BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 284
JANVIER-FÉVRIER 1975
zoologie
194
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques —• Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
-— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1975
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
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Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Nurnber (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 284, janvier-février 1975, Zoologie 194
SOMMAIRE
Y. Boulard. — Etude morphologique des Coccidies (Adeleidea) Klossiella killicki
n. sp. chez des Microchiroptères africains et Klossiella tejerai Scorza, 1957, chez
un Marsupial sud-américain. 83
E. Rogier et I. Landau. — Description de Schellackia golvani n. sp. (Lankester-
ellidae), parasite de Lézards de Guadeloupe. 91
284 , 1
Étude morphologique des Coccidies (Adeleidea)
Klossiella killicki n. sp. chez des Microchiroptères africains
et Klossiella tejerai Scorza, 1957, chez un Marsupial sud-américain
par Yves Boulard *
Résumé. — 1. Description morphologique de Klossiella killicki n. sp., parasite de Micro-
chiroptères africains. Cette Coccidie possède deux types de schizontes rénaux (les uns glomérulaires,
petits, avec peu de schizozoïtes ; les autres dans le tubule, plus grands, à nombreux schizozoïtes).
La sporogonie aboutit à la formation d’oocystes renfermant 8 sporocystes à 20 sporozoïtes.
2. Description d’une schizogonie et redescription de la sporogonie de Klossiella tejerai Scorza,
1957, chez un Marmtsa cinerea demararae de Guyane.
Abstract. - 1. Description of Klossiella killicki n. sp. parasite of African Microchiropte-
rans. Two types of schizonts were found in the kidney (the first, glomerular, small with a low
number of schizozoïtes ; the second in the tubule, larger with many schizozoïtes). Sporogony
produces oocysts containing 8 sporocysts with each 20 sporozoïtes.
2. Description of a sehizogony and redescription of the sporogony of Klossiella tejerai Scorza,
1957, parasite of a Marmosa cinerea demararae from French Guyana.
De nombreux Microchiroptères ont été capturés par M. .1. P. Adam (centre ORSTOM-
Brazzaville) dans la grotte de Meva N’Zouari, située à 80 km de Brazzaville (République
du Congo). Quatre d’entre eux étaient parasités par une Coccidie du genre Klossiella :
il s’agissait d’un Hipposideros caffer (Sundewal, 1846) capturé en 1967, et de 3 Rhinolophes
pris en 1972. Par ailleurs, nous avons étudié les frottis par apposition et les coupes d'organes
prélevés par le Dr Killick-Kendrick (Impérial College, Ascot) à l’autopsie d’un Ilippo-
sideros caffer guineensis K. Andersen, 1906, provenant de la réserve de Kasewe (Sierra
Léone) en 1967. Il s’agit d’une espèce nouvelle, que nous nommons Klossiella killicki en
la dédiant au Dr Killick-Kendrick.
La gamétogonie et la sporogonie de Klossiella tejerai ont été décrites en 1957 par
Scorza chez un Didelphis marsupialis, capturé dans l’Etat de Guarico (Vénézuéla). En
effectuant l’autopsie d’un autre Marsupial sud-américain, Marmosa cinerea demararae
Thomas, 1905, capturé aux environs de Cayenne (Guyane française), nous avons retrouvé
cette Coccidie. Une tentative d’infestation d'une Souris blanche par ingestion de rein
de Marmosa ayant échoué, nous n’étudierons que la morphologie du parasite dans l’infec¬
tion naturelle et, en particulier, la schizogonie, jusqu’alors inconnue chez cette espèce.
Nous compléterons ici les descriptions de la gamétogonie et de la sporogonie faites par
Scorza.
75231
Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 43 rue Cuvier,
Paris Cédex 05.
284 , 2
84
YVES BOULARD
Klossiella killicki n. sp.
Nous décrirons cette Coccidie chez le Chiroptère de Sierra Léone en raison de la plus
grande abondance du parasite. La lame-type est déposée au Laboratoire de Zoologie (Vers),
Muséum d’LIistoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris, sous le n° P II, 240.
Schizogonie rénale
Deux types de schizontes ont été observés : les uns dans le glomérule, de petite taille,
avec peu de schizozoïtes ; les autres dans le tubule, plus grands, à nombreux schizozoïtes.
Dans la capsule de Bowman du glomérule (pl. I, 1), les schizontes mûrs sont arrondis
et mesurent sur coupe 9 p X 7,6 p en moyenne. Ils ne renferment qu’un petit corps rési¬
duel central, gris-bleu, rond, ayant 1,5 p de diamètre et une quinzaine de schizozoïtes.
Le schizozoïte mesure sur coupe 6 p X 1,5 p en moyenne, ses deux extrémités sont, arron¬
dies. Le cytoplasme est très clair. Le noyau, en position centrale, a un aspect caractéris¬
tique : il est composé d’une couronne de 3 ou 4 granules reliés par de fins filaments de chro¬
matine.
Le second type de schizontes est observé dans la portion contournée proximale du
tubule (pl. I, 2). Parasitant une cellule tubulaire, ils se développent en direction de la lumière
du tubule qu’ils obturent partiellement. A maturité, ils sont de forme triangulaire et mesurent
en moyenne 17 p X 15,5 p sur coupe. Ils renferment un important corps résiduel ovoïde
dont le diamètre peut atteindre jusqu’à 6 p et une centaine de schizozoïtes. Le schizonte
mûr est parcouru de travées cytoplasmiques, isolant chaque sporozoïte dans un espace
clair. Le schizozoïte mesure sur coupe 4,5 p X 2 p, ses extrémités sont arrondies. Le cyto¬
plasme granuleux entoure un noyau central composé de grains chromatiniens disposés en
une bande transversale.
Gamétogonie et sporogonie
Ces deux phases du cycle évoluent au niveau de l'anse de Henlé. Nous n’avons pu
détecter aucune différence morphologique permettant de distinguer le sexe des jeunes
gamétocytes.
Le gamétocyte femelle (pl. I, 3), sur frottis par apposition, peu avant la fécondation,
est légèrement ovoïde et mesure 10,8 p X 9 p en moyenne. Il est entouré d’une zone plus
ou moins large d’une substance se colorant en rouge vif. Le cytoplasme bleu du macro¬
gamétocyte renferme de 3 à 5 petites vacuoles rondes et quelques granules azurophiles.
Le noyau, d'une taille moyenne de 4,5 p, est formé d’une zone chromatinienne rose entourant
un nucléole rond, compact, homogène, d’un diamètre de 1,5 p.
Les étapes de l’évolution du microgamétocyte n’ont pas pu être suivies, mais des
gamètes $ ont été observés (pl. I, 4). Le microgamète est rond, d’un diamètre de 1,5 p.
Son noyau, très compact, est entouré d’une petite couronne de cytoplasme clair.
Dans le jeune oocyste, la division nucléaire débute par la séparation en deux du nucléole
(pl. I, 5), chaque fragment se plaçant à une extrémité de la zone chromatinienne. Le noyau-
ÉTUDE MORPHOLOGIQUE DES COCCIDIES (ADELEIDEA)
85
fils est composé d’un gros nucléole gris-bleu de 1,5 p de diamètre, entouré d’une chroma¬
tine diffuse rose pâle d’un diamètre de 5 p. La multiplication nucléaire aboutit à la formation
de 8 noyaux se disposant à la périphérie de l’oocyste. Au cours de la croissance de l’oocyste,
le nombre et la taille des vacuoles augmentent considérablement. Elles se réunissent pro¬
gressivement en un réseau vacuolaire délimitant ainsi des territoires cytoplasmiques uni-
nucléés, composant chacun un sporoblaste (pl. I, 6).
L’oocyste mûr, sur frottis par apposition, mesure 30 p X 23 p en moyenne et contient
de 6 à 10 sporocystes ovales, 8 étant le nombre le plus fréquemment observé.
Sur coupe, le jeune sporoblaste est ovale ou rond, limité par une fine membrane, sou¬
vent accolé aux autres sporoblastes. Le cytoplasme réticulé est très clair. Il renferme un
noyau à chromatine rose pâle, diffuse, dont le nucléole rond, homogène, gris-bleu, est bien
visible. Sur frottis par apposition, le noyau est composé d’une bande centrale transver¬
sale de chromatine rose, de 3 p de large, et d’un nucléole rond. Le cytoplasme bleu contient
une quinzaine de petites vacuoles rondes de 1,5 p de diamètre. Le sporocyste sur coupe
est entouré par un espace clair. Le cytoplasme bleu-violet est granuleux et très dense ;
il renferme de nombreux noyaux composés de 2 ou 3 granules rouge foncé de chromatine.
Le sporocyste mesure, sur frottis par apposition, 13 p X 6 p en moyenne (pl. 1, 7). Il contient
20 sporozoïtes et un corps résiduel ovoïde, homogène, se colorant en bleu. Le sporozoïte
est un élément allongé, aux extrémités arrondies, mesurant 7,5 p sur 3 p sur coupe. Son
cytoplasme bleu clair entoure un noyau central composé de plusieurs granules de chroma¬
tine disposés en couronne.
Klossiella killicki est le premier parasite du genre décrit chez des Microchiroptères.
Cette espèce est caractérisée par : 1) une double schizogonie rénale dont le stade gloméru¬
laire possède des noyaux particuliers par leur aspect en couronne ; 2) des oocystes qui ne
contiennent qu’un faible nombre de sporocystes (8), alors qu’il est de 12 à 16 pour K. mûris
Smith et Johnson, 1902, 30 pour K. cobayae Seidelin, 1914, 12 pour K. mabokensis Bou-
lard et Landau, 1971, 18 pour K. tejerai Scorza, 1957, 40 pour K. equi Baumann, 1946 ;
3) la forme ovale des sporocystes de K. killicki qui permet de la différencier des Klossiella
de Bongeurs ; 4) enfin, le nombre de sporozoïtes contenus dans la spore (20) qui est intermé¬
diaire entre celui de K. mûris et K. cobayae (30) et celui de K. equi (10).
Klossiella tejerai Scorza, 1957
Schizogonie rénale
Le rein renferme de nombreux schizontes accolés au bord interne de la capsule de
Bowman du glomérule qui n’est pas déformé, mais dont le contenu est simplement repoussé
par le parasite (pl. 1, 8).
Sur coupe, les schizontes sont ovalaires et ont une taille variant de 12 p. X 6 p jus¬
qu'à 30 p X 23 p pour les plus grands. Limité par une fine membrane, le cytoplasme est
homogène et contient des noyaux à chromatine granuleuse. Sur frottis par apposition,
3 schizontes mûrs ont été observés. Ils mesurent 47 p X 38 p, 46 p X 35 p, 42 p X 30 p
et contiennent respectivement 56, 54 et 40 schizozoïtes, disposés autour d’un corps résiduel
86
YVES BOULARD
central qui renferme la plupart des granules azurophiles (pl. I, 9). Le scliizozoïte mesure
sur frottis par apposition 14 p de long et 3 p en sa partie la plus large. Effilé à une extrémité,
il est arrondi du côté opposé. Le cytoplasme, bleu clair, contient quelques grains azuro¬
philes. Le noyau, rose et rond, renferme le plus souvent 2 grains chromatiniens rouge foncé ;
il est plus proche de l’extrémité pointue.
Gamétogonie
La gamétogenèse s’effectue dans les cellules de la portion contournée proximale du
tuhule. Sur coupe, les gamétocytes sont à l'intérieur d’une grande vacuole dans la cellule
parasitée. Cette dernière augmente de taille et fait progressivement saillie dans la lumière
du tuhule. Il ne se forme pas de pédicule, la cellule parasitée restant très largement en
contact avec la hasale du tuhule. Son noyau hypertrophié s’allonge, devenant moins chro¬
mophile que celui des cellules saines.
Le macrogamétocyte, rond ou légèrement ovalaire, sur frottis par apposition, a un
diamètre moyen de 12 p. Le cytoplasme, chromophile, se colore en bleu et renferme une
dizaine de petites vacuoles rondes, ainsi que de nombreux grains azurophiles. Le noyau
comprend un nucléole rond, compact, fortement coloré en bleu foncé, en position latérale
par rapport à une chromatine granuleuse rouge vif.
Le microgamétocyte est ovalaire, av ec des extrémités arrondies ; il mesure 9 p X 6 p.
Son cytoplasme, Irès clair, entoure un petit noyau formé d’un nucléoplasme rose pàIe et de
2 grains chromatiniens plus foncés. Le noyau se divise deux fois pour former 4 noyaux-
fils qui demeurent quelque temps rattachés à un corps résiduel (pl. f, 10). Le microgamé¬
tocyte donne naissance à 4 gamètes £ ronds, de 3 p de diamètre. Le noyau du gamète mâle,
compact, rouge foncé, est entouré d’une petite couronne de cytoplasme limitée par une
fine membrane ; il n’y a pas de flagelle.
Sporogonie
La sporogonie se localise principalement dans le tube contourné proximal, exception¬
nellement dans le glomérule, où l’on rencontre quelques rares oocystes mûrs. Nous n’avons
observé aucune sporogenèse au niveau de l’anse de llenlé.
Le jeune oocyste (au stade à 2 noyaux) est légèrement ovale, mesurant 7,6 p X 6 p
sur coupe. Il est contenu dans une grande vacuole de la cellule parasitée qu’il ne remplit
qu’à moitié. Son cytoplasme très clair renferme quelques petites vacuoles rondes. Les
noyaux sont formés d’un nucléole rond, bleu, en position latérale par rapport à une dizaine
de granules chromatiniens rouge foncé. Les divisions nucléaires s’effectuent de façon asyn¬
chrone : les noyaux-fils se répartissent d’ahord à la périphérie, puis, progressivement, dans
tout l’ensemble de l’oocyste. Autour de chaque ensemble nucléaire, une zone cytoplas¬
mique allongée, limitée par une fine membrane, s’individualise, formant ainsi le sporo-
blaste. Celui-ci, d’abord rattaché par un pédicule à une masse cytoplasmique résiduelle,
devient libre dans l’oocyste.
ÉTUDE MORPHOLOGIQUE DES COCCIDIES (ADELEIDEA)
87
L’oocyste mesure à maturité jusqu’à 80 p. X 40 p. sur coupe et contient de 16 à 22
sporocystes (22 étant le nombre le plus fréquemment observé).
Le sporocyste renferme de nombreux noyaux dont le nucléole encore visible chez les
plus jeunes stades disparaît ensuite, tandis que la chromatine, d’abord diffuse et granuleuse,
se concentre progressivement. Le sporocyste mesure 17 p. X 14 p. sur frottis par apposition
et 13,7 p X 9 p sur coupe. Il est limité par une fine membrane peu perméable au colorant,
qui ne se fixe bien que sur les noyaux des sporozoïtes. Le sporocyste contient entre 14 et
22 sporozoïtes (18 étant le nombre le plus fréquent) disposés en corolle autour d’un corps
résiduel. Le sporozoïte est un élément allongé, aux extrémités arrondies, mesurant 8 p X
15 p. Le cytoplasme, très clair, contient un noyau central rond, dans lequel se détachent
2 granules chromatiniens. Nous n’avons pas observé de cristalloïde.
En conclusion, nous avons pu compléter la description de Klossiella tejerai. Les varia¬
tions dans le nombre de sporocystes par oocyste (20 au lieu de 18 vus par Scorza) et de
sporozoïtes dans la spore (18 au lieu de 12) pourraient être dues au fait que nos observations
ont été effectuées sur frottis par apposition, ce qui rend les comptages plus faciles que sur
coupe. Nous n’avons pas trouvé d’atteinte de l’anse de Henlé comme le signale Scorza.
Par ailleurs, nous n’avons pu observer d’émission de globules polaires par le gamète femelle
et il nous paraît possible que le nucléole, bien visible et excentré du macrogamète, ait pu
être interprété comme ces formations. Enfin, l’évolution du microgamétocyte est conforme
à celle observée chez K. killicki, K. equi et K. mabokensis, où elle aboutit à la formation de
gamètes mâles ronds non llagellés.
KÉFÉRENCES BIBLIOGRAPH1QUES
Baumanx, R., 1946. — Klossiella equi, ein neuer Parasit der Pferdeniere. Wien. Tierarztl. Mschr.,
33 : 257-260.
Boulard, Y., 1973» *—■ Cycle biologique du Sporozoaire Klossiella mabokensis (Adeleidea) para¬
site de Muridés africains. Bull. Mus. natn. Hist. nat. Paris, 3 e sér., n° 135, Zool. 99 : 721-746.
Boulard, Y., et 1. Landau, 1971. — Note préliminaire sur la description et le cycle biologique
de Klossiella mabokensis n. sp., parasite de Muridés africains. C. r. hebd. Séanc. Acad. Sci.,
Paris, 273 , sér. D : 2271-2274.
Bray, R. S., et P. C. C. Garnham, 1962. — The giemsa-colophanium method for staining proto-
zoa in tissue sections. Indian J. Malar., 16 (2) : 153-155.
Scorza, J. Y., ,J. P. Torreai.ba, et C. Dagert, 1957. - Klossiella. tejerai nov. sp. y Sarcocystis didel-
phidis nov. sp., parasitos de Didelphis marsupialis de Venezuela. Acta biol. Venez., 2 : 97-108.
Skidelin, PL, 1914. - Klossiella sp. in the Kidney of a guinea pig. Ann. trop. Med. Parasit., 8 :
553-564.
Smith, T., et H. P. Johnson, 1902. — On a coccidium (Klossiella mûris) parasitic in the rénal
épithélium of the mouse. ,/. e.rp. Med., 6 : 303-316.
Manuscrit déposé le 8 mars 1974.
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YVES BOULARD
PLANCHE I
1 à 7. — Klossiella killicki.
1, Schizonte dans le glomérule (noter l’aspect en couronne des noyaux) (sur coupe). 2, Schizonte dans le
tubule (sur coupe). 3, Gamétocyte $ (sur apposition). 4, Gamète (J (flèche) (sur apposition). 5, l re divi¬
sion de l’oocyste (sur apposition). 6, Formation des sporocystes dans un oocyste à 8 noyaux (sur appo¬
sition). 7, Spores (sur apposition).
8 à 10. — Klossiella tejerai.
8, Schizonte glomérulaire (sur coupe). 9, Schizonte mûr (sur apposition). 10, Gamétogenèse <$ (sur apposi¬
tion) .
(G : X 800 pour toutes les photographies.)
Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
Description de Schellackia golvani n. sp. (Lankesterellidae),
parasite de Lézards de Guadeloupe 1
par Edith Rogier et Irène Landau *
Résumé. — Schellackia golvani n. sp. est décrite chez des Anolis marmoratus Duméril et
Bibron, de Guadeloupe. La schizogonie et la microgamogonie s’effectuent dans les cellules épithé¬
liales de l’intestin grêle, tout contre la bordure en brosse ; la sporogonie est sous-épithéliale ; les
sporozoïtes sanguins parasitent exclusivement les globules blancs et, ce qui est plus particulier,
les polynucléaires. Comme pour les autres Schellackia, et contrairement aux genres Lainsonia
et Lankesterella, il n’y a pas d’accumulation importante de sporozoïtes dans le système réticulo¬
endothélial des organes profonds.
Abstract. — Description of Schellackia golvani n. sp., a parasite of Anolis marmoratus Dum.
et Bib. from Guadeloupe. Schizogony and microgametogony evolve in the épithélial cells of
the small intestine just below the brush border ; the sporogony is sub-epithelial ; sporozoïtes enter
white cells particularly polymorphs. Similarly to the other Schellackia and unlike Lankesterella
and Lainsonia, there is no spécial accumulation of sporozoïtes in the reticulo-endothelial cells of
the viscera.
Au cours d’une mission effectuée en avril 1973 en Guadeloupe, cinquante-deux Anolis
marmoratus Dum. et Bib. provenant du lieu-dit « Prise d’Eau », proche de l’INRA, domaine
Duclos, Petit-Bourg, ont été capturés. L'examen de leurs frottis sanguins, effectués en partie
sur place et en partie au Muséum, a révélé que dix-huit animaux sur cinquante-deux avaient
des sporozoïtes d’un Lankesterellidae dans les globules blancs.
Des transmissions expérimentales ont été tentées en faisant ingérer du foie d ’Anolis
infecté à un Tropidurus torquatus et à deux Uromastix acanthinurus et par injection intra¬
péritonéale de sang infecté à des Anolis marmoratus, mais sans succès.
L’étude des formes tissulaires faite à partir d’infections naturelles nous a permis de
conclure qu’il s’agit d’une nouvelle Schellackia, que nous nommons Schellackia golvani
n. sp., en hommage au Pr Y. Golvan.
Matériel et méthodes
La schizogonie, la gamogonie et la sporogonie sont décrites chez VAnolis 773 LS qui
présentait en outre une infection à Eimeria sp. ; les sporozoïtes du sang ont été étudiés
chez VAnolis 1101 LS, qui par contre n’avait plus aucun stade tissulaire de parasites à
l’autopsie.
1. Travail effectué grâce à une subvention de l’Organisation mondiale de la Santé.
* Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 43, rue Cuvier,
75231, Paris Cédex 05.
92
EDITH ROGIER ET IRÈNE LANDAU
10, oocyste à 3 noyaux ; 11, oocyste mûr contenant 8 sporozoïtes ; 12, sporozoïte dans un polynucléaire ;
13, sporozoïte dans un mononucléaire.
Cr. : cristalloïde ; v. s. : vaisseau sanguin.
SCHELLACKIA GOLVANI N. SP.
93
La morphologie et la localisation des formes tissulaires de Schellackia golvani et d ’Eime-
ria sp. sont distinctes : S. gohani, parasite de très petite taille, se développe dans la partie
terminale de l’intestin grêle, alors qu 'Eimeria sp., beaucoup plus grande, évolue dans la
première moitié de l’intestin.
Les frottis par apposition et par écrasement d’organes, après séchage rapide à l’air,
ont été fixés par l’alcool méthylique et colorés par le Giemsa ; les organes ont été fixés
par le Carnoy et les coupes colorées par la méthode du Giemsa-colophane ; certaines coupes
ont été hydrolysées parl’acide chlorhydrique N à 60°C, puis colorées par le Giemsa-colophane.
Les coupes hydrolysées ont facilité l’étude des formes tissulaires : les noyaux des schizontes
ont pu être ainsi dénombrés et les jeunes gamétocytes mâles différenciés des schizontes
immatures.
Le matériel-type est constitué par 4 lames déposées au Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris, sous les n os P III 220 à 223.
Description
Tous les stades tissulaires siègent dans la paroi de la partie terminale de l’intestin
grêle. La schizogonie et la gamogonie mâle se déroulent à l’apex de la cellule épithéliale,
tout contre la bordure en brosse ; la gamogonie femelle et la sporogonie évoluent au niveau
de la membrane basale de l'épithélium. La dissémination du parasite durant la schizogo¬
nie se fait par passage de schizozoïtes dans la lumière intestinale.
1. Schizogonie (fig. I, 1 à 4)
Le schizozoïte, après pénétration, est allongé tout contre la bordure en brosse de la
cellule épithéliale hôte. Sur coupes, il mesure en moyenne 3,48 p sur 1,37 p (3,01 p-3,8 p X
1,53 p-2,28 p). Son cytoplasme se colore en bleu. Son noyau occupe une position centrale ;
il contient un gros nucléole prenant fortement le colorant ; après hydrolyse, le nucléole
a disparu et de petits grains de chromatine sont visibles dans le nucléoplasme.
Le schizonte, de forme ovoïde, est également allongé contre la bordure en brosse de
la cellule épithéliale, provoquant un léger élargissement de l’apex. Sur coupes, les plus
grands schizontes mesurent en moyenne 6,42 p sur 3,15 p (4,59 p-7,65 p X 3,06 p-4,59 p).
La membrane est peu visible. Le cytoplasme bleu est très finement vacuolisé. Le nombre
des noyaux ne dépasse pas quinze à vingt ; après hydrolyse, ceux-ci sont bien visibles,
formés d’un anneau de grains de chromatine au centre duquel l’espace vide correspond au
nucléole disparu. Quand les schizozoïtes sont formés (fig. II, 2), ils sont disposés en fais¬
ceaux ; ils ont une longueur moyenne de 3,2 p et leur noyau central est plus compact qu’au
stade précédant l’individualisation.
Sur appositions, les rares schizontes observés sont plus étalés, ont des limites peu
marquées, ce qui permet de les différencier des oocystes dont la membrane est très nette.
Leur diamètre est compris entre 3,3 p et 6,9, p. Leur cytoplasme est bleu, très finement
vacuolisé. Les noyaux ont des grains de chromatine disposés soit sur une aire arrondie,
soit en anneau.
94
EDITH ROGIER ET IRENE LANDAU
2. Gamogonie (fîg. I, 5 à 8)
Le macrogamétocyte, sur coupes, est au niveau de la membrane basale, tout contre
l’épithélium intestinal. 11 est rond, sans membrane bien nette ; son diamètre moyen est
de 3,2 p.. Son cytoplasme a une teinte bleu clair. Son noyau est peu dense.
Le microgamétocyte mûr, sur coupes, occupe toute la largeur du pôle apical de la
cellule épithéliale qui subit une légère déformation. Il est de forme arrondie ou ovalaire
et mesure en moyenne 5,35 p. X 3,51 p (4,59 p-7,65 p X 3,06 p-4,59 p). Sa membrane est
mince. En son centre, se trouve un corps résiduel qui se colore très fortement en bleu-noir
et mesure en moyenne 3 p X 1,53 p ; ce dernier est entouré de nombreux microgamètes
en forme de filament avec une extrémité en tête d’épingle.
- 1, sporozoïte : a, dans un monocyste ; b, dans un polynucléaire (frottis sanguin) ; 2, schizonte
(coupe histologique) ; 3, oocystes immatures dans le sous-épithélium intestinal (coupe liistolo-
e hydrolvsée) ; 4, oocvste immature (frottis par apposition d’intestin).
1,3: x‘ 1 200 ; 2, 4 x 1 600.
SCHELLACKIA GOLVANI N. SP.
95
Après hydrolyse, le corps résiduel disparaît et les noyaux des microgamètes sont plus
nets. Les microgamétocytes immatures se distinguent alors des sehizontes par leurs noyaux
en virgule épaisse disposés en périphérie du corps résiduel.
A maturité, le microgamétocyte se rompt et un flux de microgamètes se déverse vers
la base de la cellule épithéliale.
3. Sporogonie (fig. I, 9 à 11)
a — L’oocyste
L’oocyste, sur coupes (fig. II, 3), est situé comme le macrogamétocyte sous l’épithé¬
lium intestinal. Sa forme est ronde et la membrane qui l’entoure est épaisse. Uninucléé,
son diamètre moyen est de 5,57 p (4,59 p à 6,12 p) ; son cytoplasme est bleu foncé et son
noyau volumineux. Plurinucléé, son diamètre est de 5,73 p (4,59 p à 6,12 p). Au cours
de la maturation, le cytoplasme conserve sa teinte bleu foncé, se vacuolise ; des cristal¬
loïdes bleu très clair deviennent visibles. Noyaux et vacuoles se disposent régulièrement
dans l’oocyste et des fissures apparaissent, délimitant chaque futur sporozoïte. L’oocyste
mûr contient huit sporozoïtes au cytoplasme devenu très pâle et au noyau dense.
Sur apposition (fig. II, 4), les oocystes très nettement délimités par leur membrane
ont un diamètre moyen de 7,25 p. Le cytoplasme, bleu, contient des cristalloïdes ronds,
bleu clair, et des noyaux très diffus.
b — Les sporozoïtes (fig. I, 12 et 13)
Les sporozoïtes sanguins (fig. II, 1) parasitent tous les globules blancs du sang (lym¬
phocytes, monocytes et surtout polynucléaires) sans les déformer. Le polyparasitisme est
fréquent dans les infections importantes.
Le sporozoïte est droit ou incurvé dans une loge cellulaire de même taille que lui,
8,25 p x 3,28 p (7,65 p-10,71 p X 3,06 p-3,81 p), quand l’infection sanguine est récente
(773 LS), plus grande quand elle est ancienne (1101 LS). Il n’y a pas d’enveloppe visible.
L’extrémité la plus proche du noyau est plus elfilée que l’autre. Lorsque l’infection sanguine
est récente, le cytoplasme contient de fines granulations roses, surtout groupées autour du
cristalloïde, alors qu’en cas d'infection ancienne, seule l’extrémité la plus éloignée du noyau
contient de petits grains azurophiles. Le noyau situé au tiers de la longueur est formé de
petits granules de chromatine plus ou moins distincts, alignés en bandes transversales,
qui parfois n’occupent pas toute la largeur du sporozoïte ; le cristalloïde bleu très pâle,
accolé au noyau, atteint une taille maximale de 1,53 p.
Enfin, aucune accumulation de sporozoïtes n’a été trouvée dans le foie, la rate, le rein,
le cerveau, le poumon.
Place systématique
Schellackia golvani n. sp. est proche des trois autres Schellackia dont les formes de
multiplication tissulaire sont connues : — Schellackia bolivari Reichenow, 1919, parasite
d’ Acanthodactylus vulgaris et Psammodromus hispanicus, Lézards d’Espagne; — Schellac¬
kia occidentalis Bonorris et Bail, 1955, parasite de Sceloporus occidentalis becki, Utastans-
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EDITH ROGIER ET IRÈNE LANDAU
buriana hispenis et Sceloporus occidentalis biseriatus, Lézards de Californie ; — Schellackia
brygooi Landau, 1973, parasite d ’Oplurus sebae et Oplurus cyclurus, Lézards malgaches.
Schellackia golvani diffère de ces trois espèces : a) par le siège très superficiel des schi-
zontes et des microgamétocytes à l’apex de la cellule épithéliale de l’intestin, accolés à la
bordure en brosse ; b) par la plus petite taille de tous les stades de division tissulaire : par
exemple l’oocyste de S. golvani mesure en coupe 5,73 jjl, celui de S. occidentalis 10 p. et
celui de S. brygooi 8,3 p ; c) par l’invasion des polynucléaires du sang par les sporozoïtes,
qui n’a jamais été signalée chez un Lankesterellidae.
Par ailleurs : a) le sporozoïte de S. golvani a un seul cristalloïde comme celui de S. bry¬
gooi, alors que celui de S. bolivari en a deux, et celui de S. occidentalis n’en a pas ; b) les
schizontes de S. golvani, S. occidentalis et 5. bolivari ont moins de vingt mérozoïtes, alors
que ceux de S. brygooi en ont de vingt à quarante.
Di SCUSSION
L’absence d’accumulation de sporozoïtes de S. golvani dans les cellules réticulo-endo¬
théliales des organes profonds nous a incitées à comparer l’espèce, à ce point de vue, avec
différents autres Lankesterellidae. Nous avons pu disposer de lames de collection de S.
brygooi Landau, 1973, S. balli Le Bail et Landau, 1974, parasite de Bufo marinus de Guyane,
Lainsonia iguanae Landau, 1973, Lainsonia legeri Landau, Lainson et Shaw, 1974, et
Lankesterella sp. Landau, 1973, parasite de Rana esculenta de Corse.
Il apparaît que les genres se multipliant dans tout le système réticulo-endothélial
(.Lankesterella et Lainsonia) sont aussi ceux pour lesquels l’accumulation de sporozoïtes
en diapause dans les macrophages des organes profonds est la pins importante ; Mansouh
et Mohammed l’avaient observée pour Lankesterella bufonis, 1962, parasite de Bufo regu-
laris. Par contre, le genre Schellackia, dont la multiplication tissulaire est limitée à l’épithé¬
lium et au sous-épithélium intestinaux, a rarement des sporozoïtes dans les cellules autres
que celles du sang : chez S. bolivari, S. occidentalis, S. golvani, les sporozoïtes ne sont pré¬
sents que dans les cellules sanguines ; toutefois, chez S. brygooi ils sont signalés en nombre
limité dans les macrophages du foie et de la rate, et chez S. balli en très grand nombre dans
la sous-muq ueuse intestinale.
OUVRAGES CONSULTÉS
Bonorris, J. S., et G. H. Ball, 1955. — Schellackia occidentalis n. sp., a Blood-inhabiting Cocci-
dian found iu Lizards in Southern California. J. Protozool., 2 : 31-34.
Landau, I., 1973. — Diversité des mécanismes assurant la pérennité de l’infection chez les Spo-
rozoaires coccidiomorphes. Mém. Mus. nain. Ilist. rial., Paris, sér. A, Zool., 77, 62 p.
Landau, I., R. Lainson, Y. Boulard et J. J. Shaw, 1974. Transmission au laboratoire et des¬
cription de l’Hémogrégarine Lainsonia legeri n. sp., Lankesterellidae parasite de Lézards
brésiliens. Annls Parasit., 49 : 253-263.
Le Bail, O., et I. Landau, 1974. — Description et cycle biologique expérimental de Schellackia
balli n. sp., Lankesterellidae, parasite de Crapauds de Guyane. Annls Parasit., 49 : 663-
668 .
SCHELLACKIA GOLVANI N. SP.
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Mansour, N. S., et A. H. H. Mohammed, 1962. — Lankesterella bufonis n. sp. parasitizing toads
Bufo regularis Reuss in Egypt. J. Protozool., 9 : 243-248.
Reichenov, E., 1919. — Der Entwicklungsgang der Hàmococcidien Karyolysus und Schellackia
nov. gen. Sber Ges. naturf. Freunde Berl., n° 10 : 440-447.
Manuscrit déposé le 22 février 1974.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 284, janv.-févr. 1975,
Zoologie 194 : 91-97.
Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
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compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront scion les modèles suivants :
Bauciiot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
* auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Al us. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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