MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME LXXII
Paulette MARQUER
NOUVELLE CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DU SQUELETTE
DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
COMPARÉ A CELUI DES PYGMÉES ORIENTAUX
PARIS
ÉDITIONS DU MUSEUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V 6 )
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Tome LXXII
NOUVELLE CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DU SQUELETTE
DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
COMPARÉ A CELUI DES PYGMÉES ORIENTAUX
par
Paulette MARQUER
SOMMAIRE
INTRODUCTION. 3
INVENTAIRE DU MATÉRIEL. 7
I. — Pygmées occidentaux. 7
II. — Pygmées centraux. 10
III. — Pygmées orientaux. 10
PREMIERE PARTIE. — ÉTUDE DU CRÂNE. 15
I. — Diagnostic morphologique du crâne chez les Pygmées africains. 16
A. — Détermination du sexe et de l’âge. 16
R. — Caractères généraux. 19
C. — Norma verticalis. 25
D. — Norma lateralis. 27
E. — Norma facialis. 36
F. — Norma occipitalis. 43
G. — Norma basilaris. 43
H. — Maxillaire inférieur. 47
I. — Dents. 51
J. — Crânes juvéniles. 54
K. — Crâne scaphocéphale. 58
L. — Résumé de la diagnose comparée du crâne chez les Pygmées africains occi¬
dentaux et orientaux. 95
2
PAULETTE MARQUER
II. — Craniologie comparée des Pygmées d’Afrique et des Mélano-Africains des régions
équatoriales. 65
A. — Matériel de comparaison. 65
B. — Comparaison des caractères descriptifs. 66
C. — Comparaison des caractères métriques. 67
D. — Résumé et conclusions sur la comparaison du crâne des Pygmées et des
Mélano-Africains équatoriaux. 76
DEUXIÈME PARTIE. — ÉTUDE DU SQUELETTE POST-CRÂNIEN. 79
I. — Nomenclature des squelettes post-crâniens des Pygmées africains. 79
A. — Pygmées occidentaux. 79
B. — Pygmées orientaux. 81
II. — Diagnostic comparé du squelette post-crânien des Pygmées africains. 82
A. — Colonne vertébrale. 82
B. — Côtes et sternum. 86
C. — Ceinture scapulaire. 87
D. — Ceinture pelvienne. 95
E. — Membre supérieur. 97
F. — Membre inférieur. 102
G. — Proportions des membres et stature. 109
III* — Résumé sur le squelette post-crânien; Pygmées d’Afrique et Mélano-Africains_ ill
A. — Pygmées occidentaux et Pygmées orientaux. 112
B. — Pygmées africains et Noirs d’Afrique. 112
CONCLUSION GÉNÉRALE. U4
BIBLIOGRAPHIE. U8
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
3
INTRODUCTION
Les Pygmées africains (Négrilles de E. T. Hamy et L. Poutrin, Ba-Mbuti ou Bambuti de P. Sche-
besta) forment une population de stature réduite, qui est disséminée en groupes plus ou moins impor¬
tants dans la forêt équatoriale, de l’Océan Atlantique jusqu’à la région des Grands Lacs et entre les
5 es degrés de latitude Nord et Sud. Connus dès l’Antiquité mais relégués dans le domaine légendaire
durant le Moyen-Age, ces petits « hommes du pays des arbres », dont certains ont voulu faire soit des
dégénérés soit des témoins encore vivants de la souche primitive de l’Humanité, ont été redécouverts
au milieu du xix e siècle et depuis ils n’ont cessé de poser des problèmes aux anthropologistes comme
aux ethnologues.
Signalés çà et là par les premiers explorateurs (du Chaillu 1864, Schweinfurth 1870, Savorgnan
de Brazza 1879, Stanley 1890...), les Pygmées d’Afrique fûrent ensuite approchés, non sans difficultés,
par des administrateurs, des officiers, des missionnaires, des médecins, dont nous ne pouvons citer
tous les noms, mais parmi lesquels plusieurs figureront comme donateurs dans la liste du matériel
relevée plus loin. Ce sont ces pionniers, pour la plupart chercheurs bénévoles, qui ramenèrent les rares
ossements déposés aujourd’hui dans les collections des Musées ; ce sont eux qui nous apportèrent
aussi des renseignements préliminaires, de valeur inégale, sur la répartition, le type physique et les
coutumes de ces chasseurs nomades de la forêt équatoriale. Suscitant la curiosité et l’intérêt d'autant
plus qu ils avaient étc jusqu’alors ignorés, ceux qu’on qualifie souvent à tort de nains fûrent aussitôt
1 objet de multiples théories édifiées sur des bases plutôt fragiles et avant même toute investigation
ethnologique approfondie. Leur origine nous étant à peu près totalement inconnue faute de documents
fossiles, de telles constructions purement intellectuelles n’ont pas été sans compliquer sérieusement
la question de leur appartenance raciale. Cependant plusieurs études anthropologiques et ethno¬
graphiques (L. Poutrin 1910-11-12, Ph. Kuhn 1914, J. Czekanowski 1922, L. Pales 1938,
Andersson 1939, P. Schebesta 1938-50, H. V. Vallois 1940-47, M. Gusinde 1948-49, J. Iliernaux 1954,
1966) ont contribué depuis le début du siècle à nous les faire mieux connaître et nous possédons
maintenant une documentation suffisante pour esquisser les grands traits de leur répartition géogra¬
phique.
On s’accorde en général pour distinguer trois groupes principaux, dont les localisations appro¬
ximatives sont indiquées sur la carte de la figure 1 A
1. Les nom» africain» ayant été transcrits de manières très diverses dans les écritures européennes, chaque voya¬
geur utilisant de surcroît l’orthographe de son pays, il en eBt résulté tant pour les noms de lieux que pour ceux des tribus
une multitude d'appellations, parmi lesquelles il est malaisé de se retrouver. Le fait se complique encore lorsqu'il s'agit
des Pygmées, eux-mêmes s'attribuant une dénomination propre tandis que les Noirs voisins les désignent sous un autre
terme. Pour minimiser les risques de confusion, nous avons adopté le compromis suivant : en ce qui concerne les noms
de lieux, nous utilisons l'orthographe française qui figurent sur tous nos atlas ; au contraire, pour les noms de tribus,
nous avons suivi dans la mesure du possible la transcription proposée par les spécialistes de la question pygméenne, en
essayant de donner les principaux termes synonymes que le lecteur peut être amené à rencontrer dans la littérature
anthropologique. Ce faisant, nous avons dil renoncer à suivre une des règles de l’Institut International africain qui,
depuis environ 1933-1937, préconise l’énoncé des noms ethniques par l'emploi du radical invariable et seul, sans préfixe
ni suffixe. Son application nous aurait en effet obligée à transcrire les termes de Ba-Binga, Ba-Bongo ou Ba-Mbuti, large¬
ment consacrés par l'usage dans toute l'Europe, par ceux de Binga, Bongo ou Mbuti. Or, comme nous faisons très souvent
allusion à dcB publications anciennes, l'utilisation de ces nouveaux termes, d'ailleurs encore très peu courants en France,
aurait été un véritable casse-tête pour le lecteur comme pour l'auteur.
Source : MNHN, Paris
REPX CENTRAFRICAINE
Source : MNHN, Paris
géographique des Pygmées et des Pygmoïdes africa
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTHE AFRICAIN
Le groupe occidental, situé à l’Ouest de la boucle du Congo, comprend les Bagielli (ou Boyaeli)
et les Bakâ (Bagga Ba-Mpenga ou Bi-Baya) du Cameroun, les Ba-Bongo (O’Bongo, Bekwi ou Beku)
du Gabon, enfin les Ba-Binga (Ba-Benga, Bakâ ou Bayaka) de la République Centrafricaine (ex
Oubangui-Chari) et de la partie septentrionale du Congo-Brazzaville (ex Moyen-Congo). Les Bagielli,
les Bakâ et les Ba-Bongo sont habituellement considérés comme des représentants encore très caracté¬
ristiques du Pygmée africain de l’Ouest. Le cas des Ba-Binga est plus complexe, certains auteurs comme
Schebesta pensant qu’ils sont largement métissés avec les Noirs, plus Pygmoïdes que vrais Pygmées
et devant pour cette raison être classés à part. Nous les incorporons néanmoins dans le groupe occiden¬
tal, parce qu’ils en font géographiquement partie, parce qu’ils se relient directement aux Bakâ du
Cameroun 1 et parce que certains d’entre eux doivent être ou ont été plus ou moins en relation avec
les Ba-Bongo du Gabon. A ce même groupe se rattachaient aussi les A-Koa, aujourd’hui disparus, mais
qui autrefois nomadisaient le long des rives de l’Ogooué. La difficulté des recherches démographiques
chez ces peuplades très dispersées et toujours en mouvement rend incertaine l’estimation même appro¬
ximative de leur nombre. Citons cependant quelques chiffres. D’après H. V. Vallois (1947), il y aurait
7 000 à 8 000 Pygmées au Cameroun : environ 1 000 Bagielli, de 6 000 à 7 000 Bakâ, plus de petits
îlots résiduels n’englobant guère qu’une centaine de personnes. J. Lalouel (1950) dénombre quelques
fi 000 Ba-Binga dans les campements de la Likouala, mais, en y ajoutant ceux de la Haute Sangha
et de la Lobaye, il ne fait pas de doute que les Ba-Binga doivent constituer l’effectif le plus important
des Pygmées occidentaux. Quant aux Ba-Bongo, nous ne savons pas exactement ce qu’il peut en
rester.
Le groupe central, localisé à l’intérieur de la boucle du Congo, est composé d’un fort contingent
de Ba-Tua (Batswa, Bacwa ou Ba-Toa) qui sont divisés en plusieurs agglomérats. En bordure du Congo,
dans la zone forestière comprise entre le Rouki et le lac Léopold II, on rencontre en particulier une
masse assez dense de ces Pygmées, qui sont parfois désignés sous le nom de Ba-Tua de l’Équateur.
D’après Schebesta (1952), on compterait au moins 100 000 Ba-Tua, qu’il faut qualifier de Pygmoïdes
en raison d'une altération assez marquée de leur type physique comme de leurs coutumes. Signalons
que ces Pygmées centraux sont en relation d’un côté avec les Pygmées occidentaux par l’intermédiaire
des Ba-Binga de la Sangha et de l’Oubangui, de l’autre avec les Pygmées orientaux par le truchement
des campements pygméens encore mal recensés de la Lomani et de la Loualaba.
Le groupe oriental, placé à l’Est de la boucle du Congo, se compose des Ba-Mbuti (ouBambuti)
de l’Itouri et des Ba-Twa (Ba-Tchua, Bacwa ou Ba-Toa) des lacs Kivou et Tanganyika. Les Ba-Mbuti
se divisent en Aka, Efé, Basa, Basua et c’est parmi eux, spécialement chez les Efé, que l’on trouve
les représentants les plus caractéristiques du type racial ; suivant une des dernières estimations de
Schebesta (1952), il faudrait porter leur nombre à plus de 35 000 individus, Efé et Basua englobant
des effectifs sensiblement égaux et dominants par rapport à des minorités Aka et Basa. Les Batwa,
séparés en Batwa-Chasseurs (nomades) et en Batwa-Potiers (sédentaires), sont comme les Ba-Tua du
groupe central des Pygmoïdes ; leur nombre parait difficile à fixer, mais l’ensemble des groupements
du Kivou et du Tanganyika ne devrait guère représenter beaucoup plus de 5 000 à 6 000 indi¬
vidus.
Ce classement correspond en gros à des catégories géographiques, qui doivent demeurer assez
souples, car il y a certainement des contacts, plus ou moins épisodiques et plus ou moins étroits, entre
les divers groupements de Pygmées. 11 semble bien d’ailleurs qu’il y ait aussi des variations dans le
type racial et culturel. Ces variations sont presque toujours attribuées à des mélanges entre les Pygmées
et les Noirs avec lesquels ils sont en relation, ce qui amène à distinguer, comme nous venons de le voir,
les Pygmoïdes des vrais Pygmées. On peut cependant se demander s’il n’existe pas, sous-jacentes à
une homogénéité raciale de fond, des différences susceptibles de s’expliquer par des causes autres que
le métissage et permettant de distinguer des variétés locales. C'est ce que devrait pouvoir mettre en
évidence une confrontation, plus poussée que les comparaisons faites jusqu’à présent, entre, les Pygmées
du groupe oriental et ceux du groupe occidental.
1. Pour certains auteurs, le terme de Bakâ ne serait qu'une dénomination particulière attribuée à des Ba-Binga.
Source : MNHN, Paris
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PAULETTE MARQUER
Si nous disposons maintenant d’informations relativement complètes sur l’aspect du Pygmée
vivant, notamment par les travaux déjà cités de Poutrin et de Vallois pour les Pygmées occidentaux l ,
de Schebesta et de Gusinde pour les Pygmées orientaux et centraux, il n’y a en revanche que peu
d investigations concernant leur squelette. Ceci s’explique d’ailleurs facilement vu l’extrême difficulté
de se procurer des ossements complets en bon état et dont on puisse certifier la provenance et l’iden¬
tification exactes. Les Pygmées occidentaux ne nous sont connus que par l’étude de huit crânes et
d’un bassin (R. Verneau 1896, L. Poutrin 1911, F. Twiesselmann 1942). Des Pygmées centraux nous
ne possédons pas de restes osseux et ce sont les Pygmées orientaux, déjà les mieux connus sur le vivant,
qui viennent en tête de liste pour le matériel ostéologique, avec 28 crânes et plus d’une vingtaine
de squelettes (W. H. Flower 1889, F. C. Schrubsall 1901, J. Matiegka et J. Maly 19.18, \1. J. Toerien
1954, G. Thilmans 1962). Encore faut-il souligner que, en ce qui concerne les Pygmées orientaux,
plusieurs squelettes n'ont donné lieu qu’à des publications partielles, tandis que d’autres n’ont jamais
été étudiés. J
Comme les collections du Laboratoire d’Anthropologie du Musée de l’Homme renferment un
certain nombre d’ossements qui appartiennent à des Pygmées occidentaux et qui jusqu’à présent
n ont pas fait l’objet d’un examen anthropologique, il nous a paru intéressant d’envisager ce matériel
inédit et, en reprenant les quelques crânes déjà publiés, de constituer une petite série de Pygmées occi¬
dentaux qui nous renseignera sur la morphologie de leur squelette et permettra une comparaison avec
celle du squelette des Pygmées orientaux. Nous espérons ainsi apporter une modeste contribution
à la confrontation plus étendue et plus complète entre les deux groupes de Pygmées, dont nous parlions
précédemment et qui, elle, devra se faire à la fois sur le squelette et sur le sujet vivant 2 .
1. Une investigation anthropologique a été menée par R. Hartweg (1947) chez des Ba-Binga, mais, en dehors de
" ot f tlons ( 8tature et quelques caractères descriptifs dans « La vie secrète des Pygmées » (Les Éditions du Temps
1961), il n y a pas encore de publication anthropologique détaillée sur cette série de Ba-Binga. 1 ’
2. C’est sur le conseil de Monsieur le Professeur Vallois que nous avons entrepris cette étude et nous tenons à
lui exprimer ici notre reconnaissance pour l’aide précieuse qu’il nous a accordée.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
INVENTAIRE DU MATÉRIEL
I. — PYGMÉES OCCIDENTAUX
A l’exclusion d’un crâne d’A-Koa du Gabon et des restes de deux Pygmées du Cameroun (un
squelette d’enfant et un calvarium d’adulte), le matériel concernant les Pygmées occidentaux comprend
essentiellement des Ba-Binga du bassin de la Sangha et de l’Oubangui, ainsi que des Ba-Bongo du
Gabon et du Sud du Congo-Brazzaville. La carte de la figure 2 indique la localisation de chaque pièce,
quand sa provenance est connue avec précision.
A. — Matériel inédit.
Tous les squelettes du matériel inédit font partie des collections du laboratoire d’Anthropologie
du Musée de l’Homme (Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris) 1
17612, 1909-18, mission Hottot ; un calvarium de Ba-Binga, de sexe indéterminé, prove¬
nant des environs de Zomié, sur la rive droite de la Lobaye.
17761 et 17/62, 1909-36, Mission Glénat : deux squelettes avec crânes d’une femme (17761)
et d un homme (17762) Ba-Binga de la province de Binga. Ces restes ont été recueillis entre Boucongos
(près de Nola) et Banghi, sur la rive gauche de la Sangha.
— 17980, 1910-45, don D r Régnault : un squelette avec crâne d’un homme Ba-Binga inhumé
aux environs d’Ouesso, au confluent de la Sangha et du N’Goko.
— 18446 et 18447, 1912-9, don Douet : un squelette avec crâne d’une femme Ba-Binga (18446)
et un crâne d enfant Ba-Binga (18447) de sexe et d’âge inconnus provenant de M’Bouetou, sur la rive
droite de l’Oubangui.
18448, 18449 et 18450, 1911-14, don Capitaine Modest : trois squelettes avec crânes de
Ba-Binga provenant de la rive droite de l’Oubangui. Le 18448 appartient à un homme nommé Démolo
« considéré par les siens comme un grand chef et un remarquable chasseur d’éléphants » ; il était âgé
d environ 40 ans et mesurait dans les 1,50 m. Le 18449 est une femme, signalée également comme
femme de chef, âgée approximativement de 25 ans et dont la taille avoisinait 1,37 m. Le 18450 concerne
un enfant de sexe masculin, âgé d’à peu près 5 ans et mesurant approximativement 1,15 m. Ces rensei¬
gnements sont consignés dans une lettre écrite par le Capitaine Modest au Directeur du Muséum
National d Histoire Naturelle et conservée dans les Archives du Laboratoire d’Anthropologie à l’année
1911, numéro 14. L auteur de cette lettre précise que, s’il insiste sur les mots « chef et femme de chef »,
c est parce qu il est persuadé que « dans les familles de chef, il y a sélection au point de vue taille plus
haute et pureté de race plus certaine ».
1. Les indications qui précèdent l'énumération de chaque pièce ont été relevées dans les registres d'inscription,
le fichier et les Archives du Laboratoire d’Anthropologie. Le premier chilîre est le numéro d'enregistrement, le second
indique l'année d'entrée de la pièce dans les collections et le troisième l'ordre d’entrée au cours de l'année.
Source : MNHN, Paris
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PAULETTE MARQUER
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 9
22257, 1951-16, Don D r Mainette : un squelette avec crâne d’un homme Ba-Binga d’origine
exacte non spécifiée.
— 23641, 1953-19, sans nom de donateur : un squelette avec crâne d’une femme Ba-Binga.
Ces restes ont été trouvés dans un ancien campement de Ba-Binga occupé ensuite par des Pahouins
hors d’une case et à 70 cm de profondeur.
— 20518 à 20522, 1939-2, Don Trezenem : quatre crânes et un calvarium de Ba-Bongo, dont
les sexes ne sont pas connus et qui proviennent de la région de Zanaga, dans le Congo-Brazzaville.
— 23642, 1953-20, sans nom de donateur : un squelette avec crâne de Ba-Bongo, de sexe indé¬
terminé, trouvé au Gabon, dans les environs de Franceville.
— 18492, 1912-37, Don Capitaine Royer : un squelette avec crâne d’un enfant pygmée, de
sexe et d’âge inconnus, trouvé à Bolozo, près de N’Goila-Soufflay, sur la rive droite du Dja, dans le
Sud-Est du Cameroun.
B. — Matériel déjà publié.
Ces pièces du matériel déjà publié appartiennent soit, comme les précédentes, au Laboratoire
d’Anthropologie du Musée de l’Homme, soit au Laboratoire d’Anthropologie des Hautes Études (Prof.
II. V. Vallois, Institut de Paléontologie Humaine, Paris).
- 9880, 1896-20, collection Clozel et Herr n°4 (Musée de l’Homme) : un crâne de femme Ba-Binga
provenant du village de Bayanga, sur la rive gauche de la Sangha (R. Verneau, 1896).
— 9889, 1896-21, collection Clozel et Herr n° 5 (Musée de l’Homme) : un bassin monté de femme
Ba-Binga, de même provenance que le crâne 9880 et appartenant vraisemblablement au même indi¬
vidu (R. Verneau, 1896).
— 36-7, 1955-92, Don D r Pales (Institut de Paléontologie Humaine) : un crâne de Ba-Binga
appartenant à un adolescent masculin de 16 à 18 ans et recueilli au Sud d’Ouesso (F. Twiesselmann,
1942). Dans la publication de Twiesselmann, ce crâne figure sous la dénomination A.
— 4577, 1868-5, collection Fleuriot de Langle (Musée de l’Homme) : un crâne d’A-Koa, sujet
féminin provenant des environs du Cap Lopez, au Gabon (L. Poutrin, 1910).
— 4652 et 4653, 1879-5, collection Savorgnan de Brazza et Ballay (Musée de l’Homme) : deux
crânes de Ba-Bongo, de sexe indéterminé, recueillis auprès des chûtes de Doumé, dans le Haut-Ogooué
(L. Poutrin, 1910). Indiqués sur le fichier et les registres du Laboratoire d’Anthropologie sous l’éti¬
quette ethnique de Bongo-Adouma ces deux crânes ont été publiés par Poutrin comme appartenant
à des O Bongo, nom synonyme de Ba-Bongo. D’après les précisions fournies pas cet auteur, l’origine
pygmee de ces pièces semble incontestable, malgré le doute que pourrait laisser subsister l’appellation
e ongo-Adouma et le fait qu’elles ne sont pas portées comme Pygmées dans les registres du labo¬
ratoire. .es Adouma en effet sont des Noirs, sous la dépendance desquels vivaient certains Ba-Bongo
Rt, suivant Poutrin, il faudrait lire, au lieu de Bongo-Adouma, Bongo des Adouma. Ce terme corres-
pon rait ««ne a 1 habitude, fréquente dans la nomenclature des Pygmées, de désigner ceux-ci en
joignant eur nom celui des tribus nègres qui peuvent être considérées comme leurs .« patrons ».
. "7 ' *"55-93 et 36-3, 1955-91, don D r Castex (Institut de Paléontologie Humaine) : deux
crânes de femmes Ba-Bongo recueillis près de Franceville, dans le Haut-Ogooué (F. Twiesselmann,
19. 911 " S 8 pub ,Catl0n de Twiesselmann, ces crânes sont désignés F! (36-1, 1955-93) et F 2 (36-3,
, . cette liste, ajoutons un dernier calvarium appartenant à un sujet masculin, trouvé dans
la région de Batouri, dans le Sud-Est du Cameroun. Cette pièce, décrite par Twiesselmann (1942) et
désignée par lui H, appartenait comme les deux crânes précédents aux collections de l’institut de
I alcontologic Humaine, mais elle a été vraisemblablement égarée car nous n’avons pu l’y retrouver.
La totalité du matériel dont nous disposons pour les Pygmées occidentaux du Centre Africain
se décompose donc en :
1) 26 crânes ou calvariums parmi lesquels 22 appartiennent à des sujets adultes (Ba-Binga ou
Ba-Bongo en très grande majorité), 3 à des enfants et 1 à un adolescent. C’est sur cet échantillonnage
Source : MNHN, Paris
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PAULETTE MARQUER
que reposera le diagnostic morphologique du crâne chez les Pygmées occidentaux, qui n’étaient connus
jusqu’à présent que par les huit crânes (y compris ceux de Verneau et de Poutrin) de la publication
de Twiesselrnann. Spécifions que, à l’exception d’un calvarium, celui du sujet H du travail de Twics-
selmann 1 , nous avons repris personnellement l’étude descriptive et métrique de chacun des crânes
déjà publiés.
2) 11 squelettes, dont 9 appartiennent à des sujets adultes et 2 à des enfants. Nous indiquerons
ultérieurement la nomenclature exacte des pièces des squelettes et leur état de conservation (cf. p. 79,
80, 81).
II. — PYGMÉES CENTRAUX
Comme nous l'avons déjà mentionné, il n’existe pas de documents osseux provenant de Pygmées
Ba-Tua du groupe central.
III. — PYGMÉES ORIENTAUX
Mis à part un squelette de femme recueilli dans l’Ouganda (S. Toerien, 1954) et deux crânes
du Ruanda (G. Thilmans, 1962), l’essentiel du matériel concernant les Pygmées orientaux est cons¬
titué par des Ba-Mbuti de l’Itouri : Aka, Eté et Basa. La localisation de chaque pièce est indiquée sur
la carte de la figure 3.
A. — Matériel inédit.
Les collections du Musée de l’Homme ne contiennent qu’un seul représentant de Pygmée itourien :
— 17947, 1910-27, Achat E. Johansson : un squelette avec crâne d’un Ba-Mbuti de sexe indé¬
terminé, provenant de la région du Ilaut-Itouri. Quand nous avons commencé cette investigation
en 1965, nous pensions que ce squelette n’avait jamais été étudié, mais, au début de 1966, nous avons
eu connaissance du mémoire de G. Thilmans * et nous avons constaté que le crâne 17947 y figurait,
avec une reconstitution de la stature du sujet. A part l’estimation des longueurs de quelques os néces¬
saires à la détermination de la taille, l’ensemble du squelette n’a cependant pas été examiné par Thil¬
mans.
B. — Matériel déjà publié
La pénurie de notre documentation personnelle sur les Pygmées orientaux est heureusement
compensée par les données relevées dans la littérature anthropologique. Nous les indiquons ci-dessous,
en fournissant, chaque fois que cela est possible, les numéros d'inscription des pièces dans les divers
Musées ou Instituts dans lesquels elles sont conservées. Comme, souvent, ces documents ont été publiés
par plusieurs auteurs, sous des dénominations provisoires ou personnelles, nous préciserons toujours
la correspondance entre les renseignements d’enregistrement et les notations des publications.
1. Pour ce seul calvarium, vraisemblablement perdu, nous avons utilisé la description, les mensurations et les
diagrammes de F. Twiesselrnann.
2. G. Thilmans : « Étude de quelques crânes de Pygmées Bambuti ». Mémoire déposé en vue de l'obtention du
grade de Docteur en Sciences, Université catholique de Louvain, 1962, 109 p. ronéotypées.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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PAULETTE MARQUER
— 1887-12-1-105 et 1887-12-1-106 (Muséum of Natural History, Londres) : un squelette avec
crâne d’un homme Aka (105) découvert par Emin Pacha en 1883 à Beliima et un squelette avec crâne
de femme Aka (106) trouvé la même année par G. Casati près de Tangasi, ces deux localités se situant
entre le Bomokandi et l’Ouelle (W. H. Flower 1889, G. Thilmans 1962). Thilmans, qui a repris seulement
l’étude des crânes, désigne ceux-ci sous les abréviations « Emin # pour l'homme et « Cas » pour la
femme.
— 1901-8-9-1 (Muséum of Natural History, Londres) : un squelette avec crâne d’un homme
Ba-Mbuti provenant de la région de la Seinliki, aux environs d’Ougandarand. Fait prisonnier en 1899
avec quelques autres Ba-Mbuti, dans un village Mwuba, par un aventurier allemand, ce sujet devait
être présenté à l’Exposition universelle de Paris ; mais, le gouvernement belge, avisé du rapt, s’émut
du sort de ces malheureux et porta plainte auprès des autorités anglaises. On arrêta l’aventurier lors
de sa traversée de l’Ouganda et on rapatria les Pygmées, sauf notre sujet qui mourût à Eutebbe et dont
le squelette fût envoyé à Londres (F. C. Schrubsall 1901, J. Matiegka in P. Schebesta 1938, G. Thilmans
1962). Suivant les renseignements rapportés par ces auteurs, d’après l’ouvrage de l’Anglais H. Johns¬
ton qui libéra les prisonniers et publia une photo de ce Ba-Mbuti vivant, celui-ci parlait la langue
des Mvuba, Noirs avec lesquels certains Efé vivent en relative symbiose ; on peut donc penser avec
vraisemblance qu’il était d’appartenance Efé. Désigné par Matiegka sous l’abréviation de « Schrubs ».
il figure dans le travail de Thilmans sous le sigle « Jhn ».
— 777 (Muséum fûr Volkerkunde, Bâle) : un squelette avec crâne d’un homme Ba-Mbuti exhumé
en 1904 par le docteur J. J. David, au Nord de Béni, près de la Semliki (G. Thilmans, 1962). Suivant
cet auteur, le seul qui ait étudié le crâne, la mort de ce sujet « avait été annoncée à David par Pêvii,
propre fils du défunt et guide de l’explorateur bâlois, qui pût contempler la tombe fraîchement creusée ».
A l’exception des mains examinées par F. Sarasin (1931) et de l’estimation de la stature par Thilmans,
le reste du squelette n’a pas encore été publié. Le crâne est désigné par Thilmans sous le numéro 777.
— « Jul » (Anatoinisch Laboratorium, Université d’Utrecht) : un squelette avec un crâne d’une
femme Efé provenant des environs de Chamunyonge, sur la Nduye. Exhumé en 1933 par P. Julien,
il fût donné à l’Anatomisch Muséum et on sait que le sujet, âgé d’environ 25 ans, était mort en 1928
« d’une courte maladie de nature indéterminée » (J. Matiegka in P. Schebesta 1938, A. van den Broek
1940, G. Thilmans 1962). La pièce est désignée par tous ces auteurs sous le pseudonyme « Jul » et nous
n'avons pas trouvé trace dans la littérature d’un numéro d’enregistrement à l’Anatomisch Laboratorium.
— 207 et 208 (Musée d’Afrique Centrale, Tervuren) : deux squelettes avec crânes d’un homme
(207) et d’une femme (208) Efé. Le sujet masculin provient de la région de Pawanza, le sujet féminin
des environs de Marnbasa. Ils ont été exhumés à la demande de Schebesta par l’administrateur Mahen-
haut et le docteur Abramo (J. Matiegka in P. Schebesta 1938, J. Maly et .1. Matiegka 1938, J. Matiegka
et J. Maly 1938, G. Thilmans 1962). Selon Matiegka, on connaît quelques renseignements précis sur
ces individus : « l’homme s’appelait Bene et appartenait au clan des Mura i ; à sa mort il avait envi¬
ron 40 ans et dès l’âge de 15 ans on prétendait qu’il avait déjà perdu toutes ses dents *... la femme
d’environ 50 ans, était nommée Amakeo et mère de trois enfants ».
— 212 et 213 (Musée d’Afrique Centrale, Tervuren) : deux squelettes avec crânes d’un homme
(212) et d’une femme (213) Efé provenant du village de Chamunyonge, sur la Nduye. Ils ont été exhumés
« par un chef noir et dans des conditions connues de moi » dit Schebesta, « par l’administrateur Persoons
à la demande du docteur Jadin » dit Thilmans (J. Matiegka in P. Schebesta 1938, J. Maly et J. Matiegka
1938, J. Matiegka et J. Maly 1938, G. Thilmans 1962). Ces deux squelettes ont été décrits par Matiegka
et Maly sous les étiquettes provisoires de P x et P 2 , par Thilmans (pour les crânes seulement) sous
leurs actuels numéros de 212 et 213 ; ils ne doivent pas être confondus avec deux autres squelettes,
que nous citerons plus loin et dont les crânes sont étudiés par Thilmans sous ces mêmes appellations
de Pj et P 2 .
— RG 23 (Musée d’Afrique Centrale, Tervuren, jusqu’en 1938) : un squelette avec crâne d’un
Ba-Mbuti, dont le sexe n’était vraisemblablement pas connu et qui semble originaire de la région de
1. Cas extraordinaire ajoute Matiegka : n peut -être faut-il penser qu’il lui manquait quelques dents à cet âge et
qu’il aurait perdu les autres seulement quelques années plus tard ».
Source : MNHN, Paris
r SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
13
Béni (J. Maly et J. Matiegka 1938). Suivant ces auteurs, qui attribuent le squelette à un sujet masculin,
cette pièce avait été offerte en 1911, au Musée d’Afrique Centrale par M. J. Jorensen, qui était commis¬
saire de district à Béni, dans le Haut-Itouri.
— RG 43 (Musée Centrale d’Afrique, Tervuren, jusqu’en 1938) : un squelette avec crâne, dont
le sexe, comme celui du précédent, n’était vraisemblablement pas connu et qui aurait été originaire
de la région de Lesse, sur la Semliki. C’était un don du lieutenant F. Bonnevie, qui l’avait obtenu
en 1912 d’un chef Walese des environs de Lesse (J. Maly et J. Matiegka 1938). Le squelette est décrit
par ces auteurs comme appartenant à un homme. Les pièces RG 43 et RG 23 n’ont pas été reprises
par Thilmans, qui les signale cependant sous les numéros 43 et 23 et qui précise, en se référant à une
communication personnelle du Professeur E. Vlcek, qu’elles ont été expédiées à Prague en vue d’un
examen complet, mais qu'elles ont été perdues ou détruites durant la dernière guerre.
— 4031 (Muséum für Vôlkerkunde, Berlin) : un squelette avec crâne d’un Ba-Mbuti de sexe
inconnu, provenant du Haut-Itouri. Ce squelette fût vendu au Musée de Berlin par le même officier,
E. Johansonn, qui avait cédé au Musée de l’Homme le Ba-Mbuti n° 17947 (J. Maly et J. Matiegka 1938).
Ces auteurs attribuent au squelette le sexe masculin. Le crâne n’a pas été repris par Thilmans, qui
ne public que les pièces qu’il a pu mesurer personnellement et qui spécifie, d’après une communication
du Professeur H. Grimm, que ce squelette « était indisponible au moment de son étude ».
272, 273, 274, 275, 276, 277, 279 (Muséum für Vôlkerkunde, Berlin, jusqu’en 1938) : sept
crânes, très probablement accompagnés de squelettes, provenant du Sud-Ouest du Rouwenzori (Mont
ifcga et Ongenya) et ramenés en 1891 par F. Stuhlmann. Les principales mensurations des crânes
“?* e . te . P o par J - (in P. Schebesta 1938) il’ap irès des tableaux qui avaient été commu¬
niques à Schebesta par E. Fischer. Dans ces tableaux, les sujets sont tous considérés comme des adultes
masculins. Suivant Thilmans, qui n’a pas repris l’examen craniologique, et d’après une communica¬
tion personnelle du Professeur Grimm, il y a toutes raisons de penser que ces ossements n’ont pas été
perdus durant la guerre ; mais, comme pour la pièce 4031, ils n’étaient pas disponibles au moment
de 1 investigation de Thilmans. A notre connaissance, aucune publication n’a envisagé le reste du
squelette.
u 2 ’ ^* 4 ’ (^ nst ' tut d’Anthropologie, Université de Genève) : cinq squelettes avec crânes
de quatre hommes (Pj, P 2 , P 3 , P g ) et d’une femme (P 4 ) Basa, provenant des environs de Wamba.
Récoltés par le Docteur B. Adé à l’état de cadavres en décomposition, grâce aux indications données
par leurs parents, ils ont été déposés en 1953 à l’Institut d’Anthropologie de Genève. Les crânes ont
été étudiés par Thilmans (1962), qui a pu consulter les fiches individuelles établies par Adé et qui
fournit les précisions suivantes : « P\ Ngowé, était un homme de 28 à 30 ans, mort à Bedego, en
Octobre 19,>1, de pneumonie ; P 2 , Abelua, un homme de 30 ans, mort la même année, au même endroit,
de la même maladie ; P 3 , Iksati, un homme de 30 à 35 ans, mort près d’Akombi, en Décembre 1951, d’une
courte maladie ; P 4 , Aneka, femme de 50 à 60 ans, morte, à Ekango près d’Ogandra, en Septembre 1951, de
vieillesse ; P s ,Basaga, homme de 60 à 70 ans, mort également à Ekango, en Septembre 1951, de vieil¬
lesse ». En dehors de 1 ouvrage de Thilmans, on trouve encore dans la littérature quelques données
relatives à ces crânes : considérations sur la synostose des sutures (A. Kaufmann et B. Adé, 1953)
et sur certains caractères pithécoïdes de la morphologie crânienne (M. R. Sauter et B. Adé, 1953).
Quant au reste du squelette, il n’a pas encore été étudié complètement, mais un petit nombre d’os
ont été envisagés séparément dans des publications partielles, qui seront citées dans l’inventaire du
squelette post-crânien (cf. p. 82).
— Pg et P 2 (Institut d Anthropologie, Université de Genève) : aux cinq crânes adultes indiqués
ci-dessus, il faut ajouter, pour compléter la série ramenée par le Docteur Adé, deux squelettes, celui
d’un enfant (P # ) et celui d’un adolescent masculin de 17 ans (P 7 ). Ceux-ci n’ont pas encore été étudiés,
à l’exception d’une brève notation sur la fermeture des sutures crâniennes de l’adolescent (H. Kauf¬
mann et B. Adé, 1953).
A ces Ba-Mbuti de l’Itouri qui forment la grande majorité de l’effectif ostéologique des Pygmées
orientaux, joignons trois autres restes squelettiques :
— sans trace de numérotation dans les publications (sans indication sur le lieu de dépôt) :
un squelette avec crâne d’une femme Pygmée de l’Ouganda, provenant de la région de Busoga, sur
Source : MNHN, Paris
14
PAULETTE MARQUER
les bords du lac Kioga, à l’Est du mont Elgon (S. Toerien 1954, G. Thilmans 1962). Il s’agit d’une
jeune femme qui décéda à l’hôpital psychiatrique de Kampala, après y avoir été internée durant plu¬
sieurs années.
— 24-4-9-1 et AF30-11IA (Muséum of Natural History, Londres) : deux crânes appartenant
à des Pygmées du Ruanda, de sexe vraisemblablement inconnu l . D’après Thilmans (1962), qui est le
seul à avoir examiné ces pièces, ce sont des Pygmées Mu-Twa (= Batwa vraisemblablement) du Mont
Sabinio dans le massif des Virunga, près de Kigesi, à l’extrême Nord du Ruanda.
L’ensemble de la documentation concernant les Pygmées orientaux comprend donc :
1) 30 crânes ou calvariums dont 28 de sujets adultes, 1 d’adolescent et 1 d’enfant, qui groupent
des représentants Aka, Efé et Basa des Ba-Mbuti itouriens. A l’exception du seul n° 17947 appartenant
au Musée de l’Homme et mesuré par nous, nous nous servirons des mensurations, des descriptions,
des photographies ou des diagrammes relevés dans les diverses publications pour étudier la
morphologie du crâne chez les Pygmées orientaux comparativement à celle des Pygmées occidentaux.
En raison du fait qu’un bon nombre de ces crânes ont été mesurés par plusieurs auteurs, parmi lesquels
certains ne donnent que les dimensions essentielles tandis que d’autres procèdent à un examen
métrique et descriptif plus complet, nous précisons que nous avons toujours utilisé les documentations
nous fournissant le maximum de renseignements.
2) Au moins 21 squelettes, dont 19 appartenant à des sujets adultes, 1 à un adolescent et 1 à
un enfant 2 . Malheureusement, si les crânes ont été publiés de façon assez détaillée, il n’en va pas de-
même pour les squelettes, certains n’ayant été étudiés que très succinctement, d’autres pas du tout.
Nous indiquerons ultérieurement les pièces exactes dont nous avons pu nous servir pour comparer
la morphologie du squelette dans les deux groupes pygméens (cf. p. 81-82).
1. Thilmans, qui a étudié ces deux crânes très en détail, ne précise à aucun endroit de son texte leur sexe. Comme
cet auteur ne donne le sexe que dans les cas où il est connu avec certitude et ne fait jamais le diagnostic par le crâne
lui-même, c’est donc qu'il n'a trouvé dans la documentation sur ces pièces aucun renseignement sur le sexe.
2. Peut-être 28, si les crânes du Muséum fiir Volkerkundc publiés par Schebesta étaient accompagnés du reBte du
squelette.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
15
PREMIÈRE PARTIE
ÉTUDE DU CRANE
L’examen craniologique des Pygmées africains sera effectué sur les séries de crânes adultes
normaux, sexes séparés sauf pour quelques répartitions indicielles, dans lesquelles l’absence de différen¬
ciation sexuelle autorise à mélanger les hommes et les femmes. Dans le groupe occidental le nombre
maximal de sujets utilisables s’élève à 11 chez les hommes 1 et à 10 chez les femmes ; dans le groupe
oriental l’effectif complet atteint 20 individus du côté masculin et seulement 5 du côté féminin 2 . Mais,
certaines mensurations n’ayant pu être prises en raison soit, dans les deux groupes, de l’état défectueux
d’une ou de plusieurs parties de quelques pièces, soit, dans le groupe oriental, d’une analyse
restreinte par les auteurs aux seules dimensions essentielles, les totaux de chaque série pourront
se trouver réduits pour plusieurs caractères, principalement en ce qui concerne ceux de la région
faciale.
Il est évident que des séries si exiguës ne permettent pas de recourir à une véritable analyse
statistique, laquelle, avec une telle carence numérique, n’aurait que peu de valeur. Aussi nous
attacherons-nous de préférence à fournir sur l’ensemble une description aussi complète que pos¬
sible de chaque caractère, un peu si l’on veut à la manière d’une étude paléontologique. Dans les tableaux
qui suivent, nous nous limiterons donc, pour le moment, à indiquer les éléments métriques de base,
la moyenne, le minimum et le maximum, en même temps que, dans les répartitions indicielles, nous
relèverons toujours le nombre absolu de sujets représentant chaque catégorie à côté du pourcentage ;
ce dernier d’ailleurs n’est calculé qu’en raison de son emploi commode dans l’exposition des résultats,
mais il ne doit être considéré que comme un chiffre fort approximatif, car ses valeurs paraissent sus¬
ceptibles de varier considérablement avec des effectifs plus élevés.
Ultérieurement cependant, après la comparaison minutieuse des deux groupes pygméens et
suivant la situation qu’ils occuperont l’un par rapport à l’autre, c’est à dire suivant le fait que
nous pourrons ou non les réunir lors des confrontations générales avec d'autres types raciaux,
peut-être sera-t-il possible de tenter une approche biométrique un peu plus poussée, tout en sachant
assurément que l’interprétation ne peut être que très limitée du point de vue strictement
statistique.
Ajoutons enfin que cette carence numérique nous oblige également à n’envisager la
différenciation sexuelle qu’à l’intérieur du groupe occidental, ne citant qu’accessoirement et sous
toutes réserves ce qui se passe à ce sujet dans le groupe oriental, dont la série féminine ne comporte
que 5 crânes. C’est aussi pour la même raison que nous nous servirons uniquement des données
masculines pour apprécier les divergences morphologiques susceptibles d’exister entre les deux
groupes.
1. Le crâne d'un homme Ba-Bongo (n° 20522), atteint d'une franche scaphocéphalie qui fausse plusieurs de ses
mensurations, a été éliminé et sera traité séparément (cf. p. 58 et 59).
2. Nous avons exclu les deux crânes PygméeB du Ruanda (24-4-9-1 et AF30-1HA) car nous ne connaissions pas
leur sexe et le crâne de la femme Pygmée de l'Ouganda (sans numérotation connue), préférant restreindre la série orien¬
tale au seul groupe plus homogène des Ba-Mbuti itouriens.
Source : MNHN, Paris
16
PAULETTE MARQUE!
1. — DIAGNOSTIC MORPHOLOGIQUE DU CRÂNE CHEZ LES PYGMÉES AFRICAINS
A. — Détermination du sexe et de l’âge.
1) Sexe
Sur les 21 crânes normaux d'adultes qui composent la série des Pygmées occidentaux, il y en a
13 pour lesquels l’identification sexuelle est connue et 8 dont nous avons déterminé le sexe à l’aide
des critères courants (volume et poids du crâne, développement des insertions musculaires, des arcades
zygomatiques et des mastoïdes, saillie de la glabelle et de l'inion). En cas de doute par la seule obser¬
vation du crâne, nous avons recherché la confirmation du sexe, pour les sujets chez lesquels cela était
possible, en utilisant les renseignements complémentaires apportés par l'anatomie du reste du squelette.
L’ensemble se répartit en 11 hommes (5 Ba-Binga, 5 Ba-Bongo, 1 Pygmée du Cameroun) et 10 femmes
(5 Ba-Binga, 4 Ba-Bongo, 1 Akoa).
Sur les 25 crânes retenus de la série des Pygmées orientaux, 14 ont un sexe connu, les autres
sont séparés en sujets masculins ou féminins par les auteurs qui les ont étudiés, à l’exception du seul
Thilmans qui ne présice les sexes qu’en cas de certitude absolue. L’ensemble comprend 20 hommes
(1 Aka, 4 Efé, 4 Basa, 4 du Haut-Itouri et 7 du Rouwenzori sans plus d’indication quant à leur appar¬
tenance tribale, mais dont les lieux de nomadisme correspondent aux limites des territoires efc et
basua) et 5 femmes (1 Aka, 3 Efé, 1 Basa).
Certains auteurs ont signalé que les Pygmées d’Afrique auraient tendance à présenter un dimor¬
phisme sexuel moins accusé que celui des autres races. Nous n’avons pas constaté ce fait dans la série
occidentale considérée globalement et il ne paraît pas exister non plus dans le groupe itourien, puisque
Thilmans spécifie que « la différenciation sexuelle du crâne bamhuti est légèrement plus prononcée
que celle des Noirs ». Cependant, comme on le verra plus loin, plusieurs indices laissent supposer que,
par rapport aux occidentaux, les Pygmées orientaux, au crâne légèrement plus gracile, tendent h
présenter un moindre dimorphisme sexuel, ceci étant délicat à mettre clairement en évidence vu la
faiblesse numérique de la série féminine orientale. Ce qui est certain, dans les deux groupes, c’est que
ni la glabelle, ni l’inion, critères pourtant classiques de la reconnaissance du sexe, ne constituent de
bons éléments de diagnostic, dans la mesure où la saillie de ces formations osseuses est généralement
peu marquée chez les hommes comme chez les femmes. Mais la capacité crânienne, le poids du crâne,
la robustesse ou la sveltesse des arcades zygomatiques, le développement plus ou moins accusé des
apophyses mastoïdes et dans l’ensemble bon nombre d’insertions musculaires sont des caractères
suffisamment distinctifs pour que, en procédant par comparaison avec les pièces au sexe connu, nous
n’ayons pas eu de réelles difficultés à ce sujet. Aussi bien, sauf à propos du Ba-Bongo n° 4652 1 : avons-
nous toujours été d’accord sur ce point avec les auteurs qui avaient étudiés certains crânes avant nous.
2) Âge
Chez les Pygmées occidentaux, nous ne possédons que deux crânes d’adultes Ba-Binga, les
numéros 18448 et 18449, sur lesquels nous détenons des indications relatives à l’âge. Ces indications
reposent sur des observations faites sur les sujets avant leur mort : simple appréciation par conséquent
de l’âge apparent d’après le physique de l’individu. L’homme 18448 avait environ 40 ans et la femme
1. Nous pensions d'abord que ce Ba-Bongo pouvait être un sujet féminin, alors que Poutrin lui attribuait le sexe
masculin ; la comparaison de ce crâne avec celui des deux femmes Ba-liongo de Twiesselmann nous a finalement engagée
à nous rallier à l'opinion de Poutrin. Il semble bien d’ailleurs que les Ba-Bongo soient un peu moins dillérenciés que
les Ba-Binga du point de vue sexuel et c'est vraisemblablement la raison qui nous a fait hésiter sur le sexe de ce sujet,
mais le petit nombre de crânes dont nous disposons ne nous permet cette remarque qu'à titre d'hypothèse demandant
à être confirmée.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
17
18449 ne dépassait guère 25 ans. Pour toutes les autres pièces, nous avons déterminé l’âge en tenant
uniquement compte de l’oblitération des sutures. En effet il ne nous a pas été possible d’utiliser conjoin¬
tement les critères de la denture, celle-ci se trouvant chez nos sujets fréquemment très incomplète,
ou en mauvais état, ou encore avec des molaires fortement abrasées même chez des sujets paraissant
très jeunes vu l’état des sutures de leur crâne.
Le tableau I donne l’âge approximatif de chaque sujet en fonction de la synostose exocrànienne
des divers segments des sutures sagittale, coronale et lambdoïde d’après le schéma publié par II. V. Val-
lois (11137). Nous n’avons pas ajouté dans ce tableau les autres sutures, mais nous précisons que celles-ci
étaient encore complètement ouvertes chez tous les individus.
La majorité des crânes de Pygmées occidentaux appartiennent à des adultes jeunes, entre 20
et 40 ans, quatre sujets seulement ayant dépassé 45 ans et pouvant approcher de la cinquantaine.
Il s’agit là évidemment d’une évaluation approximative, mais nous remarquons que, dans les deux
cas pour lesquels nous connaissions l’âge que paraissaient avoir l’homme et la femme Ba-Binga au
moment de leur décès, il y a sensiblement concordance entre les données obtenues par l’examen du
sujet vivant et. celles qui découlent de l’examen après la mort. Bien entendu l’application d’un unique
test, comme l'oblitération des sutures, n'est pas sans laisser plusieurs inconnues pour la connaissance
même approximative de l’âge. En particulier, c’est surtout à partir de crânes de Blancs qu’on a établi
les périodes de la synostose progressive des sutures crâniennes, alors que les populations de couleur
n’ont à peu près pas été envisagées pour ce caractère. Seule une investigation de T. W. Todd et
I). W. Lyon (1924) compare sous cet angle des crânes de Blancs et de Noirs des Etats-Unis ; la conclu¬
sion de ces auteurs semble nier toute influence du facteur racial sur le phénomène, mais la lecture
détaillée de leurs résultats ne nous paraît pas justifier une affirmation si péremptoire. Dans ces condi¬
tions, il n’est guère aisé de savoir si le rythme de fermeture des sutures se déroule de manière identique
chez les Pygmées et chez les Blancs ou les autres Noirs. Quoiqu’il en soit, cette réserve ne nous empêche
pas de considérer l’échantillon des Pygmées occidentaux comme composé d’adultes généralement
très jeunes ou d’âge moyen, sans inclusion de véritables vieillards.
Tableau I
Diagnostic de l’âge sur les crânes de Pygmées occidentaux
en fonction du degré de synostose des sutures
Suture
sagittale
Suture coronale
Suture lambdoïde
Age approximatif
S'
S*
S*
C 1
C*
c*
I- 1
L*
L*
connu déterminé
Hommes :
4652.
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
— 20-25
4653 .
2
4
4
0
0
2
3
3
1
— 45-50
17612 .
0
4
4
4
0
0
0
1
1
0
— 45-50
18448 .
2
2
4
0
0
0
1
0
0
0
env. 40 35-40
17980 .
1
4
0
0
0
0
0
0
0
— 30-35
17762 .
0
4
4
4
0
0
2
1
0
0
— 45-50
22257 .
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
— 20-25
20518 .
0
4
4
0
0
0
0
0
0
0
— 30-35
20519 .
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
20-25
23642 .
4
4
4
4
0
0
4
0
0
0
- 35-40
Il.
0
2
4
1
0
0
0
0
0
0
— 35-40
1 5®4 017 6 2
Source : MNHN, Paris
18
PAULETTE MARQUER
Suture
sagittale
Suture conorale
Suture lambdoïde
Age approximatif
S>
S*
C 1
c*
c*
L 1
L*
connu déterminé
Femmes :
9880 .
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
17761 .
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
18446 .
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
— 20-25
18449 .
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
23641 .
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
20520 .
0
0
4
0
0
0
0
0
0
0
— 25-30
20521 .
0
2
4
4
0
0
4
0
0
0
4577 .
4
4
4
4
0
0
1
0
0
0
36-1 1955-93.
0
0
4
3
0
4
4
2
0
0
36-2 1955-91.
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
— 20-25
0 = absence de synostose 14 3= synostose partielle 4 = synostose complète 1
Chez les Pygmées orientaux, on recueille un plus grand nombre de renseignements sur l’âge
apparent des individus dont on possède le crâne ; il est cependant plus difficile de fournir un diagnostic
par la fermeture des sutures, les auteurs ayant souvent omis de publier les données qui auraient permis
de le faire. Les travaux de Flower (1899), de Matiegka et Maly (1938), de Kaufmann et Adé (1953)
nous donnent néanmoins ou bien l’état même de l’oblitération suturale sur un certain nombre de
crânes, ou bien des photographies et des dessins sur lesquels on peut en juger. Le tableau II résume
les renseignements recueillis grâce aux observations de ces auteurs.
Tableau II
Diagnostic de l’âge sur certains crânes de Pygmées orientaux
en fonction du degré de synostose des sutures
Hommes :
17947 .
1887-12-1-105
207 .
212 .
RG 23.
RG 43.
Pi.
P*.
P*.
P 6 .
Suture Sagittale
Suture coronale
Suture lambdoïde
Age approximatif
' S*
5-
s*
C*
C*
C*
L 1
L*
L*
connu
déterminé
4
4
4
4
4
4
4
2
2
65-70
0
4
0
0
0
0
0
0
0
_
25-30
0
0
0
0
0
0
0
0
0
env. 40
20-25
0
0
0
0
0
0
0
0
0
_
20-25
0
0
0
0
0
0
0
0
0
_
20-25
0
0
0
0
0
0
0
0
0
__
20-25
3
4
4
2
1
2
0
0
0
28-30
50-55
4
4
4
4
3
4
1
0
0
env. 30
60-65
4
4
4
4
4
4
3
1
0
30-35
60-65
4
4
4
1
1
4
1
0
0
60-70
60-65
Femmes :
1887-12-1-106 ....
0
0 0
0
0
0
0
0 0
0
env. 40
20-25
208 .
2
2 4
0
0
0
3
0 0
0
env. 50
45-50
213.
0
0 0
0
0
0
0
0 0
0
_
20-25
P*.
4
4 4
4
0
1
3
0 0
0
50-60
50-55
0 = absence de
synostose,
1 à
3 =
synostose partielle,
4 =
synostose coi
mplète
1. Nous avons utilisé la notation préconisée par H. Kaufmann et B. Adé (1953) afin d'obtenir des résultats compa¬
rables à ceux de ces auteurs pour les Pygmées orientaux.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 19
Les résultats du tableau II paraissent à première vue bien équivoques. En effet, on est frappé
par la discordance qui existe pour un bon nombre de sujets entre l’âge indiqué par les observateurs
d’après le sujet vivant et celui déterminé par la synostose des sutures, en particulier chez l’Efé 207,
la femme Aka 1887-12-1-106 et surtout les Basa P 1 , P 2 , P 3 . Si, dans les deux premiers cas, on ne peut
certifier que l’âge a vraiment etc apprécié sur le vivant *, il ne fait pas de doute que les trois Basa ont
été connus de leur vivant. H. Kaufmann et B. Adé (1953), ce dernier médecin en territoire itourien
ayant lui-même ramené les crânes, ont remarqué cette discordance apparente ou réelle et ils en déduisent
que ces Pygmées de l’Itouri « se comportent de façon exceptionnelle par la précocité et l’intensité de
la synostose sagittale ». Alors, il faut faire remarquer que, d’après Flower, la femme Aka se particula¬
riserait au contraire par un retard de l’oblitération sagittale. Évidemment dans le cas d’un unique
sujet on peut toujours parler d’une anomalie individuelle. Il n’en demeure pas moins qu’il y a trop
d'incertitudes dans ces constatations souvent contradictoires pour qu’on s’engage sans hésitations
dans des interprétations très affirmatives. D’une part, comme nous l’avons déjà dit à propos du groupe
occidental, il se pourrait qu’il y ait effectivement des variations dans le mode de fermeture des sutures
en fonction de la race et les recherches dans ce domaine sont actuellement plus que fragmentaires,
car il s’avère pratiquement impossible de recueillir une documentation valable dans les populations
sans état civil. D’autre part, il convient de se demander, vu les importantes différences individuelles
et groupales qui caractérisent les phénomènes du vieillisement, jusqu’à quel point, quand on ne connaît
pas la date de naissance, on doit accorder plus de confiance à un diagnostic de l’âge reposant sur l'exa¬
men du vivant qu’à celui qui est donné par le degré des synostoses suturales du crâne.
C’est donc sous toute réserve que, dans la confrontation des tableaux I et II, nous signalerons
le fait que la série orientale semble se composer d’individus un peu plus âgés que ceux de la série occi¬
dentale. Cependant, là non plus, à l’exception peut-être du n° 17947 qui aborde la vieillesse, il n’y
a pas de crânes vraiment séniles.
B. Caractères généraux
1) Sinuosité des sutures
Le degré de sinuosité des sutures a été apprécié en utilisant la notation de Broca (1875) :
types 1 à 5 du plus simple au plus complexe.
Dans le groupe occidental, la suture sagittale présente un dessin relativement simple, les types
i. 2 et 3 étant rencontrés, suivant les régions de la suture, sur la majorité des crânes ; les zones du
bregma et de 1 obélion (S 1 et S 3 ) sont fréquemment à peine sinueuses, du type 1, la dentelure appa¬
raissant et se compliquant sur les portions S 2 et S 4 . La complexité est sensiblement la même pour la
suture coronale en C 1 et. C 3 , le type 4 sévissant toutefois en C 2 sur quelques crânes. En revanche, la
suture lambdoïde est toujours franchement plus dentelée, atteignant les types 3, 4 et 5 ; la région du
lambda est la moins sinueuse et il faut noter que, dans notre série, cette complexité du tracé de la
lambdoïde paraît en relation avec les nombreux os wormiens, de taille variable, qui s’incrustent entre
les pariétaux et l’occipital.
Peu d auteurs ont parlé des sutures sur le crâne des Pygmées orientaux, mais en compulsant
les photographies ou les diagrammes des publications de Matiegka et Maly ainsi que ceux de Thilmans,
nous avons pu juger de la forme suturale sur 13 crânes. Dans l’ensemble, les sutures accusent un dessin
légèrement moins compliqué que chez les Pygmées occidentaux, les modifications suivant les régions
demeurant identiques : types 1 et 2 pour la sagittale et la coronale, types 2 et 3 pour la lambdoïde. Chaque
fois où cette dernière atteint le type 3, il y a présence sur son parcours de plusieurs os surnuméraires.
Ni l’une ni 1 autre des séries ne présentent de dimorphisme sexuel marqué dans la forme des
sutures.
1. Flower (1889) en particulier semble avoir déterminé l'âge de la femme Aka en utilisant la denture et certains
autres caractères du squelette post-crânien, puisqu’il signale que les sutures crâniennes sont largement ouvertes et que
« si on se basait sur ce seul caractère, on attribuerait un âge bien plus jeune à ce sujet ».
Source : MNHN, Paris
20
PAULETTE MARQUER
2) Os surnuméraires
Les os surnuméraires (tab. III), rares sur les sutures coronale et sagittale, de fréquence faible
à moyenne sur la suture mastoïdo-occipitale, deviennent très nombreux sur les sutures pariéto-tempo-
rale et lambdoïde. Cette répartition, d’aspect voisin dans les deux groupes tout au moins du côté mas¬
culin, particularise le crâne du Pygmée africain, dont on peut dire qu'il est pourvu d’une appréciable
proportion de wormiens. Chez les femmes, celles de la série occidentale se distinguent des hommes
par une franche élévation du nombre de ces wormiens, particulièrement sur les sutures mastoïdo-occi¬
pitale et lambdoïde.
Ce sont les os astériques, pro-astériques ou épiptériques que l’on rencontre le plus souvent,
situés soit des deux côtés en relative symétrie, soit unilatéralement à droite ou à gauche, de forme
variable, allongés dans le sens transversal ou dans le sens longitudinal et avec des dimensions généra¬
lement petites à moyennes. Nous n’avons trouvé ni os bregmatique, ni os épaclal. Quant aux wormiens
de la lambdoïde, presque toujours présents en un ou plusieurs exemplaires principalement, chez les
femmes du groupe occidental, ils peuvent dans quelques cas se détacher en un véritable chapelet, se
différenciant tantôt aux dépens du pariétal, tantôt à partir de l'occipital, tantôt encore en mordant
sur l’un et l’autre os de la voûte crânienne. Un exemple frappant de cette multiplication des wormiens
est donné par la femme Ba-Binga n° 9880, chez laquelle les sutures lambdoïde et pariéto-temporale
sont jalonnées de façon continue par des petits ossements intercalaires (cf. photographies de ce crâne
en norma lateralis et occipitalis sur les planches 8 et 14). Thilmans en signale un autre cas chez les
Pygmées orientaux avec le Basa P 5 dont le crâne possède « une chaîne presque continue de wormiens »
sur la lambdoïde.
Tableau III
Répartition des os surnuméraires sur les diverses sutures chez les Pygmées africains
N Wormiens de Wormiens de Wormiens de Wormiens de Wormiens de
la coronale
la sagittale
la pariéto-
tomporalc
la mastoido-
occipitale
la lambdoïde
N %
N %
N %
N %
N %
Pygmées occidentaux....
11 H
10 F
2 18,2
2 20
1 1
1 1
6 54,5
6 60
2 18,2
7 70
6 54,5
9 90
Pygmées orientaux.
13 II
5 F
1 1
1 1
1 7,7
8 61,5
2 40
5 38,4
1 20
8 61,5
3 60
3) Épaisseur des os
L’épaisseur des os du crâne a été prise au bregma, à l’obélion, aux bosses frontale et pariétale
gauches.
Les crânes des Pygmées occidentaux ont une épaisseur moyenne (tab. IV) et la différenciation
sexuelle est assez nette, les femmes accusant des dimensions inférieures à celles des hommes, sauf au
bregma où il y a tendance à l’égalité. Nous ne pouvons pas donner de comparaisons avec les Pygmées
orientaux, ces derniers n’ayant pas été étudiés en ce qui concerne ce caractère. Mais si nous consultons
les valeurs fournies par Twiesselmann (1941) pour différentes populations, nous constatons que les Pygmées
se rapprochent plus des Blancs européens que des Noirs d’Afrique ; ils ont un crâne moins épais que
ceux-ci et la divergence s’accentue encore quand on les confronte avec des Noirs d'Océanie comme
les Néo-Calédoniens. Globalement, on peut dire que le squelette crânien du Pygmée occidental ne
présente ni gracilité particulière, ni massivité excessive. Il est regrettable que l’épaisseur des os n'ait
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
21
pas été mesurée du côté oriental, car nous aurions pu constater si la gracilité plus accusée du crâne
des Pygmées orientaux, soulignée dans l’étude de plusieurs autres caractères, se manifestait aussi
— comme il est vraisemblable — dans l’évaluation de la robustesse osseuse.
Tableau
IV
Épaisseur (en mm) des os sur le crâne des Pygmées occidentaux
Bregma Obélion B. frontale g. B. pariétale g.
N M écarts M écarts M écarts M écarts
11 H. 5,7 3,8-8 7,3 5 -9,5 6,4 5 -7,5 7 4,5-9
10 F. 5,6 4,2-6,9 6,5 5,2-8 5,8 4,6-7 5,8 4,3-7,2
4) Poids du calvarium
Les moyennes et les valeurs extrêmes du poids du calvarium pour les deux groupes pygméens
(tab. V) indiquent dans l’ensemble un poids plutôt faible, normalement moins élevé chez les femmes
que chez les hommes. Le calvarium des Pygmées orientaux est moins pesant que celui des Pygmées
occidentaux et la différenciation sexuelle, bien marquée chez ceux-ci, paraît s’atténuer chez ceux-là,
sans qu’il faille attacher beaucoup de signification à ce dernier résultat car la série féminine orientale
ne se compose que de 3 sujets. Néanmoins les observations comparatives sur le poids du calvarium
confirment ce qui a déjà été dit à propos de la discrimination sexuelle ; elles vont dans le sens d’une
gracilité générale plus marquée du côté oriental et elles rendent plus probable ce que nous avons suggéré
à propos de l’épaisseur des parois du crâne.
Tableau V
Poids du calvarium (en gr) chez les Pygmées africains
N
M
Ecarts
Pygmées occidentaux.. . 11 H
582,2
485-740
9 F
491
416-475
Pygmées orientaux. 8 H
520,5
465-586
3 F
503
465-560
5) Capacité crânienne
Les moyennes de la capacité crânienne (tab. VI), testée au plomb suivant la technique de Broca,
montrent que les Pygmées ont un crâne de volume faible à moyen. Ceux du groupe occidental sont
oligencéphales (1289 cc) et ceux du groupe oriental euencéphales (1332 cc), mais l’écart qui les sépare
(43 cc), suffisant pour les classer dans deux catégories distinctes, n’est pas assez important pour parler
chez eux d’une réelle différenciation de la capacité. Les femmes ont un crâne moins volumineux que
celui des hommes (1217 et 1100 cc).
Dans l’ensemble et sexes réunis, les Pygmées d’Afrique possèdent donc une capacité qui, sans
être vraiment petite, témoigne cependant d’un volume crânien plutôt faible, comme le montre, mieux
peut-être que les moyennes, la répartition des sujets d’après la classification de Martin : les petites
capacités dominent assez largement, les capacités moyennes ne comptent guère que le quart des effec¬
tifs et les fortes capacités sont rares.
Source : MNHN, Paris
22
PAULETTE MARQUER
Tableau VI
Capacité crânienne (en cc) chez les Pygmées africains
N
M
Ecarts
Pygmées occidentaux.
10 H
10 F
1289.5
1217.5
1125-1590
1100-1365
Pygmées orientaux...
14 H
3 F
1332,5
1100,3
1230-1490
1085-1110
Oligencéphales Euencéphales
H : x-1300 1301-1450
F : x-1150 1151-1300
N % N %
Pygmées occidentaux. 20 H+F 11 55 5 25
Pygmées orientaux. 17 H+F 9 52,9 H 35,3
Aristencéphalcs
1451-x
1301-x
N %
4 20
2 11,7
6) Longueur, largeur et indice crânien horizontal
Un diamètre antéro-postérieur moyen joint à un diamètre transverse assez faible donne aux
Pygmées d’Afrique un indice mésocrâne à tendance dolichocrâne plus que brachycrâne (tabl. VII).
Les mesures absolues de longueur et de largeur sont moins élevées chez les femmes, mais celles-ci ne
semblent pas témoigner, comme c’est le cas dans plusieurs populations, d’une brachycéphalisatinn
par rapport au crâne masculin ; au contraire, dans les séries occidentales, se sont les femmes qui
penchent plus que les hommes vers la dolichocrânie (40 % contre 27,3 % de crânes allongés). Comparé
au groupe oriental, le groupe occidental accuse une légère diminution des dimensions longitudinale
et transversale du crâne, l’indice, non touché par ces modifications, étant pratiquement identique
des deux côtés (75,4 et 75,9). La confrontation des taux de la répartition indicielle par catégories, en
plus d’une mise en évidence de la nette dominance des dolicho-mésocrânes, permet cependant de
noter chez les Pygmées occidentaux une orientation vers la brachycranie (18 à 20 % de crânes larges)
et chez les Pygmées orientaux une faible supprématie de la dolichocrânie (40 h, 50 % de crânes longs).
Ainsi, dans nos séries et même chez les Négrilles occidentaux, l’élargissement de la tête des Pygmées,
souvent signalé comme un caractère différentiel important par rapport aux Mélano-Africains, ne se
manifeste que de manière très atténuée et c’est de loin l'influence dolichocrâne qui l’emporte. Il n’est
besoin pour s’en persuader que de jeter un coup d’œil sur la distribution de l’indice crânien telle qu’elle
apparaît sur le graphique de la figure 4.
Tableau VII
Longueur, largeur (en mm) et indice crânien chez les Pygmées africains
D. £
i n téro-postérieur
D. transverse
L
crânien
N
M Ecarts
M Ecarts
M
Ecarts
Pygmées occidentaux.
11 H
175,3 166-185
132,5 120-140
75,4
69,7-84,3
10 F
171,2 163-181
129,9 121-137
75,9
68,8-80
Pygmées orientaux.
20 H
176,7 166-187
134,1 125-141
75,9
70,9-80,5
5 F
168,8 163-175
128,2 122-135
75,9
68,2-73
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
23
Pygmées occidentaux... . 11 H
10 F
Pygmées orientaux. 20 H
5 F
Répartition de l'indice crânien
Hyperdolichocrânes Dolichocrânes
x-69,9 70-74,9
N %
1 9,1
1 10
N %
3 27,3
4 40
10 50
2 40
Mésocrânes
75-79,9
N %
5 45,4
3 30
9 45
3 60
Brachycrânes
80-84,9
N %
2 18,2
2 20
1 5
• Pygmées occidentaux
A Pygmées orientaux
HYPERDO- DOLICHO- MESO-
LICHOCEPHALES CEPHALES CEPHALES
BRACHY¬
CEPHALES
A A
A A
A A •
A A «
• A •
A A # # #
-J -Ll- 1 _ | _
68 70 72 74
A
A A
A A A A A
A A A A «
• • • A «
_i-1 —Ll_
76 78 80
_]_
82
Fig. 4. Distribution de l'indice crânien horizontal chez les Pygmées africains (sexes réunis).
7) Hauteur basion-bregma et indices crâniens verticaux
Moyennement élevé en dimension absolue, la hauteur étant évaluée du basion au bregma, le
crâne du Pygmée africain est assez haut par rapport au diamètre antéro-postérieur et franchement
haut par rapport au diamètre transverse (tab. VIII). Il en résulte un sensible équilibre des orthocrânes
et des hypsicrânes, une dominance des acrocrânes ainsi qu’une supériorité numérique des mégasèmes
sur les mésosèmes. Ni dans l’une, ni dans l’autre des séries, on ne relève de variations sensibles des
indices moyens en fonction du sexe, les femmes se caractérisant simplement par une hauteur absolue
de la tête moins importante que celle des hommes. Du point de vue comparatif, les Pygmées orientaux
possèdent un crâne moins développé en hauteur que celui des Pygmées occidentaux (129,5 mm contre
131,4 mm chez les hommes, 123 mm contre 127,3 mm chez les femmes) ; ceci provoque chez eux une
réduction de tous les indices de hauteur jointe à une diminution du nombre des hypsicrânes, des
acrocrânes et des mégasèmes au profit des catégories moyennes ou même basses. La hauteur de la
tête est ainsi le premier caractère que nous abordons, au sujet duquel nous puissions avancer qu’il
tend à séparer le Pygmée oriental, au crâne plus bas, du Pygmée occidental, au crâne plus haut (fig. 5).
Source : MNHN, Paris
24
PAULETTE MARQUER
9 Pygmées occidentaux
A Pygmées orientaux
MICROSEMES MESOSEMES MEGASEMES
A A A A
A A A A
78 80 82 84 86 88 90 92
Fig. 5. — Distribution de l’indice moyen de hauteur chez les Pygmées africains (sexes réunis).
Tableau VIII
Hauteur du crâne (en mm) et indices verticaux chez les Pygmées africains
Hauteur
N
M
Ecarts
Pygmées occidentaux..
11 H
131,4
125-142
10 F
127,3
119-135
Pygmées orientaux.
18 H
129,5
121-139
5 F
123
121-124
I. de hauteur-longueur
Chamaecrânes
OrthocrAnes
Hypsicrânes
N
M
Ecarts
x-69,9
70-74,9
75-x
N %
N %
N %
Pygmées occidentaux.... 11 H
74,9
71,4-77,7
— —
5 45,4
6 54,5
10 F
74,4
69,5-79,4
1 10
4 40
5 50
Pygmées orientaux. 18 H
73,3
67,9-79,4
3 16,6
9 50
6 33,3
5 F
72,9
70,8-76,1
— —
4 80
1 20
I. de hauteur-
-largeur
Tapeinocrânes
Métriocr&nes
AcrocrAnes
x-91,9
92-97,9
98-x
N %
N %
N %
Pygmées occidentaux.... 11 H
99,5
92,1-104,2
_ —
3 27,3
8 72,7
10 F
98
92,5-105,3
— —
6 60
4 40
Pygmées orientaux. 18 H
96,1
88,6-103,9
3 16,6
10 55,5
5 27,7
5 F
96
91,8- 99,9
1 20
3 60
1 20
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU
SQUELETTE
DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU
CENTRE AFRICAIN
25
I. moyen de hauteur
Microsèmes
Mésoaèmea
Mégaaèmea
x-79,9
80-84,9
85-x
N %
N %
N %
Pygmées occidentaux.
il H
85,5 83,4-86,8
— —
4 36,3
7 63,6
10 F
85,2 79,3-91,3
1 10
3 30
6 60
Pygmées orientaux.
18 II
83,2 78,3-88,5
4 22,2
8 44,4
6 33,3
5 F
82,8 80 -85,5
— —
4 80
1 20
C. Norma verticalis (pl. 1, 2, 3, 4)
1) Forme du contour crânien et périmètre horizontal
En norma verticalis, les formes prédominantes du contour crânien se rangent dans les types
ovoïde et pentagonoïde chez les Pygmées occidentaux comme chez les orientaux. Du côté masculin,
le type ovoïde (6 et 7 sujets, 54,5 et 53,8 %) l’emporte sur le type pentagonoïde (4 et 5 sujets 36,3 et
38,4 %), un seul Pygmée occidental présentant un crâne ellipsoïde (9,1 %) et un unique Pygmée oriental
possédant un crâne sphéroïde (7,7 %). Du côté féminin, tout au moins pour les Pygmées occidentaux,
les pourcentages sont inversés, avec une nette supériorité des formes pentagonoïdes (6 sujets, 60 %)
sur les formes ovoïdes (2 sujets, 20 %) et l’apparition en plus grand nombre que chez les hommes du
type ellipsoïde (2 sujets, 20 %) ; dans le groupe oriental, les 5 femmes ont un crâne ovoïde. Il n’y a
donc pratiquement aucune différence dans la forme crânienne des deux groupes pygméens, le dimor¬
phisme sexuel se manifestant, chez les sujets féminins occidentaux, par une augmentation des taux
du type pentagonoïde correspondant, comme nous le verrons plus loin, à une accentuation dans ce
sexe de la saillie des bosses pariétales.
Les valeurs du périmètre horizontal sont les suivantes : 493,2 mm (478 à 517 mm) pour 11 hommes
et 481 mm (462 à 499 mm) pour 10 femmes chez les Pygmées occidentaux ; 502,4 mm (471 à 525 mm)
pour 20 hommes et 479,8 mm (465 à 496 mm) pour 5 femmes chez les Pygmées orientaux. Ce sont
des chiffres indiquant un périmètre horizontal moyen relativement faible, le crâne du Pygmée oriental
accusant une mesure légèrement supérieure à celle du crâne du Pygmée occidental. Une variation
sexuelle normale existe dans les deux groupes, paraissant cependant, autant qu’on puisse juger sur
a sujets, plus manifeste chez les Pygmées orientaux, ce qui est contraire, notons le, à ce que nous avons
trouvé pour plusieurs autres caractères (moindre différenciation du sexe dans le groupe oriental) et
de ce fait, vu le très petit nombre de femmes, ne doit être retenu qu’avec prudence.
2) Arcades zygomatiques et massif facial
Parmi les notations susceptibles d’être relevées dans la région antérieure du crâne vu par sa
face supérieure, signalons la visibilité ou la non visibilité des arcades zygomatiques et du massif facial.
Chez les Pygmées occidentaux, les arcades zygomatiques se détachent nettement de chaque côté du
frontal sur la plupart des crânes (9 hommes et 7 femmes, 81,8 et 70 %) ; quant au massif facial, il est
plus ou moins visible chez une grande partie des sujets, surtout dans la zone antérieure du maxillaire
supérieur et ceci bien souvent en dépit de la détérioration fréquente et conséquente de cette zone.
Il n’est donc pas douteux qu’un prognathisme sous-nasal particulièrement développé soit de règle
dans le groupe occidental, ce qui sera d’ailleurs confirmé par l’évaluation de l’indice gnathique et le
calcul des divers angles des profils faciaux. On trouve des résultats similaires chez les Pygmées orien¬
taux, avec 77 % (10 hommes) à 80 % (4 femmes) de cas où les zygoma se dessinent franchement de
part et d’autre du frontal et une visibilité nette de la portion maxillo-alvéolaire antérieure de la face
sur la majorité des crânes.
Ces critères descriptifs, qui témoignent l’une d’un bonne largeur de la face jointe à un déve¬
loppement modéré de la boîte crânienne, l’autre d’un fort prognathisme alvéolaire, attribuent aux
Pygmées des deux groupes une morphologie faciale assez proche, dont les différences ressortiront
peut-être mieux à la confrontation métrique.
Source : MNHN, Paris
26
PAULETTE MARQUER
3) Frontal
Vu en norraa verticalis, le frontal du Pygmée africain (tab. IX) est bombé, moyennement large
dans ses dimensions absolues, moyennement divergent, mais développé dans le sens transversal quand
on compare le diamètre frontal minimal à la largeur maximale du crâne. Chez les hommes, le Pygmée
oriental se distingue du Pygmée occidental par un diamètre frontal minimal plus élevé (95,5 mm contre
93,3 mm) et un diamètre maximal pratiquement identique (112,9 mm contre 113,2 mm), ce qui contribue
à augmenter chez lui la valeur de l’indice fronto-transversal (84,7 contre 82,5), en donnant au front
une divergence un peu moins accentuée (10 % de forte divergence contre 27,2 %) ; le rapport fronto-
pariétal est aussi légèrement supérieur à celui du Pygmée occidental (71,3 contre 70,5), mais l’écart
est faible et ne se traduit dans la répartition indicielle que par une petite élévation du nombre des
eurymétopes (75 % contre 63,6 %). Chez les femmes, c’est au contraire dans la série occidentale que
l’on constate un élargissement du front dans ses deux dimensions absolues (91,5 mm contre 87,4 mm
et 110, 5mm contre 107 mm), l’indice fronto-transversal n'étant que peu touché par ces différences ;
dans la comparaison du diamètre frontal minimal à la largeur pariétale, le sexe féminin du groupe
occidental possède le môme indice que le sexe masculin (70,5), les cinq femmes orientales se séparant
au contraire des hommes par une bonne diminution de l'indice fronto-pariétal, qui, sous toutes réserves vu
le nombre des sujets, provoque chez elles une diminution des eurymétopes en faveur des métriométopes.
Dans l’ensemble, en ne considérant que les éléments masculins, on peut dire que le front du
Pygmée oriental tend à être un peu plus large et d’une moindre divergence que celui du Pygmée occi¬
dental. Ces écarts sont toutefois faibles et ne paraissent pas suffisants pour en déduire une réelle dissem¬
blance de la morphologie frontale à l’échelon du groupe.
Tableau IX
Diamètres (en mm) et indices frontaux chez les Pygmées africains
D. frontal minimal D. frontal maximal
N M
Ecarts
M
Ecarts
113,2
110,5
10 F 91,5
86- 99
101-126
Pygmées orientaux.
20 H 95,5
84-105
112,9
101-123
5 F 87,4
80-93
107
102-113
I. fronto-transversal
N
M Ecarts
F. très divergents
F. moyen 1 divergents
-79,9
80-99,9
N
%
N %
Pygmées occidentaux....
11 H
82,5 75,7-92,2
3
27,2
8 72,7
10 F
82,9 78,5-88,4
3
30
7 70
Pygmées orientaux.
20 H
84,7 72,4-91,5
2
10
18 90
5 F
81,7 75,4-84,3
1
20
4 80
1. fronto-pariétal
N
M Ecarts Sténométopes
Métriométopes
Eurymétopes
x-65,9
66-68,9
69-x
N %
N
%
N %
Pygmées occidentaux.
11 H
70,5 64,1-81,5
2 18,2
2
18,2
7 63,6
10 F
70,5 65,6-76,1
1 10
2
20
7 70
Pygmées orientaux.
20 H
71,3 60,4-78,9
2 10
3
15
15 75
5 F
68,2 62,5-71,3
1 20
2
40
2 40
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 27
4) Pariétal
Chez les Pygmées occidentaux, dans 81,8 % des crânes masculins (9) et 60 % des crânes fémi¬
nins (6), le profil du pariétal, examiné en norma verticalis, se détache en un arrondi assez marqué,
dont le maximum de courbure correspond aux bosses pariétales ; celles-ci, sans jamais former une
saillie prononcée, sont cependant bien dessinées. Sur les sujets restants 18,2 % d’hommes (2) et 40 %
de femmes (4), l'arrondi du pariétal s’estompe sensiblement et les bosses ne présentent qu’une saillie
à peine esquissée. On note la présence de deux trous pariétaux sur un tiers des crânes des deux sexes,
leur absence sur un autre tiers, le dernier tiers ne possédant qu’un seul trou, tantôt à droite, tantôt
un peu plus fréquemment à gauche. Nous n’avons par ailleurs jamais rencontré la dépression prélamb-
doïde, qui, sous son aspect habituel, débute au lambda et se poursuit en s’atténuant progressivement
le long de la suture sagittale ; toutefois, trois sujets (un homme Ba-Binga et deux femmes Ba-Bongo)
présentent à partir de l’obélion un étroit méplat qui s’étend sur les deux pariétaux en se prolongeant
jusqu’au lambda et qui pourrait être une ébauche de la dépression prélambdoïde. Ces diverses caracté¬
ristiques ne semblent pas varier sensiblement en fonction du sexe, sauf en ce qui concerne les bosses
pariétales plus saillantes chez les femmes, ce qui explique la prédominance pentagonoïd<* du crâne
féminin, que nous avons précédemment signalée.
Il s’avère impossible de donner une description similaire du pariétal chez les Pygmées orientaux,
les diagrammes ou les photographies dont nous disposions ne permettant pas toujours l’examen des
caractères relevés chez les Pygmées occidentaux et les auteurs se limitant souvent à une diagnose
élémentaire de cet os vu en norma verticalis. C’est ce qui a lieu en particulier pour les trous pariétaux,
desquels nous n’avons trouvé aucune mention dans la littérature publiée. Aussi ne pouvons-nous
qu’esquisser un bref aperçu sur la forme du profil pariétal dans le groupe oriental. Cet os, dans l’ensemble,
paraît accuser soit un contour arrondi avec des bosses bien développées mais sans saillie très accusée,
soit un contour moins courbe, aux bosses plus estompées. Ces aspects descriptifs correspondent en
gros aux deux types de pariétaux trouvés chez le Pygmée occidental, mais, autant qu’on en puisse
juger, il pourrait y avoir une différence quant aux proportions de ces types dans les deux groupes :
le premier (arrondi et bosses marqués) serait plus fréquent du côté occidental, le second (arrondi et
bosses estompés) plus fréquent du côté oriental. Là encore toutefois il n’est question que de faibles
divergences trop peu accentuées pour en déduire une morphologie différente du pariétal dans les deux
groupes pygméens.
D. Norma lateralis (pl. 5, 6, 7, 8 ; fig. 6, 7, 8 et 9)
1) Profil du crâne cérébral
Le profil du crâne cérébral des Pygmées occidentaux débute par une glabelle très peu marquée
du côté masculin comme du côté féminin. L’absence de saillie glabellaire s’observe chez 18,2 % des
hommes (2) et 50 % des femmes (5), la plupart des autres sujets se rangeant dans le type I de la nomen¬
clature de Broca modifiée par Martin (7 hommes : 63,6 % ; 5 femmes : 50 %) et le type II n’apparaissant
que sur 18,2 % des crânes masculins (2). La glabelle est donc fort peu saillante et son dimorphisme
sexuel fréquemment atténué. Il s’ensuit normalement une dépression sus-glabellaire inexistante ou
à peine esquissée.
Le front, petit et presque toujours vertical ou exceptionnellement très légèrement fuyant,
s’élève au-dessus de la glabelle en dessinant une courbe régulière jusqu’au bregma ; il se raccorde à
une voûte crânienne faiblement arrondie. Il n’y a jamais de dépression post-coronale, une femme
Ba-Bongo (n° 20520) présentant même au contraire, juste après le bregma, une sorte de petite bosse
qui déforme un peu la partie antérieure du segment pariétal.
De l’obélion au lambda, la voûte pariétale s’infléchit lentement et se poursuit dans l’occipital
où elle s’incurve de nouveau. La dépression pariéto-occipitale et le chignon, caractères liés l’un à l’autre,
n’existent pas sur 50 % (5 femmes) à 63,6 % (7 hommes) des sujets ; leur présence, sous une forme
atténuée, se manifeste chez 27,3 % des crânes de sexe masculin (3) et 30 % des crânes de sexe féminin
Source : MNHN, Paris
28
PAULETTE MARQUER
(3), mais on ne rencontre qu’un pourcentage infime de pièces (1 homme : 9,1 % ; 2 femmes : 20 %) sur les¬
quelles ces formations morphologiques soientd’un développement moyen à fort. Le Pygmée occidental pos¬
sède donc un crâne à l’occipital bien arrondi, mais généralement sans véritable chignon, l’accentuation de ce
dernier et de la dépression pariéto-occipitale se révélant plus nette chez les femmes que chez les hommes.
De l’opisthocrânion, placé assez haut, à l’inion, situé toujours très bas, le profil du segment
occipital se continue en convexité régulière et moyenne, puis il fuit vers l’avant taillât sans provoquer
de changement de direction de l’écaille occipitale, tantôt plus rarement en donnant à cette écaille
une autre orientation. La saillie iniaque n’est jamais fortement accusée et la différenciation sexuelle
de ce caractère, comme celle de la glabelle, semble pour ainsi dire inexistante : dans le type 1 de la clas¬
sification de Broca on peut ranger toutes les femmes et 03,6 % des hommes (7), quelques crânes même
masculins présentant un inion si peu détaché qu’ils pourraient presque s’assimiler au type 0 du même
auteur ; quant à l'inion des types 2 et 3, on ne le rencontre que sur :i0,3 % des sujets masculins (4).
Dans la série orientale, malgré les difficultés de fournir une description aussi précise, il ne semble
pas y avoir de divergences importantes en ce qui concerne l’aspect global du profil du crâne cérébral :
même glabelle peu saillante dans les deux sexes, front également bombé et de hauteur réduite, occi¬
pital arrondi avec véritable chignon exceptionnel, inion toujours peu développé.
2) Courbe sagittale et rapports des segments sagittaux
La courbe sagittale totale, du nasion à l’opisthion, atteint 353,1 mm (hommes) et 346,3 mm
(femmes) dans le groupe occidental, 355,2 mm (hommes) et 339,8 mm (femmes) dans le groupe oriental.
Ces valeurs, assez faibles, correspondent à la mésocrânie fondamentale du Pygmée africain, chez lequel
l’orientation dolichocrâne, bien que nettement présente, ne se trouve jamais très accentuée. En compa¬
raison du Pygmée occidental, le Pygmée oriental possède un crâne, dont la courbe sagittale est légè¬
rement plus grande, ce qui traduit d’une autre manière la tendance déjà remarquée de ce dernier vers-
une plus franche dolichocrânie.
Les rapports des trois segments sagittaux entre eux et vis-à-vis de la courbe sagittale totale
sont exprimés sur le tableau X. Comme on le voit, chez un bon nombre d’individus, le frontal est plus
long que le pariétal, les dimensions de ces deux os dépassant presque toujours la longueur de l’occipital,
ce que l’on peut traduire par la formule F>P>0, dont on s’aperçoit qu’elle est légèrement mieux
représentée chez le Pygmée oriental masculin (80 à 100 %) que chez le Pygmée occidental du même
sexe (54,6 à 90,9 %). Par ailleurs, la participation du frontal (34,4 à 35,4 %) et celle du pariétal (33,3
à 34,3 %) à la courbe sagittale totale sont plus importantes que celle de l’occipital (30,9 à 31,6 %),
les divergences groupales paraissant minimes à l’exclusion toutefois de la relation du frontal à la sagit¬
tale totale qui, du côté oriental, traduit une participation de cet os à l’ensemble de la courbe un peu
plus importante que du côté occidental.
Relations entre les segments sagittaux sur le crâne des Pygmées africains
N
F
> P
F = P
F
< P
P
> O
P = O
P < o
N
%
N %
N
%
N
%
N %
N %
Pygmées
occidentaux..
11 H
6
54,6
1 9,1
4
36,3
9
81,8
— —
2 18,1
10 F
7
70
— —
3
30
8
80
— —
2 10
Pygmées
orientaux... .
20-12
H
16
80
1 5
3
15
10
83,3
1 8,3
1 8,3
5 F
3
60
— —
2
40
5
100
“*■ —
F
> O
F = O
F < O
F/S en %
P/S on %
O/S en ‘Va.
Pygmées
occidentaux.
11 II
10
90,
9
_ _
1 9,1
34,4
34,3
31,3
10 F
9
90
— —
1 10
34,8
34,1
30,9
Pygmées
orienta....
12 H
5 F
12
5
100
100
1 1
1 1
_ —
35,4
34,1
33,3
34,2
31,2
31,6
Source : MNHN, Paris
ETUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
B
Source : MNHN, Paris
30
PAULETTE MARQUER
Les écarts relevés ci-dessus entre les deux groupes —- courbe sagittale totale et taux de F>P
légèrement supérieurs du côté oriental — sont minimes et n’affectent de façon sensible n l’allure
générale du profil sagittal, ni les proportions dans lesquelles les divers os participent à la constitution
de la voûte crânienne. Globalement on peut donc parler d’une ressemblance de fond entre Pygmées
orientaux et occidentaux en ce qui a trait au contour du crâne vu par sa face latérale.
3) Indice de hauteur de la voûte crânienne
Évaluée sur le diagramme sagittal en mesurant la hauteur maximale de la calotte crânienne
sur la ligne glabelle-inion, la hauteur de la voûte des Pygmées occidentaux est de 97,9 mm (87 à
107 mm) chez les hommes et de 96,2 mm) chez les femmes. L’indice de hauteur de la calotte ou rapport
de la précédente mesure à la longueur de la ligne glabelle-inion atteint 59,3 (54,1 à 08) du côté masculin
et 61,2 (53,6 à 67,5) du côté féminin. Ces chiffres traduisent une élévation moyenne de la voûte sur le
crâne des Pygmées occidentaux, avec une différence sexuelle donnant aux femmes un indice un peu
plus grand que celui des hommes. On ne peut les confronter avec ceux du crâne du Pygmée oriental
les auteurs qui ont étudiés ce dernier n’ayant pas examiné ce caractère. Grâce à quelques diagrammes
relevés dans le travail de Thilmans, nous avons cependant pu mesurer la hauteur de la voûte sur 0 sujets
(4 hommes et 2 femmes), ce qui donne une moyenne de 93,8 mm (89 à 97 mm) et un indice de 55,5
(52,6 à 57,8). La hauteur moyenne de la voûte chez les Pygmées occidentaux, sexes réunis, étant de
97,1 mm avec un indice de 60,2, on détient un élément qui, joint aux résultats de la hauteur basion-
bregma et des indices verticaux (cf. p. 24), nous permet d’avancer que le crâne du Pygmée oriental
est franchement plus bas dans sa hauteur totale comme dans la hauteur de sa voûte que le crâne du
Pygmée occidental.
4) Frontal
C’est en norma lateralis que l’on peut apprécier avec le plus de facilité les degrés de convexité
et d’obliquité du frontal.
La convexité du front a été mesurée par l'indice fronto-sagittal qui compare la corde nasion-
bregma à l’arc frontal (tab. XI). Ce qui avait déjà été observé dans la description du profil sagittal
est confirmé par des valeurs indicielles constamment inférieures à 90 : le front du Pygmée africain est
bien bombé, avec des résultats de 88,4 (hommes) et 87,3 (femmes) dans la série occidentale, de 86 4
(hommes) et de 86,5 (femmes) dans la série orientale. Les sujets féminins ont un front plus bombé
que les sujets masculins (90 à 100 % contre 72,7 à 95 % d’orthométopes) et les Pygmées orientaux
également un front plus bombé que celui des Pygmées occidentaux (95 % contre 72,7 % d’orthoiné-
topes chez les hommes).
Tableau XI
Mesures (en mm) et indice de convexité du frontal chez les Pi/gmées africains
N
M
Ecarts
M
Pnn,. f
Arc
frontal
Corde i
nasion-brcgina
Pygmées occidentaux....
11 H
121,4
113-134
107,3
101-116
10 F
120,7
111-129
105,3
98-111
Pygmées orientaux.
20 H
124,1
115-133
107,3
97-118
5 F
115,8
108-123
100,2
95-105
I. fronto-sagittal
Orthnmétope»
Cliatnarmétopi-K
X
■90
90-x
N
%
N %
Pygmées occidentaux. ..
11 il
88,4
82 -92
8
72,7
3 27,2
10 F
87,3
83,3-90,8
9
90
1 10
Pygmées orientaux.
20 II
86,4
82,9-89,2
19
95
1 5
5 F
86,5
85,3-87,9
5
100
— —
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
31
L’obliquité du front a été testée sur diagramme par l'angle de Schwalbe déterminé par les lignes
qui joignent la glabelle d’une part au bregma, d’autre part à l’inion. Chez les Pygmées occidentaux,
cet angle bregmatique est en moyenne de 59°,6 (55 à 67°) pour les crânes masculins et. de 00°,2 (55
à 65°) pour les crânes féminins, la moyenne de 21 sujets, hommes et femmes rassemblés, atteignant
59°,9. Ce sont des chiffres qui indiquent un angle bien ouvert et par conséquent un front presque verti¬
cal. Du côté oriental, les six sujets (4 hommes et 2 femmes) sur lesquels nous avons pu calculer le même
angle donnent un résultat de 57° (54 à 61°) qui, compte tenu de la faiblesse numérique de cette petite
série, suggère que le front du Pygmée oriental tend à être légèrement plus oblique que celui des Pygmées
occidentaux.
Bien que nous ayons indiqué de minimes différences groupales dans la convexité et l’obliquité
de l’os frontal, il ne nous paraît pas qu’on doive les retenir comme des signes d’une réelle modification
de la morphologie frontale dans les deux séries de Pygmées. En effet ces divergences métriques sont
peu importantes et le fait qu’elles aient été trouvées à partir d’un nombre de Pygmées orientaux encore
plus réduits que pour beaucoup d’autres caractères diminue singulièrement la portée qu’elles pourraient
avoir avec d’autres effectifs.
5) Pariétal
Le pariétal du crâne des Pygmées occidentaux possède un bord sagittal toujours plus développé
que le bord temporal et les lignes temporales sont en général très atténuées, la supérieure ne se déta¬
chant qu’à peine dans la portion antérieure de l’os sans jamais atteindre la suture lambdoïde et l’infé¬
rieure pouvant être considérée pratiquement comme inexistante. Le dimorphisme sexuel se manifeste
uniquement par un effacement notable de la ligne temporale supérieure qui, chez les femmes, s’estompe
au point de devenir aussi peu marquée que la ligne temporale inférieure dans les deux sexes. Si l’on
suit la description de Thilmans basée sur environ 15 crânes, il semble que, pour ces trois caractères
pariétaux, les Pygmées orientaux soient très proches des Pygmées occidentaux, mais R. Sauter et
B. Adé (1953) signalent que, sur plusieurs crânes de Basa, particulièrement sur le P 2 masculin, « la
partie postérieure de la ligne courbe temporale supérieure, placée très haut sur le pariétal, est très
accentuée... et rejoint la suture lambdoïde très en arrière, en y formant un petit bourrelet » : selon
ces auteurs « c’est l’indication d’une aire musculaire très vaste pour Homo sapiens et qui rappelle — de
loin certes — le dispositif simien, surtout, chez le chimpanzé et l’orang-outan ». Nous n’avons jamais
remarqué cette particularité sur le pariétal du Pygmée occidental et elle ne paraît pas s’observer non
plus chez les Pygmées orientaux en dehors des seuls Basa.
En ce qui concerne la convexité de cet os, l’indice pariéto-sagittal, rapport de la corde bregma-
lambda à l’arc pariétal (tab. XII) fournit des moyennes qui donnent au pariétal du crâne des Pygmées
africain une faible convexité, avec une tendance plus vers les formes franchement aplaties que vers
les formes fortement convexes. La différence sexuelle s’avère négligeable, mais le Pygmée oriental
s’écarte du Pygmée occidental par un aplatissement pariétal légèrement plus accusée (91,7 contre
89,9) ; cette différence doit être portée au compte du raccourcissement chez lui de l’arc pariétal.
Tableau XII
Mesures (en mm J et indice de convexité du pariétal chez les Pygmées africains
Arc pariétal
Corde bregma-lambda
I. pariéto-sagittal
N
M Ecarts
M
Ecarts
M Ecarts
Pygmc
ies occidentaux. .
11 H
121,1 109-131
108,3 100-117
89,9 83,1-99,9
10 F
118,4 107-133
106,1
98-114
89,7 85,7-94,5
Pygmées orientaux.
12 H
119,7 110-130
108,8 102-117
91,7 89,4-93,9
5 F
116,4 109-121
104,2 97-110
89,4 87,2-90,9
Source : MNHN, Paris
PAULETTE MARQUER
32
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
33
6) Temporal
Dans le groupe occidental, l’écaille du temporal, de dimensions moyennes, bien développée
dans le sens antéro-postérieur, toujours aplatie, est plus souvent élevée, avec une suture temporo-
pariétale convexe et une incisure pariétale marquée quoique sans former de gouttière (8 H : 72,7 %)
que basse, avec une suture rectiligne et une incisure atténuée (3 H : 27,3 %). Chez les femmes, l’écaille
est plus basse (4 sujets : 40 %), la suture temporo-pariétale plus fréquemment rectiligne (5 sujets :
50 %) et l’incisure généralement très estompée (8 sujets : 80 %). De ces deux types d’écaille temporale
observés dans des proportions différentes, l’un, le plus fréquent, correspond à la structure normale
de cette région chez l’homme actuel, l’autre, moins bien représenté, souligne la persistance sur le crâne
pygméen de certains caractères qui se retrouvent sur des formes humaines archaïques comme les
Pithécanthropes ou les Sinanthropes et ne sont pas sans évoquer quelques traits de la morphologie
du temporal des Anthropoïdes. On décèle donc sur le temporal féminin par rapport au masculin une
certaine accentuation des éléments dits primitifs, mais il faut faire observer — et ceci est d’ailleurs
conforme au mécanisme de l’évolution morphologique — que ceux-ci ne sont pas toujours rassemblés
sur le même os, comme le montre la variation des pourcentages relatifs à chacun de ces éléments
primitifs dans la série féminine. Bien que nous ne puissions pas en fournir la répartition exacte faute
de notations détaillés sur ces caractères dans la littérature, il est certain qu’on retrouve ces deux formes
de temporaux dans le groupe oriental. M. R. Sauter et B. Adé signalent le type dit primitif sur trois
des sept crânes de Basa et Thilmans y fait allusion de manière détournée, quand il souligne que quelques
uns des crânes étudiés par lui avaient « une suture squameuse de trajet tendu et une incisure pariétale
peu encochée ». Ce dernier auteur se refuse à donner à ce fait « une signification évolutive » ; il n’en
est pas moins vrai cependant que sur le temporal des Pygmées orientaux, comme sur celui des occi¬
dentaux, il existe des traces plus ou moins nombreuses, plus ou moins évidentes, d’un relatif archaïsme
morphologique *.
Sur les crânes occidentaux, hommes et femmes ont un ptérion prenant invariablement la forme
en II du côté gauche comme du côté droit, la longueur de la suture sphéno-pariétale pouvant osciller
de 4 à 16 mm avec des moyennes de 9,4 mm (à gauche) et de 9,9 mm (à droite) chez les sujets mas¬
culins, de 6,7 mm (à gauche) et de 6,9 mm (à droite) chez les sujets féminins. Dans le groupe oriental,
1 existence du processus frontalis de l’écaille temporale sur 4 crânes (2 Basa masculins, l’homme et
la femme Aka) provoque l’apparition du ptérion en K sur 26,6 % des pièces, ce qui est un pourcentage
assez élevé différant franchement Pygmées occidentaux et orientaux en ce qui concerne cette forme
relativement rare du ptérion.
La partie squameuse du temporal est séparée de la région mastoïdienne par une crête sus-mas¬
toïdienne moyennement développée chez les hommes de la série occidentale, plus estompée chez les
femmes, mais se poursuivant dans les deux sexes jusqu’à la suture temporo-pariétale et débordant
même sur le pariétal chez deux Ba-Binga masculins. Cette crête se différencie dans la plupart des cas
dès la racine de l’apophyse zygomatique (8 H : 72,7 % ; 7 F 70 %) ou, moins souvent, plus en arrière
sensiblement à partir de la partie médiane supérieure du conduit auditif (3 H : 27,3 % ; 3 F : 30 %).
Elle suit d’abord une direction à peu près horizontale, puis elle se redresse ou bien en un coude assez
brusque qui la fait remonter presque verticalement jusqu’à la suture (6 H : 54,5 % ; 6 F : 60 %), ou
bien en suivant une direction légèrement oblique (5 H : 45,4 % ; 4 F : 40 %). Cette description ne peut
être donnée chez les Pygmées orientaux, la plupart des auteurs, même Thilmans, ne signalant qu’au
passage la crête sus-mastoïdienne.
Les apophyses mastoïdes sont moyennement robustes et assez larges sur les crânes masculins
du groupe occidental, plus fines et plus étroites sur les crânes féminins, leur surface externe présentant
dans les deux sexes un aspect bien rugeux qui témoigne d’un bon développement des muscles de cette
zone. Elles se terminent le plus souvent au-dessus du plan des condyles occipitaux, le dépassant cepen¬
dant sur un certain nombre de pièces (2 H : 18,2 % ; 2 F : 20 %). Leur longueur mesurée suivant la
1. Nous reviendrons plus loin (cf. p. 60 et 115) sur la signification qu’il convient d'attribuer à ces caractères
• primitifs ».
1 564 017 6 3
Source : MNHN, Paris
34
PAULETTE MARQUER
technique de Broca, du niveau du bord supérieur de l’arcade zygomatique prolongé à la pointe de
l’apophyse, est de 31,1 mm à gauche et 32,6 mm à droite du côté masculin, de 28,9 mm à gauche et
31 mm à droite du côté féminin. Autant qu’on en puisse juger par les observations recueillies dans
les diverses publications, le crâne du Pygmée oriental semble posséder des mastoides moins robustes,
à la surface externe plus lisse et de saillie moins prononcée : encore un nouveau signe de plus grande
gracilité reconnu chez ce dernier.
Les arcades zygomatiques du crâne occidental, assez massives chez les hommes, plus grêles
chez les femmes, toujours bien détachées de la boîte crânienne, ont un bord supérieur rectiligne (8 II :
72,7 % ; 8 F : 80 %) ou faiblement sinueux (3 il : 27,3 % ; 2 F : 20 %) et un bord inférieur invaria¬
blement très légèrement concave à tendance rectiligne. Le tubercule zygomatique antérieur est tou¬
jours nettement différencié et saillant, le tubercule postérieur généralement plus estompé et non
saillant. Dans l'ensemble, la morphologie des zygoma s’avère similaire sur le crâne oriental, â l’excep¬
tion de l’apparition sur quelques pièces masculines (3 sujets : 20 %) d'un bord supérieur prenant la
forme dite « en anse de panier ».
Pour en terminer avec le temporal vu en norma lateralis, disons encore que le conduit auditif
a un contour elliptique dans la série occidentale, elliptique ou faiblement ovalaire dans la série orientale.
7) Région malaire
Dans le groupe occidental, l’os malaire, de taille petite ou moyenne, d’aspect moyennement
à très robuste, possède sur la face externe une saillie musculaire oblique toujours fortement marquée,
un bord inférieur avec de nombreuses rugosités et un tubercule malairc saillant. L’apophyse orbitaire
est large et assez épaisse. Ces caractères s’atténuent chez les femmes qui présentent un malaire plus
grêle et plus petit, aux insertions musculaires moins accusées mais cependant bien développées pour
une musculature féminine.
Dans le groupe oriental, la région malaire n'a été décrite que sommairement, ce qui ne permet
pas une comparaison détaillée. Globalement l’aspect de l’os de la pommettes paraît semblable ; tout
au plus peut-on signaler là, comme sur bien d’autres parties du crâne, une apparence plus fine avec
affaiblissement des reliefs musculaires et c’est une autre manifestation de gracilité du crâne oriental
par rapport au crâne occidental.
8) Occipital
L’occipital du crâne pygméen (tab. XIII) est généralement le moins allongé des trois segments
sagittaux ; en moyenne, il a la même valeur dans les deux groupes du côté masculin (110,4 et 110,7 mm),
mais comme la corde lambda-opisthion du crâne occidental dépasse nettement (95,8 mm) celle du
crâne oriental (92,5 mm), l’indice occipito-sagittal s'abaisse sur ce dernier, ce qui donne à la région
occipitale une convexité légèrement plus accusée (83,5 contre 86,8), sans que l'écart vis-à-vis du Pygmée
occidental soit très conséquent. Les sujets féminins de la série occidentale possèdent un occipital plus
arrondi que celui des sujets masculins, le résultat, contraire étant relevé dans la série orientale, cette
discordance pouvant n’être qu’apparente vu le faible nombre de crânes féminins orientaux. L’accen¬
tuation de la courbure occipitale féminine est de toutes façons un phénomène normal, puisqu'elle
correspond à la présence dans ce sexe d’un chignon plus fréquent et plus volumineux.
Tableau XIII
Mesures (en mm) et indice de convexité de l’occipital chez les Pygmées africains
Arc occipital
Corde lambda-opiithion
T. occipitn-HB|(iltal
N
M Ecarts
M Ecarta
M Ecarta
Pygmées occidentaux.
11 H
110,4 101-120
95,8 89-102
86,8 83,6-95,1
10 F
107,2 103-119
89,6 84- 97
83,5 78,5-89,8
Pygmées orientaux.
12 H
110,7 103-119
92,5 90- 96
83,5 80,6-87,3
5 F
107,6 106-113
91,6 91- 94
85,1 83,1-85,8
Source : MNHN, Paris
35
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
9) Profil du crâne facial
Faisant suite à une glabelle peu saillante, la dépression de la racine du nez se trouve elle-même
plutôt estompée : pratiquement nulle sur 70 % des crânes féminins de la série occidentale (7), elle
apparaît, mais encore atténuée, chez les autres sujets féminins (3 : 30 %) et 54,5 % des sujets mas¬
culins (6), 45,4 % de ces derniers (5) présentant cependant une dépression sous-glabellaire moyenne¬
ment marquée. Les os nasaux ont un profil bien concave dans les deux sexes, ne se relevant faiblement
qu’à leur extrémité inférieure, ce qui diagnostique un fort aplatissement du nez sur le vivant. L’épine
nasale, fréquemment dédoublée, est peu développée, se rangeant dans les catégories 1 ou 2 de Broca
et n’atteignant la catégorie 3 que sur environ un quart des crânes masculins (3). Du côté oriental,
Thilmans décrit de façon sensiblement identique, mais peut-être avec moins de précision, l’aspect global
du profil facial : glabelle juste esquissée, os du nez peu saillants par rapport aux portions latérales de la
face, épine nasale parfois très faible et dédoublée, ou d’un calibre moyen, mais rarement très accusée.
La projection en avant du massif facial, déjà observée en norma verticalis pour la partie alvéo¬
laire, devient encore plus visible en norma lateralis et l’on peut évaluer le degré du prognathisme
par le calcul des angles (tab. XIV) ou par l’indice gnathique (tab. XV).
Le Pygmée africain, faiblement orthognathe ou mésognathe par son profil nasal (H : 80°,9 à
86°,1 ; F : 78°,6 à 84°,1), atteint un franc prognathisme dans la partie alvéolaire (H : 67°,3 à 72°,6 ;
F : 62°,3 à 73°,3), l’angle du profil total traduisant un mésognathisme à la limite du prognathisme
(H : 78°,5 à 81° ; F : 74°,6 à 80°,7). On peut donc parler chez lui d’une forte avancée de la région alvéo¬
laire qui traduit un bon degré de prognathisme sous-nasal, celui-ci étant d’ailleurs, dans notre docu¬
mentation comme dans celle des Pygmées orientaux, certainement plus prononcé que ne le montrent
les valeurs angulaires. En effet, ces dernières donnent des chiffres perturbés par suite, soit d’une fré¬
quente altération des alvéoles due à l’ablation intentionnelle des incisives médianes, soit d’une dété¬
rioration post-mortem également fréquente de la partie antérieure du maxillaire supérieur ; elles
indiquent en conséquence dans les deux cas des angles plus ouverts qu’ils ne le seraient si la mâchoire
avait conservé sa morphologie naturelle ou intacte. Sur l’ensemble des étages faciaux considérés, la
distinction sexuelle s’exprime par un accroissement du prognathisme dans les séries féminines, à
l’exception du profil alvéolaire des femmes occidentales, chez lesquelles l’angle s’ouvre un peu plus
que chez les hommes, les deux sexes n’en appartenant pas moins à la catégorie prognathe. Du point
de vue des divergences groupales, les Pygmées orientaux se conduisent vis-à-vis des Pygmées occiden¬
taux comme les femmes vis-à-vis des hommes à l’intérieur de chaque groupe, c’est-à-dire qu’ils
témoignent d’un prognathisme nettement plus fort, principalement en ce qui concerne les angles des
profils nasal et alvéolaire.
Tableau XIV
Évaluation du prognathisme chez les Pygmées africains par les divers angles faciaux
N M Ecarts Hyperprognathes Prognathes Mésognathcs Orthognathes
Angle du
Profil
X-
-69,9
70-79,9
80-84,9
85
-X
nasal
N
%
N
%
N
%
N
%
Pygmées occidentaux...
10
H
86,1
80-95
_
_
_
_
4
40
6
60
9
F
84,1
79-90
2
22,2
3
33,3
4
44,4
Pygmées orientaux.
20
H
80,9
67-90
1
5
5
25
11
55
3
15
3
F
78,6
78-79
3
100
Angle du profil
alvéolaire
Pygmées occidentaux...
9
H
72,6
63-83
2
22,2
6
66,6
1
11,1
_
9
F
73,3
63-82
3
33,3
5
55,5
1
11,1
Pygmées orientaux.
16
H
67,3
62-78
13
81,2
3
18,7
_
_
3
F
62,3
59-65
3
100
Source : MNHN, Paris
36
PAULETTE MAHQUEH
Angle du profil
Pygmées occidentaux. . .
9 H
total
81
76-86 — —
4
44,4
4
44,4
1 11,1
9 F
80,7
75-86 — —
3
33,3
5
55,5
1 11,1
Pygmées orientaux.
16 H
78,5
74-85 — —
11
68,7
4
25
3 F
74,6
72-77 — —
3
100
La même tendance vers une face bien projetée en avant se dégage de la lecture du tableau XV
dans lequel le rapport du diamètre basion-prosthion au diamètre basion-nasion fournit un indice
gnathique moyen supérieur à 100 (H : 102,3 à 104,6 ; F : 103,9 à 105,3). Pris en bloc, ces chiffres
attribuent aux Pygmées d’Afrique un profil facial total d’aspect prognathe, mais on remarquera que,
par cette autre méthode d’évaluation du prognathisme, nous ne retrouvons pas, dans le même sens
la différence groupale déduite précédemment de l'angulation du profil total. Ce sont en effet mainte¬
nant les Pygmées occidentaux qui surpassent — légèrement il est vrai — les orientaux pour le degré
de prognathisme.
Tableau XV
Evaluation du prognathisme chez les Pygmées africains par l’indice gnathique
N
M
Ecarts
N
M
Hosrts
Longueur basion-
-nasion
Longu
eur basion-prosthion
Pygmées
occidentaux....
11 H
99,1
91-107
10 H
103,3
93,111
10 F
95,8
92-101
9 F
99,3
96-103
Pygmées
orientaux.
18 H
95,1
85-102
16 H
97
82-104
5 F
92,6
88-95
3 F
98,6
96-102
Indice gnathique
Orthognathes
Mésognathes
Prognathes
x-97,9
98-102,9
103-x
N %
N %
N %
Pygmées
occidentaux.
10 H
104,6
101,8-110,2
_ _
4 40
9 F
103,9
100 -108,4
— —
2 22,2
7 77,7
Pygmées orientaux.
16 H
102,3
93,9-110,1
5 31,2
2 12,5
3 F
105,3
104,2-107,3
— —
— —
3 100
E. No
RM A FACIALI
is (pl. 9, 10,
11, 12)
Dès qu’on regarde le crâne du Pygmée africain de face, on est frappé par un squelette facial
de hauteur très réduite mais d’une bonne extension transversale. Comme cette face d’apparence large
est associée couramment à de la mésocranie, on ne peut en général parler ni d’un type harmonique, ni d’un
type dysharmonique. Cependant, les tendances relevées précédemment vers la brachycranie ou la
dolichocranie font qu’on se trouve, dans d’assez nombreux cas, en présence d’une orientation soit
vers la forme harmonique — et ce sont alors des brachycrânes à faces larges —, soit vers la forme
dysharmonique — et ce sont cette fois des dolichocrânes à faces larges —. Ce que nous venons de dire
joint à l’analyse relative à l’indice crânien laisse à penser qu’il doit exister à ce sujet une différence
groupale : du côté occidental, les deux tiers des sujets appartiennent à ce qu’on peut appeler le type
mixte (mésocrânes à faces mésènes ou euryènes), l’autre tiers se partageant entre le type harmonique
(brachycrânes à faces euryènes) et le type dysharmonique (dolichocrânes à faces euryènes) ; du côté
oriental, un tiers des crânes sont d’aspect mixte, les deux tiers restants manifestant la dysharmonie
crâne long — face large, sans apparition d’aucune forme harmonique.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 37
1) Frontal
Sous 1 incidence faciale, le frontal des Pygmées occidentaux présente cette apparence bombée
que nous avons déjà diagnostiquée et évaluée en norma lateralis ; il n’y a pas de métopisme et les
bosses latérales, bien détachées, sont au nombre de deux, sauf sur trois crânes masculins (22,3 %)
ou elles se reunissent en une seule bosse centrale. L’observation de ces caractères est identique dans
les deux sexes, à l’exception des bosses frontales, dont on ne relève pas, chez les femmes, de cas où
elles fusionnent. Les arcades sourcilières, moyennement développées du côté masculin, presque inexis¬
tantes du côté féminin, se dessinent uniquement dans la région médiane, ne formant par conséquent
jamais de torus supra-orbitaire et ne se confondant pas avec le bord supérieur de l’orbite toujours
différencié.
Chez les Pygmées orientaux, la diagnose du front en norma facialis apporte des renseignements
similaires : môme aspect bombé, arcades « délicates, ne participant pas au rebord orbitaire mais qui
n en sont pas moins présentes..., se renforçant seulement chez quelques sujets masculins » (d’après
Thilmans), présence constante de deux bosses frontales.
• Pygmées occidentaux
a Pygmées orientaux
HVPEREURYENES EURYENES MESENES LEPTENES
2) Proportions de la face
Les très petites séries de crânes pygméens dont nous disposons, déjà déficientes quant à leurs
effectifs pour la morphologie de la boîte crânienne, se trouvent encore réduites lorsqu’on aborde l’étude
du massif facial. En effet deux des mesures indispensables pour évaluer les proportions de la face ne
peuvent être prises sur toutes les pièces : ce sont les hauteurs nasion-prosthion et surtout nasion-
gnathion qui, par suite d’une détérioration des alvéoles des dents antérieures consécutive soit à une
mauvaise denture soit à l’ablation intentionnelle des incisives médianes, risquent de s’exprimer par
des chiffres plus approximatifs et plus douteux que ceux des autres dimensions du crâne. Nous avons
préféré éliminé les sujets chez lesquels ces mensurations donnaient des résultats par trop hypothétiques,
ne conservant que ceux sur lesquels on pouvait parvenir à une estimation suffisante.
Compte tenu des restrictions apportées ci-dessus, le massif facial (tab. XVI) est défini par une
largeur moyenne du diamètre bizygomatique (H : 128,3 et 129,4 mm ; F : 120 et 120,7 mm) et une hauteur
Source : MNHN, Paris
38
PAULETTE MARQUER
particulièrement faible tant dans sa partie supérieure (II : 60,1 et 65,6 mm ; F : 57 et 62,7 mm) que
dans sa totalité (11 : 105 et 107,7 mm ; F : 100,5 et 100,7 mm). Ces données attribuent aux Pygmées
africains des indices mésènes et leptoprosopes à fortes tendances vers l’euryénie (H : 47,1 et 51,1 mm ;
F : 47,2 et 52,1) et vers l’euryprosopie (II : 83,2 et 84,6 et ; F : 80,4 85,7). Les Pygmées orientaux de
sexe masculin présentent à ce point de vue des différences manifestes vis-à-vis des Pygmées occidentaux.
Avec un diamètre bizygomatique très voisin dans les deux groupes, le crâne oriental témoigne en effet
d’une face franchement moins haute l’engageant plus que le crâne occidental vers les catégories curyène
ou môme hypereuryène et euryprosope ; ceci ressort clairement à la lecture du graphique de répar¬
tition de l’indice facial supérieur (fig. 10) : du côté oriental, 55,5 % d’euryènes (10) complétés par 22,
2% d’hypereuryènes (4) s’opposent à la dominance mésène (11 sujets : 61,1%) des occidentaux,
à laquelle viennent s’ajouter 11,1 % (2 sujets) de leptènes qui ne sont contrebalancés que par 27,7 %
d’euryènes (5 sujets). Dans la série occidentale, le dimorphisme sexuel paraît faible ; il en va de même
dans la série orientale, tout au moins pour l'indice facial supérieur et c’est pourquoi nous avons réuni
hommes et femmes dans la répartition de ce dernier, éliminant de surcroît la répartition de l’indice
facial total vraiment trop pauvrement représenté.
Tableau XVI
Mesures (
en mm) el proportions de lu face chez
les Pygmées
africains
N M
F.rarts
N
M
Ecarts
Hauteur nasion-prosthion
Hauteur naaion-gnathion
Pygmées occidentaux.
9 H G5,6
61-71
7 H
107,7
101-113
9 F 62,7
56-68
4 F
100,7
92-107
Pygmées orientaux.
15 H 60,1
45-68
2 II
105
104-106
3 F 57
56-59
2 F
100,5
99-102
Diamètre bizygomatique
1. facial total
Pygmées occidentaux.
11 H 129,4
121-135
7 II
84,6
77,7-93,4
10 F 120,7
114-125
4 F
85,7
77,3-91,2
Pygmées orientaux.
16 H 128,3
116-139
1 H
83,2
_
5 F 120
109-127
2 F
80,4
80,3-80,5
I. facial supérieur
N Hypereuryèn
es Euryènes
Mésènes
Lepténe#
x-44,9
45-49,9
50-54,9
55-59,9
N %
N %
N %
N %
Pygmées 9 H
51,1 46,2-57,8
18 II — —
5 27,7
11 61,1
2 11,1
occidentaux ... 9 F
52,1 47,1-56,1
+ F
Pygmées 15 H
47,1 38,8-53,9
18 H 4 22,2
10 55,5
4 22,2
_ _
orientaux. 3 F
47,2 44,1-51,3
+ F
L’examen des indices cranio-facial transverse (rapport de la largeur de la face à celle du crâne)
et jugo-inandibulaire (rapport de la largeur bigoniaque à la largeur faciale) complète l'étude des pro¬
portions du massif facial. Comme on le voit par les chiffres collectés sur le tableau XVII, la relation
des dimensions transversales du crâne et de la face fournit des moyennes indicielles de 98 (II.) et de
93,1 (F) chez les Pygmées occidentaux, de 95,7 (H.) et de 93,7 (F.) chez les Pygmées orientaux. Dans
le sexe masculin, les premiers manifestent une tendance vers la phénozygie (4 sujets : 36,3 %), les
seconds sont plus franchement cryptozyges (13 sujets 81,2 %) ; cette divergence groupale ne se reflète
pas dans les valeurs féminines, mais sous l’incidence du sexe les femmes ont toujours un indice inférieur
à celui des hommes, donc plus cryptozyge. Quant à l’indice jugo-mandibulaire, il s'exprime par des
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 39
moyennes de 72,3 (H) et de 71,1 (F) dans le groupe occidental, de 70,1 (H) et de 68,5 (F) dans le groupe
oriental, chiffres qui expriment un bigoniaque plutôt faible par rapport au bizygomatique. La femme
a un indice moins élevé que 1 homme et le Pygmée oriental possède une largeur bigoniaque moins
grande par rapport h la largeur de la face que celle du Pygmée occidental.
Tableau XVII
Indices cranio-facial et jugo-mandibulaire chez les Pygmées africains
N
M
Ecarts
N
M
Ecarts
I. cranio-facial
I. jugo-mandibulaire
Pygmées occidentaux.
11 H
98
87,8-106,4
9 H
72,3
65,6-77,7
10 F
93,1
86,8-103,3
7 F
71,1
65,1-75,6
Pygmé
les orientaux.
16 H
95,7
67,5-107,1
12 H
70,1
60,3-81,1
5 F
93,7
85,8-100,8
5 F
68,5
60,9-75,8
Répartition de
l'indice cranio-facial
N
Cryptozyges
Phénozy ges
inf.
à 100
sup. à
100
N
%
N
%
Pygmées occidentaux.
11 H
7
63,6
4
36,3
10 F
9
90
1
10
Pygmées orientaux.
16 H
13
81,2
3
18,7
5 F
4
80
1
20
3) Région orbitaire
La cavité orbitaire des Pygmées africains, de contour s’approchant du rectangle chez les hommes,
du carré chez les femmes, possède un bord externe tranchant et plus développé que le bord interne ;
elle est aussi de manière constante légèrement oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Ces élé¬
ments descriptifs s’avèrent très semblables dans les deux groupes.
Tableau XVIII
Dimensions (en mm) et indices de la région orbitaire chez les Pygmées africains
Côté
N
M
Ecarts
M
Rnupts
Largeur (au P'maxillo-frontal)
Hauteur
Pygmées occidentaux.
Orb. g.
11 H
42,6
40-45
32,6
31-37
» d.
11 H
42
40-44
32,4
29-38
» g-
9 F
41,3
39-47
32,6
29-36
» d.
10 F
40,6
35-46
32,9
29-37
Pygmées orientaux.
19-20 H
41,1
33-45
32,4
29-35
» g-
3- 5 F
39,5
38-41
31,6
29-35
Diamètre interorbitaire
Diamètre
biorbitaire
Pygmées occidentaux_
11 H
21,1
18-25
99,6
93-105
10 F
20,3
18-25
96,8
91-105
Pygmées orientaux.
13-19 H
21,8
19-26
98,4
89-111
3- 5 F
21,6
21-23
92,8
87- 98
Source : MNHN, Paris
40
PAULETTE MARQUER
I. orbitaire I. interorbitaire antérieur
Pygmées occidentaux.
Orb. g.
11 H
76,7
66,6-90,2
21,1
18 -23,8
» d.
11 H
77,4
68,2-95
» g-
9 F
79,1
74,3-85
20,9
17,7-24,4
» d.
10 F
79,2
72,5-85
Pygmées orientaux.
» g-
19-13 H
79,6
66,6-90,9
21,9
19 -25,5
« g-
4- 3 F
81,6
75 -86,8
22,7
21,4-24,4
Répartition de VI. orbitaire (orbite gauche)
Chamaeconques Mésoconques
x-75,9 76-84,9
N
%
N
%
Pygmées occidentaux.
11 II
8
72,7
2
18,1
9 F
2
22,2
6
66,6
Pygmées orientaux.
19 H
3
15,8
14
73,6
4 F
1
25
2
50
• Pygmées occidentaux
A Pygmées orientaux
Hypsiconques
85-x
N %
t 9,1
1 11,1
2 10,f>
1 25
CHAMAECONQUES MESOCONQUES
HYPSICONQUES
A
• • •
_l-1_I
6 6 68 70
72 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92
F, ° 11 _ Di,tribution de lindice orbitaire chez les Pygmées africains (orbite gauche; largeur au dacryon ; sexes
Du point de vue métrique (tab. XVIII), l’orbite atteint une largeur moyenne de 41,1 mm et
42,6 mm dans le sexe masculin, cette mesure étant prise au point maxillo-frontal, et de 39,5 h \\ ;) , mtl
dans le sexe féminin 1 ; sa hauteur est assez faible, de .'52,4 mm et 32,6 mm chez les hommes, de 31,6 mm
et 32,6 mm chez les femmes, ce qui, dans les deux groupes, la range parmi les mésoconques (II’: 76,7
et 79,6 ; F : 79,1 et 81,6). L’orbite féminine accuse une inésoconquie plus franche que l’orbite mascu¬
line, résultat qui va de pair avec la forme moins rectangulaire que nous lui avons reconnue. Mnis si
l’indice moyen est mésoconque, il faut ajouter qu’il se situe à la limite des chamaeconques, la répar¬
tition par catégories, avec de minimes pourcentages d’hypsiconques, traduisant mieux que les moyennes
1. On trouvera au tableau XXVII p. 87 les mesure» de la largeur orbitaire priie au dacryon.
Source : MNHN, Paris
DU CENTRE AFRICAIN
41
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX
«eue orientation vers les formes orbitaires surbaissées. Pour ce qui a trait aux variations intergroupales
le. Pygmée, orientaux ont de, orbites moms large, mais presque aussi haute, que celles des PygLe,
occidentaux; .le» résulté cher, les premier, une diminution manifeste des chamaeconques (3 H :
/0 , ° 8 , H r 72,7 ’f" pr ° Ct d “ d'où, dans le graphique de répartition de la
ligure 11, un net glissement des valeurs individuelles orientales vers les indice, élevé. D'autre part
la comparaison de, dimension, bilatérale, des orbites, évaluées sur le seul groupe occidental permei
de montrer que l, largeur dan, les deux sexes et la hauteur uniquement elle, les hommes sont nu peu
moins grandes du côte droit que du côté gauche ; l'indice n'est guère touché par ces faibles écarts de,
dimensions absolues.
Le diamètre l.iorbitaire oscille de 98,4 mm à 99,6 mm chez les hommes, de 92,8 mm à 96 8 mm
chez es femmes ; le diamètre interorbitaire va de 21,1 mm à 21,8 mm dans le sexe masculin, de 2 o ’,3 mm
' V- '" n ‘ dans lc f cxe fém,n,n - Le rapport de ces deux mesures estime l’écartement relatif des orbites
de9 'wm T té , rie n qUi CSt ^ 214 (H) Ct dG 2 °’ 9 Chez les P >g mées occidentaux,
de 21,J (11) et de 22,7 (F) chez les Pygmees orientaux. Les divergences sexuelles ou groupales paraissent
minimes, bien qu on puisse signaler une légère tendance à l’augmentation de l’indice dans le groupe
oriental, cette modification étant fonction d’un accroissement chez eux de la largeur interorbitaire
conjugué avec une réduction du diamètre biorbitairé. L'écartement des orbites sur le crâne pygméen
peut donc être considéré comme assez important, surtout chez le Pygmée oriental.
4) Région nasale
La région nasale, vue de face, présente un certain nombre de caractères qui s’intégrent dans
cuber" 1 dU C ° mp,eXe facial et contribuent à donner au faciès du Pygmée africain un aspect parti-
Lhez les Pygmées occidentaux, les os propres ont une forme en sablier sur 63,6 % des crânes
masculins (7) et 80 % des crânes féminins (8), 36 % des premiers (4) et 20 % des seconds (2) possédant
des os qui pourra.ent presque s’inscrire dans un rectangle, sans rétrécissement de la partie médiane.
Leur extrémité supérieure est parfois moins large que leur extrémité inférieure mais toujours de très
peu et sur une bonne moitié des sujets (6), on constate que l’extension transversale du bord naso-
frontal tend à s'égaliser sur celle de l’extrémité inférieure, ceci même quand les os propres sont en forme
de sablier. Cet élargissement de l’appendice nasal à sa partie supérieure est en relation, chez le Pygmée,
avec 1 écartement assez grand des orbites dont nous avons parlé au paragraphe précédant. Par ailleurs,’
un fait déjà remarqué en nornia lateralis, la concavité de ces mêmes os, se traduit en norma facialis
sur leur mode d’union, qui s’opère soit en un angle excessivement ouvert, soit, et ceci sur un pourcen¬
tage non négligeable de pièces (5 H : 45,4 % ; 3 F : 30 %), en bord à bord sans réelle angulation. La
suture médiane qui les réunit, entièrement visible sur deux tiers des crânes, commence à se souder
par I extrémité inférieure dans le tiers restant, la synostose complète ne s’observant que sur un sujet
eminin (Ba-Binga n° 18449). Comme cette femme Ba-Binga est jeune (environ 20 ans), il s’agit vrai¬
semblablement d une anomalie de la fermeture suturale, qui produit une union à angle très aigu des
os propres que nous ne retrouvons sur aucun des autres sujets. La suture naso-frontale est toujours
présente et le plus souvent légèrement incurvée. Quant à l’ouverture nasale, dont la largeur sera précisée
plus loin, on lui trouve un bord tranchant de type européen chez 63,6 % des hommes (7) et 60 % des
femmes (6), la forme en gouttière n’apparaissant que sur un nombre relativement faible de crânes
(3 H : 27,2 % ; 2 F : 20 %) et les fosses prénasales étant également rares (1 H : 9,1 % ; 2 F : 20 %).
(.liez les Pygmées orientaux, autant qu’on en puisse juger par les descriptions recueillies dans
la lmérature, les os propres du nez sont fortement aplatis, ce qui implique un mode d’union en bord
à bord certainement fréquent, de forme en sablier ou à tendance rectangulaire, avec un bord supérieur
p us petit ou presque égal au bord inférieur et une suture naso-frontale souvent synostosée dans sa
partie inférieure. Ces caractères ne les différencient pas sensiblement des Pygmées occidentaux. Mais
en ce qui concerne l’ouverture piriforme, si le taux du type en gouttière (26,6 % sexes réunis : 4 sujets)
se rcvele proche de celui des Pygmées occidentaux (23,6 % sexes réunis : 5 sujets), il semble en revanche
y avoir sur lc crâne oriental une augmentation sensible des fosses prénasales (33,3 % sexes réunis •
o sujets) corrélative à une diminution du type à bord tranchant (20 % sexes réunis : 3 sujets)
Source : MNHN, Paris
42
PAULETTE MARQUER
Considéré sous l’incidence métrique, le nez du Pygmée africain (tab. XIX), à la fois large (H :
26,G mm et 27,9 mm ; F : 25,6 mm et 26,8 mm) et très court (H : 44,6 mm et 46,2 mm ; F : 42 mm
et 44,6 mm), atteint un indice moyen hyperchamaerhinien (H : 59,7 et 60,3 ; F : 60,1 et 60,9). Les
leptorhniens, comme on pouvait s’y attendre avec de telles mesures, sont absents, les mésorhiniens
à peine représentés et les deux catégories de nez franchement larges renferment la grande majorité
des sujets. Signalons que la hauteur nasale est moins élevée dans les séries orientales, en accord avec
une hauteur faciale également moindre que dans les séries occidentales. Mais, comme la largeur du nez
est un peu plus grande chez le Pygmée occidental, l’indice demeure voisin dans l’un et l’autre groupe
et la légère réduction des hyperchamaerhiniens chez les orientaux est compensée par une augmentation
des chamaerhiniens, ainsi qu’on le voit sur le graphique de répartition de la ligure 12.
• Pygmées occidentaux
A Pygmées orientaux
MESO-
RHINIENS
CHAMAE¬
RHINIENS
A A
A A
HYPERCHAMAE
RHINIENS
A
A A
A A
A A A
A A « • #
• A • • •
A
A A
51
53 55 57
59 61
63 65 67
Fig. 12.
— Distribution de l'indice nasal chez les Pygmées africains (sexes réunis).
Tableau
XIX
Dimensions (en mm) et indice du
nez chez les Pygmées africains
N
M
Ecarts
M
Ecarts
Hauteur
Largeur
Pygmées occidentaux..
. 11 H
46,2
44-51
27,9
23-31
10 F
44,6
41-50
26,8
23-32
Pygmées orientaux....
. 20 H
44,6
38-48
26,6
22-31
5 F
42
38-45
25,6
21-27
1 nmnl
Vlésorhiniens
Chamaerhiniens Hypcrchai
aorhiniens
'.8-52,9
53-57,9
58
X
N %
N %
N
%
Pygmées occidentaux.
11 11
60,3 52,2-65,9
1 9,1
2 18,2
8
72,7
10 F
60,1 51,1-64
1 10
1 10
8
80
Pygmées orientaux...
20 H
59,7 51 -68,3
1 5
6 30
13
65
5 F
60,9 55,2-67,5
— —
1 20
4
80
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 43
En résumé, le trait caractéristique du massif facial des Pygmées africains, tel qu’il nous apparaît
après 1 étude de ses principales composantes, consiste en un raccourcissement très spectaculaire de
ses dimensions longitudinales, ce qui produit l’impression d’un élargissement relatif de ses dimensions
transversales. Si l’on ajoute l’existence d’un fort prognathisme alvéolaire, on a diagnostiqué l’essentiel
du faciès pygméen, dont on s aperçoit que, dans ses grandes lignes, il est mieux reproduit du côté
oriental que du côté occidental.
F. Norma occipitalis (pl. 13, 14)
1) Forme de la voûte
Chez les Pygmées occidentaux comme chez les orientaux, le crâne examiné par sa face postérieure
présente un contour régulier, avec une voûte moyennement arrondie se rattachant à des parois pariéto-
occipitales qui décrivent une courbe, dont l’incurvation, marquée au niveau des bosses pariétales,
s'estompe au fur et à mesure qu’on approche des apophyses mastoïdes. Les sexes étant rassemblés,
on reconnaît la forme dite « en bombe » sur 42,8 % des crânes occidentaux (9) et 33,3 % des crânes
orientaux (5), 47,6 % des premiers (10) et 53,3 % des seconds (8) se rapprochant beaucoup de ce type
mais ne le réalisant pas parfaitement en raison d’une atténuation sensible du renflement des parois
dans leur partie supérieure. Ce n’est que rarement, et encore jamais de façon très nette, qu’on se trouve
en présence de la forme « en maison » (2 Pygmées occidentaux : 9,5 % ; 2 Pygmées orientaux : 13,3 %).
Dans les deux groupes, le diamètre bipariétal surpasse les diamètres biauriculaire et bimastoïde, la
pointe des apophyses s’orientant invariablement vers l’intérieur.
2) Uelief musculaire
Sans se montrer d’une faiblesse exagérée, les empreintes des muscles ne présentent cependant
pas un développement accusé ; d’une façon générale, elles n’offrent un relief sensible que dans la partie
médiane de l’occipital, s’estompant ou disparaissant aux approches des sutures pariéto-occipitale ou
temporo-occipitale. La ligne suprême est généralement absente, il n’y a pas de torus occipital, la ligne
courbe supérieure enfin ne se dessine qu’avec moins de netteté et moins de continuité que la ligne courbe
inférieure. Les hommes possèdent normalement des insertions plus puissantes que les femmes, la dis¬
tinction sexuelle, sauf chez un Ba-Binga féminin d’aspect assez robuste, ne donnant pas lieu à un
diagnostic douteux. Les divergences groupales semblent également faibles, les Pygmées orientaux
manifestant peut-être une gracilité plus réelle que les Pygmées occidentaux. Signalons toutefois et
en contradiction avec la remarque précédente l’observation de Thilmans suivant laquelle « la portion
osseuse comprise entre les lignes courbes supérieure et suprême apparaît parfois renflée en un torus
plus ou moins saillant et d'extension latérale variable ». Comme il a été dit plus haut, nous n’avons pas
noté l’existence d’une telle formation dans le groupe occidental ; Thilmans est le seul qui en parle
pour les Pygmées orientaux, de manière assez vague d’ailleurs puisqu’il ne mentionne pas les crânes
sur lesquels il a reconnu un torus occipital.
3) Courbe transversale
La courbe auriculo-breginatique, d’un porion à l’autre, s’exprime en des valeurs moyennes
de 299,1 mm (H) et 290,9 mm (F) chez les Pygmées occidentaux, de 303,3 mm (H) et 286,2 mm (F)
chez les Pygmées orientaux. Ces chiffres, vraiment bas, révèlent un pourtour transversal de faible
extension, le dimorphisme sexuel étant normal et les différences de groupe minimes.
G. Norma basilaris (pl. 15, 16, 17, 18)
1) Crâne cérébral
En accord avec ce qui a été relevé dans le relief musculaire de la partie sus-iniaque de l’occipitaf,
la région de la nuque ou partie sous-iniaque visible en norma basilaris n’accuse pas, dans les séries
Source : MNHN, Paris
44
PAULETTE MARQUER
occidentales, de saillies réellement importantes. Les traces d’insertion des muscles sont moyennes
chez les hommes, faibles à très faibles chez les femmes et la crête médiane, quoique toujours présente
sur les crânes des deux sexes, paraît en particulier passablement estompée. Les sujets des séries orien¬
tales, avec des attaches musculaires encore plus ténues, manifestent dans cette zone de l’occipital
une plus franche gracilité et ceci les sépare des Pygmées occidentaux de façon plus évidente que dans
la comparaison du relief de la zone sus-iniaque ; il semble aussi que la différenciation sexuelle, pour
cette région, soit moins nette du côté oriental.
Les dimensions du foramen magnum (tab. XX), avec une bonne longueur (IL : 36,3 mm et
37,9 min ; F : 33,7 mm et 34 mm) et une faible largeur (Il : 28,4 mm et 29,1 mm ; F : 27 mm et 28,5 mm),
donnent un indice peu élevé (H : 75,1 et 79,9 ; h’ : 79,7 et 84,1) qui témoigne d’un sérieux allongement
du trou occipital. Aussi la répartition indicielle montre-t-elle une prédominance des foramen étroits
sur les moyens et les larges, en même temps qu’elle souligne des différences sexuelle et groupale : les
femmes ont un trou occipital plus large que celui des hommes, les Pygmées orientaux l’ont plus étroit
que celui des occidentaux (fig. 13). Ajoutons, pour le seul groupe occidental, que l'angle d’inclinaison
du foramen, déterminé par l’intersection de la droite basion-opisthion et du plan de Francfort, est
tantôt négatif (— 0,30° à — 3° chez les hommes ; — 0,30° à — 4° chez les femmes), tantôt positif
(+ 1° à -f- 4° chez les hommes ; -f- 2° à + 5° chez les femmes) : le trou occipital est donc orienté soit
vers l’arrière — et c’est un caractère primitif —, soit vers l’avant — et c’est un caractère moderne —,
mais cette inclinaison d’un côté ou de l’autre est toujours faible.
• Pygmées occidentaux
A Pygmées orientaux
A
A A
MICROSEMES
MESOSEMES MEGASEMES
• A A «
• • • A «
69 71 73 75 77 79 81 83 85 87 89 91 93
Fig. 13. — Distribution de l'indice du foramen magnum chez les Pygmées africains (sexes réunis).
Tableau XX
Dimensions (en mm) et indice du foramen magnum chez les Pygmées africains
N
M
Ecarts
M
Ecarts
Le
ingueur
Largeur
Pygmées occidentaux.
. 11 H
36,3
33-41
29,1
25-33
10 F
33,7
29-39
28,5 24-32
Pygmées orientaux.
. 11 11
37,9
31-40
28,4 25-32
5 F
34
29-37
27
25-29
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE
SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
45
Pygmées occidentaux..
Pygmées orientaux... .
N
%
N
’%
N
%
79,9
73,5-88,9
8
72,7
1
9,1
2
18,1
84,1
74,3-94,1
4
40
1
10
5
50
75,1
69,2-82
10
90,9
1
9,1
_
_
79,7
72,2-86,2
3
60
1
20
1
20
s Pygmées occidental
ux,sont
de taille petite
à moyenne, i
de forme
il H
10 F
11 H
5 F
généralement ovalaire sans étranglement médian et d’une convexité marquée. Sur quelques crânes
masculins (4) leur format augmente et un étranglement accusé apparaît en leur milieu, ce qui provoque
dans deux cas une tendance au dédoublement du condyle soit à droite soit à gauche. Nous n’avons
pas trouvé de renseignements à ce sujet chez les Pygmées orientaux et, comme les illustrations concer¬
nant la vue inférieure font la plupart du temps défaut, il ne nous a pas été possible de relever les parti¬
cularités susceptibles de définir la morphologie des condyles occipitaux dans ce groupe.
I.a rainure digastrique du crâne occidental est profonde du côté masculin et le processus para-
mastoïde se détache en une crête saillante qui s’épaissit vers l’arrière en produisant un épais bourrelet ;
du côté féminin, la rainure et le processus accusent un moindre développement attribuant à l’ensemble
de 1 apophyse un aspect bien différencié du point de vue sexuel. En revanche, l’apophyse basilaire
présente chez les hommes comme chez les femmes un relief fort peu tourmenté : le tubercule pharin-
gien n est que légèrement dessiné, pouvant même s’estomper presque complètement sur plusieurs
crânes féminins ; les fossettes sont absentes ou juste esquissées. Il n’y a pas non plus de notations
précises sur ces éléments pour les sujets orientaux.
La cavité glénoïde, allongée dans le sens tranverse et plutôt étroite dans le sens antéro- posté¬
rieur, ne se creuse que moyennement et s’oriente en légère obliquité d’avant en arrière et de dedans
en dehors. Le condyle temporal, peu élevé, ne fait jamais saillie sur la face inférieure. On n’observe
aucun exemplaire sur lequel cette cavité s’aplatisse suffisamment pour qu’on puisse évoquer un rap¬
prochement avec la cavité glénoïde des grands Primates, mais certains autres signes d'archaïsme
morphologique apparaissent sur quelques pièces dans cette région. 5 crânes (23,8 %) ont en effet un
développement plus ou moins accentué du tubercule post-glénoïde qui prend une allure nettement
primitive : chez deux hommes (Ba-Binga n° 18448 et 22257) ce développement devient tel qu’il y a
formation d’une véritable apophyse post-glénoïde (fig. 14), laquelle participe à la paroi postérieure
de. la cavité à la place du tympanique comme c’est la règle générale sur la majorité des crânes actuels ;
chez un troisième homme (Ba-Bongo n° 4652) et deux femmes (Ba-Binga n° 18449, Akoa n° 4577),
Source : MNHN, Paris
46
PAULETTE MARQUER
l’apophyse est seulement ébauchée sous forme d’une petite languette. Dans le groupe oriental, on
trouve également ce que Sauter et Adé appellent des caractères « pithécoïdes » : l’homme Basa P 2 a
une cavité glénoïde plate qui, d’après les auteurs cités, est « nettement simienne » ; la femme P 4 possède
une apophyse post-glénoïdc « comme on en observe sur les Singes anthropomorphes » et chez les hommes
P 2 et P 5 « le tubercule se présente comme une languette étalée en direction de l’os tympanique ».
Le rocher et l’os tympanal sont sur la majorité des pièces presque dans le prolongement l’un
de l’autre, une angulation légère se manifestant cependant sur 4 hommes et 2 femmes (28,5 %) du
groupe occidental. Nous n’avons pas de renseignements sur l’angle pétro-tympanal des crânes orientaux,
mais Thilmans signale dans cette région une autre particularité qui se retrouve fréquemment aussi
sur les crânes occidentaux : par rapport à un Européen, il y a chez le Pygmée africain, comme d’ailleurs
dans de nombreuses populations mélanodermes, une réduction du trou déchiré antérieur causée par
l’avancement de la face antéro-inférieure de la pyramide pétreuse.
Les apophyses styloïdes, fréquemment brisées, n’ont rien de particulier ; quand elles sont conser¬
vées, elles sont très longues et assez épaisses du côté masculin, longues également mais plus fines du
côté féminin.
2) Crâne facial
Dans les deux groupes de Pygmées africains, le palais présente globalement des caractères
descriptifs assez voisins : dominance de la forme upsiloïde de l’arcade dentaire, voûte du palais assez
profonde, absence de torus palatinus.
Tableau XXI
Dimensions (en mm) et indices du maxillaire supérieur chez les Pygmées africains
N
M
Ecarts
M Ecart.
M Ecarts
Long.
du palais
Larg. du palais
1. palatin
Pygmé.es occidentaux...
9 H
49,6
46-55
35,4 32-39
71,5 61,1-76,6
7 F
46,8
43-52
35,7 33-39
76,5 69,2-86,6
Pygmées orientaux.
9-8 H
48,3
43-53
37,1 32-42
76,7 68,7-93
3-2 F
47
46-48
39 35-44
77,6 76,1-79,1
Long.
maxillo-alvéol.
Larg. maxillo-alvéol.
I. maxillo-alvéol.
Pygmées occidentaux....
9 H
56
51-63
59,6 56-66
106,7 98,4-117,8
7 F
53,4
50-57
57,5 56-60
107,8 101,7-114
Pygmées orientaux.
7 H
55,7
51-63
60,5 59-66
109,1 98,2-123,5
3-2 F
52
48-55
59,6 59-60
115,7 109,1-125
Répartition de l'indice palatin
N
Leptostaphylins
Mésostaphylins
Brachystaphvlins
-79,9
80-84,9
85-x
N
%
N %
N %
Pygmées occidentaux....
16 H+F
14
87,5
1 6,2
1 6,2
Pygmées orientaux.
10 H+F
8
80
1 10
1 10
Répartition de l’indice maxillo-alvêolaire
N
Dolicuraniques
Mésuraniques
Hrachyuraniques.
•110
110-114,9
115-x
N
%
N %
N %
Pygmées occidentaux....
16 H+F
14
87,5
1 6,2
1 6,2
Pygmées orientaux.
10 H+F
6
60
2 20
2 20
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 47
L’étude métrique (tab. XXI) révèle un palais long (H : 48,3 mm et 49,6 mm ; F 46,8 mm et
47 mm) et relativement étroit (H : 35,4 mm et 37,1 mm ; F. 35,7 mm et 39 mm), ce qui est confirmé
par la moyenne leptostaphylienne de l’indice palatin (H : 71, 5 et 76,7 ; F : 76,5 et 77, 6 ainsi que par
la très faible représentation des mésostaphvlins et des brachystapbylins dans la répartition indicielle.
Les données fournies par l’indice maxillo-alvéolaire parlent dans le même sens. Peut-être néanmoins
doit-on déceler une certaine tendance des Pygmées orientaux vers des formes de palais un peu moins
longues et légèrement plus larges, cette divergence apparaissant mieux dans la répartition de l’indice
maxillo-alvéolaire. que dans celle de l’indice palatin. De toutes manières, il ne s’agit que de minimes
écarts qui ne modifient pas profondément l’aspect global du maxillaire supérieur dans les deux groupes
pyginéens.
H. Maxillaire inférieur (pl. 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26)
Les mandibules sont au nombre de 16 (9 H, 7 F) chez les Pygmées occidentaux, au nombre
de 17 (12 H, 5 F) chez les Pygmées orientaux, ces effectifs maximaux se trouvant plus ou moins
réduits suivant les mensurations ou les caractères descriptifs concernés.
1) Aspect général
De forme légèrement parabolique dans les deux groupes, la mandibule pygméenne apparaît
globalement comme moyennement robuste chez les hommes, un peu plus fine chez les femmes, mais
la distinction sexuelle du point de vue descriptif ne semble pas parfaitement claire, moins évidente
en tous cas que pour maints autres caractères de la boîte crânienne. Ses dimensions et ses proportions
générales sont réunies sur le tableau XXII.
Tableau XXII
Dimensions (en mm) et indices mandibulaires généraux chez les Pygmées africains
N
M
F.eArts
M
Ecarts
M
Ecarts
Poids
Longue
air totale
Largeur bicondylienne
Pygmées occidentaux..
7-9 H
90,7
78-108
101,6
95-112
112,6
105-120
5-7 F
69
64- 74
98,3
87-104
107,6
102-113
Pygmées orientaux....
4-12 H
I 80
67-102
97,5
94-101
112,2
104-122
3- 5 F
64,3
58- 70
93,4
88- 96
108,4
99-115
I.
. de long.-larg.
Brachygnathes
Mésognathes
Dolichognathes
-84,9
85-89,9
90-
N
%
N %
N
%
Pygmées occidentaux.
9 H
90,3
82,6-101
2
22,2
2 22,2
5
55,5
6 F
89,6
85,3-95,2
1 16,6
5
83,3
Pygmées orientaux...
7 H
85,4
81,2-90,3
3
42,8
3 42,8
1
14,3
5 F
86,3
82,4-93
3
60
1 20
1
20
En dépit de la remarque faite plus haut au sujet du sexe, les résultats du poids mandibulaire
moyen (H : 80 g et 90,7 g ; F : 64,3 g et 69 g) aboutissent à une bonne diagnose sexuelle : le maxillaire
inférieur féminin est franchement moins pesant que la mandibule masculine. Ils permettent en plus
de souligner une différence intergroupale concernant la gracilité et déjà maintes fois notée au cours
de 1 étude craniologique : que ce soit chez l’homme ou chez la femme, la mandibule orientale témoigne
d’un poids inférieur à celui de la mandibule occidentale.
Source : MNHN, Paris
48
PAULETTE MARQUER
La longueur totale de la mandibule (H : 97,5 mm et 101,6 mm ; F : 93,4 mm et 98,3 mm) rapportée
à la largeur bicondylienne (H : 112,2 mm et 112,6 mm ; F : 107,6 mm et 108,4 mm) donne un indice
moyen de longueur-largeur qui est de 90,3 (H) et 89,6 (F) chez les Pygmées occidentaux, de 85,4 (H)
et de 86,3 (F) chez les Pygmées orientaux. Avec une extension transversale sensiblement identique
dans les deux groupes, on constate donc un raccourcissement manifeste de l’extension longitudinale
du côté oriental, ce qui fait baisser l’indice et se traduit par une augmentation des brachygnathes
(3 H : 42,8 %) ; la mandibule occidentale est au contraire plus longue, avec l'apparition de 55,5 %
(5 H) à 83,3 % (5 F) de dolichognathes (fig. 15).
9 Pygmées occidentaux
A Pygmées orientaux
BRACHY- MESO
G NAT H ES GNATHES
DOLICHO¬
GNATHES
2) Corps mandibulaire
Chez les Pygmées occidentaux, la hauteur et l'épaisseur du corps mandibulaire ont été prises
en trois endroits : à la symphyse, entre PM 2 et M t , entre M, et M 3 (tab. XXIII). L’indice qui objective
la robustesse de l’os est de 40,7 (II) et 43,4 (F) à la symphyse, de 44,7 (H) et 45,9 (F) entre la seconde
prémolaire et la première molaire, de 52,4 (H) et 54,7 (F) entre la deuxième et la troisième molaire.
On détecte ainsi une accentuation de la robustesse du corps mandibulaire de l'avant vers l’arrière,
ce fait étant dû à une diminution de la hauteur conjuguée avec une augmentation de l'épaisseur. De
ces résultats chiffrés on peut déduire que le maxillaire inférieur du Pygmée occidental possède une
robustesse moyenne, qui, chose curieuse, semble relativement plus élevée sur les pièces féminines
que sur les masculines. Mais le nombre des sujets sur lesquels on peut prendre ces mensurations, déjà
réduit pour les hommes, l’est encore plus pour les femmes, carence qui affecte notablement la valeur
de la remarque faite ci-dessus. Reconnaissons cependant que cette dernière s’accorde avec l’observa¬
tion descriptive, qui, comme nous l’avons souligné, n’aboutissait pas à une franche distinction du
sexe sur la mandibule. La comparaison avec les Pygmées orientaux n’est pas possible, ceux-ci n’ayant
pas été étudiés à ce point de vue.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
49
Tableau XXIII
Mesures (en mm) et indice de robustesse du corps mandibulaire chez les Pygmées occidentaux
Hauteur
N
à la
M
symphyse
Ecarts
M
PM*-M l
M
M*-M*
Pygmées occidentaux....
6-7 H
31,6
28-35
29,3
25-32
27
23-30
3-4 F
30,6
28-31
29
28-30
26
25-27
Pygmées occidentaux...
6-7 H
12,8
Épaisseur
12-13
13
12-14
14
12-16
3-4 F
13,3
12-14
13,3
12-15
14,2
12-16
Pygmées occidentaux...
6-7 H
40,7
Indice de robustesse
37,1-43,3
44,7
37,5-52
52,4
42,8-65,2
3-4 F
43,4
42,4-45,1
45,9
42,8-51,7
54,7
48 -61
Sur les mandibules occidentales, le menton, de forme triangulaire classique, est bien dessiné
mais souvent de faible saillie, 3 hommes (30 %) et 1 femme (14,3 %) possédant cependant une émi¬
nence mentonnière plus développée. Les valeurs assez élevées de l’angle symphysien (H : 85°,3 avec
des écarts de 70° à 91° ; F : 89° avec des écarts de 85° à 96°) confirment l’existence d’un menton rela¬
tivement peu proéminent. Sur les mandibules orientales, le menton devient moyennement saillant
sur 7 sujets masculins (58,3 %) et 2 sujets féminins (40 %), les cas de forte s£ ; 'lie se limitant à 2 hommes
(16,0 %) ; l'angle symphysien n’a pas été calculé.
Si, à partir du point alvéolaire inférieur, on trace une perpendiculaire sur le plan alvéolaire
de la mandibule, on constate qu’elle passe ou en avant du menton (dit négatif), ou juste à son niveau
(menton nul) ou encore en arrière (menton positif). La répartition de ces divers types dans les deux
groupes pygméens est la suivante :
N Menton négatif Menton nul Menton positif
N % N % N %
Pygmées occidentaux. 10 H 4 40 2 20 4 40
5 F 3 60 — — 2 40
Pygmées orientaux. 11 H 4 36,3 3 27,2 4 36,3
5 F 3 60 — — 2 40
Des résultats ci-dessus, on retiendra la présence d’un menton négatif sur plus d’un tiers des
sujets, ce qui implique chez eux un prognathisme mandibulaire plus ou moins conséquent. Les varia¬
tions intergroupales paraissent minimes, mais le prognathisme alvéolaire inférieur, comme le supérieur,
a chez les femmes une fréquence supérieure à celle que l’on trouve du côté masculin.
Les trous mentonniers, sur toutes les pièces occidentales, sont au nombre de deux,; de grosseur
généralement moyenne (6 II : 60 % ; 3 F : 42,8 %), ils s’amenuisent chez 3 hommes (30 %) et 4 femmes
(57,1 %), n’acquérant un fort gabarit que chez un sujet masculin. Ils se situent la plupart du temps
en face de PM 2 , à mi-distance entre les bords inférieur et supérieur du corps mandibulaire, quelques
individus (2 H : 20 % ; 1 F : 10 %) présentant une situation de ces trous entre P.W 2 et M x et plus rap¬
prochée du bord inférieur, un seul homme (10 %) les ayant localisés plus près du bord alvéolaire. La
comparaison avec les Pygmées orientaux s’avère impossible, car les trous mentonniers ne sont souvent
môme pas cités par les auteurs et les reproductions photographiques ne permettent pas d’apprécier
avec précision leur morphologie.
1 564 017 6 .
Source : MNHN, Paris
50
PAULETTE MARQUER
Chez les Pygmées occidentaux, le bord mandibualire inférieur est rectiligne (3 H : 30 % ; 3 F :
42,8 %) ou légèrement sinueux (7 H : 70 % ; 4 F : 57,2 %). Dans le premier cas, il n’y a pour ainsi
dire pas de concavité en avant du gonion et les tubercules mentonniers n’oflrent qu’un renflement
modéré ; dans le second cas, la concavité prégonialc est au contraire accusée et les tubercules puissam¬
ment renflés. Malgré ces distinctions de forme, l'échancrure sous-mentonnière demeure à peine esquissée
sur la majorité des pièces, à l’exception de 2 mandibules masculines qui ont une échancrure plus creuse.
Chez les Pygmées orientaux, autant qu’on puisse juger et sans aligner de chiffres précis, le bord inférieur
de la branche horizontale paraît plus souvent rectiligne que sinueux, l’échancrure sous-mentonnière
se révélant constamment faible comme sur la mandibule occidentale.
Les maxillaires inférieurs du crâne occidental ont des lignes obliques externe et interne d’un
développement moyen à fort dans le sexe masculin, plus faible dans le sexe féminin, l'interne étant
toujours atténuée par rapport à l’externe. L’empreinte digastrique est moyennement accusée, avec-
une certaine différence sexuelle mais pas tellement marquée, car les mandibules féminines, toutes
proportions gardées, possèdent des empreintes relativement rugueuses. D’après la description de Thil-
rnans, il semble que ces saillies musculaires s’estompent sur la mandibule orientale.
11 nous reste à envisager la morphologie des apophyses geni. Pour les Pygmées occidentaux, nous
avons suivi la notation en G types proposée par J. L. Heim (1963) et basée sur les variations des apophyses
genioglosses, mais, en raison de la faiblesse numérique de l’échantillonnage mandihulaire, nous n'avons pas
pu retenir les sous-types détectés par cet auteur. Il en ressort que les mandibules, sexes non séparés,
appartiennent en ordre décroissant aux types 1 (apophyses genioglosses inexistantes ou réduites à des
empreintes à peine rugueuses, à des dépressions ou à des fossettes) III (genioglosses = 2 crêtes verticales et
parrallèles ou obliques) et IV (genioglosses = tubercules plus ou moins saillants). Voici les proportions •
type I -4 H + 3 F (41,1 %) ; type III -3 H + 3 F (35,3 %) ; type IV- 3 H et 1 F (23,5 %). En suivant la
description très précise de Thilmans, nous avons essayé d’effectuer un classement identique sur les mandi¬
bules orientales : type I — 3 H + 2 F (35,7 %) ; type III — 3 H + 2 F (35,7 %) ; type IV —4 H (28,5 %). A
part une légère diminution du type I compensée par une petite augmentation du type IV, il n’apparaît
pas de différences sensibles dans la forme des apophyses geni des deux groupes de Pygmées africains.
3) Branche montante
La lecture du tableau XXIV montre que la branche montante est moyennement haute (11 :
53,4 mm et 54 mm ; F : 48,2 mm et 55,G mm) et assez large (Il : 33,8 mm et 35,2 mm ; F : 30,5 mm
et 30,7 mm) : d’où un indice relativement élevé de 62,9 et G5,2 chez les hommes, de 55,8 et 63,3 chez
les femmes, qui exprime une tendance à l’élargissement du ramus chez les Pygmées africains. Du
côté occidental, on remarque un dimorphisme sexuel manifeste, la mandibule féminine possédant un
ramus légèrement plus élevé et de moindre largeur que celui de la mandibule masculine, ce qui lui
confère une apparence plus svelte. Cette distinction liée au sexe s’atténue chez les Pygmées orientaux
mais ces derniers accusent, dans cette région du maxillaire inférieur, des différences de proportions
par rapport aux Pygmées occidentaux, avec une branche montante it la fois plus basse et surtout plus
large ; il en résulte une augmentation sensible de l'indice moyen et, chez les femmes comme chez les
hommes, un aspect plus massif, plus primitif de la partie mandihulaire postérieure.
Tableau XXIV
Dimensions (en mm) et indices de la branche montante du maxillaire inférieur
chez les Pygmées africains
N
Hauteur branche
montante
M Ecarts
Largeur branche
montante
M Ecarts
Largeur big.
M
Ecarts
Pygmées occidentaux.
9 H
54
45-60
33,8
29-44
92,8
88-97
6-7 F
55,6
48-59
30,5
28-33
86
82-91
Pygmées orientaux.
8-10 II
53,4
48-60
35,2
30-40
89,1
79-101
4-5 F
48,2
43-52
30,7
28-33
82,2
75-91
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
51
I. branche montante I. gonio-condylien
N M Ecarts M Ecarts
Pygmées occidentaux. 9 H 62,9 51,6-80 82,5 75 -89,5
6-7 F 55,8 47,4-64,5 79^8 74,2-86!5
Pygmées orientaux. 8-10 H 65,2 57,7-78,4 80 6 77 -89 3
4 *5 F 63,3 56 -69,7 lb,l 73,4-79*1
Le rapport des largeurs mandibulaires ou indice gonio-condylien est de 82,5 (H) et 79 8 (F)
dans le groupe occidental, de 80,6 (H) et 75,7 (F) dans le groupe oriental. Par ces chiffres assez faibles,
nous relevons un diamètre bigoniaque peu développé par rapport au diamètre bicondylien, ce qui
implique une divergence bien marquée vers le haut et vers l’extérieur de la branche montante du
maxillaire inférieur. Le rétrécissement au niveau des gonions et la divergence du ramus sont plus
accentuées sur les mandibules féminines que sur les masculines, plus accentués aussi dans le groupe
oriental que dans l’occidental.
Sous l’angle descriptif, la branche montante, chez les Pygmées occidentaux, a un bord antérieur
mince et légèrement convexe en avant dans sa partie supérieure puis sensiblement rectib'gne ou à peine
concave, le bord postérieur, plus épais, présentant une convexité en arrière dans la zone condylienne
et devenant concave au-dessus du gonion. La face externe, plutôt plate, se creuse fréquemment dans
la partie qui surmonte les gonions, lesquels accusent dans ce cas une légère éversion (7 H : 77,7 % ;
0 F : 75 %) ; 2 hommes (22,2 %) et 2 femmes (25 %) ont au contraire des gonions tendant à s’orienter
vers l'intérieur, la face externe étant alors complètement plate. L’angle goniaque, bien marqué sur
la plupart des pièces, atteint une moyenne de 116°,8 pour 9 mandibules masculines (112° à 123°), de
112“ pour 6 mandibules féminines (97“ à 128»), valeurs faibles se rapprochant de l’angle droit et déno¬
tant une inclinaison peu prononcée de la branche montante sur le corps mandibulaire. A la face interne,
la ligne oblique, d’un développement moyen surplombe une fosse sous-maxillaire modérément profonde,
1 expression de ces deux caractères pouvant s’accentuer sur quelques rares pièces masculines ou s’affaiblir
sur plusieurs maxillaires féminins. Il en va de même pour le relief musculaire en général qui, tant pour
l’insertion externe du masseter que pour les attaches des ptérygoïdiens internes, est moyen à fort chez
les hommes, moyen à faible chez les femmes. Quant à l’épine de Spix, petite et étroite dans les deux
sexes, elle termine un canal dentaire lui-même d’un calibre moyen. Ajoutons que les condyles sont
presque toujours convexes, que l’échancrure sigmoïde a une profondeur moyenne (6 H : 66, .6% ;
7 F : 87,5 %) se réduisant seulement chez 3 hommes (33,3 %) et 1 femme (12,5 %), que l’apophyse
coronoïde s’aligne sur le niveau des condyles ou les dépasse légèrement ne s’abaissant qu’exception-
nellement sur une mandibule masculine (11,1 %) et une féminine (12,5 %), enfin que la fosse préco-
ronoide est inexistante sur environ un tiers des sujets, juste esquissée sur les deux autres tiers.
La plupart de ces éléments descriptifs se retrouvent dans le groupe oriental : même trajet recti¬
ligne dans la partie inférieure du bord antérieur de la branche montante, même aspect ondulé convexe-
concave du bord postérieur (peut-être plus marqué que dans le groupe occidental), même échancrure
sigmoïde de faible profondeur (probablement encore plus faible que dans le groupe occidental), même
apophyse coronoïde généralement peu élevée. L’angle goniaque s’élève a 117°,5 pour 7 mandibules
masculines (107° à 128°) et 119°,5 pour 4 mandibules féminines (113° à 124°), résultats qui là non
plus ne diffèrent pas notablement de ceux trouvés chez les Pygmées occidentaux.
C’est donc essentiellement par son format global et dans les proportions des dimensions du
ramus que la mandibule orientale, à tendance brachygnathe et à la branche montante courte et large,
diffère de la mandibule occidentale, dolichognathe et à la branche montante plus haute et plus étroite.
I. Dents
Dans les séries occidentales, le nombre des dents susceptibles d’être étudiées n’est pas très
élevé. Quelques rares sujets, parmi les plus jeunes, possédaient bien au moment du décès une denture
Source : MNHN, Paris
52
PAULETTE MARQUER
à peu près complète, mais il y a eu beaucoup de chûtes post inortem ; sur les autres pièces, les maxil¬
laires sont ou presque complètement édentés ou réduits fréquemment au groupe des prémolaires-molaires,
les incisives et les canines ne subsistant qu’exceptionnellement. Line situation analogue est. signalée
dans les séries orientales tant par Matiegka et Maly (1938) que par Périer et Adé (1953) ou Thilmans
(1962). Aussi ne peut-on formuler que de brèves observations sur l'appareil dentaire des Pygmées africains.
Dans l'ensemble, du côté occidental, nous avons disposé It la mâchoire supérieure (11 II, 10 F)
de 4 incisives, 15 canines, 53 prémolaires et 72 molaires, à la mâchoire inférieure (9 11, 7 F) d’une seule
incisive, 9 canines, 16 prémolaires et 53 molaires. Les dents examinées du côté oriental sont encore
moins nombreuses puisque Thilmans ne fait état que de 5 sujets (4 II, 1 F), ceux qui sur la totalité de
son échantillonnage crânien étaient pourvus d’une dentition presque intacte, et ne donne les mensu¬
rations que pour 10 incisives, 5 canines, 9 prémolaires, 15 molaires sur le maxillaire supérieur et 7 inci¬
sives, 5 canines, 9 prémolaires, 14 molaires sur le maxillaire inférieur, Une courte note de Périer
et Adé vient compléter les renseignements de Thilmans en particulier dans le domaine pathologique
et sur les seuls Basa, mais il n’est pas aisé d'utiliser conjointement les données de ces divers auteurs
car elles ne se rapportent pas forcément aux mêmes sujets et n'envisagent souvent pas les mêmes
caractères dentaires. C’est assez dire que la comparaison entre les deux groupes ne peut se faire
que d’une manière relativement sommaire et sans entrer dans les détails pourtant intéressants de la
morphologie des dents.
1 ) Volume des dents
En ce qui concerne le format, les crânes occidentaux ont un indice de Flower atteignant au
maxillaire supérieur 44,2 chez 8 hommes et 45,1 chez 7 femmes, l’indice du maxillaire inférieur s’éle¬
vant à 47,3 (5 H) et 47,8 (4 F). Ce sont des moyennes franchement mégadontos qui soulignent un bloc
prémolaires-molaires assez développé par rapport à la longueur de la base du crâne ; ce résultat se trouve
confirmé par une répartition individuelle dans laquelle n’apparaissent que deux mésodontes et aucun
microdonte. L’indice de Flower n’a pas été calculé pour les crânes orientaux, mais, en utilisant les mesures
de Thilmans qui concernent, entre autres le diamètre mésio-distal de chaque prémolaire et molaire
on peut le reconstituer approximativement, ce qui donne, sans distinction de sexe, une valeur moyenne
de 45,3, donc également mégadonte et suggérant qu'il ne se révèle pas, sous ce rapport, de divergence
importante entre les deux groupes pygméens.
2) Disposition et articulé dentaires
Quand la chose est constatable, la disposition des dents paraît assez régulière ; il n’y a ni che¬
vauchement, ni diasthème apparent sur les maxillaires occidentaux, quoique, de temps en temps, la
chûte prématurée d'une dent —- et spécialement celle des incisives centrales qui résulte souvent de
manœuvres intentionnelles — laisse à ses voisines un espace libre favorisant une poussée en oblique
soit vers l’avant soit vers l’arrière de la mâchoire. Sur les maxillaires orientaux, l’examen de Thilmans
ne signale à ce sujet qu’une « légère mésioversion de PMI » sur une mandibule masculine (Aka 1887-
12-1-106) et des incisives supérieures et inférieures « en éventail et séparées par de considérables dias-
thèmes » chez la femme Efé 208.
L’articulé incisif ne peut être identifié chez les Pygmées occidentaux et les orientaux l’ont
toujours en surocclusion ; quant aux molaires, elles sont engrenées dans h-s deux groupes. L'usure des
surfaces masticatrices atteint la plupart du temps un fort degré et, sur bon nombre de sujets
même parmi les jeunes, on voit se dessiner de l’ivoire de néoformation, tandis que chez les plus
âgés, la couronne se trouve parfois réduite à la région du collet. L’abrasion débute donc très précocement,
dès qtie les dents deviennent fonctionnelles. Sur les molaires supérieures, les cuspides linguales s’abrasenl
plus rapidement que les cuspides vest.ibulaires, le contraire se manifestant sur les molaires inférieures.
3) Rapport de volume des molaires et nombre des cuspides
Le rapport de volume des trois molaires n’est pas toujours identique dans le groupe occidental.
Si nous rencontrons l’ordre décroissant Ml > M2 > M3 chez 9 sujets (5 H, 4 F) au maxillaire supé-
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
53
rieur et 6 sujets (4 H, 2 F) au maxillaire inférieur, on compte 5 sujets (3 H, 2 F), dont les molaires
supérieures suivent le type Ml = M2 > M3 et 2 mandibules masculines qui s’assimilent aussi à ce
type. Enfin l’égalité des molaires, Ml = M2 = M3, se manifeste en haut sur une mâchoire d’homme
et en bas chez 4 individus (3 H, 1 F). La réduction de la troisième molaire, trait caractéristique de la
plupart des hommes actuels, n’est donc qu’ébauchée chez les Pygmées occidentaux, cette observation
se renforçant par le fait que nous n’avons trouvé dans ce groupe aucun cas d’absence congénitale de
la dent incriminée. En revanche, Thilmans, se basant sur l’indice coronaire (rapport du diamètre ves-
tibulo-lingual et du diamètre mésio-distal) de chaque molaire, signale toujours, pour les crânes orientaux,
une décroissance vers l’arrière de la largeur comme de la longueur des trois molaires tant au maxillaire
supérieur qu’à l’inférieur, ce qui implique la constance de la séquence Ml >M2 > M3 ; cependant,
il ne cite pas non plus d’absence congénitale de la dent de sagesse. A partir de ces observations, devons-
nous avancer la possibilité d’une différence groupale, les Pygmées occidentaux témoignant, quant à
la morphologie des molaires, de traces d’archaïsme plus nettes que les Pygmées orientaux ? Il semble
difficile d’affirmer une telle éventualité vu d’une part le très petit nombre de sujets et de dents étudiées
par Thilmans, d’autre part le fait que nous comparons en l’espèce des éléments provenant d’impres¬
sions visuelles (Pygmées occidentaux) à des données métriques (Pygmées orientaux).
A la mâchoire supérieure, M 1 possède invariablement 4 cuspides, M 2 , généralement quadri-
cuspidée, peut parfois n’en avoir que 3 (1 H, 1 F) et M 8 est le plus souvent tricuspidée (7 sujets sur 11).
A la mandibule, la première molaire appartient au type -j- avec 5 ou plus rarement 4 tubercules, les
seconde et troisième molaires ont soit 5, soit 4 tubercules. Ce caractère n’a pas été examiné du côté
oriental.
4) Pathologie maxillo-dentaire
Du point de vue pathologique, les Pygmées occidentaux ne semblent pas atteints en forte pro¬
portion par la carie, puisque sur 223 dents (144 supérieures et 79 inférieures) nous n’avons rencontré
cette lésion, sous sa forme caractéristique, que dans trois cas : une seconde prémolaire supérieure
droite, une troisième molaire inférieure gauche et une canine inférieure droite, ce qui attribue à la
carie une fréquence faible de 1,3 %. Il est toutefois vraisemblable de penser que ce pourcentage est
inférieur à la réalité, car il faut tenir compte et des nombreuses dents perdues post mortem qui n’en étaient
peut-être pas exemptes, et de celles non moins nombreuses tombées sur le vivant qui avaient encore
de plus grandes chances d’en être porteuses. Cependant l’état de plusieurs maxillaires, présentant
soit des lésions osseuses sous l’aspect de petites cavités arrondies et généralement localisées à l’apex
de la dent, soit des résorptions alvéolaires plus ou moins considérables et se manifestant sur presque
toutes les dents d’un même sujet, suggère que des affections maxillo-dentaires inflammatoires doivent
être aussi responsables de la très mauvaise denture des Pygmées occidentaux. Ainsi, sur les 223 dents
présentes, en trouve-t-on, quelques cas douteux étant éliminés, 150 qui sont touchées par une lyse
progressive des alvéoles, soit environ 67 %. On peut en conclure que ce sont les parodontolyses (ou
pyorrhées alvéolo-dentaires) plus que les caries qui privent les Pygmées, longtemps avant la vieil¬
lesse, de presque toutes leurs dents. Des observations similaires ont été recueillies chez les Pygmées
orientaux par Matiegka et Maly qui relatent seulement l’existence de quelques caries partielles et de
nombreuses altérations osseuses correspondant à des inflammations purulentes d’origine pyorrhéïque.
De leur côté, Périer et Adé trouvent environ 80 % de parodontolyses et 26 % de caries sur 136 dents
représentant 7 crânes Basa. D’après ces derniers auteurs — mais les chiffres ne correspondent qu’à
un petit nombre de sujets sur l’ensemble des séries orientales —, il paraîtrait que la pyorrhée et sur¬
tout la carie présentent une fréquence encore plus élevée chez les Pygmées orientaux que chez les
occidentaux. De toutes façons, les uns comme les autres sont fortement atteints au moins par un de
ces symptômes pathologiques ; le fait est assez curieux chez des populations de culture restée
très primitive, qui, par la virulence de certaines de leurs affections maxillo-dentaires, ne s’en
rapprochent pas moins des peuples européens, chez lesquels précisément la carie et la pyorrhée,
très répandues, sont habituellement mises sur le compte d’un genre de vie hautement domes¬
tiqué.
Source : MNHN, Paris
54
PAULETTE MARQUER
5) Variations du nombre des dents et anomalies provoquées
Les troisièmes molaires étant toujours présentes comme il a été dit au paragraphe 3, les varia¬
tions du nombre des dents se réduisent à un unique cas, celui du Babinga masculin 17980, auquel il
manque congénitalement la première prémolaire gauche. Chez les orientaux, Thilmans trouve au
contraire une dent supplémentaire sur le crâne Basa P®, sous l'aspect d'une quatrième molaire inférieure
droite « en rétention totale mais qu’on aperçoit en partie par le limbus alvéolaris retrodentalis complè¬
tement ouvert ».
Si le nombre de dents est le plus souvent conforme à la norme humaine, les ablations intention¬
nelles et les anomalies provoquées s’avèrent fréquentes. Sur 21 sujets 6 (3 H, 3 F), ou 28,5 %, ont
eu, et probablement dans leur jeune âge, les incisives centrales supérieures retirées volontairement,
en vertu de coutumes d’ordre esthétique ou rituel courantes en Afrique Noire. 2 hommes, 9,5 %, ont
subi le même traitement au maxillaire inférieur, les incisives latérales se trouvant cette fois arrachées
comme les centrales ; parmi ces deux derniers individus, l’un, le Ba-Binga 17762, avait aussi été privé
de ses centrales supérieures. D’autre part, une femme Ba-Binga, le n° 17761, avait des incisives laté¬
rales supérieures taillées en pointe. Il s’agit là de mutilations dentaires classiques, que les Pygmées
occidentaux ont emprunté à leurs voisins mélano-africains du Gabon ou du Cameroun. Sur les crânes
orientaux, les auteurs ne parlent jamais d’ablation intentionnelle des incisives, mais nous nous deman¬
dons si cette apparente absence ne résulte pas d'omissions involontaires, car plusieurs photographies
de crânes laissent supposer que cette pratique a pu exister et le seul exemplaire de Ba-Mbuti itourien
que nous ayons eu entre les mains, le n° 17947 du Musée de l'IIomme, présente des traces nettes
de l’ablation des incisives centrales supérieures, fait que Thilmans n'a pas indiqué. Cet auteur cite
en revanche une mutilation que nous n'avons pas rencontrée du côté occidental : 2 Basa et I Efé
témoignent en effet d’un abattement des angles mésiaux ou mésiaux et latéraux des incisives, muti¬
lations qui, d’après Schebesta, sont copiées sur celles des Noirs itouriens.
J. Crânes juvéniles (pl. 27, 28, 29, 30)
Les crânes appartenant à des sujets n’ayant pas encore terminé leur croissance sont représentés
dans le groupe occidental par trois enfants et un adolescent, dans le groupe oriental par un enfant
et un adolescent. Ces derniers n’ayant fait l'objet jusqu'à présent d'aucune publication, en dehors
d’une brève mention sur l’état d’oblitération des sutures du crâne adolescent (II. Kaufmann et B. Adé
1953), seules les pièces occidentales seront étudiées.
Deux des enfants, les n 08 18447 et 18450, sont des Ba-Binga de la rive droite de l'Oubangui,
le troisième, n° 18492, provient de Bolozo près de N’Goilo Soufflas au Cameroun ; quant à l'adoles¬
cent, « A », dont le crâne a déjà été examiné par Twicsselmann, c’est un Ba-Binga de la Sangha trouvé
au Sud d’Ouesso.
Le sexe et l’âge approximatif ne sont connus que pour l'enfant n° 18450 et l'adolescent de la
Sangha ; tous deux masculins, le premier aurait dans les cinq ans, le second de 16 à 18 ans. Le sexe
des deux autres enfants ne peut être diagnostiqué, mais l’état de la dentition permet dans une certaine
mesure d’évaluer leur âge. Dans une certaine mesure venons-nous de dire, car d’une part les données
que nous possédons sur l’éruption des dents déciduales et permanentes ne concernent pour la plupart
que des Blancs et nous ignorons si, chez le Pygmée africain, le processus suit les mêmes règles, d’autre
part, comme nous allons le voir, il y a d’assez fortes discordances entre l’âge connu et celui déterminé
par l’ordre d’éruption dentaire chez les deux sujets pour lesquels la documentation livre des rensei¬
gnements sur ce point.
L’enfant 18447, à la mâchoire supérieure comme à la mandibule, possède encore ses molaires
et ses canines de lait ; les premières molaires permanentes sont entièrement formées et les couronnes
des secondes commencent à affleurer sur le bord alvéolaire ; les incisives centrales supérieures et toutes
les incisives inférieures appartiennent à la dentition permanente ; les incisives latérales supérieures
sont en cours d’éruption mais encore très enfoncées dans les alvéoles : d'après les normes européennes,
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
55
on peut attribuer à cet enfant environ 7 ans, l’ordre le plus fréquent d’éruption alvéolaire (Ml II) 12
(C P3 P2 M2) Ml pouvant être considéré comme respecté.
Sur le crâne 18492, les molaires déciduales apparaissent encore en place ; les premières molaires
permanentes ont terminé leur éruption et les secondes, tout au moins à la mâchoire supérieure, débordent
légèrement des alvéoles ; les incisives du haut et du bas ont achevé leur poussée, mais les canines com¬
mencent seulement à se montrer : l’âge approximatif est de 9-10 ans, le même ordre d’éruption que
pour le précédent pouvant être avancé.
Avec le sujet 18450 débutent les difficultés car les archives du laboratoire contiennent une
lettre du donateur qui attribue à cet enfant un âge d’environ 5 ans. Or l’état de sa dentition — chute
de toutes les dents déciduales, première et seconde molaires permanentes, prémolaires, incisives et
canines inférieures complètement sorties, léger début d’affleurement des troisièmes molaires — donne
à cet enfant, si on l’aligne sur des enfants blancs, au moins 12 ans. Seule, l’éruption des canines supé¬
rieures semble retardée, puisqu’elles sont encore assez profondément enfoncées dans leurs alvéoles ;
mais il y a manifestement dans la région antérieure du maxillaire supérieur des anomalies dentaires :
en effet, les alvéoles des secondes incisives sont extrêmement réduites et déportées sur l’intérieur des
maxillaires, les canines non encore sorties venant presque toucher le bord distal des alvéoles des inci¬
sives centrales (cf. pl. 28). Dans ces conditions, il est délicat d’attribuer un âge à ce crâne, mais il
parait difficile d’en faire un enfant n’ayant que 5 ans ; en admettant même une éruption précoce de
la seconde molaire, il semble qu’on pourrait plus vraisemblablement avancer pour ce sujet les marges
de 9 à 12 ans.
Dans le cas ci-dessus, nous étions en présence d’un sujet très en avance par sa dentition sur
l’âge qu'on lui reconnaissait. Avec l'adolescent étudié par Twiesselmann, c’est le contraire qui se
produit : ses deuxième et troisième molaires étant encore incluses, on devrait lui donner seulement
11-14 ans au lieu de 18-18 ans qui lui sont attribués dans la documentation.
Les principales dimensions de ces crânes sont réunies sur le tableau XXV.
Tableau XXV
Mesures (en mm) et indices des crânes d'enfants et d'adolescents dans le groupe des Pygmées occidentaux
18447 1912-9
18492 1912-37
18450 1911-14
36-7, 1955-92
Tribu et
Ba-Binga, rive droite
? de Bolozo près
Ba-Binga, rive droite
A de Twiesselmai
localisation
de l'Oubangui
de N'Goila
Soufflay
de l'Oubangui
Ba-Binga de la
Sangha, Sud
d'Ouesso
Sexe .
. ?
?
masculin
masculin
Age.
9-10 ans
Calvarium
9-12 ans
16-18 ans
Poids.
321 gr
325 gr
318 gr
375 gr
Capacité.
1285 ce
1205 cc
1125 cc
1285 cc
1). antéro-postérieur ....
159
157
160
169
1). tra ns verse.
129
130
123
131
H. basion-hregma.
127
121
121
124
D. frontal min.
86
91
84
88
Courbe frontale.
113
114
114
122
D. frontal max.
108
105
103
106
Cordc nasion-bregma.
100
101
97
104
Courbe pariétale.
126
101
125
127
Courbe occipitale.
102
110
95
101
Courbe sagittale tôt.
341
325
334
352
Long, basion-uasion.
81
81
88
87
Source : MNHN, Paris
56
PAULETTE MARQUER
18447 1912-9
18492 1912-37
18450 1911-14
36-7, 1955-92
Tribu et
Ba-Binga, rive droite
? de Bolozo près
Ba-Binga, rive droite
A de Twiesselmann
localisation
de l'Oubangui
de N'Goila
Soufllay
de l'Oubangui
Ba-Binga de la
Sangha, Sud
d'Ouesso
Sexe .
?
?
masculin
masculin
Age.
7-8 ans 9-10 ans
Calvarium
9-12 ans
16-18 ans
Long, basion-prosthion .
77
81
89
90
D. bizygomatique .
107
111
107
106
H. nasion-prosthion.
58
59
61
55
H. nasion-gnathion.
92
93
100
91
Hauteur du nez.
39
43
43
38
Largeur du nez.
22
24
21
22
Hauteur de l’orbite.
g. 32 — d. 32
g. 33 — d. 33
g. 31 — d. 30
g. 33 — d. 33
Largeur de l’orbite.
g. 36 — d. 36
g. 38 — d. 39
g. 38 — d. 38
g. 39 — d. 39
Largeur interorbitaire.
16
16
18
16
Largeur biorbitaire.
83
92
83
87
Long, trou occipital.
37
41
39
40
Larg. trou occipital.
28
31
25
34
Longueur du palais.
38
39
40
41
Largeur du palais.
34
37
34
32
I. crânien.
81,1
82,8
76,9
77,5
1. de Haut.-Long. au basion.
79,8
77,1
75,6
73,6
I. de Haut.-Larg. au basion.
98,4
93,1
98,4
94,6
I. fronto-transversal.
79,6
86,7
81,5
83
I. fronto-sagittal .
88,5
88,6
85,1
85
1. fronto-parictal.
66,6
70
68,3
67,2
I. facial total.
85,9
83,8
93,4
86
I. facial supérieur.
54,2
53,1
57
52,4
I. cranio-facial transv.
82,9
85,4
88,4
80,9
I. gnathique.
95,1
100
101,1
103,4
1. nasal .
56,4
55,8
48,8
57,9
1. orbitaire .
g. 88,9 — d. 88,9
g. 86,8 — d. 84,6
g. 81,6 — d. 78,9
g. 71,4 — d. 72,3
I. interorbitaire.
19,3
17.4
21,7
18,4
85
I. trou occipital.
75,6
75,6
64,1
1. palatin.
89,4 94,8
Mandibule
85
78
Poids.
56 gr
58 gr
57 gr
Longueur totale.
55
64
72
98
Largeur bicondylicnne.
95
94 ?
91
Largeur bigoniaque.
Hauteur du corps :
~
79
78
76
à la symphyse.
12
13
14
13
entre PM 2 et M 1 .
23
23
25
_
entre M*-M* .
Épaisseur du corps :
20
20
20
à la symphyse.
12
13
14
13
entre PM*-M l .
15
13
12
13
entre M 2 -M 3 .
15
16
14
14
Haut, branche montante ....
50
46
40
47
Larg. branche montante . .. .
26
29
30
27
Angle goniaque.
110°
120°
124°
114°
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
57
Tribu et
localisation
Age.
I. de longueur-largeur.
I. de robustesse :
à la symphyse.
entre PM 2 -M*.
entre M*-M* .
I. des largeurs.
I. branche montante...
18447 1912-9
18492 1912-37
18450 1911-14
36-7, 1955-92
i-Binga, rive droite
? do Bolozo près
Ba-Binga, rive droite
A de Twiesselmann
de l’Oubangui
de N'Goila
Soufflay
de l'Oubangui
Ba-Binga de la
Sangha, Sud
d’Ouesso
?
?
masculin
masculin
7-8 ans 9-10 ans
Mandibule
9-12 ans
16-18 ans
-
67,4
76,6
104
52,1
52
48,3
46,4
56,5
56,5
48
_
75
80
70
_
83,1
83
83
52
63
75
57,4
Ces jeunes Pygmées, même l’adolescent, ont un crâne gracile, aux reliefs musculaires encore
à peine esquissés, aux sutures généralement peu sinueuses, avec une glabelle et un inion pratiquement
inexistants. De forme ovoïde en norma verticalis, la boîte crânienne est légèrement brachycéphale
ou mésocéphale et de hauteur moyenne ; le front, toujours bombé, se montre moyennement large par
rapport au diamètre transverse et moyennement divergent, sauf chez le Ba-Binga de M’Bouetou qui
possède un front très divergent. La face, dans sa partie supérieure, comme dans sa totalité, n’atteint pas
la grande extension transversale ni surtout l’extrême réduction de hauteur notées sur l’adulte et son
prognathisme s’avère également moindre, mais le nez est déjà pharyrhinien à l’exception du sujet
Source : MNHN, Paris
58
PAULETTE MARQUER
18450 qui se caractérise par un allongement marqué de toutes les dimensions longitudinales de la
face, ce qui fait passer son indice nasal dans la catégorie mésorhinienne. Par ailleurs les os du nez sont
également moins aplatis que sur les sujets matures et les orbites plus hautes, l’espace interorbitaire tra¬
duisant cependant un écartement assez marqué des cavités orbitaires. Mis à part l’adolescent, dont le
palais est leptostaphylin comme chez les trois quarts des Pygmées occidentaux adultes, on remarque
au contraire parmi les moins de 12 ans un élargissement considérable du palais qui atteint chez tous
la catégorie des brachystaphylins. L’indice du foramen magnum enfin témoigne, par ses valeurs très
basses, d’un bon allongement du trou occipital conjugué avec une largeur relativement faible, ce qui
se raccorde avec la grande étroitesse du foramen signalée dans la série adulte.
En conclusion, à part quelques caractères normalement infantiles que l’on retrouve souvent
d'ailleurs chez les femmes du même groupe, le crâne des enfants pygméens présente un aspect morpho¬
logique qui préfigure, mais d’une manière encore estompée surtout chez les plus jeunes, ce que sera
dans ses grandes lignes le crâne du Pygmée adulte.
K. Cdâne scaphocéphalk (pi. 31 et fig. H»)
En constituant la série masculine du groupe occidental, nous avons spécifié que nous éliminions
un sujet, le Ba-Bongo n° 20522 provenant de la région de Zanaga, dont la boîte crânienne était déformée
par une forte scaphocéphalie. L’oblitération complète et prématurée de la suture sagittale a en effet
provoqué, chez cet homme par ailleurs relativement jeune, une union en carène des pariétaux qu’on
ne retrouve sur aucun des autres crânes et qui modifie de façon sensible non seulement les dimensions
de la voûte mais aussi très vraisemblablement celles de la face.
Tableau XXVI
Mesures (en mm) et indices du crâne scaphocéphale n° 20522 appartenant à un Ba-Bongo masculin
Poids.
Capacité.
D. antéro-postérieur.
D. transverse.
Haut, basion-bregma.
D. frontal min.
D. front max.
Arc frontal.
Corde nasion-bregma.
Arc pariétal.
Arc occipital.
Courbe sagittale tôt.
Long, trou occipital.
Larg. trou occipital.
Long, basion-nasion.
Long, basion-prosthion ....
I. crânien.
I. de haut.-long.au basion
I. de haut.-larg. au basion.
I. fronto-transversal .
I. fronto-sagittal .
I. fronto-pariétal.
I. trou occipital.
I. palatin.
Calvarium
495 gr D. bizygomatique . 127
1180 ce Haut, nasion-prosthion. 72 ?
169 Haut, nusion-gnathiori. 114
124 Haut, du nez. 49
129 Larg. du nez. 27
91 Haut, de l'orbite. g- 34 d. 32
102 Larg. de l’orbite . g. 40 d. 41
110 Larg. interorbitaire. 22
98 Larg. biorbitaire. 98
121 Long, du palais. 54 ?
102 Larg. du palais. 38
333 Angle du profil nasal. 81°
35 Angle du profil alvéolaire. 74°
30 Angle du profil total. 81°
103 Long, maxillo-alvéolaire. 58 ?
110 ? Larg. inaxillo-alvéolaire. 67
73.3 I. facial tôt. 89,7
76.3 I. facial sup. 56,7
104 f. gnathique . 106,8
89.2 I. cranio-facial tra ns verse. 102,4
89 I. nasal. 86,1
73.3 I. orbitaire. g- 85 — d. 78
85,7 I. interorbitaire ant. 22,4
70,3? I. maxillo-alvéolaire...,. 115,5
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
Mandibule
Longueur tôt. 104
Largeur bicondylienne. 110
Larg. bigoniaque. 91
Hauteur du corps :
à la symphyse. 36
entre FM* et M*. 32
entre M* et M*. 30
I. de longueur-largeur. 94,5
I. branche montante. 56,3
I. des largeurs. 82,7
Épaisseur du corps :
à la symphyse. 14
entre PM* et M 1 . 14
entre M* et M*. 17
Haut, branche montante. 55
Larg. branche montante . 31
Angle symphysien. 89°
Angle goniaque. 121°
I. de robustesse :
à la symphyse. 38,8
entre PM* et M 1 . 43,7
entre M* et M*. 56,6
Dents
Long, ant.-post. PM-f M sup. 46 I. dentaire sup. 44,6
Long, ant.-post. PM+M inf. 50 I. dentaire inf. 48,5
Comme le montrent les chiffres du tableau XXVI, ce sujet scaphocéphale accuse une franche
dolichocéphalie, plus accentuée que celle de la plupart des autres Pygmées occidentaux ; celle-ci est
causée plus par une réduction de la largeur du crâne que par une augmentation de sa longueur et il
fait ne pas de doute que ce rétrécissement transversal de la boîte crânienne soit lié à l’anomalie sutu-
rale qui a gêné la croissance en largeur des pariétaux. Si la voûte est assez élevée et le front large ainsi
que moyennement divergent comme chez la plupart des autres hommes du groupe, on détecte de
nouvelles différences par rapport à l’ensemble en ce qui concerne le front, moins bombé, la face, plus
allongée, les orbites plus hautes, enfin le nez moins chamaerhinien. En revanche un fort prognathisme
surtout dans la région alvéolaire et un palais relativement étroit sont des éléments qui n’éloignent
pas sensiblement ce sujet de la majorité des Pygmées occidentaux de son sexe.
Le Ba-Bongo 20522 se range donc bien parmi les Pygmées africains dans l’aspect global de sa
morphologie crânienne, mais il s’en écarte par plusieurs caractères qui sont en liaison avec son anomalie
scaphocéphale et qui justifient le fait qu’il n’ait pas été incorporé dans la série masculine des crânes
.occidentaux mais traité séparément.
L. Résumé de la diagnose comparée du crâne
chez les Pygmées africains occidentaux et orientaux
Au terme de cette analyse, à partir des seuls éléments masculins sauf pour quelques caractères
descriptifs qui seront chaque fois indiqués et à propos desquels les sexes seront mélangés, on peut
établir un schéma comparatif de la morphologie crânienne des Pygmées africains, en faisant le bilan
des ressemblances et des différences qui rapprochent ou éloignent les sujets du groupe occidental de
ceux du groupe oriental.
1) Comparaison des caractères descriptifs
— aspect morphologique global plus gracile dans le groupe oriental.
— Sutures peu sinueuses, avec fréquence élevée des os surnuméraires non seulement sur la
lambdoïde mais aussi sur les sutures pariéto-occipitale et mastoïdo-occipitale ; pas de différences
groupales appréciables.
— Dans les deux groupes dominance de la forme ovoïde du crâne en norma verticalis, avec
environ un tiers de types pentagonoïdes.
— Front toujours bombé et droit, légèrement plus bombé chez les Pygmées orientaux.
—- Bosses pariétales moyennement développées, dont la saillie est un peu plus estompée du
côté oriental.
Source : MNHN, Paris
GO
PAULETTE MARQUER
— Profil latéral de la boite crânienne pratiquement identique dans les deux groupes, avec
une glabelle presque inexistante et un occipital arrondi, sans chignon, à l’inion à peine esquissé.
— Présence sur environ un quart des crânes, sexes mélangés, chez les occidentaux comme
chez les orientaux, d’une écaille temporale présentant un aspect que l'on peut qualifier d’assez pri¬
mitif : hauteur réduite, suture temporo-pariétale presque rectiligne, incisure pariétale estompée. I ,e
reste des sujets possèdent une écaille de type actuel, plus élevée, à suture convexe et à incisure plus
marquée.
— La forme en K du ptérion, absente chez les Occidentaux, se rencontre sur plus de 25
des crânes orientaux. Les autres ont le ptérion en H, comme tous les sujets occidentaux.
— Les os propres du nez ont un profil concave et un articulé en bout â bout sur la majorité
des pièces dans les deux groupes, mais l’ouverture piriforme, en dehors du type à bord tranchant exis¬
tant aussi bien chez les Pygmées occidentaux que chez les orientaux, prend assez souvent la forme
en gouttière chez les premiers, tandis que les seconds ont plus fréquemment une ouverture avec fosses
prénasales.
— Prédominance des deux côtés de l’aspect en bombe de la voûte vue en norma occipitalis.
— Présence sur 15 à 20 % des sujets, sans distinction de sexe, qu'ils soient d'appartenance
occidentale ou orientale, d’une apophyse post-glénoïde bien différenciée (9,5 % chez les Occidentaux)
ou simplement ébauchée (14,2 % chez les Occidentaux).
— Légère angulation du rocher et de l’os tynipanal sur presque un tiers des crânes occidentaux,
sexes confondus. Nous ne savons rien à ce sujet sur les crânes orientaux.
— Grande fréquence dans les deux groupes de la réduction du trou déchiré antérieur par avan¬
cement de la face antéro-inférieure de la pyramide pétreuse.
— Mandibule plus longue, à branche montante moins large et plus haute chez les occidentaux,
mais dominance chez les uns comme chez les autres d’un menton effacé, avec échancrure sous-menton¬
nière faible et des apophyses geni inexistantes ou réduites à des fossettes ou encore sous forme de petits
tubercules à peine saillants.
— Dents d’un fort gabarit dans les deux groupes, mais existence de Ml = M2 > M3 ou de M1 —
M2 = M3 relativement fréquente du côté occidental, tandis que les molaires des Orientaux sont toujours
en série descendante.
—- Pourcentages importants de la parondotylose sur tous les crânes de Pygmées (GO à 80 0
suivant le groupe) ; carie assez rare du côté occidental, relativement plus fréquente du côté oriental.
A part de minimes divergences, on voit donc que l’aspect descriptif du crâne révèle de nom¬
breuses affinités entre les Pygmées africains des deux groupes. En dehors d’une robustesse générale
plus accentuée, il n’y a guère que le front moins bombé, les bosses pariétales plus marquées, l’absence
du ptérion en K et la présence d’une gouttière au lieu des fosses prénasales qui permettent une légère
différenciation des sujets occidentaux vis-à-vis des orientaux. On remarque aussi cependant une diver¬
gence, assez marquée, dans les proportions de la mandibule, mais bien qu’elle soit visible au simple
coup d’œil, il s’agit d’une différence métrique plus que descriptive et à ce titre elle sera envisagée dans
les profils graphiques se rapportant aux données mesurables (cf. fig. 20).
D’autre part plusieurs des caractères descriptifs rappelés ci-dessus notamment quelques
particularités de l'écaille temporale, la forme en K du ptérion, le développement de l’apophyse post-
glénoïde, la réduction des apophyses geni, la faible angulation du rocher et du tympanal, la tendance
à l’égalité des molaires — ont été considérés comme des indices suggérant sur le crâne pygméen un
certain degré d’archaïsme morphologique et à ce titre nous les avons parfois qualifiés de « primitifs ».
Ce sont en réalité des caractères que l’on ne rencontre qu’assez rarement dans les races humaines
actuelles et uniquement chez de petits groupes résiduels, Australiens, Veddas, Mélanésiens ou Boschi-
mans, demeurés pour la plupart des chasseurs semi-nomades comme les Pygmées d’Afrique. Mais on
sait qu’il existaient de façon courante chez les Pithécanthropiens et divers Hominiens fossiles, évo¬
quant incontestablement, en moins accentués bien entendu, des éléments morphologiques toujours
présents et associés sur le crâne des Grands Singes. Que ces traces de formes particulières à lointaines
réminiscences « pithécoïdes » se manifestent sur le crâne des Pygmées est évident, mais on retiendra
que chaque caractère n’apparaît que sporadiquement et isolément, c’est-à-dire qu'ils ne sont jamais
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 61
tous réunis sur une même pièce. On ne doit donc leur attribuer aucune signification évolutive sur le
plan phylogénétique et, en particulier, on ne peut en tirer la déduction que les Pygmées seraient des
survivants des premiers Hominiens. Il était néanmoins intéressant de les signaler, car ils font habituel-
ement ligure de parents pauvres dans les publications anthropologiques et on connaît en définitive
très mal leur répartition et leur fréquence dans les groupes actuels.
2) Comparaison des caractères métriques
mT ré \ U r nS ,!t confrontation métrique par des profils graphiques construits suivant la
M 1 — X 100
ormu e j (Mollison, 1937). Ceux-ci ont en effet l’avantage d’exprimer visuellement
les relations entre les moyennes en fonction du sigma d’une des populations et de rendre ainsi plus aisée
la mise en évidence des différences. Les principaux caractères qui ont été considérés sont rassemblés
sur le tableau XXVII, dans lequel nous ajoutons aux moyennes arithmétiques, déjà calculées dans
les tableaux précédents, l’écart quadratique évalué suivant la formule a = *
V N-l
Tableau XXVII
Moyennes (en mm) et écarts types des principales dimensions du crâne
et des indices chez les Pygmées africains (crânes masculins)
Capacité.
D. antéro-postérieur.
D. transverse.
II. basion-bregma .
L). frontal min.
Courbe frontale.
Courbe pariétale.
Courbe occipitale.
Courbe sagittale tôt.
Long, trou occipital.
I.arg. trou occipital.
Haut, nasion-prosthion.
ü. bizygomatique.
Long, basion-nasion.
Long, basion-prosthion.
Hauteur du nez.
Largeur du nez.
Hauteur de l’orbite.
Largeur de l'orbite au dacryon.
Longueur du palais.
Largeur du palais.
I. crânien.
I. de hauteur-longueur.
I. de hauteur-largeur.
I. fronto-pariétal.
I. trou occipital.
I. facial sup.
I. gnathique.
I. nasal .
Pygmées o
iccidentaux
Pygméei
s orientaux
9-11
H
8-
-20 H
M
M
1289,5 cc
89,627
1332,5 c,
c 66,385
175,27
5,576
176,7
5,703
132,27
5,848
134,1
3,612
131,45
5,709
129,5
5,641
93,36
5,718
95,55
5,083
121,45
6,34
124,1
4,718
121,1
7,176
119,7
4,611
110,4
6,253
110,7
5,178
353,1
15,264
355,25
9,477
36,35
2,025
37,9
2,23
29,1
2,429
28,45
1,975
65,66
3,552
60,05
5,426
129,45
4,658
128,31
6,18
99,1
4,722
95,11
4,297
103,3
6,315
97
5,727
46,27
2,258
44,65
2,236
27,9
2,168
26,65
1,876
32,63
2,258
32,4
1,212
38,9
1,871
37,8
1,957
49,66
3,372
48,33
2,936
35,44
2,09
37,12
3,563
75,46
4,147
75,94
2,36
74,94
2
73,33
2,7
99,48
3,493
96,14
3,342
70,48
5,225
71,3
3,383
79,95
4,647
75,13
3,741
51,11
3,445
47,13
3,484
104,63
2,787
102,36
4,343
60,34
3,781
59,72
3,797
Source : MNHN, Paris
62 PAULETTE MARQUER
Pygmées occidentaux
Pygmées orientaux
9-11
H
8-20
H
M
«
M
O
I. orbitaire au dacryon.
. 84,28
8,882
86,54
6,995
1. cranio-facial transverse.
. 98,03
4,943
95,7
5,644
. 71,53
4,676
76,73
8,75
Long. tôt. de la mandibule.
. 101,66
5,612
97,5
2,506
Larg. bicondylienne.
. 112,66
4,242
112,18
4,909
Larg. bigoniaque.
. 92,88
2,893
6,782
Haut, branche montante.
. 54
4,344
3,48
Larg. branche montante .
. 33,88
4,5
35,25
3,381
I. de longueur-largeur.
. 90,31
5,679
85,48
6,782
I. de la branche montante.
. 62,98
8,146
65,19
6,035
I. gonio-condylien.
. 82,55
4,153
80,64
4,702
Angle gonial.
. 116,880
3,605
117,57»
7
Quatre profils ont été établis et sont donnés sur les figures 17 à 20, sur lesquelles les variations
des Pygmées occidentaux sont évaluées en fonction des Pygmées orientaux pris comme référence de
base.
La figure 17 concerne les dimensions de la boite crânienne, auxquelles nous avons ajouté deux
mesures de la base du crâne, celles qui ont trait aux proportions du foramen magnum. On s’aperçoit
de suite que les divergences manifestées par les Pygmées occidentaux sont généralement de faible
amplitude et assez irrégulières, tantôt et le plus souvent caractérisées par une réduction des valeurs
moyennes occidentales, tantôt mais plus rarement par leur augmentation. La diminution de la capacité
le rétrécissement de la largeur du crâne, l’élévation de la voûte, le raccourcissement de la courbe fron¬
tale et la moindre longueur du trou occipital déterminent cependant chez les sujets occidentaux des
modifications suffisantes pour qu’on ne puisse parler d’une similitude complète de la boîte crânienne
dans les deux groupes. Cependant, répétons-le, il ne s’agit pas en général de différences vraiment pro¬
fondes.
En revanche, sur la figure 18 se rapportant aux mensurations du massif facial, l'éloignement
du crâne occidental se montre franchement plus accusé, en même temps qu'il se traduit d’une manière
nuiforme par l’augmentation de toutes les moyennes occidentales par rapport aux moyennes orientales.
Si le diamètre bizygomatique et la hauteur de l’orbite ne témoignent que d’un très faible accroissement
sans signification, l’allongement de la face supérieure, l'agrandissement des longueurs basion-nasinn
et basion-prosthion, enfin l’élévation des mesures nasales contribuent à donner au massif facial du
crâne occidental un aspect métrique qui ne s’identifie pas exactement à celui du crâne oriental.
Avec la figure 19 réservée aux indices, on peut noter des différences de proportions qui sont
également importantes. Si l’indice crânien est pratiquement identique dans les deux groupes, l’éléva¬
tion de la voûte chez le Pygmée occidental produit des modifications dans les rapports de hauteur-
longueur et surtout de hauteur-largeur, tandis que l’indice facial supérieur reflète l’augmentation de
la hauteur nasion-prosthion, que l’indice gnathique marque l'accentuation du prognathisme et que
les proportions du foramen témoignent de l’élargissement conjugué avec un fort raccourcissement de
ce dernier.
La figure 20 complète la comparaison en faisant intervenir les données concernant la mâchoire
inférieure. Plusieurs des moyennes mandibulaires n’oscillent que légèrement d’un groupe à l'autre ;
mais le grand allongement de la mandibule occidentale joint à une largeur bicondylienne pratiquement
semblable à celle de la mandibule orientale donne à la première un format différent de celui de la
seconde qui est plus courte et plus ramassée. A cette divergence dans le format global s'ajoutent les
modifications qui particularisent la branche montante : ramus plus élevé et moins large sur la
mandibule occidentale, de hauteur réduite et assez élargi sur la mandibule orientale.
En fin de compte, le crâne du Pygmée de l’Ouest diffère de celui du Pygmée de l'Est plus pur
ses caractères métriques que dans son aspect descriptif et les écarts essentiels portent sur le massif
facial plus que sur le crâne cérébral. Bien que les différences métriques ne soient pas dans l’ensemble
Source : MNHN, Paris
ifils graphiques îles Pygmét
Profils graphiques des Pygmc
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
65
très accusées, elles existent néanmoins et elles paraissent suffisantes pour nous interdire de mélanger
les séries masculines des deux groupes dans les comparaisons qui vont suivre, comme nous avions
espéré pouvoir le faire, au début de l’analyse, et d’ailleurs pour l’unique raison d’étoffer des échan¬
tillonnages particulièrement réduits.
II. — CRANIOLOGIE COMPARÉE DES PYGMÉES D’AFRIQUE
ET DES MÉLANO-AFRICAINS DES RÉGIONS ÉQUATORIALES
Pour clore la partie de cette étude réservée au crâne, il reste à confronter les Pygmées africains
avec d'autres Mélanodermes du même continent. Dans l’enthousiasme suscité par la redécouverte de
ces très petits Noirs et la curiosité éveillée par quelques unes de leurs particularités anthropologiques,
on a cherché à les comparer à de multiples groupes raciaux aussi bien dans l’espace que dans le temps.
Nous n’avons pas l’intention de revenir sur ces nombreuses tentatives, en particulier sur les comparai¬
sons faites soit avec les races fossiles, soit avec les Pygmées d’Asie ou d’Océanie. On trouvera en effet
dans l’ouvrage de E. Genet Varcin, « Les Négritos de l’île de Luçon (Philippines) » (1951), une bonne
mise au point de ces questions, sur laquelle il n’y a rien à ajouter de nouveau. Aussi bien les deux thèses
qui avaient exploité les dites comparaisons, à savoir celle de J. Kollmann qui faisait des Pygmées les
plus lointains ancêtres de tous les Hommes actuels et celle du Père Schmidt qui rassemblait les Pygmées
d’Afrique, d’Asie et d’Océanie en une même race, n’ont-elles aujourd’hui qu’une valeur historique,
de nombreuses critiques ayant démontré la faiblesse et l’exclusivisme de leurs argumentations. Nous
avons d’ailleurs indiqué, à propos des dispositions dites primitives dont la présence a été plusieurs
fois signalée sur le crâne pygméen, que celles-ci, intéressantes en elles mêmes pour une description
morphologique complète, n’autorisaient en aucune manière des conclusions sur l’origine inconnue des
Pygmées, ni à plus forte raison sur leur éventuel rattachement à des groupes humains aujourd’hui
disparus
Nous nous limiterons donc à situer les deux groupes de Pygmées dans l’ensemble mélano-afri-
cain des régions équatoriales, d’une part parce que les Noirs qui s’y intègrent sont les proches voisins
des « nains » de la forêt et que certains ont avec eux un mode de relation spécial désigné en général
sous le nom de commensalisme, d’autre part parce que — pour une raison ou une autre — ce sont
ces comparaisons qui, sur le vivant comme sur le squelette, ont été les plus négligées.
Le terme de Négrille inventé par Hamy pour désigner les plus petits des Noirs de 1 Afrique
a été vivement critiqué par Schebesta, dans la mesure où il semblait sous-entendre que le Pygmée
ne serait qu’un Nègre en miniature ; c’est pourquoi nous ne l’avons jamais employé ici, bien qu il
soit de pratique courante chez les anthropologistes français. Sur le sujet vivant, il ne fait plus de doute
aujourd’hui que les Pygmées africains représentent un type racial particulier et nettement différencié
de celui des autres Noirs qui l’entourent. En est-il de même sous le rapport du squelette ? C’est la ques¬
tion à laquelle nous chercherons à répondre en choisissant dans la littérature quelques séries crâniennes
de Mélano-Africains qui puissent être mises en parallèle avec les deux grouges Pygméens.
A. Matériel de comparaison
Parmi les études craniologiques dont nous pouvions disposer nous en avons retenu trois qui
ont le mérite de considérer la majorité des caractères — au moins métriques — que nous avons examinés
chez les Pygmées et pour lesquelles les auteurs ont fourni les mensurations individuelles permettant
le calcul du sigma. Elles ont aussi l’avantage de représenter des populations du Cameroun, du Gabon
et du Congo-Léopoldville qui appartiennent en gros à la sous-race congolaise (classification de H. V.Val-
lois, 1968) et qui vivent en lisière de forêt dans des conditions qui ne sont pas trop opposées à celle
des Pygmées. Comme chez ces derniers les sujets retenus pour la comparaison sont tous masculins.
1 564 017 6 5
Source : MNHN, Paris
PAULETTE MARQUER
66
Ces séries comprennent :
— 86 crânes du Cameroun provenant par petits groupes de plusieurs points de ce pays et cons¬
tituant un échantillonnage assez extensif du point de vue géographique, donc vraisemblablement
quelque peu hétérogène (Drontschilow, 1913). 93 sujets masculins ont été publiés par Drontschilow,
mais nous en avons éliminé 7, dont 4 en raison d’anomalies pathologiques et 3 parce que leurs crânes,
en mauvais état de conservation, n’avait autorisé qu’un nombre restreint de mesures.
— 50 crânes du Gabon rapportés de Fernand Vaz en 1864 par du Chaillu, qui les aurait achetés
à une tribu côtière de la région, les N’Komis (Benington, 1911). D’après le donateur, cette série serait
composée d’esclaves venus de l’intérieur qui se rattacheraient en grande partie aux Eehira, en petite
partie aux Fans.
— 48 crânes du Congo ramenés par Torday en 1909 et étudiés par le même auteur que les
crânes gabonais (Benington 1911). Suivant Torday rapporté par Benington, « ce sont des crânes collectés
par des natifs d’un ou de deux villages situés aux environs de Makunji ; ils appartenaient à des indigènes
de ces villages qui venaient de mourir de la maladie du sommeil et on les aurait donnés au Blanc a lin
qu’il trouve un remède contre cette maladie. Ce seraient des représentants de la tribu des Ba-Tétéla ».
Les séries du Gabon et du Cameroun constituent en gros une base de comparaison valable pour
les Pygmées occidentaux ; les Ba-Tétéla du Congo, bien qu'assez éloignés des Ba-Mbuti ilouriens,
représentent un des seuls groupes que nous puissions confronter avec les Pygmées orientaux. Dans
le texte ainsi que dans les tableaux et graphiques qui suivent, les crânes de chaque série seront désignés
sous les noms de : Camerounais, Gabonais et Congolais.
B. Comparaison des caractères descriptifs
Il eût été souhaitable de dresser un bilan détaillé des principaux caractères descriptifs pour
chaque série de crânes, mais la carence des documentations consultées est sous ce rapport manifeste.
Quelques caractères sont traités de manière succinte, d’autres n’y figurent même pas, enfin les nota¬
tions utilisées par les auteurs ne sont pas toujours identiques. Nous ne pouvons donc que signaler
brièvement les grands traits de l’aspect descriptif du crâne des Mélano-Africains, en nous servant
parfois de renseignements pris dans d’autres travaux et s’appliquant alors non à des populations équa¬
toriales mais à ce qu’on a coutume de désigner sous le terme on ne peut plus vague de Noirs d’Afrique
en général. Certains caractères cependant, forme des sutures, du contour crânien et du ptérion, nombre
et répartition des os wormiens ont été bien examinés par Benington dans les séries du Gabon et du
Congo, pour lesquelles il est possible de fournir de meilleurs éléments de comparaison avec les Pygmées.
— Sur les crânes gabonais et congolais, les sutures sont généralement un peu plus sinueuses
que chez les Pygmées et les os wormiens n’y existent que dans des pourcentages franchement moins
élevés. Il n’y a jamais d’os surnuméraires ni sur les sutures coronale ou sagittale, comme nous en avons
trouvés chez les Pygmées en petit nombre il est vrai (18,2 % sur la coronale dans la série occidentale,
7,7 % sur la sagittale dans la série orientale) ; il n’y en a pour ainsi dire pas non plus sur la suture
temporo-pariétale (Gabonais : 2 %) alors que nous en avons détecté de 54 à 61 % sur les crânes de
Pygmées. Les wormiens apparaissent plus nombreux sur la suture masloïdo-occipitale (Congolais ;
10 %, Gabonais : 6 %) et sur la lambdoïde (Congolais : 26 %, Gabonais : 20 %), mais ces derniers
chiffres sont encore loin des taux présentés par les Pygmées, 18 à 38 % pour la première de ces sutures,
54 à 61 % pour la seconde. L’augmentation considérable des os surnuméraires est donc bien une carac¬
téristique du crâne des Pygmées quand on le compare à celui des Mélano-Africains équatoriaux.
— Chez les Camerounais de Drontschilow on constate, à côté d’une bonne représentation des
formes ovoïdes comme dans les deux groupes pygméens, l’apparition de quelques sphéroïdes presque
inexistants du côté des Pygmées et un accroissement important des formes ellipsoïdes.
— Le front droit et bombé, aux bosses séparées, qui existe sur la quasi totalité des Pygmées
des deux groupes se retrouve chez quelques Noirs africains en général, mais chez beaucoup d’autres
11 perd de sa convexité en prenant un aspect légèrement plus fuyant et la fusion des bosses en une
grosse protubérance centrale s’y observe très fréquemment.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 67
— Le profil latéral de la boîte crânienne, tel qu’on peut le reconstituer sur les pièces du Gabon
et du Congo d’après la description sommaire de Benington, ne semble pas très différent de celui des
Pygmées. Tout juste peut-on signaler, sur les seuls Gabonais, une glabelle plus développée, une voûte
crânienne plus arrondie, un inion légèrement plus marqué sur un occipital nettement plus aplati.
— La forme en K du ptérion est rencontrée par Benington sur 2 % des crânes congolais et
6 % des crânes gabonais. Absente dans la série pygméenne occidentale, elle se remarque au contraire
sur environ un quart des crânes orientaux, ces derniers se séparant franchement des Mélano-Africains
par la fréquence de ce caractère.
— Dans les séries crâniennes de Noirs d’Afrique, nous n’avons que peu de renseignements sur
la forme de l’écaille du temporal, encore moins sur le développement du tubercule post-glénoïde. Mais
un rapide sondage dans les collections crâniennes du Gabon et de l’ex-Oubangui-Chari appartenant
au Musée de l’Homme, environ une cinquantaine de crânes sexes mélangés, nous a permis de cons¬
tater que la persistance de certains traits morphologiques d'allure primitive était vraisemblablement
plus répandue qu’on ne le pense généralement parmi les Mélano-Africains équatoriaux. Si, par exemple,
nous n’avons trouvé qu’un seul homme possédant une véritable apophyse post glénoïde, analogue
à celles que nous avons décrites chez deux Ba-Binga masculins, il y a en revanche pas mal de pièces,
féminines comme masculines, qui présentent un développement assez accusé du tubercule post-glé-
noïde.
— La réduction du trou déchiré antérieur ainsi que la légère angulation du rocher et du tym-
panal sont également des caractères que les auteurs signalent fréquemment, mais généralement sans
chiffres à l’appui, chez les Noirs en général.
C’est le maximum de ce que nous pouvons avancer sur la comparaison descriptive du crâne
entre les Mélano-Africains et les Pygmées d’Afrique. C’est peu, reconnaissons-le, et c’est surtout très
imprécis dans l’ensemble. Retenons l’accroissement du nombre des os wormiens, la plus grande fré¬
quence du ptérion en K dans le groupe oriental, le front plus bombé toujours à deux bosses, l’atté¬
nuation des saillies de la glabelle et de l’inion, un occipital moins aplati et une fréquence légèrement
supérieure des dispositions primitives du côté des Pygmées : ce sont les principaux éléments qui sug¬
gèrent une faible discrimination de leur crâne et de celui des Mélano-Africains.
C. Comparaison des caractères métriques
Les résultats métriques concernant les trois séries mélano-africaines sont relevés sur le
tableau XXVIII ; les moyennes et les sigma ont été calculés à partir des mesures individuelles publiées
par chaque auteur.
Tableau XXVIII
Moyennes (en mm) et écarts types des principales dimensions du crâne
et des indices chez les Mélano-Africains
(crânes masculins de Congolais, Gabonais et Camerounais).
Congolais
Gabonais
Camerounais
28-47
H
35-50
H
85-86
H
M
a
M
a
M
«
Capacité.
. 1347,85
125,995
1378,8
110,11
1423,9
113,575
D. antéro-postérieur.
. 178,38
7,149
179,93
5,441
180,63
6,022
D. transverse.
. 139,28
4,604
135,87
3,51
138,83
4,829
H. basion-bregma .
. 134,34
4,2
135,51
4,992
135,57
4,228
D. frontal minimal.
. 97,95
4
96,83
3,2
97,37
5,165
Courbe frontale.
. 126,01
5,77
126,73
6,668
126,93
6,389
Source : MNHN, Paris
68
PAULETTE MARQUER
Congolais
28-47 H
Gabonais Camerounais
35-50 H 85-86 H
M
M
O
M
a
Courbe pariétale.
129,11
7,652
128,15
9,903
126,79
7,909
Courbe occipitale.
107,98
6,17
110,71
7,73
112,9
7,648
Courbe sagittale tôt.
362,95
11,112
364,47
12,398
365,92
12,528
Long, trou occipital.
36,21
2,474
36,39
2,8
37,6
2,366
Larg. trou occipital.
30,47
2,334
30,59
2,433
30,57
1,985
Haut, nasion-prosthion.
64,2
3,747
66,83
5,838
68,53
4,66
D. bizygomatique.
127,88
6,063
129,46
4,808
134,67
4,299
Long, basion-nasion.
98,95
4,587
100,82
3,815
100,51
3,805
Long, hasion-prosthion.
97,17
5,418
101 07
4,643
103,27
4,972
Hauteur du nez.
48,03
2,537
48,67
3,013
49,57
2,993
Largeur du nez.
26,59
2,049
27,01
2,218
27,94
1,833
Hauteur de l’orbite.
35,09
2,222
35,49
2,105
34,94
1,846
Largeur de l’orbite au dacryon.
41,11
1,52
41,91
1,483
41,47
2,181
Longueur du palais.
50,8
4,372
52,72
3,698
50,01
2,789
Largeur du palais.
39,27
4,064
39,99
2,87
41,06
2,849
I. crânien .
78,07
2,545
75,47
2,877
76,95
3,298
I. de hauteur-longueur.
75,38
3,053
75,43
2,457
75,39
3,364
1. de hauteur-largeur.
96,68
3,914
99,91
4,44
97,78
4,195
I. fronto-pariétal.
70,24
3,078
71,19
2,735
69,95
4,044
I. trou occipital.
84,21
5,644
84,37
7,583
81,44
5,668
I. facial sup.
50,15
2,749
51,64
4,939
50,67
3,516
I. gnathique.
98,18
3,868
1(M),25
3,794
102,76
4,161
I. nasal .
55,25
4,895
55,35
4,8
56,16
4,556
1. orbitaire au dacryon.
85,72
4,736
84,71
5,628
85,05
5,515
I. cranio-facial transv.
92,17
4.7
95,35
4,1
97,09
4,064
I. palatin.
76,63
6,014
75,99
6,517
82,7
6,3
Les profils graphiques des figures
21, 22 et 23, établis
de la mèrn
e manière que .
ceux des figures
IV, 1» et l'J et basés sur les paramètres d.
es tableaux XXVII et XXVIII,
permettent de
suivre les
modi-
fications des principales mensurations d
sont comparés.
— Boîte crânienne (fig. 21).
u crâne chez les Pygmées et 1
es Noirs équatoriaux qi
li leur
Pour la majorité des dimensions de la boîte
crânienne
•, les Pygm
ées, orientaux <
comme occiden-
taux, se séparent assez nettement des trois groupes mélann-africains, lesquels au contraire se révèlent
très proches les uns des autres, représentés par des lignes brisés aux trajets sensiblement parallèles
et tendant même à se confondre pour de nombreux caractères. Ce n'est qu'à In fin du graphique, et
pour les seules mesures de la courbe occipitale et de la longueur du foramen magnum, que l’on voit
les Mélano-Africains se rapprocher des Pygmées avec une tendance au croisement des divers profils.
Dans l’ensemble, les différences tiennent évidemment à une diminution de format : réduction
chez les Pygmées de presque toutes les dimensions de la boîte crânienne. Mais comme le taux de la
diminution varie suivant les caractères, il en résulte cependant des différences qui ne sont pas liées
uniquement à la diminution de format et ceci apparaît nettement quand on compare par exemple les
relations des divers segments de la courbe sagittale. Alors que la courbe frontale se réduit relativement
peu et l’occipitale à peine, la longueur de la courbe pariétale présente au contraire un fort abaissement.
On peut en déduire que, dans le profil sagittal de la boîte crânienne, c’est le frontal qui l’emporte
largement sur les autres segments chez le Pygmée, tandis que chez le Mélano-Africain c’est le pariétal.
Ce résultat est confirmé par les pourcentages ci-dessous :
Source : MNHN, Paris
rofils graphiques des Pygmées africains comparés à ceux des Mélano-Africains du Gabor
et du Congo : principales dimensions de la boite crânienne,
70
PAULETTE MARQUER
F > P F - P F < P
Pygmées occidentaux. 54,6 9,1 36,3
Pygmées orientaux . 80 5 15
Congolais. 29,7 17 53,1
Gabonais . 38 8 54
Camerounais. 44,1 8,1 47,6
Dans cette confrontation, notons encore qu’on ne peut, en ce qui concerne les dimensions de
la boîte crânienne, avancer que l’un des groupes pygméens se rapproche plus des Mélano-Africains
que l’autre groupe. Tantôt en elfet l’éloignement se montre plus manifeste du côté occidental (capacité,
diamètre antéro-postérieur, diamètre transverse, largeur du front, courbe frontale), tantôt au contraire
c’est du côté oriental que la distance se révèle plus grande (hauteur du crâne, courbe pariétale, largeur
du foramen).
— Massif facial (fig. 22).
La situation réciproque des divers profils change notablement quand on considère les mensu¬
rations absolues de la face. Ici, à l'exception des caractères se rapportant à l’orbite, au palais ainsi
qu’à la hauteur du nez et dont on peut dire qu’ils traduisent une certaine différenciation, il n'est plus
possible de parler d’une franche distinction entre les Pygmées et les Mélano-Africains ; d'autre part
les sujets du groupe occidental sont maintenant à peu près confondus avec les Mélano-Africains, alors
que la position des Pygmées orientaux se trouve marginale, nettement écartée (hauteur nasinn-pros-
thion, longueur basion-nasion, hauteur du nez, mesures orbitaires) ou à la limite (autres caractères)
de la série mélano-africaine qui lui est la plus proche, c’est-à-dire la série congolaise. Ce résultat
ne saurait étonner, puisque nous avons souligné précédemment que Pygmées occidentaux et
orientaux se distinguaient par les dimensions du massif facial plus que par celles de la boite
crânienne.
Aussi peut-on conclure que, seule, la face du Pygmée oriental possède, et encore sous l'unique
point de vue de la réduction en hauteur de ses principales mesures, un aspect qui place le groupe à la
limite de variabilité des autres populations noires du Centre de l'Afrique. Quant au Pygmée occidental,
sauf en ce qui a trait à l’orbite, au palais et à la hauteur du nez dont les réductions métriques tendent
à lui attribuer une situation intermédiaire, il se range franchement pour toutes les autres dimensions
faciales parmi les Mélano-Africains : bien plus, le parallélisme des oscillations îles profils indique qu’il
s’éloigne du Pygmée oriental dans la même direction que les Mélano-Africains s’écartent de ce même
Pygmée oriental.
— Proportions de la boîte crânienne et du massif facial (fig. 23).
Ce qui vient d’être relevé à propos des mesures absolues laisse présumer ee que vont nous
apprendre les profils relatifs aux rapports indiciels. Pour approfondir la comparaison et préciser si
possible la position respective des groupes, nous compléterons les profils reposant uniquement sur des
moyennes par les répartitions en catégorie de chaque indice dans chaque groupe.
L’indice crânien (75 à 78) varie relativement peu et seulement à l'intérieur de la classe rnéso-
céphale, mais nous remarquerons que les Pygmées, occidentaux comme orientaux, penchent vers la
dolichocranie plus que les Mélano-Africains équatoriaux. Les Pygmées ont sensiblement la même
faible mésocranie que les Gabonais, s’écartant légèrement des Camerounais et surtout des Congolais,
plus franchement mésocrânes.
Ces relations
ainsi que la moindre dolichocrânie des
Mélano-Africains
ressortent clairement à la leeti
lire des pourcentages ci-dessous :
N
Dolichocrânes
MéiocrAnca
Ilrarhyi-rAnca
Pygmées occidentaux.
li H
36,4
45,4
18,2
Pygmées orientaux..
20 H
50
45
5
Gabonais.
50 II
42
56
2
Camerounais.
86 H
26,7
54,6
18,5
Congolais.
48 H
12,7
70,8
16,5
Source : MNHN, Paris
D.BIZYGO- LONG. BASION LONG.BASION- HAUT.duNEZ LARG-du NEZ HAUT.de LARG.de IORBITE LONG.du
MATIQUE NASION PROSTHION L'ORBITE au dacryon PALAIS
Pygmées
72
PAULETTE MARQUER
C’est donc une erreur d’avancer, comme on l’a fait souvent, que le Pygmée se distinguait du
Noir africain typique par une tendance vers la brachycéphalie. Ceci vient de ce qu’on les a fréquemment
comparés à certains Mélano-Africains comme ceux de la sous-race soudanaise par exemple, dans laquelle
un crâne plus allongé est de règle. Mais dès qu’on les met en parallèle avec des représentants de la sous-
race congolaise, comme nous le faisons, il ne subsiste pas grand chose de la soi-disant brachycéphalie
des Pygmées africains, lesquels finalement, de par leur situation géographique, ne font que traduire,
comme les Noirs qui les entourent, une évolution de l’indice céphalique qui, en Afrique centrale tend'
à augmenter d’Ouest en Est. Voici plus de cinquante ans, Poutrin avait d’ailleurs déjà reconnu que
« l’indice céphalique n’est d’aucun secours pour différencier les Négrilles entre eux, ni pour les séparer
des Nègres » (1911).
Des indices de hauteur, seul celui de hauteur-longueur traduit chez le Pygmée oriental
un abaissement assez net par rapport à ceux des Mélano-Africains parmi lesquels le Pygmée occidental
s intègre étroitement. Les modifications de I indice de hauteur-largeur paraissent également sensible.--
mais, comme celui-ci présente des écarts non négligeables entre les trois séries mélano-africnines consi¬
dérées, il ne différencie pas aussi nettement que l’indice de hauteur-longueur les Pygmées orientaux
des autres groupes. Nous remarquerons à son sujet que le Pygmée oriental accuse la valeur moyenne
la moins élevée, pas très loin de celle des Congolais et que le Pygmée occidental atteint ou contraire
1 indice le plus fort de toutes les séries, assez proche cependant de celui des Gabonais.
Seuls donc les Pygmées de l’Est ont une voûte crânienne réduite en hauteur à la fois par rapport
à ceux de 1 Ouest et aux Mélano-Africains. Ce résultat est confirmé par l'augmentation chez eux des
chainaecrânes et des tapcïnocrânes, comme le prouvent les taux suivants :
Pygmées occidentaux.
Pygmées orientaux ..
Gabonais.
Congolais.
Camerounais.
Pygmées occidentaux.
Pygmées orientaux . .
Gabonais.
Congolais.
Camerounais.
N
ChamarcrAncs
Orthocrânes
HypsicrAncs
11 H
45,4
54,5
18 H
16,6
50
33,3
50 H
2
42
56
46 H
4,3
43,4
52,1
86 H
5,8
43,1
51,1
Tapcïnocrânes
Mètriocrénes
Acrocrânes
11 H
_
27,3
72,7
18 H
16,6
55,5
27,7
50 H
4
28
68
46 H
13
47,8
.39,1
86 H
8,1
44,1
47,6
L’indice fronto-pariétal moyen (69 à 71) ne varie que très faiblement. Les Pygmccs des deux
groupes et les Mélano-Africains ont un front large par rapport à la largeur du crâne et, dans la répar¬
tition, les eurymétopes (60 à 84 %) dominent de façon significative sur les sténométope’s et les métrio-
métopes, ceci dans les cinq séries considérées :
N
Sténométopes
Métriométopei
• Eurymétopes
%
%
11
H
18,2
18,2
20
II
10
15
50
II
2
14
84
48
II
6,2
22,9
86
H
16,2
23,2
60,5
1 supérieur
(47 à ;
VI) nous retrouvons un
e divergence
qui, de nouveau, isola
i tendance
euryèr
le ou même hypereury
ène, des Mé
lano-Africains mésènei
Pygmées occidentaux..
Pygmées orientaux ...
Gabonais.
Congolais.
Camerounais.
comme le sont aussi les Pygmées occidentaux. L’écart moyen n’est certes
pas considérable; confirmé
Source : MNHN, Paris
I
CJ
O
rofils graphiques des Pygmées africa
74
PAULETTE MARQUER
toutefois par les fréquences indiquées plus loin, il est suffisant pour montrer que l’orientation euryène
n’existe vraiment que chez les Pygmées orientaux, causée par une réduction de la hauteur faciale
sans véritable élargissement bizygomatique :
N Euryènes Mésénes Leptines
%
%
%
Pygmées occidentaux.
9 H
44,4
44,4
11,1
Pygmées orientaux.
15 H
80
20
Gabonais.
45 H
24,3
51,1
24,4
Congolais.
30 H
46,6
50
3,3
Camerounais.
86 H
34,8
53,4
11,6
L’évolution du prognathisme par l’indice gnathique révèle du côté pygméen une projection en
avant du massif facial plus prononcée que chez les Mélano-Africains, mais, contrairement à ce que
nous avons trouvé jusqu’à présent, ce sont les sujets occidentaux, plus prognathes, qui se différencient
des Mélano-Africains alors que les Pygmées orientaux s’en rapprochent, avec une prognathisme sen¬
siblement équivalent à celui des Camerounais. L’accentuation du prognathisme dans les séries pygmé-
ennes, sa diminution dans les séries mélano-africaines ressortent mieux d'ailleurs dons les taux de la
répartition en catégories que sur les profils :
N
Orthognathcs
%
Mcsognathes
%
Prognathes
%
Pygmées occidentaux.
10 H
_
40
60
Pygmées orientaux.
16 H
31,2
12,5
56,2
Gabonais.
46 H
21,7
52,1
26,1
Congolais.
45 H
42,2
42,2
15,5
Camerounais.
86 H
13,9
36
50
L'indice nasal (55,25 à 60,34) est le premier et le seul caractère pour lequel les Pygmées des
deux groupes se séparent ensemble des Mélano-Africains, la diminution de hauteur bien plus que l’aug¬
mentation de largeur provoquant chez les premiers une hyperchamaerhinie (72 & 80 %) qui n’est
atteinte que plus rarement par les seconds (26 à 38 %). Ceci se traduit dans la répartition indicielle
par l’apparition du côté mélano-africain de quelques leptorhiniens absents chez les Pygmées et par
une légère élévation du nombre des mésorhiniens :
N Leptorhiniens
Mésorhiniens Chamacrhinicns Hyperchainaerliiniens
%
%
%
%
Pygmées occidentaux ...
11 H —
9,1
18,2
72,7
Pygmées orientaux .
20 H
10
10
80
Gabonais .
50 II 6
24
44
26
Congolais .
47 H 8,5
21,2
36,1
34,1
Camerounais .
86 H 1,2
25,6
34,8
38,3
Les différences de proportions de l’orbite
sont dans l’ensemble
faibles, Pygmée
>8 et Mclano-
Africains oscillant entre 84 et 86, avec des moyennes situées soit à la limite supérieure des mésoconques,
soit à la limite inférieure des hypsiconques. Cependant si on observe les pourcentages des diverses
catégories, on remarque que l’orbite des Pygmées s’oriente vers les formes basses, celle des Mélano-
Africains atteignant plus fréquemment les formes hautes. Comme on peut le voir ci-dessous, les Pygmées
occidentaux ont une forte représentation de chamacconques (72,7 %), les Pygmées orientaux possèdent
un maximum de mésoconques (73,6 %) et les Mélano-Africains se partagent entre les mésoconques
(33 à 55 %) et les hypsiconques (41 à 62 %) :
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
75
Chamaeconques Mésoconques Hypsiconques
.o /o
Pygmées occidentaux. 11 H 72,7 181 91
Pygmées orientaux. 19 H 15,8 73^6 10 5
Gabonais. 50 H 4 5o’ 46’
Congolais. 45 H 4,4 33,3 62,2
Camerounais. 86 H 2,3 55,8 41,8
!,es oscillations que l'on détecte dans l'indice cranio-facial transverse (92,17 à 98,03) ne justifient
aucune distinction profonde entre les groupes, les Pygmées ne se séparant pas franchement des Mélano-
Uricains pour ce caractère. Ces moyennes sont toutes cryptozyges et c’est seulement dans la répar¬
tition en catégories que l’on voit apparaître sur les crânes des Pygmées quelques cas de phenozygie :
date dernière, avec un taux de 36,3 %, prend cependant plus d’importance dans la série occidentale :
N Cryptozyges Phénozyges
% %
Pygmées occidentaux.. 11 H 63,6 36,3
Pygmées orientaux.... 16 H 81,2 18,7
Gabonais . 45 H 84,4 15,5
Congolais . 31 H 96,7 3,2
Camerounais. 86 H 73,2 26,7
L’indice palatin (71,53 à 82,7) indique chez les Pygmées un palais relativement étroit, avec
< > à 100 % de leptostaphylins, tandis que les Mélano-Africains ont un palais un peu plus large avec
l’apparition de 21 à 38 % de mésostaphylins et 6 à 28 % de brachystaphylins. Ces modifications ne
semblent pas suffisantes pour avancer une réelle différence dans les proportions du palais suivant les
populations envisagées ; seuls, les Pygmées occidentaux se séparent des Camerounais par la forte
accentuation de la leptostaphylie, mais les Pygmées orientaux, les Gabonais et les Congolais sont très
voisins, comme on le remarquera à la lecture des chiffres ci-dessous :
N Leptostaphylins Mésostaphylins Brachystaphylins
% % %
Pygmées occidentaux. 9 H 100 — _
Pygmées orientaux. 8 H 75 12,5 12,5
Gabonais. 33 H 66,6 27,2 6,1
Congolais. 28 H 71,4 21,4 7,1
Camerounais. 84 H 33,3 38,1 28,5
Le dernier indice du profil, celui du trou occipital, présente en revanche des différences mani¬
festes et une fois de plus il faut constater que ce sont les Pygmées orientaux qui s’éloignent le plus
sensiblement des Mélano-Africains, les Pygmées occidentaux se rapprochant de nouveau de ceux-ci
sans toutefois se confondre avec eux comme pour beaucoup d’autres caractères. De 75,13 dans la série
orientale, microsème, l'indice passe à 79,95 dans la série occidentale, encore microsème cependant,
pour atteindre du côté mélano-africain des valeurs de 81 à 84 voisinant avec la catégorie mésosème ou
s y intégrant. Le foramen magnum est donc franchement moins large chez les Pygmées, surtout l’oriental,
que chez les Mélano-Africains et ceci se traduit par la dominance des microsèmes (72 à 91 %) pour les
premiers et un sensible équilibre des pourcentages dans les trois catégories indicielles pour les seconds :
N
Microsèmes
Méso9èmcs
Mégasèmes
%
%
%
Pygmées occidentaux.
11 H
72,7
9,1
18,1
Pygmées orientaux.
10 H
90,9
9,1
Gabonais.
50 H
38
22
40
Congolais.
46 H
34,7
28,2
36,9
Camerounais.
47,6
38,3
13,9
Source : MNHN, Paris
76
PAULETTE MARQUER
D. Résumé et conclusions sur la comparaison du crâne des Pygmées
et des Mélano-Africains équatoriaux
De l’ensemble des confrontations précédentes plusieurs conclusions se dégagent :
1) L’étude du crâne sec ne permet pas de distinguer les Pygmées des Noirs de la zone équa¬
toriale aussi bien que l’examen de la tête sur le sujet vivant. Ceci tient à l’existence de plusieurs carac¬
tères descriptifs des parties molles du visage — entre autres les formes des lèvres, de l’espace naso-
labial, du nez - qui revêtent de l’importance dans la diagnose différentielle de ces groupes et qui
n’apparaissent plus ou tout au moins sont très estompés sur la morphologie osseuse.
2) Quand on constate que les Pygmées — sans séparer encore les orientaux des occidentaux —
se séparent des Mélano-Africains, c’est souvent il faut bien le reconnaître par une diminution des
valeurs des principaux caractères. De là à déduire que le Pygmée n’est qu’un Nègre en miniature,
il n’y a qu’un pas et l’on comprend que Drontschilow ait isolé de sa série camerounaise quelques crânes
de petite dimension qui, par leur légère brachycéphalie et la réduction de leur hauteur faciale, lui
semblaient ressembler à la femme Akoa et au Ba-Bongo masculin étudiés par Poutrin. Autrement
dit, il reconnaissait implicitement que la brachycéphalie et l'abaissement du massif facial étaient des
éléments suffisants pour attribuer ces crânes à des Pygmées. A la réflexion, rien ne semble cependant
plus inexact comme raisonnement. D’abord la brachycéphalie, comme nous l’avons vu et contrairement
à une opinion trop souvent admise, est loin de caractériser le Pygmée africain, qui est essentiellement
mésocéphale. avec même une tendance vers la dolichocéphalie plus que vers la brachycéphalie
Ensuite, comme nous l’avons montré pour les profils de la boîte crânienne par exemple, il y a des
variations importantes de la réduction suivant les dimensions et ceci aboutit parfois à de réelles
différences dans les proportions du crâne et de la face. Enfin ce que 1 on sait sur 1 aspect du
Pygmée vivant contredit formellement une telle hypothèse, tous les auteurs insistant sur un véritable
particularisme morphologique et physiologique qui, en dehors de la taille, permet de différencier nette¬
ment le Pygmée du Noir typique.
3) Il apparaît certain que les Pygmées orientaux n’occupent pas vis-à-vis des Noirs équatoriaux
exactement la même position que les Pygmées occidentaux. Les premiers se situent sans aucun doute
en marge des groupes nègres pour la plupart des caractères, les différences s’accentuant sur un nombre
suffisant de ces caractères pour qu’on ne puisse confondre la série crânienne orientale avec l'une ou
l’autres des série mélano-africaines. Une boîte crânienne moins élevée, une face plus basse, un nez de
hauteur très réduite en même temps que large, des orbites moins hautes, tels sont les principaux facteurs
de différenciation des Pygmées africains orientaux par rapport aux Mélano-Africains sur le crâne sec.
Les Pygmées occidentaux, dans la mesure où ils s’éloignent des orientaux, se rapprochent précisément
de ces mêmes Mélano-Africains, avec lesquels leurs profils crâniens sont ou bien quasi confondus ou
bien occupant une situation intermédiaire.
C’est à une conclusion analogue qu’est parvenu Thilmans en comparant les Pygmées des deux
groupes à plusieurs autres séries de Noirs d’Afrique, avec des méthodes statistiques plus poussées que
les nôtres mais sur des effectifs de crânes nettement moins importants et en se basant sur un bien plus
petit nombre de caractères \ D’après cet auteur, on devrait interpréter l’aspect plus « nègre » des
Pygmées occidentaux comme la preuve « d’un certain degré de métissage, leurs variances étant assez
élevées ». C'est possible et c’est évidemment l’idée qui vient de suite à l’esprit ; rien ne nous permet
1 Thilmans utilise le D» de Mahalanobis qui implique « la mise en commun de» écarts types et de» coefficients
de corrélation ainsi que le calcul des variables transformées ». Il ne disposait que <le 7 crânes de Pygmée» occidentaux
et 11 crânes de Pygmées orientaux, encore à condition de mélanger les scxeB. Devant la faiblesse numérique de ces échan¬
tillons, plus faiblis même que les nôtres, nous avouons no pas comprendre l’emploi de méthode» statistiques de ce genre
pas plus que nous n’approuvons la fusion des sujets masculins et féminins d un même groupe, surtout pour évaluer des
différences sur des mesures absolues comme le fait ThilmanB.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
77
cependant de 1 affirmer dans la seule perspective de la craniologie. D’une part, en compulsant les
écarts types du tableau XXVII, il est aisé de constater que, suivant les caractères, ce sont tantôt les
Pygmées orientaux, tantôt les Pygmées occidentaux qui présentent une variabilité plus ou moins
grande ; d autre part il est plus que douteux d’affirmer que le métissage agit par accentuation de la
variabilité. Plusieurs auteurs, depuis une quinzaine d’années, ont en effet signalé à maintes reprises
le comportement apparemment contradictoire de la variabilité chez les populations métissées : celles-ci
peuvent aussi bien détenir des variabilités identiques à celles des groupes parentaux dont elles sont
issues que parfois en accuser de plus faibles et parfois encore de plus fortes. D’autres phénomènes
que le métissage entrent manifestement en jeu pour expliquer les fluctuations de la variabilité et leurs
mécanismes ne sont pas encore suffisamment connus dans l’espèce humaine pour qu’on puisse estimer
les influences prépondérantes.
Dans ces conditions, il semble hasardeux d’avancer un mélange des Pygmées avec les Noirs
plus intense dans le groupe occidental que dans le groupe oriental et ce d’autant plus que les avis des
spécialistes, anthropologistes ou ethnologues, sont très partagés quant à l’existence réelle d’un tel
métissage. Plusieurs de ceux qui ont étudiés les Pygmées sur le vivant n’admettent que des rapports
sexuels occasionnels entre les femmes pygmées et les Noirs, s’empressant d’ailleurs d’ajouter que, dans
ces cas — relativement rares suivant certains, plus fréquents suivant d’autres —, les femmes quittent
leur groupe d’origine et les enfants sont assimilés par la tribu du père. De là il s’ensuivrait des relations
unilatérales, avec introduction de sang pygmée parmi les Mélano-Africains mais non l’inverse. Ainsi
pense Gates par exemple quand il affirme à propos des Ba-Mbuti itouriens : « dans de nombreux endroits
de la forêt les Pygmées sont plus nombreux que les Noirs... » et dans cette perspective « les Noirs de
la forêt peuvent avoir absorbé une quantité importante de sang Pygmée » (1958). Pales cependant,
dès 1938, signalait de petits effectifs de Ba-Binga situés aux confins de la forêt près de M’Baiki, dont
le faciès et l'ensemble de la morphologie corporelle portaient des traces évidentes de métissage avec
les Noirs M’Bati et M’Baka du voisinage : Pygmées en train de devenir Pygmoïdes ? Cet exemple est-il
exceptionnel ou, comme c’est probable, n’est-il pas en voie de se reproduire chez les Ba-Binga plus
souvent qu’on ne le pense faute d’investigations approfondies sur ce phénomène ? D’autres auteurs
(Jadin 1935, Hiernaux 1954), s’intéressant cette fois à divers Pygmées ou Pygmoïdes orientaux,
admettent effectivement que les rapports clandestins sont vraisemblablement plus fréquents qu’on
ne l’avoue de part et d’autre. Et Hiernaux, parlant des Pygmoïdes Batwa et des Noirs Batutsi ou
Bahutu, ajoute même un argument démographique qui fait un juste contrepoids à l’opinion de Gates
et qui peut s’appliquer, croyons-nous, à la plupart des Pygmées d’Afrique : « vu l’énorme dispropor¬
tion numérique entre les Batwa et le reste de la population, un taux de métissage réciproque même
très bas affectera considérablement les Batwa, sans apporter de changement notable aux autres groupes ».
Devant l’équivoque et l’incertitude de ces jugements, force est de reconnaître que l’analyse
morphologique du crâne sec, bien que ses résultats penchent en faveur d’un mélange avec les Mélano-
Africains plus marqué chez les Pygmées occidentaux, ne nous apportent pas les éléments suffisants
pour résoudre cette question. En revanche nous croyons qu’on pourrait préciser l’argument du métis¬
sage comme facteur possible de différenciation entre les Pygmées orientaux et occidentaux par un
examen très serré des caractères morphologiques et physiologiques fait sur des séries de sujets vivants
appartenant aux deux groupes pygméens et à plusieurs types mélano-africains de leur entourage
immédiat. A notre connaissance une telle confrontation n’a jamais été vraiment tentée ou tout au moins
elle n’a été menée que de façon partielle et. sur un nombre restreint de caractères A
4) Quoiqu’il en soit de ce métissage possible des Pygmées occidentaux avec les Mélano-Afri-
cains équatoriaux voisins, les éléments apportés par la comparaison des données craniologiques
montrent que les Pygmées des deux groupes appartiennent sans conteste, du point de vue taxino¬
mique, à la grand’race mélanoderme. Encore moins que chez les Boschimans, qualifiés il n’y a pas encore
si longtemps de Jaunes d’Afrique, il n’est possible de détecter dans la morphologie crânienne des
1. J. Hiernaux (1966 et 1968) fait une comparaison sur le vivant entre des Pygmoïdes Cwa, des Ba-Mbuti, des
Noirs Bushong et même plusieurs autres types de l’Afrique sud-saharienne, mais il n’entre dans cette comparaison aucun
élément pygméen du groupe occidental.
Source : MNHN, Paris
78
PAULETTE MARQUER
Pygmées africains un ensemble de caractères qui évoque, même de loin, un vrai type xanthoderme.
Us ont de trop nombreuses affinités avec les Noirs africains en général, et plus spécialement avec ceux
des régions équatoriales qui se répartissent en gros dans la sous-race congolaise, pour ne pas se ratta¬
cher depuis déjà fort longtemps au tronc négroïde. Cependant les Pygmées occidentaux et orientaux
ont aussi des différences manifestes vis-à-vis des divers types de la race mélano-africaine, elles sont
plus visibles sur le vivant, mais elles existent aussi sur le squelette crânien ; elles sont plus marquées
par rapport aux Mélano-Africains soudanais, guinéens, nilotiques ou zambézicns ', tous Noirs relati¬
vement éloignés de nos Pygmées et ne vivant pas dans un milieu absolument identique, mais, bien
que s’atténuant déjà, elles se retrouvent dans la confrontation avec les Mélano-Africains congolais, de
très proches voisins des Pygmées et soumis en partie comme ces derniers aux influences mésologiques
de la forêt équatoriale ; enfin elles apparaissent plus accentuées chez les Pygmées orientaux, Ba-Mbuti
de l’Itouri, mais, quoiqu’estompées, elles subsistent aussi chez les Pygmées occidentaux, Ba-Binga et
Ba-Bongo de la République centrafricaine ou du Gabon. En l’absence de preuves fossiles irréfutables
seules capables de sonder un peu plus profondément les origines des Pygmées d’Afrique, il y a dans
toutes ces constatations un faisceau de concordances qui engagent à penser que ces Pygmées d'afrique
doivent se relier à une forme négroïde moins spécialisée que les actuels Mélano-Africains, qui a dû
émigrer, pour quelque raison que ce soit, à l’intérieur de la forêt équatoriale et qui, là, a subi progres¬
sivement une différenciation par adaptation sélective à un « biotope » fortement particularisé. Nous
reprendrons la discussion de cette hypothèse dans les conclusions générales, après l'analyse du sque¬
lette post-crânien, mais il convenait de la signaler dès maintenant.
1. G. Thilmans (1962) a fait une comparaison sur le crâne sec entre les Pygmées et plusieurs autres Mélano- Afri¬
cains ; il conclut que les Pygmées des deux groupes se rapprochent plus des Noirs gabonais ou des Tétéla congolais que
de n’importe quelle autre série de Noirs d’Afrique.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
79
DEUXIÈME PARTIE
ÉTUDE DU SQUELETTE POST-CRÂNIEN
Dans I etude du squelette post-crânien des Pygmées africains, particulièrement intéressante
dans la mesure où il s agit d un matériel rare sur lequel les publications sont peu nombreuses et donnent
souvent des résultats partiels ou incomplets, nous nous heurtons à des difficultés plus importantes
que celles que nous avons déjà rencontrées à propos de l’examen craniologique. Posséder toutes les
pièces d un même squelette en bon état de conservation n’est pas chose courante et ceci, joint à un
échantillonnage de sujets encore plus restreint que celui des séries crâniennes, contribue à réduire
d’autant la portée générale des observations et des conclusions. C’est dire que, ici comme là, les seules
méthodes que nous puissions utiliser se ramènent à celles de l’investigation paléontologique, en laissant
de côté la plupart des traitements statistiques sans intérêt dans l’état présent de notre documentation
ostéologique sur les Pygmées africains. Aussi les moyennes ou les pourcentages qu’on pourra relever
sur les divers ossements ne figureront-ils qu’à titre d’indications approximatives et uniquement parce
que ce sont des procédés pratiques d’exposition.
I. NOMENCLATURE DES SQUELETTES POST-CRÂNIENS DES PYGMÉES AFRICAINS
A. Pygmées occidentaux
Tous les squelettes occidentaux ont déjà été cités dans l’inventaire du matériel inédit concernant
ce groupe de Pygmées (cf. p. 7 et 9), mais nous devons maintenant détailler les ossements qu’ils com¬
prennent et apprécier leur état de conservation. Tous étaient accompagnés de leur crâne, sauf quelques
os isolés de provenance exacte généralement inconnue et fortement détériorés.
Les squelettes masculins sont au nombre de cinq.
17762, 1909-36 : squelette post-crânien incomplet d’un Ba-Binga de la rive gauche de la
Sangha. Bon état de conservation (juste quelques côtes endommagées). Pièces manquantes : os
hyoïde, humérus gauche, 2 e métacarpien gauche, quelques phalanges des deux mains, rotules, cal¬
canéum et cuboïde gauches, cunéiformes 2 (gauche) et 3 (droit) ainsi que presque toutes les phalanges
du pied. Sexe (masculin) et âge (45-50 ans) déterminés par l’examen du crâne et contrôlés par les résultats
du reste du squelette.
17980, 1910-45. Squelette post-crânien quasi complet d’un Ba-Binga de la région d’Ouesso.
Très bon état de conservation. Pièces absentes : os hyoïde, pyramidal et pisiforme des deux carpes,
semi-lunaire gauche, quelques phalanges des mains ainsi que la plupart de celles des pieds, métatar¬
siens II (gauche) et V (droit). Sexe connu (masculin) et âge déterminé (35 à 40 ans).
~ 18448, 1911 -14. Squelette post-crânien quasi complet d’un Ba-Binga de la rive droite de
ubangui. Très bon étal de conservation (2 côtes brisées). Os disparus : pisiforme droit, semi-lunaire
gauche, quelques phalangines et phalangettes des mains et des pieds. Sexe connu (masculin), âge
détermine (40-45 ans). v h e
Source : MNHN, Paris
80
PAULETTE MARQUER
— 22257, 1951-16. Squelette post-crânien incomplet d’un Ba-Binga de localisation exacte
indéterminée. Très bon état de conservation. Pièces absentes : 3 côtes, os hyoïde, os coxaux, métacar¬
piens II (droit) et V (gauche), plusieurs phalanges et la plupart des phalangines et phalangettes des
deux mains, rotule gauche, tous les os de la cheville et du pied. Sexe (masculin) et âge (25-30 ans)
déterminés.
23642, 1953-20. Squelette post-crânien très incomplet d'un Ba-Bongo du Gabon de localisation
exacte impréeisée. Bon état de conservation. Os absents : toutes les vertèbres sauf une des premières
dorsales, 7 côtes, os hyoïde, sternum, clavicule gauche, omoplates, os coxal gauche, rotules, tous les
os du poignet et de la main ainsi que tous ceux de la cheville et du pied.
Les squelettes féminins sont au nombre de 4.
— 17761, 1909-36. Squelette incomplet d’une Ba-Binga de la rive gauche de la Sangha. Bon
état de conservation. Pièces manquantes : toutes les vertèbres cervicales sauf la septième, 5° vertèbre
dorsale, toutes les côtes, os hyoïde, sternum, radius et cubitus gauches, tous les os du poignet et de la main
sauf les 2 e métacarpiens, rotules, tous les os de la cheville et du pied. Sexe connu (féminin), âge déter¬
miné (20-25 ans).
— 18446, 1912-9. Squelette post-crânien très incomplet d'une Ba-Binga de la rive droite de
l’Oubangui. Très mauvais état de conservation. Des quelques os qui nous sont parvenus (4 vertèbres,
diaphyses des os du membre supérieur, fragments du fémur droit et de l’omoplate gauche), aucun
n’est suffisamment bien conservé pour donner lieu à une étude, même succinte. Sexe connu (féminin),
âge déterminé (20-25 ans).
— 18449, 1911-14. Squelette post-crânien presque complet d’une Ba-Binga de la rive droite
de l’Oubangui. Bon état de conservation (seules les extrémités antérieures des métatarsiens sont endom¬
magées). Pièces absentes : os hyoïde, tous les os du carpe sauf le pisiforme gauche, quelques phalanges
et phalangettes de la main, cunéiforme 2 gauche et toutes les phalanges, phalangines et phalangettes
du pied. Sexe connu (féminin), âge connu approximativement et déterminé (20-25 ans).
— 23641, 1953-19. Squelette post-crânien incomplet d’une Ba-Binga d’origine exacle inconnue.
Bon état de conservation. Os absents : toutes les vertèbres, os hyoïde, 5 . ôtes, sternum, tous les os des
deux carpes, tous les métacarpes sauf le premier gauche, toutes les phalanges, phalangines et phalan¬
gettes des mains ainsi que le squelette complet de la cheville et du pied. Sexe (féminin) et âge (20-
23 ans) déterminés.
Les ossements isolés appartenant à des adultes sont les suivants :
— 9889, 1896-21. Bassin monté d’une Ba-Binga de la Maute-Sangha (village de Bavunga,.
Sexe connu (féminin). Bon état de conservation. Il y a tout lieu de penser que ce bassin
appartient au même individu que le crâne de la femme Ba-Binga n° 9880 provenant de la même
région. Pièce déjà étudiée par R. Verneau (1896) mais dont nous avons personnellement repris
l’examen.
_ 23644 1953-22. Lot d’os longs de Pygmée occidental, vraisemblablement de Ba-Binga,
mais sans localisation précise. Très mauvais état de conservation (la plupart des épiphyses sont détruites
ou abimées). 2 humérus droit et gauche privés de leurs épiphyses supérieures, 2 diaphyses de cubitus
vraisemblablement droite et gauche, 1 diaphyse de radius, 1 diaphyse de fémur, un tibia droit complet
mais aux extrémités très endommagées, 1 tibia gauche avec seulement l’épiphyse inférieure, 2 péronés
droit et gauche. D’après l’orientation de ces os, on peut penser qu’ils appartenaient au même individu.
Leur état interdit toute étude métrique ou descriptive.
Les squelettes d’enfants sont au nombre de deux :
_ 18450, 1911-14. Squelette relativement complet d'un enfant Ba-Binga de la rive droite de
l’Oubangui. État de conservation moyen (plusieurs côtes brisées, plusieurs épiphyses d’os longs, natu¬
rellement séparées de la diaphyse, très abîmées). Os absents : 1 rotule. 1 péroné et le tarse du côté
gauche, quelques métacarpiens et métatarsiens ainsi que la plupart des phalanges de la main et du
pied. Sexe connu (masculin), âge connu (environ 5 ans) et déterminé par la dentition (de 9 à 12
ans) L
1. En ce <pii concerne la différence d’estimation entre l’âge connu et l’âge déterminé cf. p. 55.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
81
— 18492, 1912-37. Squelette incomplet d’enfant pygmée du Sud-Cameroun. Bon état de conser¬
vation. Os manquants : 6 côtes, 7 vertèbres cervicales et 4 dorsales, omoplate gauche, tarse et carpe
des deux côtés, la plupart des métacarpiens et des phalanges de la main et du pied. Sexe inconnu et
non déterminable, âge estimé par la dentition (9-10 ans).
B. Pygmées orientaux
Mis à part le Ba-Mbuti 17947 du Haut-Itouri appartenant aux Collections du Musée de l’Homme
et dont nous avons fait l’examen, toutes les autres données sur les squelettes post-crâniens des Pygmées
orientaux ont été recueillies dans la littérature. Mais, comme nous l’avons déjà remarqué dans la pre¬
mière partie de ce travail, l’ensemble des restes déposés dans divers Musées ou Laboratoires d’Europe
n'a pas toujours été étudié de façon complète et certains de ces squelettes attendent même encore
les publications qui les feraient connaître. Aussi n’indiquons nous ci-dessous que les pièces que nous
avons pu utiliser, en nous référant pour l’état de conservation et la nomenclature des différents os,
aux précisions fournies par les auteurs dont les investigations ont été publiées. Nous ne répétons ni
les conditions de la découverte, ni la localisation géographique (cf. p. 10 à 14).
1) Matériel inédit
— 17947, 1910-27. Squelette post-crânien presque complet d’un Ba-Mbuti du Haut-Itouri.
Très bon état de conservation. Os absents : os hyoïde, carpes droit et gauche, métacarpiens des deux
côtés sauf les deuxièmes, toutes les phalanges sauf les cinquièmes et toutes les phalangines et phalan¬
gettes de la main, 2 e cunéiforme et 5 e métatarsien droits, toutes les phalanges, phalangines et phalan¬
gettes du pied sauf la 5 e phalange droite et la première phalangette gauche. Sexe (masculin) et âge
(plus de 60 ans) déterminés.
2) Matériel déjà publié
— 1887-12-1-105 et 106 (W. H. Flower, 1889). Squelettes incomplets d’un homme et d’une
femme Aka. État de conservation moyen. Le squelette masculin (105) est privé de sa 5 e cervicale,
de quelques côtes, des clavicules et des os coxaux ainsi que de plusieurs os des mains et des pieds.
Sur le squelette féminin (106), on remarque l’absence de plusieurs vertèbres, du fémur droit et de
quelques phalanges des extrémités supérieures et inférieures. Sexes connus, âges déterminés (25-30 ans
pour l’homme, 20-25 ans pour la femme). La publication de Flower, loin d’être exhaustive, ne fournit
que quelques caractères descriptifs, quelques brèves mensurations des vertèbres lombaires, du bassin
et de l’omoplate, ainsi que la seule longueur des os des membres.
— « Jul » (A. van den Broek, 1940). Squelette post-crânien complet d’une femme Efé. Très bon
état de conservation.
— 207, 208, 212, 213, RG23, RG43 (J. Maly et J. Matiegka, 1938). 6 squelettes post-crâniens
relativement complets de 4 Efé (H : 207, 212 ; F : 208, 213) et de 2 Ba-Mbuti de la région de Béni
(H : RG23) et de Lesse (II :RG43). Bon état de conservation pour 207, 208 et 213, moins bon pour 212
« dont les parties spongieuses sont très raréfiées par l’action des termites », non précisé pour RG23
et 43. Sexes connus pour les quatre premiers, déterminés pour les deux derniers ; âges connus (207 :
environ 40 ans, 208 : environ 50 ans) et déterminés (212, 213, RG23 et 43 : de 20 à 25 ans) L
— P„ P 2 , P 8 , P 4 , P 6 : 5 squelettes post-crâniens pratiquement complets de Basa (4 H : P lt P 2 , P 3 ,
P5,1 F : P 4 ). Bon état de conservation. Sexes et âges connus (Pj : 28-30 ans P 2 : 30 ans, P 3 30-35 ans,
P 4 : 50-60 ans, P 5 : 60-70 ans). Malheureusement aucune étude d’ensemble n’a été faite et nous ne
pouvons consulter à leur sujet que quelques très brèves publications, qui traitent chaque os séparément
1. Rappelons que leB numéros 212 et 213 ont été publiés par Matiegka et Maly avec la numérotation provisoire
de P* et P*, à ne pas confondre avec les deux squelettes Basa ayant reçu la même dénomination.
1 564 017 6 6
Source : MNHN, Paris
82 PAULETTE MARQUER
et de façon si incomplète qu'il n'est pas possible de les intégrer aux tableaux de mensurations des
autres Pygmées orientaux. Ces publications concernent l'humérus (M. R. Sauter et A. Kônz 1954-55,
l’omoplate (M. R. Sauter et E. Greppin, 1956-57), le radius et le cubitus (M. R. Sauter et P. Kaiser,
1956-57), l’os coxal (M. R. Sauter et P. Moeschler, 1956-57), le fémur (M. R. Sauter et M. Süsz, 1956-57),
la rotule (M. R. Sauter et II. Buechler, 1960-61), l’atlas et l’axis (M. R. Sauter et F. Lieberhen, 1960-61).
II. — DIAGNOSTIC COMPARÉ DU SQUELETTE POST-CRÂNIEN
DES PYGMÉES AFRICAINS
D’après l'inventaire précédent, l'investigation du squelette des Pygmées africains reposera
sur 5 hommes (4 Ba-Binga, 1 Ba-Bongo) et 3 femmes (toutes Ba-Binga) chez les Pygmées occiden¬
taux (*), sur 6 hommes (1 Aka, 2 Efé, 2 du Haut-Itouri, 1 de la Semliki) et 4 femmes (1 Aka, 3 Efé)
chez les Pygmées orientaux. En ce qui concerne ces derniers, les 5 Basa inclus dans l’inventaire seront
cités chaque fois que cela sera justifié mais, comme nous l’avons déjà dit, ils ne figureront qu’excep-
tionellement dans les tableaux qui vont suivre.
Comme pour le crâne, nous confronterons les deux groupes pygméens entre eux, ajoutant cepen¬
dant dans l’analyse de chaque partie osseuse les documents que nous pourrons utiliser sur les Noirs
d’Afrique, ceci au lieu de traiter séparément les données de comparaison comme nous l’avions fait
pour le squelette crânien. Ce changement de plan est dû à l’extrême difficulté de trouver sur toutes
les parties du squelette des éléments comparatifs valables. Aussi, loin de nous cantonner aux seuls
Mélano-Africains équatoriaux — et bien à regret — serons-nous obligé de recourir souvent à dos Noirs
d’Afrique en général et même, par carence, à des Noirs américains.
A. Colonne vertébrale
Comme pièces à peu près complètes, nous disposons de 5 rachis (4 H, 1 F) chez les Pygmées
occidentaux, de 7 rachis (4 H, 3 F) chez les Pygmées orientaux. Dans ce dernier groupe, et seulement
pour l’atlas et l’axis, nous incorporerons dans les moyennes les 5 squelettes Basa, parce que leurs
deux premières cervicales ont été étudiées de manière très complète par M. R. Sauter et F. Lieberhen.
1) Colonne présacrée
Dans les deux groupes pygméens, la colonne présacrée correspond au type 7-12-5, les variations
numériques ne se manifestant qu’au niveau du sacrum, dont il sera parlé plus loin. Toutes les vertèbres
sont de petite taille, plus réduites et plus graciles sur la majorité des rachis orientaux que sur les occi¬
dentaux. La plupart des sujets ne présentent pas de symptômes pathologiques sur la colonne présacrée
à l'exception du Ba-Binga masculin 18448, sur lequel on remarque de nombreux ostéophytes, de taille
variable et siégeant sur le pourtour des corps vertébraux de la septième à la douzième dorsale ainsi
que sur les deux premières lombaires (fig. 24).
L'atlas, avec un canal rachidien très développé et des arcs osseux peu mussifs, présente une
bonne dimension transversale jointe à un diamètre antéro-postérieur relativement faibli' : l'indice
atloïdien, qui évalue le diamètre antéro-postérieur externe en % du diamètre irons verse externe,
est de 61,7 (4 H.) et 64,5 (1 F..) du côté occidental, avec des extrêmes variant de 54,8 à 66,7 ; il est
de 57,2 (8 H.) et 59,6 (3 F.) du côté oriental, s’étalant, entre un minimum de 55,1 et un maximum
de 68,1. L’axis possède un canal moins important et des arcs osseux plus robustes ; sa largeur diminue
1. L'état des restes osseux post-crâniens de la femme Ba-Binga n° 18446 n'a permis aucune étude, ni descriptive.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
83
Fig. 24. — Première vertèbre lombaire du Ba-Binga
masculin n° 18448 : gros ostéophyte sur la
partie supérieure gauche du corps vertébral.
et son diamètre antéro-postérieur augmente, l’indice axoïdien s’élevant à 95,1 (4 H.) et 88,6 (1 F.)
chez les occidentaux (extrêmes : 88,2 — 100), à 92 (8 H.) et 93 (3 F.) chez les orientaux (extrêmes :
85,5 — 98,8). L’absence de documents de comparaison avec les Mélano-Africains ne nous permet que
de signaler brièvement que les Pygmées africains, par la morphologie des deux premières cervicales,
ne paraissent pas différer sensiblement des Boschimans, des Hottentots ou des Griquas, seuls Africains
bien examinés pour ce caractère par G. Duparc (1942).
Les apophyses épineuses des cervicales sont presque toujours bifides au moins jusqu’à la 6 e ver¬
tèbre sur les rachis occidentaux. Matiegka et Maly (1938) parlent en revanche d’une absence de bifur¬
cation des apophyses chez trois des six squelettes orientaux examinés par eux ; il semble donc que ce
caractère, généralement considéré comme primitif, soit plus fréquent dans le groupe oriental que dans
le groupe occidental.
Comme particularités morphologiques des cervicales, signalons qu’il existe sur de nombreux
atlas des deux groupes des échancrures rétro-transversaires situées à gauche ou à droite ou encore
des deux côtés, mais qu’il n’y a que rarement des trous rétro-articulaires ou sus-transversaires. Par
ailleurs, la racine antérieure de l’apophyse transverse, toujours présente sur les atlas occidentaux,
manque sur deux des cinq atlas orientaux basa examinés par Sauter et Lieberhen.
,, , , , , haut. post. x 100
L indice du corps vertébral, suivant la formule--:-, a été calculé sur
haut. ant.
toutes les vertèbres, dans la mesure où il peut fournir des indications partielles sur les courbures de
la colonne. A part l’atlas, qui donne toujours dans les deux groupes des valeurs indicielles inférieures
à 100, toutes les autres cervicales ont des indices égaux ou pour la plupart supérieurs à 100 (indices
de 100 à 120 du côté occidental, de 100 à 133 du côté oriental) : l’atlas seul appartient à la catégorie
cyrtorachique traduisant dans cette région une certaine convexité en avant de la colonne cervicale,
toutes les autres vertèbres étant coelorachiques, ce qui implique pour le reste de la partie cervicale
une tendance à être légèrement concave en avant. Les vertèbres dorsales atteignent invariablement
100, dépassant ce chiffre plus ou moins largement (indices de 100 à 150 du côté occidental, de 100
à 125 du côté oriental) : dans l’ensemble, la convexité postérieure normale de la colonne dorsale existe
dans les deux groupes pygméens, s’atténuant peut-être légèrement chez les orientaux par rapport aux
occidentaux. Quant aux vertèbres lombaires, elles s’élèvent au-dessus de 100 jusqu’à L3 comprise
chez les Pygmées occidentaux, jusqu’à L4 chez les Pygmées orientaux. De ces résultats, on pourrait
déduire — et c’est ce qu’ont fait Matiegka et Maly — que, chez les Pygmées, il y a une atténuation
de la convexité en avant des courbures cervicale et lombaire. Mais il ne faut pas oublier, comme l’ont
remarqué H. V. Vallois et Lazorthe sur les lombaires (1942), que les courbures vertébrales ne dépendent
pas seulement des indices des corps vertébraux mais aussi de ceux des disques intervertébraux et qu’il
se produit même une compensation entre les deux sortes d’indices. Cette restriction faite, on peut
cependant suggérer l’existence d’une certaine différence de la région lombaire chez les Pygmées afri¬
cains, quand on les compare aux Noirs américains de R. Lanier (1939) comme nous le faisons sur le
Source : MNHN, Paris
PAULETTE MARQUER
84
tableau XXIX. On s’aperçoit en effet que le changement de courbure de la colonne ne se fait pas exac¬
tement au même niveau : chez les Noirs américains, il a lieu entre L2 et L3 comme c’est le cas dans
la plupart des groupes évolués ; chez les Pygmées il se situe soit entre L3 et L4 (rachis occidentaux),
soit entre L4 et L5 (rachis orientaux).
Tableau XXIX
1 ’aleurs moyennes des indices lombaires chez les Pygmées africains et des Noirs d'Amérique
Pygmées occidentaux Pygmées orientaux Noir* d'Amérique
4 H. 4-5 H. 97-100 H.
Ll 108,4 103,8 106,7
L2. 110,5 110,7 103,2
L3 . 104 105,6 97,8
L4. 98,9 102,8 94,2
L5!. 97,9 88,5 86,6
I. lombaire total. 103,9 102,3 97,7
Pour en terminer avec la colonne présacrée, il nous reste à envisager les proportions de chaque
segment par rapport à l’ensemble de la colonne. C’est ce que nous faisons dans le tableau XXX, où
les Pygmées sont de nouveau confrontés avec les Noirs américains. Comme on peut le constater, il n’y
a guère de différences manifestes entre les trois groupes : tout juste peut-on parler, chez les seuls Pygmées
orientaux, d’un léger raccourcissement de la partie cervicale accompagné d’un allongement de la
partie dorsale ; Pygmées occidentaux et Noirs d’Amérique sont en revanche très proches les uns des
autres sous ce rapport.
Tableau XXX
Proportions des différents segments de la colonne présacrée
chez les Pygmées africains et des Noirs d'Amérique
Pygmées occidentaux Pygmées orientaux Noirs d'Amérique
4 H. 4-5 H. 97-100 H.
Colonne cervicale. 14,2 % 13,3 % 14,9 %
Colonne dorsale. 53,9 55,6 % 53,7 %
Colonne lombaire. 31,9 31,1 31,3
2) Sacrum
9 sacrums (5 H., 4 F.) ont été examinés dans chaque groupe de Pygmées. Les auteurs ne font
pas mention de variations numériques sur les sacrums orientaux, qui possèdent donc vraisemblable¬
ment tous les 5 vertèbres, mais, parmi les sacrums occidentaux, nous en avons rencontré un, féminin,
ne possédant que 4 vertèbres (lombalisation de S 1) et deux autres à 6 vertèbres, dont l’un par sacrali¬
sation de la cinquième lombaire et l’autre, appartenant à une femme, par sacralisation de la première
coccygienne.
Dans la forme de leur extrémité supérieure, ces pièces se rangent en majorité dans la catégorie
hypobasale (6 occidentaux, 7 orientaux), l’hyperbasalité ne se manifestant jamais. Les trous sacrés
sont grands sur les deux premières vertèbres, ils se réduisent ensuite progressivement soit à partir
de S 3, soit à partir de S4. La crête postérieure est généralement bien développée sur presque tout son
parcours, avec des tubercules la plupart du temps nettement individualisés, celui de la première sacrée,
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
souvent bifide, conservant une forme atténuée d’apophyse. Le canal sacré, dont l’ouverture supérieure a
l’aspect d’un triangle assez aplati, est en principe complètement fermé jusqu’en S5, deux sacrums occiden¬
taux présentant une ouverture jusqu’en S4 et S3. Quant aux facettes articulaires, elles ont un allonge¬
ment marqué, correspondant plus fréquemment à SI, S2 et S3 qu’à SI et S2.
Tableau XXXI.
.Mesures (en mm) et indices du sacrum chez les Pygmées africains.
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
N
Pygmées orientaux
M Ecarts
1 Longueur en projection.
5 H
108,8
102 -119
5 H
93,8
83 -119
4 F
99
82 -109
4 F
89,7
85 - 97
2 Longueur suivant la courbure ..
5 H
114,2
107 -120
5 H
101
92 -123
4 F
99,7
82 -110
4 F
99
89 -105
3 Largeur supérieure en projection.
5 H
99,2
96 -102
5 H
86
81 - 99
4 F
97,2
89 -102
4 F
88,5
83 - 94
4 Largeur moyenne en projection..
5 H
76,6
72 - 82
5 H
68,4
65 - 73
4 F
77,5
66 - 87
3 F
72,3
69 - 75
5 Largeur inférieure en projection.
5 H
58,4
54 - 65
5 H
45,8
40 - 56
4 F
59,5
48 - 70
3 F
52
51 - 53
1/2 Ind. de courbure sagittale.
5 H
95,4
85 - 99,2
5 H
92,4
86,9- 97,9
4 F
99,3
99 -100
4 F
90,8
85,7- 95,5
3/1 Ind. de longueur-largeur.
5 H
91,5
82,3- 99
5 H
92,8
83,2-100
4 F
99,8
84,7-124,4
4 F
101,5
93,3-118,4
4/3 Ind. de largeur moyenne.
5 H
77,1
73,5- 82,3
5 H
73,9
73,7- 83,5
4 F
79,4
73,9- 85,3
3 F
80,3-
73,4- 86,9
5/3 Ind. de largeur inférieure.
5 H
58,8
55,9- 65,6
5 H
52,8
49,4- 56,5
4 F
64,3
50 - 81,4
3 F
57,7
54,2- 61,9
Les chilfres du tableau XXXI indiquent que le
sacrum du Pygn
lée a, i
en valeurs absolues, de
faibles dimensions, la réduction se faisant particulièrement sentir du côté oriental. Comparativement
à sa longueur il n’est pas très large, les valeurs individuelles de l’indice de longueur-largeur traduisant
la dolichohiérie dans les deux groupes ; 82 à 99 chez les hommes occidentaux, 83 à 100 chez les hommes
orientaux. Le sacrum s’élargit chez les femmes, parmi lesquelles nous décelons la présence de deux
cas de platyhiérie, l’un dans le groupe occidental (ind. 124,4), l’autre dans le groupe oriental (ind. 118,4).
Si, par ses proportions générales, il n’y a pas de grands écarts entre le sacrum occidental et le sacrum
oriental, on peut cependant, à l’aide des indices de largeurs moyenne et inférieure, constater que le
rétrécissement du diamètre transversal à ses différents niveaux est plus marqué chez les orientaux
que chez les occidentaux, ce fait paraissant plus visible dans le sexe masculin que dans le sexe féminin.
Exprimée par l’indice de courbure sagittale, la concavité antérieure du sacrum, très peu accusée chez
les Pygmées occidentaux (II. 85 à 99,2 ; F. : 99 à 100), s’accentue chez les Pygmées orientaux (11. : 80,9
à 97,4 ; F. : 85,7 à 95,5).
Du tableau XXXI1, contenant les éléments de comparaison avec les Noirs d’Afrique en général
de W. Turner (1886), les sexes étant réunis, il ressort que le sacrum du Pygmée est à la fois légèrement
plus allongé et surtout franchement moins concave que celui du Noir.
Source : MNHN, Paris
PAULETTE MARQUER
Tableau XXXII
Comparaison des indices de longueur-largeur et de courbure sagittale du sacrum
chez Les Pygmées africains et des Noirs d'Afrique en général
N Ind. de longueur-largeur Ind. de courbure sagittale
Pygmées occidentaux .... 9 H+F 95 97,3
Pygmées orientaux. 9 H+F 97,1 91,6
Noirs en général. 39 H+F 102,4 84,2
B. Côtes et sternum
Les côtes n’offrent que peu d’intérét. Elles sont assez longues, graciles et d'une bonne courbure,
sans différenciation groupale sensible, si ce n’est une apparence plus grêle dans le groupe oriental.
Il ne nous a pas paru nécessaire, dans ce travail, d’en faire une étude détaillée. Nous indiquons simple¬
ment que, d’après J. C. Bouvier (1967), sur une série de 17 pièces de sexe mélangé et rassemblant des
Pygmées des deux groupes 1 , la première côte des Pygmées africains « pourrait être rapprochée de
celle des Chimpanzés ». Le même auteur parle également d’une courbure particulière de cette première
côte, avec torsion de la tubérosité costale, qu’il considère comme « un caractère rare du point de vue
anthropologique » et qu’il met en relation avec a la déflexion très forte de la clavicule des Pygmées
africains » mise en évidence par Matiegka et Maly sur des sujets orientaux.
Par ailleurs, sur les squelettes occidentaux, à part quelques os manquants ou fracturés, nous
n’avons noté aucune variation dans le nombre des côtes, mais Matiegka et Maly signalent, comme
anomalie rare, le cas de la femme Efé n° 213 (P 2 pour les auteurs) qui possédait 3 côtes supplémentaires,
dont 2 rudimentaires et symétriques au niveau de la septième cervicale et une bien développée, à
gauche, sur la première lombaire.
10 sternums entiers de Pygmées, 5 occidentaux (4 IL, 1 F.) et 5 orientaux (3 H., 2 F.) ont été
mesurés (tableau XXXIII). Avec une longueur totale moyenne nettement plus faible (122,6 mm
contre 128,7 mm), les sternums orientaux ont une largeur, prise en S3 suivant la technique de Martin,
plus grande (32,4 mm contre 30,5 mm). Cet élargissement du corps se répercute sur les deux indices
qui donnent les proportions du sternum et attribuent aux Pygmées orientaux masculins des valeurs
supérieures (26,1 et 40,8) à celles des Pygmées occidentaux (23,3 et 35,7). Dans les deux groupes, mais
surtout chez les Pygmées occidentaux, les proportions du corps du sternum, traduites par un indice
relativement faible, pourraient suggérer une tendance vers les types prirnatoïdes. Lin caractère
descriptif, relevé chez les seuls occidentaux, vient renforcer cette observation : les pièces mascu¬
lines se rangent en effet toutes dans le type III de Ashley (1956), type pongiïde de cet auteur,
l’unique sternum féminin appartenant au type II dit hominide.
Tableau XXXIII
Mesures (en mm) et indices du sternum chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux Pygmées orientaux
N M Ecarts N M Ecarts
1 Longueur totale. 4 H 128,7 127 -137 3 H 122,6 107 -131
1 F 121 — 2 F 105 101 -109
2 Longueur du manubrium. 4 H 42,5 41 - 47 3 H 41 39 - 42
1 F 44 — 2 F 38,5 38 - 39
1. J. C. Bouvier ne donne ni la nomenclature ni l’identification précise des squelettes qu'il a utilisés.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
87
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
N
Pygmées
M
orientaux
Ecarts
3 Longueur du corps.
4 H
87,2
73 - 98
5 H
80
66 -
92
1 F
69
2 F
66,5
62 -
71
4 Largeur du manubrium.
3 H
57,3
48 - 66
3 H
40,6
40 -
41
1 F
50
2 F
41
39 -
43
5 Largeur du corps en S3.
4 H
30,5
27 - 34
5 H
32,4
28 -
37
1 F
34
2 F
27,5
25 -
30
6 Épaisseur du manubrium.
4 H
12
10 - 13
3 H
10,3
9 -
11
1 F
10
2 F
9,5
9 -
10
7 Épaisseur du corps.
4 H
8
7 - 9
3 H
9,3
6 -
8
1 F
8
2 F
7
5/1 Ind. de larg.-long. du sternum..
4 H
23,3
19,7- 26,7
3 H
26,1
22,1-
29,2
1 F
28,1
2 F
26,5
25,5-
27.5
5/3 Ind. de larg.-long. du corps.
4 II
35,7
27,5- 43,8
5 H
40,8
31,5-
43,9
1 F
43,6
2 F
41,3
40,3-
42,2
C. Ceinture scapulaire
1) Clavicule
Nous disposons, dans chaque groupe et avec la même composition sexuelle, de 15 clavicules,
9 masculines (5 sujets) et 6 féminines (3 sujets). Dans le tableau XXXIV relatif aux clavicules comme
dans tous ceux qui suivront et concerneront des os pairs, les os gauches et droits seront mélangés, l’insuf¬
fisance numérique de nos séries ne permettant pas de faire une distinction suivant le côté. De H.
(hommes) et F. (femmes), les abréviations pour désigner le sexe deviendront M (masculines) et F (fémi¬
nines).
Tableau XXXIV
Mesures (en mm) et indices de la clavicule (d -\- g) chez les Pygmées africains.
1 Longueur max.
2 Périmètre à la 1/2 diaphyse.
3 Largeur externe max.
4 Diamètre horizontal interne .
5 Diamètre vertical interne....
6 Largeur à la 1/2 diaphyse...
7 Épaisseur à la 1/2 diaphyse.
8 Angle de courbure horiz. interne.
9 Angle de courbure horiz. externe
10 Somme des courbures.
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
9 M
136,1
127
142
6 F
125,3
118
138
9 M
37
35
40
6 F
30,2
27
32
9 M
23,6
19
26
6 F
18,8
16
20
0 M
20,5
17
23
6 F
17,6
16
20
9 M
20,6
15
26
6 F
16,1
12
19
9 M
12,2
11
13
6 F
11,3
9
15
9 M
9,8
9
11
6 F
8,2
7
9
9 M
13503
117»
140°
6 F
13705
135o
145°
9 M
125»2
117o
132°
6 F
II 603
1110
120°
9 M
260»4
252»
274°
6 F
253°8
246°
-258°
Pygmées orientaux
N M Ecarts
9 M 125,7 112 -137
6 F 120,6 108 -130
10 M 30,1 27 - 35
6 F 29 27 - 31
10 M 17,5 14 - 21
6 F 16,3 12 - 20
10 M 15,1 14 - 16
6 F 15,6 13 - 20
10 M 17,3 15 - 19
6 F 18,5 16 - 21
10 M 10,3 9 - 12
6 F 10 9-11
10 M 7,8 7-9
6 F 7,2 6-8
10 M 138°9 137° -143°
4 F 148»2 137° 4550
10 M 133°1 1200-144°
4 F 131»2 123o -140»
10 M 272° 257° -287°
4 F 27905 260° .292»
Source : MNHN, Paris
88
PAULETTE MARQUER
Pygmées occidentaux
Pygmée*
orientaux
N
M
Kcarti
N
M
Ecarta
2/1 Ind. de robustesse.
9 M
27,2
24,1- 29,6
9 M
23,5
20,4- 26,2
6 F
24,2
21,5- 27,1
6 F
24,1
22,7- 25,9
3/1 Ind. de largeur externe.
9 M
17,4
14,9- 19,2
9 .\1
13,6
11,3- 16
6 F
15,1
11,8- 16,6
6 F
13,4
11,1- 15,4
4-)-5/l Ind. de volume interne....
9 M
30,3
25 - 36,3
9 M
25,7
23 - 28,1
6 F
27,1
24,4- 30
6 F
28,3
24,3- 26,8
7/6 Ind. diaphysaire.
9 M
80,2
69,2- 90,9
10 M
75,7
60 - 88,8
6 F
73,5
66,6- 81,8
6 F
71,9
63,6- 88,9
Ind. elavieulo-huméral.
9 M
46,5
44,1- 49,3
8 M
45,3
42,1- 47,1
6 F
45,3
43,8- 46,4
6 F
45,7
40,6- 49,6
La clavicule du Pygmée occidental est un os moyennement long et assez robuste, sur lequel
les principales insertions musculaires, sans atteindre un développement très fort, sont cependant
nettement marquées (fig. 25). Si la face supérieure est relativement lisse avec les aspérités du deltoïde
et les attaches du trapèze peu prononcées, la face inférieure se montre plus rugueuse, avec les tubé¬
rosité costales et coracoïdienne d’un relief plutôt tourmenté, la gouttière du sous-clavier moyennement
creuse et le tubercule conoïde détaché. Chez le Pygmée oriental, il v a diminution de toutes les men¬
surations et augmentation de la gracilité tant sur l’indice de robustesse que sur celui du volume interne,
tout au moins dans le sexe masculin : les rapports de robustesse (27,2) et de volume interne (50 ii) de
la clavicule occidentale face à ceux de la clavicule orientale (respectivement 2.",5 et 25,7) traduisent
clairement l'aspect plus grêle de la seconde, ce qui confirme pleinement ce qui a été relevé h ce sujet
sur la morphologie crânienne. Mais cette remarque ne concerne que les hommes, car le dimorphisme
sexuel n’apparaît pas identique dans les deux groupes : normal du côté occidental, la clavicule féminine
étant plus fine que la masculine, il s’atténue du côté oriental où les femmes ont même un indice de
volume interne (28,3) dépassant sensiblement celui des bommes (25,7).
Fig. 25. — Face supérieure de la clavicule gauche du Ihi-Kinga masculin n° 17702.
D'autres différences se remarquent. L'extrémité externe est large ou moyenne sur la clavicule
occidentale (M : 17,4; F : 15,1), plus étroite sur la clavicule orientale (M : 13,Ij ; F : 13,4i ; l’indice
diaphysaire diminue et les courbures horizontales internes et externes sont moins accentuée, dans
le groupe oriental, l’externe étant toujours plus marquée que l'interne chez les uns comme chez li s
autres, caractère à peu près constant dans toutes les races actuelles. Quant aux courbures verticales
appréciées â l’œil, elles ne sont pas non plus identiques : les Pygmées occidentaux se rangent dans
le type II de G. Olivier (1951) avec une courbure externe concave en bas et une courbure interne concave
en haut, tandis que les Pygmées orientaux, dans l'ensemble, n’ont que la courbure externe concave
en bas, leur courbure interne se montrant pratiquement nulle. De plus, Maticgka et Maly ont relevé
sur deux des six squelettes orientaux étudiés par eux un type de déflexion particulier, avec abaissement
de l’extrémité sternale et torsion du corps de la clavicule sur son axe « de sorte que la face supérieure
de l’extrémité acromiale regarde en arrière, la face inférieure en avant » ; ce type de déflexion existe
aussi sur trois squelettes occidentaux, mais il est franchement moins prononcé. Suivant les auteurs
cités ci-dessus, il serait provoqué plus par l’abaissement du sternum que par celui de l'omoplate.
La comparaison des clavicules masculines des Pygmées avec celles des Mélano-Africnins peut
être faite grâce aux documents publiés par G. Olivier, M. Cbabeuf et P. Laluque (1954) sur 4(i cla¬
vicules droites et gauches de divers Congolais recueillis à Brazzaville (tableau XXXV).
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
89
Tableau XXXV
La clavicule masculine (d g) chez les Pygmées africains et des Noirs congolais
Pygmées occidentaux
Pygmées orientaux
9 M
9-10 M
46 M
Longueur max.
136,1
125,7
144,9
Périmètre à la 1/2 diaphyse..
37
30,1
37,9
Largeur externe max.
23,6
17,5
20,8
Ang. de courbure horiz. int. .
135,3
138,9
149,3
Ang. de courbure horiz. ext. .
125,2
133,1
141,2
Somme des courbures.
260,4
272
290
Ind. de robustesse.
27,2
23,5
26,2
Ind. de largeur externe.
17,4
13,6
14,3
Ind. de volume interne.
30,3
25,7
31,5
Ind. diaphysaire.
80,2
75,7
80,7
Ind. claviculo-huméral.
46,5
45,3
48,4
La clavicule des Congolais est plus longue que celle des Pygmées, ce résultat étant naturellement
en relation avec une augmentation de la stature ; elle est légèrement moins robuste que celle des Pygmées
occidentaux, mais les clavicules orientales demeurent les plus graciles des trois séries de comparaison.
Pour l’indice de largeur externe, les Congolais occupent une situation intermédiaire entre les deux
groupes pygméens, plus proches cependant, par l’abaissement de cet indice, des orientaux que des
occidentaux. D’après G. Olivier et coll., le chiffre très faible obtenu par eux dans les mensurations
absolues et relatives de l’extrémité acromiale serait dû au fait que, chez les Mélano-Africains, la cla¬
vicule ne s’évase pas en palette comme chez la plupart des Européens : elle présente l’aspect effilé
que l’on retrouve chez le Néandertalien et le Negrito ; c’est celui qui particularise aussi la clavicule
du Pygmée oriental, alors que l’occidental possède une clavicule dont l’extrémité externe se rétrécit
moins. Enfin les Pygmées ont encore une clavicule légèrement moins longue par rapport à l’os du
bras et des courbures horizontales un peu plus prononcées que la clavicule mélano-africaine.
2) Omoplate
La plupart des omoplates des squelettes occidentaux ayant été étudiées séparément par H. V. Val-
lois dans un travail de synthèse sur l’omoplate humaine (1925 à 1946), nous avons employé les techniques
et les diverses classifications mises au point par cet auteur, tant pour l’observation des caractères descrip¬
tifs que pour l'examen des caractères métriques 1 . Nous disposions de 14 pièces dans le groupe occidental
(8 masculines et 6 féminines représentant 7 sujets) et de 16 pièces dans le groupe oriental (8 masculines et
8 féminines représentant 8 sujets).
Tableau XXXVI
Mesures (en mm) et indices de l'omoplate (d A- g) chez les Pygmées africains
Pygr
nées occidentaux
Pygmées orientaux
N
M
Ecarts
N
M
Ecarts
1 Hauteur.
. 8 M
133,6
121 -146
8 M
126,6
114 -137
6 F
120
115 -127
8 F
110,9
103 -122
2 Largeur .
. 8 M
98,6
94 -105
8 M
92,1
90 - 99
6 F
90,3
85 -100
8 F
87,2
81 - 96
1. Pour la technique de mensuration des principales dimensions de l’omoplate et. fig. 26 d’après H. V. Vallois (1946).
Source : MNHN, Paris
PAULETTE MARQUER
90
Pygmées occidentaux Pygmées orientaux
N
M
Ecart»
I
•i
M
Ecart*
3 Hauteur sus-épineuse.
8
M
42,7
39 -
46
6
F
41,2
38 -
47
—-
4 Hauteur sous-épineuse.
8
M
90,7
71 -
102
6
F
78,8
76 -
83
—>
5 Longueur de la cavité glénoïde..
8
M
34,4
33 •
35
8
M
30,6
28 -
32
6
F
30,5
29 -
32
8
F
27,5
25 -
29
6 Largeur de la cavité glénoïde...
8
M
24,7
24 •
27
8
M
20,6
18 -
23
6
F
20,1
19 -
22
8
F
17,9
16 -
20
7 Longueur de l’épine.
8
M
130,5
124 -
142
8
M
120,7
114 -
131
6
F
121,8
112 -
135
6
F
114,6
108 -
126
8 Angle axillo-glénoïdien.
8
M
118°1
112» -
127»
6
F
115<>2
107° -
125°
9 Angle axillo-spinal.
8
M
37°2
32» -
41»
6
F
36°8
35» -
39»
10 Angle scapulo-spinal.
8
M
81°8
76® -
95°
-
6
F
78°5
74® -
86°
2/1 Ind. scapulaire.
8
M
74,2
69,5-
84,2
8
M
73,1
63,9-
82,4
fi
F
75,3
67,7
84
8
F
78,9
70,5-
88,6
3/2 Ind. de la fosse sus-épineuse....
8
M
43,3
39,8'
• 45,9
6
F
45,9
39.4-
- 54,6
—i
4/2 Ind. de la fosse sous-épineuse ..
8
M
91,9
73,9
99
(i
F
87,6
79 ■
■ 93
6/5 Ind. glénoïdien de larg-long.
8
M
72,1
65,7-
81,8
8
M
67,2
64,3-
71,9
6
F
66,1
63,3-
68,7
8
F
65
57.1-
74,1
7/2 Ind. scapulo-spinal.
8
M
132,3
130,0.
■135,2
8
M
131,1
126,6-
136
6
F
135,1
131,4-
■140,7
6
F
129
125,6-
134,1
Ind. scapulo-huméral.
8
M
45,3
38.5-
■ 48,5
8
M
45.7
42,5-
50,3
fi
F
43,5
40.1-
■ 47,7
8
F
43
40,4-
46,9
De hauteur réduite mais très développée dans le sens transversal, l’omoplate du Pygmée
(tab. XXXVI) est un os plutôt massif, aux insertions musculaires robustes. Par rapport au Pygmée
occidental, le Pygmée oriental a une omoplate plus gracile et moins haute (M : 126,(i mm contre
133.6 mm; F : 110,9 mm contre 120 mm), sa largeur demeurant conséquente (II. 92,1 mm contrc-
98.6 mm ; F : 87,2 mm contre 90,3 mm). Ces résultats donnent un indice scapulaire qui ne présente
pas do différence groupale importante et dont les moyennes (Occidentaux M : 7 / »,2 ; F 75,3 Orien¬
taux M : 73,1 F : 78,9) rangent toutes les séries dans la catégorie brachymorphe. La largeur relative
de l’omoplate s’accroît dans le sexe féminin, particulièrement chez les femmes orientales. Los valeurs
individuelles confirment pleinement cet élargissement du scapulum «les Pygmées, puisque, è l'excep¬
tion du Ba-Mbuti itourien n° 17947, aux omoplates mésomorphes, tous les autres sujets dos deux sexes
cl des deux groupes témoignent d’une brachymorphie accusée ; on retrouve le même accroissement
transversal sur les omoplates Basa de Sauter et Greppin, avec un indice scapulaire masculin de 73,8,
chiffre proche de celui de notre propre série orientale (73,1). Des divers groupes étudiés par II. V. Vallois
(1929), ce sont d’ailleurs les Pygmées africains qui possèdent l’indice scapulaire maximal, nettement
séparés des Bantous qui viennent ensuite avec un indice de 68,2 ne traduisant qu’une légère hrachymor-
phie de l’omoplate. Cet os est donc inconstablement large chez le Pygmée, ce qui rapproche ce dernier,
plus que n’importe quelle autre race humaine actuelle, de l’Anthropoïde, au scapulum également très
large ; chez l’un comme chez l’autre, ainsi que nous le verrons ultérieurement, l’élargissement scapu¬
laire doit être mis en relation avec une obliquité plus forte de l’épine.
Les dimensions des fosses épineuses ne peuvent être envisagées que dans le groupe occidental,
car les hauteurs, prises en projection par nous, ne sont pas comparables aux hauteurs morphologiques
publiées sur la plupart des omoplates orientales. Nous indiquerons donc simplement que, du côté occi¬
dental, les indices des fosses sus-épineuse (M : 43,3 F : 4.5,9) et sous-épineuse (M : 91,9 !• ; 87,6) accusent
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
91
des valeurs relativement basses comme chez la majorité des Mélanodermes. Si, sans tenir compte des
divergences de techniques signalées ci-dessus, on se reporte à la série AM de Sauter et Greppin renfer¬
mant à la fois les omoplates des Basa et quelques unes de celles de Matiegka et Maly, on trouve un
indice sous-épineux de 92,4 pour les hommes et de 87,9 pour les femmes : ces chiffres très voisins de
ceux des Pygmées occidentaux semblent indiquer qu’il n’y a pas grande différence entre les deux
groupes dans le développement de la fosse sous-épineuse par rapport à la largeur de l’omoplate.
La cavité glénoïde est piriforme, à peine excavée, avec un tubercule glénoïdien pratiquement
inexistant. Ses dimensions de longueur et de Largeur montrent qu’elle est haute et étroite, avec un
indice glénoïdien de 72,1 (M) et 66,1 (F) dans le groupe occidental, de 67,2 (M.) et 65 (F.) dans le groupe
oriental. L indice s’abaisse chez la femme par rapport à l’homme dans les deux groupes ; il s’abaisse
aussi chez les Pygmées orientaux par rapport aux occidentaux. Le calcul de l’angle axillo-glénoïdien,
angle déterminé par la longueur de la cavité glénoïde et celle du bord axillaire (cf. fig. 26), permet
d apprécier la direction de la cavité : mesuré sur les seules omoplates occidentales, il s’exprime par
des chiffres faibles de 118°,1 pour les hommes, de 115°,2 pour les femmes, ce qui implique une obliquité
•cramale de la cavité plus prononcée que dans toute autre population humaine et ce qui, de nouveau,
suggère un rapprochement avec les Anthropoïdes.
Fig. 26. — Technique de mensuration des principales dimensions et des angles scapulaires : AB = hauteur totale de
1 omoplate ; DC = largeur de l’omoplate ; A’D = hauteur de la fosse sus-épineiusc ; DB’ = hauteur de la fosse
sous-épineuse ; EF = longueur de la cavité glénoïde ; a = angle axillo-glénoïdien ; P = angle axillo-spinal ;
Y = angle scapulo-spinal. (d’après H. V. Vallois, 1946).
Source : MNHN, Paris
92
PAULETTE MARQUER
Le bord supérieur, sur lequel l’échancrure coracoïde ne s’esquisse que très légèrement (Types 1
ou II de H. V. Vallois), est assez long, à peu près horizontal et sensiblement rectiligne (typ I de H. V. Val-
lois) ; il se raccorde au bord vertébral par un angle obtus au sommet mal délimité et rejeté en dedans.
L’apophyse coracoïde ne présente aucun trait particulier, si ce n’est une longueur relativement grande
de sa portion horizontale en comparaison des petites dimensions générales de l’omoplate. Le bord
axillaire, plutôt court, possède une gouttière ventro-axillaire normale mais peu creuse et son incurvation
parait faible du fait de la saillie réduite de l’apophyse du grand rond ; cette dernière est par ailleurs placée
si bas qu’elle tend à se confondre avec l’angle inférieur. Quant au bord vertébral, il dessine une légère con¬
vexité, l’angle d’union de ses deux segments se trouvant assez ouvert. Ces observations descriptives se
rapportent uniquement aux omoplates occidentales, leur analyse détaillée manquant dans les publications
sur les squelettes orientaux. Contentons nous donc de dire que l’on observe les mêmes caractères sur
le Ba-Mbuti 17947, seul sujet du groupe oriental dont nous avons fait personnellement l'examen.
L’épine, moyennement développée en longueur absolue comme en longueur relative, ne rentre
exactement dans aucun des quatre types — européen, nègre, mélanésien, japonais — définis par
H. V. Vallois (1932). Elle a un bord moyennement large, avec un tubercule trapézien fréquemment
faible et un acromion quadrangulaire à la fois long et passablement large. De plus, son obliquité est
très forte comme le montrent, dans le groupe occidental, les valeurs moyennes des angles axillo-spinal
(M : 37°,2 ; F : 36°,8) et scapulo-spinal (M : 81°,8 ; F : 78°,5). Ces résultats situent les Pygmées africains
nettement à part, en leur attribuant une inclinaison de l’épine plus fortement marquée que dans tous
les groupes humains d’aujourd’hui. Comme nous l’avons déjà dit et comme l’a le premier suggéré
IL V. Vallois (1929), cette forte obliquité de l’épine explique en partie l’élargissement de l’omoplate
pygméenne et l’élévation considérable de l’indice scapulaire. II est regrettable qu’une étude précise
de ce caractère n’ait pas été faite sur l’ensemble des Pygmées orientaux, au sujet desquels nous pouvons
seulement mentionner l’angle scapulo-spinal calculé par Sauter et Greppin sur les omoplates des Basa :
cet angle vaut 77°,5 chez les hommes, 78°,5 chez la femme, chilîres inférieurs à ceux des Pygmées
occidentaux et donnant à certains Pygmées orientaux une position encore plus oblique de l’épine.
On est donc autorisé à conclure que, par l’orientation de son épine comme par celle de sa cavité glénoïde,
le scapuluin du Pygmée africain accuse la persistance de caractères archaïques qui ont été souvent
considérés comme des signes d’arboricolisme et qui présentent d’incontestables atlinités avec ceux
que l’on rencontre sur l’omoplate des Anthropoïdes.
Grâce à la synthèse de H. V. Vallois, plusieurs fois citée dans ce paragraphe, l’omoplate du
Pygmée peut être confrontée avec celle des Noirs d’Afrique. C’est ce que nous faisons dans le
tableau XXXVII pour les principales mesures scapulaires, en mélangeant les séries masculine et
féminine de chaque groupe pygméen pour obtenir des données comparables à celles des Noirs, chez
lesquels les sexes n’ont pas été séparés tout au moins pour certaines des dimensions qui nous intéressent.
Tableau XXXVII
L'omoplate (M -f- F et d -f- g) chez les Pygmées africains et les Noirs d'Afrique
Pygmées occidentaux
Pygmées orientaux
Noirs d'Afrique
14 M + F
16 M + F
42-92 M (- F
Hauteur.
126,8
118,8
146,3
Largeur .
94,5
89,7
98,7
Longueur de la cavité glénoïde.
32,4
29,1
32,8
Largeur de la cavité glénoïde.
22,4
19,2
25,2
Longueur de l’épine.
126,2
117,7
136
Angle axillo-glénoïdien.
116°6
131°6
Angle axillo-spinal.
37“
41°2
Ind. scapulaire.
74,8
76
67,5
Ind. glénoïdien de larg.-long...
69,1
66,2
76,7
Ind. scapulo-spinal.
133,6
130,1
138,4
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU
PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
93
Du point de vue métrique et comme on devait s’y attendre, le scapulum des Noirs d’Afrique
se distingue de celui des Pygmées par l’accroissement de toutes les dimensions de hauteur, de longueur
et de largeur : différences évidentes qui ne traduisent qu’une différence non moins évidente de la
stature. Les variations des indices et des angles apportent des résultats plus intéressants.
La forte brachymorphie de l’omoplate pygméenne ressort clairement de l’écart entre les indices
scapulaires : 74 à 76 du côté des Pygmées contre seulement 67,5 chez les Noirs, à l’omoplate fran-
Source : MNHN, Paris
94 PAULETTE MARQUEE
chement mésomorphe plus que brachymorphe. Ce sont les Pygmées orientaux qui s’éloignent au maxi¬
mum des Noirs, en raison de l’élargissement considérable du scapulum féminin dans ce groupe, l’ne
même opposition se manifeste entre Pygmées et Noirs pour les proportions et la morphologie de la
cavité glénoïde : étroite et longue chez les premiers (ind. 6G à 69), avec un angle axillo-glénoïdien
relativement fermé (116°) soulignant son obliquité craniale prononcée, elle s'élargit notablement chez
les seconds (ind. 76), en même temps qu'un angle plus ouvert (1(11°) diminue sensiblement son
obliquité. Une dernière divergence enfin se marque au niveau de l’épine, dont l'orientation oblique est,
comme celle de la cavité glénoïde, plus accusée sur l’omoplate des Pygmées occidentaux (ang.
axillo-spinal : .17°) que sur celle des Noirs (ang. axillo-spinal : 41°).
Brachymorphie, obliquité de l’épine, proportions et orientation de la cavité glénoïde constituent
donc les particularités majeures qui différencient l'omoplate du Pygmée de celle du Noir africain.
A celles ci s’en ajoutent certaines autres d’ordre descriptif : bord supérieur rectiligne h direction hori¬
zontale avec angle supérieur rejeté en dedans chez le Pygmée, bord supérieur légèrement concave
à direction oblique avec angle supérieur rejeté en dehors chez le Noir ; épine moyennement épaisse
à acromion long chez le Pygmée, épine grêle à acromion peu volumineux chez le Noir ; types I et II
de l’échancrure coracoïde plus fréquents chez le Pygmée que chez le Noir. Par l'ensemble de cette
diagnose, il s’avère incontestable que le scapulum des Pygmées africains accuse un type bien spécial
— le type négrille de H. V. Vallois (1946) — que l’on ne retrouve que chez eux et qui les sépare nette¬
ment du bloc mélano-africain, bien que, à l’intérieur de ce dernier, on puisse de temps en temps retrouver
quelques uns des caractères du scapulum pygméen, invariablement toutefois sous des formes plus ou
moins estompées. Que ce type « négrille » ait conservé dans la morphologie scapulaire de nombreuses
traces d’archaïsme et qu’il évoque certaines dispositions particularisant l’omoplate des Grands Singes
paraît également incontestable.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
Fig. 29. — Bassin du Ba-Binga masculin n° 18448.
D. Ceinture pelvienne
Ce sacrum ayant été étudié avec le rachis (cf. p. 84), nous n’envisagerons maintenant que l’os
coxal et l'ensemble du bassin. Nous disposions de 7 coxaux masculins (4 sujets) et de 8 féminins (4 sujets)
dans le groupe occidental, de 10 coxaux masculins (5 sujets) et 8 féminins (4 sujets) dans le groupe
oriental. 7 bassins complets (3 M., 4 F.) ont pu être reconstitués pour le premier groupe, 9 (5 M., 4 F.)
pour le second.
Petit et massif, l’os coxal du Pygmée se caractérise par une hauteur moyenne et une largeur
interépineuse supérieure relativement faible, ce qui lui attribue un indice de 76,2 (M.) et 75,7 (F.) du
côté occidental, de 70,8 (M.) et 77,5 (F.) du côté oriental. Les résultats de M. R. Sauter et P. Moeschler
pour la petite série des Basa donnant un indice de 69,9 sur 8 coxaux masculins, de 77,2 sur 2 coxaux
féminins, on voit qu’ils s’intégrent parfaitement à ceux que nous trouvons dans les séries orientales.
L’écart sexuel parait insignifiant dans le groupe occidental où, contrairement à la normale, les femmes
tendent à posséder un coxal très légèrement moins large que celui des hommes ; la discrimination du
sexe se fait mieux pour le groupe oriental, dans lequel les coxaux féminins ont normalement une plus
grande extension transversale que les coxaux masculins. Du point de vue de la différenciation groupale
le coxal oriental, avec des mensurations absolues toujours plus faibles, témoigne d’une moindre largeur
relative que le coxal occidental, tout au moins dans le sexe masculin.
Source : MNHN, Paris
PAULETTE MARQUER
96
Tableau XXXVIII
Mesures (en mm) et indices de l'os coxal et du bassin (d g) chez les Pygmées africains
Pys
'mecs occidentaux
Pygmées orientaux
N
M
Ecarts
N
M
Ecarts
1 Hauteur de l'os coxal.
7 M
185,2
174 -196
10 M
172,4
162 -181
8 F
168,6
164 -178
8 F
168,2
153 -180
2 Largeur de l'os coxal entre les
7 M
141
133 -148
8 M
121,6
118 -128
épines ant. et post. sup.
8 F
127,6
123 -134
8 F
129,7
121 -141
3 Hauteur de l’ilion au-dessus de la
7 M
100,6
96 -111
10 M
80,3
73 - 95
ligne arquée.
8 F
88,6
81 - 92
6 F
78
77 - 79
4 Diamètre bicrête.
3 M
239,6
235 -244
5 M
206,7
202 -214
4 F
213,5
206 -225
4 F
216
198 -235
5 Diamètre sagittal du détroit supé-
3 M
101,3
91 -116
5 M
95,6
90 -104
rieur.
4 F
104
103 -105
4 F
102,5
96 -108
6 Diamètre transverse du détroit
3 M
112,3
169 -114
5 M
102
98 -107
supérieur.
4 F
110,7
107 -113
4 F
118
96 -128
7 Angle sous-pubien.
3 M
67°6
67 - 68
5 M
56°
50 - 68
4 F
90°2
81 - 100
4 F
87°
75 - 99
2/1 lud. de largeur-hauteur de l’os
7 M
76,2
71,9- 80
8 M
70,8
68,8- 74,7
coxal.
8 F
75,7
74,7- 76,8
8 F
77,5
72,2- 91,5
2/3 Ind. de largeur-hauteur de l’ilion.
7 M
140,7
112,5-150
8 M
152,6
132,6-163
8 F
144,3
134,8-159,2
8 F
161,7
155,1-167,5
1/4 Ind. de hauteur-largeur du bassin.
3 M
77,1
74,1- 80,3
5 M
83,5
80,4- 88,ti
4 F
78,8
77,2-81,5
4 F
77,7
75,3- 82,7
5/6 Ind. du détroit supérieur.
3 M
90,1
83,5-101,7
5 M
93,7
86,5-100,9
4 F
93,9
91,1- 98.1
4 F
87,6
81,2-100
6/4 Ind. ilio-pelvien.
3 M
46,8
45,4- 48,5
5 M
49,6
48 - 51
4 F
51,9
50,2- 52,8
4 F
54,6
48,5- 56,1
L’ilion possède une fosse interne non ti
ranslucidt
; cl une fosse
externe lisse, en liai
ut de laquelle
le bord supérieur dessine un S bien
sinueux
dû à un
élargissement
marqué a
u niveau
du tubercule
du moyen fessier. Son indice de largeur-hauteur, calculé avec la hauteur prise au-dessus de la ligne
arquée, s’exprime par des chiffres de 140,7 (M.) et 144,3 (F.) chez les Pygmées de l'Ouest, de 152,6 (M.
et 161,7 (F.) chez les Pygmées de l’Est : l’aile iliaque est donc assez élevée et peu étalée, les valeurs
citées ci-dessus apparaissant relativement basses par rapport à celles, plus élevées, que l’on trouve
dans la plupart des races actuelles. Comparativement à ces dernières, les Pygmées africains présentent
donc, dans les proportions de l’aile iliaque, un caractère qui, sans pouvoir être taxé réellement de primitif,
contribue à les situer un peu à l’écart des autres groupes humains, dans une direction vers laquelle
on aboutit aux Anthropoïdes, chez lesquels l’aile iliaque s'étend bien plus en hauteur qu’en largeur.
Le dimorphisme sexuel s’avère cette fois conforme à la normale dans chaque groupe, l’ilion féminin
étant plus large que le masculin, mais la divergence groupale devient opposée à celle qui existait pour
l’os coxal entier, puisque ce sont maintenant les Pygmées occidentaux qui ont une aile iliaque plus
étroite que les Pygmées orientaux.
L’examen des proportions générales du bassin par son indice de hauteur-largeur confirme dans
l’ensemble les différences de sexe et de groupe mises en évidence par l’étude de l’os coxal. La discri¬
mination sexuelle des bassins occidentaux se montre faible (M. : 77,1 ; F. : 78,6), avec toujours cependant
la même tendance du bassin féminin vers une extension en hauteur plus marquée que celle du bassin
masculin ; sur les bassins orientaux, l’écart relatif au sexe est plus fort (M. : 83,5 ; F. : 77,7) et il est
aussi inversé, les femmes possédant un bassin moins haut que celui des hommes. Quant à la différence
groupale, elle est identique tout au moins du côté masculin, avec un bassin de hauteur plus grande
et de moindre largeur chez les Pygmées orientaux.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
97
L’indice moyen du détroit supérieur, 90,1 (M.) et 93,9 (F.) dans les séries occidentales, 93,7
(M.) et 87,6 (F.) dans les séries orientales, classent les Pygmées dans la catégorie mesatipellique, avec
un bassin moyennement aplati dans le sens antéro-postérieur ; seules les femmes orientales, chez les¬
quelles l’indice s’abaisse sensiblement, possèdent un bassin vraiment plat. Malgré l’apparition de
quelques cas de dolichopellie (2 du côté occidental, 3 du côté oriental sans distinction de sexe), la forme
du détroit supérieur ne permet pas, comme nous l’avions fait pour les proportions de l’aile iliaque,
de suggérer un rapprochement du bassin pygméen et du bassin anthropoïde, ce dernier étant invaria¬
blement dolichopellique en raison de sa relative étroitesse associée à un grand diamètre vertical.
L’indice ilio-pelvien, qui rapporte l’une à l’autre les deux principales largeurs du bassin, ratifie
les résultats précédents : dans les deux groupes, détroit supérieur plus large chez les femmes que chez
les hommes ; dans les deux sexes détroit supérieur plus large chez les Pygmées orientaux que chez les
occidentaux.
L’angle sous-pubien est plus ouvert sur les bassins féminins que sur les bassins masculins ;
il est aussi plus ouvert sur les pièces occidentales (M. : 67°,6 ; F. : 90°,2) que sur les orientales (M. : 56° ;
F. : 87»).
Les études sur le bassin des Noirs africains sont malheureusement extrêmement rares et trop
fragmentaires pour justifier une comparaison de détail avec les bassins des Pygmées. Seule peut être
utilisée l’ancienne documentation de R. Verneau (1875), qui donne quelques mensurations sur la
ceinture pelvienne de 17 Noirs d’Afrique de provenance exacte inconnue. De cette confrontation
très brève, il résulte que les Nègres masculins de Verneau possèdent dans l’ensemble une aile iliaque
plus étalée et moins haute que celle de nos Pygmées, l’indice de largeur-hauteur de l’ilion atteignant 159,8
et que, chez eux, l’indice du détroit supérieur (89) traduit une tendance plus manifeste vers la platypellie.
E. Membre supérieur
1) Humérus (tableau XXXIX)
9 humérus masculins (5 sujets) et 6 humérus féminins (3 sujets) dans le groupe occidental,
10 humérus masculins (5 sujets) et 8 féminins (4 sujets) dans le groupe oriental ont été examinés.
Fio. 30. — Coupes transversales de l'humérus gauche de la femme Ba-Binga n° 18449 : a = coupe dans le tiers supérieur
de la diaphyse ; b = coupe au milieu de la diaphyse ; c = coupe dans le tiers inférieur de la diaphyse.
Tableau XXXIX
Mesures (en mm) et indices île l'humérus (d g) chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
Pygmées orientaux
N M Ecarts
i Longueur maximale.
9 M
292
276
302
10 M
268,4
233
-291
6 F
276,5
264
297
8 F
259,7
236
-275
2 Longueur physiologique.
9 M
287,1
271
298
10 M
265,1
230
-290
6 F
274,1
262
295
6 F
262
250
-271
3 Circonférence minimale.
9 M
59,6
57
64
9 M
49,5
42
- 53
6 F
53,3
51
55
6 F
47,3
45
- 50
1 564 017 6 7
Source : MNHN, Paris
PAULETTE MARQUER
98
Pygmées occidentaux
Pvgmées
orientaux
N
M
Ecarts
N
M
Ecarts
4 Diamètre min. à la 1/2 diaphyse.
9 M
16,8
15
20
9 M
13,5
11 - 15
6 F
14,2
13
15
6 F
12,3
12 - 13
5 Diamètre max. à la 1/2 diaphyse.
9 M
20,2
19
22
9 M
17
14 - 20
6 F
18,5
18
19
6 F
17,5
15 - 19
6 Diamètre transverse max. de la
9 M
38,3
35
41
8 M
33,6
32 - 36
tête.
6 F
33,5
31
36
3 F
31,6
30 - 33
7 Diamètre sagittal max. de la tête.
9 M
39,9
37
42
8 M
35,5
33 - 38
6 F
35,2
32
40
4 F
32
30 - 33
8 Angle de torsion.
9 M
138°5
137o
141°
8 M
142°6
135° -147°
6 F
137®
126"
150°
6 F
129°5
111° -140"
3/1 Ind. de robustesse.
9 M
20,4
18,9
23.2
9 M
17,7
15,7- 18,7
6 F
19,3
18,2
20,3
6 F
17,8
17,3- 18,5
4/5 Ind. d’aplatissement diaphysaire.
9 M
82,9
75
95,2
9 M
80
73,7- 93,3
6 F
76,6
72,2
83,3
6 F
71
63,1- 80
6/7 Ind. de la tête.
9 M
96,2
87,5
105,4
8 M
94,8
89,2- 97,3
6 F
95,6
90
100
3 F
96,9
93,7-100
L’humérus occidental est un os assez peu robuste, d’une longueur relativement faible et d’une
circonférence également peu importante, ce qui lui donne un indice de robustesse de 20,4 pour les
os masculins et de 19,3 pour les os féminins. L’humérus oriental se montre nettement plus petit et encore
plus grêle, avec un indice atteignant seulement 17,7 chez les hommes et 17,8 chez les femmes. Comme
on le voit il n’y a qu’un écart sexuel minime, d’où il ressort que l’os du bras parait presque aussi déve¬
loppé dans le sexe féminin que dans le sexe masculin, le premier témoignant même dons le groupe
oriental d’une robustesse humérale très légèrement supérieure à celle du second. Ces observations
se maintiennent dans l’ensemble, quand on y ajoute les humérus des Basa, pour lesquels M. R. Sauter
et A. Kônz fournissent un indice de robustesse de 18,5 (8 M.) et de 17,5 (2 F.) ; par les résultats de ces
auteurs, on s’aperçoit que la relative robustesse de l’humérus féminin oriental aurait tendance à dimi¬
nuer, mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a qu’une femme parmi les squelettes Basa et que cet unique
sujet féminin possède un indice de robustesse nettement inférieur à celui des hommes de la même série.
La diaphyse est sensiblement rectiligne et les diamètres pris en son milieu et rapportés l’un
à l’autre donnent un indice d’aplatissement, diaphysaire de 82,9 (M.) et 76,6 (F.) chez les Occidentaux,
de 80 (M.) et 71 (F.) chez les Orientaux ; les valeurs de ces derniers ne varient presque pas si les humérus
des Basa sont intégrés : indice de 82,8 (8 M.) et 71,4 (2 F.). La diaphyse humérale du Pygmée masculin
traduit donc l’eurybrachie dans les deux groupes, tandis que les humérus féminins s’orientent vers
une platybrachie à peine sensible du côté occidental, bien prononcée du côté oriental. Sexes mélangés,
on ne constate qu’une différence de groupe négligeable, l’eurybrachie (60 à 66 %) dominant largement
sur la platybrachie (33,3 à 40 %). Mais l’appréciation de la musculature apporte une fois de plus la
preuve de la moindre robustesse du squelette oriental, chez lequel les insertions sur l’humérus du grand
pectoral, du deltoïde et du sous-scapulaire paraissent très peu développées en comparaison de celles
du squelette occidental. D’un côté comme de l’autre cependant la face postérieure de l’humérus est
lisse, avec des attaches à peine marquées pour le vaste interne et le vaste externe. La section de la
diaphyse, à peu près circulaire au tiers supérieur, devient quadrangulaire au milieu et prend une forme
triangulaire dans le tiers inférieur (cf 6g. 30).
Sur l’extrémité supérieure, la tête humérale présente un contour se rapprochant du cercle,
comme le souligne son indice voisin de 100 : 96,2 (M.) et 95,6 (F.) dans le groupe occidental ; 94,8 (M.)
et 96,9 (F.) dans le groupe oriental. Entre le trochin et le trochiter, d’aspect moyennement rugueux,
se glisse une gouttière bicipitale rectiligne, courte, tantôt étroite et assez profonde, tantôt plus large
et moins creuse, cette seconde disposition se rencontrant plus fréquemment chez les Pygmée orient a
que chez l’occidental.
L'extrémité inférieure montre une épitrochlée nettement individualisée et robuste, une fossette
cubitale généralement profonde à côté d’une fossette radiale estompée. Il n'y a jamais de ptère sus-
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
99
épicondylienne, mais on constate la présence d’une perforation olécranienne sur 3 des 15 humérus
occidentaux, soit 20 %. Sauter et Kônz donnant un taux de 36 % sur 25 humérus orientaux, les Basa
étant inclus, on peut avancer que la perforation olécranienne se manifeste plus fréquemment sur
l’humérus oriental que sur l’occidental, ce phénomène étant vraisemblablement en rapport avec la
plus grande fragilité des squelettes orientaux.
L’angle de torsion, déterminé selon les instructions de Broca, indique que l’humérus du Pygmée
n’a pas une torsion très accusée, les chiffres moyens qui l’expriment traduisant un angle relativement
fermé : 138°,5 (M.) et. 137° (F.) du côté occidental ; 142°,6 (M.) et 129°,5 (F.) du côté oriental. Contrai¬
rement à ce qu’on observe communément la torsion de l’humérus féminin est plus faible que celle
de l’humérus masculin, la dilîérence se marquant à peine dans le groupe de l’Ouest mais fortement
dans le groupe de l’Est. 11 en résulte que si l’humérus occidental masculin possède une torsion moindre
que celle de l’humérus oriental du même sexe, le sens de la différenciation est inversée chez les femmes,
les orientales ayant une torsion humérale moins accusée que les occidentales.
Les travaux de comparaison (P. Broca, 1881,1. Gh. Botez 1926, A. Hrdlicka 1932) permettent juste
de dire que les Noirs américains d’Hrdlicka (56 humérus masculins d -J- g) ont un indice d’aplatissement
diaphysaire (83,4) voisin de celui des Pygmées (82,9 et 80) et que les Noirs d’Afrique de Broca (35 humérus
masculins d -f- g) possèdent un angle de torsion (144°) légèrement plus ouvert que celui des Pygmées (138°,5
et 142°,6). Tous ces Noirs ont naturellement aussi un os du bras plus long que celui des Pygmées.
2) Radius (tableau XL)
Nous disposions de 10 radius masculins (5 sujets) et 5 féminins (3 sujets) dans le groupe occi¬
dental, de 10 humérus masculins (5 sujets) et 6 féminins (3 sujets) dans le groupe oriental.
Le radius du Pygmée se présente comme un os long et assez grêle, sur lequel la concavité interne
de la diaphyse comme l’angle formé par cette dernière et le col sont à peine marqués. La tête supérieure
est ronde et sa surface articulaire bien concave. La tubérosité bicipitale, légèrement déjetée vers le
bord interne de l’os, n’atteint qu’un faible développement. La crête oblique antérieure n’est qu’esquissée.
Vers la base, la diaphyse s’élargit progressivement et l’apophyse styloïde, moyenne, paraît plus robuste.
La surface articulaire inférieure présente deux concavités séparées par une petite crête et réservées
aux articulations avec le semi-lunaire et le scaphoïde.
Tableau XL
Mesures (en mm) et
ndices du
radius
(d g) chez les Pygmées
africains
Pygmées occidentaux
Pygmées orientaux
N
M
Ecarts
N
M
Ecarts
1 Longueur maximale.
10
M
235,3
224
245
10
M
218,5
208
240
5
F
221,2
209
235
6
F
200,2
192
194
2 Longueur physiologique.
10
M
226,8
216
234
10
M
208,9
198
229
5
F
215,4
205
228
6
F
191,7
183
207
3 Circonférence minimale.
10
M
39,1
36
43
10
M
34,7
28
38
5
F
34,2
32
36
6
F
28,2
25
32
4 Diamètre transverse de la dia-
10
M
14,3
12
17
10
M
11,8
8
15
physe.
5
F
12,4
12
13
6
F
11,8
10
13
5 Diamètre sagittal de la diaphyse.
10
M
11,4
11
12
10
M
10,1
9
12
5
F
10,6
10
11
6
F
9,5
9
3/1 Ind. de robustesse.
10
M
16,6
15,1
19,2
10
M
15,8
13,3
18,2
5
F
15,5
14,9
16,5
6
F
14
12,9
15,1
3/2 Ind. de robustesse.
10
M
17,2
15,7
19,9
10
M
16,6
13,7
19,2
5
F
15,9
15,3
17,1
6
F
14,6
13,6
15,6
5/4 Ind. d'aplatissement diaphysaire
10
M
80,5
64,7
91,6
10
M
87,9
73,3
112,5
5
F
85,6
76,9
91,6
F
81,1
69,2
Source : MNHN, Paris
100
PAULETTE MARQUER
Le radius oriental, plus petit (218,5 mm) que le radius occidental (2.25,3 mm), donne aussi de
nouveau une impression de plus grande gracilité, comme le montrent les deux indices de robustesse
calculés à partir de la longueur maximale et de la longueur physiologique (M. : 15,8 et 16,6 contre
16,6 et 17,2 chez les occidentaux). Ces résultats demeurent quand on intègre à la série orientale les
données de Sauter et Kaiser sur les indices de robustesse des humérus des Basa qui, calculés à partir
de la longueur physiologique, sont de 16,8 (8 M.) et 14,7 (2 F.). Dans les deux groupes, les radius fémi¬
nins sont normalement plus petits et moins robustes que les radius masculins. L’arrondissement de
la diaphyse s’accuse plus sur l’os oriental (ind. 87,8) que sur l’os occidental (ind. 80,5), tout au moins dans
le sexe masculin ; en effet on trouve un résultat inverse dans le sexe féminin, pour lequel les radius
orientaux sont plus aplatis (ind. 81,1) que les occidentaux (ind. 85,6).
De quelques données comparatives réunies par R. V. Gabis sur 23 rndius droits et gauches
de Soudanais (1957) — mais sans citer de chiffres car l’auteur ne publie que la moyenne modale -
on peut avancer que, indépendamment de son allongement, le radius soudanais se distingue de celui
des Pygmées des deux groupes par une moindre robustesse, encore plus faible que celle des Pygmées
orientaux, et par un aplatissement plus accusé de la diaphyse. Les variations de l’indice radio-huméral,
qui présentent plus d’intérêt dans une confrontation Pygmées-Noirs d’Afrique, seront examinées
ultérieurement quand nous aborderons la question des proportions des membres (cf. p. 109).
3) Cubitus (tableau XLI)
Les cubitus des Pygmées occidentaux sont au nombre de 15, 10 masculins représentant 5 sujets
et 5 féminins appartenant à 3 sujets ; dans le groupe oriental, les publications font état de 14 cubitus
9 masculins (5 sujets) et 5 féminins (3 sujets).
Fie. 31. — Coupe transversale du cubitus droit du Ba-Binga
masculin n° 17980, au niveau du bord inférieur de la
petite cavité sigmoïde.
Tableau XLI
Mesures (en mm) et indices du cubitus (d -f- g) chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
N
Pygmées orientaux
M Ecarts
1 Longueur maximale.
10 M
251,9
240
261
9 M
233,8
222- 252
5 F
242,2
228
257
5 F
213,4
207 -227
2 Longueur physiologique.
10 M
225,8
215
233
10 M
205,1
197 -226
5 F
212,8
201
226
5 F
186,2
182 -197
3 Circonférence minimale.
10 M
32,7
29
34
10 M
27,9
25 - 29
5 F
31
29
32
5 F
28,1
25 - 30
4 Diamètre antéro-postérieur max.
10 M
15,4
13
17
10 M
13,6
12 - 17
de la diaphyse.
5 F
15
14
16
4 F
13,5
12 - 14
5 Diamètre transverse de la dia-
10 M
12,6
11
14
10 M
10,3
7 - 12
5 F
11,4
11
12
4 F
9,5
7 - 11
6 Diamètre antéro-postérieur sous-
10 M
20
17
23
_ _
sigmoïdien.
5 F
18,2
18
19
— _
7 Diamètre transverse sous-sigmoï-
10 M
19,6
17
22
— _
dien.
5 F
16,2
15
18
_ _
3/1 Ind. de robustesse.
10 M
12,9
11,5-
14,9
9 M
11,9
11 - 12,6
5 F
12,8
12,4-
13.5
5 F
13,1
12,1- 14,3
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE
DES PYGMÉES i
OCCIDENTAUX DU
CENTRE AFRICAIN
101
Pygmées occidentaux
Pygmées
orientaux
M
Ecarts
N M
Ecarts
3/2 Ind. de robustesse.
10 M
14,5
12,7- 16,7
10 M 13,6
12,8- 14,7
5 F
14,6
14,1- 15,5
5 F 15
13,7- 16,2
b/4 ind. d'aplatissement diaphysaire.
10 M
8,9
75 - 87,5
10 M 76,7
50 - 91,6
5 F
76
73,3- 80
4 F 69,9
7/6 Ind. de platôlenie.
10 M
98,2
94,4-105,5
— _
5 F
88,9
83,3- 94,7
— —
— —
De môme que le radius, le cubitus apparaît comme relativement allongé et ceci traduit chez
le Pygmée l’existence de proportions assez particulières entre les deux segments du membre supérieur.
Vue de profil, la diaphyse, rectiligne jusqu’aux trois quart de l’extrémité inférieure, ne présente une
forte concavité en avant que dans son quart supérieur. Vue de face, la courbure supérieure n’accuse
pratiquement aucune convexité du côté interosseux et la courbure inférieure, normalement concave
vers ce même côté, s’esquisse à peine, de sorte que l’ensemble de la diaphyse est presque rectiligne.
L’olécrâne, large et moyennement robuste, possède une grande cavité sigmoïde dissymétrique, le bec
olécranien étant situé très en arrière de l’apophyse coronoïde. Les surfaces d’insertions musculaires
tracent de fortes empreintes dans toute la partie supérieure de l’os. La surface articulaire inférieure,
séparée de l’apophyse styloïde par une nette dépression, prend une forme hémisphérique.
Entre les deux groupes, nous retrouvons toujours les mêmes caractères distinctifs généraux :
chez le Pygmée de l’Est, réduction de longueur (M. : 233, 8 mm contre 251,9 mm ; F. : 213,4 mm contre
242,2 mm) et diminution de robustesse tout au moins du côté masculin (M. : 11,9 et 13,6 contre 12,9
et 14,5 ; F. : 13,1 et 15 contre 12,8 et 14,6). La différence sexuelle s’avère inexistante du côté occidental,
plus marquée mais opposée à la normale dans le groupe oriental, dont les femmes ont les deux indices
de robustesse plus forts que ceux des hommes ; cette apparente anomalie disparaît, quand on tient
compte des résultats de Sauter et Kaiser sur les cubitus des Basa (2 e indice de robustesse de 14,4 chez
les hommes, de 13,1 chez les femmes). Le degré d’aplatissement de la diaphyse paraît faible, le cubitus
féminin étant cependant plus aplati que le masculin : ce caractère se maintient cette fois dans la petite
série basa, bien que celle-ci s’exprime par des chiffres assez différents des nôtres (8 M. : 92,9 ; 2 F. :
7<l,9). Il n y a aucune trace de platôlenie sur les radius occidentaux, les moyennes masculines (98,2)
et féminines (89,9) se rangeant dans la catégorie eurôlénique. Ce rapport métrique n’a pas été calculé
pour le groupe oriental, ni par Matiegka et Maly, ni par Sauter et Kaiser.
I ar rapport aux Soudanais de R. V. Gabis déjà cités à propos du radius, les Pygmées africains
semblent avoir un cubitus vraiment très long, leurs indices d’aplatissement diaphysaire n’accusant
en revanche que de minimes écarts par rapport à ceux des Mélano-africains envisagés.
4) Squelette de la main
La plupart des mains des Pygmées occidentaux ont été étudiées, séparément du reste du sque¬
lette, par h. Sarasin (1931), qui avait examiné les pièces qui se trouvaient à cette époque dans la galerie
anthropologique du Muséum d’Histoire Naturelle. Mais cet auteur comprend dans ses statistiques
quelques Pygmées orientaux. En nous référant aux données et aux méthodes de Sarasin, nous avons
repris personnellement l’étude des os de la main, en séparant les deux groupes pygméens, sans distinc¬
tion de sexe, et en rajoutant au groupe oriental plusieurs sujets, dont les squelettes n’avaient pas encore
été publiés à la date où Sarasin terminait son investigation de synthèse sur la main.
Les dimensions des os du carpe, ne présentant qu’un intérêt anthropologique restreint, nous
nous limitons à souligner que les Pygmées africains se caractérisent par la petitesse de toutes leurs
mensurations carpiennes, celles-ci étant normalement plus réduites chez les orientaux que chez les
occidentaux. Dans les tableaux comparatifs de Sarasin, le carpe oriental vient invariablement en fin
de liste, très proche du carpe des Négritos, alors que le carpe occidental est situé un peu plus haut,
non loin de celui des Australiens ou des Boschimans.
On trouve un résultat identique, si l’on compare les différences de longueur des métacarpiens,
comme nous le faisons dans le tableau XLII.
Source : MNHN, Paris
102
PAULETTE MARQUER
Tableau XI.II
Longueurs (en mm) des métacarpiens (M F et d g) chez les Pygmées africains
Pygmée* occidentaux Pygmée* orientaux
N M Ecart* N M Ecart*
Métacarpien I.8 43,3 39-46 10 40,2 37-45
Métacarpien II.7 64,2 59-70 12 59,1 52-67
Métacarpien III.8 63,1 57-68 12 56,9 50-65
Métacarpien IV.8 53,5 48-59 12 49,5 45-54
Métacarpien V.8 49,9 45-54 10 45,8 41-51
L’indice de longueur du carpe, obtenu par le rapport centésimal de lu longueur du grand os
h celle du 3 e métacarpien, s’élève à 31,5 pour les mains occidentales, à 31,8 pour les mains orientales :
valeurs très basses qui rangent les unes et les autres parmi les microcarpes, à côté de celles des Veddas,
des Mélanésiens, des Australiens et aussi des Noirs d’Afrique.
En dehors de ces faibles proportions, on ne relève dans la morphologie de la main aucun caractère
particulier et c’est donc principalement par sa petitesse que la main du Pygmée, qui n'accuse pas de diffé¬
rence appréciable avec la main du Noir d’Afrique, témoigne d’un certain degré d’archaïsme, qu'elle partage
d’ailleurs avec d’autres populations primitives actuelles et qui la rendent plus proche de celles des Anthro¬
poïdes, également microcarpes que de celles des Blancs ou de certains Jaunes, qui sont macrocarpes.
F. Membre inférieur
1) Fémur (tableau XL.111)
Nous disposions de 10 fémurs masculins (5 sujets) et 6 féminins (3 sujets) dans chaque groupe.
Le fémur du Pygmée est dans l'ensemble petit et robuste. D’une longueur toujours moindre
chez les orientaux (M. : 365,5 mm ; F. : 356,3 mm) que chez les occidentaux (M. : 406,8 mm ; F. : 379 mm),
l’os de la cuisse des premiers est aussi moins robuste que celui des seconds, mais la différence groupale
se trouve cependant franchement moins accusée que sur le squelette du membre supérieur. Les valeurs
des deux indices de robustesse (occidentaux : 19,2 et 12,4 du côté masculin ; 19,1 et 12,5 du côté fémi¬
nin — orientaux : 18,8 et 11,7 chez les hommes ; 19,9 et 12,6 chez les femmes) confirment pleinement
l’atténuation de la divergence de gracilité entre les groupes, quand on compare membre supérieur
et membre inférieur ; elles montrent également qu’il n’y a pratiquement pas dr dimorphisme sexuel, le
fémur féminin se caractérisant par une robustesse sensiblement identique è celle du fémur masculin et
les hommes orientaux possédant môme un fémur légèrement plus gracile que celui des femmes de ce groupe.
La diaphyse, incurvée avec une forte courbure concave vers l’arrière chez le Pygmée de l'Ouest,
devient plus rectiligne par atténuation de la courbure chez le Pygmée de l’Est. Dans sa partie supérieure,
elle s’arrondit sur le fémur occidental masculin qui est eurymérique (ind. 89,7), tandis qu’elle s’aplatit
sur le fémur oriental qui est modérément platymérique (ind. 81,8). Dans les deux groupes, le fémur
féminin présente un aplatissement antéro-postérieur plus accentué que celui du férnur masculin, l’indice de
platymérie s’abaissant à 82,7 chez les occidentales et à 80,2 chez les orientales. Dans la partie moyenne de
la diaphyse, le développement de la ligne âpre présente aussi une différence groupale : avec un indice pilas-
trique de 113,9 du côté masculin, le fémur occidental a un pilastre moyen, plus saillant que celui du fémur
oriental de même sexe, dont l’indice ne s’élève qu’à 105,8. Les femmes ont normalement un pilastre moins
accusé que celui des hommes (ind. 107,2 chez les occidentales, 101,7 chez les orientales). La répartition
des valeurs individuelles pour les indices de platymérie et pilastrique aboutit à des résultats similaires :
dominance des fémurs eurymériques et à pilastre moyen dans le groupe occidental, des fémurs légèrement
platymériques et pilastre faible dans le groupe oriental. A sa partie inférieure, la diaphyse s’élargit et la
surface du triangle poplité est plane ou faiblement concave, jamais convexe.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
103
Fig. 32. —
Kpiphyse supérieure du fémur gauche
de la femme Ba-Binga n° 17761, en vue postérieure.
Tableau XLIII
Mesures (en mm) el indices du fémur (d -f- g) chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
Pygmées orientaux
N M Ecarts
1 Longueur maximale.
10
M
406,8
379
-426
10
M
365,5
326
-396
6
F
379
364
-405
6
F
356,3
350
-362
2 Longueur en position.
10
M
403,6
375
-422
10
M
362,9
324
-393
6
F
376,1
360
-402
6
F
-356
3 Circonférence à la 1/2 dia-
10
M
77,5
73
- 83
10
M
69,8
61
- 81
6
F
71,8
69
- 76
6
F
70,5
68
- 72
4 Diamètre antéro-postérieur à
10
M
26,7
24
- 28
10
M
22,3
18
- 26
la 1/2 diaphyse.
6
F
24,3
22
- 27
6
F
22,3
21
- 23
5 Diamètre transverse à la 1/2
10
M
23,5
22
- 26
10
M
21,2
18
- 25
diaphyse.
6
F
22,6
22
- 24
6
F
22,1
20
- 25
Source : MNHN, Paris
104
PAULETTE MARQUER
Pygmées occidentaux
Pygmées
orientaux
N
M K car
i* N
[ M
Ecarts
6 Diamètre antéro-postérieur
9 M
23,3
21 - 25
10 M
19,9
17 - 24
minimal sous-trochantérien
6 F
21,6
20 - 25
6 F
20,1
19 - 22
7 Diamètre transverse sous- tro-
9 M
26
24 - 28
10 M
24,5
chantérien.
6 F
26,2
25 - 27
6 F
25,1
24 - 26
8 Diamètre vertical de la tête.
10 M
41,7
38 - 44
10 M
37,7
35 - 42
6 F
36,1
34 - 40
6 F
36
34 - 38
9 Diamètre transverse de la tête.
10 M
41,6
38 - 44
10 M
37,8
35 - 42
6 F
36,3
34 - 40
6 F
35,8
34 - 38
3/2 Ind. de robustesse.
10 M
19,2
18,1- 21,2
10 M
18,8
16.7- 20,6
6 F
19,1
18,6- 19,4
6 F
19,9
19.3- 20,2
4+5/2 Ind. de robustesse.
10 M
12,4
11,2- 13,7
10 M
11.7
10,3- 12,9
6 F
12,5
11,9- 13,9
6 F
12,6
12,3- 12,9
4/5 Ind. pilastrique.
10 M
113,9
103,8-127,3
10 M
105,8
88 -122,2
6 F
107,2
100 -112,5
6 F
101,7
84 -115
6/7 Ind. de platymérie.
9 M
89,7
87,5- 96
10 M
81,8
70,4- 94,7
6 F
82,7
76,9- 88,8
6 F
80,2
76,9- 91,0
9/8 Ind. d’aplatissement de la tête.
10 M
99,8
97,6-100
10 M
100,3
100 -102,8
6 F
100,4
100 -102,5
6 F
99,5
97,3-100
8+9/2 Ind. de robustesse de la tête.
10 M
20,6
19,3- 23,4
10 M
20,4
19,2- 22,4
6 F
19,2
18,6- 19,9
6 F
20,3
19,5- 21,4
L’épiphyse supérieure, puissamment structurée,
se détache en
i donnant un
ic impression de robus-
tesse aussi bien sur le fémur oriental que sur l’occidental. La tète, avec des diamètres transverse et
vertical à peu près équivalents qui lui attribuent un indice d'aplatissement voisin de 100 (extrêmes
de 97,6 à 102,5 chez les occidentaux, de 97,3 à 102,8 chez les orientaux), est quasi ronde ; par son indice
de robustesse, proche de 20 dans les deux groupes et dans les deux sexes, elle confirme l’aspect parti¬
culièrement massif de toute l’épiphyse fémorale supérieure, ce qui est encore mis en évidence par la
fossette du ligament rond, très creuse et au relief tourmenté, par un grand trochanter volumineux
rugueux, à fosse digitale profonde, et toujours situé en dessous du niveau de la tète, enfin par un petit
trochanter saillant, dont les insertions musculaires témoignent d'un fort muscle psoasiliaque. En
revanche, les lignes intertrochantériennes, l’antérieure comme la postérieure, paraissent peu marquées.
Le col est long, aplati dans le sens antéro-postérieur. Il n’y a ni 3 e trochanter, ni fosse hypotrochauté-
rienne, mais la crête fessière est présente, généralement d’un relief moyen, parfois cependant,
principalement sur le fémur occidental, d'un relief plus accusé à tendance saillante. Dans
l’ensemble, ces éléments descriptifs ne varient presque pas, ni en fonction du sexe, ni en fonction du
groupe.
Comparativement à la supérieure, l’épiphyse inférieure parait moins puissante, Le condylc
interne est plus volumineux que l’externe, la lèvre interne de la trochlée moins large et plus basse
que l’externe.
Les données rassemblées par Bello y Rodriguez (1909) sur les fémurs d’une petite série de 211 Noirs
du Congo, sexes et côtés mélangés, nous permet d’avancer que le fémur congolais, en dehors d’une
longueur naturellement plus élevée, présente aussi un moindre degré de robustesse (ind. 11,5) q, u .
celui des Pygmées (ind. 12,1 et 12,4). Le développement de son pilastre (ind. 109,4) atteint presque
celui du fémur occidental (ind. 110,5), tous deux se séparant du fémur oriental qui possède un pilastre
plus faible (ind. 103,7). Quant à la platymérie, elle varie d’un groupe à l’autre, Pygmées orientaux
et Congolais ayant un fémur moyennement, aplati (ind. 81 et 83,6) et s’écartant du Pygmée occidental,
dont le fémur tend vers l’eurymérie (ind. 86,2).
2) Rotule (tableau XLIV)
5 rotules masculines (3 sujets) et 2 féminines (1 sujet) chez les Pygmées occidentaux, 6 rotules
masculines (3 sujets) et 6 féminimes (3 sujets) chez les Pygmées orientaux ont été examinées.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
105
Du point de vue morphologique, le seul détail méritant d’être souligné consiste dans les fortes
rugosités de la face rotulienne antérieure. Sur certains os occidentaux, ces rugosités tracent de profonds
sillons et crêtes verticaux qui témoignent de la puissance développée par le muscle quadriceps et qui
montrent l’importance chez le Pygmée des mouvements de flexion et d’extension du genou (cf. fig. 33).
Fie. 33. —
Rotule droite du Ba-Binga masculin n° 18448: face antérieure
avec fortes rugosités pour l'attache du muscle quadriceps.
Tableau XLIV.
Mesures (en mm) et indices de la rotule (d -(- g) chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
N
Pygmées i
M
orientaux
Ecarts
1 Hauteur.
5 M
36
36 - 36
6 M
33,2
30 - 38
2 F
31
30 - 32
6 F
31,3
28 - 33
2 Largeur.
37,4
37 - 38
6 M
33
30 - 38
3 Épaisseur.
2 F
32,5
32 - 33
6 F
33,1
31 - 37
r» M
17
16 - 18
6 M
14,5
14 - 16
2/1 Ind. de largeur-hauteur.
2 F
14
14
6 F
16,3
16 - 17
5 M
104,5
102,8-108,6
6 M
100,7
96,8-106,6
2 F
104,9
103,1-106,7
6 F
106,1
93,9-112,1
Petite et fortement charpentée, la rotule du Pygmée occidental est légèrement plus large que
haute, ce qui lui donne un indice de largeur-hauteur supérieur à 100 (M. : 104,5 ; F . : 104,9). Chez le
I ygmée oriental, la rotule, avec des dimensions absolues plus réduites, tend à avoir, dans le sexe mas¬
culin. une largeur équivalente à sa hauteur, d’où un indice de 100,7 inférieur à celui de la rotule mas¬
culine occidentale ; mais, dans le sexe féminin, la largeur dépasse la hauteur et l’indice s’élève à 106,1,
supérieur par conséquent à celui des rotules féminines du groupe de l’Ouest. L’épaisseur est moyenne,
plus faible du cftté oriental que du côté occidental tout au moins chez les hommes, car les femmes
orientales ont au contraire une plus forte épaisseur rotulienne que les hommes. La comparaison de
cet os du genou entre le Pygmée et le Noir d'Afrique, d’après les documents de B. de Vriese (1913)
et de H. V. Vallois (1919), ne révèle aucune différence appréciable, à l’exception bien entendu d’une
élévation des mesures absolues chez le Noir africain. L’indice rotulien de ce dernier est de 101,2, proche
de celui de la rotule orientale, un peu plus bas que celui de la rotule occidentale.
Source : MNHN, Paris
10t>
PAULETTE MARQUER
3) Tibia (tableau XLV)
Nous avons disposé de 10 tibias masculins (5 sujets) et (i féminins (3 sujets) chez les Pygmées
occidentaux, de 9 tibias masculins (5 sujets) et fi féminins (3 sujets) chez les Pygmées orientaux.
Le tibia est un os court et moyennement robuste qui, bien que moins long chez le Pygmée
oriental (M. : 312 mm contre 345,7 mm ; F. : 300,2 inm contre 325,3 mm) présente dans les deux groupes
une robustesse voisine, avec des indices de 19,8 (M.) et 20,3 (F.) du côté occidental, de 20,4 (M.) et 20,9
(F.) du côté oriental. Il n'existe presque pas de dimorphisme sexuel, mais, comme pour le fémur, se
sont les tibias féminins qui tendraient vers un degré de robustesse très légèrement plus fort que celui
des tibias masculins et cela dans les deux groupes.
Tableau XLV
Mesures (en mm) et
indices <
lu tibia fd + g)
chez les
Pygmées
africains
cidentaux
Pygmées o
rientaux
N
M
Ecarts
N
M
Ecarts
1 Longueur maximale.
10 M
345,7
325 -
357
9 M
312
297
■328
6 F
325,3
312 -
347
6 F
300,2
292
•306
2 Circonférence minimale.
10 M
68,4
65 -
73
9 M
64,3
51
• 71
6 F
66
61 -
74
5 F
63,2
55 ■
• 71
3 Diamètre antéro-postérieur au
9 M
31
28 -
34
9 M
29,3
25
• 34
trou nourricier.
6 F
28,8
27 -
32
6 F
26,5
25 ■
■ 29
4 Diamètre transverse au trou nour-
9 M
21,5
20 -
22
9 M
19,5
15
• 22
ricier.
6 F
21,1
20 -
22
6 F
18
17
• 19
5 Angle de rétroversion.
9 M
11,3
9 -
13
7 M
11,6
7 ■
• 13
6 F
13,3
11
15
6 F
11,3
8
15
2/1 Ind. de robustesse.
10 M
19,8
18,2-
21,6
8 M
20,4
17
- 23,1
6 F
20,3
18,8-
23,3
5 F
20,9
18,8
- 23,3
4/3 Ind. cnémique.
9 M
69,7
64,7-
75
9 M
66,6
60
■ 73 3
6 F
73,6
66,7-
78,6
6 F
68
62,9
- 72
La diaphyse, peu amincie, possède une crête osseuse antérieure qui dessine un S allongé ; sur
sa face postérieure, les reliefs accusés de la ligne oblique indiquent un bon développement du poplité
et du soléaire. Les diamètres antéro-postérieur et transverse, pris à la hauteur du trou nourricier,
fournissent un indice cnémique moyen de 69,7 (M.) et 73,6 (F.) dans le groupe occidental, de fifi,6 (M.)
et 68 (F.) dans le groupe oriental. Le tibia occidental n’accuse souvent aucune platycnémie
(8 M. + F. : 53,3 %) et quand celle-ci apparaît elle n’est que faible (7 M. + F. : 46,6 %). Les tibias
orientaux, par leurs moyennes comme par la répartition de leurs valeurs individuelles, traduisent un
aplatissement transversal de la diaphyse dans son quart supérieur un peu plus marqué que celui des
tibias occidentaux, 40 % des premiers possédant, sexes mélangés, une platycnémie nette et seulement
13,3 % apparaissant avec une platycnémie nulle.
L’épiphyse supérieure est large et massive ; le plateau tibial a un bord épais, avec une cavité
gléuoïde interne faiblement concave et une externe presque plane, qui sont séparées par deux épines
bien saillantes. La tubérosité antérieure, au relief tourmenté, se détache nettement et on y voit souvent
des sortes de saillies osseuses verticales correspondant à celles qui existent sur la rotule. L’angle de
rétroversion varie de 9° à 15° sur les tibias occidentaux et de 7° à 15° sur les orientaux.
A l’épiphyse inférieure, l’échancrure péronière se creuse à peine, mais les gouttières où se glissent
les tendons du jambier postérieur et du fléchisseur commun des orteils sont assez profondes. La surface
articulaire inférieure possède une moitié interne plus concave que sa moitié externe ; il y a parfois
sur la face supérieure de l’épiphyse distale une ébauche de facette articulaire supplémentaire (4 tibias
masculins dans le groupe occidental).
Plus long (378 mm) que celui du Pygmée, le tibia des Congolais de Bello y Rodriguez possède
un indice cnémique de 70 qui indique une absence de platycnémie comme chez le Pygmée occidental.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
107
4) Péroné (tableau XLVI)
15 péronés occidentaux (10 M., 5 F.) et 13 péronés orientaux (7 M., 7 F.) ont été étudiés. C’est
un os long et plutôt grêle, à la diaphyse sensiblement rectiligne, au bord antérieur tranchant, et géné¬
ralement non cannelée.
Tableau XLVI
Mesures (en mm) et indices du péroné (d -f- g) chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux Pygmées orientaux
N M Ecarts N M Ecarts
i Longueur maximale.
10
M
336,6
315
355
7
M
301,7
291
322
5
F
291,2
239
307
6
F
287,8
272
296
2 Circonférence minimale
10
M
29,9
26
34
9
M
25,7
24
28
5
F
27,4
24
30
6
F
23,8
22
25
3 Diamètre minimal à
la
1/2 dia-
10
M
11
9
13
9
M
8,3
7
10
physe.
5
F
9,8
8
12
6
F
8,1
8
9
4 Diamètre maximal à
la
1/2 dia-
10
M
14,5
13
15
9
M
11,5
9
14
P h y» e .
5
F
12,8
11
15
6
F
10,8
10
12
2/1 Ind. de robustesse .
10
M
8,9
7,5
10,7
7
M
8,4
7,7
9
3/4 Ind. diaphysaire ...
5
F
8,8
7,8
9,9
6
F
8,3
7,8
9
10
M
76,2
60
92,8
9
M
72,7
58,3
88,9
5
F
76,2
72,7
80
6
F
75,7
66,6
80
Le péroné oriental, moins long (M. : 301,7 mm ; F. : 287,8 mm) que l’occidental (M. : 336,6 mm ;
F. . 291, 2 mm), est cependant à peu près aussi robuste, l’écart entre les indices dans les deux sexes
et les deux groupes s’avérant pratiquement insignifiant. L’indice diaphysaire varie entre 60 et 92 dans
le groupe occidental, entre 58 et 88 dans le groupe oriental.
5) Squelette du pied
Les principaux os du pied ont été mesurés suivant les techniques de M. Th. Volkov (1903, 1904,
1905). Nous disposions de 4 sujets, 3 hommes et une femme, du côté occidental, de 7 sujets, 4 hommes
et 3 femmes, du côté oriental.
L astragale (tableau XLVII), petit par ses dimensions absolues, est moyennement haut et large
en comparaison de sa longueur. Sa tête, peu déviée vers l’intérieur, se relie à la poulie par un col très
court. 11 ne semble pas y avoir dans ses proportions globales de différences marquantes entre les deux
groupes et, si 1 on relève les données de Volkov sur des Noirs d’Afrique divers, on ne constate pas non
plus d écarts manifestes entre les astragales de ceux-ci et les astragales des Pygmées.
Tableau XLVII
Mesures (en mm) et indices de l'astragale (d g) chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
Pygmées orientaux
N M Ecarts
1 Longueur.
. 5 M
51,1
46
- 53
8 M
45,8
42
49
2 F
41,5
41
- 42
6 F
43,6
41
47
2 Largeur .
. 5 M
38,5
38
- 40
8 M
35,3
33
39
2 F
31,5
31
- 32
6 F
32,3
29
34
3 Hauteur.
. 5 M
26,8
25
- 29
8 M
24,9
24
26
2 F
20
20
6 F
24,6
23
26
Source : MNHN, Paris
108
PAULETTE MARQUER
Pygmées occidentaux
Pygmées
orientaux
N
M
Ecarts
N
M
Eci
2/1 Ind. largeur-longueur.
5
M
75,7
67,8- 86,9
8 M
77,1
71,7-
81,2
2
F
75,9
75,6- 76,2
6 F
71
59,1-
80,9
3/1 Ind. de hauteur-longueur .. .
5
M
52,6
49 - 56,5
8 M
54,3
51 -
59,5
2
F
48,2
47,6- 48,8
6 F
56,6
53,2-
61,9
Le calcanéum (tableau XLVIII), os assez massif, possède également des mesures absolues
minimes ; il est relativement bas et étroit par rapport à sa longueur. Le calcanéum oriental se distingue
de l’occidental par une moindre largeur et une hauteur légèrement supérieure relativement à sa lon¬
gueur. Dans les deux groupes, les reliefs musculaires se détachent fortement au niveau de l’insertion du
tendon d’Achille et on trouve fréquemment, à la partie supéro-interne du talon, des exostoses qui cor¬
respondent à l'ossification de fibres tendineuses et témoignent de l’importance chez les Pygmées des
mouvements de flexion du pied. Sur la face inférieure, la tubérosité antérieure apparaît très dévelop¬
pée dans la zone d’insertion du ligament calcaneo-cuboïdien.
Tableau XLVIII.
Mesures (en mm) et indices du calcanéum (d -(- g) chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
N M Ecarts
N
Pygmées
M
orientaux
Ecarts
1 Longueur maximale.
5 M
77,2
75 - 79
8 M
69,2
67 - 74
2 F
64,5
64 - 65
6 F
65,6
61 - 69
2 Largeur médiane maximale ... .
5 M
30
29 - 31
8 M
22,2
19 - 25
2 F
25,5
25 - 26
6 F
22,8
22 - 24
3 Longueur du talon.
5 M
53,6
51 - 56
8 M
41,8
39 - 44
2 F
39,5
39 - 40
6 F
37
34 - 41
4 Hauteur minimale du talon....
5 M
34,2
32 - 36
8 M
33,8
31 - 36
2 F
27
27
6 F
34
32 - 35
2/1 Ind. de largeur-longueur.
5 M
38,8
37,6-40
8 M
32,1
28,3-34,3
2 F
39,5
38,4-40,6
6 F
34,8
33,3- 36,1
4/1 Ind. de hauteur-longueur.
5 M
44,3
40,5-46,7
8 M
48,9
44,5-53,7
2 F
41,8
41,5-42,2
6 F
51,9
48,5-57,4
3/1 Ind. de longueur du talon.
5 M
69,4
67,1-72,7
8 M
60,5
56,7-63,7
2 F
61,2
60,9-61,5
6 F
56,3
51,5-59,4
Le scaphoïde, le cuboïde et les cunéiformes ne présentent aucun caractère particulier méritant
d’être signalé.
Les métatarsiens (tableau XLIX) sont courts et trapus, naturellement moins longs mais presque
aussi robustes chez les Pygmées orientaux que chez les occidentaux. L’ordre de décroissance observé
en majorité dans les deux groupes, II > III > IV > V >1, correspond au schéma courant dans les
populations actuelles ; on observe cependant un cas d’égalité de II et III et un autre cas de
III = V > IV sur les métatarsiens occidentaux comme sur les métatarsiens orientaux. Le premier
métatarsien se caractérise par un aspect très massif, avec une hauteur et une largeur qui, prises au
milieu de l’os et rapportées à la longueur, fournissent des indices masculins respectivement de 211 et.
de 95,1 pour les occidentaux, de 20,3 et 93,1 pour les orientaux ; les deux métatarsiens de la femme
occidentale atteignent 22 et 95,8, les six métatarsiens féminins orientaux 17,3 et 100. Le premier
métatarsien du Pygmée est donc un os qui est presque aussi large que haut.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
109
Tableau XLIX
Longueurs fen mm) des métatarsiens (d -f- g) chez les Pygmées africains
Pygmées oc
cidentaux
Pygmées or
■ientaux
N
M
Ecarts
N
M
Ecarts
MT I.
. 6 M
56
53-58
6 M
53,1
51-56
2 F
50
50
6 F
51,8
51-53
MT I!.
70,3
67-74
6 M
62,5
58-67
6 F
60,3
59-62
MT III.
69,4
66-72
6 M
60,8
57-65
6 F
59,8
58-61
MT IV.
66,3
62-69
6 M
58,6
56-61
6 F
56,6
53-59
MT V.
. 5 M
63,1
61-68
5 M
56
52-62
6 F
51,5
48-54
G. Proportions des membres et stature
1) Proportions des membres (tableau L)
Les indices claviculo et scapulo-huméral ayant été étudiés avec la clavicule et l’omoplate, nous
n'envisagerons ici que les rapports entre l’avant-bras et le bras, la jambe et la cuisse, le membre supé¬
rieur et le membre inférieur.
Tableau L.
Proportions des membres chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
Pygmées
orientaux
Ecarts
N
M
Ecarts
Ind. radio-huméral ou brachial....
8 M
81,1
78,1-86,9
8 M
78,8
76,4-82,4
6 F
79,3
78,6-79,9
6 F
75,8
73,8-78,5
Ind. tibio-fémoral ou crural.
10 M
85,6
83,7-90,1
8 M
84,6
81,6-87,1
6 F
86,5
85,6-87,5
6 F
84,9
82,9-86,1
Ind. intermembral.
9 M
70,8
66,3-75,4
7 M
72,1
70,8-72,8
6 F
70,6
68,7-71,3
6 F
71,
68,9-74
L’indice brachial varie entre 78,1 et 86,9 sur les squelettes occidentaux, entre 73,8 et 82,4 sur
les squelettes orientaux. Ces valeurs élevées indiquent que le radius du Pygmée est long par rapport
à son humérus. Les moyennes occidentales (M. : 81,1 ; F. 79,3) sont supérieures aux moyennes orientales
(M. : 78,8 ; F. 75,8) et, dans chaque groupe, les moyennes masculines supérieures aux féminines. Si
l’on compare ces résultats à ceux de Noirs d’Afrique en général (documents groupés de plusieurs auteurs :
Broca, Hamy, Topinard, Bello y Rodriguez), on constate que ces derniers, avec un indice de 78,8 chez
les hommes et de 77,6 chez les femmes, ont un avant-bras relativement un peu plus court que celui
des Pygmées occidentaux, sensiblement égal à celui des Pygmées orientaux. Il n’y a pas à proprement
parler, entre Pygmées et Noirs d’Afrique, de divergences importantes dans les proportions des deux
segments du membre supérieur, mais on peut dire que le Pygmée occidental traduit au maximum l’allon¬
gement de l’avant-bras par rapport au bras, qui est sensible dans toutes les races mélanodermes com¬
parées aux races leucodermes, l’indice brachial des secondes n’oscillant qu’entre 72 et 74.
Source : MNHN, Paris
110
PAULETTE MARQUER
L’indice crural s’étage entre 83,7 et 90,1 dans le groupe occidental, entre 81,6 et 87,1 dans le
groupe oriental. Les moyennes sont plus élevées chez la femme que chez l’homme, plus élevées chez
le Pygmée occidental que chez l’oriental. Le segment distal du membre inférieur, comme celui du membre
supérieur, présente donc sur le squelette pygméen un allongement manifeste par rapport au segment
proximal et, dans la confrontation avec les Noirs d’Afrique, on s’aperçoit de nouveau que les moyennes
de l’indice crural des Pygmées (M. : 85,6 et 84,6 ; F. : 86,5 et 84,9) dépassent celles du même indice
chez les Noirs africains (M. : 83,5 ; F. 85). Là encore, il s’agit d’une particularité mélanoderme, bien
exprimée chez le Pygmée, mais qui ne prend toute sa signification que vis-à-vis des Blancs, dont l’indice
crural n'atteint que 81-82.
Bien que faibles, les variations de l’indice intermembral, de 66,3 à 75,4 pour les occidentaux, de
68,9 à 74 pour les orientaux, mettent en évidence chez le Pygmée un développement relativement accusé
du membre supérieur par rapport au membre inférieur. Les moyennes pygméennes masculines (70,8 et
72,1) sont de nouveau supérieures à celle des Noirs du même sexe (68,5) ; il en va de même des moyennes
féminines, mais l’écart est plus réduit (70,6 et 71 contre 67,9). Ces résultats se confirment dans l’ensemble
par ceux des indices huméro-fémoral (moyennes de 72,2 à 74,8 côté pygméen, de 68,9 à 69 côté noir
africain) et radio-tibial (moyennes de 66,1 à 67,9 chez les Pygmées, de 65,4 à 65,7 chez les Noirs.)
2) Stature
Ce que nous venons de dire à propos des proportions des membres rend difficile l'emploi d’une
méthode de reconstitution de la stature à partir de la longueur des principaux os longs. Comme nous
disposions sur la majorité de nos sujets de la presque totalité du squelette, nous avons préféré, chaque
fois que possible, déterminer la stature approximative par la technique de Fully (1956), qui adopte
la somme des dimensions suivantes : hauteur basion-bregma, hauteur totale des corps vertébraux de
l’axis à la 5 e lombaire incluse, hauteur du corps de la l re sacrée, longueur moyenne des fémurs en
position, longueur moyenne des tibias sans l’épine, hauteur moyenne des calcaneums et astragales
emboîtés. On obtient ainsi la taille squelettique, à laquelle il sulfit d'ajouter, pour parvenir à celle
du vivant, un indice de correction variable en fonction de l’élévation staturale et représentant la tota¬
lité des parties intermédiaires détruites posl mortem. Toutefois, l’état de certains squelettes occidentaux
et. surtout orientaux, n’ayant pas permis d’avoir recours à une telle méthode, nous avons pour ceux-ci
utilisé l’ancienne technique de Manouvrier en ne nous servant cependant que de l’humérus et du fémur,
dans la mesure où une confrontation des deux sortes de résultats nous a appris qu’on pouvait de cette
manière parvenir à une meilleure concordance des stat ures reconstituées différemment. Dans le tableau LI.
les statures déterminées à partir des longueurs humérale et fémorale sont indiquées entre parenthèses.
Reconstitution de la stature (en mm)
Pygmées occidentaux
Femmes
' les squelettes île Pygmées africains.
Pygmées orientaux
Hommes
17980 :
1533,5
18448 :
1498
22257 :
1535
23642 :
(1513)
17762 :
1430,5
5 H : 1502
17761 : 1437,5
18449 : 1402,5
23641 : 1485
M 3 F : 1441,6
17947 :
1436,5
105 :
(1254)
207 :
1361,5
212 :
(1493)
RG23 :
(1476)
RG43 :
(1502)
P 1 :
1362,2
P* :
1419,4
P* :
1372,2
P» :
1442,7
M 10 11
1411,9
208 : 1314,8
213 : 1374,3
106 : (1218)
Jul : 1353,1
P 4 : 1387,7
M r> v : 1329,6
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
111
Que les Pygmées de l’Ouest, avec une stature moyenne proche de 1,50 m chez les hommes,
de 1,44 m chez les femmes, soient plus grands que ceux de l’Est qui atteignent seulement 1,41 m du
côté masculin et 1,33 m du côté féminin, n’est pas pour surprendre, puisque c’était déjà la conclusion
évidente qui s’imposait après l’étude de chaque partie du squelette. L’écart sexuel s’élève à environ
0 cm pour les occidentaux, à un peu plus de 8 cm pour les orientaux. Si l’on admet la différence de 10-
12 cm, généralement considérée comme normale, entre les tailles féminines et masculines, il apparaît
que les Pygmées, surtout les occidentaux, présentent une différenciation sexuelle moindre que celle
de la plupart des autres populations. On nous objectera que, dans notre documentation, ce fait est
passablement sujet à caution, en raison de l’emploi mélangé de deux méthodes de reconstitution de
la stature et aussi de la faiblesse numérique de nos séries, particulièrement des féminines. On peut
cependant essayer de tester de manière approximative la valeur de nos résultats en effectuant une
comparaison entre la stature reconstituée à partir du squelette et celle obtenue sur le vivant
(tableau LII).
Tableau LU
Comparaison des moyennes fen cm) de la stature reconstituée
et de la stature du vivant chez les Pygmées africains
Pygmées occidentaux
Pygmées orientaux
Squelettes Vivants
Ba-Binga -+■ Ba-Bongo Ba-Binga + Ba-Bongo (le
P. Marquer, 1972 Poutrin 1912, Kuhn 1914,
Andersson 1939, Vallois 1940
Squelettes
Eté + Basa + Akka
P. Marquer 1972,
d'après plus. aut.
Vivants
Eté -+- Basua
Schebcsta, 1938
5 hommes.150,2
3 femmes .144,1
écart sexuel. 6,1
147 hommes ... 153,6
91 femmes .... 147
écart sexuel .... 6,6
10 hommes .... 141,2
5 femmes. 132,9
écart sexuel .... 8,3
354 hommes ... 142,9
208 femmes .... 135,4
écart sexuel .... 7,5
Les données comparatives du tableau LII montrent que, dans les deux groupes, les statures
obtenues à partir du squelette sont légèrement inférieures aux statures du vivant, mais les différences
ne sont pas considérables et il est fort probable que, tant dans la méthode de Fully que dans celle de
Manouvrier, elles dépendent en grande partie de l’indice de correction qui ne convient probablement
pas exactement pour les très petites tailles envisagées. Quant aux écarts sexuels, ils accusent une
relative concordance qui confirme la moindre différenciation sexuelle de la stature chez le Pygmée,
particulièrement chez l’occidental.
Les Pygmées occidentaux sont donc plus grands que les Pygmées orientaux et c’est souvent
sur cet unique facteur que repose l’hypothèse d’un métissage avec les Mélano-Africains, métissage
qui serait plus fréquent dans le groupe de l’Ouest que dans celui de l’Est. Toutefois, et bien qu’égalant
ou dépassant de peu le 1,50 m, le Pygmée occidental n’en demeure pas moins, sous ce rapport, encore
assez loin des Noirs de la forêt, dont les statures moyennes oscillent entre 1,62 m et 1,68 m (M. Chabeuf,
1959).
III. — RÉSUMÉ SUR LE SQUELETTE POST-CRÂNIEN :
PYGMÉES D’AFRIQUE ET MÉLANO-AFRICAINS
En dépit de nombreuses lacunes, que nous avons signalées au fur et à mesure de l’étude du
squelette post-crânien, on peut néanmoins avoir une idée générale des différences qui existent entre
les deux principaux groupes des Pygmées africains et les Noirs typiques d’Afrique.
Source : MNHN, Paris
112
PAULETTE MARQUER
A. Pygmées occidentaux et Pygmées orientaux
Dans le squelette du tronc et des membres, les divergences essentielles qui particularisent les
deux types pygméens résident dans la stature et le degré de robustesse de l’ossature. Il parait incon¬
testable que la plus petite taille du Pygmée oriental jointe à l’aspect plus grêle de sa charpente osseuse
lui donne une morphologie qu'on ne peut assimiler entièrement à celle du Pyginée occidental. A part
ces deux différences de base, on ne peut guère citer d’autres éléments vraiment importants de distinc¬
tion, si ce n’est cependant un fémur plus rond et à pilastre plus saillant chez les occidentaux, ainsi
qu’un tibia plus platycnémique chez les orientaux. Mais, dès qu'on analyse en détail les diverses parties
du squeletLe, on s’aperçoit aussitôt de nombreuses analogies dans les deux groupes : atténuation de
la convexité antérieure des courbures cervicale et lombaire ; sacrum de type hypobasal, allongé et
peu concave ; bassin moyennement aplati dans le sens antéro-postérieur et caractérisé par la relative
étroitesse de l’aile iliaque ; sternum assez long, dont le corps tend à être presque de même largeur
dans tous ses segments : omoplate très brachymorphe, au bord supérieur rectiligne et horizontal avec
une orientation oblique bien franche de la cavité giénoïde et de l’épine ; allongement de l’avant-bras
et de la jambe par rapport au bras et à la cuisse, de même que du membre supérieur en comparaison
du membre inférieur.
La plupart de ces particularités communes aux Pygmées africains des deux groupes se rattachent
à un complexe morphologique souvent désigné comme « archaïque », ce qui veut dire sans plus qu'il
renferme certaines réminiscences lointaines des diverses étapes de l’évolution morphologique des
Hominidés. Tantôt l’un de ces caractères domine du côté oriental, alors que sa fréquence diminue
du côté occidental, tantôt c’est le contraire qui se produit ; il n’y a que rarement leur association sur
un même sujet et leur manifestation ne s’exprime qu’avec une intensité fort variable. On les retrouve
d’ailleurs, également à des degrés divers, en plus ou moins grand nombre et souvent dissociés dans
quelques populations restées à un niveau primitif tant par leur culture et leur genre de vie que par
leur type physique : Boschimans, Vedda, Australiens, Négritos et Mélanésiens. De telles particularités
ne rentrent pas à proprement parler dans ce que l’anthropologiste appelle des caractères raciaux
mais leur relative fréquence sur les squelettes pygméens attestent l’existence, dans un des groupes
les plus particularisés de l’Afrique mélanoderme, d’un bon nombre de survivances morphologiques
qui ne sont plus très répandues dans les populations actuelles.
B. Pygmées africains et Noirs d'Afrique
Ces mêmes caractères, dont nous venons de voir qu’ils créent, à l’intérieur de l’ensemble pygméen
de l’Afrique équatoriale, une certaine ressemblance de fond malgré la diversité des types physiques,
constituent aussi, en ce qui concerne le squelette post-crânien, les éléments différentiels majeurs par
lesquels les Pygmées se distinguent des autres Noirs du même continent.
La stature de la plupart des Mélanodermes africains atteint naturellement une élévation bien
supérieure à celle de nos Pygmées et, sous cet angle, ce sont les Ba-Mbuti de l’Est qui se particularisent
à l’extrême. L’écart est maximal vis-à-vis des Nilotiques, des Soudanais et de certains Sud-Africains
il s’avère déjà moindre par rapport aux Guinéens et surtout aux Congolais, pour se réduire encore
quand on passe aux Boschimans, dont la stature, après celle des Pygmées, est la plus réduite du bloc
mélano-africain.
Les courbures cervicale et lombaire de la colonne des Nègres ne présentent pas cette tendance
vers une moindre convexité antérieure que nous avons détectée sur le rachis des Pygmées et le change¬
ment de courbure de la partie lombaire s’effectue chez les premiers entre L2 et L3, comme c’est la
règle dans la majorité des autres races, donc plus haut que chez les seconds, où il se situe soit entre
L3 et L4, soit entre L4 et L5, le rachis oriental accusant de nouveau un éloignement plus marqué que
l'occidental par rapport aux Mélano-Africains.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
113
En comparaison avec le Pygmée, le sacrum du Noir est moins long et plus large, sa concavité
s’accentuant de manière assez sensible ; son bassin possède une aile iliaque moins allongée et plus
évasée ; le corps de son sternum se rétrécit fréquemment de bas en haut, au lieu d’avoir sensiblement
un même élargissement comme celui du Pygmée.
La ceinture scapulaire, par la clavicule et principalement l’omoplate, présente d’importantes
différences. Chez les Noirs, la clavicule, relativement plus longue, possède aussi des courbures horizon¬
tales atténuées : il est rare qu’on y décèle le type particulier de déflexion décrit par Matiegka et Maly
sur les squelettes orientaux et retrouvé, estompé, sur les squelettes occidentaux. Quant à l’omoplate,
elle n’atteint jamais la brachymorphie si caractéristique du scapulum pygméen ; son épine comme
sa cavité glénoïde ne présentent pas le même degré d’obliquité et le bord supérieur est moins souvent
rectiligne et horizontal que sur l’omoplate des Pygmées.
Des divergences dans les proportions des membres existent aussi entre Pygmées et Noirs,
paraissant toutefois de moindre envergure que celles qui viennent d’être indiquées. L’allongement de
l’avant-bras, de la jambe et du membre supérieur par rapport au bras, à la cuisse et au membre infé¬
rieur se manifeste chez les uns et chez les autres, mais surtout quand on les compare aux Blancs. Le
Pygmée ne se distingue ici du Noir que par le fait qu’il atteint le maximum de différenciation dans
les proportions des membres, en tenant compte bien entendu de l’extrême réduction de sa stature.
La position des deux groupes pygméens en face des Mélanodermes d’Afrique s’avère variable
en ce qui concerne le squelette post-crânien comme elle l’était aussi pour le crâne. Parfois c’est 1 un
des groupes qui se rapproche le plus du Noir, parfois c’est l’autre. Peut-être cependant, dans l’ensemble,
y a-t-il quelques indices suggérant une différenciation plus manifeste des Pygmées orientaux, obser¬
vation qui concorde avec les résultats de la partie craniologique.
1 564 017 6
Source : MNHN, Paris
114
PAULETTE MARQUER
CONCLUSION GÉNÉRALE
L'examen d’une petite série de squelettes complets appartenant à des Ba-Binga et à des Ba-Bongo,
Pygmées africains de l’Ouest, confrontés avec des squelettes de Ba-Mbuti itouriens, Pygmées africains
de l’Est, aboutit à un ensemble de conclusions, dont l’exposé détaillé a été donné à la fin de chaque
grande partie de ce travail. Nous éviterons donc, dans cette récapitulation générale, de trop nous répéter
inutilement, pour nous attacher seulement à dégager les points essentiels qui, dans l’optique de l’étude
entreprise, paraissent susceptibles d’apporter une contribution au problème anthropologique des
Pygmées d’Afrique.
I. — VARIABILITÉ DU TYPE PHYSIQUE DES PYGMÉES D’AFRIQUE
Il y a déjà longtemps que l’on a reconnu, chez les Pygmées africains, l’existence d’une assez
grande diversité morphologique, puisque, dès 1896, Hamy parlait de « la pluralité des types ethniques
chez les Négrilles » et que, vers 1910-1912, Poutrin décrivait à l’intérieur du groupe occidental les
variétés brachycéphale et sous-dolichocéphale. Par la suite, plusieurs auteurs ont fait état à maintes
reprises de cette variabilité sur le vivant.
L’étude du squelette, on l’a vu, aboutit à une conclusion identique, en révélant, la présence
d’un certain nombre de différences entre les deux principaux groupes pygméens, celui de l’Ouest et
celui de l’Est. Si nos séries n'avaient pas été si exiguës, il semble vraisemblable de penser que nous
aurions également trouver des divergences plus ou moins conséquentes au sein de chaque groupement
géographique, en particulier entre les Ba-Bongo et les Ba-Binga, tous deux représentants du groupe
occidental.
En ne retenant que les différences majeures qui définissent le type morphologique moyen de
l’un et de l’autre groupe, les Pygmées orientaux se séparent des occidentaux par une réduction de toutes
leurs dimensions corporelles, sur le crâne comme sur le squelette post-crânien, cette diminution de
format étant accompagnée d’une accentuation de la gracilité générale. Avec une stature franchement,
moins élevée, ils possèdent un crâne à la voûte plus basse, au massif facial de moindre hauteur dans
ses divers segments et dans ses dimensions relatives comme dans ses mensurations absolues, avec des
orbites moins basses et une mandibule à la fois plus courte et plus large tant dans ses proportions
globales que dans celles de sa branche montante. En revanche de nombreuses similitudes se manifestent :
mésocranie à tendance dolichocrâne, front bombé, droit, moyennement divergent et large par rapport
au diamètre transverse, prognathisme moyen, hyperplatyrhinie, morphologie voisine du rachis, de
l’omoplate, de la clavicule et de la plupart des os longs, allongement de l'avant-bras, de la jambe et
du membre supérieur en comparaison avec le bras, la cuisse et le membre inférieur.
A première vue, les divergences, si l’on ne peut nier leur existence, ne sont cependant ni excep¬
tionnellement nombreuses ni surtout pas trop importantes. Du point de vue strictement phénotypique
et en n’envisageant que la morphologie du squelette, elles ne s’opposent pas à la suggestion de 1a proba¬
bilité d’une origine commune pour les deux groupes, cette dernière se trouvant en sus confirmée par
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN 115
plusieurs autres faits tirés de l’investigation du vivant dans le domaine de l’anthropologie physique
et dans celui do l’ethnographie. Ni les genres de vie, ni le milieu géographique, ni les données culturelles
ne présentant des oppositions tranchantes, on ne voit guère que le métissage ou la dérive génique
comme processus susceptibles d’avoir intluencé la légère différenciation morphologique des Pygmées
de l’Ouest vis-à-vis de ceux de l’Est.
Le métissage qui, dans le cas présent, consisterait en un croisement avec les Noirs, croisement
plus ancien et plus actif du côté occidental que du côté oriental, ne peut être éliminé. Il s’avère certain
que les comparaisons des pages précédentes mettent souvent en évidence une situation intermédiaire
des Pygmées occidentaux par rapport aux Mélano-Africains et aux Pygmées orientaux. Mais, s’il y a
de bonnes chances qu’il se produise de nos jours avec une fréquence qui ne pourra que croître dans
l'avenir, ce métissage ne doit être qu’assez récent et relativement peu intense, même du côté occidental ;
par ailleurs, nous n’avons aucune preuve tangible de sa plus grande rareté parmi les Pygmées orientaux.
De surcroît enfin, comme nous l’avons déjà dit, il est attesté par de nombreux anthropologistes que
ce mélange des Pygmées avec les Noirs — tout au moins jusqu’à ces dernières années — ne s’effectue
que dans un sens unilatéral, les quelques femmes Pygmées ayant des rapports sexuels avec les Mélano-
Africains quittant toujours leur propre groupe pour s’intégrer avec leurs enfants au groupe de l’homme.
Pour ces raisons, il ne semble pas que le métissage puisse être l’unique cause déterminante des modi¬
fications relevées dans la morphologie des Pygmées occidentaux, encore qu’il y aurait intérêt à étudier
d’un peu plus près, sur le vivant, les témoignages de son éventuelle action. D’après J. Hiernaux (1968)
en effet, « la répartition de la stature et des indices de la tête et de la face suggère des échanges géné¬
tiques entre la forêt équatoriale et les zones qui l’entourent ». Encore serait-il souhaitable de préciser
que : d’une part, le métissage n’est pas forcément seul en cause dans ce genre de constatations, les
deux populations, Pygmées et Noirs, pouvant accuser des modifications convergentes de leur type
physique par adaptation génétique à un même environnement ; d’autre part, en admettant que le
métissage ait pu exercer une réelle influence, tout laisse à penser que le résultat devrait être plus une
« pygméisation » des Mélano-Africains équatoriaux qu’une « négritisation » des Pygmées. Nous avons
vu que c’était là précisément l’opinion de certains chercheurs, dont Gates en 1958 ; d’autres,
comme Hiernaux (1954) pensent au contraire qu’un métissage, même peu actif, serait susceptible
d’avoir modifié assez sensiblement la morphologie du Pygmée, ceci en raison des faibles effectifs des
groupes pygméens face à ceux, infiniment supérieurs, des Noirs avoisinants. Conclure en faveur de
l’une ou de l’autre de ces alternatives dépasserait ce qu’on peut attendre d’une étude morphologique
réduite au seul squelette.
Quoiqu'il en soit, en l’état actuel de nos connaissances anthropologiques sur les Pygmées, l'inter¬
vention de la dérive génique semble d’une plus grande probabilité que celle du métissage. Vivant de
chasse et de cueillette, en petits effectifs d’individus plus ou moins apparentés, ces semi-nomades que
sont les Pygmées réalisent dans leur société la plupart des conditions favorables au déroulement des
mécanismes de la dérive génique, cette dernière paraissant alors propre à rendre compte non seulement
de la variabilité entre les Pygmées de l’Ouest et ceux de l’Est, mais aussi de la variabilité à l’intérieur
de chaque grand groupe.
II. — ARCHAÏSME MORPHOLOGIQUE ET ORIGINE DES PYGMÉES AFRICAINS
Au cours de cette analyse, nous avons signalé à plusieurs reprises, sur les squelettes occidentaux
et orientaux, la présence de quelques caractères appelés primitifs ou archaïques dans la mesure où
ils ne se rencontrent qu’exceptionnellement dans les populations humaines actuelles et parce qu’ils
font songer aussi, de loin bien entendu, à des dispositions morphologiques particulières aux Grands
Singes, dont certaines se retrouvent également chez les premiers Hominidés. Par prudence nous n’avons
cependant jamais utilisé le qualificatif de pithécoïde que bien des anthropologistes n’hésitent pas à
employer à leur sujet.
Source : MNHN, Paris
116
PAULETTE MARQUE!
Au niveau du crâne, ces caractères se manifestent par : le développement plus ou moins accentué
du tubercule post-glénoïde, qui parfois se transforme en une véritable apophyse ; la fréquence d’une
écaille temporale basse et à suture rectiligne ; la proportion notable du ptérion en K et une tendance
à l'aplatissement de la cavité glénoïde chez les seuls orientaux ; l'orientation vers l’arrière du trou
occipital ; la légère angulation du rocher et du tympanal ; l’atténuation assez marqué de la saillie du
menton ; enfin la moindre diminution de volume de la troisième molaire par rapport aux première
et seconde molaires. A ces éléments descriptifs s’ajoutent encore la réduction de la capacité crânienne,
l’abaissement de la voûte du crâne, l’élargissement conjugué à une réduction de hauteur du ramus.
Mais, dans la morphologie crânienne, ces dispositions, rares à l’heure actuelle, n’apparaissent presque
jamais réunies sur le même individu et c’est tantôt l’une, tantôt l’autre que l’on détecte dans l’un
ou l’autre groupe. Il n’y a aucune possibilité en particulier d’avancer que les Pygmées orientaux,
généralement considérés comme ceux qui ont conservé le mieux les éléments caractéristiques du type
pvgméen ancestral, soient, dans leur morphologie crânienne, plus primitifs que les occidentaux ou
vice versa.
Au niveau du squelette post-crânien, ces traces d’archaïsme se révèlent à la fois plus nombreuses
et plus importantes : moindre convexité en avant des courbures cervicale et lombaire, sacrum hypo-
basal, allongé et peu concave, corps du sternum de largeur sensiblement identique du haut en bas,
brachymorphie extrême de l'omoplate jointe à une position très oblique de l’épine et de la cavité
glénoïde ainsi qu’à un bord supérieur rectiligne et horizontal, proportions des membres définies par
un allongement du membre supérieur et des parties distales de chaque membre. A l’opposé de ce qui
se passe sur le crâne, ces dispositions paraissent plus constantes à l’échelon de l'individu aussi bien
qu’à celui du groupe.
Aussi comprend-t-on qu’un tel ensemble morphologique ait frappé certains auteurs qui se son
c rùs autorisés à voir dans les Pygmées les survivants du stock originel de l'Humanité entière. Nous
ne reviendrons pas sur cette hypothèse qui s’est exprimée dans des théories diverses, maintes fois
réfutées par de solides arguments et n’ayant plus aujourd’hui qu’une valeur historique. Si donc il ne
saurait être question d’assimiler le type du Pygmée africain à celui de l'un quelconque des Archan-
thropiens connus, encore moins, c’est évident, de le rapprocher même de loin des Anthropoïdes, il
n empêche que l’étude de son squelette révèle, à côté de dispositions nettement évoluées, un complexe
de caractères qui trahit un certain degré de primitivité. Ceci entraîne à penser que, du point de vue
anthropologique et du point de vue culturel, les Pygmées constituent, avec les Boschimans, un des
substrats humains les plus anciens de l’Afrique et, qu’à ce titre, ils ont dû jouer un rôle assez important
dans le peuplement de ce continent. Vu l'absence de restes fossiles se rapportant aux Pygmées africains
c’est la seule conclusion qui nous soit permise sur la question de leurs origines.
III. — SITUATION ANTHROPOLOGIQUE DES PYGMÉES AFRICAINS
Les confrontations morphologiques effectuées au cours de cette investigation ont été intention¬
nellement limitées aux populations mélano-africaines, limitées même chaque fois que possible, aux
Noirs de la forêt équatoriale. Nous ne voyions guère en elîet l’utilité de reprendre des comparaisons
déjà faites soit avec les Boschimans, soit avec les autres Pygmées océaniens ou asiatiques, compa¬
raisons dont les résultats ont largement démontré qu’il n’y avait entre ces divers types que des ressem¬
blances superficielles dues à une commune appartenance au grand groupe des Mélanodermes. Il nous
a semblé au contraire qu’un examen approfondi des ressemblances et des différences entre les Pygmées
africains et les Noirs qui les entourent pourrait apporter des arguments nous aidant à définir la situation
d’un des peuples les plus particularisés de l’Afrique noire.
Au terme de l’étude craniologique (cf. p. 77), nous avons dit que les Pygmées des deux groupes
accusaient trop de points communs avec les Noirs d’Afrique en général, avec ceux de la zone équa¬
toriale en particulier, pour qu'on puisse les ranger dans une autre grand'race que la mélanoderme.
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DU SQUELETTE DES PYGMÉES OCCIDENTAUX DU CENTRE AFRICAIN
117
Qu’ils se distinguent de tous les Mélano-Africains, même des représentants de la sous-race congolaise,
leur plus proches voisins, est néanmoins un fait évident, mais cette différenciation morphologique se
révèle d’une manière indiscutable bien plus sur le vivant que sur le squelette.
Si l’on rassemble quelques uns des principaux caractères qui particularisent la forme métrique
et descriptive du squelette pygméen — méso-dolichocrânie, prognathisme, hyperplatyrhinie, présence
de la gouttière nasale ou des fosses prénasales, articulation et faible saillie des os propres du nez —,
force est de reconnaître qu’il s’agit là d’éléments majeurs de la diagnose globale des Mélanodermes
et qu’ils s’expriment souvent chez les Pygmées avec une intensité maximale. Les allinités paraissent
moins forte sur le squelette post-crânien ; nous avons cependant souligné à plusieurs reprises, notamment
à propos de l'omoplate, de la clavicule, de la proportion des membres, que, sur le squelette des autres
Africains, on retrouvait assez fréquemment, sous un aspect estompé, plusieurs des particularités du
squelette des Pygmées.
Inutile, semble-t-il, de revenir sur les hypothèses anciennes ou récentes qui prétendaient décou¬
vrir dans le type physique des Pygmées de vagues ressemblances avec les Xanthodermes. A part une
certaine orientation particulière des os malaires, qui n’a rien à voir avec l’aplatissement et l'élargis¬
sement caractéristiques des pommettes du vrai Mongol, on ne trouve, ni sur le vivant ni sur le squelette,
des arguments morphologiques susceptibles de soutenir une interprétation de ce genre.
Présentement et en l’absence de toute connaissance sur le patrimoine héréditaire des Pygmées
et des Noirs d’Afrique, ce que nous pouvons avancer avec un maximum de vraisemblance repose sur
l’apparence phénotypique du type physique, sur les données du milieu géographique et culturel, ainsi
que sur les quelques notions rudimentaires dont nous disposons sous l’angle démographique. A partir
de tels éléments, l’hypothèse la plus prudente est celle qui attribue le particularisme morphologique
du Pygmée africain à une spécialisation extrême par adaptation optimale au seul genre de vie permettant
de survivre dans la grande forêt équatoriale. Les traditions orales des Pygmées et des Noirs concordant
presque toutes pour soutenir que les premiers ont occupé la forêt bien avant les seconds, et qu’ils y
sont incontestablement mieux adaptés, il ne paraît pas invraisemblable d’invoquer ce lointain et profond
changement d’environnement comme cause possible de différenciation secondaire du type physique
pygméen, à partir de groupes négroïdes moins spécialisés que les actuels Mélano-Africains.
Est-il possible de dépasser le stade phénotypique, en allant plus avant dans l’interprétation
des relations génétiques susceptibles d’exister entre les Pygmées et les Mélano-Africains ? Cette étude
limitée au seul examen du squelette ne nous le permet certainement pas. Nous voudrions cependant
conclure en rapportant au sujet des Pygmées les résultats auxquels J. Hiernaux est parvenu dans une
tentative de synthèse provisoire et non classique sur la « diversité humaine en Afrique sud-saharienne »
(1968). Cet auteur, après une série de corrélations entre certaines variables du climat et des variables
morpho-physiologiques, établit une matrice des distances entre un assez grand nombre de populations
africaines : les Pygmées, qui en l’espèce sont surtout des Ba-Mbuti itouriens, présentent la distance
moyenne la plus élevée, ce qui est l’indice d’une différenciation particulière extrême par rapport à
tous les autres groupes de Noirs africains. Et Hiernaux d’ajouter « une telle différenciation requiert
l’isolement génétique pour se maintenir et un ou plusieurs mécanismes différenciants pour se créer :
doivent donc avoir joué, seules ou en combinaison, la dérive génique et la sélection adaptative à un
milieu particulier ; peut aussi contribuer à la différenciation la naissance dans un groupe d’une mutation
particulière qui s’y verrait multipliée par un avantage sélectif ». Tous ces agents de variabilité peuvent
s’être manifestés dans les divers groupements de Pygmées africains et on comprend de quel intérêt
serait une investigation comparative, faite sur le vivant, entre des séries nombreuses de Pygmées
des deux groupes et des Mélano-Africains équatoriaux. Cette investigation devrait rassembler un plus
grand nombre de caractères morpho-physiologiques que ceux utilisés par Hiernaux, qui a dû se cantonner
aux documents publiés à ce jour dans la littérature anthropologique, mais elle devrait aussi s’efforcer
d'envisager les faits dans l’optique de cet auteur, dont il est sûr qu’elle pourrait apporter des ébauches
de solutions intéressantes au problème anthropologique des Pygmées d’Afrique.
Source : MNHN, Paris
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ANNEXE IV
PRINCIPAUX INDICES DES CRANES FEMININS DE PYGMEES AFRICAINS DU GROUPE OCCIDENTAL
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PLANCHES
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA N° 171112
BA-BINGA N° 17980
BA-BINGA N» 18448
1. — Norma verticalis : crânes masculins de Pygmées occidentaux. (/ 2 G. N.)
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BA-BONGO N» 20518
B A-BON GO N» 20519
PYGMÉE Dl GABON N° 23042
vcrtiealis : crânes masculins de Pygmées occidentaux. ()/> G.N.)
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA N° 1844!)
BA-BINGA N° 17761 BA-BINGA N° 23641
3. — Norma verlicalis : crânes féminins de Pygmées occidentaux. ( l / 2 G.N.)
Source : MNHN, Paris
PLANCHE IV
BA-BIXGA N° «880
BA-BONGO N° 20520
BA-BONGO N° 20521
Norma verlicalis : crânes
Féminins de Pvginées oecidenla
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
BA-BONGO N° 20.')18
fi. — Norma lateralis : crânes masculins de Pygmée
cidenlaux. ('4
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA N° 1844!»
7. — Norma lateralis : crânes féminins de Pygmées occidentaux. (% G.N.)
Source : MNHN, Paris
BA-BONGO N° 20521
t latcralis : crânes féminins de Pygmi
occidentaux. ( \/ 2 G.
BA-BINGA N° !)88(>
BA-BONGO N° 20520
Source : MNHN, Paris
CH R IX
BA-BINGA N° 17612
BA-BINGA N° 17980 BA-BINGA N° 18448
9. — Norma facialis : crânes masculins de Pygmées occidentaux, (j/j G.N.)
Source : MNHN, Paris
BA-BONGO N° 20518
BA-BONGO N® 20519
PYGMÉE DU GABON N° 23042
- N'orma facialis : crânes masculins de Pygmées occidentaux. [V 2 (;..N.)
10
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA N® 18449
BA-BINGA N» 17761
BA-BINGA No 23641
11. —- Norma facialis : crânes féminins de Pygmées occidentaux. (V 2 G.N.)
Source : MNHN, Paris
E XII
BA-BINGA X° 9880
BA-BONGO N° 20520
BA-BONGO N° 20521
12. — Norma facialis : crânes féminins de Pygmées occidentaux. ('4 G.N.)
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA N° 17612
BA-BONGO N® 20518
BA-BONGO N° 20519
PYGMÉE DU GABON
N° 23642
13. — ISorma occipitalis : crânes masculins de Pygmées occidentaux. (/ 2 G.N.)
Source : MNHN, Paris
PLANCHE XIV
BÀ-BINGA N° 17761
BA-BINGA N» 18449
BA-BINGA N° 2364L
BA-BINGA N» 9880
BA-BONGO N° 20520
BA-BONGO N° 20521
s Pygmées occidentaux. ( G.N.)
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA N° 17612
BA-BINGA N° 17980 BA-BINGA N° 18448
15. — Norma basilaris : crânes masculins de Pygmées occidentaux. {/ G.N.)
Source : MNHN, Paris
- Norma hasilaris : crânes masculins de Pygm
\ mus tuml
PYGMÉE DU GABON N° 23642
s occidentaux. (</ 2 G.N.)
BA-BONGO N° 20518
Source : MNHN, Paris
BA-BINGÂ N° 17761
17. — Norma basilari
BA-BINGA N° 23641
ccidenlaux. ( V 2 G.N.)
BA-BINGA N° 18449
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA N° 9880
BA-BONGO N° 20520
BA-BONGO N° 20521
18. — Norina basilaris : crânes Féminins de Pygmées occidentaux. ( *4 G.N.)
Source : MNHN, Paris
BA-BINGA X» 18448
19. - Vue latérale gauche <lc quelques mandibules masculines de Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
CH E XX
20. — Vue latérale gauche île quelques mandibules masculines de Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
LANCHF. XXI
Source : MNHN, Paris
XXII
BA-BINGA N» 22257
PYGMÉE DU GABON N° 23642
22. — Vue supérieure de quelques mandibules masculines de Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
20521
23. — Vue latérale gauche de quelques mandibules féminines de Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
XXIV
A KO A N° 45777
24. — Vue latérale gauche de quelques mandibules féminines de Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
XXV
25. — Vue supérieure de quelques mandibules féminines de Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
N° 18449
26. — Vue supérieure de quelques mandibules féminines de Pygmées occidentaux. (G.N.)
11
Source : MNHN, Paris
PLANCHE XXVII
CRÂNES INFANTILES DE PYGMÉES OCCIDENTAUX
27. _ Norma lateralis des crânes infantiles de Pygmées occidentaux. (f 2 G.N.)
Source : MNHN, Paris
PLANCHE XXVIII
N° 18447
18492
CRÂNES INFANTILES DE PYGMÉES OCCIDENTAUX
Norma Facial» des crânes infantiles de Pygmées occidentaux. G.N.)
Source : MNHN, Paris
tCHE XXIX
Enfant. PYGMÉE DE BOLOZO (Cameroun) N° 18492
29. — Vue latérale des mandibules infantiles des Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
XXX
BA-BINGA N» 18447
BA-BINGA N° 18450
Enfant. PYGMÉE DE BOLOZO (Cameroun) N° 18402
■ des mandibules infantiles des Pygmées occidentaux. (G.N.)
Source : MNHN, Paris
ANCHE XXXI
31. — Norma facialis, vcrticalis, lateralis et occipitalis du crâne scaphocéphalc du Ba-Bongo n° 20522.
Source : MNHN, Paris
1 564 017 6
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
17 OCT. 1972
VA
Al
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
En vente à la Bibliothèque centrale du Muséum,
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris (5 e )
C.C.P. : Paris 9062-62
Annuaire du Muséum national d’Histoire naturelle (paraît depuis 1939).
Archives du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1802. In-4°, sans périodicité).
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1895 ; 6 numéros par an).
Grands naturalistes français (depuis 1952. Sans périodicité).
Mémoires du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1936. Depuis 1950, nouvelle série en 3
(puis 4) parties : A. Zoologie ; B. Botanique ; C. Sciences de la terre ; D. Sciences physico-chi¬
miques. Sans périodicité).
Notes et Mémoires sur le Moyen-Orient (depuis 1933. In-4°, sans périodicité).
Publications du Muséum national d’Histoire naturelle (depuis 1933. Sans périodicité).
PUBLICATIONS DES LABORATOIRES DU MUSÉUM
En vente à l’adresse de chaque laboratoire
Bulletin du Laboratoire maritime de Dinard (Ille-et-Vilaine). Depuis 1928.
Objets et Mondes. La revue du Musée de l’Homme. Directeur : M. J. Millot, Palais de Chaillot, Paris (16 e ) ;
depuis 1961 ; trimestriel.
Mammalia. Morphologie, Biologie, Systématique des Mammifères. Directeur : M. J. Dorst, Labora¬
toire de Zoologie des Mammifères, 55, rue Buffon, Paris (5 e ) ; depuis 1936 ; trimestriel.
Index Seminum Horti parisiensis. Service des Cultures, 61, rue Buffon, Paris (5 e ) ; depuis 1882 ;
échange.
Journal d’Agriculture tropicale et de Botanique appliquée, suite de Revue internationale de Botanique
appliquée et d’Agriculture coloniale, depuis 1954. Laboratoire d’ethnobotanique, 57, rue Cuvier,
Paris (5 e ).
Adansonia (suite aux Notulae Syslematicae). Directeur : M. A. Aubréville, Laboratoire de Phanéro-
gamie, 16, rue Buffon, Paris (5 e ) ; sans périodicité.
Revue Algologique. Directeur : M. R. Lami, Laboratoire de Cryptogamie, 12, rue Buffon, Paris (5 e ) ;
depuis 1924.
Revue Bryologique et Lichénologique. Directeur : M me V. Allorge, Laboratoire de Cryptogamie ; depuis
1874.
Revue de Mycologie. Directeur : M. Roger Heim, Laboratoire de Cryptogamie ; depuis 1928.
Cahiers de La Maboké. Directeur : M. Roger Heim, Laboratoire de Cryptogamie, 12, rue Buffon,
Paris (5 e ) ; depuis 1963.
Pollen et Spores. Directeur : M me Van Campo, Laboratoire de Palynologie, 61, rue Buffon, Paris (5 e ) ;
depuis 1959 ; semestriel.
Source : MNHN, Paris