• IV. i b U
MÉMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOMEj XXXI
FASCICULE 2
J. DAGET
LE CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue GeofTroy-Saint-Hilaire (V e )
1964
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
1IKMII1ÏS IH JIISÉUI YITIO.VU « IIISTOIBE ittUIIEUE
Série A. Zoologie. Tome XXXI, fascicule 2. — 1964.
LE CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
par
J. DAGET
GÉNÉRALITÉS
La distinction entre neurocrâne, splanchnocràne et dermocrâne (1)
os t classique ; elle répond évidemment à la nécessité de subdiviser un chapitre
particulièrement complexe de l'Anatomie des Vertébrés, mais aussi et
surtout è l'existence dans la région céphalique de trois ensembles de struc¬
tures squelettiques fonctionnellement distincts.
Le neurocrâne, dans le prolongement de la colonne vertébrale, constitue
Une enveloppe protectrice autour de l'encéphale, des organes stato-acous-
t‘ ( |ues, des sacs olfactifs et des yeux ; ses divers éléments sont soudés ou
a ukylosés de façon à former une boîte rigide indéformable. Ses seuls mou-
Ve nients possibles sont une légère rotation et une légère (lexion de l’ensemble
Pur rapport à l’axe vertébral, mais la mobilité entre le neurocrâne et la
Première vertèbre n’est guère plus forte que la mobilité entre deux vertèbres
Sl >ccessives.
Le splanchnocràne sert d'armature aux régions buccale et pharyngienne :
a première doit s’ouvrir et se fermer pour l'ingestion des aliments, la seconde
* e dilater et se contracter pour entretenir un courant d'eau sur les branchies.
Les éléments du splanchnocràne sont donc mobiles les uns par rapport
au x autres ; l'ensemble, relié au neurocrûne par quelques points d’articu-
lation, est largement déformable dans toutes les directions de l’espace.
Le dermocrâne joue, au même titre que les écailles du corps, un rôle
. c protection superficielle ; il est composé de plaques de recouvrement
Juxtaposées et plaquées sur les structures crâniennes sous-jacentes aux¬
quelles elles sont d'ailleurs parfois soudées.
(1) Dermocrâne ost pris ici dans un sens restrictif, certains os dermiques associés au
®Planclinocrâne ou étant exclus.
Mémoires ou Muséum. — Zoologie, t. XXXI 11
Source : MNHN, Paris
1G4
.1. UAGliT
Du point de vue fonctionnel, l'architecture crânienne des Téléostéens
avec son plan fondamental et ses multiples variantes de détail devra donc
être interprétée de façon distincte selon qu'il s’agira du neurocrâne, du
aqiiclcUe branchial contracté ; en bae, bouche ouverte et squelette branchial dilaté .
1, 2, 3, 4, 5, arc» branchiaux; ca. cp, copule» antérieure ut postérieure ; d, dentaire'
hm, hyomandibulaiiv ; ms, maxillaire ; pmx, prémaxillaire.
splanchnocràne ou du dermocrâne. Pour chacun de ceux-ci, on doit s'attendre
à ce que l’évolution, par spécialisations adaptatives ou non, se soit effectuée
suivant des modalités très différentes.
I. — Origine et mise en place des tissus squelettogènes chez l'embryon.
Mésomésenchyme et ectomésenchyme.
A Holmgben (1943) revient le mérite d’avoir clairement montré j a
nécessité, pour une interprétation correcte des structures crâniennes, de
retracer l’origine de celles-ci depuis les stades les plus précoces de l'onto¬
genèse et d'étudier les blastèmes mésenchymateux antérieurement à tou
processus de chondrification ou d'ossification.
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CRANE DES TELEOSTEENS 165
Au cours de la phase du développement embryonnaire dite gastrulation,
i ébauche entièrement continue que formait jusqu'alors le disque germi¬
natif se transforme, par déplacements relatifs de groupes de cellules, en
un système de feuillets superposés qui, en allant de l'extérieur vers le deuto-
plasme, sont les suivants : l'ectoblaste, le cordo-mésoblaste et l'entoblaste.
ii'ès tôt, dans le feuillet médian, certaines cellules se groupent suivant
* axe longitudinal de l'embryon pour former le cylindre cordai, tandis que
lus autres constituent une plaque mésoblastique, largement étalée à gauche
e t à droite de la corde, et séparée seulement de celle-ci par une fente virtuelle.
Sous l'influence inductrice du cordo-mésoblaste sous-jacent, l'ébauchc
du système nerveux ne tarde pas à se différencier. Chez les Téléostéens,
c est une masse cellulaire compacte, formée par la concentration de cellules
uutoblastiques le long d'un axe médian. Cette masse s’enfonce en profondeur
huit par s'isoler de l'ectoblaste qui se referme au-dessus d'elle et mérite
désormais le nom d'épiblaste. Haute et épaisse dans la région antérieure
'lui formera l’encéphale, l’ébauche du système nerveux est plus mince dans
tronc ; c'est plus tard qu elle sc creusera d'une lumière centrale.
En avant de l’extrémité antérieure de la corde, point de repère important
dans l’étude de la région céphalique, le mésoblaste et l'entoblaste ne s’isolent
' un de l’autre que tardivement ; le territoire médian où les deux feuillets
r estcnt ainsi longtemps confondus porte le nom de plaque précordale. En
■Uemc temps que le système nerveux commence à se différencier, on voit
s isoler dans la zone qui le sépare de l’épiblaste un ensemble de cellules
■lui forment les crêtes neurales. Celles-ci sont plus massives et d'apparition
Plus précoce dans la tête que dans le tronc. Les éléments de ces ébauches
d origine ecloblastique sont particulièrement migrateurs et jouent, comme
° n le verra plus loin, un rôle important dans la genèse des organes céphaliques.
Par rapport au tronc, la tète est essentiellement caractérisée par la
Puissance et la diversification des structures nerveuses qui s’y développent.
jil première ébauche du système nerveux central ou neuroblaste donnera
Paissance, pour sa part, à l'encéphale proprement dit, aux nerfs olfactifs
el - optiques, qui de ce fait ne sont pas homologues des autres nerfs, et enfin
au x racines motrices des nerfs crâniens, que ces derniers soient uniquement
■Uoteurs ou mixtes.
. Dès un stade très précoce, il est possible de distinguer un prosenccphale
■uduit rostralement par la plaque précordale et un rhombencéphale induit
CaU( lalement par l'extrémité antérieure de la corde. Entre les deux, dans
Pie zone d'induction mitigée et de morphogenèse moins intense, s’indivi¬
dualise un mésencéphale. Au niveau où le prosencéphale se divisera ulté-
■eurement en télencéphale et diencéphale, apparaissent très tôt deux évagi-
na tions latérales en direction de l'épiblaste. Ces évaginations donnent nais-
Sa ncc aux vésicules optiques primaires, première ébauche de l'œil, tandis
^ Ue le pédicule qui les relie au système nerveux central devient le nerf
0 Ptique primaire. Peu après l'individualisation du diencéphale et du télen-
ppphale, le plancher de ce dernier envoie en direction rostrale deux cordons
P' e >ns qui donneront les lobes olfactifs. L'épiphyse se forme aux dépens
e la voûte diencéphalique et l'infundibulum provient assez tardivement
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de la paroi ventrale du diencéphale. Tous ces éléments jouent un rôle im¬
portant dans la morphogenèse du neurocrâne.
Contrairement à la partie antérieure de l'encéphale, le inéscncéphale
embryonnaire présente peu de transformations au cours de l'ontogenèse.
Mais à son niveau apparaît une plicature telle que le plancher du prosen-
céphale s'infléchit vers le bas, la croissance de la région dorsale étant plu®
rapide que celle de la région ventrale. La voûte primitive du prosencéphale
vient donc surplomber la bouche alors que l'infundibulum qui, à l'origine,
se trouvait situé très en avant, glisse progressivement vers l'arriére jusque
sous la pointe antérieure de la corde.
Le rhombencéphalc sc divise également en deux pour donner le myélen-
céphale et le métencéphale. C’est à partir de ce dernier que s'édifie le cervelet
dont la valvule atteint chez les Mormyridae. un développement hypertro¬
phique.
Dans la région céphalique, le mésoblaste dorsal est rarement segmente
d'une façon nette chez les Téléostéens. On peut cependant dans la plupart
des cas identifier à la partie antérieure de la tête trois condensations ayan
valeur de somiles ; ce sont de l'avant vers l'arriére les somites prémandi-
bulaire, mandibulaire et hyoïdien. La limite entre les deux premiers est
située au niveau de l’extrémité antérieure de la corde et les somites préman-
dibulaires droit et gauche restent unis médianement par la plaque precoi"
dale. Les somites suivants, au nombre de cinq, sont mal individualises-
Une faible partie seulement du mésoblaste dorsal donne naissance a
des muscles striés : les muscles oculaires qui proviennent des trois premiers
somites et les muscles hypobrancluaux qui proviennent des trois dernier»
somites. Tout le reste se résout en mésenchyme dit mésomésenchyme pour
bien préciser son origine mésoblastique < - endomésenchyme, BehtmM •
1959). Ce mésenchyme envahit tous les espaces libres entre l’épiblastc»
l'entoblaste et le cerveau : il formera la dure-mère qui représente la part 1
crânienne primordiale, divers tissus conjonctifs dont le derme et une parti e
du neurocràne.
Le mésoblaste ventral n’est jamais segmenté, mais dans la région cépha-
ique, à la suite de la formation des poches pharyngiennes, il se troirt
secondairement divisé en travées qui constituent les arcs viscéraux K* 1
effet l’entoblaste qui deviendra plus lard le pharynx, commence par s
plisser sur les côtés et, successivement de l'avant vers l'arrière, apparaisse»
six diverticules ou poches pharyngiennes. Ces évaginations latérales 01
l'entoblaste se portent à la rencontre de dépressions épiblastiques corres¬
pondantes en refoulant de part et d'autre le mésoblaste et les deux feuillu^’
en s'accolant, forment alors une membrane obturante qui sc perce ullérieu-
rement.
Les poches pharyngiennes, en s'ouvrant à l’extérieur, deviennent de
fentes viscérales ou branchiales. La première dite hyoïdienne ne ta*
d'ailleurs pas à s’oblitérer chez les Téléostéens tandis qu'un repli extern
de l'arc hyoïdien, progressant en direction caudale, recouvre les cinq fente-
branchiales fonctionnelles: ce repli est dit operculaire. Le mésoblaste » •
arcs viscéraux donne naissance a la musculature viscérale ou branchial »
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CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
formée de muscles striés alors que dans le tronc le mésoblaste ventral ne
donne que des muscles lisses, et aussi à un peu de mésomésenchyme. Mais
le squelette des arcs viscéraux provient d'ectomésenchyme venu secondai¬
rement s’incorporer aux arcs viscéraux.
Le premier arc situé entre l’orifice buccal et la fente hyoïdienne est
appelé mandibulaire parce qu’il donnera les muscles et le squelette des
mâchoires. Le second est appelé arc hyoïdien et les suivants arcs branchiaux :
ces derniers sont numérotés de 1 à 5 dans le sens céphalocaudal. Quant è
la région située en arrière de la bouche et comprise entre les bords ventraux
des poches pharyngiennes droites et gauches, elle reçoit le nom de champ
mésobranchial.
’ ,,i - 2. — Deux stades précoces de l’embryogenèse : différenciation du neuroblaste en haut
et <1 « s unités en bas (coupes transversales schématisées) ; c, corde ; er, crêtes neurales :
•1, d -utoplasmc ; ec, ectoblast" ; en, entoblaste ; ep. épiblaste ; m. mésoblaste ; n. neuro-
nlnste ; s. somite ; su. système nerveux central.
La destinée des éléments provenant des crêtes neurales est difficile à
suivre. Elle a surtout été étudiée chez les Amphibiens qui se prêtent mieux
‘l'ic les Téléostéens aux recherches d'embryologie expérimentale. En effet
Sl l’origine des cellules peut être reconnue à certaines particularités cyto¬
plasmiques, leurs déplacements ne peuvent guère être mis en évidence par
e seul examen de coupes histologiques : il est nécessaire de recourir à des
Marquages, à des ablations localisées ou à des greffes et de contrôler les
Uns par les autres les résultats fournis par ces diverses techniques. On a
Pu ainsi montrer que les cellules des crêtes neurales émigrent d'abord sous
e piblaste en se dirigeant vers la région ventrale : dans ce mouvement de
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168
J. DAGET
descente, elles laissent derrière elles des traînées qui correspondent en gros
aux futurs nerfs mixtes.
Un premier groupe de cellules contribuera à foi-mer les gaines de Schwann,
la pie-mère et une partie des ganglions crâniens et autonomes dont le reste
provient des placodes épiblastiques. Les prolongements centripètes des
amas ganglionnaires gagneront les centres nerveux en suivant les traînées
signalées précédemment. Un second groupe de cellules envahit la région
de la tête antérieure et un dernier groupe se mêle au mésoblaste des arcs
viscéraux. Tous les éléments des crêtes neurales de ces deux derniers groupes
se transforment en mésenchyme que l’on appelle ectomésenchyme pour
rappeler son origine ectoblastique. L'ectomésenchyme est essentiellement
chondrogène. Chez les Amphibiens il donne la partie antérieure des trabé¬
cules, c’est-à-dire les trabécules proprement dites, et tout le splanchnocrâne
à l’exclusion du second basibranchial qui provient du mésoblaste.
11 est normal, au moins à titre d hypothèse et en supposant que la morpho¬
genèse procède d’un plan identique chez tous les Vertébrés inférieurs,
d’étendre les données précédentes aux Téléostéens. On verra en effet q ue
chez ces derniers les faits embryologiques, moins faciles à interpréter et
moins démonstratifs que chez les Amphibiens, ne sont pas en désaccord
avec le rôle des crêtes neurales et de l'ectomésenchyme tel qu’il vient d'être
brièvement indiqué et souvent même le corroborent.
L’épiblaste ne se différencie que sous l'effet inducteur des tissus sous-
jacents. II fournit l'épiderme avec scs deux couches superficielle et profonde
ou sensorielle et les diverses placodes. Ces dernières ne sont que des épaissis¬
sements plus ou moins tardifs de l'épiblaste dont les cellules migrent en
profondeur ; la plupart se transforment en amas ganglionnaires ou en organes
sensoriels.
Antérieurement, au contact du prosencéphale, apparaissent les placodes
olfactives qui se dépriment d'abord en fossettes puis donneront les organes
olfactifs. De même l'épiblaste latéral, sous l'influence inductrice de la vési¬
cule optique primaire, édifie le cristallin. Plus en arrière, la placode audi¬
tive répond à la présence d'un foyer organisateur localisé dans le mésoblaste
paracordal et dont l'action inductrice est ultérieurement complétée p» 1 '
celle du rhombencéphale. La placode auditive s'invagine profondément
et se transforme en une vésicule close, ou otocyste, à partir de laquelle
se différencieront le ganglion auditif et les organes stato-acousliques.
Par ailleurs apparaît un pli limitant antérieur qui isole la région cépha¬
lique de l’embryon et la soulève au-dessus du dculoplasme ; dans le fond
de la dépression ainsi formée l'entoblaste, qui limite antérieurement le
cul-de-sac archentérique, vient s’appliquer contre l'épiblaste cl induit
celui-ci à se déprimer en stomodéum. Il en résulte également une plaque
pharyngienne qui se percera ultérieurement pour donner l'orifice buccal-
Juste au-dessus du stomodéum, l’ébauche de l'hypophyse apparaît comme
une placode dans la couche sensorielle de l'épiblaste. Cette hypophyse slomo-
déflle s'invagine et entre en contact avec l'infundibulum qui réagira en
évaginant à son tour, mais assez tardivement, le lobe nerveux de l'hypophyse-
D'autres placodes, dont le nombre et la position sont probablement
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CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
169
assez variables dans l'ensemble des Téléostéens, donnent naissance aux
ganglions crâniens et aux éléments du système latéral. D’après certains
auteurs cependant les neuromastes se développeraient directement dans
la couche sensorielle de l’épiblaste, sous l’effet inducteur des terminaisons
nerveuses latérales. De toute façon, les neuromastes, dont l’activité ostéo-
gène a été bien établie, proviennent de l’épiblaste. Quant aux ostéoblastes
qui édifient les os à canaux, leur origine est encore controversée : épiblastique
pour certains, ectomésenchymateuse pour d autres.
L’origine et le mode de dérivation des principaux organes ou tissus de
la région céphalique des Téléostéens, à partir des trois feuillets embryonnaires
primordiaux, peut être schématiquement résumée de la façon suivante :
tordo-néaoblaste-
«ntoblaste-
^ mésomésenchyme s
muscles viscéraux
tissus conjonctifs,derme
.neurocrâne
poches viscérales
pharynx
En pratique il n'est pas toujours facile de savoir si le mésenchyme qui
donne naissance à telle ou telle partie du crâne est de l’ecto ou du mésomé-
Senchyme. Les cellules de ce dernier sont souvent plus riches en enclaves
v *tellines, sous forme de gros globules ne disparaissant qu’après le début
de la chondrification alors que les cellules ectomésenchymateuses possèdent
Seulement de petites gouttelettes vitellines qui se résorbent au stade de
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170
• AfiET
blastème. Mais ces différences sont peu sensibles chez les Téléostéens, et
dans bien des cas l'embryologie descriptive seule ne peut fournir de preuves
conclusives.
Quoi qu'il en soit, le fait bien établi chez les Amphibiens que l’ectomé-
senchyme participe à la formation du neurocràne cartilagineux dans la
région trabéculaire et qu inversement le mésomésenchyme fournit le second
basibranchial, cartilage du splanchnocrâne, prouve que l’on ne saurait
opposer le neurocrâne au splanchnocrâne en tant que dérivés le premier
du mésoblaste et le second de l’ectoblaste. Mais selon une théorie dont les
développements récents se sont révélés particulièrement fructueux, le neuro-
crâne des Vertébrés les plus anciens et les moins évolués se serait formé
entièrement à partir du mésomésenchyme et n'aurait été en somme que
le prolongement antérieur du squelette axial, alors que le splanchnocrâne
aurait dérivé uniquement de l'ectomésenchyme entourant le canal alimen¬
taire. Au cours de l’évolution, ce plan primordial aurait subi des remanie¬
ments, en particulier lors du passage du type agnatheau type gnathostome-
La bouche qui s’ouvrait en avant de l'arc prémandibulaire aurait été reportée
en avant de l'arc suivant lui-même transformé en mâchoires. De ce fait,
une partie des arcs viscéraux antérieurs, profondément modifiés, aurait
été incorporée au neurocrâne. Cette théorie est en accord avec les faits
paléontologiques. Jauvik (195-1) a pu montrer par exemple que chez Euslhe-
nopleron, un Osteolépiforme du Dévonien dont le crâne est à certains points
de vue encore très primitif, les éléments horizontaux antérieurs ou infra-
pharyngiens des trois arcs prootiques, prémandibulaire, mandibulairc
et hyoïdien, étaient incorporés au neurocrâne, ceux du premier arc à la
région nasale, ceux du second è la région orbitaire et ceux du troisième à
la région otique. 11 en est de même des éléments verticaux ou suprapha-
ryngiens. Appliquée aux Téléostéens, la même théorie donne, comme on
le verra plus loin, une explication logique et satisfaisante d’un grand nombre
de particularités embryologiques ou morphologiques. Celles-ci constituent
donc autant de preuves indirectes de l'exactitude de la théorie.
D'autre part, il faut admettre que des tissus histologiquement identiques-
en l'occurence cartilagineux, peuvent avoir des origines différentes et ne
pas provenir obligatoirement d'un même et unique feuillet embryonnaire.
La théorie des feuillets ne doit pas être prise dans une acception trop étroite-
Klle n'est valable que dans la mesure où elle affirme une certaine spécificité
dans les potentialités évolutives de chacun des feuillets embryonnaires-
La destinée des diverses lignées cellulaires reste plus ou moins longtemps
sous la dépendance des processus morphogénétiques complexes dans les¬
quels elles se trouvent engagées au cours de l'ontogenèse et n'est défini¬
tivement fixée qu au moment ou la différenciation histologique ultime et
irréversible se produit.
Une autre théorie de. portée générale pour l'ensemble des Vertébrés
et applicable notamment à la morphogenèse crânienne est celle connue
sous le nom de principe de délamination (IIoi.mghkn, 1940 ; Jakvick, 1959)-
Celui-ci se réfère à la propriété qu’ont les cellules de l’ectoinésenchynie
■situées juste sous l'épiderme ou, à «les stades tardifs de l’ontogenèse et chez
Source : MNHN, Paris
CRANE
■ÉLÉOSTÉENS
171
les adultes, les cellules les plus superficielles du derme, de former des géné¬
rations successives de couches squelettogènes qui s'enfoncent en profondeur.
Les éléments ainsi formés seront donc superposés les uns aux autres, les
Plus profonds correspondant aux générations les plus anciennes. En ce qui
concerne le crâne, les premières couches délaminées par ce processus pourront
s incorporer aux cartilages du neurocrâne alors que les dernières donneront
les ossifications dermiques les plus superficielles.
II. — Métamérisation de la région céphalique.
Le phénomène de la métamérisation est caractéristique de la région du
tronc chez les Vertébrés. 11 consiste en un morcellement précoce et régulier
de la partie dorsale du mésoblaste située de part et d'autre de la corde et
du névraxe ; ce morcellement se développe progressivement en direction
céphalo-caudale et les segments successifs qui apparaissent ainsi les uns
derrière les autres constituent les somites. La partie ventrale du mésoblaste
reste non segmentée et porte le nom de lame latérale. Parmi les Vertébrés,
*cs Téléostéens sont en outre caractérisés par une séparation très précoce
et totale entre les somites et le reste du mésoblaste auquel ils ne sont pas
reunis par des pédicules somitiques.
Sans entrer dans plus de détails, il convient de rappeler que les muscles
®triés du tronc, doués de mouvements volontaires, proviennent uniquement
des somites. Ils sont innervés par des fibres somato-motrices issues du névraxe
Source : MNHN, Paris
172
J. DAGET
et qui forment une racine ventrale en regard de chaque somite. Au contraire
les muscles lisses ou viscéraux, dont les mouvements ne dépendent p aS
de la volonté, dérivent de la laine latérale ; leur innervation est assurée par
les libres du système autonome, orthosympathique, provenant des crêtes
neurales. Enfin à chaque racine ventrale somato-motrice correspond une
racine dorsale sensorielle et un ganglion spinal ou rachidien provenant
également des crêtes neurales. Les libres nerveuses des racines dorsale et
ventrale se réunissent pour former un nerf mixte segmentaire.
A se contenter d un examen superficiel, il semble que la métamérisation
soit également évidente dans la région céphalique, du fait de la sériation
des arcs viscéraux qui apparaissent successivement de l'avant vers l'arnere
et dont chacun possède sa propre innervation. En réalité cette métamérie,
qu il convient d appeler plutôt branchiomérie, n’est nullement homologue
de celle du tronc. Dans la région céphalique, la lame latérale du mésoblaste
ne présente, comme dans le tronc, aucune tendance à se segmenter. Ce sont,
comme il a été expliqué plus haut, les diverticules latéraux de 1 entoblaste
pharyngien qui, en s ouvrant à 1 extérieur, découpent secondairement l a
couche continue de mésoblaste en une série d arcs viscéraux. D ailleurs,
si la musculature de ces arcs est bien composée de fibres striées, il s agit
de muscles homodynames mais non homologues des muscles striés du tronc.
Ils proviennent en ellet du mésoblaste ventral et non des somites ; de plu®
ils sont innervés par les branches motrices des nerfs mixtes crâniens q ul
ne correspondent en rien aux racines ventrales des nerfs spinaux.
C’est donc dans le mésoblaste dorsal de la tête qu il faut chercher a
retrouver trace de la métamérisation si celle-ci existe. Or chez les Téléostéens.
ce mésoblaste n est réellement segmenté à aucun stade de 1 ontogenèse
bien que, dans certains cas, on ait réussi à mettre en évidence des conden¬
sations mésenchymateuses fugaces dont la valeur somitique parait devoir
être retenue. Chez de jeunes embryons de Muraena, le mésoblaste de 1
tête antérieure se découpe d arrière en avant en huiL segments dont le premier,
uni à son congénère, est évidemment le prémandibulaire. A un stade ultérieur,
ces huit segments se confondent et on ne trouve plus que trois vésicules
correspondant aux trois somites antérieurs. Ces vésicules elles-mêmes perden
leur individualité avant toute diliérenciatiou des muscles oculaires )BoeK»
1904). Un somite prémandubulaire vestigial mieux caractérisé a été signa*
chez Salmo (Holmghen, 191), Esox et Hepsetus )Bektmak, 1959).
Si l’on ne connaissait que les Téléostéens, le problème de la métaméri¬
sation céphalique devrait probablement être considéré comme insoluble
et ne se serait peut-être jamais posé. Mais dans d’autres groupes, notammen
les Élasmobranches, les somites de la tête apparaissent avec sullisammen
de netteté pour qu’on ait pu les dénombrer et associer à chacun d eux un
certain nombre d organes dont la valeur segmentaire a été ainsi établi® 1
Comme ces organes se retrouvent avec une disposition identique chez l® s
Téléostéens et qu à ce point de vue 1 unité de plan d organisation de * !
région céphalique est évidente pour 1 ensemble des Vertébrés inférieur*
gnathostomes, on est fondé à admettre que dans tous les cas du matériel
somitique participe a la formation des structures crâniennes. Mais chez 1
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
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Téléostécns, le stade d’individualisation des somites de la tête, qui devrait
Normalement s'intercaler entre le stade où le mésoblaste est continu et
celui où il se résout en mésenchyme et en libres musculaires, a été pratique¬
ment expulsé de l’ontogenèse selon un processus connu sous le nom d accé¬
lération embryogénétique.
Pour faciliter l’élude de la métamérie céphalique, il est préférable de
eonsidérer séparément les trois régions suivantes : la région antérieure
0u prootique, la région moyenne ou métotique et la région postérieure ou
° c cipitale. I .a région prootique est celle où la segmentation présente les
caractères sinon les plus typiques du moins les plus constants dans toute
j a série des Vertébrés. On y reconnaît toujours trois somites qui méritent
es noms de prémandibulaire, mandibulaire et hyoïdien. Ces somites donnent
paissance à des myoblastes qui se dirigent vers l'ébauche de l'œil pour
e difier les muscles oculo-moteurs et du mésomésenchyme. Ce sont donc
a es scléromj'otomes, homologues de ceux du tronc, mais de nature un peu
spéciale du fait qu’il n'y a pas séparation entre un myotome proprement
a, t donnant des muscles et un sclérotome donnant du mésenchyme.
On admet en général que le muscle oblique inférieur ou petit oblique
et les muscles droits interne, inférieur et supérieur proviennent du somite
Ij r «nandibulaire, que le muscle oblique supérieur ou grand oblique provient
u somite mandibulaire qui fournirait en outre le mésomésenchyme du
cartilage polaire et que le muscle droit externe ou rétracteur de l'œil provient
11 somite hyoïdien qui fournirait également une partie du mésomésenchyme
e la base du neurocrâne dans la région otique. Ces trois groupes de muscles
culaires sont respectivement innervés par trois nerfs somalo-elïérenls
sont l'oculomoteur (III), le pathétique ou trochléaire (IV) et 1abdu-
ens (VI). Ces nerfs moteurs en relation avec des muscles striés d origine somi-
J'que paraissent bien être homologues des racines ventrales des nerfs segmen-
aires du tronc. Quelques particularités doivent cependant être signalées.
Oculoinoleur est accompagné de libres préganglionnaires qui se rendent
u ganglion ciliaire, ganglion autonome du système parasympathique situé
11 arrière de l'œil, alors qu'en principe les libres préganglionnaircs sont
Sodées aux racines dorsales. Quant au trochléaire, ses libres se croisent
anl de sortir de l’encéphale et sa position est plutôt dorsale, ce qui est
Optionnel pour un nerf somato-ellérent.
La plupart des auteurs s'accordent pour considérer le nerf ophtalmique
d,° 0llf L le nerf trijumeau (V) elle nerf facial (Vil) comme les racines dorsales
es trois segments prootiques ; leur connexion avec le système nerveux
Entrai en position dorso-latérale est conforme à ce point de vue, de même
^ l'existence de trois ganglions correspondants provenant en grande
•j. r l'e des crêtes neurales, les ganglions ophtalmique, trigéminé et facial.
°utefois, si l'ophtalmique profond est un nerf purement sensible, le tri-
•heau et le facial sont des nerfs mixtes c’est-à-dire renfermant des libres
j a 1,1 a t°-a lièrent es et viscéro-eflérentes ; celles-ci innervent directement
Se Musculature viscérale alors que dans le tronc le système viscéro-elîérent
compose de libres préganglionnaires qui se rendent d abord à un ganglion
l °nome d’où elles sont relayées par des libres postganglionnaires. Il est
Source : MNHN, Paris
17)
.7. DAGIÎT
évident que cette différence est liée à la nature des muscles innervés, stries
dans la tête et lisses dans le tronc. 11 est en outre à remarquer que le facial
comprend les fibres préganglionnaires alors qu'il ne semble pas y en avoir
dans le trijumeau bien que certains des rameaux de ce nerf soient en relation
avec les ganglions autonomes de la tête. Enfin la partie sensorielle du facial
présente un développement particulièrement important car la plupart
des fibres latérales innervant les neuromastes céphaliques lui sont annexées.
Chez les Téléostéens, comme chez tous les autres Vertébrés gnatho-
stomes, le nerf profond est une simple branche du tronc trigéminé. M alS
chez les agnalhes fossiles, c'était un nerf indépendant, de constitution
comparable à celle du trijumeau et en relation avec l'arc viscéral préman-
dibulaire. Ce fait, mis en évidence par Stensio (1927) est l'un des arguments
les plus convaincants en faveur de la valeur segmentaire du nerf profond-
Quant au système latéral de la tète, malgré les tentatives faites pour y
retrouver trace d'une métamérisation primitive, il semble bien que son
mode de formation et sa disposition soient tout à fait indépendants de la
segmentation céphalique.
La région méiotique est séparée de la région proolique par les vésicules
otiques ; sa limite postérieure est moins nette, on peut la situer juste en
arrière de la crête ganglionnaire du nerf vague. A hauteur de cette région
méiotique, la corde n’esL llanquée que d’une mince couche de mésoblaste,
celle-ci ne se segmente ni chez les Téléostéens ni chez les Vertébrés supérieurs»
mais chez les Élasmobranches on y a reconnu l’existence de véritables
somiles, malgré les perturbations apportées par l'invagination des vésicules
otiques à la disposition primitive du mésoblaste. Ces somites métotiq u ^ s
ont subi une régression très poussée ; en aucun cas ils ne fournissent <*
myoblastes, la rigidité de la boîte crânienne rendant toute musculature
dorsale sans objet. Ce sont donc des sclérotomes qui se résolvent entièremen
et très tôt en mésomésenchyme.
Le nombre des somites entrant dans la composition de la région envi'
sagée ici, a fait l'objet de controverses qui ne sont peut-être pas défnj*"
tivement closes. Chez les Sélaciens du genre Scyllium, Van Wijhe (18°-/
en identifiait trois qu’il numérotait IV, V et VI de l’avant vers l'arrière-
Le plus antérieur n'est qu'un amas de cellules mésodermiques, assez h* 8
individualisé et difficile à distinguer du somite suivant.. Son existence es
éphémère et aucune branche nerveuse ne lui correspond. Dans ces condition 5 »
Goodrich (1918) et Df. BeeR (19.Î7) estiment que le somite IV de Van Wu H ^
ne doit pas être séparé du suivant dont la régression aurait causé un debu
de morcellement. Une autre interprétation consiste à admettre qu'il s'ag*
d'un somite en voie de disparition chez les Gnathostomes et dont il ne reste
plus que des vestiges chez les Sélaciens. Mais dans ce cas, on comprendrai
mal pourquoi les branches nerveuses correspondantes auraient dispp r
sans laisser aucune trace alors que les nerfs mixtes relatifs aux deux sonut®
suivants, pourtant eux aussi très rudimentaires, sont parfaitement dévelopP eS '
De toute façon, il n'y a jamais que deux somites dont les nerfs segmentaire-
exislent ; par analogie avec les somites prootiques, on peut les app el
premier branchial et second branchial. Il leur correspond respectiveine
Source : MNHN, Paris
ani:
le nerf glossopharyngien (IX) cl le nerf vague (X). Ce sont là deux nerfs
crâniens mixtes, possédant chacun un ganglion et qui méritent d’être consi¬
dérés comme homologues de racines dorsales rachidiennes au même titre
que le trijumeau et le facial. Les racines ventrales somato-motrices sont
totalement absentes, aucune musculature somitique ne se développant.
Le glossopharyngien innerve le territoire du premier arc branchial, le vague
celui du second arc. Le rattachement au vague des rameaux nerveux corres¬
pondants aux arcs branchiaux suivants résulte d'un phénomène secondaire,
de même que l’annexion au vague des fibres latérales du tronc qui constituent
le nerf latéral postérieur.
Toutes ces particularités se retrouvent chez les Téléostéens, exactement
comme chez les Sélaciens. Il y a donc lieu d'admettre que chez les premiers
également la région méiotique comprend deux somites qui se résolvent
en mésenchyme avant même de s'individualiser, mais dont les nerfs corres¬
pondants aux racines dorsales, le glossopharyngien et le vague, sont typi¬
quement développés comme le facial et le trijumeau.
L’ensemble des deux régions prootique et métotique, avec leurs cinq
somites, en ne tenant pas compte de celui ou de ceux qui auraient pu dispa-
r oître au voisinage de la capsule otique, correspondent à la zone céphalique
Primitive où se forme le paléocrâne. On l'oppose à la zone occipitale, composée
de somites Lroncaux annexés secondairement par la tête, où se forme le
n eocrAnc. Le paléocrâne n'est pas segmenté, même chez les Vertébrés les
Pjus primitifs, et il ne l’a vraisemblablement jamais été. La segmentation
11 y est reconnaissable qu'au stade très précoce des somites, mais elle est
‘Appelée parfois au stade des blastèmes mésenchymateux et surtout par la
disposition métamérique permanente des nerfs crâniens. Ceux-ci ont subi
ae profondes modifications en rapport avec la nature et le rôle des organes
qu ils innervent mais ont conservé un plan d'organisation sérié analogue à
Ce lui des nerfs segmentaires rachidiens.
Dans la région occipitale, les somites sont toujours plus typiques que
dans les deux régions précédentes. Le mésenchyme des sclérotomes édifie
partie la plus postérieure du neurocràne et les libres striées provenant
des myotonies émigrent vers la région ventrale où elles vont former la muscu-
a riire hypobranchiale. Les branches nerveuses correspondantes, dites
derfs occipitaux, ne présentent aucune des modifications caractéristiques
dps nerfs mixtes crâniens. La céphalisation se traduit seulement par une
Agression des racines nerveuses, principalement des dorsales qui dispa-
^issenl toujours avant les ventrales.
L’articulation entre l'extrémité postérieure du crâne et la première
Çrtèbre doit être considérée comme homologue chez tous les Vertébrés,
le d que sa posiLion relative dépende du nombre de segments qui ont été
Annexés au crâne. Or ce nombre varie d'un groupe de Vertébrés à un autre.
,.°dr éviter que le plus postérieur ne porte dans chaque cas un numéro
! °rdre différent, il suffit de désigner les divers segments occipitaux par
es lettres Z, Y, X... en commençant par l’arrière. Ce système de notation
Correspond à celui proposé par Fürbiungkk (1897) pour les nerfs occipitaux
qu il désignait par les lettres z, y, x... Chez Stilmo, trois somites occipitaux
Source : MNHN, Paris
170
J. DAGET
ont été identifiés (Wiuxox, 1X99); leurs racines dorsales ont disparu et
leurs racines ventrales se réunissent en un seul nerf occipital. Dans d'autre 8
genres, la régression des racines nerveuses a pu s’elTecluer de façon diffe¬
rente et une autre disposition se trouver réalisée, niais le nombre de trois
segments occipitaux est probablement valable pour l’ensemble des Téléos-
téens.
En résumé, huit segments participeraient à la formation de la régi°®
céphalique des Téléostéens ; certains somites fournissent des muscles, d'autre»
pas mais tous, par leur mésenchyme, concourent à l’édification du neuro-
crâne. Dans la région antérieure ou prootique, on compte trois segment
dits, de l'avant vers l'arrière, prémandibulaire, mandibulaire et hyoïdien -
Outre du mésenchyme, les somites donnent les muscles moteurs de 1 021 ’
Les racines ventrales sont les nerfs oculomotcur, pathétique et abducen 8 ’
les racines dorsales les nerfs profond, trijumeau et facial. Dans la régi°
moyenne ou métotique, qui forme avec la précédente la zone cépha|iff u ®
primitive, on compte deux segments. Les somites ne s’individualise 11 ,
pas, le mésoblaste se résout directement en mésenchyme. Il n'y a ”
muscles ni racines ventrales et aux racines dorsales correspondent les ne»
Source : MNHN, Paris
CUAN H DES TELEOSTEENS 177
glossopharyivgien et vague. Dans la région postérieure ou occipitale, trois
fSgtnents, X, Y, Z, ont été incorporés au crâne. Les somites ne s'individua¬
lisent pas ; ils forment d'une part la musculature hypobrancliiale et d'autre
Part la région postérieure du neurocrâne qui s'articule avec la première
vertèbre troncale. Les racines dorsales ont souvent disparu et les racines
Ventrales forment les nerfs occipitaux.
La branchiomérie résultant, d'un découpage secondaire du mésoblaste
•atéro-ventral de la tète, il convient de préciser les relations qui existent
e, 'tre les arcs viscéraux et les structures métamériques situées au-dessus
d eux. Étant donné que chez les Téléostéens il n'y a pas de pédicules somi-
^CjUes et par conséquent aucune continuité entre les somites et la lame
latérale, on ne peut observer dans la région céphalique qu'une correspon¬
dance topographique entre les arcs viscéraux et les segments crâniens,
•'lais dans les groupes où un pédicule somitique réunit les somites à la lame
latérale, la correspondance est plus étroite.
Dans la région du paléocrâne, les arcs mandibulaire et hyoïdien corres¬
pondent aux deux segments prootiques postérieurs et les deux premiers
ar _ cs branchiaux aux deux segments méiotiques. Chacun des nerfs crâniens
nil xtes se divise en plusieurs rameaux, les uns métatrématiques les autres
P r otrématiques. Les rameaux métatrématiques passent dans l'arc viscéral
correspondant, en arrière de la fente qui sépare cet arc du précédent ; outre
des libres sensorielles, ils renferment la totalité des fibres viscéro-motrices.
Les rameaux protrématiques se dirigent vers l'arc précédant celui qui corres¬
pond au nerf ; toutes leurs fibres sont afierentes. En ce qui concerne le
tr (jumeau, le rameau mandibulaire est métratrématique et la rameau maxil-
Idi'e peut être considéré comme protréma tique, la bouche jouant en l’occur-
ren ce le rôle d’une fente prémandibulaire.
En arrière du second arc branchial ou plus exactement de la troisième
ente branchiale, il n'y a plus aucune relation entre la branchiomérie et
a métamérie. De même que le crâne s'est étendu vers Carrière en annexant
11 certain nombre de segments occipitaux, la région branchiale a envahi
extrémité antérieure du tronc, mais les deux processus sont indépendants,
a branchiomérie se développant toujours plus tardivement que la méta¬
irie. Chacun des arcs branchiaux en arrière du second possède un squelette,
, lle musculature viscérale et une innervation homologues de celles des
/* Cs précédents ; mais les nerfs branchiaux avec leurs rameaux métatré-
tiques et protrématiques n'ont aucune relation avec les nerfs occipitaux ;
s dépendent du vague. Ce dernier possède donc une branche principale
lative au second arc branchial et autant de branches secondaires qu'il
a Pparaît d'arcs branchiaux vers l'arrière.
• L'extension de la branchiomérie vers le tronc remonterait aux Vertébrés
.. s Plus anciens car les formes agnathes fossiles avaient toutes un nombre
, tv é d’orifices branchiaux posteraniens, 7 compartiments branchiaux
s u «Joins étant innervés par le vague. Chez les gnathostomes ce nombre
^ serait réduit progressivement. Chez les Sélaciens par exemple, la réduction
ls J ara it effectuée indépendamment dans plusieurs lignées évolutives (Daget,
'*")• Chez les Téléostéens, la fente hyoïdienne, la plus antérieure de la
Source : MNHN, Paris
17*
série el chronologiquement la première à s'ouvrir, régresse au cours de
l’ontogenèse et finit par s'oblitérer sans donner de spiraculurn. En général,
cinq fentes branchiales se développent progressivement de l’avant vers
l’arrière ; la dernière se forme très tardivement, elle est souvent plus réduite
que les précédentes. Si l'on admet le nombre de trois pour les segments
occipitaux, il en résulte une coïncidence topographique entre le dernier
arc viscéral el le dernier segment céphalique. Mais cette coïncidence est
fortuite; elle disparaîtrait si le nombre des somites occipitalisés ou celui
des arcs viscéraux n’était pas le meme. 11 y a lieu de signaler à ce point ®
vue que dans le genre Etiryphurynx il existerait une sixième fente branchiale
(TchernaviN, 1947), cas exceptionnel chez les Téléostéens.
III. — Chondrification et ossification.
Le mésenchyme est un tissu non différencié, à structure lâche ou serree.
composé de petites cellules fusiformes ou étoilées et anastomosées, L
nchymateuses sont particulièrement mobiles ; elles pe'
uveiff
s'insinuer dans tous les espaces libres. Chez l'embryon, le mésenchyme e
donc un tissu de remplissage qui finit par entourer tous les organes. CÇ
aussi un tissu de transition qui donne naissance à des tissus différend
tels que le conjonctif, le cartilage et l'os, et ceci quelle que soit son orig» 0 ®
mésoblastique ou ectoblastique. Les tissus cartilagineux et osseux peuve®
se former directement à partir du mésenchyme dont les cellules évolue®
en chondroblasles ou en ostéoblastes mais aussi à partir d'un tissu conjon c
déjà caractérisé. Mais en définitive, tout le matériel craniogénétique provien
du mésenchyme.
Les tissus conjonctifs ont en commun la nature hétérogène de la suU
lance fondamentale exlracellulaire qui est composée de libres ou de faiscea
de libres de collagène, substance protidique riche en glycocolle. Les cellm
.résentem
dites fibrocytes sont arrondies ou étoilées. Les tissus conjonctifs se présen ^
sous des aspects assez variés. Dans la formation du crâne c’est surtout
forme à structure serrée, dite tissu fibreux ou membraneux, qui intervie •
Le périchondre, membrane limitante du cartilage, et le périoste, membre
limitante de l’os, ne sont que des membranes conjonctives à peine modifié ®■ •
Les tissus cartilagineux sont caractérisés par la nature de la substa®
fondamentale qui possède une forte teneur en eau et des composés chimiff
particuliers tels que chondromucoïde el acide chondroïtine sulf® r,< î ‘
l.a substance fondamentale, compacte et rigide, est apparemment ho | nog e
mais renferme de fines fibrilles de collagène et parfois des fibres élastiq u '
Les cellules dites chondrocytes sont logées dans de petites cavités de c ® .
substance fondamentale : elles sont arrondies et caractérisées au poi® 1
vue histochimique par la présence de glycogène et de graisses. ,j.
On connaît deux variétés principales de tissus cartilagineux : 1 e ca e
lage à stroma capsulaire et le cartilage hyalin. Dans le premier, la substa
fondamentale est riche en fibres collagènes et élastiques mais pauvre
chondromucoïde. Quant aux chondrocytes, ils sont volumineux, très rapP
Source : MNHN, Paris
clics les uns des autres, de sorte que la substance fondamentale, très peu
abondante, forme seulement un réseau de mailles polyédriques enserrant
les cellules. Ce tissu a été décrit notamment dans les arcs branchiaux de
jeunes Téléostéens où il ne représente d'ailleurs qu’un stade transitoire car
il évolue rapidement en cartilage hyalin par accroissement de la substance
fondamentale (Blanc, 1953).
Dans le cartilage hyalin, les chondrocytes, isolés ou groupés par deux ou
trois dans leurs capsules, sont disséminés dans une abondante substance
fondamentale. Celle-ci, à réaction basophile, renferme encore quelques
fibres collagènes mais très fines et visibles seulement après un traitement
spécial ou par examen en lumière polarisée. Ce tissu cartilagineux est celui
Mue l'on rencontre dans presque tous les cas chez les Téléostéens. On a signalé
•'gaiement sous le nom de pseudocartilage un tissu de soutien voisin du
précédent dont il n’est en fait qu'une variante à cellules grandes, ovalaires
d à substance fondamentale peu abondante. On le rencontre par exemple
flans les barbillons.
Lorsque le cartilage hyalin se forme directement à partir du mésenchyme
embryonnaire, certains auteurs distinguent quatre stades successifs
(Be Rtmar, 1959). Au stade blastème, les cellules mésenchymateuses fusi¬
formes se condensent au point d’être au contact les unes des autres ou même
fie former une masse syncytiale dans laquelle on reconnaît seulement les
noyaux ovoïdes noyés dans une substance cytoplasmique peu abondante.
A u stade suivant dit prochondral, le blastème s'est divisé en unités cellulaires
•listinctes et séparées par une substance extracellulaire ; le tissu est appa-
■'onimcnt homogène et encore acidophile. Au troisième stade dit proto-
f'hondral, la substance fondamentale devient fibrilleuse et basophile par
secrétion de chondromucoïde, mais il y a encore sur le pourtour de l'ébauche
Passage graduel du protocarlilage au mésenchyme environnant. Enfin au
s tade cartilagineux proprement dit, le cytoplasme s'accroît considérablement
•‘n volume ; l'aspect habituel du cartilage hyalin est complété par la formation
f* c capsules autour des chondrocytes et d'une membrane limitante, le péri-
chondrium, qui isole la pièce cartilagineuse des tissus avoisinants.
Du cartilage peut aussi se former à partir de mésenchyme sans que celui-
f' 1 passe par la phase de blastème condensé ou à partir d'un tissu conjonctif
*f>che. Les cellules mésenchymateuses ou les fibrocytes évoluent alors en
f'hondroblasles qui transforment progressivement la substance intercel-
hilaire en substance fondamentale cartilagineuse. Des noyaux de cartilage
Peuvent apparaître également au sein d une membrane conjonctive qui
•levient alors un périchondrium dont la couche interne possède normalement
’les propriétés chondrogènes. Ce cas a été observé par exemple dans la voûte
ffiinienne de Leuciscus (HubendiCK, 19-12).
Les tissus cartilagineux jouent un rôle fondamental dans la formation
l’accroissement du neurocrâne aussi bien que du splanchnocràne. Bien
•Pie les chondrocytes soient susceptibles de se diviser et les capsules qui
es contiennent d'augmenter de volume, la croissance résulte, surtout de
■a formation de nouvelles cellules cartilagineuses dans la zone périchon-
drale et de l'accroissement de la substance fondamentale par intussus-
Mémoikes bu Muséum. — Zoologie, t. XXXI 12
Source : MNHN, Paris
ceplion. Au cours de l'embryogenèse, les structures cartilagineuses peuvent
ainsi se développer beaucoup plus rapidement que ne le feraient des os.
Le cartilage doit donc être considéré comme un tissu de soutien dans lequel
l'aptitude à la croissance a été conservée au détriment de la rigidité et de
la résistance mécanique, alors que c'est l'inverse dans l'os. C'est en outre
un tissu squelettique embryonnaire ou juvénile, d'existence en principe
éphémère chez les Téléostéens où sa destinée normale est de disparaître
ou de se transformer au prolit d'un tissu osseux. Sa persistance n'est en
fait nécessaire qu'au niveau des cartilages de conjugaison qui réunissent
entre elles certaines pièces osseuses du crâne et permettent à la croissance
de se poursuivre plus facilement car, chez les Téléostéens, l'augmentation
de taille se poursuit durant toute l'existence.
On connaît cependant des cas où une partie plus ou moins importante
du’cràne reste cartilagineuse, même à l’état adulte. Ceci est généralement
interprété comme le résultat d une évolution secondaire, rentrant dans
le cadre des phénomènes de régression de l'ossification dont la généralité
paraît bien démontrée pour l'ensemble des Vertébrés. Cette persistance
en quelque sorte néoténique du cartilage s'observe dans des lignées évolu¬
tives qui ne sont pas spécialement apparentées les unes aux autres et don
certaines sont à plusieurs points de vue très spécialisées ; tels les poissons
abyssaux.
Lorsque le cartilage est ainsi conservé chez les Téléostéens adultes-
il peut se calcifier. La substance interstitielle s'imprègne alors d'un depot
de sels de calcium résultant d'une simple précipitation ; les cellules incluse
dans le tissu n'interviennent pas dans ce phénomène ; elles n'acquièren
ni l’aspect ni les propriétés des ostéoblastes eL le cartilage calcifié reste
fondamentalement différent de l'os.
On a décrit par contre chez les Téléostéens une métaplasie chondro-
osseuse aboutissant à un tissu de soutien intermédiaire par certains carac¬
tères entre le cartilage et l'os et appelé pour cette raison tissu mixte. L
centre de la pièce squelettique est occupé par du cartilage hyalin d'aspec
habituel, avec des chondrocytes volumineux, bien arrondis et souven
groupés par deux ou Lrois. Vers la périphérie, les cellules se séparent l cs
unes des autres, deviennent fusiformes et perdent leurs enclaves g ralS '
seuses, tandis que la substance fondamentale se calcifie entièrement e
acquiert la structure d'un os typique. Ceci s'observe notamment au cour*
du développement des arcs branchiaux de Salmo irideus (Blanc,
II s'agirait en somme d'un mode d'ossification dans lequel la transformât^
du périchondre en périoste et du cartilage en os s'effectuerait lenteme
et progressivement. Dans les autres modes d'ossification qui relèvent
la néoplasie chondro-osseuse, le cartilage disparaît par chondrolysc ava
qu'un tissu osseux de remplacement ne se développe au môme endroi •
Le cartilage peut aussi se résorber en l’absence de toute ossificatm •
Les aspects histologiques et cytologiques de ce phénomène n’ont K ue
été étudiés chez les Téléostéens. Les chondrocytes se dédilïérencieraient s
place et le tissu repasserait par un stade prochondral avant de retourn
à l'état de mésenchyme ; l'évolution du mésenchyme en cartilage ser
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TELEOSTÉENS 181
donc réversible. Un fait certain est que des structures cartilagineuses déve¬
loppées au début de l'ontogenèse peuvent disparaître précocement sans
laisser aucune trace et leur existence éphémère risque d'être ignorée lorsque
le chondrocrâne embryonnaire n'a pas été étudié sur un nombre suffisant
de stades de développement.
Deux ébauches cartilagineuses primitivement distinctes se soudent
1 une à l'autre lorsqu'elle viennent à se toucher par suite de leur croissance,
à moins que des raisons mécaniques n’imposent l’apparition d'une articu¬
lation au point de contact. Par contre un élément cartilagineux peut se
fragmenter secondairement. Une apophyse se séparera ainsi de la masse
cartilagineuse aux dépens de laquelle elle s'est formée ou bien une barre
cartilagineuse se scindera en deux. L'ensemble conserve alors sa morpho¬
logie initiale mais présente une articulation néoformée qui lui confère des
propriétés mécaniques nouvelles. Lorsqu'un os achondral est creusé d'une
cavité articulaire dans laquelle s'emboîte une apophyse sphérique cartila¬
gineuse, celle-ci se clive et la calotte de cartilage qui s’individualise ainsi
s ® soude à l'os ; de celte façon, le jeu de l’articulation fait pivoter l’un sur
* autre deux tissus de même nature. Ceci se produit par exemple entre l’hyo-
ftiandibulaire et l’opercule. Dans tous ces cas, le processus est identique :
dans la masse du cartilage d'abord homogène apparaît une zone fibreuse
qui évolue et finit par constituer une double membrane périchondrale.
Ces phénomènes qui interviennent dans l'embryogenèse du chondro-
crane de tous les Téléostéens traduisent la plasticité des éléments squelet¬
tiques cartilagineux qui se soudent, s'articulent entre eux ou se fragmentent
suivant les actions mécaniques exercées par la musculature dès que celle-
ci devient fonctionnelle.
Le tissu osseux est caractérisé par la présence dans sa substance fonda¬
mentale d'un composé organique l’osséine imprégné de phosphate trical-
cique et de carbonate de calcium, lui conférant une dureté et une rigidité
Particulières. L’osséine est une substance analogue au collagène, mais amorphe
cf non fibrilleuse ; elle enrobe en général des fibres conjonctives mais celles-
ci ne servent jamais de support aux sels minéraux. Le tisus osseux vrai
'enferme des cellules spéciales dites ostéocytes. Chez les Téléostéens, elles
S(, ul aplaties, ovalaires et pointues aux deux extrémités ou étoilées, parfois
a nastomosées entre elles, mais le plus souvent complètement isolées les
u les des autres au milieu de la substance fondamentale. Dans le tissu ostéoïde
au contraire, on ne trouve aucun élément cellulaire ; les ostéoblastes restent
a la périphérie et n'envoient aucun prolongement à l'intérieur du tissu.
Le tissu osseux se forme directement à partir du mésenchyme ou, le
Plus fréquemment, à partir du tissu conjonctif. Dans le premier cas, le
jhésenchyme passe d'abord par un stade blastème et c'est seulement vers
l a lin de ce stade qu'il est possible de déceler une légère différence entre
es blastèmes destinés à évoluer en os et ceux destinés à évoluer en cartilage.
les
premiers ayant des noyaux plus sphériques et plus fortement colorables.
^°rsque l’os se forme à partir du tissu conjonctif ce sont des fibrocytes
Jeunes et primitivement arrondis qui se groupent dans les futures zones
u ossification. Au stade suivant apparaissent les ostéoblastes ; ce sont
Source : MNHN, Paris
des cellules de grande taille à noyau volumineux el plus fortement colo-
rable que le noyau des cellules conjonctives banales, l.es processus d'ossifi¬
cation proprement dits suivent toujours el ne précèdent jamais la dilïéren-
ciation de ces cellules qui paraissent jouer un rôle fondamental dans la
formation des tissus osseux, d'où le nom d'ostéoblastes qui leur est donné.
Au stade suivant, de la substance préosseuse se dépose entre les ostéo¬
blastes et un support conjonctif tel que libres collagènes, membrane, pièce
cartilagineuse ou osseuse préexistante, etc. Cette substance préosseuse
s'accroît rapidement puis commence à se calcifier. Les ostéoblastes sont
alors volumineux, possèdent un gros noyau accompagné d'un nucléole
très apparent et renferment des granulations de nature calcaire (Blanc,
1953). Lorsque l'ostéogenèse se ralentit puis s'arrête, les ostéoblastes s’es¬
pacent les uns des autres ; certains disparaissent par histolyse, d'autres
subsistent mais perdent leur forme globuleuse et deviennent aplatis. Dans
le cas d’un tissu ostéoïde ils restent appliqués sur la surface de la substance
osseuse ; dans le cas d'un os vrai ils sont incorporés dans celle substance
et se transforment en ostéocytes. Les ostéoblastes inactifs et les ostéocytes ne
semblent plus renfermer aucune granulation calcaire. Chez les Téléostéens.
l'ossification débute toujours par la formation de tissu ostéoïde : dans
certains groupes, il évolue peu à peu en tissu osseux vrai, caractérisé par
l'incorporation de cellules à l’intérieur de la substance fondamentale. H
en résulte que le tissu ostéoïde doit être considéré comme un tissu osseux
juvénile. L'absence d os véritable pourrait être une conséquence de la régres¬
sion générale de l'ossification. Le fait qu'on la rencontre dans des lignées
évolutives distinctes est en faveur de cette interprétation.
Les molécules de phosphate tricalcique n’ont aucune liaison chimiq ue
avec les longues chaînes moléculaires de l osséine. La preuve en est que la
biréfringence mesurée dans l os est la somme algébrique des biréfringences
propres à chacun des constituants. On a donc cherché à traduire en ternies
biochimiques simples le dépôt de phosphate qui constitue le fait essentiel
dans l’ossification. L’intervention d'un système enzymatique étant admise,
la source de phosphate nécessaire serait l'acide adénosinetriphosphoriqu®
(Floukin, 1954). La localisation d'un centre d’ossification se ramènerait
donc à la localisation de production de l’enzyme spécifique.
Le tissu osseux se présente avec des structures variées suivant les condi¬
tions dans lesquelles il s'est formé et suivant le rôle qu'il est appelé à jouer .
il peut être compact, lamelleux, trabéculaire ou spongieux. En général l eS
os dermiques et les os peu épais ont une structure lamolleuse. Dans les autres
os, de type compact, la zone centrale est souvent remaniée par des ostéo¬
blastes qui paraissent d'abord détruire la substance osseuse déjà forme e
avant de la redéposer suivant un nouveau plan. La structure devient trabé¬
culaire puis finalement spongieuse, ce qui allège Los sans nuire à sa résis¬
tance. Chez les Téléostéens. on n'observe jamais de canaux de Ilavers-
La croissance des os se fait par apposition de couches nouvelles déposées
à la périphérie: il s'agit alors d'une ossification périostique dans laqueh
la couche interne de la membrane limitante présente seule une activé
oslcogène. Celle croissance se poursuit durant toute la vie des Téléostéens»
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
183
mais très souvent avec des périodes de ralentissement ou d’arrêt complet
coïncidant avec la reproduction, un abaissement saisonnier de la tempé¬
rature ou d'autres modifications importantes du milieu externe et interne,
la façon dont les glandes endocrines interviennent dans ces phénomènes
étant encore mal connue. Une alternance d'activité et d’arrêt dans l'ostéo¬
genèse se traduit par la formation de zones concentriques plus ou moins
marquées et faciles à mettre en évidence dans la structure des os. Des os
dermiques minces ont ainsi été utilisés pour des déterminations d'âge et
des études de croissance.
Le crâne des Téléostéens est remarquable par la variété des tissus de
soutien que l'on y rencontre et aussi par l'étendue de la gamme des rapports
fiui s'établissent entre les tissus cartilagineux et osseux. Au point de vue
descriptif, on distingue quatre modes d’ossification suivant les positions
respectives de l’os et du cartilage. L'ossification achondrale s'effectue en
1 absence de tout cartilage ; c'est le cas de la plupart des os dermiques du
crâne. Dans l’ossification parachondrale, l’os apparaît au voisinage immédiat
d’un cartilage qui ne joue aucun rôle dans son développement, sauf peut-
être en ce qui concerne la forme : en effet l’os semble se mouler approxi¬
mativement sur les contours extérieurs du cartilage dont il reste séparé
Par une m j nce couche de tissu conjonctif. Les ossifications qui se développent
suivant ces deux premiers modes sont dites de membrane.
Dans l’ossification périchondraie, le tissu osseux apparaît au contact même
du cartilage et repose directement sur lui, le périchondre ayant abandonné
sa fonction chondrogène pour la remplacer par une fonction ostéogène.
Enfin dans l'ossification enchondrale l'os se forme dans les cavités résultant
de la résorption du cartilage. Chez les Téléostéens le tissu cartilagineux
disparaît sans subir de changements préalables importants : les chondro-
c ytes ne se disposent pas en file, ne sont que rarement hypertrophiés et la
Participation des anses vasculaires à l'ostéogenèse est toujours minime,
c °ntrairement à ce que l'on observe chez les Vertébrés supérieurs. Les
ossifications des deux modes périchondral et enchondral sont dites de carti¬
lage.
Chez les Téléostéens, à côté d'os qui sont régulièrement et en totalité
de membrane ou de cartilage, on rencontre beaucoup de pièces squelettiques
fini ne rentrent que difficilement dans l'une ou l'autre de ces deux catégories.
() n observe en effet tous les intermédiaires entre les quatre modes d'ossill-
c ation définis plus haut et un même os peut se développer successivement
° u simultanément suivant plusieurs d'entre eux. Par exemple une ossifi-
c ation nettement périchondrale au moment de son apparition s’étendra
suivant le mode enchondral dans une certaine direction et directement
dans le tissu conjonctif selon le mode achondral dans une autre direction.
point de vue purement embryologique, on ne saurait donc admettre
due opposition fondamentale entre os de membrane et os de cartilage ;
la réalité est beaucoup plus nuancée.
On s’est demandé en outre si, au cours de la phylogenèse, un os qui était
Y cartilage chez les formes ancestrales peut être devenu de membrane
c hez les formes descendantes cl vice versa. Les auteurs modernes se sont
Source : MNHN, Paris
1SI
. DAGET
finalement accordés pour répondre par l'affirmative, l'interprétation du
crâne osseux des Téléostéens obligeant à admettre l'un ou l’autre des deux
processus suivant les cas. Dans certaines lignées, des centres d’ossification
superficiels et donnant des os purement de membrane auraient migré en
profondeur jusqu'à venir au contact du cartilage sous-jacent, l'os se déve¬
loppant alors selon le mode périchondral. Inversement des ossifications
primitivement de cartilage auraient continué à apparaître dans la même
région du crâne après la régression et la disparition complète du cartilage
qui conditionnait d'abord leur développement. Des exemples seront exposes
et discutés ultérieurement. En pratique, le critère du mode de développement
ne devra être utilisé qu'avec beaucoup de circonspection dans la recherche
des homologies.
Par contre, lorsque chez certaines formes un os à l'état adulte s'étend
sur un territoire normalement occupé chez les formes voisines par deux os
distincts, les données de l'embryologie sont d'importance capitale pour
décider s'il s’agit ou non d'un cas de fusion. Si deux ébauches, dont l une
peut d’ailleurs être une ossification de membrane et 1 autre une ossification
de cartilage, apparaissent bien séparées avant de se fusionner au cours de
l'ontogenèse, il en résulte un os à deux composants homologue des deux
pièces squelettiques que l’on rencontre bien individualisées chez les formes
voisines. Il est à noter qu'une fusion précoce peut ne laisser aucune lm ce
apparente sur l'os adulte dont la nature composite n'est alors révélée q ue
par l'embryologie.
L’interprétation est plus délicate si aux premiers stades de dévelop'
peinent l’existence de deux ébauches distinctes reste douteuse. Suivant
que l’on admet ou qu'on rejette la fusion ab initia, l'os sera à deux conip 0 '
sants comme dans le cas précédent ou à un seul composant. Ce dernier
est alors censé occuper en plus du territoire qui lui était primitivement
propre, le territoire que la disparition de l’autre composant a laissé libre-
La possibilité de fusions d'ébauches ab initia n’est pas discutable et ce pro¬
cessus a dû jouer un rôle non négligeable au cours de l'évolution du crâne
des Téléostéens. Mais dans le cas où les stades qui se sont réellement succédé
au cours de la phylogenèse ne sont pas connus, la difficulté est de savoir
s’il y a bien deux centres osseux fusionnés ou si l'un a disparu et dans C Ç
dernier cas lequel a été conservé. Les ossifications de membrane aya"
tendance à migrer en profondeur et les ossifications de cartilage à régresse'
on admet, lorsqu’il y a eu fusion d’un os de membrane et d'un os de carti¬
lage, que le premier finit par se substituer au second. En fait la diminutio"
du nombre des os crâniens chez les Téléostéens paraît plus souvent due
à des régressions et à des disparitions qu'à des fusions.
Les os dermiques à canaux sont souvent à deux composants, résulta"
de la fusion d'une ébauche superficielle étroitement associée au canal sen¬
soriel et d’une ébauche plus profonde se développant d'une façon différente
et plus ou moins indépendante du canal. La première est dite composa"
neurodermique et la seconde membranodermique. On connaît des os don
les deux composants sont bien distincts au moment de leur apparit' 0 ^
et d’autres dont les deux composants sont fusionnés nb initia. On connaï
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
185
des exemples de membranodermique autonomisé et se formant malgré
la disparition complète du neurodermique qui lui était primitivement associé
et inversement des exemples d'os à canaux réduits au neurodermique après
disparition du membranodermique.
On trouvera donc dans le crâne des Téléostéens les catégories suivantes
d’os, basées sur la nature de l'ébauche ou des ébauches à partir desquelles
s’effectue leur développement : dans le neurocrâne et le splanchnocrâne,
des os de cartilage purs et des os mixtes à deux composants ; dans le dermo-
crâne, des os de membrane purs et des os à canaux, neurodermiques ou à
deux composants (neuro + membranodermique). Enfin il peut y avoir
des os à trois composants. La distinction de ces diverses catégories constitue,
au même titre que les relations de position des os adultes vis-à-vis des autres
organes, une base essentielle dans rétablissements des homologies des os
du crâne et de leur nomenclature.
L’évolution ne procède pas seulement par disparition de pièces carti¬
lagineuses ou osseuses à la suite de régressions ou de fusions d’ébauches
embryonnaires. Dans plusieurs groupes, on constate au contraire une multi¬
plication des os, principalement dans le dermocràne. Indépendamment
des cas d’individualisation de composants qui étaient régulièrement soudés
chez les formes ancestrales, il peut s’agir de l’apparition de nouveaux centres
d’ossification. Les os qui se sont développés de cette façon et que l'on qualifie
souvent d’anamestiques, présentent des caractères particuliers ; ils restent
de petite taille, sont sujets à des variations individuelles étendues et s’inter¬
calent entre des os normaux. Aucune homologie stricte n’existe entre ces
os dans la mesure où ce sont des néoformalions. Leur présence doit sans
doute être interprétée comme une manifestation particulière des phénomènes
généraux de régression de l’ossification, dans certaines lignées en fin d'évo¬
lution.
Source : MNHN, Paris
LE CRANE EMBRYONNAIRE CARTILAGINEUX
ET MEMBRANEUX
I. — Neurocrâne.
Le neurocrâne des Téléostéens, comme celui des autres Vertébrés, passe
au cours de son développement par un stade membraneux et cartilagineux
qui fait suite au premier stade mésenchymateux. Ce crâne embryonnaire,
appelé souvent chondrocrâne, résulte de la fusion d’un certain nombre
d’éléments cartilagineux correspondant chacun à un centre distinct de
chondrification, mais soudés entre eux de façon à former un ensemble homo¬
gène et d’un seul tenant. Le chondrocrâne sert en quelque sorte de moule
ou de support aux ossifications qui se développent ultérieurement selon
les modes parachondral, périchondral et enchondral ; mais il ne constitue
pas une simple préfiguration du neurocrâne ossifié définitif car certaines
parties cartilagineuses régressent et disparaissent sans que rien ne rappelé
chez l'adulte leur existence éphémère à un stade précoce de l’ontogenèse.
Des exemples de telles résorptions sont donnés plus loin. Il y a donc intérêt
à étudier séparément le développement et la morphologie du chondrocrâne
en faisant abstraction des centres d'ossification qui apparaissent quelque¬
fois, par accélération embryogénétique, avant que toutes les structures
cartilagineuses ne soient entièrement formées.
En fait, ce sont les particularités de la mise en place des premières ébau¬
ches mésenchymateuses qui conditionnent les relations entre le chondro¬
crâne, les vaisseaux, les nerfs et 'es muscles. C’est donc au stade mésenchy¬
mateux que sont déterminées les grandes lignes de la constitution du crâne,
celles qui persistent jusqu'à l’état adulte et auxquelles les particularités
d'ordre adaptatif ou autre qui caractérisent les divers groupes systématiques
n’apportent que des retouches de détail. Toutefois le stade mésenchymateux
du crâne ayant été encore peu étudié dans l'ensemble des Téléostéens.
il n’a pas paru nécessaire d'en faire ici une étude séparée.
A. Base du neurocrâne
Chez tous les Téléostéens, les éléments de la base du neurocrâne sont
les premières structures squelettiques à apparaître dans la région céphaliq 111 '-
On doit donc s'attendre à y observer plus facilement qu'ailleurs la distinction
entre cartilages d'origine mésomésenchymateuse et ectomésenchymateuse,
à y retrouver des traces de métamérie et à y reconnaître le mode de consti¬
tution du paléocrâne des Vertébrés primitifs.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
187
La base du neurocrâne comprend quatre éléments pairs qui, chez les
Téléostéens, ne peuvent être bien distingués qu’au stade mésenchymateux.
Ce sont : la lame basiotique, le paracordal, le cartilage polaire et la trabécule.
Lès que la chondrification se développe, les deux premiers se soudent pour
former une plaque paracordale. 11 en est de même des deux derniers dont
• ensemble constitue la barre trabéculaire.
P, °- S. — Formation do la base du neurocr&no, éléments squelettiques pointillés. Au centre,
figure schématique montrant les positions respectives des trabécules (tr), des cartilages
polaires (cp), des paracordaux (pc) et des lames basiotiques (lb) ; 2, 3, 4, 5, territoires
somitiquos. A gaucho, Helrrotis nilolicun au stade do 9,5 mm (d'après Daget et
D'Aubknton, 1957) ! on reconnaît les trabécules soudés aux cartilages polaires et les
lames basiotiques. A droite, Salmo fario au stade de 9.0 mm (d’après De Beer, 1937) ;
<>n reconnaît les trabécules, auxquels sont soudés des cartilages polaires rudimentaires,
et les plaques paracordales.
. La lame basiotique est une formation mésenchymateuse puis carlila-
8'neuse qui apparaît sous la capsule otique, au niveau de la corde mais
n ° n au contact de celle-ci. Le paracordal est une bandelette mésenchy¬
mateuse puis cartilagineuse qui se développe le long de la corde, entre cellc-
} e t la lame basiotique. Chez Hcpselus ndoe, dès les premiers stades soit
® ®>5 mm, ces deux éléments se distinguent l’un de l’autre morphologiquement
} au ssi histologiquement, la lame basiotique ayant des cellules disposées
façon plus concentrique et formant un cordon longitudinal (Bertmar,
y 59). E n outre, le paracordal et la lame basiotique se composent de trois
Parties, une antérieure, une médiane et une postérieure, qui sont respec-
,v enient en relation avec les domaines du facial, du glossopharyngien et
a vague et que l’on peut considérer pour cette raison comme dérivant
ü mésomésenchyme des trois somites hyoïdien, premier branchial et second
r anchial. L'individualité de ces différentes parties s'estompe au stade
artiiagj neuXt bien que la partie antérieure du paracordal se chondrifie
P'as tardivement que les deux autres (Bertmar, 1959 ).
Source : MNHN, Paris
188
OAGET
L'indépendance des lames basiotiques est particulièrement nette chez
Helerotis nilolicus car elles se développent avant les paracordaux. Au stade
de 9,5 mm, leurs blastèmes seuls existent, bien séparés de la corde (DagbT
et d'Aubenton, 1957). 11 en est de même chez Esox et Perça. Quant à 1°
distinction des trois parties antérieure, médiane et postérieure, elle est
quelquefois rappelée par l'existence de plusieurs centres de chondrification
dans la plaque paracordale. Ainsi chez Salmo trutta et S. salar, deux centres
de chondrification ont été décrits ; l'un correspondant à une plaque para*
cordale antérieure, dans la région faciale, écartée de la corde ; l’autre corres¬
pondant à une plaque paracordale postérieure appliquée contre la corde.
Avant de se fusionner avec l'antérieure, la plaque postérieure s'épaissit
davantage vers, l'avant, au niveau du sacculus, plus que vers l'arrière au
niveau de l'arc occipital (Stohr, 1882). Il en résulte que la plaque paracor¬
dale antérieure représente la partie antérieure de la lame basiotique et I a
plaque paracordale postérieure les parties médiane et postérieure du para*
cordai et peut-être de la lame basiotique. Les ligures publiées concernant
Salmo fario ne permettent pas de préciser davantage (De Beer, 193/)-
L’existence de deux centres de chondrification séparés par une z°'J e
procartilagineuse a également été signalée dans la plaque paracordale d
Gasterosteus aculeatus (Swinnerton, 1902), d 'Esox lucius (Besruko'<
1928) et de Maslacembelus armatus (Bhargava, 1958). Par contre, chez
d’autres Téléostéens, il a été impossible de mettre en évidence plusieurs
centres de chondrification pour 1 ensemble de la plaque paracordale ou de
distinguer les lames basiotiques des paracordaux. Ceci peut résulter 0
processus d accélération embryogénétique ayant entraîné des fusions a
initio entre éléments primitivement distincts. Ce serait notamment le cilS
chez Leuciscus rulilus (Hubendick, 1942).
Des cartilages polaires indépendants n’ont jamais été signalés chez 1®
Téléostéens, car ils sont toujours unis plus ou moins précocement aux trabc
cules. Chez Salmo salar, dès les premiers stades mésenchymateux, ils s °,
déjà réunis, bien que de façon assez lâche, à l’extrémité caudale des trab®
cules, de même d'ailleurs qu'aux somites mandibulaires dont ils provienne 0 .
(Holmoren, 1943). Chez Hepsetus odoe, les cartilages polaires sont égalein®
reconnaissables au stade mésenchymateux ; ils sont densément nucl® e
et réunis aux trabécules et aux lames basiotiques par 1 intermédiaire d u
zone à noyaux plus dispersés (Bertmar, 1959). Dans ces deux cas où 1
cartilages polaires ont pu être localisés ils occupent la même position, c c®
à-dire qu ils sont situés entre la jonction de la carotide interne et de l’ art ...
efférente pseudobranchiale du côté dorsal, le muscle droit externe du c0
ventral. C’est la position où se trouvent les cartilages polaires de LepisosW
qui eux sont des éléments cartilagineux bien individualisés (MammaRBER®
1937). , e .
En général les barres trabéculaires se présentent sous la forme de ba n
Iettes cartilagineuses courbées ou sigmoïdes ce qui permet d'y distingù
une partie antérieure et une partie postérieure. Cette dernière represe
les cartilages polaires ; la jonction entre ceux-ci et les trabécules est wP
au niveau de la saillie latérale t qui correspond au passage de la caro
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
189
interne. En ce point, la formation transitoire d'une apophyse basiptérygoïde
a été signalée chez Heterolis nilolicus 5 à 6 jours après l'éclosion (Daget
et d’Aubenton, 1957). Or l'apophyse basiptérygoïde, lorsqu'elle est bien
caractérisée comme chez Lepisosleus, se développe aux dépens du cartilage
polaire. Enfin, lors de la régression des barres trabéculaires qui se produit
régulièrement chez les Téléostéens au cours du développement, le cartilage
commence à se résorber à la jonction entre la trabécule et le cartilage
polaire qui, ainsi, se trouvent secondairement séparés l'une de l'autre.
Peu de recherches ont été faites sur l’origine et la nature des trabécules
des Téléostéens. Chez Salmo salar, Holmghen (1943) les décrit comme se
développant à partir des somites prémandibulaires tout en reconnaisant
fiue des cellules ectomésenchymatcuscs pourraient prendre part à la formation
de leur partie la plus antérieure. Chez Hepsctus odoc, la partie postérieure
de la trabécule apparaît en relation avec le bord postéro-ventral du rudiment
de somite prémandibulaire mais la connexion peut être secondaire et ne
Prouve pas que cette partie de la trabécule soit d origine somitique. Quant
a la partie antérieure, elle est au départ continue avec l'ébauche de l'arc
^andibulaire de sorte que son origine ectomésenchymateuse ne paraît
Pas douteuse (Bertmar, 1959). Chez Maslaccmbelus armatus, les trabécules
°ot été décrites comme entièrement eclomésenchymateuses (Lhargava,
1958), mais aucun détail n'a été donné à l'appui de cette assertion.
Du fait que dans certains groupes de Vertébrés les trabécules ont été
^connues ectomésenchymateuses alors que dans d autres groupes elles
s °nt en partie ectomésenchymateuses et en partie mésomésenchymateuses,
de nouvelles recherches embryologiques et expérimentales sont nécessaires
Pour savoir exactement ce qu'il en est dans le cas des Téléostéens. On verra
Plus loin que 1 ectomésenchyme trabéculaire peut être considéré comme
Uri infrapharyngomandibulaire incorporé secondairement au neurocràne.
Les parties caudales des barres trabéculaires, toujours bien séparées
Une de l'autre, se soudent au bord antérieur des plaques paracordales
J* 11 plus précisément des lames basiotiques. Elles délimitent latéralement
a fenêtre hypophysaire proprement dite. Quant aux plaques paracordales,
e lles s'étendent largement en surface et se fusionnent médianement au-
dessus de la corde pour former la plaque basale. Cette fusion peut s’effectuer
arrière de la pointe de la corde comme chez Solea variegala au stade 5
\«Errill, 1925) ou Heterolis nilolicus au stade de 10 mm (Daget et
D Aubenton, 1957), ou déborder la pointe de la corde vers l avant comme
cll ez Gaslerosteus au stade de 9 mm (Swinneuton, 1902). Dans le premier
c . as la fenêtre hypophysaire s'étend d'abord vers l’arrière jusqu’à la pointe
la corde, mais le cartilage s’accroissant rapidement alors que la corde
e lle-nu'me entre en régression à partir du moment ou le chondrocràne se
pVeloppe, elle se trouve bientôt, comme dans le second cas, limitée cauda-
k ei ï>ent en avant de la pointe de la corde par le bord antérieur de la plaque
“asale.
Chez Salmo fario, au stade de 14 mm, du fait que les parties antérieures
es paracordaux ne sont pas chondriiiées, les plaques paracordales s'écartent
Qe la corde ; elles sont de plus tordues selon leur axe longitudinal de sorte
Source : MNHN, Paris
que leur bord médian se trouve à un niveau supérieur à celui du bord latéral.
Il se forme alors un pont cartilagineux dit prootique reliant entre eux l eS
deux bords médians en avant de la pointe de la corde. L’espace qui reste
libre en arrière du pont prootique constitue la fenêtre basicraniale qui est
située en arrière de la fenêtre hypophysaire et dans un plan supérieur à
celle-ci (Dr: Beer, 1937). Cette fenêtre basicraniale peut se combler et
devenir virtuelle mais elle est encore bien caractérisée chez Salmo saler
au stade de 25 mm (Gaupp, 1905).
L’extension vers l'avant de la fenêtre hypophysaire varie suivant q ue
les parties antérieures des trabécules restent écartées ou au contraire se
rapprochent et se soudent l'une L l’autre. Les deux cas se rencontrent chez
les Téléostéens et ils correspondent à deux types d'architecture crânienne
nettement différents.
Lorsque les yeux sont de grande taille, ce qui implique des globes oÇ l
laires rapprochés l’un de l'autre et du plan sagittal médian, les P art, flt
antérieures des trabécules, déjà peu écartées l’une de l'autre au moni
de leur apparition, se soudent pour former une barre cartilagineuse mcdi
dite trabecula communia. C’est seulement sous la région ethmoïdiennc 9
l'extrémité rostrale de cette trabécule impaire s’élargit en une plaque ethm
dienne. Les crânes de ce type sont dits tropitrabiques. ( j cS
Au contraire lorsque les yeux sont petits, les parties antérieures
trabécules restent écartées ; elles ne sont réunies par la plaque c “j re
dienne qu'en avant de la région orbitaire de sorte que la fenêtre hypophy sa
s'étend jusqu’à la plaque ethmoïdienne. Les crânes de ce type sont
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉ»
J'.Il
OSTÉENS
platytrabiques. Naturellement entre ces deux types bien tranchés, il peut
exister des intermédiaires. On constate en outre, dans le cas des crânes
tropitrabiques, que les trabécules sont relativement plus éloignées l’une
de l’autre au moment de leur apparition qu'aux stades ultérieurs. Ceci
Pourrait être le rappel d'une condition ancestrale ou si l’on préfère d'un stade
phylogénétique à crâne platytrabique par lequel seraient passés les Vertébrés
Primitifs. Mais on ne saurait en conclure que le platytrabisme est un carac¬
tère archaïque des Téléostéens car selon toute vraisemblance il a été réacquis
secondairement par certaines lignées comme celles des Mormyroidei et des
Siluroidei. En effet, la majorité des Téléostéens possède un crâne tropi-
lra bique et les Aetinoptérygiens fossiles les plus anciens, dont les formes
3| icestrales directes des Téléostéens ne devaient pas différer beaucoup,
°nt généralement de gros yeux, ce qui implique l'existence d'un chondro-
^âne embryonnaire tropitrabique. Par ailleurs, les Siluroidei sont plus
traitement apparentés aux autres Cypriniformes à crâne tropitrabique et
es Mormyroidei aux autres Clupéiformes également à crâne tropitrabique
'j Ue les Siluroidei et les Mormyroidei ne le sont entre eux. Enfin dans ces
e *ix groupes on observe, associées au platytrabisme, diverses relations
‘^'piques entre les carotides internes et les trabécules, indices de remanie¬
ments secondaires dans la région correspondante du crâne.
Source : MNHN, Paris
Chez l'embryon, le tronc aortique ventral est impair; l'aorte dorsale
est également impaire dans le tronc, mais dans la région céphalique elle
se dédouble et forme un circulas cephulicus. Les arcs aortiques embryonnaires
se développent entre l'aorte ventrale et les deux aortes latéro-dorsales ;
ils sont au nombre de six que l'on numérote de l avant vers l'arrière, dans
leur ordre d apparition normal. I)e ces six arcs aortiques le second dit hyoïdien
régresse et disparaît très précocement chez les Téléostéens. Il en est de même
du premier dit mandibulaire lorsqu'il n'v a pas de pseudobranchie, comme
chez les Mormyroidci, les Siluroidei, etc. Dans le cas contraire, le premier
arc aortique donne l'artère elTérente pseudobranchiale. Celle-ci, au début
de l'ontogenèse se jette dans la carotide interne, un peu en arrière de l'artère
ophtalmique.
Cette disposition primitive ne tarde pas à subir d’imporlantcs modi¬
fications. En règle générale, l'artère efférente pseudobranchiale et l'artcre
ophtalmique se séparent de la carotide interne et se raccordent l'une a
l'autre tandis qu'une commissure transversale réunit les deux efférentes
pseudobranchiales en formant un cercle céphalique secondaire. Certain*
auteurs ont attaché une grande importance à la position relative de ces
artères et des éléments du chondrocrâne, supposée rester constante. Cette
constance n'est cependant pas absolue du fait que le système artériel peut
facilement subir des remaniements au cours de l’ontogenèse par régression
de certains segments et formation de nouvelles branches.
('.liez la grande majorité des Téléostéens, au moins ceux à crâne trop*'
trabiques, les carotides internes pénétrent dans le crâne par la fenêtre hyp°"
physaire et passent par conséquent du côté interne ou médian des barres
trabéculaires. Chez Cort/doras, au début du développement la barre trabé¬
culaire se chondrifie latéralement à la carotide mais forme, en arrière d
celle-ci, une apophyse médiane. Il en résulte que la carotide passe dans J e
fond d une encoche creusée sur le bord médian du cartilage ; au cours o
la croissance, l'encoche devient de plus en plus profonde et le cartilage fin*
par entourer complètement la carotide interne qui dès lors ne passe pi* 18
par la fenêtre hypophysaire mais perce directement la barre lrabécula* re
(II01.MGREN, 194.1). Chez Gymnarchus niloticus, au stade le plus jeune
ait été décrit, la carotide interne perce également la barre trabéculm*
(Assheton, 1907). Une disposition analogue existe au stade, mésenchymateux
chez Hepsclus et Esox ; la trabécule est d'abord reliée au cartilage pol* 111 ^
de part et d'autre de la carotide interne, mais la liaison externe seule 8
chondrifie alors que la liaison interne régresse et disparaît (Bkrtmak, l9o y c
Par contre chez Mornu/rus runu\ dès le stade de 10 mm de longueu
totale, la carotide interne a été décrite comme passant du côté externe de ^
barre trabéculaire avant de pénétrer dans le chondrocrâne (Daget
d'Aübenton, 1960). Il en est de même chez les alevins d 'Ameiurus à p ar 1
d’un certain âge (Allis, 1908). Mais il s'agirait dans ce dernier cas d 11
modification secondaire du système artériel qui se produit au cours 1 ^
l'ontogenèse. En effet au stade de 10 mm, la carotide se bifurque vent !^ e
lement à la barre trabéculaire ; l'une des branches qui représente la car°t*
interne primitive passe dans une encoche du bord interne de la barre trab
Source : MNHM, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 193
culaire ; l'autre branche passe latéralement. Ultérieurement les deux branches
se réunissent de façon à former une boucle autour de la barre trabéculaire
Puis la branche médiane régresse et disparaît, la branche externe subsistant
seule (De Beer, 1937). 11 est à remarquer que ces deux cas atypiques, où
la carotide, interne passe à l'extérieur de la barre trabéculaire, concernant
des formes à crâne platytrabique.
'lo. 8, —. Anguilla vulgarin, vue dorsale de la région hypophysaire du chondiocrfine, au
«tade de 31 mm (d'après Norman, 102(1) ; ac, artère cérébrale ; ao, artère ophtalmique ;
ci, carotide interne ; ep, efférente pseudobrnuchiale ; fh, fenêtre hypophysaire ; te, tra-
bectlla communes.
Chez Anguilla vulgoris, des formations cartilagineuses très particulières
^paraissent en relation avec la fenêtre hypophysaire (Norman, 1926).
Ju stade de 11 mm, la Irabecula commuais est prolongée caudalement, au
dessus de la partie antérieure de la fenêtre, par une apophyse médiane sur
lat |Uelle s'insèrent les muscles droits de l’œil. Aux stades suivants cette
a Pophysc prend la forme d'un T dont la barre transversale se soude par scs
extrémités aux bords dorso-Iatéraux de la fenêtre hypophysaire. Un peu
Plus en arrière et à un niveau plus bas, une autre barre cartilagineuse trans-
ersale relie les bords ventro-latéraux de la fenêtre qui se trouve ainsi compar-
■fficntée. Les carotides internes, réunies en un tronc commun, passent dans
a Partie postérieure de la fenêtre hypophysaire, par dessus la barre trans-
Ver sale postérieure et sous la barre transversale antérieure. Ce tronc, après
a '’°ir émis deux artères cérébrales, reçoit les deux efférentes pseudobran-
uiales en avant de la barre transversale postérieure puis se bifurque en
e ux artères ophtalmiques qui passent de chaque côté de l’apophyse médiane
e la Irabecula commuais . Bar ailleurs, toutes ces branches artérielles pré¬
sentent par rapport aux barres trabéculaires les relations typiques pour les
déostéens, les efférentes pseudobranchiales passant au-dessous et les
^res ophtalmiques au-dessus
. Chez les Téléostéens, il se produit semble-t-il toujours et indépendamment
, e tout processus d’ossification périchondrale ou enchondrale, une résorption
u cartilage dans la région hypophysaire. Cette résorption débute au niveau
Source : MNHN, Paris
des carotides internes, là où se fait la jonction entre trabécule et cartilage
polaire ; elle progresse ensuite vers l avant et atteint parfois la plaque
ethmoïdienne. Dans le groupe des Anguilliformes dont le chondrocrâne
subit une régression considérable au cours de la métamorphose, ces phéno¬
mènes sont particuliérement importants. Chez Anguilla vulgaris par exemple»
le septe internasal, le rostre, la lame orbito-nasale, la taenia marginalis
et la Irabccala commuais disparaissent ; il ne subsiste du chondrocrâne
dans les régions ethmoïdienne et orbitonasale qu'une partie de la plaque
ethmoïdienne et un nodule cartilagineux d'origine trabéculaire au point
d’insertion des muscles droits de l'œil (Norman, 1926).
Cette résorption des barres trabéculaires est un caractère essentiel du
chondrocrâne des Téléostéens. Chez les Actinoptérygicns moins spécia¬
lisés, le cartilage ne manifeste, dans la région correspondante, aucune ten¬
dance à disparaître même aux stades adultes. Chez Amin et LepisosleOS
par exemple, il tend au contraire, par accroissement centripète, à réduii'®
l'étendue de la fenêtre hypophysaire et à entourer complètement les caro¬
tides internes. Le fait que la base du chondrocrâne se coupe en deux chez
les Téléostéens au cours de l'ontogenèse, serait de nature à compromettre
la rigidité du neurocrâne si une ossification de membrane, le parasphénoïde»
ne se développait de façon très précoce et ne venait soustendre la base du
crâne depuis la région ethmoïdienne jusqu à la région occipitale. Le paras¬
phénoïde est en fait devenu chez les Téléostéens la pierre angulaire q ul
soutient tout l'édifice crânien.
B. Région ethmoïdienne
La région ethmoïdienne du chondrocrâne est située en avant du plana* 11
anlorbilale, dérivé en partie de la lame orbitonasale et qui limite antérieU'
renient l'orbite. Dans son ensemble, elle joue un rôle de protection vis-à-v#
des organes olfactifs et accessoirement de support pour certaines pièces a
l'armature buccale. Son architecture dépend donc essentiellement de
position qu'occupe le télencéphale par rapport aux sacs olfactifs et du deg
de développement de ceux-ci.
Au début de la chondrification, les trabécules sont toujours bien sépare®*
l'une de l'autre. Lorsque leurs extrémités antérieures sont dirigées ve
l’extérieur, on donne à ces extrémités le nom de cornes trabéculaires. -'D
à partir du moment où une plaque ethmoïdienne médiane s'est constitu
il est préférable d'appeler cornes préelhmoïdiennes les apophyses a,1 ^ e . r ° z
latérales de cette plaque. Des cornes préetlunoïdiennes n'existent pas cl ^
tous les Téléostéens. On en a décrit chez Gasterosleus aculealus au stade
5 mm, servant de support aux apophyses ptérygoïdes des palato-car
(Swinnerton, 1902). Chez Ilepsetm odoe au stade de 8 mm, les eorn^
préelhmoïdiennes sont reliées aux apophyses ptérygoïdes par l'intermédia
de cartilages de liaison qui se chondrifient de façon indépendante (Bei (T * iA '
1959). Des cornes préetlunoïdiennes ont également été signalées chez ^ nxelU , üS
nebulosus au stade de 10 mm (De Beeh, 1937) et Muslacembelus arma
au stade de 9,7 mm (Bhargava, 1958).
Source : MNHN, Paris
A l'avant de la plaque ethmoïdienne de Solca oariegata, deux apophyses
se développent vers le bas et Unissent par se souder l’une à l'autre en laissant
subsister un petit orifice médian (Berrill, 1925). 11 en est de même chez
Exocodus qui, au stade de 5 mm, présente une sorte de fontanelle devant
la plaque ethmoïdienne proprement dite (Lasdin, 1903). Bien qu'il s'agisse
dans ces deux cas d'apophyses dirigées non pas vers l'extérieur mais vers
le bas et l’intérieur de façon à se souder médianement l’une à l'autre, un
rapprochement avec les cornes préethmoïdiennes paraît s'imposer.
La majorité des Téléostéens, à crâne tropitrabique, ont une cavité crâ¬
nienne qui se termine en arrière de la région nasale. La plaque ethmoï¬
dienne se forme alors en avant du télencéphale et dans son axe longitudinal
médian apparaît un bourrelet cartilagineux. C’est l'ébauche du septe inter-
nasal qui ne se développe jamais à partir d'un blastème indépendant. Certains
l’éléostéens présentent en outre une apophyse entethmoïde paire, en arrière
de l'ébauche du septe internasal et médianement aux sacs olfactifs. Chez
Hepsetus odoe au stade de 8 mm, cette apophyse entethmoïde est encore
mésenchymateuse, séparée de la trabécule et reliée ventralement au muscle
°blique supérieur qui s'insère, comme le muscle oblique inférieur, sur la
trabécule (Bertmah, 1959). Aux stades ultérieurs, ces apophyses enteth-
moïdes sont incorporées dans le septe internasal cartilagineux qui constitue
la paroi mésale commune aux deux capsules nasales.
Lorsque le crâne est platytrabique, la cavité crânienne s'étend davan-
tage vers l’avant ; la plaque ethmoïdienne se trouve sous le télencéphale
r“t aucun septe médian ne peut se développer. Le cavam cranii est alors
"mité antérieurement par une paroi cartilagineuse dite lamina prccerebralis.
Mormyrus rume, forme microsmique, c'est-à-dire à organes olfactifs rudimen¬
taires et n'ayant plus de capsules nasales, offre un exemple typique de cette
disposition (Daget et d’Aubenton, 1960). La lamina precerrbralis, bien
j|ue son orientation soit transversale et non longitudinale, est cependant
homologue du septe internasal. En effet, chez Ameiurus le cavam cranii
détend d'abord jusqu'à l'avant de la région ethmoïdienne et il apparaît
"ne véritable lamina preccrebralis ; par la suite, celle-ci se transforme en
S| 'I'te inlernasal, l'extrémité antérieure du cavum cranii étant progressi-
v< mient refoulée vers l'arrière (Kindred, 1919).
Lin élément caractéristique de la région ethmoïdienne du chondrocrânc
es *- la lame orbitonasale. Elle est généralement décrite chez les Téléostéens
c mnme une apophyse latéro-postérieure de la plaque ethmoïdienne qui
s accroît vers le haut. Chez Hcpselus odue la lame orbitonasale ne se forme
l’as à partir d'un blastème indépendant : dès les premiers stades son ébauche
Cs t reliée à l'apophyse ptérygoïde du palato-carré et aussi à la trabécule
'hais alors que la première liaison est large, la seconde est très tenue et
a partie en relation avec l'apophyse ptérygoïde est celle qui se différencie
|a première (Bertmah, 1959). Les particularités viennent à l'appui de l'hypo-
ll ’èse d’HoLMGREN (1943) selon laquelle la lame orbitonasale serait d’origine
'■scérale et secondairement incorporée au neurocrâne. On connaît d'ailleurs
| es cas où elle a conservé une certaine individualité. Chez Sgngnatlnis fuscus
‘•u stade de 8 mm par exemple, c'est un élément cartilagineux indépendant
Mémoires bu Muséum. — Zoolouie, t. XXXI 18
Source : MNHN, Paris
lues J. DAGET
dont la base ne se soude à la plaque ethmoïdienne qu'assez tardivement
(Kindred, 1921).
La lame orbitonasale ne participe pas à la formation de la paroi latérale
du neurocrâne. Elle en est séparée par un espace extramural dit fissure
orbitonasale. Dans cette fissure, largement ouverte vers le haut au début,
passent le nerf ophtalmique, l’artère orbitonasale, parfois une veine et le
nerf olfactif lorsque le foramen olfaclorium evehens s'ouvre en arrière. Les
muscles obliques de l’œil peuvent aussi s’engager dans la fissure orbitonasale.
La lame orbitonasale semble avoir totalement disparu chez les Mormyroidei,
nerfs et vaisseaux passant à l'extérieur de toutes les structures cartilagi¬
neuses du chondrocrâne (Daget et d’Aubenton, I960).
Si la lame orbitonasale est bien d'origine viscérale, elle serait l'homo¬
logue d’un suprapharyngopréinandibulaire. Quant à 1 infrapharyngopré-
mandibulaire s il en existe encore des traces reconnaissables chez les Téléos-
téens, on doit les rechercher à la face ventrale de la plaque ethmoïdienne.
entre les extrémités antérieures des deux palato-carrés. Chez Salmo a été
précisément décrit un amas de mésenchyme assez mal individualisé mais
qui, aux premiers stades de développement, présente ces caractéristiques.
Ce blastème, d'abord pair, forme ensuite une commissure palatine puis se
soude à la face ventrale de la plaque ethmoïdienne là oii apparaîtra ultérieu¬
rement le vomer (Holmgren, 1943). Il est vraisemblable que des ébauches
identiques et pouvant représenter les vestiges d'un infrapharyngopréman-
dibulaire incorporé à la région ethmoïdienne du neurocrâne, pourront être
retrouvées chez d'autres Téléostéens.
Le cartilage préorbitaire est un élément pair situé dorsalement à 1 f
limite entre la région ethmoïdienne et la région orbitaire. 11 n'existe en fait
que chez certaines formes comme Esox lucius (Hammarbergh, 1937) et
Hepsctus odoe où il est représenté par un centre de chondrification bien indi¬
vidualisé (Bertmar, 1909). Dans la plupart des cas il n'est pas distinct
de l'extrémité antérieure de la taenia manjinalis cartilagineuse comme chez
Salmo fario (De Beer, 1937). Les deux cartilages préorbitaires peuvent
être réunis entre eux par un pont paraphysaire. D'autre part ils sont réuni*
au septe internasal par les commissures sphénoseptales et aux extrémité*
supérieures des lames orbitonasales par les commissures sphénethmoi-
diennes. Celles-ci ferment donc les fissures orbitonasales qui, par suite de
la croissance du carfilage, tendent à se combler en ne laissant libres q ue
des orifices pour le passage des nerfs et des vaisseaux. Ainsi se constitue
au niveau de la lame orbitonasale un plunum anlorbilale cartilagineux fi 111
sépare la région orbitaire de la région nasale.
Les capsules nasales des Téléostéens sont toujours incomplètes et » e0 "
lourent que partiellement les sacs olfactifs. Parois latérales et antérieure*
font toujours défaut. Le toit manque également ou reste rudimentaire*
résultant d'un simple élargissement de la partic supérieure du septe inter-
nasal. Le plancher ou nolum na.si est en général mieux développé, étan
constitué par la plaque ethmoïdienne. Mais chez Maxtacembelus arni‘d ,,s
cette plaque d'abord large et aplatie se rétrécit assez rapidement au cour
de la craniogenèse c'est-à-dire que le plancher des capsules nasales régre** 6
Source : MNHN, Paris
CRANE
ES TÉLÉOSTÉENS
197
et tend à disparaître (Bhargava, 1958). Seules les parois médianes repré¬
sentées par le septe internasal et les parois postérieures représentées par
le planum antorbilale sont bien développées. Souvent même le septe inter¬
nasal s'élargit et constitue un véritable massif ethmoïdien qui pousse parfois
vers l’avant un prolongement ou rostre cartilagineux. Un rostre simple
tiu. !). — Développement <l» la région olhmoïdiuuuo du chondrocrâno do Salmo jario entre
le» stades de 15,5 et 30 inra (d'après De Ueeh, 1937); aon, artèro orbitonasale; ap,
apophyse ptérygolde | ose, commissure sphéncthmoïdicnne ; cas, commissure sphéno-
septale ; Ion, lame orbitonasale ; moi, musclo oblique inférieur j mos, muscle oblique
supérieur ; no, nerf olfactif ; po, plaque ethmoïdienne ; ro, Ram us ophthalmious ; si,
Septe iuternasf 1 ; te, trabccula communia ; tm, taenia marginal ie.
Particulièrement bien développé existe chez Anguilla uulgaris (Norman,
*®26). Chez Mormyrus rume le rostre apparaît assez tardivement et présente
ü ne dépression médiane séparant deux excroissances latérales (Daget
D’ Auhenton, 1960).
La structure de la région ethmoïdienne du chondrocrâne est sujette à
^'importantes variations. Quatre types seulement seront décrits ici. Dans
i. l ype Salmo, à crâne tropitrabique, le haut de la lame orbitonasale est
dirigé vers l’avant ou sc trouve déporté vers l'avant au cours de la croissance
Source : MNHN, Paris
Le foramen olfuclorium enehens, par lequel le nerf olfactif sort de la cavité
crânienne, s’ouvre alors en arrière du planum aniorbitale. Ce foramen est
limite en arrière par la racine préoptique, en avant par le septe internasal,
en haut par la commissure sphénoseptale et en bas parla Irabecula communia
ou la plaque elhmoïdiennc. Le foramen olfuclorium advchcns par lequel le
nerf olfactif pénétre dans la cavité du sac olfactif est limité par la lame orbi-
tonasalc du côté latéral, le septe internasal du côté médian, le commissure
sphénethmoïdienne en haut et la plaque cthmoïdienne en bas. Entre ces
Type Ameiurus Type Mormyrus
Fia. 10. — Morphologie schématique <le la région clhmofdlonno <lu choiulrocrAno «le quulq u
Téléostéens : types Salmo, Godas. .1 me i uru» (d’après 1)B Bber, 11)37) et Monn>J rU
(d'après Daqbt et d'Aubbjjtov, I0d0) ; a > i. artère orhitonasale ; Ion, lame oi-hiloiiasah' •
mo, muscles obliques do l'œil; no, nerf et organe olfactifs; ro, Humus oi)hthalnvi eU ‘ ’
si, septe inicrnasal ou lamina precercbralis.
deux foramen, le nerf olfactif court librement â l'extérieur du choiid |0
crâne dans un espace appelé caoum orhitonasale. Cet espace communiq u ®
largement avec l'orbite dont il constitue un simple prolongement antéri®
dans lequel pénètrent, outre le nerf olfactif, les muscles obliques de 1
l'artère orhitonasale et le Humus ophthalmicus. Le foramen olfactoriu ^
advehens et le cavum orhitonasale correspondent respectivement aux ouver
lures antérieure et postérieure de la fissure orhitonasale primitive. Le pl anl .
aniorbitale est finalement percé de deux passages ou canaux, un en ha
pour le Humus opldluilmieus et un plus large en bas pour le nerf olfa c
et l’artère orhitonasale (De Beer, 1937).
Source : MNHM, Paris
CRANE DES TÊLÉOSTÉBI
190
Dans le type Gadus, également à crâne tropilrabique, le haut de la lame
orbitonasale est dirigé vers l’arrière et le nerf olfactif passe directement de
la cavité crânienne à celle du sac olfactif. Dans le cas de Gadus merlan gus
qui n'a pas de racine préoplique (De Beeb, 19:57), le foramen olfadorium
cueillais n'est pas limité par du cartilage et seul le foramen olfadorium aduehcns
est bien défini. Le planum antorbitale n'est percé que d'un canal pour l'artère
orbitonasale, le Humus ophthalmicus passant dorsalement à l'extérieur du
chondrocrâne.
Dans le type Ameiurus, à crâne platytrabique, la structure est très
voisine de la précédente. La lame orbitonasale est située en face de la racine
préoptique et du fait de la présence de celle-ci, c'est le foramen olfadorium
cachais qui est seul bien défini. Le planum antorbitale. n'est percé que d’un
canal pour le Humus ophthalmicus (De Beer, 1997).
Enfin dans le type Mormyrus, la structure de la région ethmoïdienne
se trouve simplifiée à l’extrême : il n'y a plus ni lame orbitonasale ni planum
antorbitale et il existe seulement un foramen olfadorium evehens (Dagiît
et o’Aubenton. 1900).
G.
Région ©tique
Alors que les capsules nasales des Téléostéens sont toujours incomplètes
et largement ouvertes vers l'extérieur, les capsules otiques cartilagineuses
s °nt le plus souvent closes, la paroi médiane seule faisant régulièrement
défaut. L'organe stato-acouslique ou labyrinthe membraneux, que la capsule
entoure et protège, est donc plus ou moins accolé à l’encéphale. Il comprend
trois canaux semi-circulaires, deux verticaux, l'un antérieur, l'autre posté-
■'ieur, perpendiculaires entre eux et un canal horizontal, appelé souvent
latéral parce qu'il fait saillie sur le côté. Tous ces canaux parlent de Vutri-
'ulus. Celui-ci communique ou non avec le saeculus qui présente une cons-
triction limitant un recessus caudal dit lagena. L'ensemble renferme trois
°tolithes : le lapillus correspondant à la macula ulriculi, la sagitla corres¬
pondant à la macula sacculi et l 'asteriscus correspondant à la macula lagenae.
Ces divers éléments se retrouvent chez Lous les Téléostéens mais leurs pro¬
portions relatives varient dans de larges proportions. Les canaux semi-
C| rculaires sont en général bien développés et la capsule otique de grande
taille. Mais chez llippocampus les canaux sont ramassés les uns contre les
autres et l'ensemble du labyrinthe appliqué contre l'encéphale de sorte
que la capsule otique est réduite.
La chondrification des capsules otiques débute très précocement à
Ja base de celles-ci. Chez Ilepsetus odoe onl été identifiés deux blastèmes ;
* un, correspondant à un cartilage otique antérieur, est situé dans la région
(| u nerf facial, sous la partie antérieure de la vésicule otique ; l'autre, corres¬
pondant à un cartilage olique postérieur, est situé dans la région du nerf
Sjossopharyngien, sous la partie postérieure de la vésicule otique. Le blas-
E'me antérieur est relié à la lame basiotique par la commissure basicap-
s ulairc antérieure en arrière du nerf facial, tandis que le blastème postérieur
est relié à la lame basiotique par la commissure basivestibulaire en avant
Source : MNHN, Paris
200
J. DAGET
du nerf glossopharyngien. Ces deux commissures délimitent une fenêtre
basicapsulaire antérieure ou fenêtre basicapsulaire vraie. Plus tard une
commissure basicapsulaire postérieure apparaît caudalement et délimite
avec la commissure basivestibulaire une fenêtre basicapsulaire postérieure
dans laquelle passe le nerf glossopharyngien (Bertmar, 1959).
La chondrification débute toujours par le cartilage otique antérieur
et la commissure basicapsulaire antérieure. L'espace qui reste libre en arrière
de cette commissure, entre la lame basiotique et la capsule otique est appelé
fissure métotique. Au début, les nerfs glossopharyngien et vague passent
dans cette fissure et les fenêtres basicapsulaires n'en sont que des parties
isolées par la formation des commissures basivestibulaire et basicapsulaire
postérieure. La fissure métotique se trouve complètement oblitérée lorsque
la pila occipitalis se soude à la région otique et ferme le foramen vagum-
Chez Salmo fario au stade de 10,5 mm le cartilage otique antérieur est
bien individualisé et réuni à la lame basiotique par une commissure basi¬
capsulaire antérieure encore procarlilagineuse. Au stade de 11,4 min, I e
cartilage otique postérieur et les deux commissures basicapsulaires anté¬
rieure et postérieure sont chondrifiées. 11 existe donc à ce stade une vaste
fenêtre basicapsulaire dans laquelle passe le nerf glossopharyngien. C’est
seulement au stade de 12,3 mm que la commissure basivestibulaire est
chondrifiée, séparant de la fenêtre basicapsulaire antérieure un foramen
glossopharynyeum qui représente la fenêtre basicapsulaire postérieure.
Enfin au stade de 14,2 mm la fenêtre basicapsulaire antérieure est recoupée
en deux par une travée cartilagineuse ; elle s oblitère complètement par
la suite (De Beer, 1937).
Chez Gaslerosteus aculeatus au stade de 4,2 mm le cartilage otique anté¬
rieur est réuni à la lame basiotique par une commissure basicapsulaire
antérieure, tous ces éléments étant cartilagineux. Au stade d'environ 5 mm.
le cartilage otique postérieur s est chondrifié en continuité avec l'antérieur
et une commissure basivestibulaire est ébauchée sans que la fissure métotique
en soit réduite. Aux stades suivants, la pila occipitalis se soude à la paroi
postérieure de la capsule otique mais il n'y a pas de commissure basicap¬
sulaire postérieure. De plus la commissure basivestibulaire en se développant
oblitère complètement la partie antérieure de la fissure métotique ; à aucun
stade il n’existe de fenêtre basicapsulaire antérieure. La partie postérieure
de la fissure métotique fermée caudalement constitue un foramen meto-
lirum commun aux nerfs glossopharyngien et vague (Swinnerton, 1902)-
La fenêtre basicapsulaire antérieure, à travers laquelle ne passe aucun
nerf ni aucun autre organe, a donc tendance à s'oblitérer précocement.
Chez Mastacembelus armatus au stade de 7,3 mm le cartilage otique et la
commissure basicapsulaire antérieure sont chondriflés ; au stade de 8 mm
la commissure basicapsulaire postérieure est apparue (Bhargava, 1958)
mais la fenêtre basicapsulaire très réduite paraît être l'homologue de lu
fenêtre basicapsulaire postérieure ; l’antérieure aurait disparu de l'onto¬
genèse et la commissure basivestibulaire serait confondue avec le bord
postérieur de la commissure basicapsulaire antérieure.
Au cours du développement de la paroi latérale et de la paroi supe-
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
201
rieure de la capsule otique, le cartilage se forme d'abord au voisinage des
canaux semi-circulaires qu'il protège. Il peut ainsi apparaître une fenêtre
supracapsulaire entre le canal horizontal et les deux canaux verticaux.
®' 10 . U. — Trois s tildes successifs de la formation dos capsules otiques cartilagineuses cher.
Salmo /ario entre 10,5 et 12,3 mm (d’après De Huer. 1937). Les régions trabéculaires
et les arcs occipitaux n'ont pas été représentés ; cba, cbp, commissures basicapsulnires
antérieure et postérieure ; cbv, commissure basivcstibulairc ! coa, cartilage otique anté¬
rieur ; fb, fenêtre basicapsulaire ; fba, fbp, fenêtres basicapsulaires antérieure et posté¬
rieure ; fm, tissure métotique.
Elle correspond à la dépression du neurocrâne dite fosse de Bridge qui était
fréquente chez les Actinoptérygiens primitifs fossiles mais qui n'existe
Plus chez les Téléostéens. Une fenêtre supracapsulaire est caractéristique
uu chondrocrâne des Mormijroide.i (Daget et d'Aubenton, 1960). Quant
Source : MNHN, Paris
202
.T. DAGET
au canal horizontal, il lui correspond une saillie latérale, généralement
accompagnée d’une crête longitudinale dite crisla parolica sous laquelle
vient s'appuyer la tête articulaire de l’hyomandibulaire. En avant de cette
crête, la capsule otique pousse latéralement une apophyse postorbitaire
dont la base est souvent percée d'un canal pour le Ramus olicus facialis
qui va innerver un ou plusieurs neuromastes de la série infraorbitaire. Ce
Fia. 12. —- Vue dorsale du chondrocrflno de Mormi/ruH rume et dos annexes intracapsulaires
de la vessie gazeuse au stade de 10 mm. Le toit il.' la capsule otique gaucho a été réséq“ é
pour montrer la disposition de la v&icule (d'après Daoet et n’AüBBNTON, 11)00) ; cbft-
cl»p, commissures baslcapaulaires antérieure et postérieure : co, capsule otique ; (, P -
duel un pncumalicu»; fs, fenêtre supracapsuiaire ; œ. œsophage; p. pédoncule relii'-' 1
la vésicule iutracapsulaire à la vessie gazeuse : rs, orifice de sortie dorsal du Ilaniu«
temporalis ; v, vésicule intracapsuluirc. A noter que la fenêtre supracapsuiaire est j» tte
au-dessus et k peu près de la même dimension que la vésicule.
canal existe sur le chondrocrAnc de Mormyrus rume au stade de 10 nu®
(Dagkt et n’AiiBENTON. 1960), sur celui d ’Ameiurus nebulosus au stade
de 10 mm (Kindued, 1919), à'Anguilla vulgaris au stade de .'il mm (NormaN'
1926), etc. Ce canal est connu sur le neurocrAne de beaucoup d'Actino-
ptérygiens primitifs fossiles sous le nom de canal spiraculaire.
La capsule otique n'a pas de paroi médiane ; sa cavité communiq ue
largement avec le cavum cranii et n'en constitue pour ainsi dire qu'une annexe
latérale. Le nerf acoustique (VI11) n'a donc pas à traverser la paroi cranieR" e
pour atteindre les organes sensoriels du labyrinthe membraneux : d n ^
Source : MNHN, Paris
CRAN K
DES TÉLÉOSTÉENS 203
a pas de foramen acusticum chez les Téléostéens. Mais les canaux semi-
circulaires sont généralement logés dans des cavités en gouttière limitées
par des septes cartilagineux qui se développent sur la paroi interne de la
capsule otique. ün distingue trois septes dits antérieur, postérieur et latéral
selon le canal auquel chacun correspond. Ces septes entourent parfois complè¬
tement les canaux qui se trouvent alors logés dans l'épaisseur de la paroi
de la capsule otique.
Il résulte en outre de l'absence de paroi médiane que le nerf glosso-
pharyngien des Téléostéens passe d'abord directement dans la cavité du
labyrinthe et que son orifice de sortie du crâne est en réalité percé dans la
base de la capsule otique. Chez Mormyrus rume, le Humus supratemporalis
du glossopharyngien, qui va innerver les derniers neuromastes de la série
infraorbitaire, se détache de la branche nerveuse principale à l'intérieur
même du labyrinthe et sort de la capsule otique par un orifice particulier.
Il pénètre de nouveau dans la paroi postérieure de la capsule et sort fina¬
lement du chondrocrâne sur le dessus de celui-ci en arrière de la fenêtre
supracapsulaire (Daget et d’Adbenton, 1960). Un foramen pour le Ramas
supratemporalis existe en situation homologue chez des Actinoptérygiens
moins évolués que les Téléostéens comme Amia et le genre fossile Borer.-
somus.
Dorsalement les deux capsules otiques droite et gauche sont généra¬
lement réunies par un pont cartilagineux, le teciiun synoticum, élément
^portant de la voûte du chondrocrâne qui sera étudiée plus loin.
La morphologie des capsules otiques telle qu'elle vient d'être décrite
s e trouve parfois modifiée lorsque des relations s'établissent entre le laby¬
rinthe membraneux et la vessie gazeuse ou entre les espaces périlympha-
Hques et certains organes extérieurs au crâne. Chez les Mormyroidei, la
Ve ssie gazeuse envoie un diverticule pair qui pénètre à l'intérieur du laby¬
rinthe, se loge entre les canaux semi-circulaires et s'y renfle en une vésicule.
Liiez Mormyrus rume. au stade de 1U mm cette vésicule relativement volu¬
mineuse distend le labyrinthe et se trouve située juste au-dessous de la fenêtre
S upracapsulaire. Elle est reliée au ductus pneumalicus par un cordon qui
passe à 1 extrémité caudale de la fenêtre basicapsulaire limitée par une com¬
missure basicapsulaire antérieure large et une commissure basicapsulaire
Postérieure très étroite. La branche principale du glossopharyngien passe
également par cette fenêtre, mais vers 1 extrémité antérieure (Daget et
o'Auhenton, 1960). La vésicule intracapsulaire perd ultérieurement toute
relation avec la vessie gazeuse, mais subsiste encore bien développée et
entièrement close chez 1 adulte.
La vessie gazeuse de beaucoup de Clupéiformes envoie également un
diverticule à I intérieur de la capsule otique comme chez les Mormyroidei.
Lhez ('Aupeu harengus au stade de 15 mm, il existe une fenêtre basicapsu-
*aire antérieure limitée par une commissure basicapsulaire antérieure et
ür >e commissure basivcstibulaire. la commissure basicapsulaire postérieure
disant défaut. Le diverticule vésical pénètre dans la capsule otique par cette
fenêtre basicapsulaire antérieure et se renfle en une vésicule dite prootique
logée dans une dépression de la face interne de la commissure basicapsulaire
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
204
antérieure particulièrement massive. Au stade de 20 mm, le cartilage entoure
complètement la vésicule proolique ne laissant libre que deux passages :
l'un ouvert sur 1 intérieur de la capsule otique permet à un diverticule de
la cavité périlymphatique de venir au contact de la vésicule prootique,
l'autre forme un tunnel dans le plancher du chondrocrâne, dirigé vers l'arrière
et vers le bas, pour le passage du diverticule vésical. Au stade de 25 mm.
la vésicule prootique devenue volumineuse a repoussé vers l'arrière les
autres organes de sorte que la capsule otique se développe latéralement
à la région occipitale. La fissure métotique est de ce fait transformée en
un canal limité du côté médian par l'arc occipital cartilagineux et du côté
latéral par la paroi médiane de la capsule otique qui reste membraneuse
à ce niveau. Le glossopharyngien et le vague passent dans ce canal séparé
seulement de la cavité du labyrinthe par une membrane (De Beer, 1937)-
Chez les Hijodontidne, les Nolopteridae, certains Holocentridae et quelques
autres Téléostéens, des diverticules de la vessie gazeuse se dirigent aussi
vers les capsules otiques mais sans y pénétrer ; ils s'appliquent contre la
paroi externe qui ne se chondrifie pas et reste membraneuse à 1 endroit
où le contact s établit.
Outre les particularités signalées précédemment, le déportement vers
l'arrière de la capsule otique de Clupea harengus provoque aussi l'app 3 "
rition d une lacune dans la paroi de la capsule, sous l'ampoule du canal
semi-circulaire antérieur. Par cette lacune un diverticule de l'espace péri*
lymphatique entre en contact avec les canaux du système latéral. Enfin
chez les Téléostéens ostariophysaires la cavité périlymphatique envoie
vers 1 arrière deux évaginations symétriques dites atria sinus impart-
Mais ces évaginations, qui entreront en relation avec les osselets de Weber,
sont situées sous la moelle épinière et leur existence n'aiîecte pas la morpho¬
logie du chondrocrâne.
I). Région orbito-temporale
La région orbito-temporale du chondrocrâne est située entre les capsules
nasales et les capsules otiques. Elle soutient et protège la partie antérieure
de 1 encéphale et les yeux. La voûte du crâne, qui présente une grande
variabilité chez les Téléostéens, sera d'abord examinée. Elle peut être entiè¬
rement cartilagineuse comme chez Cycloplrrus, entièrement membraneuse
comme chez Syngnulhus ou formée de travées cartilagineuses longitudi¬
nales et transversales limitant entre elles des fontanelles obturées par d cS
membranes conjonctives en parfaite continuité avec le périchondre voisin.
Les centres de chondrification à partir desquels s édifie la voûte crânienne
sont toujours pairs et au nombre maximum de trois : le cartilage préor¬
bitaire à la limite entre la région ethmoïdienne et la région orbitaire, I e
cartilage supraorbitaire au milieu de 1 orbite ou au niveau de 1 épiphy* e
et le cartilage postorbilaire à la limite entre la région orbitaire et la capsul e
otique.
Le cartilage supraorbitaire est le plus constanL des trois. 11 est bien
individualisé chez Salrno juno au stade de 14,2 mm (De Beer, 19->7 ), c * ieZ
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
205
Leuciscus rutilus au stade de 6,4 mm (Hubendick, 1912), chez Heterotis
ni loti eus au stade de 10,5 mm (Daget et d'Aubenton, 1957), chez Hepselus
°doe au stade de 9 mm (Bertmar, 1959), etc. Cependant il a totalement
disparu de l'ontogenèse chez Mastacembelus armatus (Bhargava, 1958)
e t Syngnathus fusais (Kindred, 1921). Le cartilage supraorbitaire s'accroît
v ers l'avant et vers l'arrière de façon à former une bande longitudinale,
dite taenia marginalis, qui réunit dorsolatéralement la capsule otique à
la région ethmoïdienne. Les deux cartilages supraorbitaires peuvent être
réunis l'un à l’autre par un pont épiphysaire. On appelle alors taenia
Marginalis anlerior la partie de la taenia marginalis située en avant
du pont épiphysaire et taenia marginalis posterior la partie située en
arrière.
Le cartilage préorbitaire n'est individualisé, c'est-à-dire qu’il ne lui
correspond un centre de chondrification distinct, que dans de rares cas
pomme ceux de Ilepsetus et Esox signalés plus haut. 11 est le plus souvent
"icorporé à la partie antérieure de la taenia marginalis anlerior qui se bifurque
a son extrémité pour former les commissures sphénoseptale et sphéneth-
•noïdienne comme chez Salmo fario (De Beer, 19,»7) ou bien il est incorporé
à la région ethmoïdienne et n'en constitue qu'une apophyse qui se déve¬
loppe latéralement vers l'arrière comme chez Mastacembelus armatus (Bhar¬
gava, 1958).
De même le cartilage postorbitaire n’est individualisé qu’assez rarement.
On l a signalé chez Esox lucius (IIammarbergh, 1957) et Ilepsetus odoe
°d il est représenté au stade de 9 mm par un centre de chondrification distinct
situé dans la partie antérieure de l'apophyse postorbitaire à l’endroit ou
* ébauche de la laemamarg nalis posterior rejoint la capsule otique (Bertmar,
1959). En général le cartilage postorbitaire n’est pas distinct de l’apophyse
'le même nom qui s avance parfois très loin vers 1 avant comme chez Masta-
ternbelus armatus (Bhargava, 1958). Les cartilages postorbitaires peuvent
e tre réunis l'un à l'autre par un tectum iransoersum mais cette partie de la
v oûte crânienne est rarement chondrifîée.
Enfin il apparaît parfois sur le bord postérieur du pont paraphysaire
du pont épiphysaire une apophyse médiane qui s'accroît en direction
Çaudale en formant une bandelette longitudinale médiane appelée dans
,e premier cas taenia leeli medialis anlerior et dans le second cas taenia tecti
dialis posterior. La voûte du chondrocràne comporte donc soit une fonta-
ne lle supracraniale unique, soit deux fontanelles, dites prépinéale et post-
Pméale, séparées par le pont épiphysaire et qui peuvent à leur tour être
^coupées en deux moitiés, droite et gauche, par la taenia tecti medialis.
tes fontanelles peuvent également se fermer par croissance centripète du
Ci »rtilage qui les délimite.
Finalement les divers types de voûte rencontrés chez les Téléostéens
Se ramènent à six principaux :
o) Type entièrement membraneux. Aucun des centres de chondrifi¬
cation de la région orbito-temporale n'apparaît. Ce type se rencontre chez
tyngnathus fuscus au stade de 45 mm ; la voûte du chondrocràne ne comprend
c°ninie éléments cartilagineux que le tectum iÿnoticum dans la région otique
Source : MNHN, Paris
el les commissures sphénoscptaies dans la région ethmoïdienne (KindBED,
1921).
/;) Type à une seule fontanelle. Les laenia marginalis existent mais le
pont épiphysaire manque. Chez Anguilla vulgaris au stade de .'51 mm. les
taenia marginalis sont complètes et une grande fontanelle supracraniale
s'étend de la région ethmoïdienne au tectum synoticum (Norman, 1926).
Chez Mustar.cmbelus armalus, les cartilages supraorbitaires ayant disparu,
il se développe un cartilage préorbitaire et un cartilage postorbitaire qui
s'accroissent en direction l'un de l'autre mais n’arrivent à se rejoindre pour
former une taenia marginalis continue à aucun stade de développement
(Bhaugava, 1958).
c) Type à fontanelles prépinéale et postpinéale. Les laenia marginal i*
sont complètes et réunies par un pont épiphysaire. Ce type est réalisé soit
comme stade définitif chez Leueiscus rutilas à 11 mm (Hubendick, 1942),
Arneiurus nebulosus à 32 mm (Kindred, 1919), Disticlwdus brenipinnis
à 15 mm (Daget, 1959), Hepselus udoe à 12,6 mm (Bertmar, 1959), etc.
soit comme stade transitoire chez Salmo fario à 16,5 mm (De Beer, 1937),
Heterotis nilolieus à 13 mm (Daget et d'Aubenton, 1957) etc...
(/) Type à taenia medialis posterior. Celle-ci se développe en direction
caudale et atteint ou non le tectum synoticum. Il n'y a pas de laenia mediah s
anterior. Une voûte crânienne de ce type se trouve réalisée chez Exocoelus
(Lasdin, 1913) et Gadus merlangus (De Beer, 1937). Chez les Salmonidac.
la fontanelle prépinéale tend à se fermer. Chez Salmo sabir elle disparaît
assez tôt, principalement du fait de la croissance du bord antérieur du pont
épiphysaire ; l'accroissement du bord postérieur comble une partie seulemefl
de la fontanelle postpinéale, jusqu’au niveau des capsules otiques, le reste
étant divisé longitudinalement par la laenia medialis posterior qui se déve¬
loppe tardivement et se soude au tectum synoticum (Boker, 1913). La voûte
crânienne de Coregonus lavuretus est identique (Berg, 1955). Chez Scbasl eS
marinas au contraire les tuenia marginalis se résorbent entre le pont ep>"
physaire et la région ethmoïdienne ; au stade de 25 mm le pont épiphysa* re
est seulement relié à la région otique par les taenia marginalis postcri° r
et la taenia medialis posterior (Mackintosh, 19215). Un type de voûte ana-
logue a été décrit chez Ophicephalus gachua, mais la laenia medialis posteri° r
reste rudimentaire (Shimvasachar, 1953). Chez Gastcrosleus acuMt^.
au stade de 9 mm, le pont épiphysaire, qui se développe très tôt, est réuni
à la région ethmoïdienne par des taenia marginalis anterior. A aucun sta
il n'apparaît de taenia marginalis posterior. Au stade de 25 mm. les la en
marginalis anterior se sont résorbées et le pont épiphysaire est relié al1
tectum synoticum par une laenia medialis posterior (Swinnërton, 1 ' ■.!
e) Type à quatre fontanelles. La taenia medialis anterior el la l" efl
medialis posterior sont toutes deux présentes. Ce type est réalisé coni
stade définitif chez Heterotis nilolieus à 153 mm (Daget et d'Aubenton, l'’ ;)
Mormyrus rume à 20,5 mm (Daget et d’Aubenton, 1900) et comme sta
transitoire chez Cycluplerus lumpus à 38 mm (Uhi-mann, 1921). Chez
narchus nilolieus, la taenia medialis posterior n'atteint pas tout à fa*
tectum synoticum (Assheton, 1907).
Source : MNHN, Paris
CH ANE DES TÊl.ÊOSTKENS 2ü7
f) Type entièrement cartilagineux. Une voûte crânienne de ce type
se rencontre chez Cyclopttrus lumpiis dont les quatre fontanelles finissent
par se combler entièrement (Uhi.mann, 1921) et chez certains Salmonidac
comme Oncorhynclius gorbuscha dont les deux fontanelles postpinéales se
ferment également chez l'adulte (Tchehnavin, 1918).
Certains éléments cartilagineux de la voûte crânienne subissent parfois
des résorptions au cours de l’ontogenèse. 11 a été signalé plus haut que les
13. — Trois types de voûte du chrmdrocr&nc. A gauche, type h quatre fontanelles
Mormgrue ruine nu stade do 24,5 mra (d'après Dagbt et d'Aubenton, 1080). Au centre,
type h. doux fontanelles, Distichodus brevipinni* au stade de 15 mra (d'après Daget.
1950). A droite, type à une fontanelle, Anguilla vulgari* au stade de 31 mm (d'après
Norman, 1928) ; fpo, fontanelle préoptique ; fr. fontanelle de résorption du cartilage ;
fs, fenêtre supracapsulaire ; pe, pont épiphysaire ; r, rostre ; si, sept,' internasal ; tm.
taenia marginalie ; tin*, tmp. taenia marginalis anlerior et posterior ; tp, tectum posterius ;
■s, tectum Hj/Hotinum ; Ha. ttp, taenia m -diatiu anlerior et posterior. Chez Mormgrue et
Distichodus la voûte du chondrocr/lne n'atteint son complet développement qu’après
le début de la résorption d s barres trabéculaires.
foenia marginalis anlerior de Gasterosteus aculealus et de Scbustes marinus
disparaissent avant le stade de 25 mm. Les taenia marginalis de Mastacem-
brliis armalus, discontinues mais développées au maximum au stade de
9,7 mm, sont presque totalement résorbées au stade de 21,6 mm (Bhargava,
*958). Chez Anguilla vulgaris les taenia marginalis régressent et disparaissent
‘ lu cours de la métamorphose (Norman, 1926). Chez Solea variegala et
Pleuronrclcs platessa, la taenia marginalis gauche, du côté de la future face
ûadirale aveugle, disparaît peu après s’être formée et alors que le crâne
es t encore symétrique. C’est là d'ailleurs la première manifestation de la
Source : MNHN, Paris
dissymétrie, prélude à la version dextre et à la migration de l’œil qui. abs¬
traction faite des individus exceptionnellement inversés, caractérisent la
famille des Saleidae et celle des Pleurunecl'dac. La laenia marginalis droite,
du coté de la face zénithale oculée se résorbe plus tard (Williams, 1902;
Berrill, 1925).
Ces régressions des taenia marginalis présentent un parallélisme certain
avec celles des barres trabéculaires ; dans les deux cas la déficience du clion-
drocrâne qui en résulte étant suppléée par des ossifications de membrane,
parasphénoïde ou frontaux. Par ailleurs à l'intérieur de la membrane qui
obture les fontanelles de Leuciscus rutilus ont été signalées des ébauches
de chondrification qui régressent ensuite (Hubendick, 1942) et qui rappellent
peut-être une condition ancestrale où le cartilage élaiL plus développé qu fi
ne l'est actuellement.
La voûte du chondrocrâne peut passer successivement par plusieurs
des types qui ont été définis plus haut Aux premiers stades elle est d'abord
entièrement membraneuse ; puis les laenia marginalis et le pont épiphysaire
apparaissent.Les taenia medialis se forment plus tard et les types entièrement
cartilagineux, d'ailleurs exceptionnels ne s'observent qu'à des stades très
tardifs. Chez Cycloplerus lumpus par exemple les quatre fontanelles sont
encore ouvertes à 56 mm. Les voûtes les plus simples à l’état définitif peuvent
donc être considérées comme résultant d'arrêts de croissance du carlilafi®
et de conservation au stade adulte de caractères embryonnaires ou juvénile
chez d’autres formes.
L’évolution de la voûte crânienne des Téléostéens s'est faite dans 1®
sens d’un allègement de plus en plus prononcé, le cartilage régressant e
les fontanelles gagnant en étendue. Les Actinoptérygiens moins évolués
que les Téléostéens ont une voûte crânienne toujours bien chondrifi ee-
Chez A mi a le tectum cranii est entièrement cartilagineux et chez Lcpisosted s
il ne subsiste que deux petites fontanelles postpinéales. En ce qui concerne
les formes fossiles dont le neurocràne est connu, la voûte crânienne es
décrite comme une ossification de cartilage soit continue soit p erC ® e
d'une fontanelle de grandeur variable. 11 est à noter que cette fontaneu
étant médiane implique l'absence de taenia medialis. Ce dernier éléinen
serait donc caractéristique des Téléostéens et de certains Holostéens.
Au début de la chondrification de la région orbitaire, il existe latéralcmen
une vaste fenêtre sphénoïdienne entre la région ethmoïdienne et la caps 11
olique d une part, la barre trabéculaire et la laenia marginalis d'autre p a ® '
Les nerfs crâniens, depuis le nerf olfactif jusqu'au nerf facial, sortent d
crâne par cette fenêtre qu'obture une simple membrane. Chez certain
Téléostéens la chondrification s'arrête à ce stade. Chez d'autres elle contint
à se développer et des travées cartilagineuses unissent entre elles la
marginalis et la barre trabéculaire, ce qui a pour effet de réduire l'étend
de la fenêtre sphénoïdienne primitive. La plus importante de ces travé
est la racine préoptique située entre le foramen olfaclorium evehens et
foramen opticum. ■
Lorsque le crâne est platytrabique et que la cavité crânienne s'éten
depuis la voûte du crâne jusqu'au niveau des barres trabéculaires, les de
Source : MNHN, Paris
ANE DES TELEOSTEKNS
racines préopliques droite et gauche sont distinctes. Par contre, lorsque
le crâne est tropitrabique et que la cavité crânienne n'occupe que la partie
supérieure de 1 espace compris entre la voûte du crâne et la trabecula com¬
munia, les deux racines préoptiques s'appliquent l'une contre l’autre et
se fusionnent de façon à former un septe interorbitaire médian cartilagineux.
Ce septe s'élève sur le dessus de la trabecula commuais jusqu'au plancher
du caoum crunii.
La racine préoptique, lorsqu'elle existe, se développe en général tardi¬
vement à partir de la tamia marginalis et sa base va se souder à la barre
trabéculaire. Il en résulte que la partie la plus antérieure de la fenêtre sphénoï-
dienne primitive subsiste parfois un certain temps sous forme d'une petite
fontanelle préoptique que la croissance du cartilage finit par combler. Une
fontanelle préoptique ayant cette origine a été décrite dans la paroi latérale
du chondrocràne de Mormyrus ruine (Daget et d’Aubenton, 1960). 11
e u existe également une chez Amciurus nrbulosus au stade de 10 mm (Kin-
»ked, 1919).
En principe, les racines préoptiques se soudent vers l'avant soit au septe
internasal, soit aux lames orbitonasales. Mais la structure morphologique
du chondrocràne à l'endroit où les régions etlimoïdienne et orbito-temporale
Se raccordent est plus ou moins compliquée par la présence éventuelle de
'uyodomes antérieurs, c'est-à-dire de cavités où s'insèrent les muscles obli¬
ques de l’œil. Ces muscles apparaissent très tôt, avant le cartilage et ce
dernier en se développant se moule nécessairement sur eux. Ontogénéti-
quement les myodomes antérieurs sont des espaces extracraniens où la
Cr oissance du cartilage a été inhibée par la présence de muscles et non des
évités creusées par les muscles dans le cartilage.
Lorsque les muscles obliques sont courts et que leur point d'insertion
est rapproché du globe oculaire, il n'y a pas de myodome antérieur. Ce cas
est fréquent aussi bien chez des formes à crâne tropitrabique que chez des
formes à crâne plalytrabique. Chez Anguilla uulgaris au stade de 31 mm.
es muscles obliques s'insèrent sur le bord postérieur du septe internasal
'Norman, 1926) ; chez Ameiurus nebulosus au stade de 10 mm, ils s’insèrent
SlJ r le bord latéral de la plaque ethmoïdienne (Kindred, 1919).
Chez Nannocharax fasciatus les muscles obliques sont de longueur
"'égale. Les inférieurs courts s'insèrent sur le dessus de l'extrémité posté-
■"‘aure de la plaque ethmoïdienne, en arrière du point où le nerf olfactif sort
,,e la cavité crânienne. Les supérieurs s'insèrent beaucoup plus en avant
s "r une simple membrane sagittale qui sépare en deux une cavité médiane
"lénagée dans l’épaisseur du septe internasal. Nannocharax fasciatus possède
donc un myodome antérieur impair réduit à un compartiment dorsal (Daget,
•961).
. Chez Paradislichodus dimidialus les muscles obliques inférieurs et supé-
r,e "rs sont de longueur égale. Tous quatre pénètrent dans une cavité médiane
lénagée dans l’épaisseur du septe internasal et s'insèrent à peu près au
"éme point. Le myodome antérieur est impair et comprend un compartiment
dorsal et un compartiment ventral (Daget, 1958). Salmo présente une
disposition analogue. Les muscles obliques inférieur et supérieur s'engagent
Source : MNHN, Paris
de chaque côté dans un canal entouré par le cartilage du septe internasal,
les extrémités rostraies des deux canaux droit et gauche étant confluents
(De Beeh, 1937). Naturellement lorsqu'il existe un cuvuin orbitonasale,
comme c'est le cas chez Salmo et Puradistichodus, les cavités myodomiques
proprement dites partent de ce caoum qui n’est lui-même qu’une prolon¬
gation antérieure de l’orbite. Chez Cyclopterus lurnpiis les insertions des
muscles obliques sont, de chaque côté, entourées par le cartilage du septe
internasal, en arrière des lames orbitonasales ; mais les deux cavités droite
et gauche ne sont pas confluentes comme chez Salmo. Le myodome antérieur
est pair (Uhemann, 1921).
Fio. II. — Myj l un -s Antérieurs do l'nrad ixt irhodus ilimidialu« h 30 mm (d’après
lll.ôS) : nu centre, coupe trmwvorsnlo au niveau do la partie antérieure do l'oibitc c
vue cavalière vers l’ava it ; I. 2. 3. I. coupes traosvoisalos équidistantes. ; lo nerf ol f ** g .
sort du caimm cranil mitiv I et 2. lo foramen ol/actorinm advrlums se trouve entre 2 c ^
cartilajços ponctué» ; m>i, mw, muscles ol.liques intérieur et supérieur; nu. lobe et nu
olfactif ; sia, septe iuternasai ; sio. septe interorbitnire ; an, Holum tuui ! tm, taenia en
ginalin.
En arrière de la racine préoptique, la chondrification de la paroi later
du crâne est très déficiente chez les Téléostéens. Tous les nerfs cran| e ’
depuis le nerf optique jusqu'au nerf facial passent par la fenêtre sphen
dienne. Cette absence de formation cartilagineuse serait due au déve IL
pement des muscles droits de l'oeil et constituerait un caractère P r,,nl ^
des Téléostéens. Lorsque les muscles droits ont secondairement rc ^ ra .
et perdu de leur importance, par exemple si le crâne est devenu platy
bique, des travées cartilagineuses île néoformation peuvent apparaître e
taenia marginalin et barre trabéculaire, en avant du trijumeau. rS
On appelle pila laleralis une travée cartilagineuse qui se développe
le bas à partir de la région postérieure de la taenia marginalis, en ar gaU
des nerfs optique, oculomoteur et trochléaire et en avant des nerfs trij 1,1 e
et facial, y compris leurs branches ophtalmiques. Une pila laleralis typ*
Source : MNHN, Paris
chant: ilîsg TÊLÉOSTKENS 211
s'ébauche chez Amiu culutt au stade de 31,5 ram. Son extrémité ventrale
se soude ultérieurement à la partie latéro-postérieure de la barre trabéculaire,
latéralement à la veine jugulaire. Puis sa base supérieure entoure chacun
des deux nerfs ophtalmiques superficiels qui sortent par conséquent du
ehondrocrûne par des orifices distincts (Pehrson, 1922). Chez Mastacem-
bclus armatus au stade de 21,6 mm, une apophyse de la lacn a marg'nal s
pou ter i or, dirigée vers le bas et vers l'arrière mais n'atteignant pas la barre
trabéculaire déjà fortement régressée, à été décrite comme une pila latcralis
rudimentaire, rappelant celle d'Amin au premier stade de développement;
cette apophyse est en effet située devant les nerfs ophtalmiques superficiels
(Bhahgava, 1958).
Parfois des orifices entièrement entourés de cartilage se forment pour
le nerf trochéaire et les branches ophtalmiques superficielles du trijumeau
et du facial, comme chez Ameiurus nebulosus au stade de 10 mm (Kindred,
1919) et Mormyrus ruine, au stade de 13 mm (Daget et u’Aubenton, 1960).
Ces orifices sont en réalité formés par le bord ventral de la taenia marginalis
et il n'apparaît aucune ébauche de pila laleralis.
Par contre la paroi latérale du chondrocràne de Gymnarchus niloticus
s'est reconstituée presque complètement ; en effet la croissance du carti¬
lage finit par combler la fenêtre sphénoïdienne et il ne subsiste qu'un foramen
opticum, un foramen commun aux nerfs oculomoteur et trochléaire et le
foramen prooticum par lequel sortent du crâne le trijumeau et le facial y
compris leurs brandies ophtalmiques superficielles. La paroi latérale carti¬
lagineuse eu arrière du nerf optique est appelée dans ce cas pila antotica
■'«‘cundaria afin d'indiquer qu'il s’agit d'une néoformation non homologue
de la pila antotica vraie que l'on trouve chez certains Vertébrés (Omarkhan,
1918).
l ue commissure préfaciale séparant le nerf trijumeau du facial et médiane
par rapport à la veine jugulaire et à l'artère orbitaire, manque toujours chez
les Téléostéens. Par contre, il existe au même niveau mais latéralement
à la veine et à l’artère, une commissure latérale qui limite vers l'extérieur
la cavité dite chambre trigémino-faciale.
La commissure latérale se développe chez Hepselus odoe. à partir d'un
l’Iaslème proolique qui, au stade de 8 mm, relie le cartilage otique antérieur
a la partie antérieure de la lame basiotique, en passant entre, le nerf trijumeau
( l une part, le Ramus palatinus et le Truncus hyoideomundibularis du facial
'l’autre part. Au stade de 12,6 mm la commissure latérale s’est chondrifiée
'"ais le blastème prépalalin s'est apparemment résorbé et la commissure
cartilagineuse passe derrière le Ramus palatinus (Bertmar, 1959). Le mode
de développement paraît être le même chez Leuciscus rutilus (Hiuendick,
1912) et Gaslerosteus aculeatus (Swinnerton, 1902).
Chez Salmo, la chondrification procéderait d'une part du cartilage otique
"> formant une apophyse proolique et d'autre pari de la lame basiotique
l ‘ n formant une apophyse postpalatine. Ces deux apophyses en se réunissant
forment la commissure latérale proprement dite. Celle-ci est typiquement
développée chez Salmo fario au slade île 14,2 mm et le Ramus palatinus
Passe alors en avant de la commissure latérale, à l'extérieur de la banc
Mémoires dü Muséum. — Zoologie t. XXXI 14
Source : MNHN, Paris
.). DAtiET
trabéculaire. Plus tardivement, une troisième apophyse cartilagineuse,
provenant de la partie la plus postérieure de la barre trabéculaire, tonne
une commissure prépalatine et limite avec la commissure latérale proprement
dite un foramen palalinum (De Bekr, 1937). Un foramen palalinnm existe
également chez Anguilla vulgaris au stade de 11 mm (Norman, 1926) mais
manque chez beaucoup de Téléostéens soit que la commissure prépalatine
ne dépasse pas le stade blastème comme chez He.pse.lus odoe et se résorbe
précocement, soit qu'elle ait complètement disparu de l’ontogenèse.
Pour Holmgken (1943), la commissure latérale proviendrait dm 1
ébauche d'origine viscérale secondairement incorporée au neurocràne e
qui représenterait l'élément suprapharyngien de l'arc hyoïde. L'élém®**_
infrapharyngien correspondant aurait disparu chez les Téléostéens. à mo' n
qu’il n'ait donné la commissure prépalalinc lorsque celle-ci existe. On rapp>°_
chera cette interprétation de celle qui a été proposée pour la lame orbrt
nasale. La cavité trigéinino-faciale limitée latéralement par la commis 8 ** g
latérale et médianement par la dure-mère, puisque la paroi crânienne 1
se chondriûe pas à ce niveau, serait donc en partie extracranienne. Sa st» 11
turc est particulièrement simple dans le cas des Téléostéens. On p eUt ,^
distinguer deux régions d ailleurs continentes : la pars jugula ri s occü?
par la veine jugulaire et la pars ganglionaris occupée par le ganglion.
Casser ou trigéminé et le ganglion géniculé ou facial. Chez les Vcrteb
Source : MNHN, Paris
CRANU DES TÉLÉOSTÊENS
213
les plus primitifs, la pars ganglionaris devait être comprise entre la dure-
mère et la paroi crânienne représentée par la commissure préfaciale ; mais
■1 est possible que chez les ancêtres des Téléostéens les ganglions aient émigré
hors du crâne, au moins partiellement, avant la disparition de la commissure
préfaciale.
Par l'ouverture antérieure de la chambre trigémino-faciale passent la
veine jugulaire, en principe accompagnée par une artère orbitaire, et les
diverses branches du trijumeau et du facial à l'exception du Truncus hyoideo-
mandibularis. Ce dernier, ainsi que la veine jugulaire et l'artère orbitaire
passent par l’ouverture située en arrière de la commissure latérale. Cette
ouverture, chez Exocoetus au stade de 5 mm, est recoupée en deux par une
bandelette cartilagineuse qui sépare le Truncus hyoideomandibularis de
la veine jugulaire (Lasdin, 1913). Il en est de même chez Anguilla vulgaris
au stade de 31 mm (Norman, 1926). Chez Hclerotis niloticus au stade de
13 mm, l’ouverture postérieure de la chambre trigémino-faciale est également
recoupée en deux par une mince travée cartilagineuse mais celle-ci sépare
le Truncus hyoideomandibularis et la veine jugulaire de l’artère afférente
pseudobranchiale qui, chez Heterotis, passe médianement à la commissure
latérale (Daget et d'Aubenton, 1957). Ces formations cartilagineuses
se développent après la commissure latérale proprement dite et ne présentent
qu’une importance morphologique secondaire.
La commissure latérale manque chez les Siluroidei, Gadus merlangus
(De Beeh, 1937), Cycloptcrus lumpus (Uhlmann, 1921).
Le myodome postérieur est une cavité extracranienne occupée par les
Uiuscles droits de l'œil. En fait le supérieur et l'inférieur restent toujours
relativement courts mais l’interne et surtout l’externe sont susceptibles
de s'allonger de façon telle que leur insertion est parfois reportée jusque sous
1 extrémité postérieure de la région occipitale du crâne.
Les divers types de myodome postérieur rencontrés chez les Téléostéens
s e ramènent à trois principaux :
a) Type rudimentaire ou nul. Les quatre muscles droits sont courts.
Us s’insèrent dans le fond de l’orbite sur le bord latéro-dorsal des barres
trabéculaires ou sur la paroi membraneuse du chondrocrâne. Ce cas est
c elui de nombreux Téléostéens à crâne platytrabique et à globes oculaires
de taille réduite comme les Mormyroidei qui ne présentent plus trace de
jhyodome postérieur (Omarkhan, 1948; I)aget et d'Aubenton, 1960).
Des Siluroidei ont également perdu le myodome comme Ameiurus ncbu-
'osus (Kindred, 1919) ou n'en possèdent qu'un rudimentaire. 11 en est
de même chez certaines formes à crâne tropitrabique comme Gadus morrhua
(Holmgren, 1913) et Anguilla vulgaris (Norman, 1926). Chez cette dernière
es pèce, les muscles droits s'insèrent sur la crête longitudinale cartilagineuse
qui se développe au-dessus de la partie antérieure de la fenêtre hypophysaire.
b) Type à un seul compartiment. Les muscles droits externes sont plus
iungs q Ue les autres ; ils passent dorsalement aux trabécules puis pénètrent
dans la fosse hypophysaire et dans r espace subpituiraire et s'allongent
Plus ou moins sous la plaque basale. Ils restent cependant toujours à l exté-
rif, ur de la cavité crânienne c’est-à-dire de la dure-mère. Un tel myodome
Source : MNHN, Paris
existe par exemple chez lldcrutis niluticus (Dauet et d'Ai henton, 1957),
Hepsetus odoe (Bektmah, 19ô 9), etc...
c) Type à deux compartiments. Les muscles droits externes et internes
sont plus longs que les autres ; les premiers occupent une partie du myodoine
dite compartiment dorsal alors que les seconds situés au-dessous occupent
la partie dite compartiment ventral. Beaucoup de Téléostéens possèdent
un myodome postérieur de ce type. Chez Salmo, le compartiment dorsal
est un tunnel qui se prolonge jusque sous la région occipitale et s’ouvre vers
l'arrière ; le compartiment ventral plus court est borgne.
JftO. III. -Myodome poHlériiMii- de Salnm ftirio « 22 mm (d'upW-M (ioOURIcil, 11130) ;
latérale ; ined, mev, myodome postérieur compartiments dorsal et ventral; mdc, nuit*
mdi, mds, muscles droits externe, inférieur, interne et supérieur; pp, pont prootiq" 1 ’’
te. tral/cciila cmnmuni s ; v.j, veine jugulaire ; vji, veine jugulaire interne ; vp, veine pitw"
On peut en outre distinguer trois parties dans le myodome de Sablm
Dans la partie antérieure, les muscles droits externes et internes, venant
des orbites, traversent la fenêtre hypophysaire avant de passer sous j a
face ventrale de la cavité crânienne ; en ce, faisant, ils repoussent vers le
haut la base du cerveau et le complexe pituitaire. Le plancher de cette
partie antérieure du myodome est formé par les barres trabéculaires, Je
toit par la dure-mère et les parois latérales par les commissures latérales-
De chaque côté l'entrée du myodome postérieur est donc confluente «ve
l’ouverture antérieure de la chambre trigémino-facialc. La partie moyenne
du myodome occupe la région la plus postérieure de la fenêtre hypophysaire-
elle n’a pas de plancher : les extrémités postérieures des barres trabéculaire
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
2 ir»
et l'extrémité antérieure de la plaque basale en constituent les parois ;
le toit est formé au début du développement par la dure-mère attachée
aux bords latéraux de la plaque basale ; ce toit se chondrifie ultérieurement
en pont prootique. Enfin la partie postérieure du myodome possède un
toit et des parois latérales représentés respectivement par la plaque basale
et des expansions ventro-latérales de celle-ci. Très tôt d'ailleurs l'ossifi¬
cation du parasphénoïde forme le plancher des parties moyenne et posté¬
rieure du myodome.
Au cours de l'ontogenèse de Salmo salar, on a reconnu l'existence de
trois stades successifs (Holmgren, 191,'i). Au début du développement,
les muscles droits sont encore tous courts el il n'y a pas de myodome. Plus
tard, les muscles externes s'étant notablement allongés, le myodome est
du type à un compartiment. Enfin les muscles droits internes s’allongent
à leur tour et le myodome définitif à deux compartiments se constitue.
En admettant qu'un myodome complet à deux compartiments soit un
caractère primitif des Téléostéens adultes, la présence d'un myodome à
un seul compartiment et l'absence de myodome résulteraient de la régression
des muscles droits internes et externes et de la persistance à l’état adulte
de caractères embryonnaires ou juvéniles.
Enfin il convient de noter que la veine pituitaire pénètre normalement
dans le myodome postérieur lorsque celui-ci existe. Or cette veine fait
défaut chez les Siluroidei comme Ameiurus ncbulosus (De Beer, 19.17). Chez
les Mormyroidci comme Gymnarchus niloticus (Omarkhan, 1918) et Moriny-
rus rume (Daget et d’Aubenton, I960), la veine pituitaire vraie est remplacée
par une veine céphalique moyenne particulière. Il en résulte que le platy-
trabisme du crâne, la réduction des globes oculaires et des muscles de l’œil,
la disparition du myodome postérieur et de la veine pituitaire sont, chez
les Téléostéens, des caractères secondaires qui semblent en étroite corrélation
les uns avec les autres.
E. Région occipitale
La région occipitale du chondrocrâue est située en arrière du nerf vague
et elle est d'abord séparée de la capsule otique par la fissure méiotique.
Chez tous les Téléostéens, une pila occipilalis apparaît très tôt comme une
excroissance latérale de l’extrémité caudale du paracordal postérieur qui
s’accroît vers le haut et s'incline plus ou moins vers l avant. Bien qu'elle
corresponde aux trois segments occipitaux incorporés au paléocrâne, cette
ébauche paire ne présente aucune trace de segmentation même au stade
mésenchymateux. Le bord antéro-supérieur de la pila occipilalis cartila¬
gineuse se soude à la capsule otique en fermant la fissure métotique. Très
souvent d'ailleurs la pila occipilalis contribue à la formation de la partie
dorso-postéricure de la capsule otique. Enfin les deux pila occipilalis droite
°t gauche se soudent l’une et l'autre dorsalement de façon à constituer un
i'eluni poslcrius, au-dessus du rhombencéphale. Ce tectum posterius est géné¬
ralement fusionné avec le tectum synolicum mais chez Syngnathus fusais
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
21 f»
il subsiste une fontanelle entre ces deux éléments postérieurs de la voûte
crânienne (Kindred, 1921).
Chez Ggmnarchus niloticus au stade de 15 jours, un cartilage supra-
occipital a été décrit, derrière le tectum poslerius et coincé entre les bords
dorsaux libres des demi-arcs occipitaux. Il a été suggéré que ce cartilage
pouvait représenter un ou plusieurs éléments des arcs occipitaux incorporés
FlG. 17. — Chondrocr&no d ’Heterotis niloticus au stade do 10,5 mm, vue latérale en l |llU _
ot vue dorsale en bas (d’après Daoet et d’Aubenton, 1057) ; cl, commissure latérale i
cor, cartilage supraorbitairc i cot, capsule otique ; fg, foramen gloesopharyngeum !
tissure métotique ; po, pila occipitalis ; thm, ouverture postérieure de la chambre f'i
gémino-faciale par laquelle passe lo Truncus hyoldcomandibularis ; tr, barre trabéculaire
au paléocrâne (Omarkhan, 1948). Toutefois, comme un cartilage supra"
occipital n’a été signalé chez aucun autre Téléostéens, il est probable qu '*
s’agit d’une néoformation propre aux Gymnarchus et sans signification
phylogénétique.
F. Remarques conclusives
Morphologiquement la cavité crânienne sensu stricto est limitée par la
dure-mère. Tout organe quittant le cerveau devient exlracranien à parb r
du moment où il a perforé la dure-mère. Ceci s'applique en particulier au*
nerfs crâniens et à leurs rendements ganglionnaires. Mais il existe à l’inté¬
rieur de la paroi du chondrocrâne, entre celle-ci et la dure-mère, des espace®
extracraniens que l'on qualifie d intramuraux : par exemple le myodo®e
Source : MNHN, Paris
DES TÉLÉOSTÉENS
217
postérieur, 1 espace subpituitaire, la cavité du labyrinthe. On appellera
alors extramuraux des espaces secondairement annexés au chondrocrâne
tels que la fissure orbitonasale et la pars jugularis de la chambre trigémino-
faciale qui sont limitées extérieurement par des parois cartilagineuses pro¬
bablement d'origine viscérale, en tous cas extérieures à la paroi primitive
du crâne. Lorsque celle-ci disparaît l'espace extramural se fusionne avec
le caüum cranii dont il accroît la capacité. Chez les Téléostéens, le cas s'est
produit pour la chambre trigémino-faciale qui a perdu sa paroi médiane.
L’incorporation secondaire à la cavité intramurale d'espaces originellement
extrarumaux constitue l’une des caractéristiques essentielles de l'évolution
du crâne des Vertébrés (Pivkteau, 1951).
Bien que rangés dans les Vertébrés dits inférieurs, les Téléostéens sont
les plus évolués des Actinoptérygiens. De ce fait, certains caractères pri¬
mitifs ont, par un phénomène d accélération embryogénétique, été reportés
à un stade si précoce du développement qu'il est devenu très dillicile de les
mettre en évidence, parfois même ils ont été expulsés de l’ontogenèse. On
notera particulièrement à ce point de vue l'incorporation au neurocrâne
d’éléments viscéraux appartenant primitivement aux arcs prémandibulaire,
mandibulaire et hyoïdien ainsi que la fusion de plusieurs éléments vertébraux
dans la région occipitale. L'interprétation du chondrocrâne est alors en
grande partie fondée sur l’étude de formes plus archaïques que les Téléos¬
téens telles que les Sélaciens ou certains Ostéichthyens fossiles.
Malgré une unité évidente de plan, le chondrocrâne des Téléostéens
présente de nombreuses variantes : il ne saurait en être autrement dans un
groupe qui comprend plusieurs dizaines de milliers d’espèces dont la diver¬
sité morphologique est considérable. Bien que l'origine polyphylétiquc
des Téléostéens soit de plus en plus en faveur auprès des auteurs modernes
la plupart des variantes que l'on observe concernent soit des caractères
de spécialisation acquis secondairement par des rameaux évolutifs diver¬
gents, soit des caractères dus à une régression de la chondrification surtout
dans la région orbito-temporale.
Parmi les caractères dus à une spécialisation on citera le développement
d’un rostre cartilagineux, la formation d'un cavnm orbitonasale , l'importance
v ariable des myodomes antérieurs, le platytrabisme accompagné d'une
réduction des yeux, des muscles oculaires et du myodoine postérieur, etc...
La régression de la chondrification constitue une caractéristique essentielle
du crâne des Téléostéens. bille se traduit par la résorption précoce de cer¬
taines structures cartilagineuses telles que les barres trabéculaires et les
menitt marginalis et par l’apparition aux stades tardifs de fontanelles de
résorption dans la paroi crânienne, en l'absence de tout processus d'ossili-
Ca üon. On interprétera également comme des régressions l'absence de cer¬
tains centres de chondrification ou de certains éléments cartilagineux et
* e grand développement des parties membraneuses dans la voûte et les
Parois latérales du crâne.
Source : MNHN, Paris
II. — Splanchnocrâne.
Comme le neurocrâne le splanchnocrâne passe d’abord par un stade
mésenchymateux puis cartilagineux qui mérite d être étudié séparément.
C'est en efiet à ce stade que l'on retrouve les traces les plus nettes de la
constitution primitive des arcs viscéraux et que l'on peut déterminer les
homologies des diverses parties de chaque arc.
L’Anatomie comparée a montré que les arcs viscéraux des Vertébrés
pouvaient tous être considérés comme dérivés d un archétype comprenant
cinq éléments pairs. Les deux principaux, le dorsal appelé épibranchial
et le ventral appelé cératobranchial, étaient situés dans un plan oblique par
rapport au plan sagittal de symétrie de la région branchiale, leur point
d’articulation étant vers l'arriére et l'extérieur. A l’extrémité inférieure du
cératobranchial se trouvait un hypobranchial et à l'extrémité bicipitée de
répibranchial deux pharyngobranchiaux : un infrapharyngobranchial dirigé
horizontalement vers l'avant et s'appuyant sur la partie médioventrale
de la capsule otique, et un suprapharyngobranchial dirigé verticalement
vers le haut et s’appuyant sur la partie latéroventrale de la capsule otique.
Ces éléments pharyngiens assuraient donc la liaison entre le neurocràne
et le splanchnocrâne. Lorsqu'ils ne jouent plus ce rôle, ils ont tendance
à régresser. Le cas s'est produit notamment chez les Téléostéens pour les
suprapharyngobranchiaux. Venlralemenl les hypobranchiaux droit et
gauche de chaque arc étaient réunis par une pièce médiane impaire dite
basibranchial ou copule.
Les arcs branchiaux, en arriére de l’arc hyoïde, sonl restés assez proches
de cet archétype, même chez les Téléostéens, raison pour laquelle ils seront
étudiés en premier. Par contre les arcs prémandibulaire et mandibulaire
ont été profondément transformés chez tous les Gnathostomes pour constituer
les mâchoires. Il en est de même de l'arc hyoïde des Télostéens qui joue
un rôle particulier dans la suspension de la mâchoire et a été modifié en
conséquence.
Toutefois les arcs branchiaux constitués selon l'archétype correspondent
à des structures adultes fonctionnelles et la division en cinq éléments rigides,
articulés entre eux, était nécessaire pour permettre à l’ensemble du .splanch¬
nocrâne ossifié de se déformer. 11 en va difiéremment chez les embryons
et au stade mésenchymateux, parfois même au début de la chondrification,
les arcs sont au contraire continus. La segmentation apparaît au cours du
développement au fur et à mesure de l'augmentation de rigidité des arcs
et d’amplitude des déformations que l'absorption de nourriture et la respi¬
ration imposent au splanchnocrâne.
A. Arcs iiuanchiaux
Au cours de l'ontogenèse les arcs branchiaux se. différencient toujours
de 1 avant vers l'arrière. Les plus postérieurs sont en outre les plus faiblenien
développés et ceux qui s'écartent le plus, par régression et perte d'éléments.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
de l’archétype. Chaque arc branchial apparaît d'abord comme un blastème
au contact de l’endoderme pharyngien. Ce blastème peut se segmenter
en môme temps que les divers éléments de l'arc se chondrifient, comme chez
Hepsetus odoe (Bertmar, 1959) ou bien la chondrification qui se développe
à partir d un ou plusieurs centres peut donner d'abord un arc cartilagineux
continu qui se segmente ultérieurement, comme chez Heterotis niloticus
(Daget et D’auhenton, 1957). 11 s agit là de si milles modalités de la forma¬
tion des arcs embryonnaires qui dépendent d hétérochronies dans les phéno¬
mènes de morphogenèse.
fia. 18. — Splariclmocrânc do Salmo fario au .stade de 17,5 mm a gauche, vue dorsale, les
épibranchiaux et pharyngobrunchiiiux n'étant pas représentés du côté droit (d’après
Dr IIrrr, 1037) et splanchnocr&ne A’Uetcrotis niloticus au stade de 13 mm à droite,
vue ventrale (d’après IIaoet et d'Aubknton, 1057). Les éléments cartilagineux des
arcs branchiaux sont bien individualisés chez Salmo mais ne le sont pas chez Heterotis ;
bh, basihyal ; ca, cp, copules antérieure et postérieure ; ch, cératohyal ; cm. cartilage
de Meckel ; hm. hyosymplectique ; pq. palato-carré ; 1, 2, 3, 4, 5, arcs branchiaux.
Chez Salmo fario, au stade de 9,6 mm aucun élément cartilagineux
n est encore reconnaissable aux arcs branchiaux. Dès le stade de 10,5 mm
* p s deux premiers cératobranchiaux sont formés et à 10,8 mm le troisième
le quatrième ont fait leur apparition. A 15,5 mm le cinquième cérato-
branehial est présent de môme que les trois premiers épibranchiaux. A
1*>.5 mm les deux premiers pharyngobranchiaux, les quatre hypobranchiaux,
u ne copule antérieure et une copule postérieure sont apparus. Le quatrième
Source : MNHN, Paris
220
J. DAGET
épibranchial et les pharyngobranchiaux des arcs 1! cl 4 se chondrifient
un peu plus tard (De Bker, 19.,7). Le splanchnocrâne cartilagineux de
Salmo comprend finalement quatre arcs à quatre éléments : hypobranchial,
cératobranchial, épibranchial, pharyngobranchial et un cinquième arc
réduit au seul cératobranchial. Les basibranehiaux ne sont pas indivi¬
dualisés et il ne se forme que deux copules impaires cartilagineuses, 1 anté¬
rieure qui correspond aux basibranehiaux des trois premiers arcs et la posté¬
rieure qui correspond aux basibranehiaux des deux arcs suivants (Tcheb*
navin, 191.8).
Le splanchnocrâne cartilagineux d' Anguilla vulgaris diffère peu de celui
de Salmo sauf en ce qui concerne les basibranehiaux. Au stade de 5 mni,
les deux premiers cératobranchiaux, le premier hypobranchial et le premier
basibranchial sont formés. Au stade de 11 mm, le deuxième hypobranchial
ainsi que les troisième et quatrième cératobranchiaux sont apparus. Au
stade de 31 mm les quatre premiers arcs se composent chacun de quatre
éléments, le cinquième étant réduit au seul cératobranchial ; en outre existent
le premier basibranchial très long, s étendant jusqu au second hypobranchial.
ainsi que les troisième et quatrième basibranehiaux. Le splanchnocrâne
cartilagineux n'est complété qu'au stade de 15 mm par l'apparition du deu¬
xième basibranchial sous forme d'un nodule indépendant situé au-dessus
de 1 extrémité postérieure du premier basibranchial (Norman, 1926).
Chez Hcpsetus odoe, dès le stade de 8 mm, quatre éléments sont recon¬
naissables aux quatre premiers arcs branchiaux ainsi que deux copules,
comme chez Salmo. Mais le cinquième arc présente une particularité remar¬
quable. Au-dessus du cinquième cératobranchial se trouve un épibranchial
procartilagineux. Un peu plus tard, cet élément se sépare du cinquième
cératobranchial et au stade de 12,6 mm il s’est chondrilié et s'articule sur
l'extrémité supérieure du quatrième cératobranchial, du côté médiopos-
térieur c est-à-dire du côté médian du quatrième épibranchial (BertmaR,
1959). Ce cinquième épibranchial, qui a été appelé aussi épibranchial acces¬
soire (Daget, 1959) existe, semble-t-il, chez tous les Churacoidei ; il esL
particulièrement bien développé chez les genres Cilharidium et Citharinu s
où il présente une extrémité dorsale bicipitée. Le splanchnocrâne cartila*
gineux de Disltchodus brevipinnis au stade de 15 mm ne diffère de celui
d Hcpsetus odoe que par 1 absence de quatrième hypobranchial individus*
lisé ; 1 épibranchial accessoire ou cinquième épibranchial est bien caractérise
(Daget, 1959).
Chez Mastacembelus armatus, la régression des arcs est un peu p* uS
poussée. Au stade de 7,3 mm les deux premiers cératobranchiaux et une
copule antérieure sont apparus. A 7,6 mm le troisième cératobranchia
est formé. A 8 mm, le premier arc possède un hypobranchial, un cérato¬
branchial et un épibranchial ; le deuxième et le troisième arc ont chacun
quatre éléments, mais le troisième pharyngobranchial est nolableinen
plus développé que le second ; le quatrième arc a un cératobranchial et un
épibranchial et le cinquième seulement un cératobranchial ; en outre un
copule postérieure s'est formée entre les extrémités ventrales des qualrièm
cératobranchiaux. Un quatrième pharyngobranchial apparaît tardivemen
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
221
à 12,6 mm (Bhargava, 1958). En définitive, Mastacembelus armatus ne
possède que deux arcs à quatre éléments, le premier pharyngobranchial
e t le quatrième hypobranchial ayant disparu, une copule antérieure et une
copule postérieure.
Chez Hdcrot s niloticus, du fait que les éléments cartilagineux, apparus
« partir d ébauches et de centres de chondrification distincts, se soudent
très vite pour former un arc continu qui ne se segmente que tardivement,
est difficile de savoir exactement quels sont les éléments qui ont disparus.
La chondrification débute par la partie ventrale de chacun des arcs et gagne
ensuite la partie dorsale, de sorte que les épibranchiaux ne sont pas indivi¬
dualisés par rapport aux cératobranchiaux. Au stade de 10,5 mm, les cinq
‘U’cs sont ainsi constitués et il existe une copule antérieure qui part de 1 hypo-
•*yal, bien individualisé. Plus en arrière et bien séparé de cette copule se
| r ouve un noyau cartilagineux qui correspond à la copule postérieure. Dans
a région dorsale existent en outre deux centres de chondrification isolés
Jjui, d'après leur position, semblent être les pharyngobranchiaux des arcs
J* e t •!. Mais à 11,5 mm ces éléments cartilagineux se sont soudés aux épi-
0r anchiaux correspondants et les deux copules se sont également réunies
en une copulti commuais (Daget et d'Auuenton, 1957).
Comparés à 1 archétype et aux arcs branchiaux des Actinoptérygiens
Primitifs, ceux des Téléostéens apparaissent régressés et ayant tendance
“ Se simplifier par perle d éléments. Les pharyngobranchiaux qui existent
P re sque toujours, au moins à certains arcs, sont des infrapharyngobranchiaux.
Source : MNHM, Paris
222
.1. DAOET
Des suprapharyngobranchiaux typiques ont été décrits chez des formes
fossiles archaïques. Parmi les formes actuelles Acipenser et Lepisosteus
possèdent encore des suprapharyngobranchiaux à certains arcs, mais peu
développés et provenant de l'individualisation tardive d'une apophyse
de l’épibranchial. Chez les Téléostéens, les apophyses des épibranchiaux,
parfois bien saillantes, qui se trouvent dans la même situation, ne s'indivi¬
dualisent plus de sorte que les suprapharyngobranchiaux ont disparu en
tant quéléments indépendants.
La régression frappe également les hypobranchiaux et les pharyngo-
branchiaux des Téléostéens et il n’est pas rare de rencontrer des arcs carti¬
lagineux réduits à trois ou même deux éléments. Les cératobranchiaux sont
les moins sujets à régression et existent toujours ; ce sont d’ailleurs les pre¬
miers éléments à apparaître au cours de l’embryogenèse. L’épibranchinl
a généralement disparu au cinquième arc, sauf chez les Characoidci où *1
a glissé vers l'avant et s'articule sur le quatrième cératobranchial. Une pièce
cartilagineuse reliant l’extrémité supérieure du cinquième cératobranchial
au quatrième épibranchial a été décrite chez certains Télostéens comme
Elhmalosa fimbriala (Monod, 1949), Engraulis encrassichola (Ridewood.
1904), Gonorhynchus greyi (Ridewood, 1905), Alepocephalus, etc... Cet
élément est généralement considéré comme un cinquième épibranchial mais
aucune donnée embryologique n’est connue concernant son origine ni s011
mode de développement. Un épibranchial accessoire rappelant celui des
Characoidci a été décrit chez Cromeria nilolica (d'Aubenton, 1961) et repré¬
sente probablement aussi un cinquième épibranchial. Il est à noter 9 uC
la plupart des Téléostéens chez lesquels on trouve un clément cartilagineux
qui est, ou pourrait être, un cinquième épibranchial possèdent aussi des
sacs pharyngiens ou des organes suprabranchiaux. 11 y a cependant des
exceptions : des Characoidci qui n’ont pas de sacs pharyngiens coin®®
Hcpsetus odoc ou Aïeules baremoze (Monod, 1950) ont un cinquième epi"
branchial et Heterotis niloticus doué d'un organe suprabranchial compte*
(d’Aubenton, 1955) est dépourvu de cinquième épibranchial. La capsu*
cartilagineuse qui soutient cet organe provient d’une expansion lamelleus
du quatrième épibranchial déjà développée au stade de 13 mm (DaGE
et d’Aubenton, 1957). Une capsule cartilagineuse homologue, bien 9 uC
morphologiquement très différente, existe chez Elhmalosa fimbriala (Monod*
1949). 11 s'agit là de formations secondaires, sans aucune valeur phyl°8®j
nétique de même que les lamelles dépendant du premier épibranchial <j
soutiennent l'organe labyrinthiforme godronné des Anabanlidae et de-
Luciocephalidae.
Quant aux basibranchiaux dont l’ensemble n’a pas à subir des défo
mations aussi importantes que les arcs proprement dits, ils manifeste
chez les Téléostéens une tendance à se souder entre eux pour former seu
ment deux copules, une antérieure et une postérieure. Un cartilage supP*
mentaire impair prolongeant vers l'avant les deux premiers pharyng
branchiaux a été décrit sous le nom de prépharyngobranchial chez
losa fimbriala (Monod, 1949). Son mode de développement n'est pas c0 ” n J
Il est possible que les extrémités des deux premiers pharyngobranch»
Source : MNHN, Paris
(ANE
se soient soudées au cours de l’ontogenèse et qu'une articulation secondaire
se soit formée, isolant leur pointe médiane commune.
Chez Hepsetus odoe, en plus du blastème à partir duquel se forme l'arc
branchial proprement dit, il existe un second blastème dorsolatéral par
rapport au premier et qui se distingue de celui-ci par la présence de noyaux
plus petits, disposés irrégulièrement et prenant dilïéremment certains
colorants. Ce blastème dorso-latéral donne les rayons branchiaux cartila¬
gineux de la partie dorsale de l'arc. Il est relié ventralement à un blastème
subépidermiquc de même type mais moins épais qui donne les rayons bran¬
chiaux cartilagineux de la partie moyenne et ventrale de l'arc. Les blastèmes
dorso-latéraux seraient bien développés chez tous les Charaçoidei mais rudi¬
mentaires ou diffus chez beaucoup d’autres Téléostéens chez lesquels ils
donneraient seulement du tissu conjonctif (Bertmab, 1959).
B. Arcs prémandiuulaire et mandibulaire
L’importance de l'arc prémandibulaire dans la formation du crâne
des Vertébrés a été longtemps méconnue en raison des profondes modi¬
fications qui se sont produites au stade gnathostome. Elle n’a pu être mise
en lumière que par l'étude de formes fossiles encore peu évoluées chez les¬
quelles le plan primitif d'organisation était moins altéré et plus facilement
mterprétable que chez les formes actuelles. Indépendamment des éléments
pharyngiens de l'arc prémandibulaire qui auraient été incorporés à la région
cthmoïdienne du neurocrâne, on retrouverait chez les Téléostéens l’homo¬
logue d'un épiprémandibulaire dans la partie rostrale du palato-carré ou
Pars palalina. Quant à l’arc mandibulaire, ses éléments pharyngiens auraient
été également incorporés au neurocrâne, dans la région orbilo-tcinporale,
ou auraient disparus, et l’épimandibulaire formerait la partie postérieure
du palato-carré ou pars quadrata. Le cartilage de Meckel serait le cérato-
mandibulaire.
L'origine mixte du palato-carré par soudure de lépiprémandibulaire
à l'épiniandibulaire rend compte de plusieurs particularités embryolo¬
giques et morphologiques qui n'avaient reçu auparavant que des expli¬
cations peu satisfaisantes. Très souvent la pars palalina se développe à
Partir d'une ébauche située sous la région ethmoïdienne du chondrocrâne,
Uidépendammcnt de la pars quadrata située plus en arrière et sur laquelle
v ient s'articuler l'extrémité postérieure du cartilage de Meckel. Chez Masta-
r <anbclits armalus, la pars quadrata est chondriliée au stade de 7,5 mm ;
ia pars palalina apparaît bien séparée au stade de 8 mm et ces deux parties
cartilagineuses ne se soudent qu'à 9,7 mm (Biiargava, 1958). Chez Si/n-
Onathus fusrus, au stade de 8 mm, la partie antérieure cartilagineuse du
Palato-carré est encore séparée de la partie postérieure par une zone inter¬
médiaire fibreuse mais non chondriliée (Kindred, 1924). Pars palalina
pars quadrata forment deux cartilages bien distincts chez Amciurus
Pebulosusà 10 mm (Kindred, 1919), chez C.lupeaharengus à 20mm (Wei.ls,
^23) et chez Ophicephalus gachua à 4,5 mm (Srjnivasachar, 1953).
Bien que signalé dans les familles très diverses, ce mode de développement
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
du palato-carré n’est cependant pas général pour l'ensemble des Téléostéens
Chez Salmo fario la pars quadrala se chondrifie dès le stade de 10,5 mm ;
à 12,3 mm elle pousse une courte apophyse ptérygoïde qui s'accroît vers
l'avant aux stades suivants jusque sous la région ethmoïdienne. La pars
palalinu se forme de la même façon chez Gadus merlangus (De Beer, 1937),
Anguilla vulgaris (Norman, 1926), Gaslerosteus aculcatus (SwinnertoN,
Km. 20. — Ares mandibulairo et. hyoïde chez Ameiurua nebuloaua an stade do 10 mm ®
haut (d’après Kindbed. 1010) et chez Salmo aalar au stade de 33 mm on bas (d'apj'"
Hokeii, 1013) ; chez Amsiurua, la para palalina est séparéo de la para quadrala soU ^| e
à l’hyommdib dairo ; chez Salmo, para palalinu et para quadrala sont réunies et l’cnsem _
s’articule sur l’hyosymploetiqur ; aop, arp, apophyses ethmopalatino et rostropalatiB® J
cm, cartilage do Mockol ; cp, cartilage polaire ; lira, hyomandibulaire ou liyiwymplecti<l' ic ’
Ion, lam: orbltonasale ; pb, p roceaaua boaalia ; pm, proceaaua malaplarygoidoua ; PP> P
palalinu ; pq, para quadrala : tr, trabécule.
1902), etc... En résumé, l’embryologie montre que l’épiprémandibulau®
existe encore en tant qu'élément cartilagineux distinct chez beaucoup ®
Téléostéens, mais il se chondrifie alors plus tardivement que l'épimand 1 '
biliaire ; dans les autres cas, la pars palalinu se développe à partir d un
apophyse ptérygoïde de la pars quadrata et la distinction entre les de
constituants du palato-carré ne repose plus que sur des considérât^
d ordre morphologique.
Source : MNHM, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 225
En effet l'extrémité antérieure du palato-carré forme souvent deux
apophyses qui prennent contact avec le neurocrâne. L’une, dite rostropa-
latine, dirigée vers l'avant, s'appuie sous la partie antérieure de la plaque
elhmoïdienne ; l'autre, dite ethmopalatine, dirigée vers le haut, s'appuie
sur le bord latéro-ventral de la plaque ethmoïdienne, au-dessous de la base
de la lame orbitonasale. Ces deux apophyses correspondraient aux deux
tôles articulaires de lépiprémandibulaire, l'une en relation avec l'infra-
pharyngoprémandibulaire incorporé à la partie antéro-ventrale de la plaque
ethmoïdienne, l'autre en relation avec le suprapharyngoprémandibulaire
représenté par la lame orbitonasale. Ces apophyses rostro et ethmopalatine,
particulièrement développées chez Esox lucius à 10 mm (Walther, 1883),
sont également bien reconnaissables chez Salmu fario à 16,5 mm (De Beer,
1987), dupea harengus à 50 mm (Wells, 1928), etc... Cependant chez la
plupart des Téléostéens, l’une des deux liaisons a disparu par régression
cl le palato-carré n'est plus rattaché au chondrocrâne que par une seule
apophyse qui peut être la rostropalatine comme chez Gasterosteus aculeatus
°u l cthmopalatine comme chez Mastacembelus armatus.
Si la pars quadrata correspond à l'épimandibulaire, on devrait comme
à la pars palatina y retrouver les homologues des deux têtes articulaires
correspondant à l'infrapharyngomandibulaire et au suprapharyngomandi-
l>ulaire. Si l’on admet que le premier a été incorporé au neurocrâne et
constitue maintenant tout ou partie de la trabécule, la tête articulaire
correspondante de l'épimandibulaire se serait fusionné avec l'extrémité
caudale de l'épiprémandibulaire car il n'existe aucune trace de liaison entre
la trabécule proprement dite et le palato-carré. Le suprapharyngomandi-
oulaire aurait complètement disparu chez les Téléostécns, mais deux apo¬
physes de la pars quadrata pourraient être homologuées avec la tête articu¬
laire correspondante de l'épimandibulaire : le processus basalis et le processus
"a taplcrygoidcus.
Le processus basalis, chez les Actinoptérygiens primitifs prenait contact
a vec l'apophyse basiptérygoïde de la base du neurocrâne. Chez le genre fossile
lierontsculus par exemple, le bord supérieur du palato-carré porte un proces-
Sl >s basulis qui devait pouvoir tourner, grâce à une fossette articulaire,
Autour de l'apophyse basiptérygoïde ou glisser sur celle-ci (Lehman, 1958).
Cette articulation dite palato-basale a été perdue par les Téléostéens. Toute¬
fois, chez Hepsctus odoe, aux premiers stades, une connexion a été signalée
entre le processus basalis et le cartilage polaire (Bertmah, 1959). Chez
• l 'V(//no également un processus basulis rudimentaire est dirigé vers l'apophyse
hasiptérygoïde mais ne l'atteint pas (De Beer, 1987).
Le processus metaptenjgoideus est situé en arrière du précédent. Il esL
h‘en reconnaissable chez Sulmo salar au stade de 83 mm (Bôker, 1913).
'-liez Gadus merlangus au stade de 11 mm et Gasterosteus aculeatus au stade
<le 9 mm, ce processus s’allonge parallèlement à l hyosymplectique. Du fait
’fo sa position postéro-dorsale et de son orientation vers 1 arc hyoïde, il
correspondrait mieux que le processus basulis à la seconde tète articulaire
'fo 1 épimandibulaire.
Le processus melapterygoideus est aussi appelé processus oticus internus
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
par opposition au processus oticus externus dont la signification morpho¬
logique est toute différente. Un processus oticus externus a été décrit chez
Hepsetus odoe. Il provient d'un blastème dorso-latcral par rapport au blastème
du palato-carré et en contact, au stade de 7," mm, avec 1 apophyse prooti-
que du cartilage otique anlérieur. La plus grande partie de ce blastème se
résorbe et sa base seule se chondrilie. Elle est encore reconnaissable au
stade de 8 mm mais ne tarde pas à disparaître, incorporée à la pars quadraw
(Bertmah, 1959) Provenant d un blastème homologue du blastème dorso-
laléral des arcs branchiaux, ce processus oticus externus correspond à une
première ébauche de rayons mandibulaircs, rayons qui n'ont plus aucune
raison de se former chez les Téléostéens Une autre particularité du palato-
carré des Characoidei est de présenter une fenêtre ptérygoïdienne dans la
pars quadrata Cette fenêtre obturée par une membrane n'a apparemment
aucune signification morphologique.
Le palato-carré des Téléostéens n'est donc plus relié directement au
neurocràne que par son extrémité antérieure, au niveau des liaisons rostro
et ethmopalatinc. En fait le palato-carré est peu mobile par rapport au
crâne et l'articulation a tendance à s'ankyloser, (.'est ainsi qu'aux stades
de 6,8 à 9 mm l'apophyse plérygoïde de Gasteroslcus actileatus est soudee
à la corne préethmoïdienne (Swinnerton, 1902) et qu'au stade de 21,5 mm
celle d 'Hyperopisus occidentalis est soudée à la barre trabéculaire (DagëT»
1960). Dans le premier cas il s'agit d'une liaison rostropalatine et dans 1®
second d'une liaison ethmopalatinc. Mais de toute façon la fusion des carti¬
lages est secondaire, et en outre transitoire ; elle n'alîecte en rien le mou
de suspension de la mâchoire.
Le cartilage de Meckel n'offre aucune particularité. 11 se dévelopP e
toujours à partir d'une seule ébauche et correspond certainement à un cérato-
mandibulaire. Les autres éléments ventraux, s'ils ont jamais existé, auraien
disparu sans laisser de traces. Il n'y a ni hypomandibulaire, ni basimanu -
bulaire bien que chez Hepsetus odoe ait été signalé un blastème symphy*
saire, reconnaissable aux touts premiers stades ; ce blastème ne se chon-
drifie cependant pas, il se résout en tissu tendineux (Bertmah, 1959).
G. Arc hyoïde
L'arc hyoïde cartilagineux des Téléostéens présente un certain nombe®
de particularités qui en rendent l'interprétation délicate. Tout d abo
la partie dorsale de l'arc s'est dissociée de la partie ventrale de sorte g
l’épihyal n'est plus articulé directement avec le cératohyal, mais les de
éléments sont réunis par une pièce intermédiaire spéciale aux Téléosteen >
l'interhyal ou stylohyal. L’épihyal par 1 intermédiaire d'une longue apophy
antéro-ventrale, dite processus symplecticus, prend contact avec le p a ' a
carré : ainsi se trouve réalisé le mode de suspension de la mâchoire dit métW
ostylie caractéristique des Téléostéens. La pièce dorsale de l'arc hy 01
cartilagineux mérite pour cette raison d'être appelée hyosymplectifi
La partie supérieure de 1 hyosymplectiquc, dont une partie seulement c
respond à 1 épihyal, s'appuie par deux têtes articulaires sur la capsule otifi
Source : MNHN, Paris
CH AN K
DES TÉLÉOSTÉENS 227
dorso-laLéralemenL à la veiue jugulaire alors que chez les Chondrichtyens
l'articulation est ventrale par rapport à la veine. Enfin, sauf cas de régression
secondaire, le bord postérieur de l'hyosymplectique porte une apophyse
operculaire et il existe généralement au milieu du cartilage un foramen pour
le Triinr.us hyoideomandibularis. Toutefois cette relation entre nerf et carti¬
lage n'est pas absolument générale et peut varier suivant les modalités
du développement de l'hyosymplectique.
La partie ventrale de l'arc hyoïde est peu modifiée. Le cératohyal est
toujours volumineux. Un hypohyal est présent chez Salmo fario dès le stade
de 10,8 mm (De Bekh, 1937), Gasierosteus aculeatus au stade de 5 mm
(Swinnerton, 1902), Stjngnalhus fuscus au stade de 8 mm (Kindred, 1921),
Mastacembelus armatus au stade de 8 mm (Bhargava, 1958), etc... 11 existe
également bien individualisé chez Helerotis nilolicus dès le stade de 10-11 mm
bien que les hypobranchiaux manquent (Daget et d’Aubenton, 1957).
Par contre chez les Characoidei, comme Hepselus odoe (Bertmar, 1959)
et Disticlwdus brevipinnis (Daget, 1959) ainsi que chez Lcuciscus rutilas
(Hubendick, 1942), l'hypohyal fait défaut alors que les hypobranchiaux
sont présents aux arcs suivants. L'hypohyal manque également chez Anguilla
vulgaris (Norman, 1926) et les formes leptocéphales (Bauchot, 1959).
Quant au basihyal, il peut rester indépendant des basibranchiaux
comme chez Anguilla vulgaris (Norman, 1926) ou se fusionner avec la
copule antérieure comme chez Salmo (De Beer, 1987) ou même ne pas
s'individualiser comme chez Heterolis nilolicus dont l'hypohyal s’appuie
sur l’extrémité antérieure de la copula commuais (Daget et d'Aubenton,
1957). Parfois aussi le basihyal est prolongé vers l’avant et se segmente
secondairement en deux ou trois, la partie la plus rostrale servant alors
d'armature à la langue. 11 en est ainsi chez Disticlwdus brevipinnis à 15 mm
(Daget, 1959) et Hepselus odoe à 25 mm (Bertmar, 1959).
Chez Hepselus odoe, le stylohyal se forme aux stades de 6,3-7 mm à
Partir de deux blastèmes accolés, un profond qui est en continuité avec le
blastème de 1 arc hyoïde proprement dit et un latéral subépidermique qui
correspond probablement à une ébauche de rayon (Bertmar, 1959). Cette
origine mixte a également été décrite chez Salmo salar au stade de 20 jours
d cinq heures (IIolmgren, 1943). Mais chez Hepselus odoe comme chez
Salmo salar et la plupart des autres Téléostéens, le stylohyal se chondrifie
a partir d'un centre particulier et constitue d'emblée une pièce cartilagineuse
distincte à la fois du cératohyal et de l'épihyal. Chez Mastacembelus armatus
Par contre le stylohyal apparaît au stade de 7,3 mm comme une longue
apophyse postéro-ventrale de l’hyosymplectique cartilagineux et ne s'indi-
'idualise qu’un peu plus tard au stade de 8 mm (Bhargava, 1958). On
retrouve donc à propos du stylohyal les deux modalités de développement
déjà signalées à propos des éléments constitutifs des arcs branchiaux. Le
stylohyal reste toujours de faible taille par rapport au cératohyal et à l'hyo-
sympleclique mais sa présence paraît constante chez les Téléostéens alors
T''il n’existait probablement pas chez les Actinoptérygiens les plus primi¬
tifs. Son absence chez Phraclolaemus ansorgii (Thys van den Audenaerde,
1961) est sans doute secondaire.
Mémoires do Muséum. — Zoologie t. XXXI 15
Source : MNHN, Paris
L'hyosymplectique d'Hcpselus odoc se forme à partir de deux blastèmes :
l'un ventro-médian correspond à l'épihyal, l'autre dorso-latéral par rapport
au premier, subépidermique et latéral au muscle constricteur dorsal, serait
l'homologue des blastèmes dorso-latéraux des arcs branchiaux. 11 représen¬
terait par conséquent des rayons de l'arc hyoïde qui ne s'individualisent
plus. Le Truncus hyoideomandibularis passe à la limite entre les deux blas¬
tèmes. Lorsque l’hyosymplectique s'est chondrifié, la partie située au-dessous
du foramen pour le Truncus hyoideomandi bularis correspond par consé¬
quent à l'épihyal proprement dit et la partie située au-dessus correspond
Km. 21. — Schéma <lu HplanchiiociAiic- cartilagineux d’uu Téléustéen. hea éléments pl'“‘
ryngieiiH sont on pointillé dense, les épi branchiaux hachurés et les cératobrnncliious
quadrillés ; aep, nrp, apophyses ethinopalatim- et rostropalatine ; ch, cératohyal ! cl '
commissure latérale ; cm. cartilage de Meckel ; eh, épiliynl ; em, épimandibulaire ; 'T" 1
épiprémandihulaire ; lh, latérohyal ; Ion, lame orbjtonasale ; pli, pmrnoruK btwali* : I"" -
processus metaplerygoidcu s : pop, apophyse opcrculnire ; sh, stylohyal ; tr, trabécule-
à une néoformation qu'il est commode d'appeler latérohyal. Les deux letes
articulaires de l’hyosymplectique et l’apophyse operculaire sont formées
par ce latérohyal (Behtmar, 1959). Chez Salmo salar l’hyosymplectiq ue
aurait la même origine (Hoi.mgiuin, 1915) et il en est probablement de même
chez tous les Téléostéens.
Le suprapharyngohyal étant représenté par la commissure latérale
el l'infrapharyngohyal ayant complètement disparu ou ayant été lui aussi
incorporé au neurocrâne à la base de la commissure latérale, l'épihyal devai
primitivement s'articuler à la base de la capsule otique, comme les arcs
branchiaux et ventralemcnl à la veine jugulaire. Mais très tôt au cours d
l’évolution, l'extrémité supérieure de l’épihyal a dû glisser vers le h aU ’
le long de la commissure latérale, et l'articulation avec la capsule otiq u ®
est ainsi devenue dorso-latérale à la veine jugulaire. En outre l'épih>y
aurait perdu scs deux tètes articulaires et se serait soudé au latérohy 31-
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
229
Enfin chez les Téléostéens et les formes qui leur sont étroitement appa¬
rentées, le latérohyal aurait reformé deux têtes articulaires, qui ne sont
pas homologues de celles des épibranchiaux, et une apophyse opercu¬
laire.
L'apophyse operculaire lorsqu’elle existe est toujours située sur le bord
postéro-dorsal de 1 hyosympleclique. Elle peut être à peine ébauchée ou
former une saillie très prononcée comme chez Ameiurus nebulosus au stade
de 10 mm (Kindred, 1919). Parfois on trouve à son emplacement un noyau
cartilagineux indépendant appelé alors cartilage operculaire comme chez
Anguilla vulgaris au stade de 31 mm (Norman, 1926), Solea variegata au
stade 8 (Berrill, 1925), les formes leptocéphales (Bauchot, 1959), etc...
22. —- .Schéma îles relations outre l’arc hyoïde, les veines, nerfs et muscles chez un Télé-
ostéou, vue latérale h. gauche, ouupc transversale h droite (d'après Uektmar, 1950) ;
ch, cératohyal ; cl. commissure latérale ; eh, épihyul ; lh, latérohyal ; mah, muscle adduc¬
teur de l’hyomandibulairo ; sh, stylohyal ; tlim, truncus hyoideomandibularis ; vj, veine
jugulaire.
Si l'interprétation du latérohyal proposée plus haut est valable, il s'agirait
toujours d’un rayon hyoïdien modifié pour servir de support à l'opercule
°sseux et lui permettre de pivoter sous l'action d'un système de muscles
dont l'un au moins, le dilatateur de l'opercule, s'est différencié dans ce but.
Apophyse ou cartilage operculaire ont secondairement disparu chez les
Téléostéens qui n'ont plus d'opercule. C’est le cas des Saccopharyngiformes
(Tciiernavin, 1917) et de certains Anguilliformes comme C.ycma alrum
9 ui ne possède plus de pièce operculaire au moins en tant quélément osseux
distinct (Trewavas, 1933).
Typiquement le Truncus hgoidcotmndibularis du nerf facial des Télé¬
ostéens perce lhyosymplectique mais l'embryologie montre que cette parti¬
cularité est en réalité secondaire et qu'aux premiers stades les positions
respectives du nerf et du cartilage sont variables. Chez Heterotis niloticus,
1 hyosymplectique se forme en avant du Truncus hyoideumandibularis,
Puis une échancrure apparaît sur le bord postérieur du cartilage, lequel,
en s’accroissant, finit par entourer complètement le nerf (Daget et
o’Aubenton, 1957). U en est de même chez Solea variegata (Berrill, 1925).
Source : MNHN, Paris
Celle condition pii l'arc hyoïde esl, comme la commissure latérale, antérieur
à la branche nerveuse doit être considérée comme primitive. Chez Salmo
fario le cartilage de l'hyosymplectique apparaît au stade de 9,3 mm juste
au-dessous du Truncus hyoideomundibularis ; le cartilage s’accroît ensuite
vers le haut et au stade de 10,5 mm le bord supérieur présente une échancrure
médiane ; au stade de 12,4 mm l'échancrure s’est refermée et le nerf perce
le cartilage (De B ici-: a, 1937). Chez Ameiurus nebulosus, l'hyosymplectique
est d'abord postérieur à la branche hyomandibulaire du facial, mais le
bord antérieur du cartilage en s'accroissant vers l’avant ne tarde pas a
entourer complètement le nerf (Edgewouth, 1935). ('.liez Mormyrus runtc
la chondrification s'arrête à un stade intermédiaire, le cartilage n'entoure
pas le nerf qui passe dans une encoche du bord antérieur de l'hyosymplectique
(Daget et d'Aubenton. 19(50). Enfin chez (Indus merlangus l’hyosym-
plectique, d’ailleurs très étroit, reste entièrement postérieur au Truncus
hyoideomandibularis (L)e Bgeh, 1937).
La partie de l'arc hyoïde qui prend contact avec le palato-carre se
développe généralement chez les Téléosléens comme une apophyse antero-
ventrale de l'épihyal, le processus sympledicus. Chez Hepselus odoe cependant,
au stade de 8 mm, il lui correspond un centre de chondrification distinct
et à 12,6 mm, bien que soudée à l'épihyal, la purs symplecticu peut encore
en être distinguée histologiquement (Bertmah, 1959). Ceci doit sans doute
être considéré comme le rappel d'une condition ancestrale où la pars sym-
pledica s'individualisait et formait un véritable cartilage symplectique-
En effet chez les Palaconiscidue un symplectique ossifié, mais qui devait
d'abord exister à l’état cartilagineux, s'articulait d'une pari avec l’hy 0 *
mandibiliaire et d'autre part avec le palato-carré et le cartilage de Meckel-
La même disposition a été conservée par les Acipenseridae actuels dont le
symplectique ne s'ossifie plus. II esl donc vraisemblable d’admettre que
la liaison méthyostylique entre l'arc inandibulaire et l'arc hyoïde ses
d'abord réalisée par l'intermédiaire d'un cartilage symplectique, détache
de l'ébauche de l'épihyal et quelque peu analogue au stylohyal.
Chez les Téléostéens, le cartilage symplectique ne s'individualise plu 1 ?'
résultat d'une tendance à l'ankylose pour l'articulation entre l'arc mandi*
bulaire et l’arc hyoïde. Le contact entre les deux arcs n'a plus lieu au niveau
de l'articulation entre le palato-carré et le cartilage de Meckel, mais intéresse
seulement l’hyosymplectique et le palato-carré. Ces deux pièces cartila¬
gineuses n'ont guère à jouer l'une par rapport à l'autre et leur ensemble'
suspendu au neurocrâne, constitue un support rigide pour le cartilage
Meckel. En fait on observe souvent une fusion entre le processus sympled^u
et la pars quadrula. Il en est ainsi chez Clupeu hurengus au stade de •> J 1 )
(Wei.i.s, 1923), Scbastes mari nus au stade de 5,5 mm (Mackintosch, iSf 3 ’’
Ameiurus nebulosus au stade de 10 mm (Kindrf.d, 1919), Heterotis nilot'Ç 11 '
au stade de 13-11 mm (Daget et d'Aubenton, 1957), etc... Une articulation
définitive se reforme ultérieurement entre l'hyosymplectique et le pala* 0
carré lorsque l'ossification se développe.
Source : MNHN, Paris
231
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
D. Remarques conclusives
11 est important de souligner que dans le développement de l'ensemble
des structures cartilagineuses du splanchnocrâne, deux séries de blastèmes
peuvent intervenir : une profonde et une superficielle. La série profonde
donne les éléments des arcs proprement dits ; la série superficielle donne
les rayons branchiaux dont le rôle primitif et normal est de soutenir les
feuillets branchiaux. Lorsque ces feuillets ont disparu et que la fente bran¬
chiale correspondante est oblitérée, le blastème superficiel peut également
disparaître ou se résorber précocement avant chondrification ou s’incorporer
au blastème profond sous-jacent. Trois exemples de cette évolution ont
été reconnus chez les Téléostéens : le processus oticus cxternus incorporé
à la pars quadrata du palato-carré, le latérohyal soudé à l’extrémité supé¬
rieure de l'épihyal et un blastème de rayon hyoïdien fusionné à une apophyse
de l’épihyal pour former le stylohyal.
Il s’agirait là de propriétés très générales des blastèmes ectomésen-
chymateux à potentialité squelettogène qui, d’une part, apparaissent en
couches successives superposées et, d’autre part tendent à s’enfoncer de
plus en plus profondément et à s'incorporer aux structures squelettiques
sous-jacentes. L'incorporation au neurocrâne des éléments pharyngiens
des arcs prémandibulaire, mandibulaire et hyoïdien relèvent des mêmes
phénomènes qui présentent une importance fondamentale dans l'évolution
du crâne des Vertébrés.
Quant à la segmentation des arcs viscéraux, elle peut se produire au
stade mésenchymateux, et les divers éléments sont alors individualisés
dès le début de la chondrification, ou seulement plus tard et les divers élé¬
ments cartilagineux sont d'abord fusionnés les uns aux autres. Dans tous
les cas la segmentation paraît dépendre de facteurs mécaniques et lorsque
ces facteurs, pour une raison ou une autre, n'interviennent plus, certains
éléments d'arc qui existaient chez les formes ancestrales perdent leur
individualité, régressent et finissent par disparaître. Ceci se serait produit
notamment pour les suprapharyngobranehiaux, le symplectique, les hypo-
branchiaux et les iufrapharyngobranchiaux aux arcs où ces éléments man¬
quent, etc... On pourrait expliquer de même la soudure de l'épiprémandi-
bulaire à l’épimandibulaire, celle des basibranchiaux entre eux, la fusion
fréquente mais transitoire de l’hyosymplectique et de la pars quadrata, etc...
11 est toutefois nécessaire pour interpréter le splanchnocrâne des Télé¬
ostéens de faire intervenir deux éléments supplémentaires à l'arc hyoïde,
le symplectique et le stylohyal. Phylogénétiquement la formation du sty¬
lohyal est plus récente que celle du symplectique. Elle se serait réalisée
par soudure d’un blastème de rayon hyoïdien à une apophyse de l'épihyal,
puis individualisation de l’ensemble. 11 est possible qu'à l'origine le sym¬
plectique ait eu un mode de formation analogue. Mais chez les formes actuelles
11 tend à disparaître en tant qu’élément indépendant par suite de l'ankylose
progressive de l’articulation entre l'épihyal et le palato-carré.
Source : MNHN, Paris
232
J. DAGET
III. — Cartilages de liaison et de soutien.
Dans la région céphalique des Téléostéens, on rencontre aussi des forma¬
tions cartilagineuses qui ne se rattachent ni au neurocrâne, ni au splanchno-
crâne, tels qu ils ont été décrits précédemment. Parmi les plus fréquents,
il convient de citer d’abord les cartilages subprémaxillaires appelés parfois
labiaux antéro-supérieurs. Chez Sulmo, ils apparaissent très tardivement
entre les prémaxillaires et la plaque ethmoïdienne, étant séparés des uns
comme de 1 autre par du tissu conjonctif (Tchernavin, 19,.8). 11 en est
de même chez Gaslerosteus aculealus (Swinnerton, 1902), Cyclopterus
lumpus (Uhlmann, 1921), Anguilla oulgaris et Guluxias (Norman, 1926).
Chez Pleuronecles platcssa, Solea variegata (Berrill, 1925) et Gadus mer¬
lan gus (De Beer, 19.'.7), les cartilages subprémaxillaires se soudent et
Pio. 23. — Cartilages submaxillaires chez Natmocharax anaorgU ii gauche et Citliarinus
citharus k droite, vues ventrales (d'après Bisrtmar, 1D59) ; cartilages pointillés, ossifl*
entions hachurées ; csm, cartilages submaxillaircs ; mx, maxillaire ; pe, plaque ctbnioï-
dienne ; prax, prémaxillaire i pt, extrémité antérieure du palato-carré.
forment un élément médian, à l’avant du septe internasal, et qui est parfois
appelé cartilage rostral. Un cartilage médian indépendant situé au-dessus
ou en avant du septe internasal a également été décrit chez Sebastes marinas
au stade de 25 mm (Mackintosh, 1923), Leuciscus rutilus au stade de 12 mm
( I Iurendick, 1942), Ophicephalus gachua au stade de 24 mm (Srinivasachab.
1953), Syngnathus fuscus (Kindred, 1921), Scomber (Allis, 1903), etc..-
Norman (1926) a fait remarquer que la présence de ces cartilages coïncidait
avec celle d apophyses ascendantes aux prémaxillaires et celle d une bouche
plus ou moins protractile. 11 s agirait donc de cartilages de liaison, apparus
de façon indépendante dans certaines lignées téléostéennes et par conséquent
d’éléments non homologues mais plutôt homodynames. Ils faciliteraient
le mouvement des prémaxillaires par rapport au neurocrâne lors de la pro-
trusion et de la rétraction des mâchoires. Toujours d’après Norman, 1 e
cartilage subprémaxillaire médian des Syngnalhidac, chez qui le mode de
préhension de la nourriture par succion nécessite le libre mouvement des
os de la mâchoire, fonctionne de toute évidence comme un rouleau sur
lequel glissent les apophyses ascendantes des prémaxillaires.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
233
Une origine et un rôle analogues doivent sans doute être attribués aux
cartilages submaxillaires, appelés parfois labiaux postéro-supérieurs. Ils
sont situés entre la plaque ethmoïdienne, les maxillaires et les palato-carrés,
souvent en contact élroil avec l'un ou l'autre de ces constituants du crâne.
Ils sont particulièrement bien développés chez certains Cyprinoidei et
Characoidei et peuvent se scinder secondairement en deux comme chez
Citharinus ou même en trois comme chez Catoslomus (Sagemehl, 1885,
1891). Chez Hepsclus odoc, les cartilages submaxillaires se chondrifient
de façon indépendante au stade, de 9 mm à partir d'un blastème en continuité
avec l'extrémité antérieure de celui du palato-carré (Bkrtmar, 1959). Chez
Maslaccmbelus armatus, les cornes préethmoïdiennes bien caractérisées
au stade de 9,7 mm ont compètement disparu par résorption au stade de
12,6 mm et au stade de 21,6 mm on trouve à leur emplacement deux petits
nodules cartilagineux que l'on peut considérer comme des cartilages sub¬
maxillaires (Bhargava, 1958).
Des cartilages labiaux inférieurs sont plus rares. Chez Gadus merlangus
au stade de 11 mm un cartilage labial se forme dans un repli sur le bord
de la mâchoire inférieure, latéralement au cartilage de Meckel (De Beeu,
1937). Chez Gasterosteus aculealus une paire de cartilages labiaux se développe
tardivement près de l’extrémité des cartilages de Meckel (Swinnerton,
1902). Des cartilages ont été signalés chez les Siluroidei à la base des bar¬
billons ; trois de chaque côté sont bien visibles chez Idalurus albidus au
stade de 10 jours (Ryder, 1887). L'œil est parfois entouré d’un cartilage
sclérotique comme chez Anguilla vulgaris (Norman, 1926).
Certains cartilages enfin sont d’occurence tout à fait exceptionnelle.
Un nodule a été décrit sous le nom de cartilage suspenseur entre l'hyomandi-
bulaire, le symplectique et le stylohyal de Salmo (Tchernavin, 1938). Un
cartilage subcopulaire a été signalé chez Ophicephalus gachua ventralement
à la copula commuais, au niveau du deuxième arc branchial (Srinivasachar,
1953). Chez Anguilla vulgaris un cartilage pseudobranchial est présent
au stade de 31 mm au-dessus de la partie antérieure du premier arc branchial
e t aux stades plus âgés deux ou trois de ces cartilages sont présents (Norman,
1926). Ces quelques exemples montrent que des centres de chondrification
peuvent apparaître en position atypique dans les tissus conjonctifs. 11 s’agit
souvent de pseudocartilage plutôt que de cartilage hyalin. Dans la mesure
où ces éléments cartilagineux sont des néoformations ils n'ont aucune signi¬
fication phylogénétique et ne méritent même pas d'être considérés comme
des constituants du crâne.
Source : MNHN, Paris
LE CRANE ADULTE OSSIFIÉ
Le crfne cartilagineux et membraneux n'étant qu'un stade embryonnaire
transitoire, le cr ne adulte des Téléostéens est caractérisé par l'apparition
plus ou moins précoce d un certain nombre de centres d ossification. Comme
on le verra, ces centres appartiennent à deux types distincts ; les uns se
développent à la surface du cartilage et donnent des ossifications péri-
chondrales ; les autres se développent dans le tissu conjonctif et donnent
des ossifications parachondrales ou achondrales, c’est-à-dire des os de mem¬
brane. 11 est important de rappeler ici que chez les Téléostéens l’os passe
d'abord par un stade de tissu ostéoïde avant de devenir du tissu osseux vrai,
ce dernier étant le stade ultime de l'évolution ontogénétique des structures
squelettiques. Mais de même que dans certains groupes des parties cartila¬
gineuses ne s'ossifient jamais, même à l’état adulte, les parties ossifiées
peuvent rester à l’état de tissu ostéoïde sans atteindre le stade de tissu
osseux véritable. 11 s'agit là d’arrêt dans le développement et de persistance
chez l'adulte de caractères qui étaient embryonnaires ou juvéniles chez
les formes ancestrales donc d'une sorte de néoténie.
En effet l'étude du crâne des Téléostéens montre qu’au cours de l’évolu¬
tion de ce groupe la loi générale de régression de l’ossification a constamment
joué. La régression a porté d’une part sur une diminution globale du volume
des os formés, le crâne osseux des Actinoptérygiens primitifs étant plus
massif que celui des Téléostéens, et d'autre part sur une fragmentation
des ossifications et une disparition de certains centres d’ossification chez
les formes les plus spécialisées. Ainsi la persistance de parties cartilagineuses
ou de tissu ostéoïde chez les Téléostéens adultes doit être considérée non
comme un caractère archaïque ou primitif, mais comme un caractère de
spécialisation. Le tableau suivant montre bien que d une façon générale
le tissu ostéoïde est le seul représenté chez les Téléostéens les plus hautement
organisés ou les plus spécialisés (Blanc, 1953) :
! Esocidue
l Poeciliidac
Familles dont le squelette adulte est formé 1 Cenlrarchidae
de tissu ostéoïde persistant
Labridae
Collidac
Illcnniidac
Familles ou sous-ordres dont le squelette
adulte est formé de tissu osseux vrai
Clupeidae
Sulmonidae
Characoidei
Siluroidei
Cyprinidae
C.ooitidae
\ Anguilïidae
Source : MNHN, Paris
CRANE DES
ELEOSTEENS
Chez les Téléostéens adultes la variabilité du crâne est encore, plus étendue
que chez les embryons ou les jeunes. 11 ne peut être question de passer en
revue toutes les particularités morphologiques qui ont été signalées. Beau¬
coup ne concernent d’ailleurs que des formes très spécialisées et ne présentent
par conséquent qu'une importance secondaire pour l'évolution du groupe
considéré dans son ensemble. De plus l’absence fréquente de données ana¬
tomiques détaillées sur les relations des structures osseuses avec les nerfs,
les vaisseaux, les canaux sensoriels et leurs neuromastes, ainsi que de données
embryologiques sur le mode de développement, ne permet pas toujours
d'en donner une interprétation sûre. On se bornera donc à mentionner
les cas les mieux connus et ceux qui ont été décrits avec suffisamment de
précision.
I. — Neurocrâne
Le neurocrâne des Actinoptérygiens primitifs était formé à l'état adulte
d’un très petit nombre d’ossifications distinctes réunies par des zones restant
cartilagineuses ou membraneuses. Dans le genre fossile triasique Plcru-
nisculus, le mieux connu actuellement à ce point de vue, l'examen d’individus
de tailles différentes a montré que l’ossification débutait tardivement autour
de centres pairs ou impairs dont le nombre et la position n’ont pu être déter¬
minés avec précision. Cependant, sur un exemplaire de Pleronisculus magnas,
on a pu distinguer une ossification dans la crête latérale formant la voûte
supérieure de l’orbite, de chaque côté de la fontanelle supracrâniale, une
autre ossification couvrant la partie postéro-inférieure de l'orbite et la
partie latérale de la région située au-dessus du myodome, une ossification
dans l’apophyse postorbitaire et enfin une ossification impaire s'étendant
à toute la région occipitale.
Les zones osseuses ainsi formées s'étendaient ensuite et se fusionnaient
les unes aux autres de sorte que chez l’adulte il ne subsistait aucune trace
de leur origine indépendante. Le neurocrâne de Pteronisculus ne se composait
finalement que de deux ossifications massives : une antérieure comprenant
la région ethmoïdiennc, la région orbite-temporale et la plus grande partie
de la région otique, c'est-à-dire en fait le paléocrâne ; une postérieure
comprenant la région occipitale et la partie ventro-postérieure de la région
otique. Cette seconde ossification était complètement distincte de la première
même chez les individus les mieux ossifiés. Sur le vivant, la liaison devait
vraisemblablement être assurée à la fois par du cartilage et par une membrane
obturant un sillon occipital et une fontanelle dorsale postérieure (Nielsen,
1942).
Or chez les Téléostéens, les os du neurocrâne proprement dit sont en
nombre relativement élevé ; c'est seulement dans certains rameaux en
fin d'évolution et chez des formes très spécialisées que ce nombre se réduit
par régression et disparition de certains os. Rien ne permet d’affirmer que
tous les centres d'ossification que l’on connaît chez les Téléostéens actuels
préexistaient chez les Actinoptérygiens primitifs. Il est probable qu'au
Source : MNHN, Paris
236
J. DAGET
cours de l’évolution certaines ossifications se sont fragmentées et que de
nouveaux centres d'ostéogenèse sont apparus. On notera d’ailleurs que la
localisation des centres d'ossification du neurocrâne est indépendante de
celle des centres de chondrification.
Mais le phénomène le plus important au point de vue évolutif consiste
dans l'individualisation des ébauches osseuses qui, au lieu de se souder
comme chez les formes primitives, restent séparées par des zones cartila¬
gineuses ou membraneuses ou s'unissent par des sutures. 11 arrive que les
Fio. 24. — Contres d'ossification du nourocrâne d’Helerotis nilolioun au stade do 33 n " n
(d'après Daget et D’AUBENTOK, 1957) ; à gaucho vue ventrale, à droite, vue dorsal'' •
cartilage on pointillé. A ce stade, l’ethmoïde latéral et l'orbitosphénolde ne sont P 1 **
encore apparus ; le basisphénoïde manque chez Hclerotia ; ho, basioccipital : eo, épiotiquo ■
i, intercalaire; ol, occipital latéral; pu, • prootique ; ps, pleurosphénoïde ; pt, autopte*
rotique ; se, supraot hmoïde ; so, supraoccipital ; S P, autospliénotique.
lignes de suture, partiellement oblitérées par l'ossification périostiqu e >
soient difficilement visibles sur des crânes d’individus âgés et une prépara¬
tion adéquate est alors nécessaire pour les mettre en évidence. Mais l eS
soudures réelles qui ont été signalées entre os contigus sont toujours limitées
et ne s’étendent jamais à l'ensemble des constituants du neurocrâne. ||
On a vu que les ébauches cartilagineuses à partir desquelles s’édifie
le chondrocrâne embryonnaire se soudaient très tôt les unes aux autres
et que la croissance de l'ensemble n’en était pas affectée du fait des propriétés
d’intussusception du tissu cartilagineux. L’os par contre ne possède p as>
ou à un très faible degré, ces propriétés de croissance par intussusceptio' 1 -
Il en résulte que l'ossification massive du neurocrâne une fois terminée,
la croissance devait être arrêtée ou du moins considérablement ralentie-
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÊOSTÉENS
237
Chez les Téléostéens elle est pratiquement illimitée et se poursuit jusqu’à
la mort des individus. Ceci implique que les ossifications du neurocrâne,
qui apparaissent de façon précoce, restent indépendantes et puissent s'ac¬
croître par la périphérie aussi bien en surface qu’en épaisseur. L’individualisa¬
tion des composants osseux du neurocrâne aurait donc été corrélative d'un
changement notable dans la physiologie de la croissance. En outre, les
pièces osseuses du neurocrâne devenues indépendantes ont pu évoluer
pour leur propre compte d oii les innombrables adaptations morphologiques
que 1 on constate chez les Téléostéens actuels et dont la réalisation aurait
probablement été impossible si le neurocrâne adulte était resté ce qu’il
était chez les Actinoptérygiens primitifs, une simple solidification massive
du chondrocràne embryonnaire ou juvénile.
A. Région ethmoidienne
Dans le massif cartilagineux ethmoïdien des Téléostéens peuvent appa¬
raître trois centres d’ossification : deux pairs, le préethmoïde et le parethmoïde
e t un impair, 1 hypoethmoïde. A ces ossifications de cartilage, qui appar¬
tiennent en propre au neurocrâne, sont en outre associées des ossifications
qui paraissent avoir été primitivement dermiques, et qui le sont encore
dans certains cas, mais qui ont contracté des rapports plus ou moins étroits
uvec le cartilage ou les os de cartilage sous-jacents ; ce sont le supraethmoïde
a u-dessus de 1 hypoethmoïde et le préfrontal au-dessus du parethmoïde.
Le préethmoïde est une petite ossification paire qui se développe parfois
dans les cornes préethmoïdiennes ou les coins antéro-latéraux de la plaque
®thmoïdienne. Un préethmoïde typique existe chez Esox lucius (Swinnehton,
1902) ; il en a également été signalé un chez les Belonidac, certains Clupeidae
l e ls que Sard.nops, Pomolobus (Starks, 1926) et un Cyprinidae, Notropis
b, frenutus (Harrington, 1955). Le fait qu'un os homologue, soit connu chez
calva et plusieurs Holostéens fossiles permet de considérer la présence
d un préethmoïde comme un caractère archaïque conservé seulement dans
quelques rares lignées téléostéennes.
L’hypoethmoïde est une ossification impaire qui se développe dans le
Se pte internasal ou dans la région rostrale donc tout à fait à l’avant de la
r égion ethmoidienne du crâne ; le supraethmoïde est une ossification de
Membrane paire ou impaire qui se forme dorsalement à la précédente. Mais
Ces deux ossifications sont rarement distinctes ; elles se soudent le plus
Souvent au cours de 1 embryogenèse et 1 une des deux peut avoir disparu.
V; 1 examen d un crâne adulte il est parfois bien difficile de dire s'il s'agit
d un os à deux composants, ou d’un hypoethmoïde seul ou d'un supra-
^hnioïde qui s'est enfoncé et a fini par envahir une partie du cartilage
e tfiinoïdien. Dans les cas douteux, chaque fois que le mode de développe¬
ment reste inconnu, il est préférable de désigner l'ossification définitive
u nom d'elhmoïde médian ou mésethmoïde qui peut également servir
P°ur désigner l'ensemble des deux composants lorsqu’ils sont soudés.
Chez les Coregonus, les deux os existent et restent bien distincts. L'hypo-
•bnoïde a la môme forme chez toutes les espèces, il comprend une partie
Source : MNHNParis
238
.). DAGET
dorsale élargie et une crête ventrale médiane qui s’enfonce dans l’épaisseur
du septe internasal. Chez Coregonus cglindraceus, le supraethmoïde recouvre
et déborde même l'hypoethmoïde ; chez Coregonus lavaretus il est presque
aussi large que l’hypoethmoïde vers l'arrière, mais nettement plus étroit
vers l’avant. Ajoutons que l'ensemble est représenté accompagné de deux
petits ossicules latéraux dont il n'est pas fait mention dans la description
et dont il est par conséquent impossible de dire s’ils doivent être rattachés
Fia. 25. — Région «Lhmoïdirinie du crâne de Coregonus lavaretus. vue dorsale en l>au
gauche et vue latérale en bas h gauche, parties cartilagineuses pointillées. A droite, 8UP
ethmoïde et hypoethmoïde de Coregonus cglindraceus, vue dorsale en haut (le con
do l'hypoethmoïde en pointillé), vue latérale nu milieu et vue ventrale en bas (d’ ft P
Beiui, 1055); el, ethmoïde latéral; foa, foramen olfactorium advehens ; fr, frontal,
hypoethmoïde ; se, supraethmoïde.
au supraethmoïde ou à l’hypoethmoïde (Berg, 1955). Chez les StenodUS>
il existe également un supraethmoïde et un hypoethmoïde indépend an
(Tchernavin, 1938). Chez Salmo salar, au stade de 31 mm, le pén° s ^
inférieur du supraethmoïde n’est pas distinct du périchondrium du sep
internasal (De Beer, 1937) mais il s'agit là d'un contact secondaire car
véritable hypoethmoïde fait régulièrement défaut chez Salmo salar, Sal
irideus et les formes d'eau douce de Salmo trutla. Chez les formes nug^
trices de Salmo Initia des ossifications plus ou moins développées ont
trouvées dans le cartilage ethmoïdien ; elles sont particulièrement fréque n
Source : MNHN, Paris
CK AN H
DES TÉLÉOSTÉENS 239
et importantes chez Salmo huila caspius et représentent vraisemblablement
les vestiges de l’hypoethmoïde (Tchernavin, 1938). On trouverait donc
chez les Salmonidae tous les stades de régression de l’hypoethmoïde, et la
transformation du supraethmoïde en ossification périchondrale.
Dans le sous-ordre des Opisthoproe.loidei, proche de celui des Salmonoide ',
les genres Thalcichthys, Spirinchus et Bathylagus possèdent deux os impairs,
probablement homologues de l’hypoethmoïde et du supraethmoïde, qui
restent séparés par du cartilage alors que chez le genre Argentina ces deux
os sont ankylosés antérieurement (Chapman, 1942). Osmerus eperlanus,
forme également voisine des Salmonidae, possède aussi un hypoethmoïde
et un supraethmoïde mais ce dernier est pair (Starks, 1926). 11 en est de
*’io. 20. — Région uthmoldienne du crâne d 'Osmerus eperlanux, ou vue dorsale (d’après
Starks, 1928) ; cl, othmoïdo latéral ; Cr, frontal ; ho, hypoethmoïde (contour en trait
interrompu) ; se, supraethmoïde pair.
même chez Esox, et chez Ameiurus ncbulosus l'hypoethmoïde, ossification
périchondrale dans le seple internasal, est fusionné avec le supraethmoïde,
ossification intramembraneuse qui paraît être d'origine paire (De Beek,
1937). Chez beaucoup de Téléostéens le supraethmoïde n’entre que tardi-
v ement en contact avec le neurocrâne. Chez Exocoelus au stade de 23 mm
le supraethmoïde est complètement séparé du cartilage sous-jacent (Lasdin,
1913). 11 en est de même chez Ilcleroiis niloticus au stade de 33 mm (Daget
e t d'Aubenton, 1957) et chez Gadus merlangus au stade de 16 mm ; chez
eette dernière espèce, c’est seulement au sLade de 33 mm que le supraeLh-
moïde entre partiellement en contact avec le cartilage et semble même
l'envahir légèrement (De Beek, 1937). Chez Scomber, il n’y aurait qu'un
hypoethmoïde (Swinnerton, 1902), mais dans la majorité des cas où la
Présence de deux composants n’a pu être établie, c’est l’hypoethmoïde cpii
a plus ou moins complètement disparu au profit du supraethmoïde.
Le supraethmoïde, pair ou impair, aurait été à l’origine un os à canal
traversé par la commissure ethmoïdienne, branche de canal sensoriel dont
la présence aurait été générale chez les Actinoptérygiens primitifs. Les
Ülopidac et certains Clupcidae possèdent encore un véritable canal au niveau
Source : MNHN, Paris
.1. DAGET
210
du supraethmoïde, alors que chez Salmo on ne trouve plus qu'une ligne de
fossettes (Devji.lers, 1917). On verra plus loin qu un os à canal primiti¬
vement à deux composants peut se transformer en un os de membrane
pur lorsque les neurosmastes qui lui étaient associés disparaissent ou perdent
leur pouvoir d invagination et leur activité ostéogène. Le supraethmoïde
serait le membranodermique d'un ancien os à canal dont le neurodermique
aurait disparu. Secondairement l'os aurait migré en profondeur et dans
certaines lignées téléostéennes serait devenu périchondral et tendrait à se
substituer à l'hypoethmoïde en régression. Cette interprétation est en accord
avec ce que l'on sait actuellement concernant la phylogenèse et l'ontogenèse
des os dermiques, et diverses phases du processus évolutif impliqué sont
rappelées dans l'embryogenèse de l'ethmoïde médian de certains Téléostéens.
Le parethmoïde est une ossification paire qui apparaît sous forme d'une
lamelle périchondrale au niveau de la lame orbitonasale ; elle s’étend ensuite
plus ou moins dans le cartilage ethmoïdien, limite antérieurement l'orbite,
sépare celle-ci de la cavité nasale et pousse souvent une apophyse latérale
préorbitaire sur laquelle vient s'appuyer le frontal. Les parethmoïdes droit
et gauche peuvent rester séparés l'un de l'autre par du cartilage comme chez
Salmo, ou se toucher sur la ligne médioventrale comme chez Mena ou sur
la ligne médiodorsale comme chez Prionolus (Devillers, 1958). Chez Aula*'
tomatomorpha, les deux parethmoïdes ont été décrits soudés entre eux et
à l'ethmoïde médian de façon à former une seule ossification allongée où
aucune suture n’est visible (Lloyd, 1906).
Souvent le parethmoïde proprement dit paraît soudé à un os de mem¬
brane, auquel on réserve le nom de préfrontal ; l'ensemble des deux cornp 0 "
sants est souvent appelé ethinoïde latéral.
Chez Gadus mcrlangus l’ébauche périchondrale du parethmoïde est
en continuité avec une lamelle osseuse intramembraneuse ; cette lamelle
s’étend latéralement entre l'orbite et la cavité nasale et semble s'ossifier
la première mais il n'est pas certain qu'à l’origine elle soit distincte du pareth-
moïde (De Beer, 1987). Chez Amciiirus nrbiilosus, le parethmoïde est dit
soudé au préfrontal (Kindred, 1919). Les Clariidae, dont le crâne est forte¬
ment aplati et entièrement ossifié dans sa région ethmoïdienne, possèdent
un ethmoïde médian et un ethmoïde latéral à surface dorsale ornementée de
granulations exactement comme les os dermiques de la voûte crânienne. L’exis¬
tence d'un supraethmoïde et d'un préfrontal soudés à l'hypoethmoïde et aU
parethmoïde ne paraît guère douteuse. A noter que le préfronlal des Clariidd 6
est intercalé entre le frontal et le nasal, de sorte que le canal sensoriel supi -3 '
orbitaire passe au-dessus de lui. Mais il s'agit d'un simple rapport topogra-
phique, le préfrontal n’étant jamais et n'ayant jamais été cmbryoIogiq u , c "
ment un os à canal. Chez les Pleuronectiformes on admet également l'exis¬
tence des deux composants parcthmoide et préfrontal ; après la versio°
somatique, l'ensemble participe, sur la face nadirale, à la formation de l a
crête pseudomédiane.
Il est vraisemblable que le préfrontal existait chez les formes ances¬
trales des Téléostéens comme os dermique indépendant : peut-être faisait-
partie de la série des os supraorbitaires que l’on connaît chez beaucoup
Source : MNHN, Paris
CRANE UES TÉLÉOSTÉENS
d Actinoptérygiens primitifs. Ce préfrontal aurait subi, au cours de l'évo¬
lution une migration en profondeur qui l'aurait amené à envahir le péri-
chondrium sous-jacent et à se souder au parethmoïde. Chez certains Téléos-
téens, le préfrontal manque totalement alors que le parethmoïde est presque
toujours présent ; son absence n'a été signalée que chez les Anguilliformes
(Trewavas, 19:S2) et les Saccopharyngiformes (Tchernavin, 1947).
t’i'i. 27. — Région othmoldionne entièrement ossifiée «lu ncurocrâne «le Clarion anguülaris,
vue dorsale ou haut, vue ventrale en bas (original). A gauche, l'ethmoïde latéral a été
représenté séparément ; les llèches indiquent les ranaux pour le tractus olfactif et le
nerf ophtalmique superficiel ; apm, apophyses sur lesquelles viennent s’appuyer les
prémaxillaires ; oui, ethmoïde médian (supriicMunoïdc visible doisalement, hypucthuioïde
visible ventralement) ; el, ethmoïde latéral (préfrontal visible dorsaloment, paraethmoïde
visible ventralement ; no, trajet du nerf olfactif !i travers le parethmoïde ; ros, trajet
du Ramas ophlhalmicus super filial in il travers le parethmoïde.
Pour résumer les grandes lignes de l’évolution de la région ethmoïdienne
d» neurocràne des ’lëléostéens, on peut dire que la régression de l’ossifi-
Cf >tion s'y manifeste sous deux aspects différents :
1° réduction progressive pouvant aller jusqu'à la disparition totale
“ Cs ossifications de cartilage primitivement au nombre de cinq : les préeth-
•hoïdes sont rarement conservés, l’hypoethmoïde existe encore souvent
les parethmoïdes n'ont disparu qu'exccptionnellement ;
incorporation d'éléments dermiques, supraethmoïde et préfrontaux,
Primitivement indépendante mais ayant migré en profondeur jusqu'à entrer
en contact avec le cartilage et à envahir plus ou moins celui-ci de façon à
c °nsolider et à relayer les ossifications enchondrales en régression.
Source : MNHN, Paris
B. RÉGION OKB1TO-TEMPORALE
La région orbito-temporale du crâne des Téléosteens peut comprendre
trois éléments osseux, deux pairs, l'orbitosphénoïde et le pleurosphénoïde,
dit aussi ptérosphénoïde ou parfois ptérygosphénoïde, et un médian, I e
basisphénoïde ou complexe propiluital. L’orbitosphénoïde et le pleuros¬
phénoïde se développent généralement comme des ossifications périchon-
drales, la première au niveau de la racine préoptique et du septe interor-
bitairc lorsque celui-ci existe, la seconde plus en arrière en relation avec 1»
partie postérieure de la taenia marginalis. Ces deux os forment donc la
paroi du cavum cranii, au-dessus du parasphénoïde, depuis l'ethmoïde
latéral jusqu’à la capsule otique. Mais la voûte du crâne, recouverte p ar
Fia. lis. — Crlliic do Corrgonun lavarelus en vue latérale, parties cartilagineuses pointillé®» >
en haut à droite, vue ventrale de l'orhitosphénoïdo (d'après Bebo, 1055) ; bo, hnsint-eipiW •
bs, basisphénaïdo ; el. etlunotdo latéral ; oui, ethmoïde médian ; co, épiotique ; ("• * u ®® 1 .
optique ; fr, (routai ; ol, occipital latéral ; os, orbltosphénoïdo ; pa, pariétal ; po, prootiq 11 ® '
pj, parasphénoïde ; pt, ptérotique ; so, supruoccipital ; sp, sphénotique.
les os dermiques frontaux toujours bien développés, reste cartilagineuse 0
membraneuse. On donne le nom de fenêtre optique à l'ouverture par 1 ”
quelle [lassent les nerfs optiques et qui est limitée sur le crâne osseux P a ^
le parasphénoïde, les orbilosphénoïdos, les pleurosphénoïdes et h* * jaSl
sphénoïde ou seulement par certains de ces os, La fenêtre optique est pj u
ou moins vaste et obturée par une membrane qui prolonge vers 1 arn
le septe interorbitaire. Elle peut manquer complètement notamment lorsq
le crâne est platytrabique ; il n'y a alors qu'un foramen opticum.
Du fait que la paroi cartilagineuse du crâne dans la région orbital >
et principalement la pila lalcralis, est peu ou pas développée chez les l eie
téens, l'orbitosphénoïde el le pleurosphénoïde ont tendance à se tra
former partiellement en ossifications intramembrancuses ou à dispara* ■ •
Chez Coregonus par exemple, les deux orbitosphénoïdes soudés l'un à 1 aU ,.j S
sont Lrès réduits. Chez Salmo, ils sont un peu plus développés, P u ‘ s 9 U en t
entourent complètement les foramen olfaclorium evehens, mais ils n'arriv
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTEENS ‘243
pas jusqu'au parasphénoïde. La soudure des deux orbitopshénoïdes est
fréquente chez les Téléostéens qui, à 1 état adulte, possèdent alors une
ossification orbitosphénoïde impaire. Chez Salmo le pleurosphénoïde est
encore plus réduit que l'orbitosphénoïde ; il apparaît d'ailleurs tardivement,
pas avant le stade de 40 mm chez Salmo salar (De Beer, 1937). Il entoure
t'io. 29 . — Neurocrfi.no de Brycon ineeki, vue latérale en haut (d’après Weitzman, 1902) ;
en lias, vue latérale du cavum orbitonasaic d’un Alesles leuciscus à gauche et d’un Aïeules
baremoze à droite (d’après Monod, 1950). le nerf olfactif traverse librement le cavum
orbilonasale dans le premier et est entouré d’un tube osseux dans le second ; bo, basi-
occipital ; el, othmoïde latéral ; cm, ethmoïde médian ; eo, épiotique ; fo. fenêtre optique ;
fr, frontal ; no, nerf olfactif ; ol, occipital latéral ; os, orbitosphénoïde ; pa, pariétal ;
pl, pleurosphénoïde ; po. prootique ; ps, parasphénoïde ; pt, ptérotique ; rs. rhinosplié-
noïde ; so, supraocoipital ; sur, supraorbitaire ; sp, spliénotique. Les Charaeidae n'ont
pas do basisphénoïde.
les orifices de sortie du nerf trochléaire et du Ramus ophlhalmicus du tri¬
jumeau et occupe par conséquent une partie du territoire où devrait se
Couver la pila laleralis si celle-ci n'avait pas disparu. L'orbitosphénoïde
uianque chez tous les Perciformes, dans les genres Ophicephalus, Synbran-
•hus, Osleoglossnm, Chanos (Ridewood, 1902), Cromcria (d’Aubenton,
1961), etc...
Le rhinosphénoïde est une petite ossification située entre les parelh-
Uioïdes et les orbitosphénoïdes et qui n'a jamais été signalée que chez certains
Charaeidae (Starks, 1926). Chez Brycon meeki, au stade de 32 mm, le rhinos-
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XXXI 16
Source : MNHN, Paris
■211
I. DA
phénoïde se compose de deux lamelles périchondrales de chaque côté du
septe médian cartilagineux ; ces deux lamelles se soudent ultérieurement
par leur bord dorsal de façon à former une ossification impaire dont le bord
antérieur s'avance jusqu'entre les deux parethmoïdes et dont le bord pos¬
térieur touche l’extrémité antéro-ventrale médiane des orbitosphénoïdes eux-
même soudés en un os impair. Le fait que le rhinosphénoïde ne soit connu
que chez certains genres sud-américains de la sous-famille des Charadninae
(Weitzman, 1962) semble indiquer que la présence de cet os n’a aucune
signification phylogénétique. Il est possible qu'il s'agisse de l'extrémite
antérieure des orbitosphénoïdes secondairement fragmentée et individua¬
lisée.
Le pleurosphénoïdc est plus constant mais dans le groupe des Pleure-
uecliformes on trouve tous les stades de régression de cet os. Les pleuro -
phénoïdes sont bien développés chez les Psellndoidei qui possèdent en outre
un basisphénoïde, soudé à une crête interne des pleurosphénoïdes. I' e-S
Pleuroncctoidei n’ont pas de basisphénoïde et parmi eux les genres Pleur 0
necles, Achirus et Rlwmbosolea ont également des pleurosphénoïdes bi®**
développés ; les crêtes internes peuvent alors acquérir une extension p ,u
grande que dans les cas où existe un basisphénoïde et entrer en conta
I une avec l’autre sur la ligne médiane de façon à constituer un pont osse
propituitairc pleurosphénoïdicn, séparant le caoum cranii du myodoin ’
Dans le genre Scophlhalmus les pleurosphénoïdes sont de taille réduite
restent bien séparés. Enfin dans les genres Samaris, Solea et Cynoglo sS
ils ont complètement disparu (Chauanaud, 1936). Les pleurosphénom
de même que les orbitosphénoïdes manquent chez des formes à crâne P 1,
ossifié comme les Aleleopidae, les Saccopharyngiformes et les MunoynaU 1 '
Le basisphénoïde est un os complexe. Chez Salmo il se forme a P al
de trois centres d'ossification distincts: le bélophragme, médian et > ,n I’ ’
apparaît dans le septe interorbilairc membraneux, à l’entrée du myod°
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 245
postérieur ; les deux méningostes apparaissent de chaque côté, dans la
dure-mère, au contact du bord antérieur de la commissure latérale. La
réunion de ces trois composants constitue finalement un os de membrane
en forme d'Y, dont le pédicule rostral s'appuie vers l'avant sur la face dorsale
du parasphénolde et sépare les muscles oculaires du côté droit de ceux du
côté gauche. Les deux branches de la fourche s'appuient sur les prootiques
et constituent le toit du myodome postérieur en même temps que la limite
antérieure de la fenêtre pituitaire. On notera que ce basisphénoïde est rostral
par rapport à l'hypophyse, dorsal par rapport aux carotides et qu'il forme
le véritable plancher du caoum cranii. Une ossification de ce type existe
chez bon nombre de Téléostéens, mais on connaît également des variantes :
le méningoste peut être unique, ne pas se souder au bélophragme ou avoir
disparu ; le bélophragme lui-même peut se souder au parasphénoïde dont
il constitue alors une crête médio-dorsale, ou ne pas atteindre cet os et
n’y être rattaché que par une membrane, ou même avoir disparu.
La présence ou l'absence de basisphénoïde est souvent donnée comme
un caractère de certains ordres ou de certaines familles. 11 s'agit évidemment
de l’ensemble du complexe propituital tel qu'il a été décrit ci-dessus. Mais
en fait il convient de préciser les divers stades de régression par lesquels
passe ce complexe avant disparition complète. Chez Psettodes belcheri, le
basipshénoïde est représenté par un méningoste et un bélophragme reliés
l'un à l'autre par du tissus fibreux, alors que chez Psettodes erumci il n'y
a plus de bélophragme, le processus rostral du méningoste étant seulement
un peu plus allongé (Chabanaud, 1926). Mais en général ce sont les ménin¬
gostes qui ont tendance à disparaître les premiers. Chez Ameiums nebulosus
par exemple une ossification se développe dans la membrane qui ferme la
fenêtre hypophysaire dorsalement aux trabécules ; sur le crâne adulte elle
est soudée à la face dorsale du parasphénoïde et s'étend entre les bases des
deux pleurosphénoïdes depuis les orbitosphénoïdes jusqu'aux prootiques
(Kindhed, 1919). Chez Anguilla uiilgaris on a signalé également une ossi¬
fication de membrane juste au-dessus du parasphénoïde et en avant du
pleurosphénoïde (Torlitz, 1922). De même chez Omosudis lowei il existe
une petite ossification médiane isolée au-dessus du parasphénoïde et en
avant des prootiques (Paru, 1929). Ces éléments paraissent devoir être
homologués au bélophragme. On notera également 1 anomalie individuelle
d'un Esox lucius dont le basisphénoïde était réduit au seul bélophragme
représenté par une pièce osseuse verticale et triangulaire attachée au para¬
sphénoïde (Chabanaud, 1926).
Par contre l'étude du développement a confirmé la disparition de tout
vestige, du complexe propituital chez Gaslerosteus aculcatus (Swinnerton,
*902), Codas merlangus (De Beer, 1927), Callic.hihys calliclillujs (Hoedeman,
I960), Ileterotis niloticus (Daget et d'Aubenton, 1957). Le basisphénoïde
banque en outre chez les Chanoidei, Cromeria nilutica, les Mormgroidci,
les Maslacembelidae, les Lophiiformes, les Atelcopidue, les Saccopharyn-
giformes, Monognathus, etc...
Certains auteurs ont considéré comme sujette à caution l'homologie
d n complexe propituital des Téléostéens, ayant une origine intramembra-
Source : MNHN, Paris
neusc, avec le basisphénoïde des Aclinoptérygiens primitifs fossiles qui
paraît avoir été un os de cartilage assez massif. 11 y a lieu de rappeler ici
que le chondrocrâne des Téléostéens est précisément caractérisé par une
régression précoce et généralisée des structures cartilagineuses dans la région
considérée. L'ossification correspondante, primitivement périchondrale
et également frappée de régression, se serait fragmentée et transformée en
os de membrane avant de disparaître. D’ailleurs on trouve encore des ves¬
tiges de cartilage associés dans certains cas au basisphénoïde. ("est ainsi
qu’un noyau cartilagineux a été signalé dans le basisphénoïde d’fc’.r vendus
(Lasdin, 1913) et que l'extrémité antéro-'ventrale, du basiphénoïde A'Anjcn-
lina a été décrite attachée au parasphénoïde par l’intermédiaire de carti¬
lage (Chapman, 1942).
En résumé, dans la région orbilo-temporale du neurocrâne des Téléos¬
téens, la régression de l'ossification se traduit à la fois par une tendance
à la réduction et à la disparition des éléments osseux, et par une transfor¬
mation des ossifications périchondralcs en ossifications intramembraneuses.
Ce dernier processus étant apparemment une conséquence de la déficience
du cartilage dans la région considérée, que ce cartilage ne se forme pas-
comme dans la paroi latérale du eavum cranii, ou qu’il se résorbe précocement,
comme à la base du chondrocrâne.
C. Région otique
La région otique du neurocrâne des Téléostéens comprend cinq ossifi*
cations paires : l’autosphénotiquc, le proolique, l’autoptérotique, l' e P|"
otique et l’intercalaire. Les quatre premières sont des ossifications per*'
chondrales régulièrement présentes et qui participent à l’enveloppement
du labyrinthe membraneux ; la cinquième est un os de membrane, d impoi'
tance variable, et qui fait souvent défaut.
L’autosphénotique apparaît sous forme d’une lamelle périchondrale
au niveau de l’apophyse postorbitaire et du canal semi-circulaire antérieur
au-dessus de la commissure latérale. Chez Salmo sttlar au stade de 30 m>n
et chez (Indus merlangus, cette lamelle est en réalité double, se développant
simultanément sur la face externe et sur la face interne de la capsule otiq l,c
(De Beer, 1937). L'apophyse postorbitaire osseuse de l'autosphénotiq ue
est souvent très saillante ; elle sert de point d'insertion au muscle constriC'
leur dorsal de l’arc mandibulaire et soutient des os dermiques de la voûte
crânienne, soit l’extrémité postérolatérale du frontal, soit un os de la série
infraorbitaire appelé dermosphénotique, soit les deux. Le dermosphénotiq ue
est parfois soudé à l’autosphénotique. comme chez Dadyloptcrus (Ai-i- ,s ’
1909) et les Siluroidci. Typiquement, la partie antéro-supérieure de l’hy®'
mandibulaire s’articule dans une fossette de la paroi osseuse latérale
crâne, située à la limite entre l’autosphénotique et le proolique. M ais
y a des cas où l'articulation est reportée plus haut et n'intéresse que l' aUt ,
phénolique, comme chez certains Siluroidci ; ceci paraît dû à un glisscnici
secondaire de l'articulation de l'hyomandibulaire. . Ja
Le prootique se forme à partir d’un centre d'ossification situé a
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
247
base de la paroi antéro-latérale de la capsule otique. Chez Salmo salar au
stade de 24 mm (De Beer, 1937), Gasterosteus aculeatus aux stades de 11
à 25 mm (Swinnerton, 1902) et Cyclopterus lumpus au stade de 6 mm,
une double lamelle périchondrale apparaît, comme pour l'autosphénotique,
sur la face interne et sur la face externe de la paroi cartilagineuse. Chez
Cyclopterus lumpus, la lamelle interne est mieux développée que l'externe
(Uhlmann, 1921). Chez Heterotis niloticus au stade de 14 mm, le centre
d'ossification se trouve au point d’insertion de la musculature hyomandi-
bulaire (I)aget et d’Aubenton, 1957). En général le prootique enveloppe
une partie du canal semi-circulaire antérieur et de Yutriculus ainsi que la
partie antérieure du canal horizontal ; l'ossification s’étend en outre à la
commissure latérale et au pont prootique lorsque ces structures existent.
Mais la forme et l'extension du prootique varient beaucoup dans l’ensemble
des Téléostéens.
Chez les Siluroidei qui n'ont pas de commissure latérale et dont le basi¬
sphénoïde est très réduit ou totalement absent, le prootique est relativement
simple. 11 est réuni par des sutures au parasphénoïde et au basioccipital
ventralement, à l'autosphénotique et à l’autoptérotique dorsalement, à
l’occipital latéral postérieurement et à son symétrique, médianement.
Le bord antérieur du prootique, conjointement avec l’autosphénotique et
le parasphénoïde, limite un large foramen par lequel les nerfs oculomoteur,
trochléaire, abducens, trijumeau et facial sortent du crâne et par lequel
passent également la carotide interne et une veine céphalique drainant le
cerveau moyen. Il n’y a pas de canal jugulaire et la veine jugulaire est entiè¬
rement extérieure au prootique. Cette disposition s’observe notamment
chez Clarias lazera (Nawar, 1954).
Chez Salmo qui possède une commissure latérale et un basisphénoïde
typiques, la structure du prootique est plus complexe. Morphologiquement
<>n peut y distinguer les éléments suivanls :
1" une lame osseuse externe qui constitue la paroi latérale du canal
jugulaire dans lequel passent la veine jugulaire et une artère orbitaire ;
2° une lame osseuse interne ou septe cérébral qui recoupe en deux la
chambre trigémino-faciale embryonnaire et sépare la pars jugularis d’une
pars yanglionaris secundaria. Cette lame isole en outre le Truncus hyoideo-
mandibularis des branches nerveuses maxillo-buccales. Il s’agit là d'une
formation purement osseuse et par conséquent nullement homologue de
la commissure préfaciale dont le cliondrocrâne des Téléostéens est toujours
dépourvu. Les ganglions des nerfs trijumeau et facial sont logés entre la
dure-mère et la lame interne du prootique ;
3° un processus mésal antérieur qui rejoint l’extrémité postéro-latérale
du basisphénoïde (méningoste), l’ensemble isolant la chambre trigémino-
faciale du myodome ;
4° un processus mésal postérieur, correspondant au pont prootique
cartilagineux, et qui touche médianement son symétrique ; ainsi se trouve
délimitée eaudalement la fenêtre pituitaire qu’obture la dure-mère. Le
bord antérieur de ce processus osseux est traversé par le nerf palatin et le
aerf abducens. Le Truncus liyoidcomandibularis sort par l'ouverture posté-
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
248
rieure du canal jugulaire. Le Ramus olicus fucialis possède un foramen parti¬
culier au-dessus du canal jugulaire. Les autres branches du complexe trigé-
mino-facial empruntent Couverture antérieure de la chambre trigémino-
faciale que borde latéralement l'ossification prootique.
Tous les éléments qui viennent d'être décrits chez Salmo ne sont pas
toujours présents. Par exemple la lame interne manque chez Lcuciscus
Pio. 31. -—• NeurocrAne de Brycon rneeki en vue ventrale, l'intercalaire droit a acid été
représenté ; en bas, vue interne du prootique droit (d’après Weitzman, 1962) : bo. base
occipital ; el, ethmoïde latéral ; em, ethmolde médian ; fr, frontal ; i. intercalaire ; i"?’
myodome ; ol, occipital latéral : os, orbitospliénoïdo ; pl, plcurospkénoïdc ; po, prootique!
ps, parasphénoîde ; pt, ptérotique ; sag, recessus antérieur du sticculux ofi se trouve logée
en partie la sagitia ; so, supraoccipital ; sp, sphénotique ; vo, vomer.
(IIubendick, 1912) et Gasterosteus. Les Cyprinoidei et les Characoidei ,
dépourvus de basisphénoïde, n'ont pas de processus mésal antérieur de
sorte que la chambre trigémino-faciale n'esl pas isolée du myodome. P ar
contre chez Thynnits c'est le processus mésal postérieur qui fait défaut
el la fenêtre pituitaire est complètement entourée par le basisphénoïde
(Devillers, 1958). Chez Heterotis niloticus, la lame externe délimite en
fait trois canaux : un horizontal antérieur dans lequel passe la veine jugulaire
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÊENS 249
et l’artère afférente pseudobranchiale, un horizontal postérieur où passe
seulement la veine jugulaire et un vertical emprunté par l’artère afférente
pseudobranchiale (Daget et d’Aubenton, 1957). Du fait que le Truncus
hijoideomandibularis sort entre les deux canaux horizontaux, c'est l’antérieur
seul qui correspond au canal jugulaire de Salmo.
Chez les Clupeidae, le proolique forme une bulle osseuse dont la cavité
interne est divisée en deux par une membrane élastique ; d'un côté se trouve
une chambre périlymphatique et de l'autre la vésicule dite prootique qui
est un diverticule de la vessie gazeuse. Chez les Holocenlridae, la fenêtre
crânienne en contact avec le diverticule de la vessie gazeuse est bordée
d’un côté par le prootique et de l'autre par le basioccipital et l’occipital
latéral (Starks, 1908).
L’autoptérotique apparaît sous forme d'une lamelle périchondrale
au niveau de la partie postérieure du canal semi-circulaire horizontal, en
arrière de l’autosphénotiquc. Chez Salmo salar au stade de 26 mm et chez
Gadus mcrlangus une lamelle osseuse se développe à la fois sur la face interne
et sur la face externe de la paroi cartilagineuse (De Beer, 1937), ce qui
paraît être une modalité assez générale de l’ossification de la paroi crânienne.
Typiquement la partie postéro-supérieure de l'hyomandibulaire s’articule
dans une fossette de la face externe latérale de l'autoptérotique, fossette
qui n'est que le prolongement de celle signalée précédemment sur l’auto-
sphénotique pour la partie antéro-supérieure de l'hyomandibulaire.
La face dorsale de l’autoptérotique est généralement recouverte par
un os dermique, le dermoptérotique, qui est un os à canal en principe à
deux composants. Chez Salmo et la plupart des Cyprinidae, l’autoptérotique
et le dermoptérotique sont distincts à l’origine mais finissent par se fusionner.
Chez Ameiurus nebulosus au stade de 32 mm (Kindred, 1919) et Cyclopterus
lampus au stade de 15 mm (Uiu.mann, 1921) les deux ossifications sont
déjà intimement soudées et difficiles à distinguer l'une de l'autre. On rencontre
en fait tous les intermédiaires entre l'indépendance complète et la fusion
oh inilio, ce qui peut être interprété comme correspondant à divers stades
de l'enfoncement de l'os dermique. Très souvent la soudure est si complète
à l’état adulte qu'il est très difficile de dire quelles sont les parties de l’os
qui proviennent de l’autoptérotique et celles qui proviennent du dermo¬
ptérotique. On peut alors utiliser le terme ptérotique pour désigner l’ensemble.
Dans certains cas cependant, à la suite d'une régression du composant
inembranodermique, les deux éléments du ptérotique restent distincts.
Ihir exemple chez Nemurhiliis, le membranodermique ayant disparu, le
'leurodermique ne se soude pas à l’autoptérotique sous-jacent (Lekander,
1919). 11 en est de même semble-t-il chez Exocoelus, tout au moins au stade
de 23 mm (Lasdin, 1913). Enfin chez Cobitis le neurodermique lui-même
a disparu et il n'y a qu'un autoptérotique (Lekander, 1949).
Le ptérotique est souvent en relation avec la ceinture scapulaire secondaire
et plus précisément avec Yhyperclithrum soit directement soit par l’inter-
ttiédiaire d'un os dermique le posttemporal. Ce dernier est d'ailleurs parfois
"ni suturalement au neurocrâne comme chez certains Siluroidei et chez
les Lophiiformes. L'autoptérotique des Tétraodontiformes constitue vers
Source : MNHN, Paris
.1. DAGET
250
l’arrière un puissant contrefort sur lequel vient s'appuyer YhyperclUhrum,
cette articulation constituant un caractère important de l'ordre (Le Danois,
1959). Chez Phractolaemus ansorgii YhyperclUhrum s'articule aussi directe¬
ment sur 1 autoptérotique (Thys van den Audenaekde, 19G1). Une liaison
identique entre YhyperclUhrum et le neurocrâne a en outre été signalée
chez Batrachoides d dudylus et tous les Lophiiformes (Monod, 1960). On
notera enfin que l'autoptérotique forme, chez les Clupeidae, une bulle osseuse
autour de la vésicule dite ptérotique provenant secondairement du diver¬
ticule de la vessie gazeuse qui pénètre dans la capsule otique. Cependant
cette bulle osseuse manque dans le genre Spratella (Berg, 1955). Chez les
AV h i luidi i. et les Mrrmyr due la fenêtre crânienne, qui subsiste chez 1 adulte
au-dessus du diverticule de la vessie gazeuse, est bordée en partie par l’auto-
ptérotique.
L’épiotique apparaît en relation avec le canal semi-circulaire postérieur,
à la partie postéro-dorsale de la capsule otique. Chez Salmo, il se développe
à partir d'une double lamelle périchondrale, celle du côté interne de la
paroi cartilagineuse étant de formation beaucoup plus tardive que celle
du côté externe (De Beer, 19.57). Fin principe, les épiotiques sont situés
entre les auloptérotiques et les occipitaux latéraux et sont séparés l’un
de l'autre par le supraoccipital médian. Cependant chez les Lophiiformes,
dont c’est un caractère important, les épiotiques se rejoignent médiane-
ment en arrière du supraoccipital. Il en est de môme chez certains Pleuro-
nectiformes (Ghabanaud, 19.,6). Les épiotiques des Luuaroidei se touchent
également au-dessus du supraoccipital (Berg, 1955). L’épiotique forme
souvent à l’arrière du neurocràne une crête ou une apophyse saillante sur
laquelle s’insèrent des muscles et des ligaments ou qui supporte une apophyse
mésale du posttemporal comme chez Ameiurus nebulosus (De Beer, 1 D- i7 )*
Helerotis nilolicun (Daget et d’Aubenton, 1957), etc...
Source : MNHN, Paris
CRANE DES
TÉI.ÉOSTÉENS 251
Chez les Téléostéens, l'épiotique est plus sujet à régression que les autres
os de la région otique signalés précédemment. Il manque chez les Ateleopidae,
caractérisés par 1 absence d un grand nombre d os crâniens. Clarias anguil-
laris possède un épiotique en position normale mais très petit alors que
Clarias lazcra en serait dépourvu (Nawar, 1942).
L'intercalaire des Téléostéens est un os qui se développe le plus souvent
à l’extérieur de la capsule otique mais peut contracter des rapports plus
ou moins étroits avec le cartilage sous-jacent. Dans un certain nombre
de cas, c’est un petit os de membrane pur qui ne fait pas partie de la région
otique proprement dite. Chez un Characidae primitif comme Brycon mceki,
l’intercalaire est à 1 état adulte une petite plaque osseuse qui recouvre
le point de jonction de 1 autoptérotique, de l'occipital latéral et du prootique
(Weitzman, 1962). Chez Phraclolaemus ansorgii il recouvre l’endroit où
l'épiotique, l’autoptérotique et l'occipital latéral se touchent (Thys van
den Audenaerde, 1961). 11 en est de même chez Heierotis niloticus (Daget
et d’Aubenton, 1957). Du fait que ces intercalaires sont séparés des ossi¬
fications périchondrales sous-jacentes par une couche de tissu conjonctif
ou fibreux, il est impossible d'admettre qu'ils dérivent d'une ossification
de cartilage et par conséquent de les assimiler à un opisthotique en régression.
Toutefois chez d autres Téléostéens l'intercalaire est réellement incorporé
à la région otique du neurocrâne. Chez les Citharinidae il est de petite taille
et situé entre l’occipital latéral et l’autoptérotique. 11 est un peu plus grand
chez les Salmonidae et touche en outre l'épiotique. Chez les Icelidae il entoure
le foramen du nerf vague et forme la bordure supérieure du foramen magnum.
Chez les Gadiformcs il est particulièrement grand, sépare le prootique de
l’occipital latéral, entoure le foramen du nerf glossopharyngien et limite
en partie celui du nerf vague. Or chez (Indus merlangus l'ossification inter¬
calaire apparaît nettement à l'extérieur de la paroi cartilagineuse de la
capsule otique, quoique très près du périchondrium et chez Salmo salar
elle apparaît dans le ligament qui relie la face ventrale de l'occipital latéral
à l' hyperelillirum (De Beer, 19.17). On remarquera en outre que dans l’en¬
semble des Charaeoidei les Citharinidae correspondent à des formes spécia¬
lisées par rapport aux Characidae primitifs comme Brycon.
L incorporation de l'intercalaire à la région otique du neurocrâne serait
donc secondaire ; il s agirait encore une fois d’un os dermique qui aurait
migré en profondeur et qui au terme de son évolution serait devenu péri-
chondral, s'intercalant entre les os de cartilage de la région correspondante
du neurocrâne. Chez Cyclopterus lumpus au stade de 11 mm l'intercalaire
a été décrit comme une lamelle osseuse périchondrale dans sa partie dorsale
niais encore intramembraneuse et extérieure au cartilage dans sa partie
ventrale (Uhi.mann, 1921). Tout ceci cadre bien avec ce qui a été exposé
plus haut concernant le supraethmoïde et le préfrontal, bien que l’on ne
voit guère quelle position superficielle l’intercalaire aurait pu occuper chez
les Actinoptérygiens primitifs avant de s'enfoncer.
Un véritable opisthotique, os de cartilage situé en arrière du prootique
et au-dessus de l'extrémité antérieure du basioccipital, a été décrit dans
eertaines lignées holostéennes. Les Pachycormidae possédaient à la fois
Source : MNHN, Paris
252 .J. DAGET
un opisthotique et un intercalaire (Rayner, 1948). Mais en fait l'occurence
d'un opisthotique chez les Actinoptérygiens est exceptionnelle et rien ne
permet de supposer qu’elle se soit jamais produite dans les lignées ayant
abouti aux Téléostéens. Chez Heterotis ni lui i eus, au stade de 14 mm un centre
d'ossification périchondrale a été signalé sur la paroi interne du chondro-
crâne, juste en avant du foramen du nerf vague (Daget et d’Aurenton.
1957). Ce centre d'ossification pourrait être considéré comme une ébauche
d'opisthotique mais il ne s'individualise pas et se trouve incorporé à l'ossi¬
fication de l'occipital latéral. L'absence d'un véritable opisthotique semble
être un caractère général des Téléostéens, l’os parfois décrit sous ce nom
étant en réalité un intercalaire. L'intercalaire manque dans un grand nombre
d’ordres et de familles tels que les Dactglopteridae, les Lophiiformes, les
Pegusoidei, les Microslomidae, les Opistlioprodidae, les Cromeriidae, les
Engraulidae, les Pantodontidae. qui se distinguent sur ce point des Osteo-
glossidae (Greenwood et Thomson, 1960), certains Cgprinidae et la plupart
des Siluroidei bien qu'il ait été signalé chez Callichthys eallichthgs et Hoplo-
slernum thoracatum chez lesquels il se développe tardivement (Hoedeman.
1960).
En résumé la région otique du neurocrâne des Téléostéens est protégée
par un ensemble d ossifications de cartilage remarquablement constantes.
Le prootique, l'autosphénotique et l'autoptérotique sont toujours présents
et l'épiotique n'a disparu qu'exccptionnellement. Un véritable opisthotique
manque. Parfois dans le revêtement osseux de la capsule otique s'est intercale
un os de membrane, 1 intercalaire. Mais ce dernier manque souvent ou est
réduit à une petite pièce osseuse complètement indépendante de la paroi
du neurocrâne.
D. Région occipitale
A la région occipitale du neurocràne des Téléostéens se rattachent trois
ossifications de cartilage, une paire l’occipital latéral et deux impaires 1 e
basioccipital et le supraoccipital. Ces ossifications participent plus ou moins
à l’enveloppement de la partie postérieure du labyrinthe membraneux :
certaines d entre elles, rarement toutes, entourent le foramen magnu" 1
et contribuent à assurer la liaison entre le neurocrâne et la colonne ver¬
tébrale.
Le basioccipital apparaît sous forme d'une ossification périchondrale
à l'extrémité postérieure des paracordaux ou de la plaque basale, de chaque
côté de la corde. Chez Salmo salar au stade de 21 mm, il existe une lamelle
osseuse dorsale et une lamelle osseuse ventrale, chacune de ces lainelle s
étant elle-même divisée en deux par la corde. Les quatre rudiments osseux
ne tardent pas à se fusionner lorsque la gaine de la corde est entourée P aI
l'ossification. Vers l'avant le basioccipital atteint la fenêtre hasicraniale •
vers l’arrière il forme le toit et la paroi latérale de la partie postérieure du
myodome mais il est exclu de la bordure du foramen magnum entouré seule¬
ment chez Salmo par les occipitaux latéraux (De Reer, 1987). , .
Chez les Téléostéens ostariophyses, la partie supérieure du basioccipit*
Source : MNHN, Paris
TÉLÉOSTÉENS
253
est creusée d'un logement pour le sinus impar et ses deux évaginations
caudales dites alria sinus imparis et qui sont des espaces périlymphatiques
s’étendant de part et d'autre des premières vertèbres autour des osselets
de Weber. Ce logement est fermé dorsalement par une lamelle osseuse issue
de l’occipital latéral et qui rejoint médianement sa symétrique. Chez les
Characoidei, le basioccipital forme en outre, conjointement avec l'occipital
latéral, une bulle osseuse renfermant l'otolithe lagénaire ou asteriscus.
Cette bulle est particulièrement volumineuse dans le genre Cilharinus. Chez
les Cyprinoidci, les dents du pharyngien inférieur s'opposent au cours de
la mastication à des apophyses pharyngiennes du basioccipital. Ces apophyses
sont rudimentaires ou nulles chez les Homaloptcridae ; elles sont mieux
développées chez les Cobilidae et se recourbent vers le bas autour de l'aorte
dorsale ; chez les Catostomidae les apophyses pharyngiennes se soudent
au-dessous de l’aorte en une plaque perforée et retroussée sur les bords :
enfin chez les Cyprinidae la plaque est concave inférieurement et porte
une plaque masticatrice de nature cornée contre laquelle viennent frotter
les dents pharyngiennes inférieures.
La partie caudale du basioccipital sur laquelle vient s'articuler le centre
de la première vertèbre libre, dite parfois pseudatlas, présente le plus souvent
une cupule concave plus ou moins régulièrement circulaire. Parfois cependant
comme chez certains Syngnathiformes la face articulaire osseuse est convexe
ou hémisphérique. Indépendamment du fait que la région occipitale du
neurocrâne dans son ensemble s édifie à partir de mésomésenchyme corres¬
pondant à plusieurs segments, trois probablement chez les Téléostéens,
de véritables éléments vertébraux sont parfois si étroitement associés au
basioccipital qu’ils paraissent en faire partie intégrante. Chez Heterotis
niloticus une vertèbre à peu près complète, comprenant un centre sur lequel
s'articule une paire de côtes et un arc neural, est ankylosée au basioccipital.
Au stade de 33 mm, on distingue encore facilement les noyaux cartilagineux
des deux basidorsaux et des deux basiventraux entourés de tissu osseux
(Daget et d’Aubenton, 1957). Chez les Elopidae et les Albulidae il existe
aussi un centre vertébral plus ou moins soudé au basioccipital proprement
dit (Rtdewood, 1904). Le joint cranio-vertébral morphologique et fonc¬
tionnel se trouve alors, non pas entre le basioccipital et le centre vertébral
qui lui est ankylosé, mais entre ce dernier et la vertèbre suivante.
L’occipital latéral apparaît au niveau de la pila occipitalis sous forme
d'une lamelle périchondrale à la fois sur la face externe et sur la face interne
du cartilage. L’ossification s'étend ensuite plus ou moins vers l avant suivant
le degré de développement des os de la région otique et vers 1 arrière de
façon intramembraneuse jusqu'à entourer le ou les nerfs occipitaux. C’est
ainsi que chez Salmo l'occipital latéral présente trois foramen, un pour le
nerf glossopharyngien, un pour le nerf vague et un pour le nerf occipital
auquel correspondent trois racines ventrales. Les occipitaux latéraux
d'Ameiurus nebulosus, de Syngnatlius fuscus et de Gadus merlangus sont
également percés d'un foramen pour le nerf occipital, mais chez Gadus mer-
longus, par suite de l'extension prise par l'intercalaire, l’occipital latéral
ne limite que partiellement le foramen vagum. Chez Gasterostcus aculeatus
Source : MNHN, Paris
il existe un foramen pour un premier nerf occipital et sur le bord postérieur
de l'occipital latéral une échancrure pour le passage d'un second nerf ;
cette échancrure peut se fermer et constituer un second foramen chez les
adultes (Swinnerton, 1902). L’occipital latéral d 'Helerotis niloticus est
aussi percé de deux foramen pour deux nerfs occipitaux mais au stade
de 33 mm, ces deux nerfs passent encore dans une échancrure du bord pos-
fk
j. 33. — Nourocrâno do Phractolaemus amorgii, vue ventrale en haut et vue postérieure
on bas (d’après TETS van den APDENAERDE, 1981) ; bo, basioccipital ; co. côtes cépb»'
liques occipitales ; cl, ethinoïde latéral ; cm, othmoïde médian ; eo, épiotique ; fr, frontal,
i. intercalaire ; ol, occipital latéral ; pa, pariétal ; pl, pleurosphénoïdc ; po, prootique.
ps, parasphénoïde ; pt, ptérotique ; so, supraoccipitul ; sp, sphénotique ; vo, voffler-
térieur de l’os ; l’arc neural de la vertèbre incorporée au basioccipital présente
également un foramen pour le nerf spinal qui lui correspond (I)aget e
d’Aubenton, 1957).
Fréquemment les occipitaux latéraux forment de chaque côté du foramen
magnum une apophyse articulaire sur laquelle vient reposer la prézyg 3 '
pophyse de la première vertèbre libre. Chez les Moridae l’occipital latera
est percé d’une fontanelle obturée par une membrane sur laquelle s’applig 06
un diverticule de la vessie gazeuse (Svetovidov, 1937). Enfin chez Pliï aC '
tolaemus ansorgii, une paire de côtes céphaliques s’insère sur les occipitaux
latéraux (Thys van den Audenaerde, 1961).
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 255
Le supraoccipilal apparaît sous forme d’une lamelle périchondrale
à la fois sur la face dorsale et sur la face ventrale de la partie antérieure du
Icclum synolicum et de l'extrémité postérieure de la taenia técti mediatis
lorsque celle-ci existe et est soudée au tectum synolicum. Cette position
très avancée du centre d’ossification explique que bien souvent le supra-
occipital n'atteigne pas le bord du foramen magnum , soit que les occipitaux
latéraux ou même les épiotiques l'en séparent soit que le tectum posterius
reste en partie cartilagineux. Le supraoccipital s'étend en outre de façon
intramembraneuse dans le septe médian qui sépare les masses musculaires
droite et gauche. Cette dernière extension de Los constitue la crista media
qui peut être très haute comme dans le genre Tilapia ou prolongée vers
l’arrière en une pointe falciforme comme dans le genre Cithurinus.
Chez certains Téléostéens, la partie dorsale du supraoccipital est incor¬
porée dans le revêtement dermique de la voûte crânienne, entre les pariétaux
ou les extrascapulaires comme chez Dactylopterus militons et Ctenopomu
kingsleyae ou entre les dermoptérotiques comme chez les Siluroidei. Le
supraoccipital présente alors dorsalement le même aspect que les os der¬
miques qui lui sont adjacents. Chez les Clariidae notamment le supraoccipital
très grand et perforé d'une petite fontanelle médiane, possède la même orne¬
mentation superficielle granuleuse que les autres os de la voûte crânienne.
On peut dans ce dernier cas suspecter la présence d'un composant dermique
qui serait soudé au supraoccipital proprement dit. Mais jusqu'à présent,
aucun fait embryologique n'a été fourni à l'appui de l’existence d’un dermo-
supraoccipital chez certains Téléostéens.
Par contre la présence du supraoccipital est assez caractéristique. Cet
os est apparu dans des lignées holostéennes comme celles des Aspidorhyn-
ehidac et des Pliolidophoridae ; comme la position avancée de son centre
d'ossification le faisait déjà prévoir, il ne semble pas provenir de la partie
dorsale de l'arc occipital bien ossifiée chez les Actinoptérygiens primitifs,
mais plutôt de la région otique. L'absence de supraoccipital chez les Nemich-
ihyoidci (Trewavas, 1952-1955) et les Saccopharyngiformes (Tchernavin,
1958) est certainement due à une régression secondaire. Monognathus possède
un supraoccipital (Bertin, 1956).
II. — Dermocrâne
Ne seront inclus ici dans le dermocrâne que les os de recouvrement
externes du neurocrâne à l’exclusion des os de membrane de la cavité buccale
et pharyngienne et de ceux de la série operculaire qui sont associés au splanch-
nocrâne et seront traités en même temps que ce dernier. L'interprétation
du dermocrâne repose en grande partie sur deux faits dont l'importance
et la généralité ont été longtemps méconnues : l'activité ostéogène des
«euromastes et la nature mixte à deux composants de certains os à canaux.
Le tracé des canaux sensoriels, le nombre et la position des neuromastes
ainsi que leur mode d'innervation constituent les éléments de base sur
lesquels reposent toutes les identifications d'os à canaux. La distinction
Source : MNHN, Paris
J. b A
dans la genèse de certains de ces os d'un composant profond, susceptible
de s'autonomiser et de se transformer en os de membrane, pur, permet de
mieux comprendre l'origine et l'évolution des os dermiques du crâne des
Téléostéens qui ne sont pas des os à canaux.
A. Neuromastiîs et canaux sensoriels
Les neuromastes sont les terminaisons sensorielles périphériques du
système latéral. Provenant de la couche profonde de l'épithélium, ils se
composent d'un groupe de cellules sensorielles ciliées, entourées de cellules
de soutien. Les neuromastes des Téléostéens peuvent rester dans la position
superficielle qui était la leur au moment de leur différenciation, ou s'enfoncer
ultérieurement dans de légères dépressions dites fossettes sensorielles ou
pit-organs, ou encore s'invaginer profondément pour se trouver finalement
inclus dans de véritables canaux. Comme on le verra ce dernier cas est
de loin le plus intéressant au point de vue de l'ostéogenèse.
Dans le mode d'invagination le plus simple et qui paraît être également
le plus primitif, l’épithélium commence par se déprimer au niveau de chaque
ncuroniaste, puis forme une gouttière dont les bords ne tardent pas à se
rejoindre. L'organe sensoriel se trouve alors inclus dans une courte portion
de canal s'ouvrant à chaque extrémité par un demi-pore primaire. Cette
portion de canal continue à s'enfoncer dans le chorion tandis que les demi'
pores terminaux se fusionnent avec ceux des portions de canal contigu®®
pour constituer les pores primaires. Au terme de ces processus il s’est formé
un canal continu s’ouvrant à l’extérieur par des tubules correspondant
aux pores primaires et situés entre deux neuromastes successifs. Un tabule
peut s’ouvrir extérieurement par un pore simple, cas le plus fréquent, ou
se ramifier et s'ouvrir par un certain nombre de petits pores secondaires
comme chez certains Clupeidaé Les tubules peuvent encore être dilates
en ampoules comme chez Confier (Ai.lis, 1 DOD) et certains s’allongent parfois
obliquement dans l'épaisseur du derme au point qu'on pourrait les prendre
pour de véritables canaux s’ils n'étaient toujours dépourvus de neuro¬
mastes
Le mode de développement des canaux décrit précédemment est quelque¬
fois abrégé en ce sens que les dépressions apparues au niveau des organes
sensoriels confluent en une gouttière unique qui se ferme ensuite pour consti¬
tuer le canal. Il n'y a plus alors fusion de deux demi-pores primaires, niais
d'emblée formation d'un pore primaire. Ceci se produit notamment lorsq ue
les neuromastes sont très rapprochés les uns des autres. Ces deux variantes
se rencontrent chez Salmo indeus par exemple dont les canaux se formen
en principe selon le premier mode sauf la partie infraorbitaire qui se dévelopP e
selon le mode abrégé (Devillers, 1917). Chez Salmo fario, la cavité de la
gouttière entre les neuromastes apparaît en coupe transversale coinm e
un lin pertuis creusé dans une épaisse quille épithéliale ; parfois ce pert ulS
même n existe plus et la lumière du canal doit alors se former secondair®-
ment Ceci se produit d'une façon particulièrement nette dans le cas a
canal préoperculo-mandibulaire de Phoxinus laçais qui résulte effectivemen
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÊOSTÉENS 257
du creusement d'une crête apparue pleine sur la face profonde de l’épi¬
thélium (Lekander, 1949). Chez Notopterus les neuromastes par exception
ne se développent pas en surface ; ils apparaissent d emblée au-dessous
des assises épithéliales superficielles de sorte qu'il n'y a plus ni invagination
ni formation de pores. Les canaux qui renferment ces neuromastes sont
en outre très larges, formant de véritables sinus sans communication avec
l'extérieur (Omarkhan, 1949). Il en est de même chez les Mormyroidei.
L'invagination des neuromastes et la formation des canaux ne s'effec¬
tuent pas simultanément en tous les points de la région céphalique ; chez
certaines espèces ces phénomènes morphogénétiques sont par ailleurs telle¬
ment ralentis qu'ils ne s'achèvent guère avant la maturité sexuelle. Des
diilérences considérables existent à ce point de vue parmi les Téléostéens
et il est nécessaire de donner quelques chiffres pour fixer les idées étant
donné que l’activité ostéogénétique des neuromastes ne se manifeste qu'après
leur invagination.
Tous les canaux se forment au stade de 9 mm chez Cycloplerus, la plupart
à 10 mm chez Labrus, à 14 mm chez Bolhus, à 17 mm chez Trachurus, avant
24 mm chez Coltus et avant 29 mm chez Perça. Dans tous les groupes aux¬
quels appartiennent ces genres, c’est la partie antérieure du canal préo-
pcrculaire qui se forme d’abord ; simultanément ou un peu plus lard appa¬
raissent le canal mandibulaire et des portions du canal supraorbitaire.
Le canal infraorbitaire se développe plus tardivement en débutant par la
région antorbitaire.
Les processus se déroulent en principe dans le même ordre chez tous
les Cyprinidac mais avec des délais particulièrement longs et bien souvent
différentes portions de canal ne se fusionnent pas entre elles. Chez Alburnus,
la formation des canaux débute vers 20 mm et s'achève à 42 mm. Chez
Leuciscus elle débute également vers 20 mm mais le canal préoperculo-
mandibulaire reste composé de trois portions qui ne se raccordent pas entre
elles : une sur le dentaire, une sur l angulairc et une sur le préopercule ;
au stade de 44 mm la portion médiane est encore à l'état de gouttière non
fermée. Chez Nemachilus le canal infraorbitaire commence à s'invaginer
dans la région nasale vers 20 mm et à 33 mm il est déjà complètement formé ;
mais les autres canaux ne se développent qu'à 47 mm soit quatre à cinq mois
plus tard que le premier. Chez Tinca et Phoxinus l’invagination débute
vers 40 à 50 mm, et ne s’achève qu'à la maturité sexuelle en ce qui concerne
Phoxinus ; en outre le canal mandibulaire apparaît avant le préoperculaire.
Dans le canal supraorbitaire, la partie frontale se forme la première, puis
la partie antérieure ou nasale et enfin la partie postérieure ou pariétale.
Le canal infraorbitaire se développe en dernier et beaucoup plus tard que
les autres, en débutant par la partie antorbitaire, celle correspondant au
premier suborbitaire étant la dernière à se former. Enfin chez Phoxinus
les différents segments de canal ne se soudent pas entre eux et restent indé¬
pendants même à l’état adulte. Tout se passe comme si les processus nor¬
maux de développement des canaux s’étaient arrêtés avant le stade de
fusion des portions élémentaires de canal (Lekander, 1949). Des arrêts
de développement encore plus précoces et plus importants se seraient d’ail-
Source : MNHN, Paris
leurs produits chez bien d'autres Téléostéens. Chez Balrachus tau, seules
certaines portions de canaux s'invaginent et sont séparées chez l'adulte
par des lignes d'organes sensoriels restés superficiels (Ci.app, 1899). Chez
Exocodus volitans le canal infraorhitaire a disparu (Tretyakov, 1938)
et chez Cromcria nilotica le canal préoperculo-mandibulaire (d’Aubenton,
1900). Enfin chez Cobitis tamia et Corydoras il ne subsiste plus aucune
trace de canal sensoriel céphalique.
Le système de canaux sensoriels des Actinoptérygiens primitifs paraît
avoir été dans l’ensemble mieux développé et plus profondément situe
que celui des Téléostéens modernes. 11 y aurait donc eu, au cours de l'évolu¬
tion, régression générale du système avec tendance au remplacement de
certains canaux ou portions de canaux par des lignes de fossettes ou même
d'organes superficiels. Il résulte de ce qui a été exposé plus haut que cette
régression peut être interprétée comme résultant d'un ralentissement ou
d'un arrêt complet à un certain stade des processus normaux dinvagina-
tion. La position superficielle des organes sensoriels est en fait un caractère
embryonnaire qui persiste à l'état adulte dans certaines lignées spécialisées
de Téléostéens. On en verra plus loin les répercussions sur le développe -
ment des os dermiques à canaux.
Dans l'ensemble, le tracé topographique des canaux céphaliques pré¬
senté une constance remarquable. Il existe trois canaux principaux, I e
supraorbitaire, l'infraorbitaire et le préoperculo-mandibulaire réunis p ar
deux commissures, ethmoïdienne et supratemporale. Le canal supraorbitaire
débute vers l avant dans la région nasale et son tracé est médian par rapport
aux narines et aux yeux. Les ncuromastes qui se trouvent sur son parcours
sont innervés par le Ramus ophthalmims superficialis du nerf facial. Excep'
tionnellemenL le premier neuromaste peut être innervé par le Ramus buccale
comme chez Scomber scomber (Allis, 1903) et il n'est pas impossible q ue
le dernier soit parfois innervé par le Ramus oticus (Lekander, 1919). I jCS
deux canaux supraorbitaires restent séparés l'un de l’autre vers l avant
et ne s’anastomosent pas avec les canaux infraorbitaires, sauf chez les Angud -
liformes oü ils s unissent à la commissure ethmoïdienne (Alus, 1903)-
Par contre il existe souvent au niveau de la partie postérieure de l’œil un
pseudocommissure supraorbitaire, dépourvue de ncuromastes et constitue®
seulement de deux tubules dirigés l'un vers l'autre ; ces deux tubules p® u "
vent même se fusionner et possèdent alors un pore médian commun, connue
chez Dadylopterus volitans (Ai.us, 1909), Plolosus anguillaris (LekandEU-
1949), Clenopoma kingsleyae (Dagkt, 1958), etc...
En général, l'extrémité postérieure du canal supraorbitaire se j ette
dans le canal infraorbitaire en arrière de 1 œil. Cette anastomose ne se ren'
contre cependant pas chez tous les Téléostéens ; elle manque par exeinp*^
chez Cromeria nilotica (d'Aubenton, 1900) et chez les Cyprin°M e ~
(Lekander, 1919). Chez ces derniers, et il en est de même chez les
coidei, le canal supraorbitaire se prolonge plus ou moins loin vers l’arrie
et souvent jusqu'à la commissure supratemporale à laquelle il ne se réun
cependant pas. La partie la plus postérieure du canal correspond al®
à la ligne de fossettes pariétale dite antérieure, dont la présence est d’aill cU
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÊLÉOSTÈENS 259
très constante chez les Téléostéens. Les neuromastes de la ligne de fossettes
antérieure font donc partie de la même série que ceux du canal supraorbi-
taire, mais ils ont perdu leur pouvoir d'invagination sauf dans le groupe
des Cyprinoidei et des Characoidei. Une disposition particulière a été signalée
chez Blennius. Les deux canaux supraorbitaires s unissent en un seul canal
médio-dorsal, puis, reprenant leur individualité, vont se jeter dans les
canaux infraorbitaires tandis que le canal impair médian se prolonge vers
1 arrière jusqu à la commissure supratemporale (Chabanaud, 1942).
Pig. 34. — Canaux sensoriels céphaliques (pointillés) avec leurs pores (en blanc), leurs ncuro-
inastcs (en noir) et l’innervation de ceux-ci chez Heterotix nilolicus au stade de 33 min
(d’après Dauet et d’Aubenton, 11)57) ; cio, canal infraorbitairc ; cpm, canal préoperculo-
mandibnlaire ; cso, canal suprrorbitaire ; est, commissure supratemporale ; rb, Jlamux
buccal ix ; rmd. Hamux mandibularix ; ros, Hamux ophthalmicux superficialis ; VII, nerf
facial ; IX, nerf glossopharyiiKien ; X, nerf vague.
Le canal infraorbitaire débute aussi dans la région nasale ; il passe au-
dessous des narines et de l'œil, remonte derrière celui-ci puis se raccorde
avec la ligne latérale du corps. D'après le mode d'innervation on y distingue
trois portions : la portion circumorbitaire, à laquelle il faut rattacher la
commissure ethmoïdienne lorsqu'elle existe, et dont les neuromastes sont
innervés par le Bannis buccalis du facial ; la portion otique innervée par
le Ramus olicus du facial et la portion postotique, avec la commissure supra¬
temporale, dont l'innervation est assurée par les Bannis supralemporalis
du glossopharyngien et du vague. Les extrémités antérieures des canaux
•nfraorbitaires ne sont réunies par une véritable commissure ethmoïdienne
'lue chez les Téléostéens les plus primitifs, tels que les Elopidac et certains
Clupeidae comme Clupea pilchardus dont la commissure renferme trois
neuromastes (Wohlfart, 1957). Les Anguilliformes possèdent eux aussi
une commissure ethmoïdienne mais d’un type assez particulier et dans
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t>. XXXI 17
Source : MNHN, Paris
laquelle se jettent les canaux supraorbilaires comme il a etc dit plus haut :
celle de Conger renferme deux neuromastes innervés par le Hamas buccalis
(Aixis, 1903). Assez souvent on rencontre à la place de la commissure ethmoï-
dienne une simple ligne de fossettes dite rostrale. C'est par exemple le cas
chez Salmo (Devii.i.krs, 1947), fou x (Pehhson, 1914), Gi/mnarchus
(Pehrson, 1945), etc... L'anastomose entre le canal supraorbitaire et le
canal infraorbitaire se situe généralement entre les portions circumorbitaire
et otique. La commissure supra temporale manque régulièrement chez
les Siluroidei.
Le canal préoperculo-mandibulairc débute plus ou moins près de la
symphyse mandibulaire, suit la mâchoire inférieure et le préopercule, ses
neuromastes étant innervés par le Humus mandibularis exlernus issu du
Truncus hyoideomandibularis. Lorsque son extrémité supérieure se raccorde
avec le canal infraorbitaire, l'anastomose se situe en principe entre les por¬
tions otique et postotique.
B. Composants memurano et neukouermiques
L’étude embryologique du développement des os à canaux a montre
que l’on pouvait distinguer, dans de nombreux cas, deux composants :
l'un qui apparaît le premier en position profonde et sous forme d'une lamelle
osseuse sera appelé membranodermique ( composant mcmbrano,
Devillebs, 1947) ; l'autre qui apparaît en principe plus tard et Loujours
au-dessus du précédent, sous forme d’une gouttière ou d'un tube osseux
entourant le canal, sera appelé neurodermique (= composant dcrmo,
Devillebs, 1947). Les deux composants restent rarement séparés ; ü s
se soudent en général de façon plus ou moins précoce et souvent meme
sont fusionnés dès leur apparition. L'un des deux peut également manquer.
Tous les cas intermédiaires se rencontrent d'ailleurs avec passage graduel
du type à un composant au type à deux composants.
Le frontal de Salmo trutta fournit un bon exemple d'os à canal à deux
composants soudés ab initio et dont l'ossification est étroitement associée
aux neuromastes. La première ébauche se compose d'un ensemble de blas-
lèmcs juxtaépithéliaux, formés au-dessous de certains neuromastes du
futur canal supraorbitaire non encore invaginés, comme si les neuromastes
avaient agrégé des ostéoblastes à leur niveau. Chaque blastème s'enfonce
ensuite dans le conjonctif jusqu’à venir au contact de la taenia marginalt s
du neurocrâne. Les processus d'ossification du membrandermique débute»
alors et s'étendent de façon continue d’un blastème à l'autre en procéda»
de l'arrière vers l'avant. En même temps les neuromastes s'invagine”
et des ostéoblastes se groupent de chaque côté de la gouttière sensorielle
pour former deux lamelles osseuses. Celles-ci, qui correspondent au neufO'
dermique, sont soudées par leur base ail membranodermique. Plus tar
les deux bords supérieurs des lamelles s'accolent l'un à l'autre et ferine»^
ainsi la gouttière osseuse. Autour de la partie antérieure du canal, qui cS t
relativement éloignée du membranodermique, les deux lamelles se soude»
en outre l’une à l’autre au-dessous du canal et l’entourent ainsi d'un l 11 ”
Source : MNHN, Paris
Pig. 35. — A gauche, do haut ou bas, trois stades do la formation «les blastèmes du frontal
de Salmo trutta (d'après Dnvir.r.Kns. 1017) : I, le blastème est encore en position super¬
ficielle, juste sous l’épiderme ; 2, lo blastème qui formera le inembranodcrmiquc s'est
enfoncé jusqu'au cartilage du nourocrâne ; 3, lo ueuromaste s'invagine, entouré par le
blastème du neurodermiquo tandis qu'au-dessous le blastème du membranodermique
Au contre, de haut eu bas, trois stades du développement d’un iufraorbilairc île
Salmo irideus (d'après Devim.kiis, 1917) ; 1, le blastème, situé sous le ueuromaste encore
superficiel, commcnco à s’ossifier; 2, lo ueuromaste s'invagine et la lamelle osseuse se
déprime on gouttière ; 3, lo canal sensoriel est invaginé et une aile latérale pousse sur
l'os tubulaire.
Adroite, de hauten bas, cinq stades du développement du frontal île Phoxinua phoxinua
(d’après Lbkander. 1919) ; 1, le membranodermique est ossifié et le blastème (lu neuro-
dormiquo apparaît sous le neuromiste encore superficiel ; 2, le neurodermique commence
è s'ossifier; 3, le neuromiste est invaginé et le neurodermique déprimé en gouttière;
4, le neurodermiquo est tub îlairo et oncoro distinct du membranodermique ; 5, le nouro-
dormiquo s’est soudé au membranodermique.
bl, blastème ; en, csrtilago du neurocrâne ; mil, membranodermique ; n, ueuromaste ;
nd, neurodermique.
Source : MNHN, Paris
osseux complet. C.e tube esL rattaché au mcmbranodermiqüÈ par un pédicule
osseux qui se raccourcit peu à peu vers l'arrière (IJevillers, 1917). Sans
être jamais complètement indépendants les deux composants du frontal
de Satmo huila sont cependant facilement identifiables, surtout vers l'avant.
Chez Pilori nus phoxinus, la première ébauche du frontal est une lamelle
osseuse apparaissant dans le tissu conjonctif au-dessous du quatrième neuro-
rnaste supraorbitaire. D'autres lamelles osseuses analogues apparaissent
au niveau des autres neuromastes et se fusionnent à la première pour former
le membranodermique. Celui-ci est déjà bien développé au stade de 9,4 mm,
mais sans être passé par un stade blastème et sans relation aussi étroite
avec les neuromastes que dans le cas de Salmo huila. Heaucoup plus tard,
de petits rudiments osseux en gouttière apparaissent sous les organes sen¬
soriels encore superficiels et indépendamment du membranodermique
sous-jacent. Lorsque les neuromastes s’invaginent et que le canal se forme,
les éléments en gouttière deviennent autant de portions de tube osseux
qui représentent le neurodermique et qui se soudent ensuite au membrano¬
dermique pour former le frontal définitif (Lekander, 1919). Dans ce cas
les deux composants se sont développés de façon totalement indépendante
et leur soudure n’intervient que tardivement.
La fusion des deux composants peut d'ailleurs ne pas se produire. Chez
Ncmuchilus barbalulu, le membranodermique se développe à partir d'un
blastème en relation avec les neuromastes. Heaucoup plus lard, quatre
ou cinq tubes osseux indépendants, formés chacun au niveau d'un neuro-
maste mais qui ne se soudent ni entre eux ni au membranodermique, consti¬
tuent le neurodermique. Le frontal comprend donc finalement un os de
membrane surmonté de quatre ou cinq tubes osseux (Lekander, 19-19).
Il semble qu'en règle générale les deux composants restent distincts lorsque
l'épiderme est épais et se fusionnent lorsque l'épiderme est mince.
Cependant tous les os à canaux ne se. développent pas suivant le mode
à deux composants. Le nasal par exemple, aussi bien chez Salmo que chez
les Cyprinidae apparaît toujours sous la forme d'un tube osseux entourant
le canal supraorbitaire : des faces latérales du tube poussent secondaire¬
ment des expansions aliformes qui donnent à l'os son extension définitive.
Le nasal ne comprend donc que le seul composant neurodermique. Enhn
si l’on considère la série des os infraorbilaires de Salmo, en partant du pl uS
antérieur on passe progressivement d'un mode de développement à deux
composants typique à un mode de développement tubulaire sans qu'une
nette démarcation puisse être, tracée entre ces deux modes aux premiers
stades (Devillers, 1947).
Les composants neurodermiques, qui passent toujours par un stade
tubulaire, se moulent de toute évidence sur les canaux sensoriels vis-à-vi»
desquels ils jouent un rôle de protection. Leur existence est donc subor¬
donnée à celle d'un canal. Kn cll'ot chez les Téléosléens dont certains canaux
sensoriels manquent, les composants neurodermiques font également défaut-
Particulièrement démonstratifs à cet égard sont les cas de Cobitis tara
qui n'a plus aucun canal (Lekander, 1949) et de Cromeria nilotica q ul
n'a plus de canal prcoperculo-mandibulaire (d'Auiienton, 1960). Chez
Source : MNHN, Paris
CRANE
DES TÉLÉOSTÉENS 263
Salmo la condition nécessaire et suffisante pour induire l’ostéogenèse d'un
neurodermique est l’existence simultanée d'un neuromaste et d'un processus
d'invagination. Les organes sensoriels de fossettes, homologues des neuro-
mastes de canaux mais ayant perdu leur pouvoir d invagination, ne déclen¬
chent aucune ostéogenèse à leur niveau ; mais greffés sous la peau, c'est-à-
dire invaginés artificiellement, ils induisent des ossifications homologues
des neurodermiques. Greffe de la même façon, un fragment d'épithélium
banal, dépourvu de neuromaste, ne déclenche aucune ostéogenèse à son
contact. Enfin une greffe sous-épithéliale de neuromaste dans l'espace
interorbitaire s’entoure d'un neurodermique, ce qui montre qu'un organe
sensoriel peut induire une ossification en n’importe quel point de la tète
et pas seulement dans le domaine des canaux (Devillers, 1917). Mais la
liaison entre neuromaste et ostéogenèse du neurodermique n'est pas chez
tous les Téléostéens aussi nette que chez Sulmo, sans que l'on puisse pour
autant douter de son caractère général et fondamental. A noter que l'inva¬
gination n'est pas non plus toujours nécessaire ; lorsqu'elle est très tardive,
comme chez les Cyprinidac, les neuromastes encore superficiels déclenchent
parfois la formation des neurodermiques.
Les composants membranodermiques se distinguent des neurodermiques
à plusieurs points de vue. Tout d'abord en ce qui concerne le mode de déve¬
loppement, ils apparaissent toujours plus profondément et plus précoce¬
ment ; ils forment en outre une lamelle osseuse plane qui s’étend largement
en surface pour assurer le recouvrement du neurocrâne, au lieu de se déprimer
en gouttière et de constituer un tube ; enfin le rôle inducteur des neuro¬
mastes est moins général et moins évident dans la genèse des membrano¬
dermiques que dans celle des neurodermiques. Chez Salmo l'expérimentation
a montré que la localisation des ostéoblastes responsables de l'édification
d'un membranodermique est sous la dépendance de certains neuromastes
superficiels ; mais ce pouvoir d'attraction n'appartient qu'à des neuro¬
mastes qui s'invagineront par la suite et pas à tous (Devillers, 1947).
Chez aucun Téléostéen les organes sensoriels du canal mandibulaire qui
induisent la formation des neurodermiques dits spléniaux ne semblent
jouer le moindre rôle dans la genèse du dentaire ni dans celle de l'angulaire.
11 en est de même des organes supraorbitaires dans la genèse du membrano¬
dermique frontal de Phoxinus phoximis ; et pourtant, dans ce dernier cas,
malgré l'absence de liaison ontogénétique entre neuromastes et ébauches
osseuses, la localisation des centres d ossification est exactement la même
que si les organes sensoriels avaient eu un effet inducteur.
Pour interpréter la complexité des faits embryologiques observés chez
les Téléostéens, l'hypothèse la plus simple que l’on puisse proposer est
la suivante. A l'origine la formation des os à canaux devait être entière¬
ment sous la dépendance des neuromastes et s’effectuer à partir d’un blas¬
tème unique. Au cours de l'évolution, par suite de la tendance des neuro¬
mastes à s'invaginer de moins en moins profondément ou de plus en plus
tardivement et de la tendance de l'eclomésenchymc à former par délamina¬
tion des couches superposées de cellules à potentialité squelettogène, le
blastème primitivement unique se serait progressivement scindé en deux.
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
264
L'évolution se poursuivant, le membranodermique provenant de la partie
la plus profonde du blastème se serait dégagé de 1 influence inductrice du
neuromaste pour arriver à une autonomisation totale. Au terme de cette
évolution le membranodermique pourrait se développer même en l'absence
de neuromaste et de neurodermique. Rien ne le distinguerait plus alors d'un
os de membrane pur. Ceci se serait produit par exemple dans le cas de l’antor-
bitaire, du frontal et du préopercule de Phoxinus phoxinus ou dans le cas
du préopercule de Cromeria niloticu. Un processus évolutif identique a
déjà été évoqué plus haut à propos du supraethmoïde.
l iei. 30. — Durmncrânc do Cromeria nilolica (d’après d’Aubenton, 1061) ; les os do recouvre¬
ment des mâchoires n’ont pu» été représentés, contour du neurocr&ne on pointillé; an,
ndnasal, os do membrane pur ; ao, antorbitalro avec ncurodormiquo soudé au membrano-
dormique ; dpt, deimoptérotique avec ncurodormiquo soudé au mombranodoimique ;
dsp, dermosphénotique, réduit il un ncurodormiquo ; ex, extrascapulaircs réduits h des
neurodermiques ; fr. frontal avec neurodermique partiellement soudé au mcinbruno-
dormiquo ; io, infraorbitaircs réduits h des neurodermiquos ; n. nasal réduit h un neuro-
dormiquo ; po, postorbitaire réduit il un ncurodormiquo ; pop, préopercule réduit h un
membranodermique ; so, suproorbitaire, os de membrane pur.
Allant plus loin, on s'est demandé si les os de recouvrement sans liaison
avec les canaux sensoriels ne pourraient pas provenir d'amas de mésen¬
chyme bourgeonnés par des blastèmes de membranodermiques (Jarvik,
1948). Une telle hypothèse, qui paraît purement spéculative en ce qui concerne
les Téléostéens, aurait 1 intérêt et aussi l inconvénicnt de ramener la genèse
de tous les éléments du dermocrûne à une même catégorie de processus
ostéogénétiques primitivement induits par les neuromastes. Rien ne prouve
qu'une telle unité ait jamais existé chez les ancêtres des Téléostéens.
En principe, le long d'un canal sensoriel, il devrait apparaître autant
d ébauches osseuses qu'il existe de neuromastes dans le dit canal. Mais
certains organes restent inactifs et chez les Téléostéens le nombre de ceux
qui participent réellement à r ostéogenèse est très variable d'une espèce à
l’autre. De plus les soudures d’ébauches osseuses entre elles ne se font pa®-
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
205
à l’intérieur des territoires correspondant aux différents os adultes, avec
une régularité absolue. Chez Stilmn par exemple le même os ne renferme
pas toujours le même nombre d'organes sensoriels dans les divers spécimens
examinés ni, dans un exemplaire donné, des deux côtés de la tête (Devillers,
19 ' 17 ).
Les limites des os à canaux ne sont donc pas rigoureusement fixées et
les ébauches qui participent à leur formation n'ont pas, au départ, de déter¬
mination stricte ; telle qui chez un individu se soudera au deuxième élément
de la série infraorbitaire pourra se souder au troisième chez un autre indi¬
vidu. Ainsi s'expliquent les variations d’extension d’un même os observées
chez différents spécimens d'une même espèce et aussi l'occurrence d’os
supplémentaires dans une série lorsque, par suite d’une cause accidentelle,
une ébauche, osseuse reste indépendante ou qu'un neuromaste surnuméraire
se forme. La recherche détaillée des homologies entre les divers éléments
qui apparaissent le long d'un canal n'a donc ni utilité ni sens : ce sont les
séries entières correspondant à un canal ou à une portion de canal qu'il
convient de comparer d'un Téléostéen à un autre.
Pour des raisons d'ordre pratique évidentes il est convenu de donner
un nom particulier à tout élément osseux du crâne adulte qui présente
une certaine forme, une certaine étendue et certains rapports avec les autres
structures crâniennes. Or, en ce qui concerne les os à canaux, ces dénomi¬
nations s appliquent aux os définitifs qu'ils soient à un ou deux compo-
et que ceux-ci proviennent d'un seul ou de plusieurs éléments. Par exemple
l’os à canal appelé dermoptérotique chez les Cyprinul.e est à deux compo¬
sants ; le neurodermique comprend lui-même trois éléments tubulaires
qui se soudent au membranodermique, ce dernier étant d'ailleurs soudé
à l'autoplérotique Chez Nemachilus barbalüla, par suite d'une régression
secondaire, le membranodermique a disparu et les trois éléments tubulaires
du neurodermiques ne se soudent plus entre eux ni à l'autoptérotique sous-
jacent. 11 est certain que ces trois portions de tube osseux chez Nemachilus
sont homologues, dans leur ensemble, du neurodermique ptérotique des
autres Cypnmdac ; il est commode de leur appliquer globalement le nom
de dermoptérotique ; mais dire que ce dermoptérotique de Nemachilus,
composé de trois ossifications distinctes, est homologue du dermoptérotique
des autres Téléostécns n’aurait aucun sens.
C. SÉRIE SUPRAOHBITAIRE OU NASO-FRONTALE
Le long du canal supraorbitaire des Téléostéens on trouve deux os bien
individualisés qui sont nommés de 1 avant vers l'arrière nasal et frontal.
Chez Amcturus nebulosus, au stade de b2 mm, le nasal a été décrit comme
un simple tube osseux entourant 1 extrémité antérieure du canal supraor¬
bitaire et 1 aspect définitif lamellaire de 1 os adulte résulterait de 1 ossifi¬
cation d'une partie du tissu conjonctif au-dessous du neurodermique propre¬
ment dit (Kindked, 1919). Bien qu aucun détail ne soil donné sur le mode
de développement de cette ossification, I.kkander (1919) estime que le
nasal d Ameiurus est à deux composants, comme aussi celui de Clarias.
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J. DAGET
2G fi
Quoiqu'il en soit, chez la plupart des Téléostéens, il est certain que le nasal
ne comporte pas de membranodermique. Chez Heterotis niloticus dont le
nasal à l'état adulte est particulièrement large et renferme deux neuro-
mastes, le neurodermique apparaît au-dessous des organes sensoriels comme
une lamelle osseuse qui se déprime en gouttière puis se referme en tube
autour du canal lorsque celui-ci est complètement invaginé ; ultérieurement
des expansions osseuses aliformes poussent de chaque côté du tube (Daget
et d’Aubenton, 1957). Le nasal ne comprend également qu’un neuroder¬
mique chez Salmo (Devillebs, 1917), les Homalopler'dac (KamaswaMù
1918), les Cyprin due (Lekandeb, 1919). Il est très faiblement dévelopP c
chez Cromeria niloticn, où il est réduit à un court tube osseux au niveau
de l'unique neuromastc (d'Aubenton, 19(11) et chez Nemachilus barbatuM
où il se compose de deux portions de tube osseux contenant chacune un
ncuromaste (Lekandeb, 1949). Aucun nasal ne se forme chez Cobitis n*
chez Corydoras qui sont dépourvus de canal sensoriel.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 2(17
Les nasaux s'étendent parfois très largement en avant des frontaux
et se rejoignent sur la ligne médio-dorsale en recouvrant complètement
la région ethmoïdienne du neurocrâne comme chez Helerotis niloticus (Daget
et d'Aubenton, 1957), Ctenopoma kingsleyae (Daget, 1958), etc... Chez
Dactylopierus volilans les deux nasaux sont de plus soudés en un os unique
(Allis, 1909). Mais chez la plupart des Téléostéens ils sont séparés l'un de
l'autre par l’ethmoïde médian ou plus précisément le supraethmoïde, comme
chez Clariallabes petricola (Greenwood, 1956).
Le frontal est l’un des os les plus constants du dermocràne des Téléos¬
téens. Il existe même dans les groupes où l'ossification a atteint un degré
de régression extrême comme les Saccopharyngiformes et les Monogna-
thidae. Dans l'architecture crânienne, les frontaux jouent en effet un rôle
essentiel, non seulement en recouvrant et en protégeant la voûte du neuro¬
crâne qui reste cartilagineuse ou le plus souvent membraneuse à leur niveau,
mais aussi en assurant une liaison rigide entre la région ethmoïdienne et
la région otique. Généralement les deux frontaux sont jointifs sur la ligne
médio-dorsale. Parfois subsiste entre eux un espace correspondant aux
fontanelles de la voûte crânienne comme chez certains Situroidei ou Chara-
coidei ; les deux frontaux restent cependant solidaires l’un de l'autre soit
qu'ils se louchent sur une partie de leur longueur soit qu'une liaison osseuse
rigide s'établisse entre eux au-dessus du pont épiphysaire du chondrocrâne.
Chez Cromeria nilulica cependant les deux frontaux sont largement séparés
l’un de l'autre sur toute leur longueur ; ils ne recouvrent plus la voûte crâ¬
nienne constituée par une simple membrane mais ils assurent malgré tout
la rigidité de l'ensemble du crâne et jouent le même rôle que les taenia margi-
nalis du chondrocrâne embryonnaire en réunissant dorso-latéralement
les régions otique et ethmoïdienne (d'Aubenton, 1961).
Bien que le frontal d'Heterotis niloticus paraisse se développer exactement
de la même façon que le nasal, c'est-à-dire à partir d'un seul composant
(Daget et d’Aubenton, 1957), il n’en demeure pas moins que le frontal
des Téléostéens est en général à deux composants. Ces deux composants
sont fusionnés ab initia chez Salmo (Devillers, 1917), mais bien distincts
chez les Cypnnidac (Lekandeh, 1919), Esox lucius (Pehrson, 1911), Amciu-
rus nebulosus (Kindred, 1919), Cyclopterus lumpus (Uhlmann, 1921). etc...
Comme il a été dit plus haut ,on observe chez les Cyprinidac tous les stades
de 1 autonomisation du membranodermique qui finit par se développer
comme un os de membrane pur, en position profonde presque au contact
des cartilages crâniens, et sans passer par un stade de blastème juxla-épi-
thélial. Ceci explique qu'un frontal d'extension normale, mais ne comprenant
évidemment pas de neurodermique, existe chez les formes dépourvues de
canal supraorbitairc comme Cob.t s ou Corydoras.
Dans certains genres de Cypnnidac tels que Leuciscus, Alburnus, Abramis
et Tmca, le dernier élément osseux de la série supraorbitairc, qui se forme
en relation avec le neuromasle le plus postérieur, se soude non pas au membra¬
nodermique frontal mais au pariétal. Ceci se produit aussi vraisemblablement
chez certains Characoidei, du fait que le canal supraorbitaire se prolonge
vers l'arrière bien au-delà du territoire normalement recouvert par le frontal.
Source : MNHN, Paris
Il serait peut-être logique d'inclure le pariétal dans la série supraorbitaire
d'autant plus que chez les Aclinoptérygiens primitifs et dans le genre Leplo-
lepis, proche des Téléostéens, le canal supraorbitaire se terminait effecti¬
vement dans le pariétal, sans anastomose avec le canal infraorbitaire. Mais
la phylogenèse du pariétal est complexe ; chez les Téléostéens on désigne
sous ce nom un os de membrane pur sur lequel se soudent le plus souvent
les extrascapulaires développés le long de la commissure supratemporale.
Le problème du pariétal sera donc examiné plus loin dans le cadre de la
série infraorbitaire.
Les deux os de la série supraorbitaire ont donc évolué chez les Téléos¬
téens de façon assez diilérente. Le nasal, dont le rôle de recouvrement est
plus ou moins réduit, possède rarement deux composants ; il a tendance
à ne pas dépasser le stade tubulaire et par conséquent disparait lorsque
le canal ne s invaginé plus. Au contraire le frontal, dont le rôle de recouvre¬
ment est primordial dans 1 architecture crânienne, possède en général deux
composants ; le membranodermique tend à devenir indépendant des neuro-
masles et peut ainsi subsister sans modification morphologique appré¬
ciable lorsque le neurodermique régresse et disparaît.
D. SÉRIE INFRAORBITAIRE
Les os qui se développent le long du canal infraorbitaire en avant du
ptérotique constituent une série restreinte que l'on peut qualifier de circum-
orbitaire. Les os y sont généralement désignés par un numéro d’ordre
en commençant par 1 extrémité antérieure. Il est parfois plus commode
pour indiquer la position relative de ces os par rapport à l’œil d'appeler
le premier anLorbilaire, les suivants suborbitaires et postorbitaires, étant
bien entendu que 1 emploi des ces dénominations n implique aucune homo¬
logie. Le dernier os de la série circumorbitaire joue souvent un rôle parti¬
culier et mérite d’être appelé dennosphénotique.
Une commissure ethmoidienne invaginée en canal est exceptionnelle
chez les Téléostéens qui ne possèdent pas, comme certains Actinoptérygien®
primitifs, d os à canal rosirai. Les organes sensoriels situés entre les extre-
mités antérieures des deux canaux infraorbitaires restent en principe super¬
ficiels et constituent la ligne de fossettes rostrale. Chez Anguilla vulytU' 1 ^'
la commissure elhmoïdienne soude un tube osseux à la surface de I ossifi¬
cation elhmoïdienne enchondrale (Dkviu.krs, 1958) ce qui implique 1 exis¬
tence d un neurodermique rosirai soudé à 1 elhmoïde médian. Par confie
chez Clupea pilchardus toute activité ostéogène a été déniée au neuromaste
situé dans la commissure elhmoïdienne çWohlfariit, 19.,7). Chez tous les
autres Téléostéens, aucun neurodermique ne se développe à ce niveau m a,s
il est probable que le supraethmoïde est un ancien inembranodermitI uC
autonomisé et conservé après la régression du neurodermique correspondan •
L antorbilaire est à deux composants chez Sulmu çIIevillers, l y l 'j
et chez les Cijpr,n,due çLekandku, 1919). Comme dans le cas du froiitu
ces deux composants peuvent être soudés a b m, Lu ou ne se fusionner qu uU e '
rieurement. Dans le genre Bhauania, de la famille des HomulopleriddC’
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
269
le neurodermique reste indépendant du membranoderinique (Ramaswami,
1948). Comme celui du frontal, le membranodermique de l'antorbitaire
des Téléostéens a tendance à s autonomiser et chez Cobitis il continue à
apparaître malgré la disparition du canal infraorbitaire. Par contre chez
Salmo et chez les Cyprinidae tous les autres os de la série circumorbitaire,
qui se développent selon le mode tubulaire et plus tardivement que le premier,
ne comportent qu'un neurodermique. Ils ont disparu chez Cobitis. Chez
Cromeria nüolica, il est évident d après les ligures publiées que l'antor-
bitaire se compose d'un court neurodermique tubulaire soudé sur un membra¬
nodermique qui s’étend assez loin vers l avant alors que les autres os de
la série circumorbitaire sont tubulaires donc réduits à des neurodermiques.
(d’Aubenton, 1961). 11 en est probablement de même chez la majorité
des Téléostéens dont la joue est rarement recouverte dans sa totalité par
les os à canaux circumorbitaires. Si le premier os de cette série a évolué
de la même façon que le frontal, les suivants ont évolué comme le nasal.
Chez certains Téléostéens, notamment les Cyprinidae, le dernier os de
la série circumorbitaire avant le ptérotique ne diffère en rien de ceux qui
le précèdent sinon qu’il est en général moins développé. Chez d’autres par
contre il renferme 1 anastomose entre les canaux infraorbitaire et supraor-
bitaire ; en outre s’appuyant sur l’apophyse postorbitaire de l’autosphéno-
tique et s'intercalant entre le frontal et le ptérotique, il participe au revê¬
tement dermique de la voûte crânienne. Lorsque le dernier os de la série
circumorbitaire présente ces particularités morphologiques il mérite d être
appelé dermosphénotique, bien qu il soit rarement soudé à l’autosphéno-
tique sous jacent. Chez Ameiurus nebulosus cependant au stade de 20 mm
le canal infraorbitaire dans la région du sphénotique est entouré d ostéo¬
blastes et le neurodermique ainsi formé se soude immédiatement à l'ossifi¬
cation périchondrale qui se trouve juste au-dessous; à '.,2 mm les deux
composants du sphénotique sont déjà intimement fusionnés (Kindred,
1919). Un dermosphénotique soudé au neurocràne a été signalé également
chez Dactyloplerus volitans (Allis, 1909). 11 en est probablement de même
chez tous les Siluroidci qui ont un sphénotique traversé par le canal infra¬
orbitaire et dont la surface présente tous les caractères d’un os dermique.
Cependant ces critères morphologiques sont insuffisants pour définir
et caractériser dans tous les cas le dermosphénotique. Le dernier os de la
série circumorbitaire présente en eflet une grande variabilité même entre
formes étroitement apparentées. Dans la famille des Citharinidae par exemple,
a côté de formes relativement primitives comme Xenocharax spilurus dont
le sixième os circumorbitaire occupe juste la région de 1 anastomose entre
les canaux infraorbitaire et supraorbitaire, on trouve des formes spécialisées
comme Cilhandium ansorgli et Distichodus brevipinnis ; chez la première
le sixième os est réduit au point de se trouver entièrement en avant de
l’anastomose ; chez la seconde il est hypertrophié au point d'englober aussi
l'anastomose entre les canaux infraorbitaire et préoperculo-mandibulaire,
Qui se situe habituellement au niveau du ptérotique (Daget, 1959-1960-
1962). On notera enfin que le dernier neuromaste circumorbitaire est en
général innervé par un rameau nerveux détaché directement du ganglion
Source : MNHN, Paris
270
facial, à la base du Ram un olicus, alors que les autres neuromastes de la
série sont innervés par des rameaux issus du Ramus buccalis. Mais pour
la définition du dermosphénotique, rien ne prouve que ce critère ait une
valeur vraiment générale. D’ailleurs puisque l’emploi d'un nom donné pour
les os à canaux n'inplique aucune homologie stricte mais seulement une
Pi o. 38. — Os dermiques des séries supraorbitai"e ot infraorbitaire. en vue latérale,
Xenocharax apilurus on haut, Distichodus brevipinnia en bas h droite ot C'itharidiv , "
anaorgii en bas à gauche (d'après Daoet, 1050, 1000, 1002) ; noter chez ces trois forme 8
apparentées les différences de développement des os ayant le même numéro d’ordre
dans la série infraorbitaire, notamment du sixième dit dermosphénotique ; an, adnas» 1 >
dpt, dermoptérotiquo î dsp, dermosphénotique ; ex, extrascapulaires ; fr, frontal ; n '
nasal ; so, supraorbitaire ; I à 0, os de la série Infraorbitaire.
identité de position dans la série à laquelle ces os appartiennent, on convien¬
dra simplement d'appeler dermosphénotique le dernier os circumorbita ire
avant le ptérotique.
La série circumorbitaire des Pleuronectiformes présente d'intéressantes
variations liées à la dissymétrie du crâne. Chez les Pleuronedoidei et l e ^
Soleoidei les antorbitaires sont reconnissables encore que très souven
le zénithal seul subsiste. Les dermosphénotiques sont parfois conserves,
Source : MNHN, Paris
mais les ossifications intermédiaires n’existent que chez les Pleuronectoidei
où elles sont peu développées mais nombreuses. Chez les Psellodoidei on
trouve une série complète du côté zénithal. Psettodes belcheri par exemple
possède un antorbitaire suivi de deux ou trois os tubulaires et d'un petit
dermosphénotique mobile attaché au bord orbitaire du frontal zénithal.
Du côté nadiral par contre il ne reste que l'antorbitaire et le dermosphé¬
notique hypertrophié, enfoncé en profondeur et relié à l'autosphénotique,
au frontal nadiral et au plcurosphénoïde nadiral. Ce dermosphénotique
particulier dit azygoste caractérise les Psellodoidei et constitue dans ce
groupe l'élément essentiel du septe pseudomésal (Chabanaud, 1936).
Chez la plupart des Téléostéens, à l'autoptérotique est associé un os
dermique dit dermoptérotique traversé par la section otique du canal infra-
orbitaire. En principe c'est au niveau de cet os que le canal préoperculaire
rejoint le canal infraorbitaire. Chez Salmo le membranodermique ptéro¬
tique se développe à partir de. blastèmes formés en relation avec quatre
neuromastes ; les trois premiers sont innervés par le Ramus oticus du facial
et le quatrième, situé en arrière du débouché du canal préoperculaire, est
innervé par le Ramus supratemporalis du vague (Devillers, 1917). Le
membranodermique ptérotique de Salmo relève donc de l'activité induc¬
trice des neuromastes de la portion otique du canal infraorbitaire et d'un
neuromaste de la portion postotique. Chez Esox lucius, le membranoder¬
mique se développe d'une façon analogue ; l'ébauche osseuse s'étend vers
l'arrière jusque sous un neuromaste postotique, innervé par le Ramus supra-
temporalis du glossopharyngien, mais qui ne forme pas de blastème. 11 en
est de même chez Gymnarchus ni loti eus (Perhson, 1911). Dans tous ces
cas un neurodermique se soude ultérieurement au membranodermique lui-
même très tôt fusionné avec rautoptérotique. Chez les Cyprinidae, le mem¬
branodermique se forme indépendamment des neuromastes : son ébauche
est bien distincte de l'autoptérotique comme chez Phoxinus ou au contraire
soudée a b initia avec le neurocrâne comme chez Lcuciscus. Trois éléments
neurodermiques viennent ensuite se souder au membranodermique. Chez
Nemachilus le membranodermique a secondairement disparu mais le neuro¬
dermique n’est pas modifié et il se compose comme chez les autres Cypri¬
nidae de trois portions de tube osseux contenant chacune un neuromaste
et qui ne se soudent ni entre elles ni à l'ossilication périchondrale sous-
jacente. A noter que chez tous ces Cyprinidae l'ébauche la plus postérieure
du neurodermique plérotique est induite par un neuromaste innervé par
le glossopharyngien, donc appartenant à la portion postotique du canal
infraorbitaire. Cobilis n'a pas de dermoptérotique (Lekander, 1919).
A la portion postotique du canal infraorbitaire et à la commissure supra-
temporale sont associés des os à canaux dits extrascapulaires. Il peut n'en
exister qu'un seul de chaque côté, comme chez Clenopoma kingslcyae (Daget,
1958), mais s'il en existe plusieurs on appelle extrascapulaire latéral le
plus externe et exlrascapulaires médians les autres. Les extrascapulaires
médians se touchent sur la ligne médio-dorsale comme chez Daclylopterus
nolitans (Alus, 1909) ou sont séparés médianement par le supraoccipital
comme chez Brycon meeki (Weitzman, 1962). Chez les Siluroidei, qui n'ont
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
pas de commissure supra temporale, les extrascapulaires manquent. Le canal
infraorbitaire passe alors directement du dermoptérotique au posttem-
poral. Le cas de Phraclolaemus ansorgii, dont la commissure supratemporale
passe d'un extrascapulaire médian à l’autre en traversant l'ossification
supraoccipitale (Thys van den Audenaekde, 1961), semble unique chez
les Téléostéens et ne peut-être interprété sans étude embryologique préalable.
11 pourrait en elïet s'agir d'un élément neurodermique tubulaire soude
au neurocrâne ou d'une portion de canal entourée passivement par l'ossi¬
fication supraoccipitale.
Km. 30. — Vue dorsale <lu dormocrâne de Ctenopoma kingaleyae h gauche (d’après D* 0 ® 1 ’
1958) et de Bryoon meeki il droite (d'après WBITSSMAN, 1902); le crâne de Cletu>l>‘" n ' %
est du type latéropariétal ; chez Brycon les pariétaux sont soudés aux cxtrascapulairc
médians ou ont disparu ; dpt, dermnptérotique ; cm, ethmoldo médis il ; ex. extrascap' 1 "
Ipire ; exl, extrascap daire latéral ; exm, extrascapulaire médian ; fr, frontal ; pa, parié** 1 •
pt, posttcmporal ; soc. supraoccipital.
Chez les Actinoptérygiens primitifs le pariétal était un os dermiqu®
situé en arriére du frontal, médianement au dermoptérotique et en avant
des extrascapulaires, lîien que l'on connaisse des cas de pariétal impa* r
comme chez Sinamia et de pariétal pair dédoublé comme chez BrookvaU a >
l'os était en règle générale unique et pair ; les deux éléments symétriques
se joignaient sur la ligne médiane, le dermocrâne étant alors dit du type
médiopariétal. Il est possible que le pariétal ait été à l'origine un os à cana*
et qu'il se soit développé de la même façon que le frontal. Mais par suite
de la régression de la partie postérieure du canal supraorbitaire et de sa
transformation en ligne de fossettes antérieure dénuée de pouvoir ostéogène.
le pariétal est devenu chez les formes évoluées et notamment les Télcosléens
Source : MNHN, Paris
CUANE DES TÉLÉOSTÉENS
273
un os de membrane pur. Il se développe sans aucune relation avec les neuro-
mastes des canaux sensoriels, ce qui le distingue nettement des extrasca¬
pulaires qui. eux, sont des os à canaux se développant selon le mode tubu¬
laire c'est-à-dire ne comprenant qu'un seul composant.
Les Salmowdar du groupe des Coregonus ont un dermocrâne médio-
pariétal ; un extrascapulaire médian est situé en arrière du pariétal et un
extrascapulaire latéral en arrière du dermoptérotique. Chez Salmo, les
pariétaux sont plus réduits ; ils ne se joignent plus sur la ligne médiane
étant séparés l'un de lautre par le supraoccipital. Le dermocrâne est alors
dit du type latéropariétal. L'embryologie a permis de vérifier que le pariétal
de Salmo est bien un os de membrane totalement indépendant des canaux
sensoriels alors que lextrascapulaire unique se développe selon le mode
tubulaire. En outre, il y aurait eu extension secondaire du pariétal vers
l'arriére, car il est croisé superficiellement par l extrascapulaire, les deux
os 11 e se soudant pas (Devillers, 1917). Un dermocrâne latéropariétal
typique se rencontre également chez Ctenopoma kingslcyac (Daget, 1958)
et Dadyloptcnis oolitans ( Ai.i.is, 1909).
Chez Cromeria nilotica, les extrascapulaires médian et latéral sont de
simples tubes osseux et le pariétal est soit très réduit (Swinnerton, 1903)
soit totalement absent (d'Aubenton, 1961), le dermocrâne étant alors du
type apariétal. Chez les Téléostéens le pariétal est en effet un os en régression,
remplacement laissé libre par sa disparition pouvant être occupé par une
extension caudale secondaire du frontal ou une extension vers 1 avant de
l extrascapulaire médian. Dans certains cas cependant la disparition du
pariétal n'est qu apparente. C'est ainsi que chez la majorité des Cyprinidae
les extrascapulaires médians, réduits à des tubes osseux, se soudent à l'ex¬
trémité postérieure des pariétaux (Lekander, 1919) ; l'os définitif devra
être appelé pariéto-extrascapulairc. En elTet, si l'ensemble est comparable
aux os à canaux à deux composants, il s'agit en fait de la fusion de deux
éléments du dermocrâne primitivement distincts : un pariétal qui joue
le rôle de membranodermique et un extrascapulaire qui joue le rôle de
neurodermique. Une fusion analogue se produit vraisemblablement chez
les Characoidci. Mais chez les Téléostéens qui 11 'ont pas de pariétal indivi¬
dualisé et en 1 absence de toute donnée embryologique, il est préférable
d'appeler extrascapulaire et non pariétal l'ossification traversée par la
commissure supratemporale. Il est en effet probable que dans beaucoup
de cas le pariétal a réellement disparu.
E. Série phéopercu lo-man d i nu la i re
Le préopercule est un os à canal très constant chez les Téléostéens.
Il ne manque que dans certains groupes à crâne faiblement ossifié comme
les Saccopharyngiformes. Typiquement il recouvre le bord postérieur de
l'hyomandibulaire, le symplectique lorsqu'il en existe un, et le bord inférieur
du carré jusqu'à l'articulation de la mâchoire inférieure. Chez les Siluroidei
qui n'ont pas de symplectique, le preopercule a en quelque sorte, pris la
Source : MNHN, Paris
.1. DA
place de cet os : il s'esl enfoncé et s’est ankylosé avec l'hyomandibulairc
dans sa partie dorsale et avec le carré dans sa partie ventrale.
La branche montante du préopercule de beaucoup de Téléostéens atteint
le dermoptérotique ou presque. Parfois cependant elle se termine bien
au-dessous et on trouve alors le long du canal sensoriel une ossification
indépendante située au dessus du préopercule proprement dit et appelée
pour cette raison suprapréopercule. Dans la famille des Snlmon due, un
suprapréopercule existe chez Salmo mais manque chez Coregonus et Slenodus.
Cctlus et Anguilla en possèdent un. ('.liez Chanos c'est une ossification élargie
qui recouvre toute la partie antéro-supérieure de l'opercule (Ridewood.
1904). Beaucoup de Characoidei et de Si lu roi de i possèdent également un
suprapréopercule. Chez CHharinus c'est un simple tube osseux assez long
qui croise le coin antéro-supérieur de 1 opercule mais sans se souder à cet
os (Daget, 1962). Chez Am vu rus ncbulosus il existe deux petits tubes osseux
entre le préopercule et le dermoptérotique (Kindred, 1919). Chez les Clariidae
on observe tous les intermédiaires entre un simple tube osseux comme
chez Channullabes et une large ossification ( dermosphénotique aucl.) qui
s'étend jusqu'au postorbilaire comme chez Hetcrobrunchus (David, 19- 5)-
En ce qui concerne le mode de développement, le préopercule de Salmo
est à deux composants. Le membranodermique est l’une des premières
ossifications à apparaître puisque son ébauche existe déjà chez l’alevin à
l’éclosion. Mais les relations entre celte ébauche et les neuromastes manquent
de netteté; on observe en effet la poussée d'un blastème juxta-épilhclial
à partir d'un centre formateur, puis l'enfoncement des ostéoblastes exacte¬
ment comme dans le cas de l'opercule qui est un os purement de membrane
et n’ayant jamais eu aucun rapport avec le système de canaux sensoriels.
Le ncurodermique apparaît ultérieurement et son développement progresse
vers le haut et vers le bas à partir d un unique centre initiateur situé dans
la région médiane où est apparu le membranodermique. Bien plus tardive¬
ment, au-dessus du préopercule dont les deux composants se sont soudes
très tôt, un neuromaslc édifie un morceau de tube osseux qui reste indé¬
pendant et constitue le suprapréopercule (Df.vili.ehs, 1947).
Le préopercule des Cyprinidac est également à deux composants ; l eS
neurodermiques peuvent être fusionnés ab initia avec le membranodermique
comme chez Leuciscus, ou en être séparés au début et se souder ultérieure¬
ment comme chez Phoxinus ou Tinta, ou rester toujours séparés connue
chez Ncmachilus. Chez Cobilis, en l'absence de canal, le préopercule est
réduit à un membranodermique autonomisé (Lekander, 1949). Il en est
de même chez Cromeria nilolicu (d'Aubfnton, 1961). Chez Alburnus et
Leuciscus il se forme en outre un élément ncurodermique au-dessus du
préopercule et cet élément se soude à l’opercule (Lkkandeh, 1949). Ccc>
montre que les éléments neurodermiques des Cyprinidae ont tendance a
se souder aux os sous-jacents quels qu'ils soient. Il en résulte des os coinp 0 '
sites dont les relations avec les canaux sensoriels sont secondaires et s!UlS
aucune signification phylogénétique ; le pariétal, auquel se soudent l cS
extrascapulaires et parfois le dernier neurodermique supraorbitaire, eI *
est un autre exemple.
Source : MNHN, Paris
Le préopcrcule des Téléostéens se développe aussi dans certains cas
selon le mode tubulaire et par conséquent à partir d’un seul composant ;
il semble bien en être ainsi chez Distichodus brevipinnis (Daget, 1959).
La partie antérieure du canal dite mandibulaire est toujours associée,
aussi bien chez les Actinoptérygiens primitifs que chez les Téléostéens,
à deux os dermiques qui recouvrent latéralement le cartilage de Meckel,
le dentaire et l'angulaire. Mais chez les Téléostéens les neuromastes cor¬
respondants n'édifient jamais que des éléments tubulaires auxquels on
donne le nom de spléniaux alors que le dentaire et l'angulaire se dévelop¬
pent très tôt au cours de l’embryogenèse comme des os de membrane purs.
Chez Salmo, certains Cyprinidae comme Leuciscus et Phoxinus et probable¬
ment la grande majorité des Téléostéens, les spléniaux se soudent aux os
sous-jacents de façon à constituer un dento-splénial et un angulo-splénial.
Chez Tinca, les spléniaux restent indépendants. Nemachilus possède un
splénial indépendant au niveau de l'angulaire et aucun splénial au niveau
du dentaire (Lekander, 1949). Nannocharax montre un cas analogue de
régression des éléments antérieurs de la série spléniale, seul 1 angulaire
étant traversé par le canal (Daget, 1961). Cobitis et Cromeria, dont le canal
a complètement disparu, n'ont pas de spléniaux mais seulement un angulaire
et un dentaire.
Le fait que les spléniaux soient toujours réduits à des neurodermiques
et qu'ils se soudent en règle générale au dentaire et à l'angulaire, conduit
à supposer que ces deux derniers os sont d'anciens membranodermiques
autonomisés chez les Téléostéens. Ce qui a été exposé précédemment sur
l'évolution des os à canaux rend cette hypothèse tout à fait plausible. L’auto¬
nomisation complète du dentaire et de l'angulaire, sans tendance à régresser,
pourrait être liée au rôle particulier que jouent ces deux os à canaux dans
le dermocrâne. Ils recouvrent et protègent le cartilage de Meckel toujours
faiblement ossifié chez les Téléostéens et participent aux processus d'ouver¬
ture ou de fermeture de la bouche et de préhension de la nourriture. Le
dentaire doit de plus son nom au fait qu’il porte les dents de la mâchoire
inférieure.
Les angulaires et surtout les dentaires des Téléostéens présentent de
nombreuses particularités morphologiques en relation avec la dentition
ou le mode d’ouverture de la bouche. Par exemple chez les Cyprinidae à
bouche protractile, le dentaire dénué de dents porte une apophyse dorsale
ascendante ; lorsque la mâchoire inférieure est projetée vers le bas et poussée
en avant par la musculature, l’apophyse ascendante du dentaire se redresse
et, agissant comme une came, projette à son tour vers l'avant le maxillaire
et le prémaxillaire (Fiebigeu, 1931).
Le dentaire et l'angulaire sont généralement placés dans le prolonge¬
ment l'un de l'autre et rendus solidaires par une synarthrosc. Mais chez
certains Cilharinidae ils sont articulés par chevauchement latéral, l'angulaire
passant sous le dentaire et les faces des deux os en contact étant réunies
par du tissu fibreux. Déjà esquissé dans le genre Nannocharax, ce type
d’articulation est bien caractérisé surtout dans le genre Distichodus. Non
seulement le dentaire recouvre presque entièrement l’angulaire, mais les
Mémoires do Muséum. — Zoologie, t. XXXI 18
Source : MNHN, Paris
276 J. DAGET
deux os ont pivoté l'un par rapport à l’autre jusqu'à faire un angle de 15"
(Monod, 1950). Dans le mouvement de fermeture de la bouche, la mâchoire
inférieure agit comme un levier, le point d'appui étant l'articulation avec
le suspensorium, la puissance étant représentée par les muscles adducteurs
et la résistance par l'objet saisi entre les dents. On remarquera que l'arti¬
culation réalisée chez Distichodus tend à reporter le point d'application
de la puissance en arrière du point d'appui c'est-à-dire à transformer le
levier qui était du troisième genre en un levier du premier genre. Cette
mâchoire inférieure très spécialisée correspond vraisemblablement à une
adaptation au régime alimentaire des Distichodus qui coupent avec leurs
dents les tiges et les feuilles des végétaux supérieurs immergés (Dagkt,
1959).
à gauche, CiUiarinun dwlichodoidea, en liant A droite, l’arailwlichodun dimidialus, <■"
bas à gauche, Nannocharax fanciulnn et en bas à droite, /Jinlicliodus brevipinniu (d'aprfc
Dagkt, 1058-1959-1901-19112) ; elle/. Citharinun et Paradinliohodiu l'articulation doutai 1 ' 1 '
angulaire est normale, chez. Nannocharax et Dulichodiu elle est du type dit - par chevau¬
chement latéral » ; a, angulaire; c, carré; d, dentaire; ma, muscles adducteurs; r ' 1 ’
rétroarticulnire.
La façon dont les dentaires sont unis entre eux à la symphyse présente
aussi d’intéressantes variations. Le plus souvent les os droit et gauche sont
simplement en contact et unis par des ligaments, ce qui permet à la bouche
de s’élargir en s’ouvrant comme chez les formes carnassières qui ont à ingérer
des proies volumineuses ; l’articulation symphysaire est alors une syndes-
mosc. Des articulations beaucoup plus complexes ont été décrites chez
certains Characoidci : lelles sont les charnières « à tenons cannelés » des
A lestes, les charnières « verrouillées » des Hydrocyon cl les charnières « a
double pivot » des Hcpsclus (Monod, 1950). L'articulation symphysaire
est alors une diarthrosc. L’ne articulation ankylosée par engrènenicnt des
deux dentaires et dérivant secondairement d'une syndesmose a été signalée
chez les adultes de Distichodus breinpinnis (Dagkt, 1959). Enfin lorsque
les deux dentaires sont soudés, la symphyse est une synostose : la bouche
est alors indéformable dans le sens latéral.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
Quels que soient les rapports phylogénétiques qui aient pu exister entre
les formations dentaires et les os dermiques des Vertébrés primitifs, les
dents des Téléostéens sont des éléments osseux tout à fait indépendants,
en ce qui concerne leur ontogenèse, des os qui les supportent. Qu'elles pren¬
nent naissance en surface à partir d'une crête ou d'une aire dentaire, ou
en profondeur dans un alvéole dentaire, ces dents s’uniraient toujours à
l'os sous-jacent par des libres collagènes analogues aux fibres de Sharpey.
Lorsque ces fibres sont longues, elles restent souples et élastiques, la dent
mobile pouvant alors s'incliner dans un sens ou dans l’autre. Lorsque ces
Fig. U. — Cuupcs transversales du dentaire d’un Alcslejileueiacu» h gauche et d'un Hydrocyon
k droite, montrant les dents fonctionnelles implantées sur le dessus du dentaire et les
dents incluses non fonctionnelles dans des alvéoles à l'intérieur du dentaire ; noter le
socle dentaire en os spongieux chez Hydrocyon (d'après Mo.sou, 1050) ; d. dentaire :
df, dents fonctionnelles ; di, dents incluses ; sd, socle dentaire.
fibres sont courtes, elles peuvent se calcifier, la denL se soudant alors directe¬
ment à l'os, le plus souvent sur une petite éminence dite socle dentaire,
ou par l'intermédiaire d'une pièce osseuse, formée indépendamment de
l'os dentifère, mais de même nature que ce dernier. Enfin lorsque les dents
prennent naissance dans un alvéole, elles sont rattachées à la paroi alvéo¬
laire interne par des trabécules osseuses. On observe d'ailleurs tous les
intermédiaires entre ces divers types d'implantation et de liaison. Dans la
famille des Gadidae par exemple, Merluccius merluccius a des dents fixes
et des dents mobiles ; ces dernières ne sont munies d'un ligament que sur
leur bord interne, de sorte qu'elles peuvent basculer vers l'intérieur de la
bouche pour laisser rentrer les proies et reprennent ensuite leur position
Source : MNHN, Paris
initiale pour empêcher les proies de ressortir. Les dents de Gndus callurîas,
munies d’un ligament sur toute leur périphérie, sont moins mobiles. Quant
aux dents de Gadus aeglefinus, munies d'un épaulement annulaire qui
s’emboîte dans le socle, elles sont à peu près fixes (Tomes, 1899).
Chez certains Citharinidac comme Xcnocharax spilurus, les dents sont
implantées sur deux crêtes osseuses parallèles séparées par une dépression.
Chaque dent fonctionnelle peut être remplacée par une dent qui se développe
à sa base et du côté interne. Chez les Distichodus, dont la dentition est déjà
très spécialisée, la dépression s’est transformée en une profonde gouttière
et les dents ont glissé le long de la face interne des crêtes osseuses ; les dents
de remplacement de la série externe sont complètement à l'intérieur de
la gouttière, mais possèdent la même orientation que les dents fonctionnelles
(Daget, I960). Chez un Characidae comme Ilepsctus, il existe également
deux crêtes osseuses portant chacune une série de dents fonctionnelles,
mais les dents de remplacement sont couchées dans la gouttière médiane
et doivent subir une rotation de 90° pour se redresser et pouvoir devenir
fonctionnelles à leur tour. Quant aux Hydroctjon, ils n’ont plus qu'une
seule série de dents, celle de la crête externe. La gouttière est cloisonnée
et forme des alvéoles autour des dents de remplacement, mais celles-ci
ne peuvent plus venir relayer leurs homologues fonctionnelles bien qu'elles
aient exactement la même structure (Monod, 1950).
Les dentaires des Scaridae sont apparents et forment une sorte de bec
broyeur. Les dents se développent à l’intérieur d’un alvéole et viennent
ensuite percer à la surface des os qu'elles contribuent à renforcer. Chez
Pseudoscarus , la percée dentaire est acrodonte, c'est-à-dire qu elle s’effectue
à la crête de l'os alors que chez Saints la percée dentaire est pleurodonte
c'est-à-dire qu’elle s’effectue à la face externe de l'os. Dans les deux cas,
c’est l'usure de l’os denlifère qui rend fonctionnelles les générations suc¬
cessives de dents (Boas, 1879). Les Tetraodontiformes ont également des
dentaires apparents et des dents qui prennent naissance dans un alvéole.
Mais ces dents se soudent entre elles et au dentaire qui possède à la foi®
un bord tranchant et une surface broyeuse du côté interne.
F. Os DE MEMUHANE PUBS
Les os de membrane purs du derinocrâne sont des os sans relations
avec le système de canaux sensoriels et dans la genèse desquels les neuro-
inastes n’exercent aucune induction directe. Le déterminisme de la forma¬
tion des os de cette categorie est inconnu. Comme il n’y a en définitive
aucune différence d'ordre ontogénétique entre un os de membrane p» r
et un membranodermique autonomisé, on a émis l'hypothèse que les ° s
de membrane purs proviendraient d'anciens os à canaux à deux composants
dont le neurodermique aurait disparu soit que les neuromastes corres¬
pondants aient eux-mêmes disparu, soit qu’ils aient perdu leur pouvoir d in¬
vagination et leur activité ostéogène primitifs. On a vu qu'une telle inter¬
prétation paraissait pouvoir être acceptée dans certains cas et notamment
pour le pariétal.
Source : MNHN, Paris
279
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
En ce qui concerne l’origine du pariétal, d'autres hypothèses ont cepen¬
dant été proposées pour tenter d'expliquer à la fois la genèse de cet os et
sa tendance à régresser, tendance qui se manifeste non seulement chez
les Téléostéens mais aussi dans plusieurs lignées d’Aclinoptérygiens fossiles
moins évolués. La plus intéressante est la suivante : le blastème à partir
duquel se développe le pariétal proviendrait de la prolifération du blastème
ou des blastèmes qui édifient le membranodermique ptérotique. Le pariétal
dériverait alors indirectement de l’activité ostéogène des neuromastes
responsables de l'édification du dermoptérotique. A l'appui de cette hypo¬
thèse on a constaté chez Amin calva l'existence de traînées mésenchyma¬
teuses reliant les deux ébauches ptérotiques aux deux ébauches pariétales.
Ces traînées traduiraient une véritable migration d'ostéoblastes partant
des ébauches ptérotiques pour aller former les blastèmes pariétaux (Pehrson,
1910). Le point important à souligner c'est que les traînées en question
existent seulement dans l'espace compris entre les deux ébauches et non
sur tout le pourtour du pariétal comme cela devrait se produire si elles
représentaient des cheminements d'ostéoblastes venus de tout le mésen¬
chyme céphalique vers le centre d'attraction constitué par l'ébauche parié¬
tale (Devilleus, 1950). Par ailleurs l'hypothèse expliquerait de façon
satisfaisante l’évolution des pariétaux chez les Téléostéens dont le dermo-
crâne primitivement médiopariétal deviendrait latéropariétal puis apa-
riétal par réduction progressive du blastème bourgeonné. Il n'est pas douteux
que dans l'évolution du dermocràne les phénomènes de prolifération et
de fragmentation de blastèmes ont joué un rôle non négligeable. Les Télé¬
ostéens offrent plusieurs exemples d'os de membrane qui se sont réellement
fragmentés. Mais le fait que Ncmachilus barbalula, dont le membrano¬
dermique ptérotique a disparu, possède un pariétal (Lekander, 1949)
est nettement en défaveur d'une interprétation de ce genre pour le pariétal
des Téléostéens.
Le dentaire et l'angulaire pourraient également être considérés comme
des membranodermiques autonomisés, ainsi qu'il a été dit plus haut. Toute¬
fois ils présentent de si grandes analogies, au double point de vue du mode
de développement et du rôle fonctionnel, avec le prémaxillaire et le maxil¬
laire qu'il paraîtrait logique de leur attribuer la même origine et une évolu¬
tion comparable. Or le prémaxillaire et le maxillaire des Téléostéens ne
sont jamais associés, même secondairement, aux canaux sensoriels ; il est
vraisemblable qu'il en ait toujours été de même chez les formes ancestrales.
Un prémaxillaire, en tant qu’os indépendant, faisait défaut chez beau¬
coup d'Actinoptérygiens primitifs. Les maxillaires droit et gauche se rejoi¬
gnaient rostralcmcnt sur la ligne médiane comme chez Cornuboniscus,
ou se terminaient plus ou moins en retrait et le bord antérieur de la bouche
était formé par des os à canaux de la série infraorbilaire, notamment les
rostraux, portant ou non des dents. Chez Canobius elcgantulus, les dents
antérieures sont implantées sur les rostraux qui bordent la bouche en avant
des maxillaires ; mais chez Canobius ramsayi, les rostraux sont exclus de
la bordure buccale par un petit prémaxillaire impair coincé entre les extré¬
mités des deux maxillaires. Ceci suggère l'existence possible de deux petits
Source : MNHN, Paris
280
J. DAGET
composants prémaxillaires chez Canobius, composants qui auraient été
soudés aux rostraux dans le premier cas, individualisés et soudés entre
eux dans le second cas. Toujours est-il qu'un prémaxillaire pair, situé dans
Kio. 12. — Os dermiques îles mâchoires chez. Boreoaomus gillioli en haut (d'après LEHMA**’
1958), Coregonu* lovaretu* au milieu (d'après liKltii, 1 955) et Brycon meeki en bas (d ap
Whitzman. 1002). Horeommu* est un Actlnoptéryglen primitif li susponsorium tr
incliné et sans prémaxilluire ; Coregonu» et Brycon sont des Téléostéens li suspensoriun*
redressé, h maxillaire réduit accompagné d’un prémaxillaire ; Coregonu» possède en outre
nu Hupramaxillaire ; a. angulaire ; an, adnassl ; d. dentaire ; mx, maxillaire ; n, naso •
pinx, prémaxillaire ; pop, préoperculo ; ra, rétroarticulairo ; so. supraorbitairc i » m *'
siiprnniaxillnire ; s pop, siiprupréoperculc.
le prolongement du maxillaire et au-dessous des os à canaux existait déjà
chez Cheirolepis et devient général chez les Actinoptérygiens évolués et
notamment chez les Téléostéens. I,e prémaxillaire de ces derniers tend même
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 281
à devenir plus important que le maxillaire et à exclure ce dernier de la
bordure de la bouche comme cela se produit par exemple dans le groupe
des Siluroidei , dont le maxillaire est réduit au rôle de porte-barbillon.
Les prémaxillaires des Téléostéens présentent les mêmes modifications
relatives à l'implantation des dents que celles qui ont été signalées pré¬
cédemment à propos des dentaires. Ces os sont en effet directement opposés
les uns aux autres dans les mouvements d’ouverture et de fermeture des
mâchoires. Il existe cependant entre eux une différence importante à noter.
Alors que les dentaires sont solidaires du splanchnocrâne, étant étroite¬
ment liés au cartilage de Meckel, les prémaxillaires sont indépendants du
palato-carré ; ils sont immobiles et reliés directement au neurocrâne ou
mobiles, notamment lorsque la bouche est protractile, et leur liaison avec
le neurocrâne est alors plus ou moins lâche.
Les prémaxillaires possèdent souvent une apophyse ascendante qui
s'appuie sur la région etlimoïdienne du neurocrâne ou glisse le long de celle-ci
lorsque le prémaxillaire est mobile. Cette apophyse atteint son développe¬
ment maximum chez les Callionymoidei ; elle se loge dans une fosse profonde
limitée principalement par les ethmoïdes latéraux qui, dans ce groupe,
ont glissé secondairement en avant de lethmoïde médian. Chez Lophius
piscatorius et Batrachoides didadylm, dont la mâchoire supérieure est pro-
tractile, les prémaxillaires portent, articulé près de la symphyse, un élément
osseux indépendant. Cet élément a été considéré comme homologue de
l’apophyse ascendante que l’on rencontre au prémaxillaire de beaucoup
d’autres Téléostéens et dont l’individualisation aurait pu être provoquée
à l’origine, chez les Batraclwidoidd et les Lophiidae, par des phénomènes
d’ordre purement mécanique (Monod, 1960).
On a vu en outre que des éléments cartilagineux dits subprémaxillaires,
qui peuvent se réduire à un élément impair et s'ossifier, assurent parfois
la liaison entre les prémaxillaires et le neurocrâne. Cyprinus carpio par
exemple, dont la bouche est protractile, possède un petit os médian relié
d'une part à I'ethmoïde médian et d'autre part aux prémaxillaires par
des ligaments. Une liaison d'un type très particulier entre le prémaxillaire
et le neurocrâne se rencontre dans le genre Slylephorus. La mâchoire infé¬
rieure est très longue : lorsque les muscles dorsaux antérieurs se contractent,
le crâne se redresse, la mâchoire inférieure est poussée en avant et entraîne
dans son mouvement les prémaxillaires et les maxillaires qui ne sont alors
reliés au crâne que par un vaste repli membraneux (Regan, 1924).
Le maxillaire des Actinoptérygiens primitifs était caractérisé par la
présence d'une longue et haute plaque postorbitaire encastrée dans l'angle
formé par le préopercule qui avait la même inclinaison que l’hyomandi-
bulaire. Au cours de l'évolution le suspensorium s'est redressé et la partie
postorbitaire du maxillaire s'est progressivement réduite ; en outre il est
apparu à son emplacement une plaque osseuse indépendante dite supra-
maxillaire. Des supramaxillaires existent encore chez les Téléostéens les
moins spécialisés. Les Clupcidne , les Albulidae , les Elopidae en possèdent
un ou deux. Salmo, Esox et Sphymrm en ont un. Un supramaxillaire existe
également chez les Psettodoidci alors qu'il fait défaut chez les Plnirnnrrlnidei
Source : MNHN, Paris
282
.1. DAGET
plus évolués. Parmi les Perciformes, ce sont de même les formes les moins
spécialisées qui en possèdent un. On notera à ce sujet que l'angulaire des
Actinoptérygiens primitifs était souvent accompagné lui aussi d’un supra-
angulaire, mais cet élément osseux n’a jamais été signalé chez les Télé-
ostéens.
L'ensemble prémaxillaire-maxillaire présente de nombreuses variations
dans les lignées spécialisées de Téléostéens. Chez les Giganturiformes, les
prémaxillaires sont absents ou soudés aux maxillaires qui forment à eux
Fig. 43. — Os dermiques des mâchoires chez Slylephorua rhorilutuH on haut, on position
d'ouverture à gauche et de fermeture â droite (d'après Bkoan, 1(121); appareil prj 1 "
dessus ii gauche (d’après Fibbigek. 1031); a. angulaire; d, dentaire; mx, maxillaire:
pmx, prémaxillaire ; ra, rétroarticulaire ; sprnx. subpréinaxillairc.
seuls la bordure buccale supérieure (Regan, 1925). Chez les Stomiatoide[
les prémaxillaircs peuvent être soudés ou non aux maxillaires et ceux-ci
soudés ou non à la région ethmoïdienne du crâne (Beebk et Chane, 1939).
Chez Anguilla vulgaris, les maxillaires sont parmi les premiers os à appU"
raître puisqu'ils sont présents et portent des dents dès le stade de 5 n> n1 -
Les prémaxillaires par contre, qui sont fusionnés et situés sur la face dorsale
du cartilage ethmoïdien, n’apparaissent que beaucoup plus lard au stade
de 78 mm (Norman, 1926). Comme chez tous les Anguilliformes ils se sou¬
dent au cours de la métamorphose avec le neurocrâne et le vomer pour
former un complexe prémaxillo-ethmo-vomérien. Chez les Opisthoproclidac,
les prémaxillaires et aussi parfois les maxillaires disparaissent (Chapman,
Source : MNHM, Paris
CRANE DES
TÉI.ÉOSTÉENS 283
1942). Monognathus et probablement aussi tous les Saccopharyngiformes
ont perdu maxillaires et prémaxillaires.
Une curieuse atrophie progressive de l'armature buccale a été décrite
au cours de la métamorphose que subissent les mâles de Ceratioidei. Les
dents disparaissent, les prémaxillaires se résorbent totalement ou presque
et dans certains cas les maxillaires sont aussi partiellement réduits. En même
temps, par concrescence d épines cutanées, se développent de nouvelles
pièces osseuses impaires aux extrémités des mâchoires. Ainsi se forment
un denticulaire supérieur et un denticulaire inférieur (Bertelsen, 1951).
11 convient d’ajouter que le denticulaire supérieur entre en relation avec
le ptérygophore et les muscles de l'illidum, dispositif anatomique absent
chez les mâles mais développé de façon caractéristique chez les femelles
de ce sous-ordre.
Certains Téléostéens possèdent un os de membrane pur, dit supraorbi-
taire, le long du bord antéro-latérai du frontal - Cet os dermique existe chez
beaucoup de Clupeidae, les Elopidac, Salmo, Chanos, les Chararoidci, les
Cyprinoidei , etc... Un peu plus en avant, entre le nasal et le premier os
de la série infraorbitaire se trouve souvent un autre os de membrane pur
qui sera appelé ici adnasal. On l'a signalé chez la plupart des Characoidci
à l’exception de quelques formes comme Iloplias malabaricus où il ne consti¬
tue pas une ossification distincte (Weitzman, 1962). Chez Cromeria nilolica,
de même que le supraorbitaire est accolé le long du membranodermique
frontal, l’adnasal est accolé au membranodermique du premier infraorbitaire
(d'Aubenton, 1961). Le quadrato-jugal était un os de recouvrement situé
chez les Actinoptérygiens primitifs entre le maxillaire et le préopercule,
près de l'articulation entre les deux mâchoires ; dans beaucoup de lignées
fossiles il a tendance à disparaître Cependant on en trouve encore trace
chez quelques Téléostéens. Chez Salmo par exemple le quadrato-jugal s'est
enfoncé en profondeur et son ébauche, apparue comme celle d'un os indé¬
pendant, se soude au carré dont elle forme à l'état adulte une apophyse
postérieure.
A côté des os de membrane purs signalés précédemment et qui existaient
chez les Actinoptérygiens primitifs, d'autres de formation plus récente
caractérisent certaines lignées téléostéennes. Le dermarticulaire appartient
à cette dernière catégorie. C'est un petit os dermique, sans rapport avec
le canal mandibulaire, et qui reste parfois indépendant à l'état adulte mais
se soude le plus souvent aux autres ossifications dermiques de la mâchoire
inférieure ou même envahit le cartilage de Meckel lorsque ï’autarticulaire
proprement dit a disparu. Un dermarticulaire a été décrit chez Phoxinus
plwxinus comme une ébauche distincte de l'ossification de l'angulaire et
de celle du rétroarticulaire (Lekander, 1949). Chez Salmo le dermarticulaire
apparaît également comme une ébauche indépendante, ventralement à
l'angulaire auquel elle se soude ultérieurement.
Enfin on connaît de petits os dermiques de remplissage, ou os ana-
mestiques au sens restreint du terme, qui se forment par exemple entre
deux os à canaux habituellement jointifs. Chez Üactyloplerus, un os dit
pontinal s’intercale entre la série infraorbitaire et le préopercule (Allis,
Source : MNHN, Paris
1909). Chez Stenodus, un petit os a été décrit sur la face externe de la man¬
dibule entre l'angulaire et le dentaire (Tchernavin, 1923). Chez Umbra,
il existe un petit os occupant une position analogue mais situé le long du
canal sensoriel mandibulaire alors que celui de Slerwdus est loin du canal
(Berg, 1955). Le déterminisme de la formation de ces os de remplissage
est inconnu.
III. — Splanchnocrâne
Le splanchnocrâne adulte comprend les éléments du splanchnocrâne
embryonnaire cartilagineux, décrits plus haut, qui s'ossifient plus ou moins
complètement et aussi un certain nombre d’ossifications qui rentrent dans
la catégorie des os de membrane. Les unes se développent dans la paroi
bucco-pharyngienne, les autres dans le repli operculaire et les replis de
la membrane branchiostège. Les os dermiques de cette seconde catégorie
sont étroitement associés à l'arc hyoïde ; ils forment une série qui sera
appelée ici série operculaire ; composée d'os mobiles sous l'action de muscles
particuliers, elle joue un rôle important dans le mécanisme des mouvements
auxquels 1 ensemble du splanchnocrâne se trouve soumis. Un exposé som¬
maire de ces mouvements constitue d'ailleurs une introduction indispensable
à l'étude morphologique du splanchnocrâne adulte des Téléostéens.
A. Mouvements du splanchnocrâne
Aussi variés que complexes, les plus importants d'entre eux sont l eS
mouvements de respiration et ceux de préhension puis de déglutition des
proies. Les premiers sont les plus simples. Le mécanisme respiratoire ne
fait guère intervenir en effet que les arcs viscéraux, dont la structure mor¬
phologique à l'état cartilagineux a déjà été décrite, et les os de la série oper¬
culaire.
Le cycle respiratoire des Téléostéens comprend deux temps. Dans le
premier temps, il y a dilatation des cavités branchiales et de la cavité bucco-
pharyngienne ; l'ensemble fonctionnant comme une pompe aspirante créé
une dépression donc un appel d'eau. Celle-ci rentre par la bouche qui s en-
trouve alors que les orifices operculaires sont hermétiquement clos p ar
le bord des membranes operculaires et branchiostèges soumises à la pression
extérieure. Ces membranes forment un véritable clapet s’appliquant sur
les rlithru et les hypcrclillira qui délimitent vers l’arrière les cavités bran¬
chiales. Dans le deuxième temps, il y a contraction des cavités branchiales
et de la cavité bucco-pharyngienne ; l'ensemble fonctionne alors comme
une pompe foulante ; les mâchoires étant fermées et l'orifice buccal clos
par des valvules internes membraneuses, l'eau ne peut s'échapper q 11 '*
par les orifices branchiaux. Ces deux mouvements inverses d inspiration
et d expiration sont synchronisés avec les pulsations cardiaques. Tout se
passe comme si l'afflux sanguin aux branchies déclenchait le mécanisme
de 1 inspiration ou, ce qui conduit au même résultat, comme si le mouve-
Source : MNHM, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
285
ment d'expiration déclenchait le mécanisme de la contraction cardiaque
(Willem, 1941).
La dilatation des cavités branchiales et bucco-pharyngienne est obtenue
par le jeu de la musculature abductrice des arcs branchiaux et de l’arc
hyoïde. Les segments ventraux des arcs sont redressés, ce qui a pour effet
d’ouvrir les V formés par les épibranchiaux et les cératobranchiaux dont
l’ensemble est en outre écarté du plan de symétrie du corps. Les os de la
série operculaire, qui se recouvrent partiellement comme les rayons d'un
éventail, sont également écartés les uns des autres par leurs propres muscles
abducteurs. Enfin le plafond buccal est soulevé par la contraction du muscle
élévateur du palato-carré et la mâchoire inférieure est tirée vers le bas et
vers l’arrière de façon à ouvrir la bouche. La contraction des mêmes cavités
est obtenue par le jeu antagoniste de la musculature adductrice. Les épi-
branchiaux et les cératobranchiaux sont alors rabattus les uns sur les autres
et rapprochés du plan de symétrie du corps ; les os de la série operculaire
reprennent leur position de repos, le plafond buccal s'abaisse et la bouche
se referme (Henschei., 19.'i9).
Ces divers mouvements ne sont possibles et n'ont d'efficience fonction¬
nelle que grâce à des dispositifs anatomiques dont certains sont caracté¬
ristiques des Téléostéens. Les différentes pièces squelettiques du splanchno-
crâne impliquées dans ces mouvements doivent tout d abord être articulées
entre elles de façon très souple et leur jeu doit être parfaitement coordonné.
11 convient de noter à ce point de vue que, si la métliyostylie telle qu elle
est réalisée chez les Téléostéens tend plutôt à l’ankylose de 1 hyomandi-
bulaire, l'intervention d un élément supplémentaire dans la constitution
de l'arc hyoïde, le stylohyal, donne par contre au cératohyal une plus grande
mobilité. D’autre part, une liaison étroite s'est établie chez les Téléostéens
entre l'opercule et les rayons branchiostèges qui, par l’intermédiaire du
subopercule et de l'interopercule, forment une série continue. L’opercule
est mobile autour de l’apophyse operculaire de 1 hyomandibulaire sur laquelle
s’insère une musculature operculaire différenciée. Les rayons branchiostèges,
supportés par le cératohyal, sont également mus par des muscles spéciaux
insérés sur le cératohyal et dont certains faisceaux sont abducteurs et d’autres
adducteurs. Ces particularités conféreraient aux Téléostéens une véritable
supériorité respiratoire sur les autres Poissons osseux (Woskoboinikofe,
19.12).
La dilatation des cavités branchiales qui s’effectue dans le sens horizontal
joue un rôle plus important lors de l'inspiration que la dilatation de la
cavité bucco-pharyngienne qui s’effectue surtout dans le sens vertical,
l'inverse ayant lieu lors de 1 expiration. D’autre part, les cavités bucco-
pharyngienne et branchiales ne fonctionnent jamais synchroniquement,
du fait de l’inertie des clapets operculaires et branchiostèges. Les mouve¬
ments de contraction et de dilatation débutent donc dans le bucco-pharynx
et s’achèvent dans les cavités branchiales. Ceci est particulièrement visible
chez les formes sédentaires ou fouisseuses dont les mouvements respiratoires
sont très amples mais très lents et se propagent de 1 avant vers l’arrière.
En relation avec ce mode de respiration, les cavités branchiales sont vastes
Source : MNHN, Paris
et les orifices operculaires réduits afin de freiner l'évacuation de l’eau au
cours des expirations. Par contre chez la plupart des formes nectoniques,
chaque inspiration est suivie d'un arrêt, la bouche et les orifices operculaires
restant ouverts. Le déplacement même du poisson dans son milieu suffit
pour entretenir un courant d'eau sur les branchies. Les cavités branchiales
sont alors réduites mais largement ouvertes vers l'arrière (Willem, 1947).
D'autres modalités respiratoires se rencontrent encore chez certains
Téléostéens spécialisés, par exemple les formes torrenticoles dont la bouche
est transformée en organe de fixation. L'entrée de l’eau se fait soit par
des sillons creusés sur la face ventrale du museau et aboutissant à l’orifice
buccal comme dans le genre Sawellia (Hora et Law, 1949), soit par la partie
supérieure de l'orifice operculaire spécialement modifiée à cet effet comme
dans le genre Gyrinocheilus (Smith, 19.'il). Ce sont alors les clapets oper¬
culaires qui jouent le rôle principal dans le mécanisme de la respiration.
Dans les mouvements respiratoires, il suffit que la bouche s'entrouvre
pour laisser l'eau rentrer, et que les dilatations et contractions successives
du splanchnocrâne fassent circuler cette eau sur les branchies. Mais lors
de la préhension et de la déglutition des proies, la bouche doit s’ouvrir
largement et le pharynx se dilater au maximum ; ces mouvements, qui
atteignent une ampleur extraordinaire chez certains Téléostéens spécialisés,
font intervenir toutes les parties du crâne, la ceinture scapulaire et les ver¬
tèbres cervicales.
Sous l’effet de la contraction des muscles dorso-latéraux des myotomes
antérieurs, muscles qui s'insèrent d'une part sur les arcs neuraux des pre¬
mières vertèbres et d'autre part sur la région dorso-postérieure du neuro¬
crâne, les vertèbres cervicales et le neurocrâne sont relevés dans un plan
vertical, le museau pointant vers le haut. Dans ce mouvement sont naturelle¬
ment entraînés le système suspenseur des mâchoires et le palato-carré tous
deux solidaires du neurocrâne. Le mouvement inverse d’abaissement dans
un plan vertical est obtenu par la contraction des muscles ventro-latéraux
du corps, insérés sur les arcs hémaux des vertèbres antérieures et sur la
face ventrale du neurocrâne. Or lorsque le crâne se redresse, la contraction
des muscles ventraux des myotomes antérieurs tire la ceinture scapulaire
vers le bas et vers l'arrière. Comme cette ceinture scapulaire est rattachée
plus ou moins étroitement à la région occipitale du neurocrâne par sa partie
supérieure et notamment par l'intermédiaire du posttemporal, c’est sa
partie ventrale seule qui est écartée du neurocrâne. Les arcs branchiaux
sont également reliés par des muscles à la ceinture scapulaire et le mouve¬
ment de celle-ci vers le bas et vers l'arrière a pour effet d'entraîner la partie
inférieure de tous les arcs branchiaux et les copules, donc d'ouvrir la cavité
pharyngienne pour donner libre passage aux proies vers l’œsophage.
Ces divers mouvements qui s'effectuent principalement dans le sens
vertical font entrer en jeu un élément particulièrement important au point
de vue mécanique, le cératohyal. Par son extrémité antérieure il est relie
à la copule et par son extrémité postérieure au point d'articulation des
mâchoires. Du fait que la copule est tirée vers l'arrière par la ceinture sca¬
pulaire alors que le point d’articulation des mâchoires est déplacé vers
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÊLÉOSTÉENS ‘287
l’avant quand le crâne se relève, le cératohyal est obligé de pivoter et son
extrémité postérieure de s'écarter du plan de symétrie du corps. Ceci a
pour résultat de dilater la cavité bucco-pharyngienne dans le sens horizontal
Km. 44. — Schéma do la této d’un Téléostéen normal, boucho fermée et cavité bucco-pharyn¬
gienne contractée en haut, bouche ouverte et cavité bucco-pharyngienne dilatée au
maximum en bas (d'après Twiehnavin, 1918) ; ab, arcs branchiaux ; bh, basihyr.l ;
ch, cératohyal ; es, ceinture scapulaire ; cv, colonne vertébrale ; iop, interopercule ;
md, mâchoire inférieure ; mx, maxillaire ; n, neurocrâne ; op, opercule ; pmx, prémaxil¬
laire ; pop, préopercule ; rb, rayons branchiostèges ; s. suspensorium ; sop, subopercule.
en forçant les articulations des mâchoires elles-mêmes à s'écarter latérale¬
ment. Durant ce dernier mouvement la résistance qui s’exerce sur le céra¬
tohyal est très grande ; ce serait la raison pour laquelle cet élément de l’arc
hyoïde a acquis une forme massive et s'ossifie en deux ou trois parties séparées
par des zones cartilagineuses, ce cpii lui confère une certaine souplesse sans
Source : MNHN, Paris
.1. DAUET
288
nuire pour autant à ses qualités mécaniques. Quant à la mâchoire inférieure,
son ouverture est commandée par les muscles génio-hyoïdiens insérés
sur les cératohyaux. Une contraction de ces muscles force la mâchoire à
s’abaisser ; une relaxation des mêmes muscles et une contraction de l'adduc-
leur de la mandibule relèvent la mâchoire. Ce dernier mouvement peut
s'effectuer alors que les cavités pharyngiennes et branchiales restent dilatées
au maximum (Tchehnavin, 1948).
Chez la plupart des Téléostéens, les mouvements précédemment décrits
sont d'amplitude relativement restreinte. Mais il n'en est pas de même
chez certains prédateurs, surtout parmi les formes bathypélagiques telles
que les Malacosteidae, les Succophuryngidae, les Melanostomiulidae, les
Chauliodidac qui ont acquis une spécialisation permettant un élargissement
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Fiu. 45. — Schéma du mouvement du busihyal et dos cératohyaux lorsque la cavité bucco-
pharyngienne se dilate j 1. position bouche fermée et cavité bucco-pharyngicnne
contractée ; 2, position lorsque la cavité bucco-pharyngicnne est dilaté*! au maximum
chez un Téléostécn normal ; 3, position de dilatation maxima chez la plupart des pré¬
dateurs bathypélagiques ; 4 et .">. positions extrêmes atteintes chez certains Téléostéens
bathypélagiques (d'après Tchebnavin, 1048) ; bli, basihyal ; ch. cératohyal.
considérable de l'entonnoir pharyngien et l’ingestion de proies énormes.
Dans son mouvement vertical de relèvement, le neurocrâne peut basculer
de 90° ; la partie distale du carré et l’articulation des mâchoires qui, en
position de repos, se trouve sous la région occipitale ou même en arrière
de celle-ci, sont projetées en avant de l'extrémité rostrale du crâne. Afin
de permettre un tel basculement, l'insertion des muscles dorso-latéraux
est reportée plus loin vers l'avant de la région dorsale du neurocrâne que
chez les autres Téléostéens et l'insertion des muscles antagonistes s'avance
jusque sous la région ethmoïdienne. Les vertèbres cervicales sont en outre
complètement modifiées. Les apophyses neurales et hémales acquièrent
un grand développement alors que les centres sont réduits et que l'enveloppe
fibreuse de la corde est épaissie. Enfin les cératohyaux peuvent pivoter
de près de 180". L'expansion latérale maxima de la cavité buccale est évidem¬
ment obtenue lorsque ces éléments sont perpendiculaires à l'axe du corps:
Source : MNHN, Paris
CRANE
DES TÉLÉOSTÉENS 289
lorsque leurs extrémités morphologiquement postérieures passent en avant
île leurs articulations avec la copule ou le basihyal, la cavité buccale se
rétrécit de nouveau.
Km. -10. — Chauliodua sloanci, bouche fermée en haut, bouche ouverte au maximum et
basihyal en position reculée extrême en bas (d’après Tcheknavin, 1048) ; ab, arcs bran¬
chiaux ; bh, basihyal ; ch, cératohyal ; es, ceinture scapulaire ; cv, colonne vertébrale ;
md, mâchoire inférieure ; mx, maxillaire ; n, naurocr&ne ; pli, parahyolde ; pmx, pré-
maxillaire l s, susponsorium.
Comme cas extrême de spécialisation on peut citer Chauliodus sloanei.
La partie antérieure de la colonne vertébrale est à peu près réduite à la
corde particulièrement souple, élastique et mobile. Le neurocrâne est incliné
Source : MNHN, Paris
vers le bas el l’avant lorsque la bouche esl fermée et l'articulation des
mâchoires est reportée très en arrière. Les divers constituants de la ceinture
scapulaire et des arcs branchiaux ne sont que très lâchement unis entre
eux el au neurocrâne par des ligaments élastiques. Enfin les cératohyaux
sont très allongés. Mais le mécanisme de la dilatation de la cavité bucco-
pharyngienne est fondamentalement le même que. chez les autres Télé-
ostéens moins spécialisés (Tchernavin, 1918).
Le basculement du neurocrâne de 90° n’est d'ailleurs pas un caractère
adaptatif spécial aux Téléostéens bathypélagiques se nourrissant de proies
de grande taille. On le retrouve chez les Slylophoridae à bouche petite et
protractile qui n'absorbent que de menues proies.
B. Arcs branchiaux
Les divers éléments cartilagineux des arcs branchiaux qui ont été décrits
plus haut peuvent s'ossifier sans aucune modification de structure. On
retrouve à l'état adulte la même disposition qu’aux stades embryonnaires
et la nomenclature des différents éléments reste inchangée. Mais il semble
que dans certains cas des modifications secondaires puissent se produire,
soit que deux éléments cartilagineux se soudent et s’ossifient d'une seule
pièce, soit qu'au contraire deux centres d'ossification apparaissent dans
un élément cartilagineux ; il se forme alors deux pièces osseuses qui ne se
fusionnent pas mais restent le plus souvent séparées par une zone cartila¬
gineuse.
Au point de vue histologique, l'ossification des arcs branchiaux des
Téléostéens débute toujours par la formation d'un anneau de tissu ostéoïde
entourant étroitement le cartilage. 11 s'agit donc d'une ossification péri-
chondrale qui s'accroît par l'extérieur. Les arcs branchiaux d'un certain
nombre de Téléostéens ne dépassent pas ce stade ; le cartilage subsiste sans
subir de résorption ni de remaniement. Chez Gambusia affinis adulte par
exemple, chaque élément ossifié d'arc branchial comprend une partie cen¬
trale constituée d'un noyau de cartilage hyalin et une partie périphérique
formée de tissu ostéoïde peu épais entourant complètement le cartilage
central (Blanc, 1958).
Chez les autres Téléostéens, les processus d'ossification se poursuivent.
Le cartilage central se creuse et se résorbe pour faire place à une cavité
médullaire. Ce phénomène débute toujours par le milieu de la zone ossifiée
et gagne progressivement vers les extrémités. Dans la cavité médullaire
apparaissent ensuite des travées osseuses et l'arc branchial définitif est
constitué de tissu osseux plus ou moins spongieux, ce qui présente l'avan¬
tage d'augmenter la résistance et la légèreté des pièces squelettiques. Chez
Anguilla anguilla, on trouve une virole osseuse périphérique assez mince
et un peu fibreuse, entourant une cavité médullaire elle-même traversée
par quelques trabécules osseuses. Chez Carassius auralus et Gardonus rulili‘ s '
l’étui osseux est plus épais et plus massif, la cavité médullaire étant pl uS
réduite. Chez Salmo i ri de us dont l'ossification se développe très lentement,
seule la partie centrale des cératobranchiaux et des épibranchiaux présente
Source : MNHN, Paris
JSTÉKNS
291
celle structure, les extrémités conservant un noyau central de cartilage
(Blanc, 1953).
Chez Gasterosteus aculealus les cinq cératobranchiaux, les quatre épi-
branchiaux et les quatre pharyngobranchiaux sont ossifiés, ainsi que les
hypobranchiaux. La copule antérieure présente trois centres d'ossification
qui sont dits correspondre aux basibranchiaux des trois premiers arcs,
la copule postérieure restant cartilagineuse (Swinnerton, 1902). Chez
Eio. 17. — Are branchial d'BupomolU gibbonui a l’.ilfce, coupes transversales montrant quatre
Ht* 1 m s i;3jssits «1 j l'ossification (d’après Blanc, 11)53) ; li-ssu ostéoïdo en noir, canilage
hyalin en pointillé ; cm. cavité médullaire.
IHstichodus breuipinnis, les cinq cératobranchiaux, les quatre premiers
cpibranchiaux, les trois premiers pharyngobranchiaux et les trois hypo¬
branchiaux s'ossifient. Le quatrième pharyngobranchial et l'épibranchial
accessoire ou cinquième épibranchial restent cartilagineux, ainsi que la
copule postérieure alors que l’antérieure possède trois centres d'ossification
représentant les trois premiers basibranchiaux (I)aget, 1959).
Chez Salmo, les trois premiers arcs ont quatre éléments osseux : pharyn¬
gobranchial, épibranchial. cératobranchial et hypobranchial. Au quatrième
arc l'épibranchial et le cératobranchial sont ossifiés mais le pharyngobran¬
chial reste cartilagineux. Le cinquième cératobranchial est ossifé. On remar¬
quera qu’il n'est plus question chez l’adulte du quatrième hypobranchial
Mémoire:» du Muséum. — Zoologie:, t. XXXI 10
Source : MNHN, Paris
qui était cependant bien individualisé au début du développement du splanch-
nocrâne. S'il s'est soudé au cératobranchial, l'élément osseux correspondant
du quatrième arc serait un hypo-cératobranchial. Quant à la copule, elle
comprend deux parties indépendantes qui ne sont pas articulées entre elles
mais réunies par des ligaments. L'une correspond à la copule antérieure
à laquelle s'est soudé le basihyal et l'autre à la copule postérieure. Chez
l'adulte la première comprend quatre ossifications et quatre zones carti¬
lagineuses disposées de la façon suivante de l'avant vers l'arrière : un élément
cartilagineux dit glossohyal, puis deux ossifications accolées mais toujours
indépendantes, une zone cartilagineuse, une ossification, une seconde zone
cartilagineuse, une autre ossification et enfin une apophyse caudale carti-
I lagineuse. Outre l'arc hyoïde, les deux premiers arcs branchiaux s'appuient
sur cette copule, au niveau des zones cartilagineuses séparant les deux
dernières ossifications. La copule postérieure qui reste cartilagineuse sert
d'appui aux trois derniers arcs (Tchernavin, 1938). Il en résulte que les
extrémités ventrales des arcs branchiaux auraient glissé vers l'arrière par
rapport aux basibranchiaux qui leur correspondent. Les deux premières
ossifications accolées représenteraient le basihyal et le premier basibran-
chial, tandis que les deux suivantes correspondraient au deuxième et au
troisième basibranchial, ce dernier secondairement séparé du troisième
arc.
Chez Heterolis niloticus, on trouve au premier arc deux ossifications
correspondant au cératobranchial cartilagineux des stades jeunes. Ces
deux ossifications entre lesquelles existe une articulation secondaire seront
appelées ici cératobranchial antérieur ou inférieur et cératobranchial pos¬
térieur ou supérieur. Le premier épibranchial s’ossifie mais le premier pharyn-
gobranchial reste cartilagineux. Au deuxième arc, on trouve également deux
cératobranchiaux osseux mais l'antérieur est moins développé qu'à l'arc
précédent. L'épibranchial et le pharyngobranchial sont ossifiés. Au troisième
arc, le cératobranchial primitif s'est scindé en deux commeaux arcs précédents,
mais la partie antérieure, encore moins développée qu'au deuxième arc.
reste cartilagineuse et c'est le cératobranchial postérieur qui est ossifie-
Il existe en outre un épibranchial et un pharyngobranchial osseux. Au
quatrième arc le cératobranchial et l'épibranchial sont ossifiés, le pharyn¬
gobranchial restant cartilagineux. Le cinquième arc ne comprend qu'un
cératobranchial osseux. Enfin la copula cornmunis présente deux centres
d'ossification qui semblent correspondre aux basibranchiaux des deuxième
et troisième arcs (Uaüet et d'Aubenton, 1957). Les cératobranchiaux
inférieurs, ossifiés aux deux premiers arcs et cartilagineux au troisième.
I ont été considérés parfois comme des hypobranchiaux. Mais si l'on se réfère
à ce qui est connu du développement du splanchnocrànc d 'llclerolis nil°'
Unis, les hypobranchiaux manqueraient à tous les arcs et ce sont les cérato¬
branchiaux qui sc scinderaient tardivement en deux par la formation d'une
articulation secondaire comme cela se produit pour le céralohyal.
11 est donc très difficile d'interpréter correctement le splanchnocrànc
adulte lorsqu’on ne connaît pas le mode de développement embryonnaire,
du fait que les centres d'ostéogenèse ne correspondent pas toujours aux
Source : MNHN, Paris
CK AN E DES TÉLÉOSTÉENS 293
centres de chondrification et aussi à cause de la double possibilité de soudure
entre pièces cartilagineuses primitivement distinctes et d’apparition d'arti¬
culations secondaires. En tout cas, chez les Téléostéens, ce sont les pharyngo-
branchiaux, surtout ceux situés aux deux extrémités de la série, et les basi-
brancliiaux, surtout ceux correspondant à la copule postérieure, qui ont
tendance à ne plus s'ossifier. Les cératobranchiaux et les épibranchiaux
ne restent cartilagineux que chez des formes très dégradées comme les Sacco-
pharyngiformes.
Un os particulier, appelé spiculaire, suspendant le premier arc branchial
au neurocrâne, a été décrit chez certains C.lupéiformes. Chez les Elopidac
comme Elops saurus et Mpgabps ii/prinoidns, cet os part de l'extrémité
antéro-supérieure du premier épibranchial et s’appuie sur le prootique
à l'endroit où celui-ci rencontre l'intercalaire (Ridewood, 1901). Chez
Ethmalosa fimbriala , un spiculaire bien développé s’insère de chaque côté
sur l'angle postéro-interne des premiers pharyngobranchiaux et s'applique
contre la face externe de la carène ventrale du parasphénoïde (Monod,
1919). En l’absence de données embryologiques, il est impossible de dire
si le spiculaire peut être interprété comme un suprapharyngobranchial,
ce qui pourrait être le cas si c'est un os de cartilage, ou comme une ossifi¬
cation tendineuse néoformée. Enfin chez Scomber scomber un élément osseux
supplémentaire a également été décrit au premier arc et assimilé à un supra¬
pharyngobranchial bien qu il soit ventral et non dorsal à l’artère efférente
correspondante (Ai.us, 1903).
C. Arc hyoïde
L’hyosymplectique cartilagineux des Téléostéens présente en général
deux centres d'ossification périchondrale. Le supérieur donne l’hyoman-
dibulaire osseux et l'inférieur le symplectique. Normalement l’hyomandi-
bulaire est plus ou moins en contact avec le métaplérygoïde, et le symplec¬
tique relie Ihyomandibulaire au carré. 11 en est ainsi chez Salmo (De Bekh,
1937), Gasterosteus aculeatus (Swinnekton, 1902), Cijcloptcrus lumpus
(Uni. mann, 1921), Hderotis nilolicus (Daget et d’Alhenton, 1957), Disti-
chodus brcvipinnis (Daget, 1959), etc... Bien que ces ossifications soient
périchondrales au début, elles développent souvent des apolamelles intra-
membraneuses. Bar exemple chez (indus merlanyus, dont l'hyosymplec-
lique cartilagineux était situé en arrière du Truncus lujoidcamandibularis,
le bord antérieur de la lamelle périchondrale s'étend sous forme d'une ossi-
cation intramcmbraneuse et entoure les branches nerveuses de sorte que
l'hyoïnandibulaire osseux est percé de deux foramen, un pour le Ramus
hijoideus et un pour le Ramus mundibularis (De Beeu, 1937). ( .liez Sungnaihus
fuscus, l'ossification périchondrale du symplectique forme deux lamelles
intramembraneuses, une dorsale et une ventrale, qui constituent les parois
latérales de la plus grande partie de la cavité buccale (Kindheu, 1921).
L'absence de symplectique osseux n'est cependant pas exceptionnelle
parmi les Téléostéens. Chez les Siluroidei, I hyomandibulaire est direc¬
tement en contai t avec le carré : en outre le préopercule s’est enfoncé et
Source : MNHN, Paris
substitué en quelque sui te au symplectique absent car il est réuni par une
suture d’une part avec l'hyomandibulaire et d'autre part avec le carré.
Cromeria nilolica n'a pas non plus de symplectique mais l’hyomandibulaire
n’a aucune liaison avec le carré ; le bord antéro-inférieur de l’hyomandibu-
laire recouvre latéralement le bord supérieur du métaptérygoïde, les deux
os n’étant pas articulés mais seulement reliés par du tissu conjonctif
(d’Aubenton, 1961). Le symplectique manque également chez Phrac-
tolaernus ansorgii (Thys van den Audenaeude, 1961), les Mormyroidei,
la plupart des Anguilliformes, etc...
Fro. 48. — CitharoH lingual alu, parties inférieures «le l'are hyoïde droit, en haut, vu par « ,l
face interne, et de l’arc hyoïde gauche eu bas. vu par sa face externe (d'après ChabaNABD-
1033) ; ii l'arc hyoïde droit, le cératohyal antérieur et l'hypobya! ainsi que le stylohy»
ont été dissociés des cératoliyaux médian et postérieur; les rayons branchiostèges qui
sont au nombre de 8 sur le côté droit au lieu de 7 sur le côté gauche n'ont pas été repré¬
sentés ; parties cartilagineuses on pointillé ; bh, basihyal ; chu. chm, chp, cératohy» U3i
antérieur, médian et postérieur ; hh, liypohyul ; sh, stylohyal ; I à 7, rayons branchio-
stégos.
Le slylohyal est généralement ossilié, au moins partiellement .mais
il peut rester aussi entièrement cartilagineux comme chez Hctcrotis nil"~
liais (Daget et d'Aubenton, 1957).
Le cératohyal des Téléostéens semble ne jamais être ossilié d’une seule
pièce. Celui d 'Hctcrotis niloticus présente deux centres d’ossification ; 1
y a donc chez l'adulte un cératohyal antérieur et un cératohyal postérieur
en plus de l’hypohyal qui est en partie ossifié et en partie cartilagineux
(Daget et d'Aubenton, 1957). Chez Dislichodus bmiipinnis adulte <>n
trouve également trois ossifications, mais comme il n'y a pas d’hypohy 3 '
cartilagineux, elles correspondent toutes trois au cératohyal : on a donc un
cératohyal antérieur, un cératohyal médian et un cératohyal postérieur
(Daget, 1959). Salmo possède quatre ossifications ; celle qui s'articu.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÊENS 295
avec la copule est l’hypohyal (= hypohyal interne, Tchernavin, 1958 :
basihyal, Holmgren et Stensiô, 1956), les trois autres sont le cératohyal
antérieur (= hypohyal externe, Tchernavin, 1938), le cératohyal médian
(cératohyal aucl.) et le cératohyal postérieur (épihyal ai ici.). Chez les Pleuro-
nectiformes on trouve également quatre ossifications. Par exemple chez
Citharus linguatula, le cératohyal antérieur, le cératohyal médian et le
cératohyal postérieur (respectivement apohyal, cératohyal et épihyal.
Fio. 49. — Ossifications de l’arc hyoïde, do la série oporculaire et de la partie supérieure
do l’arc mandibulaire chez Brycon meeki, côté droit vue interne en haut, côté gauche
vue latérale en bas (d’après Weitzman, 1962) ; c, carré ; clin, chm, chp, cératohyaux
antérieur, médian et postérieur ; ect, ectoptérygoïde ; eut, entoptérygoïde ; lih, hyj>ohyal ;
hm, hyotnandibuluire ; iop, interopercule : mpt, métaptérygoïde ; op, opercule ; p, euto-
palatin ; pop, préopercule ; sh, stylohyal ; sop, subopercule ; sy, symplectique ; 1 Ji 4
rayons branchiostéges.
Ciiahanaui), 1933) sont bien ossifiés alors que l'hypohyal reste en partie
cartilagineux ; en outre le cératohyal médian et le cératohyal antérieur
sont creusés d'un sillon ou d'un canal pour l'artère eiïérente hyoïdienne.
Comme on le voit par ces quelques exemples, le cératohyal cartilagineux
embryonnaire peut, chez les Téléostéens, s'ossifier à partir de deux ou trois
centres. Les ossifications restent distinctes chez l'adulte : elles peuvent
être rigidement liées les unes aux autres par des sutures ou rester séparées
par des zones cartilagineuses.
Chez Hclerolis ni lotions, la partie antérieure de la copula commuais
sur laquelle s'appuie le cératohyal reste cartilagineuse (Daget et d’Aubenton,
Source : MNHN, Paris
29G
r. DAGET
1957). Chez Distichodus brevipinnis, le basihyal s'ossifie mais le glosso-
hyal qui se trouve en avant et dans le prolongement du basihyal reste entiè¬
rement cartilagineux (Daget, 1959). Un basihyal bien ossifié existe chez
Salmo (Tchernavin, 19.',8) alors que chez Cilharus lingualula seule la partie
médiane du basihyal ( glossohyal, Chabanaud, 1933) est osseuse.
D. Série opercülaire
La série opercülaire comprend un nombre variable d’os de membrane
qui se développent à l'intérieur de replis cutanés et en relation avec l'arc
hyoïde. L’un de ces replis, dit opercülaire, apparaît de façon très précoce
au cours de l'ontogencse et, en s’étendant vers l'arrière, recouvre toutes
les fentes branchiales, ne laissant libre que la fente opercülaire. Le repli
opercülaire est prolongé ventralement par la membrane branchiostège qui
est soudée ou non à 1 isthme, c'est-à dire à la paroi ventrale qui recouvre
le cœur. Dans le premier cas les fentes operculaires droite et gauche sont
bien distinctes et séparées par l'isthme ; dans le second cas elles sont conti¬
nues ventralement. Comme il a été dit plus haut, la membrane qui borde
ces replis operculaires et branchiostèges joue le rôle de clapet durant la
respiration. Quant à la série d os operculaires qui forme l’armature interne
des replis, actionnée par un système de muscles spéciaux, elle joue un rôle
primordial dans les mouvements de dilatation et de contraction des cavités
branchiales.
A l’intérieur du repli opercülaire des Téléostéens se trouvent en général
trois pièces osseuses : l'opercule qui peut pivoter autour de l’apophyse
opercülaire de l’hyomandibulaire, le subopercule situé au-dessous de l’oper¬
cule et relié à la partie inférieure de l'hyomandibulaire, enfin l'interopercule
situé au-dessous du subopercule et en relation avec le stylohyal. Dans les
replis de la membrane branchiostège sc trouve un nombre plus ou moins
grand de rayons osseux insérés sur le cératoliyal. En position normale de
repos, tous ces éléments osseux lamellaires se recouvrent partiellement,
le bord supérieur de chacun d'eux passant sous le bord inférieur de celui qui
se trouve immédiatement au-dessus. Au point de vue embryologique tous
se développent comme des os de membrane purs.
Les Actinoptérygiens primitifs possédaient un opercule, un subopercule
et un nombre variable mais assez élevé de rayons branchiostèges. Souvent
le plus antérieur de ces rayons était transformé en une plaque gulaire et il
existait parfois une plaque gulaire impaire. Mais au cours de l'évolution,
on assiste d'une part à la spécialisation du plus postérieur des rayons bran¬
chiostèges qui se transforme progressivement en interopercule et d'autre
part à la réduction du nombre des rayons branchiostèges de l'avant vers
l'arrière. C'est seulement chez les Elopidne, les plus primitifs des Téléos¬
téens actuels, que l'on trouve encore une plaque gulaire médiane et de 23 a
35 rayons branchiostèges. Le nombre de ces rayons varie de 8 à 20 chez les
Salmonidae et de G à 11 chez les Albulidac qui possèdent aussi une plaque
gulaire (Nybeijn, 1900), mais il est inférieur à 10 chez la plupart des autres
familles. On en compte 9 chez Clarins lazera (Nawar, 1954), 8 chez Hete-
Source : MNHM, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
207
rôtis niloticus (Daget et d’Aubenton, 1957), de 6 à 8 chez les Percidae
et les Gadidœ, de 5 à 6 chez les Labridae, de 3 à 5 chez les Characoidei,
3 chez les Cyprinidar et Cromeria nilolica (d’Aubenton, 1961), de 1 à 3
chez les Syngnathiformes, 2 chez les Opisthoproclidae, 1 chez Phraclolaemus
ansorgii (Thys van den Audenaerde, 1961), etc... Les Saccopharyngi-
formes et Monognalhus n’ont pas de rayons branchiostèges ni d'ailleurs
aucun autre élément operculaire. Chez certains Anguilliformes des rayons
osseux supplémentaires se sont développés secondairement dans la paroi
latérale des chambres branchiales, en arrière de cinq rayons branchiostèges
normaux insérés sur le cératohyal. Ces éléments supplémentaires constituent
l’appareil dit jugostégal (Parr, 1930) ; si on les assimile aux rayons bran¬
chiostèges, le nombre total de ceux-ci atteint alors 25 chez les Neenchelyidae.
et 46 chez les Echelidac.
De l’opercule, du subopercule et de l'interopercule. c’est le subopercule
qui a le plus tendance à régresser. Dans la famille des Osteoglossidae par
exemple, celui d 'Osteoglossum est petit et sculpté seulement dans sa partie
postérieure, celui d 'Arapnima est petit et non sculpté, celui d'Heterotis,
le genre, le plus spécialisé de la famille, est très petit, non sculpté et profon¬
dément enfoncé (Ridewooo, 1905). Le subopercule manque régulièrement
chez les Siluroidci, les Notopkridiv et certains Mormyroidei. Chez les Anguil¬
liformes l'opercule, le subopercule et l’interopercule sont tous trois présents
ou non mais toujours peu développés et enfoncés dans l'épaisseur du derme.
Le suboperbule et parfois l'interopercule font défaut chez les Nemichthyidne.
L’opercule de Cyema est soudé à l'hyomandibulaire, particularité qui est
probablement en relation avec l’inclinaison vers l'arrière du suspensorium
et la nécessité d'un point d'attache solide pour les muscles de la mandibule
insérés derrière l'articulation de l'hyomandibulaire (Trewavas, 1933).
D’autres ossifications ont parfois été rattachées au splanchnocrâne mais,
semble-t-il, à tort. 11 s'agit en premier lieu du parahyoïde, dit aussi urohyal,
et qui existe à des degrés de développement divers chez presque tous les
Téléostéens. C’est une ossification tendineuse qui se forme au-dessous des
arcs branchiaux, en relation avec le muscle sternohyoïdien. Ce dernier,
qui fait partie de la musculature hypobranchiale, est d'origine somitique. Il
relie la ceinture scapulaire à la copule et aux extrémités ventrales des arcs
hyoïde et branchiaux. Le parahyoïde renforce l’insertion de ce muscle et
son origine est probablement mésomésenchymateuse. Chez Cycloplrrus
lumpus, l’ossification du basihyal forme une puissante apolamelle qui
s’étend ventralement dans le plan sagittal et sur laquelle s’insèrent les
muscles (IJhlmann, 1921); les rapports entre cette formation osseuse et
le parahyoïde indépendant que l'on rencontre chez les autres Téléostéens
n’ont pas été précisés.
On doit également rapprocher du parahyoïde des ossifications tendi¬
neuses dites parfois os subcopulaires (Srinivasachah, 1953), qui se déve¬
loppent ventralement au splanchnocrâne proprement dit, en relation avec
le deuxième arc branchial. De tels os subcopulaires ont été signalés chez
les NninptTidae, les Mormyroidei et les Ophiirphalidar.
Source : MNHN, Paris
E. Arc. mandibulaire
Le palatocarré des Actinoptérygiens primitifs était, à l'état adulte,
ossifié d'une seule pièce. Mais sur de jeunes exemplaires de Pleronisculus,
on a reconnu l'existence de trois ossifications qui se fusionnaient les unes
aux autres au cours du développement. Chez les Téléostéens actuels, ces
trois centres d'ossification ont été conservés; ils correspondent à l’auto-
palatin qui apparaît à l'extrémité antérieure de l'arc cartilagineux, au méta-
ptérygoïde qui apparaît dans la partie dorso-caudale et au carré ou quadra-
tum qui apparaît dans la région ou s'articule le cartilage de Meckel. Ces
trois ossifications restent distinctes chez les Téléostéens adultes ; souvent
même elles sont séparées par des zones cartilagineuses plus ou moins étendues.
Étant donné son rôle mécanique comme point d'articulation de la mâ¬
choire inférieure, le carré est le plus constant de ces trois os. Le méta-
ptérygoïde peut disparaître. 11 manque chez Syngnuthus fusais qui possède
seulement deux ossifications de cartilage, l'autopalatin et le carré (Kindred,
1921). L'absence de métaptérygoïde est également donnée comme carac¬
tère distinctif de certaines familles ou de certains ordres tels que les C.ullio-
nymoidei, les Gobiesociformcs, les Cyprinodontiformes, etc... L'autopa¬
latin peut sans doute lui aussi disparaître par régression mais on est assez
mal renseigné sur la nature périchondrale ou membraneuse des ossifications
que l'on rencontre dans la région palatine. Chez Albula conorhynchus, l'auto-
palatin est dit se composer de deux ossifications séparées par du cartilage
et formant deux têtes articulaires qui prennent contact avec la région ethmoï-
dienne du neurocrâne (Ridewood, 1901). Ce dédoublement de l'autopa-
latin est sans doute exceptionnel.
Une mention spéciale doit être accordée ici aux Saccopharyngiformes
et aux Monognathus. La mâchoire inférieure de ces Poissons est reliée à
l'hyomandibulaire par une pièce osseuse considérée comme un carré. Chez
Monognulhus, il n’existe aucune autre ossification à la mâchoire supérieure.
(Bertin, 19118), alors que chez les Saccopharyngiformes on trouve une
baguette osseuse indivise, médiane par rapport au carré, et qui est ratta¬
chée à la région ethmoïdienne du neurocrâne par un ligament extensible
(Tcheknavin, 1947). L homologie de cet os n'est pas clairement établie.
Le cartilage de Meckel des Actinoptérygiens primitifs était ossifié en
une seule ou en deux pièces ; dans ce dernier cas l'ossification antérieure est
appelée mentomeckelien ou mentoinandibulaire et la postérieure autar-
ticulaire. Chez les Téléostéens, le cartilage de Meckel reste en grande partie
non ossifié chez l’adulte et les parties ossifiées sont si étroitement associées
à des os dermiques ou de membrane qu'il est bien difficile de dire si les compo¬
sants de cartilage ont été conservés ou non. La persistance du mentomec¬
kelien est contestée. Chez Salmu il a été décrit comme une lamelle périchon¬
drale apparaissant autour de l'extrémité antérieure du cartilage de Meckel
et n'étant, postérieurement, nulle part en continuité avec le dentaire (B R
Beer, 19.57). Mais par ailleurs l'ébauche dermique du dentaire est dite,
en s'accroissant, envahir le périchondrium et le cartilage sans qu'aucune
discontinuité, entre ces deux régions d'ossification différente, puisse indiquer
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
299
l'existence d'un composant de cartilage soudé au composant dermique
(Devillfrs, 1958). En fait, chez la plupart sinon tous les Téléostéens,
il est pratiquement impossible de distinguer embryologiquement deux compo¬
sants. Dire que le mentomeckelien a complètement disparu et que son empla¬
cement a été envahi par le dentaire devenu périchondral ou dire que le
mentomeckelien subsiste soudé ab inilio au dentaire revient à peu près
au même, sauf que la première interprétation implique une régression totale
de l'ossification primitive (Haines, 1987).
PlO. 50.—Vue interne des mâchoires inférieures gauches de Tilapia nilolica, en haut il gauche
(original), de Coregomm lavaretus, en haut il droite (d'après ligna, 1955) et de Clarion
angnillarUi, en bas (original) ; an, angulaire ; cm, cartilage de Meckel ; cr, coronomeckelien ;
d, dentaire : ra, rétroarticulaire (cet os n’existe pas cher. Clarion).
Les mêmes difficultés se rencontrent à propos de l’autarticulaire. Celui-
ci existerait encore chez les Elopidae et son ossification qui forme la surface
articulaire de la mâchoire inférieure envahit même l’apophyse retroarti-
culaire du cartilage de Meckel (Haines, 1937). Sa présence chez les autres
Téléostéens reste aussi douteuse que celle du mentomeckelien et pour les
mêmes raisons. Deux interprétations sont donc possibles : ou bien l'ébauche
de l'autarticulaire est soudée ab inilio à celle de l'angulaire ou bien l'autar-
ticulaire a complètement disparu par régression et l’ossification primiti¬
vement dermique de l'angulaire a secondairement envahi le cartilage sous-
jacent.
Deux autres ossifications associées au cartilage de Meckel peuvent se
rencontrer chez les Téléostéens : le rétroarticulaire et le coronomeckelien.
Le rétroarticulaire apparaît dans l’apophyse de même nom qui prolonge
souvent le cartilage de Meckel en arrière de son articulation avec le palato-
carré, apophyse sur laquelle s'insère un ligament mandibulo-hyoïdien reliant
l'hyomandibulaire à la mâchoire inférieure. Ni l'apophyse ni le ligament
n'existaient chez les Actinoptérygiens primitifs ; l'un et l'autre sont apparus
chez les formes évoluées concurremment avec la modification de la liaison
méthyostylique dont il a été question plus haut. Chez les Elopidae, l’apo-
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
300
physc retroarticulaire esl ossifiée par l’autarticulaire mais chez la majorité
des Téléostéens il existe une ossification indépendante qui reste toujours
de petite taille et qui parfois se développe à la fois suivant le mode périchon-
dral et suivant le mode intramembraneux comme chez Salmo (De Bekr,
1937), Gasterosteus aculeatus (Swinneuton, 1902), Syngrtathus fuscus
(Kindred, 1921), Cyclopterus lumpus (Uhlmann, 1921), etc... Dans d'autres
cas, l’ossification est purement dermique ou tendineuse et n'intéresse pas
le cartilage de Meckel, comme chez Hetcrotis niloticus (Daget et d’Aubenton,
1957).
Le coronomcckelien apparaît sur la partie dorsale du cartilage de Meckel
à l’endroit ou s'insère le muscle adducteur de la mandibule et où se forme
souvent une apophyse cartilagineuse dite préarticulaire. I/os est toujours
de petite taille mais existe chez la plupart des Téléostéens. Chez Salmo il
se développe à la fois selon les deux modes périchondral et intramembraneux
(De Beer, 1937). 11 semble y avoir de grandes analogies entre le corono-
meckelien et le retroarticulaire de sorte que l'interprétation admise pour
l’un doit probablement être valable pour l'autre. Chez A mi a c.alva, forme
moins évoluée que les Téléostéens, le coronomeckelien et le rctroarticu-
laire existent ; ils sont généralement considérés, au même titre que l'autar-
ticulaire proprement dit comme des fragments de la vaste ossification
autarticulaire des formes ancestrales. D un point de vue radicalement
opposé, certains auteurs considèrent ces deux os comme purement dermiques
et devenus secondairement périchondraux, le retroarticulaire pouvant être
une partie détachée de l'angulaire (Haines, 1937 ; Devillers, 1958). Aucun
argument décisif ne semble actuellement permettre de trancher l'alternative
dans un sens plutôt que dans un autre, mais la première interprétation
rend mieux compte des faits signalés chez Amia calua.
F. Os dermiques de la cavité buccale et du pharynx
On a vu plus haut que l'ectomésenchyme chondrogène des arcs viscéraux
donnait deux séries de blastèmes, une profonde à partir de laquelle s’édifient
les arcs proprement dits et une plus superficielle à partir de laquelle, se
forment normalement les rayons branchiaux cartilagineux. Ceux-ci s ossifient
ultérieurement comme les éléments des arcs branchiaux, 1 axe du rayon
étant constitué par des cellules cartilagineuses autour desquelles se déve¬
loppe soit du tissu ostéoïde comme chez Gasterosteus aculeatus, soit de l'os
vrai comme chez Salmo irideus (Blanc, 1953). On a vu en outre que les
blastèmes superficiels pouvaient migrer en profondeur et s accoler aux
blastèmes profonds, la pièce osseuse définitive ne présentant alors aucune
trace de son origine mixte.
Un phénomène analogue se produit du côté interne des arcs viscéraux,
c'est-à-dire du côté de la paroi buccale ou pharyngienne dans laquelle
apparaissent des ossifications de membrane. Ces dernières sont en principe
indépendantes de l'élément d'arc sous-jacent, mais parfois elles s accolent
à ceîui-ci et peuvent même s'y souder intimement pour former une ossifi¬
cation mixte. D'autre part des dents se développent en position encore pl |lS
Source : MNHN, Paris
CRANE
TÉLÉOSTÉENS
301
superficielle et se soudent par leur base aux plaques osseuses dermiques.
On trouve donc en définitive, participant à la formation du splanchnocrâne,
une superposition de couches à potentialité squelettogène, formées par
délaminations successives et qui peuvent donner des formations squelet¬
tiques distinctes et superposées, ou soudées les unes aux autres à la suite
de migrations en profondeur de leurs ébauches. Ce sont là des propriétés
fondamentales de l’ectomésenchyme et, en ce qui concerne les plaques
dermiques dentées, il y a lieu d admettre qu’elles existaient aux arcs vis¬
céraux des Vertébrés les plus primitifs.
Fia. 51. — Plaques dentées pharyngiennes relatives aux derniers a-cs branchiaux cher.
Belone , à, gauche. Exocoetus, au milieu (d’eprès Kegan. 1011) et Clarias taxera, k dro'te
(d’après Nawaii, 1942) ; les plaques dorsales sont au-dessus de la ligne interrompue,
les plaques ventrales au-dessous, l’avant étant dirigé vers le haut.
Chez certains Téléostéens, on trouve sur les arcs branchiaux un revê¬
tement de plaquettes osseuses portant des denticules, comme chez Esox
et Lucioperca, formes prédatrices dépourvues de branchiospines. Mais en
général les plaques dentées se localisent sur certaines parties des arcs bran¬
chiaux, notamment les basibranchiaux et les hypobranchiaux des trois
premiers arcs, le cinquième cératobranchial, les troisième et quatrième
épibranchiaux, les pharyngobranchiaux des deuxième, troisième et quatrième
arcs. Le nombre maximum se rencontre chez Glyptophidium qui possède
dix plaques dentées au plafond du pharynx et six au plancher (Zander,
190G). Souvent les nombres sont de six plaques au plafond du pharynx,
correspondant aux pharyngobranchiaux des deuxième, troisième et quatrième
arcs et deux plaques au plancher, correspondant aux cinquièmes cérato-
branchiaux. Cette disposition se rencontre par exemple chez certains Citha-
rinidae comme Xenocharax et Distichodus dont les plaques pharyngiennes
portent de petites dents coniques (Dac.et, 1960). Chez Rrycon mrrki les
Source : MNHN, Paris
.T. DAGET
302
deux plaques inférieures droite et gauche, portant également de petites
dents coniques, sont intimement soudées aux cinquièmes cératobranchiaux ;
il existe en outre de chaque côté deux plaques pharyngiennes supérieures,
dans le prolongement 1 une de l'autre mais non soudées entre elles (Weitzman,
F Kl. 62. — Pharyngiens de Cichlidar A gauche (d’après Peixeorin, 1003), de lalnidac et
do Scaridae A droite (d'après Bertin, 1058); 1, pharyngien supérieur droit de CicMa
iemsntis ; 2. pharyngien supérieur droit de Paratilapia polleni ; 3, pharyngien supérieur
droit du Tilapia nilotiea ; l. pharyngiens inférieurs île Chaelobranchua flavcaccna, vus
dorsal ornent et vontralemeni ; 5. pharyngiens inférieui-s île Cichlasoma tabridena, vus
dorsaleuiont et ventrnlemcnt ; 0, pharyngiens supérieurs et inférieurs de I.abrua ; ?•
pharyngiens supérieurs et inférieurs de Scania.
1962). Chez les Belonidue , les deux plaques ventrales sont soudées l’une à
l'autre. Chez les Exocoetidac il existe également une plaque ventrale impaire,
deux plaques dorsales paires correspondant aux deuxièmes pharyngobran-
cliiaux et une plaque dorsale impaire correspondant aux plaques des troi¬
sièmes pharyngobranchiaux soudées entre elles, celles des quatrièmes pharyn-
gobranchiaux étant atrophiées ou fusionnées aux précédentes (H kg an, 1 911)-
Source : MNHN, Paris
Chez Clurius lazcva on trouve seulement en haut une paire de plaques dentées
arrondies, supportées chacune par les extrémités des épibranchiaux des
troisième et quatrième arcs et par l'extrémité postérieure du pharyngo-
branchial du troisième arc, et en bas une paire de plaques dentées ovales
supportées par les cinquièmes cératobranehiaux (Nawar, 1954). Enfin
de nombreux Téléostéens sont dépourvus de toute plaque pharyngienne.
Les plaques dermiques dentées des arcs branchiaux ont donc tendance
à disparaître à l'exception cependant des plus postérieures lorsqu'elles
suppléent ou complètent la dentition des mâchoires afin de découper ou
broyer les aliments à ingérer. Elles acquièrent alors le plus souvent une
morphologie très particulière et constituent les os pharyngiens supérieurs
et inférieurs. Chez les Cichlidae les pharyngiens supérieurs forment deux
grandes masses ovalaires souvent précédées d'un petit groupe de dents
séparé comme, dans le genre Crcnidchla et chez Tilapia ni lotira, parfois
plus ou moins distinctement divisées en trois parties comme dans le genre
Cichla. Les pharyngiens inférieurs sont accolés ou solidement unis l’un à
l’autre sur la ligne médiane. On observe une corrélation très nette entre la
forme des dents qui garnissent les pharyngiens et celles des mâchoires,
cette forme étant elle-même étroitement liée au régime alimentaire. Les
espèces carnivores ont des dents coniques, toutes semblables, à pointes
dirigées vers l'arrière ; les pharyngiens inférieurs sont en général assez
lâchement unis par une suture rectiligne. Les dents des espèces à régime
alimentaire différent sont de forme variable. Lorsqu'il s'agit de Poissons
végétariens, microphages ou planctonophages les dents nombreuses et serrées
ont tendance à devenir sétiformes. Lorsqu’il s'agit de Poissons malaco-
phages ou se nourrissant d’aliments durs, les dents pharyngiennes et surtout
celles du centre des os deviennent volumineuses et granuleuses ; la
solidité de la synarthrose des pharyngiens inférieurs est en outre renforcée
par l’engrènement réciproque des deux os (Pellegrin, 1905). Un mode
d'assemblage des pharyngiens inférieurs très particulier a été décrit chez
Trachynolus : il est réalisé par l'intermédiaire de petits denticules qui ont
la même structure que les dents fonctionnelles garnissant la surface masti¬
catrice de l’os (Monod, 1951).
Chez Salmo, les pharyngiens supérieurs sont en relation avec les qua¬
trièmes épibranchiaux et pharyngobranchiaux, et les pharyngiens inférieurs
en relation avec les cinquièmes cératobranehiaux. Chaque pharyngien
inférieur est formé par la fusion d’un certain nombre de petites plaquettes
osseuses auxquelles des dents se sont soudées très précocement (Du Beeu.
1937). Généralement Salmo salar et Salmo trulta possèdent en plus deux
ou trois dents soudées aux troisièmes pharyngobranchiaux et qui repré¬
sentent les vestiges d'une plaque dentée en voie de disparition complète.
Salmo possède en outre un supralingual ou dcrmenloglossum denté, au-dessus
du glossohyal cartilagineux et du basihyal osseux, ainsi qu'une ou deux
plaques supracopulaires recouvrant la copule antérieure et généralement
soudées au troisième basibranchial (Tchernavin, 1938). Les os pharyngiens
de Cycloplcrus lumpus se développent d'une façon assez spéciale. Les dents
apparaissent très tôt, dès le stade de 5 mm, alors que les ossifications péri-
Source : MNHN, Paris
chondrales des arcs branchiaux ne sont visibles qu'au stade de 6 mm. Plus
tard, ces ossifications forment des apolamelles sur lesquelles se soudent
les dents. Les os pharyngiens ne sont donc à aucun moment distincts des
éléments d'arcs osseux correspondants (Uhlmann, 1921).
Une soudure complète des pharyngiens inférieurs entre eux n'est réalisée
que dans les familles des Labridac et des Scaridac, les pharyngiens supérieurs
restant écartés l'un de l'autre dans la première de ces familles tandis qu'ils
s'unissent par engrènement dans la seconde. Les Cyprinidac dont les mâchoires
sont dépourvues de dents ont des pharyngiens inférieurs très spécia¬
lisés ; ce sont des os plus ou moins triangulaires portant de une à trois rangées
de fortes dents dissemblables. Les pharyngiens supérieurs sont atrophiés
et remplacés fonctionnellement par une plaque masticatrice cornée qui
recouvre une apophyse du basioccipital dite apophyse pharyngienne (Bertin,
1958).
Aux premiers arcs viscéraux, un certain nombre de plaques dermiques,
homologues des plaques pharyngiennes des arcs branchiaux, ont été incor¬
porées à la voûte du palais et de ce fait ont été conservées même lorsque
les dents qui leur étaient primitivement associées ont disparu par régression.
Ce sont le vomer et les dermopalatins correspondant à l'arc prémandibulaire,
l'ectoptérygoïde, l'entoptérygoïde, le métaptérygoïde et le parasphénoïde
correspondant aux arcs mandibulaire et hyoïde et enfin les coronoïdes.
Le vomer des Tcléosléens, appelé aussi parfois prévomer, est un os géné¬
ralement impair situé sous la région ethmoïdienne du neurocrûne et dans
le prolongement antérieur du parasphénoïde. Cependant le vomer doit
être considéré comme résultant de la fusion de deux plaques dermiques
correspondant aux éléments infrapharyngiens de l'arc prémandibulaire.
Des traces évidentes d'origine paire sont reconnaissables chez un certain
nombre d'espèces. Le vomer de Cijcluplerus lumpus, par exemple, impair
et dénué de dents chez l'adulte, apparaît au stade de (i mm sous forme d'un
groupe pair d ostéoblastes, au-dessous de la plaque ethmoïdienne (UhlmanN,
1921). Chez Ostmrus epcrlanus les composants pairs du vomer restent séparés
l'un de l'autre jusqu à un stade avancé de développement (Starks, 1926).
Chez Porirldliys, l'extrémité antérieure de l'os reste échancrée (Starks,
1926). Chez Sulmo sular, le vomer impair et denté chez l'adulte, apparaît
au stade de 17 mm, ventralement à la plaque ethmoïdienne, comme une
ossification de membrane antérieurement paire et postérieurement impaire ;
par la suite les dents se soudent â la face ventrale de. l'os qui s'étend dorsa-
lement et devient périchondral (De Beer, 19i<7).
Il est hors de doute que le vomer était primitivement denté et que l'ab¬
sence de dents, que 1 on observe chez bon nombre de Téléostéens, résulte
d'une régression secondaire. En fait la présence de dents est un caractère
labile et l'on peut trouver à ce point de vue de grandes différences entre
formes voisines. Par exemple Ctupea squattus et Clupcu hurengUs ont des
dents vomériennes, mais Clupea finta n'en a pas (Ridewood, 1904). Le
vomer des jeunes Saumons est denté mais perd sa rangée de dents chez
I nduite ; il la réacquiert cependant en période sexuelle lorsque les géniteurs
quittent la mer et font retour à leur milieu ancestral (Tchkrnavin, 1988-
Source : MNHN, Paris
CRAN 15 DES TÊLÉOSTÉENS 305
1943). Chez Elops et à un moindre degré chez Megalops, les dents vomériennes
sont disposées en deux groupes, droit et gauche, bien que le vomer lui-même
soit impair.
L’ossification vomérienne, primitivement dermique, devient souvent
périchondrale et envahit secondairement le cartilage ethmoïdien. 11 en est
notamment ainsi chez Sülmo (De Beer, 1937), Exocoetus (Lasdin, 1913)
Km. 53. — Parasphénoïdn et vomur du Xetwcharax spilurim, en vue ventrale, à gauehe (d’après
I)AOET, 1080), il 'Hoploxlrriiam thoracalum. en vue ventrale et en vue latérale gauche,
au centre (d'après Hoedeman, 1080) et de Salmo iridcu», en vue ventrale, A droite (d’après
Dbvillbrs, 105.8) ; fep, foramen pour l'artère efférente )>seudobranchiale ; pa, para-
sphénoïde : pvo, prévomor ; vo vomer.
et Cyclopterus lumpus (Uhlmann, 1921). De même chez les Anguilliformes
dont le vomer denté s’unit en outre aux prémaxillaires de façon à former
un complexe prémaxillo-elhmo-vomérien caractéristique et qui se forme
au cours de la métamorphose par soudure d'éléments antérieurement dis¬
tincts. Chez certains Siluroidci comme Hoplosternum thorocatum, le vomer
développe deux apophyses antéro-latérales qui s'individualisent à partir
d’un certain stade de sorte que l’adulte possède un vomer impair et deux
petits prévomers latéraux, un de chaque côté (Hoedeman, I960). C’est
Source : MNHN, Paris
D.VCiliT
un cas curieux de formation d'un us surnuméraire. Une autre modification
secondaire, apparue dans certaines lignées téléostéennes, concerne la position
du voilier. En principe celui-ci est situé au-dessous de la région ethmoïdienne
du crâne ; son extrémité caudale s'emboîte plus ou moins étroitement dans
une dépression médiane creusée sur la face ventrale du parasphénoïde.
Chez les Acanthuroidei et les Callionymoidci, le parasphénoïde en s'accrois¬
sant vers l'avant a glissé sous la région ethmoïdienne qu'il isole complè¬
tement du vomer reporté tout à fait en avant du neurocrâne proprement
dit. Le vomer a parfois disparu par régression. Chez les Icclidae il ne s'ossifie
plus (Matsuhaha, 1936) et il manque chez certains Synodidae. de même que
chez Saccopharynx et Monognathus dont les parasphénoïdes sont eux aussi
très réduits ou absents.
Le dermopalatin, ossification dermique paire, typiquement dentée, et
qui se soude parfois à l'aulopalatin, peut, pour cette raison, être considéré
comme une plaque arcuale correspondant à l’épiprémandibulaire. Un dermo-
palatin bien caractérisé existe chez les Salmonidae et les Albulidac. Chez
Salmo il apparaît ventralement à l'apophyse ptérygoïde du palato-carré,
séparé du cartilage par du Lissu conjonctif. Les dents qui se sont formées
avant l'os dermique se soudent à celui-ci et plus tard, le dermopalatin
se fusionne avec î'autopalatin pour former un os mixte (De Beer, 1937).
Chez Albula conorhynchus, qui a deux ossifications autopalatines, le dermo¬
palatin denté est soudé à l'ossification antérieure (Ridewood, 1901). Le
fait que dans un certain nombre de familles le palatin est décrit comme denté
laisse supposer qu'il s'agit ou d'un dermopalatin ou d'un os à deux compo¬
sants, dermopalatin et autopalalin étant intimement fusionnés.
Le parasphénoïde est un os de membrane impair et médian qui ne se
soude pas aux autres ossifications bien qu'il soit étroitement plaqué sous
le neurocrâne. Très allongé, il s'étend généralement de la région ethmoïdienne
à la région occipitale, parfois bien au delà de celle-ci comme chez Clupca
finla (Ridewood, 1904). Sa partie médiane forme une expansion latérale
dite processus ascmdens, passant sous le plancher de la chambre trigém'no-
faciale et remontant plus ou moins le long de la commissure latérale. Lorsqu'il
existe un myodoine postérieur bien développé le parasphénoïde en cons¬
titue le plancher. Phylogénétiquement le parasphénoïde devait être à l'ori¬
gine un petit os de membrane impair situé sous la région orbitaire du crâne.
Il se serait accru en se fusionnant avec des plaques arcuales dentées paires
correspondant aux éléments pharyngiens des arcs mandibulaire et hyoïdien.
Basée principalement sur une étude comparative des formes archaïques
fossiles moins évoluées que les Téléostéens et dont les parasphénoïdes se
sont révélés représenter plusieurs stades successifs de fusion, cette inter¬
prétation conduit à admettre que le parasphénoïde des Actinoptérygiens
primitifs comprenait : 1° des plaques arcuales mandibulaires formant lu
partie antérieure de l'os et le processus ascmdens anlcrior dit aussi apophyse
basiptérygoïde du parasphénoïde ; 2° des plaques arcuales hyoïdiennes
formant la région postérieure de l'os et le processus ascmdens poslcrior ou
processus ascmdens sensu stricto. Cette interprétation est en accord avec
celle proposée pour les trabécules qui correspondraient au moins en partie
Source : MNHN, Paris
aux infrapharyngomandibulaires et pour la commissure latérale qui déri¬
verait du suprapharyngohyal (Jarvik, 1960).
Quoique présentant un degré d'allongement vers l'arrière plus accusé
que chez les Actinoptérygiens primitifs et jouant dans l’architecture du
crâne un rôle plus important, le parasphénoïde desTéléostéens montre cepen¬
dant dans certains cas des signes de régression. Les éléments constitutifs
pairs ont complètement perdu leur individualité même au stade d'ébauche
primordiale. En effet le parasphénoïde, dont l'ontogenèse a rarement été
décrite chez les Téléostéens, semble se développer à partir d'un centre
d'ossification unique et impair. Mais les extrémités sont souvent fourchues.
La postérieure forme fréquemment deux pointes latérales qui encadrent
l'ouverture postérieure du myodome lorsque celui-ci est bien développé
et l'antérieure s’étend de part et d'autre de la pointe du vomer. Il en est
ainsi par exemple, chez Salmo irideus (Devillers, 1958) et Xenocharax
spilurus (Daget, 1960). Les dents qui devaient primitivement garnir la
plus grande partie du parasphénoïde, ont souvent disparu ou n'occupent
plus qu’une surface très réduite. Un parasphénoïde denté a été signalé chez
les Elopidac, les Albulidae, les Notoplcridae, les Pnntodonlidae, les Anaban-
lidae, etc... Chez les Osteoglossidae le parasphénoïde est denté sauf dans le
genre Heterotis qui, a bien des points de vue, mérite d’être considéré comme
le plus spécialisé de la famille. De même la plupart des Mormyridac ont un
parasphénoïde denté alors que Gymnarchus, forme étroitement apparentée
mais très spécialisée, à un parasphénoïde sans dents.
L’apophyse basiptérygoïde du parasphénoïde a généralement disparu
chez les Téléostéens, comme l'apophyse de même nom de la base du neuro¬
crâne et l’articulation palato-basale qui lui correspondait. On notera cepen¬
dant que dans deux familles apparentées et relativement peu évoluées,
celles des Osteoglossidae et des Pantodontidac, il existe une articulation
entre l’entoptérygoïde et une apophyse latérale du parasphénoïde (Green¬
wood, 1960). Comme cette apophyse est antérieure au processus ascendens
sensu stricto, il est vraisemblable qu’elle représente non pas une acquisition
secondaire, mais l'homologue de l'apophyse basiptérygoïde du parasphé¬
noïde des formes ancestrales, exceptionnellement conservée dans le groupe
des Osteoglossidae-Pantodonlidae. Quant au processus ascendens sensu stricto
ou processus ascendens posterior, il est généralement bien individualisé mais
son degré de développement varie. Chez Gasterosteus aculeatus, il rejoint
une apophyse descendante du frontal et le contact s'établit juste en avant
du sphénotique (Swinnerton, 1902). Un contact analogue entre para¬
sphénoïde et frontal a en outre été signalé dans des groupes très divers tels
que les Ophicephalidae (Day, 1914), le genre Moringua (Trewavas, 1932),
les Synbranchidae, les Lophiidae , les Daclylopteridae, certains Blennoidci,
etc... Chez Lophius le contact se fait en avant du foramen opticum et ne
saurait par conséquent être l'homologue de celui qui existe chez Gasterosteus.
Dans la plupart des cas c’est uniquement avec le prootique que le processus
ascendens entre en contact.
La régression du parasphénoïde atteint son maximum chez certains
Poissons de profondeur dont le crâne est très dégradé et l’ossification réduite.
Mémoires du Muséum. — Zoolouie, t. XXXI 20
Source : MNHN, Paris
Chez Eurypharynx il n'est représenté que par une petite lame osseuse. 11
a complètement disparu chez Saccophurynx (Tciiernavin, 1917) et Mono-
gnalhus (Bertin, 1936).
Parmi les particularités du parasphénoïde des Téléostéens il y a lieu
de signaler encore que la partie médiane de l'os est souvent percée d'un
foramen pair pour le passage de la carotide. 11 en est ainsi chez Salmo (Devil-
lers, 1958), Gasterosteus aculeatus (Swinnerïon, 1902), Helerotis nilolicus
(Daget et d’Aubenton, 1957), Cromeria nilolica (d'Aubenton, 1961).
Il existe parfois un autre foramen pair pour l’artère elîérente pseudobran¬
chiale comme chez Salmo (Devillers, 1958). Un orifice médian et impair
permettant une communication bucco-hypophysaire est exceptionnel.
Il en a été signalé un chez Elops sauras (Olsson, 1958) et certains Clupeoi-
dei (Misra et Sathyanesan, 1959). Il s'agit là de la persistance chez l'adulte
d'un caractère habituellement embryonnaire mais qui est connu également
chez certains Actinoptérygiens primitifs fossiles.
L’ectoptérygoïde est un os de membrane qui recouvre le bord latéral
du palato-carré alors que l'en top térygoïde se forme sur le bord médian du
palato-carré et un peu plus en arrière que l'ectoptérygoïde. L'un et l'autre
peuvent porter des dents ou non. L’ectoptérygoïde manque chez Cromeria
nilolica (d’Aubenton, 1961) et l’entoptérygoïde chez les Mormyroidei et
les Callionymoidei. Dans certains cas l’ébauche de l'enloptérygoïde se sou¬
derait à l’ectoptérygoïde pour former un seul os. Le ptérygoïde de Syngna-
Ihus fuscus pourrait avoir celte double origine (Kindred, 1921).
Un dermométaptérygoïde existait chez les Actinoptérygiens primitifs
mais il a généralement disparu chez les Téléostéens sauf exception comme
chez Syngnathus fuscus (Kindred, 1921). Chez llcterolis nilolicus, un dermo¬
métaptérygoïde bien distinct du métaptérygoïde proprement dit est encore
reconnaissable aux premiers stades de développement, mais les deux os
se soudent ensuite et chez l’adulte ils ne peuvent plus être distingués l'un
de l'autre (Daget et d'Aubenton, 1957). Chaque fois que le métaptéry-
goïde porte des dents, on devra suspecter une origine mixte et la fusion d'un
composant dermique avec le composant de cartilage.
Les coronoïdes sont de petits os dermiques dentés qui recouvrent la
face interne de la mâchoire inférieure. Ces os, en nombre variable, étaient
bien développés chez les Actinoptérygiens primitifs et existent encore chez
Atnia calva. Mais les Téléostéens semblent les avoir perdus.
Du fait que l'identité d'origine et l'homologie de toutes les ossifications
dermiques des parois buccale et pharyngienne ont été généralement mé¬
connues, il reste encore beaucoup de points à préciser concernant leur mode
de développement et même leur morphologie.
Source : MNHN, Paris
CONCLUSIONS SUR L’ÉVOLUTION DES TÉLÉOSTÉENS
Apparu à la lin du Jurassique supérieur, le super-ordre des Téléostéens
comprend actuellement quelques vingt mille espèces. De tous les Vertébrés
c'est le plus nombreux et le plus diversifié tant au point de vue anatomique
qu’éthologique. En ce qui concerne la variabilité des caractères morpholo¬
giques et la multiplicité des adaptations à divers régimes alimentaires et
à divers mode de vie, on estime que le seul sous-ordre des Charucoidei pré¬
sente^ moins autant, sinon plus, de diversité que, parmi les Mammifères,
l'ensemble des Marsupiaux. On est donc en droit d'admettre que les processus
évolutifs et les elîets de la sélection naturelle se sont manifestés chez les
Téléostéens d une façon plus importante que dans n’importe quel autre
groupe de Vertébrés et qu'ils doivent par conséquent y être plus faciles à
étudier.
Les causes en sont multiples et deux seulement seront évoquées ici
comme étant des principales. D'abord le nombre élevé de descendants
auxquels une femelle peut donner naissance au cours de son existence.
11 se chiffre par millions pour les espèces les moins spécialisées au point de
vue de la reproduction et ne s'abaisse à quelques centaines que pour des
espèces dont les œufs sont gardés ou protégés par les parents. Le cas à'Hippo-
campus zoslerae, petite espèce pratiquant l'incubation marsupiale et qui
n'a que six à huit œufs par ponte, est tout à fait exceptionnel. Or la multi¬
plication des œufs augmente d'autant les chances d'apparition, dans un
laps de temps donné, de mutations viables et de variations avantageuses
pour la survie de l’espèce que la sélection naturelle et la ségrégation peuvent
isoler. Secondement, le volume des océans et des eaux continentales, entiè¬
rement colonisés par les Téléostéens depuis la surface jusqu'aux grandes
profondeurs, dépasse largement celui de la biosphère occupée par les Verté¬
brés terrestres et aériens ; les biotopes y sont plus nombreux et dans les
eaux continentales l'isolement géographique y joue un rôle plus important.
L'exemple des Cichlidue des grands lacs africains est souvent cité car il
est topique de l'ellet de la pression sélective exercée par les prédateurs
et des effets de la ségrégation écologique ou géographique. Dans le lac Albert
où existent de puissants carnivores, Laies et Hydrocyon, on ne trouve que
5 espèces de Tilapia et 5 espèces d 'Haplochromis dont 4 endémiques. Dans
le lac Victoria qui n'a pas de prédateurs comparables aux Laies ni aux
Hydrocyon les Cichlidue sont représentés par 6 genres dont 3 endémiques
et par 70 espèces dont G4 endémiques. La contrainte exercée par les préda-
teurs dans le lac Albert a donc eu un effet restrictif sur la variation des
Cichlidac en ne laissant subsister que les formes les mieux adaptées pour y
Source : MNHM, Paris
échapper. Dans le lac Victoria par contre les Cichlidae ont trouvé des condi¬
tions favorables qui ont permis à un grand nombre de formes légèrement
différentes les unes des autres de s'adapter aux diverses niches écologiques
existant dans le lac.
La variabilité chez les Téléostéens all'ecte évidemment toutes les parties
du corps et tous les organes mais plus singulièrement le crâne. Avec sa
structure complexe et le grand nombre d'éléments osseux ou cartilagineux
qui entrent dans sa composition, il est en effet plus susceptible de présenter
des variations que des systèmes anatomiques simples comme par exemple
le squelette axial ou les organes de la reproduction. Parmi les individus
d’une espèce soumise à la pression de la sélection naturelle, ceux possédant
les composants fonctionnels nerveux les plus efficients sont avantagés,
qu’il s'agisse d'acuité îles sens ou de rapidité et de coordination des mouve¬
ments. Des variations même minimes dans la disposition ou le degré de
développement de ces composants fonctionnels ont donc pu avoir une signi¬
fication évolutive en favorisant la survie des individus qui les présentaient.
Or la plupart des centres nerveux et des organes sensoriels extéroceplifs
sont groupés dans la région céphalique et, comme on l'a vu, ce sont la forme,
le volume et la position relative de l'encéphale, des yeux, des sacs olfac¬
tifs et des organes stato-acoustiques qui conditionnent l’architecture du
neurocrâne embryonnaire tandis que la répartition topographique des
neuromastes invaginés détermine celle des centres d'ossification des os à
canaux. Les Mormyridar ont, au cours de leur évolution, développé une
véritable hypertrophie de tout le .système de la ligne latérale qui comprend
notamment des organes sensoriels spéciaux dits mormyromasles et une
valvule du cervelet énorme recouvrant tout l'encéphale ; ils ont en outre
acquis des organes électriques mais par contre leurs yeux ont régressé,
leurs muscles oculaires sont devenus rudimentaires et leurs sacs olfactifs
se sont atrophiés. Ces particularités du système nerveux ont entraîné le
plalylrabisme du crâne, l'absence de myodome et de capsule nasale pour
ne citer que les traits les plus marquants qui rendent l'architecture du chon-
drocrâne des Mormyridae si différente de celle des Téléostéens typiques.
Par ailleurs un grand nombre d'adaptations portent sur le régime alimentaire
et le mode de préhension de la nourriture et se sont traduites, en ce qui
concerne le crâne, par des modifications dans la morphologie des mâchoires,
des dents, des plaques dermiques des cavités buccale cl pharyngienne, etc..-
Du fait de sa grande variabilité le crâne des Téléostéens constitue donc
un champ de recherches particulièrement intéressant pour l'étude des lois
générales qui ont présidé à l'évolution de tous les Vertébrés. Les facteurs
héréditaires, c’est-à-dire la constitution génétique de l'œuf, déterminent
sans doute le nombre, la localisation et la chronologie relative d'apparition
des blastèmes, des centres de chondrification et des centres d'ossification
ainsi que la vitesse et la durée de différenciation des divers éléments consti¬
tutifs du crâne. Mais la morphologie d'un os ou d'un cartilage dépend,
semble-t-il, dans une très large mesure des organes environnants. C’est
ainsi que des excisions pratiquées sur certains os de la série operculairc chez
Cyprinus carpio ont montré que les limites de croissance d'un élément de
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
311
la série et par conséquent sa forme ne sont pas prédéterminées mais direc¬
tement sous la dépendance de l'environnement. Lorsque le subopercule
seul est excisé, son emplacement est occupé en partie par l’opercule et en
partie par l’interopercule qui se développent tous deux au-delà de leurs
limites normales d’extension. Lorsque l’opercule seul est enlevé, un nouvel
opercule de petite taille est régénéré à partir du périoste de l'articulation
avec l’hyomandibulaire ; en outre le préopercule et le subopercule s’étendent
beaucoup plus qu'ils ne le font en présence, d'un opercule de taille normale.
Si l'excision affecte partiellement l'opercule, le subopercule et les deux pre¬
miers rayons branchiostèges, la régénération des os lésés se fait de façon à
recouvrir toute la région operculaire mais il n'y a pas reconstitution exacte
des os normaux. Par exemple le subopercule reste petit et la place laissée
libre est occupée par une extension secondaire soit de l'opercule, soit du
premier rayon branchiostège, soit même du second rayon branchiostège
(Tatarko, 1934).
Ces données expérimentales ne sauraient être généralisées dans tous
les cas, mais elles démontrent cependant que toutes les caractéristiques d’un
crâne adulte ne sont pas directement déterminées par des facteurs géné¬
tiques. Un grand nombre d’entre elles s'élaborent à nouveau au cours de
chaque ontogenèse et ne sont que le résultat d’ajustements à certains
facteurs stéréostatiques ou mécaniques. Le cartilage en s'accroissant se
moule sur les organes préexistants, organes des sens, nerfs, vaisseaux ou
muscles, les ossifications parachondrales épousent étroitement la forme du
cartilage sous-jacent, des fossettes ou des apophyses se différencient à la
surface des os aux points d'insertion des muscles et des tendons, etc... Il
semble même que la segmentation des arcs branchiaux cartilagineux soit
en grande partie, sinon entièrement, le résultat du jeu de la musculature
branchiale.
Les variations des facteurs héréditaires réglant les processus morpho-
génétiques crâniens se sont, comme toute variation, produites au hasard.
Mais de même que tous les isomères possibles d'un corps chimique n'ont
pas la même stabilité et ne sont pas forcément produits au cours d'une réac¬
tion, toutes les combinaisons de gènes théoriquement possibles ne sont proba¬
blement pas viables et d'ailleurs le plus grand nombre de celles qui se trouvent
réalisées sont éliminées par la sélection naturelle. Il en résulte que l'évolution
du crâne, comme tous les phénomènes évolutifs, apparaît en fait orienté
par des tendances statistiques, les unes propres à certains rameaux évolutifs,
les autres générales pour tous les Téléostéens. Trois de ces dernières ont
joué un rôle fondamental dans l'apparition des variations crâniennes :
I. Tendance à la délamination de I'ectomésenchyme. Les cellules d’ori¬
gine ectomésenchymateuse tendent à former, au cours de l’ontogenèse,
des générations successives de blastèmes à potentialité squelettique qui
s’enfoncent en profondeur et peuvent s'accoler ou s'incorporer aux éléments
sous-jacents. Cette tendance permet de relier entre eux et d'expliquer des
processus apparemment aussi divers que les suivants :
1° L’incorporation au neurocrâne d'éléments viscéraux appartenant
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
primitivement aux arcs prémandibulaire et mandibulaire. — 2° Incorpo¬
ration au neurocrâne d'ossifications primitivement dermiques et superfi¬
cielles. — 3° Incorporation de blastèmes de rayons aux blastèmes d'arcs
viscéraux. — 4° Dédoublement des blastèmes d'os à canaux en deux compo¬
sants, un membranodermique lamellaire et profond qui tend à s'autono¬
miser et un neurodermique tubulaire superficiel qui reste sous la dépendance
des neuromastes. — 5° Soudure des dents aux os dermiques sous-jacents
et des plaques dermiques arcuales, dentées ou non, aux arcs viscéraux.
Des exemples de ces processus ont déjà été donnés dans diverses parties
de la présente étude.
II. Tendance à la régression des ossifications. Tout se passe comme si
les tissus mésenchymateux perdaient progressivement leurs potentialités
ostéogénétiques primitives. La formation de tissu osseux s’arrête au stade
de tissu ostéoïde sans aller jrsqu à celui de tissu osseux vrai ou bien la proli¬
fération du tissu osseux devient de moins en moins vigoureuse et l'os défi¬
nitif s étend de moins en moins. A cette tendance générale se rattachent
les processus suivants :
1° Des composants osseux qui se soudaient primitivement les uns aux
autres s'individualisent et donnent chacun un os distinct. Ceci s’est produit
non seulement pour les os du neurocrâne et les os de cartilage des mâchoires
de tous les 1 éléostéens, mais aussi pour les composants neurodermiques d'os
à canaux dans certaines lignées particulières comme chez les Cyprinidae. — 2°
L'étendue et le volume des ossifications diminuent, le territoire qu elles occu¬
paient primitivement restant partiellement cartilagineux ou membraneux.
— 3° Des centres osseux disparaissent totalement d'où une simplification
progressive du crâne qui conserve à l'état adulte certains caractères juvéniles
ou embryonnaires.
L'apparition de nouveaux centres d'ossifications n'est pas en contra¬
diction avec cette tendance générale à la régression : elle en serait plutôt
une manifestation particulière. Deux cas se produisent en réalité. Des centres
néoformés apparaissent dans les zones intermédiaires entre deux ou plusieurs
autres ossifications. C'est le cas des os anamestiques ou des os dits de remplis¬
sage ; de tels os sont toujours de taille relativement faible et ne s'observent
que dans certaines lignées. Ou bien un centre d'ossification secondaire
apparaît dans le territoire primitivement occupé par un os se formant à
partir d'un centre unique. Il en résulte un os secondaire généralement moins
développé et plus sujet à régression que l'os primitif. Ce serait le cas du
supramaxillaire et du supraangulairc.
III. Tendance à l'hétérochronie des processus morphogénétiques. Le
stade ontogénétique où s'organisent les différents blastèmes et la vitesse
relative avec laquelle ils évoluent en cartilage ou en os sont susceptibles
de variations très étendues. Ainsi le neurocràne commence à se chondrifier
avant le splanchnocrâne chez Salmo, mais 1 inverse a lieu chez Gadua. Dans
ce dernier genre, au stade de 11 mm la lame orbitonasale et le septe inter-
nasal sont déjà bien développés alors que chez Anguilla au stade de 11 mm,
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
313
le seple internasal ayant acquis sa forme normale, la lame orbitonasale qui
apparaîtra plus tard n'est pas encore ébauchée. Dans le genre Mormyrus,
la lame orbitonasale ne se forme à aucun stade. Les structures dont la diffé¬
renciation est accélérée ont la possibilité de s'étendre davantage et de varier
davantage que celles dont la différenciation est ralentie ou différée et qui
régressent ou même, à la limite, disparaissent expulsées de l'ontogenèse.
Ces trois tendances ne se manifestent pas de façon isolée. Elles se combi¬
nent entre elles et peuvent ainsi produire un grand nombre de processus
évolutifs différents. Considérons le cas d’un neuromaste et d’une portion
de canal qui s’invaginent à un stade précoce de l'ontogenèse ; un blastème
juxta-épithélial s'organise et s'enfonce en même temps, puis s’ossifie rapi¬
dement. L’os dermique à canal qui en résulte sera à un seul composant
entièrement sous la dépendance du neuromaste. Si les processus d'invagina¬
tion sont retardés par rapport à la formation du blastème, celui-ci pourra
continuer à s’organiser et à s'enfoncer comme précédemment et lorsque le
neuromaste s’invaginera un deuxième blastème se formera autour de lui.
L'os à canal sera devenu à deux composants. Suivant l'importance de l'hété-
rochronie, les deux composants se souderont au stade blastème ou seulement
après le début de l’ossification. Mais si le retard est trop important le mem-
branodermique s’autonomisera ou bien régressera et disparaîtra. Il ne res¬
tera plus alors que le neurodermique qui disparaîtra à son tour si les neuro-
mastes ne s'invaginent plus. Cet exemple montre comment s’établissent
les rapports entre l'ontogenèse et la phylogenèse ; bien qu'hypothétique
il constitue un schéma évolutif en accord avec les données actuelles de l'em¬
bryologie et de l'anatomie comparée. On remarquera qu'au cours d'une évo¬
lution comme celle qui vient d’être envisagée, l’ontogenèse diffère de plus
en plus de ce qu’elle était à l’origine et que sous son aspect terminal elle
ne rappelle en rien la phylogenèse.
Enfin toute tentative d’explication de l'évolution du crâne des Téléos-
téens par le jeu diversement combiné d’un petit nombre de tendances géné¬
rales entraîne deux conséquences qui doivent être confrontées avec les
faits observés :
1) Les tendances n’ont pas affecté simultanément ni avec la même
intensité tous les processus craniogénétiques qui dépendent de facteurs
génétiques différents. Les arcs branchiaux par exemple ont pu rester très
primitifs alors que le neurocrâne ou la région des mâchoires, ayant évolué
rapidement, sont hautement spécialisés. De même le frontal a pu ne subir
aucune variation notable alors que certains os à canaux circumorbitaires
ont régressé d’une façon importante ou même ont disparu. 11 en résulte
qu’un crâne dans son ensemble ne pourra le plus souvent être considéré
ni comme primitif ni comme évolué. Or chez les Téléostéens actuels, formes
d’aboutissement d’une très longue évolution, on constate effectivement
un mélange de caractères archaïques et de caractères de spécialisation
sans qu’il soit toujours facile de faire le partage entre ces deux catégories
de caractères à limites imprécises à moins d'une étude comparative appro¬
fondie de chaque cas particulier.
Source : MNHN, Paris
J. DAGIÎT
314
2) Les tendances étant générales ont pu se manifester selon des modalités
analogues et produire les mêmes résultats dans plusieurs lignées indépen¬
dantes. Par exemple la régression ou la disparition d'un élément osseux a pu se
réaliser chez des formes déjà engagées dans des directions évolutives bien
distinctes. Il en résulte que l'absence d'un os n’implique obligatoirement
aucune parenté réelle entre les Téléostéens chez lesquels on l'observe ;
tout ce que l’on peut dire c’est que, dans un groupe donné, les formes qui
ont perdu un os donné, ou dont cet os est réduit, sont plus spécialisées que
celles qui le possèdent encore bien développé. En ce qui concerne le basis-
phénoïde par exemple, les Pseltoidoidei sont moins spécialisés ou moins
évolués que les Plcuronectoidei et les Soleoidei. De même les Characoidei
sud-américains dont l'intercalaire est extérieur à la paroi du neurocrâne
sont plus primitifs, à ce point de vue, que les Cilharinidac africains dont
l’intercalaire est incorporé au neurocrâne.
En définitive et tenant compte des remarques précédentes, l'hypothèse
du polyphylétisme des Téléostéens apparaît très vraisemblable de même
que le caractère artificiel de certains rapprochements systématiques effectués
au su de particularités qui pourraient très bien résulter de convergence
fortuites. Démembrements et tentatives de regroupements ne sont donc
pas prêts d’être terminés dans un ensemble aussi vaste et, il faut le recon¬
naître, encore aussi mal connu, que celui des Téléostéens avant que tous les
les taxa morphologiques connus soient rangés en un système phylogénétique
cohérent et satisfaisant.
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i Cyclopterus lumpu.
i Kopfskelett des lie»
. 59-84. 2 pl.
Source : MNHN, Paris
INDEX DES AUTEURS CITÉS
Les chiffres en caractères ordinaires indiquent les pages et les chiffres en italiques
les numéros des figures.
Allis, 192, 2.-I2, 240, 256, 258, 200, 267. 269, 271, 273. 283, 293, - 37 .
Aubknton (!>’), 222, 243, 258, 262, 266, 267, 269, 273, 274, 283, 294, 297, 308,-36.
Assheton, 192, 206.
BaüCHOT, 227, 229.
Beebe et Crâne, 282.
Berg, 206, 238, 250, 284, 25, 28 , 42 , 30 .
Bkkrii.l, 189, 195, 208, 229, 232.
Bertelsen, 283.
Bertin, 255, 298, 304, 308, — 32 .
Bertmar, 166, 172. 179, 187, 188, 189, 192, 194, 195, 196, 200, 205, 206, 211,
214, 219, 220, 223, 225, 220, 227, 228, 230, 233, 22 , 23 .
Besrukov, 188.
Bhakoava, 188, 189, 194, 197. 200, 205, 206, 207, 211, 221, 223, 227, 233.
Blanc, 179, 180, 182, 234, 290, 291, 300, 17 .
Boas, 278.
Boeke, 172.
Boker, 206, 225, 20 .
CiiABANAUn. 244, 245, 250, 259, 271, 295, 296, 32 , 18 .
Chapman, 239, 246, 282.
Clapp, 258.
Daget, 177, 206, 209. 220, 226, 227, 258, 267, 269, 271, 273, 274, 275, 276, 278,
291, 293, 294, 296, 301, 307, 13 , 14 , 10 , 38 , 30 , 40 , 33 .
Daget et D'Ans EN TON, 188, 189, 192, 195, 196, 197, 199, 201, 202, 203, 205, 206,
209, 211. 213, 214. 215, 219, 221, 222, 227, 229, 230, 239, 245, 247, 249,
250, 251, 252, 253, 254, 266, 267, 292, 293, 294, 295, 297, 300, 308, — »,
6, 7 , 10 , 12 , 13 , 17 , 18 , 24 , 34 , 37 .
David, 274.
Day, 307.
De Beeh. 174, 188, 190, 193, 194, 196. 198, 199, 200, 204, 205, 206, 210, 212, 213,
215, 220, 224, 225, 227, 230, 232, 233, 238, 239, 240, 243, 245, 246, 247.
249, 250, 251, 252, 293, 298, 300. 303, 304, 305, 306, 3 , !), 10 , 11 , 18 .
Devjli.ERS, 240, 248, 256, 260, 262, 263, 265, 266, 267, 268, 271, 273, 274, 279,
299, 300, 307, 308, 33 , 33 .
Edcewortii, 230.
Fiebiger, 275, 43 .
Florkin, 182.
FüRBRInger, 175.
Gaupp, 190.
Goodrich, 174, - /.;, 10 .
Greenwood, 267, 307, 37 .
Greenwood et Thomson, 252.
Haines, 299, 300.
Hammarberg», 188, 196, 205.
Harrington, 237.
H ENSCHEL, 285.
Hoedeman, 245, 252, 305, 33 .
Holmoren, 164, 170, 172, 188, 189, 192, 195, 196, 212, 213, 215, 227, 228.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 323
IIolmgren et Stensiô, 295.
Hora et Law, 286.
Hubendick, 179, 188. 205, 206, 208, 211, 227, 232, 248. — 6 .
Jarvik, 170, 264, 307.
Kindred, 195, 196, 202, 205, 206, 209, 211, 213, 216, 223, 227, 229, 230, 232,
240, 245, 249, 265, 267. 269, 274. 293, 298, 300, 308, — 20.
Lasdin, 195. 206, 213, 239, 246, 249, 305.
Le Danois, 250.
Lehman, 225, - 42 .
Lekander, 249, 257, 258, 262, 265, 266, 267, 268, 271, 273, 274, 275, 279, 283, — 33 .
Li.oyd. 240.
Mackintosch, 206, 230, 232.
Matsubara, 306.
Misra et SathyaneSan, 308.
Monod, 222, 250, 276, 278, 281, 293, 303, — 29 , 41 .
Nawar, 247, 251, 296, 303, — 31 .
Nielsen, 235.
Norman, 193, 194, 197, 202, 206, 207, 209, 212, 213, 220, 224, 227, 229, 232, 233,
282, S , 13 .
N YBF.LIN, 296.
ÜLSSON, 308.
OMARKHAN, 211, 213, 215, 216, 257.
Parr, 245, 297.
PehrSON, 211, 260, 267, 271, 279.
Pellegrin, 303, 32 .
Pi VETE Aü, 217.
Ramaswami, 266, 269.
Rayner, 252.
Regan, 281, 282, 302. — 43 , 31 .
RidewoOD, 222, 243. 253, 274, 293, 297, 298, 304, 306.
Ryder, 233.
Sagemehl, 233.
Smith, 286.
Srinivasaciiar, 206, 223, 232, 233, 297.
Starks, 237. 239, 243, 249, 304, 20 .
Stensiô, 174.
Stôhr, 188.
Svetovidov, 254.
SwiNNERTON, 188, 189, 194. 200, 206, 211, 224, 226, 227, 232, 233, 237, 239, 245,
247. 254, 273, 291, 293, 300, 307, 308.
Tatarko, 311.
Tchernavin, 178, 207, 220, 229, 232, 233, 238, 239, 241. 255, 284, 288, 290, 292,
295. 296, 298, 303, 304. 308, 14 , 43 , 40 .
Thys van den Audenaerde, 227, 250, 251, 254, 272, 294. 297. — 33 .
Tomes, 278.
Torlitz, 246.
Tretyakov, 258.
Trewavas, 229. 241, 255, 297, 307.
Uhlmann, 206, 207, 210, 213, 232, 247, 249, 251, 267, 293, 297, 300, 304, 305.
Waltiier, 225.
Weitzman, 244, 251, 271, 283, 302, - 29, 31 , 39 , 42 , 49 .
Wells, 223. 225, 230.
Wijhe van, 174.
Williams, 208.
Willcox, 176.
Wii.lem, 285, 286.
Wohlfahrt, 259, 268.
WOSKOBOINIKOFF, 285.
ZANDF.R, 301.
Mémoires dd Musédm. — Zoologie, t. XXXI. 21
Source : MNHN, Paris
INDEX DES MATIÈRES
Acrodonte (percée dentaire), 278.
Adénosinetriphosphorique (acide), 182.
Adnasal, 282, - 36, 38, 42.
Angulaire, 257, 203, 275, 279, 282, 283, 284, 299, 300, — 40, 42, 13, 50.
Angulo-splénial, 275.
Antorbitaire, 204, 268, 209, 270, 271, — 36.
Aorte dorsale, 192, 253, — 7.
Aorte latéro-dorsale, 192.
Aorte ventrale, 192, — 7.
Apariétal (crâne), 273, 279.
Apoliyal, 295.
Apolamelle, 293, 297, 304.
Apophyse basiptérygoïde (du neurocrâne), 189, 225, 306.
(du parasphénoïde), 307.
entethmoïde, 195.
ethmopalatine, 225, 20, 21.
operculaiie, 227, 228, 229, 285, 296, — 21.
pharyngienne, 253, 304.
postorbitaire, 202, 205, 235, 246, 269.
postpalatine, 211.
préarticulaire, 300.
préorbitaire, 240.
prootique, 211, 220.
ptérygoïde. 194, 195, 224, 226, 300, — 0.
retroarticulaire, 299, 300.
rostropalatine, 225, - 20, 21.
Appareil jugostégal, 297.
Arcs aortiques embryonnaires, 192, — 7.
Arc branchial, 107. 175, 176, 177, 179, 180, 218 â 223, 226, 227, 228, 233, 285, 280,
290 à 293, 297, 300, 301, 303, 304, 311, 313, — I, 18, 10, I I. 40, 17. 01.
Arc hyoïde (ou hyoïdien), 107, 170, 170, 212, 217, 218, 225, 226 à 231, 284, 285,
287, 292, 290, 297, 304, 300, — 20, 22, 48, 40.
mandibulaire, 107, 170, 176, 189, 217, 218, 223 à 226, 230, 231, 298
à 300, 304, 306, 312, — 20, 40.
occipital, 188, 204, 216, 255, — II.
prémandibulaire, 170, 174, 217, 218, 223 à 226, 231, 304, 312.
Arcs prootiques, 170.
Arc viscéral, 166, 167, 108, 170, 172, 170, 178, 218, 231, 284, 300, 301, 304, 312.
Artère afférente pseudobranchiale, 213, 249, 7.
cérébrale, 193, s.
efférente hyoïdienne, 295.
efférente pseudobranchiale, 188, 192, 193, 308, - 7, 8, 13, 53.
ophtalmique, 192, 193, 7, 8, 15.
optique, — 15.
orbitaire, 211, 213, 247, — 15.
orbitonasale, 190, 198, 0, 10, 15.
Articulation palato-basale, 225, 307.
•— par chevauchement latéral, 275.
Asteriscus, 199, 253.
Atria sinus imjiaris, 204, 253.
Autarticulaire, 283, 298, 299, 300.
Source : MNHN, Paris
CKANE DUS TÛLÉt
JSTÉENS
Autopalatin, 298, 306, — 49.
Autoptérotique, 246 à 253, 265, 271, — 24.
Autosphénotique, 246 à 249, 252, 269, 271, — 24, 32.
Azygoste, 271.
:, 209, 210, 212, 213, 214, 217,
Barre trabéculaire, 187, 188, 189, 192, 193, 194, :
226, — 6, 13, 17.
Basibranchial, 218, 220, 222, 227, 231, 291, 292, 293, 301 303.
— (second), 168, 170.
Basihyal, 227, 289, 292, 295, 296, 297, 303, — 18, 44, 45, 46, 48.
Basimandibulaire, 296.
Basioccipital, 247, 249, 251, 252, 253, 254, 304, — 24, 28 29 31 32 33
Basispliénoïde, 242, 244, 245, 246, 247, 248, 314, — 24, 28 29 30. ’
Bélophragme, 244, 245.
Blastème, 164, 170, 175, 179, 181, 188, 195, 196, 199, 211, 212, 219 223 226 227
228, 231, 233, 260, 262, 263, 264, 271, 279, 300, 310,’311,’312,’ 313,’
iuxta-épithélial, 260, 267, 274, 313.
Branchiomérie, 172, 176.
Branchiospines, 301.
Canal antérieur, 199, 204, 246, 247.
horizontal (ou latéral), 199, 201, 202, 247, 249.
— infraorbitaire, 257, 258, 259, 260, 268, 269, 271, 272 — 34.
— jugulaire, 247, 248, 249.
— mandibulaire, 257, 263, 275, 284.
préoperculaire, 257, 271.
préoperculo-mandibulaire, 256, 258, 260, 262, 269,_ 34
postérieur, 199, 250.
sensoriel, 184, 235, 239, 255, 256, 258, 262, 264, 265, 266, 273, 274, 278,
279, — 34 , 37 .
— spiraculairo, 202.
supraorbitaire, 240, 257, 258, 259, 260, 262, 265, 267, 268, 269 272 — 34
Canaux de H avers, 182.
semi-circulaires, 199, 201, 203.
verticaux, 201.
Capsule nasale, 195, 196, 199, 204, 310.
optique, 175, 187, 199 à 206, 208, 215, 218, 226, 228, 242 246 247
249, 250, 251, 252, — 11, 12, 16, 17.
Carotide, 245, 308.
interne, 188 à 194, 247, — 7, 8, 15.
Carré (ou quadratum), 273, 283, 288, 293, 294, 298, 40, 49.
Cartilage ethmoïdien, 237, 238, 240, 282, 305.
hyalin, 178, 179, 180, 233. 290, - 47.
labial antéro-supérieur, 232.
labial inférieur, 233.
labial postéro-supérieur, 233.
operculaire, 229.
otique, 200, 211.
otique antérieur, 199, 200, 211, 226, — U.
otique postérieur, 199,200.
polaire, 173, 187, 188. 189, 192, 194, 225, - 5, 20.
postorbitaire, 204, 205, 206.
préorbitaire, 196, 204, 206.
— pseudobranchial, 233.
— rostral, 232.
— sclérotique, 233.
— suboopulaire, 233.
— submaxillaire, 233, — 23 .
Source : MNHN, Paris
320 J. DAGET
Cartilage subprémaxillaire, 232.
supraoccipital, 216.
—- supraorbitaire, 204, 205, — 17.
— suspenseur, 233.
symplectique, 230, 231.
à stroma capsulaire, 178.
de Meckel, 223, 226, 230, 233, 275, 281, 283, 298, 299, 300, — 18, 20,
21, 50.
Cavité médullaire, 290. - 47.
— trigémino-faciale, 212.
Cavum cranii, 195, 202, 209, 217. 242, 244, 245, 246. 14.
orbitonaxale, 198, 210, 217, 29.
Centre de chondrification. 186, 188, 196, 204, 205, 217, 219, 221, 230, 233, 236,
293 310
d’ossification, 182, 184, 185, 186, 234, 235, 236, 237, 244, 247, 252,
255, 263, 290 à 295, 298, 307, 310, 312, - 21.
Cératobranchial, 218, 219, 220. 221. 222. 285, 291, 292. 293, 301,302, 303, - lu, 21.
Cératohyal, 226, 227, 285, 286, 287, 290, 292, 294, 295, 296, 297, - 18, 21, 22,
40, 44, 45, 40, 48, 40.
Cératomandibulaire, 223, 226.
Chambre Irigémino-faciale, 211, 213, 214, 217, 247, 248, 306, 17.
Champ mésobranchial, 167.
Chondroblastes, 178, 179.
Chondrocytes, 178, 179, 180, 183.
Chondroïtine sulfurique (acide), 178.
Chondrolyse, 180.
Chondromucoïde, 178, 179.
Clithrum, 284.
Commissure basicapsulaire antérieure, 199, 200, 203, — 11, 12.
postérieure, 200, 203, — 11, 12.
basivestibulaire, 199, 200, 203, II.
ethmoïdienne, 239, 258, 259, 260, 268.
latérale, 211, 212, 213, 214, 228, 230, 245, 246, 247, 306, 307, — 15 ,
16, 17, 21, 22.
palatine, 196.
préfaciale, 211, 213, 247.
prépalatine, 212.
sphénethmoïdieuue, 196, 198, 205, U.
sphénoseptale, 196, 198. 205, 206, .'/.
supra temporale, 258, 259, 260, 268, 271, 272, 273, — 84, 27.
Communication bucco-hypopliysaire, 308.
Compartiment dorsal, 209, 214, — 10.
ventral, 209, 214, 16.
Complexe propituital, 242, 245.
('opula communie, 221, 227. 233. 292, 295.
Copule, 218, 220. 221, 222, 286, 289. 292, 295, 297.
antérieure, 219, 220, 221, 222. 227, 291, 292, 303, 1, 18, 19.
postérieure, 219. 220, 221, 222, 291, 292, 293, /, 18, 19.
Corde, 165. 166, 169, 171. 174, 187, 188, 189, 190, 252, 289, 2.
Cordo-mésoblaste, 165, 169.
Cornes préetlunoïdiennes, 194, 195, 226, 233, 237.
trabéculaires, 194.
Coronoïdes, 304, 308.
Coronomeckelien, 299, 300. 50.
Côtes céphaliques occipitales, 254, - 23.
Crêtes neurales, 165, 167. 168, 169, 172, 173, 2.
Crête pseudomédiane, 240.
Crista media. 255.
parotica, 202.
Source : MNHN, Paris
CKANE DES TÉEÉOSTÉENS
327
Délamination (de l’ectomésenchyme), 170, 2(53, 301,311.
Dentaire, 257, 263, 275, 270, 279, 281, 284, 298, 299, — 1, 40, 41, 42, 43 50.
1 lenticulaires, 283.
Dento-splénial, 275.
Dents, 275, 276, 277, 278, 279, 281, 282, 300, 302, 303, 306, 307, 308, 310, 312.
fonctionnelles, 278, 303, — //.
incluses, — 41.
pharyngiennes, 303, 304.
vomèriennes, 304.
Dermarticulaire, 283.
IlermeiUoglosmm, (ou supralingual), 303.
1 lermométaptérygoïde, 308.
Dermopalatin, 304, 306.
Dermoptérotique, 249, 255, 265, 271, 272, 273, 274, 279,_ 30 37 33 30.
Dermosphénotique, 246, 268, 269, 270, 271, 274, — 36, 37, 33.' ’ ’
Dermosupraoccipital, 255.
Deutoplasme, 165, 168, — 2.
Diarthrose, 276.
Ductus pneumaticus, 203, — 12.
Dure-mère, 166, 169, 212, 213, 214, 215, 216, 245, 247.
Ectoblaste, 165, 169, 170, - 2.
Ectomésenehyme, 167, 168, 169, 170, 189, 263, 300, 301, 311.
Ectoptérygoïde, 304, 308, 40.
Endomésencliyme, 166.
Eutoblaste, 165, 166, 168, 169, 172, 2.
Entoptérygoïde, 304, 307, 308, — 40.
Épiblaste, 165, 166, 167, 168. 169, — 2.
Épibrauchial, 218, 219, 220, 221,222, 229, 285, 291, 292, 293, 301, 303,— 1S 10 21.
— accessoire, 220, 222, 291.
Epihyal, 226, 227, 228, 230, 231, 295. — 27, 22, 28, 20, 31.
Epimandibulaire, 223, 224, 225, 231, — 21.
Epiotique, 246, 250, 251, 252, 255, — 24, 28, 20, 32, 33.
Épiphyse, 165, 204.
Épiprémandibulaire, 223, 224, 225, 231, 2/.
Espaces extracraniens, 216.
extramuraux, 217.
— intramuraux, 216.
— périlympliatiques, 203, 204, 253.
Espace subpituitaire, 213, 217.
Ethmoïde latéral, 240, 242, 281, — 24, 25, 26, 27, 28, 20 31 32 33 37.
— médian. 237, 240, 267, 268. 281, — 27, 28, 20, 31, 33 37 30.
Extrascapulaire, 255, 268, 271, 272, 273, 274. — 30 37 38 30
latéral, 271, 273, — 30.
— médian, 271, 272, 273, — 30.
Fenêtre basicapsulaire, 200, 203.
antérieure (ou vraie), 200, 203, — il.
— — postérieure, 200, — 77.
basicraniale, 190, 252.
hypophysaire, 189, 190, 192, 193, 194, 214, 245, — 6, 7, 8.
optique, 242, — 28, 20.
— pituitaire, 245, 247, 248.
ptérygoïdienne, 226.
— sphénoïdienne, 208, 209, 210, 211.
supracapsulaire, 201, 203. — 12, 13.
Fente branchiale, 166, 177, 178, 231, 296, — 4.
operculaire, 296.
viscérale, 166.
Source : MNHN, Paris
328
DAGIiT
Feuillets branchiaux, 2:51.
embryonnaires, 165, 169, 170.
Fibres collagènes, 178, 179, 182, 277.
élastiques, 178.
latérales, 174, 175.
préganglionnaires, 173, 174, - 3.
postganglionnaires, 173, - 3.
(le Snarpey, 277.
Fibrocytes, 178, 179, 181.
Fissure métotique, 200, 204, 215, II, 17.
orbitonasale, 196, 198, 217.
Fontanelle, 204, 207, 208, 216, 267, 13, 37.
dorsale postérieure, 235.
préoptique, 209, 13.
prépinéale, 205, 206.
postpinéale, 205, 206, 207, 208.
supraeraniale, 205, 206, 235.
de résorption, 217, 13.
Foramen acmticum, 203.
glossopluiryngcum, 200, - 17.
magnum, 251, 252, 254, 255.
metolicum, 200.
olfaelorium adveheng, 198, 199, II, 23.
evehens, 196, 198. 199, 208, 242.
oplicum, 208, 211, 242, 307.
palatinum, 212.
proolicum, 211.
vagum, 200, 253.
Fosse hypophysaire, 213.
de Bridge, 201.
Fossettes sensorielles, 256, 263.
Frontal, 208, 240, 242, 246, 260, 262, 263, 264, 265, 267, 268, 271, 272, 273, 283, 307,
313, 35, 30, 33, 30, 31, 33, 33, 35, 30, 37, 38, 39.
(laines de Scbwann, 168, 169.
Ganglion, 169, 173, 175, 213, 247.
auditif, 168.
ciliaire, 173.
facial (ou géniculé), 173, 212, 247, 270.
— ophtalmique, 173.
spinal (ou rachidien), 172, - 3.
sympathique, 3.
trigéminé (ou de (lasser), 173, 212, 247.
Ganglions autonomes, 168, 173, 174.
— crâniens, 168, 169.
Glossohval, 292, 296, 303.
Hétérochronies, 219, 312, 313.
Hyomandibulaire, 181, 202, 230, 233, 246, 249, 273, 281, 285, 293, 294, 296,
297.298,299,311, 1, 30, 40.
Hyosymplectique, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 231, 293, 18, 30.
HypercUthrum. 249, 250, 251, 284.
HypobranchiaJ, 218, 219, 220, 221, 222, 227, 231,291, 292, 301, 10.
ll.vpoethmoïde, 237, 238. 239, 240, 241, 35, 30, 37.
Hypohyal, 221, 227. 294, 295, 48,49.
Hypomandibulaire, 226.
Hypophyse, 168, 169, 245.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉEN!
329
lllidum, 283.
Infraorbitaires, 262, 283, — 35, 36.
Infrapharyngien, 170, 212, 304.
Infrapharyngobranchial, 218, 221. 231.
Infrapharyngohyal, 228.
Infrapharyngomandibulaire, 189, 225, 307.
Infrapharyngoprémandibulaire, 196, 225.
Infundibulum, 165, 166, 168.
Intercalaire, 246, 251, 252, 253, 293, 314, — 24, 31, 32, 33.
Interhyal, 226.
Interopercule, 285, 296, 297, 311, 44, 49.
Jntussusception, 180, 236.
Labyrinthe (membraneux), 199, 202, 203, 204, 217, 246, 252.
Lagena, 199.
Lame basiotique, 187, 188, 189, 199, 200, 211, — .5.
latérale, 171, 172, 176.
orbitonasale, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 209, 210, 212, 225, 240
312, 313, - 9, 10, 20, 21.
Laminaprecerebralis, 195, 10.
LapiUus, 199.
Latérohyal, 228, 229, 231, 21, 22.
Latéropariétal (crâne), 273, 279, - 39.
Liaison ethmopalatine, 226.
méthyoRtylique, 230, 299.
rostropalatine, 226.
Ligament mandibulo-hyoïdien, 299.
Lignes de fossettes, 240, 258, 259, 260, 268, 272.
Lobes olfactifs, 165, 169, — 14.
Mâchoires, 167, 170, 218, 226, 232, 233, 281, 283, 284, 285, 286, 287, 288, 290,
303, 304, 310, 312, 313, 36, 40, 42, 43.
Mâchoire inférieure, 260, 273, 275, 276, 281, 283, 285, 288, 298, 299, 308, — 44,
46, 50.
supérieure, 281, 298.
macula lagevae, 199.
utriculi, 199.
rncculi, 199.
Maxillaire, 233, 275, 279, 280, 281, 282, 283, 1, 23, 42, 43, 44, 46.
Médiopariétal (crâne), 272, 273, 279.
Membrane branchiostège, 284, 285, 296.
Membranodermique, 184, 185, 240, 249. 260 â 271, 273, 274, 275, 278, 279, 283,
312, 313, 35, 36.
Méningoste , 245, 247, — 30.
Mentomeckelien (ou mentomandibulaire), 298.
Mésenchyme, 166, 168, 169, 173, 175, 178, 179, 180, 181, 196, 264, 279.
Mésetlimoïde, 237.
Mésoblaste, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 172, 173, 174, 175, 176, — 2.
Mésomésonchyme, 166, 169. 170, 173, 174, 187. 189, 253.
Métamérie, 172, 173, 177, 186.
Métaplasie chondro-osseusc, 180.
Métaptérygoïde, 293. 294, 298, 304, 308. 49.
Méthyostylie, 226, 285, 299.
Mormyromastes, 310.
Muscle adducteur de l'hyomandibulaire, 182.
de la mandibule, 275, 288, 300, — 40.
constricteur dorsal (de l’arc mandibulaire), 246.
dilatateur de l'opercule, 229.
droit externe, 173, 188. 213, 214, 215, 16.
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
330
Muscle droit inférieur, 173. — 10 .
interne, 173, 214, 215, - 10.
supérieur, 173,— 10 .
élévateur du palato-carré, 285.
oblique inférieur (ou petit oblique), 173, 195, 209, - 9 , 14 .
supérieur (ou grand oblique), 173, 195, 209, - 8, 14 .
— sterno-hyoïdien, 297.
Muscles droits, 193, 194, 210, 213, 215.
— génio-hyoïdiens, 288.
— hypobranehiaux, 160, 169, 175, 176, 297.
— lisses (ou viscéraux), 167, 169, 172, 174, 3.
obliques, 196,198, 209, 210,— 10.
oculaires (ou oculomoteurs), 166, 169, 172, 173, 175, 217, 245, 310.
striés, 166, 167. 171, 172, 173, 174. — 3 .
Myoblastes, 173, 174.
Myodomes, 310.
Myodome antérieur, 209, 210, 217, 1 1.
postérieur, 213, 214, 215, 217, 235, 244, 245, 247, 248, 252, 306, 307,
— 16 , 31 .
Myotome, 173, 175, 285, 286.
Nasal, 240, 262, 265, 266, 267, 269, 283, — 36 , 37 , 38 , 42 .
Néocrâne, 175, — 4.
Néoplasie chondro-osseuse, 180.
Nerf abducens, 173, 175, 247.
acoustique, 202.
facial, 173, 174, 175, 187, 199, 208, 210, 211, 213, 229, 247. 258, 271,
— 13 , 34 .
glossopharyngien, 175, 179, 187, 199, 200, 203, 204, 251, 253, 259,
271, — 34 .
—- latéral postérieur, 175.
mixte, 165, 168, 172, 173, 174, 175, 176.
occipital, 176, 176, 177, 253, 254.
oeulomoteur, 173, 175, 210, 211, 247.
olfactif, 165, 196, 198, 199, 208, 209, 9 , 10 , 14 , 27 , 21 ).
ophtalmique, 196.
profond, 173, 176.
superficiel, 211, 27 .
optique, 165, 210, 211, 242.
palatin, 247.
pathétique (ou trochléaire), 173, 175, 210, 211, 243, 247.
profond, 173, 174, 175.
— spinal, 172, 254, — 3 .
trijumeau, 173, 174, 175, 176, 210, 211, 213, 247, — 13 .
vague, 174, 175, 177, 187, 200. 204. 215. 251. 252, 253, 259, 271, — 34 .
Nerfs crâniens, 165, 175, 208, 210, 216.
segmentaires, 173, 174, 175, 3, 4.
Neuroblaste, 165, 169, 2.
Neurodermique, 184, 185, 240. 249. 260 à 269, 271, 272. 273, 274, 275, 278, 312.
313, 35 , 30 .
Neuromaste, 169. 174, 202, 203, 234, 235, 240, 255 à 266, 268. 269, 270, 271. 273,
274, 275, 278, 279, 310, 313, — 34 , 35 .
Occipital latéral, 247, 249, 250, 251, 252, 253, 254, 255. 21 , 28 , 2.9, 31 , 32 , 33 .
Opercule, 181, 229, 274, 285, 296, 297, 311. 44 , 40.
Opisthotiqne, 251, 252.
Orbitosphénoïde, 242, 243, 244, 245, — 24 , 28 , 29 , 31 .
Organes olfactifs, 168, 194, 195, 10 .
sensoriels, 168. 256, 258, 262, 263, 265, 266, 268, 310.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
331
Organes stato-acoustiques, 168, 199, 310.
— suprabranchiaux, 222.
Os anamestique (ou de remplissage), 185, 283, 284, 312.
dermique, 182, 183, 184, 240, 242, 246, 249, 251, 255, 256, 269, 272,
277, 283, 299, 300, - 12, 43.
à canal, 169, 184, 185, 239, 240, 249, 258, 260, 262. 263, 265, 268 il
273, 275, 278, 279, 280, 283, 310, 312, 313.
de cartilage, 183, 184, 185, 237, 293, 312.
de membrane, 183, 184, 185, 234, 240, 245, 246, 252, 255, 262, 279,
284, 296, 298, 306.
de membrane pur, 184, 185, 240, 251, 256, 264, 267, 273, 274. 275,
278, 283, 284, 296. 30.
Osséine, 181, 182.
Osselets de Weber, 204, 253.
Ossification achondrale, 181, 183, 234.
dermique, 170, 237, 308, 312.
enchondrale, 183, 186, 193, 241, 268.
intramembraneuse (ou de membrane), 184, 193, 208, 237, 239, 242,
245, 246, 298, 300, 304.
paracliondrale, 183, 186, 234.
périchondrale, 183, 186, 193, 234. 239, 242, 246. 251, 252, 269, 271,
290, 293, 298, 300, 304, 305.
— périostique, 182, 236.
de cartilage, 183, 184, 208, 237, 241, 246, 251, 252, 298.
Ostéoblastes, 169, 178, 180, 181, 182, 260, 263. 269, 274, 279, 304.
Ostéocytes, 181, 182.
Ostéogenèse, 182, 183, 236, 256, 263, 264. 292.
Otolithes, 199.
Palatin, 306.
Palato-carré, 194, 195, 196, 223, 224, 225, 226, 230, 231. 233, 281, 285, 298, 299,
306, 308, — 13, 23.
I’aléocrâne, 175, 177, 186. 215, 235, /.
Paracordal, 187, 188, 189, 215, 252, ;.
Parahyoïde, 297. — 10.
Parasphénoide, 194, 208, 215, 242, 243, 245. 246, 247. 293, 304 il 307, — 7, 23,
29, 30, 31, 32, 33, 53.
Parethmoïde, 237, 240, 241, 243, — 27.
Pariétal, 255, 267, 268, 272, 273, 274, 278, 279, 28, 29, 33, 37, 39.
Paru ganglionaris, 212, 213.
— - secundaria, 247.
jugularis, 212, 217, 247.
— palatina, 223, 224, 225, — 20.
quadrata, 223, 224, 225, 226, 230, 231. — 20.
— gyvvplectica, 230.
Pédicules somitiques, 171, 177.
Périchondre (ou périchondrinm), 178, 179. 180, 183, 204. 238, 241, 251, 298.
Périoste, 178, 180, 238, 311.
Pharyngien, 303, 304, 52.
inférieur, 253, 303, 304, — 52.
supérieur, 303, 304, - 52.
Pharyngobranchial, 218 h 223, 291, 292, 293, 301, 302, 303. — 13, 19.
Pie-mère, 168, 169.
Pila antotica secundaria, 211.
— — vraie, 211.
— lateralis, 210, 211, 242.
— occipitalis, 200, 215, 253, — 17.
Placodes, 168, 169.
Plaîtum antorbitale, 194. 196, 197, 198, 199.
Source : MNHN, Paris
J. d;
332
Plaque arcuale, 306, 312.
basale, 189, 213, 210, 252, 6.
ethmoïdienne, 190, 194, 195, 196, 198, 209, 225, 232, 233, 237, 304, — 6,
9, 23.
gulaire, 296.
pharyngienne, 301, 302, 303, 304, 51.
paracordale, 187, 188, 189, 5.
— précordale, 165, 166.
Plaques supracopulaires, .303.
Platytrabique (crâne), 191, 193, 195, 199, 208, 209, 210, 213, 242, — G.
Platytrabisme, 191, 215, 217, 310.
Pleurodonte (percée dentaire), 278.
Pleurosphénoïde, 242, 243, 244, 271, 24, 29, 31, 32, 33.
Pont épiphysaire, 205, 206, 208, 267, 13.
— paraphysaire, 196, 205.
prootique, 190, 215, 247, 16.
■— propituitaire pleurosphénoïdien, 244.
I’ontinal, 284.
Pore (sensoriel), 256, 257, 258, * 31.
Postorbitaire, 268, 274, 281, — 36.
Posttemporal, 249, 250, 272, 286, 37, 39.
Préethmoïde, 237, 241.
Préfrontal, 237, 240,241,261, - 27, 37.
Prémaxillaire, 232, 275, 279, 280, 281, 282, 283, 305, — 1, 23, 27, 42, 43, 44, 46.
Préopercule, 257, 260, 264, 273, 274, 275, 281, 283, 293, 36, 42, 44. 49.
Prépharyngobranchial, 222.
Prémovers latéraux, 305, 53.
Processus ascendens, 306.
anlerior, 306.
posterior, 306, 307.
basalis, 225, — 20, 21.
metapterygoideus, 225, 20,21.
oticus extemu8, 226, 2.31.
intemus, 225.
symplecticus, 226, 230.
Prootique, 245, 246, 247, 248, 249, 251, 252, 293, 307, — 24, 28, 29, 30, 31, 32, 33
Pseudatlas, 253.
Pseudobrancliie, 192.
Pseudocartilage, 179, 233.
Pseudocommissure snpraorbitaire, 258, — 37.
Ptérosphénoïde, 242.
Ptérotique, 249, 268, 269, 270, 271, 279, 28, 29, 31, 32, 33.
Ptérygoïde, 308.
Ptérygosphénoïde, 242.
Quadrato-jugal, 283.
Racine dorsale, 172, 173, 175, 176, 177, 3.
préoptique, 198, 199, 208, 209, 210, 242.
ventrale, 172, 173, 175, 176, 177, 253, — 3.
Rameau métatrématique, 177.
— protrématique, 177.
Ramus buccalis, 258, 259, 260, 270, — !5, 34.
hyoideus, 293.
mandibularis, 293, - 34.
— extemus, 260.
oplithalmicus, 198, 199, 243, — 9, 10, 15.
— — 8uperficialis, 268, — 27, 34.
oticus facialis, 202, 248, 258, 259, 270, 271.
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS
333
Rarnus palalinus, 211, — 15.
— supratemporalis, 203, 259, 271, — 12.
Rayons branchiaux, 223, 231, 300.
branchiostéges, 285, 296, 297, 311, — 41, 48, 40.
hyoïdiens, 228, 229, 231.
— mandibulaires, 226.
Régression (de l’ossification), 180, 182, 185, 234, 235, 241, 246, 267, 299, 312.
Rétroarticulaire, 283, 299, — 40, 42, 43, 50.
Rhinosphénoïde, 243, 244, — 20.
Ilostral, 268, 279.
Rostre, 194, 197, 217, — 13.
Sacculus, 188, 199, — 31.
Sacs olfactifs, 169, 194, 195, 196, 198, 199, 310.
— pharyngiens, 222.
Sagitta, 199, — 31.
Scléromyotome, 173.
Sclérotome, 173, 174, 175.
Segment hyoïdien, 176, — 4.
— inandibulaire, 176, — •/.
prémandibulaire, 172, 176, - /.
Segments métotiques, 176, 177, — /.
— prootiques, 173, 177, — 1.
- occipitaux, 175, 176, 177, — 4.
Septe cérébral, 247.
internasal, 194, 195, 196, 197, 198, 209, 210, 232, 237, 238, 239, 312.
313, — 0, 10, 13, 14.
interorbitaire, 209, 242, 244, — 14.
— pseudomésal, 271.
Sillon occipital, 235.
N inus impar, 253.
Socle dentaire, 277, 278, — 41.
Solum nasi, 196, 14.
Somite, 166, 171, 172, 173, 174, 175, 176, 177, — 2, 3, 4.
hyoïdien, 166, 173, 187.
mandibulaire, 166, 173, 188.
occipital, 175.
prémandibulaire, 166, 172, 173, 189.
premier branchial, 174, 187.
— second branchial, 174, 187.
Sphénotique, 269, 283, 307, — 28, 20, 31, 33, 36, 38, 42.
Spiculaire, 293.
Spiraculum, 178.
Spléniaux, 263, 275.
Stylohyal, 226, 227, 230, 231, 233, 285, 294, 296, — 21, 22, 48, 40.
Subcopulaire, 297.
Subopercule, 285, 296, 297, 311, 44, 40.
Suborbitaire, 257, 268.
Subprémaxillaire, 281, — 43 .
Supraangulaire, 282, 312.
Supraetlimoïde, 237, 238, 239, 240, 241, 251, 264, 267, 268, — 24, 25, 26, 27, 37.
Supralingual, 303.
Supramnxillaire, 281, 312, - 42.
Supraoccipital, 250, 252, 255, 271, 272, — 24, 28, 20, 31, 32, 33, 37, 30.
Supraorbitaire, 283, — 20, 36, 38, 42.
Suprapharyngien, 170, 212.
Suprapharyngobranehial, 218, 222, 231, 293.
Suprapharyngohyal, 228, 307.
Source : MNHN, Paris
f. DAGET
334
Suprapharyngomandibulaire, 225.
Suprapharyngoprémandibulaire, 196, 225.
Suprapréoperode, 274, — 42.
Suspensorium, 276, 281, 297, — 42, 44, 40.
Symphyse, 260, 276, 281.
Symplectique, 230, 233, 273. 293, 294, - 40.
Synarthrose, 275, 303.
Syndesmose, 276.
Synostose, 276.
Système autonome, 172, — 3.
— latéral, 169, 174, 204, 256, 310.
— orthosympathique, 172, — 3.
— parasympathique, 173.
Taenia marginal™, 194, 196, 205, 206, 207, 208, 209, 210, 211, 217, 242, 260, 267, —
.9, 13,14,15.
anterior, 205, 206, 207, - 13.
poster ior, 205, 206,211, -13.
— lecti medialis, 205, 208, 255.
— — — anterior, 205, 206, — 13.
— — — posterior, 205, 206, - 13.
Tectum cranii, 208.
— posterius, 215, 216, 255, — 13.
— synoticum, 203, 205, 206, 215, 255, — 13.
— transversum, 205.
Tissu cartilagineux, 170, 178, 179, 183.
conjonctif, 166, 169, 178, 179, 181, 183, 223, 232, 233, 234, 251, 260,
262, 265, 294, 306.
fibreux, 178, 245, 251, 275.
— mixte, 180.
osseux, 178, 180, 181, 182, 183, 253, 290, 312.
osseux vrai, 181, 182, 234, 290, 300, 312.
osléoïde, 181, 182, 234, 290. 300, 312. - 47.
tendineux, 226.
Trabecula commuais, 190, 193, 194, 198, 209, 6', 8, 9, 15, 10.
Trabécule, 168, 187 à 195, 213, 225, 245, 306, — 5, 20, 21.
Tropitrabique (crâne), 190, 191, 192, 195, 197, 199, 209, 213, G.
Truneus hyoideomandihularis, 211, 213, 227, 228, 229, 230, 247, 249, 260, 293, —15,
17, 22.
Urohyal, 297.
Utrieulus, 199, 247.
Valvule du cervelet, 166, 310.
Veine céphalique, 215, 247.
jugulaire, 211, 212, 213, 227, 228, 247, 248, 249, — 15, 16, 22.
jugulaire interne, 15, 16.
— pituitaire, 215, — 15, 16.
Vésicule intracapsulaire, 203, — 12.
— optique, 165, 168, 169.
otique, 174, 199.
prootique, 203, 204, 249.
— ptérotique, 250.
Vessie gazeuse, 203, 204, 249, 250, 254, — 12.
Vomer, 196, 282, 304, 305, 306, 307, 31, 32, 33, 53.
Source : MNHN, Paris
INDEX SYSTÉMATIQUE
Abramis, 267.
Acanthuroidei, 306.
Achirus, 244.
Acipenser, 222.
Acipenseridae, 230.
Albula conorliynchus, 298, 306.
Albulidae, 253. 281, 296, 306, 307.
Alburnus, 257, 267, 274.
Alepocephalus, 222.
A lestes, 276.
Alestes baremoze, 222, 29.
Alestes leuciscus, 29, 41.
Amehirus, 192, 195, 199. 265. — 10.
Àmeiurus nebulosus, 194, 202, 206, 209, 211, 213, 215, 223, 229, 230, 239, 240,
245, 249, 250, 253, 265, 267, 269, 274, — 20.
Amia, 194, 203, 208.
Amia calva, 211, 237, 279, 300, 308.
Anabantidae, 222, 307.
Anguilla, 274, 312.
Anguilla anguilla, 290.
Anguilla vulgaris, 193, 194, 197, 202, 206, 207, 209, 212, 213, 220, 224, 227, 229,
232, 233, 245, 268, 282, — 8, 13.
Anguillidae, 234.
Anguilliformos, 194, 229, 241, 258, 259, 282, 294, 297, 305.
Arapaima, 297.
Argentina, 239, 246.
Aspidorliynchidae, 255.
Ateleopidae, 244, 245, 251.
Aulastomorpha, 240.
Bathylagus, 239.
Batrachoides didactylus, 250, 281.
Batrachoidoidei, 281.
Batrachus tau, 258.
Belone, 31.
Belonidae, 237, 302.
Bhavania, 268.
Blenniidae, 234.
Blennioidei, 307.
Blennius, 259.
Boieosomus, 203.
Boreosomus gillioti, 42.
Bothus, 257.
Brookvalia, 272.
Brycon meeki, 243, 251, 271, 301, 2.9, 31, 39, 42, 49.
Callichthys callichthys, 245, 252.
Callionymoidei, 281, 298, 306, 308.
Canobius, 280.
Canobius elegantulus, 279.
Canobius ramsayi, 279.
Carassius auratùs, 290.
Catostomidae, 253.
Source : MNHN, Paris
336
J. DAGET
Catostomus, 233.
Centrarchidae, 234.
Ceratiodei, 283.
Chaetobranchus flavescens. -52.
Chanallabes, 274.
Chanoidei, 245.
Chanos, 243, 274, 283.
Cliaraeidae, 243, 251, 278, 29.
Characininae, 244.
Characoidei, 220, 222, 223, 226, 227, 233, 234. 248, 251, 253, 258, 259, 267, 273,
274, 276, 283, 297, 309. 314.
Chauliodidae, 288
Chauliodus sloanei, 288. — 46.
Cheirolepis, 280.
Oichla, 303.
Ciohla temensis, 52.
Cichlasoma labridens, 52.
Cichlidae, 303, 309, 310, 52.
Citharidium, 220.
Citharidium ansorgii, 269, — 38.
Citharinidae, 251, 269, 275, 278, 301, 314. - 40.
Citharinus, 220, 233, 253, 255, 274.
Citharinus citharus, 23.
Citharus linguatula, 295, 296. 48.
Clarias, 265.
Clarias anguillaris, 251, - 27, 50.
Clariaa la/.era, 247, 251, 296, 303. 51.
Clariallabes petricola, 267, 37.
Clariidae, 240, 255, 274.
Clupea finta, 304, 306.
Clupea harengUH, 203, 204, 223, 225, 230, 304.
Clupea pilchardus, 259, 268.
Clupea squattus, 304.
Clupeidae, 234, 237, 239, 249, 250, 256, 259, 281, 283.
Clupeiformes, 191, 203, 293.
Clupeoidei, 308.
Cobitidae, 234, 253.
Cobitis, 249, 266, 267, 269, 271, 274, 275.
Cobitis taenia, 258, 262.
Conger, 256, 260.
Coregonus, 237, 242, 273, 274.
Coregonus cylindraceus, 238, — 25.
Coregonus lavaretus, 206, 238, - 25, 28, 42, 50.
Cornuboniscus, 279.
Corydoras, 192, 258, 266, 267.
Cottidae, 234.
Cottus, 257, 274.
Crenicichla, 303.
Cromeria, 243, 275.
Cromeria nilotica, 222, 245, 258, 262. 264, 266, 267, 269, 273, 274, 283, 294, 297,
308, — 36.
Cromeriidae, 252.
Ctenopoma kingsleyae, 255, 258, 267, 271, 273, — 30.
Cyclopterus, 204, 257.
Cvclopteras lumpus, 206, 207, 208, 210, 213, 232, 247, 249, 251, 267. 293, 297,
300, 303, 304. 305.
Cyema, 297.
Cyema atrum, 229.
Cynoglossus, 244,
Source : MNHN, Paris
CRANE DES TÉLÉOSTÉENS 337
Cyprinidae, 234, 237, 249, 252, 257, 2(52, 263, 265, 266, 267, 268, 269, 271, 273
274, 275, 297, 304, 312.
Cypriniformes, 191.
Cyprinodontiformes, 298.
Cyprinoidei, 233, 248, 253, 258, 259, 283.
Cyprinus carpio, 281, 310, 43.
Dactylopteridae, 252, 307.
Dactylopterus, 246, 283.
Dactylopterus volitaus, 255, 258, 267, 269, 271, 273, — 37.
Distickodus, 275, 276, 278, 301.
Distickodus brevipinnis, 206, 220, 227, 269, 275, 276, 291, 293, 294, 296 — 13
19, 38, 40.
Echelidae, 297.
Elopidae, 239, 253, 259, 281, 283, 293, 296, 299, 307.
Elops, 305.
Elops sauras, 293, 308.
Engraulidae, 252.
Engraulis encrassichola, 222.
Esocidae, 234.
Esox, 172, 188, 192, 205, 239, 260, 281, 301.
Esox lucius, 188, 196, 205, 225, 237, 245, 267, 271.
Ethmalosa fimbriata, 222, 293.
Eupomotus gibbosus, 47.
Eurypharynx, 178, 308.
Eusthenopteron, 170.
Exocoetidae, 302.
Exocoetus, 195, 206, 213, 239, 246, 249, 305, - 51.
Exocoetus volitans, 258.
Gadidae, 277, 297.
Gadiformes, 251.
Gadus, 199, 312, 10.
Gadus callarias, 278.
Gadus aeglefinus, 278.
Gadus merlangus, 199, 206, 213, 224, 225, 230, 232, 233, 239, 240, 245, 246, 249
251,253, 293.
Gadus morrhua, 213.
Galaxias, 232.
Gambusia afflnis, 290.
Gardonus rutilus, 290.
Gasterosteus, 189, 248, 307.
Gasterosteus aculeatus, 188, 194, 200, 206, 207, 211, 224, 225, 226, 227 232 233
245, 247, 253, 291, 293, 300, 307, 308.
Giganturiformes, 282.
Glyptophidium, 301.
Gobiesociformes, 298.
Gonorhynckus greyi, 222.
Gymnarchus, 216, 260, 307.
Gymnarchus niloticus, 192, 206, 211, 215, 216, 271.
Gyrinocheilus, 286.
Haplockromis, 309.
Hepsetus, 172, 192, 206, 276, 278.
Hepsetus odoe, 187, 188, 189, 194, 195, 196, 199, 205, 206, 211, 212, 214, 219
220, 222, 223, 225, 226, 227, 228, 230, 233.
Ileterobranchus, 274.
Heterotis, 213, 297, 307.
Heterotis niloticus, 188, 189, 205, 206, 213, 214, 219, 221, 222, 227, 229, 230, 239,
245, 247, 248, 250, 251, 252, 253, 254, 266, 267, 292, 293,’ 294,’ 295,
297, 300, 308, — 0, 7, 17, 18, 24, 34, 37.
Hippocampus, 199.
Source : MNHN, Paris
J. JJAliET
llippocampus zosterae, 309.
Holocentridae, 204, 249.
llomalopteridae, 253, 2(i(i, 208.
lloplias malabaricus, 283.
Hoplosternum t.horacatum, 252, 305, — 53.
llydrocyon, 276, 278, 309. — 11.
H y odontidae, 204.
Hyperopisus occidentalis, 220.
Icelidae, 251, 306.
Ictalurus albidus, 233.
Labridae, 234, 297, 304, — 52.
Labrus, 257, — 52.
Lates, 309.
Laies niloticus, 30.
Lepisosteus, 188, 189, 194, 208, 222.
Leptolepis, 268.
Leuoiseus, 179, 248, 257, 267, 271, 274, 275.
Leuciscus rutilus, 188, 205, 206, 208, 211, 227, 232, — 6.
Lophius, 307.
Lophiidae, 281, 307.
Lophiiformes, 245, 249, 250, 252.
Lophius piscatorius, 281.
Lucioceplialidae, 222.
Lucioperea, 301.
Luvaroidei, 250.
Malacosteidae, 288.
Mastacembelidae, 245.
Mastacembelus armatus, 188, 189, 194, 196, 200, 205, 206, 207, 211, 220, 221,
223, 225, 227, 233.
Megalops, 305.
Mogalops cyprinoides, 293.
Melanostomiatidae, 288.
Mene, 240.
Merluccius merluccius, 277.
Microstomidae, 252.
Monognathidae, 267.
Monognathus, 244, 245, 255, 283, 297, 298, 306, 308.
Moridae, 254.
Moringua, 307.
Mormyridae, 166, 250, 307, 310.
Mormyroidei, 191, 192, 196, 200, 203, 213, 215, 245, 255, 294, 297, 308.
Mormyrus, 199, 312, - 10.
Morm.vrus rame, 192, 195, 197, 202, 203, 206, 209, 211, 215, 230, — 6, 12, 13.
Muraena, 172.
Nannocharax, 275.
Nannocharax ansorgii, 23.
Nannocharax fasciatus, 209, — 10.
Neenchelyidae, 297.
Nemachiius, 249, 257, 265, 271. 274, 275.
Nemachilus barbatula, 262, 265, 266, 279.
Nemiclithyidae, 297.
Nemichthyoidei, 255.
Notopteridae, 204, 250, 297, 307.
Notopterus, 257.
Notropis bifrenatus, 237.
Omosudi8 lowei, 245.
Oncorhynchu8 gorbuscha, 207.
Ophicephalidae, 297, 307.
Ophicephalus, 243.
Source : MNHN, Paris
CRANE UES TÉLÉOSTÉENS
339
Ophicephalus gachua, 200, 223, 232, 233.
Opisthoproctidae, 252, 282, 297.
Opisthoproctoidei, 239.
< ismerus eperlanus, 239, 304, 20.
Osteoglossidae, 252, 297, 307.
Osteoglossum, 243, 297.
Osteotepiforme, 170.
Pachycormidae, 251.
Palaeoniscidae, 230.
Pantodontidae, 252, 307.
Paradistichodus, 210.
Paradistichodus dimidiatus, 209, — 14, 40.
Paratilapia polleni, 52.
Pegasoidei, 252.
Perça, 188, 257.
Percidae, 297.
Perciformes, 243, 282.
Pholidophoridae, 255.
Phoxinus, 257, 271, 274, 275.
Phoxinus laevis, 256.
Phoxinus phoxinus, 262, 263, 264, 283, - 35.
l’hractolaemus ansorgii, 227, 250, 251. 254, 272, 294, 297, — 33.
Pleuronectes, 244.
Pleuronectes platessa, 207, 232.
l’Ieuronectidae, 208.
Pleuronectiformes, 240, 244, 250, 270, 295.
Pleuronectoidei, 244, 270, 271, 281, 314.
Plotosus anguillaris, 258.
Poeciliidae, 234.
Poniolobus, 237.
Porichthys, 304.
l’rionotus, 240.
Psettodes belcheri, 245, 271.
Psettodes erumei, 245, - 32.
Psettodoidei, 244, 271, 281, 314.
Psetidoscarus, 278.
l’teroniseulus, 225, 235, 298.
Pteronisculus magnus, 235.
Rhombosolea, 244.
Saccopharyngidae, 288.
Saccopharyngiformes, 229, 241, 244, 245, 255, 267, 273, 283, 293, 297, 298.
Saccopharynx, 306, 308.
Salmo, 172, 175, 196, 197. 209, 210, 211, 214, 220, 225, 227, 232, 233, 240, 242,
243, 244, 247, 248, 249, 250, 252, 253, 260, 262, 263, 265, 266, 267,
268, 269, 271, 273, 274, 275, 281, 283, 291, 293, 294, 296, 298, 300,
303, 305, 306, 308, 312, — 10, 15.
Salmo fario, 188, 189, 196, 200, 204, 205, 206, 211, 219, 224. 225, 227, 230, 256, — 5
9, 11, 10, 18.
Salmo irideus, 180, 238, 256, 290, 300, 307, 35, 53.
Salmo salar, 188, 189, 190, 206, 215, 225, 227, 228, 238, 243, 246, 247, 249, 251,
252, 303, 304, — 20.
Salmo trutta, 188, 238, 260, 262, 303, — 35.
Salmo trutta caspius, 239.
Salmonidae, 206, 207, 234, 239, 251, 273, 274, 296, 306.
Salmonoidei, 239.
Samaris, 244.
Sardinops, 237.
Sawcllia, 286.
Scaridae, 278, 304, — 52.
Source : MNHN, Paris
J. DAGET
Scarus, 278. — 52.
Scomber, 232, 239.
Scomber scomber, 258, 293.
Scophthalmus, 244.
Scyllium, 174.
Sebastes marinus, 206, 207, 230, 232.
Siluroidei, 191, 192, 213, 215, 233, 234, 246, 247, 249, 252, 255, 260, 267, 269,
271, 273, 274, 281, 293, 297, 305.
Sinamia, 272.
Solea, 244.
Solea variegata, 189, 195, 207, 229, 232.
Soleidae, 208.
Soleoidei, 270, 314.
Sphyraena, 281.
Spirinchus, 239.
Spratella, 250.
Stenodus, 238, 274, 284.
Stomatiodei, 282.
Stylephoridae, 290.
Stylephorus, 281.
Stylephorus cliordatus, 43.
Synbranchidac, 307.
Synbranchus, 243.
Syngnathidae, 232.
SvngnatInformes, 253, 297.
Syngnathus, 204.
Syngnathus fuscus, 195, 205, 215, 223, 227, 232, 253, 293, 298, 300, 308.
Synodidae, 306.
Tetraodontiforines, 249, 278.
Thaleichthys, 239.
Thynnis, 248.
Tilapia, 255, 309.
Tilapia nilotica, 303, — 50, 52.
Tinca, 257, 267, 274, 275.
Traduiras, 257.
Trachynolus, 303.
Timbra, 284.
Xenocharax, 301.
Xenocharax spilurus, 269, 278, 307, — 38, 53.
Source : MNHN, Paris
TABLE
Généralités.163
I. -— Origine et mise en place des tissus squelettogènes chez
l’embryon. Mésomésenchyme et ectomésenchyme.164
II. — Métamérisation de la région céphalique.171
III. — Chondrification et ossification.178
Le crâne embryonnaire cartilagineux et membraneux. . .
I. — Neurocrane.
A. Base du neurocrâne.
B. Région ethmoldienne.
C. Région otique.
D. Région orbito-temporale.
E. Région occipitale.
F. Remarques conclusives.
II. — Splanchnocrane.
A. Arcs branchiaux.
B. Arcs prémandibulaire et mandibulaire.
C. Arc hyoïde.
D. Remarques conclusives.
186
218
218
223
226
231
III. — Cartilages de liaison et de soutien .232
Le crâne adulte ossifié
I. — Neurocrane.
A. Région ethmoldienne.
B. Région orbito-temporale.
C. Région otique.
D. Région occipitale.
II. — Dermocrane.
A. Neuromastes et canaux sensoriels.
B. Composants membrano et neurodermiques. . . .
C. Série supraorbitaire ou naso-frontale.
D. Série infraorbitaire.
E. Série préoperculo-mandibulaire.
F. Os de membrane purs.
III. — Splanchnocrane.
A. Mouvements du splanchnocrâne.
B. Arcs branchiaux.
C. Arc hyoïde.
D. Série operculaire.
E. Arc mandibulaire.
F. Os dermiques de la cavité buccale et du pharynx .
237
242
246
252
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Conclusions sur l’évolution des
Téléostéens.309
Bibliographie.
Index des auteurs cités
Index des matières. . .
Index systématique . .
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Prinled in France . Achevé d’imprimer le 12 Mare 1065.
Pierre André, Imp., 214 boulevard H asp ail, Paris 14'.
Dépôt légal : 1' trimestre 1065.
Source : MNHN, Paris
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