BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
111 1 1111111 11 1 ! ! 1 1 ! I II I II 1 111 1 11 ! Il
PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 282
JANVIER-FÉVRIER 1975
zoologie
192
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauciiot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Hallé.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoflroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 282, janvier-février 1975, Zoologie 192
SOMMAIRE
L. Euzet et D. M. Suriano. — Orbocotyle marplatensis n. g., n. sp. (Diclidophoridae),
Monogène parasite branchial de Téléostéens marins du genre Prionotus (Triglidae)
en Argentine . 11
L. Euzet et C. Dossou. — Parasites de Poissons d’eau douce du Dahomey. I. Espèces
nouvelles du genre Heteronchocleidus (Monogenea), parasites d’Anabantidae. ... 23
282, 1
Orbocotyle marplatensis n. g., n. sp. (Diclidophoridae),
Monogène parasite branchial de Téléostéens marins
du genre Prionotus (Triglidae) en Argentine
par Louis Euzet et Délia Mabel Suriano *
Résumé. — Le nouveau genre Orbocotyle, caractérisé par des testicules et un réceptacle sémi¬
nal postovarien, est placé dans la famille des Diclidophoridae.
Orbocotyle prionoti (Mac Callum, 1917) devient l’espèce-type du genre. Une nouvelle espèce,
Orbocotyle marplatensis, est découverte chez Prionotus nudigula et Prionotus punctatus, sur les
côtes atlantiques de l’Argentine. On décrit son anatomie et la larve ciliée.
Abstract. — The new genus Orbocotyle characterised by its post-ovarian testicles and séminal
réceptacle is classified in the family Diclidophoridae.
Orbocotyle prionoti becomes the type species of this genus. A new species, Orbocotyle mar-
platensis, was diseovered in Prionotus nudigula and Prionotus punctatus from the atlantic coast
of Argentina. Its anatomy and the eiliated larva are here deseribed.
Au cours de nos recherches sur les parasites des Poissons marins de la région côtière
de Mar del Plata (38° lat. sud, 57° long, ouest), nous avons récolté sur les branchies de
deux Triglidae, Prionotus nudigula Ginsburg et Prionotus punctatus Bloch, 1797, un Mono¬
gène qui nous paraît être une espèce nouvelle. Ce parasite que nous plaçons parmi les Polyo-
pisthocotylea, appartient à la famille des Diclodophoridae.
Prionotus nudigula Ginsburg est un Poisson côtier que l’on rencontre toute l’année
dans la région de Mar del Plata. Par contre, Prionotus punctatus Bloch est beaucoup plus
rare. Ce Triglidae que l’on a signalé à Cuba et sur les côtes atlantiques de l’Amérique cen¬
trale et sud-équatoriale n’est pêché en Argentine que durant la période estivale (de novembre
à mars).
Entre le mois de juillet 1971 et le mois de février 1972, nous avons pu examiner 125 indi¬
vidus de Prionotus nudigula et 63 de Prionotus punctatus. Chez Prionotus nudigula, 74 indi¬
vidus étaient parasités par Orbocotyle marplatensis, ce qui représente un taux de parasi¬
tisme élevé (57,6 %), le nombre de parasites variant de 1 à 13 par Poisson. Chez Prionotus
punctatus, 16 individus étaient porteurs du Monogène ce qui donne un taux de parasitisme
de 25 %. Le nombre de parasites récoltés sur les branchies était aussi plus faible, 1 à 3 par
Poisson.
Nous donnons ci-après la description de ce Polyopisthocotylea avant de préciser quelques
points de sa biologie.
* L. Euzet, Laboratoire de Parasitologie comparée. Université des Sciences et Techniques du Languedoc,
place E. Bataillon, 34060 Montpellier Cédex.
D. M. Suriano, Instiluto de Biologia marina, Casilla de Correo 175, Playa Grande, Mar del Plata,
Argentine.
282, 2
12
LOUIS EUZET ET DELIA MABEL SURIANO
— Orbocotyle marplatensis n. g., n. sp.
Animal in toto en vue dorsale.
Fig. 2-3. — 2, Atrium génital avec
la couronne d’épines caractéristiques,
à lame en gouttière. — 3, Œufs.
ORBOCOTYLE MARPLATENSIS N. G., N. SP.
13
Orbocotyle marplatensis n. sp.
Hôtes : Prionotus nudigula Ginsburg.
Prionotus punctcitus Bloch.
Habitat : branchies.
Localité : Mar del Plata.
Matériel étudié : 100 individus montés in toto ; 2 débités en coupes sériées transversales.
Type et paratype déposés au Muséum d’Histoire naturelle de Mar del Plata sous le numéro :
PI.
Cotype déposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris sous le numéro : 226 P 200 TI.
Me nsurations : Longueur du corps : 5,59 (3,6-9,4) mm. Largeur au niveau de l’ovaire : 0,79 (0,45-
1,10) mm. Epaisseur (mesurée sur coupes) : 0,180 mm. Diamètre des pinces du hapteur : 0,431
mm. Diamètre des ventouses buccales : 0,135 mm. Diamètre du pharynx longitudinal : 0,240
(0,182-0,289) mm. Diamètre du pharynx transversal : 0,205 (0,130-0,221) mm. Distance de
l’apex à l’ouverture génitale : 0,620 mm. Diamètre de l’atrium génital : 0,064 mm. Œufs :
longueur : 0,300 mm ; largeur : 0,075 mm ; filament : 0,320 mm.
M ORPHOLOGIE
Le corps, allongé, aplati dorso-ventralement, est aminci vers l’avant avec une cons-
triction en arrière du pharynx (fig. 1). Sur le vivant, le parasite est de couleur blanchâtre
avec les glandes vitellogènes latérales très foncées.
Le hapteur postérieur, beaucoup plus large que le corps, est composé de 8 pédoncules
portant à leur extrémité une pince qui fonctionne comme une ventouse. Cependant, ces
ventouses circulaires ne sont pas extrêmement étalées comme celles de Cyclocotyla bellones.
Elles ont une certaine profondeur de telle sorte que, lors de l’aplatissement entre lame et
lamelle, les sclérites, surtout ceux de la région antérieure, prennent des positions variées.
Entre les pédoncules postérieurs il existe sur l’axe du corps une petite languette dans
laquelle nous avons pu distinguer deux paires de crochets. Ils correspondent aux deux
crochets postérieurs et aux deux crochetons postéro-latéraux de la larve.
Chaque pince présente un squelette formé de pièces sclérifiées rigides et une paroi
musculaire bordée par une petite membrane marginale. Chez les Diclodophoridae des nomen¬
clatures diverses ont été proposées pour désigner les différentes pièces sclérifiées (Goto,
1894 ; Bychowsky, 1957 ; Llewellyn, 1958). Ces propositions nous paraissent incomplètes,
car d'une part la nomenclature ne met pas en évidence la symétrie initiale de la pince et
d’autre part elle n’indique pas clairement la position relative des sclérites par rapport
au corps.
Nous proposons donc une nouvelle nomenclature qui, tentant de pallier ces inconvé¬
nients, permettra d’établir une homologie des différentes pièces des pinces entre les diverses
familles de Polyopisthocotylea. Prost et Euzet (1962) ont déjà tenté de mettre en évidence
cette homologie chez les Diclidophoridae pour les genres Cyclocotyla, Diclidophora, Flexo-
phora. Nous essayons ici de l’établir entre les Microcotylidae et les Diclidophoridae.
Chez les Microcotylidae les organes adhésifs du hapteur fonctionnent en général comme
des pinces qui enserrent les lamelles branchiales. On peut distinguer dans ces organes une
mâchoire antérieure, une mâchoire postérieure, une ouverture distale ventrale, une char¬
nière proximale dorsale. Mais chez Aspinatrium gallieni Euzet et Ivtari, 1972, parasite
sur la face operculaire interne de Scombresox saurus, la pince peut fonctionner comme une
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LOUIS EUZET ET DELIA MABEL SURIANO
ventouse. Nous avons ainsi un bon exemple d’une pince de Microcotylidae avec toutes les
pièces sclérifiées étalées (fig. 4). Dans cette pince, on a sur le plan de symétrie un sclérite M
qui débute par un T à branches courtes sur le bord ventral de la mâchoire antérieure. Cette
pièce M se courbe en J au niveau de la charnière dorsale et passe dans la mâchoire posté¬
rieure où elle se termine, à une hauteur variable selon l’espèce, par un élargissement Mp
plus ou moins bien développé.
4 5
Fig. 4-5. — 4, Schéma de la disposition des sclérites dans une pince ouverte d ’Aspinatrium gallieni
Euzet et Ktari, 1972 (Microcotylidae). Le plan de symétrie du corps est à gauche. — 5, Représenta¬
tion schématique du squelette d’une pince étalée de Diclidoploridae. Le plan de symétrie du corps
est à gauche.
Légendes dans le texte.
La lèvre de la mâchoire antérieure est soutenue de chaque côté par un sclérite en
lame A. Chaque sclérite qui débute ventralement sur le plan médian près de M suit le bord
de la mâchoire. Au niveau de la charnière dorsale ils se replient et passent dans la mâchoire
postérieure où ils forment une expansion qui se termine au niveau de Mp.
La lèvre de la mâchoire postérieure est bordée de chaque côté par un sclérite P qui
débute ventralement près du plan de symétrie. Du côté proximal chaque sclérite P vient
s’articuler sur A à la charnière, c’est-à-dire au niveau de la courbure qui amène A dans la
mâchoire postérieure. Dans cette mâchoire, Mp est prolongé sur le plan de symétrie de la
pince par une selérification plus ou moins importante mais qui ne forme pas un sclérite net.
Il est prouvé [Microcotyle mormyri ) qu’il peut exister dans cet ensemble une dissymé¬
trie entre les pièces du côté latéral et celles du côté axial (côté interne, vers [le plan de
symétrie du corps).
ORBOCOTYLE MARPLATENSIS N. G., N. SP.
15
En prenant pour base la nomenclature que nous venons de donner nous proposons
de nommer les pièces suivant une règle qui mettra en évidence cette possibilité de dissy¬
métrie. Nous aurons ainsi (fig. 4 et 5) :
Ma : partie antérieure de la pièce médiane ;
Mp : partie postérieure de la pièce médiane ;
Al : sclérite bordant la partie latérale de la mâchoire antérieure ;
As : sclérite bordant la partie axiale de la mâchoire antérieure ;
PI : sclérite bordant la partie latérale de la mâchoire postérieure ;
Ps : sclérite bordant la partie axiale de la mâchoire postérieure.
Chez les Diclidophoridae (fig. 5), il existe un sclérite médian dans la mâchoire pos¬
térieure. Nous le nommerons O. Les sclérites marginaux postérieurs sont subdivisés. Nous
aurons donc de chaque côté une pièce ventrale et une pièce dorsale. Nous désignerons
par Pli et Psi les parties dorsales, P12 et Ps2 les parties ventrales. Les pièces dorsales Pli
et Psi sont articulées respectivement sur Al et As.
Si nous considérons la ventouse des Choricotylinae comme une pince étalée de Dicli-
dophoridae nous pouvons, comme chez Aspinatrium gallieni, y distinguer une mâchoire
antérieure et une mâchoire postérieure. Nous décrirons les pinces d 'Orbocotyle marpla-
tensis en employant la nomenclature que nous venons de proposer (fig. 6).
25p
Fig. 6. — Orbocotyle marplatensis n. g., n. sp. : A, pince gauche en vue dorsale ; B, pince droite en vue
dorsale. La ventouse n’a pas été représentée. Le plan de symétrie du corps passe entre les deux pinces.
Légendes dans le texte.
282, 3
16
LOUIS EUZET ET DELIA MABEL SURIANO
Dans la mâchoire antérieure, la pièce M est courbée du côté distal vers l'axe du corps
et elle vient se souder par son extrémité à la pièce marginale As. Cette position pourrait
résulter de l’étalement de la pince. La pièce médiane, normalement en J, à convexité dor¬
sale, se couche de telle manière que la convexité est dirigée latéralement. Au niveau de
la charnière l’expansion postérieure des As vient s’accoler à l’élargissement axial de la
pièce médiane (Mp). Cet élargissement est d’ailleurs nettement dissymétrique, la partie
axiale étant plus développée que la latérale. M, Mp et As forment ainsi un anneau au centre
duquel la paroi de la pince différencie une ventouse musculaire. L’anneau avec la ventouse
sont donc toujours situés vers le plan médio-longitudinal du corps, c’est-à-dire dans le
quadrant antérieur droit pour les pinces du côté gauche, dans le quadrant antérieur gauche
pour les pinces du côté droit.
Du côté latéral le sclérite marginal Al marque le bord de la mâchoire, plié au niveau
de la charnière, et se termine au centre de la pince face à l’élargissement de Mp.
Dans la mâchoire postérieure les deux sclérites marginaux sont subdivisés. Nous avons
donc Psi et Ps2 du côté axial, Pli et P12 du côté latéral. L’extrémité dorsale de Psi et P12
est articulée respectivement sur As et Al au niveau de leur courbure.
Sur le plan de symétrie de la mâchoire postérieure on distingue un long sclérite O
articulé dans une encoche médiane de Mp. Il vient se terminer du côté distal entre les
extrémités de Ps2 et P12.
La surface des deux quadrants postérieurs, limités du côté axial par As, Psi, Ps2 et O,
et du côté latéral par Al, Pli, P12 et O, est marquée par des rides tégumentaires légère¬
ment sclérifîées. On distingue ainsi de chaque côté une douzaine de longues baguettes
perpendiculaires à O. Dans le triangle proximal entre As, Psi et la première baguette dor¬
sale du côté axial, et Al, Pli et la première baguette dorsale du côté latéral, il existe sept
ou huit courts bâtonnets perpendiculaires à la baguette, donc parallèles à O.
Anatomie
A la partie antérieure du corps, la bouche subterminale ventrale est entourée, surtout
sur la lèvre dorsale, par des cellules glandulaires. De chaque côté de la large cavité buccale
s’ouvre une ventouse ovoïde simple.
Le gros pharynx musculeux est situé entre les deux ventouses sur le plan médian.
Un ensemble important de fibres musculaires longitudinales vient s’attacher à la face dor¬
sale du pharynx. Celles de la partie médiane forment une nappe qui passe au-dessus de
l’œsophage et rejoint la musculature longitudinale sous-épidermique dorsale. Les fibres
latérales donnent un gros faisceau musculaire qui descend au centre du corps de part et
d’autre de l'œsophage puis des voies génitales. Le canal bucco-œsophagien n’est visible
que sur les coupes transversales au-dessous du pharynx.
L’œsophage, court, donne deux branches intestinales qui descendent de chaque côté
du corps. Il n’v a pas de véritables cæcums latéraux et axiaux mais seulement des élargis¬
sements plus ou moins marqués du diamètre des branches intestinales. Les deux branches
se rejoignent à la partie postérieure du corps où elles forment 8 diverticules s’étendant dans
le hapteur jusque dans le pédoncule des pinces (fig. 1).
Appareil génital mâle
Nous avons compté de 40 à 93 testicules (68 en moyenne) qui occupent entre les branches
ORBOCOTYLE MARPLATENSIS N. G., N. SP.
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Fig. 7. — Orbocotyle marplatensis n. g., n. sp. Détail de la disposition,
en vue ventrale, des voies génitales femelles.
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LOUIS EUZET ET DELIA MABEL SURIANO
intestinales les 3/5 de la partie postérieure du corps. Nous n’avons pas trouvé de différence
significative entre le nombre de testicules des parasites récoltés chez Prionotus nudigula
et chez P. punctatus. Chez P. nudigula, mis à part deux individus qui ont respectivement
40 et 42 testicules, nous avons calculé une moyenne de 73 testicules (57-90). Chez P. punc¬
tatus le nombre de testicules varie entre 70 et 93 avec une moyenne de 80.
Le canal déférent prend naissance entre les testicules sur la face ventrale, puis, en
suivant le plan médio-longitudinal, se dirige au centre du corps jusqu’au pore génital médian
qui s ouvre ventralement un peu en arrière du pharynx. Avant de déboucher dans l’atrium,
le canal déférent s’élargit et forme dorsalement une petite chambre musculeuse qui doit
jouer un rôle lors de la fécondation.
L’atrium génital forme un hémisphère à parois musculeuses épaisses dont l’ouverture
est marquée par un cercle de 11-12 épines caractéristiques. Leur hase noduleuse est enfoncée
dans la paroi atriale, la lame libre dans la lumière est courbée vers le dos. Cette lame pliée
en V se termine en pointe aiguë (fîg. 2).
Appareil génital femelle (fig. 7)
L’ovaire médian est situé entre les branches intestinales en avant des testicules. Il
débute sur le côté droit par une masse globuleuse, il s’amincit ensuite et dessine un large
demi-cercle qui l’amène dans la partie gauche du corps où il forme une anse postérieure.
La partie ascendante, qui va en s’élargissant, se termine dans la concavité du demi-cercle
antérieur. A ce niveau, l’ovaire se continue par un long oviducte musculeux qui croise
l'ovaire, puis descend sur le côté droit le long de la branche intestinale. En arrière de la
masse initiale de l’ovaire, l’oviducte reçoit le canal du réceptacle séminal. Celui-ci, profon¬
dément lobé, est logé sur le côté droit du corps entre l’ovaire et les testicules. Immédia¬
tement après le débouché du réceptacle séminal dans l’oviducte, se détache le canal génito-
intestinal. Ce canal remonte légèrement, croise l’oviducte entre l’ovaire et le réceptacle
séminal et se jette dans la branche droite de l’intestin. L’oviducte reçoit ensuite le vitello-
ducte médian. Les glandes vitellogènes latérales, qui débutent au niveau de l’atrium génital,
entourent sur tout leur trajet les branches digestives. Très développées en arrière des tes¬
ticules elles s’étendent dans le hapteur jusque dans le pédoncule des pinces. Les vitello-
ductes transverses se rejoignent sur la ligne médiane en avant de l'ovaire où ils forment
un réservoir vitellin plus ou moins développé. Le vitelloducte impair, parallèle à l’oviducte,
suit le côté droit du corps entre la branche intestinale et l’ovaire, puis passe entre celui-ci et
le réceptacle séminal. Élargi dans sa portion finale, il se jette, sur le plan médian, dans
l’oviducte. Celui-ci se continue sur le côté gauche par une anse postérieure dont la branche
ascendante, marquée à la base par le débouché des glandes de Mehlis, forme un ootype
en fuseau. De nombreuses cellules glandulaires, situées en arrière de l'anse ovarienne, vont
se jetter dans la paroi de cet ootype. L’utérus qui lui fait suite vers l’avant, presque rec¬
tiligne, suit le plan médio-sagittal pour déboucher ventralement dans la partie postérieure
de l’atrium génital. Les œufs fusiformes présentent un court prolongement antérieur et
un gros filament postérieur (fig. 3).
Développement
Les œufs pondus ont été placés dans de petites coupelles emplies d’eau de mer. A une
ORBOCOTYLE MARPLATENSIS N. G., N. SP.
19
température variant entre 18 et 20°C, l’éclosion a lieu entre le 11 e et le 14 e jour qui suit la
ponte. Un opercule se détache du côté du filament court.
La larve ciliée qui sort par l’ouverture operculaire est aplatie dorso-ventralement et
mesure 250 p environ de longueur et 70 p de largeur. Les cellules ciliées recouvrent les bords
latéraux du corps depuis la région antérieure jusqu’au hapteur. En arrière de ce hapteur
non cilié se trouve un cône postérieur entièrement couvert de cils (fig. 8).
Fig. 8-11. — Orbocotyle marplatensis n. g., n. sp. 8, Larve ciliée nageante. — 9, Crochet postérieur. —
10, Croclieton latéral. — 11, Disposition des protonéphridies et des canaux excréteurs larvaires.
LOUIS EUZET ET DELIA MABEL SURIANO
Le hapteur forme une cupule aplatie ouverte centralement. Il est armé d’une paire
de crochets postérieurs et de 5 paires de crochetons où nous pouvons distinguer une paire
postéro-latérale et quatre paires latérales.
Chaque crochet postérieur est composé par un manche de 15 p, environ de longueur
relié par un amincissement du sclérite à une lame en croc qui mesure 7 p de l’articulation
à l’extrémité de la pointe. Il n’v a pas de garde nette (lig. 9). Les crochetons en ogive sont
du type classique avec une lame de 7 p, une petite garde et un manche de 10 p environ
(fig. 10),
A la partie antérieure du corps il y a, de part et d’autre du pharynx médian, un paquet
de cellules glandulaires dont la sécrétion vient s’accumuler dans des amas apicaux. Le
produit sécrété sert à coller la larve au support.
Le pharynx se présente comme une sphère musculeuse, de 25 p environ de diamètre,
donnant accès à un intestin sacciforme qui occupe toute la partie médiane du corps en
avant du hapteur.
Le système excréteur, de type primitif, est symétrique avec de chaque côté du corps
4 protonéphridies (I céphalique, 1 pharyngienne, 1 pleurale, 1 haptoriale). Le canalicule
de la cellule flamme céphalique s’unit à celui de la cellule flamme pharyngienne pour donner
le collecteur antérieur cilié dirigé postérieurement. A l'arrière, le canalicule de la proto-
néphridie haptoriale s’unit à celui de la flamme pleurale et forme le collecteur postérieur,
lui aussi cilié mais dirigé vers l'avant. Les collecteurs postérieurs droit et gauche sont unis
en avant du hapteur par une anastomose transverse. Le collecteur antérieur et le posté¬
rieur se rejoignent un peu en arrière du pharynx et forment un tronc excréteur parfois
élargi en une sorte de vessie excrétrice. L’ouverture latérale est légèrement dorsale (fig. 11).
Ce système excréteur, dont la disposition peut être schématisée par la formule :
2 [(1 —)- 1 ) —|— (1 —|— 1)], est connu chez de nombreux Polyopisthoeotylea.
Cette larve ressemble énormément à celle décrite chez divers Diclidophoridae : Dicli-
dophora denticulata (Olsson, 1876) par Fanki.and, 1955 ; Diclidophora merlangi L., 1758,
par Llewellyn, 1957 ; Cyclocotyla bellones (Otto, 1821) par Euzet et Trilles, 1961. On
note en particulier la même armature du hapteur et l’absence de taches oculaires.
Discussion
En nous basant sur la disposition des sclériles des pinces, caractère qui nous paraît,
le plus important, nous plaçons l’espèce que nous venons de décrire dans la famille des
Diclidophoridae.
Les caractères invoqués par Yamaguti (1963) pour distinguer parmi les Diclidopho-
roidea les familles et les sous-familles, en particulier la présence d’une véritable ventouse
dans le quadrant antérieur interne, ne nous paraissent pas convaincants.
Nous préférons, en mettant à part les Pedoeotylinae dont le hapteur est très parti¬
culier, conserver la distinction de Piiice (19431 et Sproston f 1946) qui séparent parmi les
Diclidophoridae Fuhrmann, deux sous-familles :
— Diclidophorinae Cerfontaine, 1895, où les pinces fonctionnent en enserrant les
lamelles branchiales ;
— Chorieot ylinae Sproston, 1946 = Cyclocotylinae Price, 1943, où les pinces étalées
fonctionnent comme une ventouse.
ORBOCOTYLE MARPLATENSIS N. G., N. SP.
21
Il faut cependant souligner que ce caractère est parfois difficile à mettre en évidence
sur du matériel non fixé in situ, l’étalement des pinces étant plus ou moins prononcé.
Nous plaçons donc l’espèce trouvée sur Prionolus nudigula et P. punctatus parmi
les Choricotylinae. Dans cette sous-famille deux espèces sont actuellement décrites avec
un réceptacle séminal en arrière de l’ovaire. 11 s’agit de : Cyclobothrium sessile (Goto, 1894)
Cerfontaine, 1895 ; Choricotyle prionoti. (Mac Callum, 1917) Llewellvn, 1941.
Le genre Cyclobothrium Cerfontaine, 1895, est caractérisé par des pinces étalées, ses-
siles, et surtout par une anatomie avec des testicules préovariens. Nous ne pouvons donc
placer l’espèce décrite dans ce genre.
Choricotyle prionoti (Mac Callum, 1917) possède un réceptacle séminal en arrière de
l’ovaire et des testicules entièrement postovariens. Cette disposition particulière de l'ana¬
tomie nous permet de caractériser un nouveau genre que nous nous proposons de nommer
Orbocotyle. Ce genre se définit de la manière suivante :
Orbocotyle. — Diclidophoridae. Corps fusiforme. Hapteur formé de 8 pinces pédoncu-
lées étalées, avec squelette asymétrique. Languette terminale avec 4 crochets présents.
Branches intestinales unies postérieurement dans le hapteur. Testicules postovariens.
Ouverture mâle musculaire avec un cercle d’épines arquées à lame repliée en gouttière.
Ovaire intercæcal. Canal génito-intestinal court débouchant dans la branche droite de
l’intestin. Réceptacle séminal présent, situé en arrière de l’ovaire. Vagin absent. Vitello-
gènes latéraux très développés. Œufs fusiformes avec filament polaire. Larve ciliée avec
hapteur armé de deux crochets postérieurs et 10 crochetons. Parasite de Téléostéen marin.
Le genre contient seulement, outre l’espèce de l’Atlantique Sud, Orbocotyle prionoti
(Mac Callum, 1917) (type du genre).
Ce Polyopisthocotylea, trouvé sur les branchies de Prionotus carolinus , a été décrit
par Mac Callum en 1917 sous le nom de Diclidophora prionoti. Cette espèce a été placée
par Llewellyn (1941) dans le genre Choricotyle Van Beneden et Hesse (1863). Mais Price,
en 1943, en la redécrivant d’après le matériel de Mac Callum, la place dans le genre Cyclo-
cotyla Otto, 1823.
Les limites entre le genre Cyclocotyla et Choricotyle ne sont pas nettement tranchées.
La présence d’une vraie ventouse musculaire dans le quadrant antérieur axial (interne)
de la pince ne nous parait pas un caractère assez marqué pour séparer les deux genres.
En 1955, Hargis récolte sur les branchies de Prionotus scitulus des côtes de Floride
un Monogène qu’il considère comme identique à l’espèce de Mac Callum et qu’il nomme
Choricotyle prionoti. Il souligne cependant qu’une étude comparative basée sur un maté¬
riel important pourrait mettre en évidence des différences subspécifiques entre le parasite
de Prionotus carolinus décrit par Mac Callum et celui qu’il trouve chez Prionotus scitulus.
L’espèce que nous avons récoltée chez Prionotus nudigula et Prionotus punctatus sur
la côte atlantique de l’Argentine se différencie à'Orbocotyle prionoti par la taille plus impor¬
tante, par le nombre de testicules nettement plus élevé (68 en moyenne pour 21-32 chez
O. prionoti ) et par le réceptacle séminal lobé (ovale chez O. prionoti).
En outre, chez O. prionoti il n’est pas fait mention de glandes vitellogènes dans le
pédoncule des pinces alors qu’elles y sont visibles chez l’espèce que nous venons de décrire.
Mais ce caractère doit être revu sur un nombre plus important d YL prionoti.
Nous considérons donc le parasite de Prionotus nudigula et Prionotus punctatus comme
une espèce nouvelle que nous proposons de nommer Orbocotyle marplatensis n. g., n. sp.
22
LOUIS EUZET ET DELIA MABEL SURIANO
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975
Parasites de Poissons d’eau douce du Dahomey.
I. Espèces nouvelles du genre Heteronchocleidus (Monogenea),
parasites d’Anabantidae
par Louis Euzet et Christian Dossou *
Résumé. Heteronchocleidus ctenopomae Paperna, 1969, parasite de Ctenoporna kingsleyae,
est retrouvé chez cet Anabantidae et chez C. petherici dans le bassin de l’Ouémé (Dahomey). Des
précisions sont données sur le hapteur et sur l’anatomie de ce parasite. Trois nouvelles espèces,
Heteronchocleidus adjanohouni, II. luzetae et //. ouemensis, sont découvertes sur les branchies de
ces Poissons.
Abstract. — Heteronchocleidus ctenopomae Paperna, 1969, a parasite of Ctenoporna kings¬
leyae, was found again in this Anabantidae and also in C. petherici from the river-basin of the
Ouémé (Dahomey). Précisé details on the liaptor and the anatomy of this parasite are given.
Three new species, Heteronchocleidus adjanohouni, II. luzetae and II. ouemensis, were discovered
on the gills of these fishes.
Nous avons entrepris une étude systématique des Monogènes des Poissons du Daho¬
mey. Les premiers résultats de ces recherches portent sur les parasites branchiaux de deux
Poissons d’eau douce de la famille des Anabantidae : Ctenoporna kingsleyae Günther, 1864 ;
Ctenoporna petherici Günther, 1864.
L’étude de ces Monogènes nous a prouvé qu’ils appartiennent au genre Heteroncho¬
cleidus Bychowsky, 1957, et que plusieurs pouvaient être considérés comme des espèces
nouvelles.
Le genre Heteronchocleidus a été créé en 1957 par Bychowsky pour un Monogène
trouvé sur les branchies d’un Poisson d’aquarium, Macropodus opercularis (Anabantidae).
La description de l’espèce-type, H. buschkieli, est succinte mais le genre est caracté¬
risé par le hapteur, armé de 14 crochetons marginaux, de 3 crochets médians bien dévelop¬
pés et de 2 pièces transversales d’association. Le quatrième crochet médian est présent
mais reste de toute petite taille. Les pièces d’association sont disposées de telle sorte qu'elles
servent au jeu des trois grands crochets médians dans un système coordonné. L’anatomie
est à peine indiquée et correspond, d’après Bychowsky, à celle des Ancyrocephalinae.
Depuis, l’espèce a été retrouvée par Lucky (1958) sur le même hôte en aquarium.
En 1969, I. Paperna a décrit, dans le genre, une nouvelle espèce, Heteronchocleidus
ctenopomae, d’après trois individus récoltés sur les branchies d’un Anabantidae, Ctenoporna
kingsleyae, vivant dans les rivières du Ghana. Cette espèce se distingue d’//. buschkieli
* L. Euzet, Laboratoire de Parasitologie comparée, U.S.T.L., place E.-Bataillon, F 34060 Montpellier
Cédex.
C. Dossou, Laboratoire de Zoologie, Université du Dahomey, Cotonou, Dahomey.
ESPÈCES NOUVELLES DU GENRE HETERONCHOCLEIDUS
25
par la forme des grands crochets et des pièces transversales du hapteur et par la morpho¬
logie des organes copulateurs.
Nous avons retrouvé cette espèce au Dahomey sur les branchies de Ctenopoma kings-
leyae mais aussi sur celles de Ctenopoma petherici. Ces Poissons ont été capturés dans le
fleuve Ouémé, près de Porto Novo. Nous avons aussi récolté 3 autres espèces qui se diffé¬
rencient de celles déjà connues par la morphologie des grands crochets du hapteur et des
pièces copulatrices.
Heteronchocleidus ctenopomae Paperna, 1969
Hôtes : Ctenopoma kingsleyae Giinther, 1864.
Ctenopoma petherici Günther, 1864.
Habitat : branchies.
Localité : Bas-Ouémé (Sud Dahomey).
Matériel étudié : 50 individus sur le vivant ; 5 individus montés « in toto ».
Nos observations nous permettent de compléter la description originale de Paperna.
Morphologie
Ces petits Monogènes mesurent de 250 à 300 p de longueur et de 80 à 100 p de lar¬
geur. Le hapteur présente les 14 crochetons marginaux et les trois grands crochets carac¬
téristiques réunis par deux pièces transversales. Nous avons observé l’ébauche du quatrième
crochet médian comme chez Heteronchocleidus buschkieli (fig. 1).
Nous emploierons pour exprimer la taille des pièces sclérifiées les mensurations pro¬
posées par les Helminthologistes de Leningrad (fig. 2).
Nous avons ainsi :
a : distance de l’extrémité de la garde à la courbure de la lame ;
h : distance de l’encoche garde-manche à la courbure de la lame ;
c : longueur du manche de l’extrémité au niveau de l’encoche ;
d : longueur de la garde de l'extrémité au niveau de l’encoche;
e : longueur de la pointe de la courbure à l’extrémité ;
ld : longueur de la pièce transversale dorsale ;
lv : longueur de la pièce transversale ventrale.
La longueur du cirrc, celles des pièces accessoires et de la partie sclérifiée du vagin,
mesurée d’une extrémité à l’autre, sont données en p.
L’armature du hapteur est composée de deux crochets dorsaux unis par une barre
transversale dorsale. Le crochet ventral est situé à l’extrémité d’une barre tranSAersale
ventrale (fig. 1).
D’après nos observations nous trouvons toujours deux crochets (un dorsal et un ven¬
tral) à gauche et un crochet (dorsal) à droite. La pièce transversale ventrale vient s’arti¬
culer près de l’extrémité gauche de la dorsale. Le crochet abortif est le crochet ventral
droit.
Les crochets dorsaux ont une très longue lame courbée, présentant dans la partie
terminale une pointe amincie et coudée. Une légère sclérification en V est située un peu
26
LOUIS EUZET ET CHRISTIAN DOSSOU
avant le point d’inflexion qui marque la partie amincie de la pointe. Ces crochets dorsaux,
semblables (fîg. 6), ont les dimensions suivantes :
crochet dorsal droit : a = 45-46 p, b = 39-40 p, c = 4-5 p, d = 13-15 p, e = 13-15 p ;
crochet dorsal gauche : a = 45-47 p, b = 32-40 p, c = 4-5 p, d = 13-15 p, e = 13-15 p.
La morphologie du crochet ventral est identique à celle des dorsaux ; ses dimen¬
sions sont les suivantes :
crochet ventral gauche : a = 38-40 p, b = 35-37 p, c = 3-4 p, d = 10-12 p, e = 10-12 p.
Le crochet ventral droit abortif forme un élargissement triangulaire à une extrémité
(manche et garde). La lame coudée se termine en pointe aiguë. Ce crochet, toujours pré¬
sent, mesure de 9 à 12 p de longueur (fig. 6).
La barre transversale dorsale, étroite et arquée, présente un élargissement trapé-
zoïde un peu avant son extrémité gauche et une tête globuleuse à droite. Elle mesure 38
à 42 p de longueur (corde de l’arc) (fig. 6).
Fig. 6. — Heteronchocleidus ctenopomae Paperna, 1969. Crochets et pièces transversales du hapteur : Dg,
dorsal gauche ; Dd, dorsal droit ; Vg, ventral gauche ; Vd, ébauche du crochet ventral droit ; Td,
pièce transversale dorsale ; Tv, pièce transversale ventrale.
La pièce transversale ventrale légèrement courbée est élargie aux 2 extrémités. Une
petite protubérance marque le début de l’élargissement gauche. L’extrémité droite présente
une encoche ouverte du côté de la protubérance. Cette pièce mesure de 30 à 35 p de lon¬
gueur (fig. 6).
Les crochetons ont 12 p de longueur avec une lame de 4 p. Le manche de 8 p se termine
par un petit élargissement globuleux. L’ogive a plus de 8 p de longueur. La disposition
des crochetons est perturbée par la dissymétrie des grands crochets. Du côté droit on retrouve
5 crochetons latéraux. Il existe toujours un crocheton ventral, associé au crochet gauche
abortif, et un crocheton près du grand crochet droit ventral. Pour les autres crochetons,
la localisation dorsale ou ventrale est plus difficile à établir.
ESPÈCES NOUVELLES DU GENRE HETERONCHOCLEIDUS
27
Nous remarquons que, si la morphologie des pièces est identique, les dimensions que
nous avons observées ne correspondent pas à celles données par Paperna dans la descrip¬
tion originale.
Dans l’ignorance de la méthode employée par Paperna pour mesurer les crochets
nous avons pris les mensurations — telle que nous les avons définies — sur ses dessins.
Avec l’échelle indiquée nous obtenons :
crochet dorsal droit : a = 53 p, b = 43 p, c = 5 p, d = 17 p, e = 16 p ;
crochet dorsal gauche : a = 56 p, h = 50 p, c = 5 p, d = 16 p, e = 16 p ;
crochet ventral gauche : a = 48 p, b = 40 p, c = 5 p, d = 15 p, e = 15 p.
La barre transversale dorsale, très courbée, mesure 30 p et la ventrale 30 p, soit des
tailles supérieures à celles que nous avons trouvées.
L’échelle n’est pas indiquée pour les crochetons qui ont la morphologie de ceux de
notre matériel, en particulier avec une longue ogive. Mais la taille donnée, 20-25 p, est
très différente.
Anatomie
La bouche est subterminale ventrale. Elle donne accès par un petit canal à un pharynx
médian musculo-glandulaire. Ce pharynx en barillet mesure environ 30 p de longueur
et 20 p de diamètre. L’œsophage très court se divise en deux branches intestinales simples
qui descendent latéralement de chaque côté du corps et s’unissent postérieurement en
avant du hapteur (fig. 1).
Trois groupes de glandes céphaliques débouchent de chaque côté à l’extrémité anté¬
rieure.
Il y a 4 taches oculaires dorsales localisées un peu en avant du pharynx.
Appareil génital mâle
Le testicule, globuleux, est situé au niveau de l’anse intestinale à la partie postérieure
du corps.
Le canal déférent remonte sur le côté gauche. Parfois élargi dans sa moitié inférieure,
il forme une vésicule séminale antérieure. Celle-ci, par un étroit canal, débouche à la base
du cirre (fig. 1).
Le cirre est un long tube mince de 65-70 p de longueur qui, débutant par une ampoule
en forme de toupie, diminue ensuite régulièrement de diamètre. Recourbé il dessine un
tour de spire. L’extrémité libre, qui passe entre deux pièces accessoires sclérifiées, peut
faire saillie à l’extérieur.
Nos observations sur la morphologie des pièces ne correspond pas exactement à celles
de Paperna. Notre technique d’étude sur le vivant permet de donner une description
plus précise.
Il existe deux pièces. La première (30 p de longueur) est en forme de croc coudé à angle
droit. La hase noduleuse donne une expansion en spatule courbée qui se termine à l’inté¬
rieur du coude. Le cirre passe entre la spatule et la pointe. La seconde pièce (25 p de lon¬
gueur), légèrement courbée, est une lame terminée en pointe qui présente sur sa convexité
une petite encoche médiane. Elle est articulée sur la hase de la première pièce et son extré¬
mité aiguë forme, avec la pointe de cette dernière, une sorte de pince (fig. 3).
28
LOUIS EUZET ET CHRISTIAN DOSSOU
Deux réservoirs prostatiques, dont l’un est à contenu granuleux, débouchent avec
la vésicule séminale dans l’ampoule basale du cirre (lig. 1).
A ppareil génital femelle
L’ovaire, médian et ovoïde, est situé dans la moitié postérieure du corps, en avant
du testicule. L’oviducte, court, se dirige antérieurement. Le vagin tubulaire, à parois
légèrement sclérifiées sur 15 p,, s’ouvre latéralement sur le côté droit (fig. 4). 11 donne accès
dans un réceptacle séminal globuleux qui se jette par un canalicule dans l'oviduete. Celui-ci,
après l’arrivée du vitelloducte médian, forme un ootype entouré à la base par les glandes
de Meblis. Les œufs sont pondus un par un. L’utérus, très court, s’ouvre ventralement à
l’extérieur à côté du pore génital mâle. Les glandes vitellogènes latérales entourent, de
chaque côté, les branches digestives. Les vitelloductes transverses se détachent au niveau
du vagin et, sur le plan médian, forment le vitelloducte impair qui débouche dans l’oviduete
(fig- !)■
Les œufs subtétraédriques, qui mesurent 35 (z environ de côté, portent à l’un des som¬
mets un très court appendice élargi en bouton. L'opercule se détache au sommet opposé
à celui portant l’appendice (fig. 5).
Chez les Anabantidae du genre Ctenopoma nous avons aussi récolté trois autres espèces
qui ressemblent à Heteronchoeleidus ctenopomae par la forme et la disposition générale de
l’anatomie. Mais elles s’en distinguent par la taille et la morphologie des crochets du hapteur
et les pièces accessoires de l’organe génital mâle. Nous n’indiquerons, pour ces espèces,
que les caractères différentiels.
Heteronchocleidus adjanohouni n. sp.
Hôtes : Ctenopoma kingsleyae Güntlier, 1864.
Ctenopoma petherici Günther, 1864.
Habitat : branchies.
Localité : Bas-Ouémé (Sud Dahomey).
Matériel étudié : 50 individus vivants ; 6 individus montés « in toto ».
La taille des individus de cette espèce varie de 150 à 220 fz de longueur et de 50 à 60 (z
de largeur au niveau de l’ovaire. La disposition des crochets est semblable à celle que nous
avons déterminée chez H. ctenopomae, en particulier on trouve toujours le crochet ventral
droit sous forme d’une ébauche à base triangulaire et lame courte. Cette ébauche a 12 jz
environ de longueur.
La morphologie et la taille des autres crochets est caractéristique.
Crochet dorsal droit : La lame est régulièrement courbée avec une sclérification en V
dans la concavité. Cette sclérification, qui marque un coude à angle droit de la lame, est
la limite de la partie légèrement amincie. Le manche est presque inexistant et la garde
très élargie (fig. 7). Ce crochet mesure : a = 35-39 p., b = 32-35 (z, c = 3 fz, d = 7-10 p.,
e = 10-12 (z.
Crochet dorsal gauche : Sa morphologie ressemble à celle du crochet dorsal droit mais
ESPÈCES NOUVELLES DU GENRE HETERONCHOCLEIDUS
29
la garde est un peu plus longue et plus étroite (fig. 7). Il mesure : a = 32-35 p, b = 27-33 p,
c = 3 p, d = 7-9 p, e = 10-12 p.
Crochet ventral gauche : Il est plus petit que les dorsaux et possède une lame courbée.
La garde élargie est plus longue que le manche. Il mesure : a = 25-28 p, b = 23-26 p, c = 3 p,
d = 6-8 p, e = 10 p.
La pièce transversale dorsale, mince, légèrement courbée, est relativement longue
(28-33 p). L’extrémité droite présente un petit élargissement avant la pointe mousse ter¬
minale.
La pièce transversale ventrale (23 p de longueur) est subtriangulaire. Le côté droit
élargi qui forme la base du triangle a une extrémité en pointe aiguë et l’autre arrondie.
Au sommet opposé, marqué par une encoche subterminale, on trouve le crochet ventral
gauche (fig. 7).
Fig. 7-9. — Heteronchocleidus adjanohouni n. sp. 7, Crochets et pièces transversales du hapteur : Dg,
dorsal gauche ; t)d, dorsal droit ; Vg, ventral gauche ; Vd, ébauche du crochet ventral droit ; Td,
pièce transversale dorsale ; Tv, pièce transversale ventrale ; Cr I, crocheton de la première paire contre
l’ébauche du crochet ventral droit. — 8, Cirre et pièces génitales accessoires. — 9, Vagin.
Les 14 crochetons marginaux, à longue ogive, mesurent environ 12 p.
Le cirre forme un tube de 60 p de longueur. Il est élargi à la hase. L’extrémité libre,
passant par les deux pièces accessoires, peut faire saillie à l’extérieur (fig. 8).
La première pièce accessoire (24 p de longueur), courbée à angle droit, se termine en
pointe aiguë. La base élargie forme un épaississement extérieur, marqué par une nodosité,
où vient s’articuler la base de l’autre pièce. Vers l’intérieur de la courbure la base donne
deux expansions croisées à leurs extrémités et presque aussi longues que la pointe (fig. 8).
La seconde pièce (20 p de longueur) est en forme d’Y. L’extrémité du manche encochée
s’articule sur la nodosité basale de la première pièce. Une des branches courbées est presque
30
LOUIS EUZET ET CHRISTIAN DOSSOU
aussi longue que le manche. Elle se termine en pointe qui peut s’opposer en pince à celle
de la première pièce. L’autre branche plus courte est émoussée à son extrémité (fig. 8).
Le vagin s’ouvre sur le côté droit et sa paroi est légèrement sclérifiée sur 12 p de lon¬
gueur. L’ouverture est marquée par un élargissement dissymétrique de la sclérifîcation
(fig. 9).
Heteronchocleidus tuzetae n. sp.
Hôtes : Ctenoporna kingsleyae Günther, 1864.
Ctenopoma petherici Günther, 1864.
Habitat : branchies.
Localité : Bas-Ouénié (Sud Dahomey).
Matériel étudié : 25 individus vivants ; 2 individus montés « in toto ».
Les exemplaires étudiés mesurent entre 200 et 280 p de longueur sur 60 à 70 p de lar¬
geur. Cette espèce est caractérisée par le crochet dorsal droit à lame régulièrement courbée,
par les barres transversales massives et par la morphologie des pièces génitales.
Crochet dorsal droit : La lame d’abord rectiligne devient régulièrement plus courbée
et plus mince jusqu'à son extrémité où elle présente un petit fléchissement interne avant
de se terminer en pointe. Elle est marquée dans sa concavité et avant le fléchissement
par une petite sclérifîcation en V. A partir de cette dernière l’amincissement devient plus
net. Le manche est pratiquement inexistant et la garde relativement courte (fig. 10). Les
dimensions sont : a = 50-52 p, h = 46-48 p, c = 1 p, d = 1 p, e = 5 p.
Crochet dorsal gauche : De grande taille le crochet dorsal gauche a une morphologie
typique. Le manche court, tronqué, porte parfois une petite expansion interne (fig. 10).
Il mesure : a = 48-52 p, b = 46-48 p, c = 2-3 p, d = 8 p, e = 15-17 p.
Le crochet ventral droit, abortif, est toujours présent et mesure ici près de 15 p (fig. 10).
Crochet ventral gauche : Il présente le même aspect que le dorsal mais le manche arrondi
est plus rapproché de la garde (fig. 10). Ses dimensions sont : a = 46-48 p, b = 40-42 p,
c = 2-3 p, d = 8 p, e = 15-17 p.
La barre transversale dorsale est une lame massive, trapézoïde, de 27-30 p de lon¬
gueur. Elle forme du côté droit un élargissement marqué par des oncosités. L’extrémité
gauche est plus aiguë. Au niveau de la petite base du trapèze, s’articule la barre transver¬
sale ventrale (fig. 10).
Cette barre transversale ventrale est subtriangulaire, légèrement courbée ; la base
est déprimée en U avec une extrémité arrondie et l'autre aiguë. Elle mesure 23-26 p de
longueur (fig. 10).
Les crochetons, à ogive longue, mesurent 12 p.
Le cirre est un long tube de 70 p environ. A partir de la hase piriforme, il est d’abord
coudé à angle droit, puis forme un tour de spire. L’extrémité libre, taillée en biseau, joue
entre les pièces accessoires et peut sortir par le pore génital mâle (fig. 11).
Il y a deux pièces accessoires. La première grossièrement ovoïde mesure 25 p de lon¬
gueur. Les bords sont épaissis. Une extrémité représente le point d’articulation de la
deuxième pièce, tandis que l’autre extrémité est en pointe mousse. Un côté est régulière¬
ment incurvé, l’opposé porte 2 petites expansions latérales superposées, à pointe dirigée
ESPÈCES NOUVELLES DU GENRE HETERONCHOCLEIDUS
31
Fig. 10-12. — Heteronchocleidus tuzetae n. sp. 10, Crochets et pièces transversales du hapteur : Dg, dorsal
gauche ; Dd, dorsal droit ; Vg, ventral gauche ; Yd, ébauche du ventral droit ; Td, pièce transversale
dorsale ; Tv, pièce transversale ventrale ; Cr I, crocheton de la première paire contre l’ébauche du
crochet ventral droit. — 11, Cirre et pièces génitales accessoires. — 12, Vagin.
vers la base (fig. 11). La deuxième pièce (17 p de longueur) forme, ici encore, un Y à manche
articulé par son extrémité avec la première pièce. Les branches sont inégales, l'extrémité
acuminée de la plus longue peut s’opposer en pince aux 2 expansions latérales (fig. 11).
Le vagin tubulaire présente une partie sclérifiée toujours recourbée en faucille (fig. 12).
Ce caractère constant rend l’espèce facilement reconnaissable.
Heteronchocleidus ouemensis n. sp.
Hôtes : Ctenopoma kmgsleyae Günther, 1864.
Ctenopoma petherici Günther, 1864.
Habitat : branchies.
Localité : Bas-Ouémé (Sud Dahomey).
Matériel récolté : 30 individus vivants ; 5 individus montés « in toto ».
C’est la plus grande des 4 espèces observées. Les individus mesurent 260-320 p. de
longueur et 60-80 p. de largeur.
Le hapteur se caractérise par le crochet ventral gauche qui est plié à 45° à l’origine
de la lame.
32
LOUIS EUZET ET CHRISTIAN DOSSOU
L’ébauche du crochet ventral droit, toujours présent, nettement visible sur le vivant,
mesure 15 p environ (fig. 13).
La lame des crochets dorsaux a une morphologie légèrement différente. Cette lame
présente toujours une pointe amincie mais la courbure est plus fermée pour le crochet droit
que pour le crochet gauche.
Crochet dorsal droit : La lame est en continuité directe avec le manche. La garde, très
longue, est presque parallèle au manche (fig. 13). Ce crochet mesure : a = 50-55 p, h = 30-
35 p, c = 5-7 [jl, d = 17-18 p, e = 12-15 p.
Crochet dorsal gauche : La lame est courbée près de la jonction avec le manche. La
garde, longue, forme un U avec le manche (fig. 13). Ce crochet mesure : a = 40-45 p, b = 32-
37 p, c = 4-5 p., d = 12-15 p., e = 10-12 p..
Crochet ventral gauche : La lame et la garde élargies forment un angle aigu. Le manche
est très court. La lame pliée à 45° par rapport à la garde est coudée à son extrémité amincie
(fig. 13). Il mesure : a = 23-27 p, b = 23-27 p, c = 2-3 p, d = 6-8 p, e = 10-12 p.
La barre transversale dorsale longue (40-45 p) présente du côté droit une inflexion
de 90° au niveau d’un amincissement près de l’extrémité droite (fig. 13).
La barre transversale ventrale triangulaire mesure 20-25 p. Le sommet encoché se
trouve au niveau du crochet ventral gauche. La base opposée, près de la pièce transver¬
sale dorsale, a une large extrémité arrondie et l’autre aiguë (fig. 13).
Fig. 13-14. — Heteronchocleidus ouemensis n. sp. 13, Crochets et pièces transversales du liapteur : Dg,
dorsal gauche ; Dd, dorsal droit ; Vg, ventral gauche ; Vd, ébauche du ventral droit ; Td, pièce transver¬
sale dorsale ; Tv, pièce transversale ventrale ; Cr I, crocheton de la première paire contre l’ébauche du
crochet ventral droit. — 14, Cirre et pièces génitales accessoires.
ESPÈCES NOUVELLES DU GENRE HETERONCHOCLEIDUS
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Les crochetons tous semblables ont une longue ogive. Ils mesurent 12 p. de longueur.
Le cirre tubulaire, replié en un tour de spire, mesure 60 p. de longueur. Il débute par
un élargissement globuleux où débouchent la vésicule séminale et 2 réservoirs prostatiques.
L’extrémité amincie passe entre 2 pièces accessoires sclérifiées avant le pore génital au
niveau duquel il peut faire saillie à l’extérieur (fig. 14).
La morphologie des 2 pièces accessoires est relativement plus simple que chez les trois
autres espèces. L’une des pièces a la forme d’un marteau de 15 p dont le manche, légère¬
ment courbé, se termine en pointe. L’autre pièce, plus petite (11 p), s’articule sur la base
de la première. Elargie au niveau de l’articulation, elle se termine par une pointe qui s’oppose
en pince à la pointe de la première (fig. 14).
Le vagin latéral n’est pas sclérifié.
Discussion
Les 4 espèces que nous venons de décrire se distinguent nettement par les crochets
du hapteur et les pièces génitales mâles. Cependant, chez toutes, le hapteur fonctionne
selon le même plan et l'anatomie est identique dans sa disposition générale.
Les 4 espèces d’ Heteronchocleidus peuvent se trouver conjointement sur le même
Ctenopoma, mais leur abondance relative est variable et dépend des saisons. Dans l’ensemble,
il apparaît qu’ Heteronchocleidus ctenopomae et Heteronchocleidus ouemensis se trouvent le
plus souvent sur Ctenopoma petherici, Heteronchocleidus adjanohouni et Heteronchocleidus
tuzetae se rencontrent plus particulièrement sur Ctenopoma kingsleyae.
Il serait intéressant d’étudier le parasitisme de ces Anabantidae dans un milieu où
existe une seule espèce de Ctenopoma. Mais nous pouvons déjà penser que nous avons là
un nouvel exemple de la règle du parasitisme simultané par 2 espèces congénériques (Euzet,
1972). La présence de parasites appartenant à l’autre Poisson hôte résulte des conditions
écologiques.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 5 février 1974.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 282, janv.-févr. 1975,
Zoologie 192 : 23-34.
Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
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compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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