention¬
nent des pontes de mai à déc., avec une période plus active d’août à nov. et ils suggèrent que les der¬
nières pontes pourraient être des pontes de remplacement. L’Expédition Whitney collecta des œufs
en fév. 1921. Aux îles Marquises, des adultes en activité sexuelle ont été collectés en sept., oct., et
déc., des œufs ont été trouvés en sept., nov. et déc. ainsi que des poussins en mars et juil. Il est vrai¬
semblable que l’espèce s’y reproduit toute l’année ; d’ailleurs, des adultes à comportement nicheur
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
91
Fig. 12. — Répartiiior
92
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAUI-T
ont été observés de mars à déc. sur l’ensemble des colonies. Dans le sud des Tuamotu, la ponte com¬
mencerait fin avril ou mai et se poursuivrait au moins jusqu’en nov. (Lacan et Mougin, 1974b). Aux
Gambier, premières pontes en août (Thibault, 1973a), œufs à tous les stades d'incubation et poussins
à tous les stades de croissance en novembre, adultes présents en avril-mai, mais pas de nidification
constatée (Lacan et Mougin, 1974b). A Rapa, la saison semble assez bien définie et plus courte : en
oct. il y avait des œufs, des poussins et des jeunes volants, en nov. des jeunes seulement et en déc.,
peu d’adultes à la colonie et très peu de poussins.
Williams nota un grand poussin à Pitcairn en oct. Les habitants de File de Pâques signalèrent
à Moynihan que sur les îlots, l’espèce nichait au printemps, partait dès que les jeunes volaient et reve¬
nait en mars (Johnson, 1965).
A l’île Christmas, la mue des plumes de vol a lieu de janv. à juil., mais la durée individuelle de
la mue n’est pas connue ; peu d’oiseaux en milieu de mue étaient vus à la colonie (Schreibcr et Ashmole,
1970).
Genre Anous.
Anous stolidus L., Noddi brun.
Ngoio ou Gnoio (îles Cook, où ce nom est aussi employé pour A. tenuirostrii, quoique les
insulaires fassent la distinction entre les deux espèces) ; Marutea sud et Mangareva, ’Oio, ’UA (îles
de la Société), Noio ou O’i’o (Tubuai), N’goi’o (Rapa), Goio (Manihi, Petitot et Petitot, 1975 ; Man¬
gareva) Nokdie (Pitcairn, Williams, 1960), Tu'ao (île de Pâques, Johnson et al., 1970), No’i’o, Ko’io,
Pe’o (îles Marquises).
[Description]. — Le poussin est de coloration polymorphe avec quatre types principaux :
uniformément blanchâtre, uniformément gris terne, uniformément brun-noirâtre et brun-noirâtre
avec une calotte blanche de même étendue que chez l’adulte. On possède peu de détails sur la répar¬
tition et la fréquence de ces quatre colorations (cf. Dorward et Ashmole, 1963 ; Van Beimnel et Hoo-
gerwerf, 1940). Sur 269 poussins examinés à Tetiaroa en février 1973, 90 % étaient brun-noirâtre,
5 % gris et 5 % blanchâtre (Thibault, 1976).
11 y a apparemment un cline irrégulier, car la taille augmente du nord vers le sud du Pacifique
central (voir Baker, 1951) et il existe de légères variations dans la nuance foncée du plumage entre
les populations des différents archipels.
[Répartition et statut]. — A. s. pilealus (Scopoli).
Syn. comprenant Sterna unicolor Nordman, 1837. Société, Tuamotu et autres îles du Pacifique. Anous fraler
Coues, 1863. Bcllingshausen, îles de la Société (svntypcs au N.M.N.H., Deignan, 1961).
En Polynésie orientale, il est connu comme nicheur sur la plupart des îles et il est vraisemblable
qu’il niche sur toutes les îles (voir carte 13).
Les Noddis bruns nichent en nombre limité dans un grand nombre d'îles où la population humaine
est importante (comme Nassau, Rarotonga ou Bora Bora) et parfois par colonies de centaines ou de
milliers de couples sur des îlots ou des petites îles inhabitées. Les plus grandes colonies trouvées en
Polynésie sont situées à Manihiki (5 000-10 000 nids en août 1973) et ù Tetiaroa (24 000-36 000 couples
en novembre 1972). Des mentions ont été données pour d’autres îles, comme l’île Christmas (1 800 nids,
Schreiber et Ashmole, 1970), Rapa (1 000-2 000 couples en déc. 1974), ou encore Plie de Pâques (200 cou¬
ples au Motu Nui en déc. 1968, Johnson et al., 1970). Aux îles Marquises les effectifs ne sont pas très
importants et aucune colonie ne réunit plus de quelques centaines de couples. On possède peu d’infor¬
mations pour les îles Tuamotu. L’évaluation numérique des colonies est toutefois difficile car les oiseaux
nichent souvent dans les arbres et les allées et venues à la colonie sont bien souvent nocturnes. Il est
vraisemblable qu’il existe d’importantes colonies aux îles de la Ligne et aux Tuamotu.
Quelle que soit la saison, l’espèce est souvent abondante en mer, dans un rayon de 50 km autour
des sites de nidification. Des oiseaux sont aussi notés régulièrement à des centaines de kilomètres des
terres et certains apparemment épuisés, se posent parfois sur des bateaux.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
ornithologue.
94
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Schreiber (1975) signale un individu infirme noté à l’île Christmas ; cette infirmité pourrait
provenir d’une éventuelle exposition aux radiations produites par les expériences nucléaires dans
l’atmosphère effectuées dans cette île.
[Habitat et nourriture]. — Le Noddi brun niche sur des atolls, des îlots et des îles volca¬
niques. A l’intérieur de Hiva Oa (Marquises), les oiseaux nichent dans des falaises à plus de 8 kilomètres
de la mer. Ils se nourrissent fréquemment en mer, au-delà de la limite de visibilité des terres, plus
généralement dans un rayon de moins de 50 km. Toutefois des petits groupes se nourrissent aussi dans
les lagons des atolls et aussi le long des récifs. Le nombre des oiseaux observés sur une île est évidem¬
ment plus important en période de reproduction. Des oiseaux fréquentent souvent les colonies en dehors
de cette période et on ignore s’ils y viennent seulement pour dormir. On ne connaît pas non plus l’im¬
portance des mouvements migratoires en dehors de la période de reproduction.
Le régime alimentaire est principalement composé de petits poissons, y compris des poissons
volants (Exocoetidae) et de faibles quantités de Céphalopodes (Ashmole et Ashmole, 1967b et 1968 ;
Dorward et Ashmole, 1963) Lacan et Mougin, 1974b). Ces derniers auteurs ont aussi noté un insecte
dans un contenu stomacal.
[Reproduction]. — Les sites de nid varient souvent d’une région à l'autre. Dans beaucoup
d’îles polynésiennes où ils sont chassés par l’homme, les oiseaux nichent surtout dans les cocotiers.
Quand il ne sont pas chassés ils nichent dans des arbres moins élevés, dans les falaises ou sur le sol.
Les nids situés dans les arbres, dans les buissons ou dans les fissures se présentent sous la forme
de coupes peu élevées, composées de brindilles et de feuilles séchées. Us sont plus importants que ceux
d 'A. tenuirostris. Les nids établis dans des falaises sont de plus petite taille que ceux établis dans des
arbres. Quand les oiseaux nichent sur le sol, le nid est très rudimentaire, parfois absent. Les matériaux
pour réaliser le nid sont ramassés sur le sol.
13 œufs de Manihiki mesuraient 52.9 (± 1.64) X 36.4 (± 0.98) mm. La période d’incubation
est de 32-35 j. selon Murphy (1936) et de 35 ou 36 j. selon Pinchon (1963). En Polynésie, Lacan et
Mougin (1974b) ont noté une période égale ou supérieure à 36 j. L’incubation est assurée par les deux
sexes ; les adultes restent près du jeune pendant les premiers jours qui suivent l’éclosion.
Des renseignements sur la croissance des jeunes sont donnés par Lacan et Mougin (1974b) pour
le sud des Tuamotu. Il semble que le jeune commence à voler quand la longueur de ses ailes atteint
environ 70 % de la longueur de celle de l’adulte ; le poids est alors supérieur à celui de l’adulte.
Lacan et Mougin (1964b) ont noté qu’un poussin avait quitté son nid à l’âge de 33-37 j. Les
jeunes qui nichent sur le sol courent sous le couvert végétal quand ils sont dérangés. S'ils vont dans
l’eau, ils risquent de se noyer, car leur plumage prend rapidement l’eau. Les jeunes se font parfois
attraper par des frégates. Dans certaines régions de Polynésie, l’homme les capture également pour
se nourrir.
Quayle (ms) nota un adulte nicheur qui était si empêtré dans des graines de Pisonia qu’il ne
pouvait plus voler. A plus forte raison, les mêmes difficultés doivent se présenter aux jeunes élevés
dans cette essence d’arbre.
Les jeunes restent longtemps près des colonies après l’envol. Lacan et Mougin (1974b) notèrent
que ces juvéniles avaient un poids nettement inférieur à celui des adultes. A Hawaii, Brown vit des
adultes nourrir des jeunes qui volaient depuis plus de cent jours.
Le Noddi brun niche chaque année pendant l’été boréal à Hawaii (Richardson, 1957) et pen¬
dant l’été austral dans le sud de la Polynésie. Dans la zone tropicale, la saison de reproduction est beau¬
coup moins bien définie que dans le sud.
Des pontes ont été trouvées en décembre à l’île de Pâques ; le mois de décembre semble égale¬
ment être la principale période de ponte à Rapa. Aux îles Gambier, on a noté que la ponte commence
à partir d’octobre et que la saison de reproduction s’arrête au cours du mois de mai ; à Mururoa, la
saison de nidification s’étale de novembre à juin (Lacan et Mougin, 1974b). Dans les îles de la Société
a saison de reproduction s’étend de septembre ou octobre à mai, avec une période plus active en octobre
ou novembre (Thibault, 1974c, 1976). La saison de reproduction est probablement aussi longue dans
le nord des îles Cook (nombreux œufs fraîchement incubés trouvés à Manihiki le 13 août 1973). Aux
Source : MNHN, Paris
OISEAUX
POLYNÉSIE ORIENTALE
95
îles Marquises, des oiseaux nichent toute l’année, mais c’est la période de septembre à avril qui réunit
le plus de nicheurs. A l’Ile Christmas, des nicheurs sont trouvés tous les mois de l’année, avec une
période plus active de fin novembre à juin (Schreiber et Ashmole, 1970). Ces deux auteurs ont étudié
la mue des oiseaux de l’île Christmas.
Anous tenuirostris (Temminck), Noddi noir.
Ncoio (Rakahanga, Manihiki) ; Ngongo (Pukapuka, ce nom et le précédent nomment A. slo-
lidus et A. tenuirostris, quoique les insulaires distinguent les deux espèces), I lui Iri (Scilly, Quayle,
ms), Oio, Oa, Fetere (îles de la Société), Kikikiri (Tuamotu et Gambier), Parara (Ua Pou, Hiva
Oa), Noio (Hiva Oa).
La taxonomie de cette espèce mériterait une révision car certaines sous-espèces (selon Peters,
1934 et Baker, 1951) sont mal définies. En particulier, le statut de diamesus et worcesteri est incer¬
tain ; de meme melanogenys doit être considéré comme un synonyme de minutas. A. t. marcusi diffère
d’A. t. minutus seulement par un sourcil plus fin.
Murphy (1936), Peters (1934), Serventy, Serventy et Warham (1971) et d’autres ont consi¬
déré que minutus (avec worcesteri, marcusi, melanogenys, diamesus, americanus et allanticus) était
une espèce differente de tenuirostris (comprenant la forme melanops). Nous préférons considérer ces
populations allopatriques comme appartenant à une seule espèce car les différences ne sont pas très
importantes.
[Répartition et statut]. — A. t. minutus Boie.
Niche dans l’océan Pacifique central et sud, depuis les côtes de la Nouvelle-Guinée et du Queens¬
land oriental jusqu’aux îles de la Ligne, Marquises et au Groupe Pitcairn (pour la nidification en Poly¬
nésie orientale, voir la carte 13).
A. tenuirostris est un oiseau nicheur bien répandu en Polynésie orientale, absent toutefois des
îles les plus méridionales (Rapa, île de Pâques). L’homme est vraisemblablement responsable de son
absence dans certaines régions. En mer, il reste de préférence près des îles où il niche dans un rayon
d’une vingtaine de km, mais il existe quelques observations près d’îles où l’espèce ne niche pas, comme
Tahiti par exemple.
De grandes colonies sont connues à l’île Christmas (8 000-12 000 oiseaux en mai 1967 selon
Schreiber et Ashmole, 1970), à Vostok (1 000 nids selon Clapp et Sibley, 1971a), à Caroline (3 750-
6 250 nids selon Clapp et Sibley, 1971b), à Rakahanga (milliers d’individus), à Manihiki (6 000-10 000 indi¬
vidus en août 1973), à Suwarrow (milliers de nids), à Mohotani (milliers de nids). Il existe vraisembla¬
blement d'importantes colonies aux îles Tuamotu. Des petites colonies sont connues à Takutea, Maiao
(150 couples en janv. 1973), Scilly, Bora Bora, Tetiaroa, Tubuai, Niau et sur la totalité des îles habitées
des Marquises.
[Habitat et nourriture], — Niche sur les atolls et les îles volcaniques, généralement loin des
zones d activités humaines, souvent sur des îlots ou sur le littoral des vallées inhabitées. A Ua Pou,
les oiseaux nichent à l’intérieur des terres jusqu’à 1.5 km de la côte. Se nourrit souvent dans les lagons
des atolls, ou près des récifs. Fréquemment, des petits groupes stationnent sur les plages de sable,
sur les rochers ou sur les blocs de corail du récif. Le régime alimentaire est principalement composé
de petits poissons et de petits Gastéropodes ( Hipponyx et Turbo spp.), ces derniers pouvant provenir
des estomacs de poissons capturés, d’après Ashmole (1962), Ashmole et Ashmole (1967b, 1968), Lacan
et Mougin (1974b).
[Reproduction]. — En Polynésie orientale, les nids sont toujours établis dans des arbres ou
des buissons ; on ne les trouve pas dans des falaises, comme l’espèce a l’habitude de le faire dans d’autres
régions (par exemple dans l’Atlantique ; Ashmole, 1962 ; Cullen et Ashmole, 1963). L’importance
numérique des colonies varie de quelques dizaines à quelques milliers de nids. Ceux-ci sont placés
Source : MNHN, Paris
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D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
sur des branches de gros arbres, souvent à une hauteur supérieure à 20 mètres, très occasionnellement
dans la couronne des cocotiers ; on les trouve aussi dans des arbustes et des buissons à une hauteur du
sol rarement inférieure à 1.50 m. Le nid est une petite structure ronde, composée de quelques brin¬
dilles et de beaucoup de feuilles. L’accumulation des matériaux au cours de plusieurs saisons de nidi¬
fication contribue à augmenter l’importance de l’édifice. Les matériaux sont ramassés sur le sol.
20 œufs de Manihiki mesuraient 45.1 (± 1 -30) X 31.3 (± 1.10) mm ; 35 œufs du sud des Tua¬
motu mesuraient 41.5-48.2 (44.8) X 28.7-32.8 (31.2) mm d’après Lacan et Mougin (1974b).
Au sein d’une colonie, la reproduction est synchronisée, mais on trouve fréquemment dans une
même région d’importantes différences dans le cycle reproducteur d'une colonie à l'autre. A l’île Christ-
mas, la saison de reproduction se situe de la fin du mois de décembre au début du mois de juin avec
une période d’activité plus intense de février à mai (Schreiber et Ashmole, 1970). Toutefois, des œufs
ont été signalés sur cette île en novembre (King, 1958). Les quelques précisions que l’on possède pour
les îles de la Société semblent montrer que la nidification s’étend de novembre à mars. Aux îles Mar¬
quises, les oiseaux nichent toute l’année, mais il semble que l’activité soit moins forte au cours de
l’hiver boréal. Dans le sud des Tuamotu, des informations montrent que la reproduction a lieu de fin
déc. à fin juillet (Lacan et Mougin, 1974b).
Schreiber et Ashmole (1970) donnent quelques observations sur la mue des oiseaux de l’Ile
Christmas.
Genre Gygis.
Gygis alba (Sparrman), Gygis blanche.
Kakavai (Rakahanga, Manihiki, Palmerston), Kàkà (Pukapuka) ; Pirake (Aitutaki ; Raro-
tonga selon Savage, 1962), Kakaia (Rarotonga, Atiu, Mitiaro, Mauke), Itatae (Tahiti, Rora Bora,
Scilly), Kotake (Mangareva, Beck, ms et Quayle, ms), Kiakia (île de Pâques, Johnson et al., 1970),
Quia Quia (lie de Pâques, Johnson, 1965), YVhite Birij (Pitcairn), Kotake, Pihakk (Nuku Hiva),
Minake, Inake, Pinake (Ua Pou), ’Itàtae, ’Ita’eat’b (Société), Take Take (Rapa), Kirarahu,
Kirahu (Tuamotu).
Trois sous-espèces fréquentent des îles de Polynésie orientale (voir carte 14).
G. a. candida.
Sterna candida Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 607, basé sur la «< YVhite Tern » de Lntham, 1785, Gen.
Syn. Bds., 3 (1), p. 363, de l'île Christmas ou de quelque part dans les Mers du Sud. Type probablement
perdu depuis longtemps.
Syn. Sterna pacifica Lesson. Iles de la Société, îles Tuamotu et Bora Bora. Type perdu probablement depuis
longtemps.
En Polynésie orientale, elle niche aux îles de la Ligne, Cook, Société, Australes, Tuamotu, à
l’île Pitcairn, à l’île de Pâques et probablement à Sala-y-Gomez. Les populations de llatutu, Eiao et
Mohotani sont principalement composées d’intermédiaires entre cette forme et la forme suivante ;
la population d’Oeno est composée de G. a. leucopes, de G. a. candida et d’intermédiaires. G. a. candida
montre dans le Pacifique un cline irrégulier, la taille augmentant du nord vers le sud du Pacifique
(Holyoak et Thibault, 1976). Les effectifs sont très variables suivant les îles. Sur les atolls peu habités
ou inhabités de la Ligne, des Cook ou des Tuamotu, il existe parfois des colonies de milliers de couples.
Sur les îles volcaniques de la Société, la présence de Circus approxirnans a entraîné une nette dimi¬
nution des effectifs sur certaines îles comme Tahiti ou Raiatea. Aux Australes, elle est plus ou moins
bien répandue ; la population de Rapa était estimée à 500 couples en 1974.
G. a. microrhyncha.
Gygis microrhyncha Saunders, 1876, Proc. Zool. Soc. Lond., p. 668, fig. 5. Iles Marquises ; restreint à Tahuata
par Holyoak et Thibault (1976). Syntype au B.M.(N.H.).
Source : MNHN, Paris
hybrides avec d’autres sous-espèces.
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Localisée aux îles Marquises, cette forme niche à Nuku Hiva, Ua Iluka, Ua Pou, Tahuata,
Hiva Oa et Fatu Iva. Sur cinq spécimens d’Eiao, deux sont des intermédiaires entre G. a. candida
et G. a. microrhyncha et trois présentent la plupart des caractères de G. a. microrhyncha ; sur dix spé¬
cimens de Mohotani, trois sont des intermédiaires, quatre présentent la plupart des caractères de
G. a. microrhyncha et trois la plupart des caractères de G. a. candida ; sur 17 spécimens de Hatutu,
13 sont des intermédiaires, trois présentent la plupart des caractères de G. a. candida, enfin un présente
la plupart des caractères de G. a. microrhyncha. On ne possède pas de spécimens de Motu Iti ni de
Fatu Huku où l’espèce niche probablement.
G. a. leucopes.
Gygis alba leucopes Holyoak et Thibault, 1976, Alauda, 44, p. 471. Ile Hcndcrson. Holotype à l'A.M.N.H.
Niche à Henderson et Ducie dans le Groupe Pitcairn. La population de l’île Oeno est composée
d’oiseaux de cette forme, de G. a. candida et de beaucoup d’intermédiaires, qui sont probablement des
hybrides. Des populations importantes de cette forme furent notées par l'Exp. Whitney.
[Habitat et nourriture]. — Niche isolée, par petits groupes ou en colonies importantes, sur
des îlots coralliens, dans les régions littorales des grandes îles, parfois dans des vallées à plusieurs
kilomètres à l’intérieur des terres.
11 est fréquent par ailleurs d’observer des groupes de trois ou quatre oiseaux, parfois plus,
voler en criant au-dessus des arbres, se poser et repartir tout aussi bruyamment. De nombreux oiseaux
non-nicheurs fréquentent les colonies. C’est l’espèce que l’on rencontre le plus fréquemment dans
les bancs d’oiseaux ; ils volent à 10-25 m au-dessus de la mer et plongent périodiquement. Sur les
bancs de pêche, G. alba vole généralement au-dessus A' A nous spp. Se nourrit dans les lagunes des
grands atolls et plus souvent dans un rayon de 40 km environ autour des colonies, mais des oiseaux
sont aussi observés au-delà de 150-200 km des côtes.
Se nourrit principalement de poissons (de 3 à 10 cm de long) et de Céphalopodes (Ashmole,
1968a ; Ashmole et Ashmole, 1967b et 1968). A Truk, en Micronésie, Brandt (1962) a noté qu’elle se
nourrissait aussi d’insectes.
[Voix]. — Sur les lieux de pêche, les oiseaux lancent très fréquemment une note longue et aiguë
ouiii. Sur les colonies, ils crient très fréquemment, yek-yek-yek-yek-yek-yek... Le poussin lance parfois
des cris fins pour inciter l’adulte à le nourrir comme cela a pu être noté aux îles Marquises (J.-C. T.,
obs. pers.), alors que les poussins d’autres populations semblent silencieux. La voix de la population
des îles Marquises diffère, à l’oreille humaine, de celle des autres populations.
[Reproduction]. — Niche dans des arbres de structure très différente comme Pisonia grandis,
Pandanus teclorius, Cocos nucifera, Artocarpus allilis... Sur les îles où la végétation littorale est rare
et clairsemée (Rapa, Iles de Pâques, Hatutu), les oiseaux nichent aussi dans des falaises, sur des vires
ou dans des petites cavités. Le site où la ponte est déposée est de nature très variable, mais les oiseaux
ne construisent jamais de nid. La ponte est d’un œuf posé parfois sur du rocher, plus souvent sur une
branche d’arbre, dans un endroit où la branche s’élargit ou offre une petite dépression, à une hauteur
variable, entre 10 et 20 m du sol dans les îles habitées, plus bas, souvent assez près du sol dans les
îles inhabitées où les chats sont absents.
Observée aussi dans certaines forêts d’altitude aux îles Marquises, en particulier sur le plateau
de Toovii (900 m) où elle pourrait nicher. A Tahiti, Raiatea et Bora Bora, elle niche surtout dans les
villages à cause des prédations de Circus approximans (cf. Léopold, 1962).
Les œufs sont mats, de coloration beaucoup plus variable que ceux d’d nous spp., de
Slerna bergii ou de S. sumatrana. Il n’est pas impossible que, par suite d’absence de nid, les
variations de coloration facilitent la reconnaissance des œufs par les adultes. Une comparaison des
œufs de cette espèce avec ceux de A. tenuirostris et A. stolidus, collectés à Manihiki en août 1973,
montre que les œufs de Gygis sont de forme moins variable et plus ronde que les œufs d’dnous spp.
La précarité de l’emplacement des œufs de Gygis pourrait avoir pour conséquence une plus forte sélec-
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
99
tion pour la taille des œufs que chez A noua spp. 15 œufs de la forme candida collectés au hasard à Mani-
hiki en août 1973 mesurent 41.3 (± 1.09) X 31.2 (± 0.76) mm ; 32 œufs du sud des Tuamotu et des
Gambier mesuraient 36.8-42.9 (40.6) X 28.9-32.7 (31.1) mm (Lacan et Mougin, 1974b) ; 10 œufs d’Oeno
mesuraient 38.5-45.5 (41.9) X 31.0-33.0 (32.1) mm ; deux œufs de la forme G. a. microrhyncha mesu¬
raient 40.2 X 30.2 et 38.2 X 29.7 mm.
Les œufs collectés à Manihiki ont une couleur de fond qui varie du presque blanc au chamois
pâle, avec des marques brun-noirâtre et grises, aux formes très variables : petits points, raies plus ou
moins larges, taches plus ou moins grandes. Les œufs trouvés aux Tuamotu ont une coloration voisine
de celle des œufs de Manihiki. Les œufs des Iles Marquises (G. a. microrhyncha) sont mats ; le fond
est chamois, avec des zones ou des taches brunes ou grises, des points noirs et des rayures de même
couleur, au contour irrégulier, réparties principalement sur le côté le plus large.
La période d’incubation est de 36 jours et la période d’élevage du jeune de 60 à 75 jours à l’île
Ascension (Dorward, 1963) ; à Mururoa, 12 poussins ont volé après des périodes comprises entre 42
et 57 jours (x = 48 j.) (Lacan et Mougin, 1974b).
A l’île Christmas, la reproduction est étalée sur toute l’année avec une période plus active de
mai à août (Schreiber et Ashmole, 1970).
Dans les Iles de la Société, la reproduction est étalée sur toute l’année, mais elle est nettement
plus active d’août à mars (Thibault, 1974c).
Aux Tuamotu, des reproducteurs ont été observés toute l’année (Beck, ms et Quayle, ms).
Dans le sud de l’archipel (Mururoa), la période s’étale au moins de fin octobre à fin juillet ; sur d’autres
atolls, la période se terminait en avril, mai ou juin ; aux îles Gambier, elle s’étale de fin août à début
juin (Lacan et Mougin, 1974b).
Dans le groupe Pitcairn, la nidification commence en oct.-nov. et se poursuit jusqu’en avril
(Williams, 1960).
A Hapa, la reproduction débute au cours du printemps austral et se termine au début de l’au¬
tomne austral, avec un maximum durant le mois de décembre.
Aux îles Marquises, des nicheurs sont notés toute l’année.
t Ashmole (1968b) a étudié les relations entre la reproduction et la mue chez la population de
l’île Christmas.
Famille des COLUMBIDAE
Genre Columba.
Columba livia Gmelin, Pigeon biset.
U u Vaiho (Tubuai), U u Aiao (Tahiti, selon Curtiss, 1938 ; ce nom était à l’origine celui de
Gallicolumba erythroptera), Piho (Marquises).
[Répartition], — Des populations retournées à l’état sauvage se sont installées localement
dans les îles Cook, Société, Australes, Tuamotu et Marquises 1 . Noté dans les îles suivantes : Palmerslon :
quelques-uns notés dans le village en 1973 ; Rarotonga : des oiseaux arrivent parfois sur la côte, en pro¬
venance des îles de la Société vraisemblablement; Bora Bora : 70 oiseaux furent comptés en 1972,
autour du village Vaitape (Holyoak, 1974b) ; Raiatea et Tahaa : pas noté en 1920 (Quayle, ms), des
petites populations sont observées en 1972 et 1973 ; Huahine : observé en 1973 (Thibault, 1974b) ;
Moorea : pas noté en 1921 (Quayle, ms), établi localement en 1972 et 1973 ; Tahiti : introduit au
xix® siècle, très commun à Papeete et sur les côtes ; Tubuai : présent en petit nombre sur les côtes ;
1. Dans les îles de la Société, il a été estimé que 10 % dcB oiseaux sont du « type sauvage », 30 % sont damier
foncé (avec beaucoup de marques sombres sur les couvertures alaires), 50 % sont surtout sombres ou noirs et les 10 %
restant comprennent des oiseaux surtout blancs, rougeâtre ou canelle (Holyoak, 1974b).
Source : MNHN, Paris
100
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Iles Gambier ( Mangareva) : noté en petit nombre dans les falaises en 1971 (Thibault, 1973a) ; Nuku
Hiva : une population semi-domestique et peu nombreuse est notée en 1975 ; Ua Iluka : collecté au
sud de l’île en 1922 (Beck, ms ; Quayle, ms), très commun dans les falaises, à l’état sauvage en 1975 ;
Ua Pou : noté en 1975 dans le village ; Hiva Oa : noté pour la première fois en 1958 (King, 1958), des
populations semi-domestiques et sauvages sont notées en 1975 ; Tahuata : assez bien répandu dans les
falaises en 1975.
[Reproduction]. — On connaît peu de détails sur la reproduction des populations nicheuses
en Polynésie. Niche dans des bâtiments à Papeete et dans les villages voisins. Aux Marquises, des
populations nichent dans des cavités de falaises maritimes et sur un îlot près de Tahuata. Il semble
d’ailleurs qu’il existe une certaine compétition pour les sites de nidification avec Procelsterna cerulea.
Genre Geopelia.
Geopelia striata (L.), Colombine zébrée.
Introduite à Tahiti vers 1950 dans le district de Paea, cette espèce était, en 1971-71, présente
dans les régions littorales de Papara sur la côte sud, à Arue sur la côte nord, en passant par toute la
côte ouest. Elle a été notée à deux reprises à Moorea (Bruner, 1972 et obs. pers.) et il est possible qu'une
population se développe dans cette île.
Genre Gaüicolumba.
Gallicolumba erythroptera (Gmelin), Gallicolombe erythroptère *.
Columba erythroptera Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 775. Eimeo = Moorea. Basé sur le « Garnet-winged
Pigeon » de Latham, 1783, Gen. Syn. Bds., 2 (2), p. 624, de Eimeo (parfois d’Otahcite). Type perdu
depuis longtemps.
1. Mensurations et poids de Gallicolumba erythroptera
aile
queue
culmen exposé
tarse
Tahiti
[fide Dr. G. F. Mees)
1 <? (?)
144
75
16 3/4
33
| 3 te
146.5, 146
84, 88, 83
16.5, 16, 16
33.5, 32.5
Hiti
144
31.5
( 3 $?
?, 144
83, 76, 81
15.5, 16, 16
31.5, 31
141
32.5
Tuanake
1 ?
139
85
15.5
32
( 5 te
143-151
79.5-89.5
16-17
32-34
(149)
(85)
(16.5)
(33)
\ 5 9?
138-144
84-86
15.6-16.5
31.5-33.5
(3 pour la queue)
(141)
(85)
(16)
(32.5)
Tenararo,
l 6 te
144-147
?
32.5-34
Tenarunga et
(145)
(17)
(33)
Maturei-Vavao
( 7 $Ç
138-144
30.5-32
(141.5)
(81)
(17)
(31)
( 8 te
146-155
85-89.5
16-18
31-35
Maria
] (4 pour la queue)
(149.5)
(87)
(17)
(33)
( 6 ?9
147
86 +
30-32
(1 pour l’aile et
la queue)
(17)
(31)
Deux mâles de Maturei-Vavao pesaient 120, 122 g et une femelle 105 g (Lacan et Mougin, 1974b).
Source : MNHN, Paris
ornithologue.
J02 D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Syn. comprend probablement le « Purple-brcasted Pigeon » de Latham, 1783, Gcn. Syn. Bds., 2 (2), p. 629 de
Eimeo, dont l’identité est incertaine. Columba leucophrys Wagler, 1829. Isis von Okcn col. 743. Ota-
heitee = Tahiti. Type probablement perdu depuis longtemps. [Columba eimeensis Gmelm, 1789 est un
synonyme de Gallicolumba stairii (Stresemann, 1950)].
Amâho (Tahiti, fide Sidney Parkinson in Lysaght, 1959) et peut-être aussi Muairao (Tahiti,
fide Curtiss, 1938), Tutururu (Tuamotu, Seurat, 1903), Itikoe (Mangareva, Seurat, 1903).
[Répartition et statut], — Tuamotu où l’espèce était répandue sur les grandes îles comme
sur les petites ; habitait aussi Tahiti et Moorea. Aujourd'hui, la répartition est limitée à quelques
petites îles des Tuamotu. La répartition dispersée (carte 15) suggère que l’espèce a disparu de beau¬
coup de localités et qu’elle était autrefois bien répandue dans les îles Tuamotu. Selon Beck (ms), les
Polynésiens en capturaient pour se nourrir, mais il est vraisemblable que les introductions de chats
et de rats soient les véritables raisons de sa disparition locale.
G. e erythroptera.
Iles de la Société. Moorea : découverte au cours de la troisième Expédition du Capitaine Cook
en 1777 ; une peinture fut exécutée par W. W. Ellis (Lysaght, 1959). L’espèce ne fut pas retrouvée
par d’autres visiteurs et il faut admettre quelle a disparu depuis longtemps. Tahiti : découverte au
cours du premier voyage du Capitaine Cook en 1769 ; une peinture fut exécutée par Sidney Parkinson
(Lysaght, 1959). D’autres spécimens furent obtenus au cours du second voyage en 1773 ; des pein¬
tures furent exécutées par Georg Forster et un artiste inconnu (Lysaght, 1959) ; un spécimen déposé
au Muséum de Leiden est libellé « Voyage de Cook. O. Tahiti. Cab. Bullock ». Murphy (1924a) a consi¬
déré, à tort, que ce spécimen provenait de Moorea, alors qu’il s’agit sans doute du seul spécimen de
Tahiti conservé en collection. Peale (1848) ne retrouva pas cette espèce vers 1839 et elle ne fut pas
observée par la suite ; elle disparut vraisemblablement au tout début du xix e siècle.
Sud des îles Tuamotu. Vanavana : apparemment commune (Beck, ms et Quayle, ms) quand elle
fut collectée en 1922 par l’Exp. Whitney (Murphy, 1924a) ; on ne possède pas d'autres informations.
Tenararo : probablement assez fréquente (Beck et Quayle, ms) quand elle fut collectée en 1922 par
l’Exp. Whitney (Murphy, 1924a) ; on ne possède pas d’autres informations. Tenarunga : plusieurs
spécimens furent collectés par l’Exp. Whitney en 1922 (Murphy, 1924a) ; on ne possède pas d’autres
informations. Maturei-Vavao : elle ne fut pas trouvée par l’Exp. Whitney (Beck et Quayle, ms) ; trois
spécimens furent collectés en 1968 (Lacan et Mougin, 1974b) ; ces auteurs précisaient qu’ils n’étaient
pas « extrêmement nombreux ». Marutea sud : signalée comme fréquente en 1903 (Seurat, 1903), mais
apparemment absente en 1922 (Beck, ms et Quayle, ms) ; n’a pas été retrouvée par d’autres ornitho¬
logues depuis (Lacan et Mougin, 1974b). Maria : apparemment abondante en 1922, et de nombreux
spécimens furent collectés (Murphy, 1924a ; Beck et Quayle, ms) ; on ne possède pas d’autres infor¬
mations.
Cette forme doit encore se maintenir à Maturei-Vavao et peut-être sur d autres petits atolls
proches.
G. e. pectoralis.
Peristera pectoralis Peale, 1843, U.S. Expi. Exped., Birds, 8, p. 205. Ile Carlshoff, groupe Paumotu = Aratika,
Tuamotu. Deux syntypes (femelles )sont au N.M.N.M. (I)eignan, 1961).
Syn. Phlogoenas albicollis Salvadori, 1892, Bull. Br. Orn. Cl., 1, p. 10. « Bow Island » = Hao, Tuamotu. Holo-
type au B.M.(N.H.).
G. e. pectoralis des Tuamotu diffère de la forme nominale par la tête et le cou entièrement
blancs, sans marques grises chez le mâle ; femelle et immature ne montrent apparemment pas de diffé¬
rences’constantes de coloration, contrairement aux oiseaux de la forme précédente.
La séparation sub-spécifique entre les oiseaux du nord et du sud des Tuamotu est basée sur
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
103
1 examen de spécimens de Vanavana, Tenararo, Tenarunga, Maturei-Vavao et Maria, qui ont tous
des marques grises sur la tète. Les descriptions détaillées des spécimens collectés et d’autres oiseaux
vus dans la nature par E. Quayle (ms) semblent confirmer qu’aucun individu à tête blanche ne fut
observé dans ces îles. G. e. pectoralis est connu par trois mâles avec la tête toute blanche, collectés à
Hiti par 1 Exp. Whitney ; on connaît aussi un vieux spécimen mâle de Hao avec une tête également
toute blanche ; enfin, des habitants de Tahanea font mention d’oiseaux à tête blanche (voir plus loin).
Les peaux d Aratika, rapportées par Peale sont des femelles et il n’existe pas d’autres spécimens pro¬
venant des îles du nord des Tuamotu. Deux vieux spécimens montés (déposés au M.N.H.N.) ont aussi
la tête blanche.
Les populations éteintes de Tahiti et Moorea sont connues seulement par les peintures réalisées
au cours des Exp. du Cpt. Cook (Lysaght, 1959), par les descriptions qui ont été données et par un
spécimen de Tahiti déposé maintenant au Musée de Leiden. Lysaght (1959) discute l’apparente varia¬
tion des oiseaux des îles de la Société.
Nord Tuamotu. Tikehau : un Paumotu dit à Beck (ms) que « les tourterelles terrestres étaient
communes avant le cyclone, mais qu’elles sont rares maintenant, si toutefois elles n’ont pas disparu » ;
1 espèce n a pas été notée par d autres visiteurs. Fakarava : aurait été présente dans l’île autrefois,
d’après une mention faite de vive voix (Thibault et Thibault, 1973), mais l’espèce n’a pas été signalée
par des observateurs. Kaliu : aurait habité sur cette île autrefois (Chabouis, 1954 ; Lacan et Mougin,
1974b). 7 uanake : Beck (ms) écrivit que Correia obtint une tourterelle terrestre pendant le séjour
de 1 Exp. Whitney dans cette île le 2 mai 1923 ; ce spécimen a été perdu, semble-t-il, et aucun orni¬
thologue n a visité 1 île depuis. Hiti : trois spécimens de chaque sexe ont été collectés par l’Exp. Whitney
en mai 1923 (Murphy, 1924a et Beck, ms) ; on ne possède pas d’autres observations. Tahanea : Beck
(ms) écrivait qu’en 1923, un Paumotu lui confia qu’il n’avait pas vu de tourterelle depuis plusieurs
années et qu elle avait maintenant disparu. Beck ne la trouva pas, mais il fit remarquer qu’il y avait
des chats sur 1 île. Makemo : Beck (ms) en 1923 nota qu’il y avait 10 ans ou plus, des tourterelles habi¬
taient 1 île, mais que les chats ou les cyclones les avaient exterminées. Ni l’Exp. Whitney, ni d’autres
visiteurs plus récemment, ne l’ont notée. Hao : un spécimen obtenu apparemment par le Capitaine
Sir E. Belcher quand il visita Hao sur le « Sulphur » en 1840 fut enregistré dans les collections du British
Muséum en 1843, puis décrit comme P. albicollis par Salvadori en 1892. Les autres visiteurs n’ont
pas retrouvé cette espèce.
Cette sous-espèce est peut-être éteinte, à moins qu’elle ne survive à Hiti, Tuanake ou dans
d’autres petites îles.
[Habitat et nourriture]. — L'habitat des populations de Tahiti est inconnu. Dans le sud
des Tuamotu, les collecteurs de l’Exp. Whitney (Beck et Quayle, ms) trouvèrent les oiseaux près des
bosquets et deR buissons, généralement sur le sol. A Tenarunga, ils les rencontrèrent dans des bosquets
de petits Pandanus très touffus avec une maigre végétation herbacée.
A Vanavana (Quayle, ms), ils les trouvèrent dans « des herbes à tige rigide... qui leur procu¬
raient d excellents abris » ; à Tenararo, Beck signala que les « tourterelles ont un habitat où pousse
une plante grimpante qui fournit aussi de la nourriture pour les ptilopes » (Beck, ms). Il nota « qu’il
en tua 15 en une heure, vers 3 heures de l’après-midi, alors qu’elles sortaient de l’épais couvert végé¬
tal ». A Maria, Beck les trouva « dans des buissons très denses, venant à hauteur du genou et dans
lesquels poussaient des baies blanches ».
Le régime alimentaire est varié et comprend des chenilles et d’autres insectes (Beck et Quayle,
ms), des graines prises sur différentes plantes herbacées, dans les buissons et sur le sol (Beck, ms ;
Quayle, ms ; Lacan et Mougin, 1974b ; Seurat, 1903). Ce dernier auteur précisa que les tourterelles
se nourrissent aussi de graines de Tournefortia sp. et Morindia citrifolia, de feuilles vertes et de fruits.
Beck et Quayle (ms) mentionnent un fruit blanc contenant beaucoup de graines.
Pour se nourrir, les oiseaux attrapent des fruits dans des buissons, piquent des graines dans les
plantes herbacees ou sur le sol (Beck, ms et Quayle, ms). Un mâle fut gardé en captivité durant plusieurs
mois par 1 Exp. Whitney, avec un certain nombre de Ptilinopus coralensis. Beck (ms) observa que cet
oiseau préférait manger les restes de Ptilinopus, plutôt que de prendre les fruits sur les rameaux qui
Source : MNHN, Paris
104
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
lui étaient présentés. Quayle (ms) nota qu’il mangeait parfois des baies blanches données aux Ptili-
nopus, bien que ces baies fussent trop grosses pour qu’il puisse les avaler. Il tenait alors le fruit avec
une patte et piquait la pulpe avec son bec. Cette gallicolombc est l’un des rares pigeons, que l’on con¬
naisse, à se servir de ses pattes pour se nourrir.
[Comportement]. — On relève dans les journaux des collecteurs de l’Expédition Whitney les
observations suivantes : l’espèce est surtout terrestre. Elle court rapidement sur le sol, se réfugiant
souvent sous la végétation. Fréquemment, les oiseaux effectuent un vol rapide d’une centaine de mètres
en rasant le sol à un ou deux mètres. Quand ils s’envolaient pour se poser dans les branches, Beck (ms)
trouvait que leur comportement lui rappelait celui du Colin de Californie [(.allipepla californica).
Quayle (ms) nota que le mâle levait brusquement la tète et frappait le sol avec sa queue quand
il était dérangé.
[Voix]. — On ne possède pas d’informations. Quayle (ms) signale seulement qu’il ne l’entendit
jamais.
[Reproduction]. — Le nid et les œufs n’ont pas été décrits. On possède quelques informations
sur le cycle reproducteur grâce aux spécimens de collection : trois ind. collectés fin murs et début avril
à Maturei-Vavao avaient des gonades de petite taille (Lacan et Mougin, 1974b) ; quelques spécimens
d’une série collectée à Maria en mai 1923 étaient en activité sexuelle (Quayle, ms), à l’exception d’un
qui était en mue ; plusieurs spécimens collectés à Tenarunga en juin 1922 avaient des gonades déve¬
loppées et Quayle (ms) nota qu’un mâle avait des zones sur le ventre rappelant des plaques incuba-
trices. La mue des plumes de vol semble assez rapide, avec plusieurs rémiges primaires poussant simul¬
tanément sur chaque aile.
Gallicolumba rubescens (Vieillot), Gallicolombe des Marquises *.
Columba rubescens Vieillot, 1818, Nouv. Dict. Hist. Nat., 26, p. 346. Mankakiwa = Nuku Hiva (?) (ramené
à Fatu Huku par Mathews, 1927, Syst. Av. Australas., 1, p. 75, mais probablement à tort).
[Répartition et statut]. — Iles Marquises, où l’espèce est localisée à deux petites îles exemptes
de chats et de rats de grosse taille. Il est vraisemblable qu’avant l’introduction des rats de grosse taille,
elle était bien répandue dans l’archipel. Halutu : l’Expédition Whitney la trouva commune en 1922
(Quayle, ms). En 1975, la population était estimée à 200-250 oiseaux. Nuku Hiva : Krusenstern (1814,
« Atlas Zur Reise von Krusenstern », St Petersburgh, pl. XVII) a représenté un oiseau qui est supposé
venir de cette île. Gray (1859) cite aussi cette espèce dans l’île. Nul doute que cette population avait
disparu avant 1921. Fatu Huku : population découverte par l’Expédition Whitney en 1922 qui collecta
de nombreux spécimens (Quayle, ms). Comme il est difficile de débarquer sur l’îlot, on ne possède pas
d’informations précises sur son statut. Mais de toute évidence, des oiseaux y sont encore présents,
comme en a témoigné un pêcheur de Hiva Oa, qui s’y était rendu vers 1970.
1. Mensurations de Gallicolumba rubescens
aile
queue
culmen exposé
15 <?<?
126-136
73-84
13-15.5
27.5-30.E
(133)
(78)
(14)
(29)
15 $Ç
124-134
69-83
13-15.5
(128.5)
(76)
(14)
(28.5)
Un juvénile de Hatutu pesait 60 g. Les oiseaux de Hatutu et de Fatu Huku ne diffèrent pas on taille et on colo¬
ration • seule exception, le culmen qui est en moyenne légèrement plus petit chez les oiseaux de Hatutu (dix mâles de
Hatutu ont un culmen exposé de 13-14.5 (13.8) mm et dix mâles de Fatu Huku ont un culmen exposé do 14-15.5
(14.7) mm).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
105
[Habitat et nourriture]. — Habite les régions boisées de ces deux îles, bosquets de Pisonia
grandis et maquis de buissons xérophiles.
A Ilatutu, les oiseaux fréquentent de préférence le plateau, descendant rarement dans la végé¬
tation près de la mer.
Le régime alimentaire est principalement composé de petites graines de un à trois mm de dia¬
mètre, comme celles de Pisonia grandis, Walteria spp., Cassia occidenlalis, Tephrosia sp., Rhynchosia
minima et Portulacca spp.
[Comportement]. — L’Expédition Whitney les nota, isolés ou par petits groupes (Quayle, ms)
et Adarnson (1939) les vit en petites compagnies (« small covies »). En 1975, les oiseaux étaient le plus
souvent par groupe de trois à dix individus, isolés les uns des autres de quelques mètres ou quelques
dizaines de mètres.
Se perche rarement sur les buissons et les basses branches de Pisonia, mais reste le plus souvent
posé sur le sol. Se faufile entre les herbes et les buissons avec une aisance et une rapidité surprenantes.
Court sur le sol comme le ferait un râle. Très peu farouche : on peut l’approcher à quelques mètres
seulement. Inquiété, l’oiseau s'arrête et hoche la tète, puis s’envole si le danger persiste.
Gilford (1925) et Goodwin (1967) donnent des descriptions de parades observées en captivité.
in], — Gifford (1925) donne des informations sur la reproduction en captivité.
L’Expédition Whitney collecta des spécimens en sept. (17), oct. (25) et nov. (24) 1922. Quelques
oiseaux étaient en activité sexuelle au cours de chacun de ces mois ; en septembre, un couple nourrir-
sait des jeunes et une grande proportion d’oiseaux étaient en mue, d’autres avaient soit un plumage
très usé, soit un plumage neuf. Au moins cinq oiseaux qui muaient étaient en activité sexuelle, mais
la mue semble être lente avec seulement une primaire et une secondaire collatérales muant simultané¬
ment. Aucun des oiseaux en plumage juvénile, ou juvénile muant en plumage adulte, n’était en activité
sexuelle.
Genre Ptilinopus, syn. Thyliphaps.
Notes générales.
Les ptilopes polynésiens posent de nombreux problèmes en systématique (Cain, 1957 ; Goodwin,
1967 ; Ripley et Birckhead, 1942). Toutefois, comme toutes les formes sont réparties en des lieux bien
séparés, il paraît souvent spécieux de discuter sur les « frontières » de chaque espèce.
P. huttoni, P. dupetithouarsii et P. mercierii sont toutes des formes distinctes qu’il est préfé¬
rable de traiter comme des espèces séparées. Avant qu’il ne disparaisse, P. mercierii était sympatrique
avec P. dupetithouarsii.
Les autres formes ( rarolongensis, goodwini, chrysogaster, frater, purpuratus, chalcurus, coralensis
et insularis) ont des colorations et des chants voisins (seule la voix d 'insularis n’est pas connue en
détail). Elles diffèrent entre elles dans la coloration du vertex, du bec, des irides, des parties inférieures,
dans la forme de la seconde rémige primaire (voir fig. 16) et dans leur écologie alimentaire. Nous les
traitons en cinq groupes, dans le but principal de séparer les informations sur la biologie de chaque
groupe de populations. Il n’y a pas de preuve manifeste, d’après les spécimens de collections, qu’il y
ait un flux génétique entre ces cinq groupes. P. p. chrysogaster pourrait être considéré comme un sixième
groupe, mais nous le traitons avec purpuratus et frater, car ces trois formes ont, comme point com¬
mun, un vertex pâle, une coloration lavée de bronze sur les parties supérieures et des colorations
semblables du bec et des irides ; elles diffèrent quant à la forme de la seconde rémige primaire. Les
caractères de frater peuvent être considérés comme une introgression possible entre purpuratus de
Tahiti et chrysogaster des îles Sous Le Vent.
Source : MNHN, Paris
Fig. 16. — Extrémité de la seconde rémige primaire de quelques ptilopes polynésiens. 1 Ptilinopus rarotongensis rarotongensis
(adulte), 2 P. r. goodv/ini (adulte), 3 P. purpuratus chrysogaster (adulte de Maupiti), 4 P. p. chrysogaster (adulte de
Bora Bora), 5 P. p. chrysogaster (juvénile de Raiatea), 6 P. p. /rater (adulte), 7 P. p. purpuratus (adulte), 8 P. chai-
curus (adulte), 9 P. chalcurus (juvénile), 10 P. coralensis (adulte), 11 P. coralensis (juvénile), 12 P. insularis (adulte),
13 P. insularis (juvénile).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
107
Ptilinopus ( purpuratus) rarotongensis Hartlaub et Finsch, Ptilope des Cook 1 .
Ptilinopus rarotongensis Hnrtlaub et Finsch, 1871, Proc. Zool. Soc., Lond., p. 30. Rarotonga. Type apparemment
perdu.
Kukupa (Rarotonga, Atiu).
[Répartition et statut]. — Iles méridionales de l’archipel Cook (carte 17).
P. r. rarotongensis.
Rarotonga : Andrew Garrett collecta le type et d’autres spécimens avant 1870, et quelques exem¬
plaires furent obtenus par d’autres collecteurs au xix e siècle. Wilson (1907) vit un seul individu durant
un séjour de près d'un mois en 1904, et Savage (1962) mentionne qu’il était peu répandu d’après les
observations faites avant 1940. Pourtant, des études datant de août et sept. 1973 montrent qu’il est
commun dans les régions boisées de l’intérieur de l’île ; la population était estimée à 2 000-3 000 oiseaux.
Il y a peu de spécimens en collection ; nous avons localisé dans les musées suivants : A.M.N.H.
une peau ; N.M.N.H. une peau, B.P. Bishop Muséum, Honolulu une peau ; B.M.(N.H.) une peau et
un sp. en alcool.
P. r. goodwini.
Ptilinopus rarotongensis goodwini llolyoak, 1974, Bull. Br. Orn. CI., 94, p. 145. Atiu. Holotype au N.M.H.N.,
parotypcs à l’A.M.N.H. et ou B.M.(N.H.).
Atiu : les habitants de l’île avaient déclaré à Savage (1962) qu’avant 1940 le « Kukupa »
était commun. lin sept. 1974, il était abondant dans les régions boisées du centre de la région coral¬
lienne et dans les arbres du centre de l’île ; neuf spécimens ont été collectés (Holyoak, 1974a).
P. r. sous-espèce ?
Mauke : il semble qu’un ptilope ait habité l’île. L’Exp. de la « Blonde » rapportait que deux
sortes de pigeons, dont un pigeon frugivore vert, habitaient Mauiki en 1825. Savage (1962) donne
une information obtenue avant 1940 ; d’après la population locale le « Kukupa... se rencontre en abon¬
dance dans les îles de Mauke et Atiu ». En 1973, il ne fut pas trouvé au cours d’une brève visite ; les
habitants interrogés & ce sujet donnèrent des informations contradictoires.
Mangaia : un habitant de cette île déclara, en 1973, qu’il connaissait le « Kukupa » et que cet
oiseau habitait seulement les bois de la région corallienne. Il sut imiter l’appel et décrivit le nid. Toute¬
fois, Ducula pacifica, qui est également inconnue dans cette île, pourrait être l’oiseau décrit.
[Habitat et nourriture]. — A Rarotonga, les oiseaux sont communs dans les forêts denses
des collines, où ils sont observés dans les vallées depuis la limite des plantations jusqu’aux crêtes les
plus élevées. Ils sont absents des régions basses et cultivées.
t. Mensurations de Ptilinopus (purpuratus) rarotongensis
aile
queue
culmen exposé
U»
( 1 <?
13»
92
11
Rarotonga
2 29
?, 135
86, 86 +
10.9, 10.7
24, 26
( 1 non
sexé 131
92
10
26
Atiu
j 5 <J<Î
132-138
84.5-89.5
9.5-11
25-27
I 3 $Ç
(134)
(87)
(10.5)
(26)
129, 131, ?
82, 84, 85
10.5, 10.5, 11
25.5, 26.5, 27
Source : MNHN, Paris
108
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
A Atiu, ils sont présents partout où il y a des arbres, tant dans les forêts de la région corallienne
que dans les bosquets d’arbres du milieu de l’île.
Le régime alimentaire des deux formes se compose principalement de fruits, pris dans les arbres
et les buissons très souvent assez bas, vers deux mètres au-dessus du sol.
A Rarotonga, deux oiseaux furent observés alors qu’ils mangeaient de petits insectes, attrapés
sur les feuilles et les branches de petits arbres, insectes qu’ils capturaient avec des mouvements rapides,
en se déplaçant avec aisance.
[Comportement]. — Chez les deux formes, les oiseaux sont généralement vus isolés ou par
couples ; les oiseaux appariés restent de longs moments l'un près de l’autre. A Atiu, les oiseaux mangent
parfois par petits groupes de quatre ou cinq individus.
[Voix]. — Les appels de ces deux formes sont identiques et très semblables à ceux de P. pur-
puralus. L’appel le plus fréquent est une série de roucoulements doux qui débutent avec des notes
courtes qui s’accélèrent vers la fin, oooo-oooo-oooo-oooo-ooo-ooo-oo-oo-oo-o-o-u-u-u-u. Mais souvent ils
émettent des notes doubles données en série, oou-oo oou-oo oou-oo oou-oo oou-oo oou-oo oou-oo oou-oo,
ou bien 00-000 00-000 00-000 00-000 00-000 00-000 ... D’autres notes sont émises à l'occasion, avec soit
la première, soit la seconde syllabe accentuée.
Le chant est émis par les oiseaux isolés à des intervalles variant de une à vingt minutes. Les
oiseaux proches répondent au premier type de chant, par la même vocalisation. Trois oiseaux qui
chantaient furent collectés et tous trois étaient des mâles. A Rarotonga, un appel très doux, d’un ton
assez bas fut émis par un oiseau perché à côté d’un autre ; ces notes n’étaient entendues que d’assez
près, rooo-rooo-rooo-rooo.
[Reproduction]. — Le nid et l’œuf sont inconnus. Un mâle collecté le 30 juil. 1973, à Raro¬
tonga, avait des gonades développées et huit spécimens sur neuf, collectés à Atiu, étaient en activité
sexuelle ; une femelle avait d’ailleurs des œufs dans l’oviductc. Il est vraisemblable que l’espèce ait
une saison de reproduction très étendue, comme les autres ptilopes de Polynésie. Une femelle collectée
à Atiu avait deux œufs en partie formés dans l’oviducte, ce qui fait penser que la taille de la ponte
peut être parfois de deux œufs, alors qu’une ponte d’un seul œuf semble être la règle chez les ptilopes
polynésiens.
Ptilinopus ( purpuratus) purpuratus (Gmelin), Ptilope de la Société '.
Columba purpurala Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 784. Basé sur le « Purple-crowned Pigeon » de Latham,
1783, Gen. Syn. Bds., 2 (2), p. 626, d’Otaheite (une variété a été décrite d’Ulietea = Raiatea). Type
perdu semble-t-il.
1. Mensurations et poids de Ptilinopus (purpuratus) purpuratus
aile
queue
culmen exposé
( io SS
145-157
80-90.5
10.4-11.2
26.5-29
Tahiti
(152.5)
(86.5)
(11.0)
(28)
( io 99
140-151
78-87
10.0-10.9
26-29
(145)
(83)
(10.4)
(27)
10 SS
143-149
80-89
10.3-11.3
26-28.5
(146)
(85)
(10.8)
(27.5)
Huahine
136-147
78-85
10.5-11.6
26-28
0 non «evéfl
(141)
(82)
(11.0)
(27)
Raiates
10 SS
136-145
80-86.5
10.5-11.7
25-27
(143)
(83)
(11.1)
(26)
Bora Bora
2 SS
139.5, 139.5
77, 78.5
11.0, 11.1
25.5, 25
140.5
81
10.1
Maupiti
1 1 9
136
79
c. 9.5
24.5
Poids : un P. p.
purpuratus 95 g,
quatre P. p.
/rater 82-93 (87.5) g,
et 13 P. p. chrysogaster 95-125 (106) g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
1
i
i
«
P. (p.) purpuratus % - D. p. pacifica
P. (p.) chalcurus o - D. p. aurorae : noté depuis 1970
P. (p.) coralensis □ - D. p. aurorae : éteint vers 1900
P. (p.) insularis * = D. galeata
P. d. dupetitkouarsll * = île jamais visitée par un ornithologue.
110
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Syn. Columba kurukuru var. ta île ns is Lesson, 1828, Tahiti. Type au M.N.H.N. Columba oopa Wagler, 1829,
Society Islands. Plilinopus furcatus Peale, 1848, Tahiti, Syntypcs au N.M.N.H., etc. (Deignan, 1961).
Kurukuru nebouxii Prévost et Des Murs, 1855, Tahiti. Type au M.N.H.N.
U’upa (dans toutes les îles de la Société).
Deux spécimens de Maupiti sont légèrement plus petits que la plupart des oiseaux des autres
populations. Ils ont en outre un bec assez court et l’émargination de la seconde rémige primaire plus
courte (fig. 16).
[Répartition et statut]. — Iles de la Société (carte 17).
P. p. purpuratus.
Tahiti : très abondant au début du siècle (Beck, ms ; Quayle, ms ; Wilson, 1907). Aujourd’hui,
il est assez bien répandu dans les régions boisées mais nulle part très abondant.
P. p. frater.
Plilinopus purpuratus frater Ripley et Birckhead, 1942, Amer. Mus. Novit., 1192, p. 9. Holotypc è l’A.M.N.H.
Moorea : assez bien répandu dans les régions boisées, sauf dans les cocoteraies. En 1973, la popu¬
lation était estimée à 5 000-6 000 oiseaux (Thibault, 1974b).
P. p. chrysogaster.
Plilinopus chrysogaster Gray, 1853, Proc. Zool. Soc., Lond., p. 48, pl. 54. Raiatea. Type apparemment perdu.
Huahine : assez fréquent dans les régions boisées (Thibault, 1974b).
Raiatea et Tahaa : peu abondant à Tahaa où la population était estimée à 500 oiseaux en 1973
(Thibault, 1974b). Assez commun dans les régions boisées de Raiatea.
Bora Bora : maintenant peu fréquent ; la population était estimée à 50 oiseaux en 1972 (Holyoak,
1974b).
Maupiti : peu abondant ; la population était estimée à moins de cent oiseaux en 1973 (Thi¬
bault, 1974b).
Bien que les trois formes ci-dessus soient représentées par des populations numériquement
importantes, aucune d’elles n’est abondante comme P. dupetithouarsii des îles Marquises. L'introduc¬
tion de Circus approximans est probablement la cause de cette diminution des ptilopes dans les îles
de la Société.
[Habitat et nourriture]. — Trouvé dans les forêts de vallées et les forêts de basse et moyenne
altitudes, parfois près des habitations. Il est absent des cocoteraies, de la végétation des îlots coral¬
liens et ce qui est étonnant, des forêts montagnardes, en dépit de l’abondance des fruits charnus dans
ce dernier type d’habitat (ne dépasse pas 450 m à Raiatea, 600 m à Moorea et 1 000 m à Tahiti).
Les plus fortes densités sont trouvées là où la végétation est variée — vallées cultivées ou en
friche —. Certaines vallées supportent des densités élevées, deux à trois oiseaux à l’hectare à Moorea
et six à sept à Raiatea. Dans les forêts où la végétation arborée est peu variée, la densité est beaucoup
plus faible (forêt d ’lnocarpus à Moorea où la densité est d’un à deux oiseaux h l’hectare).
Le régime alimentaire est principalement composé de fruits charnus de 2 à 17 mm de diamètre.
Se nourrit aussi bien de fruits d’arbres introduits que de fruits d’arbres locaux ( Ficus sp., Lantana
camara, Quinquina sp., Cananga odorata, Vanilla planifolia, Psidium guajaca, Freycinetia spp.).
Il se nourrit parfois d’insectes attrapés sur des feuilles ou des brindilles (Hémiptères et proba¬
blement petits Diptères, Holyoak, 1974b).
[Comportement]. — Entièrement arboricole, il est assez actif quand il se nourrit, mais il reste
aussi de longs moments posé dans les arbres sans aucune activité vocale ou autre. Généralement
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
111
vus isolés ou par couple ; (les concentrations d’une dizaine d’oiseaux sont peu fréquentes. Ils dorment
parfois par petits groupes dans les arbres.
11 est fréquent de voir un oiseau se percher à côté d’un autre dans un arbre, provoquer son envol
et recommencer à se poser à côté de lui. Deux oiseaux effectuant ce manège se posèrent à 50 cm l’un
de l’autre, puis se lissèrent le plumage, peut-être s’agissait-il d’une phase de parade. Un autre oiseau,
observé à Raiatca, retournait sans cesse sur la même fourche située dans un arbre, à 15 m de haut
et il s’accroupissait dessus pendant quelques secondes (Holyoak, 1974b).
[Voix]. — Chante tout au cours de la journée, commençant souvent une heure avant le lever
du soleil et continuant tard dans l’obscurité. Les trois sous-espèces ont un chant identique, semble-t-il.
L’appel consiste en une série de roucoulements, courts et doux au début, s’accélérant vers la fin, oooo-
O00o-oooo-oooo-oooo-oooo-oo-oo-oo-u-u-u-u-u-u. Cet appel assez doux est normalement donné à inter¬
valles réguliers variant de une à 20 minutes. En chantant, l’oiseau se redresse, la gorge et la poitrine
se gonflant à chaque note et la tête montant et descendant légèrement (Holyoak, 1974b).
Les oiseaux qui chantent semblent isolés, comme s’ils défendaient un territoire de chant et il
semble qu ils utilisent le meme perchoir plusieurs jours de suite. D’autres chants sont émis ; ils diffèrent
de l’appel décrit par l’absence de notes accélérées à la fin, ooa-oo ooa-oo ooa-oo et oo, oo-oo, oo-oo, oo-oo...
Quayle (ms) a décrit qu'un oiseau qui chantait de cette manière rentrait la tête à chaque note. Un
oiseau poursuivant un autre émit un cri très fin, piou.
[Reproduction]. — Les nids sont très difficiles à localiser dans la végétation. C’est une simple
plate-forme composée de brindilles enchevêtrées ; son diamètre n'exède pas 10-12 cm et il est situé
entre 4 et 12 m de haut dans un arbre. Le seul œuf déposé en collection, a été collecté à Tahiti par
A. Seale en mai 1903 (maintenant au B.P. Bishop Muséum, Honolulu). Malheureusement, comme il
ne fut pas correctement vidé, il est cassé et décoloré. Cet œuf mesure c. 32 X 21.6 mm. Le seul autre
nid occupé, qui ait été trouvé, contenait un poussin à la moitié de son développement avec un duvet
gris, des rcctrices et des rémiges en tuyaux. Découvert, le poussin se blottit au fond du nid (Holyoak,
1974b).
Des oiseaux sexuellement actifs ont été collectés tous les mois de l’année, sauf en sept, et il
semble que l’espèce niche sans saison bien définie.
La mue des plumes de vol est lente, avec une à deux rémiges poussant simultanément. Des
oiseaux en mue ont été collectés tous les mois de l’année et certains oiseaux étaient sexuellement actifs.
Plilinopus ( purpuratus) chalcunis (G. R. Gray), Ptilope de Makatea 1 .
Plilinopus chalcunis G. R. Gray, 1859, Cat. Rds. Trop. Is. Pacific Océan, p. 37. « Cook or Hervey Is. », erreur
= Makatea, Tuamotu. Holotype au B.M.(N.H.).
O’o (Makatea).
[Répartition et statut], — Endémique à Makatea dans les Tuamotu. L’Expédition Whitney
le trouva commun en 1922 (Quayle, ms) et en 1972, il était encore très fréquent.
On a craint que la présence de près de 2 000 personnes travaillant à la Société des Phosphates
1. Mensurations do Plilinopus (purpuratus) chalcurus
aile
queue
culmen exposé
tarse
8 <J<*
133-140
89-98
11.8-12.6
23-27
(1371
(94)
(12.2)
6
126-137
83-90
11.1-12.2
24-26
(132)
(86.5)
(11.9)
(25)
Source : MNHN, Paris
142 D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
et dont les distractions se limitaient à la pêche et à la chasse, ne provoque l’extinction de cette forme.
Il n’en a rien été, aujourd’hui ce ptilope est très bien répandu et les 50 habitants qui restent à Makatea
ne les chassent pas.
[Habitat et nourriture]. — Habite toutes les régions boisées, aussi bien la forêt dense au
sud de l’île, que les parties exploitées où il ne reste qu’une végétation très clairsemée. Présent aussi
dans le village. Il a été observé alors qu’il se nourrissait de fruits de Cananga odorata et de Ficus
prolixa. Mais il doit se nourrir très largement d’autres fruits.
[Voix]. — Appels identiques à ceux de P. purpuratus de Tahiti.
[Reproduction]. — Le nid et l’œuf n’ont jamais été décrits. L’Expédition Whitney collecta
en août des adultes et des immatures en mue, et des adultes en activité sexuelle (Ripley et üirckhead,
1942).
Ptilinopus (purpuratus) coralensis Peale, Ptilope paumotu *.
Ptilinopus coralensis Peale, 1848, U.S. Expi. Exped., Birds, 8, p. 190. CarlshofT = Aratika, Tuamotu. Le type
est maintenant la pl. LI in Peale, loc. cit. (Deignan, 1961).
Syn. Ptilinopus smitksonianus Salvadori, 1893. Basé sur les spécimens de P. coralensis collectés par Peale qui
sont désormais au N.M.N.H. (Deignan, 1961).
O’o (nord et sud Tuamotu), Kuku [Mangareva (Seurat, 1903a ; Buck, 1938) où il est main¬
tenant éteint].
Les oiseaux du sud des Tuamotu diffèrent légèrement de ceux du nord des Tuamotu par une
taille et une longueur du bec, en moyenne légèrement plus grands et par le jaune du dessous un peu
plus soutenu, avec fréquemment des franges oranges sur les plumes du ventre ; coloration rare chez la
plupart des oiseaux du nord des Tuamotu (notée chez quelques spécimens de Niau et de Rangiroa).
[Répartition et statut]. — Bien répandu aux Tuamotu (voir carte 17). L’Expédition Whitney
le trouva abondant sur quelques atolls, mais peu répandu sur d’autres (Beck, ms ; Quayle, ms). Dans
l’ensemble, son statut n’a guère évolué depuis 1920 et l’abondance des oiseaux varie d’un atoll à l’autre,
suivant la richesse en arbres à fruits charnus. Sur un îlot de Manihi, Petitot et Petitot (1975) citent
une densité de quatre couples pour six hectares. Son absence de nombreux atolls du centre des Tuamotu
n’est pas bien expliquée ; peut-être est-elle due à l’absence de certaines essences d’arbres. L’espèce
est souvent capturée par les Paumotus qui tentent de l’apprivoiser et des introductions peuvent expli¬
quer sa présence sur quelques atolls. Ainsi, il aurait pu être introduit dans le groupe Actcon, par un
Européen, au début du siècle (Père Victor, comm. pers.), mais nous n’avons pu le vérifier dans les
archives locales. Des mentions existent pour les îles suivantes : Tikehau : collecté par l’Expédition
Whitney (Ripley et Birckhead, 1942) ; Rangiroa : collecté en 1922 (Ripley et Birckhead, 1942) et vu
1. Mensurations de Ptilinopus purpuratus coralensis
aile
queue
culmen exposé
( 15 <J<?
131-143
88.5-99.5
11.8-12.9
26-28.5
(135.5)
(93)
Tahanea)
j 15 ?$
127-142
85-94
(132)
189)
l 10 SS
134-146
90-99
12.9-13.7
(141)
(95.5)
et Marutea sud)
1 10 99
130-145
87-96
(137.5)
(91)
(12.7)
Dix adultes du sud des Tuamotu pesaient 70-99 (87) g (Lacan et Mougin, 1974b).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE OHIENTALE
113
en 1972 (Holyoak, 1973a) ; Arutua : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ; Niau : collecté
en 1921 (Bcck, ms), 1922 (Ripley et Birckhead, 1942) et observé communément en 1974; Apataki :
collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) et vu en 1971 (Bruner, 1972); Ahe : collecté en 1922
(Ripley et Brickhead, 1942) ; Manihi : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) et vu en 1972
(Petitot et Petitot, 1975) ; Takapolo : pas observé par l’Expédition Whitney mais des Paumotu signa¬
lèrent sa présence en 1922 (Bcck, ms; Quaylc, ms), vu et collecté en 1974; Toau : collecté en 1923
(Ripley et Birckhead, 1942) ; Fakarava : vu en 1899 (Townsend et Wetmore, 1919), collecté en 1923
(Ripley et Birckhead, 1942) et vu en 1974 ; Aralika : vu en 1922 (Beck, ms) et collecté en 1923 (Ripley
et Birckhead, 1942) ; Kaukura : pas vu par l'Expédition Whitney mais des Paumotus signalèrent sa
présence en 1923 (Beck, ms) ; Kauehi : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ; Takaroa : collecté
en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ; Taiaro : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942), vu en 1972
(G. Richard comin. pers.) ; liaraka : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ; Faaite : collecté
en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942), pas vu en 1974 au cours d’une brève escale, mais des Paumotus
nous signalèrent sa présence sur plusieurs îlots ; Tahanea : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ;
Kotiu : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ; Tepoto : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead,
1942) ; Tuanake : collecté par l’Expédition Whitney (Ripley et Birckhead, 1942) ; liiti : collecté en
1923 (Ripley et Birckhead, 1942); Makemo : collecté en 1899 (Townsend et Wetmore, 1919), vu et
collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ; Taenga : collecté en 1923 (Ripley et Birckhead, 1942) ;
Tenararo : collecté en 1922 (Ripley et Birckhead, 1942) ; Tenarunga : collecté en 1922 (Ripley et Birck¬
head, 1942), Maturei Vauao : collecté en 1922 (Ripley et Birckhead 1942), puis en 1965 et 1966 (Lacan
et Mougin, 1974b) ; Marulea sud : collecté en 1922 (Ripley et Birckhead, 1942) et en 1965 (Lacan et
Mougin, 1974b) ; Man garera (îles Gambier) : Seurat (1903a) etBuck (1938) ont noté le nom vernaculaire
Kuku pour cette espèce ; elle avait disparu de toute évidence en 1922 (Quayle, ms).
L espèce n a pas été notée sur de nombreux atolls du centre et du sud des Tuamotu, visités
par des ornithologues, et pour d’autres atolls, nous manquons d’informations.
[Habitat et nouhrituhe]. — Habite les forêts d’atolls et les cocoteraies en friche où bien
souvent Gueltarda speciosa est l’arbre dominant. Absent de la cocoteraic pure qui ne lui offre pas de
possibilités alimentaires.
Se nourrit dans toutes strates disponibles, arbres (jusqu’à 20 m), arbustes, buissons et sur le
sol. Le régime alimentaire est principalement composé de petits fruits charnus (e. g. ceux de Timonius
polygamus, Pipturus argenteus et Tournefortia argentea). 11 se nourrit aussi de feuilles de Guettarda
speciosa (Petitot et Petitot, 1975), de graines de Morindia sp. (Seurat, 1903a), du germe de noix de
cocotier que les Paumotus laissent sur le sol en préparant le coprah, de petites fleurs vertes non iden¬
tifiées et d’insectes capturés dans la végétation (Holyoak, 1973a). Bruner (1972) a noté qu’il se nourris¬
sait de graines de graminées et d’insectes pris sur le sol. Les baies sont attrapées dans les couverts
arbustifs et arborés où les oiseaux se déplacent avec beaucoup d’agilité. Les insectes sont capturés
dans les feuillages avec des gestes très rapides (Holyoak, 1973a).
[Comportement]. — Se déplace seul, par couple ou en bandes de cinq ou six individus, parfois
de 20-30 dans les milieux très favorables.
[\oix]. La voix est assez semblable à celle de P. purpuratus avec de longues séries de roucou¬
lements dont le rythme va en s’accélérant et d’autres chants bi-syllabiques. Quand il chante, compor¬
tement et posture sont identiques à ceux de P. purpuratus. Beck (ms) entendit de jeunes oiseaux
émettre des cris différents, assez faibles, la seconde syllabe étant plus basse que la première, coo-cucu-
coo-cucu-coo-cucu.
[Reproduction]. — Le nid est une structure plate composée de 20-25 brindilles entrelacées
et construit dans les arbres et les buissons entre 30 cm et 3 m au-dessus du sol. Il est établi sur une
fourche ou une branche ( Pandanus tectorius, Tournefortia argentea) et souvent dans des buissons xéro-
philes (Sunana maritima). Bcck (ms) nota que l’on voyait l’œuf à travers le nid.
La ponte est d’un œuf de couleur blanche, légèrement brillante (Lacan et Mougin, 1974b ;
Quayle, ms). Un ex. de Maturei-Vavao mesurait 35.5 X 20.7 mm (Lacan et Mougin, 1974b) et quatre ex.
du nord des Tuamotu mesuraient 31.9 X 21.8, 31.5 X 21.6, 34.2 X 22.3 et 32.3 X 22.0 mm.
8
Source : MNHN, Paris
114
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Selon Beck, une ponte a été notée cinq jours après avoir vu les adultes construire le nid.
Des nicheurs sont notés la plupart des mois de l’année, si ce n’est toute l’année. Des œufs ont
été notés en fév., mars et mai ; des poussins en mars et mai (Beck, ms ; Lacan et Mougin, 1974b).
L’état sexuel des oiseaux collectés peut être résumé comme suit :
fév. mars avril mai juin août sept. oct.
gonades petites
gonades plus ou
moins développées
9
28
34
4
5
2
La proportion d’oiseaux avec des gonades petites est plus élevée en mai et juin qu’en fév. et
fait penser que le nombre d’oiseaux qui nichent durant le milieu de l’hiver austral est plus faible que
durant les autres saisons. Des oiseaux étaient en mue au cours de ces différents mois et beaucoup d’indi¬
vidus qui muaient étaient en activité sexuelle. Comme la mue est lente, avec seulement une ou deux
rémiges collatérales poussant simultanément, elle ne doit pas gêner les oiseaux nicheurs.
Ptilinopus ( purpuratus ) insularis (North), Ptilope de Henderson 1 .
Ptilopus insularis North, 1908, Rec. Austr. Mus., 7, p. 30. Ile Henderson. Holotype à l’Austrnlinn Muséum
Sydney.
[Répartition et statut]. — Endémique à l’île Henderson dans le groupe Pitcairn. L’Expé¬
dition Whitney le trouva commun en 1922 et collecta 36 spécimens (Quayle, ms). Williams (1960)
mentionne, d’après des informations recueillies auprès des habitants de Pitcairn, qu’il est encore
assez abondant. Les habitants de Pitcairn le chassent parfois, mais si rarement qu’il se pose peu de
problèmes pour sa conservation (Williams, 1960).
[Habitat]. — Habite les « maquis » composés d’arbustes et de buissons impénétrables qui
couvrent la plupart de l’île.
[Comportement], — North (1908) mentionne qu’il observa ces oiseaux par troupes de 20 indi¬
vidus et plus, mais Quayle (ms) les vit isolément ou par couple et note qu’ils sont arboricoles, mais
descendent bas dans les buissons.
[Voix]. — Quayle (ms) mentionne que le chant est un roucoulement, mais il ne donne pas
d’autres détails. Il remarque que les oiseaux chantent tôt le matin.
[Reproduction]. — Le nid et les œufs n’ont pas été décrits. L’Expédition Whitney collecta
des juvéniles en avril 1922 et des adultes en mue en mars et avril 1922. Quayle (ms) nota qu’un oiseau
collecté en mars nourrissait un jeune de toute évidence.
1. Mensurations de Plilinopus (purpuratus) insularis
aile
queue
culmen exposé
ta “
s ss
143-156
102-110
12.5-13.5
27-28
(147.5)
(107.5)
(13)
(27.5)
6 ??
139-148
101-108.5
12-13
27-28.5
(144)
(104)
(12.5)
(28)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
115
Ptilinopus huttoni (Finsch), Ptilope de Hutton 1 .
Ptilinopus huttoni Finsch, 1874, Proc. Zool. Soc., Lond., p. 92. Rapa ou île Oparo. Holotype maintenant
Muséum de Milan (Peters, 1937).
Kôk 5 (Rapa).
[Répartition et statut]. — Endémique à Rapa dans les îles Australes. Le type a été
collecte en 1873, ou un peu avant par le Capitaine Hutton. L’Expédition Whitney collecta au moins
22 spécimens en avril 1921 et févr. 1922, alors que l’espèce n’était pas très rare, semble-t-il (Beck, ms ;
Quayle, ms). En oct.-déc. 1974, il était devenu peu abondant, la population étant estimée à 200-
300 oiseaux.
^ [Habitat et nourriture]. — L’Expédition Whitney le trouva dans les collines boisées et sur
les crêtes (Beck, ms ; Quayle, ms). En 1974, il fut trouvé dans les forêts locales entre 40 et 300 m d’alti¬
tude, mais ne fut pas trouvé dans la végétation littorale, ni dans les bosquets de forêts secondaires,
ni près du village. Il est maintenant confiné à des lambeaux de forêts dans quelques vallées et sur les
crêtes. On ne le trouve que dans les parties centrale et méridionale de l’île, la forêt ayant complètement
disparu dans les parties nord et est. En fait, la diminution de l’espèce est la conséquence de la destruc¬
tion de la forêt, brûlée lors des incendies de prairies ou coupée pour les besoins domestiques.
Il se nourrit de fruits charnus (Vaccinium cereum et autres espèces connues sous le nom verna¬
culaire de Puru, Ma’a Koko) et du nectar de fleurs, comme Metrocideros collina.
[Comportement], — Se déplace très souvent d’un bosquet à l’autre, isolément ou par couple,
assez rarement par trois ou quatre individus.
[Voix], — Deux types de chants ont été entendus. Le premier est très différent de celui de
P. purpuratus ; il se compose d’une longue note, suivie de trois notes rapides, puis de trois ou quatre
plus lentes, enfin d’une série de huit à dix notes courtes et accélérées, ôôô-o-o-o—ôô-ôô-ôô-o-o-o-o-o-o-o-o.
L autre chant est un roucoulement monotonique, hou-hou-hou-hou-hou ; il est entendu à toute heure
du jour et fréquemment dans l’obscurité.
[Reproduction.] — Le nid et l’œuf n’ont pas été décrits. Une femelle avec une grappe ova¬
rienne développée a été collectée en oct. ; adultes en mue collectés en oct. (un), et avril (plusieurs) ;
oiseaux en plumage juvénile collectés en déc., fév. et avril (Ripley et Birckhead, 1942 et obs. pers.).
1. Mensurations de Ptilinopus huttoni (d'après Murphy, 1924a)
aile
queue
culmen exposé
tarse
io dd
164-175
111-125
20-22
28-31
(169)
(118)
(21)
(30)
10 ?$
162-172
111-122
20-22
28-31
(166)
(115)
(21)
(30)
Une femelle adulte pesait 130 g.
Source : MNHN, Paris
116
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Ptilinopus mercierii (Des Murs et Prévost), Ptilope de Mercier 1 .
Kurukuru Mercierii Des Murs et Prévost, 1849, Voy. « Vénus », ZooL, p. 266. Vallée de Mohana, Nukuhiva,
îles Marquises. Type au M.N.H.N.
Kuku Peti (adulte, Hiva Oa), Kuku Pakioe (juvénile, Hiva Oa, Quaylc, ms), peut-être aussi
P ATI.
[Répartition et statut]. — lies Marquises (fig. 17).
P. m. mercierii.
Nuku Hiva : connu seulement par le type, collecté au cours du voyage de la « Vénus » et par
une mention de Garrett. Mais ce dernier n’a peut-être pas collecté de spécimens. L’Expédition Whitney
ne le trouva pas en 1921-1923, ni plus récemment nous-mêmes en 1972 et 1975, après des semaines
passées à sa recherche. Il ne fait pas de doute que cette population est désormais éteinte.
P. m. Iristrami.
Plilopus tristrami Salvadori, 1892, Bol!. Mus. Zool. Anat. Comp. Univ. Torino, 7, n° 135, p. 1. Ile Hivaou. Holo-
type au Muséum de Liverpool.
Hiva Oa : le type fut collecté par Andrew Garrett et quelques spécimens furent obtenus par
d’autres collecteurs du xix e siècle. L’Expédition Whitney (Beck, ms ; Quayle, ms) le trouva peu fré¬
quent en 1921 et 1922, mais collecta tout de même au moins 14 spécimens. Il n’a pas été retrouvé
depuis, malgré de brèves recherches en 1971 (Thibault, 1973b) et des recherches de plusieurs semaines
en 1975. Il est vraisemblable que cette forme ait disparu, très probablement à cause de l’introduction
de Bubo virginianus. D’ailleurs, on doit remarquer que Hiva Oa est la seule île où P. dupetiihouarsii
soit peu abondant alors qu’il était très commun en 1921-1922.
De vagues et anciennes suppositions laissaient supposer que P. mercierii habitait Tahuata et
Fatu Iva, mais aucune des recherches entreprises du temps de l’Expédition Whitney ou récemment,
n’ont permis de confirmer de telles hypothèses.
[Habitat et nourriture]. — Rien n’est connu de l’habitat et du régime alimentaire de la
population de Nuku Hiva, mais l’espèce habitait probablement les forêts. Radiguet (1842-1859, éd.,
1971) décrit un oiseau aux colorations identiques qu’il observait dans un banyan {Ficus) à moins d’un
km de Taiohae, près de l’embouchure d’une rivière. A Hiva Oa, l’Expédition Whitney trouva les oiseaux
dans les forêts montagnardes, surtout à des altitudes supérieures à celles habitées généralement par
P. dupetithouarsii, quoique les deux espèces furent notées ensemble (Holyoak, 1975a). Beck (ms) nota
qu’il les voyait à l’entrée de canyons (vallée d’Atuona ?), généralement en vol.
Ils furent observés alors qu’ils se nourrissaient de fruits d’une plante grimpante et de petits
fruits dans les arbres en compagnie de P. dupetithouarsii. Des fruits et des graines non digérées ont
été retrouvés dans les estomacs des spécimens collectés.
1. Mensurations de Ptilinopus mercierii
aile
queue
culmen exposé
( 6 si
135-145
76-85
9.5-11.1
23-25
(141)
(81)
(10.2)
(24)
{ 5 9?
131.5-139
74-77
10.0-10.2
21-24
(135.5)
(76)
(10.1)
(22.5)
Nuku Hiva
145
77.5
?
1 sp. non 8exé
|..6.)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
117
[Comportement]. — Peu connu. Quayle (ms) mentionne qu’ils sont plus arboricoles, qu’ils ont
aussi un vol plus rapide et plus leste que P. dupetithouarsii.
[Voix]. — Quayle (ms) écrit que le chant des oiseaux de Hiva Oa différait de celui de P. pur-
puratus de Tahiti (lequel diffère de celui de P. dupetithouarsii) par l’absence de roucoulements rapides
à la fin ; ainsi le chant pouvait être, oooo-oooo-oooo-oooo-ooo-ooo. 11 mentionne aussi que le chant était
plutôt monotone, plus roucoulé et plus aigu que celui de P. dupetithouarsii.
[Reproduction]. — Le nid et l’œuf n’ont jamais été décrits. Les collectes effectuées à Hiva Oa
en janv. 1921 et en nov. 1922 par l’Expédition Whitney comprenaient des oiseaux en activités sexuelle
et en mue. D’autres oiseaux en mue avaient été observés en oct. 1922 et un juv. en janv. 1921.
La saison de reproduction devait être très étalée, comme chez P. dupetithouarsii.
Ptilinopus dupetithouarsii (Neboux), Ptilope de Dupetit-Thouars l .
Colurnba Du Petilhouarsii Neboux, 1840, Rev. Zool., p. 289. Ile Christina = Tahuata, îles Marquises. Deux
syntypes au M.N.1I.N. (souvent nommé P. dupetit-thouarsi ou P. dupetitlhouarsii).
Syn. Colurnba kurukuru purpureoleucncephala Hombron et Jacquinot, 1841, Tahuata. Ptilinopus emiliae Lesson,
1844, nouveau nom du précédent.
Kuku (Nuku Hiva, Hiva Oa, Ua Huka), Kuku-Foama (adulte, Hiva Oa), Kuku-Pukio ou
Kuku-Pakiop. (Juvénile, Hiva Oa), Kukupa (Ua Pou).
[Répartition et statut]. — Iles Marquises (voir carte 17).
P. d. viridior.
Ptilopus dupetithouarsii viridior Murphy, 1924, Amer. Mus. Novit., n° 115, p. 4. Ile Nukuhiva. Holotype à
l’A.M.N.H.
Nuku Hiva, Ua Huka , U a Pou : l’Expédition Whitney le trouva abondant en 1921-1922 (Beck,
ms ; Quayle, ms) ; entre 1971 et 1975, il était encore bien répandu dans les régions boisées de ces trois
îles.
P. d. dupetithouarsii.
Hiva Oa : l’Expédition Whitney le trouva commun en 1921-1922 (Beck, ms ; Quayle, ms).
En 1971 et en 1975, il était assez bien distribué, mais avec des densités beaucoup plus faibles que sur
les autres grandes îles. La cause de cette diminution pourrait être l’introduction de Bubo virginianus.
1. Mensurations de Ptilinopus dupetithouarsii
.il.
queue
culmen exposé
tarse
[ « 3<s
146-155
81-88
11.0-12.1
24.5-26.5
P. d. viridior
( 15 99
(149.5)
(85.5)
(H.6)
(25.5)
140-152
74-83
10.8-12.0
24-26
(146)
(80)
(11.2)
(25)
( 15 <?<î
143.5-154.5
79-89.5
10.5-11.6
25-27
P. d. dupetithouarsii
(148)
(86)
(11.1)
(26.5)
f 10 $9
143-151
76-87
10.6-11.3
25-27
(148)
(81.5)
(10.9)
(26)
Neuf adultes pesaient 90-110 (102.4) g.
Source : MNHN, Paris
118
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Tahuata : commun dans toutes les régions boisées, tant en 1921-1922 (Beck, ms ; Quayle, ms)
qu’en 1975.
Moholani : comme la surface boisée est restreinte, la population est faible. En 1975, elle était
estimée à 200-300 oiseaux.
Fatu Iva : commun dans toutes les régions boisées, tant en 1921-1922 (Beck, ms ; Quayle, ms)
qu’en 1975.
[Habitat et nourriture]. — Il fréquente tous les habitats boisés et il se déplace sans cesse
d’une région à l’autre d’une ile. Spécialement abondant dans les forêts secondaires humides des basses
vallées (0-500 m d’altitude) où il se nourrit notamment des fruits des plantes suivantes : Premna species,
Eugenia uniflora, Ficus marquesense, Coffea arabica, Celthis pacifica, Eugenia cuminii, Cananga odorata.
Dans les forêts humides de moyenne altitude, il se nourrit des fruits de : Crossostylis biflora, Wickstroe-
mia foetida. Ficus marquesense. Dans les forêts montagnardes (forêts des nuages), il n’est jamais très
abondant, mais bien distribué ; il a été observé se nourrissant des fruits de : Vaccinium cereum, Reynold-
sia sp., Allophyllus sp., Boehmia platyphylla, Glochidion sp., Styphelia tameiameiae, Geniostoma sp.,
etc. Il fréquente aussi les régions sèches de basse altitude où l’on trouve une brousse arbustive ; il se
nourrit notamment des fruits de : Ixora marquesensis, Eugenia rariflora, Cordia lutea, Psidium guajava,
Canthium odoratum et C. barbalum.
Le régime alimentaire est principalement composé de fruits charnus de 3-30 mm de diamètre,
de couleur noire, rouge, bleutée et parfois blanche. Les fruits sont détachés avec un geste vif et avalés
tels quels. Les oiseaux mangent aussi des parties de fruits (comme Piper latifolium, Psidium guajava),
des fleurs (comme Erythrina variegata) et du nectar de fleurs (comme Cordia subcordata). Les fruits
charnus sont généralement abondants dans les forêts marquisiennes, mais il est possible que quelques
populations, comme celle de Mohotani, mangent des insectes quand les fructifications sont peu abon¬
dantes. Comme les graines des fruits sont rejetées dans les excréments, sans avoir été digérées, cette
espèce joue un rôle considérable dans la dispersion de la flore locale et introduite, spécialement du
café ( Coffea arabica), des goyaves (Psidium guajava) et de quelques plantes parasites (comme Loranthus
amylolheca). Il est exclusivement arboricole, mangeant dans des arbres élevés, mais aussi dans des
buissons.
[Comportement]. — Plus souvent observés seuls ou par couple, mais on les trouve quelquefois
en groupes pour se nourrir. Une concentration de près de 200 oiseaux a ainsi été observée pendant
plusieurs jours à Tahuata, dans un banyan (Ficus) en pleine fructification.
Sur les grandes îles, les oiseaux peuvent voler sur plusieurs km. Quand ils vont d’une vallée
à l’autre ils utilisent souvent les courants ascendants pour franchir les crêtes avec moins d’effort.
Les jours de grand vent, il est fréquent qu’ils s’élèvent dans les airs et planent maladroitement au-
dessus des crêtes, puis descendent par paliers en alternant glissades et chutes, et en gardant les ailes
presque fermées. La parade n’a pas été décrite.
[Voix]. — L’oiseau chante souvent assez haut perché dans le feuillage des arbres, son chant
est une série de roucoulements doux, allant en decrescendo et s’accélérant vers la fin, oooo-oooo-oooo-
ooo-ooo-oo-oo-oo-oo-o-u-u-u-u. Il est émis à des intervalles réguliers, compris entre 1 et 40 minutes,
à tout moment de la journée. D’autres chanteurs répondent fréquemment. Quand il chante, l’oiseau
baisse sa tête et gonfle considérablement sa gorge à chaque note.
Le chant est semblable à celui de P. purpuratus, mais peut-être est-il plus court. Par contre,
il n’existe pas d’autres chants.
[Reproduction]. — Le nid est construit entre 3 et 20 m au-dessus du sol dans différentes
variétés d’arbres et d’arbustes (comme Ixora marquesensis, Eugenia rariflora, Cordia subcordata et
(?) Ficus marquesense). Il est plat et composé de brindilles avec un diamètre de 12 cm en moyenne.
Il est le plus souvent placé sur une fourche. Des morceaux de coquilles trouvés à Mohotani montrent
que l’œuf est blanc pur. f
La saison de reproduction est très longue, probablement étalée sur toute l’année. Des oiseaux
en activité sexuelle ont été collectés en janv., mars, avril, août, sept., oct., nov. et déc., et des juvé-
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE U9
nües volant depuis peu ont été collectés en août, sept., oct. et nov. Des adultes nourrissant visiblement
des jeunes ont été collectés en janv. et sept.
Des oiseaux en mue ont été collectés durant tous les mois cités et beaucoup d’oiseaux en mue
étaient en activité sexuelle, y compris ceux libellés comme « pondant » ou « nourrissant des jeunes ».
La mue des plumes de vol est lente, avec seulement une ou deux rémiges collatérales poussant
simultanément, ce qui a vraisemblablement peu d’inconvénients pour les oiseaux nicheurs.
Genre Ducula, syn. Serresius.
Ducula pacifica (Gmelin), Carpophage du Pacifique 1 .
Columba pacifica Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 777. « Insulis amicis » = Iles Tonga.
Rupe (îles Cook, Tahiti et Makatea).
[Description], — D. p. aurorae de Tahiti et Makatea est une forme qui a été bien souvent
considérée comme une espèce distincte (Goodwin, 1967 et d’autres auteurs). Les adultes diffèrent de
ceux des îles Cook par leur taille en moyenne plus grande, par les sous-caudales gris-foncé (parsemées
d un nombre variable de plumes rousses chez beaucoup d’oiseaux), par les parties supérieures avec
une irisation plus bleue, moins de verdâtre et un gris clair sans trace de rose ni de roux 2 .
ioo É / PARTITI ° N ET STATUT 1- — Puka P uka : population découverte par J. G. Correia et E. H. Bryan,
Jr. en 1924, où quelques individus furent observés sur les îlots Motu Ko et Motu Kotawa (Correia, ms
et Bryan ms). En 1973, la population de Motu Kotawa était estimée à 100-200 oiseaux ; les habitants
de l île mentionnèrent qu’il y avait aussi une population à Motu Ko et que les oiseaux allaient parfois
sur 1 dot Puka Puka. K
Palmerston: population découverte par Burland (1964) qui estima que le nombre des oiseaux
ne dépassait pas 200.
Atiu : assez commun dans la région corallienne de l’île en 1973.
Mitiaro : assez commun en 1973.
■ : J® v oy a ge de la « Blonde » y nota un pigeon non décrit, nommé comme « Columba byro-
nensis » en 1825. En 1973, il était commun dans les zones boisées de la région corallienne.
1. Mensuratior
is des populations de Ducula pacifica de Polynésie orientale.
aile
queue
culmen exposé
tarse
Pukapuka
t 3 <?<?
243, 245, 251
149, 150, 158
24, 23, 24
144
MO «?<J
232-255
144-162
23-26
Rarotonga
9 ÇÇ
(245)
(148)
(24.5)
135-153
22-26
\
(144)
(24)
1 1 d
156
Mitiaro
1 ?
231
250
149
157
25.5
T h- ■
, e dd
262-288
163-172
23-25
35-39
Makatea
1 9 S?
249-278
(169)
160-175
(24.5)
22-25.5
(37)
(265)
(166)
(23.5)
(36)
Aucune différence de taille ou de coloration n'a été trouvée entre les populations de Tahiti et de Makatea.
i. u. p. pacifica de Rarotonga diffère des populations occidentales du Pacifique par une introgression
o. Le nom concerne D. pacifica e* -i-:* -ui-
n doit le considérer comme un nomen nudum.
Source : MNHN, Paris
120
HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Rarotonga : des spécimens furent capturés par la plupart des collecteurs qui visitèrent l’ile au
siècle dernier et au début du siècle (Hartlaub et Finsch, 1871 ; Ogilvie-Grant, 1905 et Wilson, 1907).
En 1973, il était très commun dans les régions boisées de l’intérieur de l’île. Des décomptes dans des
milieux représentatifs ont permis d’estimer la population à environ 2 000 oiseaux.
Mangaia : pas noté par Christian (1920) dans sa liste des oiseaux de Mangaia. Le Docteur
Ngaei Tou déclara, en 1973, qu’il se souvenait avoir vu du « Rupe » sur l’île, mais plusieurs habitants
de Mangaia ne connaissaient pas cet oiseau.
Il n’y a pas de mention de cette espèce à Nassau, Aitutaki et Manuae, mais des populations
ont pu habiter ces îles, avant que l’homme ne les chasse et ne modifie la végétation.
D. p. aurorae.
Carpophaga aurorae Pcale, 1848, U.S. Expi. Exped., Birds, 8, p. 201. Ile Aurore, groupe Tuamotu = Makatea.
Syntypes au N.M.N.H. et peut-être aussi au Mus Cornp. Zool., Harvard et Acad. Nat. Sci., Philadel¬
phie, U.S.A. (Deignan, 1961).
Columba R. Forsleri Wagler, 1829, lsis von Oken, col. 739. Tahiti. Streseman (1950, Auk, 67, p. 66-88) men¬
tionne qu’il s’agit du premier nom valide pour le Carpophage de Tahiti, mais ne recommande pas son
utilisation, conseil que nous suivons h
Syn. Carpophaga wilkesii Peale, 1848. Tahiti et île Aurora — Makatea. Syntypes au N.M.N.H. (Deignan
1961).
Moorea : Peale (1848) mentionne la présence de « G. oceanica », mais il s’agissait vraisemblable¬
ment de D. p. aurorae. Quayle (ms) obtint en 1921 des informations sur la présence ancienne de cette
espèce qui avait déjà disparu à cette époque. Quoique Bougainville (éd. 1966) cite un grand pigeon
bleu, c’est Peale qui trouva le premier cette espèce dans l’île.
Tahiti : Il la trouva dans les forêts à 1 000-1 100 mètres d'altitude. Wilson (1907) la décrit
comme rare et localisée, d’après des observations réalisées en 1904. L’Expédition Whitncy la trouva
également rare et localisée dans les districts de Papenoo et Taulira (Quayle, ms). Une population
d’environ une dizaine d’oiseaux a été trouvée dans la vallée de la Papenoo en 1972 (Ilolyoak, 1974b).
Il est possible qu’il ait disparu du district de Tautira. Dans l’ensemble, la population de Tahiti doit
être très faible et proche de l’extinction.
Makatea : quand il découvrit cette population, Peale (1848) la trouva en grand nombre dans
les zones élevées et boisées. D’autres visiteurs en 1899 (Townsend et Wetmore, 1919) et en 1922 (Quayle,
ms) la trouvèrent abondante ; en 1972, la population était estimée à environ 500 individus (Thibault
et Thibault, 1975). Maintenant que l’exploitation du phosphate a cessé à Makatea, cette population
semble provisoirement à l’abri.
[Habitat et nourriture]. — Oiseau arboricole et forestier. En fait, c’est plutôt la pression
de chasse que les préférences de l’espèce qui a déterminé la répartition actuelle de l’espèce en Polynésie.
A Rarotonga, son habitat s’étend des collines boisées de 150-200 mètres d’altitude jusqu’aux
crêtes de 600 m. A Atiu, Mitiaro et Mauke, il habite les forêts des régions coralliennes, mais il vole
parfois au-dessus des régions ouvertes. Sur les atolls Pukapuka et Palmerston, il habite les cocoteraies
avec sous-bois arborés et arbustifs.
La population de Makatea habite les régions boisées du centre et du sud de l’ile où le couvert
arboré est bien développé. Peale (1848) le trouva à Tahiti dans les forêts montagnardes vers 3 000-
4 000 pieds ( c. 1 000-1 300 m) et Quayle (ms) le vit aussi en altitude. La petite population trouvée
à Tahiti en 1972 semblait localisée aux pentes boisées d’une petite vallée vers 1 300-1 500 m, dans
une région isolée (Holyoak, 1974b).
1. Lysaght (1957, Ibis, 99, p. 118-120) déclare que le nom forsteri devrait être utilisé pour D. galeaia, mais ce
serait une erreur, pour différentes raisons, entre autres parce que jorsteri provient de Tahiti.
Le nom correct est reinholdiforsteri. Le type apparemment perdu depuis longtemps. Rruce, Holyoak et Thibault
ont présenté une demande à la Commission Internationale de Nomenclature Zoologique pour conserver l'usage des noms
Carpophaga aurorae Peale, 1848 et Serresius galeatus Bonaparte, 1855.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
121
Le régime alimentaire est principalement composé de fruits pris dans les arbres et les buissons.
Wood (1924) a décrit en détail le système digestif.
Les fruits mangés par les oiseaux des îles Cook mesuraient de 3 à 30 mm de diamètre et compre¬
naient ceux de I< icus spp., Inocarpus fagiferus, Guettarda speciosa et de beaucoup d’autres espèces.
Wilson (1907) nota que les oiseaux de Tahiti se nourrissaient de goyaves (Psidium guajava), de feis
(Musa troglodylarum), de fruits de banyans (Ficus) et de beaucoup de graines de Freycinetia arborea ;
Quayle (ms) nota des « red figs » (Ficus) et d’autres fruits non déterminés, dans les estomacs des oiseaux
collectés ; en 19/2, les oiseaux ne furent observés que dans des goyaviers.
On dit que les populations mélanésiennes se déplacent d’île en île pour se nourrir (Goodwin,
1967), mais ce fait n’a jamais été signalé en Polynésie.
[Comportement], — Exclusivement arboricole et souvent difficile à localiser dans la végétation
car il reste souvent de longs moments dans la voûte des arbres. La chasse continuelle qui leur est faite
les a rendus très méfiants. A Tahiti et Makatea, ils sont observés généralement isolés ou par couple,
mais il se réunissent parfois par trois ou quatre pour se nourrir dans un même arbre. Aux îles Cook,
où il est plus commun, il est fréquent de noter des groupes de cinq ou six oiseaux dans un arbre en fruc¬
tification.
[Voix]. — Les appels des oiseaux de Tahiti et des îles Cook sont très voisins. Deux appels dis¬
tincts. Le premier est un roucoulement profond et fort oooooo ou ooooh lancé une fois ou répété plu¬
sieurs fois après de brèves pauses. Le second est un trille profond (qui vient de la gorge ?), roucoulé
et difficile à transcrire phonétiquement r-r-r-r-r-r-. Comme la première note, ce trille est lancé
une ou plusieurs fois. La première note est basse et donne l’impression d’un mugissement chez les
oiseaux de Tahiti. Seule la note roulée fut entendue chez les oiseaux de Pukapuka et il serait intéres¬
sant de rechercher si l'autre chant est aussi émis. Quayle (ms) nota que les oiseaux de Tahiti émettaient
un en différent des deux déjà cités ; c’était : « un appel unique, peu fort, long et grave ». C’est seule¬
ment lorsqu’ils sont perchés dans les arbres que les oiseaux émettent leur chant.
[Reproduction], — Peu de détails sont connus sur la biologie de la reproduction des popula¬
tions de Polynésie. Les habitants de Pukapuka ont mentionné que le nid est une coupe peu profonde,
composée de brindilles, construite dans des Pandanus et des cocotiers. Un vieux nid trouvé à Raro-
tonga était placé à six ou sept mètres du sol dans un fourré d 'Hibiscus tiliaceus, dans une petite vallée.
C était une construction assez plate faite de brindilles, avec quelques feuilles mortes et qui mesurait
20 cm de diamètre. Le nid et l’oeuf de D. p. aurorae n’ont pas été décrits. Une femelle collectée à Mitiaro
en sept. 1973 avait dans l’oviducte deux œufs développés qui étaient beaucoup plus grands que les
autres, ce qui fait penser que la ponte pourrait être parfois de deux œufs. La saison de reproduction
est inconnue en Polynésie. Des spécimens collectés en août, sept. 1921 et août 1922 comprenaient des
oiseaux en activité sexuelle, une femelle avec un œuf dans l’oviducte et une autre nourrissant un jeune
(Quayle, ms).
Ducula galeala (Bonaparte), Carpophage des Marquises L
Serresius ealeatus Bonaparte, 1855, C. R. Acad. Sc. Paris, 41, p. 1110. Partie ouest de l’île de Nuku Hiva, îles
Marquises. Holotype au M.N.H.N.
Upe (Nuku Hiva).
1. Mensurations de Ducula galeata
aile
queue
culmen exposé
tarse
6 te
306-321
213-230
23-27
43-46
(317)
(226)
(25.5)
9 ??
295-305
206-223
22-26.5
41-45
—
(301)
(213)
(23.5)
(43)
Source : MNHN, Paris
122
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Répartition et statut]. — Connu avec certitude à Nuku Hiva (îles Marquises) seulement.
Il était déjà localisé aux régions ouest et nord-ouest de l’île avant 1921 (Quayle, ms). La population
était estimée à 75-105 oiseaux en 1972 (Holyoak, 1975a), mais d’autres recherches en 1975 ont montré
qu’elle comprend plus de 200 individus, mais certainement moins de 400. Cette espèce est menacée
par la chasse et une réduction régulière de son habitat forestier. On la trouve depuis la vallée de Haate-
puna jusqu’à la vallée de A’akapa ; elle fait de fréquentes incursions dans les vallées de Hatiheu et
dans le fond de la vallée de Taipi.
Quayle (ms) et d’autres ont rapporté par « ouï-dire » qu’un gros pigeon habitait Fatu Iva mais
il n’y a aucune preuve. Toutefois, il n’est pas impossible que l’espèce ait eu une répartition plus vaste
autrefois (cf. les nombreuses légendes marquisiennes). La répartition de certains arbres à gros fruits
(par ex. Fagrea) suggère aussi qu’il a pu habiter d’autres grandes îles des Marquises.
[Habitat et nourriture]. — On le trouve de 250 à 1 300 m, dans les petites vallées de la Terre
Déserte, au moins au moment de la fructification de Terminalia cattapa ; dans les petites vallées en
altitude, sur les pentes de part et d’autre de l’arête centrale qui sépare le plateau de Toovii de l’ouest
et du nord-ouest de l’île ; dans les forêts secondaires au nord de l’île, à la limite des plantations (bana¬
neraies, orangeraies).
Il est exclusivement arboricole et se nourrit principalement de fruits trouvés dans les arbustes
et les arbres. Il saisit les fruits avec son bec, les détache avec une légère torsion et les avale tels quels.
Il vole de branche en branche, battant souvent des ailes pour retrouver son équilibre quand la branche
plie sous son poids.
Le bec est très extensible et le jabot est très grand, aussi peut-il avaler des fruits dont le dia¬
mètre peut atteindre 50 à 70 mm ( Fagrea berteriana, Terminalia cattapa). Il se nourrit aussi de petits
fruits de diamètre inférieur à 30 mm (Ficus marquesense, Cordia lutea, Eugenia spp., Celthis pacifica).
Les oiseaux mangent aussi beaucoup de goyaves ( Psidium guajava) qu’ils avalent en entier quand elles
sont petites ou par morceaux quand elles sont trop volumineuses. Ils se nourrissent aussi des fruits de
Musa fei (Quayle, ms), Mangifera indica dont ils ne mangent que la pulpe jaune (Holyoak, 1975a)
et d ’Angiopteris sp. (Bruner, 1972).
[Comportement]. — Généralement observés isolés ou par couple, quoique des groupes de trois
ou quatre individus mangent parfois ensemble dans un même arbre. Ils passent la plupart de la journée
perchés dans la voûte des arbres et ils sont plus actifs du lever du jour jusqu’à 10 h 00 et de 15 h 00
jusqu’au soir.
[Voix]. — Trois types de chants sont lancés ; un cri de corvidé Kraak-Kraak ; un son guttural
profond et presque roucoulé, Neah-ah-ah-ah ou No-o-o qui peut varier et devient ou-oua—ou-oua—ou-
oua ; enfin un cri bref, assez fort, Yarr. Ces appels sont lancés uniquement par des oiseaux posés dans
des arbres ou des buissons. Un individu domestique, très agressif envers le coq et le chat de la maison
accompagnait ses attaques de cris vifs, Tak-tak-tak. Un juvénile âgé de trois mois, aussi en captivité
lançait un cri aigu iiiiii et parfois des versions aiguës du Kraak pour recevoir de la nourriture.
[Reproduction]. — Les six nids qui ont été trouvés étaient des structures plates constituées
de brindilles ou de petites branches. L’un d’eux était situé à cinq mètres du sol dans un goyavier
les autres probablement entre 13 et 20 mètres (Holyoak, 1975a). Un œuf collecté par A. Seale le 11 juil.
1902 est blanc, un peu brillant et mesure 49.7 X 35.6 mm (déposé au B.P. Bishop Muséum, Honolulu).
La découverte d’un nid avec un seul œuf, de deux autres avec un seul poussin et des témoignages de
Marquisiens semblent indiquer que la ponte est normalement d’un œuf.
Les quelques renseignements que l’on possède font penser que la saison de reproduction est
longue. Un œuf a été trouvé en juil., et des jeunes qui en étaient à la moitié de leur développement
ont été trouvés à la mi-mai, en oct. et en nov. Des spécimens collectés en sept., oct. comprenaient des
oiseaux avec des gonades à tous les stades, une femelle avec un œuf dans I’oviducte et un autre avec
du « lait » dans le jabot.
Certains de ces oiseaux muaient des rémiges primaires, y compris des oiseaux libellés comme
étant en activité sexuelle. La mue semble longue, avec seulement une ou deux rémiges collatérales
poussant simultanément.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
123
Famille de PSITTACIDAE
Genre Vini.
Vini kuhlii (Vigors), Lori de Kuhl L
Psittacus Kuhlii Vigors, 1824, Zool. Journ., 1, p. 412, pl. 16. Ile Toohootererooha. A une journée de naviga¬
tion de Otaheite = (probablement) Rimatara, îles Australes. Mathews, 1927, Syst. Av. Australas., 1,
p. 291, pensait que la localité du type était File Fanning mais elle est trop éloignée de Tahiti. Type non
localisé. r
Syn. Vini coccinea Lesson, 1831, îles de la Société.
Vini Ura (Rimatara).
[Répartition et statut], — Habite Rimatara (îles Australes), Washington et Fanning (îles
de la Ligne). L’espèce a été introduite récemment à l’île Christmas. Le type peut provenir d’une des
îles de la Société, car des oiseaux de cette espèce étaient autrefois gardés en captivité par les Polyné¬
siens et probablement transportés d’île en île. En particulier, les populations des îles de la Ligne peuvent
avoir été apportées du sud par les Polynésiens. Rimatara : plusieurs spécimens ont été obtenus par les
collecteurs du xix e siècle ; l’Expédition Whitney trouva que l’espèce était assez commune en mars-
avril 1921 et Quayle (ms) nota que les habitants la protégeaient traditionnellement ; en 1974 C. Rives
(comm. pers.) la trouva très commune. Elle jouit encore d’une protection particulière de la part des
habitants de Rimatara (« Perruche de la Reine »). Washington : population découverte par Streets
(1877a et b), puis notée par d’autres collecteurs du xix e siècle ; Gallagher (1960) notait qu'elle était
abondante et King (1973) estimait l’importance numérique de la population à environ 800 individus.
Fanning : notée par Fanning (1833) quand il découvrit l’Ue en 1798 ; Arundel et d’autres visiteurs
du xix e siècle collectèrent des spécimens (Tristram, 1883b). King (1973) estimait l’importance de la
population à 200 individus. Christmas : plusieurs tentatives d’introduction ont eu lieu au moins depuis
1957 ; Gallagher (1960) rapporte que trois individus survivaient en 1959, puis Schreiber et Ashmole
(1970) en notent deux en 1968. Répartition : fig. 18.
[Habitat et nourriture]. — A Rimatara, l’espèce vit dans les régions boisées du littoral
et sur les collines de l’intérieur (Quayle, ms). C. Rives (comm. pers.) la trouva dans des bosquets, des
cocoteraies et des bananeraies. A Washington et Fanning, il est vraisemblable que les oiseaux habitent
dans les vastes cocoteraies de ces atolls.
[Comportement], — Quayle (ms) vit les oiseaux se déplacer par couple ou par groupe de trois.
Rives (comm. pers.) observa aussi surtout des oiseaux par couple et il précise qu’ils étaient surtout
arboricoles.
[Voix]. — C. Rives (comm. pers.) trouve que la voix est un cri monosyllabique assez semblable
à celui de V. ultramarina, ou un peu plus bas.
1. Mensurations de Vini kuhlii
aile queue culmen exposé tarse
128-136 68-74 11-13 17-18.5
(133) (71) (12.5) (17.5)
124-135 66-73 11-12.5 17-18 5
(130) (69.5) (12.0) (17.5)
14 <?<?
11 $?
oiseaux de Rimatara et ceux des îles de la Ligne ne diffèrent pas en taille et en coloration. Le.
ci-dessus concernent les deux populations
Les
Source : MNHN, Paris
124
D. T. HOLYOAK ET J.-.C THIBAULT
[Reproduction]. — Le nid et l’œuf n’ont pas été décrits. Parmi les oiseaux collectés en mars
et avril 1921 à Rimatara par l’Expédition Whitney, certains étaient en activités sexuelle.
Vini stepheni (North), Lori de Stephen *.
Calliptilus ? stepheni North, 1908, Rec. Austr. Mus., 7, p. 29. Ile Hendcrson. Holotype à l’Australian Muséum
Sydney.
Syn. Vini hendersoni Ogilvie-Grant, 1913, île Henderson. Syntypes au B.M.(N.H.).
Red-Breast (habitants de Pitcairn, Williams, 1960).
[Répartition et statut]. — Endémique à l’île Henderson, groupe Pitcairn. Quand Stephen
découvrit cette espèce en 1907, il considérait qu’elle n’était pas très abondante et se localisait aux
parties élevées de l’île ; mais l’Expédition Whitney collecta plus de 40 spécimens en mars et avril 1922,
et Quayle (ms), qui la voyait quotidiennement dans les différentes parties de l’île, la considérait comme
assez commune. Les habitants de Pitcairn qui visitèrent l’île en 1957, déclarèrent à Williams (1960)
que l’espèce était encore présente, mais pas très commune.
[Habitat]. — Henderson est couverte d’une végétation basse, buissonnante et dense dans
beaucoup d’endroits. Quayle (ms) trouva l’espèce aussi bien à l’intérieur de l’île que dans les régions
littorales.
[Comportement]. — North (1908) nota qu’on le voyait surtout par couple. De même l’Expédition
Whitney observa surtout des couples, mais aussi parfois des individus isolés et des groupes de trois.
[Reproduction]. — Le nid et l’œuf n’ont pas été décrits. Beaucoup d’oiseaux collectés par
l’Expédition Whitney en mars-avril 1922 étaient en activité sexuelle.
Vini peruviana (P. L. S. Muller), Lori nonette 2 .
Psittacus peruvianns P. L. S. Muller, 1776, Natursyst., Suppl., p. 80. Pérou, erreur = Tahiti, substitué par
Townsend et Wetmore, 1919, Bull. Mus. Comp. Zool., 53, p. 193. Type non localisé, peut-être disparu.
1. Mensurations de Vini stepheni
aile
queue
culmen exposé
9 <?•?
125-133
84-93
11-12
16-18
(4 pour le culmen et
le tarse)
(129)
(90)
(11.5)
(16.8)
7 ?Ç
123-129
85-91
11-12
16-18
(4 pour le culmen et
le tarse)
(127)
(88)
(11.8)
(17.0)
2. Mensurations de Vini peruviana
aile
queue
culmen exposé
tarse
32 <?<?
109-121
66-74
10-11
14-16
(6 pour le culmen et
le tarse)
(114)
(70)
(10.5)
(14.8)
24 ÇÇ
107-116
65-72
9-11
14-15
(6 pour le culmen et
le tarse)
(110.5)
(68)
(10.5)
(14.7)
Nos mensurations sont en accord avec les conclusions d'Amadon (1942 b) montrant qu'il n’y a pas de variation
géographique de taille et de coloration.
Poids de trois adultes de l’île Scilly, 38 et 41 g (mâles), 37 g (femelle).
Source : MNHN, Paris
peut-être d’origine.
probablement introduit par les premiers Polynés
126
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Syn. Psittacus cyaneus Sparrman, 1787, Tahiti. PsiUacus taitianus Gmelin, 1788, Tahiti, basé sur la « Otaheitan
(sic) Blue Parakeet » of Latham, 1781, Gen. Syn. Bds., 1 (2), p. 255, d’Otaheite. PsiUacus varius Gmelin,
1786, Amérique du Sud (erreur). Psittacus porphyrio Shaw et Nodder, 1789, Tahiti. Psittacus sparrmani
Bechstein 1811, Tahiti. Lorius vini Lesson, 1830, Tahiti. Coriphilus sapphirinus Wagler, 1832, Tahiti.
Coriphilus cyaneus Wilson, 1907, îles de la Société. Coriphilus cyanescens Wilson, 1907, pour remplacer
C. cyaneus Wilson, 1907, îles de la Société.
Kuramoo (Aitutaki), Vini (Société), Viru (Tahiti), Vini Pa Tea (adultes, Tahiti), Vini P a
Uri (immatures, Tahiti) ; les trois derniers noms selon Curtiss (1938).
[Répartition et statut]. — Cook, Société et Tuamotu (voir carte 18). Cette espèce était
autrefois gardée en captivité par les Polynésiens et probablement transportée d’une île à une autre,
aussi sa répartition peut en partie avoir été modifiée par les introductions humaines. L’introduction
de Circus approximans semble avoir entraîné la disparition de l’espèce dans la plupart des îles de la
Société. Aitutaki : Townsend découvrit cette population en 1899 et il collecta sept spécimens (Townsend
et Wetmore, 1919). En août 1973, la population était importante sur le plus grand îlot, où 50 individus
furent notés en une seule après-midi. Atiu, Mauke, Rarotonga, Mangaia : Savage (1962) rapportant
des informations obtenues auprès de la population locale, avant 1940, écrit : « une espèce de perruche
autrefois nombreuse à Rarotonga mais maintenant éteinte peut encore être trouvée sur les autres
îles du groupe sud. Le plumage est pourpre sombre et les plumes des pattes sont noires, la femelle se
distingue par des marques blanches sur la tête ». 11 précise que l’espèce de Aitutaki est désignée sous
le nom de « Kuramoo » mais qu’elle était autrefois connue sous le nom de « Kura », comme la
désignaient également les habitants de Rarotonga, Mangaia, Atiu et Mauke.Toutefois, il écrit que
le « Kura » différait du « kuramoo », par des plumes rouges, ce qui suggère qu’une autre per¬
ruche existait en même temps que V. peruviana. Dans sa liste des oiseaux de Mangaia, Chris¬
tian (1920) mentionne : « kura-mo,- small Parrakeet (on Atiu) ». J. Little (comm. pers.) déclara
en 1973 qu’il avait vu une petite perruche bleue à Mangaia au début des années 1960. Il en observa
plusieurs perchées dans un arbre non loin de lui et il ne pouvait s’agir du martin-chasseur qui lui est
très familier. Il est toutefois difficile de savoir si les mentions se rapportent à des oiseaux introduits
dans ces îles ou à des populations éteintes ou en voie d’extinction. En 1973, aucune perruche ne fut
observée dans ces îles. Bellingshausen : des oiseaux captifs qui provenaient très certainement de cette
île ont été vue à Tahiti en 1973 ; si la densité est la même qu’à Scilly, la population ne dépasse
pas 250 couples (Thibault 1974 b). Scilly : population découverte par Quayle (ms) en 1921 qui
collecta une série de spécimens et trouva un nid. En oct. 1973, elle était bien répandue sur l’îlot
Oire et la population totale était estimée à 350-400 couples (Thibault, 1974b). Mopelia : population
découverte par Quayle (ms) qui collecta en 1921 une série de spécimens. Aucun oiseau ne fut
retrouvé en 1973 et il est vraisemblable que cette population a disparu. Maupiti : Greenway
(1967) signale que l’espèce vit encore à « Mopiti ». Une telle mention nous surprend car nous n’avons
observé aucun oiseau en 1973 et les habitants de Maupiti ignoraient sa présence. Il faut remarquer
d’ailleurs que Circus approximatif est présent dans cette île (Thibault, 1974b). Bora Bora : des spéci¬
mens furent obtenus par Lesson, Garrett et d’autres parmi les premiers collecteurs ; Townsend en
observa en 1899 (Townsend et Wetmore, 1919) ; puis Wilson (1907) collecta plusieurs spécimens en
1904 ; enfin Quayle (ms) en vit en 1922. Cette population s’éteignit vers 1930, après l’introduction
de Circus approximans. Raiatea, Tahaa et Huahine : Andrew Garrett estima que la population s’étei¬
gnit vers 1874 (Wiglesworth, 1891b). La collection Gould comprenait un vieux spécimen de Huahine.
Moorea : des spécimens furent obtenus par Garrett, Peale et peut-être d’autres collecteurs du xix e siècle.
En 1904, Wilson (1907) avait de bonnes raisons de penser que l’espèce était encore présente quelques
années auparavant. Tahiti : découverte par Philibert Commerson, naturaliste du Voyage de Bou¬
gainville (1767-1769) qui en exécuta une peinture conservée à la bibliothèque du M.N.H.N. Au cours
des trois expéditions du Capitaine Cook, des spécimens furent collectés et des peintures réalisées par
S. Parkinson, G. Forster, W. Ellis, J. Webber et un artiste non identifié (Lysaght, 1959) ; Peale et
d’autres collecteurs du xix e siècle obtinrent des spécimens ; il est probable que cette population dis¬
parut avant 1900 car Seale ne trouva aucun oiseau en 1902, ni Wilson en 1904. Il est possible que
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
127
l’introduction de Circus approximans soit en partie responsable de sa disparition ; un essai de réintro¬
duction a été tenté (Yealland, 1940). Mehetia : Peale (1848) note sa présence à Maitea (= Mehetia) ;
mais ni Townsend en 1899, ni l’Expédition Whitney en 1921 ne trouvèrent l’espèce sur cette île et
l’on doit conclure qu’elle a disparu si la mention de Peale est correcte. Makatea : noté par Peale (1848) ;
un spécimen collecté par Seale en janv. 1902 est maintenant déposé au B.P. Bishop Muséum, Hono-
lulu ; l’espèce ne fut pas retrouvée par l’Expédition Whitney en 1922, ni plus tard en 1973 ; il est pro¬
bable que cette population soit éteinte depuis longtemps. Tikehau : l’Expédition Whitney collecta un
spécimen en juin 1923 (Beck, ms) ; on ne possède pas d’autres informations sur cette population. Rangiroa :
trouvé par T ownsend en 1899. L’Expédition Whitney la trouva sur un petit îlot en août 1922 et vit un couple
sur 1 atoll en juin 1923 (Beck, ms ; Quayle, ms) ; Bruner (1972) mentionne qu’on la trouve en petit nombre
sur le côté sud de l’atoll ; elle habitait en nombre assez important sur les îlots de l’extrême est de l’atoll
(Aurora Natua, comme, pers.). Ahe : Amadon (1942b) mentionne que l’espèce y fut collectée, mais
elle ne fut pas trouvée en fév. 1923 lors du passage de l’Expédition Whitney et n’a pas été signalée
par d’autres. Arutua : l’Expédition Whitney collecta plusieurs spécimens en fév. 1923 (Amadon, 1942b),
mais Beck (ms) note qu’il y vit peu d’oiseaux ; plusieurs spécimens détenus en captivité à l’Arche¬
vêché de Tahiti entre 1973 et 1975 provenaient de cette île. Apataki : l'Expédition Whitney trouva
que 1 espece était abondante sur le côté est de l’île, en juin 1923 (Beck, ms) et collecta des spécimens
(Amadon, 1942b) ; on ne possède pas d’autres informations. Takapoto ou Takaroa : Byron nota : « un
grand nombre de perruches ou de perroquets » sur l’une de ces deux îles, quand il les visita vers 1765.
L’Expédition Wthiney n’en trouva sur aucune des deux îles en 1921-1923. Kaukura : l’Expédition
Whitney trouva l’espèce en abondance en juin 1923 (Beck, ms) et collecta plusieurs spécimens (Ama¬
don, 1942b). Niau : collectée par Garrett au xix e siècle (Wiglesworth, 1891b) ; elle ne fut pas retrouvée
en 1921-1922. U a Pou (Marquises) : l’espèce aurait été introduite, mais on ne possède pas de précisions ;
de toutes façons, elle ne semble pas s’être acclimatée car elle n’a pas été trouvée en 1975.
[Habitat et nourriture]. — Fréquente les cocoteraies et les bosquets d’arbustes sur les atolls
de Scilly et des Tuamotu. Il est vraisemblable que les populations éteintes des grandes îles de la Société
habitaient des milieux plus variés. A Aitutaki, on la trouve dans les jardins, les plantations et sur les
collines boisées. Les oiseaux se perchent dans les arbustes et dans la partie haute des cocotiers. A Bora
Bora, Wilson (1907) les nota dans les cocotiers le long du rivage.
Le régime alimentaire est composé, entre autres, de fleurs de cocotiers et de nectar de Tourne-
fortia. A Aitutaki, les oiseaux mangeaient aussi des bananes.
[Voix]. — L’appel habituel est un chuintement aigu, répété sans arrêt quand les oiseaux sont
en vol, et souvent quand ils sont perchés. Quayle (ms) a mentionné un cri perçant en alarme, mais
il n’est pas évident qu’il soit différent de l’appel normal.
[Reproduction]. — Un nid trouvé le 23 déc. 1921 par Quayle (ms) à l’île Scilly contenait
deux œufs frais. Il était dans une cavité, en haut d’un Pandanus mort ; les œufs reposaient sur une
partie dure à 30 cm de l’entrée. Les deux œufs blancs mats (déposée à l’A.M.N.H.) mesurent 19.4 X
17.7 et 20.0 X 17.2 mm (Holyoak, 1974b). Un œuf pondu en captivité est semblable et mesure 19.4 X
17.2 mm (Harrison et Holyoak, 1970). Il est vraisemblable que l’espèce niche aussi dans des cocotiers
morts.
Les spécimens obtenus par l’Expédition Whitney en janv. et déc. étaient en état de reproduc¬
tion et des oiseaux capturés en oct. étaient en activité sexuelle (Thibault, 1974b).
Source : MNHN, Paris
128
U. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Vini ultramarina (Kuhl), Lori des Marquises 1 .
P,imcv, ultramarinus Kuhl, 1820, Nov» Act. Acad. Caes. Léo,,. Cerol., 10 p. 49. . Con.p. Pntt.corum
Nouvelle Hollande ?, erreur - lies Marquises. Type non localise, probablement perdu.
Syn. Paitloculus .maragdinu, Hombron et Jacquinnt, 1841, lie, Marquises. Cor.ÿ.lua dry» Gould, 1842,
îles Marquises. Holotype au B.M.(N.H.). Psittacula lessom Lesson, 1843, îles Marquises. Conphiliu
goupilii Pucheran, 1853, îles Marquises. Syntypes au M.N.H.N.
Pihiti (Ua Pou, Nuku Hiva), Pihitikua (Nuku Hiva).
[Répartition et statut]. — Iles Marquises (carte 18).
Nuku Hiva : obtenu au siècle dernier par plusieurs collecteurs. L’Expédition Whitney trouva
l’espèce assez bien répandue dans la partie ouest de l’île en 1921-1922 et collecta au moins 12 spécimens.
En 1972-1975, elle était confinée à la partie nord-ouest de l’île ; la population était estimée à 70 oiseaux
environ (certainement supérieure à 40 et inférieure à 150, Holyoak, 1975a). U a Pou : en 1921-1922,
l’Expédition Whitney trouva l’espèce plus fréquente qu’à Nuku Hiva et obtint 35 spécimens environ.
En 1971-1975, elle était notée dans la plupart des vallées et en altitude ; la population était estimée
à 250-350 couples. Ua Huka : l’espèce a été introduite en 1941 et la population actuelle descend de
deux oiseaux originaires d’Ua Pou lâchés à plusieurs mois d’intervalle. En 1971-1975, elle était présente
dans les quatre vallées principales, sur le plateau Vaikivi et la population était estimée à 200-250 cou¬
ples.
[Habitat et nourriture]. — A Nuku Hiva, les oiseaux habitent les forets d’altitude entre
700 et 1 000 m, mais ils descendent à l’occasion dans certaines vallées. Dans les îles de Ua Pou et Ua
Huka, leur habitat s’étend du niveau de la mer à une altitude de 500 m (Ua Huka) et 800 m (Ua Pou).
On les trouve dans tous les milieux boisés, jardins, forêts de vallées, forêts montagnardes ; toutefois,
ils sont nettement moins abondants dans ce dernier type de milieu. A la saison de fructification des
mangues (deux saisons par an aux Marquises), les oiseaux sont plus nombreux dans les villages.
Exclusivement arboricole ; se nourrit principalement dans la voûte des arbres, moins souvent
dans les branches basses ou les buissons. Le régime alimentaire comprend du nectar et du pollen
de fleurs divers (Musa spp., Erythrina variegata, Cocos nucifera, Ceiba pentandra, « Kava », Inga
edulis, Hibiscus tiliaceus, Thespesia populnea, Scaevola subcapitata...), des fruits de consistance diverse
(Mangifera indica, Psidium guajava, Musa spp., Tamarindus indica, Freycinetia spp., Coffea arabica,
Casuarina equisitifolia, Artocarpus altilis ...). Les oiseaux se nourrissent aussi d’insectes et de bourgeons.
Ils prélèvent nectar et pollen en sondant les fleurs peu profondes et en pinçant la base de la corolle
des grandes fleurs tubulaires. Les fruits sont consommés sur place ; les peaux des mangues sont déta¬
chées avec le bec. Les insectes, comme les larves de Lépidoptères et les grands Hémiptères, sont attra¬
pés sur les branches, dans les feuilles mortes qui pendent le long du tronc des cocotiers.
1. Mensurations de Vini ultramarina
aile queue culmen exposé tarse
117-127
73-80
11-12
15-16
(6 pour le culmen et
(123)
(76)
(15.5)
le tarse)
111-124
70-78
11-12
15-17
(6 pour le culmen et
(117)
(74)
(11.7)
(15.5)
le tarse)
Les oiseaux de Nuku Hiva et d’Ua Pou sont très proches tant pour la coloration que pour la taille. Trois spécimens
d’Ua Pou pesaient 29.5 (juvénile), 33 (juv.) et 42 g (femelle adulte).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE 129
, „■ t V “ x l‘.r L '° is ? au - “ , vo > »" P»«M dans un arbre, lance „„ cri perçant, dur, légèrement
hennissant, »«; ce en est ..nié ou répété à intervalle, régulier, de quelque» .econde». Lcr» d’une
parade non. avons entendu de. on. brets ma.» peu audibles tic-Üe-Uc. Le juvénile cric .ouvent pour
inciter les adultes à le nourrir (cns aigus, trille plaintif). ^
[Reproduction], - Le nid est situé dans une cavité d’arbre. Trois nids vides trouvés à Ua
Fou étaient respectivement situés dans un cocotier (cavité à 12 m du sol, entrée de 10-15 cm profon¬
deur 50 cm), dans un Artocarpus altüis (4 m du sol) et dans un Ficus (15 m du sol). Il semblerait que
les œufs aient ete pondus à même des débris de bois. Un couple gardé en captivité par le Marquis de
Tavistock pondit des œufs en 1935 et 1938 ; ceux-ci sont de couleur blanc mat et mesurent 22.5 X
18.7 et 22.6 X 18.4 mm (Harrison et Holyoak, 1970).
Des spécimens collectés par l’Expédition Whitney en sept, (nombreux), oct. (nombreux) et
nov. (trois) étaient en activité sexuelle, mais deux spécimens collectés en août étaient en repos sexuel.
Un juvénile nourri par les adultes a été noté en juin.
Quelques-uns des oiseaux collectés en sept., oct. et nov. sont en mue, y compris des oiseaux
en activité sexuelle.
Genre Cyanoramphus.
Cyanoramphus zealandicus (Latham), Perruche de Tahiti 1 .
Psillacus zealandicus Latham, 1790, Ind. Orn., 1, p. 102. Nouvelle-Zélande, erreur = Tahiti. Le type est peut-
être le n° 770 au Muséum de Liverpool, mais il est possible que le spécimen-type soit perdu ou que ce
soit l’une des autres peaux.
Syn. Pacific Parrakeet var. B. de Latham, 1781, Gen Syn. Bds., 1 (2), p. 252, de Nouvelle-Zélande (erreur =
Tahiti) ; ce nom est souvent cité à tort comme Perruche du Pacifique. Psittacus erythronotus Kuhl, 1820.
Nouvelle-Hollande, erreur = Tahiti. Conurus phaeton Des Murs, 1845. Tahiti. Type au M.N.H.N.
Cyanoramphus forsteri Finsch, 1868. Comme synonyme de P. erythronotus. Cyanoramphus magnirostris
Forbes et Robinson, 1897. Tahiti. Holotype au Muséum de Liverpool.
A-a (Tahiti, fide S. Parkinson, Lysaght, 1959).
[Répartition et statut], — Découverte lors du passage de la première Expédition du Capi¬
taine Cook à Tahiti, où plusieurs spécimens furent collectés. S. Parkinson peignit cette espèce au cours
iq T '°^ a ^ e étant marqué de la main de Parkinson et Otahite de la main de Solander (Lysaght,
5J)j. 1. ne seconde peinture non signée mais attribuée à Georg Forster a été exécutée au cours de
a seconde Expédition du Capitaine Cook, d’après un oiseau collecté en 1774 (Lysaght, 1959). Le
lieutenant de Marollcs collecta quatre ou cinq spécimens en 1844 (Rothschild, 1907) parmi lesquels
un seul est conservé au M.N.H.N. (Berlioz, 1935). Le socle de ce spécimen monté est marqué « Taiara-
ou » = presqu île. Trois autres spécimens encore présents en collection ont dû être collectés au cours
1. Mensurations de Cyanoramphus zealandicus
ail.
queue
culmen depuis
la cire
B.M.fN.H.) 1 sp.
146
c. 155
Muséum de Liverpool
140
usé
sp. n° D 770 (rond)
Muséum de Liverpool
132 +
usé
sp. n° D 5645 (carré)
M.N.H.N. t Bp.
140
136 (usé)
15.3
Source : MNHN, Paris
130
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
des voyages du Capitaine Cook. Schauenberg (1969) a récemment annoncé la découverte d’un sque¬
lette au Muséum de Genève.
L’espèce est connue aussi par les plumes rouges incorporées dans les parures polynésiennes.
La Perruche de Tahiti a dû disparaître peu après 1844, aucun visiteur ne l’ayant retrouvée par la
suite.
Cyanoramphus ulietanus (Gmelin), Perruche de Raiatea 1 .
Psittacus ulietanus Gmelin, 1788, Syst. Nat., 1, pt. 1, p. 328. Basé sur la « Society Parrakeet » de Latham
1781, Gen. Syn. Bds., 1 (2), p. 250, d’Ulietea (= Raiatea). L’holotype est au Muséum de Vienne
(Sassi, 1939) ; ce nom est souvent cité à tort comme Perruche de la Société.
Syn. Platycercus tannaensis Finsch, 1868. Nouveau nom pour P. ulietanus.
Psittacus fuscatus Pelzeln, 1873. Nouveau nom pour P. ulietanus.
[Répartition et statut]. — Connu seulement par deux vieux spécimens que l’on pense avoir
été collectés à Raiatea, îles de la Société, en 1774 au cours de la seconde Expédition du Cpt. Cook.
Le spécimen du B.M.(N.H.) provient de la collection Massena et l’on pense qu’autrefois, il était dans
la collection de Bullock. Le spécimen de Vienne a été vu par Latham (1781) et a été acquis par le Leve-
rian Muséum ; il y a de bonnes chances que ce soit le spécimen-type et qu’il ait été collecté au cours
du second voyage du Cpt. Cook.
Famille des CUCUL1DAE
Genre Urodynamis, syn. Eudynamys *.
Urodynamis taitensis (Sparrman), Coucou de Nouvelle-Zélande.
Cuculus taitensis Sparrman, 1787, Mus. Caris., 2, n° 32. Tahiti. Type probablement perdu depuis longtemps
Syn. Cuculus tahilicus Gmelin, 1788, basé sur le « Society Cuckoo » de Latham, 1781, Gen. Syn. Bds., 1 (3)*
p. 514, d’Otaheite. Cuculus perlatus, Vieillot, 1817, Tahiti. Cuculus fasciatus Forster, 1844, Tahiti
Eudynamis cuneicauda Peale, 1848, Ovalau, Fiji.
Karavia, Karavea ou Kahavi’a (Palmerston, Aitutaki, Rarotonga, Mangaia), Kokorove
Fantail (Palmerston, Burland, 1964), Aravii, Aravi (Atiu, Mitiaro), A’tancaroa, Pa Tangaroa
(utilisé poétiquement dans les Cook méridionales, fide Savage, 1962), ’Arevareva (Tahiti), Kaka-
veka (Mangareva), ’O’ovea (Maupiti), Ko’e Ko’e (Rapa), Kurevaheva (Tuamotu nord), O’oroveo
(Tubuaî), Ka’eva’eva, Karevareva et Ko’eva (Marquises), Oiseau de Pluie (Tahiti), Sparrow
Hawk (Pitcairn, Williams, 1960).
[Répartition et statut]. — Niche en Nouvelle-Zélande (Ile du Nord, Ile du Sud, île Stewart
et petites îles le long des côtes). La plus grande part de la population émigre pour passer l’hiver austral
en Mélanésie, Micronésie et Polynésie.
L’aire d’hivernage comprend une grande partie de la Mélanésie, le sud de la Micronésie et une
grande partie de la Polynésie orientale (Bogert, 1937). La carte 19 montre les îles où l’espèce a été
mentionnée en Polynésie orientale. Les hivernants semblent plus nombreux dans la région comprise
entre les Fiji, les Ellice et les Tuamotu. En Polynésie orientale, il y a peu de mentions pour Pitcairn
et les Marquises ; l’espèce n’a pas été notée à l’île de Pâques et aux îles de la Ligne. Dans ses quartiers
1. Aile 129 + (usé), 145 ; queue 135, 132 ; culmen depuis le cire 20, 19 ; tarse 21, 23 mm pour les spécimens, res¬
pectivement du Muséum de Vienne et du B.M.(N.H.)
2. Stresemann et Stresemann (1966) garde le nom générique Urodynamis pour cette espèce, car la séquence de
mue est différente de celle des autres espèces du genre Eudynamys. Mees (1969) indique que l'orthographe est bien Eudy¬
namys et non Eudynamis.
Source : MNHN, Paris
I
«
Fig. 19. - Répartition d'Urodyn
132
). T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
d’hivernage polynésiens, l’espèce semble être peu abondante, quoique bien répandue. Même dans des
habitats convenables, il est rare de voir ou d’entendre plus de cinq oiseaux le même jour et il n’y a
pas plus de dix mentions pour l’ensemble des îles Marquises.
[Mouvements]. — En Polynésie orientale, l’espèce est observée toute l’année mais est plus
commune de mars à août. La distribution des observations dans les îles Cook, Australes, Société
Marquises et Tuamotu est la suivante : janv. (3), fév. (8), mars (16), avril (24), mai (27), juin (27)
juil. (18), août (25), sept. (6), oct. (9), nov. (6), déc. (1).
Il est possible que les mâles émigrent en Polynésie orientale en plus grand nombre que les
femelles. 34 sur 47 (72 %) oiseaux collectés dans la région sont des mâles, alors que le rapport est de
30 sur 57 (53 %) en Mélanésie. Toutefois, cette différence n’est pas statistiquement significative (y* =
1.82, 1 d.f. ; P = 0.1).
On ne possède qu’une seule observation d’un oiseau en migration au-dessus de la mer • un ind
noté à deux km de la côte ouest de Rimatara le 30 mars 1921 volait en direction de l’île à 50 m au-
dessus de la mer (Beck, ms).
[Habitat et nourriture], — L’espèce vit dans la plupart des habitats boisés, tant sur les
atolls que sur les îles volcaniques : forêts indigènes (jusqu’à 450 m d’altitude à Rarotonga, 600 m à
Ua Pou et peut-être plus haut à Tahiti), bosquets, forêts secondaires, jardins, cocoteraies. Semble
plus commun sur les atolls et les petites îles en général que sur les grandes îles volcaniques. La plu¬
part des oiseaux vus sur les grandes îles étaient dans des jardins ou des plantations de la zone littorale
Les oiseaux recherchent activement leur nourriture, sautillant de branche en branche et volant
d’arbre en arbre après avoir bien examiné s’il n’y avait pas de proies accessibles. Il y a des observa¬
tions d’oiseaux attrapant un lézard (Bora Bora, Holyoak, 1974b), ou fouillant avec le bec dans des
palmes mortes de cocotiers (Nassau). Quayle indique les contenus stomacaux de quatre oiseaux col¬
lectés en juil. à Moorea : a) trois grosses chenilles et une cigale, b) environ neuf grosses chenilles (Lépi¬
doptères), c) deux grosses chenilles et un lézard, d) une grosse chenille et un lézard. Un spécimen col¬
lecté à Rarotonga en août 1973 avait mangé six coléoptères (supposés) de 4-6 mm de long, un Hémiptère
(supposé) de 6 mm de long et une larve d’un Lépidoptère vert de c. 50 mm de long. Un oiseau collecté
à Maupiti n’avait que des débris de Coléoptères et un autre à Moorea une grosse libellule. Lacan et
Mougin (1974b) citent des larves d’insectes et les restes d’un poisson probablement échoué. Ces mêmes
auteurs ajoutent que des informateurs locaux leur avaient précisé que ce coucou visitait les nids d’autres
oiseaux dans un but alimentaire. D’ailleurs, il est fréquent d’entendre Acrocephalus donner l’alarme
quand un coucou est proche de son territoire.
Les jeunes muent durant l’été austral et les adultes durant l’hiver austral ; chez les jeunes
la mue des rémiges primaires est terminée en fév., mais peut-être y-a-t-il une seconde mue des plumes
du corps avant leur retour en Nouvelle-Zélande. Les adultes muent des rémiges primaires en mai et
vers le début du mois de juil., la mue générale est assez avancée (Stresemann et Stresemann, 1966)
Famille des TYTONIDAE
Genre Tyto.
Tyto alba (Scopoli), Chouette effraie.
Plusieurs auteurs, se fiant à Forster, ont mentionné que cette espèce était présente en Polynésie
orientale. Wiglesworth (1891b) la situait à Tubuaï (îles Australes) et Peters (1940) aux îles de la Société
Mais Forster ne visita jamais Tubuaï (ni Manuae, ni Tupaï, dont les noms anciens étaient également
Tubuaï). Comme il n’existe aucune autre mention de la présence de cette espèce en Polynésie orientale
il s’agit certainement d’une erreur. Bruner (1972) fait mention de « Strix delicatula » (vieux synonyme
de T. alba) en l’agrémentant d’informations sur la biologie de populations qui existeraient aux îles
Australes et dont l’existence n’a jamais été corroborée par le moindre fait.
Source : MNHM, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
133
Famille des STRIGIDAE
Genre Bubo.
Bubo virginianus (Gmelin), Grand-Duc de Virginie.
Introduit à Hiva Oa (îles Marquises) par Mgr Le Cadre en déc. 1927. Dans son journal (Mgr Le
Cleach, comm. pers.), il nota qu’il reçut huit individus de San Francisco pour un prix de huit dollars
et que l’introduction de cette espèce permettrait de « combattre l’invasion des rats ».
L’espèce est désormais assez abondante à Hiva Oa, mais par chance, n’a pas atteint les îles
proches de Tahuata et Mohotani.
Elle habite aussi bien les régions littorales que l’intérieur de l’île, jusqu’à 1 000 m au moins
d’altitude. Il semble que les oiseaux nichent dans des falaises et se rendent volontiers à proximité
des habitations pour y capturer des volailles. Par ailleurs, il est probable qu’ils soient responsables
de la diminution de Ptilinopus dans cette île.
Famille des APODIDAE
Genre Aerodramus (syn., beaucoup de Collocalia spp. sensu Peters).
Les trois groupes de populations de salanganes de Polynésie orientale posent des problèmes
taxonomiques délicats et l’arrangement adopté ici a été précédemment discuté et expliqué (Holyoak
et Thibault, 1978a ; cf. duPont, 1976).
Aerodramus ( leucophaeus) leucophaeus (Peale), Salangane de Tahiti ’.
Macropteryx leucophaeus Peale, 1848, U.S. Expi. Expcd., Birds, 8, pl. XLIX, fig. 3, p. 178. Tahiti. Syntypes
au N.M.N.H. et probablement au Mus. Comp. Zool., Harvard (Deignan, 1961).
Syn. Collocalia thespesia Oberholser, 1906. Tahiti. Holotype au N.M.N.H. (Deignan, 1961).
Opeia, Opea (Tahiti).
[Répartition et statut]. — Iles de la Société.
Tahiti : Forster vit des salanganes au cours de la seconde Expédition du Cpt. Cook, mais les
premiers spécimens furent collectés par Peale. Wilson (1907) en vit en grand nombre dans un ravin
où eUes nichaient et il obtint un spécimen en 1904 ; Quayle (ms) en 1921 et 1922 trouva l’espèce peu
commune et très localisée. En 1971-1974, nous l’avons trouvée dans les vallées de Papenoo, Punaruu,
Fautaua, des Cascades, lac Vaheria et sur les pentes du mont Marau. L espèce a beaucoup ^diminué,
semble-t-il, au cours de ce siècle et la population ne dépasse vraisemblablement pas plus d une cen¬
taine d’individus actuellement. Par ses prédations sur les sites de nidification, Acridotheres tristis a
dû contribuer à cette diminution.
Moorea : Les habitants déclarèrent à Quayle (ms) que I’Ope’a (nom vernaculaire désignant
aussi bien l’hirondelle que la salangane) était très commune autrefois, mais Quayle ne trouva que 1 hiron¬
delle. Une petite population fut découverte sur la face nord-ouest du mont Tohivea en 1973 (Thibault
et Thibault, 1975).
Huahine : Graffe (1873) a mentionné un spécimen de « Collocalia vanikorensis » collecté par
Garrett (vraisemblablement Aerodramus leucophaeus). Les autres visiteurs par la suite n’ont pas trouvé
1. Aile 124-128 (126.1), queue 54-62 (57.4), culmen exposé 3.2-3.9 (3.5), tarse 9.3-10.0 (9.6) mm pour dix oiseaux
de Tahiti. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel de taille bien sensible.
Source : MNHN, Paris
134
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
cette salangane, mais comme les localités des spécimens collectés par Garrett étaient généralement
correctement libellées, on doit admettre que la salangane a disparu de Huahine.
Bora Bora : Quayle (ms) vit cette espèce ou l’hirondelle en 1922. Une grotte est appelée Ana’ope’a
(= grotte des ’ope’a), mais ce nom vernaculaire désigne aussi bien la salangane qu 'Hirundo tahitica.
Les recherches effectuées en 1971 et 1972 ne donnèrent aucun résultat.
[Habitat et nourriture]. — Les oiseaux de Tahiti se nourrissent au-dessus des forêts d’alti¬
tude, des forêts secondaires et des plans d’eau, lac Vaheria ou rivières. Les oiseaux de la petite popu¬
lation de Moorea se nourrissaient vers 350 m d’altitude, le long du mont Tohivea où ils doivent nicher.
A Tahiti, Quayle a trouvé une colonie à 800 m d’altitude. Dans la vallée de la Punaruu, des
oiseaux ont été vus très souvent le long d’une paroi rocheuse et il pourraient nicher à 30-40 m d’altitude
et à 4 km en amont. A Tahiti, les oiseaux sont fréquemment vus jusqu’à 1 000 m d’altitude (mont
Marau).
Les oiseaux de Tahiti se nourrissent bas au-dessus du sol et de l’eau et à des altitudes variables
au-dessus de la forêt ; ils descendent moins souvent pour voler dans les parties dégagées entre la voûte
des arbres. La queue d’A. ( l.) leucophaeus est proportionnellement plus courte que celle d’A. (/.) ocistus.
Cette constatation est peut-être en relation avec le fait que les oiseaux de Tahiti se nourrissent plus
rarement entre les arbres que ceux des Marquises. On peut penser aussi que cette différence est en rap¬
port avec la présence d 'Hirundo tahitica à Tahiti et son absence aux Marquises.
Le régime alimentaire de la forme de Tahiti est vraisemblablement composé de petits insectes
capturés en vol, mais on ne possède aucune précision.
[Voix]. — L’appel émis en vol est un trille aigu bref, lancée une ou plusieurs fois de suite.
On ne connaît pas de sons d’écho-sonar lancés par A. ( l.) leucophaeus dans ses colonies, mais il est
vrai que les rares colonies décrites étaient à l’air libre.
[Reproduction]. — Les seules informations que l’on possède sont dues à Wilson (1907) qui
vit des nids le long d’un rocher et à Quayle (ms) qui nota six nids dans une grotte à 800 m d’altitude.
La grotte décrite par Quayle était une petite dépression dans un rocher et les nids étaient faits avec de
la mousse.
Aerodramus ( leucophaeus) sawtelli (Holyoak), Salangane d’Atiu l .
Collocalia sawtelli Holyoak, 1974, Bull. Br. Orn. Cl., 94, p. 146. Holotype au N.M.N.IL, paratypes à l’A.M.N.H
et au B.M.(N.H.).
Kopeka (Atiu).
[Répartition et statut]. — Endémique à Atiu, îles Cook, où il niche dans plusieurs grottes
de la région corallienne soulevée. En 1973, les habitants mentionnaient que la colonie de la grotte
Anataketake, située dans la partie S/E de l’île et qui comprend 60 nids environ, était la seule qui soit
facilement accessible mais qu’il existait d’autres colonies dont les populations d'oiseaux étaient d’impor¬
tance voisine.
[Habitat et nourriture]. — Les nids sont situés dans des grottes où l’obscurité est complète
ou presque complète. Les salanganes se nourrissent au-dessus de la plupart des régions d’Atiu, allant
et venant d’une hauteur voisine du sol au sommet des arbres.
Les estomacs de huit spécimens collectés contenaient uniquement des insectes volants, parmi
lesquels furent déterminés : des Diptères jusqu’à 9 mm de long, des Coléoptères de 3-4 mm de long
et un Hémiptère de 8 mm de long.
[Voix]. — Le seul cri entendu hors de la grotte était une note aiguë et faible chrii, répétée
plusieurs fois de suite, qui ressemblait à la voix de A. (/.) leucophaeus et de A. (/.) ocistus. Ces mêmes
cris furent entendus parfois dans la grotte. Les oiseaux qui volaient dans l'obscurité totale émettaient
1. Aile 115.5-120 (118.1), queue 53-56 (54.6), culmen exposé 3.7-4.8 (4.2), tarse 9.0-9.6 (9.3) mm pour huit spéci¬
mens.
Il n'y a pas de dimorphisme sexuel de taille bien apparent.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
135
des séries de cliquetis longs et rapides. Ces cliquetis font très certainement office d’écho-sonar ; d’ail¬
leurs, ils ne furent jamais entendus hors de la grotte.
[Reproduction]. — Le site d’Anataketake, long de quelques centaines de mètres, est formé
par une série de grottes horizontales, avec des chambres de 12 m de haut où étaient fixées de nom¬
breuses stalactites et stalagmites. Les 4 et 15 sept. 1973, 60 nids furent dénombrés. Ils étaient placés
sur de petites vires dans les murs de la grotte et sur le plafond où de petites parties de corail offraient
des plates-formes suffisamment grandes pour établir un nid. Les nids étaient assez espacés les uns des
autres, aucun n’étant séparé par une distance inférieure à trois ou quatre mètres. Quelques nids rece¬
vaient une très faible lumière, mais la plupart étaient dans l’obscurité complète.
Les sept nids collectés en 1973 sont de petites structures plates en forme de coupe, composées
de plantes sèches et de salive. Leurs dimensions sont de 70-80 mm de diamètre, 20-25 mm de hauteur
et la coupe a 5-10 mm de profondeur. Plusieurs nids inspectés, et l’un des nids collectés, forment sim¬
plement un anneau circulaire sans fond fait de plantes et de salive, les œufs reposant à même le corail.
Les matériaux des nids comprenaient des fibres végétales de 1 mm de diamètre et de 15 mm de long
au maximum, de très fines aiguilles de Casuarina, des brindilles d’autres essences et des lichens qui
sont sûrement pris dans les branches des arbres (un nid était composé presque entièrement de lichens).
Les matériaux entourent le bord du nid et tiennent en place fixés par des boules de salive, la structure
entière adhérant au corail par de la salive. Cette salive était humide quand les nids furent collectés.
Sur sept nids contrôlés le 4 sept. 1973, quatre étaient vides, deux contenaient un œuf frais et
un adulte dessus, un contenait deux œufs et un adulte dessus. Le 15 sept., deux autres nids furent
trouvés, 1 un vide, l’autre contenant deux œufs (incubés au tiers) avec un oiseau dessus. Deux cou-
veurs furent collectés, un mâle et une femelle. Quatre œufs collectés sont blancs, légèrement brillants
et mesurent 17.8 (± 0.31) X 12.6 (± 0.09) mm. Plusieurs adultes collectés étaient en activité sexuelle
et trois en repos sexuel.
Aerodramus ( leucophaeus) ocistus (Oberholser), Salangane des Marquises 1 .
Collocalia ocista Oberholser, 1906, Proc. Acad. Nat. Sci., Philad., 58, p. 179 (dans l’index), p. 184. Nukuhiva.
Holotype au N.M.N.H. (Deignan, 1961).
Kope’a (groupe sud), Kopekapeka (groupe nord).
[Répartition et statut]. — Iles Marquises.
1. Mensurations et poids de Aerodramus (leucophaeus) ocistus
aile
queue
culmen exposé
tarse
6 s P .
117-121
59-64
_
Eiao
(119.1)
(61.4)
37 sp.
116-125
56-66
30-4.3
9.0-10.2
Nuku Hiva
(122.4)
(62.6)
(3.8)
(9.7)
12 sp.
118-123
58-62
Ua Huka
(121.6)
(60.5)
5 sp.
125-131
64-67
—
_
Ua Pou
(127.4)
(66.3)
4 «p-
119-124
62-63
—
_
Tahuata
(121.7)
(62.3)
21 sp.
119-126
58-65
_
_
Hiva Oa
(123.1)
(62.8)
Trois adultes pesaient 9.0, 9.0 et 9.5 et un gros poussin 10 g.
11 n’y a pas de dimorphisme sexuel bien marqué. Les petites différences de taille trouvées entre les populations
des îles ne semblent pas mériter d’être reconnues taxonomiquement. D'autre part, il n’y a pas de variation apparente
de coloration.
Source : MNHN, Paris
136
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Haiutu : les déclarations sur son existence dans cette île n’ont pas été confirmées. Eiao : bien
répandue en 1922 (Holyoak, 1975a) ; notée en 1975. Nuku Hiva, Ua Huka, Ua Pou : trouvée en assez
grand nombre dans ces trois Iles en 1921-1922 (Quayle, ms) et en 1971, 1972 et 1975. La population
de chacune de ces trois îles peut se chiffrer en milliers d’individus. H iva Oa : population abondante
lors du passage de l’Expédition Whitney (Quayle, ms). J. E. King (1958) écrivait que cette espèce
était abondante à toutes les altitudes, sur toutes les îles qu’il avait visitées, y compris Hiva Oa. Mais
en 1971, elle ne fut pas notée dans cette île (Thibault, 1973b). Une étude détaillée de 1975 montra
qu’elle était devenue rare, deux colonies réunissant quelques nicheurs seulement furent trouvées
(Pu’amau et Humi). Il semble que la diminution de l’espèce soit due aux prédations d'Acridotheres
tristis dans les colonies installées sur des sites ouverts. Tahuata : trouvée en abondance en 1922 (Quayle
ms) et en 1975. Mohotani : non mentionnée par l’Expédition Whitney ; une population bien représentée
est trouvée en 1975. Fatu Iva : jamais rencontrée sur cette île, quoique plusieurs auteurs aient suggéré
que des salanganes puissent y exister (Fisher et Wetmore, 1931 ; Holyoak, 1975a). Elle fut encore
recherchée en 1975, mais en vain.
[Habitat et nourriture]. — Se nourrit au-dessus de tous les habitats terrestres, des plages
aux crêtes les plus élevées ; sans préférences particulières, exception faite que l’on trouve les oiseaux
plus souvent près des arbres qu’au-dessus d’un sol nu ; noté aussi parfois au-dessus de la mer, dans les
baies. Les salanganes chassent souvent en volant dans les espaces libres de la voûte forestière et entre
les arbres dans les bosquets. On les voit aussi chasser parfois à haute altitude. Se nourrissent seuls
ou en groupe comprenant parfois jusqu’à 50 individus quand les proies sont nombreuses. Des isolés
sont fréquemment observés allant et venant sur une quinzaine de mètres du même chemin pendant
plusieurs minutes. La nourriture est probablement uniquement composée d’insectes pris en vol On
voit les oiseaux passer à de nombreuses reprises dans des nuages de simulis (Diptère : Simuliidae) •
les Diptères étant certainement les proies les plus abondantes. Un oiseau a été vu changer brusquement
de direction pour capturer un petit papillon (Lépidoptère) (Holyoak, 1975a), et Quayle (ms) nota qu’ils
attrapaient des termites volants (Isoptères) et des fourmis volantes (Hyménoptères) au-dessus d’un
manguier à Hiva Oa. Trois spécimens collectés à Mohotani et Tahuata avaient les contenus stoma¬
caux suivants : (1) Neuroptères, Diptères, un Coléoptère, (2) Neuroptères, Hyménoptères, Diptères
Coléoptères, (3) Diptères, Coléoptères et un Hyménoptère.
[Voix]. — L’appel de vol est un trille bref, aigu et pas très fort, chri ou tri-i, proche des appels
des autres salanganes polynésiennes. Cet appel est souvent répété rapidement et en cascade quand
les oiseaux se poursuivent. Dans la pénombre ou dans l’obscurité de certaines grottes (Nuku Hiva
et Ua Pou), ils émettent un cliquetis saccadé et irrégulier, tik-tikètik — tik-tik—tik... qui fait certaine¬
ment office d’écho-sonar. Quayle (ms) entendit un léger cri aigu près des nids ; il s’agit vraisemblable¬
ment du faible psi ou Isi émis par les poussins quand les adultes viennent les nourrir.
[Reproduction]. — Les colonies trouvées aux Marquises réunissent un nombre variable de
nicheurs, de deux ou trois nids à 100 ou plus. Elles sont situées dans des sites variés, grottes plus ou
moins profondes, corniches, falaises maritimes ou sur des îlots rocheux. L’altitude des sites varie du niveau
de la mer à 750 m. Certaines colonies sont exposées à la lumière, mais d’autres sont dans l’obscurité
partielle ou totale. On trouve des nids séparés les uns des autres de plusieurs mètres et qui sont fixés
à la paroi ou placés sur des petits rebords. On trouve aussi des nids mitoyens qui ressemblent à de véri¬
tables orgues réunissant une trentaine de nids.
Tous ces nids sont construits le plus souvent en mousse mais lichen et plantes fibreuses com¬
posent une partie importante des matériaux dans certaines colonies. Les matériaux sont fixés, entre
eux et au support, par de la salive. Il y a souvent un nombre variable de plumes de salangane dans la
coupe de mousse. La forme exacte du nid est variable, normalement proche d’une coupe. Les dimen¬
sions sont généralement les suivantes : diamètre 80-110 mm, hauteur 60-100 mm, profondeur de la
coupe 20-30 mm. Les mousses et les lichens sont attrapés en vol, surtout dans les arbres des forêts
d’altitude. Il est fréquent d’ailleurs de voir un oiseau rejoindre sa colonie avec, dans son bec, des maté¬
riaux deux ou trois fois plus longs que son corps.
La ponte est d’un œuf unique de couleur blanche. Un ex. collecté à Nuku Hiva mesurait 21.8 X
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE j 37
12.5 mm. Les adultes restent très peu de temps au nid et viennent nourrir le jeune toutes les 2 à 15 minu¬
tes ; chaque visite n’excèdant pas quelques secondes. Quand il vient nourrir le jeune, l’adulte se tient
pendu par les pattes au rebord du nid.
L’Expédition Whitney collecta des séries de spécimens en janv. 1921 et sept., oct. et nov. 1922
qui comprenaient des oiseaux en mue et quelques-uns en activité sexuelle au cours de chacun de ces
mois. Des oiseaux en mue ont aussi été collectés en mars, avril et mai. Des œufs ont été trouvés en
juil., sept., oct. et nov. ; des poussins bien développés ont été vus ou collectés en janv., oct. et nov.
Il semble qu’il y ait peu de synchronisation dans la ponte d’une colonie à l’autre, mais il n’est pas
certain que les oiseaux se reproduisent tous les mois de l’année. La mue semble lente, avec seulement
une ou deux rémiges collatérales muant simultanément.
Famille des ALCEDINIDAE
Genre Halcyon, syn. Sauropatis, Todiramphus.
Halcyon sp., « Martin-chasseur de Rarotonga ».
Il n’y a aucun doute qu’il existait autrefois un martin-chasseur à Rarotonga (fig. 20).
Savage (1962) dans son dictionnaire de la langue rarotongienne, rédigé d’après des documents
datant de 1895 à 1940, note : « Kôtare ». Le martin-chasseur est un oiseau indigène qui était très
courant autrefois et qui a actuellement disparu de Rarotonga, mais on peut encore le rencontrer en
assez grand nombre aux îles Mangaia, Mauke et Atiu ; il est aussi appelé « Ngotare ».
Le docteur Ngaei Tou signala en 1973 qu’il se souvenait parfaitement d’avoir vu à Rarotonga
avant 1940 des martin-chasseurs au plumage bleu sur le dessus et blanc sur le dessous. Les oiseaux
étaient perchés sur les arbres dans les forêts et étaient semblables à ceux qui survivent encore à Atiu.
Des habitants de la région signalèrent également qu’ils avaient vu autrefois des martin-chasseurs
à Rarotonga et la description qu’ils en donnèrent était bien celle de ces oiseaux.
Les premiers ornithologues qui séjournèrent à Rarotonga n’ont pas noté la présence d’un mar-
tin-chasseur ni recueilli de spécimens, mais l’avifaune de Rarotonga n’a jamais été explorée en détail.
cet oiseau n’a été ni vu ni entendu, malgré des recherches prolongées. Il est vraisemblable
qml existait autrefois une forme endémique d 'Halcyon et que celle-ci s’est éteinte probablement parce
qu elle s est trouvée en compétition pour les sites de nidification avec Acridotheres tristis.
Halcyon tuta (Gmelin), Martin-chasseur de Polynésie L
Alcedo tuta tGmelin, 1788, Syst. Nat., 1, pt. 1, p. 453, n<> 28. Tahiti. Basé sur le « Respected Kingfisher » de
Latham, 1781, Gen. Syn. Bds., 1 (3), p. 624, d’Otaheite. Localité du type ramené à Raiatea (Ulietea),
peut-être à tort par Stresemann, 1950, Auk, 67, p. 77. Type probablement disparu depuis longtemps.
1. Mensurations de Halcyon tuta
queue
culmen
des narines
largeur
«™
33
99, 104
77, 77
31, 32
12.5, 12.8
! 3
9?
98, 99, 100
71, 71, 74
32, 33, ?
13.3 ?, ?,
Mauke
\ 1
3
96
71
30
99
95-99
71-74
29-31
12.1-12.6
33
(98)
(72)
(30)
(12.3)
Maupiti
98.5, 102
74, 73
29.5, 30.4
12.6, 12.7
1 2
99
98, ?
70, 73,5
31, 33
13.1, 13.2
—
(suite page 138)
Source : MNHN, Paris
138
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Syn. Todiramphus wiglesworthi Sharpe, 1906, îles de la Société. Type au B.M.(N.H.). Todiramphus sacer Lesson
1827, Bora Bora. Deux syntypes au M.N.H.N.
Ngotare (Atiu, Mauke) ; Otatare (îles Sous Le Vent de la Société).
[Répartition et statut]. — Iles de la Société et îles méridionales des Cook. Adamson (1939)
inclut cette espèce dans la liste des oiseaux des îles Marquises, vraisemblablement sur la base de vieux
spécimens libellés « îles Marquises » aux Muséum de Dresde et de Leiden ; mais comme le soupçonnait
Finsch (1877), ces localisations sont probablement fausses. Répartition : fîg. 20.
H. t. tuta. Iles de la Société.
Tahiti : mentionné par Lesson et d’autres collecteurs au xix e siècle, mais beaucoup de vieux
spécimens libellés « Otahiti » ont pu être collectés ailleurs dans les îles de la Société. Wilson (1907)
en collecta deux en 1904, entreposés maintenant à l’A.M.N.H. L’oiseau ne fut ni vu ni entendu par
l’Expédition Withney. En 1972, l’espèce était rare et localisée ; 11 oiseaux furent observés en forêt
dans le district de Mataia (Holyoak, 1974b), mais des prospections dans d’autres vallées ne permirent
pas de trouver d’autres populations. H. v. venerata est beaucoup plus abondant et plus répandu.
Si d’autres études mettent en évidence que la population de Tahiti diffère de celles des îles
Sous-Le-Vent de la Société, le nom H. t. tuta devra être utilisé pour les oiseaux de Tahiti et H. t. wigles¬
worthi (Sharpe) pour ceux des îles Sous-Le-Vent.
Huahine : de nombreux spécimens, collectés de Andrew Garrett en 1877, sont maintenant au
Muséum de Liverpool. L’espèce ne fut pas notée par l’Expédition Whitney, mais elle était très bien
répandue dans les habitats boisés en 1973 (Thibault, 1974b).
Raiatea et Tahaa : collectée par Andrew Garrett et d’autres collecteurs du xix e siècle, puis par
l’Expédition Withney en 1922. En 1972 et 1973, elle était bien répandue dans les habitats boisés • à
cette époque, la population de Tahaa était estimée à 450-550 couples (Thibault, 1974b).
Bora Bora : collectée par Lesson, puis par Townsend en 1899 (Townsend et Wetmore, 1919).
En 1904, Wilson (1907) la trouva commune et collecta plusieurs spécimens, et en 1922 l’Expédition
Whitney en collecta aussi. En 1971, quelques oiseaux seulement furent observés ; en 1972, la popula¬
tion était estimée à moins d’une centaine d’oiseaux (Holyoak, 1974b).
Tupaï : Wiglesworth (1891b) a mentionné un spécimen collecté par Andrew Garrett au xix* siècle.
Ce spécimen est maintenant au Muséum de Liverpool (libellé « Tupnoi », ex Mus. Derbianum n° 6093).
(suite de la note 1 de la page : 137)
*“•
queue
culmen
des narines
largeur
culmen
tarse
Bora Bora 17 sp. des deux
96-103
70-76
28.5-31
12.4-13.6
sexes
(98)
(73)
(30)
(12.7)
« Tupai » 1 sp. non sexé
99
71
30.5
13.0
Raiatea et Tahaa 24 sp.
95-103
71-77
29-31.5
12.2-13.7
des deux sexes
(98.5)
(73.5)
(30.5)
(12.6)
Huahine 11 sp. non sexes
96-102
71-76
29-31
12.4-13.3
Tahiti 1 sp. B.M.(N.H.)
(98)
(73)
(30)
(12.75)
(16.5)
47.7.8.3.
106
78
32
13.6
Tahiti 2 juv. (A.M.N.H.)
Coll. Wilson (1907)
100, 101
(usées)
69, 75
(usées)
30.5, 32.9
13.2, 13.8
17.2 17.5
(Mensurations des oiseaux d'Atiu et de Mauke, d'après Holyoak, 1974a).
14 oiseaux des îles Sous-Le-Vent de la Société pesaient 42-50 (46.1) g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
139
•|
a-aiajaia-^
ii ii il il ii ii
a; a; a; S;
u. il il n il n
o o © © © 9
fl
iopulation éteinte dont le statut spécifique
f. ruficollaris.
140
P. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
D. T
Il est évidemment possible que la localité ait été mal transcrite, mais la coloration du spécimen diffère
légèrement de celle des oiseaux des îles de la Société. L’espèce ne fut pas trouvée en 1973, en dépit
d’une semaine passée à sa recherche dans l’île. S’il fut véritablement présent dans l’île, on doit admettre
qu’il a aujourd’hui disparu.
Maupiti : découverte en 1973 ; la population est numériquement inférieure à 100 couples (Thi¬
bault et Thibault, 1975). Plusieurs spécimens sont déposés au M.N.H.N.
H. t. atiu.
H alcyon tuta atiu Holyoak, 1974, Bull. Br. Orn. Cl., 94, p. 148. Atiu, îles Cook. Holotype au N M N H nar-.
types au B.M.(N.H.) et à l’A.M.N.H. ' P
Atiu : commun lorsqu’il fut découvert en 1973.
H. t. mauke.
H alcyon tuta mauke Holyoak, 1974, Bull. Br. Orn. Cl., p. 148. Mauke, îles Cook. Holotype au N M N H • nam
types au B.M.(N.H.) et à l’A.M.N.H. ' ' ’ P
Mauke : commun lorsqu’il fut découvert en 1973.
[Habitat et nourriture]. — Habite les régions boisées, forêts, jardins, sous-bois de cocote-
raies. A Atiu, les oiseaux habitent dans les forêts à feo (makatea forest) et les bois de l’intérieur de
l’Ile qui s’y trouvent ; à Mauke, ils sont plus communs dans les forêts à feo, mais ils sont présents aussi
dans les arbres et les buissons de l’intérieur de l’île. Deux couples furent observés dans une région
ouverte de prairie comportant des buissons de un à deux mètres. A Maupiti, ils sont présents dans
toutes les régions boisées, mais ne dépassent pas 250 m d’altitude ; ils fréquentent aussi la végétation
littorale. A Huahine, ils sont dans des habitats semblables. A Raiatea et Tahaa, ils fréquentent tous
les milieux boisés, forêts, plantations, jardins, sous-bois de cocoteraies jusqu’à 450 m d’altitude mais
un ind. fut observé à 800 m d’altitude (Holyoak, 1974b). La plupart des oiseaux vus à Bora Bora
étaient dans des lambeaux de forêts entre 150 et 600 m d’altitude, mais quelques-uns furent notés
dans les arbres des jardins du village Vaitape et dans les cocoteraies le long du rivage. Les oiseaux
observés à Tahiti, en 1972, étaient tous en forêt à environ 500 m d’altitude (Holyoak, 1974b). //. v
venerata était présent dans cette région, mais les territoires des deux espèces ne semblaient par se che¬
vaucher. Il n’est pas spécialement confiné près des ruisseaux (cf. Bruner, 1972).
Le martin-chasseur attrape ses proies depuis un affût, en les piquant sur le sol ou dans le feuil¬
lage ; plus rarement, il saisit des insectes en vol. A Raiatea, les oiseaux étaient vus parfois perchés
sur des branches basses au-dessus de ruisseaux, et l’un d’eux plongea et attrapa un petit poisson
(Holyoak, 1974b). Quayle (ms) et Bruner (1972) ont noté que les oiseaux mangent des petites écrevisses
(5-6 cm de long selon Quayle). Mais la grande majorité des proies sont attrapées hors de l’eau, et le
régime alimentaire est principalement composé d’insectes et de lézards. Les estomacs de 12 oiseaux
collectés dans les îles de la Société avaient les contenus suivants : Homoptère (1), Coléoptères (36)
Hyménoptères (4), insecte ind. (1), lézards (5), Thibault (1974b). Neuf spécimens collectés à Mauke
avaient les contenus stomacaux suivants : Coléoptères (six oiseaux) longueur 4-11 mm, Orthoptères (deux
oiseaux, sauterelles c. 20 mm de long), Hyménoptères (un oiseau, un ichneumon c. 11 mm de long), Phasme
(un oiseau, petit), larve de Lépidoptère (deux oiseaux, c. 9 mm de long), Dictyoptère (un oiseau) c. 28 mm
de long, insecte ind. (trois oiseaux), Araignées (trois oiseaux) 8-11 mm de long, reste de lézards (un
oiseau avait des os seulement, un autre un morceau de queue de 25 mm de long), Holyoak (ms). Six
spécimens collectés à Atiu avaient les contenus stomacaux suivants : Coléoptères (quatre oiseaux)
6-11 mm de long, Orthoptères (deux oiseaux, l’un avait mangé un criquet de 20 mm de long et des
restes d’insectes indéterminés, l’autre quatre Sauterelles vertes c. 14 mm de long) et des restes d’insectes
indéterminés.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
141
[Comportement]. — Les oiseaux sont assez espacés les uns des autres et sont généralement
rencontrés isolément ou par couples. 11 est fréquent qu’un individu chasse ses congénères et parfois
d’autres espèces, comme Acridotheres tristis ou Ptilinopus, ce qui suggère que la notion de défense du
territoire est bien développée. A Maupiti, un oiseau dont le territoire était au bord de la mer, pour¬
suivait les limicoles (Pluvialis dominica et Heteroscelus incanus) qui se posaient sur la plage.
[Voix]. — L’appel normal est une série de cris durs monosyllabiques, répétés souvent à inter¬
valles réguliers pendant de longs moments, Ke, Ke, Ke, Ke ou Ki, Ki, Ki, Ki. Le rythme des notes
est très variable ; parfois celles-ci sont lancées seulement toutes les cinq secondes, à d’autres moments
elles sont accélérées et donnent un effet de crécelle caquetée. Les notes sont toutefois normalement
plus espacées que chez H. venerala. Les cris sont donnés en vol aussi bien que quand l’oiseau est posé.
Il existe de nombreuses variantes, Tik-Tik-Tik-Tik-Tik, Ki-kiu ou Ki-ku. Le cri d’alarme est fort
avec des notes perçantes, Ksss, chri, Shrii ou Scriii, répétées deux ou trois fois, généralement suivi
par une cascade éclatante de Ke-Ke-Ke... Quayle (ms) mentionne des notes aiguës qu’il entendit à
Raiatea, alors qu un oiseau poursuivait un Ptilinopus ; ces notes furent suivies du caquetage aigu
habituel. Mes
Il n’a pas été détecté de différences nettes entre les appels de cette espèce à Tahiti, Raiatea,
Bora Bora, Atiu ou Mauke. Certains individus sont spécialement bavards et appellent souvent pendant
la journée ou le soir. Ils appellent aussi parfois de nuit. Quand il crie, la tête de l’oiseau est normale¬
ment maintenue en avant avec le bec pointant vers le haut.
[Reproduction]. — Le seul nid décrit a été trouvé par Quayle le 11 déc. 1922 à Raiatea. Il
était dans une loge creusée par les oiseaux dans le tronc d’un vieil Hibiscus à 8 m du sol. L’entrée était
juste assez grande pour permettre le passage d’un oiseau et la loge proprement dite était située quel¬
ques cm en contrebas. Le nid contenait deux œufs frais qui reposaient sur des copeaux de bois ; les œufs
sont blanc-terne et mesurent 25.4 X 22.5 et 25.4 X 22.1 mm (ponte à l’A.M.N.H.), Holyoak, 1974b.
Les oiseaux utilisent aussi des cavités naturelles dans des vieux arbres. D’anciens nids, trouvés à Mauke,
avaient 4.5 cm de diamètre d entrée et étaient situés entre un et cinq m du sol dans des arbres vieux
ou morts. Ceux trouvés à Atiu étaient creusés entre trois et sept m du sol dans des cocotiers. Des spé¬
cimens collectés dans les îles de la Société, à la fin nov., en déc. et janv. étaient en activité sexuelle
et des nids occupés ont été trouvés en déc. (deux) et janv. (un) ; les oiseaux collectés durant les autres
mois étaient en repos sexuel. A Mauke, en août, sur six oiseaux collectés, un seul était en activité
sexuelle et à Atiu, en sept., sur cinq adultes collectés, un seul était en activité sexuelle. La plupart
es oiseaux collectés en mars et juin étaient en mue, ceux collectés en août étaient en plumage neuf
et complet.
Halcyon ruficollaris Holyoak, Martin-chasseur de Mangaia 1 .
H alcyon ruficollaris Holyoak, 1974, Bull. Br. Orn. CI., 94, p. 147. Mangaia, îles Cook. Holotype au N.M.N.H.,
paratypes à l’A.M.N.H. et au B.M.(N.H.).
Halcyon mangaia Holyoak, 1976, Bull. Br. Orn. CI., 96, p. 40. Nom de remplacement pour le précédent (cf.
Schodde et Holyoak, 1977, Bull. Br. Orn. Cl., 97, p. 32).
Ngotare (Mangaia).
1. Mensurations d'Halcyon ruficollaris
.a.
queue
culmen
des narines
largeur
du culmen
.....
3 <?£ ad.
1 $ ad.
1 ad. non sexé
97, 98, 99
101
99
78, 78, 90
79
80
30, 31, 31
31
30
13.0, 13.2, 13.4
14.0
17, 17, 17
18
18
Source : MNHN, Paris
142
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Répartition et statut]. — Localisé à Mangaia, île méridionale des Cook. Christian (1920)
mentionnait dans sa liste un oiseau de Mangaia, « Tangaa-eo #, oiseau qu’il décrivait comme le martin-
chasseur indigène bleu dessus, jaune et blanc dessous. Cette description s’appliquait vraisemblable¬
ment à cette espèce, même si la population locale le connaît maintenant sous un autre nom. Un spéci¬
men, de sexe non précisé (mensurations p. 141), collecté il y a de nombreuses années à Mangaia
était exposé avant l’Indépendance au bureau du Commissaire Résident ; ce spécimen monté est main¬
tenant au Muséum des îles Cook, à Rarotonga. Répartition : fig. 20.
Le 24 août 1973, quatre autres spécimens furent collectés, servant de base à la description de
l’espèce (Holyoak, 1974a). A cette époque, les oiseaux étaient assez communs dans la forêt à feo (makatea
forest), située au nord de l’ile et la population de Mangaia estimait qu’ils étaient présents dans toute
la région corallienne, quoique leur nombre ait diminué depuis l’introduction A'Acridotherea tristia
Un ind. fut entendu aussi en traversant un bois sur les collines au-dessus du lac Tiriara, et un sp. fut
collecté dans un bosquet près du rivage.
[Habitat et nourriture]. — Habite les régions boisées, forêts ou bosquets. La plupart des
oiseaux étaient immobiles, perchés dans les arbres sur des branches horizontales. Un oiseau fut observé
alors qu’il prenait son envol, d’une branche située à huit mètres au-dessus du sol, pour aller dans un
arbre à l’extrémité d’une clairière où il captura un insecte avec un claquement de bec audible ; puis
11 retourna sur une branche plus basse du même arbre.
Les estomacs de quatre spécimens contenaient : (a) un lézard de 9 mm de long, un Hémiptère
de 7 mm de long ; (b) un lézard de 6.5 mm de long, trois guêpes (Hyménoptères) ; (c) deux lézards
de 7.5 et 9 mm de long ; (d) plusieurs Coléoptères de 5-8 mm de long et un criquet (Orthoptère) de
12 mm de long.
Les lézards sont vraisemblablement capturés après un vol bref, contre des troncs d’arbres ou
sur le sol.
[Voix]. — L’appel habituel consiste en une série de miaulements et de sifflements, une note
courte précédant une note plus longue, Ki-whow, Ki-whow Ki-whow Ki-whow. La voix est très diffé¬
rente de celle habituellement émise par H. tuta. Des notes gloussées, plus douces, ont aussi été entendues
[Reproduction]. — La population de Mangaia mentionne qu’il creuse des loges dans des arbres
morts entre trois et dix mètres au-dessus du sol. Un vieux nid a été trouvé dans un cocotier mort
à cinq mètres du sol ; il avait une entrée circulaire de cinq cm de diamètre. Un habitant de Mangaia
a noté une fois un nid qui contenait un œuf presque rond de couleur blanche, reposant sur des copeaux
de bois. La loge avait environ 30 cm de profondeur.
Un des quatre spécimens collectés en août était en activité sexuelle.
Halcyon venerata (Gmelin), Martin-chasseur vénéré *.
Alcedo venerata Gmelin, 1788, Syst. Nat., 1, pt. 1, p. 453, n° 29. Basé sur le « Venerated Kingfisher » de Latham
1781, Gen. Syn. Bds., 1 (3), p. 623, d’Apia, erreur — Tahiti (le type de Latham est au Muséum de Vienne)*
Syn. Todiramphus divinus Lesson, 1827, Bora Bora, erreur = Tahiti (Holotype au M.N.H.N.).
Dacelo nullitorques Peale, 1848, Tahiti.
1. Mensurations de Halcyon venerata
culmen largeur
< I ueue des narines du culmen
25 sp. 94-100 67-71 27-28.5 10.8-12.7 15.5-17
Tahiti (95.5) (69) (27.5) (11.4) (16)
14 sp. 96-102 69-73 27.5-29.5 11.9-13.1 15.5-17.5
Moorea (98.5)) (71) (28.5) (12.7) (16)
Il n’y a pas de dimorphisme sexuel de taille bien apparent. Six oiseaux de Tahiti pesaient 41-47 (46) g et cin
oiseaux de Moorea pesaient 41.5-47 (44.6) g. Deux poussins i une semaine de l'envol environ pesaient 56 et 58 g. ’
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE 143
Ruru, Ruro (Tahiti) ; aussi Arevareva (Tahiti, fide Curtiss (1938), mais il y a probablement
confusion avec Urodynantis taitensis).
[Répartition et statut]. — Iles de la Société (carte 20).
H. v. venerala.
Tahiti : découvert au cours des Expéditions du Capitaine Cook (Lysaght, 1959) ; l’Expédition
Whitney le trouva commun entre 1920 et 1923 (Beck, ms ; Quayle, ms) ; entre 1971 et 1975, il était
bien répandu dans les habitats convenables, mais les effectifs ont probablement baissé à la fin du
siècle dernier en raison de la déforestation.
H. v. youngi.
Todiramphus youngi Sharpe, 1892, Cat. Bds. Brit. Mus., 17, p. 288 (dans la clé), p. 289. Moorea, Iles de la Société.
Syntypes au B.M.(N.H.).
Moorea : plusieurs collecteurs ont obtenu des spécimens au cours du xix e siècle ; en 1921, Quayle
(ms) le trouva assez commun ; en 1971-1974, il était assez fréquent, mais peut-être en régression par
rapport au siècle précédent.
Wilson et plusieurs auteurs du xix e siècle ont mentionné la présence de H. venerata dans les
îles Sous-Le-Vent de la Société, mais il est vraisemblable qu’il y a eu confusion avec H. tuta.
[Habitat et nourriture], — A Tahiti, il habite les forêts locales jusqu’à 700 m d’altitude 1 ;
il fréquente aussi les forêts secondaires et les plantations quand il a suffisamment de grands arbres.
Dans une région très localisée (vallée de Mataia), il vit en sympatrie avec H. tuta ; leurs territoires ne
semblent pas se chevaucher, mais H. venerata semble plus fréquent (16 ind. observés contre 11 H. tuta,
Holyoak, 1974b).
A Moorea, il habite tous les types d’habitats, à l’exception de la cocoteraie pure et de la forêt
d’altitude. On le trouve aussi dans des jardins (avec de grands arbres), le long de la côte, mais moins
communément qu’en forêt. Aucun ind. n’a été observé au-dessus de 600 m d’altitude.
L’espèce atteint ses plus fortes densités dans les forêts denses d’Hibiscus tiliaceus. Alors, qu’il
est aujourd’hui peu fréquent dans les cocoteraies, Lesson (1827) remarquait qu’au xix® siècle, il était
commun dans ce milieu. Il est possible que l’introduction d’ Acridotheres tristis soit la cause de sa dispa¬
rition dans ce type d’habitat.
La nourriture est composée principalement d’insectes qui sont attrapés après un vol rapide,
non loin de l’affût, ou piqués sur la cime des arbres. Les captures en vol ou sur le sol sont plus rares.
Les oiseaux se nourrissent aussi d’insectes xylophages qu’ils capturent en prenant appui sur leur queue
et en frappant avec leur bec contre des troncs d’arbres morts. Les proies sont souvent repérées à 15-
20 m de l’affût. D’après la voix, les oiseaux ont une activité nocturne et il est possible qu’ils se nour¬
rissent parfois de nuit. Ils attrapent aussi à l’occasion de petites écrevisses et de petits poissons en
plongeant dans l’eau des ruisseaux depuis une branche située à proximité. Ils tuent les lézards et
autres grosses proies en les frappant vivement avec le bec contre une branche d’arbre, avant de les
donner à manger aux jeunes. 12 sp. des deux formes avaient les contenus stomacaux suivants : Orthop¬
tères (5), Homoptère (1), Coléoptères (12), Diptère (1), Hyménoptère (1), insectes ind. (9), mollusques
terrestres (2), araignée (1), Scorpion — Hormurus australasiae — (1), lézards (2) et Gecko (1), d’après
Thibault (1974b).
Les territoires sont défendus avec vigueur, les oiseaux chassent fréquemment des congénères
ou d’autres espèces, comme Ptilinopus ou Acridotheres tristis plus spécialement.
Les immatures restent dans le territoire des adultes durant plusieurs mois après l’envol du nid,
et il est fréquent de noter un troisième individu (jeune de la nichée précédente sans doute) assister
les adultes pour le forage de la loge ou le nourrissage de la nichée.
1. Quayle (ms) a noté en avoir vu à 1 700 m d'altitude, mais il s'agit peut-être d’une erreur.
Source : MNHN, Paris
144
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Quand il y a des jeunes dans le nid, les adultes simulent des attaques face à l’intrus qui dérange
les poussins.
Si un ruisseau traverse leur territoire, les oiseaux se baignent fréquemment, à toute heure de
la journée ; depuis un perchoir, ils plongent plusieurs fois de suite dans l’eau, se posent et font sécher
leurs ailes en les écartant.
Lors des parades, les oiseaux prennent un peu d’altitude et se laissent descendre en vol para¬
chuté au-dessus du territoire.
Les relèves au moment de l’incubation et les rencontres au moment du forage et du nourris¬
sage des jeunes sont accompagnées de saluts mutuels ; les oiseaux crient en baissant la tête, hochent
la queue et agitent les ailes.
La loge est forée par les deux adultes qui travaillent chacun leur tour. Deux méthodes ont été
observées : tantôt l’oiseau reste contre le tronc en prenant appui avec la queue et frappant avec son
bec durant 5 à 20 secondes, tantôt il vole en se jetant contre l’arbre, le bec en avant. Les copeaux de
l’intérieur du nid sont retirés avec le bec.
[Voix]. — Les oiseaux crient à tout moment de la journée, mais plus fréquemment quelques
dizaines de minutes avant et après le coucher ou le lever du soleil. L’appel est variable, mais dans
l’ensemble, il est moins changeant que celui de H. tuta. L’appel le plus fréquent est un crescendo rapide
et alerte, Ki-ki-ki-ki-ki-ki-ki-ki ou Ki-ki-ki-ki-koo ou encore Ki-ki-ki-ki-ki-iii. Les appels donnés en
alarme sont variés, Ksss !, tek, tik-tik, Tiouk ou Kiouk. Les poussins au nid émettent des appels doux
fich-fich ; les juvéniles lancent des cris fins et plaintifs piou-piou et les adultes près du nid, des appels
doux sississi-ssississi.
[Reproduction]. — L’Expédition Whitney trouva huit nids à Tahiti, tous dans des loges
creusées par les oiseaux dans des arbres morts ou tendres entre 4 et 13 m au-dessus du sol. 11 est fré¬
quent de noter, sur un même arbre, plusieurs trous qui représentent des ébauches ou des loges occu¬
pées précédemment. Les nids trouvés à Moorea étaient dans des loges forées par les oiseaux ou dans
des cavités naturelles, plus ou moins aménagées par eux.
Ils nichent le plus souvent dans Hibiscus tiliaceus et Inocarpus fagiferus, entre deux mètres
et demi et neuf mètres au-dessus du sol.
La durée de confection de la loge est variable, vraisemblablement de 7 à 12 jours. L’entrée
est ronde ou ovale, de quatre à six cm de diamètre avec une chambre, située au même niveau ou en
contrebas. Les œufs sont déposés dans cette chambre, à même les copeaux, sans autres matériaux
(cf. Bruner, 1972, p. 99).
La durée de l’incubation n’a pas été bien établie ; elle est vraisemblablement comprise entre 20 et
25 jours ; les deux sexes couvent et la relève, très discrète ou accompagnée de saluts mutuels, a lieu au nid.
A Tahiti, l’Exp. Whitney a trouvé trois pontes de trois œufs et un nid avec deux jeunes. A Moorea
deux nids contenaient des pontes de deux œufs ; un autre nid contenait une nichée de trois jeunes.
Les œufs sont blancs mat, de forme très arrondie. Neuf œufs de Tahiti mesuraient : 26.5 (J-
1.57) X 22.6 (± 0.93) mm (Holyoak, 1974b). Un œuf de Moorea mesurait 26 x 23 mm.
Les jeunes sont nourris par vagues, au rythme d’une à deux par heure, au cours desquelles les
adultes apportent des proies toutes les 20 à 60 secondes, en effectuant une dizaine de voyages successifs.
Le nid est toujours propre, tant à l’intérieur qu’à l’entrée. La durée d’élevage du jeune, qui
n’est pas exactement connue, est comprise entre 25 et 30 jours.
Les spécimens, les notes de l’Exp. Whitney et nos observations montrent que les deux formes
nichent de sept, à janv. x . Les nids sont établis en sept., oct. et nov. Il y a une nichée par an et dans
le seul cas connu de nidification échouée, il n’y a pas eu de ponte de remplacement. La ponte a lieu
de fin sept, à déc. Les jeunes quittent le nid de fin oct. à début fév.
Les seuls oiseaux collectés en mue ont été trouvés en mai (deux sur sept) et en juin (un sur 22).
Il semble que la mue commence peu après la fin de la nidification chez certains individus ; chez d’autres
elle commence plus tardivement pour se terminer en juillet. La mue est générale, mais celle des rémiges
s’étale sur une période plus longue que celle des rectrices et des plumes du corps.
1. Notons toutefois, la collecte d’une femelle en juil. avec une grappe ovarienne bien développée.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
145
Halcyon gambieri Oustalet, Martin-chasseur paumotu *.
H alcyon Gambieri Oustalet, 1895, Nouv. Arch. Mus. Hist. Nat. (Paris) (3) 7, p. 182. Mangarewa = Manea-
reva, îles Gambier. Ilolotype au M.N.H.N.
Oteuteu (Niau, Beck, ms), Kote’ute’u (Niau).
[Répartition et statut]. — Tuamotu (carte 20).
H. g. gambieri.
Mangareva, îles Gambier. Le type d 'II. gambieri a été très certainement collecté dans cette
île par la seconde Expédition Antarctique de Dumont d’Urville sur « l’Astrolabe » (Oustalet, 1895).
Il ne fut jamais retrouvé par la suite par l’Exp. Whitney en 1922, ni par les autres visiteurs (Lacan
et Mougin, 1974b ; Thibault, 1973a). 11 ne fait aucun doute que cette population est maintenant éteinte
(Holyoak et Thibault, 1977a).
H. g. gertrudae.
Todirampbus gertrudae Murphy, 1924, Amer. Mus. Nuvit., n° 149, p. 1. Niau. Holotype à l’A.M.N.H.
Les membres de l’Exp. Whitney le trouvèrent assez commun en 1921 et 1922 quand ils décou¬
vrirent cette population. En 1974, la population était bien représentée ; un oiseau était vu tous les
500 m en moyenne dans la cocoteraie, et la population était estimée à 400-600 oiseaux.
[Habitat et nouiiriture]. — L’Exp. Whitney le trouva principalement dans les cocoteraies
e Niau, où il était généralement perché sur des palmes de cocotiers, mais trois ou quatre sujets furent
notés assez bas dans des buissons et quelques-uns dans les arbres du village (Beck, ms ; Quayle, ms).
En sept. 1974, il fut encore noté dans la cocoteraie principalement et en nombre moindre dans les
buissons de Pemphis acidula, en bordure de prairies à pourpiers ( Portulacca) proches du lagon. Très
peu d’oiseaux furent notés dans la foret à feo (makatea forest), mais des oiseaux furent observés plu¬
sieurs fois dans le village. Le cocotier, souvent considéré par les botanistes comme ayant été introduit par
l’homme en Polynésie orientale, a pris une place considérable ce dernier siècle dans la flore des atolls ;
aussi est-il possible que les préférences de la forme de Niau pour la cocoteraie soient récentes.
Pour capturer ses proies, l’oiseau perché à l’affût entre deux et quatre mètres du sol, dans un
arbre ou un buisson, fond sur sa proie, au sol ou dans la végétation ; il arrive aussi que l’oiseau sautille
sur le sol à la recherche de sa nourriture, en semblant chercher ses proies plus ou moins au hasard.
Cette dernière façon de faire a été observée très souvent, alors qu’elle n’est pas utilisée par les autres
martin-chasseurs de Polynésie.
L’estomac d’un spécimen contenait des débris d’insectes (petits Coléoptères) et les restes d’un
petit lézard. Les gros insectes et les lézards semblent peut-être moins fréquents à Niau que sur les grandes
îles de Polynésie habitées parles autres martin-chasseurs, aussi il est probable que les oiseaux capturent
davantage de petits insectes que les autres espèces ; ce phénomène est peut-être à mettre en rapport
1. Mensurations d 'Halcyon gambieri
*u.
queue
culmen
des narines
largeur
du culmen
Mangareva
92.5
69.5
27.4
12.2
18
1 sp. non sexé
(usé)
Niau
87-94
62-68
29-31
10.8-11.7
5 dS
(90)
(66)
(30)
(11.5)
(16)
90.5,
64. 66
30, 31
11.5, 11.8
3 ?$ ad.
92.5, 90.5
65
28.5
10.5
16
Un mâle ad. collecté à Niau pesait 38 g.
Source : MNHN, Paris
146
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
avec la petite taille d 'Halcyon gambieri. Les méthodes de nourrissage et le petit calibre des proies
pourraient faire d’//. gertrudae une espèce concurrente, pour la nourriture, de la fauvette Acrocephalus
caffer niauensis qui est généralement chassée comme les autres oiseaux d’ailleurs, quand elle pénètre
dans le territoire d’un martin-chasseur. La fauvette est commune dans la forêt à feo (makatea forest),
mais peu abondante dans la cocoteraie (habitat principal du martin-chasseur), alors qu’elle est très
commune dans des habitats similaires sur d’autres îles des Tuamotu.
[Comportement]. — Les couples sont souvent espacés et semblent défendre un assez grand
territoire d’où ils chassent fréquemment leurs congénères, Ptilinopus coralensis et Acrocephalus caffer
niauensis.
[Voix]. — Les appels sont proches de ceux d’//. tuta. Le plus fréquent consiste en une série
de cris aigus Ki-Ki-Ki-Ki-Ki-Ki-Ki. Les oiseaux émettent aussi des cris beaucoup plus doux et plain¬
tifs (pi-pi-pi-pi...).
[Reproduction]. — En sept. 1974, près de 20 nids ont été trouvés ; tous étaient situés dans
des cavités creusées par les oiseaux dans des cocotiers morts dont la hauteur variait entre trois et
dix mètres. Comme les arbres sont dans un état de pourrissement avancé, le forage est aisé, particu¬
lièrement dans la partie du tronc exposée face au vent. Cinq nids, examinés en détail, étaient situés
dans des troncs d’arbres morts de 100 à 110 cm de circonférence. L’entrée de la loge, circulaire ou en
forme de carré a un diamètre de cinq à six cm, puis on trouve en général un couloir de 10 à 12 cm
de long qui débouche sur une partie plus spacieuse, souvent dans le même plan, de sept à huit cm
de haut et de même longueur que le couloir ; la longueur totale de la loge est donc de 22 à 25 cm. Sur
un même tronc, on observe souvent des ébauches, le bois n’étant pas assez tendre à cet endroit. Les
deux partenaires établissent la loge et creusent chacun leur tour en se tenant à la verticale contre le
tronc durant de brefs moments. A chaque arrêt, le foreur retourne à son perchoir, salué par l’autre
partenaire suivant le cérémonial commun aux martins-chasseurs de Polynésie orientale (voir H. oene-
rata). Le choix du site de nidification est fonction de la présence d’un cocotier mort, encore debout, con¬
dition qui limite les possibilités du couple. Il arrive que des essaims de guêpes occupent les loges qui ont
été désertées après la nidification, ce qui expliquerait que l’on trouve deux loges sur certains troncs.
En sept. 1974, il nous a semblé que commençait la saison de reproduction, saison qui corres¬
pond à celles d 'H. venerata et d 'H. tuta dans les îles de la Société. Un mâle examiné était en état testi¬
culaire avancé, deux couples foraient des loges, et le 11 sept, un nid était trouvé avec un poussin de
quelques jours. Les débris de coquilles d’œufs trouvés en bas de ce nid étaient blancs ; un morceau
de coquille assez grand montre que l’œuf est sphérique comme celui des autres martins-chasseurs.
L’accès et l’intérieur du nid sont très propres. Le nid est constitué uniquement de copeaux de bois.
Halcyon godeffroyi Finsch, Martin-chasseur des Marquises 1 .
Halcyon godeffroyi Finsch, 1877, Proc. Zool. Soc., Lond., p. 408. Iles Marquises. Le type est probablement
un spécimen monté au Muséum de Brême (R.F.A.). (M. D. Bruce, comm. pers.).
1. Mensurations et poids d 'Halcyon godeffroyi
aile
culmen
largeur
queue
des narines
du culmen
tarse
( 5 $$
95-97.5
67-71
32-34
12.8-13.5
15-16
Hiva Oa
(96,5)
(68.5)
(33)
(13.1)
(15.5)
J 6 5?
96-99.5
69-70.5
30.5-35
12.2-14.0
15-16
(97)
(69)
(33)
(13.2)
(15.5)
^ 10 <?<?
95-101
66.5-72
32-35
11.3-13.9
15.5-16
Tahuata
(99.5)
(70)
(34)
(12.6)
(15.5)
/ 4 ?2
97-102
70-74
33-33.5
12.8-13.6
15-16
(99)
(72)
(33)
(13.2)
(15.5)
Un mâle adulte de Tahuata pesait 40 g, une femelle adulte de Hiva Oa 45 g (Kclsall, mention sur le spécimen)
ux femelles adultes de Tahuata pesaient 48 et 50 g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
147
Pahi (Tahuata et Hiva Oa).
[Répartition et statut]. — Iles Marquises (carte 20).
, t ! lVa ° a : en 1921_1922 > U n’était pas très commun, néanmoins l’Exp. Whitney collecta environ
10 spécimens ; en 1971 et 1973, l’espèce était rare et localisée ; elle fut observée seulement dans les
vallees d’Atuona, Hanaiapa et Hanapaau. La population était estimée à moins de 50 couples. Il ne
fait aucun doute qu’elle ait diminué depuis quelques années et il est probable que les introductions
d Acndotheres tristis et de Bubo oirginianus en soient responsables. Tahuata : l’Exp. Whitney collecta
au moins 15 spécimens en 1921-1922 et H.J. Kelsall en collecta un nombre plus grand en 1925,
bien qu’ils ne fussent pas très abondants ; en 1975, ils n’étaient pas très communs, mais assez
bien répandus jusqu’à 600 m d’altitude ; la population était estimée à 300-500 couples. Fatu
lva : ^ Adamson (1939) écrit que l’espèce est commune et Ehrardt (1978) indique qu’il entendit
et qu’il vit un individu, mais ni l’Exp. Whitney ni les autres visiteurs (dont J.-C. T. qui
séjourna plusieurs jours dans l’île) ne la trouvèrent. 11 s’agit très vraisemblablement d’une erreur.
Mohotam et Ua Pou : Bruner (1972, p. 103-104) écrit : « ‘ Mohotane ’ (= Mohotani) et Ua Pou sont
les dernières forteresses où on le trouve pour autant que j’aie pu le déterminer par des investigations
personnelles ». Nous pensons qu’il s’agit d’une erreur car l’Exp. Whitney qui séjourna dans ces deux
îles en 1921, et nous-mêmes en 1975, n’avons pas observé le martin-chasseur.
[Habitat et nourriture]. — Fréquente les régions boisées de basse et moyenne altitude.
Recherche de préférence les forêts humides, mais on note des oiseaux dans les cocoteraies, sur les
pentes sèches recouvertes de manguiers Mangifera indica et d ’Eugenia cuminii et sur les crêtes de
moyenne altitude, couvertes de bosquets de Casuarina.
Les oiseaux se nourrissent principalement d’insectes (Coléoptères, Hyménoptères, Orthoptères)
et de lézards, qu’ils attrapent surtout dans la voûte forestière.
[Voix], — Généralement discret, il crie assez peu durant la journée, au moins en dehors de la
période de reproduction. Plus bavard le soir, après le coucher du soleil. On distingue une alarme brève
ksss (voisine de celle d 'H. venerata) et une autre plus longue, voisine d’un rire kiau-kiau-kiau-kiau,
ou Kiou-kiak-kiak-kiak. L’appel est un cri roulé émis sur un ton uniforme krou-krou-krou-krou-krou.
Noté aussi tchip-tchip-tchip.
[Reproduction]. — Établit son nid dans une cavité d’arbre. Un nid a été trouvé dans un vieux
Pandanus à deux mètres du sol (Beck, ms) et un autre dans un vieux manguier à cinq ou six mètres
du sol. Le nid est creusé par les oiseaux eux-mêmes et l’entrée mesure c. 3.5 cm de diamètre. Le seul
nid occupé qui ait été vérifié contenait un jeune. L’œuf est pondu à même la sciure de bois qui recouvre
le fond de la loge.
Des séries de spécimens collectés par l’Expédition Whitney en janv., oct. et nov. comprenaient
des oiseaux en activité sexuelle. Un oiseau de nov. avait un œuf dans l’oviducte, et deux nids avec
des jeunes ont été trouvés en nov. Des nids vides ont été trouvés en avril, mai et juin et deux femelles
adultes, collectées en avril, étaient en repos sexuel.
Des spécimens collectés en janv. (2), avril (2), sept. (2) et nov. (2) étaient en mue. Selon une
étiquette écrite par Beck, un oiseau muant en nov. était en activité sexuelle.
Source : MNHN, Paris
148
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Famille des HIRUNDINIDAE
Genre Hirundo.
Hirundo tahitica Gmelin, Hirondelle du Pacifique 1 .
Hirundo tahitica Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 1016. Tahiti. Basée sur la « Otaheite Swallow » de Latham,
1783, Gen. Syn. Bds., 2 (2), p. 656 et comme pl. frontispice du vol. 2 (1), d’Otaheite.
Syn. Hirundo taitensis Lesson, 1826. Iles de la Société (O. Taiti). Hirundo pyrrholaena Forster, 1844. Tahiti.
Petrochelidon pacifica Sharpe, 1885. Ubi ?
Ope’a (Tahiti, comme pour Aerodramus leucophaeus).
[Répartition et statut]. — H. t. tahitica est endémique aux îles de la Société. Elle diffère
sensiblement des autres populations (Mayr, 1934) par sa taille plus petite et sa coloration terne, spécia¬
lement sur les parties inférieures.
Tahiti : découverte au cours de la seconde Expédition du Capitaine Cook (Lysaght, 1959) ;
l’Expédition Whitney et d’autres parmi les premiers collecteurs la trouvèrent assez commune (Holyoak
1974b). La population a diminué très sensiblement depuis un demi-siècle. Dans les années 1971-1974
nous l’avons notée en petit nombre dans la plupart des grandes vallées de l’île et de Tahiti Iti. En 1974
la population était estimée à moins de 500 couples. Moorea : découverte par l’Expédition Whitney
qui la trouva rare et ne collecta qu’un seul spécimen (Quayle, ms) ; un autre spécimen fut collecté
en 1929 par la « Crâne Pacific Expédition » (Mayr et Camras, 1938). En 1972 et 1973, elle était loca¬
lisée à quelques vallées et la population était estimée à moins de 40 couples. Bora Bora : Quayle (ms)
vit en janv. 1922 un oiseau isolé, mais il ne put déterminer s’il s’agissait de cette espèce ou d’un Aero¬
dramus. D’autres visiteurs l’ont cherché dans cette île, à Raiatea et Tahaa, mais en vain.
[Habitat et nourriture]. — Trouvée principalement le long des falaises, près des rivières
et des forêts riveraines. Les oiseaux fréquentent aussi des plateaux en forêts montagnardes ; trouvée
aussi occasionnellement près des maisons et dans les régions cultivées. Après de fortes pluies, les oiseaux
ont tendance à descendre dans les régions plus basses. La répartition en altitude de l’espèce est norma¬
lement comprise entre 150 et 500 m à Moorea et du niveau de la mer à 150 m à Tahiti.
Alors que les autres sous-espèces nichent fréquemment dans les constructions des régions
côtières, rien de tel n’a été constaté dans les îles de la Société pour H. t. tahitica.
Se nourrit surtout le long des rivières bordées de falaises ou de forêts, dans les forêts en lisière
et près de l’eau.
Le régime alimentaire est composé d’insectes attrapés en vol. Des fourmis volantes (Hymé¬
noptères) ont été trouvées dans les estomacs de quatre ind. collectés à Tahiti (Thibault, 1974b). On
les voit se nourrir au-dessus de l’eau dans des nuages de simulis (Diptères : Simuliidae).
[Comportement]. — A Moorea, des hirondelles attaquaient parfois en vol Circus approximans.
Le mâle parade longtemps avant que la nidification ne commence, chantant très souvent en vol ou
depuis un perchoir. Il poursuit fréquemment la femelle et visite avec elle le site du nid. Un couple
copula sur un rocher à quelques mètres du nid, puis la femelle s’envola immédiatement après.
1. Mensurations de spécimens de Tahiti
aile
queue
culmen
-»•
10 <J<J
100-108
58-62
6.2-7.8
10.2-11.5
(105)
(60)
(6.9)
(11.1)
10 $$
101-109
57.5-63
6.1-7.9
10.0-11.5
(106)
(61)
(7.0)
(11.2)
Trois mâles collectés à Tahiti en juil. 1973 pesaient 11.5, 12.5 et 13 g et une femelle 13 g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE ^9
[Voix]. — Chante souvent, mais la voix est faible et pas toujours bien audible. Émet souvent
un appel fin quand il est en vol ou perché : psitt, Ichi ou tchi-ri. L’alarme est fine et dure, de longueur
variable tuit-tuit-tuit-tuit-tuit ou tik-tik-tik. Le chant est émis par les deux conjoints quand ils sont
perchés ou volent ensemble ; il consiste en un habillement assez long qui débute toujours par tu-tuit
et finit toujours par une note dure trrr.
[Reproduction]. — A Tahiti, niche désormais par couples isolés ou en petites colonies de
deux à sept couples, mais l’Expédition Whitney trouva des colonies de 5 à 40 couples en 1920 (Quayle,
ms). La population de Moorea niche par couples isolés. Les nids sont ordinairement placés dans des’
dépressions rocheuses, sous des corniches entre 3 et 50 mètres au-dessus du sol, dans des sites où ils
sont protégés de la pluie et du soleil. Un vieux nid inoccupé fut trouvé dans un nichoir, près d’une
ferme à Tahiti et un autre établi dans un arbre était régulièrement occupé.
Le nid est une structure solide, en forme de coupe peu profonde, construit en mousse ou en
fibre de cocotier, avec une base composée d’herbes et de boue séchée. Le nid adhère au support avec
de la boue, et il est parfois placé sous une petite corniche. Le même nid est occupé plusieurs années
de suite et probablement remis en état à chaque nidification.
Les durées d incubation et d’élevage sont inconnues. Les juvéniles sont nourris par les parents,
au moins pendant un court moment après l’envol.
La saison de reproduction est longue. Des oiseaux en activité sexuelle ont été collectés en mai
et août ; des parades ont été observées en septembre ; constructions de nids et envols de jeunes notés
en juin ; quatre nids occupés dont un avec des poussins trouvés en sept. ; plusieurs nids visités à Moorea
entre oct. et avril sont inoccupés, mais des nids occupés sont trouvé à Tahiti en nov. (un) et en déc.
(deux). Quelques oiseaux nichent probablement la plupart des mois de l’année, mais il doit y avoir
un arrêt pendant la saison des pluies de janv. à avril.
Des adultes en mue ont été collectés en janv. (un seul sp. muait), mai (un en mue, treize ne
muaient pas), oct. (trois en mue, deux ne muaient pas), nov. (le seul sp. muait) et déc. (sept en mue,
quatre ne muaient pas). La mue est longue, comme chez la plupart des Hirundinidés, avec seulement
une ou deux primaires poussant ensemble.
Famille des MUSCICAPIDAE
Sous-famille des Sylviinae.
Genre Acrocephalus, syn. Conopoderas, Tatare.
Les fauvettes de ce genre sont les oiseaux terrestres indigènes les plus répandus et souvent
les plus communs en Polynésie. Leur affinité avec les populations continentales d’ Acrocephalus (comme
A. arundinaceus) est beaucoup plus évidente par leur comportement, leur voix, leur nid que par l’exa¬
men des spécimens de collections. Nous suivons Tristram (1883a) qui place les formes polynésiennes
dans le genre Acrocephalus.
Le vaste éventail des variations géographiques trouvées chez beaucoup de formes allopatriques
dans le Pacifique pose de délicats problèmes taxonomiques. Un arrangement systématique de toutes
les populations polynésiennes, comme sous-espèces d’yl. caffer, simplifierait la question, mais sous-
estimerait l’importante variation de taille et de coloration (cf. Holyoak et Thibault, 1977b).
La dernière révision détaillée des fauvettes polynésiennes (Murphy et Mathews, 1928, 1929)
traite caffer, atyphus, aequinoctialis et vaughani comme des espèces séparées. Pourtant, les popu¬
lations de Makatea ( eremus) et de Napuka ( flavidus ) sont si nettement des intermédiaires entre caffer
et atyphus que le statut sub-spécifique A’atyphus paraît évident.
Les populations découvertes aux îles Cook et décrites d’abord comme sous-espèces d’A. vau-
ghani (Holyoak, 1974a) diffèrent de façon assez importante de vaughani et des formes proches rimi-
tarae et taiti (cf. Holyoak et Thibault, 1977b) ; aussi considérons-nous qu’elles font partie d’une espèce
à part, kerearako. Il semble que vaughani et taiti diffèrent de rimitarae par l’absence de véritable chant,
mais vaughani et rimitarae ont une structure et une coloration assez proches.
Source : MNHN, Paris
150
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
La petite fauvette A. familiaris Rothschild des îles Sous-le-Vent des Hawaii est très proche
d 'aequinoctialis des îles de la Ligne. Ces deux formes sont également voisines par convergence de la
forme vaughani du sud de la Polynésie en raison des similarités de la végétation et de l’avifaune (cf.
Holyoak et Thibault, 1977b). Remarquons que les similitudes qui existent entre les fauvettes de Poly¬
nésie, de Micronésie et de l’océan Indien (<c Bebrornis » et « Nesillins ») doivent être principalement conver¬
gentes.
Nous proposons de traiter les groupes de populations polynésiennes comme des espèces :
A. ( caffer ) aequinoctialis (îles de la Ligne).
A. ( caffer) caffer (Société, Marquises, Tuamotu).
A. ( caffer) vaughani (Pitcairn, Australes).
A. ( caffer) kerearako (sud des îles Cook).
Pour donner le maximum d’informations biologiques, nous séparons le groupe de sous-espèces
atyphus (Tuamotu) du groupe de sous-espèces A. (c.) caffer (Société et Marquises).
Nous sommes enclins à penser que la forme Lanius gambieranus Lesson est une fauvette éteinte
du genre Acrocephcdus (voir Lanius gambieranus). Deux spécimens de fauvettes, collectés au cours
de la seconde Exp. Antarctique de Dumont d’Urville et libellés « Nouheva » et « Mangareva » ne pro¬
viennent vraisemblablement pas des îles Gambier. Les oiseaux doivent représenter une forme éteinte
qui habitait la Micronésie (Holyoak et Thibault, 1978b).
Acrocephalus {caffer) aequinoctialis (Latham), Fauvette de la Ligne x .
Sylvia aequinoctialis Latham, 1790, Ind. Orn., 2, p. 553. Ile Christmas, Océan Pacifique. Holotype perdu
depuis longtemps, néotype à l’A.M.N.H. (Murphy et Mathews, 1929, Amer. Mus. Novit., n° 350 p. 1.).
Syn. comprend 1’ « Equinoctial Warbler » de Latham, 1787, Gen. Syn. Bds. Suppl. (1), p. 187, de l’Ile Christ¬
mas et dite avoir « été décrite d’après les papiers de Mr. Anderson ».
Kokikokiko, Rokikokiko (Christmas).
[Répartition et statut]. — Iles de la Ligne (carte 21).
A. a. aequinoctialis.
Christmas : population découverte au cours de la troisième Exp. du Cpt. Cook en déc. 1777 •
des peintures furent exécutées par J. Webber et W. W. Ellis (Lysaght, 1959 ; Stresemann, 1950) ;
Cook (1784-1785) mentionne avoir vu un petit oiseau comme un « iiedge-sparrow » (= Prunella
modularis). Bennett (1840) et Streets (1877b) virent aussi cette espèce. L’Exp. Whitney la trouva
commune en 1921 (Beck, ms ; Quayle, ms) et le personnel du P.O.B.S.P. estima l’importance de la
population à 300-400 oiseaux, au cours de visites effectuées entre 1964 et 1968 (King, 1973 • Clapn
et King, 1975). ’ FF
A. a. pistor.
Acrocephalus pistor Tristram, 1883, Ibis, (5), 1, p. 44, pl. II. Fanning. Deux syntypes au Muséum de Liverpool
1. Mensurations d 'Acrocephalus (caffer) aequinoctialis d’après Clapp et King (1975) et les données des auteurs •
aile
bec des narines
A. a aequinoctialis
A. a. pistor
(Fanning)
A. s. pistor
(Washington)
t « ■?<?
) il $2
( 6 te
1 2 ?$
( 8 te
( 5 ??
73.33 (± 0.53)
70.85 (± 0.78)
79.51 (± 0.92)
77, 79.5
80.16 (± 1.17)
75.43 (± 0.80)
6 te
4 ??
10.90 (± 0.08)
10.87 (± 0.09)
11.92 (± 0.26)
?
12.72 (± 0.21)
12.23 (± 0.19)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
151
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152
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Fanning : forme découverte par Arundel vers 1881 (Tristram, 1883b). Murphy et Mathews
(1929) mentionnent deux mâles collectés par S. C. Bail en juil. 1922 et une femelle collectée par H. Kirby
en juin 1924. Mais en 1963, cette population était éteinte (Bakus, 1967) et entre 1964 et 1967, le per¬
sonnel du P.O.B.S.P., au cours de quatre visites, ne trouva aucune trace de cette fauvette (Clapp et
Sibley, 1975). Les spécimens de cette forme sont rares en collection ; mais il existe deux peaux au
Muséum de Liverpool (les types), deux à l’A.M.N.H., une au N.M.N.H. et deux autres au B.M.(N.H.).
Washington : Streets (1877a et b) obtint des spécimens de cette forme, mais ils furent perdus durant
le voyage. H. Kirby collecta un spécimen en 1924 (Mus. Vert. Zool., Berkeley). King (1973) indique
que cette forme constitue la plus grande population de l’espèce avec environ 2 000 oiseaux, mais que
leur nombre peut varier. Clapp et King (1975) précisent d’ailleurs que les estimations sont basées sur
cinq visites faites entre mars 1964 et déc. 1967, et qu’elles varient entre cent et 2 000 individus.
[Habitat et nourriture]. — A l’île Christmas, l’Exp. Whitney trouva que les oiseaux res¬
taient plutôt dans les buissons épais et bas et qu’ils volaient rarement dans les palmes de cocotiers
(Beck, ms et Quayle, ms). Gallagher (1960) nota qu’il n’est pas toujours aisé de les trouver car ils res¬
taient dans le couvert végétal et s’approchaient rarement des habitations. Il précise qu’ils se nourris¬
saient d’insectes et de larves capturés dans les buissons et sur le sol. Un oiseau captura un dragon-
volant (Odonata) et l’écrasa sur une branche avant de la donner à l’un des poussins. Un autre donna
un jeune gecko à son conjoint qui était sur le nid.
[Voix]. — Gallagher mentionna que la voix des oiseaux de l’île Christmas était sèche, un peu
plus forte et plus musicale en période de reproduction.
[Reproduction]. — Arundel collecta un nid à Fanning vers 1881. Tristram (1883b) en donne
la description suivante : le nid était placé à la fourche d’un Pandanus, entourant trois brindilles avec
de longues herbes et des petites racines... Il était composé de plumes et de petites herbes ; l’intérieur
très bien fait, avait une profondeur de trois pouces (c. 8 cm) et un diamètre de deux pouces trois quarts
(7 cm). Il était formé exclusivement de petites racines très fines. Les œufs, au nombre de deux sont
vert pâle, avec des points et des taches comportant trois nuances de brun et de vert, exactement comme
ceux d’ « Acrocephalus turdoides » ; leur mensuration était de un pouce par 0.6 pouce (c. 25 X 15 mm)
Tristram donne aussi une représentation du nid et de l’œuf.
Beck (ms) collecta un nid à l’île Christmas (le 10 fév. 1921) dans un buisson à moins de 1.50 m
du sol et il en nota d’autres jusqu’à 7 mètres du sol. Le nid collecté est composé de végétaux et a la
forme d’une coupe profonde ; il mesure 8 cm de largeur et la coupe mesure c. 4.7 cm de diamètre interne
et c. 4.7 cm de profondeur. Les nids trouvés par Gallagher avaient également la forme d’une coupe
profonde et étaient composés de végétaux, herbes, racines et duvet ; ils étaient construits dans les
arbustes [entre autres Messerschermidtia (= Tournefortia) argentea], généralement entre deux à cinq
mètres du sol, près du haut des feuilles pour obtenir le maximum de couverture. Ces nids avaient 9 cm
de diamètre externe, 6.5. cm de diamètre interne et c. 6 cm de profondeur. Un œuf pourri, et peut-
être légèrement décoloré, collecté par l’Exp. Whitney mesurait 20.4 X 14.4 mm. Il était de couleur
crème pâle, avec des taches et des points brun sombre terne et gris-lavande, plus denses sur le côté
le plus large.
Un nid suivi par Gallagher fut édifié par la femelle à la fin d’avril ; elle s’y installa le 3 mai
et commença à nourrir sa nichée le 16 mai. Le 28 mai, le premier jeune se hissait hors du nid et le 11 juin
il était toujours perché au même endroit. Les jeunes commençaient à faire leur toilette avant d’avoir
les yeux ouverts et ils commençaient à piquer des fourmis sur les branches dès qu’ils quittaient le nid.
La charge de l’incubation revient à la femelle. Après l’éclosion, le mâle la nourrissait avec les jeunes.
Puis un peu plus tard, les deux adultes nourrissaient les jeunes, la femelle prenant souvent les proies
du bec du mâle pour les donner elle-même aux poussins.
La plupart des oiseaux collectés par l’Exp. Whitney à Christmas en fév. 1921 commençaient
d’être en activité sexuelle (Murphy et Mathews, 1929). Gallagher trouva des pontes en mars, avril et
mai. Il nota aussi que certains nids étaient construits en fév. Il considérait que la saison de repro¬
duction s’étendait au moins de mars à mai.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
153
Acrocephalus caffer caffer (Sparrman), groupe des îles de la Société
et des Marquises, Fauvette à long bec 1 2 s .
Sitta caffra Sparrman, 1786, Mus. Carlsonianum, fasc. 1, pl. 4. Pas de localité du type ; restreinte ici à Tahiti
Holotype au Muséum Roy. Hist. Nat., Stockholm (Gyldenstolpe, 1926).
1. Mensurations d 'Acrocephalus caffer (formes des îles de la Société et des Marquises).
aile
queue
culmen exposé
tarse
c. caffer
( io SS
94-100
73-81
A.
1 10 ?9
(97)
(78)
(27)
92-96
72-76
26-27
A.
c. longirostris
2 <?(?t 1 9
(93.5)
103-106
(74)
85-90
(26.5)
29-30
(30)
30-32
A.
c. garretti Huahine
{
(104)
(88)
(29)
(31)
sp.
A.M.N.H. (sexe inconnu)
106
sp.
B.M.(N.H.) (sexe inconnu)
f
106
89
28
( 10 <?<?
89-96
72-81
A.
c. postremus
1 7Ç?
(92)
(77)
(20)
(30)
71-78
19-20
29-31
j io SS
(89)
(75)
(20)
(29)
A.
c. aquilonis
91-96
(94)
78-84
(81)
19-20
(20)
30-31
(31)
( io 99
88-98
74-83
20-21
29-31
| io SS
(92.5)
(79)
(20)
(30)
98-103
82-87
A.
c. percernis
i 10 99
(101)
(85)
(23)
(32)
95-102
79-87
23-24
31-33
( 10 <J<?
(98.5)
(82)
(24)
(32)
85-93
73-82
18-20
29-31
A.
c. idae
1 io 99
(89)
(77)
(19)
(30)
85-91
73-79
18-20
29-30
( 10 <?<?
(88.5)
(75)
(19)
(30)
.
92-96
77-82
22-23
30-31
I 10 9?
(94)
(79)
(22)
(30)
88-95
74-80
21-22
28-30
A.
c. mendanae
(91)
(76)
(21)
(29)
Hiva Oa
^ 10 <J<J
97-102
(99)
79-84
(82)
23-25
(24)
31-33
(32)
1 10 99
95-102
77-92
23-25
31-33
1 io <?<î
(97.5)
(80)
(24)
(31)
Tahuata
97-102
(100)
81-85
(83)
23-24
(24)
32-33
(32)
( 10 99
96-100
78-85
23-24
30-31
( 10 SS
(97.5)
(81)
(24)
(31)
c. consobrinus
95-99
( 8 $$
(97)
(81)
(22)
(32)
92-98
78-84
21-22
30-31
( 10 ss
(95)
(80)
(21)
(30)
c. fatuhivae
96-101
80-89
\ 10 99
(98)
(84)
(25)
(33)
93-97
78-83
24-26
31-33
(95)
(81)
(25)
(32)
2. Deux mâles adultes de Tahiti pesaient 44 et 45 g ; trois mâles adultes et une femelle adulte des îles Marquises
pesaient respectivement 33, 34, 38 et 34 g. M
3. La forme A. c. caffer est polymorphe, voir Holyoak et Thibault (1977b).
Source : MNHN, Paris
154
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Syn. comprend la « Cape Nuthatch » de Latham, 1787, Gen. Syn. Bds., Suppl. (1), p. 118, basée sur Sitta caffra
Sparrman de « Cape of Good Hope ». Sitta otatare Lesson, 1829. Tahiti. Tatare utuitensis Lesson, 1830.
Tahiti. Tatare fuscus Lesson, 1842. Tahiti.
Otatare, Oma, Mamomo (Tahiti), Omaomao (Huahine, selon Wiglesworth, 1891b), Komako
(Moorea selon Wiglesworth, 1891b), Komako (Nuku Hiva, Ua Huka, Ua Pou).
[Répartition et statut]. — Iles de la Société et des Marquises (les sous-espèces des îles Tua¬
motu sont traitées plus loin) (carte 21).
A. cafter.
Tahiti : plusieurs spécimens furent collectés, et des peintures furent exécutées au cours des
Exp. du Cpt. Cook (Lysaght, 1959). Plusieurs collecteurs du xix e siècle obtinrent des spécimens et
l’Exp. Whitney, en 1920-1922, trouva que cette forme était localement commune. En 1971-1975
l’espèce était localisée mais assez bien répandue dans quelques vallées du nord, de l’est et du sud de
l’île (Papenoo, Tiarei et Titiairiroa) ; elle n’a pas été retrouvée dans la presqu’île.
A. c. longirostris.
Turdus longirostris Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, pt. 2, p. 823. Eimeo = Moorea. Basé sur le « Long-billed Thrush »
de Latham, 1783, Gen. Syn. Bds., 2 (1), p. 67, Eimeo, dont le type est probablement au Muséum de
Vienne (Pelzeln, 1873).
Moorea : plusieurs spécimens furent collectés et des dessins exécutés au cours des Exp. du
Cpt. Cook (Stresemann, 1950 ; Lysaght, 1959) ; des collecteurs du xix e siècle obtinrent d’autres spéci¬
mens, mais l’Exp. Whitney, en 1921, trouva cette forme peu commune et localisée. En 1972 et 1973
nous n’avons pu trouver qu’un nombre très restreint d’oiseaux dans le centre de l’île et il est vraisem¬
blable que cette forme est rare, très localisée et proche de l’extinction.
A. c. musae.
Oriolus musae Forster, 1844, Descr. Anim. ed. Licht., p. 163. Ulietea = Raiatea. Type perdu depuis longtemps
semble-t-il.
Raiatea : cette forme constitue une énigme (Holyoak et Thibault, 1978b). Forster (1844) donne
une description et mentionne que cette fauvette fut représentée avec soin par son fils Georg Forster
au cours de la seconde Exp. du Cpt. Cook. Toutefois, la description et la peinture diffèrent légèrement
(Lysaght, 1959). De toutes manières, comme sur chaque grande île de Polynésie où l’on trouve une
fauvette, chacune des formes est nettement différenciée, il est vraisemblable que la population de
Raiatea était bien caractéristique. Wiglesworth (1891b) mentionne que cette espèce fut collectée par
Garrett. Un tel oiseau n’a jamais été retrouvé au xx e siècle dans cette île et l’on doit supposer que
l’espèce a disparu au cours de la seconde moitié du xix® siècle.
A. c. garretti.
Acrocephalus cafler garretti Holyoak et Thibault, 1978, Bull. Br. Orn. Cl., 98, p. 122. Huahine. Holotype au
B.M.(N.H.).
Huahine : Grâffe (1873) fut le premier à mentionner que Garrett collecta des spécimens dans
cette île. Il existe un spécimen à l’A.M.N.H. et un spécimen au B.M.(N.H.). L’espèce n’a jamais été
retrouvée par les collecteurs qui visitèrent l’île au xx® siècle et il est vraisemblable qu’elle a disparu
depuis longtemps (Holyoak et Thibault, 1978b).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
155
A. c. postremus.
Conopoderas caffra postrema Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Nov., n° 337, p. 17. Hatutu. Holotype
à l’A.M.N.H. "
Hatutu : forme découverte par l’Exp. Whitney en 1922, mais dont les effectifs étaient faibles.
En 1975, nous l’avons trouvée en nombre limité, la population étant estimée à 30-50 couples. Les
densités sont très faibles et les oiseaux localisés à quelques bosquets d’arbustes.
A. c. aquilonis.
Conopoderas caffra aquilonis Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 17. Eiao. Holotype à
l’A.M.N.H.
Eiao : population découverte en 1922 par l’Exp. Whitney ; selon Beck et Quayle, les effectifs
étaient peu importants. En 1929, Fisher collecta quatre spécimens (Fisher et Wetmore, 1931). Plus
récemment, cette forme a été observée en nombre restreint sur le plateau central (L. Teikitetini en
1968, personnel C.E.A. en 1971-1972, comm. pers.).
A. c. percerais.
Conopoderas percerais Wetmore, 1919, Bull. Mus. Comp. Zool., 63, p. 213. Nukuhiva, Holotype au N.M.N.H.
Nultu Uwa ■ en 1921-1922, l’Exp. Whitney trouva cette forme bien répandue. Entre 1971 et
1975, nous l’avons notée très fréquemment.
A. c. idae
Conopoderas caffra idae Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 15, Huahuna = Ua Huka.
Holotype au A.M.N.H.
Ua Huka : en 1921-1922, l’Exp. Whitney la trouva bien répandue. Entre 1971 et 1975, nous
1 avons trouvée très abondante.
A. c. dido.
Conopoderas caffra dido Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 16. Huapu = Ua Pou. Holo¬
type à l’A.M.N.H.
Ua Pou : en 1921-1922, l’Exp. Whitney la trouva bien répandue. Entre 1971 et 1975, nous
I avons trouvée très abondante.
A. c. mendanae.
Acrocephalus mendanae Tristram, 1883, Ibis, p. 43, pl. I. « Marquesas Islands », restreint à Hiva Oa et Tahuata
par Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 12. Deux syntypes au Muséum de Liverpool.
Hiva Oa : en 1921-1922, l’Exp. Whitney la trouva bien répandue. En 1971-1975, nous l’avons
trouvée nettement moins commune que dans les autres îles, probablement en raison de l’introduction
aAcridotheres tristis.
Tahuata : en 1921-1922, l’Exp. Whitney trouva cette population bien répandue. En 1975,
elle était très abondante.
A. c. consobrinus.
Conopoderas caffra consobrina Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 13. Motane = Moho-
tani. Holotype à l’A.M.N.H.
Source : MNHN, Paris
156 D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Mohotani : population découverte par l’Exp. Whitney en 1922 ; selon Beck (ms) et Quayle
(ms), elle était très abondante. En 1975, nous estimions l’importance des effectifs seulement en 90-
110 couples ; assez bien répandue dans Me.
A. c. fatuhivae.
Conopoderas cafjra fatuhivae Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 14. Fatu Iva. Holo-
type à l’A.M.N.H.
Fatu Iva : en 1922, l’Exp. Whitney trouva cette forme bien répandue. Kelsall collecta cinq
spécimens en 1925 (B.M.(N.H.)) et Fisher, sept en 1929 (Fisher et Wetmore, 1929). En 1975, nous
l’avons trouvée très commune.
[Habitat et nourriture]. — A Tahiti, on trouve les oiseaux surtout en forêt secondaire dans
des vallées entre 50 et 700 mètres d’altitude. Ils fréquentent les couloirs de buraos, les bosquets de
bambous des arbres d’essences diverses, parfois des cocoteraies (vallée de Tiarei). Souvent notés près
des rivières.
A Moorea, les oiseaux fréquentent les forêts de montagne et les forêts secondaires entre 300 et
600 m d’altitude.
Aux îles Marquises, on les trouve dans tous les habitats, zones très sèches recouvertes de quelques
buissons villages, jardins, cocoteraies, forêts secondaires, forêts d’altitude. Ainsi, à Nuku Hiva, on
les trouve fréquemment jusqu’à 1 100 m et la densité de la population dans la forêt monospécifique
de Metrocideros collina du plateau de Toovii (800 m) est particulièrement élevée.
Dans les îles où Acrocephalus et Pomarea vivent en sympatrie, les oiseaux du premier genre
fréquentent des régions plus sèches avec souvent une végétation xérophile et les oiseaux du second
genre habitent des régions plus humides avec une végétation luxuriante. Ainsi à Mohotani, Acroce¬
phalus fréquente surtout les régions basses couvertes de végétation adaptée à la sécheresse, alors que
Pomarea habite principalement la forêt de Pisonia grandis des régions élevées ; à Ua Pou, Acroce¬
phalus occupe plutôt les régions basses et Pomarea les régions d’altitude (Holyoak et Thibault, 1977b).
Les oiseaux font preuve d’une grande activité pour se nourrir, tant sur le sol qu’aux différentes
strates de la végétation. Sur le sol, les oiseaux avancent en sautillant, piquant régulièrement de la
nourriture. Ils capturent parfois des insectes en se tenant à la verticale contre un tronc ; ils fouillent
aussi activement dans les palmes séchées qui pendent le long des troncs de cocotiers. Ils attrapent
plus rarement leur proie en vol. Les oiseaux se déplacent beaucoup d’un arbre à l’autre ; arrivés dans
les branches basses, ils sautillent en remontant dans l’arbre et une fois arrivés à la cime, ils s’envolent
vers un autre arbre.
Ils se nourrissent à l’occasion de végétaux (graines, fruits, nectar, morceaux de corolle), de
petits lézards, de petits mollusques terrestres, d’écrevisses, d’araignées ; mais le régime alimentaire
est principalement insectivore : Diptères, Orthoptères, Coléoptères, Hyménoptères, Lépidoptères
(larves, adultes), Hétéroptères, Dyctioptères. Bruner (1974) signale qu’ils capturent des lézards et qu’ils
les démembrent « en les tenant par une patte » (forme de Tahiti).
[Comportement], — Cette espèce, par son apparence générale et son activité, ressemble à
A. arundinaceus du Paléarctique. Comme cette espèce, elle hérisse les plumes de la tête quand elle est
excitée et écarte légèrement les ailes quand elle chante.
Ils sont assez agressifs envers leurs congénères et répondent souvent quand on leur fait entendre
leur voix au magnétophone. Ils se grattent la tête d’une manière indirecte, comme la plupart des
Sylviinae, la patte levée par dessus l’aile baissée.
[Voix]. — L’appel usuel des oiseaux de la Société et des Marquises est une note dure chrou
ou rrou répétée souvent quand une personne traverse leur territoire. Le chant consiste en une série
d’appels ci-dessus mélangés à des notes sifflées, comme chrou-chrou-chrou-ouitiioo-ouiiiioo-ouioo-chrou-
chrou-piioui-pioui-ouaet-ouaet-chrou-chrou-piiiooo—chrou-chrou... ; l’arrangement des phrases, quoique
assez variable, rappelle celui de Turdus philomelos.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
157
La voix des oiseaux de Tahiti est semblable à celle des oiseaux de Moorea, mais le chant des
oiseaux marquisiens est beaucoup moins varié. Il ne semble pas qu’il y ait des différences bien nettes
entre la voix des différentes populations des Marquises.
Les oiseaux chantent tout au long de la journée, moins quand il pleut. Ils chantent souvent
le soir et c’est d’ailleurs à ce moment que le chant est le plus pur et le plus varié. Aux îles Marquises,
les oiseaux chantent fréquemment au milieu de la nuit. Ils chantent perchés dans la végétation à diffé¬
rentes hauteurs, parfois en vol, à l’occasion de manifestations territoriales.
Les oiseaux répondent à leurs propres chants et à ceux d’autres espèces.
[Reproduction]. — A Tahiti, les oiseaux établissent de préférence leur nid dans les couloirs
d 'Hibiscus et les bambousaies à une hauteur assez grande. Le nid est une coupe volumineuse construite
avec des végétaux, des herbes, des racines, de la mousse. Les mensurations moyennes de deux nids
sont les suivantes : hauteur 17 cm, diamètre interne 9 cm, profondeur 12 cm.
Un nid occupé et un nid en construction ont été notés en sept. 1973. L’état sexuel des oiseaux
suggère que la reproduction, à Tahiti, a lieu du mois d’août à déc., mais il est possible qu’elle ait lieu
aussi de fév. à juin :
janv.
juin
juil.
août
sept.
oct.
déc.
nombre d’oiseaux
nombre d’oiseaux avec des
7
1
1
14
2
1
13
gonades développées
0
0
1
12
2
0
1
nombre d’oiseaux muant
des plumes de vol
3
0
0
1
0
0
5
Aux îles Marquises, les nids sont édifiés entre 1.5 et 25 m de hauteur, plus souvent entre 3 et
12 m, dans des essences très variées et d’architecture très diverses (Eugenia rariflora, Pandanus sp.,
Cardia lutea, Metrocideros collina, Ficus prolixa...). Les nids sont des coupes assez profondes aux dimen¬
sions moyennes suivantes : diamètre externe 12-14 cm, diamètre interne 4.5-6 cm, profondeur de la
coupe 3.5-6 cm, hauteur totale 10-20 cm. Les matériaux utilisés pour la construction du nid sont prin¬
cipalement des végétaux, mais leur nature dépend du milieu environnant ; feuilles, fibres de cocotiers,
ecorces, racines forment en général la partie externe ; herbes séchées, petites fibres, feuilles finement
arrangées constituent la partie interne. Des quantités variables de coton, laine de mouton, crin de
cheval, plumes sont rajoutées aux parties interne et externe. Le nid est généralement placé sur une
fourche, le plus souvent dans le tiers supérieur des arbres, attaché à des brindilles par des fibres et de
la mousse.
Une ponte de deux œufs d’A. c. dido a été collectée à Ua Pou en sept. 1922 (A.M.N.H. n° 5388).
Les œufs mesurent 24.1 X 16.8 et 23.4 X 14.9 mm. Ils sont bleu pâle avec des taches et des points
brun-noirâtre et gris clair concentrés sur le côté le plus large. Un autre œuf cassé, trouvé aussi à Ua
Pou, et deux autres à Mohotani (Exp. Whitney et obs. pers.) étaient de coloration et de taille semblables.
Bruner (1974) indique qu’il a examiné 15 pontes comprenant de 2 à 5 œufs avec une moyenne de 4.
Les deux adultes donnent la nourriture au jeune dans le bec. Les juvéniles sont nourris par les
adultes un certain temps après l’envol.
Des oiseaux en activité sexuelle ont été trouvés en janv., mai, août, sept., oct., nov., déc. ;
des jeunes au nid, ou venant d’en sortir, ont été trouvés en avril, mai, juin, sept., oct. et nov. Il est
vraisemblable que des oiseaux nichent toute l’année.
Des oiseaux en mue ont été notés en janv., avril, août, sept., oct. et nov. Quelques individus seule¬
ment étaient à la fois en mue et en activité sexuelle, mais certains oiseaux arrêtent la mue quand ils
nichent. La mue des plumes de vol semble assez rapide, avec deux à quatre primaires poussant simul¬
tanément sur chaque aile, mais elle est plus variable chez les autres passereaux en général.
Source : MNHN, Paris
158
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Acrocephalus caffer caffer groupe des îles Tuamotu, Fauvette des Tuamotu L
Kotiotio (Takapoto), Kokikokiko (Vairaatea), Rokikokiko (Marutea sud).
[Répartition et statut]. — Iles Tuamotu (carte 21).
A. c. atyphus.
Conopoderas alypha Wetmore, 1919, Bull. Mus. Comp. Zool., 63, p. 207. Fakarava. Holotype au N.M.N H
Syn. Conopoderas atypha crypta Wetmore, 1919, idem, p. 209. Makemo. Holotype au N.M.N.H.
Conopoderas atypha agassizi Wetmore, 1919, idem, p. 210. Apataki, groupe Tuamotu. Holotype au N.M N H
Conopoderas atypha nesiarcha Wetmore, 1919, idem, p. 210. Rangiroa. Holotype au N.M.N.H.
Nord et ouest Tuamotu : noté à Matahiva, Tikehau, Rangiroa, Arutua, Apataki, Kaukura Ahe
Manihi, Toau, Fakarava, Aratika, Kauehi, Raraka, Takapoto, Takaroa, Tikei, Taiaro, Faaite, Tahanea’
Katiu, Makemo, Tuanake, Hiti, Tepoto, Taenga, Nihiru, Takume et Fangahina. La population qui’
habite Raroia (Morrison, 1954) appartient vraisemblablement à cette forme. Il est probable que cette
forme habite aussi d’autres atolls peu explorés par les ornithologues, particulièrement entre Marutea
du nord et Ravahere. Signalée, mais sans preuve, à Hereheretue par Bruner (1974). Les différentes
populations sont dans l’ensemble bien représentées, mais les densités varient souvent d’un atoll à l’autre
1. Mensurations et poids d 'Acrocephalus ca/fer (sous-espèces des lies Tuamotu), d’après Murphy et Mathews (19291
et des données supplémentaires des auteurs. ’
.île
«po.é
tarse
A. c. atyphus
1 134 33
84-93
68-83
20-22
29-33
(nord et ouest Tuamotu) j yg
(88)
81-90
(75)
66-77
(21)
19-22
(30)
28-32
(85)
(71)
121)
(30)
A. c. eremus
(Makatea
j 10 33
1 8 çç
88-95
(92)
85-92
75-84
(81)
74-79
23-25
(24)
24
31-32
(32)
(89)
(77)
(24)
(30)
A. c. niaucnsis
(Niau)
j 17 33
82-87
(86)
70-74
(71)
18-19
(18)
27-29
(28)
1 6 $?
79-80
62-69
18-19
(79)
(65)
(18)
(29)
5 33
85-89
69-73
19-20
28-29
(Anaa)
(87)
(72)
(19)
(29)
5 9?
80-83
60-68
17-19
A. c. flavidus
(81)
(63)
(18)
4 33 et un
90-95
75-79
20.5-24
(Napuka)
non sexé
(93)
(75)
(23)
(31)
A.c. ravus
1 39 33
84-93
71-80
20-22
30-32
(sud Tuamotu)
1 23 9?
(89)
(76)
(21)
(31)
(85)
(71)
(20)
(30)
(Mururoa)
( 2 33
1 1 ?
88.5, 89
? (mue)
79, 78.5
? (usée)
20.5, 20.5
19
30.5, 28
(Fangataufa)
1 ?
81.5
71
19
28
Six individus d 'A. c. ravus pesaient 26-33 (29) g, selon Lacan e
l’A. c. atyphus pesaient respectivement, 30, 31.5, 33 et 28.5 g.
it Mougin (1974b) ; trois mâles e
t une femelle adultes
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
159
A. c. eremus.
Conopoderas atypha erema Wetmore, 1919, Bull. Mus. Comp. Zool., 63, p. 211. Makatea. Holotype au N.M.N.H.
Makatea : forme très bien répandue dans l’île, tant en 1922 (Beck et Quayle, ms) que plus récem¬
ment en déc. 1972 (Thibault et Thibault, 1975).
A. c. niauensis.
Conopoderas atypha niauensis Murphy et Mathews, 1929, Amer. Mus. Novit., n° 350, p. 13. Niau. Holotype
à l’A.M.N.H.
Niau : quand Beck (ms) découvrit cette population en 1922, il nota que c’était l’oiseau terrestre
le plus commua de l’île. En 1974, cette forme été bien répandue.
A. c. palmarum.
Conopoderas atypha pahnarum Murphy et Mathews, 1929, Amer. Mus. Novit., n° 350, p. 12. Anaa. Holotype à
à l’A.M.N.H.
Anaa : Beck, quand il découvrit cette population en 1921, estimait qu’elle n’était pas très abon¬
dante. En 1974, elle était absente du village, mais assez commune dans les cocoteraies.
A. c. flavidus.
Conopoderas atypha flavida Murphy et Mathews, 1929, Amer. Mus. Novit., n° 350, p. 16. Napuka. Holotype
à l’A.M.N.H.
Napuka : population découverte par l’Exp. Whitney en déc. 1922 ; des cinq spécimens mâles
collectés (Beck, ms), quatre sont actuellement en collection. Beck notait que cette forme n’était pas
commune. Un spécimen unique fut collecté par H. J. Kelsall en fév. 1925 (B.M.(N.I1.)). On ne possède
pas d’autres informations depuis.
A. c. ravus.
Conopoderas atypha rava Wetmore, 1919, Bull. Mus. Comp. Zool., 63, p. 208. Pinaki. Holotype au N.M.N.H.
Sud Tuamotu : noté à Hao, Paraoa, Ahunui, Aki Aki, Pinaki, Vanavana, Tureia, Mururoa et
Fangataufa. Il n’existe pas de spécimens de Tematangi et Vairaatea, mais des fauvettes y sont pré¬
sentes (Père Victor et Serv. Météo, comm. pers.) et pourraient appartenir à cette forme. 11 est pro¬
bable que des populations de cette forme habitent d’autres atolls comme Vahitahi et Nukutavake
qui n’ont pas été visités par des ornithologues. Les habitants de Marutea sud déclarèrent en 1922 à
Beck qu’il existait sur l’île des petits oiseaux bruns qu’ils nommaient Rokikokiko et qui vivaient dans
les buissons ; toutefois l’Exp. Whitney ne les trouva pas et il n’existe pas d’autres mentions. Par contre,
l’espèce est vraisemblablement absente de Pukarua, Reao et du Groupe Acteon, îles bien prospectées
par les ornithologues. Un oiseau isolé, qui n’a pu être collecté mais appartenant au groupe des fau¬
vettes des Tuamotu, a été observé sur l'ilot Tepapuri aux îles Gambier en 1971 (Thibault, 1973a). Cet
individu était un accidentel ou un représentant d’un mouvement de colonisation récente. Seurat (1904)
a noté la présence de « Tatare longirostris » à Puka-Puka, mais Lacan et Mougin (1974b) ne trouvèrent
pas cette fauvette dans l’île. Les oiseaux vus par Seurat pourraient appartenir soit à A. c. ravus , soit
à une forme distincte, Puka-Puka étant une île isolée (cf. Anaa et Napuka).
Les collecteurs de l’Exp. Whitney trouvèrent A. c. ravus bien répandu localement sur certains
atolls, moins commun sur d’autres. Lacan et Mougin (1974b) ont découvert les populations de Mururoa
Source : MNHN, Paris
1G0
r. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
D. T
et Fangataufa, respectivement en 1967 et 1966 et. les populations de Tematangi et Vairaatea ont aussi
été signalées très récemment (Thibault et Thibault, 1973). Lacan et Mougin ont aussi confirmé l’exis¬
tence des populations de Hao et Tureia.
A. c. ravus est finalement assez proche d’A. c. atyphus et il n’est, peut-être pas nécessaire de les
séparer taxonomiquement. Les oiseaux de Hao sont plus proches d’A. c. atyphus que ceux qui habitent
plus au sud et les fauvettes des îles entre Hao et l’aire de répartition connue d’A. c. atyphus au nord
sont des intermédiaires entre ces deux formes. Toutefois, il est préférable d’attendre une meilleure con¬
naissance de la répartition de l’espèce pour décider d’un changement.
[Habitat et nourriture]. — Habite les régions recouvertes de végétation, buissons, forêts
d’atoll, jardins, cocoteraies avec sous-bois. Trouvé fréquemment près des habitations sur certaines
îles, quand il n’y a pas trop de chats. A Niau, l’espèce était peu répandue dans la cocoteraie, mais
plus fréquente dans la forêt arbustive, probablement en raison d’une certaine compétition avec Halcyon
gambieri ( q. v.). A Makatea, les oiseaux sont plus fréquents dans les buissons que dans la forêt. A Napuka,
ils habitent les bosquets de Pandanus et les fourrés de l'est de l’île.
Se nourrit en cherchant des insectes sur les feuilles, les brindilles, les branches, contre les troncs
dans les palmes séchées qui pendent le long des cocotiers, sur le sol en sautillant, parfois en vol. Les
oiseaux cherchent leur nourriture d’une manière très active en courant le long des branches et se mettent
parfois en position renversée pour attraper une proie.
Le régime alimentaire varié est surtout insectivore (Coléoptères, Diptères, Hyménoptères),
mais il se compose aussi de petits lézards, petits mollusques terrestres, araignées, vers, petites quan¬
tités de matière végétale. Bruner (1974) a noté qu’elle démembrait les lézards en les maintenant sur
le « sol avec une patte ».
[Voix]. — Une note basse chrou est fréquemment répétée, spécialement quand les oiseaux sont
dérangés. Le chant est assez voisin de celui des autres sous-espèces du groupe A. (c.) caffer, mais il
est moins riche, plus bref et moins varié. Il consiste en une série de chrou , suivis de courtes phrases
silïlées, comme chrou-piii-tou-tou-ti-wii, puis une pause avant que le chant ne soit répété à nouveau
avec un arrangement différent. Les chants des populations du sud et du nord sont semblables.
Les oiseaux chantent souvent en se déplaçant aussi bien le long d’une palme de cocotier que
dans un buisson. Ils chantent plus activement le soir et le matin, moins fréquemment durant la journée.
[Reproduction]. — Les nids sont placés dans des endroits très variés où les essences sont de
structure très différente, dans un buisson, un arbre, parfois un cocotier, plus souvent entre 1.50 et 5 m
parfois à 10 m du sol. Le nid, lorsqu’il est construit dans un buisson xérophile (comme Pemphis acidula), est
peu visible, mais dans des arbustes comme Tournefortia, Guettarda ou Pandanus, il est bien visible
et situé dans la partie externe de l’arbre. 11 prend appui sur des fourches. C’est une coupe profonde
construite en brindilles, feuilles mortes, plantes grimpantes, fibres de cocotier (présentes dans presque
tous les nids), herbes sèches. Le fond de la coupe est composé de petites fibres, petites herbes séchées
finement arrangées ; il est souvent garni de petites feuilles vertes de Pemphis. Les dimensions des nids
du nord de Tuamotu sont les suivantes : hauteur 6-16 cm, diamètre externe 9-13 cm, diamètre interne
de la coupe 5.5-8 cm, profondeur de la coupe 4,5 cm. Un nid trouvé à Makatea par Seale était cons¬
truit avec les matériaux cités, mais il avait les mensurations suivantes : hauteur 6 cm, diamètre externe
11 cm, diamètre interne de la coupe 5,5 cm, profondeur 3,5 cm. La taille des pontes est variable.
Une ponte de trois œufs a été trouvée à Ahe, des pontes de deux œufs ont été trouvées à Manihi et
Makatea, un nid avec un œuf et un poussin fraîchement éclos à Takapoto et une ponte d’un œuf à
Taenga (Beck, rns et obs. pers.).
L’œuf est bleu pâle ou vert-bleu pâle, avec des taches et des points brunâtres, bruns ou brun-
lavande, dont l’étendue et l’importance sont variables, plus généralement concentrées sur le côté le
plus large. Six œufs de la forme A. c. atyphus ont les dimensions suivantes : 22.6 (i 1.35) X 16.2 (^
0.42) mm.
Beck collecta une femelle en train de couver, mais on ignore si le mâle participe à l’incubation.
Les jeunes sont nourris par les parents durant un certain temps après leur envol.
Des oiseaux nichent probablement tous les mois de Tannée. Des individus en activité sexuelle
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE jgj
ont été collectés en fév., mars, avril, mai, juin, juil., août, oct. et déc. (Lacan et Mougin, 1974b ; Mur¬
phy et Mathews, 1929 et obs. pers.) ; des constructions de nids ont été observées en nov. ; des pontes
fraîches en fév., mai et déc. ; des poussins en fév., avril et déc. ; enfin, des juvéniles ont été collectés
toute l’année.
Des oiseaux en mue des plumes de vol ont aussi été collectés la plupart des mois de l’année.
Certains oiseaux commençaient à muer tout en nourrissant des jeunes (Murphy et Mathews, 1929). La
mue des plumes de vol est lente avec seulement une ou deux primaires collatérales poussant simul¬
tanément.
Acrocephalus (caffer) kerearako Holyoak, Fauvette des Cook L
Acrocephalus vaughani kerearako Holyoak, 1974, Bull. Br. Orn. CI., 94,
au N.M.N.H., paratypes à l’A.M.N.H. et au B.M.(N.H.).
p. 149. Mangaia, îles Cook. Holotype
Kerearako, Bush Canary (Mangaia), Kaoko (Mitiaro).
[Répartition et statut]. — Iles méridionales des Cook (carte 21).
A. k. kerearako.
Mangaia : noté pour la première (oi. par Christian (1920) dans sa liste dos noms vernaculaires
d oiseaux de Mangaia. Abondante quand, en 1973, la série type fut collectée.
A. k. kaoko.
Acoc'phalu, oaughani kaoko Holyoak, 1974, Bull. Br. Orn. Cl, 94, p. 150. Mitiaro, des Cook. Holotype ,
N.M.N.H. Paratvpes à l’A.M.N.H. et au B.M.(N.H.).
Mitiaro : forme commune à travers toute File, quand elle fut découverte en 1973.
[Habitat et nourriture]. —A Mangaia, elle habite les strates arborées et buissonnantes de
la région corallienne, les régions boisées limitrophes et, selon la population locale, les régions recou¬
vertes de buissons dans les collines de l’intérieur.
A Mitiaro, elle habite un peu partout, des zones à strates arborées et buissonnantes de la région
corallienne aux roselières avec bosquets de Casuarina dans les zones humides de l’intérieur. A Mitiaro
mais pas à Mangaia, l’espèce a été vue dans les buissons et les arbres du village et un individu fut noté
alors qu’il était perché sur le faîte du toit d’une maison.
Les oiseaux des deux populations cherchaient activement des petits invertébrés sur les feuilles
les brindilles des arbres, dans les buissons et sur les plantes herbacées. La fauvette de Mitiaro a été
observée en position renversée comme le fait une mésange (Parus sp.) quand elle cherche sa nourri¬
ture ; une autre piquait dans des touffes d’herbes rases et attrapait des insectes en sautillant sur le sol.
1. Mensurations d'Acrocephalus (caffer) kerearako
•a.
queue
culmen
exposé
tarse
Mangaia
7 SS
76-79
77-80
15-17
28-29
(77)
(79)
(16)
(28)
( f' <?<î
78-80
76-79
17-19
27-29
Mitiaro
(79)
(77)
(171
(28)
( 2 $$
76, 79
69, 74
17, 17
27, 28
Source : MNHN, Paris
162
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
L’examen des contenus stomacaux d’oiseaux des deux formes montre que l’espèce se nourrit
surtout de petits invertébrés. Les estomacs de neuf oiseaux de Mangaia contenaient de nombreux petits
Coléoptères (supposés), trois petits Diptères (supposés), deux larves non identifiées (comme des che¬
nilles), deux larves de Lépidoptères d’environ 10 mm et une punaise (Dictyoptère) d’environ 35 mm
de long. Les estomacs de huit oiseaux de Mitiaro contenaient aussi de nombreux petits Coléoptères
supposés (dont des espèces d’Élatéridés et de Staphylidés), des morceaux de sauterelles vertes (Orthop¬
tères) de 14-15 mm de long, plusieurs larves de Lépidoptères de 14-18 mm de long et deux pupae de
12 mm de long, un ichneumon supposé (Hyménoptère, Aculeata) de 6 mm de long et une araignée
(Arachnida, Araneae) dont le corps mesurait environ 6 mm de long.
[Voix]. — Les oiseaux de Mangaia et de Mitiaro ont un chant musical avec des phrases courtes
souvent répétées, composées de sifflements et de trilles séparées par des pauses fréquentes. A côté
du chant, il existe un appel enroué, chrou, chrou, répété pendant plusieurs minutes ; cet appel est
souvent émis au milieu de phrases sifflées du chant.
Le poste de chant est dans un arbre ou un buisson, assez haut, plus ou moins caché ; l’oiseau
chante aussi pendant qu’il se déplace dans la végétation ; son chant est plus fréquent quand la lumière
est faible. Deux ind. ont été entendus pendant de courtes périodes entre lh 00 et 2 h 00 à Mitiaro.
Quand ils chantent, les oiseaux de Mangaia et Mitiaro redressent souvent les plumes du vertex et de
la gorge et étendent légèrement les ailes comme le font les autres espèces du genre.
[Reproduction]. — A Mangaia, le nid n’a pas été trouvé, mais un certain nombre d’adultes
collectés en août 1973 étaient en activité sexuelle. La population locale décrivit le nid comme une
coupe, construite dans un buisson ou un arbre et précisa qu’un seul œuf tacheté était pondu.
Beaucoup de spécimens collectés à Mitiaro en sept. 1973 étaient en activité sexuelle et trois nids
occupés furent trouvés, ainsi que huit vieux nids plus ou moins en décomposition. Les nids sont cons¬
truits dans des sites variés ; certains, construits sur une fourche de Casuarina à huit mètres du sol,
étaient bien visibles ; d’autres étaient cachés par les feuilles dans des arbres et des buissons, d’autres
encore se trouvaient plus bas à un mètre environ au-dessus du sol. L’un des nids était seulement à
trois mètres d’une maison.
Quatre nids collectés avaient une forme de coupe très profonde ; les matériaux étaient tissés
autour de brindilles qui formaient le bord du nid. Les dimensions des nids sont : diamètre externe 80-
105 mm, diamètre interne c. 50 mm (la coupe est ovale dans les nids qui ont été vus), profondeur de
la coupe 50-75 mm. Les matériaux du nid sont composés de tiges fines et sèches et de fibres diverses
dont des fibres de cocotier, tournées autour du bord du nid et formant la majeure partie de la struc¬
ture ; le fond est composé de matériaux plus fins mais de nature identique.
Les trois nids occupés contenaient chacun un seul œuf, couvé par un adulte ; deux étaient frais,
le troisième était incubé au quart. Les œufs sont bleu pâle et présentent de grosses taches brun-noirâtre
avec des petits points de même couleur ainsi que des taches plus petites gris clair, avec également
des points de même couleur ; toutes ces marques sont concentrées à l’extrémité la plus large. Les œufs
mesurent 22.0 X 15.7, 20.7 X 16.0 et 20.8 X 15.3 mm. La population locale précisa que la ponte
était d’un œuf, parfois deux (un habitant avait trouvé deux jeunes dans un nid en 1972)et très
rarement trois.
Une femelle collectée près d’un nid avait une large plaque incubatrice, mais aucun des mâles
collectés n’en avait. Les oiseaux qui sont en train de couver sont difficiles à localiser à cause de la
forme du nid et généralement, seuls la tête et le bout de la queue sont visibles.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX
POLYNÉSIE ORIENTALE
163
Acrocephalus (caffer) vaughani (Sharpe), Fauvette de Pitcairn 1 .
Talare vaughani Sharpe, 1900, Bull. Br. Orn. Cl., 11, p. 2. Ile Pitcairn, Pacifique sud. Holotype au B.M.(N.H.).
Sparrow (Pitcairn, Williams, 1960).
[Répartition et statut]. — Rimatara et peut être Raevavae (îles Australes), Henderson et
Pitcairn (Groupe Pitcairn), (carte 21).
A. v. vaughani.
Pitcairn : Nicoll (1909), puis Beck en 1922 notaient que cette forme était particulèrement abon¬
dante. En 1956, Williams (1960) trouva qu’elle était abondante partout oû il y avait des buissons et
des arbres.
A. v. rimitarae.
Conopoderas vaughani rimitarae Murphy et Mathews, 1929, Amer. Mus. Novit., n° 350, p. 20. Ile Rimitara
(= Rimatara), îles Australes. Holotype à l’A.M.N.H.
Rimatara : au moment de sa découverte, en 1921, l’Expédition Whitney trouva que cette forme
était assez commune (Beck, ms, Quayle, ms). En 1974, C. Rives (comm. pers.) la trouva assez commune.
A. v. sous-espèce ?
Raevavae : des fauvettes furent entendues par Lacan (J.-L. Mougin, comm. pers.) en mai 1968.
A. v. taiti.
Acrocephalus taiti Ogilvie-Grant, 1913, Bull. Br. Orn. Cl., 31, p. 59. Ile Henderson, Pacifique sud. Types au
B.M.(N.H.).
Henderson : L’Expédition Whitney trouva qu’elle était commune en 1922 (Beck, ms, Quayle, ms)
et les habitants de Pitcairn précisèrent à Williams (1960) qu’elle était encore bien répandue en 1956.
1. Mensurations A'Acrocephalus ( caffer ) vaughani
queue
culmen
exposé
tarse
l 6 SS
81-88
65-76
18-20
29-32
Rimatara
(84)
(72)
(19)
(31)
( 6 »
80-84
68-74
17-19
29
(82)
(71)
(18)
l 10 SS
80-85
68-73
17-18
29-31
Pitcairn
(82)
(70)
(18)
(30)
1 8 »
74-79
64-67
17-18
28-29
(76)
(66)
(17)
(29)
I 10 SS
80-84
69-73
17-18
28-29
Henderson
J
(82)
(71)
(17)
(28)
( 10 99
78-83
67-73
17-18
28-29
(80)
(70)
(18)
(28)
Williams donne le poids de deux oiseaux de Pitcairn : un mâle adulte, 27 g et une femelle adulte 22 g.
Source : MNHN, Paris
164
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Habitat et nourriture]. — A Rimatara, Quayle (ms) nota qu’on la trouvait dans les arbres
les buissons, les plantations et la végétation marécageuse, de la côte au sommet des collines. C. Rives
(comm. pers.) la vit dans des arbres et des buissons, mais pas dans le village.
A Pitcairn, Beck (ms) mentionne qu’elle est commune dans le village et Williams (1960) la vit
dans tous les milieux boisés et buissonnant.
A l’île Henderson, l’Expédition Whitney la trouva dans les régions couvertes d’arbres et de
buissons (Beck, ms, Quayle, ms).
On dispose de peu de renseignements sur le régime alimentaire et le comportement de nourris¬
sage, si ce n’est que les oiseaux des trois populations glanent des insectes dans la végétation, comme
les autres fauvettes polynésiennes. Quayle (ms) nota qu’à Rimatara, les oiseaux cherchaient les insectes
en sautillant dans la végétation et qu’à l’île Henderson, ils sautillaient dans les buissons et sur le sol
entre les feuilles tombées à terre. A Rimatara, Rives (comm. pers.) les vit se déplacer activement dans
les arbres.
[Voix]. — Quayle (ms) mentionne que les oiseaux de Rimatara émettent des notes gazouillées
et que chez quelques-uns le chant est assez fort, moins fort toutefois que celui des oiseaux de Tahiti
ou des Marquises. C. Rives (comm. pers.) entendit également les oiseaux chanter.
Par contre, il y a tout lieu de croire que les fauvettes de Pitcairn et d’Henderson n’émettent
pas de notes sifflées comme celles des autres îles. A Pitcairn, en oct. et nov. 1956, alors que les oiseaux
nichaient, Williams (1960) entendit seulement un pépiement monotone sans musicalité. Chapin (in
Mayr, 1942a) n’entendit aucun chant en période de reproduction et Nicoll (1904) note que pour sa
taille, l’oiseau produit des notes assez basses, chack, chack et fréquemment un cri rauque comme celui
d’un geai. Quayle (ms) mentionne des appels aigus et pépiés entendus en avril 1922 à Henderson et
il précise que les oiseaux ne chantent pas comme le font les grandes fauvettes jaunes de Tahiti et
Hiva Oa, mais il convient de noter que les oiseaux collectés en mars et avril 1922 à Henderson étaient
en repos sexuel (Murphy et Mathews, 1929).
[Reproduction]. — Quelques oiseaux d’une série de spécimens collectés en mars-avril 1921
à Rimatara, étaient en activité sexuelle (Murphy et Mathews, 1929). De plus, Quayle (ms) nota qu’un
adulte nourrissait deux ou trois jeunes (probablement volants) en mars.
Un nid collecté par Beck (déposé maintenant à l’A.M.N.H.) est une coupe volumineuse, composée
d’herbes et de fibres diverses (dont des fibres de cocotier). Il était placé sur la fourche d’un arbre à
six ou sept mètres de hauteur. Il mesure 9 cm de largeur, 10 cm de hauteur et la coupe a 5 cm de dia¬
mètre interne.
Aucun oiseau d’une large série de spécimens collectés à Henderson en mars-avril 1922 n’était
en activité sexuelle (Murphy et Mathews, 1929), mais un individu collecté en oct. 1912 par D. R. Tait
avait un œuf dans l’oviducte, ce qui suggère que la nidification de cette forme pourrait être saisonnière.
Un vieux nid collecté par Beck en 1922 (déposé maintenant à l’A.M.N.H.) n’est accompagné d’aucune
mention et il est quelque peu déformé ; c’est une coupe profonde qui ressemble aux nids des autres
formes ; il est construit de feuilles mortes et de fibres végétales.
La fauvette de Pitcairn pourrait aussi nicher de façon saisonnière ; aucun oiseau d’une série
de spécimens collectés en mars 1922 n’était en activité sexuelle, alors que certains muaient et que
d’autres venaient de finir récemment leur mue (Murphy et Mathews, 1929). Williams (1960) trouva
quelques nids occupés en oct.-nov. 1956. Beck collecta un vieux nid en 1922 (déposé maintenant à
l’A.M.N.H.). Les descriptions de Williams, confirmées par le nid collecté, indiquent que les nids pré¬
sentent une coupe profonde construite en plantes séchées, fibres de bananes et d’autres végétaux
qui mesure 8-10 cm de largeur et jusqu’à 14 cm de hauteur ; la coupe elle-même mesure 5-6 cm de
profondeur et 5 X 9 cm de diamètre interne. Les sites de nidification notés par Williams étaient variés
de la base d’une feuille de Cordyline termincdis à quelques pieds seulement au-dessus du sol, à la cime
d’un manguier Mangifera indica de 10 mètres de haut. Toutefois, c’est dans des bosquets d ’Eugenia
jambos, généralement à moins de cinq mètres de haut, que l’on trouve le plus fréquemment les nids.
La ponte est en général de deux œufs selon Williams (1960). Les œufs mesurent environ 21 X 14.5
mm ; ils sont de couleur bleu-verdâtre pâle, avec des taches brun-olive à presque noir répandues pour la
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
165
plupart sur l’extrémité la plus large et dont la couleur est plus sombre (Williams, 1960). L’incubation
196m VIPOn 14 j ° UrS 5 leS deUX adultes n0Urrissent ,e i eune 1“* vole après deux semaines (Williams,
Espèce « I ncertae sedis »
« Lanius » gambieranus Lesson
Laniu, gambi.mnu, Leon, 1844, Écho Monde Savant, p. 232 (cf. Mén.gaux, p. 180). Iles Garabior Tvoe
perdu depuis longtemps.
Connue seulement par la description du spécimen qui était autrefois dans la collection du
Uocteur Abeille de Bordeaux. Lesson précise qu’une peinture fut préparée par M. Charles Thélot de
Kochefort, mais nous n’avons pas retrouvé cette peinture, ni d’ailleurs le spécimen.
r ,, [^ EPARTr y , ? N ET statut], — Selon Lesson, le spécimen décrit provenait des îles Gambier.
Les îles furent visitées par plusieurs expéditions maritimes françaises avant 1840, et le spécimen fut
pro a ement rapporté par le frère de Lesson, le Docteur Adolphe Lesson, qui voyagea durant quatre
années dans les mers du Sud comme « Chirurgien » à bord d’un bateau. Le spécimen était autre-
lois dans la collection Lesson à Rochefort.
Les seules autres mentions de passereaux aux îles Gambier sont données par Garrett qui trouva
des fauvettes durant la seconde moitié du xix* siècle (Wiglesworth, 1891b) et par Buck (1938) qui
n0t 1Q7't°/ , Ti K ? ~ii * Warbler ». Signalons aussi qu’une fauvette fut observée sur l’îlot Tepapuri
j. n ' 11 )au L ^973b). Ce dernier oiseau, blanchâtre dessus et brun dessous, devait être un erra-
M NWaT f ° rme habitant ,CS at0lls au nord des Gambier, A. euffer ravus. Deux spécimens déposés
iot/i » ° nt -, ete , cons,derés comme des oiseaux pouvant provenir des îles Gambier (Lacan et Mougin,
m i ’ Z" 3 ™ S , aglt vraisemblabIem ent d’une forme éteinte d’A. luscinia provenant de Micronésie
(Holyoak et Thibault, 1978b). L’expédition Whitney ne trouva pas de fauvette en visitant les îles
Gambier, en dépit de nombreuses recherches en 1922 (Beck et Quayle, ms).
il [Discussion], — L oiseau décrit par Lesson ne correspond à aucune forme de spécimens connus.
est douteux qu il s agisse d’une pie-grièche (Laniidae), comme l’avait pensé Lesson. 11 est également
peu probable que se soit un s.lHeur (Pachycephala) , comme certains auteurs l’ont suggéré (Lacan et
Mougin, 1974b ; Thibault, 1973b). V
La taille, la forme et la coloration font plutôt penser à une fauvette, voisine des formes habi-
„ les îles Cook. Celte hypothèse serait d’autant plus vraisemblable qu’il serait étonnant que des
des volcaniques de la taille des Gambier n’aient pas eu de fauvettes. Sans doute. Lesson avait déjà
décrit en 1820 la Fauvette de Tahiti comme appartenant au genre Tatare, mais il n’est pas étonnant
qu il n ait pas établi de relation entre cette fauvette et l’oiseau des Gambier, en raison de leurs diffé¬
rences morphologiques importantes.
De nombreuses interrogations subsistent au sujet de cet oiseau et il n’est pas évident qu’il ait
ete véritablement collecté aux Gambier, bien que les autres descriptions de Lesson ne présentent pas
d erreurs de localité.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Sous-famille des Muscicapinae
Genre Pomarea, syn. Rorotonga, Rarotonga.
Pomarea dimidiata (Hartlaud et Finsch), Monarque de Rarotonga L
Monarches dimidiatus Hartlaub et Finsch, 1871, Proc. Zool. Soc., Lond., p. 28. Rarotonga.
Un mâle et une femelle de la série type d’origine sont au Musée de Brême, R.F.A. (M. D. Bruce, comm.
pers.).
Kakerori, Kaka-Rori, Kukirori, Kakivori (Rarotonga), peut-être Koaruna (Rarotonga).
[Répartition et statut]. — Endémique à Rarotonga, îles Cook. Andrew Garrett collecta au
minimum six oiseaux qui servirent de base à la description de Hartlaub et Finsch (1871). Le colonel
Gudgeon collecta un couple en 1901 et précisa que l’espèce était alors rare (Ogilvie-Grant, 1905) ;
A. Seale en collecta trois en 1903 ; Wilson (1907) ne le trouva pas en un mois de séjour en 1904 et
J. G. Correia (ms) vit peut-être cette espèce en 1923, mais ses descriptions sont peu précises. Après des
recherches intensives en 1973, deux furent localisés sur le côté sud de File en dessous de Te Kou et trois
autres dans la vallée Tupapa sur le côté nord de l’île (Hoiyoak, ms). L’espèce n’a pas été trouvée dans les
autres parties de l’île, en dépit des recherches ; comme il s’agit d’un oiseau très visible, on doit admettre
qu’il est devenu très rare et la population de l’île peut être estimée à une ou deux douzaines de couples.
Il y a peu de spécimens en collection ; nous en connaissons à l’A.M.N.H. (un spécimen), à l’Acad.
Nat. Sci. de Philadelphie (deux spécimens), au Bernice P. Bishop Muséum (deux spécimens), au
B. M.(N.H.) (deux spécimens) et au Musée de Brême, R.F.A. (deux spécimens).
[Habitat et nourriture]. — Maintenant localisé aux forêts de l’intérieur de Rarotonga alors
qu’il habitait autrefois les régions littorales actuellement en culture. En juil. 1973, l’espèce a été vue
à 180-210 mètres d’altitude près d’un ruisseau, dans des bosquets d’Hibiscus tiliaceus et dans une forêt
avec des arbres d’essences diverses dont la hauteur ne dépassait pas 15 mètres ; le sol était recouvert
d’herbes et de fougères. D’autres individus ont été vus à 170 à 260 m dans une forêt basse composée
d 'Hibiscus et d’autres arbres chargés de plantes épiphytes.
Les oiseaux trouvent leur nourriture sur les feuilles et les branches situées à quelques cm au-
dessus du sol jusqu’à la mi-hauteur des arbres en évoluant dans la végétation comme une fauvette.
Les oiseaux se déplacent activement, se renversant parfois comme une mésange ( Parus sp.), inspectant
les feuilles en détail. Ils attrapent vraisemblablement des petits Diptères (les moustiques étant très
abondants), des petites chenilles et des petits Coléoptères. Un oiseau perché sur une branche, régur¬
gita une petite pelote de 5 mm de diamètre qui contenait surtout des pattes et des élytres de petits
Coléoptères et Hémiptères supposés.
[Voix]. — Appelle fréquemment quand il se déplace dans la végétation et lance des séries de
notes plutôt dures, semblables à celles de Rhipidura spilodera ou Mayrornis lessoni. L’appel le plus
courant est une série de notes lancées en cascades, de vitesse et de durée variables tri-tri-tri-tri. Ces
notes sont parfois douces, parfois basses et râpeuses. Lance aussi de courtes phrases sifflées et des
notes gazouillées, entrecoupées de notes râpeuses.
[Reproduction], — Le nid et l’œuf ne sont pas connus.
1. Mensurations de Pomarea dimidiata
aile queue
culmen
exposé
2 ad. (Jt? 83.5, 82 + 67, ? 14.3, 13 26.5, 25
1 imm. (J ? 79 64 12.8 26
(A.M.N.H.)
2 $9 80.5, 87 64.5, 65.5 13.2, 13 25. 25
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTAI.T?
167
Pomarea pomarea (Lesson), Monarque de Maupiti.
Muscicapa Pomarea Lesson, 1828, Voy. « Coquille », Atlas (1826), pl. 17, f. B. Iles de la Société. Ici restreint
à Maupiti. Type apparemment perdu depuis longtemps.
Syn. Muscicapa Maupitiensis Garnot, 1829, Voy. a Coquille », Zoologie, t. I (1826), p. 592. Tahiti et Maupiti.
Espèce connue grâce aux notes de Lesson et Garnot sur les oiseaux collectés au cours du voyage
de la « Coquille » et grâce à la peinture en couleur de la planche 17 qui accompagne l’Atlas (Garnot
in Duperrey, 1829 ; Lesson in Duperrey, 1828 ; Lesson, 1828). Le spécimen n’a pu être retrouvé. Les
oiseaux marqués (A) et (C) sur la planche semblent être des Pomarea nigra de Tahiti, mais l’oiseau (B)
est très différent et, selon Lesson, avait été rapporté de Maupiti par M. de Blosseville en 1823. Plus
tard, Lesson (1844) les a réidentifiés comme étant tous des Monarques de Tahiti, et il précisait que la
planche représentait le mâle, Tad. femelle et l’immature de cette espèce, mais les autres recherches
ornithologiques à Tahiti n’ont pas permis de trouver un monarque avec les ailes, la queue et le corps
blancs comme ceux de 1 oiseau (B). Cet oiseau (B) n’est vraisemblablement pas un immature, car tous les
jeunes Pomarea spp. qui sont connus sont entièrement bruns ou chamois avec peu ou pas de plumes
blanches (les quelques marques brunes sur les couvertures alaires de l’oiseau (B) doivent être les restes
du plumage juvénile). L oiseau (A) qui est tout noir a été déterminé comme mâle à la dissection (Gar¬
not in Duperrey, 1829) et l’oiseau (B) mentionné comme « vieux mâle » par Lesson (in Duperrey, 1828)
a dû être déterminé de la même façon par dissection, quoique Lesson semble avoir changé d’idée plus
tard (Lesson, 1844). L oiseau (B), par sa coloration surtout blanche, est bien différent de tous les autres
Pomarea. Comme la répartition régulière du blanc sur les rémiges et les rectrices de quelques monarques
marquisiens montre que la coloration du plumage est stable au sein des différentes espèces du genre,
il est peu probable que 1 oiseau (B) soit un P. nigra partiellement albinos. Il est donc préférable de
considérer le Monarque de Maupiti comme une espèce distincte. La répartition du blanc et noir chez
les différentes espèces du genre étant en relation étroite avec le climat et la végétation des îles (Holyoak
et Thibault, 1977b).
Lesson (1844) précise que « le nom de Pomaré est celui d’un roi de l’île d’O-Taïti, où cette espèce
est commune, de même que dans les autres îles de la Société ». Comme la « Coquille » a visité Tahiti,
Bora Bora et Maupiti (Garnot in Duperrey, 1829), il semble que des monarques habitaient ces trois îles.
En 1973, aucun monarque ne fut trouvé à Maupiti et la population locale n’avait pas souvenir
d’un tel oiseau et aucun nom vernaculaire n’était encore présent dans les mémoires (Thibault, 1974b).
Pomarea nigra (Sparrman), Monarque de Tahiti 1 .
Muscicapa nigra Sparrman, 1786, Mus. Carlsonianum, fasc. 1, pl. 23. Habitat in Insulis Societatis Oceani
Pacifici = Tahiti. Holotype au Mus. Roy. Hist. Nat., Stockholm (Murphy et Mathews, 1928).
Syn. Muscicapa lulea Gmelin, 1789, basé sur le « Luteous Flycatcher » de Latham, 1783, Gen. Syn. Bds., 2 (1),
p. 342, Otaheite. Le « Society Flycatcher » de Latham, 1787, Gen. Syn. Bds., Suppl. (1), p. 174, de Ota-
heite et des îles proches, basé sur Muscicapa nigra Sparrman. Muscicapa atra Forster, 1844, île Mamao,
Tahiti (sic) = Tahiti.
Omama’o, Mama’o (Tahiti, adultes et immatures), peut-être Omaha uri (Tahiti, adultes seule¬
ment).
[Répartition et statut]. — Connu seulement à Tahiti, mais cette espèce ou des formes
proches, ont pu habiter autrefois dans d’autres îles de la Société. Fisher et al. (1970) mentionnent que
cette espèce a été collectée à Maiao par Forster en 1773 ; cette information (reprise par Thibault et
Thibault, 1973) semble étonnante, car le Capitaine Cook ne s’est jamais arrêté dans cette île. Décou¬
verte au cours des Expéditions du Cpt. Cook, plusieurs spécimens furent obtenus et des peintures réa-
1. Mensurations de six mâleB, trois femelles et quatre spécimens non sexés. Aile : 88-97 (92) queue : 70-79.5
(74.5), culmen exposé : 16-17 (16.5), tarse : 26-29 (27) mm.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
lisées par J. R. Forster et W. Ellis. Peale (1848) nota que c’était une espèce très commune à Tahiti.
Mais Quayle collecta 20 spécimens environ après beaucoup de recherches en déc. 1920 et mai 1921
et il considérait que l’espèce était localisée à quelques régions en forêt de montagne. S. D. Ripley (comm.
pers.) vit trois individus sur un plateau de la Papenoo en 1937 et un ind. isolé fut noté au-dessus de
Paea en 1972 (Holyoak, 1974b). Une population de quelques dizaines de couples a été trouvée récem¬
ment (Thibault et Holyoak, 1974) sur les pentes du mont Marau au nord-ouest de l’île, mais des pros¬
pections entreprises dans des milieux similaires au nord de l’île (Aorai, Orohena) se sont révélées néga¬
tives. L’espèce serait à rechercher au sud-est de l’île. 11 est vraisemblable que la population totale
soit comprise entre 100 et 500 individus.
[Habitat et nourriture]. — S’il est probable que cette espèce fréquentait autrefois les régions
littorales, elle est localisée aujourd’hui aux forêts de montagne entre 750 et 1 500 m d’altitude. Sur
les pentes du Marau, les oiseaux sont cantonnés entre 750 et 950 m d’altitude. Ils fréquentent les forêts
d’altitude dans lesquelles Weinmannia sp., Melrocideros collina et fougères arborescentes ( Cxjalhea spp.)
sont les essences dominantes.
Les oiseaux se nourrissent probablement surtout d’insectes qu’ils attrapent en se déplaçant
dans la végétation mais très rarement directement en vol. Ils évoluent avec agilité dans le couvert
végétal, comme le ferait une fauvette. Ils se perchent rarement dans les hautes branches des arbres
[Comportement], — Oiseau plutôt farouche qui reste dans le couvert végétal et qui effectue
surtout des vols brefs mais très rapides d’arbre en arbre ou à travers la végétation.
Le territoire défendu par les adultes doit comprendre plusieurs hectares. Les adultes sont agres¬
sifs avec leurs congénères et ils poursuivent volontiers Zosterops lateralis qui est abondant dans ce type
de forêt. Il est intéressant de noter qu’aucun juvénile n’a été observé dans la zone du mont Marau
et il est possible qu’ils fréquentent d’autres milieux comme le font les jeunes Pomarea mendozae de Moho-
tani ( q. v.). Bien qu’assez farouches, les adultes suivent volontiers, mais discrètement, les personnes
qui traversent leurs territoires. Les adultes (après la repasse de leur propre chant) frappent souvent
avec leur bec contre une branche d’arbre.
[Voix]. — Le répertoire est varié. Le chant est assez court, sifflé et très fort, consistant en des
phrases brèves comme whau-whau-ti-whau, ti-ti-whau, whau-whau-tiau-ti-tchiwouit-tchiwouit ti-tiau
tiau-tiau-ti-tchiwouil-tchiwouit, etc. Le chant est répété par des individus de différents territoires l’un
après l’autre, sans régularité, plutôt le soir, peu de temps avant le lever du soleil et dans la matinée
Certaines sonorités rappellent celles d ' Acrocephalus caffer, mais le chant de P. nigra est plus bref et
sans note du type chrou. L’alarme est brusque, nerveuse et interrogative, luck-tuck-tuck-tuck ou un
fort tick-tick-tick-tick-tick-ti-liau-tiau.
[Reproduction]. — L’œuf et le nid n’ont pas été décrits. Un seul vieux nid a été trouvé dans
les branches les plus élevées d’un Melrocideros collina à 10-12 m du sol. Des adultes en activité sexuelle
ont été collectés en déc. 1920 et mai 1921 par l’Exp. Whitney.
Pomarea iphis Murphy et Mathews, Monarque pie 1 .
Pomarea iphis Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 6. Huahuna Island = Ua Huka Hnln
type à l’A.M.N.H.
Pati’oti’o (Ua Huka).
[Répartition et statut]. — Iles Marquises (fig. 22).
1. Mensurations de Pomarea iphis (/«de Murphy et Mathews, 1928)
P. i. iphis 90-96 72-81 16-17 27-28
9 <J<?, 6 Ç? (93) (77) (17) (27.5)
P. i. fluxa 79-86 69-77 14.5-16 26-27
7 cî<?, 5 $$ (82.5) (73) (15) (26.5)
Trois mâles adultes de Ua Huka pesaient 20.5, 23.0, 23.5 g et une femelle de la même localité 158.g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
P. i. iphis.
U a Huka : l’Expédition Whitney collecta de nombreux spécimens en 1922 et l’espèce semblait
fréquente. Fisher collecta six spécimens en 1929 et la trouva assez commune (Fisher et Wetmore,
1931). En 1975, la population était bien répandue et les effectifs estimés à plusieurs centaines de couples.
P. i. fluxa.
Pomarea iphis fluxa Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 7. Eiao. Holotype à l’A.M.N.H.
Eiao : l’Expédition Whitney collecta 48 spécimens en 1922 et trouva cette forme assez com¬
mune dans les petits bosquets d’arbres, mais absente sur le reste de l’île qui est dénudé ou recouvert
de buissons. Fisher ne la trouva pas lors d’une brève visite dans l’île en 1929. Nous ne l’avons pas
retrouvée non plus en 1975, lors d’une escale de deux heures qui ne nous permit de visiter que des
bosquets de la zone littorale. Il est possible que cette forme survive en petit nombre sur le plateau,
bien que le couvert végétal ait été très largement amputé par les animaux introduits qui empêchent
toute régénération.
[Habitat et régime alimentaire]. — A Ua Huka, l’espèce est présente dans toutes les régions
boisées, du niveau de la mer à 700 mètres d’altitude. On la trouve dans la cocoteraie et les forêts de
vallées, mais elle est moins fréquente au-dessus de 500 m. Les jeunes fréquentent volontiers les buis¬
sons xérophiles des régions sèches. A Eiao, les collecteurs de l’Exp. Whitney trouvèrent les oiseaux
dans les petits bosquets de Pisonia grandis, mais pas dans les buissons qui couvraient le plateau.
C’est un oiseau mobile et actif, mais il capture peu de proies en vol. Il se déplace souvent à
terre, sautillant pour rechercher sa nourriture à la manière d'Erithacus rubecula. Il escalade parfois
des troncs légèrement inclinés et fouille entre les palmes séchées de cocotiers, souvent avec la tète
en bas. Dans la végétation, c’est un oiseau agile qui effectue de nombreuses acrobaties et qui rappelle
les allures d’un Zosterops. Chasse parfois à l’affût. Le régime alimentaire est principalement insectivore.
Les estomacs de six individus collectés à Ua Huka avaient les contenus suivants : Coléoptères supposés
(adultes et larves), Diptères (larves), Hétéroptères supposés, Orthoptères supposés, Formicoïdes, arai¬
gnées, Crustacé d’eau douce (un), lézard (un).
[Voix]. — Elle est moins variée que celle des autres monarques des îles Marquises. Le son est
peu mélodieux, râpeux et assez aigu. Il n’y a pas de phrase développée, mais seulement des cris mono,
bi ou tri-syllabiques. Chuit-chuit—chuit-chuit-chuit, tchi-cri (répété trois fois), tick-lchui-tit (répété trois
ou quatre fois), variantes diverses sur ti-zi, des sons flûtés ti-ou-ti-ou, tu-i-u-tu-i-u. L’alarme est un
cri monosyllabique répété plusieurs fois de suite, zi-zi-zi-zi-zi... Le cri du jeune incitant l'adulte à le
nourrir est voisin de celui du jeune P. niendozae, ti-ti-ti-ti-ti..., rapide et aigu.
[Reproduction]. — Les nids sont établis dans des grands arbres d’essences très diverses, sou¬
vent dans le tiers supérieur, sur une petite fourche, entre 3 et 15 mètres du sol. Le nid a la forme d une
coupe peu profonde construite en fibres végétales diverses avec du coton et du crin de cheval. Un
spécimen collecté à Ua Huka par l’Exp. Whitney (A.M.N.H.) est une coupe de 4.5 cm de diamètre
et 4 cm de profondeur. Un autre, collecté aussi à Ua Huka (en 1975, B.M.(N.H.)), est une coupe de
7 cm de hauteur, 10 cm de diamètre extérieur, 3.5 cm de profondeur et 6 cm de diamètre interne.
Les jeunes restent un certain temps avec les adultes après l’envol du nid ; leur nombre doit être
d’un ou deux par nichée.
A Ua Huka, des oiseaux en activité sexuelle ont été collectés en juin, juil., oct. et nov. A Eiao,
l’Exp. Whitney collecta des adultes en activité sexuelle en sept, et oct. 1922.
Adultes et oiseaux en plumage immature muent souvent en nichant. La mue des plumes de
vol semble rapide, certains spécimens ayant trois ou quatre rémiges primaires collatérales muant simul¬
tanément. Des oiseaux muant du plumage ad. au plumage imm. sont souvent trouvés nicheurs.
Source : MNHN, Paris
170
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Pomarea mendozae (Hartlaub), Monarque marquisien *.
Monarcha Mendozae Hartlaub, 1854, Journ. f. Orn., p. 170. In insula Sanctae Christinae seu Weitaho = Tahuata.
Holotype perdu ; néotype de Tahuata à l’A.M.N.H.
Syn. Muscicapa atra Forster, 1844, Descr. Anim. ed. Licht., p. 172, pas id., ib. p. 170.
Kokohuia (Nuku Hiva), Pati’oti’o (Ua Pou, femelle et immature à Nuku Hiva), Koma’o
Atu’a (Hiva Oa, Tahuata).
[Répartition et statut] (fig. 22).
Hiva Oa : l’Exp. Whitney trouva l’espèce assez commune en 1921-1922 et collecta une grande
série de spécimens. Ni Fisher en 1929 (Fisher et Wetmore, 1931), ni King en 1958 ne virent cet oiseau.
En 1975, il fit l’objet d’une seule observation (une femelle notée sur les crêtes entre Puamau et Ootua).
Nul doute que cette population soit très rare. Tahuata : plusieurs collecteurs du xix® siècle obtinrent
des spécimens. En 1922, l’Exp. Whitney la trouva commune et collecta une grande série de spéci¬
mens. En 1975, l’espèce ne fut pas retrouvée en dépit de plusieurs semaines de recherches et l’on doit
admettre que cette population a disparu. Toutefois, comme à Nuku Hiva, les habitants se souviennent
bien de cette espèce et n’ont pas oublié son nom vernaculaire.
P. m. motanensis.
Pomarea mendozae motanensis Murphy et Mathews, 1928, Amer., Mus. Novit., n° 337, p. 4. Motane = Mnhn
tani. Holotype à l’A.M.N.H.
Mohotani : l’Exp. Whitney collecta de nombreux spécimens en 1922 ; cette forme est très fré¬
quente dans la zone arborée de l’île et en 1975, la population était estimée à 250-350 couples.
P. m. mira.
Pomarea mendozae mira Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 4. Huapou = Ua Pou Hnln
type à l’A.M.N.H.
Ua Pou : l’Exp. Whitney collecta de nombreux spécimens en 1921-1922. En 1929, Fisher ne
rencontra aucun oiseau, ce qui suggère qu’il avait déjà disparu des régions littorales. En 1971 et 1975
les oiseaux étaient présents au-dessus de 550 m d’altitude seulement et la population était estimée
à 150-200 couples.
1. Mensurations de Pomarea mendozae (selon Murphy et Mathews, 1929 et des données supplémentaires des auteurs)
aile
queue
culmen
tarse
P. m. mendozae
88-96
70-79
18-19
27-29
20 t?<J, 10 99
(92)
(75)
(18.5)
(28)
P. m. motanensis
94-103
74-80
18-20
27.5-29
20 sp.
(98.5)
(77.5)
(19)
(28.5)
102-110
77-84
18.5-20
30-32
17 cî<?, 9 99
(105)
(81)
(19)
(31)
P. m. nukuhivae
89-96
75-80
18-20
27.5-29
0 <?<?> o 99
(93)
(77)
(18.5)
(28)
Poids de trois adultes de Mohotani :
: 28, 31 et 34 g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
171
I
%
© = P. i. iphis.
population éteinte. ® = P. i. fluxa.
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
P. m. nukuhivae.
Pomarea mendozae nukuhivae Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 5. Nukuhiva Holotvne
à l’A.M.N.H.
Nuku Hiva : il existe dans les musées de nombreux spécimens de cette forme collectée au
xix e s'ècle. En 1922, l’Exp. Whitney la trouva peu répandu. En 1929, Fisher ne l’observa pas mais
des notes écrites dans les années 1930 (déposées à l’Évéché de Taiohae, Nuku Hiva) évoquent sa rareté.
En 1972 et 1975, au cours de recherches de plusieurs semaines, nous n’avons pas retrouvé cette
forme et l’on doit admettre qu’elle a disparu.
[Habitat ET nourriture]. — Habite des milieux très variés, forêt sèche à Pisonia grandis
(Mohotam), forêt des nuages (Ua Pou). 11 faut constater toutefois que l’espèce est en nette diminution
et que les oiseaux n’occupent plus comme autrefois les régions littorales des grandes îles de Nuku
Hiva, Ua Pou, Tahuata et Hiva Oa. Beck (ms) notait que les oiseaux étaient, dans cette dernière île
plus rares à haute altitude que dans les régions littorales. Les adultes occupent de préférence des habi¬
tats où la végétation est luxuriante et dense, alors que les immatures ont souvent tendance à fréquenter
aussi la végétation buissonnante des régions sèches.
Principalement insectivores, ils exploitent toutes les strates pour se nourrir : sur le sol, sur des
troncs d'arbres morts ou en remuant des feuilles mortes, dans les buissons et les grands arbres. Ils ne
chassent que rarement en vol et ne se mettent jamais à l’affût sur la cime d’un arbre, mais plutôt sur
une branche peu visible. Les oiseaux sont dans l’ensemble très actifs et se déplacent assez souvent
quand ils cherchent leur nourriture, mais leur activité se ralentit entre 11 et 15 h 00.
Les estomacs de cinq spécimens de Mohotani contenaient la nourriture suivante : débris végé¬
taux, partie de fleur (pédoncule), Coléoptères supposés (Rhyncogonidés entre autres), Hétéroptères
supposes, Lépidoptère supposé (un), Diptères supposés, Formicoïdes, Acarien (un), Araignée (une) os
de lézard.
[Comportement], Les adultes sont souvent agressifs envers les oiseaux des territoires voisins
et ils se poursuivent fréquemment. Les jeunes erratiques se déplacent souvent par deux ou trois. L’atti¬
tude d intimidation de P. m. motanensis consiste en un vol direct face à l’observateur, dévié au dernier
moment. Au cours de ce vol, l’oiseau bat rapidement des ailes, en étendant sa queue vers le bas pour
se renier et provoquant ainsi un bruissement bien caractéristique. Un comportement semblable n’a
jamais été observé chez P. m. mira. Quand il alarme en étant perché, l’oiseau (mâle ou femelle) relève
la queue, qui forme alors un angle de 90° avec le dos, agite les ailes nerveusement et rapidement et
maintient la tete relevée pour chanter, les plumes de la gorge étant dressées.
A Ua Pou et Mohotani, le territoire moyen d’un couple est d’un à plusieurs hectares, mais dans
une zone de Mohotani, nous avons trouvé deux couples par hectare. Le territoire est défendu avec
vigueur par le mâle, même en dehors de la période de reproduction.
[Voix], — Les collecteurs de l’Exp. Whitney décrivent un appel entendu à Hiva Oa comme
chi-oui-chi-om (Beck, ms et Quayle, ms). En 1975, nous avons pu constater que la voix de P. m. mota¬
nensis est assez variée, mais que les phrases sont courtes et rarement mélodieuses. L’alarme du mâle
consiste en une note chuintée émise plusieurs fois de suite chi-chi-chi ou si-si-si. En alarme, le mâle émet
aussi des cris ressemblant à ceux de P. nigra : ti-tihi-whou-tchi-whou, ti-tchivouit-tchivouit. L’alarme
e a femelle est forte et aiguë, ti-ti-lii. Il existe aussi de nombreuses manifestations vocales souvent
tn-syllabiques, suivies de ouin. Nous avons noté aussi seurti-sixe-oui-tou-ouit, ti-toué-toué-toué, kokolu.
La voix de P. m. mira est sensiblement différente de celle de P. m. motanensis : ouit-u-ut, tu-i-tit. Pour
appeler le jeune, le mâle de P. m. mira lance des petits cris brefs tuk-tuk-tuk ; près du jeune, il lance
des grognements rauques et brefs. Chez les deux formes, les juvéniles ont l’habitude, pour appeler les
adultes, de lancer une succession de cris monosyllabiques dont la durée est souvent supérieure à une
minute, ti-ti-ti-ti-ti-ti...
[Reproduction]. — Les nids sont établis dans des essences très diverses (Hibiscus tiliaceus
Pisonia grandis, Eugenia rariflora, Cordia subcordata, Ficus prolixa...) entre 4 et 20 mètres au-dessus
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
173
du sol, dans le tiers ou la moitié supérieure de l’arbre, mais pas à la cime, semble-t-il. Les oiseaux parais¬
sent fidèles à l’arbre dans lequel ils ont établi leur précédent nid et il est fréquent de noter deux trois
ou quatre nids dans un même arbre. 10 nids de Mohotani avaient les dimensions suivantes : diamètre
externe 12-14 cm, diamètre interne 5-6 cm, hauteur 11-15 cm, profondeur de la coupe 2.5-4.5 cm.
Le nid a une forme semi-sphérique, parfois plus ou moins étirée, mais le fond de la coupe est toujours
peu profond, ce qui semble le meilleur critère pour le différencier des nids d 'Acrocephalus. Il est cons¬
truit avec des matériaux très divers, aiguilles de Casuarina, brindilles d ’Eugenia, fruits de Cassia
écorces, feuilles séchées et laines. Nous n’avons jamais trouvé d’œuf mais des débris de coquille trouvés'
dans un nid étaient de couleur blanche.
La ponte est d’un à deux œufs (un nid trouvé avec un poussin, un autre avec deux poussins
nombreux couples accompagnés d’un ou deux juvéniles). L’émancipation doit avoir lieu assez tardi¬
vement, car beaucoup de couples de Mohotani étaient accompagnés de jeunes en mars, avril et août.
Des adultes nicheurs ou en activité sexuelle ont été notés en janv., mars, avril, août, sept.,
oct., nov., des poussins en avril et nov., une femelle avec un œuf dans l’oviducte en janv. et une autre
en nov. ; il semblerait donc que les oiseaux nichent toute l’année.
Des oiseaux en mue ont été notés au cours de chacun des mois de l’année.
Pomarea whitneyi Murphy et Mathews, Monarque de Fatu Iva 1 .
Pomarea whitneyi Murphy et Mathews, 1928, Amer. Mus. Novit., n° 337, p. 8. Ile Fatuhiva = Fatu Iva
Holotype àl’A.M.N.H.
Oma’o (Fatu Iva).
[Répartition et statut]. — Endémique à Fatu Iva, îles Marquises. L’Exp. Whitney collecta
environ 40 spécimens en découvrant l’espèce en 1923, puis Kelsall collecta 10 individus en fév. 1925
et Fisher en collecta six autres spécimens en 1929. En 1975, la population était bien représentée avec
quelques centaines de couples (deux autres spécimens au M.N.H.N.).
[Habitat et nourriture]. — Fréquente tous les habitats boisés du niveau de la mer à 750 m
d altitude environ. On le trouve dans les forêts de vallées, forêts de montagnes, pentes sèches avec
manguiers (Mangifera indica). Comme tous les Pomarea, il recherche un couvert arboré où le feuillage
est dense et luxuriant.
Pour se nourrir, il se déplace activement dans la végétation, sautillant de branche en branche,
faisant à l’occasion des acrobaties. Il doit chasser très rarement en vol et son allure rappelle généra¬
lement celle d’une fauvette. Les contenus stomacaux de deux individus étaient les suivants : Curcu-
lionidés supposés (Coléoptères), une araignée et des débris végétaux (graines).
[Comportement]. — Il est plus discret que les autres espèces de monarques des Marquises ;
il n’alarme pas systématiquement quand l’observateur traverse son territoire.
[Voix]. — Les oiseaux crient de façon irrégulière au cours de la journée. Les phrases sont courtes,
parfois mélodieuses, souvent rauques et plaintives. Beck (ms) et Quayle (ms) ont noté un certain
nombre de cris ; celui du mâle (le chant) était cri-ri-eu-riih, un autre est décrit comme « la plainte
d’un chat, lorsqu’on lui marche sur la queue et se termine par whiou ». Nous avons noté des notes
plutôt sifUées, ki-i—ou-ou—u, oui-i-i et de nombreuses variations comportant le son ouin et rappelant
le chant d ’Oriolus oriolus, ouin-vin-ouin-vin, ouin-mi-a-o. Le dernier cri est souvent émis par deux
oiseaux ensemble. L’alarme des adultes consiste en une succession de cris kik-kik-kik ; le jeune qui
réclame de la nourriture lance des cris chuintés chi-chi...
[Reproduction]. — Le nid et l’œuf n’ont jamais été décrits. En janv. et début fév. Kelsall
collecta des oiseaux en repos et en activité sexuels ; une femelle adulte collectée en avril était en repos
1. Mensurations de 20 spécimens des deux sexes (d’après Murphy et Mathews, 1928 et des mensurations supplé¬
mentaires des auteurs). Aile : 109-118 (114.5) ; queue : 97-105 (102) ; culmen exposé : 21-22 (21.5) ; tarse : 32-33 (32.5) mm.
Une femelle adulte pesait 37 g et une femelle immature 40 g.
Source : MNHN, Paris
174
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
sexuel. Parmi la grande série de spécimens collectés par l’Exp. Whitney en déc., il y avait des adultes
à différents stades d’activité sexuelle, dont des oiseaux nicheurs.
Les oiseaux en activité sexuelle collecté par Kelsall ne muaient pas, mais un mâle et deux
femelles muant du plumage immature au plumage adulte étaient en activité sexuelle (Exp. Whitney).
Des oiseaux en mue ont été notés en janv., fév. avril et déc.
Famille des ZOSTEROPIDAE
Genre Zosterops
Zosterops lateralis (Latham), Zosterops à poitrine grise l .
Vini (Tahiti, comme pour les autres passereaux introduits).
[Répartition et statut]. — Dans les îles de la Société. Z. I. lateralis a été introduit à Tahiti
vers 1937 (Guild, 1938) et s’est rendu dans d’autres Iles (apparemment sans assistance humaine).
L’espèce est connue dans les îles suivantes : Tahiti : des oiseaux prélevés en Nouvelle-Zélande sont
lâchés à Tahiti vers 1937 par E. Guild ; l’espèce, signalée vers 1960 (King, 1958 et Jouanin, 1962),
est maintenant très bien répandue et abondante. Moorea : noté pour la première fois en 1971 ; très
abondant. Huahine : noté pour la première fois en 1972 par R. Dôrnbach ( in litt.). Raiatea : noté pour
la première fois en 1972 (Holyoak, 1974 b) ; bien répandu. Tahaa : noté pour la première fois en 1973
(Thibault, 1974b) ; bien répandu. Bora Bora : noté pour la première fois en 1971 (Thibault, 1974b) ;
présent sur quelques îlots, mais peu commun sur l’île principale (Holyoak, 1974b). Maupili : noté
pour la première fois en 1973, mais dans une seule station à Paumea (Thibault, 1974b).
Il pourrait aussi avoir colonisé Mehetia, mais cette île n’a pas été visitée par un ornithologue
depuis de nombreuses années. Plusieurs oiseaux ont été lâchés à Tetiaroa en 1973, mais ne furent pas
retrouvés par la suite (Thibault, 1976).
[Habitat et nourriture]. — A Tahiti, l’espèce occupe aussi tous les habitats boisés, jardins
plantations, forêts de vallées et de montagnes jusqu’au sommet de l’île (Mont Orohena 2 241 m).
A Moorea, il occupe la même variété d’habitats ; à Bora Bora, il vit dans les cocoteraies et les régions
recouvertes de buissons, sur l’île et les îlots ; à Raiatea, en 1973, il n’avait pas encore été observé en
forêt montagnarde.
Le régime alimentaire comprend des petits fruits, des morceaux de gros fruits, des petites graines
du nectar, probablement du pollen de fleur, des insectes [Homoptères, petites chenilles (Lépidoptères)
et Neuroptères entre autres].
[Reproduction]. — De vieux nids ont été trouvés dans des orangers (Moorea, niveau de la
mer) et des Metrocideros collina (Tahiti, 800 m d’altitude).
La mue des oiseaux de Nouvelle-Zélande a lieu surtout de janv. à mars (Mees, 1969). 30 spéci¬
mens sur 37 examinés à Moorea les 18 et 19 fév. 1973, étaient en mue et 20 muaient des rémiges. Sur
23 spécimens examinés à Tahiti les 13-15 août 1974, un seul était en mue (des plumes de la tête seule¬
ment). La mue des plumes de vol est rapide, avec plusieurs rémiges muant et poussant simultanément.
Les observations faites dans les îles de la Société suggèrent que les oiseaux muent en synchronie
et que la période correspond à celle des oiseaux de Nouvelle-Zélande. Comme la nidification est stric¬
tement saisonnière en Nouvelle-Zélande, on peut se demander s’il n’en est pas de même chez les popu¬
lations introduites aux îles de la Société : principalement en novembre et décembre.
1. 23 oiseaux capturés au mont Marau à Tahiti avaient une longueur d'ailes de 59-64 (61.1) mm dont 22 une
longueur de tarse de 17-18.5 1 17.71 mm. 35 oiseaux capturés dans le bassin d’Oponohu à Moorea en îév. 1973 (la plupart
en mue) pesaient 10.9 (± 0.681 g ; trois oiseaux du mont Marau capturés en août 1974 pesaient 10.5, 11.5 et 11.5 g.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
175
Famille des MELIPHAGIDAE (?)
« Turdus » ulientensis, « Bay Thrush » de Latham.
Turdus ulielensis Gmelin, 1789, Syst. Nat., 1, p. 815. Basé sur le « Bay Thrush » de Latham, 1783, Gen. Syn.
Bds., 2 (1), p. 35, d’Ulietea (spécimen dans la collection de Sir Joseph Banks, perdu depuis longtemps).
Syn. Turdus badius Forster, 1844, Descript. Animal, ed. Licht, p. 239. Oriadea insula. (et non Turdus badius
Latham, 1801, Ind. Orn. Suppl., p. 41, qui est basé sur le « Port Jackson Thrush » of White’s Voyage).
Eboonae-Nou-Nou selon Gray (1859), mais l’origine de ce nom vernaculaire n’est pas connue
(voir liallus pacificus).
La seconde Expédition du Cpt. Cook collecta « une sorte de merle » à Raiatea en 1774. Une pein¬
ture exécutée par Georg Forster (Lysaght, 1959) est libellée « Turdus badius. Raiatea. June Ist. 1774. »
par l’artiste lui-même, semble-t-il. Reinhold Forster (1844) estimait que son fils avait correctement
représenté l’oiseau et il en fit, apparemment d’après un spécimen, une description en latin. Il existe
une peinture de Merula ulielensis dans le Cal. Bds. Brit. Mus. 5, pl. XVI, faite probablement d’après
des descriptions publiées. Elle ne donne qu’une mauvaise représentation de l’oiseau peint par Georg
Forster. Greenway (1967) donne une traduction libre et abrégée.
Le (ou les) spécimen(s) ont disparu depuis longtemps. La peinture de Georg Forster est conser¬
vée à la Bibliothèque de zoologie du B.M.(N.H.) ; une mauvaise reproduction a été publiée par Seebohn
(1881). Ni Garrett, ni les autres collecteurs du xix e siècle ne retrouvèrent cette espèce à Raiatea et
l’on doit admettre qu’elle a disparu depuis longtemps.
Sharpe (1890 et 1906b) a identifié cet oiseau comme Aplonis mavornata Buller, mais Wiglesworth
(1891b), puis Stresemann (1949) ont montré les différences qui existaient entre A. mavornata et l’oiseau
de Forster. Lysaght (1959) a souligné d’autres différences, comme la forme des plumes du cou qui sont
petites et lancéolées chez l’unique spécimen d’A. mavornata, alors qu’elles sont en forme d’éventail
avec des barres transversales ondulées chez l’oiseau peint par Forster ; finalement, Lysaght identifie
l’espèce comme Aplonis ulielensis.
La position systématique de cet oiseau restera toujours incertaine. Pourtant, les tarses écaillés
et la langue bifide ne rappellent pas un Turdinae ; le bec denté et la coloration diffèrent du bec et de
la coloration de tous les grands Acrocephalus et le long bec denté est également différent de celui de
Pomarea spp. En considérant la distribution générale des genres d’oiseaux terrestres de Mélanésie et
de Polynésie, on serait surpris que cet oiseau ne soit pas un représentant d’un des groupes suivants :
Pachycephalinae (Pachycephala) , Turdidae (Turdus), Muscicapidae ( Pomarea, Chasiempis, Clytorhyn-
chus), Sylviinae (Acrocephalus), Meliphagidae (Moho, Chaetoptila, Foulehaio, Gymnomyza), Sturnidae
(Aplonis).
L’identification la plus appropriée serait de considérer cet oiseau comme un Meliphagidae.
Deux genres de cette famille atteignent les îles Hawaii et ils sont bien répandus en Mélanésie. Parmi
les Meliphagidae de cette région, il existe des formes avec un long bec, les plumes du cou en forme
d’éventail, six à huit écailles au bec, l’extrémité de la langue ciliée, un iris de couleur claire et une
queue arrondie avec douze rectrices. Toutefois, il nous semble impossible d’attribuer un nom géné¬
rique h « T. ulielensis ».
Source : MNHN, Paris
176
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Famille des EMBERIZIDAE
Sous-famille des Emberizinae
Genre Diuca.
Diuca diuca (Molina), Pinson diuca.
[Répartition et statut]. — Introduit à l’île de Pâques en 1928, l’espèce se maintenait bien
en 1968 (Johnson et al., 1970). La sous-espèce introduite est soit la forme nominale, soit D. d. crassi-
rostris Hellmayr.
Sous-famille des Thraupinae.
Genre Ramphocelus.
Ramphocelus dimidiatus Lafresnaye, Tangara cramoisi.
Vini (Tahiti, comme pour les autres passereaux introduits).
[Répartition et statut]. — Introduite à Tahiti vers les années 1930 ; en 1974, l’espèce était
établie en petit nombre dans les districts de Punaauia, Paea et Taravao. On ignore de quelle sous-espèce
il s’agit. Holyoak et Thibault (1975) ont montré que les mentions de Cardinalis cardinalis à Tahiti
(cf. Bruner, 1972) se rapportaient à R. dimidiatus.
[Habitat et nourriture]. — A Tahiti, elle est localisée aux jardins et aux plantations du
littoral où les oiseaux se nourrissent plus spécialement de fruits, de bananes entre autres.
Famille des ICTERIDAE
Genre Sturnella, syn. Leistes.
Sturnella militaris (L.), Grand Étourneau militaire.
[Répartition et statut]. — Introduite à l’île de Pâques en 1885, l’espèce n’y a pas été revue
depuis 1942 ; il est vraisemblable qu’il s’agissait de la forme nominale et que cette population est
aujourd’hui éteinte.
Famille des ESTRILDIDAE
Genre Estrilda.
Estrilda astrild (L.), Astrild à bec de corail 1 .
Vini (Tahiti, comme pour les autres petits passereaux introduits).
1. Mensurations d'EsIrilda astrild de Tahiti
aile
queue
culmen exposé
tarse
s ss
47.7 (± 1.4)
51.3 (± 1,6)
8.2 (± 0.5)
14.5 (± 0.5)
8 99
47.8 (± 0.8)
47.9 (± 0.6)
8.3 (± 0.3)
14.3 (± 0.4)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
177
[Répartition et statut]. — Introduit à Tahiti en 1908 et 1919 (Holyoak, 1974b). Il est main¬
tenant commun dans les régions côtières de l’île, mais plus rare à l’intérieur. Il était absent de Moorea
en 1921 (Holyoak, 1974b), mais il est devenu très commun dans les régions côtières.
[Habitat et nourriture]. — A Tahiti et Moorea, il habite les espaces découverts et herbeux,
les jardins, la végétation basse des plantations, les buissons, les lisières de cocoteraies dans les régions
littorales, et il vit aussi sur les collines jusqu’à 750 mètres d’altitude.
A Tahiti, l’espèce a été en partie remplacée dans les vallées de l’intérieur par A. temporalis,
où elle est en moins grand nombre que sur la côte.
Elle se nourrit presque exclusivement des petites graines de plantes herbacées. A Tahiti, elle
mange des graines de gazon, de joncs (Juncus sp.) et les graines de mauvaises herbes (dicotylédones).
Genre Aegintha.
Aegintha temporalis (Latham), Astrild australien.
syn. Eslrilda temporalis
Vini (Tahiti, comme pour les autres passereaux introduits).
[Répartition et statut]. — A. t. temporalis, qui est largement répandu, a été introduit dans
les îles de la Société et aux Marquises. Tahiti : signalé pour la première fois en 1899 (Townsend et Wet-
more, 1919) ; un spécimen collecté en 1902 est déposé au B.P. Bishop Muséum (Honolulu) ; l’Expédi¬
tion Whitney trouva qu’il était localement commun en 1920-1921 (Quayle, ms) et collecta 28 spéci¬
mens 1 . Il est actuellement très commun. Moorea : trois spécimens ont été collectés par l’Expédition
Whitney en 1921 ; il est aujourd hui très courant et largement répandu. Mohotani : signalé pour la
première fois en août 1975 ou plusieurs couples nichaient dans un bosquet de Casuarina sp. Nuku
Hiva : absent en 1920 ; paraît présent en 1958 (signalé comme Taeniopugia castanotis par King, 1958) ;
vu en grand nombre en 1971 et 1975. Ua Huka : absent en 1920 ; fréquent en 1971-1975 près de Hane.
Ua Pou : absent en 1920. Présent en petit nombre en 1971-1975. Hiva Oa : introduit en 1936 à Atuona
(archives de l’évêché). T. castanotis, signalé par J. E. King en 1958, était de toute évidence A. tempo¬
ralis dont la population était bien représentée en 1971-1975. Tahuata : absent en 1920 ; vu en 1975.
[Habitat et nourriture]. — Dans les îles Société et Marquises, elle occupe surtout les pelouses,
les buissons et les arbustes, avec une préférence pour les bosquets de Casuarina. On la trouve parfois
à la lisière des forêts. Signalé jusqu’à 800 m d’altitude sur le plateau de Toovii à Nuku Hiva et à 700 m
dans les collines recouvertes de fougères à Tahiti. Aux îles Marquises, c’est une espèce largement
répandue près des côtes, mais à Tahiti, elle est plus commune dans les vallées de l’intérieur que près
des côtes où elle est vraisemblablement remplacée par Estrilda astrild.
Se nourrit principalement de petites graines tirées des pelouses et autres plantes herbacées
(Holyoak, 1974b) et il est probable qu’elle mange également des insectes comme elle le fait en Aus¬
tralie (Immelmann, 1965).
[Reproduction], — On dispose de peu de renseignements sur les modalités de la reproduc¬
tion des populations introduites en Polynésie. Un nid contenant des œufs a été trouvé en août 1975
dans un Casuarina à Mohotani. Ce nid était construit avec les aiguilles de l’arbre et présentait une
entrée en tunnel.
1. Mensurations d'Aegintha temporalis de Tahiti
aile
queue
culmen exposé
tarse
» êê
53.8 (± 1.8)
46.5 (± 0.9)
9.6 (± 0.4)
14.4 (± 0.4)
8 99
52.5 (± 0.9)
46.4 (± 1.1)
9.4 (± 0.3)
14.4 (± 0.4)
12
Source : MNHN, Paris
178
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Genre Lonchura.
Lonchura castaneothorax (Gould), Munie à gorge brune.
Vini (Tahiti, comme pour les autres passereaux introduits).
[Répartition et statut]. — En Polynésie la forme nominale 1 est connue dans les îles sui¬
vantes : Tahiti : introduit à la fin du xix e siècle (Townsend et Wetmorc, 1919), il est actuellement
largement répandu. Moorea : établi vers 1921 (Holyoak, 1974b) ; bien répandu de nos jours. Tetiaroa :
quelques ind. introduits en 1973, mais n’a pas été retrouvé par la suite (Thibault, 1974b). Maiao :
trouvé en petit nombre en 1973 (moins de deux cents oiseaux au total, Thibault, 1974b). Huahine :
présent en 1972 (Holyoak, 1974b). Raiatea : trouvé en 1972 (Holyoak, 1974b). Tahaa : trouvé en 1973
(Thibault, 1974b). Bora Bora : collecté pour la première fois en 1899 (Townsend et Wetmore, 1919) ;
nombreux en 1971 et 1972. Maupiti : trouvé en petit nombre en 1973 (Thibault, 1974b). Mopelia :
trouvé en petit nombre près du village en 1973 (Thibault, 1974b). Makatea : quelques douzaines de
couples notés en 1972 dans le village. Nuku Hiva : absent en 1920 ; noté pour la première fois en 1971
(Thibault, 1973b). Ua Huka : noté pour la première fois en 1971 (Thibault, 1973b) ; Ua Pou : absent
en 1920; noté pour la première fois en 1971 (Thibault, 1973). Hiva Oa : apparemment introduit en
1936 (archives de l’évêché) ; noté pour la première fois en 1958 (King, 1958). Tahuata : absent en 1920 ;
noté pour la première fois en 1975. Mohotani : trois oiseaux furent observés en avril 1975, mais ne furent
pas retrouvés au cours des autres visites. Fatu Iva : noté en 1975 ; la population locale pensait que
les oiseaux avaient été introduits 15 ou 20 ans auparavant.
[Habitat et nourriture]. — Son habitat en Polynésie est probablement plus étendu qu’en
Australie, car il est bien répandu sur les pentes des collines recouvertes de fougères, les prairies, les
jardins et les terres cultivées, les friches, les lisières de forêts et les plantations de cocotiers. On le
trouve depuis le niveau de la mer jusqu’à 700 m d’altitude à Tahiti et 800 m à Nuku Hiva, mais il est
bien plus commun dans les basses terres et spécialement dans la partie des îles exposées aux vents
humides. Il se nourrit en se posant sur les tiges des roseaux et de diverses plantes herbacées et en piquant
les graines sur les fleurs. Il tire avec son bec pour s’en rapprocher, puis les saisit avec ses pattes pendant
qu’il cueille les graines. Se pose rarement à terre en Australie (Immelmann, 1965), mais fréquemment
sur des gazons à Tahiti. A Raiatea, il a été vu en train de se nourrir de graines de Casuarina jusqu’à
15 m au-dessus du sol (Holyoak, 1974b).
Famille des PASSERIDAE
Genre Passer.
Passer domesticus (L.), Moineau domestique.
[Répartition et statut]. — La forme nominale fut introduite à l’île de Pâques en 1928 et
l’on constate, vers 1968, que l’île en était envahie, et l’on put observer des centaines, parfois des milliers
d’oiseaux qui sortaient des excavations des rochers en bordure de mer où ils nichent et passent la
nuit (Johnson et al., 1970).
1. Mensurations de lonchura castaneothorax de Tahiti et Moorea
aile
queue
culmen exposé
tarse
54.9 (± 1.7)
35.2 (± 1.1)
10.7 (± 0.3)
15.6 (± 0.3)
8 ??
55.4 (± 2.0)
33.9 (± 1.3)
10.7 (± 0.2)
15.0 (± 0.3)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
179
Famille des STURNIDAE
Genre Aplonis.
Aplonis mavornata Buller, « Étourneau mystérieux ».
Aplonis mavornata Buller, 1887, Birds New Zealand, ed. 2, (1888), 1, p. 25. Pas de localité ; peut-être une des
îles de la Société. Type au B.M.(N.H.).
Aplonis inornala Sharpe, 1890, Cat. Bds. Brit. Mus., 13, p. 135 (correction d 'Aplonis mavornata Buller) ; et
non Calornis inornata Salvadori, 1880.
[Répartition et statut]. — Il n’existe qu’un seul et vieux spécimen conservé au B.M.(N.H.).
Sharpe (1890, 1906b) a essayé de démontrer qu’il fut collecté au cours de l’une des Expéditions du
Capitaine Cook, mais il n’existe aucune preuve, bien que ce spécimen ait été sans aucun doute incor¬
poré au début du xix e siècle dans les collections du British Muséum. Sharpe estimait que le spécimen
correspondait à la description et à la peinture de Turdus ulietensis de Raiatea, mais Wiglesworth
(1891b, p. 45), Stresemann (1949) et Lysaght (1959) ont montré qu’il existait des différences de struc¬
ture et de coloration (voir T. ulietensis). L’indication qu’A. mavornata a été collecté à Raiatea est ainsi
invalidée (cf. Amadon, 1962). Son origine restera probablement toujours incertaine, mais s’il a été
collecté au cours de l’une des Expéditions du Capitaine Cook, il est plus vraisemblable qu’il provienne
d’une des îles de la Société, plutôt que d’une autre région du Pacifique.
Le spécimen diffère de toutes les espèces connues d ’Aplonis et il est possible qu’il représente
une espèce valide, éteinte de nos jours. Il est tout aussi possible qu’il soit un individu mélanique d’une
sous-espèce d 'A. tabuensis dont il diffère surtout par sa coloration plus sombre, spécialement dessous.
Aplonis cinerascens Hartlaub et Finsch, Étourneau de Raratonga *.
Aplonis cinerascens Hartlaub et Finsch, 1871, Proc. Zool. Soc., Lond., p. 29. Rarotonga. Type non localisé,
loi (Rarotonga), peut-être Omao (Rarotonga).
[Répartition et statut]. — Endémique à Rarotonga (îles Cook). Décrit par Hartlaub et
Finsch (1871) d’après cinq spécimens collectés par Andrew Garrett, une année ou deux auparavant.
Travers, Gudgeon et d’autres collecteurs obtinrent des spécimens à la fin du xix e siècle et Seale col¬
lecta une série de neuf spécimens en 1903 (déposée maintenant au B. P. Bishop Muséum, Honolulu).
Wilson (1907) nota qu’il était encore assez abondant en 1904. En 1973, il était encore assez fréquent
dans la région boisée de l’intérieur de Rarotonga, mais rare ou absent des régions littorales ; la popu¬
lation était estimée à 1 000-3 000 individus.
1. Mensurations d 'Aplonis cinerascens
bec
(au crâne)
7 dd
122-127
70-77
27-29.5
30-33
(125)
(74)
(28)
(31.5)
5 $?
118-125
69-74
27-29.5
30-33
(122)
(72)
(28)
(31)
Source : MNHN, Paris
180
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
[Habitat et nourriture]. — En 1973, il habitait les forêts des collines et des crêtes depuis
150-200 m d’altitude jusqu’aux parties les plus élevées de l’île, vers 600 m. Il fut noté dans toutes les
vallées principales de l’île et sur la plupart des crêtes élevées. Mais aucun oiseau ne fut observé dans
les régions littorales, qui sont aujourd’hui presque totalement cultivées ; toutefois, M. D. Clarke déclara
qu’il vit deux individus dans un jardin (à 12 m d’altitude) en juil. 1973.
Les quelques informations que l’on possède montrent que son régime alimentaire est assez
varié. Un individu piquait dans la corolle des fleurs rouges d’un petit arbre qui poussait sur une crête
à 550 m d’altitude ; un couple perché à la cime d’un arbre mangeait des fruits rouges de 5-7 mm de
diamètre, puis l’un d’eux prit apparemment des insectes sur des feuilles et des branches.
[Comportement]. — Presque toujours observé isolé ou par couples, moins souvent par trois ;
des groupes plus importants n’ont été notés qu’une ou deux fois. En général, les oiseaux sont peu
visibles • ils restent dans la voûte des arbres et de temps en temps, ils effectuent des vols rapides juste
au-dessus de la cime.
[Voix]. — Wilson (1907) mentionne que l’espèce a un chant très doux, mais en 1973, nous
n’avons entendu que quelques doux sifflements. L’appel le plus fréquent consiste en une série de siffle¬
ments stridents, de longueur, d’intensité et d’intonation très variables, mais avec une qualité souvent
râpeuse, skwii-skwii-sktvii, skwaè-skwaè-skwaè, ouae-oui-ouae-oui. Dans la plupart des cas, les oiseaux
émettaient ces appels quand ils étaient dérangés par l’observateur. Chante rarement en vol.
[Reproduction]. — Un nid en construction fut noté dans une cavité d’un vieil arbre à six mètres
du sol vers 250 m d’altitude. Le fond était garni de feuilles mortes et de fibres végétales sèches. Une
des autres cavités de l’arbre, située à quatre mètres du sol, contenait un nid similaire. Un couple d’adultes
sifflait quand l’observateur s’approcha. On ne possède pas d’autres informations.
Genre Acridolheres.
Acridotheres tristis (L.), Martin triste.
Manu Kavamani, Manu Covamani (lies Cook du sud, littéralement oiseau du gouvernement).
Komako Farani (Hiva Oa, littéralement fauvette des français), Merle des Moluques (Société).
[Répartition et statut]. — En Polynésie, la forme A. t. tristoides (Hodgson) 1 est présente
dans les îles suivantes : Aitutaki : pas vue par Townsend en 1899 : en 1973, l’espèce était bien répandue,
introduite depuis de nombreuses années d’après la population locale. Manuae : en 1973, l’espèce était
assez commune sur les îlots Manuae et Auotu. Atiu : bien répandue en 1973. Mauke : abondante près
des habitations et dans les plantations en 1973. Jiarotonga : introduite entre 1905 et 1920 ; en 1922,
Correia (ms) nota qu’elle était abondante et qu’elle provenait de Tahiti ; en 1973, c’était l’espèce la
plus commune dans les régions littorales. Mangaia : en 1973, elle était très commune ; son introduc¬
tion remonterait à 1952-1954, d’après la population locale. Palmyre : 12 individus furent lâchés dans
les années 1940 ; un individu fut observé en 1953 (Richardson, 1953). Rurutu : noté en petit nombre
par l’Expédition Whitney en 1921 (Quayle, ms). Tubuai : en 1921, I’Exp. Whitney trouva l’espèce
assez commune près des habitations (Beck, ms) et collecta trois spécimens ; en 1974, elle était abon¬
dante dans les régions littorales et les prairies de l’intérieur. Bellingshausen : introduite depuis plu-
sieurs années (M. Hervé, comm. pers.). Scilly : pas notée par l’Exp. Whitney, mais trouvée en nombre
1. Mensurations d'Acridotheres tristis de Tahiti et Moorea
aile
queue
culmen exposé
141.1 (± 2.03)
86.0 (± 2.26)
19.1 (± 1.02)
37.1 (± 1.24)
8 $9
134.9 (± 2.41)
84.1 (± 1.80)
36.6 (± 0.98)
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
181
limité près des habitations en 1973 (Thibault, 1974b). Mopelia : pas notée par l’Exp. Whitney ; trouvée
en nombre restreint près des habitations en 1973 sur l’îlot principal (Thibault, 1974b). Raialeaet Tahaa :
absente du temps de l’Exp. Whitney ; très commune en 1972-1973. Huahine : absente du temps de
l’Exp. Whitney ; notée très couramment en 1972-1973. Moorea : l’espèce a envahi l’île au début du
siècle à la suite, soit d’une introduction, soit d’une colonisation depuis Tahiti. Tahiti : introduite entre
1908 et 1915 ; l’Exp. Whitney trouva l’espèce déjà bien répandue ; en 1971-1975, elle était présente
dans toutes les régions littorales et de moyenne altitude. Hao : introduite vers 1971 et présente en petit
nombre (Y. Briens, comm. pers). Mururoa : introduite vers 1971 et présente en petit nombre (Y. Briens,
comm. pers.). Nuku Hiva : quelques individus ont été lâchés en 1971 mais ils furent détruits peu de
temps après (M. Bergeron, comm. pers.). Hiva Oa : 16 oiseaux furent introduits vers 1918 et Beck
estima la population à un millier d’oiseaux en 1921 ; l’espèce est actuellement très abondante dans
les régions littorales et en petit nombre en altitude.
Les oiseaux colonisent rapidement une île, mais un bras de mer de quelques kilomètres suffit
à empêcher toute progression. Ainsi, les oiseaux ont envahi toute l’île de Hiva Oa, mais n’ont pas
atteint Tahuata, distante seulement de trois kilomètres.
[Habitat et nourriture]. — En Polynésie, habite près des habitations, dans les cocoteraies,
les plantations et les lisières de forêts secondaires. Fréquente de préférence des habitats ouverts ; moins
souvent noté en forêt dense et dépasse rarement 500 à 700 mètres d’altitude.
L’espèce avait été introduite pour combattre les insectes, mais le résultat a été tout autre,
car les oiseaux se nourrissent très largement de fruits et ont par ailleurs contribué à la diminution de
l’avifaune locale. En Polynésie, leur régime alimentaire est composé de fruits charnus, de légumes,
de coprah, d’insectes capturés dans la végétation ou sur le sol (larves principalement ; Lépidoptères,
Hyménoptères), d’ordures ménagères, de parasites piqués sur le dos du bétail. Attrape aussi à l'occa¬
sion des insectes en vol.
[Comportement]. — Oiseau frondeur qui chasse volontiers d’autres espèces. Par leur carac¬
tère agressif, les oiseaux ont largement contribué à la diminution, peut-être à l’extinction de certains
oiseaux locaux, principalement ceux nichant dans des cavités d’arbres (comme Vini spp., H alcyon spp.).
Il est possible aussi qu’en pillant les nids, ils soient responsables de la diminution d’ Aerodramus spp.,
dans la Société et à Hiva Oa.
[Reproduction]. — Niche sous les toits d’habitations, dans des creux d’arbres ou de mur.
Le nid est une accumulation de matériaux divers, végétaux, papiers ou autres débris. En Polynésie,
l’espèce pond de trois à cinq œufs, mais les autres détails sur sa reproduction sont pratiquement incon¬
nus ; il semble que les oiseaux nichent toute l’année.
Source : MNHN, Paris
182
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
ANNEXE
Note sur les oiseaux introduits par E. Guild et C. Nordhoff.
E. Guild (Guild, 1938 ; Anon., 1938 et 1943) et C. Nordhoff (1940 et 1943) ont introduit plusieurs
milliers d’oiseaux exotiques à Tahiti entre 1930 et le début des années 40. Monsieur et Madame Guild
estiment avoir lâché « 10 000 oiseaux de 50 à 55 sortes différentes ». Ils donnent une liste des espèces
qu’ils ont vu se reproduire et élever des jeunes. Comme le nom anglais qu’ils donnent aux différentes
espèces est peu précis, nous n’avons pas toujours pu identifier le statut spécifique des oiseaux avec
sûreté. Nous donnons entre parenthèses le nom scientifique qui semble correspondre au nom anglais :
Cygne noir ( Cygnus atratus (Latham), Canard colvert (Anas platyrhynchos L.), Colin de Californie
(Callipepla californien (Shaw)), Faisan de Colchide ( Phasianus colchicus L.), Faisan doré ( Chrysolophus
pictus (L.)), Rouge-gorge bleu du Mexique (Sialia mexicana Swainson), « Black Tanager » (Thraupinae),
« Mrs. Wilson’s Tanager» (Thraupinae), « Euphonia Tanager » (Euphonia sp. ?), « Maroon Tanager »
(Ramphocelus sp.), « African Waxbill » ( Estrilda sp. ?), Bengali à joues oranges ( Estrilda mdpoda (Vieil¬
lot)), Astrild à bec de corail ( Estrilda astrild (L.)), Astrild à ventre orange ( Amandava subflava (Vieil¬
lot)), Bengali rouge (Amandava amandava (L.)), « Fire Finch » (Lagonosticta sp. ?), Cordon bleu (Urae-
ginthus bengalus (L.)), Munie pie (Lonchura fringilloides (Lafresnaye)), Diamant de Gould (Chloebia
gouldiae (Gould)), Diamant à double barre (Poephila bichenovii (Vigors et Horsfield)), Diamant zébré
(Poephila gutlata (Shaw)), Diamant masqué (Poephila personata Gould) et Diamant à longue queue
(Poephila acuticauda (Gould)) ».
Espèces qu’ils mentionnent comme venant se nourrir après leur lâcher, mais ne se reprodui¬
sant pas : « Rossignol du Japon ( Leiothrix lutea (Scopoli)), Zosterops à poitrine grise (Zosterops late-
ralis (Latham)), Guit-guit Saï (Cyanerpes cyaneus (L.)), Diamant à queue rousse (Neochmia ruficauda
(Gould)), Diamant de Kittlitz (Erythrura Irichroa (Kittlitz)) et Emblème-moineau (Emblema gutlata
(Shaw)) ».
Les introductions de C. Nordhoff furent réalisées à une échelle beaucoup plus modeste que celles
de Monsieur et Madame Guild. Comme eux, il lâcha le Colin de Californie, des faisans et plusieurs
Estrildidae. 11 signale aussi deux espèces non mentionnées par les Guild : l’Aïx mandarin (Aix gale-
riculata (L.)) et l’Aïx carolin (Aix sponsa (L.)).
La plupart de ces oiseaux sont morts. Les espèces qui ont survécu sont mentionnées dans la
partie systématique. Parmi d’autres tentatives d’introductions d’oiseaux exotiques, signalons : la Caille
(Coturnix coturnix (L.)) à Tahiti, le Paon (Pavo cristatus L.) à Raiatea et le Faisan de Colchide à Pit¬
cairn.
Alors que ce travail était sous presse, des informations pour les espèces suivantes nous sont
parvenues :
Puffnus pacificus. — Nidification confirmée à Bora Bora en 1979. Une vingtaine de pontes — peu incubées —
trouvée fin décembre (R. Onno, in litt.).
Anas poecilorhyncha. — Maximum noté en juillet 1982 : 110 individus dans l’anse Pliaëton à Tahiti (R. Onno,
in litt.).
Circus approximans. — Un nid contenant une ponte de deux œufs est trouvé le 21 oct. 1982 près du Mont
Marau (Tahiti) (R. Onno, in litt.).
Procelsterna cerulea. — Une sous-espèce est décrite pour la population des îles Gambicr P. c. murphyi Mougin
et de Naurois, Ois. Rev. fr. Orn. 51, 1981, 201-204).
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
183
Geopelia striata. — Présente à Bora Bora : quatre ou cinq individus notés entre 1977 et 1980. Tahiti : une ponte
de deux œufs trouvée un 30 août dans un Casuarina (R. Onno, in lift.).
PtUinopus purpuratus. — Une ponte de un œuf trouvée dans un manguier à Tahiti le 25 oct. 1981 (R. Onno
in litt.).
Hirundo tahitica. — Pontes complètes trouvées à Tahiti en septembre 1981 (trois œufs), octobre 1981 (deux
œufs) et octobre 1982 (deux de deux œufs) (R. Onno, in litt.).
Acrocephalus caffer. — Moorea : entendu en 1981 au pied du Mont Tohivea. Tahiti : une ponte de trois œufs
trouvée le 13 juil. 1982 et une famille avec trois jeunes le 10 oct. 1981 (R. Onno, in litt.).
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Hubert Coppenrath, in litt.), il est vraisemblable que des oiseaux furent lâchés quelque temps aupa¬
ravant. En 1982, ce bulbul était bien distribué à Papeete et dans la banlieue (Faaa, Mission, Paofaï,
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OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
197
LISTE DES NOMS D’ÎLES
Cette liste donne les noms de toutes les îles de Polynésie mentionnées dans le texte (en lettre capitales)
et quelques noms synonymes rencontrés communément dans la littérature (en petits caractères). Dans plusieurs
ouvrages, Douglas (1969), Jourdain (1970) et Naval Intelligence Division (1943), on trouve des listes complètes
de noms synonymes des îles de Polynésie. Symboles : = indique le nom synonyme d’une île et = indique les
petites îles, considérées, par convention, comme faisant partie de plus grandes.
Ahe, 62.
Ahii = Ahe, 62.
Ahuni = Ahunui.
Ahunui, 113.
Aitutaki, 18.
Aki-Aki, 114.
Amanu, 110.
Anaa, 79.
Anu-Anuharo, 102.
Anu-Anurunga, 103.
Apataki, 65.
Apatika = Apataki.
Aratika, 69.
Arutua, 64.
Atiu, 21.
Auotu = Manuae.
Aurora = Makatea.
Bass (îlots de) = Marotiri.
Bellingshausen, 26.
Bola Bola = Bora Bora.
Bora Bora, 31.
Bow = Hao.
Caroline (atoll), 9.
Chanal = Hatutu.
Christmas, 4.
Corail (île de) = Motu one.
Cotar = Motu One.
Danger (île) = Pukapuka.
Désappointement (îles du) = Napuka et Tepoto.
Dominique (la) = Hiva Oa.
Ducie, 139.
Easter (Island) = Pâques (île de).
Eiao, 46.
Eiau = Eiao.
Eimeo = Moorea.
Elisabeth (île) = Henderson (Ile).
Faaite, 77.
Faite = Faaite.
Fakahina = Fangahina.
Fakaina = Fangahina.
Fakarava, 73.
Fangahina, 99.
Fangatau, 98.
Fangataufa, 126.
Fanning, 3.
Fatuhiva = Fatu Iva.
Fatuhuku = Fatu Huku.
Fatu Huku, 53.
Fatu Iva, 57.
Fatuuku = Fatu Huku.
Fenua Iti = Takutea.
Fenua Ura = Scilly.
Fenua Ure = Scilly.
Flint, 10.
Gambier (île), 134.
Hao, 109.
Haraiki, 91.
Hatutaa = Hatutu.
Hatutu, 47.
Henderson, 138.
Hereheretue, 101.
Hergest (rocher) = Motu Iti (îles Marquises).
Hervey (îles) = Manuae (ou toutes les îles Cook méri¬
dionales).
Hikueru, 95.
Hiti, 82.
Hiva Oa, 54.
Hivaoa = Hiva Oa.
Huaheine = Huahine.
Huahine, 33.
Huahuna = Ua Huka.
Hull (île )= Maria (îles Australes).
Hunahuka = Ua Huka.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYAOK ET J.-C. THIBAULT
198
Jarvis, 5.
Katiu, 80.
Kauehi, 74.
Kaukura, 66.
Kurateke = Vanavana.
Madeleine = Fatu Iva.
Magdalena = Fatu Iva.
Mahetia = Mehetia.
Maiao, 34.
Maitea = Mehetia.
Makaroa = îles Gambier.
Makatea, 61.
Makemo, 85.
Malden, 6.
Mangaia, 25.
Mangareva = îles Gambier.
Manihi, 63.
Manihiki, 13.
Manuae, 19.
Manuae = Scilly.
Manuhangi, 111.
Manui = îles Gambier.
Maria (îles Australes), 39.
Maria (Tuamotu), 131.
Marokau, 105.
Marotiri, 45.
Marutea du nord, 92.
Marutea du sud, 132.
Matahiva, 58.
Mataiva = Matahiva.
Matuhiva = Fatu Iva.
Maturei-Vavao, 130.
Mauiki = Mauke.
Maure, 23.
Maupihaa = Mopelia.
Maupiti, 29.
Meetia = Mehetia.
Mehetia, 38.
Mitiaro, 22.
Mitiero = Mitiaro.
Moerenhout = Maria (Tuamotu).
Mohotane = Mohotani.
Mohotani, 56.
Moorea, 35.
Mopelia, 28.
Mopihaa = Mopelia.
Mopiti = Maupiti.
Morane, 133.
Motane = Mohotani.
Motu Iti (îles Marquises), 49.
Motu Iti = Tupai.
Motu Ko = Pukapuka ( les Cook).
Motu Kotawa s Pukapuka (îles Cook).
Motu Nui = île de Pâques.
Motu One (îles Marquises), 48.
Motu One = Bellingshausen.
Motu Teiku = îles Gambier.
Motu Tunga = Motutunga.
Motutunga, 84.
Murotiri = Marotiri.
Mururoa, 125.
Napuka, 90.
Nassau, 15.
Nengo Nengo, 108.
Niau, 67.
Nihiru, 93.
Nukufavake = Nukutavake.
Nuku Hiva, 50.
Nukutavake, 118.
Nukutipipi, 104.
Oeno, 136.
Ootakootaia = Takutea.
Oparo = Rapa.
Osnaburg = Mururoa.
Otaha = Raiatea.
Otaheite = Tahiti.
Otahiti = Tahiti.
Otaiti = Tahiti.
Palmerston, 17.
Palmyra, 1.
Papakena = Tureia.
Pâques (îles de), 140.
Paraoa, 112.
Pascua (Isla de) = Pâques (île de).
Penrhyn, 11.
Pentecost = Makatea.
Pinaki, 119.
Pitcairn, 137.
Pukapuka (îles Cook), 14.
Puka-Puka (Tuamotu), 100.
PuKARUA, 120.
Raevavae, 43.
Raiatea, 32.
Rairoa = Raroia.
Raivavae = Raevavae.
Rakahanga, 12.
Rangiroa, 60.
Rangoia = Rangiroa.
Rapa, 44.
Rapa iti = Rapa.
Rapa Nui = Pâques (île de).
Raraka, 75.
Raroia, 87.
Rarotonga, 24.
Ravahere, 106.
Reao, 121.
Reitoru, 94.
Reka Reka, 97.
Source : MNHN, Paris
OISEAUX DE POLYNÉSIE ORIENTALE
Rimatara, 40.
Rimitara = Rimatara.
Rurutu, 41.
Sable (îlot de) = Motu One.
Sala-y-Gomez, 141.
Sands (île) = Maria (Australes).
Santa Christina = Tahuata.
Scilly, 27.
Starbuck, 7.
Suvarov = Suwarrow.
Suvorov = Suwarrow.
Suwarrow, 16.
Taenga, 86.
Tahaa = Raiatea.
Tahanea, 78.
Tahiti, 36.
Tahuata, 55.
Taiaro, 76.
Takapoto, 70.
Takaroa, 71.
Takorea = Takume.
Takume, 88.
Takutea, 20.
Tapuai Manu = Maiao.
Tatakoto, 116.
Tauere, 107.
Te-Au-o-Tu = Manuae.
Tekokoto, 96.
Tematangi, 122.
Tenararo, 127.
Tenarunga, 129.
Tepoto (île du Désappointement), 89.
Tepoto (Tuamotu), 83.
Tetiaroa, 37.
1 Palmyre.
2 Washington.
3 Fanning.
4 Christmas.
5 Jarvis.
6 Malden.
7 Starbuck.
8 Vostok.
9 Caroline.
10 Flint.
11 Penrhyn.
12 Rakahanga.
13 Manihiki.
14 Pukapuka (îles Cook).
15 Nassau.
16 Suwarrow.
17 Palmerston.
18 Aitutaki.
19 Manuae.
Tetopoto = Tepoto (Tuamotu).
Tikahau = Tikehau.
Tikehau, 59.
Tikei, 72.
Timoe, 135.
Toau, 68.
Tongareva = Penrhyn.
Tuanaka = Tuanake.
Tuanake, 81.
Tubuai, 42.
Tubuai-Manu = Maiao.
Tupai, 30.
Tupnoi = Tupai.
Tupuai = Tubuai.
Tupuaimanu = Maiao.
Tureia, 124.
Ua Huka, 51.
Uahuka = Ua Huka.
Ua Pou, 52.
Uapou = Ua Pou.
Ulietana = Raiatea.
Ulietea = Raiatea.
Vahanga, 128.
Vahitahi, 115.
Vairaatea, 117.
Vanavana, 123.
Vavitao = Raevavae.
Vavitu = Raevavae.
Vostok, 8.
Washington, 2.
Wateeoo = Atiu.
York (île) = Moorea.
20 Takutea.
21 Atiu.
22 Mitiaro.
23 Mauke.
24 Rarotonga.
25 Mangaia.
26 Bellingshausen.
27 Scilly.
28 Mopelia.
29 Maupiti.
30 Tupai.
31 Bora Bora.
32 Raiatea.
33 Huahine.
34 Maiao.
35 Moorea.
36 Tahiti.
37 Tetiaroa.
38 Mehetia.
200
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
39 Maria (îles Australes).
40 Rimatara.
41 Rurutu.
42 Tubuai.
43 Raevavae.
44 Rapa.
45 Marotiri.
46 Eiao.
47 Hatutu.
48 Motu One (îles Marquises).
49 Motu Iti (îles Marquises).
50 Nuku Hiva.
51 Ua Huka.
52 Ua Pou.
53 Fatu Huku.
54 Hiva Oa.
55 Tahuata.
56 Mohotani.
57 Fatu Iva.
58 Matahiva.
59 Tikehau.
60 Rangiroa.
61 Makatea.
62 Ahe.
63 Manihi.
64 Arutua.
65 Apataki.
66 Kaukura.
67 Niau.
68 Toau.
69 Aratika.
70 Takapoto.
71 Takaroa.
72 Tikei.
73 Fakarava.
74 Kauehi.
75 Raraka.
76 Taiaro.
77 Faaite.
78 Tahanea.
79 Anaa.
80 Katiu.
81 Tuanake.
82 Hiti.
83 Tepoto (îles Tuamotu).
84 Motutunga.
85 Makemo.
86 Taenga.
87 Raroia.
88 Takume.
89 Tepoto (îles du Désappointement).
90 Napuka.
91 Haraiki.
92 Marutea du nord.
93 Nihiru.
94 Reitoru.
56 Hikueru.
97 Tekokoto.
99 Reka Reka.
98 Fangatau.
99 Fangahina.
100 Puka-Puka (îles Tuamotu).
101 Hereheretue.
102 Anu-Anuraro.
103 Anu-Anurunga.
104 Nukutipipi.
105 Marokau.
106 Ravahere.
107 Tauere.
108 Nengo Nengo.
109 Hao.
110 Amanu.
111 Manuhangi.
112 Paraoa.
113 Ahunui.
114 Aki-Aki.
115 Vahitahi.
116 Tatakoto.
117 Vairaatea.
118 Nukutavake.
119 Pinaki.
120 Pukarua.
121 Reao.
122 Tematangi.
123 Vanavana.
124 Tureia.
125 Mururoa.
126 Fangataufa.
127 Tenararo.
128 Vahanga.
129 Tenarunga.
130 Maturei-Vavao.
131 Maria (îles Tuamotu).
132 Marutea du sud.
133 Morane.
134 Gambier (îles).
135 Timoe.
136 Oeno.
137 Pitcairn.
138 Hendcrson.
139 Ducie.
140 Pâques (îles de).
141 Sala-y-Gomez.
INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES D’OISEAUX
201
INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES D’OISEAUX
Accipitridae, 61.
Acridotheres tristis, 137, 141, 142, 143, 147, 155, 180.
Acrocephalus aequinoctialis, 149, 150.
Acrocephalus arundicaceus, 149, 156.
Acrocephalus cafter, 62, 146, 149, 150, 153, 154, 158,
165, 168, 183.
Acrocephalus familiaris, 150.
Acrocephalus kerearako, 149, 150.
Acrocephalus luscinia, 165.
Acrocephalus mendanae, 155.
Acrocephalus pistor, 150.
Acrocephalus turdoides, 152.
Acrocephalus vaughani, 149, 150, 161.
acuminala (Calidris), 79.
acuta (Atuts), 58, 60.
acuticauda (Poephila), 182.
Aechmorhynchus cancellatus, 74.
Aegintlui temporalis, 177.
aequinoctialis (Acrocephalus, Sylvia), 149, 150.
Aerodrarnus leucophaeus, 133, 134, 148.
Aerodramus ocistus, 134, 135.
Aerodrarnus sawtelli, 134.
aeruginosus (Circus), 61.
Aeslrelata olivieri, 16.
aethereus (Phaethon), 39.
affinis (Aylhya), 61.
agassizi (Conopoderas), 158.
Aix galericulata, 182.
Aix s pansa, 182.
alla (Calidris), 78.
alba (Gygis), 51, 62, 96, 98.
alba (Procellaria, Plerodroma), 15, 16, 17, 19.
alba (Ttyto), 132.
albicollis (Phlogoenas), 102, 103.
albifrons (Anser), 56.
albigularis (Nesofregetla, Procellaria), 26, 34, 35, 36.
albivitta (Procelsterna), 89, 90.
Alcedinidac, 137.
Alcedo tuta, 137.
Alcedo venerata, 142.
Amandaoa amandava, 182.
amandava (Amandava), 182.
Amandava subflava, 182.
americana (Anas), 56.
americanus (Anous), 95.
Amphitrite (Fregetta), 36.
anaethetus (Sterna), 83.
Anas acuta, 58, 60.
Anas americana, 56.
Anas carolinensis, 57.
Anas clypeala, 61.
Anas couesi, 57.
Anas crecca, 57.
Anas penelope, 56.
Anas platyrhynchos, 56, 57, 182.
Anas poecilorhyncha, 56, 58, 62, 182.
Anas slrepera, 56, 57.
Anatidae, 56.
Anous cinereus, 90.
Anous frater, 92.
Anous parvulus, 89.
Anous stolidus, 50, 55, 88, 92, 95, 98.
Anous tenuiroslris, 92, 95, 98.
Anous tephrodes, 89.
Anser albifrons, 56.
Anser canagicus, 56.
Anser caerulescens, 56.
Aplonis, 175.
Aplonis cinerascens, 179.
Aplonis inornata, 179.
Aplonis mavornata, 175, 179.
Aplonis tabuensis, 179.
Aplonis ulietensis, 175.
Apodidae, 133.
approximans (Circus), 61, 63, 96, 110, 126, 127, 148,
182.
aquaticus (Raüus), 64.
aquilonis (Acrocephalus, Conopoderas), 155.
Ardea jugularis, 54.
Ardea patruelis, 52.
Ardea sacra, 54.
Ardeidae, 52.
Arenaria interpres, 78.
ariel (Fregata), 50, 51.
arminjoniana (Plerodroma ), 14, 17, 18, 19, 20, 21,
22, 23.
arundinaceus (Acrocephalus), 149, 156.
assimilis (Pujjinus), 25, 31.
astrild (Eslrilda), 176, 177, 182.
ater (Nesophylax), 68.
atiu (llalcyon), 140.
atlanticus (Anous), 95.
atra (Muscicapa), 167, 170.
alra (Porzana), 65, 68.
Source : MNHN, Paris
202
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
atratus (Cygnus), 182.
alricilla (Larus), 80.
atypha (Conopoderas), 158.
atyphus (Acrocephalus), 149, 150, 158, 160.
aurorae (Carpophaga, Ducula), 62, 119, 120, 121.
australis (Sterna), 89.
Aythya affinis, 61.
Aythya marüa, 61.
badius (Turdus), 175.
baroli (Puffinus), 32.
Bebrornis, 150.
bengalus (Uraeginthus), 182.
bergii (Sterna, Thalasseus), 55, 86.
bernicla (Branla), 56.
bichenovii (Poephila), 182.
Branla bernicla, 56.
Branla canadensis, 56.
brevipes (Heteroscelus), 73.
Bubo virginianus, 116, 117, 133, 147.
Bulweria bulwerii, 26.
bulwerii (Bulweria), 26.
Bulorides striatus, 52.
byronensis (Columba), 119.
carulea (Procelsterna), 90.
caerulescens (Anser), 56.
cafer (Pycnonotus), 183.
caffer (Acrocephalus), 62, 149, 150, 153, 154, 158,
168, 183.
caffra (Conopoderas, Sitla), 153, 154.
cahuaensis (Sterna), 85.
Cairina moschata, 56.
Calidris acuminala, 79.
Calidris alba, 78.
Calidris melanotos, 79.
californica (Callipepla), 104, 182.
Calli pépia californica, 104, 182.
Calliptilus stepheni, 124.
Calornis inornata, 179.
canadensis (Branla), 56.
canagicus (Anser), 56.
cancellatus (Aechmorhynchus), 74.
candida ( Gy gis, Sterna), 96, 99.
capense (Daption), 14.
Cardinalis cardinalis, 176.
cardinalis (Cardinalis), 176.
carneipes (Puffinus), 27.
carolinensis (Anas), 57.
Carpophaga aurorae, 120.
Carpophaga wilkesii, 120.
castaneothorax (Lonchura), 178.
caslanotis (Taeniopugia), 177.
Castro (Oceanodroma), 38, 39.
Catharacta, 79.
cerulea (Procelsterna, Sterna), 89, 182.
cervicalis (Pterodroma), 23.
Chaetoptila, 175.
chalcurus (Ptilinopus), 105, 111.
Charadriidae, 69.
Charadrius fulvus, 69.
Charadrius glaucopus, 69.
Charadrius semipalmalus, 72.
Charadrius laitensis, 69.
Chasiempsis, 175.
Chaulelasmus couesi, 57.
chimango (Milvago), 62.
Chloebia gouldiae, 182.
chlororhynchus (Puffinus), 27.
chn/sogasler (Ptilinopus), 105, 108, 110.
Chrysolophus pictus, 182.
cinerascens (Aplanis), 179.
cinerea (Stolidus), 89.
cinereus (A nous), 90.
Circus aeruginosus, 61.
Circus approximans, 61, 63, 96, 98, 110, 126, 127,
148, 182.
clypeata (A nas), 61.
Clytorhynchus, 175.
coccinea (Vini), 123.
colchicus (Phasianus), 63, 182.
CoUocalia ocista, 135.
Collocalia sawtelli, 134.
CoUocalia thespesia 133.
Collocalia vanikorensis, 133.
Columba byronensis, 119.
Columba Du Petithouarsii, 117.
Columba eimeensis, 102.
Columba erythroptera, 100.
Columba kurukuru, 110, 117.
Columba leucophrys, 102.
Columba livia, 90, 99.
Columba oopa, 110.
Columba pacifica, 119.
Columba purpurata, 108.
Columba B. Forsteri, 120.
Columba rubescens, 104.
Columbidae, 99.
Conopoderas atypha, 158, 159.
Conopoderas caffra, 155.
Conopoderas percenis, 155.
Conopoderas vaughani, 163.
consobrina (Conopoderas), 155.
consobrinus (Acrocephalus), 155.
Conurus phaeton, 129.
cookii (Pterodroma), 24, 25.
Cookilaria, 25.
coralensis (Ptilinopus), 103, 105, 112, 146.
Coriphilus cyanescens, 126.
Coriphilus cyaneus, 126.
Coriphilus dryas, 128.
Coriphilus goupilii, 128.
Coriphilus sapphirinus, 126.
Coturnix colurnix, 182.
Source : MNHN, Paris
INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES D’OISEAUX
203
coturnix (Coturnix), 182.
couesi (A nas, Chaulelasmus), 57.
crassirostris (Diuca), 176.
crealopus (Puffinus), 27.
crecca (AnasJ, 57.
crislala (Slerna), 86.
crislatus (Pavo), 182.
Crocethia, 78.
crypta (Conopoderas), 158.
Cuculidae, 130.
Cuculus fasciatus, 130.
Cuculus perlatus, 130.
Cuculus tahiticus, 130.
Cuculus taitensis, 130.
cuneatus (Puffinus), 27.
cuneicauda (Eudynamis), 130.
Cyanerpes cyaneus, 182.
cyanescens (Coriphilus), 126.
cyaneus (Coriphilus), 126.
cyaneus (Cyanerpes), 182.
cynaeus (Psiltacus), 126.
Cyanoramphus forsteri, 129.
Cyanoramphus magnirostris, 129.
Cyanoramphus ulietanus, 130.
Cyanoramphus zealandicus, 129.
Cygnus atratus, 182.
Dacelo nullitorques, 142.
daclylalra (Sula), 44.
Dafila modesta, 60.
Daption capense, 14.
decorata (Gygis), 81.
delawarensis (Larus), 80.
delicalula (Strix), 132.
Demigretta, 54.
diamesus (Anous), 95.
dichrous (Puffinus), 32, 33.
dido (Acrocephalus, Conopoderas), 155, 157.
dimidiata (Pomarea), 166.
dimidialus (Monarches), 166.
dimidiatus (Ramphocelus), 176.
Diomedea epomophora, 13.
Diomedea exulans, 12.
Diomedea melanophris, 13.
Diomedeidae, 12.
Diuca diuca, 176.
diuca (Diuca), 176.
divinus (Todiramphus), 142.
domeslicus (Passer), 178.
dominica (Pluvialis), 69, 70, 72, 73, 74, 141.
dorothae (Phaethon), 42.
dougalli (Slerna), 81.
dryas (Coriphilus), 128.
Ducula galeata, 120, 121.
Ducula pacifica, 62, 107, 119.
Du Petithouarsii (Columba), 117.
dupetithouarsii (Ptilinopus), 21, 105, 110, 116, 117.
dupetit-thouarsii (Ptilinopus), 117.
dupetitthouarsii (Ptilinopus), 117.
ecaudata (Rallus), 64.
Egretta sacra, 54, 55.
eimeensis (Columba), 102.
ellisi (Prosobonia), 77.
Emberizidae, 176.
Emberizinae, 176.
Emhlema guttata, 182.
emiliae (Ptilinopus), 117.
epomophora (Diomedea), 13.
eremus (Acrocephalus), 149, 159.
erema (Conopoderas), 159.
Ereunites, 78.
Erithacus rubecula, 169.
Erolia, 78.
erythronotus (Psittacus), 129.
erythroptera (Columba, Gallicolumba), 99, 100, 102.
Erythrura trichroa, 182.
Estrilda astrild, 176, 177, 182.
Estrilda melpoda, 182.
Estrilda temporalis, 177.
Estrildidae, 176.
Eudynamis cuneicauda, 130.
Eudynamis, 130.
Eudynamys, 130.
Euphonia, 182.
externa (Pterodroma), 23, 24.
exulans (Diomedea), 12.
Falco peregrinus, 22.
Falconidae, 62.
familiaris (Acrocephalus), 150.
fasciatus (Cuculus), 130.
fatuhivae (Acrocephalus, Conopoderas), 156.
femoralis (Numenius), 72.
fia vida (Conopoderas), 159.
flavidus (Acrocephalus), 149, 159.
flavipes (Tringa), 73.
fluxa (Pomarea), 169.
forsteri, R. (Columba), 120.
forsteri (Cyanoramphus), 129.
Foulehaio, 175.
frater (Anous), 92.
frater (Ptilinopus), 105, 108, 110.
Frégala ariel, 50, 51.
Fregata minor, 47, 49, 50, 51, 73.
Fregata strumosa, 49.
Fregatidae, 47.
Fregetta Amphitrite, 36.
Fregetta grallaria, 34, 35, 57.
Fregetta lineata, 36.
Fregetta moestissima, 36.
Fregetta tropica, 36.
fringilloides (Lonchura), 182.
fulicarius (Phalaropus), 78.
Source : MNHN, Paris
204
D. T. HOI.YOAK ET J.-C. THIBAULT
fuliginosa (Procellaria), 36, 37.
fulva (Pluvialis), 69.
fulvus (Charadrius), 69.
furcatus (Ptilinopus), 110.
fuscata (Sterna), 51, 82, 83, 85.
fuscatus (Psitlacus), 130.
fuscus (Tatare), 154.
galeata (Ducula), 120.
galeatus (Serresius), 120, 121.
galericulata (Aix), 182.
Gallicolumba erylhroptera, 99, 100.
Gallicolumba rubescens, 104.
Gallicolumba stairii, 102.
Gallirallus, 64.
Gallus gallus, 63.
gallus (Gallus), 63.
Gallus tahiticus, 63.
Gallus tahitiensis, 63.
gambieranus (Lanius), 150, 165.
gambieri (Halcyon), 145, 146, 160.
garretii (Acrocephalus), 154.
Geopelia striata, 100, 183.
gertrudae (Halcyon, Todiramphus), 145.
giganteus (Macronectes), 13, 14.
glaucopus (Charadrius), 69.
godeffroyi (Halcyon), 146.
goodwini (Ptilinopus), 105, 107.
gouldiae (Chloebia), 182.
goupilii (Coriphilus), 128.
grallaria (Fregetta), 34, 35, 37.
grantii (Sula), 44.
griseus (Pufpnus), 28.
guttata (Emblema), 182.
guttata (Phoephila), 182.
Gygis alba, 51, 62, 96.
Gy gis decorata, 81.
Gygis microrhyncha, 96.
Gymnomyza, 175.
Halcyon gambieri, 145, 146, 160.
Halcyon godeffroyi, 146.
Halcyon mangaia, 141.
Halcyon ruficollaris, 141.
Halcyon tuta, 137, 138, 142, 143, 144, 146.
Halcyon venerata, 138, 141, 142, 143, 146.
halli (Macronectes), 13, 14.
hendersoni (Vini), 124.
heraldica (Pterodroma), 20.
Heteroscelus brevipes, 73.
Heteroscelus incanus, 70, 72, 73, 141.
Hirundinidae, 148.
hirundo (Sterna), 81.
Hirundo tahitica, 134, 148, 183.
Hirundo taitensis, 148.
Hirundo pyrrholaena, 148.
huttoni (Ptilinopus), 105, 115.
Hydrobatidae, 34.
hypoleuca (Pterodroma), 24.
Hypotaenidia, 64.
Icteridae, 176.
idae (Acrocephalus, Conopoderas), 155.
impavida (Diomedea), 13.
inexpeclata (Pterodroma), 23.
incanus (Heteroscelus), 70, 72, 73, 141.
incana (Scolopax, Tringa), 73.
inornata (Aplanis), 179.
inornata (Calornis), 179.
insularis (Ptilinopus), 105, 114.
inlerpres (Arenaria), 78.
iphis (Pomarea), 168, 169.
juana (Pterodroma), 18.
jugularis (Ardea), 54.
Kempi (Sterna), 81.
kurukuru (Columba), 110, 117.
Kurukuru nebouxii, 110.
Kurukuru (Mercierii), 116.
kuhlii (Psitlacus, Vini), 123.
kerearako (Acrocephalus), 149, 150, 161.
kaoko (Acrocephalus), 161.
Lagonoslicta, 182.
Laniidae, 165.
Lanius gambieranus, 150, 165.
lapponica (Limosa), 72.
Laridae, 80.
Larus atricitta, 80.
Larus delawarensis, 80.
Larus novaehollandiae, 80.
Larus occidentalis, 80.
Larus pipixcan, 81.
Larus schislasagus, 80.
lateralis (Zosterops), 166, 174.
Leiothrix lutea, 182.
Leisles, 176.
lepturus (Phaethon), 40, 42.
lessoni (Mayrornis), 166.
lessoni (Psittacula), 128.
lessonii (Pterodroma), 14.
leucogasler (Sula), 46.
leucopes ( Gygis), 96, 98.
leucophaeus (Aerodramus, Macropteryx), 133, 134
148.
leucophrys (Columba), 102.
leucoptera (Prosobonia, Tringa), 77.
leucoptera (Pterodroma), 25.
leucorhoa (Oceanodroma), 34, 38, 39.
lherminieri (Puffmus), 26, 31, 32, 33, 37.
Limosa lapponica, 72.
lineata (Fregetta, Thalassodroma), 36.
livia (Columba), 90, 99.
Source : MNHN, Paris
INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES D’OISEAUX
lobatus (Phalaropus), 78.
Lobipes, 78.
Lonchura castaneothorax, 178.
Lonchura fringilloides, 182.
longicaudus (Stercorarius), 80.
longirostris (Acrocephalus, Tatare, Turdus), 154,159.
Lorius vini, 126.
luscinia (Acrocephalus), 165.
lunata (Sterna), 82, 83.
lutea (Leiothrix), 182.
lutea (Muscicapa), 167.
maccormicki (Stercorarius), 80.
Macronecles giganteus, 13, 14.
Macronectes halli, 13, 14.
macroplera (Pterodroma), 14.
Macropteryx leucophaeus, 133.
magnirostris (Cyanoramphus ), 129.
mangaia (Halcyon), 141.
marcusi (Anous), 95.
marila (Aythya), 61.
marina (Pelagodroma), 34.
malhewsi (Sterna), 81.
mauke (Halcyon), 138.
Maupiliensis (Muscicapa), 167.
mavornata (Aplonis), 175, 179.
Mayrornis lessoni, 166.
Megalopterus plumbeus, 89.
melanogenys (Anous), 95.
melanoleuca (Tringa), 73.
melanophris (Diomedea), 13.
melanops (Anous), 95.
rnelanorhynchos (Phaethon, Phaëton), 39.
melanotos (Calidris), 79.
Meliphagidae, 175.
melpoda (Estrilda), 182.
mendanae (Acrocephalus), 155.
mendozae (Monarcha, Pomarea), 168, 169, 170.
mercierii (Kurukuru, Plilinopus), 105, 106.
Merula ulietensis, 175.
mexicana (Sialia), 182.
microrhyncha (Gygis), 96, 99.
militaris (Sturnella), 176.
Milvago chimango, 62.
minor (Fregala), 47, 49, 50, 73.
minutas (Anous), 95.
mira (Pomarea), 170, 172.
modesta (Dapla), 60.
modularis (Prunella), 150.
moeslissima (Fregetla), 36.
Moho, 175.
Monarcha Mendozae, 170.
Monarches dimidiatus, 166.
moscliata (Cairina), 56.
motanensis (Pomarea), 170, 172.
murphyi (Procelsterna), 182.
murrayi (Porzana), 68.
205
musae (Acrocephalus, Oriolus), 154.
Muscicapa atra, 167, 170.
Muscicapa lutea, 167.
Muscicapa Maupitiensis, 167.
Muscicapa nigra, 167.
Muscicapa Pomarea, 167.
Muscicapidae, 149.
Muscicapinae, 166.
myrtae (Pufpnus), 31.
natioitatis (Nectris, Pufpnus), 27, 29.
nebouxii [Kurukuru), 110.
neglecta (Pterodroma), 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 25.
Neochmia ruficauda, 182.
nesiarcha (Conopoderas), 158.
Nesillas, 150.
Nesofregetta albigularis, 26, 34, 35, 36.
Nesophylax a ter, 68.
niauensis (Acrocephalus, Conopoderas), 146, 159.
nicolli (Sula), 43.
nigra (Muscicapa, Pomarea), 167, 172.
nigra (Rallus), 65.
nigripennis (Pterodroma), 24.
Nothoprocta perdicaria, 12.
novaehollandiae (Larus), 80.
nukuhivae (Pomarea), 172.
nullitorques (Dacelo), 142.
Numenius femoralis, 72.
Numenius tahitiensis, 72.
Numenius variegatus, 72.
Nyroca, 61.
obscuras (Pufpnus), 32.
occidentalis (Larus), 80.
oceanicus (Oceanites), 34.
oceanicus (Totanus), 73.
Oceanites oceanicus, 34.
Oceanodroma Castro, 38, 39.
Oceanodroma leucorhoa, 34, 38, 39.
ocista (Collocalia), 135.
ocistus (Aerodramus), 134, 135.
Oestrelata cockii, 25.
Oestrelata wortheni, 16.
olivieri (Aestrelata), 16.
oopa (Columba), 110.
orientalis (Pterodroma), 25.
Oriolus musae, 154.
Oriolus oriolus, 173.
oriolus (Oriolus), 173.
otaitensis (Tatare), 154.
otatare (Sitta), 154.
Pachycephala, 165, 175.
pacipca ( Columba, Ducula), 62, 107, 119.
pacipca (Petrochelidon), 148.
pacipca (Procellaria), 27.
pacipca (Scolopax), 73.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
pacifica (Sterna), 96.
pacifîcus (Puffinus), 27, 28, 29, 30, 33, 182.
pacificus (Rallus), 64, 175.
palmarum (Acrocephalus, Conopoderas), 159.
palmersloni (Frégala, Pelicanus), 49.
palpebrala (Phoebetria), 13.
paradisaea (Sterna), 81.
parasiticus (Stercorarius), 80.
parviroslris (Procellaria), 16.
Parus, 166.
parvirostris (Tringa), 74.
parvulus (Anous), 89.
paschae (Plerodroma), 20.
Passer domesticus, 178.
Passeridae, 178.
patruelis (Ardea, Bulorides), 52.
Pava cristatus, 182.
pectoralis ( Gallicolumba, Perislera), 102, 103.
Pelagodroma marina, 34.
Pelecanus Palmersloni, 49.
pelewensis (A nas), 58.
penelope (Anas), 46.
percenis (Acrocephalus, Conopoderas), 155.
perdicaria (Nolhoprocta), 12.
peregrinus (Falco), 22.
Perislera pectoralis, 102.
perlatus (Cuculus), 130.
personata (Poephila), 182.
personala (Sula), 44.
peruviana (Vini), 62, 124.
peruvianus (Psitlacus), 124.
Petrochelidon pacifica, 148.
phaeopygia (Plerodroma), 24.
Phaethon aethereus, 39.
Phaethon lepturus, 40, 42.
Phaethon rubricauda, 39, 40, 42.
Phaethontidae, 39.
phaeton (Conurus), 129.
Phaeton melanorhynchos, 39.
Phalaropus fulicarius, 78.
Phalaropus lobatus, 78.
Phalaropus tricolor, 78.
Phasianidae, 62.
Phasianus colchicus, 63, 182.
philipii (Plerodroma), 18.
philippensis (Ballus), 64, 65.
Philomachus pugnax, 79.
philomelos (Turdus), 156.
Phlogoenas albicoüis, 102.
Phoebetria palpebrala, 13.
pictus (Chrysolophus), 182.
pileatus (Anous), 92.
pipixcan (Larus), 81.
pistor (Acrocephalus), 150.
Platycercus lannaensis, 130.
platyrhynchos (Anas), 56, 57, 182.
plotus (Sula), 46.
plumbeus (Megalopterus), 89.
Pluvialis dominica, 69, 70, 72, 73, 74, 141.
Pluvialis squatarola, 70.
poecilorhyncha (Anas), 56, 58, 62, 182.
Poephila aculicauda, 182.
Poephila bichenovii, 182.
Poephila gullala, 182.
Poephila personala, 182.
polynesiae (Puffinus), 32.
Pomarea dirnidiata, 166.
Pomarea iphis, 168.
Pomarea rnendozae, 168, 179, 170.
Pomarea (Muscicapa), 166.
Pomarea nigra, 167.
Pomarea pomarea, 167.
pomarea (Pomarea), 167.
Pomarea whitneyi, 173.
pomarina (Stercorarius), 80.
Porphyrio porphyrio, 69.
porphyrio (Porphyrio), 69.
porphyrio (Psitlacus), 126.
postrema (Conopoderas), 155.
poslremus (Acrocephalus), 155.
Porzana alra, 65, 68.
Porzana murrayi, 68.
Porzana labuensis, 65.
Porzanoidea, 65.
Procellaria alba, 16.
Procellaria albigularis, 36.
Procellaria fuliginosa, 36, 37.
Procellaria pacifica, 27.
Procellaria parviroslris, 16.
Procellaria rostrala, 15.
Procellaria tropica, 36.
Procellariidae, 13.
Procelsterna albivilla, 90.
Procelsterna caerulea, 90.
Procelsterna cerulea, 89, 182.
Procelsterna tereticollis, 89.
Prosobonia ellisi, 77.
Prosobonia leucoplera, 77.
Prunella modula ris, 150.
Psittacidae, 123.
Psittacula lessoni, 128.
Psittaculus smaragdinus, 128.
Psitlacus cyaneus, 126.
Psitlacus erythronolus, 129.
Psitlacus fuscalus, 130.
Psitlacus Kuhlii, 123.
Psitlacus peruvianus, 124.
Psitlacus porphyrio, 126.
Psitlacus sparrmani, 126.
Psit'acus taitianus, 126.
Psitlacus ulielanus, 130.
Psitlacus ullramarinus, 128.
Psitlacus varius, 126.
Psitlacus zealandicus, 129.
Source : MNHN, Paris
INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES D’OISEAUX
207
Pterodroma alba, 15, 16, 17, 19.
Pterodroma arminjoniana, 14, 17, 18, 19, 20, 21, 22,
23.
Pterodroma cervicalis, 23.
Pterodroma cookii, 24, 25.
Pterodroma externa, 23, 24.
Pterodroma hypoleuca, 24.
Pterodroma inexpectata, 23.
Pterodroma lessonii, 14.
Pterodroma leucoptera, 25.
Pterodroma macroptera, 14.
Pterodroma neglecta, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23,
25.
Pterodroma nigripennis, 24.
Pterodroma phaeopygia, 24.
Pterodroma phüipii, 18.
Pterodroma rostrata, 15, 17.
Pterodroma solandri, 18.
Pterodroma ultima, 17, 18, 19, 22, 25.
Ptilinopus chalcurus, 105, 111.
Ptilinopus chrysogaster, 105, 110.
Ptilinopus coralensis, 103, 105, 112, 146.
Ptilinopus dupetithouarsii, 21, 105, 110, 116, 117.
Ptilinopus emiliae, 117.
Ptilinopus furcatus, 110.
Ptilinopus huttoni, 105, 115.
Ptilinopus insularis, 105, 114.
Ptilinopus mercierii, 105, 116.
Ptilinopus purpuratus, 62, 105, 108, 110, 112, 113,
115, 118, 183.
Ptilinopus rarotongensis, 105, 107.
Ptilinopus smithsonianus, 112.
Ptilopus tristrami, 116.
Puffinus assimilis, 25, 31.
Puffinus carneipes, 27.
Puffinus chlororhynchus, 27.
Puffinus creatopus, 27.
Puffinus cuneatus, 27.
Puffinus griseus, 28.
Puffinus lherminieri, 26, 31, 32, 33, 37.
Puffinus nativitatis, 27, 29.
Puffinus obscuras, 32.
Puffinus pacificus, 27, 28, 29, 30, 33, 182.
Puffinus tenuirostris, 29, 30.
pugnax (Philomachus), 79.
purpurata (Columba), 108.
purpuratus (Ptilinopus), 62, 105, 108, 110, 112, 113,
115, 118, 183.
purpureoleucocephala (Columba), 117.
Pycnonotus cafer.
pyrrholaena (Hirundo), 148.
Rallidae, 64.
Rallus aquaticus, 64.
Rallus ecaudata, 64.
Rallus nigra, 65.
Rallus pacificus, 64, 175.
Rallus philippensis, 64, 65.
Rallus tabuensis, 65.
Rallus tahitiensis, 65.
Ramphocelus dimidiatus, 176.
Rarolonga, 166.
rarotongensis (Ptilinopus), 105, 107.
rava (Conopoderas), 159.
ravus (Acrocephalus), 159, 160, 165.
rectirostris (Sterna), 86.
reinholdiforsteri (Columba), 120.
Rhipidura spilodera, 166.
rimitarae (Acrocephalus, Conopoderas), 149, 163.
Rorotonga, 166.
rostrata (Procellaria, Pterodroma), 15, 17.
rubecula (Erithacus), 169.
rubescens ( Gallicolumba), 104.
rubricauda (Phaethon), 39, 40, 42.
rubripes (Sula), 43.
ruficauda (Neochmia), 182.
ruficollaris (Halcyon), 141.
sacer (Todiramphus), 138.
sacra (Ardea, Egretta), 54, 55.
sapphirinus (Coriphilus), 126.
Sauropatis, 137.
sawtelli (Aerodramus, Collocalia), 134.
schistisagus (Larus), 80.
Scolopacidae, 72.
Scolopax incana, 73.
Scolopax pacifica, 73.
Scolopax tahitiensis, 72.
Scolopax undülata, 73.
semipalmatus (Charadrius), 72.
Serresius galeatus, 120, 121.
Sialia mexicana, 182.
Sitta caffra, 153, 154.
Sitta otatare, 154.
skottsbergi (Procelsterna), 90.
smaragdinus (Psittaculus), 128.
smithsonianus (Ptilinopus), 112.
solandri (Pterodroma), 18.
sparrmani (Psittacus), 126.
spilodera (Rhipidura), 166.
sponsa (Aix), 182.
Squatarola, 69.
squatarola (Pluvialis), 70.
stairii (Gallicolumba), 102.
Steganopus, 78.
stepheni (Callipepla, Vini), 124.
Stercorariidae, 79.
Stercorarius longicaudus, 80.
Stercorarius maccormacki, 80.
Stercorarius parasiticus, 80.
Stercorarius pomarinus, 80.
Sterna anaethetus, 83.
Sterna australis, 89.
Sterna bergii, 55, 86.
Source : MNHN, Paris
D. T. HOLYOAK ET J.-C. THIBAULT
Slerna candida, 96.
Sterna cerulea, 89.
Sterna dougalli, 81.
Slerna fuscata, 51, 82, 83, 85.
Sterna hirundo, 81.
Slerna lunata, 82, 83.
Sterna pacifica, 96.
Sterna paradisaea, 81.
Sterna rectirostris, 86.
Sterna sumatrana, 81.
Sterna teretirostris, 89.
Sterna unicolor, 92.
Sternidae, 81.
stolidus (Anous), 50, 55, 88, 92, 95,
Stolidus cinerea, 89.
strepera (Anas), 56, 57.
striata ( Geopelia), 100, 183.
striatus (Butorides), 52.
Strigidae, 133.
Strix deliculata, 132.
slrumosa (Fregata), 49.
Sturnella militaris, 176.
Sturnidae, 179.
subjlava (Amandava), 182.
Sula dactylatra, 44.
Sula leucagaster, 46.
Sula nicolli, 43.
Sula sula, 43, 50, 73.
sula (Sula), 43, 50, 73.
Sulidae, 43.
sumatrana (Sterna), 81.
superciliosa (Anas), 58.
Sylvia aequinoctialis, 150.
Sylviinae, 149.
tabuensis (Aplonis), 179.
tabuensis (Porzana, Rallus), 65.
Taeniopugia castanotis, 177.
tahitica (Hirundo), 134, 148, 183,
tahiticus (Cuculus), 130.
tahiticus (Gallus), 63.
tahitiensis (Gallus), 63.
tahitiensis (Numenius, Scolopax), 72
tahitiensis (Rallus), 65.
Tahitornis, 64.
tailensis (Charadrius), 69.
taitensis (Columba), 110.
tailensis (Cuculus, Urodynamis), 13(
taitensis (Hirundo), 148.
taiti (Acrocephalus), 149, 163.
tailianus (Psittacus), 126.
tannaensis (Plalycercus), 130.
Tatare fuscus, 154.
Tatare longirostris, 159.
Tatare otaitensis, 154.
Tatare vaughani, 163.
lemporalis (Aegintha, Estrilda), 177.
tenuirostris (Anous), 92, 95, 98.
tenuirostris (Pufpnus), 29, 31.
tephrodes (Anous), 89.
tereticollis (Procelsterna), 89.
teretirostris (Procelsterna, Sterna), 89.
Thalasseus bergii, 86.
Thalassidroma lineata, 36.
thespesia (Collocalia), 133.
Thraupinae, 176, 182.
Thyliphaps, 105.
Tinamidae, 12.
titan (Fregretta), 34, 35.
Todiramphus divinus, 142.
98. Todiramphus gertrudae, 145.
Todiramphus sacer , 138.
Todiramphus wiglesworthi, 138.
Todiramphus youngi, 143.
Totanus oceanicus, 73.
trichroa (Erylhrura), 182.
tricolor (Phalaropus), 78.
Tringa jlavipes, 73.
Tringa incana, 73.
Tringa leucoptera, 77.
Tringa melanoleuca, 73.
Tringa parviroslris, 74.
tristoides (Acridotheres), 180.
tristrami (Plilinopus, Plilopus), 116.
tristris (Acridotheres), 137, 141, 142, 143, 147, 155
180.
tropica (Fregelta, Proceüaria), 36.
trouessarli (Pterodroma), 15.
turdoides (Acrocephalus), 152.
Turdus, 175.
Turdus badius, 175.
Turdus longirostris, 154.
Turdus philomelos, 156.
Turdus ulietensis, 175, 179.
tuta (Alcedo, llalcyon), 137, 138, 142, 143, 144
146.
T y ta alba, 132.
Tytonidae, 132.
ulietanus (Cyanoramphus, Psittacus), 130.
ulietensis (Aplonis), 175.
ulietensis (Merula, Turdus), 175, 179.
ultima (Pterodroma), 17, 18, 19, 22, 25.
ultramarina (Vini), 123, 128.
), 143. ultramarinus (Psittacus), 128.
undulata (Scolopax), 73.
unicolor (Sterna), 92.
Uraeginlhus bengalus, 182.
Urodynamis taitensis, 130, 143.
vanikorensis (Collocalia), 133.
variegatus (Numenius), 72.
varius (Psittacus), 126.
vaughani (Acrocephalus, Tatare), 149, 150,163.
Source : MNHN, Paris
INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES D’OISEAUX
venerata (Alcedo, H alcyon), 138, 141, 142, 143,
146.
Vini coccinea, 123.
Vini hendersoni, 124.
Vini kuhlii, 123.
vini (Lorius), 126.
Vini peruviana, 62, 124.
Vini stepheni, 124.
Vini ultramarina, 123, 128.
virginianus (Bubo), 116, 117, 133, 147.
viridior (Ptilinopus) , 117.
wortheni (Oestrelata), 16, 17.
worcesteri (Anous), 95.
wilkesii (Carpophaga), 120.
wiglesworthi (Todiramphus), 138.
whitneyi (Pomarea), 173.
youngi (Halcyon, Todiramphus), 143.
zealandicus (Cyanoramphus, Psittacus), 129.
Zosterops lateralis, 168, 174.
Zosteropidae, 174.
distribué le 15 juin 1984
Source : MNHN, Paris
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1982.
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1982.
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Source : MNHN, Paris
29 JüiN 1984
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