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MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XVIII
FASCICULE 2
v P. ROTH
LES SPHEX PALÉARCTIQUES
DU SOUS-GENRE PALMODES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-S aint-Hilaire (V e )
1963
Source : MNHN, Paris
Courut Ml JH! I. ‘‘uns
2 - m.
1IÉJI01IIES DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie. Tome XVIII. Fascicule 2. — 1963
LES SPHEX PALÉARCTIQUES DU SOUS-GENRE PALMODES
par
Paul ROTH
Le terme Palmodes a été créé par Kohl, en 1890, pour désigner l’un des
« groupes d’espèces (Artengruppe) » que cet auteur jugeait utile de définir au
sein du grand genre Sphex L. La valeur systématique de ce groupe, érigé
depuis en sous-genre, a parfois été critiquée ; Gribodo, notamment [32] (1),
estimait que, parmi les caractères distinctifs énoncés par Kohl, la coloration
de l’abdomen constituait, en dernière analyse, le seul discriminant entre
Palmodes et Calosphex (2).
Quoiqu’il en soit, le sous-genre Palmodes se présente indiscutablement
comme un ensemble homogène de formes affines, tellement même que les
distinctions spécifiques entre elles sont souvent des plus délicates. Ceci
explique l’abondante synonymie qui encombre la systématique de ce groupe,
nombre d’espèces décrites n’étant, à mon avis, que des sous-espèces ou même
des races locales, — tandis qu’au contraire des formes bien distinctes ont
fréquemment été méconnues et confondues entre elles sous une seule étiquette
spécifique. Tel est, en particulier, le cas de S. occitanicus Lep. et Serv., au
sujet duquel Kohl écrivait, se cantonnant dans une prudente réserve :
« Eine Auflôsung von occitanicus in mehrere Arten ist, bei Umbestàndigkeit
der Merkmale, besonders der Mânnchen, wissenschaftlich nicht môglich »
([41] p. 120) ; et pourtant, ce disant, le grand spécialiste des Sphecinae
décrivait des espèces (S. pundicollis p. ex.) que je ne puis me résoudre à
considérer comme spécifiquement indépendantes d’ occitanicus.
Aujourd’hui, il est vrai, la généralisation de la notion de Sous-espèce
permet de résoudre le problème dans une certaine mesure. Mais, en raison de
l’insuffisance du matériel provenant de certaines régions, il est encore impos-
(1) Les chiffres entre crochets renvoient à la Bibliographie.
(2) Je trouve, quant à moi, le jugement de Gribodo un peu trop absolu, rejoignant en
cela d’autres critiques qu’il adresse à Kohl. Les Palmodes d’une part et les Calosphex
d’une autre apparaissent immédiatement comme des groupes parfaitement homogènes et
facilement distincts. Une analyse un peu poussée révèle d’ailleurs des caractères morpho¬
logiques (tels la configuration du clypeus) justifiant bien leur séparation.
A l’opposé de la position de Gribodo se situe celle de Bohart et Menke [21] qui
considèrent Palmodes Kohl comme un Genre particulier de la tribu des Sphecini.
Mémoires du Muséum. — Zoologie t. XVIII. 10
Source : MNHN, Paris
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P. ROTH
sible de trancher définitivement tous les cas ; aussi faudra-t-il considérer
comme provisoires certaines des catégories auxquelles se risquera la présente
étude et qui demandent la confirmation d’informations plus amples.
EXAMEN DE CERTAINS CARACTERES
Clypeus.
La forme du clypeus des Palmodes est, surtout chez les Ç, très caracté¬
ristique. Le bord antérieur comporte une plage étroite à contours découpés,
plane dans l’ensemble, mais relevée ou déprimée en certains points. Cette
bordure est habituellement lisse, brillante et imponctuée ; elle tranche sur le
disque du clypeus, — lequel, plus ou moins bombé, est franchement ponctué
ou chagriné (sculpture pouvant être partiellement cachée par la pubescence).
La configuration du pourtour de ce bord antérieur a une grande impor¬
tance systématique. Elle se présente suivant le schéma ci-après (fig. 1) :
Au milieu, un lobe médian A, proéminent et largement tronqué, parfois
échancré en son centre, est limité latéralement par des angles a, plus ou moins
obtus. Deux lobes B, de moindre importance, l’encadrent à droite et à gauche,
formant des angles saillants b, plus ou moins arrondis, et généralement un
Fig. 1. — Clypeus de Palmodes Ç : A, lobe antérieur; a-a, sa troncature; f, distance
interoculaire (la même qu'au vertex lorsque — cas général—-les yeux sont parallèles).
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES 141
peu en retrait sur la ligne aa ; ils n’épousent pas exactement le plan du lobe A,
mais sont un peu déprimés latéralement et relevés sur leur bord.
Entre les lobes A et B, une sinuosité ab de profondeur variable échancre
le clypeus de part et d’autre. Une autre sinuosité concave bc, précédant
l’articulation des mandibules, fait suite au saillant b.
Pour la distinction des espèces, il faut considérer :
1° la largeur du lobe A (mesurée par la distance a-a) (1) ; elle sera compa¬
rée à la largeur totale c-c du clypeus ou à celle de la face (]) ;
2° le degré de proéminence de ce lobe A par rapport aux lignes idéales
b-b et c-c ;
3° la configuration de sa marge antérieure a-a (rectiligne, arquée,
échancrée — angulairement ou circulairement — etc.) ;
4° l’aspect des saillants a et b, acuminés ou arrondis ;
5° les arcs, plus ou moins profondément creusés, des sinuosités ab et bc.
La conformation du clypeus, dont les côtés sont toujours un peu fuyants
en c, exigera généralement une observation latérale et oblique qui viendra
compléter la vision de face réalisée suivant la normale.
Les caractères ainsi fournis par le clypeus ont, chez les Ç, une grande
constance spécifique ; mais, chez les <?, ils ont souvent instables et toujours
plus atténués.
Forme des segments thoraciques.
La conformation du pronotum, plus ou moins globuleux ou allongé (ses
angles latéraux antérieurs étant saillants ou effacés), progressivement déclive
ou coupé perpendiculairement en avant, etc., fournit souvent de bons
caractères spécifiques ; le degré de convexité du scutellum et l’importance du
sillon médian qui le partage longitudinalement donnent, parfois aussi,
d'assez bons renseignements, mais sont sujets à variations individuelles au
sein de la même espèce.
Longueur du pétiole (2).
Kohl a fait de la longueur du pétiole, comparée à celle de certains articles
du funicule ou des tarses postérieurs, l’une des bases de ses diagnoses. Il
s’agit cependant de relations médiocrement significatives, les éléments
servant de base de comparaison étant, eux-mêmes, sujets à variations spé¬
cifiques ; on observe d’ailleurs, au sein de la même espèce, un taux de diver¬
sité individuelle qui rend très décevante l’utilisation de rapports arithmé¬
tiques. Sur un ensemble suffisant d’exemplaires, on peut, sans doute, dégager
certaines moyennes statistiques utilisables ; mais il faudra toujours se garder
(1) Elle est malheureusement difficile à délimiter quand les angles a et les arcs ab sont
trop largement arrondis.
(2) Cet élément correspond à la distance dorsale horizontale (c’est-à-dire sans tenir
compte de la courbure du pétiole) entre le début de l'échancrure où s’insère le funiculus
(petit muscle d’articulation de l’abdomen sur le propodeum) et la base du 1" tergite.
Source : MNHN, Paris
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P. ROTH
de leur accorder une valeur critique absolue ; et, en définitive, seules les
différences d’une amplitude marquée paraissent devoir fournir une base
d’appréciation satisfaisante.
Des rapports plus concluants paraissent découler de la comparaison entre
la longueur du pétiole et la distance interoculaire au vertex ; l’incidence d’une
variation éventuelle, spécifique ou individuelle, de ce dernier élément peut,
en effet, être éliminée en faisant intervenir secondairement l’identité du
rapport largeur de la face — largeur de la tête.
Sculpture.
La sculpture fournit évidemment des caractères spécifiques importants ;
mais il convient ici de considérer son type et son aspect général, plutôt que
son degré d’accentuation, sujet à trop de variations individuelles. Ain si,
chez occilanicus, tous les S présentent, sur le dorsulum, un lacis de petites
strioles courtes dessinant des alvéoles au fond desquelles se nichent de gros
points creux, et, sur le propodeum, des stries plus longues et plus parallèles,
entre lesquelles s’alignent les points ; mais l’enchevêtrement plus ou moins
apparent des strioles, la régularité des stries, la profondeur, la grosseur et
l’écartement des points, peuvent varier assez considérablement d’une sous-
espèce à l’autre, et même — quoique plus faiblement — entre individus d’une
même population ; par contre, le « type » de sculpture reste constant, tandis
que, chez slrigulosus, le tableau change complètement, le dorsulum, exempt
de strioles, montrant une petite ponctuation serrée et le propodeum une fine
striation bien alignée avec seulement une microponctuation du fond tégu-
mentaire (comparer fig. 68 et 70).
J’ai noté, par ailleurs, l’irrégularité accidentelle et individuelle de l’orien¬
tation des stries sur le propodeum, cette sculpture, en règle générale trans¬
versalement alignée, pouvant parfois s’infléchir obliquement de part et
d’autre de la ligne médiane pour dessiner des chevrons assez prononcés.
La ponctuation de la face et du vertex évolue parallèlement à celle du
thorax. Celle de l’abdomen ne donne aucune indication intéressante.
Peigne du métatarse I des Ç.
Chez les $ de Palmodes, le nombre des grandes épines qui composent le
peigne externe du métatarse I apparaît, pour chaque espèce, remarquable¬
ment constant. Les exceptions individuelles sont rarissimes. Mais, dans
l’observation de ce caractère, il faut prendre garde aux mutilations possibles,
telle épine pouvant avoir disparu par usure ou par accident ; j’ai vu des
occitanicus dont l’un des métatarses antérieurs ne laissait apparaître que
5 épines, tandis que l’autre offrait un peigne complet de 6 épines.
Je considère le nombre de ces épines comme un bon caractère spécifique,
et principalement quand il diffère du chiffre de 6, qui représente la norme
subgénérique.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
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8 e STERNITE DES S-
L’importance de ce caractère a été soulignée récemment par Gussa-
kovskij [36] ; elle n’est malheureusement pas d’ordre spécifique, et la forme
du 8 e sternite des ne peut guère servir qu’à définir des groupes d’espèces;
par contre, les dits groupes apparaissent bien homogènes et distincts.
Le premier paraît ne comprendre que P. argyrius, espèce tout à fait à
part (pas de peigne métatarsal Ç, 3 e cubitale largement tronquée sur la radiale,
nidification originale), qui forme transition avec le Sous-Genre Isodontia.
Le 8 e sternite <J est en forme de bonnet de police, avec deux avancées laté¬
rales bien séparées par une excision légèrement arquée (fig. 2).
Fig. 2 à tO. — S' sternite<5 : 2, argyrius; 3, melanarius ; 4, slrigulosus ; 5, occilanicus;
6, o. gaelulus ; 7, o. syriacus ; 8, orientalis (présumé) ; 9, palmetorum ; 10, garamantis.
Dans le second groupe se classent P. melanarius et P. pusillus. Le 8 e ster¬
nite (J est subtriangulaire, terminé en pointe arrondie ; ses côtés sont
légèrement sinueux (fig. 3).
Le 3 e groupe est le plus nombreux. Le 8 e sternite <? est, soit subrectan¬
gulaire, carrément tronqué (P. minor), soit échancré en cœur (P. orientalis.
Source : MNHN, Paris
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P. ROTH
fig. 8), avec tous les intermédiaires entre ces deux extrêmes. Ici se placent
les nombreuses formes voisines de P. occitanicus, P. strigulosus, etc... Elles
semblent bien se différencier entre elles par des particularités du 8 e sternite,
mais si subtiles qu’elles demeurent très délicates à interpréter : elles portent
sur la profondeur de l’échancrure apicale, sur le degré de parallélisme,
convergence ou divergence des côtés, sur la ponctuation, sur l’emplacement
et l’étendue d’une dépression centro-apicale, tous caractères qu’il est d’ail¬
leurs difficile de bien observer sans disséquer le sclérite en question, très
souvent invaginé partiellement.
L’examen de l’aedeagus aurait peut-être confirmé les caractéristiques
offertes par le 8 e sternite ; je n’ai malheureusement, pas pu le pratiquer
systématiquement et ne puis rien inférer des données insuffisantes que je
possède sur ce point.
Partie caractéristique de l’aile.
Les Palmodes appartiennent à la section du grand genre Sphex à 2 e cellule
cubitale étroite, plus haute que large. Cette étroitesse est quelque peu
variable, la mesure de la base de la cellule (celle-ci dessinant en général un
parallélogramme assez régulier) oscillant entre la moitié et les 5/7 de celle
des côtés (correspondant aux l re et 2 e nervures transverso-cubitales). Ces
écarts se constatent notamment au sein de l’espèce occitanicus, et même de
certaines de ses races, qu’il est donc impossible de caractériser en fonction de
ce détail. On peut dire, par contre, que la 2 e cubitale est toujours étroite
chez strigulosus, minor et melanarius, et toujours large chez arggrius.
Un autre caractère très variable est l’importance de la troncature supé¬
rieure de la 3 e cellule cubitale, c’est-à-dire de l’écartement des points d’abou¬
tissement des 2 e et 3 e nervures transverso-cubitales sur la radiale. Cet écar¬
tement qui, chez strigulosus et surtout chez arggrius, dépasse la largeur de
la 2 e cubitale, est inférieur à cette largeur chez les autres espèces (tout au
plus subégal) ; il peut alors varier jusqu’à devenir presque nul (3 e cubitale
subtriangulaire) ; une telle variabilité, nullement liée à celle de la largeur de
la 2 e cubitale et manifestée parfois au sein d’une même population, rend
illusoire toute interprétation taxonomique de ce caractère.
Il en est de même du point d’aboutissement de la l re nervure récurrente
sur la base de la 2 e cellule cubitale, ainsi que de la forme, plus ou moins
acuminée ou arrondie, de l’apex de la cellule radiale.
Pilosité — Coloration.
Ces deux ordres de caractères fournissent les indications habituelles,
diversement valables suivant leur constance spécifique. La présence ou
l’absence de duvet argenté sur la face ou le clypeus des 3 constitue un détail
important (malheureusement difficile à apprécier quand il ne s’agit pas
d’individus frais).
Le mélanisme est fréquent chez les Palmodes. Certaines espèces ou sous-
espèces ont été décrites à partir d’individus à téguments complètement
noirs. En général, cependant, l’examen d’un grand nombre d’exemplaires de
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
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ces formes en révèle quelques-uns présentant des traces de ferrugineux, ou,
localement, une tendance vers cette nuance. D’autre part, dans nombre
d’espèces à $ bicolores, les 3 sont normalement noirs — ou, tout au moins,
tendent au mélanisme par régression des parties claires, toujours peu éten¬
dues. J’ai même l’impression que certaines espèces à Ç normalement bico¬
lores peuvent offrir des formes géographiques à 3 bicolores et d’autres à
3 noirs, sans qu’il soit possible de trouver, entre ces formes, des caractères
morphologiques justifiant une distinction subspécifique ; je reviendrai sur la
question à propos de la « variété syriacus » de P. occitanicus.
Faunistique.
A l’exception d’une dizaine d’espèces néarctiques et d’une autre apparte¬
nant à la Région australienne, le Sous-Genre Palmodes est confiné à la Région
paléarctique ; certaines formes se rencontrent cependant dans les marches
de la Région orientale (Afghanistan, Baloutchistan, Kiang-Su et Tche-
Kiang), mais on n’en a retrouvé encore aucune des Sous-Régions indienne et
indo-chinoise proprement dites. C’est la Sous-Région méditerranéenne qui
est la plus riche en Palmodes; une espèce quasi-ubiquiste, P. occitanicus, qui
manifeste, il est vrai, une grande plasticité et de nombreuses races adapta¬
tives locales, est répandue sur tout le pourtour de la Méditerranée. Mais c’est
surtout la zone orientale de cette aire (notamment la région irano-toura-
nienne) qui apparaît propice à l’épanouissement du Sous-Genre Palmodes et
à l’éclosion de formes spécifiques dont plusieurs restent certainement encore.
inédites.
DIVISION DU SOUS-GENRE EN GROUPES D’ESPÈCES
Comme on l’a vu, on peut répartir les espèces paléarctiques en trois
groupes bien délimités, basés sur la conformation du 8 e sternite des 3 :
1° Celui d ’argyrius, comprenant une seule espèce, caractérisée par le
défaut de peigne tarsal antérieur chez les $, par la forme en bonnet de police
du 8 e sternite 3 , et, dans les deux sexes, par la largeur de la troncature de la
3 e cellule cubitale sur la radiale. P. argyrius, remarquable également par ses
mœurs et sa nidification très spéciale, semble former transition avec les
Isodontia, dont le séparent toutefois de nombreux caractères morphologiques.
2° Celui de melanarius-pusillus, dont les 3 offrent un 8 e sternite conique ;
les $ ne se singularisent guère que par la coloration entièrement claire de
l’abdomen, segments apicaux compris.
3° Celui d’occitanicus, dont les 3 ont le 8 e sternite subrectangulaire ou
arrondi, plus ou moins échancré en cœur. C’est le plus nombreux. Il peut, à
son tour, être divisé en deux sous-groupes, fondés sur la forme du bord
antérieur du clypeus Ç :
Source : MNHN, Paris
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P. ROTH
a) le sous-groupe de strigulosus, auquel j’ajouterai orientalis et minor;
b) le sous-groupe d ’occitanicus, au sein duquel je distinguerai P. occita-
nicus (avec les sous-espèces punclicollis, cyrenaicus, syriacus, perplexus,
auxquelles j’ajoute barbarus, gaetulus et ibericus), P. palmetorum et P. gara-
mantis; cette liste n’est pas, du reste, limitative, et il est probable que
d’autres formes, encore inconnues ou méconnues, seront à y ajouter un jour.
Il me faut remercier ici les collègues obligeants et les responsables des
Musées qui ont bien voulu me soumettre du matériel ou me communiquer des
types : M lles Guiglia (Gênes), Kelner-Pillault (Paris) ; MM. Berland
(Paris), Espanol (Barcelone), Fischer (Vienne), Moczar (Budapest),
Nadig (Zuoz), Suarez (Alméria), Verhoeff (Den Dolder). Je mentionnerai
particulièrement M. de Beaumont (Lausanne) dont l’active et éclairée
collaboration m’a été, comme toujours, des plus précieuses. Je remercie
également le Dr Boux, de Pau, qui a collaboré à l’exécution des dessins
illustrant cette étude.
GROUPE DE Palmodes argyrius
Sphex (Palmodes) argyrius Brullé
— Sphex emarginata Brullé
Décrit de Morée. Répandu dans le Proche-Orient, en Asie Mineure et en
Israël ; se retrouve en Italie méridionale, en France méditerranéenne (Vau¬
cluse, Var) et en Espagne. Je l’ai signalé d’Algérie [53], où il semble rare (je
n’en connais que 3 <? et 1 $).
La $ est bien reconnaissable à ses métatarses I dépourvus de peigne
(Fig. 38) ; entièrement noir, le $ se distingue par la pruinosité argentée qui
couvre le 1 er tergite et par la forme « en bonnet de police » du 8 e stemite
(Fig. 2). L’un et l’autre sexes se caractérisent aussi par la troncature parti¬
culièrement large de la 3 e cellule cubitale sur la radiale (plus large que la
2 e cubitale) (Fig. 52).
La nidification très spéciale de ce Sphex a été décrite par Berland [17],
qui, à cette occasion, a développé les arguments incitant à le rapprocher des
Isodontia.
GROUPE DE Palmodes melanarius
Sphex (Palmodes) melanarius Mocs.
— Sphex anatolicus Kohl.
— Sphex picicornis Mor.
Décrit du Caucase et de Grèce. Connu également d’Espagne, du Maroc,
d’Algérie et de Tripolitaine.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
147
Les $ se reconnaissent immédiatement à leur abdomen entièrement
rouge (ou taché irrégulièrement de noirâtre). De plus, la pilosité de la tête et
du thorax est de couleur claire (blanchâtre). La longueur du pétiole dépasse
nettement la distance interoculaire au vertex et atteint celle des art. 2-f 3 des
tarses 3.
Les <?, complètement noirs, sont plus difficiles à identifier. On les distin¬
guera cependant sans erreur (sauf confusion possible avec pusillus ) à la
forme subtriangulaire du 8 e sternite. (Fig. 3).
Mœurs inconnues.
(Fig. : 41, métatarse I Ç ; 33, clypeus ? ; 12, clypeus çj ; 54, cellules
cubitales et radiale Ç).
Sphex (Palmodes) pusillus Gussak.
Je ne connais cette espèce que par la description latine de l’auteur [36].
Originaire de Transcaspie, le 3 de pusillus (la $ restant inconnue) serait très
analogue à celui de melanarius. D’après Gussakovskij, il s’en distingue prin¬
cipalement par sa pilosité noire (brun clair chez melanarius ) et par la sculp¬
ture du mesonotum, qui est brillant, subtilement, régulièrement et den¬
sément strié transversalement sur toute sa surface (chez melanarius, il est
mat, subchagriné, assez irrégulièrement striolé) (1).
Un S provenant de Mandchourie (Ourga à Tsitsikar, Chaffanjon leg.,
coll. Muséum Paris) m’a laissé quelque peu hésitant quant à ses rapports
possibles avec cette espèce. De petite taille, il ressemble à un melanarius,
mais la sculpture est plus fine, et la troncature en arc concave du clypeus plus
étroite que chez ce dernier. Le vertex, le pronotum et le mesonotum, dépour¬
vus de duvet argenté comme chez pusillus, ne sont pas brillants, mais mats
comme chez melanarius. La vétusté de l’exemplaire permet difficilement
d’apprécier la couleur de la pilosité, dont il ne subsiste de traces que sur les
tempes ; elle paraît plutôt brune que noire.
S’agit-il de melanarius, de pusillus ou d’une troisième forme affine (le
8 e sternite le rattache bien à ce groupe) ? Il est impossible de trancher la
question sur le vu de cet unique exemplaire.
Je possède, par ailleurs, un petit Palmodes $, provenant de Pera-Pedi
(Chypre), qui se rapproche de melanarius mais s’en sépare par les caractères
suivants.
Taille : 20 mm ( melanarius : 22-27 mm). Sculpture fine : sur le vertex, le
pronotum, le dorsulum et le scutellum, un semis de gros points espacés et
discrets (très peu profonds) et une microponctuation peu serrée laissent
transparaître le fond brillant des téguments ; la striation du propodeum est
très fine, serrée et régulière ; celle des mesopleures, un peu plus grosse, est
(1) Le type (unique exemplaire) repose à l’Institut Zoologique de Leningrad ; je n’ai
s pu en avoir communication.
Source : MNHN, Paris
148
P. ROTH
moins forte que chez melanarius. Pas de duvet argenté sur le thorax ni sur les
pattes (chez melanarius, ce duvet est visible, notamment sur le collare).
Pilosité noire de la tête et du thorax ; clypeus avec du duvet argenté et des
poils noirs dressés. Peigne du métatarse I (Fig. 42) composé de 6 épines plus
fortes et plus courtes que chez melanarius. Ailes légèrement plus enfumées
que celles de melanarius. Pétiole un peu plus petit que art. 2+3 tarse 3.
Fig. 11 à 18. — Côtés de l’avant du clypeus o : 11, argyrius ; 12, melanarius ; 13, slrigu-
losus; 14, occitanicus ; 15, o. syriacus; 16, orientalis (présumé); 17, palmetorum;
18, garamanlis.
Pour tout le restant — forme du clypeus (Fig. 37), coloration de l’abdomen
notamment — cette $ ressemble à celles de melanarius. Il s’agit certainement
d’une forme très voisine. La finesse de la sculpture, la brillance des téguments,
l’absence de duvet argenté sur le thorax et la pilosité noire la rapprochent
curieusement du 3 pusillus, et je ne serais pas étonné qu’il s’agisse en effet
de la Ç, encore inédite, de ce dernier. Cependant, en raison de l’origine bien
différente des exemplaires représentant ces deux sexes, il serait un peu
hasardé d’affirmer leur correspondance sans un complément d’information
indispensable, notamment la connaissance d’autres individus cypriotes, et
principalement de 3.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
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GROUPE DE Palmodes occitanicus
Il est assez arbitraire de répartir, comme je l’ai fait pour des commodités
dichotomiques, les espèces de ce groupe en deux sous-groupes. En fait, les
formes que je réunis dans le premier de ces sous-groupes, P. strigulosus,
P. orientalis et P. minor, sont aussi distinctes entre elles que de P. occitanicus.
Elles ne peuvent être rapprochées les unes des autres qu’en raison de la
configuration du bord antérieur du clypeus $, dont les saillants B sont très
prononcés, fortement anguleux, et les sinuosités a-b profondément creusées
(ce qui est d’ailleurs aussi le cas pour les espèces du groupe melanarius ) ; le
lobe A est ainsi peu proéminent sur la ligne idéale b-b.
Les $ des espèces réunies dans le sous-groupe occitanicus présentent, par
contre, des saillants B plus arrondis, parfois même très atténués, et des
sinuosités a-b bien moins profondément excavées. Le lobe A est nettement
proéminent sur la ligne b-b.
Il n’y a pas concordance de ces caractères chez les $ correspondants,
dont le bord antérieur du clypeus est de forme beaucoup plus variable, non
seulement d’une espèce à l’autre, mais entre formes géographiques et parfois
entre individus d’une même population.
SOUS-GROUPE DE Palmodes strigulosus
Sphex (Palmodes) strigulosus A. Costa
— Sphex fera Dahlb.
— Sphex straboni Berland.
La $ de cette espèce se distingue aisément de celle d’ occitanicus, non seu¬
lement par la couleur rouge des genoux, des tibias et des tarses, mais encore
par la forme bombée de la partie supérieure du clypeus, par l’avancée sail¬
lante des lobes B, par la légère convergence vers le clypeus du bord interne
des yeux, par la troncature de la 3 e cellule cubitale, dont la largeur sur la
radiale dépasse presque celle de la 2 e cellule, et surtout par la sculpture du
mesonotum, mat, finement ponctué et subchagriné. L’insecte est d’ailleurs
de plus petite taille et d’allure plus élancée que les occitanicus de type cou¬
rant. POL légèrement < OOL (11 : 13).
La distinction des $ est plus malaisée. On peut observer cependant que le
dessin des 2 e et 3 e cellules cubitales offre les mêmes caractéristiques que chez
la Ç. La sculpture thoracique est beaucoup plus fine et régulière que chez
occitanicus ; le dorsulum et les mesopleures, en particulier, sont très finement
chagrinés, criblés de petits points réguliers qui, vus sous un fort grossissement,
s’alignent localement en stries un peu obliques. La coloration rappelle celle
Source : MNHN, Paris
150
P. ROTH
des S d’occilanicus, le ferrugineux n’occupant, sur l’abdomen, qu’une petite
partie du 1 er tergite et du 2 e sternite — parfois même si réduite qu’à l’œil
nu certains sujets semblent complètement noirs. La nuance rougeâtre des
tibias et des tarses, ainsi que la teinte brune de la pilosité dressée, indiquées
comme critères par certains auteurs, sont inconstantes et ne peuvent à elles
seules permettre une détermination. Il en est de même de la longueur du
pétiole.
Fig. 19 à 24. — Avant du clypeus 3 : 19, o. syriacus; 20, o. cyrenaicus ; 21, o. gaetutus;
22, palmetorum ; 23, orientalis (présumé) ; 24, garamanlis.
L’espèce est surtout du Proche-Orient (Israël, Asie Mineure, Balkans,
Crimée, Transcaspie, Turkestan). On la retrouve cependant çà et là dans le
Sud de l’Italie, dans la France méditerranéenne (elle remonte jusque dans le
Gard et le Vaucluse) et en Espagne. Elle n’a pas été signalée d’Afrique du
Nord.
(Fig. 39, métatarse I Ç ; 53, cellules cubitales et radiale $ ; 31, clypeus 9 ;
13, clypeus 3 ; 4, 8 e sternite <J ; 69-70, collare 3 ).
Sphex (Palmodes) orientalis Mocs.
Décrite par Mocsary, d’après des Ç provenant « du Sud de la Russie et
du Caucase » (Morawitz), cette grande espèce est peu connue. Je n’ai pu en
découvrir le type qui, s’il existe toujours, doit reposer dans un musée d’U.R.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
151
S.S. Kohl, cependant, indique l’avoir vu. D’après cet auteur, S. orienlalis se
distingue d ’occitanicus par: 1°, sa taille plus grande ; 2°, ses ailes plus claires ;
3°, la tomentosité blanche de la tête, du thorax et des pattes, les longs poils
restant bruns ; 4° la plus dense et plus fine striation du propodeum, lequel
présente sur sa face dorsale une ligne longitudinale médiane nettement
imprimée ; 5°, la présence de 7 grandes épines (au lieu de 6) au peigne du
métatarse I ; 6° la sculpture des mesopleures, assez fine, chagrinée, et non
grossièrement striée. Le 3 était inconnu.
En me reportant à la description de Mocsary, reproduite par André [2],
je note encore la couleur gris-noir de l’abdomen, dont les 4 premiers segments
ont le bord apical rougeâtre, et la pubescence argentée qui couvre densément
la face.
Je pense avoir retrouvé cette espèce dans une Ç de Sarepta (coll. Saussure,
Muséum de Genève) communiquée par de Beaumont. Il s’agit d’un grand
Palmodes (29 mm) complètement noir, sauf le bord des segments abdominaux
les tegulae, une partie des pattes et les épines des pattes antérieures, qui sont
nuancés de ferrugineux foncé ; les ongles sont rouges. Les ailes, subhyalines,
légèrement jaunâtres, ont un bord apical plus brunâtre, mais aussi clair que
le disque ; les nervures sont ferrugineuses. Face et clypeus revêtus d’un bril¬
lant duvet argenté, avec quelques poils noirs dressés clairsemés, brun de poix.
Sur le collare, le dorsulum, les mesopleures, les hanches et les trochanters,
quelques traces de duvet argenté. Thorax presque glabre, avec quelques
poils bruns sur le collare et les pleures.
La partie tronquée a-a du clypeus (fig. 29) est assez étroite (= environ 3/7
distance interoculaire), bordée d’échancrures a-b profondes ; les saillants B
sont prononcés et acuminés ; le lobe A est peu proéminent sur la ligne b-b.
La sculpture générale est très fine. La tête, le pronotum (étroit, fortement
déclive antérieurement et arrondi sur les côtés) et le dorsulum sont assez
brillants, montrant une microponctuation serrée et des points plus gros, très
discrets et épars. Les mesopleures offrent, sur fond microscopiquement
ponctué, de gros points creux plus serrés que ceux du notum, mais ne s’ali¬
gnant pas en stries et revêtant, sous faible grossissement, un aspect chagriné.
Propodeum finement strié transversalement, avec une ligne médiane longi¬
tudinale en relief très marqué.
Longueur du pétiole : 7/10 métatarse III, ou art 2 + 2/3 art. 3 tarse III,
ou art. 1 + 2 + 2/3 3 du funicule. POL < OOL (10 : 15 environ) (Fig. 66).
Le métatarse I (fig. 40) ne porte que 6 grandes épines. Ceci est en désaccord
avec les indications de Kohl. Mais le nombre de ces épines n’est pas toujours
absolument constant chez les grands Palmodes, et l’on trouve, exception¬
nellement des Ç occitanicus ayant aussi un peigne de 7 épines ; je reviendrai
sur la question à propos des formes noires de cette dernière espèce. Quoi qu’il
en soit, je ne pense pas que, dans le présent cas, ce détail puisse infirmer ma
détermination ; Kohl, en effet, n’avait certainement pas examiné beaucoup
d’exemplaires (peut-être n’en avait-il même vu qu’un seul) et la constance du
caractère incriminé reste incertaine.
A la Ç sus-décrite s’ajoutent, dans les cartons du Muséum de Genève,
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P. ROTH
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
153
4 <? de même provenance qui lui correspondent vraisemblablement. Ils ont en
commun avec elle :
— la coloration générale ; cependant les premiers tergites peuvent pré¬
senter des reflets rougeâtres et les nervures des ailes sont bistres (et non
ferrugineuses) ;
— le duvet argenté brillant qui couvre le clypeus, moins épais cependant.
Par contre, la tête et le thorax sont plus velus de poils bruns ; parfois, des
traces de duvet argenté sur le 1 er tergite ;
— la forme du pronotum, étroit et fortement déclive en avant ;
— la sculpture générale ; cependant (comme de règle pour tous les 3 de
Palmodes) la ponctuation est plus grosse. Sur le dorsulum et le scutellum,
plus mats, les petits points ont tendance à s’aligner en fines strioles. Les
mesopleures sont couvertes de gros points enfoncés et serrés, séparés par
quelques strioles.
Ces 3 diffèrent de la $ par la forme du clypeus (Fig. 16 et 23). Les angles B
sont moins saillants et plus arrondis. L’avancée antérieure A, bien proémi¬
nente et un peu relevée, est très visiblement échancrée ; les angles latéraux a
étant largement arrondis, l’ensemble apparaît bilobé. Les angles b sont peu
saillants, bien ouverts, et les sinuosités a-b modérément creusées.
Le 8 e sternite est subcordiforme, sa base étant rétrécie et son extrémité
dessinant deux lobes arrondis séparés par une échancrure anguleuse assez
prononcée (Fig. 8).
Taille : 21-23 mm. Pétiole = art. 2+3 tarse III. POL-OOL = 13 : 15.
Outre les 4 3 de la collection Saussure (Musée de Genève), j’en ai vu un
de la collection de Beaumont, également originaire de Sarepta. Je pense
qu’il s’agit toujours de la même espèce, malgré l’échancrure plus large, en
arc concave, occupant toute la largeur du lobe A du clypeus. POL : OOL =
15 : 17.
Enfin, un 6 e 3, qui accompagne les quatre premiers dans les collections
du Musée de Genève, et d’origine toujours identique, appelle quelques
réserves en raison de la forme un peu différente de la partie antérieure du
clypeus (lobe A moins profondément échancré, saillants B très atténués) et de
l’échancrure très profonde du 8 e sternite ; d’autre part, la striation du propo-
deum se présente en chevrons, c’est-à-dire oblique de part et d’autre de la
ligne médiane, tandis qu’elle est transversale chez les autres 3. Tout le reste
concorde. S’agit-il d’un individu aberrant ou d’une forme distincte? L’in¬
suffisance du matériel examiné ne me permet pas de me prononcer.
Sphex (Palmodes) minor Mor.
Grâce à l’obligeance du Dr Moczar, j’ai pu voir une Ç conservée au
Musée de Budapest (Krasnovodsk, Turcménie. — Etiquette de détermination
de Kohl ; il s’agit certainement de l’exemplaire mentionné par cet auteur
comme capturé par A. Becker). Mesurant seulement 18 mm, elle ressemble à
première vue à une petite Ç occitanicus; elle en a l’allure et la coloration
générale (les 3 premiers tergites sont rouge foncé, ainsi que la base des man-
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P. ROTH
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dibules, les tegulae et les tarses). Un examen plus minutieux montre cepen¬
dant que les poils de la tête et du thorax, plutôt brun foncé que noirs, sont
moins abondants, surtout sur le notum et le propodeum ; le duvet argenté
qui recouvre la face et le clypeus est plus nettement visible. La sculpture
diffère : la ponctuation de la face est plus fine ; sur le clypeus les gros points
sont peu apparents, plus espacés ; tout le notum (pronotum, dorsulum et
scutellum) est brillant, semé de points légers et espacés (chez occitanicus, ces
sclérites sont d’aspect mat, avec une double ponctuation accusée, et de gros
points forts et enfoncés ; chez strigulosus, ils sont mats et finement chagrinés).
Morawitz dit que le métatarse I présente, à sa marge externe, trois grandes
épines — ce qui fait cinq avec les deux terminales. Pour l’exemplaire du
Musée de Budapest, c’est exact en ce qui concerne la patte droite ; mais la
patte gauche compte une épine de plus, soit six comme la plupart des Pal-
modes (fig. 43). La troncature du lobe A du clypeus, limitée de part et d’autre
par des angles accusés, est assez étroite et n’excède pas la moitié de la distance
interoculaire ; les sinuosités a-b sont profondément creusées et les lobes B
saillants, nettement anguleux (fig. 30). Les joues sont courtes, presque
linéaires, Pétiole subégal aux art. 2 + 3 du funicule. POL = OOL.
Je renverrai, pour le surplus, à la description de Morawitz, reproduite
par Kohl [41], tout en soulignant que certains des détails mentionnés ne
sont pas spécifiquement caractéristiques.
Je dois à l’amabilité de P.M.F. Verhoeff la communication d’une autre
Ç, originaire de Turquie (Beyshir, Wahrman leg. 7-8-51). Elle correspond
parfaitement à la précédente, sauf en ce qui concerne la sculpture du dor¬
sulum : la macroponctuation en reste légère et espacée, mais sur un fond
microscopiquement chagriné et finement pointillé au lieu de lisse et brillant).
C’est une différence très faible, et je pense qu’il s’agit bien de minor, ou tout
au moins d’une race locale de cette espèce. L’exemplaire en question est
d’ailleurs très usé, la tête et le thorax n’offrant plus que des vestiges de
pilosité et le peigne métatarsal antérieur se trouvant mutilé d’une partie de
ses épines.
Je ne connais le <? de minor que par les diagnoses de Morawitz et de
Gussakovskij. La première, parue en 1893 ( Horae Soc. Ent. Rossicae,
XXVII, p. 405) a été reproduite par Kohl en 1895 [42]. Basée sur des indi¬
vidus du Turkestan (Sching et Artutsh), elle concerne un Sphex évidemment
proche de minor $ par la sculpture du dorsulum « parfois brillant, plus densé¬
ment ponctué en avant que dans sa moitié postérieure », mais dont la corres¬
pondance spécifique ne paraît pas indiscutablement fondée. Quoiqu’il en soit,
l’auteur de la seconde diagnose, Gussakovskij, décrit, en 1930 [36], le S de
minor comme encore inédit (« mas nondum descriptus ») ; il semble étrange
qu’il ait pu, ce faisant, ignorer les travaux de son prédécesseur — d’autant
plus qu’un 3 et une Ç de minor, déterminés de la main de Morawitz, figurent
dans les collections de l’Institut Zoologique de Leningrad (1) ; il n’en fait
cependant aucune mention. Sa description, trop succincte, ne permet guère
(1) Je dois ce renseignement à l’obligeance de M. le Dr V. I. Tobias ; les règlements du
Musée de Leningrad s’opposant à la sortie des types qui y reposent, je n’ai malheureuse¬
ment pas pu voir ces exemplaires.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
155
à elle seule une détermination rigoureuse ; elle ne serait pas en contradiction
avec celle de Morawitz n’était le passage concernant la sculpture du dor-
sulum : « mesonoto nitido, parce, in specimenibus minoribus, subobsolete
punctato, interstiis parce obsolète subrugosis, rugis transverse crasse irre-
gulariter rugosis, ut in maribus Spheci occitanici et S. melanari ». Ce passage
(que je souligne) me fait d’ailleurs craindre une confusion possible de deux
formes, dont la plus grahde pourrait effectivement correspondre à minor,
mais dont la plus petite semble assez distincte.
En résumé, il apparaît difficile, à l’aide de ces seuls textes, de se repré¬
senter exactement le S de minor. C’est pourquoi j’ajouterai aux descriptions
précitées celle d’un <?, communiqué par de Beaumont, et qui pourrait, lui
aussi, se rapporter à cette espèce.
Originaire d’Afghanistan (Orozgan, 175 km. N.E. de Quandahar —
2 100 m Lindberg leg. 8-6-60), ce <?, complètement noir (à l’exception des
ongles, qui sont rouges), se singularise par la forme du clypeus, dont la
partie antérieure médiane (lobe A), étroite et fortement proéminente, est
divisée par une échancrure médiane en deux lobes arrondis à bords relevés
(fig. 73) ; cette structure rappelle, en plus accentué, P. orientalis. Les sinuo¬
sités a-b sont larges, faiblement arquées, et les lobes B nettement anguleux.
Le 2 e article du funicule dépasse de 1/3 la longueur du 3 e . POL : OOL =
10 : 12. Pétiole un peu > art. 1 + 2 + 3 du funicule, un peu < art. 2 + 3
tarse III (= 9/12 métatarse III) un peu < hanche III (donc < hanche +
trochanter III).
Le dorsulum est brillant, ponctué (grosse ponctuation moyennement
dense, petite ponctuation plus serrée), sans traces de strioles ; le propodeum
est finement strié transversalement, ponctué entre les stries. Face et clypeus
avec un duvet appliqué, gris argent, et des poils dressés noirs. Une pilosité
hérissée, brun noir, couvre le reste de la tête et le thorax ; elle est clairsemée
sur le dorsulum. Ailes enfumées (sauf la partie basale, correspondant exac¬
tement, pour les ailes antérieures, aux cellules médiane et submédiane), à
bordure apicale plus foncée. La troncature de la 3 e cellule cubitale est anor¬
malement large, égalant celle de la 2 e cubitale (type strigulosus) (Fig. 74).
8 e sternite du type orientalis, un peu rétréci à la base, à apex arrondi et
légèrement échancré. Taille 17 mm.
Ce <J paraît différent de ceux décrits par Gussakovskij ; il correspondrait
davantage à celui de Morawitz, et demanderait, pour plus de certitude, à
être comparé avec l’exemplaire de minor conservé à Leningrad.
SOUS-GBOUPE DE Palmodes occitanicus
Avec ce sous-groupe, nous abordons l’ensemble le plus important, mais
aussi le plus difficile du Sous-Genre Palmodes. Ici, les caractères spécifiques ou
subspécifiques deviennent à la fois particulièrement subtils et sujets à
variations individuelles, ou tout au moins locales. Aussi la confusion a-t-elle
toujours régné dans la systématique de cet ensemble. Tenter d’y mettre un
peu d’ordre était indispensable et c’est ce que j’ai fait ; mais je ne me dissi-
Source : MNHN, Paris
156
P. ROTH
*
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
157
41, melanarius ; 42, pusillus (présumé) ; 43, minor (d, patte
44, palmetorum ; 45, melanarius ; 46, o. ibericus ; 47, o. bc
49, o. syriacus ; 50, o. cyrenaicus ; 51, o. puncticollis.
158
P. ROTH
mule pas la fragilité d’un système édifié sur un nombre d’individus beaucoup
trop restreint à mon gré ; je ne le considère que comme provisoire et deman¬
dant à être révisé à la lumière des nouvelles acquisitions que l’avenir per¬
mettra.
Les auteurs ont, jusqu’ici, réuni la plupart des formes que nous étudions
sous l’appellation de « Sphex (Palmodes) occitanicus Lep. et S. » On admet
généralement que les termes : S. proditor Lep.1845, et S. montanus Moraw.
1888 sont de simples synonymes (1) ; il en est de même, d’après de Beau¬
mont [4] pour S. confinis Dahlb. D’autre part, on confond communément
sous le nom de « var. syriacus Mocs. » la plupart des formes noires d’occi-
tanicus.
Postérieurement à 1845, plusieurs espèces proches d’ occitanicus ont été
décrites. Ecartant celles que j’ai rangées dans d’autres sous-groupes, je
mentionnerai S. perplexa et S. mandarina Smith 1856, S. puncticollis Kohl
1888 et 5. cyrenaica Gribodo 1924.
Ainsi que l’a établi Piel [52], S. perplexa et S. mandarina Smith ne sont
que les deux sexes d’une même forme, que cet auteur identifie à occitanicus
mais qui m’a paru mériter rang subspécifique. Je considère également comme
une sous-espèce la forme originale de S. syriacus Mocs. ; S. puncticollis Kohl
et S. cyrenaica Grib. me paraissent à ranger aussi parmi les Sous-espèces
à’occitanicus, auxquelles j’ajouterai encore certaines formes d’Espagne et
d’Afrique du Nord. J’assigne par contre rang spécifique à deux formes
nouvelles, également nord-africaines, S. (Palmodes) palmetorum, et S. (P.)
garamanlis.
Sphex (Palmodes) occitanicus Lep. et Serv.
— Sphex proditor Lep.
— S. confinis Dahlb.
— 5. fera Costa et auct. (nec Dahlb.)
— S. montanus Moraw.
Cette espèce occupe une vaste aire de dispersion, qui s’étire, sur l'Ancien
Continent, entre les 32 e et 45 e degrés de latitude nord, c’est-à-dire englobe
l’Europe méditerranéenne, l’Afrique du Nord, l’Asie mineure et une partie de
la Chine. Son adaptation à des régions si diverses se manifeste évidemment
par une variabilité qui conduit à définir d’assez nombreuses sous-espèces
géographiques. Des analogies écologiques (dont les facteurs restent souvent
à préciser) entraînent une remarquable convergence entre certaines de ces
races, dont les habitats respectifs se trouvent cependant très éloignés et
(1) De Beaumont a établi [4] que S. fera Dahlb. correspondait à strigulosus Costa.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
159
séparés par une zone de discontinuité très nette (1) ; c’est ce qui a amené de
nombreux auteurs à confondre notamment l’ensemble des races noires sous
le vocable de « var. syriacus » (par extension abusive du terme créé par
Mocsary) ; à l’inverse, des formes spécifiquement distinctes, mais très
analogues parce qu’obéissant aux mêmes facteurs de convergence, ont
souvent été méconnues et bloquées avec les précédentes sous ce même nom
de « var. syriacus ».
Avant d’examiner chacune des sous-espèces que je distingue, je crois
utile d’étudier comment varient les principaux caractères chez occitanicus.
Chromatisme.
On répartit généralement les variations chromatiques d’ occitanicus en
deux groupes : d’une part, les formes bicolores, d’autre part, les formes
noires. En réalité, entre ces deux extrêmes s’intercale toute une gamme d’indi¬
vidus « mélanisants », chez lesquels les parties rouges subissent un obscurcis¬
sement plus ou moins accentué. Cette mélanisation se réalise suivant deux
genres de processus :
a) dans le premier cas, on observe un envahissement diffus des zones
rouges par des plages noirâtres, irrégulières et mal délimitées ; en même
temps, les tergites normalement noirs peuvent présenter une nuance rou¬
geâtre sur leur bord apical ;
b) dans le deuxième cas, l’ensemble de la teinte ferrugineuse des seg¬
ments intéressés fonce uniformément et vire au noirâtre, pour n’offrir plus,
à la limite, qu’un simple reflet rougeâtre sous incidence lumineuse appropriée.
Chez les <J, la tendance au mélanisme est de règle générale ; les individus
ayant les deux (ou trois) premiers tergites entièrement rouges sont excep¬
tionnels. Habituellement, la couleur noire des segments apicaux remonte en
pointe sur le dos des tergites et, parfois, atteint presque le pétiole ne laissant
de rouges que les côtés des deux premiers tergites, l’arrière du l er sterniteet
l’avant du 2 e . Mais, comme chez la $, le mélanisme peut être total (avec
parfois un reflet rougeâtre des premiers tergites sous lumière frisante).
La teinte des ailes varie aussi ; elles sont généralement un peu enfumées,
avec un léger reflet violacé, et une bordure apicale plus foncée, bien distincte.
Mais elles peuvent (cas de plusieurs formes noires) être plus claires, subhya¬
lines, — ou, au contraire, plus foncées, et même entièrement brunâtres, la
bordure apicale ne tranchant plus aussi nettement.
Forme et dimensions du clypeus.
J’ai indiqué plus haut que les $ du Sous-groupe occitanicus présentaient
un clypeus à lobe A un peu proéminent, à saillants B arrondis et à sinuosités
a-b modérément incurvées. Elles diffèrent cependant entre elles (Fig. 25 à
28, 34 et 35) d’une sous-espèce à l’autre, sous le rapport des dimensions de ces
éléments. En général, la largeur de la troncature a-a égale la moitié de la
(1) J’ai attiré l'attention sur ce phénomène dans une communication au XI* Congrès
entomologique tenu à Vienne en 1960 [55].
Source : MNHN, Paris
P. ROTH
distance interoculaire au vertex environ ; de petites variations en plus ou en
moins peuvent se manifester d’un individu à l’autre, et ce au sein d’une
même population. Si l’on compare des exemplaires de provenances diverses,
il est donc difficile d’apprécier la valeur raciale de semblables variations ;
cependant, chez certaines formes géographiques (telles sgriacus, punclicollis
et perplexus ), la largeur de la troncature du clypeus atteint, et dépasse
quelquefois, les 2/3 de la distance interoculaire : il semble bien qu’on soit ici
en présence d’un bon caractère, que sa constance et son amplitude permettent
de considérer comme subspécifique (1).
Chez les <J, le clypeus est moins nettement tronqué, et plus arrondi que
chez les Ç ; ses angles a sont très atténués, par contre, les saillants B sont
souvent plus anguleux, les sinuosités a-b dessinant une courbe moins ouverte ;
c’est le cas, en particulier, pour la forme du Moyen-Orient à laquelle je
conserve le nom subspécifique de sgriacus (Fig. 14, 15, 19, 20 et 21).
Sculpture thoracique.
Dans la forme typique (France), les $ offrent une sculpture assez cons¬
tante ; le dorsulum présente, sur fond microscopiquement réticulé, une double
ponctuation : un semis de petits points assez serrés, mais laissant entre eux
des espaces supérieurs à leur diamètre, et des gros points creux clairsemés ;
le propodeum est finement strié transversalement, les pleures plus grossiè¬
rement. Ces caractères, ainsi que la brillance du fond tégumentaire peuvent
offrir des degrés, mais d’importance minime et de nature évidemment indi¬
viduelle ; cependant le fond tégumentaire du dorsulum paraît plus brillant
chez les grands exemplaires, plus mat et réticulé chez les petits. D’autre part
la sculpture est normalement plus fine dans la ssp. sgriacus et plus grosse
dans la ssp. pundicollis.
La variabilité des <? est plus accentuée. Ceci a déjà été relevé par Kohl,
qui voyait en outre une corrélation entre le degré de finesse de la sculpture et
la brièveté du pétiole.
La sculpture des <J de la forme typique (France) comprend :
cr) Au dorsulum, un fond microscopiquement chagriné ; — de grosses
strioles obliques et ramifiées, plus ou moins enchevêtrées ; — entre ces
strioles, de gros points creux, tantôt bien espacés (de leur diamètre et plus),
tantôt confluents ; — un semis de petits points superficiels, séparés par des
espaces supérieurs à leur surface, chevauchant parfois les gros points, dont
ils peuvent garnir le cratère (au nombre de 3 où 4 parfois) (Fig. 68).
b) Sur le scutellum, des gros points assez serrés, mélangés de petits
points et, parfois, de strioles longitudinales.
c) Sur le propodeum, de courtes stries transversales, plus fortes que chez
les $, plus irrégulières aussi (aspect striolé plutôt que strié) avec entre elles
de petits points.
Les pleures sont granuleuses (granulations alignées localement en stries
(1) La variation de ces rapports peut parfois dénoter une plus grande étroitesse de la
face et non une plus grande largeur du clypeus.
Source : MNHN, Paris
162
P. ROTH
assez indistinctes). Clypeus, face, vertex et collare couverts, sur fond micro-
chagriné, de points de grosseur moyenne irrégulièrement semés.
Chez les 3 noirs espagnols, les strioles du dorsulum sont obsolètes ;
l’aspect réticulé des téguments résulte de la disposition des points creux,
dont les bords fusionnés dessinent un filet.
Chez les 3 noirs d’Algérie, les gros points du scutellum sont espacés, les
petits points peu nombreux ; mais la grosse ponctuation de la tête est parfois
assez dense, ainsi que celle du collare qui, dans sa partie antérieure, est très
finement mais distinctement strié transversalement.
Dans la ssp. syriacus, du Moyen-Orient, la striation du propodeum est
plus fine et plus régulière ; celle du dorsulum est souvent obsolète, les tégu¬
ments prenant un aspect réticulé ; les gros points du scutellum restent
espacés.
Dans la forme punclicollis, les stries du dorsulum sont obsolètes, peu
visibles, la ponctuation, ainsi que celle du collare, étant plus dense et plus
grosse.
Enfin les 3 de la ssp. chinoise perplexus présentent une sculpture qui
rappelle celle de punclicollis, mais les points sont moins forts et le dorsulum
offre un aspect chagriné.
Rapport POL : OOL.
Il semble à peu près constant et égal à 1 : 1 dans toutes les sous-espèces
d ’occitanicus (<? et Ç) (Fig. 65).
Longueur du pétiole.
Kohl a indiqué que la longueur du pétiole variait beaucoup chez occi-
tanicus. Comparée au funicule des antennes, elle est, d’après lui, comprise,
chez la Ç, entre la mesure des art. 2 + 1/2 3 et 2 + 3 + 1/2 4—, chez le 3,
entre celle des art. 2 + 3 et 2 + 3 + 4; comparée aux tarses III, elle est
< art. 2 + 3 chez la Ç et comprise entre art. 2 + 3 et 2 + 3 + 1/2 4 chez
le 3-
Mes mensurations confirment cette variabilité et je dois même y ajouter
les cas exemplaires ci-après qui débordent de ce cadre déjà large :
— une $ (forme noire espagnole) : Pétiole = art. 2 + 1/4 3 funicule, ou
art. 2 + 1/5 3 tarse III ;
— une $ ssp. syriacus: Pétiole = art. 2 + 1/3 3 fun. ou < art. 2 + 1/3
3 tarse III ;
— un 3 (forme noire espagnole) : Pétiole < art. 2 + 3 fun. ou = art.
2 + 3/4 3 tarse III ;
— un 3 ssp. punclicollis : Pétiole <2 + 3 fun. ou = art. 2 + 1/23 tarse
III.
C’est assez dire l’instabilité d’un caractère sur lequel il apparaît ici assez
vain de vouloir (comme le faisait Kohl) baser un système dichotomique.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES 1G3
Peigne du métatarse I des Ç.
Chez la plupart des Palmodes les Ç ont, au métatarse I, un peigne composé
de 6 grandes épines. D’après Kohl, les seules espèces dérogeant à cette règle
sont P. argyrius (pas de peigne), P. slrigulosus (peigne court de 5 épines),
P. minor (5 épines), P. orientalis (7 épines), P. praestans (exotique ; 7 épines).
Sous ce rapport, P. occilanicus apparaît (Fig. 46 à 51) remarquablement
constant. Il y a cependant quelques exceptions. De Beaumont m’a signalé
l’existence, dans sa collection, d’une Ç de France méridionale qui possède
un peigne avec une 7 e épine basale, peu développée il est vrai. De mon côté,
je détiens 2 grandes $ noires, originaires de Gafsa, sur lesquelles je base ma
ssp. gaetulus décrite plus loin. Très analogues pour tout le reste à celles de la
forme noire ibérique, ces $ s’en distinguent par la présence, au peigne méta-
tarsal I, d’une 7 e épine basale, bien développée, quoique un peu plus courte
que les autres (Fig. 48).
Pilosité.
La présence éventuelle, l’extension et la densité d’un duvet argenté sur
le clypeus constituent à mon sens chez occitanicus d’assez bons caractères
subspécifiques, mais dont la valeur ne saurait être absolue que chez les Ç.
Partie caractéristique de l’aile.
Il est difficile de tirer des renseignements du dessin des cellules radiale et
cubitales. Cependant, on peut remarquer que l’extrémité de la radiale,
normalement arrondie, est plutôt subcarrée chez les Ç des formes noires
ibericus et puncticollis ; chez les $ correspondants, elle est plus anguleuse
(cas général pour ce sexe). Pour les cellules cubitales, la seule constance qu’on
puisse relever intéresse la largeur de leur troncature sur la nervure radiale :
celle de la 3 e cubitale est en effet toujours plus étroite que celle de la 2 e
(quoique parfois subégale) ; mais la forme et les dimensions de ces deux
cellules varient passablement d’un individu à l’autre, sans que cette variation
apparaisse de nature raciale. Chez les Ç, la 2 e cubitale est, en général, deux
fois plus haute que large, et dessine un parallélogramme assez régulier
(Fig. 57 à 60) ; chez les &, elle est tantôt plus étroite, tantôt plus large. La
3 e cubitale forme un trapèze, diversement ouvert sur la nervure radiale,
parfois — mais rarement — subtriangulaire ; une certaine constance dans la
largeur de la troncature peut s’observer chez les $ d’une population donnée ;
mais, bien que les troncatures étroites soient plus fréquentes dans la zone
occidentale de la Méditerranée et les troncatures larges dans la zone orien¬
tale, il est difficile de dégager des normes liant cette variation à des formes
raciales définies. Chez les <?, par ailleurs, la 3 e cubitale offre une grande
variété de dessins, et ce, parfois, au sein d’une même population (fig. 62 à 64).
8 e sternite S
Les côtés de ce sclérite sont subparallèles, et son extrémité, largement
arrondie, est faiblement échancrée. L’échancrure est particulièrement atté¬
nuée dans la ssp. syriacus, chez laquelle le 8 e sternite peut sembler subtronqué.
Source : MNHN, Paris
164
P. ROTH
La dépression centrale, largement étalée dans d’autres espèces ( palmetorum ,
garamantis), est ici plus ou moins longitudinalement resserrée en sillon
médian (Fig. 5, 6 et 7).
Répartition géographique et formes subspécifiques.
Nous avons vu que l’aire de Sphex occilanicus englobait un vaste terri¬
toire étiré de l’ouest à l’est et comprenant essentiellement, d’une part, le
bassin méditerranéen, et, d’autre part, la Chine. L’adaptation de l’espèce aux
biotopes hétérogènes que comporte cet habitat se manifeste par des varia¬
tions morphologiques parfois subtiles, mais souvent suffisamment prononcées
pour justifier la définition de sous-espèces locales.
Fig. 62 à 61. — Aile occilanicus occilanicus $ (62, Carpentras ; 63, Fréjus; 64, Charente-
Maritime).
Pour s’en tenir aux formes méditerranéennes, on peut dire en gros que le
type occidental est bicolore et le type oriental nigrescent. Il y a cependant
une exception remarquable, constituée par le groupe ibérique qui appartient
en quasi-totalité à une variété ressemblant curieusement à la forme noire
orientale puncticollis. J’ai même pensé un moment qu’il s’agissait de la
même sous-espèce, dont la répartition symétrique aux deux extrémités de
la zone méditerranéenne illustrait bien le parallélisme zoogéographique
signalé par ma communication au Congrès de Vienne (1960 [55]). Depuis,
j’ai constaté que la forme ibérique et la ssp. puncticollis différaient par
quelques détails morphologiques, et je pense aujourd’hui que la première peut,
elle aussi, être considérée comme une sous-espèce distincte que j’appelerai
occitanicus ibericus; la convergence signalée n’en est pas moins remarquable.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
165
La population que constitue cette forme noire ibérique isole nettement
l’un de l’autre, en s’intercalant géographiquement entre eux, deux groupes
d’individus bicolores à caractères morphologiques si semblables qu’on pour¬
rait être tenté de les réunir dans une même unité subspécifique. Le premier
de ces groupes est représenté par la forme typique « occitanicus » du midi de
la France — le « Sphex languedocien » de J.-H. Fabre —, qui, en Espagne,
reste confiné aux régions pyrénéenne et cantabrique. Le second groupe,
nord-africain, est typiquement représenté par des individus du Grand et du
Moyen-Atlas marocain ; ces individus, de petite taille (20-22 mm), paraissent
à première vue assez différents des grands Palmodes bicolores de l’Ouest-
Algérien ; mais ils leur sont reliés par de nombreuses formes de transition,
marocaines, oraniennes ou algéroises, et il est difficile de faire le départ de
races distinctes au sein de ce complexe moghrébien. Je considérerai donc ce
dernier comme constituant dans son ensemble une seule sous-espèce, bien
délimitée géographiquement quoique susceptible de quelques petites varia¬
tions locales.
x °^ / ) o [
O O / O O (
■"-•" \ 66
65
Fig. 65-66. — Région des ocelles 9 : 65, occitanicus ; 66, orientalis (présumé).
Restent les formes noires orientales. La mieux caractérisée est, à mon
avis, celle du Levant à laquelle il convient de réserver le nom subspécifique
de syriacus. Encadrant cette forme, nous trouvons au nord (Moyen-Orient,
Turkestan) celle que Kohl a définie sous le nom de P. pundicollis, et au sud,
en Lybie, celle que Gribodo a baptisée Sphex (P.) cyrenaica; ces deux
formes, décrites comme spécifiquement distinctes, m’apparaissent n’être
que des sous-espèces d’ occitanicus, au même titre que syriacus. J’en rappro¬
cherai une forme noire du sud algéro-tunisien, dont j’ai signalé plus haut la
ressemblance avec ibericus, et que je propose de nommer occitanicus gaetulus.
Enfin, franchement isolée, la forme chinoise occitanicus perplexus constitue
un cas intéressant de répartition géographique.
Etude des sous-espèces
I. — P. occitanicus occitanicus Lep. et Serv.
Type ((?) des environs de Montpellier (Lepeletier a méconnu les rap¬
ports de ce J avec la $ de Corse qu’il a décrite sous le nom de Sphexprodilor).
Se rencontre sporadiquement dans toute la région méditerranéenne euro-
Source : MNHN, Poris
166
P. ROTH
péenne : nord de l’Espagne (Asturies) (1), midi de la France (sud-ouest et
ouest atlantique jusqu’en Anjou, Languedoc et Provence, vallée du Rhône
jusque dans la Drôme, Corse), Italie, Croatie, Dalmatie, Grèce et Chypre.
Paraît relativement commun en Corse et en Sardaigne.
Taille moyenne (tj, 19-22 mm ; $, 20-25 mm). Coloration nettement
bicolore chez la $, dont l’écharpe ferrugineuse abdominale englobe les deux
premiers tergites, le 2 e sternite et souvent une partie du 3 e segment ; parfois,
quelques taches noirâtres à contours mal définis sur la ligne médiane des
premiers tergites. Chez le (J, la couleur rouge est beaucoup moins extensive et,
en général (sauf pour les individus de Corse, d’Italie et de Chypre, plus lar¬
gement ferrugineux), n’apparaît dorsalement qu’à la base du 1 er tergite et
sur les côtés du 2 e . Tête et thorax avec une forte pilosité noire ou brun
foncé. Un duvet argenté très discret, souvent vestigial, transparaît, chez les
S, sous les poils noirs dressés qui couvrent le clypeus ; chez la Ç, on n’observe
que d’imperceptibles traces d’un tel duvet, le long des orbites internes.
Clypeus $ de forme normale, avec le lobe A proéminent, de largeur a-a
subégaie à la demi-distance interoculaire, les sinuosités a-b modérées et les
angles B arrondis (Fig. 25). Pétiole de longueur très voisine de la distance
interloculaire.
Apex du 8 e sternite S largement arrondi, échancré modérément en France
et en Italie (Fig. 5), plus profondément chez les exemplaires cypriotes.
II. — P. occitanicus barbarus nov. SSp.
Comme je l’ai indiqué précédemment, je réunis sous ce nom toutes les
formes bicolores moghrébines, c’est-à-dire un complexe d’individus appa¬
remment assez diversifiés par leur taille et leur coloration. On constate
d’ailleurs une localisation assez marquée de la plupart de ces formes ; mais
l’existence de nombreux types de transition les reliant entre elles ne permet
pas de les fractionner en plusieurs sous-espèces caractérisées.
C’est ainsi qu’au Maroc les $ originaires d’Ifrane (Moyen-Atlas), dont le
chromatisme obéit au 2 e processus de mélanisation défini plus haut (obscurcis¬
sement général de toutes les parties claires), et de taille plutôt petite, ne
peuvent guère être séparées de celles du Grand-Atlas, dont j’ai vu un exem¬
plaire (une $ capturée au Tizi N’tichka par les Nadig) offrant toutes les
caractéristiques de la forme type française. Par ailleurs, à Tanger, il existe (2)
une race dont les $, de grande taille (la variété X de mon étude de 1925 -
Cf. [53], p. 378), sont sous l’empire du même processus d’obscurcissement que
celles d’Ifrane, fortement mélanisées ; un individu que j’ai précédemment
rattaché à tort à pundicollis (loc. cit. p. 378 et 380) est même complètement
noir avec les ailes fortement enfumées.
(1) Cité également de Catalogne par Bofil ; cette présence paraît toutefois exception¬
nelle, sinon douteuse ; elle n’a jamais été confirmée. D’autre part, de Andrade [1| signale
une 9 portugaise de Mata de Leira ; c’est assez extraordinaire, Leira se trouvant à la
latitude de Tolède ; noter que la forme noire ibericus ne paraît pas, au Portugal, remonter
plus au nord que la région de Sintra.
(2) Je devrais plutôt écrire * il existait », car les individus en question (Muséum Paris)
ont été capturés en 1856 ; je n'en connais pas de plus récents de même origine.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
167
Fig. 67 à 72. — Partie antérieure du thorax q, profil et face : 67-68, occitanicus ; 69-70,
slrigulosus ; 71-72, palmelorum.
Source : MNHN, Paris
P. ROTH
En Algérie, c’est le premier processus de mélanisation qui prévaut.
D’Oranie, je ne connais que 2<J (Tagremaret, près Frenda — cités par de
Beaumont [3]) et de l’Algérois qu’une $ déjà mentionnée par moi en 1925
(les Heumis, près Orléansville). Les <J, suivant de Beaumont, « se distinguent
d’exemplaires de la France méridionale par les ailes un peu plus enfumées,
les 2 premiers tergites presque entièrement rouges, la striation transversale
de la face dorsale du propodeum plus fine » ; de mon côté, j’ai noté que la $,
de petite taille (20 mm), avait les 3 premiers tergites ferrugineux foncé et
les suivants noirs, nuancés de ferrugineux sur leur bord postérieur.
Ces individus oranais et algérois semblent ainsi former le passage entre
ceux du Maroc et la forme, bien plus largement répandue (quoique toujours
peu commune) du Constantinois et du Nord tunisien. De cette forme, j’ai vu
des exemplaires provenant du Hodna oriental (Goriana, près Barika), de
Bône (coll. Sichel) de La Calle (coll. Ferton) et de Teboursouk (coll. de
Gaulle). Les Ç sont bien caractérisées par leur coloration abdominale du
premier type mélanisant, leurs ailes assez fortement enfumées, et leur taille,
variant de 22 à 30 mm mais généralement grande. L’unique S que j’aie pu
voir appartient à la série de La Calle (Ferton leg.) ; il mesure 22 mm et sa
coloration est franchement bicolore, le 2 e tergite étant presque entièrement
rouge (ce qui le rapproche de la forme de Corse et de Sardaigne).
III. — P. occitanicus ibericus nov. ssp.
Passant aux formes franchement noires, nous trouvons d’abord dans
l’Ouest méditerranéen celle qui paraît la plus commune dans la Péninsule
ibérique. Elle se rencontre dans la moitié sud du Portugal, et dans toute
l’Espagne — sauf dans les Provinces du Nord-Ouest, où elle est remplacée
par o. occitanicus.
Des représentants de cette forme sont assez communs dans les grandes
collections de Sphegides (Instituto de Entomologia à Madrid, Museo de
Ciencias Naturales à Barcelone, Naturhistorisches Muséum de Vienne, etc...) ;
ils sont généralement étiquetés « var. syriacus », ce qui, à mon avis, est une
erreur, la ssp. syriacus étant localisée dans la Méditerranée orientale. P. o.
ibericus se rapproche de P. o. pundicollis (auquel j’ai cru un moment devoir
l’identifier — Cf. [53]) mais s’en distingue, chez la $, par les dimensions de la
face et de la troncature du clypeus ( a-a = environ f/2) ainsi que par la lon¬
gueur relative du pétiole (87 à 90% de la distance interoculaire contre 109%
chez pundicollis). Une $ de La Garriga (Barcelone) offre en outre une dépres¬
sion rectangulaire qui surmonte la dépression médiane du lobe A du clypeus,
dont la bordure marginale imponctuée est beaucoup plus étroite que de
coutume (fig. 35) ; je pense qu’il s’agit d’une simple aberration.
Ces Palmodes sont de taille très variable, mais habituellement grande.
Ils sont (S $) complètement noirs, avec des ailes assez hyalines, à bordure
apicale brune bien dessinée.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
IV. — P. occitanicus gaetulus nov. ssp.
Presque identique à la précédente, cette forme noire paraît localisée dans
la zone des Aurès-Nementcha, qui chevauche le sud de l’Algérie et de la
Tunisie. Les 3 sont conformes à ceux de la ssp. ibericus; j’en ai pris toute une
série près de Maafa, entre Mac-Mahon et El-Kantara, début juin 1951 ; ils
visitaient les fleurs d’un grand genêt inerme. Malgré mes recherches acharnées,
les années suivantes, explorant systématiquement les mêmes parages à
diverses époques, je n’ai pu en retrouver d’autres, non plus qu’aucune $
correspondante.
La capture presque concomitante, à Goriana (entre N’gaous et Barika,
soit, à vol d’oiseau, à 30 km environ de Maafa) d’un petit 3 noir semblable
aux précédents et d’une grosse $ de la ssp. barbarus, m’avait laissé supposer
un moment une correspondance possible de ces individus ; à cette époque
(juin 1948) je ne connaissais en effet aucun 3 de la ssp. barbarus. La commu¬
nication ultérieure, par le Muséum de Paris, du grand 3 bicolore de La Calle
mentionné plus haut est venue infirmer cette hypothèse. Je crois aujourd’hui
pouvoir rapprocher ces 3 noirs de Maafa et Goriana de 2 $ de ma collection,
capturées à Gafsa, en mai 1899, par le Dr Chobaut (1).
Ces Ç rappellent elles aussi celles de la race ibericus; elles en ont la grande
taille (23 et 26 mm), la coloration et la sculpture ; un seul détail les en dis¬
tingue : le peigne du métatarse I comporte (chez mes 2 exemplaires) 7 grandes
épines bien développées (la basale à peine plus courte que les autres ; fig. 48).
Le 3 de Gafsa que j’avais, en 1925, réuni à ces Ç sous l’appelation erronée
de puncticollis ([53], p. 379), appartient à une autre espèce, P. palmetorum,
qui sera étudiée plus loin.
V. — P. occitanicus cyrenaicus Gribodo
Décrite [32] comme espèce distincte, cette forme, propre à la Lybie, n’est,
à mon avis, qu’une race d 'occitanicus.
Grâce à l’obligeante entremise de M lle D a Guiglia, j’ai pu en examiner
les types, conservés au Musée de Gènes. La description de Gribodo est
exacte sauf sur les points suivants :
1° La partie rétrécie a-a du clypeus $ mesure 3/7 de la distance inter¬
oculaire, c’est-à-dire apparaît plus étroite que chez o. occitanicus (Gribodo
la dit un peu plus large) ; sa marge antérieure dessine un angle rentrant,
très largement ouvert, mais suffisamment net (Gribodo : « obsoletissime
emarginatiusculo ») ; ses angles latéraux a sont bien accusés (fig. 34).
2° Les 2 e et 3 e sternites $ sont assez densément ponctués, davantage
tout au moins que chez o. occitanicus (Gribodo : « fere impunctata »).
3° Les sternites apicaux du 3 présentent bien l’habituelle pruinosité
(1) Mata se trouve, à vol d’oiseau, à quelques 300 km de Gafsa, mais dans une position
symétrique par rapport au massif des Aurès-Nementcha, en lisière nord de la cuvette
saharienne jalonnée par les Chotts qui unissent le Melrhir au Djerid : la faune entomo-
logique de cette région reste encore à peu près inconnue.
Source : MNHN, Paris
170
P. ROTH
argentée (que Gribodo dit absente et remplacée par quelques brèves soies
rigides).
4° La base du 1 er tergite 3 offre des parties un peu ferrugineuses.
J’ai encore noté que la 2 e cellule cubitale, tout en restant plus haute que
large, était le plus souvent assez large ; la 3 e cubitale est, elle aussi, assez
largement tronquée sur la radiale ; celle-ci est plus pointue que chez o. occi-
tanicus (fig. 60). Les ailes sont brun foncé à reflets violacés et à marge api¬
cale peu distincte.
Le <3 allotype qui m’a été communiqué par Gênes ne présentait aucune
trace de duvet argenté sur la face et le clypeus. Mais chez d’autres 3 de
Bengasi (Kruger leg., coll. Schulthess et Nadig) et d’El Abiar (Guichard
leg. coll. British Mus.), l’existence d’une pruinosité argentée, quoique un peu
arrachée par places, est indéniable. Ces 3 ont tous le bord antérieur du
clypeus très légèrement incurvé, presque rectiligne, non échancré ; les arcs
a-b sont faiblement marqués mais le lobe A reste proéminent sur la ligne b-b ;
les saillants B sont arrondis (fig. 20). Tous ces caractères différencient cette
forme de palmetorum, avec lequel elle offre indiscutablement des points
communs (nuance des ailes, étroitesse de la troncature a-a du clypeus $).
Fig. 73-74. — o de l’Afghanistan : 73, avant du clypeus ; 74, cellules cubitales et radiale.
Fig. 75-76. — Q du Baioutchistan : 75, avant du clypeus ; 76, métatarse I.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
171
Gribodo estimait que cyrenaicus méritait le statut spécifique, non point
tant à cause de caractères morphologiques différenciatifs que de son « faciès »
particulier ; je ne trouve pas, quant à moi, que ce faciès soit particulièrement
distinct de celui des autres formes noires, ibérique, nord-africaine ou toura-
nienne. Si, cependant, une distinction spécifique devait être maintenue, ce
serait uniquement en raison de l’étroitesse du lobe A du clypeus ; la question
se poserait alors des relations subspécifiques éventuelles avec palmetomm,
cyrenaicus étant intermédiaire entre cette espèce et occitanicus.
VI. — P. occitanicus syriacus Mocs.
Je réserve ce nom à la mieux caractérisée des formes noires à'occitanicus ;
elle habite le Levant (Syrie et Palestine) ainsi que l’île de Rhodes — peut-être
aussi une partie de l’Asie Mineure. Grâce au Dr Moczar, j’en ai examiné les
types, revus par Kohl et conservés au Musée de Budapest : un <? et une $
originaires de Syrie ; j’ai pu les comparer à d’autres exemplaires appartenant
à diverses collections et constater qu’il s’agit d’une forme très stable. Tous
les individus sont de petite taille {S 18-20 mm : $ 20-23 mm). Leur aspect
est plus élancé, la sculpture plus fine que dans les autres formes (vertex
moins fortement ponctué ; dorsulum plus éparsement ponctué chez la $,
subchagriné, réticulé et sans strioles formelles chez le S ; propodeum fine¬
ment strié chez la Ç). Comparée à la largeur de la tête, la face est plus étroite
que chez o. occitanicus; par contre, le clypeus des $ est largement tronqué, et
limité par des angles assez nets ; a-a — environ 2/3 f (fig. 26). Le pétiole est
de type plutôt court pour l’espèce. Le 8 e sternite <? est subtronqué, avec
l’extrémité très peu échancrée (fig. 7).
La coloration est uniformément noire, mais, dans les deux sexes, les pre¬
miers tergites peuvent offrir une nuance rougeâtre sous lumière frisante. Les
ailes sont subhyalines, à marge apicale brune bien tranchée. Enfin (détail
important), un duvet argenté brillant, appliqué, et aussi dense que chez
argyrius, couvre le clypeus et la face des S, qui présentent en outre l’habituelle
pilosité noire dressée ; cette pubescence argentée se retrouve, quoique à un
degré moindre, chez certaines $.
La présence de cette forme à Rhodes, alors qu’elle manque à Chypre (où,
par contre, se retrouve o. occitanicus), est très curieuse. Les exemplaires de
Rhodes paraissent, de plus, exagérer encore les caractères raciaux susindi-
qués, la taille, notamment, reste petite (£, 17 mm ; Ç, 20 mm).
VII. — P. occitanicus puncticollis Kohl.
Cette forme paraît localisée dans la région touranienne. J’en ai vu le
couple d’individus de Turcménie (Krasnodowsk, 1870, Radde Exped.)
conservés au Naturhistorisches Muséum de Vienne et étiquetés « type » par
Kohl(1), ainsi que quelques autres exemplaires du Nord de l’Iran et du
Turkestan méridional.
(1) Kohl négligeait souvent de désigner comme « type » un specimen particulier et
étendait cette qualification à tous les exemplaires d’après lesquels il avait rédigé sa dia¬
gnose (en fait, des paratypes).
Source : MNHN, Paris
172
P. ROTH
D’après l’auteur, les 3 se distingueraient par la ponctuation très forte
et assez dense du collare et du dorsulum, le fond tégumentaire restant assez
brillant ; par contre, la discrimination des $ ne reposerait que sur de très
faibles différences de longueur du pétiole et de gracilité des pattes et des
antennes.
L’examen des exemplaires typiques qui m’ont été communiqués m’a
convaincu de la précarité de ces caractères. Chez le 3, notamment, la ponc¬
tuation du collare et du dorsulum est, sans doute, un peu plus forte et serrée
que dans les autres formes d’ occitanicus, mais n’exclut nullement le lacis de
petites strioles entre lesquelles elle s’aligne ; ces strioles sont seulement un peu
plus effacées.
Par rapport aux dimensions générales, pattes et antennes paraissent plus
allongées que ches o. occitanicus; c’est pourquoi, sans doute, comparés à ces
éléments, le pétiole semble plus court ( pundicollis $ = art. 1 + 2 + 1/6
3 funicule ; o. occitanicus $ = art. 1 + 2 + 1/23 funicule) ; comparé à la
distance interoculaire au vertex, il apparaît, au contraire, légèrement plus
long (109% contre 101 à 106%). Au reste, les relations biométriques qu’on
peut établir entre ces divers éléments demeurent dans le polygone de varia¬
tion des diverses races d 'occitanicus. Je considère comme plus significatives
les dimensions de la troncature du clypeus, plus large que dans les autres
formes ( syriacus excepté) (fig. 27). Les ailes sont aussi un peu plus foncées.
Les premiers tergites peuvent présenter un reflet rougeâtre sous lumière
incidente. La taille est généralement grande.
Ces considérations justifient sans doute une distinction systématique,
mais, à mon avis, d’ordre seulement subspécifique. Kohl semble bien avoir
eu lui-même, un moment, la même impression, car les « types » que j’ai
examinés étaient étiquetés de sa main « occitanicus var. pundicollis ».
J’ai, comme indiqué plus haut, assimilé précédemment [53] o. ibericus à
cette race ; bien que minimes, les petites différences morphologiques que j’ai
exposées, s’ajoutant à l’isolement géographique, m’incitent aujourd’hui à
admettre l’indépendance subspécifique des deux formes : leur similitude
résulterait d’une simple, mais remarquable, convergence d’écotypes.
Originaire du Baloutchistan (Kuh i Taftan, côté est, 2.300-3.000 m ;
W. Richter leg. juin 1954), une Ç de Palmodes noir qui m’est communiquée
par de Beaumont se rapproche beaucoup de la ssp. syriacus. De petite taille
19 mm), elle présente un clypeus à troncature a-a moyennement large
(5/9 de f) à angles a assez nets, à sinuosités a-b creusées anguleusement et à
saillants B largement arrondis, (fig. 75). La sculpture du dorsulum rappelle
celle de syriacus, mais le fond tégumentaire est plus lisse et brillant, et les
petits points sont plus discrets. Le pétiole est approximativement de la
longueur du 2 e art. du tarse III. Le métatarse I offre un peigne de 6 longues
épines rigides (fig. 76). Il n’y a pas trace de duvet argenté sur la face et le
clypeus ; les ailes, à bordure apicale apparente, sont un peu plus foncées que
chez syriacus.
Je n’ose décider de l’appartenance subspécifique de cette forme, sur le vu
de cet unique exemplaire qui parait former passage entre syriacus et punc-
ticollis.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
173
Je dois signaler ici une autre forme, très originale, représentée par un
3 du Syr-Daria également communiqué par de Beaumont. Cet exemplaire, qui
appartient au Muséum de Vienne, avait été déterminé par Kohl « persicus »
(ce qui est une erreur, persicus étant un Priononyx ). Si je n’avais pas vu
auparavant le type de puncticollis, j’aurais été tenté, me fiant à la diagnose,
de rapporter à cette espèce l’individu sous mes yeux ; pronotum et dorsulum
sont en effet criblés de gros points creux assez denses entre lesquels appa¬
raissent des points plus petits et, sur le mesonotum, de courtes strioles
Fig. 77 à 80. — Ç du Syr-Daria (déterminé «persicus ») : 77-78, avant du thorax, fac eet
profil ; 79, avant du clypeus ; 80, cellules cubitales et radiale.
obliques (fig. 77). Les mesopleures sont également ponctuées et striolées.
Le propodeum est fortement strié transversalement. Le pétiole est assez
court (légèrement < art. 2 + 1/2 3 tarse III). Le lobe A du clypeus est étroi¬
tement tronqué et proéminent ; les angles b sont saillants, bien acuminés
Source : MNHN, Paris
174
>. ROTH
(fig. 79). Le pronotum est court, transversalement tectiforme, largement
atténué antérieurement et sur les côtés (fig. 78). Un duvet argenté, arraché
par places, transparaît sous l’abondante pilosité noire dressée qui couvre
la face, densément ponctuée, et le clypeus. Les ailes (fig. 80) sont modé¬
rément enfumées, à bordure apicale bien marquée.
Le 8 e sternite manquant, il m’est difficile de classer correctement cette
forme, bien spécifiquement distincte de toutes celles que je connais. Si un
individu similaire s’était glissé dans la série des « types » sur lesquels Kohl a
basé son espèce punclicollis, il faudrait certainement le désigner comme lecto-
type et admettre la validité spécifique du nom ; la sous-espèce noire d’occi-
tanicus auquel j’applique ce nom devrait alors s’appeler autrement (1).
VIII. — P. occitanicus perplexus Smith.
La forme chinoise décrite par Smith sous les noms de Sphexperplexa pour
le $ et de Sphex mandarina pour la Ç, a été reconnue par Piel [52] comme
conspécifique à occitanicus. La description du 3 précédant celle de la ? dans
le travail de Smith, c’est le premier nom qui acquiert priorité ; Sphex solieri
Lep. est peut-être synonyme, mais correspond à une forme trop indécise pour
pouvoir être utilisé.
Il s’agit d’une race de grande taille, nettement isolée géographiquement
(occitanicus est inconnu des régions orientales intermédiaires : Asie centrale,
Inde, Indo-Chine) ; elle ressemble beaucoup à o. occitanicus, mais s’en dis¬
tingue par les détails suivants :
3- — sculpture thoracique, tantôt très fine, tantôt plus grosse, mais
jamais aussi régulière que chez les <J de France ; coloration de type foncé :
seule est ferrugineuse la base du 1 er tergite. Ailes légèrement plus enfumées
que dans la forme européenne. Face et clypeus recouverts d’un duvet argenté
appliqué et de poils noirs dressés. 8° sternite à extrémité large, subtronquée,
faiblement échancrée.
?. — Sculpture thoracique très fine ; sur le dorsulum, les gros points sont
espacés, les petits points denses et réguliers, le fond assez brillant. La largeur
de la tête, celle de la troncature du clypeus, la longueur des articles des
antennes, celle du pétiole, excèdent les dimensions habituelles chez les
specimens de même taille d’o. occitanicus; par contre, la face est de largeur
normale pour la taille, c’est-à-dire semble étroite par rapport à la largeur de
la tête ; en conséquence, toutes les mensurations comparées à la distance
interoculaire au vertex donnent des chiffres élevés.
Les trois premiers tergites sont rouges en entier. La face et le clypeus
sont, comme chez le 3 (et à l’inverse de la $ o. occitanicus), revêtus de duvet
argenté.
P. perplexus est connu de l’est chinois (Kiang-Su et Tche-Kiang). D’après
Piel (toc. cit.) il existerait dans les mêmes régions une forme noire qu’il
appelle « var. syriaca » J’ignore de quoi il s’agit exactement.
(1) En 1925 [53), avant d’avoir vu les i>uncticollis du Musée de Vienne, j’avais rangé
sous ce nom des î dépendant des ssp. o. barbarus et gaelulus ainsi qu’un q appartenant
à l’espèce que j’appelle aujourd'hui palmetorum. Le véritable punclicollis n’existe pas
en Afrique du Nord.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENKE PALMODES
175
Sphex (Palmodes) palmetorum nov. sp.
Cette espèce m’est connue par un couple de Laghouat (Ç holotype,
S allotype — Chopard leg. 1934, coll. Muséum de Paris) et un <5 de Gafsa
(paratype — Dr Chobaut leg., mai 1899, ma coll.). J’ai longuement hésité
sur le statut taxonomique qu’il convenait de lui attribuer, car elle se rap¬
proche évidemment de tous les occitanicus noirs circumméditerranéens, et,
en particulier, de la ssp. cyrenaicus, dont les ailes offrent une coloration
foncée analogue. Un ensemble de détails morphologiques m’incitent cepen¬
dant à en faire une espèce distincte ; une documentation plus ample pourra
décider si cette position doit être confirmée ou si, au contraire, il convient de
ramener palmetorum au rang subspécifique d’ occitanicus.
Description de la $.
22 mm. Entièrement noire, avec seulement de nuance rougeâtre la partie
médiane des mandibules et les tarses ; ongles ferrugineux. Ailes fortement
enfumées, noirâtres, à marge apicale plus foncée, le tout avec un beau reflet
violet.
Clypeus n’offrant que des traces de duvet argenté (visible surtout sur les
côtés) et présentant des poils noirs dressés, moyennement fournis. Pilosité
générale de la tête et du thorax moyennement longue et abondante, de cou¬
leur poix sur la tête, les tempes et l’avant du thorax, noire sur le propodeum.
Hanches velues de forts poils noirs, assez courts ; fémurs I presque démunis de
psammophores. Pétiole avec quelques poils sur sa moitié antérieure. Tergites
glabres, sternites avec quelques poils noirs, très courts, dressés et très épars.
6 e sternite avec, de part et d’autre, des poils noirs un peu plus longs, dressés.
Mandibules longues, à base bidentée. Clypeus à partie supérieure un peu
bombée, sa partie inférieure offrant 3 dépressions, la centrale entourée en
croissant par la partie plus bombée ; son bord antérieur, un peu relevé,
présente un lobe médian A avancé et tronqué en arc concave, bien limité par
ses avancées latérales a nettement anguleuses ; la largeur a-a de la troncature
égale 2/5 de la distance de base des yeux et, à peu près, celle que couvre
l’insertion des antennes, ou encore les 4/5 de l’art. 3 du funicule. Sinuosités
a-b bien excavées, saillants B largement arrondis (fig. 36).
Toute la face, le vertex et les tempes avec une microponctuation sur
laquelle se détachent des points plus forts, clairsemés. OOL < POL 2 e art.
du funicule = art. 3 + 1/2 4. Collare et dorsulum moyennement brillants,
sculptés comme le vertex, ainsi que la partie antérieure du scutellum, gibbeux
et divisé par un sillon longitudinal (la partie postérieure striée longitudina¬
lement). Postscutellum et propodeum finement et régulièrement striés trans¬
versalement, meso- et metapleures plus rugueusement. Prosternum rugueu-
sement ponctué et strié.
Pétiole un peu courbé postérieurement, légèrement > 1/2 art. I tarse III,
approximativement = art. 2 + 2/5 3, un peu > art. 3 + 4, ou environ =
Source : MNHN, Paris
176
>. ROTH
SPHEX DU SOUS-GENEE PALMODES
177
art. 3 + 4 funicule. Peigne du métatarse I formé de 7 fortes épines, parais¬
sant un peu obtuses, légèrement courbées (fig. 44). 2 e cellule cubitale étroite,
de hauteur à peu près double de la largeur, à côtés subparallèles, et recevant
la l re récurrente à peu près au milieu de sa base ; 3 e cubitale modérément
rétrécie sur la radiale (troncature subégale à la largeur de la 2 e cubitale)
(fig- 61).
Abdomen lisse, brillant, à téguments modérément et éparsement ponc¬
tués ; dernier sternite comprimé latéralement.
Face plutôt étroite, yeux parallèles.
Largeur face
Largeur tête
45 Largeur face _ 45
105 Hauteur tête — 80
Description du <?.
18 mm. Entièrement noir, sauf les ongles des tarses, orangés-ferrugineux.
Ailes comme la $.
Face sans traces de duvet argenté ; toute la tête (clypeus, face, vertex,
tempes) avec une forte pilosité dressée, noire sur le clypeus, brun de poix
ailleurs, particulièrement abondante et longue derrière les yeux. Tout le
thorax velu de poils bruns hérissés, plus longs à l’arrière du propodeum et
sur les mesopleures. Abdomen avec une très légère pruinosité argentée bril¬
lante. Sternites 4-5 avec une tomentosité plus mate, de couleur gris-bru¬
nâtre, à reflets argentés.
Mandibules courtes, avec une forte dent à son extrémité. Clypeus légè¬
rement bombé à sa partie supérieure, avec une triple dépression antérieure
(comme la Ç), son lobe antérieur médian A légèrement échancré angulaire-
ment, à peine proéminent sur la ligne idéale b-b ; les sinuosités a-b très peu
prononcées, les angles B obtus mais bien acuminés (fig. 17-22). Art. 2 du
funicule = art. 3 + 1/2 4.
Face et vertex mats, avec une microponctuation dense et fine ; de gros
points assez denses sur le clypeus et la face, plus obsolètes et espacés sur le
vertex. Une petite fossette ronde de part et d’autre et en avant de l’ocelle
antérieur. Collare assez brillant, avec de gros points sur fond finement ponctué,
sculpture plus dense sur les côtés ; cou strié transversalement (fig. 72).
Sculpture du dorsulum analogue mais très dense et avec, en plus, une striation
irrégulière, grossière, oblique sur les côtés, transversale au milieu, visible
surtout à la partie postérieure. Ecaillettes brillantes, presque lisses. Scutel-
lum faiblement bituberculé, avec de gros points assez espacés. Postscutellum
transversalement strié. Propodeum assez finement et régulièrement strié
transversalement, ainsi que les metapleures. Mesopleures avec des stries
grossières, entre lesquelles s’alignent de gros points creux.
Pétiole un peu arqué postérieurement. Sa longueur = 9/13 art. I des
Fio. 81 à 85. — <J noir de Callian : 81, avant du clypeus ; 82, avant du thorax (profil) ;
83, 8« sternite ; 84, sculpture du propodeum ; 85^ cellules cubitales et radiale.
Fig. 86 à 91. — <J du Turkestan méridional: 86-87, pronotum (profil et face): 88, région
des ocelles ; 89, sculpture de l’arrière du dorsulum ; 90, avant du clypeus ; 91, 8«
sternite.
Source : MNHN, Paris
178
P. ROTH
tarses III = approximativement art. 2 + 3 tarses III, ou art. 2 + 3 funicule.
2 e cubitale à côtés, légèrement convergents vers la radiale (sa troncature sur
cette nervure = 2/3 de sa base) recevant la l re récurrente peu après le 1/3
de sa base ; 3 e cubitale modérément rétrécie (troncature sur la radiale
subégale à celle de la 2 e cubitale) (1).
Yeux un peu convergents vers le clypeus.
Largeur minim, f ace
Largeur tête
35j
90
Largeur face
Hauteur tête
= —^ 8 e sternite à côtés parallèles comme chez occitanicus,
mais à extrémité échancrée comme orienlalis; la dépression centrale, au lieu
d’être plus ou moins linéaire (type occitanicus ), est large et ovalisée (fig. 9).
On voit que cette forme se différencie principalement par la conformation
de son clypeus, à lobe antérieur étroitement tronqué chez la $, presque
rectiligne chez le — par la couleur foncée des ailes et, si ce caractère est
constant, par le peigne du métatarse I $, formé de 7 fortes épines.
En même temps que l’individu mentionné plus haut, étiqueté « persicus »
par Kohl (cf. P.o. pundicollis, p. 173), de Beaumont m’a communiqué une
autre $ appartenant au Musée de Vienne, toujours déterminé « persicus »
par Kohl (en même temps que de véritables $ de Priononyx persicus).
Ce dernier exemplaire, qui provient du Caucase, se rapproche beaucoup
de palmetorum, notamment par la forme du clypeus (dont le lobe A est
cependant plus proéminent et non échancré) et la dépression centrale cir¬
culaire du 8 e sternite. Elle s’en distingue par le pronotum plus rectangulaire
et moins déclive en avant, les pleures grossièrement mais nettement striées,
le dessus du thorax et du propodeum presque glabres. La face est déprimée,
le clypeus un peu bombé, microscopiquement chagriné, avec un semis de
points assez discrets. Le pronotum est ponctué, le dorsulum striolé avec une
ponctuation dense entre les stries, le propodeum très nettement et réguliè¬
rement strié transversalement. L’insecte est entièrement noir, velu de poils
noirs (sauf, comme indiqué, sur le dos du thorax) et sans traces de duvet
argenté. Ongles des tarses et tegulae ferrugineux. Ailes uniformément, quoi¬
que modérément, enfumées (marge apicale indistincte). Pétiole un peu arqué,
de longueur dorsale égalant celle des art. 2 + 3 des tarses postérieurs.
Cet unique exemplaire ne permet malheureusement pas de décider s’il
s’agit d’une sous-espèce de palmetorum ou d’une espèce distincte.
Sphex (Palmodes) garamantis Roth.
J’ai décrit cette espèce ([54], p. 47-49) d’après 2 capturés par Mateu à
Adrar-Amezzeroul (Hoggar). Elle se rapproche d 'occitanicus syriacus par sa
petite taille (19-20 mm) et le duvet argenté qui recouvre la face et le clypeus ;
elle s’en distingue par la forme de ce dernier, à lobe A plus proéminent, plus
(1) Ce dessin concerne l’allotype ; chez le d de Gafsa, les côtés de la 2» cubitale sont
subparallèles, et la troncature de la 3' cubitale est nettement plus petite.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
179
étroitement tronqué et nettement échancré circulairement ; les angles B
sont plus prononcés et acuminés (fig. 18-24). La sculpture est aussi plus
grosse. Enfin, les ailes sont brun foncé, presque noires, sans marge apicale
distincte, et avec un beau reflet violet.
Des différences du même ordre séparent garamantis de cyrenaicus,
duquel on pourrait être tenté de le rapprocher en raison de la proximité
géographique d’habitat et de la couleur des ailes. C’est, en fait, de palmetorum
que garamantis est le plus voisin ; il présente notamment la même forme du
8 e sternite (fig. 10) (ce qui l’éloigne d ’occitanicus) ; mais il s’en sépare par la
conformation très différente du clypeus. C’est pourquoi j’ai cru devoir en
faire une espèce particulière, malgré l’ignorance du sexe $, dont la décou¬
verte dissiperait toute incertitude.
P. garamantis se trouve être la forme la plus méridionale connue du
Sous-Genre Palmodes en Afrique.
FORMAE INGERTAE
Il me faut, en terminant cette revue des Palmodes paléarctiques, men¬
tionner encore quelques formes apparemment distinctes spécifiquement,
mais qui, correspondant à des exemplaires isolés et peut-être aberrants, ne
peuvent, pour le moment, être décrites comme telles.
1. — Le Muséum de Paris m’a communiqué un S complètement noir,
capturé par Berland à Callian (Var), en juillet 1938. D’assez grande taille
(20 mm), il ressemble superficiellement aux <? de la ssp. occitanicus ibericus;
mais il en diffère, ainsi que de toutes autres formes voisines, par la sculpture
du propodeum et par la conformation de la partie antérieure du clypeus. Le
propodeum est strié très finement et très régulièrement ; les stries, nettement
obliques, sont disposées de part et d’autre de la ligne médiane, dessinant
ainsi des chevrons (disposition rappelant un <J de Sarepta cité plus haut —
cf. P. orientalis, in fine — mais bien différent par ailleurs) ; entre ces stries
s’alignent de petits points bien rangés (fig. 84) ; le tout offre à l’œil un aspect
finement granulé. Le clypeus et la face présentent quelques traces de duvet
argenté. Le lobe A du clypeus est peu proéminent, presque rectiligne, mais
les angles B sont prononcés, saillants et bien acuminés (fig. 81). Le 8 e ster¬
nite, du type occitanicus, est assez échancré ; la dépression centrale s’élargit
circulairement (fig. 83).
S’il fallait rapprocher cet exemplaire d’une forme connue, je penserais
plutôt à occitanicus gaetulus; cependant, l’isolement géographique de son
habitat me laisse supposer une aberration plutôt qu’une race particulière.
2. — Du Turkestan méridional, j’ai vu un <J de grande taille (20 mm) qui
repose dans les collections du Muséum de Paris (Capus-Bonvalot leg. 1881).
Il est velu, largement bicolore (les 3 premiers tergites et les sternites corres¬
pondants rouges presque en entier). Les tarses sont ferrugineux ; le clypeus
Source : MNHN, Paris
180
P. ROTH
présente une légère pubescence argentée. Ce qui fait l’originalité de cet
exemplaire, c’est, d’une part, la forme insolite du clypeus, sans lobe A
formel, les sinuosités a-b étant réduites à une simple ondulation et les saillants
B imperceptibles ; l’ensemble est arrondi et angulairement échancré (fig. 90),
rappelant ce que l’on observe pour certains Prionyx. D’autre part, la sculp¬
ture est assez particulière : le dorsulum, couvert de gros points semi-confluents
est exempt des habituelles strioles; mais sa partie postérieure offre un fais¬
ceau de fines stries longitudinales convergeant vers le milieu du scutellum
(fig. 89). Autre détail singulier : une fossette bien marquée en arrière de
chaque ocelle postérieur (fig. 88 ; cet emplacement est toujours un peu
déprimé chez les <? de Palmodes, mais on ne peut proprement parler alors de
fossettes). Les pattes et les antennes sont moins grêles que chez occilanicus.
Le 8 e sternite rappelle par sa forme (fig. 91) celui de P. orientalis. Ailes un
peu enfumées.
Certains des caractères ci-dessus tendent à rapprocher cette forme de
P. sagax, décrit par Kohl d’après des exemplaires reposant au Musée de
Dresde, que l’auteur donne comme provenant de Nouvelle-Hollande, mais
qui, d’après Van der Vecht (in litt .) pourraient bien être des individus
paléarctiques avec une fausse étiquette de localité.
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
181
TABLES DE DÉTERMINATION
(Ces tables utilisent des caractères parfois inconstants ; d’autre part, elles
ne comprennent pas les nombreuses formes douteuses. Une détermination
sérieuse exigera toujours le report complémentaire au texte concernant
chaque espèce ou sous-espèce.)
Femelles
1. Métatarse I dépourvu de peigne ; troncature de la 3 e cubitale sur la
nervure radiale > celle de la 2 e cubitale . argyrius Brui.
— Métatarse I pourvu d’un peigne ; troncature de la 3 e cubitale ^
celle de la 2 e . 2
2. Abdomen entièrement de couleur rouge. 3
— Abdomen au moins en partie noir. 4
3. Pilosité de la tête et du thorax blanchâtre .... melanarius Mocs
— Pilosité de la tête et du thorax noire . (? pusillus Gussak.)
4. Bord antérieur du clypeus à saillants B anguleux, prononcés, et à
sinuosités a-b bien creusées.
Bord antérieur du clypeus à saillants B largement arrondis, et à
sinuosités a-b seulement incurvées .
5. Mesonotum mat, finement ponctué, subchagriné ; troncature de la
3 e cubitale sur la radiale large, subégale à celle de la 2 e ; pattes
rouges . strigulosus Costa
— Mesonotum autrement sculpté ; pattes noires (sauf parfois les
tarses) . 6
6. Mesonotum brillant, avec de gros points discrets épars, sur fond
micro-pointillé. Abdomen noir grisâtre, le bord apical des seg¬
ments un peu rougeâtre. Face revêtue de duvet argenté. Taille
grande . (? orienlalis Mocs)
— Mesonotum plus ou moins brillant, semé de points légers espacés.
Premiers tergites ferrugineux. Taille petite. minor Mor.
7. Mesonotum avec, sur fond microscopiquement réticulé, un semis
de petits points assez serrés et de gros points creux clairsemés.
5
7
Source : MNHN, Paris
182
*. ROTH
Largeur de la troncature a-a du clypeus^ la demi-distance intero¬
culaire. Peigne du métatarse I avec 6 épines (exceptionnellement 7) 8
— Mesonotum comme ci-dessus, mais troncature du lobe A du cly-
peus étroite, < 1/2 distance interoculaire. Peigne métatarse I avec
7 épines. Ailes noirâtres . palmetorum n. sp.
8. Europe méridionale et Chypre. Abdomen bicolore .
. occitanicus occitanicus (Lep. et S.)
— Afrique du Nord. Abdomen bicolore, mais la teinte ferrugineuse
virant parfois au noirâtre ou envahie par des taches noires. Taille
souvent grande . occitanicus barbants nov. ssp.
— Péninsule ibérique. Abdomen entièrement noir. Ailes subhyalines
à marge apicale plus foncée. Taille variable .
. occitanicus ibericus nov. ssp.
— Ouest algérien et Sud tunisien. Comme la précédente ssp., mais
7 épines au métatarse I. Grande taille .. occitanicus gaetulus nov. ssp.
— Libye. Abdomen noir. Lobe A du clypeus plus étroit que dans les
autres ssp. Ailes foncées. Grande taille occitanicus cyrenaicus Gribodo
— Levant et Rhodes. Abdomen noir. Sculpture fine. Lobe A du
clypeus largement tronqué. Parfois, traces de pubescence argentée
sur la face et le clypeus. Ailes subhyalines à marge apicale dis¬
tincte. Taille petite . occitanicus syriacus Mocs.
— Région touranienne. Abdomen noir. Ponctuation assez forte et
dense. Lobe A du clypeus largement tronqué. Ailes plutôt enfu¬
mées. Taille généralement grande- occitanicus puncticollis Kohl
— Chine. Abdomen largement bicolore. Face revêtue de duvet
argenté . occitanicus perplexus Smith
Males
1. 8 e sternite en bonnet de police. 3 e cubitale largement tronquée
sur la nervure radiale. Abdomen noir . argyrius Brullé
— 8 e sternite subtriangulaire. Abdomen noir. 2
— 8 e sternite à extrémité arrondie, plus ou moins échancré ou
subtronqué . 3
2. Mesonotum mat, subchagriné, irrégulièrement striolé ; pilosité
brun clair. melanarius Mocs.
— (D’après Gussakovskij :) Mesonotum brillant, subtilement strié
transversalement ; pilosité noire . pusillus Gussak
3. Dorsulum finement chagriné, criblé de petits points réguliers
3 e cubitale largement tronquée sur la radiale. Abdomen presque
entièrement noir, un peu ferrugineux à sa base. Ailes légèrement
enfumées. Taille moyenne ou petite . strigulosus Costa
— Dorsulum ponctué ou ponctué et strié. 4
Source : MNHN, Paris
SPHEX DU SOUS-GENRE PALMODES
183
4. Dorsulum à double ponctuation sur fond brillant : fine et serrée à
la base, avec de gros points épars et des strioles peu prononcées.
Abdomen noir . 5
— Dorsulum à double ponctuation, sur fond mat microscopiquement
réticulé. Abdomen noir ou en partie rouge. 6
5. 8 e sternite échancré en cœur (angles B du clypeus arrondis ; lobe A
proéminent, profondément échancré) . (? orientalis Mocs)
— (D’après Gussakovskij :) 8 e sternite quadrangulaire, à extrémité
tronquée ; lobe A non échancré. Ailes enfumées. Taille petite
. minor Moraw.
6. Abdomen bicolore (au moins une partie des premiers segments
rouges) . 7
— Abdomen entièrement noir . 8
7. Europe méridionale et Chypre . occitanicus occitanicus Lep. et S.
— Afrique mineure (Maroc-Algérie) .. occitanicus barbarus n. ssp.
— Libye . occitanicus cyrenaicus Gribodo
— Chine. occitanicus perplexus Smith
8. Lobe A du clypeus non proéminent sur la ligne b-b, simplement
ondulé, un peu échancré au milieu. Ailes noires, à reflets violacés.
Algérie-Tunisie . palmetorum nov. sp.
— Lobe A du clypeus proéminent sur la ligne b-b . 9
9. Lobe A étroit, échancré circulairement ; angles B acuminés ; ailes
noirâtres ; taille petite. Hoggar. garamantis Both
— Lobe A plus large ; angles B moins acuminés, ou arrondis . 10
10. Espagne. Ailes subhyalines. Taille variable .
. occitanicus ibericus nov. ssp.
— Algéro-Tunisie. Ailes subhyalines, occitanicus gaetulus .nov. ssp
— Libye. Ailes généralement foncées ... occitanicus cyrenaicus Grib.
— Levant. Ailes subhyalines. Taille petite. Clypeus avec du duvet
argenté . occitanicus syriacus Mocs.
— Région touranienne. Ailes enfumées. Taille grande .
. occitanicus pundicollis Kohl
Source : MNHN, Paris
184
P. ROTH
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Achevé d’imprimer le 30 Avril 1963.
Printed in France.
Le Directeur-Gérant : Prof. E. Séguy
Pierre André, imp., 244 boulevard Raspail, Paris 14,
Dépôt légal : 2 e trimestre 1963.
Source : MNHN, Paris