Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
2r IGC C 4-
MÉMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie
sJ
jr.
TOME XV
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V")
f, ) j
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIERES
Fascicule 1
R. Ronsil, L’art français dans le livre d’Oiseaux . 1-131
Fascicule 2
P. Rebillard, Contribution à la connaissance des Riodinidae Sud-Américains
(Insectes Lépidoptères) . 135-216
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
\t l (rù
A
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A. Zoologie
TOME XV
FASCICULE 1
René RONSIL
L’ART FRANÇAIS
DANS LE LIVRE D’OISEAUX
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V«)
1957
Source : MNHN, Paris
Source ■ MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PL I
F. LEVAILLANT
Histoire naturelle des Promerops. 1807
PL 17 - Le Proméfil
(par Barraband)
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES BD MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie. Tome XV, fascicule 1. — Pages 1 à 134
L’ART FRANÇAIS
DANS LE LIVRE D’OISEAUX
(Eléments d’une iconographie ornithologique française)
France bas always excelled
in ornithological painters
William Swainson
par René RONSIL
Bibliothécaire Je la Société Ornithologique de France
PREFACE
Au début du printemps 1956, le bibliothécaire de la Société Orni¬
thologique de France et de l’Union française me présentait son
manuscrit alors intitulé 1’ « Iconographie Ornithologique Française »
en me demandant si cette association serait susceptible de le publier.
Je connaissais la passion de notre ami Ronsil pour les beaux
ouvrages d’oiseaux, je savais qu’il travaillait à ce livre depuis plusieurs
années, je savais aussi qu’il était en France l’homme le plus qualifié
pour mener à bien une telle étude, j’avoue enfin que, sans être chauvin,
il ne me déplaisait pas d’avoir ainsi la chance de rappeler à ceux qui
critiquent volontiers les réalisations françaises, qu’il fut une époque,
pas si lointaine encore, où, dans le monde ornithologique, nous tenions
le haut du pavé.
Cependant, je réservai ma réponse car je voulais avant tout savoir
dans quel esprit ce sujet était traité, devinant déjà les difficultés
matérielles que j’allais rencontrer. La lecture du manuscrit confirma
mes craintes. En effet, si son côté technique et très documenté aug¬
mentait l'intérêt du travail, il me renforçait dans l’idée qu’on ne
pouvait concevoir sa publication qu’agrémentée d’une très abon-
Mémoii
Muséum. — Zoologie. T. XV
R. RONSIL
dante illustration. Or les planches sont choses coûteuses et la tréso¬
rerie de notre Société ne pouvait seule en assumer la charge.
Je décidai donc de m’en ouvrir à M me Duprat, Conservateur de
la Bibliothèque Centrale du Muséum de Paris, car ses fonctions me
semblaient devoir la placer au rang des personnes les plus intéressées
à la divulgation de ce travail avant tout bibliographique. Je ne
m’étais pas trompé. Dès que je lui eus fait part de mes projets, elle
les approuva, comprit mes difficultés et m’assura de son concours
pour la réalisation de l’illustration. Sur ses conseils et nanti de son
accord, je me tournai alors vers la direction du Muséum dans l’espoir
de trouver une aide financière.
L’idée plut au Professeur Heim, qui me suggéra de faire paraître
l’ouvrage conjointement dans les Mémoires du Muséum et ceux de
notre Société. Je trouvai auprès du Professeur Séguy, responsable de
la publication des premiers, une très grande compréhension. Son goût
pour tout ce qui est artistique fut mon meilleur avocat auprès de lui,
et l’idée de faire paraître des reproductions soignées de nos plus belles
planches le séduisit très vite. Il m’accorda sa confiance et, par la suite,
fit tout ce qui était en son pouvoir pour satisfaire mes demandes.
Certes, nous aurions aimé l’un et l’autre faire encore mieux, car les
livres français d’ornithologie sont d’une grande richesse artistique ;
ils auraient permis une illustration beaucoup plus importante tout en
restant de premier choix ; nos préférences risquaient d’être arbi¬
traires, mais il fallait rester dans les limites du possible ; nous les
avons presque dépassées ! Aussi m’est-il agréable d’exprimer ici mes
sentiments de profonde gratitude à celui sans qui le manuscrit serait
encore dans quelque dossier d’attente.
La mort subite de l’auteur, au mois d’octobre qui suivit, boule¬
versa nos plans. Non seulement elle allait retarder la sortie de presse,
que nous avions primitivement fixée aux derniers jours de 1956, mais
elle compliqua beaucoup notre tâche. En effet, si le texte proprement
dit avait été terminé en temps utile par l’auteur, il restait à com¬
pléter les index, dont l’intérêt pratique ne lui avait pas échappé,
mais qui ne pouvaient être définitivement dressés que sur les premières
épreuves d’imprimerie. Or celles-ci ne nous parvinrent qu’après son
décès. Le contrôle de ces index exigeait non seulement un soin méti¬
culeux, mais encore une compétence de spécialiste que j’étais loin
de posséder.
Une fois encore, je m’adressai à M n,e Duprat qui pria M lle Madier
et M m “ Sarrazin et Chevey de vérifier puis paginer les tables, ensuite
de corriger les épreuves, travail fastidieux s’il en est, mais de première
utilité. Malgré son caractère ingrat celui-ci fut accompli avec beau¬
coup de conscience et, je dois ajouter, de bonne grâce. J’ai toujours
Source : MNHN, Paris
i/art français dans le livre d’oiseaux
trouvé auprès de ces collaboratrices une bonne volonté souriante et
sans réticence, malgré l’époque peu propice à ce genre de travaux,
les tâches administratives courantes étant toujours multiples à
chaque changement d’année. Jamais elles n’hésitèrent devant un
surcroît de travail, ou une priorité gênante, lorsqu’il s’agissait d’activer
la publication. Aussi je tiens à leur exprimer ici mes remerciements
personnels les plus sincères, étant convaincu qu’ils traduisent en
même temps les sentiments de tous les membres de notre Société.
René Ronsil est né le 18 avril 1908, à Ménilles, dans l’Eure, d’une
famille de propriétaires terriens. Dès son jeune âge, il eut la chance
d’avoir un précepteur mélomane qui sut développer ses goûts innés
pour la musique. Entré au Conservatoire, il en sortit en 1933 nanti
d’un premier prix de chant ainsi que d’une première médaille de
solfège, mais sa modestie doublée d’une timidité excessive, l’empê¬
chèrent toujours d’accepter les premiers rôles que sa très belle voix
de baryton lui fit offrir par nos plus grandes scènes lyriques nationales.
Il accepta cependant d’être soliste à la Radiodiffusion Française, le
« micro » lui paraissant moins redoutable que la scène. De même, L'I
ne refusa pas d’entrer dans les chœurs de l’Opéra de Paris en 1941,
où il trouva l’occasion de se donner à fond au métier qu’il aimait
sans avoir les émotions répétées qui sont le tribut de la gloire réservée
aux vedettes.
Très absorbé par ses fonctions, il exprimait souvent le regret de
ne pouvoir consacrer plus de temps à son violon d’Ingres qu’était
l’ornithologie, et plus spécialement encore l’étude des livres d’oiseaux.
Il avait une véritable passion pour les belles iconographies dont le
xvnr et surtout le xix" siècles nous donnèrent tant de magnifiques
exemplaires, et il s’était constitué une fort belle bibliothèque person¬
nelle.
En 1948, il sut mettre à profit ses connaissances approfondies
pour publier une Bibliographie ornithologique française, qui reste
à la base de toutes recherches en la matière.
En 1950, la Société Ornithologique de France lui demanda de créer
puis de gérer la bibliothèque qu’elle allait mettre à la disposition de
ses membres. Quelques années lui suffirent pour faire de celle-ci
une des plus riches de France dans sa spécialité.
La mort, le 18 octobre 1956, le surprit alors que nous travaillions
ensemble à la publication de son nouveau manuscrit. Cette étude, non
Source : MNHN, Paris
». RONSIL
moins complète que la première mais traitant cette fois de tout ce
qui touche à l’image de l’oiseau dans le livre et l’estampe, passe en
revue tous les artistes, graveurs, éditeurs qui travaillèrent dans ce
but de 1475 à 1950.
Peu avant de disparaître, notre collègue m’avait confié son intention
de compléter son œuvre par une troisième étude, toujours restreinte
à la France, sur : « L’image de l’oiseau n’avant pas fait l’objet de
publication : peinture à l’huile, aquarelles, gouaches, pastels, san¬
guines, croquis divers : fusains et crayons, etc... ». Ainsi aurions-
nous eu grâce à lui un outil précieux pour toutes recherches en
matière d’ornithologie française. En nous enlevant un charmant col¬
lègue en même temps qu’un bibliothécaire des plus compétents, la
mort n’a pas permis l’achèvement de son œuvre. Mais déjà, grâce
aux deux volumes parus, nous nous voyons dotés d’un instrument de
travail de première qualité. Rien de ce qui touche aux livres d’orni¬
thologie ne lui est étranger, que la participation française à chaque
ouvrage ait été totale ou partielle, et ce depuis le premier volume
traitant d’oiseaux, paru en 1475 au lendemain de l’invention de l’im¬
primerie, jusqu’à nos jours. A cette règle, l’auteur n’a fait subir
qu’une seule exception ; par délicatesse, il s’est volontairement limité
aux artistes qui ne sont plus car il craignait avant tout la partialité,
et beaucoup de ceux qui lui survivent étaient de ses amis.
11 nous reste à souhaiter qu’un bibliophile des générations futures
sache à son tour rendre hommage à ces derniers, avec autant de
bonheur et de sincérité que le fit Ronsil vis-à-vis des artistes aujour¬
d’hui disparus.
R.-D. Etchécopar,
Secrétaire Général
de la Société ornithologique de France
et de l’Union française.
Source : MNHN, Paris
AVANT-PROPOS
L’Oiseau, par la diversité de ses formes, la beauté de son plumage
et la splendeur de ses coloris, a tenté de nombreux et grands artistes
depuis le début de l’art pictural jusqu’à nos jours.
Cependant, il est surprenant de constater qu’à notre époque,
époque de l’image par excellence, rien n’ait été dit, en France tout
au moins, sur l’iconographie ornithologique. Et pourtant, quelle
richesse !
Nul bibliophile, même non averti, ne peut rester insensible aux
ouvrages somptueusement illustrés par Martinet, Audebert, Barra-
rand, Knip, Prêtre, Oudart ou Audubon.
Mais dans cette étude, il n’est guère possible d’envisager l’image
de l’oiseau sous l’angle purement artistique. En effet, la majorité de
ces livres illustrés ont un caractère ou un but scientifique et l’artiste,
gardant bien entendu sa personnalité propre, ne peut faire jouer une
spéculation imaginative incompatible avec la sincérité de reproduc¬
tion du modèle.
Il se doit de le dessiner ou de le peindre fidèlement et on ne
contestera pas qu’il y ait satisfait dans la plupart des cas. Toutefois,
le sujet a assez de beauté en lui-même pour que l’art décoratif s’en
soit emparé, et l’engouement de ces motifs ailés pour la décoration
d’intérieurs a malheureusement contribué ainsi, depuis une vingtaine
d’années surtout, au « cassage » intensif de ces magnifiques ouvrages
dont les derniers exemplaires complets n’existeront bientôt plus que
dans certaines bibliothèques nationales spécialisées et quelques rares
bibliothèques privées.
Source : MNHN, Paris
R. RONSIL
Personne n’ignore, en effet, que trois sur quatre de ces grandes
iconographies (au tirage très restreint) mises dans le commerce sont
achetées et cassées par les marchands de gravures pour être vendues
à la planche et aucune loi n’est prévue à l’heure actuelle pour empê¬
cher ce massacre ; les petits in-octavo eux-mêmes ne sont pas plus
épargnés.
Ceci pourrait justifier l’opportunité de cette étude, mais, comme
nous le verrons, d’autres éléments non moins intéressants militent
encore en sa faveur. Faire mieux connaître l’image de l’oiseau, sa
bibliographie, son histoire dans le temps, ses artistes, ses graveurs
et leurs moyens d’expression, tout en effleurant la technique de l’im¬
pression de leurs œuvres, tel est le but que nous nous sommes assigné
en présentant ici la synthèse de l’iconographie ornithologique fran¬
çaise, iconographie dont peut s’enorgueillir à juste titre notre patri¬
moine national.
R. R.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE PREMIER
LES PREMIERES FIGURES D’OISEAUX
LA FIGURE SUR BOIS — BELON
LA FAUCONNERIE
En 1475, peu de temps après que Jean Gutenberg, gentilhomme de
Mayence, eut révolutionné l’histoire humaine par la découverte et
la mise au point de caractères mobiles, sortait des presses de Johann
Bamler, à Augsbourg, un ouvrage illustré attribué à Konrad von
Megenberg, Buch der Natur.
Megenberg, qui vivait au xiv' siècle, ne serait que le traducteur
d’un manuscrit original inédit, tiré probablement de l’œuvre de
Thomas be Cantimpré (Thomas Cantipratensis), De Rerum Natura.
Il n’est pas de notre domaine de discuter cette controverse, mais
marquons d’une pierre blanche l’année 1475 où, pour la première fois,
l’imprimerie reproduisait des figures d’oiseaux.
Buch der Natur est un ouvrage in-folio de 292 feuilles, divisé en
douze parties avec douze pleines pages de bois gravés. La quatrième
partie « Von den Vôgeln in einer gemein » est accompagnée d’une
feuille contenant treize figures d’oiseaux ; par la suite, elle subit quel¬
ques changements et les figures furent portées à quatorze. Six éditions
parurent avant la fin du xv' siècle.
J. Bamler en fit une réimpression en 1478, réimpression dont les
bois sont absolument identiques à ceux de l’édition princeps, mais
son intérêt réside surtout dans le fait qu’ils ont été peints à l’époque,
et l’on peut regarder ces illustrations comme les plus anciennes
images coloriées d’oiseaux.
A notre connaissance, il n’y eut aucune édition française du Buch
der Natur et si nous le citons c’est pour indiquer la source, le point
de départ, des livres illustrés de figures d’oiseaux.
Il faut attendre plusieurs années après la première édition de
Megenberg pour trouver en France quelques figures imprimées d’oi¬
seaux. Nous n’avons, du reste, rien perdu à ce retard, car les sujets
représentés en tête du douzième livre du Propriétaire des Choses
Source : MNHN, Paris
R. RONSIL
(Lyon, Mathieu Hutz, 1482, in-folio (1)) du moine Bartholomaeus
Anglicus (qu’il ne faut pas confondre avec le franciscain Barthélémy
DE Glanville) sont bien supérieurs à ceux du Buch der Nalur. Parmi
les trente oiseaux groupés en une même figure sur bois, on peut
parfaitement reconnaître le Paon, le Hibou, la Pie, l’Autruche, la
Grue, le Coq, le Canard, l’Hirondelle, etc... Nous soupçonnons même
que ce bois a dû être extrait d'un autre ouvrage français antérieur.
Des recherches plus approfondies nous révéleraient certainement une
date beaucoup plus proche des premières figures d’oiseaux imprimées
en Allemagne.
Puis Antoine Verard, incontestablement l’un des plus grands maî¬
tres libraires de l’époque, introduisit en France les images d’un livre
célèbre : Ortus Sanitatis, dont la paternité est attribuée à un médecin
et naturaliste de Francfort, Johann Wonnecke von Caub, qui latinisa
son nom, suivant la coutume de l’époque, en celui de Johannes de
Cuba.
Ortus (ou H or lus) Sanitatis (Gart der Gesundheil) connut non
moins de faveur que le Buch der Naiur et le Propriétaire des Choses
et, comme ceux-ci, il fut l’un des premiers à figurer des plantes et
des animaux. C’était en même temps l’un des plus beaux de l’époque.
Ce n’est pas à proprement parler un ouvrage d’histoire naturelle,
mais plutôt un traité médical où les effets thérapeutiques des miné¬
raux, des animaux et surtout des plantes forment le fond du sujet.
La première édition illustrée de figures, publiée en allemand à
Mayence en 1485 par Peter Schôffer, ne contient pas de bois d'oi¬
seaux. Six années plus tard, en 1491, une édition latine considérable¬
ment augmentée était imprimée par Jacob Meydenbach, de Mayence
également, dans le format in-folio. La troisième partie Tractatus de
Avibus, comprend trente-six feuilles illustrées d’êtres ailés, oiseaux,
chauves-souris, insectes et créatures fabuleuses ; les oiseaux seuls
occupent cent trois figures.
Le succès de cet ouvrage ne cessait de s'affirmer, et bientôt il
était traduit en flamand, en anglais et en français.
La première traduction française « a este nouvellement imprime a
paris pour Anthoine Verard », vraisemblablement vers 1500 ou 1501,
dans le format grand in-quarto, sous le titre : Ortus Sanitatis Trans¬
late de latin en francois ; la partie « Des Oyseaulx » contient cent
figures sur bois copiées sur l’édition de 1491. Ces bois ne sont pas
tout à fait semblables, le graveur ne les ayant pas reproduits trait
pour trait ; quelques-uns sont répétés deux fois et le frontispice est
différent. Sous celte forme, ils furent utilisés par la suite en France
jusqu’à la fin du xvi* siècle.
(1) Ce livre a été réédité de très nombreuses fois à Lyon, à Paris et à Rouen.
La dernière édition est de 1619.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. II
G. GUEROULT
« Le Blason des Oiseaux » 1550
Le Rossignol (p. 15)
CONRAD VON MEGENBERG
« Buch der Natur » 1475
Paon et Hibou
« Ortus Sanitatis » 1491
8' fig. Aladrius
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Cy cômence U*jriMwre du ptopuetaire lequel traître ocs opfeaul* et De leurs jnoprfc
rej* Ce cftlepîemïer chapitre Des offeauljr en general •
BARTHOLOMAEUS ANGLICUS
« Le Propriétaire des Choses » 1482
Titre de chapitre du livre XII
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
Source : MNHN, Paris
l'art français dans le livre d’oiseaux
Brunet, dans son Manuel du Libraire, cite un exemplaire sur
vélin avec figures coloriées ; si ce coloris est de l’époque, il est plus
que probable que cet ouvrage est le premier qui parut en France
avec des images d’oiseaux coloriées. Un autre éditeur parisien, Phi¬
lippe Le Noir, réimprima l’ouvrage en 1539 dans le même format
en modifiant très peu le titre : Le Jardin de santé translate de latin
en françoys ; le chapitre qui nous intéresse, le Traicté des Oyseaulx,
est orné de cent six figures. Si nous en exceptons quelques-unes nou¬
velles, les autres sont identiques à celles de l’édition d’Antoine
VÉRARD.
Dans tous ces ouvrages, les sujets sont presque toujours mécon¬
naissables, mis à part quelques oiseaux domestiques comme le Coq,
le Paon et le Cygne.
Cependant, dans une édition latine de Strasbourg (Argentorati per
Mathiam Apiarium Anno MDXXXVI), les trois figures d’oiseaux ont
été transformées et sur quelques-unes on peut parfaitement recon¬
naître la Corneille, la Caille, la Pie, l’Autruche, etc.
Parallèlement aux nombreuses éditions d 'Ortus Sanitatis, nous
voyons apparaître au début du xvf siècle une floraison de petits
ouvrages qui ont plus de prétention littéraire et philosophique que
scientifique. Comme elles, ils étaient abondamment illustrés et sou¬
vent écrits en vers. Ils ne portaient, la plupart du temps, aucun nom
d’auteur. Parmi ceux-ci, Les ditz des Oyseaux sensuivent les ditz des
Oyseaux comme Pastours gardent leurs brebis les oyent chanter et
parler (Paris, s. d. — début du xvr siècle — petit in-8". caractères
gothiques) (1) avec deux bois d'oiseaux, fut plusieurs fois réimprimé
et l’édition de 1535 Les dictz des Bestes et aussi des Oyseaulx (à la
fin) : « Cy finissent les dictz des oiseaulx nouvellement imprimé a
paris en la rue neufve nostre Dame a lescu de france » (s. d. — vers
1535 — petit in-12, caractères gothiques) (2) contient quarante-huit
bois grossièrement « taillés » accompagnés de quatrains dont vingt
et un pour les oiseaux. Ces vingt et une figures sont censées repré¬
senter « le faucon, le paon, le pellican, la cigoine, laigle, le rossignol,
le vaultour, la perdrix, le faisant, le fenix, la grue, le corbeau, le coq,
le couflon (?), la tourterelle, la huppe, le chahuan et la pye ». Quelques
autres oiseaux perchés dans des arbres n’ont pas de légendes. Mais,
bien malin celui qui arriverait à les identifier, tant ces gravures sont
mauvaises. Quoi qu’il en soit, elles ne devaient pas déplaire à l’éditeur
qui les répéta même plusieurs fois dans l’ouvrage suivant qui est une
imitation en vers du Bestiaire de Richard de Furnival, ou Four-
(1) La première édition des Ditz des Oyseaulx parut à Paris vers 1490 sans
figure.
(2) Réimprimé en 1830.
Source : MNHN, Paris
10
R. RONSIL
nival, qui vivait au xiW siècle : Sensuyl le Bestiaire damours : « Mora¬
lité sur les Bestes et Oyseaulx le tout par figure et histoire imprime
nouvellement a paris. On les vend a paris en la rue neufve nostre
dame a lenseigne de lecu de france » (S. d. petit in-4°, caractères
gothiques) (1).
Anonyme aussi De la propriété el nature d’aucuns Oyseaux, avec
le sens moral : « le tout curieusement reveu et mis en son entier. Par
un scavant philosophe à l’utilité d’un chacun. Avec les figures naifves
d’iceux nouvellement taillées. Paris (S. d.), veuve Jean Bonfous »,
in-16°, dont les bois sont dans le même style et tout aussi grossiers
que ceux des précédents ouvrages. Les Menus Propos de Gringoire
(Paris, Couteau, 1521, in-8°) contient également quelques figures
d’oiseaux gravées sur bois (corbeau et ses petits, oiseau dans une
cage, vautour, grue et paon, hirondelle, etc.).
L’anonymat semble prendre fin avec Guillaume Guéroult, né à
Caen au début du xvi' siècle, et qui étudia la médecine avant de se
faire un nom dans les lettres. Le Second Livre de la description des
Animaux, contenant le blason des Oyseaux, composé par Guillaume
Guéroult (Lyon, B. Arnoullet, 1550, in-16°) (2) est une suite de
petits poèmes en vers accompagnant des bois dont cinquante-deux
représentent des oiseaux et sont visiblement inspirés de ceux d’Or-
tus Sanitatis ; ils sont toutefois plus fins et beaucoup de sujets sont
identifiables. D’aucuns les attribuent à Georges Reverdi, d’autres à
Clément Boussy. Les figures de la Description Philosophale (Paris,
J. Ruelle, 1561 et 1571) du même auteur sont des copies de l’ouvrage
précédent.
Le Second Livre de la description des Animaux contenant le blason
des Oyseaux fait presque toujours suite aux décades de la description
forme et vestu naturelle des animaulx (Lyon, Arnoullet, 1549, 1552 et
1561), de Barthélémy Aneau ; aussi, nombre de bibliographes lui
accordent-ils la paternité de ces deux ouvrages.
Malgré l’apparition des « naifs portraicts » des oiseaux de Belon,
quelques auteurs persistèrent encore vers la fin du xvi* siècle à se
servir de ces petites figures et c’est toujours le même format, la
même taille, les mêmes images méconnaissables, imitées d ’Ortus
Sanitatis, que nous retrouvons encore près d’un siècle plus tard dans
les Commentaires de P. A. Matthiole (Lyon, 1561, 1572, 1580, etc.
in-folio).
(1) Autre édition : Paris, Alain Lotrian, 1529, in-4°, caractères gothiques.
(2) Plusieurs fois réimprimé à Paris et à Rouen, Le Blason et Description
des Oyseaux composé par Guillaume Guéroult (Rouen, Dugost frères, 1553,
in-16°) a des bois assez bons.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
Quant à Geofroy Linocier, il se contenta de copier les bois de Ges-
ner, de Matthiole, etc., pour illustrer un petit ouvrage L’Histoire
des plantes traduicte de latin en francois « avec leurs pourtraicts,
noms qualitez et lieux où elles croissent. A laquelle sont adioustees cel¬
les des simples aromatiques, animaux a quatre pieds, oiseaux, poissons,
serpens, etc. » (Paris, C. Cacé, MDLXXX1II, in-16°), dont la partie
« l’Histoire des Oyseaux, recueillie de Gesnerus et autres bons et
approuvez autheurs » contient 60 gravures assez mauvaises.
Citons cependant pour leur originalité quelques figures d’oiseaux
dans les singularilez de la France antarctique autrement nommée
Amérique (Paris, de la Porte, 1558, in--t°), de F. André Thevet, qui
visita ce pays en 1555 et en rapporta des dessins qu’il fit graver à
son retour (Pa, oiseau de proie étrange. Toucan, oiseau d’une étrange
beauté) et qu’il reprit un peu plus tard dans sa Cosmographie uni¬
verselle (Paris, Chaudière, 1575, in-folio).
Les figures sur bois que l’on trouvait jusque-là dans les œuvres
de Megenberg, Caub, Guéroult et autres étaient faites, la plupart du
temps et surtout pour les animaux exotiques, d’après des descriptions
écrites ou orales plus ou moins fantaisistes ; il était bien difficile dans
ce cas d’obtenir une image quelque peu fidèle ; ou bien l’artiste repro¬
duisait de mémoire ce qu'il avait vaguement entrevu dans la nature,
ce qui ne pouvait donner un bien meilleur résultat.
Avec Pierre Belon, du Mans, pionnier de l’ornithologie, commence
l'observation directe : « Des oyseaux dont avons baillé le portraict,
n’en exceptons aucun que ne l’ayons manié et eu en notre puissance »,
et il faut lui rendre cette justice qu’il fut le premier à figurer « les
naïfs portraicts... des oyseaux ; le naturel desquels nul autre n’avoit
encore fait voir avant nous ».
Il voulut que ses illustrateurs en fissent autant : « Quiconque
vouldra côsidérer la difficulté qui peult advenir au recouvrement de
tant d’espèces d’animaux, trouvera nostre diligence de grand labeur :
veu mesmeinent qu’il n’y a description ne portrait d’oyseau en tout
cest œuvre, qui ne soit en nature et qui n’ait este devant les yeux des
peintres : desquels aucuns nous y ont aide, en Italie, Angleterre et
Flandre. Mais entre les autres, ne voulants celer les noms de ceux
qui nous y ont le plus servy, avons usé de l’artifice de maistre Pierre
Goudet, parisien, peintre vrayment ingénieux. Plusieurs oyseaux
nous sont demeurez sans portraicts, ne les voulants supposer, corne
quelques modernes ont fait des animaux, peints à discrétion sans les
avoir onc veuz. »
Source : MNHN, Paris
12
R. RONSIL
Qui donc était ce Pierre Goudet ? Peut-être le peintre Pierre Gour-
delle qui nous est surtout connu par les vingt-cinq portraits des prin¬
ces et princesses de la maison de France et des principaux soutiens
de la Ligue, Henri II, Catherine de Médicis et leurs enfants, Char¬
les IX, Henri III, Marie Stuart, veuve du roi François II, etc., gravés
d’après ses dessins, de 1587 à 1588. A la vérité, on sait très peu de
choses sur lui ; la date et le lieu de sa naissance nous sont incon¬
nus et le plus ancien document qui nous révèle son existence, si
toutefois il s’agit de lui, serait cette « Epistre au lecteur », de VHis¬
toire de la nature des Oyseaux. Son nom figure sur un état des Offi¬
ciers domestiques du Roi pour 1583 en qualité de peintre, aux gages
de 126 écus.
Mais, alors que ses portraits portent presque toujours sa signa¬
ture et celle de l’un des graveurs, Thomas de Leu, Léonard Gautier,
Jacques Granthomme ou Alexandre Vallée, les figures d’oiseaux qui
lui sont attribuées n’en comportent aucune (1). Il est presque cer¬
tain que Pierre Goudet ne les grava pas lui-même car, à la fin de
« l’Epistre », Belon semble faire une distinction entre le « peintre »
et le « tailleur » (graveur). On peut voir, par ailleurs, que P. Goudet
n’est pas le seul auteur de ces figures, en Italie, en Angleterre et en
Flandre ; d’autres peintres travaillèrent pour notre naturaliste. Il est
permis de supposer que les meilleures sont de Goudet et il est vrai¬
semblable que le seul portrait d’oiseau de ses Observations de plusieurs
singularitez et choses mémorables, « trouvées en Grèce, Asie, Judée,
Egypte, Arabie » (Paris, G. Cavellat, 1553, in-folio) et représentant le
« pourtraict du Mérops qu’on pourrait bien nommer en François le
Guespier » (page 10) est de lui. Ce bois a été repris deux ans plus tard
pour L’Histoire de la nature des Oyseaux, « avec leurs descriptions et
naifs portraicts retirez du naturel » (Paris, Gilles Corrozet ou Guil¬
laume Cavellat, 1555, in-folio), page 225. Les 160 figures qui illustrent
ce dernier ouvrage, le premier consacré uniquement à l’ornithologie,
sont donc de plusieurs mains et assez inégales mais bien supérieures,
dans l’ensemble, à celles qui parurent précédemment. A la fin du
xvi' siècle, elles furent très souvent copiées par Jean Leclerc (2)
d’abord, on les retrouve même encore à la fin du xvnr siècle. Scrupu¬
leux, Belon pensait qu’il était difficile de distinguer les différentes
(1) Par contre, on y voit souvent une marque d’atelier (Croix de Lorraine).
(2) « Graveur et éditeur parisien, sans doute le « Jean l’ainé », fils de Jean I.
Il travaille vers 1580, fixé rue Saint-Jacques à la Faucille puis à l’Estoille d’or.
Il meurt avant 1585. Sa veuve s’installe alors rue Saint-Jean-de-Latran, à la
Salamandre Royale, elle édite quelques planches, puis disparaît. Alors Jean
Leclerc III, son fils (?), dirige la maison d’édition à cette même adresse. »
(Adhémar, Inventaire du Fonds français, Paris 1939.) Les oiseaux de Belon
furent plusieurs fois copiés et édités par les Leclerc, en séries de neuf à
douze sujets.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d"oiseaux 13
espèces voisines d’oiseaux d’après leurs ligures sans la peinture et
il était dans son intention de faire colorier tous les exemplaires de
son Histoire de la nature des oiseaux : « Si donc il y a si grande affi¬
nité entre les naturels, comment pourroit le lecteur les discerner l’un
de l’autre par le seul portrait, sans la peinture ? qui coucheroit le
portrait d’un oysillon, pourroit facilement le faire servir à trente
autres, moyennant qu’on y adioustast les couleurs propres : car toutes
ont quasi les iambes, ongles, yeux, bec et plumes de mesmes : et n’ap-
paroissent differents à la veûe qu’en la seule couleur. Cette considé¬
ration nous a esmeu de faire que les couleurs seront mises sur les
portraits, côme on voira par cy apres. Mais pour ce qu’à cest effait
il convient que l’oyseau peinct soit subict à changement de l’ouvrier :
admonestons le lecteur qu’il ait plus desgard à la description que luy
en baillerons qu’aux couleurs du peintre et traicts du tailleur. »
Disons tout de suite que le coloris des exemplaires peints est assez
enfantin, c’est un simple étalage de couleurs sans aucun intérêt et
Belon n'avait pas tort de conseiller au lecteur de s’en tenir plutôt à
ses descriptions qu’aux figures coloriées.
Dans ses Portraits d’Oyseaux, Animaux, Serpens, Herbes, Arbres,
Hommes et Femmes d'Arabie et d’Egypte (Paris, G. Cavellat, 1557, petit
in-4°), les gravures d'oiseaux (également mal coloriées) furent
portées à 174. On y trouve les mêmes que celles de l'Histoire
de la Nature, des Oyseaux, plus quelques-unes, comme l’aigle
ayant ses ailes déployées, l’oiseau de Paradis, etc., qu’il emprunta à
l’ouvrage du physicien suisse, Conrad Gesner.
Conrad Gesner, de son côté, s’était servi, pour le troisième volume
de son Historiae animalium : « Historiae animalium liber III qui est
de avium natura » (Zurich, 1555, in-folio) (1), ainsi que dans Icônes
avium omnium (Zurich, 1555) du « pourtraict du Merops », de Belon.
Si Belon et Gesner furent les premiers, et la même année, à uti¬
liser des dessins originaux pour leurs illustrations, il faut avouer tou¬
tefois que ceux de Gesner sont bien supérieurs. Ils sont dus pour la
plupart à un peintre de Strasbourg, Lukas Schan, qui peignit pres¬
que toujours d’après nature. Certains de ces originaux se trouvent
actuellement dans une collection d’aquarelles d'objets d’histoire natu¬
relle réunis par Félix Platter à la bibliothèque de l’Université de Bâle.
D’autres figures sur bois de Historiae animalium sont signées F. O.
Il faut probablement identifier ces initiales avec celles de l’artiste
graveur Franz Oberrieter, qui vécut à Strasbourg et y mourut vers
(1) Hans Asper et Johan Thomann exécuteront vraisemblablement aussi
quelques dessins d'oiseaux pour cet ouvrage.
Source : MNHN, Paris
14
R. RONSII,
1599 (1). On voit également clans VOrnithologie (Bologne, 1599-1603.
3 vol. in-folio) d’Ulysse Aldrovande, certaines figures plus ou moins
copiées sur celles de VHistoire de la Nature des Oyseaux.
Nous retrouvons un peu plus tard quelques gravures d’oiseaux de
proie dans La Fauconnerie, de Jehan de Franchières (ou Francières),
dont les nombreuses éditions illustrées se suivirent de 1567 à 1628.
La première, La Fauconnerie... « avec une autre Fauconnerie de
Guillaume Tardif plus la Vollerie de messire Artelouche d’Alagona
d’avantage un recueil de tous les oiseaux de proye, servans à la Fau¬
connerie et volerie » (Poitiers, Enguilbert de Marnef et les Bouchetz
frères, 1567, in-4°), contient vingt-neuf bois d’oiseaux, non signés.
Ce livre est divisé en quatre parties bien distinctes dont la dernière,
le « Recueil de tous les oyscaux de proye qui servent à la Vollerye
et Fauconnerie, par G. B. », est de Guillaume Bouchet. Trois de ces
parties sont illustrées de 9 ou 10 figures répétées dans chacune
d’elles ; on retrouve donc ainsi trois fois les mêmes dans l’ouvrage.
Elles sont plus ou moins copiées sur celles de Belon et quelques-
unes sont absolument semblables (2). Elles furent reproduites dans
toutes les autres éditions et on les retrouve par la suite dans La
Venerie, de Jacques du Fouilloux (Poitiers, 1567 et éditions suivan¬
tes), dans YAutourserie, de P. de Gommer (Châlons, 1594, et éd.
suiv.), dans le Miroir de Fauconnerie, de Pierre Harmont (Paris, 1634
et éd. suiv.) et, gravées sur cuivre, dans les nombreuses éditions
de La Fauconnerie, de Charles d’ARCUssiA.
Cette dernière Fauconnerie eut un grand succès en son temps
puisque dix éditions successives parurent en moins d'un demi-siècle
(1598-1644). La première, publiée à Aix en 1598 par Jean de Tholosan,
imprimeur du Roy, dans le format in-octavo, comporte 11 figures
d’oiseaux de pleine page, dont plusieurs sont répétées deux fois.
Malheureusement nous n’avons pu voir cette édition extrêmement rare
et dont on ne connaît que deux exemplaires.
(1) Vers le milieu du xvi° siècle, un autre artiste de Strasbourg, Hans Weiditz,
illustra certains ouvrages d’histoire naturelle, en particulier celui d’Albertus
Magntjs, Thierbuch.
« ... Alberti Magni von Art Natur und Eygenschafft des Tbieres » (Francfort
1545), dont la première édition fut publiée en latin à Rome, en 1478.
(2) La même figure ne porte pas toujours la même légende. C’est ainsi que
l’Aigle Hoval de Belon devient le Sacre dans la plupart des ouvrages de faucon¬
nerie de cette époque et la confusion s’accentue davantage dans les diverses
éditions de ces ouvrages. Par exemple, l’Alethe de l’édition de 1615 de d’Arcussia
représentant « l’espèce de Faucon, premier de nos oyseaux » dans les éditions
précédentes, devient le h Gerfaut » dans l'édition de 1627. Et nous pourrions en
citer bien d’autres.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 15
L’édition de 1599 n’en est qu’une réimpression. Jusqu’à l’édition
de 1615, toutes ces figures, toujours gravées sur cuivre, sont les mêmes
que celles de la Fauconnerie, de Franchières. A partir de cette date, le
lormat est plus grand (petit in-4°), et si quelques-unes des figures des
éditions antérieures subsistent (« l’Alethe » et « l’Emerillon »), les
autres, par contre, sont nouvelles, bien plus belles comme dessin et
comme gravure, mais ne comportent pas non plus de signature. On
retrouve, à peu de choses près, cette même illustration dans toutes
les éditions suivantes. Aussi bonnes qu’elles soient, ces figures ne
peuvent être d’aucune utilité pour l’identification précise de l’oiseau,
et nous ne pouvons mieux clore ce chapitre qu’en citant ces quelques
lignes de L. Lavauden :
« Tous ceux qui ont étudié, au surplus, les ouvrages du xvi” et du
xvn” siècle savent combien les Oiseaux de proie y sont mal représentés. Dans
Belon, dans Ciesner, dans Aldrovande, on trouve des passereaux, des galli¬
nacés, des échassiers, des palmipèdes admirablement représentés. Les
Oiseaux de proie (qu’on aurait pu croire beaucoup mieux connus, en raison
de la vogue de la fauconnerie) sont au contraire réduits, sauf exceptions,
à des figures indistinctes, toutes pareilles, très mauvaises et le plus souvent
tout à fait indéterminables. » (L. Lavauden, « Un Problème d’archéologie
ornithologique, l’AIethe », in Revue Française d’Ornitliologie, T. IX, 1925,
p. 162.)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. IV
P. BELON
« Observations de plusieurs singularitez » 1553
Merops (p. 10)
P. BELON
« L’Histoire de la Nature des Oiseaux » 1555
Martinet-Pescheur (p. 219)
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. V
cl^A n.
\ g
Ch. d’ARCUSSIA
« La Fauconnerie » 1615
L’AIphanet (p. 44)
•~ tÆ - LA FAV e^N-N^rfEr--
^CTnesvuzdpbanet tournent
Les
dlfh net.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHM, Paris
CHAPITRE II
FIGURES GRAVEES SUR METAL
(Du XVII au début du XIX" siècle)
Si la littérature ornithologique fut très pauvre en France au
xvii' siècle el au début du xviiP, l’image de l’oiseau, dans l’estampe
gravée sur métal, eut par contre, à cette époque, de nombreux admira¬
teurs.
Comme nous allons le voir, la gravure sur métal remplacera pres¬
que complètement la gravure sur bois pendant près de deux siècles.
Ces deux procédés, d’une exécution fort différente, sont assez sem¬
blables par leurs résultats. Sur le métal, on dessine en creux tout ce
qui doit être fixé sur le papier. Le bois exige un travail diamétralement
opposé, l’échoppe devant laisser en relief tout ce qui doit apparaître à
l’épreuve. Diverses manières de graver le métal firent successivement
leur apparition : pointe sèche, eau-forte, alliance de l’eau-forte et du
burin, manière noire, aquatinte, etc., mais en ce qui concerne l’oiseau,
les seules employées étaient alors le burin et l’eau-forte.
Pas plus que pour la gravure sur bois, les Français ne furent à
I origine de l’histoire de la gravure sur métal, cependant cette der¬
nière prit un tel développement dans notre pays que le renom de nos
artistes graveurs ne tarda pas à égaler et même à surpasser la notoriété
des plus grands artistes étrangers... pour le portrait et le paysage tout
au moins.
Malheureusement les artistes et les graveurs animaliers d’alors font
montre de peu d’imagination en se copiant les uns les autres. Nous
assistons dans cette branche à un plagiat monstre qui fait perdre beau¬
coup d interet a la majorité de ces estampes. Les figures de Belon et
de Gesner furent maintes et maintes fois copiées et imitées, souvent
tiait pour trait et cela jusqu’à la fin du xvnr siècle.
On se contentait le plus souvent de placer le sujet copié dans un
paysage n existant pas dans l’image primitive ou de modifier la bran¬
che sur laquelle l’oiseau est perché ou, tout bonnement, de mettre l’oi¬
seau de droite à gauche et vice versa. La plupart de ces planches ne
portent ni date ni signature et certains artistes graveurs du xvii” siècle
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XV.
Source : MNHN, Paris
18
t. RONSIL
sont peu ou mal connus. Aussi est-il difficile de donner une priorité
et une paternité aux figures nouvelles que nous rencontrons, surtout
au début du siècle.
Déjà, à la fin du xvi° siècle, quelques gravures sur cuivre font leur
apparition dans la Fauconnerie de d’ARCUssiA par exemple. Puis, plus
tard Sébastien Le Clerc, après avoir copié quelques bois de Belon,
reprend ces mêmes figures sur métal, les enjolivant de petits pay¬
sages imités vraisemblablement des graveurs de l’école flamande,
d’Adrian Collaert surtout, si en faveur alors.
Adrian Collaert (1560 ?-l618), artiste délicat, nous laissa une
suite de planches remarquables avec des sujets nouveaux évoluant
dans de jolis paysages qui font penser quelquefois à ceux de Nicolas
Robert. Citons de lui 16 planches signées « Adrian Collaert fecit et
excud » : Avium vivae icônes in aes incisae et edidae ab Adriano Col-
lardo (s.l.n.d. — vers 1600 — in-4° oblong), imprimé plusieurs fois
et, sous le même titre, une suite de 32 planches, dont la 17' est un
nouveau frontispice portant la légende : Avium vivae icônes... « ab
Adriano Collardo et Theodoro Galleo », puis Avium iconum... « Editio
secunda » (s.l.n.d.).
Toutes ces figures furent reprises et arrangées par Jean Leclerc (1),
Henry Le Roy, P. Firens, J. Honervogt, Marie Briot, fille du graveur
lorrain Isaac Briot, etc. Quelques plagiaires montrent parfois une cer¬
taine originalité dans l’arrangement de leurs sujets, ainsi, Henry (Herry
ou Herri) Le Roy (1579-?) arrive souvent à placer plus d’une vingtaine
d’Oiseaux dans une même petite planche en stylisant les branches sur
lesquelles ils sont perchés, offrant ainsi un effet décoratif rarement
trouvé à cette époque. Sa suite de 23 (?) planches portant le titre La
Volière des Oiseaux (s.l.n.d., in-8° oblong) est quelquefois accompa¬
gnée de planches gravées de Hermann Weyen. On retrouve quelques-
uns de ces mêmes sujets dans certaines gravures de Jacques Honer¬
vogt, artiste allemand né à Cologne, qui vint à Paris vers 1608.
L’éditeur graveur, Pierre Firens, de l’école flamande également,
qui travailla à Anvers puis à Paris au commencement du xvn* siècle
et qui mourut vers 1639, se servit aussi des sujets de Collaert, H. Le
Roy et J. Honervogt.
Albert Flamen (1564-1646), peintre et graveur de même origine,
séjourna à Paris entre 1638 et 1646. Son style est très particulier.
L’Oiseau n’a dans ses estampes qu’un intérêt secondaire, mais il évo¬
lue toujours dans de petits paysages champêtres assez séduisants. On
(1) Ce même Jean Leclerc (ou Le Clerc) édita aussi l’ouvrage de l’excellent
graveur Langlois : Livre de Fleurs ou sont représentés touttes sortes de Tulippes,
Narcisses, Iris, et plusieurs autres fleurs avec diversités d’Oiseaux, Mouches et
Papillons, le tout fait après le naturel par l’Anglois M e enlumineur-. A Paris par
Jean Le Clerc rue St Jean de Latran 1620 (in-4°).
Source : MNHN, Paris
FRANÇAIS DANS LE LIVRE D’OISEAUX
19
a de lui Cyriosa racolta di varie e diversi ucelli (s.l.n.d. — 1650 ? —
100 pl. in-12°), Livre d’Oyseaux « dédié à Messire Gilles Foucquet
gravés et dessinés au naturel » (Paris, 1650 et 1659, 12 planches, in-8"
oblong) et Diversae avium specie studiosissime ad vitam delineata
« Per AB Flamen van Merlen excud * (Paris, 1659, 13 pl., in-12°). La
même année parut une suite de 12 estampes gr. in-8° oblong signées
Barlow, Tho. Neale, F. Paris, P. Mariette sous le titre : Livre
contenant la recherche de plusieurs Oyseaux peints et gravez d’après
nature. « Se vend à Paris chez Pierre Mariette, 1659 » (1).
Nous pensons que l’on peut associer aux noms des artistes flamands
ayant travaillé en France celui de G. Visscher, qui nous laissa Plu¬
sieurs Oyseaux au servisce de tous ceux qui aiment à portraire (1649,
in-8° oblong) dont le frontispice et les sept planches contiennent des
panneaux d’Oiseaux de chasse.
Malgré tout leur talent, ces artistes de l’école flamande furent rapi¬
dement surpassés par le fondateur de la « Collection des Vélins », le
premier à porter le titre de « peintre ordinaire du Roi pour la minia¬
ture », Nicolas Robert (1610-1685). On peut cependant reprocher à
Nicolas Robert d’avoir négligé l’Oiseau pour le paysage. En effet, ses
sujets sont souvent raides et paraissent moins finement gravés que ce
qui les entoure, mais dans l’ensemble ses estampes sont, pour l’époque,
bien supérieures à tout ce qui a été fait jusque-là en France dans ce
domaine. Trois suites de planches parurent successivement : Diverses
Oyseaux dessignées et gravées d’après le naturel (Paris, F. Poilly excu-
dit, 31 pl. in-folio), Divers Oyseaux desinez d’après le naturel et gravez
par Nicolas Robert, peintre en miniature, par ordre du Roy, très utiles
pour ceux qui travaillent du pinceau ou de leguilte (Paris, van Merlen,
1673 et G. Jollain, 1683 in-folio) dont quelques sujets, surtout pour
les Oiseaux de France, sont excellents, Recueil d’Oyseaux les plus
rares, tirez de la Ménagerie Royalle du Parc de Versailles desinez et
gravez par N. Robert (Paris, G. Audran, 1676, 23 pl. in-folio).
Plusieurs de ces dessins étaient réédités en 1773-74 en même temps
que l’ouvrage de J. Jonston (ou Johnstone) : Histoire Naturelle et
Raisonnée des différens Oiseaux qui habitent le globe... « Traduite
du latin de Jonston... De laquelle on a fait précéder l’Histoire parti¬
culière des Oiseaux de la Ménagerie du Roi, peintes d’après nature par
le célèbre Robert et gravés par lui-même... Première partie. Des
Oiseaux de la Ménagerie du Roi » (Paris, L. C. Desnos, 1773, in-folio,
(1) F. Barlow est aussi l'auteur d’une autre suite d'estampes intitulées :
Livre de plusieurs Animaux Inventez par Barton Chez De Poilly rue S. Iacque
.4 l’image S. Benoist, qui contient plusieurs planches d’oiseaux.
Source : MNHN, Paris
20
R. RONSIL
85 pl. gravées et coloriées à la deuxplrtiel la
dans son « Introduction » . Ménagerie du Roi, qui ont été
première concerne les oiseaux tr0U vent actuellement dans le
peints par le fameux Robert fon t encore aujour-
Cabinet des Estampes du R intre naturaliste les a lui-
d’hui l’admiration ^ „ acquis par un hasard
même gravés dans 23 P lan ® h « ’ . eette premi ère partie ; il les
heureux ces planches et î originaux du Cabinet du Roi
fait même enluminer avec soin sur les onginau.
en faveur des amateurs... » l’ouvrage et les planches
La seconde et la trois-tae pm^T*cXut Ces planches,
mêmes de Jonston, dont le b i ab l es e n tout point à celles de
au nombre de soixante-deux, s • Quadrupedibus, De Avi-
,a première édition <H«<qui les emprunta à des
bas, Francofurti ad Moenum, 16» . ^ l GESNEB> Aldrovande,
ouvrages antérieurs comme ceux vraisemblablement par
Marcgraf, etc. Elles sont « rav “ s ieune pds de l’éditeur Mat-
KasparMRRiAN etMatthaeus M 1 contient un gra „d
thaeus Merian, de . Fr “™ r ‘„ nes L 62 ) représentent des Oiseaux
nombre de figures etquelques-m» tP le ori#OB , etc.
fabuleux comme le Phoenix, . W éudl due au gran d nombre de
A l’époque, la popularité de c , ?^ . t n y eu t de nombreuses
figures (plusieurs centaines) qu. «nattent. Uj France,
éditions 0!^ figures. La
jusqu’à la fin du xvm siecie, J 1650 à 1657.
première édition française p . à reproduire les animaux
Nicolas Robert ne fut pas ie seul a tiste à Kp^ ^ (1822 . 1680 ),
de la ménagerie de Louis DÏ.O 1 une ^ de 6 planc hes
vint à Paris apres un séjour en Ita g iers e , les Oiseaux de
in-folio oblong représentant surin ^ lrès finement gravées,
proie de cet etablissement S J valoir un dessin puis-
Ciseaux de proie, la manière de
relie des animaux (« Extraits es in-folio),
vSa1,7erq ff u\tuUe£«aude la Ménagerie du Muséum... Les an,-
. „ „„ autre titre : Collection d’Gr¬
il) On trouve quelquefois cet na ture pour servir d’inteUtgenee
T^i'ù‘i^Z,ZZVTrL^l de, différer,, .***«* «« *•»■<•* * " ’
contenant, etc...
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 21
maux gravés par Séb. Le Clerc sont dessinés avec une appréciable
fidélité et se présentent dans des paysages souvent remarquables.
Voici, parmi les plus rares, le Casoar à casque qui, donné au Roi en
1661 par le gouverneur de Madagascar, vécut quatre ans a Versailles-
la Demoiselle de Numidie se reproduisant dans la Ménagerie du Roi...
De beaux dessins d’OuDRY et de Desportes, faits d’après les animaux
de cette Ménagerie et qui auraient dû entrer au Muséum, ont été dis¬
persés dans les musées de province. Enfin le Casoar à casque, la Grue
couronnée, la Demoiselle de Numidie figurent aussi dans les magni¬
fiques Gobelins du Musée de Luxembourg. » (L. Denise, Bibliographie
historique et iconographique du Jardin des Plantes, Paris, 1903.)
Oudry illustra aussi certaines éditions des Fables de La Fontaine
avec de très bonnes figures d’Oiseaux.
Bien d’autres graveurs des xvn' et xviii* siècles, inconnus ceux-la,
nous laissèrent aussi des estampes d’oiseaux, mais sans grand inté¬
rêt. Puis la fantaisie s’en mêla et la décoration ne tarda pas à emprun¬
ter ses motifs aux Oiseaux les plus divers. Quelques artistes d’alors
travaillèrent dans ce but. C’est ainsi que le Livre des différentes espè¬
ces d’Oiseaux de la Chine tirés du cabinet du Roy (Paris, 17-, in-
folio) (1), gravé par Huquier, ne peut nous donner la moindre idée
de la faune ornithologique du Céleste Empire. Il serait difficile de
mettre un nom sous n’importe quel Oiseau de ces 15 planches et
quelquefois même il est impossible de distinguer un Passereau d un
Gallinacé. Les 130 sujets de ces planches, assez mal gravées d’ail¬
leurs, sont davantage du domaine de l’imagination que des reproduc¬
tions fidèles de la nature, mais le but décoratif est atteint.
Jean Pillement (1719-1808). un des maîtres ornemanistes de l’épo¬
que Louis XV, poussa la fantaisie encore plus loin. Il laissa le soin de
la gravure de ses dessins trop stylisés à J.-J. Avril, et la plupart
de ses cahiers « in-folio » (représentant du reste très peu d’Oiseaux),
réunis sous le titre Fleurs, Oiseaux et Fantaisies, servirent plus tard,
sous Louis XVI, à l’impression des tissus dits « Indienne ».
Enfin, tout au début du xix" siècle, un peintre attaché au Jardin des
Plantes, Nicolas Maréchal, dessina, d’après nature (avec plus de
vérité toutefois), les quatre planches d’Oiseaux (Miger, graveur) d’un
« in-folio », de Lacépède et Cuvier, intitulé La Ménagerie du
Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris, Miger, 1801, 41 pl.).
K. P. Funke emprunta aussi plusieurs figures (Sellier, graveur) de
Maréchal pour son ouvrage Kupfer-Sammlung besonders zu funke
(1) Les sujets sont tout aussi stylisés dans le Recueil de différentes espèces
d’Oiseaux, Insectes, Plantes, Fleurs et Trophées de la Chine (in-folio, 76 pl. col.),
du même graveur.
Source : MNHN, Paris
22
R. RONSIL
NatmgeechicMe and Technologie aber aach zu jeden andem tehr-
buche der Natur geschichle brauchbar (BrauMchwe.g, 1805-1806,
5 trente-huit planches d'oiseanx,
dont quelques-unes sont assez finement gravées (plusieurs signée*
P T*ngé du fameux ouvrage d'Albert Srb«. Locuple issinr. rerum
LuZVn, Iheeauri accura,a deecrlplio et icc.nibus
expressio... (Amsterdam, 1734-65. 4 vol. m-fol.o, 451 ph “lor. a la
main) furent de nouveau publiées, non coloriées, a Paris et a ht a
main;, iuiem . <«oi i«an sous le titre Planches du
texte explicatif que'devait y joindre F. Guérin
n’a pas paru.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE III
BUFFON ET LES PLANCHES ENLUMINEES
LES MARTINETS
(Fin du XVIIF siècle)
Quel qu’ait été l’engouement de l’estampe pendant plus d’un siècle,
elle ne pouvait satisfaire désormais l’amateur, le curieux, le savant et
répondre aux besoins qu’exigeaient les découvertes ornithologiques.
Chaque jour, de nouvelles espèces prenaient place dans les
vitrines des « Cabinets » princiers ou bourgeois et les ménageries
n’étaient plus seulement l’apanage des grands. Des docteurs, des
savants, des fonctionnaires, des marchands partaient au loin pour
ramener des animaux rares ou inconnus.
Chaque jour, des contrées inexplorées livraient leurs secrets. La
curiosité favorisait la science et l’art. Tous ces sujets, il fallait non
seulement les décrire, mais surtout les figurer. On voulait savoir et,
plus encore, voir. Alors que Belon estimait à trois cents la totalité des
espèces d’Oiseaux, Brisson, deux siècles plus tard, en dénombre
quinze cents et son Ornithologie (Paris, Bauche, 1760, 6 vol. in-4°,
261 pi. noires) en représente plusieurs centaines.
« Cet ouvrage est enrichi de plus de deux cens vingt planches gravées
en taille-douce très bien exécutées, dont les sept premières sont destinées
à représenter les différentes formes des pattes et des becs des Oiseaux qui
sont les parties dont j'ai tiré les caractères : les autres contiennent plus de
cinq cens Oiseaux dessinés et gravés d’après nature, dont au moin trois cens
cinquante ne l’avoient jamais été ; et de ces derniers plus de trois cens vingt
n’avoient pas même été décrits. Les cent cinquante autres ont été à la vérité
déjà gravés ; mais la plupart si imparfaitement que le plus souvent l’animal
n’est pas reconnoissable. J’ai eu l’attention, autant qu’il a été en mon pou¬
voir, de faire graver au moins une espèce de chaque genre.
« Je dis que tous mes dessins ont été faits d’après nature : je donne
cependant la figure de quelques espèces d’Oiseaux que je n’ai jamais vües ;
mais celles-là ont été dessinées sur l’animal même par un excellent obser¬
vateur, par M. Poivre... j’ai marqué d’un A toutes les espèces gravées d’après
les dessins de M. Poivre. »
Source : MNHN, Paris
R. RONSIL
« Je n’ai rien négligé pour faire donner à mes planches toute 1 exacti¬
tude dont elles sont susceptibles, et pour leur faire exprimer, soit la variété
des couleurs autant que la gravure est capable, soit les differentes formes
des parties qui caractérisent les Oiseaux. » (Préface, pp. X\ III-aIa.)
« Quoi que cet ouvrage ait été augmenté, pendant le cours de son im¬
pression, de plus de cent vingt feuilles et de trente-cinq planches, il m est
encore resté treize espèces nouvelles, arrivées trop tard pour etre placées
dans leur genre, qui font le principal objet de ce Supplément et que 1 on
trouvera gravées dans six nouvelles planches. » (Avertissement du Supplé¬
ment d’Ornithologie, p. 3.)
Ces jolies planches se dépliant sont pour la plupart bien dessinées
et bien gravées par François-Nicolas Martinet, « Ingénieur, dessina¬
teur et graveur du Cabinet du Roi ».
Comme il est dit dans la préface, quelques-unes sont des reproduc¬
tions (toujours signées Martinet) des dessins d'après nature de Poi¬
vre. Elles sont souvent agrémentées d’un joli paysage et ont été repri¬
ses de nombreuses fois par d’autres auteurs français et même étran¬
gers comme John Walcott dans son Synopsis of british birds (Lon¬
don, 1789-92, 2 vol. in-4°).
La Bibliothèque Centrale du Muséum, si riche en ouvrages d’his¬
toire naturelle, possède une série unique (1) de planches coloriées,
reliées en deux volumes, qui étaient probablement destinées à illus¬
trer une nouvelle édition de YOrnithologie de Brisson ; voici ce que
le docteur Louis Bureau (à qui elles ont appartenu) a publié à leur
sujet dans le compte rendu du quatrième Congrès ornithologique inter¬
national (2) :
« J’ai acquis, à la vente Alphonse Milne-Edwards, en mai 1901, sous le
n° 537, un Atlas des Planches coloriées de Buisson (sans titre ni texte)... »
« Les planches, au nombre de 261, comme celles en noir de l’édition
originale, dont elles sont un tirage sur papier fort, non plié, in-folio, grand
format (0,42 m X 0,31 m), portent gravés sur cuivre, a la suite du nom (le
l’Oiseau, la pagination et au-dessous : à gauche, le tome et le numéro de la
planche ; à droite, le numéro d’ordre de 1 à 261 destine au classement (indi¬
cations qui manquent dans l’édition de VOrnithologie de Brisson, 1/60.
en 6 volumes). Cet atlas est relié (reliure Milne-Edwards) en 2 volumes in-
folio, contenant les planches 1 à 120 et 121 à 161.
« Le tirage a été fait — évidemment en vue du coloriage — sur un papier
semblable, en plus fort, à celui des Planches enluminées de Buffon (1769
à 1784), œuvre également de Martinet.
« Le coloris est manifestement de l’époque, c’est-à-dire de la lin du
xviii c siècle, et le filet qui encadre chaque planche est jaune, comme celui
des Planches enluminées.
(1) Un autre exemplaire « original » existerait dans une bibliothèque privée.
(2) Sur un Atlas, etc. IVth Internat. Omit. Congr. 1905, pp. 176-180.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. VI
Madame KNIP, née Pauline de COURCELLES
Les Pigeons. 1801
PI. 2 - Colombi-Galline à camail
(par M me KNIP)
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
l'art français dans le livre d'oiseaux
25
« Si on ajoute que beaucoup de figures n’auraient pu être fidèlement
enluminées sans que le coloriste eut sous les yeux les types de Brisson, on
acquiert la presque certitude que c’est l’exemplaire du peintre Martinet.
« A en juger par les additions faites à la lettre et gravées sur cuivre
que j’ai mentionnées, il est probable que l’Atlas en question a été préparé
pour une édition ultérieure, peut-être pour celle, dite de 1788, dont je n’ai
pu constater l’existence.
« Si on tient compte que Brisson a publié son Ornithologie en 1760, deux
ans après la X" édition du Systema Naturae de Linné (1758), point de départ
de la nomenclature, qu’il a fait souvent usage de la nomenclature bi-nomi-
nale latine en décrivant des espèces nouvelles, on concevra de quel intérêt
est l’Atlas colorié provenant de la Bibliothèque Milne-Edwards. Tout sem¬
ble indiquer qu’il a été préparé pour une nouvelle édition et qu’il est l’œu¬
vre de Martinet, dessinateur de Brisson et peintre des Planches Enlumi¬
nées de Buflfon (1765-1784), exécutées sous la direction de Daubenton le
Jeune. »
Au point (le vue documentaire, ces figures étaient très satisfai¬
santes pour l’époque, surpassant de beaucoup celles de ses prédéces¬
seurs. Aussi, bien qu’ingénieur. Martinet, qui travaillait à ce moment
comme dessinateur et graveur à Paris, fut-il sollicité de toute part
pour l’illustration d’ouvrages zoologiques avant d’entreprendre les
fameuses « Planches Enluminées ».
Salerne lui confia l’exécution des planches de son Histoire Natu¬
relle, éclaircie dans une de ses parties principales, l’ornithologie
(Paris, Debure, 1767, in-4“, 31 pl. col.) :
« Ce livre est orné de trente et une planches qui représentent la figure
«le cent Oiseaux. Ces planches sont supérieurement exécutées par un des
plus habiles artistes que nous ayons en ce genre. On aurait pu les multiplier,
mais cela n’auroit fait qu’augmenter le prix du livre : on s’est contenté
de donner les Oiseaux les plus curieux et les plus remarquables de chaque
espèce. Ils ont tous été dessinés et gravés d’après nature... »
« Comme les planches les mieux gravées ne sauroient marquer parfai¬
tement les couleurs naturelles des objets qu’elles représentent, le libraire
avertit les amateurs et les curieux, qu’il a fait colorier d’après nature un
petit nombre d’exemplaires des planches de cet ouvrage : on y verra les
Oiseaux avec toute la beauté, la vivacité et les différentes nuances de leurs
couleurs. Ces planches sont peintes et coloriées d’après nature, avec le plus
grand soin. Chaque exemplaire ainsi peint et colorié se vendra 150 liv., relié
magnifiquement en marocain. » (Avertissement de l’éditeur.)
Un joli frontispice (pl. 1) de Martinet, gravé par Longueil, repré¬
sente une chasse au vol, tandis que les trente planches d’oiseaux [colo¬
riées par de Sève ?] sont dessinées et gravées par Martinet.
Les 21 planches de la fameuse Encyclopédie (Paris, in-folio, 28 vol.
1751-77, Oiseaux, vol. VI, 1768) publiée sous la direction de Diderot.
Source : MNHN, Paris
26
R. RO NS IL
sont également de lui, mais gravées par Bernard (1). Elles ressem¬
blent beaucoup, comme sujets, exécution et gravure, à celles de l’ou¬
vrage précédent.
Dans ses Mémoires pour servir à l’histoire de Cayenne et de la
Guiane francoise (Paris, 1777-1778, 2 vol. in-8°), Bajon eut recours
aussi à l’habileté de notre artiste pour ses sept planches ornitholo¬
giques.
Martinet était engagé maintenant dans un travail gigantesque
qui allait se poursuivre pendant plus de dix-huit années. Il s’agissait
d’illustrer l 'Histoire Naturelle des Oiseaux, de Buffon (Paris, Impri¬
merie Royale, 1770-1786, 10 vol. in-folio et grand in-folio) avec
1.008 planches gravées et enluminées à la main dont 973 représentent
1.239 Oiseaux (2).
Cette magnifique iconographie (publiée d’abord sans aucun texte),
la plus importante qui ait jamais paru, connue sous les noms de
Planches enluminées d’histoire naturelle par Martinet, exécutées par
d’Aubenton le jeune, Planches enluminées de Daubenton, Planches
enluminées de Buffon, ou plus simplement Planches enluminées, fut
commencée en 1765 sous la direction de Edmé Louis Daubenton (fils
de L. J. Daubenton, collaborateur de Buffon) et publiée par Panc-
koucke d’abord sous le titre Collection de planches d’histoire natu¬
relle enluminées. Elle était éditée en 42 livraisons de 24 planches et
ne fut terminée qu’en 1783.
Nous pensons qu’il n'est pas inutile de citer ici quelques lignes du
Plan de l’Ouvrage de l’Histoire Naturelle générale et particulière
(« Histoire Naturelle des Oiseaux », Paris, 1770-1783, in-4°, 1 er volume,
pp. VI-X), de Buffon, ne serait-ce que pour mieux faire connaître son
jugement, aussi paradoxal que sévère, sur l’enluminure :
« Plusieurs personnes ont entrepris, presque en même temps, de faire
graver et colorier des Oiseaux : en Angleterre, on vient de donner, sous le
titre de Zoologie Britannique, les animaux quadrupèdes et les Oiseaux de la
Grande-Bretagne, gravés et coloriés. M. Edwards avoit de même donné pré¬
cédemment un grand nombre d’Oiseaux étrangers ; ces deux ouvrages sont
ce que nous avons de mieux dans ce genre de mauvaise peinture que l’on
appelle enluminure. Et quoique ceux que j’ai fait publier depuis cinq ans
et qui sont déjà au nombre de près de cinq cents planches soient de ce même
genre de mauvaise peinture, je suis bien certain qu'on ne les jugera pas infé-
(1) En fait l 'Encyclopédie a vingt-deux pl. d’oiseaux; la dernière, très mau¬
vaise, représentant des têtes et des pattes, est de Gottssier.
(1) Les trente-cinq autres planches figurent des coléoptères, des papillons,
des batraciens, des coraux, etc...
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
27
rieurs à ceux d’Angleterre, et qu'on les trouvera supérieurs à ceux que
M. Frisch a fait publier en Allemagne ; nous pouvons même assurer que la
collection de nos planches coloriées l’emportera sur toutes les autres par le
nombre des espèces, par la fidélité des dessins, qui tous ont été faits d’après
nature, par la vérité du coloris, par la précision des attitudes ; on verra
que nous n’avons rien négligé pour que chaque portrait donnât l’idée nette
et distincte de son original. L’on reconnoitra partout la facilité du talent de
M. Martinet, qui a dessiné et gravé tous ces Oiseaux et les attentions éclai¬
rées de M. Daubenton le jeune qui, seul, a conduit cette grande entreprise :
je dis grande, par le détail immense qu’elle entraîne, et par les soins conti¬
nuels qu’elle suppose : plus de quatre-vingts artistes et ouvriers ont été
employés continuellement depuis cinq ans à cet ouvrage, quoique nous
l’ayons restreint à un petit nombre d’exemplaires : c’est bien à regret que
nous ne l’avons pas multiplié davantage. »
Toutes ces belles planches (qui n’ont pas cependant un très grand
mérite artistique) si recherchées par les marchands de gravures sont
dessinées et gravées par François-Nicolas Martinet (Martinest sur cer¬
taines d’entre elles), sauf les pl. 3, 27 et 150. qui sont gravées par P. de
La Ferté. La planche 33, gravée par ce dernier, a été terminée par
Martinet. D’autres, peu nombreuses, ne sont pas signées, deux sont
datées 1770 et 1709. Quelques-unes sont imprimées en une couleur,
dans la teinte dominante du sujet (pl. 12, Ara rouge ; pl. 36, Ara bleu
et jaune du Brésil ; pl. 336. Perroquet de Cuba ; pl. 433, le Paon, etc...)
et terminées au pinceau. On retrouve souvent dans ces dessins beau¬
coup de figures à peine modifiées qui servirent à VOrnithologie de
Brisson et même à VOrnithologie de Salerne. Il semble que les
planches d’Oiseaux de proie et de Passereaux soient plus fines et
mieux enluminées que les autres. Toutes ont un encadrement jaune.
L’Histoire Naturelle des Oiseaux, de BufTon, illustrée par Marti¬
net, est vraiment la base de l’iconographie ornithologique, le point de
départ d’une ère nouvelle pour cette branche qui devait trouver son
plein épanouissement quelques lustres plus tard, tout au début du
xix” siècle.
Actuellement, aucun livre d’Oiseaux n’est plus recherché, aussi
bien du bibliophile que de l’ornithologue, et sou intérêt documentaire
est incontestable.
« Les planches enluminées de BufTon sont donc devenues la collection
fondamentale et classique de figures pour l’étude de l’Ornithologie, celle qui
comprend le plus d’espèces et qui les fait le mieux connaître ; et malgré les
ouvrages infiniment plus magnifiques dont cette branche de la science a
été enrichie, dans ces derniers temps, par les soins de MM. Levaillant, Vieil¬
lot, Meyer, Temminck, Wilson, etc..., les naturalistes sont toujours obligés
de consulter et de citer le recueil de BufTon. » (Cuvier, p. 3, du « Prospec¬
tus » du Nouveau Recueil de Planches coloriées d'Oiseaux, de Temminck et
Laugier.)
Source : MNHN, Paris
28
t. RONSII.
Hélas, son intérêt décoratif fait sa perte, et si ses planches séparées
se trouvent chez tous les marchands de gravure, les exemplaires com¬
plets deviennent extrêmement rares.
Quelques années après les Planches Enluminées, Martinet com¬
mença lui-même la publication d’un ravissant petit ouvrage : His¬
toire des Oiseaux, peints dans tous leurs aspects, apparents et sen¬
sibles (Paris, 1787-1790, 9 vol. in-8°, 483 pl. col.), qui ne fut jamais
terminé.
Le père et les fils semblent avoir ici collaboré comme il est dit
page 8 du Plan de l’ouvrage : « ... l’auteur a déjà deux fils qui sui¬
vent la même carrière, avec le même goût, la même activité et les
mêmes dispositions. »
Ces figures, signées Martinet et Martinet fils, sont très bien gra¬
vées et très finement enluminées pour la plupart, malgré quelques
inégalités, surtout dans le coloriage. Les Paons, les Oiseaux-Mouches,
les Passereaux indigènes et exotiques, les Perroquets et les Pigeons,
sont de véritables enluminures dignes des plus beaux livres d’heures
du moyen âge et surpassent en finesse et en beauté les plus belles
planches de l 'Histoire Naturelle des Oiseaux, de Buffon. Dans cer¬
tains exemplaires, les rehauts d’or des brillants plumages ont gardé,
malgré le temps, un éclat et une fraîcheur incomparables. De très
jolis frontispices ajoutent encore à l’attrait de cet ouvrage. On y voit
aussi plusieurs sujets imprimés dans leur teinte dominante : la Pin¬
tade, le Paon du Japon et sa femelle, le Cotinga pourpre sont de ceux-
là. Nombreuses sont les figures (de Martinel fils surtout) où l’oiseau
évolue dans un paysage souvent fort simple, quelquefois fort bien
venu. Ailleurs, les planches sont accompagnées d’une légende de plu¬
sieurs lignes ou d’un cartouche faisant partie de la gravure.
Un des fils Martinet, Alexandre, qui fut éditeur et probablement
aussi marchand d’estampes, nous laissa un Petit Atlas d’Ornithologie
ou Collection choisie d’Oiseaux les plus connus, dessinés d’après
nature (Paris, 1773-18 ?, petit in-folio. 150 pl. col.). « Cette Collec¬
tion a été publiée il y a environ trente-six ans par mon père, colla¬
borateur de M. de Buffon pour la partie de l’ornithologie : à cette épo¬
que, elle eut un grand succès ; mais la révolution ayant changé tout
à coup les mœurs et les occupations des Français et de presque tous
les peuples de l’Europe, cet ouvrage n’a pas eu la publicité dont il
était digne. Aujourd’hui... je reproduis cette Collection aux yeux du
public sous une forme et dans un ordre que je crois propres à l’inté¬
resser. » Comme cet exposé d’Alexandre Martinet pourrait nous le
faire croire, cet atlas n’est ni une reproduction, ni une réimpression,
ni une suite des Planches Enluminées de Martinet père, bien que la
gravure et le coloriage soient semblables. Que le père et le fils y aient
Source : MNHN, Paris
l’art français dans i.e livre d’oiseaux
29
collaboré, rien ne nous empêche de le supposer. Il se peut même que
certaines de ces planches aient été primitivement destinées à l’His¬
toire Naturelle des Oiseaux, de Buffon, le numérotage de plusieurs
figures (pl. 138, le grand Plongeon ; pl. 221, Tourterelle à gorge pour¬
pre d’Amboine ; pl. 232, le Lori des Moluques) nous le laisserait pen¬
ser, mais ce numérotage ne concorde aucunement avec celui des Plan¬
ches Enluminées.
Ces 150 planches signées Martinet fils, Alexandre Martinet, Mar¬
tinet, et dont quelques-unes portent une date, d’autres l’adresse de
l’éditeur, n’ont pas d'encadrement. Certaines, semblables en cela à
celles de l’ouvrage précédent, ont aussi un petite texte faisant par¬
tie de la gravure. Elles sont presque toutes très fines et très décora¬
tives.
Quittons maintenant les Martinet qui laissent un nom impérissable
dans l’iconographie ornithologique française et, avant de passer en
revue les principales éditions illustrées de l’Histoire Naturelle, de
Buffon, voyons quelques ouvrages de la fin du xviii* siècle.
Un compilateur fécond, P.-J. Buchoz (ou Buc’hoz), fit paraître
20 décades et 20 planches d’une collection intitulée : Première (et
Seconde ) Centurie enluminées et non enluminées... (Paris et Amster¬
dam, 1775-1781, 2 vol. in-folio), avec 52 planches d’Oiseaux dont 26
coloriées. Elles sont de Desmoulins, gravées par Desmoulins, Vin.
Vangelisti, Fessard, Vidal, etc..., et leur description parut dans
l'Histoire Générale et Economique des trois règnes de la nature (Paris,
1777 et 1789, in-folio), du même auteur. Toutes ces figures, peu fine¬
ment gravées et mal coloriées, n’ont aucun caractère artistique ou
scientifique. On les rencontre également dans d’autres « Buchoz ».
Une édition allemande sortit à Nuremberg en 1785 sous le titre :
Abbildungen der Vogel, welche in seinem grossen Werke von den
dreg Reichen der Natur vorkommen (40 pl. col. in-folio).
Nous retrouvons le nom de Desmoulins dans un livre classique
anglais de Thomas Pennant, British Zoologg (Londres et Chester, 1768-
1770, 4 vol. in-8°), dont les planches d’Oiseaux sont de P. Paillou et
Desmoulins, gravées par P. Mazell. Paillou et Mazll avaient déjà
collaboré quelques années auparavant pour l’illustration de la
première édition de The British Zoologg (Londres, 1766, gr. in-folio),
mais, dans celle-ci, les 80 pl. d’Oiseaux (coloriées par Paillou lui-
même) sont moins soignées que celles de 1768.
Soit qu’ils fussent doués de quelque talent, soit qu’ils n’aient pu
conserver les dépouilles des espèces nouvelles pour les ramener en
Europe, certains voyageurs naturalistes de l’époque eurent à cœur de
reproduire eux-mêmes les oiseaux qu’ils venaient de découvrir.
Travaillant souvent dans des conditions difficiles et pénibles, ils ne
laissèrent la plupart du temps que des ébauches d’un caractère artis-
Source : MNHN, Paris
30
l. RONSIL
tique discutable, qu’ils faisaient ensuite retoucher par un artiste
spécialisé, ou bien comptèrent davantage sur la technique du graveur
que sur leur propre talent de dessinateur pour faire revivre le sujet.
Comme on a pu le voir au début de ce chapitre, Poivre fut de ceux-là,
Ph. Commerson également et un exemple frappant de ces « correc¬
tions » saute aux yeux quand on compare les aquarelles originales (1)
de Pierre Sonnerat avec les reproductions en taille-douce de son
Voyage à la Nouvelle-Guinée (Paris, Ruault, 1776, in-4°) ; ses 79 plan¬
ches d’Oiseaux ont été modifiées par le graveur C. Baquoy, qui ajouta
les paysages de fond.
Sonnerat est toujours son propre illustrateur dans le Voyage aux
Indes orientales et à la Chine (Paris, 1782, 2 vol. in-4° et 1806, 4 vol.
texte in-8° et atlas in-4°) ; des 29 planches d’Oiseaux de cet ouvrage
22 sont gravées par J.-J. Avril et les 7 autres par Fessart et Poisson.
Quelques exemplaires sur papier vélin et papier de Hollande ont été
coloriés à l’époque.
Les dessins de Sonnerat furent souvent copiés, entre autres pour
l’abbé Bonnaterre dans son Ornithologie (2) du Tableau encyclopé¬
dique et méthodique des trois règnes de la nature (Paris, 1790-1823.
3 vol. texte et atlas in-4° de 247 pl. en noir). Fait curieux, dans VAver¬
tissement (pp. VII-V1II), Bonnaterre mentionne divers auteurs étran¬
gers, mais ne cite pas Sonnerat, qu’il mit pourtant très souvent à con¬
tribution : « Les gravures qui font partie de cet ouvrage forment une
des plus nombreuses collections qui ait été faite sur l’ornithologie ;
elle comprend 984 Oiseaux distribués en 232 planches. Le choix des
objets doit surtout la rendre précieuse. On y trouvera non seulement
les individus rares que M. de Buffon a recueillis dans ses planches
enluminées et dont les différences sont saillantes et bien prononcées :
mais j’y ai réuni encore les espèces nouvelles qui ont été publiées
depuis quelques années par MM. Brown, Sparrmann, Jacquin, Nose-
mann, Bruce, des Fontaines, Paterson et plusieurs autres figures
contenues dans la Zoologie du Nord, les Nouveaux Mémoires de Péters-
bourg, de Stockholm et dans plusieurs autres ouvrages étrangers.
M. Bénard, qui est chargé de la gravure de ces planches, semble avoir
redoublé de soin et d’attention en faveur des Oiseaux : son exécution
mérite les plus grands éloges, tant pour la fidélité des dessins que pour
la variété des attitudes. On verra qu’il n’a rien négligé pour que cha¬
que portrait donnât l’idée nette et distincte de son original. »
Les planches 1 à 230 sont de Bénard et 231 à 240 de de Sève,
gravées par Barrois, Pierron, M 11 ' Cornu et Drouet. Celles de
Bénard sont beaucoup plus fines et mieux gravées que celles de
(1) Les aquarelles originales appartiennent à la Bibliothèque Centrale du
Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.
(2) Continuée par L. P. Vieillot.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 31
de Sève ; néanmoins. Bénard n’en est pas l’auteur : on retrouve, en
effet, dans ses dessins, les figures de Martinet, Sonnerat, de Sève
(celles-ci prises dans d’autres ouvrages), etc., à peine modifiées ou
même absolument copiées.
Signalons encore : Mémoire sur quelques nouvelles espèces d’Oi-
seaux des côtes de Barbarie (Histoire de l’Académie Royale des Scien¬
ces, année 1787) (Paris, 1789, petit in-4°), de R.-L. Desfontaines, avec
7 planches assez mauvaises de Fossier, gravées par Y. Le Gouaz ; un
Abrégé d’Histoire Naturelle des Quadrupèdes vivipares et des Oiseaux
(Paris, 1790, 4 vol.), de Holandre, rappelant certaines éditions in-
octavo de Buffon, avec 121 planches d’Oiseaux, la plupart anonymes
(quelques-unes signées Pillement fils), gravées à l’eau-forte et som¬
mairement enluminées ; puis une suite de 134 planches mal exécu¬
tées, empruntées à des auteurs anciens comme Belon ou copiées des
estampes de Nicolas Robert (Diverses Oyseaux... Receiiil d’Oyseaux les
plus rares...) et réunies sous le titre : Ornithologie abrégée de la
France contenant les figures... de 134 espèces d’Oiseaux gravées en
taille douce (1) (Neuwied-sur-le-Rhin, 1794, petit in-4°). Enfin — et
avant d’énumérer les Buffon — nous terminerons le xviu" siècle avec
F.-M. Daudin, dont le Traité élémentaire et complet d’ornithologie
(Paris, 1800, 2 vol. in-4°) est illustré d’une manière très vivante par
l’un des maîtres incontestés de l’iconographie, le « citoyen » Barra-
band (2). Ces 29 planches, quelquefois coloriées, sont très finement
gravées sur acier par L. Duval, Berthaut, Pérée, Miger, Massol,
H. Oder de la Moselle, Armand, et Godefroy.
Nous avons parlé, au cours de ce chapitre, des éditions in-folio et
grand in-folio de l’Histoire Naturelle des Oiseaux, de Buffon, illustrée
par Martinet. Dans l’esprit de l’auteur, ces planches enluminées
étaient destinées à l’édition originale in-quarto devenue classique :
Histoire Naturelle générale et particulière avec la description du Cabi¬
net du Roi, Histoire Naturelle des Oiseaux (Paris, de l’Imprimerie
Royale, 1770-1783, 9 vol. in-4”). Buffon lui-même, dans le « Plan de
l’ouvrage », nous donne la raison pour laquelle il s’est vu contraint de
l’éditer avec de nouvelles planches non enluminées :
« ... Dans le vrai, les planches enluminées sont faites pour cet ouvrage
et l’ouvrage pour ces planches ; mais comme il n'est pas possible d’en mul¬
tiplier assez les exemplaires, que leur nombre ne suffit pas, à beaucoup
près, à ceux qui se sont procuré les volumes précédens de l’Histoire Natu¬
relle, nous avons pensé que ce plus grand nombre qui fait proprement le
Public, nous saurait gré de faire aussi graver d’autres planches noires, qui
(1) Les quelques exemplaires coloriés que nous avons vus nous ont paru assez
grossièrement peints.
(2) La planche XXVI est de Cloquet et les huit premières sont consacrées
à l’ostéologie.
Source : MNHN, Paris
32
R. RONSIL
pourront se multiplier autant qu’il sera nécessaire ; et nous avons choisi
pour cela un ou deux Oiseaux de chaque genre, afin de donner au moins
une idée de leur forme et de leurs principales différences : j’ai fait faire,
autant qu’il a été possible, les dessins de ces gravures d’après les Oiseaux
vivans ; ce ne sont pas les mêmes que ceux des planches enluminées, et je
suis persuadé que le Public verra avec plaisir qu’on a mis autant de soin
à ces dernières qu’aux premières. »
Ces 262 planches (la plupart représentant un sujet ou deux, par¬
fois trois, dans de beaux paysages) sont de de Sève (de même que les
adorables têtes de chapitre) et gravées avec le plus grand soin par
une pléiade d’artistes : Rob. de Launay le Jeune, Lucas, Michel,
Magd. Ther. Rousselet, C. Baron, F. Hubert, Cath. Haussard, Elis.
Haussard, C. G. Guttenberg, Blanchon, Menil, Dufour, L. Le
Grand, Cl. Fessard, Duhamel, L. Guyot, C. Baquoy, M lle Massard,
J. Mansard, Benazech, Schmitz, R. V. Tardieu, L. Monnier, Moitte,
N. du Four, Valperga, M me Levillain, Chambars, N. Thomas.
Les planches de l’édition in-12° (Paris, Imprimerie Royale, 1770-
1785) sont des copies réduites de l'édition précédente.
Nous ne pensons pas qu’il y aurait intérêt à citer ici les quelque
quarante éditions différentes de l’Histoire Naturelle, qui s’échelon¬
nent sur plus d'un siècle et dont presque toutes parurent avec figures.
En principe, après l’édition de Sonnini, si nous exceptons celles illus¬
trées par Oudart, Prêtre, Vauthif.r, Victor Adam et Traviès, les
autres ne sont que des copies plus ou moins arrangées des éditions
antérieures ou bien ont emprunté leurs illustrations à des ouvrages
de zoologie ou de voyages de l’époque. On y trouve toutes les formes
de reproduction : gravure sur bois, sur métal, impression en couleurs,
lithographie, etc... La liste de quelques-unes d’entre elles fait l’objet
de notre Annexe II (p. 00).
Source : MNHN, Paris
H. LE ROY
« La Volière des Oiseaux »
(début du XVII e siècle)
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
Source : MNHM, Paris
A. FLAMEN
« Livre d’oyseaux » 1650
PI. non numérotée (par Flamen)
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE IV
« L’IMPRESSION » EN COULEURS
(Première moitié du XIX* siècle)
Le début du xix" siècle fut, sans conteste, l’âge d’or de l’icono¬
graphie ornithologique en France.
Jamais l’Oiseau n’avait été si richement représenté. Sur quelques
dix années, Audebert, Levaillant, Vieillot, Knip firent paraître
des ouvrages splendides qui n’ont jamais été surpassés. Jusque-là,
l’unique manière de reproduction était la gravure en noir ou enlu¬
minée, mais un procédé relativement récent, l’impression en cou¬
leurs, qui possédait le grand avantage d’éviter l’inégalité du coloriage
à la main, réunissait alors tous les suffrages.
C’est un artiste de Francfort, Jacques-Christophe Leblon (ou Le
Blon), « qui imagina d’imprimer des planches enduites d’encre de
différentes couleurs sur une même feuille de papier, en rappelant à
l’aide de repères très exacts les places auxquelles devaient se rencon¬
trer les traits. Il obtint de la sorte des résultats surprenants et exé¬
cuta un portrait de Louis XV qui, à distance, peut vraiment tromper
les yeux les plus exercés. Cette manière eut chez nous de nombreux
et très habiles adeptes et si elle a rencontré dans la représentation des
figures des difficultés souvent insurmontables, elle doit être encore
estimée, car certaines pièces d’anatomie et d’histoire naturelle ou les
monuments d’architecture polychrome, avant l’invention de la chro¬
molithographie, ne pouvaient être reproduits aussi bien et avec autant
d’exactitude qu’à très grands frais et sans avantage » (G. Duplessis,
Les Merveilles de la Gravure, Paris, 1869.) Leblon utilisait de trois à
cinq planches, chacune ayant sa propre couleur. Après lui, d’autres
perfectionnèrent sa méthode et on chercha, de plus en plus, à sup¬
primer les difficultés de tous ordres rencontrées alors.
Vers la fin du XViii* siècle, des procédés plus simples, comme
l'aquatinte, dont on attribue l’invention au peintre Le Prince, per¬
mirent d’obtenir une plus grande facilité technique et une augmen-
Mémoires Dû Muséum. — Zoologie, T. XV. 3
Source : MNHN, Paris
34
R. RONSIL
tation sensible du tirage, enfin on arrive à ne se servir que d’une seule
planche de métal pour l’impression de plusieurs couleurs, procédé dit
« à la poupée », encore en usage à l’heure actuelle.
Rendons hommage au naturaliste Jean-Baptiste Audebert qui fut
le promoteur d’un procédé analogue pour l’illustration de ses ouvrages
de zoologie. Il introduisit aussi l’emploi des huiles pour le coloriage
des cuivres. Malgré tous les progrès qu’offraient ces diverses méthodes,
les tirages devaient être souvent retouchés à la main.
C’est à Paris que l’impression en couleurs atteignit le summum
de sa perfection et certains imprimeurs comme Langlois, Rémond et
Rousset obtinrent des résultats remarquables qui forcent encore
l’admiration des amateurs d’estampes.
Commençons la bibliographie de ce chapitre par un très bel ouvrage
connu et recherché, les Oiseaux dorés ou à reflets métalliques (Paris,
Desray, 1802, 2 vol. grand in-folio, in-folio et in-4°), de J.-B. Aude¬
bert, continué par L. P. Vieillot (1). La richesse de plumage des
Oiseaux représentés devait fatalement tenter artiste et éditeur et
nous allons voir qu’ils étaient l’un et l’autre assez satisfaits des résul¬
tats obtenus.
« Lorsque J.-B. Audebert me fit part de ses idées sur la possibilité d’imi¬
ter, par la gravure et l’impression en couleurs, les reflets métalliques qui
brillent sur les Colibris, les Oiseaux-Mouches, les Jacamars, les Souïs-
Mangas, quelques Promerops, et plusieurs Oiseaux de Paradis, je les adop¬
tai ; je partageai son enthousiasme pour une entreprise que Buffon même
avait regardée comme impossible. J’ai lieu de croire que la perfection des
figures que je publie, imposera silence à certains Naturalistes, détracteurs
outrés des figures coloriées en Histoire Naturelle. Les amateurs doivent
aussi se défier des déclamations journalières de ceux qui affectent de con¬
fondre la manière d’aujourd’hui avec les mauvaises enluminures qui l’ont
précédée : genre, à la vérité si détestable, qu’au lieu de plumes, il ne repré¬
sente sur les Oiseaux que des couleurs entassées formant des croûtes épaisses
qui s’écaillent et s’enlèvent souvent au moindre toucher et détruisent les
effets de la gravure dont elles couvrent tous les travaux. De ce mauvais
procédé résulte encore un inconvénient non moins grave ; c’est que dans
un tirage de cent figures, à peine obtient-on deux épreuves semblables.
« L’impression en couleurs, quand on ne la surcharge pas, a le mérite
d’écarter tous ces défauts...
« Ce ne sera peut-être pas sans intérêt que les amateurs verront réunis
dans un même ouvrage des Oiseaux dessinés par les plus habiles peintres
de Paris et de Londres.
« Je crois pouvoir assurer, sans crainte d’être contredit, que l’on n’a
jamais apporté autant de soins à l’exécution d’aucun ouvrage de ce genre.
Le goût du « vrai beau » a soutenu ma patience ; mais elle a été si sou¬
vent obligée de lutter contre tant d’obstacles, que peut-être ce travail n’aura
jamais de pendant. » (Avertissement du,Libraire-Editeur Desray.)
(1) Les exemplaires grand in-folio et in-folio ont les légendes des planches
imprimées en or ; dix (ou douze ?) exemplaires grand in-folio ont le texte
imprimé en or.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d'oiseaux 35
Par ailleurs, Audebert nous donne quelques précisions :
« Depuis longtemps, je projetois de publier une Histoire Naturelle des
Colibris, accompagnée de figures ; j’avois même dessiné quelques espèces
des plus brillantes, mais l’impossibilité de rendre les couleurs vives et
métalliques de ces Oiseaux par les moyens ordinaires, je veux dire par
l’enluminure et la dorure au pinceau, m’avoit fait retarder l’exécution de
ce projet. Cependant, je multipliai les essais, et je fus puissamment secondé
dans mes recherches à ce sujet par Louis Bouquet, Professeur de Dessin.
« Mais comme je dois répondre de l’exactitude des figures de cet ouvrage,
qu’elles en sont même l’unique objet, je n’ai confié l’exécution des dessins
à personne ; je les ai fait graver par les plus habiles artistes de Paris ; et
quant à l’effet principal de ces figures, je veux dire l’éclat de leurs cou¬
leurs, cette partie étant le résultat de nos recherches, a été exécutée par
Bouquet.
« Comme l’opération par laquelle l’or est appliqué sur la gravure
demande une justesse extrême et ne peut avoir lieu que sur un petit espace,
cet inconvénient ne nous a pas permis de placer deux figures sur la même
feuille ; et c’est pour cette raison que la première planche seule est dorée
en pinceau.
« L’impression des planches présente aussi quelques difficultés : mais
les talens de l’imprimeur Langlois ont triomphé des obstacles nombreux
que nous avons éprouvés à cet égard. » (Préface par Audebert, pp. 1-2.)
Audebert mourut alors que cette première partie des Oiseaux dorés
était à peine achevée. L’éditeur demanda à Vieillot de terminer l’ou¬
vrage et notre grand ornithologiste savait combien l’art et la zoologie
devaient à son prédécesseur. Aussi ne lui ménage-t-il pas ses louanges
dans l’avertissement de l’Histoire Naturelle des Oiseaux-Mouches
(pp. 43-46, édit, in-folio), qui forme la seconde partie de ce livre
devenu classique : « Cette perte est presque irréparable pour l’His¬
toire Naturelle. Audebert joignoit à l’art du dessin, les connoissances
si nécessaires d’un Naturaliste éclairé... combien les Arts et les Scien¬
ces doivent regretter l’homme qui présentoit un ensemble si rare de
talens et de connoissances et qui a prouvé par les riches et exactes
figures de son dernier ouvrage [Histoire Naturelle des Singes et des
Makis, Paris, 1799, in-folio, 63 pi. col.] que Buffon s’étoit trompé en
le regardant comme l’écueil du pinceau... les talens d’AuDEBERT ont
fait voir que les difficultés sont des moyens pour atteindre à la per¬
fection. »
Après la mort d’AuDEBERT, les figures furent confiées à des artistes
naturalistes anglais ; Davies of Blackheath et Sydenham Edwards
entre autres dessinèrent beaucoup d’Oiseaux-Mouches, de Colibris et
presque tous les Grimpereaux. Les 190 planches de cet ouvrage (1)
ont été gravées par Louis Bouquet.
i*L CeS J panc i leS furent mallltes fo ‘s copiées et on les retrouve très peu
modifiées dans des ouvrages étrangers, particulièrement dans les Naturalist's
MtsceUany (London 1789-1813) de G. Shaw et F. P. Nodder. Ceux-ci emprun¬
teront egalement plusieurs figures aux « Levaillant ».
Source : MNHN, Paris
R. RONSIL
C’était la première fois que l’or était employé dans l’impression
en couleurs pour reproduire les reflets métalliques du plumage des
Oiseaux. Ce procédé donnait un certain brillant sans rendre toutefois
la magnificence de ces éblouissants plumages. Il était prématuré de
vouloir tenter une telle expérience, et même actuellement aucune
technique d’imprimerie ne peut imiter l’éclat de ces plumes dites
« optiques ».
L’imprimeur Langlois était vraiment le maître incontesté de l’im¬
pression en couleurs à Paris au début du xix' siècle. Aussi n’est-il
point étonnant que le grand voyageur et naturaliste François Levail-
lant lui ait confié l’illustration de toute son œuvre ornithologique. Son
Histoire Naturelle des Oiseaux d’Afrique (1) (Paris, Delachaussée, 1805
[1796/1812], 6 vol. in-folio et in-4°), qui forme la base de nos con¬
naissances sur l’avifaune africaine, contient 300 planches. Les dessins,
parfois remarquables, sont de J. Lebrecht Reinold, qu’il ne faut
pas confondre avec son homonyme, le portraitiste Johann Friedrich
Leberecht Reinhold, de Géra.
Toutes ces jolies planches (quelquefois retouchées au pinceau),
dont les premières surtout semblent plus délicatement imprimées en
couleurs, portent la signature de Reinold jusqu’au troisième volume
et sont gravées par Claude Fessard et Pérée. Elles ont été probable¬
ment « supervisées » par J.-R. Aldebert, qui s’occupa de la première
partie de cet ouvrage. A partir du troisième volume, elles ne sont plus
signées ou portent quelquefois : Bouquet direx. ou Cde Fessard sulpt.
Il se peut qu’elles soient toutes du même dessinateur, bien que cer¬
taines figures de Passereaux paraissent d’une autre facture. Ces
planches furent plusieurs fois réimprimées entre 1796 et 1812 et
nous voyons quelques légères modifications d’un format à l’autre. Si
l’Oiseau reste le même, il y a quelquefois des variantes assez sen¬
sibles dans sa position et surtout dans la branche qui lui sert de per¬
choir (2).
Parallèlement à celui-ci, Levaillant faisait paraître un autre
ouvrage : Histoire Naturelle d’une partie d’Oiseaux-Mouches et rares
de l’Amérique et des Indes (Tome premier — seul paru — Paris,
(1) Il existe une traduction allemande d’une partie de cet ouvrage : Franz
le Vaillant’s Natwrgeschichte der afrikanischen Vôgel, ans dem Franzôsischen
übersetzt und mit Anmerkungen verschen von Johann Matthâus JBeclistein
(Nurnberg, 1797 (-1802) in-4°). Huit fascicules de six planches chacun parurent
seulement. Ces planches coloriées sont faites d’après les dessins de J. Lebrecht
Reinold et gravées par J. Nussbiegel. Une édition hollandaise était aussi com¬
mencée en 1812.
(2) Comparer par exemple la planche 89 dans les deux formats où cette même
planche est signée J. Lebrech Reinold, Clde Fessard sculpt. dans l’édition in-
quarto et J. Lebrech Reinold, Bouquet Direxit, dans l’édition in-folio. Il y en
a beaucoup d’autres dans ce cas.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
37
Dufour, An IX (1801), in-4° et in-folio), qui était « destiné par l’au¬
teur à faire partie de son Ornithologie d’Afrique ». Ici, les 49 plan¬
ches ne sont pas signées, certaines, comme les Cotingas notamment,
sont très bien tirées et d’un très joli coloris. Si Levaillant ne donne
aucune indication sur le dessinateur, par contre il ne tarit pas d’éloges
sur les talents de l’imprimeur : « ... Pour rendre leurs portraits par
l’impression en couleur aussi exacts qu’ils doivent être pour ne lais¬
ser, à cet égard, rien à désirer : manière que j’ai le premier mise en
usage pour figurer les Oiseaux, et dont le succès était douteux par la
difficulté de rendre ce brillant et ce velouté naturels, si fugitifs, ainsi
que les différentes nuances de couleurs qui souvent se remarquent sur
la même plume, et que l’art imite si difficilement. Mais les talents
du citoyen Langlois, chargé de cette partie de mes ouvrages ; son apti¬
tude à ce genre de travail, et le goût qu’il y a pris lui-même, l’ont fait
triompher de tous les obstacles ; de sorte que nous pouvons aujour¬
d’hui nous flatter d’approcher de la nature, et de donner la plus grande
vérité à nos figures. Je citerai à cet égard le quinzième cahier de mon
Ornithologie d’Afrique comme le chef-d’œuvre de cet art et des talents
du citoyen Langlois. La manière dont cet artiste est parvenu, dans
cette livraison, à imiter le changement et le glacé des Oiseaux bril¬
lants qui en font le sujet, mérite les plus grands éloges et l’admira¬
tion de tous ceux qui savent apprécier les talents. Les naturalistes,
en particulier, lui doivent un tribut de reconnaissance que je me plais
ici, pour ma part, à lui témoigner publiquement. Cet ouvrage, qui sera
composé de 240 planches, formera etc... » (Préface, pp. II-III). Il ne
fut jamais terminé.
Le plus beau de tous les ouvrages de Levaillant (peut-être même
le plus beau des ouvrages ornithologiques du début du xix e siècle) est
son Histoire Naturelle des Perroquets (Paris, 1801-1805, 2 vol. grand
in-folio, in-folio et très grand in-folio format d’atlas tiré à 12 exem¬
plaires), véritable monument iconographique. Si nous exceptons cer¬
taines figures, les Aras principalement, les autres sont de premier
ordre. Les Loris, les Amazones et les grandes Perruches sont splen¬
dides. Sa magnificence en fait sa perte, car c’est, à notre avis, l’ouvrage
français le plus « cassé ». Devenu très rarement complet, il atteint
à l’heure actuelle, quand on le trouve, un prix astronomique.
Il est évident que le Perroquet, par la vivacité de ses coloris, se
prête particulièrement bien à la reproduction en couleurs ; cependant,
avec ce procédé d’impression, on aurait pu craindre des figures aux
tons heurtés et inélégantes, mais les artistes, les graveurs et l’impri¬
meur Langlois apportèrent tant de soins à leur exécution qu’elles tou¬
chent (dans la majorité des cas) à une perfection rarement atteinte
Source : MNHN, Paris
R. RONSIL
dans un ouvrage de ce genre. Ces 145 planches (1) sont du peintre
Jacques Barraband, spécialisé dans les dessins de fleurs et d’oiseaux.
Malheureusement, l’artiste n’eut comme modèle que des sujets montés
(« empaillés », comme on disait alors), d’où un manque de naturel,
une raideur que l’on retrouve dans presque tous ses dessins. Il acquit
pourtant une juste réputation comme peintre d’Oiseaux et travailla
pour la Manufacture de Sèvres et certaines manufactures de tapisserie
tout en professant le dessin à l’Académie des Arts de Lyon. Au verso
du faux-titre de l’Histoire Naturelle des Perroquets, on lit : « Les
figures de cet ouvrage ont été dessinées d’après nature, gravées et
imprimées en couleur, sous la direction de Bouquet, Professeur de
dessin au Prytanée de Paris. »
Gravées et assez mal peintes à la main, certaines de ces planches
étaient reprises plus tard par Chr. L. Brehm pour sa Monographie der
Papagein (Iéna, 1842-1855, in-folio, 75 pl. col.).
C’est avec les plus étranges et les plus beaux Oiseaux du monde
que Levaillant termina son œuvre ornithologique et son Histoire
Naturelle des Oiseaux de. Paradis et des Rolliers, suivie de celle des
Toucans et des Barbus (2) (Paris, Denné le Jeune et Perlet, 1806, 2 vol.
gr. in-folio et deux exemplaires folio atlantique, 114 pl. impr. en cou¬
leurs), ne le cède en rien aux ouvrages précédents. Même à cette épo¬
que où les superbes livres de toutes sortes étaient légion, celui-ci était
considéré comme l’un des plus beaux et nous ne pouvons résister
au désir de reproduire quelques lignes d’un prospectus du « Dépôt des
Arts » datant de sa parution :
« Ce magnifique ouvrage, sans contredit le plus beau de tous ceux qui
ont paru jusqu’à ce jour, est trop près d’ctre terminé pour qu’on puisse le
ranger parmi les entreprises proposées par souscription, et dont trop sou¬
vent on ne voit pas la fin... Cette entreprise doit être regardée comme devant
contribuer aux progrès de la science et à la gloire des arts : elle offre dans
la plus grande vérité ce que la nature a produit de plus remarquable, de
plus séduisant dans la brillante classe des Oiseaux : et pour ne rien laisser
à désirer aux amateurs, chaque espèce est figurée de grandeur naturelle et
avec toutes ses couleurs : c’est ce qui a déterminé à n’adopter que le for¬
mat grand in-folio, bien plus propre au développement extraordinaire des
Oiseaux de Paradis et des Promerops. Les dessins sont tous faits par
M. Barraban (sic), d’après les individus parfaitement conservés. Les plan¬
ches sont gravées au burin par M. Pérée et autres graveurs avantageusement
connus. Elles sont imprimées en couleur par MM. Langlois et Rousset et
retouchées au pinceau par des peintres dont les talens sont connus. La
réunion des talens de ces artistes célèbres chacun dans son genre a mérité
à cette entreprise le suffrage des connoisseurs. »
(1) Quelques-unes ne sont pas signées.
(2) Actuellement, certaines planches des ouvrages de Levaillant sont rééditées
sur les cuivres originaux qui existent toujours et vendues par les marchands
de gravures.
Source : MNHN, Paris
FRANÇAIS DANS LE LIVRE D'OISEAUX
Barraband pour les dessins, Pérée, Grémilliet (ou Grémillier) et
Bouquet pour la gravure, se surpassèrent et nous ont laissé ici quel¬
ques-unes des plus belles estampes d’Oiseaux. Cette grande publica¬
tion fut complétée par l’Histoire Naturelle des Promerops et des Guê¬
piers, faisant suite à celle des Oiseaux de Paradis (Paris, Denné le
Jeune, 1807, gr. in-folio), dont les 83 planches imprimées en couleurs
et retouchées au pinceau sont l’œuvre de Barraband et Auguste et
gravées par Grémillier, Guvard fils, Bouquet et Bariere. Cet ouvrage
n’a rien à envier au précédent (1).
Il était difficile de produire livres plus somptueux, mais d’autres
ornithologistes eurent à cœur de faire aussi bien en s’assurant le con¬
cours des meilleurs artistes et éditeurs de l’époque. L. P. Vieillot,
qui termina les Oiseaux dorés, d’AuDEBERT, fut de ceux-là et on se
demande comment ce naturaliste, qui vécut continuellement dans la
pauvreté, a pu mener à bien une iconographie aussi belle que coûteuse.
Il choisit lui aussi un peintre en renom, J. G. Prêtre ; comme gra¬
veur, un des plus habiles du temps, Bouquet ; enfin Langlois fut
chargé de l’impression en couleurs.
Les Oiseaux figurés par Vieillot sont dans l’ensemble moins
curieux et moins décoratifs que les belles espèces illustrant l’œuvre de
Levaillant. Il faut considérer aussi que le but de Vieillot était plus
scientifique que spectaculaire et il est logique que nous trouvions dans
ses ouvrages des suites de planches représentant des espèces aux for¬
mes banales et au plumage terne. On lui doit la première iconogra¬
phie imprimée en couleurs sur les Oiseaux de volière, l’Histoire Natu¬
relle des plus beaux Oiseaux chanteurs de la zone torride (Paris.
Dufour, 1805, gr. in-folio), dont les 72 planches sont très fines et quel¬
quefois retouchées au pinceau. Les 131 planches de son Histoire Natu¬
relle des Oiseaux de l’Amérique septentrionale contenant un grand
nombre d’espèces décrites ou figurées pour la première fois (Paris,
Desray, 1807, 2 vol. gr. in-folio) sont du même ordre.
L’avifaune si variée et si riche de l’Amérique tropicale comprend
plusieurs groupes d’Oiseaux remarquables par leurs chatoyantes
livrées. Les Tangaras et les Manaquins sont parmi les plus beaux.
Anselme-Gaëtan Desmarest leur consacra la première monographie
ornithologique, l’Histoire Naturelle des Tangaras, des Manaquins et
des Todiers (Paris, Garnery et Delachaussée, 1805, gr. in-folio), « avec
figures imprimées en couleurs, d’après les dessins de M ,,e Pauline
de Courcelles, élève de Barraband ». Très finement retouchées au
pinceau par l’artiste elle-même, ces 72 superbes planches sont gravées
(1) La majorité des aquarelles originales de Barraband, ayant servi à illustrer
les ouvrages de Levaillant, font actuellement partie de la bibliothèque Marcel
Jeanson.
Source : MNHN, Paris
40
». RONSIL
par Grémilliet et Alexandre Martinet. Si l’influence de Barraband
est manifeste, surtout dans les attitudes de certains sujets, d’autres
ont déjà plus de vie et laissent présager que l’élève peut égaler et
même surpasser le maître.
Pauline de Courcelles, qui épousa le peintre graveur hollandais
Auguste Knip, se spécialisa dans les figures d’Oiseaux ; ses pein¬
tures furent très remarquées entre 1808 et 1814 aux divers Salons
artistiques de Paris. Elle travailla aussi sur porcelaine à la Manu¬
facture de Sèvres, se servant toujours d’Oiseaux comme modèles, mais
elle doit surtout sa renommée aux 87 belles planches qui ornent
l’ Histoire Naturelle générale des Pigeons (Paris, 1808, in-folio), de
C. J. Temminck, et qui furent « gravées, imprimées et retouchées sous
sa direction ». Cet ouvrage du grand naturaliste hollandais devait
paraître en trois volumes de 250 planches, de Pauline de Courcelles
et Prêtre. Mais en 1811, à la neuvième livraison et pendant l’absence
de l’auteur, M mo Knip se l’appropria et en changea le titre : Les
Pigeons, « par M rao Knip, née Pauline de Courcelles, premier peintre
d’histoire naturelle de S. M. l’Impératrice Reine Marie-Louise. Le texte
par C. J. Themminck » (sic). (Paris, chez M mo Knip, auteur, et Garnery,
1811, in-folio, 87 pl. col.) Voici comment Temminck explique, avec
amertume, cette substitution dans son Histoire Naturelle générale des
Pigeons et des Gallinacés (Amsterdam, Sepp. 1813-1815, 3 vol. in-8°,
tome III, pp. 640-644) :
« Je me vois à regret dans la nécessité de terminer cette monographie
par un article étranger à la science de l’Histoire Naturelle.
« L’ouvrage que j’offre au public dans le présent format in-folio est
accompagné de planches coloriées. Le premier volume de cette édition en
grand format, contenant la Monographie des Pigeons, parut à Paris en
l’année 1808 et fut terminé en 1811 ; j’en confiai la direction à M 11 ' Pauline
de Courcelles, depuis M m0 Knip, peintre en histoire naturelle, très habile
et dont tous les ouvrages en ce genre attestent les talents distingués. Cette
dame fut chargée de surveiller la gravure des planches ; les dessins avaient
été faits par elle d’après les espèces de Pigeons qui se trouvaient au Muséum
de Paris au nombre de 47 individus, ainsi que 40 dessins qu’elle copia
d’après ceux que j’avais fait faire sous mes yeux par M. Prêtre qui, à cette
fin, était venu passer quelques mois en Hollande.
« La première livraison parut en 1808, accompagnée du titre que porte
la présente édition ; M m0 Knip, alors M 110 de Courcelles, s’y trouvait nommée,
comme de droit, pour la part qu'elle avait à l’entreprise, et dans les termes
suivants : avec figures en couleurs peintes par M" e Pauline de Courcelles,
gravées, imprimées et retouchées sous sa direction.
« L’ouvrage ne fut pas plutôt terminé que M me Knip, abusant de mon
indulgence et ingrate envers le désintéressement que j’avais montré en sa
faveur, trouva bon de changer le titre, en le remplaçant par un nouveau où
elle se nomme auteur ; elle supprima 40 pages d’impression du texte, qui
auraient pu servir de témoins contre le prétendu auteur, et fit éprouver le
même sort à l’Index latin, formant 16 pages imprimées en deux colonnes.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. IX
N. ROBERT
« Divers Oyseaux desinez d’après le naturel » 1683
Pinsons, Coççothrauste, Pic-Grieche, Bec-Croise
(par N. Robert)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. X
N. ROBERT
« Diverses oyseaux dessignées et gravées d’après le Naturel » (s. d.)
(par N. Robert)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
l'art français dans le livre d’oiseaux 41
Cet ouvrage ainsi mutilé fut présenté à S. M. l’Impératrice et Reine Marie-
Louise, et servit à obtenir des gratifications que l’ambition de M" ,e Knip
convoitoit depuis longtems. Cependant, afin de me laisser ignorer, à une
distance de cent lieues, toutes les trames de cette action arbitraire,
M m * Knip eut la prévoyance de ne me faire parvenir que des exemplaires
complets, portant le titre de l’année 1808 et auxquels on n’avait rien retran¬
ché du texte ni de l’index.
« Un voyage que je fis à cette époque à Paris, pour y publier les deux
volumes de l’Histoire Naturelle des Gallinacés, qui étoient destinés à faire
la suite des Pigeons, me fit découvrir les artifices de cette dame. Tous les
moyens mis en œuvre pour en appeler contre un acte si arbitraire furent
sans effet, et ma voix ne put alors s'élever contre l’intrigue soutenue par des
protecteurs puissants ; les journalistes refusèrent de placer mes réclama¬
tions dans leurs feuilles ; même celle en réponse à l’article que le nouvel
auteur avait fait publier par ces journaux me fut interdite.
« Tel est le sort qu'éprouva ce premier volume ; les suppressions très
conséquentes qui y ont eu lieu, m’ont fait prendre la résolution de publier
cet ouvrage dans le format in-8 vo .
« Je préviens le public que les dessins originaux des Gallinacés, au nom¬
bre de 160, exécutés par l’habile peintre M. Prêtre, sont en ma possession :
je me réserve de les publier, lorsque les tems se montreront plus propices
à l’exécution d’une entreprise aussi conséquente (1). »
Une autre édition parut avec une suite de nouvelles planches et un
texte de Florent Prévost pour le deuxième volume : Les Pigeons...
« Tome premier, deuxième édition » (Paris, 1838, in-folio, 87 pl.
col.). Les Pigeons... « Le texte par Florent Prévost. Tome second »
(Paris, 1838-1843, in-folio, 60 pl. col.). Seul le titre diffère pour les
deux premiers volumes et le premier de la deuxième édition. Les
planches imprimées en couleurs très finement retouchées au pinceau,
quelquefois rehaussées d’or par M me Knip elle-même et gravées par
César Macret, sont absolument semblables. Dans le deuxième volume
de la deuxième édition, les huit premières planches seules sont impri¬
mées en couleurs, retouchées et gravées par Dequevauvilliers (ou
Dequevauviller) et Guyard. Les autres sont lithographiées, soigneuse¬
ment peintes à la main, et ne portent pas de noms de graveurs (2).
Il va sans dire que ces grands in-folio, s’ils ont atteint des prix ini¬
maginables de nos jours, étaient également très chers à l’époque de
leur parution et seuls quelques privilégiés pouvaient les acquérir.
Vers le milieu de la deuxième décade du xix” siècle, il semble que
l’ère des grandes planches imprimées en couleurs soit close, pour les
livres purement ornithologiques tout au moins, car elle se prolongera
avec les atlas de voyages. Des formats plus petits et moins coûteux
allaient perpétuer cependant ce mode d’expression.
(1) Ces 160 dessins appartiennent à la bibliothèque du Rijksmuseum d’His-
toire Naturelle de Leiden.
(2) V. ci-dessus page 39.
Source : MNHN, Paris
42
R. H0NSIL
Nous avions déjà eu au début du siècle une Histoire Naturelle de
Buffon (édition Sonnini, 1800-1805) avec 257 planches imprimées en
couleurs, en petit in-octavo. Puis des dictionnaires d’histoire naturelle
furent aussi édités de la même manière ; nous en reparlerons à la fin
de ce chapitre. De plus, l’image, document ou élément de comparaison,
perd peu à peu de son importance intrinsèque au profit du texte. C’est
ainsi que Vieillot constitua la première iconographie, malheureuse¬
ment inachevée, de l’avifaune française, qui parut à Paris de 1822 à
1829 en formats in-octavo et in-quarto. On ne connaît le titre que par
les couvertures des livraisons ainsi libellées : Faune française ou His¬
toire Naturelle, générale et particulière des animaux qui se trouvent
en France, constamment ou passagèrement à la surface du sol, dans
les eaux qui le baignent et dans le littoral des mers qui le bornent.
Par MM. L. P. Vieillot. A. G. Desmarest, etc. (Paris, Levrault).
Pour les «Oiseaux», huit livraisons seulement furent mises dans le
commerce et forment un volume de texte et un petit atlas de 114 plan¬
ches, par Prêtre, dont 110 sont imprimées en couleurs et retouchées
au pinceau. Elles sont gravées par M me Massard, Massard aîné,
M lle Coignet, M mo Douilleau, Annedouche, Guyard, Davesne, Dumes-
nil, Breton, Corbié, Saint-Evres et Fournier ; deux (pl. 69 et 70)
ne sont pas signées et quelques-unes, dans les dernières, sont agré¬
mentées d’un petit paysage à l’arrière-plan.
Les grands in-folio avaient aussi le défaut d’être encombrants et
d’un maniement peu facile. Le naturaliste R. P. Lesson en connaissait
bien les inconvénients et voulait, d’autre part, que l’étude de l’Oiseau
ne soit pas seulement l’apanage des riches : « Jusqu’à ce jour les livres
d’histoire naturelle, accompagnés de figures, ont été publiés en France
dans les formats in-folio et in-4°. Ces ouvrages, par les sommes consi¬
dérables qu’exigent les frais de gravure, de coloriage, d’impression,
sont hors de la portée d’un très grand nombre d’acquéreurs. Leur
format d’ailleurs est incommode, et les fait reléguer dans les grandes
bibliothèques où ils ne sont visités que par les naturalistes de profes¬
sion. Depuis long-tems nous pensions que les volumes grand in-8°
renfermaient toutes les conditions les plus favorables pour populariser
la science et donner à beaucoup de personnes le goût de l’ornitho¬
logie. » ( Histoire Naturelle des Oiseaux-Mouches, Paris (1829), Aver¬
tissement.) Quelques années plus tard, il écrira encore : « ... C’est dans
notre patrie qu’ont vu le jour tant de somptueux et riches ouvrages,
tels que ceux d’AuDEBERT, de Vieillot, de Levaillant; et c’est à Paris
que sont exécutées les planches de M. Temminck, qui font suite aux
figures types publiées par Daubenton sous le patronage de Buffon.
Peut-être est-ce à cause de ces ouvrages dispendieux que cette science
[l’ornithologie] semble être plus exclusivement le domaine des ama¬
teurs opulens. » (Traité d’Ornithologie, Paris, 1831, Préface, p. vu.)
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
43
Lesson s’en tint toujours aux petits formats et nous en laissa toute
une série, très représentative de l'époque romantique.
Voici d’abord un petit in-16°, son Manuel d’Ornithologie (Paris,
Roret, 1828, 2 vol.) avec un Atlas (1) miniature de 129 planches,
imprimées en couleurs, représentant la plupart des espèces décrites.
Elles sont de De Sève (ou Desève) gravées par Mondé, Le Vilain,
Racine, V” Tardieu, Jourdan, Delvaux, Pierron, Dévissé, Mondet,
Miger, Motev et constituent des réductions arrangées des planches
de la première édition in-4° de l’Histoire Naturelle des Oiseaux de
Buffon (Paris, Impr. Royale, 1770-1783, 9 vol.) mais beaucoup moins
bonnes.
Les 119 planches de son Traité d’Ornithologie ou Tableau métho¬
dique des ordres, sous-ordres, familles, tribus, genres, sous-genres et
races d’Oiseaux (Paris, Levrault, 1831, texte et atlas in-8°) avaient
déjà servi à illustrer le « Dictionnaire des Sciences Naturelles » (Paris,
Levrault, 1816-1830) dont la partie ornithologique fut confiée à
Dumont de Sainte-Croix. Ces figures sont toutes de Prêtre (Coûtant,
Massard, Guyard, Rebel, Bourey (ou Bouré), Giraud, Plée, V. Plée
fils, M 11 ' Coignet, graveurs) terminées à la main et quelquefois
rehaussées d’or dans les beaux exemplaires.
Enfin, voici ses quatre plus beaux ouvrages, si connus, consacrés
aux Trochilidés et aux Paradisiers, mais devenant de plus en plus
rares par suite du cassage intensif dont ils sont l’objet ; toutes leurs
planches sont imprimées en couleurs et terminées au pinceau :
Histoire Naturelle des Oiseaux-Mouches, « ouvrage orné de planches
dessinées et gravées par les meilleurs artistes » (Paris, Arthus Ber¬
trand (1829), gr. in-8"), 86 pl. par Prêtre, Bévalet, Bévalet fils,
M Ue Zoë Dumont, Bessa, Vauthier (d’après Swainson (2)), M mo Lesson
(d’après Vieillot) et gravées par Coûtant.
« Nous ne doutons pas que la beauté des planches et du coloriage ne
la fasse (« l’Histoire Naturelle des Oiseaux-Mouches ») rechercher par les
gens du monde et surtout par les dames qui occupent leur loisir à la pein¬
ture, et que l’éclat dont jouissent les êtres qui y sont représentés ne leur
fasse un instant quitter les fleurs exclusivement en possession de leur
palette. Tels sont aussi les motifs qui nous ont décidé à choisir d’abord la
famille des Oiseaux-mouches, que déjà notre compatriote Audebert avait
traitée conjointement avec M. Vieillot. Mais depuis l’ouvrage d’Audebert,
les arts de la gravure et de l’impression en couleurs ont fait des progrès
immenses et de nombreuses espèces nouvelles ont aussi rendu nécessaire
une révision de ce genre admirable, le plus capable sans contredit de
plaire à un grand nombre de personnes. » Quoiqu’en puisse dire l’auteur
(1) Ce même petit Atlas accompagnait également le Manuel d’Histoire Natu¬
relle de Boitard (Paris, Roret, 1827, 2 vol. in-16°).
(2) Planches parues dans les Xoological Illustrations (London, 6 vol. 1820-
1833) de M. Swainson.
Source : MNHN, Paris
44
R. RONSIL
dans son Avertissement, nous ne trouvons pas que ces figures, pour aussi
charmantes qu’elles peuvent être, soient supérieures comme impression à
celles d’ouvrages précédents.
Il continua par l 'Histoire Naturelle des Colibris suivie d’un Sup¬
plément à l’Histoire Naturelle des Oiseaux-Mouches (Paris, Arthus
Bertrand (1831) (1), gr. in-8°) dont les 66 planches sont également de
Prêtre et Bévalet, gravées par Coûtant et Teillard. Enfin, pour
terminer cette famille d’oiseaux minuscules Les Trochilidés ou les
Colibris et les Oiseaux-Mouches, « suivis d’un Index Général, dans
lequel sont décrites et classées méthodiquement toutes les races et
espèces du genre Trochilus » (Paris, Arthus Bertrand (1831-1832),
gr. in-8\ 66 pi.), d’après les dessins des mêmes artistes mais gravés
par Oudet. Lesson en était enchanté et nous le présente d’une façon
charmante :
« ... ce livre des « Trochilidées » sera le complément indispensable
de la monographie des Oiseaux du genre « Trochilus » ; pour les
bibliophiles et les dames, c’est un album de dessins élégans ; pour
tous, un livre curieux, exécuté avec soin, plein de figures gracieuses,
mignon dans son format, coquet dans son exécution. Il n’a rien de
la lourdeur des in-folio, rien de la prétention des mémoires acadé¬
miques. »
Les planches de ces trois derniers ouvrages furent très souvent
reproduites ailleurs (2). William Jardine s’en servit pour illustrer les
deux volumes des Oiseaux-Mouches de The Naturalises Library (Hum-
ming-Birds. Edinbourg, 1833-1834, in-16°, 34 et 30 pl. col.). Mais
dans ceux-ci les planches ne sont pas imprimées en couleurs. Elles
sont gravées par Lizars, peintes à la main et ne portent ni les noms
des artistes, ni ceux des graveurs français. Voici ce que dit l’auteur,
p. 85 du premier volume : « The following plates, with their descrip¬
tion, hâve been made as much as possible from specimens of the birds
themselves, but when these could not be procured, they are taken
from those works vvhich could be most relied upon for their accuracy.
We hâve accordingly availed ourselves generally of Lesson’s splendid
monograph of this family, and of Temminck’s « Planches Coloriées. »
William Jardine et J. Selby empruntèrent souvent, du reste, pour
d'autres ouvrages de cette même collection (« The Naturalist’s
Library ») différentes figures d’ouvrages français comme l’Attagis de
Latreille des Illustrations de Zoologie de Lesson, « Columba cyano-
virens » du Voyage de la Coquille, le Ganga unibande, le Roulroul
couronné, etc., des Planches Coloriées de Temminck et Laugier. Le gra-
(1) Réimprimé en 1847.
(2) Les pl. de Hamming Birds (London, 1855 et Nelle éd. 1871, 8 pl. col.
in-12°) de H. G. Adams sont aussi copiées sur ces trois ouvrages.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 45
veur anglais Lizars y ajouta des arrière-plans, non coloriés, repré¬
sentant des paysages.
Nous arrivons, enfin, au quatrième et dernier ouvrage de cette
série de Lesson, l’Histoire Naturelle des Oiseaux de Paradis et des
Epimaques (Paris, Arthus Bertrand (1835), gr. in-8° et in-4°) avec
43 planches de Prêtre et de P. Oudart (Visto, Schmeltz, Guyard,
Lallemand, Oudet, Massard, M" e Massard, H. Legrand, Migneret,
Heina, Duménil, graveurs). Ces figures (1) sont moins soignées que
celles des autres ouvrages du même auteur ; il s’en plaignit dans une
lettre adressée le 17 septembre 1847 au directeur de la Revue Zoolo¬
gique (pp. 302-303), lettre qu’il termine ainsi : « ... Livre tombé
malheureusement pour moi dans la spéculation mercantile et dont
les planches ont été défigurées par un ignoble coloriage. »
On trouve plus souvent ces quatre ouvrages gravés en noir et colo¬
riés à la main, à l’époque (2), qu’imprimés en couleurs et retouchés. Il
semble bien qu’il y ait eu deux tirages différents et il est indéniable
que la gravure très légère du tirage non imprimé en couleurs a été
faite en vue du coloriage au pinceau. Parmi les nombreux exemplaires
que nous avons vus de ces monographies, les deux tiers étaient coloriés
par ce dernier procédé. Les planches imprimées en couleurs sont
néanmoins plus fines.
L’œuvre de Lesson comprend encore deux beaux ouvrages recher¬
chés : Centurie Zoologique ou Choix d’Animaux rares nouveaux ou
imparfaitement connus (Paris, Levrault, 1830, gr. in-8° et in-4°) et
Illustration de Zoologie ou Recueil de figures d’Animaux peints
d’après nature (Paris, A. Bertrand, 1832-1835, gr. in-8° et in-4°) avec
42 planches d’oiseaux par Prêtre (Coûtant, M mc Massard, M 1 ' 2 3 * * 6 Adèle
Massard et Guyard, graveurs) pour le premier et 19 planches du
même artiste et une, (pl. 28) de Bessa pour les Illustrations (Oudet,
Massard, Guyard, Lecerf et Mougeot, graveurs). Ces figures sont
très bien imprimées en couleurs et finement retouchées, quelques-
unes sont gravées et soigneusement peintes à la main dans le dernier
ouvrage (3).
(1) Quelques-unes de ces figures, ainsi que d’autres de l’Histoire nat. des
Oiseaux de Paradis, de Lbvaillant, servirent de modèles à R. Havrli, pour son
ouvrage A Collection of the Birds of Paradise (London, 1835, in-folio, 22 pl. gra¬
vées et peintes).
(2) Nous ne parlons pas naturellement des exemplaires récemment coloriés
n’importe comment et par n’importe qui, et vendus par des libraires ou des mar¬
chands de gravures sans scrupule. L’ornithologiste le moins averti les reconnaî¬
tra sans difficulté.
(3) L’iconographie ornithologique de H. G. L. Reichenbach n’est dans sa
majorité qu’une copie des meilleures figures d’ouvrages français et étrangers du
début et du milieu du xix' siècle. Chez nous, s’il reprit bon nombre de figures
des atlas des grands voyages, c’est surtout dans l’œuvre de Lesson qu’il puisa
pour ses nombreux emprunts.
Source : MNHN, Paris
R. RO NS II.
46
Cette formule, planches imprimées en couleurs et planches peintes
à la main, se rencontre très souvent dans les livres et périodiques
d’histoire naturelle du siècle dernier. F. E. Guérin-Méneville l’utilisa
avec succès dans le Magasin de Zoologie et également dans la Revue
et Magasin de Zoologie. Mais c’est surtout son Iconographie du règne
animal de Cuvier (Paris, Baillière (1829-1838), gr. in-8° et in-4°) qui
nous en donne un bon exemple ; nombreux sont les artistes et les orni¬
thologistes de l’époque qui collaborèrent à ces 70 planches d’Oiseaux :
Bevalet, Prêtre, Guérin, Ed. Traviès, Delarue, L. Gerbe (Canu,
Giraud, Lagesse, Annedouche, graveurs). Plus tard, elles reparais¬
sent (gravées et coloriées au pinceau) sous le titre : Les Oiseaux
décrits et figurés d’après la Classification de Georges Cuvier (Paris,
Baillière (1869-1870), gr. in-8°, 72 pl.)
Mais les figures les plus finement gravées et imprimées en couleurs
sont, sans contredit, celles des 94 planches de l’ouvrage magistral de
Georges Cuvier : Le Règne animal distribué d’après son organisation
(Oiseaux, par Alcide d’Orbigny) (Paris, Fortin, Masson, 1838-1843,
gr. in-8°). Il est regrettable toutefois que de telles planches soient
encombrées de pièces anatomiques, non coloriées, qui leur ôtent tout
caractère artistique. Elles furent dessinées par Edouard Traviès et
gravées par A. Fournier, Guyard (ou Guillard), Oudet, Manceau,
Mongeot, M me Bourrey, Annedouche, Giraud et Henri Legrand.
Nous arrivons enfin aux dictionnaires d’histoire naturelle si nom¬
breux au xix e siècle et presque tous très bien illustrés. L’un des pre¬
miers, le Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle (Paris, Déterville,
1803-1804) a un atlas de 236 planches coloriées dont les oiseaux sont
de De Sève et Prêtre (Pierson, V ve Tardieu, Letellier et Voysard,
graveurs) tandis que les planches du Dictionnaire classique d’Histoire
Naturelle (Paris, 1822-1831) de Bory de Saint-Vincent sont de
C. Vauthier, imprimées en couleurs, terminées à la main et gravées
par J. A. Pierron, M me Bourrey, etc...
Comme nous l’avons déjà dit, les 119 planches d’oiseaux du Dic¬
tionnaire des Sciences Naturelles (Ornithologie par Dumont de Sainte
Croix) (Paris, Levrault, 1816-1830) sont les mêmes que celles du
Traité d’Ornithologie de Lesson ; un atlas supplémentaire qui parut
en 1844, emprunta ses 37 planches d’Oiseaux à la Centurie Zoologique
(Paris, 1830) du même naturaliste. Le Dictionnaire Universel d’His¬
toire Naturelle (Paris, Renard, 1840-1849, gr. in-8°, 13 vol. et 3 atlas)
de Charles d’Orbigny est à notre avis le plus beau de tous. Il contient
53 magnifiques planches d’oiseaux dues au talent d’Edouard Traviès
(Pardinel, Fournier, Teillard et Manceaux, graveurs) ; leur
impression en couleurs est d’une extrême finesse et les teintes vrai¬
ment superbes. Seuls les sujets sont coloriés, le reste de la planche
(fonds, arbres, branches, fleurs, etc...) est laissé en noir.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 47
Pour terminer, n’oublions pas un charmant petit livre d’aviculture,
Les Pigeons de volière et de colombier (Paris, 1824, in-8°) de Boitard
et Corbié, dont les 25 planches sont aussi finement imprimées et bien
retouchées à la main. Boitard les aurait dessinées lui-même « avec la
plus scrupuleuse exactitude et d’après la nature la mieux choisie »,
dit-il dans sa préface, cependant la planche 3 porte la signature de
Susemihl (1).
(1) Susemihl, Johann Conrad, Johann Theodor et Erwin Edouard, étaient
des peintres graveurs allemands de cette époque qui illustrèrent plusieurs
ouvrages d’histoire naturelle.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XI
D.-G. ELLIOT
A monograph of the Pittidae 1861-63
PI. non numérotée
Brachyurus strepitans
(par Oudart)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE V
L’ICONOGRAPHIE ET LES GRANDS VOYAGES
(Première partie du XIX siècle)
La France peut s'enorgueillir d’être en tête des plus belles et des
plus nombreuses publications scientifiques de ces relations de voyages
dont les atlas zoologiques forment comme un prolongement magni¬
fique a ces beaux ouvrages spécialisés que nous avons passés en revue
au chapitre précédent.
Placées la plupart du temps sous les auspices du gouvernement,
ces expéditions prennent souvent la forme de circumnavigation. Il est
avéré que, sous couvert de recherches scientifiques, elles cachaient un
but politique, mais elles donnèrent presque toujours dans les deux
cas des résultats remarquables.
Les relations étendues de ces voyages étaient abondamment et
richement illustrées, la plupart des nouvelles espèces découvertes sou¬
vent figurées et tout était mis en œuvre pour donner le maximum
d'intérêt à ces gravures qui sont, dans l’ensemble, de premier ordre.
Le meilleur éditeur de l'époque, Arthus Bertrand, des imprimeurs
comme Langlois et Rémond, des peintres en renom, Barraband,
Oudart, Bevalet, Alph. Prévost, N. Huet, E. Traviès, Werner et
surtout J. G. Prêtre, ainsi que d'innombrables graveurs, collaborè¬
rent pour enrichir notre patrimoine iconographique. On peut repro¬
cher cependant à ces artistes un manque de naturel, une raideur qui
n'est souvent rachetée que par la finesse de la gravure ou la beauté
des coloris. S’ils ne s'affranchissent que rarement du respect qu'ils
doivent aux sujets qu'ils dessinent, c’est que l’art du taxidermiste
est encore mineur (il l’est resté jusqu’à nos jours) et pour leur
défense, disons que la plupart du temps les auteurs scientifiques ne
leur ont donné pour modèles que des oiseaux mal montés.
L’impréssion en couleurs est la manière la plus employée pour ce
genre d’ouvrages, mais on trouve aussi et même assez fréquemment
la gravure imprimée dans la teinte dominante de l'Oiseau, ainsi que
la gravure et la lithographie coloriées à la main.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XV. 4
Source : MNHN, Paris
50
t. RONSIL
Parfois, des artistes prenaient part à ces grands voyages ; c’est
ainsi que J.-F. La Pérouse engagea Prévost oncle et J. R. Prévost
fils comme dessinateurs tandis que Duché de Vancy était le peintre
paysagiste. Chacun de ces artistes a dessiné une planche d’oiseaux de
l’atlas (1) grand in-folio du Voyage de La Pérouse autour du monde
(Paris, Imprimerie de la République, 1797 [ou 1798]). Néanmoins,
Prévost fils semble avoir participé à l’expédition comme artiste pour
la zoologie car dans une note (vol. IV, pp. 166-167) La Pérouse dit
qu’il « a dessiné tous les oiseaux, les poissons, les coquilles... ». Les
trois planches noires sont gravées par Le Pagelet.
J. J. Labillardière dans sa Relation du voyage à la recherche de
La Pérouse... 1791 (-94) (Paris, Jansen, 1800, atlas gr. in-folio) nous
a laissé 4 planches en noir d’oiseaux, une par Piron et trois par Aude-
bert, gravées par Pérée.
Un des plus grands ouvrages du début du XIX" siècle, aussi grand
par son importance documentaire que par son format, est, sans
contredit la Description de l’Egypte ou Recueil des observations et des
recherches qui ont été faites en Egypte pendant l’Expédition de l’Ar¬
mée française, publiée par les ordres de Sa Majesté l’Empereur Napo¬
léon le Grand (Paris, Imprimerie Impériale, 1809) (2), dont l’histoire
naturelle (Zoologie-Oiseaux) a été traitée par Jules-César Savigny et
Victor Audoin. Les 14 planches d’oiseaux de cet in-plano, les plus
grandes qui aient jamais paru en France, sont vraiment superbes,
finement gravées sur métal et soigneusement imprimées en couleurs
pour certains exemplaires destinés à la Cour. Elles sont presque toutes
de Barraband, gravées par Bouquet (pl. 1, 2, 3, 5, 6 , 8, 9, 10) ; Henri-
Joseph Redouté (1766 - ?) collabora à deux d’entre elle (fig. 2 de la
planche 4 et fig. 1 de la planche 7), les autres figures de ces deux
planches sont également de Barraband (3). Les planches 11, 12, 13
et 14 portent seulement Bouquet Set. Dans l’ensemble, les Oiseaux sont
excellents. Ce sont, à notre avis, les figures les plus vivantes et les
plus naturelles de Barraband, elles surpassent, et de beaucoup, tous
les meilleurs sujets des planches des « Levaillant ».
Quelquefois ces planches sont jointes aux tirés «à part de l’ouvrage :
Explication sommaire des planches d’Oiseaux de l’Egypte et de la
Syrie, « publiées par Jules-César Savigny », par Victor Audoin, et
(1) Pl. I, par Prévost, 2 par J. R. Prévost fils et 3 par Duché de Vancy.
(2) Seconde édition, Paris, Panckoucke, 1826. Tous les exemplaires de cette
édition ont été tirés en noir.
(3) La planche VIII représentant le Condor dans le Voyage de Humboldt
et Boupland (« Recueil d’observations », etc.) (Paris, Schoell, 1811-1833, 2 vol.
in-4°) est de Barraband. d’après Humboldt, et gravée par Bouquet (Langlois,
imprimeur).
Source : MNHN, Paris
FRANÇAIS DANS LE LIVRE D’OISEAUX
51
Système des Oiseaux de l’Egypte et de la Syrie, par Jules-César Savi-
gny (ou Observations sur le Système des Oiseaux de l’Egypte et de
la Syrie).
Ne quittons pas Savigny sans citer son Histoire Naturelle et
Mythologique de l’Ibis (Paris, Allais, 1805, in-12°), « ornée de six
planches [noires] gravées par Bouquet, d’après les dessins de
H. J. Redouté et Barraband ». Seules les planches II et III sont
signées Barraband ; les planches I el IV, non signées, représentant
l'Ibis Blanc et l'Ibis Noir, sont vraisemblablement de H. J. Redouté.
Les deux autres (V et VI) figurent des hiéroglyphes.
C’est, à notre connaissance, les seuls dessins d’Oiseaux que nous
laissa H. J. Redouté, frère de Pierre-Joseph Redouté, si connu par
ses superbes monographies des Liliacées et des Roses. Les deux frères,
comme artistes, firent partie de la fameuse Commission d’Egypte.
Un autre peintre de fleurs, Pancrace Bessa, ne fut guère plus géné¬
reux en ce qui concerne la faune avienne. En effet, nous ne relevons
sa signature que dans les Illustrations de Zoologie (pi. 28) de Lesson ;
VHistoire Naturelle des Oiseaux-Mouches du même auteur, La Volière
des Dames, de C. Malo et sur les 3 planches imprimées en couleurs et
retouchées de l’atlas du Journal de la Navigation autour du globe de¬
là Frégate La Thétis et de la Corvette L’Espcrance pendant les années
18U, 1825, 1826 (Paris, A. Bertrand, 1837, in-folio), de H. Y. P. de
Bougainville. Regrettons que Bessa n’ait pas persévéré dans le dessin
zoologique, car ses figures représentant en grandeur naturelle le mâle
et la femelle d'un grand Perroquet, le Collocéphale austral (Cacatoès
Gang-gang), sont fort belles. Elles sont gravées par Coûtant et Oudet
et sortent de l’atelier de N. Rémond.
J. G. Prêtre a été certainement le peintre le plus employé, le plus
fécond de la première moitié du xix' siècle. C'est par centaines que
1 on rencontre ses figures dans les ouvrages d’histoire naturelle et ses
planches sont innombrables. Ce fut un artiste fidèle et consciencieux,
mais il n’arriva jamais à se départir de cette rigidité qui fait perdre
beaucoup d’intérêt à son œuvre. De tous les artistes de son temps, sa
signature est, sans conteste, celle que l'on trouve le plus fréquemment
sur les planches ornithologiques des grands voyages. En voici trois,
imprimés en couleurs, dont les oiseaux sont uniquement de lui :
Voyages aux Indes orientales... Pendant les années 1825 à 1829 (Paris,
A. Bertrand, 1831-1844) de Charles Bélanger, dont les 10 planches
de l’atlas (1834, gr. in-4°) sont gravées par M rae Massard, M Uo Massaiid,
Lecerf et Teillard (de l’imprimerie de Rémond) ; Expédition Scienti¬
fique de Morée (Paris, Levrault, 1831-35, atlas in-folio), de J. B. Borv
de Saint-Vincent, 4 planches très fines, retouchées au pinceau (Mas-
sard, Migneret et Dequevauviller, graveurs ; Langlois, impri-
Source : MNHN, Paris
52
B. R0NSIL
raeur) ; Voyage en Abyssinie dans les provinces du Tigre, du Samen
et de L’Ahmara (Paris, Paulin, 1847, atlas in-folio), de Ferret et
Galinier, avec 44 planches également retouchées et très bien gravées
par Lebrun.
De Prêtre aussi les 4 jolies petites planches gravées par Anne-
douche et M me Douliot (ou Douillot) et finement coloriées à la main
(par Gérard) qui illustrent les Souvenirs d’un Voyage dans l’Inde
exécuté de 1834 à 1839 (Paris, Fortin, 1843, gr. in-8°) d’Adolphe De-
lessert. Presque toutes les magnifiques figures d’Oiseaux du Voyage
de la Corvette L’Astrolabe exécuté pendant les années 1826-1827-1828-
1829 (Paris, J. Tastu, atlas in-folio 1833), de Jules Dumont d’Urville,
sont de lui. On y rencontre aussi les noms de deux autres artistes
animaliers célèbres, A. Prévost et P. Oudart. Des graveurs de ces
31 planches imprimées en couleurs et retouchées, beaucoup nous sont
déjà connus, les Massard, Migneret, M lle Coignet, Guyard, Manceau,
Dequevauviller puis Victor, Géraud, Géraud et Falbaux, Gou-
TIÈRE.
Les 35 planches de la seconde expédition de Dumont d’Urville,
Voyage au Pôle Sud et dans l’Océanie sur les Corvettes L’Astrolabe et
la Zélée pendant les années 1837-1840 (Paris, Gide, 1842-1853, atlas
in-folio), sont encore plus réussies ; tirées de la même manière, retou¬
chées et rehaussées de gomme, elles sont vraiment superbes. Oudart
en est l’auteur (pour la majorité) avec Werner (pl. 12, 18, 24) et
A. Prévost (pl. 23, 26, 27) (Giraud, Oudet, Jazerand, Coupé, A. Du-
ménil, Caïn et Guyard, graveurs).
On voit très souvent les noms de Prêtre, Oudart et Prévost asso¬
ciés dans les voyages de l'époque. Louis de Freycinet les employa
ensemble pour son Voyage autour du Monde... exécuté sur les cor¬
vettes de S. M. L’Uranie et La Physicienne, pendant les années 1817,
1818, 1819 et 1820 (Paris, Pillet, 1824-1844, atlas in-folio), toutefois
une de ces 27 planches (pl. 24) est de Huet (Coûtant, graveur).
Théophile Lefebvre, dans le Voyage en Abyssinie exécuté pendant
les années 1839, 1840, 1841, 1842, 1843 (Paris, Arthus Bertrand, 1839-
1843, atlas in-folio) s’adressa aux mêmes artistes pour ses 14 planches,
en leur adjoignant Meunier (Guyard, Clergé, M 110 Massard et Rebuf¬
fet, graveurs).
A. Prévost, que nous venons de citer plusieurs fois, illustra en¬
core quelques atlas. Il est le dessinateur de 9 des 10 planches d’oiseaux
(l’une est de Werner) imprimées et terminées à la main, du Voyage
autour du Monde exécuté pendant les années 1836 et 1837 sur la
corvette La Bonite (Paris, Arthus Bertrand, 1840-1866, atlas in-folio)
d’Auguste Vaillant, dont trois seulement portent les signatures des
graveurs, M" e Massard et Visto ; on lui doit aussi les deux planches
(tirées de la même manière que les précédentes) du Voyage dans
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 53
l’Inde pendant les années 1828 à 1832 (Paris, Firmin Didot, 1844. —
Oiseaux, par Is. Geoffroy Saint-Hilaire, gr. in-4°), de Victor Jacque-
mont (Guyard, graveur).
Plus beaux encore sont les trois dessins de E. Traviès du Voyage
dans la Russie méridionale et la Crimée... exécuté en 1837 (Paris,
Bourdin, 1840-1842, atlas in-folio), du Prince Anatole de Demidoff.
Finement gravés en couleurs sous la direction de Nordmann, par Par-
dinel et Fournier, ils sont terminés à la main par le coloriste
GÉRARD.
L’Exploration scientifique de l’Algérie... 1840-42 (Paris, Arthus Ber¬
trand, 1844-67, gr. in-4°), dont la quatrième partie zoologique, Y His¬
toire Naturelle des Oiseaux, est de Victor Loche, clôt magnifiquement
cette première liste de grands ouvrages de voyages, illustrés de figures
imprimées en couleurs et retouchées. Sur ces 15 planches (A. Rémond.
imprimeur), 13 sont de Vaillant et de Werner. Jean Levaillant en
surveilla l’exécution et les graveurs, Massard, Guyard, Rebuffet,
Clergé Annedouche y déployèrent tout leur talent. La planche 1 bis,
représentant le « Sacre » est d’une gravure vraiment superbe. C’est
certainement l’une des plus belles figures d’oiseau de proie éditées
en France.
Comme nous l’avons fait remarquer au début de ce chapitre, une
partie des planches de ces atlas sont assez fréquemment imprimées
dans une ou deux des teintes dominantes du sujet, tandis que d’autres
sont gravées en noir et uniquement peintes à la main. Les deux ouvra¬
ges déjà cités de Freycinet et de Lefebvre sont ainsi constitués, de
même que le Voyage autour du Monde exécuté... sur la corvette... La
Coquille, pendant les années 1822, 1823, 1824 et 1825 (Paris, Arthus
Bertrand, 1826, atlas zoologie in-folio), de L. J. Duperrey (44 plan¬
ches (1) de Prêtre, Prêtre d’après Garnot, A. Prévost et Bévalet, gra¬
vées par Coûtant) ; le Voyage autour du Monde par les Mers de l’Inde
et de Chine... Sur la corvette « la Favorite » (Paris, Arthus Bertrand,
1833-1839, gr. in-8°), de C. P. T. Laplace (16 pl. dont 15 color. de
E. Traviès, Prêtre et A. Prévost, gravées par Lebrun, Wolf Anne-
douche et Giraud) (2) ; le Voyage dans l’Amérique méridionale (3)
(Paris, P. Bertrand, 1835-1844, gr. in-4°), d’Alcide d’ORBiGNY (67 pi.
de E. Traviès — la pl. I d'après d’Orbigny — gravées par François,
(1) L’anglais J. Selb.v emprunta pour The N attirai History of Pigeons (Edin-
burg, 1835) une figure Cohimba cyano-virens, de la pl. 42 de ce voyage.
(2) Ces 16 pl. parurent simultanément dans cet ouvrage et dans le Magasin
de Zoologie (1836-1839).
(3) C’est sous ce même titre Voyages dans l'Amérique Méridionale (Paris.
Dentu, 1809) que parut en France le célèbre ouvrage de Félix de Azara, dont
la partie ornithologique a été traduite par Sonnini. L’atlas contient 4 pl. d'oi¬
seaux (non signées) sans intérêt.
Source : MNHN, Paris
54
R. R0NS1L
Annedouche, Victor, Breton, A. Duménil, Corbié, Giraud, Pardinel,
J. Douliot, Saint-Eves, M mo Douliot et Davesne) ; l’Histoire physi¬
que, politique et naturelle de l’ile de Cuba (Ornithologie , par Alcide
cÎ’Orbigny) (Paris, Arthus Bertrand, 1839, atlas in-folio), de Rainon de
La Sagra (33 pl. col., par E. Traviès et Prêtre, gravées par Pardinel,
A. Fournier, M u * Massard, Corbié, Annedouche, Guyard, M mo J. Dou¬
liot et Davesne) ; le Voyage autour du Monde sur la frégate la Vénus
(Paris, Gide, 1846, atlas in-folio), de A. Du Petit-Thouars (10 pl.
color., par Oudart, gravées par Giraud, Henri Legrand, Victor, Mou-
geos, Thiébaud et A. Duménil) et le Voyage de la Commission scienti¬
fique du Nord en Scandinavie, en Laponie, Spitzberg et aux Feroè, pen¬
dant les années 1838 à 1840, sur la corvette La Recherche (Paris,
Arthus Bertrand, 1842-1855, atlas in-folio), de J.-P. Gaimard (5 pl.
col. par Bévalet et Wilh de Wright, gravées par Annedouche).
L’atlas de YHistoria fisica y politica de Chile (Paris, Bossange, 1847-
1848, in-4°), de Claude Gay ( Ornithologie, par O. Des Murs), est assez
spécial en ce sens qu’il comporte trois sortes de planches pour les 14
concernant les Oiseaux. Celles de P. Oudart sont lithographiées et
peintes à la main (lithographies de Becquet frères), d’autres, de
A. Prévost et celle de l’auteur (pl. 5) sont finement gravées par
Guyard et Annedouche et peintes également à la main, tandis que la
planche 4 a la teinte dominante du sujet imprimée en couleur et est
terminée au pinceau. La lithographie a été assez peu employée pour
ce genre d’ouvrages, néanmoins on trouve une bonne série de tirage
sur pierre dans l’Expédition dans les parties centrales de l’Amérique
du Sud... exécuté... pendant les années 1843 à 184 7 (Paris, Bertrand,
1855-1856, in-4°), de Francis de Castelnau ( Oiseaux, par O. Des
Murs) (1), dont les 20 très bonnes planches coloriées sont de P. Ou¬
dart.
L’Ornithologie canarienne fin Histoire Naturelle des Iles Cana¬
ries) (Paris, Béthune, 1841, gr. in-4°), de Webb, Berthelot et Moquin-
Tandon, contient aussi une planche lithographiée (Blanchard lith.,
pl. 3), accompagnée de trois autres planches gravées sur cuivre par
Oudet, Guyard et Annedouche. Elles sont toutes les quatre de
E. Traviès et finement peintes.
(1) Réimpression : Leipzig, 1922.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE VI
LA GRAVURE SUR METAL COLORIEE
(XIX' siècle)
Nous avons rencontré précédemment beaucoup d’ouvrages dont
les planches étaient gravées sur métal et peintes à la main, dans les
Buffon, les Martinet, ou mélangées à d’autres figures tirées en
couleurs comme dans les « Lesson » et surtout dans les atlas des
grands voyages.
Pour avoir un classement plus pratique, nous ne pouvions les dis¬
socier des chapitres auxquels ces ouvrages se rapportaient et nous
en avons parlé en temps voulu. Il nous a paru plus logique de citer
à part, pour le xix" siècle, ceux dont les planches furent uniquement
gravées en noir et peintes, à l’exclusion de toute autre forme de repro¬
duction. Cependant et exceptionnellement, une entorse doit être faite
pour quelques rares planches du grand ouvrage de C. J. Temminck
et Meiffren Laugier de Chartrouse : Nouveau Recueil de planches
coloriées d’oiseaux pour servir de suite et de complément aux plan¬
ches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4° de l’Imprimerie
Royale 1770. D’après les dessins de MM. Huet et Prêtre (1), Peintres
attachés au Muséum d’Histoire Naturelle et au grand ouvrage de la
Commission d’Egypte (Paris, Levrault, 1820-1839, gr. in-folio et in-
folio, 3 vol.) (2). En effet, parmi les 600 planches de ce recueil, quel¬
ques-unes (pl. 81 Perroquet-Kakatoé rosalbin, pl. 244 Alouettes, pl. 419
Flammant pigmé) ont leurs dessins gravés dans la teinte dominante
du sujet ; dans la planche 551 (Ibis Nippon) on trouve même deux
teintes imprimées. Ces planches mises à part, toutes les autres sont
peintes à la main. Ce bel ouvrage représente plus de 800 Oiseaux de
661 espèces différentes, il est peut-être moins finement colorié que
certains autres de la même époque, mais il n’en reste pas moins
remarquable par le nombre et la qualité de ses planches. Huet et
Prêtre furent « chargés spécialement aussi de la surveillance de
(1) Seule la planche 364 représentant le Martinet géant n’est pas signée.
(2) Nouveau tirage en 1850, par J.-B. Baillière.
Source : MNHN, Paris
56
R. RONSIL
l’enluminure » tandis que la gravure était confiée « aux soins des
premiers graveurs de ce genre ». Ce recueil servit souvent de modèle
à beaucoup d'artistes et nombreux sont les emprunts qu’on lui fit
tant en France (Vieillot et Oudart, La Galerie des Oiseaux, etc.)
qu’à l’étranger (Jardine. Walter (1). etc.).
Deux in-octavo de l’époque romantique, chacun avec 80 planches
et un beau frontispice coloriés. l’Histoire Naturelle des Oiseaux exo¬
tiques (Paris, Pauquet, 1836) et l’Histoire Naturelle des Oiseaux
d’Europe (Paris, Debure, 1837) de C. L. Lemaire sont ornés « de
figures peintes d’après nature par Pauquet et gravées sur acier », ils
nous offrent un bon exemple de vulgarisation zoologique. Le premier
représente de superbes oiseaux tropicaux : « C’est dans les genres
Cotinga, Tangara, Colibri. Guêpier, Perroquet. Oiseau de Paradis et
dans une foule d’autres moins connus mais non moins dignes de l’être,
que nous avons fait un choix des espèces les plus remarquables pour
former ce second volume de la Bibliothèque Zoologique (2), consacré
à l’une des plus importantes parties de l'Histoire naturelle, l’Ornitho¬
logie, et composé exclusivement d'Oiseaux étrangers. » (Avant-
Propos.) 11 parut aussi sous le titre : Histoire Naturelle des Oiseaux
étrangers.
L'Histoire Naturelle des Oiseaux d’Europe (Paris, Debure, 1837),
dont les figures sont naturellement moins brillantes, semble moins
bien soignée comme gravure et coloris.
Dans l’ensemble ce sont deux ravissants petits ouvrages, surtout
quand on les trouve sous cartonnage éditeur avec le dos et les plats
finement gravés et peints comme les planches. Ils furent plusieurs
fois réimprimés sans changement (Paris, 1845, 1864, 1879) et l’on se
demande pourquoi Florent Prévost s’en appropria la paternité après
la première édition, en faisant toutefois suivre son nom de celui du
véritable auteur, C. L. Lemaire.
La gravure sur métal fut aussi très souvent employée pour l’illus¬
tration de ces charmants petits livres d’aviculture, si nombreux au
xix” siècle. Citons, Lu Volière des Dames (Paris, Janet, 1816, in-16°),
de Charles Malo avec 11 planches et frontispice coloriés d’après
Besson ; le Manuel de l’Amateur des Oiseaux de chambre (Paris,
Masson, 1829, in-16°), de La Coi prière, avec 5 planches coloriées, non
signées et un très joli titre gravé et peint également ; la Volière de la
Jeunesse (Paris, 1817, 2 vol. in-l2°) anonyme, dont les 62 planches
(1) J. E. C. Walter. Pragtfule og Pattedyr i cu/orerede .1 jbildninger...
Kopenhagen, 1828-1841, in-folio, 23 pl. d’oiseaux copiées de Temminck et
Levaillant; Vôgel aus A si en, Africa, America und NeuhoUand in coloristen illv-
minierten abbildimgen... Kopenhagen, 1828-1842, in-4°, 144 pl. col., d’après Aude-
bert, Temminck et Levaillant.
(2) Le premier est consacré aux Papillons.
Source : MNHN, Paris
M. J. BRISSON
« Ornithologie » 1760
tome I. PI. XXII
(par Martinet)
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV p] j(II
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XIII
BUFFON
« Histoire Nat. générale et particulière...
Hist. nat. des Oiseaux »
in 4°. 1770-1783
tome IV. PI. IV
(par de Sève)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 57
(quelques-unes signées Manette Mion) gravées en taille-douce et
copiées sur les dessins de De Sève, se retrouvent dans d’autres petits
ouvrages comme L’Aviceptologie française (Paris, 1830) ; puis le
Voyage autour d’une volière ou Les Oiseaux — Impressions de voyage
autour d’une volière (Paris, Dentu, 1862 (1863), in-12°), de J.-B. La-
combe, orné de huit eaux-fortes par M rae Laure Lacombe.
Enfin des artistes français furent quelquefois appelés à illustrer
certains ouvrages étrangers. C’est ainsi que Heinrich Kuhl confia à
Huard et à A. Prévost le soin de dessiner les trois planches de son
Conspectus Psittacorum (Bonn, 1820, in-4°) ; gravées par C. Müller
et peintes à la main, elles sont loin d’être bonnes.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE VII
LA LITHOGRAPHIE — LES FAUNES LOCALES
(XIX' siècle)
Nul autre procédé de reproduction n'eut autant de succès au
xix' siècle, surtout à l’époque romantique, que la lithographie ou
gravure sur pierre, découverte par hasard à Munich en 1796 par le
bavarois Aloys Senefelder qui ne cessa de développer sa technique.
« La lithographie est le plus simple et le plus rapide des modes de gra¬
vure. Il consiste à tracer un dessin sur une pierre calcaire à l’aide d’un
crayon gras. Puis on répand sur la pierre un mélange d’acide et de gomme ;
ce mélange fixe le dessin d’une part et creuse légèrement la pierre, laissant
le trait en relief. Ensuite, on imbibe la pierre d’eau, et pendant qu’elle est
humide, on passe sur toute son étendue un rouleau enduit d’encre d’impri¬
merie ; les parties humides n’absorbent pas l’encre qui adhère par contre
aux parties grasses du dessin.
« Il ne reste plus qu’à placer sur la pierre une feuille de papier et à faire
passer la pierre sous la presse pour obtenir une épreuve (1). »
En 1806, des officiers français de la Grande Armée, après leur
séjour à Munich, racontèrent à Napoléon ce qu’ils avaient vu chez
Senefelder et l’Empereur fut séduit par les avantages multiples de la
« gravure chimique » comme on l’appelait alors. Déjà en 1800, Sene¬
felder, de passage à Paris, avait tenté de commercialiser son inven¬
tion, mais comme pour Napoléon, ce fut en 1806 seulement que des
Français, Vivant Denon, directeur des Musées et Charles de Lasteyrie
entre autres, vont s’intéresser à la lithographie.
Charles de Lasteyrie, qui travailla quelque temps comme apprenti
chez Senefelder, ouvrit le premier un atelier de lithographie à Paris
en 1816. Dix ans plus tard, on en comptait plus de vingt dans la
capitale.
Simple, économique et rapide, ce mode de gravure ne tarda pas à
prendre une place prépondérante dans la reproduction des objets
(1) J. Adhémar. L'Estampe française. La Lithographie an xrx* siècle. Paris,
1944.
Source : MNHN, Paris
60
R. RONSIL
d’histoire naturelle. De plus, la lithographie se prête merveilleuse¬
ment bien au coloriage à la main, la douceur du trait et des ombres
laissant aux teintes toute leur valeur, si bien qu’après 1820, et jusqu’à
la fin du xix" siècle, les planches des plus beaux ouvrages d’ornitho¬
logie, en France comme à l’étranger (1), sont presque toutes ainsi
faites. Nombreux furent les imprimeurs-lithographes qui se spéciali¬
sèrent dans l’histoire naturelle et, au cours de ce chapitre, nous
aurons fréquemment l’occasion de rencontrer les noms des maîtres
en ce genre, comme G. Engelmann, C. Motte, J. Delarue, Becquet,
Lemercier, etc.
Si nous mettons en parallèle deux artistes de la même époque, nous
constatons que presque toute l’œuvre ornithologique de Prêtre fut
traduite sur métal alors que la majorité des planches de Paul Oudart
est lithographiée (2) et nous trouverons sa signature au bas de beau¬
coup des plus belles figures sur pierre jusqu’au milieu de la seconde
moitié du xix" siècle. Il dessina les oiseaux de VOrnithologie française
ou Histoire Naturelle générale et particulière des Oiseaux de France
(Paris, Motte, 1823-1826, in-4”) de L. P. Vieillot (Lithographies de
C. Motte) iconographie très rare qui fut remise deux fois dans le
commerce par A. Bouvier, vers 1874 et plus tard en 1907. Voici ce
qu’écrit ce naturaliste :
« Cet ouvrage, très peu connu des ornithologistes, est certainement le
plus remarquable pour la Faune française par l’exécution, le choix des
sujets et les types de l’auteur dessinés d’après nature par Oudart et finement
coloriés à la main. La dimension de son format lui a permis de donner en
grandeur naturelle une bonne partie des espèces représentées et en fait le
plus exact et le plus sérieux album que nous ayons encore sur les Oiseaux
de notre pays. (Le texte réduit à quelques feuilles de généralités a dis¬
paru.)
< En 1896, lors de l’interruption de cette publication à sa VIII" livraison
(48" planche), quelques épreuves définitives d’un certain nombre d’autres
planches étaient déjà tirées, mais ne furent pas mises dans le commerce.
« Nous avons eu l’heureuse chance de les découvrir, ce qui nous permet
d’offrir aux Ornithologistes quelques exemplaires de 100 planches in-4" dans
un cartonnage . 100 fr.
80 planches, in-4°, dans un cartonnage. 60 fr.
Bouvier. »
L’artiste et le zoologiste collaborèrent dans deux volumes moins
rares mais beaucoup plus importants que le précédent, La Galerie des
(1) Toutes les magnifiques planches des superbes ouvrages de J. Gould sont
lithographiées et coloriées à la main, de même que celles des grandes monogra¬
phies de Dresser, Elliot, Lear, Marshall, Mivart, Sclater. Seebohm, Sharpe,
Shelley.
(2) Cependant une des mieux venues de Oudart est la planche IV, Cyrtorvyx
Sallei, parue dans Arcana Naturae (Paris, 1859, in-folio), de James Thomson et
gravée sur métal par Annedouclie (M me V" Vaillant, coloriste).
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
Oiseaux... « par L. P. Vieillot et P. Oudart, peintre en histoire natu¬
relle et un des élèves les plus distingués de M. Vanspaendonck »
(Paris, Constant-Chantpie, 1825, in-4°) (1). Ces 325 lithographies
(C. Motte, G. Engelmann et Demanne, lith.) représentent chacune
« l’image d’un oiseau, de chaque division, coloriée avec soin sur l’indi¬
vidu le plus parfait qu’on a pu se procurer... Exactitude, finesse des
traits, véracité et vivacité des couleurs, rien n’a été négligé pour que
les figures puissent, du moins autant qu’on le peut, approcher de la
nature et soutenir la comparaison avec les modèles ». (Avis de l'édi¬
teur.) Les planches 17 et 180 signées Oudart sont faites d’après les
dessins de Prêtre. Elles furent assez souvent copiées, mains cepen¬
dant que les figures du même artiste, illustrant les Œuvres complètes
de Buffon (Paris, Lagrange et Verdière, 1832, in-8“) dont les 245 plan¬
ches (quelques-unes par Prévost et Werner) sont également tirées
sur pierre (Lith. de C. Motte) et peintes à la main.
Nous avons parlé assez longuement au chapitre IV des merveil¬
leuses monographies des Pigeons de M™ Knipp et Temminck. Comme
nous l’avons vu, le deuxième volume de la seconde édition (Paris.
1838-1843) comportait 52 planches lithographiées et peintes. Quatorze
ans plus tard, le prince Charles Bonaparte voulut leur donner une
suite, sa belle Iconographie des Pigeons non figurés par M me Knip
(M ü ° Pauline Decourcelles) dans les deux volumes de MM. Temminck
et Florent Prévost. (Paris, P. Bertrand, 1857, in-folio.) Ce grand
ouvrage contient 55 planches lithographiées (sur 150 prévues par
l’auteur), par P. Oudart, F. Willy et E. Blanchard. Il est toutefois
moins finement colorié que les monographies auxquelles il fait suite
et les planches de Willy et Blanchard ne sont pas parmi les meil¬
leures.
Malgré la mort de l’auteur (après la quatrième livraison) cette
Iconographie , sur la demande de l’éditeur, P. Bertrand, fut continuée
par Moquin-Tandon.
Récemment, un certain nombre d’exemplaires en noir furent colo¬
riés et mis dans le commerce. Ils offrent beaucoup moins d’intérêt que
ceux de l’époque.
Digne des plus beaux ouvrages du début du siècle est l’Iconographie
Ornithologique (Paris, Klincksieck, 1849, gr. in-folio), de O. des Murs.
Ce « Nouveau recueil général de planches peintes d’Oiseaux » fut
destiné « à servir de suite et de complément aux Planches enluminées
de Buffon... et aux Planches coloriées de MM. Temminck et Laugier de
Chartrouse ». Il est certainement l’un des meilleurs parmi les livres
les plus finement enluminés de son époque (lithographies de Becquet),
P. Oudart est l’auteur des planches 25 à 72, tandis que A. Prévost
(1) Autre tirage. Paris, Carpentier-Méricourt, 1834.
Source : MNHN, Paris
62
1. RONSIL
dessina les 24 premières. Bien que seul le nom de Oudart soit cité sur
le titre : Figures dessinées et peintes par Oudart, peintre attaché au
Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, il n’est question que de A. Pré¬
vost dans la Note sur le plan et le but de ce recueil (p. 10) :
« Les Figures, toujours d’après nature, seront dessinées sous nos
yeux, par M. Alphonse Prévôt (sic), peintre attaché au Muséum d’His¬
toire Naturelle, déjà connu depuis longtemps, par les Illustrations en
ce genre dont il a enrichi la plupart des grands ouvrages publiés
depuis plus de vingt ans, sous les auspices du Gouvernement. »
Le célèbre ornithologiste Frédéric de La Fresnaye faisait grand
cas de ce recueil ; et voici, au sujet des figures de l’un des artistes,
comment il s’exprime dans le compte-rendu qu’il en a laissé : « M. Ou¬
dart est chargé de la partie iconographique de ce travail : ce peintre,
attaché au Muséum, et bien connu par ses travaux antérieurs, semble
s’être surpassé dans l’exécution des planches. Ses lithographies, en
effet, non seulement réunissent l’exactitude parfaite des formes à la
vérité et à la vigueur de la coloration, mais il a mis dans les poses de
ses Oiseaux et dans les accessoires de ses petits tableaux un grand
naturel (1). » Il est regrettable qu’un tel ouvrage n'ait pas eu de
suite. C. R. Bree, pour son History of the Birds of Europe, not obser-
ved in the British Isles (London, 1859-1863, 4 vol. in-4°, 238 planches
coloriées) lui emprunta quelques planches. Nous ne reviendrons pas
sur les 20 planches lithographiées de Oudart illustrant la partie orni¬
thologique également due à O. des Murs, de L’Expédition Castelnau,
dont nous avons déjà parlé à propos des Voyages.
P. Oudart avait acquis une grande expérience dans le dessin de
l’Oiseau et des zoologistes étrangers éminents comme P. L. Sclater et
Daniel Giraud Elliot, de New-York, lui confièrent l’illustration de
certaines de leurs monographies devenues classiques. Dieu sait pour¬
tant quels bons artistes existaient à cette époque, aussi bien en Angle¬
terre qu’en Amérique ! C’est ainsi qu’il a peint dans toute sa fraî¬
cheur un très joli groupe de petits Passereaux de l’Amérique tropi¬
cale dans A monograph of the Birds forming the. Tanagrine Genus
Calliste ; « illustrated by coloured plates of ail the known species s>
(London, J. V. Voorst, 1857, in-8", 45 pl. col.) de P. L. Scj.ater. Moins
vivement colorés, mais non moins intéressants sont ses Barbus dans
le Sgnopsis of the Fissirostral Family Bucconidae (London, from the
« Annals and Magazine of Natural History », 2nd sériés, 1854, in-8",
4 pl. col.) du même auteur. De P. Oudart également la planche XIII
du premier volume (1859) de la fameuse revue anglaise « The Ibis »
acompagnant un article de D. G. Elliot. Toutes ces planches
(1) De Lafresnaye. Analyse de lTcon. Omit. Revue et Magasin de Zoologie,
2« série, I, 1849, pp. 205-206.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 63
finement coloriées étaient lithographiées à Paris et sortaient des
presses des frères Becquet, Lemercier et Geny Gros (1).
Pour sa belle étude sur les Brèves ou Grives Superbes, A mono-
graph of the Pittidae (2) (New-York, D. Appleton, 1861-1863, gr. in-
folio, 31 pl. col.) D. G. Elliot eut encore recours à lui ; malheureuse¬
ment, et au grand regret de l’auteur, il ne put la terminer : « The
illustrations were to hâve been executed by the late P. Oudart, of
Paris, whose long expérience in this branch of painting eminently
qualified him for the undertaking ; but after having finished only
three, he was suddenlv called away from his labors and I was without
an artist. » (Préface.)
P. Oudart ne fut pas le seul artiste français à illustrer cette mono¬
graphie éditée en plusieurs parties. Les 4 premières planches sont
signées « P. Oudart, Paris, 1859 » ; dans la troisième partie, « Bra-
chyurus angolansis », il est porté « Maubert pinx 1 2 Paris 1860 », tandis
que dans la sixième, « Brachyurus Novae-Guinae » est de « Mesnel
pinx 1 Paris 1862 ». Toutes ces figures de peintres français étaient
exécutées à Paris sous la direction de J. P. Verreaux. Devant la défec¬
tion de Oudart, ce fut Elliot lui-même qui termina l’ouvrage et ses
planches sont aussi fort belles. Elles sont toutes lithographiées par
C. F. Tholey et coloriées à la main chez Bowen à Philadelphie.
Enfin, pour en terminer avec Oudart, n’oublions pas sa collabora¬
tion à la superbe Monographie des Picidées ou Histoire Naturelle des
Picidés, Picumninés, Yuncinés ou Torcols... (Metz, Jules Verronais,
1861-1862, 4 vol. gr. in-fol.) d’Alfred Malherbe. Quoique les 123 plan¬
ches de ce rare ouvrage soient pour la plupart de Mesnel, Delahaye
dessina les 15 premières et Oudart les 10 suivantes. Ces mêmes
artistes se chargèrent également de leur gravure sur pierre (Lithogra¬
phie de Becquet frères et A. Compan) ; richement coloriées, elles sont
rendues plus brillantes encore par des rehauts de gomme.
Il est incontestable que les Pics ont parfois des postures
assez inesthétiques, mais il semble pourtant que les dessinateurs
n’aient pas donné toute la mesure de leur talent dans l’image de ces
Oiseaux. Qu’ils aient été obligés de mettre trop de sujets par planche,
cela n’excuse pas une sécheresse et surtout un manque d’ambiance
que rachète difficilement la beauté des teintes. La plupart du temps,
seules les têtes des sujets sont représentées tandis que les corps sont
plus ou moins gauchement dissimulés soit par une branche, soit par
(1) Nous trouvons aussi dans les Proceedings of the Zoological Society of
London, 1857-1859, deux planches de Oudart (Aves, pl. CXXX et pl. CLVII),
mais lithographiées à Londres par J. Jennens.
(2) Une autre édition augmentée et revisée parut à Londres en cinq parties
(51 pl. col.), de 1893 à 1895
Source : MNHN, Paris
64
R. RONSII,
un tronc d’arbre. Quoiqu’il en soit, cette monographie reste l’une des
plus belles et nous pouvons quand même citer, sans trop les taxer
d’exagération, les quelques lignes que Guérin-Meneville lui consacra
dans la Revue et Magasin de Zoologie (2' série, XII, 1860, p. 85) :
« On ne peut rien voir de plus beau que l’ouvrage de M. Malherbe
et l’on peut dire hardiment qu’il dépasse, comme perfection dans son
exécution, tout ce qui a été fait de mieux jusqu’à présent en France
et à l’étranger.
« Si les planches sont magnifiques, et surtout d’une exactitude et
d’une « vérité » de formes et de coloration des Oiseaux, qu’on ne
trouve pas souvent dans les plus luxueux ouvrages de nos voisins, le
texte n’a pas moins de mérite... »
Oudart, si souvent critiqué pour la froideur de ses sujets, avait
cependant une grande qualité (ou un grand défaut en d’autres cir¬
constances), l’égalité, qu’on ne retrouve malheureusement pas tou¬
jours chez beaucoup de ses contemporains.
Quand on compare entre elles les figures du « peintre attaché au
Muséum » J. C. Werner, par exemple, on est frappé de la différence
qu’il peut y avoir d’une planche à l’autre et cette inégalité saute aux
yeux dans tous les ouvrages ornithologiques qu’il a illustrés. Il fut
pourtant très employé jusqu’au milieu du xix' siècle. Ses quinze
planches peintes au pinceau (lithographie de Demanne) de l’Histoire
Naturelle des Oiseaux de Proie d’Europe (Paris, Rousselon, 1824.
in-4°), ouvrage inachevé de Pierre Boitard (1), sont sans intérêt.
Guère meilleures sont les 530 figures (lithographie de Langlumé (2),
A. Belin et Delaporte) de son Atlas des Oiseaux d’Europe, pour
servir de complément au Manuel d’Ornithologie de M. Temminck
(Paris, A. Belin, 1826-1842, in-8°) (3), elles sont fort peu décoratives
et les Oiseaux manquent de naturel. C. R. Bree ( loc. cit .) en copia
pourtant quelques-unes.
Sujets raides, coloris sans finesse, voilà ce que l’on trouve encore
dans ces vingt-neuf lithographies (sur les 36 que comprend l’ouvrage)
que le Suisse J. J. von Tschudi lui demanda pour illustrer le texte de
Fauna Peruana (Ornithologie, 3' volume, Sankt-Gallen, Scheitlin 1845-
1846).
(1) Boitard est aussi l’auteur d'une Histoire naturelle des Oiseaux d’Europe
avec la figure de chaque espèce et variété dessinée et coloriée d'après nature.
Paris, Rousselon, 1825-1826, in-4°, 18 pl. col. Inachevé. Nous n’avons pu voir
cet ouvrage.
(2) Le lithographe Langlumé édita, vers 1840, un délicieux petit in-octavo
oblong intitulé Les Oiseaux et les Fleurs, avec 24 pl. col.
(3) Une autre édition parut à Paris en 1848, mais le coloriage des planches
en fut moins soigné.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XIV
BUFFON
« Histoire Naturelle des Oiseaux »
in folio 1770-1786
Tome I. PI. 56
(par Martinet)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XV
J. P. BONNATERRE
et L. P. VIEILLOT
« Tableau encyclopédique...
Ornithologie » 1790-1823
PL 100
Source : MNHN, Paris
l'abt français dans le livre d’oiseaux 65
Cependant, il semble se racheter avec les beaux dessins de l’Histoire
Naturelle des Perroquets (Paris, Levrault, 1837-1838, in-folio et in-4°)
de Alexandre Bourjot Saint-Hilaire, dont les 111 planches ont été
« lithographiées et coloriées avec soin ». Editées « pour faire suite
aux deux volumes de Levaillant » ces figures furent « presque toutes
copiées sur l’empaillé, quelquefois sur le vivant », les autres sont
imitées de Lear, Spix ou Temminck. M™ Werner collabora à quel¬
ques-unes. ’
L’ouvrage fut commencé, sans texte, par Werner lui-mème, sous
le titre Collection des Perroquets découverts depuis Levaillant (1)
(Paris. 1835-1839, 29 (?) livraisons gr. in-folio). Ce sont les mêmes
planches pour les deux ouvrages avec cette différence que la queue de
certains sujets, trop importante pour l’édition in-4", a été rectifiée à
la verticale afin de l’adapter à ce format plus petit. Bien que d’imprù
meurs-lithographes différents (Bernard et Fret pour l 'Histoire Natu¬
relle et Delaporte pour la Collection) la gravure et le coloriage sont
en tous points semblables. Souvent très belles, ces ligures sont cepen¬
dant de valeur inégale. Charles de Souancé, le prince Bonaparte et
Charles-Emile Blanchard leur donnèrent une suite : l'Iconographie
des Perroquets non figurés dans les publications de Levaillant et de
il. Bourjot Saint-Ililaire (Paris, P. Bertrand. 1857, in-folio et gr. in-
f°lio) avec 48 planches gravées sur pierre et richement coloriées à la
main, de E. Blanchard et J. Daverne. Elles sont pour la plupart
de belle venue. On trouve plus souvent les exemplaires dont seuls
les Oiseaux sont peints, tandis que les branches, les feuilles, tout
ce qui constitue le fond, sont laissés en noir. C’est le dernier
ouvrage iconographique français uniquement consacré aux Perro¬
quets qui, par « le dessin, l’éclat, la beauté de leur livrée, ont souvent
fourni aux arts d’imitation, tels que la peinture sur porcelaine, les
impressions sur tissu, la décoration de nos meubles, l’ornementation
de nos tapisseries, des modèles précieux, des contrastes animés ou des
rapports inattendus » (A. Moquin-Tandon, Préface).
E. Blanchard dessina et lithographia aussi de très belles planches
gr. in-folio d’Oiseaux, éditées à Paris chez F. Sinnett ; entre autres
le Napaul (Tragopan) de Hastings, le Lophophore resplendissant
Nous arrivons maintenant à la série des faunes locales dont cer¬
taines, par leur importance aussi bien descriptive qu’iconographique,
oolorLT^TWn ® t lith ° graph j a P ,us tard «ne autre série de plancl.es
*"* 6 d '°™-
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XV.
Source : MNHN, Paris
R. R0NSIL
pourraient très bien servir de manuel général pour l’ensemble du pays.
Abondamment illustrées de figures lithographiées la plupart du temps
dans des ateliers provinciaux, elles n’ont souvent aucune prétention
artistique et nous ne pouvons louer que les efforts des auteurs à vou¬
loir représenter, ou faire représenter, la majorité des Oiseaux décrits ;
chacun assez satisfait cependant du résultat obtenu, comme nous le
verrons par la suite. C’est d’abord Y Ornithologie Provençale ou Des¬
cription avec figures coloriées de tous les Oiseaux qui habitent cons¬
tamment la Provence ou qui n’g sont que de passage (Paris, Levrault,
et Marseille, 1825 (1830) 2 vol. texte, 2 atlas in-4°) de Polydore Roux,
qu’il dut interrompre en 1831, lors de son départ pour les Indes où il
mourut de la peste à Bombay, le 12 avril 1833.
Comme artiste, P. Roux exposa aux Salons de Paris, de 1819 à
1824. Passionné d’histoire naturelle, il commença la publication de
son Ornithologie en 1825. Laissons-lui exposer les raisons pour les¬
quelles il semble s’excuser d’un travail qui aurait pu être moins impar¬
fait : « Favorisé par mon heureuse position à Marseille, m’étant
toujours occupé de l’art de la Peinture, il est une petite explication
dont je ne puis me décider à faire le sacrifice : je veux parler des
soins que j’ai apportés et que j’ai l’intention de continuer aux dessins
que j’ai déjà exécutés d’après des poissons vivans ou frais, dont je
regretterais qu’on préjugeât, en cherchant un point de comparaison
parmi les planches de mon Ornithologie. Bien aise de mettre celles-ci
à la portée du plus grand nombre de fortunes, j’ai dû en bannir tout
luxe et fini superflu qui en auraient fait hausser le prix sans en aug¬
menter beaucoup le mérite. Il m’a donc paru suffisant de dessiner
correctement, dans leur pose naturelle, les Oiseaux qui y sont repré¬
sentés, de les colorier avec vérité et de rendre en même temps appa-
rens les caractères qui servent à leur distribution méthodique, ainsi
que les parties essentielles de leur description. J’ai lieu de penser que,
sous ces divers rapports, mon travail ne le cédera point à d’autres de
ce genre, et je laisse au public le soin de le juger. » (Avant-Propos,
p. VIII.)
Les 448 planches coloriées sont de lui et sortent des presses de
Beisson à Marseille. Souvent ses sujets sont copiés sur d’autres
ouvrages, des planches enluminées de Buffon, par exemple. Le natu¬
raliste hollandais Temminck les a jugées à leur juste valeur : « Les
figures lithographiées ne sont pas de main de maître et l’enluminure
est peu soignée. Quelques espèces inédites y ont été décrites et
figurées pour la première fois (1). »
Resté inachevé, cet important ouvrage se devait d’avoir une suite.
Et ce n’est que trente ans plus tard que J. B. Jaubert et Barthélemy-
(1) Temminck. Manuel d’Ornithologie, 2 e édition, 4 8 volume, 1836, p. LXXI.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 67
Lapommeraye purent la mener à bien avec les Richesses ornitholo¬
giques du Midi de la France ou Description méthodique de tous les
Oiseaux observés en Provence et dans les départements circonvoisins
(Marseille, Typ. et Lith. Barlatier-Feissat et Demonchy, 1859, gr.
in-4°) ; « ... notre intention a été de donner, dans ce travail, la descrip¬
tion complète de tous les Oiseaux observés dans le Midi de la France...
En suivant cette marche, la seule rationnelle, nous aurons fourni aux
anciens souscripteurs de Polydore Roux un complément qu’ils ont
longtemps et vivement désiré, en même temps que toutes les personnes
qui ont bien voulu nous honorer de leur adhésion trouveront dans
notre ouvrage l’histoire sommaire et complète de tous les Oiseaux
rencontrés en Provence, accompagnée de planches d’une exécution
irréprochable, représentant les types qui n’ont été figurés dans aucun
des précédents travaux. » (Note des Auteurs.)
Les 21 planches de J. Susini (del. et lith.) semblent avoir été colo¬
riées par la suite comme l’indiquent ces quelques lignes que l’on peut
lire au bas de la table des planches : « La Librairie Lafitte... à Mar¬
seille, qui a acquis les exemplaires restant de cette publication, en a
fait colorier quelques exemplaires, avec le plus grand soin. »
C. R. Bree (/oc. cit .) en reproduisit la Grive de Sibérie dans son
ouvrage.
Une des plus intéressantes parmi les faunes locales est certaine¬
ment l’Ornithologie du Dauphiné ou Description des Oiseaux observés
dans les départements de l’Isère, de la Drôme, des Hautes-Alpes et les
contrées voisines (Grenoble, Hipp. Bouteille, 1843, 2 vol. gr. in-8°)
d Hyppolyte Bouteille et de Labatie avec des figures dues « au crayon
tout à la fois si pur et d’une expression si suave » du dauphinois
Victor Cassien. Délicatement reproduites (lithographie de C. Pégeron)
d’après nature et agrémentées souvent d’un paysage quelque peu
romantique, elles sont d’un effet très doux, bien que les oiseaux soient
de formes trop élancées. Les 300 sujets représentent, en 72 planches,
un spécimen de chacune des espèces décrites.
Bien moins intéressantes sont les 53 lithographies qui illustrent
la Faune Méridionale (Nîmes, chez l’auteur, 1844, 2 vol. texte. 1 vol.
pl. gr. in-8°) de Jean Crespon. A. Crespon fils, qui les dessina, ne
nous donne que des oiseaux figés, sans précision aucune.
Guère meilleure est l’illustration de l’ouvrage de J. B. Bailly,
Ornithologie de la Savoie (Paris et Chambéry, 1853, 4 vol. in-8°) dont
les dessins sont pourtant l'œuvre d'un spécialiste en la matière dont
nous avons déjà parlé par ailleurs, J. C. Werner. Cet artiste grava
sur pierre, assez grossièrement du reste, ces 110 planches surchar¬
gées, mais les sujets trop petits voisinent avec leurs œufs, et ne
sont pas à l’échelle. Quelques exemplaires furent coloriés à l’époque.
Source : MNHN, Paris
R. RONSIL
Enfin terminons les faunes locales lithographiées, avec le Cata¬
logue raisonné des Oiseaux observés dans les Pyrénées françaises et
les régions limitrophes... (Toulouse, Privât, 1873-1875, gr. in-8 ) (1) de
Adrien Lacroix, auteur également des 8 planches coloriées qui ne
présentent aucun intérêt.
De l’époque romantique jusqu’au milieu de la seconde moitié du
xix" siècle, les lithographies d’histoire naturelle connurent une telle
vogue qu’il serait impossible de citer ici tous les artistes qui laissèrent
des estampes d’oiseaux. Souvent ces gravures représentent des figures
stylisées comme La Volière chinoise (Paris, Chaillou, vers 1834, in-4°)
de Lassalle, Sujets variés (Paris, Chaillou, vers 1833) de Lassalle
également, Les Mille et un sujets (Paris, Lecouvey, vers 1834, in-4°)
de Cumell, Oiseaux étrangers (Paris, A. Robin, vers 1833, in-4°), ano¬
nymes, et bien d’autres.
A côté de ces « fantaisies » peu intéressantes, nous trouvons des
estampes coloriées de premier ordre ; celles d’Edouard Traviès, frère
cadet du célèbre Charles-Joseph Traviès, sont de celles-là.
Nous avons eu sous les yeux quelques croquis originaux ayant servi
à ses lithographies (qu’il grava rarement lui-même) et nous ne pouvons
qu’admirer l’habileté et la précision du trait. Ce fin dessinateur laissa
des suites lithographiques remarquables, parfois si soigneusement
peintes, qu’il nous est agréable d’en soutenir la comparaison avec les
merveilleuses planches de l’anglais John Gould.
Voici d’abord quelques in-4", Oiseaux d’Europe (Paris, 1835) et
Oiseaux d’Amérique (Paris, A. Robin, 1836 ?) lithographiées par
Delarue ; puis une série de grands in-folio Les Oiseaux les plus
remarquables en collaboration avec Tirpenne (Paris, Gambart, 1845),
Collection pittoresque des plus jolis Oiseaux des quatre parties du
monde (47 pl.). Oiseaux et Papillons (93 pl.) et La Venerie, Souvenirs
de Chasse (Paris, Ledot, vers 1850) qui représentent surtout des
oiseaux.
D’Edouard Traviès aussi les 18 premières planches de la Galerie
ornithologique ou Collection d’Oiseaux d’Europe décrits par Alcide
d’Orbigny (Paris, 1836-1839 ?, 124 pl. col. in-4°) tandis que 104 autres
sont « dessinées d’après nature par Thiolat et Delarue » et deux sont
anonymes. Elles sont toutes fort bien lithographiées par les deux der¬
niers artistes précités, très finement coloriées à la main et rehaussées
de gomme. Les Oiseaux d’eau et de terre sont souvent placés dans de
jolis décors formant parfois de ravissants tableaux. Enfin, E. Traviès
(1) Extrait du Bulletin de la Société d’Histoire Naturelle de Toulouse (1872-
1874).
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le li
E D’OISEAUX
dessina et lithographia lui-même les 16 planches coloriées d’un char¬
mant ouvrage de vulgarisation les Lettres à Emilie sur l’Ornithologie
(Paris, Laplace [1868], gr. in-8°) dont le texte est de M. E. Mulsant.
Nous retrouvons la signature de Thiolat (pinxit et lithogr.) sur
une suite de bonnes estampes intitulées Oiseaux d’Afrique (Paris,
Robin, [1836 ?] in-4°) et celle de J. Delarue dans de très nombreuses
illustrations ornithologiques parues sous des titres divers : Collection
(FOiseaux d’Europe (Paris 1839, in-4°), Etudes d’Animaux dans le
paysage (Paris, 1850, in-4”). Musée Ornithologique ou Collection d’Oi-
seaux de toutes les parties du monde (Paris, Delarue [1851], petit in-
folio), Oiseaux d’Europe (Paris, Arnaud de Vresse, s. d., petit in-4°
oblong, 9 pl. col.), Les plus beaux Oiseaux des deux mondes (Paris,
Bonhomme, 1873, 2 vol. in-4° oblong, 20 pl. col.) avec un texte de
F. Villot... Soigneusement coloriées au pinceau à l’époque, la plupart
de ces lithographies constituent de délicieuses petites estampes d’une
extrême délicatesse et si les coloris ne sont pas toujours très exacts,
ils sont par contre fort attrayants. Delarue lithographia aussi les
planches d’un fascicule de John K. Townsend Ornithology of the
United States of North America (Philadelphie, 1839, gr. in-8°), un des
livres américains les plus rares et dont on ne connaît que cinq ou six
exemplaires. A l’annonce de la parution de l’édition in-octavo des
Oiseaux d’Amérique de J. J. Audubon, Townsend détruisit presque
tous les exemplaires existants.
Encore un charmant petit ouvrage très représentatif de l’époque
romantique, le Musée du Chasseur ou Collection de toutes les espèces
de gibier (Paris, A. Robin, 1838, 2 vol. gr. in-8°) avec 56 planches
d’oiseaux lithographiés d’après nature par Victor Adam, et très fine¬
ment enluminées. Pour compléter la première moitié du xix" siècle,
citons aussi le Complément du Résumé d’Ornithologie ou Iconographie
des Oiseaux (Paris, Encyclopédie Portative, 1829, in-32°) de P. A. Dra¬
piez, orné de 48 planches dessinées sur pierre par M mo S. Lamouroux
et plus ou moins copiées sur des figures d’ouvrages antérieurs, la
Collection complète des Oiseaux d’Europe dessinés et coloriés d’après
nature par E. Swagers (Amiens, Lithographies de A. Leprince, 1833-
1834, in-4°) Professeur de dessin à Amiens, avec 32 mauvaises plan¬
ches grossièrement coloriées et enfin la contribution de Auguste Pel¬
letier à un ouvrage anglais de Thomas Horsfield Zoological Resear-
ches in Java and the Neighbouring Islands (London, Kingsburh, 1824,
in-4°) ; Pelletier grava sur pierre, d’après John Curtis, 25 des
planches d’oiseaux (sur 32 imprimées à Londres par C. Hullmandel)
et fut chargé d’en surveiller le coloris.
Nous venons de voir dans l’œuvre de J. Delarue un Musée Ornitho¬
logique qu’il ne faudrait pas confondre avec un ouvrage de J. C. Chenu,
Source : MNHN, Paris
70
t. RONSIL
O. des Murs et J. Verreaux, portant ce même titre et annoncé dans
certains livres des mêmes auteurs. Ce Musée Ornithologique (Paris,
1862, in-12°) qui devait former plus de cent volumes contenant cha¬
cun 100 planches coloriées ne nous est connu que par une suite de
172 petites lithographies finement peintes, représentant des Oiseaux
de proie diurnes et nocturnes. Ce sont des reproductions très réduites
des ouvrages de Temminck, Gould, Smith, Rüppel, Des Murs,
Orbigny, Audubon, Cassin, Schlegel, Levaillant, Wilson, Vieillot,
Humboldt et Bonpland, Lichtenstein, Spix, Naumann, Bonaparte,
Gray, des Vélins du Muséum, de la Revue et Magasin de Zoologie,
des Voyages de l’Astrolabe, de la Bonite, de l’Expédition de Morée et
des Archives du Muséum. Ces planches ne sont pas toutes la copie
exacte des ouvrages cités. C’est ainsi que certaines d’entre elles repré¬
sentent les sujets de deux ou trois planches différentes de l’ouvrage
d’où ils sont tirés et la plupart des fonds ont été supprimés. Nous
verrons plus loin qu’un des auteurs, O. des Murs, reprit encore, un
peu plus tard, ce même titre pour un ouvrage qui n’a rien de commun
avec celui-ci.
« Les Oiseaux-Mouches ou Colibris, dès le moment où ils ont été connus
en Europe, ont eu le privilège d’exciter une admiration générale. Les pre¬
miers écrivains qui se sont occupés du Nouveau Monde se sont extasiés
devant ces merveilleuses créatures.
« Buffon les a appelés les bijoux de la nature et a employé toute la magie
de son style pour nous peindre le luxe de leur parure et pour nous intéres¬
ser à leur vie et à leurs mœurs.
« Audebert et Vieillot ont essayé de donner les ligures des espèces peu
nombreuses signalées de leur temps, en mettant à contribution le métal le
plus précieux pour reproduire la richesse de leur robe.
« Lesson a écrit l’histoire de ces Oiseaux, en l’illustrant de la représen¬
tation des espèces alors connues.
« Mais depuis la publication des divers ouvrages de ce savant, qui a le
plus contribué à inspirer le désir de connaître ces gracieux volatiles, les
voyages nombreux entrepris, dans des contrées jusqu’alors peu visitées ou
mal explorées, ont considérablement agrandi le domaine de la science.
« On sentait la nécessité d'un ouvrage présentant le tableau de toutes
les découvertes relatives à cette partie de l’ornithologie, c’est-à-dire fai¬
sant connaître toutes les espèces restées inconnues à Lesson... »
Dans ce but, E. Mulsant et Edouard Verreaux firent paraître
l’Histoire Naturelle des Oiseaux-Mouches ou Colibris constituant la
famille des Trochilidés (Lyon, Société Linnéenne, 1874-1879, 4 vol.
in-4°) et on peut lire encore dans la préface (de Mulsant) :
« M. Bévalet, l’un de nos peintres les plus habiles à reproduire, avec
une fidèle perfection, les œuvres de la nature, a bien voulu me prêter son
concours pour illustrer cet ouvrage. Cet artiste joint à l’art du dessinateur le
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 71
mérite du préparateur. Ses talents l’avaient fait attacher auv commissions
scientifiques d’Island et du Groenland, en 1836 ; de la Scandinavie, Lapo¬
nie et Spitzberg en 1838 et 1839, expédition pendant laquelle le navire
hiverna dans le golfe d’Altenfiord, près le cap Nord. Le Roi de Suède l’a
nommé Chevalier de son ordre de Wasa. Il a depuis travaillé à illustrer les
œuvres de M. le D r Chenu. Le goût et la perfection apportés dans les plan¬
ches de mon histoire naturelle des Colibris suffiraient pour lui donner de
la célébrité, si sa réputation n’était déjà établie depuis longtemps.
« Les planches de cet artiste ont été tirées en majeure partie par les
presses de M. Lemercier, le plus renommé des lithographes de la capitale,
et les autres par celles de MM. Feugère [Fugère] frères, de Lyon. »
Les figures de L. Bévalet peuvent retenir l’attention du botaniste
par les jolies plantes au milieu desquelles les Oiseaux évoluent et des
fleurs souvent fort belles confèrent à l’ensemble un cachet artistique
vraiment séduisant. Toutefois, cet artiste n’est pas le seul auteur de
ces 125 planches ; E. Mesples et F. M. Fugère sont malheureusement
responsables du mauvais goût de quelques-unes. Elles ont toutes été
coloriées au pinceau et rehaussées de gomme.
Tandis que la faune avienne des contrées les plus lointaines et
les plus sauvages du globe commençait à être représentée dans sa
majorité, aucun travail d’ensemble n’avait encore traité de l’avifaune
chinoise avant Les Oiseaux de la Chine (Paris, Masson, 1877, 1 vol.
texte, 1 atlas, gr. in-8°) de l’Abbé Armand David et Emile Oustalet.
Arnoul dessina et lithographia en 124 planches beaucoup d’espèces
figurées pour la première fois. Tous ces Oiseaux sont fort bien peints,
mais leur attitude n’est pas toujours très naturelle.
Les mêmes remarques peuvent s’appliquer aux figures de Jules
Terrier surtout connu, dans ce domaine, par ses 21 lithographies
(19 sont coloriées) des Oiseaux de France — Première monographie
— Corvidés (Paris, A. Quantin, 1883, in-4°), de Louis Magaud d’Aubus-
son, et ses 30 planches sur pierre, également peintes à la main, des
Oiseaux de la Faune de la Sénégambie (Actes de la Soc. Linnéenne de
Bordeaux, XXXVIII, 1884, gr. in-8°) de A. T. de Rochebrune, bien que
ces dernières soient beaucoup moins intéressantes.
Nous pensons qu’il n’est pas déplacé de citer ici l’ensemble de
150 planches coloriées assez curieuses d’oiseaux en duvet, qui, à notre
connaissance, forme un ouvrage unique en son genre intitulé : Les
Poussins des Oiseaux d’Europe (Chartres, 1883, 2 vol. petit in-4°).
Toutes ces figures sont dessinées et lithographiées par Albert Mar¬
chand « sous l’inspiration et avec le concours » de son père Armand
Marchand. Présentées sous un plus petit format, elles parurent
d’abord de 1863 à 1879 dans la Revue et Magasin de Zoologie.
Enfin, nous ne pouvons passer sous silence la contribution à l’ico¬
nographie scientifique française d’un des plus grands artistes ani-
Source : MNHM, Paris
72
R. R0NSIL
maliers étrangers, illustrateur de beaucoup des plus beaux ouvrages
anglais, J. G. Keulemans. Des naturalistes éminents, comme Alphonse
Milne Edwards et Emile Oustalet, eurent heureusement recours à
lui et les planches lithographiées et peintes accompagnant certains
de leurs travaux sont d’une exécution hors-pair au point de vue scien¬
tifique et artistique. Les 6 planches des Oiseaux de la Mission du
Cap Horn (Paris, 1891, in-4“, ainsi que 5 autres (1) de la Notice sur
quelques espèces d’Oiseaux actuellement éteintes qui se trouvent
représentées dans les collections du Muséum (Paris, Centenaire du
Muséum, 1893, in-4°), sont du meilleur Keulemans. Nous en retrouve-
verons encore, aussi belles, dans les Nouvelles Archives du Muséum
de Paris et dans les Annales des Sciences naturelles.
(1) Ces planches furent reprises plus tard (mais en trichomie) par L. W.
Rothschild pour son ouvrage Extinct Birds (London, 1907).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XVI
C. de SOUANCE
Iconographie des Perroquets. 1857
PI. }2 - Chrysotis diadema
(par J. Daverne)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE VIII
LA GRAVURE SUR BOIS AU XIX* SIECLE
Vers la fin du xvi" siècle, la gravure sur bois, ne pouvant soutenir
la comparaison avec la vignette en taille-douce, perd graduellement
sa place dans l’illustration et, à la fin du siècle suivant, on ne l’utili¬
sait plus guère que pour les vignettes typographiques, les culs-de-
lampe et les almanachs. Jusque-là, le graveur ne connaissait que la
technique dite du bois de fil et ce n’est qu’un siècle plus tard que
l’invention de la gravure sur bois de bout (1) redonna un souffle nou¬
veau à ce mode de traduction.
Cette invention fut longtemps attribuée à l’anglais Thomas
Berwick, qui arriva après quelques tâtonnements à une facture
remarquable dans son History of british Birds (Newcastle, 1797-1804
2 vol. in-8°, 233 fig.).
Mais, bien avant lui, Fov, de Lyon, avait utilisé cette manière sans
lui donner de suite pratique et, dans un ouvrage intitulé le Livre
d’Histoire, ou Ayathangelos. imprimé par des Arméniens en 1709 à
Constantinople, on trouve plusieurs gravures sur bois de bout qui
sont vraisemblablement à l’origine de cette « invention » en Europe
occidentale.
Quoiqu’il en soit, cette dernière technique (gardée longtemps
secrète en Angleterre) remit à l’honneur la première manière de gra¬
vure sur bois qui, parallèlement à celle-ci, connut alors un nouveau
succès dans 1 illustration du livre. Les ouvrages d’histoire naturelle
en profitèrent peut-être moins que tout autre au début ; cependant,
ils furent dans les premiers à l'adopter.
Comme il se devait, c’est dans une des nombreuses éditions des
Œuvres de Buffort (Paris, Renouard, 1808) que nous trouvons en
France, au xix" siècle, les premières figures sur bois d’animaux. Elles
sont gravées sur bois de fil par P. F. Godard, d’Alençon, qui connut
certainement la manière anglaise, mais ne la pratiqua pas.
(1) Le bois de bout est du bois de cormier, de buis ou de poirier scié en ron¬
delles transversalement au tronc de l’arbre, pouvant se tailler au burin dans
tous les sens, comme le métal.
Source : MNHN, Paris
74
R. RONSIL
D’autres découvertes assez récentes, comme l’impression en cou¬
leurs et surtout la lithographie, concurrencèrent dangereusement la
figure sur bois à cette époque ; aussi faut-il attendre presque un quart
de siècle, après les figures d’animaux de Godard, pour retrouver un
certain nombre de bois gravés d’Oiseaux, dans le Magasin pitto¬
resque en particulier.
Ce périodique, fondé en 1833 par Ed. Charton, « s’appliqua à met¬
tre en valeur le talent des graveurs français, choisis parmi les meil¬
leurs. En effet, tous les graveurs de valeur y sont représentés au même
titre que les plus célèbres illustrateurs. Aussi le Magasin pittoresque
est-il resté, pour le connaisseur, le recueil le plus complet, le miroir le
plus fidèle de la gravure sur bois en France de 1833 aux environs des
premières années après 1870 » (1). On y voit, dès la première année,
de très bonnes et nombreuses figures d’Oiseaux, quelques-unes à pleine
page.
Vers le milieu du siècle, l’ouvrage de vulgarisation scientifique
allait donner son plein essor à la gravure sur bois et l’éditeur L. Cur-
mer ne fut pas étranger à cet engouement, qui s’affirmait chaque
jour davantage. Il faut dire qu’il employa aussi les meilleurs dessi¬
nateurs et graveurs de son temps.
Le Jardin des Plantes (Paris, Curmer, 1842-1843, 2 vol. gr. in-8°),
abondamment illustré, connut un louable succès dès sa parution.
La première partie (par P. Bernard, L. Couailhac, Gervais et
E. Le Maout ou Lemaout contient, pour les Oiseaux, deux planches
gravées sur acier (l’une signée L. Marvy, l’autre Ch. Jacque), cinq
planches gravées sur bois (signées Lévy, H. Delacroix, Delacroix et
Daubigny, Delduc...) et neuf planches gravées et coloriées à la main
(par J. T. Descourtilz) (2). La deuxième partie (par Emmanuel Le
Maout) comprend, toujours pour les Oiseaux, soixante-douze figures
sur bois dans le texte et neuf planches noires et coloriées (dont une,
Crotale et Merles polyglottes d’après Audubon).
Dix ans plus tard, Le Maout reprenait dans son Histoire Natu¬
relle des Oiseaux (Paris, Curmer, 1853 et 1855, gr. in-8°, 501 fig., 34 pl.
dont 15 color.), la plupart de ces illustrations en y ajoutant de nom¬
breuses figures nouvelles. Comme dans le Jardin des Plantes, on y
trouve des bois dans le texte, des planches gravées sur acier et litho¬
graphiées, et coloriées à la main. Les Oiseaux représentés sont signés
(1) P. Gusman. La Gravure sur bois en France au xix e siècle, 1929.
(2) Jean Théodore Descourtilz est l’auteur de la fameuse Ornithologie Bré¬
silienne ou Histoire des Oiseaux du Brésil remarquables parr leur plumage, leur
chant ou leurs habitudes (Rio-de-Janeiro, 1854-1856, in-folio, 48 pl. col.) et
aussi d’un ouvrage extrêmement rare cité par quelques bibliographies : Oiseaux
brillans du Brésil (Paris, 1834, in-folio, 60 pl. lithographiées et coloriées, Cal-
lier lith.).
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
75
Adel, Belaife, Brugnot, J. Cagniet, E. Delacroix et Daubigny,
A. Delangle, L. Dujardin, W. H. Freemann, Krause, A. de Ligni-
ville, P. Oudart, H. Pessé, Steinhel... et gravés par plus de vingt-
cinq artistes : Bouton, L. Brugnot. Brunier, Chevauchet, Delduc,
Deschamps, Ecosse, Alf. Etherington, Gérard, E. Guillaumot,
H. Harrison, Jattiot, Lesestre, Morice, H. de Pisan, Prithey,
John Quartley, Sargent, Simon, Stypulkowski, P. Thiébault,
Whitehead...
Mais les figures de ces deux ouvrages ne sont pas toutes origi¬
nales, auteurs et éditeur ont emprunté, en les modifiant un peu, cer¬
taines gravures d’autres ouvrages français et étrangers (1). En revan¬
che, les figures conçues spécialement pour le Jardin des Plantes
et l’Histoire Naturelle des Oiseaux ont souvent été reproduites ail¬
leurs, surtout dans les livres de vulgarisation comme VHistoire Natu¬
relle des Oiseaux (Paris, Vermot, s. d., 54 fig. in-12°), de Morin celle-
là, avec d’autres bois de J. Gagniet, puis dans La Migration des
Oiseaux (Paris, Hachette, 1878, in-12°), de A. de Brevans. Parmi les
89 vignettes de ce dernier ouvrage, on trouve en plus des bois de Riou
et A. Mesnel (gravés par Leblanc, F. Grenier, C. H. Barbant,
F. Meaule...), puis des emprunts faits aux différents ouvrages du
docteur J. C. Chenu.
Les ouvrages de Chenu, et en particulier Les Oiseaux (avec la
collaboration de O. Des Murs), de son Encyclopédie d’Histoire Natu¬
relle (Paris, Marescq [1852-1854], 6 vol. in-4°), méritent une place
à part dans les livres illustrés de figures sur bois. Ils représentent,
en effet, le point de départ d’une illustration qui sera reproduite des
centaines de fois par la suite, jusqu’au début du xx' siècle.
Les six volumes d’Oiseaux de cette Encyclopédie contiennent une
profusion de bois gravés : 2.079 dans le texte et 240 planches hors
texte avec plusieurs sujets pour chacune d’elles. « La plupart des
figures des diverses espèces ont été faites d’après les beaux dessins de
M. Gould sur les Oiseaux d’Europe et de la Nouvelle-Hollande, quel¬
ques-unes d’après le grand ouvrage d’Audubon sur les Oiseaux d’Amé¬
rique ; et les planches de caractères ont été copiées sur celles du
Généra of birds, de M. Gray. Ces trois ouvrages bien connus ne sont
malheureusement pas assez répandus et subissent le sort de tous les
livres précieux et d’un prix élevé. » On y rencontre aussi des copies
sur bois des dessins de J. Wolf ( Proceedings of the zoological Society
of London) et d’autres empruntées aux ouvrages de Smith, Orbigny,
Lesson, Temminck, Schlegel, Spix, Swainson, Prévost et Lemaire,
C. Gay... et quelques figures d’après nature.
(1) Des Illustrations de Zoologie de Lesson entre autres pour certaines pl.
color. de VHist. Nat. des Oiseaux.
Source : MNHN, Paris
76
R. RONSIL
De nombreux artistes graveurs participèrent à cette œuvre gigan¬
tesque, et parmi les plus connus, citons Lesestre, Bevalet, Ecosse,
Meunier, Cordier, Blaise, Delahaye, L. Dujardin...
Il est bien évident que ces petites réductions peuvent difficilement
nous donner une idée des planches originales dont beaucoup sont
splendides, mais, dans l’ensemble, elles offrent un intérêt documen¬
taire incontestable, allié à un charme, quelque peu désuet il est vrai,
mais bien particulier.
Il serait fastidieux de passer en revue tous les ouvrages ayant
emprunté ces mêmes bois, nous contentant seulement d’en donner
une liste ci-dessous (1).
La gravure sur bois coloriée n’eut qu’un médiocre succès en France
au siècle dernier, il faut avouer que le coloriage fait à la main est (si
nous exceptons les « Chenu ») assez grossier la plupart du temps.
On rencontre surtout cette manière dans de petits ouvrages d’avicul¬
ture et de vulgarisation comme L’Art d’élever et d’attraper les Oiseaux
de volière qui chantent et qui parlent (Paris, 1860, in-12°), de Jules
Jannin (dont les 36 planches se retrouvent aussi dans le texte de L’Art
d’élever des Oiseaux, de Céline Fleuriot), puis dans un petit livre
anonyme dont les 8 planches sont dessinées et gravées par les frères
Pauquet, Les Oiseaux, description des principales espèces des Oiseaux
d’Europe (Paris, Bédelet [1865], gr. .in-8”. Les bois tirés en noir dans
le texte sont signés Lesestre).
Quittons un instant l’aviculture et l’ornithologie pure pour abor¬
der une certaine littérature très goûtée au siècle dernier et dont les
Oiseaux font souvent l’objet. Nous ne pouvons que nous réjouir de
ce regain de sentimentalité vis-à-vis des êtres vivants, car il devait
amener progressivement l’attention du grand public sur l’utilité et le
(1) Chenu, Chasse au Chien d'arrêt. Gibier à plumes (Paris, Marescq, 1851
et Picard, 1865, in-12° carré, 19 fig. texte, 89 pl.). — Chenu, Des Murs et
J. Verreaux, Leçons élémentaires sur l’Histoire Naturelle des Oiseaux (Paris,
Hachette, 1862, 2 vol. in-12°, 479 fig., quelques exemplaires ont été finement
coloriés à l’époque) suivi d’un supplément : La Fauconnerie ancienne et moderne
(Paris, Hachette, 1862, in-12°). — Ogérien, Zoologie vivante de l’Histoire Natu¬
relle du Jura (Paris, 1863). — A. Toussenel, L’Esprit des Bêtes. Le Monde des
Oiseaux, 3° édition (Paris, 1864-72, 3 vol. in-8®). — L. Figuier, Les Oiseaux
(Paris, Hachette ; plusieurs éditions, gr. in-8® avec des dessins de H. Giaco-
melli, A. Mesnel, Bevalet...). — Bechstein, Manuel de l’Amateur des Oiseaux de
volière (Paris, Goin, in-16). — Céline Fleuriot, L'Art d’élever des Oiseaux en
rage et en volière (Paris, Lefèvre in-12®). — Desloges et Joubert, Manuel de
l’Oiseleur (Paris, Bornemann et Le Bailly, 1863, 1867... in-18°). — A. de Brevans,
La Migration des Oiseaux (Paris, Hachette, 1878 et 1880, in-16"). — Vincelot,
Les Noms des Oiseaux expliqués par leurs mœurs. (Plusieurs éditions illustrées.)
— E. Deyrolle, Oiseaux de l’Histoire Naturelle de la France (Paris, Deyrolle,
s. d., in-8°). — L. E. Champaime, L’Art d’élever et d’instruire les Oiseaux
(Paris, s. d., in-8®).
Source : MNHN, Paris
l’art français dans i.e livre d’oiseaux
77
charme de l’Oiseau dans la nature. Cette littérature, qui connut une
grande faveur avec Michelet et Theuriet, eut aussi ses propres illus¬
trateurs, tels Yan’ Dargent, Mesnel et surtout Hector Giacomelli.
Voici d’abord L’Esprit des Oiseaux (Tours, Marne, 1867, in-8° et nom¬
breuses éditions), de S. Henry Berthoud, abondamment illustré par
Yan’ Dargent (Jouet, Machelle, A. Etherington, Perrichon,
L. Rousseau, graveurs), dont la 6" édition (Tours, 1891, in-4°) a un
joli frontispice de Giacomelli gravé par F. Meaulle, puis de Giaco¬
melli également les 210 bois gravés (par Bertrand Ber veiller,
Carter, Coste, Etling, Laplante, Meunier, Meyer, Heine, Morice,
Pannemaker, Rouget, Sargent, Thénard et M“° E. Rouget) qui
illustrent si bien L’Oiseau de Michelet (Paris, Hachette, 1867, 8* édi¬
tion gr. in-8°), enfin, d'André Theuriet, Nos Oiseaux (Paris, Launette,
1887, gr. in-8" et Paris, Tallandier, 1894), avec 110 illustrations, du
même artiste, gravées par Jules Huyot. Ce genre littéraire servit de
prétexte à une foule d’estampes ou de suites de compositions sur
bois dont les plus connues de Giacomelli ont pour titre : Les Ailes
et les Fleurs, les Nids, les Joies et Misères des petits Oiseaux, le Géant
et l’Oiseau... qui parurent dans le « Monde Illustré », le « Magasin
Pittoresque » et « La Nature ». Tout aussi répandus sont les dessins
de Mesnel dans les petits ouvrages de vulgarisation de la même
époque ; on lui doit les 117 figures sur bois de celui de H. de La
Blanchère, Les Oiseaux utiles et les Oiseaux nuisibles (Paris,
J. Rothschild, 1870, in-16°) et nous retrouvons sa signature dans
Chez les Oiseaux (Paris, Firinin-Didot, 1893, in-4°, 109 fig. et 30 hors-
texte) de E. Leroy, illustré également de nombreuses autres gravures
(d’après les dessins de Bellecroix, Henri Bodmer, Bogaert, Gaston
Gélibert, H. Giacomelli, F. Mahler, Martin, Riou) qui, dans l’en¬
semble, représentent plutôt des scènes de la nature que des sujets
ornithologiques. Ceux-ci, par contre, empruntés aux ouvrages d’Au-
dubon, Gould, Lesson..., sont bien meilleurs. Tous ces bois ont été
plus ou moins heureusement traduits par Cordier, Ecosse, Florian,
Huyot, Ch. Krôner, Lesestre, F. Masson, F. Meaulle, Albert
Richter...
Il était de coutume, chez les éditeurs de l’époque, de reprendre
toujours les mêmes figures pour les ouvrages d’auteurs différents trai¬
tant d’un même sujet. Dans presque tous les livres d’Oiseaux sortis
de chez l’éditeur J. Rothschild, par exemple, on retrouve les mêmes
bois et l’on a déjà vu la plupart, si ce n’est la totalité, des 75 vignettes
de texte de l’ Ornithologie du Salon (Paris, Rothschild, 1878, gr. in-8°,
pl. color.), de Raoul A. Boulart dans Les Oiseaux utiles et les
Oiseaux nuisibles, de H. de la Blanchère et dans Les Oiseaux chan¬
teurs des bois et des plaines (Paris, Rothschild, 1870, in-8°), des
frères Charles et Adolphe Müller. Ce dernier ouvrage imité de l’alle-
Source : MNHN, Paris
78
R. RONSIL
mand par Champfleury, contient 11 assez médiocres figures sur bois
hors-texte d’Adolphe Muller, inspecteur des forêts de Gladenbach.
C’est encore d’Outre-Rhin que devaient venir les bois (de premier
ordre cette fois) servant à illustrer l’édition française revue par
Z. Gerbe, des Oiseaux des Merveilles de la Nature (Paris, Baillière
[1878], 2 vol. gr. in-8°) du célèbre naturaliste A. E. Brehm. A notre
avis, c’est de loin le meilleur livre de vulgarisation que nous ayons eu
en France sur ce sujet. Les nombreuses figures (418 dans le texte et
39 pl. (1)) de l’artiste allemand Robert Kretschmer sont toutes excel¬
lentes. Pour la plupart très suggestives, elles sont souvent accompa¬
gnées d’un paysage donnant beaucoup de vie à l’ensemble. Elles sont
gravées par F. A. Brockhaus, Dupé, R. Illner, K. Jahmargt. Nieder-
mann, Raabe, F. O. Schmitd, C. Wendt ; L. Beckmann, Bocourt et
quelques autres y collaborèrent également.
Ces figures sur bois servirent par la suite dans presque tous les
livres d’ornithologie pure et appliquée qui parurent successivement
chez le même éditeur (2) jusqu’au début du XX' siècle : La Vie des
Oiseaux (1890, in-12°), du Baron d’HAMONViLLE, La Plume des
Oiseaux (1891, in-12°), de Lacroix-Danliard, les premières éditions
de Y Amateur d’Oiseaux de volière (3) (1891, in-12°), d’Henri Moreau,
Les Oiseaux de parcs et de faisanderies (4) (1896, in-12°), de Rémy
Saint-Loup, Les Oiseaux de La Faiine de France (1900, in-16"), de
A. Acloque...
Intéressantes aussi, et assez semblables parfois à celles du
« Brehm » français, sont les 370 figures d’un ouvrage anonyme, Album
de l’Histoire Naturelle — Les Oiseaux (Paris, s. d., in-4°) qui portent
toutes (sauf une à pleine page de Juillerat) la signature d’artistes
étrangers, J. Browne, W. Coleman, Freeman, E. Neale, Weiss,
F. W. Wood, J. B. Zwecker... On peut voir aussi ces mêmes bois dans
d’autres ouvrages et 10 des Perroquets représentés dans cet « Album »
sont reproduits (et assez mal coloriés à la main) dans le livre consacré
par Gaston Percheron à ce même groupe d’Oiseaux : Le Perroquet,
Histoire naturelle, hygiène, maladies (Paris, Asselin, 1878, in-8°,
20 pl. color.).
(1) Les planches de cet ouvrage sont tirées en chromo-lithographie dans cer¬
taines éditions allemandes.
(2) Ceci jusqu’à la parution des' Oiseaux de la Vie des animaux illustrée
(Paris, Baillère, 1904) publiée sous la direction de Ed. Perrier.
(3) Illustrées aussi de bons croquis de F. Bigot.
(4) Dans cet ouvrage, la plupart des figures de Faisans sont de J. Terrier,
gravées par Badoureau, et sont extraites de l’étude de L. Magaud d’Aubusson
sur Les Gallinacés d'Asie (37 figures sur bois) paru dans le Bulletin de la Société
Nationale d’Acclimatation, de 1886 à 1887.
Source : MNHN, Paris
FRANÇAIS DANS LE LIVRE D’OISEAUX
79
Les ouvrages de chasse furent très largement pourvus de bois
gravés et le périodique La Chasse illustrée a donné pendant toute sa
parution de bonnes figures des différents artistes cités au cours de
ce chapitre. Empiétons quelque peu sur le xx e siècle avec Louis Ter-
nier dont le premier ouvrage, La Sauvagine en France (Paris, Firmin-
Didot, 1897, réimpression photographique 1922 et 1948, gr. in-8°), est
orné de 125 gravures d’après nature par Emile Thivier, Maurice Moi-
sand (un des dessinateurs de La Chasse illustrée ) et l’auteur ; Les
Canards sauvages et leurs Congénères (Paris, Firmin-Didot, 1908 et
réimpression 1922, gr. in-8°), de Ternier également (en collabora¬
tion avec Fernand Masse), comportent .158 dessins.
Terminons avec A travers le Monde des Oiseaux (Paris, Librairie
d’Education Nationale [1901], in-4°), d’Henri Moreau, ouvrage de
vulgarisation assez bien illustré de 64 bois par G. Denise principale¬
ment et Frédéric Massé.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XVII
F. M. DAUDIN
« Traité élémentaire et complet d’ornithologie ». - 1800
tome II. PI. XVII
(par Barraband)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XVIII
L. P. VIEILLOT
< La Galerie des Oiseaux » 1825
Tome II, pl. 204 (par Oudart)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE IX
J.-J. AUDUBON,
ARTISTE ET NATURALISTE FRANÇAIS
(1785-1851)
Parmi tous ces peintres, ces graveurs, ces naturalistes, ces grands
voyageurs dont les noms ont été cités au cours des chapitres précé¬
dents, en est un qui ne semble pas toujours jouir en France de la
faveur qu’il mérite.
« Connaissez-vous Audubon, le naturaliste ? Connaissez-vous ce
savant, Français d’origine, observateur et écrivain admirable, et, en
plus, dessinateur génial qui a vécu entre les années 1785 et 1851, qui
était de la lignée et le contemporain des Lacépède, Cuvier, Geoffroy
Saint-Hilaire, Alcide et Charles d’Orbigny ?
Il est probable que vous me répondrez : Non !
« Car personne ne le connaît en France, à part de très rares initiés,
qui encore, certainement, le connaissent mal. » Ainsi s’exprime
Ed. Bruet dans sa Préface à Les Oiseaux d’Amérique, de J.-J. Audu¬
bon (Paris, Payot, 1945).
Fils présumé du lieutenant de vaisseau Jean Audubon et de
M Ue Rabin, créole de Saint-Domingue, Jean-Jacques Audubon naquit
aux Cayes, île de Saint-Domingue, alors colonie française, le 25 avril
1785. La naissance du grand naturaliste reste assez troublante et
certains de ses biographes modernes, comme Miss Tyler, Miss
Rourke et l’historien américain Stanley Clinsby Arthur n’hésitent
pas à le considérer comme le Dauphin de France, fils de Louis XVI,
mystérieusement disparu pendant la Révolution !
Mais les minutieuses recherches du professeur F. H. Herrick écar¬
tent, semble-t-il, une hypothèse qui doit rester plutôt dans le domaine
de la légende.
Cependant, J.-J. Audubon, lui-même, dans ses écrits et dans ses
lettres intimes s’est souvent contredit au sujet du lieu de sa naissance.
Laissons à d’autres le soin d’élucider ce mystère, si mystère il y a,
et étonnons-nous seulement qu'un tel artiste dont « le prestige est
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XV. 6
Source : MNHN, Paris
82
R. RONSIL
aussi grand, peut-être, aux Etats-Unis que celui de Washington lui-
même » (!) soit si peu connu en France, et si « en Amérique Audubon
possède une gloire impérissable, si depuis quelques années on met en
relief chaque jour davantage son génie d’artiste et d’écrivain, on ne
voit pas pourquoi les Français ne le reconnaîtraient et ne l’honore-
raient pas au même degré au moins que les Américains » (1).
On sait également peu de choses sur la jeunesse de notre natura¬
liste. Encore enfant, alors qu’il habitait « La Gerbetière », à Couëron,
près de Nantes, il fait la connaissance des d’ORBiGNY. A quinze ans, il
étudiait le dessin dans l’atelier du peintre J.-L. David, sans grande
conviction d’ailleurs pour les « nez gigantesques » et les « bouches
colossales ».
Après ce court séjour à Paris, il retourne à « La Gerbetière » et
de là en Amérique où il épouse, en Pennsylvanie, « une femme admi¬
rable qui sut le comprendre et l’aider », Lucy Bakewell.
Peu de temps avant son mariage, son père lui avait fait don d’une
plantation à Mill Grave, près de Philadelphie, mais il était irrésisti¬
blement attiré par les antiques forêts encore vierges du Nouveau
continent.
C’est là que s’ébaucha « le monument le plus magnifique qui ait
encore été élevé à la nature », dira Cuvier en présentant son œuvre à
l’Académie royale.
L’œuvre : 435 magnifiques planches in-folio « double-éléphant »
gravées sur cuivre et coloriées à la main ; 1.065 figures d'Oiseaux de
489 espèces différentes, toutes représentées en grandeur naturelle,
depuis l’Oiseau-mouche à gorge rubis jusqu’à l’Aigle de Washington
et le Dindon sauvage ; des centaines de fleurs dignes d’un Redouté
(à qui notre artiste, de passage à Paris, fut présenté en 1828) ou d’un
Bessa, des insectes, des serpents, des coquillages, chefs-d’œuvre d’une
vie intense, d’une richesse et d’une délicatesse de coloris inégalées.
Qu’ils sont loin les oiseaux figés des Martinet, des Barraband, des
Oudart, des Prêtre ! Pourtant ceux-là ne manquent pas de charme
dans leur sécheresse, mais ils n’ont pas cette vie qu’Audubon puisait
au sein de la nature même et que son pinceau génial a su cristal¬
liser (2).
(1) Edmont Bruet ( loe. rit.).
(2) La puissante personnalité d’Audubon est naturellement indéniable. Ce¬
pendant, si on compare les planches d’oiseaux de The natural History of Carolina,
Florida, etc. (London, 1731-43, 2 vol. in-folio) du naturaliste anglais Mark Ca-
tesby, avec celles des Birds of America, on est frappé d’une analogie de u climat »
vraiment extraordinaire et on se demande si Audubon ne fut pas tant soit peu
influencé par l’œuvre de son devancier. Suggestion toute gratuite d’ailleurs qui
ne diminue en rien son mérite. Il n’est même pas impossible que deux artistes,
sans se connaître, voient, conçoivent et s’expriment de la même façon, ehacnn
avec son propre tempérament, bien entendu.
Source : MNHN, Paris
L ART FRANÇAIS DANS LE LIVRE D’OISEAUX 83
L’ouvrage parut sans texte en quatre volumes, de 1827 à 1838
sous le titre : The Birds of America « from original drawings bv
John James Audubon, Fellow ot the Royal Societies of London, etc »
(London, Published by the Author, 1827-1838) (1).
Les dix premières planches furenl gravées par le peintre-graveur
écossais Williams Howe Lizars, d'Edimbourg, qui ne put continuer
l’œuvre commencée. Audubon s'adressa alors à Robert Havell, de Lon-
dres, qui termina l’ouvrage.
Robert Havell, dont le fils retoucha vraisemblablement les dix
planches de Lizars, était un peintre et surtout un graveur de grand
talent et d une habileté extrême. Sans lui, les reproductions des origi¬
naux n auraient peut-être jamais été ce qu'elles sont. [1 aimait pas¬
sionnément son travail et mit toute sa conscience à rendre l'œuvre
impérissable. Lorsque Audubon vint voir l'épreuve de la première
aquarelle qu'il lui avait confiée, ses « Troupiales de Baltimore . il ne
put réprimer un cri d'admiration devant tant de perfection de gravure
et de colons. Dés lors, il lui accorda toute sa confiance, lui faisant recti¬
fier ou même compléter certains fonds ou certains paysages qu'il
n avait pu qu ébaucher sur ses aquarelles. Robert Haveu'u fils grava
aussi une dizaine de planches de cei ouvrage.
Par moments, Audubon, surchargé de travail ou pressé par le
temps, avait eu recours a un peintre-paysagiste suisse du nom de
Lehman pour l'aider dans ses arrière-plans (2), mais cette collabora¬
tion ne lut pas toujours très heureuse quant au résultat et n’aiouta
nen a a beaute de l'œuvre. Ce n'était pas la première fois du reste
que notre artiste s adjoignait un collaborateur. A Cincinnati, Audubon
tTnfT' C TxT a T lanl ' "" ieune S»"çon plein de qualités et de
la'ent, Joseph Maso» (180,-1883), aux dons artistiques vraiment éton-
nants. Maso» peignit de scs propres mains une centaine de ces splen¬
dides details de végétation, fleurs, fruits, feuilles (3) qui sont aussi
Ma“ra e i" S d Ue , '“7 de mallre ' La Pto-che (14. le Moineau des
s» fernn^T ^ rra,ment s "P e rbe. porte la signature de
sa femme, Lucy Audubon.
Ce monument venait à peine d'être achevé que J.-J. Audubon son¬
gea a faire paraître ces mêmes planches dans un format plus réduit,
en y ajoutant quelques espèces d'Oiseaux découvertes récemment et
Dor é P " , gl "' e ‘' iUSq,l ’ ici ' Lr nombre des planches fut ainsi
poite cinq cents. Cette édition « miniature » en sept volumes
oêie P i“ KÏ;y^v“°' U,h “ 8r *S| ,i< “ ,ur ' nt rééditées dans 0 .
W flanches 231, 242, 243, 252, 269, 27S. 281...
(3) Planches 2, 5, 7, 12, 15, 17, 140...
Source : MNHN, Paris
84
R. RONSIL
in-octavo si elle n’a pas la splendeur du « double-éléphant folio » n’en
est pas moins remarquable malgré les modifications, les changements
et quelquefois même les suppressions apportés à certaines planches
pour les adapter à ce petit format. Elle eut un grand succès à l’époque,
surpassant de loin tout ce qui avait été publié jusque-là dans le
domaine de l’iconographie ornithologique, et fut éditée en cent fasci¬
cules de 5 planches sous ce titre : The Birds of America, from
drawings made in the United States and their territories. By John
James Audubon, Fellow of the Royal Societies of London and Edin-
burgh, and of the Linnean and Zoological Societies of London, etc.
New-York, J.-J. Audubon, Philadelphia, J. B. Chevalier, 1840-44 ».
De 1859 à 1871 sept autres éditions suivirent dans ce format et la
dernière, in-quarto, parut en 1953. Nous n’exagérons rien en disant
que des centaines d’ouvrages et revues de tous les pays ont reproduit
les figures d’AuDUBON et ce succès ne fait que s’affirmer chaque jour
davantage.
Mais Audubon ne fut pas qu’un peintre de talent, son Ornitholo-
gical Biography (Edimbourg, 1831-1839, 5 vol. gr. in-8°) est aussi une
grande œuvre scientifique et historique qui dénote chez son auteur
un esprit d’observation et un sens descriptif de premier ordre.
Récemment, Edmond Bruet, que nous avons déjà cité au début de
ce chapitre, préfaça le dernier « Audubon » qui parut en France, et
nous ne saurions mieux terminer qu’en lui empruntant ces quelques
lignes : « Quant à nous. Français, non seulement nous avons le droit,
mais nous avons le devoir de le réclamer comme l’un des nôtres. Il est
né de parents français sur une terre française... Il ne fréquente, au
moins pour la moitié de sa vie, que des Français. Son accent est
celui d’un Français. Des mots français sont fréquemment rencontrés
sous sa plume. Son instruction première et son éducation qu’il avait
acquises en France l’ont marqué pendant toute sa vie.
« Nous ferions, certes, preuve d’ignorance et d’ingratitude à dif¬
férer plus longtemps d'admettre Audubon — artiste génial — au rang
de nos savants les plus illustres. »
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE X
LA CHROMOLITHOGRAPHIE,
CHROMOTYPOGRAPHIE, PHOTOCHROMIE...
(Fin du XIX et début du XX' siècle)
La lithographie coloriée à la main donna, comme nous l’avons vu,
des résultats excellents et parfois vraiment artistiques quand elle
était finement faite. Mais elle ne tarda pas à rencontrer une rivale
dans la lithographie imprimée en couleurs ou chromolithographie qui
exige, en principe, une pierre par couleur.
Dès le début, les lithographes avaient essayé l’emploi de plusieurs
pierres de différentes couleurs et le procédé le plus simple, le camaïeu,
fut très vite en faveur pèndant un certain temps.
En 1837, Engelmann perfectionna l’impression chromolithogra¬
phique qui supplanta presque totalement la lithographie coloriée à
la main vers la fin du xix c siècle.
Quand il n’est pas trop chargé, ce procédé peut donner toute satis¬
faction, mais il est rare de trouver des gravures de ce genre vraiment
artistiques ; une certaine platitude, un encrage brillant, donnent trop
souvent ce style « chromo » si décrié avec juste raison. C’est en Alle¬
magne que la chromolithographie s’industrialisa d’une manière remar¬
quable, pas toujours heureuse néanmoins ; les Anglais l’employèrent
assez peu, sachant cependant lui conserver une bonne place parmi les
formes de reproduction. En France, il faut malheureusement cons¬
tater que les meilleures planches d’ornithologie chromolithographiées
sont d’origine étrangère (si nous exceptons certaines gravures de
H. Giacomelli) et nous ne pouvons citer, en ce qui concerne notre
pays, que quelques ouvrages sans importance : Les Oiseaux de volières
et de parcs (Bordeaux, impr. A. Bellier, 1886, in-4°), de Barrière, qui
n’a d’autre intérêt que sa rareté, car ses 50 planches faites d’après
nature (!) par l’auteur sont mauvaises à tout point de vue ; la
Source : MNHN, Paris
R. RONSII.
3" partie (Oiseaux) de l'Histoire Naturelle de la France (1) (Paris,
Deyrolle [1891], in-8" ; plusieurs fois réimprimé), d’Emile Deyrolle,
livre assez original avec ses 27 planches (dessinées par Migneaux) ne
représentant que des têtes d’oiseaux, à notre connaissance le premier
de ce genre chez nous ; L’Atlas de poche des Oiseaux de France, Belgi¬
que et Suisse (Paris, Klincksieck, 1898, 2 vol. in-12°), par le baron
L. d’Hamonville, avec 144 planches anonymes franchement insuffi¬
santes pour le premier volume, celles du second « que l’artiste
M. Denise paraît avoir traitées d’une façon magistrale », dit l’auteur,
étant cependant meilleures ; enfin Nos Bêtes (Paris, 189(>-1897, 2 vol.
in-4”), du docteur H. Beauregard, avec 15 planches et d’excellents
croquis dans le texte de Millot, comprenant aussi 1 planche et des
dessins de F. Juillerat qui leur sont inférieurs.
Comme toutes les formes de gravure, la chromolithographie ne
s’en tint pas seulement à l’illustration d’un texte, de bonnes séries
d’estampes firent leur apparition à la fin du xix" siècle et en premier
lieu il nous faut mentionner celles de H. Giacomelli, très « fin de
siècle » il est vrai, mais pleines de fraîcheur et de vie. Ses suites de
6 planches intitulées Des Oiseaux (Paris, Sicard, s. d.. gr. in-4"), entre
autres, auraient mérité d’être continuées ; il laissa aussi de bonnes
figures d’Oiseaux exotiques, toujours dans son style si particulier.
Des artistes de second plan, Narcisse Vivien, C. Schuller... et beau¬
coup d’autres, anonymes, enrichirent également l’estampe chromoli¬
thographique.
Mais c’est surtout de l’étranger que nous vinrent les figures chro-
molithographiées et les figures sur bois imprimées en couleurs les
plus nombreuses et les plus intéressantes ; soit qu’elles accompagnent
la traduction de l'ouvrage original, soit qu’elles servent à illustrer
un texte d’auteur français, soit qu’un artiste étranger ait été appelé
directement à collaborer à un ouvrage édité en France.
L’éditeur .1. Rothschild est responsable de l’introduction dans
notre pays de plusieurs séries de planches d’origine anglaise que nous
retrouverons dans presque tous les ouvrages d’ornithologie et de
chasse parus chez lui.
C’est ainsi que sur les 40 chromotypographies de VOrnithologie du
Salon (Paris, Rothschild, 1878, gr. in-8°), de Raoul A. Boulart, celles
qui représentent les Oiseaux d’Europe sont de B. Fawcett, les autres,
assez mauvaises, figurant des espèces exotiques, ont vraisemblable-
(1) Cet ouvrage est également illustré de 146 figures dans le texte et 8 plan¬
ches en noir. Certaines de ces figures ont déjà servi à illustrer d’autres ouvrages
(voir Chenu, Encyclopédie..:) ; quelques autres de pleine page sont de P. Malher,
artiste cynégétique bien connu dont les dessins se retrouvent souvent, à peine
modifiés, dans beaucoup de livres concernant la sauvagine (Le Oibier. Saint-
Etienne, Manufacture d’Armes et Cycles...).
Source : MNHN, Paris
l'art FRANÇAIS DANS LH LIVRE D’OISEAUX
87
ment été faites spécialement pour cet ouvrage, car nous ne les avons
rencontrées nulle part ailleurs.
De même, les 344 planches du Musée Ornithologique illustré (Paris,
Rothschild, 188(5-1887, 4 vol., in-4°), par O. Des Murs, sont égale¬
ment de B. Fawcett et reprises de A History of British Birds (1870),
A Natural Historg of the Nests and Eggs of British Birds (186(5-1867),
par F. O. Morris, de A Historg of the Birds of Europe not observed in
the British Isles (1859-1763), par Bree, du Traité de Fauconnerie (Lei¬
den, 1844-53), par Schlegel, des Birds of Europe (London, 1832-37),
de J. Gould...
A ces ouvrages anglais furent encore empruntées (toujours par le
même éditeur) les 50 chromotypographies de VOrnithologie du chas¬
seur (Paris, Rothschild, 1870, in-4°), par J. C. Chenu, les 34 planches
de Les Oiseaux de Chasse (Paris, Rothschild, 1884-1885, in-8°) du
Marquis G. de Cherville et les 45 planches de Les Oiseaux gibier
(Paris, Rothschild, 1876, gr. in-4°) de La Blanchère ; ces 45 dernières
planches reparurent avec 5 nouvelles dans Les Grands Fusils de France
(Paris, Rothschild, 1898, gr. in-4°), par le Baron Ch. M. de Vaux.
Combien plus vivantes sont les soixante belles aquarelles du pein¬
tre suisse Léo Paul Robert ! Nul autre titre ne pouvait mieux leur
convenir que celui des Oiseaux dans la Nature (Paris, Lebet, 1879-
1880, in-folio) dont le texte est de Eugène Rambert. Certes les
soixante chromolithographies de Thurwanger ont un peu trahi l’œu¬
vre, mais les attitudes des sujets, l’ambiance et la fraîcheur de
l’ensemble suffiraient à démontrer les qualités d’un artiste doué d’un
sens aigu de l’observation in natura. De plus, 30 dessins hors texte et
122 dans le texte, gravés sur bois par Florian Rognon (de Saint-Aubin,
Neuchâtel) « qui acquit à Paris une juste renommée » et par
A. Lepère, Burgun, Guillaume, Yves et Barret, décorent encore ce
bel ouvrage.
Quarante-quatre de ces mêmes planches coloriées servirent pour
les Oiseaux utiles (Paris, Baillière, 1892, in-4°), de Trouessart et
quelques-unes, tirées en noir, furent empruntées à cet ouvrage pour
Les Oiseaux de la Vie des Animaux illustrée, écrit par J. Salmon,
édité par Baillière sous la direction d’Ed. Perrier (dont la majeure
partie de l’illustration était due au talent de W. Kuhnert). Plus tard,
Léo Paul Robert retoucha ses aquarelles et refit même complètement
un bon nombre d’entre elles pour une nouvelle édition des Oiseaux
dans la Nature (Neufchâtel, 1916). Beaucoup plus jolies, elles furent
imprimées en quadrichromie, procédé plus artistique que la chromo¬
lithographie.
Le journal L’Acclimatation donna une traduction (par Faucheux)
de Vogelbilder aus Fernen Zonen. Abbildungen und Beschreibungen
der Papagein... (Kassel, 1878-1883, petit in-folio) du docteur Anton
Source : MNHN, Paris
R. R0NSIL
Reichenow dont les 33 planches coloriées de G. Mützel sont très
bonnes et forment une excellente iconographie des principales espèces
de ce joli groupe d’Oiseaux. C’est un ouvrage toujours fort recherché
pour ses figures d’un intérêt documentaire indiscutable. En France,
il parut sous ce titre : Histoire Naturelle des Perroquets (Paris, s. d.,
petit in-folio).
On regrette toujours qu’une reproduction de l’œuvre d’un artiste
tel que John Gerrard Keulemans soit chromolithographiée. Ce procédé
assez inartistique et plat est loin de donner le relief et la beauté de
l’original. Cependant, quiconque a vu les aquarelles (1) qui servirent
à illustrer l'Histoire Naturelle des Oiseaux de l’Histoire physique,
naturelle et politique de Madagascar (Paris, Imprimerie Nationale,
1876-1885, 1 vol. texte, 3 allas in-4°), de Alph. Milne Edwards et
Alfred Grandidier, ne peut nier qu’un grand effort a été fait par
l’imprimeur Becquet, de Paris, pour reproduire le mieux possible ces
aquarelles. Dans l’ensemble, ce sont de très bonnes chromos, propres
à satisfaire les plus difficiles (2). L’ouvrage contient 400 planches dont
164 coloriées. Les planches en noir sont consacrées à l’ostéologie et à
l’anatomie. La majorité des planches coloriées sont de Keulemans,
trois sont de Huet et Faguet, une de Keulemans et Faguet et une de
Huet. Quelques-unes sont retouchées au pinceau et deux sont litho¬
graphiées et peintes par Arnoult, ces dernières représentent les têtes
des diverses espèces de Couas, Oiseaux de la famille des Coucous et
particuliers à Madagascar. Primitivement, une quarantaine des pre¬
mières planches (la plupart exécutées en collaboration) par Huet et
Faguet, Terrier et Faguet, Faguet, Gelibert et Faguet, Gelibert et
Huet furent jugées insuffisantes par les auteurs et remplacées par
celles de Keulemans. Nous avons eu sous les yeux ces planches retirées
du commerce qui sont, en effet, indignes d’illustrer un ouvrage aussi
important et aussi parfait que celui-ci.
Toutes les figures coloriées que nous venons de passer en revue en
quelques chapitres représentent une belle contribution à l’image des
Oiseaux du monde entier. Cependant, il existait une lacune très impor¬
tante dans les pays de langue latine pour les espèces européennes.
Cette lacune, le marchand-naturaliste A. Bouvier voulut la combler
par une édition française des planches chromolithographiées de
l’ouvrage allemand Naturgeschichte der Vôgel Mitteleuropas (Gera-
Untermhaus, 1896-1905, 12 vol. in-folio, 449 pl. dont 439 color.).
de J. A. Naumann, qu’il fit paraître sous le titre Iconographie d’Oiseaux
(1) Ces aquarelles sont actuellement la propriété de M. G. Grandidier.
(2) Dix de ces planches, tirées en noir, servirent plus tard à illustrer la
Zoologie de Madagascar (Paris, 1932, in-8°) de G. Grandidier et G. Petit.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XIX
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L. P. VIEILLOT
« Histoire naturelle des Oiseaux de l’Amérique septentrionale ». 1807
T. I, pl. 19. Le Hibou des pins (par Prêtre)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. XX
umACjuriura-j ( jjoixj c.vwirfrmr fM.
ELLIOT D. G.
« A monograph of the Pittidae » 1861-63
Planche non numérotée
(par Oudart)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le
VRE D’OISEAUX
80
d’Europe et de leurs Œufs (Paris, Hermann, 1910, in-folio). Nous
trouvons dans l’Introduction les raisons et le but de cette édition :
« En Ornithologie en particulier, depuis les vieux travaux de Bull'on, et
les petites planches insuffisantes de Werner pour illustrer le Manuel de
Temminck, nous n’avons aucun Atlas général pour étudier les Oiseaux de la
France, ou ceux d’Europe qui sont un peu les mêmes, par suite de leur faci¬
lité de locomotion et de dispersion. Vers 1824, Vieillot avait bien com¬
mencé avec le dessinateur Oudart une Ornithologie française ou Histoire
Naturelle générale et particulière des Oiseaux de France, grand in-4°, qui
devait contenir 372 planches ; mais ce travail fut bientôt interrompu et il ne
fut tiré que quelques épreuves d'une centaine de planches de ce fort bel et
bon atlas très rare et presque inconnu : aussi n’a-t-il pu rendre presque
aucun service.
« L'Ornithologie européenne, de Degland et Gerbe, qui date de plus de
quarante ans..., n'a aucune figure pour l’éclairer ; cependant, plus que tout
autre, elle en aurait besoin...
« L'Atlas que nous présentons aujourd’hui au public va donc combler
cette lacune et représenter la plus grande partie de nos espèces. Nous avons
gardé avec soin les noms latins de fauteur allemand et sa classification toute
particulière ; mais nous l’avons entièrement adapté à l’Ornithologie euro¬
péenne de Degland et Gerbe en inscrivant leurs noms français et leurs numé¬
ros spécifiques à côté des noms latins de l’auteur, de telle sorte que cet atlas
est devenu pour ainsi dire l’A//as de l’Ornithologie européenne, de Degland
et Gerbe.
« Nous avons pensé aussi qu’il pouvait rendre le même service aux
autres nations latines, aussi dépourvues que nous, d'Atlas de ce genre. »
C’est donc une suite sans texte (explication des planches et tables
seulement) de 413 planches dont 408 en couleurs ; elles sont en tous
points semblables dans les deux éditions ; seules les légendes ont été
traduites en français pour l’édition Bouvier. Très bonnes pour la
plupart, on y relève les noms de Bruno Geisler, A. Goering, J. G. Keu-
lemans, O. Kleinschmidt, E. de Maes, P. Müller-Kaempff, J. Rhamm,
Stefan von Nëcsey et O. von Riesenthal. S’il fallait faire un choix,
notre préférence irait d’abord aux figures de Keulemans et de Geisler,
puis à celles de de Maes, Nëcsey, Kleinschmidt... les planches de
Goering sont certainement les moins intéressantes.
Les 47 planches coloriées d’œufs formant le tome IV sont de
A. Reichert, une autre planche, la dernière, dont les figures sont
prises à diverses sources, représente quelques spécimens d’œufs et des
tètes d’un oiseau disparu vers le milieu du siècle dernier, le Pingouin
brachyptère.
La chromolithographie est peu à peu aidée par des procédés de
gravure mécanique et surtout photographique. Nous avons déjà vu,
chez l’éditeur Rothschild, la chromotypographie. Avec les Illustrations
Zoologiques (Paris, Deyroile. 1874, gr. in-8° oblong) de Th. Deyrolle,
la photochromie fait son apparition dans l’iconographie ornitholo-
Source : MNHN, Paris
90
R. RONSIL
gique. Ces photochromies représentent des « figures d’animaux utiles
ou pouvant être acclimatés en Europe ». Nous y trouvons une quaran¬
taine de bonnes planches de Faisans, éditées à l’usage des aviculteurs.
Ces beaux Oiseaux étaient dessinés et lithographiés par Th. Deyrolle
d’après les exemplaires vivant au Jardin d’Acclimatation du Bois de
Boulogne. Presque toutes ces figures sont retouchées à la main.
Enfin, c’est par une technique plus moderne que cent aquarelles
d’Hector Giacomelli sont reproduites dans Nos Oiseaux (Paris, Lau-
nette, 1886, in-folio), d’André Theuriet. Ce tirage de luxe est déli¬
cieusement illustré ; les planches, les encadrements, les en-tête, les
lettres ornées et les fleurons sont délicatement imprimés en couleurs
par le procédé de la photogravure et certaines de ces figures ont été
vraisemblablement terminées au pochoir. Parmi les nombreuses édi¬
tions de Nos Oiseaux, mentionnons encore (toujours illustrées par
Giacomelli) celles de 1894 (Lille, in-4°), 41 planches coloriées,
65 figures) et de 1895 (Lille et Paris, in-8°, 41 planches color.,
110 figures) (1).
(1) H. Giacomelli illustra aussi plusieurs ouvrages étrangers, entre autres
The Bird World de AV. H. Davenport Adams (Edinburg and New-York, 1885,
gr. in-8°). De F. Giacomelli, les 66 figures de Pictwes of Bird life in Pen and
Pencil (Londres et Paris, 1881, in-4°) de Morgan George Watkins.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE XI
L’ICONOGRAPHIE DANS LES PERIODIQUES
(XIX r siècle)
Depuis la fondation de l’Académie Royale des Sciences, en 1666. le
périodique scientifique en Fiance a largement profité des avantages
multiples qu’apportaient les différentes formes de gravures (au ser¬
vice de l’art) comme complément visuel aux découvertes et aux tra¬
vaux de tous ordres qu'il était chargé de diffuser. Cependant, ce n’est
qu’assez tard, vers le début du xix" siècle, qu’apparurent les pre¬
mières bonnes figures d’animaux dans le périodique. Les diverses
publications du Muséum d’Histoire Naturelle ne furent pas étrangères
à cette heureuse évolution. En premier lieu citons ses Annales
(1802-1813, in-4°) où nous voyons gravées sur acier quelques planches
noires anonymes et les signatures de Barraband, Balzac et Huet
(Perré, Canu, graveurs) puis les Mémoires (1815-1832, in-4“) dont
les figures d’oiseaux (également non coloriées) ne sont pas signées,
mises à part quelques planches de Huet (lithographie de A. Bélin).
Mais c’est surtout dans les Archives (1839-1861. in-4°) et les Nouvelles
Archives (1865 — se continue, in-4”) que nous trouvons les plus
belles planches d’oiseaux, presque toutes coloriées. Elles sont en
général très bonnes, quelques-unes même sont de premier ordre. La
gravure sur métal coloriée, la gravure imprimée en couleurs, la
lithographie et plus rarement la chromolithographie furent employées
tour à tour. Nous relevons les noms de peintres célèbres, P. Oudart,
J. Werner, J. Huet, Arnoul, de Haspe, Juillerat et Keulemans
et ceux de graveurs connus comme Rebuffet, Guyard, Anne-
douche, etc... La plupart des planches lithographiées et chromoli-
thographiées sortent de l’imprimerie Becquet.
Il n’existait en France, au xix" siècle, aucune Revue consacrée
uniquement à l’ornithologie. Néanmoins, de très nombreux et intéres¬
sants articles sur les oiseaux parurent dans le Magasin de Zoologie
(Paris, 1831-1845, in-8°) et la Revue et Magasin de Zoologie (Paris.
1849-1879, in-8°) qui en est la continuation. Plusieurs centaines de
Source : MNHN, Paris
92
R. RONSIL
planches très fines illustrent leur texte. Elles sont successivement
imprimées en couleurs et retouchées ; gravées et coloriées à la main ;
puis lithographiées et coloriées par le même procédé. C’est une icono¬
graphie unique de nouvelles espèces. Au début, beaucoup ne sont
signées que du graveur mais par la suite nous rencontrons les noms
(ou les initiales) des artistes ou ornithologistes suivants : G. S.,
E. Traviès, Dubus (le Chevalier B. Du Bus), J. G. Prêtre (pour beau¬
coup d’entre elles), A. Prévost, Werner, M me de Longuemare, Hart-
LAUB, OüDART, VAILLANT, WAHAST, CORNALIA, L. BERGER, LEVASSEUR,
Delarue, Sussini, E. Blondel, Bocourt, Ch. Dubois, A. Lunel,
Em. Coulange, J. Huet, Alb. Marchand (pour tous les poussins d’oi¬
seaux d’Europe) et Mesnel. Les graveurs aussi sont nombreux,
Giraud, Oudet, Pollet, Lebrun, Forget, Annedouche, Du.mesnil.
Wolf, Pardinel, Visto, M mo Douliot, Davesne, Spelette, Delahaye,
Bocourt, Humbert et A. Olléon.
Fait curieux, alors que paraissaient dans la Revue et Magasin de
Zoologie, deux articles non illustrés de P. L. Sclater (1852, pp. 8-9) et
de E. Deville et Sclater (1852, p. 226), les cinq planches qui, en prin¬
cipe, auraient dû les accompagner, parurent en Angleterre dans les
Contributions to Ornithologg for 1852 (Edinburgh, 1853, in-8°) de
Sir William Jardine sous le titre « Description of some new species
of Birds from the Parisian Collections » (pp. 129-139). Trois de ces
planches (pl. XCVI, XCVII et XCVI1I) imprimées (?) en couleurs et
retrouchées sont signées Chenu, les deux autres (pl. XCIX et C) sont
dessinées et gravées par P. Oudart et peintes à la main. Elles ont été
faites en France et sont certainement les plus belles de toutes les
figures de ces Contributions. Elles représentent des Cotingas et des
Tangaras de l’Amérique tropicale.
Avant d’énumérer les quelques périodiques de province, nous
devons encore citer, à la fin du xix" siècle, deux planches de Keule-
mans dans les Annales des Sciences naturelles (1880, pl. 2 et 3) ; une
de L. Bevalet et deux autres de M. Borrel dans le Bulletin de la
Société zoologique de France (1676, pl. Il et 1899, pl. I et II) sans
oublier les bois d’oiseaux très intéressants du Magasin pittoresque et
du Bulletin de la Société Nationale d’Acclimatation (1886 et 1887).
Certaines revues de province furent, de même, richement illustrées,
si nous ne pouvons les nommer toutes ici, il faut placer au premier
rang des plus intéressantes pour l’iconographie, les Annales de la
Société Royale d’Agriculture... de Lyon et les Annales de la Société
Linnéenne de Lyon, dans lesquelles Jules Bourcier et E. Mulsant
firent paraître de 1839 à 1846 une série d’articles illustrés de très fines
planches représentant de nouvelles espèces d’Oiseaux-Mouches. Ces
figures de J. G. Prêtre, E. Traviès et A. Prévost sont, pour la
Source : MNHN, Paris
l’art français dans i.e livre d’oiseaux
plupart, imprimées en couleurs ou bien gravées (par Guyard,
B. J. Chevron, etc.) sur métal et terminées à la main, quelques-unes
cependant furent lithographiées et peintes.
Nous avons déjà cité au cours du chapitre sur la lithographie, la
Faune de la Sénégambie (Oiseaux) de A. T. de Rochebrune, ajoutons
pour être plus complet que les trente planches de J. Terrier parurent
d’abord dans le tome XXXVIII (1884) des Actes de la Société
Linnéenne de Bordeaux.
Si ce bref aperçu ne peut donner qu’une idée imparfaite de l’impor¬
tance et de la qualité de l’illustration dans le périodique, il n’en est
pas moins vrai que sa contribution à l’enrichissement de notre patri¬
moine iconographique est loin d’être négligeable. Cette contribution
ne cessera de grandir au cours du xx" siècle, au point même de
dépasser en importance celle des iconographies proprement dites et
autres ouvrages illustrés pour lesquels une publication trop coûteuse
sera fatale.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ANNEXE I
INDEX DES TITRES D’OUVRAGES ET PÉRIODIQUES
constituant la liste des travaux ornithologiques illustrés
auxquels ont collaboré des artistes français de 1475 à 1950
[Les périodiques sont marqués d’une astérisque)
Abbildungen des Vogel, welche in seinem, grossen Werke von den drey
Reichen des Natur vorkommen (Buchoz).
Abrégé d’histoire naturelle des Quadrupèdes vivipares et des Oiseaux
(Holandre).
Acclimatation (L') 1874 ->
Actes de la Société linnéenne de Bordeaux 1830 -+
Activité (L’) migratoire (Oberthür).
Agathangelos (Constantinople 1709).
Ailes (Les) et les Fleurs (Giacomelli).
Alauda 1929 -+
Album de l'histoire naturelle. Les Oiseaux (Anonyme).
Album de Plie de La Réunion.
Amateur (L’) d’Oiseaux de volière (Moreau).
Annales de la Société linnéenne de Lyon 1826 ->
Annales des Sciences naturelles 1824 ->■
Annales des Sciences physiques de la Société d’Agriculture de
Lyon 1838 ->
Annales du Muséum d’Histoire naturelle de Paris 1802 ->
Annals and Magazine of Natural Historv 1838 -+
Arcana Naturae (Thomson).
Archives du Muséum d’Histoire naturelle de Paris 1839 -►
Art (L’) d’élever et d’attraper les Oiseaux de volière qui chantent et qui
parlent (.Tannin).
Art (L’) d’élever et d’instruire les Oiseaux (Champaime).
Art (L’) d’élever les Oiseaux en cage et en volière (Fleuriot).
Atlas de l'Ornithologie européenne de Degland et Gerbe (Bouvin).
Atlas de poche des Oiseaux de France. Belgique et Suisse (Hamonville).
Atlas des Oiseaux d’Europe (Werner).
« Atlas des planches coloriées de Brisson. »
A travers le monde des Oiseaux (Moreau).
Autourserie (L’) (P. de Gommer).
Avicultural Magazine 1894 -+•
Aviseptologie (L’) Française (Paris 1830).
Avium vivae icônes (Collaert).
Bécassines et Echassiers de rivage et de marais (Oberthür).
Bestiaire (Le) (R. de Furnival).
Bestiaire (Sensuyt le) Damours (Anonyme).
Source : MNHN, Paris
R. RO NS IL
Bibliothèque zoologique.
Bird-Notes 1903-1925.
Bird (The) World (Davenport Adams).
Bird (The) of America, from drawings rnade in the United States and their
territories (1840-1844) (Audubon).
Birds (The) of America ; from original drawings (1827-1838) (Audubon).
Bird of Europe (Gould).
Birds (The) of the Philippine Islands (Hachisuka).
Blason (Le) des oiseaux (Gueroult).
Blason (Le) et description des Oyseaux (Gueroult).
Book (The) of Birds (Buffon).
British zoology (Pennant).
Buch der Natur (Mégenberg).
Bulletin de la Ligue française pour la protection des Oiseaux 1912 -►
Bulletin de la Société d’Histoire Naturelle de Toulouse 1867 -►
Bulletin de la Société Nationale d’Acclimatation 1854 -*
Bulletin de la Société zoologique de France 1876 -*
Canards sauvages et autres palmipèdes (Oberthür).
Canards (Les) sauvages et leurs congénères (Ternier et Masse).
Catalogue raisonné des Oiseaux observés dans les Pyrénées françaises
(Lacroix).
Centuries (Première et Seconde] ) enluminées et non enluminées (Buchoz).
Centurie zoologique (Lesson).
Chasse au chien d'arrêt, gibier à plumes (Chenu).
Chasse (La) illustrée 1867/68 -*
Chez les Oiseaux (Leroy).
Collection complète des Oiseaux d'Europe (Swagers).
— de planches d’histoire naturelle enluminées (Martinet).
— des Perroquets découverts depuis Levaillant (Werner).
— d’Oiseaux d'Europe (Delarue).
— d’Oiseaux les plus rares (Jonston).
— iconographiques des Animaux utiles et d’agrément (Werner).
— of the Birds of Paradise (Havell).
— pittoresque des plus jolis Oiseaux des quatre parties du monde
(Traviès).
Commentaires (Les) de P. A. Matthiole.
Complément des Œuvres de Buffon (Lesson).
Congrès (IX e ) ornithologique international 1938.
Conspectus Psittaccorum (Kuhl).
Contributions à l’Ornithologie du Sahara central et du Sud-Algérien (Heim
de Balzac).
— to Ornithology for 1852 (Jardine).
Cosmographie Universelle (Thevet).
Cyriosa raccolta di vari e diversi ucelli (Flamen).
Décades de la description, forme et Vertu naturelle des animaux (Aneau).
De rerum naturae (Cantimpré).
Description de l’Egypte.
— of some new species of Birds from the Parisian Collection.
— (La) philosophale (Guéroult).
Des Oiseaux (Giacomelli).
Dictionnaire Classique d’hist. nat. (Bory de Saint-Vincent).
— des Sciences Naturelles (Dumont de Sainte-Croix).
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
97
— Larousse mensuel illustré.
— Universel d’Hist. nat. (Orbigny).
Dictz (Les) des bestes et aussi des oyseaulx (Anonyme).
Ditz (Les) des Oyseaux (Anonyme).
Diversae Avium Species (Flamen).
Diverses Oyseaux Dessignées et gravées d'après le naturel (N. Robert).
Du Héron aux Perdrix, de la Grive aux Rapaces (Oberthiir).
Encyclopédie (Diderot).
— d’histoire naturelle (Chenu).
— pratique du naturaliste.
• Endeavour 1942 -*
Esprit (L’) des bêtes, Le monde des Oiseaux (Toussenel).
— des Oiseaux (Berthoud).
Etude des Oiseaux de l’Equateur (Missions Rivet) (Ménégaux).
— d’une collection d’Oiseaux de l’Afrique Orientale Anglaise (Méné¬
gaux).
Etudes d’Animaux dans le paysage (Delarue).
Expédition dans les parties centrales de l’Amérique du Sud (Castelnau,
des Murs).
— Scientifique de Morée (Bory de Saint-Vincent).
Explication sommaire des Planches d’Oiseaux de l’Egypte et de la Syrie
(Audoin).
Exploration scientifique «le l’Algérie (Loche).
Extinct Birds (Rothschild).
Farbige Thierleben (Grassmann).
Fauconnerie (La) (Franchières)
— (Arcussia).
ancienne et moderne (Chenu, des Murs et Verreaux).
Fauconnerie (La) ... Avec une autre Fauconnerie de Guillaume Tardif.
Fauna Peruana (Tschudi).
Faune de France — Les Oiseaux (Acloque).
— — Oiseaux (Paris),
de la Sénégambie (Rochebrune).
— de l’Equateur Africain Français (Malbrant et Maclatchv).
— (La) des lacs, des étangs et des marais (Germain).
— du Centre Africain français (Malbrant).
— française (Vieillot).
— méridionale (Crespon).
— ornithologique des régions naturelles de Loir-et-Cher (Reboussin).
Fleurs, Oiseaux et Fantaisies (Cillement).
Franz le Vaillant’s Naturgeschichte «1er afrikanischen Vogel (Bechstein).
Galerie (La) des Oiseaux (Vieillot et Oudart).
— ornithologique ou Collection d’Oiseaux d’Europe (Orbigny).
Gallinacées (Les) d’Asie (Magaud d’Aubusson).
— (Les) et Pigeons de l’Annam (Delacour).
Géant (Le) et l’Oiseau (Giacomelli).
Généra Avium (Wytsman).
— of Birds (Gray).
Gibier (Le) (Edité par la Manufacture «l'armes de Saint-Etienne. Texte de
J.-B. Samat).
Gibiers de notre pays (Oberthiir).
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XV. 7
Source : MNHN, Paris
R. RONSIL
Grands (Les) fusils de France (Vaux).
Handbook of Birds of West Africa (Bâtes).
Histoire de l’Académie Royale des Sciences.
— (L’) de la Nature des Oyseaux (Belon).
— des Oiseaux peints dans tous leurs aspects, apparents et sen¬
sibles (F. N. Martinet).
— des plantes (Linocier).
— générale et économique des trois règnes de la nature (Buchoz).
— naturelle cynégétique de France et des pays limitrophes. Gibier
et Sauvagine (Marclef).
— naturelle de Buffon (Sonnini).
— — de la France — Oiseaux (Deyrolle).
— — des Colibris (Lesson).
— _ des Iles Canaries (Webb, Berthelot, Moquin-Tandon).
— — des Oiseaux (Buffon).
— — des Oiseaux (Le Maout).
_ — des Oiseaux d’Afrique (Levaillant).
— — des Oiseaux de l’Amérique septentrionale (Vieillot).
— — des Oiseaux de Paradis et des Epimaques (Lesson).
— — des Oiseaux de Paradis et des Rolliers, suivie de celle
des Toucans et des Barbus (Levaillant).
— — des Oiseaux de proie d’Europe (Boitard).
— — des Oiseaux d’Europe (Boitard).
— — des Oiseaux d’Europe (Lemaire, Prévôt et Lemaire).
— — des Oiseaux étrangers (Lemaire).
— — des Oiseaux exotiques (Lemaire, Prévôt et Lemaire).
— — des Oiseaux-mouches (Lesson).
— — des Oiseaux-mouches (Vieillot).
— — des Oiseaux-mouches ou Colibris constituant la famille
des Trochilidés (Mulsant et Verreaux).
— — des Perroquets (Bourjot Saint-Hilaire).
— — des Perroquets (Levaillant).
— — des Perroquets (Reichenow).
des plus beaux Oiseaux Chanteurs de la zone torride
(Vieillot).
— — des Promérops et des Guêpiers faisant suite à celle
des Oiseaux de Paradis (Levaillant).
— — des Tangaras, des Manakins et des Todiers (Desma-
rest).
— — du Jura — Zoologie vivante — (Ogérien).
— d’une partie d'Oiseaux nouveaux et rares de l’Amé¬
rique et des Indes (Levaillant).
— — éclaircie dans une de ses parties principales, l’Orni¬
thologie (Salerne).
— — et mythologique de l’Ibis (Savigny).
— — et raisonnée des différens Oiseaux qui habitent le
Globe (Jonston).
— — générale des Pigeons (Knip et Temminck).
— — générale des Pigeons et des Gallinacés (Temminck).
— — générale et particulière, etc. (Buffon).
— physique, naturelle et politique de Madagascar. Histoire natu¬
relle des Oiseaux (Milne-Edwards et Grandidier).
— naturelle, supplément (Lavauden).
Source : MNHN, Paris
l’art français
LE LIVRE D’OISEAUX
_ physique, politique et naturelle de l’Ile de Cuba (la Sagra,
Orbigny).
Historia fisica y politica de Chile (Gay, Des Murs).
Historiae Animalium (Gesner).
Historiae naturalis. De quadrupedis. De Avibus, etc. (Jonston).
History of British Birds (Bewick).
History (A) of British Birds (Morris).
History of the Birds of Europe, not observed in the British Isles (Bree).
Hortus' Sanitatis (Caub).
Hôtes utiles du Jardin. Les Oiseaux (Thevenin).
Humming Birds (Adams).
• Ibis (The) 1859 -*•
Icônes Avium omnium (Gesner).
Iconographie des Oiseaux (Drapiez).
Iconographie des Oiseaux de France (Barruel).
Iconographie îles Perroquets non figurés dans les publications de Levail-
lant et de M. Bourjot Saint-Hilaire (Souancé).
Iconographie des Pigeons non figurés par M me Knip (Bonaparte).
Iconographie d'Oiseaux d’Europe et de leurs œufs (Naumann, Bouvier).
Iconographie du Règne Animal de Cuvier (Guérin-Meneville).
Iconographie ornithologique (Des Murs).
Illustration de Zoologie (Lesson).
Illustrations zoologiques (Deyrolle).
Jardin (Le) de Santé (Caub).
Jardin (Le) des Plantes (Bernard, Couailhac).
Joies (Les) et Misères des petits Oiseaux (Giacomelli).
Journal de la navigation autour du globe de la Frégate la Thétis et de
la Corvette l'Espérance (Bougainville).
’ Journal d’agriculture pratique 1837 -*•
Keepsake (l’Histoire Naturelle (Comte).
Kupfer-Sammlung besonders zu Funkc Naturgeschichte, etc. (Funke).
Leçons élémentaires sur l’histoire naturelle des Oiseaux (Chenu, Des Murs,
Verreaux).
Lettres à Emilie sur l’Ornithologie (Mulsant).
Livre contenant la recherche de plusieurs Oyseaux peints et gravez
d’après nature (Barlow, Neale, Paris) (Mariette).
Livre des différentes espèces d’Oiseaux de la Chine (Huquier).
Livre de F'ieurs (Langlois).
Livre d’Oyseaux dédié à Messire Gilles Foucquet (Flamen).
Livre de plusieurs animaux inventéz par Barlow.
Locupletissimi rerum naturalium thcsauri accurata descriptis et iconibus
artificiossimus exprcssis (Seba).
’ Magasin (Le) de zoologie 1831-1849.
’ Magasin (Le) pittoresque 1833.
Manuel de l’Amateur des Oiseaux de Chambres (La Couprière).
— de l’Amateur des Oiseaux de Molière (Bechstein).
de l’Oiseleur (Desloges et Joubert).
— d’histoire naturelle (Boitard).
— d’Ornithologie (Lesson).
Source : MNHN, Paris
100
R. RONSIL
— du Libraire (Brunet).
Mémoire sur quelques nouvelles espèces d'Oiseaux des Côtes de Barbarie
(Desfontaines).
Mémoires concernant l'histoire naturelle de l’Empire Chinois. Oiseaux du
Musée de Zi-Ka-Wei (Courtois).
Mémoires de la Société d’Histoire naturelle de l’Afrique du Nord 1926 -+
Mémoires du Muséum d’Histoire naturelle de Paris 1935 ->
Mémoires pour servir à l’histoire de Cayenne et de la Guyane française
(Bajon).
Mémoires pour servir à l’histoire naturelle des Animaux (Perrault).
Ménagerie (La) du Muséum National d’Histoire naturelle (Lacépède,
Cuvier).
Menus (Les) propos de Gringoire.
Merveilles (Les) de la Nature-Oiseaux (Brehm, Gerbe).
Migration (La) des Oiseaux (Brevans).
Mille (Les) et l’n sujets (Cumell).
Miroir (Le) de Fauconnerie (Harmont).
Mission du Cap Horn (Oustalet).
Mission Guy Babault dans les provinces centrales de l’Inde. Oiseaux
(Babault).
Mission Rohan-Chabot — Angola et Rhodésia — Oiseaux (Ménégaux, Ber¬
lioz).
Mission Scientifique permanente d’exploration en Indo-Chine. Décades
zoologiques (Boutan).
Monde (Le) illustré 1857-1932.
Monde (Le) merveilleux des bêtes (Oberthür).
Monograph (A) of the Birds forming the Tanagrine genus Galliste (Sclater).
Monograph (A) of the Pittidae (Elliot).
Monographie des Papagein (Brehm).
Monographie des Picidées (Malherbe).
Monographie des Pies-Grièches du genre Lanius (Olivier).
Musée du Chasseur ou Collection de toutes les espèces de gibier (Adam).
Musée ornithologique (Chenu, Des Murs et Verreaux).
Musée ornithologique illustré (Des Murs).
Musée ornithologique ou Collection d’Oiseaux de toutes les parties du
monde (Delarue).
Natural (The) History of Carolina, Florida, etc. (Catesby).
Natural (The) History of Pigeons (Selby).
Natural (The) History of the Nests and Eggs of British Birds (Morris).
Naturalises (The) Library (Jardine).
Naturalises Miscellany (Sliaw et Nodder).
Nature (La) 1873 -►
Naturgeschichte der Vôgel Mitteleuropas (Naumann).
Nids (Les) (Giacomelli).
Noms (Les) des Oiseaux expliqués par leurs mœurs (Vincelot).
Nos bêtes : Animaux utiles - Animaux nuisibles (Beauregard).
Nos Oiseaux (Theuriet).
Notice sur quelques espèces d’Oiseaux actuellement éteintes qui se trou¬
vent représentées dans les collections du Muséum (Milne-Edwards
et Oustalet).
Nouveau Dictionnaire d’Histoire naturelle (Deterville).
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux
101
Nouveau Recueil de Planches coloriées d’Oiseaux pour servir de suite et
de complément aux Planches enluminées de Buffon (Temminck et
Laugier).
Nouvelles Archives du Muséum d’Histoire naturelle de Paris (1865-1919).
Observations de Plusieurs Singularitez et choses mémorables trouvées en
Grèce, etc. (Belon).
Observations sur le système des Oiseaux de l’Egypte et de la Syrie
(Savigny).
Œuvres complètes de Buffon.
Oiseau (L’) (Michelet).
Oiseau (L’) (Revue) 1920-1930.
Oiseau (L’) chez lui. Livre couleur du temps (Reboussin).
Oiseau (L’) et la Revue Française d’Ornithologie 1931 -+■
Oiseaux (Les) (Figuier).
Oiseaux brillants du Brésil (Descourtilz).
Oiseaux (Les) chanteurs (Delamarre de Mondiaux).
Oiseaux (Les) chanteurs des bois et des plaines (C. et A. Millier).
Oiseaux d’Afrique (Delarue).
Oiseaux (Les) d'Amérique (Audubon).
Oiseaux (Les) d’Amérique (Traviès).
Oiseaux (Les) dans la Nature (Rambert).
Oiseaux (Les) dans la nature (Barruel).
Oiseaux (Les) d’eau, de rivage et de marais (Brasil).
Oiseaux (Les) de cage (Legendre).
Oiseaux (Les) de chasse (Chenille).
Oiseaux (Les) de chez nous (P. Robert).
Oiseaux (Les) décrits et figurés d’après la classification de G. Cuvier.
Oiseaux (Les) de France. Première monographie Corvidés (Magaud d’Au-
bnsson).
Oiseaux (Les) de France (Ménégaux).
Oiseaux (Les) de la Chine (David et Oustalet).
Oiseaux (Les) de l’Indochine française (Delacour et Jabouille).
Oiseaux (Les) de notre pays (Collin-Delavaud)
Oiseaux (Les) de Parcs et de Faisanderie (Saint-Loup).
Oiseaux (Les). Description des principales espèces des Oiseaux d’Europe
(Anonyme).
Oiseaux (Les) des Iles Paracels (Delacour et Jabouille).
Oiseaux (Les) d’Europe (Delarue).
Oiseaux (Les) d’Europe (Traviès).
Oiseaux (Les) d’Europe (Paris).
Oiseaux (Les) de volières et de parcs (Barière).
Oiseaux (Les) dorés ou à reflets métalliques (Audebert et Vieillot).
Oiseaux (Les) et les fleurs (Langlumé).
Oiseaux (Les) et Papillons (Traviès).
Oiseaux étrangers (Anonyme).
Oiseaux (Les) gibier (La Blanchère).
Oiseaux (Les). Impressions de voyage autour d’une volière (Lacombe).
Oiseaux (Les) les plus remarquables (Traviès et Tirpenne).
Oiseaux (Les), leur entretien, leur élevage (Delacour et autres).
Oiseaux (Les) nécessaires à l’agriculture (Godard).
Oiseaux (Les) nuisibles de France (d’Arenberg).
Oiseaux (Les) s’installent et s’en vont (Delamain).
Oiseaux (Les) utiles (Trouessart).
Source : MNHN, Paris
102
F. RONSIL
Oiseaux (Les) utiles et les Oiseaux nuisibles (de La Blanchère).
Oiseaux (Les) utiles et nuisibles (Guinot).
Ornithological Biography (Audubon).
Ornithologie (L’) (Aldrovande).
— (Brisson).
— abrégée de la France (Anonyme).
— agricole (Guénaux).
— Brésilienne (Descourtilz).
— canarienne (Webb, Berthelol, Moquin-Tandon).
— de la Savoie (Bailly).
— du Chasseur (Chenu).
— du Dauphiné (Bouteille),
du Salon (Boulart).
— Européenne (Degland et Gerbe).
— Française ou Histoire naturelle générale et particulière
des Oiseaux de France (Vieillot).
— Provençale (Roux).
Ornithology of The United States (Tovnsend).
Ortus Sanitatis (Caub).
Passereaux (Les), les Pigeons, les Echassiers et les Palmipèdes de France
(d’Arenberg).
Perroquet (Le), histoire naturelle, hygiène, maladies (Percheron).
Perruche (La) ondulée et les Inséparables (Legendre).
Petit Atlas des Oiseaux (Delapchier).
Petit Atlas d’Ornithologie ou Collection choisie d’Oiseaux les plus connus
(Martinet).
Pictures of Bird life in Pen and Pencil (Watkins).
Pigeons (Les) (Knip et Temminck).
— de volière et de colombier (Boitard et Corbié).
Planches du Cabinet de Seba (Guérin).
— enluminées (de Buffon) (Martinet).
Plume (La) des oiseaux (Lacroix-Danliard).
Plus (Les) beaux oiseaux des deux mondes (Vieillot).
Plusieurs oyseaux au servisce de tous ceux qui aiment à portraire
(Visscher).
Portraits d’Oyseaux (Belon).
— d’Oiseaux (Delamain).
Poussins (Les) des Oiseaux d’Europe (Albert Marchand et Armand Mar¬
chand).
Pragtfugle og Pattedyr a colorerede Afbilduinger (Walter).
Près des Oiseaux (Witt).
Proceedings of the zoologic.il Society of London 1830 -4-
Propriétaire (Le) des Choses (Bartholomaeus Anglicus).
Propriété (De la) et nature d’aucuns Oyseaux (Anonyme).
Quelques oiseaux de chez nous (Delapchier).
Recüeil d’Oyseaux les plus rares tirez de la ménagerie royalle (N. Robert).
Recherches ornithologiques dans la province de Quangtri (Delacour et
Jabouille).
Recherches ornithologiques dans les Provinces du Tranninh (Delacour
et Jabouille).
Source : MNHN, Paris
l’art français dans
F. LIVRE D’OISEAUX
103
Recueil de différentes espèces d’oiseaux, insectes, plantes, fleurs et tro¬
phées de la Chine (Huquier).
Rècne (Le) animal (Cuvier).
Relation du voyage à la recherche de La Pérouse (Labillardiere).
Résumé d’ornithologie (Drapiez).
• Revue et Magasin de zoologie 1849-1879.
• Revue Française d’ornithologie 1909-1928.
• Revue zoologique 1838-1848. . „ .....
Richesses ornithologiques du Midi de la France (Jaubert et Barthelemy-
Lapommeraye).
Saint-Hubert (Le) 1902 -v
Sauvagine (La) en France (Ternier).
Second (Le) Livre de la description des Animaux (tiuéroult).
Singularitez (Les) de la France Antarctique (Thevet).
Singvôgel (Die) mitteleuropas (Fehringer).
Souvenirs d’un voyage dans l’Inde iDelessert).
Sujets variés (Lassalle).
Supplément à l’histoire naturelle générale et particulière de Bufton
(Cuvier).
Synopsis of British Birds (Walcott).
— of the Fissirostral familv Bucconidae (Sclater).
Systema Naturae (X e ) (Linné).
Système des Oiseaux de l’Egypte et de la Syrie (Savigny).
Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la nature.
Ornithologie (Bonnaterre).
Thierbuch-Alberti Magni von Art Natur, etc.
Toute la Camargue (Oberthür).
Traité de Fauconnerie (Schlegel et Verster de Wulverhorst).
— d’Ornithologie (Lesson).
— élémentaire et complet d’ornithologie (Daudin).
Trochilidés (Les) (Lesson).
Trochilidés (Les) ou Colibris (Berlioz).
Vénerie (La) (Du Fouilloux).
— souvenir de Chasse (Traviès).
Vie (La) des animaux illustrée. Les Oiseaux (Perrin et Salmon).
Vie (La) des Colibris (Berlioz).
Vie (La) des Oiseaux (Hamonville).
Vie et Mœurs des Oiseaux (Barruel).
Vôgel aus Asien, Africa, America und N'euhdland (Welter).
Vogelbilder aus fernen Zonen Abbildungen und Beschreibungen der
Papagein (Reichenoxv).
Volière (La) Chinoise (Lassalle).
— de la jeunesse (Anonyme).
— des Dames (Malo).
— des Oiseaux (Le Roy).
Voyage il la Nouvelle-Guinée (Sonnerat).
au Pôle Sud et dans l’Océanie sur les corvettes l’Astrolabe et la
Zélée (Dumont d’Urville).
— autour du Monde exécuté... sur la corvette La Bonite (Vaillant).
— autour du Monde exécuté... sur la corvette La Coquille (Duperrey).
Source : MNHN, Paris
104 R. RONSIL
— autour du Monde exécuté... sur les corvettes de S. M. l’Uranie et
la Physicienne (Freycinet).
— autour du Monde par les mers de l'Inde et de la Chine sur la cor¬
vette La Favorite (Laplace).
— autour du Monde sur la frégate La Vénus (Du Petit-Thouars).
— autour d’une volière (Lacombe).
— aux Indes Orientales et à la Chine (Sonnerat).
— dans l’Amérique méridionale (A. d’Orbigny).
— dans la Russie méridionale et la Crimée (DemiotofT).
— dans l’Inde (Jacquemont).
de Guy Babault en Tunisie.
— de Humboldt et Bonpland.
— de la Commission scientifique du Nord en Scandinavie, en Lapo¬
nie... sur la corvette La Recherche (Grimard).
— de la corvette l’Astrolabe (Dumont-d’Urville).
— de La Pérouse.
— en Abyssinie (Ferret et Galinier).
Voyages aux Indes Orientales (Belanger).
— dans l’Amérique méridionale (A/.ara).
— dans l’Amérique méridionale (Orbigny).
Zoological Illustrations (Swainson).
Zoological Researches in Java (Horsfield).
Zoologie de Madagascar (Grandidier et Petit).
Source : MNHN, Paris
ANNEXE II
LISTE DES ÉDITIONS FRANÇAISES DES ŒUVRES DE BUFFON
Histoire naturelle générale et particulière (Aux Deux Ponts, Sanson, 1785-
1787, in-8°). Oiseaux : 18 vol., 100 pl. gravées et coloriées.
Histoire naturelle générale et particulière... Ouvrage formant un Cours com¬
plet d'hist. nul. par C. S. Sonnini (Paris, Dupart, 1800-1905, petit in-8").
Oiseaux : 28 vol. avec 257 pl. imprimées en couleurs par Barraband
(vol. 37-42) et de Sève (vol. 43-64), retouchées à la main dans les exem¬
plaires sur vélin et gravées par Duhamel, E. Voysard, etc...
Histoire naturelle de Buffon. Nouvelle édition par P. Bernard (Paris, 1804,
in-8°). Oiseaux : 3 vol., 34 pl. noires. Ces pl. sont des arrangements des
fig. de la première édition (de Sève, gravées par L’Epine).
Œuvres complètes de Buffon (Paris, Rapet, 1818, in-8°). Oiseaux : 4 vol.,
126 pl., par Prêtre. Item, 2 e édition, 1820-1822, mêmes planches.
Œuvres complètes de Buffon... Nouvelle édition pur Lamouroux (Paris, Ver-
dière et Lagrange, 1824-1831, in-8°). Oiseaux : 11 vol. avec 246 pl. colo¬
riées par Oudart.
Œuvres complètes de Buffon. Histoire des progrès des sciences naturelles
depuis 1789 jusqu’à ce jour, par M. le Baron Cuvier (Paris, Baudoin et
Delangle, 1825-1828, in-8°). Oiseaux : 10 vol. avec 118 pl. imprimées en
couleurs, par Vauthier.
Œuvres complètes de Buffon (Paris, Pillot, 1829, in-8°). Planches de Pau-
quet, gravées et peintes.
Œuvres complètes de Buffon (Paris, Lecointe, 1829-1834, in-18°). Planches
d’après les dessins de Prêtre.
Complément des œuvres de Buffon. Hisl. nat. générale et particulière des
Mammifères et des Oiseuu.v découverts depuis 1788 jusqu’à nos jours,
par It. I>. Lesson (Paris, Baudoin, 1829, in-8°). Oiseaux : 48 pl. col. (que
l’on retrouve dans tous les ouvrages de Lesson), par Vauthier, Oudart,
Prêtre, Traviês, Bevalet, et gravées par M me Bourey (ou (Bourrey),
Legrand. Smith, M me Thorel, David, Chevesnes, Fournier, Oudet,
Dequevauvili.ers, Massart. Quelques-unes sont imprimées en couleurs,
d’autres gravées et peintes.
Œuvres complètes de Buffon avec les descriptions anatomiques de Dau-
benton (Paris, Lagrange et Verdière, 1824-1832, in-8°). Oiseaux : 11 vol.
avec 245 pl. lithographiées (lithographie de C. Motte) et peintes. Elles
sont presque toutes de P. Oudart (les autres par Prévost et Werner) et
on retrouve ces mêmes ligures dans beaucoup d’autres ouvrages de
l’époque.
Source : MNHN, Paris
106
I. RONSIL
Supplément à l’Histoire naturelle générale et particulière de Buffon..., par
F. Cuvier (Paris, Pillot, 1832, in-8°). Oiseaux : 28 pl. gravées et colo¬
riées. Elles sont de M m0 Pillot, gravées par M. Massard, Pauquet,
A. Davesnes, Lecerf, Rousseau fils, et sont copiées d’autres ouvrages.
Œuvres complètes de Buffon. Nouvelle édition (Paris, Mauprivez, 1835-
1836). Oiseaux : 3 vol., pl. color. par Victor Adam et gravées par Muller,
Bein, Lalaisse, Durand, Beaupré, Bénouville, etc...
Œuvres de Buffon avec les Suppléments, augmentées de la Classification de
G. Cuvier (Paris, Duménil, 1835-1837, in-8°). Oiseaux : 3 vol. avec 188 pl.
gravées, empruntées aux ouvrages de Levaillant, Lesson, etc. Les sujets
sont quelquefois placés dans de charmants paysages ajoutés.
Œuvres complètes suivies de la Classification comparée de Cuvier, Les¬
son, etc. Nouvelle édition par Richard (Paris, Pourrat, 1837, gr. in-8°).
Oiseaux : 2 vol. avec 142 pl. col. par Prêtre, Traviès, Chazal, Prévost,
Oudart, Meunier, et gravées par Beaupré, Bourey, Corbié, A. Four¬
nier, Guyard, Lebrun, Legrand, Manceau, Moinard, Oudet, Perrot,
M mo Thorel.
Œuvres complètes avec la Classification de Cuvier. Nouvelle édition... ornée
de 400 sujets coloriés, dessinés par Edouard Traviès et Janet Lange (Paris,
Furne, 1837-1839, in-8°). Oiseaux : 2 vol. pl. col., par Ed. Traviès.
Keepsake d’Histoire naturelle. Description des Oiseaux... Texte de Buffon,
revu, réduit et précédé d’une introduction par M. Achille Comte. Ouvrage
illustré par 150 dessins de Victor Adam (Paris [s. d.], gr. in-8°). 2 fron¬
tispices et 38 pl. grav. et color. Cet ouvrage parut en Angleterre vers la
même époque sous le titre : The book of Birds, edited and abridged from
the text of Buffon... Illuslrated by One Hundred and Fifty Designs, by
Victor Adam (London, 1841, gr. in-8°), 38 pl. col.
Œuvres complètes avec les suites, par Achille Comte... Dessins par Victor
Adam, gravés sur acier par Muller... (Paris, A. Ledoux, 1845, in-8°).
Œuvres complètes... mises en ordre et précédées d’une note historique, par
A. Richard... (Paris, 1852-1853, gr. in-8°). Oiseaux : 2 vol. avec 37 pl.
color. par Ed. Traviès. gravées par Massart, Fournier, Manceau et
retouchées à la main.
Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la Classification de
Cuvier ; revue sur l'édition in-4° de l’Imprimerie Royale et annotées par
Flourens (Paris, 1853-1857, in-4°). Oiseaux : 4 vol. pl. gravées sur acier,
par Ed. Traviès et color.
Œuvres complètes de Buffon. Revues et annotées par Flourens (Paris, Gar¬
nier, 1854-18..., gr. in-8°). Oiseaux : 4 vol., figures de Victor Adam (sauf
une de A. Prévost) gravées par Lalaisse, P. Colin, Beaupré, Galée,
Migneret, Guyard, Thibault, Coupé, E. Giroux et Dumaine.
Source : MNHN, Paris
ANNEXE III
SOMMAIRE SUR LES TECHNIQUES DE REPRODUCTION
DONT IL EST FAIT MENTION DANS LE TEXTE
Camaïeu
L’impression est obtenue à l’aide de deux planches : la première donne
la couleur du fond, les parties qui devront apparaître en blanc sur l’épreuve
étant réservées ; la deuxième donne en noir, ou dans une teinte plus foncée
que celle du fond, le trait du dessin.
Chalcographie
Voir Héliogravure
Chromolithographie
Reproduction par impressions successives. Une impression par couleur.
Le dessin est fait directement sur la pierre lithographique, à l’envers, ou
bien se trouve reporté par un papier report dont le dessin est établi à
l'endroit. On commence le travail par l’impression de la couleur la plus
claire ; les couleurs sont, aux impressions suivantes, repérées très exacte¬
ment les unes sur les autres.
Chromotypographie
Même principe de repérage des teintes, mais avec des clichés ou gravures
en relief. Actuellement, les clichés typographiques sont dits en « simili¬
gravure », car ils sont établis par un procédé photographique. Les docu¬
ments sont photographiés sur une plaque de collodion. On interpose entre
le document et cette plaque une trame qui donne au cliché typographique
métallique final une surface faite de petits points en relief, qui, encrés,
reproduisent l'une des couleurs de l’original.
Gravure sur bois
On obtient, par entailles sur un bloc de bois très dur, une gravure en
relief qui donne une impression d’aspect typographique. Le bois peut être
gravé « de bout » ou « de fil », selon que le bloc est établi pour obtenir une
plus ou moins grande finesse de gravure ou une plus grande résistance à
l’usure de la planche.
La polychromie est réalisée par le tirage superposé de plusieurs planches,
sur chacune desquelles on n’a épargné que les parties correspondant à la
Source : MNHN, Paris
108
R. RONSIL
couleur qu'elle doit rendre. Dans les travaux d'art, on utilise des couleurs
d’aquarelle et, pour l’impression, du papier très fin ou du papier de soie.
Gravure sur cuivre
Nombreux procédés. Entre autres :
1) Eau-forte. On utilise une plaque de cuivre recouverte de vernis, puis on
grave avec une pointe d’acier et l’acide attaque le métal aux endroits
où le vernis a été enlevé par la pointe. Après gravure à l'acide, cette
plaque gravée « en creux » est encrée et essuyée. L’encre ne reste que
dans les tailles. La plaque recouverte de papier humidifié est passée
entre deux cylindres, subit une très forte pression et diminue d’épaisseur
après l’impression.
2) Burin. La plaque est gravée directement avec un burin. Elle se trouve
ensuite encrée comme la plaque d’eau-forte. Ce procédé donne une
impression plus nette et puissante et convient plus particulièrement à
l’illustration.
Héliogravure
Une plaque de cuivre plané ou un cylindre sont gravés par un procédé
de photogravure. Après encrage et essuyage des parties en relief, l’encre
déposée dans les creux se trouve à l’impression reportée sur papier. Poul¬
ies belles reproductions (chalcographie), on emploie le procédé d’impres¬
sion à plat, soigné mais peu rapide ; pour l’héliogravure industrielle, cette
impression se fait sur machine rotative. Le cylindre est encré automatique¬
ment et essuyé ensuite par une lame ou raclette métallique qui ne laisse
l’encre que dans les creux.
Lithographie
« La lithographie est le plus simple et le plus rapide des modes de gra¬
vure. Il consiste à tracer un dessin sur une pierre calcaire à l’aide d’un
crayon gras. Puis on répand sur la pierre un mélange d’acide et de gomme :
ce mélange fixe le dessin d'une part et creuse légèrement la pierre, laissant
le trait en relief. Ensuite, on imbibe la pierre d'eau, et, pendant qu'elle est
humide, on passe sur toute son étendue un rouleau enduit d’encre d’impri¬
merie ; les parties humides n’absorbent pas l’encre qui adhère par contre
aux parties grasses du dessin. Il ne reste plus qu’à placer sur la pierre
une feuille de papier et à faire passer la pierre sous la presse pour obtenir
une épreuve. » (Définition d’Adhémar, voir p. 52.)
Offset
L encre déposée sur un cliché métallique est décalquée sur un blanchet
de caoutchouc, qui reporte l’impression sur papier. Ce procédé permet
d’imprimer sur des papiers mats ou ayant du grain, alors que les clichés
typographiques en similigravure exigent généralement un papier glacé, dit
papier couché, ou satiné.
Photochromie
Reproduction photographique d’un document en couleurs, à l'aide de
trois clichés différents correspondant aux couleurs primaires : jaune, rouge
Source : MNHN, Paris
l’art français dans le livre d’oisf.aux 109
et bleu. La photochromie s’applique aussi bien aux impressions typogra¬
phiques (impression en relief), lithographiques (impression par décalque) ou
héliogravures (impression en creux).
Photochromolithographie
Procédé moderne de lithographie où les planches successives sont
reportées photographiquement sur métal au lieu d’être dessinées sur pierre.
Photogravure
La photogravure comprend tous les procédés de reproduction photo¬
graphique appliqués à l'impression : héliogravure, typographie, lithogra¬
phie, offset (impression lithographique par report, l’encre se trouve déposée
sur caoutchouc et reportée sur le papier).
Pochoir
Impression faite à la main, couleur par couleur, à l’aide de caches métal¬
liques ou en papier métallisé : les couleurs sont généralement déposées au
tampon.
Quadrichromie
On utilise généralement dans les impressions modernes quatre clichés
métalliques : un premier cliché pour l’encre jaune, un deuxième pour l’encre
rouge, un troisième pour l’encre bleue. Quant au quatrième cliché employé
avec une encre noire, il donne à l’ensemble une impression légère de relief
et de netteté. C’est un perfectionnement de la trichromie, ou impression en
trois couleurs primaires : jaune, rouge et bleu.
Similigravure
Voir Chromolypographie et Typographie
Trichromie
Voir Quadrichromie ci-dessus
Typographie
Le plus classique des procédés d'impression. Des caractères ou des cli¬
chés en relief, serrés dans un châssis et placés sur une presse, sont encrés
par un rouleau, et donnent ensuite par contact une épreuve sur papier mat
ou glacé.
Les très belles impressions se font encore à bras, comme au temps de
Gutenberg. Les impressions courantes se font sur presses à plat ou cylin¬
driques ; l’impression des journaux se fait sur machines rotatives à grande
vitesse.
Pour les impressions de luxe, la composition des caractères est faite a
la main ; dans tous les autres cas, la composition est faite mécaniquement,
soit en monotype (lettre par lettre), soit en linotype : le texte est alors com¬
posé en lignes-blocs qui ne servent généralement que pour un seul tirage.
Quand on veut conserver la composition, on fait établir des clichés en
plomb, recouverts ou non d’une couche de cuivre qui augmente leur solidité.
Pour les illustrations, on se sert de clichés au trait ou de clichés dits « en
similigravure ». Ces clichés sont tramés plus ou moins finement, selon la déli¬
catesse du travail à exécuter et toujours en rapport avec la qualité du papier
qui doit servir au tirage.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ANNEXE IV
INDEX DES NOMS CITÉS D’ARTISTES
(peintres , dessinateurs et graveurs ) français ayant collaboré à des ouvrages
d'ornithologie, ou d’étrangers ayant collaboré à des ouvrages français (1)
Adam, Victor (1801-1865), peintre, iitlio. (2), p. 32, 69, 100, 106.
Adel (c. 1845), peintre, dessin., p. 75.
Annedouche (1833 — dernière œuvre 1882), graveur, p. 42, 46, 52, 53,
54, 60, 91, 92.
Armand (c. 1800), graveur, p. 31.
Arnoul (c. 1877), peintre, graveur, litho., p. 71, 88, 91.
Asper, Hans (1499-1571), dessin., p. 13.
\udebert, Jean-Baptiste (1759-1800), graveur, éditeur, p. 5, 33, 34, 35, 36,
39, 42, 43, 50, 56, 70, 101.
Audubon, Jean (Père de J.-J.), p. 81.
Audubon, Jean-Jacques (Laforest) (1785-1851), auteur, peintre, p. 5, 69,
70, 74, 75, 77, 81, 82, 83, 84, 96, 101, 102.
Audubon, John Woodhouse (1812-1862), p. 81, 83, 96, 101, 102.
Audubon, Lucy Green (née Bakewell) (1788-1874), graveur, p. 82, 83.
Auguste (1789-1850), peintre, p. 39.
Avril, Jean-Jacques (1744-1823 ou 1831), graveur, p. 21, 30.
Badoureau (c. 1896), graveur, p. 78.
Bakewell, Lucy Green (voir Audubon).
Balzac, M Uo (c. 1802), peintre 7, p. 91.
Baquoy, Jean-Charles (1721-1777), graveur, p. 30, 32.
Barbant, C. H. (c. 1878), graveur, p. 75.
Barière (c. 1806), graveur, p. 39, 101.
Barlow, Francis (1626 ou 1646 ?-1702), graveur anglais, p. 19, 99.
Baron, Claude (1738- ?), graveur, sculpteur, éditeur, p. 32.
Barraband (Barraban), Jacques (1767/1768 7-1809), peintre, p. 5, 31, 38,
39, 40, 49, 50, 51, 82, 91, 105.
Barret, Marius-Antoine (1865- 7), graveur, p. 87.
' Barrière, auteur, peintre et graveur, éditeur, p. 85.
Barrois, Pierre-François (né vers 1788- 7), graveur, p. 30.
Bâtes, Georges Latimer (c. 1900), p. 98.
Beaupré (c. 1834), p. 106.
Beckmann, Ludwig (1822-1902), peintre allemand, p. 78.
Bein, Jean (1789-1857), graveur, p. 106.
(1) A l’exception de ceux qui vivaient encore en 1950.
(2) Chaque fois que nous l’avons pu, nous avons précisé la spécialité de l’artiste.
Source : MNHN, Paris
112
R. RONSIL
Bêlaife, H. (c. 1830), peintre dessin., p. 75.
Bellecroix (c. 1893), peintre dessin., p. 77.
Belon, Pierre (1517-1564), auteur, graveur, éditeur, p. 10, 11, 12, 13, 14, 15,
17, 18, 20, 23, 31, 98, 101, 102.
Bénard, Robert (1734- ?), graveur, p. 30.
Benazech, Peter-Paul (né vers 1730-mort après 1783), p. 32.
Benouville (1815-1891), p. 106.
Berger, L. (c. 1840), peintre dessin., p. 92.
Bernard, Pierre (1810-1876), p. 26, 65, 74, 99, 105.
Berthaut (c. 1800), graveur, p. 31.
Berveiller, Edouard (c. 1860), graveur, p. 77.
Berwick, Thomas, graveur, p. 73.
Bessa, Pancrace (1772-1835), peintre, p. 43, 45, 51, 82.
Besson, graveur, p. 56.
Bevalet, Antoine-Germain (1779-c. 1850), peintre, graveur, p. 43, 46, 53,
54, 70, 76, 92.
Bevalet, L. (c. 1825), graveur, p. 43, 44, 46, 49, 53, 71, 76, 92.
Bewick, Thomas (1753-1828), p. 99.
Bigot, F. (1872- ?), dessin., p. 78.
Blaise (c. 1852), graveur, p. 76.
Blanchard, Emile-Théophile (1795- ?), peintre, médecin militaire (expose
en 1867), p. 54, 61, 65.
Blanchon, Jean-Guillaume (1743- ?), graveur, p. 32.
Blondel, Edouard (c. 1849), peintre, p. 92.
Bocourt, Marie-Firmin (1819- ?), peintre, graveur, expose encore en 1851,
p. 78, 84.
Bodmer, Henri ou Heinrich (1814-1901), dessin., p. 77.
Boel ou Bol, Pierre (1622/1625-1674/1680), graveur, p. 20.
Bogaert (c. 1893), dessin., p. 77.
Boitard, Pierre (1789-1859), auteur, dessin., éditeur, p. 43, 47, 64, 98, 99,
102.
Borrel, M. (c. 1876), peintre, p. 92.
Boulart, Raoul A. (1849- ?), p. 77, 86, 102.
Bouquet, Louis (1765-1814), peintre, graveur, p. 35, 36, 38, 39, 50, 51.
Bourcier, Jules (c. 1839), p. 92.
Bourrey ou Bourey ou Bouré, M“° (c. 1829), graveur, p. 43, 46, 106.
Boussy, Clément (c. 1550), graveur, p. 10.
Bouton, Jules-César (c. 1850), graveur (débuta au Salon de 1879), p. 75.
Brasil, Louis (1865-1918), p. 101.
Bree, Charles-Robert (1811-1886), p. 62, 64, 67, 87, 99.
Breton, Victor (c. 1835), graveur, p. 42, 54.
Briot, Isaac (1585-1670), graveur, p. 18.
Briot, Marie (c. 1620), graveur, p. 18.
Brockhaus, F. A. (c. 1878), graveur allem., p. 78.
Browne, J. (c. 1875), peintre, p. 78.
Brugnot, L. (c. 1853), peintre, graveur, p. 75.
Brunier, L. (c. 1850), graveur, p. 75.
Burgun (c. 1879), graveur, p. 87.
Cagniet, J. (c. 1853), peintre dessin., p. 75.
Caïn (c. 1842), graveur, p. 52.
Callier (c. 1835), lithogr., p. 74.
Canu, Jean-Dominique-Etienne (1768-?), p. 46, 91.
Carter (c. 1850), graveur, p. 77.
Source : MNHN, Paris
l'art français dans le livre d’oiseaux
113
Cassien, Victor-Désiré (1808-1.393), peintre, p. 67.
Catesby, Mark (1682-1749), p. 82, 100.
Chambars (c. 1770), graveur, p. 32.
Chazal, Antoine (1793-1854), peintre, p. 106.
Chenu (c. 1853), peintre (?), p. 76, 86. 92, 96, 97, 100, 102.
Chevauchet (c. 1850), graveur, p. 75.
Chevesnes (c. 1829), graveur, p. 96, 105.
Chevron, B.-.I. (c. 1839), graveur, p. 93.
Clerge (c. 1840), graveur, p. 52, 53.
Cloquet, Jean-Baptiste-Antoine (7-1828), peintre, p. 31.
Coigniet, M"' Marie-Gabrielle (1793-?), peintre, graveur, p. 42, 43, 52.
Coleman. William Stephen (1829/1830-1904), peintre, p. 78.
Colin. Paul-Alfred (1838-1916), graveur, p. 106.
Collaert, Adriaen, ou Collardo, Adriano (e. 1560-1618), graveur, p. 18, 95.
Commerson, Philibert (1727-1773), auteur, dessin., p. 30.
Corbié (c. 1835). graveur, p. 42, 47, 54, 102, 106.
Cordier (c. 1852), dessin., graveur, p. 76, 77.
Cornalia, Emile (c. 1840), p. 92.
Cornu, M Uc (c. 1820), graveur, p. 30.
Coste (c. 1850), graveur, p. 77.
Coulange, Em. (c. 1840), p. 92.
Coupe, Jean-Antoine-Baptiste (1781-1852), graveur, p. 52, 106.
Courcelles ou Decourcelles, M"' Antoinette-Pauline-Jacqueline Rifer de
(voir Knip, Madame A. P.) (1781-1851), p. 39, 40.
Coûtant, Jean-Louis-Denis (1776-mort après 1831), graveur, p. 43, 44, 45,
51, 52, 53.
Crespon lils, A. (c. 1844), dessin., p. 67, 97.
Cumei., J.-J. (c. 1834), peintre iithog., p. 68, 100.
Dargent, Yan-Jean-Edouard (1824-1899), p. 100.
Daubigny. Charles-François (1817-1878), peintre dessin., p. 74, 75.
Daverne, J. (c. 1857), peintre, p. 65.
Davesne (c. 1822), graveur, p. 42, 54, 92.
Davesnes, A. (c. 1832), graveur, p. 106.
David (c. 1829), graveur, p. 105.
David, Jacques-Louis (1748-1825), peintre, p. 82.
Davies of Bi.ackeath (c. 1802), peintre anglais, p. 35.
Decourcelles, Pauline (voir (Courcelles, M 11 ” A. P. de), p. 61.
Delacroix, Eugène (1797-1867), peintre, p. 74, 75.
Delacroix, Henri (1814-1853), peintre, p. 74.
Delahaye, Charles (1806-1882), peintre, graveur, p. 63, 76, 92.
Delangle, Anatole-Alfred-Théodore (7-1901), premières œuvres en 1841,
p. 75, 105.
Delarue, J. (c. 1835), peintre, graveur, p. 46, 60, 68, 69, 92, 96, 97, 100, 101.
Delduc, Prosper-Jcan-François (7-1885), peintre, graveur, p. 74, 75.
Delvaux, Auguste (1786- 7), p. 43.
Demanne, L. (c. 1825), Iithog., p. 61, 64.
Denise, G. (c. 1900), peintre, dessin,, p. 79, 86.
Denise, Louis (c. 1903), p. 21.
Dbquevauviller ou Dequf.vauvillkrs, François-Jacques (e. 1783-c. 1848).
p. 41, 51, 52, 105.
Deschamps, M. (c. 1850), graveur, p. 75.
Descourtilz, Jean-Théodore, peintre, éditeur, p. 74, 101, 102.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XV. 8
Source : MNHN, Paris
114
R. RONSIL
Desève ou De Sève. Jacques (1742-1788), peintre, graveur, p. 25, 30, 32,
43, 46, 57.
Desmoulins, F. A. (c. 1770-1785), peintre, graveur, p. 29.
Desfortes (c. 1671), dessin., p. 21.
Dévissé, Jean-Baptiste (c. 1828), p. 43.
Deyrolle, Th. (c. 1874), dessin., lithog., p. 89, 90, 98, 99.
Douliot ou Douillot, Douilleau, M mo J. (c. 1822), graveur, p. 42, 52
54, 92.
Drouet, Théod.-Toussaint (1831- ?), graveur, p. 30.
Dubois, Charles-Frédéric (1804-1867), p. 92.
Du Bus ou Dubus de Gisignies, Bernard-Léonard, Chevalier (1808-1874),
p. 92.
Duché de Vancy, Gaspard (7 -1788), peintre paysagiste, p. 50.
Dufour ou Du Four, Pierre-Charles-Nicolas (?-1818), p. 32, 37, 39.
Duhamel, A. B. (1736- 7), graveur, p. 32, 105.
Dujardin, Louis (1808-1859), peintre dessin., p. 75, 76.
Dumaine, p. 106.
Dumenil, Auguste (c. 1842), graveur, p. 42, 45, 52, 54, 92, 106.
Dumenil, Paul-Chrétien-Romain-Constant (c. 1779), graveur.
Dumont, M 11 ® Zoé (c. 1830), peintre, p. 43.
Dupe (c. 1878), graveur, p. 78.
Durand (c. 1834), graveur, p. 106.
Duval, Louis (c. 1800), graveur, p. 31.
Ecosse (c. 1853), graveur, p. 75, 76, 77.
Edwards, Sydenham (1768-1819). peintre anglais, p. 26, 35.
Elliot, Daniel-Giraud (1835-1915), p. 60, 62, 63, 100.
Engelmann, Gottfried (1788-1839), lithog., p. 60, 61, 85.
Etherington, Alfred (c. 1850), graveur, p. 75, 77.
Etlins, G. (c. 1867), graveur, p. 77.
Eudes, Jules (2' moitié du xix" siècle), peintre.
Faguet, Auguste (c. 1876), peintre, p. 88.
Falbaux (c. 1833), graveur, p. 52.
Fawcett, Benjamin (1808-1893), peintre anglais, p. 86.
Fehringer, Otto (1887- 7), p. 103.
Fessard ou Fessart, Claude-Mathieux (1740-1803), graveur, p. 29, 30,
32, 36.
Firens, Pierre (7 -1636/39), peintre, graveur, éditeur, auteur, p. 18.
Flamen, Albert (1564-1646), peintre, graveur, p. 18, 96, 97, 99.
Florian (c. 1893), graveur, p. 77.
Fi.ourf.ns (c. 1853), p. 106.
Forget, E. (c. 1830/40), graveur, p. 92.
Fossier, L. (c. 1775-1800), peintre, p. 31.
Fournier, Amable-Nicolas (1789-1854), graveur, p. 42, 46, 53, 54, 105, 106.
Fournival (voir Furnival, R. de).
Foy, graveur, p. 73.
François, Alphonse (1814-1888), graveur, p. 53.
Freemann, William-Henry (c. 1839-1875), peintre dessin., p. 75, 78.
Frisch, Joahnn-Leonhard (1666-1743), dessin., p. 27.
Furnivai. ou Fournival, Richard de, p. 9, 10, 95.
Gagniet, Jules (1820-1864), dessin., p. 75.
Galée, grav., p. 106.
Source : MNHM, Paris
FRANÇAIS DANS LE LIVRE D’OISEAUX
115
Garnot, Prosper (1794-1838), p. 53.
Gautier, Léonard, graveur, p. 12.
Geisler, Bruno (1857- ?), peintre allemand, p. 89.
Gelibert, Gaston (1850-?) (expose encore en 1931), peintre dessin
p. 77, 88.
Geny Gros (c. 1854), impr. lithog., p. 63.
Gérard, Louis-Alphonse (1820- ?); graveur, p. 75.
Gérard (c. 1843), color., p. 52, 53.
Géraud, Victor (c. 1833), graveur, p. 52.
Gerbe, L. (c. 1829), p. 45, 95.
Gerbe, Z., p. 78, 89, 100, 102.
Germain, Louis-Alfred-Pierre, p. 97.
Giacomelli, F., peintre, p. 90.
Giacomelli, Hector (1822-1904), peintre, p. 76, 77, 85, 86, 90, 95, 96 97
99, 100.
Giraud, Antoine-Cosme (1760-1800), graveur, p. 43, 46, 52, 53, 54, 92.
Giroux, Emile (c. 1854), graveur, p. 106.
Glairon-Mondet (voir Mondet).
Godard, Pierre-François, père (1768-1838) ou fils (1797-1864), graveurs
d’Alençon, p. 73, 74, 101.
Godefroy. Jean (1771-1839), graveur, p. 31.
Goering, Anton (1836-1905), peintre allemand, p. 89.
Gommer, P. de (c. 1594), auteur, p. 14, 95.
Goudet ou Gourdei. ou Gourd elle, Pierre (c. 1530-c. 1588), peintre, p. 12.
Gould, John (1804-1881), auteur, peintre, p. 60, 68, 70, 77, 87, 96.
Gourdei.le, Pierre (voir Goudet).
Goussier (c. 1768), dessin., p. 26.
Goutiêre, Tony (1808-1890), graveur, p. 52.
Granthomme, Jacques (1588-1613), graveur, p. 12.
Grassmann, O., p. 97.
Gremilliet ou Gremillier (c. 1800-1815), graveur, p. 39, 40.
Grenier, F. (c. 1878), graveur, p. 75.
Guenaux, Georges (c. 1905), p. 102.
Guérin (c. 1829), peintre, p. 46, 102.
Guillaume, Edouard (1850-1908), graveur, p. 87.
Guillaumot, Auguste-Etienne (1844-1890), graveur, p. 75.
Guinot, R., p. 102.
Guttenberg, C. J. (c. 1770), graveur, p. 32.
Guyard fils (c. 1810), graveur, p. 39, 46.
Guyard ou Guii.lard, Jean-Baptiste (1787-c. 1849), graveur, p. 41, 42, 43.
45, 52, 53, 91, 92, 106.
Guyot, L. (c. 1770), graveur, p. 32.
IIaciiisuka, Masauji (1903-1953), peintre japonais, p. 96.
Harrison. H. (c. 1850-1870), graveur anglais, p. 75.
Hartlauh, Cari Johann Gustav (1814-1900), p. 92.
Haspe, de (c. 1865), peintre, p. 91.
Haussard, Marie-Catherine (c. 1770-1780), graveur, p. 32.
Haussard, Elis (c. 1770), graveur, p. 32.
Haveli., Robert (1769-1832), graveur anglais, p. 83.
Havell, Robert (ils (1795-1878), graveur anglais, p. 45, 83.
Heina (c. 1835), graveur, p. 45.
Heine, Georg (1877-?), graveur, p. 77.
Honervogt, Jacques (né à la lin du xvi* siècle), peintre, graveur, p. 18.
Source : MNHN, Paris
16
R. RONSIL
Huard (c. 1820), peintre, p. 57.
Hubert, François (1744-1809), graveur, p. 32.
Huet, J. (c. 1865), peintre, p. 52, 55, 88, 91, 92.
Huet, Nicolas (1770-1830), p. 49.
Humbert (c. 1849), graveur, p. 92.
Huquier, Jacques-Gabriel (1725-1752), graveur, p. 21, 99, 103.
Huyot, Jules (1841-1885), graveur, p. 77.
Illner, Rich. (1831-1895), graveur allemand, p. 78.
Jacque, Charles-Emile (1813-1894), dessin., graveur, p. 74.
Jacquin, Joseph Franz von (1766-1839), p. 30.
Jahmargt, K. (c. 1860-1870), p. 78.
Jardine, Sir William (1800-1874), p. 44, 56, 92, 96, 100.
Jattiot, Charles (c. 1850), graveur, p. 75.
Jazerand (c. 1842), graveur, p. 52.
Jennens, Johan (c. 1860), lithog., p. 63.
Joi.iet, Auguste (c. 1867), graveur, p. 77.
Jourdan (c. 1800-1828), graveur, p. 43.
Juillerat, F. (c. 1836), peintre, p. 78, 86, 91.
Keulemans, John Gerrard (1842-1912), p. 72, 88, 89, 91, 92.
Kleinschmidt, Otto (1870- ?), p. 89.
Knip, Joseph-Auguste (1777-1847), peintre graveur hollandais, p. 5, 33, 40,
98, 102.
Knip, M rae Antoinette-Pauline-Jacqueline, née Rifer de Courceu.es (voir
Courceu.es, A. P.) (1781-1851), peintre, p. 39, 40, 41, 61, 98, 99, 102.
Krause (c. 1850), peintre, dessin., p. 75.
Kretschmer, Robert (1818-1872), peintre allemand, p. 78.
Kroner, Christian Johann (1838-1911), graveur allemand, p. 77.
Kuhnert, Friedrich Wilhelm Karl (1865-1926), peintre allemand, p. 87.
Lacombe, M me Laure (c. 1862), dessin., graveur, dernières œuvres citées
en 1924-25. p. 57, 104.
La Ferté, P. de (c. 1770), graveur, p. 27.
Lagesse (c. 1850-1855), graveur, p. 46.
Lalaisse, Charles de (1811- ?), graveur, p. 106.
Lallemand, Armand-Joseph (1810-?), graveur, p. 45.
Lamouroux, M œo Sophie (c. 1830), peintre lithog., p. 69, 105.
Lange, Janet, peintre, p. 106.
Langlois (c. 1620), graveur, p. 18.
Langlois (c. 1800-1830), impr. grav., éditeur, p. 34, 35, 36, 37, 38, 39, 49.
50, 51, 99.
Langlumé (c. 1830), lithog., p. 64, 101.
La Pérouse, Jean-François de Galaup, comte de (1741-1788), p. 50,
103, 104.
Lapi.ante Charles (? -1903), graveur, p. 77.
Lassalle, Emile (1813-1871), peintre lithog., p. 68, 103.
Lasteyrie, Charles de (1759-1849), lithog., p. 59.
Launay, Robert de, le jeune (1754-1814), graveur, p. 32.
Leberecht-Reinhoi.d, Johann Friedrich (voir Reinhold, .1. F. L.), por¬
traitiste, p. 36.
Leblanc (c. 1878), graveur, p. 75.
Source : MNHN, Paris
l’art FRANÇAIS DANS LE LIA’RE d’oiseaux
117
Leblon ou Le Blon, Jacques-Christophe (1667-1741), peintre, p. 33.
Lebrecht, Reinold J. (voir Reinold, J. L.), p. 36.
Lebrun (c. 1830), graveur, p. 52, 53, 92, 106.
Lecerf (c. 1832), graveur, p. 45, 51, 106.
Leclerc, Jean (fin du xvi° siècle), graveur, p. 12, 18.
Le Clerc. Sébastien (1637-1714), peintre, graveur, p. 18, 21.
Le Gouaz, Yves-Marie (1742-1816), graveur, p. 31.
Legrand, Henri (c. 1829), graveur, p. 45, 54, 105, 106.
Legrand, Louis-Claude (1723-1807), graveur, p. 32, 46.
Lehmann, Wilhelm Ludwig (1861- ?), peintre paysagiste suisse, p. 83.
Le Pagelet (c. 1786-1807), graveur, p. 50.
Lepère, Auguste-Louis (1849-1918), p. 87.
L’Epine (c. 1804), graveur, p. 105.
Le Prince, Jean-Baptiste (1734-1781), peintre, p. 33.
Leprince, A., lithog., p. 69.
Le Roy, Henry ou Herrv (1579-1651), dessin., graveur, p. 18.
Lesestre, Louis (c. 1850), graveur, p. 75, 76, 77.
Leteillier, Charles-François (1743-1800), graveur, p. 46.
Leu, Thomas de (1560-1612), graveur, p. 12.
Levasseur, Eugène-Alexandre-Adolphe (1822- ?), peintre, p. 92.
Le Vilain, Gérard-René (né vers 1740-1836), graveur, p. 43.
Levilain, M m0 (c. 1770), graveur, p. 32.
Levy, Gustave (1819-1894). graveur, p. 74.
Ligneville, A. de (c. 1850). peintre dessin., p. 75.
Linocier, Geofrov (c. 1583), dessin., p. 11, 98.
Lizars, Williams Howe (1788-1859), peintre graveur écossais, p. 44, 83.
Longuemare, M rae de (c. 1831), p. 89. ,
Longueii., Joseph de (1730-1792), graveur, p. 25.
Lotrian, Alain, p. 10.
Lucas (c. 1770), graveur, p. 32.
Lunel, A. (c. 1831), peintre, p. 92.
Machelle (c. 1867), graveur, p. 77.
Macret, Jean-César (1768- ?), p. 41.
Maes, Edouard de (1852-1940), peintre, p. 89.
Mahler, F. (c. 1893), peintre, p. 77.
Mahler, P. (c. 1891), peintre, p. 86.
Manceau ou Manceaux. François (1786- ?). graveur, expose jusqu’en 1837,
p. 46, 52, 106.
Mansard, Jeanne (c. 1770), graveur, p. 32.
Marchand, Albert (1828-1886), peintre lithog., naturaliste, p. 71, 92, 102.
Marchand, Armand (1802-1870), p. 71, 102.
Maréchal, Nicolas (1753-1803), p. 21.
Mariette, Pierre (1634-1716), graveur, éditeur, p. 19, 99.
Martin (c. 1893), dessin., p. 77.
Martinet, Alexandre (Martinet fils) (c. 1773), peintre, graveur, éditeur,
p. 28, 29, 40, 55, 82, 96, 98, 102.
Martinet, François-Nicolas (1731-mort après 1787), peintre, graveur, p. 5,
24, 25, 26, 27, 28, 29, 31, 82, 96, 98, 102.
Marvy, Louis (1815-1850), dessin., graveur, p. 74.
Mason, Joseph (1801-1883), p. 83.
Massard aîné, Jean (1740-1822). graveur, p. 42, 43, 45, 51, 52, 53, 105. 106.
Massard, M mo (1833-35), graveur, p. 42, 45, 51, 52.
Massard, M"« Adèle (c. 1840-50), graveur, p. 32, 45, 51, 52, 54.
Source : MNHN, Paris
118
R. RONSIL
Masse, Frédéric (c. 1901), dessin., p. 79.
Massol (?-1831). graveur, p. 31.
Masson, F. (c. 1893), graveur, p. 77.
Maubert (c. 1840-60), peintre, p. 63.
Maxell, Peter (1761-1797), graveur, p. 29.
Meaule ou Meaulle, Fortune-Louis (1844-?), p. 75, 77.
Menil ou Mesnil, Elie du (1726- ?), graveur, p. 32.
Merian, Kaspar (1627-1686), graveur, p. 20.
Merian, Matthaeus, le jeune (1621-1687), graveur, p. 20.
Meklen, van (c. 1659), p. 19.
Mesnel, A. (c. 1860), peintre, p. 63, 75, 76, 77, 92.
Mesples, E. (c. 1875), peintre, p. 71.
Meunier (c. 1850), peintre, p. 52, 106.
Meunier (c. 1852), graveur, p. 76, 77.
Meyer (c. 1867), graveur, p. 27, 77.
Michel (c. 1770), graveur, p. 32.
Miüer, Simon-Charles (1736-1820), graveur, éditeur, p. 21, 31, 43.
Migneaux, J. (c. 1900), dessin., p. 86.
Migneret, Adrien (1786-1840), graveur, p. 45, 51, 52, 106.
Millot, Adolphe-Phil. (1857-1921), peintre, dessin., p. 86.
Mion, Manette (c. 1817-20), peintre, graveur, p. 57.
Moinard, grav., p. 106.
Moisand, Maurice (c. 1897), dessin., p. 79.
Moitte, Pierre-Etienne (1722-1780), graveur, p. 32.
Mondé (c. 1828), graveur, p. 43.
Mondet (ou Glairon-Mondet) (travailla de 1786 à 1808), graveur, p. 43.
Monnier, Louis-Gabriel (1733-1804), graveur, p. 32.
Morice, E. (c. 1850), graveur, p. 75, 77.
Motey (c. 1828), p. 43.
Motte, Charles-Etienne-Pierre (1785-1836), lithog., p. 60, 61, 105.
Mougeot, Jean-Joseph (1780- ?), expose encore en 1834, p. 45, 46, 54.
Muller. Charles (c. 1870), graveur, éditeur, p. 57, 77, 101, 106.
Muller Kaempff, P. (c. 1896), peintre allemand, p. 89.
Mutzel, Gustav (1839-1893). peintre allemand, p. 88.
Nkale, Edward (c. 1870-1895), peintre, p. 19. 78, 99.
N'eale, Thomas (c. 1657/59-c. 1678/99), graveur, p. 19, 99.
N'ecsay, Stefan von (1870-1902), peintre, p. 89.
Ntedermann, Alfred ou Karl Alfred (1843-1926), graveur allemand, p. 78.
Nodder. Frédérick Polydore (c. 1786-1800), graveur, auteur, p. 35, 100.
Nordmann, Alexander von (1803-1866), p. 53.
Xussbiegel, Johann (1750-1829), graveur allemand, p. 36.
überrieter, Franz (c. 1599), graveur, p. 13.
Oder de la Moselle, II. (c. 1800), graveur, p. 31.
Olleon, A. (c. 1831), graveur, p. 92.
Oudart. Paul-Louis (1796- ?). p. 5, 32. 45, 49, 52, 54, 56, 61, 62, 63, 64, 75.
82, 89. 91, 92. 97, 105, 106.
Oudet (c. 1832-49), graveur, p. 44, 45. 46. 51. 52, 54, 92, 105, 106.
Oudry. Jacques-Charles (1720-1778). peintre, p. 21.
Paili.ou, Peter (c. 1763-1805), peintre, p. 29.
Source : MNHM, Paris
l’art français dans le livre d’oiseaux 119
Pannemaker, Adolphe-François (1822- ?), expose après 1880, graveur
p. 77.
Pardinel, Jean-Charles (1808-1867), graveur, p. 46, 53, 54, 92.
Paris, F., graveur, p. 19, 97, 99, 101.
Pauquet (père et fils), graveurs, p. 56, 76, 105.
Pegeron, C. (c. 1843). p. 67.
Pelletier, Auguste (c. 1816-1847), graveur lithog., p. 69.
Percheron, Gaston (1843-1896), p. 78, 102.
Perée ou Perre, Jacques-Louis (1769- ?), graveur, p. 31, 36, 39, 50, 91.
Perrichon, Jules-Léon (1866-1946) ou Paul (s. d.) qui expose de 1866 à
1870, p. 77.
Perrot, Jean-Simon-Narcisse (1796-?), p. 106.
Pessé, H. (c. 1850), peintre, dessin., p. 75.
Pierron, Jean-Antoine (1755-1835), graveur, p. 30, 43, 46.
Pierson (c. 1803), graveur, p. 46.
Pillement fils, Victor (1767-1814), peintre, graveur, p. 31.
Pillement, Jean (1719-1808), peintre, p. 21.
Pillot, M me C. (c. 1832), expose de 1835 à 1839, p. 105.
PiRON, Auguste (1816-1895). peintre, dessin., p. 50.
Pisan, Héliodore-Joseph (1822-1890), peintre, graveur, p. 75.
Plée, François (c. 1830), graveur, p. 43.
Plée, V. fils (c. 1830), p. 43.
Poisson (c. 1782), graveur, p. 30.
Poivre, Pierre (c. 1750), dessin., p. 23, 24, 30.
Pollet, Victor-Florence (1811-1882), ou son frère A. (s. d.), graveur, p. 92.
Prêtre. Jean-Gabriel (c. 1800-1840), peintre, p. 5, 32, 39, 40, 41, 42, 43,
44, 45, 46, 49, 51, 52, 53, 55, 60, 61, 82, 92, 105, 106.
Prévost, Alphonse (c. 1830-1850), peintre, p. 50, 52, 53, 54, 57, 61, 62, 75,
92, 105, 106.
Prévost fils, J. R. (? -1788), peintre, p. 50.
Prévost oncle (7-1788), peintre, p. 50.
Prithey (c. 1853), graveur, p. 75.
Quartley, John (c. 1853). travaille de 1835 à 1867, graveur, p. 75.
Raabe (c. 1878), graveur allemand, p. 78.
Racine, Jean-Baptiste (1747-1783), p. 43.
Rebel, Eléonore-Sophie (1790- ?), graveur, p. 43.
Rebuffet (c. 1845-1865), graveur, p. 52, 53, 91.
Redouté, Henri-Joseph (1766-1852). peintre, p. 50, 51.
Redouté, Pierre-Joseph (1759-1840), peintre, p. 51, 82.
Reichenbach, Heinrich Gottlieb Ludwig (1793-1879), p. 45.
Reichert, Alexander (1859-1939), p. 89.
Reinhold, Johann-Friedrich-Leberecht (1744-1807), portraitiste, p. 36.
Reinold, J. Lebrecht (c. 1800), peintre, p. 36.
Reverdi, Georges, graveur, p. 10.
Rhamm, J. (c. 1900), p. 89.
Richard, Achille (1794-1852). p. 106.
Richter, Albert (1845-1898). p. 77.
Riesenthal, Oskar von (1830-1898), p. 89.
Riou, Edouard (1833-1900), paysagiste, dessin., p. 75, 77.
Robert, Léo-Paul-Samuel (1851-1923), peintre suisse, p. 87.
Robert, Nicolas (1610-1685). peintre, p. 18, 19, 20. 31, 97. 102.
Source : MNHN, Paris
120
R. RONSIL
Rognon, Florian-Frédéric (1858- ?), graveur suisse, p. 87.
Rouget, François (1725- ?), graveur, p. 77.
Rouget, M me Emilie-Caroline (c. 1867), œuvres citées en 1878/82, p. 77.
Rousseau iils (c. 1832), graveur, p. 106.
Rousseau, Léon (c. 1867), travaille de 1875 à 1892, p. 77.
Rousselet, Madeleine-Thérèse (c. 1770-1780), graveur, p. 32.
Roux, Jean-Louis-Florent-Polydore (1792-1833), auteur, p. 66, 67, 102.
Ruppel ou Ruppell, Eduard-Wilhelm-Peter-Siinon (1794-1884), p. 70.
Sainte-Eves ou Saint-Evres, Jean-Marie (1810-1856), p. 42, 54.
Salmon, Julien-A. (c. 1871), p. 103.
Sargent, Alfred-Louis (1828- ?), graveur, p. 75, 77.
Schan, Lukas (travaille entre 1526 et 1556), peintre, p. 13.
Schmeiz, Cari Simon (1787-?), graveur allemand, p. 45.
Schmid, F. O., graveur allemand, p. 78.
Schmitz (1758-1787), graveur, p. 32.
Schuller, Joseph-Carl-Paul (c. 1880), peintre, p. 86.
Sellier, Louis (1757-c. 1835), graveur, p. 21.
Senefelder, Aloys (1771-1834), lithog. allemand, p. 59.
Sève (voir Desève, Jacques-Eustache), à Paris en 1815, p. 105.
Shaw, George (1751-1813), graveur et auteur, p. 35, 100.
Simon (c. 1850), graveur, p. 73.
Smith (c. 1829), graveur, p. 70, 75, 105.
Sonnerat, Pierre (1749-1814), peintre, p. 30, 103, 104.
Spaendonck, Gérard van (1746-1822), peintre, p. 61.
Spelette (c. 1831), graveur, p. 92.
Steinhel, Louis-Charles-Auguste (1814-1885), peintre dessin., p. 75.
Stypulkowski, Lucjan (1806-1849), graveur, p. 73.
Susemihi., Erwin Eduard (c. 1805-1850), peintre graveur allemand, p. 47.
Susemihl, Johann Conrad (c. 1767-1837), peintre graveur allemand, p. 47.
Susemihl, Johann-Théodor (1772-?), peintre graveur allemand, p. 47.
Susini, J. (c. 1860), peintre lithog., p 67.
Sussini (c. 1850), peintre, p. 92.
Swagers, Edouard (1811- ?), dessin, lithog., p. 87.
Tangê, Pieter (1706-1761), graveur, p. 22.
Tardieu, R.-V. (c. 1770), graveur, p. 32.
Tardieu, Veuve (c. 1828), graveur, p. 43. 46.
Teillard (c. 1830), graveur, p. 44, 46. 51.
Terrier, Jules (c. 1870-1880), p. 71, 78, 88, 93.
Tiienard (c. 1867), graveur, p. 77.
Thibault (c. 1854), graveur, p. 106.
Thiébaud (c. 1850), graveur, p. 54.
Thiêbault, P. (c. 1853), graveur, p. 75.
Thiolat (c. 1840), peintre lithog.. p. 68, 69.
Thivier, Emile-Louis (1858-1922), peintre, p. 79.
Tholey, C. F. (c. 1860-1870), lithog. américain, p. 63.
Thomann, Johan (c. 1525-1567), dessin., p. 13.
Thomas, N. (né vers 1750-mort vers 1812), graveur, p. 32.
Thorel, M me (c. 1829), p. 105, 106.
Thurwanger (c. 1880), lithog., p. 87.
Tirpenne, Jean-Louis (1801-?), p. 68, 101.
Source : MNHN, Paris
FRANÇAIS DANS LE LIVRE D'OISEAUX
121
Travies, Edouard (1809- 7), peintre, expose encore en 1866, p. 32, 46,
49, 53, 54, 58, 92, 96, 101, 103, 105, 106.
Vaillant, A.-J.-B. (c. 1817-1852), peintre, p. 52, 53, 92.
Vaillant, M m0 V vo (c. 1859), coloriste, p. 53.
Vallée, Alexandre (1558-mort après 1618), graveur, p. 12.
Valperga, Luigi (1755-mort après 1819), graveur, p. 32.
Vangelisti ou Vangelistv, Vincenzo (c. 1738 ou 1740-1798), graveur, p. 29.
Van Spaendonck (voir Spaendonck).
Vauthier, Ant.-Charles (1790-mort après 1831), peintre, p. 32, 43, 46, 105.
Victor (c. 1820-1850), graveur, p. 52, 54.
Vidal, Géraud (1742-1804), graveur, p. 29.
Visscher, Claes J. (1586-1652), p. 19, 102.
Visto (c. 1840-1850), graveur, p. 40, 52, 92.
Vivien, Narcisse (c. 1880), peintre, p. 86.
Voysard, Etienne-Claude (1746-1812), graveur, p. 46, 105.
Wahast (c. 1831), peintre, p. 92.
Weiditz, Hans (c. 1530), dessin., p. 14.
Wendt, C. (c. 1860), graveur allemand, p. 78.
Werner, Jean-Charles (1798-1856), p. 49, 52, 53, 61, 64, 65, 67, 89, 91, 92,
95, 96, 105.
Werner, M mo (c. 1837), p. 65.
Weyen, Hermann (7-1672), graveur, p. 18.
Whitehead ou Whithead (c. 1850), graveur anglais, p. 75.
Willy, F. (c. 1855-60), peintre, p. 61.
Wolf, Joseph (1820-1899), peintre, graveur, p. 53, 75, 92.
Wood, F. W. (c. 1880), dessin., p. 78.
Wright, Wilhelm von (1810-1887), peintre, p. 54.
Wytsman, Philogene-Auguste-Galilée (1866-1925), p. 97.
Yan Dargent (voir Dargent, Yan-Jean-Edouard).
Yves (c. 1879), graveur, p. 87.
Zwecker, Joh.-Bapt. (1814-1876), dessin., p. 78.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ANNEXE V
INDEX DES NOMS CITÉS D’AUTEURS ET D'ÉDITEURS
d'ouvrages ornithologiques français illustrés (1)
Acloque, A. (c. 1900), p. 78, 97.
Adams, Henrv-Gardener (1811-1881), p. 44, 99.
Adams, W.-H.-Davenport (1828-1891), p. 90, 96.
Adhémar, Jean, p. 59.
Albertus Magnus (1193 ou 1205-1280), p. 14.
Aldovrande, Ulysse (1522-1605), p. 14, 15, 20, 102.
' Allais, p. 51.
Andrieux, Alfred (1878-1944).
Aneau, Barthélemy (c. 1550), p. 10, 96.
‘ Appleton, p. 63.
Arcussia, Charles d’ (1547/50-1628), p. 14, 18, 97.
Arenberg, Prince Ernest d’, p. 101, 102.
‘ Arnoullet, B., p. 10.
Artelouche d’Alagona (c. 1567), p. 14.
Arthur, Stanley Clinsby (biographe américain cité), p. 81.
• Asselin, p. 78.
Audebert, Jean-Baptiste (1759-1800), p. 5, 33, 34, 35, 36, 39, 42, 43, 50, 56,
70, 101.
Audoin, Jean-Victor (1797-1841), p. 50, 97.
’ Audran, Gérard (1640-1703), p. 19.
Azara, Félix de (1746-1811), p. 53, 104.
• Baillière, p. 46, 55, 78, 87.
Baili.y, Jean-Baptiste (1822-1880), p. 67, 102.
Bajon (c. 1777), p. 26, 100.
' BX'mler, Johan (c. 1475), p. 7.
' Barlatier-Feissart (c. 1860), p. 67.
Barrière, p. 85.
Barthélemy de Glanville (Voir Glanvili.e).
Barthélemy-Lapommeraye, Christophe (1796-1869), p. 66, 67, 103.
Bartholomaeus, Anglicus (c. 1250), p. 8, 102.
‘ Bauche, p. 23.
■ Beaudoin, p. 105.
Beauregard, D r H., p. 86, 100.
Bechstein. Johann-Matthâus (1757-1822), p. 36, 76, 97, 99.
Becquet frères (c. 1847), p. 54, 60, 61, 65, 88, 91.
(1) A l’exception de ceux qui vivaient encore en 1950. Les noms d’éditeurs
sont précédés d’un astérisque.
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30-31, 34, 35, 42, 43, 55, 61, 66, 70, 73, 89, 96, 98, 101, 103, 105, 106.
Bureau, Louis-Marcelleri (1847-1936), p. 24.
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Rochebrune, Alphonse Trémeau de (1834- ?), p. 71, 93, 97.
* Roret, p. 43.
* Rothschild, J. (c. 1878), p. 77, 86, 87, 89, 97.
Rothschild, Lionel-Walter (1868-1937), p. 72.
Rourke, Miss Constance (Biographie anglaise citée), p. 81.
* Rousselon, p. 64.
* Rousset (c. 1806), p. 34, 38.
Roux, Jean-Louis-Florent-Polydore (1792-1833), p. 66, 67, 102.
* Ruault, p. 30.
■ Ruelle, J., p. 10.
Saint-Loup, Rémy (c. 1896), p. 78, 101.
Salerne, François (7-1760), p. 25, 27, 98.
Salmon, Julien, p. 87.
Samat, J.-B., p. 97.
Savigny, Marie-Jules-César Lelorgne de (1777-1851), p. 50, 51, 98, 101, 103.
* Scheitlin, p. 64.
Schlegel, Hermann (1804-1884), p. 70, 75 87, 103.
* Schoell, p. 50.
* Schôffer, Peter (c. 1485), p. 8.
Sclater, Philip-Lutley (1829-1913), p. 60, 62, 92, 100, 103.
Seba, Albert (1665-1736), p. 22, 99, 102.
Seebohm, Henry (1832-1895), p. 60.
Selby, Prideaux-John (1788-1867), p. 44, 53, 100.
* Sepp, p. 40.
Sharpe, Richard-Bowdler (1847-1909), p. 60.
Shaw, George (1751-1813), p. 35, 100.
Shelley, George-Ernest (1840-1910), p. 60.
* Sicard, p. 86.
* Sinnett, F. (c. 1851), p. 65.
Smith, Andrew (1797-1872), p. 75, 105.
Sonnerat, Pierre (1749-1814), peintre, p. 103, 104 ...
* Sonnini de Manoncourt, Charles-Nicolas-Sigisbert (1/51-181-), p. 3-, 4-,
53, 98, 105.
Souancé, Charles de (1823-1896), p. 65, 99.
Sparrmann, Andréas (Anders) (1748-1820), p. 30.__
Spix, Johann-Baptist von (1781-1826), p. 65, 70, 75.
Swainson, William (1789-1855), p. 43, 75, 104.
Tallandier, p. 77.
Tardif, Guillaume (1440-1495 ?), p. 14, 97.
Tastu, J., p. 52. , ,, __ ».
Temminck, Coenraad-Jacob (1778-1858), p. 27, 40, 42, 44, 55, 56, 61, 64,
65, 66, 70, 75, 89, 98, 101, 102.
Source : MNHN, Paris
l’art français dans
LIVRE D’OISEAUX
131
Ternier, Louis, p. 79, 96, 103.
Theuriet, André (1833-1907), p. 77, 90, 100.
Thevet, F.-André (1504-1592), p. 11, 96, 103.
Tholosan, Jena de (c. 1598). p. 14.
Thomson, James (c. 1859), p. 60, 95.
Toussenel, Alphonse (1803-1885), p. 76, 97.
Townsend, John-Kvik (1809-1851), p. 69, 102.
Trouessard, Edouard-Louis (1842-1927), p. 87, 101.
Tschudi, Johann-Jacob von (1818-1889), p. 64, 97.
Tyler, Miss (Biographie anglaise citée), p. 81.
Vaillant, Auguste-Nicolas (1793-1858), p. 52, 103.
Vaillant, François Le (voir Levaillant).
Van Merlen (voir Merlen, van).
Vaux, baron Ch. M. de (c. 1898), p. 87, 98.
Vérard, Antoine, p. 8, 9.
Verdière, p. 61, 105.
Vermot, p. 75.
Verreaux, Jean-Baptiste-Edouard (1810-1869), p. 70, 76, 97, 98, 99, 100.
Verreaux, Jules-P. (1807-1873), p. 63, 70, 76, 97, 98, 99, 100.
Verronais, Jules, p. 63.
Vieillot, Louis-Jean-Pierre (1748-1831), p. 27, 30, 33, 34, 35, 39, 42, 43, 56,
61, 70, 89, 97, 98, 101, 102.
Villot, F. (c. 1873), p. 69.
Vincelot, abbé M., p. 76, 100.
Vivant, Denon (voir Denon, Vivant).
Voorst, J.-V., p. 62.
Vresse, Arnaud de, p. 69.
Walcott, John (1788-1831), p. 24, 103.
Walter, Johann-Ernst-Christian (1799-1860), p. 56, 102.
Watkins, Morgan-George (1835-1906), p. 90, 102.
Webb, Philip-Barker (1793-1854), p. 54, 98, 102.
Wilson, Alexander (1766-1813), p. 27, 70.
Witt, Jean de, p. 102.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHM, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Préface . 1
Avant-Propos . 5
Chapitre I. — Les premières figures d’oiseaux — La figure sur
bois — Belon — La Fauconnerie . 7
Chapitre IL — Figures gravées sur métal.
(Du xvir au début du xix” siècle.- 17
Chapitre III. — Buffon et les planches enluminées — Les Martinets.
(Fin du xvm” siècle.) . 23
Chapitre IV. — « L’impression » en couleurs.
(Première moitié du xix” siècle.) . 33
Chapitre V. — L’iconographie et les grands voyages.
(Première partie du xix” siècle.) . 49
Chapitre VI. — La gravure sur métal coloriée.
(xix” siècle.) . 55
Chapitre VIL — La lithographie — Les faunes locales.
(xix' siècle.) . 59
Chapitre VIII. — La gravure sur bois au xix” siècle . 73
Chapitre IX. — J.-J. Audubon, artiste et naturaliste français.
(1785-1851) . 81
Chapitre X. — La chromolithographie, chromotypographie, pho¬
tochromie.
(Fin du xix” et début du xx' siècle.). 85
Chapitre XI. — L’iconographie dans les périodiques.
(xix” siècle.) . 91
Annexe I. — Index des titres d’ouvrages et périodiques (consti¬
tuant la liste des travaux ornithologiques illustrés
auxquels ont collaboré des artistes français de
1475 à 1950) . 95
Annexe IL — Liste des éditions françaises des oeuvres de Buifon. 105
Annexe III. — Sommaire sur les techniques de reproduction dont
il est fait mention dans le texte. 107
Annexe IV. — Index des noms cités d’artistes (peintres, dessina¬
teurs et graveurs) français ayant collaboré à des
ouvrages d’ornithologie, et d’artistes étrangers
ayant collaboré à des ouvrages français. 111
Annexe V. — Index des noms cités d’auteurs et d’éditeurs d’ou¬
vrages ornithologiques français illustrés . 123
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Pierre André, imp., Paris. — Dépôt légal, 4» trimestre 4957.
Source : MNHN, Paris
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