MEMOIRES
DU
MUSEUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A. Zoologie
TOME XVI.
FASCICULE 2.
Frederick M. BAYER.
, Les Octocoralliaires plexaurides
des côtes occidentales d’Amérique
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V*)
1958
Source : Mt JHI J, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XVI, fascicule 2. — Pages 41 à 56.
Les Octocoralliaires plexaurides
des côtes occidentales d’Amérique
par Frederick M. Bayer.
Depuis quelques années, grâce à l’emploi du scaphandre auto¬
nome, les recherches de biologie marine ont permis la découverte
d’animaux marins qui n’auraient pu être récoltés sans l’utilisation
de cette nouvelle technique.
M. Conrad Limbaugh, de la « Scripps Institution of Oceanogra-
phy » a pu ainsi récolter de nombreuses Gorgonides, fort intéressan¬
tes dans les vallées sous-marines rocheuses, profondes, des environs
de La Jolla, en Californie (Etats-Unis). Parmi ces Gorgonides, il y a
une espèce qui semble n’avoir jamais été décrite ; une autre est très
peu connue.
Valenciennes est le premier auteur ayant décrit des Gorgonides
des côtes occidentales d’Amérique. Dans « Voyage autour du monde
sur la frégate «La Vénus» (1846), il a nommé et figuré plusieurs
espèces de la côte pacifique d’Amérique. Plus tard (1855) il nomma
quelques autres espèces des mêmes régions. Les espèces auxquelles
Valenciennes! donna des noms, sans les décrire (nomina nuda), furent
validées par Milne-Edwards et Haime dans l’« Histoire naturelle des
Coralliaires » (1857).
A. E. Verrill, le premier, tenta une description de tous les
Antliozoaires des côtes d’Amérique (1868). Il ajouta de nombreuses
espèces nouvelles à la faune déjà connue, mais ses descriptions et
ses illustrations sont souvent imparfaites.
Les Gorgonides récoltées par l’« Albatros» le long de la côte de
Californie ont été décrites par G. C. Nutting en 1909. Pour la première
fois, cet auteur mentionne des espèces vivant en eaux profondes, au
large de la Californie. Mais il les décrit également d’une manière peu
satisfaisante.
Kükenthal (1913) a tenté de corriger le travail défectueux de
Nutting. Il a étudié vingt espèces de Gorgonides. Parmi celles-ci, deux
seulement n’étaient pas dans le travail de Nutting.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVI. i
Source : MNHN, Paris
42
FREDERICK M. BAYER.
Une révision de tous les travaux publiés sur les Octocoralliaires
de Californie, a été entreprise par mon estimée Collègue Miss Elisa¬
beth Deichmann du « Muséum of Comparative Zoology ». Elle publiera
prochainement les résultats de cette étude.
Parmi les échantillons récoltés par M. Limbaugh, près de La Jolla
en Californie, il s’en trouve deux, très particuliers, que nous n’avons
pu identifier à aucune des espèces préalablement décrites par Küken-
thai., Nutting ou Verrill. Mais parmi les espèces nommées par
Valenciennes, il y en a deux : Gorgonia fucosa et Plexaura auran-
tiaca, qui nous semblaient leur être apparentées, peut-être même iden¬
tiques. J’ai demandé à M. Gilbert Ranson, du Laboratoire de Malaco¬
logie du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, de bien vou¬
loir m’adresser un petit fragment de chacune de ces deux espèces de
Valenciennes, afin de pouvoir préparer et examiner leurs spiculés.
11 m’est ainsi possible de faire une description précise et complète
de ces deux espèces et de déterminer correctement les deux espèces
inconnues de Californie, récoltées par M. Limbaugh.
La première de ces deux espèces inconnues de Californie, est
caractérisée par des massues foliacées et quelques spiculés très parti¬
culiers et asymétriques qui ressemblent aux « disk-spindles » (fuseaux
à disques) ou « double wheels » (double roues) du genre Eugorgia.
Par suite de la présence de ces massues foliacées, et également parce
que Plexaura aurantiaca a été considérée par Verrill comme une
espèce du genre Echinogorgia, dont toutes les espèces ont des massues
foliacées, j’avais pensé que cette Gorgonide de Californie, pourrait
être une espèce d’Echinogorgia, peut être même aurantiaca. De plus,
par son aspect extérieur, elle ressemble beaucoup à Gorgonia fucosa
l'espèce que Verrill a placée dans le genre Psammogorgia) dont
Valenciennes a donné un dessin en 1846.
Mais ayant pu étudier les spiculés de Plexaura aurantiaca, d’Echi¬
nogorgia reticulata (Espeh) (1) (« type » du genre Echinogorgia ) et
de Psammogorgia fucosa. il m’apparait clairement que les exemplaires
de l’espèce en question appartiennent à une nouvelle espèce n’ayant
aucun rapport avec celle des genres connus jusqu’à ce jour.
La seconde des espèces inconnues de Californie, a de nombreux
spiculés, grossiers et caillouteux avec des tubercules feuillus sur la
surface extérieure ; plusieurs des plus petits spiculés ont des saillies
foliacées très visibles sur la surface extérieure. Ces spiculés sont pré¬
cisément ceux que l’on trouve dans quelques espèces du genre Thesea
des Indes orientales.
Remerciements.
Je tiens à remercier tous ceux sans l’aide desquels ce travail n’au¬
rait pu être écrit, c’est-à-dire le D r Elisabeth Deichmann du « Muséum
(1) Je dois l’observation de ce « type » à l’obligeance du I)' H. .1. Stammeii,
de l’Institut de Zoologie d’Erlangen.
Source : MNHN, Paris
OCTOCORALLIAIRES PLEXAURIDES D’AMÉRIQUE.
43
of Comparative Zoology», le D r Gilbert Ranson du Muséum National
d’Histoire Naturelle de Paris, le D r H. J. Stammer du « Zoologisches
Institut » à Erlangen et M. Conrad Limbaugh de la « Scripps Institu¬
tion of Oceanography » à La Jolla, Californie. Je suis particulière¬
ment redevable à Mrs Patricia Isham qui a accordé beaucoup de temps
à la préparation du texte français de ce travail.
Famille PLEXAURIDAE Gray.
Gorgonides à écorce modérément épaisse ou très épaisse. Canaux
primaires arrangés en cercle autour du cylindre axial. Axe avec une
large médulle chambrée et un cortex loculé. Spiculés ordinairement
gros en forme de massues épineuses ou verruqueuses ou feuillues ;
et fuseaux pour la plupart avec des tubercules arrangés irrégulière¬
ment, mais parfois en rangées transversales régulières. Quand ils sont
présents, les spiculés sculptés en rangées transversales (qui d’ordinaire
sont des bobines) peuvent être limités à la couche interne du cortex
(«axial sheath »), mais dans certains genres peuvent apparaître aussi
dans les couches externes. Polypes non armés, ou avec un opercule
variant de faible à fort.
Remarque. — Mon concept de la famille Plexauridae est plutôt plus
étendu que celui de la plupart des auteurs qui m’ont précédé. J’ai déjà
fait ressortir le fait que Muricea y est inclus (1956), et je crois que
Echinogorgia doit l’être aussi, par suite de sa réunion avec Plexau-
roides et Paraplexaura lesquels apparemment ne diffèrent pas.
Genre PSAMMOGORGIA Verrill.
Ce genre fut fondé par Verrill pour Echinogorgia arbuscula. Les
spiculés caractéristiques sont des massues avec des saillies épineuses
sur la partie renflée. Les fuseaux ont des sculptures proéminentes qui
ont une tendance marquée à s’orienter en rangées transversales. Les
polypes ont une forte armure de fuseaux robustes et épineux.
Nutting dans son rapport de 1909, a proposé trois nouvelles
espèces de Psammogorgia. c’est-à-dire Ps. simplex. Ps. Torregi et Ps.
Spauldingi. De ces trois, la première et la deuxième appartiennent au
genre Swiftia (—Sfenogorgia. jim. syn.). La troisième, Psammogorgia
Spauldingi. de même que « Euplexaura » marki Kükenthal et Psam¬
mogorgia teres Hickson (non Verrill), appartient à un autre genre
de Plexauridae mais certainement pas à Euplexaura Verrill.
Psammogorgia Digueti fondée par Stiasny en 1951 (Mém. du
Muséum de Paris N. S., Zool. III (1 > : p. 60, pl. XVII, fig. A. ; pl. XVIII,
figs 1-2), par la forme de ses colonies et celle de ses spiculés, semble
être une vraie Psammogorgia, bien que la taille donnée pour ses spi¬
culés, soit exceptionnellement petite. Cependant, ceci n’a rien à voir
avec les espèces mentionnées dans ce rapport.
Source : MNHN, Paris
•Il
FREDERICK M. BAYER.
Psammogorqia arbuscula (Verrill)
Fig. 1.
Synonymie. — 1866. Echinogorgin arbuscula A. E. Verrill. Proc.
Boston Soc. 10 : p. 329 (Panama).
1868. Psammogorqia arbuscula A. E. Verrill. Amer. Journ. Sri.,
45 : p. 414.
1868. Psammogorgia arbuscula A. E. Verrill. Trans. Conn. Acad.
Sri., 1 : p. 414, pl. 5, fig. 17 ; pl. 6, fig. 9. (Panama ; Golfo de Nicoya,
Costa Rica).
1909. non Psammogorgia arbuscula (C. C. Nutting. Proc. U.S. Nat.
Mus., 35 : p. 719 (=« Euplexaura » Marki Kükenthal).
Les colonies sont tant soit peu en forme d’éventail et sont rami¬
fiées d’une façon dichotomique irrégulière. Les branches terminales
ont de 2,5 cm à 10 cm de long et environ 3,8 mm de diamètre. Les
calices sont gros et proéminents et distribués sur toute la surface.
Les spiculés sont des massues grossières, épineuses sur la partie
renflée, mesurant de 0,13 mm à 0,17 mm dans la longueur (Fig. 1, a et
d) ; les fuseaux, robustes et pointus à tubercules proéminents disposés
en rangées transversales irrégulières, mesurent de 0,15 mm à 0,22 mm
dans la longueur ; et les bobines, trapues avec deux rangées de ver¬
rues étoilées et groupes terminaux de verrues aux extrémités, mesu¬
rent environ 0,1 mm (Fig. 1, b et e). L’armature anthocodiale est forte
et consiste en fuseaux pointus plus ou moins courbés, sculptés
d’épines simples. Les spiculés anthocodiaux mesurent de 0,24 mm à
0,27 mm. (Fig. 1, c et f). Tous les spiculés sont d’un rouge pâle trans¬
parent.
Spécimens examinés. - (a) Panama ; F. H. Bradley. Holotype,
Mus. Coinp. Zool. Harvard No. 4022.
(b) Isla San Lucas, Costa Rica : M. Vaiærio. Un spécimen sec,
U.S. Nat. Mus. No. 49388.
Remarque. — Verrill a décrit (1868) deux variétés, Ps. arbus-
cula Dowii avec des branches plus minces que Ps. arbuscula typique
et des calices à peine saillants ; et Ps. arbuscula pallida laquelle,
aussi, est mince et a des calices peu développés, comme Ps. arbuscula
Dowii, mais d’un blanc-gris terni ou de couleur jaunâtre ; à l’état
vivant : « white or lighl drab ; polyps bright yellow».
Psammogorgia teres Verrill.
Synonymie. — 1868. Psammogorgia teres A. E. Verrill. Trans.
Conn. Acad. Sci. 1 : p. 416, pl. 5, fig. 18 ; pl. 7, fig. 1. (« Pearl Islands,
in 6-8 fathoms, rare >).
1915. non Psammogorgia teres Hicksox. Proc. Zool. Soc. London
1915 : p. 554, pl. 1, fig. 1 ; textfig. 5 (=« Euplexaura » marki Küken-
thal).
Source : MNHN, Paris
OCTOCORALLIAIRES PLEXAURIDES D’AMÉRIOUE.
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Verrill a décrit cette espèce comme étant plus grande et plus
robuste que Ps. arbuscula Dowii, avec surface plus lisse et calices
ordinairement pas du tout saillants, et de couleur rouge plus vif.
Branches épaisses, cylindriques, courbées, de 4,6 mm à 5,6 mm (« 0.18-
0.22 inch » ) de diamètre ; branches terminales de 3,0 mm à 3,8 mm
(«0.12-0.15 inch»). Les massues mesurent de 0,12 mm à 0,132 mm
en longueur ; les fuseaux mesurent de 0,12 mm à 0,192 mm de long ;
les spiculés anthocodiaux de 0,198 mm à 0,264 mm.
Psammogorgia fucosa (Valenciennes)
Fig. 2.
Synonymie. — 1846. Gorqonin fucosa Valenciennes. Voy. Vénus,
Atlas Zool., Zoophytes, pl. 15 bis. (Mazatlan).
1868. Psammogorgia fucosa Verrill. Trans. Conn. Acad. Sci. 1 :
p. 417.
Grâce à l’obligeance de M. G. Ranson, il m’a été possible d’étudier
les spiculés du spécimen type de cette espèce, lequel est conservé au
Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Les belles illustrations
en couleur publiées dans l’Atlas de Zoologie du Voyage de la Vénus
ne laissent rien à désirer et rendraient une description de l'apparence
de la colonie plus qu’inutile.
Verrill a correctement assigné cette espèce au genre Psammo¬
gorgia probablement basant son opinion sur l’examen d’une prépa¬
ration des spiculés obtenue de Kôlliker. Il dit que c’est « a large
species allied to P. teres ». Il n’a pas figuré ses spiculés ; il ne semble
pas qu’ils l’aient été depuis.
Les spiculés que j’ai figurés dans la figure n" 2, sont semblables à
ceux de Psammogorgia arbuscula, mais plus grossièrement sculptés
et les sculptures moins aiguës. Les massues sont à peu près de même
taille que celles de Ps. arbuscula, mesurant de 0,14 mm à 0,17 mm en
longueur. Les fuseaux mesurent de 0,15 mm à 0,22 mm de long et
peuvent être plutôt obtus (Fig. 2, b). Les spiculés anthocodiaux ont
de 0,17 mm à 0,21 mm de long, et par conséquent sont plus petits que
ceux de Ps. arbuscula et Ps. teres , et en outre n’ont que de toutes
petites protubérances très peu élevées, obscures (fig. 2, c).
Localité. — Mazatlan ; Voyage de la Vénus, nu Petit-Thouars.
Remarques. — La grande taille de la colonie, les sculptures petites
et faibles des spiculés anthocodiaux, et l’ornementation obtuse des
massues et des fuseaux du cortex, montrent assez clairement que
Psammogorgia fucosa est une espèce très distincte de celles décrites
par Verrill et les auteurs subséquents. Cependant il est possible que
l’on soit conduit à en faire un synonyme de Ps. teres quand un plus
grand nombre de spécimens seront disponibles.
Source : MNHN, Paris
16
FREDERICK M. BAYER.
ADELOGORGIA Gen. Nov.
Quelques spécimens de Gorgonides des environs de La Jolla, Cali¬
fornie, récoltés par M. C. Ljmh.ugh, ressemblent étroitement à la gra¬
vure de Gorgonin fucosa. Ils sonl évidemment apparentés au genre
Psammogorgia, mais leurs spiculés sont d’une forme si singulière que
je me crois obligé de les décrire comme représentant un genre entiè¬
rement nouveau de Plexnuridnc, diagnostiqué comme suit :
Plexaurides avec cortex modérément épais : polypes communi¬
quant directement avec un système de canaux longitudinaux. Cortex
extérieur contenant des bobines, des fuseaux avec tubercules en ran¬
gées transversales, des massues foliacées, et des doubles-roues feuille¬
tées sur un côté ; cortex intérieur contenant des fuseaux seulement.
Anthocodies avec armature pas trop forte.
L’espèce « type » est la suivante.
Adelogorgia phylloscleia sp. nov.
Fig. 3-4.
Description. — Jeunes colonies strictement ramifiées dans un
plan (20 cm. ou moins de hauteur), mais avec des branches parfois
grandissant irrégulièrement quand la colonie vieillit. Ramification de
façon dichotomique, irrégulière et latérale, non pinnée. Branches
de 2 mm à 4,5 mm de diamètre, ascendantes et plutôt sinueuses, et
branches terminales courtes (de 3 à 4 cm), et légèrement gonflées ;
tronc atteignant un diamètre d’environ 6 mm. Axe, dans les parties
les plus vieilles de la colonie, noir, lisse, sans striation marquante ;
dans les parties les plus jeunes, marron. Couche extérieure de l’axe
abondamment loculéc, le rendant faible et flexible dans la partie ter¬
minale, cassante vers la base. Polypes avec un faible opercule, com¬
portant 2 à 4 fuseaux courbés dans chaque secteur, arrangés en
chevrons ; puisqu’il n’y a pas de spiculés disposés transversalement,
il n’v a pas de collerette. Polypes se rétractant du niveau de la sur¬
face ou formant des calices allant de moyennement élevé à bas,
situés de 2 mm à 2,5 mm l’un de l’autre, distribués sur toute la sur¬
face. Calices à bords sans dentures. Cortex spiculeux en deux couches
quant à la forme des spiculés.
Spiculés. — Polypes avec bâtonnets droits ou courbés, sculptés
de simples verrues coniques (Fig. 3, a), disposés en chevrons au
nombre de deux à quatre dans chaque base de tentacule. Couche exté¬
rieure du cortex avec bobines (Fig. 3, b) et fuseaux (Fig. 3, c) dont
plusieurs présentent des feuilles sur une extrémité, leur donnant l’as¬
pect de massues foliacées (Fig. 3, d ; 4, b). Nombreuses bobines avec
les sculptures d’un côté, modifiées en saillies foliacées et devenant
quelquefois des spiculés analogues aux fuseaux à disques de Eugor-
gia (Fig. 3, e) ; dans des cas extrêmes, des sclérites fort caractéris-
Source : MNHN, Paris
OCTOCORALUAIRES PLEXAUR1DES D’AMÉRIQUE.
47
tiques sont formés (Fig. 3, f ; 4, a). Couche intérieure (« axial sheath »)
avec fuseaux symétriques (Fig. 3, g) seulement : pas de bobines, mas¬
sues ou sclérites foliacés.
Les massues mesurent de 0,1 mm à 0,2 mm en longueur ; les fu¬
seaux mesurent environ 0,2 mm de long ; les bobines asymétriques
foliacées de 0,1 mm à 0,15 mm.
Couleur. — Rouge à sec, de rouille-rougeâtre à inarron-rouille ;
spiculés de la couche extérieure rouges, de la couche intérieure pres¬
que incolores. Le récolteur, M. Limbaugh, nous a dit que les polypes
sont jaunes quand ils sont vivants.
Variation. Parmi les dix spécimens de Adelogorgia phgllos-
clera examinés, il y a de très grandes variations dans l’épaisseur des
branches, dans le développement des calices, et dans la proportion
entre les spiculés particuliers à sculpture foliacée et les spiculés ordi¬
naires.
Les branches terminales s’échelonnent, en diamètre, de 2 mm à
4,5 mm. Les plus petites ont des calices distincts, bas, de forme co¬
nique, mais les plus épais, d’ordinaire manquent de calices saillants,
les polypes se repliant dans de simples ouvertures telles des pores.
Un des spécimens, numéroté U.S.N.M. n° 50187, est de ce dernier
type, mais quelques-unes de ses branches sont élancées et ont des
calices prononcés. Il est ainsi clair que pareille variation n’a aucune
signification taxonomique. Les autres spécimens sont plus minces,
présentant moins de variation dans le diamètre des branches.
La proportion entre les spiculés foliacés et les spiculés ordinaires
dans la couche extérieure du cortex varie tant soit peu. Ils sont d’ordi¬
naires abondants, parfois rares, mais toujours présents.
Commensaux. — Un des spécimens, n“ 50186, supporte de nom¬
breuses actinies épizoïques. Des bernacles sont présentes sur tous les
spécimens examinés, formant des kystes proéminents sur les bran¬
ches.
Il n’y a pas de Zooxanthelles dans les tissus de cette espèce. La
raison n’est apparemment pas le manque d’illumination, puisque ces
Algues sont présentes dans les spécimens de Eugorgia récoltés à la
même profondeur.
Spécimens examinés. — (a) La Jolla, Californie, juste au Sud de
Scripps Institution : La Jolla Canyon, mur du sud ; 30 à 33 m ; sta¬
tion LD23-54, 19 mars 1954, C. Limbaugh. Un spécimen sec. Branches
conservées dans le liquide de Bouin. Holotype, U.S.N.M. n’ 50186.
(b) La Jolla Canyon ; 50 à 57 m ; 8 octobre 1955, C. Limbaugh. Six
spécimens secs. Paratypes, U.S.N.M. n" 50188.
(c) 400 mètres au delà de Point La Jolla, au bord du lit de varech ;
20 à 23 m ; 14 décembre 1953, C. Limbaugh. Deux spécimens secs.
Paratypes, U.S.N.M. n° 50187.
(d) La Jolla Canyon ; 40 à 43 m ; 19 janvier 1956, R. Ghilardi
et J. Stewart. Un spécimen sec. Paratype, U.S.N.M. n° 50635.
Source : MNHN, Paris
48
FREDERICK M. BAYER.
Remarques. — Dans son rapport sur les Coraux et Polypes de
l’Amérique de l’Ouest, A. E. Verrill (1868) a placé Plexaura auran-
tiaca Valenciennes dans le genre Echinogorgia Kôlliker. Pour être
certain que Adelogorgia phyllosclera diffère bien de Plexaura auran-
tiaca, j’ai étudié les spiculés du spécimen « type » de Valenciennes.
Cet examen me permet de déclarer avec certitude que les deux espèces
sont distinctes. Je décris ci-dessous les spiculés de Echinogorgia au-
rantiaca (Val.) afin d’appuyer cette conclusion.
Genre ECHINOGORGIA Kôlliker.
Synonymie. — 1865. Echinogorgia Kôlliker, Icon. histiol. 2(1) :
p. 136. [L’espèce type est Echinogorgia pseudosasappo Kôlliker
= Gorgonia Sasappo variet. reticulata Esper, par désignation subsé¬
quente : Nutting 1910, Siboga- Exped. Monogr. 13b : p. 62].
1924. Echinogorgia Kükenthal. Tierreich, 47 : p. 198.
D’après Kükenthal, les spiculés typiques du cortex sont des mas¬
sues feuillues, parfois aussi il existe quelques larges fuseaux ou pla¬
ques. Un opercule de fuseaux est toujours présent. « Die Achse weist
den typischen Bau der Plexauridenachse auf ».
En se basant sur les caractères mentionnés ci-dessus, il est im¬
possible de séparer Echinogorgia de Plexauroides Wright et Studer
lequel est du genre plexauride avec des massues feuillues, parfois mé¬
langées avec des fuseaux ou des plaques. L’espèce type de Plexau¬
roides (PI. praelonga (Ridley)) et plus de la moitié des autres espèces
du genre, ont des armatures anthocodialcs distinctes.
De même, les caractères diagnostiques du genre Paraplexaura
Kükenthal, sont très voisins de ceux de Echinogorgia et Plexauroides.
qui diffèrent surtout par la tendance des massues foliacées à devenir
très grossières et « pataudes » — une tendance que l’on observe aussi
(mais à un moindre degré) chez l'espèce type de Echinogorgia et chez
quelques espèces couramment attribuées à Plexauroides. En consé¬
quence, il est difficile de distinguer les genres Echinogorgia Külliker
1865, Plexauroides Wright et Studer 1889, et Paraplexaura Küken¬
thal 1909 qui, selon mon opinion constituent un seul et même genre.
Echinogorgia aurantiaca (Valenciennes)
Fig. 5 et 9, a.
Synonymie. — 1855. Plexaura aurantiaca Valenciennes. C. R.
Acad. Sci. Paris 41: p. 12. (Callao.).
1857. Leptogorgia aurantiaca Milne-Edwards et Haime. Hisl. Nal.
Corail., 1 : p. 165. '
1868-70. Echinogorgia aurantiaca Verrill. Trans. Conn. Acad.
Sci., 1 : pp. 413, 450, 557.
1951. Echinogorgia aurantiaca Stiasny. Mém. Mus. Nation. d’Hist.
Nat. (n. s*) Sér. À, Tom. III(l) : p. 47, pl. 14.
Source : MNHN, Paris
OCTOCORALLIAIRES PLEXAL'RIDES D’AMÉRIQUE.
49
Voir la description de la colonie dans Stiasny (1951). Les
mesures des spiculés données par Stiasny sont beaucoup trop pe¬
tites. (< Toutes les mesures, données ci-dessus, des spiculés, sont
beaucoup plus petites que celles indiquées par Kükenthal dans sa
diagnose de l’espèce ». P. 48). J'ai trouvé que les mesures de Küken-
thai. sont plus proches de la réalité ; les massues foliacées, que j’ai
figurées ici mesurant de 0,15 mm à 0,20 mm ; les étoiles à 4 rayons de
0,22 mm à 0,3 mm ; les fuseaux de l’anthocodie 0,13 mm. Les massues
feuillues sont présentes en grand nombre ; celles de petite taille ou de
taille modérée onl un capitule presque lisse, comme une écaille ; les
plus larges ont quelques arrêtes radiales, qui à la fin de leur dévelop¬
pement, peuvent être couvertes de tubercules. J’ai trouvé que les spi¬
culés sont très rares dans les anthocodies ; ceux qui se présentent
sont de petits bâtonnets plats. La couche intérieure du cortex contient
des bobines à six rayons (trois à chaque bout).
Cette espèce, avec ses branches longues et minces et scs massues
feuillues, à capitules arrondis, appartient au groupe d’espèces de
Plexauroides. Je pense que, puisque Echinogorgia aurantiaca n’a ja¬
mais été, à nouveau, récoltée sur la côte du Pacifique d’Amérique, le
spécimen original n’a pas été correctement étiqueté (ainsi que ce fut
le cas pour Gorgonia stenobrochis et autres) et qu’il est originaire
d’un endroit plus occidental de l’Océan Pacifique, où des espèces pa¬
rentes sont trouvées fréquemment.
Echinogorgia reticulata (Esper)
Fig. 6.
Synonymie. — 1791. Gorgonia Sasappo variet. reticulata Esper.
Pfianzenthiere, 2: p. 48, pl. IXA. (« Aus den ostindischen Meeren »).
1865. Echinogorgia p.ieudosasappo Kôli.iker. Icon histiol. 2(1) :
p. 136, pl. 18, fig.'lO.'
Nutting (1910) a désigné cette espèce pour le «génotype» de
Echinogorgia. Kôllikkr a dessiné deux spiculés du spécimen « type »
d’Esper ; mais autant que je sache, ces deux illustrations sont les
seules faisant autorité. Grâce à l’obligeance du D r H. J. Stammer du
« Erlangen Muséum », il m’est possible de présenter, ci-dessous, quel¬
ques dessins complémentaires de spiculés du spécimen original de
Esper, de façon à préciser plus complètement les caractéristiques de
ce « génotype » important.
Dans Echinogorgia reticulata nous trouvons tous les caractères
que Kükenthai. a attribués à son genre Paraplexaura : massues folia¬
cées transformées, au point de développement avancé, en dépôt
comme des plaques grossières (voir mon dessin de Paraplexaura dans
« Treatise on Invertebrate Paleontology F : », p. 213, fig. 153 (1)) ;
colonies en forme d’éventail et étendues en un plan ; de plus, proba¬
blement, elle a son origine dans des eaux peu profondes, car les mé¬
thodes de prospection des eaux profondes n’étaient pas développées
au temps de Esper.
Source : MNHN, Paris
FREDERICK M. BAYER.
50
Genre THESEA Duchassaing et Michelotti.
Synonymie. — 1860. Thesea Duchassaing et Michelotti. Mém.
Corail. Antill. : p. 18. [L’espèce type fut identifiée par erreur comme
Gorgonia exerta Soi.ander et Elus, par Duchassaing et Michelotti,
mais il n’v a aucune évidence de cette erreur dans leur premier mé¬
moire. En conséquence, le nom générique Thesea s’applique légale¬
ment à Gorgonia exserta plutôt qu’à Thesea giiacialupensis Duch. et
Mich. = Thesea exerta Duch et Mich. non Elus et Soi.ander. comme
il est généralement accepté. Puisque l’emploi légal et correct semble
contraire à l’intention originelle des auteurs et aux principes d’exac¬
titude taxonomique, je présente une pétition à la Commission Inter¬
nationale de Nomenclature zoologique, afin de conserver l’emploi
maintenant accepté couramment].
1864. Thesea Duchassaing et Michelotti. Suppl. Mém. Corail.
Antill. : p. 12. [Les auteurs ont décrit comme étant une espèce nou¬
velle, les spécimens qu’ils avaient auparavant identifiés, par erreur,
comme étant Gorgonia exserta Elus et Solander. Ceci définit le con¬
cept générique accepté par les auteurs subséquents].
1868. Heterogorgia Verhill. Amer. Journ. Sci. 45 : p. 413. [L’es¬
pèce type est Heterogorgia verrucosa Verrill. par désignation subsé¬
quente : Nutting 1910, Siboga-Exped. Monogr. 13b : p. 87].
1889. Elasmorgogia Wright et Studer. Rept. Zool. Challenger 31
(pars 64) : p. 132. [L’espèce type est Elasmogorgia filiformis Wright
et Studer, monotypique].
1910. non Thesea Nutting, Siboga-Exped. Monogr. 13b : p. 50.
[= Placogorgia].
1912. Evacis Yerrii.l. Journ. Acad. Nat. Sci. Phila. (Sér. 2) 15 :
p. 373. [L’espèce type est Evacis rosea Verrill, par désignation ori¬
ginelle].
1929. non Thesea Rikss. Zool. Jahrb. Suppl. 16: p. 401. [= Sclera-
cis ; voir Dkichmann 1936, p. 111].
1936. Thesea Deichmann. Mein. Mus. Comp. Zool. Harvard 53 :
p. 110.
Ramification latérale ou peu abondamment pinnée. Calices plus
ou moins proéminents, leurs orifices à bord dentelé de huit dents ;
spiculés dans les lobes marginaux souvent en chevron. Polypes avec
bâtonnets courbés et épineux formant un opercule distinct qui peut
avoir ou non une collerette. La couche extérieure du cortex contenant
des fuseaux et des double-fuseaux, avec verrues arrangées plus ou
moins régulièrement, ainsi que de large « cailloux », plaques, ou
bâtons qui communément ont les tubercules de la surface extérieure
plus larges et plus compliqués qu’ailleurs. La couche intérieure du
cortex contenant des fuseaux avec des rangées de tubercules plus
ou moins régulières.
Remarques. — Ce fut toujours la croyance générale que le genre
Thesea venait strictement des Indes d’Amérique (Thesea des Indes
Source : MNHN, Paris
OCTOCORALMAIRES Pl.liXAl'RIDES D’AMÉRIQUE.
Orientales, de Nuhïnü, est complètement différente). Cependant, quel¬
ques spécimens du voisinage de La Jolla, Californie, ne diffèrent pas,
génériquement, des espèces des Indes d’Amérique appartenant à
Thesea. J’ai comparé leurs spiculés avec ceux de Thesea gtiadalu-
pensis Du ch. et Mich. (l’espèce type de Thesea) et de quelques autres
espèces de l’Atlantique, spécialement Thesea parviflora Dkichmann et
Th. hebes Dkichmann. et je ne peux trouver aucune justification pour
une séparation générique. De plus, les espèces pour lesquelles Ver-
rill (1868' a établi son genre Helerogorgia semblent être congénères.
En outre, la découverte d’un autre genre des Indes d’Amérique
dans le Pacifique de l’Est, vient encore confirmer l’affinité de la faune
Californienne-Panamique d’eaux peu profondes, avec celle des eaux
chaudes de l’Atlantique de l’Ouest.
Dans mes efforts pour identifier les spécimens ici présents, j’ai
concentré mon attention sur le groupe de plexaurides Heterogorgia-
Psammogorgia, lequel m’a conduit à la description de l’espèce de
Studer appelée Psammogorgia variabilis (1894). Dans les spécimens
devant moi, je ne peux trouver de traits qui diffèrent d’une manière
significative de la description donnée par Studf.r. L’espèce peut donc
être connue ainsi :
Thesea variabilis (Studer)
Fig. 7.
Sj/nonginie. — 1894. Psammogorgia variabilis Studer. Bull. Mus.
Comp. Zool. Harvard 25(5) : p. 67. [Entre Costa Rica et Cocos, 52-100
brasses ; Albatross Stations 3367 et 3369].
La description originelle donnée par M. Studer se lit comme suit :
« D’une base plate, qui couvre des fragments de coquilles, s’élève
un tronc grêle duquel naissent à des intervalles grands et irréguliers
de longues branches, qui portent de rares rameaux. Toutes les bran¬
ches sont longues et flexibles et divergent sous différents plans avec
des angles de 45 à 90 degrés. Les branches terminales ont jusqu’à
100 mm de longueur pour une épaisseur de 1,5 à 2 mm, qui excède
peu celle du tronc principal, qui a 3 mm.
« Tronc et branches sont cylindriques, mais vers leur partie ter¬
minale elles prennent une forme aplatie : leurs extrémités sont tou¬
jours plates et comprimées. Les calices ont la forme de petites verrues
avec des ouvertures contractées en fente, dont le grand diamètre est
dirigé dans le sens de l’étendue des branches. Sur les parties cylin¬
driques du tronc et des branches, ils sont arrangés en spirales : sur
les extrémités aplaties ils sont disposés le long des deux bords tran¬
chants. Les sclérites du coenchvme et des calices sont disposés en
deux couches. La supérieure est formée de gros spiculés trapus en
forme de fuseaux verruqueux, dont la face extérieure porte des ver¬
rues ramifiées beaucoup plus grosses que la face inférieure. La couche
inférieure est composée de spiculés minces et fusiformes très épi-
Source : MNHN, Paris
52
FREDERICK M. BAYER.
neux. Les tentacules sont remplis de petits spiculés échinulés qui
reposent sur une collerette de bâtonnets courbés s’étendant à la base
de la couronne tentaculaire. L’axe est corné, flexible et jaune.
« Les colonies présentent une variété de couleur blanche, et une
seconde d’un jaune terreux ».
Je pense que cette description pourrait être présentée de la ma¬
nière suivante : Une colonie complète avec base, mesure 30 cm de hau¬
teur. Les branches, qui sont longues et ascendantes, partent latérale¬
ment ou d’une façon pinnée peu abondante. Les branches terminales
ont un diamètre de 2 à 3 mm, et les branches principales de 3 à 4 mm ;
le tronc, près de la base, n'a que 5 mm de diamètre. Les polypes occu¬
pent des calices bas mais distincts, avec bords à 8 dents très mar¬
qués ; ils sont arrangés autour des tiges en spirales lâches, mais par¬
fois apparaissent en série double. Entre les calices, les grands sclé-
rites du coenchyme sont très visibles à l’œil nu ; ce sont des cailloux
grossiers et ovales atteignant une longueur de 0.3 à 1,0 mm ou plus,
avec leur surface extérieure irrégulièrement ondulée. Les plus petits
cailloux et les fuseaux qui se trouvent entre les grandes sclérites ordi¬
nairement ont les tubercules de leur surface extérieure plus hauts et
plus compliqués qu’ailleurs (Fig. 7, b), mais quelques-uns sont sculp¬
tés symétriquement (Fig. 7, c).
La couche intérieure, contient des petits fuseaux (Fig. 7, d) à tu¬
bercules proéminents. Les polypes ont un opercule composé de plu¬
sieurs bâtonnets courbés (Fig. 7, e) arrangés en chevron en dessous de
chaque tentacule (Fig. 7, U ; il n’y a pas de collerette, bien que les
bâtonnets proximaux peuvent assumer une position presque trans¬
verse quand le polype est contracté. La cavité gastrique des polypes
entre directement dans le système de canaux longitudinaux.
Couleur (à sec), jaune-brun pâle. Les grandes plaques de couleur
orange brûlé ; les plus petits dépôts, jaunes ou incolores ; bâtonnets
anthocodiaux incolores.
Commensaux. - Des bernacles sont présents sur les deux spéci¬
mens examinés, formant des kystes proéminents sur les branches.
Spécimens examinés. — (a) La Jolla, Californie : 400 m au delà
de Scripps Institution ; 50 m ; 23 juillet 1954, C. Limbaugh. Un spé¬
cimen sec. U.S.N.M. n° 50633.
(b) La Jolla Canyon, mur du Sud ; 45 m ; 2 janvier 1957, R. Ghi-
i.ardi et J. Stewart. Un spécimen sec. U.S.N.M. n" 50634.
Remarques. — Thesea variabilis ressemble très étroitement, par
son aspect extérieur à quelques Thésées des Indes d’Amérique. Un
coup d’œil sur les dessins de spiculés de Thesea qnadaliipensis (type
de Thesea) que je donne (flg. 8) pour comparer avec variabilis, mon¬
trera immédiatement que cette similitude n’est pas superficielle. Les
spiculés sont en accord étroit, comme le sont les caractères externes.
Ainsi il n’v a aucun doute que l’espèce du Pacifique de l’est, appartient
à ce genre Thesea qui jadis était strictement des Indes d’Amérique.
Source : MNHN, Paris
OCTOCORAI.I.IAIRES PLEXAURIDES D’AMÉRIQUE.
Conclusion.
Les Gorgonides plexaurides de la côte du Pacifique d’Amérique
semblent s’arranger en six genres distincts. Ceux-ci peuvent être dis¬
tingués d’après la clef suivante :
I. Calices tubulaires et proéminents, avec lèvre inférieure saillante,
ou dirigés obliquement de bas en haut. Genre MURICEA Lamou-
roux.
1. Calices à verrues, sans lèvre, ou entièrement absents : 2.
2. Avec massues : 3.
2. Sans massues : 5.
3. Massues foliacées : 4.
3. Massues épineuses ou verruqueuses : Genre PSAMMOGORGIA
Verrill.
4. Le cortex extérieur contient aussi de nombreuses bobines, folia¬
cées unilatéralement : Genre ADELOGORGIA gen. nov.
4. Le cortex extérieur contient aussi des sclérites étoilés, écailles épi¬
neuses (Stachelplatten ; thornscales), ou fuseaux, mais pas de bo¬
bines foliacées unilatéralement : Genre ECHIXOGORGIA Kôlliker.
5. Le cortex extérieur contient de larges cailloux ou plaques, et fu¬
seaux, souvent avec tubercules plus fortement développés sur la
surface expérieure : Genre THESEA Duchassaing et Michelottl
5. Le cortex extérieur contient des fuseaux symétriques avec tuber¬
cules disposés en rangées transverses : Genre « EUPLEXAURA >
sensu Kükknthal 1913, non Verrill.
Remarques zoogéographiques.
J’ai discuté antérieurement (1953) la parenté des gorgonides de
l’Atlantique ouest et du Pacifique est. La situation rencontrée dans
les Plexaurides de hauts-fonds est très similaire. Par suite d’identifi¬
cations erronnées d’Alcyonaires de Californie, Nutting (1909) trouva,
parmi ceux-ci, une relation égale entre eux et les faunes des Indes
d’Amérique et du Pacifique de l’ouest. Il savait que ses observations
étaient basées sur du matériel insuffisamment composé d’espèces
d’eaux profondes. Kükenthal (1913) conclut, se basant, de même,
principalement sur du matériel d’eaux profondes, que les Alcyonaires
de Californie sont plus étroitement apparentés avec ceux du Japon,
ensuite avec ceux de la région du Pacifique de l’ouest, et finalement
avec ceux des Indes d’Amérique. Cependant, les genres d’eaux pro¬
fondes (50 brasses ou plus), tels Anthomnstus, Anthoptilum, Stenella,
Callogorgia, et autres, sont, d’une manière caractéristique, largement
répandus. Quant aux Octocoralliaires, les particularités régionales
dans les régions tropicales et tempérées, sont évidentes, principale¬
ment dans la faune de hauts-fonds (niveau de marée basse jusqu’à
50 brasses, et même à l’exclusion des genres dont la limite bathymé-
trique la plus haute est de 25 à 50 brasses), et les affinités zoogéogra¬
phiques peuvent être démontrées seulement dans cette faune. En
Source : MNHN, Paris
FREDERICK M. BAYER.
outre, les espèces indo-pacifiques, de l’ouest, de Psammogorgia et Eu-
plexaura, au moyen desquelles Kükenthal apparente la faune de Cali¬
fornie à celle du Pacifique de l’Ouest, ne sont pas congénères avec les
espèces de Californie. Donc, si nous tenons compte seulement de la
faune des eaux peu profondes, nous trouvons que, en se basant sur
les genres, la faune de l’Aincrique de l’ouest est plus étroitement
apparentée à celle de l’Atlantique ouest et chaud. Ce fait peut être
démontré dans le tableau suivant :
Familles et genre
| Telestidae :
Telesto .
Plexauridae .
Muricea .
Thesea .
Psammogorgia
Adelogorgia . .
« Euplexaura »
Echinogorgia . .
Muriceopsis
Plexaura .
Pseudoplexaura
Plexaurella .. .
Eunicea .
Eunicella .
Gorgoniidae .
Pacifigorgia ..
Lophogorgia ..
Eugorgia .
Phvcogorgia ..
Leptogorgia
Pterogorgia
Antillogorgia .
Gorgonia ....
Phyllogorgia . .
Pennatulidae :
Ptilosarcus ...
Virgulariidae :
Virgularia ....
Stylatula .
Acanthoptilum
Balticinidae :
Balticina .
Renillidae :
Renfila .
Antres régions de prése
i Atlantique de l’Est ;
' Indo-Pacifique.
i Euplexaura du Japon est difle-
' lent ; Indo-Pacifique.
i Atlantique de l’Est ; Indo-
I Pacifique ; Méditerranean.
Atlant. de l’Est ; Indo-Pacifique.
Atlantique de l’Est ?
Presque cosmopolite.
Japon ; Atlantique du Nord.
i Atlant. du Nord et de l’Est ;
i Indo-Pacifique.
Source : MNHN, Paris
OGTOCOR ALLIAMES PLEXAUIUDES D'AMÉRIQUE.
Il sera noté que des 27 genres énumérés, 6 (21 %) sont endémi¬
ques dans le Pacifique de l’est et 9 (32 %) sont endémiques dans la
région des Indes d’Amérique. Quatre genres habitent les côtes de
l’Atlantique et celles du Pacifique de l’Amérique tempérée et tropi¬
cale, et nulle part ailleurs (« amphi-américain »), et même une espèce
_ Renilla Mülleri — est trouvée sur ces deux côtes. En tout, 9 genres
sont trouvés sur la côte de l’Atlantique et aussi sur la côte du Paci¬
fique d’Amérique.
De ceci il sera ainsi possible de conclure que la faune d’Octoco-
ralliaircs de hauts-fonds de l'Amérique tropicale de l’ouest, a ses liens
les plus étroits avec l’Atlantique chaud de l’ouest, moins étroits avec
le Pacifique de l’ouest, et présente de faibles connections avec le
Japon. Les genres de Californie trouvés aussi au Japon sont au
nombre de 5 ; les genres des Indes Occidentales trouvés aussi au
Japon sont au nombre de 5.
Descendant en eaux profondes, une image complètement diffé-
renle est obtenue, car les genres des familles Paramuriceidae, Prim-
noidne, Chrysogorgiidae, et Coralliidae sont très largement distribués.
Dans le Pacifique oriental, la distribution des espèces de ces familles
est si peu connue pour le moment, qu’aucune conclusion zoogéogra¬
phique ne devrait être faite.
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Res. Voi/age of H.M.S. Challenger, Zool., t. 31 (pars I.XIV), pp. i lxxii +
1-314, pis.' 1-43, 1889.
Achevé d’imprimer le 5 avril 1958.
Printed in France.
Le Directeur-Gérant : René Jeannel.
Imprimerie Maurice Declume, Lons-le-Saunier. — 1517-58-360.
Avril 1958 «Dépôt légal 2' trimestre 1958. — N" 4784 ».
Source : MNHN, Paris
F. M. BAYER
OCTOCORALLIAIRES PLEXAURIDES
DES COTES OCCIDENTALES D'AMÉRIQUE
• ■ ••?!!»:
Source : MNHN, Paris
Fig. 1 - Psammogorgia arbuscula (Verrill).
a-c : Spiculés du spécimen « type » (M. C. Z. n° 4022).
d-f : Spiculés du spécimen des collections du U. S. National Muséum
(n° 49388).
(Explication des lettres dans le texte ; toutes les figures ont été dessinées
au même grossissement).
Fig. 2 - Psammogorgia fucosa (Valenciennes).
a-c: Spiculés du spécimen «type», du Muséum National d’Histoire
Naturelle de Paris.
(Explication des lettres dans le texte ; toutes les figures ont été dessinées
au même grossissement).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XVI.
PI.
OCTOCORALL1AIRES PLEXAURIDES
DES COTES OCCIDENTALES D’AMÉRIQUE
Fig. 3 - Adelogorgia phyllosclera sp. nov., spiculés,
a : spiculé anthocodial.
b : bobine ordinaire de la couche extérieure du cortex,
c : fuseau de la couche extérieure,
d : massues foliacées de la couche extérieure,
e : bobine à disques
f : bobines foliacées.
(Toutes les figures ont été dessinées au même grossissement).
Source : MNHN, Paris
^7
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XVI.
OCTOCORALLIAIRES PLEXAURIDES
DES COTES OCCIDENTALES D’AMÉRIQUE
Source : MNHN, Paris
Fig. 4 - Adelogorgia phyllosclera sp. nov., spiculés.
a : bobines foliacées (quelques-unes en forme de papillons),
b : massues foliacées.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XVI.
PI. I1I|
OCTOCORALLIAIRES PLEXAURIDES
DES COTES OCCIDENTALES D’AMÉRIQUE
O.imm.
Fig. 5 - Echinogorgia aurantiaca (Val.), spiculés du spécimen « type ».
Fig. 6 - Echinogorgia reticulata (Esper), spiculés du spécimen « type » à
Erlangen.
(Explication des lettres dans le texte ; toutes les figures ont été dessinées
au même grossissement).
Source : MNHN, Paris
OCTOCORALLIAIRES PLEXAURIDES
DES COTES OCCIDENTALES D'AMÉRIQUE
Fig. 7 - Thesea variabilis (Studer).
a-e : spiculés,
f : polype épanoui.
(Tous les spiculés ont été dessinées au même grossissement ; le polype à
l’échelle de 1,0 mm).
Fig. 8 - Thesea guadalupensis Duchassaing et Michelotti.
a-d : spiculés d’un morceau du spécimen « type » (M. C. Z. n° 4636).
(Les lettres de a à c comme pour la figure 7 ; d, spiculés operculaires).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XVI.
PI. V I
OCTOCORALL1AJRES PLEXAUR1DES
DES COTES OCCIDENTALES D’AMÉRIQUE
Fig. 9 - a. Echinogorgia ciurantiaca (Val.), vue d’ensemble, d’après une photo¬
graphie du spécimen « type ».
b. Adelogorgia phyllosclera sp. nov., vue d’ensemble, d’après une
photographie du spécimen « paratype » n° 50187 (USNM).
c. Adelogorgia phyllosclera sp. nov., vue détaillée : polype épanoui.
(L’échelle de 5 cm. se rapporte aux figures a et b, celle de 1,0 mm. à la
figure c).
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XVI.
PI. VI
OCTOCOR ALLI AI RES PLEXAURIDES
DES COTES OCCIDENTALES D’AMÉRIQUE
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris