BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
156
N" 232 JUILLET-AOUT 1974
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l'illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geofîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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36, rue Geofîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1974
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 232, juillet-août 1974, Zoologie 15G
SOMMAIRE
A. J. Petter. — Deux nouvelles espèces de Nématodes Camallanina parasites de
Hoplerythrinus unitaeniatus (Characidae, Cypriniformes) en Guyane ; création
d’une nouvelle famille : les Guyanemidae (Dracunculoidea). 803
J. Prod’Hon et O. Bain. — Madochotera landauae n. sp., nouvelle Filaire de Gre¬
nouille malgache. 813
M.-C. Durette-Desset. — Description de deux nouveaux Nématodes Heligmosomes
chez un Sciuridé du Népal. 819
O. Bain et A. Sulahian. — Trois nouvelles Filaires du genre Oswaldofilaria chez
des Lézards sud-américains; essai de classification des Oswaldofilariinae. . . . 827
232, 1
Deux nouvelles espèces de Nématodes Camallanina
parasites de Hoplerythrinus unitaeniatus
(Characidae, Cypriniformes) en Guyane;
création d’une nouvelle famille : les Guyanemidae (Dracunculoidea)
par Annie J. Pettek *
Résumé. — Description de deux nouvelles espèces parasites de Hoplerythrinus unitaeniatus
(Spix) (Characidae, Cypriniformes).
Spirocamallanus krameri n. sp., appartient au groupe des Spirocamallanus sud-américains
à spiculés petits et subégaux. Guyanema seriei n. g., n. sp., est un Dracunculoidea dont l’ensemble
des caractères nécessite la création d’une nouvelle famille : les Guyanemidae ; par la présence d’un
anus et d’une vulve non atrophiés, même chez les femelles mûres, elle peut être considérée comme
établissant un lien avec les Camallanoidea.
Abstract. — Description of two new species of Nematoda Camallanina from Hoplerythrinus
unitaeniatus (Spix) (Characidae, Cypriniforma) from french Guiana.
Spirocamallanus krameri n. sp., belongs to the south-american group of Spirocamallanus
characterized by their small and sub-equal spiculés. Guyanema seriei n. g., n. sp., is a Dracun¬
culoidea, for which a new family, Guyanemidae, is created. By the presence, even in mature
females, of non atrophied anus and vulva, it establishes a link between Camallanoidea and Dra¬
cunculoidea.
Au cours d’une mission en Guyane effectuée en décembre 1971, nous avons récolté
un certain nombre de Nématodes parasites de Poissons.
Nous décrivons ici deux espèces parasites d’un Poisson d'eau douce, Hoplerythrinus
unitaeniatus (Spix) (Characidae, Cypriniformes).
Spirocamallanus krameri n. sp.
Matériel : Nombreuses femelles et deux mâles récoltés chez Hoplerythrinus unitaeniatus
20 HA, pêché dans un ruisseau sur la route de Larivot 1 (matériel-type).
Un mâle et une femelle récoltés chez Hoplerythrinus unitaeniatus 344 BA, acheté
au marché de Cayenne.
Localisation : intestin.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris-Cedex 05.
1. Nous remercions vivement M. Kramer qui nous a procuré ces Poissons et M. Ch. Roux qui a effec¬
tué la détermination.
232 , 2
804
ANNIE J. PETTEK
Description
(Fig. 1, 2, 3)
Spirocamallanus longs de 14 mm à 20 mm chez les femelles et 7 mm chez les mâles.
Ouverture buccale hexagonale à angles arrondis et bordée par une membrane transparente ;
quatre grosses papilles céphaliques, quatre papilles labiales externes disposées au même
niveau que les amphides et six papilles labiales internes (fig. 1, A).
La capsule buccale est de forme différente chez les mâles et les femelles (fig. 1, C, D) :
chez les femelles, sa hauteur égale presque sa plus grande largeur et l'ornementation en
a:
o
m
Fig. 1. — Spirocamallanus krameri n. sp. A, femelle, vue apicale superficielle ; B, femelle, coupe optique
au niveau de la capsule buccale (l’anneau externe en grisé représente la section de la capsule buccale
au niveau où elle est la plus large, l’anneau interne représente la section de l’anneau chitinoïde sous-
jacent) ; C, capsule buccale de la femelle, vue latérale ; D, capsule buccale du mâle, vue dorsale.
NÉMATODES CAMALLANINA
805
spirale couvre presque toute la hauteur de la capsule ; chez les mâles, elle est beaucoup
plus large que haute et l'ornementation ne couvre que la moitié inférieure de la capsule.
L’ornementation comprend de 16 à 20 crêtes ; certaines sont interrompues et ne parcou¬
rent pas toute la hauteur de la capsule. L’anneau chitinoïde situé à la base de la capsule
porte 3 dents internes (fig. 1, B).
Œsophage musculaire et œsophage glandulaire sont enflés en ampoule à leur extré¬
mité postérieure ; la branche postérieure gauche de l’appareil excréteur est épaissie dans
Fig. 2. — Spirocamallanus krameri n. sp. A, femelle, région antérieure, vue latérale ; B, mâle, extrémité
caudale, vue latérale ; C, mâle, extrémité caudale, vue ventrale ; D, larve ; E, extrémité postérieure
d’une larve ; F, femelle, extrémité caudale, vue latérale.
A : éch. 500 p ; B, C, D, F : éch. 100 p ; Fl : éch. 50 p.
806
ANNIE J. PETTER
sa région antérieure, constituant une glande excrétrice allongée en fuseau, accolée au champ
latéral gauche (fig. 2, A) ; les deirides sont fines, mais nettement visibles.
Femelle : L’appareil génital est du type habituel chez les Camallanides : la vulve est
située un peu en dessous du milieu du corps ; l’ovéjecteur (fig. 3, A), long d’environ 1,5 mm,
est dirigé vers l’arrière et s’ouvre dans deux énormes utérus ; l’utérus antérieur s’étend
jusqu’au niveau de la jonction œsophago-intestinale, il se prolonge par un réceptacle sémi¬
nal en forme d’ampoule ovoïde, puis par un oviducte et un ovaire bien développés (fig. 3,
Fig. 3. — Spirocamallanus krameri n. sp. A, ovéjecteur ; B, extrémité distale de l’utérus postérieur, récep¬
tacle séminal et ovaire postérieurs atrophiés ; C, extrémité distale de l’utérus antérieur, réceptacle
séminal, oviducte et portion de l’ovaire antérieur.
NÉMATODES CAMALLANINA
807
C) ; l’utérus postérieur se termine un peu en avant de l’anus ; le réceptacle séminal et l’ovaire
postérieur sont atrophiés (fig. 3, B). La queue se termine en pointe conique (fig. 2, F).
Dimensions d’une femelle longue de 14 mm : largeur maximum : 460 p, ; anneau ner¬
veux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 250 p, 500 p et 140 p de l’extrémité
antérieure ; œsophage musculaire : 400 p ; œsophage glandulaire : 575 p ; capsule buccale
haute de 100 p et d’une largeur maximum de 100 p ; queue : 150 p ; vulve située à 5,9 mm
de l’extrémité postérieure.
Larve (fig. 2, D, E) : Les larves ont l’aspect habituel des larves de Camallanides (fig. 2,
D) ; l’extrémité de la queue est tronquée et se termine par des petits crochets recourbés
vers l’avant (fig. 2, E). Longueur d’une larve : 550 p ; œsophage : 110 p ; queue : 130 p ;
pore excréteur, anneau nerveux et ébauche génitale situés respectivement à 65 p, 70 p
et 135 p de l’extrémité antérieure ; phasmides à 160 p de l’extrémitc postérieure.
Mâle (fig. 2, B, C) : Les papilles sont disposées en deux rangées régulières subventrales :
quatre paires précloacales et cinq paires postcloaeales, plus une paire de phasmides termi¬
nales situées plus latéralement. Il n’y a pas d’ailes caudales. Spiculés petits et subégaux.
Dimensions d’un mâle long de 7 mm : largeur maximum : 250 p ; anneau nerveux,
pore excréteur et deirides situés à 180 p, 475 p et 100 p de l’extrémité antérieure ; œsophage
musculaire : 325 p ; œsophage glandulaire : 450 p ; capsule buccale haute de 50 p et large
de 90 p ; queue : 280 p ; spiculés longs de 80 p et 75 p.
Discussion
La plupart des espèces du genre Spirocamallanus Ülsen, 1952, ont des spiculés inégaux.
Il en existe seulement sept, toutes brésiliennes, qui ont des spiculés égaux ou subégaux
et de petite taille ; par les ailes caudales faiblement développées ou absentes et le petit
nombre de papilles précloacales, ces espèces constituent un groupe homogène auquel appar¬
tient notre espèce.
S. hilarii (Vaz et Pereira, 1934), S. cearensis (Pereira, Vianna Dias et Azevedo, 1936)
et S. incarocai (Freitas et Ibânez, 1970) s’en différencient par un œsophage glandulaire
très long ; S. wrighti (Pereira, 1935) a des spiculés nettement plus petits ; chez S. barrosli-
mai (Pereira, 1935), S. fariasi (Pereira, 1935) et S. inopinatus (Travassos et al., 1928),
la capsule buccale est de forme différente, surtout chez le mâle. L’espèce est donc nouvelle
et nous la nommons Spirocamallanus krameri n. sp.
Guyanema seriei n. g., n. sp.
Matériel : Plusieurs mâles et femelles récoltés chez Hoplerythrinus unitaeniatus 321 BÀ
(matériel-type) et 344 BA, achetés au marché de Cayenne.
Localisation : cavité générale.
232 , 3
808
ANNIE J. PETTER
Description
(Fig. 4 et 5)
Nématodes filiformes, non amincis à l’extrémité antérieure qui est brusquement tron¬
quée ; les mâles sont beaucoup plus petits que les femelles (femelles d’environ 15 mm,
mâles d’environ 8 mm).
L’extrémité antérieure forme deux élévations latérales d’aspect rectangulaire aussi
bien en vue latérale qu’en vue apicale. Fdles portent les amphides, les quatre papilles cépha-
Fig. 4. — Guyanema seriei n. g., n. sp. A, femelle, vue apicale ; B, femelle, extrémité antérieure, vue laté¬
rale ; C, femelle, extrémité antérieure, vue médiane ; D, femelle, région antérieure, vue latérale ; E,
femelle, extrémité caudale, vue latérale ; F, ovéjecteur et début de l’utérus ; G, larve.
A : éch. 20 p ; B, C : éch. 50 p ; D, E, F : éch. 500 p ; G : éch. 100 p.
NÉMATODES CAMALLANINA
809
liques et les quatre papilles labiales externe s ; celles-ci se trouvent ainsi déplacées vers
les axes latéraux ; il existe de plus quatre papilles labiales internes qui sont au contraire
déplacées vers les axes médians. L’ouverture buccale est petite et triangulaire (fig. 4, A,
B, C).
Il n’y a pas de pharynx ; l’œsophage musculaire est légèrement dilaté à son extrémité
antérieure ; il est suivi par un long œsophage glandulaire ; les glandes œsophagiennes sont
uninucléées. Le pore excréteur est situé légèrement en avant de la jonction des deux parties
de l’œsophage ; il est en relation avec une grosse glande excrétrice allongée en fuseau, acco¬
lée au champ latéral gauche (fig. 4, D). De minuscules deirides peuvent être observées
aux forts grossissements du microscope.
Femelle : La vulve est située au niveau de la jonction des deux parties de l’œsophage.
Chez les femelles mûres, la paroi du corps fait une saillie immédiatement en dessous de
l’ouverture vulvaire et le corps s’élargit brusquement à partir de ce niveau (fig. 4, D et
5, A).
L’appareil génital est impair (fig. 4, F) : il comprend un long ovéjecteur (environ
1 500 p) dirigé vers l’arrière, dont la paroi s’épaissit à environ 70 p de la vulve pour former
un « sphincter » long d’une trentaine de p ; l’utérus s’étend jusqu’à l'extrémité postérieure
du corps chez les femelles mûres, il est empli de larves dans la région voisine de l’ovéjecteur
et d’emhryons dans la région voisine de l’ovaire.
L’anus et le rectum sont présents même chez les femelles mûres (fig. 5, C) ; la queue
est très longue et effilée (fig. 4, E).
Dimensions d’une femelle longue de 14 mm : largeur maximum : 190 p ; anneau ner¬
veux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 250 p, 340 p et 70 p de l’extrémité
antérieure ; œsophage musculaire : 420 p ; œsophage glandulaire : 1 200 p ; vulve située
à 400 p de l’extrémité antérieure ; queue : 900 p.
Larve (fig. 4, G) : Les larves ont une extrémité apicale arrondie et une queue très longue
et effilée.
Dimensions d’une larve longue de 390 p : largeur : 20 p ; œsophage : 90 p ; queue :
50 p.
Mâle (fig. 5, B, D) : La région postérieure est recourbée en crosse et munie de larges
ailes caudales ; elle se divise à son extrémité en deux longues pointes qui portent la dernière
paire de papilles post-cloacales. Il existe quatre paires de papilles pré-cloacales et cinq
paires de post-cloacales. Les deux spiculés sont égaux ; il n’y a pas de gubernaculum.
Dimensions d’un mâle long de 8 mm : largeur maximum : 90 p ; anneau nerveux,
pore excréteur et deirides situés respectivement à 220 p, 300 p et 120 p de l’extrémité
antérieure ; œsophage musculaire : 320 p ; œsophage glandulaire : 900 p ; queue : 170 p ;
ailes caudales longues de 350 p et larges d’environ 20 p ; pointes caudales longues de 30 p ;
spiculés : 100 p.
Discussion
Par sa localisation tissulaire, sa structure apicale et la forme de ses larves, l’espèce
appartient à la superfamille des Dracunculoidea. Elle présente certaines affinités avec les
térale ; B, mâle, ext
'Stérieure, vue latéral
NÉMATODES CAMALLANINA
811
Micropleurinae, parasites de la cavité générale des Reptiles : présence d’un œsophage
glandulaire long et cylindrique, extrémité caudale du mâle ; ces affinités nous ont été con¬
firmées par l’étude de la structure apicale d’une femelle de Micropleura sp. récoltée en
Guyane chez un Caiman crocodilus (fig. 6) ; elle s’éloigne cependant des Micropleurinae
par sa monodelphie et le développement de l’ovéjecteur et de la vulve chez les femelles
mûres, et doit être placée dans une famille nouvelle : les Guyanemidae.
Les Dracunculoidea sont des Camallanina qui, par suite de l’adaptation à la vie tissu¬
laire, ont subi par rapport aux Camallanoidea un certain nombre de modifications : une
réduction ou une disparition complète de la capsule buccale et une atrophie de l’anus,
de la vulve et du vagin chez les femelles mûres. Notre espèce est un Dracunculoidea typique
par sa structure apicale et l’absence de capsule buccale, mais elle a conservé des caractères
de Camallanoidea : présence d’un anus, d’une vulve et d’un vagin parfaitement développés
même chez les femelles mûres ; elle établit ainsi une transition entre les deux superfamilles.
Fig. 6. — Micropleura sp. A, femelle, vue apicale ; B, femelle, extrémité antérieure, vue médiane ;
C, femelle, extrémité antérieure, vue latérale.
Définition de la famille des Guyanemidae
Guyanemidae, n. fam., Dracunculoidea. Extrémité apicale munie de quatre papilles
céphaliques, quatre papilles labiales externes et quatre papilles labiales internes. Papilles
céphaliques et papilles labiales externes déplacées vers les axes latéraux. Absence de cap¬
sule buccale chitinoïde. Œsophage divisé en œsophage musculaire court et œsophage glan-
812
ANNIE J. PETTER
dulaire cylindrique beaucoup plus long. Anus présent même chez les femelles adultes mûres.
Queue de la femelle longue. Vulve présente même chez les femelles mûres, située anté¬
rieurement. Monodelphie. Queue du mâle longue, munie d’ailes caudales et de papilles
pré- et post-cloacales. Deux spiculés égaux. Vivipares. Parasites de Poissons.
Genre-type : Guyanema n. g., caractères de la famille.
Espèce-type : Guyanema seriei, n. g., n. sp.
RÉFÉRENCES BIRLIOGRAPIIIQUES
Freitas, J. F. Teixf.ira de, et H. N. Ibânez, 1970. — Fauna helmintologica del Peru —- nuevo
nematodo Camallanideo parasito de pez. Archos peru. Patol. Clin., 24 : 205-210.
Pereira, C., 1935. — Ascaridata e Spirurata parasitos de peixes do Nordeste Brasileiro. Archos
Inst, biol., Sào Paulo, 6 : 53-62.
Pereira, C., M. Vianna Dias et A. Penna de Azevedo, 1936. — Biologia do nematoide « Pro-
camallanus cearensis » n. sp. Archos Inst, biol., Sâo Paulo, 7 : 209-226.
Travassos, L., P. Artigas et C. Pereira, 1928. — Fauna helmintologica dos peixes de agua doce
do Brasil. Archos Inst, biol., Sào Paulo, 1 : 5-68.
Vaz, Z., et C. Pereira, 1934. —- Contribuiçâo ao conhecimento dos nematoides de peixes fluviais
do Brasil. Archos Inst, biol., Sào Paulo, 5 : 87-103.
Manuscrit déposé le 20 juin 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 232, juillet-août 1974,
Zoologie 156 : 803-812.
Achevé d’imprimer le 15 février 1975.
Madochotera landauae n. sp.,
nouvelle Filaire de Grenouille malgache
par Jacques Pkod’Hon et Odile Bain *
Résumé. — Description de Madochotera landauae n. sp., Filaire de Racophore malgache ;
il n’y a pas de dimorphisme sexuel sur le plateau céphalique ni sur les ailes latérales. M. alata
Bain et Brunhes, 1968 (connu par deux mâles), et M. sp. Bain et Brunhes, 1968 (connu par une
femelle), peuvent donc bien être considérés comme des espèces différentes. Importance de l 'area
rugosa et des microlilaires dans la diagnose des espèces.
Abstract. — Madochotera landauae n. sp., a Filaria from a Racophora from Madagascar is
described. Both the size and shape of cephalic plate and of latéral alae hâve been found identical
in the sexes ; then M. alata Bain and Brunhes, 1968 (known by two males), and M. sp. Bain and
Brunhes, 1968 (known by one female), should be considered as distinct species. The importance
of the area rugosa and of the microfilaria for the identification of species is put forward.
Madochotera landauae n. sp.
Hôte : Racophorus sp.
Localisation : cavité générale.
Provenance : Andringitra — Madagascar.
Matériel : 22 Ç et 14 récoltés chez 3 Racophorus ; lot 658 NJ. La $ type, le allotype
et tous les autres spécimens sont conservés au Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris.
Description
Corps avec 2 ailes latérales bien développées naissant près de l’extrémité céphalique
et se terminant un peu en avant de l’extrémité caudale.
Tète plate, étirée latéralement. Bouche triangulaire ; 2 petites protubérances cuticu-
aires latérales éloignées de la bouche, situées au niveau d’un sillon cuticulaire péribuccal ;
papilles disposées selon les figures 1 B et C et 2 B, C et D. Capsule buccale cylindrique,
courte, peu cutieularisée. Deirides et pore excréteur non visibles. Œsophage long, nette¬
ment divisé ; œsophage glandulaire souvent dissymétrique à sa naissance (fig. 1 A). Intestin
large ; anus bien visible. Queue longue dépourvue de languettes.
* J. Prod'IIon, ORSTOM, Tananarive.
O. Bain, Muséum national d’Histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, 43,
rue Cuvier, 75231 Paris-Cedex 05.
Fig. 1. — Madochotera landauae n. sp., femelle. A, région antérieure, vue semi-médiane (aile latérale
visible à droite) ; B, tête, vue apicale ; C, idem, vue médiane ; D, aile latérale, section transversale,
à mi-hauteur du corps ; E, région vulvaire, vue ventrale ; F, portion impaire de l’ovéjecteur disséquée ;
G, musculature de la région vaginale disséquée ; H, idem, non disséquée, vue latérale ; I, extrémité
distale d’un ovaire ; J, microfilaire mûre provenant de l’utérus ; K, région caudale, vue latérale ; L,
idem, vue ventrale.
A, E, F, H, K et L : éch. 200 p, ; B, D, et J : éch. 50 p. ; C et I : éch. 100 p ; G : éch. 150 p.
MADOCHOTERA LANDAUAE N. SP.
815
Femelle (fig. 1) : Cuticule sans ornementation. Vulve très éloignée de la tête, située
à la fin du tiers antérieur du corps. Musculature de la vulve très développée constituée
par 4 faisceaux attachés au tégument du corps (fig. 1 E). Ovéjecteur de forme très simple
(pas de sphincter différencié), effectuant une houcle vers l’avant. Ovaires à extrémité arron¬
die, naissant tous deux en arrière de la vulve, dont un près de la région caudale. Queue
effilée de longueur variable (280 p à 550 p). Microfilaire utérine sans gaine visible, grande
et large quand elle n’est pas mûre, plus petite et plus mince à maturité (fig. 1 J).
Dimensions : Corps long de 2,6 à 5,3 cm. Pour une Ç longue de 5,3 cm, corps large
de 375 p ; ailes latérales naissant à 11 p de l’apex et se terminant à 100 p de l’extrémité
caudale ; capsule buccale haute de 7 p ; anneau nerveux à 230 p de l’apex ; œsophages
musculaire et glandulaire longs respectivement de 310 et 1 000 p ; vulve à 17 mm de la tête ;
ovéjecteur impair long de 1 700 p ; ovaires naissant respectivement à 630 p et 20 mm de
l’extrémité caudale ; queue longue de 350 p. Plateau céphalique, mesuré sur une autre $,
long de 42 p et large de 20 p. Microfilaires utérines non mûres longues de 97 p et larges
de 7 p ; microfilaires mûres longues de 65 à 72 p sur 3 à 4 p de large.
Mâle (fig. 2) : Cuticule du corps ornée ventralement et dorsalement par des rangées
transversales de ponctuations saillantes ; ces rangées sont étroites dans la région antérieure,
s’étendent ensuite jusqu’aux champs latéraux puis redeviennent étroites dans la région
caudale (fig. 2 A, E et I). L’ornementation dorsale se termine un peu en avant de la région
caudale. A ce niveau, le corps s’amincit localement, puis s’épaissit à nouveau et s’enroule
sur 2 à 3 tours de spires. L’ornementation cuticulaire ventrale se modifie et forme Varea
rugosa constituée par des replis cuticulaires longitudinaux ; ils sont larges et sinueux à leur
apparition en avant du cloaque et deviennent minces et plus réguliers en s’éloignant du
cloaque. Dans la région caudale, les ailes latérales sont également ornées, sur les deux faces,
de ponctuations arrondies qui sont plus larges et moins nombreuses sur la face ventrale
(fig. 2 F à K). Papilles caudales disposées selon les figures 2 J et K. Spiculé droit simple
avec 2 ailes latérales et extrémité distale recourbée et arrondie (fig. 2 N et O). Spiculé gauche
avec manche court et lame allongée ; la lame comprend un axe cuticulaire simple, terminé
en spatule, et 2 ailes latérales larges (fig. 2 K, L et M).
Dimensions : Corps long de 2,06 à 2,6 cm. Pour le (J long de 2,6 cm, corps large de
370 p ; naissance des ailes latérales et de l’ornementation cuticulaire respectivement à
26 p et 84 p de l’apex ; fin des ailes latérales et de l’ornementation dorsale respectivement
à 80 p et 890 p de l’extrémité caudale ; area rugosa s’étendant de 270 p à 5 700 p en avant
du cloaque. Plateau céphalique long de 53 p et large de 21 p ; capsule buccale haute de 8 p ;
anneau nerveux à 185 p de l’apex ; œsophages musculaire et glandulaire longs respecti¬
vement de 310 p et 1 100 p ; spiculé gauche long de 460 p (manche long de 150 p) ; spiculé
droit long de 150 p ; queue longue de 220 p.
Discussion
Le plateau céphalique étiré latéralement et orné près de la bouche par deux forma¬
tions saillantes latérales, la présence des ailes latérales, l’œsophage nettement divisé, Y area
rugosa , la disposition des papilles caudales et la forme des spiculés permettent facilement
232 , 4
Fig. 2. — Madochotera landauae n. sp., male. A, région antérieure, vue presque médiane, avec naissance
de l’ornementation cuticulaire médiane ; B, tête, vue apicale ; C, idem, vue médiane ; D, idem, vue
latérale ; E, détail de l’ornementation cuticulaire, à la fin du tiers antérieur du corps ; F, naissance
de l’area rugosa à 420 p. de l’extrémité caudale, vue ventrale ; G, area rugosa à 1 600 p. de l’extrémité
caudale, vue ventrale ; H, idem, à 2 700 p. de l’extrémité caudale, vue semi-latérale ; I, fin de l’area
rugosa et ornementations cuticulaires médianes à un faible grossissement ; J, région caudale, vue
ventrale ; K, idem, vue latérale ; L, extrémité distale du spiculé gauche, en vue ventrale ; M, région
distale du spiculé gauche, en vue latérale ; N, spiculé droit, vue latérale ; O, idem, vue ventrale.
A : éch. 300 p. ; B, L, M : éch. 50 p. ; C, D, E, F, G, H, J, K, N, O : éch. 100 p..
MADOCHOTERA LANDAUAE N. SP.
817
de placer nos spécimens dans le genre Madochotera Bain et Brunhes, 1968, parasite de
Batraciens malgaches.
En 1968, l’analyse du matériel dont nous disposions avait posé quelques dillicultés
car il semblait hétérogène : 2 mâles appartenant à la même espèce, M. alata, et 1 femelle,
M. sp., que nous avions isolée en raison de différences dans la taille et la forme du plateau
céphalique et des ailes latérales.
Notre nouveau matériel, constitué de nombreux mâles et femelles, montre que ces
deux caractères sont identiques dans les deux sexes et confirme l’hétérogénéité du matériel
étudié en 1968.
M. alata Bain et Brunhes, 1968, se distingue de nos spécimens par de nombreux carac¬
tères : les ailes latérales peu sclérifiées, la cuticule du corps non ornée, Yarea rugosa consti¬
tuée de replis transversaux dans la région précloacale, la grande taille du plateau cépha¬
lique, la forme de l’œsophage glandulaire, le spiculé droit plus long.
M. sp. Bain et Brunhes, 1968, malgré des caractères communs avec notre matériel
(dimensions du plateau céphalique semblables, ailes latérales fortes, vulve très éloignée
de la tête, ovéjecteur simple, queue conique), s’oppose à nos spécimens essentiellement
par la taille très réduite des microlilaires (38 à 40 p. au lieu de 65 à 72 p., pour des micro-
filaires mesurées dans les mêmes conditions) ; la queue paraît également plus longue (790 p.
au lieu de 250 à 550 p.) et l’œsophage glandulaire est symétrique.
Notre matériel constitue donc une espèce nouvelle, Madochotera landauae n. sp.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE
Bain, O., et J. Brunhes, 1968. — Un nouveau genre de Filaire, parasite de Grenouilles malga¬
ches. Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 40 : 797-801.
Manuscrit déposé le 20 juin 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 232, juillet-août 1974,
Zoologie 156 : 813-817.
Achevé d'imprimer le 15 février 1975.
Description de deux nouveaux Nématodes Heligmosomes
chez un Sciuridé du Népal
par Marie-Claude Durette-Desset *
Résumé. — Description de deux nouveaux Heligmosomidae, parasites de Dremomys lokriah
(Sciuridé) au Népal.
Heligmonella cLremomysi n. sp. se différencie des autres espèces du genre par une bourse cau¬
dale atypique et un nombre élevé d’arêtes cuticulaires. Sa présence en Asie, chez un Sciuridé,
alors que le genre n’était connu dans cette région que chez les Lagomorphes, confirme nos hypo¬
thèses selon lesquelles le genre Brevistriata, parasite typique des Sciuridés asiatiques, dérive de
la lignée « Heligmonella ». Si l’interprétation théorique de cette forme est satisfaisante, son classe¬
ment dans le genre « Heligmonella » offre des difficultés en raison du nombre élevé d’arêtes cuti¬
culaires. Il nous semble préférable, cependant, de la considérer comme une forme atypique, plutôt
que de créer pour elle un genre nouveau. Brevistriata nepalensis n. sp. est caractérisé par la forte
dilatation de la côte 5 droite et la torsion de la côte 4 adjacente.
Abstract. — Description of two new Heligmosomes Nematodes of a Scuirid ( Dremomys
lokriah) from Népal.
Heligmonella dremomysi n. sp. differs from other species of the genus in possessing an atypical
caudal bursa and a greater number of cuticular ridges. Its presence in Asia in a Scuirid, whereas
the genus lias previously been known in this région only from Lagomorphs, confirms our hypo-
thesis that the genus Brevistriata, which is known only from Asian Scuirids, is derived from an
“ Heligmonella ” stock. If the theorical interprétation of H. dremomysi as an intermediate form
between Heligmonella and Brevistriata is correct, assigning the new species to the genus Heligmo¬
nella poses dilliculties owing to the increased number of cuticular ridges. It seems préférable,
however, to consider it as an atypical form rather than a new genus. Brevistriata nepalensis
n. sp. is characterized by the strong dilatation of the right ray 5 and torsion of the adjacent ray 4.
Nous poursuivons, dans cette note, l’étude de l’importante collection de Nématodes
parasites de Mammifères du Népal, récoltée par le Dr H. Habe, communiquée par le
Dr M. Ohbayashi, que nous remercions vivement.
Nous étudions ici deux nouvelles espèces parasites d’un Sciuridé : Dremomys lokriah.
L’une se range aisément dans le genre Brevistriata, parasite des Sciuridés asiatiques, l’autre
est intéressante du fait qu’elle est intermédiaire entre les Heligmonellinae et les Brevistria-
tinae, ce qui est conforme aux hypothèses formulées précédemment mais pose quelques
difficultés pour son classement générique. Les spécimens types sont déposés dans les col¬
lections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris-Cedex 05.
820
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
Heligmonella dremomysi n. sp.
Matériel étudié : 1 2 $ (tube 152 HA) coparasites de Brevistriata nepalensis n. sp.
H ôte : Dremomys lokriah (Hodgs).
Origine géographique : est de Dunche.
Localisation : non précisée.
Description
Nématodes enroulés le long de leur ligne ventrale de façon assez lâche. Cuticule à
stries transversales très marquées.
Synlophe : Corps parcouru longitudinalement par 17-18 arêtes cuticulaires dans sa
partie moyenne. Dans la partie antérieure, il existe deux comarêtes ventrales (fig. 1, B).
Dans la partie postérieure, le nombre d’arêtes atteint 21 (fig. 1, C).
Les arêtes débutent sur le bord postérieur de la vésicule céphalique et disparaissent
en avant de la bourse caudale chez le mâle, au niveau de la queue chez la femelle.
En coupe transversale, la pointe des arêtes est dirigée de la ligne ventrale, ventrale-
droite vers la ligne gauche, dorsale-gauche. Les arêtes latérales sont beaucoup plus déve¬
loppées que les autres arêtes sur les 3/4 antérieurs du corps (fig. 1, D).
Mâle : Corps long de 3,6 mm, large de 60 p. dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 42 p sur 28 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 170 p, 275 p et 280 p de l’apex. Œsophage long de 315 p (195 p œsophage
musculaire, 120 p œsophage glandulaire).
Bourse caudale sub-symétrique avec des lobes latéraux très développés, et un lobe
dorsal très caractéristique, en forme de languette, presque totalement séparé des lobes
latéraux. Cône génital hypertrophié presque aussi haut que la bourse caudale. Autres côtes
figurées en 1, G. Spiculés ailés, longs de 370 p, à pointe aiguë mais recourbée. Ils glissent
dans un gubernaculum haut de 25 p sur 10 p de large (fig. 1, H).
Femelle : Corps long de 3,8 mm, large de 60 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 40 p sur 32 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 170 p, 284 p et 250 p de l’apex. Œsophage long de 300 p (170 p œsophage
musculaire, 130 p œsophage glandulaire) (fig. 1, A).
La vulve s’ouvre à 66 p de la pointe caudale. Vestibule, sphincter et trompe longs
respectivement de 60 p, 22 p, et 110 p. Utérus mesurant 480 p et contenant 6 œufs non
embryonnés, hauts de 60 p sur 30 p de large (fig. 1, F).
Queue longue de 42 p. Elle peut s’invaginer à l’intérieur de la cuticule (fig. 1, F).
Discussion
La bourse caudale de cette espèce, avec un lobe dorsal très nettement individualisé
et un cône génital hypertrophié aussi long que le lobe dorsal, apparaît comme très atypique.
DEUX NOUVEAUX NEMATODES HELIGMOSOMES
821
g. 1. — Heligmonella dremomysi n. sp. A, Ç, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, coupe
transversale dans le quart antérieur du corps ; C, (J, id. dans le quart postérieur du corps ; D, $, id.
dans la moitié postérieure du corps ; E, $, pore excréteur et deirides, vue ventrale ; F, Ç, extrémité
postérieure du corps, vue latérale droite ; G, (J, bourse caudale, vue ventrale ; H, <}, extrémité d’un
spiculé.
A, F, G : éch. 50 p. ; B, C, D, E, H : éch. 100 pi.
822
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
L’individualisation du lobe dorsal évoque celui du genre Ashworthius Le Roux, 1930, mais
les autres caractères ne concordent pas.
Par contre, le synlophe est facile à interpréter car il est de type Heligmonella évolué
et s’approche en particulier d ’H. asymmetria Durette-Desset, 1969, parasite d'un Hystri-
cidé éthiopien. Cette dernière espèce possède également une bourse caudale totalement
atypique.
Les deux espèces se différencient donc aisément car, outre les caractères de la bourse
caudale, l’espèce du Dremomys a un nombre plus élevé d’arêtes cuticulaires.
Nous considérons cette espèce comme nouvelle et nous la nommons Heligmonella
dremomysi n. sp.
Nous avons cherché à établir (cf. Durette-Desset, 1971) que pour les Nématodes
Héligmosomes le peuplement normal des Sciuridés de l’Ancien Monde est constitué par
des parasites appartenant à la sous-famille des Brevistriatinae et plus précisément au
genre Brevistriata que nous faisons dériver de la lignée « Heligmonella ». Le genre Heligmo¬
nella n’était connu jusqu’à présent en Asie que chez des Lagomorphes. L’espèce du Dre¬
momys est particulièrement intéressante puisqu’il s’agit encore d’un Heligmonella mais
d’un Heligmonella évolué du fait que le nombre de ses arêtes est de 17-18. Cette forme
n’offre donc pas de difficultés d’interprétation et semble confirmer les hypothèses que nous
avions formulées. Mais, d’un point de vue formel, elle est difficile à classer du fait cpie,
dans notre tableau dichotomique, un des caractères essentiels des Heligmonella est d’avoir
un nombre d’arêtes cuticulaires égal ou inférieur à 13. Cependant, il nous paraît préférable
actuellement de considérer cette espèce comme une exception par rapport au genre Heligmo¬
nella plutôt que de créer un nouveau genre.
Brevistriata nepalensis n. sp.
Matériel-type : 1 2 Ç (tube 153 HA).
Hôte : Dremomys lokriah.
Origine géographique : Thare Pâte, est de Gasainhund.
Localisation : intestin grêle.
Autre matériel : nombreux mâles et femelles (tube 152 I1A), coparasites d ’Heligmonella
dremomysi n. sp.
Hôte : Dremomys lokriah.
Origine géographique : est de Dunche.
Localisation : intestin grêle.
Description
Nématodes presque entièrement déroulés.
Synlophe : Comme chez tous les Brevistriata, il est constitué de deux systèmes : la
carène sur la face latérale gauche et des séries de bosses alternées sur les autres faces. Ces
DEUX NOUVEAUX NÉMATODES HELIGMOSOMES
82 »
Fig. 2. — Brevistriata nepalensis n. sp. A, $, extrémité antérieure, vue latérale droite ; B, $, coupe trans¬
versale au milieu du corps ; C, <J, ici. ; D, $, extrémité antérieure, naissance des arêtes cuticulaires,
vue latérale droite ; E, id., vue latérale gauche ; F, Ç, pore excréteur et deirides, vue ventrale ; G, Ç,
extrémité postérieure, disparition des arêtes cuticulaires, vue latérale gauche ; H, $, extrémité posté¬
rieure, vue latérale gauche ; I, 2, queue, vue ventrale ; J, cJ, bourse caudale, vue ventrale ; K, extré¬
mité postérieure du spiculé gauche, vu de profil, puis de face ; L, extrémité postérieure du spiculé droit,
vu de profil, puis de face.
A, G, H : écli. 500 p ; B, C, F, I, K, L : 50 p ; D, E, J : éch. 100 p.
824
MARIE-CLAUDE DURETTE-DESSET
bosses sont longues d’environ 10 p. En coupe transversale, on en compte 20 chez les deux
sexes (fig. 2, B, G, D, E, G).
Mâle : Corps long de 3,9 mm, large de 100 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 50 p sur 35 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 150 p, 215 p et 220 p de l’apex. Œsophage long de 320 p (150 p œsophage
musculaire, 170 p œsophage glandulaire).
Bourse caudale figurée en 2, J. Côtes 4 plus longues que les 5. La côte 5 droite est for¬
tement dilatée, la côte 4 adjacente présente une torsion à sa racine.
Spiculés sub-égaux longs de 520 p. Leurs extrémités distales sont bifides et arrondies.
L’extrémité dorsale du spiculé gauche a, de profil, la forme d’un pied (fig. 2, K) ; celle du
spiculé droit est simple (fig. 2, L). Cône génital peu marqué. Gubernaculum non vu.
Femelle : Corps long de 4,1 mm, large de 100 p dans sa partie moyenne. Vésicule cépha¬
lique haute de 48 p sur 32 p de large. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés
respectivement à 135 p, 160 p et 165 p de l’apex. Gisophage long de 340 p (155 p œsophage
musculaire, 185 p œsophage glandulaire).
La vulve s’ouvre à 105 p de la pointe caudale. Vagina vera, vestibule, sphincter et
trompes longs respectivement de 42 p, 140 p, 32 p et 90 p. L’utérus mesure 1 mm et con¬
tient 22 œufs non embryonnés hauts de 50 p sur 30 p de large (fig. 2, H).
L’ovaire débute un peu en arrière de la fin de l’œsophage.
Queue longue de 40 p, arrondie à son extrémité (fig. 2, I).
Discussion
Les spécimens du Dremomys peuvent être facilement rangés dans le genre Brevistriata
Travassos, 1937, dont ils possèdent les principaux caractères (alternance des bosses cuti-
culaires, côtes 4 plus longues que les côtes 5).
Ils se distinguent aisément des autres espèces du genre, toutes parasites de Sciuridés
orientaux, par la forte dilatation de la côte 5 droite et la torsion de la côte 4 adjacente,
ces deux caractères étant constants chez tous les spécimens observés.
Nous pensons donc que ces spécimens sont nous eaux et nous les nommons Brevistriata
nepalensis n. sp.
DEUX NOUVEAUX NÉMATODES HELIGMOSOMES
825
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPHIQUES
Durette-Desset, M. C., 1969. — Sept nouvelles espèces de Nématodes Heligmosomes parasites
d’un Atherurus africanus Gray, et remarques sur leur répartition dans l’intestin. Cah. Maboké,
7 (2) : 109-130.
— 1971. — Essai de classification des Nématodes Heligmosomes. Corrélation avec la paléo-
biogéographie des hôtes. Mém. Mus. natn. Hist. nat., Paris, n. sér., sér. A, Zool., 69 : 126 p.
Lf. Roux, P. L., 1930. — On two new Helminths from the abomasum of the bushbuck in Zululand,
Natal. 16th Rep. Dir. vet. Serv. Anim. Ind. Un. S. Afr. : 233-241.
Tiiavassos, L., 1937. — Révisas da familia Trichostrongylidae Leiper, 1912. Monografias Inst.
Oswaldo Cruz, I, 512 p.
Manuscrit déposé le 21 septembre 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris , 3 e sér., n° 232, juillet-août 1974,
Zoologie 156 : 819-825.
Achevé d’imprimer le 15 février 1975.
Trois nouvelles Filaires du genre Oswaldofilaria
chez des Lézards sud-américains ;
essai de classification des Oswaldofilariinae
par Odile Bain et Annie Sulahian *
Résumé. — Description de trois nouvelles espèces A'Oswaldofilaria de Lézards sud-améri¬
cains : O. petersi n. sp. et O. belemensis n. sp. chez deux Teiidae, 0. spinosa n. sp. chez un Scincidae ;
leur morphologie, assez particulière, s’interprète aisément si l’on admet que les Oswaldofilariinae
sont constitués d’espèces reliques bien distinctes les unes des autres. Les genres de cette sous-
famille semblent se répartir de façon cohérente en un groupe à œsophage glandulaire long : Oswal¬
dofilaria à vulve subéquatoriale et Gonofïlaria à vulve postérieure, et un groupe à œsophage glan¬
dulaire court, comprenant trois genres à vulve subéquatoriale : Befilaria , à spiculés inégaux et ové¬
jecteur complexe et long, Piratuboides n. gen. qui regroupe certains Piratuba à spiculés peu inégaux
et ovéjecteur simple et long, Piratuba à spiculés égaux et ovéjecteur simple et court, et un genre
à vulve postérieure : Solafilaria.
Abstract. — Description of three new species of Oswaldofilaria from south-american lizards :
O. petersi n. sp. and 0. belemensis n. sp. from two Teiidae, O. spinosa n. sp. from a Scincidae. The
particularities of their morphology can be easily interpreted if the species gathered in the Oswaldo¬
filariinae are considered as distinct relict species. The authors propose the use of the length of
the glandular œsophagus as the main characteristic for a cohérent division of the subfamily in
two groups ; first group with long glandular œsophagus : Oswaldofilaria with subequatorial vulva
and Gonofilaria with posterior vulva ; second group with short glandular œsophagus : three généra
with subequatorial vulva : Befilaria, with unequal spiculés and complex and long ovejector, Pira¬
tuboides n. gen. which includes some Piratuba with subequal spiculés and simple and long ovejec¬
tor, Piratuba with equal spiculés and simple and short ovejector, and one genus with posterior
vulva : Solafilaria.
Introduction
Des nouvelles Filaires ont été recueillies chez des Lézards sud-américains, à Belem
(Parà, Brésil) h Elles présentent des caractères assez particuliers (tête étirée latéralement,
deux longues files de papilles précloacales, parfois pointes caudales et cuticule ornée de
rangées de très fins bâtonnets), mais l’ensemble de leur morphologie montre leur appar¬
tenance au genre Oswaldofilaria Travassos, 1933, Oswaldofilariinae Chabaud et Cboquet,
1953.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231 Paris-Cedex 05.
1. Nous remercions vivement le Dr de Azevedo, directeur de l’Institut Evandro Chagas de Belem,
les Dr R. Lainson et G. Shaw de la Wellcome Parasitology Unit, le Pr A. G. Chabaud et le Dr I. Landau
auxquels nous devons ce matériel.
828
ODILE BAIN ET ANNIE SULAHIAN
Trois nouvelles espèces sont décrites : O. petersi n. sp., chez Tupinambis nigropunctatus
Spix, Teiidae ; O. belemensis n. sp. chez Dracaena guyanensis Daudun, Teiidae ; O. spinosa
n. sp. chez Mabuya mabouya mabouya Lacepède, Scincidae.
Les spécimens sont déposés au Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, et à
l’Institut Oswaldo Cruz de Rio de Janeiro.
DESCRIPTION DES ESPÈCES
Les caractères communs aux Oswaldofilaria (cf. Bain, 1974) ne sont pas redécrits ;
seules sont signalées les particularités morphologiques de ces espèces.
Oswaldofilaria petersi n. sp.
Hôte : Tupinambis nigropunctatus Spix, Teiidae.
Localisation : dans la racine du mésentère ou dans l’épaisseur de la paroi intestinale ;
un spécimen sur les muscles de la cuisse ; microfilaires sanguines.
Matériel : 2 $ et 4 (J, lot type, 38 CA.
Description
(Fig. 1 et 2)
Cuticule ornée de bandes transversales légèrement saillantes constituées de bâton¬
nets longitudinaux (fig. 2 M). Tête brusquement rétrécie avec papilles disposées selon
les figures 1 B et C, et 2 B, C, D ; un sillon cuticulaire relie les quatre papilles céphaliques ;
bouche arrondie.
Femelle (fig. 1)
Vulve à la fin du 1/4 antérieur du corps ; vagin à paroi interne cuticulaire finement
striée ; sphincter musculeux ; portion impaire de l’ovéjecteur longue et dirigée vers l’avant ;
ovaires naissant respectivement de part et d’autre de la vulve. Queue à extrémité tronquée ;
petites phasmides subterminales.
Dimensions : corps long de 59 à 64 mm ; pour la femelle de 64 mm, corps large de 450 p ;
bandes cuticulaires transversales hautes de 8 (i (milieu du corps) ; champ latéral large de 140 p ;
anneau nerveux à 380 p de l’apex ; capsule buccale haute de 17 p ; œsophages musculaire et glan¬
dulaire longs respectivement de 480 p et 2 090 p ; vulve à 15,6 mm de l’apex ; portion impaire de
l’ovéjecteur longue de 4 100 p avec région proximale très musculeuse longue de 180 p ; naissance
des ovaires respectivement à 11,5 mm de la tête et 2,5 mm de la queue ; queue longue de 260 p.
Mâle (fig. 2)
Apex du testicule éloigné de la tête. Région caudale enroulée sur un tour et demi de
spire. Parfois, post-deiride (un spécimen). Papilles caudales disposées selon la figure 2 F ;
NOUVELLES FILAIRES DU GENRE OSWALDOFILARIA
829
Fig. 1. — Oswaldofilaria petersi n. sp., Ç. A, région antérieure (en pointillés, la boucle utérine la plus
antérieure) ; B et C, tête, respectivement en vue médiane et en vue latérale ; D, ovéjecteur disséqué ;
E, région proximale de l’ovéjecteur ; F et G, région caudale, respectivement en vue médiane et en vue
latérale ; H, extrémité caudale, en vue ventrale ; I et J, micro filaire extraite de l’utérus ; K et L, micro-
lilaires sanguines colorées au Giemsa.
A et D : éch. 500 g ; B et C : éch. 100 g ; F et G : éch. 200 [jl ; E : éch. 150 p. ; H, I, J, K, L : éch.
50 [X.
un groupe péricloacal, une longue double rangée de papilles précloacales, deux paires de
papilles subterminales pins les phasmides. Spiculé droit avec arête transversale subterminale
dorsale et bord interne mince mais non lamelleux ; spiculé gauche avec moitié distale amin¬
cie mais non membraneuse, aplatie dorsoventralement et terminée en pointe. Extrémité
caudale arrondie.
830
ODILE BAIN ET ANNIE SULAHIAN
Fig. 2. — Oswaldofilaria petersi n. sp., çj. A, région antérieure, vue latérale ; B, tête, vue apicale ; C et D,
idem, respectivement en vue médiane et en vue latérale ; E et F, région caudale respectivement en vue
latérale et en vue ventrale ; G, extrémité caudale, vue ventrale ; H, idem, vue latérale ; I, spiculé gau¬
che disséqué, vue latérale ; J, idem, extrémité distale, vue ventrale ; K, idem, vue latérale ; L, spiculé
droit disséqué, vue ventrale ; M, ornementation cuticulaire au milieu du corps.
A : éch. 200 p ; B, C, D, H, I et L : éch. 100 p ; E et F : éch. 150 p ; G, K, J, M : éch. 50 p.
NOUVELLES FILAIRES DU GENRE OSWALDOFILARIA
831
Dimensions : corps long de 22,1 à 26,2 mm. Pour un mâle long de 25 mm, corps large de 260 p ;
bandes cuticulaires transversales hautes de 4 g (milieu du corps) ; écartement des papilles cépha¬
liques de 82 p/62 p, respectivement dans le plan médian et le plan latéral ; anneau nerveux à
300 p de l’apex ; capsule buccale haute de 17 p ; œsophages musculaire et glandulaire longs res¬
pectivement de 380 et 1 370 p ; spiculé gauche long de 380 p et spiculé droit long de 90 p ; queue
longue de 150 p.
Pour l’ensemble des spécimens, longueur du spiculé gauche variant de 330 à 380 p ; longueur
du spiculé droit de 90 à 122 p ; longueur de la queue de 150 à 160 p.
Microfilaire (fig. 1 I, J, K, L)
1 — Microfilaire utérine (chez une femelle fixée à l’alcool chaud — fig. 1 I et .1) :
corps épais, plus large dans le plan du crochet ; tête conique avec crochet subterminal
punctiforme ; queue courte et conique.
Corps long de 50 à 58 p. et large de 5 ou 8 p, selon l’orientation de la microfilaire.
2 — Microfilaire sanguine (colorée au Giemsa — fig. 1 K et L) : gaine colorée ou non ;
espace céphalique très réduit ; emplacement du pore anal parfois visible ; queue nucléée.
Corps long de 58 à 62 p sur 9 p de large.
Discussion
Par l’œsophage glandulaire long, les spiculés inégaux, l’ovéjecteur long et complexe
(vagin développé, musculature du sphincter puissante) cette Filaire se rattache au genre
Oswaldofilaria Travassos, 1933, bien représenté en Australie et en Amérique du Sud.
Nos spécimens se distinguent des trois espèces australiennes, O. chlamydosauri (Breinl,
1913), O. innisfailensis (Mackerras, 1962) et O. pflugfelderi (Frank, 1964), par la queue
courte et tronquée de la femelle, par le spiculé droit particulièrement court par rapport
au spiculé gauche, par la microfilaire large et très courte.
Ils se séparent également des trois espèces américaines, O. bacillaris Travassos, 1933,
O. brevicaudata (Rodhain et Vuylsteke, 1937) et O. azevedoi Bain, 1974, par tout un ensemble
de caractères : cuticule ornée de bandes transversales de très fins bâtonnets longitudinaux,
deux longues files de papilles préeloacales (11 paires), spiculé droit très court, apex du
spiculé gauche plat et aigu, queue tronquée de la femelle et enfin microfilaire très courte
et large à cuticule mince.
Nos spécimens constituent donc une nouvelle espèce, O. petersi n. sp., que nous dédions
au Pr W. Peters.
Oswaldofilaria belemensis n. sp.
PIôte : Dracaena guyanensis Daudin, Teiidae.
Localisation : Cœur et gros vaisseaux (aorte et veine cave) ; microfilaires sanguines.
Matériel : 1 $ et 2 (J, lot type, 671 NJ.
Fig. 3. — Oswaldofilaria belemensis n. sp., $. A, région antérieure, vue latérale ; B et C, tête, respective¬
ment en vue médiane et en vue latérale ; D, ornementation cuticulaire au milieu du corps ; E, ovéjec-
teur disséqué ; F, région proximale de l’ovéjecteur ; G et H, région caudale, respectivement en vue
latérale et en vue médiane ; I, extrémité caudale, vue médiane ; J, microfîlaire extraite de l’utérus ;
K, microfîlaire sanguine colorée à l’hémalun.
A, G, H : éch. 200 p ; B, C, I : éch. 100 p ; D, J, K : éch. 50 p ; E : éch. 2 000 p ; F : éch. 150 p.
NOUVELLES FILAI RES DU GENRE OSWALDOFILARIA
833
Description
(Fig. 3 et 4)
Grandes Pilaires ; cuticule ornée de bandes transversales légèrement saillantes consti¬
tuées de bâtonnets longitudinaux (fig. 3 D). Deirides non perceptibles. Tête assez brusque¬
ment rétrécie, ornée d’un sillon péribuccal et d’un sillon reliant les papilles céphaliques ;
celles-ci sont disposées selon la figure 4 B, montrant un étirement latéral du plateau cépha¬
lique. Bouche arrondie, capsule buccale haute, mince et à section circulaire vers l’apex,
épaisse et à section triangulaire à la base. Queue longue avec deux pointes subterminales.
Femelle (fig. 3)
Vulve située à la fin du 1/4 antérieur du corps. Ovéjecteur complexe avec sphincter
à très forte musculature, et vagin dont la lumière est large et à cuticule très finement striée ;
portion impaire de l’ovéjecteur dirigée vers l’avant et longue (fig. 3 E). Naissance des deux
ovaires en avant de la vulve. Queue conique à extrémité arrondie ; phasmides subterminales ;
la phasmide gauche est à la base d’une forte pointe cuticulaire émoussée ; pas de pointe
du côté droit sur cet unique spécimen.
Dimensions : corps long de 115 mm et large de 450 \x ; bandes cuticulaires hautes de 9 ;x (milieu
du corps) ; champ latéral large de 290 [x ; anneau nerveux à 350 fx de l’apex ; capsule buccale haute
de 25 [i ; œsophages musculaire et glandulaire longs respectivement de 360 et 1 950 ix ; vulve à
27 mm de la tête ; sphincter long de 210 (x ; portion impaire de l’ovéjecteur longue de 5 600 [x ;
queue longue de 480 |x.
Mâle (fig. 4)
Naissance du testicule loin de la tête. Région caudale enroulée sur deux tours de spire ;
au niveau de la queue l’ornementation cuticulaire s’atténue. Papilles caudales disposées
selon la figure 4 E : un groupe de papilles péricloacales, une double rangée de papilles pré-
cloacales et deux paires de papilles subterminales. Spiculé droit épais, avec dorsalement
un rebord saillant subterminal ; le bord interne est légèrement aminci. Spiculé gauche
avec moitié distale plus fine mais non membraneuse (fig. 4 J), elle est, constituée par un axe
cuticulaire large orné d’arêtes longitudinales légèrement spiralées ; son extrémité forme
une pointe conique aplatie dorsoventralement (fig. 4 I). Queue arrondie avec deux robustes
pointes crénelées subterminales.
Dimensions : corps long de 59 à 63 mm et large de 325 à 375 jx. Pour le mâle long de 63 mm,
champ latéral large de 135 p. ; bandes cuticulaires hautes de 6 jx (milieu du corps) ; anneau nerveux
à 320 jx de l’apex ; capsule buccale haute de 20 p. ; œsophages musculaire et glandulaire longs res¬
pectivement de 380 et 1 930 [x ; spiculé gauche long de 465 p. ; spiculé droit long de 180 jx ; queue
longue de 260 [x.
Chez le deuxième spécimen, les dimensions sont comparables ; les spiculés gauche et droit
disséqués mesurent respectivement 440 (x et 155 |x ; queue longue de 290 fx.
Microfilaires (fig. 3 J et K)
1 — Microfilaire utérine (femelle fixée à l’alcool chaud — fig. 3 J) : microfilaire à
4. — Oswaldofilaria belemensis n. sp., A, région antérieure, vue médiane ; B, tête, vue apicale ;
G, idem, vue médiane ; D, ornementation cuticulaire au milieu du corps ; E, région caudale, vue ven-
1 raie ; F, idem, vue latérale, 2 e 3 ; G, idem, 1 er 3 ; H, spiculé gauche disséqué, vue latérale ; I, idem,
extrémité distale, vue ventrale ; J et K, spiculé droit respectivement en vues latérale et dorsale.
A : éch. 200 p ; B, G, E, H, J, K : éch. 100 p ; D et I : éch. 50 p ; F et G : éch. 150 p.
NOUVELLES FILAIRES DU GENRE OSWALDOFILARIA
835
gaine ; corps large ; tête non conique avec crochet punctiforme ; corps interne sphérique ;
queue à pointe obtuse.
Corps long de 72 à 78 p. sur 7-8 p de large.
2 — Microfilaire sanguine (colorée à l’hémalun — fig. 3 K) : gaine non visible ; espace
céphalique réduit, noyaux serrés, anguleux ; queue entièrement nucléée.
Corps long de 68-78 p sur 9-9,5 p de large.
Sur les microfilaires sanguines immobilisées à la chaleur, corps long de 88-90 p sur
7 p de large.
Discussion
Par la cuticule ornée de très fins bâtonnets, les deux longues files de papilles précloa-
cales et les microfilaires trapues, ces Filaires sont très proches de l’espèce précédente, O.
petersi, dont elles se distinguent par la taille nettement plus grande, la présence de deux
fortes pointes caudales, le spiculé droit relativement plus long, la présence de crêtes longi¬
tudinales sur la moitié distale du spiculé gauche, la queue arrondie de la femelle et la micro¬
filaire plus longue. Ils constituent une nouvelle espèce, O. belemensis n. sp.
Oswaldofilaria spinosa n. sp.
Hôte : Mabuya mabouya mabouya (Lacepède, Scincidae).
Localisation : aisselle, aponévrose le long du rachis, rarement libre dans la cavité géné¬
rale ; microfilaires sanguines.
Matériel : 2 Ç et 2 lot type, 47 CA ; 3 Ç, lot 673 NJ.
Description
(Fig. 5 et 6)
Deirides non visibles. Région antérieure du corps régulièrement atténuée puis se rétré¬
cissant brusquement juste en arrière de la tête ; tête étirée latéralement avec papilles dis¬
posées selon les figures 5 B et C et 6 A ; bouche aplatie latéralement ; capsule buccale for¬
tement cuticularisée (fig. 5 D) avec une paroi interne ornée de fins sillons longitudinaux
dans la région apicale (fig. 6 B).
Femelle (fig. 5)
Vulve vers le milieu du corps ; portion impaire de l’ovéjecteur longue, se divisant
en deux branches dirigées en sens opposé ; vagin allongé et sphincter musculeux (fig. 5 F).
Naissance des ovaires dans la région vulvaire. Extrémité caudale renflée ornée par deux
pelotes cuticulaires latéro-dorsales hérissées de petites pointes (fig. 5 I, J, K). Phasmides
subterminales.
Dimensions : Les deux femelles ont sensiblement les mêmes mensurations. Corps long de
34 mm et large de 380 [x ; champ latéral large de 130 [x ; anneau nerveux à 220 fx de la tête ; capsule
836
ODILE BAIN ET ANNIE SULAHIAN
Fig. 5. —• Oswaldofilaria spinosa n. sp., A, région antérieure, vue médiane ; B, tête, vue médiane ;
C, idem, vue latérale superficielle ; D, capsule buccale ; E, ovéjecteur disséqué ; F, région proximale
de l’ovéjecteur ; G et H, région caudale, vue latérale et vue ventrale ; I, extrémité caudale, vue ventrale ;
J et K, détail de l’ornementation cuticulaire, vue ventrale et vue dorsale ; L, microfilaire extraite
de l’utérus ; M, micro blaire sanguine colorée au Giemsa.
A, E, G, H : éch. 200 g ; B, C et F : éch. 150 p ; D, I, J, K, L, M : éch. 50 p.
NOUVELLES FILAIRES DU GENRE OSWALDOFILARIA
837
buccale haute de 13 p ; œsophages musculaire et glandulaire longs respectivement de 340 et 2 015 p ;
vulve à 16,60 mm de la tête ; portion impaire de l’ovéjecteur longue de 1,6 mm avec région vaginale
longue de 350 p ; naissance des ovaires respectivement à 14,60 mm de la tête et 17,75 mm de la
pointe caudale ; queue longue de 340 p.
Mâle (fig. 6)
Queue enroulée sur deux tours de spires. Nombreuses et volumineuses papilles dispo¬
sées sur deux files parallèles en avant et dans la région du cloaque (fig. 6 C) et quatre papil¬
les subterminales plus réduites ; une papille peut s’intercaler entre le groupe de papilles
cloacales et le groupe subterminal. Spiculé droit court et épais avec une saillie dorsale
Fig. 6. — Oswaldofdaria spinosa n. sp., <J- A, tête, vue apicale ; B, segment antérieur de la capsule buccale,
vue apicale ; C et D, région caudale, vue ventrale et vue latérale; E, spiculé gauche disséqué, vue
médiane ; F, spiculé droit disséqué, vue latérale ; G, idem, extrémité distale, vue ventrale ; H et I,
extrémité distale du spiculé gauche, vue ventrale et vue latérale.
A, C, E, F : éch. 100 p ; B, G, H, I : éch. 50 p ; D : éch. 150 p.
838
ODILE BAIN ET ANNIE SULAHIAN
subterminale. Spiculé gauche allongé avec une portion proximale épaisse et courte et une
longue portion distale semi-membraneuse à extrémité brusquement effilée (fig. 6 H et I).
Dimensions : corps long de 14 à 16,5 mm et large de 230 g ; champ latéral large de 130 p. ;
anneau nerveux de 200 à 270 p de l’apex ; capsule buccale haute de 12 p ; œsophages musculaire
et glandulaire longs respectivement de 280 p et 610 à 860 p ; naissance du testicule 2,10 à 3,40 mm
de la tête ; spiculé gauche long de 298 p et spiculé droit long de 98 p ; queue longue de 260 p.
Microfilaire (fig. 5 L et M)
1 —- Microfilaire utérine (femelle fixée à l’alcool chaud — fig. 5 L) : gaine, corps
fortement effilé dans la région postérieure et tête assez brusquement rétrécie et arrondie ;
crochet céphalique à peine visible.
Corps long de 55 à 59 p. et large de 5 p.
2 — Microfilaire sanguine (colorée au Giemsa — fig. 5 M) : gaine non colorée, deux
taches claires, l’une au niveau du corps interne et l’autre au niveau du pore anal ; espace
céphalique à peine visible.
Corps long de 58 p et large de 4 p.
Discussion
Les spécimens constituent une nouvelle espèce, O. spinosa n. sp., proche des deux
espèces précédentes, mais bien distincte par la présence de deux coussinets de pointes
cuticulaires à l’extrémité caudale de la femelle, l’absence de bâtonnets cuticulaires sur le
corps, la présence de crêtes longitudinales sur la face interne de la capsule buccale, la grande
taille de la portion distale semi-membraneuse du spiculé gauche et sou extrémité brusque¬
ment effilée, et la microfilaire étroite.
Conclusion
Dans la sous-famille des Oswaldofilariinae, cinq caractères nous paraissent particu¬
lièrement importants à considérer :
1. IJœsophage : il est toujours divisé en portions musculaire et glandulaire, mais l’œso¬
phage glandulaire est plus ou moins développé chez la femelle ; il est long, supérieur à
2 mm (Oswaldofilaria, Gonofilaria Mullin, 1973) ou court et inférieur à 1 mm ( Befilaria
Chabaud et coll., 1959 ; Piratuha Lent et Freitas, 1941 ; Solafilaria Chabaud et coll., 1959).
L’un ou l’autre type d’œsophage peut être considéré comme primitif selon que les Oswaldo¬
filariinae se sont isolés très tôt à partir de formes à œsophage simple, proches des Seura-
toidea Chabaud, Campana-Rouget et Brygoo, 1959, ou plus tardivement à partir de formes
à œsophage divisé du type Spiruride.
2. Les papilles caudales : leur nombre et leur disposition varient mais tous les types
de queue observés semblent dériver d’un type fondamental, bien représenté par Befilaria
africana Bain et Ranque, 1974, où les dix paires de papilles propres aux Phasmidiens sont
présentes ; elles se répartissent en quatre paires précloacales, quatre paires postcloacales,
l’ensemble formant deux files longitudinales ventrales, et deux paires subterminales (plus
les phasmides). Un arrangement analogue, avec en plus une paire de papilles précloacales
NOUVELLES FILAIRES DU GENRE OSWALDOFILARIA
839
surnuméraires, existe chez Piratuba zeae Bain, 1974. L’évolution se manifeste par le regrou¬
pement des huit premières paires de papilles autour du cloaque ; il s’observe chez presque
toutes les espèces et s’accompagne finalement d’une réduction du nombre des papilles
(Solafilaria guibei Chabaud et coll., 1959) ; en outre, certaines papilles peuvent se multi¬
plier ; ce sont soit les papilles précloacales qui se disposent en deux longues files ventrales
(■ Oswaldofilaria spinosa, O. petersi et O. belemensis ), soit les papilles subterminales qui se
disposent de façon anarchique (Piratuba).
3. La position de la vulve : elle est généralement subéquatoriale, exceptionnellement
postérieure (deux genres monospécifiques, Solofilaria et Gonofilaria) ou antérieure, mais
toujours nettement éloignée de l’œsophage (O. innisfailensis (Mackerras, 1961)). Les pre¬
mières données larvaires sur la migration de l’ébauche génitale femelle (à la fin du deuxième
stade, elle arrive à la hauteur de l’œsophage glandulaire, mais sa migration est de plus
faible ampleur que chez les autres Filaires (Prod’Hon et Bain, 1973)) font penser que la
position initiale de la vulve est légèrement prééquatoriale.
4. Les spiculés et Vovéjecteur : ces deux caractères paraissent liés ; chez toutes les espèces
suffisamment étudiées, les spiculés inégaux sont associés à un ovéjecteur complexe avec
vagin développé et sphincter musculaire puissant suivi d’une longue portion impaire ( Oswal¬
dofilaria, Befilaria), tandis que les spiculés égaux correspondent à un ovéjecteur simple
et court ( Piratuba américains à l’exclusion de P. zeae). Il n’est pas possible d’attribuer
un caractère plus primitif à l’un ou l’autre de ces types morphologiques car l’évolution
peut aussi bien s’être faite à partir d’espèces à spiculés égaux rappelant ceux des Seura-
toides que d’espèces initialement à spiculés inégaux, comme chez les Spirurides.
5. La disposition des papilles de la tête : elles sont généralement disposées en carré
et plus rarement en rectangle étiré latéralement ( Oswaldofilaria bacillaris, O. spinosa, O.
belemensis et O. petersi, pour les espèces dont la tête est connue). La disposition des papilles
en rectangle étiré latéralement apparaît comme le résultat d’une évolution de la disposition
primitive en carré, telle qu’elle se présente chez les troisièmes stades infestants des Filaires
vivipares.
Cette analyse montre qu’il est souvent impossible de déterminer dans quel sens les
caractères évoluent, comme c’est le cas pour l’œsophage et l’ensemble spicules-ovéjecteur ;
elle montre également que les caractères varient indépendamment les uns des autres ;
il existe par exemple deux Oswaldofilariinae à vulve postérieure mais l’une a un œsophage
glandulaire long et des spiculés presque égaux ( Gonofilaria ) et l’autre un œsophage court
et des spiculés très inégaux ( Solafilaria ). Ces particularités s’expliquent par l’ancienneté
des Oswaldofilariinae ; ce qui reste actuellement de ce groupe de Filaires de Lézards est
constitué de genres reliques, issus de petites lignées dont la plupart des représentants ont
disparu et qui offre ainsi l image d’une mosaïque.
11 n’est donc pas possible de faire une véritable classification phylétique des Oswal¬
dofilariinae mais plutôt de tenter d’ordonner les genres de façon cohérente en tenant compte
des caractères que nous avons analysés.
840
ODILE BAIN ET ANNIE SULAHIAN
La longueur de l’œsophage glandulaire nous semble constituer un caractère supra-
générique pratique à partir duquel les genres se classent de façon simple.
Dans le groupe à œsophage glandulaire long (> 2 mm chez la femelle), se situent
deux genres :
Oswaldofilaria, à spiculés inégaux, ovéjecteur complexe et long, papilles caudales
groupées autour du cloaque 1 , avec parfois multiplication des papilles précloacales et vulve
subéquatoriale. Six espèces américaines, O. bacillaris Travassos, 1933, espèce-type, O.
brevicaudatci (Rodhain et Vuvlsteke, 1937), O. azevedoi Bain, 1974, O. spinosa n. sp., U.
petersi n. sp., et O belemensis n. sp. ; trois espèces australiennes : O. chlamydosauri (Breinl,
1913), O. innisfailensis (Mackerras, 1962), O. pflugfelderi (Frank, 1964).
Gonofilaria , à spiculés peu inégaux, papilles caudales groupées autour du cloaque
et vulve postérieure. Espèce-type unique : G. rudnicki Mullin, 1973, en Asie.
Le groupe à œsophage glandulaire court (< 1 mm chez la femelle) comprend :
Befilaria, à spiculés inégaux, ovéjecteur complexe et long, et papilles caudales en file
ou groupées. Deux espèces : B. ursclii Chabaud, Anderson et Brygoo, 1959, espèce-type,
à Madagascar, et B. africana Bain et Ranque, 1973, en Afrique.
Piratuboides n. gen. à spiculés peu inégaux, ovéjecteur simple et long, et papilles cau¬
dales en files ou groupées. Espèce-type : P. zeae (Bain, 1974), en Amérique ; nous plaçons
dans ce nouveau genre deux espèces australiennes, P. varanicola (Mackerras, 1962) n. comb.
et P. queenslandensis (Mackerras, 1962) n. comb.
Piratuba à spiculés égaux, ovéjecteur simple et court, et papilles caudales groupées,
avec multiplication des papilles subterminales. Six espèces américaines très proches les
unes des autres, distinctes par les microfilaires : P. digiticaudata Lent et Freitas, 1941,
espèce-type, P. prolifica Pelaez et Perez-Reyes, 1958, P. lanceolata Pelaez et Perez-Reyes,
1960, P. lainsoni Bain, 1974, P. scaffl Bain, 1974, et P. shavvi Bain, 1974.
Le dernier genre, Solafilaria, a une vulve postérieure, des spiculés inégaux, un ové¬
jecteur complexe et long et des papilles caudales groupées, en nombre très réduit. Espèce-
type, unique : S. guibei Chabaud, Anderson et Brygoo, 1959, de Madagascar.
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NOUVELLES FILAIRES DU GENRE OSWALDOFILARIA
841
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füaria bacillaris, Pilaire de Caïman sud-américain et redescription des adultes. Annls Para-
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Manuscrit déposé le 12 octobre 1973.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 232, juillet-août 1974,
Zoologie 156 : 827-841.
Achevé d’imprimer le 15 février 1975.
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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