BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
llllllllllllllllllllllllllllllllll
PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 241
JUILLET-AOUT 1974
zoologie
165
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauciiot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l'illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1974
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 241, juillet-août 1974, Zoologie 1G5
Sur des crabes de la famille des Portunidae (Crustacea Decapoda)
nouveaux pour Madagascar ou rares
par A. Crosnier et B. Tiiomassin *
Résumé. — Onze espèces appartenant à la famille des Portunidae sont signalées pour la
première fois à Madagascar. Plusieurs d’entre elles, à la suite des récoltes que nous mentionnons,
voient leur aire de distribution considérablement agrandie. Quatre autres espèces qui n’avaient
été, jusqu’à présent, que rarement récoltées dans la Grande Ile sont également citées. Enfin une
seizième, Portunus mpponensis, qui n’était connue que du Japon, des Philippines et de l'Indo¬
nésie, est signalée à l’île de la Réunion.
Abstract. — Eleven spccies belonging to the Portunidae family hâve been recorded for the
first time off Madagascar. As a resuit of the records which we mention, the area of distribution
of several species lias been considerably enlarged. Four further species which, until now, had
only been captured very infrequently off Madagascar are recorded too. Finally a sixteenth,
Portunus nipponensis, which was known only off Japan, the Philippines and Indonesia, lias been
recorded off la Réunion.
En 1962, l’un de nous (A. C.) a publié, dans la Faune de Madagascar, une étude con¬
sacrée à la famille des Portunidae. Il signalait la présence de 73 espèces appartenant à cette
famille dans la Grande Ile et les îles voisines (Comores, Glorieuses, Juan de Nova, Europa).
Quelques années plus tard, Derijard (1968a) trouvait à l’île Europa un Portunide,
Thalamita quadrilobata Miers, qui n’avait pas été mentionné dans le travail cité ci-dessus.
La même année, ce même auteur (19686) décrivait un Lissocarcinus nouveau, L. echino-
disci, provenant de Tuléar.
D’autre part, au cours de recherches diverses, nous-mêmes et plusieurs chercheurs
du Centre ORSTOM de Nosy Bé ou de la Station marine d’Endoume avons récolté, durant
ces dernières années, onze Portunides nouveaux pour Madagascar, parmi lesquels le rare
Coelocarcinus foliatus Edmondson. Il nous a semblé qu’il n’était pas sans intérêt de les
signaler dans les pages qui suivent, d’autant que l’aire de répartition de certains d’entre
eux, à la suite de ces récoltes, se trouve considérablement agrandie. Nous mentionnons
également Portunus mariei Guinot qui n’était connu, jusqu’à présent, que par l’holotype
un peu abîmé trouvé aux Comores, Portunus petreus Alcock et Thalamita mitsiensis Cros¬
nier qui n’ont été qu’assez rarement récoltés et Thalamita quadrilobata Miers. Nous éta¬
blissons enfin que Thalamita corrugata Stephenson et Rees est à mettre on synonymie avec
Thalamita cooperi Borradaile ; Thalamita cooperi Sankarankutty (1961) est en revanche
* A. Crosnier, Mission ORSTOM de Nosy Bé (Madagascar).
B. Thomassin, Station marine d'Endoume, Marseille (France).
241, 1
1098
A. CROSNIER ET B. THOMASSIN
une espèce différente de celle de Borradaile, et pour laquelle nous proposons le nom
de T. sankarankutlyi sp. nov.
Alors que cette note était terminée, nous avons reçu, en provenance de l’île de la Réu¬
nion, d’intéressantes récoltes comprenant 4 espèces de Portunidae dont une, Portunus
nipponensis Sakai, n’avait jamais été signalée dans la région. Il nous a semblé logique,
étant donné que Madagascar et la Réunion sont très proches, de les mentionner dans cette
note. Ces récoltes ont été faites par M. Paul Guézé, qui a actuellement entrepris des essais
de pêche au casier à grandes profondeurs, et nous ont été remises par M. Lebeau, direc¬
teur du Laboratoire de l’ISTPM à la Réunion. Nous sommes heureux de les remercier tous
deux ici.
Afin que ce travail complète dans de bonnes conditions celui paru dans la Faune de
Madagascar, nous l’avons abondamment illustré. Tous les dessins sont dus au talent
de M. Opic, de la Mission ORSTOM de Nosy Bé, que nous sommes heureux de remercier ici.
Les références bibliographiques, sauf exception, ont été réduites à l’essentiel. Les
mensurations correspondent pour la longueur de la carapace à la distance séparant l’extré¬
mité du front (ou des dents frontales les plus saillantes) au milieu du bord postérieur de
la carapace, pour la largeur à la distance séparant les extrémités des dents antéro-latérales
les plus saillantes.
La presque totalité du matériel étudié a été déposée dans les collections du Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris. Le reste se trouve à la Station marine d’Endoume,
à Marseille, à l’exception d’un spécimen de Coelocarcinus foliatus qui a été adressé à l’U.S.
National Muséum de Washington.
Ovalipes iridescens (Miers)
(Fig. 1)
Ovalipes iridescens, Stephenson et Rees, 19686 : 235, pl. 36 D, 40 A, 41 A, 42 G ; fig. 1 G, 2 F-
4 F. — Stephenson, 1972a : 130. — Stephenson, 19726 : 24.
Matériel examiné. — 12 o 53,l'S-48°09,0'E, 480-520 m, chalutage, 4-111-71, A. Cros-
nier coll. : 1 $, 57,4 X 68,2 mm.
Connue du Japon, de l’Indonésie, de l’Australie, du Mozambique et de la côte est de
l’Afrique du Sud, cette espèce vit en eau assez profonde : d’après la littérature, elle a été
capturée entre 80-120 et 324 m ; nous la signalons à 480-520 m, dans une eau dont la tem¬
pérature, la salinité et la teneur en oxygène étaient respectivement de 11,15°C, 35,02 % 0
et 4,45 ml/l.
Parathranites orientalis Miers
Parathranites orientalis, Stephenson, 1961 : 97, fig. 1 B, 2 H ; pl. 1, fig. 2 ; pl. 4 B. — Crosnier,
1962 : 22, fig. 24. — Zarenkov, 1970 : 43. — Stephenson et Cook, 1970 : 332. — Stephen¬
son, 1972a : 130. — Stephenson, 19726 : 24.
Matériel examiné. — 12°42,0'S-48 o 14,l'E, 375-380 m, chalutage, 5-111-71, A. Cros¬
nier coll. : l $, 16,8 X 24,1mm; 12 o 42,0'S-48°13,5'E, 455-460 m, chalutage, 14-IV-71,
CRABES DE EA FAMILLE DES PORTENIDAE
1099
2 C !P
J
Fig. 1. —- Ovalipes iridescens (Miers), ?, 57,4 X 68,2 mm, 12°53,1 , S-48°09,0'E, 480-520 m,
ehalutage, 4-III-71 : carapace, vue dorsale.
A. Crosnier coll. : 1 $, 16,4 X 23,1 mm ; 12°39,8'S-48°15,2'E, 375-385 m, chalutage,
14-IV-71, A. Crosnier coll. : 16 <$, 13,1 X 19,4 à 21,3 X 30,4 mm, 28 Ç, 13,5 X 18,9 à
18,4 X 27,0 mm; 12°41,3 , S-48°16'E, 308-314 m, chalutage, 15-IV-71, A. Crosnier coll. :
1 Ç, 14,2 X 20,2 mm ; 12 0 43,3'S-48°15,7'E, 245-255 m, chalutage, 15-IV-71, A. Crosnier
coll. : 1 juv., 4,9 X 6,4 mm; 12°43 , S-48°15,5 , E, 290-295 m, chalutage, 18-1-72, A. Cros¬
nier coll. : 1 (J, 13,1 X 18,8 mm, 2 Ç, 13,6 X 19,5 mm et 17,3 X 24,7 mm.
Connue jusqu’à présent d’Afrique du Sud (Natal), de l’île Maurice, des Seychelles,
de l’Inde, des Andamans, d’Indonésie, de l’Australie, des îles Salomon et du Japon, cette
espèce, d’après la littérature, a été capturée entre 60 et 400 m environ. Nos récoltes ont
été faites entre 245-255 et 455-460 m, dans des eaux dont la température était comprise
entre 11,40 et 15,50°C.
Coelocarcinus foliatus Edmondson
(Fig. 2)
Coelocarcinus foliatus Edmondson, 1930 : 13, fig. 5, pl. 1 B. — Edmondson, 1954: 232, fig. 8-9. —
Stephenson, 19726 : 27.
Matériel examiné. -— Tuléar, grand récif, cuvette du platier compact entre la Grande
ÉâSl
2. — a-f : Coelocarcinus joliatus Edmondson, (J, 6,4 X 6,6 mm, Tuléar, grand récif, cuvette du pla
tier, 24-IX-65. a, carapace, vue dorsale ; b, région rostrale, vue ventrale ; c, troisième maxillipèdt
gauche ; d, abdomen ; e, cinquième patte thoracique gauche ; f, pléopode i.
g-li : Idem , 6,8 X 7,5 mm, Tuléar. g, chélipède droit, vue de dessus ; h, chélipède droit, vue
de côté.
CRABES DE LA FAMILLE DES PORTUNIDAE
1101
Crique (Ankolatsbe) et les Petites Vasques (Nanaviua), juste en arrière des dômes de la
levée détritique, sables coralliens grossiers bien classés, 24-1X-65, B. Thomassin coll. :
1 (J, 6,4 X 6,6 mm ; Tuléar, grand récif, fond de sillon dans la zone éperons-sillons de la
pente externe, 5 m, sables coralliens très grossiers colmatant des blocs, prélèvements par
dragage manuel, 22-VI11-69, B. Thomassin coll. : 3 çj, 4,2 X 4,3, 8,3 X 9,2 et 8,7 X 9,5 mm,
4 Ç, 5,0 X 5,1, 6,0 X 6,1, 6,3 X 7,0 et 7,7 X 8,0 mm ; Tuléar, grand récif, pente externe,
zone éperons-sillons, 5 m, sables coralliens grossiers et pavage de blocs dans la partie supé¬
rieure d’un sillon, prélèvement à la suçeuse hydropneumatique, 29-VIII-69, B. Thomas¬
sin coll. : 3 <$, 4,4 X 4,3, 4,8 X 4,8, 8,6 X 9,9 mm, récif d’Ifaty, au sud de la Grande Passe,
fond du sillon dans la zone éperons-sillons de la pente externe, 13 m, sables coralliens gros¬
siers, prélèvements à la suceuse à air comprimé, 26-IX-69, B. Thomassin coll. : 3 <$, 4,9 X
5,1, 7,0 X 7,1 et 7,3 X 8,2 mm ; Tuléar, grand récif, B. Thomassin coll. : 1 çj, 6,8 X 7,5 mm ;
1 Ç ov., 5,7 X 6,2 mm.
C’est sans hésitation que nous identifions nos spécimens à l’espèce d’Emio.NDSON,
hien qu’ils en diffèrent, d’après les dessins publiés, par de nombreux caractères : rostre
plus court et plus arrondi, deuxième lobe antéro-latéral de la carapace défini par deux
tubercules non suivis d’incision, exopodite des troisièmes maxillipèdes plus long et à bord
externe plus convexe, segmentations des antennules et des antennes, contours de l’abdomen
et des cinquièmes pattes thoraciques différents, etc.
Nous pensons que toutes ces différences sont dues, en fait, à des erreurs d’observa¬
tion d’EDMONDsoN dont les dessins sont trop souvent médiocres. Cette opinion est confir¬
mée par le fait que la photographie du type publiée montre un rostre et des cinquièmes
pattes thoraciques hien identiques aux nôtres et non aux dessins qui sont censés les repré¬
senter.
Le pléopode que nous figurons (fig. 2f) ne porte pas de soies. Il provient d’un spécimen
mesurant 6,4 X 6,6 mm. Le pléopode représenté par Edmondson porte quelques soies ;
nous en avons observé de semblables, mais seulement chez nos deux spécimens les plus
grands (8,7 X 9,5 et 8,6 X 9,9 mm).
Mentionnons enfin que, comme chez tous les Portunidae, le rapport largeur/longueur
de la carapace croît avec l’âge : il passe de 0,99 pour un spécimen mesurant 4,34 X 4,40 mm
à 1,15 pour un autre mesurant 8,6 X 9,9 mm, ceci avec une assez large amplitude de varia¬
tion puisqu’un de nos spécimens ayant 8,7 mm de longueur ne mesure que 9,5 mm de large,
dimensions auxquelles correspond un rapport de 1,09.
Cette espèce n’était connue, jusqu’à présent, que par un seul exemplaire récolté aux
îles Hawaï. Sur les récifs coralliens de la région de Tuléar, cette espèce colonise les sables
grossiers du haut des sillons de la pente externe (15 à 5 m de profondeur) ; on la retrouve
accidentellement dans le sédiment grossier tapissant les premières cuvettes du platier
compact, juste en arrière des levées détritiques.
Portunus cf. longispinosus (Dana)
(Fig. 3a, 4d-g)
Matériel examiné. — Tuléar, grand récif, pente interne, sédiment vaseux fin homo¬
gène avec herbier d 'Halophila dense, dragage, 5-III-63, H. Massé coll. : 1 <J, 6,3 X 15,8 mm ;
241, 2
a
Fig. 3. — a : Portunus cf. longispinosus (Dana), <J, 9,1 X 22,9 mm, Tuléar, grand récif, tamisage, VII-
VIII-1963. Carapace, vue dorsale.
b-c : Portunus tenuicaudatus Stephenson. b, <J, 7,0 X 13,6 mm, Tuléar, grand récif, prélèvement
à la pelle, IV-63, carapace, vue dorsale ; c, (J, 7,1 X 14,5 mm, 25°09,0 , S-47°14,2 , E, 80-85 m, chalu¬
tage, 3-III-73, bord antéro-latéral gauche de la carapace.
d-e : Portunus bidens (Laurie). d, (J, 6,8 X 14,0 mm, syntype, ofï Negombo, front ; e, $, 6,3 X
12,8 mm, syntype, gulf of Manaar, front.
CRABES DE LA FAMILLE DES PORTUNIDAE
1103
Tuléar, grand récif, platier à alignements coralliens et couloirs sableux, sables coralliens,
V11-V1II-63, J. Picard coll. : 1 q, 9,1 X 22,9 mm, 2 Ç, 7,5 X 16,6 et 7,5 X 17,7 mm.
Ces quatre spécimens, qui appartiennent incontestablement à une seule et même espèce,
illustrent bien, s’il en était encore besoin, les difficultés que présente l’identification de la
plupart des espèces appartenant au groupe Portunus longispinosus.
Le mâle de 9,1 X 22,9 mm (fig. 3a, 4d-g) par ses chélipèdes 2,8 fois plus longs que la
carapace et à mérus étroit (3,4 fois plus long que large) devrait, d’après Stephenson et
Rees (1967a : 30), être identifié comme P. longispinosus Sakai (1939 : 392, pl. 81, fig. 4).
L’autre mâle, qui ne mesure que 6,3 X 15,8 mm, a des chélipèdes qui ne sont plus que
2,5 fois plus longs que la carapace et dont le mérus est 3,1 fois plus long que large. Toutefois
il peut encore être rapporté, toujours d’après Stephenson et Rees ( loc. cit.), à l’espèce
de Sakai.
Les femelles, par contre, ont des chélipèdes qui ne sont plus que 2,0 fois plus longs
que la carapace et dont le mérus est relativement massif (L/l = 2,5). Stephenson et Rees
(loc. cit.) ne faisant pas de distinction entre les sexes dans leur clé, ces spécimens devraient
alors être identifiés comme P. longispinosus Rathbun (1906 : 871, fig. 30 ; pl. 12, fig. 5).
Si maintenant l’on compare ces spécimens aux autres espèces du groupe P. longispi¬
nosus trouvées à Madagascar, P. iranjae Crosnier, P. tenuicaudatus Stephenson et P. emar-
ginatus Stephenson et Campbell, on s’aperçoit qu’ils sont extrêmement proches de la der¬
nière espèce citée, dont ils ne se distinguent nettement que par la forme des lobes frontaux,
elle-même légèrement variable.
L’un de nous (Ciiosnier, 1962 : 65) a autrefois émis l’hypothèse, alors que l’on admet¬
tait que tous les P. longispinosus de la littérature appartenaient à une seule et même espèce,
que les P. longispinosus de Sakai et de Rathbun pouvaient appartenir à deux espèces
distinctes, elles-mcmes différentes d’ Amphitrite longispinosa Dana. Cette idée a été reprise
par Stephenson et Rees (1967a : 28), mais a été rejetée par Griffin (1969 : 351) qui pense
que toutes ces espèces sont bien identiques.
Stephenson et Rees (1967a : 29), tout en publiant une clé d’identification de toutes
les espèces du groupe P. longispinosus, ont par ailleurs bien insisté sur la variabilité des
caractères habituellement utilisés pour différencier ces espèces (forme et taille des dents
frontales, forme des deux derniers segments de l’abdomen ornementation de la carapace,
en particulier). Dans leur clé, ces auteurs utilisent, entre autres, la longueur des chélipèdes
par rapport à celle de la carapace. Nous voyons, d’après nos spécimens, que ce caractère
est, lui aussi, très variable en fonction du sexe et de la taille, comme cela a d’ailleurs déjà
été observé chez beaucoup d’autres espèces de Brachyoures.
En fait, malgré les travaux de Stephenson et de ses collaborateurs, il semble encore
impossible, dans beaucoup de cas, d’arriver à une identification sûre des espèces du groupe
P. longispinosus. Stephenson et ses collaborateurs en sont d’ailleurs manifestement tout
à fait conscients (ci. Stephenson et Rees, 1967è : 15, en particulier) et il faut souhaiter
qu’ils arrivent à publier la révision qui s’impose. Afin de la faciliter éventuellement, nous
avons tenu à illustrer l’espèce que nous signalons ici sans avoir pu la déterminer de façon
satisfaisante.
1104
A. CROSNIER ET B. THOMASSIN
Fig. 4. — a-c : Portunus tenuicaudatus Stephenson, rj, 7,0 X 13,6 mm, Tuléar, grand récif, prélèvement
à la pelle, 24-IX-65. a, carapace, vue de derrière ; b, chélipède droit ; c, abdomen.
d-g : Portunus cf. longispinosus (Dana), 9,1 X 22,9 mm, Tuléar, grand récif, tamisage, VII-
VIII-1963. d, carapace, vue de derrière ; e, chélipède droit ; f, abdomen ; g, pléopode 1 gauche.
Portunus tenuicaudatus Stephenson
(Fig. 3b-c, 4a-c)
Portunus tenuicaudatus Stephenson, 1961 : 114, fig. 2 C, 3 H ; pl. 3, fig. 2 ; pl. 4 H, 5 C. — Ste¬
phenson et Rees, 1967a : 31. — Stephenson, 1972a : 139. — Stephenson, 19726 : 43.
CRABES DE LA FAMILLE DES PORTUNIDAE
1105
Matériel examiné. — Tuléar, grand récif, pente interne au niveau de la Corne Nord,
sables moyens à fins très bien triés, 29-111-63, H. Massé coll. : 2 $ dont 1 ov., 5,7 X 10,6 mm ;
Tuléar, grand récif, dunes hydrauliques de bordure au niveau de la Pointe du Serpent,
sables coralliens, prélèvement à la pelle, IV-63, H. Massé coll. : 1 (J, 7,0 X 13,6 mm;
25°09,0'S-47°14,2'E, sud de Fort-Dauphin, 80-85 m, chalutage, fond à éponges, 3-111-73,
A. Crosnier coll. : L 7,1 X 14,5 mm.
Nos spécimens sont bien conformes à la description de Stephenson, en particulier par
l’ornementation de la carapace et la forme de l’abdomen mâle. On notera toutefois que,
si le spécimen récolté près de Fort-Dauphin, qui a des épines bien développées, a un ché-
lipède dont le propode porte sur sa face supérieure une épine et un tubercule spiniforme,
ce dernier a pratiquement disparu (fig. 4b) chez les spécimens récoltés à Tuléar qui ont des
épines moins développées d’une façon générale. Ces derniers pourraient alors, avec la clé
de Stephenson et Rees (1967a : 29), être rapportés à P. longispinosus bidens (Laurie).
Stephenso.n et Rees (1967a : 31) ont noté combien P. tenuicaudatus semblait être
proche de la sous-espèce de Laurie (1906 : 415) et ont énuméré les différences séparant,
d’après eux, les deux formes : dispositions un peu différentes des tubercules de la carapace,
dents frontales médianes plus grandes chez P. bidens, présence d’un tubercule spiniforme
à l’extrémité de la carène médiane de la face supérieure des pinces chez P. tenuicaudatus,
pigmentations légèrement différentes chez les deux espèces.
L’un de nous (A. C.) a pu examiner, au British Muséum, deux des types de P. bidens,
un mâle et une femelle mesurant respectivement 6,8 X 14,0 mm et 6,3 X 12,8 mm. L’abdo¬
men du mâle manque malheureusement et il ne subsiste, chez cet exemplaire, qu’un seul
pléopode 1 cassé. L’examen de ces spécimens montre que la disposition des granules et des
tubercules de la carapace est strictement identique à celle des nôtres identifiés comme
P. tenuicaudatus. Quant aux dents frontales, elles ne présentent pas de différences bien
significatives, nous semble-t-il (fig. 3 d-e) ; tout au plus peut-on noter que les dents laté¬
rales paraissent un peu plus grandes que chez nos spécimens, surtout chez le mâle. En revan¬
che, il est exact cpi’aucune trace d’épine, ni même de tubercule, n’existe à 1 extrémité de
la carène médiane de la face supérieure des pinces. Si on laisse de côté le caractère distinc¬
tif que présenterait la pigmentation et dont nous ne pouvons juger, les types de Laurie,
conservés dans l’alcool, étant entièrement décolorés 1 , la présence ou l’absence d’une seconde
épine (ou d’un tubercule spiniforme) sur la face supérieure de la pince resterait donc le seul
caractère vraiment distinctif séparant ces deux espèces. Or, nous l’avons vu, ce caractère
varie nettement chez nos spécimens dont certains ne présentent plus, à l’extrémité de la
carène médiane de la face supérieure des pinces, qu’un tubercule non spiniforme et peu
marqué.
Dans ces conditions, on peut se demander si P. bidens et P. tenuicaudatus sont bien
deux espèces distinctes. Pour répondre à cette question avec certitude, il faudrait examiner
un matériel plus abondant que celui que nous possédons, afin de pouvoir mieux apprécier
les limites de variation de certains caractères, et disposer en particulier de mâles topoty¬
piques intacts, afin que les caractères de l’abdomen et des pléopodes 1 mâles puissent être
relevés avec précision.
1. Nos spécimens identifiés comme P. tenuicaudatus ont une pigmentation pratiquement identique
à celle du spécimen photographié par Stephenson (1961, pl. 3, fig. 2), mais il faut noter qu’à partir d’un
même contour général, ils présentent eux-mêmes quelques variations de détails.
1106
A. CROSNIER ET B. THOMASSIN
Portunus tenuicaudatus était connu, jusqu’à présent, de l’Australie de l’Ouest, des
Philippines et de l’Indonésie. 11 a été récolté de la zone intertidale jusqu’à 100 m de pro¬
fondeur.
Portunus longispinosus bidens a été signalé à Ceylan et au Japon. Laurie ne men¬
tionne pas de profondeurs de récoltes, Sakai indique 50 m.
Portunus mariei Guinot
(Fig. 5 a-b)
Portunus ( Hellenus) mariei Guinot, 1957 : 476, lig. 1-2, 5-7.
Portunus mariei, Crosnier, 1962 : 61, lig. 103-106. — Stephenson, 19726 : 40.
Matériel examiné. — Nosy Bé, zone intertidale, sable vaseux, P. Fourmanoir
coll. : 1 <J, 13,3 X 30,0 mm, 1 Ç ov., 12,6 X 26,5 mm.
Cette espèce n’était connue, jusqu’à présent, que par le type récolté aux Comores.
Portunus nipponensis (Sakai)
(Fig. 5 c-d)
Neptunus ( Hellenus ) nipponensis, Sakai, 1938 : 301, text-fig. 1 ; pl. 16, lig. 1. — Sakai, 1939 :
394, text-fig. 6 ; pl. 82, fig. 1.
Portunus nipponensis, Serène, 1971 : 71, fig. A-D. — Stephenson, 1972a : 137. — Stephenson,
19726 : 41.
Matériel examiné. — Ile de la Réunion, nord de la Possession, 250 m, casier, XII-
72, P. Guézé coll. : 1 (J, 39,2 X 72,6 mm.
Ce spécimen correspond en tous points aux descriptions et aux dessins de Sakai.
Cette espèce se distingue de tous les autres Portunus indo-ouest-pacifiques par la présence
d’une crête stridulante sur la face ventrale de la carapace et sur la face supérieure du mérus
des chélipèdes. Elle n’avait, jusqu’à présent, été trouvée avec certitude qu’au Japon (à
une profondeur inconnue), dans la région des Philippines (à 15-25 m de profondeur), et
à Bornéo (à 77 m de profondeur) 1 .
D’après Sakai (1938) et Serène (1971), il est vraisemblable que le jeune mâle, récolté
aux Hawaï et mentionné par Edmondson (1935 : 25, fig. 7) sous le nom de Portunus (Por¬
tunus) vocans (A. Milne Edwards) ?, est un P. nipponensis.
Portunus petreus (Alcock)
Neptunus ( Amphitrite ) petreus Alcock, 1899 : 37. — Alcock et McArdle, 1900, pl. 46, fig. 2. —
Rathbun, 1911 : 204.
Portunus petreus, Crosnier, 1962 : 54, fig. 73-74, 79, 84-87 ; pl. 4, fig. 1. — Stephenson, 19726 :
41.
1. Cette espèce a également été signalée dans le golfe du Tonkin par E. F. Gurjanova (la faune du
golfe du Tonkin et son environnement in Faouna Tonkinskava Zaliva i Ouslovia io Soutchestvovania.
ïsledovaniia F'aouna Moreï X (XVIII). Izdatelstvo “Naouka” Leningrad, 1972 : 22-146 (en russe).
5. — a-b : Portunus mariei Guinot, <J, 13,3 X 30,0 mm, Nosy Bé, zone intertidale. a, carapace, vue
dorsale ; b, bord postérieur de la carapace, vue de derrière.
c-d : Portunus nipponensis (Sakai), (J, 39,2 X 72,6 mm, la Réunion, 250 m, casier, XII-72. c,
carapace, vue dorsale ; d, carapace, vue de derrière.
a
Fig. 6. — a-c : Charybdis ( Charybdis ) sagamiensis Parisi. a, $, 39,5 X 55,3 mm, la Réunion, 250 m,
casier, XII-72, carapace, vue dorsale ; b et c, (J, 44,4 X 62,6 mm, la Réunion, baie de la Possession,
180 m, casier, 30-IV-72, abdomen et pléopode 1.
d : Charybdis ( Gonioneptunus ) bimaculata (Miers), (J, 30,0 x 43,8 mm, 15 o 20 / S-46°ll,8 / E, 245-
250 m, chalutage, 7-XI-72, carapace, vue dorsale.
CRABES DE LA FAMILLE DES PORTUNIDAE
1109
Matériel examiné. — 13°05'S-48°21'E, 50 m, chalutage, 19-VI-67 : 1 $, 40,4 X
62,1 mm ; 25°45'S-44°34 , E, 50 m, chalutage, algues et blocs coralligènes, 5-111-69, R. Plante
coll. : 1 (J, 40,5 X 63,2 mm.
Cette espèce n’a été que rarement récoltée (sept exemplaires en tout, semble-t-il).
Elle était connue jusqu’à présent des Laccadives, des Cargados, de Providence et de la côte
ouest de Madagascar (banc de Pracel). Nous la signalons au nord-ouest et au sud-ouest
de la Grande Ile.
Charybdis (Charybdis) sagamiensis Parisi
(Fig. 6 a-c)
Charybdis sagamiensis, Stephenson et Rees, 1968a : 100, fig. 1 C, 1 G, 2 G, 2 E, pl. 12 C.
Charybdis (C.) sagamiensis , Stephenson, 19726 : 34.
Matériel examiné. — 15°21,0'S-46°12,5'E, 150 m, chalutage, 8-XI-72, A. Cros-
nier coll. : 1 Ç, 29,4 X 42,0 mm ; île de la Réunion, nord de la Possession, 250 m, casier,
XII-72, P. Guézé coll. : 1 Ç, 39,5 X 55,3 mm ; île de la Réunion, haie de la Possession, 180 m,
casier, 30-IV-72, P. Guézé coll. : 2 (J, 44,4 X 62,6 et 50,9 X 73,8 mm.
Cette espèce est très proche de Charybdis riversandersoni Alcock. Les caractères sépa¬
rant les deux espèces ont été exposés en détail par Stephenson et Rees (1968a : 106) ;
ils sont peu marqués. L’identification de nos spécimens à l’espèce de Parisi n’est toute¬
fois pas douteuse ; ils présentent en effet tous les caractères distinctifs mentionnés par
Stephenson et Rees et, d’autre part, nous les avons comparés à des exemplaires de C.
sagamiensis et C. riversandersoni, déposés au British Muséum et au Muséum national d’His-
toire naturelle de Paris, et déterminés par Stephenson et Rees.
Charybdis sagamiensis n’était connu que du Japon au Viêt-Nam, à des profondeurs
comprises entre 30 et 55 m. Sa présence à Madagascar et à la Réunion, entre 150 et 250 m
de profondeur, étend donc considérablement sa répartition géographique et bathymétrique.
Charybdis (Goniohellenus) smithii McLeay
(Fig. 7)
Charybdis ( Goniohellenus ) edwarsi, Sankarankutty et Rangarajan, 1964 : 311. — - Silas, 1969 :
26, fig. 11 ; pl. 3, fig. A-B.
Charybdis edwardsi, Stephenson, 1967 : 9. — Losse, 1969 : 145, fig.
Charybdis smithii, Stephenson et Rees. 19676 : 9. — Stephenson et Rf.es, 1967c : 285.
Charybdis (G.) smithii, Stephenson, 19726 : 35.
Matériel examiné. — Nord du canal de Mozambique : 4 <§, 32,4 X 46,7 à 45,8 X
67,0 mm, 1 $, 41,8 X 60,6 mm.
Connue seulement de l’océan Indien occidental, de la mer d’Arabie et du golfe d’Aden,
cette espèce, qui a été capturée au chalut sur des fonds vaseux entre 70 et 398 m (Stephen¬
son et Rees, 19676), et ce parfois en grandes quantités (Silas, 1969, mentionne une cap¬
ture de 3 500 kg en un seul trait), a été très souvent trouvée en pleine eau, très loin de toute
côte. Elle a été surtout récoltée au nord de l’équateur ; au sud, Della Croce et Holtiiuis
(1965) l’ont signalée jusqu’à 9°45'S et elle est également connue de l’Afrique du Sud (McLeay,
CRABES DE LA FAMILLE DES PORTUNIDAE
1111
1838, cap de Bonne Espérance ; A. Milne Edwards, 1861, sous le nom de Goniosoma
truncatum, au large de Durban). La localisation exacte de la récolte mentionnée ici est
malheureusement inconnue, mais elle doit se situer vers 10°S 1 .
Charybdis (Gonioneptunus) bimaculata (Miers)
(Fig. 6 d)
Gonioneptunus africanus. Bagnard, 1950 : 164, fig. 31 d-i.
Charybdis ( Gonioneptunus ) bimaculata, Stephenson, Hudson et Campbell, 1957 : 504, fig. 2 J,
3 K ; pl. 3, fig. 4 ; pl. 4 H, 5 A. — Stephenson et Rees, 1967a : 12. — Türkay, 1971 : 135.
— Stephenson, 1972a : 133.
Charybdis bimaculata, Sakai, 1939 : 410, fig. 10-11 ; pl. 45, fig. 3 ; pl. 82, fig. 2. — Sakai, 1965 :
120, pl. 58, fig. 4. — ? Griffin, 1972 : 75.
Charybdis (G.) bimaculata, Stephenson, 19726 : 36.
Matériel examiné. — 15°20'S-46°11,8'E, 245-250 m, chalutage, 7-XI-71, A. Cros-
nier coll. : 3 $, 27,8 X 40,8 à 30,0 X 43,8 mm, 1 Ç, 23,2 X 34,8 mm ; île de la Réunion,
nord de la Possession, 150 m, casier, XII-72, P. Guézé coll. : 1 $, 28,2 X 41,0 mm.
La synonymie de cette espèce avec C. subornata Leene et C. whiteleggei Ward est
admise par Sakai (1939, 1965) et Stephenson, IIudson et Campbell (1957). Sakai estime,
en outre, que C. africana Shen est aussi un synonyme de cette espèce ; nous sommes éga¬
lement de cet avis.
Nous doutons, par contre, que les spécimens signalés par Griffin (1972) appartiennent
à l'espèce de Miers. En effet, cet auteur signale une jonction des bords postérieur et postéro¬
latéraux de la carapace arrondie et la présence d’une crête stridulante sur la face ventrale
de la carapace près des bords antéro-latéraux, caractères qui n’ont jamais été observés,
semble-t-il, chez C. bimaculata.
Nos spécimens sont les premiers Charybdis du sous-genre Gonioneptunus récoltés
à Madagascar, à l'état adulte. L'un de nous (Crosnier, 1962 : 89, fig. 151-153) a signalé
deux exemplaires jeunes de ce sous-genre, capturés entre 45 et 65 m de profondeur, dans
la même zone géographique. Un troisième exemplaire, également jeune, a été récolté depuis
par l’un d’entre nous (B. T.), à Tuléar, dans les sables vaseux du lagon. Il ne semble pas
toutefois, sans que l’on puisse en être certain étant donné leur petite taille, que ces trois
spécimens, qui appartiennent à une même espèce, soient des C. bimaculata. 11 faudrait
alors admettre, notamment, que les deux épines bien marquées qui se trouvent, chez ces
jeunes, sur la côte interne de la face supérieure du propode des chélipèdes, sont un caractère
juvénile, et que l’une seulement d’entre elles disparaît chez l’adulte (C. bimaculata n’ayant
qu’une seule épine sur la côte interne de la face supérieure du propode), ce qui semble peu
vraisemblable.
Signalons aussi que tous nos spécimens présentent, en plus des deux taches rouges
caractéristiques de l’espèce, une série de petites taches blanches représentées par des cer¬
cles sur la figure 6 d et qui sont disposées symétriquement par rapport à l’axe longitudinal
de la carapace, suivant deux arcs de cercle ; chacune de ces taches correspond à une très
légère protubérance.
1. Depuis que ces lignes ont été écrites, cette espèce a été à nouveau capturée au large, en surface,
par 12°56'S — 48°00' E.
1112
A. CROSNIER ET B. THOMASSIN
Compte tenu des synonymies exposées plus haut, cette espèce était connue de l’Afrique
du Sud, des Maldives, et des Indes jusqu’au Japon, des Philippines et de l’Australie de l’Est.
Elle a été signalée entre 20 et 430 m de profondeur.
Charybdis (Goniosupradens) acutifrons (de Man)
(Fig. 8 a)
Charybdis ( Goniosupradens ) acutifrons , Leene, 1938 : 138, fig. 81-84. —- Zarenkov, 1968 : 33,
fig. 1.1.
Charybdis acutifrons, Sakai, 1967 : 81.
Charybdis (G.) acutifrons, Stephenson, 19726 : 36.
Matériel examiné. — - Nosy Bé, 10 m, A. Crosnier coll. : 1 Ç ov., 61,7 X 85,7 mm.
Le segment basal antennaire de notre spécimen porte deux épines dont l’une est
bifide, comme sur la figure publiée par Zarenkov (1968, fig. 1.1).
Cette espèce n’avait, jusqu’à présent, été signalée que de l’Indonésie et du Japon.
Sa présence à Madagascar étend donc considérablement son aire de répartition.
Thalamita cooperi Borradaile
(Fig. 8 b-d)
Thalamita cooperi Borradaile, 1903 : 206, fig. 37. — Stephenson et Hudson, 1957 : 331 ; pl. 1,
fig. 4 ; pl. 10 C (en partie, certains spécimens appartenant à T. demani Nobili).
Thalamita corrugata Stephenson et Rees, 1961 : 421, fig. 1 À, 1 C, 1 E, 1 F, 2 A-C. — - Guinot,
1962 : 9. — Stephenson et Rees, 1967a : 65, fig. 23. — Stephenson, 1972a : 144. — Ste¬
phenson, 19726 : 46.
non Thalamita cooperi Sankarankutty, 1961 : 122, fig. 1 B (= Thalamita saukarankuttyi nom. nov).
Matériel examiné. — Iles Glorieuses, dragage vers 10 m, 1-1973, C. Jouannic coll. :
1 <J, 7,0 X 10,9 mm, 1 Ç, 5,2 X 8,4 mm.
L’un de nous (A. C.) a pu se rendre au Zoological Muséum de l’Université de Cam¬
bridge et examiner, grâce à l’amabilité du Dr C. B. Goodhart, les types de T. cooperi,
deux mâles mesurant respectivement 4,7 X 6,8 mm et 5,3 X 8,3 mm et une femelle dont
les dimensions sont 5,2 X 8,3 mm.
Ces types présentent tous les caractères de T. corrugata Stephenson et Rees. En parti¬
culier ils en ont les fines stries de la carapace qui ont donné son nom à l’espèce de Ste¬
phenson et Rees, et qui d’ailleurs sont représentées, d’une façon peut-être un peu mala¬
droite, sur le dessin de Borradaile (1903, fig. 37). Quant aux autres différences notées
par Stephenson et Rees (1961 : 425) comme devant séparer les deux espèces, elles ne
semblent pas résister à l’examen des types de T. cooperi. Les abdomens mâles et les pléo-
podes 1 mâles sont également identiques et la mise en synonymie des deux espèces nous
paraît s’imposer. Nous noterons aussi qu’en ce qui concerne la crête cardiaque, une certaine
variabilité s’observe : le type mâle mesurant 5,3 X 8,3 mm présente une crête très large¬
ment interrompue vers son milieu, l’autre type mâle, au contraire, a une crête cardiaque
d’un aspect général très comparable à celle que nous représentons (fig. 8 b) — à ceci près
Fig. 8. — a : Charybdis ( Goniosupradens) acutijrons (de Man), $ ov., 61,7 X 85,7 mm, Nosv Bé, 10 m,
carapace, vue dorsale.
b-d : Thalamita cooperi Borradaile, (J, 7,0 X 10,9 mm, îles Glorieuses, 10 m, dragage, b, carapace,
vue dorsale (sur une partie de la région branchiale gauche on a représenté les stries fines qui couvrent
toute la carapace et lui donnent un aspect ridé) ; c, abdomen ; d, pléopode 1.
e : Thalamita mitsiensis Crosnier, $, 8,6 X 12,0 mm, Mohéli, 24 m, dragage, 26-1-70 ; front et
lobes orbitaires internes.
1114
A. CROSNIER ET B. THOMASSIN
que son interruption se trouve sur la gauche de l’axe longitudinal de la carapace et non
sur la droite —, la femelle type, elle, porte une crête continue.
La Thalamita cooperi de Sankarankutty (1961 : 122, fîg. 1 B) n’a pas été décrite
par son auteur qui s’est contenté de représenter son pléopode 1 mâle dont la partie dis¬
tale, ni renflée ni effilée, légèrement recourbée, et garnie à son extrémité d’épines assez
fortes et nombreuses (alors que, chez T. cooperi, elle est renflée puis effilée et garnie desoies
assez longues), est très caractéristique et montre, sans ambiguïté, qu’il s’agit d’une espèce
distincte de celle de Borrauaile pour laquelle nous proposons le nom de Thalamita
sanharankuttyi. Il faut souhaiter qu’une description détaillée de cette espèce, permettant
de bien énumérer l’ensemble des caractères qui lui sont propres, soit maintenant faite sans
tarder.
Connue jusqu’à présent des archipels des Tuamotou et de la Société, des îles Gilbert,
de l’Indonésie, de l’Australie, des îles Maldives et du Kenya 1 , T. cooperi semble se trou¬
ver surtout sur les platiers récifaux. Elle a toutefois été capturée jusqu’à 11 m de profon¬
deur.
Thalamita mitsiensis Crosnier
(Fig. 8 e)
Thalamita mitsiensis Crosnier, 1962 : 127, lig. 212-213, 216-218. — Stephenson et Rees, 1967a :
80, fîg. 29. — Zarenkov, 1971 : 186, fig. 84. — Stephenson, 1972a : 150. — Stephenson,
19726 : 49.
Matériel examiné. — Ile Mohéli (Comores), 24 m, sable à foraminifères, dragage,
26-1-70, B. Plante coll. : 1 $, 8,6 X 12,0 mm.
Jusqu’à présent cette espèce a été trouvée à Madagascar, dans le golfe d’Aden, en mer
de Java et aux Philippines.
Nous donnons un dessin du front de notre exemplaire, les lobes frontaux médians
étant un peu moins saillants et un peu plus larges que ceux du type. Il semble que la forme
des lobes frontaux puisse être légèrement variable puisque Stephenson (1972a) signale
que, chez l’exemplaire de la mer de Java, ces lobes sont plus saillants et légèrement plus
étroits que ceux du type.
Thalamita quadrilobata Mi ers
(Fig. 9 a)
Thalamita quadrilobata, Stephenson et Hudson, 1957 : 349, fig. 2 G, 3 G ; pl. 4, fig. 4 ; pl. 8 M,
9 F. — Derijard, 1967 : 1242, fig. 1-4. — Stephenson, 1972a : 151. — Stephenson, 19726 :
51. — Heath, 1973 : 17, fig. 9 f, 12 f.
M atériel examiné. — Iles Comores, Mayotte, sable périrécifal, 21-1-70, H. Plante
coll. : 1 $, 7,7 X 12,5 mm.
Cette espèce se caractérise notamment par son article basal antennaire qui porte trois
fortes épines. Elle était connue, jusqu’à présent, de l’île Europa, de l’île Maurice, des Sey-
1. Cette espèce a également été signalée à l’île Palmyra par Edmondson (Crustacea from Palmyra
and Fanning Islands. Bull. Bernice P. Bishop Mus., n° 5 : 23).
CRABES DE LA FAMILLE DES PORTUNIDAE
1115
HhjjJ
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5"/„
J
3cm
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Fig. 9. —-a : Thalamita quadrilobata Miers, $, 7,7 X 12,5 mm, Mayotte, 21-1-70, carapace, vue dorsale.
b : Podophthalmus nacreus Alcock, $ ov., 15,5 X 29,0 mm, Tany Kely, 18-22 mm, 15-1-71, cara¬
pace, vue dorsale.
1116
A. CROSNIER ET B. THOMASSIN
chelles, des Andamans, des Philippines, de l’Australie, des îles Salomon, Palau et Gilbert,
des archipels des Tuamotu et de la Société.
Podophthalmus nacreus Aleock
(Fig. 9 h)
Podophthalmus nacreus Alcock, 1899 : 93. — Alcock et McArdle, 1900, pi. 48, fig. 2. —• Leene,
1938 : 14. — S akai, 1939 : 427 ; pl. 85, fig. 4. Leene, 1940 : 179. — Sakai, 1965 : 127 :
pl. 65, fig. 1. — Zarenkov, 1970 : 43. — Zarenkov, 1971 : 190. — Stephexson, 1972a ;
153. — Stephenson, 19726 : 53.
Matériel examiné. — Nosy Bé, 50 m, sable fin, 28-V-65 : l juv., 3,4 X 5,1 mm,
3 cJ, 4,3 X 7,0 à 6,2 X 11,0 mm, 1 Ç ov., 4,9 X 8,5 mm ; île Tany Kely (près de Nosy Bé),
18-22 m, sable à foraminifères, 15-1-71, P. Laboute coll. : 1 Ç ov., 15,5 X 29,0 mm.
Cette espèce n’était connue, jusqu’à présent, que du Japon, de la partie méridionale
de la mer de Chine, de l’Indonésie, de la Birmanie, des Andamans et de la mer Rouge 1 . Sa
présence à Madagascar étend donc sensiblement son aire de répartition. D’après la litté¬
rature, P. nacreus a été récolté entre 10 et 95 m de profondeur.
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1. Cette espèce a également été signalée dans le golfe du Tonkin par E. F. Gurjanova (la faune du
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Manuscrit déposé le 12 octobre 1973.
Bull. Mus. natn. Ilist. nat., Paris, 3 e sér., n° 241, juillet-août 1974,
Zoologie 165 : 1097-1118.
Achevé d’imprimer le 15 février 1975.
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