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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
S&cie A, Zodogîe
TOME lH
FASaCULE 2
Edouard R. BRYGOO et Charles A. DOMERGUE
LES CAMÉLÉONS
A ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE
DE L’OUEST DE MADAGASCAR
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue GeofiFroy-Saint-Hüaire (V®)
: MIJHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Tome LII, Fasc. 2
LES CAMÉLÉONS A ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE
DE L’OUEST DE MADAGASCAR
Validité des espèces Chamaeleo /abord/ Grandidier, 1872
et C. antimena Grandidier, 1872
Description d'une espèce nouvelle C. angeli n. sp.
et de la femelle de C. rhlnoceratus Gray, 1845
par
Edouard R. BRYGOO et Charles A. DOMERGUE*
Début mars 1%7, parmi les récoltes que les enfants du village de Belalanda (4 km
Nord de Tuléar) effectuaient à notre intention, nous prélevions une intéressante série de
quarante Caméléons qu’un examen ultérieur permettait de classer en :
— 9 de l'espèce C. lateralis Gray, 1831 (4 mâles et 5 femelles);
— 2 de l’espèce C. verrucosus Cuvier, 1831 (2 juvéniles):
— 28 appartenant à une espèce pourvue d’un rostre impair et rigide;
— 1 adulte * que ses caractères particuliers distinguaient des espèces antérieurement
décrites.
Un mois plus tard, nous récoltions à Ihotry quatre autres spécimens munis d’un rostre.
Ce matériel abondant nous incitait à aborder le problème des Caméléons à rostre impair
et rigide de l’Ouest de Madagascar. Cette délimitation géographique permet d’éliminer de
notre étude le groupe des C. brevicornis Gunther, 1879 et malthe Gunther, 1879, dont le
rostre est également impair et osseux mais qui appartiennent au domaine de l’Est et du Centre
et que leurs lobes occipitaux bien développés caractérisent et différencient d’ailleurs pariai'
tentent. Les Vezo et les Masikoro (deux sous-groupements de l'ethnie sakalava) désignent
dans ces régions les Caméléons à rostre sous le nom de « Sangorita lava orona >■, Caméléons
â long nez.
Après un rappel des données antérieures et présentation du matériel étudié, nous
décrirons les espèces telles qu’elles nous apparaissent à l’examen des spécimens dont nous
disposons ; nous soulèverons à cette occasion les problèmes de synonymie et discuterons ensuite
de la vrieur des caractères différentiels permettant de les séparer.
t. Inetitut Pasteur de Madagarcar, B. P. 1274, Tananarive.
2. Nous aurons l’occasion d'étudier ultérieurement ce spécimen (n" 3U2 C) qui présente une combi¬
naison de caractères observés chez C. verrucoiui et C. antimena.
8 5M0I4 6 1
Source : MNHN, Paris
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E. R. BRYGOO ET CH. A. DOMERGUE
I. ÉVOLUTION DES CONNAISSANCES
En 1843, parmi les récoltes effectuées au cours du voyage du Sulphur, J. E. Gray décri¬
vait Chamaeleo rhinocéros avec pour habitat » Madagascar ? >>. En 1845, dans le Catalogue
des Spécimens de Lézards du British Muséum, l’espèce devient C. rkinoceratus ‘ (The rhino¬
céros charaeleon) et la description se termine par la mention : « Male of C. verrucosus ? ».
Alfred Grandldier en 1872 décrivit deux Caméléons en provenance de la côte occiden¬
tale de Madagascar : C. antimena et C. labordi.
Les trois espèces, rkinoceratus, antimeria et labordi, sont retenues comme valables
par O. Boettger en 1877.
En 1893, O. Boettger décrit C. voeltzkowi qu’il distingue de C. labordi par son écaillure
hétérogène et de C. rhirtoceratus par un casque plus élevé. Les spécimens provenaient du Nord-
Ouest de Madagascar. Il n’aborde pas le problème de la diagnose avec C. antimena.
Également en 1893, F. Mocquard, en note infrapaginale, pose, sans la diseuter, la
synonymie C. antimena = C. rkinoceratus. En 1900, le même auteur signale l’entrée en collec¬
tion de deux C. labordi mâles, des environs de Belo et récoltés par A. Grandidier.
Au début du siècle la situation peut se résumer de la façon suivante :
— C. rkinoceratus décrit en 1845 par J. E. Gray, dont seul le type est connu, mais
sans localisation;
— C. labordi, trois mâles connus, et C. antimena, un mâle connu, décrits l’un et l’autre
en 1872 par A. Grandidier, en provenance de la côte Ouest;
— C. voeltzkouii décrit en 1893 sur deux spécimens du Nord-Ouest par O. Boettger.
Sept spécimens, quatre espèces, on comprend que l’on ait cherché à simplifier la nomen¬
clature: mais, en fait, la première mise en synonymie, celle de C. antimena avec C. rhitwce-
ratus, par M. Mocquard, 1898, fut à l’origine de bien des complications.
F. Wemer en 1902 soulignait que l’espèce C. rkinoceratus n’était connue que par deux
mâles décrits sous des noms différents, C. rkinoceratus et C. antimena. Il ne se déclarait pas
satisfait de cette synonymie, soulignant que les tubercules de la crête dorsale de C. antimena,
beaucoup plus longs que larges, sont incurvés, ce qui les distinguent de ceux du C. rhinoce-
ratus. n concluait que si ces différences devaient se révéler constantes il y aurait lieu de tenir
pour valide l’espèce de Grandidier. F. Wemer n’abordait pas le problème de la validité de
C. voeltzkowi pour lequel il se contentait de reprendre la description originale, il ne discutait
pas non plus celle de C. labordi.
En 1909, F. Mocquard, dans son ouvrage d’ensemble sur les Reptiles écailleux et Batra¬
ciens de Madagascar, admet à nouveau la synonymie C. antimena Grandidier = C. rkinoce¬
ratus Gray, sans plus la discuter qu’en 1893. Cependant, lorsque l’on se reporte à son tableau
synoptique, on y lit qu’un des caractères de l’espèce rkinoceratus est d’avoir « une crête dorsale
formée d’écaiiles plus ou moins coniques », caractère qui ne correspond absolument pas à ce
que l’on peut observer sur le type de C. antimena. Par ailleurs, le même auteur place côte à
côte C. labordi et C. voeltzkowi, donnant aux deux espèces « un casque très élevé », mais se
distinguant Time de l’autre par l’écaillure, homogène chez le premier, hétérogène chez le
second.
En 1911, P. A. Methuen et B. A. Hewitt créent une sous-espèce nouvelle pour un spé¬
cimen récolté à Tsivonoa (près de Tuléar). < It is in most respects similar to rhiruxeratus
(= antimena according to Mocquard and Wemer). » Ils n’indiquent pas le sexe de cet unique
spécimen.
La même année 1911, F. Wemer admet la synonymie antimena = rkinoceratus, mais
il souligne que seuls les types (des mâles) sont connus et remarque que le casque de C. antimena
est plus élevé que celui de C. rkinoceratus.
En 1913, O. Boettger décrit une nouvelle espèce de Caméléon à rostre impair, C. mono-
ceras, en provenance de Betsako, près de Majunga, qui doit selon lui se placer « neben C. anti-
1. La priorité appartient indiscutablement à C. rhinocéros sur C. rhinoceratué. Cependant, nous
suivrons l’avis qu'a bien voulu nous donner M. J. Cuibé, après consultation d'un spécialiste en nomencla¬
ture, et considérerons rhinoctros comme nomen oblilum puisque, depuis sa publication en 1843, ce nom
n'a jamais été utilisé.
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À BOSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
73
Source ; MNHN, Paris
74
l. BRYGOO ET
k. DOMERGUE
mena Grand, (resp. C. rhinoceratus Gray) ». Il revient sur la diagnose entre rhinoceratus et
voeltzkowi pour écrire au sujet de C. rhinoceratus que • Einer der sichersten Unterschiede von
der verwandten C. voeltskotvi ist der Mangel des Achseltaschen >.
F. Angel en 1921 ne signale plus l’espèce antimena. Les caractères différentiels qu’il
donne pour les trois espèces sont les suivants :
— labordi : crête dorsale peu distincte (ce qui ne ressort nullement de le description
originale de A. Grandidier);
— rhinoceratus : écailluie nettement hétérogène;
— voeltzkotvi : crête dorsale formée de tubercules comprimés (ce qui ne ressort ni
de la description originale ni des photos qui accompagnent celle-ci).
En 1922, W. Kaudem fait connaître deux autres mâles, venant du Nord-Ouest de
Madagascar, récoltés l'un à Amborovy, l’autre â Sainte-Marie-de-Marovoay. Il les identifie
comme des C. rhinoceratus. G. A. Boulenger auquel il adresse l’exemplaire de Sainte-Marie-
de Marovoay confirme cette identification. C’est en fait la première localisation géographique
d’un C. rhinoceratus.
Dans son important travail sur les Lésards de Madagascar, F. Angel (1942) donna la
première description de deux femelles de C. labordi, en provenance de la côte occidentale.
La même année H. Hechenbleikner décrivit, sur deux spécimens de Mahabo, un Camé¬
léon qu’il croyait nouveau ; C. barbouri.
En 1959, dans un louable effort de simplification, H. Hillenius mettait en synonymie,
avec Chamaeleo rhinoceratus, quatre espèces ou sous-cspèces : C. labordi, C. voeltzkouii,
C. rhinoceratus var. lineatus Methuen et Hewitt, 1913, et C. barbouri Hechenbleikner, 1942.
Quant à C. monoceras il écrivait : < ... The position of C. monoceras as a separate species
is most doubtful. However, for the time being, before drawing further conclusions, I prefer
waiting for more material. »
Mais Hillenius signalait n’avoir eu entre les mains que les sept spécimens du Muséum
d'Histoire naturelle à Paris et utiliser pour sa révision la description de quatre autres individus.
Il soulignait qu'il s’agissait d’espèces rares puisqu’il estimait qu’au total, en 1959, il n’y avait
que treize individus connus pour l’ensemble des six espèces ou sous-espèces décrites.
En 1963, H. Hillenius ayant pu examiner deux spécimens du Muséum d’Histoire natu¬
relle de Genève, pour lesquels la localité de capture à Madagascar était malheureusement
inconnue, identifié l’un comme C. voeltzkowi, l’autre comme C. monoceras, concluait que ces
deux Caméléons appartenaient à l’espèce C. rhinoceratus. Le fait était d'autant plus surprenant
que R. Matthey et Janny M. van Brink (1965,1960) avaient attribué à ces deux spécimens des
formules chromosomiques différentes : 8 paires de V, 1 paire de petits chromosomes acrocen-
triques et 2 paires de m pour le monoceras; 11 paires de V et 1 paire de m pour le voeltzkowi.
La même année, l’un de nous (Ch. A. D.) concluait à un apparentement étroit entre
C. rhinoceratus et C. labordi après examen de leur pénis ’
En 1966, R. Mertens admettait trois sous-espèces de C. rhinoceratus :
a. C. r. rhinoceratus avec en synonymie :
C. antimena Grandidier,
C. rhinoceratus var. lineatus Methuen et Hewitt;
b. C. r. labordi avec, en synonymie :
C. barbouri Hechenbleikner;
c. C. r. voeltzkowi pour C. voeltzkowi,
et considérait l’espèce C. monoceras Boettger comme valide.
1 , En dernière analyse, il est possible que le spécimen étudié alors sous le nom de C. labordi était eu
fait un C. aiuimtna. Une étude préliminaire des hémipénis de ce poupe montre en effet, une similitude
morphologique des pénis des espèces C. rkinoctraïus, antimena et srigeic s'opposant aux caractères parti¬
culiers de ceux de C. labordi.
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTHE IMPAIR ET RIGIDE
MADAGASCAR
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II. MATÉRIEL ÉTUDIÉ
Nous disposions *.
— de la récolte de Beialanda (mars 1967) : 28 spécimens (17 mâles, 9 femelles, 2 juvé-
— de la récolte d’Ihotry (avril 1967), 1 mâle et 3 femelles,
— de 7 spécimens récoltés antérieurement :
— 1 C. labordi mâle, récolté au N. de Tuléar en janvier 1962,
— 5 C. rhinoceraliis, 4 mâles et 1 femelle, d’Ampijoroa (février 1962),
— 1 spécimen mâle, d’Ampijoroa (nov. 1964), que nous avions d’abord rapproché
de C. monoceras.
A l’étude de cette collection personnelle de trente-neuf spécimens, nous avons pu
joindre l’examen, au Muséum de Paris ', des sept spécimens déjà étudiés par D. Hillenius,
et d’un huitième * entré depuis en collection, identifié par J. Guibé, comme C. rkinoceratus
Gray.
A noter que dans ce lot du Muséum se trouvent les types de C. labordi et C. anlimerta
individus mâles, ainsi que les femelles de C. labordi ayant servi à la description originale de
F. Angel.
Liste récapitulative des récoltes de Caméléons à rostre impair et rigide
de l'Ouest de Madagascar,
antérieures aux nôtres, avec les synonymies
Premières désignations,
auteurs, origine
Synonymies antérieures
proposées
Noms retenus
C. rhinocéros J. E. Gray, 1843.
= C. rkinoceratus pour Gray,
C. rkinoceratus J. E. Gray,
Holotype.
1845.
= C. rkinoceratus rkinoceratus
pour R. Mertens, 1966.
1845.
C. rkinoceratus J. E. Gray, 1845
spécimens de W, Kaudern,
1922. N.-O. de Madagascar.
= C. rkinoceratus Gray.
= C. r. rkinoceratus pour R. Mer¬
tens, 1966.
C. rkinoceratus Gray.
C. rkinoceratus Uneatus P. A.
= C. rkiruxeratus Gray pour
C. anlimena A. Grandidier,
Methuen et B. A. Hewitt, 1911.
Holotype, N. de Tuléar.
H. Hillenius, 1959.
= C. r. rkinoceratus pour R. Mer¬
tens, 1966.
1872, femelles.
1. Non* exprimons à M. le Professeur J. Guibé nos très sincères remerciements pour la bienveillance
de son accueil et les très utiles conseils qu'il voulut bien nous donner. Nous remercions également
M. J, Amoult pour une aide qui nona fut particulièrement utile.
2. Remis par le vivarium de Tsimbazaza (Tananarive) à A. G. Chabaud avec pour origine géogra¬
phique probable Majunga.
8 5640U 6 1 A
Source ; MNHN, Paris
76
E. R. BRYGOO ET CH. A. DOMERGUE
Premières désignations,
auteurs, origine
Synonymies antérieures
proposées
Noms retenus
C. anlime/ui A. Grandidier, 1872.
Hololype, côte Ouest.
«= C. rlûnoceratus Gray pour
F. Mocquard, 1893.
= C. T. rhinoceratus pour R. Mer¬
tens, 1966.
C. antimena Grandidier.
C. labordi A. Grandidier, 1872.
a. Holotype, cdte Ouest.
b. Deux spécimens de Beio,
1900.
c. Femelles décrites par F. An¬
gel, 1942. Côte Ouest.
O C. rhinoceratus Gray pour
H. HiUenius, 1959.
= C. r. labordi pour R. Mertens,
1966.
C. labordi A. Grandidier, 1872.
!d.
Id.
Id.
Id.
C. voeltzkowi 0. Boettger, 1893.
a. Holotype.
b. Spécimen du Musée de
= C. rhiaoceralus Cray pour
H. HiUenius, 1959.
= C. r. voelukowi pour R. Mer¬
tens, 1966.
C. rhinoceratus J. E. Gray,
1845.
= C. rhinoceratus pour H. Hil-
lenius, 1963.
C. labordi A. Grandidier, 1872.
C. monoceras 0. Boettger, 1913.
a. Hololype.
b. Spécimen du Musée de
Validité de l’espèce discutée par
H. HUlenius, 1959.
V^dité de l’espèce discutée,
synonyme possible de C. rhi-
noceratus Gray, 1845.
= C. rhinoceratus pour H. Hil-
lenius, 1963.
C. rhinoceratus J. £. Gny,
1845.
C. barbouri H. Hechenbleikner,
1942. Holotype.
= C. labordi, femelles.
= C. rhinoceratus pour H. HU¬
lenius, 1959.
= C. rhinoceratus labordi pour
R. Mertens, 1966.
C. /aèordi A. Crandidier,1872,
femelles.
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR
RIGIDE DE MADAGASCAR
77
lil. CHAMAELEO LABORDI Grandidier, 1872
Description originale : Bibl. École Hautes Études, 5, 6-11 et Ann. Sci. nat., iS, (5), art. 20.
Synonymie : C. rhinoceralus Gray (Hillenius, 1959) ;
C. barboun Hechenbleikner (HUlenius, 1959);
C. rhinoceralus labordi Grandidier (Mertens, 1866).
La description origiiude du mâle de C. labordi, donnée par A. Grandidier (1872),
bien que sommaire, met déjà en évidence les caractères essentiels : la hauteur du casque,
la forme et l’écaillure du rostre, la présence d’une crête ventrale. Ce Caméléon provenait de
la côte occidentale de Madagascar. La localité d’origme du type n’est pas autrement précisée
La femelle fut décrite par F. Angel en 1942 (p. 163 et fig. 2 o, planche VI), sur deux exemplaires
du Muséum d’Histoire naturelle (n'’ 5470).
En 1959, D. Hillenius établit qu’il n’y avait aucune différence notable entre les spéci¬
mens utilisés par F. Angel pour cette description de la femelle de C. labordi et les caractères
du type et du paratype de C. barbouri décrit en 1942 par H. Hechenbleikner.
• So our first conclusion is that C. barbouri Heikertinger * 1942 is a synonym of
C. labordi Grandidier, 1872. »
Nous nous rallions à cette opinion.
A. — DESCRIPTION DU MALE (fig. 1 et 2) »
Nous disposons de deux spécimens mâles, l’un (d° 352/C) du Nord du Tuléar (P. K. 42
de la R. N. 9, 20 fév. 1967), l’autre (n® 397/C), en provenance d’Ihotry (avril 1%7), ce dernier
récolté en même temps que trois femelles que nous décrivons par ailleurs *.
Au Muséum, à Paris, nous avons pu examiner le type de A. Grandidier (n® 5469) un
mâle, et un autre mâle (n® 99312) *, ainsi que les deux femelles types (n® 5470 a et b) utilisées
par F. Angel pour sa description.
3S2/C. 213 mm dont 108 mm pour la queue
397/C. 308 mm dont 170 mm pour la queue
5469 type *. 226 mm dont 116 mm pour la queue
99312 . 208 mm dont 108 mm pour la queue
Notre C. 397 est nettement plus grand que le type. Pour les quatre spécimens, la
queue est plus longue que le reste du corps.
Tête.
Sur tous les spécimens les crêtes pariétales et orbitales sont bien marquées. Sur le
n® 397 la crête pariétale peut même être décrite comme tranchante à son extrémité antéro-
inférieure.
1. C’est par erreur que D. Hillenius (1959) donne, p. 12 et 13, comme type de C. labordi le n° 99312
du Muséum à Paris en provenance de Belo. Le type porte le n” 5469, ainsi d'ailleurs que Hillenius le men¬
tionne Ini-même p. il.
2. A la suite d'un lapsus, D. Hillenius utilise i plusieurs reprises « Heikertinger» à propos de
C. barjMuri, mais le nom d’auteur, Hechenbleikner, est ailleurs correctement cité dans la bibliographie.
3. Tous les dessins sont des relevés par transparence d'agrandissements photographiques.
4. Le spécimen 397 /C a été déposé au Muséum national d'Histoire naturelle i Paris. Il est enregistré
sous le n» 1967-178.
5. Pour ce dernier figiuent les renseignements complémentaires suivants :« Belo et environ IS.4.98,
2 exemplaires, 1 sorti pour échange avec le Mus. of. comp. Zool. de Cambridge en 1932».
A noter que l'indication d'origine « Belo, côte occidentale», peut actuellement prêter à confusion
puisqu'il existe deux Belo, tous deux de l'Ouest, Belo-s/Her et Belo-s/Tsiribihina, ce dernier nettement
plus an Nord. Quoi qu’il en soit, il s'agit de la même région géographique. En fait, d'après les indications
sur le voyage de A. Grandidier données par F. Mocquard, 1900, il s'agissait probablement de Belo-s/Mer.
* D. Hillenius (1959) avait relevé ce qu'avaient d'inexactes les dimensions du type données par
F. Wemer (1911) : 269 mm de longueur totale, erreur reprise par F. Angri (1942). Selon A. Grandidier, la
longueur était de 233 mm dont 122 pour la queue, Nos mensurations donnent des chiffres inférieurs, ce qui
peut être dâ à la déshydratation ou à une technique différente.
Source ; MNHN, Paris
78
E. R. BRYGOO ET CH. A. DOMERGUE
C. labordi, JC. — Mâle de IhoUy, avril 1967
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
79
Fie. 2
C. Ubordi. 352 /C. - Mile du P. K. 42 de U R. N. 9. Tuliar BefandriaDa
L’appendice rostial, formé par ia fusion de deux éléments latéraux, est rigide, long, de
direction légèrement oblique en haut dans un cas, horûontal dans l’autre; il est très mince à
son extrémité. Cinq à six rangs d’écailles sont nécessaires pour couvrir le côté du rostre.
Les dimensions de l’appendice sont les suivantes (en mm) :
Numéro
(i partir
de l’extrémité
du museau)
Largeur
épaisseur
à la base
de l'extrémité
3S2/C.
8.5
55
5.5
0,5
397/C.
11
7
7
1.5
5469 (type).
10
5,5
5,5
1
99312.
8.5
S
S
0,5
Les éléments suivants permettent de caractériser l’appendice rostral de C. labordi.
a. La longueur est, trois fois sur quatre, supérieure au diamètre orbitaire. Ce n’est
que pour le plus petit spécimen qu’à un rostre de 8,5 mm correspond im orbite
de 9;
b. La largeur (hauteur) est supérieure à la moitié de la longueur;
c. L’épaisseur n’atteint 1,5 mm que chez le plus grand des spécimens, elle est encore
inférieure au quart de la largeur.
Source : MNHN, Paris
80
E. a. BBYCOO ET CH. A. DOUERGCE
Les principales dimensions du crâne sont les suivantes (en mm) :
Numéro
AB
BC
AD
DE
352/C.
18
20
23,5
22
397/C.
28,5
29
40
35
5469 (type)...
21
23
26
24,5
99312 .
17
21
24
22,5
A. : occiput.
B. : base de la crête pariétale.
D. : angle postéro-inférieur de la micboire.
E. : extrémité antérieure du maxillaire Inférieur.
C. : extrémité du rostre.
Le rapport ^ supérieur à 1 {1,07 et 1,21) pour nos spécimens, 1,06 pour ceux du
BC
Muséum, traduit l’élévation du casque, tandis que jg montre l’importance de la longueur
de la crête pariétale par rapport au reste du crâne (la distance BC comprenant la longueur du
rostre). Il est ici respectivement de 0,90 et 0,98 pour nos spécimens, de 0,91 et 0,8 pour ceux
de Paris.
Corps.
La crête dorsale est formée de cônes réguliers (38 et 40 comptés jusqu’à l'aplomb
de l’anus), les plus grands mesurant 1,5 (n° 352/C) et 2 mm (n° 397/C) de haut. Il existe un
début de crête caudale constituée par la continuation de la dorsale sur la première moitié de
la queue. Sur les spécimens du Muséum de Paris nous avons compté 41 et 43 cônes; pour le
type, le plus grand mesure 1,5 mm de haut.
Les crêtes gulaires et ventrales sont en continuité et formées par de très petits cônes
de 1/2 rom au maximum aussi bien sur nos spécimens que sur ceux de Paris.
L’un de nos spécimens (352/C) présente une fossette axillaire, l’autre n’en présente pas.
Les deux spécimens parisiens en possèdent une.
Pour les quatre individus l’écaillure se caractérise par de grandes scut^les au niveau
de la tête et par un revêtement homogène du corps, sans grandes scutelles latérales.
Sur le vif, nous avons noté pour un de nos spécimens une coloration d’ensemble vert
clair avec, sur les flancs, des plages blanches allongées ayant un aspect de rayures.
La coloration de nos deux sujets morts, conservés en alcool, est très différente. L’un
est blanc jaunâtre dans son ensemble tandis que l’autre, noirâtre et vert, présente cinq lignes
transversales plus sombres et une ligne blanche latérale. Mais tous les deux présentent une
ligne blanche inférieure (formée par les tubercules des crêtes) du menton à l’antis. De plus
deux lignes blanches bordent chaque cuisse. Les spécimens de Paris sont de coloration géné¬
rale gris-noir mais on observe sur les deux une ligne blanche médio-ventrale, des marques
blanches sous les cuisses se prolongeant sous la queue; sur les flancs existe une ligne latérale
blanche interrompue.
B. — DESCRIPTION DE LA FEMELLE (fig. 3 à 5)
Les trois spécimens dont nous disposons, récoltés tous les trois à Ihotry, à 150 km
au Sud de Maihabo où le furent les C. barbowi, présentent des caractères très homogènes ‘.
n s’agit de trois femelles adultes, dont deux contiennent des œufs.
Nous les avons comparés aux deux spécimens du Muséum à Paris (n"’ 5469 a et b)
utilisés pour la première description de la femelle par F. Angel, 1942.
1. Le epécûnen 400/C s été déposé au Muséum national d'Histoire naturelle & Parie. Il est enregistré
sous le n» 1967-179.
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
81
La taille.
La taille de nos spécimens varie de 157 à 154 mm (135 et 164 pour les deux types);
la queue étant, dans les cinq cas, un peu plus courte que le corps avec la tête.
La tête.
La crête pariétale est bien marquée, mais le casque est bas. (La distance entre le sommet
du casque et l’ange postéro-inférieur de la mâchoire est plus petite que celle qui sépare cet
angle de l’extrémité antérieure de la mâchoire.)
Les canthirostrales s’unissent pour former un tubercule globuleux de 1 à 1,5 mm de
diamètre, qui ne dépasse pratiquement pas l’aplomb du menton.
Le corps.
Il n’y a ni crête dorsale ni crête caudale.
Crête gulaire et ventrale sont continues, formées d’une série de petits cônes très régu¬
liers qui s’arrête avant l’anus.
L’écaillure du corps et de la tête est fine.
Sur le vif, nous avons noté une coloration d’ensemble noirâtre avec :
a. De chaque côté du cou une tache d’un rouge écarlate, particulièrement nette;
b. Des taches orangées le long de la colonne vertébrale, soulignées par des marques
mauves;
c. Des plages violacées sur les flancs;
d. Une série de lignes longitudinales alternées vertes et rouges correspondant aux
plis de la région gulaire.
L’examen des types ne montre qu’une coloration d’ensemble noirâtre, devenant plus
claire au niveau du ventre, en particulier aux aisselles avec une ligne blanche médio-ventrale
et des marques blanches sous la queue et les cuisses.
La coloration de nos spécimens, depuis moins longtemps en alcool, allie le jaune et le
gris. Ou doit de plus noter deux caractères, nets sur nos trois spécimens : l’existence d’une
Ç. lobordi Ç <00/C l
Fig. 3
C. labordi, 400 /C. — Femelle de Iholry, avril 1967
Source : MNHN, Paris
C. labùrdi, 398/C. — Femelle de Ihotiy, avril 1967
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
ligne blanche ventrale et celle de taches latérales rouges. Ce dernier point n’avait pas encore
été signalé.
La ligne blanche ventrale est formée par la coloration claire des cônes de la crête gulaire
et ventrale. Mais il existe de plus de chaque côté de la face inférieure de chaque cuisse une ligne
blanche, la postérieure se prolongeant parfois assez loin sous la queue.
De chaque côté du cou, au-dessus de t’épaule, s’observe une tache rouge, ovale, à grand
axe vertical, d’environ 2,5 mm. Le fond des plis de la région gidaire est également rouge.
Sur deux de nos spécimens existe une ébauche de fossette axilliaire, siu le troisième
celle-ci est nette. L’un des types possède une fossette, l’autre n’en possède pas.
C- lobordi g ^OO/C "i-^—
Fie. S
C. labordi, 400 /C. — Femelle de Ihotry, avril 1967
iT
c. — VALIDITÉ DE L’ESPÈCE C. LABORDl GRANDIDIER 1872
Nous ne pouvons suivre D. Hillenius (1959) lorsqu’il met en synonymie C. labordi
avec C. rhinoceratus Gray, 1845. Nous HQps trouvons en effet en présence de deux séries homo¬
gènes de spécimens qui permettent d'attribuer aussi bien aux mâles qu’aux femelles de
C. labordi un ensemble de caractères qui les difiérencient des représentants des autres espèces.
Nous soulignons en particulier l’homogénéité de la morphologie des sept femelles en
provenance de trois localisations différentes r
— 2 de « la côte occidentale » recueillies par A. Grandidier en 1870, étudiées par
F. Angel en 1942;
— 2 de la région de Mahabo (C, barbouri)',
— 3 de la région de Ihotry (nos spécimens).
Nous estimons en conséquence que l’espèce C. labordi est valable et qu’elle se carac¬
térise par :
— l’homogénéité de l’écaillure du corps, sans ligne médio-latérale de grandes scutelles;
— la présence d’une crête gulaire et ventrale continue formée de petits tubercules;
— la présence d’une ligne blanche médio-ventrale.
Source ; MNHN, Paris
E. R. BRYGOO ET CM. A. DOMERGUE
Le mâle présente :
— une crête dorsale formée d’au moins 35 cônes, de moins de 2,5 mm de haut;
— un casque particulièrement élevé;
— un appendice particulièrement mince.
La femelle :
— possède un petit tubercule globuleux à la place de l'appendice rostral;
— n’a pas de crête dorsale;
— la valeur de la tache rouge observée sur nos spécimens reste à préciser.
D. — DOMAINE GÉOGRAPHIQUE DE C. LABORDl
Dans l’état aetuel de notre connaissance, et compte tenu de la synonymie que nous
avons admise, le domaine géographique de C. labordi est le suivant :
— Belo (s/mer ?),
— Mahabo (C. barbourï),
— P. K. 42 de la R. N. 9 (R. N. Tuléai-Befandriana),
E. — CONCLUSIONS
L’espèce C. labordi est selon nous bien individualisée par des caractères propres aussi
bien aux mâles qu’aux femelles et nous ne pouvons suivre R. Mertens (1966) qui n’en fait
qu’une sous-espèce de C. rhinoceratus. Nous conSrmons la synonymie établie par D. Hillenius
(1959) : C. harbouri = femelle de C. labordi
Le domaine géographique de C. labordi est l’Ouest-Sud de Madagascar. Nous ne l’avons
pas récolté au Sud de l’Onilahy.
Remarque.
Le spécimen du Muséum de Genève, n° 912/92, étiqueté Chamaeleo voelukowi dont
la formule chromosomique, 11 paires de V et 1 paire de m, a été étudiée par R. Matthey et
Janny M. van Brink (1956), décrit et représenté par D. Hillenius (1963), appartient selon nous
à l’espèce C. labordi. Le seul caractère « aberrant >' pourrait être la ligne de grandes écailles
signalées sur les flancs. Mais d’après la figure donnée par l’auteur, cet aspect est très dilféreat
de ce que l’on observe chez les Caméléons présentant nettement une ligne de grandes scutelles
élargies sur les flancs.
NOTE ADDITIONNELLE SUE C. LABORDI
Ce travail était rédigé lorsqu’en décembre 1967 nous avons pu récolter à Ihotry im lot
de quatorze C. labordi : onze mâles et trois immatures. Les mâles correspondent étroitement
à notre description, aucun n’atteint la taille de 308 mm, les deux plus grands ne mesurant que
220 et 218 mm.
L’espèce peut être considérée comme localerfcent abondante à Ihotry.
IV. CHAMAELEO ANTIMENA Grandidier, 1872
Description originale : Bibl. École Hautes Études, S, 6-11 et Ann. Sel. nat., 15 (5), art. 20.
Synonymie : C. rhinoceratus Gray (Mocquard, 1893).
En 1872, A. Grandidier publia simultanément la description de C. antimena et de
C. labordi sur deux spécimens mâles en provenance de la côte occidentale de Madagascar.
Nos récoltes de l’Ouest-Sud confirment aujourd’hui l’existence dans cette région de deux
espèces de Caméléons bien individualisées.
1. Nom avons la quasi-certitude que nos trois femelles d’Hiotry appartiennent à l’espèce loborJi,
l'une ayant été capturée alors qu'elle se trouvait à quelques centimètres do mâle 397/C
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
85
Nous avons comparé nos spécimens mâles de Belalanda avec le type de C. anlimena '
et nos femelles avec ce que nous connaissons de C. rhinoceratiu lineatus Methuen et Hewitt,
1913, d’après la description de l’unique spécimen récolté à Tsivonoa (près de Tuléar), sans
indication de sexe.
A. — DESCRIPTION DU MALE (fîg. 6 et 7)
Nous disposons d’un série homogène de dix-sept mâles adidtes * récoltés à Belalanda,
et d’une description accompagée de bonnes photographies d’un dix-huitième, récolté en mars
1965 aux environs de Tuléar (PK. 935, R. N. 7).
Taille.
Dans notre série, la longueur totale varie de 201 à 338 mm, pour des Caméléons mâles
adultes (pénis bien développés) [cf. tableau].
, longueur du reste du corps . . . , . , ,
Le rapport —;-— -est, en moyenne, très voisin de 1. Les chiffres
longueur de la queue
extrêmes sont 0,87 et 1,1 ; 9 sur 14 compris entre 0,95 et 1,04.
Tous nos spécimens ont une taille supérieure à celle du type de C. antimena. L’un d’eux
cependant ne le dépasse que de 4 mm, ce qui, si l’on tient compte de l’état de déshydratation
poussée du type, devient né^igeable. Pour le type, comme pour nos spécimens, la longueur
de la queue est à peu près égale à celle du corps.
Tête.
Les crêtes pariétales et orbitales sont toujours très nettement marquées. Lee crêtes
latérales sont visibles.
L’appendice rostrai, formé par la fusion de deux éléments latéraux, est rigide, long, de
direction habituellement horizontale mais parfois légèrement oblique en haut et en avant.
Habituellement trois ou quatre rangs d’écailles suffisent à recouvrir un côté du rostre. Pour le
type, l’union des deux canthirostrales est encore bien visible à l’apex; quatre rangs d’écailles
sur les côtés du rostre.
La longueur du rostre (tableau) varie de 5 à 9 mm, sa largeur de 4 à 6 mm. Remarquons
que la partie osseuse est souvent plus large à l’extrémité qu’à la base mais que sur le vivant la
peau masque cet aspect qui n’apparaît que sur les spécimens conservés et partiellement déshy¬
dratés. L’épaisseur varie de 1,5 à 3,5 mm. Elle n’est inférieure à 2 mm que dans six cas sur
dix.sept (type : longueur 6,5 mm).
Si nous cherchons à caractériser l’appendice de C. antimena mâle, noua pouvons
préciser :
a. Que la longueur du rostre est, dans tous les cas, au plus égale au diamètre orbi¬
taire et qu’elle est même souvent nettement inférieure,
b. Que la largeur du rostre atteint souvent les deux tiers de sa longueur,
c. Que l’épaisseur est toujours supérieure au quart de la largeur, atteignant parfois
la moitié de ceQe-ci.
Le relevé des principales dimensions du crâne permet d’étudier différents rapports.
Le rapport est un indice de l’élévation du casque. Celui-ci est, au plus, égal à 1 dans treize
cas sur dix-sept. R ne dépasse 1, et encore de fort peu, que dans quatre cas (1,01 deux fois,
1,03 et 1,05). Pour le type, ce rapport est de 0,9.
Le rapport ^ est un indice de l’importance de la longueur de la crête pariétale et, par
conséquent, de la forme générale du crâne. Dans dix cas sur quatorze, il est inférieur ou ég^
à 0,85 : 0,85 une fois, 0,84 deux fois, 0,83 trois fois, 0,82 une fois, 0,81 une fois, 0,80 quatre
fois et 0,75 une fois.
Dans quatre cas il dépasse 0,85 : une fois à 0,89, une fois à 0,95 et deux fois à 0,97.
Pour le type, ce rapport est de 0,6.
1. N® 5467 du Muséum à Paris. Le spécimen porte comme identification ultérieure : « Ch. rhinoce-
ralitt Grava.
2. Les spécimens n®* 367/C. 372/C et 373/C ont été déposés au Muséum national d'Hisloire natu¬
relle à Paris. Ils sont enregistrés sous les n®‘ 1967-168, 169, 170.
Source : MNHN, Paris
86
E. R. BRYCOO ET CH. A. DOUEHCUE
Fie. 6
C. antimena, 372 IC. — HâU de Beklonda, mon 1967
■ an^imena (f 372 / C
CAMÉLÉONS À HOSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
87
Données numériques concernant les Caméléons mâles de Belalanda
(C. ontlmeno)
(les dimensions sonc en mm)
Corps.
La crête dorsale est formée de cônes volumineux, nettement séparés les uns des autres.
Les plus grands mesurent au minimum 3 mm et peuvent atteindre 6 mm ; ils sont souvent légè¬
rement incurvés vers l’arrière. Leur nombre varie, dans notre série, de 22 à 30 (comptés jus¬
qu’à l’aplomb de l’anus) avec un maximum de fréquence entre 26 et 28 (13 sur 17).
Sur le type de C. antimena nous avons compté 30 cônes dont ta base est pour tes
premiers de 2 mm. Leur hauteur ne peut être évaluée car la crête a été abîmée, l’extrémité
des cônes est « rabotée », ce qui leur donne un aspect quadratigulaire. Mais F. Wemer (1902)
les décrivait comme beaucoup plus longs que larges et incurvés. Il ajoutait : •... ce qui les
distingue de ceux de C. rkinoceralus ».
La crête caudale est formée par la prolongation de la dorsale sur la première partie
de la queue.
6 664014 6 a
Source : MNHN, Paris
BRYCOO ET CH. A. DOMERCOE
FlO. 7
C. aiuimtna, 294/C. — >Ule de Belelanda, mars 1967
crête gulaire, totalement absente dans quatorze cas, est notée comme ébauchée
par de rares tubercules dans trois cas.
La crête ventrale manque constamment.
Le type n’a ni crête gulaire ni crête ventrale.
Dix fois, aucune fossette axillaire n’est observée, six fois on note la présence d’une
ébauche, le caractère n’est positif que dans un cas. Il n’y a pas de fossette axillaire sur le type.
L’écaillure est, sur la tête, formée par de grandes scutelles lisses dont le diamètre peut
atteindre 3 et 4 mm. Au niveau du corps, l’écaillure est hétérogène et l’on observe sur les flancs,
à mi'hauteur, une ligne latérale de grandes scutelles dont le diamètre varie de 2 à 3 mm. la
ligne latérale de grandes scutelles est nette sur le type.
Coloration.
a. Sur le vivant.
Les spécimens se présentent avec une coloration d’ensemble verte, le dessous de l’ab¬
domen étant plus clair mais sans ligne blanche, tandis que sur les côtés par contre on observe
ime ligne latérale blanche. Parfois, ils sont noir verdâtre avec des lignes jaunes latérales.
b. Après la mort.
La coloration posi mortem peut être soit jaune, verte et blanche, avec une ligne latérale
blanche, mais sans ligne blanche médio-ventrale; soit jaune et noir, dessous blanc sale, sans
ligne blanche médio-ventrale mais avec une ligne blanche latérale.
Le type de C. anlime/ui est actuellement gris-noir, plus clair à la partie ventrale. Sous
la gueule s’observe une ligne blanche longitudinale qui s’estompe vers le milieu de l’abdomen.
Remarque.
Les caractères morphologiques relevés sur la série de Belalanda correspondent à ceux
observés sur le spécimen de Tuléar.
Source : MNHN, Paris
CAUÉLÉONS A BOSTR£ tUPAIK
RIGIDE DE MADAGASCAR
B. — DESCRIPTION DE LA FEMELLE (fig. 8 et 9)
Noua disposona pour notre description d’un lot de neuf femelles adultes récoltées à
Belalanda ainsi que d’une série de photographies très précises avec une fiche d’observation
pour une dixième, récoltée à Tuléar (terrain d’aviation) en mars 1965
La taille.
La taille varie de 174 mm pour la plus grande (93 + 81 de queue) à 149 (79 + 70 de
queue) pour la plus petite. Les dimensions du type de C. rhinoceraltis lineatus *, sont de
153 mm dont 73 pour la queue.
Il s’agit bien de femelles adultes. Plusieurs contenaient des œufs, soit en formation
(diam. 3 mm), soit apparemment mûrs, au nombre de quatre à six par oviduetc.
La tIte.
l.a tète se présente avec un rostre à grand axe horisontal, ou légèrement oblique en
haut lorsque la tête est horizontale; le casque est assez aplati.
Le rostre le plus long mesurait 3,5 mm, le plus court 2 mm, l’épaisseur variant de 1,4 à
2 mm et la hauteur de 3 à 2 mm. Les bords en sont habituellement parallèles, l’extrémité est
arrondie.
Les crêtes pariétales, orbitales et latérales soRt toujours bien marquées, mais le casque
est bas, ce qui traduit un rapport des distances :
occiput — angle de la mâchoire /AD\ ^ I
anÿe de ta mâchoire — menton \DE/
(14,5 à 17 mm pour la première, 16,5 à 19,5 mm pour la seconde).
Noua n’avons pas les dimensions du rostre de C. rhinoceratus lineatus de Methuen et
Hewitt mais le dessin qu’ils donnent montre une grande analogie morphologique avec nos
spécimens.
Le corps.
Il n’y a pas de véritable crête ventrale, caudale ou gulaire. Les tubercules axiaux de
k région gulaire et ventrale sont à peine différents, de par leur taille, de leurs voisins.
1.8 crête dorsale est amorcée par quatre à sept tout petits tubercules qui atteignent au
maximum 1 mm.
• A dorsal crest of few enlarged conical tubercides is présent... » (Methuen et Hewitt.)
L’iCAILLURE.
L’écailiure est légèrement hétérogène sur le corps. 11 existe, à mi-hauteur, une ligne
atérale, à peine marquée par des scutelles de 1 mm de diamètre.
• The tubercles on the body are of unequal size; a sin^e but rather irregular row of
enlarged tubercles is developed on the flancks » (M. et H.)
Les écailles de la tête ne dépassent pas 1 mm de diamètre; 3 rangs d’écailles suffisent
à recouvrir le côté de l’appendice nasal. Aucun des 9 spécimens ne présentait de fossette axil¬
laire.
Coloration.
Sur le vivant la coloration d’ensemble était le plus souvent vert sombre; le casque, les
tempes et la majeure partie des flancs rouge brique foncé; le dessous des membres, de la queue
et les aisselles blanc sale.
Le cadavre se présentait :
— soit vert jaune, brique et noir, avec souvent une ligne latérale blanche,
— soit rougeâtre avec marques blanches.
1. Les spécimens n*» 36S/C et 381/C ont été déposée an Muséum national d’Hiitoire naturelle à
Paris. Ils sont enregistrés sous les n*" 1967-172. 173.
2. Le sexe de leur spécimen n’est pas indiqué par les auteurs; nous considérons, à postériori, qu’il
l'sgit d’une femelle puisque tous les caractères correspondent à ceux de notre lot de femelles.
Source : MNHN, Paris
90
E. R. BRYGOO ET CH. A. DOMERGUE
Fig. 8
C. anliména, 299/C. — Femeile de Beliilanda, mar» 1967
anfimeno Ç 299/^0
CAMÉLÉONS k ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE
MADAGASCAR
91
Tous les spécimens, vivants ou morts, avaient une ligne blanche commençant peu
après le menton pour se tcrniini-r avant l’anus; chaque cuisse était bordée de deux lignes
blanches, la postérieure se prolongeant sous la racine de la queue.
« ... a very distinct white line occupying a médian position on ihc ventral surface. »
(M. et H.)
CO.NCLÜSION.
Notre série est très homogène, ses caractères se retrouvent tous sur le spéiûmen de
Tuléar, ils correspondent étroitement à ceux notés par Méthuen et Hewitt (1913). La description
de C. rhinoceratus linealus est donc en fait la première de la femelle de C. anlimena.
C. — DESCRIPTION DE JIA'ÉNILES
Parmi les Caméléons que nous rapportons à l’espèce C. antimena récoltés à Belalanda,
SC trouvaient deux juvéniles, un mâle et une femelle, dont voici la description.
1° Spécimen 16 (358/C) * [fig. 10].
Jeune mâle, pas de gonflement de la partie inférieure de la queue, mais à l'ouverture
on coostate la présence de deux testicules.
Longueur : 152 mm dont 74 pour la queue. Poids 8 g.
La tête présente une crête pariétale et des crêtes orbitaires bien marquées. L’appendice,
horizontal, mesure 4 mm de long, 3 de large et 1,3 d’épaisseur.
Les dimensions du crâne sont : AB : 9, BC : 19, AD : 15, DE : 17,5.
I-a crête dorsale est formée de vingt-quatre tubercules sépares les uns des autres ayant
au maximum de 1 mm de haut.
La crête caudale est à peine marquée, il n’y a ni crête gulaire, ni crête ventrale. Pas
de fossette axillaire.
L’écaillure du corps est hétérogène, avec à mi-hauteur, une ligne latérale de plus grandes
écailles.
Mort, sa couleur était jaune, blanc et vert avec une ligne blanche latérale mais sans ligne
médioventrale.
1. Spécimen iléposé au Muséum national d'Histoire Daturelle buus le n° 1967.171.
Source : MNHN, Paris
92 E. R. BRYGOO ET CH. Â. DOMERGUE
2“ Spécimen 23.
Jeune femelle.
Longueur 104 mm dont 52 pour la queue. Poids 5 g.
Crêtes pariétale, orbitales, latérales visibles.
Appendice rigide, orienté en oblique vers le baut. Long de 2 mm, il est large de 2 mm
et mesure 1,4 mm d'épaisseur.
Fig. 10
C. amimeaa, 3S9/C. ~ Môle juvénile de Belalanda, mars 1967
Les dimensions du crâne (en mm) sont : AB : 8, BC : 10,5, AD : 11,5, DE : 15.
La crête dorsale est à peine marquée par trois ou quatre tout petits tubercules.
Pas de crête caudale, ventrale ou gulairc. Ébauche de fossette axillaire.
Source : MNHN, Paris
• gnHmgng </ juvénile - 358/c
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
93
L’écaillurc du corps est hétérogène avec, à mi>hauteur, une ligne de grandes scutelles
latérales.
Vivant, ce spécimen était de couleur générale mauve avec trois ébauches d’anneaux
noirs sur les flancs, une ligne blanche nette du menton à l'anus, des marques blanches peu
distinctes sous les cuisses et la racine de la queue; sous la gueule le fond des plis était rose.
D. — VALIDITÉ DE L’ESPÈCE C. ANTIMENA CRANDIDIER, 1872
D. Hillenius, en 1959, admettait que les types de C. labordi et C. anlimena apparte¬
naient tous deux à l’espèce rhinoceratus; par contre, les autres auteurs ayant étudié les Camé¬
léons qui nous occupent sont unanimes à considérer C. labordi comme une bonne espèce,
mais suivent F. Mocquard, 1893, en rapportant C. anümena à C. rhinoceratus D’autre part,
pour ces auteurs, U ne fait aucun doute que les deux spécimens mâles récoltés sur la côte Ouest
par A. Grandidier en 1872 appartiennent à des espèces différentes. Nos récoltes confirment
absolument ce point de vue. Nous avons de plus démontré que la sous-espèce lineatus, créée
en 1913 par P. Methuen et B. Hewitt n’était en fait que la première description de la femelle
de C. antimena.
Dans la région Ouest-Sud de Madagascar, les Caméléons à rostre impair et rigide appar¬
tiennent donc à deux espèces distinctes C. labordi et C. antimena. Les caractères différentiels,
pour les mâles et les femelles, seront donnés dans un tableau récapitulatif, en fin de chapitre.
Fie. Il
C. labordi, 3S2/C. - Mâle dn P. K. 42 de U R. N. 9, février 1967
C. ajuimtna, 365/C. — Mâle de Belalanda, mars 1967
C. arutmen», 357/C. — Femelle de Belalanda, mars 1967
1. Cependant F. Werner (1902) n'admettait pai aan* restriction cette synonymie.
Source ; MNHN, Paris
94
l. BRYCOO ET CH. A. DOUERGUE
E. — DOMAINE GÉOGILVPHIQUE DE C. ANTIMENA
Tenant compte de la synonymie proposée, C. rhinoceratus lineatus = C. antimena,
lo domaine géographique de cette espèce est le suivant :
— Tsivonoa ‘ (près de Tuléar) [C. rhinoceratus lin«alus\-,
— Tuléar (terrain d'aviation);
— Belalanda, 4 km Nord de Tuléar:
— P. K. 935, R. N. 7, environ de Tuléar (village Antsakay).
F. ~ CONCLUSION
Ainsi l’espèce C. antimena Grandidier 1872 est bien caractérisée, qu’il s’agisse des
mâles ou des femelles. Le dimorphisme sexuel prononcé explique comment la femelle a pu
être autrefois décrite comme appartenant à une sous-espèce nouvelle : C. rhinoceratus lirtealus
Methuen et Hewitt, 1913.
Nous n’avons pas rencontré C. antimena au Sud de l’Otdlahy. La limite septentrionale
de son domaine se situe, pour l’instant à Ihotry. En effet, la rédaction de ce travail était terminée
lorsque nous avons récolté dans cette localité, c’est-à-dire dans une région où C. labordi est
relativement abondant, un mâle typique de C. antimena.
Le domaine géographique de C. antimena semble donc localisé entre les deux fleuves
Onilahy et Mangoko.
G. — REMARQUE SUR LA RÉPARTITION DES CAMÉLÉONS A ROSTRE
DE L’OUEST-SUD
Nous désignons par Ouest-Sud la région comprise entre Tuléar au Sud et Morondava
au Nord. Dans l’état actuel de notre connaissance, C. antimena est localisé du Nord de Tuléar
jusqu’au fleuve Mangoky tandis que C. labordi se rencontre de part et d’autre de ce fleuve.
Malgré de fréquents séjours sur le plateau Mahafaly et en Androy, pays où l’on peut
observer de nombreux spécimens des espèces C. verrucosus {latissitTW sensu) et C. lateralis
nous n’avons jamais récolté de Caméléon à rostre au Sud de l’Onilahy. Il est à noter que les
Caméléons à rostre n’ont jusqu’à présent été récoltés que pendant la saison des pluies (décembre
à avril) alors que dons les mêmes régions les espèces lateralis et verrucosus se rencontrent
très fréquemment en saison sèche.
V, CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DE C. LABORDI ET C. ANTIMENA
(Sous réserve de comparer des spécimens adultes et de même sexe,
la diagnose ne présente aucune difficulté)
Caractères
Mlles
Femelles
labordi
antimena
labordi
antimena
Spécimens étudiés.
4
18
5
9
Tcùlle •...
308 (170)
338 (178)
164 (75)
174 (81)
La queue est plus ou moins longue
que le reste du corps.
208 (108)
-1-
197 (98)
135 (66)
149 (70)
* Nous donnoaa, en mm. la taille du plut grand et du plut petit tpéciinen étudié, avec, entre
parentbètet, la longueur de la queue.
1. Let cartet actuellet portent, à 23 km au N. de Tuléar tur ta RN 9. let noms de localités de Ttivt-
noakely et Teivanoabe.
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
95
Caractères
Mâle
Femriie
labordi
an’imena
labordi
antimena
Crête dorsale.
Complète
Complète
0
Incomplète
Nombre de cènes de la nuque â
l’aplomb de l’aiius.
Plus do 35
Moins de 35
—
4à7
Hauteur des cènes.
— de 2.5 mm
+ de 2,5 mm
-
1 mm
Crêtes gulairc et ventrale.
+
-
-
-
Êcaillure du corps.
Homogène
Hétérogène
Homogène
Hétérogène
Ligne lat-ralc de grandes scutriks
à mi-hauteur sur les flancs.
-
+
-
+
Ligne blanche médio-vcntrale.
+
-
+
+
AD
DË..
Très élevé
+ del
Bas
— de 1
.Appendice :
Longueur (mm).
ïp.iu.ur (mm).
8,5.11
0,5-1,S
5-9
l,5à 3,5
Un petit
tubercule
globuleux
de 1,5 mm
2-3,5
1,4-2
VI. CHAMAELEO RHINOCERATU5 Gray, 1845
Description originale : Ann. Magaz. nat. Hisl. il, 46 (C. rhinocéros).
Synonymie : C. rhinocéros Gray (Gray, 1845).
C. antimena Grandidier (Mocquard, 1893).
C. voeltzkowi Boettger. |
C. barbouri Hechenbleikner (Hillenius, 1959)
C. labordi Grandidier. ^
C. rhinoceratus lineatus Methuen et Hewitt.
C. rhinoceratus rhinoceratus Gray (Mertens, 1966).
Premier décrit ‘ des Caméléons que nous étudions, C. rhinoceratus, est loin d’être
le mieux connu. Si nous éliminons, pour le moment, le cas de C. antimena mis abusivement
en synonymie avec C. rhinoceratus par F. Mocquard (1893), ce n’est qu’en 1922 que furent
signalés deux autres mâles rapporté d’emblée à cette espèce par W. Kaudem. La femelle
de ce Caméléon semble encore inconnue
1. C'est par erreur que D. Hillenius doune 1664 comiue date de la description par J. E. Grsy, il
s'agit de 1845.
2. Sous réserve d’admettre comme noua que l'espèce décrite sous le nom de C. rkinoctnuus Uneatut
correspond k la femelle de C. antimena.
S 3«4014 S 3
Source : MNHN, Paris
96
R. BRYGOO ET CH. A. DOMERGUE
A. — DESCRIPTION DU MALE DE C. RHINOŒRATUS (fig. 12 à 15)
Nous disposons de la description originale de J. E. Cray et des données d’observation
directe de sept spécimens, trois de la collection du Muséum à Paris, quatre de nos propres
récoltes
Taille.
La taille de nos spécimens varie de 138 à 274 mm. W. Kaudem donnait 149 et 150 mm
pour ses deux spécimens. F. Angel (1942) indique 240 (type ?).
Dans notre série la longueur de la queue est, au plus, égale à celle du reste du corps.
N®
Origine
géographique
Longueur
totale
(longueur)
Rostre
longueur *
hauteur
épaisseur
38.156
Ankarafanisika.
141
61
7
1.5
57.119
?
238
122
11
1,5
57.875
Majunga.
274
134
15
11
1,5
180 C/C 331
Ampijoroa.
138
66
7
4,5
1.1
176 C
-
163
78
8
1
178 C
-
230
115
13,5
7,5
1.6
177 C
-
165
78
6,5
54
1.8
* La longaeor du rostre est mesurée à partir de l'extrémité antérieure de la mâchoire supérieure.
** Ce spécimen était en captivité au parc de Tsimbaaaza (Tananarive) lorsqu'il fut remis â
A. G. Chaband, avec comme indication d'origine probable Majunga.
*** Ampijoroa se situe en bordure S.O. de la forêt de l'Ankarafantsika.
Tontes les dimensions en millimètre.
Tête.
L’allure générale de la tête se caractérise par un casque bas, une crête pariétale à peine
marquée, des crêtes orbitales nettes se prolongeant directement par les canthirostrales pour
former le rostre.
1. Les spécimens n°' 176/C, 187/C, 180/C ont été déposés au Muséum national d’Histoire naturelle
à Paris, sous les n»‘ 1967.17S, 176, 177.
Source : MNHN, Paris
Fie. 12
C. rhi/uKerotiu, 176/C. — Mile de Ampijoroa, 12>2>1962
CAMÉLtONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
98
E. R. BRYGOO ET CH. A. DOMERGUE
C- rhinocepqto* <? 178/C ' -1
Fie. 13
C. rhinoeeratiu, 176/C. — Mile de Aœpijoroa, 12-2-1962
AD
L’aliure du casque est matérialisée par un rapport — nettement inférieur à 1 : la dis¬
tance entre angle postéro-inférieur de la mâchoire et l’extrémité du museau (sans te rostre)
est plus grande que celle qui sépare cet angfe du sommet de ta crête pariétale.
L’élément caractéristique est le rostre. Il se présente comme un dément volumineux,
aplati dans le sens verticali formé par l’union des deux canthirostrales, la dualité des éléments
C. rhinoearofus <? 178/c
Fie. 14
C. rhinoceralui, 178/C. — Mâle de Ampijoroa, 12-2-1962
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
Fig. 15
C. rhinoceranis. 178/a 176/C. 180/C. - Mâles de Ampijoroa, 12-2-1962
564014 6
Source : A1MHN, Paris
100
E. R. BRVCOO ET CB. A. DOMERGUE
constitutifs étant nettement visible jusqu’à son extrémité. Il est très mince. A sa partie supc-
ricure les crêtes orbitales devenant les canthirostrales délimitent une dépression triangulaire.
Chez les spécimens les plus grands les bords supérieurs du rostre présentent une ondulation
régulière formée par les écailles du recouvrement.
Nous avons mesuré la longueur du rostre à partir de l’extrémité antérieure du maxil¬
laire supérieur, ne tenant compte que de la partie se projetant en avant de la face. Dans ces
conditions la longueur du rostre est toujours supérieure au diamètre orbitaire.
Ches C. rhinoceratus le rostre se caractérise à la fois par sa faible épaisseur et sa hauteur
importante, celle-ci étant souvent supérieure à la moitié de la longueur telle que nous la
mesurons.
La crête gulaire est soit totalement absente, soit à peine ébauchée par de petits tuber¬
cules.
Corps.
L’écaillure générale du corps peut être considérée soit comme homogène, soit comme
régulièrement hétérogène : de petits tubercules, un peu plus grands que les autres, parse¬
mant régulièrement un fond homogène.
Il n’y a pas de ligne blanche médio-ventrale mais quatre des six spécimens examinés,
après conservation en alcool, montrent une ligne blanche, longitudinale, sur chaque flanc,
à mi-hauteur, tranchant sur l’aspect gris plus ou moins foncé du reste du corps.
Tous les spécimens examinés présentent une fossette axillaire.
La crête dorsale n’est nette que dans sa première moitié. Elle débute par douze à quinze
tubercules bien isolés les uns des autres, minces, aigus, de 1 à 2 mm de haut. Ces tubercules
deviennent ensuite indistincts tout en se prolongeant sur la queue.
La crête ventrale manque totalement ou est à peine ébauchée.
B. — DESCRIPTION DE LA FEMELLE DE C. RHINOCERATUS (fig. 16 à 18)
La femelle de C. rhinoceratus n'a, semble-t-il, pas encore été décrite. Nous avons récolté,
en même temps que les quatre mâles déjà signalés, une femelle dont les ovaires portent des
ovules d’au moins 3 mm de diamètre. Nous la considérons comme appartenant à l’espèce
C. rhinoceratus et la décrivons comme femelle type.
Taille.
La longueur totale est de 120 mm dont 35 pour la queue. Beaucoup plus petite que
les différents mâles étudiés, nous ne pouvons affirmer qu’elle ait atteint sa pleine croissance. La
taille des ovules montre cependant qu’elle avait dépassé le stade des juvéniles. Par ailleurs
nous avions déjà noté une importante différence de taille entre mâles et femelles adultes de
C. labordi et C. antimena.
Tête.
Le casque est bas, la crête pariétale n’est marquée qu’à la partie postérieure du crâne.
Les autres crêtes sont à peine indiquées. Le rostre, légèrement oblique en haut et en avant,
est cartilagineux, formé par l’accolement de deux éléments latéraux. On compte cinq rangs
d’écailles sur les côtés du rostre, les supérieures dorment un aspect crénelé au bord qu’elles
délimitent. Long de 3 mm, épais de 0,9, le rostre est, à la base, large de 2,5 mm et n’a plus
que 2 mm près de son apex.
Il n’y a pas de crête gulaire. On observe des écailles temporales élargies. La distance
entre l’occiput et l’angje postéro-inférieur de la mâchoire est de 11,5 mm, alors que 13 mm sépa¬
rent cet angle de l’extrémité antérieure du museau (rostre non compris). L’orbite mesure
5,5 mm de diamètre.
Corps.
L’écaillure générale du corps est à peu près homogène. On remarque cependant une
ligne d’écailles élargies, sans atteindre deux fois les dimensions moyennes, à mi-hauteur des
Il n’y a pas de ligne blanche médio-ventrale.
Source : AINHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTIŒ IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
101
Fie. 16
C. rkinoetnunt, 179 /G. — Femelle de Ampijoroa, 13-2-1962
102
E. R. BRYGOO ET CH. A. DOUEHGUE
Ç i79/c
FlG. 18
C. rhinoetraluê, 179 /C. — Femdle de Amptjoroa, 13-2-1962
Iji coloration générale en alcool est grise.
Le spécimen présente des fossettes axillaires.
La crête dorsale n’est nette que dans sa première moitié. Elle est formée de treize petits
cônes (le plus grand ne mesure pas 1 mm), le dernier est à peine distinct.
Ni crête caudale, ni crête ventrale.
Type.
Le spécimen étudié, récolté à Ampijoroa le 13 février 1962, porte le n° 179/C de notre
collect’on; il a été déposé au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris sous le n“ 1968-1.
/ °
C- phinoeqpolus Ç 179/C '
Fig. 17
C. fAinoceroIaj, 179/C. — Femelle de Ampijoroa, 13-2.1962
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
103
C. R.\PP0RTS DE C. RHINOCERATUS AVEC C. LABORDl ET C. ANTIMENA
Il convient d'étudier séparément mâles et femelles. En ce qui concerne les mâles, nous
avons déjà eu l’occasion d’exposer les raisons pour lesquelles nous ne pouvions pas plus
accepter la mise en synonymie avec C. rhinoceratus proposée par F. Mocquard en 1893 de
C. antimena que celle de C. lahordi proposée par D. Hillenius (1959). C. rhinoceratus mâle se
sépare de ces deux espèces par la morphologie du rostre, du casque et de la crête dorsale.
Rappelons que, dès 1902, F. Wemer soulignait que les tubercules de la crête dorsale
de C. antimena beaucoup plus longs que larges, étaient incurvés « ce qui les distinguent de
ceux du C. rhinoceratus ».
Pour les femelles, qui ont en commun un casque bas et une queue plus courte que le
reste du corps, le tableau comparatif met en évidence :
<z. Que C. lahordi se sépare, entre autres, des deux autres par la forme de son appendice
nasal;
b. Que C. rhinoceratus diffère de C. antimena par l’écaillure du corps homogène au
lieu d’être hétérogène, par un appendice nasal à la fois plus long et plus mince,
ainsi que par l’absence de la ligne blanche médio-vcntrale.
D. RAPPORTS DE C. RHINOCERATUS AVEC C. VOELTZKOWI
Nous considérons, après D. Hillenius (1959), C. voeltxkowi ’ O. Boettger 1893 comme
synonyme de C. rhinoceratus. Des trois espèces que nous venons d’étudier, rhinoceratus,
lahordi, antimena, c’est manifestement de la première que se rapproche la description origi¬
nale de C. voeltzkotvi. L’examen des photographies données par l’auteur montre en particulier
que le rostre, le casque et la crête dorsale sont du type rhinoceratus. D’après ces photographies
il semble même que le spécimen donné comme une femelle soit en fait un mâle si l’on en juge
par le renflement inférieur de la base de la queue. Deux caractères pourraient faire hésiter
devant cette mise en synonymie, l’observation, sur les photographies, d’une ligne blanche
ventrale et d’une série d’écaille agrandie au milieu des flancs. Cela ne nous semble pas justifier,
dans l’état de nos connaissances, le maintien de cette espèce, ni même de suivre R. Mertens
(1966) et d’en faire une sous-espèce de C. rhinoceratus. O. Boettger avait d’ailleurs lui-même
admis qu’un des caractères différentiels les plus nets justifiant l’espèce voellzkowi était l’ab¬
sence de poche axillaire. On sait aujourd’hui qu’il est difficile d’accorder une vdeur taxono¬
mique à ce caractère.
Nous avons exposé plus haut pourquoi le Caméléon n® 912/92 du Muséum de Genève,
étiqueté C. voeltzkoici et étudié par D. Hillenius (1963), était selon nous un C. antimena.
E. RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE C. RHINOCERATUS
Toutes les localités de récolte de C. rhinoceratus se trouvent dans la région Nord-Ouest
de Madagascar
— Sainte-Marie-de-Marovoay, Amborovy, W. Kaudem, 1922;
— Ankarafantsika (Muséum, Paris, 38156);
— Majunga ? (Muséum, Paris, 57875);
— Ampijoroa (nos récoltes);
— ^lala , s I 0. Boettger, 1913, (C. voeltzkowi).
— Antema (baie de Bombetoka) )
1. Stricto seiuu, et non dans le sens oti l'avait pris F. Angel qui lui attribuait des caractères reconnus
aujourd’hui comme étant ceux de C. onlimeno.
2. La récolte de Tnléar indiquée par F. Angel (1942) correspond au C. rhinoceratus linealut dont nous
faisons une femelle de C. antimena.
3. C’est par erreur que F. Angel (1942) localise Soalala au N. de Majnnga; cette ville se trouve é
rOneat.
Source : MNHN, Paris
104
». BRY600 ET CH. A. DOMERGUE
F. CONCLUSION
L'espèce C. rhinoceratus, caractérisée par la forme de son rostre, de son casque et de sa
crête dorsale, se trouve étroitement localisée dans le Nord-Ouest de Madagascar, région do
Majunga, lato sensu.
Noua donnons la première description d’une femelle de cette espèce.
C. voeltzkowi Boettger, 1893, est synonyme de C. rhinoceratus Gray, 18435.
Remarque.
D’après la description et le dessin qu’en a donné D. Hillenius en 1963, c’est à C. rhi¬
noceratus que nous rattachons le spécimen n” 296/69 du Musée de Genève, identifié comme
C. monoceras.
La formule chromosomique de ce spécimen étudiée par R. Matthey et Janny M. Van
Brink (1956), comprenait huit paires de V, une paire de petits chromosomes acrocentriques et
deux paires de m différant ainsi de celle du C. voeltzkowi (pour nous C. labordi) étudiée simul-
tanément. Nous considérons le fait pour ces deux spécimens d’avoir des formules chromoso¬
miques différentes comme particulièrement significatif puisque, contrairement à D. Hillenius,
nous les rattachons à des espèces différentes.
VII. CHAMAELEO ANGEU n. sp.
Nous avons récolté, au P.K. 450 de la R.N. 4, un peu au N. de Tsaramandroso, en no¬
vembre 1964, un spécimen qui se distingue très facilement des trois espèces étudiées jusqu’à
présent et en particulier de C. rhinoceratus.
Un second spécimen mâle exactement comparable avait été capturé en même temps que
le premier, il fut raalheureu-sement perdu accidentellement mais certaines mensurations en
avaient été rdevées.
DESCRIPTION DU CAMÉLÉON C. 259 > (fig. 19 à 21)
11 s’agit d’un mâle aux pénis bien développés.
Taille.
Longueur totale 251 mm dont 126 potir la queue (285 et 150 pour le spécimen perdu).
La queue est donc plus longue que le reste du corps.
Tête.
La tête se caractérise par un casque bas, comparable à celui de C. rhirtoceralus (AD :
22 mm, DE : 27,5 mm).
Le rostre est tout à fait remarquable. Il est osseux, du même type que l’appendice ros¬
irai des C. brevicornis. Sa rigidité contraste avec celle du rostre des C. rhinoceratus qui reste plus
ou moins flexible latéralement. Il dépasse de 8 mm l’extrémité du maxillaire (8,5 mm pour le
spécimen perdu), sa hauteur est de 4 mm et son épaisseur de 3,8. Il est donc à la fois plus épais
et moins haut que celui des C. rhinoceratus. U est également proportionnellement moins long :
8 mm pour im diamètre orbital de 9 mm. Ce rostre est manifestement formé par la soudure de
deux éléments symétriques, cet aspect s’observe encore à son extrémité.
La crête gulaire est à peine marquée.
Corps.
L’écaillure générale du corps est finement hétérogène, sans grandes scutelles latérales,
sans ligne blanche médio-ventrale, avec une ligne latérale blanche tranchant sur le gris sombre
de la coloration générale en alcool. Il n’y a pas de fossette axillaire, la crête ventrale est à peine
marquée.
La crête dorsale est formée de petits tubercules réguliers, bien nets sur la première
moitié du corps se prolongeant ensuite jusque sur la queue.
1. Spécimen déposé au Muséum national d’Histoi» naturelle et enregistré sous le n** 1967-174.
Source : MNHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
Fig. 19
C. angeli, 2S9 /C. — Mile du P. K. 450 de la R. N. 4, M. de Tiarainandroto, novembre 1964
106
{. BRVCOO RT CH. A. DOMERGUE
Fig. 20
C. angtli, 259/C. — Mâle du P. K. 450 de la R. N. 4, N. de Tsaramandroso, novembre 1964
Fig. 21
C. ongeli, 259 /C — Mâle du P. K. 450 de la R. N. 4, N. de Taaramandroso, novembre 1964
Source ; AANHN, Paris
CAMÉLÉONS À ROSTRE IMPAIR ET RIGIDE DE MADAGASCAR
107
Justification de la nouvelle espèce.
a. Compaiaison avec C. rhinoceratus.
Avec son casque bas, ce spécimen se sépare immédiatement dus Caméléons mâles du
groupe des C. labordi et anlimena.
Nous estimons que ce spécimen ne peut être rapporté à l’espèce rhinoceratus. Les prin*
cipaux caractères différentiels portent sur le rostre, le rapport entre la longueur de la queue et
celle du reste du corps, la morphologie des crêtes.
Le rostre de notre spécimen, dont la longueur est inférieure au diamètre orbitaire, est
beaucoup plus court que ceux de C. rhinoceratus tout en étant plus épais et moins haut. Sa
structure osseuse est remarquable.
La longueur de la queue de notre spécimen est supérieure à celle du reste du corps
(caractère également noté sur le spécimen perdu) alors que pour C. rhinoceratus la queue est
habituellement moins longue.
La crête dorsale, complète sur notre spécimen, s’oppose à la crête incomplète des C. rhi¬
noceratus. Ces derniers n’ont ni crête gulaire ni crête ventrale alors qu’elles sont discrètes mais
visibles sur le C. 259.
b. Comparaison avec C. monoceras.
Nous avions d’abord envisagé l'hypothèse que notre C. 259 pouvait appartenir à l’es¬
pèce C. monoceras. Une étude plus poussée nous conduit à rejeter cette identification. Les
trois principaux caractères signalés pour différencier C. 259 de C. rhinoceratus s’appliquent
également à C. monoceras. Après examen du C. 259, M. J. Guibé a bien voulu nous signaler
les différences complémentaires suivantes entre notre spécimen et le C. monoceras : sur notre
spécimen la fente buccale est plus courte tandis que la narine est plus proche de l’œil que du
museau (équidistante chez C. monoceras).
c. C. angeli n. sp.
Comparé, avec les différents spécimens mâles des espèces de Caméléon à rostre, notre
C. 259 ne peut donc être rapporté à aucune espèce connue.
Nous proposons, pour désigner cette nouvelle espèce caractérisée essentiellement par
un casque bas et un appendice rostral osseux, relativement court, le nom de C. angeli, en
hommage â F. Angel dont les travaxix sur les Caméléons de Madagascar font autorité.
Le type est déposé au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris (n“ 1967-174).
Le domaine géographique de l’espèce est, pour le moment, réduit à la localité type,
le P.K. 450 de la R.N. 4, N. de Tsaramandroso (forêt de l’Ankarafantsika).
VIII. CHAMAELEO AhONOCERAS Boettger, 1913
Description originale : in Voeltzkow, Reise Osla/r. Repl. Amph. 307, tabl. 26, fig. 3.
C. monoceras est particulièrement mal connu puisque seul le type en a, jusqu’à présent,
été récolté et que nous ne disposons que de descriptions sommaires qui reprennent celle de
0. Boettger (1913) elle-même particulièrement succincte. Cet auteur individualisait l’espèce
par comparaison avec C. rhinoceratus dont seul le type était alors connu. Il notait l’absence
de crête ventrale et • ein einfachen, auffallend longen Nasenortsalz, der dreimal so long wie
die Orbita, wâhrend er bei der andem Art nur 2/3 des Orbital durchmessen erreicht ».
Le • Chamaeleo moiwceras • n° 926/69 du Musée de Genève, étudié par D. Hillenius
(1963) n’appartient pas, selon nous, à cette espèce mais serait un C. rhinoceratus.
Dans le tableau récapitulatif, que nous donnons plus loin, des caractères morpholo¬
giques des mâles des Caméléons à rostre de l’Ouest de Madagascar on note immédiatement
que C. monoceras est très proche de C. rhinoceratus.
C’est d’ailleurs de cette espèce que le rapprochait déjà O. Boettger (1913) et les deux
caractères différentiels que donnait cet auteur ne peuvent plus être retenus aujourd’hui : la
crête ventrale est absente dans les deux espèces tandis que la longueur de l’appendice nasal de
C. rhinoceratus dépasse le plus souvent, et de beaucoup, le diamètre orbitaire. Nous suivons
toutefois D. Hillenius (1959) et considérons le statut de l’espèce comme incertain jusqu’à ce
que de nouvelles récoltes permettent de reprendre l’étude de ce problème.
Le domaine géographique de C. monoceras est actuellement limité à la localité type :
Betsako, près de Majunga.
Source : MNHN, Paris
108
E. R. BRYGOO
k. DOMERGUE
IX. CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES MÂLES DE CAMÉLÉONS
À ROSTRE RIGIDE DE L’OUEST DE MADAGASCAR
Nombre de spécimens
Chamaeleo
étudiés
labordi
antimena
rhinoceratus
nnffpU.
monoceras
4
18
1
TAILLE
Marimalft observée (mm)....
La queue est plus ou moins
308
338
274
251
130 ••
longue que le reste du
+ (4/4)
-(5/7)
,
Complète
Complète
Complète
première
sur la
moitié
première
du corps
moitié
seulement
du corps
seulement *
Plus de 35
Moins de 35
petits et
réguliers
Hauteur des cônes (mm).
1,5 à 2,5
-h de 2,5
-
CRÊTES
Homogène
Hétérogène
gène ••
Ligne laténde de grandes scu-
LIGNE BLANCHE
Médio-ventrale.
+
_
_
_
Élevé
Bas
R...
AD
+ del
— del
— del
— de 1 *
DE
APPENDICE
Importance de la longueur
comparée du rostre et du
diamètre orbitaire.
+ (3/4)
-(18/18)
+ (6/7)
_
+ •
4-6,5
1.5-3,S
0,S-1,5
1-1,5
3,8
Longueur (de la partie débor*
dant l’extrémité antérieure
du maxillaire supérieur)...
8,5-11
5-9
7-13,5
7
* D’après la description originale de 0. Boettger e
l’examen de la phot(^apbie du type.
** Caractères selon F. Angel (1942).
Toutes dimensions en millimètres. Au numérateur de la fraction le nombre de spécimens tnéSHi*
tant te caractère, an dénommât
euT le nombre de sujets examinés.
Source : MNHN, Paris
CAUÉLéONS i ROSTRE IMPAIR ET RiCIDE DE MADAGASCAR
109
X. CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES FEMELLES DES CAMÉLÉONS
À ROSTRE RIGIDE DE L’OUEST DE MADAGASCAR
(Tous ces Caméléons ont en commun un casque bas et ime queue plus courte
que le reste du corps)
Chamaeleo
labordi
antimena
rkinoceratus
Nombre de spécimens étudiés.
5
1 (type)
Taille •.
164 (75)
135 (66)
174 (81)
149 (70)
120 (55)
Crète dorsale.
incomplète
Nombre de cônes.
—
4à7
13
Hauteur des cônes.
—
1 mm
— de 1 mm
Crêtes gulaires et ventrales.
+
0
Écailiure du corps.
Homogène
Hétérogène
Homogène
Ligne latérale de grandes écailles.
—
+
-I-
Ligne blanche médio-ventrale..
-f-
-1-
—
Appendice.
Un petit
comprimé latéralement.
tubercule
^obuleux
de 1,5 mm
horizontal
Longueur (mm).
2-3,5
3
Épaisseur (mm).
1,4-2
0,9
* Nous donnons la taille en millimètres du plus grand et do plus petit spécimen étudié, avec,
entre parenthèses, la longueur de la queue.
RÉSUMÉ
Les Caméléons à rostre rigide de l’Ouest de Madagascar se répartissent en cinq espèces,
deux de TOuest-Sud, trois du Nord-Ouest.
Dans l’Ouest-Sud se rencontrent Chamaeleo labordi Grandidier, 1872, et C. antimena
Crandidier, 1872.
L’étude de quatre nouveaux spécimens (2 mâles, 2 femelles) de C. labordi permet
d'affirmer la valeur de cette espèce et de rejeter la synonymie avec C. rkinoceratus Gray,
1845. Nous confirmons que C. barbouri Hechenbleikner, 1942, correspond à la femelle de
C. labordi.
Une récolte de vingt-huit spécimens (17 mâles, 9 femelles et 2 juvéniles) nous
amène à réhabiliter l’espèce C. antimena autrefois mise en synonymie avec C. rkinoceratus.
C. rkinoceratus lineatus Melbuen et Hewitt, 1913, correspond à la femelle de C. antime/ut.
Pour ces deux espèces, labordi et antimena, dont mâles et femelles sont maintenant
connus, existe un important dimorphisme sexuel.
Dans rOuest-Nord existent deux, et peut-être trois espèces.
L’une, C. rkinoceratus, dont nous avons étudié quatre nouveaux mâles, est assez bien
connue. Nous décrivons la première femelle de cette espèce et maintenons la synonymie de
C. weltzkowi Boettger, 1893, avec C. rkinoceratus.
Sur un spécimen mâle nous décrivons une espèce nouvelle, C. angeli, caractérisée par
U structure osseuse de son rostre.
Le statut de C. monoceras Boettger, 1913, connu par le seul type, reste à définir. Pour
ces deux dernières espèces les femelles sont encore inconnues.
Source : MNHN, Paris
110
E. R. BRYGOO ET CH. A. DOMERGUE
RÉFÉRENCES
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Source ; MNHN, Pans