V- I
H w x,so
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME LVHI
FASCICULE 2
François RAMAI) E
DONNÉES HISTOLOGIQUES, HISTOCHIMIQUES
ET ULTRASTRUCTURALES
SUR LA PARS INTERCEREBRAUS DE MUSCA DOMESTICA L.
PARIS
ÉDITIONS DD MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1969
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
L 1
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Tome LVIII, Fane. 2
• DONNÉES HISTOLOGIQUES, HISTOCHIMIQUES
ET ULTRASTRUCTURALES
SUR LA PARS INTERCEREBRAUS DE MUSC A DOMESTICA L.
par
François RAMADE
SOMMAIRE
Pages
I. INTRODUCTION. 114
II. MATÉRIEL ET MÉTHODES. 115
III. CARACTÈRES HISTOLOGIQUES ET HISTOCHIMIQUES DES CELLULES NEUROSÉCRɬ
TRICES CÉRÉBRALES. 115
A. Anatomie microscopique de la pars intercerébralis . 115
B. Étude histologique et histochimique des cellules neurosécrétrices cérébrales. 117
1. Histologie des cellules neurosécrétrices. 117
2. Histochimie des cellules neurosécrétrices. 122
3. Variation d’activité des cellules neurosécrétrices en fonction de l’âge. 124
C. Répartition des cellules neurosécrétrices dans les diverses régions cérébrales de Musca
domestica L. 128
D. Les cellules vacuolaires. 131
IV. ULTRASTRUCTURE DE LA PARS INTERCEREBRALIS . 131
V. RÉSUMÉ ET DISCUSSION. 135
BIBLIOGRAPHIE. 138
8 564031 6
1 Source : MNHN, Paris
114
FRANÇOIS RAMADE
I. INTRODUCTION
Les données histologiques et histochimiques sur les neurosécrétions dans le système nerveux central
des Diptères brachycères adultes sont relativement peu nombreuses et fragmentaires.
Nayar (1955) a publié une description des cellules neurosécrétrices du cerveau et du ganglion thora¬
cique de Chaetodacus cucurbitae (Trypetidae). Miller (1950), Kopf (1957) et Rensing (1966) ont effectué
un travail similaire chez Drosophila melanogaster, Dr. hydei et Dr. funebris. Hsiao et Fraenkel (1966)
ont examiné la répartition des cellules A et B dans le système nerveux central de Phormia regina Meig. et
tenté vainement de déceler les éléments qui élaborent le bursicon.
Arvy et Gabe (1963) ont pratiqué toute une série de tests histochimiques sur le cerveau de Calliphora
erylhrocephala, mais ils n’ont étudié qu’un nombre restreint d’insectes sans référence à leur état physiolo¬
gique. M. Thomsen (1965) a publié une étude détaillée et d’une grande précision histologique sur les cellules
neurosécrétrices cérébrales de Calliphora erythrocephala, complétée par des observations sur les effets du
régime alimentaire et de l’âge sur l’activité de ces dernières; ce travail a cependant l’inconvénient de n’avoir
fait appel qu’à une réaction signalétique à la fuchsine paraldéhyde, et de plus, d’être dépourvu de données
histochimiques. En outre, Calliphora erythrocephala a fait l’objet de la seule étude en microscopie électro¬
nique des cellules neurosécrétrices médianes d’un Diptère (Bloch, E. Thomsen et M. Thomsen, 1966),
travail qui a été publié peu avant notre note préliminaire sur l’ultrastructure de la pars intercerebralis chez
Musca domestica (F. Ramade, 1966). Plus récemment, Possompes et coll. (1967) ont étudié les variations
d’activité des cellules neurosécrétrices protocérébrales chez Sarcophaga en relation avec le développement
ovarien.
En ce qui concerne la mouche domestique, il nous faut signaler les publications de Grandori et Care
(1951, 1954), lesquels ont décrit l’existence de gliocytes géants et de cellules neurosécrétrices colorables à
l’hématoxyline chromique dans la pars intercerebralis de cette espèce. Enfin, Grandori (1955), dans une note
plus détaillée, réalisée en utilisant la technique de Gomori à l’hématoxyline chromique phloxine, a étudié les
variations d’activité des cellules neurosécrétrices hématoxylinophiles pendant la vie nymphale et imaginale
de Calliphora erythrocephala et de Musca domestica.
Certes, depuis la découverte par Weyer (1935) des cellules neurosécrétrices dans le cerveau de l’abeille
domestique, de très nombreux travaux ont été consacrés à leur étude chez d’autres insectes. Toutefois, malgré
la multiplicité des recherches entreprises, on ne sait à peu près rien aujourd’hui encore, sur la nature des
neurohormones protocérébrales et sur leur localisation in situ dans les cellules qui les élaborent. Par ailleurs,
on discute toujours sur l’unicité ou la pluralité des types cellulaires mis en évidence; les différences d’affinité
tinctoriale que 1 on observe, correspondraient, selon certains auteurs, à des cellules neurosécrétrices de caté¬
gories distinctes ayant chacune leur neurosécrétion propre, ou selon d’autres, aux diverses phases du cycle
sécrétoire d’un unique type cellulaire.
K Af^° US aVOns tent ^’ ce m ^ m °ire, de réaliser une étude d’ensemble des neurosécrétions cérébrales
c ez usca domestica par l’usage de techniques histologiques, histochimiques et de la microscopie électro¬
nique et de déterminer leurs variations d’activité en foncüon de l’âge. Nous espérons que les faits expéri-
men aux que nous avons dégagés contribueront à résoudre quelques-uns des problèmes fondamentaux de
neuro-endocnnologie évoqués ci-dessus.
de Re d ’ ,b ® d “*'“P œé de O»* recherches, U nous est agréable de remercier M me M. Raabe, Maître
Mît rIJ»! aU ses suggestions et conseils, ainsi que notre ancien élève et collaborateur
RE ’ 3331913111 a * I-N.R.A. qui a réalisé plusieurs des réactions histochimiques auxquelles nous
avons eu recours.
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA L.
115
II. MATÉRIEL ET MÉTHODES
Nos recherches ont été effectuées uniquement sur des femelles adultes de Musca domestica L. Les conditions d’élevage ont
été décrites par ailleurs l . Les mouches furent isolées dès leur sortie du puparium afin d’obtenir des échantillons de population d’âge
bien déterminé.
Pour les études histologiques classiques, les mouches furent anesthésiées rapidement au COs décapitées et disséquées dans le
liquide physiologique d’Ephrussi et Beadle (1934), puis plongées dans le mélange fixateur. La plupart des fixations ont été réalisées
au Helly (24 h à la glacière) ou au Bouin (72 h à la température ordinaire). En outre, quelques cerveaux furent fixés au Champy et
au Camoy. Après double inclusion gélose-paraffine, la plupart des coupes furent exécutées à 5 p. au microtome Leitz(lame Spencer).
Nous avons pratiqué quelques colorations d’histologie courante : hématoxyline ferrique eosine, hemalun ponceau de xylidine,
acide phosphomolybdique, vert lumière (Patay, 1934), hemalun-picro-indigo-carmin, dans le but d’étudier l’anatomie microscopique
du cerveau.
L’identification des cellules neurosécrétrices a été effectuée après coloration de Gomori à l’hématoxyline chromique phloxine
(les cerveaux fixés au Bouin ont donné les meilleures images), ou à la fuchsine paraldéhyde (dans ce cas, c’est après fixation au Helly
que nous avons obtenu les colorations les plus intenses) et à l’azan. Quelques réactions à la thionine paraldéhyde et au bleu Victoria
furent aussi pratiquées.
La recherche des acides nucléiques a été réalisée par la réaction de Feulgen et par coloration au vert de méthyle-pyronine, au
bleu de toluidine tamponné au pH 4,6 et à la gallocyanine selon Einarson. Les mucopolysaccharides et les glycoprotéines furent carac¬
térisés par la réaction de l’APS.
L’identification des protéines riches en cystéine et en cystine fut réalisée à l’aide des colorations au R-S-R, au ferricyanure
ferrique (Chevremont et Frédéric, 1942), à l’acide performique bleu Alcian (Adams et Sloper, 1956), au D-D-D (Barnett et Selic-
man, 1952) et au néotétrazolium. La réaction argentaffine s’est avérée négative.
Enfin la recherche des phospholipides a été effectuée à l’aide des techniques de Ciaccio au noir Soudan et de celle au « Luxol
Fast Blue ».
Pour les travaux de microscopie électronique, les dissections furent réalisées directement dans le fixateur, les mouches étant
anesthésiées au préalable au COa ou à l’éther, puis décapitées rapidement. Notons toutefois qu’aucune différence ultrastructurale
n’a été observée entre cerveaux d’un même lot de mouches décapitées sans anesthésie préalable ou après anesthtsie au COa ou à
l'oxyde d’éthyle.
Nous avons utilisé pour les fixations de l’acide osmique à 2 % tamponné à pH 7,6 (tampon phosphate de Millonig), pendant
2 à 4 heures à la glacière. Cependant nous avons réalisé en outre, dans quelques cas, une préfixation d’une heure dans une solution
de glutaraldéhyde à 2,5 % suivie d’un lavage de 30 minutes dans le tampon phosphate (Millonig II) ; cette méthode modifie beaucoup
l’aspect des mitochondries des neurones.
Les cerveaux ont été inclus après un bref lavage suivi d’une déshydratation dans de l’Araldite ou de l’Epon. Les meilleurs résul¬
tats furent obtenus après fixation pendant 3 heures à la glacière dans de l’acide osmique à 2 % tamponné à pH 7,6 (Millonig II)
suivie d’inclusion à l’Epon.
Les coupes ultrafines ont été exécutées avec les ultramicrotomes Reichert OMU I et II, et examinées au microscope électro¬
nique Hitachi HS 7 après double coloration à l’acétate d’uranyle et au citrate de plomb (Reynolds, 1961).
III. CARACTÈRES HISTOLOGIQUES ET HISTOCHIMIQUES
DES CELLULES NEUROSECRÉTRICES CÉRÉBRALES
A. ANATOMIE MICROSCOPIQUE DE LA PARS INTERCEREBRALIS
DE MUSCA DOMESTICA
A l’image de ce que l’on observe chez les autres insectes, la pars intercerebralis de la mouche domes¬
tique est située dans la région médio-dorsale du cerveau, entre les deux lobes protocérébraux, un peu en
avant du pédoncule ocellaire, lequel résulte de la confluence des trois nerfs ocellaires en un faisceau unique
(cf. fig. 1, Poe).
La surface cérébrale est en général de forme convexe au niveau de la pars intercerebralis mais il existe
des variations individuelles car, chez quelques individus elle peut être concave. Dans un cas, nous avons même
observé que la surface dorsale du cerveau présentait un profond sillon occupé par de nombreux adipocytes,
cette disposition, atypique sinon aberrante chez la mouche domestique serait fréquente chez Calliphora
selon Thomsen (1965).
1. Cf. F. Ramade, Annales de l'I.N.A., t. V., 1967 (1968), p. 1-267.
Source : MNHN, Paris
116
FRANÇOIS RAMADE
En coupe transversale la pars intercerebralis se loge dans un sillon délimité par la surface des neuro¬
piles, dont la profondeur va croissante d’avant en arrière, tandis que sa section, d’abord en V très ouvert,
prend une forme en U (cf. fig. 2 a et b). Elle est contiguë avec divers groupes de neurocytes et en profondeur
avec le neuropile protocérébral. A la partie externe, dans sa région centrale, elle entre en contact avec le
perineurium dont elle n’est séparée que par une mince couche de glioplasme, dont les noyaux s’observent
karTonü P de S ^uronM^ll l ^ e r ,eaU . < u^ ne domestique. On remarque au-dessous du pédoncule ocellaire, dont 3 péri-
sécrétrice B Au A-mmu 8 ° M ^ len V13lbles ’ la présence de plusieurs cellules neurosécrétrices A et d’une cellule neuro-
Au-dessous existent quelques neurones géants et deux cellules vacuolaires (Cv).
géante deGnmdoriet CuvMtk ® entral; C J’ cell “ les vacuolaires; Fm, faisceau médian; g, globuli; G, cellule névroglique
Poe, pédoncule ocellaire; Sa, sfes aérien! •T^d^t^uad^ra 6 ' 18 ' 16 ’ Npl ’ neUr0pÜe; Pc ’ p0Dt cérébrai; Pn > perineurium;
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCBREBRAL1S DE MUSCA DOMESTICA L. 117
par place. A la limite de la pars intercerebralis et des lobes latéraux, on observe de nombreux globuli et des
neurones de plus grande taille 1 qui s’entremêlent plus ou moins avec les cellules neurosécrétrices. Sur cer¬
taines coupes les neurones d’association ocellaires sont bien visibles dans la partie supéro-postérieure de
la pars intercerebralis et à la base du pédoncule ocellaire.
Deux gros troncs trachéens s’accolent au périlemme et pénètrent à l’intérieur du cortex cérébral;
ils se divisent, dans la partie profonde de la pars intercerebralis, en plusieurs faisceaux trachéolaires : un
d’entre eux, constitué de 5 à 7 trachéoles, est particulièrement reconnaissable au fond du sillon protocérébral
(cf. pl. VI et fig. 2b). On observe en outre dans la pars intercerebralis 4 gliocytes géants.
Les neurones constituant la pars intercerebralis sont surtout représentés par des cellules neurosécré¬
trices et des neurocytes géants, entre lesquels on observe certaines cellules vacuolaires dont nous avons donné
une description plus détaillée dans une note préliminaire (F. Ramade, 1968).
B. ÉTUDE HISTOLOGIQUE ET HISTOCHIMIQUE
DES CELLULES NEUROSÉCRÉTRICES CÉRÉBRALES
1. Caractères histologiques des diverses catégories de cellules neurosécrétrices
II est d’usage, à la suite des travaux de Nayar (1955), sur la pars intercerebralis d ’lphita limbata Stal
et ceux de Johansson sur le Lygaeide Oncopeltus fasciatus Dali., de distinguer parmi les cellules neurosé¬
crétrices diverses catégories dénommées A, B, C et D. Selon Nayar, les cellules A sont colorables en bleu par
l’hématoxyline chromique et en rouge par l’azocarmin (coloration d’azan) tandis que les cellules B sont
phloxinophiles et se colorent en bleu au bleu d’aniline de l’azan. Le terme de cellule Gomori positive semble
avoir été généralisé par Bern (1962). Il désigne les cellules neurosécrétrices A et B qui réagissent positivement
aux réactions de Gomori : hématoxyline chromique et fuchsine paraldéhyde (les cellules C d 'Oncopeltus
appartiendraient selon Johansson à cette catégorie). Les cellules C des phasmides (Raabe, 1965) et les neu¬
rones dénommés par divers auteurs cellules D appartiennent au contraire au groupe Gomori négatif.
Nous nous heurtons ici à un des problèmes majeurs de l’histo-endocrinologie, celui des critères d’iden¬
tification des cellules neurosécrétrices d’après leurs affinités tinctoriales et leurs caractères histologiques.
Bern (1962), Bern et Hagadorn (1965) ont souligné la nature contingente de la définition d’une activité
neurosécrétrice fondée sur les seuls critères morphologiques et de colorabilité : l’existence de matériel
Gomori négatif dans certaines cellules neurosécrétrices du système nerveux central ou dans des localisations
périphériques comme les organes périsympathiques des Phasmides (Raabe, 1965), mais aussi la grande variété
d’inclusions acidophiles (dont les neuromélanines et autres pigments) se colorant à l’azocarmin ou même
à la phloxine, incitent à la prudence. Rappelons aussi que même la présence de grains denses au niveau ultra-
structural n’est pas un indice absolument certain d’une telle activité, ainsi Bern indique que chez la sangsue
Theromyzon rude, tous les neurones cérébraux renferment de tels granules alors qu’en réalité seulement
5 % d’entre eux possèdent réellement une fonction neurohumorale. Cependant on s’entend actuellement pour
considérer que l’existence d’un cycle sécrétoire lié à un ou plusieurs facteurs de nature physiologique (âge,
régime alimentaire, sexualité) ou la présence de modification dans la charge cytoplasmique en matériel neuro-
sécrété, provoquées par des manipulations expérimentales, constituent un indice certain d’une fonction neuro¬
endocrine. Toutefois, la preuve formelle d’une élaboration de neurohormones réside dans l’isolement d’agents
biochimiques provoquant des effets physiologiques mesurables.
En définitive, nous ne disposons pas encore de critères histologiques ou histochimiques permettant
d’identifier catégoriquement une activité neurosécrétrice, ce qui complique beaucoup la mise en évidence des
éléments neurosécréteurs Gomori négatifs.
Avec Johansson (1958) et Highnam (1961), nous distinguerons quatre catégories de neurones dans la
pars intercerebralis de la mouche domestique. La première que nous dénommons neurones oc correspond aux
neurones géants (cellules D de Johansson), les trois autres (neurones P) sont constituées par les cellules neuro¬
sécrétrices. Les neurones a dont l’activité neurohumorale est douteuse présentent une forte basophilie cyto¬
plasmique assez uniforme : leur cytoplasme, très pyroninophile se teinte en bleu avec l’hémalun dans les
1. Nous dénommons ces derniers neurones type 8; ils présentent un noyau faiblement Feulgen positif alors que celui de»
globuli est beaucoup plus riche en chromatine.
Source : MNHN, Paris
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FRANÇOIS RAMADE
1
2
tion de cerveau fixé au Hellv ** ” üiü*» °n poslér ‘ eurcs de la pars intercerebralis. Dessins effectués d’après une pi
la présence de 8 cellules • * 1 » » * 0ration à * a ^ uc ^ s ’ ne paraldéhyde hemalun picro-indigo-carmin. On rer
neurones géants) et 3 c*d!nl«. tI , < ^ 8 ^ ce ** u ^ es “eurosécrétrices A’, 16 B et 12 neurones Gomori négatifs (cellul
B«n s, d cellules vasculanes en bas et à droite du dessin n° p. 119.
-- ou ua» ei a aroite du dessu
G, noyau de gliocyte géant de Grandori et Care; Pb, périblaste.
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRAL1S DE MUSCA DOMESTICA L.
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Source : MNHN, Paris
120
FRANÇOIS RAMADE
trichromiques que nous avons utilisés pour l’histologie courante. Au contraire, les cellules neurosécrétrices,
bien que basophiles, présentent dans leur cytoplasme des plages acidophiles d’étendue variable, colorables
au ponceau de xylidine (Patay) ou au picro-indigo-carmin.
Les cellules neurosécrétrices se répartissent en deux groupes. Le premier groupe renferme des cellules
de type A et B, Gomori positives, qui sont les plus nombreuses, le second des cellules de type C, Gomori
négatives. Toutes les cellules neurosécrétrices et a fortiori les neurones géants (a) se caractérisent par un
noyau plus grand et un cytoplasme plus abondant que ce que Ton observe dans les autres neurones protocéré¬
braux. Elles se présentent sous l’aspect de neurones unipolaires, aux contours piriformes ou subovoïdes.
Parmi les différentes colorations que nous avons utilisées, c’est pour l’azan qu’elles présentent les plus grandes
affinités tinctoriales, leur cytoplasme hébergeant alors des flaques de matériel coloré de façon plus ou moins
intense. Cependant, dans des colorations surcolorées à l’azan, on peut mettre en évidence dans certaines cel¬
lules neurosécrétrices des granulations présentant une affinité pour le bleu d’aniline.
Le noyau des cellules neurosécrétrices possède un vrai nucléole bien sphérique et un bloc hétérochro-
matique colorable au feulgen et au vert de méthyle dans le test de Unna. Par ailleurs comme celui des neurones
géants, il ne se colore pas par le réactif de Feulgen, ce qui contraste avec la forte réaction positive des neurones
normaux qui entourent la pars intercerebralis.
Les cellules A sont surtout localisées à la partie externe de la pars intercerebralis, parfois à proximité
du perineurium avec lequel certaines sont en contact direct, n’en étant séparées que par leur enveloppe gliale.
Leur cytoplasme se colore en rouge vif à l’azocarmin et présente des amas granulaires qui prennent fortement
une teinte bleue à l’hématoxyline chromique ou violet pourpre à la fuchsine paraldéhyde (sauf chez les indi¬
vidus jeunes).
Très chromophile, le cytoplasme des cellules A retient aussi fortement la thionine paraldéhyde et le
bleu Victoria. Le matériel neurosécrété qu’il renferme se teinte en jaune vert par le picro-indigo-carmin et
en rouge vermillon au ponceau de xylidine. Une étude détaillée des cellules A, reposant sur l’examen de plu¬
sieurs centaines de coupes après coloration de Gomori, nous a conduit à en distinguer deux groupes : 1° Un
groupe de cellules de type A (sensu stricto) au noyau oblong, disposées en surface, dont les granules de neuro¬
sécrétion sont confluents en grande plages à surface rugueuse qui se colorent en violet sombre par la fuchsine
paraldéhyde. Celles-ci sont les plus nombreuses car nous en comptons 8 à 9 sur un total de 11 cellules neuro-
sécrétrices de type A (sensu lato) nombre que Ton observe en moyenne dans la pars intercerebralis; 2° Un
groupe de cellules que nous dénommerons de type A’, au nombre de 3 à 4 selon les individus, caractérisées
par un noyau subsphérique plus volumineux et un cytoplasme plus abondant; leur neurosécrétion plus fine¬
ment granulaire prend à la fuchsine paraldéhyde un aspect plus pâle se rapprochant de la teinte des cellules
neurosécrétrices de type B. Ces cellules A’ sont toujours localisées dans la partie postérieure de la pars inter¬
cerebralis, à la limite du nerf ocellaire, en profondeur, intercalées entre les cellules B ou même sises au-dessous
de ces dernières, en contact avec des neurones de type a.
Remarque. — La fuchsine paraldéhyde ne permet pas de distinguer les catégories A et B avec certitude chez des mouches
jeunes, âgées de moins de 7 jours. Certaines cellules neurosécrétrices (cellules de type A sensu stricto) prennent avec ce colorant
une teinte violet sombre (réaction colorée que nous désignons PF + + +) d’autres (type A’ et type B) une teinte violet pâle (PF +),
niais î existe des éléments se colorant de façon intermédiaire et l’examen d’un grand nombre de cerveaux prélevés sur des femelles
f„“! 3 n ™ s “ “ on,r f t I^ e ' e groupe des cellules de type A sensu stricto repérable par leur localisation, pouvaient même se ranger dans
tion* + ( ' eS réactl0n3 tinctoriales PF + + et PF + ne désignent donc, chez les individus jeunes, que des intensités de colora-
irirr Pleure de séparer avec certitude les catégories A et B : rappelons en outre que Thomsen utilisant uniquement
de neiirnoAM^t; ° 62 i eiythrocephala, et ayant observé cette variabilité dans l’intensité de la coloration violette des flaques
ion, sugg re qu il n existerait qu’une seule catégorie cellulaire dans la pars intercerebralis de cette espèce.
. , ^ C f l t ules B a u nombre de 16 en moyenne; elles sont situées au-dessous des cellules A ou intercalées
eramlptîdH T S neuro9écrétri . ces A les moins superficielles. Elles se distinguent des premières par leur plus
moins rém.f; T n °^ aU P ara ^ ovoi< fe niais examiné aux plus forts grossissements, ses contours deviennent
distingue dT a îj ” pj^asme, plus abondant que celui des cellules A est fortement phloxinophile. On y
intercalaire i ^ 68 co ora ^ es en violet pâle à la fuchsine paraldéhyde, incluses dans une substance
SSéS SX pyromnophile. Ces plages, correspondent au matériel neurosécrété, prennent avec
,e - «+• «7 2ZL' sïïr p,s un , “ pec, rugueui “ mme
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRAL1S DE MUSCA DOMESTICA L.
121
A. Girardie et J. Girardie (1967) signalent dans les cellules neurosécrétrices de Locusta l’existence
de grains denses fuchsinophiles, distincts du matériel neurosécrété, et qu’ils identifient à des lipofuchsines.
Après coloration à l’azan, nous observons des granulations fuchsinophiles rares et dispersées dans les neurones
géants, mais pas dans les cellules neurosécrétrices de type A ou B. Les plages de neurosécrétion sont très forte¬
ment colorables à l’azocarmin, aussi bien dans les cellules neurosécrétrices A que B.
Les cellules C. Ces éléments sont plus difficiles à mettre en évidence que les précédents. Leurs carac¬
tères histologiques paraissent d’ailleurs plus variables selon les familles d’insectes. Contrairement aux obser¬
vations de Johansson, chez Oncopeltus, et à celles de Girardie chez Locusta, où leur taille est supérieure à
celle des autres cellules neurosécrétrices de la pars intercerebralis, nous constatons chez la mouche domestique
qu’elles sont de dimensions assez variable mais n’excèdant jamais celle des cellules B. Les cellules neurosécré¬
trices de type C ne sont colorables qu’à l’azan, au picro-indigo-carmin et au ponceau de xylidine; toutefois,
elles prennent l’Azan de façon plus pâle que les cellules neurosécrétrices Gomori positives. Leur nombre
est nettement moindre; nous en avons dénombré de 3 à 6 avec une localisation moins précise que pour les
catégories précédentes, entre lesquelles elles sont dispersées. A l’opposé des cellules C d 'Oncopeltus, celles
de Musca ne présentent aucune affinité pour la fuchsine paraldéhyde.
Tableau I. — Caractères histologiques et proportions relatives des differentes cellules neurosécrétrices
dans la pars intercerebralis de Musca domestica L.
Type
Picro-indigo-
carmin
Ponceau
de xylidine
Hématoxy-
chromiquc
phloxine
Fuschine
paraldéhyde
Thionine
paraldéhyde
Nombre
moyen
de CNS
Extrêmes
A
+ +
rouge pâle
+
+
hématoxy-
bleu sombre
+ + +
+ ++
+ + +
8
8-13
A'
jaune-vert
+ +
+
+
hématoxy-
bleu sombre
+ + +
+ +
+ +
3-4
B
vert bleu
+ + +
+
+
(phloxine)
+
±
16
13-19
C
vert bleu
+ + +
orange
+
+
-
-
-
4?
3-6?
Les neurones géants. Les cellules a sont disposées au-dessous des cellules neurosécrétrices dans la
partie profonde de la pars intercerebralis. Nous en observons 7 en moyenne, remarquables par leur forte
basophilie cytoplasmique qui leur confère des affinités tinctoriales très différentes de celle des cellules neuro-
sécrétrices. Elles ne se colorent ni au réactif de Gomori ni à l’azan. Leur cytoplasme de structure finement
granulaire prend toutefois très légèrement une teinte violette sur les préparations surcolorées à la fuchsine
paraldéhyde. Thomsen qui a décrit ces éléments chez Calliphora a noté ce même comportement à l’égard
de ces colorants. Mais chez la mouche domestique les neurones géants situés dans les parties les plus profondes
de la pars intercerebralis présentent un cytoplasme d’aspect particulier, pourvu d’espaces réticulés légèrement
phloxinophiles. Chez cette espèce, les neurones géants ont été observés pour la première fois par Grandori,
122
FRANÇOIS RAMADE
mais cet auteur ne semble avoir attribué une activité neurosécrétrice qu’aux cellules A (dont il estime le nombre
moyen à 12 ou 14, selon les individus) et il paraît avoir confondu les cellules B, dont il ne fait pas mention,
avec les neurones géants 1 .
2. Histochimie des cellules neurosécrétrices de la pars intercerebralis
La pauvreté en DNA du noyau des cellules A et B contraste avec la réaction intense au Feulgen et
au vert de méthyle des autres neurones du protocerebron. Par contre, les deux nucléoles de même que le
cytoplasme prennent fortement la gallocyanine, la pyronine et le bleu de toluidine tamponné. Cette réaction
est particulièrement intense et uniforme dans le cytoplasme des neurones géants. Toutefois, les cellules neuro¬
sécrétrices A et C sont plus basophiles que les cellules B 2 . A. Girardie et J. Girardie (1967) ont fait la
même observation chez Locusta et interprètent par ce fait la phloxinophilie des cellules B. Nous pensons
cependant que la phloxinophilie des cellules neurosécrétrices B n’est pas en corrélation directe avec leur
moindre basophilie cytoplasmique, comparée à celle des cellules A. Comme nous le mentionnons en bas de
page, nous constatons que les zones basophiles sont restreintes aux espaces cytoplasmiques situés entre les
flaques de neurosécrétion, lesquelles demeurent absolument incolores dans ces tests. Pipa (1962) a fait une
observation similaire chez Periplaneta et remarqué une disparition de la basophilie après passage à la ribo¬
nucléase, Thomsen (1965) constate aussi une diminution de l’affinité du cytoplasme pour la gallocyanine,
après hydrolyse enzymatique du RNA.
Les cellules A de la pars intercerebralis de la mouche domestique sont fortement positives aux réac¬
tions de détection des groupements sulfhydriles, liés à la cystéine et à la cystine (groupements SH et -S-S) ;
ceci atteste d’une plus grande richesse en ces acides aminés. Leurs granules se colorent en effet intensément
en bleu dans les colorations à l’acide performique bleu alcian (Adams et Sloper, 1956) en rose au DDD
(Barnett et Seugmann, 1952), en violet pâle au néotétrazolium, en vert au ferrocyanure ferrique, enfin en
orangé au RSR. Les cellules B se colorent avec une teinte identique, mais d’intensité plus faible, avec ces
divers réactifs.
Depuis les travaux d’ Adams et Sloper (1956), effectués chez l’homme, le chien et le rat et qui ont
abouti à la mise en évidence d’une protéine riche en cystéine-cystine associée aux cellules neurosécrétrices de
l’hypothalamus, plusieurs auteurs ont révélé la présence de telles substances dans les cellules neurosécrétrices
des invertébrés. Sloper (1957) a réussi les premières détections chez Periplaneta, données reprises par
Brousse, Idelman et Zagury (1958). Arvy et Gabe (1962) ont observé la présence d’une telle protéine chez
plusieurs insectes dont Calliphora erythrocephala Meig., Raabe (1965) note aussi l’existence de tels composés
détectés au RSR, dans la chaîne nerveuse ventrale de plusieurs insectes de même que Naisse (1966) chez
Lampyris.
Plusieurs auteurs reprenant les conceptions de Schiebler (1952) ont essayé de démontrer histochimi-
quement que le matériel neurosécrété est de nature glycolipo-protéique en utilisant le test du PAS : Herlant-
Meewis (1956) arrive à cette conclusion chez Eisenia fœtida (Ann. Olig.) ; cependant Bianchi (1963) conclut
que 1 oligochète Octoclasium complanatum renferme essentiellement dans ses cellules neurosécrétrices une
protéine ou un polypeptide PAS négatif. Plus récemment A. Girardie et J. Girardie (1967) signalent dans
* ce ,? s f Locusta des grains P AS positifs qui ne correspondent que partiellement aux lipopigments
e ype po uchsines, car certains d’entre eux se colorent aussi au bleu de toluidine, et auxquels ces derniers
auteurs attribuent une nature protéique, sans toutefois préciser s’il s’agit d’enclaves liées à une activité
neurosécretnce. r ^
ictes. Nous citerons les observateurs de Rehm (1955)
1) chez Schistocerca, de Wiley et Chapmann (1962)
hez Calliphora.
;nalé un passage de l’acidophilie à la basophilie du
Par ailleurs, Strambi (1967) a observé chez Polistes
! d’une même cellule neurosécrétrice^l^lg^îpggtpg,,
1. Les neurones géants ont été signalés par plusieurs auteurs chez les
^ d «’ -«est (1
2 ru \ * ™ J ' (1967) chez ^ custa - et de Thomsen (196
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA L. 123
Tableau IL — Caractères histochiraiques des cellules neurosécrétrices
de la pars intercerebralis de Musca domestica
Couleur et (ou) intensité de la réaction
des différentes catégories de cellules neurosecrétrices
Réactions pratiquées
Catégories des cellules neurosecrétrices
A
B
C
Neoronei péanli
Acides nucléiques du noyau.
Feulgen (noyau) 1 .
-
-
-
-
Vert de méthyle-pyronine (cytoplasme).
rouge
rouge
rouge
ronge
+ + +
+ + +
+ + +
+ + + +
Gallocyanine (cytoplasme).
bleu noir
bleu noir
bleu noir
bleu noir
+
+
+
+
Bleu de toluidine pH 4,6 (cytoplasme).
bleu violet
bleu violet
bleu violet
bleu violet
+
+
+
+ +
Protéines (produits de neuro-sécrétion).
Réaction de Salazar (signalétique).
noir
noir
noir
noir
+ +
+ +
+ +
+ +
Ferrocyanure Fe + + + (Chevremont & Frédéric, 1943).
vert sombre
vert pâle
vert pâle
+ + + +
+ + +
+ +
±
Acide performique-bleu Alcian (Adams et Sloper, 1956).
bleu
bleu
bleu
bleu
+ + +
+ +
Bleu Victoria (Tandan et Dogra, 1964).
+ + +
+
-
-
RS-R.
orangé
orangé
+ + +
+
-
Bleu de néotétrazolium.
rose violacé
rose violacé
rose violacé
+ + +
+ +
+
±
DDD (Barnett et Seligmann, 1952).
rose
rose
rose
+ + + +
+ + +
Réaction argentaffine (acides aminés à fonction phénol).
-
-
-
-
« Luxai Fast Blue » (Phospholipides).
bleu
bleu
bleu
bleu
+ +
+ +
+ +
Noir Soudan.
+
+
+
±
Polysaccharides.
-
-
-
"
PAS (cytoplasme).
±
±'
±
±
Réaction métachromadque au bleu de toluidine.
-
-
-
-
1. On observe cependant un petit caryosome Feulgen + et colorable au vert de méthyle.
Source : MNHN, Paris
124
FRANÇOIS RAMADE
Les tests du PAS montrent sur notre matériel que le cytoplasme des neurones de la pars intercerebralis
et des régions adjacentes prennent une légère teinte rose sans localisation nette au niveau des flaques de neuro¬
sécrétion, mais plutôt de façon diffuse et uniforme. . ,
La réaction argentaffine s’est avérée négative ce qui démontré que le produit sécrété n est pas du groupe
des catécholamines. . . _ ,.
Les tests de détection des phospholipides (noir Soudan et « Luxai hast biue ») effectués après fixation
au Helly révèlent la présence de flaques assez fortement colorables qui occupent le même emplacement que
les zones Gomori positives. En outre, après coloration au « Luxai Fast blue » s’observent quelques petits
granules très chromophiles qui correspondent probablement aux lysosomes pigments. Pipa (1962) a décrit
chez Periplaneta des granules très soudanophiles (granules S) non seulement dans les cellules neurosécrétrices,
mais dans tous les neurones de cet insecte, qu’il identifie effectivement à des lipofuchsines, lipides insaturés
encore dénommés chromolipoides. Nous identifions à ces derniers les granules fortement colorables au « Luxai
Fast blue » des cellules neurosécrétrices de Musca et nous pensons que leur affinité pour ce colorant, en
accord avec ce qu’il a été démontré histochimiquement sur d’autres matériels, est l’indication d’une richesse
de ces inclusions en phospholipides. Taxi (1965) arrive à ces conclusions sur les lysosomes pigments des
neurones ganglionnaires de Rana, de même que Girardie pour les cellules neurosécrétrices de Locusta.
L’intense activité phosphatasique acide de ces inclusions, mises en évidence par ces auteurs, confirme l’appar¬
tenance de telles inclusions au groupe des lysosomes.
En conclusion le matériel colorable par la réaction de Gomori, contenu dans les cellules neurosécré¬
trices A et à une concentration moindre dans les cellules neurosécrétrices B, est une lipoprotéine riche en
cystéine-cystine. De nouveaux tests des protéines s’imposent pour déceler d’autres amino-acides liés à des
substances neurohumorales, comme le tryptophane dont la présence a déjà été remarquée chez d’autres
insectes (cf. par exemple les recherches de Busselet [1967] sur la présence d’une protéine riche en radicaux
indole dans les terminaisons allâtes des axones de la pars intercerebralis et les prolongements des cellules
parenchymateuses cardiaques de Rhodnius et d ’Antheraea).
Nature biochimique du matériel neurosécrété.
Malgré les nombreuses recherches histochimiques ayant eu pour but d’identifier les neurohormones
protocérébrales, leur nature demeure aujourd’hui encore hypothétique. Un point semble cependant acquis :
les réactions signalétiques comme celles de Gomori, les méthodes de détection des acides aminés soufrés,
les réactions des lipides complexes (test de Baker, « Luxai Fast blue », Ciaccio etc.) ne révèlent pas les neuro¬
hormones, mais une substance de nature protéique ou un polypeptide riche en cystéine-cystine et probable¬
ment lié sous forme de cénapse à un phospholipide. Cette lipoprotéine interviendrait soit dans la synthèse
— en tant que précurseur de la neurohormone (la protéine « mère » de Gabe (1960) —, soit comme vecteur
ou substance de transfert du produit élaboré (« Tragerprotein » des auteurs allemands).
fl faut malgré tout dire qu’à la suite des travaux d’IcHiKAWA et Ishizaki (1963) il semble que le ou les
neurohormones protocérébrales sont hydrosolubles et de nature protéique : elles ne dialysent pas, reprécipi¬
tent par 1 acétone et voient leur activité diminuer beaucoup sous l’effet des enzymes protéolytiques. Parallèle¬
ment aux travaux de ces auteurs, Kobayashi et Yamasaki ont démontré la présence d’une neurohormone
différente dans le cerveau de Bombyx qui serait de nature lipoprotéique et constituée par un stérol associé
a une protéine indéterminée (1960).
3. Variation d activité des cellules neurosécrétrices en fonction de l’âge
« , ^ ans k,k ut de déceler des indices histologiques permettant de mettre en corrélation l’activité des
es neurosecrétnces avec certains phénomènes physiologiques se déroulant au début de la vie imaginale,
à Ph/rT? 3 v* 6 l var j at ' on ^ activité de ces cellules en se basant sur les résultats des colorations de Gomori
ration’sm°r«n? 6 i ° n l 1 5 ue et à k fuchsine paraldéhyde. En particulier, nous avons dénombré, après colo-
50 cervRanT <t° n “u ve . r , s A es catégories de cellules neurosécrétrices dans des coupes sériées effectuées sur
sans toutefois ^ age co , nnu ’ com P ris entre 24 heures et 25 jours. Nous avons également étudié,
ilfZZ, U f/r é ? 0n CeUules neur °sécrétrices des cerveaux de nymphes âgées, de
ont été établies sur une 6 6 1 feme ^ es de 6 heures. Enfin des numérations des cellules neurosécrétrices
et sur 12 cerveaux ador&Tu^azan * CCrVeaUX de mouc hes d’âge divers, colorés à la fuchsine paraldéhyde,
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA
125
Résultats des études après coloration à l’hématoxyline chromique-phloxine.
Les données numériques consignées dans les tableaux III et IV concernent des lots de mouches d’âge
croissant, de 24 heures à 25 jours. Chez les individus plus jeunes, les cellules A ne sont pas dénombrables
avec certitude car elles prennent très faiblement l’hématoxyline chromique sous l’aspect de grains très fins
et isolés. Nous n’avons pu mettre en évidence de cellules A dans la pars intercerebralis de nymphes phanéro-
céphales âgées, Grandori signale chez celles-ci des cellules A deutocérébrales qui deviendraient phloxino-
philes à l’émergence, nous n’avons point observé de tels éléments sur le matériel que nous avons étudié.
Chez les mouches nouveaux-nées ou âgées de 6 heures nous avons pu dénombrer jusqu’à 6 cellules neuro¬
sécrétrices présentant une certaine coloration bleue dans leur cytoplasme, cellules localisées dans les parties
latérales de la pars intercerebralis, mais l’hématoxylinophilie de tels éléments est alors très faible.
A partir de 24 heures après l’éclosion, les neurosécrétions des cellules neurosécrétrices A et B devien¬
nent bien visibles et les numérations peuvent être effectuées sans risque de confusion.
La méthode de dénombrement utilisée consiste à dessiner à la chambre claire (objectif X 100 Wild) sur des feuilles de papier
transparent — ce qui permet ensuite de les superposer — chacune des cellules neurosécrétrices visibles sur les diverses coupes fron¬
tales d’un cerveau (coupes d’épaisseur de 5 (i). Dans ces conditions on peut effectuer rigoureusement de telles numérations sans possi¬
bilité de compter deux fois le même neurone. La variabilité du nombre de cellules neurosécrétrices de chaque type que nous avons
observée ne provient pas d’erreurs de comptage mais bien de la variabilité individuelle inhérente à l’espèce. Rappelons que Thomsen
(1965) considère dans ses dénombrements, effectués en comptant les nucléoles, qu’il ne peut attribuer avec certitude à des écarts indi¬
viduels la variabilité des résultats obtenus chez Calliphora.
Nous avons analysé l’homogénéité des résultats par la méthode du y}. Dans le cas du problème que
nous étudions, la technique statistique utilisée est la suivante : soit i le nombre de colonnes correspondant aux
diverses catégories de cellules neurosécrétrices : ici 3 (celle des cellules neurosécrétrices A, celle des B et
celle des cellules neurosécrétrices Gomori négatives). Le y} est dans ce cas déterminé par la formule :
o V" / nojiuo\*
* “àr**- ir)
ii
ou N représente le nombre total de cellules, ray le nombre de cellules d’âge j et de type i,rn o le nombre total
de cellules de type i et no; le nombre total de cellules correspondant à une ligne d’âge j. Par ailleurs le nombre
de degrés de liberté du y} est donné par l’expression :
N = (i — 1) (/' — 1) soit (3 — 1) (7 — 1) = 12
Le calcul nous a montré que le y} avait dans le cas étudié une valeur de 3,02 alors que pour 12 degrés
de liberté, sa valeur limite est de 21,03. Ceci prouve la grande homogénéité de nos résultats numériques concer¬
nant la proportion relative de chaque catégorie cellulaire à chaque âge, ce qui nous conduit à conclure que
les variations observées sont aléatoires et ne peuvent être rapportées à la possibilité du passage d’un type
cellulaire à l’autre.
Contrairement aux conclusions de Grandori, qui ne croit déceler à l’hématoxyline chromique une
activité neurosécrétrice que vers le 6 e jour, nous avons observé que les cellules neurosécrétrices A commencent
à devenir colorables dès l’émergence, bien que la charge ne soit appréciable qu’après 24 heures.
La colorabilité des cellules neurosécrétrices à l’hématoxyline chromique-phloxine varie beaucoup
dans la première semaine de la vie imaginale, pendant laquelle leur cytoplasme se charge progressivement.
Mais à partir du 7 e jour, la coloration ne varie plus et l’intensité de cette dernière est à peu près comparable
entre les cerveaux de mouches âgées d’une semaine ou de 25 jours.
Les granulations hématoxylinophiles et les mottes phloxinophiles, isolées chez les mouches jeunes,
deviennent confluentes et occupent progressivement l’ensemble du cytoplasme entre le 4 e et le 7 e jour de la
vie imaginale; elles laissent cependant des espaces interstitiels réticulés qui présentent, nous l’avons déjà
souligné, une certaine basophilie. Dans le cerveau des mouches âgées de plus de 7 jours, les corps cellulaires
des cellules neurosécrétrices A et B sont très chromophiles et fortement chargés en matériel Gomori positif.
A la suite de Lea et Thomsen (1962), Highnam (1961), Clarke et Langley (1962), il est acquis qu’une forte
charge du perikaryon en matériel neurosécrété est le reflet, non point d’une forte activité, mais au contraire
Source : MNHN, Paris
126
FRANÇOIS RAMADE
Tableau III. — Comptage des catégories de CNS
après coloration à l’hématoxyline chromique-phloxine
d’un défaut d’évacuation des produits élaborés. Rappelons aussi que De Robertis et ses coll. (1960 et sui¬
vantes) ont suggéré que les matières neuroactives n’étaient que partiellement élaborées au niveau du peri-
kaiyon et que leur synthèse continuait au cours du trajet axonique où elles subissent tout au moins une matu¬
ration. Thomsen (1965) souligne à juste titre l’aspect chargé des cellules neurosécrétrices prenant la fuchsine
paraldéhyde, dans les cerveaux de femelles nourries seulement de sucre et d’eau, régime qui ne permet pas la
maturation des œufs chez Calliphora. De nombreuses recherches ont mis en évidence l’influence des neuro¬
hormones protocérébrales sur la vitellogénèse; parmi ces dernières, citons celles de Thomsen (1948, 1952 et
ESTS’ Strangway -Dixon (1962), Highnam (1962), Hill (1962), Strong (1965), Mordue (1965), Siew
't rt V IRA f DIE ) ^^) et O’lie (1967). Plus récemment, Possompes et coll. (1967) ont montré, par une
etude nistophysiologique chez Sarcophaga, une corrélation entre la charge des cellules neurosécrétrices et la
maturation des ovocytes.
j, „»*?“ ° bs "™“ ™ chez la mouche domestique une telle corrélation entre la charge progressive
Dremier ^ t y iCeS et , a matura tion des ovocytes dans les follicules arrivant à maturité au cours du
gono rop que, la première ponte ayant lieu au 5 e ou au 6 e jour à la température de 25 °C.
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS 1NTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA L.
127
Tableau IV. — Résultats de l’analyse statistique effectuée après dénombrement
des diverses catégories cellulaires dans 50 cerveaux de Mouches colorées au Gomori (tableau III)
Répartition par catégories
Age
de
(dont les a)
A
(Hématoxylinophiles)
B
(Phloxinophiles)
Gomori — 1
Moyenne
Écart type
Moyenne
Écart type
Moyenne
Écart type
Moyenne
Écart type
24 heures .
10
37,60
3,47
10,80
1,40
16,50
1,90
10,30
1,94
3 jours.
5
36,60
2,30
11,00
1,00
16,00
0,70
9,60
2,49
5 jours.
2
35,00
2,83
11,50
0,71
14,00
2,83
9,50
1,38
6 jours.
14
38,00
3,46
11,64
1,01
16,32
2,55
10,14
1,60
9 jours.
6
37,16
2,64
11,83
0,75
15,83
1,60
9,50
1,38
18 jours.
9
36,78
1,56
11,44
0,73
14,44
0,73
10,89
1,05
25 jours.
4
36,50
4,04
10,75
1,50
16,00
2,00
9,75
2,217
Totaux.
50
37,22
2,94
11,32
1,07
15,78
1,89
10,12
1,61
1. Les résultats numériques relatifs aux cellules Gomori négatives expriment le total cellules C plus neurones géants.
T si distinction de ces deux types est impossible après coloration à l’hématoxyline chromique-pbloxine puisque leur cyto¬
plasme ne présente pas d’affinité pour ces colorants. En outre, les cellules C sont de taille équivalente aux plus petits des
neurones géants.
Un autre fait important que nous avons observé réside dans la variation de colorabilité des cellules
neurosécrétrices cérébrales situées en dehors de la pars intercerebralis, en particulier dans le cortex du lobe
latéral et dans la région périoesophagienne. Fraenkel et Hslao (1966) ont tenté de mettre en évidence la
catégorie cellulaire qui synthétise éventuellement le Bursicon dans le système nerveux central de Phormia
regina Meig. Fraenkel (1962) a en effet montré que le durcissement du tégument au moment de la mue
imaginale est conditionné par une neurohormone élaborée dans le cerveau qu’il a dénommé Bursicon :
en effet, la ligature de la tête à des adultes sortis depuis moins de 2 minutes du puparium interdit le tannage
du tégument. Les cellules neurosécrétrices qui élaborent ces neurohormones sont encore énigmatiques.
Hsiao et Fraenkel (1966) n’ont pas réussi à les mettre en évidence. J. Therry 1 dans un travail non publié
a observé de fortes variations de colorabilité à l’azan dans les cellules médianes et dorsales de la pars inter¬
cerebralis et dans les cellules latérodorsales du ganglion sous-œsophagien, dans les heures qui suivent la sortie
du puparium.
Chez la mouche domestique ce sont surtout les cellules neurosécrétrices extérieures à la pars inter¬
cerebralis qui montrent d’importantes variations de charge dans les heures qui suivent l’émergence.
La question de la multiplicité des types cellulaires demeure encore énigmatique, certains auteurs ont
avancé que les variations de colorabilité observées dans les cellules neurosécrétrices de la pars intercerebralis
1. J. Therry, Recherches sur la neurosécrétion dans l’ensemble du système nerveux central au moment de l éclosion et
début de la vie imaginale chez Sarcophaga argyrostoma R.D. (Diptère), D.E.S. soutenu ie 3 février 1967, Fac. Sc. Paris.
Source : MNHN, Paris
128
FRANÇOIS RAMADE
et de la chaîne nerveuse ventrale ne témoignent pas de l’existence de plusieurs catégories distinctes mais ne
représentent que des stades successifs d’une même type cellulaire à diverses phases de son cycle sécrétoire :
telle semble être l’opinion de Lhoste (1953) d’après ses observations chez Forficula et celles de Nayar (1955)
chez Iphita, et de Fraser (1959) pour le cerveau larvaire de Lucilia. Thomsen conclut de son étude sur U
pars intercerebralis de Calliphora qu’aucune preuve convaincante de l’existence de plus d’un type de cellules
neurosécrétrices ne peut être avancée. Plus récemment, cette opinion a été partagée par Hsiao et Fraenkel
pour Phormia regina meig. et par Rens inc en ce qui concerne Drosophila melanogaster. Enfin,STRAMBi
(1966) observe d’importantes variations de charge dans la pars intercerebralis de Polistes au cours du prin¬
temps et que les diverses catégories qu’il distingue correspondraient aux divers stades secrétoires d’un même
type cellulaire (communication orale).
A. GlRARDlE et J. Girardie (1967) quoique moins catégoriques suggèrent qu’il se produirait une trans¬
formation des cellules B en cellules A chez Locus ta. Ils ont constaté entre l’adulte immature et celui parvenu
à maturité une variation dans la proportion relative des cellules B et des cellules A, les premières dimin uant
de nombre avec l’âge tandis que les autres deviennent plus nombreuses. Quoique faible, la différence observée
serait significative selon ces auteurs.
A l’opposé des opinions précédentes, d’autres auteurs considèrent qu’il existe une réelle multiplicité
des types cellulaires : Highnam (1961), Raabe (1964, 1965), Hermann et Gilbert (1965), Kopf (1967)
partagent ce point de vue. Highnam a d’ailleurs observé chez Schistocera la présence simultanée, dans les
axones des cellules neurosécrétrices se rendant aux corpora cardiaca, de matériel hematoxylinophile et phlo-
xinophile. Raabe considère aussi qu’il y a une spécialisation fonctionnelle dans les cellules neurosécrétrices
de la chaîne nerveuse ventrale des phasmides.
Nous croyons que les différents types de cellules neurosécrétrices mis en évidence par les techniques
histologiques ou histochimiques correspondent bien à des catégories distinctes dans la plupart des cas. La
grande diversité des neurohormones synthétisées par le cerveau qui conditionnent entre autre la protéinhémie,
la croissance, le tannage du tégument lors de la mue imaginale, la diurèse etc. rend improbable l’hypothèse
d’une élaboration de ces composés par un seul type cellulaire non spécialisé.
Certaines de nos observations personnelles vont dans le sens d’une telle conception :
1° Nous avons constaté qu’il n’y a pas de variation significative dans la proportion relative des diverses
catégories de cellules neurosécrétrices Gomori + au cours du vieillissement : certaines cellules se chargent
progressivement de produits colorables à l’hématoxyline chromique ou à la phloxine, dans la première semaine
de la vie imaginale; mais ce phénomène s’accomplit sans interrelation avec les deux catégories ainsi mises en
évidence. En outre, le test du y 2 calculé à partir du tableau III montre une grande homogénéité dans les résul¬
tats obtenus : il y a une remarquable constance dans la proportion relative des divers types de cellules de la
pars intercerebralis, même si l’on compare les classes d’âge extrêmes que nous avons étudiées (24 heures et
25 jours), le y* calculé à partir des données numériques du tableau III est de 3,02 alors que sa valeur limite
est de 21,03 pour un seuil de probabilité de 0,95 dans le cas de 12 degrés de liberté. Ceci témoigne de la
grande constance dans la proportion des diverses catégories de cellules neurosécrétrices quel que soit l’âge
des individus ;
2° Au point de vue morphologique, nous constatons que les cellules neurosécrétrices A, A' et B,
ainsi que es neurones géants, occupent une position sensiblement constante dans le cerveau et que leurs affi¬
nités tinctoriales restent sensiblement identiques quel que soit l’âge des insectes. Un tel fait ne devrait pas
avoir lieu si ces diverses cellules correspondaient en réalité à un seul type avec passage d’une catégorie à
1 autre au cours de la vie imagina) » r
n .x,, ,tro DES CELLULES NEUROSÉCRÉTRICES
S LES DIVERSES RÉGIONS CÉRÉBRALES DE MUSCA DOMESTICA L.
régions nue la Ün ‘^°" n ^ e9 bibliographiques relatives à la présence de cellules neurosécrétrices dans d’autres
«kLTe SmWl’emT ilS P* ^ ***“ «P««™. ™*tent en évidence une grande diversité
«fatingur^p^^îTrî ^ chez ies in9ectes étudiës - k ° pf < 1957 ) et rensing (i966)
plus nombreuses se situant da l de “^ules neurosécrétrices dans le cerveau des Drosophiles, les
situant dans la pars intercerebralis, où ces auteurs discernent de 24 à 32 cellules neuro-
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA
129
sécrétrices. Par ailleurs, ils signalent deux paires latérodorsales, 4 paires latérales à la limite des lobes optiques,
3 groupes de cellules neurosécrétnces sous-œsophagiennes, le premier de 12 à 16 éléments, situé à la base
du nerf pharyngien, 4 à la base du nerf labial et deux grandes cellules tout à fait postérieures.
Thomsen (1965) décrit chez Calliphora, après coloration à la fuchsine paraldéhyde, 16 à 27 cellules
médianes dans la pars intercerebralis avec un nombre moyen de 24 à 26; deux groupes de cellules latérales
à la partie latérosupérieure du protocérébron; une ou deux paires de cellules neurosécrétrices phloxinophiles
Fig. 3. — Schéma figurant la répartition des principaux groupes de cellules neurosécrétrices dans l’ensemble de la masse nerveuse
céphalique chez la mouche domestique. Outre les cellules neurosécrétrices de la pars intercerebralis, on observe un nombre
important de tels éléments dans le cortex du ganglion sous-œsophagien; dans la région péri-œsophagienne ainsi que dans la
partie postéroventrale du protocérébron. Les cellules ncurosécrétrices de type A ne se rencontrent que dans la pars intercere¬
bralis chez Musca domestica.
Ce, corps central; CNsm, cellules neurosécrétrices médianes; Cnv, chaîne nerveuse ventrale; CSO, cellules neurosécré¬
trices de type C sous-œsophagienne; Da, cellules neurosécrétrices deutocérébrales antérieures; Dl, cellules deutocérébrales
latérales; Dt, glomérule deutocérébral = glomérule antennaire; Lp, lobe protocérébral; Ls, cellules latérosupérieures; Lso,
cellules B latérales sous-œsophagiennes; Mso, cellules B médianes sous-œsophagiennes; Na, nerf antennaire; Nm, nerf maxil¬
laire; Om, cellules optiques médianes: PI, cellules protocérébrales latérales; Po, cellules périœsophagienncs; Pp, cellules
protocérébrales latéropostérieures; T, cellules C tritocérébrales; Top, tractus optique : Tt, glomérule tritocérébral? Vac,
cellules vacuolaires.
existeraient au99i à la limite du cerveau et des lobes optiques deux paires de cellules neurosécrétrices latéro-
ventrales, à la partie postérieure du cerveau et deux autres éléments PF + à la base du ganglion sous-œso-
phagien.
8 564031 6
Source : MNHN, Paris
130
FRANÇOIS RAMADE
Hsiao et Fraenkel (1966) ont observé chez Phormia de 16 à 22 cellules A dans la pars intercerebralis
(il n’y aurait donc aucun autre type cellulaire dans la pars intercerebralis selon ces auteurs), par ailleurs
ils décrivent une paire de cellules A frontales, un groupe postéro-médian avec une paire de cellules A et un
second groupe de 8 cellules du même type situé plus bas, à la limite du foramen œsophagien. Ces auteurs
ont aussi observé 3 paires de cellules A latérales et 3 paires de cellules neurosécrétrices B phloxinophiles
latéroventrales; le ganglion sous-œsophagien comporte 4 cellules B et 2 cellules A. Nous ne partageons pas
l’opinion de ces derniers auteurs qui écrivent que l’examen de cerveaux de mouches domestiques leur a montré
une disposition analogue des diverses cellules neurosécrétrices : la pars intercerebralis de Musca renferme
en tout 30 cellules neurosécrétrices dont 11 A, 16 B et 3 C (en moyenne). Nous ne rencontrons aucune cellule
neurosécrétrice A dans d’autres régions cérébrales, à la différence des observations de Hsiao et Fraenkel.
On remarque dans le protocérébron plusieurs autres groupes de cellules neurosécrétrices (fig. 3); dans chaque
hémisphère nous distinguons 3 cellules latérosupérieures dont une de type B, les autres de type C; une ou
deux cellules neurosécrétrices B que nous dénommons cellules neurosécrétrices optiques supérieures, car
situées à la limite du neuropile protocérébral et des lobes optiques et une cellule neurosécrétrice C optique mé¬
diane située en position analogue à celle des « Latérale A-Zellen » décrites par Kopf chez Drosophila.
Un peu au-dessous de la pars intercerebralis et dans la région antérieure du protocérébron existe
une cellule neurosécrétrice B frontale médiane; en outre dans la région corticale sise au-dessous des calices
antérieurs des corpora pedunculata, existent une ou deux cellules neurosécrétrices B frontales latérales.
Dans la région postérieure du protocérébron s’observe un groupe de 4 cellules B qui correspond probable¬
ment au groupe de cellules dénommées PNC II par Hsiao et Fraenkel. Dans un cas (sur près de 100 cer¬
veaux examinés) nous avons observé deux cellules neurosécrétrices situées en arrière du nerf ocellaire et
qui correspondent peut-être aux cellules A du groupe PNC I décrit par ces mêmes auteurs (cf. fig. 1).
A la limite du protocérébron et de la région corticale deutocérébrale existent 1 ou 2 cellules B de
grande taille; en outre, 4 grandes cellules neurosécrétrices B 1 et 4 cellules neurosécrétrices C de taille plus
faible se rencontrent dans le cortex periœsophagien dans la région antérieure du cerveau. Les premiers de
ces éléments correspondent sans doute aux cellules neurosécrétrices deutocérébrales de Grandori, nous préfé¬
rons désigner temporairement ces dernières sous le terme de périœsophagiennes. Les cellules C, situées dans
cette région sont peut-être tritocérébrale. Il existe à notre avis un groupe de cellules neurosécrétrices deuto¬
cérébrales antérieures. Celles-ci semblent être jusqu’alors passées inaperçues; elles sont situées dans la partie
tout à fait antérieure du cerveau au niveau de la racine du nerf antennaire : nous distinguons au moins
3 cellules neurosécrétrices B et 4 cellules neurosécrétrices C à cet emplacement 2 .
Le ganglion sous-œsophagien possède de nombreuses cellules neurosécrétrices. Nous y observons
2 ou 3 paires de grandes cellules B, latérales, une ou deux paires de cellules neurosécrétrices centrales plus
petites et une dizaine de cellules C, médianes.
Une étude plus approfondie s’impose pour préciser le nombre et les variations d’activité de ces divers
groupes de cellules neurosécrétrices. Nous décrivons ci-dessus deux groupes qui ne semblent pas avoir
été signalés jusqu alors (deutocérébrales antérieures et frontales latérales) ; de plus les périœsophagiennes
n ont pas été étudiées en détail : Grandori se borne à mentionner dans sa publication, qu’il existe des cellules
euto ré raies. Le schéma très sommaire qu’il en donne nous permet de les identifier avec les cellules neuro-
s cr tnces périœsophagienne, ces cellules hématoxylinophiles selon cet auteur donc de type A au cours de
la vie nymphale, deviendraient phloxinophiles à l’éclosion.
Nous observons aussi des variations de, colorabilité selon l’âge et nous constatons que certains de ces
.• ™ 6n 3 , eyieni )ent PF ++ chez les insectes plus âgés ou inversement mais, répétons-le, la descrip-
j 6 I J,° US °J ulor j s lc ' e 1 ensemble des cellules neurosécrétrices du cerveau est préliminaire et nécessite
de nouvelles recherches plus précises.
Sarcophaga. espondent respectivement aux cellules tritocérébrales médianes et latérales décrites par Thery chez
pour la fuchsine paraldéhyde et P Man ÎTÜuf. 'r ,Ç( ésence constante de ces éléments dans tous les cerveaux examinés et leur affinité
est pins laible que d ordinaire si bien qu’un doute subsiste à leur égard.
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERECEREBRAL1S DE MUSCA DOMESTICA L.
131
D. LES CELLULES VACUOLAIRES
Ces éléments paraissent fréquents dans le cerveau des Diptères supérieurs. Chez Calliphora, Grandori (1955) puis Arvy et
Gabk (1962) 1 ont publié des microphotographies où de telles cellules sont très apparentes, mais c’est à Thomsen (1965) que revient
le mérite de les avoir décrites chez cette espèce. Dans sa publication, cet auteur insiste, sur la grande constance avec laquelle les cel¬
lules vacuolaires s’observent chez Calliphora, sur leur forte basophilie cytoplasmique (Bloch et Thomsen, 1966) ainsi que sur leurs
rapports étroits avec les cellules neurosécrétrices médianes.
On rencontre dans le cortex cérébral de la mouche domestique 1 2 , plus particulièrement dans la pars intercerehralis, un certain
nombre de telles cellules caractérisées par la présence de grandes vacuoles cytoplasmiques. La taille et le nombre de ces vacuoles
subissent de fortes variations au cours de la vie imaginale inapparentes chez les adultes nouveau-nés, elle s s’accroissent tandis que
leur nombre diminue au fur et à mesure que l’insecte vieillit. En outre, ces cellules vacuolaires (cf. fig. 3) ne s’observent que dans les
zones cérébrales où existent des cellules neurosécrétrices avec lesquelles elles sont toujours en contiguïté.
IV. ULTRASTRUCTURE DE LA PARS INTERCEREBRALIS
L’examen en microscopie électronique de coupes ultrafines de la pars intercerehralis montre que les
divers neurocytes qui la constituent renferment en général dans leur perikaryon un très grand nombre de
grains denses, ayant un diamètre de 750 à 3 500 A et renfermant un matériel fortement osmiophile.
La présence de granulations à cœur osmiophile a été décrite pour la première fois par Palay (1955)
dans la neurohypophyse du rat. Depuis, de nombreuses publications ont révélé leur existence dans les organes
neurosécréteurs des insectes (cf. en particulier Meyer et Pflugfelder (1958); Stiennon et Drochmans
(1961), Nishiitsuji-Uwo (1959, 1961), Bern et coll. (1961) Wiley et Chapmann (1962), Scharrer (1961 et
suivantes), Bloch et ail. (1965), Girardie (1966, 1967). Cependant, le double problème des critères permet¬
tant l’identification des cellules neurosécrétrices et de leur répartition en catégories distinctes, ne peut être
considéré comme résolu par la microscopie électronique, car on a décrit des grains denses dans divers neurones
dépourvus de propriétés neurosécrétrices tant chez les Vertébrés que chez les Invertébrés.
Chez la mouche domestique, les neurones de la pars intercerehralis se répartissent en deux groupes
quant à leur ultrastructure. Le premier, le plus nombreux, se caractérise par la grande abondance de grains
denses de taille égale ou supérieure à 1 000 A, généralement de l’ordre de 2 500 A, il correspond aux cellules
neurosécrétrices telles qu’on peut les reconnaître en microscopie photonique. Le second est constitué par
des neurocytes de grande taille; leur cytoplasme est pauvre en grains denses dont la taille est comprise entre
750 et 1 500 Â. Il correspond, sans aucune confusion possible aux neurones géants ou cellules a.
Parmi les cellules neurosécrétrices, nous distinguons 3 catégories dont nous discuterons plus loin
l’homologie avec celles décrites dans le chapitre précédent à partir de critères histologiques.
1. Les cellules neurosécrétrices de type I (pl. I, fig. A, B), de taille moyenne par rapport à l’ensemble
des éléments cellulaires constituant la pars intercerehralis, possèdent un noyau régulier, sphérique, pourvu
d’une membrane nucléaire toujours mince et présentant de nombreux pores régulièrement espacés. Leur
cytoplasme renferme de nombreux grains élémentaires (= grains denses) de matériel neurosécrété, ayant un
diamètre moyen de 2 500 Â.
2. Les cellules neurosécrétrices de type II (pl. II, fig. A et B) de taille légèrement supérieure à celle
des précédentes, possèdent un noyau aux contours irréguliers et une membrane nucléaire d’un type tout à
fait particulier, épaissie par place en un « cortex » qui, à notre connaissance, n’a encore jamais été observé
chez les insectes. Leurs granules élémentaires sont de taille et d’aspect identique à ceux du type I.
3. Les cellules neurosécrétrices de type III (pl. II fig. A, pl. IV, fig. A) moins fréquentes, présentent
des dimensions cellulaires plus variables que les autres neurocytes chargés de granules élémentaires; ces
derniers sont de taille moindre et mesurent en moyenne 1 500 Â de diamètre.
1. Cependant, ces auteurs ne semblent pas avoir remarqué ces éléments et n’en font pas mention dans leur publication.
2. Pour plus de détail sur ces éléments, on pourra consulter notre publication antérieure aux C.R. Acad. Sc. Paris, t. 266,
juin 1968, p. 2367.
2.
Source : MNHN, Paris
132
FRANÇOIS RAMADE
Le périkaryon de toutes les cellules neurosécrétrices est entouré d’une membrane cytoplasmique
pourvue de nombreux replis dans lesquels les gliocytes envoient des expansions qui pénètrent profondément
dans le neuroplasme. Cette interpénétration des neurones et de la glie — si étroite qu’il est parfois difficile
de distinguer sur les micrographies électroniques la limite exacte de leurs territoires cytoplasmiques respectifs
certaines invaginations gliales apparaissent en coupes transversales (pl. II, fig. B) pouvant être même de ce
fait confondues, au premier abord, avec des inclusions cytoplasmiques des neurocytes — confirme la descrip-
tion faite autrefois par Holmgren (1900) du trophosponge.
Le noyau des cellules neurosécrétrices examiné en microscopie électronique présente des aspects
fort différents selon le type cellulaire auquel il appartient. Dans les cellules neurosécrétrices I (pl. I, fi g . a et
B) il est régulièrement ovoïde ou subsphérique et pourvu d’une membrane d’ultrastructure normale, mince
et riche en pores nucléaires bien visibles sur les coupes obliques ou tangentielles. Dans les cellules neurosécré¬
trices II, le noyau est de forme très irrégulière, il présente même parfois un lobe bien individualisé (pl. III,
fig. B) qui fait saillie dans le périplasme. La membrane nucléaire de ce type s’épaissit fortement en un cortex
atteignant de 750 à 3 500 Â, parfois plus, qui s’estompe par place (pl. II, fig. A et B). Nous avons observé
ce cortex dans toutes les pars intercerebralis que nous avons examinées en microscopie électronique (une
centaine), quel que soit le mode de fixation utilisé (Palade, Millonig avec ou sans préfixation au glutaraldéhyde).
De plus son aspect ne varie guère en fonction de la nature du fixateur ou de son pH, quoique son épaisseur
tende à s’accroître en milieu hypotonique (immersion des cerveaux dans du Ringer dilué préalablement à
la fixation, ou lavage dans une solution de sucrose à trop faible concentration après passage au glutaraldéhyde).
D’autre part nous observons côte à côte dans un même cerveau des cellules neurosécrétrices de type I et II
ce qui rend très aléatoire l’hypothèse d’un artefact de fixation. On remarque dans ce cortex la présence de
vésicules hyalines qui semblent le traverser et faire extrusion dans le cytoplasme ; ces aspects correspondent
sans aucun doute à une secrétion nucléaire et reflètent l’intense activité métabolique de ces cellules.
Le noyau des cellules neurosécrétrices III est de taille assez variable quoique en général moindre que
celle des cellules neurosécrétrices I et II. Leur membrane nucléaire d’aspect classique, présente de nombreux
pores bien visibles. L’ensemble du suc nucléaire est plus dense aux électrons que celui des autres cellules
neurosécrétrices ce qui donne au noyau de ces neurocytes un aspect grisâtre sur les micrographies électro¬
niques (pl. II A et IV).
Le noyau des cellules neurosécrétrices possède dans tous les cas un nucléole bien développé, osmio-
phile et un amas de chromatine hétérogène très dense, constituant un faux nucléole et autour duquel s’obser¬
vent des amas granulaires aux contours irréguliers, très denses aux électrons, qui n’apparaissent que dans les
préparations fixées au Millonig (tampon phosphate ou au glutaraldéhyde). Normann (1965) a déjà observé
de telles structures dans les cellules parenchymateuses des corpora cardiaca chez Calliphora et considère
qu’elles correspondent à des portions de chromosomes interphasiques.
L’ergastoplasme des cellules neurosécrétrices, toujours très développé, est constitué de cistemae
allongées à la surface desquelles adhèrent des ribosomes. Ces cistemae granulaires, réparties sans orientation
préférentielles dans le périplasme, se disposent au contraire parallèlement dans les régions périphériques,
du périkaryon, où elles constituent des empilements comportant jusqu’à 12 feuillets ergastoplasmiques.
Ce type de réticulum endoplasmique semble plus fréquent dans les cellules neurosécrétrices II. Nous avons
parfois observé des groupements de cistemae disposés en amas spiraliformes autour des mitochondries ou de
granules élémentaires de neurosécrétion (pl. III, fig. A). De telles associations ont déjà été décrites par
. Scharrer (1964) dans les corpora allata de Leucophaea sous le terme de spires ergastoplasmiques.
L appareil de Golgi, abondant dans toutes les cellules neurosécrétrices est constitué par des dictyo-
somes typiques de structure identique à celle que l’on peut observer dans les autres neurones corticaux,
non neurosécréteurs (pl. II, fig. B) ; toutefois, les saccules (ou cistemae agranulaires) et les vacuoles sont de
p us grande taille. Le nombre de dictyosomes est plus important dans les cellules neurosécrétrices pauvres
en grains, en phase sécrétoire active que dans les cellules neurosécrétrices d’individus plus âgés dont le
neuroplasme est rempli de granules élémentaires.
i„ tan l n ? agé !P° Ur k pr , em jf e fois P ar Sano et Knoop (1959) dans le système neurosécréteur caudal de
a été ens'nitpP 1C ^ patlon “ à 1 élaboration — sous forme figurée — des substances neurosécrétées
par Scharrfr^/rr 1 ^ 6 p ^ ish “ ts “ tsuji 'Uwo (1960-1961) dans la pars intercerebralis des Lépidoptères,
P On s’entend arT « 1%1 [ umbHcus ' par Bern et coll. (1961) puis Bern (1962) chez les Hirunidés.
sont élaborées au nivpa^d e |? ent Sur , e sc ^ ma d’élaboration suivant : les neurosécrétions de nature protéique
au de 1 ergastoplasme puis le produit brut est transféré dans les cistemae des"df'«ydé«m«s p ™
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA L.
133
qui l’organisent à l’échelle supramoléculaire sous forme de grains denses, lesquels bourgeonnent à l’extrémité
des saccules golgiennes. Chez les insectes de telles images ont été effectivement observées chez Calliphora
par Normann (1965), Bloch et Thomsen (1966) et chez Locusta par Girardie (1967).
Chez la mouche domestique nous avons personnellement obtenu des clichés très suggestifs à cet égard
dans tous les types de neurones renfermant des grains denses (cf. p. e., pl. V, Sd).
A. Girardie et J. Girardie (1967) envisagent trois modes différents dans la formation des grains
denses chez Locusta : par condensation du matériel golgien, par densification des petites vésicules golgiennes
ou par agglomération d’un certain nombre de ces dernières sous une enveloppe commune agranulaire, consti¬
tuant un corps multivésiculaire dans lequel s’individualisent les grains.
Nous n’avons observé chez Musca que le premier processus qui semble de loin le plus fréquent tant
chez les Vertébrés que chez les Invertébrés.
Les granules élémentaires de neurosécrétion présentent tout un cœur dense osmiophile entouré d’une
enveloppe corticale osmiophobe. Nous en distinguons deux types, le premier macrogranulaire, s’observe
dans les cellules neurosécrétrices de type I et II, il est constitué par des grains denses ayant 2 500 Â de dia¬
mètre moyen, le second microgranulaire se rencontre dans les cellules neurosécrétrices de type III, moins
fréquentes, il correspond à des granules élémentaires de 1 500 Â.
Divers auteurs ont signalé la présence chez certains insectes de grains à contenu osmiophobe. Bassur-
manova et Panov (1967) font état de tels granules dans les cellules A' de la pars intercerebralis de Bombyx
mori, qu’ils dénomment « électron luscent vesicles ». Jusqu’à présent de tels éléments n’avaient été décrits
que dans les corpora cardiaca ou les organes neurohémaux : ils ont été observés par Nishiitsutsuji-Uwo
(1961) chez Bombyx dans les corpora cardiaca, par Scharrer (1963) dans les corpora cardiaca de Leucophaea,
par Bloch et al. (1966) chez ceux de Calliphora, Smith et Smith (1966) en ont aussi signalé dans les axones
des nervi corpori cardiaci des Phasmes. Dans les organes périsympathiques des Phasmides, nous avons per¬
sonnellement observé de telles granulations osmiophobes (Raabe et Ramade, 1967) de même que Brady
et Madrell (1967) chez Periplaneta et Schistocerca.
Dans la pars intercerebralis de Calliphora, nous observons côte à côte des granules osmiophiles dans
certaines cellules et des grains osmiophobes dans d’autres. Ce fait semble avoir échappé à Bloch et Thomsen
qui ne signalent dans leur étude sur cet insecte que des grains denses d’aspect classique (pl. VII, fig. A et B).
Hagadorn, Bern et Nishioka (1963) suggèrent chez la sangsue Theromyzon que les granules osmio¬
phobes dériveraient des osmiophiles (phénomène de maturation?). Bassurmanova et Panov ne sont pas de
cet avis car ils constatent que ces deux catégories coexistent dans une même cellule et se retrouvent en pro¬
portion constante tout au long de l’axone.
Chez Calliphora certaines cellules de la pars intercerebralis nous sont apparues pourvues uniquement
de grains denses, tandis que d’autres renferment de nombreux grains osmiophobes et quelques rares grains
osmiophiles.
Chez la mouche domestique nous n’avons jamais observé que des grains denses dans les cerveaux
mais dans certaines conditions pathologiques (cf. F. Ramade, Ann. I.N.A., 1968) apparaissent des grains
dépourvus de cœur dense.
A l’image des observations faites par Bloch et coll. chez Calliphora, nous avons observé chez Musca
un accroissement du nombre de granules élémentaires de neurosécrétion en fonction de l’âge, la densité de
ces derniers étant nettement moindre chez les jeunes que chez les individus âgés.
On rencontre aussi dans le périkaryon des cellules neurosécrétrices de nombreux corps denses de type
lysosome-pigment, identiques à ceux que nous avons décrits plus haut sous le terme de corps denses dans les
neurones, souvent localisés au voisinage des Dictyosomes.
Le chondriome, très abondant dans les cellules neurosécrétrices est constitué par des mitochondries
allongées de faible diamètre. Leur longueur n’excède pas 3 à 4 p, et leur diamètre 5 000 à 6 000 Â. On distingue
dans ces dernières des crêtes longitudinales serrées et peu apparentes, sauf après fixation au glutaraldéhyde
lequel est bien connu pour provoquer des dilatations du chondriome.
Enfin, le cytoplasme des cellules neurosécrétrices présente par place des neurotubules épars qui ne se
groupent jamais sous l’aspect de « canaux cytoplasmiques » en contact avec le Golgi, tels que Wiggleswortf
en donne la description chez Rhodnius.
A quelle catégorie décrite selon les critères histologiques classiques correspondent les trois types de
cellules neurosécrétrices observées en microscopie électronique? En l’absence d’étude comparative de coupes
Source : MNHN, Paris
134
FRANÇOIS RAMADE
et de micrographies électroniques de la même région colorées au Gomon, nous ne pouvons que faire des
hypothèses quant à l’homologie des diverses structures cellulaires imses en évidence par cette technique
La fréquence relative des types I, II et III sur nos micrographies électroniques comparées à la proportion
relative des catégories A, B et C, déterminées d’après leurs affinités tinctoriales nous conduirait à identifier
le type I aux cellules A, le type II, le plus fréquemment observé, avec le type B et le type III avec les cellules
neurosécrétrices C : seules les cellules C neurosécrétrices seraient microgranulaires.
La position respective des cellules neurosécrétrices I, II et III dans la pars intercerebralis sont aussi en
faveur d’une telle conception, en effet les cellules neurosécrétrices I occupent souvent une position périphé¬
rique à l’image des A alors que les II sont plus profondes.
En revanche, l’observation de cellules présentant une ultrastructure intermédiaire entre les cellules
neurosécrétrices I et II soulève encore le problème de l’indépendance ou d’une parenté entre ces divers types.
Remarquons cependant que dans chaque type on observe tous les intermédiaires entre les périkaryons très
chargés en grains denses et ceux pauvres en grains élémentaires de neurosécrétion, ce qui ne devrait pas se
produire si les cellules neurosécrétrices A correspondaient à une phase inactive et les B à une phase active
du cycle secrétoire d’une même catégorie cellulaire.
Ici, encore, nous devons insister sur le caractère purement hypothétique de nos conclusions : les
homologies que nous proposons sont purement spéculatives en l’absence d’étude comparative en microscopie
ordinaire et électronique d’un même cerveau.
Les neurones géants ou cellules a se distinguent aisément des cellules neurosécrétrices par leur grande
taille (pl. V et VI) sur les micrographies électroniques. Leur membrane nucléaire constitue un cortex (pl. V,
fig. A et B) encore plus développé que celui des neurosécrétrices de type II. Remarquons d’ailleurs que cette
membrane nucléaire fortement épaissie qui atteint 7 000 Â avec une moyenne de 4 000 Â est observable en
microscopie photonique sur des préparations colorées à l’hématoxyline ferrique, mais cette formation, à la
limite du pouvoir résolvant de ce microscope est passée inaperçue aux auteurs qui ont étudié le cerveau de
la mouche domestique avant nous (Grandori et Care). Par place, cette membrane nucléaire aberrante pré¬
sente des aspects qui évoquent des phénomènes sécrétoires : des inclusions pâles semblent faire extrusion
dans le cytoplasme, en des points où la paroi externe du « cortex » s’évagine et fait déhiscence. Ces masses
inclusives corticales paraissent se former dans la partie profonde du « cortex » au contact du suc nucléaire,
pui3 cheminer au travers de celui-ci vers la surface où leur contenu paraît être libéré dans le périplasme.
Les neurones géants diffèrent des cellules neurosécrétrices normales par leur ergastoplasme extrême¬
ment développé qui est constitué par des cistemae ergastoplasmiques très allongées (pl. V, fig. A et B) dis¬
posées non point parallèlement mais de façon fasciculée. A la différence des observations de Bloch et Thom-
sen chez Calliphora, nou3 ne remarquons pas chez la mouche domestique de dilatation vacuolaire des cis-
ternae ergastoplasmiques : celles ci sont au contraire étroites et très régulières, comme dans les cellules
neurosécrétrices.
Le golgi des neurones géants est aussi fort développé (pl. V, fig. B) il élabore des grains denses d’aspect
analogue aux granules élémentaires de neurosécrétion (pl. V, fig. A et B) quoique de taille plus faible comprise
entre 700 et 1 000 Â et en nombre nettement moindre que dans les cellules neurosécrétrices. La rareté de
ces grains et la chromophobie du périkaryon des neurones a aux réactifs classiques des neurosécrétions inter-
it de considérer ces éléments comme des cellules neurosécrétrices classiques.
^ membrane plasmatique des neurones géants est pourvue de profondes indentations dans lesquelles
pén rent es invaginations gliales. Ces prolongements glioplasmiques (Trophosponge) renferment parfois
des ghosomes et des gliotubules (pl. VI).
mais \ém mn\nÛK^\^^' eS ^ é “ enls P résentent en microscopie électronique une texture cytoplasmique lâche (pl. IV);
taille trè* varùhlr m • P ” remar< P“^ e réside dam la présence de nombreuses vacuoles intracytoplasmiques et de vésicules de
ïïe™!TduiHTT donner nais8ance à de très S™ des vacuoles (2 à 3 par cellules) qui occupent 1.
occupés par un ernastonlaimw,? * m * érieur desquelles s’observe un fin réticulum. Entre les vacuoles existent des espaces
des zones intervacuolairea T „„ JL e °PP C et de nombreux ribosomes libres ce qui explique l’intense basophilie cytoplasmique
Contrairement i l’opinion de al^^r 10 — T e “ pilées en croissant et associées à des vésicules de nature golgienne.
distendues parce qu'ils observent h 1 ' 5 111 ^'““lent les vacuoles à des cistemae ergastoplasmiques extraordinairement
s'agit d’éléments distincts car chez U de8 , grain8 é P ar8 de nature probablement ribonuciéique, nous considérons qu ils
vacuoles. La richesse du chondriome et iLu , mestl,: P w ’ nous n’observons pas toujours de grains de Palade répartis à la limite des
liée probablement à des phénomènes «LL, ^ 0ppem ® Qt de l’ergastoplasme de ces cellules suggère une intense activité métabolique
vent en contiguïté (pl. IV). ° lre9 “ ans es “Unies neurosécrétrices de type III avec lesquelles nous les trouvons sou-
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA L.
135
V. RÉSUMÉ ET DISCUSSION
Nous décrivons dans cet ouvrage les résultats de nos recherches histologiques, histochimiques et ultra-
structurales sur les cellules neurosécrétrices des centres nerveux céphaliques de la mouche domestique;
plus particulièrement de la pars intercerebralis.
Les réactions signalétiques classiques des neurosécrétions : hématoxyline chromique-phloxine et
fuchsine paraldéhyde nous ont montré qu’il existe dans la pars intercerebralis des cellules neurosécrétrices
de type A (colorables en bleu par l’hématoxyline chromique et en violet pourpre par la fuchsine paraldéhyde)
au nombre de 11 en moyenne, des cellules neurosécrétrices de type B, phloxinophiles et colorables en violet
pâle et colorables à la fuchsine paraldéhyde au nombre de 16. De plus, parmi les cellules A on peut distinguer
un sous-groupe dénommé A’ qui se différencie par la taille supérieure et une moindre affinité pour la fuchsine
par la fuchsine paraldéhyde, intermédiaire avec celle des cellules B.
Il existe en outre des cellules neurosécrétrices de type C, Gomori négatives mais colorables à l’azan
et au picro-indigo-carmin. Celles-ci, peu nombreuses dans la pars intercerebralis (3 à 6) sont plus fréquentes
dans les autres régions cérébrales. Les cellules neurosécrétrices de type A ne se rencontrent que dans la pars
intercerebralis chez la mouche domestique. Il existe cependant d’autres centres neurosécréteurs cérébraux
constitués par des cellules de type B et C; dans le protocérébron on rencontre en particulier un groupe de
cellules neurosécrétrices latérosupérieures et un autre groupe latéro-inférieur, constitué par 4 paires de cel¬
lules B; on observe aussi des cellules périœsophagiennes, deutocérébrales et sous-œsophagiennes (5 paires
de cellules B et une douzaine de cellules C se rencontrent dans le ganglion sous-œsophagien).
Nos observations apportent de nombreux faits nouveaux, lesquels avaient échappé à Grandori
(1955) dans son étude des cellules neurosécrétrices cérébrales de la mouche domestique après coloration de
Gomori. Ainsi, celui-ci ne voyait que 12 à 14 cellules neurosécrétrices dans la pars intercerebralis (qui corres¬
pondent aux cellules A, bien que ce chiffre soit légèrement surestimé par cet auteur). En revanche Grandori
ne mentionne aucune cellule phloxinophile dans la pars intercerebralis et ne décrit comme autre centre neuro-
sécréteur cérébral que les cellules latérosupérieures et les périœsophagiennes (qu’il dénomme deutocérébrales).
Hsiao et Fraenkel (1966) dans leur étude sur la répartition des cellules neurosécrétrices dans le
cerveau de Phormia regina Meig. voient plusieurs groupes de cellules neurosécrétrices dans d’autres régions
cérébrales que la pars intercerebralis mais ils ne décrivent pas les cellules neurosécrétrices deutocérébrales
antérieures et les cellules C sous-œsophagiennes. Mentionnons aussi que nos propres observations correspon¬
dent dans l’ensemble à celles de J. Therry sur la répartition des cellules neurosécrétrices dans le système
nerveux central de Sarcophaga argyrostoma en particulier nous observons aussi des cellules neurosécrétrices
C latéromédianes dans le ganglion sous-œsophagien, cependant J. Therry ne mentionne pas dans son étude
de cellules deutocérébrales antérieures et de protocérébrales postérieures et les cellules neurosécrétrices laté¬
rales qu’elle figure sont en réalité probablement d’origine deutocérébrale.
Diverses réactions histochimiques attestent d’une grande richesse en acides aminés soufrés (cystéine-
cystine) des plages de matériel neurosécrété des cellules neurosécrétrices A lesquelles prennent fortement
les réactifs spécifiques de ces substances (RSR, acide performique, bleu alcian, néotétrazolium, DDD, etc.).
Les cellules neurosécrétrices de type B quoique positives prennent de façon beaucoup plus faible ces divers
colorants. La colorabilité des flaques de neurosécrétion au noir Soudan et au « Luxai Fast Blue » montrent
que les neurohormones sont élaborées dans une région cytoplasmique riche en lipides complexes, en parti¬
culier en phospholipides. La variation d’activité des cellules neurosécrétrices en fonction de l’age nous prouve
que la charge des cellules neurosécrétrices A et B s’effectue progressivement pendant les premiers jours de la
vie imaginale. Les cellules neurosécrétrices des mouches âgées de 6 heures ne présentant que quelques fines
granulations Gomori positives alors que celles d’individus âgés de 5 à 6 jours voient leur cytoplasme envahi
par des flaques fortement colorables à la fuchsine paraldéhyde par exemple.
Source : MNHN, Paris
136
FRANÇOIS RAMADE
L’étude de la proportion relative des divers types de neurones cérébraux dans des échantillons d’âge
variant de 24heures à 25 jours nous montre que celle-ci demeure constante; le test de * 2 confirmant la grande
homogénéité des données numériques obtenues. Ceci constitue un bon argument en faveur d’une grande
indépendance des cellules neurosécrétrices de type A et B et de la multiplicité des catégories cellulaires
présentes dans la pars intercerebralis.
L’étude de cette dernière en microscopie électronique révèle la présence de 3 types de cellules neuro-
sécrétrices : les deux premiers sont macrogranulaires (c’est-à-dire renferment des granules élémentaires de
neurosécrétion osmiophile de taille assez grande comprise entre 2 000 et 3 000 A, le 3 e microgranulaire
[granule de 1 500 Â]). Nous suggérons que les types I et II correspondraient respectivement aux cellules
neurosécrétrices A et B et le type III aux cellules C, mais ceci demeure hypothétique au stade actuel de nos
recherches. La structure fine du cytoplasme de ces cellules s’est avéré semblable à celle des cellules neurosé¬
crétrices décrites chez d’autres insectes. Nous avons cependant observé dans les cellules neurosécrétrices de
type II et dans les neurones géants (lesquels sont très riches en ergastoplasme et renferment aussi quelques
grains denses bien que considéré comme non neurosécréteurs) la présence d’une membrane nucléaire forte¬
ment épaissie en un « cortex » dense aux électrons et au travers duquel cheminent des inclusions vésiculaires
qui paraissent être libérées dans le cytoplasme, images d’un phénomène de secrétion nucléaire.
A l’opposé des observations de Bloch et Thomsen (1965) chez Calliphora nous ne voyons pas de
différence dans l’aspect des cistemae ergastoplasmiques des neurones géants et des cellules neurosécrétrices;
dans les deux cas, les membranes cistemales paraissent minces et parallèles.
Par ailleurs, quelques recherches effectuées sur la pars intercerebralis de Calliphora nous ont révélé
l’existence de cellules neurosécrétrices à granules élémentaires osmiophobes qui semblent être passés ina¬
perçus à ces derniers auteurs.
Enfin, nous donnons la description dans ce travail des cellules vacuolaires, formations d’origine pro¬
bablement névroglique qui sont toujours en contiguïté avec des cellules neurosécrétrices actives et dont les
vacuoles s’accroissent pour atteindre une grande taille chez les insectes âgés.
La comparaison des images que nous avons obtenues par des techniques histologiques et histochimiques
avec celles de microscopie électronique pose le problème de l’aspect réel des substances neurosécrétées. A
1 opposé de Thomsen, nous ne pensons pas que les grains cytoplasmiques colorables à la fuchsine paraldéhyde
des cellules neurosécrétrices de mouches très jeunes correspondent aux grains denses tels qu’on les observe
en microscopie électronique, en outre, il est bien connu que certains organes neurosécréteurs ou certaines
cellules négatives aux réactions de Gomori renferment de tels granules.
D autres recherches 1 menées parallèlement à cette étude descriptive nous ont montré que dans les
cerveaux de mouches intoxiquées aux insecticides se produit une disparition totale des grains élémentaires
e neurosécrétion dans les cellules neurosécrétrices alors que simultanément la colorabilité de tels cerveaux
s accroît de façon considérable, fait qui contribue à attribuer les affinités tinctoriales des flaques observables
en microscopie ordinaire à d’autres structures que les grains denses.
Divers schémas ont été proposés pour faire une synthèse des affinités tinctoriales des caractères histo-
MQfifiwÜ amS i' < ^ Ue . d ? ^ ^pect ultrastructural des granules élémentaires de neurosécrétion. Schreiner
i r , ume 68 Papales conceptions sur l’aspect macromoléculaire des matériels neurosécrétés. Rappe-
sinpï'düntl travaux . e 5f ctués chez les Vertébrés confirment l’existence d’une substance protéique (neurophy-
monPîZ^ Pr0P r étéS ,?£™ P ° ndent bien au 8chéma de !a « protéine mère », précurseur de la neurohor-
prememditp nT précurseur protéique donne en se dépolymérisant la neurohormone pro¬
ches les inséré ypCp f de dont I e P° ids moléculaire est de l’ordre de 1 000. Cependant, les travaux effectués
nature lipoDrotéimip 8 p”* ^ leS ° U , la neur ohormone cérébrale est de poids moléculaire plus élevé et de
riche en tryptODhaneV° Ur aUtres ’ a neur ohormone n’est pas lipidique mais associée à une lipoprotéine
suiteTe^^
î. Cf. notre publication
aux Annalesde H.N.A., t. V, N.S., 1968.
Source : MNHN, Paris
DONNÉES SUR LA PARS INTERCEREBRALIS DE MUSCA DOMESTICA L. 137
Dans ces deux éventualités on peut concevoir que le précurseur protéique ou la protéine porteuse sont
soit extérieures soit intérieures aux granules élémentaires de neurosécrétion. Schreiner (1966) retient comma
plus vraisemblable le second schéma. Il considère que le précurseur protéique enfermé dans les grains denses
pourrait se dépolymériser pour produire la neurohormone dont les dimensions moléculaires sont assez faibles
pour traverser les parois de ce dernier. Dans l’éventualité de l’existence d’une protéine porteuse, ce même
auteur suggère un schéma voisin où la protéine porteuse est inclue aussi à l’intérieur des grains’denses, la
neurohormone étant simplement fixée, comme adsorbée à la surface, sa libération s’effectuant au travers des
parois corticales de ce grain élémentaire de neurosécrétion.
Remarquons cependant que ces schémas demeurent en grande partie hypothétiques et que seule une
connaissance précise de la nature biochimique des neurohormones et des protéines associées permettra d’élu¬
cider le problème de la correspondance entre les aspects figurés des neurosécrétions et la localisation ultrastruc¬
turale exacte des neurohormones.
Laboratoire de Zoologie de l’Institut national agronomique
16, rue Claude-Bernard
Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
138
FRANÇOIS RAMADE
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Source : MNHN, Paris
PLANCHES
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ABRÉVIATIONS UTILISÉES DANS LES PLANCHES
I Cellules neurosécrétrices de type I (macrogranulaires).
II Cellules neurosécrétrices de type II (macrogranulaires).
III Cellules neurosécrétrices de type III (microgranulaires).
Y Globuli.
S Neurone normal non secréteur.
Ax Axone.
ANs Axone neurosecréteur.
C Cortex cérébral (Perikaryon des neurones).
Cg Cistemae golgiennes.
Ch Bloc de chromatine.
Chr Chromosomes interphasiques.
Co Cortex osmiophobe des granules élémentaires de neurosecrétion.
Cv Cellule vacuolaire.
Cx « Cortex nucléaire » (modification de la membrane nucléaire des cellules neurosecrétrices de type II et des neurones géants).
Ds Desmosome.
EN Lobe nucléaire.
Er Ergastoplasme.
G Golgi.
Gd Grains denses, osmiophiles.
Gi Gliosomes.
G1 Lames gliales.
Glc Glie corticale.
Ly Lysosome-pigment, désignés aussi sous le terme imprécis de corps denses par certains auteurs.
Mi Mitochondries.
Ml Corps multilamellaires.
N Noyau.
Ng Neurone géant.
NGls Noyau de gliocytes superficiel.
NGm Noyau de gliocytes médullaire.
NOc Nerf ocellaire.
Nov Granule élémentaire de neurosécrétion osmiophobe (vide?).
Npb Noyau des périblastes.
Npl Neuropiles.
Ns Granules élémentaires de neurosécrétion (= grains denses osmiophiles).
Nt Neurotubules.
Nue Nucléole.
Nv Cellule nevroglique.
Sd Secrétion golgienne (grains denses).
Sm Secrétion nucléaire.
Spr Spires ergastoplasmiques.
Ta Tissu adipeux.
Tr Trophosponge.
tr Trachéoles.
V Vacuoles des cellules vacuolaires.
Va Vacuoles adipeuses.
Vg Vacuole golgienne (= saccule).
8 564031 6
3
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Planche I. — Cellules neurosécrétrices de type I
Fig. A. — Fixation au Millonig.
Fig. B. — Fixation au glutaraldéhyde — acide osmique pH 7,6.
La membrane nucléaire est d’aspect classique, le noyau de forme régulière présente un volumineux nucléole et des
amas très osmiophiles (Chr) considérés par certains auteurs comme des chromosomes interphasiques.
MÉMOIRES DU MUSÉUM. — TOME LVIII. — FASCICULE 2.
PLANCHE I
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Planche II
Fie. A. — Vue d’ensemble d’une région latéromédiane de la pars intercerebralis : en haut à gauche, une cellule neurosécrétrice de
type III (microgranulaire), en bas et à droite, perikaryon de cellule neurosécrétrice de type II. Ces dernières sont caractérisées
par un noyau aux contours irréguliers et une membrane nucléaire modifiée en un épais cortex.
Fie. B. — Détail d’une cellule neurosécrétrice de type II. Remarquer le cortex nucléaire, les régions golgiennes et les nombreux gra¬
nules élémentaires de neurosécrétion. On observe aussi un trophosponge, pénétration de la glie à l’intérieur du cytoplasme,
coupé longitudinalement en Tri et transversalement en Tr2; de nombreux ribosomes. Les cistemae ergastoplasmiques, cou¬
pées transversalement sur ce cliché sont peu visibles.
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MÉMOIRES DU MUSÉUM. — TOME LVIII. — FASCICULE 2.
PLANCHE II
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Planche III
Fie. A. — Spire ergastoplasmique (Spr) dans une cellule neurosécrétrice.
Fio. B - No„u d'un, cellule nemnécrétric de tn« II, émettant un lobe trè. individudM : de telle, fitmie. .ont inteen.été..
de. op Uee . une en™ activité métabolique, éventuelle™,, pba*, d’élaboration de. SirohormontS
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MÉMOIRES DU MUSÉUM. — TOME LVIII. — FASCICULE 2.
PLANCHE III
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Source : MNHN,
MÉMOIRES DU MUSÉUM. — TOME LVIII. — FASCICULE 2.
PLANCHE IV
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Planche V. — Neurones géants (ou neurones de type a). Remarquer la membrane nucléaire distendue en un épais « cortex » au tra¬
vers de laquelle cheminent des inclusions osmiophobes (images de sécrétions nucléaires?), l’ergastoplasme très développé,
à disposition fasciculée. Les régions golgiennes, au voisinage desquelles se rencontrent des grains denses — semblables à ceux
des cellules neurosécrétrices, un d’entre eux perle à l’extrémité d’une cisternae golgienne au milieu de la figure B.
MÉMOIRES du MUSÉUM. — TOME LVIII. — FASCICULE 2.
PLANCHE V
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PLANCHE VI
Planche VI a. — Cliché à faible grandissement ( x 5.200) d’un neurone géant, dans la partie profonde de la pars interccrebraUs^
montrant ses rapports avec les structures gliales adjacentes. Remarquer aussi les sections de fibres du faisceau m ' »
haut à gauche et en bas du cliché, chargées de grains élémentaires de neurosécrétion.
_ TOME LVIII. — FASCICULE 2.
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DU MUSÉUM. — TOME LVIII. — FASCICULE 2.
PLANCHE VI b
Planche VI 6. — Schéma interprétatif des diverses structures que
renferme le cliché de la planche VI a.
Planche VII. — Calliphora erythrocephdla Meig.
Fig. A. — Vue à faible grandissement d’un neurone géant, à gauche, et du cytoplasme d’une cellule neurosécrétrice à droite.
Fig. B. — Région centrale de la pars intercerebralis. On remarque sur ce cliché deux cellules neurosécrétrices à grains élémentaires
osmiophobes (Nov) et à droite une partie du cytoplasme de cellules neurosécrétrices (Nov) et à droite une partie du cytoplasme
de cellules neurosécrétrices à grains denses osmiophiles. On n’avait jamais observé, jusqu’alors de grains osmiophobes dans la
pars intercerebralis chez les insectes, sauf chez Bombyx. Observer la couche gliale, séparant les cellules neurosécrétrices dans
laquelle existent des gliosomes, deux desmosomes et de nombreux espèces lacunaires gliaux.
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MÉMOIRES
DU MUSÉUM. — TOME LVIII. — FASCICULE 2.
PLANCHE VII
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