MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XVII
FASCICULE 2
E. SÉGUY
INSECTES DIPTERES DE L UE AMSTERDAM
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1959
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
\ r L ~
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie. Tome XVII, fascicule 2. — Pages 133 à 154
INSECTES DIPTÈRES DE L’ILE AMSTERDAM
(Mission de M. Patrice Paulian, 1955-1956)
par
E. SÉGUY
La Nouvelle Amsterdam est une petite île déserte située au nord
du 40 e parallèle sud et près du 80 e de longitude, à l’est du méridien de
Paris. Elle est voisine de l’île Saint-Paul dont elle est séparée par 50 kilo¬
mètres. Ces deux îles, perdues au milieu de l’Océan Indien, sont éloignées
de Fort-Dauphin, à Madagascar, la terre la plus proche, de près de
2.000 kilomètres.
L’île Amsterdam, d’une superficie de 66 kilomètres carrés, est de
forme subrectangulaire et mesure environ 9 kilomètres du Sud - Sud-Est
au Nord - Nord-Ouest. Son extrémité méridionale est marquée par la
pointe Vlaming (1), son extrémité septentrionale par la pointe Goode-
nough (2), entre celle du Débarquement à l’est et celle de la Recherche
à l’ouest. A l’est on trouve la pointe de la Novara (3), à l’ouest un ébou-
lement a isolé le rocher dit d’Entrecasteaux (4).
L’île est de formation volcanique. Elle est dominée par une mon¬
tagne dont le sommet aplati supporte deux escarpements : le Fernand
(829 m.) (5) et la Dives (911 m.) (6). Les rochers de l’île Amsterdam
(1) Vlaming (Willem van), navigateur hollandais qui réussit, le premier, en 1696, à
débarquer sur les îles Amsterdam et Saint-Paul.
(2) Goodenough. Nom du commodore qui, avec le lieutenant Henri Hoskin, sur le
vaisseau anglais la « Pearl », relevèrent le tracé des côtes de l’île Amsterdam.
(3) Novara. Nom de la frégate autrichienne qui a effectué un voyage autour du monde
en 1857-58-59, sous le commandement du commodore B. von Wullerstoriî-Urbair. Les
insectes Diptères recueillis au cours de ce voyage ont été étudiés par le Dr. J. R. Schiner.
(4) Entrecasteaux. Le chevalier Antoine de Bruni d’Entrecasteaux. Navigateur fran¬
çais mort en mer en 1793, près de l'île de Java. Dans son voyage pour rechercher l’expé¬
dition de La Pérouse, il aperçut l’île Amsterdam en 1792.
(5) Le Fernand. Sommet de 829 mètres d’altitude situé le plus à l’Est. Nom donné
par Ch. Vélain, en souvenir de la goelette de pêche, commandée par le capitaine Hermann,
qui lui permit d’aborder sur l’île Amsterdam.
(6) La Dives. Plateau le plus élevé (911 m.) de la Nouvelle-Amsterdam. Nom donné
par Ch. Vélain, en souvenir du nom du navire commandé par l’Amiral Mouchez lors de
la Mission pour l’observation du passage de Vénus sur le Soleil en 1874.
Mémoires du muséum. — Zoologie, t. XVII.
Source : MNHN, Paris
134
SÉGUY
forment un sol tourmenté, couvert par une végétation particulière dont
la croissance est favorisée par un climat humide, moins rigoureux que
celui des îles Kerguelen. On trouve d’abord un peuplement dense d’une
espèce de jonc, 1 ’Jsolepis nodosa R. Br., puis des fougères, dont la fougère
velue (Acrostichum succisaefolium), des graminées et un épais tapis de
mousses diverses, de sphaignes et de lycopodes. Il y a également une
rosacée ( Ancistrum (Acaena) repens Vent.) et un arbre de la famille des
Rhamnacées, le Phylica nitida Lam. Une callitriche et une renoncule
croissent sur les sommets. Des légumes européens, céleris et choux, ont
été introduits en 1870 par un colon réunionais qui pratiquait l’élevage
du bétail. Tous ces végétaux abritent des insectes Diptères plus nom¬
breux en espèces et en individus que sur les « îles voisines ». On trouve
également un petit Homoptère du genre Delphax. Les légumes importés
sont peut-être responsables de la présence de moucherons phytophages
européens, comme les Scaptomyza.
L’île possède des chèvres, quelques porcs, et un certain nombre de
bovidés, descendants des animaux introduits au xix e siècle et devenus
sauvages. Ce sont les cadavres de ces animaux qui entretiennent les géné¬
rations de mouches bleues et de Piophiles très communs dans l’île. Les
otaries sont en nombre considérable et les oiseaux de mer sont ceux que
l’on observe sur l’île Saint-Paul.
La Nouvelle-Amsterdam ne présente aucune plage. Elle doit à un
accès difficile d’avoir été moins souvent visitée que sa voisine, l’ile Saint-
Paul (1). Elle était cependant connue depuis longtemps des pêcheurs réu¬
nionais et des chasseurs de phoques. Elle doit son nom au gouverneur
van Diemen, qui reconnut les îles Saint-Paul et Amsterdam, en 1633,
au cours d’un voyage vers Java.
Plusieurs expéditions maritimes mentionnent la Nouvelle-Amsterdam
dans leurs comptes rendus. En 1857, la frégate autrichienne Nouara,
qui séjourne à Saint-Paul, s’approche d’Amsterdam, mais le personnel
ne réussit pas à débarquer. Treize ans plus tard, un colon réunionais,
Heurtain, parvint à s’établir à Amsterdam pour tenter l’élevage des
bovidés. C’est lui qui plantera les légumes dont on trouve des traces.
En 1874, la mission française pour l’observation du passage de Vénus
devant le Soleil, s’établit à Saint-Paul. De là, le naturaliste Ch. Vélain,
venu avec la Dives, visite l’île Amsterdam. Les travaux de ce savant ont
beaucoup contribué à la connaissance de l’histoire naturelle de l’île.
En 1899, le Dr. C. Chun, avec la Valdivia, fait un séjour à l’île Saint-
Paul, et le Dr. Bachman rapporte quelques Diptères d’Amsterdam. Puis,
en 1902, le Gauss, commandé par E. von Drygalski, effectue un débar¬
quement à Saint-Paul et visite la Nouvelle-Amsterdam. Il en rapporte
cinq espèces de Diptères.
M. E. Aubert de la Rüe a fait quelques récoltes dans les deux îles
en 1931. En 1939, M. le Dr. R. Jeannel, au cours de ses recherches avec
(1) Voir ce que dit Ch. Vélain (p. 91-95) sur les difficultés d’accès sur l'ÎIe et sur les
dangers qu’oITrent les recherches scientifiques, même les plus simples, à la Nouvelle-
Amsterdam. M. E. Aubert de i.a Rüe dit le contraire.
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
135
le Bougainville, visite les îles Kerguelen, Crozet et Saint-Paul, mais ne
peut pas débarquer à Amsterdam. Il recueille cependant à Saint-Paul
trois espèces de mouches que l’on retrouvera à la Nouvelle-Amsterdam.
En 1950, M. le Dr. Aretas, en mission aux Kerguelen, peut visiter
Amsterdam. Il y trouve quatre espèces de Diptères que l’on verra men¬
tionnées plus loin.
En 1952, M. Patrice Paulian est envoyé en mission aux îles antarc¬
tiques. II peut aborder la Nouvelle-Amsterdam et en rapporte de nom¬
breux insectes, dont cinq espèces de Diptères. En 1956-57, M. Paulian
se rend à nouveau sur l’île Amsterdam. Son séjour, de plus longue durée,
lui permet de capturer (entre autres) les Diptères qui font l’objet de ce
travail.
Plus de 450 insectes Diptères ont été recueillis par M. Patrice Paulian
au cours de sa mission à l’île de la Nouvelle Amsterdam en 1956-57.
Ces Diptères appartiennent à douze familles qui comprennent quinze
genres et vingt espèces. Ce matériel, considérable pour l’exiguité de la
contrée explorée, recueilli dans des conditions pénibles, fait honneur à
l’ordre et à l’endurance de M. Patrice Paulian ( o. antea nota 7).
Statistique. — Les douze familles de Diptères provenant de l’île
Amsterdam peuvent se répartir de la manière suivante :
Sarcophages et créophiles : Calliphoridæ et Piophilidæ.
Zoophages : Muscidæ (Fucelliitæ), Dolichopodidæ.
Saprophages ou Coprophages : Sciaridæ, Cypselidæ, Ephydridæ,
Muscidæ, Limnophilidæ, Scatopsidæ, Psychodidæ.
Phytophages : Tendipedidæ, Drosophilidæ.
Cinq familles sont thalassophiles à la Nouvelle-Amsterdam (Tendi¬
pedidæ, Dolichopodidæ, Cypselidæ, Ephydridæ, Muscidæ (Fucellia). Les
sept autres sont composées de sujets errants (Calliphoridæ, Muscidæ s.l.,
Drosophilidæ, Piophilidæ, Limnophilidæ, Psychodidæ, Scatopsidæ, Scia¬
ridæ).
Les éléments statistiques donnés ci-dessus permettent une conclu¬
sion : dans la collection formée par M. P. Paulian, les formes saprophages
sont représentées par huit familles, les phytophages par deux, les zoo¬
phages et les sarco-coprophages par deux. Ce sont, pour ces insulaires
particuliers, les mêmes conclusions que l’on pourrait tirer de l’étude des
tourbières continentales de la région terrestre holarctique.
En ce qui concerne le nombre d’individus, ce sont les saprophages
qui sont le plus abondamment représentés, les Psychodides, les Sciarides,
les Cypsélides montrent trois cents exemplaires. Les Piophilides sont
également très nombreux. Leur abondance est due à leur extraordinaire
vitalité et à la résistance qu’ils opposent aux agents destructeurs. On
sait que le Piophila casei peut se développer dans une atmosphère saturée
de chloropicrine.
Répartition géographique. — Parmi les formes qui composent la
faunule de la Nouvelle-Amsterdam, le Fannia canicularis, YEuryomma
Source : MNHN, Paris
136
E. SÉGUY
peregrinum, le Fucellia maritima, le Scaptomyza graminum, le Leptocera
scutellaris, le Piophila casei, le Pericoma phalænoides et le Scatopse notala
sont cosmopolites, c’est-à-dire représentant les 4/10 e de la faune complète
actuellement connue.
Une espèce particulière est aptère ou subaptère, peut-être acciden¬
tellement. On doit aussi remarquer que les îles Saint-Paul et Amsterdam
ne présentent pas les espèces aptères qui caractérisent les autres îles
antarctiques.
La faunule de la Nouvelle-Amsterdam, plus riche que celle de l’île
Saint-Paul, lui est cependant comparable. Cinq espèces sont communes
aux deux îles : Telmatogeton, Trimicra Strasseni, Hydrophorus, Scatella
et Calliphora.
En dehors de ces cinq espèces, celles que l’on trouve sur la Nouvelle-
Amsterdam sont cosmopolites, ou ont été introduites par l’homme. Plu¬
sieurs sont paléarctiques ou holarctiques ; une, le Fannia albitarsis, n’est
connue que de l’Amérique australe. L’identité de la faune des deux îles
avait déjà frappé G. Enderlein, qui a proposé de comprendre Saint-Paul
et Amsterdam dans une sous-région zoologique particulière de la région
antarctique (cf. Enderlein, 1908 : p. 333).
LISTE CHRONOLOGIQUE DES STATIONS
18 nov. 1955. Cratère central, 600-700 mètres, sur les lacs et les mares,
dans les mousses humides entre les murs (végétation très dense où les
mousses dominent. Ces mousses, qui se trouvent sur un sol gorgé d’eau,
sont très humides. Elles forment un tapis de 20 à 40 cm. d’épaisseur) :
Hydrophorus antardicus Sch.
5 déc. 1955. Sur le plateau central :
Hydrophorus antardicus Sch.
4 au 12 déc. 1955. La Recherche, sous la tente, à la lampe :
Sciara Jeanneli Séguy
Sciara Patricii Séguy
Scatopse notata (L.)
Trimicra Strasseni End.
Hydrophorus antardicus Sch.
Piophila casei L.
Leptocera limosa (Fall.)
Leptocera scutellaris (Hal.)
Scatella Sancli-Pauli Sch.
Fucellia maritima (Hal.)
Fannia albitarsis Stein.
Fannia canicularis L.
Euryomma peregrinum Meig.
Calliphora antardica Sch.
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
137
2 mars 1956. Zone intercotidale (et au-dessus jusqu’à 10 m.). Dans
le varech rejeté sur la côte et pourri :
Telmatogeton Sancti-Pauli Sch.
Trimicra Strasseni End.
Leptocera scutellaris (Hal.)
Fucellia maritima (Hal.)
Fannia canicularis (L.)
6-8 mars 1956. Dans les joncs (lsolepis), au fauchoir :
Sciaria Jeanneli Séguy
Psychoda phaltenoides L.
Leptocera scutellaris (Hal.)
Scatella Sancti-Pauli Sch.
Scaptomyza graminum Fall.
4-11 mars 1956. Falaises d’Entrecasteaux, sur les petites mares (dans
les « marmites de géants » creusées par les torrents) :
Sciara Jeanneli Séguy
Hydrophorus antarcticus Sch.
4-11 mars 1956. Falaises d’Entrecasteaux, dans la végétation, mous¬
ses et graminées :
Sciara Jeanneli Séguy
Scatopse notata (L.)
Trimicra Strasseni End.
Trimicra Pauliani Séguy
Hydrophorus antarcticus Sch.
Scaptomyza graminum Fallén
Calliphora antarctica Sch.
Mars 1956. Camp, à la lumière des lampes :
Sciara Jeanneli Séguy
Scatopse notata (L.)
Psychoda phalænoides L.
Piophila casei (L.)
Fucellia maritima (Hal.)
LISTE DES ESPÈCES
Il est probable que la liste des insectes Diptères capturés à la Nouvelle-
Amsterdam est incomplète. Des recherches plus approfondies, par une
mission installée sur place pour un temps assez long, donneraient des
résultats complémentaires importants si l’on en juge par ce qui a été
trouvé déjà. Le progrès de nos connaissances sur la faune diptérienne
de cette île sont cependant considérables. Cinq espèces sont signalées
par G. Enderlein en 1908 (p. 333). Les recherches de M. P. Paulian
élèvent ce chiffre à vingt :
Source : MNHN, Paris
138
E. SÉGUY
1. Sciara Jeanneli Séguy
2. Sciara Palricii Séguy
3. Scatopse notata (L.)
4. Psychoda phalænoïdes (L.)
5. Telmatogeton Sancti-Pauli Schiner
6. Trimicra Strasseni Enderlein
7. Trimicra Pauliani var. microptera n.
8. Trimicra Pauliani var. stenoptera n.
9. Hydrophorus anlarcticus Schiner
10. Piophila casei (L.)
11. Leptocera limosa (Fallén)
12. Leptocera scutellaris (Hal.)
13. Scalella Sancti-Pauli Schiner
14. Scatophila caviceps (Stenh.)
15. Scaptomyza graminum (Fallén)
16. Fucellia maritima (Haliday)
17. Euryomma peregrinum (Meigen)
18. Fannia albitarsis Stein
19. Fannia canicularis (L.)
20. Calliphora antarctica Schiner
LYCORIIDAE
1. — Sciara Jeanneli Séguy, 1940, Mémoires du Muséum, XIV, p. 210,
fig. 1.
N. Amsterdam : La Recherche, sous la tente à la lumière des lampes,
XII, 1955.
Dans les joncs (lsolepis) au fauchoir, 6-8, III, 1956.
Falaises d’Entrecasteaux, 4-11, III, 1956.
Camp, à la lumière des lampes, mars 1956 (P. Paulian).
Iles Kerguelen, région sud-est, golfe du Morbihan, Port Jeanne-d’Arc,
6, II, 1939 (Jeannel).
2. — Sciara Patricii n. sp.
S 9 ■ Nigra, opaca, glabricula. Capul nigrum. Palpi in utroque sexu
nigri. Antennæ capite thoraceque fere longiores, filiformes, nudiusculæ,
nigræ. — Chætuli mesonotali médiocres, acrostichales una ordina, dor-
socentrales inducere composila ordinata. — Pedes obscure brunnei, coxis
pallide flavis, tibiarum calcaribus binis pallidis, tarsis nigris. Tibia III
femorum longiusculum ; tarsi tibiarum ferebreviore. — Alæ cinereo hyalinis,
nervis ad costam brunneis, costali ad intervallis dimidiatus n 2 et 3 desinere.
— RI apicibus ad basin furcæ desinit deinde extensus; rami nervi furcati
modice longi, petiolo tamen paullo longiores; nervus transversali rm mox
apicali RI imponere. Haltères pallidi, clave plus minusve dilute brunnea
haud sordide flavida, stipite ad basi ad medium albo. — Abdomen subnitens,
leniter puberulum. incisuris tenuissime pallidis.
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
139
Fio. 1 et 2. — Sciara Patricii, appareil copulateur : 1. Face ventrale ; 2. Forceps gauche.
cî. Forceps a latere visa distincta, crassa, atra; arliculo 2 : dosubgloboso,
ambolus tenuiler et brevissimun hirtulis (fig. 1 et 2).
Long, corporis: 2,2-2,5 mm.
Long, alarum: 2,2 mm.
Hab. Nov. Amstelodami, eo loci La Recherche, sub labernaculum, ad
lumina, decembris MCMLV a. D.
Huic speciei nomen in honorem D. Patricius Paulian, zoologici pari-
siensis, impositum.
L’«habitus » du Sciara Patricii peut être précisé si l’on utilise encore
les caractères suivants :
Antennes : quatrième article deux fois et demie aussi long que large.
Une rangée irrégulière de cils acrosticaux. Tarse aussi long que le tibia ;
protarse III légèrement plus court que les articles 2-5. Aile : nervure
transverse rm placée au niveau du dernier tiers de RI ; apex de RI écarté
du niveau de la base de la fourche médiane par un espace subégal à l’écar¬
tement des nervures 3 et 4 ; costale prolongée sur la moitié de l’espace
limité par les nervures 3 et 4 ; tige de la fourche médiane plus longue
que les rameaux de la fourche (3 + 4) (fig. 3).
Le S. Patricii appartient au groupe du Sciara fungicola Winnertz.
Les deux espèces offrent des caractères semblables et les appareils copu-
lateurs ont une conformation similaire. Le 5. fungicola se distingue par :
Antennes : quatrième article trois fois plus long que large. Deux ran¬
gées rapprochées de chétules acrosticaux. Tarse plus court que le tibia ;
protarse III plus long que les articles (2-5) du tarse correspondant. Aile :
nervure transverse rm placée avant l’union du tiers apical et du tiers
moyen de Rl; apex de RI très rapproché ou placé au niveau de la base
Source : MNHN, Paris
140
SÉGUY
de la fourche médiane ; costale prolongée sur les trois-quarts de l’espace
limité par les nervures 3 et 4 ; tige de la fourche médiane subégale à un
des rameaux de la fourche.
Tableau des Sciara des Iles antarctiques
1- (2). Aile : nervure RI plus courte que le pétiole de la fourche médiane
(fig. 6). d : forceps armé d’une forte épine apicale. Auberli
2- (l). Aile : nervure RI aussi longue ou plus longue que le pétiole de la
fourche médiane. <? ■ forceps dépourvu de forte épine apicale.
3- (4). Apex de la nervure radiale rapproché du niveau de la base de la
fourche médiane (fig. 5) . Jeanneli
4- (3). Apex de la nervure radiale écarté du niveau de la base de la fourche
médiane.
5- (6). Nervure costale occupant les trois-quarts de l’espace limité par
les nervures 2 et 3 ; cet espace deux fois plus long que celui limité
parles branches de la fourche médiane(n.3et4)(fig.4) Womersleyi
6- (5). Nervure costale prolongée sur la moitié de l’espace limité par les
nervures 2 et 3 ; l’espace limité par les nervures 2 et 3 est subégal
à celui limité par les branches des nervures 3 et 4 (fig. 3).. Patricii
SGATOPSIDAE
3. — Scatopse notata (Linné).
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955.
Camp, à la lumière des lampes. Falaises d’Entrecasteaux, dans la
végétation du plateau, mars 1956.
Europe et Amérique septentrionale pendant toute l’année. Norvège,
Laponie, Russie arctique. Régions montagneuses jusqu’à 2.400 mètres.
Peut manifester des habitudes grégaires. Larve coprophage.
PSYCHODEDAE
4. — Psychoda phalaenoides (Linné).
Dans les joncs, au fauchoir, 6-8 mars 1956.
Camp, à la lumière des lampes, mars 1956.
C’est le « Psychoda » des îles Kerguelen rapporté par J. Loranchet
en 1914 et par M. P. Paulian en 1951, pointe Molloy.
TENDIPEDIDAE
5. — Telmatogeton Sancti-Pauli Schiner, 1866, Verh., z.-b. Ges. Wien,
p. 931 ; 1868, Reise der Novara, Zool., I, Bd. II, p. 25, pl. 2. —
Enderlein, Wiss. Ergebn. deutsch. Tiefsee-Exped., III, 1903,
p. 258, pl. 28 et Deutsche Südpolar-Exped., X, 1909, Zool., II,
p. 484 et 491. — SÉGUY, Mém. Mus., XIV, 1940, p. 216, figs. et
Mém. Inst. Mad., E. IV, 1953, p. 606.
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
141
Fig. 3 à 6. — Ailes de Sciarides : 3. Sciara Patricu ; 4. S.
6. S. Auberti (toutes les figures ont été ramenées à la
les comparaisons).
Womersleui ; 5. S. Jeanneli;
même échelle pour faciliter
Source : MNHN, Paris
142
E. SÉGUY
N. Amsterdam, zone intercotidale, 6, 8, I, 1952 et 1954-56 (P. Paulian).
Signalé aussi par Enderlein (1909, p. 484 et 491).
Saint-Paul (Schiner, Enderlein, Jeannel).
LIMNOBIIDAE
TRIMICRA Osten-Sacken
Osten-Sacken, Proc. Acad. Nat. Sc. Philad., 1861, p. 290 et Monogr.
Dipt. N. Amer., Smithsonian Mise. Coll., 1869, p. 165, pl. 2, fig. 1
(aile).
Nervation. — Ailes ordinairement trois fois plus longues que larges,
plus longues, plus robustes et plus colorées chez les exemplaires provenant
des terres australes. Nervure sous-costale prolongée jusqu’à l’union du
tiers apical et du tiers moyen de l’épaississement costal. Radiale 1 robuste
et simple. Radiale 2 + 5 formant une fourche plus ou moins longuement
pédicellée. Médiane antérieure (MAI) robuste atteignant l’extrémité de
l’aile. Médiane postérieure (MA2) formée de trois rameaux, enfermant
la cellule discale à leur base. Cubitale antérieure simple, robuste, épaisse.
Cubitale postérieure mince, ondulée. Anale robuste (fig .7).
Trois espèces de Trimicra sont connues de l’île Saint-Paul :
antarclica Schiner 1868
Sancti-Pauli Schiner 1868
Strasseni Enderlein 1903
Deux espèces habitent l’île d’Amsterdam. On doit leur connaissance
à M. P. Paulian :
Pauliani n. sp.
Strasseni Enderlein
Une larve et une pupe d’une espèce indéterminée ont été trouvées le
27 avril 1903 dans un trou d’eau saumâtre (Exp. du « Gauss »).
6. — Trimicra Strasseni Enderlein, 1903, Wissens. Ergebn.Deutsch.
Tiefsee-Exp. (Valdivia), III, p. 257, fig. 2 et 7.
Tête grise avec une ligne médiane longitudinale noire. Espace inter¬
oculaire et occiput longuement ciliés de noir. Palpes d’un brun noir.
Antennes concolores, formées de seize articles, les trois derniers très
courts, les deux basaux épais, roux. Corps bruni, inégalement couvert
d’une pruinosité grise, peu épaisse. Mésonotum avec trois bandes longi¬
tudinales noirâtres, confluentes, la médiane prolongée sur la partie anté¬
rieure du prothorax. Pleures d’un gris jaunâtre, tachés de noir. Pattes
brunes, longuement ciliées de noir, hanches et trochanters jaunâtres ;
trochanters tachés de noir ; extrémité des fémurs et des tibias noirâtre ;
tarses noirs. Ailes une fois et demie plus longues que le corps, larges, d’un
roux jaunâtre légèrement irisé ; le tronc commun R + M noirci, comme la
nervure médiane ; nervure radiale ombrée, cubitale et première anale
brunies sur toute leur longueur, plus intensément à la base ; cellule discale
subtriangulaire ; nervure transverse meu légèrement oblique, écartée de
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
143
la base de la cellule discale (fig. 7). Balanciers très longs, pédicelle pâle,
renflement bruni. — Abdomen aplati, brun noirâtre, muni de longs cils
jaunâtres, bords latéraux, en ourlets saillants, d’un gris pâle.
c?. Appareil copulateur renflé, dressé en haut, roux, noirci sur les
côtés ; forceps supérieurs à pointe apicale noircie, épine médiane plus
saillante, noire ; forceps inférieurs tordus, jaunes.
9. Oviscapte roux, courbé en lame de serpe, aussi long qu’un segment
de l’abdomen ; lames latérales ourlées de noir en bas.
Long, corps : 6-8 mm.
Long, aile : 9 mm.
Long, oviscapte : 1 mm.
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-14 décembre 1955.
Zone intercotidale, mars 1956.
Falaises d’Entrecasteaux, dans la végétation, mars 1956.
Les deux mâles qui ont permis la description originale d’Enderlein
proviennent de l’île Saint-Paul, près du cratère, janvier 1899 (G. Ender-
lein, 1903).
sc
Fio. 7 à 9. — 7. Aile du Trimicra Slrasseni; 8. Extrémité de la branche d’un forceps
du T. Slrasseni; 9. Id., T. pilipes.
Le Trimicra Slrasseni End. est très voisin du T. pilipes Meigen, qui
habite les régions paléarctiques. Au premier examen, il est difficile de
séparer les deux espèces.
Il est possible que le T. pilipes, introduit accidentellement à l’île
Amsterdam, soumis à des réactions extérieures extrêmement violentes,
ait donné le T. Strasseni. C’est ce qui s’est produit pour le Calliphora
antarctica. Cette mouche bleue accuse une étroite parenté avec le vulgaire
Source : MNHN, Paris
144
E. SÉGUY
Calliphora vomitoria. Ce C. vomitoria, introduit il y a longtemps à l’île
Saint-Paul, s’est adapté à la vie insulaire et progressivement modifié
pour donner l’espèce anlarctica que nous observons aujourd’hui (v. postea
loti p. 150). Le Trimicra Strasseni est un autre exemple d’une espèce for¬
mée par le milieu.
Les T. Strasseni et pilipes peuvent se distinguer comme il suit :
— Strasseni. Aile : sous-costale aboutissant sur la nervure costale avant
le niveau de la base de la fourche R 2 + 5; pédicelle de la fourche radiale
toujours plus long que la transverse mcu. Cellule discale subtriangulaire.
Transverse mcu écartée de la base de la cellule discale.
<?. Appareil copulateur à forceps externe armé d’une épine interne
écartée de l’apex (fig. 8).
— pilipes. Aile : extrémité de la nervure sous-costale placée après
le niveau de la base de la fourche R 2 + 5. Pédicelle de la fourche radiale
aussi long que la transverse mcu. Cellule discale subquadrangulaire.
Transverse mcu aboutissant à la base de la cellule discale.
<?. Appareil copulateur à forceps externe armé d’une épine interne
rapprochée de l’apex (fig. 9).
7. — Trimicra Pauliani n. sp.
Forma microptera 3 9 (fig. 10). — Caput nigro-cinereo, orbita oculorum
pallidiori. Fronie latuscula, longe cinereo pilosis ; linea media nigra. Anten-
næ thorace breviores, submoniliformes, pubescentes. Palpis antennisque
totæ obscuræ. Thoracis vittæ dorsale 3, latæ, subconfluentes, obscure-
brunnæ, latérales antice abbreviatæ ; humerali puncto nigro impressa.
Pleuræ cinerascentes, fusco-maculatæ. Sculellum griseum. Metathorax
obscure cinereus. Pedes longi, modice tenues, fragiles, sordide flavi l.ferru-
gineo-lutei, trochanteribus maculi puncti fuscis. Femorum tibiarumque
apice tarsisque nigris, flavo-ferrugineo longi pilosi. Alis reductis,aut longi-
tudine halteris, flavidis; nervi radialis cubitalisque longe pilosis, furca
radiali nulli. Halteribus pallidis; clava oblonga, reducta, leniter flavida .—
Abdomen latusculum lineare, depressum, nigricans, margine laterali dis¬
tincte, et incisuris tenuiter griseis ; fusco-hirtum, lateribus ciliatum.
(?. Pedes longe et dense pilosi. Ano subglobuloso, sursum flexo, ferru-
gineo, lateribus nigro-brunneo.
Ç. Pedes tenues, médiocre pilosi. Cauda (oviductus) fusco flava, lon-
giuscula, sed tenuis et acuta, versus apicem sursum flexa; stylis subulatis.
Long, circiter corporis 9 : 4,7-6 mm. «? : 4,5-5 mm.
alæ: 1,2 mm.
oviductus: 0,5 mm.
8. — Forma stenoptera. — : Priori valde similis et affinis sed alis
certe diversa.
Alis angustis, elongatis, acutis, nervi furcati (R 2 + 5), petiolus ramis
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’i
AMSTERDAM
145
Fio. 10. — Trimicra Pauliani microptère (mâle).
æque longus mcu ; areolæ oblongo-subquadratæ ; nervus transversus ordi-
narius ante basin areolæ medio insertus.
Long, corporis: 6 mm.
alæ: 5,5 mm.
Hab. Nov. Amstelodami, Entrecasteauxi rupes, in germinationis, d. 4-11
martius mense a. D. MCMLVI. P. Paulian deprehensa, in utroque sexu
inventa. Typus cotypique in Museo parisiensi conservantur.
Source : MNHN, Paris
146
E. SÉGUY
Dedicalum cl. dom. Palricius Paulian, præstanlis Insulæ Kerguelensis
exploratori.
Fig. 11. — Aile très agrandie du Trimicra Pauliani microptère.
Quatre espèces de Trimicra sont connues des Iles françaises de l’An-
tarctique. Leurs caractères distinctifs peuvent se résumer comme il suit :
T. antarctica Schiner. — Taille petite (4 mm.). Téguments de couleur
sombre. Ailes brunies, transverse postérieure écartée de la base de la
cellule discoïdale (areola media). — Saint-Paul.
T. Sandi-Pauli Schiner. — (10 mm.). Coloré comme les espèces sui¬
vantes ; se distingue par la position de la nervure transverse postérieure
mcu, largement écartée de la cellule discoïdale (areola media) et dont la
position fortement oblique la rend subparallèle au bord postérieur de
l’aile. — Saint-Paul.
T. Strasseni Enderlein. — (6-8 mm.). Remarquable par la conforma¬
tion alaire ; la transverse mcu, légèrement oblique, est écartée de la base
de la cellule discoïdale; le pédicelle de la fourche radiale est toujours
plus long que la transverse mcu. — Amsterdam et Saint-Paul.
T. Pauliani, n. sp. — Microptère ou sténoptère. La petite taille de
cette espèce (5 mm.), ses téguments de couleur sombre, les ailes brunes,
autorisent le rapprochement avec le T. antarctica. C’est peut-être la
forme normale aptère de cette dernière espèce. — Ile Amsterdam.
Les vingt exemplaires recueillis du T. Pauliani paraissent montrer
que cette espèce est habituellement microptère. Mais,comme chez d’autres
Diptères soumis à des conditions de vie particulières (isolement, action
du vent, changement de climat), il peut apparaître dans la descendance
des individus brachyptères ou macroptères. La présence, dans les cap¬
tures de M. Paulian, d’un exemplaire sténoptère, permet cette suppo-
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
147
Fig. 12 et 13. — 12. Aile du Trimicra Pauliani sténoptère; 13. Extrémité de la branche
d’un forceps du T. Pauliani microptère
sition. Le thorax de l’exemplaire sténoptère est plus développé et plus
résistant que celui des individus microptères. Le développement ou
l’atrophie des ailes et du thorax constituent des phénomènes parallèles.
DOLICHOPODIDAE
9. — Hydrophorus antarcticus Schiner, 1868, Reise der Osterr. Fré-
gatte Zool., II, 1. B, p. 221.
Cratère central (600-700 m.) sur les lacs et dans les mares, dans les
mousses humides entre les mares, 18 novembre 1955.
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955.
Falaises d’Entrecasteaux, sur les petites mares (dans les marmites de
géants creusées par les torrents) (P. Paulian), 4-11 mars 1956 : dans la
végétation (mousses et graminées) (P. Paulian).
Déjà signalé de la Nouvelle-Amsterdam (27 avril 1903) et de Saint-
Paul (Enderlein).
PIOPHILIDAE
10. — Piophila casei (Linné).
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955 (P.
Paulian).
Camp, à la lumière des lampes, mars 1956 (P. Paulian).
Amsterdam : déjà trouvé par M. Paulian en 1952, à terre, près des
carcasses des bœufs (6-8.1.52) (Séguy ap. Paulian, p. 611).
A l’intérieur des baraques, 13 avril 1950,11 heures (Dr. Aretas).
Source : MNHN, Paris
148
E. SÉGUY
Cosmopolite. Très commun et répandu partout, à la suite de l’homme.
On le trouve pendant presque toute l’année, souvent dans les maisons,
volant autour des fromages ou des salaisons.
Larve polyphage. Surtout dans les conserves, dans les fromages, les
viandes salées ou fumées, occasionnellement dans le sel marin contenant
des substances organiques, dans les substances fermentées, les cadavres,
les excréments ou les fumiers.
GYPSELIDAE
11. — Leptocera limosa (Fallén).
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955.
Région paléarctique ; commun pendant presque toute l’année. Au
bord des eaux. Trogloxène. Afrique. Amérique méridionale : Equateur.
12. — Leptocera scutellaris (Haliday).
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955.
Zone intercotidale, dans le varech rejeté par la mer et pourri, 2
mars 1956.
Dans les joncs (Isolepis) au fauchoir, 6-8 mars 1956.
Très commun en Europe moyenne et méridionale ; maisons, terriers
des petits rongeurs, cadavres et excréments. Marécages.
EPHYDRIDAE
13. — Scatella Sancti-Pauli Schiner, 1868, Reise d. Osterr. Fregatte
Novara, Zool., II, 1. B, p. 243.
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955.
Dans les joncs, au fauchoir, 6-8 mars 1956.
Trouvé à l’île Saint-Paul par la « Novara » et signalé encore par
G. Enderlein (1908 : p. 483).
14. — Scatophila caviceps Stenhammar.
Nouvelle-Amsterdam, à terre, près des carcasses des bœufs, 6-8.1.1952
(P. Paulian ap. Séguy, Mém. Madagascar, IV, 1953, p. 611, 14).
M. Paulian n’a pas retrouvé cette espèce lors de son deuxième voyage
(1956).
Thalassophile en Europe.
DROSOPHILIDAE
15. — Scatomyza graminum (Fallén).
Falaises d’Entrecasteaux, dans la végétation (mousses et graminées),
4-11 mars 1956.
Dans les joncs (Isolepis) au fauchoir, 6-8 mars 1956 (P. Paulian).
A été trouvé à l’île Saint-Paul, le 25 novembre 1939 (R. Jeannel ap.
Séguy, 1940 : p, 253).
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
149
Très commun dans les lieux cultivés de toute l’Europe, et probable¬
ment répandu dans toute la région holarctique.
La larve peut se développer sur le Cochlearia officinalis L., sur divers
Brassica, et sur le Rhaphanus satiuus L., dont elle mine les feuilles, comme
celle de son congénère le Scaptomyza flava Fallén.
Cette espèce a peut-être été importée par l’éleveur de la Réunion
qui a planté des légumes dans l’île en 1870 (cf. anle).
MUSCIDAE
16. — Fucellia maritima (Haliday). — ALDRiCH.Proc. Cal. Acad. Sc.,
VIII, 1918, p. 157 ; Séguy, Généra Insectorum, fasc. 205 (1937),
p. 43 et Mémoires du Muséum, XIV, 1940, p. 264.
Exactement semblable aux exemplaires que l’on trouve en Europe,
en Afrique septentrionale et sur la côte atlantique de l’Amérique boréale,
aussi en Australie.
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955.
Camp, à la lumière des lampes, mars 1956.
Zone intercotidale, dans le varech rejeté sur la côte et pourri, 2 mars
1956.
Déjà trouvé à Amsterdam le 6-8 janvier 1952, à terre, près des car¬
casses des bœufs (Paulian ap. Séguy, 1953 : p. 611, 15) et à l’intérieur
des baraques (13 avril 1950, 11 heures), ou dans les anfractuosités des
roches (Dr. Aretas).
Egalement rapporté des îles Kerguelen et de Saint-Paul par M. le
Dr. R. Jeannel (Séguy, 1940 : p. 264).
17. — Euryomma peregrinum (Meigen). — Séguy, Généra Insecto¬
rum, fasc. 205 (1937), p. 180.
Amsterdam : La Recherche, 4-12 décembre 1955, sous la tente, à la
lampe (1 ex.).
Mexique : Ile de Guadalupe, Captain’s cabin on « Orca », 26 oct. 1957
(J. W. Sefton ap. Arnaud, Ent. News, XX, p. 184, 1951.
Europe. Hawaï. Cosmopolite.
Le type femelle décrit par Meigen a été trouvé dans le salon d’un
bateau américain amarré à Hambourg.
18. — Fannia albitarsis Stein, 1911. Arch. f. Naturg., LXXVII,
A.H.l, p. 105,106.
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955 (P.
Paulian).
Déjà trouvé à la Nouvelle-Amsterdam, à l’intérieur des baraques,
13 avril 1950 (Dr. Aretas).
Amérique méridionale.
Source : MNHN, Paris
150
E. SÉGUY
19. — Fannia canicularis (Linné). — Verrall, Phil. Trans. R. Soc.
Lond., CLXVIII, 1879, p. 238 (Kerguelen).
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 décembre 1955.
Zone intercotidale, dans le varech rejeté sur la côte et pourri,
2 mars 1956 (P. Paulian).
A l’intérieur des baraques (13 avril 1950, 11 heures). A l’air libre,
paraît préférer le voisinage des bovidés et se rencontre sur leurs déjections,
sous les pierres dans les endroits ventilés (Dr. Aretas).
Déjà cité de la Nouvelle-Amsterdam par Enderlein (1908 : p. 491)
et de l’île Saint-Paul par Schiner (1868, p. 298).
Très commun partout pendant toute l’année. Se développe et se
rencontre souvent dans les maisons. La larve polyphage peut être copro-
phage et occasionnellement myasigène.
CALLIPHORIDAE
20. — Calliphora antarctica Schiner, 1868, Reise der Osterr. Fregatte
Novara, Zool. I, II, Diptera, p. 308. — Enderlein. Wiss. Ergebn.
Deutsch. Tiefsee Exped., III, 1903, p. 253, pl. 38 et Deutsche
Südpolar Exped., X, Zool., II, p. 403. — Séguy, Mém. Muséum,
XIV, 1940, p. 266.
c?. Espace interoculaire égal à la largeur du troisième article anten-
naire ; orbites cohérentes sur un point. Troisième article antennaire
trois fois plus long que la deuxième. Carène faciale cilié jusqu’au niveau
du chète antennaire. Barbe uniformément noire. Palpes d’un roux orange.
Palpiger longuement cilié. Pilosité céphalique noire. Stigmates : protho¬
racique jaune, métathoracique brun. Soies dorsocentrales 2 + 3. Basi-
costa brune à reflets satinés, blancs. Cuillerons bruns bordés de blanc.
Appareil copulateur saillant. Sternite prégénital avec deux lobes ova¬
laires longuement ciliés. Sternite génital et apodème du pénis comme
chez le Calliphora vomitoria. Forceps à branches internes et externes
deux fois plus épaisses que chez le C. vomitoria. Phallus du même type
que celui du C. erythrocephala, paraphallus écourté à l’extrémité, ne
dépassant que de très peu l’axe de l’hypophallus.
Long. : 6-10 mm.
Q. Espace interoculaire égal à trois fois la largeur du troisième article
antennaire, atteignant pratiquement la grande vibrisse. Carène faciale
ciliée sur à peu près la moitié de sa longueur. Scutellum toujours noir,
à reflets légèrement pourprés. Les tergites abdominaux ont une bordure
apicale de pruinosité blanche, chatoyante, noire sous un certain éclai¬
rement, aussi nette que chez certaines Chrysomyia. Le reste comme chez
le mâle.
Long, très variable : S 6-8 mm., Q 8-12 mm.
La Recherche, sous la tente, à la lampe, 4-12 déc. 1955 (P. Paulian).
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
151
Falaises d’Entrecasteaux, dans la végétation, 4-11 mars 1956 (P.
Paulian).
A l’intérieur des baraques (13 avril 1950, 11 heures). Particulièrement
agressif sur l’homme, même à l’air libre. Vole constamment autour de la
figure, vers les yeux ou les commissures labiales (Dr. Aretas).
Déjà signalé de la Nouvelle-Amsterdam (Enderlein, 1908 : p. 490-
491) et de Saint-Paul (Schiner, 1868, p. 308. — Jeannel ap. Séguy, 1940,
p. 226).
Le Calliphora antarctica diffère du C. vomitoria (Linné) par l’écarte¬
ment des yeux, par les caractères chromatiques de la face, du scutellum
et de l’abdomen, par la conformation de l’appareil copulateur.
La femelle du Calliphora vomitoria présente les caractères suivants
qui s’opposent à ceux du C. Sancti-Pauli :
Espace interoculaire égal au moins à quatre fois la largeur du troisième
article antennaire. Antennes plus courtes, l’extrémité du troisième article
antennaire séparée de la grande vibrisse par à peu près la largeur de
l’antenne. Carène faciale ciliée sur plus de la moitié de sa longueur.
Scutellum mat, sans reflets pourprés, avec parfois une transparence
rousse ou brune à l’extrémité. Les tergites abdominaux ne présentent
pas de bordure régulière noire, à reflets blancs.
Le Calliphora Pattoni Aubertin diffère par l’écartement des yeux qui
est égal à la moitié de la largeur du troisième article antennaire, par la
face à reflets roux, par l’écaille basicostale noire, par les forceps à branches
inégales.
Le Calliphora croceipalpis Jeannicke se distingue par l’espace inter¬
oculaire très étroit, par les yeux couverts d’une pubescence fine, par les
taches argentées du bord antérieur de l’orbite et du milieu des gènes,
par la marge buccale largement blanchâtre, par l’écaille basicostale
argentée, par l’abdomen à reflets pourprés.
Le Calliphora antarctica forme avec les espèces précédentes (crocei¬
palpis, erythrocephala, Pattoni, vomitoria) un groupe homogène dont les
représentants sont largement répandus sur le globe. Le C. vomitoria
habite toute la région holarctique, le C. erythrocephala a été dispersé
par l’homme dans le monde entier, le C. Pattoni habite le Cachemire
et la région himalayenne, le C. croceipalpis est propre à l’Afrique centrale,
orientale et australe. Toutes ces espèces se rapprochent occasionnellement
des habitations humaines.
La présence d’une espèce de Calliphore particulière, confinée aux îles
Saint-Paul et Amsterdam, peut s’expliquer par l’action de l’homme.
Dans le. groupe vomitoria-croceipalpis, le Calliphora antarctica montre
une parenté manifeste avec le C. vomitoria. On peut supposer que cette
dernière espèce, amenée accidentellement par l’homme à l’île Saint-Paul
et transportée ensuite sur l’île Amsterdam, brusquement soumise aux
influences d’un nouveau milieu, s’est plus ou moins rapidement modifiée
pour donner l’espèce que R. Schiner a désignée sous le nom d’antarctica.
Source : MNHN, Paris
152
E. SÉGUY
Il faut encore noter que les mouches bleues fantarctica Sch.J recueillies
par M. Aubert de la Rüc, par M. le Dr. Jeannel, par M. Paulian ou par
M. le Dr Aretas, capturées à Saint-Paul et à la Nouvelle Amsterdam, sont
exactement semblables.
OUVRAGES CONSULTÉS
Aldrich (J. M.), 1918. —■ The Kelp-flies of North-America (genus Fucellia,
family Anlhomyidae). — Proceedings of the California Academy of Sciences
(s. 4), VIII, n° 5, p. 157-179, fig. 1-10.
Arnaud (P.-H.), 1959. — Records of Diptera from Guadalupe Island, Mexico.
— Emomological News, XX, p. 182-185.
Aubert de la ROe (E.), 1931. — Voyage aux îles Saint-Paul, Amsterdam et
Kerguelen. — La Géographie, IV, janvier-février 1931, p. 20-33.
Aubert de la Rüe (E.), 1953. — Les terres australes. — Paris (Presses Uni¬
versitaires), p. 15, fig. 2.
Blanchard (E.), 1853. — Voyage Pôle Sud et dans l’Océanie, sur les corvettes
«l’Astrolabe » et «laZélée» pendant les années 1837-1840, sous le comman¬
dement de J. Dumont d’Urville. Paris (Gide et Baudry). IV : Description
des Insectes, par E. Blanchard (422 pages). Atlas in-fol.
Drygalski (E. von), 1909. — Deutsche Südpolar-Expedition, 1901-1903, in
Auftrage der Reichsamtes des Innern. X Band, Zool., II Band. Berlin
(Reimer). — Die Insekten des Antarktischen Gebietes von G. Enderlein,
p. 363-532 (1908), 42 fig., pl. XL-LXIII.
Eaton (A. E.), 1875. — Brèves Dipterarum uniusque lepidopterarum insul.
Kerguelensi Indigenarum Diagnoses. — Entomologist’s Monthly Magazine,
vol. 12, p. 58-61.
Enderlein (G.), 1903. — Die Landarthropoden der von der Tiefsee-Expedition
besuchten antarktischen Inseln. Wiss. Ergebn. der deutschen Tiefsee-
Expedition aus dem Dampfer « Valdivia » (Cari Chun), III, pl. 197-270,
pl. 31-40, 6 fig. — II. Die Landarthropoden der antarktischen Inseln
St-Paul und Neu-Amsterdam, p. 249-270, pl. 38-40, p. 249-264, 5 fig.
Enderlein (G.), 1908. — Die Biologische Bedeutung der Antarktis. Deutsche
Südpolar-Expedition, 1901-1903 herausgegeben von Erich von Drygalski.
X, Zool. II. Berlin (Reimer), p. 327-360, pl. XXXIX, u. 2 textfig.
Enderlein (G.), 1908. — Die Insekten des Antarktischen Gebietes. —
Deutsche Südpolar-Expedition, 1901-1903, X, Zool. II, Berlin (G. Reimer),
p. 361-528, 42 fig., 24 pl.
Frauenfeld (G.), 1858. — St-Paul. — Verh. d. zool.-bot. Ges. Wien, I. p. 263-
272 ; II, p. 381-384.
Source : MNHN, Paris
DIPTÈRES DE L’iLE AMSTERDAM
153
Jeannel (R.), 1940. — Croisière du «Bougainville» aux Iles australes fran¬
çaises — Mém. Mus. Nat. Hist. nat., XIV, p. 1-326, fig. et pl.
Kidder (J. H.), 1876. — Natural History of Kerguelen Island (made in connec¬
tion with the United States Transit-of-Venus Expédition 1874-75). —
Bulletin of the United States National Muséum, n. 3 (p. 1-122) (Insectes,
p. 49-57).
Schiner (J. R.), 1866. — Bericht über die von Weltuinseglungsreise der k.
Fregatte « Novara » mitgebrachten Dipteren. —• Vehr. k. k. zool.-bot. Ges.
in Wien, 1866, p. 927-934.
Schiner (R.), 1868. — Reise der ôsterreichischen Fregatte «Novara», Zool.
T., Bd. II, 1, B, Diplera. — Wien (Gerold), IV-388 p., 4 pl.
Séguy(E.), 1937.—Généra Insectorum, fasc. 205. Fam. Muscidae. —Bruxelles
(Wytsman).
Séguy (E.), 1940. — Croisière du Bougainville aux Iles australes françaises.
IV. Diptères. — Mémoires du Muséum (n.s.), XIV, p. 203 à 267, 139 fig.
Séguy (E.), 1953. — Insectes (Mallophages, Anoploures et Diptères) recueillis
par M. P. Paulian aux Iles Kerguelen. — Mémoires de l’Institut scientifique
de Madagascar, sér. E, IV, p. 553-615, 64 fig.
Vêla in (Ch.), 1878. — Remarques sur la faune des Iles Saint-Paul et Amster¬
dam, suivies d’une description des Mollusques de I’île. Expédition française
aux îles Saint-Paul et Amsterdam. Passage de Vénus sur le Soleil (9-XII-
1874). — Arch. Zool. exp. et gén., VI, p. 1-148, fig. et 5 pl.
Verrai. (G. H.), 1879. — (Note sur le Fannia canicularis) in : An Account of
the Petrological, Botanical and Zoological collections made in Kerguelen
Land and Rodriguez during the Transit-of-Venus Expédition in the years
1874-1875. — Philos. Trans. R. Soc. of London, vol. 168, p. 219-257, pl. XIII
et XIV.
Viette (P.), 1959. — Lépidoptères de l’île Amsterdam (récoltes de M. Patrice
Paulian), (1955-1956). — Bull. Soc. ent. France, LXIV, p. 22-29, 6 fig.
Achevé d'imprimer le 30 Janvier 1900
Printed in France.
Le Directeur-Gérant : Prof. E. Séguy.
Pierre André, imp., 244 boulevard raspail, Paris 14.
Dépôt légal : 1" trimestre 1960.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris