MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XXXIX
FASCICULE 2
(et dernier)
Marie-Claude DESSET
CONTRIBUTION A LA SYSTÉMATIQUE
DES FILAIRES DU GENRE SET ARIA]
VALEUR DES DIÉRIDES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geolîroy-Saint-Hilaire (V*)
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie Tome XXXIX, fasc. 2,
4 CONTRIBUTION A LA SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES
DU GENRE SETARIA ; VALEUR DES DIÉRIDES
par
Marie-Claude DESSET
INTRODUCTION
Parmi les Filaires parasites d’Ongulés, le genre Setaria est l’un des
groupes numériquement les plus importants. Il présente un certain intérêt
en médecine vétérinaire car les espèces telles que S. digitata (von Linstow
1906) et S. labialo-papillosa (Perroncito 1882) provoquent la « maladie
des lombes » chez les Bovidés domestiques.
Yeh a publié en 1959 une révision de ce genre, très détaillée au point
de vue morphologique, qui représente une contribution de grande valeur à la
connaissance de ce groupe et qui nous a facilitée la détermination des espèces
de Sétaires que nous avons étudiées.
Cependant, l'étude de ces Filaires reste difficile, car le groupe est très
homogène et les caractères différentiels utilisés jusqu’à présent pour la
diagnose des espèces, ne sont pas toujours faciles à apprécier. Or, nous
avons observé que dans ce genre, la forme des diérides variait d’une espece
à l’autre (fig. 1) et présentait de ce fait une valeur systématique (1). Ce
nouveau caractère permet une classification plus facile des espèces du genre
et nous a conduite à critiquer de nombreux points du travail de Yeh :
validité de certaines espèces, nomenclature, conclusions sur l’évolution des
caractères taxinomiques et les rapports de l’hôte et du parasite.
ÉTUDE DES ESPÈCES
Setaria (S.) equina (Abildgaard 1789) Railliet et Henry 1911
Matériel étudié : — 1 (J, 1 $ chez Asinus sp. venant du Tchad et
mort au Parc Zoologique de Brazzaville. (Coll. Rousselot. Muséum Paris,
Zool. Vers. Tube 512 D).
— 3 $$ chez Hippotigris quagga bôhmi Matschie,
provenant du Congo. Diatoka, ait. 1 780 m, 7-4-1948. (Mission G. F. de Witte.
Tube 724 C).
(1) Il faut savoir, cependant, que la pointe chitinoîde des diérides est parfois
fragile et qu’elle peut être arrachée sur certains spécimens de collection.
Source : MNHN, Paris
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MARIE-CLAUDE DESSET
— 2 $$, coparasites de Crossocephalus zebrae Yorke
et Southwell 1920, chez Hippoligris quagga bohmi provenant de la même
mission au Congo. Dipwa, ait. 1 240 m, 31-3-1949. Tube 2 188 C.
S. equina est une espèce connue depuis longtemps. Nous figurerons
simplement les diérides dont la base est très large et la pointe assez impor¬
tante (fig. 1,9).
Setaria (A.) africana (Yeh 1959)
Matériel étudié : 1,3, 8$$ parasites de trois Tragelaphus scriplus( P allas),
originaires du Congo (Mission G. F. de Witte). Les localités et les dates
de récolte sont les suivantes : Mabwe, ait:. 585 m, 29-8-1947. Tube 218 C;
Kanonga, ait. 695 m, 18-9-1947. Tube 269 C; Ganza, ait. 860 m, 28-6-1949.
Tube 2 517 C.
Cette espèce a été parfaitement décrite par Yeh sur des matériaux
de localisation géographique et d’hôte comparables.
Nous donnerons simplement une figure des diérides vues de face et
latéralement (fig. 1,1).
Setaria (A.) bernardi Railliet et Henry 1911
Matériel étudié : Matériel type de Railliet et Henry (ex. Bernard
et Bauche) déposé dans les collections du Muséum Paris, Zool. Vers : 1 3,
1 $, 2 fragments de $ provenant d’un Sus scrofa L. d’Annam.
La description de Bernard et Bauche (sub nomin « Pilaire péri¬
tonéale du Porc ») ne comporte pas de dessins. L’espèce a été également
décrite par Chatterji en 1939, mais ses figures sont incomplètes. C’est
pourquoi, comme nous avons entre les mains le matériel type, nous donnons
ici une redescription rapide de l’espèce accompagnée de figures. Ceci permet
également de vérifier que cette espèce ne peut être confondue avec S. congo-
lensis Railliet et Henry 1911.
Description : Ouverture buccale ronde, de 15 n de diamètre. Dents
médianes fortement écartées en vue latérale (sommets distants de 100 p.)
apparaissant dédoublées en vue médiane. Elles s’élèvent à 30 g au-dessus
de la tête. Le bord interne des lèvres se raccorde au pourtour buccal légè¬
rement ovalaire qui mesure 32 X 28 p (fig. 2, B, C). Diérides proches de
l'anneau nerveux chez la femelle, beaucoup plus postérieures chez le mâle.
Elles ont une base assez épaisse, leur pointe est arrondie (fig. 1,2).
Mâle : Corps long de 9,5 cm pour une largeur maximale de 0,5 mm.
Anneau nerveux et diérides situés respectivement à 250 et 575 p de l'extré¬
mité antérieure. Œsophage divisé en deux parties : la partie musculaire
mesure 900 p et la partie glandulaire 1 200 p.
Fio. 1. — Diérides vues de face et de profil. Les dessins sont tous orientés dans
le même sens, la partie antérieure du corps se trouve en haut de la figure. 1 , S. africana.
2, S. bernardi. 3, S. bicoronata. 4, S. congolensis. 5, S. cornuta. 6, S. digilala. 7, S. dipela-
lônematoides. 8, S. dubosli. 9, S. equina. 10, S. gaillardi. 11 , S. hornbyi hornbyi.
12, S. hornbyi brevicaudalus. 13, S. kabargl. 14, S. labialo-papillosa. 15, S. machadoi.
16, S. piltcrsi. 17, S. saegeri. 18, S. sandersoni. 19, S. scalprum. 20, S. sholioi.
Source : MNHN, Paris
Fig. 1. — Diérides des Sétaria (légende ci-contre)
Source : MNHN, Paris
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MARIE-CLAUDE DESSET
Extrémité postérieure enroulée sur elle-même de façon assez lâche.
Queue longue de 170 [x. Elle porte quatre paires de papilles précloacales dont
les trois premières sont assez espacées les unes des autres (110 fx) et quatre
paires de papilles postcloacales plus une paire de phasmides (fig. 2, G, H).
La partie proximale, chitinoïde, du grand spiculé mesure 390 fx (fig. 2, I);
le petit spiculé est long de 170 ix.
Femelle : Corps long de 20 cm pour une largeur maximale de 0,9 mm.
Anneau nerveux et diérides respectivement à 290 et 410 n de l’extrémité
antérieure. L’œsophage musculaire mesure 1,10 mm et l’œsophage glan¬
dulaire 12,2 mm (fig. 2, A).
La vulve s’ouvre à 700 (x de l’extrémité antérieure. Le sphincter descend
jusqu’à 325 |x en arrière de la vulve. L’ovéjecteur se divise en deux utérus
à 17,325 mm de l’apex.
Queue longue de 650 [x. Son extrémité est renflée et tuberculée. Les
pédales caudaux, petits, ronds, sont très proches de l’extrémité caudale
(fig. 2, E, F).
Les œufs mesurent 35 x 20 jx. Les microfilaires sont longues de 170 tx
et larges de 6 [x.
Setaria (A.) bicoronata von Linstow 1901
Matériel étudié : — 2 $? parasites de Redunca arundinum (Boddaert)
coparasites de S. pillersi Twaite 1927. L’hôte est originaire du Congo.
Mabwe, ait. 585 m, 12-8-1947. Tube 208 C (Mission G. F. de Witte).
— Nombreux et $$ parasites de huit Kobus
defassa crawshatji P. L. Sclater, également originaires du Congo et pro¬
venant de la même mission. Les localités et les dates de récolte sont les
suivantes : Mabwe, ait. 585 m, 15-8-1947. Tube 231 C, 26-11-1948. Tubes
1544 C, 1545 C, 1547 C; Kaswabilenga, ait. 700 m, 14-10-1947.Tube 280C,
3-11-1947. Tube 291 C; Kilwesi, Lufira, ait. 700 m, 26-7-1948. Tube 1 245 C,
ait. 750 m, 9-9-1948. Tube 1 318 C.
Notre matériel est facilement identifiable à S. bicoronata Linstow 1901.
Notons cependant que la taille de nos spécimens varie suivant l’hôte. Les
spécimens de Kobus leche décrits par Yeh mesurent 4,8 à 5,1 cm chez le
et 9,7 à 11,6 cm chez la $. Nous trouvons des spécimens plus grands chez
Kobus defassa : 5,5 à 7,2 cm chez le $ et 13,5 à 14,3 cm chez la $ et plus
petits chez Redunca arundinum : 7,8 cm chez la $.
Nous donnons les dessins des diérides vues de face et latéralement
(fig. 1,3).
Setaria (A.) cervi (Rudolphi 1819)
Un seule espèce de Setaria a jusqu’à présent été trouvée chez Cervus
elaphus L. à savoir S. cervi décrite par Rudolphi en 1819.
Yeh préfère ne pas employer ce nom car une seconde espèce S. hariwichi,
qui a été trouvée dans du matériel européen chez Alces alces et Capreolus
capreolus, pourrait peut-être exister également chez C. elaphus et, dans
cette hypothèse, on ne saurait plus à quelle espèce correspond la Filaire
de Rudolphi. Cette argumentation peut être définitivement écartée grâce
à l’étude de Dujardin sur une Setaria provenant du Muséum de Vienne
et faisant partie du matériel de Rudolphi. Dujardin a nommé cette espèce
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SETARIA
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Fia. 2. ■— Setaria bernardi. A, $, extrémité antérieure.. vue ventrale; B, C, o, extré¬
mité céphalique, vue latérale et vue médiane; D, <J, extrémité céphalique, vue apicale;
E, $, extrémité postérieure, vue latérale droite; F, $, extrémité postérieure, vue ven¬
trale; G, (J, extrémité postérieure, vue ventrale; H, extrémité postérieure, vue latérale
droite; I, çj, spiculé gauche; J, diéride, vue de profil et de face.
A : échelle 200 a. B, C, H. I : échelle 100 a- D, F : échelle 75 a. E : échelle 500 a.
G, J : échelle 50 a.
Source : MNHN, Paris
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MARIE-CLAUDE DESSET
Filaria cervina et il précise dans sa description que la queue de la femelle
« présente deux papilles latérales longues de 0,02 mm et une papille ter¬
minale plus épaisse ».
Ceci permet d’affirmer qu’il s’agit bien de l’espèce normale de Ceruus
elaphus que Yeh désigne sous le nom d 'alla'ica et non de S. harlwichi trouvée
chez Alces alces et Capreolus capreolus. Cette dernière espèce, en effet,
possède des papilles latérales très petites (7 à 8 fi). Il n’y a donc aucune
raison t valable pour ne pas désigner la Filaire de Cervus elaphus sous le
nom qui a toujours été employé c’est-à-dire « S. cervi ».
Setaria (A.) congolensis Railliet et Henry 1911
Matériel étudié : — Matériel type déposé dans les collections du
Muséum Paris, Zool. Vers : 1 J, 10 Ç$ provenant d’un Phacochoerus porcus L.
d’Ibenga au Congo.
— 3 Ç$, trouvées chez un Polamochoerus porcus L.,
originaire du Congo. Kaziba, ait. 1 140 m, 17-11-1948. Tube 366 C.|
Cette espèce étant aisément déterminable, nous donnons simplement
le dessin des diérides (fig. 1,4). Notons que la pointe de ces diérides est
particulièrement fragile. En effet, sur onze spécime ns exa minés, nous n’avons
observé la pointe que chez une $ et d’un seul côté.
Setaria (A.) cornuta (von Linstow 1899)
Matériel étudié : — 2 3 ÇÇ récoltés dans le péritoine de deux
Cephalophus nigrifrons Gray au Congo. (Collection Rousselot. Muséum
Paris, Zool. Vers. Tubes 439 C et 441 C). Ce matériel avait été déterminé
sous le nom de S. hornbyi par Chabaud et Rousselot en 1956.
L’espèce a été redécrite par Yeh sous le nom d ’Arlionema caelum sur
un matériel provenant d’un Cephalophus syluicultor (Afzelius).
La description de nos spécimens correspond à celle de Yeh excepté sur
deux points :
1) La taille des spécimens : les chez C. sylvicultor sont deux fois
plus grands (68-70 mm au lieu de 25-30 min) et les $Ç trois fois plus grandes
(124 mm au lieu de 40-45 mm) que chez C. nigrifrons. Cette différence est
peut-être liée à la différence de taille des hôtes, C. syluicultor étant nettement
plus grand que C. nigrifrons.
2) L’ornementation de la queue des Ç? : la queue de certaines $o
porte des tubercules à son extrémité comme l’espèce décrite par Yeh, mais
chez d’autres spécimens, les tubercules sont totalement absents (fig. 3, B, c)
Malgré ces caractères différentiels, nous pouvons cependant considérer
notre matériel comme identique à celui de Yeh. Mais nous pensons par
contre que le terme « cornuta » doit être choisi de préférence à « caelum »
pour nommer l’espèce, puisque ce terme est le plus ancien et que sa syno¬
nymie avec « caelum » est reconnue.
Nous figurons la queue du S en vue ventrale (fig. 3, A), ce dessin n'étant
pas donné par Yeh, et les diérides vues de face et latéralement
(fig. 1,5).
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SETARIA
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Fig. 3. — Selaria cornula. A, extrémité postérieure, vue ventrale; B, $, pointe
caudale, vue apicale; C, autre spécimen $, pointe caudale, vue latérale.
A : échelle 50 |i; B, C : échelle 100 ».
Source : MNHN, Paris
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MARIE-CLAUDE DESSET
Setaria (A.) digitata (von Linstow 1906)
Matériel étudié : — 1 <J, 3 trouvés chez un Bovidé provenant de
Nha-Trang en Indochine (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 90 K).
— 2 2 $$ trouvés dans l’œil d’un Cheval aux
Indes (Muséum Paris, Zool. Vers. Tubes 94 K, 95 K).
Depuis sa description en 1906 par von Linstow sous le nom de Filaria
digitata chez un Bos indicus L. de Ceylan, cette espèce a été souvent
confondue avec S. labiato-papillosa (Perroncito 1882). Les auteurs modernes
Fio. 4. — Setaria digitata (J. A, extrémité postérieure, vue latérale droite; B, extré¬
mité céphalique, vue apicale; C, extrémité postérieure, vue ventrale.
sont encore partagés à ce sujet. Pour Gupta (1960) les deux espèces sont
synonymes, alors qu’elles sont considérées comme valides par Shoho (1959)
et Yeh (1959).
Ce dernier auteur sépare les deux espèces sur la base des critères
suivants :
1) distance entre les dents dorsale et ventrale,
2 ) forme de la bouche, ronde ou allongée,
3) présence ou absence de tubercules sur la queue de la $,
4) distance entre les pliasmides et l’extrémité postérieure chez la $.
Nous avons examiné la valeur de ces différences, mais nous ne sommes
d’accord avec Yeh que sur le troisième point. En effet, nous n’avons trouvé
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SET ARIA 265
que des $ à queue lisse chez S. digilala et à queue tuberculée chez S. labiato-
papillosa. Par contre, en ce qui concerne les trois autres caractères, nous
n’aboutissons pas aux mêmes résultats :
— distance entre les dents : chez les spécimens de Y eh, elle est de
70 à 80 |x chez S. digilala et de 240 [x chez S. labialo-papillosa. Nous avons
trouvé 82 n pour la première espèce, mais seulement 110-115 [x pour la
seconde.
— forme de la bouche : d’après Yeh, elle est ronde chez S. digilala et
allongée chez S. labialo-papillosa. Tous nos spécimens avaient des bouches
allongées sauf la forme jeune de S. digilala trouvée dans l'œil d’un Cheval.
— distance des pétales caudaux à l’extrémité caudale : chez les spé¬
cimens étudiés par Yeh, elle est de 60 à 70 |x chez S. digilala et de 90 à 130 st
chez S. labialo-papillosa. Nous avons trouvé 50 ix pour S. digilala forme
jeune, 100 (x pour S. digitata forme adulte, 90 à 105 [x pour S. labialo-papillosa.
Nous voyons donc que la distinction entre les deux espèces est diffi¬
cile alors qu’elle devient évidente par l’examen des diérides. En effet, chez
S. digilala la pointe de la diéride est aiguë, alors qu’elle est arrondie chez
S. labialo-papillosa (fig. 1,6).
Nous figurons aussi la forme jeune de S. digilala £ trouvée dans l’œil
du Cheval (fig. 4, A, B, C).
En accord avec Shoho et Yeh, nous remarquons que S. labialo-papillosa
est une espèce cosmopolite, alors que S. digilala se trouve uniquement
en Asie.
S. (A.) dipetalonematoïdes Chabaud et Rousselot 1956
Matériel étudié : Matériel type (Muséum Paris, Zool. Vers) : 1 et
plusieurs éclatées ou en mauvais état trouvés dans le conjonctif inter¬
musculaire d’un Philantomba coerula (Hamilton-Smith) provenant de Braz¬
zaville au Congo. Tube 442 C.
Matériel complémentaire : — 8 $$ trouvées dans l’intestin d’un Phi-
lanlomba coerula £ provenant d’Angola. Date de récolte : 1-10-1957. (Coll,
du Musée de Dundo. Tube 12 326 A).
— 4 $$ trouvées dans la cavité abdominale d’un Philantomba coerula
provenant de Makokou au Gabon, récoltées en juin 1962. (Envoi de M. G. Du-
bost. Muséum, Paris, Zool. Vers. Tube 93 K.)
— 5 <J<J, 9 $$ parasites d’un Cephalophus sp. provenant d’Adiopo-
doumé, Côte-d’Ivoire. Date de récolte : 27-9-1956. (Envoi de M. J. Doucet.
Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 759 F.) Ce matériel a été trouvé en asso¬
ciation avec S. dubosli n. sp.
— 1 Ç parasite d’un Cephalophus sp. de provenance inconnue. (Muséum
Paris, Zool. Vers. Tube 91 K).
L’espèce étant bien connue, nous donnons seulement ici le dessin des
diérides vues de face et latéralement (fig. 1,7).
Setaria (A.) dubosti n. sp.
Matériel étudié : — 1 $ trouvée dans l’intestin d’un Cephalophus
callipygus Peters, originaire de Belinga au Gabon, récoltée en mai 1962.
(Envoi de M. G. Dubost, Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 92 K.)
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. 18
Source : MNHN, Paris
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MARIE-CLAUDE DESSET
— I g, l $ (cette dernière en mauvais état), parasites
d’un Cephalophus sp. originaire d’Adiopodoumé en Côte-d’Ivoire, copa¬
rasites de S. dipelalonemaloides Chabaud et Rousselot 1956. (Envoi de
M. J. Doucet. Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 759 F).
Description : Corps blanc, cylindrique, s’atténuant progressivement
vers l’arrière. Cuticule épaisse, finement striée transversalement. Pointes
caudales enroulées de façon assez lâche dans les deux sexes. Les dents
médianes, hautes de 20 |x, sont assez écartées l’une de l’autre (écart de 55 jx
à la base, de 80 |x au sommet) (fig. 5, B). En vue médiane, elles ont une forme
rectangulaire, leur sommet étant légèrement échancré (fig. 5, A). Les diérides
sont symétriques, situées très antérieurement, au niveau de l’anneau ner¬
veux chez le <?, à la moitié de l’œsophage musculaire chez la $. Elles ont
une pointe longue et fine (fig. 1,8). L’œsophage est très long par rapport
à la longueur totale du corps : presque la moitié du corps chez le le 1/5
du corps chez la $.
Mâle : Corps long de 5,8 cm, large de 0,45 mm. Anneau nerveux et
diérides situés au même niveau à 400 n de l’apex. Œsophage musculaire
long de 800 [a et œsophage glandulaire de 21,2 mm.
L’extrémité postérieure est enroulée sur elle-même, sur une longueur
de 4 mm. Les annelures ventrales débutent à 8,6 mm de l’extrémité caudale;
sur 1,6 mm de long on trouve des annelures principales espacées de 80 [a et
entre elles des annelures réduites aux parties latérales (fig. 5, D). Ces der¬
nières disparaissent ensuite, les annelures principales ne sont plus espacées
que de 60 |x (fig. 5, C), la dernière annelure est située entre la deuxième et la
troisième paire de papilles précloacales.
Queue longue de 180 |x, portant neuf papilles précloacales dont une
paire en avant du cloaque et cinq paires de papilles postcloacales plus une
paire de phasmides, disposées comme l’indique la figure 5, F, G.
Le petit spiculé est long de 170 jx. Sa partie proximale, la plus large,
mesure 60 jx. Le grand spiculé est composé de deux parties, une partie
proximale chitinoïde longue de 430 jx sur 20 v- de large, une partie distale
membraneuse longue de 155 jx environ (fig. 5, E).
Femelle : Corps long de 10,3 cm, large de 0,85 mm. Anneau nerveux
et diérides situés respectivement à 160 et 420 jx de l’apex. L’œsophage est
long de 18 mm (œsophage musculaire : 670 jx, glandulaire : 17,33 mm).
La vulve s’ouvre très antérieurement à 370 |x de l’apex. Le gros sphincter
piriforme s’étend jusqu’à 290 jx en arrière de la vulve (fig. 5, A). La sépa¬
ration en deux utérus n’a pas été vue.
Queue longue de 370 n, portant à son extrémité un gros bouton dont la
surface est ridée. A 32 |x de l’apex se trouvent deux pétales caudaux petits
et ronds (fig. 5, H, I).
Les œufs mesurent 25 x 8 jx. Les microfilaires sont longues de 150 n
et larges de 5 [x.
Discussion : Cette espèce est bien caractérisée par des dents petites
et écartées, par l’anneau nerveux et la vulve situés très antérieurement et
surtout par la forme des diérides dont la pointe est longue et fine. Nous la
considérons donc comme nouvelle et nous la nommons S. dubosti n. sp.
Source : MNHN, Paris
Fig. 5. — Selaria dubosti n. sp. A, $, extrémité antérieure, vue ventrale. B, Ç,
extrémité céphalique, vue latérale droite; C, (J, annelures ventrales de la queue; D, ô,
premières annelures ventrales de la queue; E, <J, spiculé gauche; F, <J, extrémité pos¬
térieure, vue ventrale; G, J, extrémité postérieure, vue latérale droite; H, $, extrémité
postérieure, vue latérale droite; I, autre spécimen $, pointe caudale, vue latérale droite;
J, diéride, vue de profil; K, diéride, vue de face.
A, C, D, H : échelle 200 a; B, E : échelle 100 n; F, G : échelle 75 a; I, J, K ; échelle
50 a-
Source : MNHN, Paris
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MARIE-CLAUDE DESSET
Setaria (A.) gaillardi n. sp.
Matériel étudié : Matériel type déposé dans les collections du Muséum
Paris, Zool. Vers : 1 <$, 2 $9 parasites du péritoine d'Ourebia ourebi Zimm.,
provenant de Kolda, Sénégal. (Mission Dr Gaillard. Spécimens aimable¬
ment transmis par le Dr Grétillat. Tube 10 K).
Matériel complémentaire : — 8 $Ç parasites du péritoine de trois Syl-
vicapra grimmia L. provenant de la même région et de la même mission que
les spécimens précédents. (Muséum Paris, Zool. Vers. Tubes 3 K, 5 K, 9 K.)
— 3 dont une éclatée chez Syluicapra grimmia L. provenant de
Maroua au Cameroun (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 394 F).
Description : Corps cylindrique, longuement atténué postérieurement.
Cuticule épaisse, striée transversalement. Pointe caudale légèrement enroulée
chez la $, davantage chez le Ouverture buccale ronde, petite, de 5 p de
diamètre, entourée d’un anneau cliitinoïde ovalaire dont l’axe dorso-ventral
mesure 29 g. et l’axe latéral 19 g (fig. 6, D). Les dents médianes sont hautes
de 24 p et très rapprochées ; leur bord interne se raccorde au pourtour
buccal suivant une pente assez douce alors que le bord externe est plus
vertical (fig. 6, B). En vue médiane, les dents ont une forme trapézoïdale
(fig. 6, C).
Les diéridcs sont légèrement asymétriques, situées au niveau de la
vulve chez la $ et aux 4/5 de l’œsophage musculaire chez le 3. Elles sont
discrètes et leur pointe est arrondie (fig. 1,10).
Mâle : Corps long de 3 cm pour une largeur maximale de 0,3 mm.
Anneau nerveux et diérides respectivement à 218 et 460/480 p de l’apex.
Oesophage musculaire long de 580 p et œsophage glandulaire de 2,9 mm.
Extrémité postérieure enroulée sur elle-même sur une longueur de
2,3 mm. Les annelures ventrales débutent à 4,1 mm de l’apex. La dernière
annelure est située entre la deuxième et la troisième paire de papilles pré-
cloacales (fig. 6, H).
Queue longue de 130 p portant sept papilles précloacales dont une
papille impaire et cinq paires de papilles postcloacales plus une paire de
phasmides, disposées comme l’indique la figure 6, J, K.
Le petit spiculé est long de 95 p sur 28 p de large. En vue latérale il a
une forme grossièrement rectangulaire. La partie proximale, chitinoïde,
du grand spiculé est longue de 220 p, la partie distale, membraneuse, de
210 p.
Femelle : Corps long de 7 cm, large de 0,55 mm. Anneau nerveux, pore
excréteur et diérides respectivement à 250, 400, 535 /600 p de l’apex. L’œso¬
phage est long de 3,2 mm dont 520 p pour l’œsophage musculaire et 2,68 mm
pour l’œsophage glandulaire.
La vulve s’ouvre à 530 p de l’extrémité antérieure. Le sphincter assez
allongé descend jusqu’à 240 p en arrière de la vulve (fig. 6, A). La division
en deux utérus a lieu à 2 mm de l’apex.
Queue longue de 480 p, portant à son extrémité un bouton soit lobé,
soit lisse suivant les spécimens (fig. 6, E, F). A 22 p de l’apex, on trouve
deux pétales caudaux arrondis, hauts de 5 p.
Les œufs mesurent 40 x 20 p et les microfilaires à queue pointue
sont longues de 230 p pour 5 p de large.
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SETARIA
269
Fig. 6. ■— Setaria gaillardi n. sp. A, $, extrémité antérieure, vue ventrale; B, <?,
extrémité céphalique, vue latérale; C, «J, extrémité céphalique, vue médiane; D.o, extré¬
mité céphalique, vue apicale; E, l rc Ç, bouton terminal, vue ventrale; F, 2® $, pointe
caudale, vue ventrale; G, 1" ?, extrémité postérieure, vue latérale gauche; H, <J,
annelures ventrales; I, diéride, vue de profil et de face; J, <J, extrémité postérieure,
vue ventrale; K, extrémité postérieure, vue latérale gauche.
A, G : échelle 200 a; B, C, D, E, F, I : échelle 50 a; H : échelle 75 n; J, K : échelle
190 a.
Source : MNHN, Paris
270
MARIE-CLAUDE DESSET
Discussion : Notre matériel est très proche de S. dipelalonematoïdes
Chabaud et Rousselot 1956. Cependant, l’hôte est différent; à taille
égale, la position de la vulve est beaucoup plus postérieure chez nos spé¬
cimens; les dents sont plus petites; la queue de la $ est différente et surtout
les diérides, quoique proches, ne peuvent être confondues. Nous pensons
donc que notre espèce est nouvelle et nous la nommons S. gaillardi n. sp.
Setaria (A.) hornbyi hornbyi Boulenger 1921.
Setaria (A.) hornbyi brevicaudatus Kreis 1938 (Shoho stat. nov.).
Matériel étudié : — Setaria hornbyi hornbyi : 1 <J, 2 ÇÇ parasites
d ’Hippolragus niger Harris, originaire du Congo. Kanonga, ait. 695 ni,
20-9-1947. Tube 270 C., Ganza, ait. 860 m, 6-7-1949. Tube 2569 C. (Mission
G. F. de Witte).
Fig. 7. — Setaria hornbyi breoicaudatus, $; A, extrémité céphalique, vue latérale-
B, extrémité postérieure, vue ventrale; C, diéride, vue de profil.
Setaria hornbyi hornbyi, 2; D, extrémité céphalique, vue latérale; E, extrémité
postérieure, vue ventrale; F, diéride, vue de face et de profil.
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SET ARIA 271
— Selaria hornbyi brevicaudatus : 2 {JcJ, 4 et des
fragments de £ e t de $, parasites d 'Hippotragus equinus (Desmarest)
provenant d’Angola, Camissombo, 14-9-1953. N° 16129 (envoi du Musée
de Dundo. F. Real, coll.) et du Congo. Kafwe, ait. 1 700 m, 18-1-1947.
Tube 62 C., Riv. Kafwi, ait. 1750 m, 20-8-1947. Tube 329 C; Riv.
Muyé, ait. 1400 m, 28-8-1947. Tube 330 C; Sense, ait. ?, 13-3-1948.
Tube 535 C.
Le Dr Shoho a attiré notre attention sur le fait que 5. hornbyi var.
brevicaudatus Kreis 1938 devait représenter une sous-espèce valide. Nous
avons en effet constaté sur notre matériel qu’il existait certaines différences
entre les spécimens provenant des deux espèces d’hôtes.
a) Différence dans la forme de la tête. Les dents sont plus rapprochées
et plus massives chez Iiippotragus niger (fig. 7, A, D).
b) Différence dans la taille et la pointe des diérides comme le montre
la figure 7, C, F.
c) Différence dans la longueur de la queue, deux fois plus courte chez
Hippotragus equinus (fig. 7, B, E).
Kreis s’est basé sur ce dernier élément pour créer sa variété, et les
autres dessins donnes par l’auteur s’accordent avec nos constatations,
particulièrement en ce qui concerne la forme et l’écartement des dents.
Bien que S. hornbyi brevicaudatus ait été décrite chez Hippotragus sp„
nous supposons que son hôte normal est Hippotragus equinus, alors qu’ Hip¬
potragus niger est parasité par S. hornbyi hornbyi.
Setaria (A.) kabargi Kadenazii 1948
Matériel étudié : 1 fragment postérieur de 10 récoltés chez un
Moscus moschiferus L. mort au Muséum National d’Histoire Naturelle
le 3-11-1964, après un an de captivité, et provenant d’Asie Centrale (Coll.
Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 14 K).
Description : Ouverture buccale ronde, de 9 de diamètre, entourée
d’un anneau cliitinoïde ovalaire long de 35 n (axe dorso-ventral) et large de
25 ^ (axe latéral) (fig. 8, C). Cet anneau, haut de 5 (i sur les bords latéraux,
s'élève pour former deux dents médianes hautes de 15 n et larges de 11 |i
à leur sommet (fig. 3, B). La distance entre ces sommets est de 35 n. Les
diérides sont légèrement asymétriques, situées à peu près au niveau du
début de l’œsophage musculaire. Elles sont petites et possèdent deux ou
même parfois trois pointes discrètes (fig. 1, 13).
Mâle : Nous n’en possédons qu’un fragment postérieur. L’extrémité
est enroulée sur elle-même sur une longueur de 2 mm. Les annelures ventrales
débutent à 3,85 mm de l’apex. Elles sont espacées de 20 n. L’annelure la
plus postérieure est située en avant de la première paire de papille pré-
cloacales (fig. 8, H, I).
Queue longue de 140 n, portant quatre paires de papilles préclo-
acales, plus une papille impaire très grande, de forme très allongée,
située entre la troisième et la quatrième paire de papilles précloacales,
et six paires de papilles postcloacales plus une paire de phasmides. La
répartition de ces papilles est assez caractéristique ainsi que l’indique la
figure 8, F, G.
Source : MNHN, Paris
272
MARIE-CLAUDE DESSET
Le petit spiculé est assez trapu, coudé en son milieu, son extrémité
distale est aplatie. Il mesure 70 x 25 fx. La structure du grand spiculé est
simple. Le manche est long de 215 n sur une largeur de 10 [x, la lame est
longue d’environ 140 |x.
Femelle : Corps long de 5,4 cm sur une largeur maxima de 0,45 mm.
Anneau nerveux et diérides respectivement à 150 et 350 |x de l’apex. Œso¬
phage musculaire long de 310 n, glandulaire de 3,6 mm. La vulve s’ouvre
à 310 (x de l'apex. Le sphincter descend jusqu’à 300 (x en arrière de la vulve,
l'ovéjecteur qui y fait suite se divise en deux utérus à 12,65 mm de l’extré¬
mité antérieure (fig. 8, A).
Queue longue de 475 |x (650 tx chez une autre femelle). L’extrémité
caudale porte un bouton terminal, pointu et dépourvu de tubercules, de
26 |x de long. A 20 ix de l’extrémité on trouve deux pétales caudaux, ronds,
hauts de 14 (x (fig. 8, D, E).
Les œufs mesurent 38 x 20 [x. Les microfilaires sont longues de 260 [x
et larges de 8 |x.
Discussion : Les espèces qui paraissent les plus proches de notre
matériel sont les suivantes :
— S. lundra Isaïchikov et Raevskaja 1928 chez Rangifer tarandus
L. Arkhangelsk, U. R. S. S. (1).
— S. lundra sensu Yeli 1959 chez Odocoileus virginianus Boddaert et
Odocoileus hemionus Rafin en Californie du Nord.
— S. kabargi Kadenazii 1948 chez Moscus moschiferus L., U. R. S. S.
Yeh pense que ces trois espèces sont synonymes. Notre espèce cor¬
respond certainement à S. kabargi Kadenazii 1948, car la morphologie
est identique.
D’après Shoho 1965, S. lundra Isaïchikov et Raevskaja 1928, pro¬
venant de matériel russe et S. lundra sensu Yeh, provenant de matériel
nord-américain, ne peuvent être confondues. Dans le premier cas les pétales
caudaux de la 2 sont ronds alors qu’ils sont pointus dans le second. En
outre, nous ne sommes pas persuadée que la synonymie entre S. lundra
Isaïchikov et Raeveskaja et S. kabargi Kadenazii, soit exacte. S. kabargi
a des dents céphaliques beaucoup plus saillantes en vue latérale, les anne-
lures ventrales du à sont plus courtes et le bouton caudal de la 2 est par¬
ticulièrement long.
Il semble donc y avoir trois espèces distinctes, confondues par Yeii
sous le nom de S. lundra :
a) S. lundra Isaïchikov et Raevskaja 1928, parasite de Rangifer tarandus
L. dont la 2 porte des pétales caudaux arrondis et dont le cadre buccal
est ovalaire.
b) S. gehi nom. nov. (= S. lundra Yeh 1959 non Isaïchikov et Raevs¬
kaja 1928), parasite de Cervidés américains, dont la 2 porte des pétales
pointus et dont le cadre buccal est allongé.
c) S. kabargi Kadenazii 1918, parasite de Moschus moschiferus L.
qui se distingue, semble-t-il, par ses dents céphaliques très fortement
saillantes en vue latérale et par des caractères accessoires sur la queue.
(1) Nous remercions vivement le Dr M. D. Sonin qui a eu l’amabilité de
envoyer un exemplaire du travail de Raevskaja.
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SET ARIA
273
Fio. 8. — Selaria kabargi ; A, $, extrémité antérieure, vue latérale gauche; B, 2.
extrémité céphalique, vue médiane; C, $, extrémité céphalique, vue apicale; D, Ç,
pointe caudale, vue ventrale; E, 2. extrémité postérieure, vue latérale droite; F, <J,
extrémité postérieure, vue ventrale; G, <J, extrémité postérieure, vue latérale gauche;
H, <J, détail d’une annelure ventrale; I, <J, annelures ventrales; J, diéride, vue de face et
de profil.
A, G : échelle 100 n; B, C, D, F, H, J : échelle 50 n; E : échelle 500 n; I : échelle 75 ti.
Mémoires
- Zoologie, T. XXXIX.
Source : MNHN, Paris
MARIE-CLAUDE DESSET
274
L’examen des diérides des trois espèces serait utile pour confirmer ou
infirmer leur validité, car les diérides de S. kabargi paraissent très caracté¬
ristiques.
Setaria (A.) labiato-papillosa (Perroncito 1882)
Matériel étudié : — Quelques 33 et Ç$ chez un Bns taurus L. pro¬
venant de Brazzaville. Les spécimens avaient été déterminés « S. cervi » par
Chabaud et Rousselot en 1956 (Muséum Paris, Zool Vers. Tube 436 C).
— 2 parasites d’un Boa taurus L. provenant
de la Réunion (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 96 K).
— 2 33, 3 $$ parasites d’un Bos taurus L. pro¬
venant de Tananarive (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 229 E).
— 2 $Ç, 2 fragments de 3 chez un Bovidé pro¬
venant de Mauritanie (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 526 E).
Comme nous l’avons indiqué dans la discussion de S. digilala, S. labiato-
papillosa est bien une espèce distincte dont les diérides permettent une
diagnose facile (fig. 1, 14.)
Setaria (A.) machadoi n. sp.
(= S. hornbyi Twaite 1927, pro parte, non Boulenger 1921)
Matériel étudié : — 1 (J, 1 Ç chez Philantomba coerula (Ham. Smith)
originaire de Kaswabilenga au Congo, ait. 700 m, 15-9-1947. (Mission
G. F. de Witte. Tube 278 C).
Description : Ouverture buccale petite, ronde, de 8 p de diamètre,
entourée d’un anneau chitinoïde dont le grand axe dorso-ventral est long
de 110 p et le petit axe latéral large de 45 p (fig. 9, C). Sur cet anneau
s’insèrent deux dents médianes, très larges à la base (45 p. pour le 3, 60 p
pour la Ç) hautes de 20 p pour le 3> 40 p pour la $. En vue latérale, elles ont
grossièrement la forme d’un triangle isocèle dont le sommet est arrondi
(fig. 9, A). En vue médiane, les dents apparaissent rectangulaires avec une
légère dépression au sommet. Les sommets des deux dents sont distants
de 60 p chez le (J et de 110 p chez la $ (fig. 9, B).
Les diérides sont symétriques, situées juste sous l’anneau nerveux
chez la $, entre l’anneau nerveux et l’œsophage musculaire chez le 3
(fig. U 15).
Mâle : Corps long de 5 cm sur une largeur maxima de 0,5 mm , Anneau
nerveux et diérides respectivement à 230 et 370 p de l’apex. L’œsophage
musculaire est long de 470 p, glandulaire de 8 mm.
L’extrémité postérieure est enroulée sur elle-même sur une longueur
de 6,3 mm. Sur toute cette partie, la cuticule est soulevée ventralement
et forme des « côtes » amincies au centre et élargies aux extrémités (fig. 9,1).
La dernière côte se trouve entre la 2 e et la 3 e paire de papilles précloales.
Queue longue de 230 p. Elle porte quatre paires de papilles précloacales,
plus une papille impaire située entre la l re et la 2 e paire de papilles et plus
petite que celle-ci, cinq paires de papilles postcloacales, plus une paire de
phasmides assez grandes, disposées comme l’indique la figure 9, G, H.
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FII.AIRES DU GENRE SETARIA
Fig. 9. — Selaria machadoi n. sp; A, $, extrémité antérieure, vue latérale droite;
B, Ç, extrémité céphalique, vue médiane; C, $, extrémité céphalique, vue apicale:
D, $, extrémité postérieure, vue latérale droite; E, $, pointe caudale, vue ventrale:
F, diéridc, vue de profil et de face; G, extrémité postérieure, vue latérale gauche;
H, <J, extrémité postérieure, vue ventrale; I, o, annelures ventrales.
A, B, G, I : échelle 250 tx; C, E, H : échelle 100 n;D: échelle 400 n; F : échelle 50 u.
Source : MNHN, Paris
276
MARIE-CLAUDE DESSET
Femelle : Corps long de 13 cm sur une largeur maxima de 0,95 mm.
Anneau nerveux et diérides respectivement à 420 et 450 p. de l’apex. L’œso¬
phage est long de 13,5 mm comprenant une partie musculaire de 920 p et
une partie glandulaire de 12,08 mm.
La vulve s’ouvre à 680 p de l’apex. Le sphincter descend jusqu’à 430 p
en arriére de la vulve (fig. 9, A). La division en deux utérus n’a pas été vue
Queue longue de 525 p, ornée à son extrémité d’un gros bouton lisse.
Les pétales caudaux sont petits, hauts de 10 p, très proches de la pointe de
la queue (40 p) (fig. 9, D, E).
Les œufs mesurent 38 X 18 p. Les microfilaires à queue pointue sont
longues de 220 p et larges de 5 p.
Discussion : L’espèce qui paraît la plus proche de notre matériel est
S. dipdalonemaloïdes Chabaud et Rousselot 1956. L’hôte est le même,
mais la structure des dents, la queue du et surtout les diérides sont
différentes.
Nous pensons donc que notre espèce est nouvelle et nous proposons le
nom de S. machadoi n. sp. La figure 6, page 439, donnée par Twaite 1927 pour
S. hornbyi correspond tout à fait à notre matériel. Malheureusement l’auteur
ne précise pas, pour cette figure, quel est l’hôte d’où proviennent ses
spécimens.
Setaria (A.) pillersi Twaite 1927
Matériel étudié : — 1 $ chez Tragelaphus scriptus Pallas, originaire
de Mabwe au Congo, ait. 585 m, 12-8-1947 (Mission G. F. de Witte. Tube
215 C).
— 2 52 chez Redunra arundinum (Boddaert), ori¬
ginaire également du Congo et provenant de la même localité que le pré¬
cédent, 26-8-1947 (Mission G. F. de Witte. Tube 208 C). Nos spécimens
sont coparasites de S. bicoronala von Linstow 1901.
— 1 tj, 1 $ dans le péritoine d’un Adenota kob
(Erxleben) provenant de Brazzaville (animal importé d’Archambault au
Tchad). Ce parasite avait été dénommé S. longicuuda par Ciiabaud et
Rousselot en 1956 (coll. Rousselot, Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 438 C.)
Nos spécimens s’identifient facilement à .S', pillersi Twaite 1927.
Tragelaphus scriptus est un hôte nouveau. Nous figurons les diérides vues
de face et latéralement (fig. 1, 16).
Setaria (A.) saegeri Le Van Hoa 1961
Matériel étudié : 5 10 52 parasites de trois Sylvicapra grimmia L.
originaires du Congo (Mission G. F. de Witte). Les localités et les dates
de récolte sont les suivantes : Ganza, ait. 860 m, 2-7-1949. Tube 2568 C
(matériel type); Kanonga, ait. 695 m, 13-9-1947 et 26-9-1947. Tubes 267 C
et 274 C; Kaswabilenga, ait. 700 m, 27-9-1947. Tube 284 C.
Dans sa diagnose, Le Van Hoa note que l'espèce qui est la plus proche
de S. saegeri est S. scalprum (von Linstow 1908). Effectivement, les deux
espèces semblent difficiles à distinguer et les risques de confusion sont assez
grands, c’est pourquoi nous donnons ici les caractères morphologiques qui
peuvent servir à les différencier :
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SETARIA
277
Fig. 10. — Selaria scalprum, $; A, extrémité céphalique, vue latérale; B, extré¬
mité céphalique, vue médiane; C, extrémité céphalique, vue apicale.
Setaria saegeri, $; D. extrémité céphalique, vue latérale; 1£, extrémité céphalique,
vue médiane; F, extrémité céphalique, vue apicale.
Source : MNHN, Paris
278
MARIE-CLAUDE DESSET
a) eu vue médiane, la dent apparaît rectangulaire chez S. saegeri
alors qu’elle s’élargit de la base au sommet chez 5. scalprum (fig. 10, B, E).
b) en vue apicale, la dent apparaît ronde chez S. saegeri, allongée chez
S. scalprum (fig. 10, C, F).
c) le bouton terminal chez la $ est toujours plus ou moins tubercule
chez S. saegeri et lisse chez S. scalprum (fig. 11, B, E).
d) les papilles postcloacales chez le sont réparties uniformément
chez S. saegeri et non chez S. scalprum (fig. 11, A, D).
e ) les diérides de S. saegeri possèdent une pointe double, assez épaisse.
La pointe est unique chez S. scalprum et plus fine (fig. 11, C, F).
Tous ces caractères différentiels nous permettent donc de confirmer la
validité de S. saegeri.
Setaria (A.) sandersoni Baylis 1936
Matériel étudié : Nombreux çjçj et $$ chez Cephalophus dorsalis cas-
taneus Thomas, originaires de Brazzaville. Ce matériel avait été déterminé
sous le nom de S. hornbyi par Chabaud et Rousselot en 1956 (coll. Rous-
selot, Muséum Paris, Zool. Vers. Tubes 416 C, 431 C, 432 C, 435 C).
Description (Tube 435 C) : Ouverture buccale légèrement ovale
(11 H X 14 ji) entourée d’un anneau chitinoïde dont l’axe dorso-ventral est
long de 60 n et l’axe latéral de 35 (x (fig. 12, C). Les dents sont hautes de 20
à 30 n et leurs sommets distants de 54 |x. Les diérides sont symétriques,
situées à peu près au milieu de l’œsophage musculaire. Elles sont assez
importantes et leur pointe est toujours dirigée antérieurement (fig. 1,18).
Mâle : Corps long de 6,3 cm, large de 0,3 mm. Anneau nerveux et dié¬
rides situés respectivement à 280 et 800 (i de l’extrémité antérieure. L’œso¬
phage musculaire est long de 900 u. et l’œsophage glandulaire de 8,35 mm.
L’extrémité postérieure est enroulée sur elle-même sur une longueur
de 59 mm. Les annelures ventrales débutent à 8,5 mm de l’apex, la dernière
est située juste au-dessus de la première paire de papilles précloacales
(fig. 12, G).
Queue très courte, de 120 ix de long, portant quatre paires de papilles
précloacales plus une papille impaire en avant de l’anus et cinq paires de
papilles postcloacales. La disposition des papilles est très caractéristique
comme l’indique la figure 12, I, J.
Le petit spiculé est long de 142 n et mesure 50 |x dans sa partie proximale
la plus large. La partie chitinoïde du grand spiculé mesure 210 jx, la partie
membraneuse 125 |i.
Femelle : Corps long de 10 cm, large de 0,5 mm dans la partie médiane
du corps. Anneau nerveux et diérides situés respectivement à 250 et 370 n
de l’apex. L’œsophage mesure 9,8 mm dont 650 [x pour l’œsophage mus¬
culaire et 9,15 mm pour l’œsophage glandulaire.
Vulve située à 350 [x de l’apex. Le sphincter est long de 430 |x, la sépa¬
ration en deux utérus se fait à 14,5 mm de l’apex (fig. 12, A).
Queue assez courte de 140 [x de long. Elle porte à son extrémité une
dizaine de tubercules. Les pétales caudaux, pointus, hauts de 10 [x sont
situés à 43 (x de l’extrémité postérieure (fig. 12, D, E).
Les œufs mesurent 30 x 20 jx. Les microfilaires à queue pointue sont
longues de 250 g. et larges de 5 |x.
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SETARIA 279
Fig. 11. — Setaria scalprum; A, (J, extrémité postérieure, vue ventrale; B, $, pointe
caudale, vue ventrale; C, diéride, vue de face et de profil.
Setaria saegeri ; D, extrémité postérieure, vue ventrale; E, $, pointe caudale,
vue ventrale; F, diéride, vue de face et de profil.
Source : MNHN, Paris
280
MARIE-CLAUDE DESSET
Discussion : Notre matériel est tout à fait comparable à la description
et aux dessins de S. sandersoni Baylis 1936. L’auteur indique que S. san-
dersoni est très proche de S. soulhwelli Twaite 1927 et de S. cornula
(von Linstow 1899).
Effectivement chez nos spécimens la queue du S est très proche de
celle de S. soulhwelli, avec une queue très courte et les trois premières paires
de papilles postcloacales groupées, mais les autres caractères ne concordent
pas.
En ce qui concerne l’espèce S. cornula que nous avons retrouvée chez
Cephalophus nigrifrons, nous pouvons aisément la séparer de notre matériel
car les diérides sont très différentes.
Nous pensons donc que S. sandersoni est bien une espèce valide contrai¬
rement à l’opinion de Yeh qui la met en synonymie de S. cornula (von Lin¬
stow 1899).
Setaria (A.) scalprum (von Linstow 1908)
Matériel étudié : — Nombreux et $$ parasites d 'Ourcbia ourehi
(Zimm.) provenant de Brazzaville. (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 445 C.)
Ce matériel avait été déterminé par Chabaud et Rousselot en 1956.
— Nombreux et Ç$ parasites d’Ourebia ourehi
(Zimm.) provenant du Congo. (Mission G. F. de Witte). Les localités et les
dates de récolte sont les suivantes : Mbuyé-Bala, ait. 1 730 m, 26-3-1948.
Tube 678 C; Katonga, ait. 1 750 m, 19-4-1948. Tube 761 C; Kalumengogo
ait. 1 780 m, 16-1-1948. Tube 673.
— 2 $? parasites d’Ourebia ourebi (Zimm.) provenant
de Kolda, Sénégal, récoltées par le Dr Gaillard, aimablement transmises
par le Dr Grétillat. (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 6 K).
— 1 <J parasite de Sylvicapra grimmia L. provenant
de la même région. (Muséum Paris, Zool. Vers. Tube 1 K).
L’espèce est trouvée pour la première fois chez Sylvicapra grimmia L.
Le dessin donné par Yeh de la queue du $ en vue ventrale ne correspond
pas à ce que nous avons trouvé chez nos spécimens. En effet, nous avons
noté un écart constant entre les deux premières paires de papilles post¬
cloacales chez les différents spécimens examinés. Sur le dessin donné par
Yeh, les papilles sont disposées de façon homogène, ce qui rappelle ce que
l’on trouve chez S. saegeri Le Van Hoa 1961 (fig. H, 9).
Setaria (A.) shohoi n. sp.
Matériel étudié : Nous ne disposons que d’une seule $ aimablement
communiquée par M. R. Paulian avec l’étiquette « Polamochoerus lar-
valus » Cuvier (parasites internes) provenant de Madagascar. (Muséum
Paris. Zool. Vers. Tube 551 E.)
Description : Corps long de 100 mm, large de 550 p avec une extrémité
postérieure longuement atténuée et enroulée sur elle-même. Ouverture
buccale circulaire entourée d’un anneau chitinoïde ovalaire saillant dont
le grand axe dorso-ventral est long de 53 p et le petit axe latéral de 30 p
(fig. 13, A). Les dents médianes sont hautes de 15 p, larges de 21 p à la
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SETARIA
281
Fio. 12. — Selaria sandersoni-, A, $, extrémité antérieure, vue latérale droite;
B, $, extrémité céphalique, vue médiane; C, ÿ, extrémité céphalique, vue apicale;
D, $, pointe caudale, vue latérale droite; E, $, extrémité postérieure, vue latérale droite;
F, Ç, pointe caudale, vue de face; G, <?, détail des annelures ventrales; H, diéridc, vue
de profil et de face; I, (J, extrémité postérieure, vue ventrale; J, S, extrémité postérieure,
vue latérale gauche.
A, E : échelle 20 a; B, J : échelle 100 a; C, D, F, G, H : échelle 50 a: 1 : échelle 75 a.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, T. XXXIX. 20
Source : MNHN, Paris
282
MARIE-CLAUDE DESSET
base (fig. 13, C). Anneau nerveux, pore excréteur et diérides situés respec¬
tivement à 210, 280 et 500 p de l’apex. Ces dernières ont une pointe peu
importante (fig. 1,20).
La vulve non saillante, s’ouvre à 620 p de l’extrémité antérieure. Le
gros sphincter se termine à environ 400 p en arrière de la vulve (fig. 13, D, E).
Il n’y a pas de microfilaires dans le tube génital. La queue est longue de
390 p. Elle porte un gros bouton arrondi et lisse à son extrémité. A 30 p
de la pointe on trouve une paire de pétales caudaux, petits, constitués d’une
lamelle antérieure et de deux lamelles postérieures (fig. 13, F, G, H).
Discussion : Bien que l’espèce reste insuffisamment connue du fait
de l’absence de (J, nous pensons cependant qu’elle correspond à une forme
nouvelle. En effet, si elle est proche de S. bernardi (Railliet et Henry 1911),
elle est deux fois plus petite que cette espèce, sa pointe caudale est très
différente et surtout les diérides ne peuvent être confondues. Nous croyons
donc que cette espèce est nouvelle et nous la nommons S. shohoi n. sp.
CONCLUSIONS
Au terme de son étude, Yeh arrive à la conclusion que la répartition
du groupe obéit aux lois de la spécificité phylogénique avec évolution
parallèle de l’hôte et du parasite. Cette conclusion est importante, car
elle est en contradiction avec une notion couramment admise à savoir
que le phylum des Filaires est d’évolution trop récente pour qu'on puisse
y trouver des phénomènes de spécificité phylogénique. Mais il nous semble
que les conclusions de Yeh sont critiquables et nos remarques portent sur
les points suivants :
1) ÉVOLUTION DES CARACTÈRES TAXINOMIQUES
a) Dents céphaliques : l’évolution envisagée par Yeh de quatre
formations submédianes fusionnant progressivement deux à deux sur la
ligne médiane, pour former finalement deux dents médianes aiguës, est
tout à fait conforme à ce que l’on observe dans l’évolution générale des
structures céphaliques de Spirurides (poussée d’arrière en avant des tissus
post-céphaliques sur les axes latéraux repoussant les structures primitives
sur les axes médians; puis invagination secondaire de ces axes : cf. Évo¬
lution des Habronèmes, Chabaud 1958). Cette hypothèse de base parait
donc très satisfaisante, mais rien ne permet d'affirmer que les formes de
type javensis, yorkei, congolensis dépourvues de dents, soient primitives.
Il peut s’agir au contraire de formes hyperévoluées, car on sait que l'évo¬
lution des Filaires tend à la simplification des structures.
b) Papilles caudales du $ : Yeh admet la disposition primitive de
quatre paires de papilles postcloacales. En fait cette disposition n’est pas
primitive. Chez les Spirurides, la disposition primitive est de quatre paires
précloacales, deux grosses paires postcloacales proches de l’anus et
quatre paires terminales plus une paire de phasmides groupées sur la pointe
caudale (cf. Chabaud et Petter 1961). C’est une telle disposition que l'on
trouve par exemple chez S. kabargi.
Source : MNHN, Paris
SYSTÉMATIQUE DES FILAIRES DU GENRE SETARI.-
283
Setaria shohni n. sp. $; A, extrémité céphalique, vue apicale' B extré
iissaSPSsssSs
A, B, C, G, H : échelle 50 (*; D, E : échelle -100 n; F : échelle 200 u; I : échelle 25 il.
Source : MNHN, Paris
284
MARIE-CLAUDE DESSET
c) Appendices caudaux de la $ : Yeh admet que les appendices caudaux
de la $ évoluent vers une hypertrophie. C’est le phénomène inverse qui est
connu puisque ces appendices sont des vestiges de la structure primitive
comme l’a bien démontré Osche en 1958.
d) Pointe caudale de la Ç : ici encore l’évolution admise par Yeh est
contraire à ce qui est admis par les autres auteurs qui s’accordent à consi¬
dérer les épines caudales de la $ comme un caractère primitif (persistance
des épines caudales très fréquente chez les larves de Spirurides du 3 e stade).
Quel que soit le sens admis pour l’évolution, nous constatons qu’il n’y
a aucun parallélisme entre révolution des différents caractères envisagés.
Quel que soit le caractère morphologique qui est choisi, nous n’avons
pas réussi à trouver de lien entre l’évolution du caractère considéré et la
place systématique de l’hôte.
Cela se traduit d’ailleurs, dans le travail de Yeh, par l’adoption d’un
« classement vertical » tout à fait arbitraire.
2) SPÉCIFICITÉ
Pour Yeh, chaque espèce de Setaria est inféodée strictement à des
hôtes appartenant à une sous-famille déterminée. Nous relevons un certain
nombre d’exceptions à cette règle : ainsi S. pillersi parasite un Bovinae
(Tragelaphus) et trois Hippotraginae ( liedunca , Adenola, Kobus ); on
trouve S. scalprum chez quatre Antilopinae ( Aepyceros , Gazella, Ourebia,
Raphicerus ) et un Cephalophinae ( Sylvicapra ) et S. yorkei chez un Bovinae
(Tragelaphus) et une Antilopinae (Aepyceros).
Au contraire, si on cherche à préciser quels sont les biotopes où vivent
normalement les animaux porteurs de Setaria (1), on constate que chaque
espèce de Setaria paraît limitée à un biotope déterminé. Par exemple, tous
les hôtes de S. scalprum vivent en forêt claire ou en savane; les hôtes de
S. pillersi en savane boisée, ceux de S. yorkei sur les collines boisées; les
cinq hôtes connus pour S. bicoronata vivent en brousse humide, et les cinq
connus pour S. cornuta en forêt, etc...
Il semble qu’il y ait en fait une répartition écologique plutôt que phy¬
logénique.
3) En conclusion, il ne nous semble pas possible de nous rallier aux vues de
Yeh : il n’y a pas d’évolution parallèle des caractères morphologiques, il n’y a
pas de relation entre l’évolution morphologique et la place systématique des
hôtes. La spécificité parasitaire des Setaria paraît moins stricte que ne l’in¬
dique Yeh et semble dépendre des différents biotopes fréquentés par les hôtes.
Les considérations phylogéniques nous paraissent encore sujettes à
discussion, et d’un point de vue pratique, la coupure du genre Selaria en
trois genres distincts : Setaria, Hyracortema et Artionema ne s’impose pas
absolument et risque de gêner, puisque les Sétaires de Bovidés ont une
grande importance en pathologie vétérinaire et que le nom de Selaria est
d’un emploi très courant.
Nous pensons qu’il y a avantage à garder les divisions de Yeh au niveau
des sous-genres ce qui met par exemple en évidence les différences impor¬
tantes existant entre S. equina et les autres Sétaires.
(1) Nous remercions très vivement notre collègue mammalogiste M. F. Petteii
pour les renseignements qu'il a bien voulu nous fournir sur cette question.
Source : MNHN, Paris
RÉSUMÉ
Chez les Pilaires du genre Setaria, les diérides (papilles cervicales) sont
très variables d’une espèce à l’autre (fig. 1) et très constantes à l’intérieur
d'une même espèce. Les caractères fournis par ces organes apportent une
aide efficace à la systématique particulièrement difficile du genre.
1. — Nous confirmons les conclusions de Yeh (1959) concernant
S. equina (Abildgaard 1789) Railliet et Henry 1911, S. africana Yeh 1959,
S. bicoronala von Linstow 1901, S. congolensis Railliet et Henry 1911,
S. dipetalonemaloïdes Chabaud et Rousselot 1956, S. pillersi Twaite 1927
et donnons un dessin des diérides de chacune de ces espèces.
2. — S. bernardi Railliet et Henry 1911 est redécrite à partir du
matériel type.
3. — S. digitata (von Linstow 1906) est bien distincte de S. labiato-
papillosa (Perroncito 1882), leurs diérides étant différentes. Pour la même
raison, S. saegeri Le Van Hoa 1961 se différencie aisément de S. scalprum
(von Linstow 1908).
4. — Les conclusions de Yeh sur la nomenclature de S. cervi sont
rejetées car elles ne tiennent pas compte de l’étude de Dujardin sur le
matériel de Vienne. Le nom de S. cervi Rud. 1819 est, à notre avis, valide
et S. allaica Raevskaya 1928 tombe en synonymie.
5. — S. cornula (von Linstow 1899) est choisi de préférence à S. caelum
(von Linstow 1904) puisqu’il a priorité et que sa synonymie avec « caelum »
est reconnue.
6. — S. sandersoni Baylis 1936, dont les diérides sont différentes de
celles de S. cornula (von Linstow 1899) apparaît comme une espèce valide.
7. — S. hornbyi hornbyi Boulenger 1921, parasite d ’Hippolragus
niger a des diérides différentes de S. hornbyi brevicaudalus Kreis 1938,
Shoho stat. nov., parasite d’Hippolragus equinus.
8. — Trois espèces confondues par Yeh sous le nom de « lundra » nous
paraissent distinctes :
— S. tundra Isaïchikov et Raevskaya 1928, parasite de Rangifer
tarandus dont la $ porte des pétales caudaux arrondis et dont le cadre
buccal est ovalaire;
— S. yehi nom. nov. (S. tundra Yeh 1959, non Isaïchikov et Raevs¬
kaya 1928) parasite de Cervidés américains, dont la Ç porte des pétales
pointus et dont le cadre buccal est allongé.
— S. kabargi Kadenazii 1948, parasite de Moscus moschiferus qui se
distingue par ses dents céphaliques fortement saillantes en vue latérale
et par des caractères accessoires sur la queue.
9. — S. dubosli n. sp., parasite de l’intestin de Cephalophus callipygus,
originaire de Belinga au Congo, est caractérisée par des dents petites et
écartées, par la vulve et l’anneau nerveux situés très antérieurement et
surtout par la forme des diérides dont la pointe est longue et fine.
10. — S. gaillardi n. sp., parasite du péritoine d ’Ourebia ourebi,
originaire de Kolda au Sénégal, est proche de 5. dipetalonemaloïdes Chabaud
et Rousselot 1956, mais s’en distingue, en autres caractères, par ses dié¬
rides plus petites.
Source : MNHN, Paris
286
MARIE-CLAUDE DESSET
11. — S. machadoi n. sp., parasite de Philantomba coerulea, originaire
de Kaswabilenga au Congo, proche également de S. dipelalonemaloïdts
Chabaud et Rousselot 1956, s’en différencie cependant par la queue du
et par ses diérides à pointe fine.
12. — S. shohoi n. sp., parasite de Potamochoerus larvatns à Madagascar,
est décrite sur une seule Ç. 3 e espèce connue de Setaria chez les Suidae,
elle se distingue de S. bernardi par sa taille deux fois plus petite, sa pointe
caudale différente et ses diérides.
13. — Pour des raisons pratiques, nous préférons utiliser les divisions
Setaria, Hyraconema, Arlionema, au niveau du sous-genre plutôt qu’au
niveau du genre.
Après avoir cherché à analyser l’évolution des caractères taxinomiques
(dents céphaliques, papilles caudales du <J, appendices caudaux de la $, pointe
caudale de la $), nous ne nous rallions pas à l’opinion de Yeh selon laquelle
la répartition du groupe obéit aux lois de la spécificité phylogénique avec
évolution parallèle de l’hôte et du parasite. Il nous semble qu’il n’y a pas
d’évolution parallèle des caractères morphologiques ni de relation entre
l’évolution morphologique et la place systématique des hôtes. La spéci¬
ficité parasitaire des Setaria paraît moins stricte que ne l’indique Yeh et
semble dépendre des différents biotopes fréquentés par les hôtes.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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