MÉMOIRES
DU MUSÉUM
NATIONAL
D’HISTOIRE
NATURELLE
ZOOLOGIE
TOME 142
1988
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Directeur de la publication : Philippe Bouchet
Rédacteurs (Editors) : P. Bouchet, A. Dubois, C. Erard
Secrétariat : Bernadette Charles
Conception graphique : Alain Defilippi
Rédaction : 57, rue Cuvier
75005 Paris
Les Mémoires du Muséum national d’Histoire natu¬
relle publient des travaux originaux majeurs (100
pages et plus) dans les domaines suivants : Zoologie
(série A), Botanique (série B), Sciences de la Terre
(série C). Les auteurs sont invités, pour toutes les
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teur de la publication.
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Source : MNHN, Paris
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Zoologia Neocaledonica
Volume 1
Source : MNHN, Paris
ISBN : 2-85653-163-6
ISSN : 0078-9747
© Éditions du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 1988.
Illustration couverture : Macroctra midncta Matilc n. sp. (Diptcra, Kcroplatidac). Dessin Gilbert Hodebert.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
SÉRIE A
ZOOLOGIE
TOME 142
Zoologia Neocaledonica
Volume 1
Coordonné par
Simon TILLIER
Muséum national d’Histoirc naturelle
Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie
CNRS U A 699
55, rue Buffon
75005 Paris
Centre ORSTOM, Nouméa
Publié avec le concours de l’Institut français de Recherche scientifique
pour le développement en coopération (ORSTOM)
ÉDITIONS
DU MUSÉUM
PARIS
1988
BIBL.DU
iMUSE'JM/
\PARiS /
\ w
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Sommaire
Pages
1. Introduction. Localisation des toponymes. 11
Simon Tillier
2. Collentboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 1. Hypogastruridae. 17
Louis Deharveng et Judith Najt
3. C'ollemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 2. Dinaphorura matileorum n. sp.
(Onychiuridae Tulbergiinae). 29
Judith Najt
4. C'ollemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 3. Deux espèces nouvelles de Brachysto-
mella (Neanuridae Brachystomellinae). 33
Judith Najt et Jean-Marc Thibaud
5. Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 4. Friesea neocaledonica n. sp. (Neanu¬
ridae Frieseinae). 39
José G. Palacios-Vargas
6. Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 5. Deux genres nouveaux de Neanurinae
(Neanuridae). 45
Louis Deharveng
7. Phasmatodea de Nouvelle-Calédonie. 1. Nouvelles signalisations et description de Microca-
nachus n. gen . 53
Michel Donskoff
8. Homoptères Cicadoidea de Nouvelle-Calédonie. 1. Description d’un genre gouveau et de
deux espèces nouvelles de Tibicinidae. 61
Michel Boulard
9. Homoptères Coccoidea de Nouvelle-Calédonie. Un nouveau genre cryptique d’Eriococ-
cidae. 67
Danièle Matile-Ferrero
10. Diptères Ceratopogonidae de Nouvelle-Calédonie. Note sur le genre Dasyhelea . 75
Jean Clastrier
11. Diptères Anisopodoidea Vlycetobiidae de Nouvelle-Calédonie. 83
Michel Baylac et Loïc Matile
12. Diptères Mycetophiloidea de Nouvelle-Calédonie. 2. Keroplatidae. 89
Loïc Matile
13. Diptères Mycetophiloidea de Nouvelle-Calédonie. 3. Ditomyidae. 137
Loïc Matile
14. Diptères Drosophilidae de Nouvelle-Calédonie. 1. Drosophila : sous-genres Drosophila et
Sophophora . 143
Leonidas Tsacas et Marie-Thérèse Chassagnard
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Contents
Pages
1. Introduction. Localization of the toponyms . 11
Simon Tillier
2. Collcmbola Poduromorpha of New Caledonia. 1. Hypogastruridae. 17
Louis Deharveng and Judith Najt
3. Collcmbola Poduromorpha of New Caledonia. 2. Dinaphorura matileorum n. sp.
(Onychiuridae Tulbergiinae). 29
Judith Najt
4. Collcmbola Poduromorpha of New Caledonia. 3. Two new species of the genus Brachysto-
mella (Neanuridae Brachystomellinae). 33
Judith Najt and Jean-Marc Thibaud
5. Collcmbola Poduromorpha of New Caledonia. 4. Friesea neocaledonica n. sp. (Neanu¬
ridae Frieseinae). 39
José G. Palacios-Vargas
6 . Collcmbola Poduromorpha of New Caledonia. 5. Two new généra of the subfamily
Neanurinae (Neanuridae). 45
Louis Deharveng
7. Phasmatodea of New Caledonia. 1. New records and description of Microcanachus n.
Sen . 53
Michel Donskoff
8. Homoptera Cicadoidea of New Caledonia. 1. Description of a new genus and two new
species of the family Tibicinidae. 61
Michel Boulard
9. Homoptera Coccoidea of New Caledonia. A new cryptic genus of the family Eriococ-
cidae. 67
Danièle Matile-Ferrero
10. Diptera Ceratopogonidae of New Caledonia. Note on the genus Dasyhelea . 75
Jean Clastrier
11. Diptera Anisopodoidea Mycetobiidae of New Caledonia. 83
Michel Baylac and Loïc Matile
12. Diptera Mycetophiloidea of New Caledonia. 2. Keroplatidae. 89
Loïc Matile
13. Diptera Mycetophiloidea of New Caledonia. 3. Ditomyiidae. 137
Loïc Matile
14. Diptera Drosophilidae of New Caledonia. 1. Drosophila : subgenera Drosophila and
Sophophora . 143
Leonidas Tsacas and Marie-Thérèse Chassagnard
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
1
Introduction
Localisation des toponymes
Simon Tillier
Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie
CNRS U A 699
55, rue BufTon
75005 Paris
Centre ORSTOM, Nouméa
Dans sa remarquable synthèse des connaissances
sur la biogéographie et l'écologie de la Nouvelle-
Calédonie, Holloway (1979) cite cette phrase du
botaniste Thorne, publiée en 1963 : « probably
no richer nor more peculiar, archaic and endemic
relict seed-plant flora can be found elsewhere
compressed into such a small area ». Vingt-cinq
ans après, on appréhende mieux encore l’origina¬
lité et l’intérêt scientifique de la végétation de
Nouvelle-Calédonie, grâce en particulier à la
publication des seize volumes parus à ce jour de
la Flore du territoire par le Muséum national
d’Histoire naturelle. Malheureusement la faune
reste beaucoup moins bien connue, et les possibi¬
lités d'étude des phénomènes d’évolution que
procure la situation exceptionnelle de la Nou¬
velle-Calédonie restent largement sous-utilisées.
Dans le cadre de l’Action spécifique du Muséum,
« Évolution et Vicariance en Nouvelle-Calédo¬
nie », et de l’axe de recherches de l'ORSTOM,
« Dynamique des systèmes écologiques », la publi¬
cation de ce volume tente de combler une partie
de ces lacunes pour permettre l'exploitation
scientifique de l’extraordinaire potentiel de la
nature néo-calédonienne.
On explique généralement l'originalité des peu¬
plements animaux et végétaux de la Nouvelle-
Calédonie par deux facteurs : l'un est l'isolement
ancien du territoire, au moins depuis le Crétacé,
joint à une relative stabilité climatique ; l'autre
est la mise en place d’une couverture de roches
ultrabasiques qui, à la fin de l’Eocène, a recou¬
vert la plus grande partie du territoire et a
rajouté une barrière écologique à l’isolement
géographique, avant d’être en grande partie
érodée. Fragment de la bordure orientale du
Gondwana proche du Queensland au Trias, la
Nouvelle-Calédonie est considérée comme une
partie de l’arc mélanésien interne, arc insulaire
qui comprenait le sud de la Nouvelle-Guinée et
probablement une partie de la Nouvelle-Zélande,
et qui a été démembré par l’expansion de la mer
de Tasman et de la mer de Corail au cours du
Crétacé. La faune et la flore actuelles incluent
sans aucun doute des constituants qui résultent
Tillier, S.. 1988. Introduction. Localisation des toponymes. In : S. Tillier (ed.), Zoologia
Neocaledonica, Volume 1. Mém. Mus. nam. Hisi. nul.. (A). 142 : 11-16. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
12
SIMON TILLIER
de l'évolution sur place d’un stock gondwanien,
dont l'isolement en Nouvelle-Calédonie date au
moins de l'Eocène et au plus du Trias. S’y
ajoutent des éléments, dont certains transantarc¬
tiques, dont les ancêtres ont pu coloniser la
Nouvelle-Calédonie soit grâce à des capacités
de dispersion exceptionnelles, soit grâce à des
« stepstones » temporaires mis en place par les
mouvements complexes des fonds océaniques,
des rides et des fragments continentaux dans le
Pacifique sud-ouest. À partir de l'Oligocène, la
mise en place de la couverture ultrabasique a
créé un nouvel environnement, écologiquement
séparé des environnements antérieurs par les
caractères physico-chimiques de ses sols qui ont
déterminé une barrière à l’abri de laquelle les
taxons capables de s’adapter ont pu subsister
jusqu'à nous et, pour certains d'entre eux, se
diversifier. L'érosion partielle de cette couverture
ultrabasique associée à la surrection générale du
bâti géologique et à des gradients climatiques
abrupts, détermine une structure en îles dans une
île fascinante pour quiconque s’intéresse à la
biogéographie et à l’évolution. Pour plus de
précisions sur ce schéma général, on pourra se
reporter :
— pour le cadre régional géophysique et biogéogra¬
phique, à Ballance (1980):
— pour la géologie du territoire, à Paris (1981);
— pour l'analyse biogéographique des peuplements
végétaux, à Morat et al. (1984, 1986) et à Jaffré
et al. (1988);
pour une synthèse écologique et biogéographique
dont le seul défaut est la toute relative ancienneté,
à Holloway (1979);
pour trouver une iconographie commentée de ces
différents éléments, à l'Atlas de la Nouvelle-Calé¬
donie (ORSTOM, 1981);
— pour localiser les toponymes, au fascicule de
Suprin cité en référence et à la carte des topo¬
nymes cités dans ce volume, fig. 1.
Empiriquement, ma connaissance du terrain
et de la répartition des Mollusques terrestres
m'amène à distinguer deux grands ensembles
d'associations d'espèces qui correspondent à
ceux des botanistes : celui des faunes sur roches
ultrabasiques et celui des faunes associées à
d'autres substrats. Dans le premier, on distingue
deux types d'environnements, forêt et maquis, et
plusieurs sous-ensembles : les plaines du sud et le
grand massif du sud, au sud d’une ligne Thio-
Boulouparis ; l'extension du massif du sud le
long de la côte est, de Thio à Monéo ; les
prolongements occidentaux de cette extension
(Mont Do, Table Unio, Mé Ori) ; les massifs de
la côte ouest, Mé Maoya, Boulinda, Paéoua-
Kopéto, Koniambo, Ouazangou-Taom, Kaala,
Tiébaghi qui forment autant d'îles de roches
ultrabasiques. Dans le second ensemble, se dis¬
tinguent la faune des forêts humides du massif
du Panié, celle(s) de la « chaîne centrale » non-
ultrabasique au nord d’une ligne Thio-Bouloupa-
ris, et celle des forêts sèches de la côte ouest et du
nord. Un long travail de description et de
reconstitution des modalités de l’évolution des
taxons est nécessaire avant qu'on puisse recon¬
naître la validité de ce schéma d'ensemble,
préciser celui-ci et tester les hypothèses sur
l’histoire et l'évolution des peuplements.
Les forêts des basses altitudes constituent
probablement l'environnement le plus menacé
par les activités humaines : en particulier les
forêts sèches de la côte ouest ont presque
entièrement disparu. Leurs lambeaux sont dégra¬
dés à tel point qu'au moins un genre entier de
Mollusques terrestres, le genre endémique Leuco-
charis dont la présence est attestée sur la côte
ouest et aux îles Loyauté au début du siècle,
semble presque éteint. Il est à craindre que cette
disparition d'espèces d’assez grande taille ne soit
que l’indice des extinctions beaucoup plus nom¬
breuses des éléments d’une faunule jamais remar¬
quée, ni étudiée. Les maquis sur roches ultrabasi¬
ques ont été ravagés par le feu, dont Sarasin
(1917) signalait la menace pour l’environnement
dès le début du siècle et dont la progression a été
favorisée par les prospections minières des années
1960 : il n’y a guère que dans la presqu'île du
Néponkoui, autour du Mé Aiu et peut-être sur la
presqu'île de Bogota que je-connaisse de vastes
étendues de maquis où la répartition régulière
des Invertébrés du sol et de la litière indique la
préservation complète du milieu. Moins combus¬
tibles, les forêts humides de moyenne et haute
altitude semblent constituer l’environnement le
moins menacé à moyen terme ; cependant j’ai été
le témoin depuis une dizaine d’années de l’incen¬
die et de la disparition de plusieurs lambeaux de
forêt humide, peu étendus mais suffisants pour la
perpétuation de la petite faune d’invertébrés, que
l'humidité de thalwegs et la chance avaient
jusque là préservée.
Source : MNHN, Paris
B | C
Fig. 1. Carie des toponymes cités
celles de la carte.
Adio D 4
Amieu (Col d') F 5
Aoupinié (Mt.) D 4
Belep (Iles) A 1
Boulinda (Mt.) D 4
Boulouparis F 6
Canala F 5
Carénage (Baie du Prony) H 6
Coulée (rivière) G 6
Do (Mt.) F 5
Dzumac (Mt.) G 6
Forêt Plate D 4
Grand Lac H 6
Hienghène D 3
Houaïlou E 4
Humboldl (Mt.) G 6
Ilot Maître G 7
Kuala (Mt.) B 3
Kalouéhola (rivière) G 6
Katépouenda (Mt.) D 4
Koghis (Mts.) G 6
Koniambo (Mt.) C 4
Kopéto (Mt.) D 4
Kouakouè (Mt.) G 6
ce volume. Les noms sont indexés par
Mandjèlia (Mt.) C 2
Maré (Ile) J 5
Mé Maoya (Mt.) E 5
Mè Ori (Mt.) E 5
Ménazi (Mt.) E 5
Mine Galliéni G 6
Monéo E 4
Mont Dore G 7
Mou (Mt.) G 6
Mouirange (Col de) H 6
Nakèty F 5
Nassirah (Col de) F 5
Néaoua (Barrage de la) E 5
Neuméni (Baie de) G 5
Ngoye (rivière) G 6
Nimbo (rivière) G 5
Nouméa G 7
Ouaïné = Ouinné?
Ouazangou (Mt.) C 3
Ouen Sieu E 5
Ouinné (rivière) G 6
Ouinné (Col de la) G 6
Paéoua (Mt.) D 4
Païta G 6
re alphabétique, et les coordonnées sont
Panié (Mt.) C 3
Pénélo (Maré) J 5
Pétchécara (Col de) F 5
Pic du Pin H 6
Picrra (rivière, Creek de) E 5
Pirogue (Col de la) G 6
Plaine des Lacs H 6
Plateau de Dogny (Mt.) F 5
Poinda (Mt.) D 3
Pointe du Cagou (Baie de Neuméni) G 5
Prony (Baie du) H 7
Rivière Blanche H 6
Rivière Bleue H 6
Saint-Louis G 6
Saint-Vincent (Mt.. Dent de) F 6
Table Unio (Ml.) F 5
Taom (Mt.) C 3
Tchitt (Rivière. Creek) C 3
Thi (rivière) G 6
Thio F 5
Tièbaghi (Mt.) B 3
Tiwaka (rivière) D 3
Vao (Ile des Pins) I 7
Yalè H 6
Source : MNHN, Paris
14
SIMON TILLIER
On ne peut comprendre, même partiellement,
l'origine et les modalités d’évolution et d'interac¬
tion des animaux et des végétaux dans les
écosystèmes néo-calédoniens, que si les cher¬
cheurs peuvent s’appuyer sur une taxinomie
moderne et stable : la révision de la faune est
donc nécessaire, et ce d’autant plus qu’elle est
indispensable à toute politique de gestion de
milieux naturels originaux, fragiles et souvent
menacés par les activités humaines. Encore récem¬
ment, notre connaissance de la faune néo-calédo¬
nienne était fondée sur des récoltes dont la
plupart ont été effectuées entre 1850 et le début
de ce siècle par des amateurs naturalistes, mis¬
sionnaires comme les pères Lambert et Mon-
trouzier, fonctionnaires, ou négociants. Cette
phase d’exploration a culminé, mais s'est aussi
terminée pour la plupart des groupes zoologi¬
ques, avec le voyage de récolte d’objets d’histoire
naturelle effectué par Fritz Sarasin, explorateur
et mécène du musée de Bâle, et Jean Roux,
conservateur pour la Zoologie de ce musée, de
février 1911 à juin 1912 (Sarasin, 1917). Les
résultats zoologiques, mais aussi botaniques,
anthropologiques et ethnologiques, de ce voyage
ont été publiés de 1913 à 1929 dans les neuf
volumes de la série Nova Caledonia dont le
sommaire est donné Tableau 1.
Tableau 1. Sommaire des contributions à la série Nova Caledonia de Sarasin & Roux, d'après l'exemplaire relié de la
bibliothèque centrale du Muséum national d'Histoire naturelle (cote 113.377).
Sarasin. F. & Roux, J. Nova Caledonia. C. W. Kreidel's verlag, Wiesbaden (1913-1918), Berlin et Wiesbaden (1920-1921),
Berlin (1922-1925) et München (1925-1929).
A. ZOOLOGIE
Volume I. 1913-1918
Sarasin. F.. 1918. Vorvort zum Gesamwertke : V-VII.
Band I. Heft 1, 1913
Sarasin, F. Die Vôgel Neu-Caledoniens und der Loyalty-
Inseln. 3-78, pl. 1-3.
Vol. I. 1. 2, 1913
Roux, J. Les Reptiles de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. Avant-propos + 79-160. pl. 4-5.
Vol. I. I. 3. 1913
Theobald, F. V. Culicidae from New Caledonia and the
Loyalty Islands. 161-164.
Porta, A. Acanlocefali délia Nuova Caledonia e delle isole
Loyalty. 167-170, pl. 6.
Michaelsen, W. Oligochâten von Neu-Caledonien und den
benachbarten Inselgruppen. 173-280. pl. 7-8.
Vol. I, I. 4, 1914
Griffini, A. Stenopclmatidae délia Nuova-Caledonia. 283-
311.
Burr, M. Les Dermaptères de la Nouvelle-Calédonie et des
îles Loyalty. 315-324, pl. 9.
Kraepelin, K. Die Skorpione und Pedipalpen von Neu-
Caledonien und den benachbarten Inselgruppen. 327-337.
Revilliod, P. Les Mammifères de la Nouvelle-Calédonie et
des îles Loyalty. 341-365, pl. 10.
Distant. W. L. Rhynchota from New Caledonia and the
surrounding Islands. 369-390, pl. 11-12.
Emery, C. Les Fourmis de la Nouvelle-Calédonie & des îles
Loyalty. 393-436, pl. 13.
Roewer, C. F. Opilionidien von Neu-Caledonien. 439-443,
pl. 14.
Karny, H. Conoccphalidae Neu-Caledoniens und der Loyalty-
Inseln. 447-449.
Volume 2, 1915-1918
Vol. 2. I. I, 1915
Chevreux. E. Amphipodes de la Nouvelle-Calédonie et des
îles Loyalty. 3-14, pl. 1-3.
Weber. M . & df. Beaufort. L. F. Les Poissons d'eau douce
de la Nouvelle-Calédonie. 17-41.
Von Schulthess. A. Hymcnopteren von Neu-Caledonien
und den Loyalty-inseln. 45-53.
Ris. F. Libcllen (Odonata) von Neu-Caledonien und den
Loyalty-inseln. 57-72.
Vol. 2. I. 2. 1915.
Silvestri, F. Thysanura délia Nuova-Caledonia e delle Isole
Loyalty. 75-81.
Holmgren. N. & Holmgren. K. Termiten aus Neu-Caledo-
nien und den benachbarten Inselgruppen. 85-93.
Walter. C. Les Hydracariens de la Nouvelle-Calédonie. 98-
122, pl. 4-6.
Chopard. L. Gryllidae de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 131-167. pl. 7.
Carl, J. Phasmiden von Neu-Caledonien und den Loyalty-
inseln. 173-194.
Stingelin, T. Cladoceren von Neu-Caledonien. 197-208.
pl. 8.
Fuhrmann. O. Description d'un nouveau Trématode (Apor-
chis segmcntatus n.sp.) parasite de Sterna bergii Licht.
213-224, pl. 9.
Vol. 2. I. 3. 1916.
Heller, K. M. Die Kâfer von Neu-Caledonien und den
benachbarten Inselgruppen. 229-365. pl. 10-11.
Vol. 2, 1. 4. 1918.
Johansson, L. Hirudinecn von Neu-Caledonien und den
Ncucn Hebridcn. 373-394. pl. 12.
Fuhrmann. O. Cestodes d'oiseaux de la Nouvelle-Calédonie
et des îles Loyalty. 399-449, pl. 13-14.
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
15
Volume 3, 1923-1925
Vol. 3. 1. I. 1923
Ribaut. H. Chilopodes de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 1-79.
Falcoz, L. Diptères Pupipares de la Nouvelle-Calédonie et
des îles Loyalty. 83-96.
Willemsf., C. Locustidae (Acridiidac a.a.) et Phasgonuridae
(Locustidae a.a.) de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 99-112.
Berlese, A. Acarina délia Nuova-Caledonia e dclle Isole
Loyalty. 115-124.
Oudemans, A. C. Sur une nouvelle espèce de Hannemannia
Oudms. (Trombidiidae). 127-131.
Dautzenberg, P. Mollusques terrestres de la Nouvelle-Calé¬
donie et des îles Loyalty. 135-156.
Vol. 3, 1. 2. 1924
Berland. L. Araignées de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 159-255.
Schrôder. O. Landplanarien von Neu-Caledonien und den
Loyalty-Inseln. 259-298, pl. 1-3.
Chopard. L. Blattidae de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 301-336, pl. 4.
Vol. 3. I. 3, 1925
Grimpe, G., & Hoffman. H. Die Nacktschnccken von Neu-
Caledonien, den Loyalty-Inseln und den Neuen-Hebriden.
337-476, pl. 5-6.
Volume 4. 1925-1926
Vol. 4. I. 1. 1925
Sarasin. F. Uber die Tiergeschichte der Lânder des Süd-
westlichen Pazifischen Ozeans auf Grund von Forschungen
in Neu-Caledonien und auf den Loyalty-Inseln. Inhallvcr-
zeichnis + 1-177.
Vol. 4. 1. 2. 1926
Roux. J. Crustacés décapodes d’eau douce de la Nouvelle-
Calédonie. 181-240.
Verhoeff. K. W. lsopoda lerrestria von Neu-Caledonien und
den Loyalty-Inseln. 243-366.
Vol. 4. I. 3. 1926
Carl, J. Diplopoden von Neu-Caledonien und den Loyalty-
Inseln. 369-462.
B. BOTANIQUE/BOTAN1K
RÉDACTION/REDAKTION
H. Schinz & A. Guillaumin.
1914-1921
Sarasin. F. Vorvort zum botanischen Teil von « Nova
Caledonia ».
Vol. I. I. I, 1914
Fischer. E. Fungi (Gcn. Dictyophora) von Neu-Caledonien.
Quelle qu'ait été la qualité du travail des
naturalistes qui ont étudié la faune néo-calé¬
donienne, et sans même prendre en compte l’évo¬
lution des concepts et des connaissances en
Harmand, J. Lichenes de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 7-15, pl. 1.
Stéphane F. Hepaticae von Neu-Caledonien. 19.
Thériot. I. Musci de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 23-32.
Bonaparte. R. Filicales de la Nouvelle-Calédonie et des îles
Loyalty. 35-56, pl. 2-4.
Schinz, H. Equisetales und Triuridaceae von Neu-Caledo¬
nien. 59.
Hyeronymus, G. Selaginellaccae von Neu-Caledonien. 63-
65.
Hackel. E. & Schinz, H. Gramincae von Neu-Caledonien
und den Loyalty-Inseln. 69-74.
Krânzlin, F. Orchidaceae von Neu-Caledonien und den
Loyalty-Inseln. 78-85.
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Sarasin, F.. 1929. Ethnologie der Neu-Caledonier und
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Sarasin. F.. 1929. Atlas zur Ethnologie der Neu-Caledonier
und Loyalty-lnsulaner. 73 pl.
taxinomie depuis le début du siècle, diverses
contingences ont fait que même l’inventaire est
resté très incomplet : de nombreux taxons sont
restés ignorés faute de techniques de récolte
Source : MNHN, Paris
16
SIMON T1LLIER
adéquates ou d'accès aux régions où ils sont
endémiques. Ainsi la faune du sol, dont l’impor¬
tance écologique n’est plus à démontrer, est restée
presque totalement ignorée ; la plupart des petits
Insectes sont passés inaperçus ; et la découverte
d'une importante faune de Vertébrés récemment
éteints, allant de l’oiseau géant aptère au croco¬
dile terrestre, dont les premiers éléments ont été
découverts par le Père Dubois et par François
Poplin et dont l'exploitation a été poursuivie par
Jean-Christophe Balouet, témoigne des lacunes
de notre connaissance des écosystèmes néo-calé¬
doniens. Les huit genres nouveaux et quarante-
neuf espèces d’insectes décrits dans ce volume ne
représentent qu’une petite partie des taxons non
encore décrits.
Connaître l'origine des constituants actuels de
la flore et de la faune, décrire leurs associations
dans des écosystèmes originaux, comprendre leur
évolution dans un cadre historique, géogra¬
phique et géologique complexe mais bien déli¬
mité, sont les objectifs de l'Action spécifique du
Muséum « Évolution et Vicariance en Nouvelle-
Calédonie ». L’acquisition de la base taxinomique
fiable fondée sur des concepts modernes néces¬
saire à la réalisation de ces objectifs implique en
pratique l'acquisition d'un matériel bien localisé
et représentatif des populations animales. Au
matériel zoologique récolté dans le cadre de
l'Action spécifique du Muséum, s'ajoutent :
— les récoltes effectuées par les zoologistes du centre
ORSTOM de Nouméa, et en particulier par Jean
Chazeau assisté de Lydia Bonnet de Larbogne ;
— les récoltes effectuées en 1986 et 1987 dans le cadre
du programme de l’Action Pacifique Sud du
Ministère de la Recherche et de l’Enseignement
supérieure, « Inventaire des ressources naturelles
en Nouvelle-Calédonie » ;
— le matériel prêté par différents musées, et en
particulier par le Bemice P. Bishop Muséum
d’Hawai.
Mais au-delà des programmes formels, le
travail de terrain nécessaire à la réalisation des
objectifs scientifiques exposés plus haut n'aurait
pu être effectué dans des conditions satisfai¬
santes sans l’aide et la coopération apportées par
des organismes et par des individus dont les
objectifs propres ne coïncident que très partielle¬
ment avec les nôtres. Que soient remerciés ici :
l’ORSTOM, à travers le centre de Nouméa, son
directeur Jean Fages et mes collègues naturalistes ;
le Service des Forêts et du Patrimoine naturel
de Nouvelle-Calédonie, ses directeurs successifs,
Jean-François Cherrier et Marcel Boulet, et ses
agents, en particulier Yves Letocart.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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la couverture au II50.000 de Ut Nouvelle-Calédonie et
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39 pp.
Source : MNHN, Paris
2
Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie
1. Hypogastruridae
Louis Deharveng* & Judith Najt**
* Université Paul Sabatier
Laboratoire de Zoologie, CNRS UA 333
118, route de Narbonne
31062 Toulouse
** Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Entomologie. CNRS UA 42
45, rue BufTon
75005 Paris
RÉSUMÉ
Nous présentons dans ce travail la liste des Collem-
boles déjà connus pour la Nouvelle-Calédonie et nous
étudions la famille des Hypogastruridae. Quatre nou¬
velles espèces sont décrites : Microgastrura massoudi n.
sp., Xenylla thiensis n. sp., X. danieleae n. sp. et
X. palpant n. sp. ; une localité nouvelle est donnée
pour X. thihaudi thibaudi.
ABSTRACT
In this paper we give the list of the Collembola
known from New-Caledonia and we study the family
Hypogastruridae. We describe four new speçjes :
Microgastrura massoudi n. sp., Xenylla thiensis n. sp.,
X. danieleae n. sp., X. palpata n. sp. ; a new locallty
record for X. thibaudi thibaudi is given.
Deharveng, L. & Najt, J., 1988. — Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 1. Hypogastru¬
ridae. In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1. Mém. Mus. natn. Hist. nat., (A), 142 : 17-27.
Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
18
LOUIS DEHARVENG ET JUDITH NAJT
On assiste depuis une dizaine d’années à un
essor rapide de l’étude des faunes collembologiques
de l’hémisphère austral et du Sud-Est asiatique.
Toutefois la Nouvelle-Calédonie n’a fait l’objet
jusqu’à présent que de recherches faunistiques
ponctuelles qui ont tout de même fourni un des
Collemboles les plus spectaculaires connus, Cale-
donimeria mirabilis Delamare & Massoud, 1962,
seule espèce d’un genre à lointaines affinités néo-
zélandaises (Massoud, 1967). Cette découverte,
jointe à l'originalité de l’ensemble de la faune de
Nouvelle-Calédonie laissait présager un peuple¬
ment de Collemboles riche et original ; c’est ce que
confirme aujourd’hui l'étude des nombreux échan¬
tillons récoltés par D. Matile, J. Boudinot,
A. & S. Tillier, P. Bouchet & J. Chazeau.
Dans ce premier travail, nous présentons la
liste des 21 espèces déjà connues en Nouvelle-
Calédonie ; nous décrivons quatre nouveaux
Hypogastruridae : Microgastrura massoudi n.
sp. ; Xenylla thiensis n. sp. ; Xenylla danieleae n.
sp. ; Xenylla palpata n. sp. et nous donnons une
localité précise pour Xenylla thibaudi thibaudi
Massoud, 1965.
LISTE DES COLLEMBOLES CONNUS DE NOUVELLE-CALÉDONIE
ONYCHIURIDAE
Onychiurus cf fimetarius Linné, 1766
Yosii, 1960 : Vao, lie des Pins.
HYPOGASTRURIDAE
Hypogastrura longispina Tullberg, 1876
Handschin, 1938 : Vallée de Ngoye.
Xenylla thibaudi thibaudi Massoud, 1965
Gama, 1978 : sans localité.
Xenylla cf. obscura Imms, 1912
Gama & Greenslade, 1981 : sans localité.
NEANURIDAE
Australonura novaecaledoniae (Yosii, 1960)
Neanura novaecaledoniae Yosii, 1960 : Vao, Ile des
Pins.
Lobella (Propeanura) araucariae Yosii, 1960
Vao, Ile des Pins.
Caledonimeria mirabilis Delamare-Deboutteville & Mas¬
soud, 1962
Plateau de la Thi.
Oudemansia shotti Denis, 1948
Yosii, I960 : Ilôt Maître.
Pseudanurida bilfitonensis Schôtt, 1901
Massoud, 1967 : sans localité.
ISOTOMIDAE
Axelsonia littoralis (Moniez, 1880)
Yosii, 1960 : Ilôt Maître.
ENTOMOBRYIDAE
Seira oceanica Yosii, 1960
Hienghène.
Mari Mutt, 1987 : Rivière Bleue.
Lepidosira nigrocephala (Womersley, 1934)
Yosii. 1960 : Vao. Ile des Pins.
Lepidosira punctata Yosii, 1960
Koghi.
Lepidocyrtoidea novaecaledoniae Yosii, I960
Koghi.
Discocyrtus dahlii (Schaffer, 1898)
Yosii, 1960 : Koghi.
PARONELLIDAE
Pseudoparonella queenslandica (Schôtt, 1917)
Yosii. 1960 : Koghi.
Pseudoparonella queenslandica flavotruncata Yosii, i960
Koghi.
Pseudoparonella novaecaledoniae Yosii, 1960
Koghi.
Pseudoparonella shibatai Yosii, I960
Koghi.
Plumachaetas sarasini (Handschin. 1926)
Chaetoceras sarasini Handschin, 1926 : Vallée de
Ngoye.
SYMPHYPLEONA
Rastriopes (Prorastriopes) fuscus Yosii, 1960
Rivière Bleue, plaine des Lacs.
Source : MNHN, Paris
HYPOGASTRURIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
19
DESCRIPTION DES NOUVELLES ESPÈCES
Microgastrura massoudi n. sp.
Description : longueur : 0,5 à 0,6 mm. Brun-
violet. Grain secondaire moyen et régulier.
Antennes très trapues, les articles III et IV
télescopés. Article I avec 6 soies ordinaires,
articles II avec 11 soies ordinaires. Articles III
avec 18 soies ordinaires et un organe sensoriel
constitué des 5 soies s habituelles ; les 2 micro-
chètes s internes sont en forme de T, cachés der¬
rière des granules secondaires hypertrophiés ; les
2 soies s de garde sont un peu épaissies, allongées,
subégales, l’une très proche des microchètes
internes, l’autre beaucoup plus éloignée ; le micro-
chète ventro-externe est réduit. Ant. IV court,
plus large que long, muni de 8 soies allongées,
épaissies et subégales, 11 soies mousses à mor¬
phologie très semblable aux précédentes, 20 -
22 soies ordinaires aiguës, une grande soie
papillée apicale, et une râpe sensorielle ventrale
d'une vingtaine de courtes soies en trompette ;
l’organite subapical est petit, globuleux ; la vési¬
cule apicale exsertile est assez petite, simple.
Nous n’avons pas observé de sac évaginable
entre ant. III et ant. IV. (fig. 2 et 3).
6 + 6 cornéules inégales ; OPA à 4 lobes
inégaux (fig. 8 ). Mandibule petite à plaque
molaire réduite mais distincte et pars incisiva
régressée, triangulaire, pourvue de 3-5 petites
dents apicales (fig. 4). Capitulum maxillaire réduit,
à griffe et lamelles courtes (fig. 6 ). Soies papillées
du palpe labial courtes.
Chétotaxie dorsale et chétotaxie ventrale repré¬
sentées sur les fig. 1 et 7. Soies ordinaires
dorsales moyennes, subégales, aiguës, lisses (fai¬
blement crénelées sur l’arrière du corps). Soies s
des tergites fines, 2 à 3 fois plus longues que les
soies ordinaires. Le revêtement est très réduit par
rapport au schéma hypogastrurien de base. On
remarque notamment :
— sur la tête, absence des soies aO et v, rangée c
réduite ;
— soies s internes en position 3, 3/4, 4, 4, 3, 2 sur
les tergites ;
— soies dorsales a 2 absentes de th. II à abd. III ;
— soies dorsales m 1 de th. II, th. III et abd. IV
absentes ;
— tube ventral à 3 + 3 soies ;
— stemite d’abd. II avec seulement 1 + 1 soies.
Épines anales absentes.
Furca bien développée. Rétinacle à 4 + 4 dents.
Dens avec 7 soies dorsales épaissies à la base,
effilées à l’extrémité et coudées ; mucron com¬
plexe (fig. 9). Pas de lobe ventro-apical bien
développé sur la dens. Chétotaxie des pattes
conformes au tableau suivant :
Un ergot dorsal aigu par tibiotarse. Griffe fine
et longue, avec une dent interne médiane et sans
dents latérales. Appendice empodial réduit, pourvu
d’une large lamelle basale et terminé par un
court filament, ne dépassant pas 1/5 de la crête
interne de la griffe (fig. 5).
Plaque génitale à microchètes peu nombreux
(1 + 1 ge et 2 + 2 cg pour la femelle).
Discussion : les espèces européennes de Micro¬
gastrura révisées par Simon Benito & Pozos
Martinez (1984) ne possèdent que 7 à 9 soies en
trompette sur la face ventrale de l’article anten-
naire IV. Dans le genre jamaïcain Microgas-
trurella Massoud & Bellinger, 1963, considéré
comme synonyme de Microgastrura par Simon &
Pozos, on observe une râpe sensorielle à l’article
antennaire IV, constituée de 56 soies tronquées.
Par la présence d’une vingtaine de soies en forme
de trompette, Microgastrura massoudi n. sp.
occupe une position intermédiaire entre les espèces
espagnoles et celle de la Jamaïque. Par la
persistance de dents sur la plaque molaire de sa
mandibule, notre nouvelle espèce est proche de
M. selgae Simon & Pozos, 1984. Elle s’en écarte
par l’absence de vésicule apicale à la dens, un
Source : MNHN, Paris
4
Fig.
1-9. Microgasirura massoudi n. sp. I. Chétotaxie dorsale de la tête et
antennaires III et IV. 3. Face ventrale des articles antennaires III et IV.
6. Maxille. — 7. Chétotaxie ventrale de l'abdomen (furca non représentée). — 8
9. Mucrodens.
corps. — 2. Face dorsale des articles
4. Mandibule. — 5. Patte III.
Organe postantcnnaire et cornéules.
Source : MNHN, Paris
HYPOGASTRURIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
21
appendice empodial sétiforme ne dépassant pas
1/5 de G III (trapézoïdal et atteignant 1/4 à 1/3
de G III chez selgae), l’absence d’ergot capité au
tibiotarse, un tube ventral à 3 + 3 soies chez
l’adulte (4 + 4 chez selgae), toutes les soies
dentales spiniformes (5 sur 7 chez selgae).
Matériel-type : holotype femelle et 4 para-
types, Col d’Amieu, 400 m., forêt, souche pourrie,
30-XI-1983 (D. Matile). Muséum national d’His-
toire naturelle. Laboratoire d’Entomologie.
Autre matériel : Nouvelle-Calédonie : Col de
Petchecara, litière sur pente, près de la cascade,
400 m., 1-XII-1983 (D. Matile) : 2 ex. ; Monts
Koghis, litière, 500 m., 15-XI-1983 (D. Matile) :
2 ex. ; Forêt de la Thi, litière, 50 m., 21 -IV-1978
(J. Gutierrez) : 1 ex. ; Mont Panié, litière,
360 m., 11-X1I-1983 (D. Matile) : 1 ex.
Localité-type : Col d’Amieu, 400 m.
Derivatio nominis : l’espèce est dédiée bien
amicalement à Monsieur Zaher Massoud.
Xenylla thiensis n. sp.
Description : longueur de l’holotype mâle
0,81 mm, de l’allotype femelle 1 mm. Bleuâtre.
Grain secondaire bien développé.
5 + 5 cornéules. Pièces buccales normales.
Ant. I avec 7 soies. Ant. II avec 10 soies. Ant. III
avec 17 soies ordinaires et un organe sensoriel
constitué de 5 soies s inégales (fig. 12) ; les 2 soies
s internes sont petites et ovoïdes, non cachées
derrière un repli du tégument ; les soies s de
garde sont épaissies, moyennes ; le microchète s
ventro-externe est très petit et allongé. Ant. IV
avec l’équipement sensoriel habituel du genre :
4 soies s subégales, ovoïdes-allongées et un
microchète s ; organite subapical très petit ;
vésicule apicale exsertile, entière et bien nette
(fig- H).
Le revêtement dorsal du corps et de la tête est
constitué de soies ordinaires épaisses, subégales
(plus longues sur l’arrière corps) et fortement
crénelées, et de soies s grêles, 2 à 2,5 fois plus
longues que les soies ordinaires voisines (fig. 10
et 14). Ventralement, les soies sont lisses, plus
fines et aiguës. Linea ventralis bien distincte sur
toute sa longueur. Tube ventral avec 4 + 4 soies.
Épines anales petites sur de petites papilles.
Griffe munie d’une dent interne au quart distal.
Deux ergots dorsaux faiblement capités par
tibiotarse. Rétinacle à 3 + 3 dents. Mucrodens
(fig. 13) avec 1 soie; le mucron est allongé, à
apex arrondi, mal séparé de la dens.
Discussion : bien que notre matériel ne nous
permette pas de contrôler tous les caractères
chétotaxiques utilisés par Gama (1969, 1980)
pour établir ses arbres généalogiques du genre
Xenylla, notre nouvelle espèce est bien caracté¬
risée par la conjonction de 4 caractères impor¬
tants :
— un caractère plésiomorphe : la soie p 2 reste
au niveau de p 1 sur th. III ;
— trois caractères apomorphes : p 3 absent sur la
tête, p 3 absent sur abd. IV, m 3 absent sur
abd. IV.
Xenylla thiensis n. sp. ne présente par ailleurs
aucune affinité avec les espèces du groupe thi¬
baudi décrites dans ce travail.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle
et I paratype 9 , Forêt de la Thi, litière, 50 m.,
21 -IV- 1978 (J. Gutierrez). Muséum national
d'Histoire naturelle. Laboratoire d'Entomologie.
Autre matériel : Nouvelle-Calédonie, Mont
Koghis, litière, 500 m., 15-XI-1983 (D. Matile) :
1 ex. femelle.
Localité-type : Forêt de la Thi, 50 m.
Derivato nominis : le nom de l’espèce fait
allusion au nom de la localité-type.
La lignée de Xenylla thibaudi
Les arbres généalogiques du genre Xenylla
proposés par Gama (1969 et 1980) montrent
l’existence d'une lignée tout à fait isolée au sein
du genre, caractérisée par une chétotaxie très
évoluée et constituée de deux sous-espèces aus¬
trales : X. thibaudi thibaudi Massoud, 1965,
décrite de la Nouvelle-Guinée et trouvée par la
suite en Australie et en Nouvelle-Calédonie et
X. thibaudi massoudi Gama, 1967, des Iles Salo¬
mon. Remarquons que la seule différence entre
les deux sous-espèces est la coloration.
Source : MNHN, Paris
Fig. 10-14. — Xtnylla ihiensis, n. sp. — 10. Chétotaxie dorsale de la tête, du thorax et des abd. I à III. — 11. Partie dorso-
apicale d'ant. IV (soies ordinaires non représentées). — 12. Organe sensoriel de l'article antennaire III. 13.
Mucrodens, différents spécimens. — 14. Chétotaxie dorsale des abd. IV à VI.
Source : MNHN, Paris
HYPOGASTRURIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
23
Outre les caractères chétotaxiques signalés par
Gama, la lignée de X. thibaudi présente plusieurs
autres synapomorphies originales parmi lesquelles :
• Un capitulum maxillaire modifié, à griffe régressée
et lamelles hypertrophiées, caractère déjà observé
par Fjellberg (1984) qui le retrouve d’ailleurs
chez X. subbellingeri Gama, 1976.
« L'absence de soie sublobale au palpe maxillaire.
• Un palpe labial modifié (cf. Massoud, 1965)
pour X. thibaudi thibaudi.
• Un organe sensoriel de l'article antennaire 111
caractérisé par le développement d’une papille
protectrice devant les deux microsensilles internes.
a 5 soies sensorielles sur l'article antennaire IV,
dont 2 sont plus épaissies que les autres.
A l’opposé, d’autres caractères morphologi¬
ques apparaissent comme plus primitifs que ceux
de la plupart des espèces du genre Xenylla :
a Absences d’ergots capités aux tibiotarses.
a Épines anales absentes ou sétiformes.
a Soies a 2 et p 2 non déplacées sur le thorax III.
Le matériel étudié nous a fourni deux espèces
nouvelles de ce groupe que nous décrivons ici.
Xenylla danieleae n. sp.
Description : longueur de l’holotype femelle :
0,64 mm. Bleuâtre. Grain secondaire développé.
5 + 5 coméules. OPA absent. Capitulum maxil¬
laire (fig. 19) à 6 lamelles longues et fines, dentée
(lamelle 1), ciliées (2, 3, 4 et 6) ou ondulée avec
quelques cils (5) ; griffe réduite à un petit
processus basal. Mandibule (fig. 17) à pars molaris
bien développée, la pars incisiva subparallèle
munie de 4 dents terminales subégales. Formule
clypéolabrale : a 0/2, 4/5, 5, 4. Soies labrales
très longues (fig. 21). Palpe labial modifié, portant
7 longues soies courbées et élargies implantées
derrière les soies papillées qui sont courtes,
droites et très fines (fig. 16). Lobe externe de la
maxille réduit, avec une soie basale et une soie
terminale, sans soie sublobale (fig. 22).
Ant. I avec 7 soies, ant. II avec 12 soies.
Ant. III avec 18-20 soies ordinaires et un organe
sensoriel constitué de 5 soies s inégales (fig. 24),
les deux microchètes internes étant protégés par
un repli tégumentaire. Ant. IV porte 6 soies s
avec un groupe dorso-exteme constitué de 2 soies s
épaisses et assez longues, 1 soie s plus fine et plus
longue et un microchète s court et trapu, et un
groupe dorso-interne de 2 soies s assez fines et
longues ; l’organite subapical est présent sous
forme d’une petite pointe, la vésicule apicale est
grande et entière (fig. 18).
Le revêtement du corps et de la tête est constitué
de soies ordinaires lisses ou faiblement crénelées,
pointues et subégales ; seuls quelques macrochètes
sont différenciés sur l’arrière-corps et sur les
sternites abdominaux. Les soies s des tergites
sont grêles et 2 à 3 fois plus longues que les soies
ordinaires voisines. La chétotaxie dorsale est
représentée sur la fig. 15. Le caractère le plus
remarquable est la présence sur abd. I et abd. II
d’une paire de grandes soies latérales qui sem¬
blent correspondre à des soies s surnuméraires.
L’abd. IV porte une paire de structures tégu-
mentaires en relief entre les soies p 2 et p 4. La
linea ventralis est bien distincte sur toute sa
longueur. Le tube ventral porte 4 + 4 soies.
L’anus est ventral. Les épines anales sont extrê¬
mement réduites, sétiformes. La griffe, longue et
fine, porte une dent interne au 2/5 distaux et une
paire de petites dents latérales au tiers basal ; il
existe un seul ergot dorsal, non capité, par
tibiotarse (fig. 23). La chétotaxie des pattes est
résumée dans le tableau suivant :
T
F
Tr
Cx
Scx2
Scxl
P I
19
12
5
3
0
1
p II
19
11
5
6
2
?2
p III
18
10
?5
7
2
3
Le mqcrodens (fig. 20) est bien développé ; la
dens porte 2 soies dorsales et un petit processus
médio-ventral ; le mucron, long et droit, est muni
d’une lamelle assez large ; il est bien séparé de la
dens. Le rétinacle possède 3 + 3 dents.
Discussion : au sein du groupe de X. thibaudi,
X. danieleae n. sp. s’isole par ses macrochètes
surnuméraires de l'abdomen I et II. S’il s’avérait
qu’il s’agit bien de soies de type « s », on aurait
alors une chétotaxie tout à fait exceptionnelle,
non seulement pour le genre Xenylla, mais pour
l’ensemble des Hypogastruridae.
Les structures tégumentaires latérales de l’abdo¬
men IV conduisent à rapprocher la nouvelle
espèce de X. thibaudi thibaudi, où elles avaient
été déjà signalées par Massoud (1965).
Source : MNHN, Paris
Fig. 15-24. — Xenylla danieleae n. sp. — 15. Chétotaxie dorsale de la tête et du corps. — 16. Labium. — 17. Mandibule.
18. Face dorsale des articles antennaires III et IV. — 19. Maxille. — 20. Mucrodens. 21. Labre. - 22. Lobe externe de
la maxille. — 23. Patte III. — 24. Organe sensoriel de l'article antennaire III.
Source : MNHN, Paris
HYPOGASTRURIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
25
Le tableau des caractères chétotaxiques essen¬
tiels présenté ci-dessous permet de replacer X.
danieleae n. sp. dans l’arbre généalogique du
genre proposé par Gama (1980) dans la lignée
thibaudi..
Chétotaxie dorsale (fig. 15)
Tête : a 0 présent ; p 1 absent ; p 2, p 3 et d 1
présents; L 1, L2 et L3 subégaux.
Thorax : th. II et III identiques (à l’exception du
microchète latéral « s » absent sur th. III) ; a 2
et p 2 non déplacés ; (a I absent; ( a 2 et I a 3
présents ; m 3 et p 3 absents.
Abdomen : m 1 et p 3 absents sur abd. IV ; a 2
absent sur abd. V.
Chétotaxie ventrale
Tête : p I et m 3 absents.
Thorax : pas de soie.
Abdomen : p 1, p 2, a 6 et peut-être p 6 absents
sur abd. II ; a 6 absent sur abd. III ; p 5
présent sur abd. III ; m 1 et m 2 n’ont pas été
observés sur abd. IV.
Matériel-type : holotype femelle et 15 para-
types sur lames. Mont Panié, litière, 360 m., 11-
XII-1983 (D. Matile), Muséum national d’His-
toire naturelle. Laboratoire d’Entomologie.
Localité-type : Mont Panié, 360 m.
Derivatio nominis : l’espèce est dédiée très
amicalement à Danièle Matile-Ferrero, qui a
réalisé pour nous les premiers échantillonnages de
faune du sol au Berlese en Nouvelle-Calédonie.
Xenylla palpa ta n. sp.
Description : longueur de Phototype femelle
0,75 mm. Bleu-violet. Tégument granuleux.
5 + 5 coméules. OPA absent. Capitulum maxil¬
laire (fig. 25) avec 6 lamelles élancées, dentées ou
ciliées ; la griffe semble réduite à un petit stylet
basal. Mandibule (fig. 28) à pars molaris bien
développée, la pars incisiva subparallèle à 4 dents
terminales subégales. Soies labrales très longues.
Palpe labial modifié (fig. 26). Lobe externe de la
maxille sans soie sublobale (fig. 31).
Antennes du type Xenylla. Ant. I avec 7 soies.
Ant. II avec 12 soies. Ant. III avec 18-20 soies
ordinaires et un organe sensoriel constitué de
5 soies s inégales (fig. 32) ; les deux soies s
internes sont épaissies et recouvertes d’un repli
tégumentaire, encadrées par deux soies s de garde
plus fines et environ deux fois plus longues ; le
microchète s dorso-latéral est très court. Ant. IV
avec 6 soies s dont un groupe dorso-exteme cons¬
titué de 2 soies épaisses et assez longues, 1 soie s
plus fine et plus longue et un microchète s court
et trapu, et un groupe dorso-interne constitué de
2 soies s assez fines et longues ; l’organite
subapical est présent, la vésicule apicale est
entière (fig. 29).
Le revêtement du corps et de la tête est
constitué de soies ordinaires faiblement créne¬
lées, assez courtes ; quelques macrochètes sont
différenciés sur l’arrière-corps et sur les sternites
abdominaux. Les soies s des tergites sont 2 à
4 fois plus longues que les soies ordinaires
voisines. Absence de macrochètes dorso-latéraux
sur abd. I et II. L’abdomen IV porte une
structure postéro-axiale en relief constituée par
une bosse tégumentaire avec des grains plus
forts ; les soies p 1 et p 2 sont situées sur cette
bosse (fig. 27).
La linea ventralis est bien distincte sur toute sa
longueur. Le tube ventral porte 4 + 4 soies. L’anus
est ventral. Les épines anales sont absentes. La
griffe, longue et fine, porte une dent interne aux
2/5 distaux, une paire de dents latérales au tiers
basal et une minuscule dent dorsale à la moitié
de la crête externe, visible sur la griffe en vue
dorsale. Il existe un seul ergot dorsal, non capité,
par tibiotarse (fig. 33).
Le mucrodens (fig. 30) est bien développé ; la
dens porte 2 soies dorsales et un petit processus
médio-ventral ; le mucron, long et droit, est bien
séparé de la dens. Le rétinacle possède 3 +
3 dents.
Discussion : les deux seuls exemplaires disponi¬
bles ne nous ont pas permis de préciser tous les
caractères nécessaires pour placer notre nouvelle
espèce sur l’arbre généalogique de Gama (1980).
Toutefois, nous soulignerons que X. palpata
n. sp. appartient, sans conteste, à la lignée
thibaudi par sa chétotaxie dorsale, antennaire,
tibiotarsale et par la modification très caractéris¬
tique de ses pièces buccales. La structure de son
tergite abdominal IV, muni d’une bosse postéro-
médiane, et l’absence d’épines anales isolent la
nouvelle espèce au sein du groupe thibaudi.
Source : MNHN, Paris
Fig. 25-33. — Xenylla palpant n. sp. - 25. Maxille. — 26. Labium. - - 27. Chélolaxie dorsale de la tête et du corps.
28. Mandibule. 29. Face dorsale des articles antennaires III et IV. 30. Mucrodens. 31. Lobe externe de la
maxille. — 32. Organe sensoriel de l'article antennaire III. — 33. Patte II.
Source : MNHN, Paris
HYPOGASTRUR1DAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
27
Matériel-type : holotype femelle et paratype
femelle. Monts Koghis, litière, 500 m„ 15-XI-
1983 (D. Matile), Muséum national d'histoire
naturelle. Laboratoire d’Entomologie.
Localité-type : Monts Koghis, 500 m.
Derivatio nominis : le nom de l’espèce fait
allusion au grand développement des palpes
labiaux.
Xenylla thibaudi thibaudi Massoud, 1965
Matériel étudié : Nouvelle-Calédonie, st. 113 a,
Mt. Table Unio, forêt humide, 500 m., 31-X-
1986 (A. & S. Tillier), 5 ex. montés sur lame.
Nouvelle-Guinée, Hollandia, forêt près de la
rivière Noebai, litière, 2-11-54, holotype et 5 para-
types.
Remarques. Nous avons comparé les exem¬
plaires néo-calédoniens avec le matériel-type de
Nouvelle-Guinée. Tous les caractères sont sem¬
blables, à l’exception de la couleur qui est bleu-
violet chez nos individus.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
3
Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie
2. Dinaphorura matileorum n. sp.
(Onychiuridae Tullbergiinae)
Judith Najt
Muséum national d’Histoire naturelle
Laboratoire d'Entomologie, CNRS UA 42
45, rue Buflon
75005 Paris
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Dinaphorura matileorum n. sp. est décrite de Nou¬
velle-Calédonie. Cette nouvelle espèce est morphologi¬
quement proche de D. harrisoni Bagnall, d’Australie,
et de D. kerguelensis Deharveng, de Kerguélen. Une
clé est donnée de toutes les espèces du genre.
Dinaphorura matileorum n. sp. is described from
New Caledonia. This new species is morphologically
allicd to D. harrisoni Bagnall, from Australia, and
D. kerguelensis Deharveng, from Kerguelen. A key to
ail species of the genus is provided.
Najt, J., 1988. — Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 2. Dinaphorura matileorum n. sp.
(Onychiuridae Tullbergiinae). In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1. Mém. Mus. nain. Hist.
nat., (A), 142 : 29-32. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
30
JUDITH NAJT
En 1978, nous avions publié un travail sur le
genre Dinaphorura Bagnall, 1935, avec une nou¬
velle diagnose du genre et avec une révision
des espèces d’Amérique du Sud. Par la suite,
Deharveng (1981) décrivit une nouvelle espèce
de Plie de Kerguélen.
Dans ce travail nous décrivons une nouvelle
espèce de Dinaphorura provenant de Nouvelle-
Calédonie. Nous présentons aussi une clé des
espèces avec leur distribution géographique.
Dinaphorura matileorum n. sp.
Description : longueur de Phototype c? 1,25 mm.
Couleur blanche. Grains tégumentaires de deux
types : primaires et secondaires, ceux-ci plus forts
vers l'arrière du corps.
Article antennaire I avec 7 soies, article anten-
naire II avec 11 soies. Organe sensoriel de
l'article antennaire III constitué par 2 petites
sensilles internes en forme de francisque, de
2 sensilles de garde, élargies par des expansions
et des côtes transversales au rachis, d’une sensille
dorso-inteme subcylindrique et d’une sensille
ventro-externe du même type que celles de garde.
L’article antennaire IV (fig. 3) porte des soies
ordinaires à apex aigu ou à apex arrondi, 7 sen¬
silles longues, fines, subcylindriques, dont 4 en
position dorso-interne et 3 en position dorso-
exteme (une est plus épaisse) ; la microsensille
ainsi que l'organite subapical sont présents ; la
vésicule apicale est indistincte. La séparation
entre les III e et IV e articles antennaires est visible
sur la face ventrale. Rapport Ant. I : Il :
III + IV = 1 : 1,25 : 3,25.
Organe postantennaire allongé, avec 18-21 vési¬
cules disposées en deux rangées obliques à l’axe
et 4 soies de garde (fig. 4).
Tibiotarses I, II, III, avec 15, 15, 14 soies.
Griffes sans dent ; appendice empodial net, petit,
triangulaire. Sternites thoraciques avec 0, 1,
1 soies par demi-stemite.
Tube ventral avec 5 + 5 soies. Rétinacle et
furca absents.
Abdomen VI portant 2 épines anales sur des
papilles nettes et 7 processus spiniformes dis¬
posés de la manière suivante : 2 dorso-médians,
2 + 2 latéro-dorsaux et 1 processus impair,
médio-ventral ; cette disposition est classique
parmi les espèces à 7 processus spiniformes.
Rapport E. A. : G, u = 1,4 : 1.
Chétotaxie dorsale représentée dans les figures
1 et 2. Les soies sensorielles « s » et sensilles « s' »
(thorax II et III) sont toujours présentes. Les
soies sensorielles sont peu différentes des soies
ordinaires, sauf à partir du III e segment abdomi¬
nal jusqu’au V e segment, ainsi que sur le sternite
abdominal V (fig. 5). Elles sont alors plus
épaisses avec des bandes hélicoïdales.
Formule pseudocellaire : 11/011/11111. Les
pseudocelles du thorax et de l’abdomen sont en
position dorso-inteme.
Discussion : Parmi toutes les espèces de Dina¬
phorura sans pseudocelle au thorax I et avec
7 processus spiniformes et 2 épines anales,
la nouvelle espèce est proche de D. harrisoni
Bagnall, 1947. Elle se différencie par la pré¬
sence chez D. harrisoni d’une vésicule apicale
simple au IV e article antennaire, par le rapport
de la longueur des articles antennaires (1 : 1,2 :
4,2) et par le nombre de vésicules à l’organe
postantennaire (24). D. matileorum n. sp. se
rapproche de D. kerguelensis Deharveng, 1981,
mais cette espèce possède des pseudocelles au
thorax I.
Matériel-type : holotype S et paratype <$, Col
de Petchecara, litière sur pente, près de la
cascade, 400 m., l-XII-1983 (D. Matile) in coll.
Muséum national d’Histoire naturelle. Labora¬
toire d’Entomologie.
Autre matériel : Nouvelle-Calédonie : St. 294 a.
Mont Panié, forêt humide d’altitude, Agathis sur
schistes, 1 350 m., 18-XI-1986 (J. Chazeau & A.
& S. Tillier) : un exemplaire S et un exemplaire
Ç, Muséum national d’Histoire naturelle. Labo¬
ratoire d’Entomologie.
Localité-type : Col de Petchecara, 400 m.
Derivatio nominis : cette espèce est dédiée bien
amicalement à Danièle et Loïc Matile.
Clé des espèces du genre Dinaphorura
1 — Formule pseudocellaire 11/111/11111. 2
1' — Formule pseudocellaire 11/011/11111. 4
2 — Abd. VI avec 2 épines anales et 5 processus
spiniformes. 3
2' Abd. VI avec 2 épines anales et 7 processus
Source : MNHN, Paris
Fig. 1-5. — Dinaphorura matileorum n. sp. — I. Chétotaxie dorsale de la tête, thorax 1-111 et abdomen I. 2. Chétotaxie
dorsale des abdomen Il-VI. — 3. Chétotaxie de la face dorsale des articles antennaires III et IV avec un détail de
l'organite subapical. — 4. Pseudocelle et organe postantennaire. — 5. Chétotaxie des sternites abdominaux V et VI.
Source : MNHN, Paris
32
JUDITH NAJT
spiniformes disposés de la manière suivante :
2 dorso-médians, 1 + 1 latéro-dorsaux, 1 impair
médio-ventral. Vésicule apicale de l'Ant. IV
simple. OPA allongé, avec 20 vésicules ; 0,9 mm.
Nouvelle-Zélande .
. nova-iealandiae Womersley. 1935
OPA triangulaire, avec 11-13 vésicules. Vésicule
apicale de l'Ant. IV indistincte. Appendice
empodial court, triangulaire. 1 à 1,6 mm. Ker-
guélen. kerguelensis Deharveng, 1981
OPA allongé, avec 28-30 vésicules. Vésicule
apicale de l’Ant. IV simple, petite. Appendice
empodial absent ou très réduit. 1,95 mm.
Australie du Sud ; Nouvelle-Zélande.
. diversispina Womersley, 1935
Abd. VI avec 2 épines anales et 5 processus
spiniformes. 5
Abd. VI avec 2 épines anales et 7 processus
spiniformes. 6
Processus spiniformes de l’Abd. VI disposés
de la manière suivante : 2 + 2 latéro-dorsaux,
1 impair médio-ventral. Vésicule apicale de
l’Ant. IV bilobée. OPA allongé, avec 12-20 vési¬
cules. Appendice empodial absent. 1,6 mm.
Chili . magellanica Rubio, 1974
Processus spiniformes de l’Abd. VI disposés
de la manière suivante : 2 dorso-médians, 1 + 1
latéro-dorsaux, 1 impair médio-ventral. Vési¬
cule apicale de l’Ant. IV simple. OPA triangu¬
laire, avec 10-11 vésicules. Appendice empodial
absent. 0,85 à 0,95 mm. Chili.
. jarai Najt & Rubio, 1978
6 — OPA allongé, avec 18-30 vésicules. 7
6' — OPA triangulaire avec 12-15 vésicules. Vésicule
apicale de l’Ant. IV simple. Appendice empo¬
dial rudimentaire. 0,7 à 1,15 mm. Argentine;
Chili . americana Rapoport, 1962
7 — OPA avec 30 vésicules. Vésicule apicale de
l’Ant. IV petite, simple. Appendice empodial
absent en p„ petit en p, et p,. 1,4 mm. Nouvelle-
Zélande. laterospina Salmon, 1941
7' - OPA avec moins de 25 vésicules. 8
8 — Vésicule apicale de l’Ant. IV indistincte. OPA
avec 18-21 vésicules. Appendice empodial petit,
triangulaire. 1,25 mm. Nouvelle-Calédonie..
. matileorum n. sp.
8' — Vésicule apicale de l’Ant. IV présente ... 9
9 — Vésicule apicale de l’Ant. IV trilobée. OPA avec
22-24 vésicules. Appendice empodial très rudi¬
mentaire. 1 à 1,8 mm. Argentine.
. spinosissima (Wahlgren), 1906
9' — Vésicule apicale de l’Ant. IV petite, simple.
OPA avec 22-24 vésicules. 1,2 mm. Australie..
. harrisoni Bagnall, 1947
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Source : MNHN, Paris
4
Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie
3. Deux espèces nouvelles de Brachystomella
(Neanuridae Brachystomellinae)
Judith N A jt* & Jean-Marc Thibaud**
* Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'EntomoIogie, CNRS UA 42
45, rue Buffon
75005 Paris
** Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Écologie générale
4, avenue du Petit Château
91800 Brunoy
RÉSUMÉ
Deux nouvelles espèces de Nouvelle-Calédonie sont
décrites : Brachystomella unguilongus et B. insulae.
B. unguilongus est morphologiquement proche de
B. mauriesi Thibaud & Massoud, de la Guadeloupe, et
de B. stachi Mills, des USA, de la Guadeloupe et de la
Martinique. B. insulae est proche de B. christianseni
(Nouvelle-Guinée), agrosa Wray (Grandes et Petites
Antilles. Brésil), parvula (Shaëffer) (Europe, Amérique
du Nord) et terrafolia Salmon (Nouvelle-Zélande).
ABSTRACT
Two new species are described from New Caledonia :
Brachystomella unguilongus and B. insulae. B. ungui¬
longus is morphologically allied to B. mauriesi Thi¬
baud & Massoud. from Guadeloupe, and B. stachi,
first described from the USA, and found later in Guade¬
loupe and Martinique. B. insulae is allied to B. chris¬
tianseni Massoud (New Guinea), agrosa (Greater and
Lesser Antilles, Brazil), parvula (Schaëffer) (Europe,
North America) and terrafolia Salmon (New Zealand).
Najt, J. & Thibaud, J.-M., 1988. — Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 3. Deux
espèces nouvelles de Brachystomella (Neanuridae Brachystomellinae). In : S. Tillier (ed.), Zoologia
Neocaledonica, Volume 1. Mêm. Mus. nain. Hist. nat., (A), 142 : 33-37. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
34
JUDITH NAJT ET JEAN-MARC THIBAUD
Le genre Brachystomella comprenant, à l’heure
actuelle, 40 espèces est surtout représenté en
Amérique néotropicale (23) et en Australie (7)
(Najt et Palacios-Vargas, 1986; Greenslade
et Najt, 1987). Nous décrivons ici deux nouvel¬
les espèces de Nouvelle-Calédonie.
Brachystomella unguilongus n. sp.
Description : longueur de 0,6 à 0,7 mm.
Couleur bleu-violet. Grain tégumentaire fort.
Antennes plus courtes que la diagonale cépha¬
lique. Article antennaire I avec 7 soies, II avec
11 soies et une petite sensille subcylindrique.
L'organe sensoriel III est constitué de deux
petites sensilles arrondies, de deux sensilles de
garde longues et épaisses et d'une petite sensille
ventro-externe (fig. 4). Le IV e article antennaire
porte 5 longues sensilles subcylindriques, une
très petite sensille dorso-externe, un petit orga¬
nite subapical et des soies ordinaires à apex aigu
ou arrondi (fig. 4). Il n’y a pas de râpe senso¬
rielle. La vésicule apicale est trilobée. La sépara¬
tion entre les III e et IV e articles est visible
seulement face ventrale.
8 + 8 coméules de gros diamètre. Organe
postantennaire avec 4 vésicules périphériques
(fig. 5). Les coméules sont d’un diamètre supé¬
rieur à celui de l’organe postantennaire. Rapport
organe postantennaire : cornéule antérieure :
cornéule postérieure = 1 : 1,4 : 1,1.
Maxille de type Brachystomella , avec 8 dents,
cf. fig. 3.
Tibiotarses I, II et III avec, respectivement, 18,
18 et 17 soies dont un ergot à apex légèrement
capité (fig. 6). Griffes longues et fines, avec une
dent interne submédiane (fig. 6). Sternites thora¬
ciques sans soie. Rapport tibiotarse et prétarse :
griffe III = 0,9 : 1.
Tube ventral avec 3 + 3 soies. Rétinacle avec
3 + 3 dents, sans soie sur le corps.
Dens avec 6 soies ; mucron droit, à apex
arrondi, avec une lamelle interne granuleuse
(fig. 7). Rapport manubrium : dens ; mucron :
griffe III = 1,85 : 1,85 : 1 : 1,85.
Chétotaxie dorsale, cf. fig. 1-2. Formule des
sensilles par demi-tergite : 022/11111.
Discussion : par la présence de griffes très
longues, notre nouvelle espèce se rapproche de
B. mauriesi Thibaud & Massoud, 1983, de
Guadeloupe, et de B. stachi Mills, 1934, des
États-Unis d’Amérique et retrouvée ensuite en
Guadeloupe et en Martinique. La première
espèce se différencie de la nôtre par une vésicule
apicale simple et des sensilles indistinctes au IV e
article antennaire, par un organe postantennaire
à 6 vésicules et par des coméules plus petites, par
la présence sur les griffes de dents latérales, par
une dens avec 5 soies, un mucron en forme de
cuillère et par sa couleur blanche. La seconde
espèce, B. stachi , se différencie de la nôtre par
une vésicule apicale simple au IV e article anten¬
naire, par une maxille avec 10 dents étirées et
pointues et par la formule sensillaire 022/21111
par demi-tergite.
Matériel-type : holotype ? et 9 paratypes.
Col d’Amieu, forêt humide, litière, 13-1II-1986
(J. Boudinot), déposés au Muséum national
d'Histoire naturelle. Laboratoire d’Entomologie.
Autre matériel étudié : Nouvelle-Calédonie,
Mont Panié, litière, 11 -XII-1983 (D. Matile) :
3 exemplaires.
Localité-type : Col d’Amieu.
Derivatio nominis : le nom fait allusion aux
longues griffes de cette espèce, sans doute une
adaptation aux milieux humides.
Brachystomella insulae n. sp.
Description : longueur de 0,6 à 0,8 mm.
Couleur violette. Grain tégumentaire fort.
Antennes plus courtes que la diagonale cépha¬
lique. Article antennaire I avec 7 soies, II avec
12 soies. L’organe sensoriel III est constitué de
deux petites sensilles arrondies, de deux sensilles
de garde longues et légèrement épaissies et d’une
petite sensille ventro-externe (fig. 14-15). Le IV e
article antennaire porte 5 longues fines sensilles,
une très petite sensille dorso-externe, un petit
organite subapical et des soies ordinaires à apex
aigu ou arrondi (sensilles?) (fig. 15). Petite râpe
sensorielle composée de 8 soies tronquées. La
vésicule apicale est simple. La séparation entre
les III e et IV e articles est visible seulement face
ventrale.
8 + 8 coméules. Organe postantennaire avec 6
à 7 vésicules périphériques (fig. 11). La plus
Source : MNHN, Paris
3
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Fig. 1-7. Brachysiomella unguilongus n. sp. — 1. Chétotaxie dorsale des thorax II, III, et abdomen I-VI. — 2. Chétotaxie
dorsale de la tête et du thorax I. — 3. Maxille. — 4. Chétotaxie de la face dorsale des articles antennaires III et IV. —
5. Organe postanlennaire et coméules. — 6. Patte III. — 7. Dens et mucron.
Source : MNHN, Paris
10
Fig. 8-16. Brachystomella insulae n. sp. — 8. Chétotaxie dorsale des thorax II, III, et abdomen I-VI. 9. Chétotaxie
dorsale de la tête et du thorax I. 10. Maxille. - 11. Organe postantennaire et cornéules. 12 et 13. Dens et
mucron. - 14. Organe sensoriel de l'article antennaire III. — 15. Chétotaxie de la face dorsale des articles antennaires III
et IV. — 16. Patte I.
Source : MNHM, Paris
BRACHYSTOMELLA DE NOUVELLE-CALÉDONIE
37
grande longueur de l'organe postantennaire est
égale à 2-2,8 fois celle d’une cornéule.
Maxille de type Brachyslomella , avec 6 dents,
cf. fig. 10.
Tibiotarses I, II et III avec, respectivement, 18,
18 et 17 soies dont un ergot à apex non capité
(fig. 16). Griffes trapues, avec une dent interne et
2 dents latérales (fig. 16). Sternites thoraciques
sans soie. Rapport tibiotarse-prétarse : griffe III
= 2 : 1 .
Tube ventral avec 3 + 3 soies. Rétinacle avec
3 + 3 dents, sans soie sur le corps.
Dens avec 5 soies (fig. 12-13) ; mucron droit, à
apex légèrement arrondi avec une lamelle ven¬
trale lisse. Rapport manubrium : dens : mucron :
griffe III = 2,75 : 2,37 : 1 : 1,12.
Chétotaxie dorsale, cf. fig. 8-9. Formule des
sensilles : 022/21111 par demi-tergite. Remar¬
quons que cette espèce présente une chétotaxie
plus réduite par rapport à la norme des Brachys-
tomella.
Discussion : notre nouvelle espèce se rap¬
proche de B. christianseni Massoud, 1965, de
Nouvelle-Guinée, de B. agrosa Wray, 1953, des
Grandes et Petites Antilles et du Brésil, de B.
parvula (Schaeffer, 1896) d'Europe et d'Am¬
érique du Nord et de B. terrafolia Salmon, 1944,
de Nouvelle-Zélande.
B. christianseni diffère de notre nouvelle
espèce par le nombre de vésicules à l'organe
postantennaire (4), par le nombre de soies à la
dens (6), par la forme des griffes, moins trapues,
et par l'absence de dents latérales sur les griffes.
B. agrosa diffère de notre espèce par le nombre
de vésicules à l'organe postantennaire (4), par le
nombre de dents sur la maxille (9 à 10), par la
vésicule apicale trilobée sur l’article antennaire
IV et par sa chétotaxie dorsale.
B. parvula et B. terrafolia diffèrent de notre
espèce par leur formule sensillaire : 022/11111
par demi-tergite et par leurs chétotaxies dorsales.
De plus. B. terrafolia ne présente pas de dents
latérales sur les griffes.
Matériel-type : holotype 2 et paratype ?, Forêt
de la Thi. 50 m.. litière. 21-IV-1978 (J. Gutier-
rez) déposés au Muséum national d'Histoire
naturelle, Laboratoire d’Entomologie.
Localité-type : Forêt de la Thi, 50 m.
REMERCIEMENTS
Nous remercions bien sincèrement M llc Marie-
Ange Delamare pour la frappe de nos manus¬
crits.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Greenslade, P. & Najt, J., 1987. - Collemboles
Brachystomellinae de l'Australie. I. Les genres Bra-
chystomella et Rapoportella. Ann. Soc. Entomol. Fr.
(N. S.), 23 (4) : 435-453.
Massoud, Z., 1967. Monographie des Neanuridac,
Collemboles Poduromorphes à pièces buccales modi¬
fiées. Biologie de l'Amérique Australe (Delamare
Deboutteville & Rapoport ed.), C.N.R.S.. Paris. 3 :
7-399.
Massoud. Z. & Thibaud, J.-M.. 1980. — Les Collem¬
boles des Petites Antilles. II. — Neanuridae. Rev.
Eco!. Biol. Sol. 17 (4) : 591-605.
Najt, J. & Palacios-Vargas, J. G., 1986. — Nuevos
Brachystomellinae de México (Collembola, Neanu¬
ridae). Nouv. Rev. Entomol., (N. S.), 3 (4) : 457-471.
Thibaud, J.-M. & Massoud, Z.. 1983. — Les Collem¬
boles des Petites Antilles. III. — Neanuridae (Pseu-
dachorutinae). Rev. Ecol. Biol. Sol. 20 (1) : 111-129.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
5
Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie
4. Friesea neocaledonica n. sp.
(Neanuridae Frieseinae)
José G. Palacios-Vargas
Facultad de Ciencias, UNAM
Departamento de Biologia
Laboratorio de Acarologia
04510 Mexico, D.F.
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Description de Friesea neocaledonica n. sp., de
Nouvelle-Calédonie. La nouvelle espèce est comparée
à certaines autres espèces du genre, morphologique¬
ment proches.
Description of Friesea neocaledonica n.sp., is de-
scribed from New Caledonia. The new species is
compared to some other spccies, morphologically allied,
of the genus.
Palacios-Vargas, J. G., 1988. — Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 4. Friesea
neocaledonica n. sp. (Neanuridae Frieseinae). In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1. Mèm.
Mus. nain. Hist. nat.. (A), 142 : 39-43. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
40
JOSÉ G. PALACIOS-VARGAS
Dans le genre Friesea ont été décrites plus de
cent espèces habitant une grande diversité de
milieux. Si le genre a une très large répartition,
on ne le connaît cependant pas de l’Océanie.
Nous décrivons ici une nouvelle espèce présen¬
tant des caractères exceptionnels, dont on peut
difficilement établir les relations et affinités avec
les autres formes.
Friesea neocaledonica n.sp.
Description : longueur, n = 10; 680 ^m (530-
930 jim). Couleur violet foncé. Plaque oculaire
noire.
Soies dorsales longues (9-33 jim) ; celles des
derniers segments abdominaux sont plus longues et
fortement capitées. Les soies sensorielles (26 jj.m)
et les soies ventrales (13 |xm) sont lisses et aiguës
(fig- O-
Ant. I avec 7 soies dorsales, Ant. Il avec
13 soies, Ant. III avec 19 soies; organe senso¬
riel III formé de deux microsensilles coudées,
deux sensilles de garde de même longueur et une
microsensille ventrale. Ant. IV, soudée dorsale-
ment au III, avec 6 sensilles subégales ; vésicule
apicale simple, une microsensille dorso-externe et
un organite sensoriel subapical (fig. 2).
Plaque oculaire avec 8 + 8 coméules. Capitulum
maxillaire avec 2 dents subapicales et 2 lamelles
dont la plus grande avec 5 dents (fig. 3). Man¬
dibules avec 7-8 dents (fig. 4). Chétotaxie du
labre et du labium normale pour le genre
(Massoud, 1967); deux soies postlabiales.
La chétotaxie dorsale est illustrée dans la
figure 7. Signalons que le Th. II porte une
microsensille (m'). La chétotaxie ventrale est
illustrée dans la figure 9.
La chétotaxie des coxas, trochanters, fémurs et
tibiotarses (I-III) est : 3, 8, 8 ; 5, 5, 4 ; 11, 10, 10 ;
18, 18, 17. Présence d’ergots capités : 3 dorsaux
et 5 ventraux à chaque tibiotarse (un dorsal est
plus fort). Griffe sans dents (fig. 5-6) de même
longueur que l’épine anale m 1. Tube ventral
avec 4 + 4 soies. Pas de rétinacle, ni de furca
(état V de Cassagnau, 1958).
Abd. VI avec 5 épines anales légèrement
courbées, en position a l, a 2, m 1, m 2 et p 0. Les
épines anales a et pO sont plus petites et moins
grosses que les m ; relation m : a = 1 : 0,66.
Femelle avec 11-12 soies circumgénitales et
2 + 2 eugénitales ; mâles avec 19-20 soies cir¬
cumgénitales et 4 + 4 eugénitales (fig. 10). Il y a
11 soies dans chaque valve anale, dont une
capitée et une paire de sétoles (fig. 9).
Variabilité : nous avons observé un exemplaire
présentant une asymétrie de la chétotaxie sur le
segment abdominal IV, un autre, tératologique,
sans épine anale, un troisième avec 6 épines
anales et un quatrième où une valve anale
manque complètement.
Matériel-type : holotype 9 et paratypes. Mont
Panié, sommet, St. 295 a, 1620 m.. Maquis, Aga-
this-Araucaria (J. Chazeau & A. & S. Tillier) :
dix paratypes femelles et mâles en lames et 12
dans l’alcool dans la collection de l’auteur ;
holotype 9 sur lame et 30 paratypes dans l’alcool
au Laboratoire d’Entomologie du Muséum natio¬
nal d’Histoire naturelle.
Localité-type : Mont Panié, 1 620 m.
Derivatio nominis : de la localité-type.
Discussion : Friesea neocaledonica n. sp., avec
cinq épines anales, se rapproche des espèces sui¬
vantes : F. montana Cassagnau, 1956 (France) ;
F. tourratensis Cassagnau, 1958 (France); F.
quinquespinosa Wahlgren, 1900 (Groenland) ;
F. quinta et F. millsi Christiansen & Bellinger,
1974 (États-Unis d’Amérique); F. bodenheimeri
Borner, 1927 (Palestine); F. macuillimitl Pala-
cios-Vargas, 1986 (Mexique) ; F. coiffaiti Cassa¬
gnau & Delamare Deboutteville, 1955 (Liban)
et F. pentacantha Mills, 1934 (États-Unis d’Amé¬
rique). Cependant, toutes ces espèces ont une
furca réduite, à l’exception des deux dernières,
où celle-ci est complètement absente, comme
dans la nouvelle espèce décrite ci-dessus.
La différence la plus claire entre F. neocaledonica
n. sp. et les autres espèces avec cinq épines anales
porte sur la position de ces dernières. Dans cette
nouvelle espèce elles sont ainsi disposées : a 1,
ml et p 0 et dans les autres en : a 1, a 2 et p 0 ;
de plus, les épines a et m sont de différentes
longueur et grosseur.
Par la forme et la distribution des soies, la
nouvelle espèce ressemble à F. sensillata Pala-
cios-Vargas & Diaz, 1986 du Vénézuela, mais
dans cette dernière manquent les épines anales.
La nouvelle espèce partage beaucoup de caractères
avec F.jeanneli Denis, 1947, des Iles Kerguelen :
absence de furca, présence de soies très forte¬
ment capitées, mais F.jeanneli a 14 épines anales.
Source : MNHN, Paris
FRIESEA NEOCALEDONICA N. SP.
41
Fig. 1-6. — Friesea neocaledonica n. sp. — I. Différents types de soies. — 2. Antennites III et IV. 3. Maxillc.
4. Mandibule. — 5. Fémur et tibiotarse I. — 6. Tibiotarse III.
Source : MNHN, Paris
42
JOSÉ G. PA LACIOS-VARGAS
Source : MNHN, Paris
FRIESEA NEOCALEDONICA N. SP.
43
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Cassagnau, P., 1958. — Les espèces européennes du
genre Friesea (Collemboles : Poduromorphes). Bull.
Soc. Hist. nat. Toulouse. 93 : 18-29.
Massoud, Z., 1967. — Monographie des Neanuridae.
Collemboles Poduromorphes à pièces buccales modi¬
fiées. Biologie de l'Amérique australe (Delamare
Deboutteville & Rapoport ed.), CNRS, Paris, 3 :
1-399.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
6
Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie
5. Deux genres nouveaux de Neanurinae (Neanuridae)
Louis Deharveng
Université Paul Sabatier
Laboratoire de Zoologie, CNRS UA 333
Ecobiologie des Arthropodes Edaphiques
118, route de Narbonne
31062 Toulouse
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Deux nouveaux genres de Neanuridae Neanurinae
sont décrits : Parectonura et Caledonura. Pareclonura
présente de fortes similitudes avec Ectonura, mais ses
affinités phylogénétiques ne peuvent encore être
définies. Caledonura se rapproche de Pareclonura ,
dont il diffère cependant par des caractères impor¬
tants. Les deux nouveaux genres représentent sans
doute une lignée vicariante des Australonura d'Aus¬
tralie et de Nouvelle-Guinée.
Two new généra belonging to the Neanuridae are
described : Pareclonura and Caledonura. Pareclonura
is very similar to Ectonura, but its phylogenetic
relationships cannot be presently defined. Caledonura
is close to Pareclonura, from which is diflfers neverthe-
less by important States of characters. The two new
généra probably represent a vicariant lineage of the
Australonura from Australia and New Guinea.
Deharveng, L., 1988. — Collemboles Poduromorpha de Nouvelle-Calédonie. 5. Deux genres nouveaux
de Neanurinae (Neanuridae). In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1. Mêm. Mus. nain. Hist.
nat., (A), 142 : 45-52. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
46
LOUIS DEHARVENG
Le riche matériel de faune édaphique récolté
par les chercheurs du Muséum national d’His-
toire naturelle dans le cadre de l’Action spé¬
cifique « Évolution et Vicariance en Nouvelle-
Calédonie » nous apporte les premières informa¬
tions significatives sur les Collemboles Neanu-
rinae de Nouvelle-Calédonie.
Deux grandes lignées sont représentées : la
lignée lobellienne et une lignée, issue manifes¬
tement des Paleonura, qui présente quelques
similitudes avec les Ectonura Cassagnau, 1980,
sud-africains. L’absence du genre Australonura
Cassagnau, 1980, dans les collections examinées
est d'autant plus étonnante qu’il est bien diver¬
sifié dans les régions voisines (Australie, îles
Salomon, Nouvelle-Guinée et Nouvelle-Zélande),
et que les seuls Neanurinae décrits à ce jour
de Nouvelle-Calédonie sont le lobellien Lobellu
(Propeanura) araucariae Yosii, 1960, et Austra-
lonura novaecaledoniae (Yosil, 1960) (= Neanura
novaecaledoniae Yosii, 1960), comb. nov„ tous
deux de l’île des Pins.
Au sein de ces deux grands ensembles, on
observe une diversification remarquable des struc¬
tures morphologiques (tuberculisation et chéto-
taxie en particulier) qu’il conviendra de traduire
par l’établissement de nouveaux cadres généri¬
ques. A ce niveau, on se heurte toutefois à
l’évolution en continuum au sein de l’immense
ensemble paléonurien primitif, et à notre mécon¬
naissance de la structure taxonomique des lobel-
liens. Dans un premier temps, seuls les genres les
mieux caractérisés pourront donc être décrits ;
les deux genres que nous proposons dans cet
article ( Caledonura n. g. et Parectonura n. g.)
appartiennent à cette dernière catégorie.
Parectonura n. gen.
Diagnose : Neanurinae dépourvu de pigment
bleu hypodermique et de pigment oculaire. Habi¬
tus trapu. Tubercules dorsaux bien différenciés ;
grain tertiaire fort ; pas de réticulations nettes.
Soies ordinaires dorsales fortes, ciliées. Chéto-
taxie des tergites réduite, sans soies s surnumé¬
raires. 2 + 2 cornéules. Soie s 7 d’Ant. IV non
hypertrophiée. Pas de soies surnuméraires dor¬
sale sur Ant. IV. Chétotaxie labrale ?2,4. Pièces
buccales réduites, de type suceur. Six tubercules
céphaliques : Cl, 2 (2 An + Oc), (2 Di + 2 De)
et 2 (DI + L + So) ; le tubercule frontal est
absent. Les soies A et Di 1 sont absentes sur la
tête. Sur Th. I et Abd. IV. les soies dorso-
internes sont absentes; sur Abd. I à III, elles
sont soit absentes, soit réduites à des embases
vestigiales ; sur tous ces tergites. les tubercules
dorso-internes sont absents ou très réduits. Tuber¬
cules dorso-internes d’Abd. V fusionnés sur l’axe
médian. Griffe inerme.
Espèce-type : Parectonura ciliata n. sp.
Derivatio nominis : le nom du genre rappelle
certaines similitudes avec les Ectonura sud-afri¬
cains.
Parectonura ciliata n. sp.
Matériel et localité-type : holotype femelle et
I paratype mâle : Nouvelle-Calédonie, Mont
Paniè, station 294 b, pente est. 1 350 m., forêt
humide d’altitude. Agathis sur schistes, 24-VI-
1987 (A. Tillier & C. Ihily).
Holotype déposé au Muséum national d’His-
toire naturelle, paratype dans la collection de
l’auteur.
Description : longueur : 0.6-0.9 mm. Habitus
trapu, convexe, rappelant certains Vitronura.
Coloration blanche en alcool, yeux non pig¬
mentés. Tubercules dorsaux bien développés ; sur
les tergites, ils sont constitués de 5 (parfois 4)
tubercules élémentaires disposés en rosette autour
du macrochète de chaque groupe de soies. Les
tubercules élémentaires sont le plus souvent
indiqués par un grain tertiaire fort, sans réticu¬
lation bien nette. Soies ordinaires dorsales de
4 types : macrochètes épais, assez longs, densé¬
ment ciliés-écailleux de tous côtés sur les 3/4 de
leur longueur (fig. 7-8) ; macrochètes plus courts,
à cils moins nombreux et disposés d’un seul
côté ; macrochètes semblables aux macrochètes
ventraux, lisses et aigus (ces 2 derniers types sur
la partie latérale des tergites. fig. 3-5) ; micro-
chètes très petits (soies G sur la tête), parfois
réduits à leur seule embase (Di 1 de Abd. I à
Abd. III). Soies s fines, lisses, assez longues.
Tête (tab. 1 et fig. 1). 2 + 2 cornéules de petite
taille. Antennes trapues. On note 2 gros macro¬
chètes ciliés écailleux sur Ant. I, les autres soies
ordinaires de l’antenne étant lisses et aiguës.
Soies de garde de l’organite d’Ant. III inégales.
Source : MNHN, Paris
1
1 . ^ Bf x , kU? r f ?i' ara S ?i — ' Çhélotaxie et tubercules dorsaux ; 2. Ant. IV en vue dorsale (1 à 8 • soies s 1 à
s 8) ; 3. Tubes latéraux d Abd. Il et III; 4. Tibiotarse et griffe de PI 5 Tubercule latéral d Abd IV fi W
antegemtale chez le mâle; 7. Tubercule (Di + Di) d'Abd. 8 V ; 8. Dé'aii Jun macrihète Di d’AW. V
Source : MNHN, Paris
48
LOUIS DEHARVENG
Tableau 1. — Parectonura ciliata n. gen., n. sp.
Chétotaxie céphalique
Groupe
de soies
Tubercule
Nombre
de soies
Types
de soies
Soies
Cl
+
4
M
F
mi
G
2 An + Oc
+
2
M
B, Ocm
2 (Di + De)
+
2
M
Dei 1
D1 + L + So
+
8
M
(3)
M lisses
(1)
petit mé
(4)
Vi Ve
Labre
Labium
Ant. I. II
Ant. III
Ant. IV
?5 7
?/2,4
11,Ox
7,11
17 + 5 s
i + or+ 12 mou + 8 s
Chétotaxie postcéphalique
la ventrale plus épaisse et plus longue que la
dorsale. Ant. IV avec une vésicule apicale entière ;
les soies mousses sont longues ; les soies s 3 à s 6
sont subégales, grandes et épaisses, plus fortes que
les soies s 1, s 2, s 7 et s 8 (fig. 2). Cône buccal
allongé. Maxille styliforme, mandibule grêle,
bidentée (?). Labre allongé-arrondi à l’extrémité.
Segments postcéphaliques (tab. 1, fig. 1). Ché¬
totaxie dorsale très réduite ; sur les tubercules
Di, les macrochètes Di 1 ne subsistent que sur
Th. II, th. III et Abd. V, les autres soies ayant
partout disparu à l'exception d’embases vesti¬
giales sur Abd. I à III ; sur De et DI ne subsistent
que les macrochètes De 1 et Di 1 ; les soies s ne
sont pas affectées par cette paurochaetose. Soies
antégénitales du mâle modifiées, élargies (fig. 6).
Griffe grande, sans dent ; tibiotarse sans soie M
(fig- 4).
Derivatio nominis : le nom de l’espèce fait
référence à la forte ciliature de ses macrochètes
dorsaux.
Discussion : les apomorphies qui définissent le
nouveau genre Parectonura au sein des lignées
issues du stock paléonurien (2 + 2 ou 0 coméules.
Source : MNHN, Paris
NEANURINAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
49
pas de pigment, pièces buccales réduites) sont les
suivantes :
— 1. Tuberculisation bien développée.
— 2. Soudure des tubercules Oc et An sur la tête,
caractère jusque-là propre au genre Ectonura.
— 3. Disparition du tubercule et des soies céphali¬
ques frontales (observée également chez quel¬
ques Paleonura asiatiques inédits et chez Ecto¬
nura oribiensis (Coates, 1968)).
— 4. Absence des soies Di céphaliques.
— 5. Soudure en une seule plaque impaire des tuber¬
cules postérieurs Di et De de la tête. Ce
caractère n’était jusqu’ici connu que dans la
lignée néanurienne, chez les genres Monobella
d'Europe et Christobella Fjellberg, 1985, de la
région néarctique.
— 6. Disparition du tubercule et de la soie Di sur
Th. I, évolution déjà observée dans les lignées
très éloignées comme les genres Bilobella Caroli,
1912 (lignée bilobellienne) ou Americanura Cas-
sagnau, 1983 (lignée sensillanurienne).
— 7. Soudure des tubercules Di d’Abd. V sur l’axe
(fig. 7).
— 8. Chétotaxie dorsale très réduite rappelant celle
de certains Americanura d'Amérique latine.
C’est avec le genre Ectonura que Parectonura
présente les plus fortes similitudes (caractères 1,
2 et 3). Le nouveau genre est toutefois plus
évolué par sa tuberculisation et la forte régres¬
sion de sa chétotaxie dorsale. Du point de vue
phylétique, il n’est pas possible de se prononcer
tant que les formes plus primitives de la même
région, dérivées du stock paléonurien, n’auront
pas été étudiées en détail.
Caledonura n. gen.
Diagnose : Neanurinae dépourvu de pigment
bleu hypodermique et de pigment oculaire. Habi¬
tus trapu. Tubercules dorsaux bien différenciés ;
réticulations nettes. Soies ordinaires dorsales
fortes, ciliées. Chétotaxie des tergites faiblement
réduite, sans soies s surnuméraires. 2 + 2 corné-
ules. Soie s 7 d’Ant. IV non hypertrophiée. Pas
de soies surnuméraires dorsales sur Ant. IV.
Chétotaxie labrale ?2,4. Pièces buccales réduites,
de type suceur. Cinq tubercules céphaliques : Cl
+ 2 An + Fr + 20c). 2 (Di + De) et 2 (DI +
L + So). Les soies Di 1 sont présentes sur la tête.
Tubercules et soies dorso-internes sont absents sur
Th. I, présents sur Abd. I-IV. Tubercules dorso-
internes d’Abd. V fusionnés sur l’axe médian.
Griffe inerme.
Espèce-type : Caledonura tillierae n. sp.
Derivatio nominis : de Nouvelle-Calédonie.
Caledonura tillierae n. sp.
Matériel et localité-type : holotype femelle :
Nouvelle-Calédonie, Mont Panié, station 295,
164°45'57" E, 20°35'27" S, sommet, 1620 m,
maquis Agathis-Araucaria, 19-XI-1986 (A. &
S. Tillier).
Paratype femelle : Mont Panié, station 294 b,
pente est, 1 350 m. forêt humide d’altitude,
Agathis sur schistes, 24-VI-1987 (A. Tillier &
C. IHILY).
Holotype déposé au Muséum national d’his¬
toire naturelle, paratype dans la collection de
l’auteur.
Description : longueur : 1,4-1,7 mm. Habitus
trapu, convexe. Coloration blanche en alcool,
yeux non pigmentés. Tubercules dorsaux très
développés. Le grain tertiaire forme des mame¬
lons élevés, soulignés par des réticulations (fig. 12
-13). Il est distribué de façon caractéristique, en
rosette de 4 à 7 éléments autour de chaque
macrochète dorsal. Quelques altérations à ce
schéma se produisent lorsqu’il y a fusion de
tubercules, par exemple sur la tête. Soies ordi¬
naires dorsales robustes, densément ciliées de
tous côtés sur les 3/4 de leur longueur, différen¬
ciées en macrochètes longs et courts (fig. 10).
Soies s fines, grêles, assez longues.
Tête (tab. 2 et fig. 9). 2 + 2 cornéules de taille
moyenne. Antennes trapues à soies s 1 à s 8
épaissies. Vésicule apicale d’Ant. IV trilobée.
Cône buccal long. Labre ogival très allongé.
Segments postcéphaliques (tab. 2, fig. 9-14).
Tergites caractérisés par l’indépendance des
tubercules dorsaux, à l’exception des Di d’Abd.
V qui sont soudés sur la ligne médiane. Les
tubercules latéraux d’Abd. V sont situés en
position ventro-externe, séparés des (De + Dl)
(fig. 14). On observe une multiplication des soies
antégénitales Ag sur Abd. V. Griffe forte, inerme ;
tibiotarse apparemment dépourvu de soie ven¬
trale M (à confirmer) (fig. 11).
Source : MNHN, Paris
q ia — Caledonura lillierae n. g., n. sp. - 9. Chétotaxie et tubercules dorsaux ; 10. Macrochete Di 1 d'Abd. V ; 11.
FlG ' ^ Tihintarse et erifl"e de PI; 12. Tubercule élémentaire (grain tertiaire) d'Abd. VI; 13. Tubercule élémentaire et
réticulation associé sur le tubercule Di de Th. III ; 14. Chétotaxie abdominale ventrale (L : tubercule latéral d'Abd. V ; I
à VI : Abd I à VI).
Source : MNHN, Paris
NEANURINAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
51
Tableau 2. Caledonura lillierae n. gen., n. sp.
Chétotaxie céphalique
de soies
Tubercule
Nombre
de soies
Types
de soies
Soies
Cl + 2 An + Fr+ 2 Oc
+
10
Ml
A ou Ocp, B. F. Ocm
Mc
G
Di + De
+
2
Ml
Di 1. De 1
Dl + L + So
+
Ml
(5)
me
>2
Vi Ve
Labre
Labium
Ant. I, II
Ant. III
Ant. IV
?/2,4
i + or+ 12 mou + 8 s
Chétotaxie postcéphalique
Glandes salivaires : elles possèdent 2 + 2
lobes bien développés qui renferment chacun 3
cellules à chromosomes géants ; ce nombre est
celui rencontré habituellement chez les Australo-
nura.
Derivatio nominis : espèce cordialement dédiée
à M mc A. Tillier qui a récolté un grand nombre
des Neanurinae néo-calédoniens actuellement à
l'étude.
Discussion : la forme des soies, la soudure des
tubercules céphaliques latéraux (L + DI + So),
l'absence de soie Di sur Th. I et la soudure des
tubercules Di sur Abd. V rapprochent notre nou¬
veau genre de Parectonura, décrit dans ce même
travail. Il s'en écarte par un ensemble de caractères
importants, les uns plus évolués (soudure en une
seule plaque des tubercules céphaliques centraux
Oc, Af, Fr et Cl), les autres plus archaïques
(tubercules Di non soudés sur la tête, chétotaxie
dorso-interne non régressée). Ces deux genres
appartiennent probablement à une même lignée,
vicariante des Australonura d’Australie — Nou¬
velle-Guinée. L'origine de cette nouvelle lignée
est à rechercher parmi les Paleonura , dont cer-
Source : MNHN, Paris
52
LOUIS DEHARVENG
tains représentants encore inédits, caractérisés
par une migration centrifuge des soies céphali¬
ques centrales rappelant les Ectonura sud-afri¬
cains, sont fréquents dans les relevés du sud-est
de l’île. La question des affinités avec les Ecto¬
nura reste posée, d’autant que plusieurs formes
néo-calédoniennes que nous avons pu examiner
peuvent difficilement être séparées de ce dernier
genre.
RÉFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Cassagnau, P., 1983. — Un nouveau modèle phy¬
logénétique chez les Collemboles Neanurae. Nouv.
Rev. EntomoL. 13 (1) : 3-27.
Fjellberg, A., 1985. — Arctic Collembola. I. Alaskan
Collembola of the families Poduridae, Hypogastru-
ridae, Odontellidae, Brachystomellidae and Neanu-
ridae. EntomoL Scand., 21 1-126.
Yosii, R.. 1960. — On some Collembola of New
Caledonia, New Britain and Solomon islands. Bull
Osaka Mus. nat. Hist.. 12 : 9-38.
Source : MNHN, Paris
7
Phasmatodea de Nouvelle-Calédonie
1. Nouvelles signalisations et description
de Microcanachus n. gen.
Michel Donskoff
Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Entomologie, CNRS UA 42
45, rue Buffon
75005 Paris
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Les 14 espèces de Phasmes citées ont été collectées
après 1915, date de la dernière étude d’ensemble des
Phasmatodea en Nouvelle-Calédonie. Elles appartien¬
nent aux familles des Phyllidae et des Phasmatidae.
Dans cette dernière, la majorité des espèces appartien¬
nent aux Eurycanthinae ; les autres se répartissent
entre les Phasmatinae, les Patycraninae et les Xerode-
rinae. Une clé préliminaire simple permet de les
séparer. Un genre nouveau, monotypique, d’Eurycan-
thinae, est décrit : Microcanachus malileorum n. gen.,
n. sp.
The 14 species of stick-insects studied hâve been
collected after 1915, date of the last general study of
the New Caledonian Phasmatodea. They belong to
two families, the Phyllidae and the Phasmatidae. In
the latter family, most of the species belong to the
Eurycanthinae ; the other belong to the Phasmatinae,
the Platycraninae and the Xeroderinae. A simple,
provisional key to these species is given. A new
monotypic genus of the Euryacanthinae is described :
Microcanachus malileorum n. gen., n.sp.
Donskoff, M„ 1988. — Phasmatodea de Nouvelle-Calédonie. 1. Nouvelles signalisations et description
de Microcanachus n. gen. In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume I. Mém. Mus. nain. Hisi. nai..
(A), 142 : 53-60. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
54
MICHEL DONSKOFF
Les Phasmes ont fait l’objet de nombreuses
études partielles et Stàl disait dès 1875 : «Il
existe probablement à peine une autre famille
d'insectes dans laquelle l’incertitude et le désordre
soient plus grands ». Étudiant les 95 genres
existant à cette époque, il établissait une clé
dans laquelle il voulait « donner l'affinité natu¬
relle et la relation généalogique des espèces»,
tout en sachant que l’apport de matériel nouveau
contraindrait à remanier toute la classification.
C’est ce que firent K. Brunner von Wattenwyl
& J. Redtenbacher en 1908, en étudiant 329
genres. Plus récemment, en 1977. J. C. Bradley
& B. S. Galil proposent une classification qui,
prenant en compte la répartition des espèces
proposée par K. Günther en 1953, se traduit
par une nouvelle clé. C’est cette classification qui
sera utilisée dans notre étude des Phasmes de
Nouvelle-Calédonie.
La dernière étude d'ensemble de cette faune
remonte à 1915 : c’est celle faite par J. Carl à
partir des collectes de Roux & Sarasin. Un
certain nombre d'insectes sont venus depuis
enrichir les collections du Laboratoire d'Entomo-
logie du Muséum national d’Histoire naturelle, à
Paris, et notamment ces dernières années le
matériel récolté par divers jiarticipants à l'Action
spécifique du Muséum, « Evolution et vicariance
CLÉ DES PHASMES DE
Sous-ordre des Areolatae
Carène médiane inférieure des tibias médians
et postérieurs bifurquée avant l’apex, délimitant
une aréole triangulaire.
Une seule famille, celle des Phyllidae : en
forme de feuille. Bords de l’abdomen, fémurs et
tibias foliacés. Elytres Ç larges, recouvrant pres¬
que l’abdomen, ceux du J dépassant le thorax.
Genre : Chitoniscus Stâl, 1875. Espèce :
C. brachysoma Sharp, 1898.
en Nouvelle-Calédonie ». ainsi que par des cher¬
cheurs de l’ORSTOM. L’inventaire présenté ici
n’est que partiel, car il serait prématuré, dans le
cycle des prospections actuelles, de décrire des
espèces dont on ne connaît qu’un seul individu.
Cependant, je suis en mesure de traiter ici
quatorze espèces de Phasmes. Treize ont été
citées par J. Carl (1915), la quatorzième est
décrite ici dans un genre nouveau. Ces espèces
appartiennent au sous-ordre des Areolatae, avec
la famille des Phyllidae. et à celui des Anareo-
latae. avec les Phasmatidae. Chez ces derniers, la
majorité des espèces (10) appartiennent aux
Eurycanthinae ; les Xeroderinae comptent deux
espèces, les Phasmatinae et les Platycraninae une
seule.
Des programmes d'inventaire sont actuelle¬
ment en cours, et il est donc prématuré d’établir
une Faune des Phasmes de Nouvelle-Calédonie.
Il est cependant urgent de donner un outil de
travail aux différents spécialistes travaillant à ces
programmes. Nous proposons une clé d’identifica¬
tion très simple des espèces déjà reconnues ; dans
une publication à venir, cette clé sera accom¬
pagnée d’une illustration plus abondante. Dans
les nouvelles signalisations, ne sont citées que les
récoltes aux localités précises.
NOUVELLE-CALÉDONIE
Sous-ordre des Anareolatae
Caréné médiane inférieure des tibias médians
et postérieurs se prolongeant jusqu’à l’apex, pas
d’aréole triangulaire.
Une seule famille, celle des Phasmatidae.
Antennes fortes, bien segmentées; si elles sont
plus courtes que les fémurs antérieurs, les fémurs $
sont distinctement serrulés à la base de la face
dorsale ; si elles sont plus longues que les fémurs
antérieurs et plus courtes que le corps, alors la
carène médiane ventrale des fémurs médians et
postérieurs est serrulée ou épineuse.
Source : MNHN, Paris
PHASMATODEA DE NOUVELLE-CALÉDONIE
55
CLÉ DES GENRES ET DES ESPÈCES DE PHASMATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
1 (2) Fémur 1 à section triangulaire, et scrrulé
au moins à la base dorsalement ; ailes réduites
ou mésonotum plus long que le métanotum
(Phasmatinae). Genre Gigantophusma Sharp,
1898. G. bicolor Sharp. 1898
2 (1) Fémur I à section rarement triangulaire (dans
ce cas, fémur I ni serrulé. ni denté à la base), à
4 carènes bien distinctes, leurs bases et les
carènes non serrulées.
3 (14) Oviscapte V en forme de bec sans suture
formé par l’opercule et la plaque suranale.
Fémur III <$ souvent épais et épineux (Eury-
canthinae).
4 (5) Base du fémur I arquée. Genre Asprenas
Stâl, 1875 . A. brunneri (Stâl, 1875)
. A. gracilipes Redtenbacher, 1908
5 (4) Base du fémur I droite.
6 (7) Segments abdominaux portant des lobes laté¬
raux. Genre Cnip.ius Redtenbacher, 1908..
. C. rhachis (Saussure, 1871)
7 (6) Segments abdominaux sans lobes latéraux.
8 (9) Corps dépourvu d’épines. Genre Microcana-
chus n. gen. M. maiileorum n. sp.
9 (8) Corps épineux.
10 (11) Mésonotum à carène médiane élevée. Genre
Labidiophasnm Carl, 1915.
. L. rouxi Carl, 1915
11 (10) Mésonotum plat, sans carène élevée.
12 (13) Fémur 111 dilaté. Genre Canachus Stâl.
1875... C. alligator Redtenbacher, 1908
. C. crocodilus Stâl , 1875
. C. harpya Redtenbacher, 1908
. C. salamandra Stâl, 1875
13 (12) Fémur III non dilaté. Genre Paracanachus
Carl, 1915.. P. circe (Redtenbacher, 1908)
14 (3) Oviscapte formé par l’opercule et la plaque
suranale non en forme de bec. Fémur III 3
jamais épais ni épineux.
15 (16) Carène ventro-latérale des fémurs II et III
finement serrulée ou lisse ; fémur I non com¬
primé à la base (Platycraninae). Genre
Graeffea Brunner, 1868 .
. G. coccophaga (Newport, 1844)
16 (15) Carènes des fémurs à lobes dentés; fémur I
nettement aplati (Xeroderinae).
17 (18) Métathorax muni de lobes foliacés mobiles.
Genre Nisyrus Stâl, 1875 .
. N. amphibius Stâl, 1877.
18 (17) Métathorax sans lobes foliacés mobiles. Genre
Leosthenes Stâl, 1875.
. L. aquatilis Stâl, 1875
ESPECES RECOLTEES
Sous-ordre Areolatae.
Chitoniscus brachysoma Sharp, 1898
Femelles. St Louis, 24.IV. 1963. III. 1966,
31.X.1978. Habitation Mont Dore, 16.1.1967.
Houaïlou, 24.X. 1972. Col. de Nassirah, 16.
Sous-ordre Anareolatae.
Sous-famille des Eurycanthinae
Asprenas brunneri (Stâl, 1875)
Femelle. — Forêt de la Thi, 22.11.1957 (J.
Rageau).
Famille des Phyllidae
V.1976 (E. Hénin). Nouméa, I9.IV.1978 (A.
Delobel).
Juvéniles. — Nouméa, 31.VIII.1973 (J. Riva-
ton), Canala, Caferie, 18.X.1976, Nouméa, Parc
forestier. 30.IX.1976 (Soebadi & Soenario).
Famille des Phasmatidae
Asprenas gracilipes Redtenbacher, 1908
Femelles. Vallée de la Nimbo, St. 216, 166°
22'49" E, 21°43'02" S, 20 m„ forêt humide, 3.XI.
1984 (S. Tillier, Ph. Bouchet & A. Triclot).
Source : MNHN, Paris
56
MICHEL DONSKOFF
Rivière Blanche, Parc de réadaptation des Cagous,
forêt humide sur pente, nuit, IV. 1987 (Y. Leto-
cart).
Canachus alligator Redtenbacher, 1908
1 <?, 1 Ç : Vallée de la Thi, 9.IV.1978
(J. Rivaton). 1 $ : N. Col de Mouirange,
St. 232, 166°39'52" E, 22 0 H'57''S, 220-230 m.,
forêt humide de thalweg, 12.XI.1984 (A. &
S. Tillier, Ph. Bouchet, A. Triclot & J. C.
Balouet). 1 S ■ Rivière Blanche, Parc de
réadaptation des Cagous, forêt humide sur pente,
11.1987 (Y. Letocart). I <J, 2 ? : Mt Do,
St. 312, 165°59'33" E, 21°45'37"S, 840 m., forêt
humide à Araucarias, 2.IV.1987 (A. & S. Tillier
& Monniot).
Canachus crocodilus Stâl, 1875
I $ : Creek Tchitt ( Cyphosperma balansae).
21.XI. 1978. 1 $ : Mandjelia, VIII. 1986 ( Toyon ).
Canachus harpya Redtenbacher, 1908
1 c? : Forêt de la Thi, 11.1987. Nouméa,
Mt. Dzumac, 22.IX.1971. Le long de la rivière
Mt. Mou (Païta), 9.II.1972, 3 ? : Hte Kalouehola,
flanc E, St. 219, I66°26'42" E, 21°59'20" S, 930 m.
maquis haut et forêt humide sur péridotites,
24.XI.1984 (A. & S. Tillier, Ph. Bouchet & A.
Triclot). 1 2 : Kouakoué, arête Sud, St. 226,
166°32'36" E, 22°01'16" S, 1000-1100 m., forêt
d'altitude, 28.X.1984 (S. Tillier, Ph. Bouchet &
M. P. Triclot).
Canachus salamandra Stâl, 1875
1 ? : Rivière Bleue, 24.1 V. 1965 (Huguenin).
1 S '■ forêt de Belep, 19.XI 1.1978 (D. Bourret).
1 6 : Mt Tiebaghi, 22.11.1981 (M. Brézil). 1 :
Ménazi, NW du Sommet, St. 207, 165°41 '45" E,
21°26'50" S, 1 020 m.. forêt humide à Araucarias
sur péridotites, 10.X.1984 (S. Tillier, Ph. Bou¬
chet & M. P. Triclot). 1 S : Ménazi, E du
Sommet, St. 206, 165°44'56" E, 21°26'37" S, 850 m,
forêt humide de thalweg à Araucarias sur pérido¬
tites, 18.X. 1984 (S. Tillier, Ph. Bouchet &
M. P. Triclot). 1 <3 : Mt Poinda, flanc S, St. 199
164° 53'00" E, 20°51T1" S, 290 m., forêt sèche
sur sol minier, secondarisée, 24.X.1984 (S. Til¬
lier, Ph. Bouchet & M. P. Triclot).
Microcanachus n. gen.
Diagnose : insecte brun, de petite taille (mâle :
env. 25 mm. avec les antennes). Corps plat, sans
épines. Antennes plus longues que les fémurs
antérieurs. Thorax aussi long que l'abdomen,
légèrement tectiforme. Pronotum trapézoïdal
rétréci vers l'avant. Ailes vestigiales. Métapleures
non dentés. Fémurs postérieurs dentés à la face
inférieure. Cerques du mâle petits, plaque sous-
génitale femelle longue et aiguë.
Espèce-type : Microcanachus matileorum n. sp.
Source : MNHN, Paris
PHASMATODEA DE NOUVELLE-CALÉDONIE
57
Microcanachus matileorum n. sp.
Description : Holotype mâle. — Habitus :
fig. I. Antennes de 19 articles (fig. 12). Tête
ronde de dessus et inerme. Mésonotum, métano-
tum, avec le segment médiaire, subcarrés (fig. 2).
Ailes rudimentaires. Patte antérieure inerme ;
fémur médian à épine subapicale externe, tibia
médian à carène médiane inférieure dépassant le
milieu et terminée par une épine (fig. 10) : fémur
postérieur (fig. 9) inerme dessus, marqué de 6-
7 chevrons latéraux peu visibles, carène médiane
inférieure à deux épines submédianes, carène
inféro-interne à quatre épines dont une apicale,
carène inféro-externe à deux épines, dont une
apicale. Tibia postérieur lisse dessus, à deux
épines post-médianes sur chacune des trois carènes.
Tarses de cinq articles, le dernier aussi long que
les quatre autres ensemble. Abdomen cylindrique
régulier, tergite X triangulaire échancré, cerques
petits, triangulaires subaigus, sternite IX à bords
postérieurs arrondis (fig. 4).
Allotype femelle. — Antennes de 21 articles
(fig. 13). Plaque sous-génitale longue, aiguë, plus
courte que la plaque suranale, aiguë elle aussi.
Valves inférieures et interne de l’oviscapte aiguës
et égales, valves supérieures petites, triangulaires
(figs. 7-8).
L
Ant
PN
MN
MiN
Fp
Tp
Fa
Ta
S
20
5,5
2,0
3,0
4,0
4.0
3,0
3.0
3.0
9
27,5
5,5
2,8
4.0
5,0
5,5
4,5
4.0
3,5
Matériel-type : Holotype mâle : Rivière Bleue.
St. 251 J, parcelle VI1-W. 166°40'01" E, 22°
05'59" S, 170 m., forêt humide sur pente, 16.
VI. 1987 (S. Tillier).
Allotype femelle : Monts Koghis, 420 m,
litière forestière, 21.XII. 1983 (L. & D. Matile).
Paratype femelle : Rivière Bleue, St. 251 h, par¬
celle VII-R, 166°40'01" E, 22°05'59" S, 170 m, forêt
humide sur pente, 14.IV. 1987 (A. & S. Tillier).
Holotype, allotype, paratype et juvéniles déposés
au Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
Autre matériel : juvéniles : Carénage, Baie du
Prony, St. 237, 166'50'00" E, 22°10'20"S, 2-
10 m., forêt sèche sur sol minier, bord de mer,
20.XI.1984 (A. & S. Tillier & Ph. Bouchet).
Rivière Bleue, St. 251, parcelle VII-V, 166°
40'01" E, 22°05'59" S, 170 m.. forêt humide sur
pente, 15.VIII.1986 (A. & S. Tillier). Mont
Panié, pente E, St. 291, 164°47'03" E, 20°33'31" S,
420 m., forêt humide sur schistes, 18.XI. 1986
(J. Chazeau & A. & S. Tillier). Mt. Table Unio,
St. 315, 165°47'25" E. 21°33'03" S, 650 m., forêt
humide, 26.V.1987 (A. & S. Tillier). Dent de St
Vincent, arête S. St. 318, 166°12'59" E, 21°32'03" S,
1 170 m., forêt humide limite mousses, 5.VI II.
1987 (A. & S. Tillier, L. Bonnet de Larbogne
& Y. Letocart).
Localité type : Rivière bleue, 170 m.
Derivatio nominis : Je dédie cette espèce à
Danièle et Loïc Matile, qui ont découvert le
premier exemplaire ; je remercie également les
autres collecteurs pour leur acharnement à la
retrouver.
Discussion : la série de Microcanachus matileo¬
rum ne contient que trois adultes (un mâle et
deux femelles). Je rappelle que les sexes peuvent
se reconnaître au nombre d’articles antennaires :
19 pour le mâle et 21 pour la femelle.
Cette espèce découverte en 1983 aux Monts
Koghis dans un prélèvement de litière de feuilles
mortes a été rapportée vivante au Laboratoire
d’Entomologie du Muséum. Avant de mourir, la
femelle a pondu un œuf, qui n’a malheureu¬
sement pas éclos. Cette découverte a incité
les prospecteurs du Muséum à rechercher acti¬
vement le mâle, car de nombreuses espèces
de Phasmes sont parthénogénétiques. Ce petit
insecte collé par la boue à la face inférieure des
feuilles humides de la litière forestière est très
difficile à découvrir. Un élevage permettrait
détudier sa biologie et son régime alimentaire.
Microcanachus matileorum nous réserve encore
bien des surprises !
Cnipsus rhachis (Saussure, 1868)
1 S '■ Plateau de Dogny, 1910 (Lelat). 1 çj :
Col de la Pirogue, « moss on tree », 1.1959
(L. Devambez). 5 S : environs de Nouméa.
19.11.1975 (J. Bennet). 1 <$ : Aoupinié, 24.
XI. 1978. 1 : Barrage de la Néaoua (Ouen-
Sieu), St. 210, I65°32'35" E, 20*21*57" S, 500 m„
forêt humide, 20.XI.1984 (A. & S. Tillier.
Ph. Bouchet & M. P. Triclot). 2 £ : Mt. Table
Source : MNHN, Paris
Fig. 2-13. Microcanachus matileorum n. gen. n. sp., détails de la morphologie. 2. Face dorsale de l'Holotype S ; 3. Face
ventrale de l'Holotype i : 4. Extrémité abdominale de l'Holotype f. en vue latérale : 5. Face dorsale de l'abdomen de
l'Allotype 9 ; 6. Face ventrale de l'abdomen de l'Allotype 9 ; 7. Extrémité abdominale de l'Allotype ,, en vue latérale
8. Extrémité abdominale de l'Allotype 9, en vue arrriére ; 9. Patte postérieure de l'Holotype S ; 10. Patte médiane de
l'Holotype <f ; II. Fémur antérieur de l’Holotype J; 12. Antenne de l'Holotype 3 ; 13. Antenne de l'Allotype
Source : MNHN, Paris
PHASMATODEA DE NOUVELLE-CALÉDONIE
59
Unio, St. 315, I65°47'25" E, 21°33'03" S, 650 m.,
forêt humide, 26.V.1987 (A. & S. Tillier).
Labidiophasma rouxi Carl, 1915
1 1 9 : Kouakoué, arête S, St. 228,
166°31'36" E, 22*01*16" S, 1000-1100 m„ forêt
d’altitude, 28.11.1984 (S. Tillier, Ph. Bouchet
& M. P. Triclot). 1 9 : Vallée de la Ouinné,
St. 240, 166°36'52" E. 22°33'10" S, 530 m., forêt
à Araucarias sur péridotites, 23.XI. 1984 (A. &
S. Tillier, Ph. Bouchet & M. P. Triclot). 1 S '■
Rivière Blanche, Parc de réadaptation des Cagous,
forêt humide sur pente, nuit, IV. 1987 (Y. Leto-
Cart). 1 9 : Rivière Bleue, Parcelle VI-W,
St. 250, 166°39'16" E, 22°06'13"S, 160 m.. forêt
humide sur alluvions, 25 m 2 , 30.IV.1987 (Mor-
dan & A. & S. Tillier). 1 S '■ Dent de
St Vincent, arête S, St. 318. 166°12'59" E, 21°
52'03" S, 1 170 m.. forêt humide, limite mousses,
5.VIII.1987 (A. & S. Tillier, L. Bonnet de
Larbogne & Y. Letocart).
Sous-famille des Phasmaùnae
Gigantophasma bicolor Sharp, 1898
2 : He de Maré, 1977, 30.1.1979.
Sous-famille des Platycraninae
Graeffea coccophaga (Newport, 1844)
1 3 : He de Maré (Pénélo). 21.VIII. 1957 (J.
Rageau).
Sous-famille des Xeroderinae
Leosthenes aquatilis Stâl. 1875
1 c? : Mt. Mou (Païta), 30.XI.1956.
Nisyrus ampliibius Stâl, 1877
1 9 : «Ouaïné» (Ouinné) 2.XII.1982 (Mc.
Kenzie).
REMERCIEMENTS
Je remercie G. Hodebert, du Laboratoire
d’Entomologie du Muséum, pour le dessin si
réaliste du mâle de la nouvelle espèce, ainsi que
tous ceux qui ont contribué à l’inventaire des
Phasmes de Nouvelle-Calédonie.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bradley, J. C. & Galil, B. S., 1977. The taxonomie
arrangement of the Phasmatodea with keys to the
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Source : MNHN, Paris
60
MICHEL DONSKOFF
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Source : MNHN, Paris
8
Homoptères Cicadoidea de Nouvelle-Calédonie
1. Description d’un genre nouveau
et de deux espèces nouvelles de Tibicinidae
Michel Boula rd
Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Entomologie
EPHE Biologie et Évolution des Insectes.
45, rue Buffon
75005 Paris
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Deux espèces nouvelles de Cigales néo-calédoniennes
appartenant à la famille des Tibicinidae sont décrites.
L’une, étonnante par ses grandes dimensions, se place
dans le genre Kanakia , qu’elle conduit à redéfinir ;
l’autre de la taille d’une Cicadette, représente le genre
nouveau Myersalna.
Two new species of Cicadas (Homoptera : Cicadoi¬
dea) belonging to the family of the Tibicinidae are
described from New Caledonia. One, very surprising
because of its size, is placed in the genus Kanakia, here
newly defined ; the other, of the size of a like some
Cicadetta, represents the new genus Myersalna.
Boulard, M., 1988. Homoptères Cicadoidea de Nouvelle-Calédonie. 1. Description d’un genre
nouveau et de deux espèces nouvelles de Tibicinidae. In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1.
Mém. Mus. nain. Hist. nai., (A), 142 : 61-66. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
62
MICHEL BOULARD
De leurs voyages d'étude respectifs en Nou¬
velle-Calédonie, mes collègues et amis Louis
Bigot, d'une part, Jacques Boudinot & Jean
Legrand, d'autre part, ont rapporté en tout une
centaine de Cigales d’espèces variées. Ce matériel
attire l'attention sur l'intérêt taxonomique et
biogéographique de la faune cicadéenne de la
Nouvelle-Calédonie. Cette faune, dont aucun des
représentants ne s’est avéré véritablement nui¬
sible, a été trop longtemps négligée ... faute de
moyens d'investigations, de possibilités d'étude
sur le terrain. Les seules notes à la fois descrip¬
tives et récapitulatives sur ce sujet sont dues à
W. L. Distant ; elles datent de 1914 et 1920. Il y
a donc lieu d'entreprendre l’étude biosystéma¬
tique et biogéographique des Cigales néo-calédo¬
niennes.
D'un premier examen des récoltes de nos
collègues, il ressort deux espèces inédites ; l'une
représente un genre nouveau et l'autre révèle
l'existence dans le Territoire, d’une Cigale vérita¬
blement géante. Cette dernière appartient au
genre Kanakia, que sa découverte conduit à
redéfinir.
Kanakia Distant, 1892
Le genre Kanakia a été créé par Distant pour
son espèce K. typica , jusqu'ici seule attribuée au
taxon (fig. 1). Cependant, une étude générale et
particulière du matériel maintenant à notre dis¬
position oblige à donner une nouvelle diagnose
générique, tout à la fois plus large, plus complète
et plus précise. Ce taxon prend place près du
genre Malagasia, endémique de Madagascar,
avec lequel il constitue un groupe à part dans la
tribu des Taphurini.
Diagnose : Tête au plus égale en largeur à celle
du mésonotum : sa longueur avoisinant la distance
interocellaire postérieure. Yeux en ellipsoïdes
allongés, subpédonculés et légèrement inclinés
vers l’arrière. Sillon épicranial relativement large
et profond.
Thorax : pronotum environ deux fois plus large
que long ; l'aire externe particulièrement déve¬
loppée sur les côtés et dentée, lobes suprahumé-
raux modérément élargis. Mésonotum robuste,
aussi long que l'avant du corps (= tête +
thorax) ; x scutellaire largement dimensionné,
mais peu élevé.
Ailes : topographie de la nervation : classi¬
que. Dans les ailes antérieures, nervures M
et Cul sortant de la cellule basale en deux
points éloignés, cellule postcostale quasi-vir¬
tuelle, deuxième ulnaire étroite et trapézoïdale,
nervules antéapicales très obliques et souvent
autrement colorées que l'ensemble de la nerva¬
tion ; huit aréoles dans l’aire apicale. Dans les
ailes postérieures, aire terminale hexaloculée.
Pattes : de dimensions moyennes, les fémurs
antérieurs habituellement garnis de quatre épines
sous-carénales de taille décroissante de la base à
l'extrémité de l’article, la quatrième ou apicale,
minuscule et très près de la troisième.
Abdomen : au moins aussi long et plus large
que l'avant-corps chez les mâles, et toujours
renflé en baudruche ; pygophore (urite IX) ter¬
miné par un processus caudal spiniforme et par
deux longues expansions lamelliformes latérales ;
phallicophore (urite X) avec un uncus dorso-
médian et deux vastes lobes latéraux porteurs;
ces derniers prolongés chacun vers le bas ou vers
l’arriére d'une étroite lame sclérifiée crochue
et (ou) épineuse ; phallus de type cicadettéen.
Abdomen dense et fortement conique chez les
femelles.
Espèce-type : Kanakia typica Distant, 1892,
p. 62. (ici, fig. 1).
Espèces incluses : K. Jlavoannulata (Distant,
1920, p. 456) comb. nov. et Kanakia gigas n. sp„
ci-dessous décrite.
Kanakia gigas n. sp.
Matériel-type : Holotype mâle et 1 paratype
mâle, Nouvelle-Calédonie, Sud, Rivière Bleue.
28.XII. 1987, à la lumière (J. Boudinot & J.
Legrand); M.N.H.N., Paris.
Description : proche de K. typica Distant,
1892, mais une fois et demie plus grande et plus
grosse et dotée d'une livrée presque entièrement
verte chez le vivant (ocre chez l'Insecte mort et
desséché).
Holotype mâle (fig. 2) : tête étroite, sa largeur
légèrement inférieure à celle du mésonotum ;
yeux composés ellipsoïdaux ; ocelles relativement
gros et assez rapprochés entre eux. la distance
entre les latéraux un peu moins importante que
Source : MNHN, Paris
TIBICINIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
63
1
Fig. I. Kanakia typica Distant, 1892 ; G. x 1 (jusqu’ici, la plus grande espèce de Cigale connue de Nouvelle-Calédonie).
Fig 2. Kanakia gigas n. sp„ Holotype mâle. G. * I.
Source : MNHN, Paris
64
MICHEL BOULARD
celle séparant l’ocelle latéral et l’œil du même
côté ; ocelle médian en position frontale. Vertex
noir, avec une macule épicraniale verte et des
fascies semblables sur les arcades antennaires.
Antennes courtes, noires. Plage dorsale du post-
clypéus plate et subrectangulaire, vert uniforme ;
face clypéale étroite, peu bombée, lisses, aux
bourrelets transverses peu prononcés. Antécly-
péus et portions avoisinantes des lames buccales :
noires. Rostre jaune vert, puis brun à bistre à
l’apex, celui-ci arrivant au niveau de la mi-
hauteur des hanches intermédiaires.
Thorax : pronotum plus long que la tête, vert
uniforme, hormis les bords antérieurs de l’aire
externe : bistre ; cette dernière largement étalée et
différenciant une dent mousse sur les côtés.
Mèsonotum très bombé, portant deux plages
latéro-postérieures de poils argentés sur le scu¬
tum et devant l'élévation cruciforme ; celle-ci très
applatie et bistre brillant. Opercules en palettes
arrondies, débordant de part et d'autre des
chambres acoustiques et visibles du dessus.
Pattes : hanches, trochanters et fémurs d'un
vert entaché plus ou moins fortement de brun ;
fémurs antérieurs modérément renflés, portant
trois épines sous carénales noires (fig. 3) ; tibias
des deux premières paires : bistre, de la dernière
paire : verts.
Fig. 3. Kanak ici gigas n. sp., paratype mâle ; 3 = fémur
droit vu de profil : 4 & 5 : segments génitaux vus de profil,
puis de dessous (échelles en millimètres).
Ailes : hyalines, en entier et sans aucune fascie
ni macule ; cellule basale des homélytres juste
parcheminées ; nervation verte.
Abdomen : typique du genre, renflé en bau¬
druche et plus long que la tête et le thorax réunis.
Entailles cymbaliques étroites, peu profondes,
laissant voir des cymbales très inclinées vers
l'intérieur du corps et comprenant chacune une
plaquette fortement bombée, quatre côtes, lon¬
gues et très incurvées, et quatre courts bâtonnets
intercalaires. Segments génitaux de conformation
générale propre au genre et plus proches de ceux
de Kanakia typica que de K. flavoannulala; urite
IX entièrement ocre vert, hormis l'extrémité du
processus caudal brun noir ; urite X ocre vert
dans sa partie principale, les lobes latéro-externes
en longues baguettes plates, très sclérifiées et de
couleur brune à bistre (fig. 4-5).
Dimensions principales en millimètres : Lon¬
gueur totale = 72 ; longueur du corps = 57 ;
envergure = 127; largeur de la tète, yeux
compris =12,5; distance entre les ocelles laté¬
raux = 1,25; distance entre l’ocelle latéral et
l’œil d'un même côté = 1,27 ; largeur du méso-
notum = 14,2 ; longueur de l’homélytre = 60, sa
plus grande largeur = 21,5.
Cymbalisation : non enregistrée, mais d’après
Boudinot & Legrand, les signaux sonores de
K. gigas n. sp., ou tout au moins certains d’entre
eux, ressemblent beaucoup à des coassements de
grenouilles.
Femelle, larve et bio-écologie inconnues.
Myersalna n. gen.
Diagnose : tête rétuse, vue de dessus, les
arcades antennaires dépassant même quelque
peu la limite antérieure du frons, la plage dorsale
du postclypéus ; sa largeur, yeux compris, bien
supérieure à celle des pro- et mèsonotum à leurs
bases.
Thorax : pronotum moitié moins long que
le mèsonotum. Aux ailes antérieures, le tronc
commun (M + Cul) inférieur ou au plus égal au
côté cubital de la cellule basale ; Costa épaisse,
cellule postcostale parcheminée et noire, trans¬
formée en un long ptérostigma ; aire apicale
octoloculée. Ailes postérieures à six aréoles ter¬
minales.
Source : MNHN, Paris
TIBICINIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
65
Abdomen : chez les mâles, cymbales totale¬
ment exposées ; genitalia de type cicadettéen.
Derivatio nominis : taxon dédié à la mémoire
de John G. Myers à qui nous devons beaucoup
de nos connaissances sur les Cigales de la Région
australienne.
Discussion : ce genre se place près de Tettigetla
Kolénati (Boulard, 1988) dans la tribu des
Cicadettini et est immédiatement distinguable à
la conformation céphalique de ses représentantes.
Espèce-type : Myersulna bigoti n. sp.
Myersalna bigoti n. sp.
Matériel-type : Holotype mâle, Nouvelle-Calé¬
donie, piste littorale de la baie de Prony, 28.
111.1980, au filet (L. Bigot); M.N.H.N.. Paris.
Description : Cicadette de taille relativement
grande (28,5 mm pour la longueur du corps et
52 mm d'envergure), aux couleurs fondamentales
très contrastées, noire et ocre jaune chez l'Insecte
desséché.
Holotype mâle (fig. 6) : tête très aplatie sur le
devant et très large, les yeux en ellipsoïdes
subpédonculés, saillant fortement de part et
d'autre, les trois-quarts de leur longueur dépas¬
sant la base du pronotum. Vertex d'un noir
profond, hormis une tache jaune sur l'épicrane,
rendue bipartite par le sillon sagittal ; une fascie,
jaune, brillante, dessinant les arcades antennaires
et se prolongeant sur les marges latérales du
postclypéus ; l'ensemble de ce dernier et l’anté-
clypéus : noir profond, brillant. Antennes entiè¬
rement noires. Ocelles relativement petits, assez
éloignés entre eux, les latéraux aussi distants l'un
de l'autre que de l’œil le plus voisin. Lames
maxillaires noires, ourlées de jaunes ; rostre mi-
ocre, mi-bistre noirâtre, son apex atteignant les
hanches postérieures à leur mi-hauteur.
Thorax ; Pronotum subtrapèzoïdal, sa lon¬
gueur moitié moindre que sa plus grande lar¬
geur ; foncièrement jaune, avec deux grandes
taches bistre à noir sur les aires internes et un
petit v médian noir brillant pointé sur l’aire
externe ; celle-ci jaune, sauf sur les marges laté¬
rales entachées chacune d'une touche de noir au
niveau des lobes supra-huméraux. Mésonotum
Fig. 6-7. — Myersalna bigoti n. gen. n. sp., Holotype mâle
vue de dessus (G. * 2), puis de profil (G. * 5).
très bombé, robuste, sa longueur valant un peu
plus de deux fois celle du pronotum ; partagé de
noir et de jaune, comme indiqué sur la figure 6,
avec, en particulier, une macule punctiforme
noire sur chacune des plages jaunes à l’arrière du
scutum ; élévation cruciforme et brides scutellaires
entièrement jaune. Pleures jaune vif, y compris
les épimérites et la totalité des opercules ; ces
derniers rebordés, relativement longs et larges,
protégeant bien les cavités acoustiques ventrales
particulièrement dimensionnées (fig. 7).
Pattes contrastées d'ocre jaune, de bistre et de
brun ; fémurs antérieurs fortement renflés, por¬
tant quatre (le droit) ou cinq (le gauche) épines
sous-carénales (fig. 8) ; tibias postérieurs presque
entièrement jaunes.
Ailes parfaitement hyalines ; les antérieures
largement dimensionnées, élancées, caractérisées
en outre par un ptèrostigma très allongé ; les
postérieures particulièrement larges, la base anale
parcheminée, le jugum envahi de brun.
Source : MNHN, Paris
66
MICHEL BOULARD
Fig. 8-11. Myersalna bigoti n. gen. n. sp., Holotype mâle ;
8 : fémur gauche vu de profil ; 9 & 10 : segments génitaux
vus de profil, puis de dessous ; 11 : moitié distale de
I edéage vu des % dessous (échelle en millimètres).
Abdomen : tergites cerclés de larges bandes
noires alternant avec d’étroites bandes jaunes ;
entailles cymbaliques larges et profondes, cym¬
bales portant une vaste plaque en losange et trois
longues côtes incurvées. Sternites noirs, parater-
gites ocre sale. Segments génitaux entièrement
noirs, conformés comme sur les figures 9-10;
édéage bifide (fig. 11).
Dimensions principales en millimètres : Lon¬
gueur totale = 28,7 ; longueur du corps = 18 ;
envergure = 52,5 ; largeur de la tête, yeux
compris = 7 ; distance entre les ocelles latéraux
= 2 ; distance entre l'ocelle latéral et l'œil d’un
même côté = 2 ; largeur du mésonotum = 5,8 ;
longueur de l'homélytre = 24,5, sa plus grande
largeur = 9.
Femelle, larve et bio-écologie inconnues.
REMERCIEMENTS
Je tiens à renouveler ici mes remerciements les
plus vifs à mes collègues Louis Bigot, de
l’Université d'Aix-Marseille III. Jacques Boudi-
not et Jean Legrand du Muséum pour l'amitié
qu'ils m’ont témoignée en colligeant des Cigales
à mon intention. La recherche de ces Insectes
n’est pas toujours aisée, demande du temps et ce
faire était en dehors des programmes de leurs
missions respectives.
Je remercie également Madeleine Franey et
Hélène Le Ruyet-Tan, qui ont collaboré respec¬
tivement aux figures 1-5 et 6-11.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Boulard, M.. 1988. — Taxonomie et Nomenclature
supérieures des Cicadoidea. Histoire, problèmes et
solutions. E.P.H.E., Travaux du Laboratoire Bio¬
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didae. with Svnonymical Notes. Ann. Mag. nat.
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Source : MNHN, Paris
9
Homoptères Coccoidea de Nouvelle-Calédonie. 1.
Un nouveau genre cryptique d’Eriocoecidae
Danièle Matile-Ferrero
Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Entomologie
45. rue Buffon
75005 Paris
RÉSUMÉ
Chazeauana galmiae n. gen. n. sp. est décrit et
illustré. Le genre a été trouvé dans les gaines foliaires
de la Cyperaceac Gahnia novocaledonensis à Yaté
(Nouvelle-Calédonie).
ABSTRACT
Chazeauana gahniae n. gen. n. sp. is dcscribed and
illustrated. The genus was found beneath the sheath of
Gahnia novocaledonensis (Cyperaceae). in Yaté (New
Caledonia). The genus is characterized by the presence
of large marginal spines with basally bulbous apex,
a pair of postgenital cup-shaped invaginations. 3- or
4-segmented antennae and legs reduced to stubs.
Matile-Ferrero, D., 1988. — Homoptères Coccoidea de Nouvelle-Calédonie. 1. Un nouveau genre
cryptique d'Eriococcidae. In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1. Mém. Mus. nam. Hisi. nat..
(A). 142 : 67-74. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
68
DANIÈLE MATILE-FERRERO
La famille des Eriococcidae a une répartition
mondiale. Elle est très richement représentée en
région australasienne, où l’on rencontre près
de la moitié de la faune mondiale, estimée à
500 espèces environ, dont plus de 250 pour le
genre cosmopolite Eriococcus. En Australie, on
dénombre 150 espèces, dont seul le genre Apio-
morpha, appartenant à la sous-famille des Apio-
morphinae gallicoles, a fait l'objet d’une révision
moderne (Gullan, 1984). Quant à la Nouvelle-
Zélande, Hoy (1962) a revu l'ensemble de la
famille et inclut ainsi 75 espèces dont 70 sont
endémiques. Les cinq autres espèces, introduites
probablement d'Australie, appartiennent toutes
au vaste genre Eriococcus. Sept genres sont
endémiques sur les neuf genres présents.
Jusqu'à ce jour, aucun Eriococcidae endé¬
mique n’était connu de Nouvelle-Calédonie. Cohic
(1958) ne signale qu 'Eriococcus araucariae Mas-
kell, qui est une espèce introduite, polyphage et
cosmopolite.
C'est au cours d'une première mission cocci-
dologique en Novembre-Décembre 1983, que
cette espèce a été trouvée. La présente note fait
partie d'une étude que je mène actuellement sur
l'ensemble des Cochenilles de Nouvelle-Calé¬
donie. La faune coccidologique de celle-ci s’est
révélée excessivement intéressante, comme on
pouvait le supposer de par la très grande richesse
de sa végétation autochtone.
Chazeauana n. gen.
Espèce-type : Chazeauana gahniae n. sp.
Diagnose : Femelle adulte, allongée, à tégu¬
ment en partie noduleux. Lobes anaux et plaque
anale développés. Anneau anal porifère, armé de
6 soies. Pattes présentes, plus ou moins atro¬
phiées. Antennes de 3 ou 4 articles. Présence sur
la marge d'un type d'épine robuste, à pointe
apicale renflée à sa base et criblée de pores. Pores
pentaloculaires, pores en huit (appelés à tort
« cruciform pores ») et micropores tubulaires à
tubercules présents. Stigmates pourvus de nom¬
breux pores parastigmatiques pentaloculaires.
Présence d'une paire d'invaginations postgéni¬
tales. Macropores tubulaires cupuliformes. typi¬
ques des Eriococcidae. absents chez la femelle et
la larve femelle des premier et deuxième stades.
Ces macropores tubulaires cupuliformes sont
présents chez la larve mâle du deuxième stade.
Larve du premier stade possédant des pores à
7 loculi et des pores pentaloculaires.
Discussion : Le genre se distingue de tous les
autres genres d'Eriococcidae par la présence d'un
type d'épine caractéristique, à pointe apicale
renflée à sa base et criblée de pores. Ce caractère
semblant unique dans la famille, il s’agit vraisem¬
blablement d’une forte apomorphie. La présence
d'une paire d'invaginations postgénitales caracté¬
rise aussi le genre. Par ailleurs, il se distingue par
quelques apomorphies non exclusives qui sont :
1) l'atrophie des pattes,
2) la réduction des antennes à 3-4 articles,
3) la présence de pores en huit,
4) l'absence de pores multiloculaires chez
l'adulte.
Le genre Chazeauana diffère essentiellement
du vaste genre Eriococcus par l'absence de
macropores tubulaires cupuliformes chez la femelle
adulte. 11 se rapproche, par ce dernier caractère,
des genres nèozélandais Madarococcus, Phloeo-
coccus et Scutare. Certaines espèces à'Eriococcus
sont également dépourvues de macropores tubu¬
laires cupuliformes. Ce caractère pourrait être un
bon critère à utiliser pour la distinction des
genres. Par ailleurs, aucune hypothèse de parenté
ne peut être faite avec les genres australiens, qui
nécessitent au préalable une révision.
En ce qui concerne la faune sud-américaine,
une première étude a porté principalement sur les
Eriococcidae des Nothofagus du Chili (Miller &
Gonzalez, 1975). Les quatre genres et les dix
espèces décrits sont très éloignés de Chazeauana ,
avec lequel ils ne partagent que les caractères de
la famille.
Le genre Chazeauana est inféodé à une Cypé-
racée endémique. Or le catalogue mondial des
Eriococcidae ne signale aucune espèce vivant sur
des Cypéracées (Hoy, 1963). Comme on sait
qu'il est de règle que des genres entiers, voire
des familles (les Aclerdidae, par exemple) de
Cochenilles associées aux Cypéracées, aux Gra¬
minées ou aux Bambous, leur sont strictement
inféodés, toute hypothèse biogéographique ne
pourra être faite qu’après la découverte d’autres
Eriococcidae vivant sur Cypéracées et notam¬
ment sur les 40 espèces composant le genre
Gahnia, à répartition australo-malaise (Benl,
1940).
Source : MNHN, Paris
70
DANIÈLE MATILE-FERRERO
Chazeauana gahniae n. sp.
Femelles vivantes de coloration brun clair,
à segmentation nettement visible. Elles sont
comme encastrées dans leur sécrétion cireuse
compacte, plaquées sur la plante au niveau de la
base engainante de la feuille et aucun signe
extérieur ne permet de soupçonner leur présence.
C’est en détachant les gaines foliaires de la tige
que l’on découvre les colonies constituées de cinq
à dix individus par feuille, bien souvent accom¬
pagnées d'une forte fumagine qui a été observée
dans la plupart de nos échantillons. Cet habitat
et l’aspect in situ de Chazeauana gahniae est
comparable à celui des genres japonais de Pseu-
dococcidae bambusicoles, Idiococcus et Serrole-
canium ainsi qu'aux Aclerdidae, illustrés en cou¬
leur par Kawai (1980).
Chazeauana gahniae possède deux stades lar¬
vaires, comme tous les Eriococcidae. Deux types
morphologiques de larves du deuxième stade ont
été décelés, qui correspondent probablement aux
lignées mâle et femelle. Aucun mâle adulte n’a
été observé.
Description : femelle adulte (fig. 1 ), très allongée,
plate, membraneuse : derniers segments abdomi¬
naux sclérotinisés et noduleux (fig. 2 et 7). L =
2,5 à 6 mm ; I = 0,6 à 2 mm.
Lobes anaux environ deux fois plus longs que
larges, sclérotinisés, dépourvus de pores glandu¬
laires. Chaque lobe porte une proéminence api¬
cale interne, une soie apicale externe longue de
160 (x et dorsalement deux épines internes et une
épine externe (fig. 2) ; ventralement deux soies
internes, l'une basale nommée soie préanale
(« suranal seta »), sétiforme, l’autre subapicale
plus longue et une soie externe basale.
Antennes de 4 articles, parfois 3, les deux
articles apicaux se fusionnant. L = llOjx. Les
antennes sont rapprochées et situées sur la marge
frontale. Lobe et tubercules frontaux absents.
Yeux présents. Pattes atrophiées ; des moignons
de pattes subsistent dans la majorité des indi¬
vidus. Quelques autres individus ont des pattes
moins atrophiées, longues et grêles, aux articles
plus ou moins fusionnés, et probablement non
fonctionnelles.
Céphalothorax extrêmement développé, occu¬
pant les deux tiers du corps. Complexe buccal de
petite taille, central du fait du grand développe¬
ment de la région frontale. Labium à 3 segments,
long de 90 n, plus petit que le tentorium. Seg¬
ment basal portant deux paires de soies courtes,
segment médian portant une paire de soies
courtes et segment apical portant quatre paires
de soies légèrement plus robustes. Plaque anale
très développée, membraneuse et débordant net¬
tement sur la face dorsale, entre les lobes anaux,
L = 50 |x (fig. 2). Anneau anal porifère, armé de
6 soies, longues de 150 p.
Face dorsale : bordée d’une rangée d’épines
caractéristiques, rangée interrompue sur le cépha¬
lothorax et les premiers segments abdominaux.
Ces épines sont longues, robustes et brusque¬
ment rétrécies à l’apex (fig. 2) ; en région abdo¬
minale, elles présentent dans la partie renflée de
l'apex des plissements et des creux semblables à
des pores (fig. 3-4). Ailleurs, elles sont nettement
plus courtes et terminées en pointe plus ou moins
régulière. Sur le reste du corps, présence éparse
de soies fines et courtes. Trois types de pores
glandulaires présents : des pores pentaloculaires,
des pores en huit (fig. 8) et des micropores
tubulaires débordant du tégument par un tuber¬
cule (fig. 5). Les pores pentaloculaires sont
absents des quatre derniers segments abdomi¬
naux. Ailleurs, ils sont nombreux et forment une
bande continue sur la marge. Ils sont épars sur le
reste du corps. Les pores en huit sont présents
partout, à l’exception des lobes anaux et de la
région frontale. Leur nombre est inférieur à celui
des pores pentaloculaires. Les micropores tubu¬
laires à tubercule sont peu nombreux. Us se
rencontrent sur l’abdomen et en région margi¬
nale, sur le thorax. Macropores tubulaires cupu-
liformes, absents. Forte nodosité présente sur les
segments abdominaux, à l’exception des lobes
anaux (fig. 2). En région submarginale, une tache
orbiculaire simple ou double est présente sur les
segments III à VI, parmi les nodules du tégu¬
ment.
Face ventrale : tapissée de très nombreux
pores pentaloculaires du même type que les
dorsaux, abondants en région marginale, for¬
mant une bande transversale sur chaque segment
abdominal (fig. 7). Nodosité présente en région
submargino-abdominale. Aire médio-abdominale
couverte de spiculés. Soies de taille variable,
éparses. Stigmates antérieurs et postérieurs pour¬
vus de 78 à 90 pores parastigmatiques pentalocu-
laires, disposés en groupement serré. Un groupe¬
ment latéro-externe moins dense est également
Source : MNHN, Paris
Fig. 2-8. Chazeauana gahniae n. gen. n. sp.. femelle adulte. - 2. lobes anaux, plaque anale dorsale, épines marginales et
segments VI et VII montrant la nodosité ; 3. apex d'une épine marginale abdominale ; 4. id. ; 5. micropore à tubercule
submarginal dorsal ; 6. invaginations postgénitales ventrales : 7 segment VII. vue ventrale montrant les groupes de
pores pentaloculaires et la nodosité du tégument ; 8. pores en huit et pore pentaloculaire grossis (échelles : 10 pm pour
les figures 2. 6 et 7 ; I [*m pour les figures 3. 4, 5 et 8). Copyright 1988 Muséum-Paris/MEB-SCSV.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CHAZEAUANA GAHN1AE N. GEN. N. SP.
73
présent. Pores en huit présents, épars. Micro¬
pores tubulaires à tubercule présents en région
submarginale abdominale. Macropores tubulaires
cupuliformes, absents. Vulve large, dissimulée
dans un repli segmentaire. Présence de deux
invaginations postgénitales (fig. 6-7), de deux ou
trois paires de soies spiniformes prégénitales et
de trois ou quatre paires identiques postgéni¬
tales. Pores multiloculaires absents.
Larve du premier stade (fig. 9) : allongée,
L = 0,8 à 0,9 mm, à antennes de 6 articles et
pattes développées. Ongle pourvu d’un léger cro¬
chet interne. Anneau anal porifère, portant 6 soies.
Présence de pores multiloculaires (à 7 loculi), de
pores pentaloculaires, de pores en huit et de
micropores tubulaires à tubercule. Les pores
multiloculaires bordent le corps sur les deux
faces. Les pores pentaloculaires et les pores en
huit sont en nombre très réduit. Un ou deux
pores pentaloculaires se rencontrent sur le thorax
et sur les derniers segments abdominaux. Deux
paires de pores en huit ont été observées en
région submarginale méso et métathoracique.
Quelques micropores tubulaires à tubercule se
rencontrent sur la marge des segments abdomi¬
naux. Marge bordée de soies plus fortes sur les
quatre derniers segments abdominaux. Lobes
anaux développés, portant dorsalement deux
paires internes d’épines et une paire externe,
ventralement une paire de soies fines, de même
longueur que les soies de l’anneau anal. Une
paire de soies préanales présentes, identiques à
celles de la femelle adulte. Soie apicale longue.
Larve femelle du deuxième stade : allongée,
L = 0,7 à 1,2 mm, à antennes de 6 articles et
pattes développées, à tibia plus court que le
tarse. Ongle pourvu d’un léger crochet interne.
Anneau anal porifère, portant 6 soies. Présence
de pores pentaloculaires, de pores en huit et de
micropores tubulaires à tubercule. Absence de
pores multiloculaires. La topographie du sys¬
tème glandulaire est semblable à celle de l’adulte
mais le nombre est moins élevé. Marge bordée
irrégulièrement d'épines courtes et très robustes,
ressemblant à des pointes de clous. Quelques
épines sur les derniers segments abdominaux
évoquent déjà la forme des épines caractéristi¬
ques de l’adulte. Lobes anaux développés, por¬
tant épines et soies disposées comme chez la
larve du premier stade et l’adulte.
Larve mâle du deuxième stade : plus étroite
que la larve femelle, à antennes de 7 articles et
pattes développées, à tibia plus court que le
tarse. Ongle pourvu d'un léger crochet interne.
Anneau anal porifère, portant 6 soies. Présence
de pores pentaloculaires et de macropores tubu¬
laires cupuliformes. Absence de pores en huit, de
micropores tubulaires à tubercule et de pores
multiloculaires. Les pores pentaloculaires ont la
même répartition que chez la larve femelle. Les
macropores tubulaires cupuliformes sont distri¬
bués sur tout le corps, faces dorsale et ventrale.
Marge bordée de soies souples mais robustes à la
base. Lobes anaux développés, portant épines et
soies disposées comme chez la larve femelle.
Matériel-type : Holotype $, Nouvelle-Calé¬
donie, Yaté, sur Gahnia novocaledonensis (Cype-
raceae), 8.XII.1983 (D. Matile). In MNHN,
Paris.
Paratypes. 14 $, même prélèvement que l’holo-
type. In MNHN, Paris. Un paratype déposé
à 1’ « Australian National Insect Collection »,
CSIRO, Canberra.
REMERCIEMENTS
J’ai bénéficié de l’aide logistique de l’ORS-
TOM, Nouméa, qui a été décisive dans le
déroulement de la mission.
J'exprime ici toute ma reconnaissance à mon
collègue Jean Chazeau dont le dévouement
et la générosité ont fait que cette mission
s'est réalisée dans les meilleures conditions. Ce
nouveau genre lui est dédié. Je suis redevable à
Madame Evelyne Cayrol, ORSTOM, Nouméa,
qui a identifié la Cypéracée et au Dr H. Heine,
Source : MNHN, Paris
74
DANIÈLE MATILE-FERRERO
UA 218 du CNRS (Laboratoire de Phanérogamie
du Muséum), pour ses informations sur la
distribution du genre Gahnia. Ma gratitude va
aussi à Madame Hélène Le Ruyet et à Madame
Madeleine Franet pour la réalisation des planches
illustrant ce travail.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Benl, G., 1940. — Die systematik der Gattung Gahnia
Forst. Bol. Archiv. 40 : 151-257.
Cohic, F., 1958. — Contribution à l’étude des coche¬
nilles d’intérêt économique de Nouvelle-Calédonie
et dépendances. Commission du Pacifique Sud,
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Forming Coccoid Genus Apiomorpha Rübsaamen
(Homoptera : Eriococcidae : Apiomorphinae) Ausi. J.
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Hoy, J. M., 1962. — Eriococcidae (Homoptera :
Coccoidea) of New Zealand. N. Z. Dept. sci. industr.
Res.. Bull. 146 : 1-219.
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Miller, D. R. & Gonzalez, R. H., 1975. A
taxonomie analysis of the Eriococcidae of Chile.
Rev. chil. Entomol.. 9 : 131-163.
Source : MNHN, Paris
10
Diptères Ceratopogonidae de Nouvelle-Calédonie. 6.
Note sur le genre Dasyhelea
Jean Clastrier
Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Entomologie
45. rue Buffon
75005 Paris
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Description de deux Dasyhelea originaires de la
Nouvelle-Calédonie : D. minuscula (Skuse), et D.
neocaledoniensis n. sp.
Two Dasyhelea species of Ceratopogonidae from
New Caledonia are described and illustrated : D.
minuscula (Skuse) and D. neocaledoniensis n. sp.
Clastrier. J.. 1988. Diptères Ceratopogonidae de Nouvelle-Calédonie. 6. Note sur le genre
Dasyhelea. In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1. Mém. Mus. nain. Hist. mit. (A) 142 75-
82. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
76
JEAN CLASTRIER
Deux Ceratopogonidae originaires de la Nou¬
velle-Calédonie et appartenant au genre Dasyhe¬
lea Kieffer. 1911 sont décrits ci-dessous : l'un
déjà connu. D. minuscula (Skuse). l'autre nou¬
veau. Ce genre présentant certaines particula¬
rités. trois d'entre elles seront d'abord rappelées.
Le premier article du palpe, qui subit une
réduction plus ou moins prononcée, peut être
totalement absent ou vestigial. Les articles anten-
naires présentent des épaississements du tégu¬
ment. ou formations en plaques à contours
géométriques, dont le nombre et la disposition
sont variables. Les mêmes articles portent éga¬
lement des sensilles grossies au milieu et en
forme de fuseau, différant morphologiquement
des habituels sensilla basiconica. Ces derniers
éléments ne seront pas décomptés, mais quel¬
ques-uns simplement représentés sur les figures.
Toutes les conventions adoptées dans différentes
publications antérieures sont conservées. En par¬
ticulier. toutes les dimensions sont exprimées en
microns, sans que cette unité de mesure soit
nécessairement rappelée. Pour l'aile, elles con¬
cernent successivement et dans l’ordre la lon¬
gueur, la longueur de la costa prises depuis
l'arculus, et la plus grande largeur.
Dasyhelea minuscula (Skuse, 1889)
(fig. MO)
Ceratopogon minusculus Skuse, 1889 : 299 (<J. fig. aile).
Culicoides minusculus (Skuse): Kieffer, 1906 : 54
(liste).
Culicoides minusculus (Skuse); Kieffer, 1917 : 185
(clé).
Dasyhelea minuscula (Skuse. 1889); Macfie. 1939 ;
558 (^, pince génitale).
Dasyhelea minuscula ( Skuse. 1889); Debenham. 1979 ;
160 (cité).
Description : Mâle, femelle.
Yeux pubescents ; largement contigus sur toute
la hauteur de leur bord interne. Clypéus (fig. 8) :
sclérite ventral presque aussi large que haut ;
pentagonal, muni de trois soies médiocres alignées
de chaque côté ; aucune soie sur le sclérite dorsal.
Palpe progressivement et très légèrement bruni
de la base à l'apex ; à quatre articles courts, sans
aucun vestige du premier ; soies sensorielles
directement implantées sur le tégument à la base
du deuxième article, longues, géniculées, et très
faiblement grossies à leur extrémité ; au nombre
de cinq à six chez le mâle (fig. I); cachées sur
l'unique spécimen femelle examiné ; soies api¬
cales de IV très courtes et d'une teinte noirâtre.
Mensurations chez le mâle : 22, 27, 20, 28.
Antenne du mâle brun noirâtre. Articles IV-XI
d'abord très larges et plus ou moins discoïdes
(fig. 2), puis prenant progressivement la forme
habituellement observée, de deux troncs de cônes
accolés par leur grande base (fig. 3); XII-XV
senblables aux précédents à la base mais nette¬
ment plus longs sur le reste du corps, qui est
étroit et subcylindrique de XII à XIV, massif et
cylindrique sur XV. Soies du panache disposées
en un seul rang, presque transversal, de IV à XII.
Un long et vigoureux s. chaeticum est implanté
au niveau de l'interruption du panache des
articles X à XII. Verticille basal de XIII et XIV
uniquement formé de s. chaetica longs et vigou¬
reux ; celui de XV uniquement composé de s.
trichodea médiocres. Les formations en plaques
sont présentes à la base de tous les articles. Elles
sont également présentes, du côté où le panache
est interrompu, sur XII et XIII, au nombre de
deux par article, et portant chacune un fort s.
chaeticum ; absentes sur XIV. Sur l’article XV les
plaques sont nombreuses, mal individualisées, et
ne portent que des s. trichodea. Mensurations
(III-XV) : 48, 26, 22, 21, 21, 23, 24. 26, 26, 56,
43, 32, 62.
Antenne de la femelle uniformément brun
sombre. Articles IV-XIV d'abord transversaux,
puis devenant progressivement globuleux et un
peu plus longs que larges ; XV aussi long que les
deux articles qui le précèdent réunis (fig. 5).
Deux s. chaetica sur l'angle dorso-interne de
l’article I ; IV-X munis à la base d'un verticille de
huit à neuf s. chaetica vigoureux, et portant sur
le corps deux s. trichodea majeurs fortement
incurvés. Verticille basal de XI-XIV principale¬
ment composé de s. trichodea, avec deux à trois
s. chaetica localisés sur une seule et même
face (fig. 6) ; celui de XV uniquement formé de
s. trichodea. Formations en plaques à peine
ébauchées à la base des articles IX et X ;
présentes et bien individualisées au-dessous du
verticille de XI-XIV ; très nombreuses et à
limites très imprécises sur l'ensemble de XV.
Mensurations (III-XV) : 25, 18, 17, 18, 20, 22,
21, 22, 23, 23, 22, 22, 46.
Source : MNHN, Paris
DASYHELEA DE NOUVELLE-CALEDONIE
77
Mésonotum dépourvu de tubercule antérieur ;
noirâtre, à l’exception d’une large bande d'un
jaune brunâtre qui longe le bord latéral, et se
prolonge ventralement sur les pleures (membrane
anépisternale). Sur cette grande plage claire, le
paratergite tranche par sa teinte noirâtre (fig. 9).
Deux soies latérales antérieures fortes ; trois
postérieures fortes, plus une faible insérée ventra-
lement par rapport aux précédentes (fig. 9).
Scutellum jaunâtre : à cinq soies fortes de for¬
mule 1-3-1 ; aucune soie faible.
Aile (fig. 10) à lobe anal effacé. Nervures
basales et cellule costale progressivement assom¬
bries depuis la base ; le reste du limbe blanchâtre.
Les deux cellules radiales fermées. Soies du
complexe radial au nombre de deux chez le mâle,
situées à l'extrémité de R2 + 3, et de neuf chez la
femelle, réparties sur R et R2 + 3, mais aucune à
proximité de l’arculus. Macrotriches peu nom¬
breux, disposés en lignes très largement séparées
les unes des autres chez le mâle, un peu moins
espacées chez la femelle. Alula nue. Mensura¬
tions : mâle : 680, 262, 262 ; femelle : 620, 260,
315.
Pattes. Fémurs bruns, légèrement éclaircis à
leurs deux extrémités ; tibias noircis à l’extrême
base, bruns sur le reste, avec deux étroites bandes
plus claires respectivement sub-basale et apicale.
Tous les tibias sont un peu plus clairs que les
Fiu. 1-4 Dasylwlfu minuscula (Skusc). mâle. I. palpe droit en vue ventrale : 2. articles antennaires lll-VI : 3. articles
antennaircs VII-XV vus du côté de l interrupiion du panache ; 4. pince génitale sans les dististylcs, et dististyle droit
isole, en vue ventrale. Échelles : 1-3 : a (100); 4 : b (100).
Source : MNHN, Paris
78
JEAN CLASTRIER
Fig. 5-10. Dasyhelea minuscula (Skuse), femelle. 5. antenne vue par la face dépourvue de s. chaetica sur les articles XI-XIV ;
6. articles antennaires XI-XIV vus par la face opposée à la précédente : 7, spcrmathèquc. cl extrémité postérieure de
l'abdomen en vue ventrale : 8. clypéus ; 9. paratergite et soies latérales du mésonolum : 10. aile. Échelles : 5-8 : a ( 100) :
9 : b (200); 10 : c (500).
fémurs, d’une façon assez variable, pouvant aller
jusqu'à une dépigmentation presque totale. Tar-
somères I-IV d’un jaune brunâtre pâle, V un
peu plus sombre. Fémurs, tibias et tarsomères
normalement constitués, cylindriques ; pilosité
générale dense, longue, forte mais non spinu-
leuse. PI : pas d’éperon sur le tibia, mais un
peigne à dents grêles, nombreuses, peu visibles,
et un alignement apical de cinq à six soies
vigoureuses. P2 : pas d’éperon, de peigne, ni
de soie apicale forte sur le tibia. P3 : pas d’épe¬
ron sur le tibia mais deux peignes, dont le plus
grand est composé de sept dents. Pour les trois
paires : une rangée de soies bulbeuses nullement
disposées en palissade mais très clairsemées, sur
les quatre premiers tarsomères. Griffes petites,
égales, simples, dépourvues de soie arquée à la
base ; brièvement bifides à leur extrémité chez le
mâle, acérées chez la femelle.
Source : MNHN, Paris
DASYHELEA DE NOUVELLE-CALEDONIE
79
Pince génitale du mâle (fig. 4) aussi large que
haute : entièrement noirâtre. Sternite IX forte¬
ment lobé postérieurement, et venant épouser la
courbure du bord antérieure de l'édéage. Bord
distal du tergite IX large, transversal ; appen¬
dices apico-latéraux relativement courts, oblique¬
ment tronqués à l’apex et munis d'une petite soie
subapicale. Coxite deux fois aussi long que
large ; présentant à l’extrémité de son bord
interne un très petit lobe, dont l’aspect varie
suivant son orientation. Dististyle régulièrement
incurvé sur toute sa longueur ; très gros à la
base, progressivement et rapidement rétréci jus¬
qu’à son extrémité, qui est effilée. Édéage mas¬
sif ; largement mais peu profondément excavé
sur son bord antérieur. Dans sa partie posté¬
rieure. il présente trois formations allongées et
asymétriquement disposées. Du côté droit de la
pince, il est possible de reconnaître un appendice
externe allongé, rectiligne, brusquement coudé à
l'apex, et un lobe interne beaucoup plus large,
dont le bord interne présente une étroite plage
triangulaire pigmentée. Du côté gauche l’aspect
est différent, comme l’avait déjà noté Macfie
(1939), et comme nous avons pu le vérifier sur
tous les spécimens examinés. Paramères d’une
structure simple, représentée sur la figure ; l'extré¬
mité apicale de la branche médiane est à peine
pigmentée.
Abdomen de la femelle (fig. 7). Sternite VIII
très bien individualisé, trapézoïdal, présentant de
chaque côté un groupe de deux longues soies.
Sclérification génitale allongée transversalement,
et rappelant par sa forme une toiture asiatique
traditionnelle. Au-dessous de cette sclérification
se trouvent deux étroites formations linéaires
paramédianes pigmentées et légèrement incurvées,
se faisant face par leur concavité. Spermathèque
unique, de grande taille (50 x 38), piriforme,
sans col, et dépourvue de taches claires sur le
corps (fig. 7).
Décrite de Sydney (Australie, New South
Wales) d'après un unique spécimen mâle, cette
espèce n’avait plus été retrouvée.
Matériel étudié : captures effectuées au piège
de Malaise. 1 S '■ Vallée de la Coulée, 166°
35'38" E, 22°10'52" S, 40 m.. maquis haut sur
péridotite, bord de rivière, 24.X.1985 (P. Bou¬
chet). 4 çj et 1 ? : Rivière Bleue, 166°40'06" E,
22°06'05" S, 310 m., maquis sur crête, 25.XI-
8. XII. 1986 (L. Bonnet de Larbogne. J. Cha-
zeau, A. & S. Tillier). 2 S '■ id-» 13-28.X. 1986.
1 3 : id., 12-25.XI.1986.
Dasyhelea neocaledoniensis n. sp.
(Fig. 11-16)
Description : Mâle.
Cette espèce est décrite comparativement à
la précédente. Les caractères qui leur sont com¬
muns ne sont donc pas repris, et restent sous-
entendus en l’absence d’information contraire
nettement exprimée.
Clypéus. Sclérite ventral allongé, faiblement
grossi dans sa partie moyenne, et portant de
chaque côté une rangée de quatre longues soies ;
chez l’holotype (fig. 12), il s’y ajoute une soie
basale et médiane. Le sclérite dorsal présente de
chaque côté une soie plus courte et plus grêle que
les précédentes.
Palpe (fig. 13) uniformément grisâtre; à cinq
articles, le premier étant extrêmement réduit
mais bien différencié, et muni d’une soie ; II à
peine aussi long que large; III allongé, faible¬
ment grossi sur sa moitié basale, qui porte deux
soies sensorielles directement implantées sur le
tégument ; IV court et subcylindrique ; V un peu
plus long que le précédent, et légèrement grossi
de la base à l’apex. Mensurations : 8, 16, 45, 20,
26.
Antenne noirâtre. Articles IV-XI tous sem¬
blables à deux troncs de cônes accolés par leur
grande base, et progressivement plus étroits ; XII
semblable aux précédents par sa base, semblable
aux deux suivants par son corps; XIII et XIV
binoduleux ; XV en pain de sucre (fig. 14). Soies
du panache disposées en un seul rang de IV à
XII. Un long et vigoureux s. chaeticum est
implanté au niveau de l’interruption du panache
des articles XI et XII ; ce dernier porte en outre
un verticille de cinq à six s. chaetica de vigueur
moyenne à l’union de ses deux derniers tiers. Les
articles XIII et XIV présentent chacun deux ver-
ticilles composés de huit s. chaetica environ, l’un
extrêmement vigoureux situé à l’union des deux
premiers tiers, l’autre plus faible, à l’union des
deux derniers. Verticille basal de XV uniquement
formé de s. trichodea. Formations en plaques
présentes et bien individualisées au-dessous du
Source : MNHN, Paris
80
JEAN CLASTR1ER
Fig. 11-16. Dasyhelea neocaledoniensis n. sp.. mâle. Il, pince génilale sans les dististyles. ei dististyle droil isolé, en vue
ventrale; 12. clypéus ; 13. palpe .gauche en vue ventrale; 14. articles antennaircs IV-XV ; 15. aile; 16. paralêrgite et
soies latérales du mésonotum. Echelles : Il : a (100); 12-14 : b (100); 15 : c (500); 16 : d (200)
verticille basal de tous les articles ; également
présentes sur le tiers moyen de XII-XIV, peu
nombreuses mais de grande taille, ainsi que sur
la totalité de XV, de dimensions réduites, et
beaucoup moins différenciées. Mensurations (III-
XV) : 52, 28, 26, 27, 26, 27, 28, 27, 28, 55, 54, 45,
55.
Thorax entièrement noirâtre, à l’exception de
la membrane anépisternale qui est un peu moins
sombre. Mésonotum : deux soies latérales anté¬
rieures, l’une faible, l'autre forte, et trois soies
latérales postérieures fortes disposées en arc de
cercle, ces deux groupes, antérieur et posté¬
rieur, étant très largement séparés l’un de l’autre
(fig. 16).
Aile (fig. 15) allongée, à lobe anal très effacé;
à peine brunie dans son ensemble, et un peu plus
sur les nervures basales. Première cellule radiale
fermée, la deuxième minuscule, lenticulaire. Une
Source : MNHN, Paris
DASYHELEA DE NOUVELLE-CALEDONIE
81
douzaine de soies sur le complexe radial : la
première située à proximité de l’arculus, les
suivantes s' étendant jusqu’à l’apex de R2 + 3.
Mensurations : 675, 285, 255.
Pattes. Coloration des fémurs, tibias et tarso-
mères semblable à celle de l’espèce précédente,
mais sans aucune dépigmentation des tibias. PI :
une rangée de soies bulbeuses clairsemées sur le
seul basitarse. P2 : une rangée de soies bulbeuses
clairsemées sur les deux premiers tarsomères. P3 :
grand peigne tibial à six dents ; une rangée de
soies bulbeuses très clairsemées sur les quatre
premiers tarsomères. Griffes munies d’une petite
soie arquée à la base de leur face externe.
Empodium présentant cinq à six longues ramifi¬
cations.
Pince génitale (fig. 11). Sternite IX pubescent
sur un peu moins de sa moitié antérieure ;
longuement prolongé dans la partie médiane de
son bord distal sous la forme d’une languette qui
recouvre, et dépasse même, la plus grande partie
de l’édéage. Bord postérieur du tergite IX large,
rectiligne, transversal. Appendices apico-latéraux
allongés, étroits, brusquement rétrécis sur leur
dernier quart, et portant chacun deux petites
soies, respectivement basale et subapicale. Coxite
massif, plus ou moins triangulaire, à sommets
arrondis. Dististyle peu grossi à la base ; réguliè¬
rement incurvé, progressivement rétréci sur toute
sa longueur, et terminé en forme de bec. Corps
de l’édéage triangulaire, à peine excavé sur son
bord antérieur. Chacun des bras latéraux donne
postérieurement naissance à un appendice long,
étroit, pigmenté, conservant d’abord la direction
générale du corps, puis prenant brusquement une
direction opposée, antéro-dorsale. Branches basales
des paramères réduites à deux petits sclérites
transversaux de structure très simple et symétri¬
quement disposés. Chez l’holotype, l’extrémité
interne de chacune de ces branches est très
légèrement recourbée vers l’arrière ; sur tous les
paratypes, ces extrémités sont situées dans le
prolongement l’une de l’autre. Aucune formation
susceptible de représenter les branches distales
n’est visible.
Matériel-type : captures effectuées au piège de
Malaise. L’holotype S et quatre paratypes :
Rivière Bleue, 166°40'06" E, 22°06'05" S, 310 m.,
maquis sur crête, 12-15.XI.1986 (L. Bonnet de
Larbogne, J. Chazeau, A. & S. Tillier). MNHN.
Discussion : D. neocaledoniensis se sépare,
par l’extrême réduction des paramères, du très
petit nombre d’espèces connues de la région aus¬
tralienne (Debenham, 1979) et de Micronésie
(Tokunaga & Murachi, 1959), dont la pince
génitale du mâle est symétrique. Il se sépare
également des rares femelles de ces régions dont
le mâle est inconnu, par l’association des carac¬
tères suivants : article antennaire XV dépourvu
de stylet apical ; mésonotum uniformément noi¬
râtre ; scutellum portant cinq fortes soies.
REMERCIEMENTS
Nous adressons nos très sincères remerciements
à M mc et M. A. & S. Tillier & M. P. Bouchet
(MNHN), ainsi qu’à M. J. Chazeau & M me L.
Bonnet de Larbogne (Centre ORSTOM de
Nouméa), qui ont capturé ce matériel. Nous
remercions également M. L. Matile (MNHN)
qui nous en a confié l’étude.
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Source : MNHN, Paris
11
Diptères Anisopodoidea Mycetobiidae
de Nouvelle-Calédonie
Michel Baylac & Loïc Matile
Muséum national d'Histoirc naturelle
Laboratoire d'Entomologie. CNRS UA 42
45. rue Buffon
75005 Paris
RÉSUMÉ
Le groupe présumé monophylétique formé par les
genres Mycetobia Meigen et Mesochria Enderlein, le
plus souvent traité comme une sous-famille des Aniso-
podidae, peut à juste titre être élevé au niveau familial,
position confortée par l'âge absolu minimum (crétacé)
que l'on peut lui attribuer. La famille des Myceto¬
biidae est signalée pour la première fois de la région
australienne. Deux espèces de Mycetobia ont été
découvertes en Nouvelle-Calédonie. M. neocaledonia
n. sp. $) et M. scutellaris n. sp. ($ seulement). Ces
espèces sont très étroitement apparentées par la perte
de l'éperon tibial externe III. caractère unique dans la
famille.
ABSTRACT
The authors consider that the inferred monophyletic
group formed by the généra Mycetobia Meigen and
Mesochria Enderlein. generally considered as a sub-
family of the Anisopodidae. can rightly be raised to
family rank ; their position is supported by the
minimum absolute âge (cretaceous) which can be
attributed to the group. The family Mycetobiidae is
recorded for the first time in the Australasian région.
Two new species belonging to the genus Mycetobia
hâve been discovered in New Caledonia. M. neocale-
donica n. sp. (J $) and M. scutellaris n. sp. (2 only).
The loss of the outer tibial spur III in the two species.
a feature unique in the family, indicates that they are
very closely allied.
Baylac. M. & Matile, L.. 1988. Diptères Anisopodoidea Mycetobiidae de Nouvelle-Calédonie. In :
S. Tillier (ed.). Zoologia Neocaledonica. Volume 1. Mém. Mus. nom. Hist. nat.. (A). 142 : 83-87. Paris ISBN :
2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
84
MICHEL BAYLAC ET LOÏC MATILE
La position systématique du genre Mycetobia
a été longtemps controversée, au point que le
genre figure dans deux fascicules différents du
Généra Insectorum, celui des Mycetophilidae
(Johannsen, 1909) et celui des Protorhyphidae,
Anisopodidae, etc. (Edwards, 1928). Même après
cette dernière révision du grand spécialiste des
Nématocères, où les genres Mycetobia Meigen et
Mesochria Enderlein étaient considérés, principa¬
lement grâce à la morphologie larvaire, comme
appartenant à la famille des Anisopodidae (avec
les Olbiogaster Osten Sacken), ces deux genres
ont connu des sorts variés.
Qu'ils forment un groupe monophylétique
semble assuré par deux fortes synapomorphies
imaginales, la perte de la cellule discale et la forte
réduction, ou même la disparition, des gonostyles
mâles. Hennig (1954) pensait que leur attribu¬
tion aux Anisopodoidea reposait sur des symplé-
siomorphies, et leur attribuait le rang de famille
(Mycetobiidae) au sein des Mycetophiliformia ;
Rohdendorf (1962) a adopté cette position. Par
la suite Tuomikoski (1961) a contesté l’opinion
de Hennig et souligné les nombreuses ressem¬
blances existant entre Mycetobiidae et Anisopo¬
didae. Hennig lui-même l’a suivi en 1973, ne leur
reconnaissant même plus de rang supra-générique.
Peterson (1981) rétablit les Mycetobiinae (mais
en classant Olbiogaster dans les Anisopodinae),
tout en admettant que la classification la plus
récente de Hennig pourrait être la plus juste.
Il nous semble que Tuomikoski ( op. cit.) n’a
pas fait la démonstration que les ressemblances
entre Mycetobiinae et Anisopodinae relevaient
de la synapomorphie plutôt que de la similitude
générale. A dire vrai, la seule synapomorphie
explicitement citée par cet auteur réside dans
la présence, sur l’antépénultième segment des
palpes imaginaux, d’un profond sillon sensoriel,
tubulaire ou en forme de gourde. Or d’après De
Souza Amorim (1982), cet état serait plésio-
morphe chez les Diptères ; comme l’un de nous
l’a d’ailleurs remarqué (Matile, 1986), c’est bien
en tout cas par une fosse qu’est représenté le
sensorium des palpes des Mécoptères, groupe-
frère plésiomorphe des Diptères.
Si l’appartenance des « Mycetobiinae » aux
Anisopodoidea paraît vraisemblable, il nous
semble que les relations de parenté entre eux et
les différents taxa monophylétiques constituant
la superfamille sont loin encore d’être claires ;
l’émission d’une hypothèse de phylogénie à fort
degré de corroboration exigera une analyse
rigoureuse de tous les caractères disponibles, et
en particulier des genitalia mâles et de la capsule
céphalique larvaire.
Dans l’expectative, il nous paraît plus raison¬
nable de ne pas occulter, par l’inclusion de ce
taxon dans les Anisopodidae, l’incertitude où
nous sommes de la nature de ses relations de
parenté avec les autres membres du groupe, et
par conséquent de lui accorder le rang familial.
Ceci nous paraît également justifié par l’âge
absolu minimum que l’on peut lui assigner, selon
ce critère de Hennig maintenant peu défendu,
mais dont l’un de nous a néanmoins préconisé
l’emploi dans les groupes où les hypothèses
biogéographiques ou les fossiles, ou les deux,
permettent de l'établir (Matile, 1981).
Des Anisopus et des Mycetobia sont connus
de l’ambre de la Baltique (fin Eocène-début Oli¬
gocène), ainsi qu’une espèce à'Olbiogaster de
l’Eocène nord-américain ; ils ne diffèrent en rien
des représentants actuels de ces genres (Edwards,
1928). On connaît un Anisopodidae certain
(encore non décrit) de l'ambre du Crétacé supé¬
rieur du Canada (McAlpine & Martin, 1969),
sans parler des espèces apparentées aux Aniso¬
podoidea mentionnées par Rohdendorf (c/.
notamment 1964) du Jurassique, dont la position
demande à être confirmée, quoique la souche
ancestrale du groupe Olbiogaster , en tout cas,
remonte vraisemblablement à cette époque (voir
notamment discussion in Hennig, 1954).
Il faut donc dater l’origine des genres actuels au
plus tard du Crétacé supérieur, ce qui est encore
confirmé par la répartition amphinotique (sous-
région chilienne et Nouvelle-Zélande) du groupe
d’ Anisopus fuscipennis Macquart (Edwards, 1930).
Même si les « Mycetobiinae » représentent vrai¬
ment le groupe-frère de l’ensemble « Anisopo¬
dinae + Olbiogasterinae », la séparation des
deux souches ne peut guère être postérieure au
Crétacé moyen ; elle est probablement beaucoup
plus ancienne si les fossiles du Jurassique tels que
Mesorhyphus nanus Handlirsh, du Lias européen,
appartiennent bien au groupe de parenté des
« Olbiogasterinae ». Ceci nous semble justifier
largement notre position (voir discussion in
Matile, 1981).
Les Mycetobiidae comprennent donc deux
genres, Mycetobia (régions holarctique et néotro¬
picale) et Mesochria (régions afrotropicale et
orientale). Deux espèces de Mycetobia ont été
Source : MNHN, Paris
MYCETOBIIDAE DE NOUVELLE-CALEDONIE
85
découvertes en Nouvelle-Calédonie ; la famille et
le genre sont donc cités ici pour la première fois
de la région australasienne. Il est curieux qu’au¬
cune espèce d'Anisopus, dont une lignée, on l’a
vu, est amphinotique, n'ait été récoltée.
Les larves connues de Mycetobia vivent dans
la sève qui s'échappe des blessures des arbres, ou
dans divers exudats de troncs pourris de feuillus
ou de résineux (cf Edwards, 1928 ; Mamaev,
1968, 1971).
Le matériel faisant l’objet de cette note est
déposé, y compris les holotypes, au Muséum
national d’Histoire naturelle, Paris.
Mycetobia neocaledonica n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile : 3,2 mm. Tête : occiput brun-noir luisant,
postgènes jaunes. Yeux séparés en avant par
environ la moitié du plus grand diamètre des
ocelles. Front roux luisant. Antennes : scape,
pédicelle et pédoncule du premier flagellomère
jaunes, le reste brun-noir. Face, palpes et trompe
jaunes.
Thorax : prothorax jaune pâle. Scutum jaune
luisant, marqué de deux grandes taches latérales
brunes ; soies scutales brunes. Scutellum jaune,
portant quatre fortes soies noires, les externes
aussi longues que les internes. Médiotergite
jaune, luisant, une large bande transversale
brune le long de la dépression sous-scutellaire.
Pleures jaune pâle ; mésanépisterne roux dorsale-
ment, katépisterne marqué d’une bande transver¬
sale passant du roux en avant au brun en arrière.
Latérotergite brun-roux, les marges plus claires,
sauf l'antérieure.
Pattes : hanches jaune pâle. Fémurs et tibias
jaune plus soutenu, fémurs 11-111 étroitement
brunis à l’apex ; éperons 1:1:1, jaunes, peignes
111 roux. Protarses jaune pâle, tarsomères sui¬
vants assombris par la pilosité.
Ailes jaune hyalin, nervures brunes. Sc se
FlG. I. Mycetobia neocaledonica n. sp.. holotype mâle, hypopyge. vue latérale.
Source : MNHN, Paris
86
MICHEL BAYLAC ET LOÏC MATILE
terminant au niveau du premier tiers de la
dernière section de RI. R2 + 3 se terminant
juste après l'apex de RI. CuA2 distinctement
courbée. Anale 1 complète, mais très faible.
Sc ciliée ventralement sur toute sa longueur.
Balanciers jaunes.
Abdomen : tergites luisants. I jaune pâle.
II jaune plus sombre, III concolore, mais avec
une grande tache triangulaire brune à sommet
basal. Tergites IV-V bruns, les suivants jaunes.
Tous les sternites jaunes.
Hypopyge jaune, les appendices plus ou moins
fortement brunis (fig. 1). Sternite X présent,
formant un processus allongé, la base, ciliée, plus
large.
Allotype femelle semblable au mâle, mais
les taches scutales beaucoup plus étendues, de
sorte que le scutum serait mieux décrit comme
brun-noir luisant avec une large bande médiane
jaune, élargie latéralement à la marge antérieure.
Mèdiotergite presque entièrement brun. Pattes :
tibia III étroitement bruni à la base. Abdomen :
lergite 1 jaune, tous les autres brun luisant.
Sternites basaux jaunes, les suivants fonçant
progressivement au brun luisant taché de jaune.
Ovipositeur brun clair, faiblement luisant.
Variations. Certains paratypes ont la bande
scutale jaune plus ou moins maculée de brun-
roux sur le disque.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle
et deux paratypes femelles : Rivière Bleue, Parc
5, 150 m., forêt humide sur alluvions, piège de
Malaise, 5-20.1.1987 (L. Bonnet de Larbogne,
J. Chazeau & A. & S. Tillier). Paratypes :
Rivière Bleue, Parc 6, 160 m., forêt humide sur
alluvions, piège de Malaise, 5-20.1.1987, 4 Ç
(L. Bonnet de Larbogne, J. Chazeau & A. &
S. Tillier) ; Rivière Bleue, piège de Malaise,
19.XI-4.XII.1985, 1 $ (J. Chazeau); Mont
Panié, 260 m., piège de Malaise, I I-I6.XII.I983,
1 $ (L. Matile).
Discussion : Cette espèce est unique dans la
famille par la disparilion de l'éperon externe III.
Des Myceiobia de la région néotropicale, nous
avons examiné M. limunda Stone et deux espèces
apparemment non décrites, respectivement du
Nicaragua et du Brésil ; nous n'en connaissons
malheureusement pas les mâles. Philippj (1865) a
décrit un « Myceiobia ? Julva » du Chili, mais cet
insecte ne peut appartenir à ce genre en raison de
la présence de deux ocelles seulement, et de sa
nervation « ressemblant à celle de Platyura ».
D'après Edwards (1928), il s'agirait probable¬
ment d'un Ditomyiidae du genre Nervijuncta
Marshall '. Quoi qu'il en soit, la description
originale mentionne explicitement la présence de
deux éperons bien développés. Nous ne sommes
donc pas en mesure, pour le moment, de préciser
les affinités de M. neocaledonica et de l’espèce
suivante. Peut-être le genre, qui couvre l’Asie
paléarctique, existe-t-il aussi en région orientale,
dont il n'a pas encore été signalé (cf. Stone,
1973) ; les Mycetobia néo-calédoniens pourraient
alors appartenir à l’élément oriental de la faune
de cette île.
Myceiobia scutellaris n. sp.
Description : (holotype femelle). — Longueur
de l’aile : 3,7 mm. Diffère des femelles de l'espèce
précédente par les caractères suivants :
Tête jaune, sauf le triangle ocellaire, noir.
Scutum jaune-roux luisant, non avec de grandes
taches latérales, mais avec deux étroites bandes
dorsales brun-noir, incomplètes en avant. Scutel-
lum brun-noir luisant, portant deux grandes
scutellaires internes, les externes ciliformes. Médio-
tergite entièrement brun, de même que les sclé-
rites pleuraux. Pattes entièrement jaunes. Ailes :
CuA2 plus fortement courbée. Abdomen : tergite
II largement marqué de jaune de chaque côté du
disque, III moins nettement et moins largement ;
une tache dorsale jaune à cheval sur les deux
tergites prégénitaux. Sternites unicolores, jaunes.
Ovipositeur brun sombre luisant.
Variations. — Le deuxième paratype a les
tergites abdominaux entièrement bruns à partir
du IL
Matériel-type : holotype femelle et un paratype
femelle : Rivière Bleue, Parc 6, 160 m, forêt
humide sur alluvions, piège de Malaise, 8-25.XII.
1986 (L. Bonnet de Larbogne & J. Chazeau);
id., 5-20.1.1987, 1 Ç (L. Bonnet de Larbogne,
J. Chazeau & A. & S. Tillier).
I. Frheman (1951) l'inclut avec doute dans les « Platyura »; PapaVERO (1967) le maintient, egalement avec un point
d'interrogation, dans les Myceiobia.
Source : MNHN, Paris
MYCETOBIIDAE DE NOUVELLE-CALEDONIE
87
Discussion : Étroitement allié à l’espèce pré¬
cédente par la perte de l’éperon tibial externe III,
M. scutellaris s'en distinguera aisément non
seulement par la coloration (notamment côtés du
scutum jaune et scutellum brun), mais aussi par
la présence de deux grandes soies scutellaires au
lieu de quatre.
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Source : MNHN, Paris
12
Diptères Mycetophiloidea de Nouvelle-Calédonie
2. Keroplatidae '
Loïc Matile
Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Entomologic, CNRS UA 42
45, rue BufTon
75005 Paris
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Les Keroplatidae de Nouvelle-Calédonie sont étu¬
diés pour la première fois. Trente-trois espèces, toutes
endémiques, ont été récoltées dans le cadre de divers
programmes. Trois genres nouveaux. Dimorphelia,
Lutarpyella et Rhynchorfelia sont décrits, ainsi que
29 espèces. Une clé d’identification est donnée pour
ces taxa. Lorsque des affinités ont pu être reconnues,
elles ont mis en évidence la nature triple de la faune
néo-calédonienne, qui comporte des éléments austra¬
liens, néo-zélandais et néo-guinéens-orientaux.
The Keroplatidae of New Caledonia are studied for
the first time. Thirty-three species, ail endemic, hâve
been collected within the framework of various pro-
grams. Three new généra, Dimorphelia. Lutarpyella
and Rhynchorfelia are described, as well as 29 species.
A key to these taxa is given. When affinities hâve been
recognized, they hâve demonstrated the treble nature
of the New Caledonian fauna, which comprises élé¬
ments from Australia and New Zealand, as well a
New Guinean-oriental fauna.
I. Voir I. In : Ann. Soc. entomol. Fr. (N. S.), 1985. 22 (2) : 286-288.
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163-6
Source : MNHN, Paris
90
LOÏC M ATI LE
Les Diptères Mycetophiloidea de Nouvelle-
Calédonie ne sont jusqu’ici connus que par deux
espèces, l’une appartenant aux Lygistorrhinidae
et décrite in Matile, 1986 a, l’autre aux Keropla-
tidae du genre Heteropterna , et mentionnée in
Matile, 1986 b. 11 n’y a pas lieu de s’étonner
que la faune mycétophiloïdienne de Nouvelle-
Calédonie soit si mal connue : il existe peu de
spécialistes de cette superfamille, dont aucun,
jusqu'à 1983, n’a eu l’occasion de prospecter l'île,
et de toutes façons la plupart des Diptères néo-
calédoniens n’ont jamais été étudiés autrement
qu’occasionellement : une seule famille, celle
des Tabanidae, peut être considérée comme
ayant fait l’objet d’une véritable monographie
(Mackerras & Rageau, 1958). Il existe bien
entendu nombre de publications ponctuelles sur
les Diptères de telle ou telle famille, qu'il serait
inutile d’inventorier alors que doit paraître pro¬
chainement le Catalogue des Diptères de l’Austra¬
lasie et de l'Océanie, où l’on trouvera toutes ces
références.
En ce qui concerne la biogéographie de la
Nouvelle-Calédonie, Holloway (1979) donne
quelques éléments fournis par les Diptères : ils
sont très limités.
Les Tabanidae semblent refléter les associa¬
tions les plus anciennes de l’île ; ils comprennent
surtout des éléments papous (5 espèces) et aus¬
traliens (11), avec des taxa plus rares à affinités
néo-zélandaises (2). Mackerras & Rageau (1958)
soulignent aussi la présence de quatre espèces de
Philoliche, un genre oriento-afrotropical. Tous
ces Tabanidae sont endémiques au niveau spé¬
cifique.
Par contre la faune culicidienne (Belkin, 1962)
ne montre un taux d’endémisme spécifique que
de 45 % ; les endémiques ont des affinités avec le
sud-est australien et la Tasmanie. L’endémisme
des Tipulidae Tipulinae est de 100%, celui des
Limoniinae de 85 %. Les endémiques sont d’affi¬
nités surtout australiennes, une seule espèce
(Limonia calédonien) étant étroitement appa¬
rentée à une espèce néo-zélandaise. Les genres
« austraux » sont Phacelodocera (Nouvelle-Calé¬
donie, Tasmanie et Amérique du Sud) et Macro-
mastix (Nouvelle-Calédonie, Australie, Nouvelle-
Zélande, Amérique du Sud. plus une espèce de Sri
Lanka).
Comme les Diptères, la plupart des autres
groupes d’insectes de Nouvelle-Calédonie montrent
une origine mixte, avec des affinités australiennes et
néo-zélandaises, auxquelles s'ajoutent des éléments
néo-guinéens-orientaux, comme l’ont noté Gres-
sitt (notamment 1961), Munroe (1965) et Hollo¬
way (1979). Les proportions de ces différentes
faunes varient selon les groupes envisagés.
Il est difficile, pour deux raisons, de tirer des
données biogéographiques des Keroplatidae, et
plus généralement des Mycetophiloidea neo-calè-
doniens. D'une part les faunes « avoisinantes »
sont très mal connues : la mieux étudiée, celle de
Nouvelle-Zélande, l’a été il y a plus d’un demi-
siècle (Tonnoir & Edwards, 1927). La faune
australienne n’est connue que par les travaux
pionniers de Skuse (1888, 1890) et l’inventaire
générique de Tonnoir (1929). Hardy (1960) a
étudié la faunule d’Hawaii et Colless (1966) celle
de Micronésie. Rien d’autre n’existe sur les Kero¬
platidae des régions australienne et océanienne. En
particulier, nous ignorons tout de la Nouvelle-
Guinée. dont les travaux mentionnés plus haut ont
montré l'importance dans la compréhension de la
faune néo-calédonienne, et de Vanuatu, si proche
de la Nouvelle-Calédonie.
D’autre part, si les Keroplatidae Macrocerinae
et Keroplatini ont été révisés par Matile (1986 b),
aucune hypothèse de phylogénie, au niveau géné¬
rique et à l’échelle mondiale, n’a été élaborée pour
la grande tribu des Orfeliini , qui forme la majeure
partie de la faune kéroplatidienne de Nouvelle-
Calédonie, ni pour pratiquement tout le reste des
Mycetophiloidea, exception faite des Mycetophi-
lidae Exechiini, revus par Tuomikoski (1966) et de
certains Ditomyiidae étudiés par Munroe (1974).
C’est donc avec la plus grande prudence que
j’émettrai ici quelques hypothèses sur les affinités
de la faune kéroplatidienne de Nouvelle-Calédonie.
J’ai cependant été aidé dans cette tâche par
l'examen de matériels inédits des régions orientale
et australasienne, et en particulier de Nouvelle-
Guinée ; ce dernier surtout m’a été très précieux.
Trente-trois espèces de Keroplatidae, toutes
endémiques et nouvelles, ont été inventoriées ;
elles appartiennent surtout aux Orfeliini, qui
comprennent trois genres inédits (plus, peut-être,
deux autres représentés uniquement par des
femelles). En voici la liste :
Macrocerinae
Macrocera unicincta n. sp. ; M. minima n. sp. ;
M. renalifera n. sp. ; M. straatmani n. sp. ;
M. kraussi n. sp.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
91
Keroplatinae Orfeliini
Dimorphelia slirpicola n. sp. ; D. lergata n. sp. ;
Lutarpyella tibialis n. sp. ; Neoplatyura boucheti
n. sp. ; N. lyraefera n. sp. ; N. tillieri n. sp. ;
N. aperta n. sp. ; N. bruni n. sp. ; N. brevilergala
n. sp. ; N. costalis n. sp. ; N. annieae n. sp. ;
Proceroplatus priapus n. sp. ; P. scalprifera n.
sp. ; P. sp. ; Pseudoplatyra neocaledonica n. sp. ;
P. crassitibialis n. sp. ; Pyrtulina tenuis n. sp. ;
P. dubia n. sp. ; Rhynchorfelia rufa n. sp. ;
Rut y lapa boudinoti n. sp. ; R. flavocinerea n. sp. ;
R. lucidistyla n. sp. ; R. lydiae n. sp. ; R. discifera
n. sp. ; R. sp. ; Orfeliini gen. 1 ; Orfeliini gen. 2.
Keroplatinae Keroplatini
Heteropterna chazeaui n. sp.
J'ai pu reconnaître les affinités de 18 sur 33 de
ces espèces endémiques ; comme il fallait s’y
attendre, les trois éléments caractéristiques de la
faune entomologique de la Nouvelle-Calédonie
ont été retrouvés :
1. Eléments néo-zélandais : Macrocera minimu et
straatmani.
2. Eléments australiens : Macrocera unicincla.
Lutarpyella tibialis et les cinq espèces de
Neoplatyura du groupe lyraefera.
3. Eléments orientaux : Rhynchorfelia rufa et les
six espèces du genre Rutylapa.
CLÉ DES KEROPLATIDAE
1 Antennes au moins aussi longues que le corps :
nervure M4 courbée à la base vers Cul b ; pas
de peignes tibiaux II-UI : pulvilles bien déve¬
loppées ; un sclérite cérébral (Macrocerinae.
genre Macrocera) . 2
Antennes bien plus courtes que le corps ;
nervure M4 non recourbée vers Cul b : au
moins un peigne sur les tibias 11-111 ; pulvilles
réduites; pas de sclérite cérébral (Keropla¬
tinae) . 6
2. Membrane alaire avec des inacrolriches api¬
caux ; antennes atteignant plus du double de la
On peut encore classer Neoplatyura boucheti et
Heteropterna chazeaui dans un « groupe aus-
tralo-oriental », dont les relations biogéogra¬
phiques précises ne seront reconnues que lorsque
des hypothèses de phylogénie seront établies au
niveau spécifique. Ceci n’est pas encore possible
pour les Neoplatyura. dont toutes les espèces que
j’ai sous les yeux sont inédites.
En ce qui concerne les Heteropterna , les
représentants australo-orientaux en ont déjà été
étudiés en détail in Matile, 1986 b. Rappelons
qu'avec une espèce de Vanuatu, H. chazeaui
représente le groupe-frère du groupe formé par
les Heteropterna d'Australie, de Fidji et de
Papouasie-Nouvelle-Guinée.
On notera enfin que comme dans le cas des
Tabanidae, avec le genre oriento-afrotropical
Philoliche, les Keroplatidae néo-calédoniens com¬
prennent le genre Pyrtulina. dont la répartition
est malgache et néo-guinéenne.
Remarques. - La plupart des hololypes, et la
plus grande partie du matériel étudié ici. sont
déposés au Muséum national d'Histoire natu¬
relle, Paris (MNHN). Quelques hololypes et
paratypes appartiennent au Bishop Muséum.
Hawaii (BPBM), un paratype au British
Muséum (Nat. Hist.), Londres (BMNH).
Toutes les figures du présent travail sont
originales, à l'exception des figures 65-67. tirées
de Matile, 1986 b; elles sont de la main de
l’auteur, sauf les 6-13 et 65-67, dues au talent de
M.G Hodebert.
DE NOUVELLE-CALÉDONIE
longueur de l’aile ; aile maculée (fig. 1) ; hypo-
pyge ; fig. 6. M. unicincta
Membrane alaire dépourvue de macrotriches ;
antennes plus courtes ; aile hyaline ou macu¬
lée . 3
3. Aile hyaline, au plus légèrement enfumée à
l’apex ; anale très courte, interrompue bien
avant la marge de l'aile. 4
Aile jaune tachée de brun ; anale prolongée
jusqu'à la marge . 5
4. Flagelloméres antennaires 1-3 épaissis; scu¬
tum brun-roux ; hypopyge : fig. 2 M. mininut
Source : MNHN, Paris
92
LOÏC MATILE
— Flagellomères 1-3 non épaissis ; scutum noir ;
hypopyge : fig. 3. M. siraatmani
5. — Flagellomères antennaires 1-4 épaissis, le fla¬
gelle pas plus long que le corps ; scutum
brun-noir ; R4 épaissie à l'apex ; hypopyge :
fig. 4. M. kraussi
— Flagelle non épaissi à la base, plus long que
le corps ; scutum jaune ; R4 non épaissie à
l'apex (2 seulement ; ovipositeur : fig. 5, aile :
fig. 7). M. renalifera
6. — Palpes allongés, le plus souvent de quatre
articles, parfois moins, mais dans ce cas jamais
le dernier palpomère épaissi et dressé ; antennes
filiformes ou monoliformes (Orfeliini) ... 7
— Palpes réduits à un petit palpifère et un
palpomère ovoïde, dressé en avant. Antennes
comprimées (Keroplatini) ; médiotergite por¬
tant une grande aire membraneuse triangu¬
laire . Heteropterna chazeaui
7. — Flagelle antennaire de moins de 14 articles.. 8
— Flagelle antennaire de 14 articles. 12
8. — Dix ou 12 flagellomères: latérotergite nu ou
cilié. 9
— Treize flagellomères ; latérotergite cilié (Pseu-
doplatyura) . 11
9. — Dix flagellomères. Latérotergite cilié : de larges
bandes scutales nues : médiotergite dénudé :
trompe courte. gen. indet. 1
— Douze flagellomères. Latérotergite dénudé ;
scutum uniformément cilié ; médiotergite avec
de nombreuses soies discales ; trompe plus
longue que la moitié de la hauteur de l'œil
(Dimorphelia ; pariim : ?). 10
10. — Fémur antérieur jaune ; dernière section costale
précédée d’une tache blanche très étoite. Cul b
faiblement et étroitement enfumée (fig. 8) ..
. D. stirpicola
— Fémur 1 fortement bruni sur le tiers basal ;
tache costale plus grande. Cul b largement et
fortement enfumée (fig. 9) .... D. lergala
11. — Sous-costale libre à l'apex; tibia III normal,
jaune, noirci sur le quart apical ; hypopyge :
fig. 48-49 . P. neocaledonica
— Sous-costale se terminant sur la costale ; tibia
III brun, fortement aplati et élargi ; hypopyge :
fig. 50. P. crassitibialis
12. — Trompe au moins aussi longue que la moitié
du plus grand diamètre de l'œil. 13
— Trompe normale ou réduite. 16
13. — Trompe bien plus longue que la tête, formée
par les labelles, minces et rigides, coaptées au
moins partiellement en tube (fig. 53-54)....
. Rhynchorfelia rufa
— Trompe plus courte que la tête, non tubu¬
laire . 14
14. — Trompe large, bien plus courte que les palpes
(fig. 14-15). Médiotergite cilié: microchètes
tibiaux en rangées régulières dont quelques-
unes plus serrées ; pas d'éperons externes II-
III ; RI courte, au plus dépassant légèrement
le milieu de l'aile ( Dimorphelia ). 15
— Trompe mince, presque aussi longue que les
palpes. Médiotergite nu : microchètes tibiaux
irrégulièrement disposés, sauf à l’apex ; épe¬
rons externes présents; RI dépassant large¬
ment le milieu de l'aile .... gen. indet. 2
15. — Fémur antérieur jaune; dernière section cos¬
tale précédée d'une tache blanche très étroite.
Cul b faiblement et étroitement enfumée (fig. 8) ;
hypopyge : fig. 18-19. D. stirpicola
— Fémur I fortement bruni sur le tiers basal ;
tache costale plus grande. Cul b largement et
fortement enfumée (fig. 9) ; hypopyge : fig. 22-
23. D. tergata
16. — Latérotergite cilié ; ailes vivement colorées de
brun (fig. 11-12) ( Proceroplatus ). 17
— Latérotergite nu ; ailes moins vivement colorées
ou hyalines . 19
17. — Palpes jaune brunâtre ; fémur III légèrement
bruni à la base ; aile : fig. 11 ; hypopyge :
fig- 46. P. priapus
— Palpes brun-noir; fémur III plus largement et
fortement taché à la base. 18
18. — Femelle : sternite VIII jaune; mâle : aile :
fig. 12. hypopyge : fig. 47.. P. scalprifera
Femelle : sternite VIII brunâtre ; mâle inconnu
. Proceroplatus sp.
19. — Des soies prostigmatiques postérieures .. 20
— Pas de soies prostigmatiques postérieures.. 33
20. — Nervures basses portant des macrochètes dor¬
saux ; éperons externes normaux ; médiotergite
et métépisterne nus ( Neoplatyura ) . 21
Nervures basses dénudées dorsalement ; épe¬
rons externes pas plus longs que les soies
tibiales apicales ; médiotergite et métépisterne
ciliés (Rutylapa) . 28
21. — Membrane alaire (mâle seulement) avec de
longs macrotriches courbes le long de la marge
postérieure ; Ml et M2 rapprochées à l'apex..
. N. boucheti
— Membrane alaire mâle avec des macrotriches
normaux ou sans macrotriches; Ml et M2
divergentes à l'apex. 22
22. — Aile plus ou moins fortement assombrie à
l’apex ; zone sensorielle du tibia I brune.. 23
— Aile hyaline ; zone sensorielle du tibia I jaune
ou rousse. 24
23. — Flagelle antennaire brun; scutum en grande
partie jaune-roux ; aile fortement assombrie à
l'apex, marge de la cellule anale également
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
93
brunie ; hypopyge : fig. 30 ... N. annieae
— Flagelle antennaire jaune brunâtre ; scutum
roux sombre, le disque en grande partie occupé
par trois bandes longitudinales brunes ; aile
légèrement assombrie à l'apex ; hypopyge :
fig. 33. N. bruni
24. — Costale s'étendant sur les 5/6 c de l’intervalle
R5-M1 ; sc très courte, se terminant au niveau
du milieu de la cellule basale ; anale longue,
atteignant la marge de l’aile : hypopyge :
fig. 29. N. costalis
— Costale ne dépassant pas les 2/3 de l’intervalle
R5-M1 ; sc plus longue, se terminant au niveau
de la base de Rs ou très peu avant ; anale
interrompue bien avant la marge de l’aile.. 25
25. — Ocelle médian égal à la moitié du diamètre des
externes. 26
— Ocelle médian punctiforme. 27
26. Tergites abdominaux II-V1 à bandes apicales
jaunes ; fusion radiomédiane aussi longue que
R4; hypopyge : fig. 31 . N. lyraefera
— Tergites abdominaux 11-V à bandes apicales
brunes ; fusion radiomédiane ne dépassant pas
la moitié de R4 ; hypopyge : fig. 34 .
. N. aperla
27. — Mâle : tergites abdominaux V-V1II à marge
apicale jaune ; hypopyge : fig. 32 N. tillieri
- Mâle : tergites abdôminaux V-VII à marge
apicale brune, le Vlll entièrement brun ; hypo¬
pyge : fig. 35. N. brevitergala
28. — Ailes en majeure partie hyalines. 29
— Ailes distinctement enfumées à l’apex et le long
de la marge antérieure (mâle inconnu).
. Rutylapa sp.
29. — Antenne et capitule des balanciers jaunes ou
roux ; scutum en majeure partie jaune ou
roux. 30
— Antenne et capitule des balanciers bruns ;
scutum entièrement ou en grande partie brun ;
hypopyge : fig. 64. R. discifera
30. — Antennes, palpes, peigne tibial antérieur jaunes ;
scutum jaune avec trois bandes longitudinales.
minces, plus ou moins distinctes. 31
— Antennes, palpes, peigne tibial roux ; scutum
roux, au plus avec une ligne médiane peu
distincte ; hypopyge : fig. 59. R. boudinoti
31. — Au plus 8-9 soies médiotergales : R4 éloignée
de RI par au moins 1.8 fois sa propre
longueur; abdomen annelè de brun ou de
noir. 32
— Douze soies médiotergales ; R4 éloignée de R1
par 1,5 fois sa propre longueur ; abdomen à
taches apicales triangulaires gris cendré ; hypo¬
pyge : fig. 58. R. flavocinerea
32. — Abdomen à bandes apicales noir brunâtre très
distinctes; seulement 2-3 microchètes médioter-
gaux ; microchètes métépisternaux peu nom¬
breux ; gonostyle : fig. 60 .. R. lucidistyla
— Abdomen à bandes apicales brun grisâtre peu
distinctes ; au moins 4-5 microchètes médioter-
gaux ; microchètes métépisternaux couvrant
presque toute la surface du sclèrite ; hypopyge :
fig. 63. R■ lydiae
33. — Médiotergite cilié ; tibia 111 normal ; éperons
externes 11-111 présents ( Pyriulina) 34
Médiotergite nu ; tibia 111 épaissi avant le
dernier tiers (5) ; pas d’éperons externes II-I1I ;
hypopyge : 26-27 . Lutarpyella tibialis
34. Scutum, scutellum et médiotergite bruns ; épe¬
rons externes 11-111 très petits : ailes largement
enfumées; capitule des balanciers brun-noir:
abdomen brun-noir; hypopyge : fig. 51 .. .
. P. tenuis
Scutum roux, scutellum et médiotergite jaunes ;
éperons externes au moins aussi longs que la
longueur apicale des tibias ; ailes hyalines ;
capitule jaune sombre ; abdomen roux ; hypo¬
pyge : fig. 52 . P. dubia
ÉTUDE DES ESPÈCES
Macrocerinae
Trois genres appartenant à cette sous-famille
sont représentés dans la région australasienne ;
Chiasmoneura de Meijere, Macrocera Meigen et
Paramacroccra Edwards. Seuls des Macrocera
ont été rencontrés en Nouvelle-Calédonie.
Source : MNHN, Paris
94
LOÏC MAT!LE
Genre Macrocera Meigen
Macrocera Meigen, 1803 : 261. Espèce-type : Macro¬
cera lutea Meigen, par désignation de Curtis, 1837 :
637.
Une vingtaine d’espèces de Macrocera sont
connues de la région australasienne, principale¬
ment de Nouvelle-Zélande ; le présent matériel
en compte cinq.
Macrocera unième ta n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l'aile : 4 mm ; longueur de l’antenne : 9 mm. Tête
jaune, les trois calus ocellaires fortement brunis.
Antennes : scape, pédicelle, premier flagellomère
et base du deuxième jaunes, le reste brun :
flagellomères cylindriques, les basaux non élargis
et aplatis. Trompe rousse, palpes brun-noir.
Thorax jaune. Scutum portant trois larges
bandes longitudinales jaune orangé, les latérales
prolongées jusqu'au scutellum. Soies dorsocen-
trales en rangée unisériée, pas de soies acrosti-
cales. Scutellum et médiotergite jaunes, le scutel¬
lum dépourvu de macrochètes sombres, portant
quelques petites soies jaune d'or, très difficile¬
ment visibles. Pleures entièrement jaunes.
Hanches et pattes jaunes, les tibias et les tarses
assombris par la ciliation. Éperons jaunes. Pro¬
tarse I plus court que le tibia (4 : 5,6).
Ailes (fig. 6) jaunes tachées de brun : la moitié
basale de l’épaississement apical de RI. une
tache centrale vers le milieu de la première cellule
radiale, prolongée sur la fusion radiomèdiane et
la base du pétiole de la fourche, mais non
prolongée jusqu'à M4 ; apex de l’aile bruni, mais
moins fortement, à partir d’environ le milieu de
la deuxième cellule radiale ; une petite tache
entre M4 et Cul b, débordant légèrement M4,
située à l'emplacement de la flexion de celle-ci.
Membrane alaire avec des macrotriches apicaux
après le niveau de R4. Costale dépassant R5 sur
environ le tiers de l’intervalle R1-R5. Sous-cos¬
tale ciliée dorsalement, se terminant un peu
avant l’apex de la cellule basale ; sc2 évanescente,
proche de h. RI fortement épaissie à l’apex. R4
courte et oblique, son apex proche de celui de
RI. Fusion radiomèdiane ne dépassant pas le
tiers de la longueur du pétiole de la fourche
médiane. Anale nue, prolongée jusqu'au bord de
l’aile. Balanciers jaunes, le pédicelle plus pâle.
Abdomen jaune, sauf les deux derniers seg¬
ments prégénitaux, uniformément bruns.
Hypopyge (fig. 1) jaune, sauf les deux dents
gonostylaires, brun-noir, et l’apex des gonosty-
les, légèrement bruni.
Variations : les bandes scutales sont indiscer¬
nables sur le paratype.
Matériel-type : holotype mâle : Mont Mou,
150-250 m, 6.XII.1983, fauchage en sous-bois
(L. Matile). Un paratype mâle : route du
Col d’Amieu, 200 m. 30.XI.1983 (L. Matile).
MNHN.
Localité-type : Mont Mou, 150-250 m.
Discussion : sur le plan de la coloration alaire,
M. unicincta est proche de M. obsoleta Edwards,
de Nouvelle-Zélande, qui possède également des
macrotriches alaires et des antennes bien plus
longues que le corps. Elle s’en distingue par la
moindre étendue de la zone ciliée de l’aile, et
surtout par l'abdomen jaune unicolore, puis
fortement bruni avant l’hypopyge, caractère qui
la sépare de toutes les autres espèces de la région
australasienne.
Macrocera minima n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile : 2 mm. Tête (en partie encollée, nombreux
détails masqués) : occiput et sclérite cérébral brun-
noir, luisants. Antennes : scape et pédicelle
jaunes, flagellomères bruns (antennes brisées
après le cinquième flagellomère) ; flagellomères
1 à 3 nettement élargis, mais cependant bien
plus longs que larges, les suivants cylindriques,
allongés. Face jaune, palpes bruns.
Thorax : scutum brun-roux sombre, sans
bandes longitudinales distinctes. Soies dorsocen-
trales irrégulièrement bisériées, quelques acrosti-
cales antérieures. Scutellum brun-roux, portant
trois paires de soies marginales, dont la médiane
nettement plus longue que les autres. Médioter¬
gite brun-roux, sclérites pleuraux roux, luisants.
Pattes : hanches rousses, fémurs, tibias et
tarses jaunes (protarses I partiellement brisés) ;
éperons bruns.
Ailes hyalines, indistinctement enfumées de
Source : MNHN, Paris
Fig. 1-5. Gcnitalia des Macrocera. hololypes. i : Macrocera unicincta n. sp.. hypopyge mâle, face dorsale : 2 : M. minium n.
sp., id. ; 3 : M. slaalmani n. sp.. id. : 4 : M. kraussi n. sp.. id. ; 5 : M. renalifera n. sp.. oviposileur. face latérale.
Source : MNHN, Paris
96
LOÏC M ATI LE
Cul b à l’apex. Membrane alaire dépourvue de
macrotriches. Sous-costale courte, portant trois
macrochètes apicaux, se terminant au-dessus de
la base de Rs ; sc2 absente. R1 non épaissie à
l'apex. R4 longue, fortement oblique, son apex
relativement éloigné de celui de RI. Fusion
radiomédiane très courte mais non punctiforme.
M4 légèrement, mais distinctement interrompue
à la base. Anale faible, très courte, dénudée,
interrompue au niveau de la base de Rs. Balan¬
ciers : pédicelle jaune-roux, capitule jaune.
Abdomen : segments I-V jaunâtres, les sui¬
vants brunâtres.
Hypopyge (fig. 2) brun jaunâtre, sauf les dents
gonostylaires, noirâtres.
Matériel-type : holotype mâle : Forêt de la
Thi, piège lumineux. 10.VIII. 1978 (Ph. Fauran).
MNHN.
Localité-type : Forêt de la Thi.
Discussion : cette espèce (de même que la
suivante) est manifestement étroitement appa¬
rentée à M. pulchra Tonnoir, de Nouvelle-
Zélande, par la forte réduction, exceptionnelle
dans le genre, de la nervure anale. La description
de Tonnoir est trop brève pour que l’on sache
si ces espèces partagent d’autres apomorphies.
M. pulchra diffère de M. minima par la sous-
costale effacée à l’apex, et les pleures et les
hanches II-III noires.
J’ai sous les yeux deux femelles qui appartien¬
nent peut-être à M. minima , mais je préfère ne
pas les considérer comme types en raison de leur
teinte générale plus claire, du scutum jaune à
trois bandes longitudinales grises, peu distinctes,
surtout la médiane ; abdomen uniformément
brun. Mont Kaala, 164°23'26"E, 25°38'18"S,
maquis sur pente sud, 500 m, piège de Malaise,
24.IX-8.X.1986 (L. O. Brun, J. Chazeau & A. &
S. Tillier).
Macrocera straalmani n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 2,1 mm. Tête : occiput et cérébral brun-
noir, calus ocellaires noirs, peu distinctement
séparés du reste de la tête. Front jaune. Antennes
pas plus longues que le corps ; scape jaune,
pédicelle brun ; flagellomères basaux non épaissis.
premier flagellomère jaune, légèrement bruni à
l’apex, le reste du flagelle brun. Premier flagello¬
mère bien plus long que large, les suivants
cylindriques, plus longs que larges. Face, trompe
et palpes jaunes.
Thorax : prothorax brun-noir. Scutum uni¬
formément noir, dorsocentrales indistinctement
bisériées. Scutellum brun-noir, portant deux
paires de soies subdiscales longues, surtout la
paire interne. Médiotergite et pleures brun-roux,
î’anépisterne, l’èpimère et la partie dorsale du
latérotergite noircis.
Pattes : hanches brun-roux, le reste jaune-
roux. Éperons noirs, les II-III pas plus longs que
la largeur apicale des tibias. Protarse I près de
moitié plus court que le tibia (1 : 1,9).
Ailes jaunâtres, légèrement et indistinctement
enfumées à l’apex et à la marge postérieure.
Membrane dépourvue de macrotriches. Costale
dépassant R5 sur environ la moitié de l’intervalle
R5-M1. Sous-costale dénudée, se terminant au
niveau de la base de Rs ; sc2 absente. RI non
épaissie à l’apex. R4 longue et oblique, son apex
éloigné de RI par un peu moins de sa propre
longueur. Fusion radiomédiane très courte, pres¬
que punctiforme. M4 nettement interrompue à la
base. Anale dénudée, courte, mais bien sclérifiée,
se terminant avant le niveau de l’apex de la
cellule basale. Balanciers brun-noir.
Abdomen : segments I-IV jaunes, tergite V en
grande partie noir, sauf une bande basale jaune ;
sternite V jaune. Le reste des segments noir.
Hypopyge (fig. 3) brun-noir. Gonostyles
allongés, bidentés à l’apex.
Matériel-type : holotype mâlé : Monts Koghis,
500 m, piège de Malaise, 4.XI 1.1963 (R. Straat-
man). BPBM.
Localité-type : Monts Khogis, 500 m.
Discussion : M. straatmani est étroitement
apparenté à M. minima , dont il diffère par les
antennes non épaissies à la base, des détails de
coloration et, en ce qui concerne les genitalia
mâles, par les tubes gonostylaires plus longs, les
gonostyles moins élargis, à dents plus apicales, et
le tergite IX proportionnellement plus long.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
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Macrocera kraussi n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l'aile : 3 mm. Tête : occiput et cérébral noirs.
Antenne : scape et pédicelle roux brunâtre,
flagelle brun, plus clair à la base, pas plus long
que le corps : les quatre premiers flagellomères
nettement épaissis. Face et palpes brun-noir.
Thorax : prothorax roux. Scutum brun-noir,
luisant, dorsocentrales unisériées, bien développées,
pas d'acrosticales. Scutellum brun-noir, soies
marginales nombreuses, mélangées de longues et
de courtes. Médiotergite brun. Sclérites pleuraux
bruns, luisants, sauf le métépisterne, roux.
Ailes jaunes tachées de brun (très voisines de
celles de M. renalifera, cf. fig. 7) : apex légère¬
ment bruni de R4 à la marge postérieure ; une
tache plus forte s'étendant de l’apex de R1 à M4,
couvrant l’extrême base de la fourche médiane
mais non l’apex de la cellule basale ; une faible
tache à la base de Rs. Membrane alaire dépour¬
vue de macrotriches. Costale dépassant R5 sur
un peu plus de la moitié de l’intervalle R5-M1.
Sous-costale se terminant un peu après la base de
Rs, pourvue de quelques macrochètes apicaux.
RI épaissie à l’extrême apex. R4 petite, éloignée
de RI par un peu plus de sa propre longueur.
Fusion radiomédiane très courte. Base de M
visible dans la cellule basale. Anale dénudée,
prolongée jusqu'à la marge. Balanciers brisés (le
fragment de pédicelle subsistant brunâtre).
Pattes : hanches rousses, le reste jaune, les
tibias et les tarses assombris par la ciliation.
Éperons jaunâtres, relativement bien développés.
Protarse I bien plus court que le tibia (3 : 5,3).
Abdomen : tergites I-IV bruns, largement
jaunis latéralement, les suivants brun-noir. Ster-
nites I-IV jaunâtres, les suivants brun-noir.
Hypopyge (fig. 4) brun-noir. Gonostyles sim¬
ples, les deux dents apicales en position sub¬
dorsale.
Matériel-type : holotype mâle : Col de M oui-
rance (sic =Mouirange), 2.II. 1963, piège de
Malaise (C. Yoshimoto & N. Krauss). BPBM.
Localité-type : Col de Mouirange.
Discussion : cette espèce dont la coloration
alaire est particulière ne peut pour le moment
être rapprochée d’aucune autre espèce australa-
sienne à ailes dépouvues de macrotriches sur la
membrane, excepté la suivante.
Macrocera renalifera n. sp.
Description : (holotype femelle). — Longueur
de l’aile et des antennes : 3,5 mm. Tête : cérébral
et occiput jaune sombre, calus ocellaires brunis.
Antennes, jaunes, le scape, le pédicelle, le pre¬
mier flagellomère et la base du deuxième plus
clairs ; flagellomères basaux cylindriques, non
épaissis. Face, pièces buccales et palpe jaunes.
Thorax : scutum jaune, plus clair latérale¬
ment et en avant, délimitant ainsi trois bandes
longitudinales jaunes, luisantes, peu distinctes.
Soies dorsocentrales unisériées, pas d’acrostica-
les. Scutellum jaune sombre, portant quatre
paires de macrochètes marginaux. Médiotergite
jaune sombre. Pleures jaune luisant.
Hanches et pattes jaunes, les tarses assombris
par la ciliation. Éperons jaunes. Protarse I
nettement plus court que le tibia (3 : 5,1).
Ailes (fig. 7) jaunes tachées de brun : une trace
allongée dans la cellule basale, au niveau de Rs :
marge antérieure brunie entre la costale. R4 + 5
et R5, depuis un peu après l’extrémité de Sc
jusqu'à l’apex, cette zone prolongée en arrière
jusqu’à la fusion radiomédiane, un peu au-des¬
sous du pétiole de la fourche médiane, et la base
de celle-ci ; de plus, tout le quart apical de l'aile
enfumé. Membrane alaire dépourvue de macro¬
triches. Costale dépassant R5 sur un peu plus du
tiers de l’intervalle R5-M1. Sc courte, se termi¬
nant bien avant l’apex de la cellule basale, mais
après Rs ; sc2 peu distincte, proche de h. R4
longue, oblique, son apex proche de celui de RI,
cette dernière non épaissie à l’apex. Fusion
radiomédiane très courte, presque punctiforme.
Anale complète, portant quelques macrochètes
apicaux. Balanciers jaune blanchâtre.
Abdomen : tergites I-V brun-roux à bande
apicale jaune, plus ou moins distincte selon
l’angle d’incidence, les suivants bruns. Sternites
I-V jaunes, les suivants bruns.
Ovipositeur (fig. 5) brun. Deuxième article des
cerques réniforme, courtement pédonculé.
Paratype femelle semblable à l’holotype, mais
abdomen plus vivement coloré, les tergites l-V
luisants, à bandes brunes et jaunes très distinctes
(ovipositeur : cerques 2 brisés).
Source : MNHN, Paris
LOÏC MATILE
Fig. 6-13. — Ailes, holotypes (sauf 13 : allotype). 6 : Macrocera unicincta n. sp. ; 7 : M. renaliferan. sp. ; 8 : Dimorplielia
slirpicola n. sp. ; 9 : D. lergala n. sp. ; 10 : Lutarpyella lihialis n. gen. n. sp. ; Il : Proceroplatus priapus n. sp. ; 12 : P.
scalprifera n. sp. : 13 : Rhynchorfelia rufa n. gen. n. sp.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
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Matériel-type : holotype femelle : Col de la
Ouinné, 166°27'54"E, 22°01'18"S, 850 m, forêt
humide, piège de Malaise, 24.XI.1984 (S. Tillier
& Ph. Bouchet). Paratype femelle : Vallée de la
Ouinné, 186°28'58" E, 22°02'23" S, 730 m, forêt
humide à Araucarias, piège de Malaise, 27-
30.X. 1984 (S. Tillier & Ph. Bouchet). MNHN.
Discussion : cette espèce est manifestement très
proche de la précédente, dont elle diffère cepen¬
dant par les antennes longues et filiformes, non
épaissies à la base, le scutum et les sclérites
pleuraux jaunes au lieu de bruns, les scutellaires
marginales moins nombreuses, la nervure RI
non épaissie à l’apex, etc.
Localité-type : Col de la Ouinné, 850 m.
Keroplatinae Orfeluni
Genre Dimorphelia n. gen.
Diagnose : Mâle-femelle. - Tête (fig. 14-15), y
compris les pièces buccales, plus haute que large.
Occiput cilié, les soies dorsales plus longues.
Trois ocelles, les externes bien plus grands que le
médian, éloignés de la marge oculaire par envi¬
ron leur plus grand diamètre ; chaque ocelle sur
un calus distinct. Front large, quadrangulaire.
non encoché au niveau de l’insertion des anten¬
nes ; calus frontal fort, prolongé au-dessous de
l’insertion des antennes et portant de nombreux
microchètes. Antennes mâles nettement plus
longues que la tête et le thorax ensemble, de
14 flagellomères. Chez la femelle (fig. 16), anten¬
nes plus courtes, n’atteignant pas la longueur du
thorax, et ne comptant que 12 flagellomères.
Scape cylindrique, pédicelle peu dilaté en enton¬
noir, premier flagellomère pédonculé, bien plus
long que large, flagellomères suivants au moins
deux fois plus longs que larges chez le mâle, un
peu plus longs que larges chez la femelle ; dernier
flagellomère bien plus long que les précédents,
dépourvu d’apicule terminal. Des macrochètes
courts et dispersés, sauf à la face externe. Face
réduite, transverse, très peu sclérifiée, dénudée.
Clypéus large et allongé, dépassant nettement
le bord ventral des yeux, portant des soies
courtes. Labre également allongé, aussi long
que le clypéus. Mentum de longueur correspon¬
dante. Labelles distinctement biarticulés, forte¬
ment sclérifiés. Ensemble de la trompe, en exten¬
sion (à partir du bord ventral des yeux), dépas¬
sant légèrement la moitié de la hauteur des yeux.
Palpes longs, insérés basalement, de 1 + 4 arti¬
cles ; palpomères 1-2 un peu plus longs que
larges, le 2 portant une crypte sensorielle externe
bien délimitée ; palpomère 3 plus long et plus
mince que les précédents, dernier palpomère
mince, presque aussi long que les trois autres
ensembles.
Thorax : prothorax peu développé, réduit à
une mince bandelette à la face dorsale ; proster¬
num peu saillant, dénudé. Scutum peu bombé,
portant des macrochètes courts, couchés, uni¬
formément répartis, sur le disque ; de longues
soies latérales et préscutellaires dressées. Pas de
bandes dénudées distinctes. Scutellum arrondi,
large et court, nu sur le centre du disque mais
portant une rangée de longues soies prémargi¬
nales de même longueur. Médiotergite dépassant
en arrière l’apex du scutellum. anguleux, peu
oblique. De nombreuses soies médiotergales dis¬
cales, en position dorsale. Sclérites pleuraux
dénudés, sauf l’anépisterne, qui porte quelques
petites soies (plus nombreuses chez D. terguta).
Pas de soies prostigmatiques. Mésèpimère moyen¬
nement rétréci dans son tiers ventral. Grand axe
du latérotergite nettement oblique.
Pattes : hanches 1 ciliées à la face antérieure.
1-3 longues soies postérieures apicales. Hanches II
ciliées sur le tiers apical des faces antérieure et
externe, des soies plus rares remontant jusqu'aux
deux tiers de cette dernière, sur la ligne médiane
(espèce-type). Chez D. tergata. hanches II ciliées
à la face antérieure seulement, plus quelques cils
externes basaux. Hanches III ciliées tout le long
du bord postérieur de la face externe. Quelques
soies coxales postérieures apicales sur les II, pas
de coxales postérieures III. Fémurs portant une
large bande dénudée antéroventrale. Microchètes
tibiaux disposés en rangées régulières, dont
quelques-unes plus serrées, donnant l'apparence
de lignes continues, sur les tibias II-II1. Pas de
Source : MNHN, Paris
Fig. 14-17. Dimorphelia stirpicola n. gen. n. sp.. paratypes. 14 : léte. vue fronlale ; 15 : id.. vue latérale: 16 : antenne
femelle: 17 : ovipositeur.
macrochètes tibiaux, sauf quelques postérieurs
II-I1I. Pas d’éperons externes. Éperon I ne
dépassant pas la moitié de la largeur apicale du
tibia, II un peu plus long que cette largeur, III
atteignant ou dépassant le triple. Tibia I avec un
peigne apical, II avec un peigne postérieur, III
avec le jeu complet de peignes. Tarses normaux,
microchètes disposés en rangées régulières dont
certaines plus serrées ; des macrochètes ventraux
II-III. Griffes courtes et fines, portant une épine
basale.
Ailes (fig. 8-9) : angle anal peu marqué ;
membrane dépourvue de macrotriches, y compris
dans l’angle anal. Costale longue, atteignant
l'apex de l'aile, dépassant R5 sur les deux tiers de
l’intervalle R5-M1 (espèce-type) ou un peu moins
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
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(D. tergata). Sc courte, se terminant un peu
avant le niveau de la base de Rs, sc2 absente. RI
courte, n'atteignant pas le milieu de l'aile chez
l'espèce-type, le dépassant légèrement chez D.
tergata. R4 présente, courte, oblique, se jetant
sur la costale un peu avant le milieu de l'inter¬
valle R1-R5. Fusion radiomédiane bien plus
courte que le pétiole de la fourche médiane,
environ double de la longueur de R4. Cellule
basale plus ou moins affaiblie à l'apex, en
particulier la base de Rs ; pas de trace de la base
de M. M4 et Cul b brusquement courbées à
l’apex. Anale fine, à peine sclérifiée, se terminant
avant la marge alaire.
Ciliation, face dorsale : C, RI, R4 + 5 et R5, le
reste nu. Face ventrale : toutes les nervures nues
sauf la costale.
Abdomen large, cylindrique aplati, plus large
chez la femelle. Mâle : segment VIII court,
entièrement dissimulé sous le VII. Femelle : sept
segments visibles avant l'ovipositeur.
Genitalia mâles (fig. 18-23) de type rotatoire.
Tergite IX (fig. 18, 22) grand, portant dorsale-
ment de longues soies dispersées ; atteignant près
du double de la longueur du synsclérite gono-
coxal. Chez l'espèce-type, de forme quadrangu-
laire (fig. 18). Chez D. tergata, le tergite est
encore plus grand ; dorsalement, il recouvre
entièrement le synsclérite gonocoxal et les gono-
styles, dont seul dépasse l’apicule dorsal, et
déborde aussi au-dessus de leur face latérale:
profondément échancrè à l'apex et très fortement
sclérifié en arceau à la base (fig. 22). Cerques
courts, très larges chez D. tergata , plus ou moins
repliés sous la marge apicale du tergite IX,
couverts de soies serrées, courtes et fortes,
formant ainsi deux brosses (fig. 20). Hypoprocte
petit, entièrement dissimulé sous le tergite. bien
sclérifié, portant une rangée transverse plus ou
moins régulière de soies courtes.
Sternite IX réduit à un mince arceau à la base
du synsclérite gonocoxal. Face dorsale de ce
dernier réduite à une étroite baguette ciliée à la
base des gonostyles chez l'espèce-type, un peu
plus développée chez D. tergata. Face ven¬
trale : gonocoxopodites entièrement séparés par
un espace membraneux étroit (en Y renversé chez
D. tergata), portant à l'apex, de part et d'autre
de l'échancrure, un bouquet de soies plus fortes
(fig. 19, 23). Gonostyles à insertion dorsolaté-
rale, simples, portant une dent sclérifiée dorsale
(fig. 21), marge interne et apex hérissés de fortes
soies noires. Phallosome court, bien sclérifié en
lame dorsale et en bras latéraux, le reste mem¬
braneux chez D. stirpicola, mais apex de la face
ventrale sclérifié chez D. tergata.
Genitalia femelles (fig. 17). — Tergite VIII
en large bandelette dorsale bien sclérifiée, téles¬
copée dans le segment VII, seule la marge en
dépassant dans les spécimens traités à la potasse.
Sternite VIII entièrement séparé en deux ven-
tralement, formant ainsi deux plaques rectan¬
gulaires à angles arrondis, étroitement rebordées
à la marge apicale, plus largement à l'angle
postéro-interne. Tergite IX membraneux. Ster¬
nite IX réduit à deux petits latérosternites situés
entre les tergites VIII et X. Tergite X grand, bien
sclérifié, en étrier cilié dorsalement. Cerques
courts, uni-articulés, membraneux à la face interne.
Plaque postgénitale bien sclérifiée, ciliée ventrale-
ment. longue et étroite chez l'espèce-type, plus
large et triangulaire chez D. tergata. Le reste de
l'ovipositeur membraneux, sauf les valves hypo-
gyniales, faiblement sclérifiées.
Espèce-type : Dimorphelia stirpicola n. sp.
Derivatio nominis : contraction de Sijxopçoa, à
deux formes, et d ’Orfelia, genre-type de la tribu
des Orfeliini ; allusion au dimorphisme sexuel des
antennes. Genre : féminin.
Je n'ai pu découvrir chez les Orfeliini le taxon-
frère de ce genre aux genitalia mâles très particu¬
liers et aux antennes femelles réduites.
Dimorphelia stirpicola n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l'aile : 2,4 mm. Tête : occiput et front roux, calus
ocellaire brun-noir. Antennes : scape, pédicelle et
base du premier flagellomère jaune roussâtre. le
reste brun. Face et trompe brunâtres, palpes
jaunes.
Thorax : prothorax jaune. Scutum brun clair,
portant deux bandes longitudinales dorsocen-
trales d’un brun plus sombre, peu distinctes, et
deux autres, latérales, plus larges et plus som¬
bres, mais plus courtes. Scutellum brun clair,
médiotergite brun-noir sur le disque, brun clair
latéralement. Sclérites pleuraux roux sombre, le
mésépisteme bruni, le métèpisterne jaune-roux.
Pattes : hanches roux orangé, le reste jaune, les
tibias étroitement brunis à l'apex, les tarses
Source : MNHN, Paris
Fig. 18-23. — Hypopyge male des Dimorphelia. 18 : D. stirpicola. holotype. tergile IX. face dorsale (remplacement des ccrques
est marqué par le tirete) : 19 : id.. synsclérite gonocoxal et gonostyles. face ventrale : 20 : id.. apex du lergite IX vue
latérale (paratype) ; 21 : id.. apex du gonostyle. vue latérale ; 22 : D. tergata, holotype. tergitc IX. moitié droite de la
face dorsale (l’emplacement des cerques est marqué par le tireté) ; 23 : id.. synsclérite gonocoxal et gonostyles face
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
103
assombris par la ciliation. Éperons noirs. Pro¬
tarse I un peu plus court que le tibia (3,2 : 4).
Ailes (fig. 8) jaunes tachées de brun : environ
le quart apical brun, avec une étroite marge
jaune le long de l’apex, entre R5 et Ml, apex de
M4 enfumé, de même que Culb presque jusqu'à
la base de la cellule basale. Balanciers jaunes.
Abdomen : tergites roux, le premier étroite¬
ment bruni à l'apex ; sternites jaunes. Hypopyge
(fig. 18-21) brun-noir.
Allotype femelle semblable à l’holotype, mais
antennes plus courtes, de 12 flagellomères seule¬
ment. Scutum brun-roux, indistinctement divisé
en trois bandes longitudinales par deux minces
lignes plus claires ; capitule du balancier roux.
Abdomen : tergite I brun clair, II jaune brunâtre,
III jaune brunâtre avec une bande jaune indécise,
IV-VI jaunes, VII jaune brunâtre. Sternites uni¬
formément jaunes. Ovipositeur jaune brunâtre.
Variations. — La couleur scutale va du roux
clair au brun, au brun-noir chez certaines femel¬
les. Les balanciers sont jaunes ou roux, de même
que les hanches. L’abdomen femelle est plus ou
moins distinctement annelé.
Matériel-type : holotype mâle et allotype
femelle : Nouméa, 13.VIL[ 1940], km 7, « in cop.
on niouli » [FXW.]. Paratypes : Nouméa, 13.
VIL 1940, «in cop. on Melaleuca trunk », 4 S
(1 sans abdomen), 5 $ (id. ; probablement même
localité que Phototype et l’allotype) ; Nouméa,
25.VIII. 1940, 2 <J, 3 ? (id.). Holotype, allotype,
et 9 paratypes au BPBM ; 5 paratypes (3 S, 2 $)
au MNHN.
Localité-type : Nouméa.
Dimorphelia tergata n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l'aile : 2,5 mm. Tête : occiput et front bruns,
calus ocellaire noir. Antennes : scape, pédicelle et
base du premier flagellomère jaunes, le reste
brun. Flagellomères un peu plus longs que chez
l’espèce-type. Face et trompe brunâtres, palpes
jaune pâle.
Thorax : prothorax jaune dorsalement, brun
ventralement. Scutum portant trois bandes longi¬
tudinales cohérentes, jaune brunâtre, bordées de
brun sombre, la bande médiane en outre divisée
en deux par une ligne brune sagittale. Scutellum
et mèdiotergite bruns. Sclérites pleuraux bruns,
le mésépimère plus clair, le métépisterne jaune.
Soies anépistemales plus nombreuses que chez
l’espèce-type.
Pattes jaunes, le fémur I fortement bruni sur le
tiers basal, les tibias étroitement brunis à l'apex,
les tarses assombris par la ciliation. Protarse I
presque aussi long que le tibia (4,4 : 4,7).
Ailes (fig. 9) comme chez D. stirpicola, mais la
zone apicale blanche plus développée et la tache
sur Culb plus prononcée, plus large, débordant
basalement sur M4. Balanciers jaunes.
Abdomen : tergites I-II brun clair, le premier
plus fortement bruni à l’apex ; III-VI jaunes, VII
brun. Sternites jaunes, le VII un peu plus
sombre. Hypopyge (fig. 22-23) brun.
Allotype femelle semblable à l'allotype, mais
antennes courtes, de 12 flagellomères. Abdomen :
tergites et sternites bruns, les tergites III-VI
portant une bande basale jaune. Ovipositeur
brun.
Matériel-type : holotype et allotype : Mont
Kaala, 164°23'26" E, 25°38T8" S, maquis sur
pente sud, 500 m, piège de Malaise, 24.IX-
8.X. 1986 (L.O. Brun, J. Chazeau & A. & S.
Tillier). MNHN.
Localité-type : Mont Kaala, 500 m.
Genre Lutarpyella n. gen.
Je propose ce genre pour une espèce qui
présente d’étroites affinités avec Lutarpya fulva
Skuse, mais en diffère cependant par de nom¬
breux caractères.
Diagnose : Mâle. — Tête (fig. 24) plus large
que haute. Occiput portant de courtes soies
noires. Trois ocelles, les externes bien plus
grands que le médian, éloignés de la marge
oculaire par un peu plus de leur plus grand
diamètre ; chaque ocelle sur un calus distinct.
Front large, quadrangulaire, non encoché au
niveau de l'insertion des antennes, dénudé.
Antennes courtes, à peine plus longues que la
largeur de la tête ; flagelle de 14 articles. Scape en
cylindre court, pédicelle dilaté en entonnoir.
Premier flagellomère pédonculé, un peu plus
long que large, flagellomères suivants plus larges
que longs, le dernier arrondi à l’apex, sans
Source : MNHN, Paris
Fig. 24-27. — Lutarpyella libialis n. gen. n. sp., holotype mâle. 24 : tête, vue frontale ; 25 : tibia III ; 26 : tergite IX. face
dorsale : 27 : synsclérite gonocoxal et gonostyles. face ventrale.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
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apicule terminal. Des macrochètes courts et
dispersés, sauf à la face externe. Face courte,
transverse, dénudée ; clypéus à soies courtes.
Trompe courte, mais dépassant largement le
bord ventral des yeux, labelles uniarticulés. Pal¬
pes courts, de 1 + 4 articles ; palpomère 1 petit,
2 plus long que large, portant une crypte sen¬
sorielle externe bien délimitée. 3 monoliforme,
4 allongé, fusiforme, mais non pendant.
Thorax : prothorax peu développé, réduit à
une mince bandelette à la face dorsale ; proster¬
num peu saillant, dénudé. Scutum aplati, portant
des macrochètes courts, surtout sur le disque,
ceux-ci laissant de chaque côté deux larges
bandes dénudées, acrosticale et dorsocentrale.
Soies acrosticales irrégulièrement bisériées, sauf
en avant, où elles sont plus nombreuses et
disposées en triangle. Scutellum semi-circulaire,
le disque nu, mais la marge portant une rangée
de nombreuses soies marginales de même lon¬
gueur. Médiotergite dépassant l'apex du scutel¬
lum en arrière, mais peu oblique et anguleux :
pas de soies médiotergales, ni de scabellaires.
Sclérites pleuraux tous dénudés, sauf l’anépis-
teme, dont presque toute la surface est couverte
de soies courtes. Pas de soies prostigmatiques.
Mésépimère fortement rétréci dans son tiers
ventral. Grand axe du latérotergite nettement
oblique.
Pattes : hanches 1 ciliées à la face antérieure,
quelques soies postérieures externes apicales.
Hanches II ciliées sur le tiers apical de la face
antéro-externe, des soies plus rares remontant
jusqu'à la moitié de cette face, sur la ligne
médiane. Hanches III avec quelques soies externes
apicales et préapicales. Pas de soies coxales
postérieures II-III. Fémurs à soies couchées, une
vaste zone ventrale dénudée. Tibias 1 et II
normaux, les microchètes disposés en rangées
régulières toutes semblables. Tibias III fortement
dilatés avant le tiers apical, et jusqu'à ce niveau
portant des microchètes très serrés, irrégulière¬
ment disposés (fig. 25) ; tiers apical portant des
rangées régulières, certaines formées de micro¬
chètes plus serrés et plus épais formant comme
des lignes continues. Eperons 1:1:1. l’antérieur
pas plus long que la largeur apicale des tibias, le
médian environ 1, 5 fois cette largeur, le postérieur
un peu moins du double. Tibias I sans macrochè¬
tes, Il avec quelques postérieurs, III avec quel¬
ques antérieurs et antéro-ventraux, ainsi que des
postérieurs plus nombreux. Tibia I sans peigne
apical ni zone sensorielle distincte ; tibia II avec
un peigne postérieur, III avec un antérieur et un
postérieur. Tarse normaux, microchètes disposés
en rangées régulières, des macrochètes ventraux
aux II et III. Griffes longues et minces portant
deux longues dents fines, l’une basale l'autre
préapicale.
Ailes (fig. 10) : angle anal peu marqué :
membrane dépourvue de macrotriches, y compris
dans l'angle anal. Costale longue, atteignant
l'apex de l'aile, dépassant R5 sur la moitié de
l'intervalle R5-M1. Sc courte, se terminant bien
avant le niveau de la base de Rs, brièvement
effacée à l'apex, avant la costale : Sc2 faible,
proche de h. RI longue, dépassant le milieu de
l’aile, faiblement, mais distinctement épaissie à
l'apex. R4 présente, oblique, éloignée de l'apex
de RI. Fusion radiomédiane plus courte que le
pétiole de la fourche, un peu plus longue que R4.
Cellule basale non divisée en deux par la base de
la médiane. Nervures basses subrectilignes. Cu2
courte, n’atteignant pas le niveau de l'apex de la
cellule basale. Anale réduite à une faible trace
basale.
Ciliation, face dorsale : C, RI, apex de frm.
R4+ 5 et R5, le reste nu. Face ventrale : toutes les
nervures dénudées sauf la costale.
Abdomen large, cylindrique aplati. Segment
VIII court, presque entièrement dissimulé sous le
VII.
Genitalia. — Tergite IX (fig. 26) allongé, peu
cilié, large à la base et rétréci à l'apex, à ce
niveau découvrant largement la face dorsale des
tubes gonocoxaux. Cerques et hypoprocte petits,
mais bien sclérifiés, Sternite IX fusionné à la base
des gonocoxopodites, où il forme une crête
étroite. Gonocoxopodites (fig. 27) formant un
tube court autour de la base des gonostyles.
Fortement dilatés latéro-ventralement. fusionnés
à la base de la face ventrale, mais moins sclérifiés
à ce niveau ; bords de l'échancrure formant deux
lobes fortement sclérifiés et portant chacun un
bouquet de fortes soies noires. Gonostyles à
insertion latérale, recourbés ventralement vers
la base du synsclérite gonocoxal, fortement
sclérifiés à l'apex. Phallosome court et peu
sclérifié.
Espèce-type : Lutarpyella tibialis n. sp.
Source : MNHN, Paris
106
LOÏC MATILE
Derivatio nominis : combinaison arbitraire de
lettres basée sur Lutarpya Edwards, groupe-frère
de Lutarpyella, et lui-même anagramme de Pla-
tyura. Genre : féminin.
Discussion : Ce genre présente de toute évi¬
dence d'étroites affinités avec Lutarpya Edwards
(décrit comme sous-genre de Platyura = Orfe-
lia), et en particulier par la forte apomorphie de
la dilatation des tibias postérieurs chez le mâle
(comme l'avait prédit Edwards, il s’agit bien,
dans le cas de Lutarpya , d'un caractère sexuel
secondaire, car j’ai pu examiner la femelle de
l'espèce-type, chez laquelle les tibias III sont
normaux ; c'est sans doute vrai aussi pour
Lutarpyella). Ce caractère est unique chez les
Orfeliini, mais un état de caractère comparable
existe chez les Keroplatini des genres Ctenoceri-
clion Matile et Heteropterna Skuse. Cependant,
dans ce cas, la dilatation n’est pas liée au sexe et
est apicale au lieu de médiane. La brusque
transformation des rangées régulières de micro-
chètes tibiaux en plage plus serrée et irrégulière
évoque les Orfeliini du genre Nicholsonomyia
Tonnoir, où la zone intéressée est apicale, mais
ce genre est vraisemblablement plus étroitement
allié avec Tamborinea Matile ( cj . Matile, 1981,
1986 b). Lutarpyella partage aussi avec Lutarpya
la forme des gonostyles, fortement rétrécis et
sclérifiés, état de caractère également apomorphe.
Citons encore l’épaississement apical de la ner¬
vure RI (qui est toutefois moins prononcé chez
Lutarpya), qui n’existe ailleurs, chez les Keropla-
tidae, que dans certaines espèces de Macrocera ,
et les griffes mâles allongées et bispinulées.
Parmi les nombreux caractères de différencia¬
tion entre les deux genres, les plus significatifs
sont sans doute la dénudation du prosternum et
des latérotergites, la présence de bandes acrosti-
cales et dorsocentrales nues, la perte des éperons
externes II-III et des soies coxales postérieures, la
forte réduction de la nervure anale, la présence
d'épaisses soies gonocoxales, tous ces états repré¬
sentant des apomorphies de Lutarpyella. Lutar¬
pya est dans l'ensemble plus plésiomorphe ; ses
autapomorphies (dans le cadre du couple formé
par les deux genres) sont représentées par la
présence d’un apicule antennaire, la fusion quasi
totale des gonocoxopodites, ventralement, et leur
ouverture dorsale, ce qui provoque la réduction
des tubes gonocoxaux à une mince bandelette
entourant la base des gonostyles. La présence des
languettes saillantes de la face ventrale du phal-
losome représente également une apomorphie.
En dehors des apomorphies énumérées ci-des¬
sus. Lutarpyella se distinguera de tous les autres
Orfeliini par la combinaison suivante de carac¬
tères :
Antennes courtes, simples, flagelle de 14 arti¬
cles ; trompe et palpes normaux ; base de M
absente ; pas de soies prostigmatiques, proster¬
nales, médiotergales ou latérotergales ; scutum
avec des bandes dénudées acrosticales et dorso¬
centrales ; R4 présente, éloignée de l’apex de RI ;
nervures basses dénudées ; anale très réduite :
microchètes tibiaux en rangées régulières, épe¬
rons externes absents.
Dans la clé donnée par Edwards (1929) des
« sous-genres » d'Orfelia, Lutarpyella se place à
côté de Micrapemon Edwards, dont il diffère
notamment par l'anépisterne largement cilié et
surtout la terminaison de RI, qui se fait sur la
radiale chez Micrapemon ; les genitalia mâles des
deux genres sont très différents.
Lutarpyella tibialis n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile : 3 mm. Tête brune, calus ocellaire noir,
face brun-noir. Antennes uniformément brunes.
Trompe jaune. Palpes : palpomère 1 et base du 2
jaunes, le reste brun.
Thorax : prothorax brun sauf la bandelette
dorsale, jaune. Scutum, scutellum et médiotergite
jaune sombre, le scutum indistinctement bruni en
avant. Sclérites pleuraux jaune sombre, sauf
l'anépisterne, presque entièrement brun-noir.
Pattes : hanches I jaune sombre, faiblement
luisantes. Hanches II-III d'un roux luisant, bru¬
nies à l’apex. Fémurs I roux, II-III jaunes
brunâtre, l'apex plus clair. Tibias et tarses jau¬
nes. Protarse I un peu plus court que le tibia (3 •
3,4).
Ailes jaunes à nervures jaunes, mais tout le
cinquième apical fortement bruni, y compris les
nervures. R4 se terminant au tiers de l’intervalle
R1-R5. Rapport fusion radiomédiane/pétiole de
la fourche = 1 : 1,2. Balanciers roux.
Abdomen : tergites I-II jaunes, III jaune avec
une étroite bande basale brune, IV brun, jauni à
l'apex, plus largement sur les côtés, V brun avec
une-étroite bande apicale jaune, VI-VIII bruns.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
107
Sternites I roux sombre, II-IV jaunes à bande
basale brune, sternites suivant bruns.
Hypopyge brun, la marge latérale et les lobes
ventraux du synsclérite gonocoxal fortement
brunis, de même que les gonostyles.
Variations : les deux autres exemplaires connus
diffèrent de Phototype par l'occiput roux, ainsi
que le scape et le pédicelle de l'antenne ; l'anèpis-
terne est moins fortement bruni, les hanches II et
III sont roux sombre.
Matériel-type : holotype mâle : Col d'Amieu,
380-470 m, 29.XI. 1983. fauchage de végétation
basse (L. Matile) ; MNHN. Un paratype mâle
(pattes brisées à partir des fémurs) et un exem¬
plaire sans abdomen (pattes brisées à partir des
hanches) : sur les hauteurs entre Thio et Nakety,
12.XI. 1958 (C. R. Joyce) ; ces deux spécimens au
BPBM.
Localité-type : Col d'Amieu, 380-470 m.
Genre Neoplatyura Malloch
Neoplatyura Malloch, 1928 : 601. Espèce-type :
Platyura seliger Johannsen (dés. orig.).
Ce genre cosmopolite renferme une douzaine
d'espèces australasiennes connues et quelques-
unes inédites. Edwards (1929) a montré que les
Neoplatyura pouvaient se répartir en plusieurs
groupes d'espèces, selon la structure des genitalia
mâles, et il est bien probable que ce genre soit
polyphylétique.
Le matériel récolté en Nouvelle-Calédonie
peut en tout cas se classer en trois groupes
d'espèces distincts, qui ne semblent pas étroi¬
tement apparentés entre eux. Huit espèces diffé¬
rentes ont été reconnues, dont cinq appartien¬
nent à un seul de ces groupes. Sauf pour N.
costalis, N. annieae et N. boucheti, facilement
reconnaissables, je n'ai pas tenté d'apparier les
femelles, dont certaines, d’ailleurs, semblent se
rapporter à d’autres espèces que celles décrites
ici.
Neoplatyura boucheti n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l'aile : 4 mm. Tête : occiput jaune, calus ocellaire
Fig. 28-30. Hypopyge mâle des Neoplatyura, holotypes.
face ventrale. 28 : N. boucheti n. sp. : 29 : N. costalis n. sp. :
30 : N. annieae n. sp.
Source : MNHN, Paris
LOÏC MATILE
noir, l'ocelle médian atteignant environ la moitié
du diamètre des ocelles externes. Antennes jaune
sombre, sauf le scape, le pédicelle et la base du
premier flagellomère, plus pâles ; dernier flagel-
lomère avec un petit apicule, distinct. Face et
trompe jaunes, palpes jaune sombre.
Thorax : scutum uniformément jaune ; soies
dorsocentrales séparées des acrosticales par de
larges bandes nues, ainsi que des latérales, sauf
au niveau des calus huméraux. Scutellum et
médiotergite jaunes, pleures jaune pâle, tous les
sclérites nus.
Hanches et pattes jaunes, tarses à peine assom¬
bris par la ciliation. Éperons noirs, les externes
II-III pas plus longs que la largeur apicale des
tibias. Protarse I plus court que le tibia (4 : 5,8).
Zone sensorielle du tibia I large, rousse.
Ailes jaunes, légèrement tachées sous l’apex de
R4 et en arrière de celui de Cul b. De longs
macrotriches courbes, dressés, dans la région
postérieure de la membrane, jusque dans la
cellule médiane antérieure. Costale dépassant R5
sur un peu plus de la moitié de l'intervalle R5-
Ml. Sous-costale très courte, se terminant à peu
près au niveau du milieu de la cellule basale. R4
courte, éloignée de l'apex de R1 par environ trois
fois sa longueur. Fusion radiomédiane un peu
plus courte que R4. M1 et M2 convergentes à
l’apex. M4 courbée à l’apex. Cul b plus forte¬
ment. Anale n'atteignant pas la marge de l'aile.
Balanciers jaunes, la base du pédicelle plus pâle.
Abdomen jaune, les tergites II-VIII avec de
larges bandes brunes de plus en plus sombres
vers l'apex ; sternites entièrement jaunes. Tergi¬
tes III-V portant de chaque côté une zone ovale à
soies plus petites et plus serrées.
Hypopyge (fig. 28) jaune. Tergite IX réduit à
une bandelette à peine sclérifiée. Gonocoxopo-
dites réunis seulement à la base, où le sternite IX
persiste sous forme de crête sclérifiée et colorée.
Marge interne portant des rangées serrées de
soies fines et sombres, formant comme une
longue brosse. Gonostyles à insertion sub-basale,
minces, fortement sclérifiés, noircis à l’apex, plus
courts que les processus gonocoxaux. Phallo-
some trilobé, saillant fortement entre les deux
moitiés du synsclérite gonocoxal, couvert d’une
fine pilosité (non représentée sur la figure).
Allotype et paratypes femelles semblables au
mâle, mais courbure des nervures M4 et Cul b
moins prononcée, et macrotriches de la mem¬
brane alaire rares et de taille normale.
Variations : les taches alaires sont plus ou
moins distinctes. Certains paratypes ont le tergite
abdominal I brun, portant une étroite bande
apicale jaune, et les bandes brunes sont plus
nettes. D'autres, au contraire, ont le tergite II
jaune sombre, avec une mince bande apicale
jaune pâle. Le flagelle antennaire et les palpes
peuvent être presque entièrement bruns. Il existe
aussi de légères variations dans la longueur du
corps et celle de la fusion radiomédiane, et dans
les proportions des genitalia mâles. Toutes ces
variations semblent clinales, mais il n'est pas
exclu que nous soyons en présence d'une espèce
polytypique, ou d'un groupe d'espèces très voi¬
sines.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle,
trois paratypes mâles et un paratype femelle :
Sud du Grand Lac (station 235 a), 166 o 54'00" E,
22° 16'31 " S, 280 m, maquis haut, piège de Malaise,
14. X. 1985 (Ph. Bouchet). Un paratype $ : forêt
de la Thy, piège de Malaise, XI.1979 à 1.1980 (J.
Chazeau). Deux paratypes $ : id., 18-23.XI. 1983
(L. Matile). Quatre paratypes $ : Mont Panié,
360 m, piège de Malaise, 11-16.XII.1983 (L.
Matile). Quatre paratypes £ : Vallée de la
Coulée, 166°35'38" E, 22°10'52"S, maquis haut
sur péridotite, piège de Malaise, bord de rivière,
24.X. 1985 (Ph. Bouchet). Un paratype J : Mont
Mou, 200-250 m, fauchage en bord de ruisseau,
11.XI. 1983 (L. Matile). Un paratype Ç : Pic du
Pin, flanc est (station 233), 166°49'45'' E, 22°
14'07" S, 250 m, forêt humide sur sol minier,
piège de Malaise, 12.XI.1984 (A. & S. Tillier &
Ph. Bouchet). Un paratype Ç : Col d'Amieu
(station 116 a), 165°48'08" E, 21°36'03" S, 430 m,
forêt humide, piège de Malaise, 17.X.1984 (S.
Tillier & Ph. Bouchet). Un paratype Ç : Forêt
plate. NW du Katepouenda, 165°06'42" E, 21°
07'36" S, 460 m, forêt humide, piège de Malaise,
21-25.X.1984 (id.). Un paratype $ : Mine Galliéni
(station 36), 166°20'55" E, 21°54'33" S, 800 m,
maquis haut sur péridotite, piège de Malaise,
15. XI.1984 (id.). Un paratype $ : Pointe du
Cagou, baie de Neumeni (station 213), 166°
20'07" E, 2r4l'52"S, 30 m, forêt humide sur
péridotite, piège de Malaise , 5-8.XI.1984 (id.).
Un paratype Ç : Rivière Bleue, Parc 7, 170 m,
forêt humide sur pente, piège de Malaise, 13-
28.X. 1986 (L. Bonnet de Larbogne & J. Cha¬
zeau). Quatre paratypes $ et un ? : Rivière
Bleue, 166°40'06" E, 22°06'05" S, maquis sur
crête, piège de Malaise, 13-28.X. 1986 (L. Bon-
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
109
NET de Larbogne, J. Chazeau & A. & S.
Tillier) Dix-huit paratypes et 10 paratypes $ :
Mont Kaala, 164°23'26" E, 25°38'18"S, maquis
sur pente sud. 500 m, piège de Malaise, 24.IX-
8.X. 1986 (L. O. Brun, J. Chazeau & A. & S.
Tillier). Un paratype c? '■ >d-. station 225,
164°23'23" E, 20°38'48" S. 340 m, pente sud,
forêt sèche, piège de Malaise, 27.VIII.1986 (J.
Chazeau & A. & S. Tillier). Vingt-et-un para-
types S et 3 paratypes 2 : Rivière Bleue,
166°40'06" E, 22°06'05" S. 310 m, maquis sur
crête, piège de Malaise, 5-20-1.1987 (L. Bonnet
de Larbogne, J. Chazeau & A. & S. Tillier).
Un paratype c? : Mont Humboldt, 1 350 m, 20-
22.1.1987 (A. & S. Tillier). Holotype, allotype et
tous ces paratypes : MNHN.
Autres paratypes : Monts Khogis, piège de
Malaise, 27.1.1963, 1 S (C. Yoshimoto & N.
Krauss); id. 500 m. 7-8.XII.1963, 1 cj (R.
Straatman); id., 1.1969, 400-600 m, 1 S (N.
L. H. Krauss); Thio, 11.XI.1958, piège lumi¬
neux. 1 <3 (C. R. Joyce) ; Nouméa, 11.1959, piège
de Malaise, 1 3 (C. Yoshimoto & N. Krauss);
1 o : id- 20.11.1963 (id.). Ces paratypes ; BPBM.
Localité-type : Sud du Grand Lac, 280 m.
Discussion : cette espèce fait sans équivoque
partie d'un groupe de Neoplatyura reconnu
par Edwards (1929) et Colless (1966), carac¬
térisé par la forte réduction du tergite IX mâle,
les gonocoxopodites prolongés en doigt et les
gonostyles à insertion sub-basale. A ce groupe
appartiennent les espèces paléarctiques N. Pava
(Macquart), modesta (Winnertz) et nigricauda
(Strobl) et la tasmanienne N.fidelis (Edwards) [n.
comb. : Platyura (Neoplatyura) fidelis Edwards,
1929 : 167], ainsi que les quatre espèces décrites
de Micronésie par Colless (1966) : N. spinosa [n.
comb. ; Orfelia (Neoplatyura) spinosa Colless,
1966 : 644], palauensis [n. comb. : Orfelia ( Neo¬
platyura) palauensis Colless, 1966 : 645], petio-
lata [n. comb. : Orfelia (Neoplatyura) petiolata
Colless. 1966 : 645] et digitata [n. comb. : Orfelia
(Neoplatyura) digitata Colless, 1966 : 646].
La forte réduction du tergite IX, la basalisa-
tion de l'insertion gonostylaire et le prolonge¬
ment en doigt des gonocoxopodites représentent
trois fortes apomorphies. qui mériteraient proba¬
blement que ce groupe d'espèces soit élevé au
rang générique. En son sein, les espèces microné-
siennes (sauf N. digitata), et N. boucheti, ainsi
que plusieurs espèces inédites du Sulawesi, de
Papouasie-Nouvelle-Guinée et du Queensland,
forment indubitablement un groupe monophylé-
tique en raison de la présence sur la membrane
alaire du mâle de longs macrotriches courbes.
Ml et M2 rapprochées à l'apex (mâles et femelles)
et la courbure des nervures de la fourche posté¬
rieure (plus accentuée chez les mâles). N. bou¬
cheti représente donc un élément oriento-austra-
lasien de la faune néocalédonienne.
Neoplatyura lyraefera n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l'aile : 2,7 mm. Tête : occiput brun-roux, calus
ocellaire concolore ; ocelle médian atteignant
environ la moitié du diamètre des ocelles exter¬
nes. Front jaune-roux. Antennes jaune-roux, le
dernier flagellomère avec un apicule distinct,
arrondi. Face, trompe et palpes jaune pâle.
Thorax : scutum jaune, des traces de trois
minces lignes longitudinales grises, peu distinc¬
tes, surtout les latérales ; dorsocentrales séparées
des acrosticales par deux bandes dénudées dis¬
tinctes, les bandes entre dorsocentrales et latéra¬
les très courtes, limitées à la région préscutel-
laire. Scutellum et mèdiotergite jaunes. Sclérites
pleuraux jaune pâle, sauf le latérotergite, d'un
jaune plus vif. Soies prostigmatiques peu nom¬
breuses, longues et dressées, pas d'antérieures.
Tous les sclérites pleuraux nus.
Pattes jaune pâle, les tarses assombris par la
ciliation. Éperons noirs, les externes II plus longs
que la largeur apicale des tibias, les III subégaux.
Protarse I plus court que le tibia correspondant
(3 : 4), zone tibiale sensorielle en large palette
rousse.
Ailes jaunes, sans taches ; membrane dépourvue
de macrochètes en-dehors de quelques uns, courts
et droits, dans la cellule anale. Costale dépassant
R5 sur un peu plus de la moitié de l'intervalle
R5-M1. Sous-costale se terminant un peu avant
la base de Rs. R4 courte, subverticale, son apex
éloigné de celui de RI par plus du double de sa
propre longueur (5 : 13). Fusion radiomédiane
pas plus longue que R4. M2 et M4 interrompues
avant la marge de l’aile. M4 et Cul b peu et
régulièrement courbées. Anale très courte, se
terminant au niveau de l'apex de Sc. Balanciers
jaunes.
Source : MNHN, Paris
Fig. 31-35. — Hypopyge mâle des Neoplatyura. holotypes. face venirale. 31 : N. lyraefera n. sp. ; 32 : N. tillieri n. sp. : 33 ; A'
bruni n. sp. ; 34 : N. uperia n. sp. ; 35 : N. hreviiergaia n. sp.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
111
Abdomen : tergite I jaune, légèrement bruni
sur le disque ; tergites 1I-IV jaunes, brunis sur le
disque, marge apicale formant une bande jaune ;
V-V1II bruns à marge apicale jaune. Tous les
sternites jaunes. Pas de zones tergales à micro-
chètes plus serrés.
Hypopyge (fig. 31) jaune. Tergite IX en bande¬
lette prolongée latéralement et ventralement par
deux processus minces, à peine dilatés à l’apex,
presque aussi longs que le synsclérite gonocoxal
(fig. 36). Gonocoxopodites soudés ventralement,
mais le synsclérite profondément encoché à la
base et à l’apex. Gonostyles très petits, trilobés
(fig. 41), presque entièrement dissimulés ventra¬
lement par le synsclérite ; lobe externe mince et
peu sclérifié, deux petites soies apicales ; lobe
médian court et cilié, lobe interne très fortement
sclérifié, recourbé en-dehors à l’apex, deux soies
apicales. Apex du phallosome peu sclérifié, muni
de deux processus apicaux recourbés en-dehors,
lui donnant la forme d'une lyre.
Variations : lignes scutales le plus souvent
absentes ; zones tergales brunes de l’abdomen
parfois réduites sur les tergites II-V, ou au
contraire envahissant presque tous les tergites.
Matériel-type : holotype mâle et quatre para-
types mâles : Sud du Grand Lac (station 235 a),
166°54'00" E, 22°16'31" S, 280 m. piège de Malaise,
maquis haut. 14.X.1985 (Ph. Bouchet). Un
paratype : Forêt de la Thi. piège de Malaise,
XI. 1979-1.1980 (J. Chazeau). MNHN.
Localité-type : Sud du Grand Lac, 280 m.
Discussion : par ses genitalia, N. lyraefera
appartient indubitablement au groupe formé par
les deux espèces australiennes du genre, N.
tasmanica [n. comb. : Platyura (Neoplatyura)
tasmanica Edwards, 1929 : 168] et N. richmon-
densis [n. comb. : Platyura richmondensis Skuse,
1890 : 604], Il est plus proche de cette dernière,
connue de Nouvelle-Galles du Sud et du Queens¬
land, par l’apex du phallosome quasi identique,
mais N. richmondensis diffère de N. lyraefera et
d’autres espèces néo-calédoniennes de son groupe
(N. tillieri, aperta) par le tergite IX non en
bandelette, les gonostyles moins réduits, la ner¬
vure anale plus longue, l’aile tachée au niveau de
R4, les bandes scutales dénudées plus dévelop¬
pées, etc.
Neoplatyura tillieri n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 2,6 mm. Très semblable à l’espèce pré¬
cédente, en diffère par l’ocelle médian puncti¬
forme, les éperons externes II pas plus long que
la largeur apicale des tibias, la sous-costale se
terminant au niveau de la base de Rs, la fusion
radiomédiane plus courte que R4 ; tergites abdo¬
minaux plus étroitement annelés de jaune, sur¬
tout les VI-VI1I.
Hypopyge (fig. 32) : processus tergaux nette¬
ment plus courbés (fig. 37). Gonocoxopodites
séparés ventralement, sauf à l’apex, par les restes
du stemite IX, l’encoche apicale moins profonde,
encadrée par deux processus assombris à l’apex.
Gonostyles dépassant ventralement du synsclé¬
rite gonocoxal. Lobe externe comme chez N.
lyraefera , lobe médian épais, fortement sclérifié,
muni d’une forte épine apicale (fig. 42). Apex
du phallosome formant deux lobes auriculaires
aplatis.
Variations : certains paratypes ont le calus
ocellaire distinctement bruni.
Matériel-type : holotype mâle et trois para-
types mâles : Mine Galliéni (station 36), 166°
20'55" E, 21°54'33" S, 800 m. maquis haut sur
péridotite, piège de Malaise, I5.XI.1984 (S.
Tillier & Ph. Bouchet). Deux paratypes S ■
Vallée de la Coulée, 166°35'38"E, 22°10'52"S,
maquis haut sur péridotite, bord de rivière, piège
de Malaise, 24.X.1985 (Ph. Bouchet). MNHN.
Localité-type : Mine Galliéni, 800 m.
Neoplatyura aperta n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile : 2,6 mm. Tête : occiput jaune-roux, calus
ocellaire indistinctement assombri ; ocelle médian
égal à environ la moitié des externes. Front roux.
Antennes : scape et pédicelle jaunes, flagelle
jaune-roux, le dernier flagellomère avec un api-
cule petit, mais distinct. Face jaune, pièces
buccales et palpes jaune pâle.
Thorax : scutum jaune-roux, sans bandes
longitudinales, mais avec une légère pruinositè
latérale grise ; bandes dénudées paracrosticales
courtes et étroites, bandes entre les dorsocentrales
Source : MNHN, Paris
112
LOÏC MATILE
et les latérales réduites à la région préscutellaire.
Scutellum et médiotergite jaune-roux. Sclérites
pleuraux jaunes-roux, dénudés ; soies prostigma-
tiques postérieures peu nombreuses et très courtes,
pas d'antérieures.
Pattes jaune pâle, tarses assombris par la
ciliation. Éperons noirs, les externes 11-111 aussi
longs que la largeur apicale du tibia. Protarse I
plus court que le tibia (3 : 4) ; zone sensorielle
tibiale en large palette jaune-roux.
Ailes jaunes, sans taches, membrane dépourvue
de macrotriches. Costale dépasant R5 sur un peu
plus de la moitié de l’intervalle R5-MI. Sous-
costale se terminant au-dessus de la base de Rs.
R4 courte, oblique, légèrement courbée, son apex
éloigné de celui de RI par le double de sa propre
longueur. Fusion radiomèdiane très courte, attei-
gant seulement la moitié de la longueur de R4.
M2 et M4 interrompues avant la marge de l’aile.
M4 et Cul b régulièrement et faiblement courbées,
anale très réduite, ne dépassant pas le niveau de
la base de Rs. Balanciers jaunes.
Abdomen : tergites I-V brun-roux, les II-V
avec chacun une étroite bande apicale brune ;
tergites suivants bruns. Sternites I-VI jaunes, les
suivants bruns. Pas de zones sensorielles tergales
particulières.
Hypopyge (fig. 34) brun jaunâtre, les processus
tergaux jaunes. Tergite IX en bandelette pro¬
longée latéralement par deux processus régulière¬
ment élargis et arrondis à l’apex (fig. 39 ).
Gonocoxopodites largement ouverts à l’apex et
encochés à la base, reliés ainsi entre eux par un
pont étroit. Gonostyles (fig. 44) bilobés, taille
non réduite, entièrement visibles ventralement ;
lobe externe en faucille recourbée en-dehors, et
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
113
plus fortement sclérifié, lobe interne large, muni
d’une crête ventrale portant quatre macrochètes.
Apex du phallosome longuement allongé en
pointe double.
Matériel-type : holotype mâle : Sud du Grand
Lac (station 235 a), 166°54'00" E, 22°16'31"S.
200 m, maquis haut, piège de Malaise, 14.X.1985
(Ph.BoucHET). MNHN.
Localité-type : Sud du Grand Lac, 200 m.
Discussion : cette espèce appartient au groupe
précédent par ses processus tergaux, mais en
diffère par la forme du synsclérite gonocoxal,
largement ouvert et laissant apparaître des gono-
styles non réduits. Le lobe interne de ceux-ci
semble composé de deux parties accolées, et il est
probable qu’il s'agit ici du premier stade d'un
morphocline conduisant à un appendice trilobé
comme celui de N. lyraefera et tillieri. L'espèce
suivante, d'ailleurs, étroitement apparentée à N.
aperta, montre une division plus nette qui ren¬
force cette hypothèse.
Neoplatyura bruni n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 2,5 mm. Tête : occiput et calus ocellaire
noirs ; ocelle médian punctiforme. Front brun-
noir. Antennes jaune brunâtre, le dernier flagel-
lomère avec un apicule petit, rond, très distinct.
Face brune, pièces buccales et palpes jaunes.
Thorax : scutum roux sombre, portant trois
bandes longitudinales brunes occupant la plus
grande partie du disque ; bandes dénudées para-
crosticales et dorsocentrales larges, les bandes
entre soies dorsocentrales et latérales complètes.
Scutellum et médiotergite roux. Sclérites pleu¬
raux brun-roux, dénudés ; soies prostigmatiques
postérieures peu nombreuses et très courtes, pas
d'antérieures.
Pattes jaunes, tarses assombris par la ciliation.
Eperons noirs, les externes II aussi longs que la
largeur apicale du tibia (les pattes III manquent
à partir des hanches). Protarse I plus court que le
tibia (3 : 4) ; zone sensorielle tibiale en large
palette brune.
Ailes jaunes, légèrement assombries à l'apex ;
membrane dépourvue de macrotriches. Costale
dépassant R5 sur un peu plus de la moitié de
l'intervalle R5-M1. Sous-costale se terminant au-
dessus de la base de Rs. R4 courte, oblique,
légèrement courbée, son apex éloigné de celui de
RI par un peu plus du double de sa propre
longueur. Fusion radiomédiane presque aussi
longue que R4. M2 et M4 interrompues avant la
marge de l’aile. M4 et Cul b régulièrement et
faiblement courbées, anale courte, ne dépassant
pas le niveau de la base de Rs. Balanciers jaunes.
Abdomen : tergites I-1V bruns, les suivants
noirs. Stemites 1-11 jaunes, faiblement brunis à
l’apex; III-VI jaunes, à bandes apicales brunes
de plus en plus prononcées, sternites suivants
bruns. Pas de zones sensorielles tergales particu¬
lières.
Hypopyge (fig. 33-43) : tergite IX très forte¬
ment bruni sur le disque, processus latéraux
jaunes. Synsclérite gonococoxal brun, le reste
jaune plus ou moins bruni.
Matériel-type : holotype mâle : Mont Kaala,
164°23'26" E, 25°38'18" S, maquis sur pente sud.
500 m, piège de Malaise, 24.IX-8.X.1986 (L. O.
Brun, J. Chazeau & A. & S. Tillier). MNHN.
Localité-type : Mont Kaala, 500 m.
Discussion : comme on l’a dit plus haut, cette
espèce est étroitement apparentée à N. aperia,
dont elle diffère cependant par de nombreux
détails, y compris dans la structure des genitalia
mâles.
Neoplatyura brevitergata n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile : 2,9 mm. Tête : occiput gris noirâtre, calus
ocellaire noir ; ocelle médian punctiforme. Front
roux. Antennes : scape, pédicelle et base du
premier flagellomère jaune pâle, le reste jaune
sombre; dernier flagellomère avec un gros api¬
cule arrondi. Face jaune sombre, trompe et
palpes jaune pâle.
Thorax : scutum jaune, portant trois minces
lignes longitudinales grises, peu distinctes ; une
bande dénudée nette entre acrosticales et dorso¬
centrales, zone dénudée entre dorsocentrales et
latérales limitée à la région préscutellaire. Scutel¬
lum et médiotergite jaunes, pleures jaune pâle,
entièrement dénudées.
Pattes jaune pâle, tarses assombris par la
Source : MNHN, Paris
114
LOÏC M ATI LE
ciliation. Éperons noirs, les externes II-III un peu
plus longs que la largeur apicale des tibias.
Protarse I plus court que le tibia (3 : 4). Zone
sensorielle du tarse I large, rousse.
Ailes jaunes, sans taches. Costale dépasant R5
sur la moitié de l’intervalle R5-M1. Membrane
dépourvue de grands macrotriches courbes, quel¬
ques soies dressées dans le champ anal. Sous-
costale se terminant au niveau de la base de Rs.
R4 courte, son apex éloigné de celui de RI par
deux fois sa propre longueur. Fusion radiomé-
diane un peu plus courte que R4. Ml et M2
parallèles à l’apex. M4 régulièrement et peu
courbée, interrompue avant la marge. Cul b
régulièrement courbée. Anale très courte, se
terminant au niveau de la base de Rs. Balanciers
jaune pâle.
Abdomen jaune-roux, les tergites I-V indis¬
tinctement plus clairs à la base, les VI-VII brunis
à l’apex, le VIII entièrement brun ; sternites
jaunes. Pas de zones tergales à soies plus serrées.
Hypopyge (fig. 35) jaune, brun dorsalement.
Tergite IX en bandelette transverse, prolongée
latéralement par deux processus courts, dilatés,
arrondis et cilés à l’apex (fig. 40), n’atteignant
pas la longueur du synsclérite gonocoxal. Gono-
coxopodites entièrement soudés ventralement,
sauf une petite encoche apicale médiane. Gonos-
tyles très petits, en position apicale, formés de
trois lobes (fig. 45) ; lobe externe membraneux,
arrondi à l’apex, avec deux petites soies externes,
lobe médian fortement sclérifié, portant trois
petites soies apicales, lobe interne peu sclérifié
mais portant des soies ventrales longues. Apex
du phallosome volumineux, en grande partie
membraneux.
Variations : les bandes scutales sont parfois
plus ou moins effacées ; certains des paratypes
ont l’abdomen presque entièrement brun dorsa¬
lement.
Matériel-type : holotype mâle et 14 paratypes
mâles : Sud du Grand Lac (station 235 a),
166°54'00" E, 22° 16'31 " S, piège de Malaise, 280 m,
maquis haut, 14.X.1985 (Ph. Bouchet). Sept
paratypes £ : Col de la Ouinné (station 128 a),
166°27'54"E, 22*01'18" S, 850 m, forêt humide,
piège de Malaise, 24.X1.1984 (S. Tillier & Ph.
Bouchet). MNHN.
Localité-type : Sud du Grand Lac, 280 m.
Discussion : N. brevitergaia appartient égale¬
ment au groupe de N. Ivraefera , mais se distingue
de toutes les espèces précédentes par ses processus
tergaux plus courts et plus massifs, et le synsclé¬
rite gonocoxal beaucoup moins échancré.
Neoplatyura costalis n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 2,9 mm. Tête : occiput jaune-roux, calus
ocellaire brun ; ocelle médian atteignant environ
la moitié des externes, ceux-ci placés au sommet
de la tête, plus éloignés de la marge oculaire que
chez les autres espèces. Front jaune-roux. Anten¬
nes jaune sombre, le scape, le pédicelle et la base
du premier flagellaire plus pâles ; dernier flagel-
lomère avec un très petit apicule. Face, pièces
buccales et palpes jaunes.
Thorax : scutum jaune-roux, portant une
mince bande médiane grise, plus large en arrière
et prolongée sur la base du scutellum ; bandes
paracrosticales et paradorsocentrales très nettes
sur toute la longueur du scutum. Scutellum et
médiotergite jaune-roux. Sclérites pleuraux jau¬
nes, luisants, plus sombres en avant, dénudés.
Quelques soies prostigmatiques postérieures lon¬
gues et dressées, pas d’antérieures.
Pattes : hanches jaune pâle, les faces anté¬
rieures I-1I et externe III (sauf sur le tiers basal)
d’un jaune plus sombre. Fémurs jaune pâle,
tibias et tarses jaune sombre. Éperons brun-noir,
les externes II aussi longs que la largeur apicale
des tibias, les externes III nettement plus longs.
Rapports protarse I/tibia I = 2,5 : 3,9 ; zone
sensorielle tibiale rousse, très bien développée.
Ailes jaune sombre, sans taches. Membrane
avec des macrotriches dressés, non courbées,
dans le champ anal, et quelques-uns entre Cul b
et M4, et celle-ci et M2. Costale très largement
prolongée après R5, couvrant les 5/6 c de l’inter¬
valle R5-M1. Sous-costale très courte, se termi¬
nant au niveau du milieu de la cellule basale. R4
courte, oblique, située un peu avant le milieu de
l’intervalle R1-R5. Fusion radiomédiane très
courte, atteignant environ la moitié de la lon¬
gueur de R4. M 1 largement (aile gauche) ou très
largement (aile droite) interrompue à la base.
M2 et M4 atteignant la marge de l’aile, M4
et Cul b régulièrement et faiblement courbées;
anale longue, se prolongeant sous forme de trace
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
115
Fig. 41-45. — Gonostyles des Neoplalyura, hololypes. vue latérale (ciliaiion de la marge gonocoxale non représentée). 41 : N.
lyraefera n. sp. ; 42 : N. lillieri n. sp. ; 43 : N. bruni n. sp.; 44 : N. aperta n. sp. ; 45 : N. brerilergala n. sp.
jusqu'au bord de l'aile. Balanciers : pédicelle
jaune pâle, capitule jaune sombre.
Abdomen jaune-roux, les marges apicales des
tergites étroitement brunies, celles des trois der¬
niers plus largement et plus distinctement.
Hypopyge (fig. 29) jaune brunâtre, le lobe
gonostylaire externe brun. Tergite IX réduit à
une étroite bandelette dépourvue de tout pro¬
cessus, dénudée. Gonocoxopoditcs étroitement
réunis par les restes du sternite IX ; encoche
apicale bordée en dehors par un processus plus
sombre, presque aussi long que le lobe gonosty¬
laire externe, arrondi et légèrement élargi à
l'apex. Gonostyles bilobés, le lobe externe en
lame simple, longuement ciliée en-dedans, le lobe
interne court et mince, cilié à l'apex, presque
Source : MNHN, Paris
116
LOÏC MATILE
entièrement dissimulé ventralement par les pro¬
cessus gonocoxaux. Apex du phallosome ovale,
relativement bien sclérifié.
Allotype femelle semblable à l’holotype, mais
Ml non interrompue à la base et R4 située au
quart de la distance RI-R5. Ovipositeur jaune-
roux.
Variations : souvent la fusion radiomédiane
est presque punctiforme ; rarement, abdomen
plus sombre, ou au contraire presque roux uni-
colore. Exceptionnellement, ligne scutale médiane
absente. La nervure R4 se situe au quart de
l’intervalle R1-R5 chez les deux femelles, sa
position varie du premier tiers à près du milieu
chez les paratypes mâles. Sauf chez Phototype,
Ml est entière à la base.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle,
16 paratypes mâles et un paratype femelle :
Vallée de la Coulée, 166°35'38" E, 22°10'52"S,
maquis haut sur péridotite, bord de rivière, piège
de Malaise, 24.X.1985 (Ph. Bouchet). Un para-
type -J : Vallée de la Comboui, env. cote 210 m,
piège de Malaise, 5-8.XI.1985 (J. Chazeau) ; un
paratype S '■ Rivière Blanche, piège de Malaise,
4-7.111.1986 (J. Boudinot). Deux paratypes S '■
Rivière Bleue, 165°40'06" E, 22°06'05" S, maquis
sur crête, piège de Malaise, 13-28.X.1986 (L.
Bonnet de Larbogne, J. Chazeau & A. & S.
Tillier). MNHN.
Localité-type : Vallée de la Coulée.
Discussion : cette espèce est très facilement
reconnaissable à sa nervure costale très longue.
L’hypopyge, avec son tergite IX réduit, ses
gonostyles bilobés et ses processus gonocoxaux,
est d’un type bien différent de celui des autres
espèces de la région australasienne, à l’exception
de celle décrite ci-dessous. Je n’ai pu non plus la
rapprocher d’espèces orientales.
Neoplatyura annieae n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 2,6 mm. Tête : occiput brun, calus
ocellaire noir ; ocelles comme chez N. costalis.
Front jaune-roux. Antennes : scape, pédicelle et
pétiole du premier flagellomère jaune, le reste
brun ; dernier flagellomère avec un apicule dis¬
tinct. Face, trompe et palpes jaunes.
Thorax : scutum jaune-roux, portant une large
mais faible bande médiane rousse, et deux taches
préscutellaires indistinctes concolores ; bandes
paracrosticales et paradorsocentrales très nettes
sur toute la longueur. Scutellum et médiotergite
jaune-roux. Sclérites pleuraux roux, luisants
dénudés ; quelques soies prostigmatiques posté¬
rieures, pas d’antérieures.
Pattes jaunes, les tibias étroitement et faible¬
ment brunis à l’apex. Éperons noirs, l’externe III
(les pattes II manquent) nettement plus long que
la largeur apicale du tibia (paratypes : externes II
subégaux à cette largeur). Tibia I plus court que
le tibia (1 : 1,4); zone sensorielle brune, bien
développée.
Ailes jaunes, distinctement assombries de l’apex
à un peu après R4 et à l’apex de Cul b, ainsi qu’à
la marge de la cellule anale. Macrotriches alaires
comme chez N. costalis. Costale dépassant R5
sur les deux tiers de l’intervalle R5-MI. Sous-
costale se terminant après le milieu de la cellule
basale, mais bien avant Rs. R4 courte, oblique,
se terminant au premier tiers de l’intervalle Rl-
R5. Fusion radiomédiane très courte, n’attei¬
gnant qu’environ le tiers de R4. M2, M4, Culb
et anale comme chez N. costalis. Balanciers
jaunes, le capitule assombri.
Abdomen brun jaunâtre, noirâtre à partir du
segment VI.
Hypopyge (fig. 30) jaune, lobe gonostylaire
externe et processus gonocoxal brun-noir. Du
même type que chez N. costalis, mais tergite IX
un peu moins étroit, processus gonocoxaux plus
longs, lobe gonostylaire externe plus abondam¬
ment cilié.
Allotype femelle semblable à l’holotype, mais
scutum uniformément jaune roux ; abdomen
assombri à partir du segment V. Ovipositeur
brun-noir.
Variations : comme chez l’allotype, les taches
scutales sont le plus souvent effacées chez les
paratypes.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle,
dix paratypes mâles et un paratype femelle :
Mont Kaala, 164°23'26" E, 25°38'18"S, maquis
sur pente sud, 500 m, piège de Malaise, 24.IX-
8.X.1986 (L. O. Brun, J. Chazeau & A. & S.
Tillier).
L’espèce est amicalement dédiée à l’un de ses
inventeurs, M™ Annie Tillier.
Source : MNHN, Paris
KER0PLAT1DAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
117
Discussion : bien qu'elle en diffère par de
nombreux détails, N. annieae est de toute évi¬
dence étroitement apparentée à N. costalis. En-
dehors des genitalia mâles, elle s'en distinguera
immédiatement par les ailes largement tachées et
la costale moins longue.
Genre Proceroplatus Edwards
Proceroplatus Edwards, 1925 : 523. Espèce-type :
Platyura piclipennis Williston (dés. orig.).
Callipiatyura Malloch, 1928 : 60. Espèce-type :
Platyura elegans Coquillett (dés. orig.).
Ce genre est répandu dans toutes les régions
tropicales du monde ; rare en région tempérée
(Proceroplatus elegans , néarctique, remonte jus¬
qu'au Québec), il ne compte jusqu'ici qu’une
seule espèce australasienne, Proceroplatus graphi-
cus (Skuse), décrite d'Australie (Nouvelle-Galles
du Sud), mais il existe aussi en Papouasie-Nou¬
velle-Guinée, d’où je connais plusieurs espèces.
Le matériel de Nouvelle-Calédonie en comprend
trois, dont je n'ai pu déterminer les affinités.
46
Proceroplatus priapus n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l'aile : 3,2 mm. Tète : occiput jaune, plus sombre
sur le disque, calus ocellaire bruni ; ocelle médian
punctiforme. Front jaune. Antennes : scape,
pédicelle et base du premier flagellomère jaunes
le reste du flagelle jaune brunâtre ; flagellomères
2-11 largement étendus ventralement. Face jaune,
trompe et palpes jaune brunâtre.
Thorax : proscutum jaune pâle. Scutum jaune
sombre unicolore. ainsi que le scutellum ; médio-
tergite jaune pâle. Pleures jaune pâle, l'anépis-
terne et le latérotergite plus sombres. De nom¬
breuses soies èpisternales dorsales, petites, soies
latérotergales peu nombreuses, longues et dressées,
confinées à la partie postéro-dorsale du sclérite.
Pattes : hanches jaunes pâle, les II-1II plus
sombres à partir du tiers médian, à ce niveau une
tache brune indécise. Fémurs et tibias jaunes,
fémur III avec une légère ombre brune, ventrale,
au tiers basal. Tarses : protarse largement jauni à
la base, puis brun, tarsomères suivants bruns sauf
à la base, les tarses paraissant ainsi annelés au
FlG. 46-47. - Synsclérite gonocoxal et gonostyles des Proceroplatus, holotypes, face ventrale. 46 : Proceroplatus priapus n.
sp. ; 47 : P. scalprifer n. sp.
Source : MNHN, Paris
118
LOÏC MATILE
niveau des articulations. Éperons noirs, externes
II à peine visibles, externes III très courts.
Protarse I d'un quart plus court que le tibia.
Ailes blanches tachées de brun (fig. 11) : apex
bruni, renfermant deux taches blanches dans la
première cellule médiane, une entre les deux
branches de la fourche antérieure et une, très
grande, entre M2 et M4. Une bande médiane
brune, interrompue par une tache blanche entre
M4 et Cul b ; une faible trace de sc à la base de
Rs, une autre vers l’apex de la cellule médiane,
une bande arquée traversant le champ anal.
Costale dépassant R5 sur la moitié de l’intervalle
R5-M1. Sous-costale se terminant au niveau de
la base de Rs. R4 courte, éloignée de l’apex de
RI par un peu plus de sa propre longueur.
Fusion radiomédiane aussi longue que R4. M2,
M4 et Cul b assez brusquement courbées, puis
effacées, avant la marge de l’aile. Anale courte,
se terminant un peu avant le niveau de l’apex de
la cellule basale. Balanciers : pédicelle jaune pâle,
capitule jaune sombre.
Abdomen : tergite I brun-roux, jaune à la
base ; tergites II-IV jaunes, avec une bande
médiane brun-roux s’élargissant en mince bande
apicale transverse, tergites suivants brun-roux,
sauf une bande basale jaune. Sternite I jaune
pâle, les suivants progressivement plus sombres.
Hypopyge (fig. 46) jaune sombre, les gonostyles
très fortement brunis. Tergite IX pentagonal, les
bords latéraux légèrement concaves ; cerques
larges et aplatis. Marge postérieure du synsclérite
gonocoxal largement et régulièrement échancrée
au milieu, avec de chaque côté un lobe plus
fortement cilié. Gonostyles bilobés, le lobe externe
très fortement dilaté dans sa moitié apicale, le
bord interne formant un bec à deux pointes ;
lobe interne fortement sclérifié, long et étroit.
Allotype femelle (en très mauvais état) sem¬
blable au mâle ; tergites abdominaux V-VIII
entièrement bruns. Ovipositeur jaune.
Matériel-type : holotype mâle et allotype
femelle : Mont Panié, 360 m, piège de Malaise,
11-16.XII.1983 (L. Matile). Un paratype Ç : id.,
400 m, forêt dense humide, piège de Malaise, 18-
20.XI.1986 (J. Chazeau & A. &. S. Tillier). Un
paratype £ Mont Kaala, 164°23'26" E,
20°38'18" S, 500 m, maquis sur pente sud, piège
de Malaise, 24.IX-8.X.1986 (L. O. Brun, J.
Chazeau & A. & S. Tillier). MNHN.
Localité-type : Mont Panié, 360 m.
Proceroplatus scalprifera n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 3,5 mm. Semblable à l’espèce précédente,
dont il diffère par les caractères suivants :
Tête : face largement brunie en bas, palpes
brun-noir. Pattes : tache fémorale III plus forte
et plus étendue. Ailes : taches blanches des
première et deuxième cellules médianes mieux
développées (fig. 12). Abdomen : marques abdo¬
minales brun sombre au lieu de brun-roux.
Hypopyge (fig. 47) : lobe dorsal des gonostyles
moins dilaté, en forme de scalpel recourbé.
Allotype femelle semblable à l’holotype, mais
flagellomères antennaire simples. Tache prèapi-
cale de la première cellule radiale deux fois plus
larges que chez le mâle ; ovipositeur jaune.
Variations : le mâle de Rivière Bleue est de
teinte générale beaucoup plus claire. Le paratype
femelle montre une tache radiale préapicale
encore plus développée que chez l’allotype.
Matériel-type : holotype mâle : Mont Mou,
200-250 m, fauchage en sous-bois, 16.XI.1983
(L. Matile). Allotype 9 et un paratype S :
Rivière Bleue, Parc 6, 160 m, forêt humide sur
alluvions, piège de Malaise, 13-26.X.1986 (L.
Bonnet de Larbogne & J. Chazeau). Un
paratype S : id., Parc 5, 150 m, forêt humide sur
alluvions, piège de Malaise, même date (id.). Un
paratype S '■ Rivière Bleue, piège de Malaise, 12-
27.III. 1986 (J. Chazeau). MNHN.
Localité-type : Mont Mou, 200-250 m.
Proceroplatus sp.
Une femelle, par son ornementation alaire,
semble très proche de Proceroplatus scalprifera ,
mais ('ovipositeur a un sternite VIII brunâtre, de
forme légèrement différente. Pointe du Cagou,
Baie de Neumeni, 166°20'07" E, 2r41'52" S, 30 mi
forêt humide sur péridotite, piège de Malaise, 5-
8. XI.1984 (S. Tillier & Ph. Bouchet). MNHN.
Genre Pseudoplatyura Skuse
Pseudoplatyura Skuse, 1888 : 1180. Espèce-type
Pseudoplatyura dux Skuse (mon.).
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
119
Ce genre est typiquement australasien [je ne
pense pas qu’il soit synonyme de Monocentrota
Lundstrôm, comme l'ont suggéré Edwards (1941)
et Lane (1959] et ne comprenait jusqu’ici que
deux espèces, l’une australienne, l'autre néo-
zélandaise. Le matériel de Nouvelle-Calédonie
renferme deux autres espèces, très étroitement
alliées.
Pseudoplatyura neocaledonica n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l'aile : 2,4 mm. Tête : occiput brun sombre, calus
ocellaire noir ; trois ocelles, le diamètre du
médian atteignant environ le tiers du plus grand
diamètre des externes, ceux-ci séparés de la
marge oculaire par à peu près leur propre
diamètre. Front grand, brun sombre. Antennes
très courtes, à peine plus longues que la hauteur
totale de la tête, uniformément brun-noir ; les
12 premiers flagellomères petits, monoliformes,
le treizième légèrement allongé. Face, trompe et
palpes bruns.
Thorax : prothorax brun clair. Scutum noir,
couvert d’une pruinositè argentée laissant trois
minces bandes longitudinales luisantes. Scutellum
brun-noir, portant six longues soies apicales ;
médiotergite brun-noir, dénudé. Sclérites pleu¬
raux brun-noir. Anèpisterne cilié en haut, latéro-
tergite avec de longues soies postéro-dorsales
dressées.
Pattes : hanches et fémurs bruns, tibias et
tarses jaunes, fortement assombris par la cilia-
tion ; tibia III noirci sur le quart apical. Éperons
noirs, l’antérieur plus court que la largeur apicale
du tibia, pas d’externes II-III, les internes bien
développés, surtout le III. Tibia I dépourvu de
zone sensorielle apicale ; protarse I atteignant la
moitié de la longueur du tibia.
Ailes grisâtres, hyalines sur le disque. Costale
dépassant R5 sur les deux tiers de l’intervalle R5-
Ml. Sous-costale très courte, effacée à l’apex
avant la base de Rs. R4 longue, courbée, forte¬
ment oblique, son apex éloigné de celui de RI
par environ sa propre longueur. Fusion radiomé-
diane plus courte que R4, atteignant la moitié de
la longueur du pétiole de la fourche. Anale
faible, ne dépassant pas le niveau de l’apex de la
cellule basale. Balanciers jaunes.
Abdomen uniformément brunâtre.
Hypopyge (fig. 48) très petit, noirâtre. Tergite
IX large, transverse, plus court que le synsclé-
rite gonocoxal. Proctigère court et large. Synsclé-
rite gonocoxal largement ouvert dorsalement ;
ventralement, gonocoxopodites séparés par une
large zone membraneuse s’élargissant en triangle
un peu avant la base du synsclèrite ; face laté¬
rale dépourvue de dépression apicale (fig. 49).
Gonostyles insérés avant l’apex des gonoxopo-
dites, simples, munis d’une large pointe forte¬
ment sclérifiée, orientée dorso-ventralement. for¬
mant un angle droit avec la base (fig. 49).
Phallosome grand, arceau apical très fortement
sclérifié.
Matériel-type : holotype mâle : Col d’Amieu.
360-470 m, fauchage en sous-bois, 29.XI.1983
(L. Matile) ; un paratype : id., 420 m,
30.XI.1983 (L. Matile). MNHN.
Localité-type : Col d’Amieu, 360-470 m.
Discussion : les genitalia mâles des deux autres
espèces australasiennes de ce genre n’ont jamais
été figurés ; sous cette réserve, Pseudoplatyura
neocaledonica semble plus proche de P. truncata ,
de Nouvelle-Zélande, par la réduction de la sous-
costale, libre à l'apex, et la petitesse de l'hypo-
pyge-
Pseudoplatyura crassitibialis n. sp.
Description : (holotype mâle). Tête : occiput
brun-noir, calus ocellaire noir ; ocelle médian
atteignant près de la moitié du diamètre des
ocelles externes, ceux-ci éloignés de la marge
oculaire par environ leur propre diamètre. Front
brun. Antennes brun-noir, le pédicelle largement
jauni ventralement. Face, trompe et palpes brun-
noir.
Thorax : prothorax brun. Scutum d’un brun
profond, portant trois minces bandes longitudi¬
nales noires ; pruinositè argentée limitée aux
marges latérales. Scutellum brun-noir, médioter¬
gite brun jaunâtre. Sclérites pleuraux bruns.
Pattes : hanches, fémurs et tibias bruns, ces
derniers largement jaunis à l’apex, tarses jaunes,
assombris par la ciliation. Tibias II légèrement
élargis et aplatis, portant des rangées régulières
de microchètes ; tibias III fortement élargis et
aplatis, seul le quart apical portant des rangées
régulières de microchètes. Éperons noirs, l’anté¬
rieur subégal à la largeur apicale du tibia I.
Source : MNHN, Paris
Fig. 48-49. Hypopyge mâle des Pseudoplatyura, hololypes. 48 : P. neocaledonica n. sp.. face ventrale : 49 : id., lace latérale,
filiation non représentée ; 50 : P. crassitibialis n. sp.. id.
Protarse I inférieur à la moitié du tibia (3 : 7),
pas de zone sensorielle apicale.
Ailes grisâtres, plus claires sur le disque.
Costale dépassant R5 sur plus des trois quarts de
l’intervalle R5-M1. Sous-costale très courte, mais
non effacée à l’apex, se terminant sur la costale
au niveau de la base de Rs. R4 longue, courbée,
fortement oblique, son apex éloigné de celui de
RI par environ sa propre longueur. Fusion
radiomédiane un peu plus courte que R4, mais
plus longue que la moitié du pétiole de la fourche
(1 : 1,5). Anale faible, fortement effacée à l’apex,
mais repérable jusqu'au niveau de l'apex de la
cellule basale. Balanciers jaunes.
Abdomen uniformément brunâtre.
Hypopyge brun, très semblable à celui de
l’espèce précédente, dont il diffère par les gono-
coxopodites portant une large dépression apicale
sur la face latérale, et les gonostyles proportio-
nellement mieux développés, l’apex ne formant
pas d’angle droit avec la base (comparer fig. 49-
50).
Matériel-type : holotype mâle : Forêt de la
Thi, 150-250 m, fauchage en sous-bois. 18.
XI.1983 (L. Matile). MNHN.
Localité-type : Forêt de la Thi, 150-250 m.
Discussion : cette espèce est très voisine de
P. neocaledonica , mais elle s’en distingue immé¬
diatement par ses tibias III épaissis, caractère qui
n’a pas été signalé chez les autres espèces du
genre.
Genre Pyrtulina Matile
Pyrtulina Matile, 1977 : 33. Espèce-type : Pyrtulina
pumila Matile (dés. orig).
Je rapporte provisoirement à ce genre décrit de
Madagascar deux espèces qui diffèrent de la
diagnose originale par trois apomorphies relati¬
vement peu importantes (cf Matile, 1986 b), les
flagellomères antennaires dépourvus de macro-
chètes, l’anépisterne dénudé et les bandes scu-
tales nues beaucoup plus larges, et quatre plé-
siomorphies : les éperons internes II-III plus
longs (également les externes en ce qui concerne
la deuxième espèce), les ailes plus simplement
ornées, le lobe anal mieux développé et la sous-
costale entière à l’apex. Ces espèces semblent
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
121
cependant mieux placées dans Pyrtulina que dans
le genre voisin Laurypta (régions australienne,
orientale et afrotropicale), dont les éperons tibiaux
externes ont disparu, les genitalia sont plus
évolués et le scutum, au contraire, plus plésio-
morphe par l’absence de bandes dénudées. Le
British Muséum possède une espèce de Papouasie-
Nouvelle-Guinée appartenant au même groupe
de Pyrtulina que les espèces néo-calédoniennes.
Pyrtulina tenuis n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 1,7 mm. Tête : occiput noir brunâtre;
ocelle médian atteignant environ la moitié du
diamètre des externes, ces derniers très proches
de la marge oculaire. Front brun. Antennes
entièrement brun-noir. Face brune, trompe et
palpes jaunes.
Thorax : prothorax jaune. Scutum brun, por¬
tant de larges bandes dénudées, les soies discales
courtes. Scutellum et médiotergite bruns, ce
dernier portant dorsalement, à l’apex, six fortes
soies noires. Sclérites pleuraux tous dénudés,
jaune luisant, mais le latérotergite jaune bru¬
nâtre.
Pattes jaunes, les tibias et surtout les tarses
assombris par la ciliation. Eperons noirs, externes
1I-I1I très petits, mais distincts. Protarse I aussi
long que son tibia ; zone tibiale sensorielle bien
visible, jaune d'or.
Ailes grisâtres, faiblement enfumées sur près
de la moitié apicale et le long de la marge
postérieure, la coloration plus sombre le long du
bord costal. Costale dépassant R5 sur les trois
quarts de l’intervalle R5-M1. Sous-costale courte,
se terminant au niveau de la base de Rs ; sc2
absente. R4 courte, oblique, se terminant peu
après le niveau du premier tiers de l’espace Rl-
R5. Fusion radiomédiane pas plus longue que
R4. Pétiole de la fourche médiane long, dépas¬
sant légèrement le niveau de l'apex de RI, mais
presque efTacé, de même que la base de la
fourche. M4 subrectiligne, Cul b peu courbée,
anale réduite à une trace basale plus courte que
Sc. Balanciers : pédicelle jaune, capitule brun-
noir.
Abdomen : tergites uniformément brun-noir,
sternite 1 jaune, les suivants bruns.
Hypopyge (fig. 51) brun. Tergite IX petit, plus
court et bien plus étroit que le synsclérite
gonocoxal. Cerques et hypoprocte bien développés.
ce dernier en large plaque sclérifiée, ciliée à
l'apex. Gonocoxopodites en larges tubes presque
entièrement, mais étroitement, séparés ventra-
lement. Gonostyles longs, minces, sans macro-
chètes modifiés, bidentés à l'apex. Phallosome
petit, membraneux sauf l’arc apical.
Matériel-type : holotype mâle et trois para-
types mâles : Route de Canala après le Col
d'Amieu, 300-350 m, fauchage en bord de ruis¬
seau et sous-bois, 12.X11.1983 (L. Matile). Trois
paratypes : id., 330 m. 1.XI 1.1983 (L. Matile).
MNHN.
Localité-type : Route de Canala après le Col
d'Amieu, 300-350 m.
Pyrtulina dubia n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 2,1 mm. Tête : occiput roux, calus
ocellaire bruni ; trois ocelles, le médian puncti¬
forme, les externes éloignés de la marge oculaire
par environ le double de leur propre diamètre.
Front jaune- roux. Antennes : scape et pédicelle
jaunes, flagelle brun-roux. Face, trompe et pal¬
pes jaunes.
Thorax : prothorax jaune. Scutum roux, por¬
tant de larges bandes dénudées, les macrochètes
longs. Scutellum et médiotergite jaunes, ce der¬
nier portant de chaque côté huit fortes soies
noires, dorsales et apicales. Sclérites pleuraux
jaunes, luisants, dénudés.
Pattes jaunes, les hanches plus pâle à la base,
les tarses assombris par la ciliation. Éperons
noirs ; éperons externes 1I-III bien développés,
les II aussi longs que la largeur apicale du tibia,
les III 1,5 fois plus longs. Protarse I un peu plus
court que le tibia (2,7 : 3) ; zone sensorielle du
tibia distincte, brune.
Ailes jaunes, non enfumées. Costale dépassant
R5 sur les trois quarts de l’intervalle R5-M1.
Sous-costale courte, se terminant au niveau de la
base de Rs, sc2 absente. R4 courte, oblique, apex
situé un peu avant le milieu de l’intervalle Rl-
R5. Fusion radiomédiane de même longueur que
R4. Pétiole de la fourche médiane faible, se
terminant nettement avant le niveau de l’apex de
RI. M4 subrectiligne. Cul b peu courbée, anale
réduite à une trace ne dépassant pas le niveau de
Source : MNHN, Paris
122
LOÏC M ATI LE
Fig. 51-52. — Synsclérite gonocoxal et gonostyles des Pyrtulina, hololypes. face ventrale. 51 : P. lenuis n. sp. ; 52 :P. dubia n.
l'apex de la sous-costale. Balanciers jaunes, le
capitule légèrement assombri.
Abdomen roux, unicolore.
Hypopyge (fig. 52) roux, de même type que
celui de l’espèce précédente mais proportionnel¬
lement beaucoup plus petit. Tergite IX hexago¬
nal, le bord postérieur rectiligne. Gonostyles plus
courts par rapport au synsclérite, courbés, les
épines apicales moins sclérifiées.
Allotype femelle semblable au mâle, les quatre
premiers tergites abdominaux jaunis latérale¬
ment, les suivants brun-roux. Ovipositeur brun-
noir.
Variations : les paratypes du Pic du Pin ont le
tergite IX arrondi à l'apex, et non rectiligne ; ils
représentent peut-être une espèce ou une sous-
espèce distincte.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle
et deux paratypes mâles : Mont Panié, 260 m,
piège de Malaise, 11-16.XI 1.1983 (L. Matile).
Un paratype c? Mont Panié, 164°45' E,
20°35'30" S, 400 m, forêt dense humide, piège de
Malaise. 18-20.XI.1986 (J. Chazeau & S. Til-
lier). Trois paratypes S ■ Pic du Pin, flanc Est
(station 233), 166°49'45" E, 22“14'07" S, 250 m.
forêt humide sur sol minier, piège de Malaise,
12.XI. 1984 (S. Tillier & Ph. Bouchet).
MNHN.
Localité-type : Mont Panié, 260 m.
Discussion : cette espèce diffère quelque peu
des deux autres Pyrtulina connus, par la grande
taille des éperons tibiaux et l’aile dépourvue de
taches.
Genre Rhynchorfelia n. gen.
Diagnose : Mâle-femelle. — Tête, sans la
trompe, plus large que haute (fig. 53-54). Occiput
portant de courtes soies couchées, les postoculaires
et les postocellaires plus longues et plus fortes.
Trois ocelles, les externes bien plus grands que le
médian, éloignés de la marge oculaire par envi¬
ron leur propre diamètre ; chaque ocelle situé sur
un calus distinct. Front large, quadrangulaire,
calus frontaux, entre les fosses anten-
naires, portant une série de soies de part et
d’autre du sillon ; à ce niveau, yeux profondé¬
ment émarginés. Antennes de 2 + 14 articles.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
123
Scape et pédicelle peu développés, subcylindri¬
ques. Premier flagellomère pédonculé, environ
deux fois plus longs que large ; flagellomères
suivants cylindriques, aussi longs que larges, puis
progressivement allongés, le dernier fusiforme,
environ trois fois plus long que large, dépourvu
d'apicule terminal. Pas de macrochètes flagel-
laires. Face courte, transverse, peu sclérifiée,
portant quelques petites soies, Clypéus quadran-
gulaire, cilié.
Trompe allongée, dépassant le niveau de l'apex
des hanches. Labre triangulaire allongé, pointu à
l’apex, un peu plus court que la moitié de la
trompe. Hypopharynx environ 'A plus court que
le labre. Endites maxillaires distincts, relative¬
ment longs. Prémentum peu sclérifié, non distinc¬
tement allongé. Labelles I petites, peu sclérifiées
en avant. Labelles II très longues, formant
chacune un demi-tube, les deux labelles coaptées
sur près de la moitié basale sur l’exemplaire non
potassé (et dans ce cas le labre et l’hypopharynx
assurent dorsalement la fermeture de la trompe).
Palpes maxillaires insérés à la base de la trompe,
formés de 1 + 4 articles. Palpifère et premier
palpomère petits et peu sclérifiés, palpomère 2
gros, portant une crypte sensorielle bien déve¬
loppée, palpomères 3 et 4 plus petits.
Thorax. — Prothorax robuste latéralement,
nettement mais étroitement rétréci dorsalement
sur la ligne médiane ; prostemum saillant, dénudé.
Scutum peu bombé, couvert de soies uniformé¬
ment réparties, les discales courtes et couchées,
Fig. 53-54. Rhynchorfelia rufa n. gen. n. sp.. holotype mâle. tète. 53 : vue latérale ; 54 : vue frontale, la trompe supposée
coupée (le palpe gauche est brisé).
Source : MNHN, Paris
124
LOÏC M ATI LE
les latérales et les préscutellaires très longues et
dressées. Scutellum large, semi-circulaire, nu sur
le disque, mais la marge hérissée de longues soies
dressées, mêlées de plus courtes. Médiotergite
dénudé, peu élevé, fortement anguleux, arrondi à
l’apex, celui-ci dépassant peu le scutellum. Sclé-
rites pleuraux entièrement dénudés ; pas de soies
prospiraculaires ni scabellaires. Anépisterne for¬
tement rétréci ventralement, mais sur une faible
longueur. Grand axe du latérotergite fortement
oblique.
Pattes : hanches I ciliées sur les faces anté¬
rieure et externe, la ciliation se prolongeant sur le
milieu de la face postérieure ; également quelques
apicales postérieures. Hanches II ciliées sur le
tiers apical de la face antérieure, la zone ciliée
remontant à la marge de la face externe, jusqu’au
tiers basal. Hanches III ciliées le long de la marge
postérieure de la face externe, sauf à la base.
Pas de soies coxales postérieures II-III. Fémurs
robustes, portant de courtes soies couchées, les
ventrales pas plus longues que les dorsales ; II-III
avec une zone dénudée postérieure. Tibias à
mirochètes disposés irrégulièrement à la base,
régulièrement à l'apex ; des rangées régulières
toutes semblables sur environ le tiers apical
(tibia I), la moitié (tibia II) ou seulement le quart
(tibia III). Éperons 1 : 2 : 2, l'antérieur un peu
plus long que la largeur apicale du tibia, les
externes II-III un peu moins du double, les
internes près du quadruple de cette largeur.
Tibia I avec des macrochètes antérieurs, externes
et postérieurs, tibias II-III avec des antérieurs,
antéro-externes, externes, postéro-externes, pos-
téro-internes et internes. Tibia I sans peigne,
mais avec une zone sensorielle apicale très
distincte. Tibia II avec un peigne postérieur, III
avec un antérieur et un postérieur. Tarses nor¬
maux, microchètes régulièrement disposés, des
macrochètes ventraux. Protarse I plus court que
le tibia. Griffes (c?$) courtes, portant deux
épines basales.
Ailes (fig. 13) : angle anal bien marqué;
membrane dépourvue de macrotriches, sauf quel¬
ques-uns, très rares, dans le champ anal. Costale
longue, atteignant l'apex de l’aile. Sc se termi¬
nant au milieu de l’intervalle compris entre la
base de Rs et l’apex de la cellule basale. Sc2 très
distincte, proche de h. RI longue, dépassant
largement le milieu de l’aile. R4 présente, courte,
peu oblique, située vers le tiers basal de l’inter¬
valle R1-R5. Fusion radiomédiane plus longue
que R4 mais plus courte que le pétiole de la
fourche médiane. Cellule basale non divisée en
deux par la base de la médiane. Nervure basses
peu courbées, M2, M4 et Cul b interrompues
avant la marge de l’aile. Cu2 longue et distincte,
anale forte, atteignant la marge.
Ciliation, face dorsale : C. RI, moitié apicale
de frm, R4 + 5 et R5 ciliées, le reste nu. Face
ventrale : toutes les nervures nues sauf la costale.
Abdomen allongé, sternites saillant ventrale¬
ment, surtout à partir du IV. Segment VIII mâle
bien développé, non dissimulé, même à la base,
sous le VII.
Genitalia mâles de type fixe, non rotatoire.
Tergite IX grand, mais peu étendu latéralement,
ne recouvrant pas la face latérale des gonocoxo-
podites (fig. 56). Cerques et hypoprocte petits,
bien sclérifiés et ciliés, en situation préapicale à la
face ventrale du tergite IX, mais se prolongeant
basalement par une large plaque transparente
doublant ventralement le tergite, et assurant par
deux apodèmes une articulation avec les gono-
coxopodites, indépendante de celle du tergite.
Gonocoxopodites (fig. 55-56) profondément
modifiés par rapport au plan de base des Kero-
platidae, appartenant au type Xenoplatyura (cf
Matile, 1978). Réunis ventralement par un pont
large et bien sclérifié, prolongé par deux apo¬
dèmes entourant la base d'un processus ventral
large et transparent. Lobe ventral bien déve¬
loppé, pointu à l’apex. Gonostyles formés de
deux lobes indépendants à la base, l’un dorsal,
l’autre ventral, tous deux courts, le ventral
portant de fortes soies. Phallosome complexe,
formant une pompe spermatique prolongée dans
l’abdomen au moins jusqu’au segment VI.
Genitalia femelles (fig. 57) profondément
enfoncés sous le segment VII. Tergites VIII, IX
et X entièrement membraneux. Sternite VIII
complètement divisé en deux ventralement, for¬
mant deux plaques quadrangulaires à angles
arrondis, relativement peu sclérifiées, à ciliation
courte et rare, plus serrée à la marge apicale, qui
est largement rebordée. Sternite IX représenté
par deux petits latérosternites situés entre la base
des cerques et le sternite VIII. Cerques très
petits, uni-articulés, portant de courtes soies
dressées. Plaque postgénitale petite, bien sclé-
rifiée, ciliée à l’apex Le reste de l’ovipositeur
membraneux, sauf les valves hypogyniales, fai¬
blement sclérifiées.
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
125
Espèce-type : Rhynchorfelia rufa n. sp.
Derivatio nominis : de pywoç, trompe, et d 'Orfe-
lia, genre-type de la tribu des Orfeliini. Genre :
féminin.
Discussion : Par ses genitalia mâles. Rhyn¬
chorfelia appartient sans conteste au groupe
formé par les genres Cloeophoromyia Matile,
Xenoplaiyura Malloch, Truplaya Edwards,
Urytalpa Edwards, Asindulum Loew, Macrorr-
hyncha Winnertz. Antlemon Loew et Neopla-
tyura Edwards, tel que je l'ai défini en 1978.
Ainsi qu'Edwards (1929) l'a mis en évidence
pour une partie de ses membres, ce groupe est en
effet caractérisé par l’hypopyge non rotatoire,
l'èdéage grand et pourvu de longs apodèmes, et
la taille réduite des gonocoxopodites et des
Source : MNHN, Paris
126
LOÏC M ATI LE
gonostyles. Dans mon travail de 1978, j’ajoutais
à ces caractères la grande taille du tergite IX,
développé latéralement pour recouvrir gonostyles
et gonocoxopodites. Rhynchorfelia ne possède
pas ce caractère, mais il n'est pas évident chez
tous les représentants du groupe, notamment
certaines espèces de Xenoplatyura. Tous ces
genres, sauf Antlemon, Neoplalyura et Urytalpa,
montrent une liaison directe, par des apodèmes
propres, de l’hypoprocte et de la face dorsale du
synsclérite gonocoxal. Par ailleurs, Rhynchorfelia
n’a pas l’abdomen pétiolé du sous-groupe Xeno¬
platyura. Les relations phylogénétiques entre les
différents genres sont donc à revoir en prenant en
compte davantage de caractères que je n’ai pu le
faire en 1978.
D’autre part, la trompe de Rhynchorfelia est
absolument de même type que celle du genre
oriental Rhynchoplatyura, aucun autre Keropla-
tidae ne possédant ces labelles coaptés en tube
allongé. Rhynchoplatyura diffère cependant par
de très nombreux caractères, dont les plus
marquants sont la réduction des palpes à deux
palpomères, les ailes étroites, à angle anal très
réduit, la terminaison de R5 sur RI, la fusion
radiomédiane très longue et l'abdomen femelle
pétiolé, les segments 1 et II allongés et tubulaires,
les suivants fortement élargis. Je n'ai malheureu¬
sement pu examiner que des femelles de ce genre.
La découverte du mâle permettra de s’assurer de
son appartenance au même groupe que Rhyn¬
chorfelia , auquel cas il s’agirait sans aucun doute
de deux genres-frères, dont Rhynchoplatyura
serait le plus apomorphe.
Rhynchorfelia rufa n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile : 4 mm. Tête : occiput roux, calus ocellaires
noirs. Front roux. Antennes : scape et pédicelle
roux, flagelle brun. Face et clypéus jaune-roux,
labre jaune brunâtre ; labelles jaunes à la base,
tout le reste brun-noir. Palpes jaune brunâtre.
Thorax : prothorax roux orangé. Scutum roux
orangé, portant trois bandes longitudinales brunes
bien délimitées, les latérales interrompues avant
la marge antérieure. Scutellum roux, médioter-
gite brunâtre, roux sur les côtés. Sclérites pleu¬
raux roux orangé, l'anépisteme un peu plus
sombre.
Pattes : hanches roux orangé, fémurs jaune-
roux, tibias et tarses jaunes, assombris par la
ciliation. Éperons noirs, zone sensorielle du tibia
I brune.
Ailes jaunes, brunies à l’apex, à partir d’envi¬
ron le milieu de l'intervalle R4-R5. Balanciers :
pédicelle roux, capitule brun-roux.
Abdomen : tergites roux sombre, sternites plus
clairs. Hypopyge roux.
Allotype femelle semblable au mâle, mais
teinte générale plus claire, tirant sur le jaune, et
bandes scutales moins distinctes.
Matériel-type : holotype mâle : Col des
Roussettes, 450-550 m, 4-6.11.1963; l'épingle
porte deux étiquettes de collecteurs différentes :
«J. L. Gressitt Collector » et « C. Yoshima &
N. Krauss, Malaise Trap ». Allotype femelle :
Forêt de la Thi, piège de Malaise, XI-XII. 1979
(J. Chazeau). Holotype : BPBM ; allotype :
MNHN.
Localité-type : Col des Roussettes, 450-550 m.
Genre Rutylapa Edwards
Rutylapa Edwards, 1929 : 151 (sous-genre de Pla-
tyura). Espèce-type : Platyura ruficornis Zetterstedt
(dés. orig.).
Rutylapa. Edwards, 1941 : 24.
Ce genre comprend une quinzaine d’espèces
appartenant à toutes les régions biogéographi¬
ques sauf la néotropicale. Une seule espèce
australienne est connue, R. gressitti (Colless)
[n. comb. : Orfelia ( Rutylapa) gressitti COLLESS,
1966 : 649)], des îles Carolines (Yap). Je connais
toutefois une espèce inédite de Nouvelle-Guinée.
Les diverses récoltes effectuées en Nouvelle-
Calédonie ont révélé la présence de six espèces de
ce genre (dont une représentée par des femelles
seulement). Quatre d'entre elles sont très sembla¬
bles et ne se distingueront avec certitude que par
les genitalia mâles. Les cinq espèces nommées se
caractérisent par le dernier flagellomère anten-
naire apiculé, les ailes non tachées, la nervure
anale plus ou moins brève et les éperons externes
II-III très fortement réduits, pas plus longs que
les soies tibiales apicales. L’espèce représentée
par le sexe femelle seulement présente ces carac¬
tères, mais les ailes sont tachées.
Aucune espèce de Rutylapa n’étant signalée
d'Australie ou de Nouvelle-Zélande, les affi-
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
127
nités des Rutylapa néo-calédoniens doivent être
recherchées pour le moment parmi les espèces
orientales, tout comme celles de R. gressitti
(qui comme l'espèce néo-guinéenne et celle non
nommée de Nouvelle-Calédonie possède des ailes
tachées à l'apex). Nos connaissances sur les
représentants orientaux du genre sont encore
trop limitées, cependant, et je n'ai relevé dans les
descriptions originales aucune apomorphie per¬
mettant d'émettre une hypothèse de parenté.
Rutylapa boudinoti n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile 3,5 mm. Tête : occiput roux, calus ocellaires
noirs ; ocelle médian bien plus petit que les
latéraux. Antennes uniformément rousses ; der¬
nier flagellomère distinctement apiculé. Face,
trompe et palpes roux.
Thorax roux. Scutum portant une ligne médiane
brune peu distincte, sauf au niveau préscutellaire.
Scutellum avec une large bande brune dans le
prolongement de celle du scutum ; soies margi¬
nales courtes et longues. Médiotergite avec une
bande médiane prolongeant les bandes scutel-
laire et scutale, l'apex également bruni ; 2-
3 macrochètes apicaux de petite taille. Sclérites
pleuraux roux, le katépisteme plus clair ventrale-
ment, le latérotergite bruni en avant, le mété-
pisteme bruni dorsalement. Soies stigmatiques
postérieures nombreuses et dressées, pas d'anté¬
rieures. Quelques soies anèpistemales dorsales
très courtes, et des microchètes métépistemaux
relativement nombreux dans la partie ventrale.
Hanches et pattes jaunes, tibias et tarses
assombris par la ciliation. Éperons noirs, les
externes ll-III très fortement réduits. Protarse et
tibia I de même longueur ; peigne tibial antérieur
bien visible, roux, luisant.
Ailes jaunes, ni tachées ni enfumées. Costale
dépassant R5 sur plus de la moitié de l’intervalle
R5-M1. Sous-costale courte, se terminant au
niveau de la base de Rs. R4 longue, oblique, son
apex éloigné de celui de RI par environ 1,5 fois
sa propre longueur. Fusion radiomédiane plus
courte que R4. M2 et M4 interrompues bien
avant la marge, de même que l’anale, cette
dernière très fine, non colorée. Balanciers :
pédicelle jaune, capitule roux.
Abdomen uniformément roux (maculé de noir
par les restes des organes internes). Hypopyge
(fig. 59) jaune. Synsclérite gonocoxal largement
échancré à l’apex, cette échancrure limitée en-
dehors par un processus distinct, mais peu
développé, portant quelques soies plus épaisses.
Gonostyles (fig. 61) simples, aigus à l'apex, peu
courbés, brunis dans la moitié apicale.
Allotype femelle semblable à l'holotype, mais
sous-costale nettement plus longue ; trois minces
bandes longitudinales scutales, abdomen non
bruni sur le disque. Ovipositeur jaune, triangu¬
laire allongé.
Variations : le paratype de Rivière Blanche et
celui de Tao ne montrent pas de bande scutel-
laire. ni médiotergale ; les tergites abdominaux
11-V portent des bandes apicales grisâtres peu
distinctes chez le premier, noirâtres chez le
second. Ceux de Rivière Bleue n’ont pas de ligne
thoracique dorsale et les gonostyles sont entière¬
ment brunis.
Matériel-type : holotype mâle : Forêt de la
Thi, piège de Malaise, XI. 1979 à 1.1980 (J.
Chazeau). Allotype 2, un paratype S et un
paratype $ : Haute Rivière Bleue, 166°37'24" E,
22°34'40" S, 250 m, piège de Malaise, 11.XI. 1984
(S. Tillier, Ph. Bouchet & M.P. Triclot). Un
paratype <$ : route du Col d’Amieu, 420 m.
fauchage en sous-bois. 30.XI.1983 (L. Matile).
Un paratype £ : Rivière Blanche, piège de
Malaise. 4-7.111.1986 (J. Boudinot). Un para-
type d : Rivière Bleue (R B VII), piège de
Malaise, 12-27.III.1986 (J. Chazeau). Holotype,
allotype et tous ces paratypes : MNHN.
Un paratype ■ Tao. 9.II.1963, piège de
Malaise (C. Yoshimoto & N. Krauss) : BPBM.
Localité-type : Forêt de la Thi.
Rutylapa flavocinerea n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 4,4 mm. Tête : occiput jaune, calus
ocellaire noir, ocelle médian bien plus petit que
les latéraux. Antennes jaunes, le scape, le pédi¬
celle et la base du premier flagellomère plus
pâles ; dernier flagellomère à apicule distinct.
Face, trompe et palpes jaunes.
Thorax : scutum jaune, portant trois très fines
bandes longitudinales peu distinctes ; calus humé¬
raux grisâtres sous certaines incidences. Scutel¬
lum uniformément jaune pâle, à soie marginales
courtes et longues. Médiotergite jaune pâle à la
Source : MNHN, Paris
128
LOÏC MATILE
base, jaune plus sombre sur le reste ; une dou¬
zaine de petites soies apicales. Sclérites pleuraux
jaunes, le katépisterne plus pâle. Soies prostig-
matiques postérieures nombreuses et dressées,
pas d’antérieures. Pas de soies anépisternales,
mais métépisterne avec quelques microchètes
ventraux.
Pattes : hanches jaune pâle, le reste jaune,
tibias et tarses assombris par la ciliation. Épe¬
rons noirs, les externes II-II1 très fortemnt
réduits. Protarse I plus long que le tibia (6 : 5).
Peigne tibial antérieur bien distinct, jaune, lui¬
sant.
Ailes jaunes, sans taches. Costale dépassant
R5 sur plus de la moitié de l'intervalle R5-MI.
Sous-costale courte, mais se terminant un peu
après la base de Rs. R4 longue, oblique, son
apex éloigné de celui de RI par environ 1,5 fois
sa propre longueur. Fusion radiomédiane plus
courte que R4. M2 et M4 interrompues bien
avant la marge de l’aile, de même que l’anale,
mais cette dernière nettement plus longue que
chez R. boudinoti. Balanciers : pédicelle jaune,
capitule roux.
Abdomen jaune, les tergites II-V1 à taches
apicales triangulaires d’un gris cendré, plus ou
moins distinctes selon les incidences (en particu¬
lier bien visibles de dessus à l'œil nu).
Hypopyge (fig. 58) jaune, très proche de celui
de l’espèce précédente, mais gonostyles (fig. 61)
non rétrécis avant l’apex, moins fortement et
plus étroitement brunis, et processus gonocoxal
interne plus développé.
Paratype mâle semblable à l'holotype.
Matériel-type : holotype et paratype, mâles :
Sud du Grand Lac (station 235 a), 166°54'00" E,
22°16'31" S. maquis haut, 230 m. I4.X.1985 (Ph.
Bouchet). MNHN.
Localité-type : Sud du Grand Lac, 230 m.
Rut y lapa lucidistyla n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile : 3,2 mm. Semblable à l’espèce précédente.
En diffère par les soies médiotergales moins
nombreuses (2-3, comme chez R. boudinoti), la
nervure R4 éloignée de l’apex de R1 par près de
deux fois sa propre longueur, la nervure anale
plus longue, interrompue peu avant la marge de
l’aile, et l’abdomen plus nettement annelé de noir
brunâtre.
Variations : le paratype de Tao est de colora¬
tion presque entièrement brun sombre.
Matériel-type : holotype mâle : Vallée de
la Coulée, 166°35'38"E, 22°10'52"S, piège de
Malaise, maquis haut sur péridotite, bord de
rivière, 24.X.1985 (Ph. Bouchet). Un paratype
<S : Tao, 0-5 m, 15.X1I.1983 (L. Matile).
MNHN.
Localité-type : Vallée de la Coulée.
Discussion : l’espèce diffère de tous les Ruty-
lapa néo-calédoniens par les gonostyles brun
luisant, portant une forte dent dorsale (fig. 58).
Rutylapa lydiae n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 3,5 mm. Tête : occiput jaune, calus
ocellaires noirs, ocelle médian bien plus petit
que les latéraux : front jaune sombre. Antennes
jaunes, le scape, le pédicelle et la base du premier
flagellomère plus pâles ; dernier flagellomère
distinctement apiculé. Face, trompe et palpes
jaunes.
Thorax : scutum jaune sombre, portant trois
minces bandes longitudinales brunes, peu dis¬
tinctes. Scutellum jaune sombre, soies marginales
mélangées de courtes et de longues. Médiotergite
jaune pâle, largement d’un jaune plus sombre sur
le disque, 8-9 macrochètes apicaux. Sclérites
jaunes sombre, sauf le katépisterne. presque
entièrement jaune pâle. Soies prostigmatiques
postérieure nombreuses et dressées, pas d’anté¬
rieures. Pas de soies anépisternales, métépisterme
avec de nombreux microchètes couchés dispersés
sur presque toute la surface du sclérite.
Pattes : hanches jaune pâle, le reste jaune
sombre, tibias et tarses assombris par la ciliation.
Éperons noirs, les externes II-III fortement réduits.
Peigne tibial antérieur bien visible, jaune, luisant.
Protarse I un peu plus court que le tibia (5 : 5,5).
Ailes jaunes, sans taches. Costale dépassant
R5 sur plus de la moitié de l’intervalle R5-M1.
Sous-costale courte, se terminant au niveau de la
base de Rs. R4 longue et oblique, son apex
séparé de celui de RI par 1,8 fois sa propre
longueur. Fusion radiomédiane plus courte que
Source : MNHN, Paris
Fig. 58-64. Hypopyge mâle des Rulylapa. hololypes. 58 : R. flavocinerea n. sp.. synsclèriic gonocoxal cl gonostyles face
ventrale ; 59 : R. boudinoti n. sp. id. ; 60 : R. lucidislyla n. sp. gonostyle. face latérale (ciliation non représentée) ; 61 R
flavocmeran. sp. id.; 62 : R. boudmon n. sp.. id. : 63 : R. lydiae n. sp.. synsclérite gonocoxal et gonostyles. face
ventrale : M R. discifera n. sp.. id.
Source : MNHN, Paris
130
LOÏC M ATI LE
R4. M2, M4 et anale interrompues avant la
marge de l'aile, l'anale très faible sur ses deux
tiers apicaux. Balanciers jaunes.
Abdomen jaune-roux, les tergites et les sler-
nites portant une étroite bande apicale brun
grisâtre.
Hypopyge (fig. 63) jaune. Gonostyles courts,
dilatés au milieu et portant à ce niveau quatre
fortes soies noires ; apex légèrement bruni. Pro¬
cessus gonocoxal apical peu développé.
Allotype femelle semblable à l'holotype. ovi-
positeur jaune, cerques triangulaires allongés,
pointus.
Variations : l'allotype et les paratypes ont les
bandes scutales plus distinctes, fusionnées en
arrière au niveau préscutellaire, cette bande se
prolongeant faiblement sur le disque du scutel-
lum. Les soies médiotergales peuvent se réduire à
4-5.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle
et un paratype mâle : Rivière Bleue, piège de
Malaise, 19.XI-4.XI1.1985 (J. Chazeau). Trois
paratypes 3 et deux paratypes $ : id.. Parc 5, 150
m. forêt humide sur alluvions, piège de Malaise.
I3-26.X.1986 (L. Bonnet de Larbogne & J.
Chazeau). Deux paratypes 3 '■ id.. Parc 6. 160
m. forêt humide sur alluvions. piège de Malaise.
13-26.X. 1986 (L. Bonnet de Larbogne & J.
Chazeau). MNHN.
Localité-type : Rivière Bleue.
L'espèce est amicalement dédiée à l'un de ses
inventeurs. M” Lydia Bonnet de Larbogne.
Rut y lapa dise (fera n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur
de l'aile : 3,2 mm. Tête : occiput brun, luisant.
Calus ocellaires noirs, ocelle médian puncti¬
forme. Antennes : scape, pédicelle et premier
flagellomère bruns, le reste brun jaunâtre : der¬
nier flagellomère distinctement apiculé. Face
brune, trompe et palpes jaunes.
Thorax : prothorax brun. Scutum brun, indis¬
tinctement plus clair sur une large bande médiane,
interrompue bien avant le scutellum. Scutellum
et médiotergite bruns, soies scutellaires margi¬
nales longues, 5-6 médiotergales apicales courtes.
Sclérites pleuraux uniformément bruns. Soies
stigmatiques postérieures peu nombreuses, pas
d'antérieures. Quelques anépistemales dorsales
et métépisternales ventrales.
Pattes : hanches jaune-roux, le reste jaune, les
tarses assombris par la ciliation. le fémur III
légèrement bruni sur le tiers apical. Éperons noirs,
les externes Il-III fortement réduits. Tibia I sans
zone sensorielle apicale distincte ; protarse I un
peu plus court que le tibia (2 : 2,3).
Ailes uniformément jaunes. Costale dépassant
R5 sur les deux tiers de l'intervalle R5-M I. Sous-
costale se terminant au niveau de la base de Rs.
R4 longue, oblique, éloignée de l'apex de RI par
un peu plus de 1,5 fois sa propre longueur.
Fusion radiomédiane plus courte que R4. M2 et
M4 interrompues bien avant la marge de l'aile.
Anale sclérifiée jusqu'au niveau de l'apex de
la cellule basale, puis progressivement effacée.
Balanciers : pédicelle jaune, capitule brun.
Abdomen : tergite et stemite I bruns, les
segments suivants jaune brunâtre, les sternites un
peu plus clairs.
Hypopyge (fig. 64) brun. Synsclérite gonocoxal
très largement échancré ventralement sur la ligne
médiane, la zone membraneuse basale élargie en
triangle. De la marge apicale du synsclérite se
détache, de chaque côté, un disque aussi grand
que le gonostyle. muni de fortes soies ventrales,
et relié à la marge du synsclérite par un mince
pédoncule. Gonostyles courts, élargis à l'apex,
où ils portent une forte dent en crochet, interne,
et une dent externe plus fortement sclérifiée.
Allotype femelle dans l'ensemble plus sombre
que l'holotype. Antennes entièrement brun-noir,
scutum sans bande longitudinale plus claire,
fémur III bruni sur presque toute la moitié
apicale, abdomen entièrement brun-noir, y com¬
pris l'ovipositeur.
Matériel-type : holotype mâle : Mont Khogi,
500 m. 7-8.XII.I963. piège de Malaise (R. Straat-
man) : allotype femelle : Mont Khogi. 550 m,
fauchage en sous-bois, 15.XL 1983 (L. Matile).
Holotype : BPMN ; allotype : MNHN.
Localité-type : Mont Khogi, 500 m.
Discussion : cette espèce bien distincte des
autres Ruiylapa néo-calédoniens est particulière¬
ment intéressante par ses genitalia mâles. S'il
n’était relié au synsclérite gonocoxal par un
mince pédoncule, le large disque interne aurait
Source : MNHN, Paris
KEROPLATIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
131
aisément pu être interprété comme un lobe
gonostylaire. En fait, il est totalement indépen¬
dant du gonostyle (il ne le suit pas lorsqu’on
l'écarte au moyen d’une aiguille fine) : cette
structure est sans nul doute homologue du
processus gonocoxal des autres espèces, qui
porte les mêmes fortes soies. La condition de R.
discifera représente une étape très évoluée d’un
morphocline qui commence au processus simple
de R. boudinoti (fig. 59), et se poursuit par le
processus mieux individualisé, plus long et plus
large, de R. flavocinerea (fig. 58). On peut
imaginer que l’extrême du morphocline sera
représenté par un disque indépendant du synsclé-
rite, et même peut-être secondairement relié au
gonostyle. Cette hypothèse devra être prise en
compte dans l’établissement des homologies des
genitalia mâles des Keroplatidae.
Rutylapa sp.
Deux femelles du Mont Humboldt diffèrent de
tous les autres représentants nèocalédoniens du
genre par leurs ailes jaunes, enfumées à l’apex et
le long de la marge antérieure. En l’absence de
mâles, je préfère ne pas nommer cette espèce qui.
par ses ailes tachées, se rapproche de R. gressini,
des Iles Caroline, et de l’espèce inédite de
Nouvelle-Guinée. Mont Humboldt. 1 350 m.
piège de Malaise, 20-22.1.1987 (A. & S. Tii.lier).
MNHN.
Orfeliini. genres indéterminés
J’ai sous les yeux deux femelles à trompe
allongée par accroissement des labelles et du
postmentum. atteignant presque la hauteur de
l’œil. Sans ce caractère, elles se classeraient dans
le genre Xenoplatyura. dont elles possèdent les
soies frontales caractéristiques. Elles proviennent
toutes deux de Rivière Bleue (19.XI-4.X1I.I985,
J. Chazeau ; Parc 6. 160 m, forêt humide sur
alluvions. 13-28.XI. 1986, L. Bonnet de Lar-
bogne & J. Chazeau). MNHN.
Deux autres femelles possèdent un flagelle
antennaire réduit à dix flagellomères. Elles se
distinguent cependant de Dimorphelia par de très
nombreux caractères : trompe courte, front nu.
scutum portant de larges bandes dénudées, médio-
tergite nu. latérotergite portant de longues soies
dressées, etc. Cette espèce appartient très proba¬
blement à un genre inédit : elle a été récoltée
dans la Vallée de la Coulée (166°35'38" E. 22°
10'52" S, bord de rivière, maquis haut sur péri-
dotite. 24.X. 1985, Ph. Bouchet) et à Rivière
Bleue (Parc 7, 170 m, forêt humide sur pente. 12-
25.X11.I986, L. Bonnet de Larbogni & Cha¬
zeau). MNHN.
Keroplatinae Keroplalini
Cette tribu compte sept genres, dont certains
encore inédits, en région australasienne (cf. Matile.
1986 b); un seul a été découvert en Nouvelle-
Calédonie.
Genre Heteropterna Skuse
Heteropterna Skuse, 1888 : 1166. Espèce-type : Hete¬
ropterna maeleavi Skuse. par monotypie.
Ce genre est cosmopolite à prédominance tro¬
picale ; en région australasienne. il n’atteint pas
la Nouvelle-Zélande, mais outre l’Australie, d’où
il a été décrit, il compte des représentants à
Belau. Fiji et Vanuatu (Matile, 1986 b).
L’espèce nommée formellement ci-dessous a
déjà été décrite en détail in Matile, 1986 b, travail
auquel nous renvoyons pour la description de la
larve et les relations phylogénétiques de l’espèce.
Elle semble fort répandue en Nouvelle-Calé¬
donie, et j’ai eu sous les yeux de nombreux
spécimens non mentionnés dans le travail pré¬
cédent.
Heteropterna chazeaui n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur de
l’aile 3,5 mm. Tête ; occiput brun-noir poudré de
gris, calus ocellaire noir. Trois ocelles, le médian
punctiforme. Front brun-noir. Antennes : scape
Source : MNHN, Paris
Fio. 65-67 Ihlcroplerna duizcum n sp. 65 : larve III dans sa loilc-refuge. sous le polypore Miiropnrus \unihonin II ri ■ i
66 : eoeon de nymphose sous une feuille morle . o7 : holotype mâle, synsclériie gonoeoxal ei gonosivle moine
lace ventrale. D'après Math.e, 1986 b. ' fcuclK -
Source : MNHN, Paris
D1TOMYIIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
133
et pédicelle jaunes, flagelle brun-noir, les flagello-
mères I et 2 jaunis ventralement. les 11-14 jaunes,
le dernier légèrement bruni. Face jaune pâle,
trompe et palpes jaune-roux.
Thorax : prothorax jaune pâle, sauf le proépis-
terne et le proépimère. bruns. Le quart antérieur
du scutum jaune pâle, le reste brun, portant trois
bandes longitudinales jaunes. Scutellum jaune,
bruni à la marge postérieure, pourvu de soies
discales. Médiotergite jaune, zone membraneuse
sous-scutellaire petite, ne dépassant pas le tiers
de la hauteur du médiotergite. Pleures jaunes,
sauf l'anépisterne, la base du katépisterne et les
deux tiers dorsaux du latérotergite. qui sont
bruns.
Pattes : hanches jaunes, les II légèrement
brunies à l’apex, les 111 largement brunies à la
face externe. Fémur I jaune pâle. II d’un jaune
plus sombre, bruni à la base, III jaune brunâtre,
plus sombre à la base. Tibias jaune, le II et le III
brunis à l'apex, le III plus fortement. Tibia III
régulièrement épaissi de la base vers l’apex.
Eperons jaunes. Tarse I jaune, II-III bruns, les
protarses jaunis à la base et à l'apex, les tarso-
mères suivants étroitement jaunis à l’apex.
Ailes jaunes, peu distinctement enfumées à la
marge antérieure, deux taches brunes sur l’apex
de Sc et celui de RI. cette dernière tache
s'étendant jusqu'à R4. Balanciers : pédicelle
jaune, capitule brun.
Abdomen : tergite I brun, avec une large tache
triangulaire basale jaune. Tergites II-III jaune
brunâtre, largement jaunis à la base et latérale¬
ment. les suivants jaunes à bande apicale brune,
le VII entièrement jaune. Sternite I jaune. II avec
une étroite bande transversale brune postbasale
et une tache allongée préapicale. Sternites III-
IV jaunes avec une petite tache basale brune et
une autre, apicale, plus grande; sternites V-VII
jaunes à bande apicale brune.
Hypopyge (fig. 67) brunâtre, gonostyles bruns.
Tergite IX hexagonal à angles arrondis, l'apex à
peine encoché par la base des cerques. Zone
membraneuse des gonocoxopodites peu déve¬
loppée, ovale, les soies spiniformes de chaque
côté peu épaissies. Gonostyles divisés seulement
à l’apex, où ils forment deux lobes peu pro¬
noncés. De longues soies épaissies, désordonnées,
le long du bord interne.
Allotype femelle semblable â l'holotype, mais
le flagelle antennaire entièrement brun. Bandes
scutales latérales précédées d’une tache jaune
arrondie. Abdomen : tergites uniformément bru¬
nâtres, sauf la base du premier. Sternites jaunes,
le VII bruni à l'apex. Cerques bruns, jaunis à la
base.
Variations. - Les derniers flagellomères anten-
naires sont plus ou moins brunis ; chez certains
paratypes. ils sont jaunes d'un côté, bruns de
l’autre, chez d'autres, le flagelle est uniformé¬
ment brun. Macules et taches brunes plus ou
moins prononcées.
Matériel-type : holotype mâle, allotype femelle
et six paratypes mâle : Mont Panié, 360 m, 11-
16.XII.1983. piège de Malaise (L. Matile).
Paratypes : Col d'Amieu, 200 m, ex larvae
récoltées le 30.XI.1983, 2 V (L. Matile) (égale¬
ment débris d’une douzaine d'exemplaires des
deux sexes, éclos entre le 15 et le 17.XII. 1983. qui
ne font pas partie de la série type, mais ont
permis de contrôler la conspécificité avec l’holo-
type) ; Vallée de la Ouinné. 730 m. forêt humide
à Araucarias (st. 128), 27-30.X. 1984. I ÿ (S.
Tillier & Ph. Bouchet) ; Haute Rivière Bleue.
166°37'24" E. 22°34'40" S, 250 m. forêt humide
(st. 243), ll.XI.1984. 1 S (S. Tillier, Ph.
Bouchet & M.-P. Triclot) ; id.. 19.XI-4.XII.
1985, 2 J (J. Chazeau) ; Pointe du Cagou, baie
de Neumeni, 30 m, forêt humide sur péridotites
(st. 213), 5-8.XI.1984. 1 S (S. Tillier & Ph.
Bouchet) ; Forêt Plate, NW du Katepouenda,
460 m. forêt humide (st. 200). 21-25.X. 1984, 2 j
(S. Tillier & Ph. Bouchet) ; Col d’Amieu.
430 m, forêt humide (st. 116 a), 17.X.I984. I ^
(S. Tillier & Ph. Bouchet) ; Pic du Pin. flanc
Est, 250 m. forêt humide sur sol minier (st. 233),
12.X 1.1984, 1 9 (S. Tillier & Ph. Bouchet).
Vallée de la Comboui, env. cote 210 m. 5-8.
XL 1985, I J, 19 (J- Chazeau). Rivière Blanche.
4-7.III.1986. 1 S (J- Boudinot). Rivière Bleue,
Parc 6, 160 m. forêt humide sur alluvions, 13-
28.X. 1986, 2 9 (L. Bonnet de Larbogne & J.
Chazeau). Tous ces paratypes, pris au piège de
Malaise (sauf les deux 9 d’élevage), au MNHN.
Autres paratypes : Puebo. côte, 1 500 ft,
X. 1949, B.M. 1950-1, 1 9 (L. E. Cheesman),
BMNH ; Nouméa, piège lumineux, 20.11.1963.
1 £ (C. Yoshimoto & N. Krauss). BPBM.
Paedotype : une larve de 25 mm fixée le
2.XII. 1983. Le matériel renferme encore plu¬
sieurs larves III et IV, ainsi que des exuvies I et
II. et une nymphe endommagée. MNHN.
Source : MNHN, Paris
134
LOÏC' MATILE
Localité-type : Mont Panié, 36Ü m.
Biologie : les larves du genre Heteropterna
étaient inconnues jusqu'à ce que j'ai pu récolter
celles d'H. chazeaui et les mener jusqu’à l'éclo¬
sion : les données ci-dessous sont extraites de
Matile, 1986 b. Ces larves vivaient sous des
Polypores appartenant à l'espèce Microporus
xanthopus (Fries) Kuntze. Microporaceae très
commun sous les tropiques de l'Afrique occiden¬
tale à toute la zone Pacifique \ Ces champignons
étaient nombreux au Col d'Amieu, poussant sur
les branches et branchettes tombées à terre.
Les larves tissaient une toile de récolte en
nappe et une toile grégaire désorganisée, serrée, à
gouttelettes de tailles variées, ainsi qu'une toile-
refuge.
En élevage au laboratoire, les toiles ont été
retissées individuellement. L’aspect d’une larve
dans sa toile-refuge est représenté figure 65. Les
larves se tiennent dans leur réseau la face
ventrale tournée vers l’hyménium du Polypore.
La piste principale, muqueuse, est plus étroite
que l'animal et amarrée par des fils rares et fins,
dépourvus de gouttelettes ; cette piste atteint
environ le double de la longueur de la larve.
Le cocon de nymphose est rudimentaire, et
utilise en partie le substrat. L'un des cocons
observés en détail a été construit dans le creux
d'une feuille morte repliée. Entre ses deux bords,
sont d’abord tissés quelques filaments en réseau à
mailles très lâches. Au-dessous est constitué un
réseau serré, épais, irrégulier, qui manque sur la
face formée par la feuille morte, sur laquelle ne
se trouvent que quelques filaments. Un autre
cocon a été formé sur une feuille moins repliée :
il affectait la forme d'un entonnoir très lâche,
parsemé de gouttelettes (lig. 66). Là aussi, la
partie reposant sur la feuille est recouverte d'un
réseau plus lâche, comportant davantage de
zones à fils muqueux. La larve est donc capable
d'adapter la forme de son cocon de nymphose à
celle du substrat, qui n’est pas le Polypore-hôte.
Au laboratoire, le cannibalisme peut s'exercer
aux dépens des nymphes.
Discussion : j'ai montré (Matile. 1986b)
que H. clia-iaui représentait l'espèce-sœur de
l'espèce de Vanuatu, et que ce couple était à son
tour le groupe-frère du groupe macleayi ’.
RHMfcRUtMHN I S
Je renouvelle ici mes remerciements aux auto¬
rités de l'ORSTOM pour les facilités (logement,
laboratoire, véhicule) accordées à la Mission
D. et L. Matile (novembre-décembre 1983),
ainsi qu'à Jean Chazeau, de l'ORSTOM. dont je
ne saurais dire à quel point son aide fût précieuse
sur le terrain.
La seule mission de six semaines effectuée en
1983 n'aurait en aucun cas permis de présenter
un travail comme celui-ci. puisque je n'ai récolté
durant ce bref séjour que 12 des 33 espèces
énumérées. Je suis extrêmement reconnaissant à
mes collègues du Muséum. Jacques Boudinot,
Annie et Simon Tii.i.ier et Philippe Bouchet ’,
ainsi qu'à Jean Ciia/kau et Lydia Bonnet de
Larboom . d'avoir bien voulu poser chaque fois
qu'ils en ont eu la possibilité des pièges de
Malaise dans les localités qu’ils prospectaient.
Ces activités, qui ont eu lieu dans le cadre de
l'Action Spécifique du Muséum, « Évolution et
Vicariance en Nouvelle-Calédonie ». et du Pro¬
gramme ORSTOM « Rivière Bleue. Caractéristi¬
ques faunistiques des forêts et maquis non
anlhropisès de Nouvelle-Calédonie » ont aug¬
menté considérablement les récoltes, surtout dans
le maquis minier du Sud. que j'avais très peu
prospecté en 1983.
Je remercie également le Dr Ni ai Evknhuis
2. Je remercie vivemeni M J. I'ikki al. du Laboratoire de Crjptogamie du Muséum, qui a bien voulu déterminer ce
champignon ei me donner ces renseignemenis.
3. Dans le Bull Mus. nul. Hi.si. nul. Paris. 4‘ sèr.. 8. 1986 46 (acquisitions du Laboratoire d'Entomologie). un lapsus a
fâcheusement transformé la Mission ru t iiR-Boucun en « Mission Tiilicr-Baloucl ». Je prie les intéressés de bien vouloir
excuser celte erreur.
Source : MNHN, Paris
DITOMYIIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
el les autorités du Bishop Muséum pour la
communication de leur matériel néo-calédonien,
qui a apporté non seulement des espèces nou¬
velles. mais les mâles inconnus de deux genres
dont je ne connaissais que des femelles ; je leur
suis également redevable du prêt d'une collec¬
tion représentative de Keroplatidae de Nouvelle-
Guinée. De même, mon excellent collègue Donald
Colless m'a beaucoup aidé en me communi¬
135
quant les espèces-types de genres endémiques de
la région autralasienne.
Je suis enfin reconnaissant à M. Gilbert Hode-
bert, dessinateur au Laboratoire d'Entomologie
du Muséum, pour l'excellente réalisation des
figures 6-13 et 65-67, et à M mc Marcelle Lacaisse,
qui a assuré avec beaucoup de patience le
montage ex alcohol d'un nombreux matériel de
Mycetophiloidea néo-calédoniens.
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Great Britain and Irêland : containing coloured
figures front nature of the most rare and beauliful
species. and in many instances of the plants upon
which they are found 14, [3] + plates 626-673.
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13
Diptères Mycetophiloidea de Nouvelle-Calédonie
3. Ditomyiidae 2
Loïc Matile
Muséum national d'Histoire naturelle
Laboratoire d'Enlomologie, CNRS UA 42
45, rue Buffon
75005 Paris
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Les Ditomyiidae de Nouvelle-Calédonie sont étu¬
diés pour la première fois. Trois espèces endémiques
sont décrites dans le genre Nervijuncla, à répartition
typiquement transantarctique. Elles ont des affinités
étroites avec des espèces néo-zélandaises.
The Ditomyiidae of New Caledonia are studied for
the first time. Three endemic species are described in
the genus Nervijuncla, the distribution of which is
typically transantarctic. They are closely allied to New
Zealand species.
1. Voir II. dans ce même volume pp. 89-135.
Matile, L.. 1988. — Diptères Mycetophiloidea de Nouvelle-Calédonie. 3. Ditomyiidae. In : S. Tillier
(ed.), Zoologia Neocaledonica, Volume 1. Mêm. Mus. nain. Hist. nal.. (A). 142 : 137-141. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
138
LOÏC MATILE
Les Ditomyiidae forment une petite famille
cosmopolite (mais absente de la région afrotropi-
cale) renfermant huit genres et moins d'une
centaine d’espèces. Ils sont bien représentés
dans la région australasienne. où ils compren¬
nent deux genres, Australosymmerus et Nervi-
juncta , et 33 espèces. Ces deux genres ont une
répartition typiquement transantarctique, englo¬
bant l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la sous-
région chilienne (avec des extensions jusqu'au
Mexique). Munroe (1974) assigne aux Australo¬
symmerus un terminus post quem non antérieur à
la séparation de la Nouvelle-Zélande du reste du
Gondwana. soit le Crétacé inférieur. Seuls les
Ditomyiidae de ce genre et du genre Symmerus
ont fait l'objet d’une analyse phylogénétique,
mais si Nervijuncta constitue bien un groupe
monophylétique, sa répartition indique une anti¬
quité comparable.
En ce qui concerne la région australasienne,
les deux genres étaient jusqu'ici connus de
Nouvelle-Zélande, l'Australie ne possédant que
des espèces A'Australosymmerus. Les Ditomyiidae
d'Australie peuvent être identifiés grâce aux
travaux de Colless (1970) et de Munroe (1974) ;
pour la Nouvelle-Zélande, on ne dispose que de
la monographie de Tonnoir & Edwards (1927).
Le matériel de Nouvelle-Calédonie comprend
trois espèces appartenant au genre Nervijuncta.
Elles se sépareront de la manière suivante :
CLÉ DES DITOMYIIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
I Bande apicale claire de l'aile englobant la base
de la petite nervure radiale (R4). Balanciers
jaunes. Mâle : appendice gonocoxal dorsal
court et ovoïde ; gonostyles simples, allongés et
pointus à l'apex (fig. 1-2)...... 2
Bande apicale claire de l'aile n'atteignant pas la
base de R4. Balanciers à capitule brun. Mâle :
appendice gonocoxal dorsal mince et allongé :
gonostyles larges, trapus et arrondis à l'apex
(fig. 3).,. N. evenhuisi
2
2. — Occiput, front, face, palpes et pièces buccales
jaune-roux. Fémur III avec un anneau brun
préapical étroit ; hanches II étroitement brunies
â l'apex. Mâle : gonostyle relativement court
(fig- O. N. concinna
Occiput, front, face, palpes et pièces buc¬
cales bruns. Fémur III avec un anneau apical
couvrant presque la moitié de la longueur
du fémur; hanches II plus largement tachées.
Mâle : gonostyle plus long, plus pointu â l'apex
2). N. vicina
Fig. 1-3. Genitalia mâles des Nervijuncta. holotypes. I : N loni tmm n sp hypopyge. vue latérale ; 2 : V. rlclnu n. sp..
contours du gonostyle. vue latérale; 3 .V cuuhiiisi. hjpopyge vue dorsale.
Source : MNHN, Paris
DITOMYIIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
139
ÉTUDES DES ESPÈCES
Nervijuncla continua n. sp.
Description : (holotype mâle). - Longueur de
l'aile : 4 mm. Tête : occiput roux, plus foncé en
arrière des calus ocellaires, ceux-ci brun-noir.
Ocelle médian environ moitié du diamètre des
externes. Pont oculaire large de 3 (sur la ligne
médiane) à 5 ommatidies. Front roux. Antennes
jaune-roux, le flagelle filiforme. Face jaune-roux,
brunâtre dorsalement ; pièces buccales et palpes
jaune-roux.
Thorax : prothorax jaune. Scutum jaune blan¬
châtre, presque entièrement occupé par trois
larges bandes brunes cohérentes, les externes
interrompues au quart antérieur, la médiane
complète mais jaune sur le quart antérieur.
Scutellum brun, quatre longues scutellaires api¬
cales. Médiotergite jaune, marqué de deux larges
taches latérodorsales brunes. Pleures divisées
longitudinalement en une bande dorsale jaune et
une bande ventrale brun luisant.
Pattes (II brisées après les hanches) : hanches
jaunes, l’apex de la II faiblement et étroitement
bruni, celui de la III plus fortement et plus
largement. Fémurs jaunes, le III orné d'un large
anneau basal brun et d'un pré-apical plus étroit.
Tibias et tarses jaunes, le tibia III nettement
bruni à l’apex.
Ailes grises tachées de brun : tout l'apex, du
niveau d'un peu avant le milieu de R4 à la marge
postérieure en incluant la totalité de la fourche
antérieure : une large bande postmédiane du
niveau de l'apex au tiers externe de RI et jusqu'à
la fourche postérieure ; une tache brune sur la
base de Rs et une trace dans la cellule anale.
Membrane alaire dépourvue de macrotriches
dans toute la moitié basale. Sous-costale évanes¬
cente à l'apex, mais distinctement prolongée
après le niveau de la base de Rs. Fusion
radiomédiane courte. Pétiole de la fourche anté¬
rieure entier, mais par contre M4 distinctement
affaiblie à la base. Anale interrompue au niveau
de la base de frm. Balanciers jaunes.
Abdomen : tergite 1 jaune, largement bruni
aux marges latérales. Tergites suivants annelès de
brun (à la base) et de jaune, le brun gagnant
progressivement sur le jaune. Sternites I-II jau¬
nes. les suivants d'abord étroitement, puis large¬
ment, tachés de brun à la base.
Hypopyge (fig. 1) brunâtre, le tergite IX jaune
à la base, les cerques jaunes. Lobe gonocoxal
court et ovale, gonostyle allongé, mucroné à
l'apex, muni d'un large lobe interne obtus.
Matériel-type : holotype mâle : Mont Mou,
Station 131 a, 166°19'46" E, 22°04'28" S, 350 m.
forêt humide, piège de Malaise. 4.XI.1984 (S.
Tillier & Ph. Bouchet). MNHN.
Localité-type : Mont Mou, 350 m.
Discussion : cette espèce est très étroitement
alliée à la suivante, et probablement à N.
nigrescens Marshall, de Nouvelle-Zélande, du
moins si l’on peut se fier à l'ornementation
thoracique, notamment pleurale. N. nigrescens
est en effet la seule espèce du genre partageant
avec N. concinna (et les deux autres espèces de
Nouvelle-Calédonie) les deux bandes pleurales
horizontales si caractéristiques. Les genitalia
mâles de N. nigrescens (cf fig. 136. in Tonnoir &
Edwards, 1927) sont de forme très semblable à
ceux de N. concinna et de l'espèce suivante, mais
il faut noter qu'il s'agit d'un type relativement
plésiomorphe pour le genre.
Nervijuncla vicina n. sp.
Description : (holotype mâle). Longueur
de l’aile : 3,5 mm. Semblable à N. concinna ,
mais occiput, antennes, front, pièces buccales et
palpes bruns. Bande scutale médiane brune (et
non jaune) dans le quart antérieur. Bande pleu¬
rale d'un brun moins soutenu, mat. Hanche II
presque aussi largement tachée à l’apex que
la III. Coloration brune de l'aile plus pro¬
noncée. Deuxième anneau du fémur III en
position apicale, et non préapicale, et occupant
près de la moitié de la longueur du fémur.
Source : MNHN, Paris
140
LOÏC MATILE
Hypopyge : gonostyle proportionnellement plus
allongé (fig. 2).
Allotype femelle semblable au mâle. Premier
article des cerques jaune, deuxième orangé.
Matériel-type : holotype mâle : Monts Koghis,
200-400 m. 1.1969 (N. L. H. Krauss). Allotype
femelle : id., 500 m, piège de Malaise, 4.XII.1963
(R. Straatman). Paratype $ : id., 500 m, 23-
27.VIII.I967 (M. Sedlacek). Holotype et allo¬
type au Bishop Muséum ; paratype au Muséum
national d'Histoire naturelle. Paris.
Localité-type : Monts Khogis, 200-400 m.
Discussion : comme on l'a dit plus haut, l'espèce
appartient au groupe nigrescens-concinna.
Nervijuncla evenhuisi n. sp.
Description : (holotype mâle). — Longueur de
l’aile : 3,1 mm. Tête : occiput brun, calus
ocellaires brun-noir. Ocelle médian égal à envi¬
ron la moitié des externes. Front brun. Antenne
brun jaunâtre, le scape et le pédicelle un peu plus
sombres. Face et clypéus bruns, pièces buccales
jaunes, palpes jaune brunâtre.
Thorax : prothorax jaune. Scutum comme
chez les espèces précédentes, les bandes longi¬
tudinales orangé brunâtre, le quart antérieur
de la bande médiane orangé. Scutellum orangé
brunâtre, quatre longues scutellaires marginales ;
médiotergite brunâtre, plus clair ventralement.
Pleures portant deux bandes longitudinales, la
dorsale jaune, la ventrale brune, comme chez les
espèces précédentes.
Pattes : hanches jaunes, seule la III légèrement
brunie à l'apex. Fémurs jaunes, le III bruni à la
base et sur presque toute la moitié apicale. Tibias
jaunes, le III étroitement mais fortement bruni à
l’apex. Tarses jaune brunâtre.
Ailes grises dans la moitié basale, sauf une
faible tache brune sur Rs et une trace dans la
cellule anale. Moitié apicale brune, sauf une
bande verticale irrégulière grise allant de la
costale à la marge postérieure, au niveau de
l’espace compris entre l’apex de R1 et la base de
R4, qu'elle n'atteint pas. Moitié basale sans
macrotriches sur la membrane. Sc évanescente à
l’apex, ne dépassant pas le niveau de la base de
Rs. Fusion radiomédiane courte, base du pétiole
de la fourche antérieure et base de M4 faibles,
mais non effacées. Anale se terminant après le
niveau de la base de frm. Balanciers : pédicelle
jaune, capitule brun.
Abdomen : tergites bruns, étroitement annelés
de jaune à la marge apicale. Sternites jaunes.
Hypopyge (fig. 3) brun, le tergite IX étroite¬
ment jauni à la base. Lobe gonocoxal dorsal long
et mince. Gonostyle trapu, arrondi à l’apex,
divisé en deux lames dorso-ventrales.
Variations : le paratype est dans l’ensemble
plus sombre. Hanches II tachées à l’apex.
Matériel-type : holotype mâle : Mont Khogi,
piège de Malaise. 27.1.1963 (C. Yoshimoto &
N. Krauss). Un paratype : Mont Khogi.
500 m. piège de Malaise. 2.XII. 1963 (R. Straat¬
man). Holotype au Bishop Muséum, paratype au
Muséum national d'Histoire naturelle, Paris.
Localité-type : Mont Khogi.
Discussion : sur le plan de la structure de
l’hypopyge, cette espèce semble proche de N.
bicolor Edwards, de Nouvelle-Zélande, mais elle
s’en distingue notamment par la présence de
bandes scutales, les pleures bicolores, les deux
paires de soies scutellaires et le pont oculaire
étroit au milieu.
REMARQUES
Si l’ornementation thoracique des espèces néo-
calédoniennes représente bien pour elles une
synapomorphie, et qu'elles forment donc toutes
trois, avec N. nigrescens. un groupe monophylé-
tique, il faut admettre que l’absence de bandes
pleurales chez N. bicolor est secondaire, ou que
la ressemblance des genitalia de cette espèce et de
N. evenhuisi est le fruit de la convergence ou de la
plésiomorphie.
Il est également intéressant de noter que les
Source : MNHN, Paris
DITOMYIIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
141
deux espèces néotropicales du genre, ainsi que
certaines espèces de Nouvelle-Zélande, possèdent
comme N. evenhuisi des gonostyles divisés en
deux dans le sens dorso-ventral. Ce caractère indu¬
bitablement apomorphe (Matile, 1986) indique
la possibilité de reconnaître sur cette base un
groupe monophylétique transantarctique ... auquel
cas l'ornementation thoracique particulière du
groupe nigrescens serait apparue à deux reprises
et les espèces néo-calédoniennes descendraient de
deux espèces ancestrales non étroitement appa¬
rentées.
Ces problèmes ne peuvent être résolus que
par une analyse phylogénétique du genre, que
je ne suis pas en mesure d'entamer actuelle¬
ment. Quoi qu’il en soit, les espèces néo-calédo¬
niennes paraissent plus étroitement apparentées
aux espèces néo-zélandaises qu'aux espèces chi¬
liennes. contrairement à ce qui a été noté
pour Australosymmerus par Colless (1970) et
Munroe (1974). Ces auteurs relèvent en effet
que les espèces australiennes d 'Australosymmerus
semblent plus étroitement apparentées aux espèces
patagoniennes qu'aux néo-zélandaises.
REMERCIEMENTS
Je suis très reconnaissant à mes collègues et
amis malacologistes du Muséum, Simon Tillier
et Philippe Bouchet, qui ont récolté l’unique
exemplaire de Nervijuncta concinna. Je remercie
vivement le Dr Neal Evenhuis d'avoir mis à ma
disposition le matériel de Ditomyiidae du Bishop
Muséum, ce qui m'a permis de décrire deux
espèces supplémentaires, dont des paratypes ont
été aimablement donnés au Muséum.
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Source : MNHM, Paris
14
Diptères Drosophilidae
1. Drosophila : sous-genres
de Nouvelle-Calédonie
Drosophila et Sophophora
Léonidas Tsacas*, **
Marie-Thérèse Chassagnard **
* Muséum national d'Hisloire naturelle
Laboratoire d'Entomologie
45. rue BufTon
75005 Paris
** CNRS
Laboratoire de Biologie
cl Génétique Evolutives
91198 Gif-sur-Yvette
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Les sous-genres Drosophila et Sophophora sont
représentés par 11 espèces en Nouvelle-Calédonie.
Deux nouvelles espèces sont décrites : D. (Sopho¬
phora) kanaka Tsacas n. sp. et D. (S.) levii Tsacas n.
sp. du groupe melanogaster , sous-groupe fiscusphila.
In New Caledonia. the subgenera Drosophila (Dro¬
sophila) and D. (Sophophora) include eleven species.
Two of them. which belong to the melanogaster group.
subgroup ficusphila, are new : D. (S.) kanaka Tsacas
n. sp. and D. (S.) levii Tsacas n. sp.
Tascas, L. & Chassagnard, M.-T., 1988. Diptères Drosophilidae de Nouvelle-Calédonie. 1.
Drosophila : sous-genres Drosophila et Sophophora. In : S. Tillier (ed.), Zoologia Neocaledonica. Volume 1.
Mêm. Mus. nam. Hist. nat.. (A). 142 : 143-154. Paris ISBN : 2-85653-163-6
Source : MNHN, Paris
144
LÉONIDAS TSACAS ET MARIE-THÉRÈSE CHASSAGNARD
Nos connaissances sur la faune des Droso-
philidae de Nouvelle-Calédonie sont quasiment
nulles, comme d'ailleurs pour l'ensemble de la
Mélanésie (Hardy & Kaneshiro, 1981). Les
mêmes auteurs considèrent cependant que dans
les principales îles de la Mélanésie doit exister
« an abundance of endemics ». Plus récemment,
Okada (1983) signale de Nouvelle-Calédonie six
espèces du genre Drosophila : D. (Sophophora)
ananassae Doleschall, D. (So.) bipect inata
Duda, D. (So.) kikkuwui Burla, D. (So.)
melanogaster Meigen, D. (So.) simulons Sturte-
vant et D. (Scaptoclrosophila) bryani Malloch.
Depuis quelques années, grâce aux récoltes de
Loïc M ATI le en 1983, et celles des chercheurs de
l'ORSTOM et du Muséum de Paris, un matériel
assez important est accumulé qui permet une
première approche faunistique des Drosophi-
lidae de Nouvelle-Calédonie. Dans la présente
note sont donnés les résultats de l'étude de deux
sous-genres du genre Drosophila : Drosophila et
Sophophora. L'étude du sous-genre Scaptodroso-
phila qui est le plus riche en individus et en
espèces, suivra immédiatement.
Tout le matériel qui a servi à cette étude, y
compris les types, est déposé au Muséum natio¬
nal d'Histoire naturelle, à Paris.
L'abréviation suivante a été utilisée : Mis. D.
& L. M. pour Mission D. et L. Matile, Nov.-
Déc. 1983.
Genre Drosophila
Sous-genre Drosophila
Le sous-genre Drosophila est très peu repré¬
senté dans la région du Pacifique, hormis les îles
Hawaii. Cependant, les quelques espèces que l'on
y rencontre appartiennent au groupe immigrons,
à l'exception de D. persicue Bock & Parsons de
l’Australie (Hardy & Kaneshiro, 1981). Les
deux espèces qui habitent la Nouvelle-Calédonie
appartiennent également à ce groupe.
Groupe immigrans
Sous-groupe nasuta
Les espèces de ce sous-groupe, révisées par
Wheeler (in Wilson et ai, 1969), sont très
difficiles à déterminer sur des individus piqués ou
conservés dans l’alcool, plusieurs espèces ne
présentant que de minimes différences dans
la structure des genitalia. Les deux espèces
de Nouvelle-Calédonie appartiennent au sous-
groupe nasuta, qui est largement répandu dans
les îles du Pacifique. Il est remarquable de
signaler que, de toutes les îles environnantes qui
hébergent des espèces de ce sous-genre (Hawaii,
Samoa, Fiji, Tonga, Niue, Palmyra, Ponape,
Guam), y compris l’Australie et la Nouvelle-
Guinée, la Nouvelle-Calédonie est la seule île où
deux espèces du sous-groupe cohabitent.
Drosophila (s.str.) suifurigaster bilimbata
Bezzi, 1928
Matériel examiné : 1 <$, Paita, 8.II.I979 (P.
Fauran).
Répartition géographique : Line Islands : Pal¬
myra ; Samoa : Tutuila, Savaii, Upolu ; Tonga :
Tongatapu ; Niue Island ; Hawaii : Oahu, Maui,
Hawaii ; Fiji : Viti Levu ; Marianes Islands :
Guam (Kitagawa et al.. 1982). Nouvelle-Calé¬
donie, nouvelle localité (fig. 1).
Drosophila (s. str. ) pallidifrons Wheeler,
in Wilson et a!.. 1969
Matériel examiné : 1 3 : Mont Panié, forêt,
260-360 m., 11.XI 1.83. 1 S, I 9 : Forêt de la Thi,
150-250 m., 28.XI.83. I 9 : Route du Col
d'Amieu, 200 m., 30.XI.83. 1 Ç : env. Yaté, forêt
côtière, bords ruisseau, 8.XII.83. I $ : Creek de
Pierra (La Foa), 130 m.. 4.XII.83 (Mis. D. &
L. M.). 3 $d, 2 99 : Rivière Bleue. Parc 5,
150 m., forêt sur alluvion, piège Malaise, 18.VII-
I. VIII.86; 1 5 9V : mêmes indications sauf
date 14.VIII-I.IX.86 (L. Bonnet de Larbogne,
J. Chazeau & A. & S. Tillier) ; 3 99 : mêmes
indications mais 4-18.VII.86 (L. Bonnet de
Larbogne & J. Chazeau).
Répartition géographique : Caroline Islands :
Ponape. Nouvelle-Calédonie, nouvelle localité
(fig- 1).
Sous-genre Sophophora
Toutes les espèces du sous-genre Sophophora
vivant en Nouvelle-Calédonie appartiennent au
Source : MNHN, Paris
DROSOPH1LIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
145
groupe melanogaster, comme c’est le cas pour les
régions orientale et australasienne, à l’exception
de l’Australie qui héberge le groupe monospé¬
cifique D. dispar et trois autres espèces non
groupées.
Groupe melanogaster
Sous-groupe ananassae
Drosophila (Sophophora) ananassae
Doleschall, 1858
Matériel examiné : nombreux $$ et de
diverses localités.
Répartition géographique : circumtropicale.
Drosophila (Sophophora) atripex
Bock & Wheeler, 1972
Matériel examiné : 1 $ : Forêt de la Thi,
250 m., bord ruisseau, 7-XII.83. 2 $$ : même
localité mais 28.XI.83. 1 <J : Env. Yaté, Rt
Côtière, bords ruisseau, 8.XII.83 (Mis. D. &
L. M.).
Répartition géographique : Thailande, Singa¬
pour, Philippines, Bornéo, Célèbes, Nouvelle-
Calédonie, (fig. 1) (les remarques de McEvey et
al., 1987 concernent ce même matériel).
Source : MNHN, Paris
146
LÊONIDAS TSACAS ET MARIE-THÉRÈSE CHASSAGNARD
Discussion : la présence de D. atripex en
Nouvelle-Calédonie est très importante ; en effet
cette espèce n'était connue jusqu’à maintenant
que de la région orientale, où elle est largement
répandue. Elle n’a été signalée ni de Nouvelle-
Guinée ni de l’Australie et des îles environnantes.
Ainsi sa présence en Nouvelle-Calédonie est
difficile à comprendre.
Le complexe ananassae, auquel elle appartient,
contient 10 espèces qui se répartissent comme
indiqué dans le tableau I. On constate à l’examen
de ce tableau qu’aucune espèce ne chevauchait
deux régions biogéographiques avant la découverte
de D. atripex en Nouvelle-Calédonie. L’obten¬
tion d’une souche à'atripex de cette île permettra
une étude plus approfondie de cette population
et montrera si, oui ou non, on est en présence
d’un cas analogue à celui que McEvey et al.
(1987) ont mis en évidence concernant les espèces
D. ananassae. D. pallidosa Bock & Wheeler et
D. monieri McEvey & Tsacas.
Tableau I
Répartition du complexe ananassae
avant la découverte de D. atripex en Nouvelle-Calédonie
Espèce
Afrotropicale
Orientale
Région
Australasienne
Localités
ananassae DOLESCHALL
+
+
+
Circumtropicale
atripex Bock & Wheeler
cornixa Takada. Momma & Shima
+
Bornéo
ironensis Bock & Parsons
—
—
+
lachaisei Tsacas
+
—
—
Afrique
monieri McEvey & Tsacas
—
+
Tahiti
nesoetes Bock & Wheeler
—
—
+
Caroline Is.
pallidosa Bock & Wheeler
—
—
+
Fiji, Samoa
pliaeopleura Bock & Wheeler
-
—
+
varions Bock & Wheeler
Total
sauf ananassae
2
I
3
2
+
7
6
Philippines
Drosophila (Sophophora) bipectinata
Duda, 1923
Quelques individus SS et ?Ç sans localité
précise, ni date de récolte, sont arrivés au
Laboratoire de Gif. Une souche a ainsi été
obtenue.
Répartition géographique : largement répandue
dans les régions orientale et australasienne, Nou¬
velle-Calédonie.
Sous-groupe ficusphila
Le sous-groupe ficusphila ne contenait jusqu’à
présent que trois espèces (Lemeunier et al..
1986) : D. ficusphila Kikkawa & Peng, large¬
ment répandue dans la région orientale, D.
smithersi Bock, du Queensland (Australie) et D.
gorokaensis Okada & Carson, de Nouvelle-
Guinée. Les deux nouvelles espèces décrites ici
sont endémiques de Nouvelle-Calédonie. Elles
sont caractérisées par leurs peignes sexuels plus
longs que chez les trois autres espèces ; seule D.
ficusphila possède des peignes d’une longueur
comparable, quoique plus courts, surtout celui
du 2 e article.
Du point de vue de leur genitalia, D. levii n.
sp. semble se rapprocher de D. gorokaensis,
tandis que D. kanaka n. sp., tout en restant
proche de levii, se différencie nettement des trois
espèces non calédoniennes. Ainsi, levii paraît
plus proche de gorokaensis par ses genitalia et de
ficusphila par le nombre de dents de ses peignes
sexuels.
Source : MNHN, Paris
DROSOPHILIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
147
Clé de détermination des espèces
du sous-groupe ficusphila
1. — 8 rangées de soies acrosticales ; joue : un
dixième, ou moins, du grand axe de l'œil ; indice
costal de l’aile moins de 2,3. 2
— 6 rangées de soies acrosticales ; joue linéaire
moins large qu'un quinzième du grand axe de
l’œil ; indice costale de l’aile = 2,4. 4
2. — 3 e article antennaire de couleur orangé ; soies
scutellaires antérieures aussi longues que les
postérieures, a:p = 1,0; indice costal de l’aile
2,3. Genitalia, fig. 2 A-C, in Okada & Carson
(1982). gorokaensis Okada & Carson
— 3 e article antennaire de couleur brun roux ou
brune ; soies scutellaires antérieures plus courtes
que les postérieures, a:p = 0,5 à 0,9; indice
costal de l’aile ne dépassant pas 2,0. 3
3. — Peignes sexuels, protarse : 19 dents, deuxième
article ; 14 dents; soies scutellaires antérieures
très courtes, a:p = 0,5. Genitalia fig. 55-56, in
Bock & Wheeler (1972).. smithersi Bock
— Peignes sexuels, protarse : 19 à 25 dents,
deuxième article : 16 à 18 dents ; soies scutellai¬
res antérieures plus longues, a:p = 0,9. Genita¬
lia fig. 52, in Okada (1954).
. ficusphila Kikkawa & Peng
4. — Peignes sexuels très longs, protarse : 37 dents,
deuxième article : 32 dents. Genitalia, fig. 2-
8. kanaka n. sp.
— Peignes sexuels moins longs, protarse : 29 dents,
deuxième article : 26 dents. Genitalia, fig. 10-
16. levii n. sp.
Drosophila (Sophophora) kanaka Tsacas n. sp.
(fig. 2-8)
Espèce se différenciant de toutes les espèces du
sous-groupe par ses genitalia.
Description : J. Tête : front brunâtre avec une
large bande antérieure d’un jaune orange. Lar¬
geur de la tête : largeur du front = 2 ; largeur :
hauteur du front = 1,3. Triangle ocellaire brun,
large à la base. Orbites luisantes, brunes et
longues, atteignant presque la bande claire anté¬
rieure du front. Soies orbitales, orl:or2 = 2,
orl:or3 = 0,9, or2 plus près de orl. Soies
postverticales légèrement croisées. Antennes :
second article d'un orangé brunâtre, troisième
article gris brun; arista avec 4 à 5 cils supérieurs
et 3 cils inférieurs en plus de la fourche termi¬
nale. Face brune avec une pruinosité grise sur les
côtés et le péristome. Carène étroite et longue.
Palpes jaunes avec une longue soie préapicale.
Deux soies orales, la deuxième égale aux trois
quarts de la première. Joues jaunes, rembrunies
sur l’angle postérieur et étroites, o:j = 17,3.
Yeux d’un rouge sombre.
Mésonotum d'un brun luisant avec 6 rangées
d’ac. Deux paires de de. Scutellum de même
couleur que le mésonotum, soies scutellaires
antérieures à peine convergentes, postérieures
croisées, a:p = 0,8. Pleures dans la moitié
supérieure de même couleur que le mésonotum,
clairs dans la partie inférieure, indice des sterno-
pleurales = 0,7. Ailes hyalines, grisâtres, ner¬
vures brunes. Indices, longueur ; largeur = 2,5 ;
c = 2,4 ; 4v = 2,3 ; 4c = 1,3 ; 5x = 2,25 ; ac =
3,0 ; frange de c3 = 63 %. Balanciers jaune blan¬
châtre. Pattes jaunes, coxas des pattes antérieures
jaune très clair. Peignes sexuels des tarses anté¬
rieurs longs, typiques du sous-groupe ficusphila ;
nombre des dents ; 1 er article : 37, 2 e article : 32 ;
la rangée de longues dents en arrière des peignes
est constituée de 3-5 dents pour le 1 er article et de
2-4 pour le second.
Abdomen noir luisant avec sur les quatre
premiers tergites une bande antérieure claire qui
diminue légèrement du tergite I au tergite IV,
laissant une bande latérale noire qui au contraire
s’élargit du tergite I au IV ; tergite V entièrenjent
noir.
Organes périphalliques, de même couleur que
le dernier tergite. Epandrium étroit très allongé
avec une touffe de fortes et courtes soies apicales,
tout le long du bord postérieur de très longues et
fortes soies dirigées postérieurement. Plaques
anales proéminentes et semi-circulaires en vue
latérale. Epandrium et plaques anales sans fine
pilosité. Forceps petits et étroits avec quelques
courtes et fortes soies.
Organes phalliques. Hypandrium étroit, très
largement échancré dans sa partie médiane por¬
tant deux courtes soies submédianes espacées
l’une de l'autre. Phallus à extrémité glabre avec
un processus basal ventral, en vue ventrale
fusiforme et élargi dans sa moitié basale, le bord
antéro-basal porte une ornemention en forme
d’épines ; en vue latérale étroit, l’extrémité légè-
Source : MNHN, Paris
Fig. 2-8. — Drosophila (Sophophora) kanaka n. sp. ?. 2, épandrium en vue caudale; 3, id. en vue latérale-
4. hypandrium, phallus et organes annexes en vue ventrale ; 5, id. en vue latérale ; 6, sclérite de la pompe éjaculatrice •
7. ovipositeur en vue latérale; 8, spermathèque. La barre correspond à 0.1 mm.
Source : MNHN, Paris
DROSOPHILIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
149
rement courbée postérieurement. Phallapodème
long, élargi dans sa moitié distale en vue latérale.
Paramères antérieurs longs, coudés, avec quel¬
ques courtes soies dans la partie apicale. Para-
mères postérieurs très larges à la base, plus longs
que le phallus, avec le bord postérieur et la face
interne couverts d’un grand nombre de fortes
épines ; la partie basale porte une ornementation
d’un aspect granuleux.
$. Semblable au à l’exception du dernier
tergite non entièrement noir, la bande jaune
antérieure des tergites n’atteint pas leurs bords
latéraux. Sur le bord postérieur des derniers
tergites et latéralement existent quelques soies
plus fortes et plus longues, nombre de dents ~
18. Indices alaires : L:1 = 2,4 ; c = 2,1 ; 4v =
2,5 ; 4c = 1,3 ; 5x = 2,7 ; ac = 3,0 ; frange c3 =
58 %.
Ovipositeur étroit, pointu aux deux extrémités,
le bord supérieur relativement bien défini for¬
mant une bosse dans sa moitié apicale ; une
rangée de dents, marginale doublée dans sa
moitié antérieure d’une rangée en retrait. Sper-
mathèque hémisphérique.
c?. Longueur du corps : 1,8 mm; longueur de
l’aile : 1,7 mm.
Source : MNHN, Paris
150
LÉON1DAS TSACAS ET MARIE-THÉRÉSE CHASSAGNARD
9. Longueur du corps : 2.0 mm ; longueur de
l’aile : 1,6 mm.
Matériel-type : Holotype 3 : Forêt de la Thi,
150 à 250 m., 23.XI.83. Paratypes : 1 <J, 1 9 :
mêmes indications que l'holotype. 2 33i 3 99 :
Forêt inf. du Mt Mou. 160 à 500 m., bord
ruisseau, I6.XI & 6.XII.1983. 1 9 : Tiwaka
(Poindimié). forêt galerie, 23.XI.83. 2 33 : Col
d’Amieu. 120 m. et 380 à 470 m., 29-30.XI.1983.
2 33 : Mts Koghi, 500 à 600 m., 15.XI.83. 1 3 ■
Creek de la Pierra (La Foa), 130 m., 4.XII.83.
1 3 : Mont Panié. 260 à 360 m., 16.XII.83 (Mis.
D. & L. M.). 1 3> 6 Ç : Col d'Amieu, st. 116 a,
430 m., forêt humide, piège Malaise, 17.X.1984
(Tillier & Bouchet). 1 ? : Rivière Bleue. Parc 6,
160 m., forêt sur alluvion, piège Malaise, 4.VIL
86 (L. Bonnet de Larbogne & J. Chazeau).
Répartition géographique : Nouvelle-Calédonie
(fig. 9).
Étymologie : kanaka, autochtone en langage
mélanésien.
Localité-type : Forêt de la Thi, 150-250 m.
Drosophila (Sophophora) levii Tsacas n. sp.
(fig. 10-16)
Espèce proche de D. kanaka par l’aspect
général, elle s’en distingue par les genitalia et ses
peignes sexuels plus courts : 1“ article 29 dents,
2d article 26 ; la disposition des longues dents en
arrière du peigne est la même que chez kanaka ;
1 er article : 4 à 6 dents; 2 e article : 3-4 dents.
Description : 3 . Tête. Largeur de la tête :
largeur du front = 1,96; largeur : hauteur du
front = 1,25 ; orl:or2 = 2 ; orl:or3 = 0,9 ; œil :
joue — 18.
Thorax. Soies scutellaires, a:p = 0,8 ; indice
des sternopleurales = 0,7. Indices des ailes,
longueur : largeur = 2,6 ; c = 2,4 ; 4v = 2,2 ; 4c
= 1,2 ; 5x = 2,1 ; ac = 3 ; frange de c3 = 57 %.
Organes périphalliques. Epandrium étroit
recourbé postérieurement en son extrémité avec
de très nombreuses fortes soies serrées, sur le
bord postérieur une rangée de très longues soies
dirigées postérieurement. Plaques anales avec un
prolongement ventral. Forceps courts.
Organes phalliques. Hypandrium étroit, échan-
cré en son milieu avec 2 soies submédianes
longues et rapprochées. Phallus simple à l’extré¬
mité arrondie. Phallapodème très long à peine
élargi à son extrémité. Paramères antérieurs
longs coudés avec quelques courtes soies dans la
partie apicale. Paramères postérieurs simples à
l’exception de la plage interne basale portant une
structure ornementale d’un aspect granuleux qui
occupe les % basaux et postérieurs, arrondis à
l’apex, plus larges à la base.
9. Semblable au 3 à l’exception du dernier
tergite non entièrement noir, bande jaune des
tergites plus large, n’atteignant pas les bords
latéraux ; quelques soies marginales sur les der¬
niers tergites plus longues et plus fortes. Indices
alaires : L:1 = 2,5 ; c = 2,3,4v = 2,7 ; 4c = 1,4 ;
5x = 2,3 ; ac = 3,1 ; frange de la c3 = 57 %.
Ovipositeur étroit à bord inférieur arrondi et
supérieur bien marqué sur les deux-tiers anté¬
rieurs ; une rangée marginale de 12 à 13 dents, les
4 apicales plus longues et dirigées latéralement,
la première écartée de la deuxième, et les trois
dernières légèrement en retrait du bord ; existe
également une dent à la hauteur de la 2de et
parfois une autre à la hauteur de la 4 e de la
rangée marginale, et un groupe de 5 à 7 dents au
centre de l’ovipositeur. Spermathèque, semi-
sphérique, ridée à l’apex, le reste de sa surface
non granuleux.
Longueur du corps : 3, 2,3 mm ; 9 , 2,6 mm
(insectes d'élevage). 3, 1,5 mm; 9 , 1,8 mm
(insectes pris dans la nature).
Longueur de l’aile : 3, 2,2 mm ; 9 , 2,6 mm
(insectes d’élevage). 3, 1,4 mm; 9 , 1,5 mm
(insectes pris dans la nature).
Matériel-type : Holotype 3 : Forêt de la Thi,
150-250 m., 28.XI.83. Paratypes : 7 33, 2 99 ;
mêmes indications que l'holotype. 1 2 99 :
Mts Koghi, 500-600 m., 15.XI.83. 2 33, 1 9 :
Forêt inf. Mt Mou, 200-250 m., bords ruisseau,
16.XI.83. 5 33 : Col d’Amieu, 380-470 m..
29.XI.83. 1 3 ■ environs Yaté, forêt côtière,
bords ruisseau, 8.XII.83. 2 33, 1 9 : Mont Panié
260-360 m., 16.XII.83. 1 3, 1 9 : Adio (Poya),
160 m., 13.XII.83, bords ruisseau (Mis. D. &
L. M.). 1 9 : Col d’Amieu, 11-14.III.86 (J.
Chazeau). 1 9 : Col d’Amieu, St. 116 a, 430 m.,
Source : MNHN, Paris
DROSOPHILIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
151
Fig. 10-16. — Drosophila (Sophophora) levii n. sp. <J, $. 10, épandrium en vue caudale ; 11, id. en vue latérale;
12, hypandrium, phallus et organes annexes en vue ventrale; 13, id. en vue latérale ; 14, sclérite de la pompe
éjaculatrice; 15, ovipositeur en vue latérale; 16, spermathèque. La barre correspond à 0,1 mm.
Source : MNHN, Paris
152
LÉONIDAS TSACAS ET MARIE-THÉRÈSE CHASSAGNARD
forêt humide, piège Malaise, 27.X.84. 1 9 : Mont
Mou, st. 131 a, 350 m., forêt humide, 4.X1.84
(Tillier & Bouchet). 3 9$ : Rivière Bleue,
parc. 7, 170 m„ forêt humide sur pente, piège
Malaise, 8-25.XI1.86. 1 J, 2 9$ : Rivière Bleue,
parc. 5, 150 m., forêt humide sur alluvion, piège
Malaise, 14.VIII-1.1X.1986. 1 <?, 14 $Ç : id. mais
18.VII-1.VIII.86 (L. Bonnet de Larbogne, J.
Chazeau & A. & S. Tillier). 20 20 9$ :
Nouvelle-Calédonie, sans localité précise, IV-
1987, ex souche n° 276 du Laboratoire de B.G.E.
de Gif (S. Tillier).
Localité-type : Forêt de la Thi, 150-250 m.
Répartition géographique : Nouvelle-Calédonie
(fig- 9).
Étymologie : Dédiée très amicalement à Claude
LÉvi, Professeur au Muséum.
Discussion : cette espèce se rapproche de D.
gorokaensis Okada et Carson de Nouvelle-
Guinée par la structure des genitalia. Elle s’élève
sur milieu classique pour Drosophiles.
Sous-groupe melanogaster
Drosophila (Sophophora) melanogaster
Meigen, 1830
Drosophila ( Sophophora) simulons
Sturtevant, 1919.
Ces deux espèces cosmopolites ont été récol¬
tées à plusieurs reprises dans différentes localités,
une étude génétique de ces population^ est en
cours (J. R. David, comm. pers.).
Répartition géographique : Très large réparti¬
tion, cinq régions biogéographiques, pourrait
être qualifiée de circumtropicale malgré le fait
qu’en Asie elle s’avance dans la région paléarc-
tique (Lemeunier et al., 1986, fig. 6).
Drosophila (Sophophora) serrât a
Malloch, 1927
Matériel examiné : 8 <33, 2 9$ : Adio (Poya)
160 m., 13.XII.83. 4 33, 2 ?? : Forêt d’Adio
(Poya), 160 m., 11-13.X1.83. 2 33, 1 9 : Col
d'Amieu, 380-470 m., 29.XI.83. 2 33, 2 99 :
Monts Koghi, 500-600 m., 15.XI.83. 2 33, 1 Ç ;
Route de Canala, après Col d’Amieu, 300-350 m.,
bords ruisseau, 12.XII.83. 1 3 : Forêt de la Thi
150-250 m., 23.XI.83. 1 <J, 1 9 : Col de
Petchecara, 400 m., 1.XII.83. 1 cî, 2 9? : Creek
de Pierra (La Foa), 130 m., 4.XI1.83. 3 33, 1 9 :
Forêt de la Thi, 150-250 m., bord ruisseau, 28.XI
et 7.XII.83. 2 33 , 399 : Tiwaka (Poindimié),
forêt galerie, 20 m., 21.X1.83. 2 33 : Hienghène,
510 m., 25.XI.83. 1 9 : Mont Panié, 260-360 m
forêt, 11.XII.83 (Mis. D. & L. M.). 1 2 99 :
Sud du Grand Lac, forêt humide, 280 m., st. 238,
21.XI.84, 1 3 '■ Pointe du Cagou, baie de
Neumeni, 30 m., forêt humide, st. 213, 5-8.XI.84
(Tillier & Bouchet). 3 9? : Col d’Amieu, 430 m.,
11-14.III.1986 (J. Chazeau ). 3 33 , 2 99 ; Rivière
Bleue, Parc 5, 150 m., forêt humide sur alluvions,
piège Malaise, 18.VII-1.VIII. 1986. 1 3, 4 99 • id
14.VIII-1.IX.1986 (L. Bonnet de Larbogne!
J. Chazeau & A. & S. Tillier).
Répartition géographique : Australie, Nouvelle-
Guinée, Lord Howe Is., Christmas Is. (Océan
Indien) ; Nouvelle-Calédonie, nouvelle localité
(fig. D-
Sous-groupe montium
Drosophila (Sophophora) kikkawai
Burla, 1954
Citée par Okada (1983) mais non retrouvée
dans le matériel examiné.
Source : MNHN, Paris
DROSOPHILIDAE DE NOUVELLE-CALÉDONIE
153
DISCUSSION
Il n’est pas possible de tirer des conclusions
sur l’origine et la biogéographie des Drosophi-
lidae de Nouvelle-Calédonie sur la base des
données exposées plus haut. L'étude de l’ensemble
de la famille permettra sans doute de mieux
comprendre les problèmes posés par cette faune.
Cependant il est nécessaire de mettre en évidence
et commenter quelques faits de la présente étude.
Le fait le plus marquant est certainement la
présence de deux espèces endémiques du sous-
groupe ficusphila. Il s'agit d’une introduction,
probablement à partir de Nouvelle-Guinée, et
suffisamment ancienne pour donner naissance à
deux espèces. La grande affinité de ces deux
espèces calédoniennes entre elles corrobore l’hy¬
pothèse d’introduction unique. L’absence d’au¬
tres endémiques du groupe melanogaster suggère
que le représentant du sous-groupe ficusphila est
arrivé le premier dans une île où il y avait encore
une place non occupée.
La présence dans l’île de D. atripex , comme il
a été déjà dit, est assez surprenante et mérite une
étude approfondie de cette population. D. ser-
rata a peuplé de vastes régions d’Australie (du
Queensland à Victoria, et le Nord-Ouest), de
Nouvelle-Guinée et les îles Lord Howe et Chris-
tmas. Ainsi sa présence en Nouvelle-Calédonie
confirme l’aptitude de cette espèce à traverser de
longues distances au-dessus de la mer ; elle
mérite le qualificatif de colonisatrice. Son intro¬
duction en Nouvelle-Calédonie serait récente.
Le nombre d'espèces calédoniennes de Sopho-
phora et Drosophila s. str. ( 11 espèces) ne reflète
pas la richesse spécifique de la faune de l’île. En
effet c’est le sous-genre Scaptodrosophila qui y a
subit une radiation importante (une douzaine
d’espèces). Il fera l’objet de la prochaine publica¬
tion.
REMERCIEMENTS
Ce travail a été effectué dans le cadre de
l’Action spécifique du Muséum national d’His-
toire naturelle : Évolution et Vicariance en
Nouvelle-Calédonie. Nous remercions ici tous les
récolteurs qui nous ont confié le matériel de cette
étude, et en particulier MM. Loïc Matile, Jean
Chazeau et Annie & Simon Tillier.
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Source : MNHN, Paris
INDEX SYSTÉMATIQUE
Aclerdidae 68. 70
agrosa, Brachystomella 37
alligator. Canachus 55. 56
americana, Dinaphorura 32
Americanura 49
amphibius. Nisyrus 55. 59
ananassae. Drosophila (Sophophora) 144, 145. 146
Anareolatae 54. 55
Anisopodidae 84
Anisopodinae 84
Anisopodoidea 83
Anisopus 84
Anisopus fuscipennis 84
annicac. Neoplatyura 93, 115
Antlemon 124
apcrta, Neoplatyura 93. 110
Apiomorpha 68
Apiomorphinae 68
aquatilis. Leosthenes 55. 59
araucariae. Eriococcus 68
araucariac. Lobella (Propeanura) 18. 46
Areolatac 54. 55
Asindulum 124
Asprenas 55
Asprenas brunneri 55
Asprenas gracilipcs 55
atripex, Drosophila (Sophophora) 145. 146. 153
Australonura 18. 46. 51
Australonura novaecaledoniae 18. 46
Australosymmerus 138, 141
Axclsonia littoralis 18
bicolor. Gigantophasma 55.59
bicolor. Nervijuncta 140
bigoti. Myersalna 65
bilimbata. Drosophila (D.) sulfurigaster 144
billitonensis. Pseudanurida 18
Bilobella 49
bipectinata. Drosophila (Sophophora) 144. 146
bodenheimeri. Friesea 40
boucheti, Neoplatyura 91. 92. 107. 109
boudinoti, Rutylapa 93. 126. 130
brachysoma. Chitoniscus 54. 55
Brachystomella 33
Brachystomella agrosa 37
Brachystomella christianseni 37
Brachystomella insulae 34
Brachystomella mauriesi 34
Brachystomella parvula 37
Brachystomella stachi 34
Brachystomella terrafolia 37
Brachystomella unguilongus 34
Brachystomellinae 33
brevitergata. Neoplatyura 93. 112
bruni. Neoplatyura 93. 112
brunneri. Asprenas 55
bryani, Drosophila (Scaptodrosophila) 144
caledonica. Limonia 90
Calcdonimcria 18
Caledonimeria mirabilis 18
Calcdonura 49
Caledonura tillierae 49
Canachus 55
Canachus alligator 55. 56
Canachus crocodilus 55. 56
Canachus harpya 55. 56
Canachus salamandra 55. 56
Ceratopogon minusculus 76
Ceratopogonidac 75
Chaetoccras 18
Chactoceras sarasini 18
Chazeauana 68
Chazeauana gahniae 68. 70
chazcaui, Hctcroptcma 91. 92. 130
Chiasmoneura 93
Chitoniscus 54. 55
Chitoniscus brachysoma 54. 55
christianseni. Brachystomella 37
Christobclla 49
Cicadettini 65
Cicadoidca 61
ciliata. Parectonura 46
circe, Paracanachus 55
Cloeophoromyia 124
Cnipsus 55
Cnipsus rhachis 55. 57
Coccoidea 67
coccophaga, GraefTea 55. 59
coifTaiti, Friesea 40
Collemboles 17. 29. 33. 39. 45
concinna. Nervijuncta 138. 139
comixa. Drosophila (Sophorora) 146
costalis. Neoplatyura 93. 113. 115. 116
crassitibialis. Pseudoplatyura 92. 118
crocodilus. Canachus 55. 56
Ctenoceridion 106
Culicoides minusculus 76
Cypcraceae 68
dahlii, Discocyrtus 18
danielcae, Xenylla 23
Dasyhclea 75
Dasyhelca minuscula 76
Dasyhelea neocaledonicnsis 79
digitata, Neoplatyura 109
Dimorphelia 92. 99. 130
Dimorphelia stirpicola 92, 101
Dimorphelia tergata 92. 99. 103
Dinaphorura 29
Dinaphorura americana 32
Dinaphorura diversispina 32
Dinaphorura harrisoni 30. 32
Dinaphorura jarai 32
Dinaphorura kerguelensis 30, 32
Source : MNHM, Paris
156
ZOOLOGIA NEOCALEDONICA
Dinaphorura laterospina 32
Dinaphorura magellanica 32
Dinaphorura matileorum 29, 30. 32
Dinaphorura nova-zelandiae 32
Dinaphorura spinosissima 32
Diptera 75. 83. 89. 137. 143
discifera. Rutylapa 93, 129
Discocyrtus 18
Discocyrtus dahlii 18
dispar. Drosophila (Sophophora) 145
Ditomyiidae 86, 90. 137
diversispina. (Dinaphorura) 32
Drosophila 143
Drosophila (Drosophila) 143
Drosophila (Sophophora) 143
Drosophila (Sophophora) ananassae 144. 145. 146
Drosophila (Sophophora) atripex 145. 146, 153
Drosophila (Sophophora) bipectinata 144. 146
Drosophila (Scaptodrosophila) bryani 144
Drosophila (Sophophora) comixa 146
Drosophila (Sophophora) dispar 145
Drosophila (Sophophora) ficusphila 146, 147
Drosophila (Sophophora) gorokaensis 146, 147, 152
Drosophila (Sophophora) ironensis 146
Drosophila (Sophophora) kanaka 146. 147. 150
Drosophila (Sophophora) kikkawai 144, 152
Drosophila (Sophophora) lachaisei 146
Drosophila (Sophophora) levii 146, 147. 150
Drosophila (Sophophora) melanogaslcr 144, 152
Drosophila (Sophophora) monieri 146
Drosophila (Sophophora) nesoeies 146
Drosophila (Drosophila) pallidifrons 144
Drosophila (Sophophora) pallidosa 146
Drosophila (Drosophila) persicae 144
Drosophila (Sophophora) phaeopleura 146
Drosophila (Sophophora) serrata 152. 153
Drosophila (Sophophora) simulans 144. 152
Drosophila (Sophophora) smithersi 146. 147
Drosophila (Drosophila) sulfurigaster bilimbala 144
Drosophila (Sophophora) varians 146
Drosophilidae 143
dubia. Pyrtulina 93. 120
dux, Pseudoplalyura 117
Ectonura 46. 49
Ectonura oribiensis 49
elegans, Platyura 116
elegans, Proceroplatus 116
Entomobryidae 18
Eriococcidae 67
Eriococcus 68
Eriococcus araucariae 68
Eurycanthinae 55
cvenhuisi, Ncrvijuncta 138, 140
Exechiini 90
ficusphila, Drosophila (Sophophora) 146, 147
fidelis, Neoplatyura 109
fimetarius, Onychiurus 18
(lava. Neoplatyura 109
navoannulata, Kanakia 62, 64
flavocinerea. Rutylapa 93. 126. 130
flavotruncata, Pseudoparoncila queenslandica 18
Friesea 39
Friesea bodenheimeri 40
Friesea coiffaiti 40
Friesea jeanneli 40
Friesea macuilimitl 40
Friesea millsi 40
Friesea montana 40
Friesea neocaledonica 39. 40
Friesea pentacantha 40
Friesea quinquespinosa 40
Friesea quinta 40
Friesea sensillata 40
Friesea tourratensis 40
Frieseinac 39
fulva, Mycetobia 86
fulva, Lutarpya 103
fuscipennis, Anisopus 84
luscus, Rastriopes 18
Gahnia 68
Gahnia novocaledonensis 73
gahniae. Chazeauana 68, 70
Gigantophasma 55
Gigantophasma bicolor 55. 59
gigas, Kanakia 62
gorokaensis, Drosophila (Sophophora) 146, 147, 152
gracilipes. Asprenas 55
Graeffea 55
Graeflea coccophaga 55. 59
graphicus, Proceroplatus 116
gressitti. Rutylapa 125. 130
harrisoni, Dinaphorura 30. 32
harpya, Canachus 55. 56
Heteroptema 90, 92, 106, 130
Heteroptema chazeaui 91, 92, 130
Heteroptema macleayi 130
Homoptera 61, 67
Hypogastrura longispina 18
Hypogastruridae 17, 18
Idiococcus 70
insulac, Brachystomella 34
ironensis. Drosophila (Sophophora) 146
Isotomidae 18
jarai. Dinaphorura 32
jeanneli. Friesea 40
kanaka, Drosophila (Sophophora) 146, 147, 150
Kanakia 62
Kanakia flavoannulata 62, 64
Kanakia gigas 62
Kanakia typica 62, 64
kerguelensis, Dinaphorura 30, 32
Kcroplatidac 89
Keroplatini 90, 92, 106. 130
kikkawai. Drosophila (Sophophora) 144, 152
kraussi. Macrocera 92, 97
Labidiophasma 55
Labidiophasma rouxi 55, 59
lachaisei, Drosophila (Sophophora) 146
laterospina, Dinaphorura 32
Laurypta 120
Leosthenes 55
Leosthenes aquatilis 55, 59
Lepidocyrtoidea 18
Lepidocyrtoidea novaecaledoniae 18
Lepidosira 18
Lcpidosira nigrocephala 18
Lepidosira punctata 18
Lcucocharis 12
levii, Drosophila (Sophophora) 146, 147. 150
limanda, Mycetobia 86
Limonia 90
Limonia caledonica 90
Limoniinae 90
littoralis, Axelsonia 18
Lobella 46
Lobella (Propeanura) araucariae 46
longispina, Hypogastrura 18
lucidistyla, Rutylapa 93, 127
Lutarpya 103, 106
Lutarpya fulva 103
Lutarpyella 91, 93. 103
Lutarpyella tibialis 91, 93, 105. 106
Source : MNHN, Paris
ZOOLOGIA NEOCALEDONICA
157
lutea, Macrocera 94
lydiae, Ruiylapa 93, 127
Lygistorrhinidae 90
lyraefera, Neoplatyura 93, 109, 112, 113
macleayi, Heteropterna 130
magellanica, Dinaphorura 32
Macrocera 92. 93, 94. 106
Macrocera kraussi 92, 97
Macrocera lutea 94
Macrocera minima 91. 94, 96
Macrocera obsoleta 94
Macrocera pulchra 96
Macrocera renalifera 92. 97
Macrocera straatmani 91, 92, 96
Macrocera unicincta 91, 94
Macrocerinae 90
Macromastix 90
Macrorrhyncha 124
macuilimitl. Friesea 40
Madarococcus 68
Malagasia 62
massoudi, Microgastrura 19
massoudi. Xenylla thibaudi 21
matileorum, Dinaphorura 29, 30, 32
matileorum. Microcanachus 55, 56, 57
mauriesi, Brachystomella 34
mclanogaster. Drosophila (Sophophora) 152
Mesochria 84
Mesorhyphus 84
Mesorhyphus nanus 84
Micrapemon 106
Microcanachus 53, 55, 56
Microcanachus matileorum, 55, 56, 57
Microgastrura 20
Microgastrura massoudi 20
Microgastrura selgae 19, 21
Microgastrurella 19
Microporus xanthopus 133
millsi, Friesea 40
minima, Macrocera 91. 94, 96
minuscula, Dasyhelea 76
minusculus, Ceratopogon 76
minusculus, Culicoides 76
mirabilis, Caledonimeria 18
modesta, Neoplatyura 109
monicri, Drosophila (Sophophora) 146
Monobella 49
Monocentrota 118
montana, Friesea 40
Mycetobia 84
Mycetobia fulva 86
Mycetobia limanda 86
Mycetobia neocaledonica 85
Mycetobia scutellaris 86
Mycctobiidae 83
Mycetobiinae 84
Mycctophilidae 90
Mycetophiliformia 84
Mycetophiloidea 89, 137
Myersalna 64
Myersalna bigoti 65
nanus. Mesorhyphus 84
Ncanura novaecaledoniae 18, 46
Ncanuridae 18, 33, 39, 45
Neanurinae 45
neocaledonica, Mycetobia 85
neocaledonica, Pseudoplatyura 92, 118, 119
neocaledonica, Friesea 39, 40
neocaledoniensis, Dasyhelea 79
Neoplatyura 91. 92, 93. 107, 124
Neoplatyura annieae 93, 115
Neoplatyura aperta 93, 110
Neoplatyura bouchcti 91. 92. 107. 109
Neoplatyura brevitergata 93. 112
Neoplatyura bruni 93, 112
Neoplatyura costalis 93. 113. 115, 116
Neoplatyura digitata 109
Neoplatyura fidelis 109
Neoplatyura flava 109
Neoplatyura lyraefera 93, 109. 112, 113
Neoplatyura modesta 109
Neoplatyura nigricauda 109
Neoplatyura palauensis 109
Neoplatyura petiolata 109
Neoplatyura richmondcnsis 110
Neoplatyura spinosa 109
Neoplatyura lasmanica 110
Neoplatyura tillieri 93, 110. 112
Nervijuncla 86, 138
Nervijuncta bicolor 140
Nervijuncla concinna 138, 139
Nervijuncla evenhuisi 138, 140
Nervijuncla nigrescens 139, 140
Nervijuncta vicina 138, 139
ncsoctes, Drosophila (Sophophora) 146
Nicholsonomyia 106
nigrescens, Nervijuncta 139. 140
nigricauda, Neoplatyura 109
nigrocephala, Lepidosira 18
Nisyrus 55
Nisyrus amphibius 55, 59
Nothofagus 68
nova-zelandiae, Dinaphorura 32
novaecaledoniae, Australonura (Propeanura) 18. 46
novaecaledoniae, Lepidocyrtoidea 18
novaecaledoniae. Neanura 18. 46
novaecaledoniae, Pseudoparonclla 18
novocaledonensis, Gahnia 73
obscura, Xenylla 18
obsoleta, Macrocera 94
oceanica, Seira 18
Olbiogaster 84
Olbiogastcrinae 84
Onychiuridae 18, 29
Onychiurus 18
Onychiurus cf. fimetarius 18
Orfelia 106
Orfeliini 90. 92, 106, 130
Orfeliini gen. I 92, 130
Orfeliini gen. 2 92, 130
oribiensis. Ectonura 49
Oudemansia 18
Oudemansia schotli 18
palauensis, Neoplatyura 109
Paleonura 46. 49. 51
pallidifrons, Drosophila (Drosophila) 144
pallidosa. Drosophila (Sophophora) 146
palpata, Xenylla 25
Paracanachus 55
Paracanachus circe 55
Paramacrocera 93
Pareclonura 46. 51
Parectonura ciliata 46
Paronellidae 18
parvula, Brachystomella 37
penlacantha. Friesea 40
persicae. Drosophila (Drosophila) 144
petiolata. Neoplatyura 109
Phacelodoccra 90
phaeopleura, Drosophila (Sophophora) 146
Phasmatidac 54, 55
Phasmatinae 55. 59
Source : MNHN, Paris
158
ZOOLOGIA NEOCALEDON1CA
Phasmatodea 53
Philoliche 90, 91
Phloeococcus 68
Phyllidae 54, 55
pictipennis, Platyura 116
Platycraninae 55, 59
Platyura 86, 106
Platyura elegans 116
Platyura pictipennis 116
Platyura ruficomis 125
Platyura setiger 107
Plumachaetas 18
Plumachaetas sarasini 18
Poduromorpha 17, 29, 33. 39. 45
priapus. Proceroplatus 92, 116
Proccroplalus 92, 116
Proceroplatus elegans 116
Proceroplatus graphicus 116
Proceroplatus priapus 92, 116
Proceroplatus scalprifera 92, 117
Proceroplatus sp. 92. 117
Propeanura 18
Prorastriopes 18
Protorhyphidae 84
Pseudanurida 18
Pseudanurida billitonensis 18
Pseudococcidae 70
Pseudoparonella 18
Pseudoparonella novaecalcdoniae 18
Pseudoparonella queenslandica 18
Pseudoparonella queenslandica llavotruncata 18
Pseudoparonella shibatai 18
Pseudoplatyura 92. 117
Pseudoplatyura crassitibialis 92, 118
Pseudoplatyura dux 117
Pseudoplatyura neocaledonica 92, 118, 119
Pseudoplatyura truncata 118
pulchra, Macroccra 96
pumila, Pyrtulina 119
punctata, Lepidosira 18
Pyrtulina 91, 93. 119
Pyrtulina dubia 93, 120
Pyrtulina pumila 119
Pyrtulina tenuis 93, 120
queenslandica. Pseudoparonella 18
queenslandica flavotruncata. Pseudoparonella 18
quinquespinosa. Friesea 40
quinta, Friesea 40
Rastriopes 18
Rastriopes (Prorastriopes) luscus 18
renalifera, Macrocera 92, 97
rhachis, Cnipsus 55. 57
Rhynchoplatyura 125
Rhynchorfelia 91, 92, 121
Rhynchorfelia rufa 91. 92, 124, 125
richmondensis, Neoplatyura 110
rouxi, Labidiophasma 55, 59
rufa. Rhynchorfelia 91, 92, 124, 125
ruficomis, Platyura 125
Rutylapa 91, 92. 93. 125
Rutylapa boudinoti 93, 126 , 130
Rutylapa discifera 93, 129
Rutylapa flavocinerea 93. 126 , 130
Rutylapa gressitti 125, 130
Rutylapa lucidistyla 93, 127
Rutylapa lydiae 93, 127
Rutylapa sp. 93, 130
salamandra, Canachus 55, 56
sarasini, Chaetoceras 18
sarasini, Plumachaetas 18
scalprifera, Proceroplatus 92. 117
Scaptodrosophila 144, 153
schotti. Oudemansia 18
Scuta re 68
scutellaris. Mycetobia 86
Seira 18
Seira oceanica 18
selgae, Microgastrura 19, 21
sensillata, Friesea 40
serrata. Drosophila (Sophophora) 152. 153
Scrrolecanium 70
setiger, Platyura 107
shibatai. Pseudoparonella 18
simulans. Drosophila (Sophophora) 144, 152
smithersi, Drosophila (Sophophora) 146. 147
Sophophora 143
spinosa, Neoplatyura 109
spinosissima, Dinaphorura 32
stachi, Brachystomella 34
stirpicola, Dimorphelia 92, 101
straatmani, Macrocera 91, 92. 96
subbellingeri. Xcnylla 23
sulfurigaster bilimbata. Drosophila (Drosophila) 144
Symmerus 138
Symphypleona 18
Tabanidae 90
Tamborinea 106
Taphurini 62
tasmanica, Neoplatyura 110
tenuis, Pyrtulina 93, 120
tergata, Dimorphelia 92. 99, 101, 103
terrafolia. Brachystomella 37
Tettigetta 65
thibaudi. Xenylla 18, 21. 23, 25. 27
thiensis, Xenylla 19
tibialis, Lutarpyella 91, 93, 105, 106
Tibicinidae 61
lillierae, Caledonura 49
tillicri, Neoplatyura 93. 110 , 112
Tipulidae 90
Tipulinae 90
tourratensis, Friesea 40
truncata, Pseudoplatyura 118
Truplaya 124
Tullbergiinae 29
typica, Kanakia 62, 64
unguilongus, Brachystomella 34
unicincta. Macrocera 91. 94
Urytalpa 124
varians. Drosophila (Sophophora) 146
vicina, Nervijuncta 138, 139
Vitronura 46
xanthopus, Microporus 133
Xcnoplatyura 123, 124, 130
Xenylla 18
Xenylla danieleae 23
Xenylla cf. obscura 18
Xenylla palpata 25
Xenylla subbellingeri 23
Xenylla thibaudi massoudi 21
Xcnylla thibaudi thibaudi 18, 21. 23, 25. 27
Xentlla thiensis 21
Xeroderinae 55, 59
Source : MNHN, Paris
Date de distribution : 23 décembre 1988.
Dépôt légal : décembre 1988.
IMPRIMERIE F. PAILLART - ABBEVILLE
N" d'impression : 7115
Dépôt légal : 4' trimestre 1988
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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180 FF.
Tome 54 : Monette Vêran, 1988 — Les éléments accessoires de l'arc hyoïdien des poissons téléostomes (Acan-
thodiens et Osteichthyens) fossiles et actuels. 114 pp. (ISBN 2-85653-154-7) 150 FF.
Tome 53 : Donald E. Russell, Jean-Pierre Santoro and Denise Sigogneau-Russell, 1988 - Teeth
Revisited : Proceedings of the Vllth International Symposium on Dental Morphology. 462 pp. (ISBN
2-85653-148-2) 625 FF.
Tome 10 : Jacques Roger, 1962 (Réimpression/Reprint 1988) — Les Époques de la nature. Éditions critique.
344 pp. (ISBN 2-85653-160-1) 100 FF.
Tome 52 : Donald E. Russell and Zhai Ren-Jie, 1987 — The Paleogene of Asia: mammals and stratigraphy.
490 pp. (ISBN 2-85653-140-7) 300 FF.
Prix hors taxe, valides jusqu'à juin 1989. Frais de port en sus. Vente en France : TVA 4%.
Prices in French Francs are valid until June 1989. Postage not included.
Source : MNHN, Paris
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Bien que l’exploration scientifique de la Nouvelle-Calédonie ait commencé il y a plus d’un siècle, sa
faune reste mal connue. L’inventaire du groupe le plus diversifié, les Insectes, est ici abordé par l'étude
descriptive de plusieurs familles de Collemboles, de Phasmes, d’Homoptères et de Diptères. Huit genres
nouveaux et quarante-neuf espèces nouvelles sont décrits et de nombreuses espèces sont révisées par dix
auteurs, dans le cadre de l’action Spécifique Programmée du Muséum « Évolution et Vicariance en
Nouvelle-Calédonie ».
Michel Boulard, Jean Clastrier, Michel Donskoff, Loïc Matile, Danièle Matile-Ferrero, Judith
Najt, Jean-Marc Thibaud et Leonidas Tsacas sont des chercheurs systématiciens des Insectes du
laboratoire d’Entomologie du Muséum national d’Histoire naturelle, auxquels se sont joints pour ce
volume Louis Deharveng (Université Paul Sabatier, Toulouse) et José Palacios-Vargas (UNAM Mexico).
Simon Tillier, Maître de Conférences au Muséum national d’Histoire naturelle, est un spécialiste des
Gastéropodes Pulmonés. Il a effectué plusieurs séjours en Nouvelle-Calédonie, dont un de longue durée en
1986-1987 au Centre ORSTOM de Nouméa, et coordonne depuis 1985 l’Action Spécifique du Muséum
« Évolution et Vicariance en Nouvelle-Calédonie ».
ÉDITIONS
DU MUSÉUM
38,
RUE GEOFFROY
SAINT-HILAIRE
75005 - PARIS
1988
isbn . 2-85653-163-6
issn . 0078-9747
PRIX : 228,80 FF TTC (France)
220 FF (Étranger)
Source : MNHN, Paris