BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 139
MAI-JUIN 1973
zoologie
103
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vaciion.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue GeolTroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 139, mai-juin 1973, Zoologie 103
Notes sur les Lébiens malgaches (Col. Caraboidea)
(3 e note)
Le genre Eurydera Castelnau
par Joachim Mateu *
Résumé. — Espèces nouvelles ou peu connues A’Eurydera, un genre endémique de Coléoptères
Lébiens malgaches. Sept espèces sont décrites comme nouvelles.
Abstract. — New or little-known species of Eurydera, an endemic genus of Malagasy Lebiid
Coleoptera. Seven species are described as new.
Parmi les Mormolycini malgaches, le genre Eurydera Castelnau est sans doute le plus
riche en espèces. Il est endémique, de même que les quelques autres genres de la tribu
représentés dans la faune malgache : Lobocephalus Chaudoir, Pristacus Chaudoir, Paraeury-
dera Jeannel et Mormolycina Jeannel. Un trait commun à tous ces genres est d’avoir les
« métatibias comprimés en lame de sabre, tranchants et lisses sur le bord dorsal » ; ce carac¬
tère est employé par R. Jeannel pour caractériser la tribu. Dans celle-ci, en plus des taxa
malgaches, il ajoute le genre Serrimargo Chaudoir de la région indo-malaise.
Vingt-quatre espèces et quelques sous-espèces sont inventoriées dans l’œuvre de Jean¬
nel sur les Carabiques malgaches (vol. III, p. 1015). A celles-ci nous ajouterons quelques
autres espèces inédites provenant des récoltes de J. Vadon, R. Paulian, P. Griveaud,
A. Peyrieras et A. Robinson. En outre, certains matériaux proviennent de la collection
R. Oberthür. L’ensemble du matériel étudié est conservé dans les collections du Muséum
national d’Histoire naturelle, à Paris.
En 1831, Castelnau décrivit le genre Eurydera (espèce type : E. armata Cast.). Ensuite,
ce genre fut enrichi par les apports des entomologistes de l’époque : Klug, Fairmaire,
Çoquerel et surtout récemment, en 1949, par le D r R. Jeannel.
Comme il est assez fréquent chez les Carabiques malgaches, le genre Eurydera s’est
pulvérisé en nombreuses espèces sympatriques, parfois très proches les unes des autres.
Ces espèces peuplent les zones de forêt, où elles vivent sur les écorces, comme la plupart
des Thyreopteridae. L’évolution du genre Eurydera est comparable à celle subie par d’autres
groupes de Carabiques qui présentent, eux aussi, une pulvérisation d’espèces inféodées
au milieu forestier, tels les genres : Eucamptognathus Latreille (Pterostichidae), Metalebia
* Laboratoire d’Évolution des Êtres organisés, 105, boulevard Raspail, F, 75007 Paris.
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Jeannel, Nematopeza Chaudoir, Thysanotus Chaudoir, CaUidiola Jeannel, etc. (Lebiidae) ;
certains sont endémiques (Eucamptognathus , Thysanotus).
En ce qui concerne la répartition des Eurydera dans la Grande Ile, il s’avère très déli¬
cat de tirer des conclusions avec les données actuelles, en raison de l’imprécision des loca¬
lités d’origine des matériaux anciens. Les exemplaires récoltés plus récemment, notamment
ceux récoltés par R. Paulian, J. Vadon, etc., ne sont pas encore assez nombreux pour
permettre d’établir une carte de répartition. Il n’est, pas rare que des espèces soient connues
seulement par un très petit nombre d’exemplaires et même par un exemplaire unique.
Certaines autres, au contraire, sont représentées par de nombreux exemplaires provenant
de diverses localités et peuplent de grandes aires forestières.
Jadis, la forêt recouvrait une très grande partie de Madagascar et, en raison de l’appar¬
tenance des Eurydera à ce milieu, il est vraisemblable que des espèces vivant dans un bio¬
tope homogène (il faut d’ailleurs souligner en passant que les Eurydera ne sont pas, en
général, orophiles) se sont largement répandues. Le fait de la régression et de la disconti¬
nuité des forêts est un phénomène trop récent pour permettre, à lui seul, d’envisager une
explication de la spéciation et de la subspéciation constatées dans la faune actuelle. Ajou¬
tons que chez quelques espèces (E. armata, par exemple), la variabilité est très grande,
non seulement en ce qui concerne la morphologie, mais aussi dans l’édéage.
Jeannel a séparé les Eurydera en groupes d’espèces d’après la sculpture de la tête.
Ceci permet une plus facile identification, mais il existe néanmoins un groupe qu’il est
inutile de maintenir, celui de sicardi, car, chez ce dernier et chez plusieurs espèces réunies
dans ce groupe par Jeannel, les sillons (latéraux) postérieurs du front sont absents. Dans
d’autres groupes, ces sillons sont très effacés, chez celui A’E. unicolor ou d’f?. arm ata,
par exemple. Afin de s’en rendre compte, il suffit de consulter la figure de la tête d ’E. lon-
gispina donnée par Jeannel (fig. 493, h) où aucune trace de sillons postérieurs n’est déce¬
lable. Il en est de même pour E. sicardi et son groupe est identique à celui d 'E. sublaevis.
Une nouvelle espèce que nous décrivons plus loin (E. sulcicollis n. sp.) présente des sillons
postérieurs et une aire frontale d’une sculpture différente de celle de la plupart des espèces
du groupe d’£. armata. Nous la rattachons à ce groupe à titre provisoire.
Groupe SUBLAEVIS-SICARDI
Eurydera (Eurydera) jeanneli n. sp.
Holotvpe : 1 g, Madagascar Est, Antsianaka, 2 e semestre 1898 ( Perrot frères) (ex. coll.
R. Oberthür, Muséum national, Paris).
Long. 16 mm. Assez large. Brun de poix, palpes, antennes et surtout les tarses rou¬
geâtres. Tête grosse et obtuse, lisse, à mandibules un peu explan ées, les yeux plutôt petits
mais saillants et convexes. Tempes longues et obliques, aussi Ion gués que les yeux. Palpes
grêles. Antennes assez courtes. Labre long, non bilobé. Pronotum cordiforme, mais trans¬
versal, plus court et bien plus transverse que chez E. foveicollis Jeannel. Côtés bien sinueux
avant les angles postérieurs qui sont obtus ; les angles antérieurs saillants. Sillon médian
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très fin. Élytres amples, subarrondis, déprimés, à gouttière marginale très explanée. Stries
fines et lisses. Intervalles subconvexes et aspérulés. Epines apicales rougeâtres, modérément
longues et parallèles. Bord apical profondément sinué.
Édéage (fig. 2) peu arqué à lobe médian épais, mais atténué vers l’apex, modérément
coudé. Pointe apicale droite, fine et assez courte. Sur le bord ventral, vers le milieu de celui-
ci, s’observe une courte crête sagittale, faiblement excentrique par rapport à l’axe de l’édéage
et très chitinisée. Style gauche en forme de palette arrondie en avant ; style droit, petit, à
extrémité transversalement et obliquement tronquée.
Remarques : Par sa taille et par sa forme générale, cette nouvelle espèce rappelle
E. foveicollis Jeannel ; cependant elle est plus large, sa tête est lisse et sans fovéole, son
pronotum est bien transversal avec un sillon médian très fin. Elle en diffère, en plus, par
ses élytres déprimés, plus larges, latéralement très explanés, les intervalles aspérulés, les
épines apicales plus courtes, etc. L’édéage est aussi bien distinct, ne serait-ce que par la
crête sagittale du bord ventral, unique à notre connaissance dans tout le groupe.
Fig. 1 à 3. — Édéages d 'Eurydera : 1, E. peyrierasi n. sp., du mont Antampona ; 2, E. jeanneli n. sp. (
de la forêt Antsianaka ; E. olsoufie/fi Jeannel, de la forêt Antsianaka.
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Eurydera (Eurydera) olsoufieffi Jeannel
Eurydera (s. str.) Olsoufieffi Jeannel, 1949, Faune de l’Empire franc., XI, Col. Candi, rég.
malg., 3 e partie : 1 026. Type : Périnet (Muséum national, Paris).
Nous avons trouvé deux exemplaires de cette espèce, décrite sur une femelle unique,
dans la collection R. Oberthür et provenant de la région Antsianaka (Perrot frères), ainsi
qu’un autre exemplaire de Périnet, récolté par P. A. Remy le 5-VII-1957. Nous donnons
ici la figure du pénis (fig. 3) de cette intéressante espèce.
Eurydera (Eurydera) peyrierasi n. sp.
Holotype : 1 Madagascar Est, district de Mananara Nord, Mont Antampona (J. Vadon
et A. Peyrieras) (Muséum national, Paris). P ara type : 1 <J, récolté avec l’holotype.
Long. 15-16 mm. Forme relativement large. Noir brunâtre avec la tète, les marges du
pronotum et par transparence celles des élytres rougeâtres. Pattes noirâtres, antennes et
palpes rougeâtres. Tête petite, à yeux saillants, les tempes modérément courtes, très obli¬
ques, le cou étroit. Front pourvu antérieurement de deux larges dépressions rugueuses
séparées par une petite élévation centrale qui présente une courte fossette superficielle
en forme de V. La partie postoculaire est lisse, séparée du cou par une légère dépression
subcirculaire. Labre étroit très faiblement bilobé. Mandibules assez courtes, larges et arquées.
Palpes assez courts. Pronotum non cordiforme, un peu transverse, non sinué postérieure¬
ment, à côtés bien arrondis. Les angles antérieurs sont saillants et arrondis à l’extrémité ;
les angles postérieurs sont à peine indiqués. Base plus étroite que le bord antérieur. Gout¬
tière marginale large et relevée. Surface ridée transversalement, les rides peu profondes.
Elytres amples, modérément convexes. Épaules effacées. Gouttière marginale peu explanée.
Stries assez profondes, finement ponctuées. Les intervalles sont subconvexes, légèrement
aspérulés en arrière. Épines apicales acérées et relativement courtes.
Édéage (fig. 1) coudé, l’apex droit, court et obtus ; l’orifice apical du sac interne peu
déversé. Vu de dessus, l'apex est court et subconique. Le style gauche est eu forme de palette
à bord supérieur arqué et à bord inférieur subdroit, la pointe obtuse ; le style droit petit,
l’extrémité triangulaire en forme de harpon.
Remarques : Cette nouvelle espèce vient se placer à côté d’E. ocularis Fairmaire
et de sa var. caecus Alluaud, de la Montagne d’Ambre. Néanmoins, E. peyrierasi diffère
sensiblement d’E. ocularis par Faire frontale plus bosselée, moins striée en avant et complè¬
tement lisse dans la région postoculaire, celle-ci séparée du cou par une dépression subcir¬
culaire. De plus, le pronotum d’E. peyrierasi est plus large en avant, la base plus rétrécie,
les angles antérieurs plus grands et saillants et les rides transversales plus superficielles.
Les élytres sont aussi plus allongés avec la gouttière marginale peu large. Enfin, la couleur
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uniforme, sans taches sur les élytres, et l’édéage tout à fait différent permettent de la sépa¬
rer sans trop de difficulté.
Nous avons le plaisir de dédier cette espèce à M. A. Peyrieras, collaborateur fidèle
du regretté J. Vadon, qui l’a récoltée.
Eurydera (Eurydera) madecassa n. sp.
Holotype : 1 cj, Madagascar Est, Antsianaka, 2 e semestre 1893 (Perrot frères) (ex. coll. R. Ober-
thür, Muséum national, Paris). Paratypes : 1 Ç, récoltée avec l’holotype ; 1 Madagascar Est,
île Sainte-Marie, forêt de Kalalao ; 1 $, Madagascar Est, Brickaville, piste d’Ambodimanga, Ani-
voranokely, r. Ivoay, IX-1954 (A. Robinson ).
Long. 16-17 mm. Noir ou noir de poix. Tète noirâtre ou rougeâtre, de même que la
gouttière du pronotum, les antennes et les palpes. Pattes noirâtres, les tarses plus clairs.
Tête grosse, à yeux modérément saillants, les tempes assez longues et obliques. Front bi-
impressionné, les impressions avec quelques fines rides sont séparées par une élévation
centrale, elle aussi faiblement et longitudinalement impressionnée au milieu. Partie postocu¬
laire lisse, avec seulement des traces d’un court sillon latéral oblique et peu apparent. Labre
à peine bilobé. Mandibules à bord externe arqué et à pointe aiguë. Pronotum cordiforme,
transversal, à angles antérieurs saillants en avant, côtés arrondis en avant, puis sinués
postérieurement. Angles postérieurs obtus. Base plus étroite que le bord antérieur. Gout¬
tière marginale large. Surface pratiquement lisse avec des traces effacées de rides transver¬
sales. Elytres assez larges, peu convexes, à épaules arrondies. Gouttière marginale modéré¬
ment élargie. Stries lisses ou à peine ponctuées. Intervalles subconvexes, lisses, très peu
aspérulés vers l’arrière et sur les externes.
Édéage (fig. 5) robuste, peu arqué, la partie apicale subdroite, le lobe médian bossu
et fortement étranglé en arrière bien avant le bulbe basal, celui-ci de taille plutôt médiocre.
Toute cette partie postérieure, en opposition avec le lobe médian, est très arquée. L’apex
est presque droit, à pointe fine et aiguë, vue de profil. Examiné par dessus, le plateau api¬
cal est droit ; la pointe d’abord un peu renflée s’atténue au sommet. Style gauche à bord
supérieur bien convexe ; bord inférieur concave, pointu et infléchi en avant ; style droit
petit, transversalement bilobé au sommet et sinueux au milieu.
Remarques : C’est encore une espèce appartenant au groupe 2 de Jeannel, c’est-à-
dire au groupe d ’E. sublaevis, caractérisé par l’absence de sillons postoculaires au-delà
du bord postérieur des yeux. Cependant les traces d’un court sillon sont encore décelables.
Par sa forme générale, cette nouvelle espèce s’écarte des autres espèces du groupe : sublaevis,
ocularis, inermis, peyrierasi, etc. Nous pensons que c’est plutôt à côté d ’E. jeanneli qu’il
faudrait la placer, car comme celle-ci, E. madecassa présente un édéage bossu à style droit
transversalement tronqué au sommet et plus ou moins bilobé. E. jeanneli se différencie
d’E. madecassa par sa plus grande taille, sa grosse tête, par la gouttière marginale des ély¬
tres très explanée, avec les intervalles aspérulés et l’édéage de forme distincte.
E. jeanneli et E. madecassa cohabitent dans la forêt de l’Antsianaka, dans la région
orientale de Madagascar.
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Groupe unicolor
Parmi les Eurydera malgaches, E. unicolor Klug, outre sa grande abondance, se dis¬
tingue de toutes les autres espèces par l’absence de caractères sexuels secondaires. Chez
les autres espèces, le mâle a les trois premiers articles des protarses dilatés et squamulés
en dessous et le dernier sternite ne présente qu’une seule soie de chaque côté de la ligne
médiane. Chez E. unicolor , le mâle a les tarses antérieurs conformés comme ceux de la femelle,
sans phanères adhésives sur la face inférieure ; de plus, il présente, comme chez cette der¬
nière, deux soies de chaque côté de la ligne médiane du dernier sternite. Nous avons pu
examiner une longue série d’E. unicolor provenant de diverses localités de la Grande lie,
sans trouver aucune exception à ce que nous venons d’exposer.
Eurydera (Eurydera) fossulata n. sp.
Holotypf. : 1 $, Madagascar Est., Maroantsetra (sans date ni nom de récolteur) (Muséum
national, Paris).
Du groupe d’E. unicolor, par les sillons postoculaires arqués en dedans, convergents
en arrière jusqu’au cou, limitant une aire médiane en ovale allongé. E. unicolor et E. fos¬
sulata sont proches, mais diffèrent par plusieurs caractères notables.
Long. 14,5 mm. Noir foncé, le front rouge en avant ainsi que les palpes, les antennes
et les tarses. Tête robuste, à yeux gros et saillants, les tempes obliques, un peu plus courtes
que les yeux. Front fortement sculpté entre les deux sillons postoculaires, avec, au milieu,
une large et profonde fossette transversale à fond presque plat, chagrinée, profondément
et transversalement striolée ; le bord antérieur de la fossette soulevé en large bourrelet,
échancré au centre. Sillons latéraux assez superficiels. Labre étroit non hilobé. Pronotum
transverse, à angles antérieurs saillants, les côtés arrondis en avant, la sinuosité latérale
accusée et les angles postérieurs très obtus et relevés. Gouttière marginale très large et
excavée. Base large à côtés obliques. Surface du pronotum inégale et pourvue de fines rides
transversales. Sillon médian profond. Elytres en ovale assez allongé, subdéprimés, à épaules
largement arrondies. Gouttière marginale explanée. Stries bien marquées, intervalles con¬
vexes, légèrement aspérulés vers l’apex et sur les côtés. Épines apicales longues et acérées,
d’un noir rougeâtre.
Remarques : Se distingue d’E. unicolor par sa grosse tète à front rouge présentant
une grande fossette striolée, son pronotum transversal à surface inégale et à gouttière
marginale très large et concave, ainsi que par ses élytres plus allongés.
La sculpture si particulière de la tête suffit pour la séparer aussi des autres Eurydera
connus.
Groupe femorata-rugiceps
Eurydera (Eurydera) ebenina n. sp.
Holotype : 1 Madagascar Ouest, district d’Antsalova, Andobo, forêt Antsingy, 150 m,
11-1957 (P. Griveaud ) (Muséum national, Paris).
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Long. 12,5 mm. Entièrement d’un noir profond et mat, seuls les palpes et les tarses
sont un peu plus clairs. Semblable à E. femorata, mais différent tout d’abord par sa couleur
d’un noir profond, ses pattes et sa tête comprises, par sa tète plus brillante et moins rugueuse
à téguments lisses. Pronotum avec les angles antérieurs plus saillants, les côtés à peine
anguleux, bien sinueux en arrière, avec la base rétrécie. La surface pronotale est assez bril¬
lante et moins inégale, les strioles transversales largement effacées sur le disque, la gout¬
tière marginale moins large et profonde est aussi moins rugueuse. Élytres très mats, courts
et larges, déprimés dorsalement, les épaules très arrondies ainsi que les côtés. Gouttière mar¬
ginale largement explanée. Épines apicales modérément longues, noires et acérées. Stries
assez profondes, intervalles convexes, non aspérulés.
Édéage (fig. 4) peu coudé, allongé et arqué. Il présente un apex assez court se terminant
en pointe atténuée. Orifice du sac interne déversé sur la face gaucbe. Style gauche court
et lobé à l’extrémité.
E. ebenina se distingue d’£. rugiceps Jeannel, par la forme des élytres courts et larges,
les épines apicales longues, l’avant-corps brillant à microsculpture fine. La surface de la
tête est moins rugueuse, tandis que la surface du pronotum, inversement, est plus bosselée.
En outre, les angles antérieurs du pronotum sont plus saillants, les élytres plans, avec les
intervalles plus convexes, etc.
Enfin, les édéages d’E. femorata Ivlug et d’E. rugiceps Jeannel sont bien différents
de celui de la nouvelle espèce qui se caractérise par sa forme peu coudée, mais plus arquée
et plus allongée que chez £. femorata et moins que chez £. rugiceps, lequel présente un
lobe médian très arqué avec un apex très long, effilé et bien infléchi du côté ventral.
Fig. 4 et 5. — Édéages d ’Eurydera : 4, E. ebenina n. sp., de l’Anlsingy d’Autsalova ; 5, E. madecassa
n. sp., de la forêt Antsianaka.
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JOACHIM MATEU
Groupe armata
Dans ce groupe la variabilité paraît grande et la fluctuation des caractères rend souvent
l’identification difficile. Jeannel a décrit diverses sous-espèces, pas toujours bien caracté¬
risées. Il s’agit d’un groupe en pleine évolution, dont les mutations paraissent fréquentes
parmi les diverses populations peuplant File. Nous reviendrons sur ce sujet un peu plus
loin à propos d’ Eurydera cuspidata Klug.
Le groupe d ’E. armata présente des sillons postoculaires profonds, plus ou moins
droits ou peu convergents en arrière, unis transversalement par une impression profonde,
un sillon ou une fossette ; l’aire frontale est toujours plus ou moins rugueuse ; en arrière
des sillons la surface est lisse.
Eurydera (Eurydera) sulcicollis n. sp.
Holotype : 1 (J, Madagascar Centre, est du lac de Mantasoa, forêt d’Andrangoloaka, 1 600 m
(Muséum national, Paris). Paratypes : Rogez, Marovato, 1-1949 ( Abadie ) ; Périnet ; Madagascar
Est, Ivohimanitra, forêt Tanala, X/XI-1894 ( Forsyth Major ) ; id., Ambohimitombo, forêt Tanala,
1-1895 {id.).
Long. 14-17 mm. Brun de poix plus ou moins rougeâtre, le front, les antennes, les
appendices buccaux et les bords du pronotum plus rouges. Tête grosse, bosselée, striée sur
la partie antérieure, cette surface étant limitée par de profonds sillons postoculaires un peu
obliques, lisses, larges et profonds, unis postérieurement par un autre sillon transversal
moins profond, mais surtout à bords moins abrupts ; l’arrière de la tête est convexe et lisse.
Pronotum un peu transverse, plus large que la tête, cordiforme, les angles antérieurs très
saillants ; les côtés peu arrondis en avant sont bien sinueux avant les angles postérieurs
qui sont obtus et surélevés. La base est assez rétrécie, la gouttière latérale explanée, le
sillon médian plutôt fin. La surface pronotale est inégale, mais les rides transversales sont
très fines. Elytres en ovale assez allongé, à épaules arrondies. Stries modérément fortes,
les intervalles légèrement convexes, faiblement aspérulés en arrière. Épines apicales rou¬
geâtres et très longues.
Édéage (fig. 8) assez allongé, avec la partie médiane du lobe robuste, non coudée et
peu arquée. L’apex terminé en pointe presque droite, assez fine, très légèrement inflé¬
chie.
Remarques : Par la sculpture de sa tête, cette nouvelle espèce est à placer dans le
groupe d ’E. armata, avec laquelle elle présente bien des analogies. Cependant, les sillons
postoculaires obliques, profonds, lisses et abrupts permettent de la séparer. L’aire frontale
est nettement moins rugueuse et le sillon transversal bien plus profond et lisse. Le pronotum
est plus cordiforme, les élytres plus longs et l’édéage plus court et robuste, à style droit
pointu (tronqué en avant chez E. armata).
L’exemplaire de Marovato (une Ç), semble être un peu différent des autres exemplaires
de la série originale, mais, faute d’autres matériaux en provenance de cette localité, nous
avons jugé préférable de ne pas le séparer.
LÉBIENS MALGACHES : GENRE EURYDERA
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Fig. 6 à 8. — Édéages d ’Eurydera et de Lobocephalus : 6, E. sulcicollis n. sp., d’Andrangoloaka ;
7, L. occipitalis Jeanne], de Beanana ; 8, E. ambreana n. sp., de la Montagne d’ Ambre,
Eurydera (Eurydera) ambreana n. sp.
Holotype : 1 (J, Madagascar Nord, Montagne d’Ambre, les Roussettes, 1 100 m, XII-1958
(P. Viette et A. Robinson) (Muséum national, Paris). Paratypes : capturés en même temps que
l’holotype et un exemplaire, même station, XII-1968 (J. Vadon et A. Peyrieras).
Long. 13,5-16,5 mm. Noir ou noir de poix ; front, pièces buccales, antennes, tarses,
angles antérieurs du pronotum et gouttière marginale des élytres plus ou moins rougeâtres.
Tête aplatie, assez large, plus étroite que le pronotum, à yeux bien convexes, les tempes
obliques et le cou modérément étroit. Front inégal, ridé, avec deux fossettes larges et peu
profondes en avant, plus une troisième au milieu de celles-ci, étroite et allongée. Sillons
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JOACHIM MATEU
postoculaires longs et profonds, sans fossette aux angles postérieurs, unis par une impres¬
sion transversale profonde. Pronotum assez convexe, eordiforme, les angles antérieurs
saillants mais assez arrondis à l’extrémité. Les côtés également bien arrondis, la sinuosité
latérale forte et la base étroite, à angles postérieurs grands et très obtus. La surface ély-
trale presque lisse, les rides transversales très effacées, le sillon médian fin. Elytres larges,
assez courts, assez convexes en arrière du disque. Les épaules arrondies, la gouttière latérale
large, explanée. Stries médiocrement incises, les intervalles peu convexes. Epines apicales
courtes, noires ou presque noires.
Édéage (fig. 6) trapu, assez fortement coudé, convexe sur le bord supérieur et subdroit
sur le bord inférieur. L’apex terminé en pointe assez forte mais atténuée vers l’extrémité.
Style droit en forme de cuillère lobée en avant ; style gauche en forme de bouton en olive.
Cette nouvelle espèce appartient au groupe des E. arrnata, cuspidata, ornalipennis
et latipennis. Son édéage est bien caractéristique et permet de la séparer de ces dernières,
celles-ci ayant d’ailleurs un édéage assez variable.
Eurydera (Eurydera) cuspidata (Klug) (sensu Jeannkl)
Thyreopterus cuspidatus Klug, 1835, Arch. f. Naturgesch., 1 (1) : 387. Type : Madagascar.
Eurydera ( Eurydera) cuspidata Klug : Àlluaud, in A. Grandidier, 1900, Hist,. phys. nat.
et polit, de Madagascar, volume XXI, tome I, texte, l re partie : 45.
Eurydera (s. str.) cuspidata Klug : Jeannel, 1949, Faune de l’Empire franç., XI, Col. C.arab.
rég. malg., 3 e partie : 1031, fig. 500.
Les espèces de Coléoptères madécasses nommées et décrites par Klug en 1833 et 1835
furent récoltées par J. Goudot. Les types de ces espèces sont théoriquement conservés
au Muséum zoologique de l’Université Humboldt à Berlin-Est. Jeannel ne semble pas
avoir examiné le type de Thyreopterus cuspidatus lorsqu’il rédigea la troisième partie de
sa faune des Carabiques de Madagascar. Dans la collection étudiée par Jeannel, nous
avons constaté qu’il était impossible de séparer les E. cuspidata (sensu Jeannel) des petits
exemplaires immaculés d’E. arrnata. Nous ignorons ce qu’est devenu le type de cette der¬
nière espèce décrite par Castelnau, mais, en tous cas, les exemplaires de la collection du
Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, appartiennent indubitablement à une même es¬
pèce. Les caractères invoqués par Jeannel pour séparer E. cuspidata d’E. arrnata sont simple¬
ment quantitatifs et par conséquent variables. Il suffit d’ailleurs d’examiner les genitalia figu¬
rés par Jeannel (p. 1032, fig. 500, b, d, e, f et g) : le premier (b) correspond à E. arrnata, les
autres à E. cuspidata, dont l’édéage varie considérablement. Mais, chez E. arrnata, on
retrouve les mêmes variations de l’édéage. Il semble donc que cette espèce soit en pleine
crise de variabilité.
Nous ne pouvons affirmer, cependant, que E. cuspidata Klug (non Jeannel) est bien
un synonyme d’E. arrnata Castelnau (sensu Jeannel), mais en tous cas et jusqu’à plus
ample information, il est nécessaire de considérer les deux espèces comme identiques si,
bien entendu, l’on se base sur l’ouvrage de Jeannel.
LEBIENS MALGACHES : GENRE EURYDERA
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Lobocephalus (Lobocephalus) occipitalis Jeannel
Lobocephalus (s. str.) occipitalis Jeannel, 1949, Faune de l’Empire franç., XI, Col. Carab.
rég. malg., 3 e partie : 1038, fig. 503. Type : Madagascar (Muséum national, Paris).
L’espèce a été décrite sur une femelle, sans indication précise de localité. Parmi les
matériaux nouvellement incorporés à la collection du Muséum national d’Histoire natu¬
relle, figure un mâle de Maroantsetra, Beanana, XII-1956 (G... R...), dont nous donnons
ici le schéma de l’édéage (fig. 7).
Remerciements. — Il m’est agréable de remercier ici mes collègues A. Descarpen-
tries et P. Viette, qui ont bien voulu revoir le texte de cette note.
Manuscrit déposé le 15 juin 1972.
Bull. Mus. natn. llist. nat., Paris, 3 e sér., n° 139, mai-juin 1973,
Zoologie 103 : 845-855.
Achevé d’imprimer le 31 janvier 1974.
IMPRIMERIE NATIONALE
3 564 003 5
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et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauciiot, M.-L., J. Daget, J.-C. IIureatj et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. —- The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
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