Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie
TOME LV
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geo£froy*Saint-HUaire {V«)
1968
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Pans
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule 1
Ph. Bodin. Copépodes harpacticoides des étages bathyai et abyssal du
golfe de Gascogne. 1—108
Fascicule 2
Fiscber-Piette, Blanc et Salvat. Complément aux mollusques operculés
terrestres de Madagascar. 109-144
Fascicule 3
N. CoiNEAU. Contribution à l’étude de U faune interstitielle. Isopodes et
Amphipodes. 145-216
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source ; MNHN, Pans
à
letixà
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série Â, Zoologie
TOME LV
FASCICULE 1
Ph. BODIN
COPÉPODES HARPACTICOÏDES
DES ÉTAGES BATHYAL ET ABYSSAL
DU GOLFE DE GASCOGNE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue GeoSroy-Saint-Hilaire (V®)
1968
Source : MtMN, Pans
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’fflSTOlHE NATURELLE
Série A, Tome LV, Fasciciile 1.
COPÉPODES HARPACTICOTDES
DES ÉTAGES BATHYAL ET ABYSSAL
DU GOLFE DE GASCOGNE
Philippe BODIN
Stagi^re de recherche au C.N.R.S.
Station Marine d'Endoume
RÉSUMÉ
Cette note est consacrée à l’étude d’une collection de Copépodes Haipacticotdes récoltés dans les
vases bathyales et abyssales du golfe de Gascogne. Au total, 29 espèces ont été trouvées, dont 25 sont
nouvelles pour la science. Une autre n’a pu être rattachée à un genre précis. La famille des Cletodidæ
est quditativement la mieux représentée. Des précisions intéressantes sont apportées sur quelques genres
mal connus : Cerviniella Smimov, Taehidiopsis Sars, Metahuntemannia Smimov. Cette étude ouvre
la voie à des recherches certainement très intéressantes sur les Copépodes Harpacticoldes des grands fonds
du golfe de Gascogne.
ABSTRACT
This paper deals vrith a collection of harpacticoids copepods collected in bathyal and abyssid
muds of golfe de Gascogne. A total of 29 species were found of which 25 are nevr to science. An other one
cannot be related to a précisé genus. The family of Cletodidce is qoalitatively the best-represented. Inte-
lesting précisions are given on some bad>known genus : Cerviniella Smimov, Taehidiopsis Sars, Metahun-
temaniUa Smimov. This study opens up very intereating researches on harpacticoids copepods from great
deeps of Golfe de Gascogne.
SOMMAIRE
Fages
INTRODUCTION. 2
LISTE DES ESPÈCES. 6
ANALYSE SYSTÉMATIQUE. 7
RÉPARTITION DES ESPÈCES (tableau B). 105
CONaUSION. 106
BœUOGRAPHIE SQMMAIRE. 107
8 564019 6 1
Source : MNHN, Paris
PHILIPPE BODIN
INTRODUCTION
C’est en participant à une campagne océanographique dans ie golfe de Gascogne,
en août 1963, sur ie Job-ha-ZeUan, navire du Centre de Recherches et d’Études océanogra¬
phiques, que j’ai eu l’occasion d’obtenir quelques échantillons de vase des grands fonds
Les prélèvements ont été effectués à l’aide d’une benne à cylindre du type < Holme >.
L’engin utilisé à cette époque était encore rudimentaire, et il est certain que la couche de vase
superficieUe était délavée à la remontée, privant ainsi les dragages de leur partie la plus peuplée
en microfaune. E ne faudra donc pas s’étonner de leur rétive pauvreté du point de vue quanti¬
tatif.
Le tri de cette microfaune, et c^ui des Harpacticoldes en particulier, a été réalisé au
laboratoire, sdon les méthodes employées lors de mes premières recherches sur les Copépodes
Harpacticoides des environs de Marseille (Bodin, 1964). Étant donné que j’avais surtout
«ffaiT i» à des vases à Globigétines, les filtrations ont été très longues, d’autant plus que le tamis
de 80 microns de maüle a été utilisé afin de recueillir le maximum d’éléments.
Cinq stations ont ainsi été prospectées. Leur numérotation correspond à celle du
C.R.E.O., afin de faciliter d’éventuels travaux de synthèse. Chaque station a fait l’objet d’une
étude granulométrique et chimique de la part des chercheurs du G.R.E.O., étude dont voici
les résultats essentiels, dans l’ordre chronologique :
Station 304 (11 août 1963)
46® 32' N; 4® 50' W. Profondeur = 900 m;
86 % de vase;
Fraction sableuse : médiane = 96 microns;
Fraction fine : médiane = 10 microns;
18 % de COjCa.
Station 305 (11 août 1963)
46® 32' N; 4» 55' W. Profondeur = 1200 ra;
59 % de vase ;
Fraction sableuse : médiane = 79 microns;
Fraction fine : médiane = 15 microns ;
_ . ( vitesse = 2,5 cm/s ;
Couiuit j _ 235,.
Température = 8,5 °C;
28 % de COjCa;
Oxygène dissout = 6,4 mg/1;
Salinité « 35,59 %o-
1. Qu’il ms soit permis de remercier id H. V. Rokanovsei, directeur du Centre de Recherches et
d’Études océanographiques, M. le professeur J. M. Peres, directeur de la Station marine d’Eodonme,
ainsi que tout ie personnel du CR.E.O., dont l’action concertée a permis la réalisation de ce travail.
Source ; AlfJHW, Pans
COPÉPODES HAHPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
3
Station 307 (12 août 1963)
46° 21' N; 4° 54' W. Profondeur = 2 050 m;
27 % de vase;
Fraction sableuse : médiane = 88 microns ;
Fraction fine : médiane = 17 microns;
Courant
Courant |
23 % de CO,Ca.
Station 308 (13 août 1963)
46» 07' N; 5° 00' W. Profondeur = 3 950 m;
95 % de vase;
Fraction sableuse : médiane = 128 microns;
Fraction fine ; médiane = 15 microns;
67 % de COjCa.
Station 311 (14 août 1963)
43° 51' N; 5° 06' W. Profondeur = 700 m;
46 % de vase;
Fraction sableuse : médiane = 107 microns;
Fraction fine : médiane = 18 microns;
30 % de COjCa.
A chaque station, un volume de sédiment d’environ 300 cm* a été réservé à l’étude
de la microfaime et conservé dans l’alcool dilué.
D’autre part, deux individus de grande taille ont été récoltés en 1966 par J. P. Lagab-
DÈRE dans un prélèvement par benne effectué à la station C de la can^agne « Gestlante I *
du navire océanographique Jean Charcot :
Station C (27 octobre 1966)
45» 11' N; 8» 56' W. Profondeur = 4 850 M.
Les cartes 1 et 2 indiquent la situation géographique de ces prélèvements.
Source : Paris
FHIUPFE BODIN
I
ï
1
f
COP£pODES BAHPACTICoIdES du golfe de GASCOGNE
Source : MNHN, Pans
PHILIPPE BODIN
LISTE DES ESPÈCES
Gerviniidæ Sars
Cerviniella langi n. sp. : 1 P;
Cervîniella lagarderei n. sp. : 2 9;
Ectinosomidæ Sars (part.), CHofsson
HaUctiTtosoma abyssicola n. sp. : 1 9;
Halectinosoma gascognense n. sp. : i 9 ;
Bradya {Parabradya) atlantica n. sp. :
1 Cf;
Tachidiidæ Sars
PsammU longifurca a. sp. : 1 9.
TiSBiDiE (Stebbmg), Lang
Zosi/M atlanticola n. sp. : 1 9 ;
Zosime bathybia n. sp. : 1 9;
ZosimeparamajoT n. sp. : 1 9;
Idyella kunzi n. sp. : 1 9;
Tachidiopsis bozici n. sp. ; 1 9 et 1 d*;
Tachidiopsis sarsi n. sp. : 1 9.
THALESTRIDiB Sars
Diarthrodes fahrenbachi n. sp. : 1 9.
Diosaccidæ Sars
Pseudomesochra aberrans n. sp. : 1 9 ;
Pseudomesochra (?) perplexa n. sp. : 1 cf;
Typklamphiascus con/usus (T. Scott) : 1 9;
Typlarty>kiascus gracilis Por : 1 cf ;
Paramphiascella (?) faurei a. sp. : 1 9;
Haloschizopera noodci a. sp. : 1 cf;
Diosaccidae g. et sp.? : 1 cf.
Ameiridæ Monard, Lang
Sarsameira porta (Boeck) : 1 9.
Cletodidæ T. Scott
Enhydrosoma wellsi n. sp. : 1 9 ;
Fultonia gascognensis n. sp. : 1 9;
Mesoeletodes soyeri n. sp. : 1 9;
Eurycletodes {Oligoclelodes) echinatus
Lang : 1 9;
Stylicletodes oligochaeta n. sp. : 1 9;
Stylicletodes minutas n. sp. : 1 9;
Metahuntemannia dovpori n. sp. : 2 9;
Metahuntemannia smimovi n. sp. ; 1 cf.
Laophontidæ T. Scott
Normanella aberrans n. sp. : 1 9 (juv.)
et 1 cf.
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU COLFE DE GASCOGNE
ANALYSE SYSTÉMATIQUE
La DomeDclature employée au cours des descriptions est celle qui est utilisée par Lang
(1948,1965) et la plupart des auteurs contemporains. J’ai déjà indiqué (Bodin, 1964, p. 118)
la signification des abréviations usuelles. B faut signaler cependant que Lang (1965, p. 10)
désigne maintenant par « baseoendopodite a (orthographe modifiée) la branche interne de la
cinqidème paire de péréiopodes (abréviation : « Benp. *).
La longueur totale est toujours mesurée de la pointe du rostre à l’extrémité distale de
la furca, les soies principales de celle-ci étant exclues.
Tous les dessins ont été exécutés à l’aide d’un < tube à dessin » et à main levée. L’échelle
des figures est indiquée à l’intérieur de chaque planche : lorsque les limites d’une barre d’échelle
sont orientées vers une figure fl_L_l)> échelle n’est vdable que pour la figure en ques¬
tion; les barres bidirectionndles (|—-|—|) sont vdables pour toutes les figures de la planche
n’ayant pas une échelle particulière.
Afin de clarifier les descriptions, je dorme ci-dessous une nomenclature des principales
formes de soies, épines ou crochets rencontrés :
a. Les soies :
b. Les épines ;
Source : MNHN, Paris
PHIUPPE BODIN
c. Les crochets :
D peut arriver que l’on trouve des combinaisons de ces formes, par exemple certaines
soies sont ciliées d’un côté et pennées de l’autre.
FAMILLE CERVimiDÆ SAKS
GENRE CERVJNIELLA SMIRNOV
Synonyme : Askalonia Por 1964.
L’extension géographique de ce genre semble être assez importante : Smirnov (1946)
a décrit la première espèce, C. mirabilipes, de l’océan Glacial arctique; Por (1964) a décrit
la seconde, C. talpa (sous le nom de Askalonia talpa), des côtes d’Israd (Méditerranée orien*
taie), et je décrirai ici deux espèces provenant du golfe de Gascogne (océan Atlantique) :
C. langi et C. lagarderei, spp. nov.
La répartition vertic^e du genre Cerviniella ne semble pas moins étendue : C. mira¬
bilipes a été récoltée à 65 m de profondeur, C. talpa à 137 m, 161 m et 292 m, C. langi à
700 m, un stade copépodite de C. sp. à 1 200 m, et C. lagarderei à 4 850 m (ce qui, à ma con¬
naissance, constitue la plus grande profondeur à laquelle des Harpacticoldes ont été trouvés).
H n’en reste pas moins vrai que ce genre n’apparaît qu’à partir d’une profondeur relativement
importante et représente, avec les autres genres de la famille des Cerviniidœ, un des éléments
caractéristiques de la microfaune des vases profondes. PoR (1964, p. 22) était d’ailleurs parvenu
aux mêmes condusions.
Cerviniella langi > n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 311, par 700 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le n° CLIII.
Description ;
Longueur totale = 0,900 mm.
Cette espèce (comme toutes les espèces de ce genre) présente un aspect massif (PI. I),
avec un céphalothorax très important par rapport au reste du corps. Le bord des segments
(PI. H) est denticulé dorsalement et, plus profondément encore, latéralement. De plus, le
1. Je dédie respectueusement cette espèce au professeur Karl Lanc, du Naturhietorislca Rikemnseum
de Stockholm (Suède).
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HARPACTICOIdES DU GOLFE DE GASCOGNE
Source : Mt-JHN, Pans
10
PHILIPPE BODIN
segment génital porte deux fortes épines recourbées vers l’arrière. Ces épines ne semblent
pas être présentes ches C. mirabilipes Smimov. La face ventrde est aplatie. La ligne de suture
du segment génitd n’est visible que dorsdement.
Le rostre (H. 111) est conique, à bords carénés, avec une échancrure à son extrémité.
La furca (PI. I) est aussi longue que le dernier segment adbomin^ et près de 4,5 fois
plus longue que large. Elle porte deux courtes soies insérées au premier tiers supérieur du
bord externe et deux autres, dont une dorsale longue, ciliée et articulée, insérées vers le premier
tiers inférieur. L’ornementation de chaque branche furcale est complétée par une épine située
au niveau d’insertion des deux soies principales, côté interne. Des deux soies prindpdes, la
plus interne est nettement la plus longue. Les deux branches furcales sont étroitement juxta*
posées.
L’opercule anal (PI. I) est arrondi et lisse.
Les antennules (PL III) sont robustes, avec sept artides (le septième était brisé sur mon
exemplaire). Le bord distd supérieur du premier artide forme des expansions chitineuses
constituant des dents irrégulières. Le second et le troisième artides portent, sur le bord anté<
rieur, quelques fortes épines barbelées en plus des grosses soies courtes et ciliées insérées sur
tous les articles. L’æsthète est implanté, avec une soie accompagnatrice (cf. Lang, 1965, p. 7),
sur le troisième artide.
Les antennes (PI. I) présentent des caractères que l’on peut considérer comme primitifs
pour la section des > Oligoarthra > de Lang (1948) : basis distinct, endopodite à deux articles,
exopodite à quatre articles. Le premier article de l’endopodite porte une soie unique relative¬
ment longue ; l’artide ter minal de ce même endopodite porte, entre autres, quatre grosses
soies ciliées, à extrémité lancéolée. La formule sétde de l’exopodite s’établit ainsi ;
2 113
ï’ 2’ â’ 4
Sous l’insertion de l’exopodite, le basis est couvert d’une multitude de petites pointes chiti¬
neuses formant une sorte de pdote calleuse.
Dans la région post-orale, on trouve une paire de < paragnathes » enveloppés dans une
forte membrane transparente (PI. III). Il s’agit peut-être d’ime forme primitive de labium?
Déjà signalés par PoR chez C. talpa, ces appendices n’avaient pas été décrits par Smirnov
pour C. mirabilipes. Chez les autres genres d’Harpacticoldes, ces pièces buccdes n’ont été
décrites, à ma connaissance, que par Fahrenbacr (1962) pour Diartkrodes cystoecus.
Les mandibules (14. III) sont puissantes, à endopodite et exopodite séparés. L’exopodite
semble comporter quatre artides, dors que PoR n’en figure que trois chez C. talpa et que
SuiRNOV n’en mentionne que deux pour C. mirabilipes. En tout cas, il doit s’agir là encore
d’un caractère primitif. Le coxa-basb a quatre soies apicdes et deux rangées de longues épinules
sur la face externe. La pars incisiva est constituée par deux grosses dents, dont une finement
denticulée. A côté de la lacinia mobilis on trouve quatre grosses épines, plus deux petites
intercalaires. L’épine interne est doublée d’une soie. Enfin une forte soie ciliée est implantée
côté interne.
Les maxillules (PI. I) sont bien développées, à exopodite séparé. Cet exopodite porte
trois soies. L’endopodite est représenté par deux ou trois soies qu’il est difficile de distinguer
des nombreuses soies du basis. La coxa est nettement distincte et porte six soies à l’extrémité
de sa prolongation interne. L’épipodite de cette coxa est représenté par une longue soie.
L’arthrite de la prascoxa porte deux soies juxtaposées à sa surface et huit crochets ciliés et
trois soies sur son bord distal.
Les maxilles (Pi. III) ressemblent fort à ceux que l’on rencontre dans le genre Cervi-
niopsis Sars. La syncoxa porte trois endites : le proximal est bilobé, chaque lobe portant deux
soies; le médian est unilobé et porte trois soies; le distal est plus gros et porte trois soies.
L’endopodite semble triarticulé et porte une douzaine de soies au totd. Le basis porte trois
forts crochets et plusieurs soies.
Les maxillipèdes (H. I) ne sont pas préhensiles, et l’endopodite est biarticulé : l’artide
proximal porte une soie, tandis que l’artide distal en porte quatre. La coxa est longue, avec
neuf soies, dont quatre plus fortes.
Les pattes thoradques ont une structure très particulière qui semble caractéristique du
genre : tandis que les exopodites des péréiopodes 1 à 4 sont tous uniarticulés, les endopodites
des péréiopodes 2 et 3 sont biarticulés, cependant que l’endopodite des premiers péréiopodes
Source ; MNHN, Pans
COFÉPODES HABPACTICoIdES DU GOLFE DE GASCOGNE
11
C*rvini»ll» langi n. sp. j
Source : MNHN, Paris
12
PHILIPPE BODIN
AIra génital*
Source : MtJHN, Pans
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
13
n’est constitué que par un article et que, pour les péréiopodes 4, seul l’exopodite subsiste sous
une forme très rudimentaire.
Le basis des péréiopodes 1 (PI. IV), est très large, et l’exopodite et l’endopodite sont
articulés aux deux extrémités. L’exopodite porte dix soies au total, dont trois internes,petites
et pennées, deux terminales, longues et barbdées, et cinq externes, dont les deux distales sont
denticulées et les trois proximales ciliées. Cet exopodite est rabattu transversalement devant
l’endopodite qui, lui, possède sept soies : trois internes, deux terminales et deux externes,
toutes pennées.
Les péréiopodes 2 et 3 sont construits sur le même modèle : le premier article de l’endo¬
podite présente une sorte d’éperon chitineux latéral, orienté vers l’extérieur. Une soie est
insérée sur l’angle interne de cet endopodite.
L’exopodite des péréiopodes 2 porte six grosses soies, dont quatre épineuses et deux
denticulées, sur le côté externe, et cinq soies pennées du côté interne. Chaque soie épineuse
est renforcée à la base par une dent chitineuse, celle de la sole proximale étant nettement plus
développée que les autres et recourbée en crochet. Une petite dent chitineuse est insérée entre
les deux soies épineuses proximdes externes. L’article distal de l’endopodite des péréiopodes 2
présente quatre soies internes, deux terminales et une soie externe, toutes pennées. Il est
d’ailleurs difficile de juger de la position exacte de ces soies en raison de la conformation
inhabitudle de l’appendice en question (Pi. IV).
Les péréiopodes 3 sont plus petits que les péréiopodes 2. L’exopodite de ces péréiopodes 3
est identique à celui des péréiopodes 2 quant au nombre et à la forme des soies. L’article distal
de l’endopodite ne comporte que deux soies internes et deux soies apicales pennées (PI. IV).
Comme il est dit plus haut, les péréiopodes 4 sont très réduits. Us ne sont représentés
que par un court article armé de trois soies : une longue apicale et deux petites latérales (PI. IV).
La chétotaxie des péréiopodes 1-4 est résumée dans le tableau A (p. 20).
n est remarquable de constater que les péréiopodes 5, bien que plus petits, ont exacte¬
ment la même structure que les péréiopodes 4 avec, comme eux, une longue soie apicale et
deux soies latérales internes plus petites (PI. IV).
L’aire génitale est simple (PI. III). Mon unique exemplaire ne portait pas d’œufs.
Le mâle est inconnu. Aucun mâle du genre Cerviniella n’est d’ailleurs connu.
Affinités :
Cerviniella langi diffère de C. mirabilipes Smimov et de C. talpa (Por) prindpdement
par la chétotaxie des péréiopodes (cf. tableau comparatif A, p. 20) et par la forme de la furca.
Cerviniella lagarderei ^ n. sp.
Matériel examiné :
Deux femelles adultes (dont une ovigère) qui ont été trouvées dans im dragage effectué
par 4 850 m de fond au cours d’une campagne du navire océanographique Jean Charcot dans
le golfe de Gascogne (station C), en novembre 1966. La dissection de l’exemplaire choisi
comme holotype est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro CLVII.
Description ;
La forme générale est caractéristique du genre (PI. V). La longueur totde de mes deux
individus était respectivement de 2,15 et 2,08 mm, ce qui les situe parmi les plus grands Harpac-
ticoldes connus.
L’importance relative du céphalothorax est grande. Des soies sensoridles (?) sont
réparties sur sa surface. La denticulation latérale et dorsale du bord des segments (excepté
le segment génit^) est encore plus profonde que chez C. langi. On retrouve égdement les
pointes chitineuses ornant latér Jement les troisième et quatrième segments thoraciques et le
premier segment abdominal. In suture du segment génit^ est latéro-dorstde.
(1) Je dédie cette espèce à mon J.-P. Lagabdèbe, de la Station Marine d'Endoome, (M a r seil l e),
qui en a récolté les deux exemplaires.
Source ; MNHN, Pans
PHIUPPE BODIN
U
Source : MNHN, Pans
COPÉFODES HAEPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
15
Source : MNHN, Paris
16
PHILIPPE BODIN
ment aLdomin^. Son rapport -,
- est à peu près égd à 6. En plus des deux soies princi-
Le rostre est caréné, conique, à extrémité recourbée dorsalement (PL VIII). En vue
latérale on distingue en outre une sorte de courte « corne » cbitineuse sous l’insertion de chaque
antennule.
La furca (PI. VI) est, comme chez C. langi, à peu près aussi longue que le dernier seg-
longueu
largeur '
pales, très inégales, elle porte quatre soies secondaires : une petite insérée au premier quart
proximal, une longue insérée vers le milieu du bord externe, et deux autres (dont une dorsale
plumeuse et articulée) juste au-dessus des soies principales. Gomme chez C. langi, l’ange
dist^ interne de la furca est marqué par une épine. De plus ici, on trouve une autre épine et
quelques petites dents à l’ange proximal externe. Les branches furcales sont beaucoup plus
écartées que chez C. langi. L’opercule anal est arrondi et bordé de petites épines, presque
toutes cassées sur l’exemplaire disséqué. Une épine marque l’angle inférieur externe du segment
anal.
Les antennules (H. VI) sont très robustes, à sept articles. L’angle distal externe du
premier ardde est armé de deux grosses dents émoussées à base commime. Le nombre et la
disposition des soies et des épines sont à peu près les mêmes que chez C. langi, mais ici les
soies sont presque glabres, à peine ciliées, et les épines sont émoussées et denticulées.
Les antennes (PI. VI) ont la même structure que celle que l’on trouve chez les autres
espèces du genre : en particulier, un exopodite à quatre articles dont la chétotaxie est la sui¬
vante :
2 1 2
ï’ 2’ 5' 4
Le quatrième artide de l’exopodite est orné d’une demi-couronne d’épinules. Les quatre
grosses soies terminales du second artide de l’endopodite ne sont pas lancéolées comme le sont
celles de C. langi. La soie armant le premier artide de l’endopodite est relativement moins
longue que chez C. langi. Les petites pointes chitineuses constituant la « pelote cdleuse >
du basis des antennes de C. langi sont remplacées, ch» C. lagarderei, par des écailles >
égcdement chitineuses.
On retrouve ici encore la paire de paragnathes (PI. VU) dans la région orale.
Les mandibules sont très peu différentes de cdles de C. langi : la pars incisiva est
émoussée et les soies de i’endopodite sont moins nombreuses chez C. lagarderei. L’exopodite
est également composé de quatre articles.
Les maxillules ont aussi la même structure que cdles de C. langi, sinon que l’épipodite
de la coxa n’est représenté ici que par une courte épine. Par ailleurs, l’endopodite est peut-être
un peu plus distinct.
Les maxilles sont égdement très proches de ceux de C. langi.
Les maxiliipèdes sont identiques, toutes proportions gardées, à ceux de C. langi.
Les péréiopodes 1 (PI. VII) sont typiques du genre : endopodite et exopodite uniarti-
culés, aux deux extrémités d’un basis très large présentant un pore en son milieu et une soie à
chaque extrémité. L’endopodite porte trois soies internes, deux soies apicales et une externe.
Sur l’une des rames, la petite soie distde interne manque, et son emplacement est marqué
par un épaississement de la chitine. Un pore à double ouverture est situé près de la soie médiane
interne. Comme chez les trois autres espèces, on observe un renfoncement au niveau du tiers
proxim^ du bord externe de cet endopodite. L’exopodite ne porte que neuf soies : deux internes
pennées, deux distales pennées et ciliées, et cinq externes pennées et ciliées. L’exopodite est
environ deux fois plus long que i’endopodite.
Les péréiopodes 2 (PI. VII) ressemblent beaucoup à ceux de C. langi : même nombre
de soies et épines, mêmes crochets chitineux. Les seules différences résident dans les longueurs
relatives de ces soies et épines. Par exemple, la soie dist^e interne de l’endopodite est beaucoup
plus longue que la soie correspondante chez C. langi. De plus, le bord externe de l’exopodite
présente des rangées de petites écailles chitineuses. Les deux articles de l’endopodite sont
presque fusionnés : la séparation n’est visible que dorsalement.
Les péréiopodes 3 (PI. VIII) sont, par contre, nettement différents de ceux de C. langi.
L’endopodite ne comporte plus qu’un artide avec trois soies et un gros éperon chitineux.
L’exopodite est très long, avec deux articles presque fusionnés. E porte trois soies pennées
internes, ;me soie épineuse apicde et six épines denticulées. Un pore débouche juste sous le
bord apicd de cet exopodite.
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
17
B 564019 6
Source : MNHN, Paris
PKIUPPE BODIN
C»r¥ini*Ha lagardarai n. sp. f
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HARPACTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
riANCHE Ylll
Cêrvinitll* lagard«réi n. sp. ^
Source : MNHN, Pans
20
PHILIPPE BODIN
C’est surtout au niveau des péréiopodes 4 (PI. VIII) que la différeoce avec C. langi
est nette ; ils sont constitués par un exopodite à deux articles allongés, la fusion entre les deux
premiers articles étant à peine marquée par un léger repli chitineux sur l’une des rames. Au
total on y trouve trois soies pennées, une soie barbelée et six épines denticulées. L’endopodite
est absent. Bien que mieux armé, un td péréiopode 4 est à comparer à celui de C. mirabilipes
Smimov.
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau comparatif A (p. 20).
Bien que très comparable à ceux de C. langi, les péréiopodes 5 (PI. VIII) de C. lagar-
derei en différent cependant par le fait que l’article distal et le basis sont distincts; on retrouve
ce caractère chez C. talpa (Por). L’article distal est porteur de trois soies insérées dans la
région apicale.
L’aire génitale est figurée PI. VI. Sous le pore génital, et de part et d’autre d'un repli
longitudinal de la chitine, sont deux autres pores. La suture du segment génital est dorsale
et latérale; elle s’arrête aux deux grands crochets latéro-ventraux.
la femelle disséquée portait deux œufs arrondis, juxtaposés.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
La comparaison avec C. langi a été faite tout au long de cette description. Par ailleurs,
la chétotaxie suffit en elle-même à distinguer C. lagarderei de C. mirabilipes et C. talpa.
TABLEAU A
Chétotaxie comparée des quatre espèces connues du genre Cerviniella
PI
1 P2
P3
P4
înp.
ünp.
sxp.
Exp.
Enp.
1
Exp.
2
2
Cerviniella mirabilis.
2.2.5
1.1.1
4.2.5
4.2.1
3.2.5
0.1.1
-
Cerviniella talpa ^ .
3.2.5
2.1.1
4.2.5
1
3.2.1
3.2.5
1
0.1.0
3?
-
CervirUella langi .
3.2.5
3.2.2
4.2.5
1
4.2.1
4.2.5
1
2.2.0
3
-
Cerviniella lagarderei..
2.2.5
3.2.1
4.2.5
1
4.2.1
3.2.5
1.2
2
2.2.2
1. Les chiffi-es 'de la ligne supérieure sont ceux que j’ai déduits des dessins de PoB (1964);
ceux de la ligne inférieure proviennent de l’examen des préparations de deux paratypes qne cet
auteur m’a envoyés.
Signdons enfin qu’un stade copépodite appartenant certainement à une espèce du genre
Cerviniella a été trouvé à la station 305, par 1200 m de fond.
Clé des espèces du genre Cerviniella Smirnov
1. Exp. P4 à 2 articles distincts. C. lagarderei n. sp.
Exp. P4 à 1 article. 2
2. Enp. Pj avec 3 soies. C. mirabilipes Smimov
Enp. Pi avec 6 soies. C. talpa (Por)
Enp. Pj avec 7 soies. C. langi n. sp.
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
21
A la lumière de ces souvelles données, il convient de modifier comme suit la diagnose
du genre que donnait Smimov en 1946 :
Premier segment thoracique entièrement fusionné avec le céphalothorax. Segment
génital généralement pourvu de deux fortes épines latéro-ventrales. Longue furca. Antennules
robustes, à 7 artides; æsthète sxir le troisième article. Antennes avec basis; exopodite à 4 arti-
des. Existence d’une paire de paragnathes; absence de labre. Mandibules h exopodite et endo-
podite séparés. Maxillipèdes à endopodite et basis distincts. Péréiopodes très particuliers :
exopodite et endopodite Pi uniarliculés ; endopodite Pj-Pg présentant un fort éperon chitineux
vers l’extérieur; endopodite P4 absent; péréiopodes 5 rudimentaires.
Biotope normal : vases profondes.
FAMILLE ECTINOSOMIDÆ SARS, OLOFSSON
Cette famille complexe, déddément présente dans tous les milieux, est représentée
id par trois espèces nouvelles pour la Science appartenant aux genres Halectinosoma et
Bradya.
GENRE HALECTINOSOMA LANG
Synonymes : Ectinosoma divers auteurs; sous-genre HaUctinosoma Tnng 1948.
Halectinosoma abysticola n. sp.
Matériel examiné.
Une femdle adulte provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection
de cet individu est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro CXXXV.
Description.
La forme génértde du corps est tout à fait classique pour le genre.
La furca (PI. IX) est un peu plus large que longue. Son ornementation est des plus
simples : deux soies principdes ^abres sur toute leur longueur, deux soies secondaires internes
et deux soies secondaires externes insérées au même niveau que les soies principales. Le
« pseudoperculura s (cf. Lang 1965, p. 13) est très peu marqué.
Les antennules sont courtes, formées de six articles (PI. IX). Le dernier article semble
porter un æsthète supplémentaire.
Les antennes (PI. IX) possèdent un basis distinct orné de quelques longues et fines soies
apicales. Le premier artide de l’endopodite est un peu plus long que le basis et glabre. Le
second artide est plus long que le premier et est orné de deux touffes d’épinules proximales
et de deux fortes épines barbelées insérées près du milieu de l’artide. L’extrémité de ce
deuxième article est armée de cinq soies barbelées et une soie géniculée entourées à leur base
d’une couronne d’épinules. L’exopodite est tiiarticulé; le premier artide est ^abre, le second
est très court et porte une soie permée, le dernier article est orné de deux soies termindes et
0 12
de petites épinules sur son bord postérieur. Sa formule sétale est donc la suivante :
Les mandibules (PI. IX) sont classiques pour le genre : la pars indsiva est constituée
par une dent unique à la base de laquelle est insérée une soie ciliée. La lacinia mobilis est bien
individualisée entre la pars incisiva et cinq petites épines groupées à l’apex d’une grosse dent.
Le coxa-basis porte trois soies sur l’angle distal externe. L’exopodite a trois soies, l’endopodite
en a huit.
Source : MNHN, Pans
22
PHILIPPE BODIN
Hêltefinosomê ëbyssieofë n. sp. ^
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOÎDES DU GOLFE DE GASCOGNE
23
Les maxiiluies (PI. IX) : la præcoxa porte quatre fortes épiues onguiformes et barbelées;
le basis est légèrement bilobé a son extrémité, chaque « lobe > portant trois soies. L’exopodite
est rectangulaire et porte deux soies pennées ; l’endopodite a cinq soies, dont deux plus courtes
groupées sur i’angle interne.
Les endites de la syncoxa des maxilles (PI. IX) sont mal individualisés; ils semblent
comporter dix soies au total. Une soie courte est implantée vers le milieu du bord interne du
basis. L’endopodite a quatre soies, dont deux plus fortes, ciliées.
Les maxillipèdes (PI. IX) ont un basis très réduit portant une soie. Le premier article
de l’endopodite porte une ligne latérale d’épinules. Le second article porte tme soie pennée
insérée au tiers proximal et deux soies terminales inégales.
Les péréiopodes 1 (PI. X) : le premier article de l’exopodite porte une rangée de longues
épiniJes vers le tiers inférieur; on trouve d’ailleurs la même ornementation sur le premier
HêlteHnosoma abyssicolê n. sp. g
article de l’endopodite. Une rangée d’épinules marque la séparation des articles de ce même
endopodite. L'exopodite est nettement plus court que l’endopodite et son premier article est
environ une fois et demi plus long que le second artide.
L’ornementation des péréiopodes 2 à 4 ne présente rien de particulier, sinon que le
bord externe des rames est armé d’épinules, ces épinules étant disposées sur une double rangée
Source : MNHN, Pans
24
PHILIPPE BODIN
sur i’artide médian des endopodites. On trouve également ime rangée d’épinules à la surface
du premier artide de chaque rame des péréiopodes 4 (PI. X).
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 s’établit ainsi :
Exp.
Pi
P*
Ps
P4
0-1-1.2.2
1-1-2.2.2
1-1-2.2.2
1-1-2.2.2
Enp.
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
Les péréiopodes 5 (PI. IX) sont remarquables par la grande inégdité entre la longueur
des soies, surtout en ce qui concerne les deux soies du baseoendopodite : la plus interne est
environ quatre fois plus longue que l’externe. Cette dernière ne porte des épinules qu’à l’extré¬
mité de son côté interne. Le baseoendopodite atteint à peine le milieu de l’exopodite. Cet
exopodite, à peu près aussi large que long, porte classiquement trois soies, dont la plus interne
est courte et barbdée et les deux autres longues et pennées. La soie superficielle est insérée
au tiers proximal de l’exopodite et ne dépasse que très peu cet article.
Le mâle est inconnu.
Affinités.
Selon l’andenne classification de Lang (1948), H. abyssicola appartiendrait au groupe
curticorne, en raison principalement des deux épines externes de l’exopodite du péréiopodeé.
Mais ces groupes ayant été supprimés par Lang lui-même (1965), cette nouvelle espèce est à
ranger simplement dans le genre Halectinosoma.
Par l’absence de soie sur le premier artide de l’exopodite des antennes, H. abysskola
se rapproche d’H. littorale et H. intermedium (Nicholls, 1939). Mds elle s’en distingue par
plusieurs caractères et en particulier par une sétation différente. D’autre part, le fait que les
artides distaux de l’endopodite et de l’exopodite soient armés de cinq addendes chacun, est
exceptionnel dans le genre (seule H. curticome (Boeck) possède également ce caractère).
Halectinosoma gascognense n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte, provenant de la station 307, par 2 050 m de fond. La dissection
de cet unique exemplaire est conservée dans la collection persoxmelle de l’auteur sous le
numéro CXLI.
Description :
Fusiforme, notre individu mesurait 0,75 mm de long.
La furca (PI. XI) est plus large que longue et son bord externe est légèrement convexe.
Elle est ornée de deux soies principales inégales, d’une grosse soie barbelée adjacente à la
soie prindpale interne (la plus longue), et de quatre fines soies secondaires (deux latérales
et deux dorsales).
Le rostre (PI. XI) est arrondi et porte deux courtes soies sensorielles.
Les antennules (PI. XI) sont courtes, à six articles imbriqués les uns dans les autres.
Comme chez H. abyssicola, il semble que plusieurs soies jouent le rôle d’æsthète car elles en
ont l’aspect. L’un de ces æsthètes présente une constriction transversde.
Les antennes (PI. XI) n’ont pas de soie distincte sur le basis, mais seulement une touffe
de qpielques longs poils fins sur l’angle distd interne. Le premier article de l’endopodite est
aussi long que le basis et ^abre; l’extrémité porte cinq épines barbelées et une soie pennée.
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HARPACTtCOlDES DD GOLFE DE GASCOGNE
25
Haleclinosoma gascognense n. sp. j
Source : MNHN, Paris
26
PHILIPPE BODIN
Un peu en arrière du bord distal, on trouve une couronne d’épinules. L’exopodite des antennes
est constitué de trois articles dont le premier, contrairement à celui à'H. abyssicola, porte ime
soie. Le second, plus court, porte une soie barb^ée; le troisième, plus long que les deux pre¬
miers réunis, porte deux soies apicales, barbdées. La formule sétale de cet exopodite est donc :
112
ï’ 2’ 3'
Les mandibules n’ont pu être observées.
Les maxiltules (Pi. XI) ont une præcoxa qui porte quatre crochets onguiformes, dont
deux barbelés. L’extrémité du basis est orné de quatre soies groupées deux par deux. L’exo¬
podite porte deux soies pennées. L’endopodite possède cinq soies, dont deux plus courtes
insérées dans l’ange interne, comme chez H. abyssicola.
Les endites de la syncoxa des maxilles (PI. XI) sont rudimentaires. Le proximal est
armé de trois courtes soies barbelées; une soie barbelée est implantée à côté de l’endite distal
qui, lui, est armé d’une épine et de trois soies. Le basis est armé d’une courte soie émoussée
et barbelée, Insérée au milieu du bord interne, et d’une fine soie à proximité de la précédente.
L’endopodite porte sept soies, dont trois plus fortes et ciliées sur im bord, au tiers distal.
Les maxülipèdes (PI. XI) ont un basis réduit, avec deux soies : une fine et une plus
forte, long^ue et barbelée. Le premier article de l’endopodite est orné d’une rangée longitu-
dinde d’épinules sur un bord et de fines soies sur l’autre bord. Le second article porte trois
soies : une proximale et deux distales.
Les péréiopodes 1 (PI. XI) ont quelques épinules implantées sur le basis, juste sous
l’exopodite et sous la soie interne. Cette soie interne est plus longue que le premier article de
l’endopodite et barbelée sur sa moitié distde; la soie externe est très petite et glabre. Le premier
et le troisième article de l’exopodite sont d’égale longueur, tandis que l’article médian est
plus court. Une rangée d’épinides parcourt transversalement le milieu du premier article de
cet exopodite; une autre rangée d’épinules, plus courte, souligne la séparation avec l’article
moyen. De même, une courte rangée d’épinules est implantée à la limite du second article et
du troisième. Les épines externes du premier et du second article sont renforcées d’une derni.
couronne d’épinules à leur base. La soie interne de l’article médian de ce même exopodite est
renflée dans sa partie proximale. On retrouve ce caractère sur la soie correspondante des
péréiopodes 2 à 4. L’exopodite atteint le milieu de i’artide distal de l’endopodite. Deux rangées
d’épinules ornent la surface du premier article de cet endopodite. De plus, l’ornementation
du bord externe des deuxième et troisième articles est constituée par une double rangée d’épi¬
nules, caractère que l’on retrouve sur les endopodites des péréiopodes 2 à 4. Quelques épinules
soulignent la séparation entre les trois articles. Deux petits arcs de minuscules épinules ornent
l’extrémité de l’article distal.
Les péréiopodes 2 à 4 (Pi. XU) ont une ornementation assez homogène qui s’identifie
à celle des péréiopodes 1. On peut rappder cependant que la soie interne de l’article moyen
des exopodites est renflée et d’aspect granuleux dans sa partie proximale; eUe est glabre, sauf
à l’extrémité qui forme un petit plumet de soies. Chacun des exopodites atteint presque
l’extrémité de l’endopodite correspondant.
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 s’établit ainsi :
Exp.
Pi
Pa
P4
0-1-1.2.3
1-1-2.2.3
1-1-3.2.3
1-1-3.2.3
Enp.
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
Les péréiopodes 5 (PI. XI) ont un baseoendopodite orné d’une rangée d’épinules à sa
base et de deux autres sous l’insertion des deux grosses soies apicales. Il dépasse le niveau
du milieu de l’exopodite. Son bord interne est orné d’épinules, dont une très longue.
L’exopodite est lui aussi omé à sa base d’une rangée d’épinules et chaque soie principale
est soulignée d’une rangée d’épinules plus petites. La soie princip^e externe est séparée des
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HABPACTlCOlDES Dtl GOLFE DE GASCOGNE
27
deux autres par une profonde échancrure; la soie auxiliaire est insérée sur un petit « tubercule >
à la base du lobe ainsi formé. Les soies principales sont épaisses à la base et plumeuses ensuite.
riANCHE XII
HaUclinosoma gascoÿnans* n, sp. g
excepté la soie externe qui semble avoir une forme plus régulière. La soie externe du base*
oendopodite et la soie interne de l’exopodlte sont subégales et un peu plus courtes que les
trois autres.
L’aire génitale est simple (PI. XI); elle est encadrée de deux soies.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
Haleclinosoma gascognense est très proche de H. kunzi Lang (1965). Elle s’en distingue
cependant par plusieurs points : l’ornementation de la furca et du pénultième segment diffèrent
par le nombre et la disposition des soies et des épinules. Les antennules de H. kunzi ont cinq
articles et une structure plus simple que celles de H. gascognense: les antennes sont très
ressemblantes, mais celles d’H. kunzi n’ont que cinq soies et épines au lieu de six chez H.
gascogncTtse; par contre, chez H. kunzi, le second article est orné de deux rangées d’épinules,
alors qu’il n’y en a qu’une (dist^e) chez H. gascognense, la rangée proximde étant remplacée
par deux touffes distinctes. L’armature des pièces buccJes de chacune de ces deux espèces
diffère également dans le détail (deux soies sur le basis des maxillipèdes chez H. gascogttense,
par exemple).
la chétotaxie des péréiopodes d’H. gascognense est à peu près identique à celle de
H. kunzi, mais l’ornementation diffère dans le détail, comme diffèrent aussi les proportions
entre la longueur dés exopodites et ceUe des endopodites.
Enfin les péréiopodes 5 sont très ressemblants, bien que l’ornementation ne soit pas
identique pour les deux espèces.
Source : MNHN, Pans
PHILIPPE BODIN
GENRE BRADYA BOECK
Sous-genre : Parabradya Lang.
Bradya (Parabr.) atlanlUn n. sp.
Matériel examiné :
Un mâle, adulte, provenant de la station 304, par 900 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro CL.
Description ;
Longueur totale = 0,52 mm. La forme du corps (PL XIII) est très proche de celle de
Br. {Parabr.) dilatata Sars. Le céphdothorax est aussi long que les trois segments suivants
réunis.
Le rostre est arrondi, avec deux soies minuscules (PL XIII).
La furca était abîmée; die est à peu près aussi longue que large (PL XIII). Ventralement
on trouve une expansion chitineuse grossièrement triangulaire couvrant la base des deux soies
principales (sectionnées sur mon exemplaire). Sur la furca on trouve d’autre part une soie
épineuse interne, une forte épine latérde externe à côté de laquelle est insérée une petite soie.
Une autre soie est insérée sous la soie épineuse interne, face dorsale.
Les antennules (PL XIII) comprennent 7 (?) articles, les deux articles distaux étant md
individudisés. L’æsthète est relativement long. Le pénultième article porte une grosse soie
ciliée, articulée sur l’angle antérieur distal.
Les antennes (PL XIII) sont presque identiques à celles de Br. {Br.) cladiofera Lang
(1965), mais la soie unique du basis est plus forte chez Br. {Parabr.) atlanlica. La chétotaxie
2 12
de l’exopodite est la suivante : j’ g"
Les mandibules (PL XIII) ne présentent qu’une petite différence avec cdles de Br. {Br),
cladiofera : les rangées d’épinules du coxa-basis et de l’exopodite ne sont pas absolument
identiques.
Les maxillules (PL XIU) ne présentent, elles aussi, qu’une différence notable avec
Br. {Br.) cladiofera : les deux soies superficielles de l’arthrite de la præcoxa semblent absentes
Les maxilles (PL XIII) ne présentent aucune différence marquante avec ceux de Br.
{Br.) cladiofera.
Les maxillipèdes n’ont pu être observés.
Les péréiopodes 1 (PI. XIV) ne présentent que très peu de différences avec ceux de
Br. {Br.) cladiofera ; l’article distal de l’exopodite et de l’endopodite semble seulement un
peu plus court chez Br. {Parabr.) atlanlica. La soie externe du basis manquait sur mon
exemplaire.
Mis à part une ornementation légèrement plus riche et des articles moins longs, les
péréiopodes 2 à 4 (PL XIV et XV) de Br. {Parabr.) atlanlica sont, eux aussi, très proches
de ceux de Br. {Br.) cladiofera, et leur chétotaxie s’établit ainsi :
Exp.
Pi
Pa
Ps
P4
0-1-2.2.2
1-1-2.2.3
1-1-3.2.3
1-1-3.2.3
Enp..
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
1-1-3.2.1
1-1-2.2.1
Source : MtJHN, Pans
COPÉPODES HAKPACTICOIdES DÜ GOLFE 0E GASCOGNE
29
Source : MNHN, Paris
PHILIPPE BODIN
riANCHE XIV
Bradya (Porobr.j atlantica n. sp. c? p
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HARPACTICOIdES
GOLFE DE GASCOGNE
31
KANCMt XV
Ia soie isteme de l’article moyen des exopodites est paiticulièrement longue et renflée sur le
tiers proximd; elle se termine par un plumet de petites soies. La soie externe de chaque basis
est d’autre part plus forte et plus courte que chez Br. {Br.) cladiofera.
Les péréiopodes 5 (PI. XIV) ont un exopodite et un baseoendopodite fusionnés et peu
développés. In surface du baseoendopodite est parcourue par des rangées de petites épinules
s’étendant jusqu’au milieu de la base de l’exopodite. Ce dernier est lui>mSme traversé par
une rangée médiane de petites épinules. 1^ soie externe du baseoendopodite est un peu plus
courte que la soie interne.
Le sixième péréiopode (PI. XIV) semble se composer d’une petite soie externe et d’une
grosse soie interne qui manque sur mon exemplaire. H est également strié de rangées de petites
épinules.
La femelle est inconnue.
Affinités :
Étant donné que nous sommes en présence du seul mMe connu du sous-genre Para-
hradya, il est difficile de faire des comparaisons viables. En tout cas, la structure des pièces
buccales et des péréiopodes 1 à 4 montre une remarquable homogénéité à l’intérieur du genre
Bradya Boeck.
En plus de ces espèces, la fa mill e des Ectinosomidæ est encore représentée dans mes
listes par un stade copépodite récolté à la station 305 (1200 m) et par un fragment d’individu
adulte provenant de la station 307 (2 050 m), tous deux indéterminables.
Source : MNHN, Paris
32
PHILIPPE BODIN
FAMILLE TACHIDIIDÆ SARS
Cette famille n’est représentée dans mes prélèvements que par un seul individu de la
sous-famille des Thompsonulinæ.
GENRE PSAMMIS SARS
Paammia longifurca n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection de
cet unique individu est conservée dans la collection personneUe de l’auteur sous le numéro
CXXIX.
Description :
Longueur totale = 1,52 mm; largeur au céphalothorax = 0,30 mm (K. XVI).
Le rostre est arrondi (PI. XVI ) et porte quatre soies sensorielles : deux apicdes et deux
médianes minuscules.
La furca (PI. XVI) est exceptionneUement longue et étroite (environ p., c’est-à-dire
à peu près aussi longue que les deux derniers segments abdominaux réunis). Elle présente
une carène dorsale allant du bord proximd jusqu’à une soie insérée au tiers inférieur. Une soie
plumeuse s'articule au-dessus de l’ange distal interne, près d’une ligne de longs poils. Une
autre soie est insérée à l’intérieur des deux soies principales dont la plus interne est nettement
la plus longue. Quelques courtes épines complètent l’ornementation de cette fuica. Un pore
s’ouvre, face dorsale, vers son extrémité distale.
L’opercule anal est arrondi et bordé de cils.
Les antennules (Pi. XVII) ont quatre articles, bien que l’article distal semble divisé
en deux par l’insertion d’une grosse soie barbelée. Les soies des trois articles distaux semblent
toutes articulées en deux et parfois trois tronçons, excepté les grosses soies barbelées. L’æsthète
a l’aspect d’une longue soie, avec une extrémité effilée.
Les antennes (PI. XVll) sont classiques pour le genre : allobasis portant une soie
pennée et une ligne de longs dis ; article ter minal de l’endopodite armé de grosses soies barbe-
2 13
lées ou ciliées ; fort exopodite à trois articles armés de la façon suivante : Les soies
de cet exopodite sont toutes très fortes et barbelées.
Le labre est figiucé PI. XVII.
Les mandibules (Pi. XVII) sont puissantes, à endopodite et exopodite séparés. Le basis
porte quatre soies plumeuses et ciliées, l’endopodite sept soies inégales, et l’exopodite trois soles
et une touffe d’épinules.
Les maxillules (PI. XVI) sont normdes : exopodite et endopodite sont distincts et
portent chacun trois soies pennées. Deux longues soies juxtaposées sont insérées à la surface
de l’arthrite de la præcoxa.
Les maxilles (PI. XVI) ont quatre endites et un exopodite à peine distinct.
Les maxillipèdes n’ont pu être observés entièrement, les basis ayant été perdus. L’endo¬
podite (PI. XVI) est armé d’une soie, insérée près du crochet, et d’une rangée longitudinale
d’épinules. Le crochet est cilié et deux ânes soies sont attachées vers sa base.
Les péréiopodes 1 (PI. XVI), comme les autres péréiopodes d’ailleurs, sont remarquables
par le grand nombre de fortes épinules qui ornent leurs articulations. L’endopodite est biai-
ticulé, le premier articde portant une soie interne et le second une soie interne, deux soies
apicales et une courte épine barbelée externe. L’exopodite est triarticulé, avec une soie interne
sur le médian et trois épines externes, une soie et une épine apicales sur l’article distd.Toutea
Source ; Mt-JHN, Pans
COPÉPODE3 HAHPACTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
33
riANCME XVI
8 664018 b
Source : MNHN, Paris
34
PHIUPPE BODIN
Psammis longifurea n. sp. {
Source : MtJHN, Paris
COPiPODES EAHPACTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
35
les épines sont baibdées et les soies pennées. L’endopodite est un peu plus court que l’exopo*
dite.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XVIII) sont à exopodites et endopodites triarticuiés. Leur
chétotaxie se résume ainsi :
Pi
Ps
Ps
0-1-0.2.3
1-1-2{1).2.3
1-1-3.2.3
1-1-3.2.3
Enp.
1-1.2.1
1-2-1.2.1
1-1-1.2.1
1-1-1.2.1
On remarquera que l’article médian de i’endopodite du second péréiopode porte deux soies
internes comme chez Ps. borealis Klie (1939), alors que chez Ps. longisetosa Sars il n’y en a
qu’une. Ce caractère n’est pas précisé pour Ps. kliei Smimov. D’autre part, l’une des artidea
distaux de l’exopodite de ces mêmes péréiopodes 2 ne portait qu’une soie interne.
Chaque péréiopode 5 (PI. XVIU) se présente sous la forme d’une lame grossièrement
rectangulaire : endopodite et exopodite sont fusionnés, comme l’exige la diagnose du genre.
Leur armature est curieuse : deux des quatre soies de l’exopodite sont transformées en robustes
épines ciliées, de même que trois des cinq soies du baseoendopodite. Parmi ces dernières
deux sont particulièrement courtes et larges, et ornées chacime d’une detni>couronne d’épi-
nules. La soie externe du baseoendopodite est très courte.
L’aire génitale est figurée PI. XVII.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
Ps, longifurca prend une place particulière dans la liste des quatre espèces connues
de ce genre en raison principalement de la longueur des branches furcales et de la configuration
des p^éiopodes 5. Le fait d’avoir deux soies internes au médian de l’endopodite du deuxième
péréiopode l’apparenterait plutêt à Ps. borealis Kiie.
Clé des espèces du genre Psammis Sars
1. Fu. aussi longue que les deux derniers segments abdominaux
réunis. Ps, longifurca n. sp.
Fu. à peu près quadratique. 2
2. Artide distal de l’Enp. P3 avec 6 soies. Ps, borealis Klie
Article distal de l’Emp. Ps avec 5 soies. Ps. longisetosa Sars
Article distal de l’Enp. Ps avec 4 soies. Ps, kliei Smimov
FAMILLE TISBIDÆ STEBBING, LANG
Trois genres, appartenant à la sous-famille des Idyanthinæ de Lang (1948), représentent
cette famille dans mes prdèvements. Avec six espèces, toutes nouvelles, c’est une des familles
les mieux représentées.
GENRE ZOSim BOECK
Trois espèces nouvdles ont été rapportées à ce genre.
Zotime atlantica n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 305, par 1200 m de fond. La dissection
de cet unique exemplaire est conservée dans la collection personndie de l’auteur sous le
n» CXUII.
3.
Soix-ce : MNHN, Pans
36
PHILIPPE BODIN
Psammis tongifurea n. sp. j
Source : MNHN, Pans
COPÊPODES HARPACnCOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
Source : MNHN, Paris
38
PHIUPPE BODIN
Description :
Longueur totale = 0,77 mm.
La forme générale (PI. XIX) est celle de Z. typiea Boeck : céphalothorax et thorax
suhrectangulaires, segment génital étroit auquel fait suite un abdomen dont la largeur est à
peine la moitié de celle du thorax. Le bord dorsal des segments thoraciques et abdominaux
est denticulé (PI, XX). Les antennules sont robustes et touffues.
Le rostre (H. XIX) est cônique, échancré à son extrémité, chaque côté de l’échancrure
portant une fine soie sensorielle.
La furca (H. XIX) est deux fois plus longue que large, à peu près rectangulaire. Elle
porte, en plus des deux soies principales, une soie médiane et une soie distale à la face ventrale,
une soie latérale et une soie dist^e à la face dorsale. Cette dernière est insérée au bout d’un
diverticule et biarticulée vers son milieu. Une soie ciliée est plaquée contre la face interne de la
soie prindpide interne. L’ornementation est complétée par quelques épinules dans U région
proxinude.
Le bord de l’avant-demier article abdominal présente, face dorsale, de longues épinules,
formant ainsi un faux opercule and.
Les antennules (PI. XXI) comptent sept articles, le second étant beaucoup plus long
que les autres. L’ssthète est très effilé et inséré sur le troisième article avec une grosse soie
accompagnatrice. Toutes les soies sont pennées ou même barbdées, sauf quelques petites
soies terminales articulées.
Les antennes (Fl. XX) ont un basis distinct qui porte une soie et une ligne transversale
113
d’épinules. L’exopodite a trois articles dont la chétotaxie s’établit ainsi :
Les mandibules (H. XIX) ont un exopodite et un endopodite séparés, chacun portant
quatre soies.
Les maxillules (PI. XIX) sont également à endopodite et exopodite séparés, mais
contrairement à la diagnose du genre donnée par Lang (1948), l’épipodite semble représenté
ici par deux soies au lieu d’une. L’exopodite compte trois soies, alors que i’endopodite en
compte six. L’arthrite de la præcoxa porte, entre autres, une épine pectinée.
Les maxilles (PI. XIX) comportent quatre endites et un exopodite uniarticulé avec
trois soies. Une rangée d’épinules orne le bord antérieur de la præcoxa.
La sétation des maxillipèdes (PI. XIX) est légèrement différente de ce qu’elle devrait
être d’après la diagnose du genre de Lang : l’exopodite est bien représenté par une grosse
soie barbelée, mais l’endopodite possède quatre soies dont deux longues, pennées, et deux
fines, glabres.
Les péréiopodes 1 (PI. XXI) sont caractéristiques du genre : endopodite à deux articles,
à peu près aussi long que l’exopodite qui, lui, comporte trois articles. L’endopodite a une soie
interne sur le premier article et trois soies distdes sur le second. L’exopodite a une soie interne
sur le second et le troisième article. L’extrémité des épines et de la plupart des soies est
barbdée.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XX et XXI) se ressemblent tant que j’ai jugé inutile de repré¬
senter les troisièmes. Exopodites et endopodites sont triarticulés et ont la chétotaxie suivante :
Pl
Ps
P4
.
0-1-1.2.3
1-1-2.2.3
1-1-2.2.3
1-1-2.2.3
Enp.
1-1.1.1
1-1-2.2.0
1-1-2.2.0
1-1-2.2.0
Le bord des artides est richement orné d’épinules, aussi bien les endopodites que les exopo¬
dites.
Les péréiopodes 5 (PI. XX) sont très classiques, à endopodite et exopodite fusionnés,
avec quatre soies sur le baseoendopodite et trois soies sur l’exopodite, plus une soie intermé¬
diaire insérée à l’angle proximal externe de ce segment. Une douzaine d’épinules arment le
bord du baseoendopodite.
Le m^e est inconnu.
Source : MtJHN, Pans
COPiPODES HAEPACTICOIdES du COLFE de GASCOGNE
39
Source ; MNHN, Pans
40
PHIUPPE BODIN
>LAHCHE XXI
Source : MNHN, Pans
COPiPODES HAKFACTICOIdES du eOLTE DE GASCOGNE
41
Affinités :
L’armature des péréiopodes 2 à 4 est identique à celle de Z. typica Boeck et Z. méditer-
ranea I^g> Mais Z. atlantica se distingue de Z. typica par un baseoendopodite des cinquiè¬
mes péréiopodes à quatre soies au lieu de trois, et une furca deux fois plus longue que large;
elle se distingue de Z. mediterranea entre autre par les dents dorsales de l’avant-demier segment
abdominal qui sont beaucoup plus petites chez Z. mediterranea.
A cette même station 305 ont été trouvés deux stades copépodites appartenant au genre
Zosime, vraisemblablement à l’espèce Z. atlantica.
Xotime bathybUs n. »p>
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 304, par 900 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le n® CXLIX.
Description :
Longueur totale = 0,745 mm.
La forme générale (PI. XXII) est plus massive que celle de Z. atlantica, surtout en
raison d’une furca moins longue. Le bord des segments est beaucoup moins denticulé (Pi. XXIII)
que chez Z. atlantica.
Le rostre est normal, avec deux petites soies sensorielles.
La furca (PL XXII) est à peu près aussi longue que large, comme c^e de Z. incrassata
Sara, mais elle porte ime petite soie latérale supplémentaire sur le bord externe, juste au-dessus
de la soie médiane. Un pore débouche ventralement sur le segment anal, au-dessus de la furca,
et un autre est visible sur le bord externe de la furca elle-même. Il n’y a pas de dents sur le
bord dorsal de l’avant-demier segment abdominal; le bord de ce segment est légèrement
arrondi et lisse.
Les antennules (PI. XXII) comportent sept articles, les trois premiers étant subégaux.
L’æsthète se distingue à peine des soies normales.
Les antennes (PL XXII) ont ceci de particulier que le second des trois articles de l’exo-
podite est dépourvu de soie, ce qui se traduit par la formule sét^e suivante :
Le labre a été figuré PL XXIV.
Les mandibules (PI. XXil) ont im palpe relativement rudimentaire : l’exopodite n’y
est représenté que par ime soie, comme celui de Z. incrassata Sars, et l’endopodite n’en
comporte que deux.
Les maxillules n’ont pu être représentées. L’arthrite porte trois ou quatre épines pecti-
nées.
Les maxilles (PL XXII) semblent avoir un exopodite biarticulé.
Les maxillipèdes (PL XXII) sont plus classiques que ceux de Z. atlantica : i’endo-
podite a trois soies, dont une petite glabre. Par contre, aucune soie devant représenter l’exopo¬
dite n’était visible sur mon exemplaire.
Les péréiopodes 1 (PL XXIII) sont beaucoup plus robustes que ceux de Z. atlantica.
Les articles sont presque aussi larges que longs et frangés de courtes épinules émoussées.
L’endopodite possède quatre soies sur l’article terminal. Le troisième artide de l’exopodite
ne porte que cinq addendes, comme chez Z. incrassata Sars.
Les péréiopodes 2 à 4 sont également très robustes (PL XXIII et XXIV). Leur chéto-
taxie est résumée dans le tableau d-dessous :
Pi
Ps
Ps
P4
Eip.
0-1-1.2.2
1-1-2.2.3
1-1-3.2.3
1-1-3.2,3
Enp.
1-1.2.1
1-1-1.2.1
1-1-2.2.1
1-1-1.2.1
Source : MNHN, Paris
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPipODES HARPACTIC0ÏDE8 DU GOLFE DE GASCOGNE
43
Zosime balhybia n. sp. j
Source ; MNHN, Paris
44
Zosimt btihybi» n. sp. }
Source : MNHN, Paris
COPÊPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
L’article terminal de chaque exopodite voit s’ouvrir un pore dans sa région distale.
Les péréiopodes 5 (PI. XXIV) ont leur exopodite et leur baseoendopodite distincts.
Le baseoendopodite porte trois soies, l’exopodite en porte quatre. Cette disposition se retrouve
chez Z. incrassata.
L’aire génitale a été figurée PI. XXIV.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
Il existe une parenté évidente entre Z. bathybia et Z. incrassata Sars : palpes des mandi*
billes, péréiopodes et furca se ressemblent de façon frappante. Le caractère c[ui m'a paru de
nature à justifier la création d’une nouvelle espèce est la présence de trois soies à l’extrémité
de l’article distal de l’exopodite des antennes, alors qu’il n’y en a que deux chez Z. incrassata.
Encore faudrait-il pouvoir vérifier la stabilité de ce caractère sur d’autres individus.
Zosime paramajor n. sp.
Matériel examiné ;
Une femelle adulte provenant de la station 304, par 900 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro CLI.
Description :
Longueur totale = 0,445 mm.
Le corps est relativement allongé, la largeur du thorax excédant à peine celle de l’abdo¬
men. Seuls les bords des segments abdominaux sont nettement denticul^; le bord du cépha¬
lothorax ne l’est que faiblement (PI. XXV).
Le rostre ne présente rien de particulier (PI. XXV).
La furca (PI. XXV) est environ trois fois plus longue que large, comme celle de Z. major
Sars. Sa sétation est également la même que chez cette espèce, excepté une soie ^abre insérée,
chez Z. paramajor, dans l’angle distal externe. Le bord dorsal de l’avant-demier segment
abdominal est découpé en trois dents bifides formant un faux opercule anal.
Les antennules (PI. XXV) ne comportent que six articles, avec de nombreuses soies
barbelées.
Les antennes (PI. XXV) ont un exopodite particulièrement bien armé avec six soies
114
disposées ainsi :
Les mandibules (Pi. XXV) ont un exopodite bien développé, à trois soies, et un endo-
podite à quatre soies.
Les maxiilules et les maxiUipèdes n’ont pu être représentés correctement, mais semblent
normaux pour le genre.
Les maxiiles ont été représentés PI. XXV.
Les péréiopodes 1 (PI. XXVI) sont richement ornés d’épinuies sur le bord externe.
Leur sétation est résumée dans le tableau ci-après. Les artides distaux de l’endopodite et de
l’exopodite portent respectivement trois et cinq soies (il n’y a que deux épines externes au
distal de l’exopodite).
1^ cbétotaxie des péréiopodes 2 à 4 (PI. XXVI) est résumée dans le tableau d-dessous :
t!»p.
Pi
Ps
Ps
Ps
0-1-1.2.2
1-1-2.2.3
1-1-2.2.3
1-1-2.2.3
Fjip.
l'-l.l.l
1-1-1.2.1
1-1-1.2.1
1-1-1.2.1
* Cette soie est très petite et glabre.
Source : MtJHN, Paris
46
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HARPACTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
Source : MtJHN, Paris
PHILIPPE BODIN
Sur l’une des rames des péiéiopodes 3, le médian de l'exopodite avait anormdement deux soies
internes au lieu d’une.
Les péréiopodes S XXVI) sont à exopodite et baseoendopodite fusionnés, avec
quatre soies sur le baseoendopodite et trois sut l’exopodite, plus une petite soie dans l’angle
proximal externe de ce dernier.
L’aire génitale a été figurée PI. XXVI.
Le mâle est inconnu.
Affinités ;
Les clés de la monographie de Lanc (1948) conduisaient à Z. major Sars. Il y a de fait
beaucoup de ressemblances entre cette espèce et Z. paramajor. Mais il existe aussi des diSé-
rences importantes dont la sétation des péréiopodes 1 n’est pas la moindre: Z. major possède
une soie supplémentaire sur le distal de l’endo* et de l’exopodite. D’autre part, le distal et le
proximal des péréiopodes 5 sont fusionnés id, dors qu’ils sont distincts chez Z. major. Enfin
il existe d’autres petites différences morphologiques, au niveau du faux opercule anal par
exemple. Z. paramajor est donc bien une espèce valable.
A cette même station 304 a été trouvé un stade copépodite appartenant certainement à
l’espèce Z. paramajor.
Clé des espèces du genre Zosime Boeck
1. Fu. au moins 3 fois plus longue que large. 2
Fu. environ 2 fois plus longue que large. S
Fu. à peu près quadratique. 7
2. Art. terminal de l’Enp. Pi avec 4 soies. 3
Art. terminal de l’Enp. Pj avec 3 soies. Z. paramajor n. sp.
3. Benp. Pj avec 4 soies. Z. major Sars
Benp. Ps avec 3 soies. 4
4. Dents de l’avant-demier segment abdominal longues,
formant un faux opercule anal. Z. gisleni Inng
Dents de l’avant-demier segment abdominal courtes. Z. typica Boeck.
5. Art. distd de l’Enp. Pi avec 3 soies. 6
Art. distd de l’Enp. Pi avec 2 soies. Z. valida Sars
6. Dents de l’avant-demier segment abdominal longues,
formant un faux opercule anal. Z. atlanticola n. sp.
Dents de l’avant-demier segment abdo minal courtes. Z. mediterranea Lang
7. Art. terminal de l’Exp. A, avec 3 soies. Z. bathybia n. sp.
Art. terminal de l’Exp. A, avec 2 soies. Z. incrassata Sais
GENRE IDYELLA SARS
Idyella kunxi^ n. ap.
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 305, par 1200 m de fond. La dissection de
cet unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
CXLVm.
Description :
Longueur totale = 0,46 mm.
La forme générale du corps est caractéristique. Le segment génital n’est élargi que
dans sa partie antérieure, avec deux < ailerons s assez larges, comme chez /. pallidula Sars.
Le rostre (PI. XXVIl) se termine par une forte pointe chitineuse.
1. Je dédie amicalement cette espèce à H. Kdnz, de Saarbrücken (AUemagne).
Source : MNHN, Pans
HAHPACTICOÎDES DU GOLFE DE GASCOGNE
49
564019 6
Source : MNHN, Paris
50
PHILIPPE BODIN
La furca (PI. XXVII) est à peu près quadratique, avec deux soies principales normées,
deux soies secondaires latérales Q’une externe, l’autre interne), une petite soie ventrale et une
longue soie dorsale triarticulée ; toutes ces soies sont insérées sur la moitié distale de la furca.
Le bord de l’avant dernier segment abdominal est orné d’une rangée d’êpinules et forme un
faux opercule anal bilobé.
Les antennules (PI. XXVII) ont huit articles dont les soies sont glabres.
Les antennes (PI. XXVH) sont semblables à celles de I. pallidula, avec un exopodite
à deux articles portant trois soies chacun. Le second article de l’endopodite est orné de fines
épinules.
Les mandibules ont été abîmées au cours de la dissection, et seule la pars molaris a pu
être observée (PI. XXVU).
Les maxillules ont également été endommagées durant la dissection et n'ont pu être
observées correctement.
Les maxiiles sont représentés PI. XXVII.
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HAHPACTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
51
Les maxillipèdes (PI. XXVIII) comptent trois longues soies ciliées et deux courtes soies
sur i’endopodite.
Les péréiopodes 1 (H. XXVIII) sont semblables à ceux de I. pallidula, excepté l’artide
distal de l’endopodite qui porte trois soies internes, au lieu de deux chez I. pallidula.
Idyélla kufizi n. sp. ÿ
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XXVIII et XXIX) ont la même chétotaxie que chez I.pallidula
qui se résume ainsi :
Exp.
Pi
Ps
Pa
P4
0-1-1.2.3
1-1-2.2.3
1-1-3.2.3
1-1-3.2.3
Enp.
1-3.2.1
1-2-2.2.1
1-2-3.2.1
1-1-2.2.1
lâ sede différence notable avec les péréiopode82à4d’/. pa2/tclula réside dans le fait que la soie
interne du premier article des exopodites des péréiopodes 2 et 5 est beaucoup plus longue
chez /. kunzi.
Source : MNHN, Paris
52
PHILIPPE BODIN
Les péréiopodes 5 (Pi. XXVII) sont normaux. Le bord externe de l’exopodite est armé
de fortes épinules. L’angie interne du baseoendopodite est beaucoup plus arrondi que chez
I. palUdula.
Le mâie est inconnu.
Affinités :
La parenté entre I. pallidula et I. kumi est si évidente que j’avais initi^ement attribué
mon spécimen à l’espèce de Sars. Mais I. kumi présente trois soies internes sur le distal de
l’endopodite des péréiopodes 1, au lieu de deux chez /. pallidula.
GENRE TACHIDIOPSIS SARS
Initialement rangé dans la fa mill e des Tachidiidæ par son auteur, ce genre très curieux
avait été classé genus incertum sedis dans la famille des Tisbidæ, par Lang (1948). En fait,
il n’était connu jusqu’à présent que par une seule espèce, Tachidiopsis cyclopoides, décrite
par Sabs à partir de quelques individus récoltés à Korsbavn (Norvège). Nul ne l’avait retrouvé
depuis, et Lang ne le mentionne même plus dans son important travail sur les Harpacticoldes
de Californie (1965). J’ai rapporté deux espèces nouvelles à ce genre, et le mâle de l’ime d’elles
(le premier du genre) sera décrit. J’espère ainsi être en mesure d’apporter quelques précisions
sur les liens de parenté qui unissent le genre Tachidiopsis à la famille des Tisbidæ.
Tachidiopai* boaici'^ n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle et un mide adidtes provenant de la station 305, par 1 200 m de fond.
Les dissections de ces exemplaires uniques sont conservées dans la collection personnelle de
l’auteur sous le numéro CXLIV 9 et d.
Description de la femelle :
La forme générée du corps est la même que celle de T. cyclopoides Sars, c’eat'à*dire
que l’aspect est légèrement cydopofde. Le bord des segments est frangé de ânes épinules.
La suture du segment génital est surtout visible dorsalement.
Le rostre (PI. XXX) est conique, avec deux soies sensorieUes à la pointe.
La furca (PI. XXXII) est plus large que longue. Elle est armée de deux soies principales
barbelées et de quatre soies secondaires, dont une dorsale biarticulée, deux latérales externes
(l’une ciliée l’autre glabre), et une latérale interne. L’ornementation est complétée par des
épinules. D n’y a pas d’opercule anal distinct.
Les antennules (PI. XXX) sont très particulières et permettent à elles seules d’orienter
les recherches du systématiden. Elles comportent neuf articles. L’assthète est implanté sur le
quatrième article. Contrairement à ce qu’indique Lang (1948) dans la diagnose du genre, les
soies des anieimules sont presque toutes pennées; certaines sont même barbelées, courtes,
et recourbées le long des joints d’articulation entre les articles. On retrouve cette disposition
sur les antezmules de Tachidiella parva Lang (1965, p. 147). D faut remarquer que les anten*
nules de Tachidiopsis cyclopoides telles que les a dessinées Sars ne présentent pas cette
structure.
Les antennes (PI. XXX) sont égdement très particulières avec leur exopodite à quatre
articles, ce qui est un maximum pour la famille des Tisbidæ. Il y a un basis distinct qui porte
une très grosse soie barbelée et une rangée d’épinules. Le premier article de l’endopodite
ne porte aucune soie, contrairement à T. cyclopoides, ce qui modiâe encore la diagnose du
genre. L’exopodite est relativement très grand et se compose de quatre articles armés de la
2 112
façon suivante : g* Cette composition à quatre artides de l’exopodite des an¬
tennes exdut à elle seule le genre Tachidiopsis de la famille des Tachidiidæ, famille dans
laquelle cet appendice ne peut comporter plus de trois artides.
Le labre a été représenté PI. XXXI.
1. Je dédie amicatement cette espèce à B. Bozic, du laboratoire de Recherches bydrobiologiçnt*
de Gif-ïur-Yvette (France).
Source : MtJHN, Pans
COPÉPODES BARPACTtCOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
Source : MNHN, Paris
54
PHILIPPE BODIN
Tëchi^iepsis bozici n. sp. j
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE 55
Les maadibiües (PI. XXX) sont également très remarquables avec un exopodite à
quatre articles, caractère que l’on ne retrouve chez aucun autre Harpacticolde connu. Cet
exopodite présente d’ailleurs une ressemblance frappante, toutes proportions gardées, avec
l’exopodite des antennes : on y trouve la même chétotaxie et jusqu’à la même rangée d’épintdes
sur l’article terminai. L’endopodite est bilobé et porte huit soies. Le basis porte trois soies
barbelées et une double couronne d’épinules dans sa région basale.
Les maxillules (PI. XXX) sont à exopodite et endopodite séparés. L’exopodite porte
quatre soies, dont une grosse apicale, et l’endopodite porte cinq soies subégales. L’épipodite
est représenté par deux soies. A la surface de l’arthrite de la præcoxa les deux soies habituelles
sont insérées sur un lobe, ce qui peut être interprété comme un caractère primitif.
Les maxilles (PI. XXX) ont bien quatre endites comme le veut la diagnose, mais l’endo¬
podite ne compte que trois articles.
Les maxillipèdes (PI. XXX) sont très particuliers, non-préhensiles, à endopodite bien
développé à deux articles. Cet endopodite porte quatre soies pennées sur le distal et deux soies
sur le proximal dont une courte, barbelée. Le basis est représenté par deux soies et la coxa
porte quatre soies barbelées.
Les péréiopodes 1 (PI. XXXI) sont à endopodite et exopodite triarticulés, tous les articles
étant à peu près aussi longs les uns que les autres. Seul le proximal de l’exopodite n’a pas de
sole interne. Un pore s’ouvre au bord distal du premier artide de l’endopodite.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XXXI) sont tous à endopodites et exopodites triarticulés,
ce qui distingue T. bozici de T. cyclopoides, dont les endopodites des péréiopodes 2 et 3 sont
biarticulés. Sur chaque article proximal des endopodites s’ouvre un pore. La chétotaxie des
pattes natatoires est résumée dans le tableau suivant :
Exp.
Pi
Ps
Ps
P4
0-1-1.2.3
1-1-2.2.3
1-1-3.2,3
1-1-2.2.3
Enp.
1-1-1.2.1
1-1-1.2.1
1-1-2,2.1
1-1-2.2.1
Tous ces péréiopodes sont armés de nombreuses épinules implantées sur les bords internes
et distaux des artides.
Les péréiopodes 5 (PI. XXXII) sont à baseoendopodite et exopodite séparés. L’exopo¬
dite porte six soies inégdes; un pore s’ouvre sous les deux soies distales. Le baseoendopodite
atteint à peine le niveau du milieu de l’exopodite •, ü porte quatre soies dont la proximale interne
est très petite. Un pore double s’ouvre dans la région distale, un autre sous l’exopodite. De
nombreuses épinules ornent cet appendice.
L’aire génitale a été représenté PI. XXX.
Description du mâle :
Les antenntdes (schéma PI. XXXII) sont subchirocer, mais l’aesthète est beaucoup
plus important que chez la femelle.
Le dimorphisme sexuel est surtout visible au niveau des endopodites des péréiopodes
2 et 3 ains i qu’au niveau des péréiopodes 5.
L’endopodite des péréiopodes 2 (PI. XXXII) est devenu biarticulé, une légère constric-
tion marquant i’ancieime articulation. D’autre part, les soies sont modifiées; l’épine interne
est devenue gjabre et sinueuse.
L’endopodite des péréiopodes 3 (PL XXXII) est également biarticulé, mais ses soies
ne sont que très peu modifiées. Par contre, il porte une soie grêle supplémentaire juste au-
dessus de l’article proxim^. La plus courte des deux épines apicales de l’exopodite du troisième
péréiopode est légèrement modifiée (PI. XXXII).
La structkb’e de ces deux appendices ressemble curieusement à celle qu’a décrite Sars
pour la femelle (?) de T. cyclopoides.
Les péréiopodes S (Pi. XXXII) sont très curieux : Texopodite compte deux articles*
Source : MNHN, Paris
56
PHILIPPE BODIN
Source : Mt-JHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
57
et l’endopodite semble lui-même distinct du basis. Le premier article de l’exopodite porte une
soie effilée; le second porte quatre soies ciliées courtes et larges. L’endopodite porte deux soies
ciliées.
Les péréiopodes 6 (PI. XXXU) sont constitués par trois soies implantées à l’extrémité
externe d’une large lame chitineuse. La soie interne est épaisse et ciliée.
Le spermatophore est tout à fait normal.
Tachidiopsis sar$i^ n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte (malbeureusement en mauvais état) provenant de la station 308,
par 3 950 m de fond. La dissection de cet unique exemplaire est conservée dans la collection
personnelle de l’auteur sous le numéro CXXXI.
Description :
Longueur totale = 0,57 mm.
Le corps présente la constriction médiane caractéristique des Tisbidæ (PI. XXXIII).
Sur mon exemplaire les antennules étaient rabattues sur le céphJothorax, et le rostre était
proéminent.
Sur ce rostre (PI. XXXIII) je n’ai vu qu’une longue soie sensorielle grêle.
La furca (PI. XXXIII) est un peu plus longue que large et son armature ressemble à
celle de T. bozici : deux soies principales, trois petites soies secondaires, et une soie articulée
dorsale.
Les antennules (PI. XXXIII) comportent neuf articles. Comme chez T. bozici, certaines
soies barbelées sont recourbées vers l’arrière, le long des articles, offrant un aspect caracté¬
ristique.
Les antennes (PI. XXXIII) ont un exopodite à quatre articles : armés de la même façon
2 112
que chez T. bozici ; 2’ 3’ 4’ P®* bozici, le proximd de l’endopodite
ne comporte pas de soie.
Les appendices buccaux n’ont pu être dessinés correctement en raison de leur mauvais
état, mais ils sont apparemment normaux pour le genre; ainsi l’exopodite des mandibules
comporte bien quatre articles.
Les péréiopodes ont été égdement très abîmés au cours du montage. Seuls les péréio¬
podes 1 ont pu être représentés (PI. XXXIII). Ces derniers sont différents de ceux de T. bosdei
et de ceux de T. cyclopoides en ce sens que les articles sont un peu plus allongés et surtout que
le distal de l’exopodite a deux soies internes au lieu d’une. D’autre part, le pore est situé sur
l’artide distal de l’endopodite.
Les péréiopodes 2 à 4 sont triarticulés. Leur chétotaxie est résumée dans le tableau
ci-dessous (les exopodites des péréiopodes 2 sont incomplets) :
Exp.
Pi
Ps
Ps
P4
0-1-2.2.3
0-1- ?
0-1-3.2.3
0-1-2.2.3
Enp.
1-1-1.2.1
1-1-1.2.1
1-1-1(?).2.1
1-1-1.2.1
Les péréiopodes 5 (PI. XXXIII) sont très différents à la fois de ceux de T. bozici et de
ceux de T. cyclopoides. Par contre, iis présentent une ressemblance frappante avec ceux de
Idyanthopsis psammophila, genre et espèce décrits par Bocquet et Bozic (1955) de la côte
Sud de l’fle de Batz, en face de la station biologique de Roscoff. L’exopodite est arrondi et
porte quatre soies dont une grosse; le baseoendopodite n’en compte qu’une, insérée sur un
lobe peu prononcé et bien écarté de l’exopodite, plus la soie externe basale. Un pore s’ouvre
sous l’exopodite.
Le mâle n’a pas été trouvé.
1. Je dédie respectueusement cette espèce à la mémoire du grand carcinologue Q. O. Sars, auteur
da geare TaehidiapsU.
Source : MNHN, Paris
58
PBIUPPE BODIN
riANCHi X>XIII
Tachidiopsis sarsi n. sp. $
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
59
Affinités :
Avec la découverte de ces deux nouvelles espèces (T. sarsi et T*, bozicï), c’est la position
systématique du genre Tachidiopsis lui^même qui est remise en question. Ce genre fait-il
ou non partie de la famille des Tisbidse? D’autres genres nouveaux : Idyanthopsis Bocquet
et Bozic (1955) et Tisbisoma Bozic (1964) ont posé le même problème à leurs auteurs. Bocquet
et Bozic écrivaient par exemple en 1955 : • 11 est souvent difficile de définir les parentés réelles
de telles formes, aberrantes par leur individualisme écologique, et de les intégrer dans des
cadres systématiques antérieurement élaborés >. Cependant, il semble bien que les deux nou-
v^es espèces du genre Tachidiopsis qui viennent d’être décrites puissent s’intégrer à la famille
des Tisbidæ, et plus particulièrement à la sous-famille des Idyantbinæ. D’une structure moins
aberrante que l’espèce type T, cyclopoides, aucun de leurs caractères en tous cas ne me parait
suffisamment important pour écarter ces deux espèces des Tisbidæ. Les maxillipèdes de
T. bozici ne diffèrent en somme de ceux des espèces du genre Tachidiella que par une sétation
plus riche, principalement au niveau du basis et de la coxa. Par contre, l’exopodite des antennes,
avec ses quatre articles, interdit théoriquement l’entrée du genre Tachidiopsis dans la famille
des Tachidiidæ, dont l’exopodite des antennes ne doit pas comporter plus de trois articles
(Lang, 1948). C’est en fait le caractère qui m’a déterminé à considérer le genre Tachidiopsis
comme faisant partie de la famille des Tisbidæ. Mais peut-être deviendra-t-il nécessaire d’indi¬
vidualiser la sous-famille des Idyanthinæ en une famille distincte?
De toute façon, il convient de modifier la diagnose du genre comme suit ;
Corps de forme cyclopolde, avec plaques épimérales faiblement développées. Furca
rdativement courte. Suture du segment génital de la femelle visible dorsalement et latérde-
ment. Antennules robustes, à 9 articles. Antennes avec 1 soie sur le basis; exopodite à 4 articles,
avec 2 soies sur le proximal. Mandibules bien développées, avec exopodite à 4 articles, et
endopodite à 1 article. Maxillules à endopodite et exopodite séparés et épipodite représenté
par 2 soies. Maxilles à 4 endites et endopodite à 3-4 articles. Maxillipèdes à endopodite bien
développé, biarticulé, à coxa portant plusieurs soies barbelées. Péréiopodes 1 à rames triarti-
culées. Péréiopodes 2 à 4 à exopodites triarticulés et à endopodites bi- ou triarticulés. Péréio¬
podes 5 à structure variable; baseoendopodite en général peu développé. Chétotaxie variable.
Endopodites des péréiopodes 2 et 3 modifiés chez le mMe. Exopodite des péréiopodes 5 du
mâle biarticulé.
Clé des espèces du genre Tachidiopsis Sors
1. Enp. PfPa M à 2 articles. T. cyclopoides Sars
Enp. Pj-Pa M à 3 articles. 2
2. Art. distal de l’Exp. Pi avec 2 soies internes. T. sarsi n. sp.
Art. distal de l’Exp. Pj avec 1 soie interne. T. bozici n. sp.
FAMILLE THALESTRIDÆ SARS, LANG
Un seul individu représentait la famille des Thalestridæ dans mes pr^èvements. H me
semble qu’il constitue l’holotype d’une espèce nouv^e du genre Diarthrodes.
Sous-famille : Dactylopodiinæ
GENRE DIARTHRODES THOMSON
Diarthrodes fahrenbachi ^ n. sp.
Materiel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
CXXXVI.
1. Je dédie ceapectueusemeDt cette espèce au docteur W. H. Fabbenbach. de l’Oregon Régional
Primate Research Center, Beaverton (U.S.A.), à qui l’on doit une étude très complète sur la biologie de
D, eysutcut Fahrenbach.
Source : MNHN, Paris
60
PHILIPPE BODIN
Description ;
En mauvais état de conservation cet holotype ne sera que très imparfaitement décrit.
Les péréiopodes, en particulier, étaient très fragiles et ont été brisés en plusieurs fragments
au cours de la dissection. Mais l’essentiel a pu être observé.
Le corps est grossièrement piiiforme.
Le rostre (PI. XXXIV) est aussi long que le premier artide des antennules et porte
deux soies sensorielles.
La furca n’a pu être représentée. Elle est deux fois plus large que longue.
Les antennules (PI. XXXIV) ont été brisées, mais on y compte plus de cinq articles. Le
premier de ces artides est particulièrement long : à peu près aussi long que les deux suivants
réunis.
Les antennes (PI. XXXIV) ont un basis nettement dbtinct du premier artide de l’endo-
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU COLFE DE GASCOGNE
61
podite. On retrouve cette structure chez D. pusillus (Brady). Le premier article de l’endopodite
porte une soie ^abre. L’exopodite a trois artides dont la fonnuie sétaie est la suivante :
114
l’ 2’ 3'
De toutes les pièces buccales seuls les maxillipèdes ont pu être représentés (PI. XXXIV).
ns sont très simples : le basis semble ne comporter aucune soie ; le premier article de l’endopo*
dite est orné de plusieurs rangées de fines épinules, le second artide porte un crochet légère¬
ment plus court que l’endopodite.
Les péréiopodes 1 (PI. XXXIV), les seuls qui aient pu être conservés entiers, sont carac¬
térisés par un exopodite uniardculé. De plus, cet exopodite n’est armé que de deux grosses
épines (l’épine interne manquait sur mon exemplaire). Le premier artide de l’endopodite
porte une soie pennée insérée au milieu du bord interne. Le second artide porte ime petite
soie externe, et le troisième article porte deux longs crochets ciliés et une soie minuscule.
Les péréiopodes 2 à 4 sont trop défectueux pour qu’on puisse en donner une chétotaxie
précise.
Les péréiopodes 5 (Pi. XXXIV) sont bien développés, avec un exopodite à six soies
et un baseoendopodite à cinq soies. Un pore s’ouvre dans la région distale de l’exopodite. Le
lobe interne du baseoendopodite atteint le milieu de l’exopodite.
L’aire génitale a été figurée PI. XXXIV.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
H est évident que cette description devra être complétée dès que possible par l’examen
d’autres exemplaires. Mais on peut d’ores et déjà considérer D./ahrenbachi comme une espèce
valable que son exopodite des péréiopodes 1 uniarticulé et son exopodite des péréiopodes
5 à six soies situent au voisinage de D. purpureus (Gumey) et D. nobilis (Baird), d’après la
dé des espèces qu’a donnée Lang récemment (1965, p. 183).
FAMILLE DIOSACCIDÆ SAKS
GENRE PSEUDOMESOCHRA T. SCOTT
J’ai attribué deux espèces à ce genre bien que, comme on le verra, la chétotaxie des
péréiopodes 2 à 4 soit très particulière. En raison de plusieurs dissymétries au niveau de ses
péréiopodes, la seconde espèce sera même classée * species incerta ».
Pseudomesochra aberrans n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection de
cet unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
cxxxin.
Description :
Longueur totale = 0,62 mm.
Après fixation, le corps est resté très arqué (F4. XXXV).
Le rostre (PI. XXXV) est grand et large, avec deux petites soies sensoridles. H est bordé
d’une plage hyaline.
La furca (PI. XXXV) est trob fois plus longue que large et divergente. Elle porte deux
soies principales, bois soies secondaires insérées autour des soies principales, une soie secon¬
daire externe, distale, et une soie dors^e articulée insérée au tiers distal de la furca. Des
rangées d’épinules complètent, ventralement, l’ornementation.
L’opercule an^ est arrondi et lisse.
Source : MNHN, Paris
PHILIPPE BODIN
Pstudomesochra aberrans n. sp. g
COPÉPODES HARPACTtCOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
63
Les anteimules (shéma PI. XXXV) ont six artides. L’artide tenninal est aussi long que
les trois précédents réunis. L’æsthète est implanté sur le quatrième artide.
Les antennes (Pi. XXXVI) ont xm exopodite à deux artides. L’aitide proximal porte
deux soies ciliées et deux rangées transversales d'épinules. L’aitide distal est courbe; il porte
une soie latérale et trois soies terminales, dont une minuscule, ainsi que deux rangées tiansver-
2 4
sales d’épinules. On a donc la formule suivante : ;jj-i g'
Le labre a été représenté PI. XXXV.
Les mandibules (PL XXXVl) ont un coxa-basis court et large, orné d’une rangée
d'épinules. L’exopodite porte trois soies terminales et trois soies latérales; il est orné de deux
rangées d’épinules. L’endopodite porte sept soies terminales et trois soies latérales groupées.
Exopodite et endopodite sont à peu près de la même longueur.
Les maxillules (PL XXXV) sont à endopodite et exopodite distincts. L’extrémité des
dents de l’arthrite de la præcoxa est denticulée. La præcoxa est ornée d’une rangée d’épinules.
L’exopodite porte trois soies et l’endopodite semble en avoir quatre, toutes glabres.
Les maxilles (PL XXXV) ont quatre endites; l’endite distal est en partie caché par le
basis. Le bord externe de la syncoxa est orné d’une rangée d’épinules.
Les maxillipèdes (PL XXXV) sont de petite taille; ils ont une coxa petite et glabre.
Le basis porte une longue soie grêle sur son angle distal interne. Le premier article de l’endo-
Source : MNHN, Paris
64
PHILIPPE BODIN
podlte est large et porte une soie sur son bord interne ainsi que de nombreuses épinules. Le
second article est indistinct de la base d’un gros crochet dont le bord externe porte une rangée
de sétules. Une soie grêle est insérée à la base de ce crochet •, elle est un peu plus longue que
lui.
Les péréiopodes 1 (Pi. XXXVI) sont caractéristiques du genre ; endopodite à deux arti¬
cles et exopodite à trois articles. L’article médian de l’exopodite porte une soie interne. L«
premier article de l’endopodite ne porte aucun addendes, mais son bord externe et son bord
distal sont armés de longues épinules. La soie externe du basis est particulièrement forte.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XXXVII) ont des rames triarticulées. Leur cbétotaxie est
résumée dans le tableau ci-dessous :
Exp.
Pi
Ps
Ps
P4
0-1-0.2,2
0-1-2.2.2
0-1-3.2.2
0-1-3.2.2
Enp.
0-1.2.1
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
1-1-1.2.1
Source ; AlfJHW, Paris
COPÉPODES HARPACTIC0!DES DU GOLFE DE GASCOGNE
65
Sur le distal des endopodites des péréiopodes 2 et 3 s'ouvre un pore. Le bord externe de ces
péréiopodes est armé d’épinides.
Les péréiopodes 5 (PI. XXXVI) sont également caractéristiques du genre : endopodite
et cxopodite sont fusionnés. Dans le cas présent, il n’y a pas d’espace entre les deux rames;
seule une échancrure marque la séparation exo-endopodite, comme chez Ps. latifurca (Sars)
et Ps. media (Sars). Exopodite et endopodite portent chacun trois soies, les deux soies médianes
étant très longues et fines.
Le mâle est inconnu.
Â^nilés :
Ps. aberrans ne ressemble, comme son nom l’indique, à aucune espèce du genre Pseudo-
mesochra. Si l’on ne tient compte que des deux épines externes aux distaux des exopodites
des péréiopodes 2 à 4, on est même conduit au genre Schizopera Sars par la clé des genres de
Lang (1965). Mais il est évident que tous les autres caractères font que cette espèce peut très
bien appartenir au genre Pseudomesockra. D suffit d’y admettre les individus dont le distal
des péréiopodes 2 à 4 n’ont que deux épines externes, les autres caractères concordant par
ailleurs. A moins qu’il ne s’agisse d’un phylum intermédiaire entre ces deux genres? E faut en
effet remarquer que le genre Pseadomesochra est situé vers la base du tableau généalogique
de Lang (1948, p. 762-763) et apparaît ainsi comme une impasse phylogénique. On peut donc
lui supposer un embranchement, ou un phylum parallèle. Toujours est-il qu’une fois de plus
les grandes profondeurs livrent une forme intermédiaire énigmatique. Mais elle a tant de points
communs avec le genre Pseudomesockra que je n’ai pas cru nécessaire de créer un nouveau
genre, surtout à partir d’un individu unique.
Pseudomeêochra ? perplexa n. Bp.
Non moins énigmatique est cette forme dont la position systématique est encore
compliquée du fait de plusieurs dissymétries constatées au niveau des péréiopodes 2 à 4.
Comme d’autre part le distal des exopodites des péréiopodes 2 â 4 ne porte que deux épines
externes, j’ai hésité à attribuer définitivement cet individu au genre Pseadomesochra.
Matériel examiné :
Un mâle adulte provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
cxxxn.
Description :
Longueur totale = 0,65 mm; largeur au céphalothorax = 0,16 mm.
Le corps est régulier, avec un céphdothorax un peu plus long que les trois segments
thoraciques suivants (PI. XXXVIII).
Le rostre (PI. XXXVIII) est plus petit et plus étroit que celui de Ps. aberraru. De plus,
un pore s’ouvre au milieu de sa face dorsale; un saccule, visible par transparence, est relié
à ce pore.
Les antennules (PI. XXXVIII) sont subchirocer et semblent comporter six articles.
L’æsthète est très gros et long.
Les antennes (PI. XXXVIII) ont un exopodite biarticuié; le premier article porte deux
soies dont la proximale est minuscule. L’article distal de cet exopodite porte deux soies latérales
et deux soies terminées.
Les appendices buccaux n’ont pu être observés correctement.
Les péréiopodes 1 (PI. XXXVIII) sont normaux. Au contraire de ceux de Ps. aberrans,
le premier article de l’endopodite possède une soie interne, alors que l’article moyen de l’exo¬
podite n’en a pas, bien que l’on distingue une légère cicatrice dans l’angle distal interne.
L’endopodite des péréiopodes 2 (PI. XXXIX) est légèrement modifié par le dimorphisme
sexuel : l’épine interne de l’article distal est soudée à l’article pour former une sorte de « lame
de couteau > dont le bord externe est denticulé. L’article moyen de l’exopodite porte deux épines
externes sur l’une des deux rames (PI. XXXIX). Un pore s’ouvre sur le proximal de l’endo-
podite.
Les péréiopodes 3 et 4 (PI. XXXIX) ne montrent pas de transformation sexuelle impor¬
tante. Par contre, l’article moyen de l’un des deux exopodites des péréiopodes 3 porte deux
8 5G40I9 B S
Soorce ; MNHN, Paris
66
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOlOES DU GOLFE DE GASCOGNE
67
soies internes, au lieu d’une seule sur l’autre rame. De plus, l’article distal de l’un des endopo
dites des péréiopodes 4 est anormal : il ne porte pas d’épine interne.
C’est donc sous toutes réserves que la chétotaxie de ces péréiopodes est donnée dans le
tableau ci*des80us :
Exp.
Pi
Ps
Ps
P4
0-0(?)-0.2.2
0-1-2.2.2
0-1-3 2.2
0-1-2.2.2
Enp.
1-1.2.1
1-1-modifié
1-1-1.2.0
1-1-1.2.0
riANCHc xixix
Pseudomesoehra ? ptrplexa n. sp. &
Les péréiopodes 5 (PI. XXXVIU) sont très réduits, avec trois soies dont deux glabres.
Les péréiopodes 6 (PI. XXXVIII) sont représentés par deux soies; le spennatophore (PI.
XXXVIII) semble constitué par deux saccules reliés par un canal.
La femelle est inconnue.
Affinités :
Si ce mâle appartient bien au genre Pseudomesockra ce sera, à ma connaissance, la
première description d’un mâle de ce genre. En effet, à part Ps. aberrans, une seule autre
espèce nouvelle a été décrite : Ps. tanuira Smimov (1946), dont on ne connaît que la femelle.
Mais en raison de toutes les anomalies constatées sur les péréiopodes, auxquelles s’ajoute
Source : MNHN, Paris
68
PHILIPPE BODIN
ie manque d’une épine externe au diatdl des exopodites des péréiopodes 2 à 4, on ne peut être
BÛT de i’appartenance au genre Pseudomesochra.
Le prélèvement de la station 308 contenait, d’autre part, un individu au stade copépodite
appartenant peut-être aussi au genre P$eudomesochra.
GENRE TYPHLAMPHIASCüS LANG
Typhlamphiaicus confusua (T. Scott)
Matériel examiné ;
Une femelle ovigère (trois œufs) provenant de la station 311, par 700 m de fond. D’une
longueur tot^e de 0,88 mm, cet individu correspondait exactement à la description type.
Si l’on admet les différents types de cette espèce définis par PoR (1963), cet exemplaire appar-
tient plus précisément au type gulmaricus.
L’extension verticale de T. con/usus est donc abaissée de — 500 m (Por, 1963) à
— 700 m.
Typhlamphiaacua gracilia Por
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HAKPACTICOIDES DU GOLFE
GASCOGNE
69
Matériel examiné ;
Un mâle adulte provenant également de la station 311 (— 700 m). Ayant constaté quel¬
ques petites différences avec la description et les dessins de PoH (1963), j’ai représenté quelques
appendices :
furca (PI. XL), à quelques épinules près, est semblable à celle des exemplaires du
Skagerrak. L’opercule anal est visible dorsalement. Des petits pores s’ouvrent de part et
d’autre de l’articulation de la furca sur le segment and.
La formation chitineuse du basis des péréiopodes 1 (PL XL) compte bien sept dents
alignées au pied de la soie barbelée et une dent plus large et plus épaisse en position proximde.
L’endopodite des péréiopodes 2 (Pi. XL) est un peu différent de la représentation qu’en
a donnée Por (1963, p. 206).
L’endopodite des péréiopodes 4 (PL XL) a bien deux soies internes sur son article distd.
Les péréiopodes 5 (PL XL) sont à peu de chose près tels que les a figurés PoR (1963,
p. 205).
Por avdt récolté cette espèce dans le Skagerrak et au Nord de Koster, à des profon¬
deurs variant de 100 à 475 m. L’extension vertiede en est donc abaissée ici à — 700 ra.
GENRE PARAMPHIASCELLA LANG
Paramphiascella ? faurei t n, sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 311, par 700 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro CLV.
Description :
Longueur totale = 0,46 mm.
La furca (PL XLI) est plus large que longue. Elle est armée, sur son bord externe, d’une
longue épine et d’une longue soie grêle; sur le bord interne on trouve tme soie à base élargie,
une longue soie articulée et une longue épinule. La plus grosse des deux soies principdes est
renforcée, à la base, de trois épinules. Des épinules espacées ornent ventrdement le bord
distd du segment anal. L’opercule and est bordé de cils et porte une rangée transversde de
courtes épinules.
Le rostre (PL XLI) est piriforme, avec deux soies sensorielles minuscules. Son extré¬
mité présente une légère dépression.
Les antennules (PL XLI) comportent huit artides.
Les antennes (PL XLI) ont un exopodite à trois articles dont la formule sétde est la
suivante : avec une petite rangée d’épinules sur le troisième artide. Le second
article est relativement petit.
Les mandibules (PL XLI) ont un exopodite biarticulé dont l’article distd porte deux ou
trois soies, le proximd étant ^abre. L’endopodite est égdement biarticulé avec trois soies sur
le premier article et deux soies sur le petit article distd. Le coxa-basis porte trois soies internes
et deux petites rangées d’épinules.
Les maxillules (PL XLI) sont égdement à endopodite et exopodite séparés : l’exopodite
avec deux soies, l’endopodite avec quatre soies. Une petite rangée d’épinules orne la præcoxa,
juste sous la coxa.
Les maxilles (PI .XLI) ont une syncoxa très arrondie portant trois endltes. Le basis
porte un gros crochet épineux accompagné d’une soie. L’endopodite est triarticulé, avec
cinq ou six soies.
1. Je dédie très nmicaleinent cette espèce à mon camarade C. Faure, de la Station marine d'En-
doume (Marseilie).
Source : MNHN, Paris
70
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
71
Les maxillipèdes (PI. XLI) ont un basis aimé de trois soies et d’une couronne de longues
épinules. Le premier article de l’endopodite porte plusieurs rangées d’épinules et deux soies
insérées sur le bord distal interne. Le second article de l’endopodite est prolongé par un fort
crochet et deux petites soies.
Les péréiopodes 1 (PI. XLII) sont normaux, avec l’artide proximal de l’endopodite
légèrement plus court que l’exopodite.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XLII) ont la chétotaxie suivante :
Pi
P*
Ps
Pt
0-0-0.2.2
0-1-0.2.3
0-1-1.2.3
0-1-2.2.3
rp
C-.
1-1-3
1-1-1.2.1
1-1-2.2.1
1-1-1.2.1
Les péréiopodes S (PI. XLI) présentent la particularité d’être à endopodite et exopodite
fusionnés, ce que l’on ne retrouve chez aucune espèce connue du genre Paramphiascella.
Les deux articles sont à peu près de même longueur et portent chacun cinq soies. Les deux
soies proximales externes de l’exopodite sont très courtes et ciliées, la soie médiane de ce
même exopodite est longue et glabre.
Le mâle est inconnu.
Affinités ;
Parmi toutes les espèces connues du genre Paramphiascella, aucune n’a les deux articles
des péréiopodes 5 fusionnés comme c’est le cas ici. Comme par ailleurs le mâle n’est pas connu,
il est très difficile de ranger cette femelle dans le genre Paramphiascella plutôt que dans le
genre Amphiascoides Nicholls. Cependant, si l’on s’en tient aux clés de Lang (1948), la longueur
relative de l’endopodite des péréiopodes 1 conduit au genre Paramphiascella. H s’agirait donc
d’une nouvelle espèce de ce genre; mais cela demande confirmation.
Cenre Haloachizcpera Lang
Noodt (1964) a tenté de doimer une dé des espèces de ce genre complexe. Mais cette
clé est incomplète : tout d’abord, on n’y trouve pas H. pontarchis et H. pauciseta, espèces
décrites de la mer Noire par PoR (1959); ensuite, le mâle de H. mathoi (Monard) est déclaré
inconnu, alors que Klie l’a décrit en 1942 ; enfin, l’espèce H. aegyptica Noodt n’est sans doute
pas à sa place dans ce genre : avec le proximal de l’endopodite des péréiopodes 1 plus long
que l’exopodite et une soie interne au distal de l’endopodite des péréiopodes 2, elle appartient
plutôt au genre Robertgurneya Lang.
Quoi qu’il en soit, sept espèces nouvelles ont été décrites depuis la monographie de
Lang (cf. Bodin, 1967); les mâles de deux d’entre elles sont connus. La description qui va
suivre est cependant celle d’un autre mâle. On doit donc écarter l’hypothèse d’une reproduction
parthénogénétique du genre telle que l’avait formulée Lang dans sa monographie (1948,
p. 737). H semble seulement qu’il soit plus facile de les trouver dans les régions méditerra¬
néennes.
Haloschisopera noodti t n. sp.
Matériel examiné ;
Un mâle adulte provenant de la station 307, par 2 050 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
CXUI.
1. C’est très respectueusement que je dédie cette espèce au professeur W. Noodt, du Zoologisches
Institut de Kiel (Allemagne).
Source : MNHN, Paris
72
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HAHPACTICOÎDES DU GOLFE DE GASCOGNE
Source : MNHN, Paris
74
PHILIPPE BODIN
Description :
Longueur totale = 0,43 mm.
La furca (PI. XLIIl) est plus large que longue. Ses soies principales sont normales.
Elle compte de plus deux soies secondaires ventrales (dont une articulée), une soie latérale
externe, et deux soies latérdes internes (dont une articulée).
Le rostre (PI. XLIII) est allongé, à base élargie, avec une carène ventrue et une extrémité
arrondie.
Les antennules (PI. XLUl) sont chirocer, à huit articles. Le second article porte, ventra*
lement, une grande soie plumeuse sur un côté.
Les antennes (PI. XLIII) ont un exopodite à trois articles armés de la façon suivante :
113
ï’ 2' 3 demi-couronne d’épinules orne l’artide terminal.
Le labre a été figuré PI. XLIV.
PI ANC Ht
Mxl
Htlosehiioptra noodli n. sp.
Les appendices buccaux sont tous de petite taille. Les mandibules (PI. XLIV) sont à
exopodite et endopodite séparés. L’exopodite est biarticuié : l’article basd porte deux soies,
l’article terminal en porte trois. L’endopodite est uniarticulé, avec une soie latérale et six soies
distdes.
Les maxillules (Pi. XLIV) ont un exopodite uniarticulé avec deux soies et un endopodite
à quatre soies.
Les maxiiles (PI. XLIV) ont quatre endites sur la syncoxa; l’endopodite semble compor¬
ter deux articles, avec six soies.
Les maxiliipèdes n’ont pu être observés.
Les péréiopodes 1 (PI. XLIII) sont normaux. Le processus chitineux interne du basis
est piriforme et semble composé de l’assemblage de plusieurs dents. L’épine interne du basis
est sinueuse et barbelée. L’article distal de l’endopodite est 1,5 fois plus long que l’article
moyen.
Les péréiopodes 2 (PI. XLIII) montrent un dimorphisme sexuel au niveau de l’endo-
podite.
Les péréiopodes 3 et 4 (PI. XLIII) sont normaux pour le genre.
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTlCOlDES DU COLFE
CASCOGfŒ
75
Le tableau ci-dessous résume la chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 :
Pl
Ps
Pa
0-0-0.2.2
0-1-0.2.3
0-1-1.2.3
0-1-1.2.3
1-1-2.1
0-modifié
1-1-1.2.1
1-1-1.2.1
Les péréiopodes 5 (PI. XLIV) sont réduits. Le baseoendopodite porte deux soies, dont
la plus interne est la plus longue, et une petite plage hyaline prte de l’insertion de l’exopodite.
Ce dernier porte cinq soies.
La femelle est inconnue.
Affinités :
n est bien difficile d’individualiser H. noodli d'parmi les quelques m^es connus de ce
genre. Les descriptions sont souvent incomplètes et ne permettent pas une comparaison suffi¬
samment minutieuse. Le mâle de H. malhoi (Monard), décrit par Klie (1942), a un endopodite
des péréiopodes 1 dont tous les articles sont subégaux, et deux soies internes au distal de
l’exopodite des péréiopodes 3. Le mâle de H. junodi (Monard), décrit par Klie (1950), montre
de petites différences au niveau du basis des péréiopodes 1 et de l’endopodite des péréiopodes 2.
Le m^e de H. marmarae Noodt, décrit par Por (1964) n’a qu’une soie interne sur l’article
distal de l’endopodite des péréiopodes 2 ; par contre, le distal de l’exopodite des péréiopodes 4
a deux soies internes. Le mâle de H. pontarchis Por (1959) a beaucoup de points communs
avec H. noodti d, mais l’ornementation de la furca et du segment anal semble différer légère¬
ment, de même que l’endopodite des péréiopodes 2. Des mâles de H. phyllura et H. tenuipes
Noodt (1964), seul le premier est décrit. De toute façon, la structure de l’endopodite des
péréiopodes 1, chez ces deux espèces, ne correspond pas à ce que l’on trouve habituellement
dans le genre Haloschizopera; l’article proximal est beaucoup plus long que tout l’exopodite.
Notre individu semble donc bien constituer le mâle d’ime espèce nouvelle, espèce
dont il sera intéressant de connaître la femelle.
Diosaccidœ gen. et sp. ?
Matériel examiné :
Un mâle adulte provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personneüe de l’auteur sous le numéro
CXXXVII.
Description :
L’individu était en mauvais état de conservation.
La furca (PI. XLV) est un peu plus longue que large. Ses soies princip^es sont normales.
Elle porte en outre deux soies basales internes (dont une articulée) et deux soies basales exter¬
nes. Un gros pore s’ouvre au milieu de sa face dorsde.
L’opercule anal est légèrement arrondi et bordé de cils. Deux pores s’ouvrent à la face
interne du segment anal.
Les antennules sont subchirocer (PI. XLV), à huit articles, avec un gros «esthète partant
du quatrième article. Le rostre est petit.
Les antennes ont été perdues au cours de la préparation.
Les appendices buccaux n’ont pu être observés correctement.
Les péréiopodes 1 (PI. XLV) sont à endopodite et exopodite Inarticulés. L’article médian
de l’exopodite ne porte pas de soie interne; le distal porte quatre addendes. L’article proximal
de l’endopodite est relativement court. L’épine interne du basis est modifiée, avec une forme
de cuilleron.
Source : MI'IHN, Paris
76
PHILIPPE BODIN
riANCHE XIV
Oiosaccidae gen. et sp. ?
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
77
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XLV) n’ont pas de soie interne à l’article proximal des
exopodites. Par contre, le distal de l’exopodite des péréiopodes 2 porte deux soies internes.
Les endopodites des péréiopodes 2 et 3 ne sont pas modifiés, ce qui parait exceptionnel.
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous :
Exp.
Pi
Ps
Ps
P4
0-0-0.2.2
0-1-2.2.3
0-1-2.2.3
0-1-2.2.3
1-1-3
1-1-1.2.1
1-1-2.2.1
1-1-2.2.1
Les péréiopodes 5 ont nudheureusement été perdus au cours de la préparation.
La femelle est inconnue.
Affinités :
n est évident qu’une description aussi incomplète (les Aj et les Pj manquent) ne peut
donner lieu à aucune diagnose précise. On peut seulement noter quelques caractères apparen
tant ce mâle au genre Robergumeya Lang : pas de soie interne sur l’article proximd de l’exopo¬
dite des péréiopodes 2, et deux soies internes sur le distal de ce même exopodite. Mais l’absence
de dimorphisme sexuel au niveau de l’endopodite des péréiopodes 2 est aberrante et apparen¬
terait plutôt cet individu à la famille des Ameiridæ, au genre Pseudameira Sars par exemple,
bien que le dbtal de l’exopodite des péréiopodes 1 n’ait que quatre addendes.
Concernant la famille des Diosaccidæ, un stade copépodite non identifié a été trouvé
à la station 305, par 1 200 m de fond.
FAMILLE AMEIRIDÆ MONARD, LANG
GENRE SARSAMEIRA C. B. WILSON
Sarsameira parva (Boeck)
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 304, par 900 m de fond.
Longueur totale = 0,53 mm.
J’ai un peu hésité à attribuer cet individu à l’espèce S. parva en raison de quelques
différences avec la description de Sars :
— le baseoendopodite des péréiopodes 5 (F4. XLVI) est moins allongé que chez le
type;
— les endopoditesdespéréiopodes2 à 4 sont relativement plus courts que ne l’indiquent
les dessins de Sars ;
— l’opercule anal (PI. XLVI) est moins arrondi et porte des petites épinules;
— le segment anal porte de grandes épinules face interne;
— enfin, et surtout, les maxilies (PI. XLVI) ont deux endites au lieu d’un sur la syncoxa.
Pour faciliter des comparaisons ultérieures, j’ai représenté (PI. XLVI) les antennules
et le rostre, les antennes, les mandibules, les maxillipèdes, et tes péréiopodes 1.
Par ailleurs, la ebétotaxie des péréiopodes 2 à 4 est la même que celle de 5. parva Sars.
Un stade copépodite avancé (apparemment le dernier) appartenant probablement à la
famille des Ameiridæ a été récolté à la station 308, par 3 950 m de fond.
Source : Mt-JHN, Paris
78
PHILIPPE BODIN
Sarsamtira parva (Boeck) j
Source : MNHN, Paris
COPipODES HARPiCTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
79
FAMILLE CLETODIDÆ T. SCOTT
GENRE ENHYDROSOMA BOECK
Enhydrosoma wellsi ^ n. sp.
Matériel examiné ;
Une femelle adulte provenant de la station 307, par 2 050 m de fond. La dissection de
cet unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
CXL.
Description :
La forme générale du corps est classique pour le genre, avec une furca (PI. XLVII)
beaucoup plus longue que large (L = 1,7 fois la longueur du dernier segment abdominal).
Cette furca est armée d’une soie principale flanquée de deux sétules, avec quelques épinules
i la base. Deux courtes soies sont insérées dans l’angle dist^ externe; une soie articulée est
insérée sur une protubérance, dans la région médio*dors^e. Enfin, deux sétules sont fixées
sur le bord externe, un peu au-dessus de la protubérance dorsale.
Une rangée d’épinules borde la base du segment anal. L’opercule anal est semi-circulaire
et bordé de cdls; trois épinules sont insérées au-dessus de cet opercule.
Le rostre (PI. XLVII) est à peine prononcé, avec deux courtes soies sensorielles; il
est bordé de cils.
Les antermules (PI. XLVII) comptent cinq articles. Le premier article est orné de
quatre rangées transversales de cils. Le quatrième article est très court. Le cinquième comporte
cinq soies articulées sur son bord inférieur.
Les antennes (PI. XLVII) ont un exopodite à une seule petite soie.
Les mandibules (PI. XLVII) ont une præcoxa coudée, très simple. la coxa-basis est
armée de six soies.
Les autres pièces buccales n’ont pu être observées correctement.
Les péréiopodes 1 (PI. XLVII) sont normaux, avec l’article proximal de l’endopodite
plus court que l’article distal. La soie interne du basis est particulièrement longue.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XLVII) ont ceci de particulier que l’artide médian des
exopodites porte une soie interne, ce qui est en contradiction avec la diagnose du genre que
donne Lang (1948). Par contre, ce caractère inciterait plutôt à ranger cet individu dans le
genre Cletodes Brady, mais les artides distaux des exopodites des péréiopodes 3 et 4 ne sont
pas particubèrement allongés.
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous ;
Pl
P*
P*
0 -0-0.2.2
0 -1-0.2.2
0 -1-0.2.2
0 -1-0.2.2
0 -1.1.1
0-2
0 -1.1(2?).1
0 -1.2.1
n est difficile de dire si l’addendes interne du distal de l’endopodite des péréiopodes 3 est une
petite soie ou une épinule.
Les péréiopodes S (PI. XLVII) sont à exopodite distinct. Cet exopodite porte cinq
1. Je dédie amicalement cette espèce à J. B. J. Wells, du Hariachai College d’Aberdeen lEcosee,
Grande-Bretagne).
Source ; MtJHN, Paris
80
PHILIPPE BODIN
Source ; MNHN, Paris
COPÉPODE3 HARPACnCOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
81
soies, dont trois externes, une terminale et une interne. Le baseoendopodite est très court
et porte trob soies.
Le mâle est inconnu.
Affinités ;
E. toellsi se distingue de toutes les espèces connues du genre Enhydrosoma par la soie
interne au médian des exopodites des péréiopodes 2 i 4. H conviendrait peut-être alors d’élargir
la diagnose de ce genre, à moins que l’on considère les distaux des exopodites des péréiopodes 3
et 4 suffisamment allongés pour ranger cet individu dans le genre Cletodes.
GENRE FULTONIA T. SCOTT
Fullonia gascognensU n. Bp.
Matériel examiné ;
Une femelle ovigère provenant de la station 307, par 2 050 m de fond. La dissection
de cet unique exemplaire est conservée dans la collection personndle de l’auteur sous le numéro
cxxxvin.
Description :
La forme du corps est tout à fait normale pour le genre.
La fuica (PI. XLVUI) est presque quadratique, avec une protubérance dorsale sur
laquée s’insère une longue soie articulée. Deux soies plus petites sont fixées dans l’ange
distal externe qui est, de plus, armé de quelques épinules. Des épinules arment également
l’angle distal interne. Une autre soie est insérée près de la soie principale interne.
Ventralement, le bord distal du segment anal est orné, au-dessus de l’articulation de
chaque rame furcale, d’une rangée d’épinules; les deux extrémités de cette rangée sont mar¬
quées par deux grosses épinules. La face ventrale du segment anal s’orne, en outre, de six
grosses épinules intercaliées avec quatre plus petites. Le bord ventral de Tavant-demîer segment
abdominal est lui-même orné d’épinules de taille variable.
Les antennules (PI. XLVUI) comptent huit artides armée de nombreuses soies plu¬
meuses.
Les antennes (PI. XLVUI) ont un basis distinct portant un petit exopodite avec une
seule soie et quelques fines épinules.
Le labre est figuré PI. XLVIU.
Les mandibules (PI. XLVUI) sont caractéristiques du genre Fultonia : la præcoxa
se compose d’une pars incisiva large et finement striée, d’ime soie, et d’une lacinia mobilis
tridentée nettement distincte. L’exopodite est allongé et porte quatre soies; l’endopodite est
court et porte cinq soies. Deux soies sont insérées sur l’angle interne du coza-basis.
Les maxillules (PI. XLVUI) sont très proches de celles de F. bougisi Soyer : l’arthrite
de la præcoxa porte une soie latérale interne, six épines apicales (dont deux pectinées), et
deux soies superfidelles juxtaposées. La coxa est armée d’une forte épine terminale coudée,
de deux soies subterminales et d'une soie proximale externe représentant un épipodite. Les
màxillules de F. kirsuta T. Scott semblent également comporter cet épipodite, alors qu’il
n’est pas signalé chez F. bougisi. Le basis ne compte que trois soies, dont deux doivent repré¬
senter l’exo- et l’endopodite.
Les maxiiles (PI. XLVUI) ne comportent, comme chez F. bougisi, que trois endites
au total. Ced, comme le fait remarquer Soyer (1964 c), est en contradiction avec la diagnose
du genre Fultonia que donne Lang (1948) selon laqueUe les maxiiles comportent quatre
endites. Ce caractère n’est mdheureusement pas prédsé par Smirnot pour F. sofsi *. L’endite
proximd ne possède qu’une soie; l’endite médian possède un crochet barbdé et deux fines
soies; l’endite du basis porte deux crochets barbelés et une soie. L’endopodite comprend im
article avec deux longues soies.
Les maxUlipèdes (PI. XLVUI) ressemblent à ceux de F. bougisi, mais le premier artide
1. Nom. nov. (Lano, 1965) pour Argesiet sorti Smimov (1946).
8 564018 6
Source : MNHN, Paris
PHILIPPE BODI^
Source ; MNHN, Paris
COPÉFODES BABPACTICOIdES DU GOLFE DE GASCOGNE
de l’endopodite porte, en plus d’une rangée d’épinules, une soie pennée insérée vers l’extré¬
mité distale du bord interne. L’ornementation de l’ensemble est plus riche que celle des
maxillipèdes de F. bougisi.
Les péréiopodes 1 (PI. XLIX) sont très proches de ceux de F. bougisi.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. XLIX) sont plus originaux : l’endopodite des péréiopodes 2
ne compte que trois soies sur son article distal, alors qu’il y en a quatre chez les trois autres
espèces du genre. D’autre part, et d s’agit vraisemblablement là d’une anomdie, le distal de
l’exopodite des péréiopodes 4 compte, sur chaque rame, quatre épines externes.
La cbétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous :
Eiq).
Pi
Pa
Ps
P4
0-1-0.2.3
1-1-2.2.3
1-1-3.2.3
1-1-1.2.(4)
Enp.
1-1.2.1
1-1-1.1.1
1-1-1.2.1
1-1-1.2.1
Les péréiopodes 5 (PI. XLVIII) présentent une chétotaxie intermédiaire entre F. bougisi
bougisi et F. bougisi corallieola Soyer: la soie imique du baseoendopodite est plus longue
que chez les deux formes d-dessus. L’exopodite porte ime soie interne insérée juste sous la
soie apicale. On trouve, de plus, deux soies subterminales externes, trois petites soies médianes
externes et deux petites soies proximales externes.
Les œufs sont répartis en deux sacs de deux œufs chacun.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
Notre espèce se distingue de F. kirsuta T. Scott par la présence d’une soie interne sur
l'article proxûnJ de l’endopodite des péréiopodes 1 et surtout par la présence de trois endites
sur les maxilles, au lieu de quatre. SoYEH (1964 c) a déjà modifié la diagnose du genre dans ce
sens.
F. gascognensis se distingue également de F. sarsi (Smimov) par la chétotaxie des
péréiopodes : exopodite P„ endopodite Pj, exopodite P 4 et péréiopodes 5.
F. gascognensis se distingue enfin des deux formes de F. bougisi Soyer comme nous
l’avons vu plus haut.
Clé des espèces du genre Fultonia T. Scott
1. Premier art. de l’Enp. P, sans soie interne..
Premier art. de l’Enp. Pi avec 1 soie interne,
2. Art. distal de l’Enp. Pj avec 3 soies.
Art. distal de l’Enp. Pj avec 4 soies.
3. Benp. Pj avec 2 soies.
Benp. Pj avec 1 soie.
4. Art. disUd de l’Enp. P* avec 3 soies internes.
Art. distal de l’Enp. P* avec 2 soies internes.
F. hirsuta T. Scott
2
F. gascognensis n. sp.
3
F. sarsi (Smimov)
4
F. bougisi s. str. Soyer
F. bougisi corallieola Soyer
GENRE MESOCLETODES SAKS
Mesoeletodes soyeri ^ n. sp.
Matériel examiné :
Une femelle adulte provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection
de cet unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le
numéro CXXX.
1. Je dédie amicalement cette espèce à mon collègue J. SoYsa, maître assistant au Laboratoire
Arago de Banyuls-sui-Mer (Fiance).
Source : MNHN, Paris
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOlDES DtT GOLFE DE GASCOGNE
85
Description :
Longueui totîde = 1^8 mm (avec la furca); largeur au céphalothorax = 0,16 mm.
La forme est cylmdrique (PI. L), légèrement renflée au niveau du segment génital. Le
bord des segments est denticulé et orné d’êpinules qui se raréfient de l’avant vers l’arrière.
Un éperon chitineux arme la face dorsale du céph^othorax; un autre éperon, bilobé, arme la
face dorsale du segment anal. J’ai d’ailleurs proposé (Bodin, 1967) d’utiliser ce caractère
pour distinguer deux groupes àl’mtérieur dugenre Mesocletodes. Lalignedesuturedusegment
génital est latéro^lorsale.
La furca (PI. LI) est très longue. Elle porte deux soies juxtaposées au üers supérieur
du bord externe, une soie articulée au milieu du bord dorsal, une soie insérée au milieu du
tiers inférieur, et une soie principale flanquée de deux soies minuscules. De plus, cette furca
est ornée de nombreuses petites épinules ignées longitudinalement. L’angle distal externe
forme une dent chitineuse.
L’opercule anal est arrondi et lisse. Une soie sensorielle est insérée de part et d’autre
de cet opercule. Des épinules arment les bords du segment anal.
Le rostre (PI. LI) est pointu, avec deux petites soies sensorielles.
Les antennules (PI. LI) ont sept articles. Le bord ventral du premier artide présente
deux petites excroissances. Les qiiatre articles distaux sont subégaux.
Les antennes (PL L) sont très classiques, avec un exopodite uniarticuié portant deux
soies inégales. Le basis est très allongé.
Le labre a été figuré PI. L.
Les mandibules (PI. L) ont un palpe réduit, à sept soies.
Les maxillules (PI. L) ont un arthrite de præcoxa assez complexe où sont mêlés crochets
barbelés, épines et soies glabres. La coxa est prolongée par un puissant crochet. Le basis porte
cinq soies terminales et une soie basale externe.
Les maxilles (PI. L) ont trois endites : l’endite proximal ne porte qu’une soie, l’endite
médian porte une forte épine barbelée et une soie, enfin l’endite du basis porte deux épines
barbelées et une soie. L’endopodite est représenté par une petite protubérance portant deux
soies.
Les maxillipèdes (PI. L) ont un basis armé d’une longue soie plumeuse et d’une petite
soie ^abre. La surface de ce basis est ornée de deux rangées parallèles de longs cils. Le premier
article de l’endopodite est bordé d’épinules face interne et de cils face externe; le second
article de cet endopodite est prolongé par une soie pennée courbe.
Les péréiopodes 1 (PI. LI) sont, comme à l’ordinaire, très petits, avec un endopodite
à un seul artide (comme les autres pattes natatoires d’ailleurs).
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. T JT ) ont un endopodite uniarticuié avec trois soies.
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau cbdessous :
Pi
Ps
Ps
P4
0-0-4
0 -1-2.2.2
0 -1-2.2.2
0 -1-1.2.2
1 .1.1
1 .1.1
1 .1.1
1 .1.1
Les péréiopodes 5 (Pi. LI) ont un exopodite à quatre soies, orné de nombreuses épinules.
Le baseoendopodite porte deux soies, dont une très fine, et un pore. Un cil gr^e est fixé sur
une minuscule protubérance, au pied de l’exopodite, côté interne.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
Une dizaine d’espèces nouvelles est venue s’ajouter aux cinq mentionnées par Lang
dans sa monographie (1948) : elles diffèrent toutes de Mesocletodes soyeri. B serait fastidieux
de comparer cette espèce nouv^le à chacune des autres, mais on peut immédiatement la ranger
8 564019 6 6 a
Source ; Mt'IHN, Paris
86
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HABPACTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
87
Mesocleledts soyeri n. sp. j
Source : MNHN, Paris
PHIUPPE BODIN
daos le groupe < abyssicola » caractérisé par la présence d’un éperon dorsal chitineux sur le
céphaloüiorax et sur le segment anal. A l’intérieur de ce groupe, les espèces les plus proches
de M. soyeri sont M. abyssicola (T. A. Scott) et M. robustus Por (1965). La distinction entre
ces trois espèces est fondée essentidlement sur le nombre de soies de l’unique article des endo*
podites des péréiopodes 2 à 4.
Clé des espèces du genre Mesodetodes Sors
(d’après Soyer (1964 c) modifiée)
1. Ceph. et dernier segment abdominal sans
éperon dorsal. 2
Cepb. et dernier segment abdominal avec
éperon dorsal. 9
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HABPACTICOlOES DU GOLFE DE GASCOGNE
2. Enp. Pj à 2 articles.
Enp. Pi à 1 article.
3. Einp. Pt-P 4 à 1 articde.
Enp. Pj-P* à 2 articles.
4. Art. proximal des Enp. Pi-P 4 sans soie interne..
Art. proxim^ des Enp. Pi-Pi avec 1 soie interne.
5. Art. distal de l’Enp. Pi avec 3 soies.
Art. distal de l’Enp. Pi avec 4 soies.
6. Art. distal des Enp. Pa*P 4 avec 3 soies.
Art. distd des Enp. Pj-Pi avec 4 soies.
7. Enp. P*-P 4 à 2 articles.
Enp. Pj-Pa 4 1 artide.
8. Benp. P» à lobe interne bien marqué, avec
3 soies.
Benp. Pb à lobe interne peu marqué, avec
9. Enp. Pi à 2 articles.
Enp. Pi à 1 article.
10. Enp. Pï-Pi à 1 artide.
Enp. Pï-Pi à 2 articles.
11. Eu. aussi longue que le dernier segment abdo*
minai .
Eu. aussi longue que les deux derniers segments
abdominaux réunis.
12. Exp. Pb à 6 soies.
Exp. Pb à 5 soies.
13. Benp. Pb normal.
Benp. Pb avec saillie conique près de l’articula*
tion de l’Exp.
14. Enp. P**P 4 avec 4 soies.
Enp. P,*P 4 avec 3 soies.
Enp. P**p 4 avec 2 soies.
3
7
M. langi Smimov
4
5
6
M. fladensù Wells
Af. glaber Por
M. arenicoîa Noodt
M. irrasus (T. et A. Scott)
M. guillei Soyer
8
M. inemis Sara
M. makarovi Smimov
10
13
M. dolkkurus Smimov
11
Af. brevifuTca Lang
12
M. monensis (I. C. Thompson)
M. katkarinae Soyer
14
Af. batkybia Por
Af. Tobiistu$ Por
Af. soyeri n. sp.
M. abyssicola (T. et A. Scott)
GENRE EURYCLETODES SARS
Sous-genre : Oligocletodes Lang.
Eurycletodes (Oligo.) echinalu» Lang
Matériel examiné :
Une femdle adulte (PI. LUI) provenant de la station 308, par 3 950 ra de fond.
Très peu d’exemplaires de cette espèce sont connus : Tbolotype a été décrit par Lang
(1935,1948) d’après une seule femelle prélevée aux environs du Spitzberg, par 1 750 m de
fond; PoR (1965) lui a attribué (avec des réserves) quatre femelles ovigères trouvées dans le
Korsfjorden, près de Bergen, par 400 et 690 m de fond. Mon exemplaire serait donc, à ma
connaissance, le sixième.
Por (1%5) a hésité dans sa diagnose en raison de quelques différences morphologiques
et chétotaxiques. Malheureusement, mon exemplaire était défectueux et je n’ai pu vérifier,
par exemple, si l’ardde terminai de l’endopodite des péréiopodes 1 portait trois ou quatre
soies. Par contre, les péréiopodes 5 (P). LIV) ressemblent plus à ceux qu’a représentés Lang
( 1948) qu’à ceux de Poa (1965, p. 10). D’autre part, la soie devant représenter l’exopodite
des antennes (PI. UII) manque, mais son emplacement est marqué par une < cicatrice >; on
peut supposer que cette soie est tombée.
Pour des comparaisons ultérieures j’ai figuré la furca (PI. LIV), les antennules (PI. LUI),
le labre et les appendices buccaux (H. LUI). C’est ainsi que j’ai pu constater quelques petites
différences avec les dessins de Poa au niveau des mandibules et des maxilles.
Mon exemplaire mesurait 0,80 mm de long et 0,18 mm de large.
Source : MNHN, Paris
90
PHIUPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES EAHPACTICOIdES DU GOLFE DE GASCOGNE
91
riANCME IIV
Eurycletodes echinafui Lang g
Notons, à propos du genre Eurycletodes, que SoYER (1964 c) a été amené à reconsidérer
la distinction entre les sous<genres Eurycletodes s. str. et Oligocletodes Lang à la suite de la
découverte d’une espèce intermédiaire : E. ephippiger Por (1964), dont E. knoepffleri Soyer est
synonyme. Une nouvelle clé des espèces du genre Eurycletodes est proposée par cet auteur
(Soyer, 1964 c, p. 620 et 621).
GENRE STYUCLETODES LANG
Stylicletodea oligochaeta n. sp.
Matériel examiné ;
Une femelle ovigère provenant de la station 305, par 1200 m de fond. La dissection de
cet unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
CXLV.
Description :
Longueur totale = 0,36 mm environ.
Le corps (H. LV) est étroit et sa largeur diminue régulièrement de l’avant vers l’arrière.
La furca (PI. LV) est particulièrement longue : près de la moitié de la longueur du
corps. Elle porte deux soies proximales externes, une soie médio-dorsale articulée, deux petites
soies terminales encadrant la soie principide de la base de laqudle part une petite soie secon¬
daire.
L’opercule anal est arrondi et bordé d’une frange d’épinules.
Les anteimules (PI. LVI) comptent bien cinq articles, mais le quatrième semble presque
fusionné avec le troisième. Un petit asstbète est adjoint aux soies terminales du cinquième
artide.
Les antennes (PI. LVI) sont normales, avec un exopodite uniarticulé à deux soies, et
deux soies sur l’allobasis.
Les pièces buccales n’ont pu être observées correctement.
Les péréiopodes 1 (H. LV) sont classiques : endopodite presque aussi long que l’exopo-
dite, avec un artide basal très court et deux soies terminales.
Source : MNHN, Paris
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HAAPACTtCOlDES DD GOLFE DE GASCOGNE
93
Les péréiopodes 2 (Pi. LV) ont la même sétation que les premiers péréiopodes, mais
l’eodopodite est nettement plus court que l’exopodite. Les péréiopodes 3 et 4 (PI. LV) ne sont
pas conformes à la diagnose du genre telle que la donne Lang (1965) : iis n’ont en effet que
cinq addendes, au lieu de six, sur l’article distal des exopodites. De plus, l’im des endopoditea
des péréiopodes 4 est anormal : il ne comporte qu’un article avec deux soies.
La cbétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous :
Pl
P*
Ps
P4
0-0-0.2.2
0-0-0.2.2
0-0-1.2.2
0-0-1.2.2
ip
0-0.2.0
0-0.2.0
0-1.1.1
0-1.l.l
Slyliel»lod*s oligechatia n, sp. {
Les péréiopodes 5 (PI. LVI) sont normaux, avec un exopodite et un endopodite très
allongés. Une soie minuscule est adjointe à la soie interne de l’exopodite, et l’endopodite
porte cinq soies. A la base de l’exopodite, sur le baseoendopodite, on trouve une petite protu¬
bérance portant une courte soie. Ces cinquièmes péréiopodes sont relativement grands par
rapport aux autres pattes natatoires.
Cette fem^e portait deux œufs superposés.
Le mâle est inconnu.
Agités :
Toute l’origin^té de cette espèce nouvelle réside dans l’armature de l’article terminé
des exopodites des péréiopodes 3 et 4 qui n’ont que cinq soies et épines. De plus, l’endopodite
des péréiopodes 5 porte cinq soies au lieu de quatre. Ces caractères sufi5sent amplement à
fitire de St. oligockaeta une espèce distincte.
8 564018 $ 1
Sowce : MNHN, Paris
94
PHILIPPE BODIN
Stylicletode$ minutut n. sp.
Matériel examiné :
Une femdle adulte provenant de la station 311, par 700 m de fond. La dissection de
cet unique exemplaire est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro
CL VI.
Description :
Longueur totale » 0,42 mm; longueur de la furca = 0,105 mm.
La forme du corps est caractéristique, avec une furca très allongée (PI. LVU). L’orne¬
mentation de cette furca se compose d’une soie externe insérée vers le tiers proximal, d’une
soie médio-dors^e articulée, d’une petite soie distale externe, et d’une soie principale flanquée
de deux petites soies terminales.
L’opercule anal forme un curieux éperon cilié, comme celui que l’on trouve chez Sl
reductus Wells (1965).
Le rostre (PI. LVU) est allongé et, contrairement à l’habitude, n’est pas biflde.
Les antennules (PI. LVU) ont cinq articles plus un article basal.
Les antennes (PI. LVU) ont un court exopodite à deux soies. Une seule soie a été
observée sur l’allobasis.
Les appendices buccaux n’ont pu être observés correctement.
Les péréiopodes 1 (PI. LVU) sont normaux pour le genre, avec le premier artide de
l’endopodite très court. Le distal de cet endopodite ne porte qu’une soie.
Les péréiopodes 2 (PI. LVU) ont bien quatre addendes sur l’artide distal de leur exopo*
dite, et deux soies termindes sur le distd de l’endopodite. Par contre, l’article distal des exo-
podites des péréiopodes 3 et 4 (PI. LVU) n’ont que cinq addendes, au lieu des six requis
par la clé des genres que donne Lang (1965, p. 425). Les distaux des endopodites des péréio¬
podes 3 et 4 portent respectivement deux et une soies. Cet endopodite est très court pour le
second péréiopode.
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous :
Les péréiopodes S (PL LVU) sont également un peu exceptionnels en ce sens que le
baseoendopodite n’est pas très allongé. De plus, il y a une dissymétrie au niveau de ce base-
oendopodite : on observe trois soies d’un côté et deux de l’autre. Les exopodites portent trois
soies externes, une soie terminale et une soie interne. Ces soies sont toutes à peu près ^abres.
L’aire génitale a été figurée PI. LVU, avec un sperinatophore attenant.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
C’est en raison du précédent créé par St. oligochaeta (cf. ci-dessus) que j’ai rangé cet
individu dans le genre Stylicletodes : comme chez cette espèce, St. minutas ne compte que
cinq soies et épines sur l’article terminal des exopodites des péréiopodes 3 et 4. De plus, le
baseoendopodite de ses péréiopodes 5 n’est pas allongé comme le voudrait la diagnose du
genre. D convient donc d’élargir cette diagnose pour y admettre les deux nouvelles espèces
décrites ci-dessus.
Source : MtJHN, Pans
COPéPODES HARPACnCOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
95
Source : MNHN, Paris
96
PHIUPPE BODIN
Clé des espèces du genre Stylidetodes Lang
1. Opercule anal Domal.
Opercule and formant un éperon cüié...
2. AÂ. distal des Exp. Pr?* à S soies et
épines.
Art. distal des Exp. F3-P4 à 6 soies et
épines.
3. Fu. à base rétrécie, avec une grosse soie
proximde.
Fu. normale.
4. Art. distal des Exp. Ps‘P4 à 5 soies et
épines.
Art. distal des Exp. Ps-Pi à 6 soies et
épines.
2
4
St. oligochaeta n. sp.
3
St. veiisimilis Lang
St. longicaudatus (Brady et Robertson)
St. minutus n. sp.
St. reductus Wells
GENRE METAHUNTEMANNIA SMIRNOV
Synonyme : Apodella Por (1965).
Metahuntemannia dovpori ' n. sp.
Matériel examiné ;
Deux femdles adultes provenant de la station 308, par 3 950 m de fond. La dissection
de l’bolotype est conservée dans la collection personnelle de l’auteur sous le numéro CXXXIV.
Description :
Longueur totale = 0,43 mm; largeur au céphalothorax — 0,10 mm.
La forme générale du corps (PI. LVHI) est la même que celle de M. gorbunovi Smimov :
subcylindiique, légèrement plus large au niveau du tiers antérieur.
La furca (PI. LVIII) est très petite et anguleuse. EUe est armée de deux soies médianes
externes, d’une soie articulée médio-dorsale, d’une soie distde interne renflée à la base, d’une
soie principale également renflée à la base, base de laquelle se détache une soie secondaire,
et de quelques sétules.
L’opercule and est semi-circulaire et porte quatre grosses dents cannelées entre deux
dents plus petites et lisses.
Le rostre (Pi. LVIII) est conique, à extrémité arrondie entre deux soies sensorielles.
Les antennules (Pi. LVIU) ont cinq artides, bien qu’une fausse séparation soit visible
sur le second artide. C’est sans doute ce repli chitineux qui avait fait compter six artides à
SuiRNOT pour Af. gorbunovi. Le premier et le second artide sont armés de fortes épines,
dont une barbdée.
Les antennes (PI. LVIU) sont typiques des Qetodidæ, avec un exopodite réduit portant
deux soies. L’insertion de cet exopodite est très proche de la coxa et le basis ne porte qu’une
longue soie pennée.
Le labre (PI. LVIII) est armé de nombreuses épines et épinules.
Les mandibules (EH. LVIU) sont curieuses : le palpe comporte deux artides, dont le
distal porte deux soies.
Les maxillules ont été représentées PI. LVIU.
Les maxilles (EH. LVIU) ont trois endites : le proximal porte trois soies, le médian
en porte six, et le distd porte un crochet et une soie. L’endopodite se compose d’un article
avec deux soies.
Les maxillipèdes (EH. LVUI) sont simples, préhensiles. Le basis porte une grosse soie
barbelée.
1. Je dédie cette espèce au profeMeur F. Dov Poa, de t'Univeiuté de Jérusalem (letaël).
Source ; MNHN, Paris
COPÉPODES HAHPACTICOlDES DU GOLFE DE GASCOGNE
97
M»tahunl»mannia dovpori n. sp. ^
Source : Mh}HN, Paris
PHILIPPE BODIN
Les péréiopodes i (PI. LVIIl) sont caractéristiques du genre : l’endopodite est réduit
à une grosse épine émoussée présentant quelques denticules. L’exopodite est composé de
trois artides et recourbé vers 1’ < endopodite «. Ni le premier ni le second article de i’exopodite
ne portent de soie interne. L’article ^tal porte deux épines et une soie interne. Les épines
externes sont émoussées et présentent quelques denticules. Trois courtes épines arrondies
ocnent, de plus, le bord externe de l’artide proximal.
Les péréiopodes 2 à 4 (Pi. LIX) sont plus ordinaires, si ce n’est que, seul, l’endopodite
des pérdopodes 3 est triarticulé, les autres étant biarticulés. Les exopodites sont tous triarti-
culés. Le premier artide des endopodites est dépourvu de soie (de même que le second artide
de l’endopodite des péréiopodes 3), tandis que l’artide terminal porte deux soies distales pour
les péréiopodes 2, deux soies et une épine distdes pour les péréiopodes 3 et 4. Le médian des
exopodites des péréiopodes 2 à 4 a une soie interne, tandis que l’article proximal en est
dépourvu.
La chétotaxie des péréiopodes 2 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous :
Exp.
Ps
Ps
P4
0-1-1.2.2
0-1-2.2.2
0-1-2.2.2
Enp.
0-0.2.0
0-0-0.2.0
0-0.2.0
Les péréiopodes S (PI. LVUI) sont fusionnés en une lame très courte. Le baseoendopo-
dite porte deux soies égales plumeuses. L’exopodite compte trois soies : une minuscule interne,
une grande médiane et une petite externe. A ces trois soies s’ajoute, à l’extérieur, la longue
soie glabre du basis.
Le mâle est inconnu.
Affinités :
Depuis la création du genre Metakuntemannia par Smimov (1946) pour l’espèce
M. gorbunovi, deux autres espèces ont été décrites : M. spinosa (Klie) et M. crassa (Por).
M- dovpoii se distingue de M. gorbunovi et M. spinosa par la présence d’endopodites aux
Source : MtJHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DÜ COLFE t>E GASCOGNE
99
péréiopodes 2 à 4. Elle se distingue de M. crassa par la sétation de i’ezopodite des péréio*
podes 1 et celle des péréiopodes 5; de plus, les artides des péréiopodes 2 à 4 sont beaucoup
plus larges chez M. dovpori que chez M. crassa dont l’endopodite des péréiopodes 3 n’a,
d'autre part, que deux artides.
Metahuntemannia smirnovi * n. sp.
Matériel examiné :
Un mâle mature provenant de la station 307, par 2 050 m de fond. La dissection de cet
unique exemplaire est conservée dans la collection personndle de l’auteur sous le numéro
CXXXIX.
Description ;
Longueur totale = 0,45 mm.
La forme générale du corps (PI. LXI) est à peu près la même que cdle de M. dovpori.
La furca (PI. LX) est encore anguleuse, avec les mêmes soies que chez M. dovpori. Cependant,
la face interne forme un éperon plus prononcé, et la soie prindpale est beaucoup plus grosse
que chez M. dovpori. Cette soie prindpale se termine par une dent et une petite soie. Le
segment anal est orné ventrdement de qudques épinules, dont une longue médiane. Le bord
ventrd de l’avant'demier segment abdomind est également frangé d’épinules d’inégde
longueur.
Le rostre (PI. LXl) est moins large à la base que celui de M. dovpori, et son extrémité
est moins arrondie.
Les antennules (PI. LXl) sont chirocer et semblent comporter sept artides. L’æsthète
est très gros et très long.
Les antennes (PI. LXI) sont différentes de cdles de M. dovpori : l’exopodite est encore
plus réduit et ne porte qu’une soie, et le basis porte deux soies.
Les appendices buccaux n’ont pu être représentés convenablement, mais ffs sont
construits sur le même modèle que ceux de M. dovpori, en particulier le palpe des mandibules
avec ses deux artides et ses deux soies.
riANCHE LZI
Source : MNHN, Paris
100
PHILIPPE BODIN
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE 101
Les péréiopodes 1 (H. LX) sont du même type que ceux de M. dovpori, bien qu’un peu
différents : les épines sont plus effilées, l’exopodite n’est plus recourbé et la soie distale interne
est très longue; enfin, une longue soie pennée accompagne la grosse épine de l’endopodite.
L’ensemble parait donc moins aberrant.
Les péréiopodes 2 à 4 (PI. LX) sont égtdement plus < normaux » : les exopodites sont
tous triarticulés, tandis que les endopodites des péréiopodes 2 et 4 sont biarticulés et que l’endo-
podite des péréiopodes 3 est triarticulé, comme chez M. dovpori. L’endopodite des péréio*
podes 3 et une soie interne de l’endopodite des péréiopodes 4 sont sexudlement modifiés.
Le premier article des exo- et des endopodites est dépourvu de soie interne.
Les chétotaxies des péréiopodes 2 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous :
P*
Ps
P4
0-1-1.2.2
0-1-2.2.2
0-1-2.2.2
0-1.2.1
0-0-0.2.0
0-2.2.1
Les péréiopodes 5 (PI. LX) sont assez différents de ceux de M. dovpori : le basecendo-
podite est plus long que l’exopodite auquel il est fusionné; son bord interne forme une dent
chitineuse et il porte deux soies ciliées. L’exopodite porte quatre soies (au lieu de trois chez
M. dovpori), plus la soie externe du basis. La marge séparant l’endo- de l’exopodite est ornée
d’une plage hyaline.
La fem^e est inconnue.
Affinités :
La comparaison de M. smirnovi avec les autres espèces connues est difficile car nous
sommes en présence du premier mâle du genre Metakuntemannia. Les différences avec
M. dovpori ont été signdées tout au long de la description. La dé ci-dessous situera mieux la
position systématique de ces deux nouvelles espèces.
Clé des espèces du genre Metahuntemannia Smimov
1. Enp. Pj-Ps présenta. 2
Enp. PrPs absents. 4
2. Enp. Pj à 3 articles. 3
Enp. Pj à 2 artides. M. crassa (Por)
3. Art. distal de l’Enp. Pg avec 4 soies. M. smimovi n. sp.
Art. distal de l’Enp. P* avec 2 soies. M. dovpori n. sp.
4. Benp. Pg avec 2 soies. M. gorburwvi Smimov
Benp. Pj avec 1 soie. M. spinosa (Klie)
La station 311 (700 m) contenait, elle aussi, un individu au stade copépodite appartenant
certainement à la famille des Qetodidæ, sans qu’il soit possible d’en préciser ni le genre ni
l’espèce.
FAMILLE LAOPHONTIDÆ T. SCOTT
GENRE NORMANELLA BRADY
ISormanella aberrans n, sp.
Matériel examiné^ :
Un mâle adulte et une femelle juvénile provenant de la station 305, par 1200 m de
fond. Les dissections de ces exemplaires sont conservées dans la collection personnelle de
l’auteur sous le numéro CXLVI t? et 9.
Source : MtJHN, Paris
102
PHILIPPE BODIN
Description du mâle :
Longueur totale = 0,45 mm.
La forme du corps (PI. LXII) est tout à fait classique. Le bord dorsal des segments
abdominaux est finement denticulé.
La furca (Pi. LXII) est deux fois plus longue que large. Elle porte deux soies grêles
SUT le bord externe, une soie articidée dorsale, deux soies principales dont la plus externe est
nettement plus petite, et une soie terminale interne. L’opercule an^ présente une rangée
subdistale de petites dents et un bord frangé de longs cils.
L’extrémité du rostre est arrondie et les antennules sont chirocer.
Les antennes (PI. LXII) ont un exopodite qui, contrairement à la diagnose du genre,
ne compte que trots soies, dont deux terminales. Le basis n’est pas nettement séparé du pre¬
mier article de l’endopodite. Ce dernier porte une petite soie.
Des appendices buccaux, seuls les maxillipèdes ont pu être observés (PI. LXII).
Les péréiopodes 1 (PI. LXII) sont tdassiques pour le genre.
Les péréiopodes 2 (H. LXII) montrent un caractère exceptionnel pour le genre : l’artide
distd de l’endopodite ne porte que cinq soies. On retrouve ce caractère chez la sous-espèce
reducta Noodt de N. mucronata Sars. N. aberrant se distingue cependant de cette sous-espèce
par la présence de cinq soies au distal de l’endopodite des péréiopodes 4 (PI. LXH), au lieu
de quatre chez N. mucronata reducta. L’endopodite des péréiopodes 3 (PI. LXII) est transformé,
ce qui constitue une autre exception pour le genre.
Les péréiopodes 5 (PI. LXII) sont normaux, avec un baseoendopodite court, à deux soies,
et un exopodite aUongé, à quatre soies.
Les péréiopodes 6 (PI. LXII) forment deux étroites lames chitineuses juxtaposées por¬
tant deux soies.
Description de la femelle :
Mon unique exemplaire étant immature, je n’ai représenté que l’endopodite des péréio.
podes 3 et les cinquièmes péréiopodes de cette femelle.
Les dents du bord de l’opercule anal sont im peu plus longues que chez le mâle.
PLANCHE uni
Les antennules ont cinq articles.
L’endopodite des péréiopodes 3 (PI. LXUI) comprend deux articles, dont le distal
Les péréiopodes 5 (PI. LXIII) ont un exopodite à six soies et un baseoendopodite à
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HASPACnCOlDES DD GOLFE DE GASCOGNE
103
Source : MNHN, Paris
104
PHIUPPE BODIN
cinq soies; une sétule est insérée sur la face ventrde de ce baseoendopodite, sous la soie
médiane.
La chétotaxie des péréiopodes 1 à 4 est résumée dans le tableau ci-dessous :
Exp.
Pi
Pg
P4
0-1-0.2.3
0-1-1.2.3
0-1-2,2.3
0-1-2.2.3
Enp.
1-1.2.0
1-2.2.1
1-3.2.1
1-2.2.1
La diagnose du genre Normanella doit donc être élargie si l’on veut y admettre les
formes n’ayant que cinq soies à l’article distal de l’endopodite des péréiopodes 2.
Source : MNHN, Paris
COPÉPODES HARPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
RÉPARTITION DES ESPÈCES
TABLEAU B
Station 304 (900 m)
Bradya {Parabr.) atlantica;
Zosime batkybia;
Zosime paramajor;
Sarsameira parva.
Station 305 (1200 m)
Zosime atlantica;
Idyella kunzi;
Tachidiopsis bozici;
Slylicletodes oligochaeta;
Nonnanella aberrans.
Station 307 (2 050 m)
Balectiîiosoma gascognense;
Haîoschizopera noodti;
Enhydrosoma weüsi;
Metakuntemannia smimovi;
Fultonia gascognensis.
Station 308 (3 950 m)
Halectinosoma abyssicola;
Psammis longifurca;
Tachidiopsis sarsi;
Diarthrodes fahrenbacki;
Pseudomesockra aberrans;
Pseudomesochra (?) perplexa;
Diosaccidae gen. et sp.?
Metakuntemannia dovpori;
Eurycletodes {Oügo.) echinatus;
Mesocletodes soyeri.
Station 311 (700 m)
Cerviniella îangi;
Typhlampkiascus confusus;
Typhlampkiascus graciîis;
Paramphiascella (?) faurei;
Stylicletodes minutas.
Station C (4 850 m)
Cerviniella lagarderei.
Du point de vue qualitatif, la station 308 (3 950 m) est nettement la plus riche.
106
PHIUPPE BODIN
CONCLUSION
Cette étude a porté sur six pr^èvements effectués dans les vases profondes de l’étage
bathyal (stations 304, 305 et 311) et de l’étage abyssal (stations 307, 308 et C). E^e a permis
l’examen de 47 copépodes appartenant à 29 espèces différentes, dont 25 sont nouvelles pour la
science. Ces espèces sont réparties en 20 genres et 9 familles. Qualitativement, la famille la
mieux représentée est la famille des Cletodide, avec 8 espèces ; ceci parait normal, étant donné
la prédilection des représentants de cette famille pour les fonds de vase.
Malheureusement, plusieurs individus étaient défectueux, et leur description reste
provisoirement incomplète. Mais des précisions utiles ont pu être apportées concernant quel<
ques genres archaïques et mal connus teb que Cerviniella Smimov, Tachidiopsis Sars, Meta-
kuntemannia Smimov. En effet, beaucoup de ces espèces nouvelles pourront être considérées
comme des formes intermédiaires de l’évolution des Harpacticoldes. Ces formes m’ont d’ail¬
leurs amené à élargir la diagnose de quelques genres ; Pseudomesochra T. Scott, Tachidiopsis
Sars, Stylicletodes Lang, Normanella Brady. De plus, il est remarquable de constater le nombre
relativement important d’anomalies morphologiques et de dissymétries rencontrées chez des
individus vivant dans des conditions écologiques aussi stables que celles qui régnent aux
grandes profondeurs. On peut alors penser que les fortes pressions qui s’exercent dans les
grands fonds favorisent les mutations et peuvent, à la longue, engendrer des phylums inter¬
médiaires à partir de types archaïques.
D’autres prélèvements ont été et seront effectués dans les vases profondes du golfe
de Gascogne. Je suis convaincu de l’intérêt systématique et écologique de leur étude, car la
faune harpacticoldienne de ces fonds semble riche et variée.
Source : MNHN, Pans
COPÉPODES HABPACTICOIDES DU GOLFE DE GASCOGNE
107
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
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IMPRIMERIE NATIONALE — 8 564019 0
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Pons