Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
• •
■h) MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
JO’HISTOIRE NATUR ELL E
. | NOUVELLE SÉRIE
J Série A
TOME LXVI
S 1 2 .QO 60 ye—) fascicule unique
Christian ÉRARD et Robert-Daniel ETCHECOPAR
5 - ) ^
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’IRAN
(Résultats de la Mission Etchecopar 1967)
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PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1970
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A
TOME LXVI
FASCICULE UNIQUE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1970
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, tome LXVI, lasc. unique
CONTRIBUTION
A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’IRAN
(Résultats de la Mission Etchecopar 1967)
Christian ERARD et Robert-Daniel ETCHECOPAR
SOMMAIRE
Avant-propos.
Caractères géographiques :
A. — Le Relief.
B. — Le Climat.
C. — La Végétation .
D. — Caractères biogéographiques généraux de l’avifaune d’Iran
Itinéraire
21
Résultats ornithologiques de la mission .
— Liste systématique des espèces rencontrées
— Espèces nicheuses non rencontrées.
Bibliographie.
Index .
25
27
129
137
141
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
AVANT-PROPOS
Peu de Musées d'Histoire naturelle disposent de collections d'oiseaux provenant du Moyen-
Orient et rares sont ceux qui possèdent les longues séries nécessaires à tout travail systématique.
A part quelques bonnes peaux rapportées d'Iran par Francis Petter, à la suite d'une mission
mammalogique, le Laboratoire d'Ornithologie du Muséum de Paris ne possédait pratiquement rien
jusqu'en 1967.
C'est dans le but d'obvier à cette pauvreté documentaire et de prendre contact avec le : pays origfi-
naire d'une avifaune que l'un de nous devait étudier en collaboration avec François Hue qu'il fut décidé
de mettre sur pied une importante expédition avec pour objectif principal les déserts du sud et de l est
de l'Iran.
Le projet était ambitieux car l'Iran est trois fois plus grand que la France, et les régions visées
sont encore de nos jours d'une pénétration difficile, de plus le temps dont on pouvait disposer demeurait
limité. Une première étude laissa penser qu'il était toutefois possible de faire en trois mois un travail
utile.
Tout d'abord il fallut choisir la période de l'année qui serait la plus avantageuse car il importait
de concilier les nécessités de la collecte avec celles de l'observation. Le printemps facilite l'observation
car les oiseaux sont attachés à leur territoire ce qui permet d'étudier le comportement des espèces nicheuses.
En revanche les oiseaux sont souvent en plumage usé aussi ne fournissent-ils pas de beaux spécimens
aux taxidermistes. D'autre part, la distinction entre migrateurs et indigènes est plus difficile. Ce dernier
inconvénient se trouvait accru par le fait que la longueur du trajet fixé interdisait de trop prolonger les
arrêts. Il fut toutefois décidé de partir début mars pour être à pied d'œuvre dans le courant du mois,
rien que le trajet en voiture de Paris à Téhéran exigeant une dizaine de jours ! Cette date de départ nous
permettait d'assister à une partie de la migration prénuptiale puis ensuite de nous rejeter sur les popu¬
lations nicheuses.
Afin de donner à cette mission le maximum de moyens d'action, tant en personnel qu'en matériel,
et quoique son instigateur était bien décidé à prendre l'entière responsabilité de l'organisation financière
et administrative, nous ne devions pas négliger les concours extérieurs possibles car ceux-ci ne pouvaient
qu augmenter nos chances de succès.
C est ainsi que, grâce à l'aimable appui de M. Marçais, le C.N.R.S. mit à notre disposition
un camion de 10 t à 4 roues motrices dont le chauffeur mécanicien était rompu à ce type d,'expédition.
Le Muséum de Paris accepta, sur la proposition du Professeur Dorst, de participer aux frais en échange
de la collection rapportée tandis que les compagnies Esso et Iranian Petroleum nous déchargèrent
des problèmes de, carburant. Il nous est agréable de remercier ceux qui nous ont si généreusement apporté
leur soutien, qu'ils veuillent bien trouver ici l'expression de notre gratitude.
Par suite d'un gentleman agreement à peu près universellement admis de nos jours, quand
une mission de recherches se rend dans un pays étranger elle se doit de partager — après étude — les
prélèvements opérés dans le pays dont elle fut l'hôte. Nous avions donc accepté de présenter au Labo¬
ratoire d'Ornithologie de l'Université de Téhéran la moitié des collections que nous comptions recueillir,
moyennant quoi ce laboratoire mettrait à notre disposition un certain personnel; c'était à la mission
toutefois qu'il appartenait de subvenir à son entretien pendant toute la durée des opérations. Ainsi le
Dr M. Balouch et M. Rezza, taxidermiste, se joignirent à l'équipe française composée des auteurs et
de A. Kalflèche, technicien et taxidermiste.
Nous donnons par ailleurs notre trajet en Iran sous forme de carte, il dépasse 12 000 km. Nous
avons collecté, en dehors d'objets divers et d'animaux pouvant intéresser d'autres laboratoires (Ethno-
Source : MNHN, Paris
8
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
logie, Ichtyologie, Mammalogie), 821 spécimens. Ce chiffre pourrait paraître modeste aux yeux de
certains vu le nombre de kilomètres parcourus et le temps passé, mais en lait notre but était avant tout de
mieux connaître le comportement de certaines espèces et si nous n'avons pas négligé de. collecter afin de
confirmer certaines identifications in natura et d'enrichir les tiroirs du Muséum, nous avions admis
dès le départ une série de règles très strictes dictées surtout par des principes de protection.
Nous avons raconté par ailleurs (1) comment, contrairement aux prévisions, la colonne ne put
atteindre Téhéran avant le 7 avril. Ce contretemps nous obligea à quitter rapidement le nord du pays et
à traverser tout le sillon des oasis entre Esfahan et Persepolis, beaucoup plus vile que nous ne l'aurions
voulu.
Nous avons également fait état dans un autre article des divers incidents qui marquèrent le par¬
cours et qui gênèrent notre progression ou qui nous obligèrent à traverser trop rapidement à notre gré
le sud du Khorasan.
Malgré tout, la mission se déroula de manière fort satisfaisante comme en témoignent les résultats
obtenus. Nous le devons en bonne partie aux appuis que nous avons recueillis un peu partout soit en
France comme nous l'avons déjà dit, mais aussi en Iran. Notre expédition protégée par S. A. Le Prince
Abdureza fut rendue possible grâce à l'attitude extrêmement aimable et efficace du service des Eaux
et Forêts et notamment de son secrétaire général, notre collègue du Conseil international de la Chasse,
M. Firouze, qui obtint notamment l'autorisation concernant l'importation des armes, le permis de
transfert des dossiers lorsque la colonne de véhicules dut changer son itinéraire pour entrer en Iran et
arriver par la route du sud alors qu'elle était attendue au poste nord! Nous devons un hommage parti¬
culier à la Gendarmerie iranienne. L'appui de ce corps d'élite dans les régions les plus démunies est
toujours providentiel. Nous ne savons ce qu'il faut apprécier le plus: l'efficacité, la compétence ou
l'extrême complaisance de cette troupe ubiquiste et omnisciente toujours prête à aider le voyageur en
difficulté. Nous avons été particulièrement sensibles à l'accueil qui nous fut souvent accordé par chacun
de ces petits postes perdus dans le désert et sous la surveillance, desquels il nous avait été conseillé de
passer nos nuits.
C'est aussi grâce à la brigade de Zahedan et au délégué du service de la Chasse des Eaux et Forêts
qui mit à notre disposition une jeep avec un chauffeur chevronné et surtout familier des « pistes » du
sud que nous avons pu pénétrer dans l'extrême sud du Balouchistan.
C'est enfin grâce aux Gouverneurs du port de Bandar-abass et de l'ile de Gheshm que nous avons
pu visiter les îles de Gheshm et d'Hormoz. Une fois de plus nous adressons nos vifs remerciements à ces
personnalités grâce auxquelles notre expédition put être menée à bien.
Dans le présent mémoire nous rapportons les résultats obtenus durant ce long périple. Ils se tra¬
duiront à la suite de quelques considérations générales, par l'analyse du matériel collecté et par une
mise au propre des observations notées au jour le jour dont nous avons extrait ce qui nous paraît soit
inédit, soit l'utile complément de ce que nous avions appris de nos prédécesseurs.
Ce travail est évidemment étayé par les études antérieures faites dans ce pays dont nous citons
les titres dans la bibliographie in fine. Nous évoquerons toutefois brièvement ici les plus importants.
La première mise au point de l'avifaune iranienne fut celle de Blanford qui s'appuya essen¬
tiellement sur les collections du Major St John et de. lui-même recueillies surtout dans le Balouchistan,
le Fars et le Kirman. Mais le meilleur connaisseur de l'Iran demeure Zarudny qui effectua quatre
grands voyages: trois dans l'est du pays, du Khorasan au Mekran, et un qui le mena du Gorgan au
Khuzestan puis dans le Gilan. Il publia de nombreux travaux (beaucoup de descriptions d'espèces et
de sous-espèces). Malheureusement les plus importants qui rapportaient ses observations de terrain
le furent en russe et nous ne pûmes nous les procurer. En 1911, il dressa un tableau de l'avifaune ira¬
nienne qui nous servit de. base (en prenant toutefois garde aux généralisations et assertions trop hâtives
et aux modifications intervenues depuis dans le découpage des provinces iraniennes) et qu'il compléta
par une série d'articles écrits en allemand en collaboration avec Harms et publiés entre 1912 et 1920,
traitant de certains groupes d'espèces.
(1) Voir Science et Nature n° 95, septembre-octobre 1969 : 17-24.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
Entre 1937 et 1947, le botaniste Koelz recueillit une très importante collection d'oiseaux d'Iran
et d'Afghanistan. Il parcourut pratiquement tout l'Iran mais ne laissa pas de carnet déroute aussi seuls
subsistent les spécimens collectés que se sont partagés les Muséums de New York et de Chicago. Les
collections de Koelz firent l'objet d'importantes publications taxonomiques notamment par Vaurie
(1949-1951). Rappelons à ce sujet qu'il fut permis à l'un de nous d'y accéder grâce au généreux appui
du Franck M. Chapman Memorial Fund de l'American Muséum of Natural History.
Parmi les études de caractère plus régional nous mentionnerons: l'excellente mise au point de
Schuz (1959) sur le littoral méridional de la Caspienne, la synthèse par le même auteur (1957) de
l'avifaune de la chaîne de l'Elbourz qui mettait à jour le travail de Strksemann (1928) basé sur les
résultats de la mission Heinrich; les écrits de Paludan (1938) sur le Zagros; ceux de Witherby
(1903) et de Capito (1931) sur le Fars; ceux de Buxton (1921) sur le nord-ouest du pays et ceux
de Ticehurst et al (1925) sur les îles du golfe Persique. N'oublions pas non plus les récents travaux
sur les migrations dans le Kurdistan par Misonne (1955) et sur le littoral méridional de la Caspienne:
en automne par Feeny et al (1968) et au printemps par Nielsen (1969).
Quoique cette liste de travaux puisse paraître importante à la première lecture, beaucoup d'incon¬
nues demeurent sur la répartition des oiseaux iraniens et à plus forte raison sur leur biologie. De nombreux
territoires n'ont pas été visités et dans bon nombre de ceux qui l'ont été, les informations recueillies
demeurent trop fragmentaires, de sorte que beaucoup de blancs restent à combler avant que la distribu¬
tion des espèces composant l'avifaune iranienne puisse être cartographiée de manière satisfaisante pour
servir de point de départ à des interprétations biogéographiques.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CARACTÈRES GÉOGRAPHIQUES
A. — LE RELIEF
Du point de vue orographique l’Iran fait partie avec l’Afghanistan et le Balouchistan, du
vaste ensemble appelé plateau iranien qui s’étend d’ouest en est depuis la vallée du Tigre et l’Arménie
jusqu’à la vallée de l’Indus et l’Himalaya. Ce pays est situé en gros entre 44° et 63° est, 25° et 39° nord.
L’une de ses caractéristiques est le manque de plaines basses. A part le Khuzestan qui n’est somme
toute que le prolongement à l’intérieur des limites politiques du pays de la grande plaine mésopo-
tamienne, les plaines basses ne sont représentées en Iran que par d’étroites franges littorales le long
de la côte méridionale de la Caspienne et des bords de la mer d’Oman et du golfe Persique. L’ensemble
du pays se situe à une altitude supérieure à 1 000 m. Des plateaux ayant une altitude moyenne
de ca 1 500 m et un complexe de chaînes de montagnes entourent deux grands bassins désertiques
d’altitude bien plus faible : le Dasht-i-Kavir et le Dasht-i-Lut auxquels il convient d’ajouter le
Kavir-i-Namak (qui assure le passage entre le Dasht-i-Kavir et les déserts turkmènes via la cuvette
du Daryacheh-Namakzan et la vallée de l’Hari-Rud), la dépression de Bampur et le Séistan.
Le système montagneux comprend :
a) Au nord: la chaîne de l’Elbourz d’une altitude moyenne de 3 000 m, culminant au Demavend
(5 680 m) et se prolongeant jusqu’en région de Mashad dans le nord du Khorasan par les massifs
du Kuh-i-Aleh, Kuh-i-Shah Jehan et Kuh-i-Binalud, parallèles au versant méridional du Kopet
Dagh et au Kuh-i-Hazar Masjid. Vers l’ouest, les massifs du Kuh-i-Bazqush et du Kuh-i-Savalan
établissent la transition entre l’Elbourz et les montagnes arméniennes.
b) A l'ouest , selon un axe nord-ouest-sud-est : la chaîne du Zagros qui s’allonge en plis paral¬
lèles du Luristan au Laristan. C’est une succession d’anticlinaux et de synclinaux. Plusieurs
sommets atteignent et même dépassent 4 000 m (Kuh-i-Ushtaran, Qal-eh-Kuh, Kuh-i-Karbush,
Zardeh-Kuh, Kuh-i-Dinar). Il convient de séparer pour des raisons biogéographiques le
massif du Kirman et le système montagneux constitué par les massifs de Yazd (Shirkuh) et du
Kuh-i-Kargiz qui s’étendent entre le Kirman et la région de Ghom. Ce système montagneux est
séparé du Zagros proprement dit par un grand Kavir (cuvette désertique). Le Zagros se rattache
au plateau arménien par les maillons montagneux du Kurdistan et de l’Azerbaïdjan. Ainsi, du
plateau arménien partent deux chaînes de montagnes qui atteignent respectivement le Khorasan
et le Balouchistan.
c) A l'est: entre le Kavir-i-Namak et le Séistan s’étend un complexe montagneux que nous
baptiserons massif de Birjand, d’altitude inférieure à 3 000 m. Au Balouchistan, nous trouvons
le massif du Kuh-e-Taftan (4 307 m). Entre le Kuh-e-Taftan et le Kirman, une série de chaînons
(Bazman-Kuh et Jebal-Barez) séparent le Dasht-i-Lut de la dépression de Bampur laquelle est bordée
au sud par la chaîne du Mekran dont relativement peu de sommets atteignent 2 000 m.
De ces montagnes descendent des fleuves et des rivières allant se jeter dans les mers (Cas¬
pienne, d’Oman et golfe Persique) ou se perdre dans les grandes cuvettes désertiques. Une grande
partie de ces cours d’eau, surtout ceux du centre et du sud, ne sont pas permanents. Il en va de
même pour les lacs dont les cartes iraniennes ne sont pas avares : dans les cuvettes du Dasht-i-Kavir
(Darya-yi-Namak notamment) et du Dasht-i-Lut, dans la dépression de Bampur (Hamun-i-Jaz
Murian), au Séistan (Hamun-i-Hilmand) dans les kavirs des régions de Yazd, d’Esfahan, de Niriz
(Lac Bakhtegan) et de Shiraz (lacs de Maharloo et de Famun). Nous savons que certains de ces
lacs peuvent être qualifiés de permanents par exemple ceux du Séistan (encore qu’HoixoM citant
Cornwallis nous dit qu’il n’y avait pas d’eau en été 1967 alors que le pays était inondé à notre
Source : MNHN, Paris
12
CHRISTIAN ÉRAKD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
CONTRIBUTION A l’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
13
passage au printemps !) et des régions de Shiraz et de Niriz. Nous ignorons ce qu il en est des autres;
vraisemblablement ne conservent-ils de l’eau que lors des années particulièrement humides. Deux
autres lacs apparaissent permanents : ce sont le lac Rezaiyeh (= lac d’Urmia) dont les conditions
écologiques ont été décrites par Savage (1964) et le Tuzlu Gôl près d’Arak (= Sultanabad) dont
l’avifaune a fait l’objet d’observations par Paludan (1940) et Read (1957).
B. — LE CLIMAT
11 est difficile de brosser un tableau d’ensemble du climat iranien car il n’y a guère de docu¬
ments météorologiques valables, toutefois plusieurs tentatives ont été faites d’utiliser les données
obtenues. Misonne (1959) a fait un relevé bibliographique et présenté un schéma qui montre l’insuf¬
fisance de nos connaissances sur le sujet. Des esquisses du climat iranien ont été aussi présentées
par Petter (1961) et Lay (1967).
Carte II. — Carte pluviométrique de l’Iran, d’après Bobek (1952).
Ba : Bandar-abass; Bi : Birjand; E : Esfahan; H : Ramadan; 1 : Iranshahr, Ke : Kermanshah; Ki : Kirman;
M : Mashad; S : Shiraz; Ta : Tabriz; Te : Téhéran; Zab : Zabol; Zah : Zahedan.
Source : MNHN, Paris
14
CHRISTIAN ÉltARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Nous présentons une carte pluviométrique (carte 2) qui n’est certes pas définitive et tota¬
lement exacte (il y a par exemple des différences entre les données de Bobek (1952) et celles de
Gan.ii (1965) empruntées par Petter (1961) mais qui reflète quand même la situation générale.
On remarquera - ce qui est logique d’ailleurs — que les régions les plus arrosées correspondent
aux zones de relief (avec toutefois un effet particulier de concentration sur le littoral de la Caspienne
dû à l’Elbourz, cf. Schuz 1959) alors que les moins arrosées se situent dans les dépressions du Centre
et du Sud-Est.
Pour préciser cette carte et situer plus concrètement les choses, nous donnerons quelques
hauteurs des pluies relevées dans certaines localités iraniennes (d’après Misonne 1959) :
Recht. 1 524 mm
Rezaiyeh... 580 mm
Bushire. 280 mm
Esfahan ... 111 mm
Téhéran. 251 mm
Gorgan. 438 mm
Mashad . 248 mm
Séistan . 50 mm
Nous citerons également les indications de Pierre (1969) d’une pluviosité annuelle de 78mm
à Tabas et de 66,2 mm à Bam (moyennes de 1961 à 1964); cet auteur ajoute que dans le Dasht-i-Lut,
les précipitations sont sûrement inférieures et de type franchement désertique (< 50 mm).
Les précipitations se produisent d’octobre à mai avec un maximum de décembre à avril.
Leur importance est fort variable d’une année sur l’autre, surtout dans les régions les moins arrosées.
Sur la côte de la Caspienne, les conditions sont quelque peu différentes : bien que les pluies tombent
en toute saison (en raison du phénomène particulier d’opposition sur le flanc nord de l’Elbourz
de la masse d’air Caspienne humide, à l’air sec et chaud du plateau iranien) on observe un maximum
en septembre-octobre et un autre de décembre à mars.
De plus, nous ajouterons en citant Misonne (1959) que l’Iran est situé dans une des régions
les plus ensoleillées du monde; cette forte insolation qui coïncide avec l’absence de pluies d’été
augmente ainsi la sécheresse qui devient excessive en septembre.
Les températures (carte 3) s’accroissent du nord au sud et d’ouest en est, les régions les plus
chaudes se situant le long des côtes du golfe Persique et de la mer d’Oman ainsi que dans les dépres¬
sions de Bampur et du Dasht-i-Lut. La disposition des montagnes et la latitude permettent de
comprendre ce schéma de la répartition des isothermes qui s’accorde d’ailleurs bien à celui des
isohyètes.
Carte 111 — Températures d'hiver et d'été.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
15
A titre indicatif nous citerons quelques températures moyennes annuelles (en °C) :
Recht . 17,5° Bushire. 25°
Téhéran. 17° Bandar-abass. 27°
D’une manière générale les écarts entre les températures d’été et celles d hiver sont moins
grands dans le sud, le centre et le sud-est de l’Iran que dans le nord-ouest, 1 Elbourz et le /.agros.
D’après les études de Bobek, il semblerait que le climat de l’intérieur de 1 Iran n ait pas subi
de profondes modifications depuis la période glaciaire. A cette époque dans les systèmes monta¬
gneux du nord et de l’ouest, la limite des neiges descendait 700-800 m plus bas qu actuellement;
le littoral de la Caspienne était recouvert d’une forêt luxuriante tandis que sur le reste de 1 Iran
prévalait un climat voisin de l’actuel mais moins aride (même régime de pluies mais températures
inférieures de 4 à 5 °C et par conséquent évaporation plus faible). Dès la fin de la dermere glaciation,
un régime climatique aride, plus sec qu’aujourd’hui, semble avoir régné de — 9000 a — 4000 ans,
puis s’être adouci en prenant un caractère subhumide probablement plus humide que de nos jours
et s’est poursuivi en s’atténuant progressivement pour aboutir au climat actuel.
Le schéma climatique actuel (opposition entre le V de l’Elbourz et du Zagros et le reste du
pays) serait donc fort ancien dans ses grandes lignes ce qui nous permet de mieux comprendre la
distribution des oiseaux en Iran et d’entrevoir pourquoi des variations morphologiques sont déce¬
lables au sein des populations de nombreuses espèces. A la simple consultation des cartes de répar¬
tition des températures et des limites pluviométriques, on conçoit aisément qu’il existe des dilîerences
écologiques profondes entre l’Elbourz et le Khorasan, entre le Zagros et le sud de la Caspienne,
entre le Zagros et le Kirman...
C. — LA VÉGÉTATION
La végétation iranienne est encore mal connue du point de vue phytogéographique et les
auteurs divergent dans leurs classifications des zones botaniques. Tous s’accordent cependant a
reconnaître la diversité des types de végétation due à la variété des climats régionaux et des types
de sol : l’Iran possède à la fois des forêts humides de type centre-européen, des steppes de type
centre asiatique, des déserts de type saharo-sindien et des mangroves subtropicales (selon Pabot 1960).
Misonne (1959) reprenant les travaux de Rechinger (1951) distingue :
a) Une zone urano-touranienne couvrant la majorité du plateau iranien et offrant surtout
des paysages steppiques;
b) Une zone louro-kurde s’étendant sur la façade occidentale du Zagros, du Kurdistan au
Fars et essentiellement recouverte d’un maquis ou domine Quercus brandti;
c) Une zone saharo-sindienne dans le sud de l’Iran, principalement sur la côte : un point
de sa limite nord serait la région de Sirjand;
t d) Une zone hyrcanienne, correspondant aux forêts du sud de la Caspienne et du flanc nord
de l’Elbourz, du Gilan au Gorgan.
Nous préférons toutefois à cette classification trop schématique la tentative de division
de l’Iran en régions phytogéographiques et écologiques que Pabot (1960a) a présentée en insistant
sur le caractère provisoire de cet essai en raison de l’insuffisance des connaissances de la végétation
naturelle et des facteurs climatologiques. En s’appuyant sur la grande différence de caractère clima¬
tique entre la région Caspienne et les côtes du golfe Persique et de la mer d’Oman, et les données
pluviométriques, de températures hivernales et d’enneigement disponibles, l’auteur distingue :
a) Une zone Caspienne d’affinités caucasiennes et médio-européennes (correspondant à la
zone hyrcanienne de Rechinger) à flore essentiellement forestière où peuvent être séparés quatre
grands étages dont les limites paraissent d’ailleurs s’élever d’ouest en est en raison de la diminution
des précipitations et surtout de l’accroissement des températures :
1 ° Étage forestier inférieur (jusqu’à ca 800 m) où l’arbre fondamental est théoriquement
Quercus castanaefolia et le sous-bois souvent dominé par Buxus sempervirens. Carpinus betulus,
Zelkowa crenata et Parrotia persica sont généralement abondants.
Source : MNHN, Paris
16
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
2° Élage forestier moyen (800-1 800 m) à Fagus orientalis accompagné de Carpmus belulus,
Acer insigne, Tilia rubra...
3° Étage forestier supérieur (1 800-2 500 m), actuellement en grande partie détruit, à Quercus
rnacranthera accompagné de Sorbus umbellata, Acer plalanoides, Belula verrucosa, Viburmurn lan-
tanum, Juniper us commuais, Malus pumila... De nos jours, cet étage a été remplacé par des pâtu¬
rages plus ou moins dégradés.
4° Étage pastoral de haute montagne (au-dessus de 2 500 m) caractérisé par des pelouses
de type alpin qui entrent en contact (les précipitations diminuant brusquement) avec la végétation
tragacanthe (en coussinets épineux) que l’on rencontre sur toutes les hautes montagnes sèches
d’Orient.
b) Une zone baloutche d’affinités saharo-sindiennes et subtropicales (correspondant grossiè¬
rement à la zone saharo-sindienne de Reciunger et d’aspect aride trouvant probablement sa limite
septentrionale au nord de la dépression de Bampur et vers l’ouest au-delà de Bandar-abass, certains
éléments de cette flore atteignant Bushire. Les espèces végétales arborescentes ou arbustives sont
représentées par le Palmier-dattier, le Chamaerops ritchieana, des Ziziphus, des Acacia, Albizzia,
Dalbergia, Driospyros, Cassia, Tamarindus... Le long de la côte existent des mangroves à A vicennia
ofjicinalis et Rhizophora mucronata.
c) Une zone irano-louranienne couvrant pratiquement les 9/10 de l’Iran. Cette flore est la
vraie flore iranienne caractérisée par la fréquence et la richesse en espèces de certains genres : Astra-
galus (ca 600), Carsinia (plus de 200), Silene, Allium, Ne pela, Euphorbia... La végétation arbo¬
rescente comprend un bon nombre d’ Amygdalus, Prunus, Crataegus, Pirus, Rhamnus... Les arbres
fondamentaux sont Quercus persica, Pislacia atlantica, Juniperus excelsa, divers Tamarix, Populus
euphratica, et dans les régions les plus chaudes Ziziphus spina-christi. Dans presque toute cette
zone, la dégradation des pâturages primitifs a favorisé l’extension de Poa bulbosa et de Carex sleno-
phylla.
Cette zone peut être à son tour subdivisée en cinq autres :
1° Zone subdésertique (précipitations annuelles inférieures à 100 mm) dans les parties les
plus sèches du plateau central iranien où toutefois de grandes étendues sont actuellement dépourvues
de végétation en raison de la forte concentration en sel dans certaines dépressions, de l’extension
des sables mobiles et de l’influence humaine. Cette zone est celle des Chénopodiacées halophiles
(Salsola, Seidlitzia, Halocnenum, Solicornia...), de Graminées comme Aeluropus, Arislida... La
végétation arborescente, limitée en certains endroits favorisés, consiste en Tamarix (T. macrocarpa
sur les sols salés) et Haloxylon ammodendron sur les sables avec Calligonuni.
2° Zone steppique (précipitations annuelles entre 100 et 200, voire 250 mm) entourant la
zone subdésertique mais existant aussi en Azerbaïdjan, dans le Khorasan, dans la plaine du Khuzestan
et au nord de la zone baloutche. La plante la plus caractéristique est Artemisia herba-alba, accompa¬
gnée de Chénopodiacées (Noaea, Salsola, Anabasis, Haloxylon...), de Poa bulbosa, Carex stenophylla,
Arislida plumosa, d 'Astragalus, Acantholimon, Acanthophyllum... Comme arbres ou arbustes, on
peut trouver Pislacia atlantica et plus souvent Amygdalus scoparia ou autres amandiers buissonnants
ainsi que des buissons d 'Astraphaxis, Ephedra et Lyciurn. Dans les milieux sablonneux, Tamarix
stricta et Haloxylon ammodendron forment encore parfois des arbres. Dans les fonds de vallée, on
peut trouver Populus euphratica et, dans les steppes du sud, Ziziphus spina-christi.
3° Zone substeppique (précipitations annuelles de 200 à 400 mm) formant une bande parfois
très étroite autour du Zagros et de l’Elbourz mais s’étendant plus largement en Azerbaïdjan et
Khorasan et constituant quelques îlots dans les montagnes du sud-est. Artcmisia herba-alba est
en principe absente de cette zone qui comporte néanmoins bon nombre d’espèces de la zone steppique.
Il semble que la végétation climacique de cette zone soit la forêt plus ou moins dense de
Pislacia (P. atlantica et P. kinjuk) avec diverses espèces d'Amygdalus (surtout A. scoparia), Cellis,
Ficus, Rhamnus, Prunus, Crataegus (surtout C. azarolus) et en altitude Juniperus cxceLsa. En fait
cette forêt a été partout détruite et il n’en reste que des vestiges localisés sur certaines pentes
rocheuses. La flore herbacée est bien plus riche que dans la zone steppique. Certaines Graminées
(Hyparrhenia, Cymbopogon, Pappophorum, Pennisetum, Bromus, Agropyrum...) y apparaissent.
4° Zone forestière xérophile (précipitations supérieures à 400 et 450 mm, altitudes variant
de 800 a 2 600 m) surtout représentée dans le Zagros, l’Azerbaïdjan (actuellement déboisé) et à
l’est de l’Elbourz dans le Khorasan. Le climat naturel est la forêt dense et xérophile ou dominent
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A l’ÉTUDE DES OISEAUX D IRAN
17
— lorsqu’ils n’ont pas été détruits - Quercus persica, Q. infectoria et Q. libani associes a Acer
cinerascens, Pistacia atlantica, Fraxinus syrica, Pinus syrica, Crataegus azarolus... Au-dessus de
1 500 m, les forêts de chênes du Zagros comportent un certain nombre d espèces arborescentes ou
arbustives : Amygdalus eleagni folia, Coloneasler nummularia, Lonicera nummulari folia... Dans les
vallées plus humides on trouve des Salix, Platanus orientalis, Eleagnus angustifolis...
5° Flore alpine sèche (précipitations inférieures à 600 mm en général, altitudes variant entre
2 600 et 4 300 m, neige accumulée pendant plusieurs mois). La végétation consiste essentiellement
en plantes vivaces et apparaît caractérisée par la végétation tragacanthe (en coussinets épineux)
d’ Acantholimon, Aslragalus, Acanthophyllum et Onobrychis. Plusieurs Graminées fourragères montent
jusqu’à des altitudes voisines de 3 500 m : Oryzopis, Festuca, Poa, Bromus... Dans les zones dégradées
poussent Phlomis, Eryngium , Cousinia, Euphorbia... Sur certaines pentes ou dépressions humides
à sol aride plus ou moins podzolique, se rencontrent des gazons denses analogues à certaines pelouses
alpines d’Europe.
Cette classification de la végétation iranienne est encore schématique et assez arbitraire
comme le dit Pabot car trop de facteurs demeurent mal connus. Ainsi l’édaphisme tend à masquer
des différences écologiques parfois importantes comme dans le cas de la flore des sols salés et sur¬
tout de celle des sables dunaires qui demeurent relativement semblables dans une grande partie
du pays que ce soit en zone subdésertique, steppique ou même substeppique. Il ne faut pas non
plus oublier les profondes modifications dues à l’homme et responsables de maints déséquilibres
écologiques. Pabot (1960 b) écrit ainsi : « Dans les pays à climat sec et continental les destructions
se sont poursuivies presque sans discontinuité depuis la préhistoire. L’affaiblissement ou la des¬
truction de la couverture végétale naturelle ont presque toujours été suivis par l’érosion des sols;
les steppes pauvres et discontinues (souvent qualifiées à tort de « déserts ») ont pris de plus en plus
d’extension, et il est certain que ce phénomène n’a fait que s’accélérer au cours des derniers siècles
(ainsi qu’en témoignent certains documents historiques). »
D’autre part toutes ces zones botaniques s’interpénétrent largement et leurs limites sont
encore mal définies au point qu’il est presque impossible à l’heure actuelle de la représenter de
manière satisfaisante sur une carte.
D. CARACTÈRES BIOGÉOGRAPHIQUES GÉNÉRAUX DE L'AVIFAUNE D'IRAN
Les connaissances de la répartition des espèces s’avèrent encore trop fragmentaires et insuffi¬
samment précises pour que l’on se permette de tenter une analyse détaillée de l’avifaune iranienne
en fonction des facteurs écoclimatiques lesquels demeurent d’ailleurs comme nous l’avons souligné
plus haut, non encore définis de manière satisfaisante à l’heure actuelle et, de plus, leur évolution
dans le temps relève toujours d’hypothèses bien souvent en désaccord les unes avec les autres.
Aussi nous bornerons nous à souligner les principales caractéristiques biogéographiques, du moins
les plus apparentes, sans trop entrer dans le détail.
a) On remarque d’abord combien le système montagneux Elbourz-Zagros s’oppose au reste
de 1 Iran, par son peuplement ornithologique d’affinités nettement européennes; ce contraste est
dû à des différences écoclimatiques fondamentales (pluviosité plus forte, hivers plus froids, végéta¬
tion plus forestière). Nous ne donnerons pas ici le relevé des espèces qui y sont limitées, la liste
systématique du présent travail en rend suffisamment compte.
Au sein de ce complexe Elbourz-Zagros, existent des différences liées elles aussi aux condi¬
tions écoclimatiques différentes prévalant dans l’une ou l’autre de ces chaînes. Ainsi certaines
espèces n’occupent-elles que la branche nord de la fourche montagneuse. C’est le cas d 'Aquila clanga,
Buteo buteo, Jynx torquilla, Dryocopus martius, Dendrocopos major, Anlhus Irivialis, Prunella modu-
laris, Hippolais icterina, Sylvia atricapilla, Regulus regulus, Ficedula albicollis, Ficedula parva,
Erithacus rubecula, Luscinia megarhynchos, Turdus lorquatus, Turdus philomelos, Turdus viscivorus,
Cerlhia familiaris, Carduelis chloris, Carduelis spinus, Pyrrhula pyrrhula et Coccothraustes cocco-
thraustes.
Certaines espèces qui habitent à la fois l’Elbourz et le Zagros ont évolué au point de donner
lieu à des races distinctes dans chacune de ces régions. On peut citer : Tetraogallus caspius, Strix
aluco, Dendrocopos médius, Dendrocopos minor, Garrulus glandarius, Pyrrhocorax graculus, T ardus
merula, Aegilhalos caudatus, Sitla europaea...
Source : MNHN, Paris
18
CHRISTIAN Él
11» ET ROBERT-DANIEL ETCHECt
Lorsque les connaissances sur l’écologie et la répartition des espèces seront plus grandes,
on pourra certainement montrer des différences entre les parties septentrionales et méridionales
du Zagros.
Nous nous bornerons à signaler sans approfondir la question, les contrastes marqués qui
existent d’une part entre les versants nord et sud de l’Elbourz et d’autre part entre les versants
ouest et est du Zagros, contrastes qui mériteraient d’être soigneusement étudiés.
b) On note certaines divergences entre le Zagros et le Kirman liées aux conditions écologiques
et climatiques différentes dans ces deux régions. Ainsi dans notre liste systématique figurent des
espèces qui ne dépassent pas le Fars vers l’est; lorsque des espèces habitent l’un et l’autre de ces
massifs montagneux, des variations subspécifiques peuvent être décelées, par exemple chez Silta
neumayer , Silta tephronota et Parus lugubris; parfois même les contrastes sont encore plus accusés
comme dans le cas de Carduelis carduelis où dans le Zagros se rencontre le groupe carduelis alors
que dans le Kirman niche le groupe caniceps.
c) L’une des caractéristiques fondamentales de la biogéographie de l’avifaune iranienne
réside dans la présence de deux importantes limites (peut-être en continuité mais nous ne l’affir¬
merons pas tant que des renseignements plus précis n’auront pas été obtenus dans la partie centrale
du pays) l’une entre le Gorgan et le Khorasan, l’autre au niveau du Luristan. Ces limites sont vrai¬
semblablement en relation avec des frontières écoclimatiques qu’il n’est malheureusement pas
possible de définir avec précision dans l’état actuel de nos connaissances et aussi en rapport avec
des phénomènes que seule la paléoécogéographie permettrait de mettre en évidence.
La limite du Gorgan-Khorasan constitue la zone de séparation entre :
— des « groupes » subspécifiques à la limite de la spéciation comme Lanius colluriu (groupes collurio
et isabcllinus), Parus major (groupes major et cinereus), Carduelis carduelis (groupes carduelis
et caniceps );
- des sous-espèces, par exemple de Phasianus colchicus, Trogodytes troglodytes , Phylloscopus collybita,
Saxicola torquata, Oenanthe finschii, Phoenicurus ochruros, Fririgilla coelcbs...
— en outre, à ce niveau reviennent en contact des espèces phylogénétiquement très proches comme
Falco peregrinus brookei et F. pele.gr inoides babylonicus, Picus viridis et P. squamalus, Acro-
cephalus arundinaceus et A. stenloreus, Phylloscopus collybita et P. neglectus , Embcriza rnela-
nocephala et E. bruniceps.
Au niveau du Laristan et de la bordure méridionale du Kirman s’arrêtent les espèces d’affi¬
nités européennes. Nous fûmes d’ailleurs très frappés par le changement de faune lorsque nous
arrivâmes à Kahoorestan, venant de Berkeh-sang. Là se situe également la limite de ce que nous
pouvons qualifier de zone baloutche où sont représentés beaucoup d’éléments indiens, ou indo¬
malais, ou indo-éthiopiens qui atteignent là leur limite occidentale comme Butastur leesa, Pseudogyps
bengalensis , Falco chicquera , Francolinus pondiceriartus, Clamator jacobinus , Alhene brama, Capri-
mulgus mahraltensis, Dendrocopos assimilis, Calandrella raylal, Lanius viltatus, Dicurus macrocercus,
Acridotheres tristis, Nectarinia asiatica, Passer pyrrhonotus, Lonchura malabarica, ainsi que des espèces
d’affinités saharo-sindiennes, comme Eremoptcryx nigriceps et Emberiza striolata ou indo-éthiopiennes
comme Turnix sylvatica et Plerocles lichtensteini.
Une espèce illustre assez bien ces deux limites en Iran, il s’agit de Saxicola caprata (d’affinités
indo-malaises) dont l’aire de répartition s’étend sur tout l’est du pays depuis le nord du Khorasan
jusqu’au Laristan.
d) Il importe aussi de mentionner certaines espèces d’affinités indiennes ou indo-malaises
qui ont dépassé cette zone baloutche vers l’ouest et dont l’aire de répartition s’étend actuellement
sur les bords du golfe Persique : Ardeola grayi, Vanellus indicus, Ketupa zeylonensis, Coracias ben-
ghalensis, Turdoides caudatus et Pelronia lanthocollis. Cette pénétration d’éléments indiens par le
sud-est de l’Iran n’est pas l’apanage des oiseaux, elle se retrouve également chez les végétaux et
dans divers groupes zoologiques.
e) L’avifaune iranienne se caractérise également par la présence d’un lot d’espèces déser-
ticoles ou steppicoles d’affinités saharo-sindiennes comme Chlamydolis undulata, Cursorius cursor,
Pterocles senegallus, P. coronalus, Ilirundo obsoleta, Ammomanes déserti, A. cincturus, Alaemon
alaudipes, Corvus ruficollis, Scotocerca inquiéta, Oenanthe lugens, O. monacha, Hhodopechys githaginea...
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
19
/) Une seule espèce ne se rencontre qu’en Iran : il s’agit de Podoces pleskei (le genre est carac¬
téristique des régions désertiques d’Asie centrale) qui, d’après les localités de capture connues habite
la zone steppique du centre et de l’est du pays. On pourrait aussi considérer comme endémique
Turdoides altirostris dont la très petite aire de répartition chevauche la frontière irano-iraquienne.
Il demeure évident qu’une étude de l’endémisme nécessite de travailler à une bien plus grande
échelle car des foyers de spéciation existent en divers points de la périphérie du « plateau iranien »,
dont certains frontaliers de l’Iran comme le centre arméno-caucasien qui partage avec l’Iran
Tetraogallus caspius et Prunella ocularis (espèces d’affinités tibétaines au sens de Stegmann).
En résumé l’avifaune iranienne est composée d’éléments d’affinités européennes, méditer¬
ranéennes, centre-asiatiques, indiennes, indo-malaises, indo-éthiopiennes et saharo-sindiennes;
1 endémisme y est très faible et avant de prétendre compartimenter le pays en régions zoogéogra¬
phiques, il importe d’attendre que nos connaissances sur la répartition actuelle des oiseaux et leur
écologie soient plus développées et que soient disponibles les bases climatologiques et paléogéogra¬
phiques suffisantes qui font actuellement défaut.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ITINÉRAIRE
Pour faciliter la présentation des données que nous avons recueillies et afin d’«®ger ’?
nous avons évité de citer constamment des dates sauf lorsque cela s nnpo , observations
d’énumérer des localités. Afin de retrouver les dates auxquelles furent effectuées lu
rapportées, nous décrivons ici notre itinéraire en le complétant par une car e. 1 nrfnrinales
celle-ci est fléché dans le sens du parcours et, pour la clarté de l'illustration, seules telJ
localités y sont inscrites en toutes lettres, les autres étant désignées par des nu ( ....
sant dans le sens du trajet) qui se rapportent à une liste des localités classées par P
Ainsi, en se repérant sur la carte et en se référant à l’itinéraire, le lecteur est en
la date désirée. . .
L’orthographe des noms des localités variant d’une carte à l’autre (selon que a ilîïïïp'rfp
a été adaptée à une prononciation anglaise, allemande ou française), nous av0 "® * P utilisée
la carte routière publiée par le « Ministère des routes » à Téhéran en 1966 et que n
lors de nos déplacements.
6-7 avril 1967 : Khosravy - Kermanshah - Ramadan - Ghazvin - Téhéran.
8-14 avril : Téhéran et sa région.
15 avril : Téhéran - Saveh - Esfahan.
16 avril : Esfahan - Shahreza - Abadeh - Persepolis.
17-19 avril : Persepolis et sa région.
20 avril : Persepolis - Shiraz - Maharloo.
21 avril : Maharloo-Fasa-Jahrom.
22 avril : Jahrom - Lar - Chahar-berkeh.
23 avril : Chahar-berkeh - Kahoorestan - Bandar-abass.
24-25 avril : Bandar-abass et sa région.
26-28 avril : lie de Gheshm.
29 avril : île d’Hormoz.
30 avril-2 mai : Bandar-abass et sa région.
3 mai : Bandar-abass - Minab.
4 mai : Minab - Shamss-abad.
5 mai : Shamss-abad - Roosary.
6 mai : Roosary - Sabzevaran - Bam.
7 mai : Bam - Kahoorak.
8 mai : Kahoorak - Zahedan.
9-10 mai : Zahedan et sa région.
11 mai : Zahedan - Khash - Damen.
12 mai : Damen - Iranshahr - Bampur - Nikshahr.
13 mai : Nikshahr - Ghasre-ghand - Nikshahr.
14 mai : Nikshahr - Karvandar.
15 mai : Karvandar - Khash - Mirjaveh - Zahedan.
16 mai : Zahedan et sa région.
17 mai : Zahedan - Hermak-abad - Zabol.
18-20 mai : Zabol et sa région.
21 mai : Zabol - Zahedan.
22 mai : Zahedan et sa région.
23 mai : Zahedan - Birjand.
24 mai : Birjand - Bidokht.
25 mai : Bidokht - Torbat-heydariyeh - Assad-abad.
Source : MNHN, Paris
22
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
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LISTE DES LOCALITÉS
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
23
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24
CHRISTIAN ÉRARI) ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
26 mai : Assad-abad - Mashad.
27 mai : Mashad - Goochan - Shirvan - Ghosh-ghalleh.
28 mai : Ghosh-galleh - Bodjnoord - Dasht.
29 mai : Dasht - Gorgan - Behshahr.
30 mai : Behshahr - Chalus - Karadj - Téhéran.
31 mai-4 juin : Téhéran et sa région.
5 juin : Téhéran - Ghazvin.
6 juin : Ghazvin - Zandjan - Miyaneh - Tabriz.
7 juin : Tabriz - Sofian - Sharafkhaneh.
8 juin : Sharafkhaneh - Shahpoor - Koy - Makoo.
9 juin : Makoo - Bazargan - Agri.
N.B. L’un de nous (B.D.E.) arriva à Téhéran le 19 mars alors que l'autre (C.E.) était bloqué
en Turquie. En attendant la colonne qui n’arriva à Téhéran que le 7 avril, il mit à profit ce temps
mort pour visiter les rivages de la mer Caspienne sur l’itinéraire Téhéran-Karadj-Chalus-Ramsar-
Rasht-Bandar-pahlavy-Ghazvin-Téhéran. Les observations les plus marquantes ont été intégrées
à celles effectuées pendant le reste de la mission.
Source : MNHN, Paris
RÉSULTATS ORNITHOLOGIQUES DE LA MISSION
Nous présentons ici les données que nous avons recueillies sur la répartition géographique
des espèces qui composent l’avifaune iranienne et les biotopes fréquentés. Nous mentionnons aussi
les renseignements sur la nidification, la migration, et le comportement, la voix... que nous avons
jugés dignes d’intérêt. Nous décrivons également les critères d’identification in natura pour les
espèces sur lesquelles la littérature ornithologique est indigente à cet égard.
Afin de replacer nos observations dans un contexte plus général nous avons essayé de brosser
la distribution iranienne en période de reproduction de chaque espèce. Pour ce faire nous avons
consulté les diverses publications traitant de l’avifaune iranienne mais, rappelons le, nous n avons
pas pu nous procurer les écrits russes de Zarudny, ce qui nous a gêné. Nous avons en effet dîi bien
souvent nous en tenir à ses tableaux de 1911 et il nous parut évident, notamment en comparant
les indications fournies dans ce travail à celles très détaillées publiées dans les articles rédigés
en collaboration avec Harms, que Zarudny s’était livré à des généralisations hâtives et qu’il n’avait
pas toujours tenu compte des migrateurs ou des estivants non nicheurs; aussi - à notre avis
un certain nombre de ses indications de reproduction demandent à être confirmées.
Pour certains groupes comme les oiseaux d’eau ou de marais (plus particulièrement les
Echassiers et les Palmipèdes) et les Rapaces, les renseignements sur le statut exact demeurent
encore trop fragmentaires pour que nous ayons pu faire autre chose qu’une vague esquisse de leur
répartition,
11 est certain que beaucoup de travail reste à faire en Iran aussi, est-ce avec l’intention
d ordonner les connaissances et de faciliter les recherches futures que nous avons adjoint à celle
fondée sur nos observations, une seconde liste systématique indiquant brièvement la répartition
des espèces nicheuses que nous n’avons pas rencontrées.
A côté des renseignements recueillis sur le terrain, nous étudions la collection que nous avons
constituée lors de cette mission : pour cela nous avons utilisé le matériel du Muséum national
d’Histoire naturelle de Paris et celui du British Muséum. Nous avons pris pour base les travaux
de Vaurie (lequel a d’ailleurs très aimablement examiné nos spécimens en notre compagnie durant
un court séjour à Paris). Nous avons souvent été amenés à nous interroger sur la validité de telle
ou telle sous-espèce; nous donnons alors notre avis sans toutefois prendre formellement position
car la plupart des problèmes soulevés nécessitent pour être solutionnés, des révisions systématiques
sortant du cadre de ce travail.
Nous avons adopté la classification et la nomenclature utilisées par Vaurie dans sa liste
des oiseaux du Paléarctique.
Les spécimens collectés sont énumérés en tête du paragraphe traitant de l’espèce à laquelle
ils appartiennent. Les longueurs d’aile pliée (AP) sont mentionnées; elles ont été mesurées sur les
peaux par la méthode de l’étirement maximum.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LISTE SYSTÉMATIQUE DES ESPÈCES RENCONTRÉES
Pelecaniformes
PELECANIDAE
Pelecanus onocrolalus (L.)
2 $$ imm. 30 km nord-ouest de Persepolis, 18 avril.
C’est la seule espèce de Pélican que nous ayons rencontrée en Iran. Le 18 avril, 1 ad. et 15 imm.
se reposent sur la hammada bordant un lit d’oued à fond marécageux à 30 km de Persepolis, entre
Shahr-estakhr et Saadat-abad. Une colonie de ces oiseaux existe d’ailleurs au lac Bakhtegan, sur
un îlot de cette grande étendue d’eau saumâtre, à l’est de Shiraz vers Niriz (Hollom vi va voce).
Le 8 juin, 1 ad. longe la rive nord du lac Rezaiyeh à Sharafkhaneh le matin; l’après-midi, toujours
dans la même région, cette fois à mi-distance entre Khoy et Shahpoor, une quarantaine de sujets
(tous adultes) volent vers le nord-est. Or le Pélican blanc nicherait au lac Rezaiyeh=Ourmia (Vaurie,
1965), ce serait le seul point de reproduction du nord-ouest de l’Iran car il ne semble pas le faire
sur le littoral sud de la Caspienne, par contre il a niché en 1967 à 180 km de là au lac Van en Turquie
(J. Vielliard, viva voce).
PH AL A CROCOR ACID AE
Phalacrocorax carbo sinensis (Blumenbach)
Ne fut observé que sur le littoral de la Caspienne : le 29 mars près de Ramsar, une colonie
d’une cinquantaine d’individus, puis le 30 mai entre Alamdeh et Nowshahr : 2 groupes totalisant
160 individus (1/3 en plumage juvénile) sur la grève. Ce Cormoran niche assez communément sur
les côtes perses de la Caspienne (Scuuz, 1959, Passburg, 1959), mais le fait-il encore au Séistan ?
Phalacrocorax nigrogularis Ogilvie-Grant et Forbes
Très probablement un sujet le 27 avril, en vol au large de l’île de Gheshm dans le détroit
a Hormoz. Rappelons que l’espèce n’est connue nicher que dans les îles du golfe Persique, le long
de la côte d’Arabie (Ticehurst et al. 1925, Vaurie 1965).
ClCON II FORMES
ARDEIDAE
Ixobrychus m. minutus (L.)
9 près de Zahedan, 12 mai (AP : 149) ; 2 <J(J Karvandar, 11 mai (AP : 146-150); ? imm. Lariz, 15 mai (AP :
139); d Zabol, 19 mai (AP : 144); d Hermak-abad, 23 mai (AP : 153).
Des migrateurs furent rencontrés : 1 le 7 mai dans un jardin à Bam; plusieurs (au moins
2 <îc? et 1 Ç) dans un massif de roseaux et de tamaris bordant un oued à Karvandar le 11 mai et
quelques autres à Lariz dans des jardins le 15 mai. L’espèce fut remarquée le 19 mai à Zabol dans
les zones inondées du Séistan iranien (elle doit certainement nicher là) et le 23 mai à Hermak-abad
dans une roselière épaisse au bord d’une rivière en eau. Au lac Rezaiyeh, 2 c?<? le 7 juin près de
Sharafkhaneh se tiennent dans une jonchaie inondée entourée d’une importante végétation palustre
difficilement prospectable : vraisemblablement nicheurs à cel endroit. La distribution en période
de reproduction demeure mal connue : sud de la Caspienne, Khorasan et Séistan selon Zarudny.
Source : MNHN, Paris
28
CHRISTIAN ÉRAR0 RT ROBKRT-DANIKI. ETCH ECOPAR
Nycticorax n. nyclicorax (L.)
Observé le 11 avril à Téhéran : 3 en vol vers le nord; 1 imin. le 18 mai au bord de la zone
d’inondation de l’Hirmand à Abadieh-lotak, Séistan. Le Bihoreau niche sur le littoral de la Cas¬
pienne et, d’après Zaruony, en vallée de FHari-Rud et au Séistan.
Ardeola ralloidcs (Scopoli)
1 le 15 avril au bord de marigots entourés de cultures de céréales au sud de Saveh et 1 au
bord de la rivière à Esfahan le lendemain. D’après Zarudny cette espèce nicherait sur le littoral
de la Caspienne (très probable) et au Séistan.
Egrelta alba (L.)
Une seule rencontre; 1 sujet le 16 avril à Esfahan au bord de la rivière. La Grande Aigrette
se reproduit sur le littoral de la Caspienne, elle le ferait aussi au Séistan et dans le Zagros d’après
Zaruony. Rappelons que S r John avait signalé une colonie près de Shiraz.
Egrella g. garzella (L.)
Cette Aigrette n’était pas rare sur les bords de la Caspienne à fin mars en région de Ramsar
et Pahlavi. Deux spécimens collectés pour l’Université de Téhéran avaient les pattes entièrement
noires. S’agit-il d’une aberration due au jeune âge des spécimens ou de la manifestation d’un carac¬
tère ordinairement récessif chez les populations d’Eurasie et dominant chez nigripes (Philippines
et Iles de la Sonde jusqu’en Nouvelle-Guinée) et immaculata (Australie) et encore dans ce dernier
cas faudrait-il admettre une mélanisation de la plante des pieds normalement jaune dans les deux
races non paléarctiques.
Nous en observâmes encore 6 + 14 les 20 et 21 avril au lac salé Baharlu. En Iran, la Garzette
niche sur les bords de la Caspienne et, selon Zaruony, au Séistan et dans le Zagros.
Egrelta gularis schistaeea (Hemprich et Ehrenberg)
cî (AP : 300) ol 9 (AP : 282) Band&r-abass, 2 mai.
Une quinzaine de ces Aigrettes furent observées en permanence du 24 avril ou 3 mai sur 1 km
de vasières côtières, près de notre campement à 10 km à l’est de Randar-abass. Lors de sondages
effectués sur une vingtaine de kilomètres plus à l’ouest et aussi vers l’est de cette localité, les Aigrettes
dimorphes nous apparurent avec la même fréquence et avec la môme proportion de phases : à savoir
1 blanche pour 4 grises. Les oiseaux se tenaient isolément ou par paires et capturaient des petits
poissons dans les eaux peu profondes. Les sujets blancs présentaient un bec uniformément jaune
alors que les ardoisés l’avaient brun verdâtre au tiers basal et jaune pour le reste.
Nous n’en vîmes qu’un blanc à l’ilc de Gheshm le 27 avril. L’espèce niche sur les Ilots du
détroit d’Hormoz, entre autres a Nabi-u-Tanb où une ponte de 3 œufs fut recueillie le 28 mai 1905
(Ticehurst et al. 1925), et sur les côtes du golfe Persique.
Ardea c. cinerea L.
Nous avons vu des isolés les 9, 12 et 16 avril, respectivement au bord de la rivière salée près
de Robat-karim, en vol au-dessus de Téhéran et au bord du cours d’eau à Esfahan. Le 30 mai, 21
dont 5 juvéniles se tenaient sur la grève au bord de lu Caspienne entre Alsmdeh et Nowshahr : la
reproduction est connue dans cette région (Scuuz, 1959) et aurait également lieu, d’après Zaruony,
dans le nord-ouest de l’Iran et au Séistan.
Ardea p. purpurea L.
Seules quelques rencontres d’isolés : 1 le 9 avril duos les tamaris au bord de lu rivière salée
près de Robat-karim, 3 le 15 avril quittant au lever du jour le parc de l’Institut Pasteur à Téhéran
et partant vers le nord-est, enfin 1 sujet levé le 7 juin iIhhh une grande jonchaie inondée sur lu rive
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A I.’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
29
nord du lac Rezaiyeh près de Sharafkhaneh où l’espèce pourrait bien se reproduire. En Iran, sa
nidification est connu du sud de la Caspienne et, d’après Zarudny, de la vallée de L’Hari-Rud et
du Séistan.
CICONIIDAE
Ciconia c. ciconia (L.)
Nous l’avons rencontrée assez communément à Téhéran et alentours : par exemple 2 nids
avec couveuse le 2 avril à Veramin et 3 nids avec couveuse à la mosquée de Schahr Rey le 10 avril.
Elus au sud : 1 couple pâture dans des cultures bordant un marigot à une vingtaine de kilomètres
au sud de Saveh tandis qu’une $ couve sur un arbre à 20 km plus loin en direction d’Esfahan le
15 avril. Les 6, 7 et 8 juin, nous en avons retrouvé quelques couples disséminés en vallée de la
Zandjan chay entre Zandjan et Miyaneh (un nid contient 3 jeunes aux 2/3 de leur séjour au nid
sur un arbre étêté à 2,50 m de haut au milieu de rizières en région de Tazeh-kand); d’assez nom¬
breux sujets pâturent dans les cultures inondées entre Tabriz et Solian, des couples isolés près de
Skahpoor à Khoy avec des cas de nidification sur des arbres dans les milieux cultivés entre ces
deux localités. Ces données s’intégrent à celles, beaucoup plus fournies, publiées par Schuz et
Gehlhoff (1967).
PlIO EN ICOPTERI FORMES
PHOENICOPTERIDAE
Phoenicopterus ruber roseus (Pai.las)
Observé à Bandar-abass : 11 le 25 avril et un vol entendu avant le lever du soleil suivant
la cote vers l’ouest, également 3 les 26 et 27 avril à l’ile de Gheshm sur une plage. En Iran, ce Flamant
nicherait (à vérifier) au lac Ourmia (= Rezaiyeh) (cf. Savage 1964) et peut-être aussi au Tuzlu
Gol a l’est d’Arak (Kermanshah) (Paludan 1940, Read 1958) bien qu’il n’y ait eu jusqu’à main-
enant aucune preuve en ce dernier lieu, et vraisemblablement au lac Bakthegan à l’ouest de Niriz
ou un grand nombre de Flamants furent notés, certains s’appariant en mai 1968 (Hollom viva voce).
Anseri formes
AN A TIDAE
Tadorna Imuginea (Palus)
Nous l’avons noté au lac Baharlu près de Shiraz les 20 et 21 avril (une vingtaine d’individus
sseminés sur les prairies halophiles des rives du lac) et au lac Rezaiyeh (une demi-douzaine de
pies les 7 et 8 juin). Nous n’avons recueilli aucune preuve de reproduction bien que celle-ci ne
asse guère de doute. L’espèce a-t-elle encore de nos jours une aussi large répartition que du temps
e Zarudny ? Cet auteur la donnait en effet nicheuse dans tout l’ouest et tout l’est de l’Iran.
Tadorna tadorna (L.)
H eu- cou P^ e Be tenait le 17 mai dans un lit d’oued salé en cours d’assèchement au Séistan près
de Shileh. Les 7 et 8 juin, nous vimes par deux fois 1 couple près de Sharafkhaneh sur le rivage nord
du lac Rezaiyeh. Nous sommes fort mal renseignés sur l’aire iranienne de nidification de ce Tadorne
qui, selon Zarudny, couvrirait le nord et l’est de l’Iran (jusqu’au Séistan) et peut-être le Zagros.
Arias sp.
Une bande d’une cinquantaine de Canards en vol vers le nord-est, en fin d'après-midi du
5 mai et a une soixantaine de kilomètres au sud de Sabzevaran, pouvait concerner des Chipeaux A.
strepera accompagnés de Colverts A. platyrhynchos, mais les oiseaux furent vus de trop loin pour
être déterminés avec certitude.
Source : MNHN, Paris
30
CHRISTIAN K H A H II ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
A nas querquedula L.
8 JJ et 8 $Ç, par paires, se tenaient dans la végétation du lit de la rivière salée en région de
Robat-karim le 9 avril. Quid de sa reproduction en Iran que Zarudny tient pour rare dans le
Nord-Ouest, le sud de la Caspienne et au Séistan.
A nas clypeata L.
1 couple le 9 avril au même endroit que les Sarcelles d’été; ne semblait pas rare sur les inon¬
dations du Séistan en région de Zabol et d’Abadieh-lotak les 18 et 19 mai où nous en vîmes quelques
couples individualisés et de petits groupes atteignant la quinzaine d’individus. L’espèce est d’ailleurs
citée nicher sporadiquement au Séistan, mais sur quelles preuves ?
Anas angustiroslris Ménétiues
? près Zabol, 18 mai (AP : 200).
Les 18 et 19 mai, l’espèce n’était pas rare sur les zones inondées en région de Zabol et d’Abadieh-
lotak : les oiseaux allaient à la tombée de la nuit rejoindre leurs gagnages sur les cultures (très
inondées à l’époque) de la vallée de l’Hirmand. Le sujet collecté présentait une grappe ovarienne
très développée et un oviducte dilaté. Observé la plupart du temps par paires mais aussi par petits
groupes d’au plus 7 individus. Nous n’en avons pas vu près de Persepolis où Passburg (1959) en
a compté près de 200 un 18 mai. D’après Zarudny cette Sarcelle nicherait au Séistan (ce que
suggèrent nos données), en vallée de l’Hari-Rud et sur le littoral de la Caspienne (où font défaut les
preuves récentes).
Aythya nyroca (Guldenstadt)
Présent en petit nombre au Séistan sur les plans d’eau et les bords du fleuve Hirmand en
crue les 18 et 19 mai : par paires ou petits groupes ne dépassant pas la demi-douzaine d’individus.
En principe, niche dans cette région et sur le littoral de la Caspienne selon Zarudny.
Falconiformes
PANDIONIDAE
Pandion h. haliaelus (L.)
Deux sujets furent repérés les 26 et 27 avril en deux points de l’Ile de Gheshm dans le détroit
d’Hormoz : le premier fut noté le soir, volant vers le nord-est en direction du continent, le second
se tenait dans des parois rocheuses d’une dizaine de mètres de haut surplombant la mer. L’espèce
nicherait-elle sur cette ile ? la chose ne serait pas impossible car nous y avons vu une vieille aire
sur une corniche, au flanc d’un abrupt, qui pourrait bien s’y rapporter. Rappelons d’ailleurs qu’à
l’Ile Henjam au sud de Gheshm, Cheksman avait noté un couple « agité » le 15 murs 1921, tandis
qu’un couple se tenait également à Tanb et un autre à Nabi-u-Tanb où 2 nids vides furent examinés;
Tan b et Nabi-u-Tanb étant deux Ilots au sud-ouest et au large de Gheshm (Ticehurst et al. 1925).
Sur lu côte de la Caspienne 3 individus pêchaient le 29 mars entre Chalus et Ramsur, et le
30 mai nous en avons observé en lisière de foret littorale : 1 couple près de Nur-abad, 1 sujet pêchant
à l’embouchure d’une rivière près d’Alamdeh et 1 autre avec un gros poisson dans les serres se diri¬
geant vers la forêt près de Nowshar. Rappelons que Scuuz (1959), Passburg (1959) et leurs pré¬
décesseurs avaient signalé le Balbuzard comme étant fort commun sur les rivages méridionaux de lu
Caspienne, mais qu’en 1964 les effectifs recensés par Obterlôf s’étaient avérés considérablement
réduits. Cet auteur (1965) rapproche cette drastique diminution de la forte mortalité des poissons
dans ces régions durant Pété 1963 et pense a un empoisonnement probablement dû à îles presticides.
Toutefois, il souligne que la théorie qu’il expose en détails n’est pas entièrement satisfaisante car il
n’y a pas eu de diminution comparable chez Ior Milans noirs et les Pygurgues à queue blanche comme
cela aurait dû être le cas, étant donné le mode d’alimentation habituel de ces deux espèces.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D IRAN
ACCIPITRIDAE
Pernis apivorus (L.)
Un sujet parade le 29 mai (ailes levées et agitées de tremblements) au-dessus de la forêt de
feuillus dans une vallée étroite et rocheuse en région de Dasht (limite du Gorgan et du Knorasan).
Une tentative de recherche d’aire dans un milieu très difficilement prospectable ne donna aucun
résultat. De par son comportement l’oiseau paraissait cantonné aussi sommes-nous fort tentes
de croire qu’il nichait là et qu’il ne s’agissait pas d’un migrateur. A l’heure actuelle la reproduction
de la Bondrée n’a pas encore été prouvée en Iran : pour les provinces iraniennes de la Caspienne
elle est inscrite au titre d’espèce de passage par Zarudny (1911); elle a effectivement ete collectée
le 26 septembre par Buxton (1921) et observée deux fois à la mi-octobre par Passburg (19o9) puis
le 20 août 1963 en baie de Gorgan par Feeny et al. (1968). Toutefois, plus intéressante est la capture
d’un adulte (isolé sur un buisson au milieu de la steppe) le 7 juillet 1935 par Paludan (1940) a
Fassal-abad, en région de Taghi-abad à l’est de Gorgan, localité se trouvant à une centaine de kilo¬
mètres à l’ouest-sud-ouest de notre point d’observation.
Milvus m. migrans (Boddaert)
Le Milan noir nous est apparu comme un rapace d’observation courante pendant tout notre
périple. 11 était régulier dans les massifs du Zagros depuis les frontières turques et iraniennes jus¬
qu’au-delà de Shiraz, au lac de Baharlu. 11 était évidemment très commun sur le littoral de la Cas¬
pienne, nichant dans les forêts riveraines, ce fut d’ailleurs là que nous en vîmes le plus si 1 on excepte
les dortoirs notés le 6 avril à Shah-abad-gharb, en région de Kermanshah et le 15 avril a Meimen,
au nord d’Esfahan. Dans le Khorasan, il se remarquait assez fréquemment à partir et au nord des
régions de Mashad et de Torbat-heydariyeh; plus au sud, il se montrait de manière plus sporadique,
notamment dans la région de Birjand. Nous n’en vîmes que peu au Séistan et autour de Zahedan.
A Bandar-abass il n’était pas rare dans le port et autour de la ville, recherchant sur les vasieres
les déchets abandonnés par les pêcheurs. Quelques couples nichaient dans des acacias et sur des
palmiers : la plupart semblaient seulement pondre à la fin avril. Au moins deux couples reproduc¬
teurs furent localisés à l’île de Gheshm le 27 avril. 11 semblait également nicheur à Minab en petit
nombre. La citation de Vaurie (1965) selon laquelle l’espèce ne se reproduit pas le long des côtes
du golfe Persique ne doit certainement pas s’appliquer au détroit d’Hormoz; rappelons que Tice-
hurst et al. virent l’espèce sur les îles de cette région en mars, époque de migration. D’une manière
générale, le Milan noir a été rencontré autour des agglomérations humaines, chassant au-dessus
des terres cultivées et même parfois suivant les axes routiers les plus fréquentés. Quelques oiseaux
furent néanmoins vus dans des vallées désolées au sol recouvert d’une maigre steppe, par exemple
près de Séfil-abad, Chenaran, Akhlamad... en région de Mashad où certains oiseaux essayaient de
capturer des spermophiles, et aux alentours de Soltanieh au sud-est de Zandjan; dans cette dermere
localité nous observâmes même un Milan ramasser devant nous une Bergeronnette grise que nous
venions de collecter. Nos observations d’avril peuvent avoir englobé des migrateurs; nous en avons
reconnu avec certitude le 17 avril à Persepolis où un petit passage se produisit en direction du
nord-est. A Bandar-abass, à partir du 29 avril jusqu’à notre départ le 3 mai, nous enregistrâmes
une nette migration.
Haliaëtus (leucoryphus (Pallas) ?)
Le 30 mai un Pygargue se tenait au bord de la mer près de Nur-abad sur le littoral de la
Caspienne. De taille légèrement inférieure à celle du Pygargue à queue blanche dont des adultes
et jeunes étaient visibles non loin de là, il présentait les caractères suivants : calotte et nuque roux
doré, gorge et côtés de la tête lavés de blanc, plumage brun sombre et, en vol, queue paraissant
plus longue que celle d'albicilla (peut-être parce qu’elle n’était pas cunéiforme mais arrondie) et
semblant brune traversée par une large bande blanche. L’oiseau n’était manifestement pas un jeune
Aigle royal : absence de taches blanches sous les ailes et silhouette différente. 11 s agissait bien d un
Haliaëtus qui au vu des caractères énoncés ci-dessus, pourrait bien avoir été un leucoryphus adulte
ou subadulte plutôt qu’un albicilla duquel il se distinguait également par sa silhouette moins massive.
Ayant eu l’occasion d’examiner depuis des sujets en peaux des deux espèces, nous pensons avoir
effectivement observé un Pygargue de Pallas mais, étant donné la variabilité de plumage des
Source : MNHN, Paris
32
CHRISTIAN KH,
ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
rapaces, nous préférons relater cette observation avec une certaine réserve. Vau rie (1965) ne l’inscrit,
que comme visiteur d’hiver sur la côte iranienne de la Caspienne; Zahudnv se demande s’il n’y
nicherait pas; Schuz (1959) n’a recueilli aucune donnée; toutefois Koelz a collecté un $ le 12 juin
1941 à Durud, Luristan (sujet déposé au Muséum de Chicago, M.A. Traylor in litt.)
Haliaëtus albicilla (L.)
Nous ne l’avons vu que sur le littoral de la Caspienne : 5 adultes et 4 immatures et juvéniles
entre Behshahr et Nowshahr le 30 mai; l’un des adultes transportait dans ses serres un mammifère
de la taille d’un gros rat. Pour plus de détails sur le statut de l’espèce en cette région, nous renvoyons
au travail de Schuz (1959).
Accipiter brevipes (Severtzov)
Accipiter badius cenchroides (Severtzov)
Accipiter n. nisus (L.)
Nous regroupons sous la même rubrique nos observations d’Eperviers car, dans certains
cas l’identification n’a pas été formellement établie. Si les diverses espèces peuvent être aisément
reconnues en main d’après des critères morphologiques bien nets comme la formule alaire (cf. Vaurie
1961 a), il n’en va malheureusement pas de même sur le terrain, surtout quand il s’agi! de brevipes
et de badius.
Nous pensons avoir observé l’Epervier à pied court le 18 avril à Persepolis (1 J dans des
jardins) et les 30 avril et 1 er mai à Bandar-abass dans une petite palmeraie avec des cultures, entourée
d’une brousse à acacias sèche (peut-être le même individu, identifié comme $ le second jour, évo¬
luant au-dessus de la palmeraie en émettant des « kiké » et « ki-kikké » nasillards, cris que nous
reconnûmes plus tard le 14 juin à Merzifon en Turquie où nous collectâmes un spécimen). Vraisem¬
blablement s’agissait-il de migrateurs, du moins à Bandar-abass.
Au Shikra, nous rapportons quelques observations de $<$ très pâles en chasse. Un sujet
tente de capturer des Passer dornesticus et Petronia xanthocollis sur un plateau caillouteux recouvert
d’une steppe d’armoise basse et de grands arbres espacés rappelant des pistachiers, ceci à proximité
d’un oued à sec au lit encombré de tamaris, le 11 mai à environ 90 km au sud de Zahedan vers Khash.
Un autre, alors qu’il fait très chaud, poursuit des Moineaux se baignant nu bord de la rivière, le
long de la palmeraie avec cultures irriguées sous-jacentes près de Ghasre-ghand (sud du Balouchistan)
le 13 mai.
De l’Épervier ordinaire nous avons remarqué une femelle les 7 et 8 avril dans le parc de
l’Institut Pasteur à Téhéran : par sa patterne de coloration et. ses cris, cet oiseau nous a semblé tout
à fait semblable aux sujets européens. Nous pensons avoir vu un autre représentant de cette espèce
en région de Dorlat-abad, à l'est de Gonbad-cavous, en lisière de forêt le 29 mai. Dans cette même
région, entre Dasht et Minoo-Dasht, dans des milieux semi-boisés, voire bocagés, nous observâmes
le même jour ainsi que le lendemain à l'ouest de Babolsar, d’autres Æpcrviers que nous ne pûmes
identifier avec certitude : badius ou brevipes. Leurs aires de répartition sont complémentaires :
brevipes dans la moitié nord-ouest du pays et badius dans l’autre (A. nisus lui, habite sensiblement
les mêmes régions que brevipes). Mais dans les régions du sud de la Caspienne (A. badius vient d’être
découvert nicheur à Gulega sur la côte du Gilan par I. et \V. Gknk.nukii 1968) et dans le sud du
Zagros, ces deux espèces cohabitent sans s’hybrider (Zaruony 1911, Vaurie 1961 a), ce qui a fourni
un argument pour les séparer spécifiquement.
Buteo r. rufinus (Chktzschmah)
J 15 km sud-est de Mashad, 16 mai (AP 438
Cette grosse Buse qui serait répandue dans tout l’Iran, à l’exception du Khuzostan et du
littoral du golfe Persiquo, fut rencontrée dans les régions de Téhéran, de llobut-karim, de Meimeh
(une dizaine dans une zone do vergers près du village le 15 avril), de Persepolis (1 sujet en déplace¬
ment vers le nord-est le 17 avril, migrateur , ), de Khash uu Balouchistan (1 subadulte en milieu très
aride le 11 mai), de Mashad, Shirvan et Bodjnoord au Khorasan (quelques sujets çà et, là sur les pla¬
teaux steppiques cultivés). Sur les bords de la Caspienne, nous identifiâmes un adulte près de
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
33
Nur-abad au-dessus des dunes littorales et d’une lisière de forêt claire le 30 mai. Nous en retrouvâmes
d’autres en vallée de la Zandjan-chay, entre Zandjan et Miyaneh et en région de Shahpoor les 6 et
8 juin, toujours dans des milieux arides parsemés de zones de cultures. Ainsi nos observations sou¬
lignent le très faible peuplement au Balouchistan ce qui s’accorde aux vues de Zarudny.
Buteo buteo menetriesi (Bogdanov)
Cette Buse était d’observation assez fréquente dans le Mazandaran entre Gorgan et Chalus
le 30 mai, en lisière de forêts littorales. Nous pensons également en avoir reconnu deux le b juin
en région de Soltanieh au sud-est de Zandjan, planant au-dessus des cultures. Peut-être y en avait-il
d’autres en vallée de la Zandjan-chay, mais nous n’osons l’affirmer étant donnée la difficulté d iden¬
tification des jeunes Buses féroces. Il est à remarquer que sur les bords de la Caspienne nous vîmes
plusieurs fois des sujets uniformément chocolat ce qui s’accorde aux vues de Vaurie (1961 b) selon
lesquelles, la phase mélanique s’observe communément chez B. b. menetriesi.
Hieraaëlus pennatus (Gmelin)
Un sujet en phase claire décrivait des orbes concentriques, tout en se dirigeant vers le nord
à Zahedan en lin d’après-midi du 8 mai. 11 s'agissait certainement d’un migrateur. En Iran, 1 espece
est connue nicher dans le Zagros et dans les provinces du nord jusqu’en Khorasan.
Hieraaëtus /. fasciatus (Vieillot)
Un sujet adulte au-dessus d’un milieu dénudé du type hamada dans une région vallonnée,
à une quinzaine de kilomètres au nord de Téhéran le 11 avril. Nous sommes bien mal renseignes
sur le statut actuel de cet Aigle.
Aquila rapax orientalis (Cabanis)
Nous avons rencontré en plusieurs occasions des sujets de cette espèce en livrée immature.
Sur le terrain ils se reconnaissaient très bien à la ligne blanche séparant les rémiges des couvertures
sur toute la longueur de l’aile; cette patterne, si typique est visible tant par-dessus que par-dessous,
la bande claire étant toutefois plus large sur la face inférieure de l’aile. En vol, les sus-caudales
paraissent blanchâtres ainsi que parfois le bas du croupion (voir à ce sujet l’instructive étude de
Christiansen, Nielsen, Ciiristensen et Sorensen 1968). Toutes nos observations furent effec¬
tuées sur des plateaux steppiques, cultivés par endroits en céréales. Le 27 mai en région d Akhlamad
(mi-distance entre Mashad et Ghoochan) un sujet brun foncé couvre sa proie (un spermophile de
la taille d’un lapin) en repoussant deux autres congénères (plus clairs dont un presque café au lait),
d’autres furent également remarqués le même jour, pratiquement jusqu’à Ghoochan, dans le meme
milieu où abondent les colonies de spermophiles. Le 6 juin, deux autres sujets dans le Gilan, entre
Khoram-dareh et Soltanieh, au sud-est de Zandjan. Cos Aigles ravisseurs appartiennent au groupe
nipalensis, les oiseaux du groupe rapax ne présentant pas en plumage juvénile ou immature de
telles barres alaires. Nous pensons qu’il s’agit de la sous-espèce orientalis habitant les steppes aralo-
caspiennes plutôt que de nipalensis plus oriental. Ces oiseaux, non reproducteurs, devaient estiver
là, au sud de leur aire normale de nidification.
Aquila clanga Pallas
Un immature, en fin de matinée du 17 avril, après un arrêt sur la plaine près de Persepolis
part en direction du nord-est. Sur le littoral sud de la Caspienne, nous avons observe le dU mu: l ad.
en région de Beshahr au-dessus de la plaine cultivée et 2 ad. en bordure de forêt littorale près d Alam-
deh. L’espèce est donnée nicheuse dans ces dernières régions : cf. Zarudny (1911), Schuz (1959),
Passburg (1959).
Aquila p. pomarina Breum
Le 11 avril, un petit Aigle en vol vers le nord à une dizaine de kilomètres au nord de Téhéran
nous parut, par sa silhouette, appartenir à cette espèce plutôt qu’à la précédente. Le 29 mai, un
Source : MNHN, Paris
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CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
adulte transporte une proie (vraisemblablement un spermophile) en direction d’une forêt située
à flanc de vallée cultivée près de Shahpasand à l’est de Gorgan. Cette observation permet de suppo¬
ser la nidification de l’Aigle pomarin en Iran, d’ailleurs Schuz (1959) écrit en parlant des provinces
du sud de la Caspienne : « Sehr wahrscheinlich briltet hier nicht nur clanga , sondern auch pomarina. »
Aquila h. keliaca Savigny
Un adulte fut noté le 19 mai en région de Zabol, en bordure des inondations. Le 27 mai sur
le plateau steppique, cultivé par places, près de Kalateh au sud-est de Ghoochan, un immature
en plumage très usé et très clair (teinte générale crème, maculée de brun) est perché sur un poteau
télégraphique; à ce propos l’Aigle énigmatique vu par Nielsen et Speyer (1967) en baie de Gorgan
pourrait bien avoir été un sujet semblable. Un adulte fut encore rencontré le 30 mai planant au-dessus
des cultures bordant la baie de Gorgan, en région de Bandar-gaz. L’espèce est connue nicher dans
cette partie de la Caspienne. Au Séistan elle n’est citée qu’en hivernage (Zarudny 1911); n’y niche¬
rait-elle pas ?
Aquila chrysaëtos Iwmeyeri (Severtzov)
Nous ne l’avons rencontré qu’en deux occasions (adultes à chaque fois) : le 29 mai dans un
défilé rocheux dans une région très accidentée et forestière près de Dasht (limite Khorasan-Gorgan)
et le 30 mai dans l’Elbourz à une quinzaine de kilomètres au sud de Chalus. L’Aigle royal fréquente,
en principe, tous les massifs montagneux de l’Iran.
Neophron p. percnopterus (L.)
Nous avons observé l’espèce à maintes reprises durant le voyage : fréquent en région de
Téhéran (jusqu’à Saveh), des isolés en région de Persepolis (seulement 4 observations dans un rayon
de 30 km), commun voire abondant dans le secteur du détroit d’Hormoz notamment à Bandar-
abass où les effectifs nous parurent augmenter à partir du 28 avril : migration ou concentrations
d’adultes venant chercher là de la nourriture ? noté également à l’Ile de Gheshm, fort bien représenté
à Minab, quelques sujets à Zahedan, d’autres près de Ghasre-ghand ; non observé du Séistan à la
région de Mashad; retrouvé à Kalateh (au sud-est de Ghoochan) et à Baikan (à l’ouest de Shirvan);
pas rare entre Ghazvin et Miyaneh puis en région de Makoo. Tous les oiseaux observés furent des
adultes à l’exception d’un sujet entièrement brun à Bandar-abass le 30 avril et de deux autres indi¬
vidus dans la même livrée le 13 mai près de Ghasre-ghand.
Gypaëtus barbatus aureus (Hablizl)
Une seule observation : 1 adulte le 24 mai dans une zone de croupes arides à 10 km au nord
de Birjand. L’espèce est censée habiter toutes les régions montagneuses de l’Iran; elle est apparem¬
ment bien représentée au Kurdistan et dans l’Elbourz (Kowalski, viva voce). On peut se demander
si l’observation de Paludan (1938) de 20 sujets en 1 heure le 24 mars 1935 serait encore réalisable
de nos jours 1
Aegypius monachus (L.)
Un adulte sur le plateau steppique cultivé en région de Soltanieh le 6 juin et 1 immature
dans une zone de vallonnements recouverts de toulTes herbacées à une dizaine do kilomètres au
nord-est de Shahpoor le 8 juin. D’après Zarudny, ce Vautour habiterait tout le nord de l’Iran.
Gyps f. julvus (Hablizl)
Le Vautour fauve a été rencontré dans l’Elbourz, chaîne montagneuse où sa présence est
connue do longue date : 3 individus furent observés, groupés non loin d’une charogne dans un défilé
entre deux sommets encore couverts de neige, le 28 mars entre Karadj et Chalus. Les 18 et 21 avril,
quelques sujets isolés furent repérés dans la région de Shiraz (au nord-ouest do Persepolis, près du
lac de Baharlu et prèB de Sarvestan vers Fasa). Le 28 mai noiiB en vîmes quelques sujets en région
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
35
de Bodjnoord dans le nord du Khorasan, puis le 6 juin trois autres sur un plateau steppique entre
Khoram-dareh et Soltanieh au sud-est de Zandjan, enfin le 8 juin, deux autres au nord du lae
Rezaiyeh en région de Shahpoor. Le Vautour fauve habiterait tout l’ouest et le nord de l’Iran,
Khorasan compris (1).
Pseudogyps bengalensis (Gmelin)
Le Vautour à dos blanc fut observé en deux occasions (1 + 2) le 13 mai en compagnie de
Perenoptères sur un plateau steppique parsemé d’acacias entre Chandgan et Ghasre-ghand dans
le sud du Balouchistan où l’espèce est considérée comme nicheuse par Zarudny (1911).
Circus a. aeruginosus (L.)
Ce Busard ne fut rencontré qu’en deux endroits : 1 g le 9 avril chassant dans une zone de
tamaris bordant la rivière salée près de Robat-karim et au Séistan où de nombreux sujets furent
notés dans la région inondée (par exemple le 19 mai), apparemment non en cours de reproduction,
L’espèce niche le long de la Caspienne (cf. Schuz 1959), en région de Téhéran (Passburg 1959).
peut-être dans le Fars (Witherby 1903) et au Séistan selon Zarudny.
Falco cherrug Gray
Ce grand Faucon fut observé le 15 avril à une dizaine de kilomètres au sud de Saveh sur
un plateau cultivé et présentant quelques marigots : un sujet cherchait à capturer des oiseaux au
sol (Combattants, Cochevis et Calandres, nombreux à cet endroit) et se montrait réticent à des
poursuites aériennes. Un second individu fut remarqué le lendemain au-dessus d’une steppe basse
en terrain plat entre Shahreza et Abadeh; puis un troisième le 22 avril entre Ab-barik et Lar dans
une zone de reliefs à éboulis encombrée d’une végétation arbustive d’amandiers sauvages et d’épi¬
neux divers. S’agissait-il d’oiseaux locaux ? Zarudny (1911) donne le Sacre nicheur dans le Nord-
Ouest, le Zagros, les provinces du sud de la Caspienne (Schuz (1959) n’est pas de cet avis du moins
pour les zones basses qu’il a étudiées) et le Khorasan (principalement dans la partie nord).
Rappelons que le Lanier Falco biarmicus Temminck n’existe pas en Iran, les observations
rapportées par Passburg (1959) demandent une confirmation.
Falco peregrinus Tunstall
Falco pelegrinoides Temminck
La distribution des Pèlerins (ordinaire et de Barbarie) en Iran demeure mal définie. F. pere¬
grinus brookei (Sharpe) occuperait le nord du pays, F. p. pelegrinoides Temminck le Nord-Ouest
et le Zagros (les preuves font toutefois toujours défaut) tandis que F. p. babylonicus (Sclater)
habiterait l’Est depuis le Kirman jusqu’au Khorasan où son aire de répartition recouvrirait celle
de brookei selon Zarudny.
Nous ne rencontrâmes qu’une seule fois le Pèlerin : le 28 mai dans la vallée rocheuse entre
Ghosh-ghalleh et Bodjnoord, nous vîmes un sujet pendant un temps trop court pour déterminer
avec certitude à quelle espèce nous avions à faire. L’oiseau par son vol rapide et sa queue courte
nous rappela les oiseaux d’Afrique du Nord; il semblait très pâle et nous parut avoir du roux à la
nuque. Il pourrait donc s’être agi d’un Faucon de Barbarie.
Falco s. subbuteo L.
Ce Faucon fut observé à Téhéran dans le parc de l’Institut Pasteur (14 avril et 5 juin). Dans
le nord du Khorasan près de Shoorak, au nord de Ghoochan, le 27 mai un individu chasse au-dessus
d’un plateau cultivé parcouru par une rivière sèche à cette époque et bordée de saules. Le 30 mai,
(1) Il conviendrait de prêter une attention particulière aux Vautours iraniens car il existe au Muséum de
Chicago une $ Gyps himalayensis Humf. qui aurait été collectée par Koelz le 16 janvier 1942 à Gala-taiyak, Bakhtiari
(M.A. TnAvi.on in litt.). C’est la première mention en Iran de cette espèce dont la présence dans l’est de l’Afghanistan
vient seulement d’être signalée.
Source : MNHN, Paris
36
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOP,'
deux isolés houspillent des Milans noirs en lisière de forêt littorale près de Nur-abad et d’Alaradeh
sur la côte de la Caspienne. Le 6 juin, un sujet chasse au-dessus des cultures entre Shenat et Khoram-
dareh tandis que le lendemain un couple est repéré à Sofian dans une ligne de peupliers au milieu
de vergers et jardins. Le $ est très démonstratif tandis que la ? tient le nid (vieille aire de Corneille
mantelée en haut d’un peuplier). Le soir, un isolé chasse les insectes au-dessus du marais près de
Sharafkhaneh sur la rive nord du lac Rezaiyeh. Le 8 juin un sujet est repéré dans des vergers à
Shahpoor. Ces renseignements demeurent dans le cadre de l’aire de dispersion donnée par Vaurie
(tout le nord du pays, Khorasan compris et Zagros jusqu’au Kirman).
Falco naurnanni Fleischer
9 10 km de Téhéran, 11 avril (AP : 249, T* : Hl); 2 Persepolis, 20 avril (AP : 230-236, T : 33-30);
2 55 Persepolis, 17 avril (AP : 232-248, T : 31-32).
Nous en vîmes une vingtaine en migration le 11 avril dans la région de Téhéran, chassant des
insectes au-dessus de zones cultivées et de vergers irrigués. Le comportement de ces migrateurs
est typique : les oiseaux arrivent de loin en décrivant des boucles, au niveau des cultures ils perdent
de la hauteur et silencieusement, tout en poursuivant leur chemin et en conservant leur orientation,
chassent activement les insectes qu’ils capturent au sol; 10 minutes plus tard ils ont disparu. Nous
confirmons le caractère caudal (rectrices centrales dépassant les autres d’un centimètre) sur lequel
Môrike (Jour. Orn. 1967 : 494-496) attire l’attention.
A Persepolis une trentaine de couples se tenaient dans les murailles entourant les ruines.
A notre départ, les accouplements étaient de plus en plus fréquents. D’autres petites colonies
furent localisées près de Shah-estakhr et à l’entrée de Shiraz dans des parois rocheuses, également
près de Maharloo. Quelques sujets (de passage ?) furent repérés entre Fasa et Jahrom le 21 avril.
Une trentaine d’individus manifestement en migration vers le nord-ouest passèrent en début
d’après-midi au-dessus des vergers de Khahoorestan le 23 avril. Nous n’en vîmes plus par la suite
jusqu’au 15 mai à Joon-abad, au sud de Zahedan, où une dizaine se tenaient dans un vallon cultivé :
ces oiseaux ne semblaient ni en migration ni nicher dans les parages. Rappelons que la reproduction
de l’espèce n’a jamais été prouvée au Balouchistan ni au Séistan. Le 24 mai, 2 couples nourrissent
des jeunes au nid dans un piton rocheux dominant une petite rivière et quelques vergers près de
Sedeh. L’identité ne fait aucun doute, les oiseaux se laissant observer dans d’excellentes conditions
de plus et bien qu’ils soient très discrets, leur voix est très caractéristique. La reproduction dans le
sud du Khorasan ne semblait jamais avoir été établie (Zarudny, 1911, ne l’y inscrit qu’au passage).
Dans le nord du Khorasan, quelques colonies d’une dizaine de couples furent localisées près du
col au nord d’Assad-abad, entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord puis entre Dasht. et Dorlat-abad. Dans
le nord-ouest de l’Iran, quelques sujets furent observés dans la vallée de la Zandjan-chay entre
Zandjan et Tazeh-kand.
Falco t. tinnunculus L.
9 50 km sud do Téhéran, 9 avril (AP : 242, T : 41); J Lariz, 15 mai (AP : 245, T : 41).
La différence de taille, concrétisée ici par la longueur d’aile pliée, n’est pas toujours nette
entre la Crécerelle et la Crécerellette : 2 spécimens de nos F. naurnanni présentent des mensurations
supérieures à celles indiquées ci-dessus pour tinnunculus. Toutefois cette dernière espèce se distingue
aisément par la robustesse de ses tarses. Ce caractère traduit l’aduptation au régime alimentaire
par l’intermédiaire du mode de chasse : F. tinnunculus aux tarses forts, aux doigts longs et aux
ongles acérés, capture les petits mammifères alors que F. naurnanni aux patteB plus faibles,
consomme essentiellement des insectes.
Nouh avons rencontré ce Faucon pratiquement partout aussi serait-il fastidieux d’énumérer
toutes les localités où il fut remarqué. Nous ne notâmes généralement que des sujets isolés ou des
paires. Il y avait certainement des migrateurs dans le lot des oiseaux observés comme en témoignent
les petits groupes aperçus le 15 avril en région de Meimeh et la femelle qui, le 26 uvril en fin d’après-
midi, quittait l’ile de Gheshm en direction du continent. La Crécerelle fut remarquée dans tous les
milieux à l’exception des zones trop arides : elle fréquentait tant les milieux rocheux, escarpés ou
vallonnés, que les plateuux steppiques ou cultivés, également les lisières de forêt et les palmeraies
* T : tarse.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
37
cultivées dans le nord du Balouchistan. Dans cette dernière région, nous n’avons pas rencontré
J espèce au sud de Karvandar. Un couple semblait nourrir des jeunes dans des rochers dominant
le désert salé mais pas loin du lit, cultivé et inondé, du fleuve Hirmand le 17 mai à une trentaine de
kilomètres de Zabol. Il semblerait donc que l’espèce niche, tout au moins occasionnellement, au
Séistan où Zarudny ne signale pas sa reproduction.
Galliformes
PHAS1ANIDAE
Alectoris chukar (J. E. Gray)
Cette Perdrix habite pratiquement tout l’Iran : l’Elbourz, le Kurdistan et le nord du Zagros
jusqu’en Luristan (kurdestanica (Meinertzhagen)), le sud du Zagros du Luristan au Fars (werae
(Zarudny et Loudon)) et le Kirman, le Khorasan et le Balouchistan (koroviakovi (Zarudny)).
Nous ne l’avons rencontrée qu’en très petit nombre le 21 avril dans des buttes à éboulis dominant
des cultures céréalières en région de Fasa vers Jahrom; puis le 5 mai dans des pierriers près de
Dehbid au sud de Sabzevaran. Le 26 mai quelques sujets furent repérés, grâce à leurs caquetages
de volaille, dans les éboulis du col au nord d’Assad-abad ; le surlendemain l’espèce n’était pas rare
entre Mehmanak et Gorat-abad principalement dans des pentes pierreuses recouvertes d’une végé¬
tation herbacée basse en coussinets et dans la partie supérieure de thalwegs encombrés de rocailles
et d’arbustes. Nous en revîmes encore quelques sujets près de Gachsar dans l’Elbourz (entre Chalus
et Karadj) à la limite d’alpages et d’éboulis le 30 mai.
Ammoperdix griseogularis (Brandt)
cî Mansor-abad, Fars, 22 avril (AP : 126), Ç ibidem (AP : 121); $ Zahedan-Khash, 11 mai (AP : 118); ÇSarheh,
12 mai (AP : 117); 1 Ç et 2 SS Nikshahr, 13 mai (AP : 124), 2 22 Chandgan, 13 mai (AP : 118-121); S 10 km nord
d Assad-abad, 26 mai (AP : 127).
Cette série augmentée de 3 SS obtenus par Petter (cités in Berlioz 1957) met en évidence
de fortes variations individuelles dans la coloration tant chez les SS que chez les Le S collecté
par Petter à l’est de Mashad présente une coloration du même type que celle des sujets du Fars.
Nos spécimens du Balouchistan et, un peu moins, celui de la région de Mashad sont nettement plus
gris et plus marbrés sur le dos (les $$ étant plus fortement vermiculées) que ceux du Fars. Ces faits
s’accordent aux vues de Vaurie (1965) concernant la variabilité géographique de l’espèce et aux¬
quelles nous souscrivons en ne reconnaissant pas de race d 'Ammoperdix griseogularis.
Nous avons observé cette petite Perdrix par couples sur les plateaux caillouteux recouverts
d’une végétation steppique, dans des pentes à gros éboulis, les lits d’oueds encombrés de rocailles,
d arbustes et de bouquets herbacés, également sur des corniches de parois rocheuses en terrain
accidenté et aride et sur des croupes de cailloutis parsemés de touffes d’herbes. Les cris d’alarme
typiques, sont des « rrouit-rrouit » détachés et sonores, évoquant en plus bref les sons de la Marouette
ponctuée. En se défilant à pattes dans les rochers parmi la végétation, ou encore en dévalant des
pentes, les oiseaux émettent des caquetages en série rapide. L’espèce affectionne beaucoup la
proximité d’eau; elle boit le matin, en début d’après-midi et en soirée : les spécimens collectés à
ces moments de la journée dégorgèrent beaucoup d’eau. S’il n’y a pas d’eau dans le voisinage, les
oiseaux se gavent de plantes à feuilles succulentes. Les femelles collectées au Balouchistan présen¬
taient toutes des plaques incubatrices développées. Nous avons observé à plusieurs occasions des
oiseaux prendre des bains de poussière sur les pistes en fin d’après-midi, ils se laissaient alors appro¬
cher de très près.
Selon Zarudny, l’espèce est présente dans tout l’Iran à l’exception du Séistan et du littoral
du golfe Persique; elle serait surtout abondante dans le Zagros, le Kuhistan-Kirman et le sud du
Khorasan. Durant notre périple nous l’avons fréquemment observée dans le Fars entre Jahrom
et Berkeh-sang, dans le Kirman entre Dehbid et Sabzevaran, dans tout le Balouchistan où elle
est très abondante, particulièrement dans le massif montagneux de Sarheh-Nikshahr-Ghasre-ghand,
puis dans le nord du Khorasan dans les régions de Torbat-heydariyeh, Mashad, Shirvan et Bodjnoord.
Source : MNHN, Paris
38
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Francolinus francolinus bogdanowi (Zarudny)
$ 50 km est de Bam, 7 mai (AP : 155).
Vaurie (1965) ayant examiné une bonne série de spécimens de la province du Kirman rattache
les oiseaux de cette région à la race arabistanicus (Zarudny et Harms), du sud-ouest de l’Iran mais
en précisant qu’ils constituent en fait la transition (gradiente d’ouest en est) entre cette race dont
ils ont la couleur et bogdanowi dont ils ont sensiblement la taille. Notre spécimen fut obtenu dans
l’est du Kirman aussi est-il normal que, par sa longueur d’aile et son aspect très pâle, il ne se diffé¬
rencie pas de bogdanowi.
Ce Francolin habite tout l’Iran à l’exception du Khorasan (la race nominale habite le nord
du pays jusqu’à Gorgan). Nous l’avons noté entre Fahraj et Shoor-gaz le 7 mai : de rares sujets dans
une zone de buttes de sable et de tamaris; il ne semblait pas rare dans les cultures et sur une steppe
dense sur sol sablonneux à Lariz le 17 mai. Il serait bien représenté dans les cultures en région de
Zabol : nous n’en vîmes qu’un exemplaire et en entendîmes un autre, aucun chasseur local ne put
nous en montrer ou nous fournir un spécimen.
Francolinus pondicerianus (Gmelin)
En Iran ce petit Francolin occupe sous la race mecranensis Zarudny et Harms le sud-est du
pays : Kirman, Laristan et Balouchistan selon Vaurie. Zarudny le donne sur le littoral du golfe Per-
siqueet au Balouchistan en précisant qu’il n’est vraiment commun que dans la partie sud de cette der¬
nière région. C’est effectivement là que nous l’avons rencontré le 12 mai, apparemment bien repré¬
senté (5 + 2 + 1 sur 1 km) dans une « savane » parfois assez dense à tamaris et acacias sur sable, à
l’est de Bampur vers Iranshahr. Les oiseaux par une chaleur accablante se tenaient tapis sous des tama¬
ris et des touffes épineuses et fuyaient à pattes quand la végétation était assez épaisse sinon démar¬
raient avec de bruyants battements d’ailes et des caquetages difficilement traduisibles. Blandford
(1876) et Ticehurst et al. (1926-1927) indiquent qu’il se rencontrerait jusqu’à Lar et Bandar-abass
où nous ne l’avons pas trouvé.
Coturnis coturnix L.
Selon Zarudny la Caille niche dans tout l’Iran à l’exception du Séistan et du territoire méso-
potamien. Nous l’avons entendue chanter dans des cultures de céréales en région de Shoorak, Nord-
Khorasan le 27 mai, de Soltanieh, ouest du Gilan le 6 juin, de Shahpoor et Khoy le 8 juin et le
lendemain entre Makoo et Bazargan en Azerbaïdjan.
Phasianus colchicus L.
Le Faisan était extrêmement abondant dans la vallée encaissée où alternent de hautes
parois rocheuses et des pentes herbeuses ou envahies par la forêt ou d’épais taillis, entre Dasht
et Dorlat-abad dans le nord du Khorasan. Partout résonnaient les appels gutturaux si typiques
de cette espèce. 11 était également commun dans les zones de buissons périforestières dans l’Elbourz
entre Chalus et Karadj. Les oiseaux du Khorasan appartiennent à la race pcrsicus (Skvertzov),
ceux du sud de la Caspienne à talischensis (Lorenz) et, selon Zarudny, dans le Nord-Ouest se ren¬
contrerait la race nominale.
Gruifohme»
OTITIDAE
Olis tetrax L.
Les preuves récentes de la nidification de l’Outarde canepetière en Iran font défaut mais
seraient à rechercher en province de Gorgan et peut-être dans le nord du Khorasan car Zarudny
a mentionné la reproduction de l’espèce dans le sud de la Caspienne (cf. aussi la capture d’un mâle
en plumage nuptial lo 13 mai 1952 on vallée de l’Atrek près de Dascht Braun que Schuz (1959)
qualifie d’apparition exceptionnelle) et Dementikv l’affirme sur les plateaux turkmènes de la chaîne
du Kopet Dagh.
Noub en vîmes un $ en vol le 16 avril sur un plateau recouvert d’une steppe claire en région
d’Abadeh.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
39
Chlamydotis undulata (Jacquin)
Cette Outarde, sous sa race macqueenii (Gray), était jadis répandue en Iran. Il semble qu’ici
comme en Afrique du Nord, elle ait sérieusement décliné. Personnellement nous ne la vîmes pas
mais notre chauffeur et notre taxidermiste iranien remarquèrent, sur une steppe aride en région
de Yazd le 24 mai, une Outarde qui, d’après leur description, devait appartenir à cette espèce.
RALLIDAE
Porzana sp.
Un sujet levé le 18 avril dans le fond marécageux d’un oued (zone de végétation palustre
basse) entre Shahr-estakhr et Saadat-abad était peut-être P. porzana.
Crex crex (L.)
S 60 km sud-ouest de Téhéran, 15 avril-2 mai (AP : 127).
Nous n’avons personnellement pas observé ce Râle; le sujet cité ci-dessus nous fut remis
par M. Delacroix qui l’obtint dans une zone marécageuse près d’une rivière. Le Râle de genêt
niche-t-il en Iran ? Zarudny le dit mais personne ne l’a confirmé.
Gallinula c. chloropus (L.)
Nous ne l’avons noté qu’en deux endroits : quelques sujets le 16 avril sur la rivière à Esfahan
et d’autres dont 1 famille le 7 juin dans les marais entre Sharafkhaneh et Tasooj sur la rive nord
du lac Rezaiyeh. Nicherait dans tous les milieux favorables.
Fulica a. atra L.
Seule rencontre : quelques individus le 7 juin sur des mares envahies par les joncs au bord
du lac Rezaiyeh entre Sharafkhaneh et Tasooj. Nicherait, elle aussi, dans tous les milieux favorables.
Charadriiformes
HAEMATOPODIDAE
Haematopus ostralegus L.
Fut noté quotidiennement du 24 avril au 3 mai à Bandar-abass sur les vasières : une tren¬
taine de sujets jusqu’au 28, une vingtaine le 29 puis seulement quelques-uns ensuite. Au moins une
soixantaine d’Huitriers furent observés sur les côtes rocheuses de l’île de Gheshm le 27 avril.
CHARADRIIDAE
Charadrius hiaticula L.
Observé en petit nombre sur les rivières à marée basse à Bandar-abass pendant tout notre
8éjour.
Charadrius dubius curonicus (Gmelin)
9 50 km sud de Téhéran, 9 avril (AP : 117); 2 10 km sud de Saveh, 17 avril (AP : 110); <J Kahoorestan,
23 avril (AP : 110).
Zarudny donne ce Gravelot nicheur dans tout le pays à l’exception de l’Atrek, le Paro-
pamisus (= vallée de PHari-Rud), le littoral du golfe Persique et le territoire mésopotamien
(— Khuzestan). 11 souligne que les preuves font toutefois défaut quant à la reproduction dans le
Kuhistan-Kirman et le Balouchistan. 11 ne fait pas de doute que l’espèce niche dans ces deux der¬
nières régions : nous en avons observé le 5 mai de nombreux couples cantonnés et très démonstratifs
sur des bancs de cailloux le long de rivières dans toute la région entre Shamss-abad et Roosary
Source : MNHN, Paris
40
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
puis les 12 et 13 mai près de Taght-malek, Kheir-abad, Chandgan et Ghasre-ghand. De par leur
comportement, les oiseaux couvaient certainement en ces endroits et la difficulté de trouver les
nids, jointe à la peur de laisser trop longtemps les pontes exposées au soleil brûlant, nous empê¬
chèrent de recueillir une preuve absolue de la reproduction; l’espèce nous a également paru nicher
dans des milieux similaires entre Sbahr-estakhr et Saadat-abad, Badeny et Berkeh-sang, en région
de Zabol, entre Ghaen et Golkalleh-abad-alavi, sur les bords de la Caspienne, notamment près de
Nur-abad, et enfin près de Tazeh-kand, entre Zandjan et Miyaneh.
Des migrateurs ou du moins des oiseaux ne se manifestant pas comme étant sur leurs lieux
de reproduction furent observés le 9 avril au bord de la rivière salée près de Robat-karim, le long
de marigots dans une zone cultivée à 10 km au sud de Saveh le 15 avril, quotidiennement en petit
nombre (sauf une centaine le 25 avril au soir) sur les vasières inondées à Bandar-abass du 24 avril
au 3 mai; de rares sujets pendant notre séjour à Zahedan (une dizaine le 10 mai) se nourrissaient
activement sur d’anciennes parcelles cultivées dans les jardins irrigués; enfin beaucoup de Petits
Gravelots furent repérés au bord de la zone inondée entre Zabol et Abadieh-lotak le 18 mai.
Charadrius a. alexandrinus L.
$ 60 km sud-ouest de Téhéran, 14 avril (AP : 106).
Selon Zarudny l’espèce niche dans le sud de la Caspienne, au Séistan, dans le Kuhistan-
Kirman, sur le littoral du golfe Persique et peut-être dans le nord du Balouchistan. Une femelle
sexuellement active fut collectée au lac salé (Tuzlu Gôl) près d’Arak (anciennement Sultanabad)
par Paludan (1940) où des couples et des isolés furent fréquemment rencontrés lors d’un séjour
du 30 mai au 4 juin 1935.
Le Gravelot à collier interrompu fut observé communément le 20 avril sur les steppes salées
bordant le lac Baharlu; de nuit les oiseaux se livraient à de bruyantes manifestations territoriales
indiquant qu’ils étaient vraisemblablement sur leurs lieux de reproduction. Il était très abondant
à Bandar-abass et à Plie de Ghesbm sur les sansouires littorales où il commençait à pondre dans
les premiers jours de mai. 11 présentait également une grande densité au Séistan en région de Zabol,
également dans une steppe à Chénopodiacées dans un lit d’oued salé près de Shileh. Enfin, il fut
noté plusieurs fois sur le littoral de la Caspienne entre Alamdeh et Nowsbabr. Le spécimen collecté
nous fut remis par M. Delacroix qui l’avait obtenu en région de Robat-karim le long de la rivière
salée où il niche peut-être.
Charadrius mongolus atrifrons (Wagler)
Ce Gravelot ne fut repéré qu’à Bandar-abass en petit nombre, au plus une dizaine, se nour¬
rissant sur les vasières inondées du 24 au 29 avril.
Charadrius leschenaullii Lesson
Fut observé dans les mêmes conditions que l’espèce précédente. Les oiseaux se tenaient
le plus souvent par couples. Les effectifs ne dépassèrent pas la dizaine d’individus. Sa reproduction
demeure à confirmer en Iran, la validité de la description des œufs par Zarudny ayant été mise
en doute par Dolgoucmine. Rappelons que Read (1958) a observé un couple au lac salé près d’Arak
qui lui parut reproducteur.
Charadrius asiaticus Pallas
2 sujets se tenaient soit sur la steppe halophile soit sur les vasières à Bandar-abass les 24 et
25 avril. L’espèce nicherait dans le bassin de l’Hari-Rud selon Zarudny.
Pluvialis squalarola (L.)
Régulièrement observé à Bandar-abass, sur les vasières exondées, toutefois les effectifs
varièrent : une dizaine le 24 avril, presque tous en plumage nuptial, une trentaine le lendemain soir,
pour les 2/3 en livrée hivernale, puis seulement quelques-uns jusqu’au 30, date à partir de laquelle
une cinquantaine de ces Pluviers, pratiquement tous en plumage nuptial, furent présents jusqu’à
notre départ. Quelques sujets furent également observés à l’Ile de Ghesbm les 26 et 27 avril.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A l’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
41
Vanellus leucunis (Lichtenstein)
9 Zahedan, 10 mai.
Nous avons rencontré ce Vanneau à Zahedan le 10 mai où 2 + 1 pâturaient dans des cultures
irriguées (céréales et luzernes) : ils ne montraient aucun signe de reproduction. Nous en vîmes aussi
un couple le 6 juin dans la vallée de la Zandjan-chay entre Zandjan et Tazeh-kand. Les oiseaux
se tenaient au bord de la rivière et des rizières et semblaient bien être des nicheurs locaux. L espece
nicherait donc aussi dans le nord-ouest de l’Iran. Il serait bon de préciser sa répartition en période
de reproduction; si l’on en croit Zarudny elle nicherait dans presque tout le pays mais la littérature
ornithologique est avare de renseignements circonstanciés.
Vanellus vanellus (L.)
Nous ne l’avons trouvé que dans l’extrême nord-ouest de l’Iran : 1 couple le 7 juin avec trois
gros pulli sur la sansouire au bord du lac Rezaiyeh à Sharafkhaneh et 2 couples le lendemain sur
une tourbière d’altitude entre Khoy et Shahpoor. L’aire de reproduction que lui assigne Vaurif.
(1965) est-elle vraiment si étendue en Iran ? Des preuves seraient nécessaires.
Vanellus indicus aigneri (Laubman)
? Kahoorestan, 23 avril (AP : 218); 9 près Minab, 5 mai (AP : 219); J ibidem (AP : 228).
La variation géographique des populations occidentales de l’espèce apparaît gradiente :
depuis l’Irak jusqu’en Inde, la pigmentation s’intensifie tandis que la taille diminue légèrement.
H ne nous paraît pas très heureux de séparer subspécifiquemcnt une population donnée dans de
telles conditions, aussi serions-nous partisans de réunir aigneri à la sous-espèce nominale, ceci
d’autant plus que nos spécimens ne se distinguent guère des oiseaux indiens.
Ce Vanneau caronculé (qui niche dans le sud de l’Iran : du Khuzestan au Seistan) fut note
le 23 avril entre Badeny et Berkeh-sang, puis en région de Kahoorestan, au bord de rivières ou sur
des plages caillouteuses parsemées de tamaris. Les oiseaux formaient des couples très demonstratils
mais ne semblaient pas encore avoir pondu. Le lendemain un isolé, certainement non meneur, fut
repéré sur la sansouire littorale à Bandar-abass. Les 4 et 5 mai, plusieurs couples alarmaient for¬
tement et défendaient leur territoire dans la palmeraie de Minab sur les bancs de cailloutis du lit
d’une rivière et entre Shamss-abad et Kahnooj également sur les graviers bordant un cours d eau.
Le 10 mai, un sujet fut observé dans des cultures irriguées à Zahedan, ne laissant aucunement pré¬
sager une reproduction dans la région. L’espèce était fort bien représentée à lranshahr dans les
jardins, et surtout sur les bancs de graviers et les plages de galets parsemees de tamaris et autres
arbustes ou de toulïes herbacées entre Taght-malek et Kheir-abad, également en région de Lhasre-
ghand. Les oiseaux semblaient en pleine incubation : des parades artificieuses furent observées.
Arenaria interpres interpres (L.)
9 Ile de Gheshm, 26 avril (AP : 152), 2 JJ ibidem, 26 et 27 avril (AP : 142, 146).
Une bonne soixantaine de Tournepierres furent notés les 26 et 27 avril sur les grèves caillou¬
teuses et les rocherB inondés à l’île de Gheshm.
Calidris minuta (Leisi.fr)
J Zahedan, 9 mai (AP : 93), 9 ibidem (AP : 96).
Observé régulièrement à Bandar-abass mais pas en grand nombre : généralement une tren¬
taine dispersée sur 1 km de vasières littorales, toutefois 4 à 500 le soir du 25 avril. Noté au passage
à Zahedan dans les cultures irriguées, très familier ; jusqu’à 30 le 10 mai. Le 17 mai une cinquan¬
taine de ces Bécasseaux se tenaient dans le lit d’un oued salé près de Shileh; ils étaient fort nom¬
breux en région de Zabol et de Zahak dans les cultures et autres zones inondées. Le 24 mai une
vingtaine sont repérés en terrain nu au bord d’une rivière fortement natronée a une trentaine de
kilomètres au nord-ouest de Ghaen. Le lendemain, environ 30 dans les memes conditions près
d’Omran-abad au nord de Bidokht. Le 27 une vingtaine pâturent activement au bord de petits
•narigots au milieu de la steppe en région de Shirvan.
Source : MNHN, Paris
42
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEI. ETCHECOPAR
Calidris lemminckii (Leisler)
Nous n’en identifiâmes que de très rares sujets sur les vasières à Bandar-abass durant notre
séjour. Il est à remarquer qu’au Khuzestan Môrike (1960) a observé beaucoup de temminckii mais
aucun minuta.
Calidris alpina (L.)
Observé chaque jour à Bandar-abass sur les vasières, la plupart du temps en petit nombre
toutefois plusieurs milliers en fin d’après-midi le 25 avril, soirée où les limicoles se concentrèrent
dans la zone d’observation à marée montante.
Calidris jerruginea (Pontoppidan)
Quelques rares sujets (à l’exception d’une cinquantaine le 25 avril) furent notés, disséminés
sur les vasières à marée basse à Bandar-abass.
Calidris alba (Pallas)
cî (AP : 122), $ (AP : 122), ? (AP : 122). Ue de Gheshm, 26 et 27 avril.
Fréquentait le littoral à Bandar-abass durant tout notre séjour : en moyenne 50 à 60 oiseaux
au kilomètre; au moins 2 000 le 25 avril avec de nombreux autres limicoles; plus de 300 les 26 et
27 avril à l’ile de Gheshm sur les plages; diminua à Bandar-abass à partir du 30 avril.
Philomachus pugnax (L.)
,? (AP : 183), 2 ?? (AP : 157) 10 km sud de Saveh, 15 avril.
80 sujets se tenaient au bord d’un marigot bordé d’un côté par une steppe claire et basse
et de l’autre par des cultures de céréales à l’endroit et à la date indiquée ci-dessus. Ces oiseaux
essuyèrent à plusieurs reprises, quand ils étaient posés, les attaques d’un Faucon sacre. Le 16 avril
un isolé fut observé au bord de la rivière à Esfahan et un autre le 20 avril au bord du lac à Maharloo.
Tringa erythropus (Pallas)
Une seule observation : 1 sujet le 15 avril au bord d’un marigot à une dizaine de kilomètres
au sud de Saveh.
Tringa totanus eurhinus (Oberholser)
J (AP : 159), $ (AP : 159), $ (AP : 154) Shorafkhuneh, lac Kezaiyeh, 7 juin.
Le 20 avril, une dizaine de sujets étaient présents sur des vasières et des prés salés au bord
du lac Baharlu : à la tombée de la nuit des oiseaux se montrèrent très bruyants, criant sans cesse
et plusieurs se livrèrent à des vols nuptiaux en émettant des chants territoriaux fiûtés. Peut-on
songer à la reproduction en ce lieu ? Le Gambette fut régulièrement observé en petit nombre à
Bandar-abass et à l’ile de Gheshm sur les vasières, il se raréfia considérablement à partir du 30 avril.
Sa nidification est connue dans le Zagros et le nord-ouest de l’Iran (Zarudny). Le 7 juin, une
vingtaine de sujets se tenaient sur des marigots dans le marais bordant la rive nord du lac Kezaiyeh
entre Sharafkhnneh et Tasooj. Par leur comportement, ces oiseaux ne semblaient pas être nicheurs
à cet endroit. Ces spécimens se différencient nettement des totanus européens auxquels nous les
avons comparés par leurs teintes beaucoup plus pâles et moins grises et par leur taille légèrement
supérieure. Ils semblent bien appartenir à la race eurhinus.
Le lendemain, une dizaine de couples étaient cantonnés sur des prairies marécageuses en
altitude entre Shahpoor et Khoy. Plusieurs oiseaux paradaient, d’autres se livraient à notre approche
à des comportements de diversion. La nidification à cet endroit ne laissait aucun doute, ce qui étaye
les données de Zaruiiny dont Vaurie demandait la confirmation.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A l’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
43
Tringa stagnatilis (Bechstein)
Nous n’avons rencontré cette espèce (que Zarudny donne nicheuse au Séistan I) qu’isolément
le 13 mai au bord de la rivière entre Chandgan et Ghasre-ghand (sud du Balouchistan) et le 15 mai
dans des cultures irriguées à Lariz.
Tringa nebularia (Gunnerus)
Quelques sujets épars sur les vasières durant notre séjour à Bandar-abass; un isolé sur des
bancs de cailloux au bord de la rivière en région de Ghasre-ghand le 13 mai.
Tringa ochropus L.
Selon Zarudny, le Chevalier cul blanc nicherait en Iran dans le Kuhistan-Kirman, le Kho-
rasan, le sud de la Caspienne et peut-être aussi dans le nord-ouest du pays. Ces informations n’ont
toujours pas été confirmées. Nous en avons observé 4 le 9 avril et le 15 avril au bord de la rivière
salée près de Robat-karim puis quelques sujets le long d’un oued entre Shahr-estakhr et Saadat-
abad, le 18 avril et enfin un isolé dans les cultures irriguées le 9 mai à Zahedan. Il s’agissait de
migrateurs.
Tringa glareola L.
Çet d (AP : 124) Zahedan, 10 mai; cj 25 km sud de Zahedan, 13 mai (AP : 124);? Zahedan, 14 mai (AP : 120) ;
? Lariz, 15 mai (AP : 123).
Nous rencontrâmes le Sylvain le 9 avril (isolé) au bord de la rivière salée près de Robat-
karim; le 15 avril une douzaine pâturaient dans des marigots au bord des cultures en région de
Saveh; quelques sujets furent repérés dans les fonds marécageux de la rivière entre Shahr-estakhr
et Saadat-alnid le 18 avril. Le 29 avril un représentant de cette espèce se tenait sur un terrain aride
pratiquement dépourvu de végétation à l’ile d’Hormoz. A part les sujets collectés mentionnés ci-
dessus, 2 isolés sont vus le 19 mai dans les cultures à Zahedan, l’un d’eux très affaibli; le lendemain
il y en a 80 dans les parties irriguées des mêmes jardins. Quelques individus sont remarqués le 15 mai
dans les cultures à Lariz, d’autres le 17 à Mermak-abad et une quinzaine le même jour dans le lit
d’un oued salé près de Shileh. Du 18 au 20, c’est le Limicole le plus abondant dans les cultures et les
zones inondées du Séistan; il pullule véritablement. Un isolé au bord d’une flaque d’eau résiduelle
dans un petit canal d’irrigation est observé le 24 mai près de Birjand.
Tringa hypoleucos L.
Zarudny donne le Chevalier guignette nicheur essentiellement dans les provinces du sud
de la Caspienne, mais aussi dans le Khorasan, le Kuhistan-Kirman et le Balouchistan; il suspecte
également sa reproduction dans le Zagros. Schuz (1959) tient la citation de Zarudny pour très
vraisemblable (sehrglaubhaft) bien qu’il n’ait recueilli aucune preuve. Selon Vauiue (1965) 1 aire
de reproduction couvrirait le nord de l’Iran; c’est-à-dire depuis les provinces du Nord-Ouest et le
nord du Zagros jusqu’au nord du Khorasan. Toutefois, Hollom (viva voce) suspecte sa reproduction
dans le sud du Zagros à l’ouest de Shiraz.
Nous avons rencontré des isolés au bord de marigots, de rivières ou sur des près marécageux
en région de Saveh (15 avril), entre Shahr-estakhr et Saadat-abad (18 avril), à^Maharloo (20 avril)
et à Hermak-abad (17 mai). Un sujet fut observé sur un rivage rocheux à l’île d’Hormoz le 29 avril.
Ce Chevalier n’était pas rare en région de Zabol au bord des zones inondées.
Xenus cinereus (Guldknstadt)
1 ind. Bandar-abass, 25 avril (AP : 130).
La Bargette de Terek fut observée en nombre à Bandar-abass sur les vasières exondées : 9 le
24 avril, plus de 100 disséminées sur 1 km de rivage du 25 au 29, puis les effectifs déclinèrent de jour
en jour jusqu’à notre départ le 3 mai quand il n’en restait plus qu’une dizaine, bacilement identi¬
fiable par la forme du bec, les pattes jaune orangé, le V noirâtre sur le dos et, en vol, par la bordure
Source : MNHN, Paris
44
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
postérieure blanche de l’aile, cet oiseau balance souvent l’arrière-train à la manière d’une Guignette
et court très fréquemment comme un Gravelot pour picorer des proies à la surface de la vase, enfonçant
parfois le bec dans celle-ci tout en l’agitant de tremblements.
Limosa limosa (L.)
Une dizaine de ces Barges furent notées le 24 avril sur des vasières à Bandar-abass, il n’en
restait que quelques-unes le lendemain.
Limosa l. lapponica (L.)
J Ile de Gheshm, 26 avril (AF : 205), Ç ibidem, 27 avril (AP : 209).
Fréquente sur les vasières à Bandar-abass : effectifs fluctuant de 30 à 100 (le 25 avril) sur
1 km de rivage depuis notre arrivée jusqu’au 29 avril, puis diminution très nette : quelques unités
à notre départ. Nous en vîmes quelques petites troupes totalisant 150 individus le 27 avril à l’Ile
de Gheshm et une cinquantaine le 29 à l’ile d’Hormoz.
Numenius arquata (L.)
Observé quotidiennement sur les vasières à Bandar-abass : en général une trentaine jusqu’au
28 avril avec toutefois un maximum de plus de 80 le 25 avril, par la suite seulement quelques isolés.
Une trentaine furent dénombrés le 27 avril à l’île de Gheshm. Le 7 juin un isolé se tenait sur la steppe
halophile au bord du lac Rezaiyeh près de Sharafkhaneh. Cette donnée de juin est à rapprocher
de l’observation de 21 sujets au Tuzlu Gol près d’Arak les 21 et 22 juin 1957 (Read, 1958). S’agit-il
encore de migrateurs ou peut-on espérer la nidification de l’espèce dans le nord-ouest de l’Iran ?
Numenius lenuirostris Vieillot
Ce Courlis fut observé sur les vasières et la sansouire littorale à Bandar-abass : 3 le 25 avril,
7 le 30. Rappelons que Zarudny a signalé la reproduction de cette espèce au Séistan mais elle ne
semble plus y avoir lieu maintenant.
Numenius phaeopus (L.)
Fut noté en petit nombre (une dizaine) sur les vasières à Bandar-abass durant tout notre
séjour; une quinzaine le 27 avril à file de Gheshm.
Gallinago g. gallinago (L.)
? près Shahr-estakhr, 18 avril (AP: 124).
Quelques sujets furent notés dans le lit marécageux d’un oued entre Shahr-estakhr et Saadat-
abad le 18 avril puis sur les prés salés bordant le lac Raharlu le 20 avril.
Gallinago media (Latham)
J 9 avril (AP : 142); 2 JJ (AP : 145, 146) et 1 ind. (AP : 142) 15 avril; 2 JJ (AP : 146.147) et 1 ind.
(AP : 139) 30 avril; tous de la région de Robat-kariui.
Ces spécimens furent obtenus par M. Delacroix dans la végétation herbacée basse parsemée
d’arbustes le long de la rivière salée. Nous en avons observé quelques-uns dans une zone de touffes
herbeuses serrées le long de la rivière près de Shahr-estakhr le 18 avril.
Himantopus h. himantopus (L.)
2 10 km sud de Saveh, 15 avril (AP : 228, 241).
Ces deux femelles (un adulte et un immature) se nourrissaient sur un marigot bordé de stoppe
basse et de cultures de céréales. Un couple fut observé le 20 avril un bord du lac Baharlu sur les
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
45
prés salés. Une femelle fut repérée le 27 mai au bord d’un marigot sur le plateau steppique en région
de Shirvan. L’Échasse niche vraisemblablement dans tous les milieux favorables de l’Iran mais
il conviendrait d’obtenir des précisions.
Becurviroslra avoselta L.
Une vingtaine se tenaient au bord du lac Rezaiyeh près de Sharafkhaneh les 7 et 8 juin.
Des renseignements sur sa distribution — en période de nidification — seraient souhaitables.
Zarudny inscrit l’Avocette comme nichant dans le Nord-Ouest, la basse vallée del’Atrek, auSéistan,
dans le sud du Balouchistan et le Zagros. Les données précises ne sont guère nombreuses : région
de Shiraz (Blanford), Tuzlu Gôl (Paludan 1940).
Phalaropus fulicarius (L.)
Quelques petits groupes totalisant moins d’une centaine de sujets furent notés en mer entre
Bandar-abass et l’ile de Gheshm le 26 avril parmi les nombreux Ph. lobalus; une trentaine furent
repérés le 29 avril peu avant l’ile d’Hormoz. La majorité des oiseaux présentaient des parties infé¬
rieures rousses.
Phalaropus lobalus (L.)
? 40 km sud de Téhéran, 9 avril (API : 115); 3 <J(J (AP : 110, 105, 106) et 1 $ (AP : 105) Ghosh-ghalleh, 27 mai.
Des sujets isolés furent rencontrés les 9 et 15 avril sur la rivière salée près de Robat-karim
et sur un marigot en région de Saveh. Les 26, 27 et 28 avril, ces Phalaropes étaient très abondants
en mer entre Bandar-abass et les îles de Gheshm et d’Hormoz. Ils nageaient par groupes de 10 à
60 individus, s’envolant au passage du bateau, mais se reposant presque aussitôt. Le 26 avril, nous
en vîmes au moins 500 sur moins de 2 km et à moins de 100 m de part et d’autre du bateau; ce
stationnement que nous avons traversé dans le sens de la largeur était étendu et devait certainement
rassembler plusieurs milliers d’oiseaux. Nous en rencontrâmes encore 1 à une trentaine de
kilomètres au nord-ouest de Birjand le 24 mai et 2 le lendemain au sud d’Omran-abad, tous sur
un oued salé en compagnie de Bécasseaux minutes. Le 27 mai, nous en observâmes encore 1+8
entre Shirvan et Baikan sur des petits marigots du plateau steppique.
Burhinus oedicnemus (L.)
Cette espèce habite en principe tout l’Iran mais ne fut remarquée que le 20 avril sur les prés
salés du lac à Maharloo, le 27 mai entre Nowdeh et Mohamad-abad (au nord-ouest de Mashad) sur
un plateau sec, plus ou moins pierreux avec quelques cultures de céréales et enfin le 8 juin dans
des pentes recouvertes de touffes herbacées basses entre Shahpoor et Khoy. Les Œdicnèmes d’Iran
appartiennent à la race harterti Vaurie, remplacée au Khuzestan par saharae Reichenow et, vrai¬
semblablement, dans le nord-ouest par la race nominale.
GLAREOL1DAE
Cursorius cursor bogolubovi (Zarudny)
<J 20 km sud de Bidokhl, 24 mai (AP : 165).
Notre spécimen se rapprocherait par certains points de sa coloration des exul des îles du
Cap-Vert plutôt que des cursor d’Afrique du Nord auxquels nous l’avons comparé en prenant soin
de considérer des oiseaux sensiblement dans le même état de plumage : il apparaît plus roussâtre
sur le dessus de la tête, aux joues et à la partie postérieure du cou et a le dos légèrement plus brun-
gris que les sujets de la race nominale. Sa taille est forte et sa longueur d’aile s’inscrit bien dans
les dimensions de bogolubovi. Toutefois, ces différences s’atténuent considérablement si l’on
compare de grandes séries et si l’on prête attention au degré d’usure des diverses régions du plumage.
L’espèce varie géographiquement de manière gradiente d’ouest en est : la taille augmente progres¬
sivement des « petites » populations des Iles du Cap-Vert aux « grandes » du plateau iranien tandis
que l’intensité pigmentaire décroît légèrement. Au fond cette variation sur une si grande surface
Source : MNHN, Paris
46
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
est plutôt faible. On observe en aucun cas de rupture dans la pente de cette gradation. Seules les
populations extrêmes apparaissent bien caractérisées quand on les confronte. Par contre les popu¬
lations d’Afrique orientale (littoralis et somalerisis) rompent l’harmonie de cet ensemble par leur
petite taille et leur sombre coloration, à tel point que pour bien définir celles de l’aréa saharo-sin-
dienne il faudrait utiliser une nomenclature quadrinominale. Plutôt que de séparer spécifiquement
les premières, il nous semblerait plus judicieux de réunir les dernières sous une même appellation
subspécifique tout en conservant en mémoire les caractéristiques de la variation qui les affecte.
Nous avons entendu des cris qui semblèrent se rapporter à cette espèce sur un plateau à
la fois pierreux et sablonneux, parsemé de zones steppiques entre Minab et Shamss-abad le 4 mai.
Le 23 mai nous en vîmes un couple près de Shoosf sur un plateau pierreux recouvert d’une steppe
basse parsemée d’Euphorbes et traversé par un lit d’oued dépourvu de végétation. Le lendemain
nous en retrouvâmes quelques-uns dans un milieu analogue dont un couple avec deux gros poussins
courant sur la piste à la tombée de la nuit entre Kalateh-sarcheshmeh et Bidokht.
Glareola p. pralincola (L.)
2 ?? Zahedan, 10 mai (AP : 190-193).
Selon Zarudny, l’espèce niche essentiellement au Séistan mais aussi dans le sud du Balou-
chistan, le sud de la Caspienne, le Zagros et le nord-ouest de l’Iran. Nous n’en avons observé que
5 individus dans des cultures irriguées le 10 mai à Zahedan.
Glareola nordmanni « Fisch. » Nohdmann
<J 40 km sud de Téhéran, 14 avril (AP : 198).
Cette espèce se distingue de la précédente non seulement par le dessous noir des ailes comme
on le signale toujours mais aussi par la forte indication d’un collier roussâtre, par les lores très noirs
(le trait se prolongeant jusqu’au niveau des narines), par la réduction de la zone rouge du bec ici
confinée aux commissures, par la pigmentation mélanique plus intense des rémiges primaires et
secondaires, par la robustesse et la scutellation accentuée des tarses et des doigts. Les ongles sont
aussi plus courts et plus forts. Ces caractères, joints à ceux relatifs aux mensurations de Ta queue
(Cf. Vaurie), militent en faveur de la distinction spécifique plutôt que de celle d’une phase de
G. pratincola.
Le spécimen obtenu nous fut remis par M. Delacroix qui le collecta dans un marais au
bord de la Rud-i-shur.
LAR1DAE
Stercorarius skua (Brunnich)
Nous fûmes très surpris d’en observer un sujet parmi les autres Labbes le 27 avril au large
de l’Ile de Gheshm. S’agissait-il d’un représentant des populations boréales ou d’un oiseau de l’hémi¬
sphère sud ayant remonté vers le nord comme le supposent Môrzer Bruyns et VoOüB (1965) pour
expliquer les apparitions du Grand Labbe dans le nord de l’océan Indien et en mer Rouge ?
Stercorarius pornarinus (Temminck)
Stercorarius parasilicus (L.)
Ces deux espèces, surtout la première, étaient bien représentées dans le détroit d’Hormoz
du 26 au 29 avril quand nous visitâmes les lies de Gheshm et d’Hormoz. Durant ces 4 jours où nous
observâmes des Labbes, nous vîmes une dizaine d’adultes pour 2/3 de pornarinus et 1/3 de parasilicus.
Il n’est pas sûr que ces proportions soient celles existant réellement entre les deux espèces car les
sujets adultes ou subadultes no formaient qu’une faible fraction du contingent des Labbes présents,
pour la plupart en livrée immature et impossible à déterminer de visu. Ces oiseaux se tenaient par
groupes de 4-5 individus au large des côtes au milieu des troupes de Goélands et de Sternes sur
leurs lieux de pêche. Nous en notâmes également quelques-uns dans le port de Bandar-abass.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
47
Larus hemprichii (Bruch)
6 sujets collectés près de l’île de Gheshm le 27 avril :
— 3 immatures de 2° année de calendrier : sexe indéterminé (AP : 326), 9 (AP : 358), S (AP : 358).
— 2 immatures de 3° année de calendrier : 99 (AP : 326, 330).
— 1 immature de 4° année de calendrier : <$ (AP : 353).
Ce Goéland ne fut observé en nombre qu’en zone néritique autour de l’île de Gheshm : sur
5 km de côte et sur une largeur de 500 m de part et d’autre du bateau, nous en dénombrâmes entre
300 et 400 le 27 avril. Quelques petits groupes lâches, pour ne pas dire des isolés, furent également
repérés en région de Bandar-abass et à l’île d’Hormoz. Hors des zones côtières, entre Bandar-abass
et l’île de Gheshm, nous n’en vîmes que 2 imm. et 4 ad. le 26 avril. D’une manière générale, ce
Laridé ne se rassemblait jamais en grosses troupes comme l’un de nous l’a vu en hiver en mer Rouge
et semblait se nourrir essentiellement des déchets qu’il trouvait le long des côtes, à l’entrée des
ports et en suivant les embarcations des pêcheurs indigènes ou des bateaux de commerce qui font
halte à Plie de Gheshm. Nous en avons toutefois observé un petit groupe pêchant avec d’autres
Laridés dans un banc de petits poissons. Les adultes étaient plutôt rares, se tenant par paires sur
le littoral des lies ou sur l’eau, mêlés à la foule des immatures. Le point de reproduction actuellement
connu comme le plus proche du détroit d’Hormoz, où la nidification n’est pas prouvée, est l’île
d’Astolah sur la côte du Mekran au Pakistan où des oiseaux installés furent notés dès les derniers
jours de mai et des pontes fraîches trouvées le 6 août, époque de reproduction correspondant assez
bien à celles de mer Rouge et de la côte du Nord-Kenya (cf. Fogden, Ibis 1964). 11 serait utile
d’étudier la nidification à l’île d’Astolah car Fogden (op. cil.) décrit l’espèce comme nicheur soli¬
taire au Kenya, suivi par Clapham en ce qui concerne l’archipel Dahlac en mer Rouge, alors que pour
cette même région Archer et Godman puis Meinertzhagen citent de petites colonies d’une demi-
douzaine de couples tandis qu’à Astolah, Ticehurst parle de ce Goéland nichant par milliers (« they
congregate in thousands to breed ») sans donner d’indication sur la densité des nids.
Larus ridibundus L.
Observé en grand nombre sur le littoral de la Caspienne en mars, nos données rejoignent
celles de Schuz. Nous en vîmes encore quelques sujets en avril au bord du golfe Persique : 5 imm.
le 26 dans le port de Bandar-abass et 5 autres (ou les mêmes ?) le 29 à une demi-douzaine de kilo¬
mètres à l’est du premier lieu d’observation. L’espèce, non nicheuse en Iran, est connue hiverner
dans le golfe Persique (cf. Zarudny 1911, Ticehurst et al. 1925). On peut même se demander si
certains oiseaux ne passeraient pas l’été sur leurs lieux d’hivernage et ce en milieu marin.
Larus genei Brême
8 sujets collectés le 27 avril à Plie de Gheshm : 2 SS ad (AP : 2*14), 1 9 ad (AP : 279), 2 SS imm. (AP : 294),
3 99 imm. (AP : 261, 282, 292).
Noté sur la côte Caspienne en mars, ce qui s’accorde aux vues de Schuz. Présent réguliè¬
rement sur le littoral durant notre séjour à Bandar-abass par petits groupes comptant d’ordinaire
une demi-douzaine de sujets mais dépassant parfois la vingtaine. Il s’agissait en grande partie
d’immatures; le 28 avril nous vîmes toutefois une quinzaine d’adultes dans le port de Bandar-
abass. L’espèce était commune à l’île de Gheshm où, sur la même surface que pour L. hemprichii ,
nous en dénombrâmes près de 500, les 3/5 de ce nombre se rapportant aux immatures. Alors que
les immatures se tenaient sur l’eau entre 500 et 1 km du rivage, les adultes, dont certains accompa¬
gnaient les immatures, demeuraient essentiellement sur la côte, notamment dans les parties sablon¬
neuses, en compagnie d’une foule de Sternes diverses. Il s’agissait manifestement d’oiseaux rassem¬
blés sur les lieux de reproduction mais cette dernière n’était, selon toute évidence, pas encore com¬
mencée. Dans ces régions les premières pontes ne s’observent qu’à la fin mai.
Le 7 juin au soir, nous remarquons de petits groupes de Larus sp. se dirigeant vers l’est à
basse hauteur au-dessus du lac Rezaiyeh à Saharafkhaneh. Le lendemain matin, en une demi-heure
nous comptons 90-100 Goélands railleurs apparemment tous adultes qui volent comme la veille
ou soir mais cette fois vers l’ouest en suivant la rive du lac. Dans la matinée, lors du trajet vers
Shahpoor, nous no parvenons pas à les retrouver. Y-aurait-il une colonie dans la région ? Diverses
personnes interrogées ne purent nous renseigner. Nous rappellerons que L. genei niche en Iran sur
les îlots et vraisemblablement çà et là dans les endroits favorables de la côte du golfe Persique et
Source : MNHN, Paris
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
sur le littoral du Balouchistan. Une colonie de 30-50 couples ayant des jeunes à éclosion et des œufs
frais fut trouvée par Paludan (1940) lors de sa visite du 30 mai au 4 juin 1935 au Tuzlu Gôl près
de Sultanabad (= Arak); ces oiseaux ne furent pas revus en juin 1957 par Read : cette année-là
le niveau du lac était très haut en raison de fortes pluies et les Ilots habituels n’apparaissaient pas;
on peut également se demander si la pluviosité exceptionnelle n’avait pas entraîné une baisse de
la salinité ne convenant alors plus au Goéland railleur, comme le cas fut constaté par LuoLowsur
la lagune de Sonmeani au Balouchistan pakistanais. Nous n’avons pas non plus retrouvé l’espèce
au Séistan où Zarudny la donnait en son temps nicheuse abondante. Paludan (1959) lors de son
séjour au Séistan afghan n’en vit qu’un seul le 25 février 1 Niche-t-il encore au Séistan ? Des preuves
seraient bien nécessaires.
Lotus /. fuscus L.
Fut noté les 25 et 29 avril en région de Bandar-abass : au moins 2 subadultes et vraisem¬
blablement plusieurs immatures sur le littoral marin.
Lotus argentatus Pontoppidan
Comme l’espèce précédente, en compagnie de laquelle il se tenait, le Goéland argenté fut
observé en petit nombre sur la côte et dans le port, lors de notre séjour à Bandar-abass. Nous vîmes
plusieurs fois des petits groupes d’immatures sans savoir s’il s’agissait d 'argentatus ou de fuscus.
Nous vîmes 7 adultes le 7 juin au bord du lac Rezaiyeh près de Sharafkhaneh : les oiseaux
suivaient le rivage du lac et s’approchaient des habitations dans l’espoir de ramasser des détritus.
Nous n’en rencontrâmes pas au Séistan où Zarudny l’aurait trouvé nicheur.
Lotus canus L.
Fut constaté en petit nombre, et presque exclusivement des immatures, à Bandar-abass
sur la côte et dans le port : maximum 4 le 25 avril. Nous n’en vîmes pas dans la partie nord-ouest
du pays où, selon Vaurie (1965), il est censé se reproduire sous la race heinei (Homeyer).
Chlidonias hybrida javanica (Horsfield)
5 sujets collectés en région de Zaboî, au Séistan, les 18 et 19 mai : 3 rJ(J (AP : 225, 229, 231) et 2 (AP : 230).
Nous rattachons à cette race (que Vaurie donne d’ailleurs nicheuse au Séistan et dans le
sud du Balouchistan perse), plutôt qu’à hybrida (Pallas), nos spécimens dont les mensurations
alaires s’avèrent plus petites que celles des représentants de la sous-espèce type auxquels nous les
avons comparés. On peut néanmoins soulever la question de la légitimité du maintien, sur le seul
critère d’une différence d’ailleurs faible de longueur d’aile, de la distinction subspécifique des popu¬
lations orientales de cette espèce qu’il serait inutile et fallacieux de vouloir séparer des occidentales
(variation gradiente).
Nous en observâmes 2 le 15 avril au-dessus de marigots sur le plateau cultivé en région de
Saveh. 11 s’agissait certainement de migrateurs venant d’arriver car Passburg (1959) ne dit avoir
vu les premières qu’à partir de la fin avril en région de Téhéran et Schuz (1959) seulement le 7 mai
sur le littoral de la Caspienne où, depuis, les Genknüer (1962) en ont vu le 28 avril. L’espèce était
très commune au Séistan au-dessus des inondations notamment dans les zones marginales de ces
dernières, en terrains cultivés. Le soir, des vols comptant de 10 à 30 sujets chacun se succédaient
à de très brefs intervalles de temps en direction du lac, ou plutôt du centre de la zone d’inondations.
11 ne fait pas de doute que ces oiseaux étaient sur leurs lieux de reproduction mais gênés par le
niveau d’eau inhabituel. Tous les spécimens collectés présentaient des gonades très développées.
Les 27 mai, un sujet entièrement mazouté fut repéré sur un petit marigot au milieu du pla¬
teau steppique entrecoupé de maigres cultures en région do Shirvan. Cet oiseau, bien qu’affaibli,
se montrait très farouche et nous eûmes du mal à l'identifier tant son plumage était souillé.
3-4 sujets étaient enfin présents le 6 juin au-dessus des rizières entre Zandjan et Tazeh-kand
et pouvaient bien être des nicheurs locaux.
Zarudny (1911) inscrit la Guifette moustac comme nichant surtout au Séistan et, en plus
petit nombre dans le sud du Balouchistan, la vallée de l’Hari-Rud et sur le littoral de la Caspienne
où Schuz (1959) la donne comme « ôrtlicher Brutvogel ».
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
49
Gelochelidon n. nilotica (Gmelin)
Cette Sterne était présente chaque jour en petit nombre (isolés ou groupes comptant au
plus une demi-douzaine d’individus) sur le littoral du golfe Persique en régioi* de Bandar-abass.
Nous n’en vîmes que quelques-unes entre cette localité et les îles d’Hormoz et de Gheshm. Elle
était par contre bien représentée le 27 avril à l’île de Gheshm où nous en vîmes 2 troupes de respec¬
tivement 150 et 80 sujets au bord de la mer, pêchant en compagnie d’autres Laridés. Il s’agissait
probablement d’oiseaux appartenant à la population locale car l’espèce est donnée nicheuse sur le
littoral du golfe Persique par Zarudny et sur la côte du Mekran par Ticehurst bien que ce dernier
ne la cite pas des îles Henjam, Tanb et Nabi-u-Tanb non loin de Gheshm. Nous n’avons pas observé
de Sterne hansel au Séistan où Zarudny la dit nicher en grand nombre. Le 7 juin, 9 adultes évo¬
luaient au-dessus de la steppe et des prés marécageux bordant la rive du lac Rezaiyeh à Sharafkhaneh.
Nichaient-ils dans la région ? Ils cherchaient apparemment des insectes. Est-il possible qu’il y ait
eu une colonie inconnue des indigènes sur un des îlots du lac ? La question reste posée de même
que pour les Goélands railleur et argenté. Rappelons que l’espèce niche en nombre au lac salé (Tuzlu
Gôl) près d’Arak où Paludan trouva des poussins au début de juin 1935 et Read des œufs les 21
et 22 juin 1957.
Hydroprogne Ischegrava (Lepechin)
Cette grosse Sterne se remarquait régulièrement mais en petit nombre sur la côte et dans le
port de Bandar-abass. A l’île de Gheshm une soixantaine de sujets pêchaient en zone néritique, et
une centaine d’autres à l’île d’Hormoz se tenaient à proximité du littoral. La nidification sur ces
îles apparaît probable. Ticehurst <-t al. ne l’ont pas trouvée sur les îlots voisins (Henjam, Tanb,
Nabi-u-Tanb) mais sur la côte du Mekran où la ponte débute à la mi-mai. Zarudny (1911) cite la
reproduction le long du golfe Persique, au Séistan (non vue par nous; Paludan a collecté une $,
seul oiseau observé, le 24 mars 1949) et sur le littoral de la Caspienne (aucune preuve récente).
Sterna bergii velox (Cretzschmar)
7 sujets collectés le 27 avril à l’île de Gheshm.
Ces spécimens sont tous en mue; les renseignements sur cette espèce s’avérant plutôt maigres
dans la littérature ornithologique, nous avons regroupé nos observations sous forme d’un tableau
en utilisant la nomenclature de E. et V. Sthesemann (1966). Les rémiges primaires sont comptées
de l’intérieur et les rectrices dans le sens contraire, a, b et c désignent respectivement les l re , 2 e et
Numéros
Sexr
Aile
Mue des rémiges primaires
Mue des rectrices
(côté droit)
?
339
1 b, 2 b 3/4, 3 b 2/3, 4 a-IOa
1-3 N, 4-5 V, 6 N 4/5
2
?
348
1 b-4 b, 5 b 2/3, 6a-10a
1-3 N, 4 N 4/5,
5 V,
6 N 4/5
3
?
350
1 b-4 b, 5 b 4/5, 6 b (fourreau), 7 a-10 a
1-3 N, 4 N 3/4,
5 V,
4
?
355
1 b-5 b, 6 b 3/4, 7 b (3 cm), 8 a-10 a
1 N 1/3, 2-4 N,
5 N
(2 cm), 6 V
5
348
1 c, 2 c 2/3, 3 c 1/2, 4 b-7 b, 8 b 2/3, 9 a-10 a
1 N 4/5, 2-6 N
6
_
1-2 b', 3 b' 2/3, 4 b' (1 cm), 5 a'-9 a', 10 a' (2 cm)
1 N 1/3, 2-5 N, 6
Ml/2
7
¥
1-2 b', 3 b' 2/3 4 a'-8a', 9 a' 2/3, 10 a' 1/2
1 N 1/2, 2-5 N, 6
abs.
Note : les remarques suivantes concernant les rectrices du côté gauche lorsque l’étal des plumes y est diffé¬
rent de celui indiqué dans le tableau : n° 2 :1 sort du fourreau; n° 4 : absente; n° 5 : 1 sort du fourreau; n° 6 : 1 N 4/5,
G N (1,5 cm) ; n° 7 : 1 absente.
Les sujets 1 à 5 revêtent leur plumage de l or été. Le n° 6 acquiert apparemment une livrée de 2 e été. Une
se dilTérencie guère des adultes que par la calotte qui, bien que présentant quelques traces de mue, va manifestement
conserver un tvpe hivernal. Le n° 7 est encore en pleine mue du petit plumage; sa calotte est du type nuptial. 11 est
difficile de dire" s'il s'agit d’un adulte ou d’un sujet de 3® été. Si l'on se réfère aux Stresemann qui déclarent que chez
cette espèce la mue s'effectue comme chez Sterna maiima, les adultes devraient à cette époque avoir terminé la leur
et par conséquent la seconde solution serait à retenir.
Source : MNHN, Paris
50
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
3 e génération des rémiges primaires de la même période de mue où a est la plume juvénile; a’ et b’
représentent les générations de la période de mue suivante avec a’ = c. Pour les rectrices, N signifie
qu’il s’agit d’une plume muée et V d’une plume qui ne l’est pas. Les fractions indiquent l’état de
développement de la plume n’ayant pas terminé sa croissance.
Cet oiseau a pratiquement la taille d’une Sterne Caspienne mais sa silhouette est beaucoup
plus fine en raison des ailes plus étroites, ce qui les fait paraître démesurées au point qu’elles semblent
gêner le vol; il les tient fréquemment en forme de ligne brisée. Ceci confère à son vol un aspect
beaucoup plus louvoyant et hésitant bien que rapide et surtout moins puissant que celui de la Sterne
Caspienne dont le vol il est vrai est plus Mouette que Sterne. Son bec long et mince, jaune verdâtre,
se remarque bien, cette teinte délavée n’a rien à voir avec le rouge vif du bec de la Sterne Caspienne
ou le jaune orange pur de celui de la Sterne voyageuse qui, elle, évoque davantage la précédente
par son allure en vol. Les Sternes huppées émettent souvent des cris aigus et en série lorsqu’elles
pêchent ou viennent tourner autour des bâteaux avec les Goélands d’Hemprich dans l’espoir de
recueillir des déchets ou des poissons non conservés par les pêcheurs. C’est sans doute la plus loquace
des Sternes de grande taille du détroit d’Hormoz. Le manteau nous a généralement paru d’un gris
plus foncé que celui des autres espèces ce qui n’était certainement pas entièrement dû au fait que
les effectifs observés comportaient une forte proportion d’immatures.
Cette Sterne était relativement peu représentée sur le littoral près de Bandar-abass où nous
n’en vîmes que des isolées ou de petits groupes n’atteignant qu’en de rares occasions la trentaine
d’individus. Par contre, elle s’avérait très abondante au large et le long du rivage des îles de Gheshm
et d’Hormoz. Ainsi le 27 avril, sur le même parcours témoin que pour les Larus hemprichii, nous
en dénombrâmes près de 600. Le 29 avril, environ 250 pêchaient par petits groupes le long de la
côte en émettant de continuels « kik-kik-kik » grinçants et des « tssriii » aigus et roulés. Les oiseaux
plongeaient d’une hauteur d’une quinzaine de mètres, ailes entrouvertes et s’immergeaient complè¬
tement pour réapparaître tenant dans le bec le poisson frétillant qu’ils absorbaient en reprenant
de la hauteur puis, au bout de quelques mètres d’un vol zigzagant, s’élevaient pour amorcer un
nouveau piqué, précédé d’un brusque virage sur l’aile au cours duquel l’oiseau paraît disloqué.
L’espèce niche vraisemblablement à Plie de Gheshm et peut-être à celle d’Hormoz où nous
vîmes des rassemblements d’adultes. Elle est citée nicheuse sur le littoral du golfe Persique par
Zarudny et sur la côte du Mekran par Ticehurst, notamment sur Plie d’Astolah où, le 29 mai 1877,
Butler en trouva en grand nombre commençant à pondre.
Sterna bengalensis Lesson
Comparativement à l’espèce précédente, celle-ci est plus petite (de la taille d’une Caugek)
et d’allure plus élégante. Elle ressemble à une Sterne Caspienne en réduction, ses ailes étant moins
étroites que celles de la Sterne huppée, elle sort moins le cou en vol; celui-ci est plus direct et moins
battu et donne une impression de puissance et de majesté surtout si on le compare au vol d’autres
espèces de genre Sterna.
La calotte est entièrement noire et la couleur jaune-orange du bec bien visible. Elle nous
est plutôt apparue silencieuse, tout au plus avons-nous pu entendre quelques cris râpeux et brefs
émis par des oiseaux survolant à faible hauteur les embarcations dans le port de Bandar-abass.
La Sterne voyageuse nous parut mieux représentée sur le littoral autour de Bandar-abass
que sur les îles. Ainsi, dans le premier lieu, elle était d’observation relativement courante, géné¬
ralement par groupes lâches d’une dizaine d’individus, péchant le long de la côte à marée haute
ou venant se reposer sur les bancs de sable et les vasières à marée basse. Nous en vîmes jusqu’à 80
le 24 avril et 100 le lendemain sur 1 km de rivage. Le 27, nous en dénombrâmes à peu près une cen¬
taine le long de la côte de l’Ile de Gheshm sur une distance d’environ 10 km.
La reproduction de l’espèce est connue dans le golfe Persique (Zarudny, Meinertzhagen)
mais ne paraît pas prouvée sur la côte du Mekran (Ticehurst). A-t-elle bien niché sur les Iles du
détroit d’Hormoz ? nous ne pouvons le dire. Ce ne semble pas le cas sur les îlots étudiés par TiCEiiunsT
et al. (1925), il est vrai que les visites y furent effectuées à des époques défavorables.
Sterna s. sandvicensis Latiiam
Nous avons noté une vingtaine d’isolés entre Chalus et Ramsar en mars, puis au cours de
notre séjour la Sterne caugek fut observée dans le détroit d’Hormoz. En région de Bandar-abass,
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
51
si sa présence était régulière, elle ne mettait en cause que de petits effectifs n excèdent guère la
dizaine d’unités. En revanche le 27 avril, au voisinage de l’ile de Gheshm, nous en rencontrâmes
deux grosses troupes l’une de 300 sujets, pêchant à 1 km du rivage, et l’autre d’une centaine, se
reposant sur un banc de sable. Le 29 avril, l’espèce était bien représentée sur les côtes de 1 lie
d’Hormoz mais de manière clairsemée, l’effectif devait être compris entre 100 et 150 individus.
En Iran, la reproduction n’est signalée que du littoral de la Caspienne (Zarudny 1911,
Schuz 1959) et encore ne s’agit-il que d’une petite population. Sur la côte du Mekran la nidification
n’a pas été prouvée (Ticehurst 1927). Les oiseaux que nous avons vus étaient-ils au voisinage
de points de reproduction encore inconnus ? ou alors n’avaient-ils pas encore quitté leur zone d hiver¬
nage pour regagner les colonies du nord-est de la mer Caspienne (les oiseaux de mer Noire migrant
en Méditerranée) ? malheureusement nous n’avons pas trouvé de dates d’arrivée sur celles-ci dans
la littérature russe que nous avons consultée. On ne peut non plus rejeter l’hypothèse d estivants
non nicheurs également originaires de Caspienne. Rappelons que selon Muller (Vogelwarte 1959 :
91-115) les Sternes caugek ne s’installent sur les colonies qu’à l’âge de 4 ans; les immatures de l re ,
2 e et en partie ceux de 3 e année passent l’été dans les quartiers d’hiver.
Sterna h. hirundo L.
9 Zabol, 18 mai (AP : 226).
Elle fréquentait régulièrement le rivage en région de Bandar-abass où nous en vîmes jusqu’à
100 sujets, adultes en majorité, le 25 avril. Le 27, à l’île de Gheshm, une centaine de ces Sternes
pêchaient le long de la côte avec les Caugeks, la moitié d’entre-elles semblaient immatures. De
petits effectifs furent également observés le 29 à l’île d’Hormoz. Sa reproduction n’est pas connue
dans le golfe Persique et n’a pas été prouvée au Mekran (Ticehurst). Sa présence à cette epoque
de l’année dans le détroit d’Hormoz soulève les mêmes questions que pour l’espèce precedente.
Nous en vîmes régulièrement au Séistan mais jamais en grand nombre; il s’agissait toujours
de petits groupes de 5-6 oiseaux. Le sujet collecté présentait un ovaire encore quiescent mais était
vraisemblablement sur ses quartiers de nidification laquelle est d’ailleurs connue dans cette région
ainsi que du sud de la Caspienne et peut-être aussi dans le nord-ouest de l’Iran selon Zarudny.
Sterna repressa Hartert
2 99 île de Gheshm, 28 avril (AP : 239, 239).
Cette Sterne, de taille légèrement inférieure à celle de la Pierregarin se reconnaît aisément
in natura à son plumage entièrement gris cendré à l’exception du dessous de 1 aile blanc et ou
tranche la calotte noire soulignée d’un trait blanc partant du bec et traversant la joue. Elle évoqué
une Guifette moustac dont les parties inférieures seraient grises et non pas noirâtres, les sous-
caudales grises et la queue très échancrée. Nous ne l’avons rencontrée qu au voisinage des lies du
détroit d’Hormoz. „__
Sur les rivages de l’île de Gheshm, nous localisâmes le 27 avril deux troupes 1 une d une
centaine et l’autre de 500 individus sur des bancs de sable et de cailloutis. Les oiseaux se tenaient
ensemble de manière compacte et se trouvaient manifestement à l’emplacement des futures colonies
de reproduction. Le 29 avril, l’espèce était également commune (2-400 sujets) a 1 île d liormoz,
beaucoup pêchant le long de la côte mais d’autres se tenant groupées sur les estrans sablonneux
ou caillouteux; nul doute que la nidification ait aussi lieu sur cette île.
Rappelons que la Sterne à joues blanches niche sur bon nombre d îles du golfe Persique,
ponte ne débutant pas avant fin mai, voire début juin.
Sterna a. anaethctus Scopoli
La reproduction de cette espèce a lieu régulièrement dans le golfe Persique, principalement
sur les îles, mais n’a pas été prouvée sur la côte du Mekran. Dans le secteur du détroit d Hormoz
elle a été constatée sur les îlots Tanb, Nabi-u-Tanb et Nabi-ul-Farun (Ticehurst et al. 1925). La
ponte ne semble pas débuter avant juin. , ._. ,
Nous en vîmes 9 entre Bandar-abass et Gheshm le 26 avril et une dizaine le lendemain à
l’ile de Gheshm, certaines pêchant, les autres étant poséeB sur des estrans rocailleux.
Source : MNHN, Paris
52
CHRISTIAN ÉRARI» ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Sterna a. albifrons Pallas
3 <J<* Zabol, 18 mai (AP : 168, 174, 175).
Dans le Kirman, nous en vîmes un couple le 5 mai, apparemment cantonné sur un banc
de cailloutis sur la rivière entre Dehbid et Roosary, au nord de Kahnooj. Au Séistan, la Sterne
naine était relativement commune au-dessus des cultures irriguées et de la zone inondée. Les sujets
capturés présentaient des gonades développées. L’espèce niche dans le sud de la Caspienne, au
Séistan et dans la vallée de la rivière Bampur d’où Zakudny et Loudon décrivirent la race inno-
minuta considérée depuis comme synonyme d 'albifrons.
Sterna saundersi Hume
tî Bandar-abass, 2 mai (AP : 165).
Ce spécimen, que nous avons identifié comme tel (en reconnaissant à saundersi le statut
d’espèce distincte d 'albifrons bien que le problème mérite d’être réétudié), fut obtenu au bord de
la mer. Comparé aux 3 Sterna albifrons collectés au Séistan, il montre des dimensions alaires et
du tarse plus petites et une coloration nettement plus pâle. Le gris du dos s’étend aux sus-caudales
et aux rectrices mais il en va de même sur un de nos albifrons et sur d’autres examinés en collec¬
tion. Les 3 rémiges primaires externes sont noires alors que 2 seulement le sont chez les Sternes
naines de Zabol. Les pattes sont brunes, non pas jaunes. Ces caractères d’identification s’accordent
aux données de Vauhie (1965). Les plus distinctifs nous paraissent être la teinte générale très claire,
les pattes sombres et la coloration argentée des rémiges primaires internes très accentuée contras¬
tant fortement avec le noir des 3 externes. Nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer l'hypothèse
de sympatrie des deux espèces dans le golfe Persique. 11 eut fallu collecter davantage de spécimens
et s’assurer de leur reproduction en ce lieu.
Nous avons régulièrement observé des « Sternes naines » (leur identification à la jumelle
demeure pratiquement impossible) que nous rattachons par la capture du spécimen mentionné
ci-dessus, à saundersi sur le littoral en région de Bandar-abass : oiseaux par paires ou petits groupes
de 8-10, au plus jusqu’à 50 le 25 avril. Les 26 et 27 avril, nous en vîmes moins d’une centaine sur
la côte de l’île de Gheshm pêchant en zone néritique ou posées sur les bancs de sables et les plages
de cailloutis.
Co LU MB IFOR MES
PTEROCLID1DAE (1)
Pterocles l. lichtensteinii Temminck
2 <J<J Taght-malek, 12 mai (AP : 165, 170).
Nous n’avons rencontré ce Ganga qu’au Bulouchislan, seule région d’Iran où il est appa¬
remment connu nicher. Le 12 mai, à la nuit noire, environ 1 heure après le coucher du soleil, alors
que nous roulions dans le lit d’un grand oued où les bancs de cailloutis alternaient avec des filets
d’eau plus ou moins larges entre 1 aght-malek et Kheir-abad, nous dérangeâmes deux groupes de
ces oiseaux à l’abreuvoir. A la lumière des phares nous vîmes une dizaine de sujets dans chaque
groupe, vraisemblablement y en avait-il davantage car certains s’applatirent au sol au passage
du véhicule tandis que la plupart piétaient et prenaient leur essor dans tous les sens comme des
Perdrix dans de bruyants claquements d’ailes et en émettant des « kerrek-kerrek-kerrck » rapides
et rauques puis, après avoir parcouru une dizaine de mètres dans un vol précipité et désordonné
de fuite éperdue, gagnaient de la vitesse en adoptant une trajectoire rectiligne et un vol plus souple.
Cette observation confirme les idées sur le rythme nycthéméral de l’espèce émises par de nom¬
breux auteurs. Nous en localisâmes 4 le 13 mai entre Nikshahr et Chandgan dans un lit d’oued à
sec encombré de rocailles, de palmiers et d’épineux divers, parfois en formation assez serrée : les
oiseaux lancèrent des « Krrr-krrr-krrr-kru-kru » à l’envol puis quelques sifflements bisyllabiques. Un
couple fut également repéré le même jour sur une steppe rabougrie parsemée d’acacias sur sol caillou¬
teux entre Chandgan et Ghasre-ghand.
(1) Nous préférons co vocable à celui de Pleroclidae qu'utilise Vauiiip., afin (le respecter la règle de taxonomie
édictant remploi du génitif pour la composition des noms do famille et de genre. Dans le cas présent, la conjugaison
de Pterocles donne Pleroelidis, d'où Pleroclididae.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
53
Pterocles orientalis arenarius (P allas)
Le Ganga unibande habite en principe tout l’Iran à l’exception du sud de la Caspienne et
du Khuzistan. Nous l’avons rencontré le 7 avril en province de Hamadan, dans les régions de Hate-
mabad et Amisien : quelques couples disséminés sur le plateau où alternent cultures, hamadas et
steppes dégradées. Il était relativement bien représenté (une douzaine d’observations) sur un pla¬
teau de type hamada recouvert de végétation basse en toufTes clairsemées, en région de Fasa dans
le Fars le 21 avril. Un couple fut noté le 28 mai dans une steppe verdoyante et dense sur une ligne
de crête près d’Ash-khaneh dans le nord du Khorasan. Nous en vîmes encore quelques paires dans
un milieu identique le 8 juin au nord du lac Rezaiyeh entre Khoy et Shahpoor et entre Sharafkhaneh
et Tasooj dans des terrains incultes alternant avec des vergers. Enfin plusieurs couples isolés dans
une zone semi-désertique mais traversée par un oued alors en eau à quelque 40 km au sud de
Téhéran le 1 er avril.
Pterocles alchala caudacutus (S. G. Gmelin)
Le Ganga cata se rencontre théoriquement dans tout l’Iran sauf dans le sud de la Caspienne.
Pour notre part nous n’en observâmes que le 21 avril deux groupes, l’un de 6 l’autre de 8 individus,
en région de Fasa dans le milieu cité plus haut à propos de l’espèce précédente.
Pterocles sencgallus (L.)
tJ Zahedan, 14 mai (AP : 186), 2 près Zahati, 17 mai (AP : 191-192), 2 $$ (AP : 195, 203) et2$?
(AP : 187-195) entre Shahr-sookhteh et Zahak, 21 mai.
Trois groupes comptant chacun une dizaine d’oiseaux furent levés sur le plateau à maigre
végétation steppique entre Mansor-abad et Lar, Fars, le 22 avril. Nous en entendîmes en région
de Bandar-abass le 3 mai. Au Balouchistan, deux vols totalisant une cinquantaine se rendant à
l’abreuvoir en émettant leurs « cuito-cuito » typiques furent observés au sud de Chahderaz le 14 mai.
L’espèce était très commune en région de Zahedan et au Séistan sur les regs et les zones plates par¬
semées d’ilots de végétation halophile. Ces données demeurent dans le cadre de la distribution de
l’espèce qui ne couvre que le sud de l’Iran.
Pterocles coronatus alratus Hartert
Nous ne rencontrâmes ce Ganga qu’en 3 occasions : 3 le 23 avril dans le Laristan entre Badeny
et Berkeh-sang sur un plateau de type hamada recouvert d’une steppe clairsemée et d’acacias épars;
1 couple dans un milieu similaire le 6 mai dans le Kirman entre Roosary et Sabzevaran et un vol
d’une dizaine intercallé entre les deux vols de sencgallus mentionnés précédemment le 14 mai près
de Shaderaz au Balouchistan. En Iran, l’aire de répartit : on semble identique à celle du Ganga
tacheté. Nous n’avons pas eu la même impression d’abondance au Balouchistan que Blanford
qui écrivait « this appeared to me more common in Baluchistan than P. senegallus ».
COLU MBIDAE
Columba palumbus L.
Le Ramier fut noté assez fréquemment dans les forêts de feuillus en région de Dasht, Khora-
8 an les 28 et 29 mai puis quelques rares sujets dans les vergers au nord du lac Rezaiyeh entre Sofian
°t Shahpoor. D’une manière générale nous n’avons guère traversé de milieux favorables à cette
espèce. Le Ramier niche certainement dans tout le nord du pays, de l’Azerbaïdjan au nord du
Khorasan, dans le nord-ouest et dans le Zagros jusqu’au Kirman. Nous ignorons s’il le fait ailleurs.
Les populations iraniennes (sauf celles du Kirman, appelées kirmanica par Koelz et rangées en
synonymie de casiolis par Vaurik) appartiennent à la race iranica Zahudny, intermédiaire entre
palumbus L. et casiolis (Bonaparte) et qui ne représente en fait qu’une étape d’un cline.
Columba o. oenas L.
En Iran, le Pigeon colombin habite les provinces du sud de la Caspienne, à l’est jusqu’à
la région de Gorgnn. Nous l’avons entendu chanter le 29 mai dans une vieille futaie de feuillus
s’étalant sur des pentes rocheuses à mi-distance entre Dasht et Dorlat-abad.
Source : MNHN, Paris
54
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Columba livia gaddi Zarudny et Loudon
4 ;?<? (AP : 298, 230, 232, 233) et 3 Ç? (AP : 217, 225, 226), Pereepolis, 19 avril.
Cette race, plus grande et plus pâle que livia acquiert progressivement vers l’est de son aire
de distribution un croupion gris. Sur nos spécimens 3 présentent ce caractère.
Pratiquement partout y compris sur les îles de Gheshm et d’Hormoz nous vîmes des Bisets
mais on peut se demander si ceux qui fréquentaient la proximité des habitations humaines étaient
bien des oiseaux sauvages bien qu’ils se tenaient dans des parois rocheuses. C’est en effet dans ces
dernières que nous observâmes la majorité de ces Pigeons, que ce soit en milieu pauvre en végétation
ou en zone forestière. Nous en remarquâmes également sur les plateaux steppiques au bord des
pistes et à proximité de puits en bon nombre d’endroits dans le Fars et le Khorasan. Les sujets
collectés appartenaient à une colonie commençant à pondre dans des fissures et anfractuosités de
rochers.
Streptopelia d. decaocto (Frivaldszky)
$ près Berkeh-sang, 23 avril (AP : 165); $ ibid. (AP : 162); ? Ile de Gheshm 26 avril (AP : 163); 35 km
nord-ouest de Minab, 4 mai (AP : 163).
Cette Tourterelle est bien connue pour sa spectaculaire extension en Europe (cf. entre autres
Nowak, 1965). 11 est intéressant de remarquer que Zarudny (1911) ne la donnait nicheuse que dans
le sud de l’Iran depuis le Séistan jusqu’au Khuzestan et plus particulièrement dans le sud du Balou-
chistan. Il incluait certainement les indications de Blanford (1876) selon lesquelles le Major St-John
observa un couple en captivité à Isfahan lequel aurait été capturé au nid dans un jardin de cette
localité. Blanford précisait qu’il n’avait vu cet oiseau qu’au Balouchistan. La situation resta
inchangée pendant longtemps en raison du trop petit nombre de prospections au nord de cette
zone. En 1935, Paludan (1938) en observa en région de Dezful dans le nord du Khuzestan et, le
6 mai 1956 Misonne en trouva à Akinlou au Kurdistan. Cette donnée du nord-ouest de l’Iran
reflète certainement la tendance expansive de l’espèce puisque Witherby (1907 et 1910), Buxton
(1921), Stresemann (1928) et Trott (1947) n’en parlent pas. On notera également que Meiklejoiin
(1948) et Passburg (1959) ne la citent pas dans la région de Téhéran et des provinces du sud de
la Caspienne tout comme Sciiuz (1959) et les Genenger (1968) qui se sont plus exclusivement inté¬
ressés à ces dernières. Dans l’est de l’Iran, au nord du Séistan, la littérature ne fournit aucune
donnée; les localités afghanes les plus proches et fréquentées en 1949 par la Tourterelle turque
étaient Shin-Dand et Ilerat (Paludan 1959). Quant à nous, l’impression générale fut toute diffé¬
rente. Nous l’avons observée à Tabriz, à Téhéran, à Isfahan et à Shiraz puis pratiquement partout
où nous l’avonB cherchée, du Fars au Balouchistan et au Séistan ainsi que sur l’ile de Gheshm.
Nous en avons également vu dans les régions de Khosharehet Hosein-abad, de Birjand, de Bidokht
et même à Mashad. On peut donc de nos jours espérer la rencontrer partout en Iran à l’exception
des zones situées trop en altitude.
Elle affectionne beaucoup la proximité de l’homme et s’établit dans les villages entourés
de cultures (et de palmeraies dans le sud du pays) ainsi que dans les grandes villes où elle s’installe
dans les parcs et les jardins. Dans le sud de l’Iran où elle est très abondante, outre les milieux
humains, elle fréquente ce qui semble être des reliques de son habitat originel : restes de savanes
à épineux arborescents, de forêts d’acacias et de tamaris tant sur des sols caillouteux qu’en marge
des étendues sablonneuses. Sa densité y est forte et dépasse de loin celles des autres Tourterelles.
Les zones cultivées de la région, surtout si elles ne sont pas trop éloignées, servent de gagnages mais
une partie des oiseaux (de ceux qui n’ont pas de jeunes) trouvent sur place une nourriture à base
de graines d’acacias et autres plantes ramassées au sol. Ce genre de biotope n’est, essentiellement
occupé que sur les plateaux; dans les zones trop accidentées et où la végétation n’est qu’arbustive
decaocto cède la place â senegalensis.
A l’époque de notre passage dons le Fars, le sud du Kirman, le Balouchistan et le Séistan,
certains oiseaux avaient déjà des jeunes volants alors que d’autres couvaient ou se préparaient
à pondre et cela aux mêmes endroits.
Streptopelia turtur arenicola (Hartert)
cî Pereepolis, 20 avril (AP : 165); $ Badony-Berkeh-sang, 23 avril (AP : 168); 2 <J<J Zaboî, 19 et 20 mai
(AP : 165, 174); 1 ? ibid. (AP : 167); 2 près de Kalatoh, 27 mai (AP : 162, 171).
La Tourterelle des bois se reproduit dans tout l’Iran; dans le Nord et le Nord-Ouest la popu¬
lation ne se différencie guère morphologiquement des européennes (race nominale); ailleurs elle
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
55
appartient à la sous-espèce arenicola. L’espèce est migratrice et n’hiverne pas en Iran bien que
Capito (1931) lui attribue une « isolated pair of doves » observée près de la rivière Zuhra, Fars, le
16 décembre 1924. 11 n’est pas inutile de rappeler les dates d’arrivée citées dans la littérature : entre
le 5 et le 12 avril dans le Fars, Khuzestan (Capito 1931, Witherby 1903), à la mi-avril (après le 15)
dans la plaine de Narmashir à la limite Balouchistan-Kirman (Blanford 1876), dès le 14 avril, mais
surtout après le 21, sur le littoral de la Caspienne (Schuz 1959, Buxton 1921), le 2 mai dans le
Luristan (Paludan 1938) et début mai en région de Téhéran (Passburg 1959), le 17 mai selon
Meiklejohn (1948).
Nous vîmes le premier sujet le 19 avril au soir à Persepolis. Très vite le mouvement d’arrivée
s’intensifia puisque le surlendemain, de petits groupes et des isolés furent observés dans les vergers
d’amandiers à Maharloo près de Shiraz. Nous rencontrâmes l’espèce en nombre jusqu’à Bandar-
abass, parfois par troupes de 15-20 individus, tant dans les milieux habités par l’homme (villages
et cultures) que dans les formations végétales arborescentes ou buissonnantes, serrées ou très clair¬
semées sur les plateaux ou dans les zones de relief. Durant notre séjour à Bandar-abass, nous en
notâmes chaque jour ainsi qu’à l’île de Gheshm; il y avait manifestement du passage en même
temps que certains sujets s’établissaient sur leurs quartiers de reproduction. Nous n’en vîmes guère,
entre Minab et Zahedan, qu’en région de Sabzevaran. Au Balouchistan, elle ne nous parut pas très
abondante : quelques individus se firent remarquer çà et là dans les milieux cultivés des régions
deGhasre-ghand,Chahderaz, Bampur, Iranshahr, Karvandar, Zahedan et Hermak-abad. Au Séistan
en revanche, elle n’était pas rare du tout, notamment dans les vergers et les jardins sur le pourtour
de la zone inondée. Du Séistan à Mashad, elle fut observée dans la majorité des localités habitées
par l’homme ou dans leur proche voisinage. De là, jusqu’au lac Rezaiyeh, nous la rencontrâmes
régulièrement le long de notre itinéraire dans les vergers, jardins, champs cultivés, maquis buis-
sonnants, lisières et clairières de forêts, voire dans des milieux d’aspect aride du moment qu’il y
avait des plages de taillis arbustifs. Le 27 mai, nous en vîmes des troupes importantes dans le nord
du Khorasan entre Kalateh et Baikan dans les cultures de céréales; les bandes comptaient fré¬
quemment 50-60 sujets, parfois davantage. Y avait-il encore des migrateurs ?
Slreptopelia senegalensis cambayensis (Gmelin)
â Badeny-Berkeh-sang, 23 avril (AP : cassée); 2 c?(J (AP : 132, 135); Ç (AP : 130), Minab, 4 mai; c? (AP : 134),
$ (AP : 130), 60 km sud de Sabzevaran, 6 mai; $ juv, Vakil-abad, 7 mai (AP : 126); (J Zahedan, 15 mai (AP : 135);
d près Ghaen, 24 mai (AP : 134).
A l’image de la Tourterelle turque cette espèce a étendu son aire de répartition en Iran.
Ainsi Blanford (1876) ne la mentionne qu’au Balouchistan; Zarudny (1911) lui attribue une
dispersion plus large, couvrant le Balouchistan, le Kuhistan-Kirman, le Séistan et le sud du Khora¬
san. Dans la littérature que nous avons consultée nous ne trouvons aucune mention dans le sud-
ouest de l’Iran autre que celle de Vaurie (1965) quand il précise que le spécimen le plus occidental
qu’il ait examiné provenant de l’Iran est de Jahrom, Fars. En Afghanistan en 1964 Paludan n’a
pas reconnu cette Tourterelle plus à l’ouest que Farah, Shin-Dand et Herat. Le 5 novembre 1956,
F. Petter a collecté un mâle de la race ermanni à Sarakhs à la frontière soviétique à l’est de Mashad
(Berlioz, 1957)
Nos observations ont porté depuis le Fars (région de Fasa, Jahrom, Lar...) jusqu’au Balou¬
chistan et au Séistan puis dans le Khorasan au nord jusqu’à la région de Mashad, plus exactement
jusqu’à Mohamad-abad. La Tourterelle maillée habite également Téhéran (non citée par Meikle-
Joiin 1943 et Passburg 1959) où nous en vîmes plusieurs couples, entre autres dans le parc de
l’Institut Pasteur. Cette localité est-elle isolée ou l’espèce s’étend-elle également sur la frange nord
du Dasht-i-kavir ? Rappelons que Schuz (1957 b) a cru en observer un sujet le 10 mai 1956 à
Shahrud. Les oiseaux du nord-est du Khorasan doivent vraisemblablement appartenir à la race
ermanni (cf. le sujet collecté par Pettf.r) ou pour le moins être intermédiaires entre celle-ci et cam¬
bayensis comme l’a constaté Paludan dans le Paropamisus.
Très anthropophile, cette Tourterelle fréquente les vergers, les jardins et autres endroits
cultivés; dans le sud du pays elle est très abondante dans les palmeraies où sa densité surpasse lar¬
gement celle de dccaoctn et de turtur. Nous l’avons aussi rencontrée mais jamais en grand nombre :
dans des formations de tamaris, dans des lambeaux de brousse arbustive à épineux tant en milieu
plat qu’en terrain accidenté (comme par exemple dans des vallonnements ou des ravinements aux
versants recouverts d’éboulis et parsemés de bouquets arbustifs rabougris ou dans les îlots de végé¬
tation arborescente ou de taillis dans les lits d’oued traversant des zones de relief).
Nous observâmes des jeunes sortant du nid à Bam et à Fahraj le 7 mai.
Source : MNHN, Paris
56
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
PSITTACIFORMES
PSITT AC1DAE
Psittacula krameri (Scopoli)
Cette Perruche se remarquait par ses cris caractéristiques dans les jardins et parcs de Téhé¬
ran, notamment à l’Institut Pasteur où un couple se tenait en permanence. On nous a rapporté
sa nidification régulière dans le parc de l’ambassade de Grande-Bretagne. Il s’agit manifestement
d’oiseaux échappés de captivité : il est fréquent dans le pays de voir des individus encagés sur les
marchés.
Durant notre séjour en région de Bandar-abass, nous constatâmes qu’elle n’était pas rare
dans les formations continues d’acacias, venant même dans les jardins et les petites palmeraies.
Nous remarquâmes le plus souvent des couples, parfois des groupes de 5-6 individus et même
21 ensemble le 30 avril ! S’agit-il ici aussi d’oiseaux introduits par l’homme ? Nous sommes portés
à le croire, toutefois, il faut se rappeler que l’espèce vit normalement au Balouchistan pakistanais
jusqu’à Las Bêla où Ticehurst souligna une tendance expansive. En Arabie, dans le sultanat d’Oman
et Muscat où elle fut importée, elle est commune à Batch et à Suwaik (Meyer de Schauensee
et Dillon Ripley, 1953); peut-on penser que la présence à Bandar-abass soit liée à celle en Oman ?
11 serait intéressant et utile de la rechercher sur le littoral du Mekran (1) et d’examiner des spécimens
pour s’assurer qu’il s’agit bien de borealis, sous-espèce du nord de l’Inde car, contrairement à ce
qu’écrit Vaurik (1965) à propos des oiseaux d’Oman, Meyer de Schauensee et Dillon Ripley
rattachent leurs 5 spécimens à manillensis race du sud de l’Inde.
C UC U LI FOR MES
CUCULIDAE
Cuculus canorus L.
$ 10 km nord de Téhéran. 10 avril (AP : ‘213); 2 Bandar-abass, 28 avril (AP : 230); 9 Saghdar, 6 mai
(AP : 205); 3 (J(J (AP : 212, 214, 216) et ? (AP : 206), frontière irano-turque entre Makoo et Dogubayasit, 9 juin.
En principe la sous-espèce subtelephonus Zarudny habite l’Iran à l’exception du Nord-
Ouest et du Nord où elle est remplacée par canorus. Nos spécimens ne se différencient absolument
pas de la race nominale, ce qui est normal pour ceux de Téhéran et de la frontière irano-turque,
mais sur ceux de Bandar-abass nous n’avons distingué aucun des caractères d’ailleurs très peu
marqués - donnés pour l’identification des adultes subtelephonus, race qui se reconnaîtrait surtout
aux sujets en livrée immature distinctement, plus pâles que ceux de canorus. Il s’agit certainement
de migrateurs dont les quartiers de reproduction ne se situent pas forcément en Iran. La femelle
de Saghdar, de la phase hépatique, parait très pâle et se rattache vraisemblablement à la race
subtelephonus. 11 importe toutefois de recueillir davantage de matériel afin de se prononcer sur la
validité de subtelephonus sous-espèce nous paraissant trop subtilement différenciée de canorus pour
être retenue. Tout comme Vaurik (1965) nous ne pensons pas qu’il y ait de différence de taille entre
les deux.
Les sujets collectés reflètent nos rencontres avec le Coucou; nous y ajouterons un chanteur
dans un peuplement lâche d'Amygdalus sp. arborescents sur un pluteau steppique à mi-distance
entre Zahcdan et Khash. A Téhéran, nous l’avons vu dans des vergers irrigués avec cultures sous-
jascentes, à Bandar-abass dans une zone où se mêlaient jardins, palmeraies et brousses à acacias,
à Saghdar dans un milieu d’altitude (ca 2 000 m) accidenté où la végétation se présentait sous forme
d’un tapis de coussinets parsemé de rares arbustes. Le 9 juin sur la steppe entre Mukoo et Dogu-
bayazit, surtout après Bazargan, la densité des Coucous était remarquable. Là où elle était la plus
(1) Depuis la rédaction de ce texte, l'un de nous a observé l'espèce installée au Kuwait et dans la vallée du
Tigre en Iraq, ainsi d'ailleurs qu'en région de Kaboul en Afghanistan (Ktchbcopar, L'Oiseau et H.t'.o. 1969 . 178-
181). Elle est également bien établie en région d'Aliwaz (Khuzestan) où elle s'avère très abondante et alTcctinnuo les
plantations d’Eucalyptus (ll.M. Hanadani viva voce). Il conviendrait d'étudier sa répartition dans le sud de l’Iran,
de suivre l’évolution de ses populations et d'établir s'il existe ou non une solution de continuité entre les zones d'im¬
plantation au Moyen-Orient et l'aréa normale indo-pakistanaise.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
57
forte, nous avons compté 10 sujets sur un trajet d’environ 5 km : les oiseaux se tenaient sur les fils
ou les poteaux de la ligne téléphonique ou au sol à proximité de la route; certains chantaient. S’agis¬
sait-il d’une concentration alimentaire (les sujets collectés avaient ingéré beaucoup de chenilles
velues) ou de migrateurs (Kumerloeve, 1967, en vit dans la même région le 14 mai 1965, 6-8 sujets
qu’il tint pour de passage) ?
La date du 10 avril à Téhéran traduit vraisemblablement une récente arrivée car dans cette
région Passburg (1959) n’en vit pas avant la mi-avril et Schuz (1959) nota le premier le 15 avril
sur le littoral de la Caspienne. Withkrby (1910) en remarqua à partir du 1 er avril dans le Fars et
Paludan (1938) le 23 mars au Luristan. Capîto (1931), de la limite Fars-Khuzestan, cite les dates
d’arrivée suivantes : 9 février 1924, 23 février 1925, 26 janvier 1926 et 30 janvier 1927. La présence
du Coucou le 25 janvier est indiquée par St-John dans le sud de l’Iran « near the sea » (Blanford
1876). Dans l’extrême sud-est du Balouchistan, Blanford en vit le 18 février. Sur l’île de Tanb,
non loin de Plie de Gheshm, Ticehurst et al. (1925) relatent des observations de migrateurs entre
le 13 mars et le 14 avril 1921, le Coucou n’apparut que le dernier jour. De plus amples renseignements
sont nécessaires pour préciser si ces dates précoces sont régulières, à quelle race appartiennent de
tels oiseaux (subtelcphonus?) et s’il s’agit de migrateurs hâtifs plutôt que d’hivernants.
Strigiformes
STRIGIDAE
Bubo bubo (L.)
L’espèce se rencontre en Iran sous deux races : interposilus Rotschild et Hartert dans
le Nord et le Nord-Ouest et nikolskii Zarudny dans le reste du pays à l’exception du littoral du
golfe Persique et du sud du Balouchistan.
Nous avons souvent cherché à entendre les rapaces nocturnes; nos efforts ne furent que
rarement couronnés de succès. Nous ne rencontrâmes le Grand-Duc qu’en deux occasions dans
le Khorasan. Le 25 mai, dans la région du col d’Assad-abad, un individu chantait dans une paroi
rocheuse. Les « bou-hou » se succédaient toutes les 11 secondes. Les émissions sonores, débutées
environ 1 heure après le coucher du soleil, durèrent à peu près toute la nuit. Le 28 mai, entre Ghosh-
ghalleh et Bodjnoord, alors que nous avions passé la nuit là sans rien entendre d’autre qu’une Che¬
vêche, nous repérions au lever du jour un sujet à l’entrée d’une anfractuosité, au pied d’une petite
paroi dominant un ravinement aux pentes recouvertes d’éboulis, au flanc d’une étroite vallée cultivée.
Le fond de cette cavité où un homme pouvait tout juste se tenir debout et s’allonger, était tapissé
d’une poussière d’ossements et de débris divers non identifiables où l’oiseau avait creusé une cuvette.
H s’agissait sans doute d’un reposoir. Nous fûmes très surpris de constater qu’à l’intérieur de cette
petite grotte 4 couples de Passer domesticus avaient élu domicile et y nourrissaient leurs jeunes,
tandis qu’à 2 m de là un couple d 'Oenanthe alboniger en faisait autant et qu’à 4 m couvaient Sitta
tephronota et Coracias garrulus! Le Grand-Duc qui s’était envolé à quelques mètres de nous pour
aller se dissimuler parmi des blocs rocheux non loin de là, revint au gîte peu après que nous eussions
délaissé les lieux.
Olus sp.
Deux espèces de Petits-Ducs habitent l’Iran : Olus srops turanicus (Loudon) à l’exception
du Séistan et du Balouchistan, et Olus brucei (Hume) du Zagros au Balouchistan et dans l’est du
Khorasan. Une troisième serait à rechercher : Olus bakkamoe.na deserticolor Ticehurst qui aurait
ôté collecté à Bushire sur le littoral du Fars.
Nous ne nous sommes trouvés en présence de Petits-Ducs qu’en deux occasions. Le 20 avril
au soir, un individu chantait dans les amanderaies à Maharloo. La voix ne nous sembla pas diffé¬
rente de celle du scops et ne trahissait par les différences que l’un de nous avait notées en compagnie
de F. Hue à Jérusalem en entendant un nocturne qui, par élimination, fut rapporté à l’espèce brucei
(Hue et Etchécopar, 1966). Le 13 mai en région de Nikshahr, nous observâmes de nuit un sujet
dont la silhouette se profilait dans un acacia, dans une zone où ces arbres étaient relativement
nombreux. L’oiBeau disparut et demeura silencieux. Au vu de la localité, nous sommes tentés de
croire qu’il s’est agi de brucei.
Source : MNHN, Paris
58
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Athene noctua bactriana (Blyth)
? 80 km nord de Khash, 15 mai (AP : 168); $ Shabestar, 7 juin (AP : 172); Ç région de Shahpoor, 8 juin,
(AP : 166).
Pour se prononcer sans ambiguïté sur l’identité subspécifique de spécimens de cette espèce,
il faut que ces spécimens soient en plumage frais d’automne. Ceux que nous avons obtenus possèdent
un plumage usé ce qui rend leur étude plus délicate. Ils soulignent les variations individuelles et
régionales ordinairement décelables chez cette espèce : le sujet collecté au Balouchistan est plus
brun-gris, moins roussâtre que ceux de l’Azerbaïdjan. Comparés à 3 indigena collectés en Turquie
(<J 9 juin Tasgliçay au sud-est d’Agri; $ 14 juin Mohan Golii près d’Ankara), ils sont nettement plus
clairs et présentent davantage de barres claires bien définies aux rectrices. Ces caractères permettent
de les appeler bactriana. L’usure du plumage ne nous permet pas de comparer l’importance des
marques blanches à la tête et aux ailes, ni de déceler le fait que bactriana ait les doigts plus densé¬
ment emplumés qu’ indigena, critère que Vau iue (I960), sur la base d’un important matériel, tient
pour très valable contrairement à Paludan (1938) qui avait collecté ses spécimens en mars, époque
où ce caractère n’est plus visible.
La Chevêche serait répandue dans tout l’Iran. Nous l’avons effectivement rencontrée en
nombre d’endroits mais pas partout : en Azerbaïdjan près de Shabestar et de Shahpoor, en Ker-
manshah à Khosravy et près de Kerend, en région de Téhéran, au Balouchistan entre Zahedan
et Khash et au Khorasan en région de Bidokht, de Chenaran et de Bodjnoord. A part un sujet de
Téhéran dans des vergers entourés de murs en torchis et d’un autre près de Chenaran sur un plateau
cultivé parsemé de puits et de levées de terre, les autres furent observés dans des milieux rocailleux
(lits d’oueds ou pentes à gros éboulis et versants rocheux) ou dans des biotopes steppiques entre¬
coupés de talus, d’afileurement rocheux ou de cailloutis à gros éléments, à proximité ou non de
cultures.
Le 13 mai, à la sortie de Kheir-abad, dans un milieu plat et apparemment peu rocailleux,
planté d’acacias en peuplement assez lâche, nous vîmes de nuit dans les phares de la voiture une
« Chevêche » s’envolant du bord de la piste. Nous ne pûmes nous prononcer sur l’espèce car dans
le sud de l’Iran (Laristan et Bakhtiari d’après Koelz mais surtout dans le sud du Balouchistan)
vit également Athene brama indica (Franklin).
Strix aluco L.
La Hulotte habite le nord de l’Iran jusqu’à la région de Gorgan (race willkonskii (Menzbier))
et le Zagros jusque dans l’ouest du Fars (race sancti-nicolai (Zarudny)). Nous en avons entendu
un chanteur le 28 mai dans une vieille forêt à dominance de chênes dans une vallée étroite et très
rocheuse à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Dasht. Cette localité précise la limite vers l’est
de la répartition de l’espèce dans le Khorasan.
Caprimulgiformes
CAPRIMULGIDAE
Caprimulgus europaeus unwini (Hume)
? 10 km nord de Zabol, 18 mai (AP : 188); $ Hermak-ahad, 21 mai (AP : 174).
Par leur coloration très pâle (surtout le cj> qui a une couleur générale presque beige, comparé
à la ? qui est gris pâle) nos spécimens se rapportent à unwini : ils s’harmonisent aux séries do cette
race auxquelles nous les avons comparés. La longueur d’aile du mâle apparaît bien on dessous de la
moyenne qui est chez unwini de 185 mm. Bien que les taches blanches des trois rémiges primaires
externes soient étendues, elles ne débordent sur le vexille externe que sur la troisième, s’arrêtant
au rachis sur les premières et deuxièmes. Ce sujet présentait des testicules développés et devait
être sur ses lieux de reproduction (l’espèce est sensée habiter tout l’Iran).
Toutes nos rencontres d’Engoulevents eurent lieu dans des jardins : outre les individus
collectés nous en vîmes un chantant à la tombée de la nuit, le 17 mai à Zabol et quelques autres
le 14 mai de nuit, à Zahedan.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
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Apodiformes
APOD1DAE
Apus p. pallidus (Shelley)
Ce Martinet habite le sud de l’Iran du Khuzistan au Balouchistan, surtout le long de la côte.
Nous ne l’avons identifié avec certitude qu’en deux occasions au bord de la mer : 4 le 24 avril près
de Bandar-abass et une demi-douzaine le 4 mai à Minab.
Apus apus pekinensis (Swinhoe)
Le Martinet noir niche dans tout l’Iran (à l’exception peut-être du Séistan et du sud du
Balouchistan selon Zarudny). Nous l’avons rencontré pratiquement partout sauf au Séistan et
dans le Balouchistan au sud de Zahedan. Le 6 avril, il était très abondant (des milliers) entre Ghasr-
shirin et Kermanshah, une bonne partie des oiseaux devaient être des migrateurs. Les premiers
furent observés à Téhéran le 4 avril (R.D.E.) mais l’augmentation des effectifs ne fut sensible qu’à
partir du 8. Rappelons que selon Passburg, l’espèce apparaît dès mi-mars dans cette région. Jusqu’à
Persepolis nous n’en vîmes guère (Isfahan et Shahreza). A Persepolis, de gros passages continuels
vers le nord-est furent observés les 17 et 18 avril, très faibles le 19 (journée pluvieuse) puis de nou¬
veau importants le 20. Par la suite, ce Martinet fut remarqué régulièrement et communément le
long de notre trajet jusqu’à Bandar-abass. Manifestement la migration battait son plein. Nous en
observâmes plusieurs centaines, toujours sur le même axe de déplacement en montagne entre
Gnader-abad et Mansor-abad le 22 avril. A Bandar-abass, durant notre séjour nous n’en notâmes
que de petits effectifs ainsi qu’à Minab. De nombreux migrateurs (plusieurs centaines) furent remar¬
qués le 5 mai à 60 km au sud de Sabzevaran et le lendemain en montagne près de Saghdar, volant
vers le nord-nord-est. A Bam l’espèce était particulièrement abondante ainsi qu’à Zahedan où le
passage continuait le 10 mai. Par la suite nous en rencontrâmes dans tout le Khorasan (depuis
Khoshareh), le sud de la Caspienne et le nord-ouest du pays.
Apus melba (L.)
Sous la race tuneti (Tschusi) l’espèce habite l’Iran à l’exception des provinces du sud de la
Caspienne où elle est remplacée par la race nominale. Nous en repérâmes quelques sujets les 17 et
20 avril à Persepolis accompagnant les A. apus dans leur migration. Les 21 et 22, une dizaine d’indi¬
vidus se tenaient à Maharloo près de parois rocheuses et des groupes parfois assez importants (jus¬
qu’à 100 sujets) furent observés en plusieurs endroits, en montagne, entre Fasa et Jahrom et entre
Gnader-abad et Mansor-abad. Probablement certains d’entres eux n’étaient-ils que de passage.
Le 29 mai, une petite colonie (soixantaine d’individus) fut localisée dans des abrupts en vallée
de Dasht. Le 9 juin, une trentaine de ces Martinets évoluaient le long de falaises à Makoo.
Coraciiformes
CORACIIDAE
Coracias garrulus L.
a) C. g. garrulus L. : ? Persepolis, 20 avril (AP : 184); <? 60 km sud de Sabzevaran, 5 mai (AP : 192); ? Zahe¬
dan, 15 mai (AP : 189); ? Mohamad-abad, 27 mai (AP : 187); $ 25 km nord de Shahpoor, 8 juin (AP : 192); J Makoo-
Bazargan, 9 juin (AP : 197).
b) C. g. stmenowi (Loudon et Tschusi) : 2 £<} Zahedan, 9 mai (AP : 194, 203); 2 ÇÇ ibid. (AP : 190, 194).
Comparés aux autres, les spécimens que nous rattachons à cette dernière race apparaissent
très nettement plus pâles, surtout sur le dos, et la zone bleue, légèrement violacée, des petites cou¬
vertures alaires s’avère sensiblement plus réduite. Nous rappellerons que la race nominale niche
dans le nord-ouest et dans les provinces du sud de la Caspienne, remplacée dans le reste du pays
par semenowi.
Source : MNHN, Paris
60
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Cet oiseau arrive dans le nord de l’Iran en avril (début avril selon Trott, le 14 avril selon
Buxton, à la mi-avril selon Passburg, le 21 avril selon Schuz). Nous vîmes les premiers (2 sujets)
le 17 avril à Persepolis. Les arrivées ne furent vraiment notables qu’à partir du 20. Jusqu’à Bandar-
abass, nous ne remarquâmes que des isolés ou des paires çà et là sur les plateaux et dans les zones
montagneuses mais surtout à proximité des agglomérations humaines. A Bandar-abass, nous en
notâmes quelques-uns le 30 avril et 14 ensemble le lendemain. A partir de cette date, ils furent
d’observation quotidienne pendant tout le reste de notre voyage. Jusqu’en région de Torbat-heyda-
riyeh, y compris le Séistan, les Rolliers étaient fréquents mais jamais en grand nombre à l’exception
de concentrations de migrateurs (15-20 oiseaux ensemble), le 5 mai en région de Sabzevaran, les 9,
10, 14 et 15 mai à Zahedan et le 12 mai à Iranshar et Bampur. A partir d’Assad-abad (Khorasan)
et jusqu’à la frontière turque, l’espèce demeura très abondante. Les plus fortes densités furent cons¬
tatées entre Mohamad-abad et Dasht; il y avait des Rolliers pratiquement partout le long de la
route : parfois jusqu’à 40 sujets au kilomètre. Certaines de ces concentrations pouvaient encore
concerner des migrateurs mais la plupart semblaient dues à des facteurs alimentaires.
L’espèce fut essentiellement rencontrée à proximité des milieux habités et cultivés par
l’homme (jardins, vergers, palmeraies) mais aussi dans des habitats plus sévères, tant dans des
zones vallonnées que sur les plateaux pierreux ou sablonneux recouverts d’une végétation steppique
basse et parsemés d’arbustes ou de restes de peuplement d’acacias, de tamaris, d’amandiers ou
autres espèces végétales arborescentes. Sa présence dans des lits d’oued aux versants plus ou moins
abrupts et pourvus de buissons ou de rares arbustes, fut constatée maintes fois ainsi que dans des
biotopes arides traversés de pistes bordées de talus et de lignes télégraphiques ou parcourus par
des ravinements ou creusés de puits. Seule la forêt nous sembla évitée, encore que le Rollier y appa¬
raissait dans les grandes éclaircies et sur les lisières.
Dans le Khorasan, l’espèce occupait des cavités d’arbres, de puits, de talus, ou d’abrupts
en terrain meuble. Le 28 mai, entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord, près du reposoir de Grand-Duc
décrit précédemment, nous levâmes une couveuse. A cet endroit nichait un couple de Sitta lephronola
qui avait maçonné l’encognure d’une anfractuosité du rocher sur une surface d’environ 80 cm de
côté, or les Rolliers avaient percé le revêtement. Nous n’avons pas voulu y toucher pour en exa¬
miner l’épaisseur, aussi en sommes-nous réduits à des hypothèses pour expliquer ce curieux empla¬
cement. On peut toutefois penser que le torchis placé par les Siitelles avait masqué un creux de
rocher dont les Rolliers n’eurent plus qu’à régulariser l’orifice d’entrée, à moins que les oiseaux aient
entièrement creusé leur logp de nidification dans cet énorme plâtrage (voir plus loin).
Coracias b. benghalensis (L.)
2 SS 60 km sud de Sabzevaran, 5 et 6 mai (AF : 187, 190); S 25 km est de Nikshahr, 13 mai (AP : 190).
Ce Rollier se distingue aisément du précédent par son dos brun olive et par la gorge et la
poitrine brun rosé lavées de violet et parcourues longitudinalement par de nombreuses et fines
rayures crème. En vol, il présente des parties inférieures bicolores, l’aile parait claire traversée
d’une large bande foncée (le contraire chez garrulus) et la queue foncée, barrée de clair en son
milieu alors que celle de garrulus est terminée pur une bande claire.
D’après la littérature il serait sédentaire et habiterait le sud de l’Iran depuis le Khuzestan
jusqu’au Balouchistan et au Séistan. Selon Zaruüny il ne serait vraiment bien représenté que dans
le sud du Balouchistan. Des détails sur sa distribution en période de reproduction seraient bien
utiles car il semble que Blanfohd ait raison en écrivant : « Inhabits somewhat sparingly thc countries
of Southern l’ersia and Baluchistan which are below the level of about 3,000 feet above the sea,
ils range in thèse countries being nearly the same as that of the date palm. »
Durant notre séjour à Bandar-abass, nous n’en vîmes qu’un le 28 avril. Le 4 mai, 5-6 sujets
étaient présents à Minab; les jours suivants, l’espèce fut régulièrement remarquée mais toujours
pour des isolés ou des couples, entre Dehbid et Sabzevaran. Le 7 mai, un individu fut repéré à Fuhraj ;
le 11, un à 90 km au sud de Zahedan et le 13 mai, ce Rollier ne semblait pas ruro entre Ghasro-ghand
et Nikshahr. Tous ces oiseaux furent vus dans, ou à proximité, des palmeraies, toutefois en région
de Sabzevaran, quelques-uns furent notés dans des peuplements dégradés d’acacias et, au sud de
Zahedan, dans des amandiers sauvages.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
61
ALCEDINIDAE
H alcyon s. smyrnensis (L.)
cî (AP : 126), Ç (AP : 127), Ghasre-ghand, 13 mai.
Ce Martin-pêcheur habite en principe le sud de l’Iran depuis le Khuzestan et le sud du Zagros
jusqu’au Balouchistan. Des renseignements seraient bien utiles sur sa répartition exacte car celle-ci
semble en fait discontinue : entre l’Iraq et les régions de Bushire, Kazrun et Dasht-i-arjan puis dans
le sud du Balouchistan. C’est d’ailleurs dans cette dernière contrée que nous l’avons rencontré :
au moins 2 couples le 13 mai au bord de la rivière bordée de jardins et de palmeraies à Ghasre-ghand.
En ce qui concerne la voix et les critères d’identification sur le terrain, nous renvoyons aux notes
de Hollom (1959) que les nôtres confirment.
Alcedo a. atthis (L.)
Des renseignements précis sur sa répartition en période de reproduction seraient nécessaires.
D’après la littérature il semble occuper tout l’Iran mais n’être bien représenté que dans le nord et
l’ouest du pays. Nous n’en avons observé qu’un sujet le 9 avril au bord de la rivière salée en région
de Bobat-karim.
MEROP1DAE
Merops orientalis beludschicus (Neumann)
9 lie de Gheshm, 26 avril (AP : 91), 9 Bandar-abass, 28 avril (AP : 90), S ibid. (AP : 90) ; 3 sujets non sexés :
Khahoorestan, 23 avril (AP : 94), Bandar-abass, 25 avril (AP: 90), île de Gheshm, 26 avril (AP: 93). Tous ces spéci¬
mens sont en mue du petit plumage.
Ce petit Guêpier se rencontre dans le sud de l’Iran depuis le Khuzestan jusqu’au Balou¬
chistan. 11 ne semble pas s’installer dans les milieux dont l’altitude dépasse 1 000 m. Nous l’avons
observé dans le Laristan entre Badeny et Berkeh-sang, à Kahoorestan, à Bandar-abass et à l’île
de Gheshm puis au Balouchistan entre Iranshahr et Bampur, près de Chandgan et Ghasre-ghand
et entre Damen et Karvandar. Il fréquente les zones de peuplements dégradés d’acacias ou de tamaris
arborescents ou arbustifs en bordure de cultures ou de rizières. A Bandar-abass, nous vîmes quel¬
ques petites colonies de 4-5 couples et surtout des paires isolées établies dans des puits et des petits
talus à bords francs. Entre Chandgan et Ghasre-ghand, l’espèce était très commune et nichait au
milieu des Merops supersiliosus.
Merops apiaster L.
2 SS (AP : 143, 149) 1 9 (AP : 149), Persepolis, 20 avril; 2 S6 (AP : 142, 151) 1 9 (AP : 144) 25 km
nord de Shahpoor, 8 juin; S (AP : 158) entre Makoo et Bazargan, 9 juin.
Répandu en Iran, l’espèce apparaît à la mi-avril en région de Téhéran selon Passburg.
Nous vîmes les premiers (une dizaine) le 14 avril, volant vers l’est-nord-est en début d’après-midi
à Téhéran. Les effectifs ne devinrent importants qu’à partir du 16 à Persepolis. De là, jusqu’à
Bandar-abass, les Guêpiers se montrèrent en grand nombre, beaucoup migrant vers le nord-nord-
est. A Bandar-abass nous n’en observâmes que le 30 avril une quinzaine en fin de matinée arrivant
de la mer, venant apparemment de l’ile de Gheshm où nous n’en n’avions pas noté. Entre Minab
et Zahedan nous n’en repérâmes qu’entre Chah-garreh et Shamss-abad puis à Bam. A Zahedan
nous en notâmes le 10 mai; plus au sud nous en découvrîmes de petites colonies (dizaine de couples)
sur le haut plateau dans le triangle Zahedan-Khash-Mirjaveh puis au pied du massif du Kuh-e-
Nokhowch entre Pip et Sarheh. Nous ignorons le statut de l’espèce plus au sud : nous n’en vîmes
pas. Rappelons que Zarudny (1911) donne apiaster comme nicheur rare au Balouchistan et seule¬
ment présent dans le nord de cette région. Nous en trouvâmes çà et là en petit nombre sur les pla¬
teaux au sud-est de Birjand. A partir de la région de Mashad l’espèce fut à nouveau notée en abon¬
dance jusqu'à la frontière irano-turque et au-delà.
Cette espèce fréquente les milieux rocailleux ou sablonneux en terrain plat ou vallonné,
pourvus d’une végétation steppique basse, dense ou clairsemée ou d’arbustes en peuplement
dégradé, à la condition qu’il y ait des emplacements propices à sa nidification : généralement talus
au bord des routes, flancs des lits de rivières, puits en région de Mashad, dunes au bord de la Cas-
Source : MNHN, Paris
62
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
pienne... Quelques colonies au Balouchistan s’étaient installées dans des nids à même le sol en ter¬
rain plat, près des zones cultivées ou en bordures de reliquats de brousse à épineux ou sur des pla¬
teaux steppiques traversés par des lignes télégraphiques. D’une manière générale l’oiseau s’établit
là où il trouve des parois de terrain meuble où il peut forer son nid et près des terrains de chasse
riches en insectes et en perchoirs.
Merops superciliosus persicus Pallas
3 (?(? (AP: 152,154,155) et 2 ?$ (AP: 148,149) près Vakil-abad, 7 mai; 2 (AP : 148, 151) et 2 ?$ (AP : 141,
145) Zahedan, 16 mai.
Selon Zarudny (1911) le Guêpier de Perse niche pratiquement dans tout l’Iran sauf dans
le Nord-Ouest, n’étant vraiment abondant que dans le sud de la Caspienne, le bassin de l’Hari-Rud,
au Séistan et dans le sud du Balouchistan. Nous avons observé le premier sujet le 21 avril à Sar-
vestan, à mi-distance entre Shiraz et Fasa. Nous en rencontrâmes de nouveau quelques couples
le 6 mai entre Roosary et Sabzevaran. Le lendemain l’espèce était très abondante entre Fahraj
et Kahoorak; les oiseaux se tenaient sur des fils télégraphiques par couples espacés d’environ 20 m
les uns des autres; des parades nuptiales suivies d’accouplement furent observées. A Zahedan, ce
Guêpier était abondant mais moins qu’au Balouchistan entre Iranshahr et Chahderaz, à Espakeh,
et surtout entre Chandgan et Ghasre-ghand où de très grosses colonies occupaient les berges basses
et abruptes de la rivière. Quelques couples furent également repérés entre Damen et Karvandar.
Par la suite nous ne constatâmes la présence de l’espèce que sur le littoral de la mer Caspienne en
région de Nur-abad où nichaient une quarantaine de couples dans des dunes basses en bordure de
boqueteaux.
Les biotopes fréquentés par cette espèce nous parurent en tout point comparables à ceux
de la précédente.
UPUPJDAE
Upupa e. epops L.
$ Persepolis, 17 avril (AP : 141) ; (J Ghosh-ghalleh, 27 mai (AP : 148).
Le sujet de Persepolis se distingue de celui de Ghosh-ghalleh et de ceux de la race nominale
auxquels nous l’avons comparé par la réduction du blanc aux plumes de la huppe et surtout par
la couleur gris-brun du dos. Il est semblable à une Ç collectée le 11 décembre 1956 à Bandar-abass
par F. Petter et appelée epops par le Professeur Berlioz. Pourtant ces deux spécimens ne diffèrent
absolument pas de salurala, race orientale ainsi que nous l’a confirmé le Docteur Vauhie qui a
confronté notre spécimen aux importantes séries de l’American Muséum.«On pourrait donc penser
à des migrateurs originaires do Transcaspie entre l’Ob et Plénisséi où cette sous-espèce niche solon
Johansen. Mais un matériel plus important serait nécessaire avant que l’on puisse inclure Upupa
epops salurala Lônnberg dans la liste des oiseaux d’Iran car cette forme migre normalement vers
l’Extrême-Orient. Il nous parait plus prudent, dans l’état actuel de nos connaissances, de consi¬
dérer notre spécimen et celui de Petter comme des représentants atypiques de la race nominale
ce qui justifie jusqu’à nouvel ordre l’identification de Berlioz malgré les apparences.
La Huppe est répandue en Iran, à l’exception des massifs forestiers du sud de la Caspienne,
du sud-ouest du Khuzestan et du littoral du golfe Persique mais sa densité reste faible. Nous ne
l’avons rencontrée en nombre que dans le nord-ouest du pays à partir de Téhéran; ailleurs nous
ne vîmes çà et là que des couples isolés. Cette espèce fréquente de préférence la proximité des milieux
cultivés mais aussi les puits, les lits d’oueds pourvus de végétation urbustive ou arborescente et,
plus rarement, les ravinements où les rocailles se mêlent à la steppe basse et rabougrie. Des adultes
nourrissant des jeunes au nid furent observés le 15 mai dans des blocs rocheux, près de vergers, à
Joon-abad, le 24 mai dans le mur d’un jardin à Azemat-abad et le 7 juin dans une vieille citerne
échouée sur la rive du lac Rezaiyeh à Sharafkhaneh.
Le 29 avril, en mer, à mi-distance entre Bandar-abass et Plie de Gheshm, un sujet volait
vers le continent à 8 heures. Il s’agissait manifestement d’un migrateur, tout comme celui présent
le lendemain à Bandar-abass; ce furent les seuls oiseaux de cette espèce vus pendant notre séjour
sur le littoral du golfe Persique.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
63
PlCIFORMES
P1CIDAE
Jynx t. torquilla L.
9 Téhéran, 13 avril (AP : 85).
D’après la littérature, c’est-à-dire surtout Zarudny, le Torcol nicherait dans le nord-ouest
de l’Iran et dans la province du Gilan dans le sud de la Caspienne. Ailleurs, il n’est que de passage.
Nous avons observé : un spécimen le 11 avril dans des vergers irrigués sur cultures de luzernes à
10 km au nord de Téhéran, 2 le 13 avril dans le parc de l’Institut Pasteur à Téhéran et 1 le 17 avril
dans les conifères plantés devant les ruines de Persepolis.
Dendrocopos major poelzami (Bogdanov)
L’Epeiche habite le nord de l’Iran (chaîne de l’Elbourz) à l’est jusqu’aux régions de Gorgan
et de Gonbad-cavous. Nous l’avons rencontré dans la vieille forêt de feuillus entre Dasht et Dorlat-
abad le 29 mai. Sur les lisières et dans les bosquets au bord de la rivière, nous avons remarqué dans
les arbres des loges pouvant le concerner; d’autres plus grandes pouvaient avoir été l’œuvre de
Picus viridis que nous ne réussîmes pas à trouver. Nous observâmes également un d 1 le 30 mai entre
Nur-abad et Âlamdeh au bord de la Caspienne en lisière de la forêt littorale.
Dendrocopos leucoplerus (Salvadori)
Le 29 mai, dans un peuplement clair d’érables en lisière de forêt et près d’une rivière en
fégion de Dasht, nous avons observé un Pic qui nous parut de cette espèce. Par le dessin de la tête,
•1 rappelait le Pic épeiche mais se différenciait très nettement de ce dernier par ses parties infé¬
rieures blanc pur et non pas brun fuligineux, couleur caractéristique de D. m. poelzami; le rouge
du bas-ventre semblait s’étendre plus haut sur le milieu du ventre et les ailes présentaient bien
davantage de blanc aux scapulaires et aux rémiges, surtout en vol.
Zarudny (1911) avait signalé ce Pic dans le bassin de l’Hari-Rud aussi peut on se deman¬
der s’il n’existe pas ailleurs au Khorasan.
Dendrocopos syriacus (Hemprich et Ehrenberg)
9 10 km nord de Téhéran, 10 avril (AP : 126); 9 près Gnader-Abad, 22 avril (AP : 128).
Selon Vaurie (1959 a) les Pics syriaques du nord-ouest de l’Iran (jusqu’au Luristan et
Bakhtiari) présentent la même marge de variation individuelle des marques blanches aux rectrices
externes que les sujets du Proche-Orient, de Turquie et d’Europe. Cette patterne se modifie au fur
et à mesure que l’on progresse vers le sud-est de l’Iran en direction de l’aire de reproduction de
Eendrocopos assimilis: les taches blanches se réduisent considérablement, disparaissant même
chez certains individus. Nos spécimens s’accordent parfaitement aux vues de Vaurie ; celui de
Téhéran a des dessins plus nombreux et nettement plus étendues que celui de Gnader-abad qui ne
présente plus qu’une petite plage blanche subterminale au vexille externe des rectrices latérales.
Le Pic syriaque habite le nord-ouest de l’Iran jusqu’en région de Gorgan, sans apparemment
déborder sur le versant nord de l’Elbourz, et le Zagros jusqu’au Kirman et le nord du Balouchistan.
Dans cette dernière région, seul Zarudny a recueilli une série de spécimens au Kuh-e-Taftan et décrit
|o race milleri soit-disant plus grande que les autres populations de l’espèce; Vaurie malgré un
important matériel n’a pas reconnu la validité de cette sous-espèce.
Nous avons observé ce Pic très régulièrement dans les jardins, les vergers et les parcs à Téhéran
et sa région. Le 24 avril, un couple fut repéré en montagne (ca 1 500 m) dans un peuplement assez
dense mais peu élevé d’amandiers et d’épineux divers près de Gnader-abad, à l’est de Jahrom. A
Dandar-abass nous constatâmes la présence des quelques Pics dans les palmeraies et les jardins : leur
densité était très faible. Les notés nous parurent de cette espèce bien que nous n’en collectâmes
Source : MNHN, Paris
64
CHRISTIAN ÉRAKD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
pas. Un nid apparemment occupé avait été creusé à 5 m de haut dans le tronc d’un palmier étêté.
Le 7 juin, une famille fut repérée dans des vergers bordés de peupliers à Sofian.
Dendrocopos assimilis (Blyth)
Au sujet de cette espèce nous voudrions avant tout parler de deux spécimens obtenus le
4 mai à Minab qui s’avèrent particulièrement intéressants : un ad (AP : 120) et un S juvénile
(AP : 106, croissance non achevée) ayant quitté le nid depuis moins de 15 jours. 11 s’agit manifes¬
tement d’hybrides syriacus x assimilis.
Rappelons que dans le sud-est de l’Iran un « character displacement » accuse les différences
morphologiques entre le Pic syriaque et le Pic du Sind dans la zone de chevauchement de leurs
aires de répartition. Le premier présente des rectrices latérales presque entièrement noires qui
s’opposent à celles très barrées de blanc du second. Ceci s’ajoute au fait que le J syriacus ne possède
qu’une tache occipitale rouge alors que celui de son proche parent a conservé le type ancestral de
la calotte entièrement rouge. De plus, le bec, les rectrices et d’une manière générale la taille de
syriacus sont plus forts que ceux d 'assimilis et les bandeaux noirs joignant les commissures à la
base du cou se prolongent nettement sur la poitrine chez le premier contrairement au second. 11
apparaît donc que dans leur zone de sympatrie, ces deux Pics tendent à être très différents du point
de vue morphologique ce qui favoriserait leur ségrégation dans des milieux peu nombreux et écolo¬
giquement peu favorables à l’établissement de l’un ou de l’autre. Il est probable que jadis, après
être revenues en contact les deux espèces cohabitaient dans ces régions alors plus boisées que de
nos jours mais chacune occupait un biotope différent de celui de l’autre : syriacus les formations
arborescentes claires (type forêt parc) et assimilis les peuplements arbustifs (par exemple brousse
à tamaris). Avec la dégradation par l’homme des peuplements de végétaux ligneux et d’une manière
générale de toute la végétation (Pabot, 1960 b) elles n’eurent plus à leur disposition que des îlots
ne comportant plus que de maigres reliquats de leurs biotopes respectifs. Elles occupèrent donc alors
ensemble des milieux peu propices à leur séparation écologique. Cette situation favorisa la compé¬
tition et la différenciation morphologique et empêcha la large interprétation de leurs aires de repro¬
duction. L’hybridation occasionnelle serait peut-être due à la faible densité de population et au fait
que les deux espèces sont phylogénétiquement de même souche.
Le J ad collecté présente, outre la tache occipitale quelques plumes rouges au front et çà
et là sur le vertex ce qui lui confère une coloration de la calotte de type intermédiaire entre assimilis
et syriacus. Il se rapproche beaucoup d 'assimilis par la longueur des bandeaux noirs bordant le cou
et surtout par ses rectrices externes particulièrement barrées de blanc mais par contre s’en diffé¬
rencie par son bec et ses tarses nettement plus forts.
Notre second spécimen est certainement le fils du premier qu’il accompagnait et possède
les mêmes caractéristiques si l’on excepte la calotte rouge du plumage juvénile. Bien que n’ayant
pas atteint son développement définitif, le bec nous semble du type plus syriacus qu 'assimilis. Ce
sujet présente une plage rougeâtre sur le devant de la poitrine. Ce caractère est bien connu chez
le jeune syriacus (Hartert 1921, Voous 1947) et semble plus rare chez celui d 'assimilis (Voous
ne l’a pas constaté mais il en existe un spécimen au British Muséum). Ces hybrides s’ajoutent aux
deux collectés par Koelz à Isin et à Hajiabad, décrits par Vaurie (1959) et que nous avons pu
examiner grâce à l’amabilité du Dr Rand qui nous les fit parvenir de Chicago. Notre <$ est absolu¬
ment identique à celui d’Isin, 15 km nord de Bandar-abass. Il est regrettable que Koelz n’ait pas
laissé de carnet de route car dans cette région existent 3 Hajiabad I Vauiue pense qu’il s'agit de
la localité sise à 115 km au nord-ouest d’Isin mais peut-on exclure celle à 20 km à l’ouest de Minab ?
En l’acceptant, les stations d’hybridation seraient bien regroupées 1
Il serait intéressant et utile d’étudier soigneusement les Pics de cette zone du sud-est de
l’Iran alin de déterminer plus précisément leur répartition, leurs niches écologiques exactes et dans
quelles conditions se produisent les hybridations, quelle est leur fréquence et quel est le devenir
des hybrides qui nous semblent féconds. Pour en revenir à D. assimilis, le Pic du Sind se rencontre
en Iran au Balouchistun (surtout dons le sud) jusqu’à l’est du Laristan. Nous pensons en avoir
observé dons 1a brousse à acacias près de palmeraies et de jardins dans les régions de Bandar-abass
(rappelons la capture d’une V le 19 décembre 1956 par Petteh), de Minab et surtout de Karvandar,
de Damen et de Ghasre-ghand; dans cette dernière localité un couple se tenait dans des tamaris
et acacias en bordure d’une rivière.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
65
Passeriformes
H IR U NDINIDA E
Riparia riparia (L.)
Les données de la littérature traduisent une répartition très clairsemée mais couvrant pra¬
tiquement l’ensemble du pays. Il serait bon d’obtenir des précisions. Dans le nord-ouest de l’Iran,
du sud de la Caspienne au Luristan, niche la race type qui, progressivement, est remplacée à l’est
par dilata (Sharpe et Wyatt). D’après Zarudny (1911) cette Hirondelle se reproduirait essen¬
tiellement au Séistan; toutefois de grosses colonies furent notées par Woosnam dans la région de
Kermanshah et par De Filippi à Miana entre Ghazin et Tabriz.
Toutes nos observations portent apparemment sur des migrateurs : quelques sujets le 23 avril
à Kahoorestan, plusieurs centaines les 26, 28 et 29 avril aux îles de Gheshm et d’Hormoz puis de
très petits contingents au-dessus de cultures irriguées : le 10 mai à Zahedan et le 23 mai à Khoshareh.
Nous ne sommes néanmoins pas absolument sûrs que les Riparia présentes en cette dernière localité
aient été des migratrices car les bandes pectorales nous parurent plutôt diffuses et plus claires que
celles des autres sujets vus précédemment. Seule une capture eut permis l’identification de diluta.
Hirundo rupestris Scopoli
Ç île do Gheshm, 26 avril (AP : 129).
D’après la littérature (cf. Zarudny 1911, Vaurie 1951 b), l’Hirondelle de rochers habite
le nord de l’Iran depuis le Khorasan jusqu’au nord-ouest du pays et le Zagros jusqu’au Kirman
et le nord du Balouchistan. Nous en avons observé de petites colonies dans la chaîne de l’Elbourz
au nord de Téhéran et lors de la traversée entre Chalus et Karadj, dans le Fars à une vingtaine
de kilomètres au nord de Persepolis, près du lac Baharlu, dans le sud du Kirman à une cinquantaine
de kilomètres au nord-est de Minab, dans le nord du Balouchistan entre Zahedan et Molk-siah-kuh
puis dans le Khorasan en région de Dasht et au-delà en direction de Gonbad-cavous. Toutes ces
observations furent effectuées dans des milieux rupestres d’altitude supérieure à 1 200 m, notam¬
ment autour de parois rocheuses.
Nous fûmes heureux d’en découvrir plusieurs colonies comptant chacune une soixantaine
d’individus dans des rochers abrupts surplombant la côte des îles d’Hormoz et de Gheshm. Les
oiseaux étaient très cantonnés et se préparaient à nicher.
Hirundo obsoleta (Cabanis)
La forme pallida (Hume) de cette Hirondelle habite le sud du Khorasan et le Balouchistan;
plus à l’ouest, du Laristan au Khuzestan, elle est remplacée par la race nominale. Il serait utile
de recueillir des précisions sur la répartition exacte de cette espèce notamment sur sa distribution
altitudinale dans le sud-ouest de l’Iran : elle semble suivre la frange sud du Zagros; rappelons que
Witiierby (1903) l’a trouvée jusqu’à 1 250 m dans le Fars à Kotal-i-Dokter et Basht, localités
situées respectivement à 50 et 100 km au nord-ouest de Shiraz.
Nous l’avons observée dans le Laristan dans les régions de Chahar-berkeh, de Badeny
(ca 1 300 m), de Kahoorestan (moins de 100 m), à Bandar-abass, aux îles de Gheshm et d’Hormoz
et à Minab puis dans le sud du Kirman à Shamss-abad (1 000 m) et entre Roosary et Sabzevaran
(moins de 1 000 m), au Balouchistan près Nosrat-abad (1 500 m), entre Zahedan et Hermak-abad
(1 300-1 400 m), à Karvandar, Damen, Bampur, Iranshahr, Nikshahr et Ghasre-ghand (1 000-1 400 m)
et dans le sud du Khorasan à Khoshareh, Hosein-abad (ca 1 000 m) et en région d’Azemat-abad
(1 600-1 800 m).
Partout la présence de cette Hirondelle était liée au milieu désertique mais dans la grande
majorité des cbh l’oiseau recherchait la proximité des agglomérations humaines avec ou sans leur
maigre cortège de cultures. Nous n’en vîmes en grand nombre qu’à Shamss-abad, Khoshareh et
Hosein-abad; cette densité était apparemment due à l’envol des jeunes. Des couples isolés furent
repérés en montagne dans des vallées encaissées et arides, par exemple aux environs de Badeny,
de Sabzevaran et de Nosrat-abad. Sur les îles d’Hormoz et de Gheshm où obsoleta et rupestris
nichaient, la première se tenait dans les villages alors que la seconde était localisée dans les parois
rocheuses du bord de mer.
Source : MNHN, Paris
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Un nid bâti dans une encoignure en haut d’un mur à l’intérieur d’un poste de gendarmerie
près de Chahar-berkeh contenait 2 œufs que la 5 couvait assidûment le 23 avril tandis que non loin
de là un couple construisait sous le dôme d’un puits couvert. A Minab, un nid installé dans les toi¬
lettes d’une station d’essence abritait, le 4 mai, 2 jeunes à quelques jours de l’envol tout comme
un autre nid noté le 8 mai près de Nosrat-abad et placé à 8 m de haut dans une anfractuosité de la
voûte d’un rocher dominant la piste.
Hirundo r. rustica L.
2 ad. près Kahnooj, 5 mai (AP : 116); 2 ad. (AP : 122), 2 juv (AP : 120); 2 <JcJ juv (AP : 116, 119) et juv
(AP : 118), Fahraj, 7 mai.
L’Hirondelle de cheminée est répandue dans tout l’Iran. Nous l’avons observée commu¬
nément partout où nous sommes passés y compris sur les lies. Nous remarquâmes des adultes venant
chercher de la boue pour bâtir leur nid au bord de la rivière et transportant des matériaux de cons¬
truction le 16 avril à Esfahan. La première sortie du nid (3 jeunes) fut notée le 28 avril à Bandar-
abass. Le 5 mai, de gros poussins étaient nourris au nid dans une grange à Kahnooj tandis que le
lendemain de nombreux oisillons prenaient leur envol à Sabzevaran. Par la suite nous vîmes par¬
tout des jeunes volants, émancipés ou presque; toutefois des oiseaux volant à peine furent encore
observés le 14 mai à Bampur. Le 20 mai, un dortoir de 80 juvéniles fut constaté dans un hangar
à Zabol. Les Hirondelles indigènes furent essentiellement notées près des villes et des villages. Les
migrateurs le furent dans tous les milieux traversés mais, à partir de la première décade de mai,
devinrent très difficiles à discerner dans la foule des sujets locaux dont les effectifs étaient grossis
par l’envol des nichées. Il y en avait partout au Séistan au-dessus des zones inondées alors que de
forts contingents survolaient les steppes d’altitude dans le nord du Khorasan. Peut-être s’agissait-il
encore en partie de migrateurs bien que le nombre de ces derniers ait considérablement diminué
à partir du début de mai, mais il en passait encore le 10 mai à Zahedan.
Hirundo daurica rufula Temminck
2 Persepolis, 20 avril (AP : 118).
Les données de la littérature suggèrent une répartition sporadique dans le sud de l’Iran
depuis le sud du Kermanshah, le nord du Luristan et du Bakhtiari, le long du versant méridional
du Zagros jusqu’au Balouchistan. Des précisions seraient utiles sur la distribution exacte de cette
Hirondelle qui semble déborder ce schéma puisque nous vîmes un sujet au pont d’Esfahan le 16 avril.
Nous observâmes l’espèce communément dans des rochers et près d’habitations entourées de cul¬
tures dans les régions do Persepolis et de Shiraz; ceci s’accorde avec les écrits de Blanford (1876)
et de Passburg (1959). Le 22 avril quelques dizaines étaient présentes dans les mêmes conditions
près de Lar et le lendemain un couple fut noté à Chahar-berkeh, près d’un poste de gendarmerie
isolé sur un plateau plus ou moins pierreux et recouvert d’une maigre végétation steppique.
Delichon u. urbica (L.)
L’Hirondelle de fenêtre doit être répandue dans tout l’Iran à l’exception des zones liasses
du sud du pays, du Séistan, des déserts de Lut et de Kavir et du littoral méridional de la Caspienne.
Les données précises étant peu nombreuses dans la littérature, des renseignements sur sa répar¬
tition seraient bien utiles; elle doit se comporter comme une espèce rupestre. Nous l’avons observée
sporadiquement dans l’EIbourz entre Chalus et Karadj, dans une vallée au nord de Téhéran et
entre Dasht et Dorlat-abad; en ce dernier endroit, il s’agissait de petites colonies établies dans de
hautes parois rocheuses.
ALAUDIDAE
Eremopterix nigriceps mdanauchen (Cabanis)
4 $$ (AP : 80, 80, 81, 82) et 4 2$ (AP : 76, 78, 79, 79), Bandar-abass, 1 w mai.
Cette petite Alouette caractéristique de la zone désertique tropicale habite le sud-est de
l’Iran où sa distribution suit très vraisemblablement la côte du Mekran et celle du détroit d’Hormoz
au moins jusqu’à Bandar-abass où Petter a collecté un $ le 10 décembre 1956 dans une troupe
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
67
d’une quinzaine évoluant dans une steppe à Chénopodiacées. Nous avons observé cette espèce en
grande nombre à Bandar-abass. Des troupes lâches de 10 à 20, voire même 30 sujets et rarement
des couples, se tenaient sur la plaine côtière dans les endroits secs au sol à la fois pierreux et sablon¬
neux, recouvert d’un maigre tapis herbacé. Nous en avons également rencontré à la bordure de ce
milieu et de la sansouire littorale. Le chant typique est une courte phrase répétée « tu-tsip-tu-du »,
la seconde note étant appuyée et les dernières plaintives. Il est surtout émis le matin de bonne
heure et le soir, le plus souvent lors d’un vol papillonnant, à une dizaine de mètres de hauteur, où
alternent montées et descentes. Quelques sujets furent observés chantant au sol. Une des femelles
collectées avait un œuf en fin de formation dans l’oviducte et l’ovaire présentait un follicule beau¬
coup plus développé que les autres. Cet oiseau n’avait manifestement pas encore pondu aussi
peut-on penser que la ponte aurait été de 2 œufs.
Ammomanes deserti iranica Zarudny
2 <JcJ (AP : 103, 105) et 2 ?5 (AP : 99, 100), région de Persepolis, 18 et 20 avril; $ (AP : 96) 30 km est de
Jahrom, 22 avril; 2 ?? (AP : 95, 99) près Mansor-abad, 22 avril; ? (AP : 98) près Lar, 22 avril; 3 ÇÇ (AP : 97, 97, 103)
et Ç (AP : 97) Chahar-berkeh, 23 avril; (AP : 102) et $ (AP : 99) entre Badeny et Berkeh-sang, 23 avril; 2 (J(J
(AP : 97, 99) lie de Gheshm, 26 avril; rj (AP : 110) 80 km nord de Minab, 4 mai; <J (AP : 106), 80 km nord-ouest
de Zahedan, 8 mai; $ (AP : 102) mi-distance Zahedan-Khash, 11 mai; (AP : 105), 10 km sud d’Iranshahr, 12 mai;
2 (JJ (AP : 105) Zahak et Shileh, Séistan, 17 mai.
La détermination correcte des races de cette espèce exige de travailler sur un matériel abon¬
dant et composé de spécimens en plumage frais d’automne ou, à la rigueur, d’hiver. L’abrasion
des plumes par usure mécanique rend délicate voire même impossible la perception des nuances
de teinte. Diverses populations d’oiseaux de printemps apparaîtront bien plus homogènes que des
séries de même provenance mais collectées en automne. Notre matériel à la fois insuffisant car ne
couvrant pas tout le pays et altéré par ce phénomène d’usure du plumage, ne nous permet pas d’ana¬
lyser subtilement la variation géographique de l’espèce en Iran. Il souligne toutefois la variabilité
de coloration — certainement en rapport avec celle du sol — au sein d’une même population. Ainsi
nos spécimens de la région de Jahrom sont plus pâles et plus lavés de fauve rosé que ceux de Per¬
sepolis et du Laristan (tendance vers cheesmani?) et ceux du Balouchistan sont plus foncés que
ceux du Séistan et du Kirman.
Nous pouvons séparer notre matériel en deux lots :
a) Les oiseaux du Kirman, du Séistan et du Balouchistan aux parties supérieures nettement
gris-brun. Ils correspondent à la diagnose d 'iranica. Ceux du Balouchistan tendent davantage vers
phoenicuroides (Blyth) mais conservent quand même, malgré l’usure des plumes, la nuance grisâtre
caractéristique d 'iranica.
b) Les oiseaux du Fars légèrement plus pâles dans l’ensemble que les précédents; leurs par¬
ties supérieures sont moins brunes et plus fauves mais présentent néanmoins une nuance grise. Il
s’agit des populations appelées darica par Koelz (cf. Vaurie 1951 c).
A l’examen de notre matériel complété par ceux de Petter et du British Muséum, nous
nous rangeons à l’avis de Vaurie (1959) qui place darica dans la synonymie d 'iranica. Les popula¬
tions d 'Ammomanes deserti d’Iran nous semblent faire la transition entre les populations couleur
de sable tirant sur le fauve rosé, représentées dans le sud-ouest de l’Iran depuis le Kermanshah
jusqu’à Bushire par cheesmani Meinertzhagen et les populations gris-brun phoenicuroides que l’on
rencontre à l’est à partir du Balouchistan pakistanais oriental et du sud-est de l’Afghanistan.
Nos deux spécimens de l’ile de Gheshm sont très nettement plus pâles et légèrement plus
petits que ceux que nous avons collectés ailleurs. Nous avons pensé à insularis Ripley de l’île
Bahrain; grâce à l’obligeance de M. Dillon Ripley nous avons pu examiner le type de cette race
tandis qu’à Londres nous avions accès à celui de faenorum Meinertzhagen, synonyme d 'insularis.
Nos spécimens, bien qu’étant très pâles en en plumage usé, conservent cependant une nuance grisâtre
qui les différencie d'insularis et permet de les rattacher à iranica.
L’Ammoraane du désert est répandue en Iran, à l’exception du sud de la Caspienne et du
nord-ouest du pays. Nous sommes mal renseignés sur sa distribution au nord-ouest de la ligne Shahrud-
Yazd-Shiraz. Zarudny la donne nicheuse en petit nombre dans le « Nord-Ouest », zone comprenant
les régions de Téhéran, Ghoin et Kashan. Misonne en a collecté un spécimen le 24 septembre à
Akinlou dans l’est du Kurdistan. Elle a été obtenue à Karadj par Koelz, à Siah-Kuh près d’Esfahan
par Trott, au lac salé de Ghom par Passburg et nous mêmes l’avons observée près de Robat-karim.
Source : MNHN, Paris
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Existe-elle sur la frange nord du Dasht-i-Kavir jusqu’en région de Téhéran ? Remonte-t-elle au-delà
de Yazd vers Ghom ?
Sur notre trajet nous l’avons régulièrement rencontrée, y compris sur les lies, à partir de
Persepolis jusque dans le nord du Khorasan en région de Bodjnoord où habite la race orientalis
(Zarudny et Loudon). Sa densité varie beaucoup en fonction des biotopes. Elle est très commune
dans les milieux accidentés, riches en pentes à éboulis ou simplement vallonnés mais caillouteux,
moins sur les plateaux désertiques pierreux. En terrain plat, dès que le sol perd ses cailloutis ou que
la steppe devient trop dense, la densité de peuplement s’abaisse considérablement, les observations
ne deviennent plus qu’occasionnelles. Nous en rencontrâmes quelques rares sujets sur le désert
nu et plat à substrat sablonneux recouvert d'un mince cailloutis à petits éléments près de Kahoorak
sur la bordure méridionale du Dasht-i-Lut et au Séistan.
Nous assistâmes à des accouplements le 18 avril en région de Persepolis. Dans le Laristan
nous avons entendu plusieurs fois des chanteurs. La phrase émise fut notée « tui-tivu-tui-iit » avec
accent sur l’avant-dernière syllabe; elle nous parut différente de celle entendue en Afrique du Nord;
par exemple au Fezzan nous l’avions transcrite par « tyup-tyup-turi-up » avec l’accent sur le ri.
Evidemment seuls des enregistrements pourraient rendre exactement compte de la différence.
Ammomanes cincturus zarudnyi Hartert
4 t?(? (AP : 100, 100,101, 103) et 9 (AP : 94), 60 km nord-ouest de Zahedan, 8 mai; <J juv. (AP : 70, rémiges
en croissance), 50 km sud do Zahedan, 11 mai.
Cette espèce se différencie très aisément de la précédente par sa queue bicolore : rousse avec
à l’extrémité une plage noirâtre en forme de triangle pointé vers le dos alors que celle de deserli
parait uniformément brune.
Bien plus que celle de deserti, sa répartition en Iran est calquée sur celle des déserts. Elle
débute à l’ouest en région de Téhéran puis, vers le sud, suit les contreforts du Zagros dans les régions
d’Esfahan, Yazd et Kerman jusqu’au Balouchistan; au nord elle coïncide probablement avec la
bordure septentrionale du Dasht-i-Kavir jusqu’en région de Mashad.
Nos observations confirment cette distribution. Nous l’avons rencontrée dans les régions
de Saveh, Bam, Zahedan (surtout près de Tale-shahr où elle pullulait), Daman, Karvandar, Iranshahr,
Chaderaz, Espakeh, Shileh, Zabol, Sefidabeh, Hosein-ubad, Sahl-abad, Omran-abad et Mehr-abad.
Cette Alouette fut toujours notée sur les plateaux dans des milieux à sol meuble, pas obligatoi¬
rement sablonneux, mais toujours avec un tapis serré ou clairsemé de basses touffes herbacées,
parfois avec de petits buissons épineux très disséminés.
Un jeune voletant fut capturé le 11 mai à 50 km au sud de Zahedan vers Khash.
Le 23 avril nous observâmes un représentant de cette espèce sur un plateau pierreux mais
à substrat sablonneux, recouvert d’une maigre steppe d’armoise près de Chahar-berkeh; non loin
de là, au pied de pentes à éboulis se tenaient des A. deserti ce qui nous permit de comparer les deux
espèces et d’afîermir notre identification. Il importerait de recueillir des précisions sur sa présence
dans le Laristan.
Alaemon alaudipcs doriae, (Salvadori)
9 Bandar-abass, mai (AP : 116); <J près Bampur, 12 mai (AP : 136); rj (AP : 140) et 9 (AP : 127), 50 km
sud-est de Zahedan, 15 mai; $ (AP : 142), 9 (AP : 126) et juv. (AP : 128) près Zahak, 17 mai.
La femelle collectée à Bandar-abass est remarquable par sa petite taille qui rejoint celle
du spécimen (également Ç, AP : 112) sur lequel Salvadori décrivit doriae de la même localité et qui
s’oppose aux fortes dimensions de nos autres spécimens. Nous l’avons soumise au Dr Vaurie qui
nous a adressé la réponse suivante :
« Your little female speciinen of Alaernon from Bandar-abass is very annoying. 1 now bave only two females
lefl from the Koki.z collection which hâve a wing lenglh <*f 124 + and 126, wherens your bird measuros only 116.
However one female la ken by Z*nunNY measures only 118. I saw this last bird whnn I was sltidying the Alaudidae
for my 1951 paper, and wrote then the mention « juv » on ils label. I did not mean then that it was rcally immature
and it would bave been more correct tu say thaï it is « sub-udull ». I Ihink this is the case with your specimen also.
I cannot prove it, but I had studied these lards very thoroughly in 1951 and could recognize the plumages. I may
say that I hâve compared your bird also with desertorum which is similar to doriae in coloration, but smaller as nino
females of desertorum bave a wing length of 106-115 (110) and a shorter bill Your bird has a short bill also, and is
similar to both doriae and desertorum in coloration, What shall we do ? I think again that il would not be wise to
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
include desertorum in the avifauna of Iran on suc!» unsatisfactory evidence, and, if 1 were you, I would call my bird
doriae, especially if ail the other specimens you colleeted ware large, but I would say thaï it is small and not « typical »,
but probably not fully adult. »
Nous avons cherché à traduire dans le tableau suivant la variation de taille (en considérant
la longueur d’aile pliée) de l’espèce dans son aréa.
Variation de la longueur d’aile chez Alaemon alaudipes
A. a. boavistae
Cap Vert.
A. a. alaudipes
Mauritanie
Algérie.
Tunisie .
Tassili N’Aijer.
Tchad .
Égypte .
Syrie-Palestine
A. a. desertorum
Soudan .
6 SS
123-127 (125,3)
2 22
110-112
l 2
113
9 SS
121-129 (126,4)
7 29
112-124 (115,2)
7 SS
121-136 (128,4)
3 22
114-125 (118,3)
3 SS
127-129 (128)
2 SS
128-129
l 2
113
3 <?,*
124-128 (126)
4 SS
131-140 (133,5)
1 ?
124
2 SS
123-125
1 9
110
Abyssinie + Somalie....
Arabie du Sud
10 SS
9 22
(Jidda -f Aden +
7 SS
Iladramaut) .
5 22
Arabie du Centre.
Arabie du Nord-Est
l 2
(Oman + llufuf).
. a. doriae
Iraq -f Iran du sud-
5 SS
2 22
ouest (Ahwaz).
Iran de l’Est (du Khora-
8 SS
san au Balouchistan) ..
5 SS
2 22
Côte du Mekran.
4 SS
3 22
Sind .
20 SS
10 22
122-130 (124,9)
100-122 (113,5)
129- 140 (133,7)
113-125 (118,8)
136
130- 139 (134,2)
118-121
131-136,5 (134,5)
136-142 (139,2)
126-127
133-136 (135)
114-122 (117,6)
130-143 (135,4)
116-121 (118,8)
Les populations du Sahara paraissent assez stables mais toutefois un matériel plus impor¬
tant mettrait vraisemblablement en évidence un léger « cline » d’accroissement de longueur d’aile
quand on se rapproche des populations nettement plus grandes du Proche-Orient. Un gradient
de variation relie nettement les petites populations desertorum aux grandes doriae. Si l’on examine
les mensurations des oiseaux du plateau iranien que nous donnons et celles citées par Vaurie (1951 c)
et Paludan (1959), il apparaît que ces oiseaux constituent l’extrémité orientale et le maximum
d’un cline. Les sujets du Sind et du Mekran s’avèrent légèrement mais distinctement plus petits
aussi peut-on penser que ceux de la côte du détroit d'Honnoz font biogéographiquement partie du
même peuplement ; ainsi, sans pour cela exclure l’hypothèse de subadultes, s’expliquerait la faible
taille de notre spécimen et du type (femelle) doriae de Salvadori.
Il conviendrait évidemment, pour acquérir une certitude, de recueillir un matériel plus
important.
Dans le cas présent, nous serions tentés en accord avec Vaurie (in litt.) lorsqu’il nous écrit :
« 1 hâve lost inost of my faith in the subspecies concept, and now would use subspeci&s only in very excep-
lional cases when not to do so miglit be misleading systematically. In other words when we are dealing with a
subspecies which may not be a subspecies at ail, but a separate species. In addition to such doublful cases on the
borderline hetween species and subspecies, a trinomial (subspecies) should be reserved for forms which represent.
elearly a distinct evolulionary line, or for large and distinct groups of populations within one species. Ordinary
geographicul variation (clines or even local forms) should be mentinned without resorting to subspecies (and of
course, spécial nomenclature). This would represi-nt a great. simplification which would be doser to biological
truth and one would be relieved of the lask of dofining ranges (sometimes more or less arbitrarily) and of forcing
inlo lhe.se ranges populations or individuel specimens which do not quite « fit » the pattern. At présent we just
say thaï we cannol expect evory specimen to show the requisile charactors, and we hâve 75 per cent « rules » or such
nonsense. »
de no reconnaître que 3 sous-espèces chez Alaemon alaudipes: boavistae (Harteht), forme brune
dos lies du cap Vert, alaudipes (Desfontaines) forme fauve du Sahara au Proche-Orient et deser¬
torum (Stanley) forme grise de la côte africaine de la mer Rouge au Moyen-Orient jusqu’à la vallée
de l’indus. Utant entendu qu’au sein de l’espèce, on remarque une augmentation clinale de la taille
s’effectuant selon deux directions convergentes, l’une partant du nord-ouest de l’Afrique et l’autre
de la mer Rouge, toutes deux atteignant un maximum de dimension sur le plateau iranien, maximum
qui justifiait aux yeux de certains l’appellation particulière de doriae pour désigner les populations
les plus orientales.
Source : MNHN, Paris
70
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Ce Sirli habite l’Iran depuis le sud du Khorasan jusqu’à la région de Kashan (sa distribution
le long de la frange nord du Dasht-i-Kavir est mal définie), la bordure méridionale des déserts cen¬
traux du pays, les plateaux séparant le Dasht-i-Kavir et le Dasht-i-Lut, ceux du nord-est du Fars
et du Kirman, puis le Séistan, le Balouchistan et la plaine côtière du golfe Persique.
Nous l’avons observé en petit nombre sur la plaine côtière à Bandar-abass dans les zones
arénacées garnies d’une maigre végétation herbacée ainsi que dans la sansouire littorale mais appa¬
remment non cantonné. Il était régulièrement présent sur la steppe claire des plateaux bordant
le désert du Lut entre Kahoorak et Zahedan, ainsi qu’en région de Zahedan jusqu’à Karvandar
mais pas dans les terrains accidentés ou trop caillouteux ou dans les milieux trop buissonneux.
Plus au sud, nous l’avons rencontré d’Iranshahr à Espaheh sur les sols meubles recouverts de steppe
claire, parfois même de peuplements arbustifs lâches ainsi que dans les zones de contact de la « forêt »
dégradée à épineux et tamaris et du désert de sable entre Chahderaz et Espakeh. Entre Mirjaveh
et Zahedan puis entre Shileh et Zabol il était fréquent dans les biotopes arénacés plats, parsemés
de touffes herbacées ou arbustives mais jamais sur les sols nus : il est remarquable que, dans les
grandes étendues sableuses privées de végétation, dès qu’apparalt une plage de touffes herbacées
d’une centaine de mètres de côté, ce Sirli y est cantonné. Plus au nord, nous l’avons rencontré de
manière sporadique sur les plateaux, toujours dans des milieux identiques, jusqu’à Omran-abad.
D’une manière générale, nous n’en avons guère vu au-dessus de 1 600 m et jamais sa densité nous
parut forte.
Ces oiseaux s’observaient surtout le matin de bonne heure et le soir, c’est-à-dire pendant
les périodes de la journée où la température n’était pas trop élevée. Plusieurs familles furent notées
au Séistan : dans tous les cas il s’agissait du couple accompagné de 2 jeunes volants.
Calandrella cinerea artemisiana Banjkovski
<J Persepolis, 17 avril (AP : 92) ; (J Birjand, 2'» mai (AP : 92); $ (AP : 95) et ? (AP : 88) Dooghaei, 27 mai;
8 cJcî (AP : 90, 90, 91, 92, 93, 94, 94, 95) et $ (AP : 89) Robat-gharbil, 28 mai.
Notre matériel confirme les écrits de Vaurie (1951 c). Nos spécimens du Khorasan, comparés
à une petite série que nous avons ramenée de Turquie (1 et 1 $ Dogubayazit, 9 juin; 3 et
1 $ Mohan Gôlü au sud d’Ankara, 16 juin) montrent une tendance vers longipennis (Eversmann)
par leur bec dans l’ensemble plus court et moins comprimé latéralement et par l’absence de teinte
roussâtre à la calotte.
Cette Calandrelle semble répandue en Iran mais il serait bon de préciser sa distribution
exacte notamment en fonction de l’altitude ainsi que dans certaines régions où elle ne parait pas
nicher comme le Séistan, le sud du Balouchistan et la côte du golfe Persique. La littérature existante
traduit une répartition clairsemée qu’il conviendrait de compléter.
Nous avons rencontré l’espèce en petit nombre les 17 et 18 avril dans les cultures à l’ersepolis
et sur des plateaux caillouteux à maigre steppe herbacée entre cette localité et Saadat-ahad. Quel¬
ques groupes furent repérés le 20 avril dans les Chenopodiacées au lac de Mahurloo. Par la suite,
nous n’en vîmes plus jusqu’à Birjand le 24 mai. Dès lors, dans tout le Khorasan elle se montra
régulièrement et en assez bon nombre sur les chaumes des cultures céréalières et sur les plateaux
à steppe herbacée d’Armoise. Elle pullulait littéralement sur ces derniers entre Bodjnoord et Dasht;
partout des chanteurs se faisaient entendre et plusieurs oiseaux furent observés portant de la nourri¬
ture au bec. Entre Dorlat-abad et Gorgan, nous en remarquâmes encore mais sous une densité
bien plus faible, sur les terrains cultivés. Sur le littoral de la Caspienne (entre Babolsar et Chalus)
nous en notâmes çà et là en bordure des dunes, ce qui confirme les vues de Schuz (1959) qui présume
que « einzelne oder Paare... môglicherweise im Vordünenbereich gelegentlich zur Brut schreiten #.
Dans le nord-ouest du pays, nous avons constaté sa présence dans des milieux steppiques ou parfois
cultivés en vallée de la Zandjan entre Tazeh-kand et Sarcham, entre Tabriz et Sofian puis dans
les régions de Shahpoor, Khoy, Makoo et Bazargan.
Calandrella rujescens pcrsica (Sharpk)
2 (Jcî (AP ; 100) ot 1 ? (AP : 92), région do Zabol, Séistan, 19 mai.
D’après Zarudny la Pispolette habite l’ensemble de l’Iran à l’exception du sud du Bnlou-
chistnn, du littoral du golfe Persique et du Khuzestan. Cet auteur souligne qu'elle n’est vraiment
abondante qu’au Séistan, dans la vallée de l’Hari-Hud et dans le Zagros. A l’irnage de l’espèce pré-
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
71
cédente, sa répartition mérite d’être plus soigneusement définie, par exemple niche-t-elle dans le
massif de l’Elbourz ? le fait-elle vraiment dans tout le Zagros ? qu’en est-il au Khuzestan où
Woosnam en collecta un sujet le 2 avril à Ramhormoz et où Môrike la vit au mois de février dans
la région d’Ahwaz, s’agissait-il uniquement de migrateurs ?
Nous l’avons rencontrée le 20 avril à Maharloo sur la sansouire bordant le lac, le 20 mai
dans les zones où se côtoient steppe et cultures en région de Zabol, le 23 mai à Khoshareh et le
29 mai entre Gonbad-cavous et Gorgan dans des milieux analogues. Le 30 mai sur le littoral de la
Caspienne entre Babolsar et Nur-abad, nous en repérâmes 2 couples sur des plages herbeuses en
bordure des dunes; la nidification y serait à confirmer (cf. Scuuz 1959). Le 6 juin nous retrouvâmes
la Pispolette en plusieurs occasions entre Zandjan et Miyaneh dans des cuvettes caillouteuses
tapissées de végétation herbacée basse à proximité de cultures en bordure de la rivière. Le 8 juin,
nous en vîmes sur les rivages du lac Rezaiyeh entre Sharafkhaneh et Shahpoor. Toutefois nous
ne l’avons observée en nombre qu’au Séistan.
Calandrella raytal adanisi (Hume)
2 Si Bandar-abass, 30 avril (AP : 86).
Vaurie (1959) n’a pas inscrit cette Calandrelle dans sa liste systématique des oiseaux du
Paléarctique, ne l’ayant pas trouvée dans les importantes collections recueillies en Iran par Zarudny
et Koelz. Dans son travail de 1951, il laissait entendre qu’il mettait en doute les écrits de Ticeiiurst
(1927) lorsque celui-ci déclarait que cet oiseau avait été trouvé nicheur à Jask sur la côte du Mekran
perse et qu’il avait eu en main des peaux provenant de Bandar-abass. Nous avons examiné dans
les collections du British Muséum 2 sujets provenant de cette localité mais sans dates de capture;
les spécimens furent envoyés pour identification à Witherby par G.A.J. Currie qui déclarait
avoir tué l’un d’eux sur le nid. Nous avons fréquemment (7 couples sur 1 km) observé l’espèce dans
cette région; elle s’y reproduit sûrement comme en témoignent le fait qu’elle soit apparemment
très sédentaire, les comportements territoriaux remarqués et l’activité des gonades des sujets collec¬
tés. Nos spécimens furent recueillis dans la sansouire littorale : lande basse à Salicornes sur substrat
limoneux, salé et inondable, biotope caractéristique de cette espèce qui se montre d’ailleurs exclu¬
sive dans le choix de son habitat. Il est donc fort probable comme le suppose Ticehurst que l’aire
de reproduction de Calandrella raytal se prolonge depuis le Sind, le long de la côte du Mekran, au
moins jusqu’à Bandar-abass.
In nalura elle se reconnaît très bien à ses parties supérieures gris argenté rayées contrastant
avec les inférieures très blanches. Elle évoque une petite Pispolette très claire et non fauve, à poitrine
bien plus finement et moins densément striée et au bec bien plus mince, n’ayant rien à voir avec
le bec conique et trapu de C. rufescens persica. Le chant demeure de type Calandrella mais les cris
roulés, ont un timbre argentin bien particulier.
Melanocorypha calandra psammochroa Hartert
2 Si (AP : 136, 138) et 3 ?? (AP : 118, 120, 122), 10 km sud do Saveh, 15 avril; <J (AP : 1361 et? (AP : 117)
Pcrscpolis, 17 avril; 3 Si (AP : 130, 132, 132) et 2 ?? (AP : 118, 125) Fasa, 21 avril; S (AP : 133) Shirvan-Baikan
27 mai.
Nous avons comparé notre matériel d’Iran à celui que nous avons ramené de Turquie (6 SS
des 20 et 24 mars et 2 9? du 16 juin à Gôlbasi au sud d’Ankara et 1 S du 10 juin d’Eleskir sur le
plateau arménien). Nos spécimens sont en plumage usé, néanmoins ceux d’Iran diffèrent nettement
de ceux de Turquie par îeur couleur générale fauve non pas grise; ils correspondent à la diagnose
de psammochroa. Seul le sujet de Shirvan, Nord-Khorasan, présente une livrée plus grise que ceux
de Saveh et du Fars et se rapproche de calandra (L.) mais il est toutefois plus clair que les oiseaux
turcs et conserve une nuance fauve dans les teintes. Son aspect foncé est vraisemblablement dû à
l’usure des plumes qui ont perdu leurs bordures fauves mais il est quand même plus sombre que des
sujets du Fars dans le même état de plumage. Rappelons qu’en Iran la sous-espèce type habite le
nord-ouest du pays et le Zagros occidental jusqu’au Laristan. Sur le littoral méridional de la Cas¬
pienne, Woosman (in Witherby 1910) et Scuuz (1959) ont collecté en mars des sujets peu différents
de la race nominale; Paludan (1940) fit la même remarque sur ses spécimens de Fasalabad, à l’est
de Gorgan, recueillis en juillet. Il conviendrait d’obtenir du matériel en plumage frais d’automne
du nord de l’Iran avant de se prononcer sur l’existence de calandra de l’Azerbaïdjan à la région
Source : MNHN, Paris
72
[R1ST1AN ÉRAHL) ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
de Gorgan. Le fait serait très vraisemblable car les conditions écoclimatiques diffèrent énormément
suivant que l’on est au nord ou au sud de la chaîne de l’Elbourz. Si cela était vérifié on compren¬
drait que les oiseaux des plateaux du cours supérieur de l’Atrek (Shirvan) tendent par leur colo¬
ration vers la race nominale. Notre matériel ne nous permet pas d’ajouter utilement aux écrits
de Vaurie (1951 c) sur les variations géographiques des populations iraniennes de cette Alouette.
La Calandre est répandue dans le nord-ouest et le nord de l’Iran jusqu’au Khorasan (région
de Mashad) et dans le Zagros. Selon Zarudny elle existe également mais en petit nombre dans
le « Kuhistan-Kirman » c’est-à-dire dans le sud du Khorasan et le Kirman actuels. Sa répartition
serait à préciser et son écologie à étudier car maints endroits apparemment favorables sont inoccupés.
Nous l’avons observée régulièrement et en grand nombre de la région de Saveh au Fars
jusqu’à Lar, puis dans le Khorasan (depuis Séfil-abad en région de Mashad) et le Mazandaran jus¬
qu’en région de Sari et enfin dans le nord-ouest de l’Iran (régions de Soltanieh, Zandjan, Tabriz,
Sofian et Makoo).
Cette espèce affectionne les champs de céréales où elle paraît confinée bien qu’elle se montre
parfois dans la steppe herbacée lorsque celle-ci jouxte les cultures. Des groupes de 50-60 individus,
furent repérés le 16 avril dans la steppe pure sur les plateaux entre Shahreza et Abadeh, mais ne
s’agissait-il pas encore d’oiseaux en déplacement ?
Melanocorypha bimaculata (Ménétries)
a) M. b. bimaculata (Mén.) : <J (AP : 123) Shahpoor-Khoy, 8 juin.
b) Ai. b. torquata (Blxtii) : 5 (AP : 116, 118, 118, 121, 121) Akhlamad 27 mai; $ (AP : 114) Shirvan-
Baikan, 27 mai; ? (AP : 115) Ash-khanoh, 28 mai; 4 36 (AP : 117, 117, 121, 122) Robat-gharbil, 28 mai.
Deux races habitent l’Iran : bimaculata le nord-ouest du pays et le Zagros jusqu’au Kirman
et torquata le Khorasan. Nos spécimens sont tous en plumage usé ce qui nous permet de confronter
nos vues à celles de Vaurie (1951 c). A ce matériel nous avons adjoint 3 36 (AI* = 124, 125, 127),
obtenus les 9 et 10 juin en Turquie sur le plateau arménien entre Bazargan et Eleskirt. Ces der¬
niers et le sujet de la région de Shahpoor ne diffèrent guère des autres. Les parties supérieures pré¬
sentent un fond de teint un peu plus roussâtre et moins gris, surtout au niveau du croupion et des
sus-caudales. Nous ne constatons pas de différence marquée dans l’intensité et la densité de la
striation dorsale; le collier pâle de bimaculata est tout aussi nettement décelable chez la plupart
de nos sujets du Khorasan. Ainsi nos spécimens du plateau arménien turco-iranien ne se distinguent
de ces derniers que par leur taille légèrement plus grande et par une nuance roussâtre dans les teintes.
Ces caractères nous semblent bien faibles pour une distinction subspécifique; il en va d’ailleurs
vraisemblablement de même avec la race rufescens de laquelle nous n’avons vu qu’un nombre réduit
de représentants. L’espèce variant géographiquement de manière clinale (Vaurie 1959 b) ne serait-il
pas plus judicieux de ne lui reconnaître aucune sous-espèce ? Seule l’étude d’un matériel plus impor¬
tant où les diverses populations seraient représentées par des séries tant en plumage frais qu’en
plumage usé, permettrait de conclure.
Cette Calandre, bien plus montagnarde que la précédente est un habitant typique des steppes
d’altitude. Elle habite l’Iran, du Khorasan à l’Azerbaïdjan ( quid dans l’Elbourz ?) et du Zagros
au Kirman. Sa répartition serait à préciser surtout en fonction de l’altitude.
In natura elle se différencie très bien de M. calandra par les marques blanches à l’extrémité
de la queue et par l’absence de bande blanche à la bordure postérieure de l’aile. Son chant est éga¬
lement plus court, moins soutenu et comporte moins de notes grinçantes. Nous ne l’avons pas ren¬
contrée dans le Zagros mais en revanche elle était abondante dans le nord du Khorasan entre Chc-
naran et Dasht puis en Azerbaïdjan entre Shahpoor et Bazargan (le peuplement se poursuit au-delà
sur le plateau arménien turc).
Elle affectionne les terrains ondulés recouverts de steppe d’Armoisc ou autres plantes her¬
bacées. Elle apparaît aussi dans les petites zones de cultures claires de céréales au milieu de la steppe.
Les deux Calandres cohabitent en de nombreux points du Khorasan et d’Azerbaïdjan : calandra
s’installe alors uniquement dans les grandes étendues de céréales en terrain plat alors que bimaculata
s'établit sur les valonnemenls steppiques; ceci était particulièrement net entre Shirvan et Bodjnoord.
Le 27 mai, un comportement de diversion (oiseau simulant une fracture de l’aile) fut observé
près de Chenaran.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
73
Eremophila alpestris albigula (Bonaparte)
‘28
2 33 (AP : 113, 114) et 1 $ (AP : 108), 10 km nord d’Assad-abad, 26 mai; ? (AP : 108) près Chaman-bid,
Habitant les pelouses alpines, cette espèce se rencontre en Iran sous deux races : penicillata
(Gould) dans le Nord, à l’est jusqu’à la région de Gorgan, le Nord-Ouest et le Zagros jusqu’au Fars
et albigula dans le Khorasan, la région de Yazd et le Kirman.
Les spécimens que nous avons collectés sont typiquement albigula , ils diffèrent des peni¬
cillata de Turquie orientale (1 ^ et 2 Ç$, col de Tahir, 10 juin) auxquels nous les avons comparés
par l’absence de jaune soufre au front, aux côtés de la tête et à la gorge. Le dimorphisme sexuel
est très apparent in natura: la Ç se distingue nettement du 3 par l’absence de dessins noirs bien
marqués à la face, elle n’a qu’un plastron noirâtre et de vagues indications de cette couleur aux
moustaches et au-dessus de l’œil; de plus, chez elle, le dessus de la tête et le haut du dos ne sont
pas lavés de vineux.
Nous avons observé l’Alouette hausse-col assez communément le 26 mai sur des croupes
caillouteuses recouvertes de steppe herbacée rase dans le secteur du col situé au nord d’Assad-abad
puis en montagne en région de Séfil-abad. Le 28 mai de rares couples furent localisés parmi les nom¬
breuses Calandrelles sur un plateau à steppe d’Armoise entre Chaman-bid et Robat-gharbil. Le
30 mai nous en revîmes sur les « alpages » de l’Elbourz entre Chalus et Karadj.
Galerida cristata magna (Hume)
3 33 (AP : 111, 111, 112) région de Téhéran, 9 et 14 avril; 3 (AP : 107) 10 km sud de Saveh, 15 avril; 3 33
(AP : 108, 109, 111), 2 $Ç (AP : 102) et 1 ind. (AP : 105) Persepolis, 15 et 17 avril; 3 (AP : 110) et $ (AP : 103) Fasa,
21 avril; 2 33 (AP : 111) et ? (AP : 104) 30 km est de Janrom, 22 avril; $ (AP : 103) Mansor-abad, 22 avril; (J
(AP : 109) Chahar-berkeh, 23 avril; 2 33 (AP : 109, 110) près Berkeh-sang, 23 avril; 2 33 (AP : 109, 111) et 2 $$
(AP : 99, 102) Bandar-abass, 25 avril au 1 er mai; $ (AP : 103) 40 km est de Bam, 7 mai; 3 33 (AP : 111, 112, 113)
et 4 W (AP : 97, 97, 102, 102) Zahedan, 10 et 14 mai; 3 (AP : 111) Zarak, 17 mai; 2 33 (AP : 106, 111) Zabol, 19
et 20 mai; tJ (AP : 110) Akhlamad, 27 mai; 3 (AP : 110) Shirvan, 27 mai; V (AP : 102) Shabestar, 7 juin;çf (AP : 111)
10 km est Shahpoor, 8 juin.
Vaurie (1951 c), étudiant les importantes collections ramenées par Koelz et par Zarudny
a montré, sur du matériel en plumage frais que les Cochevis d’Iran appartiennent à la race magna
(Hume) à l’exception des populations du nord du pays à l’ouest de la région de Téhéran, du Kurdis¬
tan, du Khuzestan, du Zagros jusqu’au Luristan et peut-être de l’Elbourz qui se rapportent à
subtaurica (Kollibay). Nos spécimens étant en plumage usé il est difficile d’y percevoir avec netteté
les caractères subspécifiques de coloration, toutefois comparés aux subtaurica capturés dans le
même état de plumage en Turquie (5 33 et 2 $Ç de la région de Çorum et de Golbasi au sud d’Ankara),
ils apparaissent bien plus fauves, moins densément rayés aux parties supérieures et à la poitrine
et ne diffèrent pas des peaux de magna obtenues à la même époque auxquelles nous avons pu les
confronter en musée. Les 2 spécimens d’Azerbaïdjan (Shabestar et Shahpoor) que l’on supposerait
à priori différents de magna ne s’en distinguent en fait pas. Ils s’avèrent bien moins gris que ceux
de Turquie, toutefois celui de Shahpoor présente quelques tendances grisâtres et paraît d’une
manière générale plus pigmenté et plus rayé sur le dos. Nous les identifions magna et non pas
subtaurica; mais avant de contredire Vaurie il serait souhaitable de recueillir un important maté¬
riel en plumage frais, car l’abrasion des plumes peut être responsable de la différence de teinte,
accusée par la variation individuelle dont nos deux spécimens ne permettent pas de définir les marges.
Cette Alouette si répandue fut communément observée partout où nous sommes passés
sauf sur le littoral de la Caspienne à l’ouest de Sari. Elle était présente pratiquement dans tous les
milieux traversés, sa densité variant avec l’aridité et surtout la couverture végétale du milieu. Dans
les étendues dépourvues de touffes herbacées et trop pierreuses ou trop sablonneuses, elle dispa¬
raissait. Son peuplement nous parut clairsemé sur les steppes herbacées denses ou trop^ arborées.
Elle semblerait occuper en Iran les milieux que se partagent cristata et theklae en Afrique'du Nord.
Un nid terminé mais ne contenant pas encore d’œufs fut découvert le 15 avril sous une
touffe herbacée sur la steppe dégradée en région de Saveh. Des jeunes sortant du nid furent notés
le 5 mai au sud de Sabzevaran; d’autres presque émancipés le furent le 7 mai en région de Vakil-
abad et de Fahraj.
Source : MNHN, Paris
74
CHRISTIAN ÉRAI(I) ET ROBERT-DANIEL ETCHECOI’AR
Alauda arvensis L.
Sous la race cantarella (Bonaparte), l’Alouette des champs habite le nord de l’Iran jusqu’à
la région de Gorgan et le Zagros jusque dans le Fars et aux alentours de Yazd et de Kirman. Dans
le Khorasan, cette sous-espèce est remplacée par dulcivox (Hume). La distribution de l’espèce serait
à préciser entre autres au Khuzestan où tous les spécimens cités dans la littérature sont des hiver¬
nants ou des migrateurs.
Nous l’avons notée en petit nombre dans les cultures céréalières en région de Saveh, de Per-
sepolis et entre Fasa et Jahrom; également sur une maigre steppe herbacée entre Shahr-estakhr
et Saadat-abad. Elle était communément observable dans le Khorasan entre Sefil-abad et la région
de Gorgan principalement dans les zones cultivées. Elle fut également rencontrée çà et là dans
des céréales et des friches sur le littoral de la Caspienne et sur les pelouses alpines dans l’Elbourz
entre Chalus et Karadj puis dans des cultures entre Tabriz et le lac Rezaiyeh et sur les steppes
d’altitude entre Khoy et Makoo.
Alauda gulgula inconspicua (Severtzov)
4 (AP : 96, 98, 98, 100) el 1 Ç (AP : 90) Zahedan, 10 mai.
L’Iran constitue la limite occidentale de l’aire de reproduction de cette Alouette qui fut
longtemps considérée comme une race d 'Alauda arvensis. Vaurie (1951 c) a étudié les caractères
morphologiques permettant de la distinguer de cette dernière et analysé soigneusement les zones
de chevauchement de leurs aires de répartition, ce qui l’a conduit à les séparer spécifiquement.
Zarudny (1911) donne gulgula nicheuse en vallée de l’Hari-Rud et, en petit nombre, au Kuhistan-
Kirman. C’est à cette citation que se réfère Vaurie pour indiquer la coexistence des deux espèces
en région de Yazd et de Kirman bien que Zarudny ne nomme aucune localité dans son tableau.
Nous croyons qu’en parlant du Kuhistan-Kirman, Zarudny a plutôt voulu dire que gulgula se
rencontre dans cette vaste zone qui couvrait à l’époque le sud du Khorasan, le Kirman et la région
de Yazd actuels et, si l’on se réfère au découpage des régions ornithologiques de cet auteur, (qui,
de plus, n’a pas prospecté le Kirman actuel) pensait-il vraisemblablement à la partie du Khorasan
actuel contiguë du bassin de l’Hari-Rud (région de Ghaen par exemple), localisation plus logique
que celle de Yazd. 11 ne nous semble donc pas prouvé que les deux espèces cohabitent en Iran bien
que cela puisse être possible dans le Khorasan (au sud de Mashad).
Sur le terrain, A. gulgula ressemble à une petite Alouette des champs mais elle a une colo¬
ration générale fauve roussâtre et non pas grise, surtout à la tête où les plages claires du sourcil
et de la gorge ne paraissent pas blanc pur; de plus, ses rémiges primaires sont frangées de roux.
Elle évoque un peu une Pispolette plus pigmentée qui aurait le dessus de la tête et le dos densé¬
ment rayés, dont les stries pectorales seraient plus accusées, surtout sur les côtés, et qui aurait un
bec plus long et bien plus mince.
Nous l’avons entendue émettre des « bssiit » typiques, un peu nasillards, que nous ne connais¬
sions pas du répertoire d'arvensis. Le chant tout en demeurant du type Alouette des champs avait
des accents nettement différents et nous parut plus mélodieux et moins jubilatoire, véhément
certes mais pas aussi ardent; les phrases étaient plus courtes et plus stéréotypées et ne comportaient
pas de transposition de la voix d’autres oiseaux. Il est émis en vol : l’oiseau s’élève, tourne et descend
comme une Alouette des champs. Il est si caractéristique que c’est grâce à lui que nous avons pu
choisir les spécimens collectés. Nous avons rencontré l’espèce dans les cultures irriguées de céréales
et luzernes en région de Zahedan, entre Chahdcraz et Bampur, à Joon-abad, à Lariz et au Séistan,
en région de Zabol. Elle n’était vraiment commune qu’à Zahedan : une vingtaine de chanteurs sur
10 ha de jardins. Nous en avons également vu et entendu de rares sujets sur de la steppe herbacée
basse le 8 mai près de Tale-shahr, au nord-ouest de Zahedan, et le 15 mai près de Joon-abad. Elle
serait à rechercher dans tout l’est de l’Iran.
MO TA CILLIDA E
A nthus campestris (L.)
2 (AP : 95, 97) près Chaman-bid, Khorasan, 28 mai; <$ (AP : 97) près Shahpoor, 8 juin; 9 (AP : 90)
15 km sud de Khoy, 8 juin; V (AP : 88) Makoo-BazarKan, 9 juin
L’espèce se rencontre dans le nord de l’Iran, de l’Azerbaïdjan (et du nord-ouest du Zagros ?)
au Khorasan. Selon Vaurie, les oiseaux du Khorasan appartiennent à la race griseus Nicoll
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
75
les autres à la nominale. Nos spécimens sont en plumage usé aussi n’y décelons nous aucune diffé¬
rence justifiant une distinction subspécifique; ils sont semblables à des sujets de Turquie collectés
en juin. Si l’on considère les écrits de Vaurie (1959 b) et ceux de Hall (1961) on constate que les
divergences de vue de ces deux auteurs s’expliquent par l’aspect clinal de la variation géographique
des populations de ce Pipit qu’il nous semble préférable de ne pas fragmenter en races mal définies.
Nous avons observé le Pipit rousseline en migration le 27 avril dans des dunes à l’île de
Gheshm et le 1 er mai à Bandar-abass. Il était répandu (chanteurs) sur les steppes et près des cultures
les 28 et 29 mai dans le nord du Khorasan et l’est du Mazandaran (de Mehmanak à Shah-pasand)
puis les 8 et 9 juin en Azerbaïdjan de Shahpoor à Bazargan (et au-delà). Des adultes nourrissant
des jeunes au nid furent observés le 8 juin au bord d’une tourbière d’altitude entre Shahpoor et
Khoy.
Anthus t. trivialis (L.)
(? (AP : 90), 10 km nord de Téhéran, 10 avril; <J (AP non mesurable) et Ç (AP : 89) Bandar-abass, 30 avril.
Le Pipit des arbres semble nicher en montagne dans le nord de l’Iran jusqu’en région de
Gorgan (Blanford 1876, Zarudny 1892, Witherby 1910, Stresemann 1928, Scuuz 1957 a). Il
ne paraît pas le faire dans le nord-ouest du Zagros où Paludan (1938) a toutefois collecté une $ le
12 mai à Bishe-Porem, Luristan. Nous avons observé de très nombreux migrateurs les 10, 11 et
13 avril à Téhéran et ses alentours dans les vergers sur cultures irriguées : jusqu’à 20 oiseaux ensemble;
des chants furent entendus. Quelques sujets furent également notés dans le parc de l’Institut Pasteur
en plein centre de la ville. Le 19 avril, 2 de ces oiseaux furent remarqués dans des jardins à Persepolis
et des isolés ou de petits groupes les 27, 28 et 30 avril à l’île de Gheshm et à Bandar-abass. Un chan¬
teur fut entendu le 31 mai dans l’Elbourz entre Chalus et Karadj à la limite supérieure de la forêt :
dans ce cas il semblait s’agir d’un nicheur.
Anthus p. pralensis (L.)
Le Pipit farlouse ne semble pas nicher en Iran toutefois Trott (1947) a collecté une femelle
isolée le 10 juillet en vallée de Lar dans l’Elbourz et Meiklejohn (1948) dans la partie haute de
la même vallée a observé l’espèce quotidiennement du 8 au 13 juillet 1946.
Nos observations se résument à quelques sujets les 9 et 11 avril, près de la rivière salée en
région de Robat-karim et dans les vergers sur cultures irriguées à 10 km au nord de Téhéran.
Anthus cervinus (Pallas)
c? (AP : 83) Ile de Gheshm, 26 avril.
Des migrateurs furent notés en petit nombre dans la sansouire littorale à Bandar-abass et
à l’ile de Gheshm les 26, 27 et 28 avril; d’autres furent également localisés dans les cultures irriguées
le 10 mai à Zahedan.
Anthus spinolelta (L.)
Sous la race couleüii (Audouin) le Spioncelle niche dans le nord de l’Iran (vers l’est jusqu’en
région de Gorgan) et vraisemblablement dans le Zagros (Blanford a obtenu un <$ en juillet entre
Shiraz et Isfahan). Nous observâmes deux migrateurs le 9 avril au bord de la rivière salée en région
•le Robat-karim puis quelques chanteurs le 31 mai sur les « alpages » dans l’Elbourz entre Chalus
et Karadj. Le 7 juin, un couple fut noté au bord du lac Rezaiyeh près de Sharafkaneh. Il devait
y avoir un nid mais nous ne pûmes le découvrir.
Motacilla / lava L.
a) M. /. thunbergi (Biu.bf.rg) : 2 (AP : 80, 82) Ile de Gheshm, 27 avril; £ (AP : 84) Bandar-abass, 28 avril;
2 <J>Î (AP : 80, 87) Zahedan, 10 mai; J (AP : 80) Hosein-abad, 23 mai,
b) M. /. feldegg (Michahbllbs) : <J (AP : 83) Sharafkhaneh, 7 juin; 2 (AP : 84, 88) 15 km sud de Khoy,
8 juin.
c) »»p. ? : ? (AP : 79) Ile de Gheshm, 27 avril; Ç (AP : 77) Bandar-abass, 28 avril.
Sous la race feldegg , la Bergeronnette printanière niche vraisemblablement dans tout l’Iran :
•les renseignements seraient toutefois nécessaires en ce qui concerne le Khuzestan, le littoral du
golfe Persique et le Balouchistan.
Source : MNHN, Paris
76
CHRISTIAN ÊRARD ET ROBERT-I
IEI. ETCHECOPAR
Nous avons observé cette espèce (apparemment thunbergi en migration) le 15 avril (1 sujet)
en région de Saveh, entre le 26 avril et le 1 er mai (nombreux oiseaux) à Bandar-abass et à Plie de
Gheshm et le 10 mai dans les cultures irriguées à Zahedan (trentaine d’individus). Le premier feldegg
fut noté le 19 mai à Zabol où ne furent remarqués, pendant notre séjour au Séistan, que de rares
représentants de cette Bergeronnette dans les zones inondées. Le 23 mai une dizaine de sujets, tant
feldegg que thunbergi , étaient présents dans les champs de céréales à Khoshareh dans l’extrême
sud du Khorasan. Par la suite, du 6 au 9 juin, nous ne vîmes plus que des feldegg, dans le nord-
ouest du pays : près de Miyaneh entre Sharafkhaneh et Tasooj au bord du lac Rezaiyeh et entre
Makoo et Bazargan; les oiseaux nourrissaient des jeunes au nid.
Motacilla c. cinerea Tunstall
Cette Bergeronnette est, selon la littérature, répandue - mais jamais en grande densité -
dans tous les massifs montagneux de l’Iran, surtout dans le nord du pays et le Zagros. Nous l’avons
régulièrement rencontrée au bord des rivières dans le Khorasan entre Dasht et Dorlat-abad puis
dans l’Elbourz entre Chalus et Karadj.
Motacilla alba L.
a) M. a purs ica (Blanpohd) : 2 2? (Al’ : 86, 94) 10 km nord de Téhéran, 10 avril; $ (AP : 95) Fasa, 21 avril;
J (AP : 97) et 9 (AP : 92) Maharloo, 21 avril.
b) M. a. pcrsonala (ftoian) : (AP : 101) et 2 (AP : 90) liirjand, 24 avril; 2 (J(J (AP : 97) Mohamad-abad,
27 mai; c? (AP : 97) et 9 (AP : 92) Chenaran, 27 mai.
La race dukhunensis (Sykes) habite le nord-ouest de l’Iran et le littoral de la Caspienne
jusqu’à la région de Gorgan; du Khorasan au Séistan, elle est remplacée par pcrsonala; ailleurs du
Zagros au Kirman, c’est la race persica. Cette dernière apparaît intermédiaire entre les deux pre¬
mières et présente une grande variabilité phénotypique tantôt vers dukhunensis, tantôt vers pcr¬
sonala. Ainsi, des deux femelles collectées prés de Téhéran, l’une montre une plage noire madrée
de blanc s’étendant du dessous de l’œil à la base du cou entre la calotte et le plastron noirs, l’autre
par contre, a les joues blanc pur avec quelques vagues traces noirâtres au niveau de l’oreille et le
noir de la calotte qui se prolonge sur le dessus du dos rejoint largement celui du plastron, ne laissant
subsister que de très vagues pointes blanchâtres aux côtés du cou (elle ressemble au dessin de
Blanford 1876, p. 233). Les sujets du Fars présentent une patterne céphalique de type dukhunensis
(mais avec des indications noirâtres aux côtés du cou et sur le dessus du dos) et des bordures blanches
aux couvertures alaires pratiquement aussi larges que celles de personata. Il serait utile de recueillir
un matériel plus important afin de préciser comment se répartissent exactement en Iran ces inter¬
médiaires entre dukhunensis et personata car il nous semble que persica soit une race trop variable pour
être reconnue; nous la conservons dans le présent travail avant d’avoir clarifié la question de sa
mise en synonymie avec dukhunensis. Il serait également intéressant de déterminer quelle est la
nature des forces sélectives qui contrôlent le courant de gènes circulant entre dukhunensis et personata
afin de comprendre pourquoi celui-ci affecte une surface si grande en Iran et apparemment beau¬
coup plus réduite dans les autres zones de contact des deux races.
Le collecté le 21 avril à Fasa était en mue des rectrices : la 4 gauche et lu paire centrale
étaient respectivement aux 7/8 et 3/4 de leur croissance. S’agissait-il d’un sujet d’un an ?
Nous rencontrâmes communément des sujets « persica » dans les milieux cultivés, surtout
dans les vergers irrigués entre Ghazvin et Téhéran puis dans la région de cette ville où uneÇcollectée
le 10 avril avait un œuf en formation dans l’oviducte et où des jeunes émancipés étaient présents
le 1 er juin, puis dans les régions de Snveh, d’Isfahan (où l’espèce était abondante le 16 avril le long
de la rivière), de l'ersepolis, de Shiraz (des accouplements furent observés le 21 avril à Maharloo),
de Fasa et de Jahrom. Far la suite nous n’en vîmes plus jusqu’au 24 moi à Birjund, à partir de là
furent régulièrement notés les personata remarquables par l’abondance de blanc sur l’aile et par
la tête noire à l’exception du front blanc se prolongeant latéralement sur les lores et en arrière de
l’œil. Ces oiseaux étaient présents soit dans les zones de cultures soit sur la steppe ou près de celle-ci
soit près des rivières, de la région de Birjand à celle de Gorgan (Dorlat-abad). Des coupleB nourris¬
sant dos jeunos au nid furent notés à Sedeh le 24 mai, à Sefil-abad le 26 et entre Mohamad-abad
et Chenaran le 27; dans cette dernière région certains s’étaient installés dans des puits! Des appels
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
77
notés « pii-tup » ou « piiup » faisant très Moineau nous parurent bien différents des cris habituels
de notre Bergeronnette grise. En région de Gorgan, nous observâmes des « persica » constituant
en fait la transition entre les personata du Khorasan et les dukhunensis du Mazandaran (30 mai
à Behshahr). Des représentants de cette dernière race (moins de blanc à l’aile que personata , calotte
et plastron noirs nettement séparés) furent notés çà et là entre Shenat et Soltanieh (un adulte avec
la becquée le 6 juin sur la steppe près de Khoram-dareh) puis le long de la Zandjan-chay entre
Zandjan et Miyaneh et enfin au lac Rezaiyeh près de Sharafkhaneh.
LANIIDAE
Lanius collurio L.
a) L. c. kobylini (ButurlinI : 3 (AP : 92, 97, 100) et 9 (AP : 92) île de Gheshm. 26 avril; 3 <J,J (AP : 92,
94, 95) Bandar-abass, 28 avril, 1 et 2 mai; £ (AP : 98) 35 km nord-ouest de Minab, 4 mai; 9 (AP : 93) Zahedan,
10 mai; $ (AI 1 : 94) Torbat-heydariyeh, 25 mai.
b) L. c. phoenicuroides (Schalow) : 9 (AP : 89) Persepolis, 20 avril; $ (AP : 93) Maharloo, 21 avril; Ç ?
(AP : 89) Bandar-abass, 25 avril; ? (AP : 92) Ile de Gheshm, 26 avril; 9 (AP : 90) Minab, 4 mai; (AP : 93) Zahedan,
10 mai; cJ (AP : 94) Karvandar, 11 mai.
Deux races se partagent l’Iran : kobylini (du groupe collurio) du nord-ouest du pays à la
région de Gorgan et dans le Zagros au moins jusqu’au Luristan et Bakhtiari phoenicuroides (du
groupe isabellinus) du Khorasan au Balouchistan, Kuhistan-Kirman et vraisemblablement la
partie méridionale du Zagros. Ainsi la première appartient au groupe collurio et de fait nos spéci¬
mens ne diffèrent guère de séries européennes et de Turquie : seule la couleur du dos paraît d’un
brun noisette plus foncé ce qui permet ainsi d’écarter la race pallifrons susceptible de se montrer
en migration. Ils sont également plus pigmentés que des nicheurs du Caucase auxquels nous les
avons comparés. Toutefois le S collecté près de Minab possède une indication de miroir alaire
(base blanche des rémiges primaires) légèrement plus importante que ce que l’on rencontre ordi¬
nairement chez les oiseaux du groupe collurio. Ce sujet semble donc porteur de gènes phoenicuroides.
11 en va de même des femelles de Zahedan (migratrice ?) et de Torbat-heydariyeh (nicheuse) qui
montrent une nette phaeomélanisation des sus-caudales et des rectrices lesquelles s’avèrent bien
plus rousses que celles du type normal; le reste du plumage demeure à tout point comparable à
celui de la race nominale. En tenant également compte des écrits de Vauuie (1955 b) et de Paludan
(1940) ainsi que du spécimen collecté le 30 avril près de Téhéran par Read (in Diesselhorst 1962),
il apparaît qu’en Iran un important courant de gènes circule entre collurio (race à laquelle nous
serions partisans de rattacher kobylini) et phoenicuroides; nous sommes ramenés ici aux problèmes
évoqués à propos de Motacilla alla qu’un matériel plus important et judicieusement recueilli per¬
mettrait de résoudre ou du moins de mieux cerner.
Nous vîmes les premiers individus ($Ç isolées de type isabelle) les 19, 21 et 25 avril dans les
vergers à Persepolis, à Maharloo et à Bandar-abass. Du 26 au 29 avril l’espèce fut communément
observée en migration sur les îles de Gheshm et d’Hormoz : il s’agissait presque en totalité de sujets
du type collurio. Les 30 avril et 1 er mai, seuls quelques isolés étaient présents à Bandar-abass dans
la brousse à épineux et dans les jardins. Le 2 mai eut lieu une arrivée massive à Bandar-abass : envi¬
ron 80 % des oiseaux observés étaient des « collurio », certains montraient des caractères hybrides
collurio x phoenicuroides. Les vrais « isabelles » ne constituaient qu’une faible part des effectifs.
Le 4 mai, quelques individus furent remarqués en région de de Shirjeh et de Minab. Il y avait
autant de « collurio » que de « phoenicuroides ». Un couple « isabelle », observé près de Minab
dans des jardins en bordure d’un peuplement d’acacias, semblait cantonné. Par la suite, à Nosrat-
abad, Zahedan, Khash, Karvandar, Damen, Chandgan et Birjand, nous vîmes des « phoenicuroides»
cantonnés mais en petit nombre, dans des milieux pourvus d’arbres ou d’arbustes, que ce soit ou
non près do cultures. Deux femelles à première vue « collurio » furent remarquées le 10 mai à
Zahedan et le lendemain à 90 km au sud de cette ville dans des pistachiers mais comme nous l’avons
écrit plus haut, elles présentaient en fait de nettes tendances « phoenicuroides » tout comme la femelle
présente le 25 mai dans les vergers de Torbat-heydariyeh. Un couple « phoenicuroides » fut localisé
le 26 mai prèR de Sefil-abad. Le 28 mai, par contre, un $ « collurio » fut noté dans des pentes rocail¬
leuses, recouvertes d’un dense « maquis » arbustif en région de Chaman-bid, dans le nord du Kho¬
rasan : était-ce encore un migrateur?
Source : MNHN, Paris
78
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Lanius nubiens Lichtenstein
? (AP : 89) Birjand, 24 mai.
La Pie-grièche masquée niche en Iran sur les versants méridionaux du Zagros jusqu’au Fars.
Nous en avons vu un sujet vraisemblablement cantonné dans les amanderaies à Maharloo le 21 avril.
Le 30 avril 2 individus et 1 le lendemain circulaient dans les jardins à Bandar-abass : étaient-ils
en migration ? Le 24 mai nous fûmes surpris d’en observer et de collecter un sujet dans une rangée
de grands arbres bordant la route à l’entrée de Birjand. C’est la première mention de l’espèce dans
l’est de l’Iran bien que celle-ci se soit déjà montrée en Transcaspie (Vaurie 1959 b). L’oiseau en
question est une femelle d’un an caractérisée par l’extrême usure des plumes (surtout rémiges et
rectrices), par la couleur délavée des parties noires du plumage et par la persistance de fines rayures
au front. Vraisemblablement s’agit-il d’un individu hors de son aréa normale.
Lanius senator niloticus (Bonaparte)
<J (AP : 95) 30 km est-sud-est de Jahrom, 22 avril.
Ce spécimen présente les caractéristiques de la race niloticus: large bande blanche à la base
des rectrices centrales et miroir alaire plus grand que chez senator L.
La Pie-grièche à tête rousse habite le nord-ouest de l’Iran (en faible densité) et les versants
méridionaux du Zagros jusqu’au Fars. Nous sommes mal renseignés sur sa distribution dans le nord
du pays et au Balouchistan. Nous en avons observé 2 couples cantonnés chanteurs) dans des
amandiers sauvages et des épineux divers en montagne près de Gnader-abad en région de Jahrom
puis des isolés les 27 et 28 avril à l’île de Glieshm et le 1 er mai à Bandar-abass. Un adulte fut encore
noté le 8 mai dans une maigre zone de buissons épineux au milieu du plateau steppique près de
Tale-shahr à 60 km au nord-ouest de Zahedan.
Lanius vittatus nargianus Vaurie
(AP : 87) etÿ (AP : 87) Bandar-abass, 2 mai; ? (AP : 86) 10 km nord-est de Nikshahr, 13 mai; $ (AP : 89)
entre Damen et Karvandar, 14 mai.
Nos captures viennent confirmer les écrits de Vaurie (1955 b) à propos de l’existence d’un
dimorphisme sexuel chez cette espèce. Le mâle se distingue nettement de la femelle par ses teintes
bien plus vives et surtout bien plus pures et tranchées, par son large bandeau frontal noir (noirâtre
très mêlé de blanc chez la femelle), par le coloris blanchâtre du vertex passant au gris clair sur
la nuque puis au gris foncé sur le haut du dos (uniformément gris foncé chez la femelle) et par son
croupion blanc ou gris très pâle, non pas gris foncé. Comparativement au brillant plumage du mâle
celui de la femelle, tout en présentant la même répartition des teintes, parait beaucoup plus terne,
délavé et uniforme, moins contrasté. De plus, le bec est entièrement noir chez le mâle alors que
chez la femelle la moitié basale de la mandibule inférieure est de couleur corne.
Quelques différences dans le plumage sont remarquables sur nos spécimens et sont vraisem¬
blablement en rapport avec l’âge des sujets. Ainsi le r? de la région de Damen est un bel adulte très
brillamment coloré, ayant l’aile uniformément noire adornée du petit miroir blanc des rémiges
primaires typiques chez cette espèce. Le c? de Bandar-abass a un masque facial d’un noir moins
pur, plus étroit ne passant pas largement au-dessus de l’œil et les couvertures primaires, rémiges
primaires 1 à 3 (les plus internes) et secondaires 1 à 6 brunes, n’ayant pus été muées, contrastent
avec le reste de l’aile noir. La Y qui accompagnait ce dernier possède exactement les mêmes plumes
brunes à l’aile et ses rectrices, médiane et submédiane gauche, présentent un lavis roussâtre. La
Ç de Nikshahr a une aile uniformément brun-noir, les bandeaux de la tête moins marqués et le
dos moins roux; les scapulaires barrées ont été conservées du plumage juvénile et les sus-caudales
demeurent roussâtres. Ces trois derniers sujets sont fort probablement des oiseaux d’un an que la
mue a différemment affectés.
Cette Pie-grièche ne se rencontre, d’après la littérature, qu’au Balouchistan; l’indication par
Zahudny de sa reproduction en petit nombre dans le bassin de l’Hari-Rud n’a jamais été confirmée.
Nous l’avons observée en petit nombre à partir du l l ' r mai à Bandar-abass dans les jardins et les
peuplements dégradés d’épineux. Du 12 au 14 mai, elle était bien représentée mais jamais en grande
densité dans les zones de végétation arbustive lâche de tamaris, acacias, ou palmiers sauvages à
proximité de cultures ou dans les lits d'oueds entre Taght-malek et Kheir-nhad entre Nikshahr
et Ghasre-ghand, entre Karvandar et Damen et surtout en région de Bampur jusqu’à Chahderaz.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
79
In natura elle ressemble à une $ L. c. collurio mais s’en différencie du premier coup d’œil
par le bandeau frontal noir (moins marqué chez la femelle) le miroir alaire blanc, les couvertures
alaires et rémiges secondaires uniformément noires, sans larges bordures brun-roux et par les parties
inférieures blanc pur lavées de roux orangé aux flancs.
Lanius minor Gmelin
<? (AP : 122) Maharloo, 21 avril; t? (AP : 121) Badeny-Berkeh-sang, 23 avril; $ (AP : 116) île de Gheshm,
27 avril; ,J (AP : 123) Bain, 7 mai; <J (AP : 122) 40 km est de Bam, 7 mai; $ (AP : 117) Zahedan, 9 mai; <? (AP : 117)
Chaman-bid, 28 mai; S (AP : 119) Shahpoor, 8 juin; $ (AP : 116) Makoo-Bazargan, 9 juin.
Les populations asiatiques de cette Pie-grièche sont généralement distinguées sous le nom
turanicus Fediuschin par le fait que les sujets en plumage juvénile sont plus pâles et plus fauves
que ceux d’Europe dans le même plumage; cette différence de teinte relève en fait d’une variation
clinale, aussi peut-on se questionner sur la légitimité d’une telle reconnaissance raciale. Nos spéci¬
mens, en livrée adulte, ne se distinguent pas des européens.
En Iran, d’après la littérature, la Pie-grièche à poitrine rose habite le nord du pays depuis
l’Azerbaïdjan jusqu’au nord du Khorasan et le Zagros jusqu’au Fars. Nos observations suggére¬
raient une plus vaste répartition mais nous n’osons l’affirmer car nous n’avons pu séparer les migra¬
teurs des nicheurs. Entre le 20 et le 28 avril, nous avons rencontré des isolés un peu partout dans
les milieux cultivés en vergers entre Persepolis et Bandar-abass, les observations ne devinrent en
fait régulières qu’à partir du 23 où nous constatâmes une bonne densité de migrateurs sur un pla¬
teau pierreux recouvert d’un peuplement dégradé d’acacias entre Berkeh-sang et Khahoorestan.
Un individu fut remarqué le 27 avril à l’île de Gheshm. Nous en vîmes encore des isolés le 7 mai
entre Bam et Fahraj, puis en permanence quelques sujets durant notre séjour à Zahedan, d’autres
le 14 mai entre Chahderaz et Bampur, puis entre le 18 et le 20 mai en région de Zabol et le 23 mai
à Sarbisheh au sud-est de Birjand; toutes ces observations furent effectuées dans des milieux
arbustifs, dans ou à proximité des zones cultivées. Entre Mashad et la région de Gorgan nous n’en
notâmes que de rares sujets dans des arbres fruitiers le 27 mai près de Mohamad-abad et de Kalateh,
puis un couple le lendemain dans un « maquis » recouvrant des pentes rocailleuses près de Chaman-
bid. Enfin nous rencontrâmes assez communément l’espèce dans des vergers près de Karadj, de
Khoy et de Shahpoor (ou une couveuse fut repérée le 8 juin) et en région de Makoo-Bazargan.
Lanius excubitor L.
L’aire de reproduction de cette espèce nécessite d’être précisée. Dans le sud de l’Iran, du
Zagros au Balouchistan habite la race aucheri (Bonaparte) remplacée dans l’est, du Khorasan
au Séistan, par pallidiroslrui (Cassin). Quid ailleurs ? Passburg (1959) a signalé l’observation d’un
couple « copulant » le 27 mai à 2 000 m en vallée de la Djajerud en région de Téhéran. Cette donnée
requiert une confirmation. Nous n’avons identifié la Pie-grièche grise qu’en de rares occasions
dans les palmeraies à Bandar-abass (un chanteur le 24 avril), dans la végétation arbustive lâche
de lits d’oueds le 5 mai entre Shamss-abad et Kahnooj, le lendemain dans des reliquats de brousse
à acacias et près de palmeraies entre Roosary et Sabzevaran et enfin le 14 mai en région de Bampur
dans des biotopes identiques à ceux cités ci-dessus ou dans des peuplements de tamaris sur la
bordure du désert de sable entre Espakeh et Chahderaz.
Oriolus u. oriolus (L.)
<J (AP : 157) Bandar-abass, 2 mai.
OlUOUDAE
Le Loriot habite le nord de l'Iran, de l’Azerbaïdjan au nord du Khorasan, le Zagros et peut-
être le Kinnan. Nous vîmes les premiers le 2 mai à Bandar-abass dans les jardins et les peuplements
d'acacias; quelques chants furent entendus. Un $ fut noté le 19 mai à Zabol, un chanteur le 23 à
Khoshareh et plusieurs çà et là entre Sang-bast et Mashad, tous ces oiseaux étaient dans des ver¬
gers; s’agissait-il de migrateurs? Les données suivantes nous paraissent concerner des nicheurs.
Le 28 mai, un couple (d chanteur) est repéré dans une peupleraie bordant une rivière au milieu
de cultures en région de Bodjnoord; le lendemain, quelques autres couples sont localisés dans une
forêt de feuillus traversée par une rivière entre Dasbt et Dorlat-abad; enfin les 7 et 8 juin, quelques
couples sont notés dans des vergers luxuriants de Sofian à Sharafkhaneh, an nord du lac Rezaiyeh.
Source : MNHN, Paris
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
STURNIDAE
Sturnus roseus (L.)
Ç (AP : 125) Zahedan, 14 mai.
Ce spécimen est vraisemblablement un oiseau d’un an car, comparé à des femelles collectées
en Turquie, il apparaît plus lavé de brun sur le dos, moins rose aux parties inférieures, plus brun
à la tête avec les plumes de la nuque bien plus courtes et des reflets alaires réduits aux moyennes
couvertures.
Zarudny (1911) lui accorde une vaste répartition en Iran à l’exception du Khuzestan, du
littoral du Golfe persique, du Balouchistan et du Séistan. Il serait bien utile d’obtenir des rensei¬
gnements prouvant effectivement la nidification dans une si grande partie du pays. L’espèce étant
un migrateur oriental (il hiverne aux Indes), on peut se demander si beaucoup de citations en période
de reproduction ne concernent pas plutôt des migrateurs attardés ou des estivants non nicheurs.
Nous rencontrâmes le Martin roselin le 14 mai à Zahedan où une demi-douzaine de ces oiseaux
(apparemment tous de l’année précédente) circulaient dans les jardins. Le 21 mai, 2 et 2
furent observés dans un verger à Hermak-abad, une dizaine en vol vers l’ouest le 29 mai dans une
vallée boisée près de Dorlat-abad et 14 le 8 juin en Azerbaïdjan, entre Khoy et Shahpoor, en dépla¬
cement vers le nord-nord-est au-dessus de croupes recouvertes de steppe herbacée.
Sturnus vulgaris L.
Nous présentons les remarques qu’appelle le matériel (27 ad et 11 juv.) collecté dans le nord
de l’Iran et dans le nord-est de la Turquie. Les juvéniles furent obtenus le 7 juin à Shabestar dans
l’Azerbaïdjan iranien. Les adultes se décomposent en 6 lots ( a-d de Turquie; e-f d’Iran) :
a) ? (AP : 123) Mohan Gôlii au sud d’Ankara, 22 mars.
b) <? (AP : 138) Sivas, 17 mars.
c) 12 c?(J (AP : 130-136, moyenne 133) région d’Eleskir, 130 km est d’Erzurum, 10 juin.
d ) <J (AP : 132) Tasliçay, 60 km sud-est d’Eleskir et <$ (AP : 133) entre Dogubayazit et Diyadin, 40 km est
de Taslisay, 9 juin.
e) 2 $$ (AP : 129, 134) 25 km nord de Shahpoor, 8 juin; ,J (AP : 130) ot 4 ?? (AI* : 125, 125, 126, 127)
Shabestar, 7 juin; <J (AP : 130) Siah-chaman et ? (AP : 122) Soltanieh, 6 juin. Localités d’Azerbaïdjan.
/) (J (AP : 134) Schoorak et J (AP : 135) Ghosh-ghalleh, 27 mai. Localités du Nord-Khorasan.
La femelle (a) appartient à la race nominale vulgaris L. : il s’agissait d’un migrateur
alîaibli. Le mâle (b) présente les caractéristiques de la race tauricus (Buturlin) : tête verte mais
joues pourpres, ventre et flancs cuivrés, dos pourpre, bleu dans sa partie supérieure. La série (e)
est dans l’ensemble bien homogène : tête (y compris les joues) verte mais d’un vert moins bronzé
que chez tauricus, dos vert, cuivré dans sa partie supérieure, flancs pourpres, ventre variant du
pourpre violacé au vert. Ces caractères désignent parfaitement la race caucasicus (Lorenz). Néan¬
moins, une femelle de Shabestar et un mâle de la région de Shahpoor présentent du pourpre à la
gorge, au menton aux côtés du cou et sur la bordure postérieure du ventre. Il s’agit do variations
individuelles déjà signalées chez caucasicus et qui peuvent être parfois même plus accusées. Les
deux mâles du Rhorasan (/) ont le ventre pourpre, plus ou moins cuivré sur les (lunes; ils diffèrent
des oiseaux d’Azerbaïdjan par la coloration pourpre de la tête à l’exception des joues vertes. Ils
correspondent exactement à la diagnose de nobilior (Hume). Rappelons que Vaurik (1959b) hésite
à reconnaître nobilior car, au sein des populations caucasicus s’observent des sujets absolument
semblables : la femelle de Shabestar et le mâle de Shahpoor dont il a été question plus haut suggèrent
également le fait. Les spécimens ( d) répondent à la description de lu race purpurascens (Goulu)
(cf. Proc. Zool Soc. London 1868 : 219) : tête cuivrée, joues pourpres, ventre pourpre plus ou moins
cuivré surtout aux flancs, dos pourpre bleuté, vert dans sa partie supérieure. L’un des sujets
d’Eleskir (c) était isolé et ressemble fort aux caucasicus d’Azerbaïdjan, toutefois le dos s’avère plus
pourpre mais des reflets verts transparaissent néanmoins, par exemple au-dessus du croupion. Ce
sujet correspond ussez bien à la description de persepolis Ticeiiurst (Rull. R.O.C. 1928 : 117)
mais il a un reflet pourpre aux joues que ne présentent pas les oiseaux du groupe caucasicus. Les
autres sujets d’Eleskir furent obtenus ensemble dans un groupe compact d’une trentaine (on
remarque au passage que tous ces oiseaux collectés dans la même bande s'avèrent tous $$ ce qui
laisserait penser à une ségrégation des sexes dans des conditions difficiles à préciser, bien que nous
soyons tentés de croire à des célibataires car leurs gonades étaient bien moins développées que
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
81
celles des reproducteurs collectés à la même époque). Ils représentent tous les états intermédiaires
entre tauricus et purpurascens : tête plus ou moins envahie par une teinte cuivrée ou pourprée,
ventre variant du cuivré au pourpre, dos allant du vert et pourpre au bleu et pourpre. Rappelons
que Pateff (1947) ne reconnaît pas purpurascens qu’il considère comme le résultat de l’hybridation
entre tauricus et caucasicus car cette race présente des caractères communs avec chacune des deux
autres. Toutefois le phénotype de purpurascens semble assez bien défini et, selon Stegmann ( Orn.
Mb. 1935 : 29-30), serait stable en Transcaucasie occidentale et en Arménie. De plus, la suppres¬
sion de purpurascens au bénéfice de tauricus et de caucasicus poserait un problème de nomenclature
car purpurascens est le plus ancien ! Il est donc préférable de conserver ce dernier en attendant
une étude plus documentée (en particulier sur la structure des plumes pour mieux comprendre
les variations d’irridescence) sur la variation géographique de l’Etourneau dans ces régions.
L’espèce habite le nord de l’Iran, du Khorasan à l’Azerbaïdjan, et le Zagros jusqu’au Fars
et le Kirman. Dans le Khorasan, la race nobilior et dans le Fars, la race persepolis ont été distinguées
de caucasicus qui occupe le reste du pays : leur validité est loin de nous paraître judicieuse et inatta¬
quable.
Nous avons rencontré l’Étourneau en grand nombre le 7 avril dans la région d’Hamadan
(prise au sens large) et par petits groupes durant notre séjour en avril à Téhéran. Le 16 avril, quel¬
ques sujets furent remarqués au bord de la rivière à Esfahan. Nous n’en vîmes plus jusque dans
le Khorasan où, du 26 au 29 mai, nous pûmes en observer régulièrement mais en petit nombre depuis
la région de Mashad (Sefil-abad) à celle de Gorgan; des jeunes presque émancipés furent notés près
de Shoorak. Par la suite, de Téhéran à la frontière turque, l’espèce apparut fréquente, surtout à
partir de Ghazvin. Le 7 juin, près du lac Rezaiyeh, des jeunes sortaient tout juste du nid tandis
que d’autres s’avéraient pratiquement indépendants de leurs parents. Nos observations furent
en majorité effectuées dans des vergers ou autres milieux cultivés, quelques-unes furent faites dans
le Khorasan dans des vallées boisées ou le long de rivières traversant la steppe et bordées de rideaux
d’arbres.
CORVIDAE
Garrulus glandarius (L.)
Nous n’avons rencontré le Geai que dans le nord du Khorasan en région de Dasht et de
Dorlat-abad où quelques sujets se déplaçaient en forêt de chênes les 28 et 29 mai. D’après la litté¬
rature la race hyrcanus (Blanford) habite les districts du sud de la Caspienne jusqu’à la région
de Gorgan (et certainement le nord du Khorasan d’après nos observations) tandis que dans le
Kurdistan et le Zagros jusqu’à l’ouest de Shiraz se trouve la race atricapillus (Geoffroy Saint-
Hilaire).
Pica pica bactriana (Bonaparte)
c? imm. (AP : 209) 50 km sud de Téhéran, 9 avril; $ (AP : 196) et $ (AP : 187), 10 km nord de Téhéran,
10 avril; ? (AP : 194) Sollan, 7 juin; <? (AP : 208) Shabestar, 7 juin; <J imm. (AP : 191) et 2 $? (AP: 187, 198) Sha-
rafkhaneh, 8 juin.
Il est généralement admis que les populations iraniennes de Pica pica appartiennent à la
race bactriana caractérisée par une plus grande étendue du blanc aux rémiges primaires et par les
reflets verts, non pas bleus, des rémiges secondaires. Nos spécimens s’ils présentent davantage de
blanc aux rémiges que ceux de la race nominale auxquels nous les avons comparés, n’ont par contre
guère de reflets verts aux secondaires, en tout cas bien moins que chez des bactriana plus typiques
du Khorasan. Plutôt que bactriana ils apparaîtraient intermédiaires entre cette race et pica. La
variation géographique étant clinale, chez cette espèce (cf. Vaurie 1959, p. 149), on peut se deman¬
der s'il est vraiment judicieux de séparer en races distinctes les diverses étapes d’une gradation.
D’après la littérature, la Pie a une répartition assez large en Iran mais sa densité ne semble
guère élevée dans le sud. Elle ne nicherait pas au Khuzestan, sur les rivages du golfe Persique,
au Séistan et au Balouchistan. Des précisions seraient nécessaires sur sa distribution ailleurs que
dans le nord et le nord-ouest du pays.
Nous l’avons régulièrement rencontrée dans les milieux cultivés dans les régions de Ker-
manshah et d’Hamadan jusqu’à Ghazvin et Téhéran, puis de là jusqu’à la frontière turque. Vers
le sud, nous en vîmes jusqu’en région d’Esfahan. Un individu fut observé dans des arbustes domi-
Source : MNHN, Paris
82
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
nant des pentes recouvertes de xérophytaie le 5 mai dans le Kuh-e-Jebal-Barez entre Sabzevaran
et Bam. Dans le Khorasan nous notâmes l’espèce en petit nombre dans les régions de Birjand,
Mashad, Shirvan, et Bodjnoord. Une couveuse fut découverte le 7 juin à Sofian dans un verger.
Pyrrhocorax pyrrhocorax docilis (S. G. Gmelin)
(J (AP : 327) et ? (AP : 292) Persepolis, 20 avril; 9 (AP : 307) 30 km est de Jahrom, 22 avril.
Le Crave nicherait dans une grande partie de l’Iran sauf dans le Sud-Est (Séistan et Balou-
chistan) et dans les zones basses du pays. Il serait bon de recueillir des données précises sur sa
répartition. Nous l’avons rencontré en petits groupes dans l’Elbourz (entre Chalus et Karadj et
aux portes de Téhéran), dans des parois rocheuses près de Neizar au sud-ouest de Ghom, à Perse-
polis (où une dizaine de couples semblaient cantonnés au milieu des ruines et où une troupe de
150 individus évoluait le 19 avril), entre Shahr-estakhr et Saadat-abad, à Maharloo près de Shiraz
et au-delà (au moins 3 colonies d’une dizaine de couples, localisées), au col près de Gnader-abad
à l’est de Jahrom, puis dans le Khorasan près de Birjand, de Sedeh et entre L)asht et I)orlat-abad
et enfin dans des falaises à Makoo même, près de la frontière irano-turque.
Pyrrhocorax graculus (L.)
Dans l’Elbourz jusqu’au Mazandaran, niche graculus (L.) remplacé en région de Gorgan
dans le nord du Khorasan et dans le Zagros occidental par digitatus (Hemprich et Ehrenberg).
Nous vîmes quelques Chocards le 11 avril à une dizaine de kilomètres de Téhéran, le 29 mai dans un
défilé rocheux en région de Dasht, le lendemain en altitude entre Chalus et Karadj et le 9 juin un
sujet avec des Craves à Makoo.
Corvus monedula L.
La littérature accorde à la race soemmerringii (Fischer) une assez grande répartition en
Iran : de l’Azerbaïdjan au Khorasan et dans le Zagros jusqu’au Kirman. Nous n’avons observé
le Choucas qu’en deux endroits, une demi-douzaine chaque fois, à Persepolis et à Makoo. Nous
crûmes l’entendre en région de Birjand.
Corvus f. frugilegus L.
Le Freux est répandu dans le nord de l’Iran et dans le Zagros jusqu’au Luristan. Nous l’avons
communément observé dans les milieux cultivés, dans les villes et dans les rideaux d’arbres au
bord des rivières dans le Kermanshah et dans le nord-ouest du pays entre Téhéran et Sofian, au
nord-ouest de Tabriz. Dans le Fars, nous en vîmes 5 sujets le 20 avril dans des vergers à Maharloo.
L’espèce nicherait-elle dans la région ou s'agiBsait-il encore de migrateurs ?
Corvus corone L.
a) C.c. orientalis (Eversmann) : juv. (AP : 348) Hosein-abad, 23 mai.
b) C.c. sharpii (Dates) : 2 $$ (AP : 315, 324) et 9 (AP : 312) 50 km sud de Téhéran, 9 avril; $ (AP : 308)
Persepolis, 20 avril; 9 (AP : 303) Shabestar, 8 juin.
Largement répandue en Iran, la Corneille niche pratiquement dans tout le pays, à l’exception
du Séistan, du Balouchistan et peut-être du Laristan; mais sa densité semble faible dans le sud et
l’est du pays. La race sharpii est remplacée dans le Khuzestan et le long de la côte du golfe Persique,
jusqu’à Bushire, par capellanus (Sclater) et, dans l’est et le sud du Khorasun, par orientalis; cette
dernière appartient au groupe corone entièrement noir, les autres au groupe cornix mantelé.
Nous avons régulièrement et communément observé la Corneille mantelée dans toute la
partie nord de l’Iran que nous avons traversée : des frontières iraquienne et turque au Khorasan
(au sud jusqu’en région de Birjand). Durant notre trajet de Téhéran au golfe Persique, nous l’avons
notée jusqu’à Maharloo au sud-est de Shiraz. Puis à nouveau, en remontant le 7 mai nous en vîmes
2 dans des cultures à Bam sur la bordure orientale du Kirman.
Les Corneilles noires ne furent rencontrées que dans le sud du Khorasan à Khoshareh et
Hosein-abad : une dizaine d’individus dans chaque localité. Le sujet collecté est un juvénile qui
montre encore des restes de fourreau à la base des rémiges et des rectrices.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
83
L’espèce fréquente surtout les milieux cultivés et la proximité des villages mais elle appa¬
raît aussi dans les zones de végétation arborescente dégradée des lits d’oueds ou des plateaux. Des
nids étaient installés sur des poteaux télégraphiques dans le Khorasan, près de Chenaran, sur un
plateau dépourvu d’arbres où alternaient steppe et cultures céréalières.
Cornus r. ruficollis Lesson
<? (AP : 390) et ind. (AP : 361) île de Gheshm, 26 avril; £ (AP : 375) et ? (AP : 359) Bandar-abass, 2 mai;
$ (AP : 377) Kahoorak, 8 mai; ind. (AP : 387) Hosein-abad, 23 mai. Tous ces oiseaux sont en mue complète.
Le Corbeau brun habite le sud-est de l’Iran depuis le sud du Zagros (Fars) jusqu’au Balou-
chistan, Séistan et même le sud du Khorasan comme en témoignent nos observations mais nous
renvoyons le lecteur à ce que nous disons au sujet de Cornus corax en ce qui concerne sa distribution.
Nous l’avons noté dans le Laristan à partir de Kahoorestan jusqu’à Bandar-abass où il était
commun pour ne pas dire abondant ainsi que sur les îles de Gheshm et d’Hormoz. Nous l’avons
également vu en nombre en région de Minab et entre Shamss-abad et Kahnooj (où un sujet gobait
les parasites externes d’un dromadaire), puis à Kahoorak, à Nosrat-abad, à Zahedan (où se remar¬
quait journellement un rassemblement d’une centaine d’individus), entre cette localité et Mirjaveh
et Khash, puis à Lariz, en région de Damen et enfin de Zahedan à Hosein-abad, mais pas au Séistan.
Nos rencontres avec le Corbeau brun eurent essentiellement lieu dans les milieux anthro-
pophiles (cultures et palmeraies, dépôts d’ordures...) mais aussi dans les peuplements arborescents
dégradés d’acacias, sur les plaines du littoral du golfe Persique et sur les plateaux steppiques, parfois
sur la steppe d’armoise pure ou même, par exemple près de Kahoorak, dans le désert plat, à substrat
sablonneux recouvert d’une mince pellicule caillouteuse à petits éléments et pratiquement nu :
les oiseaux (1 couple) venaient chercher des détritus auprès d’un petit relais routier entouré de
quelques tamaris.
A l’époque de notre passage, les oiseaux semblaient avoir terminé leur reproduction : les
jeunes volaient et les adultes muaient.
Cornus corax subcorax (Severtzov)
cî et Ç, mi-distance Esfahan - Shahreza, 16 avril ; $ (AP : 420) Torbat-heydariyeh, 25 mai.
D’après la littérature (surtout Zarudny) le Grand Corbeau habiterait pratiquement tout
l’Iran à l’exception du littoral du golfe Persique. Dans le nord-ouest du pays et le sud de la Cas¬
pienne, la race nominale corax L. remplace subcorax qui occupe les autres régions. Il serait impor¬
tant et instructif d’obtenir des précisions sur la coexistence possible du Grand Corbeau et du Corbeau
brun dans le sud-est de l’Iran et sur leur ségrégation écologique car la question du statut exact
de ces deux espèces demeure encore bien obscur et difficile à résoudre. Nous préciserons que le
<? collecté par Petter le 29 novembre 1956 à Zahedan et identifié C. corax ?subcorax par Berlioz
par manque de matériel de comparaison est en fait un C. ruficollis (AP : 387, 3 e rémige primaire
plus longue que la 5 e et bec bien plus mince que celui des vrais subcorax). Nous avons rencontré
C. corax dans le nord-ouest de l’Iran, dans les régions de Shah-abad-gharb, Kermanshah et Ghazvin,
puis près de Robat-karim, Saveh, Meimeh, Esfahan, Shahreza, Saadat-abad, Persepolis, Shiraz,
Maharloo, Gnader-abad et Chahar-berkeh. Dans le Khorasan, nous l’avons noté en région de
Birjand, de Torbat-heydariyeh et de Dasht. A part celles de Persepolis (dizaine d’individus) et
de Maharloo (troupe d’une trentaine), nos observations ont porté sur des couples, rarement des
sujets isolés, fréquentant des milieux rocailleux ou des escarpements rocheux ou les plateaux
steppiques et arides mais rarement les cultures (Torbat-heydariyeh). La présence d’arbres nous
parut beaucoup moins nécessaire à corax qu’à ruficollis.
Nos observations suggèrent le remplacement d’une espèce par l’autre, mais nous tenons
à préciser que la grosse majorité des identifications fut opérée de nisu aussi subsiste-t-il un degré
d’incertitude que seul le massacre systématique des Corbeaux rencontrés aurait pu lever, ce à quoi
nous nous refusâmes. Nous avons reconnu pour corax les oiseaux à gros bec, à queue nettement
cunéiforme et aux cris ruuques caractéristiques; les individus à bec plus fin, à queue arrondie et à
la voix rappelant parfois celle de la Corneille noire furent appelés ruficollis. Les sujets collectés
le furent dans le but d’affermir notre opinion. A cette période de l’année où les oiseaux étaient en
mue et sous les vives lumières régnant dans ces régions, il était vain de chercher des différences
marquées dans la coloration.
Source : MNHN, Paris
84
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
BOMB YCILLIDAE
Hypocolius ampelinus Bonaparte
La distribution de cette espèce demeure encore bien énigmatique. Selon Zarudny on le
rencontre au Khuzestan et sur le littoral du golfe Persique (où il a été obtenu à Bushire par Palmer).
Cumming l’a vu sur la côte du Mekran iranien à Jask le 1 er mai 1909 et à Bandar-chah-bahar le
16 décembre 1920. Au Balouchistan pakistanais il a été obtenu à Nal (Kalat) par Duke. En Afgha¬
nistan : en région de Kandahar, par Koelz et Meinertzhagen et au Séistan afghan en avril et
mai par Paludan.
Nous fûmes surpris d’en rencontrer un groupe de 3-4 sujets le 11 mai dans un vallon encombré
de tamaris, de palmiers nains et d’épineux divers et dont les flancs rocailleux étaient recouverts
d’un tapis de rhubarbe sauvage, ceci à mi-distance entre Zahedan et Khash. Les oiseaux se dissi¬
mulèrent dans la végétation d’où nous ne parvînmes pas à les faire sortir.
PYCNONOTIDAE
Pycnonotus leucotis (Gould)
a) P. I. mesopotamiae Tir.EHunsT : 3 (AP : 91) 30 km est de Jahrom, 22 avril; 4 33 (AP : 85, 88, 89, 89)
Kahoorestan, 23 avril; 3 (AP : 87) et Ç (AP : 83) lie de Gheshm, 28 et 26 avril; 3 (AP : 90) Minab, 4 mai.
b) P. I. leucotis (Gould) : $ (AP : 85) et 3 juv. (AP : 81) Zabol, 19 mai.
L’absence de cercle orbital jaune distingue les spécimens du Séistan qui peuvent être reconnus
par ce caractère, comme appartenant à la race nominale. La femelle de l’île de Gheshm pourrait
être âgée d’un an, au vu de la réduction et de la coloration plus brune que noire du plastron et par
la teinte plus claire des parties supérieures : elle montre une rectrice centrale gauche en croissance.
Le jeune mâle de Zabol commence une mue post-juvénile : petit plumage, rémiges primaires internes
et couvertures alaires correspondantes; des rectrices étant tombées lors de la collecte, nous ne pou¬
vons nous prononcer sur l’état de mue de la queue.
La race mesopotamiae. du Bulbul à oreillons blancs pénètre en Iran depuis l’Iraq, habite le
Khuzestan, la bordure méridionale du Zagros et le littoral du golfe Persique jusqu’au Séistan et
au Balouchistan où elle est progressivement remplacée par la race nominale.
Nous avons communément observé l’espèce à partir de la région de Shiraz (Maharloo) puis
tout le long de notre trajet dans le Laristan, sur les îles du détroit d’Hormoz, dans le sud-est du
Kirman, au Balouchistan et au Séistan. C’est l’oiseau typique des jardins et des vergers (aman-
deraies, citronneraies, grenaderaies, palmeraies...) il est très anthropophile et se montre même fré¬
quemment d’une grande familiarité : à Bam, les Bulbuls venaient picorer les miettes de pain dans
la main qu’on leur tendait. Nous l’avons également rencontré, hors des milieux cultivés, dans les
cuvettes, les ravinements et les lits d’oueds encombrés de végétation arbustive ou buissonnante
assez serrée : par exemple dans le Fars entre Gnader-abad et Mansor-abad, dans le sud-est du
Kirman entre Minab et Bam, au Balouchistan entre Damen et Iranshahr et entre Nikshahr et
Ghasre-ghand. Nous avons trouvé des nids (à faible hauteur dans des arbres fruitiers) contenant :
3 œufs frais le 1 er mai à Bandar-abass, 3 œufs puis 3 poussins de 2-3 jours à Bam le 7 mai.
Ce Bulbul est aussi fréquemment tenu en cage que le Chardonneret dans nos régions aussi
est-ce certainement à un échappé de captivité que doit être attribuée l’observation d’un individu
le 10 avril dans un jardin à Shahr Rey près de Téhéran.
CINCL1DAE
Cinclus cinclus (L.)
Bien que la variation géographique de cette espèce soit extrêmement complexe, il est géné¬
ralement admis que le Cincle habite le Zagros occidental sous la race persicus Witiikrby remplacée
progressivement dans le nord-ouest, de l’Iran par caucasicus (Madahasz) qui occupe le nord du
pays, de l’Azerbaïdjan au nord de Khorasan.
Nos rencontres avec le Cincle eurent lieu aux bords de rivières dans le nord du Khorasan
entre Dasht et Dorlat-nbad puis dans l’Elbourz entre Chalus et Karadj. Dans les deux cas, la den¬
sité des oiseaux nous parut bonne, pour ne pas dire élevée dons le Khorasan où à chaque arrêt au
bord de la rivière, nous étions sûrs d’entendre les fuis appels du Merle d’eau et d’en voir uu moins
un représentant.
Source : MNHM, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
85
TROGLODYTIDAE
Troglodytes troglodytes (L.)
La race hyrcanus (Zarudny et Loudon) semble occuper le nord de l’Iran (jusqu’en région
de Gorgan à l’est) et le Zagros (au moins jusqu’en région de Shiraz où le Troglodyte a été collecté
en août par Blanford); dans le nord du Khorasan, elle est remplacée par tianschanicus (Sh arpe).
Nous avons noté bon nombre de représentants de cette espèce en forêt et dans les taillis au
bord de la rivière entre Dasht et Dorlat-abad (Khorasan) et dans les forêts décidues de l’Elbourz
entre Chalus et Karadj.
PRUNELLIDAE
Prunella collaris (Scopoli)
Sous sa forme montana (Hablizl), l’Accenteur alpin occupe l’Elbourz et les sommets du
nord du Khorasan. Nous en avons effectivement rencontré des isolés en montagne sur des pelouses
entrecoupées de rocailles le 28 mai en région de Bodjnoord et le 30 mai au nord de Gachsar dans
l’Elbourz.
MUSCICAPIDAE
Cetlia cetti (Temminck)
La Bouscarle se rencontre, d’après la littérature, dans le nord de l’Iran jusqu’au Khorasan
et dans le Zagros jusqu’au Kirman. Dans le nord-ouest du pays, soit dans les provinces de la Cas¬
pienne et la bordure méridionale du Zagros kurde, la race orientalis (Tristam) remplace albivenlris
(Sevkrtzov) qui habite le reste de son aréa iranienne. Étant donné que la variation géographique
s’effectue de manière gradiente chez cette espèce, on peut se demander s’il est bien utile de fragmen¬
ter en races qui se veulent distinctes, les diverses phases de cette gradation.
Nous n’avons entendu la Bouscarle que dans l’Elbourz entre Chalus et Karadj, dans la végé¬
tation buissonnante le long des rivières. Elle nous parut relativement commune et fut notée au
moins jusqu’à 2 000 m d’altitude.
Acrocephalus schoenobaenus (L.)
Le Phragmite des joncs nicherait peut-être au bord de la Caspienne près de Resht selon
Vaurie (1959 b) mais Scuuz ne parle pas de reproduction en ce lieu. Il n’apparaît vraisemblable¬
ment en Iran qu’au cours de ces migrations. Nous en observâmes 3 sujets de passage le 26 avril
dans des buissons d’acacias à l’ile de Gheshm.
Acrocephalus agricola (Jerdon)
Avec Williamson (1963) nous croyons préférable de considérer la race brevipennis (Severtzov)
comme synonyme d 'agricola. Cette Housserolle niche dans l’est de l’Iran (au Séistan et dans le
Khorasan). Bien que n’ayant pu en collecter un seul spécimen, nous sommes persuadés l’avoir reconnue
grâce à sa petite taille et sa coloration très rousse, dans les cultures irriguées (céréales et luzernes
sous de petits pistachiers) durant notre séjour à Zahedan. Ces oiseaux très farouches et affectionnant
la proximité des rigoles d’irrigation, étaient particulièrement nombreux le 10 mai. Vraisemblablement
s’agissait-il de migrateurs. Du 18 au 20 mai, nous en vîmes encore beaucoup dans les zones inondées
(surtout près des cultures, dans les friches et les formations basses de tamaris) au Séistan, notam¬
ment autour de Zabol. Là, des chants furent entendus (rappelant ceux de la Verderolle) et des
couples individualisés notés à diverses reprises; il semblait y avoir à la fois des oiseaux cantonnés
et d’autres en transit.
Acrocephalus dumctorum Blyth
3 (AP : 64) Torbat-hcydariyeh, 25 mai; 2 33 (AP : 60, 61), 15 km sud de Mashad, 26 mai; ? (AP : 60) Ohosh-
ghaîleh-Boajnoord, 28 mai.
La Rousserolle des buissons niche dans l’est de l’Iran : au Séistan, dans le nord du Khorasan
avec peut-être un prolongement dans le sud de la Caspienne. Diesselhorst (1962) a fait connaître
Source : MNHN, Paris
86
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
la capture d’un mâle le 10 juin 1957 par Read à Ahmadebad (70 km ouest de Téhéran vers Ghazvin)
ce qui reporterait bien plus à l’ouest l’aire de reproduction de l’espèce en Iran; mais à cette date
il peut encore s’agir d’un migrateur.
Faute d’avoir su la reconnaître dans la nature et en raison des conditions exceptionnellement
défavorables à la prospection et à la collecte rencontrées au Séistan, nous avons certainement
manqué de l’observer dans cette région.
Nos rencontres avec l’espèce dans le Khorasan reposent sur les sujets collectés (cf. ci-dessus). Ils
fréquentaient tous des cultures irriguées bordées de friches et comportant des zones de buissons et
arbustes (arbres fruitiers, saules, petits peupliers) et à proximité de petites rivières. Par sa physio¬
nomie, le biotope rappelait celui de l’Hypolaïs polyglotte. Les mâles obtenus présentaient des tes¬
ticules très développées, la femelle avait un ovaire activé. Il s’agissait certainement d’oiseaux sur
leurs cantons de reproduction. Par leur comportement et même leurs attitudes ils faisaient penser
à des Hypolaïs pâles bruns, aux parties inférieures plus lavées de brunâtre et au bec proportion¬
nellement plus long.
Acrocephalus palustris (Bechstein)
2 SS (AP : 67-68) et 9 (AP : 67) Hermak-abad, 21 et 23 mai.
D’après Vaurie (1959 b) la Rousserolle verderolle nicherait dans le Gilan et dans le Zagros
jusqu’au Laristan. Des preuves seraient bien désirables car les renseignements de la littérature
concernent généralement des oiseaux en pleine période de migration (fin mai-début juin). Toutefois
à l’appui de la reproduction dans le nord de l’Iran (dans le Mazandaran cette fois) viennent les quel¬
ques observations et captures de Paludan (1940) à fin juillet près de Firuzkuh sur le versant méri¬
dional de l’Elbourz. La race laricus a été décrite du Demavend (au nord-est de Téhéran) par Portenko
mais nous ignorons à quelle date furent collectés les spécimens.
Cette Rousserolle abondait les 21 et 23 mai dans les jardins (parcelles de céréales et de
luzernes alternant avec des palmiers et des arbres fruitiers bas et toufTus) à Hermak-abad, au nord
de Zahedan. Les 33 chantaient sans cesse mais, au vu de leur grande mobilité et de l’instabilité
des cantonnements, il s’agissait manifestement de migrateurs. Il en fut de même du 18 au 20 mai,
au Séistan (notamment en région de Zabol) où les Verderolles se faisaient communément remarquer
dans les cultures, dans les vergers et dans la zone des inondations.
Acrocephalus scirpaceus juscus (Hemprich et Ehrenberg)
Un sujet de sexe indéterminé (AP : 72) Ile de Gheshm, 26 avril.
La littérature accorde à cette espèce une assez vaste zone de reproduction en Iran, couvrant
le nord du pays, de l’Azerbaïdjan au Khorasan, le Zagros jusqu’au Kirman et le Séistan. Bien qu’il
existe des preuves tangibles de sa nidification, il serait utile d’en recueillir beaucoup d’autres pour
délimiter plus précisément sa distribution.
Nous l’avons obtenue le 26 avril à l’tle de Gheshm et le 30 à Bandar-abass (ce dernier spécimen
ne put être conservé). II s’agissait de migrateurs isolés dans des acacias. Du 17 au 23 mai, les Roussc-
rolles efTarvattes n’étaient pas rares du tout à Hermak-abad (dans des roseaux bordant la rivière)
et au Séistan près de Zahak et de Zabol (dans la végétation émergeant des inondations). Bien que
de nombreux chanteurs aient été entendus, nous pensons avoir observé des migrateurs plutôt que
des nicheurs locaux.
Acrocephalus stentoreus hrunnesccns (Jerdon)
2 SS (AP : 84, 85) et 9 (AP : 79) Zahedan, 10 et 15 mai; 3 SS (AP : 84, 85, 87) Zabol, 20 mai.
Cette grosse Rousserolle niche dans le nord et l’est de l’Iran, dans le Zagros depuis le Luristan
jusqu’au Kirman, au Balouchistan, au Séistan et dans le Khorasan. In nalura elle rappelle beau¬
coup la Turdoïde mais s’en différencie par sa couleur plus blanc pur aux parties inférieures et plus
brun-gris, moins rousse aux parties supérieures, caractère que les éclairages si intenses de ces régions
accusent et qui donnent même une tonalité argentée aux teintes de l’oiseau en pleine lumière. Son
chant évoque beaucoup celui d'arundinaceus mais parait plus court; il a des notes moins rauques
ou plutôt moins râpeuses et surtout un « drrr » roulé, aigu et sonore incorporé à la phruse qui le
caractérise et permet à l’observateur d’identifier immédiatement l’oiseau.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
87
Nous avons entendu et observé l’espèce pour la première fois dans le Fars, dans les joncs
d’un marigot près du lac de Maharloo le 21 avril. Nous la retrouvâmes communément à partir du
10 mai au Balouchistan, à Zahedan, Karvandar, Lariz, Mirjaveh et Hermak-abad, au Séistan et
dans le nord du Khorasan près de Baikan, à l’ouest de Shirvan. Nous l’avons surtout observée dans
la végétation palustre et les tamaris bordant les canaux d’irrigation des zones cultivées mais aussi
dans les massifs de roseaux des bords de rivières ou de mares et ceux émergeant, avec des arbustes
divers, des inondations du Séistan, aussi dans des jardins d’agrément pourvus d’une importante
végétation buissonnante ou arbustive, parfois même dans des milieux privés d’eau comme les haies
de tamaris longeant d’anciens terrains de culture absolument desséchés. Entre le 15 et le 23 mai,
une nette migration fut décelée : les densités variaient beaucoup entre deux visites. Dans toutes
les localités citées, des couples s’apprêtaient manifestement à y nicher.
Acrocephalus arundinaceus zarudnyi Hartert
£ (AP : 100) Zahedan, 10 mai.
L’espèce niche en Iran dans le delta de la Safid-Rud près d’Enzeli (Buxton) sur la côte de
la Caspienne. Vaurie rattache cette population à la race nominale arundinaceus alors que les autres
auteurs ayant examiné des spécimens de cette région les attribuent à Zarudnyi. Il conviendrait
de trancher la question : vraisemblablement s’agit-il d’intermédiaires entre les deux races.
Entre le 10 et le 23 mai, la Rousserolle turdoïde était présente en petit nombre à Zahedan
dans les cultures irriguées de céréales, luzernes et pistachiers comme dans les roselières inondées
du Séistan (notamment en région de Zabol) et dans un gros massif de roseaux au bord de la rivière
à Hermak-abad. Ces oiseaux en migration, se remarquaient à leur voix tout à fait comparable à
celle des chanteurs européens et à leur coloris plus roux aux parties supérieures et plus fauve aux
parties inférieures que chez stentoreus, ceci en pleine lumière.
Hippolais icterina (Vieillot)
Nous avons repéré un chanteur le 29 mai dans une ceinture de taillis arbustifs entourant une
clairière envahie par de hautes herbes au milieu d’une vieille futaie de chênes mêlés d’érables entre
Dasht et Dorlat-abad. Cette station se situe à la limite orientale de l’aire de nidification iranienne
de l’espèce qui ne s’étend que sporadiquement sur les districts du sud de la Caspienne et, comme
le montre notre observation, un peu au nord du Khorasan.
Hippolais languida (Hemprich et Ehrenberg)
cî (AP : 76) et 2 9$ (AP : 74, 75) Maharloo, 21 avril; <J (AP : 79) 30 km est de Jahrom, 22 avril; <J (AP : 75)
et 3 99 (AP : 70, 70, 73) Bandar-abass, 1 et 2 mai; 9 (AP : 74) 10 km ouest d'Iranshahr, 12 mai.
Cette espèce niche dans le sud et dans l’est de l’Iran : du Luristan au Balouchistan et du
Séistan au nord du Khorasan et peut être même dans la Mazandaran où Paludan (1940) obtint
une $ ad le 27 juillet à Firuzkuh. In natura elle peut se distinguer d 'Hippolais pallida et d 'H. caligata
par sa plus grande taille, par son bec plus fort et par son miroir alaire blanchâtre dû aux lisérés
des rémiges secondaires. D’autre part, elle nous parut évoquer davantage une Sylvia et nous a sou¬
vent montré une certaine habitude d’agiter verticalement la queue à la manière des Traquets,
habitude que ne semblaient pas avoir pallida ou caligata.
Nous vîmes le premier représentant de l’espèce le 17 avril dans un jardin à Persepolis. Le 21
cette Hypolaïs était bien représentée dans les amanderaies à Maharloo; le lendemain de nombreux
chanteurs se faisaient entendre au col de Gnader-abad dans des ravinements encombrés d’aman¬
diers arbustifs et de buissons d’épineux divers. Le chant nous parut bien différent de celui de l’Hypo¬
laïs pâle, il n’évoque pas non plus Acrocephalus , étant plus mélodieux et continu. Durant notre
séjour à Bandar-abass nous en observâmes quelques sujets (avec toutefois une nette augmentation
à partir du 1 er mai) dans les massifs de végétation buissonnante des jardins et dans les formations
bnsses d’acacias. Par la suite nous en rencontrâmes encore dans des biotopes analogues à ceux dont
nous venons de parler entre Shamss-abad et Kahnooj, à Bam, à Vakil-abad, à Fahraj, entre Zahedan
et Khnsh, à Lariz, entre Iranshahr et Bampur et à Hermak-abad, puis dans les régions de Zabol,
de Hosein-abad et de Birjnnd. Jamais nous ne constatâmes de fortes densités, seulement des couples
très disséminés. A part les indications de passage à Bandar-abass, nous ne fûmes à notre avis,
qu’en présence d’oiseaux sur leurs quartiers de reproduction.
Source : MNHN, Paris
88
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Hippolais pallida elaeica (Lindermayer)
$ (AP : 65) Persepolis, 20 avril; 3 (AP : 68) Badeny-Berkeh-sang, 23 avril; $ (AP : 66) Kahoorestan,
23 avril; 3 (AP : 68) Bandar-abass, 30 avril; ? (AP : 65) Vakil-abad, 7 mai.
Hippolais caligata rama{ Sykes)
2 33 (AP : 62) Persepolis, 17 avril; 3 (AP : 61) Chahar-berkeh, 23 avril; 3 (AP : 63) Kahoorestan,
23 avril; 2 33 (AP : 62) 60 km sud de Sabzevaran, 5 mai; 4 33 (AP : 60, GO, 61, 62) et 3 (AP : 58, 59, 59) Zahedan,
10, 14 et 15 mai. Tous ces spécimens par leur formule alaire (8 < 2 < 7), leurs mensurations de tarse et de queue
et leur coloration, s’accordent parfaitement à la race rama, aucun ne correspond à la race nominale caligata que
nous aurions pu capturer en migration.
Nous traitons ensemble ces deux Hypolaïs car leur identification in natura demeure toujours
problématique bien qu’avec une certaine habitude prise après avoir collecté des spécimens, nous
parvenions à distinguer caligata de pallida à sa taille paraissant plus petite, caractère dû en fait
à sa silhouette plus ramassée faisant penser à celle d’un Bouillot, dont il a l’habitude de circuler vivement
dans les feuillages et d’explorer les rameaux. Le bec parait aussi plus fin et l’extrémité de l’aile
fermée ne dépasse guère la racine de la queue alors qu’elle couvre environ un tiers des rectrices
chez pallida. Tout en restant du type Acrocephalus, le chant présente des différences; les phrases
sont plus courtes et l’ensemble paraît plus mélodieux mais la distinction requiert une bonne oreille,
une bonne mémoire auditive et une bonne connaissance du chant de l’Hypolaïs pâle !
En main, outre que la race rama se reconnaît à sa 2 e rémige primaire inférieure à la 7 e ,
H. caligata se différencie très bien à l’écart peu accusé (moins de 2 mm) entre le 6 e primaire et la
pointe de l’aile (les 3 e , 4 e et 5 e primaires sont pratiquement de même longueur) alors que chez pallida
cet écart n’est jamais inférieur à 4 mm (la 5 e primaire est toujours plus ou moins nettement plus
courte que les 3 e et 4 e sensiblement égales).
Nous avons rencontré les deux espèces dans des biotopes similaires : vergers, jardins avec
leur cortège de végétation arbustive ou buissonnante, peuplement de tamaris et d’épineux divers
dans les lits des rivières, dans les ravinements ou sur des plateaux... L’Hypolaïs pâle rechercherait
peut-être davantage les formations arbustives continues et serrées alors que l’Hypolaïs botté affec¬
tionnerait les milieux plus ouverts à couverture végétale plus discontinue. Ce serait à étudier.
D’après Vaurie, pallida et caligata nicheraient pratiquement dans tout l’Iran à l’exception
du littoral du golfe Persique pour la seconde espèce. C’est une reprise des données de Zarudny;
en fait ce dernier précise dans son tableau de 1911 que caligata ne serait commun que dans l’est
de l’Iran (Khorasan, Kirman et Séistan) où pallida ne serait par contre que peu abondant. Si l’on
se réfère aux autres auteurs il semblerait que caligata ne niche pas ailleurs que dans l’est de l’Iran.
Des précisions sur la répartition exacte de ces deux espèces seraient donc bien utiles.
Une bonne partie de nos observations du Fars concernent probablement des migrateurs,
du moins pour caligata. Rappelons que Paludan (1959) situe le point culminant de la migration
de ce dernier à la mi-avril au Séistan afghan, le passage se prolongeant dans la l re décade de mai.
Dans le Fars, pallida nous parut l’espèce dominante (par exemple à Maharloo et a Badeny). A Per¬
sepolis toutefois, caligata était abondant dans la vaste plantation serrée de conifères près des ruines :
de nombreux chanteurs manifestaient continuellement leur présence, quelques-uns défendaient
leur territoire. A Kahoorestan, nous eûmes l’impression que caligata et pallida étaient également
représentés, néanmoins les chanteurs nous semblèrent être des pallida mais nous n’oserions l’affirmer.
A Bandur-abuss, caligata était certainement présent bien que nous n’ayons recueilli aucune preuve
formelle. C’est à lui que nous rapportons les petites Hypolaïs qui fréquentaient les acacias et dont
les effectifs oscillants, diminuèrent pendant notre séjour : ceci suggérait un pussage vraisembla¬
blement d’oiseaux ayant hiverné en Arabie. De son côté, pallida était plus disséminé et bien can¬
tonné, des nids en construction dans les zones de culture (sur arbres fruitiers ou acacias) furent
notés à purtir du 30 avril.
Dans le sud-est du Kirman, nous rencontrâmes des Hypolaïs « pâles » à diverses reprises
entre Minab et Sabzevaran, puis à Bam, à Vakil-abad et à Fahraj. Nous n’eûmes la preuve de la pré¬
sence de caligata qu’à 60 km au sud de Sabzevuran : une demi-douzaine d’individus dans un peu¬
plement très dégradé d’acacias arborescents; mais là encore no s’agissait-il pas de migrateurs ?
Au Bulouchistun et au Séistan, caligata dominait pour ne pas dire remplaçait pallida. Ceci
était particulièrement net à Zahedun où caligata abondait (mais des migrateurs étaient encore
présents car le 22 mai, nous constatâmes une assez nette diminution des effectifs en comparaison
à ce que nous avions observé 8 jours auparavant) alors que nous n'identifiâmes qu’un seul couple
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
89
de pallida. Nous rapportons à caligata les nombreuses observations faites au Séistan, à Hermak-
abad, de Zahedan à Khash, puis à Lariz, Joon-abad, Iranshahr, Bampur, Nikshahr et Ghasre-ghand,
à pallida celles de rares isolés ou paires à Zabol, Hermak-abad, Lariz et Nikshahr.
Dans le Khorasan, nous rencontrâmes en petit nombre des Hypolaïs à Khoshareh, Hosein-
abad, Birjand, Torbat-heydariyeh et Sang-bast. La plupart nous parurent caligata mais dans les
deux dernières localités citées, nous pensons qu’il y avait également pallida.
A Téhéran et en Azerbaïdjan (Sofian et Sharafkhaneh), il ne s’agissait pour nous que de
pallida.
Sylvia nisoria (Bechstein)
$ (AP : 85) île de Gheshm, 26 avril; S (AP : 89) Bandar-abass, 28 avril; S (AP : non mesurable) Shoorak,
27 mai.
Nous préférons considérer cette espèce comme étant monotypique : merzbacheri Schalow ne
nous paraît pas suffisamment séparable de nisoria pour être retenu, les faibles différences de coloration
des mâles procèdent d’une variation géographique gradiente; les oiseaux deviennent légèrement
plus pâles et plus gris à mesure que l’on progresse vers l’est de l’aire de reproduction de l’espèce.
La Fauvette épervière nicherait peut-être dans les districts du sud de la Caspienne et
dans la vallée de l’Hari-Rud selon Zarudny. Nous vîmes le premier sujet le 9 avril dans les tamaris
bordant la rivière salée près de Robat-karim. Le 26 avril, nous en obtînmes un dans les acacias à
l’ile de Gheshm. Les jours suivants il y eut un net passage à Bandar-abass (sur moins de 2 ha de
jardins, 5 de ces Fauvettes furent comptées le 30 avril) qui durait encore à notre départ le 3 mai.
Le 27 mai, un S fut collecté près de Shoorak dans le nord du Khorasan, apparemment cantonné
dans une zone de buissons et de hautes herbes jouxtant les cultures céréalières et longeant une
rivière bordée de saules têtards. D’autres furent notés dans des fourrés arbustifs et buissonnants
également au bord d’une rivière et en lisière de forêt entre Dasht et Dorlat-abad le 29 mai. La nidi¬
fication de l’espèce ne serait donc pas improbable dans ces régions mais demeure à prouver.
Sylvia hortensis (Gmelin)
2 Je? (AP : 78, 79) Chaman-bid, 28 mai.
Ces deux spécimens correspondent à la diagnose de balchanica Zarudny et Bilkevitch
telle qu’elle est donnée par Vaurie (1954 a) mais nous n’avons pas examiné suffisamment de maté¬
riel pour nous prononcer sur la légitimité du maintien de cette sous-espèce qui paraît intermédiaire
entre crassirostris (Cretzchmar) et jerdoni (Blyth). Elle habite le Khorasan, le sud de la Caspienne
et le Zagros jusqu’au Kirman, étant remplacée au Balouchistan par jerdoni. Nous n’avons observé
cette Fauvette que dans le Khorasan les 28 et 29 mai : elle était relativement commune (SS chan¬
teurs) dans les pentes rocailleuses recouvertes d’une dense végétation arbustive en région de Chaman-
bid ainsi que dans des milieux buissonnants clairs en lisière de forêt entre Dasht et Dorlat-abad.
Sylvia borin (Boddaert)
L’espèce variant de manière clinale d’ouest en est les oiseaux devenant plus grands et plus
gris, nous serions d’avis de ne lui reconnaître aucune race géographique. Sa reproduction en Iran,
supposée dans les provinces du sud de la Caspienne, n’a pas encore été prouvée. Nous l’avons ren¬
contrée en petit nombre dans des taillis en lisière de forêt et en bordure de rivière le 29 mai entre
Dusht et Dorlat-abad puis le lendemain en région de Chalus, sur le versant nord de l’Elbourz.
S’agissait-il encore de migrateurs ?
Sylvia atricapilla dammholzi Stresemann
S (AP : 75) Persepoüs, 20 avril : S (AP : 74) Bandar-abass, 30 avril.
Nos spécimens par leur taille légèrement plus grande et surtout par leur coloration nettement
plus claire (avec réduction de la teinte brun olive des parties supérieures qui paraissent plus grises)
que ceux d’Europe auxquels nous les avons comparés, appartiennent indubitablement à la race
dammholzi qui niche dans les provinces du sud de la Caspienne.
Nous avons rencontré quelques migrateurs : le 9 avril à Robat-karim, du 10 au 15 avril dans
le parc et les jardins de l’Institut Pasteur à Téhéran (des chants furent entendus), les 18, 19 et
Source : MNHN, Paris
90
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
20 avril dans des vergers à Persepolis (où un couple paraissait formé, le S étant particulièrement
démonstratif), le 21 avril dans les amanderaies à Maharloo, le 26 avril à l’ile de Gheshm, le 30 avril
à Bandar-abass et le 4 mai à Minab (chanteurs). Des couples, manifestement sur leurs lieux de repro¬
duction, furent observés les 29 et 30 mai dans des clairières de forêt et dans des peuplements arbustifs
en bordure de rivière entre Dasht et Dorlat-abad puis dans l’Elbourz entre Chalus et Karadj.
Sylvia communis icterops (Ménétries)
7 <?<J (AP : 72, 72, 72, 73, 73, 75, 76) île de Gheshm, 26 et 27 avril; £ (AP : 75) Bandar-abass, 30 avril;
<J (AP : 78) 60 km sud de Sabzevaran, 5 mai; (AP : 74) 10 km sud de Sabzevaran, 6 mai; J (AP : 79) Khash,
11 mai; 2 £<? (AP : 75, 76) 80 km nord de Khash, 11 mai; ? (AP : 75) Lariz, 15 mai; (J (AP : 75) Chamun-bid, 28 mai.
La Fauvette grisette nicherait dans une grande partie de l’Iran : nord du pays de l’Azer¬
baïdjan au Khorasan, dans le Zagros jusqu’au Kirman et vraisemblablement dans le nord du Balou-
chistan. Toutefois des renseignements précis sur sa répartition seraient bien nécessaires car les
données de la littérature ne sont guère nombreuses, surtout dans le Nord-Ouest et le Zagros où
maintes citations peuvent en fait concerner des migrateurs.
Nous vîmes les premiers représentants de l’espèce le 22 avril dans un peuplement d ' Amygdalus
en montagne près de Gnader-abad. Une migration assez importante fut remarquée à partir du
26 avril durant notre séjour à Bandar-abass et sur les lies du détroit d’Hormoz : sur Gheshm, la
densité des oiseaux était très élevée les 26 et 27 avril dans les acacias et buissons divers où station¬
naient également de nombreux autres migrateurs. Le passage, plus faible, durait encore à Bandar-
abass à notre départ le 3 mai. D’autres migrateurs furent observés en petit nombre les 5, 6 et 7 mai
entre Dehbid et Sabzevaran dans des massifs d’acacias dispersés sur les plateaux à steppe rabougrie
et à Fahraj dans des vergers et jardins. Quelques sujets, certainement de passage, étaient encore
présents dans les cultures à Zahedan mais plus après le 15 mai. Plus au sud, entre Zahedan et Khash,
nous rencontrâmes des isolés dans des formations dégradées d’arbustes et de buissons divers sur
les plateaux mais aussi dans des ravinements encombrés de fourrés d’épineux et de tamaris; là
certains sujets paraissaient cantonnés le 11 mai, tout comme deux couples le 15 mai dans un lit
d’oued, richement garni de buissons, en bordure de vergers et de cultures céréalières près de Joon-
abad. Nous n’oserions toutefois affirmer la reproduction en ces lieux. Par contre, nos observations
du Khorasan (nombreuses les 28 et 29 mai dans les régions de Chaman-bid, de Dasht et de Dorlat-
abad), de l’Elbourz (sporadiques le 30 mai entre Chalus et Karadj) et du sud-ouest du Gilan (spora¬
diques le 6 juin entre Shenat et Khoram-dareh) concernaient indubitablement des oiseaux établis
sur leurs quartiers de reproduction. Ils étaient cantonnés dans des biotopes typiques de l’espèce :
buissons clairsemés ou broussailles basses des clairières, lisières de forêt et bords des rivières, haies
de jardins en friches, pentes parsemées de touffes basses d’épineux divers...
Sylvia (? curruca)
La systématique des Fauvettes babillardes est très complexe; certains auteurs ne reconnais¬
sent qu’une seule espèce, d’autres deux et d’autres enfin (dont Vaurie) séparent curruca , rninula
et althaea. Nous ne discuterons pas ici les arguments avancés par les partisans de la fusion et ceux
de la division, nous renvoyons entre autres, aux écrits de Williamson (1964) pour le premier point
de vue et de Vaurie (1954 b) pour le second. Si l’on accepte les opinions de Vaurie, les Babillardes
d’Iran se répartissent comme suit : S. c. curruca (L.) dans les provinces du sud de la Caspienne,
le Khorasan et le Zagros jusqu’au Fars; S. m. rninula Hume dans le Zagros jusqu’au Balouchistan
puis du Séistan au Khorasan et Mazandaran; S. a. althwa Hume du Mazandaran et du Khorasan
au Balouchistan et S. a. zagrossiensis Zarudny (race valide ?) dans le Zagros jusqu’au Kirinan.
Les trois espèces seraient écologiquement bien séparées : miaula dans les milieux désertiques,
althaea sur les versants montagneux peu densément boisés et curruca dnns les buissons et milieux
péri-forestiers des zones basses. La répartition et la ségrégation en période de nidification de ces
écotypes en Iran requièrent une étude particulière.
Nous avons observé une Fauvette habillarde le 22 avril près de Gnader-abad dans un peu¬
plement d'Amygdalus, à une altitude d’environ 1 500 m et une autre le 26 avril à l’tle de Gheshm.
Dans le Becond cas, il s’agissait manifestement d’un migrateur alors que dans le premier cas, ce
pouvait être un individu sur ses lieux de reproduction bien que nous n’en soyons pas convaincus.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
91
Sylvia mystacea Ménétries
D’après la littérature la Fauvette de Ménétries se rencontre en période de nidification dans
tout l’Iran à l’exception du Khuzestan (?), du littoral du golfe Persique, du Balouchistan et du
Séistan. Il serait bon d’obtenir des renseignements plus précis sur sa distribution exacte notamment
en fonction de l’altitude (jusqu’à 1 700 m dans le Fars et 1 300 m dans l’Elbourz selon Witherby,
1903 et 1910) et des conditions désertiques.
Nous avons rencontré cette espèce qui ressemble beaucoup à S. cantillans mais s’en diffé¬
rencie par sa calotte noirâtre et son cercle orbital orange : le 9 avril dans un peuplement de tamaris
au bord de la rivière salée près de Robat-karim où nous entendîmes un chanteur et aperçûmes
2 sujets; le 10 avril dans les jardins de l’Institut Pasteur à Téhéran (un d); le 26 avril en migration
à l’ile de Gheshm (un J collecté mais en trop mauvais état pour être conservé) et le 30 mai dans
des buissons de grenadiers en bordure de dunes près de Nur-abad sur la rive méridionale de la
Caspienne où la densité des chanteurs nous parut élevée (4 sur un parcours de 100 m).
Phylloscopus Irochilus (L.)
a) P.t. acredula (L.) : 2 SS (AP : 70) Téhéran, 13 avril; <J (AP : 71) Persepolis, 20 avril; 14 SS (AP : 64-
72, (67, 8)) et 9 (AP : 64) lie de Gheshm, 26 avril; S (AP : 69) et 2 99 (AP : 63) Bandar-abass, 28 et 30 avril.
b) P.t. yakutensis Tickhurst : 9 (AP : 70) Téhéran, 11 avril; <J (AP : 73) Bandar-abass, 30 avril.
Nous voudrions préciser l’identification de ces deux derniers spécimens. Le S de Bandar-
abass par la coloration brun-gris, sans trace de vert olive (sauf quelques lisérés aux couvertures
alaires) des parties supérieures et des ailes par l’absence de jaune aux parties inférieures (sauf aux
ptérylies crurales et aux petites sous-alaires) et par le lavis grisâtre de la poitrine qui paraît vague¬
ment striée, correspond très exactement à la diagnose de yakutensis et s’accorde parfaitement avec
les représentants de cette race auxquels nous l’avons comparé. La $ de Téhéran tout en restant
à dominance yakutensis présente des traces vert olive aux parties supérieures et de très vagues
indications de jaune à la poitrine. Ce pourrait être un sujet en phase « brune et blanche » (par oppo¬
sition à celle « vert olive et jaune » dominante dans l’ouest de l’aréa de l’espèce, l’autre l’étant dans
l’est) d'acredula (sur le dimorphisme du Fitis, voir entre autres Williamson 1962). Sa grande taille
nous autorise à penser qu’il s’agit plutôt d’un individu sibérien originaire de la zone de transition
entre les deux races; en fait cette dernière doit être très étendue car la variation géographique
affectant la coloration et la taille au sein de l’espèce est de caractère purement gradient.
Le Pouillot fitis ne niche pas en Iran; il n’y apparaît qu’au cours de ses migrations en direc¬
tion ou en provenance de l’Afrique. Nous vîmes les premiers le 9 avril dans les peuplements de
tamaris au bord de la rivière salée près de Robat-karim. Du 11 au 15, nous notâmes sa présence
à Téhéran où nous entendîmes les premiers chanteurs le 12. Durant notre séjour à Persepolis, du
17 au 20, des migrateurs se faisaient remarquer dans toutes les zones de végétation ligneuse. Les
21 et 22, ce Pouillot nous parut assez abondant à Maharloo dans les vergers et en montagne
près de Gnader-abad dans les boisements d’ Amygdalus. Du 26 au 30, il pullulait véritablement à
i’île de Gheshm et à Bandar-abass, il n’en restait que très peu les 1, 2 et 3 mai. Le 4 il n’était pas
rare et chantait dans les vergers à Minab. Nous n’en observâmes plus aucun par la suite. Ceci étaye
les écrits de Vaurie (1954 a) selon lesquels le Fitis n’apparaîtrait qu’irrégulièrement au Balouchistan
perse.
Phylloscopus collybita ahietinus (Nilsson)
9 (AP : 56) Téhéran, 11 avril; 9 (AP : 54) et <J (AP : 60) Persepolis, 17 et 19 avril.
Les spécimens de Persepolis par la teinte vert olive des parties supérieures réduites au bas
dos, au croupion, et aux lisérés alaires et par la quasi-disparition du jaune aux parties inférieures,
rappellent beaucoup fulvcscens (Severtzov) mais faute d’avoir examiné un matériel suffisant de
cette race nous préférons les rattacher à ahietinus.
Le Véloce semble habiter le nord de l’Iran, de l’Azerbaïdjan au Mazandaran (ahietinus),
à la région de Gorgan et au nord du Khorasan (julvescens). 11 nous paraît plus judicieux de séparer
spécifiquement lorenzii (Lorenz) qui doit certainement se rencontrer dans les montagnes de l’Azer-
baïdjon iranien : nous retrouvons là le problème des écotypes posé par les Fauvettes babillardes.
Source : MNHN, Paris
92
CHRISTIAN ÉBAHI» ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Nous vîmes et entendîmes chanter plusieurs représentants de l’espèce dès le 5 avril à Téhéran
où il n’en restait guère le 15; quelques sujets furent notés le 9 près de Robat-karim, d’autres durant
notre séjour à Persepolis du 17 au 20, puis à Maharloo le 21, à Gnader-abad le 22, vraisembla¬
blement (oiseaux silencieux) à Plie de Gheshm le 26 et à Bandar-abass les 28 avril et 1 er mai.
Tous ces oiseaux étaient en migration et fréquentaient les mêmes biotopes que les Fitis. Quelques
chants (beaucoup moins scandés que ceux de collybita et comparables aux descriptions du chant
de Iristis) furent entendus en lisière do la forêt décidue, en bordure de rivière, entre Dasht et Dorlat-
abad le 29 mai. Nous pensons qu’il s’agissait bien de Pouillots véloccs et non pas de P. negclectus
dont le chant n’a pas encore été décrit. Un chanteur (rappelant cette fois beaucoup plus les sujets
européens) fut noté le 7 juin dans un boqueteau de peupliers près de vergers à Sofian. Ces données
concernent certainement des nicheurs et s’ajoutent à celles — bien maigres déjà connues : Gilan
(Stresemann, 1928), Firuzkuh dans le Mazandaran (Paludan, 1940), Gorgan et nord du Khorasan
au nord-est de Bodjnoord (Vaurie, 1954 a et d).
Phylloscopus nitidus Blyth
$ (AP : 59) Zabol, 18 mai; $ (AP : 64) et 9 (AP : 61) 15 km sud de Mashad, 26 mui; (J (AP ; 64) bodjnoord,
28 mai.
L’aire de reproduction de ce Pouillot semble s’étendre sur le nord de l’Iran, de l’Azerbaïdjan (?)
au nord du Khorasan. Nous vîmes le premier individu (migrateur) le 18 mai dans les massifs de
tamaris d’un jardin près de Zabol. Le 23, plusieurs furent notés dans des vergers d’amandiers et
de mûriers entrecoupés de cultures céréalières irriguées à Torbat-heydariyeh. Des chants étaient
assez fréquemment émis, rappelant une phrase de Fitis mais avec des accents sonores et saccadés
de Bouscarle. Nous en retrouvâmes d’autres et là encore des chanteurs se manifestèrent, dans des
biotopes identiques entre Sang-bast et Mashad le 26 mai et le 28 entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord.
Nous eûmes l’impression que ces oiseaux observés dans le Khorasan étaient nettement cantonnés,
aussi peut-on se demander si, à la suite de la régression des milieux plus densément et uniformément
boisés, l’espèce ne s’est pas adaptée aux habitats plus ouverts que constituent les plantations
arborescentes faites par l’homme. Le 29 mai, en région de Dasht et le 30 dans l’Elbourz (ait. 1 700-
1 800 m) entre Chalus et Karadj, le Pouillot vert ne semblait pas rare dans les forêts denses, de
chênes dans le premier endroit et de hêtres dans le second où d’ailleurs Schuz en avait observé
en nombre le 21 mai 1956.
Prinia gracilis lepida (Blyth)
9 (AP : 42) Kahoorestan, 23 avril; $ (AP : 44) Vakil-abad, 7 mai; (J (AP ; 45) et Ç juv. (AP : 44) Saeid-abad,
14 mai.
L’aire de reproduction iranienne de cette espèce couvre le sud du pays, de la frontière ira-
quienne au Balouchistan, la limite septentrionale suit les contreforts méridionaux du Zagros dans
le Luristan, le Khuzestan et le Fars (elle ne semble pas aller au-delà de la région de Shiraz), le sud
du Kirman, le Balouchistan et le Séistan, ne remontant pas dans le sud du Khorasan (Petter a
collecté un spécimen à Aliabad (= Hosein-abad sur notre carte) à la limite du Séistan et du Kho¬
rasan). De l’Iraq à la région de Bushire, habite la race irakensis Meinertzhaoen graduellement
remplacée vers l’est pas lepida (Blyth).
Nous avons noté l’espèce dans les limites de cette distribution. Nous vîmes le premier sujet
à Kahoorestan dans des cultures (céréales, vergers et haies de tamaris). Par la suite nous en ren¬
contrâmes dans le Laristan à Bandar-abass et à Minab; dans le sud-est du Kirman à Shamss-abad,
Kahnooj, Sabzevaran, Bam, Vakil-abad, Fahraj; au Balouchistan à Zahedan, Lariz, Mirjaveh,
Khash, Iranshahr, Bampur, Saeid-abad, Chahderaz, Espakeh, Pip, Sarheh, Ghasre-ghnnd; et enfin
au Séistun, notamment en région de Zabol. Dans toutes ces localités, elle nous parut fort bien
représentée dans les jardins, les pulmeraies et surtout dans les endroits incultes riches en brous¬
sailles basses que l’on rencontre fréquemment dans les milieux anthropophilcs. Elle fut aussi notée
mais en moins grande densité, dans les peuplements végétaux arbustifs ou buissonnants dégradés
sur les plateaux ou duns les ravinements.
Une ? collectée dans une friche parsemée de petits buissons à proximité de jardins à Vakil-
abad, le 7 mai, avait 2 œufs en formation dans l’oviducte; cette période de ponte s’accorde avec
celle signalée par Witiierhy (1903) qui trouva un nid avec un œuf le 3 mui à Shiraz. Au Balouchistan
la reproduction était bien plus avancée : un jeune émancipé le 14 mai à Saeid-abad.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
93
In natura cette Prinia, très familière, se reconnaît à sa petite taille, à sa grande queue et
à ses parties inférieures blanc pur; le dos très finement rayé, étant d’un gris-brun très pâle qui,
sous les fortes lumières, paraît argenté. Le chant, émis de la pointe d’un buisson ou d’un perchoir
dégagé, est très caractéristique; il évoque celui d’une Cigale : c’est une stridulation aux notes déta¬
chées que l’on peut traduire par « tzi-zi-zi-zi-zi-zi-zi », le chanteur soulignant la cadence par des
battements de queue.
Scolocerca inquiéta striata (Brooks)
9 (AP : 50) 10 km est de Maharloo, 21 avril : 2 9? (AP : 49, 47) et <$ (AP : 50) Badeny-Berkeh-sang, 23 avril;
juv. (AP : 48) près Khash, 11 mai; cj (AP : 50) 50 km sud de Zahedan, 11 mai; juv. (AP : 49) 80 km sud de Zahedau,
11 mai; $ (AP : 49) Chaman-bid, 28 mai.
Vaurie (1959 b), reprenant les renseignements de Zarudny, écrit que la Dromoïque niche
dans tout l’Iran. En fait il n’existe aucune preuve de la présence de cet oiseau dans le nord et le
nord-ouest du pays à l’ouest de Gorgan et au nord du Luristan. Son aire de reproduction serait à
préciser notamment dans les cuvettes désertiques du centre du pays. Les populations du Khorasan
appartiendraient à la race platyura (Severtzov). Notre spécimen de Chaman-bid, en plumage
très usé ne se différencie pas des autres aussi l’appelons nous striata.
Nous en observâmes dans le Fars : à Maharloo, entre Badeny et Berkeh-sang, puis à Kahoo-
restan; dans le sud-est du Kirman : entre Shamss-abad et Kahnooj, puis en région de Sabzevaran
jusqu’à 20 km au nord de cette localité; au Balouchistan : de Zahedan à Khash, de Karvandar à
Iranshahr, en région de Bampur, entre Saeid-abad et Chahderaz, de Nikshahr à Ghasre-ghand
puis entre Joon-abad et Lariz; au Séistan près de Zabol et enfin dans le nord du Khorasan près
de Chaman-bid.
La Dromoïque nous parut affectionner les milieux rocailleux parsemés de maigres touffes
buissonnantes (cas le plus général) ou recouverts de broussailles arbustives se mêlant à une végé¬
tation en coussinets (sud-est du Kirman et nord du Khorasan). Dans ces biotopes sans être abon¬
dante, elle était de rencontre fréquente dans les localités mentionnées. Nous l’observâmes aussi dans
des fourrés épineux en terrain plat et meuble dans les régions de Kahoorestan, Khash et Chahderaz
ainsi que dans le lit envahi par de luxuriants tamaris d’un oued à bords francs, traversant un pla¬
teau recouvert d’une riche steppe d’armoise entre Zahedan et Khash.
Des familles avec jeunes volant parfaitement furent notées le 23 avril près de Berkeh-sang,
le 6 mai près de Sabzevaran et le 12 mai entre Saeid-abad et Chahderaz. Un couple avec 5 jeunes
voletants fut observé le 11 mai à 90 km au sud de Zahedan.
In natura , l’oiseau est typique avec ses attitude? de Troglodyte, son habitude de courir au
8ol et de se faufiler très rapidement entre les rochers et les broussailles. L’attention de l’observateur
est généralement attirée par la petite crécerelle d’alarme (un « treec » sec et grincé) et le chant, court
et caractéristique : un « prit-prrrrit », trille rapide et grinçant émis à la hâte au cours d’une brève
apparition au sommet d’un buisson. Les oiseaux du Moyen-Orient sont bien différents de ceux
d’Afrique du Nord : ils sont bien plus foncés, plus bruns et surtout présentent aux côtés de la tête
et des parties inférieures une teinte rousse (vineuse sous certains éclairages) qui déroute les habitués
du Sahara.
Ficedula albicollis semitorquata (Homeyer)
2 ü (AP : 78) et 9 (AP : 83) Téhéran, 11 et 13 avril; 9 (AP : 83) Persepolis, 17 avril.
Les deux femelles sont identifiables à leur formule alaire : 2 e rémige primaire plus longue
que la 5‘‘ et blanc de la base dos rémiges primaires (faisant miroir sur l’aile fermée) débutant à la 3°
sur le Bpécimcn de Téhéran et à la 4 e sur celui de Persepolis. L’un des mâles que nous avions collecté,
croyant avoir affaire à F. hypoleuca, rappelle le Gobemouche noir par la faible étendue de la tache
frontale blanche et par sa formule alaire (2 e primaire inférieure de 1 mm a la 5 e et blanc de la base
des primaires ne commençant qu’à la 6 e ) mais se différencie toutefois de cette espèce par une indi¬
cation de demi-collier due à la présence de traces blanches parmi les plumes noires des côtés du
cou et par une plus gronde surface blanche aux côtés de la queue, notamment aux rectrices externes.
Cm derniers caractères permettent de l’identifier comme semitorquata. Le second mâle est presque
identique aux spécimens de race albicollis auxquels nous l’avons comparé mais le croupion est uni¬
formément noir, la tache frontale s’avère plus petite et le collier blanc, pratiquement complet mais
Source : MNHN, Paris
94
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
moins bien défini, est plus mince et conserve quelques plumes noires sur la face postérieure du cou.
Il conviendrait de recueillir davantage de matériel pour déterminer s’il existe ou non une grande
variabilité de l’étendue du blanc aux côtés du cou chez les oiseaux du nord de l’Iran.
Ce Gobemouche se reproduit dans le sud de la Caspienne jusque dans le nord du Khorasan.
Vaurie (1959 b) le donne nicheur dans le Zagros jusqu’au Fars : des preuves seraient nécessaires!
Nous remarquâmes les premiers (1 et 3 ??) le 10 avril à Téhéran (date d’arrivée coïncidant avec
celle signalée à Gulega sur le bord de la Caspienne par Nielsen, 1969) dans le parc de l’Institut
Pasteur où nous en vîmes chaque jour jusqu’à notre départ le 15; au moins deux couples parais¬
saient cantonnés mais nous ne les retrouvâmes pas en juin. Le 11 avril, la visite d’une zone de ver¬
gers situés à une dizaine de kilomètres au nord de la capitale nous en révéla de nombreux sujets.
Les 17 et 19 avril, nous observâmes respectivement une ? et un $ en migration à Persepolis dans
des jardins. Le 29 mai, il ne semblait pas rare en forêt entre Dasht et Dorlat-abad, dans les parcelles
de vieille futaie de chênes, surtout dans les zones les plus claires. A cette date un couple nourrissait
des jeunes récemment sortis du nid.
Le chant est une petite phrase qui rappelle beaucoup par sa tonalité celle des albicollis euro¬
péens mais dont le rythme et le débit plus rapides se rapprochent de ceux d 'hypoleuca. Nous n’enten¬
dîmes pas les « hip-hip » aigus, et prolongés, si caractéristiques d 'albicollis. Il est possible que dans
le nombre des « femelles » observées nous n’ayons pas reconnu F. hypoleuca sibirica (Khakhlov)
dont une grande proportion de ont un plumage gynémorphique et qui traverse l’Iran au cours
de ses migrations.
Ficedula parva (Bechstein)
ÿ (AP : 65) et J (AP : 67) Téhéran, 13 et 15 avril; (AP : 67) Persepolis, 20 avril.
Le mâle de Persepolis est un oiseau de la race parva de deuxième année civile en plumage
féminin qui présente au menton des indications de couleur roux orangé. Le mâle adulte collecté
à Téhéran se distingue des sujets de la race nominale auxquels nous l’avons comparé par une ten¬
dance à être plus gris sur le dessus de la tête et le haut du dos et par son plastron d’un roux orangé
plus vif, s’étendant davantage sur la poitrine et plus largement bordé de gris sur toute sa longueur
mais pas entre la poitrine et l’abdomen. La femelle diffère de celles de la race nominale par ses
parties inférieures plus blanches. Tous les caractères présentés par ces deux spécimens correspondent
exactement à ceux de certains migrateurs et hivernants décrits par Vaurie (1954 c) qui se contente
d’attirer l’attention sur leur existence, tout en précisant cependant qu’une révision de l’espèce,
basée sur un important matériel recueilli en période de reproduction, serait bien souhaitable. On
peut se demander si les populations (isolées) du Caucase et du nord de l’Iran ne mériteraient pas
une appellation particulière et si dans ce cas la race colchica décrite de la région de Batoum par
Dombrowsky (Mess. Orn. 1911 : 34) serait acceptable (cf. aussi Stresemann 1928). Il est évident
que seule l’étude préconisée par Vaurie permettrait de trancher la question.
Nous remarquâmes le premier représentant de l’espèce (?) le 10 avril, puis une autre ? le 13
et un S les 14 et 15 dans le parc de l’Institut Pasteur à Téhéran. Le mâle chantait très fréquemment
(notes isolées à la fois aiguës et grésillantes en préambule, suivies d’une petite fioriture du type
Gobemouche noir mais avec des accents plus éraillés) dans les feuillages d’un massif de grands
platanes. Il est possible que ces observations n’aient en fait porté que sur les partenaires d’un couple
bien que l’espèce ne soit pas reconnue comme nicheuse à Téhéran. Le 19 avril, nous avons collecté
un mâle en livrée gynémorphique à Persepolis dans un verger. Cette localité nous semble en dehors
de l’aire normale de transit de l’espèce en Iran. Le 29 mai, nous en notâmes quelques sujets en
région de Dasht en forêt de feuillus dans les zones de futaie serrée et dans de hauts taillis parsemés
de grands arbres le long d’une rivière. Les oiseaux semblaient sur leur canton de reproduction;
celle-ci a d’ailleurs lieu dans le nord de l’Iran, au moins depuis le Gilan jusqu’au nord du Khorasan.
Muscicapa striata neumanni (Poche)
tj (AP : 87) Persepolis, 20 avril; £ (AP : 83) Ile de Qheshm, 26 avril; ÿ (AP : 83) Bandar-abass, 28 avril;
£ (AP : 84) Vakil-abad, 7 mai; ? (AP : 85) 100 km nord-ouest de Zahedan; ind. (AP : 85) Hermak-abad, 21 mai.
Selon Vaurie (1959 b) le Gobemouche gris niche dans tout l’Iran sous deux formes : neumanni
(Poche) dans le nord et le nord-ouest du pays et dans le Zagros (au moins jusqu’en Luristan et
Bakhtiari) étant progressivement remplacé par des populations plus pâles faisant la transition
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
95
avec sarudnyi Snigirewski qui habite le Balouchistan et le Khorasan. Zarudny (1911) inscrit
dans ses tableaux l’espèce (sous la race sibirica (Neumann) qui, depuis, a été remplacée par neu-
manni) comme nichant en petit nombre en Iran à l’exception des régions basses du Khuzestan et
du littoral du golfe Persique, du sud du Balouchistan, du Séistan, du bassin de l’Hari-Rud et de
la basse vallée de l’Atrek. 11 ne parle pas de la race pallida qu’il a décrite en 1903 de l’est de l’Iran
et de Transcaspie (nom remplacé depuis par sarudnyi ); il semble la considérer comme synonyme
de sibirica. Nos spécimens sont plus pâles que ceux de la race nominale, dans le même état de plu¬
mage auxquels nous les avons comparés. Nous les identifions neumanni car ils sont également plus
foncés que des oiseaux d’Afghanistan et du Balouchistan que nous avons examinés, et qui corres¬
pondent à la diagnose de sarudnyi.
Au sein de l’espèce, la variation géographique qui affecte principalement la coloration,
présente un caractère nettement gradient de l’Europe à l’Asie (Cf. Vaurie 1959 b) aussi est-il très
difficile de préciser les limites entre les races striata, neumanni, sarudnyi et mongola. Ainsi, dans
les collections d’oiseaux du Moyen-Orient où en général les spécimens pouvant être considérés
avec certitude comme nicheurs locaux sont peu nombreux, il est très difficile de faire la part des
diverses races. Il conviendrait d’étudier soigneusement les aspects de la variation des diverses
populations à partir d’un matériel obtenu sur les lieux de reproduction afin de déterminer si une
simplification de la nomenclature ne s’impose pas chez cette espèce.
Nous observâmes le premier Gobemouche gris le 10 avril à Téhéran dans le parc de l’Institut
Pasteur puis quelques-uns le lendemain dans des vergers à 10 km au nord de la ville. Nous en vîmes
quelques sujets çà et là dans les jardins le 19 avril à Persepolis et le 21 à Maharloo. Durant notre
séjour dans le détroit d’Hormoz, quelques-uns furent régulièrement notés à l’île de Gheshm et
à Bandar-abass où toutefois une très importante migration se déroula du 28 au 30 avril. Par la
suite nous ne remarquâmes que des paires ou des isolés : le 7 mai à Fahraj dans des vergers; le 8 à
Kahoorak dans un groupe de tamaris près d’un relais routier en plein désert dénudé et en région
de Nosrat-abad, dans la végétation arbustive d’un vallon; les 9 et 10 à Zahedan dans les jardins;
le 11 à mi-distance entre cette ville et Khash, dans un peuplement très clairsemé d'Amygdalus arbo¬
rescents au milieu d’un plateau steppique; le 12 à Iranshahr dans la palmeraie; le 13 dans les forma¬
tions dégradées de tamaris et d’acacias au bord de la rivière près de Chandgan; puis dans des ver¬
gers et jardins les 18, 19 et 20 à Zabol et ses environs; le 21 à Hermak-abad et le 24 en région de
Birjand. Ces observations portèrent sur des oiseaux dont il était impossible de fixer le statut : locaux
ou migrateurs ?
Le 29 mai, nous en repérâmes quelques sujets, très discrets, en lisière et dans les clairières
de forêt entre Dasht et Dorlat-abad. Nous pensons qu’il s’agissait bien là d’individus cantonnés.
Le 7 juin, un couple nourrissait des jeunes au nid dans un verger à Sofian.
Saxicola rubetra (L.)
Il n’existe aucune preuve de reproduction en Iran. Zarudny (1911) et Schuz (1959) la consi¬
dèrent comme très douteuse dans le sud de la Caspienne, mais Vaurie (1955 a) a examiné des spéci¬
mens collectés dans le Zagros occidental à fin avril-début mai dont certains, selon leur étiquette,
paraissaient physiologiquement disposés à nicher.
Nous n’observâmes que quelques migrateurs le 28 avril à l’île de Gheshm et du 30 avril au
•3 mai à Bandar-abass.
Saxicola torquata (L.)
La race arménien Stkgmann niche dans le Zagros, vraisemblablement jusqu’au Kirman
(selon Vaurie) et dans le nord de l’Iran, de l’Azerbaïdjan au Khorasan où elle est remplacée par
la race maura (Pallas). Le Traquet pâtre ne semble guère commun nulle part. Sa répartition exacte
serait à préciser.
Nous n’en vîmes que des mâles isolés et apparemment en migration en avril : le 9 en lisière
du peuplement de tamaris le long de la rivière salée près de Robat-karim, le 17 dans les jardins à
Persepolis et le 28 à Plie de Gheshm.
Source : MNHN, Paris
96
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Saxicola caprata rossorum (Hartert)
2 (AP : 68, 69) et c? (AP : 69) Bandar-abass, 28 et 30 avril; ^ (AP : 74) Minab, 4 mai; <? (AP : 72) Hosein-
abad, 23 mai.
Sous la race rossorum le Tarier pie habite l’est de l’Iran, du Khorasan au Balouchistan. La
limite occidentale de son aire de répartition serait à préciser notamment dans le Kirman et le Laristan.
Si par leur coloration nos spécimens répondent à la description de rossorum (qui n’est en fait
nette qu’à l’examen de séries), leur taille s’avère par contre faible pour cette race si l’on en réfère
aux mensurations citées par Vaürie (1959 b) et Paludan (1959); ils s’accordent avec ceux collectés
près de Sabzevaran et de Bampur par Riciiter (Diessklhorst 1962). Il importerait de recueillir
un matériel plus important afin de préciser s’il n’existerait pas un cline d’accroissement de taille
du sud au nord de l’Iran (ou une zone de « secondary intergradation ») : les populations du Khora¬
san (avec celles de Transcapie et d’Afghanistan) étant les plus grandes (rossorum), celles du Balou¬
chistan étant moins bien différenciées de bicolor, race indienne.
Nous vîmes le premier (<£ chanteur en fin d’après-midi) le 24 avril à Bandar-abass; le len¬
demain un couple se tenait au même endroit. 11 n’était pas rare le 28 et se montrait même abondant
le 30. La densité était alors trop forte pour ne pas inclure un gros contingent de migrateurs : à côté
des couples commençant à nicher (une femelle transportait des matériaux de construction dans
un tas de pierres) on pouvait observer de nombreux oiseaux non cantonnés. Le passage s’était
atténué à notre départ le 3 mai. Le lendemain nous en notâmes fréquemment en région de Minab
et le 5, à diverses reprises entre Shamss-abad et Kahnooj. Par la suite des couples nettement fixés
sur leurs terrains de reproduction furent remarqués à Bam, Zahedan, Lariz, Bampur, Khoshareh,
Hosein-abad, Birjand, Azemat-abad, Ghoochan et Shirvan.
La quasi-totalité de ces observations furent effectuées dans des cultures entourées de petites
murettes aux pierres disjointes ou en torchis fissuré et crevassé. C’est dans cet habitat que la densité
nous parut la plus élevée; ailleurs ne furent repérés que quelques couples, par exemple dans des
lits d’oueds encombrés de végétation arbustive ou buissonnante clairsemée, mais presque toujours
à proximité d’une zone cultivée.
Le mâle très caractéristique avec son plumage noir que rehaussent les plages blanches du
croupion, du ventre et des épaules, n’a pas le port ramassé des Saxicola mais plutôt celui d’un Turdus
en miniature. La femelle évoque davantage un Tarier et se reconnaît aisément à sa livrée brune
adornée d’une tache roux pâle au croupion. Le chant (deux ou trois notes isolées suivies d’une petite
strophe roulée) aux accents d 'Oenanlhe, bien différent de la voix grêle de S. rubetra ou lorquala,
est émis tantôt posé sur une basse branche d’arbuste ou au sommet d’un tas de pierres ou d’un
mur, qu’en vol. Dans ce dernier cas, le mâle gonfle son plumage dont il met ainsi bien en évidence
les parties blanches, et s’élève en battant lentement des ailes qu’il tient étirées en forme de palette
et ramenées vers l’arrière, les rectrices étant largement étalées; il effectue ainsi des entrelacs de
courbes, de lignes et de figures diverses à quelques mètres au-desBus du sol tout en répétant plu¬
sieurs fois sa petite ritournelle puis revient à son perchoir.
Oenanlhe o. oenanlhe (L.)
cî (AP : 98) îlo de Gheshm, 26 avril.
Vaurik (1959 b) donne le Traquet motteux nicheur dans tout l’Iran (throughout Iran) ce
qui nous semble très exagéré. Dans ses tableaux de 1911, Zarudny mentionne 1a reproduction
dans le nord du pays, de l’Azerbaïdjan au Khorasan et dans le Zagros jusqu’au Kirman et le nord
du Balouchistan; mais il précise qu’elle a surtout lieu dans l’extrême nord du Khorasan. En 1926,
dans son article en collaboration avec H a rme, il fait le relevé de toutes les observations en Iran
et restreint considérablement l’aire de nidification : relativement rare dans le nord-est (Khorasan
et Gorgan) et encore plus rare dans l’ouest (près de Ghazvin et dans le Gilun). En tenant compte
de la littérature ornithologique postérieure à cette étude (Stresemann 1928, Paludan 1940,
Koelz in Vaurie 1949 c, Schuz 1957 a, 1959) on peut admettre qu 'Oenanlhe oenanlhe niche en ulti-
tude dans l’Elbourz et le nord du Khorusan. La situation dans le Zagros n’est pas claire : Bi.anford
en a collecté en juin en région de Shiraz et Koelz à la même époque dans leBnkhliari. La nidification
y est donc vraisemblable mais demeure à prouver tout comme dans le nord-ouest de l’Iran.
Toutes nos observations concernent des migrateurs généralement en petit nombre sur la
steppe ou dans les cultures : le 7 avril entre Ghazvin et Téhéran le 9 près de Robat-karim, le 11 en
région de Téhéran, le 15 entre cette ville et Saveh, le 17 à Persepolis, le 26 à l’Ue de Gheshm, le 2 mai
à Bandar-abass et le 10 à Zahedan.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
97
Oenanthe p. pleschanka (Lepechin)
<? (AP : 90) Persepolis, 17 avril; Ç (AP : 94) île de Gheshm, 26 avril; (J (AP : 90) près Bodjnoord, 28 mai;
<? (AP : 91) Robat-gharbil, 28 mai (sujet en mue des rectrices, mue accidentelle ?).
Le mâle collecté près de Bodjnoord est très déroutant. A première vue il fait penser à hispanica
mais s’en différencie par sa bavette noire plus étendue sur la poitrine et bordée d’un lavis fauve
roussâtre (patterne de pleschanka) et par la persistance sur le haut du dos de quelques plumes noires
que ne possède ordinairement pas hispanica. Le bandeau noir joignant les joues aux axillaires
présente des traces blanches mais le dessin des rectrices demeure du type pleschanka. L’oiseau
s’avère donc par sa coloration, intermédiaire entre hispanica et pleschanka. Il correspond très bien
au spécimen central de la figure 86, page 166 publiée par Portenko (1954) et montrant l’existence
d’individus phénotypiquement intermédiaires entre hispanica et pleschanka mais qui n’apparaissent
pas spécialement à la zone de contact de ces deux espèces si apparentées (elles forment un « species-
group »).
Comme pour O. oenanthe , Vaurie (1959 b) inscrit le Traquet pie comme nicheur dans tout
l’Iran. Ici encore nous devons faire de sérieuses restrictions. La citation de Vaurie s’appuie mani¬
festement sur les écrits de Zarudny (1911) qui semble avoir hâtivement généralisé des observations
de migrateurs, puisqu’en 1926 cet auteur et Harms n’admettent plus la reproduction que dans
le nord du Khorasan jusqu’à la latitude de Torbat-e-jam et dans l’ouest de l’Iran, dans le Gilan
(données de Zarudny) et le Fars (renseignements de Blanford et ceux de Witherby qui englobent
certainement un bon nombre de migrateurs); ils n’ont pas eu connaissance des observations et
captures effectuées en région de Téhéran par Cheesman et rapportées par Buxton (1921). Vaurie
(1949 c) a dressé une carte de la zone de chevauchement des aires de nidification d 'O. hispanica
et d 'O. pleschanka. Ce dernier nicherait dans le Zagros jusqu’au Fars (Niriz étant le point le plus
oriental); des preuves seraient à recueillir dans le nord-ouest de l’Iran où on peut s’attendre à le
rencontrer (il existe des données dans l’est de la Turquie). Par contre l’indication de la reproduction
à Firdaus (entre le Dasht-i-Ravir et le Dasht-i-Lut) repose sur la collecte d’un $ imm. le 29 août
par Koelz, date pouvant concerner un migrateur. Une confirmation s’impose. Ainsi (en tenant
compte de la littérature postérieure au travail de Zarudny et Harms) en dehors de l’Elbourz, du
nord du Khorasan et du Zagros, il n’y a aucune preuve de la reproduction de pleschanka dans le
reste de l’Iran.
Nous en avons observé en petit nombre en migration le 7 avril entre Ghazvin et Téhéran,
le 9 près de Robat-karim, le 15 près de Saveh, du 17 au 20 en région de Persepolis, le 20 près de
Maharloo, le 21 près de Sarvestan et le 26 à file de Gheshm. Le 18 avril, entre Persepolis et Shahr-
estakhr, l’espèce n’était pas rare mais beaucoup d’oiseaux semblaient en migration toutefois quel¬
ques couples nettement cantonnés furent localisés (mâles chanteurs et même l’un d’eux avec de
la nourriture au bec vraisemblablement destinée à la ? qui devait couver). Ces indications de repro¬
duction s’intégrent dans le cadre que nous avons décrit plus haut, tout comme celles que nous avons
recueillies dans le nord du Khorasan : un couple le 25 mai au voisinage du col situé au nord d’Assad-
abad, 4-5 couples le 26 à une dizaine de kms au nord de Sefil-abad, et un bon peuplement de Ghosh-
ghalleh à Dasht. le 28. Le 6 juin au moins 3 couples, nourrissant des jeunes hors du nid, furent repérés
entre Soltanieh et Yousef-abad, données s’intégrant à celles du Gilan auxquelles nous avons fait
allusion plus haut. Toutes nos observations furent effectuées dans ce qui nous parut être l’habitat
typique de l’espèce : la vaste steppe herbeuse assez dense, basse et continue sur sol caillouteux où
apparaissent çà et là des affleurement rocailleux dans un paysage vallonné. Quelques couples furent
notés dans le Khorasan dans des zones de steppe bien plus maigre et parsemée de rares buissons.
Les localités de reproduction que nous avons notées étaient situées à plus de 1 500 m d’altitude
et dans des régions où la pluviosité annuelle serait supérieure à 300 mm. Les steppes d’une grande
partie de l’Iran ne doivent pas convenir à l’espèce en raison de leur aridité.
Oenanthe hispanica melanoleuca (Guldenstadt)
3 JJ (AP : 92, 93, 95) Makoo-Bazargan, 9 juin.
Tous ces spécimens ont la gorge noire; sur l’un d’eux le noir des joues rejoint pratiquement
celui do l’aile.
Le Traquet stapazin niche dans le nord-ouest de l’Iran jusqu’au Gilan et dans le Zagros
jusqu’au Fars. 11 serait à rechercher dans les provinces du sud de la Caspienne où un $ ad. a été
collecté le 25 juillet à Firuzkuh par Paludan (1940). Les citations du Khorasan (Zarudny) ne
semblent concerner que des migrateurs.
Source : MNHN, Paris
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Nous l’avons rencontré en petit nombre le 7 avril entre Ghazvin et Téhéran et le 11 à une
dizaine de kilomètres au nord de cette localité. 11 semblait s’agir de migrateurs et de fait entre
Téhéran et Ghazvin, nous n’en vîmes pas en juin. Un mâle fut noté le 25 avril à Bandar-abass. En
juin, nous trouvâmes l’espèce fort bien représentée sur ses lieux de production entre Zandjan et
Tazeh-kand, entre Sofian et Shabestar (nourrissant des jeunes voletants le 7) puis entre Tasooj
et Sbahpoor et, abondante au-delà de Makoo vers la Turquie.
11 est remarquable que plus de 95 % des mâles observés présentaient le phénotype « stapazin » :
la prépondérance de cette phase sur « oreillard » allant en s’affirmant de la Méditerranée au Moyen-
Orient, a d’ailleurs été soulignée par Vaurie (1959 b).
Ce Traquet fréquente les milieux secs et pierreux des plateaux ou des versants de collines
et de vallées : généralement les zones où se mêlent la steppe rabougrie et les cailloutis avec parfois
même de petites surfaces d’éboulis à gros éléments; mais il se rencontre aussi au voisinage des
cultures (par exemple à Shabestar où nous l’avons vu dans des friches au milieu de jardins et de
vergers entourés de petits murs).
Sous la forme « stapazin » et sur ses quartiers de nidification lorsque son plumage est usé, il
n’est pas toujours facile de le distinguer in nalura de finschiie tde certains pleschanka. Le Traquet
de Finsch a une silhouette plus trapue, plus ramassée rappelant beaucoup celle de lugens, le bec
est proportionnellement plus épais, le noir des joues et de la gorge rejoint largement celui de l’aile
(mais certains hispanica possèdent ce caractère comme nous l’avons signalé plus haut) et l’oiseau
présente en vol une large bande noire à l’extrémité de la queue alors que chez hispanica le noir est
plutôt réduit pour ne pas dire vestigial dans certains cas, bien souvent ne subsistent que les marques
noires aux rectrices centrales et aux angles de la queue. Le biotope de finschii est généralement
distinct de celui d 'hispanica (voir plus loin) mais dans certains cas il est identique comme nous
l’avons vu en Anatolie, les deux espèces semblant alors s’exclure mutuellement. Comme nous l’avons
signalé plus haut, certains oiseaux paraissent intermédiaires entre hispanica et pleschanka. Nous
avouons que dans la majorité des cas la capture s’impose, toutefois les sujets ne présentant aucune
trace de noir sur le dos, ayant un gorgerin qui ne descend pas sur le haut de la poitrine et non sou¬
ligné d’un lavis fauve roussâtre, dont lu queue enfin montre une réduction du dessin noir, peuvent
être identifiés comme hispanica. Ceux qui ne possèdent pas ces caractéristiques sont des pleschanka.
Il est bien évident que dans la nature, tout n’est pas si facile étant donné les marges de variations
individuelles et le degré d’usure du plumage, aussi, prudence s’imposant, avons-nous dû, dans cer¬
tains cas, nous abstenir et nous résoudre à ne pas tenir compte de telles observations.
Oenanthe picala (Blyth)
<J (AP : 96) 60 km nord de Khash, 15 mai; $ (AP : 90) entre Robat-sang et Assad-abad, 25 mai; 2 <J<J
(AP : 88, 93) et 2 ÇÇ (AP : 87) 10 km est de Bodjnoord, 28 mai.
Le Traquet pie d’Orient est polymorphique (Vaurie, 1949 c). Trois phases (avec des inter¬
médiaires) sont généralement reconnues chez le mâle : picala (à tête noire et aux parties inférieures
blanches depuis la poitrine), opislholeuca (à tête noire et avec seulement du blanc au bas-ventre)
et capistrata (aux parties inférieures semblables à celles de picala mais avec la calotte blanche).
Les femelles présentent également trois grands types de coloration mais la variation individuelle
y est plus grande que chez les mâles; en outre la dominance géographique des types de femelles
ne correspond pas exactement à celle des types mâles (cf. Paludan 1959) en d’autres termes, d’une
région à l’autre à un type de mâle donné ne correspond pas forcément un même type de femelle.
Les mâles que nous avons collectés sont tous de la phase picala, laquelle semble d’ailleurs seule
nicheuse en Irun puisque les quelques citations de capislrata ne concernent vraisemblablement
que des migrateurs. Les femelles sont rattachablcs au type A de Paludan, toutefois l’une d’elles
a la calotte et la gorge d’un brun beaucoup plus pâle que chez l’autre.
Ce Traquet niche dans le Zagros, du Luristan au Kirman et dans l’est de l’Iran, du nord
du Khorasan au sud du Balouchistan à l’exception du Séistan. Il ne semble vraiment abondant
que duns le Khorasan. Nous l’avons rencontré en petit nombre au Balouchistan à Saeid-abad, près
de Joon-abad et çà et là entre Khash et Zahedan; puis dans le Khorasan à Khunik, en région de
Birjand, entre AsBad-ubad et Ghaleh puis entre Ghoochan et Shirvan. Il était extrêmement commun
entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord. Nous l’avons surtout noté au creux des vullons dont les flancs
sont recouverts de rocailles et d’une maigre végétation herbacée et dont le fond est occupé par des
cultures céréalières entrecoupées de talus ou de petits murs formés de pierres superposées. Dans
ce milieu nous avons constaté de fortes densités dans le nord du Khorasan : à Ghosh-ghalleh le
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
99
28 mai, les très nombreux couples étaient espacés de 30 m les uns des autres, les femelles transpor¬
taient des herbes sèches et construisaient leur nid dans les murettes. Quelques couples furent aussi
remarqués (surtout au Balouchistan) dans des biotopes de même physionomie mais où les cultures
étaient remplacées par de la steppe herbeuse basse et peu fournie, ceci sur des terrains très accidentés
ou simplement vallonnés. Le biotope originel d 'Oenanthe picata semble rappeler celui de pleschanka
mais être plus sec et nettement plus pierreux et accidenté. Dans le Khorasan où, dans la même
région on peut les rencontrer tous les deux dans des milieux non cultivés, le premier occupe les
creux des vallonnements alors que l’autre se cantonne sur la steppe herbeuse dense qui tapisse
les sommets de ces mêmes vallonnements. Contrairement à pleschanka , picata paraît s’être fort
bien adapté aux cultures qui ne cessent de se développer dans les thalwegs où il s’est toujours loca¬
lisé de préférence.
Oenanthe lugens persica (Seebohm)
t? (AP : 95) et Ç (AP : 88) Persepolis, 18 et 20 avril.
Le Traquet deuil niche dans le sud de l’Iran : dans le Zagros, du Luristan et Bakhtiari au
Kirman et au Balouchistan. La limite nord de sa répartition serait à préciser. Nous nous rangeons
à l’avis de Vaurie (1949 c) qui considère la race baloutche sarudnyi Harms comme synonyme de
persica.
Nous en avons observé un couple cantonné le 9 avril dans les berges abruptes et rocailleuses
d’une rivière à l’ouest de Robat-karim. Cette localité qui marque certainement la limite septen¬
trionale de l’espèce en Iran, est à rapprocher des indications de Passburg (1959) qui nota assez
communément cet oiseau au début d’avril au sud de Ghom et de Paludan (1940) qui en vit un à
la fin mai près d’Arak. Il était fort bien représenté entre Persepolis et Saadat-abad; un couple
nourrissait des jeunes au nid le 18 avril. Le 22, nous en vîmes encore un couple entre Gnader-abad
et Mansor-abad.
Oiseau rupicole, il s’établit dans les lits d’oueds où s’entassent les blocs rocheux, les vallons
encaissés et les ravins où s’amoncellent les éboulis, les amas de débris de roches aux bords des routes
percées à coups d’explosifs au flanc des montagnes, les pentes des collines recouvertes de pierriers
à gros éléments...
Caractérisée par un homoeomorphisme sexuel (la femelle présente une livrée andromorphique),
cette race du Traquet deuil se distingue bien in natura du Traquet pie par son biotope très parti¬
culier, son bec proportionnellement plus fort, sa bavette noire descendant moins sur la poitrine
et surtout par la couleur roussâtre des sous-caudales et l’absence de cette teinte à la poitrine contrai¬
rement à pleschanka. Il montre en outre une très large bande noire à l’extrémité de la queue. En
Iran, le blanc du vexille interne des rémiges primaire^ (très réduit chez la race persica) n’est pas
visible lorsque l’oiseau vole comme c’est le cas en Afrique du Nord (race halophila).
Oenanthe descrli atrogularis (Blyth)
cî (AP : 94) 50 km sud de Téhéran, 9 avril; <? (AP : 92) 30 km nord de Ghaen, 24 mai.
La distribution iranienne de cette espèce serait à préciser. En période de reproduction le
Traquet du désert semble se rencontrer dans l’ensemble du pays à l’exception de l’Elbourz jusqu’à
Gorgan, de la côte méridionale de la Caspienne, d’une grande partie du Khuzestan, du littoral du
golfe Persique, du sud du Balouchistan et du Séistan. Dans le Nord-Ouest, il importerait de déter¬
miner quelle est sa distribution exacte (il ne semble pas habiter les plateaux d’Azerbaïdjan mais
existe au Kurdistan où Misonne l’a noté assez abondant à Akinlou) de même que dans le Zagros.
Nous ne l’avons observé qu’en quelques occasions dans des biotopes à caractère prédéser¬
tique. Le 9 avril, 2 se livraient à des luttes territoriales au bord de la rivière salée près de Robat-
karim à la limite d’un peuplement clair de tamaris et de pentes caillouteuses revêtues d’une très
maigre steppe herbeuse. Du 17 au 21 avril, quelques couples furent remarqués en terrain plat et
inculte, parsemé do petits arbrisseaux près de Persepolis. Le 15 mai, il était fort commun sur les
plateaux pierreux recouverts de steppe d’Armoise et de touffes épineuses basses et très espacées
entre Joon-abad et Lariz : les $<$ chantaient sans cesse. Le 24 mai, un mâle fréquentait le lit d’un
oued salé très plat, pierreux et garni de rares touffes de végétation halophile à une trentaine de
kilomètres au nord de Ghaen. Enfin il ne nous parut pas rare du tout le 6 juin en région de Soltanieh,
dans un biotope ressemblant fort à celui de Joon-abad, mais toutefois en terrain plus onduleux.
Ee point est-il situé sur la limite nord-ouest de sa répartition en Iran ?
Source : MNHN, Paris
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CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Oenanthe finschii (Heuglin)
La race nominale niche dans le nord-ouest et le nord de l’Iran (sauf dans le Gorgan et le
Khorasan où elle est remplacée par barnesi (Oates), sous-espèce dont la validité nécessite d’être
réaffirmée) et dans le Zagros jusqu’au Fars et vraisemblablement le Kirman où Blanford l’a
obtenue le 22 mai à Khan-i-surkh. 11 serait bon de recueillir des renseignements plus détaillés sur
sa distribution en période de reproduction, notamment dans les provinces du sud de la Caspienne,
le sud du Khorasan et sur le pourtour de la chaîne du Zagros.
Nous avons rencontré le Traquet de Finsch le 6 avril près de Ghasr-shirin, le 16 entre Abadeh
et Saadat-abad, puis le 28 mai à partir de Ghosh-ghalleh jusqu’au-delà de Bodjnoord où un couple
nourrissait 4 jeunes sortant du nid, le 6 juin en région de Zandjan et le 7 près de Shabestar. A part
celles des 6 avril et 28 mai qui concernèrent de denses peuplements, ces observations ne portèrent
que sur des effectifs réduits : quelques couples çà et là.
Ces oiseaux furent notés dans divers milieux dénudés : pentes rocailleuses de ravinements,
de collines et de buttes, où jaillissent çà et là des touffes herbacées, où alternent des plages
d’éboulis, des affleurements et des blocs rocheux et dont le fond des vallons n’est occupé que par
de maigres cultures céréalières; ou au flanc de collines portant des cultures en terrasse entourées
de petits murs fait de pierres simplement empilées les unes sur les autres; ou sur des étendues de
steppe herbeuse rabougrie sur un terrain où des blocs rocheux parsèment les creux des ondulations.
Près de Shabestar, un couple accompagné de 3 jeunes volants se tenait dans un pierrier au voisi¬
nage des jardins et des vergers; à cet endroit, hispanica occupait un biotope différent (et. supra).
Nous voudrions attirer l’attention sur le fait que certains mâles finschii peuvent in natura
être confondus avec pleschanka. Il apparaît en effet que les oiseaux d’été ont le plumage très usé
et présentent alors des plages noires sur le dos, ce phénomène (apparition de la base noire des plumes)
doit s’accentuer quand débute la mue, sitôt la reproduction terminée. Finschii se reconnaît alors
à son aspect plus lourd, à son bec proportionnellement plus fort et à sa bavette noire ne descendant
pas sur le haut de la poitrine et non soulignée d’un lavis fauve roussâtre; de plus, le biotope aide
l’identification. Nous avons ainsi observé le 16 juin en Turquie au sud d’Ankara plusieurs familles
avec jeunes volants dont les mâles présentaient un plumage très usé et qui, de plus, possédaient
quelques plumes entièrement noires sur le dos; nous avons dû nous résoudre à en collecter deux,
très « aberrants », pour nous assurer qu’il ne s’agissait pas de pleschanka. On peut se demander si
les observations de Dott (Alauda 1967 : 151) effectuées dans un biotope convenant beaucoup mieux
à finschii ne concernaient pas de tels oiseaux, plutôt que des pleschanka.
Oenanthe xanthopnjmna chysopygia (de Filippi)
? (AP : 87) Persepolis, 20 avril.
Deux races habitent l’Iran : xanlhoprymna (Hemprich et Ehrenberg) ($ à gorgerin noir
et aux rectrices externes blanches aux deux tiers basaux) extrêmement localisé dans le Khuzestan
aux contreforts méridionaux du Zagros le long des rivières Karim et Abu Garga, et chrysopygia
(<f gynémorphique) dans le reste du pays, à l’exception peut-être du sud du Balouchistan. A la
zone de contact de ces deux races apparaissent des sujets phénotypiquement intermédiaires et
baptisés cumrningi dont les eje? possèdent le gorgerin noir de xanlhoprymna et les rectrices rousses
de chrysopygia. Il serait intéressant et utile de préciser l’importance do la zone d’hybridation qui
semble s’étendre du Luristan au Fars.
Le sujet capturé est une femelle aussi avons-nous arbitrairement fixé son appartenance
à la race chrysopygia qui nous parut dominante dans la région de Persepolis où nous observâmes
toutefois quelques de phénotype cumrningi.
Le Traquet à queue rousse nous sembla inféodé aux terrains très pierreux et caillouteux
couvrant de grandes surfaces et parsemés de blocs rocheux. Apparemment il ne s’établit pas
en dessous de 1 000 m et se tient de préférence à des altitudes supérieures ou égales à 2 000 m.
Nous l’avons observé en petit nombre dans les régions de Persepolis et de Maharloo puis dans
l’Elbourz entre Ghalus et Karadj. Il était par contre très commun entre Birjand et Sodeh. Le
24 mai, nous repérâmes un couple nourrissant des jeunes au nid sous une murette do grosses pierres
entassées au bord de la piste dans un passage difficile en montagne. Les oiBeaux alarmaient près
de nous; l’un d’eux (la ? sans doute) nous attaqua vivement quand nous fîmes mine de chercher
à vérifier le contenu du nid pendant que l’autre partenaire du couple se tenait à une dizaine de
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
101
mètres de là, bien en évidence sur un rocher et émettait sans discontinuité un chant débutant par
une série de notes détachées sur un rythme de Sittelle d’Europe suivies d’une petite phrase aux
accents flûtés et rapidement débitée.
In nalura, les sujets de la forme chrysopygia font penser aux femelles de Rougequeue à front
blanc tant par leurs teintes que par leur posture. Ce Traquet peu remuant se tient fréquemment
au sommet des grosses pierres et, à la moindre alerte — contrairement aux autres Traquets qui
s’enfuient d’un vol direct vers un perchoir éloigné — il se laisse tomber derrière le rocher et après
s’être faufilé discrètement dans les cailloutis, réapparaît brusquement une vingtaine de mètres plus
loin sur un nouveau perchoir.
Oenanthe isabellina (Temminck)
(J (AP : 104) 50 km sud de Téhéran, 9 avril; (AP : 100) Persepolis, 17 avril; t? (AP : 98) et 2 ?$ (AP : 95,
97) Zahedan, 10-15 mai; ? (AP : 96) Soltanieh, 6 juin; <J juv. (AP : 94, croissance non achevée) 10 km est de Shahpoor,
8 juin; <? (AP : 100) Makoo-Bazargan, 9 juin.
Le Traquet isabelle habite l’ensemble de l’Iran, toutefois sa répartition en période de repro¬
duction serait à préciser en fonction des caractéristiques écologiques du milieu, notamment dans
les zones littorales et d’altitude, les régions désertiques du centre du pays...
Nous avons observé de très fortes densités sur les plateaux recouverts d’une steppe herbeuse
fournie, cultivée par endroits, dans le nord du Khorasan entre Mashad et Gorgan et dans le Nord-
Ouest entre Soltanieh et la frontière irano-turque : l’espèce pullulait véritablement. Quand le milieu
devient plus sec, le tapis herbacé plus rabougri, le sol plus pierreux ou le terrain trop accidenté,
la densité s’abaisse considérablement. Ainsi nous n’en vîmes guère dans les habitats subdésertiques
du Laristan au sud du Khorasan; ce Traquet nous sembla même faire défaut au Séistan et dans
le sud du Balouchistan.
Toutes nos observations à partir du 25 mai portèrent sur des oiseaux nourrissant des jeunes
au nid dans les terriers de rongeurs (nord du Khorasan) ou en cours d’émancipation (Azerbaïdjan).
In natura le mâle se reconnaît à un sourcil blanc bien plus apparent que chez la femelle en raison
des lores noirs et de la calotte plus grise. Dans les zones de forte densité où l’on peut comparer les
partenaires des couples, ou parvient vite à séparer les mâles des femelles à l’intensité du dessin de
la tête.
Oenanthe monacha (Temminck)
tj (AP : 102) et $ (AP : 95) 80 km nord-ouest de Zahedan, 8 mai; J (AP : 107) près Mirjaveh, 15 mai.
La répartition iranienne du Traquet à capuchon demeure bien imprécise. Nous l’avons
observé cantonné entre Nosrat-abad et Tale-shahr, à 80 km au nord-ouest de Zahedan, à 80 km
au sud de Zahedan vers Khash, à 90 km au sud-est de Khash vers Karvandar et entre Lariz et
Mirjaveh; toutes ces localités concernent le Balouchistan. Les données de reproduction recueillies
par Zarudny et Harms (1926) intéressent la même province depuis Hurmuk (Hermak-abad) et
Dus-ab (Zahedan) jusqu’aux plateaux de Sarhad et de Sarbaz, ce dernier étant situé au sud-est
d’iranshahr. Ces deux auteurs pensent que l’espèce peut nicher dans les montagnes de la région
de Nain mais n’ont obtenu que des hivernants de même qu’à Dschufla près d’Esfahan. Koelz a collecté
des spécimens en hiver dans plusieurs localités du Kirman et à Yazd mais il a recueilli des juvéniles
en mue en septembre à Robat-i-Khan (entre les déserts de Kavir et de Lut, à l’ouest de Tabas)
ce qui pousse Vaurik (1949 c) à suspecter la reproduction en ce lieu. Petter a rapporté des hiver¬
nants de Kahurak (bordure méridionale du Lut) et de Lar. L’espèce n’étant guère migratrice on
peut donc espérer recueillir des preuves de reproduction dans le Fars et dans le centre de l’Iran.
Toutes nos observations ont porté sur des couples isolés établis dans les pentes pierreuses et dénudées,
entrecoupées de talus abrupts à flanc de lits d’oueds au fond parsemé de maigres touffes arbustives
ou de petites plages de Chénopodiacées.
In natura, le Traquet à capuchon se reconnaît au premier coup d’œil à son port très élancé
qu’accuse le bec particulièrement long. En vol, la queue paraît entièrement blanche avec une tache
noire à l’extrémité des rectrices centrales. La femelle est d’un fauve grisâtre très clair qui, sous
les fortes lumières de ces régions, prend un aspect argenté. C’est une espèce discrète et de surcroît
farouche qui se dissimule dans la rocaille à la première alerte, de sorte que l’on peut aisément passer
à côté d’elle Rans la ^marquer.
Source : MNHN, Paris
102
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Oenanthe alboniger (Hume)
(? (AP : 105) Shamss-abad, 5 mai : 2 9$ (AP : 97, 99) et <J juv. (AP : 95, croissance non achevée), 80 km
nord-ouest de Zahedah, 8 mai; 2 2Ç (AP : 97, 95) 40 km nord de Zahedan, 17 mai.
D’après la littérature, le Traquet de Hume niche dans le sud-est, le sud et le sud-ouest de
l’Iran. Dans l’est, sa répartition ne semblerait pas dépasser au nord la région de Bamrud (ca 34° nord)
mais selon Zarudny et Harms (1926) qui citent cette localité, l’aire de nidification ne débuterait
vraisemblablement vers le sud qu’à partir de Bendam, village situé dans le sud du Khorasan actuel;
les données plus septentrionales ne concerneraient que des hivernants. La zone de reproduction
s’étendrait depuis le Balouchistan sur le Kirman et la partie méridionale du Zagros, du Fars jusque
dans l’est du Luristan au nord de Dezful. Il est probable comme le suggèrent Zarudny et Harms
que l’espèce niche également dans les reliefs entre Esfahan et Khvor sur la bordure méridionale
du Dasht-i-Ravir où des spécimens furent obtenus par Zarudny en novembre et décembre et par
Koelz en septembre. A ceci se rattache d’ailleurs la capture par Read d’un <? le 17 septembre 1957
à Siah-Kuh (relief situé à 140 km au sud-est de Téhéran) (Diesselhorst 1962). Nous manquons
de renseignements dans les régions montagneuses comprises entre Kirman et Esfahan où ce Traquet
est à rechercher de même que dans l’ouest de Luristan et dans le Kermanshah car le 6 avril, nous
avons observé un sujet nettement cantonné et très démonstratif (nous avons suspecté la présence
d’une couveuse) entre Sharaban et Quizil-ribat en Iraq à proximité de la frontière iranienne.
D’autre part Koelz a collecté deux femelles en janvier à Qasr-i-Shirin (= Ghashr-shirin).
Nous avons rencontré ce Traquet dans le Fars : à Persepolis près de Maharloo, entre Sar-
vestan et Fasa, puis entre Ab-barik et Lar; dans le sud-est du Kirman; de Chah-garreh à Shamss-
abad et près de Sabzevaran; au Balouchistan : entre Nosrat-abad et Tale-Shahr, entre Zahedan
et Khash, entre cette dernière localité et Iranshahr, entre Nikshahr et Chandjan, entre Joon-abad
et Lariz, entre Zahedan et Hermak-abad. Ces localités s’inscrivent dans le cadre des données men¬
tionnées plus haut.
En revanche beaucoup plus intéressantes sont nos observations de quelques sujets le 26 mai
en montagne au nord d’Assad-abad et d’un couple le 28 mai entre Ghosh-ghalloh et Bodjnoord
nourrissant des jeunes au nid. Ces deux localités se situent dans le nord du Khorasan et sont bien
au nord (respectivement 200 et 500 km) de la limite septentrionale fixée d’après la littérature et
que nous avons citée plus haut. Notre station la plus nordique se trouve par 37° 30’ nord I Par senti¬
mentalisme peut-être, nous n’avons pas voulu collecter ces oiseaux occupés par leur couvée aussi
nos preuves ne paraîtront-elles pas, aux yeux de certains, complètement irréfutables. Plusieurs
arguments militent toutefois en faveur de l’exactitude de notre détermination. Tout d’abord albo¬
niger se distingue relativement bien de picala, seule espèce avec laquelle il pourrait être confondu.
En effet picala montre un dimorphisme sexuel très prononcé alors qu 'alboniger est homoemorphe,
la femelle exhibant une livrée andromorphique. Le mâle picala est d’un noir fuligineux bien diffé¬
rent du noir brillant d 'alboniger, le blanc du croupion ne remonte pas sur le bas du dos et la bavette
noire descend sur le haut de la poitrine; en outre un œil exercé remarque que le bec est proportion¬
nellement plus court. De plus, près de Bodjnoord où nous avons observé les deux adultes venant
ensemble nourrir les jeunes au nid, il était remarquable de constater que ce couple d 'alboniger avait
des poussins prêts à l’envol alors que tous les picala de la région ébauchaient seulement leur nid
et occupaient un biotope différent (voir plus bas).
Il y a donc lieu de prêter une attention particulière à la distribution de cette espèce dans
le nord-est du pays et notamment de rechercher si la reproduction y est régulière ou non : rappelons
que dans le Zagros, Zarudny et Harms ont souligné que certaines localités no semblaient pas fré¬
quentées chaque année.
Outre les données de nidification mentionnées ci-dessus, nous avons noté des jeunes au nid
dans le Fars à Persepolis où un envol s’effectua le 20 avril, près de Maharloo le 21 et près de Gnadcr-
abad le 22. Tous les nids étaient établis dans d’étroites anfractuosités de rochers en terrain en pente.
Un nid à Persepolis était installé à 10 m de haut dans une paroi abrupte. Trois jeunes aux rémiges
et rectrices encore très incomplètement développées, mais volant bien, étaient nourris par leurs
parents le 8 moi près de Nosrat-abad (nord-ouest du Balouchistan).
Le Traquet do Hume habite les terrains accidentés où figurent beaucoup de rochers et une
végétation urbustive maigre et très clairsemée. Il occupe de préférence les ravinements et les vallons
encaissés, s’installant dans les pentes entrecoupées de purois rocheuses au pied desquelles ont roulé
de gros blocs entre lesquels s’étalent des pierriers à petits éléments parseinty d’arbrisseaux. Il fré-
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
103
quente aussi les lits d’oueds à bords francs et encombrés de rochers et de végétaux arbustifs divers
en peuplement très lâche. Il peut aussi se rencontrer à l’occasion dans des milieux pratiquement
dépourvus de toute végétation. Quelques couples furent également notés en terrain plat mais
rocailleux et planté de quelques arbustes rabougris.
A Persepolis où lugens et alboniger furent rencontrés dans le même vallon, le premier était
cantonné dans le fond encombré de gros rochers serrés alors que le second se tenait plus en aval
sur les pentes, dans une zone à éboulis beaucoup plus clairsemés permettant la croissance d’une
faible végétation. Dans une vallée du nord du Khorasan à l’est de Bodjnoord où picata, finschii
et alboniger (dont c’est le point le plus septentrional) furent trouvés sur un trajet de moins de 500 m,
chacune de ces espèces occupait une niche écologique bien distincte : picata la zone de contact des
pentes pierreuses et des cultures dans le fond de la vallée; finschii les flancs caillouteux revêtus
d’un maigre tapis herbacé et parsemés d’éboulis à petits éléments et de rares blocs rocheux; albo¬
niger la zone la plus accidentée et la plus riche en abrupts rocheux de l’un des versants.
Cercotrichas galactoles familiaris (Ménétries)
(J (AP : 88) Maharloo, 21 avril; $ (AP : 85) 30 km est de Jahrom, 22 avril; <J (AP : 87) et 2 Ç? (AP : 84, 85)
Randar-abass, 28 et 30 avril; (AP : 87) 40 km sud de Sabzevaran 6 mai; 3 (AP : 85, 86, 86) 40 km est de Bam,
7 mai; S (AP : 90) Khash, 11 mai.
Notre matériel est trop insuffisant et de plus repose trop sur des spécimens collectés en
période de migration pour que nous puissions confirmer ou infirmer les écrits de Vaurie (1955 a)
selon lesquels au sein des populations iraniennes l’intensité pigmentaire décroît faiblement de
manière gradiente du Zagros au Balouchistan et du sud-ouest de l’Iran (Khuzistan, Luristan et
Fars) au Khorasan. Il nous permet néanmoins après comparaison de spécimens en musée, de nous
ranger à l’avis de Vaurie de ne pas admettre les races dcserticola (Buturlin) et persica (Zarudny
et Harms) pour les raisons que cet auteur a invoquées.
D’après la littérature l’Agrobate niche dans l’ensemble du pays, toutefois il n’existe aucune
preuve pour le littoral méridional de la Caspienne et l’Elbourz (Schuz 1957 a et 1959); les données
dans le nord-ouest de l’Iran sont plutôt maigres : nous possédons des indications de reproduction
à Ghazvin (Buxton 1921, Trott 1947) et à Suj-Bulak (Mahabad) au sud du lac Rezaiyeh (Witherby
1907). Il conviendrait de recueillir des renseignements précis sur la distribution de l’espèce dans
les régions désertiques du centre du pays.
Nous n’avons identifié Cercotrichas galactotes qu’à partir du 21 avril à Maharloo où il ne
semblait pas rare du tout (beaucoup de chanteurs) dans les amanderaies. Les jours suivants, nous
en vîmes régulièrement dans le Fars : près de Gnader-abad, Ab-barik, Badeny, Berkeh-sang et
Khahoorestan. A Bandar-abass, durant notre séjour du 28 avril au 3 mai, il était abondant mais
la majeure partie des effectifs concernait apparemment des migrateurs, toutefois plusieurs couples
furent observés construisant leur nid. Par la suite nous en rencontrâmes le plus souvent en assez
bonne densité dans le sud-est et l’est du Kirman : à Minab, Chah-garreh, Roosary, Sabzevaran,
Saghdar, Khajeh-askar, Bam et Fahraj; au Balouchistan : à Kahoorak, Nosrat-abad, Tale-shahr,
Zahedan, Khash, Karvandar, Damen, Iranshahr, Bampur, Espakeh, Pip, Sarheh, Nikshahr,
Chandgan, Ghasre-ghand, Joon-abad et Lariz; au Séistan à Zabol et sa région; dans le Khorasan :
à Khoshareh, Hosein-abad et Torbat-heydariyeh; dans le nord-ouest du pays : entre Tazeh-kand
et Sarcham, à Sofian, Shabestar, Sharafkhaneh et Shahpoor. Ces dernières données complètent
utilement celles de la littérature que nous avons évoquées plus haut.
Il nous fut difficile de distinguer les migrateurs mais il est certain qu’au moins jusqu’au
12 mai, des oiseaux furent observés n’étant pas sur leurs lieux de reproduction; c’est à eux que nous
rapportons des rencontres d’isolés dans des biotopes ne convenant pas à leur nidification, par
exemple dans de maigres touffes arbustives très clairsemées dans des pentes rocailleuses en mon¬
tagne ou dans des milieux arénacés particulièrement, arides. De plus, certains des sujets collectés,
comme celui de Khash, étaient trop gras pour être des locaux. Dans beaucoup des localités citées,
l’Agrobate fut noté dans les jardins et les vergers riches en arbustes touffus (citronniers, grenadiers,
mûriers, amandiers...); il le fut nussi, mais en densité plus faible, dans les palmeraies, dans les lits
d’oueds encombrés d’une végétation arbustive relativement dense (tamaris, palmiers sauvages
Chamacrops ritchicana, épineux divers...) et dans les zones de végétation buissonnante dégradée
des plateaux.
Source : MNHN, Paris
104
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Monlicola saxalilis (L.)
C? (AP : 120) 30 km nord-ouest de Persepolis, 18 avril; 9 (AP : 123) Bandar-abass, 30 avril.
Le Merle de roche parait, d’après la littérature, établi dans l’ensemble du pays à l’exception
des zones côtières, du Séistan et des parties basses du Khuzestan. Il serait utile de préciser sa dis¬
tribution d’une part altitudinale et d’autre part dans les régions désertiques du centre de l’Iran.
Nous ne l’avons guère rencontré durant notre voyage, peut-être ne l’avons nous pas suffisam¬
ment recherché. Il était d’observation fréquente quoiqu’en petit nombre entre Persepolis et Saadat-
abad puis près de Gnader-abad; les couples étaient cantonnés, les mâles chantaient mais la repro¬
duction ne semblait pas encore débutée. A Bandar-abass, nous vîmes quelques migrateurs isolés
les 28 et 30 avril puis le 2 mai. Par la suite nous observâmes des mâles cantonnés dans le sud-est
du Kirman entre Chah-garreh et Shamss-abad puis en région de Saghdar, dans le nord du Khorasan
entre Shirvan et Bodjnoord puis en Azerbaïdjan entre Makoo et Bazargan et au-delà en Turquie.
Toutes nos localités où l’espèce paraissait nicheuse se situent à une altitude supérieure à 1 200 m
et dans des milieux accidentés, rocailleux, avec ou sans végétation arbustive dispersée.
Monticola solitarius longirostris (Blyth)
<J (AP : 120) 20 km nord de Téhéran, 7 avril.
Dans ses grandes lignes la distribution iranienne du Merle bleu telle qu’elle apparaît à la
lecture des renseignements fournis par la littérature correspond à celle du Merle de roche mais
l’espèce parait descendre plus bas en altitude, encore que des données précises à ce sujet seraient
désirables.
Nos rencontres avec ce Turdiné furent plutôt rares : dans l’Elbourz à une vingtaine de kilo¬
mètres au nord de Téhéran, le 7 avril dans le Fars le 18 avril à plusieurs endroits entre Persepolis
et Saadat-abad (une ? couvait à cette date) et dans le nord du Korasan les 28 et 29 mai en région
de Dasht. Tous ces oiseaux par couples très dispersés, furent notés dans des biotopes très rocheux
(parois et gros blocs erratiques) à des altitudes dépassant 1 500 m.
Phoenicurus ochruros (S. G. Gmelin)
L’aire de reproduction iranienne du Rougequeue noir demeure mal définie. Zarudny (1911)
a, dans ses tableaux, inscrit l’espèce nicheuse dans nombre d’endroits en extrapolant trop sur des
observations d’hivernants ou de migrateurs. La situation la plus vraisemblable paraît actuellement
être celle décrite par Vaurie (1959 b) et selon laquelle l’espèce ne se reproduit que dans les massifs
montagneux du nord du pays : de l’Azerbaïdjan au Mazandaran sous la forme ochruros et dans le
nord du Khorasan sous la forme phoenicuroides (Horsfield et Moore).
Nous n’avons noté ce Rougequeue qu’en deux endroits dans des biotopes rupestres et en
couples isolés : le 30 mai dans l’Elbourz près du col situé entre Chalus et Karadj et le 7 juin en
Azerbaïdjan en région de Shabestar.
Phoenicurus phoenicurus (L.)
tî (AP : 79) île de Gheshm, 28 avril; ? (AP : 77) et (AP : 79) Bandar-abass, 28 et 30 avril.
Les spécimens que nous avons collectés appartiennent tous à la race nominale qui n’apparaît
en Iran qu’au cours do la migration.
Le Rougequeue à front blanc niche en Iran sous la forme samamisicus (Hablizl) caractérisée
par la présence d’un miroir alaire blanc crème chez le mâle. Il habite le nord du pays, de l’Azer¬
baïdjan au nord du Khorasan, et le Zagros jusqu’au Kirman. Cette répartition nécessite en fait
d’être confirmée car, s'il existe des données dans l’Elbourz et dans le Zagros (sur les versants méri¬
dionaux occupés par la forêt de chênes), il n’y en a peu dans le nord-ouest et celles du Khorasan
et du Kirman, provenant de Zarudny, demeurent à vérifier.
Nous vîmes le premier représentant de l’espèce (une femelle) le 9 avril près de Robat-karim,
cette date correspond à celle notée la même année dans le Gilan pur Nielsen (1969); mais il ne
s’agit peut-être pas d’une véritable première car d’une part, les mâles apparaissent généralement
avant les femelles et d’autre part, Passburg (1959) cite des migrateurs dès la mi-mars en région
de Téhéran et Sciiuz (1959) à partir du 29 mars sur la côte de la Caspienne. Du 10 au 15 avril, nous
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
105
en vîmes quotidiennement en petit nombre en région de Téhéran dans les parcs, les vergers et les
jardins; il s’agissait surtout de mâles de la race nominale, toutefois quelques samamisicus furent
remarqués le 10 et le 12. Du 17 au 20, un faible mais net passage fut noté en région de Persepolis;
le 21 ce Rougequeue était assez commun dans les amanderaies à Maharloo (les 3/4 des oiseaux étant
des mâles sans miroir alaire), puis dans des peuplements d'Amygdalus en montagne le 22 près de
Gnader-abad et le 23 près de Chahar-berkeh. Durant notre séjour à Bandar-abass et à l’île de Gheshm
nous en observâmes chaque jour en petit nombre dans tous les milieux arborés ou buissonnants
dès notre arrivée, toutefois un important passage se produisit les 28, 29 et 30 avril à Bandar-abass;
on voyait partout des Rougequeues à front blanc tant mâles que femelles; il n’en restait guère à
notre départ le 3 mai au matin. Par la suite nous ne remarquâmes plus que quelques migrateurs :
un ^ de race type le 5 mai dans des buissons à Shamss-abad, une $ le 6 dans la végétation arbustive
d’un oued entre Saghdar et Khajeh, une Ç le 12 dans la palmeraie d’iranshahr, un $ chanteur de
race nominale le 15 dans des vergers à Lariz. Néanmoins, un $ samamisicus observé le 6 juin dans
un verger près de Ghazvin pouvait être un nicheur local.
Erithacus rubecula (L.)
Sous la forme hyrcanus (Blanford) le Rougegorge se reproduit dans les forêts de l’Elbourz
du Gilan à la région de Gorgan et même un peu dans le nord du Khorasan comme l’indiquent nos
observations. Vaurie (1959 b) l’inscrit comme nicheur dans le nord-ouest du pays mais nous n’avons
trouvé aucune preuve certaine dans la littérature autre que l’indication de Buxton (1921) qui
écrit : « E. r. hyrcanus remains and no doubt breeds in the forest » mais rien ne prouve que Buxton
ne pensait pas au Gilan puisqu’il dit dans son introduction : « The most striking thing about the
fauna which we saw the extremely sharp line of division between the forests of Gilan and the
semidesert plateau. » Nous rappellerons le spécimen Ç obtenu en juillet près de Shiraz par le collec¬
teur du major St-John (cf. Blanford 1876). Cette capture en été dans le Zagros est demeurée
unique et ne signifie pas forcément une reproduction mais incite tout de même les observateurs
travaillant dans cette région à la conserver en mémoire.
Nous n’avons observé l’espèce qu’en deux occasions dans des milieux forestiers : le 29 mai
entre Dasht et Dorlat-abad puis le lendemain, dans l’Elbourz au-dessus de Chalus. Dans les deux
places elle semblait bien représentée.
Luscinia megarkynchos C. L. Breiim
a) L.m. hafni (Severtzov) : ? (AP : 91) île de Gheshm, 26 avril; ? (AP : 90) Zahedan, 9 mai.
b) L.m. africana (Fischer et Reichbnow) : 3 Ç? (AP : 84, 85, 86) Bandar-abass, 28 avril; $ (AP : 92) 25 km
sud de Zahedan, 13 mai.
Tous ces oiseaux sont évidemment bien plus pâles et plus grands que les sujets européens
de la race nominale auxquels nous les avons comparés. Les deux femelles que nous avons appelées
hafni se distinguent des autres africana par leur forte longueur d’aile et par leur coloration plus
pâle et moins rousse en raison d’un lavis fauve grisâtre apparent dans les teintes des parties supé¬
rieures. Ces différences se remarquent assez bien à la confrontation de notre matériel et de longues
séries des deux sous-espèces. Toutefois nous reconnaîtrons qu’il n’est pas toujours facile de séparer
les diverses races du Rossignol philomène étant donné que chez cette espèce la variation géogra¬
phique s’effectue selon un mode clinal, se traduisant par une légère décoloration et un accroissement
de la taille à mesure que l’on progresse vers l’est de l’aréa. Sous la race africana, le Rossignol phi-
lomèle niche dans le nord de l’Iran, selon Vaurie (1959) de l’Azerbaïdjan au Khorasan; en fait
nous n’avons trouvé aucune preuve certaine dans la première région autre que l’indication dans
le tableau de Zarudny (1911) mais, sachant que le « Nord-Ouest, « de cet auteur est fort mal défini,
on peut se demander quelle créance accorder à cette assertion d’autant plus que Zarudny no semble
pas être allé en Azerbaïdjan durant son voyage en Perso occidentale en 1903-1904. Vaurie donne
aussi l’espèce nicheuse dans le Zagros jusqu’au Kirman; si la reproduction a été constatée dans
le Fars (Blanford 1876, Witherby 1903), il importerait tout de même de recueillir des rensei¬
gnements plus précis sur la répartition du Rossignol dans ces régions.
Nous observâmes le premier sujet le 26 avril à l’île de Gheshm. Du 28 au 30, l’espèce se remar¬
quait fréquemment dans les jardins, les palmeraies et les peuplements d’acacias à Bandar-abass
où il n’en restait que quelques sujets à notre départ le 3 mai. Les 9 et 13 mai, quelques individus
Source : MNHN, Paris
106
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
isolés en migration furent remarqués en région de Zahedan. Du 28 au 30 mai, dans les milieux boisés
entre Dasht et Dorlat-abad dans le nord du Khorasan, de Nur-abad à Nowshahr au bord de la
Caspienne et dans l’Elbourz entre Chalus et Karadj nous entendîmes de très nombreux chanteurs.
11 est remarquable, combien la voix des Rossignols iraniens diffère de celle des oiseaux européens.
Le chant est beaucoup moins expressif, les strophes sont plus courtes et surtout nous n’avons pas
entendu, même de nuit, les crescendos flûtés et purs si connus en Europe. Étant donné qu’il est
difficile d’analyser un chant par des mots nous dirons simplement que ceux que nous avons enten¬
dus en Iran étaient bien moins riches, moins vigoureux et surtout moins variés que ceux auxquels
nous sommes habitués en Europe.
Luscinia svecica (L.)
Selon Vaurie (1959 b) la Gorgebleue niche en Iran sous la forme magna (Zarudny et
Loudon) : en Azerbaïdjan et peut-être dans les provinces du sud de la Caspienne, puis dans le Zagros
du Luristan au Fars. Or la littérature exhaustive que nous avons consultée ne contient aucune
preuve de reproduction, le type même de magna collecté en mars est certainement un migrateur.
Le statut iranien de l’espèce est à revoir.
Nous ne l’avons rencontrée que le 10 mai en migration à Zahedan où nous avons levé quel¬
ques sujets dans des champs de luzerne irrigués.
Irania gutturalis (Guérin)
? (AP : 92) Bandar-abass, 1 er mai.
L’espèce niche dans l’Elbourz et dans le Zagros vraisemblablement jusqu’au Kirman. Nous
ne l’avons pas observée sur ses lieux de reproduction mais en migration le 30 avril (r?) et le 1 er mai (9)
dans des Citrus à Bandar-abass. Nous l’avons vue picorer des insectes au sol et rejoindre rapidement
en sautillant le couvert des buissons à la manière d’un Merle. Inquiet l’oiseau adopte une posture
dressée en même temps qu’il relève lentement la queue et abaisse la pointe de ses ailes; dans cette
attitude le trait blanc de la gorge, encadré par les joues noires rehaussées d’un sourcil blanc, est
très visible chez le mâle.
Turdiis merula L.
Sous la race aterrimus (Madarasz) le Merle noir niche dans les provinces du sud de la Cas¬
pienne du Gilan au district de Gorgan; sous la forme syriacus Hempricii et Ehrenberg, il le fait
dans le Zagros du Luristan au Fars et peut-être au Kirman. Zarudny (1911) l’inscrit comme
nicheur rare dans le nord du Balouchistan et dans le sud du Khorasan actuel : il conviendrait de
vérifier la chose.
Nous ne l’avons observé que le 12 avril (migrateur ?) dans un parc à Téhéran et le 29 mai
(plusieurs chanteurs) en milieu forestier entre Dasht et Dorlat-abad.
Turdus philomelos C. L. Brehm
Il existe des données de reproduction de la race nominale en montagne dans le nord de l’Iran :
sur le versant perse du Talych, dans le Gilan et dans la province de Gorgan.
Nous n’en vîmes qu’un sujet le 11 avril à Téhéran dans le parc de l’Institut Pasteur.
Turdoides caudatus (Drapiez)
a) T.c. huttoni (Blyth) : $ (AP : 85) Chahderaz, 14 mai; 3 (AP : 86) et tî juv. (AP : 85 croissance non achevée)
Zabol, 19 mai.
b) T.c. salvadorii (du Fimppi) > huttoni (Hlytii) i (AP 85) et 2 J J (AP,: 87,89) Bandar-abass, 30 avril,
1 Pl 2 mai; 4 33 (AP : 85, 87, 88, 90) ot 3 juv. (AP : 85) 60 km sud du Sabzcvuran, 6 mai.
Les spécimens du Séistan et celui de Chahderaz correspondent bien à lu diagnose de hultoni
et s’accordent aux séries de sujets de cette race auxquelles noua les avons comparés. Les oiseaux
de Bandar-abass et de Sobzevaran sont plus gris, plus rayés dessus et présentent de nettes stries
foncées aux côtés de la poitrine et aux lianes : ils se rapprochent de Salvador ii, mais au vu du matériel
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX o’iHAN
107
de cette sous-espèce que nous avons pu examiner au British Muséum ils doivent en fait être consi¬
dérés comme intermédiaires entre celle-ci et huttoni. Ainsi à mesure que l’on progresse du Séistan
et du Balouchistan, vers le Khuzestan et l’Iraq, T. caudalus acquiert un plumage de plus en plus
largement strié : il s’agit d’une « character divergence » qui aboutit à de nettes différences morpho¬
logiques entre T. caudatus et T. altirostris dans leur zone de sympatrie en Iraq et dans le sud-ouest
de l’Iran (cf. Vaurie 1953).
Nous ne croyons pas inutile de décrire le plumage juvénile de cette espèce car les quelques
mots que consacre Hartert (1910) à ce sujet ne sont guère significatifs. Le jeune diffère nettement
de l’adulte par les caractères suivants : couleur générale plus fauve, calotte squameuse et non pas
rayée (les plumes sont brun-noir bordées d’un mince filet gris clair alors que chez l’adulte elles
sont fauves, traversées d’un large trait médian brun foncé), flancs et poitrine roussâtres, cette
dernière finement mais assez densément striée de brun-noir, dos tacheté et non pas strié, plumes
des ailes et de la queue lisérées apicalement de fauve roussôtre.
En outre, le bec est plus court et plus trapu, les commissures jaunes sont bien visibles, l’iris
est gris et non pas marron, et les pattes corne verdâtre au lieu de jaune.
Ce Cratérope habite les régions méridionales de l’Iran : du Séistan et du Balouchistan au
Khuzestan et Iraq; la limite septentrionale de son aire de reproduction suit la bordure sud du Lut,
les contreforts méridionaux du massif du Kirman et ceux du Zagros : on peut dans l’état actuel
de nos connaissances la matérialiser par une ligne joignant Aliabad, Bam, Darah, Shiraz, Dezful
et Khanaquin. Il ne semble pas monter au-dessus de 1 200 m.
Nous l’avons observé dans des localités s’inscrivant dans le cadre décrit ci-dessus : dans
le Laristan à Bandar-abass; dans le sud-est et l’est du Kirman de Shamss-abad à Sabzevaran, à
Saghdar, Bam, Vakil-abad et Fahraj; au Balouchistan à Lariz, Damen, Iranshahr, Bampur,
Chahderaz, Espakeh, Pip, Nikshahr, Chandgan et Ghasre-ghand puis au Séistan en région de Zabol.
Pourtant il était commun par petits groupes de 6-7 individus se tenant essentiellement dans
les habitats cultivés (vergers de Citrus, palmeraies...) mais aussi dans les milieux épineux buisson-
nants ou arbustifs des plateaux et des collines. Nous en vîmes aussi dans des peuplements de tamaris
en bordure du désert de sable au sud-ouest de Bampur et dans la végétation xérophytique en cous¬
sinets en région de Saghdar.
Nous avons noté des jeunes émancipés en région de Sabzevaran le 6 mai, d’autres sortant
du nid le 17 mai à Zabol et un adulte construisant son nid dans un acacia près de Chahderaz le 14 mai.
AEGJTHALIDAE
Aegithalos caudatus (L.)
<$ juv. (AP : 58) et $ juv. (AP : 54) près de Dorlat-abad, 29 mai.
La race alpinus (Hablizl) à laquelle appartiennent sans doute nos spécimens au vu de leur
origine géographique, occupe le nord de l’Iran : dans les provinces du sud de la Caspienne jusqu’à
la limite du Khorasan comme le montrent nos observations. 11 serait bon d’obtenir des renseigne¬
ments précis en Azerbaïdjan où elle doit vraisemblablement nicher. Dans les forêts de chênes des
versants méridionaux du Zagros (du Kermanshah au nord-ouest du Fars) niche la race passekii
(Zarudny).
La Mésange à longue queue était très abondante dans les taillis sous futaie et les forêts rive¬
raines entre Dasht et Dorlat-abad, dans les lois littoraux de la Caspienne entre Nur-abad et
Nowshahr; elle fut aussi entendue, mais en plus petit nombre dans la zone forestière du versant
nord de l’Élbourz entre Chalus et Karadj. A cette époque (29 et 30 mai) les oiseaux se déplaçaient
en groupes familiaux.
PARIDAE
Parus lugubris Temminck
Trois ruces de lu Mésange lugubre nichent en Iran : hyrcanus (Zarudny et Loudon) dans la
chaîne de l’Elbourz, du Gilan à la province de Gorgan, dubius Hellmayer sur les versants méri¬
dionaux du Zagros, du Kermanshah au Fars (régions de Shiraz et de Niriz) et kirmanensis Koelz
dans le massif du Kirman.
Nous avons rencontré cette espèce en petit nombre le 6 mai dans une forêt arbustive claire
dans le Kuh-e-Jcbai Barezà 40 km à l’ouest-sud-ouest de Bam, à une altitude d’environ 2 000 m, puis
Source : MNHN, Paris
108
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
le 29 mai (quelques familles) dans de hauts taillis en lisière de forêt riveraine entre Dasht et Dorlat-
abad à la limite de la province de Gorgan et du Khorasan.
Parus ater L.
2 <J<J (AP : 68, 69) et 2 juv. : J (AP : 65) et 2 (AP : 63), entre Dasht et Dorlat-abad, 28 et 29 mai.
Trois races se reproduisent en Iran selon Snow (Ardea 1955) et Vaurie (1959 b) : gaddi
(Zarudny) dans l’Elbourz, du Gilan à la région de Gorgan, chorassanicus (Zarudny et Bilkevitch)
dans le nord du Khorasan et phaeonolus (Blanford) dans les forêts de chênes du Zagros (région à
l’ouest de Shiraz et Gamdalkal). Les spécimens que nous avons collectés proviennent de la zone
de transition entre gaddi et chorassanicus et présentent des caractères communs aux deux races
mais en raison de leur trop faible nombre (seulement deux adultes 1) et de l’usure de leur plumage,
nous nous garderons de nous montrer formels sur leur identité subspécifique.
Nous avons observé en grand nombre la Mésange noire dans les forêts de feuillus entre Dasht
et Dorlat-abad : de très nombreuses familles circulaient dans les parcelles de vieille futaie et dans
les taillis arborescents au bord des rivières. L’espèce ne nous parut pas rare non plus dans les futaies
de l’Elbourz entre Chalus et Karadj.
Parus caeruleus L.
La Mésange bleue habite l’Iran sous trois races représentant les étapes d’une variation géo¬
graphique clinale liées aux conditions écoclimatiques (cf. Vaurie 1950 a): satunini (Zarudny) en
Azerbaïdjan, remplacée dans les provinces du sud de la Caspienne et l’extrême nord du Khorasan
par raddei (Zarudny) et dans le Zagros jusqu’au Fars par persicus (Blanford). Il conviendrait
toutefois de recueillir des précisions sur la répartition de l’espèce sur les versants nord du Zagros.
Elle était présente en petit nombre (familles) en forêt (surtout dans les vieilles parcelles ou
celles présentant un aspect de « parc » le long des cours d’eau) entre Dasht et Dorlat-abad. Elle fut
aussi notée çà et là dans la forêt littorale de la Caspienne entre Nur-abad et Nowshahr puis en
futaie sur le versant nord de l’Elbourz entre Chalus et Karadj. Enfin plusieurs individus furent
observés dans des jardins et vergers à Makoo près de la frontière turque.
Parus major L.
a) P. m blanfordi Prazak : (AP : 73) Téhéran, 10 avril.
b) P. m. intermedius (Zarudny) : 2 (AP : 70) et juv. (AP : 64, croissance non achevée) Bodjnoord 28 mai
Le sujet de Téhéran, s’il appartient au groupe major, se distingue néanmoins aisément de
la race nominale par sa coloration très pâle : les parties inférieures ne présentent qu’un lavis jau¬
nâtre terne et la pigmentation verte du dos est réduite à la partie supérieure de celui-ci, ailleurs
elle a en majorité été remplacée par une pigmentation gris-bleu.
Les deux spécimens de Bodjnoord sont du groupe cinereus. Le jeune a les parties supérieures
gris-bleu (avec toutefois une légère indication de couleur verte qui transparaît sur le haut du dos)
et les parties inférieures blanches, avec seulement de très vagues reflets jaunâtres aux joues et
aux côtés du cou. L’adulte ne présente aucune trace verte ou jaune dans le plumage et ne se dis¬
tingue pas, du point de vue coloration, de ziaratensis Wiiistlkr. Il se peut que les caractères inter¬
medius aient disparu par usure des plumes, aussi préférons nous en tenant également compte du fait
que notre matériel est insuffisant pour une conclusion formelle, l’appeler intermedius en rappelant
que cette race qui établit la transition entre le groupe major et le groupe cinereus, présente un phéno¬
type variable en raison de son origine hybride.
Trois races de la Mésange charbonnière nichent en Iran : major en Azerbaïdjan, sur le littoral
de la Caspienne et les versants septentrionaux de l’Elbourz jusqu’à la région do Gonbad-cavous;
hlanfordi sur les versants méridionaux de l'Elbourz jusqu’au Kurdistan et dans le Zagros jusqu’au
Kirman; intermedius dans le nord du Khorasan et peut-être jusqu’à la latitude do Birjand selon
Vaurie (1959 b).
Nous avons observé l’espèce le plus souvent en petit nombre dans des jurdins et parcs en
région de Téhéran, dans les amanderaies à Maharloo (plusieurs familles aux jeunes voletant —
adultes très pâles — le 21 avril), dans des plantations d’arbres fruitiers à Torbat-heydariyeh et
entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord (une famille avec 6 jeunes voletant le 28 mai; oiseaux de type
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
109
gris), dans des milieux forestiers entre Dasht et Dorlat-abad (oiseaux de type vert et jaune), dans
des vergers près de Shah-pasand, dans les bois littoraux de la Caspienne entre Nur-abad et Nows-
hahr, en lisière de forêt au pied de l’Elbourz au sud de Chalus et enfin dans des vergers à Sharaf-
khaneh et à Shahpoor.
Silta europaea L.
2 <îcî (AP : 87, 89), $ juv. (AP : 88) et Ç juv. (AP : 87) entre Dasht et Dorlat-abad, 29 mai.
Nos spécimens correspondent à la diagnose de rubiginosa Tchusi et Zarudny (cf. Vaurie
1950 b) et s’harmonisent aux sujets de cette race auxquels nous les avons comparés. Cette sous-
espèce niche dans la chaîne de l’Elbourz et s’avance quelque peu dans le nord du Khorasan (Koelz,
in Vaurie (1959 b) l’a obtenue à Kotaliyekchinar les 3 et 4 août); dans les forêts de chênes des
versants méridionaux du Zagros, du Luristan au Fars, elle est remplacée par persica Witherby.
Nous n’avons rencontré la Sittelle torchepot que les 29 et 30 mai : elle était particulièrement
abondante dans les futaies entre Dasht et Dorlat-abad et sur le versant nord de l’Elbourz entre
Chalus et Karadj. La reproduction semblait terminée à cette époque. Les adultes que nous avons
collectés étaient en plumage usé et n’avaient pas encore commencé leur mue.
Silta neumayer rupicola (Blanford)
Ad (AP : 80) Bodjnoord, 28 mai.
Sitla lephronota obscura (Zarudny et Loudon)
<J (AP : 88) 80 km nord de Khash, 11 mai.
Ces deux espèces furent longtemps tenues pour conspécifiques. Leur systématique a fait
l’objet de nombreuses publications, les plus importantes furent celles de Buxton (Bull. B.O.C. 1920 :
135-139), de von Joriians (Falco 1923 : 18-20), de Zarudny et Harms (1923), de Stresemann
(Orn. Mb. 1925 : 106-109) et surtout de Vaurie (1950 b). Ce dernier auteur a décrit en détail les
variations morphologiques qui affectent les diverses populations de ces deux Sittelles. L’aire de
reproduction de S. neumayer s’étend du sud-est de l’Europe à l’Iran, celle de S. lephronota du Tian-
Shan occidental à l’Arménie; elles se recouvrent largement en Iran. Il est intéressant de constater
que dans les régions où elles sont le plus éloignées l’une de l’autre, les deux espèces sont pratique¬
ment identiques sur le plan morphologique. A mesure que l’on progresse vers la zone de sympatrie,
on observe une remarquable « character divergence » : neumayer devient plus petit, a un bec plus
court et nettement plus ténu et des bandeaux faciaux plus réduits alors que lephronota évolue mor¬
phologiquement en sens inverse : taille accrue, bec plus long et plus épais, bandeaux faciaux plus
étendus et plus larges. Cette différenciation morphologique atteint évidemment sa plus large ampli¬
tude en Iran où les deux Sittelles vivent côte à côte; elle doit certainement s’accompagner d’une
divergence écologique et plus particulièrement sans doute d’une différence de régime alimentaire
qu’il serait important d’étudier.
Nous résumerons la répartition en Iran de ces deux espèces; elle a fait l’objet d’une carte
par Vaurie (1950 b).
S. n. rupicola (Blanford) dans le nord-ouest du pays et dans l’Elbourz et même dans le
nord du Khorasan, au moins jusqu’à la région de Bodjnoord comme le montrent nos données per¬
sonnelles, au nord d’une ligne joignant Mahabad (au sud du lac Rezaiyeh), Ghom et Bodjnoord.
S. n. tschitscherini (Zarudny) dans le Kurdistan et le Zagros jusqu’au Fars (région de Niriz
et de Jahrom) et de la région de Ghom à celle d’Enarak (200 km est-nord-est d’Esfalian).
S. n. plumbea Koelz dans le sud-est du massif du Kirman, notamment dans le Kuh-e-Jamal
(= Kuh-e-Jebal Barez).
S. t. lephronota Sharpe du nord du Khorasan à la région de Nehbandan (bordure septen¬
trionale du Séistan).
S. t. obscura (Zarudny et Louijon) remplace le précédent vers le sud au Baloucliistan et
vers le nord-ouest dans le massif du Kirman, le long de la chaîne montagneuse s’étendant du Kirman
à la région de Ghom, dans l’Elbourz et dans le nord-ouest de l’Iran au nord d’une ligne joignant
Esfahan à Mahabad. En fait il conviendrait d’obtenir des précisions sur l’existence de cette grande
Sittelle de rochers en Azerbaïdjan où nous n’avons pas trouvé de renseignements sûrs autres que
ceux fournis par Koelz en région de Saujbulagh (Mahabad) mais qui concernent la race du Zagros.
Source : MNHN, Paris
110
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Elle y existe vraisemblablement puisque Worobiew a décrit la race armeniaca (synonyme d'obscura)
d’Arménie près de la frontière iranienne. Dans l’Elbourz, sa présence est certaine dans le Gilan
(Buxton 1921, Zarudny et Harms 1923) mais n’est pas prouvée ailleurs. Zarudny, après sa tra¬
versée de l’Elbourz depuis Gorgan, ne l’a rencontrée que dans les dernières collines au bord du
Dasht-i-Ravir entre Guleki et Rehshm. Passbuug (1959) signale toutefois en avoir noté « a few
times » dans la région de Téhéran et au Demavend mais n’a apparemment obtenu aucun spécimen.
S. t. dresseri (Zarudny et Loudon) dans le sud-ouest de l’Azerbaïdjan, le Kurdistan et le
Zagros jusqu’au Fars (régions de Niriz et de Jahrom).
Il n’est pas toujours facile in nalura de distinguer les deux espèces : les critères d’identifi¬
cation si nets en collection ne le sont guère sur le terrain. La grande taille de tephronota n’est pas
toujours évidente, la robustesse du bec l’est davantage ainsi que l’ampleur des bandeaux faciaux
très larges qui se prolongent loin sur les côtés de la tête et même du cou. Au contraire, des bandeaux
minces ne s’étendant guère derrière l’œil, joints à un bec relativement ténu et une taille plus faible,
désignent neumayer. Tous les oiseaux ne peuvent toutefois pas être identifiés formellement car,
dans bien des cas, en raison de leur extrême mobilité, il est difficile de s’assurer qu’ils présentent
effectivement tous les critères morphologiques requis. La voix vient heureusement nu secours de
l’observateur. Celle de neumayer consiste en une série de sons aigus, émise rapidement, parfois
accélérée jusqu’au trille comme cela se produit dans le chant qui nous rappela, par son rythme et
même parfois par sa tonalité, celui du Pouillot siffleur. Par contre celle de lephronola évoque beau¬
coup celle de S. europaea par ses séries de « houit-houit-houit » sonores et flûtés; nous lui avons
entendu aussi un trille plus grave et moins rapide que celui de neumayer.
Nous avons rencontré les deux espèces ensemble dans le Kermanshah, en petit nombre entre
Ghasr-shirin et Kermanshah; dans le Fars, non rarement près de Persepolis (lephronola dominant)
et de Maharloo (neumayer dominant) puis abondamment près de Gnader-abad (principalement
lephronola ); dans le sud-est du Kirman, çà et là par familles dans le Jebal Barez, entre Sabzevaran
et Bain (surtout lephronola) puis dons le nord du Khorason très fréquemment entre Ghosh-ghalleh
et Dorlat-abad (apparemment surtout neumayer dont nous vîmes de nombreuses famillles).
En revanche nous les avons observées séparément : S. neumayer assez couramment dans
l’Elbourz entre Chalus et Karadj; surtout sur les versants méridionaux, puis en Azerbaïdjan entre
Khoy et Makoo.
S. lephronola au Balouchistan et dans la plus grande partie du Khorasan, entre Nosrat-
abad et Tale-Shahr, à 80 km sud de Zahodan vers Khash, entre Karvandar et Damen, entre Sareh
et Taght-malek, entre Chandgan et Ghasre-ghand, sur les penteB du massif du Kuh-e-Taftan, entre
Birjand et Azemat-abad puis près d’Assad-abad, de Sefil-abad et de Baikan. L’espèce était fort
bien représentée (familles) dans toutes ces localités. Le 30 mai, à une dizaine de kilomètres au sud
de Chalus dans l’Elbourz, nous avons observé dans une paroi rocheuse 2 oiseaux qui, d’après leurs
caractères morphologiques et leur voix nous semblèrent des lephronola; de même le 8 juin à environ
70 km de Makoo sur la route de Khoy, dans des rochers dénudés, nous avons remarqué une famille
de Sittelles qui nous parurent également de cette espèce. Ces observations seraient à confirmer
par la capture de spécimens.
Les deux espèces vivent dans des milieux rupestres mais, si dans les régions où elles ne sont
pas en compétition, leurs biotopes sont physionomiquement identiques, il nous sembla que dans
les localités où elles cohabitent, lephronola occupe les zones les plus désolées, pratiquement dépour¬
vus de toute végétation alors que neumayer se tient dans les rochers entre lesquels jaillissent de
petits buissons ou arbustes et des touffes herbacées. Tephronota parait consommer des proies plus
grosses que celles de neumayer , par exemple des Coléoptères qu’elle cherche dans les fissures de
rochers ou au pied de ces derniers, les délogeant en fouillant sous les pierres alors que neumayer
capture des araignées et de plus petits insectes à tous les stades de leur développement (petits
Coléoptères, et surtout insectes non chitineux tels que Diptères, Hyménoptères...) qu’elle cherche
dans les recoins de rochers, dans les arbustes ou dans les touffes herbacées. Nos données sont tou¬
tefois encore bien maigres et ne sont peut-être pas significatives.
Le 28 mai entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord, dans une étroite vullée cultivée traversée par
un maigre ruisseau, nous avons eu l’occasion de trouver le nid de chacune de ces Sittelles. Deux nids
de neumayer , situés à une centaine de mètres l’un de l’autre étaient placés en bordure des cultures
dans des affleurements rocheux profondément entaillés par l’érosion qui terminaient abruptement,
sur une hauteur d’environ 2,50 m, le pied de buttes caillouteuses recouvertes d’une maigre steppe
herbeuse. Ils occupaient deB emplacements du type habituel sous un petit surplomb à environ
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
111
1,80 m de haut. Leur aspect, leur forme en urne et leurs dimensions correspondaient aux descrip¬
tions classiques (cf. notamment Géroudet Nos Oiseaux 1964 : 272-276). Ils contenaient des jeunes
(apparemment assez gros) que les adultes nourrissaient activement de chenilles. Tous deux étaient
« garnis » de plumes de Biset. L’un des couples avait fiché ces plumes dans des fissures de la roche
dans un rayon de 60 cm autour de la maçonnerie. L’autre nid, placé dans un recoin et que les adultes
gagnaient en empruntant toujours le même itinéraire en suivant des saillies le long de la paroi,
montrait, lui aussi, quelques plumes dans son voisinage immédiat et de plus, de petites plaques
de torchis piquetées de plumes et de cailloux contrastant avec la couleur de la roche disposées çà
et là sur une distance de 3 m le long du cheminement emprunté par les parents. La signification
de cette ornementation demeure toujours obscure; joue-t-elle un rôle dans l’attrait et la stimula¬
tion sexuelle du partenaire comme le laisse entendre Peus (Bonn. Zool. Beitr. 1954) ou dans le mar¬
quage du nid à des fins territoriales comme le suggère Géroudet (loc. cit.)?
A 300 m de là sur l’autre versant de la vallée, dans une zone particulièrement accidentée
et rocheuse (pentes escarpées encombrées d’éboulis, de gros blocs erratiques et entrecoupées de
parois abruptes), nous avons découvert un nid de S. lephronota près d’un reposoir de Bubo bubo
(cf. supra). Les oiseaux avaient maçonné l’encoignure d’une anfractuosité de la paroi d’un abrupt.
Le revêtement de torchis couvrait une surface d’environ 80 cm de côté et faisait une tache insolite
à 2 m de hauteur sur le fond rocheux. Au centre de cette grande plaque de terre amalgamée, s’avan¬
çait un goulot légèrement évasé à la base, de 6 cm de longueur et de 10 cm de diamètre, percé d’un
canal circulaire de 5 cm de diamètre. A 30 cm de cette entrée du nid de Sittelle d’où le couveur
s’enfuit alors que nous examinions l’édifice, un trou rond donnait accès à un nid de Coracias garrulus
comme nous le constatâmes en nous approchant et en recevant presque dans la figure un adulte
jaillissant de cet orifice. Comme nous l’avons écrit au paragraphe relatif au Rollier, les Sittelles
avaient peut-être colmaté à cet endroit une brèche dans la roche que les Rolliers avaient devinée
sous le revêtement. Nous n’avons pas cherché à nous assurer de l’épaisseur de ce dernier aussi ne
pouvons nous pas écarter l’hypothèse — fort vraisemblable que ce nid de Rollier ait été entiè¬
rement foré dans la maçonnerie des Sittelles car Zarudny a vu des nids de tephronola atteindre
— dans des cas extrêmement rares — les dimensions extraordinaires de 150 sur 90 cm avec une
épaisseur de 60 cm (1). Ce nid ne présentait aucune ornementation comparable à celle que nous
avons décrite plus haut à propos de neumayer. Zarudny a observé de nombreux nids « décorés »
de plumes, de poils et de restes d’insectes chez cette espèce; il raconte même (Zarudny et Harms,
loc. cit.) comment son attention fut attirée par une grosse tache verte dans un rocher qui, à sa stupé¬
faction s’avéra être un nid de tephronola densément incrusté d’élytres de Cétoines et de Buprestes
miroitant au soleil !
REMIZ1DAE
Bemiz pendulinus (L.)
Trois races de Rémiz se reproduisent en Iran : menzbieri (Zarudny), peut-être synonyme
de pendulinus, dans le Zagros entre le Kermanshah et les hautes vallées de l’Ab-i-Diz et du Karum
(peut-être vers l’est jusqu’au Fars ?) et en Azerbaïdjan; macronyx (Severtzov) sur le littoral méri¬
dional de la Caspienne, remplacé dans l’ouest au pied du Talych par une population intermédiaire
entre macronyx et menzbieri; nigricans (Zarudny) au Séistan. En outre, coronatus (Severtzov)
serait à rechercher dans le nord-est du Khorasan où il existerait selon Zarudny.
Il importerait d’obtenir davantage de données sur la nidification de l’espèce en Iran, car
à part les quelques indications sur le littoral de la Caspienne il existe bien peu de renseignements
précis ailleurs, la plupart des captures ayant été faites à des époques de migration. Koelz a obtenu
des spécimens en période de reproduction dans le Luristan à Burujird, Buxton a trouvé un vieux
nid à Kermanshah, Trott à Esfahan, Woosman a collecté un S le 14 juin au lac Rezaiyeh et
Cheesman un couple le 23 juin à Khurrandurrah (= Khoram-dareh) au sud-est de Zandjan.
Nous n’avons observé l’espèce qu’en une seule occasion une demi-douzaine d’individus le
9 avril dans les tamaris du lit de la rivière salée près de Robat-karim. Les oiseaux ne nous parurent
pas différents des européens.
(t ) Zarudny et Harms (loc. cit.) rapportent que l’incessante activité pendant la journée des Sittelles de
rochers et l’importance du travail effectué lors de la construction du nid avaient frappé les anciens médecins kurdes
qui demeuraient persuadés que ces oiseaux possédaient d'étranges principes énergétiques au point qu’ils en donnaient
à manger à leurs patients pour recouvrer leurs forces.
Source : MNHN, Paris
112
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
NEC T A RI NI IDA E
Nectarinia asiatica brevirostris (Blanford)
4 (JcJ (AP : 54, 55, 55, 56) Kahoorestan, 23 avril; ? (AP : 51) Ile de Gheshm, 26 avril; <J (AP : 54) et 2 99
(AP : 52) Bandar-abass, 25 et 28 avril; 9 (AP : 51) Minai), 4 mai.
Espèce indienne, ce Souimanga habite le Balouchistan, ne dépassant pas le Laristan vers
l’ouest. Nous l’avons noté fort communément dans le Laristan à Kahoorestan, à Bandar-abass,
et à l’ile de Gheshm, dans le sud-est du Kirman à Minab, près de Chah-garreh, àSabzevaran, à Bam,
Vakil-abad et Fahraj; puis dans tous les villages du Balouchistan que nous avons traversés au sud
et à partir de Karvandar. Nous en observâmes toutefois un J à Joon-abad et un couple à Lariz
le 15 mai; ces localités n’avaient pas été mentionnées par Blanford (1876) et par Zarudny et
Harms (1912). Tous ces oiseaux furent notés au voisinage des villages, dans les vergers ainsi que dans
les peuplements d’épineux proches de ces zones cultivées. Ils affectionnaient beaucoup les planta¬
tions de grenadiers et de lauriers-roses en (leurs mais les analyses stomacales des oiseaux collectés
nous montrèrent que ces derniers, à côté de leurs habitudes nectarivores, ingéraient beaucoup
d’araignées et de petits insectes non chitineux (mais aussi de tout petits coléoptères) qu’ils recher¬
chaient dans les feuillages à la manière des Mésanges.
In nalura, sauf quand il fait du vol sur place on ne voit pour ainsi dire par les plumets jaunes
flammés d’orange des flancs du mâle, ce dernier parait tout noir, les reflets métalliques du plumage
n’étant visibles que de près. Le chant rappelle beaucoup celui du Pouillot fitis, en plus rapide et
plus métallique. Les cris évoquent parfois ceux du Serin cini mais ce sont le plus généralement des
« tui-tui » vifs mais un peu nasillards. Nous avons aussi entendu des « huit » de Pouillot véloce.
A Bandar-abass, une femelle que le mâle accompagnait constamment en chantant, construisit
son nid dans un acacia entre le 26 et le 2 mai; à cette date la ponte devait être commencée mais
nous ne pûmes nous en assurer. Au Balouchistan Zarudny a obtenu des pontes entre le 10 mars
et le 10 avril.
PLOCEIDAE
Passer domesticns (L.)
(J (AP : 79) et ? (AP : 77) Téhéran, 12 avril; £ (AF* : 81) Nehsar, 40 km sud-ouest de Ghom, 25 mai; 2
(AI> : 81, 83) et 9 (AP : 80) 1‘erscpolis, 17 avril; 2 (AP : 79, 80) et 9 (AP : 77) Maharloo 21 avril; 9 (AP : 74)
Kahoorestan, 23 avril; 3 cJ<J (AP ; 73, 73, 74) et 9 (AP : 73) Ile de Gheshm, 27 et 28 avril; 3 JJ (AP : 75, 77, 78)
et 9 (AP ; 78) 35 km nord de Minab, 4 mai; d (AP : 77) 40 km est de Bam, 7 mai; 6 çjcj (AP : 71-78, rnoy. 75,33)
et 3 99 (AP : 72, 75, 76) Zahedan, 14, 15 ot 16 mai; 3 $$ (AP : 75, 78, 79) et 9 (AP : 73) Zabol, 19 et 20 mai;
(AP : 79) 15 km sud de Mashad, 26 mai; 9 (AP : 76) Chenaran, 27 mars.
La systématique du Moineau domestique demeure un sujet bien délicat et plutôt complexe
en ce qui concerne le Moyen-Orient. Vaurie (1949 a, 1956 c, 1959 b) a distingué deux groupes : le
groupe domesticus caractérisé par une aile plus longue, un bec plus fort, des joues grises ne blan¬
chissant guère à l’usure, des parties inférieures moins blanches et une pigmentation marron plus
réduite dans sa distribution et moins riche dans la tonalité; le groupe indicus de taille plus petite,
à pigmentation marron plus riche et plus chaude et aux joues blanches. Ces deux groupes se rejoignent
en Iran où circule entre eux un très ample courant de gènes qui se traduit par une certaine varia¬
bilité phénotypique au sein des diverses populations qui, pour être bien comprise, nécessite un
important matériel d’étude.
Vaurie reconnaît 3 races en Iran : hyrcanus Zarudny et Kudasiiev (du groupe indicus)
sur le littoral des provinces du sud de la Caspienne entre le Gilan et la région de Gorgan; biblicus
Hartert dans l’ouest do l’Iran (en gros, à l’ouest d’une ligne joignant Ghazvin, Hamadan et Uizful)
et persicus Zarudny et Kudasiiev dans le reste du pays; ces deux races appartenant au groupe
domesticus. Vaurie précise que les régions ù l’est de la ligne joignant la région de Gorgan au Laristan
constituent une zone d’intergradation entre persicus et indicus (Jardine et Seliiy) et vraisem¬
blablement aussi badrianus Zarudny et Kudasiiev (du groupe indicus) dans le Khorasan.
Notre matériel bien qu’insuffisant car ne couvrant pas l'ensemble du pays, met en évidence
deux types d’oiseaux si l’on compare les mâles d’une région à l’autre. Les spécimens de Téhéran,
Ghom, Persepolis et Maharloo présentent les caractéristiques du groupe domesticus, les autres nous
semblent par contre appartenir au groupe indicus. Certains sujets de Zahedan et de Zabol se dis¬
tinguent très difficilement d’ indicus indiens et nous avons examiné un sujet du Kirman s’harmo¬
nisant parfaitement avec ces derniers. Les spécimens de Persepolis et de Maharloo rappellent
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
113
biblicus (de Palestine) par la taille et la couleur des joues mais en diffèrent par le bec moins fort,
la calotte plus pâle et le marron du dos plus foncé (alors que persicus serait plus pâle que biblicus!)
et plus mat mais nous avouerons avoir manqué de matériel de comparaison (il est difficile de trou¬
ver des oiseaux exactement dans le même état d’usure du plumage et en supposant que l’âge n’inter¬
vienne pas dans l’intensité de la pigmentation !) Le sujet de Ghom se rapproche plus de biblicus,
seule la pigmentation marron est un peu plus chaude. Le spécimen de Téhéran est plus sombre que
les biblicus de Palestine, la teinte marron apparaît quelque peu plus riche que chez domesticus mais
reste comparable à celle des sujets foncés du Fars. La calotte est du même gris que celui des oiseaux
européens et les joues sont plus grises. Il correspond apparemment à la description des spécimens
de Téhéran faite par Diesselhorst (1962). Il ne peut s’agir d 'hyrcanus qui, bien qu’ayant le dos
sombre a, d’après Vaurie, les joues plus blanches que persicus. Comparé à deux mâles du littoral
de la Caspienne, il s’avère semblable à ces derniers qui, d’après leur coloration et malgré leur bec
moins fort et leur taille un peu plus faible (AP : 73, 76), nous paraissent plus proches du groupe
domesticus que du groupe inaicus (voir aussi l’avis de Schuz 1959 sur ses spécimens du Gilan). De
même si nous comparons les femelles : celle de Téhéran — qui est le plus foncée de nos spécimens
de ce sexe - est aussi foncée qu’une d’Enzeli mais bien plus pâle qu’une autre étiquetée « côte sud
de la Caspienne » (Coll. Woosnam) qui est aussi pâle que nos femelles du sud-est de l’Iran, lesquelles
sont d’ailleurs un peu plus claires que celles de Persepolis et de Maharloo. Les oiseaux collectés à
l’île de Gheshm sont particulièrement petits et la pigmentation marron des mâles correspond à
celle d'indicus mais est plus réduite en distribution et plus pâle en tonalité. Pour récapituler ces
remarques nous dirons qu’une diminution de taille est apparente d’ouest en est (cf. les dimensions
des oiseaux de Persepolis, de Minab et de Zahedan), par ailleurs chez les mâles un enrichissement
de la teinte marron des parties supérieures a lieu dans le même sens, cette couleur devient plus
chaude et moins mate. Nous retrouvons là les signes de 1’ « intergradation » que nous avons signalée
plus haut (ou d’une variation clinale ?). Nous serions tentés de ne reconnaître que 2 races : biblicus
(ou domesticus?) dans le nord-ouest du pays, le sud de la Caspienne et le Zagros (?) (c’est-à-dire
dans les régionales plus arrosées d’Iran) et indicus dans le reste du pays. Il ne s’agit là que d’une pure
hypothèse qui, pour être infirmée ou confirmée, nécessite en fait une révision systématique de
l’espèce à une plus grande échelle s’appuyant sur un important matériel adéquat afin de mieux
comprendre les tendances évolutives et les variations locales en fonction des facteurs écoclimatiques.
Nous avons observé le Moineau domestique dans toutes les localités où nous sommes passés.
Il est l’oiseau typique des milieux cultivés. C’est manifestement dans l’est de l’Iran qu’il est le plus
abondant, en particulier au Séistan. Dans cette région, notamment à Zabol, nous vîmes d’immenses
colonies établies dans des arbres. L’une d’elles regroupait au moins 500 couples, certains arbres
portaient jusqu’à 30 nids dont beaucoup avaient plusieurs chambres incubatrices occupées. Nous
fûmes frappés par l’absence de synchronisation dans la reproduction : le 20 mai dans cette colonie,
deB couples construisaient, d’autres pondaient, d’autres couvaient et d’autres élevaient des jeunes
à tous les stades de leur développement entre l’éclosion et l’émancipation 1 De telles colonies furent
aussi remarquées en nombre d’endroits du sud du Khorasan (entre le Séistan et Mashad).
Ce Moineau est non seulement citadin et villageois, nichant dans les maisons et dans les
arbres (bien qu’au Séistan et dans le sud du Khorasan nous ayons remarqué que domesticus tend
dans les villages à laisser les maisons à montanus pour nicher) mais aussi campagnard. Dans ce cas,
il s’installe à la périphérie des zones cultivées parfois assez éloignées des habitations humaines,
nichant dans les arbres (nombreux cas observés) ou dans les rochers (par exemple entre Ghosh-
ghallch et Bodjnoord, cf. plus haut à propos de Bubo bubo et entre Saghdar et Khajeh-askar).
Quelques colonies furent observées dans des peuplements lâches d'Amygdalus sp. arborescents sur
les plateaux steppiques entre Zahedan et Khash : nids dans les trous et aussi dans les branchages.
Le 23 mai, à une quinzaine de kilomètres au sud de Sahl-abad, alors que nous roulions vers
Birjand nous notons de loin une troupe d’une centaine de Moineaux sur la steppe, quelques kilo¬
mètres plus loin nous en voyons encore une autre et une troisième encore plus loin. Nous nous arrê¬
tons alors pour observer de plus près ces oiseaux et remarquons que ce sont tous des mâles (il y en
a une bonne centaine) qui se nourrissent activement au sol et se montrent très farouches ne nous
permettant pas d’en collecter. Nous regrettons de ne pas avoir examiné de plus près les deux troupes
vues précédemment. Ces oiseaux venaient-ils de Sahl-abad (situé à 6 km de là où existe une impor¬
tante colonie de ces Moineaux ? Ou s’agissait-il encore de migrateurs (rappelons que la race bactrianus
est très migratrice) ? nous pencherons plus volontiers pour la première hypothèse. Ce rassemble¬
ment de mâles que nous ne pouvons pas expliquer montre qu’il serait intéressant d’étudier le compor¬
tement colonial du Moineau domestique dans ceB régions?
Source : MNHN, Paris
114
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Passer hispaniolensis transcaspicus Tschusi
<? (AP : 79) et Ç (AP : 78) Hermak-abad, 21 mai.
Selon Vaurie (1959b) le Moineau espagnol nicherait dans tout l’Iran (throughout Iran). Un
examen de la littérature ornithologique révèle de nombreuses citations de l’espèce dans tout le pays
mais pour la plupart en hivernage ou aux époques de migration, ce dont il faut tenir compte quand
on connaît les grandes facultés de déplacement de cet oiseau. Les mentions circonstanciées de nidi¬
fication ne sont guère abondantes : quelques-unes sur le littoral de la Caspienne (Buxton 1921,
Schuz 1959, Nielsen et Speyer 1967), dans les régions de Kashan, d’Esfahan et peut-être de Kuli-
chan et Aguljaschkar, entre Shushtar et Malamir (Zarudny et Harms 1913) dans le Fars à Kamarij
et Nudan (Witherby 1903) et dans le sud du Balouchistan à Karvandar (seule donnée de repro¬
duction recueillie par Zarudny lors de ses trois expéditions dans l’est de l’Iran. Capito (1931)
inscrit hispaniolensis au rang de résidents dans le nord-ouest du Fars mais curieusement ne men¬
tionne pas domcslicus. Cet auteur déclare que l’espèce « breeds in trees and buildings and make a
great nuisance of themselves about bungalows » ce qui dénote manifestement une confusion entre
les deux Moineaux puisque hispaniolensis ne niche pour ainsi dire jamais sur les maisons. Il importe
donc de réunir des informations précises sur la reproduction de ce Moineau en Iran en prenant soin
de bien vérifier qu’il s’agit effectivement de cette espèce car, comme nous l’avons écrit plus haut,
le Moineau domestique se montre très volontiers arboricole dans le choix de ses emplacements de
nidification.
Nous n’avons observé Passer hispaniolensis qu’en de rares occasions. Le 19 mai à Zabol,
deux mâles furent repérés dans une colonie de P. domesticus : leurs cris se distinguaient nettement
des piaillements des innombrables Moineaux domestiques. En dépit d’une recherche particu¬
lière, ces deux sujets demeurèrent les seuls rencontrés durant notre séjour au Séistan. Le 21 mai,
une demi-douzaine d’individus tout au plus, furent notés dans les cultures à Hermak-abad (où
il n’y en avait pas le 17 et plus le 23) : l’examen des gonades des spécimens collectés révéla que
ceux-ci n’étaient pas en pleine activité sexuelle. Enfin, le 30 mai, deux petits groupes, totalisant
une quinzaine d’oiseaux mêlés à des Moineaux domestiques, furent repérés près de Behshahr sur
le littoral de la Caspienne.
Passer pyrrkonotus Blyth
Le 13 mai en région de Niksliahr, nous observâmes dans un peuplement d’acacias et de
tamaris près d’un lit d’oued, une demi-douzaine de représentants de ce petit Moineau qui ressemble
à domesticus (dont il fut jadis tenu pour une race par certains systématiciens) mais s’en différencie
par sa taille plus faible, sa bavette noire réduite et surtout par le marron vif des parties supérieures
s’étendant jusqu’au croupion.
Le Moineau du Sind n’avait précédemment été signalé du sud du Balouchistan iranien que
par Zarudny, qui, lors de son voyage de 1901 en vit un petit groupe le 6 mars dans la région de
Kutsche, sur la route de Mir-bazar à Scharistan et 6 individus (dont 1 collecté) le 9 mars à Lekuball;
ces localités sont situées entre 100 et 150 km au sud-est de Nikshahr.
Passer montanus (L.)
<J (AP : 74) et <? juv. (AP : 67) Zabol, 19 et 20 mai; <J (AP : 72) 20 km nord de Birjand, 24 mai; <J (AP : 72)
10 km nord d’Assad-abad, 26 mai.
Vaurie (1949 a) récapitulant les données de la littérature a publié une carte de la distribu¬
tion du Moineau friquet en période de nidification en Iran. L’espèce se reproduit dans le nord-ouest
du pays au nord d’une ligne joignant le sud du lac Bezaiyeh à Ghazvin, dans les provinces du sud
de la Caspienne et dans le Khorasan. De l’Azerbaïdjan à la région de Gorgan il s’agit do la race
transcaucasicus Buturi.in, remplacée à l’est par dilutus Richmond, sous-espèce très pâle à laquelle
appartiennent les spécimens que nous avons collectés. Dans l’aire de répartition ainsi décrite, nous
avons observé assez communément P. montanus dans les milieux cultivés : dans le Khorasan, à
Khunik, Khoshareh, Hosein-abad, de Birjand à Ghacn, à Torbat-heydariyeh, entre Assad-abad
et Mashad et de là très régulièrement jusqu’à la région de Gorgan; puis en région de Téhéran et
en Azerbaïdjan entre Sofian et Sharafkhaneh et près de Makoo.
Vaurie no le signale pas au Séistan où pourtant Zarudny le déclare nicheur (Zarudny
et Harms (1913) écrivent en effet : « Nistet noch in Séistan, aber in Verthâltnis zu anderen Sper-
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
115
lingsarten in geringer Anzahl »). Au Séistan afghan, Paludan (1959) le tient aussi pour nicheur.
Nous l’avons abondamment observé en région de Zabol : les oiseaux se tenaient par petits groupes
dans les cultures, les milieux arborés autour des inondations et aussi près des habitations; leur
nidification ne faisait aucun doute, nous vîmes d’ailleurs des jeunes voletants en plusieurs occasions.
Plus au sud, nous avons trouvé ce Moineau nicheur dans une région que Zarudny avait
prospectée sans le rencontrer : il était présent à Hermak-abad (abondant, nichant dans les arbres
et dans les berges de la rivière) et à Zahedan (en petit nombre, des jeunes sortant tout juste du nid
furent observés le 22 mai).
Passer rnoabiticus Tristram
Ce petit Moineau très coloré niche au Séistan sous la race yatii (Sharpe) caractérisée par
la teinte jaune des parties inférieures. En hiver il descend jusqu’au Mekran comme l’ont montré
Zarudny et Hakms (1912). En 1901, Zarudny l’a observé en très grand nombre dans les peuple¬
ments de tamaris du delta de l’Hirmand et a décrit en détail sa nidification. Durant notre séjour
nous n’en vîmes guère qu’une dizaine d’individus le 20 mai dans des tamaris en bordure de la zone
inondée en région de Zabol. Il ne nous fut pas possible d’obtenir une juste idée de l’importance de
la population de l’espèce car les fortes inondations qui sévissaient alors dans la région avaient cer¬
tainement provoqué une dissémination inhabituelle des oiseaux.
Petronia brachydactyla Bonaparte
2 (J(J (AP : 96, 98) Maharloo, 21 avril; J (AP : 96) près Mansor-abad, 22 avril; (J (AP : 96) Ash-khaneh,
28 mai.
La distribution iranienne de ce Soulcie en période de reproduction a besoin d’être précisée.
Des observations et même des cas de nidification d’oiseaux cantonnés dans le Zagros ont été men¬
tionnés dans le Luristan et le Bakhtiari (par Koelz), dans le Fars (selon Blanford 1876 et Witherby
1903), dans le Kermanshah (Buxton 1921, Ticehurst 1921), dans l’ouest de l’Azerbaïdjan (lac
Rezaiyeh et Saghez selon Witherby 1907), dans le Kirman et en région d’Esfahan (Blanford 1876).
Pour le reste de l’Iran, nous sommes mal renseignés faute d’avoir pu nous procurer les publications
en russe de Zarudny; toutefois ce dernier, dans son tableau de 1911, inscrit l’espèce comme nichant
en grand nombre dans le Kuhistan-Kirman (qui comprenait alors le sud du Khorasan actuel mais
ne faisait malheureusement pas la distinction entre le massif de Birjand et celui de Kirman) et en
petit nombre au Balouchistan et dans le Khorasan (nord du Khorasan actuel). Ses indications de
reproduction dans les provinces du sud de la Caspienne doivent vraisemblablement comme le sou¬
ligne Schuz (1959) concerner la région de Gorgan. Sur la côte du Mekran, nous possédons les données
de Cumming (in Ticehurst 1926) qui a trouvé l’espèce résidente à Chahbar et vu des nids à Jask
(œufs le l or avril, mais pontes fraîches et jeunes en duvet le 10 avril). Ces dates de reproduction
semblent précoces pour cette espèce dont le gros des effectifs ne rejoint habituellement ses quartiers
de nidification qu’à partir de la mi-avril (en Arabie, selon Meinertzhagen 1954, le passage se pour¬
suit jusqu’à la première moitié de mai).
Notre premier contact avec le Soulcie pâle date du 21 avril, en région de Maharloo dans des
escarpements pierreux plus ou moins recouverts d’une maigre steppe herbeuse, parsemés de quel¬
ques petits buissons épineux et entrecoupés d’éboulis rocheux. Notre attention fut attirée par des
stridulations qui semblaient émises par des insectes (Cigales ou Orthoptères) mais dont le rythme
nous fit quand même penser à un oiseau. Nous transcrivîmes la phrase par « tsi-tsi-tsiiiiiiisi » en
remarquant qu’elle évoquait le chant du Bruant proyer : 2-3 notes détachées suivies de cette stri¬
dulation aiguë dont la tonalité s’élevait en finale. Ce chant si particulier a d’ailleurs frappé Blanford
et Witherby lequel le décrit comme « sounding like the word « wheeze » very much prolonged ».
Les chanteurs se turent dès que nous commençâmes à progresser dans les pentes où ils se tenaient.
Après de longs moments de prospection alternant avec des périodes d’immobilité, nous parvînmes
à repérer un oiseau marchant entre les pierres à la manière d’une Ammomane, sans caractère mar¬
quant (parties supérieures gris beige, parties inférieures blanchâtres) autre que le bec de Moineau.
Ce n’est qu’après l’avoir collecté que nous fûmes certains de son identité spécifique. Nous en obser¬
vâmes ensuite quelques autres dans les mêmes conditions et c’est seulement lorsqu’ils se remisaient
de nouveau à terre après que nous les eussions forcés à l’envol sans les perdre de vue, que nous pûmes
parfois distinguer les points blancs de l’extrémité des rectrices. Pour chanter, les oiseaux se tenaient
au sommet d’une grosse pierre ou d’un petit buisson. Nous en dénombrâmes une quinzaine sur une
Source : MNHN, Paris
116
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
surface d’environ 5 ha; d’autres recherches dans les environs et dans des biotopes similaires demeu¬
rèrent sans résultat. Nos observations ultérieures nous confirmèrent cette impression de « colonies »
de reproduction.
De nombreux Soulcies pâles cantonnés (chanteurs) furent aussi notés dans le Fars de Gnader-
abad à Mansor-abad, dans le sud-est du Kirman entre Saghdar et Shah-taghi, dans le sud du Balou-
chistan près de Chandgan et dans le nord du Khorasan en région d’Ash-khaneh. Dans tous les cas,
le biotope demeurait le même : pentes rocailleuses à tapis herbacé et maigres touffes buissonnantes
dispersées. Le 22 avril en montagne près du col de Gnader-abad nous assistâmes dès le lever du
jour à une très importante migration de ces oiseaux qui passaient par troupes de 30 - 80 (parfois
même 100) individus se succédant à brefs intervalles. Pendant les 2 heures passées en cet endroit
plusieurs milliers de Soulcies pâles furent observés volant en direction du nord-ouest en suivant
les modelés du relief. Nous rapportons également à des migrateurs les petits groupes levés sur un
plateau steppique caillouteux le lendemain près de Chahar-berkeh. Ces observations sont à rappro¬
cher des passages dont parle Ticehurst (1921) dans le Jebel Hamrin (à la limite du Luristan et
du Kermanshah) les 18 et 19 avril.
Petronia xanthocollis trarisfuga (Hartert)
6 JJ (AP : 80-84, moy. 81,5) Kahoorestan, 23 avril; 2 JJ (AP : 81, 82) et 9 (AP : 78) Bandar-abass, 25 et
30 avril; 2 JJ (AP : 79 et 82) et $ (AP : 78) île de Gheshm; 26 avril, J (AP : 80) Minab, 4 mai.
Le Moineau à gorge jaune niche dans le sud de l’Iran. Il est bien répandu au Séistan, au Balou-
chistan et dans le sud-est du Kirman jusqu’au Laristan. Plus à l’ouest, sa distribution paraît plus
fragmentée et requiert d’être précisée. Dans le Fars, il a été collecté à Bushire (Sharpe 1886), à
Borazjan par Koelz, à Basht et Kuni par Witherby et en région de Shiraz par Blanford alors
que Capito ne le cite pas. Dans le Khuzestan, le Luristan et le Bakthtiari, ni Woosmann (in Witherby
1907), ni Zarudny, ni Paludan ne le virent; en revanche Koelz l’a obtenu à Dizful et dans diverses
localités du Bakbtiari en région de Sar-i-Dasht (50 km est-nord-est de Dizful) d’où il décrivit la
race occidentalis, actuellement rangée en synonyme de trarisfuga. Il importerait de recueillir
davantage de précisions sur la nidification entre le littoral du golfe Persique et les contreforts du
Zagros.
Nous l’avons observé communément le long de notre trajet dans le Laristan à partir de
Kahoorestan (y compris sur les îles du détroit d’Hormoz), dans le sud-est du Kirman de Minab
à Bam (sauf en montagne dans le Kuh-e-Jebal Barez), sur la frange méridionale du Dasht-i-Lut entre
Bam et Nosrat-abad, dans tout le Balouchistan (il était toutefois moins abondant sur les hauts pla¬
teaux entre Zahedan et Khash) et au Séistan.
II occupe tous les milieux arborés : palmeraies, jardins, vergers, peuplements d’acacias, de
tamaris, d'Amygdalus... Sa densité demeurant plus forte dans les habitats cultivés. Durant notre
séjour nous l’avons noté nichant dans les trous d’arbres et dans les têtes de palmiers.
In nalura il évoque beaucoup plus un Passer qu’un Petronia; il n’est d’ailleurs absolument
pas lié aux milieux rupestres comme les Soulcies. Le mâle se reconnaît immédiatement à la tache
jaune vif de la gorge, à son bec relativement fin et noir ainsi qu’à ses épaules marron soulignées
d’une large bande blanche. La femelle se distingue du mâle à son bec clair (couleur corne) à la tache
jaune de la gorge pratiquement absente et à ses épaules rouille pâle ne tranchant guère sur le reste
du plumage. Nous rappellerons que cette espèce n’a pas de blanc aux rectrices. La voix elle-même
est une voix de Passer: elle nous a paru comme un mélange de notes de domesticus, de montanus
et de simplex (réminiscence d’Afrique du nord). Le plus souvent nous avons entendu un court motif
de notes scandées mais à GhaBre-ghand lors des fortes chaleurs de l’après-midi nous avons observé
un mâle très excité émettre un chant trillé à tonalité d’Alouette lulu qui ne manquait pas de faire
également penser au hennissement d 'Halcyon smyrnensis qui habitait lui aussi la palmeraie.
Petronia petronia (L.)
a) P.p. exigua (Hbllmayr) : J (AP : 100) Makoo-Bazargan, 9 juin. A ce spécimen nous en avons ajouté
3 collectés dans le nord-est do la Turquie : J (AP : 101) Dogubayazit, 9 juin; J (AP : 102) col de Tahir, 10 juin;
? (AP : 101) Illica-Kandeli, 11 juin.
b) P.p. intermedia Hartert : J (AP : 101) et 9 (AP : 101) prés Porsepolis, 18 avril; J (AP : 98) et 2 juvé¬
niles (AP : 76, 80, croissance non achevée) Bodjnoord, 28 mai.
Les sous-espèces du Moineau soulcie sont mal caractérisées dans l’est de la Turquie et en
Iran. Vaurie (1949 a et 1959 b) distingue difficilement exigua (de l’est de la Turquie à la région de
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
117
Gorgan) d 'intermedia (au sud et à l’est de cette zone). La différence entre nos spécimens du Fars et
du Khorasan d’une part et ceux de l’Azerbaïdjan et du nord-est de la Turquie d’autre part, s’avère
subtile à déceler car l’usure du plumage de tous ces oiseaux contribue à homogénéiser la série.
Cependant les Soulcies collectés à Persepolis et à Bodjnoord présentent une teinte générale plus
claire, plus fauve et moins grise que les autres; cette nuance serait certainement plus accusée si
les spécimens étaient en plumage frais aussi appelons nous intermedia les premiers et exigua les
seconds. Le sujet adulte de Bodjnoord est toutefois plus petit et correspond assez bien malgré la
tache jaune de la gorge d’étendue normale, à la description dehàrmsi Kève (Bull. Brit. Orn. Cl. 1948,
68 : 130) que Vaurie place à juste titre dans la synonymie à'intermedia. En nous référant aux dires
de Vaurie (1956 c) selon lesquels les sujets examinés par Kève n’auraient été que des subadultes,
nous ne pensons pas que cela soit le cas pour notre spécimen car il accompagnait avec un autre
adulte les juvéniles que nous avons recueillis. Aussi serait-il bon d’obtenir un matériel plus impor¬
tant afin de clarifier la systématique des Petronia petronia iraniens.
L’espèce niche dans le Khorasan (commune dans le nord, elle serait localisée dans le sud),
les provinces du sud de la Caspienne (chaîne de l’Elbourz), le nord-ouest de l’Iran, le Zagros jusqu’au
Kirman et dans les montagnes s’étendant de Ghom à Kirman. La race exigua se rencontre de l’Azer¬
baïdjan à la région de Gorgan, remplacée ailleurs par intermedia.
Nous l’avons observée assez communément dans le Fars en région de Saadat-abad, de Shahr-
estakhr, de Persepolis, de Maharloo, de Mansor-abad et de Chahar-berkeh, dans le Khorasan entre
Ghaen et Golkalleh-abad-alavi, à Sefil-abad puis entre Ghosh-ghalleh et Badranloo, en altitude
dans l’Elbourz entre Chalus et Karardj et enfin entre Makoo et Bazargan près de la frontière irano-
turque.
A part la petite population (une dizaine de couples) de Sefil-abad installée dans le village
et nichant dans les trous des murs des maisons, les autres colonies de Soulcie étaient établies dans
des biotopes rupestres (parois rocheuses, escarpements encombrés de gros éboulis...).
Des parades nuptiales suivies d’accouplements furent observées le 18 avril près de Shahr-
estakhr; des jeunes sortaient du nid les 27 et 28 mai entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord et le 9 juin
près de Makoo.
Montifringilla nivalis (L.)
Sous la race alpicola (Pallas) la Niverolle niche en Iran sur les sommets des montagnes de
l’Azerbaïdjan à la région de Gorgan et dans le Zagros occidental (Bakhtiari et Luristan).
L’un de nous (R.D.E.) revenant de Bandar-e-Pahlavi vers Téhéran eut l’occasion le
30 mars d’emprunter la majestueuse passe de Margil-Qara-Tikan qui coupe la chaîne de l’Elbourz
au nord-ouest de Ghazvin. Le large col était encore à c^tte époque couvert de plaques de neige et
laissait supposer que l’on pourrait apercevoir quelques Niverolles. Quoiqu’alerté, l’observateur
a cherché l’espèce sans succès. C’est probablement une malchance car à un moment donné, il aperçut
le vol papillonnant noir et blanc typique mais trop loin pour qu’il puisse être sûr de son identifi¬
cation. Tous ses efforts pour confirmer cette observation restèrent vains.
FRINGILLIDAE
Fringilla coelebs L.
<J (AP : 84) près Dasht, 29 mai; 9 (AP : 78) près Dorlat-abad, 29 mai.
Nous n’avons pas suffisamment recueilli de matériel de comparaison pour nous montrer
affirmatifs sur l’identité subspécifique des sujets collectés. Vaurie (1949 b), étudiant la collection
Koelz, suppose qu’une race foncée (alexandrovi Zarudny) venue de l’ouest (sud de la Caspienne)
et une race claire (transcaspius Zarudny) venue de l’est (Khorasan) se rencontrent en région de Gorgan
mais il souligne toutefois que son matériel est insuffisant. Le fait n’est pas impossible car il corres¬
pondrait à une tendance assez générale des oiseaux de la chaîne de l’Elbourz à être plus foncés que
leurs représentants du nord du Khorasan; il demande néanmoins à être confirmé.
Le mâle que nous avons obtenu s’avère plus foncé qu’un sujet de février de la région de
Ghaen (Khorasan) qui nous semble correspondre à la diagnose de transcaspius mais la différence
peut s’expliquer par la variabilité individuelle. Comparé à des coelebs européens, il a le dos moins
marron, plus brun foncé, les joues et les parties inférieures plus brun vineux. Nous serions tentés
Source : MNHN, Paris
118
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
de l’appeler àlexandrovi. La femelle est foncée mais ne se distingue pas de certains sujets français
en même plumage.
Le Pinson des arbres niche dans les provinces du sud de la Caspienne (littoral et chaîne de
l’Elbourz) et dans le nord du Khorasan (il doit être limité par la bande désertique reliant le Dasht-i-
Kavir au Kara Kum). Zarudny (1911) l’indique nicheur en petit nombre dans le nord ouest de
l’Iran mais aucune preuve récente ne confirme le fait. Blanford (1876) a obtenu deux spécimens
en juin dans la forêt de chênes en région de Shiraz; c’est la seule indication laissant supposer la
reproduction dans le Zagros.
Le 11 avril l’espèce était bien représentée dans des vergers irrigués près de Téhéran mais
il s’agissait encore certainement de migrateurs car la nidification n’est pas connue dans cette région.
Quelques couples cantonnés furent notés dans les vergers (surtout mûriers et amandiers) à Torbat-
heydariyeh près de Sang-bast, à Shirvan et près de Shah-pasand. Dans les milieux forestiers entre
Dasht et Dorlat-abad, le Pinson nous parut assez abondant mais il l’était moins sur le versant nord
de l’Elbourz entre Chalus et Karadj.
Fringilla montijringilla L.
Nous avons observé une dizaine de Pinsons du Nord dans des vergers sur cultures irriguées, à
une dizaine de kilomètres au nord de Téhéran le 11 avril. La même année Nielsen (1969) nota un
vol de 10 individus le 15 avril près de Bandar-Pahlavi qu’il qualifia de «rather late». Effectivement
d’après la littérature (jusqu’à la mi-mars selon Trott 1947 et Passburg 1959 et 1 er avril selon
Schuz 1959), ces dates paraissent tardives, faut-il voir là un effet du mauvais temps prolongé dans
le nord et le nord-ouest de l’Iran au printemps 1967 ?
Serinus pusillus (Pallas)
La répartition en période de reproduction de ce Serin demeure à préciser. Vaurie (1959 b)
le déclare nicheur dans le nord de l’Iran, de l’Azerbaïdjan au Khorasan et dans le nord du Balou-
chistan perse. C’est la distribution publiée par Zarudny (1911) mais il serait important de recueillir
des précisions sur la situation exacte dans tout l’est de l’Iran car si cet auteur indique la repro¬
duction du nord du Khorasan au nord du Balouchistan, il spécifie que l’oiseau n’est abondant que
dans le nord du Khorasan (partie du Khorasan actuel située au nord du cours supérieur de l’Atrek
et de la ligne Ghooshan-Mashad-Fariman-Torbat-jam). Si les données précises sont assez nom¬
breuses dans l’Elbourz il n’en est pas de même pour le nord-ouest de l’Iran où l’espèce existe (par
exemple au col de Khamziam, au nord de Khoy, Genenger 1968). Vaurie (1959 b) ne parle pas
du Zagros d’où il a pourtant examiné la série de spécimens collectés par Koelz au Bakhtiari et
au Luristan en mai et juin 1940 (Cf. Vaurie 1949 b); il est vrai que ce sont les seules données en
période de reproduction pour le Zagros bien que Zarudny se demandait si l’espèce n’y nichait pas.
Dans le massif du Kirman, Koelz a obtenu des sujets en hiver ce qui ne prouve pas du tout la nidi¬
fication, mais Blanford a, par contre vu un spécimen le 2 mai à Habaka, au sud-ouest de Kirman,
qui pourrait bien avoir été nicheur. Il conviendrait de rechercher ce petit Fringille dans tous les
massifs montagneux du pays.
Nous ne l’avons observé que dans l’Elbourz (où il occuperait la niche écologique du Venturon
alpin Serinus citrinella (Pallas)) entre Chalus et Karadj : 2 couples le 30 mai à la limite supérieure de
la forêt dans une zone d’arbres très clairsemés et rabougris pénétrant dans la steppe d’altitude entre¬
coupée d’affleurements rocheux et ravinée par les eaux de fonte des neiges.
Carduelis chloris (L.)
Sous la forme turkestanicus (Zarudny), le Verdier niche dans le nord de l’Iran : de l’Azer¬
baïdjan au nord du Khorasan. Il ne semble nulle part commun et parait plutôt localisé. Il convien¬
drait de préciser sa répartition, notamment dans le nord-ouest du pays.
Nous en avons observé quelques sujets (dont 1 couple formé) les 7 et 12 avril à Téhéran
mais nous ne les revîmes pus en juin. De rares couples cantonnés furent notés dans des milieux culti¬
vés (vergers et haies en bordure de champs de céréales) mais aussi parfois dans des friches parsemées
d’arbrisseaux près de Dorlat-ubad, Minoo-dasht, Ali-abad, Gorgan, Behshahr et Sofian (une famille
le 7 juin).
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
119
Carduelis spinus (L.)
c? (AP : 72) Téhéran; 13 avril.
Le Tarin n’est apparemment nicheur que dans la chaîne de l’Elbourz entre 1 500 et 2 000 m,
du Gilan à la région de Gorgan (données de Blanford, Nikolsky, Zarudny, Heinrich et Koelz).
Il importerait de préciser sa répartition géographique d’une part et en fonction de l’altitude d’autre
part, ainsi que l’importance de la population.
Nous n’avons vu que quelques sujets appariés les 12 et 13 avril dans le parc de l’Institut
Pasteur à Téhéran. Le mâle collecté chantait et, d’après l’état de ses gonades, semblait en début
d^activité sexuelle. Vraisemblablement ces oiseaux s’apprêtaient-ils à rejoindre leurs terrains de
nidification dans l’Elbourz.
Carduelis carduelis (L.)
(J (AP : 80) Soflan, 7 juin; <J (AP : 78) Tasooj, 8 juin.
Vaurie (1949 b et 1959 b) reconnaît en Iran les races : loudoni Zarudny en Azerbaïdjan
et le long de la Caspienne, du Talych à la région de Gorgan; niediecki Reichenow dans le Kurdistan
et le Zagros jusqu’au Fars; paropanisi (Kollibay) dans le nord du Khorasan et dans le Kirman
jusque dans l’est du Fars (région de Niriz). En outre il suppose que brevirostris (Zarudny) niche¬
rait dans le nord de l’Azerbaïdjan mais il n’en existe aucune preuve. Les sous-espèces loudoni, niediecki
et brevirostris appartiennent au groupe carduelis ayant du noir à la tête tandis que paropanisi est
du groupe caniceps sans noir à la tête. Ces deux groupes entrent en contact et s’hybrident en région
de Gorgan (Koelz a collecté des hybrides à Shah Kuh et à Dinalu) et dans le Fars (pas d’hybrides
connus). Il conviendrait de collecter des spécimens nicheurs en Azerbaïdjan afin de voir si loudoni
ne serait pas en fait confiné à la zone littorale (cette race particulièrement sombre habite les régions
où les précipitations annuelles sont les plus fortes) car les sujets — très pâles — que nous avons recueillis
ne diffèrent pas de ceux du Zagros et de Turquie en même plumage auxquels nous les avons comparés
et sont par conséquent des niediecki.
Nous avons rencontré des Chardonnerets à calotte noire dans le Fars (une dizaine de sujets
en vol au-dessus de la steppe entre Shahr-estakhr et Saadat-abad le 18 avril (migrateurs ?) et de
rares couples dans les jardins et vergers à Persepolis), sur le littoral de la Caspienne (quelques sujets
en bordure de cultures près de Behshahr) et en Azerbaïdjan (de petites populations dans les vergers
à Sofian, Sharafkhaneh, Tasooj et Makoo : nous vîmes des adultes accompagnés de jeunes).
Des Chardonnerets du groupe caniceps furent notés en petit nombre et par couples isolés
dans des zones de végétation arborescente à physionomie de maquis dans le Kuh-e-Jebal Barez,
entre Saghdar et Khajeh-askar (sud-est du massif de Kirman), dans des vergers à Torbat-heyda-
riyeh et entre Shah-pasand et Aliabad (nord du Khorasan).
Il importerait de vérifier l’époque de reproduction de paropanisi dans le Kirman et l’est
du Fars car Koelz qui a décrit de cette région la race ultima (mise en synonymie de paropanisi)
sur du matériel collecté entre le 30 janvier et le 29 mars, déclare l’espèce « nichant » à cette dernière
date qui paraît précoce si l’on lit Witherby (1903) qui n’a observé des Chardonnerets (niediecki)
construisant leur nid qu’à partir du 17 avril et le premier œuf le 12 mai dans le Fars.
Acanthis cannabina bella (C. L. Breiim)
? (AP : 77) près Bodjnoord, 28 mai.
D’après la littérature, la Linotte mélodieuse niche dans le nord de l’Iran, de l’Azerbaïdjan
au nord du Khorasan, dans le Kurdistan et le Zagros jusqu’au Kirman. Nous l’avons rencontrée
en petit nombre : dans le nord du Khorasan en région d’Assad-abad, entre Ghosh-ghalleh et
Bodjnoord, puis de Chaman-bid à Dasht et près de Shah-pasand; dans l’Elbourz, en altitude (2 500 m)
entre Chalus et Karadj et en Azerbaïdjan çà et là sur l’itinéraire Skahpoor-Khoy-Makoo-Bazargan.
Nos observations portèrent sur des couples isolés et très disséminés dans des habitats très ouverts :
milieux steppiques sur terrain ondulé, voire même accidenté et pierreux, parfois mais pas toujours
parsemés de touffes arbustives basses.
Source : MNHN, Paris
120
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Rhodopechys s. sanguinea (Gould)
<? (AP : 105) 15 km nord de Shahpoor, 8 juin; Ç (AP : 104) Makoo-Bazargan, 9 juin.
Si l’on en croit les indications de Zarudny (1911) reprises par Vaurie (1959 b), le Bouvreuil
à ailes roses niche dans tous les massifs montagneux de l’Iran à l’exception de ceux du sud du Balou-
chistan. Il serait bon d’obtenir des précisions sur la répartition exacte de l’espèce car les données
de la littérature ne sont guère nombreuses (nous rappelons ne pas avoir pu nous procurer le relevé
des localités de Zarudny). Ainsi dans l’Elbourz nous n’avons connaissance que des indications
de Blanford (1876), de Woosnam (in Witherby 1910), de Trott (1947) et de Norton (1958);
nous n’avons rien trouvé en ce qui concerne le Kirman (ni Blanford ni Koelz n’ont ramené de
spécimens et Zarudny n’y est pas allé).
Nous n’en vîmes que les 8 et 9 juin en Azerbaïdjan : 4 près du col de Qara Tappeh, entre
Shahpoor et Khoy, à une altitude de ca 1 800 m et deux fois quatre entre Makoo et Bazargan à
une altitude de 1 400-1 500 m. Les oiseaux se tenaient sur la steppe dans un paysage vallonné, se
nourrissant activement des graines d’une crucifère qui croissait abondamment au flanc des talus
au bord de la piste et çà et là par plages sur la steppe.
Rhodopechys githaginea (Lichenstein)
L’aire iranienne de reproduction du Bouvreuil githagine (race crassirostris (Blyth)) demeure
à préciser. Selon Zarudny (1911) l’espèce niche dans tout le pays à l’exception des provinces du
sud de la Caspienne, du Séistan et des régions littorales du golfe Persique et du golfe d’Oman.
Vaurie (1949 b) a récapitulé sur une carte les données obtenues en période de reproduction (il a
eu accès aux travaux de Zarudny). Les renseignements figurés dans l’ouest de l’Iran sont ceux
de Blanford (Kohrad au nord d’Esfahan, Shiraz et Sirjan) et de Koelz (Jahrom). Dans l’est du
pays, les localités mentionnées s’étalent du nord du Balouchistan au Kavir-i-Namak (prolongement
oriental du Dasht-i-Kavir) à l’exception du Séistan. Nous ignorons quels furent les critères choisis
pour déterminer si les oiseaux pouvaient ou non être considérés comme nicheurs; vraisemblablement
d’autres points pourraient-ils être ajoutés sur la carte de Vaurie (par exemple en région d’Esfahan
(Woosnam) et de Bam (Blanford), mais le nuage de points demeurerait sans doute dans les mêmes
limites. Seule une observation récente dans l’Elbourz (la seule actuellement) dans la haute vallée
de la Sefll-Rud le 2 mai 1966 (Genenger, 1968) reporte plus au nord la répartition de l’espèce en
Iran) (la couleur rouge du bec a été notée ce qui exclut la possibilité de confusion avec une autre
espèce). Il conviendrait de rechercher particulièrement ce Bouvreuil dans tout le nord de l’Iran
de l’Azerbaïdjan au nord du Khorasan.
Nous avons rencontré le Bouvreuil githagine dans le Fars communément près de Maharloo,
de Gnader-abad, de Mansor-abad (çJc? chanteurs le 22 avril), d’Ab-barik et de Lar; au Balouchistan
en petit nombre au pied du massif du Kuh-e-Taftan, entre 80 et 100 km au sud de Zahedan et dans
le sud du Khorasan en petite quantité entre Birjand et Azemat-abad.
A part celle à 90 km au sud de Zahedan d’un mâle et de deux femelles se nourrissant sur la
steppe d’armoiso d’un plateau, toutes ces observations furent effectuées dans des pentes à éboulis
rocheux ou pour le moins très pierreuses, parsemées d’une maigre végétation herbacée et arbustive.
Rhodopechys mongolien (Swinhoe)
Ce Bouvreuil a souvent été considéré comme une race de githaginea mais il s’agit d’une espèce
distincte (cf. Vaurie 1949 b). De fait, il se distingue fort bien dans la nature du précédent par sa
coloration générale plus brune et bien moins rose, par la striation du dessus de la tête et du dos et
par les bordures claires (blanches en période de reproduction) des ailes, essentiellement au niveau
des rémiges secondaires internes qui forment un miroir sur l’aile fermée. De plus, les mâles mongolien
se reconnaissent à leurs sourcils rose carmin très marqués et à leur bec brun alors que les githaginea
présentent une sorte de masque facial, le rose s’étendant sur le front, jamais sur les sourcils et ont
le bec corail vif. Les cris nous parurent généralement moins « trompettants », plus « Carduelis »
que ceux du githagine. Parfois ils peuvent évoquer ceux du Moineau Soulcie.
Dans son tableau de 1911, Zarudny donne le Bouvreuil de Mongolie nicheur en petit nombre
dans le sud de la Caspienne et abondamment dans le Kuhistan-Kirman. L’indication du sud de la
Caspienne repose sur la capture d’une femelle le 8 août par Blanford dans l’Elbourz en vallée de
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
/ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
121
Karadj. Blanford ne savait pas à quelle espèce rattacher son spécimen et, au vu de sa description,
Zarudny puis Vaurie l’ont baptisé mongolica, identification qui nous semble vraisemblable. En
ce qui concerne le Kuhistan-Kirman, nous rappellerons qu’à cette époque cette province englobait
le Kirman et le sud du Khorasan actuels aussi, sachant que Zarudny n’est pas allé dans le Kirman,
cette indication de nidification n’intéresse-t-elle en fait que le massif montagneux limité par le
Kavir-i-Namak, le Dasht-i-Lut et le Séistan ce qui apparaît d’ailleurs très bien sur la carte publiée
par Vaurie (1949 b). Sur cette carte Vaurie suppose que githaginea et mongolica cohabiteraient
outre dans le sud du Khorasan : dans le nord du Khorasan, dans le massif de l’Elbourz et de là
jusqu’en région de l’Arax et d’Erzurum où mongolica nicherait selon Buturlin et Dementiev.
Il met toutefois des points d’interrogation dans le nord du Khorasan : Zarudny ne cite en effet
l’espèce qu’en migration dans cette région.
Nos observations complètent les informations précédentes. Nous vîmes les premiers (3 indi¬
vidus) le 24 mai à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Ghaen. Le lendemain et le surlen¬
demain, l’espèce était bien représentée (par couples disséminés) en montagne entre Assad-abad
et Sefil-abad; un môle fut collecté mais ne put être conservé. Quelques sujets furent encore notés
entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord et enfin un couple le 6 juin en vallée de la Zandjan-chay entre
Tazeh-kand et Sarcham, à la limite du Gilan et de l’Azerbaïdjan. Il apparaît donc que ce Bouvreuil
niche dans tout le Khorasan, peut-être dans l’Elbourz (la capture de Blanford demeure la seule
connue) et dans le nord-ouest de l’Iran (notre observation demande confirmation). Il serait à recher¬
cher dans le Kirman et en région de Yazd (Shir Kuh) où il a été obtenu par Koelz en hiver (entre
le 6/1 et le 23/2).
II. mongolica est plus montagnard que githaginea et semble moins dépendre de la proximité
immédiate d’eau mais des observations supplémentaires sont nécessaires avant d’être affirmatif.
Toutes nos données furent recueillies au-dessus de 1 500 m dans des biotopes désolés caractérisés
par des terrains accidentés et pierreux, bien souvent traversés par de grosses plages d’éboulis, à
maigre tapis herbacé et à végétation buissonnante très rabougrie et clairsemée, voire absente.
Ilhodopechys ohsoleta (Lichtenstein)
5 $3 (AP : 85-87, moy. 86,20) et Ç (AP : 81) Persepolis, 17-20 avril.
La distribution iranienne en période de reproduction de ce Bouvreuil demeure mal connue :
le peuplement paraît plutôt clairsemé (et instable ?). Zarudny (1911) donne l’espèce nicheuse en
petit nombre dans tout l’Iran à l’exception du Séistan, du Balouchistan et du Khuzestan. Il est
regrettable que nous n’ayons pas eu les localités de Zarudny. Le relevé de celles figurant dans la
littérature disponible fait apparaître la reproduction : en région de Gorgan (Zarudny cité par
Streskmann et Vaurie); dans le nord du Khorasan (un juvénile cité par Vaurie sans précision
de localité); dans le Fars à Niriz, Shiraz, Dasht-i-arjan et Abadeh (Blanford, Witherby et Koelz);
dans le Luristan à Üurud (Koelz); à Qazvin (de Filippi) et en région de Téhéran (signalée par de
Filippi et capture d’un juv. sur la Rud-i-Shur par Read citée par Diesselhorst).
Nous avons observé communément Ilhodopechys ohsoleta durant notre séjour à Persepolis.
La population s’élevait à une centaine d’individus. Les oiseaux se tenaient dans la plantation de
conifères et dans les jardins. La nuit ils se réunissaient en dortoir dans les conifères et le jour, se
dispersaient dans un rayon de quelques centaines de mètres le plus souvent par groupes de 7-8 sujets,
parfois 15-20 mais aussi par couples qui manifestement s’individualisaient pour nicher. Les mâles
faisaient très souvent entendre une petite mélodie comprenant des répétitions du cri (« prruii-prruii »
nasillards), des roulades et des trilles grinçants et nasillards. Ce chant évoque, pour des oreilles
européennes, le Chardonneret ou la Linotte mais surtout le Verdier par les notes finales traînantes.
Ce chant nous parut absolument typique et nous l’entendîmes aussi dans les localités où nous ren¬
contrâmes par la suite cette espèce; à aucun moment il ne nous fit penser à une Turdidé comme
l’écrit Paludan (1959). D’après le comportement des couples formés (des parades furent observées),
ces Bouvreuils s’apprêtaient à nicher dans les arbres (plantations de conifères, vergers et jardins).
C’est d’ailleurs dans les amanderaies de Maharloo que nous retrouvâmes le 21 avril une autre popu¬
lation de ces oiseaux (une dizaine de couples) nettement cantonnés. Le 22, quelques sujets fréquen¬
taient les peuplements d 'Amygdalus et d’épineux divers près du col de Gnader-abad. Le 7 mai,
un couple bâtissait son nid dans un jardin en pleine ville de Bam. Le mâle accompagnait sans relâche
en chantant la femelle qui apportait des brindilles et des bourres de coton à 3 m de haut dans une
des branches d’un if. Le nid semblait déjà fort avancé et constitué principalement de coton (pour
Source : MNHN, Paris
122
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
la description du nid et de la ponte de cette espèce, voir Ticehurst (1926) qui précise qu 'obsoleta
niche dans les jardins et dans les arbres au bord des routes). Nous en observâmes encore un couple
le même jour à Fahraj et le 26 mai, quelques autres près de Sang-bast, tous établis dans des vergers.
In natura, tant au posé qu’en vol, l’oiseau est très facilement identifiable à son plumage
chamois, son ventre blanc bien démarqué, ses ailes tricolores (noir, blanc et rose) et son bec noir
(seulement chez les adultes en période de reproduction). Le mâle se reconnaît aisément à ses lores
noirs qui donnent l’impression d’un masque petit mais bien visible.
Carpodacus erythrinus (Pallas)
L’espèce nicherait dans le nord de l’Iran de l’Azerbaïdjan au nord du Khorasan, sous deux
races : kubanensis Laubmann remplacée vers l’est par ferghanensis (Kozlova) à partir de la région
de Gorgan. S’il existe des données de reproduction dans la chaîne de PElbourz : du Gilan à la région
de Gorgan, nous n’en connaissons pas dans le nord du Khorasan : Zarudny n’en parle pas et les
sujets collectés par Koklz l’ont été en pleine période de migration d’automne. Vaurie (1949 b)
rattache à ferghanensis 3 sujets (dont seulement un adulte 1) de juillet en région de Gorgan. Il est
possible que les oiseaux de cette région soient intermédiaires entre cette race et kubanensis puisque
Paludan (1940) identifia à cette dernière le spécimen qu’il a collecté en région de Gorgan. Il serait
également utile d’obtenir des précisions dans tout le nord-ouest de l’Iran où nous n’avons pas trouvé
de preuves certaines de reproduction. Nous ne croyons pas que les spécimens recueillis par Koelz
dans le Luristan à Durud entre le 21 août et le 11 septembre aient été des nicheurs locaux comme
le suggère Vaurie : il s’agissait plus vraisemblablement de migrateurs.
Nous n’avons observé l’espèce que dans l’Elbourz : le 7 avril un sujet à une vingtaine de
kilomètres au nord de Téhéran sur la route de Shemshak et le 30 mai, plusieurs chanteurs (petite
phrase plaintive « uiit-tii-tuuu » caractéristique) dans les arbres du bord du cours d’eau et dans les
taillis arbustifs de la haute vallée de la rivière Karadj.
Pyrrhula pyrrhula caspica Witherby
Habite l’Elbourz et vraisemblablement l’Azerbaïdjan. Zarudny le cite comme nicheur rare
dans le nord du Khorasan, ce serait à vérifier. Nous nous souvenons très bien d’avoir entendu et
aperçu des Bouvreuils mais, faute d’en avoir pris note sur le champ, nous ne nous rappelons plus
l’endroit exact de cette observation : forêts entre Dasht et Dorlat-abad ou versant nord de l’Elbourz
entre Chalus et Karadj?
Coccothraustes coccothraustes (L.)
Sous la forme nigricans (Buturlin) qui, à notre avis et à celui d’autres systématiciens, ne
mérite pas d’être séparée de coccothraustes , le Gros-bec nicherait dans tout le nord de l’Iran. Il
serait toutefois utile de préciser sa distribution dans le Nord-Ouest.
Nous n’en vîmes que quelques sujets le 29 mai dans les forêts riveraines en vallée de l’Atrek
près de Dorlat-abad.
Mycerobas carnipes (Hodgson)
La race spcculigerus (Brandt) niche à la limite supérieure des massifs forestiers du nord
du Khorasan, vers l’ouest jusqu’en région de Gorgan.
Nous avons noté 7 de ces Gros-becs (remarquables à leur plumage noir, sauf le croupion et
le ventre jaune verdâtre et leur miroir alaire blanc à la base des rémiges primaires) dans une forêt
très dégradée couvrant des pentes rocailleuses en région de Dasht le 29 mai.
EMBERIZIDAE
Embcriza calandra buturlini Hkrm. Johansen
$ (AP : 101) 10 km est de Maharloo, 21 avril; (AP : 101) Ghosh-ghalleh, 27 mai; $ (AP : 100) Sollanieh,
6 juin; $ (AP : 101) Sharafklianeh, 7 juin; $ (AP : 98) Tasooj, 8 juin. $ (AP : 103) Makoo-Bazargan, 9 juin.
Comparés à une série de sujets français dans le même état de plumage, nos spécimens parais¬
sent légèrement plus blancs dessous, moins densément rayés aux flancs et à la poitrine, plus clairs
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
123
et quelques peu plus gris dessus. Les différences ne se remarquent qu’en série et encore sont-elles
bien légères; aussi peut-on se demander si la race buturlini est bien justifiée; il conviendrait d’étu¬
dier du matériel en plumage frais avant de conclure.
Le Bruant proyer niche dans la plus grande partie de l’Iran à l’exception des régions parti¬
culièrement désertiques (déserts du centre et Séistan), du Balouchistan et du Khuzestan. Il convien¬
drait néanmoins de vérifier s’il se reproduit effectivement dans le Kirman.
Nous l’avons observé en petit nombre en avril entre Hamadan et Ghazvin, en région de
Téhéran, près de Persepolis et entre Shiraz et Sarvestan; puis assez communément en mai et juin
près de Shoorak, de Baikan à Ghosh-ghalleh et Bodjnoord, de Minoo-dasht à Gorgan, çà et là près
de Behshahr et répandu de Soltanieh à la frontière turque et au-delà.
L’espèce fréquentait les milieux cultivés (par exemple champs de céréales); la steppe, les
bords de rivière dans les zones particulièrement ouvertes, les flancs de collines et aussi les pelouses
d’altitude dans le nord du Khorazan et en Azerbaïdjan.
Emberiza citrinella L.
Vaurie (1959 b) reprenant et élargissant les affirmations de Zarudny (1911) déclare le
Bruant jaune nicheur sous la race erythrogenys (C. L. Brehm) du nord-ouest de l’Iran jusque dans
les provinces du sud de la Caspienne et dans le Zagros jusqu’au Fars. Or dans la littérature, divers
auteurs (cf. Stresemann, Paludan, Schuz) mettent en doute les assertions de Zarudny : le Bruant
jaune ne serait que migrateur et hivernant en Iran ! Seule une $ en juillet près de Shiraz citée par
Blanford (1876) suggérerait une reproduction dans le Zagros mais cette capture est restée sans
lendemain. Il conviendrait de prêter une attention particulière à ce Bruant afin de trancher la
question.
Nous ne rencontrâmes qu’une seule fois E. citrinella (1 $) le 11 avril à une dizaine de kilomètres
au nord de Téhéran dans des vergers sur cultures irriguées. Il y avait là de nombreuses espèces en
transit et de fait, cet oiseau nous parut migrateur.
Emberiza cia par Hartert
c? (AP : 89) 20 km nord de Téhéran, 7 avril.
Le Bruant fou (sous-espèce par) habite les massifs montagneux de l’Iran à l’exception du
Balouchistan. Sa répartition serait à définir de manière plus satisfaisante car il ne semble en fait
bien représenté que dans la chaîne de l’Elbourz; il apparaît ailleurs plutôt localisé sur les sommets
où il trouve des conditions éco-climatiques favorables (par exemple dans le Zagros et dans le nord
du Khorasan). Il importerait d’obtenir des renseignements précis sur sa distribution dans le nord-
ouest du pays (où les oiseaux tendraient selon Vaurie vers la race prageri Laubmann du Caucase,
race d’ailleurs peu différente de par), dans le sud du Khorasan et dans le Kirman.
Nous ne l’avons rencontré que dans l’Elbourz à une vingtaine de kilomètres au nord de
Téhéran (sur la route de Shemshak) et entre Chalus et Karadj (où il était relativement commun
sur le versant nord de la chaîne) à des altitudes variant entre 1 400 et 1 900 m, toujours dans des
biotopes rocheux entrecoupés ou non de végétation arbustive clairsemée.
Emberiza buchanani cerrutii (de Filippi)
(J (AP : 82) et ? (AP : 82) près Bodjnoord, 28 mai.
Ce Bruant niche apparemment dans toutes les régions montagneuses de l’Iran sans doute
à l’exception du sud du Balouchistan où Zarudny considère sa reproduction comme possible mais
non prouvée. Il conviendrait de définir plus précisément sa répartition notamment dans le nord-
ouest où il n’y a guère de données (rappelons que la race cerrutii a été décrite de Sain Qal’eh au
sud-ouest du lac Rezaiyeh). D’une manière générale il se tient en période de nidification au-dessus
de 1 500 m pour ne pas dire 2 000 m (Cheesman en a vu à 3 700 m dans l’Elbourz), toutefois il a
été trouvé à des altitudes inférieures (voisines de 1 000 m) dans le nord-est de l’Iran (Nikolsky
1886 et nous-mêmes).
Nous avons observé pour la première fois l’espèce (2 Sâ et 1 9) I e 12 ma * P ras d’Iranshahr
en bordure d’une zone cultivée desséchée au pied de buttes pierreuses recouvertes d’une maigre
végétation herbacée. Le 28 mai elle nous parut répandue mais jamais en grande densité (seulement
des couples épars) de Ghosh-ghalleh à Ash-khaneh (ait. 1 000-1 500 m) dans des pentes rocailleuses
Source : MNHN, Paris
124 CHRISTIAN ÉRARU ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
parsemées de touffes herbacées et parfois de rares arbustes rabougris. Le 30 nous en vîmes encore
quelques-uns sur le versant méridional de l’Elbourz entre Chalus et Karadj, toujours dans le même
habitat désolé, à des altitudes variant entre 1 800 et 2 300 m.
Dans la nature buchanani ressemble beaucoup à hortulana à un point tel qu’il faut bien voir
l’oiseau pour éviter une confusion. Le meilleur critère d’identification porte sur la coloration de
la gorge et du haut de la poitrine. Chez buchanani la teinte rouille des parties inférieures se prolonge
sans discontinuité jusqu’au menton alors que chez hortulana elle est séparée de la gorge jaune par
une bande pectorale grisâtre (J) ou olive (Ç). Les chants (nous avons entendu celui de buchanani
dans le nord du Khorasan et dans l’Elbourz) nous parurent identiques mais peut-être des enre¬
gistrements ou l’audition des deux espèces ensemble permettraient-ils de mettre en évidence des
différences que nous n’avons pas perçues. Nous ajouterons que chez buchanani le dimorphisme
sexuel est moins prononcé que chez hortulana , la femelle est seulement plus pâle aux parties infé¬
rieures que le mâle.
Emberiza hortulana L.
9 (AP : 81) île de Gheshm, 26 avril.
D’après Vaurie (1959 b) qui reprend les donnéesde Zahudny (1911) le Bruant ortolan niche¬
rait dans le nord de l’Iran (de l’Azerbaïdjan au Khorasan) et dans le Zagros jusqu’au Kirman.
Cette répartition est vraisemblablement correcte mais il serait bien utile de la préciser car en fait
les renseignements circonstanciés sur la nidification demeurent rares. Il ne faut en effet pas oublier
que l’espèce est un grand migrateur dont les mouvements se poursuivent tard au printemps et
débutent tôt à la fin de l’été. Ainsi beaucoup de dates citées dans la littérature se situent à une
époque où l’observation d’Ortolans ne constitue pas une preuve de reproduction. C’est le cas des
données du Zagros et du Kirman. Les seules indications pouvant concerner des nicheurs locaux
proviennent de la chaîne de l’Elbourz, nous rappellerons toutefois ne pas avoir eu le détail des infor¬
mations recueillies par Zarudny.
Nous avons obtenu une femelle en migration le 26 avril à l’île de Gheshm et observé quel¬
ques couples (JJ chanteurs, sujets apparemment cantonnés) : dans des milieux buissonnants, près
de cultures, au creux de vallons recouverts de steppe herbeuse près d’Ash-khaneh le 28 mai, quelques
individus (migrateurs ?) dans des haies entourant des champs de céréales en région de Behshahr
pui3 2 couples dans la végétation arbustive bordant la rivière Karadj dans la partie supérieure de
la vallée sur la route Ghalus-Karadj le 30 mai.
Emberiza s. striolata (Lichtenstein)
$ (AP : 73) île de Gheshm, 26 avril; Ç (AP : 73) Bandar-abass, 30 avril.
Selon Zarudny le Bruant striolé niche au Balouchistan, principalement dans le sud, et.
peut-être dans les parties basses du Khuzestan où l’on ne peut exclure l’hypothèse plus vraisem¬
blable de migrateurs.
Il était fort commun (JJ démonstratifs, chantant sans cesse) dans des pentes recouvertes
d’une végétation basse en coussinets, traversées de plages d’éboulis et parsemées de blocs rocheux
à environ 90 km au sud de Zahedan vers Khash (ait. supérieure à 1 500 m) et à Karvandar dans
les rochers entourant le lit de la rivière en bordure de la palmeraie.
Plus originales sans doute sont les données recueillies dans le secteur du détroit d’Hormoz.
Nous avons en effet noté quelques couples cantonnés au pied des rochers en lisière d’un peuplement
lâche d’acacias à l’île de Gheshm. D’autres furent observés (couples disséminés) près de Bandar-
abass (où fut remarqué le 30 avril un mâle portant de la nourriture au bec) en bordure de jardins
à la zone de rencontre de la palmeraie et d’une formation d’acacias, puis près de Ghah-gnrreh dans
des rocailles jouxtant une palmeraie cultivée.
Emberiza melanocephaXa Scopoli
6 $$ (AP : 91, 93, 96, 98, 99) et? (AP : 89) Persepolis, 20 avril; 4 JJ (AP : 88, 92, 94. 94) Mahurloo, 21 avril;
J (AP : 96) Kahoorestan, 23 avril; J (AP : 92) et 3 y7 (AP : 84, 86, 88) Ile de Gheshm, 26 et 27 avril; ? (AP : 87)
Bandar-abass, 2.mai; J (AP : 87) Zahedan, 15 mai; J (AP : 91) Soflan, 7 juin.
Le spécimen de Zahedan présente un plumage en partie usé et d’aspect féminin mais, au
niveau des zones muées se remarquent des caractères masculins (parties inférieures jaunes, du men-
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
125
ton aux sous-caudales; pigments roux au croupion et latéralement sur le haut du dos, débordant
sur les côtés de la poitrine). Nous rappellerons que selon Stresemann ( Verh. Orn. Ges. Bayera 1919 :
72-80 et Orn. Mb. 1924 : 42) ce Bruant muerait deux fois dans l’année (mue partielle sur les lieux
de reproduction suivie d’une mue complète en hivernage) et la livrée hivernale du ressemblerait
beaucoup à celle de la $. Toutefois, selon Ticehurst (Ibis 1940 : 523-524) les faits seraient plus
compliqués : certains adultes auraient une mue partielle sur les lieux de reproduction suivie d’une
mue complète en hiver mais, en fait, la plupart n’effectueraient qu’une mue complète dans leurs
quartiers d’hivernage; les jeunes par contre, après une mue post-juvénile partielle, prendraient
un plumage immature (c’est là que les <?<J ressembleraient aux 99) qui, après une mue complète
sur les lieux d’hivernage serait remplacé par le plumage d’adulte. Pour en revenir à notre spécimen,
il s’agirait donc selon toute évidence d’un oiseau — vraisemblablement né l’année précédente —
dont la mue prénuptiale aurait été accidentellement interrompue.
L’aire de reproduction du Bruant mélanocéphale en Iran n’est pas encore suffisamment
définie. 11 est certain qu’elle couvre le nord du pays, de l’Azerbaïdjan à la région de Gorgan (où
melanocephala est remplacé vers l’est par bruniceps et où l’hybridation entre les deux espèces a
été décrite par Paludan 1940). Par contre, ses limites dans le sud et le sud-est du pays demeurent
mal connues. Selon Zarudny (1911) l’espèce nicherait abondamment dans le nord du Balouchistan
et en petit nombre dans le Kuhistan-Kirman mais cet auteur n’a-t-il pas considéré comme repro¬
ducteurs des sujets en migration ? La migration prénuptiale de ce Bruant s’effectue en effet d’est
en ouest; la zone d’hivernage se situant aux Indes, le Balouchistan est le théâtre d’importants
passages. Il en va de même pour le Kirman où Blanford (1876) écrit « from their behaviour at
Mashid and other places near Karman in the middle of May, I hâve no doubt they were nesting,
but although the birds swarmed I could not find the nests ». Ainsi s’il est certain que ce Bruant niche
de l’Azerbaïdjan au Fars, il importerait de vérifier sa reproduction dans le Kirman et de la prouver
dans le nord du Balouchistan où à notre avis, elle est peu probable.
Nous vîmes les premiers (<J et 9) le 10 avril à Téhéran. Nous n’en observâmes plus jusqu’au
17 avril quand 2 et 1 9 furent remarqués à Persepolis. Par la suite nous en observâmes quoti¬
diennement et en assez grand nombre à Persepolis, Maharloo, Fasa, Mansor-abad, Ab-barik, Lar,
Ghahar-berkeh et Kahoorestan. Nous nous trouvions alors en pleine période de migration. Les
oiseaux se tenaient par bandes de 10 à 30 individus. De nombreux mâles chanteurs furent entendus
dans toutes ces localités mais rien ne nous permet d’affirmer qu’il s’agissait bien de nicheurs locaux
s’installant sur leurs cantons. Les 26, 27 et surtout 28 avril, ce Bruant était relativement commun
à l’île de Gheshm, par contre nous n’en vîmes que quelques sujets le 28 en fin d’après-midi à Bandar-
abass. Nous en retrouvâmes de petits groupes et toujours migrateurs selon nous — le 4 mai à
Shirjeh, le 6 entre Saghdar et Khajeh-askar et le 10 (2 S6 et quelques 99) à Zahedan.
Nous rapportons à des nicheurs les observations effectuées : sur les bords de la Caspienne
dans les régions de Behshahr et - en petit nombre — de Nur-abad, sur le versant sud de l’Elbourz
près de Karadj, puis dans les régions de Téhéran et de Ghazvin et enfin de Shenat à la frontière
turque dans tous les milieux favorables à l’espèce (surtout près des cultures : champ de céréales
près des villages ou même dans des paysages dépourvus au creux de vallonnements recouverts de
steppe herbeuse; vergers; lisières de peuplements arborescents ou arbustifs ou simplement de buis¬
sons en bordure de cultures ou même de la steppe...)
Emberiza bruniceps Brandt
,J (AP : 85) Birjand, 24 inai(; 2 <J<J (AP : 87, 88) et 2 9$ (AP : 82, 85) Torbat-heydari.veh, 25 mai; S (AP : 83)
Akhlainad, 27 mai; $ (AP : 91) Shoorak, 27 mai; ? (AP : 82) Chaman-bid, 27 mai.
Certains auteurs considèrent le Bruant à tête rousse comme une sous-espèce du Bruant
mélanocéphale en argumentant qu’ils s’hybrident dans leur zone de contact. Effectivement des
hybrides ont été décrits par Paludan (1940) d’Abr (province de Gorgan) où Nikolsky (1886) a
lui aussi collecté les deux Bruants sans toutefois obtenir d’hybrides. C/est apparemment la seule
localité où furent recueillis des spécimens phénotypiquement intermédiaires à divers degrés entre
melanocephala et bruniceps. Il importerait de mesurer la zone d’hybridation qui paraît très étroite :
par exemple en étudiant les Bruants qui nichent entre Behshahr et Gorgan, voire plus à l’est. Dans
le présent travail, nous suivrons l’avis des nombreux systématiciens qui séparent spécifiquement
bruniceps de melanocephala.
Source : MNHN, Paris
126
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Nous présentons sous forme d’un tableau les différences de structure de l’aile décelables
entre les deux espèces (voir aussi Vaurie 1956 b).
Pointe de l'aile:
RP : 2, 3, 4
RP : 3, 2, 4
RP : 3, 4, 2
Différence RP 6 -RP 4 :
3 mm. 1 6
4 mm. — 9
5 mm. — 4
(La pointe de l’aile représente les 3 rémiges primaires les plus longues citées par ordre de
grandeur décroissante, la numérotation des primaires débutant par la plus externe.)
En fait pour être significative, ces différences devraient être étudiées géographiquement
en comparant statistiquement les diverses populations de chaque espèce.
D’après la littérature, les chants seraient absolument identiques (Paludan 1940, Schuz 1959).
De fait nos notes de terrain font ressortir un chant de même type pour les deux espèces : deux notes
détachées aigres ou râpeuses de Verdier, suivies d’une courte série rapide, roulée et sonore, évo¬
quant un peu la strophe de la Fauvette grisette ou celle du Pinson. Ainsi le 24 mai à Birjand avons-
nous transcrit le chant de bruniceps par « tsit-tsit-titeriteri » alors que le 21 avril nous avions rendu
celui de melanocephala par « psitt-psitt-teutittiteuriterrit » et « psitt-psitt-titerueutirit » malgré tout,
si les phrases étaient construites sur le même schéma nous avons remarqué que la série de notes
liées paraissait plus longue et plus variable, plus agréable à l’oreille, moins aigre, chez melanocephala
que chez bruniceps; si le débit restait le même, le rythme et la tonalité présentaient par contre
quelques différences que seuls des enregistrements auraient pu rendre. Ainsi à Behshahr, avons-
nous senti une petite différence dans les chants des deux Bruants sans toutefois parvenir à la tra¬
duire. Il serait intéressant de procéder à une étude de la voix des deux espèces à leur zone de contact
car les chants peuvent être très semblables mais les cris présenter des différences marquées. Nous
avons cru aussi constater que bruniceps chantait beaucoup plus en vol qu’au posé alors que melano¬
cephala nous a donné l’impression inverse. Nous avons en effet très souvent observé le Bruant à
tête rousse aller d’un perchoir à un autre d’un vol rappelant beaucoup celui d 'Emberiza calandra;
de plus, l’oiseau effectue parfois une montée rapide suivie d’une chute en feuille morte évoquant
le vol nuptial d 'Anthus trivialis. Les quelques Bruants mélanocéphales que nous avons vus chanter
en vol se déplaçaient en relevant la tête et la queue et en laissant tomber les ailes dans une attitude
qui faisait davantage penser au Cini qu’au Proyer.
Le biotope de bruniceps demeure de même type que celui de melanocephala: l’oiseau est
très abondant dans les cultures céréalières surtout lorsqu’elles sont entourées de haies ou de planta¬
tions arborescentes (ainsi à Torbat-heydariyeh, dans les cultures irriguées parsemées de mûriers,
d’amandiers et autres arbres fruitiers, nous avons noté de fortes densités : en moyenne un chanteur
tous les 60 m); on le rencontre aussi dans les espaces découverts au bord des rivières, dans les friches
traversées de haies arbustives, dans les pentes rocailleuses encombrées de végétation buissonnante,
dans les lisières de forêt...
En Iran le Bruant à tête rousse niche en province de Gorgan et dans tout le Khorasan. De
fait, il était assez bien répandu dans les régions de Birjand et de Ghacn, abondant à partir de Torbat-
heydariyeh pratiquement jusqu’à Gorgan; seuls quelques couples furent notés avec des melano¬
cephala près de Behshahr (certains <5$ nous semblèrent ne pas avoir la gorge entièrement rousse,
malheureusement nous ne parvînmes pas à nous en procurer pour voir s’il s’agissait d’hybrides).
Le 10 mai, nous remarquâmes un mâle à Zahedan en compagnie de Bruants mélanocéphales
en migration; peut-être y avait-il aussi quelques femelles mais nous ne pouvons l'affirmer étant
donné l’impossibilité de séparer in natura les femelles de l’un ou l’autre de ces Bruants.
A Torbat-heydariyeh ainsi qu’en région de Shoorak, certaines femelles paraissaient cons¬
truire dans les champs de céréales; ne voulant pas piétiner les cultures, nous nous abstînmes de trop
chercher les nids. Le 28 mai, entre Ghosh-ghalleh et Bodjnoord, nous eûmes la chance d’observer
une femelle transportant des matériaux dans une petite parcelle de blé et do localiser l’emplacement
du nid; celui-ci ne consistait encore qu’en un entrelacis de brindilles et d’herbes sèches disposées
au sol entre les tiges de blé au milieu du champ.
bruniceps melanocephala
— 11
2 3
6 5
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION
l’étude des oiseaux d’iran
127
Emberiza schoeniclus (L.)
Deux races nicheraient en Iran : caspia (Ménétries) dans le nord-ouest du pays le long du
littoral de la Caspienne et dans le Zagros jusqu’au Fars, et korejewi (Zarudny) au Séistan et au
Balouchistan. En fait comme pour toutes les espèces liées aux zones humides, la répartition du
Bruant des roseaux demeure très insuffisamment connue. Il est certain qu’il se reproduise sur le
littoral de la Caspienne (cf. Schuz 1959) et vraisemblablement au Séistan où nous ne le trouvâmes
toutefois pas (peut-être en raison des conditions particulières qui régnaient à cette époque). Ailleurs
les données précises font hélas défaut. Witherby (1903) a collecté un couple le 7 avril à Dasht-i-arjan
(Fars) dans une roselière, Vaurie (1956 a) parle de captures par Koelz de nicheurs dans le Fars
et dans le Zagros occidental, et Zarudny (1911) signale la reproduction en petit nombre dans le
sud du Balouchistan. Il conviendrait donc de prêter une attention particulière à ce Bruant dans
tous les biotopes favorables à sa nidification.
Nous n’en avons observé qu’une dizaine le 9 avril dans les peuplements de tamaris le long
de la rivière salée près de Robat-karim. Selon toute évidence il ne s’agissait que de migrateurs.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ESPÈCES NICHEUSES NON RENCONTRÉES
Afin de mieux replacer nos observations dans le contexte iranien, nous présentons ici la
liste annotée des espèces dont la reproduction a été signalée ou suspectée dans les limites de l’Iran
mais que nous n’avons pas vues durant notre voyage. Ce sont surtout des espèces localisées dans
certains types d’habitats que nous n’avons pas systématiquement visités, ou dans des régions que
nous n’avons pas traversées, ou dont la densité demeure faible, ou dont la présence même requiert
une confirmation.
Podiceps ruficollis (Pai.las)
Nicherait dans tous les milieux favorables de l’Iran sous la race capensis (Salvadori) rem¬
placée dans le sud-ouest du pays par iraquensis Ticehurst. Sa distribution demeure mal définie.
Podiceps n. nigricollis C. L. Brehm
Nicherait au Séistan où il serait rare, selon Zarudny.
Podiceps c. crislatus (L.)
Nicherait sur le littoral de la Caspienne (régulièrement ? des preuves seraient désirables)
et au Séistan. Paludan (1938) l’inscrit comme nicheur dans le Zagros sur la foi de l’assertion de
Capito selon laquelle l’espèce serait sédentaire à Bahm-i-Shur. Des données récentes seraient bien
utiles.
Puffmus assimilis persicus (Hume)
Nicherait sur les îlots au large des côtes du golfe Persique et peut-être du Mekran mais
aucune preuve n’a été obtenue.
Phaëthon aethereus indicus (Hume)
Niche dans le détroit d’Hormoz sur les îles Quoin et Nabi-u-Tanb.
Pelecanus crispus Bruch
Nicherait au Séistan et, en petit nombre sur la Caspienne d’après Zarudny. Ce ne semble
plus être le cas de nos jours, du moins en ce qui concerne la Caspienne. D’après Hollom (viva voce)
la reproduction de ce Pélican serait à rechercher en région de Shiraz.
Phalacrocorax pygmeus (Pallas)
Niche sur le littoral de la Caspienne (région de Pahlevi) et, selon Zarudny au Séistan.
Hotaurus s. slellaris (L.)
Zarudny le donne nicheur dans les provinces du sud de la Caspienne et au Séistan. Ce serait
à prouver.
Source : MNHN, Paris
130
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Ardeola grayii (Sykes)
Nicherait en région de Bushire et probablement dans le sud du Balouchistan. Des rensei¬
gnements plus actuels seraient bienvenus.
Bubulcus i. ibis (L.)
Niche sur le littoral de la Caspienne; ailleurs le statut reste à définir.
Platalea leucorodia L.
Les preuves de la reproduction font défaut; elle aurait lieu (ou aurait eu lieu) sur le littoral
de la Caspienne (en petit nombre), au Séistan et peut-être dans le Nord-Ouest selon Zarudny.
Plegadis falcinellus (L.)
Zarudny le donne nicheur sur le littoral de la Caspienne et au Séistan. Qu’en est-il actuel¬
lement ?
Ciconia nigra (L.)
La reproduction est très vraisemblable dans le nord de l’Iran (cf. Schuz 1959); l’espèce
était certainement plus abondante du temps de Zarudny puisque celui-ci l’inscrit au rang des
nicheurs dans le Nord-Ouest, les provinces du sud de la Caspienne et le Khorasan (surtout dans le
nord).
Ariser anser rubirostris (Swinhoe)
L’Oie cendrée niche-t-elle encore en Iran où Zarudny la citait du sud de la Caspienne, du
Zagros et surtout du Séistan ?
Cygnus olor (Gmelin)
Zarudny le donnait en son temps nicheur au Séistan.
A nas p. platyrhynchos L.
A nas s. strepera L.
A nas a. acuta L.
N cita rufina (Pâli, as)
Aythya ferina (L.)
Oxyura leucocephala (Scopoli)
Tous ces Canards ont été signalés nicheurs en Iran par Zarudny pour la plupart sur le littoral
de la Caspienne et au Séistan mais nous ignorons quel est leur statut actuel.
Milvus m. milvus (L.)
Nicherait dans les provinces du sud de lu Caspienne selon Zarudny. Buxton trouva un
jour une aire dont il ne put déterminer avec, certitude l’occupant qu’il pensa être un Milan royal.
Paludan (1940) vit quelques sujets à la mi-juillet en province de Gorgan. Des données précises
sur sa reproduction seraient bien souhaitables.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX D’iRAN
131
Accipiter g. genlilis (L.)
Se reproduirait peut-être dans l’Elbourz (cf. Vau rie 1965). Des preuves seraient désirables.
Butastur teesa (Franklin)
Zarudny (1911) l’inscrit nicheur dans le sud du Balouchistan. Blanford (1876) cite deux
captures (près de Gwadar et au nord-ouest de Bampur) et le dit « not rare in Baluchistan, but
keeping as a rule, to the more wooded tracts ». Ticehurst (1926-1927) le donne sur la côte du
Mekran à Chah-bahar et Jask (où un nid avec 3 œufs fut trouvé le 15 avril par Cumming); il indique
même que cette espèce apparaîtrait aussi à l’ouest que Bandar-abass. Il existe dans la collection
de la Bombay Natural History Society deux spécimens du Balouchistan perse : un de Ghasre-ghand du
29 décembre 1916 et un de Khajdar, près Sarbaz du 25 septembre 1917 (Abdulali J. Bombay Nat.
Hist. Soc. 1969, 65 : 706 et in litt.).
Circaëtus g. gallicus (Gmelin)
Selon Zarudny (1911), le Circaète nicherait en petit nombre dans le Zagros, le Khorasan
et le Kuhistan-Kirman. Du Zagros nous n’avons connaissance que de l’indication de Capito (1931)
d’un sujet apporté par des indigènes en août 1924 qui aurait été pris très jeune près de Misum.
Il conviendrait d’obtenir des preuves actuelles de la reproduction.
Circus macro unis (S. G. Gmelin)
Circus pygargus (L.)
Zarudny (1911) donne ces deux Busards nicheurs dans le nord de l’Iran (du Nord-Ouest
au Khorasan) mais le fait n’a pas été vérifié et l’on peut se demander si les oiseaux rencontrés par
l’ornithologue russe n’étaient pas simplement des migrateurs.
Falco c. chicquera Daudin
Nicherait (rare) dans le sud du Balouchistan d’après Zarudny.
Tetraogallus caspius (S. G. Gmelin)
Cette espèce de haute montagne habite sous la race nominale le nord-ouest de l’Iran et la
chaîne de l’Elbourz (peut-être aussi le prolongement iranien du Kopet Dagh) et sous la race semenow-
tianschanskii Zarudny, le Zagros occidental jusqu’au Fars (région de Shiraz).
Ber dix perdix canescens Buturlin
La répartition de la Perdrix grise demeure mal connue en Iran. L’espèce habite l’Azerbaïdjan
selon Blanford (1876), Zarudny (1911) et Buxton (1921). Elle occuperait aussi les provinces
du sud de la Caspienne d’après Zarudny (Trott (1947 b) la donne commune en hiver en région
de Téhéran) et l’ouest de l’Iran jusqu’au Luristan d’après Vaurie (1965).
Ballus aqualicus korejewi Zarudny
Nicherait dans le sud de l’Iran du Luristan au Kirman, au Séistan et dans le sud-est du
Khorasan.
Borzana p. pusilla (Pallas)
D’après Zarudny cette Marouette se reproduirait principalement au Séistan mais aussi
dans la vallée de l’Hari-Rud et le sud du Balouchistan. Des preuves seraient souhaitables.
Source : MNHN, Paris
132
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Porphyrio porphyrio seistanicus (Zarudny)
Niche sur la côte sud de la Caspienne et au Séistan, peut-être aussi au Khuzestan.
Turnix sylvatica dussunier (Temminck)
Selon Zarudny serait nicheur (rare) dans le sud du Balouchistan.
Dromas ardeola Paykull
Niche sur les îles du golfe Persique et peut-être sur le littoral du Mekran.
Plerocles exustus hindustan (Meinertzhagen)
Se reproduirait dans le sud du Balouchistan d’après Zarudny.
Columba eversmanni Bonaparte
Habiterait le nord et l’est du Khorasan selon Zarudny. Mentionnons aussi une capture
le 28 avril 1905 au Séistan (Baker 1919).
Cuculus saturalus horsfieldi (Moore)
Zarudny (1911) l’inscrit comme nicheur (en petit nombre) dans le nord et l’est du Khorasan
et au Séistan mais Vauiue (1965) pense à une confusion avec C. canorus.
Clamator glandarius (L.)
Niche dans le Zagros : données dans le Fars (Blanford 1876, Witherby 1903).
Clamator jacobinus serralus (Sparrman)
Donné nicheur en petit nombre dans le sud du Balouchistan par Zarudny.
Kelupa zeylonensis semenovi (Zarudny)
Habite le Zagros occidental : par exemple les contreforts montagneux de la région de Dizful
(Paludan 1938) et du Fars (Capito 1931).
Asio o. otus (L.)
Nicherait dans les provinces du sud de la Caspienne selon Zarudny. Les quelques captures
connues furent effectuées à des époques pouvant concerner des migrateurs.
Tyto alba erlangeri Sclater
Selon Vaurie (1965) l’Effraie nicherait de l’Iraq jusqu’au Fars et dans le Zagros à l’ouest
jusqu’au Luristan. Un sujet fut capturé à l’embouchure de l’Atrek le 4 octobre 1942; son identité
subspécifique est discutée : s’agit-il d’un migrateur mais venant d’où ? Il importerait de prêter
une attention particulière à cette espèce que Blanford, Zarudny, Witherby et Paludan ne
signalent pas. Seul Capito parle d’un sujet pris vivant au printemps 1925 à Mishun (Fars).
Caprimulgus mahrattensis Sykes
Cet Engoulevent habite le sud du Balouchistan (Blanford, Zarudny) et vraisemblablement
le Séistan où Cummino l’a trouvé très commun (côté afghan) et a rapporté des spécimens.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
133
Caprimulgus asiaticus gurgaoni Koelz
Selon Zarudny, nicherait peut-être dans la partie iranienne de la vallée de l’Hari-Rud dans
l’est du Khorasan. Rappelons que cette espèce a été obtenue dans cette région mais du côté afghan
(Vaurie 1965).
Caprimulgus aegyptius arenicolor (Severtzov)
Zarudny l’inscrit comme nicheur dans tout l’Iran. Il conviendrait toutefois de recueillir
des précisions sur la répartition réelle qui doit être certainement plus réduite quand on connaît les
exigences écologiques de cette espèce.
Apus affinis galilejensis (Antinori)
D’après Zarudny le Martinet à croupion blanc nicherait du Zagros au Balouchistan et dans
le Khorasan, principalement dans le sud de cette dernière région et dans le sud du Balouchistan.
Il conviendrait de préciser cette répartition.
Ceryle r. rudis (L.)
Habite le Khuzestan et de là le Zagros jusqu’au Fars (Blanford, Zarudny, Witherby,
1903 et 1907, Capito); St-John (in Blanford) déclare l’avoir vu en région d’Esfahan, nicheur ?
Pic us viridis L.
Niche dans le nord de l’Iran (de l’Azerbaïdjan au Gorgan en suivant le versant nord de
l’Elbourz) sous la race nominale; du Luristan au Fars sous la race innominatus (Zarudny et Loudon)
et au Balouchistan (région de Bampur) sous la race bampurensis (Zarudny).
Picus squamatus jlaviroslris (Menzbier)
Nicherait selon Zarudny dans l’est du Khorasan (vallée de l’Hari-Rud) et plus rarement
au Séistan.
Dryocopus m. martius (L.)
Confiné dans les forêts de la chaîne de l’Elbourz.
Dendrocopos médius (L.)
D’après Zarudny la race caucasicus (Bianchi) nicherait dans les provinces de la Caspienne
mais il n’y a aucune donnée récente (cf. Schuz 1959). Dans les forêts de chênes du Zagros le Pic mar
existe sous la forme sancli-johannis (Blanford).
Dendrocopos minor (L.)
Le Pic épeichette n’est pas très connu en Iran : la race hyrcanus (Zarudny et Bilkevitch)
habite les provinces du sud de la Caspienne et morgani (Zarudny et Loudon) se rencontre dans le
Zagros du Bakhtiari au Fars.
Calandrella a. acutirostris Hume
Nicherait peut-être dans l’est du Khorasan selon Zarudny qui a collecté un spécimen le
29 juin 1896 au sud-est de Birjand.
Pullula arborea pallida Zarudny.
L’Alouette lulu semble nicher en montagne dans l’Elbourz, le nord du Khorasan et le Zagros
(Luristan, Bakhtiari, Fars).
Source : MNHN, Paris
134
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAI
Anthus similis decaptus (Meinertzhagen)
Vaurie (1965) reprenant les données existantes (cf. Blanford, Zarudny, Witiierby,
Paludan, Capito) donne ce Pipit nicheur dans le Zagros et au Balouchistan. Il conviendrait en
fait de préciser sa répartition dans le Zagros où il a été cité du Luristan et du Fars (Blanford l’a
obtenu également à une soixantaine de kilomètres au nord d’Esfahan en avril). Plusieurs citations
concernent la chaîne de l’Elbourz mais nécessitent une confirmation. Paludan (1940) a obtenu
un sujet en plumage très usé le 22 juillet à Abr (région de Gorgan) où il signale « a few individuals »
mais ne parait pas absolument sûr de son identification puisqu’il écrit : « presumably only this
species can be involved. » Trott (1947) dit avoir collecté une $ sur le nid le 12 juillet dans la Lar
Valley. S’appuyant sur cette capture, Mkiklejohn (1948) déclare l’espèce commune dans la môme
région mais il décrit le chant par « diddle ee » (prononciation anglaise), onomatopée qui, jointe à
la description de la parade l’accompagnant, fait penser à campeslris. On peut donc se demander
si ces données de l’Elbourz ne concernent pas des Pipits rousselines plutôt que des Pipitsàlongbec.
Motacilla citreola cal car ata (Hodgson)
D’après Zarudny cette Bergeronnette nicherait dans le Khorasan (en vallée de l’Hari-Rud
et surtout dans le sud de cette province), au Séistan et dans le nord du Balouchistan: mais cet
auteur a-t-il fait la part des migrateurs ?
Lanius schach erythronotus (Vigors)
Nicherait d’après Zarudny dans le nord du Khorasan. Rappelons qu’elle existe en région
d’Herat, Afghanistan (Paludan 1959).
Dicrurns macrocercus albiriclus (Hodgson)
Nicherait en petit nombre dans le sud du Balouchistan d’après Zarudny. Vaurie (1965)
dit avoir examiné des spécimens nicheurs du bassin de la rivière Bampur.
Acridolheres t. tristis (L.)
Se reproduit dans le sud du Balouchistan (Blanford, Zarudny, Ticehurst).
Podoces pleskci Zarudny
L’aire de reproduction de ce Geai terrestre demeure à définir. Il existe sur les plateaux déser¬
tiques du sud du Khorasan (régions de Birjand et de Ghaen où des spécimens dont le type —
ont été collectés par Zarudny puis Watson), également au Balouchistan (collecté par Zarudny
près de Korin (85 km sud-sud-ouest de Zahedan) et de Bampur et à une vingtaine de kilomètres
au nord-ouest à Zahedan par Vielliard), dans le Sirjan, limite du Fars et du Kirman (Cornwallis,
Hollom et Vielliard) et dans le nord du Dasht-i-kavir entre Shahrud et Mushad (examiné par
Vaurie et observé par Paili.at puis par Driard et al.). Sur les biotopes et la reproduction, cf. :
les données de Zarudny in Dresser {Ibis 1908 : 487-488) (1).
(1) Le 15 mai, à une vingtaine de kilomètres de Zahedan sur la route de Mirjaveh et dans un biotope semblable
à celui illustré dans la planche V du présent fascicule, nous levâmes au bord de la piste un oiseau roux-orangé et aux
ailes noires barrées de blanc que nous pensâmes être de cette espèce. Après avoir parcouru une dizaine de mètres d’un
vol de Huppe, il se percha au sommet d'un petit buisson mais, le temps d’arrêter notre véhicule et d'opérer une manœu¬
vre pour quitter la piste en remblai à cet endroit afin de l'approcher sans l'effaroucher, il avait disparu. Il réappa¬
rut au sommet d’une touffo à une soixantaine de mètres de là mais, en raison des soubresauts du véhicule roulant
sur la steppe, nous ne pûmes l’observer aux jumelles. Dès que nous descendîmes de voiture, il sauta au sol et, malgré
tous nos efforts, nous ne pûmes le retrouver. Vingt minutes de recherches sur une surface d’environ 10 ha ne permirent
que l’observation d’un couple peu farouche d ’Alaemon alaudiprs. Bien que nous soyons convaincus d'avoir aperçu
Podoces pleskci, faute de l’avoir vu correctement, nous préférons inscrire l'espèce dans la liste de celles que nous n’avons
pas rencontrées.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A 1,’ÊTUDE DES OISEAUX D'iRAN
135
Corvus splendens zugmayeri Laubmann
Se rencontrerait sur la côte du Balouchistan perse selon S. Baker mais le fait n’a pas été
prouvé.
Corvus macrorhynchos intermedius (Adams)
Nicherait en vallée de l’Hari-Rud et, en petit nombre au Séistan selon Zarudny. A confirmer.
Prunella ocularis (Radde)
D’après le tableau de Zarudny (1911), cet Accenteur nicherait dans tout le nord de l’Iran
de l’Azerbaïdjan au nord du Khorasan et dans le Zagros jusqu’au Fars. 11 importerait de préciser
la répartition en période de reproduction de cette espèce montagnarde notamment dans le nord-
ouest et dans le Khorasan.
Prunella modularis obscura (Hablizl)
L’Accenteur mouchet est connu de l’Elbourz (cf. Schuz 1957 a); il conviendrait de préciser
ses quartiers de reproduction dans le nord-ouest et de le rechercher dans le Zagros où Zarudny
a décrit la race blanfordi (synonyme d 'obscura) sur des sujets obtenus en avril à une époque où il
pouvait bien s’agir de migrateurs (cf. Paludan 1938).
Lusciniola melanopogon mimica (Madarasz)
D’après Zarudny la Lusciniole nicherait au Séistan et, en petit nombre sur le littoral de
la Caspienne (confirmé par d’autres, cf. Schuz 1959), en vallée de l’Hari-Rud et au Balouchistan.
Blanford en collecta (dont 1 jeune) en été près de Shiraz.
Hippolais olivetorum (Strickland)
Zarudny l’inscrit au rang des nicheurs rares sur le littoral de la Caspienne, sur quelles
données ?
Sylvia n. nana (Hemprich et Ehrenberg)
Cette Fauvette hiverne dans le sud de l’Iran et se montre en grand nombre lors de ses migra¬
tions dans la moitié sud-ouest du pays. Selon Zarudny elle nicherait dans le Khorasan, le nord
du Balouchistan et dans le Zagros. Il importerait de définir soigneusement la zone de reproduction
iranienne de cette espèce en veillant à séparer les migrateurs des indigènes. Ainsi les données du Fars
ne concernent-elles peut-être que des migrateurs (citations de mars de Witherby 1903 et 1907).
Il est probable que cette Fauvette niche dans les zones désertiques du centre : par exemple à
Yazdikhwast (bordure du grand Kavir séparant le Zagros du massif de Yezd) où Blanford l’a
collectée en juillet et Read le 6 avril.
Phylloscopus neglectus Hume
Ce minuscule Pouillot niche dans le Khorasan, et dans le sud de l’Iran : dans le Zagros (du
Luristan au Fars), le Kirman et le nord du Balouchistan. Relativement peu de localités de repro¬
duction sont connues en Iran (cf. la carte de Vaurie 1954 c).
Hegulus régulas hyrcanus Zarudny
Localisé à la chaîne de l’Elbourz.
Cisticola juncidis neurotica (Meinertziiagen)
Nicherait à la frontière irano-iraquienne près de Ghasr-shirin (Vaurie 1959 b).
Source : MNHN, Paris
136
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Turdus torquatus amicorum Hartert
D’après Zarudny se reproduirait dans le nord de l’Iran de l’Azerbaïdjan au nord du Khora-
san. Des données plus récentes existent dans l’Elbourz mais par contre il conviendrait d’obtenir
des précisions en Azerbaïdjan et au Khorasan.
Turdus viscivorus L.
Niche dans l’Elbourz sous la forme nominale et, selon Zarudny, dans le nord du Khorasan
sous la race bonapartei (Cabanis).
Turdoides altiroslris (Hartert)
Localisé au Khuzestan (cf. Vaurie 1953 et Diesselhorst 1962).
Panurus biarmicus russicus (C. L. Brehm)
D’après Zarudny nicherait sur le littoral de la Caspienne, en vallée de l’Hari-Rud, au Séistan
et au Balouchistan. Les données récentes font cruellement défaut.
Tichodroma muraria (L.)
La race nominale nicherait en Azerbaïdjan (des précisions seraient nécessaires), dans
l’Elbourz (apparemment en petit nombre) et dans le nord du Zagros (jusqu’au Luristan). Dans
le Khorasan, elle serait remplacée par nepalensis (Bonaparte).
Certhia familiaris persica Zarudny et Loudon
Localisé à la chaîne de l’Elbourz.
Passer simplex zarudnyi Pleske
Nicherait peut-être dans l’est du Khorasan selon Zarudny qui a vu quelques-uns de ces
Moineaux dans le Sirkuh (région désertique du Daryacheh-Namakzan) le 28 avril 1898 mais qu’il
ne retrouva pas en 1900 ni en 1901.
Lonchura m. malabarica (L.)
Le Bec de plomb fut collecté (un spécimen) le 7 avril 1921 à l’ile de Tanb (Ticehurst 1925)
puis Koelz à Isin (quinzaine de kilomètres au nord de Bandar-abass) dans le Laristan, obtint, 2 cfi
et 2 ?Ç ad les 17 et 18 décembre 1939 (cf. Vaurie 1949 a). Dans cette même région, Vielliard en
retrouva le 22 février 1969. S’agit-il d’oiseaux introduits (l’espèce est un oiseau de cage bien connu
et les captures se situent curieusement dans la région du port île Bandar-abass), ou l’espèce existe-
elle également dans le sud du Balouchistan ! Rappelons que Sciiauensee et Ripley (1953) citent
des captures en Arabie à Muscat et Ruia. Nous retrouvons avec Lonchura le problème posé par
Psillacula lcrameri.
Acanthis flavirostris breviroslris (Moore)
La Linotte à bec jaune niche en Azerbaïdjan. Elle a été obtenue en juillet par Bi.anpord
près d’Abadeh sur les hauts plateaux entre Shiraz et Esfahan. Zarudny la donne nicheuse dans
le sud de la Caspienne, le Kuhistan-Kirman et le Zagros mais ces indications n’ont pas été confirmées.
Emberiza cineracea semenovi (Zarudny)
Localisé au Luristan, Bakhtiari et nord du Khuzestan.
Source : MNHN, Paris
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— (1954 c). — Systematic Notes on Palearctic Birds n° 12. Muscicapidae, Hirundinidae, and
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— (1955 b). —- Systematic Notes on Palearctic Birds n° 17. Laniidae. Ibid. n° 1752 : 1-19.
— (1956 a). — Systematic Notes on Palearctic Pirds n° 22. Fringillidae : Emberiza schoeniclus.
Ibid. n° 1-13.
— (1956 b). — Systematic Notes on Palearctic Birds n° 23. Fringillidae : the généra Emberiza,
Calcarius and Plectrophenax. Ibid. n° 1805 : 1-27.
— (1956 c). — Systematic Notes on Palearctic Birds n° 24. Ploceidae : the généra Passer, Pelronia
and Montifringilla. Ibid. n° 1814 : 1-27.
— (1959 a). — Systematic Notes on Palearctic Birds n° 35. Picidae : the genus Dendrocopos (part 1).
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— (1961 a). — Systematic Notes on Palearctic Birds n° 46. Accipitridae : the genus Accipiter.
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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
INDEX
Acanthis cannabina.
— flavirostris .
Accipiter badius.
— brevipes .
— gentilis .
— nisus .
Acridotheres tristis .
Acrocephalus agricola.
— arundinaceus
— dumetorum ..
— palustris -
— schœnobaenus
— scirpaceus-
— stentoreus ...
acuta, Anas.
acutirostris, Calandrella ...
Aegithalos caudatus .
Aegypius monachus.
aegyptius, Caprimulgus
aeruginosus, Circus .
aethereus, Phaëthon .
aflinis, Apus .
agricola, Acrocephalus
Alaemon alaudipes.
Alauda arvensis .
— gulgula .
alaudipes, Alaemon.
alba, Calidris.
— , Egretta.
— , Motacilla .
— , Tyto .
albicilla, llaliaëtus.
albicollis, Ficedula.
albifrons, Sterna.
alboniger, Oenanthe.
Alcedo atthis.
alchata, Pterocles.
Alectoris chukar.
alexandrinus, Gharadrius .
alpestris, Eremophila.
alpina, Calidris .
althaea, Sylvia.
altirostris, Turdoides.
aluco, Strix.
Ammomanes cincturus ...
— deserti .
Ammoperdix griseogularis
ampelinus, Hypocolius .,.
anaethetus, Sterna.
Anas acuta .
— angustirostris .
— clypeata.
— platyrhynchos.
— querquedula .
— strepera.
angustirostris, Anas.
Anser anser.
Anthus campestris.
— cervinus.
— pratensis .
— similis.
— spinoletta.
— trivialis .
29,
29,
119
136
32
131
32
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30
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74
75
75
134
75
75
apiaster, Merops.
apivorus, Pernis.
Apus admis.
— apus .
— melba.
— pallidus .
aquaticus, Rallus .
Aquila chrysaëtos.
— clanga.
— heliaca.
— pomarina .
— rapax .
arborea, Lullula.
Ardea cinerea.
— purpurea .
ardeola, Dromas.
Ardeola grayii.
— ralloides .
Arenaria interpres .
argentatus, Larus.
arquata, Numenius .
arundinaceus, Acrocephalus.
arvensis, Alauda.
asiatica, Nectarinia .
asiaticus Caprimulgus.
— , Charadrius.
Asio otus .
assimilis, Dendrocopos ....
— , Pudinus.
ater, Parus .
Athene brama.
— noctua .
atra, Fulica.
atricapilla, Sylvia.
a'.this, Alcedo .
avosetta, Recurvirostra ...
Aythya ferina.
— nyroca.
badius, Accipiter .
bakkamœna, Otus.
barbatus, Gypaëtus.
bengalensis, Pseudogyps ...
— , Sterna .
benghalensis, Coracias.
bergii, Sterna .
biarmicus, Falco.
— , Panurus .
bimaculata, Melanocorypha
borin, Sylvia ...
Botaurus stellaris ..
brachydactyla, Petronia •
brama, Athene.
brevipes, Accipiter.
brucei, Otus ..
bruniceps, Emberiza .
Bubo bubo .
Bubulcus ibis .
buchanani, Emberiza.
Burhinus œdicnemus
Butastur teesa .
Buteo buteo .
— ru flnus .
61
31
133
59
59
59
131
34
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34
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33
32
Source : MNHN, Paris
142
CHRISTIAN
.RD KT ROBKRT-DANIEL ETCHECOHAH
caeruleus, Parus .
calandra, Emberiza.
— , Melanocorypha .
Calandrella acutirostris ...
— cinerea.
— raytal .
— rufescens .
Calidris alba .
— alpina.
— (erruginea .
— minuta.
— temminckii .
caligata, Hippolais.
campestris, Anthus .
cannabina, Acanthis ....
canorus, Cuculus .
canus, La rus .
caprata, Saxicola.
Caprimulgus aegyptius...
— asiaticus....
— europaeus ..
— mahrattensis
carbo, Phalacrocorax ....
Carduelis carduclis.
— chloris.
— spinus.
carnipes, Mycerobas.
Carpodacus erythrinus ..
caspius, Tetraogallus ....
caudatus, Aegithalos ....
— , Turdoides ....
Cercotrichas galactotes...
Certhia familiaris .
cervinus, Anthus .
Ceryle rudis.
cetti, Cettia.
Cettia cetti .
Charadrius alexandrinus .
— asiaticus.
— dubius .
— hiaticula ....
— leschenaultii..
— rnongolus ....
cherrug, Falco.
chicquera, Falco.
Chlamydotis undulata . .
Chlidonias hybrida.
chloris, Carduelis .
chloropus, Gallinula.
chrysaëtos, Aquila .
chukar, Alectoris .
cia, Emberiza.
Ciconia ciconia.
— nigra.
Cinclus cinclus .
cincturus, Ammomanes .
cineracea, Emberiza.
cinerea, Ardea.
— , Calandrella.
— , Motacilla.
cinereus, Xenus .
Circaôtus gallicus .
Circus aeruginosus.
— macrourus .
— pygargus
Cisticola juncidis .
citreola, Motacilla .
citrinella, Emberiza.
Clamator plandarius ....
— jacobinuB .
clanga, Aauila.
clypeata, Anas.
108
122
71
133
70
71
70
42
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39
39
40
40
35
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118
39
34
37
123
Coccothraustes coccothraustes
coelebs, Fringilla .
colchicus, Phasianus .
collaris, Prunella .
collurio, Lanius.
collybita, Phylloscopus.
Columba eversmanni.
— livia .
— oenas.
— palumbus .
communis, Sylvia.
Coracias benghalensis .
— garrulus.
corax, Corvus .
coronatus, Pterocles.
corone, Corvus .
Corvus corax .
— corone.
— frugilegus .
— macrorhynchos .
— monedula .
— ruficollis .
— splendens.
Coturnix coturnix .
Crex crex.
crispus, Pelecanus .
cristata, Galerida .
cristatus, Podiceps.
Cuculus canorus .
— saturatus .
curruca, Sylvia.
cursor, Cursorius .
Cursorius cursor.
Cygnus olor.
122
117
38
85
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54
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45
45
130
daurica, Hirundo. 66
decaocto, Streptopelia. 54
Delichon urbica . 66
Dendrocopos assimilis . 64
— leucopterus . 63
— major. 63
— médius. 133
— minor. 133
— syriacus . 63
deserti, Ammomanes. 67
— , Oenanthe. 99
Dicrurus macrocercus . 134
domesticus, Passer. 112
Dromas ardeola . 132
Dryocopus martius . 133
dubius, Charadrius. 39
dumetorum, Acrocephalus . 85
Egretta alba.
— garzetta .
gularis .
Emberiza bruniceps.
— buchanani.
— calandra.
— cia.
— cineracea.
— citrinella ....
— hortulana ....
— melanocephala
— schœniclus ...
— strioiata.
epops, Upupa.
Eremophila alpestris., ..
Eremopterix nigriceps
28
28
28
125
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
143
Erithacus rubecula.
erythrinus, Carpodacus .
erythropus, Tringa ....
europaea, Sitta.
europaeus, Caprimulgus
eversmanni, Columba .
excubitor, Lanius.
exustus, Pterocles -
falcinellus, Plegadis.
Falco biarmicus .
— cherrug.
— chicquera .
— naumanni .
— pelegrinoides .
— peregrinus.
— subbuteo.
— tinnunculus .
familiaris, Certhia .
fasciatus, Hieraaëtus.
ferina, Aythya .
ferruginea, Calidris.
— , Tadorna.
Ficedula albicollis .
— hypoleuca .
— parva.
ünschii, Oenanthe.
Oava, Motacilla.
flavirostris, Acanthis.
Francolinus francolinus ...
— pondicerianus
Fringilla cœlebs .
— montifringilla ..
frugilegus, Corvus .
Fulica atra .
fulicarius, Phalaropus....
fulvus, Gyps .
fuscus, Larus.
130
35
35
131
30
35
35
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75
136
Haematopus ostralegus ..
H alcyon smyrnensis.
Haliaëtus albicilla .
— leucoryphus ...
haliaëtus, Pandion.
heliaca, Aquila.
hemprichii, Larus.
hiaticula, Charadrius
Hieraaëtus fasciatus ....
— pennatus.
himalayensis, Gyps .
Himantopus himantopus
Hippolais caligata .
— icterina.
— languida.
— olivetorum ....
— pallida .
Hirundo daurica.
— obsoleta .
— rupestris.
— rustica .
hirundo, Sterna .
hispanica, Oenanthe....
hispaniolensis, Passer ..
hortensis, Sylvia.
hortulana, Emberiza....
hybrida, Chlidonias.
Hydroprogne tschegrava
Hypocolius ampelinus ..
hypoleuca, Ficedula
hypoleucos, Tringa.
38
117 ibis, Bubulcus.
118 icterina, Hippolais .
82 indicus, Vanellus ..
39 inquiéta, Scotocerca
45 interpres, Arenaria .
34 Irania gutturalis ...
48 isabellina, Oenanthe
Ixobrychus minutus
39
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27
galactotes, Cercotrichas.
Galerida cristata.
gallicus, Gircaôtus .
Gallinago gallinago .
— media .
Gallinula chloropus .
garrulus, Coracias.
Garrulus glandarius.
garzetta, Egretta.
Gelochelidon nilotica.
genei, Larus .
gentilis, Accipiter.
githaginea, Rhodopechys .
glandarius, Clamator.
— , Garrulus .
Glareola nordmanni.
— pratincola .
glareola, Tringa .
gracilis, Prinia .
graculus, Pyrrhocorax.
grayii, Ardeola.
griseogularis, Ammoperdix
gularis, Egretta .
gulgula, Alauda .
gutturalis, Irania .
Gypaôtus barbatus.
Gyps fulvus.
— himalayensis.
103
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35
jacobinus, Clamator
juncidis, Cisticola ..
Jynx torquilla.
Ketupa zeylonensis
krameri, Psittacula
languida, Hippolais.
Lanius collurio.
— excubitor .
— minor .
— nubicus.
— schach.
— senator .
— vittatus.
lapponica, Limosa .
Larus argentatus .
— canus .
— fuscus.
— hemprichii .
— ridibundus........
leschenaultii, Charadrius
leucocephala Oxyura ....
leucopterus, Dendrocops .
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Source : MNHN, Paris
144
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
leucorodia, Platalea-
leucoryphus, Haliaëtus..
leucotis, Pycnonotus....
leucurus, Vanellus .
lichtensteinii, Pterocles .
Limosa lapponica.
— limosa.
livia, Columba .
lobatus, Phalaropus
Lonchura malabarica ...
lugens, Oenanthe.
lugubris, Parus.
Lullula arborea.
Luscinia megarhynchos
— svecica.
Lusciniola melanopogon.
macrocercus, Dicrurus
macrorhynchos, Corvus ...
macrourus, Gircus .
mahrattensis, Caprimulgus
major, Dendrocopos.
— Parus .
malabarica, Lonchura ....
martius, Dryocopus.
media, Gallinago .
médius, Dendrocopos.
megarhynchos, Luscinia. .
melanocephala, Emberiza
Melanocorypha bimaculata
— calandra ..
melanopogon, Lusciniola ..
melba, Apus .
Merops apiaster .
— orientalis .
— superciliosus .
merula, Turdus.
migrans, Milvus .
Milvus migrans.
— milvus.
minor, Dendrocopos.
— Lanius.
minula, Sylvia .
minuta, Calidris.
minutus, Ixobrychus.
moabiticus, Passer.
modularis, Prunella .
monacha, Oenanthe.
monachus, Aegyptius.
monedula, Corvus .
mongolica, Rhodopechys
mongolus, Charadrius
montanus, Passer.
Monticola saxalilis.
— 8olitarius.
montifringilla, Fringilla
Montifringilla nivalis
Motacilla alba.
— cinerea .
— citreola .
— Ilava.
muraria, Tichodroma.
Muscicapa striata.
Mycerobas carnipes.
mystacea, Sylvia .
nana, Sylvia .
naumanni, Falco .
nebularia, Tringa.
Nectarinia asiatica.
neglectus, Phylloscopus ...
130
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Neophron percnopterus
Netta rufina .
neumayer, Sitta.
nigra, Ciconia.
nigriceps, Eremopterix
nigricollis, Podiceps.
nigrogularis, Phalacrocorax
nilotica, Gelochelidon ....
nisoria, Sylvia.
nisus, Accipiter.
nilidus, Phylloscopus.
nivalis, Montifringilla ....
noctua, Athene.
nordmanni, Glareola .
nubicus, Lanius .
Numenius arquata.
— phaeopus.
— tenuirostris ....
Nycticorax nycticorax ....
nyroca, Aythya .
obsoleta, Hirundo .
— , Rhodopechys-
ochropus, Tringa .
ochruros, Phœnicurus ....
ocularis, Prunella.
Oedicnemus, Burhinus ...
Oenanthe alboniger .
— deserti.
— flnschii .
— hispanica .
— isabellina .
— lugens .
— monacha .
— oenanthe .
— picata.
— pleschanka.
— xanthopymna ..
oenas Columba.
olivetorum, Hippolais.
olor, Cygnus .
onocrotalus, Pelecanus ...
orientalis, Merops.
— , Pterocles.
Oriolus oriolus.
ostralegus, Haematopus...
Otis tetrax.
otus, Asio .
Otus bakkamoena.
— brucei .
— scops.
Oxyura leucocephala.
pallida, Hippolais.
pallidus, Apus.
palumbuB, Columba
palustris, Acrocephalus .
Pandion haliaëtus.
Panurus biarmicus.
f arasiticus, Stercorarius.
arus ater .
— caeruleus.
— lugubris .
— major .
narva, Ficedula.
Passer domesticus .
— hispaniolensis ..
— moabiticus ......
montanus .
— pyrrhonotus ....
— simplex .
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112
114
115
114
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES OISEAUX ü’iRAN
145
Pelecanus crispus. 129
— onocrotalus. 27
pelegrinoides, Falco. 35
pendulinus, Remiz. 111
pennatus, Hieraaëtus. 33
percnopterus, Neophron . 34
Perdix perdix. 131
peregrinus, Falco. 35
Pernis apivorus. 31
Petronia brachydactyla. 115
— petronia. 116
— xanthocollis. 116
phaeopus, Numenius. 44
Phaëtnon aethereus. 129
Phalacrocorax carbo . 27
— nigrogularis. 27
— pygmaeiis . 129
Phalaropus fulicarius. 45
— lobatus . 45
Phasianus colchicus. 38
Philomachus pugnax. 42
philomelos, Turdus . 106
Phoenicopterus ruber. 29
Phoenicurus ochruros. 104
— phoenicurus. 104
Phylloscopus collybita. 91
— neglectus. 135
— nitidus. 92
— trochilus. 91
Pica pica. 81
pica ta, Oenanthe. 98
Picus squamatus . 133
— viridis . 133
Platalea leucorodia . 130
platyrhynchos, Anas. 29, 130
Plegadis falcinellus . 130
pleschanka, Oenanthe . 97
pleskei, Podoces . 134
Pluvialis squatarola. 40
Podiceps cristatus . 129
— nigricollis . 129
— ruflcollis . 129
Podoces pleskei. 134
pomarina, Aquila. 33
pomarinus, Stercorarius . 46
pondicerianus, Francolinus. 38
Porphyrio porphyrio. 132
Porzana porzana . 39
— pusilla. 131
pratensis, Anthus. 74
pratincola, Glareola. 46
Prinia gracilis . 92
Prunella collaris . 85
— modularis. 135
— ocularis . 135
Pseudogyps bengalensis . 35
Pterocles alchala . 53
— coronatus. 53
— exustus . 132
— lichtenstcinii . 52
— orientais. 53
— senegallus. 53
Pufllnus assimilis. 129
pugnax, Philomachus . 42
purpurea, Ardea. 28
pusilla, Porzana. 131
pusillus, SerinuB . 118
Pycnonotus leucotis. 84
pygargus, Circus. 131
pygmaeus, Phalacrocorax. 129
Pyrrhocorax graculus . 82
— pyrrhocorax. 82
pyrrhonotus, Passer. 114
Pyrrhula pyrrhula. 122
querquedula, Anas
30
ralloides, Ardeola.
Rallus aquaticus.
rapax, Aquila.
raytal, Calandrella.
Recurvirostra avosetta..
Regulus regulus .
Remiz pendulinus .
repressa, Sterna .
Rhodopechys githaginea
— mongolica
— obsoleta ..
— sanguinea
ridibundus, Larus.
Riparia riparia.
roseus, Sturnus.
rubecula, Brithacus
ruber, Phoenicopterus ..
rubetra, Saxicola .
rudis, Ceryle.
rufescens, Calandrella .
ruflcollis, Corvus .
— , Podiceps ....
ruflna, Netta.
rufinus, Buteo.
rupestris, Hirundo ....
rustica, Hirundo.
28
131
95
133
70
83
129
130
32
65
66
sandvicensis, Sterna.
sanguinea, Rhodopechys ....
saturatus, Cuculus .
saundersi, Sterna.
saxatilis, Monticola .
Saxicola caprata.
— rubetra.
— torquata.
schach, Lanius .
schoeniclus, Emberiza.
schoenobaenus, Acrocephalus
scirpaceus, Acrocephalus ....
scops, Otus .
Scotocerca inquiéta.
senator, Lanius..
senegalensis, Streptopelia ...
senegallus, Pterocles .
Serinus pusillus.
similis, Anthus.
simplex, Passer.
Sitta europaea.
— neumayer.
— tephronota.
skua, Stercorarius .
smyrnensis, Halcyon .
solitarius, Monticola .
spinoletta, Anthus .
spinus, Carduelis .
splendens, Corvus.
squamatus, Picus.
squatarola, Pluvialis .
stagnatilis, Tringa .
stellaris, Botaurus .
stentoreus, Acrocephalus ..
50
120
132
52
104
96
95
95
134
127
85
86
57
Source : MNHN, Paris
146
CHRISTIAN ÉRARD ET ROBERT-DANIEL ETCHECOPAR
Stercorarius parasiticus .
— pomarinus .
— skua .
Sterna albifrons .
— anaethetus .
— bengalensis.
— bergii.
— hirundo .
— repressa.
— sandvicensis.
— saundersi.
strepera, Anas .
Streptopelia decaocto ..
— senegalensis
— turtur -
striolata, Emberiza.
striata, Muscicapa .
Strix aluco.
Sturnus roseus .
— vulgaris.
subbuteo, Falco.
superciliosus, Merops ...
svecica, Luscinia .
sylvatica, Turnix.
Sylvia althaea.
— atricapilla .
— borin .
— communia .
— curruca .
— hortensia .
— minula.
— mystacea.
— nana .
— nisoria .
syriacus, Dendrocopos ..
Tadorna ferruginea ..
— tadorna .
teesa, Butastur.
temminckii, Galidris .
tenuirostris, Numenius
tephronota, Sitta.
Tetraogallus caspius .
tetrax, Otis .
Tichodroma muraria..
tinnunculus, Falco
torquata, Saxicola. 95
torquatus, Turdus . 136
torquilla, Jynx . 63
totanus, Tringa. 42
Tringa erythropus . 42
— glareola. 43
— hypoleucos. 43
— nebularia. 43
— ochropus. 43
— stagnatilis. 43
— totanus. 42
tristis, Acridotheres. 134
trivialis, Anthus. 73
trochilus, Phylloscopus . 91
Troglodytes troglodytes . 85
tschegrava, Hydroprogne . 49
Turdoides altirostns . 136
— caudatus. 106
Turdus merula . 106
— philomelos . 106
— torquatus. 136
— viscivorus. 136
Turnix sylvatica. 132
turtur, Streptopelia . 54
Tyto alba. 132
undulata, Ghlamydotis . 39
Upupa epops. 62
urbica, Delichon. 66
Vannellua indicus. 41
— leucurus. 41
— vanellus . 41
viridia, Picua. 133
viscivorus, Turdus . 136
vittatus, Lanius. 78
vulgaris, Sturnus . 80
xanthocollis, Petronia . 116
xanthoprymna, Oenanthe. 100
Xenus cinereus . 43
zeylonensis, Ketupa. 132
46
46
46
52
51
50
49
51
51
50
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54
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80
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89
90
90
89
90
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89
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29
29
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42
44
109
131
38
136
36
Source : MNHN, Paris
PLANCHES
Source : MNHN, Paris
A. Pycnonotus leucotis. Bain le 7 mai 1967. (Photo R. F). Ktchecopar)
13. Oenanlhe xanthoprymna sur ses lieux de reproduction entre Birjand et Azemat-abad le 24 mai 1967. (Photo R.I).
Ktchecopar. )
C. Couple de Rhodopechys obsoleta (remarquer les lores noirs du (J). Bain le 7 mai 1967. (Photo R.D. Ktchecopar.)
I). Maharloo, 21 avril 1967. D’avant en arrière : terrain de reproduction d 'Oenanlhe isabellina, les amanderaies avec
Pycnonotus leucotis, Hippolais languida, Rhodopechys obsoleta, Emberiza rnelanocephala..., les escarpements
avec Rhodopechys gilhaginea, Petronia bruchydactyla... et les abrupts avec A pas melba, Pyrrhocorax pi/rrho-
corax, Corvus corax... (Photo R.D. Ktchecopar.)
E. Chahar-berkeh, 22 avril 1967. Sous le dôme du puits nielle Hirundo obsoleta. (Photo R.D. Ktchecopar.)
F. Route de Chahar-berkeh à Berkeh-sang, 23 avril 1967. Paysage typique des derniers contreforts méridionaux
du Zagros. Biotopes où se rencontrent : Ammomancs deserti, Calcrida crislata, Oenanlhe alboniger et. lugens,
Scolocerca inquiéta, Sitta neumayer et tephronola, Petronia bruchydactyla... (Photo R.D. Ktchecopar.)
G. Minab, 3 mai 1967. Biotope où furent collectés les hybrides Dendrocopos syriacus X D. assimilis. (Photo R.D.
Ktchecopar.)
II. et I. Podoces pleskei. Biotope, et un adulte dont la tache gulaire noire n’est malheureusement pas visible (photo
du bas). Désert entre Skahrud et Mayamey (Damghan), juillet 1970. (Photos Driard.)
J. et K. Podoces pleskei. Jeunes. Désert entre Shahrud et Mayamey (Damghan), juillet 1970. (Photos Driard.)
Source : MNHN, Paris
TOME LX VI.
: NIQUE
PLANCHE I
VEI.LK SERIE.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. - NOUVELLE SÉRIE. - SÉRIE A. - TOME LXVI. - FASCICULE UNIQUE. - PLANCHE II
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
: i.xvi.
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES Ull MUSÉUM. - NOUVELLE SÉRIE. - SÉRIE A. - TOME LXVI. - FASCICULE UNIQUE. - PLANCHE IV
F
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
l.'ll’lil MKK1E NATIONALE
- H 501 015 (i —
Source : MNHN, Paris
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