BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
N° 268 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1974
190
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M*”® P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes l à 34 (1895-1928), constituant la l""® série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2® série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3® série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’ His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
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Cuvier, 75005 Paris.
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Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
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Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Nurnber (ISSN) : 0027-4070.
lA LLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3® série, n“ 268, novembre-décembre 1974, Zoologie 190
Redescription de Lepidotrigla dieuzeidei.
Comparaison avec les espèces méditerranéennes et est-atlantiques
du genre Lepidotrigla
par Fredj Kartas et Marie-Louise Bauchot *
Résumé. — Les auteurs donnent une description détaillée de l’espèce méditerranéenne Lepi-
dolrigla dieuzeidei, qu’ils comparent aux autres Lepidotrigla de Méditerranée et d’Atlantique
oriental.
L’étude des relations allométriques liant différentes mensurations, de certains rapports, et
des caractères numériques montre que L. dieuzeidei se distingue aisément de l’espèce sympatrique
L. caoillone et présente, par rapport aux espèces atlantiques L. carolae et L. cadmani, des affinités
plus étroites avec la première.
Abstract. — The authors give a detailed description of the Mediterranean species Lepido¬
trigla dieuzeidei, which they compare to the other Lepidotrigla of the Mediterranean and the Eas-
tern-Atlantic.
The study of allometric relationships between different measurements, of certain corrélations
and of numerical characters shows that L. dieuzeidei is easily distinguishable from the sympatric
L. cavillone and présents, with regard to the Atlantic species L. carolae and L. cadrnani, doser
allinities with the former.
Le genre Lepidotrigla Günther, 1860, est représenté en Méditerranée par deux espèces :
L. caçillone (Lacepède, 1802) et L. dieuzeidei Audouin, 1973, in Blanc et Hureau. La
première, considérée pendant longtemps comme exclusivement méditerranéenne, a été
signalée plusieurs fois en Atlantique au large des côtes sud-ouest de l’Espagne et au large
des côtes du Maroc (Steindachner, 1867 ; Vaillant, 1888 ; Pietschmann, 1906, et Mur¬
ray et H,TonT, 1912).
La deuxième a été décrite sous le nom de Lepidotrigla sp. par Audouin (1965) d’après
des exemplaires capturés sur les côtes occidentales de l’Algérie au cours des campagnes
océanographiques du navire de recherches algérien « Tethys » en 1963 et 1964. Sa présence
a été mentionnée par Duclerc (1967) dans le golfe du Lion et par Ben Othman (1973)
dans le golfe de Gahès (Tunisie). L’un de nous l’a pêchée au cours de l’année 1970 sur le
hord du plateau continental de la mer catalane. Aucun travail ne signale sa présence en
Atlantique. Le nom de Lepidotrigla dieuzeidei paraît pour la première fois dans la Check-
* F. Kahtas, Biologie animale, Faculté des Sciences mathématiques physiques et naturelles, Campus
universitaire, El Menzah, Tunisie.
M. L. Bauchot, Laboratoire de Zoologie (Reptiles et Poissons), Muséum national d’Histoire naturelle,
57, rue Cuvier, 75005 Paris.
268 , 1
1786
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
list of the fishes of north-eastern Atlantic and of the Mediterranean, aussi doit-il s’écrire,
pour respecter les règles de nomenclature zoologique, Lepidotrigla dieuzeidei Audouin,
1973, in Blanc et Hureau.
Grâce à une cinquantaine d’exemplaires capturés au chalut au large de Banyuls-sur-
mer, nous avons pu faire une étude détaillée de l’espèce L. dieuzeidei, jusqu’alors décrite
très succintement, et la comparer à L. cavillone dont nous possédions un abondant maté¬
riel (432 spécimens) provenant de la même région.
Nous avons ensuite poursuivi la comparaison en étudiant les espèces est-atlantiques
du genre Lepidotrigla afin de préciser leurs affinités avec les espèces méditerranéennes.
Dans l’Est-Atlantique, en effet, le genre Lepidotrigla est également représenté, non
seulement par L. cavillone, mais par deux autres espèces qui ont la même répartition, dans
le golfe de Guinée, du Sénégal à l’Angola : L. cadmani Regan, 1915 (= L. laeçispinnis
Blache et Ducroz, i960), et L. carolae Richards, 1968.
L’étude de ces deux espèces a été faite par Richards en 1968, à partir d’un abondant
matériel provenant de diverses expéditions (« Atlantide », « Geronimo », Guinean Trawling
Survey I, et « Pillsbury »).
Ce n’est qu’en addendum que Richards mentionne les travaux d’ Audouin (1965)
et ceux de Duclerc (1968) sur Lepidotrigla sp. et, au vu des caractères indiqués par ces
auteurs, pense que cette espèce est valide mais « probably closely related to L. cadmani ».
Nous avons pu réexaminer une grande partie du matériel étudié par Richards grâce
à l’amabilité de nos collègues de la Smithsonian Institution, Washington et de J. Nielsen
de rUniversitetets Zoologiske Muséum de Copenhague. Nous y avons ajouté les exemplaires
en collection au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, en particulier tous les types
de L. laevispinnis.
I. Redescription de Lepidotrigla dieuzeidei Audouin
(Fig. 1 à 4)
Corps allongé, assez élevé, légèrement comprimé latéralement, plus large du côté
ventral que du côté dorsal avec une section trapézoïdale au niveau de la région antérieure.
La hauteur est comprise de 4,50 à 5,25 fois dans la longueur totale et diminue d’une façon
régulière et assez rapide. Le pédoncule caudal est très étroit. La tête est massive, trapue,
entièrement cuirassée et aplatie sur sa face inférieure. Elle est comprise environ 3,5 fois dans
la longueur totale et se termine en avant par un museau court. Une faible échancrure
médiane, à l’extrémité du rostre, délimite deux lobes arrondis portant chacun une série
de petites épines sensiblement de même taille. La bouche est infère. L’œil est grand et arrondi.
Le diamètre horizontal de l’orbite est compris de 2,5 à 3 fois dans la longueur de la tête.
L’espace interorbitaire est concave et les orbites sont dépourvues d’épines sur leur partie
antérieure. Le sillon postorbitaire est peu profond mais distinct. L’épine operculaire est
très courte, sa pointe dépasse la membrane operculaire. L’épine coracoïdienne, courte,
pointue, présente une crête en dents de scie.
De grandes écailles, plus larges que hautes et très faiblement cténoïdes, couvrent la sur¬
face du corps sauf au niveau de la gorge et du thorax. Les écailles des régions ventrales et
latéro-ventrales sont cycloïdes. Les annuli sont fins et serrés, les radii convergent vers le
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1787
Fig. 1. — Lepidotrigla dieuzeidei. Vue latérale.
Fig. 2. — Vue dorsale de la tète chez L. dieuzeidei (A) et L. cavillone (B).
centre de l’écaille. Ces écailles se détachent très facilement et, sur un poisson fraîchement
pêché, il ne persiste souvent que celles qui sont protégées par les nageoires pectorales et
ventrales. La ligne latérale est rectiligne et suit le profil dorsal du corps. Elle est située au
tiers supérieur du corps en son milieu. Elle comprend 56 à 61 écailles, d’une forme grossiè¬
rement triangulaire qui les différencie nettement des autres écailles. Elles sont traversées
par 4 ou 5 tubules : 2 à 3 tubules sont dirigés vers l’arrière et un tubule plus grand que les
autres occupe la région médiane de chaque aile latérale. Le canal central est large. Le nombre
de tubules va en diminuant de la région antérieure à la région postérieure du corps où ne
subsistent que 3 puis 2 tubules. Les écailles de la ligne latérale ne sont pas transformées en
scutelles ^ et ne sont pas épineuses.
1. Le terme de scutelle employé par Duclerc (1967) ne peut s’appliquer aux écailles de la ligne laté¬
rale des Lepidotrigla. Il est réservé, chez les Chondrichthyens, à la partie externe des denticules cutanés, et
chez les Ostéichthyens à des écailles transformées, ossifiées ou formant carène.
1788
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
Fig. 3. — Écailles <le la ligne latérale, au niveau de la dorsale épineuse.
A, L. cavillone ; B, L. ilieuzeidei ; C, L. carolae ; D, L. cadmuni.
La première nageoire dorsale, plus courte que la deuxième, est haute et compreud 8 ou
9 rayons durs, le deuxième et le troisième étant les plus longs. Le 9® rayon, très petit, est
plus ou moins dissimulé sous la peau ; les deux premiers rayons et parfois le troisième sont
dentelés antérieurement. La deuxième nageoire dorsale comprend 14 ou 15 rayons mous.
Deux rangées de 23 écussons antérieurs bordent les 2 nageoires dorsales. Les 3 ou 4 écussons
antérieurs peuvent être dentelés, les suivants sont munis chacun d’une forte épine. La
nageoire anale est constituée de 14 à 16 rayons mous. Les nageoires pectorales comportent
10 ou 11 rayons mous dont 7 ramifiés (2® à 8®) et trois doigts libres, longs et grêles, le supé¬
rieur pouvant atteindre l’anus. Les nageoires ventrales sont formées d’un rayon dur et
de 5 rayons mous.
Le nombre de vertèbres varie de 30 à 32.
L’otolilhe (sagitta) est de taille moyenne, avec un bord ventral elliptique, un bord
dorsal semi-circulaire et ondulé, un rostre trapu, un antirostre souvent petit et vestigial
et un sulcus sinueux, large, profond, rétréci en son milieu.
La coloration générale du corps est rougeâtre. Cette teinte s’atténue du dos au ventre
qui est blanc. Les nageoires ventrales sont blanchâtres et les nageoires pectorales sont de
couleur noire qui s’atténue à la base.
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1789
Fig. 4. — Ecailles des flancs chez L. cavillone (A) et L. dieuzeidei (B).
Fig. 5. — Lepidotrigla cavillone. Vue latérale.
268, 2
1790
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
Fig. 6. — Lepidolrigla carolae. Vue latérale.
Fig. 7. — Lepidolrigla cadmani. Vue latérale.
II. Caractères métriques
Pour chacune des quatre espèces étudiées, nous avons entrepris l’étude des allomé-
tries liant entre elles certaines mensurations. Nous avons choisi comme grandeur de réfé¬
rence la longueur totale (LT) d’une part, la longueur de la tête (Lt) d’autre part.
De plus, nous avons étudié les rapports entre :
1. la hauteur des écailles de la ligne latérale (HLl) et la longueur totale ;
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1791
2. la longueur de l’épine coracoïdienne (EC) et la longueur de la tête ;
3. la longueur du rayon libre supérieur de la nageoire pectorale (RI) et la longueur de l’épine
coracoïdienne.
Dans l’étude des relations alloniétriques, qui se traduisent par l’équation log y = a log
X b, nous avons utilisé l’axe majeur réduit.
Les deux espèces méditerranéennes ont été étudiées par l’un de nous en découpatil
la population en classes de taille d’amplitude logarithmique régulière (ce qui correspond
à des classes d’amplitude métrique croissante). Ce découpage a conduit à distinguer 14 classes
chez L. dieuzeidei, 15 chez L. cavillone, et c’est à partir des valeurs moyennes au sein de
chaque classe qu’ont été étudiées les diverses relations. Par suite d’une perte accidentelle
de documents, il n’a pas été possible de revenir aux valeurs individuelles pour reprendre
cette étude que permettent facilement les calculateurs programmables actuels.
Les deux espèces atlantiques L. carolae et L. cadmani ont été étudiées plus récemment
et les relations résultent de la prise en considération des valeurs individuelles. Nous avons
ainsi utilisé 38 spécimens de L. carolae et 46 spécimens de L. cadmani.
Fig. 8. — Vue dorsale de la tête chez L. carolae (A) et L. cadmani (B).
Mensurations effectuées
La longueur totale est mesurée à l’aide d’une règle à butée, le poisson posé sur le ventre.
Les autres mesures sont effectuées avec un compas à pointes sèches.
Pour les espèces méditerranéennes, pour les longueurs supérieures à 20 mm, la mesure
est faite au millimètre près ; les dimensions égales ou inférieures à 20 mm sont mesurées
au demi-millimètre près.
Pour les espèces atlantiques, les mesures autres que LT ont été prises au 10*^ de mil¬
limètre près.
— Longueur totale (LT) : mesurée de la pointe des épines du rostre à l’extrémité du
plus long rayon de la nageoire caudale.
— Longueur de la tète (Lt) : mesurée de la pointe de la plus grande épine rostrale
gauche à l’extrémité supérieure libre de l’opercule.
— Hauteur du corps (H) : distance comprise entre la base de la naissance de la pre-
1792
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
mière dorsale et la face ventrale au niveau de la ceinture scapulaire. C’est la hauteur maxi¬
mum du corps.
— Distance prédorsale (PD) : longueur allant de la naissance de la première dorsale
à l’extrémité de l’épine rostrale gauche.
— Distance préanale (PA) : longueur allant de la base du premier rayon de l’anale
à l’extrémité de l’épine rostrale.
— Distance prépectorale (PP) ; mesurée de la pointe de l’épine rostrale à la base de la
Fig. 9. — Relations entre la longueur totale LT, la longueur de la tête Lt, la hauteur du corps H,
les distances prédorsale PD et préanale PA chez les quatre espèces étudiées.
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1793
pectorale, entre l’insertion du doigt supérieur et celle du rayon de la nageoire qui se juxta¬
pose à lui.
— Distance préventrale (PV) : distance comprise entre la pointe de l’épine rostrale
et l’articulation de l’épine de la ventrale.
— Longueur des pectorales (LP) ; commence à l’endroit où prend fin la distance pré¬
pectorale et finit à l’extrémité du plus long rayon.
— Longueur des ventrales (LV) : longueur allant de l’articulation de l’épine de la ven¬
trale à l’extrémité du plus long rayon.
Fig. 10. — Relations entre la longueur totale LT et les distances prépectorale PP, préventrale PV,
les longueurs des pectorales LP et des ventrales LV chez les quatre espèces étudiées.
1794
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
— Diamètre horizontal de l’orbite (0) ; distance maximum du diamètre horizontal
interne de l’orbite.
— Distance interorbitaire (10) : dimension minimum séparant les deux orbites.
— Distance préorbitaire (PO) : mesurée de la pointe de la plus grande épine rostrale
gauche à l’extrémité du diamètre horizontal de l’orbite.
— Hauteur de la ligne latérale (HLl) : mesurée au niveau des derniers rayons de la
première dorsale.
— Longueur de l’épine coracoïdienne (Ec) : distance comprise entre la naissance de la
crête et l’extrémité de l’épine.
— Longueur du rayon libre supérieur de la pectorale (RI) : longueur allant de la nais¬
sance du rayon à son extrémité.
Log PO, 10,0.
Fig. 11. — Relations entre la longueur de la tête Lt et le diamètre horizontal de l’orbite O,
les distances interorl)itaire 10 et préorbitaire PO chez les quatre espèces étudiées.
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
]795
Présentation des résultats
Nous avons étudié :
1. huit relations liant à la longueur totale LT les diverses mesures suivantes : Lt, II, PD,
PA, PP, PV, LP, LV ;
2. trois corrélations liant à la longueur de la tète Lt les diverses mesures suivantes : O, 10,
PO;
100 IIL1 100 Ec RI
3. trois intervalles de variation correspondant aux rapports - ^—, - -> auxquels
L1 Lt Ec
100 RI
on a ajouté la projiortion —-
J-it
étudiée sur tous les individus chez les espèces atlanticjues,
estimée à partir des moyennes chez les espèces méditerranéennes.
Chacune de ces études figure d’une part en deux tableaux (1 et 11) qui fournissent les
résultats numériques correspondants, d’autre part en 14 graphiques (fig. 9 à 12).
Les onze premiers graphiques représentent, en coordonnées logarithmiques, la droite
d’allométrie de chacune des 4 espèces étudiées, pour chaque relation, ainsi que la varia-
hilité de l’ordonnée (ordonnée à l’origine i 2 dy). Ils permettent d’apprécier si ces relations
sont aptes ou non à fournir un bon caractère distinctif.
De |ilus, nous avons calculé, pour un individu de LT 120 mm, la valeur moyenne et
les valeurs extrêmes probables (à 95 %) des diverses mensurations eifectuées, pour chacune
des 4 espèces ; nous avons fait de même pour un individu de Lt 34 mm (tabl. III).
Les trois derniers graphiques qui correspondent à des intervalles de variation per¬
mettent également de voir si les caractères choisis offrent ou non des recouvrements impor¬
tants (fig. 12).
Analyse des résultats
a — Relations allornétriques
Par rapport à LT, la longueur de la tète, la distance prédorsale, la distance prépecto¬
rale et la longueur de la ventrale sont affectées, chez les 4 espèces, d’une allométrie minorante.
La distance préanale subit au contraire une allométrie majorante, très faible chez L. cad-
inani et L. dieuzeidei, plus accusée chez L. caoillone. Dans tous les autres cas (hauteur du
corps, distance préventrale et longueur de la pectorale), l’allométrie est minorante chez
toutes les espèces, sauf chez L. carolae qui semble ainsi se distinguer.
Par rapport à Lt, l’allométrie est majorante pour le diamètre de l’orbite, sauf chez
L. cadnwni ; c’est L. dieuzeidei qui possède la plus forte allométrie majorante. La distance
inlerorhitaire croît avec l’âge chez les 4 espèces, mais cette croissance est surtout accusée
chez L. carolae. Enfin la distance préorhitaire présente dans tous les cas une allométrie
majorante, sauf chez L. dieuzeidei ; ce résultat est dû au faible développement des épines
rostrales chez cette espèce et cette différence de coefficient d’allométrie ne peut être tenue
pour importante.
Les graphiques montrent, pour les 4 espèces, un tel chevauchement des différents
intervalles de variation qu’on ne peut établir nulle distinction à partir de ces caractères
1796
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
métriques. Toutefois, si l’on s’en tient à la comparaison des espèces méditerranéennes,
on constate que L. dieuzeidei a, en moyenne, une tête plus longue, une distance prépectorale
et une longueur de la pelvienne plus grandes, un diamètre orbitaire supérieur, une distance
interorbitaire plus grande et une distance préorbitaire plus faible, sans qu’aucun de ces
caractères ne puisse cependant être utilisé comme critère de distinction entre L. dieuzeidei
et L. cavillone.
W. J. Richards a suggéré une parenté entre L. dieuzeidei et L. cadmani. En ce qui
concerne les taux d’allométrie, on constate en effet un certain nombre de valeurs très proches
(distances prédorsale, préanale, prépectorale), mais aussi quelques différences intéressant
notamment le diamètre orbitaire (allométrie nettement majorante chez L. dieuzeidei,
faiblement minorante chez L. cadmani), et la distance préorbitaire (allométrie fortement
minorante chez L. dieuzeidei, légèrement majorante chez L. cadmani). De plus, la comparai¬
son de ces deux espèces montre (tabl. III) que par rapport à L1, toutes les mensurations,
à l’exception de la longueur de la ventrale, sont nettement plus grandes chez L. cadmani ;
par rapport à Lt, le diamètre orbitaire et la distance interorbitaire sont nettement plus faibles
chez L. cadmani ; la distance interorbitaire peut même, à cet égard, servir de critère de
distinction.
Si l’on compare maintenant L. dieuzeidei à L. carolae, on constate que les coelllcients
d’allométrie sont le plus souvent très différents (opposition minorante — majorante pour
la hauteur du corps, la longueur de la pectorale, les distances préventrale et préorbitaire),
et que d’une façon générale les différences déjà signalées chez L. dieuzeidei et L. cadmani
entre les diverses mensurations rapportées à LT sont encore plus accusées ; la longueur de la
ventrale est, elle aussi, plus grande chez L. carolae ; par rapport à Lt, le diamètre orbitaire
et la distance interorbitaire sont très voisins.
100 HLl lOOEc RI 100 RI
I, -fiapporl, - -
Ces rapports ont été étudiés chez L. caoillone et L. dieuzeidei sur un nombre restreint
d’individus (tabl. II) de LT comprise entre 125 et 155 mm. Nous les avons effectués chez
les exemplaires de L. carolae et L. cadmani en supprimant dans chacun des deux cas l’exem¬
plaire le plus petit. Ces relations auraient pu faire l’olijet d’une étude allométrique semblable
aux précédentes ; la perte de documents originaux nous a contraints à limiter cette étude
à un mode de raisonnement qui suppose a priori que la relation est isométrique.
La figure 12 est l’illustration du tableau IL On a porté 2 ctx de part et d’autre de la
valeur moyenne de chacun des rapports. De plus, on a utilisé le test de Student pour la
comparaison des espèces prises 2 à 2. Nous considérons que toute valeur du test de Student
inférieure à 2,05 traduit le fait que la différence de moyenne observée n’est pas significa¬
tive et que toute valeur supérieure à 2,75 traduit au contraire une différence de moyenne
hautement significative.
100 HLl ...... , . , , J .
1. - — ■ L. dieuzeidei se distingue des trois autres espèces par une hauteur des écaillés
Li 1
de la ligne latérale beaucoup plus forte ; elle diffère de façon hautement significative
des trois autres espèces qu’on ne peut distinguer les unes des autres (fig. 3).
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1797
l.car.
l.catl.
J .cav.
l.dieu
2
3
5 lOoHLh
LT
l. car.
1. cad.
-1. cav.
l.diea.
15 20 25 30 35 40 4 5 lOOEc
Lt
l.car.
I.cad.
Icav. _
l.dieu.
1.5
3,5
4,5 Bi
Ec
T. T ... • • . lOO HLl 100 Ec RI
lie. 12. — Intervalles de variation des rapports ..p—> —f- et — chez les quatre especes étudiées.
J 4 J J-jt E C
100 Ec
2- —J—■ Le test de Student traduit des différences hautement significatives entre toutes
fes espèces. L. cavillone est f’espèce qui a t’épine coracoïdienne fa plus grande ; L.
dieuzeidei se rapproche par ce caractère beaucoup plus de L. cadinarii que des autres
espèces.
RI , ,
3- Ce rapport n’est qu’une autre façon de mesurer l’importance de l’épine coracoïdienne
IjC
• . J • .J ^<^0 I *00 Ec ^ ,
puisqu il est le produit du rapport —^-par 1 inverse du rapport ^ —• Or la figure
RI
montre bien une corrélation inverse très nette entre ces deux rapports, et — oppose,
Ec
comme précédemment, L. cavillone chez lequel l’épine est la plus longue, aux trois
autres espèces.
, 100 RI • . , , , , .
1- —• JNous avons juge bon de rechercher la valeur de ce rapport de façon à comparer
les quatre espèces en ce qui concerne la longueur du rayon libre supérieur (doigt) de la
pectorale par rapport à la longueur de la tête. Pour les espèces méditerranéennes dont
nous n’avons plus les valeurs individuelles, les valeurs fournies sont des ordres de
grandeur.
Chez L. cavillone, le rapport est le plus faible ; nous savons que chez cette espèce le
doigt supérieur n’atteint pas le niveau de l’anus. Chez les trois autres espèces le doigt supé-
1798
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
rieur est plus long ; il peut atteindre l’anus chez L. dieuzeidei, il le dépasse légèrement chez
L. carolae, très nettement chez L. cadmani. A cet égard, donc, L. dieuzeidei semble plus proche
de L. carolae que de L. cadmani (fig. 1, 5, 6 et 7).
III. Caractères numériques
Chez les quatre espèces, nous avons dénombré les rayons de la première dorsale (Dj^),
ceux de la seconde dorsale (D 2 ), les rayons de l’anale (A), le nombre d’écussons à la base
des dorsales, le nombre d’écailles de la ligne latérale, enfin le nombre de vertèbres, à partir
de radiographies
Les résultats sont consignés dans les tableaux IV à IX.
Pour chaque caractère numérique le tableau donne la répartition en nombre d’indivi¬
dus et en pourcentage des différentes valeurs, la moyenne, l’écart-type, puis la valeur du
test de Student.
Première dorsale épineuse ; les différences ne sont jamais hautement significatives ; elles
sont significatives entre L. dieuzeidei et L. caoillone et entre L. dieuzeidei et L. cadmani.
Deuxième dorsale molle : les différences sont non significatives entre L. dieuzeidei et L.
carolae ; elles sont hautement significatives dans tous les autres cas.
Anale : les différences sont non significatives entre L. caoillone et L. dieuzeidei ; elles sont
hautement significatives dans tous les autres cas ; toutefois L. dieuzeidei se rapproche
davantage de L. carolae que de L. cadmani.
Nombre d’écussons dorsaux : les différences sont non significatives entre L. carolae et L.
dieuzeidei, hautement significatives entre L. cadmani et les autres espèces.
Ecailles de la ligne latérale : les différences sont non significatives entre L. cavillone et L.
dieuzeidei, mais hautement significatives dans tous les autres cas.
Nondire de Acrtèbres : les résultats sont non significatifs entre L. carolae et L. dieuzeidei,
hautement significatifs dans tous les autres cas ; toutefois, L. dieuzeidei se rapproche
davantage de L. carolae que de L. cadmani.
IV. Discussion
1. Comparaison des espèces méditerranéennes
L’examen des divers résultats quantitatifs (relations allométriques et caractères numé¬
riques) montre que L. caoillone et L. dieuzeidei diffèrent par plusieurs caractères et que par
conséquent L. dieuzeidei est une espèce parfaitement définie.
— La longueur de la tête, la distance prépectorale, la longueur des pelviennes, le
diamètre orbitaire, la distanee interorbitaire sont tous plus grands chez L. dieuzeidei ;
la distance préorbitaire est au contraire plus faible. Les écailles de la ligne latérale sont
plus hautes chez L. dieuzeidei et le rayon libre supérieur de la pectorale peut atteindre l’anus
alors qu’il est toujours beaucoup plus court chez L. caoillone.
1. Nous remercions M"® Abel qui a efl'ectué toutes les radiographies nécessaires à cette étude, et
Mme PouLLAOUEC à qui nous devons une partie de l’illustration.
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1799
— Du point de vue des caractères numériques, seuls le nombre des rayons des deux
dorsales et le nombre des écussons fournissent des moyennes significativement différentes.
Aux plus marquants de ces caractères quantitatifs viennent s’ajouter un certain nombre
de caractères non quantifiables ; l’ensemble nous a permis de dresser le tableau suivant
à partir duquel la distinction des deux espèces peut être faite aisément.
Corps
Arc supra-orbitaire (partie an¬
térieure)
Sillon postorbitaire
Rostre
Epine coracoïdienne
Rayons libres de la pectorale
Écailles
Écailles de la ligne latérale
Dents vomériennes
Otolithe
Lepidotrigla cavillone
profil dorsal s’abaissant len¬
tement en arrière de la
nuque
pédoncule caudal étroit
2 épines bien marquées
très marqué
épines présentes
2 lobes à angle droit
une épine forte
longue
longueur modérée
le supérieur n’atteint pas l’anus
plus hautes que larges
fortement cténoïdes
très adhérentes
assez hautes, portant parfois
des épines
3 ou 4 tubules par écaille
1 ou rarement 2 tubules diri¬
gés vers le lobe postérieur
absentes
petit
Lepidotrigla dieuzeidei
profil dorsal s’abaissant rapi¬
dement en arrière de la
nuque
pédoncule caudal très étroit
pas d’épines
peu marqué
pas d’épines
2 lobes arrondis
épines petites sensiblement de
même importance
courte
longs et grêles
le supérieur peut atteindre
l’anus
plus larges que hautes
faiblement cténoïdes
peu adhérentes
très hautes, dépourvues d’épi¬
nes
4 ou 5 tubules par écaille
2 ou 3 tubules dirigés vers le
lobe postérieur
présentes
moyen
2. Affinités de L. dieuzeidei avec les espèces atlantiques
li’ensemble de nos résultats nous permet maintenant de confirmer ou d’infirmer l’opi¬
nion de Richards (1968) sur les affinités de L. dieuzeidei avec L. cadmani.
L’examen des divers caractères numériques nous a montré que dans certains cas L.
dieuzeidei était plus proche de L. cadmani, et dans d’autres cas de L. carolae.
— Les caractères suivants rapprochent L. dieuzeidei de L. cadmani : longueur de la
ventrale, longueur de l’épine coracoïdienne.
1800
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
—- Les caractères suivants rapprochent L. dieuzeidei de L. carolae ; les distances pré¬
pectorale et préventrale, le diamètre orbitaire, la distance interorbitaire, la longueur du
rayon libre de la pectorale, le nombre de rayons des deux dorsales, le nombre d’écussons,
et le nombre de vertèbres.
Sans qu’on puisse tirer de ces énumérations des conclusions définitives, on peut dire
que les caractères quantitatifs rapprochent beaucoup plus L. dieuzeidei de L. carolae que
de L. cadmani. Cela est confirmé par un certain nombre de caractères qualitatifs.
— L. dieuzeidei et L. cadmani n’ont en commun que des caractères que partage éga¬
lement L. carolae : épine coracoïdienne courte, écailles faiblement cténoïdes.
— L. dieuzeidei et L. carolae ont en commun un certain nombre de caractères que
ne possède pas L. cadmani : les deux premiers rayons épineux de la dorsale sont dentelés
sur leur bord antérieur (lisses chez L. cadmani) ; la gorge est dépourvue d’écailles (écail¬
leuse chez L. cadmani seule) ; l’arc supraorbitaire antérieur est dépourvu d’épines (deux
épines bien marquées chez L. cadmani et L. caoillone) ; le sillon postorbitaire ne présente
pas d’épines (il est bordé de fortes épines chez L. cavillone et L. cadmani) ; il existe des dents
fines sur le vomer (L. caoillone et L. cadmani n’en ont pas).
Conclusion
L. dieuzeidei, dont nous avons redonné une description détaillée, se distingue aisément
de l’espèce sympatrique L. caoillone. Par rapport aux espèces atlantiques, ses affinités
sont plus étroites avec L. carolae qu’avec L. cadmani.
Répartition batiiymétrique de L. dieuzeidei et L. cavillone
L. dieuzeidei a été capturée par Duclerc (1967) entre 150-250 m, dans la zone de
contact entre le plateau continental et le talus, sur des sédiments de sable vaseux coquiller
à Terehratula oitraea et Cidaris cidaris. Dans le golfe de Gabès (Tnnisie), elle se trouve sur
des fonds à Spongiaires et Ascidies, entre 80 et 200 m (Ben Otiiman, 1973). Nons l’avons
pêchée à l’extrême limite du plateau continental de la mer catalane à une profondeur de
160 m.
Bini (1969) cite L. caoillone à toutes les profondeurs ; de quelques dizaines de mètres
jusqu’à 500 m. Maurin (1968) la signale sur le plateau continental entre 70 et 200 m et
principalement dans la zone de contact entre la plate-forme et le talus, sur des fonds vaseux
à Alcyonium, de sables vaseux à Leptometra et Stichopus, des fonds détritiques plus ou moins
envasés et sur des sédiments formés de sable et de graviers grossiers. Le même auteur men¬
tionne sa présence sur le talus par 250-450 m de profondeur, sur des fonds de vases profondes
légèrement sableuses à Funiculines et sur des fonds de vases jaunes. Au large de Banyuls,
elle est présente depuis 30 m jusqu’à la limite du plateau. Mais elle est surtout répandue
sur le détritique du large où la fraction grossière du sédiment est prédominante et parti¬
culièrement sur le bord du plateau continental où elle constitue avec Trigla lyra, Aspi-
trigla cuculus, Capros aper, Peristedion cataphractum et Macroramphosus scolopax, les formes
caractéristiques de ce biotope.
Il semble, comme l’a observé Duclerc, que L. cavillone et L. dieuzeidei ont « une répar¬
tition différente tant du point de vue de la profondeur que de la nature du fond ».
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1801
Les exemplaires de L. carolae étudiés par Richards et par nous-mêmes ont été pris
sur le plateau continental entre 49 m et 200 m sur fonds vaseux, vasocalcaires et même sur
fond de sable fin.
Les exemplaires de L. cadmani étudiés par Richards (1968), Blache (1960) et nous-
mêmes ont été captnrés au chalut sur le plateau continental entre 30 et 400 m sur fond
vaseux et sur fond de calcaire coralligène.
Tableau L — Relations d’allométrie.
L. cavillone
L. dieuzeidei
L. carolae
L. cadmani
Lt
2 dy
0,382 LTo.sw
0,0303
0,376 LT».93«
0,0350
0,331 LT®.9”
0,0355
0,479 LT®.»»!
0,0392
H
2 dy
0,200 LT«.9’’«
0,0465
0,200 LT».»98
0,0900
0,187 LTI.036
0,0335
0,263 LT®.9«®
0,0418
PD
2 dy
0,315 LT®.»”
0,0374
0,407 LT».»2’
0,0362
0,348 LT».9”
0,446 LT«.922
0,0401
PA
2 dy
0,336 LTL04»
0,0374
0,412 LTi.oo»
0,0358
0,394 LTI.032
0,0337
0,442 LTi.»®4
0,0437
PP
2 dy
0,380 LT».»««
0,0443
0,372 LT».8»9
0,0379
0,304 LT0.»®2
0,0361
0,418 LT».»®*
0,0394
PV
2 dy
0,300 LT».9”
0,0424
0,323 LT».»22
0,0358
0,211 LT1.030
0,0337
0,298 LT».»6*
0,0420
LP
2 dy
0,521 LT».«6i
0,0443
0,272 LT».»9i
0,0502
0,219 LTi.«5®
0,0330
0,318 LT®.»«8
0,0422
LV
2 dy
0,363 LT®.8»9
0,0498
0,436 LT».8®2
0,1430
0,356 LT».9»i
0,0377
0,342 LT».9i2
0,0397
O
2 dy
0,287 Lti.o”
0,0548
0,193 Lti.i™
0,0620
0,306 Lti.032
0,0336
0,324 Lt®.»»5
0,0387
10
2 dy
0,138 Lti.151
0,0648
0,138 Lti.i”
0,0443
0,053 LtL424
0,0239
0,166 Lti.®6’
0,0419
PO
2 dy
0,299 Ltl.®»®
0,0429
0,524 Lt».8»2
0,0613
0,285 LR.iis
0,0305
0,365 Lti.®*«
0,0410
1802 FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
Tableau
II. — Étude de
certains rapports
numériques.
L, ca<^illone
L. dieuzeidei
L. carolae
L. cadmani
100 HLl
LT
Nb. d’individus
40
40
37
45
Moyenne
2,,V1
4,58
3,48
3,46
Ecart-tvpe
0,2783
0,3415
0,3428
0,3749
s L. cavillone
) L. dieuzeidei
^ i L. carolae
L. cadmam
15,94 HS
0,10 NS
14,13 HS
0,18 NS
14,45 HS
0,25 NS
100 Ec
Ï7t^
Nb. d’individus
36
31
37
45
Moyenne
38,94
26,73
19,80
24,28
Ecart-type
3,036
2,1603
1,5424
2,7424
g / L. caviïlone
■g ) L. dieuzeidei
\ L. carolae
19,15 HS
33,82 HS
14,95 HS
( L . cadmani
22,54 HS
4,35 HS
9,31 HS
RL
Ëc
Nb. d’individus
35
30
37
45
Moyenne
1,84
3,02
3,95
3,66
Écart-type
0,1657
0,2410
0,3911
0,4493
g / L. cavillone
■§ 1 L. dieuzeidei
M \ L. carolae
22,62 HS
30,09 HS
11,94 HS
[ L. cadmani
25,15 HS
8,06 HS
3,06 HS
100 RI
Lt
Nb. d’individus
Moyenne
env. 71,10
env. 80,20
37
77,69
45
87,68
Écart-type
t. de Student
3.79
9,45
5,73
HS
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1803
Tableau III. — Variabilité comparée des mensurations
calculées à partir des relations allométriques.
Chez un exemplaire de LT ; 120 mm.
L. cavillone
L. dieuzeidei
L. carolae
Lt —■ moy.
30,22
32,90
35,92
— max.
32,41
35,66
38,98
— min.
28,19
30,35
33,10
H — moy.
21,39
23,77
26,66
— max.
23,81
29,25
28,80
— min.
19,22
19,32
24,68
PD — moy.
33,22
34,43
37,05
— max.
36,20
37,43
40,21
— min.
30,48
31,68
34,13
PA — moy.
50,98
51,62
55,11
— max.
55,56
56,05
59,55
— min.
46,77
47,53
50,99
PP — moy.
24,01
26,24
30,41
— max.
26,59
28,63
33,05
— min.
21,68
24,05
27,99
PV — moy.
24,90
26,68
29,23
— max.
27,45
28,97
31,59
— min.
22,58
24,57
27,05
LP — moy.
32,14
31,26
33,87
— max.
35,59
35,09
36,54
— min.
29,02
27,85
31,39
LV — moy.
26,86
27,02
29,27
— max.
30,12
37,56
31,92
— min.
23,95
19,44
26,83
; un exemplaire
de Lt : 34 mm.
0 — moy.
10,22
11,95
11,65
— max.
11,59
13,78
12,58
— min.
9,00
10,36
10,78
10 — moy.
7,99
8,73
8,04
— max.
9,28
9,66
8,49
— min.
6,88
7,88
7,61
PO — moy.
13,96
12,17
14,59
— max.
15,41
14,02
15,65
— min.
12,65
10,57
13.60
cadmani
35.78
39,16
32.69
26,06
28.69
23.67
36,84
40,41
33,59
54,07
59.79
48,89
31.68
34.69
28.93
30,10
33,15
27,32
32,74
36,08
29,71
26.93
29,51
24,58
10,45
11,42
9,56
7,15
7,87
6,49
14,60
16,04
13,28
1804
FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
Tableau IV.
L. cavillone
L. dieuzeidei
L. carolae
L. cadmani
Nombre rayons
Nombre 0 /
Nombre 0 /
Nombre q
Nombre 0 /
Di d'individus
d’individus
d'individus ^
d’individus
8
21 4,86
7 12,96
2 5,41
1 2,27
9
401 92,82
47 87,04
34 91,89
41 93,18
10
10 2,32
- -
1 2,70
2 4,55
Moyenne
8,975
8,870
8,973
9.023
Ecart-type
0,2667
0,3359
0,2835
0,2601
g , L. cavillone
3 ) L. dieuzeidei
S 2,21
\ L. carolae
NS 0,04
NS 1,58
^ [ L. cadmani
NS 1,16
S 2,54
NS 0,82
Tableau V.
L. caoillone
L. dieuzeidei
L
. carolae
L. cadmani
Nombre rayons
Nombre
Nombre 0 /
Nombre
Nombre q/
D 2
d’individus
d’individus ®
d’individus
d’individus
13
3 6,82
14
20
6,48
20 37,04
15
40,54
40 90,91
15
369
83,56
34 62,94
20
54,05
1 2,27
16
43
9,95
- ---
2
5,41
- -
Moyenne
15,053
14,630
14,649
13,955
Écart-type
0,3782
0,4829
0,5797
0,2981
g [ L. cavUlone
3 ) L. dieuzeidei HS 6,20
L. carolae HS 4,16
"2 [ L. cadmani HS 22,65
NS 0,16
HS 8,48
HS 6,59
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1805
Tableau VI.
L. cai^illone
L. dieuzeidei
L. carolae
L. cadmani
Nombre rayons
Nombre q.
Nombre q/
Nombre q/
Nombre q/
Anale
d’individus
d’individus
d’individus ®
d’individus
13
2 4,55
14
15 3,47
2 3,70
7 18,92
40 90,91
15
362 83,80
46 85,19
29 78,38
2 4,55
Ifi
55 12,73
6 11,11
1 2,70
Moyenne
15,093
15,074
14,838
14,000
Ecart-type
0,3917
0,3777
0,4358
0,3015
c l L. cavillone
3 j L. dieuzeidei
NS 0,35
\ L. carolae
HS 3,44
HS 2.68
( L. cadmani
HS 22,21
HS 15,65
HS 9,88
Tableau VIL
L. cavillone
L. dieuzeidei
L. carolae
L. cadmani
Nombre d’écussons
Nombre q'
d’individus
Nombre □/
d’individus
Nombre q/
d’individus
Nombre q,
d’individus
21
3 6,82
22
66 15,28
12 25,53
9 24,32
37 84,09
23
334 77,31
34 72,34
27 72,97
4 9,09
24
32 7,41
1 2,13
1 2,70
Moyenne
22,921
22,766
22,784
22,023
Écart-type
0,4697
0,4710
0,4728
0,3928
O L. caviUone
3 ) jL. dieuzeidei
S 2,14
\ L. carolae
NS 1,09
NS 0,17
^ ^ L. cadmani
HS 14,000
HS 8,14
HS 7,75
1806 FREDJ KARTAS ET MARIE-LOUISE BAUCHOT
Tableau VIII.
L. cavillone
L.
dieuzeidei
L. carolae
L. cadmani
Nb. d’écailles de
Nombre q/
Nombre q/
Nombre
Nombre
la ligne latérale
d’individus ™
d’individus ^
d’individus
/o
d’individus
54
5 11,63
55
1 2,70
12
33,33
11 25,58
56
1 2,70
1
4,00
5
13,89
16 37,21
57
4 10,81
2
8,00
3
8,33
9 20,93
58
15 40,54
4
16,00
8
22,22
2 4,65
59
11 29,73
11
44,00
7
19,44
60
5 13,52
6
24,00
1
2,78
61
—
1
4,00
Moyenne
58,324
58,880
56,889
55,814
Ecart-type
1,0918
1,1071
1,6423
1,0400
1 (
L. caviïlone
’V '
S
) L. dieuzeidei
NS 1,95
c/3 ‘
j L. carolae
HS 4,38
HS
5,66
3 (
L. cadmani
HS 10,48
HS
11,26
HS
3,40
Tableau IX.
L. ca^illone
L. dieuzeidei
L. carolae
L. cadmani
Nombre de
Nombre o/
Nombre q .
Nombre q/
Nombre g/
vertèbres
d’individus
d’individus
d’individus
d’individus ™
29
1 2,22
30
18 4,17
4 10,81
5 13,51
41 91,11
31
294 68,05
25 67,57
30 81,08
3 6,67
32
120 22,78
8 21,62
2 5,41
Moyenne
31,236
31,108
30,919
30,044
Ecart-type
0,5135
0,5591
0,43323
0,2948
g / L. cavillone
’B 1 L. dieuzeidei
NS 1,34
^ \ L. carolae
HS 4,21
NS 1,63
B [ L. cadmani
HS 23,64
HS 10,44
HS 10,46
LEPIDOTRIGLA DIEUZEIDEI
1807
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Vaillant, L., 1888. — Poissons. Expéditions scientifiques du « Travailleur » et du « Talisman »
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Alanuscrit déposé le 5 juin 1974.
Rull. Mus. natn. Ilist. nat., Paris, 3® sér., n® 268, nov.-déc. 1974,
Zoologie 190 ; 1785-1807.
Achevé d'imprimer le 30 avril 1975.
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compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2® sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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