BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
168
N° 244 JUILLET-AOUT 1974
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vaciion.
Comité directeur : Pis Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauciiot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. IIallé.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre —- Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1974
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIBE NATURELLE
3 e série, n° 244, juillet-août 1974, Zoologie 168
Harpacticoïdes (Crustacés Copépodes) de l’archipel de
1. Quelques formes mésopsammiques 1
Kerguelen
par Jacques Soyeh *
Résumé. — Description de deux genres nouveaux et de onze espèces nouvelles de Copcpodes
Harpacticoïdes mésopsammiques, récoltés dans les eaux souterraines littorales de l’archipel des
Kerguelen (Terres australes françaises). Discussions systématiques. Considérations biogéogra¬
phiques.
Abstract. Two new généra and eleven new species of mesopsammal Copepoda Harpacti-
coida collected in the suhterranean littoral waters of the Kerguelen Archipelago (Terres australes
françaises) are described with systematics discussions and biogeographical considérations.
Lors d’un séjour en mission d’été dans l’archipel de Kerguelen (Terres australes et
antarctiques françaises), nous avons eu l’occasion d’effectuer un certain nombre de pré¬
lèvements de faune interstitielle littorale sur les principales plages de la péninsule Courbet
ainsi que dans l’anse du Radioleine (massif Gallieni).
Les prises ont été effectuées par la méthode des sondages de Chappuis, à l’aide d’un
filet fin de 40 p. de vide de maille. Il s’agissait de prospections préliminaires et aucune
donnée sur les caractéristiques physico-chimiques de l’eau et du sédiment n’a été recueil¬
lie.
L’examen des 37 prélèvements réalisés en 15 stations a révélé l’existence d’une faunule
interstitielle bien diversifiée dont la présence n’avait pas encore été reconnue dans l’archi¬
pel ; ses représentants appartiennent aux groupes suivants : Oligochètes, Nématodes,
Copépodes Harpacticoïdes, Amphipodes, Tardigrades et Acariens. La présente note ne
concerne que les Copépodes Harpacticoïdes, groupe le plus abondant avec les Nématodes.
L’étude des autres groupes a été confiée à divers spécialistes.
Liste des stations
Tous les prélèvements ont été effectués dans des sables littoraux, le plus généralement
au voisinage des embouchures de rivière (carte 1).
1. Résultats scientifiques de la campagne d’été 1971-1972 Méiobenthos-Ker, organisée par J. Soyer,
sous l’égide de la Direction scientifique des Terres australes et antarctiques françaises.
* Laboratoire Arago, 66650 Banyuls-sur-Mer.
244, 1
1170
JACQUES SOYER
Péninsule Courbet
Baie de l’Aurore australe (golfe du Morbihan) : rivière du Sud : St. 4 et 5 ; rivière X entre
rivière du Sud et rivière des Otaries : St. 6 et 7 ; rivière des Otaries : St. 8.
Baie norvégienne : rivière norvégienne : St. 1, 2, 3, 45 et 46.
Côte est de la péninsule : pointe de l’Estacade : St. 9 et 10.
Cap Ratmanofï : St. 11, 12, 13 et 14 : Morne vert (débouché du lac Marville) : St. 35, 36, 37, 38
et 39.
Côte nord-ouest de la péninsule : rivière du Nord : St. 40, 41, 42, 43, 44 ; Port Kirk : St. 70,
71 et 72 ; anse du Vulean : St. 73, 74 ; Port Elisabeth : St. 75.
Massif Gallieni
Anse du Radioleine : St. 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83.
Anse Bailey : St. 84.
Anse du Tranchant : St. 85.
Baie Charrier : St. 86.
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1171
Sur l’ensemble de ces prélèvements, 32 seulement ont révélé la présence de Copépodes
Harpacticoïdes. Les stations 9, 10, 11, 81 et 83 en étaient dépourvues.
Liste des espèces récoltées
Ectinosomidae
Microsetella norvégien (Boeck)
Diosaccidae
Schizopera bradyi n. sp.
Schizopera nichollsi n. sp.
Ameiridae
Nitocra australis n. sp.
Nitocra delaruei n. sp.
Nitocra blochi n. sp.
Paramesochridae
Leptopsyllus dubatyi n. sp.
Kliopsyllus runtzi n. sp.
Rossopsyllus kerguelenensis n. g. n. sp.
Canthocamptidae
Orthopsyllus linearis (Claus)
Epactoplianes richardi Mrazek
Cylindropsyllidae
Psarnmopsyllus tridentatus n. sp.
Ancorabolidae
Laophontodes psarnmophilus n. sp.
Tapholaophontodes rollandi n. g. n. sp.
Parmi les 14 espèces précédentes, trois ne présentent pas d’intérêt particulier : Epacto-
plianes richardi Mrazek est une forme à large distribution géographique, habitant les mous¬
ses humides, déjà signalée à Heard, Crozet et Kerguelen en 1908 (Richters) et plus récem¬
ment par Ch appuis (1943). Microsetella norvegica (Boeck) et Orthopsyllus linearis (Claus)
sont des espèces cosmopolites, l’une bathypélagique, l’autre benthique, reconnues maintes
fois dans les eaux antarctiques et subantarctiques (Lang, 1948).
Les 11 formes restantes sont nouvelles pour la Science.
1172
JACQUES SOYER
Schizopera bradyi n. sp.
Cette espèce est respectueusement dédiée à G. S. Brady, auquel l’on doit les premiers travaux sur
la faunulc harpacticoïdienne de l’archipel de Kerguelen.
Matériel examiné
Stations : 1 (1 $ Ç) ; 2 (2 Ç $) ; 4 (1 $) ; 76 (1 $).
La présente description est fondée sur l’examen d’une série composée des cinq femelles
en notre possession. L’un des deux individus disséqués a été désigné comme holotype (lon¬
gueur : 495 p,). L’ensemble du matériel étudié est conservé dans la collection personnelle
de l’auteur, à l’exception d’un paratype femelle qui a été déposé au Muséum national d’His-
toire naturelle (Arthropodes, section des Crustacés) sous le numéro 1973-63.
Description
Taille comprise entre 440 et 495 p. Corps allongé ; rostre articulé, triangulaire, dépas¬
sant largement l’extrémité du premier article de l’antennule. Segments du céphalosome
et du métasome sans ornementation. Urosome avec ornementation complexe (fig. 1, A, B).
Tous les segments présentent une forte spinulation à leur bord postérieur, légèrement plus
faible en position ventrale. U l et U 2 soudés ; la suture est visible latéralement et dorsa-
lement. Ornementation composée de nombreux peignes de fines spinules et denticules
en position dorsale, réduite à une rangée continue ventralement. U 3 et U 4 présentent
le même type d’ornementation : dorsalement, elle est très riche avec de nombreux peignes ;
ventralement, elle se réduit à trois rangées de fines spinules. Pseudo-operculum bien mar¬
qué, garni de longues spinules. U 5 également pourvu de peignes de spinules à la face dor¬
sale et d’une rangée sinueuse de spinules à la face ventrale. Le segment présente la forte
spinulation habituelle à la base des rames furcales. Rames furcales environ cinq fois plus
longues que larges, légèrement divergentes (fig. 1, C). La surface des rames montre une
très fine spinulation généralement dispersée, mais pouvant parfois constituer de véritables
peignes. Bord externe du rameau avec une courte soie en bulbe, très caractéristique, accom¬
pagnée d’une soie fine. Apex armé de deux soies courtes, tronquées, et d’une soie fine interne.
Dorsalement, l’emplanture de ces soies est protégée par un peigne de fortes spinules. Au
bord interne, et en position dorsale, on observe une soie à base.
Antennule (fig. 1, D) : allongée, assez grêle, composée de huit articles. Chétotaxie
complexe (cf. figure). Articles 1 et 2 les plus longs ; articles 3, 4, 5, 6 et 7 subégaux. Article
distal environ deux fois plus long que le précédent. Aesthétasques et soies accessoires por¬
tés par le quatrième et le dernier article. Les deux derniers articles présentent au bord
externe quelques soies à base.
Antenne (fig. 1, E) : coxa courte et nue. Allobasis plus long que Tendopodite, portant
une soie interne, barbelée. Exopodite de deux articles subégaux, avec respectivement une
et deux soies finement barbelées. Endopodite armé de spinules, de trois forts crochets,
de quatre soies géniculées dont la plus grosse, ciliée, montre une base commune à une soie
fine et enfin une soie fine également.
HARPAGTICOÏDES DE L ARCHIPEL DE KERGUELEN
1173
1. — Schizopera bradyi n. sp. : A, urosome (vue ventrale) ; B, urosome (vue dorsale) ; C, rame
furcale ; D, antennule (femelle) ; E, antenne ; F, mandibule ; G, maxillule ; H, maxille.
244 , 2
1174
JACQUES SOYER
Mandibule (fig. 1, F) : précoxa forte avec une pars incisiva bi- (tri- ?) dentée, quatre
dents fortes, trois courtes épines et une soie barbelée. Coxa portant trois soies fines et
légèrement plumeuses à son apex. Exopodite réduit, d’un seul article porteur d’une soie.
Endopodite de petite taille également, armé de six soies.
Maxillule (fig. 1, G) : arthrite de la précoxa avec deux soies de surface, six épines fortes
en crochets, une courte soie et une soie forte barbelée. Une soie fine est implantée au bord
proximal. Coxa avec deux forts addendes terminaux. Basis dont l’apex porte une rangée
de spinules et sept soies terminales. Endopodite et exopodite réduits, le premier avec trois
courtes soies fines, le second avec deux addendes.
Maxille (fig. 1, H) : syncoxa avec trois endites, les deux proximaux armés de deux
addendes, le dernier de trois. Basis avec deux longs crochets et une soie fine. Endopodite
de deux articles portant, le proximal trois, le distal cinq soies.
Maxillipède (fig. 2, A) : coxa réduite, inerme. Basis court également, portant à son
apex deux addendes barbelés. Premier article de l’endopodite avec le bord interne garni
d’une rangée de fortes spinules et portant deux soies fines, plumeuses, la distale la plus
forte. Second article avec trois addendes dont un crochet fort, plus court que le premier
article de l’endopodite.
P1-P4 (fig. 2, B, C, D, E) : PI préhensile. Basis avec deux peignes de spinules et
deux fortes épines aux coins interne et externe. Rame externe triarticulée ; articles 1 et 2
avec épine externe mais sans soie interne. Article distal avec deux addendes externes et
deux apicaux. Premier article de l’endopodite plus long que les deux suivants réunis, dépas¬
sant légèrement les deux premiers articles de l’exopodite ; il porte une soie longue implan¬
tée au tiers supérieur interne. Article médian ne portant que des spinules. Article distal
avec un long crochet, un très long addende géniculé et cilié et une courte soie interne. P2-
P4 à rames triarticulées, l’endopodite légèrement plus court que l’exopodite. Basis por¬
tant une forte épine ou une soie fine externe. La chétotaxie est indiquée dans le tableau
suivant :
12 3
P2 Exp. 0 1 0.2.2
End. 0 1 1.2.1
P3 Exp. 0 1 0.2.2
End. 1 1 1.1.1
P4 Exp. 0 1 0.2.2
End. 1 1 1.1.1
P5 (fig. 2, F) : baséoendopodite à lobe interne bien marqué, atteignant le milieu de
l’exopodite, et portant quatre soies subégales, plumeuses. Prolongement externe muni
d’une longue et fine soie plumeuse. Exopodite oblong, une fois et demie plus long que large,
armé de six soies plumeuses : trois externes courtes et fortes, une longue apicale et deux
internes.
Discussion
Schizopera bradyi, n. sp. se rapproche de la forme S. minuta Noodt récoltée dans les
sables de la baie de Biscaye, en particulier par la morphologie de ses rames furcales et la
P5. Cependant, elle s’en distingue par la chétotaxie de l’endopodite de P4, dont l’article
distal porte ici trois soies.
1176
JACQUES SOYER
Schizopera nichollsi n. sp.
Cette forme est respectueusement dédiée à A. G. Nicholls, dont la plupart des travaux sont consa¬
crés à la faunule harpacticoïdienne des côtes d’Australie.
Matériel examiné
Stations : 4 (1 <J) ; 76 (1 $) ; 77 (5 $, 6 ÇÇ, 2 <?<?) ; 78 (1 $) ; 79 (1 <J) ; 80 (1 $Ç) ; 82 (1 <?).
La présente description est fondée sur l’examen de cinq individus (trois femelles,
deux mâles) récoltés à la station 77. Un des deux exemplaires femelles disséqués a été
désigné comme holotype (longueur : 435 p,). L’ensemble du matériel étudié est conservé
dans la collection personnelle de l’auteur, à l’exception d’un paratype femelle déposé dans
les collections du Muséum national d’Histoire naturelle (Arthropodes, section des Crusta¬
cés) sous le numéro 1973-64.
Description
Femelle
La taille des sept exemplaires en notre possession était comprise entre 397 et 576 p.
Corps allongé, avec un rostre triangulaire atteignant l’extrémité du second article de l’anten-
nule (fig. 3, B). Segments du céphalosome et du métasome sans ornementation. Ornemen¬
tation des segments de l’urosome complexe. Dernier segment présentant deux peignes
latéraux de spinules et la rangée habituelle à la base des rames furcales. Pseudo-operculum
bien marqué, à bord libre légèrement cilié. Rames furcales deux fois plus longues que larges,
montrant quelques peignes de spinules en position dorsale (fig. 3, A). Bord externe armé
d’une forte épine et d’une soie fine implantée à la moitié de la rame. Face dorsale avec soie
articulée. Apex portant deux soies dont l’interne est la plus forte. L’emplanture de ces
deux soies est protégée par de courtes spinules.
Antennule (fig. 3, B) : composée de huit articles. Chétotaxie indiquée sur la figure.
Premier article inerme. Aesthétasque principal et soie accompagnatrice portés par le qua¬
trième article. Présence de soies articulées au bord externe des articles 7 et 8 ; ce dernier
présente également un aesthétasque fin et une soie accompagnatrice.
Antenne (fig. 3, C) : coxa courte, nue ; allobasis plus long que l’endopodite, portant
une soie interne ciliée. Exopodite de deux articles subégaux armés respectivement d’une
soie ciliée et de trois addendes distaux. Endopodite dont le bord interne est garni de spi¬
nules et présente trois forts crochets. Apex armé de quatre longues soies géniculées dont
une possède une base commune avec une soie simple et une soie fine.
Mandibule (fig. 3, D) : précoxa forte, avec pars molaris bien marquée ; pars incisiva
tridentée. Autres épines comme représentées sur la figure. Coxa triangulaire portant trois
soies plumeuses. Exopodite réduit, d’un seul article portant une soie fine. Endopodite,
uniarticulé, portant deux soies au bord interne et cinq soies apicales.
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1177
Fig. 3. — Schizopera nichollsi n. sp. : A, rames furcales ; B, antennule ; C, antenne ; D, mandibule ;
E, maxillule ; F, maxille ; G, maxillipède.
Maxillule (fîg. 3, E) : arthrite de la précoxa avec sept épines en crochet, une épine
fortement barbelée, une épine simple, une épinule et les deux soies de surface habituelles.
Coxa avec deux forts addendes distaux. Ilasis armé d’un fort crochet, une épine barbelée
et trois soies fines. Endopodite légèrement plus développé que l’exopodite, portant trois
soies fines ; exopodite armé de deux soies.
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1179
Maxille (fig. 3, F) : syncoxa avec trois endites, portant respectivement deux, deux et
trois endites. Basis avec deux forts crochets. Endopodite de deux articles, armés de trois
et deux soies.
Maxillipède (fig. 3, G) : coxa réduite, inerme. Basis allongé, portant deux soies, dont
l’une barbelée, à son apex. Premier article de l’endopodite avec rangée de spinules et deux
soies fines. Second article avec un fort addende en crochet et deux courtes soies.
P1-P4 (fig. 4, A, B, C, D) : PI préhensile. Basis portant une forte épine au coin interne
et une épine plus courte au coin externe. Endopodite composé de trois articles. Premier
allongé, dépassant largement l’extrémité du second article de l’exopodite, portant une soie
implantée aux deux tiers distaux du bord interne. Article médian court, avec spinules,
article terminal armé de deux longs crochets et d’une fine soie. Exopodite triarticulé ;
les deux premiers articles sans soie interne, l’article distal avec deux épines externes et deux
soies géniculées apicales. P2-P3 avec exopodite et endopodite triarticulés. P4 avec exo¬
podite triarticulé et endopodite de deux articles. La chétotaxie est résumée dans le tableau
suivant :
12 3
P2 Exp. 0 0 0.2.2
End. 0 1 1.2.1
P3 Exp. 0 0 0.2.2
End. 1 1 1.1.1
P4 Exp. 0 0 0.2.2
End. 1 (1, à droite) 1.1
P5 (fig. 4, E) : baséoendopodite à lobe interne bien marqué, large, portant quatre
soies barbelées : les deux internes sont plus courtes que les externes. Exopodite aussi long
que large, armé de six soies plumeuses.
Mâle
Le mâle en notre possession mesurait 435 p. La morphologie générale est identique
à celle de la femelle. Le dimorphisme sexuel porte sur l’antennule, le basipodite de PI,
l’endopodite de P2, l’article distal de l’exopodite de P3 et la P5.
Antennules : haplocères.
Basipodite de PI (fig. 4, F) : l’épine interne est transformée en un éperon à pointe
mousse.
Endopodite de P2 (fig. 4, G) : transformé (cf. figure) en appendice préhensile.
P3 (fig. 4, FI) : l’article distal de l’exopodite montre en position interne l’écaille hyaline
habituelle.
P5 (fig. 4, I) : baséoendopodites confluents. Lobe interne peu marqué, porteur de
deux fortes soies barbelées. Exopodite quadrangulaire, dépassant légèrement le lobe interne
et armé de deux soies fortes, barbelées, et de trois soies fines en position externe.
1180
JACQUES SOYER
Discussion
A notre connaissance, trois espèces de Schizopera seulement présentent un endopodite
de P4 Inarticulé : Sch. arenicola Chappuis et Serban, Sch. gauldi Chappuis et Roueli et
Sch. varnensis Apostolov. Sch. nichollsi n. sp. se distingue de Sch. gauldi par la présence
d’un endopodite de PI triarticulé. Elle se distingue également de Sch. arenicola par l’arma¬
ture des articles distaux des endopodites P2-P3 plus complète, et par la présence d’une
soie interne sur l’article proximal de l’endopodite de P4. La chétotaxie de Sch. varnensis
est également différente de celle que nous avons observée chez Sch. nichollsi n. sp. : la
forme de mer Noire ne possède pas de soie interne à l’article médian de l’endopodite de
P2, dont le distal, par ailleurs, n’est armé que de trois addendes. L’article proximal de
l’endopodite de P3 ne présente pas de soie interne, tandis que l’article distal ne porte que
deux soies ; la morphologie de P5, enfin, est très différente dans les deux espèces.
Nitocra australis n. sp.
Matériel examiné
Stations : 1 (1 ÇÇ, 1 <$<$) ; 45 (9 $) ; 42 (5 $, 2 SS) '■> 43 (commun) ; 44 (2 $, 1 ÇÇ, 1
<?) ; 70 (7 $, 2 $ Ç, 4 <?<?, 1 S) î 74 (1 9 , 1 S ?) ; 72 (1 $) ; 76 (commun) ; 77 (2 Ç).
La présente description est fondée sur l’examen de 13 individus (sept femelles, six
mâles). Line des femelles disséquées a été désignée comme holotype (long. : 590 p, st. 45).
L’ensemble du matériel étudié est conservé dans la collection personnelle de l’auteur à
l’exception d’un paratype de chaque sexe provenant de la station 42, déposés au Muséum
national d’Histoire naturelle (Arthropodes, section des Crustacés) sous le numéro 1973-56.
Description
Femelle
Taille comprise entre 408 et 626 p. Corps élancé, avec rostre non articulé, court. Cépha-
losome et segments du métasome sans ornementation. Urosome avec ornementation com¬
plexe (fîg. 5, A, B, C). U 1 et U 2 incomplètement soudés ; la suture est marquée par un
bourrelet chitineux sur la face dorsale. U 1 avec rangée dorsale de fines spinules. U 2 avec
deux rangées de spinules latéro-dorsales et un peigne ventral. U 3 avec peignes latéraux
au milieu du segment, latéro-dorsaux et ventral au bord postérieur. U 4 avec ornementa¬
tion limitée à un grand peigne latéral. U 5 portant deux peignes latéraux et un peigne
ventral de fines spinules. Rangées de spinules au bord postérieur, les dorsales plus fortes.
Opercule anal avec une forte spinulation au bord libre. Rames furcales plus larges que
longues, portant en plus des deux soies apicales bien développées, une soie interne apicale,
trois soies inégales externes, une soie à base articulée dorsale. Quelques spinules sont implan¬
tées à la base des soies externes et internes (fig. 6, A).
HARPACTICOÏDES DE l’aRCIIIPEL DE KERGUELEN
1181
Fig. 5. — Nitocra australis n. sp. : A, urosome (vue dorsale) ; B, urosome (vue ventrale) ;
C, urosome (vue latérale).
Antennule (fig. 6, B) : composée de huit articles ; les deux premiers articles sont subé¬
gaux, aussi longs que le troisième et le quatrième réunis. Aesthétasque et sa soie accompa¬
gnatrice portés par le quatrième segment. Segment distal portant également un aesthétas¬
que fin et une soie accompagnatrice. Les deux derniers segments montrent au bord posté¬
rieur quelques soies fines à base articulée.
Antenne (fig. 6, C) : coxa petite, nue. Basis avec quelques spinules au bord distal anté¬
rieur. Exopodite d’un seul article portant trois addendes. Premier segment de l’endopodite
allongé et nu. Article distal avec quelques spinules au bord antérieur proximal et armé
de trois forts crochets et de cinq soies géniculées. La soie en position postérieure est la plus
développée et présente une base commune avec une courte soie fine.
Mandibule (fig. 6, D) : précoxa allongée, avec pars incisiva tridentée et une série de
244, 3
tennule ; C, antenne ; D, mandibule
G, maxillipède.
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1183
dents. Coxa-basis triangulaire, portant deux fortes soies plumeuses à son apex. Endo-
podite allongé avec une soie implantée au milieu du bord interne et quatre soies apicales.
Maxillule (fig. 6, E) : arthrite de la précoxa allongé portant quatre crochets distaux
et deux soies fines de surface. Coxa armée d’un fort addende en crochet et de trois soies
fines. Basis avec quatre soies apicales. Exopodite (?) de deux articles portant chacun une
soie.
Maxille (fig. 6, F) : syncoxa avec deux endites portant, le proximal, deux addendes
courts et barbelés, le second, trois soies fines. Basis armé d’un très fort crochet et deux
soies fines, représentant sans doute l’endopodite absent.
Maxillipède (fig. 6, G) : basis avec une soie distale plumeuse. Premier segment de l’endo¬
podite oblong, avec une courte rangée de spinules. Article distal avec un fort crochet.
P1-P4 (fig. 7, A, B, C, D) : PI préhensile. Exopodite et endopodite triarticulés. Pre¬
mier segment de l’endopodite allongé, atteignant l’extrémité de l’exopodite ; il porte une
soie plumeuse interne implantée au tiers distal. Articles médian et distal subégaux, courts ;
le médian porte une soie plumeuse. L’article distal est armé de trois addendes : deux cro¬
chets inégaux et une soie fine. Article proximal de l’exopodile dépourvu de soie interne.
Article médian avec soie interne ; article distal armé de cinq addendes ; les deux apicaux
sont géniculés.
P2-P4 à deux rames triarticulées ; l’endopodite est nettement plus court que l’exopo-
dite. La chétotaxie est résumée dans le tableau suivant :
1 2 3
P2 Exp. 0 1 2.2.3
End. 1 1 1.2.1
P 3 Exp. 0 1 2.2.3
End. 1 1 2.2.1
P 4 Exp. 0 1 2.2.3
End. 1 1 2.2.1
Pô (fig. 7, E) : bien développée. Baséoendopodite à lobe interne large, ne dépassant
pas le milieu de l’exopodite ; il porte cinq soies plumeuses. Les trois internes, subégales,
sont courtes. L’exopodite est une fois et demie plus long que large ; il présente cinq soies
plumeuses. La soie apicale externe est longue ; la soie apicale interne et les deux soies exter¬
nes distales sont plus courtes, subégales. La soie externe proximale est nettement plus
réduite.
Mâle
Taille : 450-472 p. Ornementation de l’urosome identique à celle de la femelle.
Epine interne du basipodite de PI transformée (fig. 7, F).
P1-P4 : identiques à celles de la femelle.
P5 (fig. 7, G) : baséoendopodites confluents ; lobe interne peu marqué, portant quatre
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1185
soies fortes, subégales, plumeuses. Exopodite de même forme que celui de la femelle, portant
six soies : interne forte, médiane externe spiniforme.
P6 (fig. 7, H) : en plaque ; elles portent chacune une longue soie plumeuse, une courte
épine externe et une soie fine interne.
Discussion
Nitocra australis n. sp. se montre originale par la chétotaxie de ses pattes thoraciques
qui présentent une soie interne au premier article de l’endopodite de P3-P4 et par la mor¬
phologie de la P5.
Remarques
Cette forme est présente dans la plupart des stations prospectées. L’examen du nom¬
breux matériel en notre possession a montré l’existence de deux classes de taille chez la
femelle, correspondant à 430 et à 620 p de longueur moyenne. Lang (1965) signale le même
phénomène chez N. affinis Gurney f. californica Lang.
Nitocra delaruei n. sp.
Cette espèce est respectueusement dédiée au grand naturaliste Aubert de la Rue, auteur de nom¬
breux ouvrages scientifiques sur les Terres australes françaises.
Matériel examiné
Stations : 70 (1 $Ç) ; 72 (1 $Ç) ; 79 (1 &?) ; 85 (2 2 «J). _
La présente description est fondée sur l’examen de six individus (trois femelles, trois
mâles). La femelle disséquée a été désignée comme holotype (610 p, st. 72). L’ensemhle
du matériel étudié est conservé dans la collection personnelle de l’auteur, à l’exception
d’un paratype femelle récolté à la station 85, déposé au Muséum national d’Histoire naturelle
(Arthropodes, section des Crustacés) sous le numéro 1973-58.
Description
Femelle
Taille : 606-620 p. Morphologie générale conforme à celle du genre. Rostre court,
non articulé. Céphalosome et segments du métasome dépourvus d’ornementation. Urosome
avec rangées de spinules ventrales (fig. 8, A). U 1 et U 2 soudés imparfaitement latérale¬
ment ; U 1 montre une rangée médiane de spinules. U 2 et U 3 avec le même type d’ornemen¬
tation. U 4 avec un peigne médian de quelques spinules. U 5 montrant deux peignes latéro-
ventraux au tiers antérieur du segment et des spinules ventrales et latérales autour de la
base des rames furcales. Rames furcales courtes, deux fois plus larges que longues ; soies
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1187
apicales bien développées, l’interne la plus forte. Bord externe avec deux fines soies et
quelques spinules. Bord interne avec une soie line et quelques spinules ; soie dorsale arti¬
culée (fig. 8, B).
Antennule (fig. 8, C) : composée de huit articles, grêles. Les deux premiers segments
subégaux ; le premier présente une soie unique barbelée. Aesthétasque principal avec
sa soie accompagnatrice portés par le 4 e . Pénultième article portant une soie à base arti¬
culée ; article distal avec soies articulées et aesthétasque avec une soie accompagnatrice.
Antenne (fig. 8, D) : coxa nue. Basis portant l’exopodite de deux articles ; le premier
est armé d’une forte soie barbelée, le second avec deux addendes. Premier article inerrne,
deuxième article avec une armature complexe : trois forts crochets et spinules au coin
distal antérieur, quatre soies géniculées ciliées, dont la plus forte, externe, a une base com¬
mune avec une fine soie.
Mandibule (fig. 8, E) : précoxa allongée, avec pars incisiva tridentée, une série de dents
de morphologie diverse et une fine soie ciliée. Coxa-basis fort, armé d’un seul addende,
fourchu à son extrémité. Exopodite absent. Endopodite d’un seul article, armé de cinq soies
dont l’interne est ciliée.
Maxillule (fig. 8, F) : arthrite de la précoxa portant trois crochets forts, une épine
longue et deux courtes épinules : les soies de surface sont implantées en position basse.
Coxa armée d’un long crochet cilié. Endo- et exopodite absents. Basis armé de trois soies
fines et d’une rangée de spinules apicales, et portant deux soies isolées, représentant sans
doute l’endo- et F exopodite.
Alaxille (fig. 8, G) : syncoxa à deux endites ; le premier porte un seul addende bar¬
belé et présente un lobe arrondi. Le second est armé de deux fortes soies ciliées. Basis armé
d’un très fort crochet et d’une soie. Endopodite uniarticulé avec deux soies fines.
Maxillipède (fig. 8, H) : basis armé d’une forte soie barbelée apicale. Premier article
de l’endopodite avec une rangée de spinules internes et quelques poils externes. Article
distal avec un fort crochet aussi long que le premier article et une fine soie.
P1-P4 (fig. 9, A, B, C, D) : PI préhensile. Basis armé d’une forte soie externe et d’une
épine interne. Exopodite de trois articles n’atteignant pas l’extrémité du premier article
de l’endopodite. Le médian ne présente pas de soie interne ; le distal est armé de cinq adden¬
des, dont les deux internes, plus fins, sont géniculés. Endopodite triarticulé. L’article
proximal porte une soie interne implantée en position distale. Médian plus court que le
distal avec quelques spinales externes et une soie fine ciliée interne. Article distal avec
trois addendes apicaux dont un fort crochet.
P2-P4 à deux rames triarticulées. La chétotaxie est résumée dans le tableau suivant :
1 2 3
P2 End. 1 1 1.2.1
Exp. 0 1 1.2.3
P3 End. 1 1 3.2.1
Exp. 0 1 1.2.3
P4 End. 1 1 2.2.1
Exp. 0 1 3.2.3
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1189
P5 (fig. 9, E) : baséoendopodite à lobe interne bien marqué, ne dépassant pas le milieu
de l’exopodite, armé de cinq soies ciliées ; la médiane externe est la plus développée. Exo-
podite oblong, deux fois plus long que large, armé également de cinq soies ; l'apicale et la
médiane externe sont les plus longues.
Mâle
Taille comprise entre 490 et 510 ;x. L’ornementation des segments de l’urosome est
semblable à celle de la femelle ; seule la rangée médiane du premier segment de Furosome
manque. Le dimorphisme sexuel affecte Fantennule, le basipodite de PI, P5 et P6. Les
pattes P2-P4 sont semblables dans les deux sexes.
Antennule : subchirocère, elle est composée de neuf articles (?).
PI (fig. 9, F) : l’épine interne du basipodite est plus forte que chez la femelle et trans¬
formée de la manière habituelle.
P5-P6 (fig. 9, G, H) : les baséoendopodites sont confluents sur la ligne médiane. Le
lobe interne bien marqué porte deux soies dont l’interne est bien développée, l’externe
rudimentaire. L’exopodite est légèrement plus long que large ; il porte cinq soies inégales ;
la médiane externe et l’apicale interne sont réduites. P6 est en plaque et porte trois longues
soies ciliées.
Discussion
N. delaruei n. sp., comme N. reducta Schaeffer, ne possède pas de soie interne à l’arti¬
cle médian de l’exopodite de PI. Cependant la chétotaxie des pattes P2-P4 est ici beau¬
coup plus complète : présence d’une soie interne sur les premiers et seconds articles des
endopodites, et sur l’article médian des exopodites ; enfin, présence d’une soie interne sur
l’article distal de l’exopodite de P2-P3 et de trois soies internes sur le même article de P4.
Cette dernière chétotaxie est à notre connaissance unique dans le genre. Enfin la P5 de
la femelle porte cinq soies et non six.
Nitocra blochi n. sp.
C’est très amicalement que nous dédions cette forme à M. J.-P. Bloch, Directeur scientifique des
Terres australes et antarctiques françaises.
Matériel examiné
Stations : 5 (3 $) ; 6 (commun) ; 7 (2 Ç, 3 $$, 2 <$<$) ; 8 (10 $Ç, 5 $?)■
La présente description est fondée sur l’examen de 20 individus (13 femelles, sept
mâles). Une des trois femelles disséquées a été désignée comme holotype (longueur : 410 [x,
st. 7). L’ensemble de ce matériel est conservé dans la collection personnelle de Fauteur à
l’exception de trois paratypes femelles récoltés à la station 7, déposés au Muséum national
d’Histoire naturelle (Arthropodes, section des Crustacés) sous le numéro 1973-57.
4
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1191
Description
Femelle
Taille comprise entre 387 et 435 p,. Morphologie générale conforme à celle du genre.
Rostre court, non articulé. Céphalosome et segments du métasome dépourvus d’ornemen¬
tation. Urosome avec ornementation complexe (fig. 10, A, B). U 1 et U 2 soudés ; ligne de
suture marquée latéralement par un repli de la cuticule. U 1 présente un peigne latéral
de spinules. U 2 montre au bord postérieur une rangée de fortes spinules ventrales et dor-
salement des spinules moins importantes. U 3 avec le même type d’ornementation, mais pré¬
sentant un peigne ventral médian supplémentaire. U 4 semblable au précédent, avec, en plus,
des peignes latéraux. U 5 avec une ornementation complexe : ventralement on distingue deux
rangées de spinules à la partie médiane du segment ; la base des rames furcales est pro¬
tégée par de courtes spinules. Dorsalement l’opercule anal est bien marqué ; son bord libre
est frangé d’une rangée d'une vingtaine d’épines. Rames furcales près de deux fois plus
longues que larges (fig. 10, C). Elles portent deux soies fines, une épine et quelques spinules
au bord externe, deux longues soies apicales, et une soie fine au coin apical interne, dont
la base est entourée de quelques courtes épines. Une soie à base, articulée, est implantée
dorsalement. L’apex des rames furcales se différencie ventralement en une sorte de lame
hyaline, protégeant l’emplanture des soies apicales.
Antennule (fig. 10, D) : composée de huit articles. Les deux premiers articles sont allon¬
gés ; le premier porte une soie apicale et une rangée de spinules. La chétotaxie des autres
articles est portée sur la figure. Aesthétasque principal et soie accompagnatrice portés
sur le quatrième article. Article distal avec un aesthétasque fin et une soie accompagna¬
trice.
Antenne (fig. 10, E) : coxa réduite, nue. Basis court, avec rangée de spinules au bord
antérieur. Exopodite d’un seul article, armé de trois soies finement barbelées. Premier
segment de l’endopodite, près de deux fois plus long que le précédent, inerme. Article
distal avec spinulation au bord antérieur et deux crochets à l’angle distal antérieur. Apex
armé de cinq soies géniculées et d’une soie fine ciliée.
Mandibule (fig. 10, F) : précoxa allongée, avec pars incisiva bidentée, et une série
de dents. Coxa-basis massif, avec une rangée de longues spinules et une forte épine bar¬
belée. Endopodite armé de cinq soies, dont quatre apicales. Exopodite absent.
Maxillule (fig. 10, G) : arthrite de la précoxa armé de quatre épines et crochets, d’une
forte soie barbelée et de deux soies de surface. Coxa armée d’un fort crochet géniculé et
de deux soies. Basis armé de quatre soies fines. Endopodite d’un seul article (?) armé de
deux soies fines, dont l’une est fortement barbelée.
Maxille (fig. 10, H) : syncoxa avec deux endites ; le proximal est armé d’une forte
épine barbelée, le second porte deux fines soies. Basis armé d’un long crochet et d’une soie
fine. Endopodite uniarticulé, portant deux soies fines.
Maxillipède (fig. 10, I) : basis avec une soie apicale plumeuse et une rangée de spinules
à la partie proximale. Premier segment de l’endopodite oblong avec spinulation au bord
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1193
interne et à l’angle distal externe. Second article court, portant une très fine soie et un
crochet.
P1-P4 (fîg. 11, A, B, C, D) : PI préhensile. Exopodite et endopodite à trois articles.
Basis portant une forte épine à l’angle externe et à l’angle interne. Premier article de l’endo-
podite allongé, légèrement plus court que les trois articles de l’exopodite réunis, présentant
une soie plumeuse implantée au tiers distal. Article médian court, avec une soie fine. Arti¬
cle distal légèrement plus long que le précédent, portant deux longs crochets géniculés
et une fine soie. Exopodite avec articles subégaux. L’article médian est dépourvu de soie
interne ; l’article distal est armé de cinq addendes. P2-P4 à deux rames triarticulées. Endo¬
podite réduit ne dépassant pas l’extrémité du second article de l’exopodite ; l’article proxi¬
mal de la rame interne est de faible longueur sans cependant être réduit comme chez Psyllo-
camplus. Les deux articles proximaux présentent en position interne un éperon, délimitant
une sorte de cupule dont le bord est garni de poils. La chétotaxie est résumée dans le tableau
suivant :
12 3
P2 Exp. 0 0 0.2.3
End. 0 0 1.1.1
P3 Exp. 0 0 0.2.3
End. 0 0 1.1.1
P4 Exp. 0 0 1.2.3
End. 0 0 1.1.1
P5 (fig. 11, E) : baséoendopodite à lobe interne bien marqué, ne dépassant pas le tiers
proximal ; il porte quatre soies plumeuses dont l’externe, apicale, est la plus longue. Exo¬
podite bien développé, ovalaire, armé de six soies légèrement plumeuses, inégales.
Mâle
Taille comprise entre 350 et 390 p. L’ornementation des segments de l’urosome est
identique à celle de la femelle. Le dimorphisme sexuel affecte l’antennule, l’épine interne
du baséoendopodite de PI, P5 et P6. Les P2-P4 sont identiques dans les deux sexes.
Antennule : composée de huit articles, elle est subchirocère.
PI (fig. 11, F) : l’épine interne du basipodite est transformée de la manière habituelle.
P5-P6 (fig. 11, G, H) : les baséoendopodites de P5 sont confluents sur la ligne médiane.
Le lobe interne, peu marqué, porte deux soies subégales, plumeuses. L’exopodite est deux
fois plus long que large et armé de cinq soies ; la soie externe apicale est courte.
P6 en plaque, portant trois soies : la médiane est longue, l’interne forte et barbelée.
Discussion
Nitocra blochi n. sp. présente de très fortes alïinités avec la forme N. reducta Schaeffer
et A 7 , delaruei n. sp. ; ce sont les trois seules espèces de Nitocra qui ne présentent pas de
soie interne à l’article médian de l’exopodite de Pl. N. blochi n. sp. se distingue cependant
JACQUES SOYER
1194
aisément de N. reducta par la présence d’une seule soie interne à l'article distal de l’exopo-
dite de P4, article qui porte deux soies chez la seconde espèce. D’autre part, l’opercule
anal est garni d’une rangée de nombreuses spinules. La P5 du mâle est également un lion
caractère distinctif : tous les mâles en notre possession présentaient deux soies subégales
au lobe interne du baséoendopodite. Il est vrai que le nombre d’addendes présents sur le
baséoendopodite de la P5 du mâle est souvent variable chez les Nitocra.
N. blochi diffère très largement de N. delaruei par sa chétotaxie réduite au niveau
des endo- et des exopodites et par sa P5.
Leptopsyllus dubatyi n. sp.
En l’honneur de Rallier du Baty, chef des missions du « J. B. Charcot » (1908-1909) et de la « Curieuse »
aux Kerguelen.
Matériel examiné
Station 71 (1 Ç, 1 Ç$).
La présente description est fondée sur l’examen de deux femelles en notre possession
dont l’une, entièrement disséquée et désignée comme holotype (longueur 445 p.), est con¬
servée dans la collection personnelle de l’auteur. L’autre individu a été déposé, comme
paratype, au Muséum national d’Histoire naturelle (Arthropodes, section des Crustacés)
sous le numéro 1973-60.
Description
Taille comprise entre 400 et 445 p. Morphologie générale de la famille. Corps allongé,
dont les segments ne présentent pas d’ornementation particulière. Segments de l’urosome
particulièrement longs. Rames furcales près de trois fois plus longues que larges, coniques
à leur extrémité distale. Bord externe avec deux soies fines, l’une implantée au tiers proxi¬
mal, l’autre au voisinage de l’apex. Bord interne lisse avec une soie implantée en position
dorsale. Apex muni de deux soies : l’externe bien développée, avec une épine près de sa
base, l’interne courte (fig. 12, A).
Antennule (fig. 12, B) : relativement courte, composée de sept articles. Premier article
bien développé, inerme. Chétotaxie des autres articles représentée sur la figure. Aesthé-
tasque et soie accompagnatrice portés par le quatrième article. Autre aesthétasque réduit
et soie accompagnatrice sur l’article distal. L’avant-dernier article et le dernier portent
également des soies articulées à base en position externe.
Antenne (fig. 12, C) : coxa nue. Exopodite de deux articles armés l’un et l’autre de
deux soies spiniformes. Endopodite de deux articles ; le premier porte une longue soie
fine insérée au tiers proximal interne, avec une épinule. Second article légèrement plus
long que le précédent, avec trois fortes épines, trois soies géniculées et une longue soie
fine.
Mandibules, maxillules, maxilles : non examinées.
1196
JACQUES SOYER
Maxillipède (fig. 12, D) : coxa nue. Basis allongé, nu également. Endopodite de deux
articles, le premier portant deux longues soies fines et une courte épine, le second transformé
en un crochet plus long que le basipodite.
P1-P4 (fig. 12, E, F, G, H) : PI avec baséoendopodite allongé transversalement, por¬
tant une soie fine au bord externe et une longue soie fine en position interne. Exopodite
de deux articles subégaux ; le premier porte une longue soie externe ciliée, le distal est
armé de quatre fines et longues soies ciliées. Endopodite de deux articles ; le premier allongé,
atteint l’extrémité de l’exopodite ; il est garni de poils fins sur son bord externe. Article
distal rectangulaire, avec deux addendes apicaux fins. P2-P3 présentant la même structure :
exopodite de trois articles ; endopodite absent. L'armature des exopodites est identique :
une épine externe sur les deux premiers articles, deux addendes apicaux sur le distal. P4
avec exopodite de trois articles : les deux premiers ont une épine externe, le distal deux
forts addendes et une courte épinule interne. Endopodite d’un seul article armé d’un fort
addende terminal.
P5 : baséoendopodites en plaque, confluents. Lobe interne terminé par deux pointes
aiguës, l’externe la plus développée. Lobe externe du baséoendopodite armé d’une longue
soie plumeuse. Exopodite de taille réduite, armé de trois addendes fins.
Di SCUSSION
Dans l’état actuel de nos connaissances, seulement cinq formes peuvent être ratta¬
chées au genre Leptopsyllus T. Scott d’après les caractères suivants : exopodite et endo¬
podite de PI de deux articles, absence d’endopodite à P2-P3, endopodite uni- ou Inarti¬
culé à P4. Sur ces cinq formes, trois seulement ont un endopodite de P4 d’un seul article :
L. paratypicus Nicholls, L. harveyi Wells et L. elongatus Drzycimski. Les deux premières
espèces ont été décrites à partir des mâles, ce qui rend toute comparaison difficile. L. dubatyi
n. sp. se distingue aisément de L. harveyi par la morphologie très particulière du lobe interne
du baséoendopodite de P5 qui ne présente pas de soies, mais se différencie en deux pointes,
un peu comparables à celles que l'on observe chez Apodopsyllus spinipes (Nicholls). L.
elongatus, lui, ne montre qu’un seul addende au distal de l'endopodite de PI, alors que notre
nouvelle forme en présente deux. Enfin, L. paratypicus semble porter une courte épinule
interne aux articles médians de l’exopodite de P2-P3 ; son antennule n’est composée que
de six articles et l’exopodite de A2 est uniarticulé. L’ensemble de ces caractères permettent
de différencier aisément les deux formes.
Kliopsyllus runtzi n. sp.
Cette espèce est amicalement dédiée au Capitaine Runtz, de l’Administration des Terres australes
et antarctiques françaises.
Matériel examiné
Stations : 71 (3 ; 6 juv.) ; 72 (6 $$, 2 £) ; 85 (1 $, 2 <J) ; 86 (1 $).
La présente description est fondée sur l’examen de onze individus (sept femelles, quatre
1198
JACQUES SOYER
mâles). L’une des deux femelles disséquées a été désignée comme holotvpe (longueur :
72 / i [a, st. 71). L’ensemble du matériel étudié est conservé dans la collection personnelle
de l’auteur à l’exception d’un paratype de chaque sexe, récoltés à la station 72 et déposés
au Muséum national d’Histoire naturelle (Arthropodes, section des Crustacés) sous le numéro
1973-59.
Description
Taille comprise entre 440 et 724 p. Corps élancé, à articulation très nettement mar¬
quée entre chaque somite. Segment génital deux fois plus long que les segments suivants.
Dernier segment court, avec opercule anal, courbe, bien marqué. Aucune ornementation
particulière n’est visible sur l'ensemble des segments. Rames furcales modérément allon¬
gées (fig. 13, A), à peine plus longues que larges. Elles portent deux soies apicales plumeuses
dont l’interne est la plus longue, une soie externe implantée à l’angle apical, et deux soies
dorsales dont la plus distale présente une base articulée. Le coin distal interne forme une
lamelle aiguë.
Antennule (fig. 13, B) : constituée de huit articles à faible allongement. Les deux pre¬
miers articles présentent quelques soies barbelées. La chétotaxie est indiquée sur la figure.
L’aesthétasque principal et sa soie accompagnatrice sont portés par le quatrième article ;
le dernier article de l’antennule porte également un aesthétasque et une soie accompa¬
gnatrice. Les deux derniers segments présentent à leur bord postérieur quelques soies
articulées.
Antenne (fig. 13, C) : coxa courte, nue. Premier segment allongé, nu. Exopodite d’un
seul article armé de quatre addendes dont deux apicaux, courts. Premier article de l’endo-
podite avec une soie plumeuse au bord antérieur. Second article portant deux forts crochets,
cinq soies géniculées dont l’une possède une base commune avec un fin addende.
Mandibule (fig. 13, D) : précoxa courte, avec pars incisiva bidentée ; les autres parties
comme représentées sur la figure. Coxa-basis court également, avec une rangée de poils
et une soie fine au fiord interne. Endopodite de trois articles : le premier, allongé avec
deux soies fines ; le second légèrement plus court que le précédent, inerme ; l’article
distal court, armé de cinq addendes.
Maxillule (fig. 13, E) : arthrite de la précoxa fortement armé : sept crochets, une très
forte soie barbelée implantée en surface, et deux soies fines de surface. Coxa avec trois
addendes terminaux, dont un fort. Basis avec cinq soies. Endopodite bien développé,
armé de cinq soies fines, exopodite réduit, porteur de deux soies.
Maxille (fig. 13, F) : syncoxa avec trois endites portant chacun trois addendes. Basis
avec deux forts crochets apicaux. Endopodite de deux articles, portant respectivement
deux et trois soies.
Maxillipède (fig. 13, G) : coxa courte, nue ; basis trois fois plus court que le premier
segment de l’endopodite inerme. Endopodite de deux articles, le premier allongé, le second
avec deux crochets et une épinule.
P1-P4 (fig. 14, A, B, C, D) : les pattes natatoires présentent la structure caractéris¬
tique du genre Kliopsyllus. PI avec endopodite et exopodite de deux articles ; basipodite
1200
JACQUES SOYER
avec deux soies implantées, l’une au coin externe, l’autre en position interne. Exopodite
avec un article proximal deux fois plus long que le distal, armé d’une longue soie barbelée
externe ; article distal court portant quatre addendes plumeux. Endopodite dont le pre¬
mier article, très allongé, atteignant l’extrémité de l’exopodite, est inerme ; l’article distal
est armé d’une longue soie géniculée. P2-P4 présentent une structure identique : exopodite
de trois articles et endopodite d’un seul article, basipodite avec une soie au coin externe.
Le distal des exopodites est armé de deux forts crochets. Seul l’endopodite de P4 porte
une soie spatulée à son apex ; les autres sont dépourvus d’addendes mais présentent sur
leur bord externe une brosse de fines spinules.
La chétotaxie est la suivante :
1 2 3
P2 Exp. 0 0 0.1.1
End. 0
P3 Exp. 0 0 0.1.1
End. 0
P4 Exp. 0 0 0.1.1
End. 0.1.0
Po (fig. 14, E) : baséoendopodites confluents, formant une large plaque cpii dépasse
très largement l’extrémité de l’exopodite. Lobe interne armé de deux soies fines, barbelées.
Exopodite réduit, portant trois courtes soies larges et barbelées.
Mâle
Taille comprise entre 380 et 472 p. Morphologie semblable à celle de la femelle. Le
dimorphisme sexuel se manifeste sur l’antennule, la P5 et la P6.
Antennule (fig. 14, F) : subchirocère, composée de six articles ; l’article distal montre
les traces d’une suture. Le premier article ne porte pas de soies. Des soies barbelées sont
observées sur le 2 e et le 3 e article. Le quatrième article porte l’aesthétasque principal et
une soie accompagnatrice ; le distal présente également un aesthétasque très fin avec soie
accompagnatrice.
P5-P6 (fig. 14, G, H) : baséoendopodites confluents ; le lobe interne ne présente pas
d’addendes niais se différencie en trois processus aigus. L’exopodite, réduit, porte quatre
soies ; la soie implantée sur le bord externe est en forme de crochet courbe. P6 se présente
sous forme d’une plaque armée d’une soie longue et fine externe, et de deux soies fines
médianes.
Discussion
Le genre Kliopsyllus, revu par Kunz (1962) et par Lang (1965), comprend à notre
connaissance 16 espèces. Malheureusement les descriptions des espèces indiennes, les plus
nombreuses, sont peu précises. Toutes ces formes ont en commun la présence d’un endo¬
podite et un exopodite de deux articles à PI et la possession d’un endopodite d’un seul
article aux P2-P4. Cependant des variations sensibles sont enregistrées au niveau de la
chétotaxie des articles distaux des exopodites de P2-P4, et en particulier de P2-P3. Si la
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1201
présence de deux addendes seulement sur cet article de P4 est pratiquement générale,
la plupart des espèces présentent trois ou quatre addendes sur P2 et P3.
A notre connaissance, seul A', gigas (Wells, 1965) présente une armature réduite à
deux addendes sur l’article distal des exopodites de P2-P4. La présence d’une seule soie
géniculée au second article de l’endopodite de PI est également un caractère commun à
K. gigas (Wells) et à K. runtzi n. sp. Cependant les deux formes diffèrent nettement au
niveau des mâles (le mâle de K. gigas est seul connu) par la morphologie du baséoendopo-
dite et l’armature de l’exopodite de P5, et par l’aspect de la soie qui arme l’endopodite
de P4.
Rossopsyllus kerguelenensis n. g. n. sp.
En l’honneur de Sir James Clark Ross dont l’expédition en 1840, avec 1’ « Erebus » et le « Terror »,
marque le début de l’exploration scientifique de l’archipel.
Matériel examiné
Stations : 1, 3, 45, 46, 4, 5, 7, 8, 42, 43, 44, 73, 75, 76, 79, 80, 84, 85, 86 (commun par¬
tout).
Dix femelles, six mâles provenant de prélèvements effectués sur le cordon littoral
de la rivière norvégienne.
La présente description est fondée sur l’examen d’une série de seize individus (dix
femelles, six mâles). L’une des trois femelles disséquées a été désignée comme holotype
(longueur 360 p, st. 1). L’ensemble du matériel est conservé dans la collection personnelle
de l’auteur à l’exception de deux paratypes femelles et d’un paratype mâle, provenant
de la station 43, qui ont été déposés au Muséum national d’Histoire naturelle (Arthro¬
podes, section des Crustacés) sous le numéro 1973-62.
Description
Femelle
Taille comprise entre 320 et 380p. Corps semblable à celui d’un Paramesochra, rela¬
tivement court pour la famille. Céphalothorax légèrement plus long que large, avec un
rostre non articulé, très court. Segments du métasome sans ornementation. Segments 1
et 2 de Turosome soudés ; la suture est visible latéralement et ventralement. Dernier seg¬
ment de l’urosome court, liâmes fureales (fig. 15, A) deux fois plus longues que larges,
couvertes d’une pilosité abondante. Elles portent deux soies longues apicales, plumeuses,
une soie externe barbelée et une soie interne courte, également barbelée.
Antennule (fig. 15, B) : composée de huit articles, courts et robustes. Premier segment
fort, armé d une soie barbelée. Second article portant également des soies barbelées. Aesthé-
tasque et soie accompagnatrice portés sur le quatrième article. Article distal avec soies
articulées, à base, en position postérieure, et aesthétasque et soie accompagnatrice dis¬
taux.
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1203
Antenne (fig. 15, C) : coxa petite, nue. Basis allongé, nu également. Exopodite de deux
articles portant respectivement une et deux soies plumeuses. Premier article de l’endopo-
dite inerme. Article distal spinuleux, portant également trois crochets dont un distal fort,
trois soies géniculées et deux soies fines.
Fig. 16. — Rossopsyllus kerguelenensis n. g. n. sp. : A, PI ; B, P2 ; C, P3 ; D, P4 ; E, P5 femelle ;
F, P6 femelle ; G, P5 mâle.
1204 JACQUES SOYER
Mandibule (fig. 15, D) : bien développée. Précoxa, avec pars incisiva unidentée, armée
(cf. fig.). Coxa-basis avec quatre soies barbelées. Endopodite très développé, composé
de trois articles. Le proximal et le médian sont subégaux et armés chacun d’une soie plu¬
meuse, interne ou externe. Article distal très court portant six soies, dont deux fines. Exo-
podite bien développé également, composé de trois articles ; les deux premiers portent
deux soies plumeuses, le distal une seule.
Maxillule (fig. 15, E) : arthrite de la précoxa armé de six épines et crochets distaux,
d’une forte épine barbelée et de deux soies fines de surface. Coxa avec un fort crochet dis¬
tal et trois soies fines. Basis légèrement bilobé à l’apex, portant six soies. Endopodite bien
développé armé de six soies ; exopodite plus petit, avec quatre soies dont l’une est forte¬
ment barbelée.
Maxille (fig. 15, F) : syncoxa avec trois endites bien marqués, portant chacun trois
addendes barbelés. Basis armé de deux crochets, dont l’un est particulièrement fort, et
de deux soies. Endopodite de trois (?) segments portant chacun deux longues soies.
Maxillipède (fig. 15, G) : basis fort, triangulaire, inerme. Premier segment de l’endo-
podite également inerme. Article distal court portant quatre addendes, dont deux en cro¬
chets.
P1-P4 (fig. 16, A, B, C, D) : basipodite de PI allongé transversalement, avec soie
plumeuse au coin externe et une longue soie fine en position interne. Exopodite de deux
articles : premier article coudé, armé d’une épine externe ; second article, aussi long que
le proximal, avec trois addendes externes, deux soies apicales et deux internes. Endopo¬
dite préhensile ; article proximal plus long que l’exopodite, armé d’une soie implantée
au tiers inférieur du bord interne ; article distal court, quadrangulaire, portant deux adden¬
des. P2, composée d’une rame interne de deux articles, dont le premier est deux fois et
demie plus long que le second, et d’une rame externe triarticulée. P3 et P4 présentant la
même structure : exopodite et endopodite triarticulés. L’endopodite montre un article
proximal allongé, deux fois et demie plus long que le suivant. Article distal réduit. La ché-
totaxie de P2-P4 est résumée dans le tableau suivant :
1 2 3
P2 Exp. 1 1 1.2.2
End. 1 1.2.1
P3 Exp. 1 1 1.2.2
End. 1 l 1.1.1
P4 Exp. 1 1 1.2.2
End. 1 1 1.1.1
P5 (fig. 16, E) : en plaque, présentant deux lobes peu marqués ; l’interne porte deux
courtes soies barbelées, l’externe montre une sorte de crochet et une forte soie ciliée. Entre
les deux lobes est implantée une soie.
Mâle
Taille légèrement inférieure à celle de la femelle : 314-320 p. Caractères morpholo¬
giques généraux identiques à ceux de l’autre sexe. Les seules différences observées portent
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1205
sur l’antennule, subchirocère, avec un aesthétasque très développé, sur la morphologie
de P5 et P6.
P5 (fig. 16, G) : plus petite que chez la femelle. P5 en plaque présentant un lobe externe
avec un crochet et une soie barbelée, et un lobe interne armé de deux soies. P6 réduite
à un lobe peu marqué armé d’une forte épine (?).
Discussion
La position systématique de Rossopsyllus kerguelenensis n. g. n. sp. est délicate à éta¬
blir car cette forme présente des affinités avec certains Paramesochridae, en particulier
Remanea lxlie et Diarthrodella Klie et deux genres décrits récemment, Idyanthopsis Boc-
quet et Bozic et Tisbisoma Bozic, proches de certains Tisbidae et plus spécialement d’Idyan-
thinae.
La petite famille des Paramesochridae regroupe actuellement des formes très spécia¬
lisées, bien adaptées à la vie psammique, caractérisées généralement par un allongement
sensible du corps et une réduction poussée des pattes thoraciques et de leur chétotaxie.
Cependant l’appartenance de certains genres pose des problèmes systématiques, soulignés
dès 1945 par Nicholls. Si l’ensemble des formes rattachées à la famille est relativement
homogène, deux genres, Diarthrodella et Remanea présentent des caractères particuliers,
notamment au niveau de la P5 dont le lobe interne du baséoendopodite est le plus souvent
très développé, ou au contraire est uni à l’exopodite en une seule plaque. Cependant Lang
(1948) et plus récemment Kunz (1962) maintiennent ces deux genres dans la famille.
Le problème a été reposé lors de la découverte de quelques formes dont la place systé¬
matique n’est pas encore clairement définie. En 1955, Bocquet et Bozic décrivent un genre
nouveau, Idyanthopsis, qu’ils rattachent avec des réserves aux Tisbidae et plus spécialement
à la sous-famille des Idyantbinae, sans cependant examiner sa position vis-à-vis des Para¬
mesochridae. Ixunz (1962), reprenant la discussion, place ce genre en synonymie avec le
genre Diarthrodella. En 1964, Bozic découvre le genre Tisbisoma dans la faune interstitielle
de la Réunion et analyse les affinités de cette nouvelle forme et d ’Idyanthopsis avec les
Tisbidae et les Paramesochridae. De cette analyse, il ressort que l'auteur est plus favorable
à un rapprochement de ces deux espèces avec la première famille. Curieusement Lang
(1965) dans sa révision magistrale n’évoque pas le problème. Enfin, Wells (1967) décrit
une nouvelle forme de Tisbisoma, Tisbisoma triarticulatum, à chétotaxie très complète,
que l’auteur n’hésite pas à rattacher aux Tisbidae, en estimant toutefois que la création
d’une nouvelle sous-famille serait peut-être nécessaire.
Les auteurs favorables à un rattachement de Idyanthopsis et Tisbisoma à la famille
des Tisbidae se fondent essentiellement sur la morphologie générale, cyclopoïde, sur la
structure et la chétotaxie des pièces buccales, relativement proches de celles que l’on observe
chez certains Idyanthinae, Idyella, Idyanthopsis et Tachidiopsis, sur la structure des pattes
thoraciques P2 et P4 et leur chétotaxie, et enfin sur la morphologie de la P5 de la femelle.
Cependant, ces auteurs soulignent une ressemblance très nette entre les PI des genres
considérés et celles de la plupart des Paramesochridae ; enfin ils notent l’absence de tout
dimorphisme sexuel affectant P2 et P3, contrairement à ce qui s’observe chez les Tisbi¬
dae.
1206
JACQUES SOYER
Dans l’analyse qui va suivre, nous envisagerons les caractères particuliers des cinq
genres, Diarthrodella , Remanea, Tisbisoma, Idyanthopsis et Rossopsyllus. En ce qui con¬
cerne les liens entre Diarthrodella et Remanea et les autres genres de la famille, nous renvoyons
à l'excellente révision de Ivunz.
Sur le plan de la morphologie générale, nous nous bornerons à signaler que si l’allon¬
gement du corps est fréquent chez les Paramesochridae, quelques formes, Paramesochra,
Diarthrodella et Remanea, montrent un développement relativement important du cépha-
losome. La présence de soies pectinées sur les antennules ne nous semble pas constituer
un critère de distinction valable, car la présence de telles soies s’observe chez les deux
familles considérées. La présence d’un exopodite de l’antenne de deux ou trois articles
se retrouve également chez les deux familles, mais également chez les Tachidiidae. La mor¬
phologie des pièces buccales, malheureusement rarement décrites avec suffisamment de
précision, ne constitue pas un bon élément d’appréciation. Chez les Paramesochridae,
le palpe mandibulaire (endopodite) est généralement allongé et le plus souvent constitué
de trois articles. Rossopsyllus présente un palpe typique, Idyanthopsis montre également
un endopodite très développé, de. deux articles seulement ; enfin, Remanea et Tisbisoma
possèdent un endopodite d’un seul article comme, semble-t-il, les Idyella.
PI. Parmi les cinq genres considérés, Remanea est le seul à posséder trois articles à
l’exopodite, avec une soie interne au médian et six soies au distal. Chez les autres, l’exo-
podite est Inarticulé et porte entre six ( Diarthrodella et Idyanthopsis) et huit addendes
(Tisbisoma ). L’endopodite peut être bi- ou triarticulé et présenter ou non une soie interne
sur le proximal allongé.
P2. Quatre genres montrent une réduction à deux du nombre d’articles de l’endopo-
dite, avec une chétotaxie du distal comprise entre trois et cinq soies. Seul Tisbisoma pos¬
sède un endopodite de trois articles. 11 faut remarquer que Remanea présente une affinité
plus grande avec les autres représentants de la famille : réduction plus importante de la
chétotaxie avec, en particulier, absence de soie interne au premier article de l’exopodite,
cinq soies en position externe et apicale au dernier article, et enfin trois addendes seulement
au distal de l’endopodite.
P3. Quatre genres ont les deux rames de cet appendice triarticulées, mais Rossopsyl-
lus montre la plus forte réduction de la chétotaxie au niveau du distal de l’endopodite.
Remanea est le plus proche des autres représentants de la famille avec un endopodite de
deux articles et une chétotaxie réduite.
P4. Trois des genres examinés montrent trois articles à chaque rame. Parmi ceux-ci,
Tisbisoma présente une chétotaxie normale au niveau de l’article distal de l’endopodite,
au contraire de Diarthrodella et de Rossopsyllus. Idyanthopsis, comme Remanea, possède
un endopodite de deux articles avec une armature réduite. Par contre, on observe chez
Idyanthopsis psammophila un éperon externe qui pourrait être un vestige de l’ancienne
articulation entre médian et distal.
P5. C’est cet appendice qui sépare quatre des genres considérés des autres Parameso¬
chridae. En effet, alors que chez la plupart des représentants de la famille, le lobe interne
du baséoendopodite est bien développé, ou encore le baséoendopodite est soudé à l’exopo-
dite, Diarthrodella et Remanea ont un lobe interne marqué, avec deux soies, Tisbisoma
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1207
et Idyanthopsis un lobe interne absent et dépourvu de soies. Rossopsyllus lui, présente,
une P5 en plaque, caractère qui le distingue des quatre autres genres et le rapproche des
Paramesochridae classiques.
L’analyse des caractères principaux de ces cinq genres montre que les éléments les plus
typiques des Paramesochridae apparaissent au niveau du genre Remanea : disparition
de la soie interne dn premier article des exopodites P2-P4 et des soies internes du distal
de la même rame ; lorsqu’une de ces soies subsiste, elle est rudimentaire et en épinule.
En nous fondant sur la seule chétotaxie de P2-P4, nous avons un groupe Tisbisoma —
Rossopsyllus — Diarthrodella — Idyanthopsis à allinités indiscutables, avec une forme de
transition vers les autres Paramesochridae, le genre Remanea (tabl. p. 1208). Sur la seule P5,
Rossopsyllus présente une parenté avec les Paramesochridae (g. Apodopsyllus ) alors que les
quatre autres genres sont plus proches des Tisbidae. On pourrait alors admettre l’hypo¬
thèse qu’à partir du groupe Diarthrodella — Idyanthopsis — Tisbisoma, considéré comme
ancestral par sa chétotaxie riche, une double voie de différenciation a été suivie au niveau
de P5 : développement important du lobe interne du baséoendopodite, amorcé chez les
Remanea, ou au contraire réduction de l'exopodite, soudure des articles, du type Rosso¬
psyllus. 11 ne s’agit là que d’une hypothèse et il faut souhaiter que la découverte de nou¬
velles formes puisse rapidement nous éclairer sur les parentés réelles de ces cinq genres.
Il nous faut reconnaître que les descriptions récentes (Bodin, 1968) d’une espèce nouvelle
d’Idyella, 7. kunzi, et de deux espèces de Tachidiopsis, T. sarsi. et T. bozici, n’apportent
pas d’éléments nouveaux sur le problème évoqué par Bozic & Bocquet et Bozic.
Psammopsyllus tridentatus n. sp.
Matériel examiné
Stations : 6 (2 $ ; 2 $$ ; 2 <J) ; 7 (2 $ ; 4 ?$ ; 1 <?) ; 8 (1 $ ; 2 <J) ; 12 (1 $) ; 13 (2 $) ;
40 (5 $) ; 79 (1 $) ; 82 (6 $ ; 1 $? ; 3 ^).
La présente description est fondée sur l’examen de 19 individus (douze femelles, sept
mâles). L’une des deux femelles disséquées a été désignée comme holotype (longueur :
450 p., st. 6). L’ensemble du matériel étudié est conservé dans la collection personnelle
de l’auteur à l’exception d’un paratype de chaque sexe, provenant de la station 8, déposés
au Muséum national d’Histoire naturelle (Arthropodes, section des Crustacés) sous le
numéro 1973-61.
Description
Femelle
Taille comprise entre 405 et 450 p. Morphologie comparable à celle des autres espèces
du genre. En particulier l’intervalle entre le maxillipède et la PI est important, ce qui
avait fait croire à Chappuis (1953, 1954) que le premier segment thoracique n’était pas
soudé à la tête. En fait, comme il le remarque lui-même (Chappuis, 1954), il n’y a pas
d’anneau chitineux entre le céphalosome et le segment portant la seconde paire de pattes,
ce qui indique que PI est bien solidaire du céphalosome. Corps allongé, en particulier l’uro-
Tisbisoma
Diarthrodella
Idyanthopsis
Rossopsyllus
Remanea
1
2
3
1
2
3
1
2
3
1
2
3
1
2
3
PI Exp.
0
2.3.3
0
1.2.3
0
1.2.3
---
0
2.2.3
0
1
1.2.3
End.
1
1.2.0
0
1
0.2.0
1
1
0.2.0
0
0
0.2.0
1
0.2.0
1
0.2.0
- -
P2 Exp.
1
1
2.2.3
1
1
2.2.3
1
1
2.2.3
1
1
2.2.2
0
1
0.2.3
End .
1
1
2.2.1
1
2(1)2.1
1
2.2.1
1
2.2.1
1
2.2.1
P3 Exp.
1
1
3.2.3
1
1
1.2.3
1
1
1.2.3
1
1
1.2.2
0
1
0.2.3
End.
1
1
1.2.1
1
1
1.2.1
1
1
1.2.1
1
1
1.1.1
1
0.2.1
P4 Exp.
1
1
2.2.3
1
1
0.2.3
1
1
0.2.3
1
1
1.2.3
0
1
0.2.3
End .
1
1
1.2.1
1
1
0 . 1.0
1
0.1.0
1
1
1 . 1.1
1
0.2.1
1208 JACQUES SOYER
1210
JACQUES SOYER
some. Rostre non articulé, atteignant l’extrémité du 3 e (2 e pour certains auteurs) article
de l’antennule. Segments du métasome et de l'urosome sans ornementation, à bord pos¬
térieur lisse. Opercule anal, très légèrement cintré, présentant une dent latéralement. Bran¬
ches furcales (fig. 17, A) aussi longues que le dernier segment de l’urosome, quatre fois
plus longues que larges. Bord interne glabre. Bord externe portant une longue soie fine
à base articulée, implantée en son milieu. Face dorsale avec une soie à base articulée. Angle
apical externe armé d’une longue soie fine et de deux courtes épines. Soies apicales bien
développées, l’interne beaucoup plus longue que l’externe. Angle apical interne avec une
fine soie. L’anneau chitineux du dernier segment de l’urosome est différencié en trois dents
au voisinage de l’emplanture des rames furcales, à la face supérieure.
Antennule (fig. 17, B) : composée de sept articles. Le premier, court, est inerme comme
le second. Troisième article aussi long que le précédent portant de nombreuses soies lisses.
Articles 4 et 5 subégaux ; ce dernier porte l’aesthétasque et sa soie accompagnatrice. Arti¬
cle 6 court, armé d’une seule forte soie apicale. Article 7 allongé, portant à son apex un
aesthétasque et une soie accompagnatrice ; le bord interne est armé de quatre soies à base
articulée.
Antenne (fig. 17, C) : coxa nue. Allobase sur laquelle on observe un exopodite réduit
d’un article portant une soie. Article distal de l’endopodite armé de trois forts crochets,
de deux soies géniculées, robustes, d’un addende épineux et d’une forte épine barbelée.
Les pièces buccales de Psammopsyllus n’ont jamais été décrites à notre connaissance.
Malgré les difficultés de dissection et d’observation dues à leurs faibles dimensions, nous
avons pu observer dans de bonnes conditions leurs structures et leur chétotaxie.
Mandibule (fig. 17, D) : précoxa allongée, avec pars incisiva très petite, bidentée, et
une série de faibles dents. Coxa-basis allongé, oblong, avec une forte épinule distale. Exo¬
podite absent. Endopodite d’un seul article portant cinq soies dont l’une est implantée
au bord interne.
Maxillule (fig. 17, E) : arthrite de la précoxa allongé, portant quatre crochets distaux et
deux fortes soies de surface. Coxa armé de deux addendes. Basis armé de cinq soies dista¬
les ; l’exopodite et l’endopodite ne sont pas articulés, et semblent représentés, le premier
par une soie, le second par deux.
Maxill a (fig. 17, F) : syncoxa avec un endite armé de deux longues soies et d’une épi¬
nule. Basis portant deux crochets dont le plus long est géniculé. Endopodite d’un seul
article avec une soie fine.
Maxillipède (fig. 17, G) : basis inerme. Premier segment de l’endopodite très allongé,
inerme également (?). Article distal avec un long crochet spiniforme.
P1-P4 jTig. 18, A, B, C, D) : PI dépourvue d’exopodite comme chez tous les repré¬
sentants du genre. Basipodite réduit portant une soie apicale externe et une soie apicale
interne. La soie externe a souvent été assimilée à un vestige d’exopodite par les auteurs
antérieurs ; il nous semble plus logique qu’il s’agisse là de la soie habituelle qui orne le
basipodite de la plupart des PI d’IIarpacticoïdes. L’endopodite composé de deux articles
est bien développé et préhensile. L’article proximal, très allongé, possède une soie interne
implantée au premier tiers de la hauteur. L’article distal, environ cinq fois plus court que
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1211
Fig. 18. — Psammopsyllus tridentatus n. sp. : A, PI ; B, P2 ; C, P3 ; D, P4 ; E, P5 femelle ; F, P5 mâle.
le précédent, est armé d’un fort crochet courbe, d’une soie robuste géniculée, et d’une
fine épinule. Les P2-P4 présentent toutes la même structure : exopodite de trois articles,
endopodito d’un seul article. L’angle externe du basipodite présente une longue soie fine.
1212
JACQUES SOYER
Il faut également remarquer que les épines externes ornant les articles des exopodites
P2-P4 sont toutes doublées d’une épinule bien développée. Ce caractère semble s’observer
chez la plupart des espèces du genre.
La chétotaxie est résumée dans le tableau suivant :
1
2
3
P2
Exp.
. 0
0
0.2.1
End.
. 1.1.1
P3
Exp.
. 0
0
l.l.(l)
End.
. 1.1
P4
Exp.
. 0
0
1.1
End.
. 1 . 1.1
Il faut également remarquer que chez tous les individus en notre possession, et chez
les deux sexes, l’exopodite de la P3 est dissymétrique : le dernier article porte une soie
interne à droite, alors que le gauche en est dépourvu. Cette soie interne a été observée chez
P. limnicola Chappuis et Ps. pasquinii Cottarelli, mais les auteurs ne signalent pas la dissy¬
métrie constatée chez P. tridentatus n. sp.
P5 (fîg. 18, E) : en plaque, triangulaire. Elle porte une longue soie externe et deux
fortes épines courbes.
Mâle
Taille comprise entre 360 et 472 p,. Le mâle ne diffère de la femelle que par ses anten-
nules qui sont préhensiles et qui comportent un article de plus, et par la P5 ; en plaque,
comme celle de la femelle, rectangulaire, elle porte un ongle court interne, une forte épine
doublée d’une spinule line apicale et une longue soie fine externe (fig. 18, F).
Aucun dimorphisme sexuel n’a été constaté sur les P1-P4 parmi lesquelles P3 mon¬
tre une chétotaxie dissymétrique à l’article distal de son exopodite, comme chez la femelle.
Discussion
A notre connaissance, le genre Psammopsyllus Nicholls comprend actuellement 5
espèces : Ps. operculatus Nicholls, récolté à Perth, sur les côtes australiennes, par Nicholls
(1945), puis au Ghana (Chappuis & Rouen, 1960) ; Ps. cornifer (Chappuis) et Ps. lim¬
nicola Chappuis, décrits des sables d’une plage de Madagascar (Chappuis, 1952 et 1953) ;
Ps. arenarius Enckell, provenant d’une plage du Portugal (Enckell, 1965) ; Ps. pasquinii
Cottarelli, enfin, récolté sur les côtes d’Italie (Cottarelli, 1969). L’ensemble de ces formes
présente un nombre important de caractères communs, caractères qui justifient le ratta¬
chement à la famille des Cylindropsyllidae. La morphologie et la structure des pièces buc¬
cales confirment également cette appartenance. Parmi ces cinq espèces, dont les descrip¬
tions comme le souligne Enckell sont de qualité très inégale, deux seulement présentent
une soie interne à l’article proximal de l’endopodite de PI, Ps. arenarius et Ps. pasquinii.
Ps. tridentatus n. sp. se distingue aisément de la première espèce par la présence d’une Ion-
1214
JACQUES SOYER
gue soie au bord interne de l’endopodite de P2 et par une chétotaxie plus faible aux arti¬
cles distaux des exopodites. De plus, l’antennule présente dans notre espèce un exopodite.
P. pasquinii diffère de Ps. tridentatus n. sp. par la morphologie et la chétotaxie de la P5
chez les deux sexes, mais surtout par l’existence d’un dimorphisme sexuel très marqué
sur la P3 du mâle. Ce dimorphisme fait d’ailleurs de Ps. pasquinii une forme à part dans
le genre.
Laophontodes psammophilus n. sp.
Matériel examiné
Une femelle adulte, embouchure de la rivière norvégienne (st. 1).
La présente description est fondée sur la dissection complète de l’individu en notre
possession et désigné comme holotype. L’ensemble des préparations est conservé dans la
collection personnelle de l’auteur.
Description
Taille : 710 p. Céphalothorax aussi long que les trois segments suivants réunis (fig. 19,
A). Rostre très marqué, triangulaire. Bords latéraux du céphalothorax différenciés en deux
prolongements triangulaires terminés par une fine sensille. Dorsalement, un système de
sillons et de replis constituant une sorte d’X, portant des poils longs et fins. Bord posté¬
rieur du segment avec deux forts éperons chitineux, terminés chacun par une sensille.
Segments thoraciques plus ou moins triangulaires latéralement, portant chacun un pro¬
cessus muni de deux pointes avec sensille. Premier et second segments de l’urosome dis¬
tincts dorsalement et latéralement, indivis ventralement. U1-U4 portent des processus
plus développés que ceux du métasome. U5 sans processus, avec un opercule anal arrondi,
garni d’une rangée de fines spinules. L’orifice anal semble protégé par deux prolongements
minces du bord postérieur du segment, garnis de longs poils fins. Rames furcales légère¬
ment divergentes, six fois plus longues que larges ; elles portent une longue soie apicale
et de courtes soies fines externes : l’une est implantée au tiers proximal, deux autres au
quart distal et la dernière à l’angle apical externe. Une soie fine est également implantée
en position apicale interne. Dorsalement, on observe une soie à base (fig. 19, B).
Antennule (fig. 19, C) : constituée de quatre articles, les deux premiers subégaux,
le troisième allongé et étroit, le quatrième plus court. Premier article avec une seule soie
longue barbelée, une série de longues spinules au bord interne et une rangée d’épines au
bord externe. Second article avec soies nues et quelques longues spinules externes. Troi¬
sième article portant également des soies nues et l’aesthétasque et sa soie accessoire. Der¬
nier article avec série de soies à base articulées au bord externe, en position apicale, un
aesthétasque très fin et sa soie accessoire et quelques soies nues.
Antenne (fig. 19, D) : coxa courte, nue ; allobasis aussi longue que l’endopodite, por¬
tant au tiers proximal un court exopodite d’un seul article armé d’une soie. Le bord interne
1216
JACQUES SOYER
porte deux séries d’épines et une longue soie. Endopodite avec spinulation, armé de trois
crochets apicaux internes, de trois robustes soies coudées, d’une soie fine et d’un très fort
crochet, apicaux.
Pièces buccales : non observées, sauf le maxillipède (fig. 19, E) : basis légèrement plus
court que le premier article de l’endopodite, nu. Article proximal de l’endopodite portant
une rangée d’épines. Second article avec un fort crochet allongé accompagné d’une courte
soie fine.
P1-P4 (fig. 20, A, B, C, D) : PI avec soie externe plumeuse au basis ; épine interne
fine. Exopodite ne dépassant pas le milieu du premier article de l’endopodite. Endopo¬
dite très développé : article proximal garni au bord interne d’une rangée d’épines. Article
distal allongé, terminé par un fort crochet accompagné d’une longue soie fine et d’une
épinule. Rangée de spinules au bord externe. Exopodite triarticulé. Premier article avec
un crochet externe. Article médian avec un long addende géniculé. Article distal portant
quatre addendes également géniculés, tous implantés en position externe ou distale. P2-P4
présentent toutes la même structure : basis allongé transversalement avec une fine soie
externe. Exopodite triarticulé et endopodite réduit, à deux articles, le proximal très court.
La chétotaxie est indiquée dans le tableau suivant :
1 2 3
P2 Exp. 0 0 0.2.3
End. 0 2
P3 Exp. 0 0 1.2.3
End. 0 2
P4 Exp. 0 0 1.2.3
End. 0 2
P5 (fig. 20, E) : lobe interne du baséoendopodite indistinct, avec une série de spinules,
une forte soie ciliée et une soie fine. Processus externe nettement articulé à la base, mince
et allongé, moins long que l’exopodite, portant à l’apex une soie fine, longue, faiblement
barbelée. Exopodite allongé, avec deux soies externes ciliées, deux soies apicales externes
dont une courte, une longue soie plumeuse apicale et une soie interne, également plumeuse.
Discussion
Par les processus qui ornent l’ensemble des segments du corps et son antennule de
quatre articles, L. psammophilus n. sp. se rapproche de deux formes : L. armatus Lang
et L. hedgpethi Lang. Son originalité apparaît dans la chétotaxie des P2-P4, intermédiaire
entre celles des espèces précédentes, avec l’absence de soie interne au médian de l’exopo-
dite (caractère de L. armatus ) et la présence d’une courte soie interne au distal de l’exopo-
dite de P3-P4, comme L. hedgpethi.
B.C.D.E F.G.H.I
1218
JACQUES SOYER
Tapholaophontodes rollandi n. g. n. sp.
Nous dédions très respectueusement cette espèce à M. Rolland, Administrateur supérieur des Terri¬
toires des terres australes et antarctiques françaises.
Matériel examiné
Cinq femelles adultes, un mâle provenant du cordon littoral de la rivière norvégienne
(st. 2).
La présente description est fondée sur l’examen de six individus (cinq femelles, un
mâle). Une des deux femelles disséquées a été désignée comme holotype (longueur : 392 p.,
st. 2). Le matériel étudié est conservé dans la collection personnelle de l’auteur à l’excep¬
tion d’un paratype femelle récolté à la station 2 et déposé au Muséum national d’Histoire
naturelle (Arthropodes, section des Crustacés) sous le numéro 1973-66.
Description
Femelle
Taille comprise entre 368 et 392 p. Corps cylindrique, allongé, sans séparation entre
métasome et urosome, d’où un aspect vermiforme. Ornementation des segments du méta-
some identique, avec bord postérieur denticulé. Segments de l’urosome présentant égale¬
ment une denticulation dorsale au bord postérieur (fig. 21, A). U1 et U2 soudés imparfai¬
tement, l’articulation encore bien nette dorsalement. Ventralement, l’ensemble des seg¬
ments montre une rangée de fines spinules. Dernier segment de l’urosome allongé, envi¬
ron deux fois plus long que le précédent. Pseudo-operculum bien marqué, très développé,
à bord libre denticulé. Rames furcales deux fois plus longues que larges (fig. 21, B, C).
Soies apicales soudées : l’interne est normalement développée tandis que l’externe est courte.
Soie dorsale articulée, implantée près de la base des soies apicales. Les rames furcales por¬
tent également deux soies externes bien développées, plus une fine soie implantée à l’angle
distal externe et une soie interne distale. La base des rames furcales est protégée par une
rangée de spinules (U5) ; on observe également une spinulation près de l’implantation des
soies apicales.
Antennule (fig. 21, D), composée de cinq articles ; le premier porte plusieurs séries
de longues et fines spinules et une forte soie plumeuse à l’angle apical interne. Deuxième
et troisième articles allongés, ce dernier portant un aesthétasque court et sa soie acces¬
soire. Quatrième article très court, avec une soie. Article distal avec soies articulées au
bord externe et aesthétasque et soie accessoire à son apex.
Antenne (fig. 21, E) : coxa courte, nue. Allobase légèrement plus longue que l'endopo-
dite, nu également. Exopodite absent. Article distal de l’antenne armé de trois crochets,
de quatre soies coudées et d’une fine soie. Rangées de spinules au bord interne et à l’angle
apical interne.
1220
JACQUES SOYER
Mandibule (fig. 21, F) : sans exopodite ni endopodite. Précoxa allongée avec pars
ineisiva bi- (tri- ?) dentée, quatre épines et une soie line barbelée. Coxa réduite, rectangu¬
laire, armée de quatre soies dont l’une est barbelée.
Maxillule (fig. 21, G) : de petite taille ; arthrite de la précoxa mal observé. Coxa avec
deux addendes terminaux dont un fort. Basis ne portant pas d’endopodite ni d’exopo-
dite ; l’article présente cinq fines soies et un crochet apicaux et, sur le hord externe, trois
soies (vestiges de F endopodite et de l’exopodite ?).
Maxille (fig. 21, H) : la syncoxa porte deux endites armés chacun de trois addendes.
Basis avec un fort crochet et une longue soie fine. Endopodite d’un seul article, avec deux
soies.
Maxillipède (fig. 21, I) : bien développé, fortement préhensile. Basis relativement
allongé, nu. Premier article de l’endopodite long, dépourvu d’addende. Second article
court, armé d’un long crochet fin.
P1-P4 (fig. 22, A, B, C, D) : PI avec endopodite préhensile de deux articles et exo¬
podite de trois articles. Basis présentant une soie fine au coin externe. Premier article
de l’endopodite très allongé, sans soie. Article distal subquadrangulaire, portant à son apex
un fort crochet, une soie longue et forte et une courte soie fine, interne. Exopodite réduit,
égal à un tiers du premier segment de l’endopodite, triarticulé. Articles 1 et 2 avec épine
externe, sans soie interne. Article distal armé de quatre addendes fins, géniculés. Basis
de P2-P4 avec une soie plumeuse externe. P2 sans endopodite ; l’exopodite triarticulé.
Les deux premiers articles portent une épine externe, le distal est armé de quatre addendes.
P3 avec exopodite de même structure que le précédent, et même chétotaxie ; endopodite
présent, d’un seul article portant à son apex une longue soie fine. P4 sans endopodite ;
l’exopodite est composé de trois articles dont les deux premiers portent une épine externe
et le distal quatre addendes.
La chétotaxie est résumée dans le tableau suivant :
1 2 3
P2 Exp. 0 0 0.2.2
End. —
P3 Exp. 0 0 0.2.2
End. 1
P4 Exp. 0 0 0.2.2
End. — — —
P5 (fig. 22, E) : baséoendopodite non marqué. Exopodite bien développé, triangulaire,
environ quatre fois plus long que large. Il porte quatre soies : deux externes, dont une forte,
implantée sur un tubercule, et deux apicales. L’apicale interne, bien développée, est plu¬
meuse. Sur l’exopodite, on distingue deux rangées de spinules.
Mâle
Taille supérieure à celle des femelles : 408 p.. Morphologie et ornementation compa¬
rables à celles de la femelle. Rames furcales comparables également à celles de la femelle,
avec certains addendes paraissant légèrement plus forts.
HARPACTICOÏDES DE L’ARCHIPEL DE KERGUELEN
1221
Antennule (fig. 22, F) : subchirocère, de cinq articles. Premier article portant de très
longs poils et une forte soie plumeuse. Chétotaxie comme représenté sur la figure. Aesthé-
tasque long et soie accessoire portés par le quatrième article. Cinquième article en épine
mousse portant les soies articulées habituelles et un aesthétasque fin et sa soie accessoire.
Antenne, pièces buccales, PI et P2 : cf. la femelle.
P3 (fig. 22, G) : endopodite de trois articles transformé en organe préhensile : article
proximal court, article médian allongé en spatule, article distal court, portant une soie
fine, plumeuse. Les addendes de l’article distal de l’exopodite sont plus forts que dans
I autre sexe.
P4 (fig. 22, H) : sans endopodite. L’exopodite est nettement transformé, avec des
articles courts, très robustes, armés d’addendes en crochets. L'article distal porte trois
forts crochets et une soie fine interne.
P5 (fig. 22, 1) : même structure et même chétotaxie que celle de la femelle. La soie
externe apicale est plus forte.
Discussion
La forme que nous venons de décrire présente les principaux caractères de la famille
des Ancorabolidae Sars : antennule à 5 articles, subchirocère chez le mâle. Antenne avec
allobase, sans exopodite. Exopodite et endopodite de la mandibule représentés par une
soie. Maxillule sans exo- ni endopodite articulés. Maxille à trois endites. Maxillipède sim¬
ple, analogue à celui que l’on observe chez le genre Ancorabolus Norman. PI à endopodite
nettement préhensile, dont le distal est armé de trois addendes. Morphologie et chétotaxie
des exopodites de P2-P4.
Cependant, Tapholaophontodes rollandi n. g. n. sp. se distingue de tous les genres de
la famille actuellement connus par l’absence d’endopodites à P2 et P4. La P5 présente
une morphologie comparable à celle que l'on observe chez certains représentants de la
famille.
11 s’agit là d’une forme parfaitement adaptée à la vie interstitielle : allongement du
corps cylindrique, taille relativement faible des antennules, réduction de la chétotaxie
des pattes thoraciques et des endopodites sont des caractères que l’on observe chez la plu¬
part des représentants des familles spécialisées dans ce type de biotopes, mais qui contri¬
buent à faire de Tapholaophontodes rollandi une exception chez les Ancorabolidae.
CONCLUSION
La faunule harpacticoïdienne se montre bien diversifiée et originale au niveau spéci¬
fique bien que sa composition soit très proche au niveau générique de celles que l’on ren¬
contre dans des milieux identiques dans d’autres aires géographiques. Cependant il faut
remarquer l’absence dans nos récoltes de certaines formes spécialisées, de la famille des
Ectinosomidae Sars, Olofsson, par exemple.
Les Diosaccidae Sars et Ameiridae Monard, Lang, différenciés en de nombreux genres,
-ont colonisé tous les types d’habitat, marins, saumâtres et dulçaquicoles. Dans nos récoltes,
leurs seuls représentants appartenaient aux genres Schizopera Sars (Diosaccidae) et Nito-
1222
JACQUES SOYER
cra Boeck (Ameiridae), genres connus dans les eaux saumâtres ou douces. Ciiappuis consi¬
dérait les Schizopera comme des Ampliiascus ayant émigré dans les eaux saumâtres ou
douces, changement qui aurait entraîné la perte de quelques soies à leurs appendices. Il
faut remarquer que sur les trois Nitocra présents à Kerguelen, deux possèdent un carac¬
tère systématique impoitant, l’absence de soie interne à l’article médian de l’exopodite
de PI, qu’à notre connaissance ne présente qu’une seule autre espèce, N. reducta Schaef¬
fer, commune dans les eaux douces et saumâtres des côtes allemandes ou de Méditerra¬
née.
Paramesochridae et Cylindropsyllidae réunissent des formes psammophiles, géné¬
ralement mésopsammiques. Des trois Paramesochridae récoltés, l’un était inédit. Les deux
autres, Kliopsyllus et Leptopsijllus, montrent une distribution très vaste dans les eaux
souterraines littorales. Le genre Kliopsyllus comprend actuellement 16 espèces ou sous-
espèces dont les aires de distribution respectives sont relativement restreintes ; huit ont
été découvertes sur les rivages de l’océan Indien (Inde, Madagascar), une en Afrique du
Sud. Sept enfin sont boréales. La distribution de ce genre semble, dans l’état actuel de
nos connaissances, essentiellement tropicale ou subtropicale. Le genre Leptopsijllus n’est,
par contre, connu que par cinq formes, toutes boréales, sauf L. harveyi Wells découvert
récemment dans le canal de Mozambique.
Les Cylindropsyllidae étaient représentés par un Psammopsyllus Nicholls. Trois des
espèces que comprend actuellement le genre sont australes (Madagascar, Australie).
La petite famille des Ancorabolidae est présente avec deux formes ; la première se
rattache au genre Laophontodes , très riche en formes australes pour la plupart malheureu¬
sement mal décrites. Cependant, le genre est également bien distribué dans les zones boréale
ou subtropicale. La seconde est un genre inédit dont la morphologie très particulière est
en relation avec un mode de vie mésopsammique, ce qui est exceptionnel dans la famille.
Sur le plan biogéographique, nos prospections dans l’archipel des Kerguelen sont
encore trop sommaires pour qu’il soit possible de déterminer les affinités de cette faunule.
L’origine de l’archipel n’est pas encore établie avec certitude : archipel volcanique
typiquement océanique ou, au contraire, fragment de continent ayant dérivé.
Quelle que soit l’hypothèse retenue, il nous paraît plus vraisemblable que la faune
décrite dans cette note soit une faune d’origine marine qui aurait colonisé au cours des
temps une niche écologique libre, davantage qu’une faune d’origine continentale ou encore
parvenue dans l’archipel par des moyens passifs.
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Achevé d’imprimer le 15 février 1975.
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Bauciiot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
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Tinbergen, N., 1952. -— The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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