ISSN 0078-9747
O ît>o t 1
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME LXXXVI
Élisabeth BURZAWA-GÉRARD
ÉTUDE BIOLOGIQUE ET BIOCHIMIQUE
DE L’HORMONE GONADOTROPE
D’UN POISSON TÉLÉOSTÉEN, LA CARPE
(CYPRINUS carpio L.)
ÉDITIONS DU MUSEUM
38, rue Geolîroy-Saint-Hilaire (V e )
1974
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie, Tome LXXXVI
ÉTUDE BIOLOGIQUE ET BIOCHIMIQUE
DE L'HORMONE GONADOTROPE
D'UN POISSON TÉLÉOSTÉEN, LA CARPE
(CYPRINUS carpio L.)
par
Élisabeth BURZAWA-GÉRARD
SOMMAIRE
ABREVIATIONS 5
INTRODUCTION T
MATERIEL ET METHODES 9
I. - Matériel de départ 9
II. — Méthodes biochimiques 9
A. Méthodes préparatives 9
1. — Percolation alcoolique 9
2. — Chromatographie et filtration sur gel 9
3. — Solubilisation fractionnée par le sulfate d'ammonium 10
4. — Electrophorèse préparative sur gel de polyaerylainide 10
B. — Méthodes de dosages chimiques 10
1. — Détermination des acides aminés 10
2. — Détermination des glucides . 10
C. — Méthodes analytiques 10
1. — Electrophorèse analytique sur gel de polyacrvlamide 10
2. — Ultracentrifugation 10
III. — Méthodes immunologiques II
IV. — Méthodes biologiques 11
A. — Dosage de l'activité gonadotrope sur des Vertébrés inférieurs 11
1. — L'Anguille 11
2. — Ive Cyprin 11
3. La Grenouille 12
4. — Le Têtard 13
I 5M "H 6 lliÊL-- 1
\ f’ArtlS/
\ Bibliothèque Centrale Muséum
F.I.ISABKTH Bl RZAVVA-tiÉRAHD
B. Dosage île l’activité gonadotrope sur le Rat 14
1. - Détermination de l'activité folliculostiniulante 14
2. -- Détermination de l'activité lutéinisante 14
C. — Dosage de l'hormone thyréotrope 14
V. — Préparations des solutions hormonales 14
A. — Extraits hypophysaires 14
B. — Produits purifiés 14
VI. — Méthodes statistiques !
VII. — Standard 15
Chapitre i. - PURIFICATION ET CARACTERISATION BIOCHIMIQUE DE L’HOR¬
MONE GONADOTROPE DE LA CARPE - COMPARAISON AVEC LES HORMONES
GONADOTROPES (LH ET FSH» DES MAMMIFERES
I. — Introduction 17
II. — Préparation 17
A. — Matériel de départ . . . 17
B. — Test biologique 18
C. — Protocole expérimental de la purification 19
1. — Percolation alcoolique 19
2. Chromatographie sur échangeurs d’ions 19
a) CMC 19
b) DF.AEC 19
3. Essai de fractionnement par solubilisation fractionnée
après précipitation au sulfate d'ammonium 23
4. Filtration sur Sephadex G 100 24
5. — Electrophorèse préparative sur gel de polyacrylamide 25
6. — Résumé 26
III. — Etude de l'état d'homogénéité 27
A. — Filtration sur Sephadex G 100 27
B. — Ultracentrifugation dans un gradient de saccharose 27
C. — Electrophorèse analytique 29
D. — Essai immunologique 32
1. — Immuno-électrophorèse 32
2. — Test radio-immunologique 32
F.. — Résumé ...... 32
IV. — Caractéristiques biochimiques . 32
A. — Composition chimique 32
1. — Composition en acides aminés 32
2. — Composition en glucides 32
B. — Constantes physico-chimiques 33
1. — Poids moléculaire 33
2. — Point isoélectrique 35
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DE LA CARPE 3
C. — Structure quaternaire 35
1. — Action «le l'urée 35
a) Sur l'activité biologique 35
b) Sur l'encombrement moléculaire . 35
2. - Effet du changement de pH 37
a) Sur l'activité biologique 37
b) Sur l'encombrement moléculaire 37
3. — Action de l’acide propionique M 39
n) Sur l'activité biologique 39
b) Sur l'encombrement moléculaire 39
4. — Essai de réassociation 39
5. — Propriétés de la fraction (A) obtenue après électrophorèse
préparative 40
D. Résumé 42
V. — Comparaison biochimique entre les hormones gonadotropes l.H et FSH
de Mammifères et l'hormone gonailotrope de Carpe 42
A. — Composition chimique 42
1. — Acides aminés 42
2. — Glucides . 44
B. — Constantes physico-chimiques . .... 44
C. — Effets des agents dissociants 45
D. — Conclusion 45
VI. — Discussion 45
A. — Préparation . 45
B. — Degré de pureté et structure quaternaire . 46
C. — Comparaison avec les hormones CH et FSH des Mammifères 47
Chapitre ii. — CARACTERISATION BIOLOGIQUE DF L'HORMONE GONADOTROPE
DE LA CARPE - COMPARAISON AVEC LES HORMONES GONADOTROPES DES
MAMMIFERES 48
I. — Introduction 48
III.
Action de la c-GTH sur la gona«le de Poissons Téléostéens : nature
hormonale de «'-GTH
A. — Régénération de la gonade du Cyprin hypophvsectomisé
1. — Résultats obtenus sur la gonade mâle
2. - Résultats obtenus sur la gonade femelle
B. Action de la c-GTH sur divers paramètres biochimiques de l’acti¬
vité gonadique
1. — Chez l’Anguille
2. — Chez le Cyprin
C. — Discussion et résumé
c-GTH
Etude du rapport d’activité----——-: unicité «le l’hor-
Hvpophvse «le Carpe
mone gonadotrope de la Carpe
A. — Résultats
48
49
49
49
Source : MNHN, Paris
ÉLISABKTH B( KZAWA-f. ÉBAHI)
B. - Discussion 56
C. — Résumé et conclusion 56
IV. — Comparaison sur différents receveurs de l'activité biologique de l’hor¬
mone gonadotrope de la Carpe a\ec celles îles LH et FSH des Mam¬
mifères 56
A. — Recherches de l'activité biologique des hormones gonadotropes des
Mammifères sur les Vertébrés inférieurs 56
1. — Anguille 59
a) LH 59
b) FSH 59
2. — Cyprin 59
fl) Régénération de la gonade île Cyprin hypophvsectomisé 59
b) Mesure de l'activité adénvl-cvclasique «le l'ovaire en pré-
vitellogénèse 59
3. - Amphibiens 59
B. Recherche de l’activité biologique de l'hormone gonadotrope de
la Carpe sur le Rat 60
1. — Déplétion de l'acide ascorbique de l'ovaire chez la Ratte
pseudogestante 60
2. — Augmentation de poids de l'ovaire de la Ratte prépuhère
traité par HCG 60
V. — Discussion 62
A. — "Nature hormonale 62
B. — Nombre des hormones 63
C. — Spécificité zoologique 66
CONCLUSIONS GENERALES 69
BIBLIOGRAPHIE 71
Source : MNHN, Paris
HORMONE (JONADOTl
CARPE
ABREVIATIONS
b-LH
FSH
o-FSH
GTH
cGTH
onc-GTH
HCG
PMS-G
TSH
ACTH
AMP. ATP
AMP.
RGS
DEAEC
CMC
TS
ormone luléinisanle ovine
tiale du nom lalin du genre de l'animal précédera le sigle désignant l'honnon
souhaiterons préciser l'origine zoologique de la préparation hormonale, i
ormone luléinisanle bovine
ormone folliculostimulanle
ine folliculostimulanle ovine
me gonadostimulante
inc gonadostimulante de Carpe
■ ne gonadostimulante d'Oncorhynchus
me chorionique humaine
onadotropine de sérum de Jument gravide
me thyréotrope
ormone corticotrope
ou triphosphate d'adénosine
3' 5' monophosphate cyclique d'adénosine
rapport gonado-somalique
diéthylaminoéthylcellulose
carhoxyméthylcellulose
taux de sédimentation
acide aminé
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
HORMONE (.ONADOTI
K UK I.A CARPE
INTRODUCTION
L’hypophyse «les Poissons Téléostéens comme celle «les Mammifères exerce une action
décisive dans la stimulation «les gonades : l'hypophysectomie entraîne, dans la majeure partie
des cas observés, l'atrophie «les glandes génitales et la disparition des caractères sexuels secon¬
daires (cf. Pickford et Atz. 1957).
Quand nous avons commencé nos recherches, seules les hormones des Mammifères avaient
été purifiées. Fevold et al. (1951) furent les premiers à obtenir, à partir d'un extrait hypophy¬
saire, deux fractions, l'une agissant essentiellement sur le développement des follicules ovariens et la
spermatogenèse chez le Kat et qu’ils appelèrent « Follicle stimulating hormone » (FSH), et l'autre
responsable de la transformation des follicules en corps jaunes chez la femelle et stimulant la
sécrétion «les androgènes dans le tissu interstitiel chez le mâle. Cette dernière hormone fut
appelée «« Luteinizing Hormone » (I.H). Van I)yke et Wallen LAURENCE (1932) et Evans et al. (1936)
confirmèrent ces observations en isolant à partir de l’hypophyse deux fractions gonadotropes possédant
«les propriétés biologiques différentes.
Deux hormones gonadotropes «le ce type ont-elles été mises en évidence chez les Poissons
Téléostéens ?
Vivien (1939-1941-1952). Kazanskii (1951) en particulier, ont abordé cette question en étudiant
tout d'abord Faction d'hypophyse de Poisson (greffes ou injections d'extraits) sur des Poissons
hypophvsectomisés. Ils obtiennent une stimulation de la gona«le. stimulation qui est la plus
importante lorsque les extraits hypophysaires proviennent, d'une part d'animaux en période «le
fraie, et d’autre part d'espèces voisines «le celle «lu poisson receveur. Ces expériences, étant réalisées
avec des extraits bruts, ne permettent pas de savoir si les effets observés sont le fait «l'une ou
plusieurs substances actives (BliTLF.lt. 1940).
Un autre type d’expérience a consisté à étudier chez les Poissons l'action des préparations
purifiées de LH et FSH des Mammifères (cf. Pickford et Atz. 1957 et Hoar. 1969). Les préparations
«le FSH comluisent le plus souvent à des résultats négatifs. Les préparations de LH au contraire
produisent généralement une action sur la gamétogénèse et la stéroïdogénèse. Pickford (données
citées dans Pickford et Atz. 1957) obtient une augmentation du rapport gonadosomatique avec la
LH sur Fundulus hétérnclitus hypophyseetomisé. Sundararaj et Goswami (1966 a) stimulent l’ovu¬
lation avec la LH chez Hétéropneustes fossilis. Les travaux iI’Ashan (1966) et de Yamazaki (1965)
confirment ces résultats. Cepenilant. Hasler et Mf.yf.r (1942) n'observent aucune action de la LH chez
le Cyprin et sur ce même Poisson hypophyseetomisé Yamazaki et Donaldson (1968 a) n’induisent pas
la spermiation après l’injection «le LH et FSH alors que des réponses positives sont observées avec
des préparations d’hormone chorionique humaine. La maturation «le l'Anguille mâle (Fontaine M..
1936) mais non celle «les femelles (Fontaine M., 1939. Bruun et al., 1941) a été obtenue par injection
«le prolans. Toutefois, l'Anguille femelle mûrit après un traitement par les extraits hypophysaires
«le Carpe (Fontaine M. et al. 1964).
Source : MNHN, Paris
ÉLISABETH BUHZA
k-I.ÉKAHD
Ces résultats indiquent que certains paramètres île l’activité des gonades de Poissons peuvent
(directement ou non), être stimulés par les hormones gonadotropes des Mammifères mais ceci ne
prouve pas que l'hvpophyse des Poissons secrète des substances respectivement similaires à la LH
et à la FSH. En fait, bien que la possibilité de l'existence chez les Poissons d'une seule hormone
gonadotrope ait été envisagée par Butler (1940), la plupart des auteurs supposaient jusqu'à
ces dernières années que deux substances hormonales, respectivement de type LH et FSH. étaient
présentes dans l’hypophyse des Téléostéens.
De plus, les études que nous venons de résumer succinctement posent un second problème :
celui de la spécificité zoologique des hormones gonadotropes. HoUSSAY et al. (1929) furent les
premiers à suggérer l'existence d'une spécificité zoologique. De nombreux auteurs et en particulier
Creaser et Gorbman (1939) étayèrent cette conception sur la base d'expériences croisées réalisées
avec des extraits bruts d’hypophyses de divers Poissons, mais la présence d'inhibiteurs dans ces
préparations impures pourrait aussi expliquer les résultats obtenus. Toutefois l'existence d'une
réelle spécificité zoologique a été démontrée dans le cas de la TSH (Y.-A. Fontaine. 1969). Or la
TSH est, comme les hormones gonadotropes, une glycoprotéine et île plus, on a émis l'hypo¬
thèse que les diverses glycoprotéines hypophysaires pourraient être homologues, c'est-à-dire descendre
d'une même molécule ancestrale, même si elles exercent des fonctions différentes thyréotrope
ou gonadotrope (Y.-A. Fontaine, 1969). Cette hypothèse est renforcée par les récentes données
structurales obtenues par différents auteurs pour les hormones glycoprotéiques des Mammifères.
Les hormones LH. FSH et TSH sont constituées par deux chaînes peptidiques a et (3- Les chaînes a
de ces hormones sont similaires ou identiques (cf. PiERCE, 1971 et Papkoff. 1971).
La purification et la recherche de la nature chimique des molécules qui possèdent l'activité
gonadotrope chez les Poissons Téléostéens apparaît nécessaire afin d’une part, d'assigner à certaines
entités chimiques des activités biologiques bien définies et de déterminer le nombre des hormones
gonadotropes présentes dans l'hypophyse des Poissons, et d'autre part d'apporter des éléments
nouveaux à l'étude de la spécificité zoologique.
Nous décrirons tout d'abord les conditions de purification d’un facteur gonadotrope présent
dans l’hvpophyse d'un Poisson Téléostéen. la Carpe (Cvprinus carpio L.). et ses caractéristiques
chimiques seront étudiées. Ensuite les propriétés biologiques de ce matériel seront analysées.
.Nous montrerons ainsi qu'il s'agit effectivement de l'hormone gonadotrope de la Carpe. Cette
hormone sera, tant du point de vue chimique que biologique, comparée aux hormones LH et
FSH des Mammifères.
Source : MNHN, Paris
HOKMONK t.ONADOTHOPE DK LA CARPE
MATERIEL ET METHODES
I. MATERIEL DE DEPART : HYPOPHYSE DE CARPE
La poudre d'hypophyses de Carpe a été fournie par les Stoller Fisheries (Spirit lake Iowa
U.S.A.). C’est un matériel déshydraté et dégraissé par l'acétone. Les glandes proviennent d'ani¬
maux mâles et femelles, pesant de 3 à 4 kg. capturés au printemps. L'activité gonadotrope des
trois poudres reçues, déterminée sur le test de spermiation de la Grenouille présente des variations
qui ne sont pas statistiquement différentes (tableau I).
Tableau I
Activité gonadotrope (mesurée par le test de spermiation de la Grenouille)
des lots de poudre hypophysaire de Carpe
Poudre 1
Poudre II
Poudre III
D 50*
lig/grenouille
70,7
(58,9 -78,3)
42,3
(29,8 - 60,1)
50,6
(41,3-60,3)
Activité ***
U/mg
31,2
52,0
43,5
* Dose lexprimée en |A/grenouillei induisant 5(1". de réponses positives.
** Limites pour p = 0.95.
*** Activité gonadotrope exprimée en I , nig en terme de LH-NIH-S 1.
IL METHODES BIOCHIMIQUES
A. — Méthodes préparatives
1. — Percolation alcoolique.
Cette méthode a été décrite par Bâtes et al. (1959) et nous l’avons appliquée à la poudre
hypophysaire de Carpe. La poudre est mélangée au même poids d’hyflosupercell dans l'éthanol 95
Le « cake ». ainsi formé, est extrait successivement par des solutions alcooliques (teneur décroissante
en éthanol) saturées en \aCl (éthanol 76 NaCl 2 u „ - éthanol 57 NaCl 5 '■„).
2. — Chromatographie et filtration sur gel
Les chromatographies sur résines échangeuses d’ions (DEAEC et CMC) ont été effectuées selon
Sohek et al. (1956).
Source : MNHN, Paris
lft
ÉLISABETH BURZA W A-GÉRARD
Les filtrations sur gel Sephadex (G 10(1 - G 50) ont été conduites selon Fi.odin et Kii.i.ander
(1962). La filtration sur Sephadex conduit généralement à une séparation en fonction du poids
moléculaire. Le Sephadex G 50 a surtout été utilisé pour changer le tampon des solutions de
protéines non retardées sur ce gel.
3. — Solubilisation fractionnée par le sulfate d'ammonium
Les protéines à séparer sont précipitées par le sulfate d'ammonium. La préparation repose
24 heures à 4 "C puis on ajoute 10 g d'hyflosupercell et le mélange est placé dans une colonne, fin
gradient de concentration décroissant en sulfate d'ammonium est ensuite appliqué.
4. — Electrophorèse préparative sur gel de polyacrylamide
Nous avons appliqué le système préparatif développé par JoviN et al. (1964). L'appareil
Buchler est utilisé dans les conditions standard de concentration en acrvlaniide et de tampon
(cf. fig. 9).
B. — Méthodes de dosages chimiques
1. — Détermination des acides aminés
Les acides aminés libérées, après hydrolyse acide (HCl 6 N à 110 °C en tube scellé sous
atmosphère d'azote), sont recherchés après trois temps d'hydrolyse (24 - 48 - 72 heures) : et la
concentration de chacun d'eux sera extrapolée à la valeur maximale. Le dosage est effectué par
chromatographie des hydrolvsats sur colonnes de résines selon la technique île Moore et al. (1958)
au moyen de l'auto-analvseur Beckinan 120 B.
2. — Détermination des glucides
a) La teneur en hexoses totaux est déterminée après hydrolyse acide dans HCl 3 N pendant
4 heures à KM) "C. La méthode de dosage appliquée est celle décrite par Tsugita et Akabori (1959).
b) Les hexosamines ont été dosées par la méthode suivie par Neuhaus et Letzring (1957)
après hydrolyse acide (HCl 3 N) pendant 4 heures.
c) La recherche des sucres en C 5 a été conduite selon la méthode de Dische et
Shettles (1948).
C. — Méthodes analytiques
1. — Electrophorèse analytique sur gel de polyacrylamide
Cette méthode est appliquée selon Ornstein (1964) et dans les conditions standard de gels
et de tampons décrites par Davis (1964). Après la migration des protéines à analyser, les gels sont
placés dans une solution d’Amido Scharwtz. L'excès de colorant non fixé par les protéines est
éliminé par diffusion dans les bains d'acide acétique à 7 "...
Nous avons tenté de découper les gels analytiques pour localiser la position des protéines
possédant l’activité biologique. Les gels après la migration dans le champ électrique sont immé¬
diatement découpés en section île 1 mm. Les disques ainsi obtenus sont homogénéisés à l'aide
d'un broyeur de type Potter dans 1 ml de NaCl à 0,1 M. L’activité biologique est recherchée
dans les suspensions.
2. — Ultracentrifugation
Les ultracentrifugations en gradient de saccharose (5 à 20 %) sont réalisées selon Martin
et Ames (1961) et Y. -A. Fontaine et Condliffe (1964). La centrifugation (Ultracentrifugeuse
Spinco L/L 2) dure 15 heures à 65.000 tr mn. Des fractions de 10 gouttes (0.133 ml) sont recueillies,
sauf pour les gradients réalisés en milieu propionique M où des fractions de 15 gouttes (0.129 ml)
sont prélevées. Le dosage des protéines dans chaque fraction est réalisé par la méthode de LoWRY
et al. (1951) au moyen de l'auto-analyseur Technicon (Lachiver, données inédites). Dans le cas
des gradients réalisés en milieu propionique M, nous avons auparavant neutralisé chaque fraction
avec de la soude 0,5 N.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DK I.A CARPK
III. METHODES IMMUNOLOGIQUES
Les anticorps correspondant aux proteines à étudier ont été obtenus après immunisation,
par la préparation G 139, d‘un Lapin albinos de race New-Zealand (fourni par M. Rivet,
17-Peyrolland ) pesant de 3 à 4 kg au moment du sacrifice, selon un protocole voisin de celui
décrit par Utiger et al. (1963). Les animaux reçoivent trois injections, toutes les deux semaines
d'une solution contenant 1 ni}i d'antigène dans 1 ml d'une solution de NaCl 0,15 M et émulsionnée
dans 1 ml d'adjuvant de Freund complet (Difco Laboratories Detroit Michigan). Les antisérums sont
obtenus 10 à 14 jours après la dernière injection.
L'antisérum contre la préparation BG 2-67 a été obtenu par immunisation d'un cobaye
(B. Breton et al, 1971). I.‘animal reçoit cinq injections de 250 pg de la préparation, additionnée
de substosan retard el d'adjuvant de Freund complet, les suivantes alternativement en Freund
incomplet et complet.
Les anticorps ainsi obtenus ont été étudiés par deux techniques :
— L’immuno-électrophorèse qui a été appliqué selon la méthode décrite par Ghabar (1960).
Nous avons utilisé l'appareil LKB.
B hormone liée ...
L'étude du rapport -- —-- ; -a permis la mise au point d un dosage radio-
F hormone libre
immunologique selon la technique décrite par Behson et al. (1956) et Breton et al. (1971).
IV. - METHODES BIOLOGIQUES
L’activité gonadotrope présente dans l'hypophyse de la Carpe a été étudiée sur de nombreux
receveurs et tout particulièrement chez les Vertébrés inférieurs. L’activité thyréotrope a été
également déterminée dans certains cas.
A. — Dosage df. l’activité gonadotrope sur des Vertébrés inférieurs
1. — L'Anguille (Anguilla anguilla L.)
Le test de fixation du phosphore radio-actif (sous forme de Na 2 H 32 P0 4 ) par le testicule de
l’Anguille a été utilisé selon la méthode de M. Fontaine (données inédites) dans les conditions
décrites précédemment (F,. Burzawa-Gérard et Y.-A. Fontaine, 1965). tas Anguilles proviennent
des étangs de Brière ou de la Somme.
2. — Le Cyprin (Carrassius aurai us L.)
Nous avons utilisé des Poissons de 10 à 15 kg (Scapex, Paris).
a) Les tests d'hydratation du testicule (Clemens et Grant, 1964) a été utilisé dans les
conditions précédemment décrites (E. Burzawa-Gérard et Y.-A. Fontaine, 1966).
b) L'étude de la régénération de la gonade mâle ou femelle du Cyprin hypophysectomisé
a été réalisé en collaboration avec R. Billard et B. Breton (I.N.R.A., Jouv-en-Josas). Les Cyprins,
pesant de 9 à 11 g, sont hypophvsectomisés par voie operculaire selon la technique de Chavin (1956).
Ils sont maintenus à 20 "C sous une photopériode de 14 heures à l’aide «le tubes fluorescents
« blanc super » en bassins de 300 1 d'eau contenant 0,2 u ,. de NaCl et oxygénés par air comprimé.
Trente-cinq jours après l’hypophysectomie. les Poissons reçoivent par injection intra¬
péritonéale trois fois par semaine les solutions hormonales.
Les animaux sont sacrifiés entre 20 et 70 jours de traitement. Les gonades sont pesées et fixées
dans le Bouin (Hollande), (.'hypophysectomie est contrôlée par l’examen des coupes histologiques
«le la région corresponilante du cerveau.
Source : MNHN, Paris
12
ÉI.ISABIÎTH BUK7.A WA-LÉRARD
L’étude histologique <ies gonades porte sur des coupes sériées de 5 (A d’épaisseur. L’analyse
quantitative de la spermatogenèse a été effectuée par M. Billard par comptage des différentes
cellules de la lignée spermatogénétique à l'aide d’un oculaire intégrateur.
c) L'activité adénvlcvclasique. dans un homogénat d'ovaire de Cyprin, a été déterminée
en collaboration avec Y.-A. Fontaine. Le principe de la méthode consiste à mesurer 32 P-AMP t
formé à partir de a 32 P-ATP placé dans le milieu d’incubation. Le dosage de l'AMP c formé est
réalisé selon la méthode de Krishna et al. (1968).
3. La Grenouille (Rana esculanta L.)
Le test de spermiation de la Grenouille a été appliqué selon la technique mise au point par
Fontaine et Chauvel (1961).
Des animaux mâles pesant de 14 à 15 g provenant de Vendée (M. Blrlaud, Saint-Hilaire-
de-Riez) sont placés dans une chambre froide à 10 "C où ils sont maintenus de 8 à 15 jours. La
veille du dosage, ils sont placés à 20 "C. Ils reçoivent par injection dans les sacs lymphatiques
dorsaux 0,5 ml de la solution à doser : 2 heures après, on recherche au microscope la présence
de spermatozoïdes dans l'urine. On utilise généralement 10 Grenouilles par dose et le résultat
est exprimé en pourcentage d'animaux positifs, c'est-à-dire présentant des spermatozoïdes dans
l’urine (l'absence de ceux-ci ayant été vérifiée avant l'injection).
Une régression linéaire entre le pourcentage de réponse positive, exprimé en probit, et le
logarithme de la dose est obtenu (fig. 1). La dose moyenne effective peut être définie; elle
Probit
°50
Dose injectée par animal (pg)
Figure 1
Test de spermation de la grenouille - Réponse obtenue
avec l’hormone de référence (LH-NIH-S1)
Définition de la dose moyenne D50+ déviation standard
a et a’ selon Emmens (1Ô48)
Source : MNHN, Paris
IIOUMOM (.O.NADO'litOPK DK LA U
représente la close qui. injectée aux Grenouilles, induit 50 % de réponses positives. Elle sera
représentée par le symbole D 50. Sa détermination permet une comparaison facile de l’activité
gonadotrope présente dans différents extraits. Un deuxième mode d'expression de l’activité gona¬
dotrope a également été utilisé : l'activité gonadotrope de la poudre hypophysaire peut être
comparée à celle d’un standard hormonal. Nous avons utilisé dans ce but la LH-NIH-S 1. L’activité
gonadotrope est alors exprimée en unité de LH par nig de la poudre à doser. Une unité de
LH est l’activité présente dans 1 mg de I.H-MH-S 1. Nous avons eniplové également l'expression
mg LH-.NIH mg.
Cependant, certaines précautions doivent être prises : si la D 50 d’une même préparation
d’hypophyses de Carpe reste sensiblement constante au cours de l’année, il n’en est pas de
même avec la préparation I.H-NIH (fig. 2). Toutefois, le parallélisme des relations Log dose-Probit
obtenues avec la LH-NIH-S 1 et l’extrait hypophysaire de Carpe est vérifié (x 2 diff. = 0,34 p > 0,05).
Aussi une période de référence a-t-elle été choisie où la I) 50 pour la LH ne varie sensiblement
pas. Toutes les valeurs exprimées, dans ce travail, en terme de LH-NIH ont été mesurées au
cours de cette période.
D 50 (ig/animal [OH] UE. |ig/animal 1 c - G T H
Variation comparée de la D50 au cours de l'année pour l'hormone de référence LH-NIH-S1 et pour l'hormone
gonadotrope de la Carpe.
T Les limites de confiance sur D50 (p - 0,95) sont figurées par un segment de droite vertical.
4. Le Têtard (.4 lytes obstetricans L.)
\a- testicule du Têtard, sous l’influence d’extraits gonadotropes, présente un gonflement
caractéristique (Delsol. 1959 - Delsol et Flatin, 1964). Cette réaction a été utilisé pour mettre
au point un dosage biologique que nous avons appliqué dans les conditions décrites par Lkkay
( 1963). Nous remercions le Professeur Delsol qui nous a procuré les Têtards pour réaliser cette
expérience.
Source : MNHN, Paris
14
ÉLISABETH Bl!R/AWA-«;ÉUARD
B. I)osa«;k dk i .‘activité conadotropf. si’R i.k Rat
1. Détermination de /’activité folliciilostinmlante
Le dosage de l'activité follieulostimulante a été réalisé selon la méthode de Stkki.man et
POHLKY (195:1).
2. Détermination de l'activité lutéisinante
Le dosage de l’activité lutéinisante a été réalisé selon la méthode de Parlow (1961) dans
les conditions modifiées selon Pki.letier (1963). ce qui permet d’obtenir une meilleure réponse avec
les Rattes de souche Wistar que nous utilisons au laboratoire.
C. — Dosai.k dk i.’hormone thyréotrope
La détermination de l’activité thyréotrope dans nos préparations a été réalisée sur la
Truite (Salmo gardenerii L. ) selon la méthode décrite par M. Fontaine et Y.-A. Fontaine (1956)
et Y.-A. Fontaine (1969). KUe consiste à mesurer la fixation d’iode radio-actif par la thyroïde
de la jeune Truite à jeun.
Y. PREPARATIONS DES SOLUTIONS HORMONALES
A. Extraits hypophysaires
Ils ont été obtenus par la méthode décrite par Y.-A. Fontaine (1955). La poudre hypo¬
physaire est successivement congelée et décongelée dans NaCl 0.1 M pour les Poissons et Amphibiens
ou 0,15 M pour les Mammifères. Après centrifugation, le surnageant éventuellement dilué est injecté
aux animaux. Cependant, une simple suspension de poudre acétonique broyé dans NaCl 0,1 Ma été
injecté aux Cyprins au cours des expériences de régénération de la fonction des gonades des Cyprins
hypophysectomisés.
B. - Produits purifiés
Les produits purifiés ont été dissous dans des solutions de NaCl 0.1 M ou 0,15 M selon le
receveur choisi. De plus, lorsque la concentration du produit à doser devient inférieure à 5 pg ml.
nous utilisons une solution contenant une protéine étrangère inerte telle que la gélatine ou le
sérum albumine bovine, afin d’éliminer les effets dénaturants d'une trop grande dilution (Y.-A. Fon¬
taine, 1969). Nous avons employé la solution suivante : gélatine 1 g/l ; NaCl 0.1 M ou 0.15 M :
tampon phosphate 0.02 M pH 7.0.
VI. METHODES STATISTIQUES
A. - Les données énumératives (réponses individuelles) ont été étudiées statistiquement
par la détermination de la moyenne y et de l'erreur type de la moyenne s. Le test d’homogénéité
a été appliqué lorsque plusieurs moyennes y,. y 2 . y } ont été comparées. Les régressions Y = Log (X)
où X représente la dose du produit injecté par animal sont linéaires dans un certain intervalle de
doses pour les différentes techniques que nous avons employées.
La linéarité a été étudiée par l’analyse de variance et le parallélisme de deux ou plusieurs
Ln rapport d'activité peut ensuite être calculé ainsi que ses limites d'erreur pour p - 0.95.
Source : MNHN, Paris
HOKMONK I.OVWIOTKOPK
B. l-es données discontinues (réponses du tout ou rien) ont également fait l'objet d'une
étude statistique.
Lorsque le pourcentage de réponses positives p est transformé en probit Y. la variation
devient alors du type Y = Log (X) où X représente la dose. Les régressions, que nous avons
obtenues pour les dosages réalisés dans ce travail, sont généralement linéaires pour un certain
intervalle de doses. Les méthodes de calcul statistique appliquées sont celles décrites par
Emmens (1948) (pp. 131 à 168). I.e test île x 2 permet d'estimer la linéarité de la régression. La dose
moyenne effective (D50) est la close qui produit 50 de réponses positives (probit — 5). Les limites
d'erreur de D 50 sont déterminées pour p - 0.95. Le parallélisme de deux ou plusieurs régressions
est estimé par la détermination de x 2 - l'n rapport d'activité est calculé avec les limites d’erreur
pour p =• 0.95.
VII. - STANDARD
Nous avons utilisé les standards gonadotropes NIH principalement grâce à l'obligeance de
l’Endocrinology studv Section. N.I.H.. Bethesda. Maryland. Nous avons également utilisé les
préparations FSH et LH d'origine ovine que le Docteur JuTlSZ (C.N.R.S.. Gif-sur-Yvette) a mis à
notre disposition.
L’activité thyréotrope est déterminée relativement à une préparation de b-TSH (Armour
Ix»t M-69-112).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
HORMONE (;ONADOTKOPK UK Lü
(A Kl* K
17
CHAPITRE I
PURIFICATION ET CARACTERISATION BIOCHIMIQUE
DE L'HORMONE GONADOTROPE DE LA CARPE
COMPARAISON AVEC LES HORMONES GONADOTROPES (LH ET FSH)
DES MAMMIFERES
I. - INTRODUCTION
Les données biochimiques concernant la nature des protéines possédant une activité gona-
dotrope chez les Poissons Téléostéens sont encore fragmentaires et les connaissances ne sont pas
aussi étendues que celles relatives aux hormones gonadotropes des Mammifères pour lesquelles
deux hormones de caractéristiques distinctes ont été définies. Quand nous avons commencé ce
travail, seul OtsüKA (1957) avait tenté de purifier à partir d’hypophyses de Saumon les hormones
gonadotropes. Cet auteur définissait, mais à l’aide des tests d'activité gonadotrope des Mammifères,
une LH et une FSH.
Le problème préalable à la purification d’une hormone gonadotrope de Poisson Téléostéen
était celui du choix d'une méthode île dosage biologique. Comme nous le verrons, les tests classiques
où les receveurs sont des Mammifères ne sont pas utilisables. D'un autre côté, il n'existait pas île
méthode simple de dosage sur les Poissons Téléostéens. En conséquence, nous avons choisi comme
test la spermiation de la Grenouille qui présente l'intérêt d'être induite à la fois par les hormones
gonadotropes des Mammifères et les extraits hypophysaires de Poissons Téléostéens (Fontaine et
CHAUVEL, 1916). Ce manque apparent de spécificité zoologique de réponse, sur lequel nous revien¬
drons, permettait d'espérer que toutes les substances gonadotropes éventuellement présentes dans
l'hypophyse de la Carpe seraient ainsi mises en évidence.
Dans une première série d'expériences (Y.-A. Fontaine et E. Gérard. 1963), nous avons
préparé, à partir d'hvpophvses de Carpe, une fraction gonadotrope sept fois plus active que la
poudre de départ, ce qui avait permis d'acquérir les premières données biochimiques concernant
une hormone gonadotrope de Poisson.
Ensuite nous avons mis au point un protocole de purification plus complexe qui fournit une
poudre vingt à trente fois plus active que l'extrait brut d’hypophyses de Carpe et dont l'activité
spécifique est élevée (1,5 U Tng en terme de 1.H-NI H-S 1).
Après la description de la purification, nous étudierons l’état d'homogénéité et les caracté¬
ristiques biochimiques du matériel purifié. Dans une dernière partie, nous comparerons les données
biochimiques obtenues à celles qui concernent les hormones LH et FSH des Mammifères.
IL — PREPARATION
A. — Matériel de départ
Le choix de la Carpe a été dicté par la très grande richesse de son hypophyse en activité
gonadotrope. Des dosages réalisés sur des extraits hypophysaires d’autres espèces de Poissons
4 564 OU 6 2
Source : MNHN, Paris
îa
ÉLISABETH BURZAWA-i;ÉKAKD
Téléostéens ont montré que la I) 50 pour la plupart d'entre eux était plus élevée que celle obtenue
dans le cas de la Carpe (tableau II).
TA BLE AL II
Activité gontulolrope tics hypophyses tic divers Poissons Téléostéens
Détermination tic la I) 50 par le le*' ilt spermiation tic la l.rcnotiille
Nom des Espèces
Etat génital
» 50(mg)
ANGUILLE
Anguilla anguilla
argentée
mure
2. 000
250
CARPE
Cyprinus carpio
Aristichtchys nobilis
Hypophtalmichthys
molitrix
indéterminé
70
250
75
SAUMON *
Salmo sa la r
/frayant d hiver
* " "
5. 500
7. 500
PROTOPTERE
Protopterus annectens
indéterminé
20
* Calculé d'après les données de Konlaine et Cliauvei (1964).
B. — Test biologique
Le test de spermiation de la Grenouille a été utilisé comme méthode de routine. La possibilité
de déterminer rapidement et simplement le pic d'activité après un fractionnement rend l'emploi
de ce test particulièrement intéressant, bien qu'il soit souvent critiqué pour son manque de
spécificité. En effet, certaines amines, comme l'adrénaline, stimulent à forte dose la spermiation
des Batraciens (Cresseri et Bovacqua, 1950). Cependant, au cours des différentes méthodes de
fractionnement que nous avons employées, l'activité gonadotrope apparaît être toujours concentrée
en un pic unique de protéines. En particulier, la filtration sur Sephadex G 100 d'un extrait brut
d'hypophyses de Carpe conduit à l'élution de l'activité gonadotrope en un seul pic possédant un
coefficient d'exclusion K D = 0.28. La recherche de l'activité dans les autres fractions, et plus parti¬
culièrement dans celle exclue pour K D - 1. s'est révélée négative dans les conditions de dosage
utilisées. Kilhstrom et Danninge (1970), Kilhstrom et al. (1972) ont suggéré que la spermiation
de la Grenouille pouvait être également produite par des facteurs non gonadotropes, présents dans
l'hypophvse de nombreux Vertébrés mais représentés en très petite quantité chez les Poissons
et les Oiseaux. Ils obtiennent, en effet, une libération de spermatozoïdes dans l’urine des Grenouilles
qui reçoivent les extraits hypophysaires (obtenus par traitement à l’acide acétique à 0,25 à 100 "C
suivi d’une lvophylisation. ces extraits secs sont ensuite dissous dans du tampon Ringer et chauffés
à 100 "C quelques instants). La nature non gonadotrope de la substance active est suggérée en
raison des conditions d'extraction très dénaturantes pour les hormones glycoprotéiques. .Nous avons
Source : MNHN, Paris
IIOKMDNF I.ON UIOTHOI'F
LAItl'K
|9
obtenu un résultat similaire avec l'hypophyse «le la Carpe mais 10 seulement île l'activité biolo¬
gique île départ est retrouvée, après un traitement excluant l'ébullition à 100 "C de l'extrait final.
Il faut noter que ces auteurs injectent des quantités importantes d'hypophyses, d'une part, et
que, d'autre part, ils n'obtiennent pas de réponse positive avec l'extrait hypophysaire de Perche.
Cependant, il ne semble pas impossible d'interpréter notre résultat positif avec l'extrait hypo¬
physaire de Carpe de la façon suivante : même si le traitement appliqué au cours de l'extraction
conduit à une perte complète de l'activité de l’hormone, celle-ci peut être expliquée par une
dissociation de la molécule active en sous-unités inactives (K. Bt uzawa-Géhakd. 1971). l ue
réassocialion au cours de l'évaporation de l'acide acétique ne peut être exclue et rendrait compte
de la faible activité biologique retrouvée. Cette évaporation est réalisée au moyen d'un évaporateur
rotatif.
(J. — Protocole expérimental de i.a purification
1. — Percolation alcoolique
La figure 3 représente le diagramme d'élution obtenu pour l'extraction de 10 g d'hypophyses
de Carpe. La quasi-totalité de l’activité biologique est retrouvée dans la fraction soluble pour
57 % d'éthanol - 5 CINa. Les dosages biologiques réalisés dans les autres solutions d'extraction
n'ont pas permis de déceler la présence d'activité gonadotrope. Cette méthode permet, en une
seule étape, d'obtenir une fraction ne représentant que 2tl ", des protéines présentes dans le
matériel de départ et dont l'activité spécifique est de 0.20 1 mg (en terme de I.H-MH-S 1). Le
rendement est compris entre 70 et 90 "...
2. - Chromatographie sur échangeurs il'ions
Le matériel obtenu après la percolation contient aussi l'activité thyréotrope et nous avons
cherché à la séparer de l'activité gonadotrope.
a) CMC
La chromatographie sur CMC en tampon citrate phosphate pH 5.8 0.04 M en P<V permet
de séparer avec un rendement satisfaisant les hormones thyréotrope et gonadotrope de l'Anguille
(Y.-A. Fontaine. 1969). Des conditions analogues ont été appliquées à la Carpe : plus île 70 ",
du matériel restent non absorbés sur la CMC. La recherche dans les fractions adsorbée et non adsorbée
montre que 70 de l’activité est dans la fraction non adsorbée mais que la TSH est aussi présente
dans les deux fractions.
b) DEAKC
1" En tampon glycinate de sodium pH 9.5 (0,001 M).
Les activités gonadotrope et thyréotrope sont adsorbées sur la résine. I.'élution est obtenue
par l'établissement d’un gradient de force ionique, l^es deux activités sont éluées pour une
concentration moyenne de 0.1 M en \a .
Deux caractéristiques de la chromatographie sur échangeurs d'ions d'un extrait hypophysaire
de Carpe peuvent être dégagées dès à présent : 95 du matériel protéique restent adsorhés sur
la résine montrant ainsi le caractère acide des protéines présentes dans cet extrait, comparées à
celui des extraits correspondants des hypophyses de Mammifères (Parlow et al.. 1964). L'activité
gonadotrope est absente dans la fraction non adsorbée et elle est représentée par un pic unique
dans la fraction adsorbée.
Cependant, la séparation îles deux activités gonadotrope et thyréotrope n'est pas satisfaisante
dans ces conditions (fig. 4 A).
Source : MNHN, Paris
20
ÉLISABETH Bl.'RZAWA-I.ÉRAHI)
Percolation alcoolique de la poudre acétonique d'hypophyses de Carpe.
- Protéines (densité optique D.0.276 mp)
_ Activité biologique exprimée en terme de LH-NIH-B5 par ml.
Valeur maximale (aucune grenouille ne répond à la dose injectée.
2“ En tampon Tris-HCl pH 7,8 (0.005 M en Tris).
La séparation île la fraction thyréotrope est meilleure mais la fraction gonadotrope reste
encore contaminée (fig. 4 B). I ne nouvelle chromatographie dans les mêmes conditions de la
fraction qui contient la plus “ramie proportion de l'activité gonadotrope est décrite dans la figure 5.
La contamination en '1SH de cette fraction a été déterminée sur la poudre lyophilisée finale (après
filtration sur Sephadex G 100 en bicarbonate d'ammonium). Elle est faible (60 mu mg) et elle
représente en poids 3 pg mg au maximum. En conclusion, seule la chromatographie sur DKAEC
à pH 7,8 a été retenue. Les protéines éluées dans les deux premiers tiers du pic sont conservées.
Nous sacrifions ainsi le rendement en activité pour une moins grande contamination en TSH. La
fraction active récupérée après cette étape représente 40 de l'activité de départ. L’activité
spécifique est alors de 0,34 l mg.
Source : MNHN, Paris
H sSHEiHLI'LL IL
î éga““ou r iüf*««ürê e ii r cSïïe du’point* lnJe ‘
i s*s.;r.ns;x'!^sr a ; s,s~
*-à Activité thyréotrope.
Source : MNHN, Paris
22 ÉLISABETH BLRZAWA-LÉRARD
: la fraction
Figure 5
:tive obtenue après i
L'adsorption est obtenue en tampon Tris-HCl 0.005M e
par un gradient d'élution (tampon/NaCl 0,2M)
; première chromatographie s
; l'élution des protéines ac
3 Protéines (densité optique 276 mu)
* Activité gonadotrope exprimée en' terme de LH-NIH-S1 (U/ml)
Aucune grenouille ne répond à la dose injectée. La valeur de l'activité biologique
égale à celle représentée par le point.
Source : MNHN, Paris
HORMONE OONADOTROPK l)K I.A C'.ARPK
23
S. — Essai de fractionnement par solubilisation fractionnée
après précipitation au sulfate d'ammonium
Les résultats sont représentes dans la figure 6. Par cette méthode une séparation complète
des deux activités ne peut être obtenue mais l'activité spécifique de la fraction gonadotrope (après
filtration sur Sephadex G 100 et lyophvlisation) est élevée (0.6 U mg en ternie de LH-NIH-S 1).
Le rendement est inférieur à 30 "... De plus, les différentes expériences réalisées n'ont pas conduit
à des résultats reproductibles. Gette méthode n'a pas été retenue.
Solubilisation fractionnée après précipitation au sulfate d'ammonium de la fraction active obtenue après
chromatographie sur DEAE (pH 7,8)
■-■ Protéines (densité optique D.O. 276 rap)
• • Activité gonadotrope exprimée en terme de LH-NIH-S1 (test de spermiation de la grenouille)
k Toutes les grenouilles répondent à la dose injectée la valeur de l'activité gonadotrope est au moins
• égale à celle représentée par le point.
a- a Activité thyréotrope.
O-o (NH^)2®®4> concentration déterminée en fonction de la conductivité.
Source : MNHN, Paris
24
ÉLISABETH BURZA WA-GÉRAHD
4. — Filtration sur Sephadex G 100
La purification est poursuivie par une filtration sur Sephadex G 100 en bicarbonate d'ammo¬
nium (0,1 M) dans le cas des préparations de type I (G 52 ayant été chromato'traphié sur DEAKC
pH 9,2). Deux pics principaux de protéines sont élués avec un coefficient d'exclusion respecti¬
vement éjial à 0,28, 0,32 et 0.60. L'activité biologique est retrouvée dans le pic exclu le premier
(fig. T).
Filtration sur Sephadex G100 de la fraction active obtenue après chromatographie sur DEAE (pH 7,8)
tampon NHjHCOg (0,1M)
colonne 112 x 2 cm
O— O Protéines (densité optique D.O. 276 mp)
• • Activité biologique exprimée en terme de LH-NIH-S11 (pg/ml)
i Toutes les grenouilles répondent à la dose injectée ; la valeur de l’activité biologique est
au moins égale à celle représentée par le point.
a— -A Conductivité m MHO.
• Aucune grenouille ne répond à la dose injectée ; la valeur de l’activité biologique est au
T plus égale à celle représentée par le point.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DK I.A CARPE
L’étal d’homogénéité de ces préparations a été recherché par électrophorèse analvtit|ue sur
gel de polyacrylamide. Après coloration à l'Amido Schwartz, on observe, d’une part, une zone de
protéines avec en général deux bandes plus nettes (Rf = 0.50 - 0.54) et. d’autre part, une line
bande (Rf = 0,80) (fig. 8). .Nous avons cherché à localiser la position de l’activité biologique
en la recherchant dans les gels après les avoir découpés en section de 1 min de hauteur. Klle est
décelable dans la zone de protéines de Rf compris entre 0.50 et 0.54. Les protéines de Rf 0.80
apparaissent inactives dans les conditions de cette expérience. L’activité biologique semble être
conservée après l’électrophorèse sur un support tel que le gel de polyacrylamide : en conséquence,
l'application d’une méthode d’électrophorèse préparative pouvait être envisagée.
©--©
Gel de concentration
- Gel de résolution
Front
Electrophorèse analytique sur gel de polyacrylamide de la
préparation BG 121 (type III)
tampon Tris-glycine pH 8,3 0,005M en Tris
durée 1 h 30
Intensité I = 2,5 raA
Les protéines sont révélées par 1’Amido-Schwartz après mi¬
gration et le front est visualisé par le bromophénol.
5. — Electrophorèse préparative sur gel île polyacrylamide
Les protéines à séparer sont précédemment filtrées sur Sephadex G 100 en tampon Tris-
phosphate pH 7.2 (0.05 M en Tris). Par électrophorèse préparative, une bonne séparation de la
fraction la plus électronégative est obtenue. Le maximum île l’activité gonadotrope est retrouvé
pour le maximum de protéines. Le Rf est de 0.50 - 0.54 (fig. 9). L'activité gonadotrope a été
aussi étudiée au moyen du test d'hydratation du testicule du Cyprin (Clemens et Grant. 1964).
Les maximums des pics d'activité déterminés, d'une part sur la Grenouille et d'autre part sur le
Cyprin, sont confondus. Nous observons de plus que les protéines les plus électronégatives ne sont
actives ni sur le premier receveur ni sur le second.
L’activité thyréotrope a été également recherchée après ce fractionnement. Celle-ci n'a pas
été retrouvée dans les conditions employées.
Quatre fractions (A), (B). (C) et (D) ont été recueillies à la suite de l’électrophorèse.
Elles ont été concentrées à l’évaporateur rotatif, filtrées sur Sephadex G 100 en NH 4 H C() 3 0,1 M.
puis lyophilisées. Leurs activités biologiques sont résumées dans le tableau III.
Tableai III
Activité gonadotrope des fractions séparées par électrophorèse préparative
après filtration sur Sephadex G 100 et lyophilisation
FRACTIONS
m
[B]
m
[»]
Activité gonadotrope
U/mg
<0,03
0,87
1,50
0,65
Source : MNHN, Paris
26
ÉLISABETH Bll RZ A WA -GÉRARD
Electrophorèse préparative sur gel polyacrylaraide de la fraction obtenue après filtration sur Sephadex G100
- la migration se fait vers l'anode, le front est visualisé par le bromophénol en tampon Tris-glycine 0.36M
en Tris pH 10,3.
- V = 200 volts au début de l'expérience I - 40 mA constante.
- colonne:gel de résolution h - 38 ram (7,5 % acrylamide monomère)
gel de concentration h = 20 mm (1,25 % acrylamide monomère)
- A la base de la colonne les protéines sont entraînées en tampon Tris-HCl 0,1M en Tris pH 8,1 à un débit
de 26 ml/h.
O—O Protéines exprimées en fonction de la densité optique à 276 myi.
Activité biologique en terme de LH-NIH-S11 (spermiation de la grenouille).
Toutes les grenouilles répondent à la dose injectée.
^ Aucune des grenouilles ne répondent à la dose injectée.
* La densité optique après élution d'un pic de protéine ne revient pas à 0,00 en raison de l'en¬
traînement de certaines particules de gel adsorbant à 276 mp. Celles-ci seront éliminées dans
le pic de sel au cours de la filtration sur Sephadex suivante.
Source : MNHN, Paris
HORMONE LOMDOTROPE DE I.A CARPE
6. Résumé
L'application de ces diverses techniques de fractionnement a permis d’élaborer un protocole
(tableau IV) conduisant à la préparation d'une, et d'une seule, fraction hautement purifiée
possédant une activité gonadotrope élevée.
Tableau IV
Schéma de la purification
PKRCOLATION ALCOOI.IQI h
Fraction soluble dans
( Concentration
FILTRATION SLR SKPHADKX G 50 [Tampon Tris-HCl pH 7.8 (0.05 M Tris»)
Fraction active éluée par un gradient de force ionique (tampon NaCI 0,4 M) pour une
conductivité comprise entre 3.1 et 3.9 m MHO
Concentration
CHROMATOGRAPH1K SLR DKAKC équilibrée en tampon Tris-HCl pH 7.8]
Fraction active éluée par un gradient de force ionique
Concentration
FILTRATION SLR SKPHADKX G 100 iKquilibrée en tampon Tris-phosphate pH 7,ij
1(0.0587 M Tris)
Fraction active éluée pour K D compris entre 0,26 et 0.32
RLKCTROPHORKSK PRKPARATIVK SUR GKL DK POLYACRYLAMIDK
Migration vers l'anode en tampon Tris-glycine
pH 10.3 (0,36 M Tris)
Fraction active pour Rf = 0.54
i
Concentration
FILTRATION SUR SKPHADKX G 1(M)
Pic actif (K 0 - 0.28) _
l.yophvlisation
Source : MNHN, Paris
28 ÉLISABETH BI'R/.A WA-CÉRAHD
Pour la suite «le ce travail, nous avons utilisé différentes poudres ayant été préparées selon
des protocoles distincts. Nous donnons dans le tableau Y la désignation et le mode de séparation
utilisés pour chacune «l'entre elles avec les activités spécifiques obtenues après chaque étape
importante.
Tableau V
Activités gonadotropes (l I.H-MH-S 1) des principales préparations
obtenues aux étapes principales de leur purification
OEAE-C
pH 9,2
DEAE-C
pH 7,8
H eme DEAE-G
pH 7,8
(NH4) 2 S0 4
Sephadex
G100
Electrophorèse
préparative
Type I
G 52
Type H
G139-G164
0,30 —
Type Kl
Et
]>oe Iï
do 2 - 67
BG 2-116
"" i_i_i
III. - ETUDK DK l.'KTAT D'HOMOGENEITE
D'état d'homogénéité des préparations de types 1 et IV a été étudié par filtration sur
Sephadex G 100. ultracentrifugation dans un gradient de saccharose et par électrophorèse analy¬
tique sur gel de polyaervlamide. De plus, quelques essais concernant les caractères immunolo¬
giques de cette protéine ont été réalisés sur les préparations de types II et IV.
A. — Filtration sur Sephadex G 100
Elle constitue la «lernière étape de la purification et permet de sélectionner les molécules
essentiellement en fonction «le leur poids moléculaire. La figure 10 représente les résultats obtenus
pour la préparation «le type IV. Le pic de protéine n’est pas parfaitement symétrique (présence
d'un épaulement « F, » et l'activité spécifique est plus faible dans la partie descendante que dans
la partie ascendante «le ce pic). En conséquence, seules les protéines exclues dans la première
partie du pic ont été conservées. Iaïs critères d'ultracentrifugation et d'électrophorèse analytique
ont été réalisés sur cette poudre finale.
Une nouvelle filtration de ce matériel révèle la seconde apparition de l'épaulement (fig. 11 B).
Les coefficients «l'exclusion sont «le K = (1.28 pour le pic principal et K = 0.42 pour l’épaulement.
Les rayons de Stokes correspondant ont été calculés selon Courte (1970) R| = 31,3 À et R 2 = 24.6 Â.
La préparation apparaît «lonc être contaminée par une protéine de poids moléculaire plus faible.
B. — l LTRACENTHlKt (LATION DANS UN (GRADIENT DE SACCHAROSE
L’ultracentrifugation de la préparation «le type I (G 52) a été réalisée et nous avons simul¬
tanément «losé sur les différentes fractions les protéines et l’activité biologique. Nous avons observé
que les courbes représentant l'activité biologique et les protéines sont superposées. Relativement
au pepsinogène, le poids moléculaire de la préparation est de 33.000 environ (E. Bur/.AWA-GÉKAHD
el Y.-A. Fontaine. 1966). Une ultracentrifugation de la préparation hautement purifiée de type IV
Source : MNHN, Paris
HORMONE LONADOTHOPE UK LA CARPE 29
BG 2-67 a aussi été effectuée et les résultats obtenus sont représentés figure 11 A. lin épaulement
« E » apparaît ici également suggérant aussi la présence ilans la préparation d’une protéine conta¬
minante possédant un poids moléculaire inférieur. I.es taux de sédimentation du pic principal de
protéine et île l'épaulement sont respectivement de 2.6 et 1.8 correspondant à des valeurs d’environ
29.000 et 17.000 pour les poids moléculaires.
G. Electrophorèse analytique
Nous observons la présence de deux bandes principales dont les coefficients de partage sont
respectivement de 0.50 à 0.54 et de 0.80. Par ce critère faisant intervenir la charge en plus du poids
moléculaire, nous voyons apparaître une nouvelle fois des protéines de Kf - 0.80 que nous avions
pourtant éliminées au cours de l'électrophorèse préparative.
O-O Protéines (densité optique D.O. 276 mp)
» 9 Activité biologique exprimée en terme de LH-NIH-S11 (pg/ml)
« Aucune grenouille ne répond à la dose injectée, la valeur de l'activité biologique est au plus
égale à celle du point.
a —-a Conductivité m MH0.
Source : MNHN, Paris
30
ÉLISABETH BURZAWA-UÉRARD
D.0.75O mp llltracentritugation
A- Ultracentrifugation dans un gradient de saccharose de la pré¬
paration BG 2-67 (type IV)
(15 h à 65.000 t/mn) Centrifugeuse Spinco Mod. L/L2 Rotor SW65
Protéines densité optique D.O. 750 mji après réaction
de Lowry-Folin
B- Filtration sur Sephadex G100 de la préparation BG 2-67(type IV)
Protéines densité optique D.O. 276 mp.
Conductivité (m MHO)
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DE U
CARPE
31
Logit y
Etude immunologique de la glycoprotéine gonadotrope de la Carpe
A- Immunoélectrophorèse sur gel d'agar
- 5 )il de la solution antigénique (2 mg G139 dans 1 ml en tampon
véronal pH 8 , 6 ) sont placés dans le réservoir.
- la migration électrophorétique est réalisée pendant 1 h 30 sous
250 volts à 2 à 3 mA.
- 100 pl de sérum sont placés dans le canal central.
- les plaques sont colorées à l'Amido Schwartz et l'excès de colo¬
rant est éliminé par rinçage dans une solution de formol.
B- Radioimmunologie
Le complexe Anticorps-Antigène est étudié en présence de l'hormone
marquée à 131 I (préparation BG2-67)
Les variations du logit Y sont représentées en fonction du logarithme
de la dose d'hormone mise dans chaque tube
Logit Y = Log ou Y = -§3
B représente le nombre de coups par minute (cpm) correspondant
à l'hormone marquée liée à l'anticorps
Bo représente le nombre de coups par minute de 1 -'hormone mar¬
quée liée en présence d'hormone froide.
Source : MNHN, Paris
ÉI.ISABETH BI'RZAWA-«;ÉRARI>
32
D. Essai immlnoum.iqie
Les préparations G 139 (type II) et BG 2-6T (type IV) ont été injectées, la première à un
Lapin et la deuxième à un Gobaye, afin de préparer l'antisérum correspondant.
1. Immuno-élpctrophorpse
Les résultats expérimentaux sont représentés sur la figure 12 A. I<e schéma observé a été
obtenu avec la préparation G 139 et le sérum de Lapin anti-G 139. Deux lignes de précipitation
principales sont mises en évidence, elles correspondent aux deux zones révélées sur gel de polva-
crylamide (Rf - 0.50 et 0.80). Ces arcs ne se croisent pas. ce qui montre qu’il s’agit «le protéines
iminunologiquemenl voisines.
2. TpsI radio-immunologique
L'antisérum utilisé ici a été obtenu après immunisation d’un Cobaye par BG 2-67. La
variation du rapport — (hormone liée hormone libre) a été recherchée en fonction de la concen¬
tration hormonale du milieu d'incubation (B. Breton et al.. 1971). La régression est linéaire
lorsqu'on transforme la donnée expérimentale de —— en logit Y que l'on porte en ordonnée, le
logarithme de la «lose d’hormone étant porté en abcisses (Midleï et al.. 1969). L’application de
cette transformation à notre système (fig. 12 B) donne une droite de pente b = — 1.17 avec un
coefficient de corrélation r = 0.995. Ce résultat permet de conclure que l’anticorps est mono¬
composite (B. Breton, données inédites).
E. — Résumé
Les préparations les plus purifiées contiennent toujours à côté de la substance active un
contaminant inactif de comportement électrophorétique et d'encombrement moléculaire très diffé¬
rents de ceux du facteur actif. Cependant, «-e contaminant [fraction (A)] semble bien provenir
de la fraction principale et il possède des propriétés immunologiques communes avec celle-ci.
IV. - CARACTERISTIQUES BIOCHIMIQUES
-Nous avons recherché la composition chimique (acides aminés, sucres) et déterminé certaines
constantes physico-chimiques du produit purifié. Cette étude a été complétée par quelques essais
concernant la structure quaternaire de «•ette nmlécule protéique.
A. — COMPOSITION CHIMIQl K
1. Composition en acides aminés
Les résultats obtenus sont exprimés en nombre «le résidus et en résidus pour 100 résidus
analysés (tableau VI). La comparaison des concentrations en acides aminés des diverses prépa¬
rations à des états de pureté légèrement différents ne met en évidence que peu de différences.
En fonction du degré de pureté des préparations, la concentration en acide glutamique diminue
tandis que celles en glycine, leucine et surtout en valine augmentent : la méthionine reste parti¬
culièrement constante. La phénvlalanine a une concentration très élevée pour l'analyse de la
préparation BG 2-36 (type II) mais cette valeur peut être surestimée, car la glucosamine dans les
conditions de cette analyse était mal séparée «1e la phénvlalanine.
2. — Composition en glucides
Les sucres en Q - C5. les sucres aminés (glucosamine et galactosamine) ont été recherchés. Les
résultats obtenus pour différentes préparations sont résumés dans le tableau VII. La détermination
de l’aci«le sialique a été réalisée par le Docteur Robert.
Source : MNHN, Paris
HORMONE CONADOTROPF. UK LA CARPE
33
Ces résultats montrent que la substance gonadotrope purifiée à partir de l’hypophyse de la
Carpe est une glycoprotéine.
B. — Constantes physico-chimiques
1. Poids moléculaire
l.e taux de sédimentation de différentes préparations a été déterminé par ultracentrifugation
en gradient de saccharose. I ne valeur approximative du poids moléculaire peut en être déduite
Tableau VI
Composition en amino-acides de différentes préparations de la glycoprotéine gonadotrope
(nombre de résidus et nombre de résidus pour 100 résidus analysés )
par comparaison avec les protéines standards (lysozyme et pepsinogêne ) dont les poids moléculaires
encadrent celui de la protéine inconnue. I^es résultats sont résumés dans le tableau VIII. Le taux
de sédimentation, comme le poids moléculaire, sont légèrement différents pour les différentes
expériences. Relativement au pepsinogêne. le poids moléculaire de la préparation G 52 est de
33.470 alors que celui des préparations BG 121 et BG 2-116 sont respectivement de 25.000 et
27.100. Ces différences peuvent être dues au degré de pureté plus élevé des préparations BG 2-116
et BG 121 mais il faut se souvenir que la détermination d'un taux de sédimentation n’est faite par
cette méthode qu'avec une certaine imprécision (déviation standard environ 6 %) (Fontaine et
Condliffe, 1964). La détermination de TS a sans doute été meilleure dans le cas de BG 2-116
et BG 121 (centrifugation plus courte, à vitesse plus élevée entraînant une diffusion réduite).
I 561 011 6 3
Source : AANHN, Paris
34
ÉLISABETH BUHZAWA-LÉKAKD
D’un autre côté, la détermination du poids moléculaire n est valable que si on compare la
substance à étudier à un standard de forme similaire. !\ous avons effectué une autre expérience
en utilisant comme standard une hormone gonadotrope de Mammifère, la LH. qui est aussi une
glycoprotéine et dont on peut penser, comme nous le verrons, qu elle présente des similitudes avec
la glycoprotéine gonadotrope de Carpe, l^es distances parcourues sont respectivement de 2.51 cm
Tableau VII
Composition en glucides de différentes préparations de la glycoprotéine gonadotrope
(g/100 g de protéine)
Type I
Type 1
Hexoses
8,6%
Hexosamines totales
4,9%
Galactosamine
2,2 %
2,7 %
Glucosamine
1,1%
1 . 1 %
Pentose (fucose)
+
+
Acide sialique
0,35%
* Le dosage quantitatif n'a pas été réalisé.
** Déterminé par le Dnrleur Robert.
Tableau VIII
Taux de sédimentation et poids moléculaire de différentes préparations de la glycoprotéine
déterminés par ultracentrifugation en gradient de saccharose
PREPARATIONS
tours/mn
distance
parcourue(cm;
taux de
sédimentation
Poids Moléculaire
du Standard
Poids moléculaire
de la glycoprotéine
en fonction du standard
Eip 1
6 52 - type 1
38.000
[21 h ]
0.86
2,9
Pepsinogene
38.000
E21 h 1
1.04
3,4 *
41. 000 *
33.400
Exp II
BG121 - type III
65.000
[15 h 1
2.15
2,44-2.67
Pepsinogene
idem
2.99
3,4
41. 000
25. 000
Lysozyme
idem
1,54
1,91 *
14. 000 *
23.100
Exp III
BG2-116 -type IV
idem
1.62
2,55
Pepsinogene
idem
2.16
3.4
41. 000
27. 100
Eip IV
BG2-154 -typelll
idem
2.57
2,27
LH M2
idem
2,74
2,42 **
29.000 a 30.000**
26.400 a 27.300
* Selon Y.-A. fontaine et P. G. Conduite <1964 i.
** Selon Courte (1970).
pour cette dernière et 2.74 cm pour la LH. D’après Courte (1970). le taux de sédimentation et le
poids moléculaire de la LH sont de 2,42 et 29.000 - 30.000. Pour la glycoprotéine .le Carpe, les
valeurs de ces paramètres seraient donc de 2,30 et 26.000 - 27.000.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DE LA C.ARPK
35
2. — Point isoélectrique
La glycoprotéine gonadotrope, par son comportement au cours de la préparation, manifeste
un caractère acide très net et, de plus, nous observons que, placée en tampon citrate-phosphate
pH 5, elle précipite. Son point isoélectrique pHi peut être estimé voisin de 5.
Une détermination plus précise a été réalisée au moyen d’une électrophorèse par isofocalisation.
Celle-ci a été réalisée grâce à l'amabilité du Docteur Reïberotte (Hôpital Broussais).
Le maximum de la courbe représentant l’activité biologique correspond à un pH de 5,1.
Nous n'avons pas retenu l'emploi de cette méthode pour la purification, car la préparation précipite
à son point isoélectrique et une forte perte d’activité biologique se produit alors.
C. — Structure quaternaire
Les résultats obtenus suggéraient une certaine labilité de la glycoprotéine active. L'étude
de l'homogénéité de la préparation la plus pure (type IV), en particulier, suggère qu'une trans¬
formation de cette molécule en une molécule inactive de poids moléculaire moitié moindre a lieu
dans certaines conditions. L'existence d’une structure quaternaire a été recherchée au moyen de
l'action d'agents dissociants. Les transformations qui peuvent se produire ont été étudiées par ultra¬
centrifugation et filtration sur G 1(M). La recherche de l’activité biologique a été conduite
simultanément.
1. — Action de l'urée
a) Sur l'activité biologique
L'activité biologique de la préparation BG 121 (type III) a été recherchée par le test de
spermiation de la Grenouille après traitement de la solution a l'urée 6 M pendant 20 heures à
37 "C. Deux solutions témoins ont été simultanément dosées : la première sans aucun traitement
préalable, la seconde après incubation à 37 U C pendant 20 heures en l’absence d'urée.
Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau IX.
Tableau IX
Influence de l'urée sur l’activité biologique de l'hormone gonadotrope de la Carpe
D 50 ( fig/grenouille )
0 50 (/ig/grenouille)
050 (/ig/grenouille)
Témoin non incubé
Incubation à 37°C ( 20 )
tampon phosphate pH 7.0
Incubation a 37°C (20h)
tampon phosphate pH 7.0
urée 6M
4.1 12.8 - 5.81
9.8 [7,7-12.4]
45.0
L’activité biologique est fortement diminuée après traitement à l'urée. L'incubation à 37 °C
entraîne à elle seule une diminution nette île l'activité gonadotrope mais elle ne permet pas
d'expliquer celle plus importante, observée avec l'urée.
b) Sur l'encombrement moléculaire
L’hormone lutéinisante de Mammifères est dissociée en deux sous-unités par l'urée 8 M ;
celles-ci ne possèdent qu'une activité biologique très réduite (environ 10 % de celle de la molécule
Source : MNHN, Paris
36
ÉLISABETH BI K/AWA-(.KKAUI)
colonne 0,7 x 70 cm
tampon Tris phosphate pH 7,1
A BG 121 (type III)
B BG 121 (type III) préalablement incubé 24 h dans l'urée 8M.
O—O Protéines (densité optique D.O. 276 mu)
•—•Conductivité m MHO
native) (de la Llosa et al., 1967). Il pouvait en être de même pour la glycoprotéine gonadotrope
de Carpe. Nous avons recherché au moyen de tests biochimiques si l’urée ne produisait pas une
dissociation de cette molécule.
La préparation BG 121 (type III) est incubée dans l'urée 8 M à 25 “C pendant 24 heures
puis filtrée sur Sephadex G KM) en tampon Tris-phosphate pH 7,1. La même préparation (sans
traitement à l’urée) est filtrée sur Sephadex G 1(M) dans les mêmes conditions.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DE I.A CARPE
37
Les résultats sont représentés ligure 13. La filtration témoin conduit à l'exclusion d’un pic
(K d - 0.32) qui correspond à celui déterminé pour la glycoprotéine gonadotrope. La filtration du
produit incubé conduit à l'élution de deux pics d'importance différente. Le premier, dont le
coefficient d'exclusion k D - 0.04. très voisin du zéro, correspond à des protéines de poids molé¬
culaire supérieur à 70.000. Cette fraction représente environ 10 % du matériel de départ. Le
deuxième pic est élué pour un coefficient d’exclusion K D = 0.32, c'est-à-dire celui de la molécule
native.
2. — Effet <ht changement de pli
n) Sur l'activité biologique
L'activité biologique des différentes préparations gonadotropes a été généralement recherchée
dans une solution de NaCl (0,1 M) et de pH 7.4. Nous avons recherché ce qu'elle devenait après
incubation pendant une heure à la température ambiante à dçs pH variables, la molarité étant
toujours égale à 0.1 M. Cette étude a été réalisée sur la préparation BG 2-154 (type III). L'activité
biologique est fortement diminuée lorsque le pH devient égal ou inférieur à 5 (fig. 14).
D 50(|ig /grenouille)
24.
22 .
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 pH
Figure 14
Variation de la dose moyenne effective (D50) de la préparation gonado¬
trope BG2-154 (type III) en fonction du pH.
D,jqÎ erreur type de la moyenne
tampon phosphate (0,1M) de pH9 à pH5.
tampon glycine-HCl (0,1M) pour les pH les plus acides.
b) Sur l'encombrement moléculaire
L'expérience a été réalisée en utilisant trois tampons de pH différents (2,2 - 7,4 - 10,6)
mais ayant même molarité (0.1 M). La préparation BG 2-67 (type IV) a été utilisée (500 pg sont
dissous, incubés pendant une heure à la température ambiante et soumis à une ultracentrifugation
Source : MNHN, Paris
38
ÉLISABETH BUR7.AWA-GÉRARD
D.0. 750 m|i
Ultracentrifugation de la préparation BG 2-67 (type IV) à
différents pH.
15 h à 65.000 t/mn centrifugeuse Spipco Modèle
L/L2 Rotor SW 65.
tampon pH 2,2 (HCl 0,1M-KC1 0,1M)
tampon pH 7,4 (phosphate de sodium-NaCl 0,1M)
tampon pH 10,6 (Na-OH 0,lM-glycine 0,1M)
Protéines (densité optique D.O. 750 mu
après réaction de Lowry-Folin.
Source : MNHN, Paris
HORMONE OON/
PE DE I.A CARPE
39
en gradient de saccharose dans le tampon considéré). Le taux de sédimentation a été déterminé
pour chaque échantillon. Les résultats sont représentés figure 15. Le taux de sédimentation à pH 7,4
ou à pH 10,6 est de 2,5 - 2,7 mais il est de 1.75 à pH 2.2. Le diagramme d'élution îles protéines
centrifugées à pH 2,2 n’est pas symétrique. L’existence de protéines ayant encore le taux de sédi¬
mentation de l’hormone native doit être à l’origine de cette dissymétrie.
L’activité biologique est. comme nous venons de le voir, fortement diminuée mais non
totalement disparue à pH 2,6 : par contre, il semble bien que cette activité n’est pas modifiée
à pH 9 - 10 (cf. purification). Ceci suggère que seules les protéines de taux de sédimentation égal
à 2,5 - 2,7 possèdent l'activité biologique.
Ces résultats indiquent l’existence, à pH fortement acide, d'un changement dans la confor¬
mation de la molécule. Il s'accompagnerait d’une variation dans le poids moléculaire. Une telle
variation peut traduire une dissociation de la molécule en deux sous-unités.
3. — Action de l'acide propionique M
Nous avons recherché également l’action de l’acide propionique M sur nos préparations. Cet
acide est utilisé par Liao et Piehcf. (1970) pour la b-TSH et par Papkoff et Ekblad (1970) pour
la o-FSH afin de séparer les deux sous-unités de ces glycoprotéines hormonales.
a) Influence sur l'activité biologique
Après incubation de BG 2-154 (type III) dans l’acide propionique M pendant 15 heures à
température ambiante, la D 50 passe de 5.6 (4.2 - 8.0) pg à 20,1 (15,6 - 26.9) pg.
b) Influence sur l’encombrement moléculaire
Nous l'avons recherché au moyen de la technique d’ultracentrifugation en gradient de sac¬
charose. Trois préparations ont été utilisées simultanément : la préparation gonadotrope de la
Carpe BG2-154 (type III), la FSH-M 2 (C.N.R.S.) qui dans ces conditions est dissociée et la pré¬
paration BG 2-69 qui est la fraction inactive (Rf = 0.80) obtenue après électrophorèse préparative.
Cette dernière est, comme nous le verrons, une protéine homogène dont les caractéristiques en
ultracentrifugation sont connues (TS =1.81 - PM = 15.800). bille sera considérée ici comme
standard. Le gradient de saccharose est établi en milieu propionique M et les différentes
préparations, après avoir été placées 15 heures dans l’acide propionique M, sont centrifugées
15 heures à 65.000 tr mn. Les taux de sédimentation sont alors déterminés en fonction de la
protéine standard. Ils sont égaux à 1.65 pour la glycoprotéine de la Carpe BG 2-154 et à 1,55
pour la FSH-M 2 (C.N.R.S.).
La FSH dans ces conditions est, on le sait, dissociée en ses deux sous-unités (le taux de
sédimentation mesuré correspond effectivement à un poids moléculaire de 13.500 environ).
La glycoprotéine de Carpe manifeste un comportement semblable. Le maximum île la courbe
des protéines est obtenu pour une valeur de 1.65 du taux de sédimentation correspondant à un
poids moléculaire d’environ 15.800. Ceci suggère que. comme dans le cas de la FSH. une
dissociation de la molécule native a lieu avec libération des sous-unités de poids moléculaire
moitié moindre. La protéine de référence qui est ici la préparation BG 2-69 (cf. tableau X)
manifeste le même comportement au cours de l'ultracentrifugation à pH 7,4 et en milieu propio¬
nique M. La distance parcourue par le pic n’est pas très différente lors des lieux expérimentations.
4. — Essai de réassociation
Chez les Mammifères, les hormones glycoprotéiques dissociées peuvent être réassociées et
retrouver les caractéristiques biologiques et biochimiques de l'hormone native (de la Llosa et al.,
1967, Pierce et al. 1970, Papkoff et Ekblad. 1970).
Source : MNHN, Paris
40
ÉLISABETH BURZAW A-liÉRARD
En ce qui concerne la glycoprotéine gonadotrope de la Carpe, les conditions de réassociation
décrites pour les Mammifères ne sont pas satisfaisantes. En effet, la seule incubation de l'hormone
native à 37 °C produit une perte importante de l'activité biologique. Des résultats positifs ont
toutefois été obtenus par simple élimination de l’agent de dissociation.
a) Nous avons observé que l’hormone traitée à l'acide propionique M, puis lyophilisée et
redissoute à pH 7,4 retrouve le même taux de sédimentation que la molécule native (2,50 au lieu
de 2,54).
b) Les résultats sont moins nets en ce qui concerne la réapparition de l’activité biologique.
La D 50 de la solution traitée puis lyophilisée diminue, mais seulement de 20 à 15 |Ag. L’hypothèse
de l’existence d'une structure quaternaire de la glycoprotéine purifiée, que nous avions formulée
précédemment, peut être considérée favorablement. Cependant, les conditions optimales de restau¬
ration de l’activité par réassociation des sous-unités devront être recherchées.
5. — Propriétés de la fraction (.4 ) obtenue après /'électrophorèse préparative
Au cours de l'électrophorèse préparative, une fraction (A) (Rf = 0.80) est séparée des pro¬
téines possédant l’activité biologique. Certaines de ses caractéristiques biochimiques ont été recherchées
et sont résumées dans le tableau X. La fraction (A) présente les caractéristiques d’une protéine
Tableau X
Comparaison des constantes biochimiques et de l'activité biologique
de la glycoprotéine hormonale et de la fraction (A)
METHODES
FILTRATION sur
SEPHADEX G100
ULTRA
CENTRIFUGATION
ELECTROPHORESE
ANALYTIQUE
ACTIVITE
BIOLOGIQUE
[test de spermiation
de la grenouille!
CONSTANTES
k d
Rayon de
Stokes r [Kl
TS
P. M.
pH i
Rf
D50 (yig/grenouille)
c-GTH
0.28
(0,26-
0,32)
31,3
2.57
27.000
5,1
0,50-0,54
5,0
c-GTH
pH 2.2
1,7
15.400
grd. Nomb.
de bandes
20
uree 8M
0,32
30.8
45
îî,nr
1,6
13.800
20
FRACTION (Al
0.40
[0.38-
0.42]
24,6
1,8
15.800
4,4
0,80
>100
homogène, I^es diagrammes obtenus sur Sephadex et ultracentrifugation sont symétriques. Une
seule bande est présente sur les gels analytiques d’électrophorèse sur polyacrvlamide dans les
conditions où nous 1 employons. Le coefficient d'exclusion sur Sephadex G 100 est 0,42, le rayon
Source : MNHN, Paris
HORMONK (.ONADOTROPK l)K I.,'
41
de Stokes est de 24,6 Â. Le taux de sédimentation, déterminé par ultracentrifugation en gradient
de saccharose est de 1,8 (relativement au pepsinogène) correspondant à un poids moléculaire
de 15.800.
Ces données ont été comparées dans le tableau \ à celles obtenues pour la glycoprotéine
native ou traitée par divers agents chimiques. Nous observons ainsi que certaines données (poids
moléculaire et TS) peuvent être rapprochées de celles définies pour la glycoprotéine traitée par
des agents dissociants.
Nous avons également comparé la composition en acides aminés de la glycoprotéine gona¬
dotrope et de la fraction (A). Les analyses ont été réalisées pour trois temps d'hydrolyse 24. 48
et 72 heures et la concentration de chaque acide aminé a été extrapolée â sa valeur maximale.
Les résultats sont représentés graphiquement (lig. 16). Nous avons exprimé ici le nombre de
résidus [tour 100 résidus analysés, de sorte que si les deux préparations possédaient la même
composition, aucune variation ne serait observée. Des différences apparaissent pour certains
acides aminés : la lysine, la cystine. l'alanine, la tyrosine et la phénvlalanine sont moins abon¬
dantes dans la fraction (A) tandis que l’acide glutamique, la proline et la thréonine y sont présents
Comparaison de la composition en acides aminés (exprimés en
résidus/100 résidus entre la fraction (A) et la préparation
BG 2-67 (type IV)
- BG 2-68
-Fraction (A)
■ ....iM, Différence entre les deux valeurs des concentrations
MM pour un acide aminé.
Source : MNHN, Paris
42
ÉLISABETH BURZAWA-LÉHAKD
«*ii plus grand nombre. D'autres différences existent «nais elles sont moins importantes et peuvent
être imputées à l'erreur expérimentale. L'ensemble «le ces résultats pourrait s’expliquer en
supposant, que la fraction (A) représente l’une des «leux sous-unités vraisemblablement présentes
après traitement «le la glv«-oprotéine active par l’acide propionique M ou à pH acide.
D. — Résumé
Le matériel gonadotrope purifié à partir de l’hypophyse de la Carpe est une glycoprotéine
dont la composition a été déterminée. Son poids moléculaire est d'environ 27.000 et son point
isoélectrique voisin de 5. Nous avons étudié l’effet de divers agents dissociants sur cette glyco¬
protéine (urée. pH acide, acide propionique M) sur l’activité biologique et l’encombrement
moléculaire. L'urée 8 M entraîne une perte importante «le l'activité biologique sans «lissociation de
la molécule ou avec une dissociation facilement réversible. En présence d'acide propionique M
ou à des pH de l’ordre de 2, l'activité biologique est très diminuée et il apparaît un matériel de
poids moléculaire voisin de 16.000. ce qui suggère une «lissociation de la protéine native. Enfin,
nous avons étudié les caractéristiques biochimiques de la fraction (A) inactive dérivant de la
glycoprotéine gonadotrope. Cette fraction apparait similaire par son taux de sédimentation à la
protéine dissociée. Sa composition en amino-acides n'est pas identique à celle de la glycoprotéine
hormonale. Elle pourrait représenter une des sous-unités de la molécule native.
V. — COMPARAISON BIOCHIMIQU E ENTRE LES HORMONES GONADOTROPES LH
ET FSH DE MAMMIFERES ET L'HORMONE GONADOTROPE DE LA CARPE
La glycoprotéine que nous avons purifiée manifeste, comme nous le verrons au chapitre
suivant, toutes les caractéristiques de l'hormone gonadotrope de Carpe et sera désignée par
l’abréviation c-GTH.
A. — Composition chimique
1. — Acides aminés
La comparaison de la composition globale en acides aminés est résumée dans la figure 17.
Nous avons représenté ici le rapport des concentrations «le chaque acide aminé pour divers
couples d'hormones. La courbe qui est obtenue en joignant les «lifférentes valeurs donne un profil
des «lifférences existantes. Avec les données bibliographiques concernant les LH ovine et bovine, une
courbe témoin (courbe I) peut être tracée. En effet, nous observons que celle-ci est très voisine de
la droite horizontale d’ordonnée égale à l'unité. Des différences pour la cystine et la valine sont
cepenilant mises en évidence mais la valeur de la concentration de ces amino-acides peut être
sous-estimée : la cystine est très fragile en milieu chlorhydrique 6 M et la valine nécessite des
temps d’hydrolyse très longs pour être libérée totalement.
La courbe II représente les différences observées entre l’hormone gonadotrope de la Carpe
et la LH de Bœuf ou de Mouton. Des différences importantes et «pii intéressent de nombreux
acides aminés sont mises en évidence. Elles ne peuvent être dues à des différences de conditions
d’hydrolyse car elles concernent en particulier des acides aminés dont la destruction au cours de
celle-ci est peu importante. Par contre, six amino-acides sont présents à une concentration très
voisine : la lysine, la thréonine, la sérine, l’isoleucine. la leucine et la phénvlalanine.
La même comparaison (courbe III) a été réalisée avec la o-FSH. Des différences existent
également qui sont très importantes : la proline, la méthionine, la tyrosine et surtout la valine
sont plus abondantes dans la c-GTH.
L’alanine et la phénvlalanine sont par contre beaucoup moins abondantes dans l'hormone
gonadotrope de la Carpe que dans la FSH ovine. Mais les concentrations de l’histidine, de l'argi¬
nine, de l’acide aspartique, «le la thréonine, «le la sérine, «le l’isoleucine et de la leucine sont
très voisines.
Source : MNHN, Paris
Lys His Arg Asp Thr Ser Glu Pro Gly AlaJysVal Met Ile Leu Tyr Phe
/2
Variation du rapport des concentrations de chaque araino acide des
hormones LH et FSH des Mammifères et deic-GTH.
Courbe I •-« c (A.A.) de o-LH selon Ward et al. (1969)
c (A.A.) de o-LH selon de la LLosa et al. (1968)
O-O c (A.A.) de b-LH selon Ward et al. (1969)
c (A.A.) de b-LH selon Reichert et al. fl969)
Courbe II 9 » c (A. A.) de c-GTH _
c (A. A.) de à-LH selon Ward et al. (1969)
q...O c (A. A. ) de c-GTH _
c (A.A.) de b-LH selon Reichert et al. (1969)
C ourbe III c _« c (A. A. ) de c-GTH _
c (A.A.) de o-FSH selon Papkoff et al. (1970)
Source : MNHN, Paris
44
ELISABETH
K/A\VA-(.ÉKAI<U
Dans l’hypothèse où la fraction (A) représenterait bien l’une des sous-unités «le l'hormone
native, une comparaison entre cette fraction (A) et la c-G1 H et les sous-unités des hormones o-LH
et o-FSH a été entreprise. Les données ont été rassemblées dans le tableau XI.
Aucune analogie n’apparaît, la composition de la fraction (A) est différente de celle des
diverses sous-unités des hormones de Mammifères, il en est de même pour la différence entre les
compositions de l'hormone gonadotrope de la Carpe et de la fraction (A). Cette différence pourrait
correspondre à la composition de l’éventuelle seconde sous-unité.
Tableai XI
Comparaison de la composition en amino-acides (résidus pour 1011 résidus analysés )
des sous-unités des hormones o-LH et o-FSH avec la fraction inactive (A)
et l'hormone çonndotrope de C.nrpe
Amino- acides
o-LH*
0- FSH*
c-GTH
R/100 R
t
tac
p
m
c-GTH
c-GTH - [Al
LYS
9,6
1,9
10,5
7,8
4,5
6,7
8,6
HIS
2,9
2,8
3,2
3,1
3,4
3,2
2,7
ARG
2,9
6,6
4,5
4,6
3,7
4,1
4,3
ASP
6,7
4,7
11,2
10,0
8,2
8,4
7,8
THR
9,6
4,7
6,2
9,5
8,6
1,7
6,1
SER
5,8
4,7
5,7
7.5
5,6
6,8
7,6
6 LU
9,6
5,7
12,6
11,0
11,4
9,2
6,1
PRO
7,7
18,9
5,6
6,7
12,9
8,3
2,6
GLY
4,8
5,7
4,7
4,9
4,0
3,9
33
ALA
7,7
6,6
8,3
8,3
2,5
38
4,9
1/2 CYS
9,6
9,4
4,9
8,0
2,8
6,9
10,6
VAL
5,8
7,6
5,5
6,3
11,8
11,5
10,3
NET
3,9
1,9
0,3
0,3
0.8
1,5
2,2
ILE
1,9
3,8
2,7
3,6
2,6
2,8
2,8
LEU
1,9
11,3
9,0
4,8
8,1
7,4
6,1
TYR
4,8
0,9
2,7
3,8
3,0
4,8
6,3
PHE
4,8
2,8
4,2
3,8
1,5
2,8
3,8
* Selon PapkolT et Ekiilad 1197(11.
2. — Glucides
La comparaison entre les parties glvcaniques des différentes hormones gonadotropes mettent
également en évidence des différences.
La concentration en hexoses et en hexosamines est différente à la fois de celle des deux
hormones gonadotropes des Mammifères (Birzawa-Gérard. 1969).
B. — Constantes physico-chimiques
Nous avons résumé dans le tableau XII les données qui concernent l'hormone gonadotrope
de la Carpe ; elles ont été comparées à celles relevées dans la littérature pour la LH et la FSH
de Mouton.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE UK I
Tableau XII
Constantes physico-chimiques de c-GTH et de la fraction (A)
ainsi que celles concernant les hormones LH et FSH et leurs sous-unités
Constantes physico - chimiques
c-GTH
fraction
[Al
o - LH*
“ -LH
P-LH
o-FSH*
œ -FSH
P-FSH
Taux de Sédimentation
2,5
1,8
2,42
' î
5Î^
-
-
-
Poids Moléculaire
29.000
15.800
29.000
30.000
«=14.000
«=14.000
28.000
30 a 000
15.000 a 17.000
Coefficient d'exclusion
0,28
0,40
0,30
0.45
0,45
0,30
'0,401 0.5d
Rayon de Stokes
31,3
24,0
30 i 1
24 il
24 ±1
-
-
Point isolelectrique
5,1
4.4
7,3-77
-
-
4,5
-
-
• Selon Courte 11970t.
** Selon Papkoff et Ekl.lud 119701.
L analyse de re tableau montre que nous sommes en présence d'une glycoprotéine de poids
moléculaire et d'encombrement stérique très voisins de ceux qui caractérisent les glycoprotéines
gonadotropes chez les Mammifères.
De même ces paramètres ont des valeurs voisines pour la fraction (A) et pour les sous-unités
des hormones gonadotropes de Mammifères.
C. — Effets des agents dissociants
L'urée 8 M dissocie la LH. la filtration sur Sephadex G 100 qui suit l'incubation dans l'urée
donne un pic d'élution exclu [tour K D - 0.45 alors que celui de l'hormone native est «le 0.30.
Incubée dans l'urée puis filtrée sur Sephadex G 100. l’hormone gonadotrope de la Carpe ne
présente pas la même caractéristique : 10 des protéines forment un agrégat de poids molé¬
culaire élevé, le reste des protéines est exclu sans variation du coefficient d’exclusion. Par contre,
les expériences réalisées en milieu acide (tampon pH 2.2 [0.1 M] ou acide propionique M) ont montré
que l’hormone gonadotrope de la Carpe manifestait le même comportement que la LH ou la FSH.
D. — Conclusion
Nous avons comparé les propriétés physico-chimiques et la composition des hormones gona¬
dotropes LH et FSH de l'hypophyse des Mammifères avec celles de l'hormone gonadotrope de la
Carpe. Ces hormones présentent de nombreuses analogies : ce sont toutes des glycoprotéines
d'encombrement moléculaire voisin, elles possèdent toutes une structure quaternaire. Toutefois,
elles sont différentes par leur composition en amino-acides et en sucres.
VI. — DISCUSSION
A. — Préparation
La méthode de purification que nous avons mise au point conduit à la séparation d’une
fraction d'activité spécifique élevée (1,5 I en terme de LH-.NIH-S 1) avec un rendement en
protéines de 0.35 à 0.50 et un rendement en activité de 15 à 30 %. La chromatographie sur
DEAKC est l'étape au cours de laquelle le rendement est le moins satisfaisant (50 à 70 % selon
Source : MNHN, Paris
46
ÉLISABETH Bl IIZAWA-GF.HAI
les cas) : de plus, la séparation des activités thyréotrope et gonadotrope est incomplète et nous
conservons pour les étapes ultérieures une partie seulement des protéines possédant I activité
gonadotrope (35 à 40 de l'activité initiale).
Donaldson et Yamazaki (1968 a) purifient l'activité gonadotrope de l'hypophyse du Saumon
Oncorhynchus Ishawylscha par deux filtrations successives sur Sephadex G 100 et éventuellement
une chromatographie sur DEAEC.
Sinha (1969-1971 ) réalise une filtration sur Sephadex G 100 d'un extrait hypophysaire de
Carpe. Il étudie l'activité biologique des trois fractions qu'il sépare en recherchant leur action
sur la spermiation de la Carpe. Seule la fraction II. retardée sur G 100. donne des réponses
positives.
Breton (1968) décrit la purification d'une fraction gonadotrope de Gardon à l'aide de
la méthode appliquée par Hkkmiek (1965) pour la préparation d'une FSH de Mouton. 1.'activité
biologique est étudiée à l'aide de différents tests de l'activité gonadotrope des \ ertébrés infé¬
rieurs : elle est retrouvée dans la fraction correspondant à la FSH de Mouton avec un rendement
en activité très faible. Breton obtient un résultat plus satisfaisant par une simple filtration sur
Sephadex G 100 de la poudre hypophysaire brute de Gardon.
La comparaison des activités spécifiques des préparations obtenues par différents auteurs
est difficile. En effet, les receveurs, les méthodes de dosage et les standards sont différents. Yamazaki
et Donaldson ont utilisé pour suivre la purification de l'hormone gonadotrope d'Oncorhynchus, le
test de spermiation du Cyprin hypophvsectomisé (Yamazaki et Donaldson. 1968 a). L’hormone
standard utilisée est l'hormone chorionique humaine : 10 I I donnent une réponse comparable à
celle obtenue pour 3 pg de la préparation gonadotrope d'Oncorhynchus. L'activité spécifique est
alors voisine de 3 III HCG, pg. Nous avons essayé d’exprimer l’activité spécifique île notre
préparation dans la même unité, en sachant que 1 |xg LH-.NIH-S 1 donne la même réponse sur
le test de spermiation de la Grenouille, que 1.25 I I HCG |ig, la préparation d’Oncorhynchus
apparaît alors légèrement plus active que celle de la Carpe. Cette comparaison est en fa il très
artificielle car il semble bien que les Amphibiens répondent beaucoup mieux que les Poissons
Téléostéens aux hormones gonadotropes de Mammifères. Estimée en terme de HCG. une même
préparation d'hvpophvse de Poisson apparaîtra donc moins active si elle est dosée sur un
Amphibien.
Les actions de c-GTH et de onc-GTH sur l'adényl-cyclase de l'ovaire de Cyprin ont été
comparées : c-GTH apparaît 36 fois plus actif que onc-GTH. Cette valeur peut être surévaluée
étant donné que le receveur est un Cvprinidé comme la Carpe (Y.-A. Fontaine et al.. 1972). Ces
exemples montrent que la comparaison des activités spécifiques d'hormones d'espèces différentes
est rendue difficile en raison des phénomènes île spécificité zoologique sur lesquels nous reviendrons.
B. — Degré de pi reté et structure quaternaire
La préparation obtenue après électrophorèse préparative contient, d'une part des protéines
biologiquement actives et. d'autre part une protéine inactive plus électronégative. En ce qui
concerne les premières, elles donnent en électrophorèse analytique une zone de Rf 0.50 à 0.54.
Ceci pourrait être dû à la présence de plusieurs protéines différentes ayant des propriétés électro¬
phorétiques voisines : toutefois, l'ensemble de nos résultats (biochimiques et immunologiques en
particulier) indique que ce fait traduit plutôt une microhétérogénéité à l'intérieur d'un seul type
de molécule glycoprotéique. Une situation similaire a été mise en évidence dans le cas des
différentes hormones glycoprotéiques des Mammifères : la TSH par exemple (PiERCE et al., 1958 ;
Condliffe et al., 1960), la LH (Jutisz et Squire, 1958: Courte. 1970). Quant à la fraction (A)
inactive, nos résultats indiquent qu’elle provient d'une transformation de la glycoprotéine native.
Elle possède un poids moléculaire de 16.000 environ et ne manifeste sur le test de spermiation
de la Grenouille aucune activité biologique. La dissociation de la c-GTH pourrait se produire
Source : MNHN, Paris
HORMONE OONADOTROPE
47
pendant l'électrophorèse : Ornstf.IN (1964) évoque cette possibilité sous l'influence de la différence
de potentiel élevée qui existe au moment du passage dans le gel de concentration, une dissociation
de certaines protéines enzymatiques ou hormonales peut se produire. Lewis et al. (1968) ont
montré que la prolactine et l'hormone «le croissance donnaient par l'analyse sur gel de polva-
crylamide «les images similaires à celles observées pour la c-GTH. Cependant, nos résultats suggèrent
qu'une dissociation limitée se produit aussi au cours des diverses autres manipulations et de même
au cours «le la conservation. Brrr et Lynch (1972) observent pour la h-FSH «les résultats simi¬
laires. l,eur préparation «le h-FSH présente toujours en proportions variables «les molécules
dissociées.
l-es hormones glycoprotéiques de Mammifères possèdent une structure quaternaire. LlAO et
Piekck (1970) pour la b-TSH. Papkoff et Samy (1967) et «le la Llosa et al. (1967-1968) pour
la o-LH. Papkoff et Kkbi.ad (1970) pour la o-FSH ont dissocié et séparé les sous-unités de
ces trois hormones glycoprotéiques.
La glycoprotéine de la Carpe possède également cette propriété de structure. L'acide pro-
pionique M. le pH acide dissocient la molécule : l'activité biologique est fortement diminuée et
l'encombrement moléculaire devient celui il'une molécule de poiils moléculaire d'environ 15.000.
Cependant, les caractéristiques de réassociation semblent différentes île celles décrites pour les
glycoprotéines mammaliennes et la restauration de l'activité biologique semble plus difficile.
L'identification des sous-unités de l'hormone gonadotrope de la Carpe reste encore impré¬
cise. Nous avons émis l'hypothèse que l'une d'entre elles pourrait être représentée par la fraction (A).
Néanmoins, «les expériences complémentaires devront être faites pour vérifier cette hypothèse.
C. — Comparaison avec les hormones LH et FSH des Mammifères
L'hormone gonadotrope de la Carpe est. comme les hormones gonadotropes des Mammifères,
une glycoprotéine. L'encombrement moléculaire est «lu même ordre et l'existence d'une structure
quaternaire complète les points communs qui existent entre ces «lifférentes hormones.
La composition en acides aminés comme en sucres et en sucres aminés distingue nettement
ces «lifférentes protéines. Aucune analogie n'a également été retrouvée en comparant les sous-unités
de ces diverses hormones.
Insistons sur le fait que cette hormone d'un Poisson Téléostéen ne peut être associée plus
spécialement, ni au groupe des hormones lutéinisantes, ni à celui «les hormones folliculostimulantes
des Mammifères. La ilétermination «les séquences des acides aminés permettra sans doute. île mettre
en éviilence des tronçons communs et «le démontrer l'existence, entre les hormones gonadotropes
des différents Vertébrés, d'une homologie que certaines similituiles chimiques ainsi que des résultats
indirects suggèrent, comme nous le verrons plus loin.
Source : MNHN, Paris
CHAPITRE II
CARACTERISATION BIOLOGIQUE DE L'HORMONE GONADOTROPE
DE LA CARPE
COMPARAISON AVEC LES HORMONES GONADOTROPES DES MAMMIFERES
I. — INTRODUCTION
La purification et la caractérisation chimique d'une glycoprotéine présente dans Thypophvse
de la Carpe et active sur la spermiation de la Grenouille ont été étudiées au cours du chapitre
précédent. L'utilisation de ce seul test ne peut permettre l'identification de la nature hormonale
et de la fonction gonadotrope de cette préparation.
Nous l'avons recherchée par l'étude de l'effet de cette glycoprotéine chez le Cyprin hvpo-
phvsectomisé. Nous avons étudié, d'une part chez le mâle, la spermatogénèse et la spermiation
et d'autre part chez la femelle, la vitellogénèse et l'ovulation. Un examen histologique a été
réalisé sur la gonade des animaux.
De plus, nous étudierons l'action de la glycoprotéine sur divers paramètres biochimiques
de l'activité gonadique chez le Cyprin ou l'Anguille. Ces études nous conduiront à conclure que
la glycoprotéine purifiée est l'hormone gonadotrope de la Carpe (c-GTH).
L'utilisation au cours de la purification du seul test de spermiation île la Grenouille ne
nous permet pas d'exclure l'existence d'une deuxième fraction inactive sur ce test mais qui aurait
une action sur la gonade des Poissons. Afin de répondre à cette question, nous avons étudié le
„ ... c-GTH
rapport d activité —------ sur différents tests de l'activité gonadotrope chez les Ver-
hvpophvse de Carpe
tébrés inférieurs. Si ce rapport reste constant, on est conduit à conclure qu'il i
l’hypophvse d'autre substance gonadotrope que celle que nous avons purifiée.
pas dans
Dans une troisième partie, nous chercherons à comparer les caractéristiques biologiques des
hormones gonadotropes des Vertébrés supérieurs et celle de l'hormone gonadotrope de la Carpe.
Nous étudierons, d'une part l'action de nos préparations par les tests classiques utilisés pour le
dosage des FSH et des LH de Mammifères (Steelman et PoHLEY, 1953 : Paklow. 1961) et d'autre
part l'action des hormones LH et FSH par les tests de l'activité gonadotrope utilisant îles Vertébrés
inférieurs comme receveurs.
IL — ACTION DK LA c-GTH SUR LA GONADE DE POISSONS TELBOSTEENS :
NATURE HORMONALE DE c-GTH
L'activité hormonale se caractérise essentiellement par la réponse de l'effecteur. De plus.
Sutherland et al. (1968) ont précisé l'intermédiaire par lequel certaines hormones agissent sur
les cellules effectrices. Chez les Mammifères, les hormones gonadotropes en particulier exercent
au moins une partie de leur action en stimulant une adénvl-cvclase (Marsh. 1970 : Kuelh et al.,
1970 ; Fontaine et al., 1971 : Kolena et Channinc. 1972).
Source : MNHN, Paris
HORMONE (.ON
ITRORE
CARPE
49
A. — Régénération df. la gonade di Cyprin hypophysectomisé
Les Cyprins sont hypophysectomisés par voie opercuiaire selon Chavin (1956) et sont gardés
à 20 °C pendant un mois avant tout traitement hormonal. Dans ces conditions, les gonades sont
complètement régressées, seules subsistent les ovogonies ou les spermatogonies souches ; d'éventuels
spermatozoïdes résiduels non éjaculés ont eux-mêmes complètement disparu. Chez les femelles, les
ovocytes primaires représentent la forme la plus évoluée et aucune amorce de vitellogénèse ne peut
être observée. Ces résultats (Billard et al., 1970) sont en accord avec ceux précédemment décrits
(Yamazaki, 1965). Les Poissons reçoivent alors par voie intra-péritonéale trois injections par
semaine de la solution hormonale (0,1-1-5 pgg de poids et par injection) de la préparation
BG 2-67 (type IV) ou d'un extrait hypophysaire brut d'hypophvses de Carpe (5 jjtg/g de poids et par
injection). Les animaux témoins, hypophvseetoniisés ou non. reçoivent des injections de
sérum physiologique. Les Poissons ont été sacrifiés en moyenne entre les 50' et 70' jours après
le commencement des injections.
1. — Résultats obtenus sur la gonade mâle
Après 41 jours de traitement, les animaux mâles recevant la forte dose d'hormone sont
capable d'émettre du sperme après légère pression de l'abdomen alors que les animaux témoins
hypophysectomisés et non hypophysectomisés ne peuvent le faire. Ce résultat indique que la
c-GTH exerce son action sur la spermatogénèse et sur la spermiation. Ce premier point est confirmé
par la mesure du RGS et par l'examen histologique.
a) Le RGS, qui est égal à 0,9 chez les animaux témoins hypophysectomisés, passe à 2 chez
les animaux hypophysectomisés traités par la c-GTH.
b) L’histologie a permis l’obtention de données quantitatives plus précises. Le nombre de
cellules de la lignée spermatogénétique par unité de volume a été déterminé au moyen d'un oculaire
intégrateur. L’histologie du testicule des Poissons hypophysectomisés confirme la dégénérescence
de la gonade : seules subsistent les spermatogonies et les cellules de Sertoli, la lumière des tubules
reste cependant individualisée.
Les effets de la c-GTH sur l’aspect histologique du testicule sont représentés graphiquement
figure 18. La spermatogénèse est fortement stimulée : les spermatogonies B en particulier, les
spermatocytes, les spermatides et les spermatozoïdes augmentent de façon spectaculaire par rapport
aux mêmes cellules chez les animaux témoins hypophysectomisés. La dose la plus efficace est celle
de 1 |Ag/g. Les phénomènes de picnose sont beaucoup plus élevés chez les Poissons qui reçoivent
la forte dose, en conséquence la production en spermatozoïdes se trouve diminuée.
Les effets de l’extrait salin hypophysaire de Carpe ont été également étudiés ; la spermato¬
génèse des Poissons hypophysectomisés recevant l’équivalent de 5 (ig d’hypophyses de Carpe par
injection et par gramme de poids corporel est restaurée. Le nombre de cellules comptées, par unité
de volume, de chaque espèce cellulaire de la lignée spermatogénétique. est très voisin de celui
des animaux témoins non hypophysectomisés (il est aussi légèrement inférieur à celui des
animaux qui reçoivent 0,1 p,g de la c-GTH g et par injection). Dans ce lot également, le
nombre de cellules picnotiques est plus élevé que dans le lot des témoins non hypophysectomisés.
2. — Résultats obtenus sur la gonade femelle
L’expérimentation sur les Poissons femelles a été poursuivie parallèlement à celle sur les
mâles et dans les mêmes conditions expérimentales. Les animaux sont sacrifiés après un traitement
de durée variable (20 à 70 jours). Les effets de l'hormone purifiée sont résumés dans le tableau XIII.
a) Après hypophysectomie, le RGS diminue, il passe de 4 environ à des valeurs de l’ordre
de 2. Après traitement à la c-GTH. l’augmentation du RGS n’est pas très élevée : les Poissons
qui reçoivent 0,1 jig de c-CTH/g de poids et par injection ont un RGS d'environ 3 ;
ceux qui reçoivent une dose dix fois plus élevée retrouvent en moyenne le RGS qu’ils possédaient
4 564 Ull 6 »
Source : MNHN, Paris
Sertoli
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C" I 1
* ?-3 ë- § 2 2
Figure 19
Ovaire de Cyprin hvpophvsectomisé témoin.
Coloration hémalin éosine G x 80.
Ovaire de Cyprin hvpophvsectomisé recevant .ïpg/g/in-
jection de la préparation BG2-67 (type IV).
Coloration hémalin éosine G x 80.
Figure 20
Ovaire de Cyprin hvpophvsectomisé recevant O.lp^in-
jection de la préparation BG2-67 (type IV).
Coloration hémalin éosine G x 80.
Figure 22
Ovaire de Cyprin hvpophvsectomisé recevant 5pg/g^in-
jection de la préparation BG2-67 (type IV). Ovogonie
en cours de multiplication.
G x 360 Col. hémalin éosine.
Figure 23
Ovaire de Cyprin hvpophvsectomisé recevant 5|lg/g/in-
jection de la préparation BG2-67 (type IV).
Cellules folliculaires et de la thè<|ue
G x 360 Col. T.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
HORMONE «iONADOTHOPE UE LA C/
51
avant l'hypophysectomie. Une très forte augmentation est observée, pour un Poisson, dont le RGS
passe à 11. Cet animal avait reçu pendant 70 jours des doses d'hormone plus importantes, soit
5 pg/g *le poids e * P ar injection. Notons que la valeur maximale du RGS observée chez les
Cyprins vivants dans la nature est. selon Yamazaki (1965). île l’ordre 12.
b) l/étude histologique des ovaires a permis «l'obtenir des résultats plus intéressants. Les
Poissons témoins hypophvsectomisés présentent un ovaire analogue à celui décrit pour les Poissons
immatures : les ovocytes ont un diamètre de 75 à 140 p ; ils se maintiennent aux caractéristiques
décrites pour la première phase de croissance (Yamazaki. 1965). Aucune trace de vitellus ne peut
être observée (fig. 19).
Les Poissons qui reçoivent 0,1 pg «le c-GTH g «le poi«ls présentent un ovaire différent :
le diamètre de l'ovocvte est augmenté, il passe de 110 a 239 p. Lin anneau de vitellus est visible
pour «le nombreux ovocytes (fig. 20).
Tableau XIII
Régénération de la vitellogénèse chez le Cyprin hypophysectomisé
traité à l'hormone gonadotrope de la Carpe (BG 2-116 type IV)
Dose c. GTH
[H/l/i'N»)
Quantité d'hormone
reçue (fig)
RGS
Diamètre des
ovocytes (|i )
Vitellogenèse
au début
0
j 4 ’ 1
> 3, 9
Témoin
(1,9
a la fin
0
2,3
(O, 5
75 à 140
0
0.8
3,3
1 anneau de
0,1
1 .
2,7
110 a 230
vitellus
1.8
2,6
20
2,8
plusieurs anneaux
1
21
4,7
100 a 310
de vitellus
24
3,9
5
45
150
2,4
10,9
300 à 690
vitellogenese complété
* Ce Poisson a été sacrifié après 20 jours de traitement alors que les autres ont été sacrifiés entre le 50“ et
le 70“ jour.
Les Poissons qui reçoivent les doses supérieures de 1 et 5 pg g de c-GTH présentent une
vitellogénèse beaucoup plus avancée. Le diamètre des ovocytes passe de 300 à 700 p et des vési¬
cules de vitellus en anneaux concentriques sont observées à la périphérie du cytoplasme (fig. 21).
L'étude histologique de l’ovaire du Poisson dont l’élévation de la valeur du RGS est la
pins importante permet d'apporter certains éléments complémentaires : la stimulation «le la vitello¬
génèse apparaît très élevée et un grand nombre d'oeufs sont proches de la maturité. Cependant, un
graml nombre d'œufs sont beaucoup moins développés, leur diamètre est de 500 p en moyenne.
Source : MNHN, Paris
52
ÉLISABETH K! I(/'
a-«;éhai«i>
la zona radiata commence à s'épaissir et à être colorée en rouge par l'éosine. Des corps alréliques
sont également observés. Certains «l’entre eux présentent un phénomène curieux, une reprise «le
la vitellogénèse.
line deuxième observation doit être signalée, les ovogonies paraissent être également le
siège d’une stimulation, nous avons pu observer (lig. 22) deux ovogonies en cours de multipli¬
cation comme le témoigne la concentration des chromosomes à la plaipie équatoriale au cours de
la prophase meiotique.
Le troisième point observé sur ces coupes est la stimulation «les cellules folliculaires (fig. 23)
qui entourent l'ovocyte et la zona radiata. Ces cellules sécrètent les stéroïdes sexuels (l.AMBKKT, 1968).
L’effet «le l’extrait brut d'hypophyses «le Carpe a ici également été étudié. L'injection de
l'équivalent «le 5 pg d'hvpophvses «le Carpe induit aussi une forte stimulation de la vitellogénèse.
Le «liamètre des ovocytes est de 300 à 400 p. Plusieurs anneaux de vitellus et des vésicules vitellines
sont présents dans le cytoplasme.
B. — Action de la c-GTH sur divers paramètres biochimiques de l'activité conadiquk
1. — Chez l’Anguille
La fixation du phosphore 32 P sous forme de Na 2 H 32 P() 4 ) par le testicule de l'Anguille mâle
est augmentée sous l'influence «les préparations G 52 et BG 121 (types I et III) : les réponses
observées sont significatives. Par exemple, pour la préparation G 52 (type I). le test d'hétérogénéité
conduit à une probabilité p <0.05 avec F — 4,9, ni = 1. n 2 = 20 (fig. 24 A).
2. — Chez le Cyprin
De même la teneur en eau «lu testicule du Cyprin est augmentée proportionnellement avec
le logarithme de la dose injectée (préparation G 52. type I). La corrélation est significative
(Y = 7,5 X + 73,3. r = 0.97. «11 - 4 p < 0,01 ) (fig. 24 B ).
Nous avons aussi recherché l'action de la c-GTH sur l’ailényl-cvclase de l'ovaire (Y.-A. Fon¬
taine et al. 1970).
Des homogénats d'ovaires entiers de Cyprin sont incubés avec des doses croissantes «le la
préparation gonadotrope et l'activité adényl-cyclasique est déterminée en mesurant le a M P-AMP C
formé à partir du a 32 P-ATP marqué, placé dans le milieu d'incubation (Krishna et al.. 1968).
Les résultats obtenus sont résumés dans la figure 25. L'AMP C formé augmente avec le logarithme
de la ilose d'hormone placée dans le milieu d'incubation. Ces résultats ont été obtenus sur des ovaires
en «lébut de vitellogénèse. Le diamètre moyen des ovocytes est alors de 60 à 20(1 p,. le KGS est
faible (2,5 % en moyenne).
C. — Discussion et résumé
Les différentes préparations purifiées à partir de la poudre acétonique d'hypophyses de
Carpe en suivant l'activité au moyen du test de spermiation «le la Grenouille se révèlent posséder
toutes les caractéristiques définissant une hormone gonadotrope (c-GTH. hormone gonadotrope «le
la Carpe). Elle agit en effet sur la spermatogénèse et sur l'ovogénèse chez le Cyprin hvpophv-
sectomisé. Elle intervient au moment «le la spermiation et vraisemblablement «le l'ovulation. En
effet, Breton et al. (1927) ont montré par «losage immunologique une augmentation (5 à 10 fois)
du taux plasmatique d'une substance immunologiquement similaire à la c-GTH au moment «le
l'ovulation.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DE I.A CARPE
53
Anguille
A
Radioactivité il» testicule P 32 Teneur en eau
(% de la dose injectée ) (%dupoidsdutesticule)
Figure
A- fixation du 32 P par le testicule de l'anguille en fonction ae ia aose d'hormone gonadotrope injectée,
préparation G52 (type I)
préparation BG 121 (type III)
Moyenne Y * erreur type de la moyenne
B- variation de la teneur en eau des testicules du cyprin en fonction de la dose d'hormone reçue,
préparation G52 (type I)
Source : MNHN, Paris
54
ÉLISABETH BURZAWA-liÉRAHD
Augmentation de la quantité
d'AMPc formée, en p.cent
des témoins
Figure &S~
Stimulation de la formation d'AMP par des homogénats d'ovaires de cyprin (résultats cumulés de quatre
expériences) sous l'influence de'l'hormone gonadotrope de Carpe (BG 2-G8 type IV) chaque point corres¬
pond à un tube d'incubation et les tirets aux moyennes.
Milieu d'incubation Tris HCl 29. 10 _3 M pH 7,4 „
Phosphoénolpyruvate 7,2 10 -J M
Pyruvate kinase 12 unités/ml
ATP- 32 P 1,33. 10 _3 M
Albumine 167ug/ml _
Magnésium (Mg* + ) 4,3. 10 ^
Théophylline 9. 10 -J M
Saccharose 0,1M
Durée d'incubation 15 ran Protéines ovariennes environ 1,07 mg/ml
Température d'incubation 20°C
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DE LA CARPE
III. — ETUDE DU RAPPORT D’ACTIVITE
HYPOPHYSE DE CARPE
UNICITE DE L’HORMONE GONADOTROPE DE LA CARPE
A. — Résultats
L’activité biologique de l’hormone gonadotrope a été déterminée au moyen de différents
e-GTH
tests. Pour chacun d’eux, le rapport --—--:--- a été déterminé. On peut penser que
hypophyse de Carpe
si une autre hormone gonadotrope était présente dans l’extrait hypophysaire brut de la Carpe,
la valeur du rapport serait variable. En effet, chez les Mammifères, où il existe deux hormones
gonadotropes, on observe que les différents tests ne possèdent pas la même sensibilité aux LH
et FSH.
Le tableau XIV résume les résultats obtenus. Lorsque pour chaque préparation nous compa¬
rons le rapport déterminé par la spermiation de la Grenouille avec celui déterminé sur un autre
test, aucune différence significative n’est observée. Seule la détermination par le dosage radio¬
immunologique ne conduit pas au même résultat : la valeur du rapport semble inférieure à
celle déterminée par le test de spermiation de la Grenouille. Cette différence peut être due à
l’existence d’impuretés protéiques fortement antigéniques dans la c-GTH : la présence de faibles
quantités de TSH en particulier ne peut être exclue. La réponse de l’extrait hypophysaire de
Carpe serait alors déterminée par excès.
Tableau XIV
Etude du rapport d’activité -----;-
hypophyse de Carpe
sur différents receveurs Poissons Téléostéens et Amphibiens
REFERENCES
ESPECES
TEST
G-52
BG2-67
BG2-116
Hyp. Carpe
Hyp. Carpe
Hyp.Carpe
Burzawa - Gérard
et Y. A. Fontaine(1965)
Y. A. Fontaine et
al. (1970 )
Anguille
Cyprin
fixation de 32 p
par le testicule
adenyl-cyclase
de l'ovaire
11,6
(4,4-30,3)
20
Burzawa - Gérard
et Y. A. Fontaine ( 1965 )
Hobson et Barr 1966
Rana esculenta
Rana pipiens
Spermitation
Spermitation
6,8
(4,3-10,7)
6,6
15
(10-22)
12,5
(9,2-16,7)
idem
Xenopus laevis
Spermitation
11,2
Burzawa-Gérard
et Y. A. Fontaine (1965 )
Alytes obstetri-
cans
Gonflement des
testicules
7,4
(0,23-41,7)
Breton et al.
(données inédites)
Radioimmunologie
6,1
Source : MNHN, Paris
Kl .ISABFTH Bl HZ A W A-CKRARD
56
B. — Discussion
Dès 1965. nous avions éinis l'hypothèse qu'une unique hormone gonadotrope pouvait être
présente dans l’hypophyse de la Carpe (K. Bt hzawa-Gérard et Y.-A. Fontaine. 1965). D'une part,
l'étude biochimique de l'hvpophvse de la Carpe met en évidence la présence d'une seule fraction
c-GTH
gonadotrope (c-GTH) et d'autre part la détermination du rapport il activité-------
hypophyse de Carpe
par divers lests de l'activité gonadotrope des Vertébrés inférieurs montre que celui-ci reste statis-
tiquement constant. La c-GTH manifeste tous les types d'activité exercés par l’extrait hypophysaire
brut.
L'étude de la régénération de la gonade du Poisson hypophvsectomisé que nous avons décrite
précédemment a complété ces résultats et permis de montrer que la même glycoprotéine pouvait
restaurer la spermiation et la spermatogenèse chez le mâle et la vitellogénèse en particulier chez
la femelle.
Cependant, les rendements de la spermatogenèse et de la vitellogénèse ne sont pas aussi
élevés que chez les animaux « sauvages ». L’existence îles phénomènes de picnoses ne peut être
négligée : ils constituent un facteur limitant. L’excès d’hormone au moment des injections peut
être un facteur qui favorise la picnose des cellules, la concentration de l'hormone circulante étant
beaucoup plus faible que celle des solutions hormonales injectées. De plus, ('hypophysectomie
entraîne un manque de toutes les stimulines et une bonne partie du fonctionnement endocrinien
du Poisson se trouve perturbée, en particulier par le défaut des hormones. Cependant, l’injection
d’extrait hypophysaire brut n'est pas non plus totalement satisfaisant mais il est possible «pie les
proportions des diverses hormones dans l'extrait acétonique d'hvpophvses de Carpe ne soient
pas adéquates pour une normalisation totale du fonctionnement de la gonade du Cyprin. Enfin,
les conditions de lumière et de température dans lesquelles les expériences ont été réalisées peuvent
ne pas être optimales pour la maturation sexuelle du Cyprin : nous avons en effet observé que
les Poissons non hypophysectomisés, placés dans ces conditions, ont un RGS plus faible que ceux
gardés dans des conditions naturelles.
Notons enfin qu'une action de la c-GTH sur la sécrétion des stéroïdes sexuels par les
cellules folliculaires est suggérée par le fait que cette hormone stimule la vitellogénèse.
C. — Résumé et conclusion
L'hormone gonadotrope (c-GTH ) de la Carpe possède toutes les activités gonadotropes pré¬
sentes dans l’hvpophyse de la Carpe. File est capable en effet de restaurer, à elle seule, la spermato-
génèse et la vitellogénèse du Poisson hypophvsectomisé. Elle permet la spermiation du mâle et
c-GTH
elle intervient au moment de l'ovulation chez la femelle. De plus, le rapport ----
hypophyse de Carpe
déterminé sur les divers tests de l'activité gonadotrope des Vertébrés inférieurs reste constant. Tous
ces résultats conduisent à penser que la glycoprotéine, stimulant les gonades, que nous avons
purifiée à partir d'hypophyses de Carpe, est la seule hormone gonadotrope présente dans ce
matériel.
IV. — COMPARAISON SUR DIFFERENTS RECEVEURS
DE L’ACTIVITE BIOLOGIQUE I)E L’HORMONE GONADOTROPE DE LA CARPE
AVEC CELLES DES LH ET FSH DE MAMMIFERES
A. — Recherche de l'activité biolocique des hormones gonadotropes de Mammifères
sur les Vertébrés inférieurs
Nous avons recherché l'action de la LH et de la FSH sur les différents tests appliqués
précédemment à 1 étude de l’activité gonadotrope de l'hypophyse de la Carpe.
Source : MNHN, Paris
Volume des cellules des testicules mm 3 /g de poids corpororet
hormone gonadotrope de i.a carpf.
Comparaison de l'action des hormones LH et FSH des Mammifères et de la c-GTH sur la régénération de la gonade
du cyprin hypophysectomisé.
Les valeurs indiquées
dans les testicules :
en abscisse correspondent aux volumes occupés par
espaces intralobulaires (cellules interstielles et
Sertoli Cellules de Sertoli
GA et GB Spermatogonies A et B
Sptide Spermatides
Scyte Spermatocytes I et II
Spz Spermatozoïdes
Picnose Cellules picnotiques dans les lobules
lumière des lobules partie de la lumière des lobule
RGS Rapport gonado-somatique
;s différentes cellules présentes
:onjonctif en dehors des lobules)
non occupée par les spermatozoïdes
H_ témoin non hypophysectomisé
H témoin hypophysectomisé
c-GTH hormone gonadotrope de Carpe (1 ug/g/injection)
LH-Mg hormone luteinisante de Mouton (CNRS) (10 pg/g/injec tion)
FSH-M 2 hormone folliculostimulante de Mouton (CNRS) (10 pg/g/injection)
Source : MNHN, Paris
58
ÉLISABETH BIIRZA WA-EÉRARR
4MP c formé pendant l'incnbatinn
(picomoies)
4MPc formé pendant
l'incubation (picomoies)
Témoin 0,1 fig ijig lopg
c-GTH
lOfÈ iopg
LH FSH
NIH Bs NI H S 11
o.epM
F Na
Témoin ipg lojig
c-GTH
Addition partnbe d'incubation
1® ,f expérience
FSH HCG
Addition par tube Vincubation
2 eine eipérience
Comparaison de
l'activité de la c-GTH, la o-LH, la o-FSH et la HCG
l'adenyl-cyclase de l'ovaire de Cyprin
Milieu
d'incubation
Tris-HCl 29.10 -3 M pH 7,4
Pyruvate kinase 12 unités/ml
Albumine 167 ug/ml
Théophylline 9.10 -3 M
Protéines ovariennes?lmg/ml
Phosphoénolpyruvate 7,2.10 -3 M
ATP- 32 p 1,33 10" 3 M 30 cpm/p Mole
Magnésium <Mg ++ ) 4,3.10 -3 M
Saccharose 0,1M
Durée d'incubation 15 mn
Température d'incubation 20’C
Source : MNHN, Paris
HOliMONK (.(> YADOTItOI’l'. UK LA CARPE
1. — Anguille
L’influence éventuelle des hormones gonadotrope» des Mammifères a été recherchée sur
la fixation du phosphore fl P par le testicule île l'Anguille.
o) LH (LH-NIH-S 11)
La fixation du phosphore n’est pas augmentée, quelle que soit la dose injectée (10, 100
ou 1.000 pg animal). Le calcul statistique réali»é sur l'ensemble des animaux (témoins et traités)
conclut à l’homogénéité de l'ensemble considéré (F — 1.90. dl| = 3. dh — 18. 0.05 < p <0.2).
b) FSH (FSH-NIH-S 3)
50. 300 ou 2.000 pg de la préparation hormonale ont été injectés aux Anguilles.
L’ensemble des données traitées statistiquement (test d’homogénéité F = 1,10, dl, 3. dL —20,
p < 0,20) nous permet de conclure à l’absence de réaction.
L'hormone gonadotrope de la Carpe, comme nous l'avons vu (cf. fig. 24 A), donne une
réponse statistiquement différente de celle des témoins à partir d'une dose seuil de 2 pg de la
préparation BG 121 (type III).
a) Régénération de la gonade du Cyprin hypophysectomisé
Nous avons recherché l’éventuelle régénération de la gonade mâle île Cyprin hypophysectomisé
sous l’influence des préparations hormonales LH-Mj (C.VR.S.) et FSH-Mi (C.VR.S.) (Billard
et al.. 1970). Ces hormones n'ont aucune action. La spermatogénèse n'est pas restaurée, la
structure du testicule est plus dégradée que sur les animaux hypophysectomisé» : il est impossible
d’individualiser les lobules et d'identifier les cellules de Sertoli. Comme chez le» animaux témoin»
hypophvsectomisés, l'importance du conjonctif extra-lobulaire est responsable de» valeurs relati¬
vement élevées du RGS. Nous avons résumé l'ensemble des résultats sur la figure 26.
b) Mesure de l’activité adényl-cvclasique de l'ovaire en prévitellogénèse
Aucune des hormones gonadotropes hypophysaire» des Mammifères (LH et FSH) n'est capable
de stimuler l'adényl-cyclase à de» concentrations même 100 fois plus élevées que celles utilisées
pour la c-GTH (Fontaine et al.. 1970). L'hormone chorionique humaine HCG-1 l I tube d'incu¬
bation) ne stimule pas non plus l'adényl-cyclase de l'ovaire de Cyprin. L'ensemble des résultats est
résumé dans la figure 27.
3. — Amphibiens
Rappelons que les extraits hypophysaires de Poisson sont capables d'induire la spermiation
de la Grenouille Rana escutenta (Fontaine et Chauvel, 1961). Barr et Hobson (1964) l'observent
également chez Xenopus taevis.
Les hormones gonadotropes LH et FSH ainsi que la HCG induisent également la spermiation
de la Grenouille (tableau XV). La LH a ici été utilisée dans certains cas comme hormone de réfé¬
rence pour exprimer l’activité des différentes préparations de la c-GTH. Cependant, comme nous
l'avons décrit dans « Matériel et Méthodes ». la sensibilité relative de la gonade de la Grenouille à
la LH est variable au cours de l'année.
Le test de gonflement des testicules du Têtard d'Alytes obstetricans (Delsol et Flatin. 1961)
a été également utilisé. Leraï (1963) observe une réponse positive avec un extrait brut d'hypo¬
physes de Carpe. Les hormones LH et FSH de Mammifères comme la c-GTH donnent des réponses
positives (Delsol et al., 1970). L'ensemble des résultats est résumé dans le tableau \\.
Les hormones gonadotropes LH et FSH n'agissent pas sur ces deux receveurs avec la même
efficacité relative. La FSH apparaît plus active chez le Têtard il'A/vtes que chez la Grenouille
Source : MNHN, Paris
ÉLISABETH Hl K/AWA-GÉRARD
60
(Bhiizawa-Gérard Pt Y.-A. Fontaine. 1965). I.** rapport d’activité —— a été déterminé
LH-INIH
chez d'autres Amphibiens et Reptiles par différents auteurs (cf. Bhrzawa-GÉRARD et Y.-A. Fon¬
taine, 1972) et il varie de façon importante.
Tableau XV
Détermination Je la José moyenne effective sur Jes tests utilisant un Amphibien
comme receveur Jes hormones gonaJotropes (I.H et FSH) Jes Mammifères
et Je l'hormone gonaJotrope Je la Carpe (c-G’l'H)
Test
D SOflig/nintal)
LH NIH -81
FSH NIH SI
c-GTH
Spermiation de la Grenouille
Rana esculenta
2,6
(1,9 -3,5)
31,2
(25,6 -38,0)
8,0
(6,4-9,9)
Gonflement du testicule du
têtard Alytes obstetricans
0,2
(o.i -0,3;
0,5
(0,3 - 0,8)
1,6
(0,9- 2,6)
La gonade des Amphibiens. comme celle des Reptiles, possède donc l'intéressante propriété
d’étre sensible non seulement à leur propre hormone, mais aussi aux hormones gonadotropes des
Mammifères et îles Poissons. L'activité relative de ces différentes hormones n'est généralement pas
la même, selon l'animal choisi, et aussi selon certaines conditions extérieures.
B. — Recherche de l’activité biologique de l'hormone gonadotrope de la Carpe sur le Rat
1. — Déplétion Je V acide ascorbique Je l'ovaire chez la Ratte pseuJogestante
Ce test (Parlow . 1967) a été appliqué dans les conditions décrites par Pelletier (1963) ;
100 et 500 |rg de c-GTH (BG 2-67, type IV) n'ont aucune action tandis qu'une régression signi¬
ficative avec des doses faibles de LH (LH-.MH-B 5) est observée.
Les résultats sont représentés sur la figure 28 (test d’homogénéité F = 4,8, n = 1-9,
0,05 < p < 0,20).
2. — Augmentation Je poiJs Je l’ovaire Je la Ratte prépubère traité par le HCG
Ce test a été appliqué dans les conditions décrites par Steelman et Pohley (1953) et en
présence de 20 UI de HCG.
Différentes préparations de c-GTH ont été utilisées pour ce travail. 200 p.g de G 52 ne
possèdent aucune activité sur ce test (Burzawa-Gérard et Y.-A. Fontaine, 1965). Il en est de
même avec des doses beaucoup plus élevées de préparations plus purifiées. I,es résultats sont résumés
dans la figure 29. l^e traitement statistique des données expérimentales (test d'homogénéité F = 2,6,
•Il — 1-9, p > 0,05) nous permet de conclure à l'homogénéité des lots d'animaux témoins et de
ceux ayant reçu l'hormone gonadotrope de la Carpe.
Source : MNHN, Paris
MORMONE GONADOTROPE DE l J
Acide ascorbique (|ij/îoomg d'ovaire)
Figure&8
Inactivité de la c-GTH sur la concentration de l'acide ascorbique de l'ovaire de Ratte pseudo-gestante
» -* LH-NIH-B5
•-« BG 2-67
T Y + erreur type de la moyenne
Source : MNHN, Paris
62
ELISABETH BURZAWA-LF.H AHD
Poids des ovaires (mg)
150
100
50
40
30
20
10 100 1000
dose injectée par animal (|ig)
Figure 3.9
Inactivité de la c-GTH sur le poids de l'ovaire de Ratte prépubère traitée
par la HCG.
■-a FSH-NIH-S11
à. A BG 32 B
•_«BG 19
f Moyenne Y * erreur type de la moyenne
V. — DISCUSSION
A. — Nature hormonale
La méthode préparative que nous avons étudiée au cours du chapitre précédent nous a
permis d'obtenir une glycoprotéine d'un degré «le pureté élevé possédant une action gonadotrope.
Cette action est clairement définie par les expériences de régénération réalisées sur le
Cyprin hvpophysectomisé. Chez le mâle, la spermatogénèse est restaurée jusqu'à émission du
sperme, chez les femelles, la vitellogénèse est reprise et elle se poursuit complètement. De plus,
l'élaboration du vitellus dans les ovocytes, d'une part et d'autre part la stimulation des cellules
folliculaires que nous observons constituent une preuve indirecte de la sécrétion accrue des stéroïdes
sous l'influence de la c-GTH. Par ailleurs. Yamazaki et Donaldson (1969), avec une préparation
gonadotrope provenant d'un autre Poisson Téléostéen (Oncorhynchus tschauytscha) mais possédant
des caractères biochimiques très voisins «le la c-GTH (Donaldson et al.. 1972), observent «jue
l’onc-GTH stimule la 3 (5 hydroxvstéroïdéhydrogénase «lu testicule du Cyprin hvpophysectomisé,
suggérant ainsi qu'une stimulation de la stéroïdogénèse a lieu sous l'influence «le cette hormone.
Source : MNHN, Paris
HORMONE LONADOTROPF. DE LA CARPE
63
Enfin. la présence de la e-GTH dans l'hypophyse, surtout dans la pars distalis proximale,
a été vérifiée par immunofluorescence (Billaud et al.. 1970). Cette même glycoprotéine, ou du
moins une substance ayant les mêmes propriétés antigèniques, est présente dans le sang du
Cyprin. Les dosages radio-immunologiques du plasma du Cyprin mettent en évidence un rythme
nycthéméral du taux plasmatique et une élévation de ce taux au moment de l'ovulation (Breton
et al.. 1972).
Nos préparations agissent également sur divers paramètres biochimiques de l'activité gona¬
dique <les Poissons Téléostéens.
o) L'activation de l'adényl-cyclase suggère que l'hormone gonadotrope de la Carpe agit
par l'intermédiaire de 1*AMP, pour au moins une partie de ses activités sur la gonade.
b) La fixation du phosphore radio-actif par le testicule de l'Anguille est augmentée sous
l'influence de la c-GTH. I ne réponse similaire est observée avec le testicule du Poussin sous
l'influence des hormones LH et FSH de Mammifères (Brkneman et al., 1962). Cette action reflé¬
terait le taux de renouvellement de certaines phosphoprotéines et est considérée comme un indice
du taux d'activité de l'organe.
c) La c-GTH augmente la teneur en eau du testicule du Cyprin. Clemens et Grant (196-1)
interprètent cette réaction comme représentant la mobilisation de l'eau nécessaire à l'élaboration
du plasma séminal.
L'ensemble de ces données montrent que la glycoprotéine purifiée possède toutes les carac¬
téristiques définissant une hormone. Nous sommes bien en présence d'une hormone gonadotrope
hypophysaire de la Carpe.
B. — Nombre des hormones
Chez les Poissons Téléostéens comme chez les Mammifères, l’hypophyse est la glande qui
sécrète les stimulines indispensables au fonctionnement îles diverses glandes endocrines et de la
gonade en particulier. De même, les Poissons Téléostéens possèdent des formations tissulaires
homologues à celles de la gonade des Mammifères. En conséquence, l'idée que deux hormones
gonadotropes de type LH et de type FSH existeraient chez les Poissons Téléostéens a été souvent
envisagée (Pickford et Atz. 1957 : Dodd. 1960 : Hoar, 1966 : Hyder. 1970).
Diverses données de la littérature semblent en faveur de cette hypothèse :
n) Deux types de cellules en relation avec la fonction gonadotrope ont été décrits dans
l'hypophyse de nombreuses espèces parmi les Vertébrés inférieurs. Ils ont été interprétés
comme sécrétant des hormones de types LH et FSH (Olivereai et HeRLANT, 1960 : Olivereai;.
1954 : Hoar. 1966).
b) L'hypothèse de l'existence des deux hormones gonadotropes chez les Poissons résulte
également des résultats obtenus par l’injection des hormones LH et FSH à des Vertébrés inférieurs.
Le fait, par exemple, que la LH. mais non la FSH. soit quelquefois active chez le Poisson a conduit
de nombreux auteurs à postuler l'existence d'une hormone de type LH chez le Poisson. I ne
deuxième hormone de type FSH devenait nécessaire (Hoar. 1966).
En fait, l'existence chez les Mammifères de deux hormones n'a été définitivement retenue
qu'à partir du moment où les méthodes de préparation ont permis de séparer les deux hormones.
Or. notre travail met en évidence, par l'application des mêmes méthodes biochimiques de frac¬
tionnement, l'existence, chez un Poisson Téléostéen. la Carpe, d'une unique hormone capable
de stimuler toutes les étapes de la gamélogénèse.
D'autres travaux ont étendu cette hypothèse à un salmonidé. Yamazaki et Donaldson (1968)
ont purifié l'hormone gonadotrope tVOncorhvnchus tshauytscha et cette hormone stimule de
nombreuses activités de la gonade des Vertébrés inférieurs (Sindarahaj et al., 1971 ; Liley et
Donaldson. 1970 : Lic.ht et Donaldson, 1970).
Source : MNHN, Paris
64
ÉLISABETH Bl'HZAWA-LÉRAHD
De plus, des études histologiques récentes mettent en cause chez divers Poissons Téléostéens la
dualité des cellules sécrétrices des hormones gonadotropes. Il semble en particulier que certaines
cellules qui se modifient après gonadectomie ne soient pas gonadotropes mais plutôt productrices
de TSH (Schreibman. 1964 : Van Overbeeke et Mac Bride, 1967 ; Mac Bride et Van Overbeeke,
1967). I.eatherland (1969) et Mattheu (1970) concluent à l'existence dans l’hypophyse d’un seul
type cellulaire en relation avec la stimulation des gonades.
Certaines données de la littérature et en particulier le travail de Hydeh (1970) chez Tilapia
suggèrent l'existence, dans certains cas. d’une stimulation différentielle des tissus gamétogénétique
et stéroïdogène. L’hypothèse d'une seule hormone gonadotrope chez les Poissons Téléostéens
peut-elle être conciliée avec ces faits '!
Rappelons d'abord que la gonade des Poissons Téléostéens possède, comme celle des Mam¬
mifères d’une part un tissu germinatif qui assure la synthèse des gamètes mâles ou femelles et
d’autre part un tissu endocrinien qui sécrète les stéroïdes sexuels. I^e tissu gamétogénétique est
similaire à celui îles Mammifères et a été décrit par de nombreux auteurs, par exemple Yamazaki
(1965) ; Billard (1969) : Lambert (1969). Le tissu stéroïdogène de la gonade du Poisson a été
étudié chez certaines espèces. Lambert et Van Oordt (1965). Bara (1965) ont montré chez la
femelle que les cellules folliculaires sont le siège de la synthèse stéroïdienne. Chez les mâles,
le tissu interstitiel est présent (Marshall et Lofts, 1956 : Delrio et al., 1967). Les cellules de
Sertoli seraient, elles aussi, capables de synthétiser les stéroïdes sexuels (Marshall et Lofts, 1956 ;
Yaron, 1966 ; O’Halloran et Idler, 1970 ; Collenot, 1971).
1. — Si une unique hormone assure effectivement de façon directe la stimulation de toutes
les fonctions de la gonade, c’est donc qu’elle peut se lier avec les récepteurs présents dans les
divers types de tissus gonadiques. Diverses hypothèses peuvent cependant concilier cette idée avec
une stimulation différentielle des divers tissus.
a) Les récepteurs différents peuvent être sensibles â des concentrations d’hormones différentes.
Sundararaj et al. (1972) ont étudié chez le Poisson-chat (lleteropneustes fossilis) l’induction
de la vitellogénèse, le maintien de la vitellogénèse et l’ovulation après injection de la fraction
gonadotrope obtenue après filtration de l’extrait brut d'hypophyses de Carpe sur Sephadex G 100.
Ils observent que de fortes doses sont nécessaires pour induire la vitellogénèse mais que des doses
très faibles sont suffisantes pour la maintenir lorsque les œufs sont proches de la maturité. L’ovu¬
lation se produit après injection d'une forte dose d’hormone. Rappelons à ce propos que Breton
et al. (1972) ont observé dans le plasma du Cyprin une forte décharge d’hormone au moment de
l'ovulation. La concentration est alors 5 â 10 fois plus élevée que chez les témoins.
La concentration de l’hormone peut elle-même varier avec des facteurs extérieurs qui
exercent un rôle particulièrement important chez les Vertébrés inférieurs. Les conditions de tempé¬
rature. de lumière et d’environnement conditionnent pour de nombreuses espèces le moment de
l’ovulation et par suite de la ponte (Yamazaki, 1965 : Ballermann. 1969-1972) ont montré que
l'ensemble température, durée et intensité de l’éclairage agissait très fortement sur la maturation
des gonades et donc sans doute sur la sécrétion de l’hormone gonadotrope elle-même. Les conditions
de température et de lumière peuvent intervenir comme un stimulus extérieur sur le système
nerveux central et provoquer, par stimulation hypothalamique, une décharge de l’hormone
gonadotrope.
b) Les tissus stéroïdogène et gamétogénétique pourraient ne pas être toujours stimulables
par l’hormone simultanément ; l’un des produits résultant de la stimulation du tissu stéroïdogène
pourrait contribuer â la stimulation du tissu gamétogénétique en induisant par exemple la synthèse
de récepteurs dans l'autre tissu. Braun et Hetcher (1970) ont montré que l’ACTH n’était apte à
stimuler l'adényl-cyclase de la cellule adipeuse que dans la mesure où des glucocorticoïdes étaient
présents.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE
CARPE
65
c) La stimulation d’un des tissus effecteurs de l’hormone pourrait aussi être inhibée. En
effet, certains travaux relatifs à d'autres tissus ont mis en évidence des facteurs capables d’inhiber
l’activation de l’adényl-cyclase par des hormones (Ho et Sutherland, 1971 : Bitensky et al., 1971).
2. — Le rôle d’autres hormones dans la stimulation de certains tissus de la gonade ne peut
enfin être éliminé. L'accroissement au cours de la maturation sexuelle de l'activité de la thyroïde
a été observée par de nombreux auteurs et sur différentes espèces (cf. Barhincton et Matty, 1952 ;
Olivereau, 1954 ; Etienne, 1957). Sundararaj et Goswami (1966-1969) sur Heteropneustes fossilis
hypophvsectomisé induisent l’ovulation aussi bien avec la LH qu'avec les corticostéroïdes. Ils
interprètent l’action de la LH par la stimulation de l’interrénal plutôt que par une action directe
sur la gonade.
Le nombre des hormones gonadotropes chez les Amphibiens et les Reptiles reste encore
indéterminé. Cependant, certaines données de la littérature suggèrent l’existence ici aussi d’une
unique hormone. Van Oordt et de Kort (1969) évoquent la possibilité que les changements
cycliques du testicule au cours de l’année peuvent être expliqués sur la base de l'existence d'une
seule hormone. Des variations saisonnières de la sensibilité de l'épithélium germinal et du tissu
interstitiel à l’hormone gonadotrope permettraient une stimulation successive de ces deux tissus.
Mais aucune conclusion définitive ne peut être apportée avant que des études biochimiques aient
pu être entreprises. Le rôle du système nerveux central par le jeu des peptides hypothalamiques
n’apparaît pas dans ces études.
Chez le Lézard, Licht et Pearson (1969) suggèrent que des changements cycliques du testi¬
cule (Anolis carolinensis) peuvent être expliqués par les variations du taux plasmatique d'une
unique hormone associées à une plus grande sensibilité du tissu gamétogénétique que du tissu
interstitiel. Les hormones LH et FSH chez les Amphibiens ont des effets qualitatifs différents
(Lofts, 1961 ; Eyeson, 1971). Ces résultats pourraient être expliqués par l’existence de récepteurs
hormonaux différents.
Une étude biochimique récente de Papkoff et Licht (1972) apporte des éléments nouveaux
et intéressants. Ces auteurs ont purifié une hormone gonadotrope à partir d'hypophvses de Tortue.
Cette hormone possède certaines caractéristiques biochimiques qui la rapprochent des hormones
gonadotropes LH des Mammifères, cependant elle se révèle inactive sur les Mammifères tandis
qu’elle agit chez le Lézard (Anolis carolinensis) comme le fait la FSH mammalienne.
Chez les Mammifères eux-mêines, l’existence des deux hormones (LH et FSH) semble permettre
d’expliquer facilement la stimulation différentielle des deux tissus gamétogénétique (pour FSH) et
stéroïdogène (pour LH). Cependant, l’idée que la FSH puisse agir exclusivement sur le tissu
gamétogénétique et la LH sur le tissu stéroïdogène n’est plus retenue. Ortavant (1969), par exemple,
signale que la manière dont la gonade répond à l’une ou à l’autre hormone n'est pas constante, elle
est variable selon l’espèce, l’âge et l’origine zoologique de la préparation hormonale. Nous ne
discuterons pas ce problème ici ; citons seulement lieux résultats récents obtenus sur des tissus
isolés. Kuehl et al. (1970) en étudiant la stimulation de l’adényl-cvclase du testicule du Rat (tubule
isolé) ont montré que les deux hormones LH et FSH agissaient sur ce tissu ; ils pensent qu’une
relation quantitative existerait entre les activités des deux hormones à stimuler leurs adénvl-
cyclases réciproques. Kolena et Channinc (1972) ont montré que FSH et LH stimulaient l'adénvl-
cyclase de cellules de la granulosa isolées.
Source : MNHN, Paris
ÉLISABETH Hl K/A VV A-GÉKARD
66
Ün peut s'interroger sur la signification île l'existence de ces deux hormones et se demander
à quel stade de l’évolution elles sont apparues ? Hartree et Cunningham (1969) ont séparé chez la
Poule deux substances gonadotropes qui. d'après leur action sur le Rat. correspondraient respecti¬
vement à une I.H et une FSH tandis que chez les Reptiles et les Amphihiens l’hypothèse qu'une
seule hormone serait présente, a été émise par LlCHT et al. (1970) et par Van Oordt et de Kort
(1969-1972). Ces résultats suggéreraient que l'apparition de l’homéothermie peut avoir été un
élément en faveur de l'apparition de la seconde hormone (cf. Nicoll dans discussion Burzawa-
Géhakd et Y.-A. Fontaine. 1972). L'acquisition de cette deuxième hormone est devenue alors
nécessaire afin de remplacer la modulation produite par le milieu extérieur et plus particulièrement
par la température.
On peut aussi penser qu'une différenciation croissante des récepteurs gamétogénétique et
stéroïdogène s'est produite afin d'assurer une régulation de plus en plus fine des gonades. Le cas
des Amphihiens et des Reptiles est particulièrement intéressant à considérer de ce point de vue.
En effet, ces animaux sont capables de répondre à la fois à l'hormone gonadotrope du Poisson
et à la LH connue à la FSH. Cependant, la sensibilité de leur gonade à l'une ou à l'autre hormone
est variable selon l’espèce considérée. Ces considérations suggèrent qu'une différenciation des
récepteurs des deux formations tissulaires de la gonade s'est produite. On peut alors émettre l’hypo¬
thèse qu'une seule protéine soit finalement devenue insuffisante à stimuler efficacement les différents
tissus et que la sélection naturelle ait favorisé l’apparition de la seconde hormone gonadotrope
hypophysaire.
C. — Spécificité zoologique
L’existence d'une spécificité zoologique des hormones gonadotropes a été mise en évidence
par de nombreux chercheurs (cf. Pickford et Atz, 1957) et les résultats sont devenus plus nets à
partir du moment où les premiers fractionnements d'hypophyses de Mammifères ont permis de
séparer des fractions possédant soit l’activité folliculostiinulante. soit l’activité lutéinisante.
1. — Entre Poissons Téléostéens
L'ensemble de la bibliographie concernant l'action des extraits hypophysaires de Poissons
sur des receveurs Poissons met généralement en évidence l’efficacité de ces extraits à promouvoir la
maturation des gonades (cf. Pickford et Atz, 1957). Cependant, Clemens et Johnson (1964) ont
observé que l'amplitude de la réponse du testicule du Cyprin (test d’hydratation) varie avec
I espèce du donneur et que cette variation est d'autant plus importante que l’espèce est plus
éloignée du Cyprin receveur. Billard et al. (1972) ne peuvent pas restaurer la spermatogénèse du
Poecilia reticulata hvpophysectomisé avec des extraits hypophysaires de Carpe ; Breton et al.
(1972) observent aussi que la régénération de la spermatogénèse du Cyprin hvpophysectomisé est
d'autant plus satisfaisante que les extraits hypophysaires reçus proviennent d'espèces phylogéné¬
tiquement plus proches du Cyprin. Breton et al. (1972) observe parallèlement l’existence d’une
spécificité immunologique des hormones gonadotropes île différentes espèces de Poissons Téléostéens.
De plus, Y.-A. Fontaine et al. (1972) ont étudié l'activité de l'adényl-cyclase d'ovaire de Cyprin sous
l'influence des hormones gonadotropes de Carpe et d’Oncorhynchus : c-GTH est 36 fois plus active
que onc-GTH. Cette différence n'apparaît pas être due uniquement à des degrés de pureté différents
mais aussi à l'existence d'une spécificité zoologique d’action.
2. - Poissons Téléostéens. Amphibienk et Reptiles
La c-GTH est active sur la gonade des Amphihiens : elle provoque la spermiation de la
Grenouille ( Rana esculenta) et Xenopns laevis (Bahr et Hobson. 1965) et le gonflement du testicule
d Alytes obstetricans. Cette dernière réaction peut être rapprochée de celle décrite par Simon et
Reinboth (1966) qui obtiennent une vésiculisation îles testicules de Xenopus laevis sous l’influence
des hormones gonadotropes LH et FSH comme avec des extraits hypophysaires île Poissons.
Source : MNHN, Paris
HORMONE OONADOTHOI’K DE I.A CARPE
67
En ce qui concerne les Reptiles. LiCHT et Donaldson (1969) ont montré que la onc-GTH
maintenait les testicules à'Anolis carolinensis hvpophvsectomise dans leur état normal et provoquait
la croissance testiculaire et la spermatogénèse chez îles animaux en repos sexuel, l.a c-GTH est
capable de stimuler l'activité adényl-cvclasique d'un homogénat d'ovaire de Couleuvre ( Coronella
austriara Laurenti) (Burzaw'a-Gérakd et Y. -A. Fontaine, 1972).
3. — Poissons Téléostéens et Mammifères
a) Lorsque l'on considère l'action des hormones gonadotropes des Mammifères sur les
Poissons, l'ensemble des données bibliographiques met en évidence des résultats variables. La FSH
apparaît généralement inactive, la LH, par contre, présente une activité biologique sur certaines
fonctions de la gonade du Poisson.
a) Chez le mâle. — Fontaine (1936) induit la maturation de l’Anguille mâle après
injection de prolans. Ashan (1966) observe sur Couessius plumbeus hvpophysectomisé une action
de I.H identique à celle d'une préparation partiellement purifiée de l'hypophyse de Saumon. De
même, Sundararaj et Nayyar (1967) et Sundararaj et al. (1971) restaurent la spermatogénèse
iVHeteropneustes fossilis hypophyseetomisé après injection de LH, de HCG ou du propionate
de testostérone, mais une préparation gonadotrope de Saumon se révèle 10 fois plus active que
la LH. Chez d'autres espèces, Yamazaki (1965) et Wiebe (1969) obtiennent également des réponses
positives. Hyder et al. (1970) observent une hypertrophie du tissu interstitiel du testicule de Tilapia
sous l’iniluence de HCG. Par contre, l'étude de la régénération de la spermatogénèse montre clai¬
rement l'inefficacité des hormones gonadotropes (LH. FSH. HCG) sur ce receveur. Comme nous
l’avons vu. l'histologie des gonades des animaux traités met en évidence une importante dégra¬
dation de la structure du testicule. .Ni la FSH. ni la LH et le HCG ne sont capables de stimuler
la fixation du phosphore 32 P sur le testicule de l’Anguille. Yamazaki et Donaldson (1968 a)
n'obtiennent pas la spermiation du Cyprin hypophyseetomisé après injection de la LH ou de la
FSH mais ils l'obtiennent avec le HCG.
0) Chez les femelles. — Les hormones mammaliennes se sont généralement révélées inactives
sur la vitellogénèse (cf. Pickford et Atz, 1957) : la LH et la FSH ne stimulent pas l'activité
adénvl-cyclasique de l'ovaire de Cyprin en prévitellogénèse.
Chez Heteropneustes fossilis. la LH est active in vivo sur la maturation et l'ovulation mais
inactive in vitro (Goswami et Sundararaj, 1971). Jalabeht et al. (1972) ont observé sur des
ovocytes de Salmo gairdnerii in vitro l’ineffieacité des hormones o-LH, o-FSH et HCG à provoquer
la maturation et l’ovulation.
L’ensemble de ces données met en évidence la complexité du problème. La spécificité des
récepteurs de la gonade pourrait être plus ou moins stricte selon l'élat physiologique, le sexe et
l’espèce. Les réponses positives sont généralement obtenues chez le mâle et le plus souvent
lorsque le Poisson n’est pas hypophyseetomisé. Lue action indirecte pourrait expliquer certains
résultats positifs. Sundararaj et Goswami (1966) ont montré que, dans le cas iVHeteropneustes
fossilis, la LH stimulait les sécrétions de corticostéroïdes par l'interrénal : ceux-ci ensuite agissaient
sur la gonade en provoquant l’ovulation ou la spermiation. Mais ces corticostéroïdes ne peuvent
à eux seuls rendre compte des résultats positifs obtenus sur la spermatogénèse de certains Poissons.
Une action directe de la LH ne peut être exclue.
b) L’action des extraits hypophysaires de Poisson sur les Mammifères conduit généralement à
des actions faibles ou n'augmentant pas avec la dose (Burzawa-Gérahd et Y.-A. Fontaine. 1965).
La présence dans les extraits hypophysaires de certaines substances agissant sur la propre sécrétion
d’hormones gonadotropes de l'animal expérimental pourrait expliquer les réponses observées.
L’utilisation de l'hormone de Poisson purifiée permet de supprimer d'éventuelles actions hétéro-
Source : MNHN, Paris
A8
FI.ISABF.TH BIRZAWA-OF.KARD
tropes ou pharmacodynamiques. Nous n'avons pas observé d'action de la c-GTH sur les Mammi¬
fères : .cette hormone se révèle aussi incapable de stimuler l’activité adényl-cyclasique d’un
homogénat d'ovaire de Rattes prépubères (Y.-A. Fontaine et al.. 1971).
I,'action d'une part, des hormones gonadotropes de Poisson sur les Mammifères, d’autre
part, des hormones gonadotropes de Mammifères sur les Poissons est limitée ou nulle. Les gonades
îles Amphibiens comme celles îles Reptiles sont au contraire nettement stimulables par ces diverses
hormones. Ce fait, ainsi que les similitudes biochimiques existant entre l’hormone gonadotrope
de la Carpe et celle des Mammifères (même nature glycoprotéique, même poids moléculaire et
structure quaternaire similaire), suggèrent que toutes ces hormones, malgré les différences qui
existent entre elles, sont homologues. Nos résultats et ceux acquis précédemment (Y.-A. Fontaine,
1969) conduisent donc à l'idée que toutes les hormones glycoprotéiques hypophysaires des différents
Vertébrés, qu'elles soient gonadotropes ou thyréotropes, constituent une même famille de protéines
homologues.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE DE I.A CARPE
69
CONCLUSIONS GENERALES
L’hypophyse des Poissons Téléostéens exerce une actiôn décisive dans la stimulation des
gonades. Quand nous avons commencé nos recherches, on ne savait rien sur la nature chimique
des hormones responsables. De plus, l'utilisation d'extraits bruts d’hvpophvses interdisait toute
conclusion quant au nombre des hormones gonadotropes présentes chez les Téléostéens et quant au
degré de similitude entre ces deux hormones et les gonadotropines des Mammifères FSH et LH qui
avaient été seules purifiées jusque-là.
Nous avons abordé l’étude de ce problème par une analyse biochimique et biologique de
l’activité gonadotrope présente dans l’hypophyse d'un Poisson Téléostéen, la Carpe (Cyprinus
carpio).
1° L’utilisation de diverses techniques de fractionnement (percolation alcoolique, filtration
sur gel, chromatographie sur échangeurs d'ions, électrophorèse préparative sur gel acrylamide) a
permis la purification d’une glycoprotéine (c-GTH). Au cours de ces manipulations, l'activité gona¬
dotrope est recherchée par le test «le spermiation de la Grenouille. L'utilisation d'un re«^eveur
choisi parmi les Antphibiens est intéressante car ces animaux répondent aux hormones gonado¬
tropes des différents Vertébrés. L’activité gonadotrope de la glycoprotéine (c-GTH) est exprimée
en terme de LH-NIH-S 1 ; son activité spécifique est de 1,5 U. Certaines de ses constantes
physico-chimiques ont été déterminées : la composition globale en acides aminés, en sucres et
en sucres aminés, le poids moléculaire (26.000 - 28.000) et le point isoélectrique (5,1).
L’étude de l’homogénéité des préparations obtenues met en évidence la présence dans celles-ci
d’une protéine inactive d’encombrement stérique moins élevé que le facteur biologiquement
actif. Cette protéine inactive, qui est retrouvée même dans les préparations les plus hautement
purifiées, provient en fait d'une dissociation de la molécule active. La structure quaternaire de
celle-ci a été étudiée en suivant les variations de l'encombrement moléculaire de la glycoprotéine
sous l’action de divers agents dissociants. Des résultats semblables à ceux décrits pour les hormones
glycoprotéitjues des Mammifères ont été observés. Ia* caractère instable de la glycoprotéine pourrait
résulter de cette structure.
2° Nous avons étudié l’activité gonadotrope de la c-GTH chez les Poissons Téléostéens. La
c-GTH est capable, chez le Cyprin mâle hvpophysectomisé. de restaurer complètement la spermato-
génèse et d’induire la spermiation : chez la femelle hypophvsectomisée. elle semble aussi capable
de stimuler tous les aspects de la fonction ovarienne et en particulier de restaurer la vitello-
génèse. La c-GTH stimule également divers paramètres biochimiques de l'activité gonailique
(fixation du phosphore 32 P par le testicule de l’Anguille, hydratation du testicule de Cyprin, activité
adényl-cvclasique de l’ovaire de Cvprin). Le rapport d’activité --- - ——-n'est pas
hypophyse de Carpe
statistiquement différent, qu'il soit déterminé par un de ces tests ou par l’étude «le la spermiation
chez la Grenouille.
La c-GTH est donc capable «le reproduire à elle seule les effets gonadotropes de l'hypo¬
physe sur la gonade de Poissons Téléostéens. File apparaît comme l'unique hormone gonadotrope
présente dans l’hypophyse de la Carpe. Ce résultat conduit à l'hvpothèse selon laquelle chez les
Source : MNHN, Paris
ÉLISABETH Bl'H/AWA-I.ÉKAKD
70
Poissons Téléostéens il existerait une seule hormone gonadotrope. Cette hypothèse a été renforcée
par les données similaires obtenues chez Oncorhxnchus tshawytscha par d'autres auteurs (Yamazaki
et Donalosoiv, 1968).
3" I,'hormone gonadotrope de la Carpe a été comparée aux hormones gonadotropes hypo¬
physaires îles Mammifères. Ce sont toutes des glycoprotéines et elles ont un poids moléculaire
semblable : la composition chimique (amino-acides, sucres, sucres aminés) est différente. L'hormone
gonadotrope de la Carpe serait composée de deux sous-unités mais les caractéristiques d'association
et de dissociation de celles-ci ne sont pas identiques à celles décrites pour les préparations des
LH et FSH ovine et bovine. Des différences plus nettes sont observées sur le plan biologique.
L'hormone gonadotrope de la Carpe apparaît incapable de produire aucune stimulation sur la gonade
d'un Mammifère in vivo et in vitro. Réciproquement, les hormones gonadotropes des Mammifères
sont incapables, dans les conditions de nos expériences, de stimuler la gonade des Poissons.
L’hormone gonadotrope de la Carpe est à la fois différente de la LH et de la FSH. Cependant,
toutes ces hormones sont capables de produire une action gonadotrope sur les Amphibiens et les
Reptiles.
Cette propriété commune associée à une même nature glycoprotéique suggère qu’en dépit de
certaines différences, toutes ces hormones sont des protéines homologues.
Le résultat de cette étude pose deux questions importantes :
A. — Comment la gonade des Poissons peut-elle être régulée par une seule hormone gona¬
dotrope alors qu'elle est constituée de deux types principaux de tissus qui semblent pouvoir, dans
certains cas, être stimulés de façon simultanée ? .Nous supposons que les récepteurs de l’hormone
gonadotrope présents dans ces deux tissus ont des propriétés et en particulier une sensibilité
différentes. Selon la concentration de l'hormone dans le plasma, un seul ou plusieurs types
de récepteurs pourraient être mis en jeu. Par ailleurs, d'autres hormones pourraient intervenir,
par exemple en modiiiant différemment les propriétés de ces récepteurs.
B. — Quand et pourquoi dans l’évolution des Vertébrés deux hormones gonadotropes
sont-elles apparues '!
lin certain nombre de données indirectes suggérant qu'une seule hormone gonadotrope
existerait chez les Amphibiens et les Reptiles, et. s'il se vérifiait que deux hormones sont au
contraire présentes chez les Oiseaux, on serait tenté de relier ce fait à l'apparition de l’homéothermie.
[ ne diminution de l'inlluence modératrice sur la gonade du milieu extérieur pourrait avoir rendu
nécessaire une régulation interne plus line de l'activité sexuelle.
On peut aussi émettre l'hypothèse que le facteur principal dans l'apparition des deux
hormones gonadotropes est la différenciation croissante des deux types de récepteurs présents
respectivement dans les tissus gamétogénétique et stéroïdogène : une seule hormone ne pouvant
plus être reconnue de façon satisfaisante par tous les récepteurs, la sélection naturelle aurait
favorisé l'apparition de la seconde hormone.
Source : MNHN, Paris
HORMONE GONADOTROPE l)K I.A CARPE
71
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Source : MNHN, Paris
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12 JUIN 1974 .
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