BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
197
N° 287 JANVIER-FÉVRIER 1975
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon,
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la :l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1974
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Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
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Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 287, janvier-février 1975, Zoologie 197
Actinies bathyales et abyssales de l’océan Atlantique nord
Familles des Hormathiidae (genres Paracalliactis et Phelliaciis)
et des Actinostolidae (genres Actinoscyphia et Sicyonis )
par Dominique Doumenc *
Résumé. - Cette première note sur les Actinies bathyales et abyssales de l’océan Atlantique
nord étudie 10 espèces appartenant à 4 genres. Deux sont nouvelles pour la Science. Un système
de clés tabulaires est proposé pour la présentation des diagnoses.
Abstract. — This lirst note on abyssal and bathyal Actiniaria from north Atlantic océan
studies 10 species. Two are new for Science. A tabular key System is proposed for diagnosis
présentation.
Introduction
La faune actiniologique profonde de l’océan Atlantique nord commença à être étu¬
diée après les premières missions du navire océanographique « Challenger » dans la seconde
moitié du xix e siècle. Les précurseurs furent : H. N. Moseley, D. C. Danielssen, A. E. Ver-
ril, les frères O. et R. Hertwig, J. P. Mac Murrich. Ce dernier, travaillant sur les acti¬
nies récoltées par « l’Albatross » (1893), fit quelques remarques intéressantes sur leur bio¬
logie et leur répartition. Marion (1882) étudia les échantillons du « Travailleur » et du
« Talisman » récoltés dans le golfe de Gascogne et Gravier ceux des missions organisées
par le Prince de Monaco dans la région des Açores. Tous ces auteurs ont abordé l’étude
des actinies des grands fonds d’un point de vue purement systématique et cela souvent
sur des échantillons mal conservés. C’est au Danois O. Carlgren que l’on doit les premières
études globales, celui-ci ne se contentant pas de décrire les espèces, mais les situant dans
leur contexte géographique. Il étudia un grand nombre d’espèces récoltées par diverses
missions suédoises et danoises (« Michael Sars North atlantic deep sea expédition 1910 »,
« The Godthaab Expédition 1928 », etc.) et, reprenant certaines descriptions antérieures,
traça les premières cartes de répartition par espèce. Lors de son compte rendu sur la « Swe-
dish deep sea expédition » en 1956, Carlgren donne pour la répartition bathymétrique
les résultats globaux suivants :
de 3 000 à 4 000 m : 14 espèces appartenant à 10 genres,
de 4 000 à 5 000 m : 10 espèces appartenant à 9 genres,
de 5 000 à 5 300 m : 6 espèces appartenant à 5 genres.
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’Histoire naturelle,
57, rue Cuvier, 75005 Paris.
287, 1
158
DOMINIQUE DOUMENC
Les espèces décrites depuis portent ce nombre à une quarantaine, s’échelonnant entre
3 000 et 5 300 m. Sur ce nombre, une vingtaine paraissent être exclusivement liées au
domaine abyssal. Entre 1 000 m et 3 000 m, le nombre d’espèces est nettement plus élevé
(une centaine). De toutes les données recueillies jusqu’à présent, il apparaît que la plaine
abyssale de l’Atlantique nord peut être divisée grossièrement en deux zones quant à la
répartition bathymétrique des actinies. Dans la première zone, située entre les lignes de
sonde 2 000 et 3 500 m, abondent les actinies de la famille des Actinostolidae. Dans la
deuxième, entre 3 500 m et 5 300 m, la très grande majorité des espèces appartient aux
familles des Sagartiidae, mais surtout des Hormathiidae. Cette constatation repose sur des
diagnoses douteuses effectuées sur des échantillons mal préservés ou très contractés, pro¬
venant de stations éparses au hasard des missions. Elle ne pouvait être qu’une hypothèse
jusqu’à ce qu’on reprenne le problème rationnellement d’un point de vue écologique. Ceci
peut actuellement être fait grâce aux nouvelles missions océanographiques organisées par
le Centre Océanologique de Bretagne (Noratlante 1969, Biogas 1972-1973) et le Muséum
national d’Histoire naturelle (Biaçores 1971). Ces missions permettent d’ahorder la répar¬
tition bathymétrique en raison de la systématisation des stations dans une même région,
de la localisation assez exacte des points de prélèvement et de la connaissance de la super¬
ficie balayée par les engins (méthode dite au « Pinger »).
Nous étudions dans cette première partie 10 espèces appartenant aux familles des
Actinostolidae et des Hormathiidae et nous reprenons tous les caractères véritablement
spécifiques, généricjues et familiaux. Afin de faciliter la diagnose en vue d’une étude quan¬
titative ultérieure, ces caractères sont mis en ordre dans des clés tabulaires selon une tech¬
nique dérivée de celle de Newell (1970).
Intérêt, usage et construction des clés tabulaires
Les clés tabulaires permettent de préciser les caractères valables et ceux qui le sont
moins (parce que trop variables), mais encore elles facilitent la recherche des affinités de
certains groupes d’actinies entre eux. Leur construction a été effectuée à partir d’obser¬
vations personnelles, mais aussi grâce aux descriptions de T. A. Stephenson et de O. Carl-
gren. Elles se présentent par niveaux ; le premier sert à définir les familles, le second les
genres, le troisième les espèces. La première clé ou « clé générale » (clé 1) définit les familles
par 7 caractères fondamentaux (cf. annexe 1). Chaque combinaison de caractères est, à
son tour, codée par un nombre : 1,00 pour la première famille, 2,00 pour la deuxième... 13,00
pour la treizième... 35,00 pour la trente-cinquième et dernière famille. Chaque famille est
elle-même l’objet d’une clé permettant la définition des genres par un nombre variable
de caractères (de 5 à 8 dans la majorité des cas). La combinaison des caractères génériques
est alors codée 0,01 pour le premier genre, 0,02 pour le deuxième genre, etc. ; par addition
de ce nombre à celui caractérisant la famille, on rappelle dans chaque genre les caractères
liés à celle-ci. Prenons comme exemple la famille des Hormathiidae. Dans la clé 1, elle est
codée 25,00. Le genre Paracallinctis , dans la KG 1 25,00, est lui-même codé par le nombre 0,04,
1. KG = clé générique.
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
159
Tous les caractères utilisés pour définir le genre Paracalliactis sont donc résumés par le
nombre 25,04 (25,00 + 0,04). La clé KG 25,04 permet alors d’arriver au niveau de l’espèce.
Dans notre étude, chaque échantillon déterminé est examiné avec soin et tous les
caractères de l’espèce sont repris, redécrits lorsque nécessaire et comparés à ceux des espèces
voisines. Les caractères utilisables sont alors indiqués à la fin de chaque description. Lorsque
le nombre d’espèce ayant plusieurs caractères communs est sulfisant, les caractères géné¬
riques sont alors vérifiés et modifiés s’il y a lieu. Le principal intérêt de cette méthodologie
est de faciliter l’utilisation des clés et de présenter clairement les diagnoses. Dans certains
cas, on peut juger de la variabilité admissible dans une même espèce (variations géogra¬
phiques possibles lorsque deux échantillons ne diffèrent que par un ou deux caractères
secondaires). Enfin, cette disposition en clé tabulaire des caractères évite une hiérarchisa¬
tion trop poussée de ceux-ci et permet de mettre en évidence des particularités anatomiques
remarquables au premier examen, mais peu utilisables jusqu’ici car placées trop loin dans
la clé dichotomique.
Restent enfin en suspens les problèmes relatifs au cnidome. Les recherches actuelles
reposant sur une analyse approfondie des nématocystes sont encore trop partielles pour
être intégrées d’une manière elficace dans les diagnoses, sauf dans certains cas ou il est
considéré comme un caractère systématique prédominant (cnidome des aconties au niveau
des familles, par exemple). Nous nous contentons, dans un premier temps, de noter les
types et les mesures des nématocystes ainsi que Ta fait Carlgren dans les 4 ou 5 parties
fondamentales de l’actinie : tentacules, actinopharynx, filaments mésentériques, aconties,
colonne (s’il y a lieu). Nous n’utilisons la taille des nématocystes qu’avec une grande pru¬
dence, sachant combien celle-ci est variable selon le mode de fixation des échantillons.
La terminologie utilisée pour la détermination des nématocystes est celle introduite
par Weill (1934) ; elle a été abrégée dans les descriptions par souci de simplification.
« Basitriches » englobe les nématocystes stomocnides, haplonèmes, isorhizes basitriches ;
« Microbasiques b ou p-mastigophores », les nématocystes stomocnides, hétéronèmes rhab-
doïdes, microbasiques b ou p-mastigophores.
Pour la définition des termes de morphologie générale, se rapporter à Doumenc (1974).
Méthodes d’observation et techniques d’étude
L’utilisation des clés tabulaires exige une certaine méthodologie dans l’observation
des structures. Après anesthésie au menthol, les actinies sont fixées au formol neutre salé
(5 %) ou au liquide de Bouin pendant au moins 3 jours. Elles sont ensuite plongées dans
l’alcool à 70° et conservées dans celui-ci.
La dissection se fait après observation de la morphologie générale de l’actinie (il est
alors utile de la photographier), de la sole pédieuse, du disque oral et de la colonne. Elle
a pour but le prélèvement d’un morceau de l’actinie permettant à la fois l’observation du
sphincter oral et celle des mésentères (disposition, musculature, etc.), sans pour autant
sacrifier totalement ['échantillon (surtout lorsque celui-ci est unique). Le prélèvement est
effectué à partir de deux demi-sections longitudinales allant du bord de la colonne au milieu
de l’actinopharynx, faisant entre elles un angle approximatif de 60° et d’une section par-
287 , 2
160
DOMINIQUE DOUMENC
tielle transversale qui isole le morceau recherché. L’observation du sphincter oral et des
mésentères peut souvent être effectuée directement à la loupe binoculaire, après coloration
in toto du morceau prélevé (glychemalun-picro-indigo-carmin) ou, ce qui est préférable,
sur des coupes effectuées après inclusion en paraffine. Le cnidome est étudié sur des pré¬
parations de tissus écrasés entre lames et lamelles rendues permanentes par montage dans
une résine neutre (après la déshydratation habituelle).
Famille des HORMATHIIDAE
La famille des Hormathiidae, créée par Carlgren en 1925, est très homogène. Elle
regroupe 15 genres ayant en commun les caractéristiques suivantes :
1 •— La présence d’un disque pédieux. D
2 — Le muscle rétracteur du disque oral est mésogléen. M
3 — Des aconties sont présentes, elles ne sont riches qu’en nématocystes basitriches. . . . Ab
4 — Les tentacules sont régulièrement disposés en cycles alternants. Rc
5 — La colonne est épaisse ; la mésoglée apparente est nue ou recouverte de papilles ou de nodo¬
sités . 2p ou N
6 —■ Les mésentères ne sont pas divisibles en macrocnèmes et microcnèmes. O
7 -— Le disque oral est ou n’est pas bilobé. 1 ou 0
Tous ces caractères sont résumés parle nombre 25,00 dans la KG 1 . La clé 25,00 (K 25,00)
regroupe donc tous les genres ayant en commun les caractères :
D M Ab Rc (2p) (N) O 1 ou 0 Hormathiidae Carlgren, 1925
Les clés 1 et 25,00 sont données à la fin de cette note en annexes 1 et 2.
Genre PARACALLIACTIS Carlgren, 1928
Hormathiidae dont la colonne est divisible en scapus lisse (ou orné dans sa partie
supérieure d’une couronne de tubercules plus ou moins développée) et en scapulus de taille
réduite mais profondément sillonné. Le scapus est quelquefois recouvert d’une fine cuti¬
cule, mais la mésoglée y est souvent à nu. La sole pédieuse peut se projeter autour de l’ori¬
fice de la coquille sur laquelle elle est attachée. Une épaisse cuticule sécrétée par la sole
pédieuse dépasse souvent les contours de l’orifice de la coquille et augmente ainsi largement
les dimensions de la dernière spire. Cette disposition est liée à la présence d’un pagure. Les
tentacules disposés en cycles alternants sont fins et souvent allongés. Les aconties, fines
également, sont très longues. Les mésentères sont en même nombre au niveau de la marge
et au niveau du limbus.
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
161
Paracalliactis stephensoni Carlgren, 1928
(Fig. 1 ; carte 1)
1. Morphologie externe
Taille : les individus les plus étalés sur la coquille qui les porte peuvent atteindre
une longueur (diamètre maximum) de 3 cm. La hauteur, variable selon le degré de contrac¬
tion, est souvent de l’ordre du demi-centimètre.
Fig. 1. — Paracalliactis stephensoni Carlgren, 1928 (x 2).
Deux aspects de la même espèce.
162
DOMINIQUE DOUMENC
Colonne : d’aspect conique à l’état contracté (ce qui est le cas de la plupart des spéci¬
mens), la colonne est bien difïérenciée en un scapus et un scapulus. Relativement fin à la
périphérie de la sole pédieuse, le scapus est d’autant plus épaissi que l’on remonte vers
le disque oral. A la limite du scapulus, une couronne de tubercules est souvent perceptible.
Le scapulus est profondément strié longitudinalement (24 sillons).
Sole pédieuse : la sole pédieuse s’enroule autour de la coquille porteuse en agrandis¬
sant quelque peu la loge du pagure. Le pied sécrète une cuticule chitinoïde non striée et
de faible épaisseur.
Couleur : le scapus est jaune pâle, rose chair ou blanc, sauf dans la région basale où
il est translucide (les mésentères sont alors visibles par transparence). Il est rose foncé,
presque rouge à la limite entre scapus et scapulus. Le scapulus est, dans la plupart des cas,
rose foncé.
2. Morphologie interne
Organisation générale : les mésentères, dont le nombre est constant du haut en bas
de l’actinie, sont régulièrement arrangés malgré la forme particulière de l’actinie. Les
mésentères parfaits, au nombre de 12, sont disposés en six couples dont les deux correspon¬
dant aux siphonoglyphes sont directeurs.
M usculature
Le sphincter oral est alvéolé, divisible en deux zones bien distinctes. Du côté intérieur,
les alvéoles sont allongées, de grande taille, séparées par des tractus mésogléens relative¬
ment larges perpendiculairement au grand axe de l’actinie. Extérieurement, les alvéoles
sont plus petites et arrondies. Limité dans la zone supérieure du scapus, il s’interrompt
brusquement. Sa position est mésogléale.
Les muscles rétracteurs sont bien développés, diffus, pennés. Leur position est endo-
dermale.
Les muscles pariétobasilaires sont assez bien développés et symétriques. Leur position
est endodermale.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont bien développés, disposés sur des replis
mésogléens. Leur position est ectodermale.
3. Cnioome
Tentacules :
22-26 p x 2,5-3,5 p basitriehes
Actinopharynx :
24-32 p X 3,4-4,5 p microbasiques p-mastigophores
14-15 p X 1,6-2,5 p basitriehes
28-32 p X 1,7-3,5 p basitriehes
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
163
Mésentères (tractus cnidoglandulaires) :
25-30 jx X 2,5-3 (j. microbasiques p-mastigophores
Aconties :
31-35 p. X 3-3,5 p basitriches
14-17 p X 1,7 p basitriches
4. Reproduction
Les échantillons étudiés histologiquement sont tous femelles. Les ovocytes, bien déve¬
loppés, sont disposés en quinconce dans la mésoglée des mésentères non parfaits.
5. Discussion
P. stephensoni est, selon Carlgren (1928), très proche de P. oaldiviae. Ces deux espèces,
dont les caractères morphologiques principaux (notamment l’importance de la couronne
de tubercules au sommet du scapus) présentent une certaine variabilité, ne diffèrent véri¬
tablement l’une de l’autre que par la plus grande taille des nématocystes chez P. stephensoni.
Elles vivent en symbiose avec des pagures différents : Parapagurus bicristatus et Para-
pagurus andersoni dans le cas de P. valdiviae, Parapagurus pilosimanus et Parapagurus
nudus dans le cas de P. stephensoni. Ce caractère est probablement lié aux différences consi¬
dérables de la zone de peuplement de chaque espèce : P. valdiviae appartient à l’étage bathyal
tandis que P. stephensoni est purement abyssale.
6. Distribution géographique
51°22'N-12°41'W. 1 976 m : 10 ex.
Biaçores st. 179 : 38 o 05'N-25 o 46'W. 1 590-1 665 m : 7 ex.
Biaçores st. 252 : 45°35'N-08°47'W. 2 550-2 700 m : 30 ex.
Noratlante B1 : 55°07'N-15°U'W. 2 215 m
55°10'N-15°09'W. 2 233 m : 15 ex.
Paracalliactis michaelsarsi Carlgren, 1928
(Fig. 2 ; carte 1)
1. Morphologie externe
Taille : avec 5 cm d’envergure pour la sole pédieuse et 3 cm de hauteur pour la
colonne, cette espèce se place parmi les plus grandes actinies du genre Paracalliactis.
Colonne : la colonne, largement déformée par la symbiose avec un pagure, a une
silhouette caractéristique. Le disque oral, par rapport à la coquille support, est indiffé¬
remment en position ventrale ou dorsale. Le scapus est nu, plissé latéralement dans sa zone
supérieure, chaque pli étant quelquefois accentué par des excroissances très réduites. Le
scapulus est profondément sillonné.
Sole pédieuse : la sole pédieuse entoure presque totalement la coquille. Cette dernière
164
DOMINIQUE DOUMENC
Carte 1. —■ Distribution des Actiniaria du genre Paracalliactis dans l’océan Atlantique nord.
a. P. stephensoni ; • P. michaelsarni ; ■ P. azorica.
n’est, en effet, visible que très partiellement. Le limbus entoure l’orifice de la coquille, l’agran¬
dit considérablement, mais ne fusionne pas totalement lorsqu’il se replie à l’intérieur de
la cavité qu’il délimite (replis sur la face inférieure de la coquille). La sole pédieuse sécrète
une cuticule chitinoïde avec des stries disposées perpendiculairement à l’axe de la coquille,
stries espacées de 1 mm.
Couleur : le scapus chez certains spécimens est brun pâle, chez d’autres il est rose chair.
Dans ce dernier cas, les tentacules sont rose foncé, presque rouges. La sécrétion chitinoïde
de la sole pédieuse est marron foncé.
2. Morphologie interne
Organisation générale : le nombre des mésentères est constant du haut en bas de l’acti-
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L ATLANTIQUE NORD
165
Fig. 2. — Paracalliactis michaelsarsi Carlgren, 1928 ( X 2).
Noter le replis pédieux (flèches).
nie. Les mésentères parfaits, au nombre de 12, sont disposés en six couples donUdeux sont
directeurs.
Musculature
Le sphincter oral est alvéolé, les alvéoles sont de petite taille. Sa position est mésogléale.
Les muscles rétracteurs sont bien développés, pennés. Leur position est endodermale.
166
DOMINIQUE DOUMENC
Les muscles pariétobasilaires sont assez bien développés et symétriques. Leur posi¬
tion est endodermale.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont bien développés, disposés sur des replis
mésogléens. Leur position est endodermale.
3. Cnidome
Tentacules :
25-35 p. X 1,7-3,5 p basitriches
Actinopbarynx :
25-30 p X 3,5-4 p basitriches
Mésentères (tractus cnidoglandulaires) :
30- 40 p X 4-6 p basitriches
35-37 p X 5,1 p microbasiques p-mastigophores
78-98 p X 9-11 p microbasiques p-mastigophores
Aeonties :
31- 35 p X 4-5 p basitriches
4. Reproduction
Dans les échantillons étudiés, les sexes sont séparés. Les ovocytes, de grande taille,
sont très nombreux dans le même mésentère. Seuls les mésentères des 2 e et 3 e cycles sont
fertiles.
5. Discussion
P. michaelsarsi est une actinie remarquable par sa grande taille et son aspect général
qui ne laisse aucun doute quant à son association avec un pagure. Ce fait est d’autant plus
remarquable que la plupart des échantillons récoltés l’ont été sans leur pagure. On peut
expliquer ce fait par la facilité avec laquelle les pagures quittent leur hôte lorsque les condi¬
tions extérieures l’exigent (exiguïté de leur loge, asphyxie lors de la remontée dans l’engin
de prélèvement, effets de la pression, etc.). L’enroulement du pied de l’actinie autour
de la coquille support est important, mais insuffisant pour la couvrir totalement. La forme
du pied, au niveau où la coquille est visible, est caractéristique (fig. 2). Le cnidome et les
dessins de la sécrétion chitinoïde de la sole pédieuse (stries espacées de 1 mm environ)
séparent également cette espèce des autres Paracalliactis.
6. Distribution géographique
Michael Sars Expédition : 45°26'N-9°20'W. 4 700 m
Noratlante B4 : 52°06 , N-45°33'W. 4 166 m
52°04'N-45°35'W. 4 452 m
Biaçores st. 249 : 45°50'N-17°32'W. 4 620 m
4 690 m
167
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
ParacaLliactis azorica n. sp.
(Fig. 3 ; carte 1)
1. Morphologie externe
Taille : de taille réduite, P. azorica ne mesure que 1,5 cm dans sa plus grande largeur.
La hauteur du disque oral au-dessus de la coquille porteuse ne dépasse guère 1 ou 2 mm.
Colonne : largement déformée par la symbiose avec un pagure, la colonne englobe
totalement la coquille support. Le disque oral est toujours situé en position ventrale (sous
la bouche du pagure). Le scapus est nu, épaissi dans sa zone supérieure, plus fin au-dessous,
dans sa partie médiane où l’insertion des mésentères est visible. Le scapulus, très réduit et
fortement introversé dans tous les échantillons, est finement strié longitudinalement.
Sole pédieuse : la sole pédieuse entoure totalement la coquille et agrandit considéra¬
blement la dernière spire. Les bords du limbus fusionnent de telle manière que la sole pédieuse
forme un petit cône situé à proximité du disque oral. Une sécrétion chitinoïde borde exté¬
rieurement l’ectoderme du pied et est rattachée à la mésoglée par des ponts en forme d’ancres
caractéristiques (fig. 4). Cette sécrétion chitinoïde est striée perpendiculairement à l’axe
de la coquille porteuse ; ces stries sont séparées de 0,1 mm environ.
Couleur : le scapus est brun clair ou légèrement rosé, sauf dans sa partie médiane où
il est translucide. La sécrétion chitinoïde du pied est jaune clair, les stries brunes.
Fig. 3. — Paraealliactis azorica n. sp. (X 2).
Noter la présence d’un cône pédieux (flèche).
2. Morphologie interne
Organisation générale : les mésentères sont disposés en 5 cycles, régulièrement ; 12 par-
287 , 3
168
DOMINIQUE DOUMENC
faits sont disposés en 6 couples, dont deux sont en rapport avec des siphonoglyphes et
forment les couples directeurs.
M usculature
Le sphincter oral est alvéolé, stratifié horizontalement. Sa position est mésogléale.
Les muscles rétracteurs sont pennés, diffus. Leur position est endodermale.
Les muscles pariétobasilaires sont faibles. Leur position est endodermale.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont bien développés sur des replis méso-
gléens. Leur position est endodermale.
3. Cnidome
Tentacules :
26-34 p X 4-4,2 p, basitriches
17 X 4 p X 2-3 p basitriches
Mésentères (tractus cnidoglandulaires) :
12 p X 2 p basitriches
35 p X 3-4 p microbasiques p-mastigophores
23- 27 p X 4,2-5 p microbasiques p-mastigophores
Actinopharynx :
10-13 p X 2-3,5 p basitriches
Aconties :
24- 30 p X 4,5-6 p basitriches
4. Reproduction
Espèce hermaphrodite, les gonades mâles et femelles sont situées dans les mêmes
mésentères. Seuls ceux des derniers cycles (les plus jeunes) sont fertiles.
5. Discussion
P. azorica est une espèce plus petite que P. michaelsarsi. Son caractère le plus net,
sans équivalent chez les autres espèces d’actinies, est la formation d’un cône pédieux à
partir de la soudure complète des replis de la sole pédieuse. P. azorica se distingue égale¬
ment des autres Paracalliactis par la striation de la sécrétion chitinoïde de la sole pédieuse
(stries espacées de 0,1 mm) et le mode de sustentation de celle-ci : l’ectoderme pédieux
n’est pas écrasé par la sécrétion chitinoïde grâce à des ponts chitineux en forme d’ancre,
issus de prolongements mésogléens (fig. 4). P. azorica est donc une espèce remarquable
à beaucoup de points de vue ; elle justifie pleinement la création d’une nouvelle espèce.
6. Distribution géographique
Biaçores st. 202 : 37°26'N-25°00'W. 2 900 m : 9 ex.
» st. 221 : 36°59'N-24°30'W. 3 200-3 800 m : 1 ex.
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
169
Fig. 4. —• Paracalliactis azorica n. sp.
ECT : ectoderme ; MES : mésoglée ; s : sécrétion chitinoïde de la sole pédieuse ; a : ancrage.
Conclusions sur le genre Paracalliactis et clé 25,04
Le genre Paracalliactis regroupe un certain nombre d’actinies vivant en symbiose avec
des pagures. L’actinie et le pagure sont généralement séparés par une coquille de gasté-
ropode mais, dans la plupart des cas, le gîte du pagure est largement agrandi par la sole
pédieuse de l’actinie qui se projette au-delà de l’ouverture de la coquille support. Cette
association provoque une transformation assez profonde de la forme générale de l’acti¬
nie (D).
Ce phénomène n’est pas uniquement lié au genre Paracalliactis puisqu’on le retrouve
dans les genres Isadamsia Carlgren (famille des Actiniidae), Adamsia Forbes, et Calliactis
Verrill (famille des Horinathiidae). Mais alors que ces derniers englobent des espèces situées
dans le domaine littoral, celles du genre Paracalliactis sont composées d’espèces à répar¬
tition bathymétrique abyssale et ne se rencontrent guère en deçà de 2 000 m ; elles sont
par contre assez largement distribuées entre 2 000 et 4 700 m.
Ce genre, assez homogène, diffère du genre Adamsia Forbes par l’absence de cinclides (O).
Les tentacules coniques n’ont pas d’épaississements mésogléens sur leur base (O). Il y a
le même nombre de mésentères au niveau du disque oral qu’au niveau de la base ( + )■ Les -
170
DOMINIQUE DOUMENC
mésentères parfaits sont au nombre de 12 (12). La base est pourvue d’une sécrétion chi-
tinoïde importante ; le scapulus est sillonné (S) contrairement à celui des espèces du genre
Calliactis Verrill.
En se reportant au tableau de la clé 25,00, le genre Parncalliactis est défini par les
6 caractères :
3 O O T 12 s S Paracalliactis Carlgren, 1928
Ces données sont résumées par les nombres 25,00 (caractères familiaux = famille des
Hormathiidae) et 0,04 (caractères génériques = genre Paracalliactis) (voir annexes 1 et 2).
La KG 25,04 sera alors construite sur 3 groupes de caractères (plus un, celui du cni-
dome, particulier à chaque espèce).
1 — Degré d’enroulement de la sole pédieuse autour de la coquille porteuse :
. 1 — faible ou peu apparent,
. 2 — important, il permet l’agrandissement de la loge du pagure mais la coquille reste appa¬
rente près de son ouverture,
, 3 — total, la sole pédieuse fusionne et forme un cône pédieux proche du cône buccal.
2 — Striation de la sécrétion chitinoïde de la sole pédieuse :
. 0 — non striée,
. 1 — stries espacées de 0,1 mm environ,
. 2 — stries espacées de 1 mm environ.
3 — Couronne de tubercules :
. 0 — pas apparente ou absente,
. 1 — plus ou moins différenciée mais apparente.
4 — Cnidome :
. particulier à chaque espèce.
D’où le tableau KG 25,04 (le cnidome particulier à chaque espèce n’a pas été indiqué) :
1
2
3
Espèces
Remarques
1 ou 2
0
1
P. stephensoni
Les deux espèces indi¬
P. valdiviae
quées sont probablement
les mêmes.
2
2
0
P. michaelsarsi
3
1
0
P. azorica
Ancrages caractéristiques
de la sécrétion chitinoïde
pédieuse.
2
p
0
P. involvens
Genre PHELLIACTIS Simon, 1892
Syn. : Chondrodactis Wasiliefî, 1908.
Hormathiidae de grande taille au corps asymétrique. Le disque oral, non strié perpen¬
diculairement au grand axe de l’actinie, est large et forme souvent deux lobes de taille
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
171
inégale. La colonne est dépourvue de cinclides. Les tentacules, nombreux (plus de 100),
sont fortement épaissis à la base de leur face aborale. Le scapus est tuberculé et recouvert
d’une cuticule plus ou moins épaisse. Les mésentères parfaits, formant 6 à 8 couples, sont
stériles ; les mésentères sont plus nombreux au niveau du limbus qu’au niveau de la marge.
Phelliactis hertwigi Simon, 1892
(PL I ; carte 2)
Syn. : Chondrodactis duplicata Stephenson, 1918.
1. Morphologie externe
Taille : l’échantillon de la station Biaçores 254 mesure 3 cm dans sa plus grande hau¬
teur et 2 cm de diamètre. Celui de la station Biaçores 66, 5 cm de haut et 4 cm de diamètre.
Disque oral : il comprend un grand nombre de tentacules (plus de 100), tous fortement
épaissis à la hase, sur leur face aborale. Cet épaississement est dû à un fort accroissement
dans l’épaisseur de la mésoglée.
Colonne : elle est divisible en scapus et scapidus. Le scapus, dans les deux échantil¬
lons étudiés, est parsemé dans sa zone distale (proche du disque oral) de nodosités de faible
taille, ayant une certaine tendance à l’alignement. A la limite supérieure du scapus, ces
nodosités deviennent nettement plus développées, surtout dans la zone située au-dessous
du disque oral, lorsque l’actinie est introversée (étant donnée sa position latérale sur la
colonne). A la base du scapus, les nodosités s’estompent jusqu’à disparaître totalement
au niveau du limbus. Quelques restes d’une fine cuticule couverte de sédiment recouvrent
la partie basse de la colonne.
Sole pédieuse : le disque pédieux remonte dans la colonne et prend la forme d’une demi-
sphère, ce qui lui permet l’insertion de sédiments et de débris divers. Cette demi-sphère
de lestage n’est pas sans rappeler celle rencontrée dans le genre Actinauge.
Couleur : dans les deux échantillons le scapus est blanc laiteux, la cuticule brun foncé
et le disque oral jaune saumon.
2. Morphologie interne
Organisation générale : à l’intérieur de la colonne, les mésentères sont disposés en 4 ou
5 cycles. Les mésentères parfaits sont au nombre de 14 dont 12 disposés en 6 couples et
2 non couplés, arrangés symétriquement sur les deux faces des paires de mésentères direc¬
teurs.
M usculature
Le sphincter oral est fort, bien développé, alvéolé. Sa position est mésogléale.
Les muscles radiaires du disque oral sont bien développés dans les exocœles, peu
développés dans les endocœles. Leur position est ectodermale.
Les muscles rétracteurs sont faibles, pennés, diffus. Leur position est endodermale.
172
DOMINIQUE DOUMENC
Les muscles pariétobasilaires sont bien développés. Leur position est endodermale.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont bien développés, sauf au niveau des
nodosités. Leur position est ectodermale.
3. Cnidome
Tentacules :
30-44 p, X
70-80 p x
Actinopharynx :
35- 50 p X
30-40 p x
Mésentères (tractus
30-37 p X
24-31 p X
Aconties :
36- 45 p X
14-20 p X
3 p basitriclies
10 p spirocystes
2-3 p basitriches
4-5 p microbasiques p-mastigophores
cnidoglandulaires) :
3 p basitriches
3 p microbasiques p-mastigophores
3 p basitriches
2 p basitriches
4. Reproduction
Les gonades sont portées sur le 4 e cycle de mésentères spécialisés à cet effet (absence
de muscle rétracteur). De grande taille, elles sont femelles dans tous les cas étudiés.
5. Discussion
La dissymétrie profonde de la colonne, accentuée par la taille inégale des tubercules
coronaux de la partie distale du scapus, plus développés au-dessus du disque oral qu’en
dessous, la présence de deux mésentères parfaits surnuméraires aux six couples des deux
premiers cycles, permettent la distinction aisée de cette espèce.
L’analogie de Phelliactis hertwigi avec Chondrodactis duplicata est probable, étant
donnée la description de Stepiienson (1918) et l'image latérale qu’il en donne. Line meil¬
leure image est cependant donnée par Carlgren lors de sa description des espèces récol¬
tées par la Michael-Sars expédition (1928).
6. Distribution géographique
Atlantique nord
52° 7'N-11°58'W. 337 fathoms : 1 ex.
51°54'N-11°57'W. 411 fathoms : 3 ex.
51°46'N-12°14'W. 550-800 fathoms : 1 ex.
50°37'N-11°32'W. 250-542 fathoms : 6 ex.
49°38'N-11°35'W. 923 m : 10 ex.
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
173
Carte 2. — Distribution des Actiniaria du genre Phelliactis dans l’océan Atlantique nord.
■ P. robusta ; • P. hertwigi ; -A. P. incerta ; * P. carlgreni.
28° 8'N-13°25'W. 1 365 m : 3 ex.
59°28'N- 8° l'W. 1 000-1 300 m : 1 ex.
Biaçores st. 254 : 47°44'N- 8°05'W. 1 050 m : 1 ex.
Biaçores st. 66 : 38°34'N-28°19'5W. 1 260-1 290 m : 1 ex.
Phelliactis robusta Carlgren, 1928
(PI. I ; carte 2)
1. Morphologie externe
Taille ; le plus grand échantillon a une hauteur de 14 cm et un diamètre de 10 cm ;
le plus petit : 8 cm de hauteur et 6 cm de diamètre.
174
DOMINIQUE DOUMENC
Disque oral : ainsi que dans le cas de Phelliactis hertwigi, mais d’une manière moins
marquée, le disque oral n’est pas situé dans l’axe de l’actinie. Les tentacules, très petits,
dépassent 150 en nombre.
Colonne : la colonne, très épaisse, est recouverte d’une cuticule fine, largement des-
quamée. Le scapus, nu au niveau du limbus, est recouvert de nodosités irrégulièrement
disposées, de taille et de forme diverses. La plupart, de grande taille (de l’ordre du demi-
centimètre cube), ont la forme d’un parallélépipède plus ou moins régulier, surmonté d’une
excroissance hémisphérique. Vers la base du scapus, les nodosités disparaissent progressi¬
vement pour ne laisser la place qu’à des plissements horizontaux de la mésoglée. Le sca-
pulus est strié longitudinalement et comprend quelques tubercules.
Sole pédieuse : le disque pédieux, large et robuste, permet l’enserrage de roches ou de
sédiments (cf. Phelliactis hertwigi).
Couleur : la cuticule du scapus a une couleur jaune orangé. Lorsque celle-ci est des-
quamée, la mésoglée apparaît blanche. Le disque oral, les tentacules, le pharynx, les mésen¬
tères sont rose saumon.
2. Morphologie interne
Organisation générale : les mésentères sont disposés en 5 cycles, le dernier étant, la
plupart du temps, incomplet. Les mésentères parfaits sont au nombre de 12, disposés en
6 couples, dont 2 sont des couples directeurs (muscles rétracteurs en opposition). Les sipho-
noglyphes sont larges et striés longitudinalement.
Musculature
Le sphincter oral n’est, pas très développé, alvéolé, les alvéoles étant séparées par une
forte couche de mésoglée ; sa forme diminue graduellement.
Les muscles radiaires du disque oral sont bien développés dans les exocœles et peu
développés dans les endocœles ; mais cette différence est moins marquée que chez P. hert¬
wigi. Leur position est méso-ectodermale.
Les muscles rétracteurs sont plus forts dans la zone supérieure que dans la zone basale
des mésentères. Ils sont pennés, diffus. Leur position est endodermale.
Les muscles pariétobasilaires sont bien développés. Leur position est endodermale.
Parmi les muscles tentaculaires, les muscles longitudinaux sont plus forts à la base des
tentacules du côté oral que du côté aboral. Leur position est ectodermale.
3. Cnidome
Tentacules :
36-47,6 (54) p X 3-3,5 p basitriches
61-68 p X 5,5-10 p spirocystes
Actinopharynx :
26-40 p X 2-3 p basitriches
35,7-37,4 p X 5 p microbasiques p-mastigopores
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NOKD
175
Filaments mésentériques (tractus
17-21 [i x 2 [i
22-29 [x x 3-4
Aconties :
35-45 (x x 2,8 [x
cnidoglandulaires) :
liasitriches
microbasiques p-mastigophores
liasitriches
4. Reproduction
Portées par les mésentères les plus jeunes (4 e cycle), les gonades occupent une place
relativement réduite dans la cavité gastrale.
5. Discussion
Phelliactis robusta est remarquable par le recouvrement, en larges nodules de la colonne.
Leur morphologie et leur disposition rappellent celles rencontrées chez Aclinauge.
L'asymétrie bien marquée du corps et la différence de taille entre les tubercules de la
bordure supérieure du disque oral et ceux de la bordure inférieure (moins développés)
rattachent cette espèce au genre Phelliactis. Elle se distingue de Phelliactis herlwigi. entre
autres, par le nombre et la disposition des mésentères parfaits.
6. Distribution géographique
64°34'N-31°32'W.
2 448 m
1
ex.
65° N-30° W.
1 778 m
1
ex.
64°24'N-28°50'W.
1 484 m
1
ex.
62°10'N-19°36'W.
2 150 m
1
ex.
62°06' N -19°00'W.
19 600 m
2
ex.
62° N-21°36'W.
l 591 m
1
ex.
61°30'N-22°30'W.
1 836 m
1
ex.
61°31'N-11°36'W.
1 356 m
1
ex.
50°22'N-11°44'W.
1 797 m
Biogas DS
04 :
47°42'9N-8°3'5W.
1 050 m :
4
ex.
Biogas CW
06
: 47°27'6N-8°17'W.
2 200 m :
10
ex.
Norat lante
B 6
59°09'N-45°33'4W
2 220 m
: 2
ex.
Phelliactis incerta Carlgren, 1934
(PL I ; carte 2)
1. Morphologie externe
Taille : la hauteur maximale de la colonne est de 8 cm ; son diamètre varie entre 4
et 5 cm.
Disque oral : fortement introversé dans les quatre échantillons étudiés, le disque oral
est cependant bien marqué. Il se présente sous la forme d’une fente transversale. Les ten¬
tacules, bulbés à la base, sont courts et nombreux (plus de 150).
287, 4
176
DOMINIQUE DOUMENC
Colonne : cylindrique, elle peut être divisée en scapus et en scapulus. I.e scapus, nu
dans ses deux tiers inférieurs (légèrement plissé transversalement), est fortement tuber-
culé dans son tiers supérieur. I.e diamètre de la colonne est élargi alors de 1 à 2 cm. Les
nodosités péribuccales donnent à cette région de l’actinie un aspect en « lèvres épaisses »
caractéristique. Les nodosités sont irrégulièrement sphériques, elles semblent alignées trans¬
versalement. Les plus proches du scapulus sont allongées axialement. Celles situées au-des¬
sus de la fente correspondant au disque oral sont plus développées que celles situées en
dessous.
Sole pédieuse : la sole pédieuse peut englober du sédiment ou des roches par sa plasti¬
cité et son grand développement. La cavité qu’elle peut délimiter dans certains cas est
relativement importante puisque, dans les échantillons étudiés, elle peut dépasser le 5 e du
volume de l’actinie.
Couleur : la colonne est recouverte d’une cuticule brun foncé, recouvrant une méso-
glée blanche. Les tentacules, le disque oral et le pharynx sont rose saumon, les gonades
sont orangées.
2. Moiii'iiologie in te h n e
Organisation générale : les mésentères sont arrangés en 5 cycles. Les mésentères parfaits,
au nombre de 14, sont disposés en 6 couples de deux auxquels s ajoutent deux mésentères
additionnels non couplés. Les deux siphonoglyphes sont normalement reliés aux deux
couples de mésentères directeurs. L’actinopharynx est allongé et divisé par 24 sdlons longi¬
tudinaux.
Musculature
Le sphincter oral est moins développé que chez P. hertwigi ; il est alvéolé ; on remarque
une tendance à la stratification horizontale des alvéoles. Sa position est mésogléale.
Les muscles radiaires du disque oral sont forts. Leur position est méso-eetodermale
sur les plus forts exocœles, eetodermale sur les plus faibles.
Les muscles réfracteurs sont faillies, pennés, diffus. Leur position est endodermale.
Les muscles pariétobasilaires sont faibles. Leur position est endodermale.
Les muscles tentaculaires longitudinaux sont situés sur des prolongements mésogléens,
sauf au niveau des bulbes basaux. Leur position est eetodermale.
3. Cnidome
Tentacules :
33- 36 p X 2,6-3 p basitriches
42-60 p X 5,2-6,5 p spirocyst.es
Actinopharynx :
35-39 p X 4-5 p microbasiques p-mastigopliores
34- 38 p X 4 p basitriches
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NOHD
177
Mésentères (tractus cnidoglandulaires) :
33-36 [x X 3,2-3,9 jx microbasiques p-mastigophores
39-41 [x X 3,1 (x basitriches
Àconties :
36-42 jx x 2,8-3,2 p. basitriches
4. Reproduction
Les gonades, portées par le 4 e cycle de mésentères, sont peu développées dans tous
les individus étudiés.
5. Discussion
Carlgken (1918), en décrivant l’échantillon de Phelliaclis incerta , hésite à séparer
cette espèce de Phelliaclis herlwigi. Il semble, en effet, que ces espèces soient très proches
l’une de l’autre, bien que la confusion, lorsqu’on a la possibilité de comparer l’une à l’autre,
soit difficile. Ces deux espèces ont en commun la disposition et le nombre des mésentères
parfaits, mais l’arrangement des tubercules autour du disque oral est nettement plus régu¬
lier chez Phelliactis incerta que chez Phelliaclis herlwigi. Le sphincter oral est moins développé
chez Phelliaclis incerta et les muscles radiaires du disque oral semblent, chez elle, plus forts
que chez Phelliactis herlwigi. Enfin, les néinatocystes des tentacules et de l’actinopharynx
sont un peu plus longs chez Phelliactis hertwigi (8 à 12 p. de plus). Tous ces caractères, aussi
proches soient-ils entre P. incerta et P. hertwigi, indiquent que ces deux espèces sont légè¬
rement différentes l’une de l’autre et qu’il n’est pas inutile de les conserver toutes deux.
6. Distribution géographique
35°32'N-7° 7'W. 1 215 m : l ex.
Biaçores st. 254 : 47°44'I\’-8°05'W. 1 050 m : 4 ex.
Phelliactis carlgreni n. sp.
(PI. 11 ; fig. 5 ; carte 2)
1. Morphologie externe
Taille : la sole pédieuse allongée, en rapport avec le support de l’actinie, mesure 6 cm
dans sa plus grande longueur. La hauteur de la colonne est de 3 cm. Les tubercules les plus
développés atteignent 1 cm de hauteur.
Disque oral : le disque oral est bilobé et légèrement asymétrique ; il entoure un acti-
nostome allongé. Les tentacules, introversés sur les échantillons étudiés, ont, à la face
aborale de leur base, l’épaississement caractéristique du genre. Les tentacules sont petits
et relativement nombreux (96).
Colonne : le corps, d’aspect surbaissé, est divisé en un scapus tubercule et un scapulus
profondément sillonné. Le scapus, très épais, est recouvert de tubercules coniques. Les
tubercules les plus proches du scapulus sont les plus développés ; leur taille se réduit au fur
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
179
Sole pédieuse : capable d’une grande extension, la sole pédieuse permet la fixation
de l'actinie sur un substrat allongé (octocoralliaire ou tube de polyehète).
Couleur : le scapus est brun clair, l’extrémité des tubercules plus foncée. Les tentacules
sont bruns.
2. Morphologie interne
Organisation générale : les mésentères, au nombre de 108 au niveau de la marge, sont
disposés en 5 cycles ; les douze premiers mésentères sont parfaits, disposés en couples.
Deux, ayant leurs muscles rétracteurs en opposition, sont directeurs.
Musculature
Le sphincter oral est relativement réduit, alvéolé, divisible en 2 parties : une zone
externe à musculature réduite, une zone interne à musculature plus forte. Les alvéoles ont
tendance à une stratification sagittale. Sa position est mésogléène.
Les muscles radiâmes du disque oral ont une très légère différence d’épaisseur selon
qu'ils sont situés dans les exocœles ou dans les endocœles (moins développés). Leur position
est ectodermale.
Les muscles rétracteurs sont diffus, faibles. Leur position est endodermale.
Les muscles pariétobasilaires sont faibles. Leur position est endodermale.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont bien développés. Leur position est ecto¬
dermale.
3. Cnidome
Tentacules :
30-33 p X 3,2 p basitricbes
40-52 p X 4,5 (6,5) p spirocystes
Actinopharynx :
35-40 p X 2-3 p basitriches
30-40 p X 4 p microbasiques p-mastigophores
Mésentères (tractus cnidoglandulaires) :
28-35 p X 3,2 p basitriches
25-28 p X 3,4-5 p basitriches
Aconties :
39,1-42,5 p X 1,7-2,3 p basitriches
4. Reproduction
Les gonades sont portées par les plus petits mésentères.
180
DOMINIQUE DOUMENC
5. Discussion
Une certaine hésitation pourrait être possible quant à l'appartenance réelle de cette
espèce au genre Phelliactis. En effet, ce genre diffère du genre Actinauge par la dissymétrie
plus ou moins marquée, mais toujours existante, de la colonne. Or, si chez Phelliactis carl-
greni la dissymétrie est relativement peu apparente, le disque oral est nettement hilobé.
D’autre part, les tubercules ont un développement considérable et leur forme « en bonnet
phrygien » est caractéristique. On rencontre ce type de tubercules dans le genre Para phel¬
liactis, mais le fait qu ici la colonne soit recouverte d’une fine cuticule (bien différente de
celle observée chez les Paraphelliaclis) et que les muscles radiaires du disque oral soient
plus développés dans les exocœles que dans les endocœles principaux (ce qui n'est pas
le cas chez P ara phelliactis), explique les raisons du rattachement de cette espèce au genre
Phelliactis.
6. Répartition géographique
Biaçores st. 77 : 38°56 , N-27°41'W. 2 480 m. : 3 ex.
Conclusions sur le genre Phelliactis
Le genre Phelliactis Simon est, avant tout, caractérisé par la dissymétrie du disque
oral ; celle-ci lui donne un aspect bilobé, chaque lobe étant de taille inégale (2). Cette
dissymétrie, plus ou moins apparente, est le principal élément permettant de séparer ce
genre des genres Actinauge et Hormathia. Les espèces appartenant au genre Phelliactis
se séparent également de celles appartenant au genre Actinauge par la présence d'épaississe¬
ments sur la face aborale des tentacules (Ea). Le nombre des mésentères est plus grand au
niveau de la sole pédieuse que du disque oral ). La colonne est dépourvue de cinclides (O).
Le nombre des mésentères parfaits est fondamentalement de 12 ou 12 • n, disposés en
b couples plus, éventuellement, n mésentères additionnels (12 -b n). Le seapulus est pro¬
fondément sillonné (S).
Le genre Phelliactis Simon peut donc être défini par les 6 caractères de la famille des
I lormathiidae, notés dans la clé 1, auxquels s’ajoutent 6 caractères génériques dans la clé
25,00 [ensemble de caractères codés 25,09 (25,00 -f- 0,09)]. Ces caractères sont :
2 O Ea (12 -|~ n)s S Phelliactis Simon, 1822
La clé 25,09 permettant d’arriver au niveau de l'espèce n’est construite précisément
que sur 4 caractères principaux. En effet, le caractère reposant sur le nombre de mésen¬
tères introduit par 1\. Rieman-Zürnek (1973) ne peut pas être pris en considération dans
la diagnose des espèces. L’auteur, révisant le genre Phelliactis, y inclut 4 espèces ayant 12
couples de mésentères parfaits. Sur ces quatre espèces, une est nouvelle (P. lophohelia)
et trois sont des formes aberrantes de P. capricornis n. sp., P. hertwigi et 7 J . calicyclus
(espèces étant habituellement décrites avec 6 couples de mésentères parfaits), il est dilli-
cile de conclure quant à l’appartenance réelle de P. lophohelia au genre Phelliactis, mais
le caractère « 12 couples de mésentères parfaits » ne peut, en aucun cas, être considéré
comme spécifique.
ACTINIES BATIIYALES ET ABYSSALES DE I.’aTI. VNTIQUF, NORD
181
Nous considérons donc à ce niveau les caractères suivants :
1 - Disposition et nombre des mésentères parfaits :
1. six couples de mésentères parfaits,
2. six couples -f- 2 couples de mésentères parfaits.
2 — Scapus :
1. fortement tubercule dans la majeure partie,
2. tuberculé dans la zone supérieure, beaucoup plus fortement que dans la zone inférieure
3 Colonne :
1. fortement asymétrique (bilobé),
2. peu asymétrique.
4 — 5 e cycle de mésentères :
0. absent,
1. incomplet,
2. complet.
Ce qui donne la clé 25,09 :
1
3
Espèces
Remarques
1
1
1 1
/>.
robusta
Probablement les mêmes.
/>.
somaliensis
1
1
2 1
p.
michaelsarsi
/>.
spmosa
Tubercules pointus, forte cuticule.
1
2
2 2
/».
calycyclus
2
1
2 1
p.
pulchra
p.
algoaensis
p.
capricornis
p.
pelophila
p.
magna
2
1
1 1
p.
siberutiensis
p.
capensis
2
2
1 1
p.
hertwigi
Sphincter plus réduit que chez P. incerta.
p.
incerta
1
2
2 1
p.
carlgreni
Tubercules pointus très saillants.
0
2
1. 2
p
P. laphohelia
Espèce n’appartenant probablement pas au
genre Phelliactis.
Un cinquième caractère pourrait être ajouté, celui concernant la morphologie du
sphincter oral mésogléen. Malheureusement, si on peut apprécier par comparaison le déve¬
loppement plus ou moins grand d’un sphincter (facteur que 1 on utilise pour différencier
Phelliactis hertwigi de Phelliactis incerta ), la structure est plus dillicile à interpréter car
182
DOMINIQUE DOUMENC
elle dépend du plan de coupe et de l’état, de contraction de l’animal au moment de sa fixa¬
tion. Cette clé, bien qu’incomplète, permet cependant de rassembler les espèces en 7 groupes
principaux. Dans chaque groupe, les espèces sont presque identiques et ne se différencient
(lorsque cela est possible) que par des détails dans les structures ou la taille des némato-
cystes, que seule une lecture attentive des descriptions peut révéler.
Famille des ACTINOSTOLIDAE (KG. 34,00)
l.a famille des Actinostolidae, créée par Cahi-grein en 1922, regroupe les anciennes
familles des Paractidae llertwig, 1882, et des Actinoscyphiidae Stephenson, 1928. Beau¬
coup moins homogène que la famille des Hormathiidae, elle regroupe 20 genres ayant en
commun les caractères suivants :
1 La présence d'un disque pédieux. 1).
2 — Le muscle rétracteur du disque oral (sphincter) est mésogléen (quelquefois ectomésogléen . M.
3 L’absence d’aconties. <).
4 — Les tentacules sont régulièrement disposés en cycles alternants. Hc.
5 — La colonne est épaisse ; la mésoglée apparente est le plus souvent nue. Rarement, elle est
recouverte de papilles ou de nodosités. i'O' ; P ) i X >
li — Les mésentères ne sont pas divisibles en macrocnèmes et microenèmes. (Les parfaits sont
stériles ou fertiles). ( ) sf ?
7 — Le disque oral n’est jamais bilobé. O
Tous ces caractères sont résumés par le nombre 34,00 dans la clé 1 adoptée provisoi¬
rement. La clé 34,00 regroupe donc tous les genres ayant en commun les caractères :
D M O Ile (O) (P) (N) O O sf ? O Actinostolidae Carlgren, 1932
La K 34,00 est donnée à la fin de cette note en annexe 3.
Genre ACTINOSCYPHIA Stephenson, 1920
Sa n. : Actinernus Yerrill, 1879.
Actinostolidae de grande taille dont les mésentères appartenant au même couple ne
sont pas disposés selon la règle actinostola. La colonne, épaisse, d’un aspect cartilagineux,
est caractéristique. La sole pédieuse, réduite à très réduite, est quelquefois à peine per¬
ceptible. Les tentacules sont disposés en deux cycles seulement, situés à la périphérie du
disque oral. Leur base, sur la face aborale, est épaissie. Les mésentères parfaits sont dis¬
posés en six couples tous stériles ; les autres sont pour la plupart fertiles.
Actinoscypbia saginata Yerrill, 1882
(PL I ; carte 3)
Syn. : Actinernus saginatus Stephenson, 1918.
? Aclinernus plebeius Mac Murrich, 1893.
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
183
1. Morphologie externe
Taille : la sole pédieuse, d’un diamètre de 2 à 3 cm selon les échantillons, est surmontée
d’une colonne de hauteur variable (de quelques centimètres à 10-12 cm chez les individus
les plus grands). Le diamètre du disque oral, lorsqu’il est épanoui, peut atteindre 10 cm.
Disque oral : très élargi lorsqu il est épanoui, le disque oral est bordé extérieurement
par deux cycles tentaculaires. Les tentacules, dont le nombre varie de 150 à 160, ont leur
hase fortement épaissie, mais celle-ci est en continuité directe avec le haut de la colonne
(absence de marge). Les lignes d'insertion des mésentères sur le disque oral sont profon¬
dément marquées. Le pharynx, de taille réduite, est légèrement introversé dans la plupart
des cas.
Colonne : reprenant la description de Stepiienson « coin mu perfectly shapeless, soft,
thick, jelly like coat like the test of an aseidian which is smooth but for irregular pits and
furrows », l’anatomie de la colonne est difficile à mieux définir. Dans certains échantillons,
la colonne est vaguement tronconique, dans d’autres, elle est plus ou moins sphérique et
peut même être, dans certains cas, de la forme d’un cylindre très plat. De toute façon,
elle est difficile à caractériser. Des lambeaux de cuticule persistent en certains points,
recouvrant une inésoglée très abîmée, à aspect cartilagineux, d’où émergent quelques ten¬
tacules.
Sole pédieuse : ainsi que le décrit Verrill (1882), la sole pédieuse, dans certains cas,
forme une petite cloche englobant de la vase. Dans d’autres cas, la base peut être allongée,
lorsque le substrat l’exige (spiculés d’éponges, tubes de polyebètes, etc.).
Couleur : La colonne est blanc gélatineux, les tentacules, rose saumon, sont pâles
sauf au niveau de leur épaississement où ils sont blancs. Le disque oral est d’un rose plus
soutenu dans certains cas ; dans d’autres, il est brun foncé.
2. Morphologie interne
Organisation générale : les mésentères sont plus nombreux à la marge qu’au niveau
du limbus. Carlgren en compte 230 au niveau du limbus, ce qui correspond au nombre
observé dans la majorité des cas. Six couples de mésentères sont parfaits, 4 sont plus forts
que les autres. Les plus étroits ont leur muscle rétracteur en opposition. Ils sont reliés à
deux siphonoglyphes peu apparents.
Musculature
Le sphincter oral est de petite taille par rapport à celle de la colonne, alvéolé, légère¬
ment stratifié transversalement. Sa position est mésogléale.
Les muscles rétracteurs sont faibles, pennés, diffus. Leur position est endodermale.
Les muscles pariétobasilaires sont faibles, disposés dissymétriquement par rapport
aux mésentères (plus importants vers l’endoccele). Leur position est endodermale.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont relativement importants, sauf à la base
sur la lace aborale des tentacules. Leur position est ectodermale.
184
DOMINIQUE DOUMENC
3. Cnidome
Tentacules :
(28) 31-39 (41) [x X 4-5 jx basitriches
45-65 [x X 5-10 (x spiroevstes
Actinopharynx :
30-36 (x X 3,5-5 jx basi t riches
28-30 jx X 3-4 (x microbasiques p-mastigophores
Filaments mésentériques (tractus cnidoglandulaire) :
25-30 jx X 3,5-5 jx basitricheS
4. Reproduction
Les individus, tous fertiles, ont leurs gonades sur tous les mésentères sauf les directeurs.
5. Discussion
Dans la liste des synonymies donnée au début de la description, A. plebeia Mac Mur¬
in li, 1893, a été donnée, précédée d’un poinl d’interrogation. La description de Mac Mur-
iucii, bien qu’incomplète, indique, en efl'cL, que l'espèce qu’il décrit sous ce nom est très
proche, sinon identique à A. saginata. Le polymorphisme apparent dans la morphologie
externe de cette espèce ne permet cependant pas la confusion avec A. au relia Stephenson,
1918. Ses caractères constants sont : le développement relativement important (comparati¬
vement à celui observé chez A. au relia) de la sole pédieuse, la présence de tubercules ou
de papilles sur la colonne, le sphincter oral purement mésogléen, nettement plus développé
que chez A. aurelia.
6. Distribution géographique
Helga 1901 70 : 77 miles WNW d’Achill I lead. 700 m
Xoratlante P 124 : 47°29'N-8°22'W. 2 110 m
Biaçores st. 254 : 47°44 , N-8°05 , W. I 050 m
Actinoscyphia aurelia Stephenson, 1920
(Carte 3)
Syn. : Acdnernus aurelia Stephenson, 1918.
I. Morphoi.ogie externe
Taille : les mensurations sont dilliciles étant donné l’aspect globuleux de l’actinie.
Le diamètre du corps adulte mesure environ 8 cm. La sole pédieuse, lorsqu’elle est visible,
ne dépasse guère 0,5 à 1 cm d’expansion.
Disque oral : nettement bilobé, le disque oral occupe une place importante dans l’acti¬
nie. Il faut, pour l’observer, couper l’actinie en deux. Les tentacules, de très petite taille,
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
185
Carte 3. — Distribution des Actiniaria
des genres Actinoscyphia et Sicyonis dans l’océan Atlantique nord.
Genre Actinoscyphia : ■ A. saginata ; ★ A. aurelia. Genre Sicyonis : • S. tuberculata.
sont disposés en deux cycles seulement sur la bordure externe du disque. Ils sont forte¬
ment épaissis sur la face aborale de leur base. Les lignes d’insertion des mésentères sur le
disque oral sont bien marquées.
Colonne : la silhouette générale à’Actinoscyphia aurelia , ainsi que le fait remarquer
T. A. Stephenson, est très déconcertante et rappelle au premier abord celle d’un scypho-
zoaire. La colonne est pseudo-sphérique à l’état contracté ; seul un petit sillon (pas toujours
perceptible) indique la position du pied. La colonne, d’aspect cartilagineux, est très épaisse
et est recouverte d'une fine cuticule largement desquamée. Elle est dépourvue de papille
et de tubercule.
Sole pédieuse : très réduite, souvent peu apparente, elle délimite parfois une petite
cavité close contenant quelques traces de sédiments et de substances organiques diverses.
186
DOMINIQUE DOUMENC
Couleur : la colonne est gris-blanc, les restes de cuticule sont brun foncé; Je disque
oral et les mésentères sont pourpre foncé, presque noirs.
2. Morphologie interne
Organisation générale : les mésentères, plus nombreux près du disque oral que de la région
pédieuse, sont disposés en 6 ou 7 cycles, les deux derniers étant incomplets. Seuls les 4 pre¬
miers cycles sont de grande taille. Les 6 premiers couples de mésentères sont parfaits.
Les siphonoglvphes, au nombre de deux, sont peu différenciés : ils sont reliés à la colonne
par deux couples de mésentères directeurs.
Musculature
Le sphincter oral est très réduit (beaucoup plus que chez .1. saginata), alvéolé, étroit.
Sa position est mésodermale.
Les muscles rétracteurs sont faibles, pennés, diffus. Leur position est endodermale.
Les muscles pariétobasilaires sont faibles, pennés, diffus. Leur position est endoder¬
male.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont relativement importants, diminuant
sur la face aborale au fur et à mesure que l’on se rapproche rie la hase. Leur position est
ectodermale.
3. Cnidomk
Tentacules :
22-25 (28) p x 2,3-3,5 p basilriches
40-55 u. X 3,5-5 p spirocystes
Actinopharynx :
30-34 p X 3,2-5 p basitriches (?)
Filaments mésentériques (tractus cnidoglandulaire) :
24-28 p X 3-4 p microbasiques p-mastigophores
32-34 p X 5-7 p microbasiques p-mastigophores
13-17 p X 2-3 p basitriches (?)
4. Reproduction
Les mésentères des deuxième, troisième et quatrième cycles sont fertiles dans tous les
échantillons étudiés.
5. Discussion
La détermination de cette espèce est facilitée par l'excellente représentation qu’en
donne T. A. Stepiiknson en 1918 (planche XV, lig. 1). Son originalité réside dans l’étroi¬
tesse de sa sole pédieuse, le volume considérable occupé par le disque oral, le fait qu’il soit
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
187
nettement bilobé et dans la réduction même des tentacules. L’étroitesse de la sole pédieuse
et la morphologie générale de l’espèce indiquent qu’elle ne doit vivre que simplement posée
(sans ancrage) sur le substrat.
6. Distribution géographique
Biaçores st. 66
5I°12'N-12°18'W. 1 600 m :
51° 2'N-li°36'W. I 400 m
50°55'N-11°29'W. 1 400 m
38°34'N-28°19'W. 1 250 m :
ex.
Conclusions sur le genre Actinoscyphia Stephenson, 1920, et clé 34,13
Carlgren en 1949, résumant le genre Actinoscyphia Stephenson, 1920, recense 4
espèces : Actinoscyphia sa y i nota Yerrill, 1882, Actinoscyphia aurelia Stephenson, 1920,
Actinoscyphia ptebeia Mac Murrieh, 1893, ? Actinoscyphia verrilli Gravier, 1918. Ce genre
est défini dans la clé 1 (annexe 1) par les 7 caractères de la famille des Actinostolidae. La
clé de détermination des genres correspondant à cette famille est la clé 34,00. Le genre
Actinoscyphia y est défini par 6 caractères :
1 — La colonne n’est pas divisée en scapus, scapulus ou capitulum (0) ; elle est bilobée (2).
2 — Les tentacules, épaissis à la base sur leur face aborale, sont disposés en deux cycles seulement
(1 La).
3 -— L’arrangement des mésentères ne suit pas la règle actinostola (N).
4 — Seuls les derniers cycles sont fertiles (2).
5 — La sole pédieuse est de taille modérée (H).
6 — Les tentacules sont égaux dans tous les cycles (1).
L’ensemble des caractères sera donc résumé par :
0.2 I Ea N 2 R 1 Actinoscyphia Stephenson, 1920
La clé 34,13 est construite provisoirement sur les 4 caractères spécifiques suivants .
1 — Aspect de la sole pédieuse :
1. de petite taille, en disque ou allongée (2-3 cm),
2. extrêmement réduite, peu ou pas visible, forme une petite cavité interne.
2 — Colonne :
0. nue,
tr. tuberculée.
3 — Sphincter oral :
1. moyen,
2. de petite taille.
4 — Nombre de mésentères parfaits :
1. 12,
2. plus de 12.
188 DOMINIQUE DODMENC
o
3
4
Espèces
Remarques
tr
1
1
. 1. saginata
tr
1
1
. 1. plebia
Même espèce que A. sagi-
nata ?
! 0
2
1
0
'j
2
.1. aurelia
Espèce insuffisamment dé-
.1. verrilli (?)
ente sur des échantillons
mal fixés.
Genre SICYONIS Hertwig, 1882
Actinostolidae possédant une large sole pédieuse. La colonne est lisse, d’aspect carti¬
lagineux. Elle est souvent lobée dans sa partie supérieure. Les tentacules, courts, sont
fragiles (ils manquent souvent). Plus ou moins épaissis à leur base, ils sont plus longs dans
les premiers cycles (intérieurs) que dans les plus âgés (extérieurs). Le sphincter mésogléen,
souvent faible, est quelquefois assez développé : il permet toujours l’introversion du disque
oral. Les muscles longitudinaux des tentacules sont mésogléens. Les mésentères appartenant
au même couple sont dissymétriques, l’un étant plus court que 1 autre. Un nombre variable
de couples est constitué d’un mésentère parlait et d’un mésentère imparfait. Les mésentères
porteurs de gonades sont les plus jeunes, ds sont dépourvus de filament mésentérique.
Sicyonis tuberculata Carlgren, 1921
(Fig. 6 à 8 ; carte 3)
I. Morphologie externe
Taille : tous les échantillons ont l’aspect d’un cylindre ayant quatre à cinq centimètres
de hauteur et un diamètre de trois à quatre centimètres.
Fig. 6. — Sicyonis tuberculata Carlgren, 1921 (X 1,5).
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L ATLANTIQUE NORD
189
Disque oral : les tentacules, perforés à leur extrémité d’orifices plus ou moins élargis
(ceci en relation avec leur grande fragilité), sont fortement épaissis à la base sur leur face
aborale ; leur nombre n’est pas élevé (60-70) compte tenu du nombre de mésentères. Ils
sont disposés en 3 ou 4 cycles et occupent une grande partie du disque oral.
Colonne : de forme plus ou moins cylindrique, la colonne est nue dans sa majeure par¬
tie (les deux tiers inférieurs). Le baut est légèrement sillonné longitudinalement, chaque
sillon correspondant à un tentacule du dernier cycle. L’aspect cartilagineux est carac¬
téristique.
Sole pédieuse : la sole pédieuse est, le plus souvent, discoïde, bordée extérieurement
par un bourrelet délimitant une cavité basale cylindrique de faible hauteur (quelques mil¬
limètres).
Couleur : tous les échantillons sont blanc ivoire, leurs tentacules sont jaune pâle.
2. Morphologie interne
Organisation générale : les mésentères, au nombre approximatif de 68, ont un arran¬
gement remarquable. Les mésentères parfaits forment selon les cas 14, 15 ou 16 couples
dont deux sont directeurs. A ce nombre s’ajoutent des couples mixtes comprenant un mésen¬
tère parfait et un imparfait. Le nombre de ces couples mixtes varie, mais ils sont situés
symétriquement par rapport à l’axe passant par les couples directeurs (fîg. 7). Ces derniers
sont reliés à deux siphonoglyphes bien marqués. Les couples de mésentères imparfaits
apparaissent irrégulièrement (2 ou 3 cycles) dans les exoeoeles, formés par les couples de
mésentères parfaits. Les plus jeunes mésentères (porteurs de gonades) sont dépourvus de
filaments mésentériques.
D
t
Fig. 7. — Sicyonis tuberculata Carlgren, 1921. Disposition des mésentères.
1)1, 1)2 : couples directeurs ; 0 : deux couples par exocrele ; flèches : couples mixtes.
190
DOMINIQUE DOUMENC
Musculature
Le sphincter oral est allongé, en relation étroite avec la musculature endodermale.
Sa position est mésogléale.
Les muscles radiaires du disque oral sont en fins fuseaux allongés de l’ectoderme à
I endoderme. Leur position est mésogléale.
Les muscles pariétobasilaires sont bien différenciés. Leur position est endodermale.
Les mucles rétracteurs sont faibles, diffus. Leur position est endodermale.
Les muscles longitudinaux tentaculaires sont absents sur la face aborale des tenta¬
cules (au niveau de l’épaississement des tentacules). Leur position est mésogléale.
Les muscles basilaires sont bien développés. Leur position est endodermale.
COL mm
Fig. 8. — Sicyonis tuberculata Carlgren, 1921. Coupe au niveau d’un couple de mésentères parfaits.
PH : pharynx ; COL : colonne ; F : fdament mésentérique et gonade.
3. Cnidome
Tentacules :
17-18 p, X 2-3 p basitriches
34-38 p X 2,5-3 p basitriches
20-60 p X 2-5 p spirocystes
Actinopharynx :
25,5-32 p X 4-5 p microbasiques b-mastigophores
34-40 p X 2-2,5 p basitriches
Mésentères (tractus cnidoglandulaires) :
30-40 p X 3-4 p microbasiques b-mastigophores (?)
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
191
Colonne :
17-19 fi X 2 [x basitriches (?)
4. Reproduction
Les gonades, portées par les mésentères les plus jeunes (4 e cycle), sont de grande taille.
L’espèce est dioïque, mais tous les échantillons étudiés sont femelles ; les ovocytes sont
bien développés, disposés en chapelet, entourés de cordons mésogléens.
5. Discussion
Carlgren (1922), dans sa description de S. luberculata, insiste sur l’arrangement par¬
ticulier des mésentères, arrangement lié à une alternance irrégulière de couples de mésen¬
tères parfaits et de couples de mésentères mixtes (1 parfait, 1 imparfait). Les échantillons
provenant du prélèvement P 20 (B4) de la mission Noratlante ont un nombre de couples
plus réduit (de 2 à 4 couples seulement). La disposition la plus commune de ces couples
est celle indiquée dans la figure 7. Le caractère spécifique le plus marquant est la présence
de sillons se prolongeant vers la base des tentacules du dernier cycle sur le haut de la colonne.
Cette espèce se rapproche beaucoup de Sicyonis ingolfi décrite par Carlgren sur un seul
échantillon. Il semble bien que S. ingolfi et S. tuberculata ne forment qu’une seule et même
espèce. Cette espèce se distingue de Sicyonis oariabilis par la présence d’épaississements
à la base des tentacules (Ea) (absents chez S. oariabilis) et la disposition des mésentères.
6. Distribution géographique
66°35'N-56°38'W. 560 m : 8 ex.
64°34'N-31°12'W. 2 340 m : 4 ex.
58°20'N-48°25'W. 3 000 m : 1 ex.
Noratlante B4 : 52°07'N-45°29'W. 4 094 m : 80 ex.
Noratlante B5 : 55°42'N-45°20'W. 3 680 m : 55 ex.
Conclusions sur le genre Sicyonis Hertwig, 1882,
LISTE DES CARACTÈRES 34,00
Les douzes espèces rapportées au genre Sicyonis Hertwig sont remarquables par
l’homogénéité de leurs caractères spécifiques. Une clé KG 34,06 est difficile à établir dans
l’état actuel de nos connaissances, car seules Sicyonis crassa et Sicyonis tuberculata ont
des caractères spécifiques véritablement utilisables. Nous ne donnons donc ici que la liste
des caractères génériques les plus sûrs, la diagnose des espèces ne pouvant se faire actuelle¬
ment qu’à partir des cnidomes (et ceci avec la plus grande prudence). Le genre Sicyonis
Hertwig est donc défini dans la clé 34,00 par les 6 caractères suivants :
1 — La colonne n’est pas divisible en scapus, scapulus et capitulum (0).
2 — Les tentacules, épaissis à la base de leur face aborale, sont disposés en plus de deux cycles
(2 Ea).
3 — La règle actinostola peut apparaître dans la disposition des mésentères (A).
192
DOMINIQUE DOUMENC
4 — Les gonades sont portées soit par les mésentères parfaits, soit par les mésentères impar¬
faits (1) (2) mf. (Les mésentères fertiles ont un filament mésentérique.)
5 — La sole pédieuse est bien développée (P).
6 — Les tentacules intérieurs sont plus longs que les extérieurs (2).
L'ensemble de ces caractères est résumé par la formule :
O 2 Ea (A) (1) (2) mf P 2 Sicyunis Hertwig, 1882
ANNEXE 1
Caractères considérés au niveau des familles d’Actiniaria : clé 1
1 — Sole pédieuse :
— D : en forme de disque
— P : en forme de bulbe (physe)
2 — Muscle rétracteur du disque oral : sphincter :
— O : absent
— E : position endodermale
— M : position mésogléale
3 — Aconties :
— A : présence
composition des nématocystes
1 : basitriches
2 : micro, amastigopbores
3 : micro, b-mastigophores
4 : micro, p-mastigophores
— O : absence
4 — Tentacules :
-— R : régulièrement disposés
Rc : en cycles alternants
Rs : en séries radiaires
Rs 1 (2-4 par endo-exocœle)
Rs 2 (plus de 4 par endo-exocœle)
Rs 3 (plus de 4 par endocœle, un seul par exocœle)
Rcs : en cycles et en séries radiaires
— IR : irrégulièrement disposés
— O : absents
5 — Colonne :
1 : — O : lisse
— P : recouverte de papilles
— N : recouverte de nodules (grosses papilles)
— V : recouverte de verrues capables d’adhésion (verrucae)
— E : ayant des excroissances pédonculées au milieu
1
2
3
4
5
1
2
6
7
Familles
KG
D
0
0
Rc
0
Oms
Üf
0
Gonactiniidae Carlgren, 1893
1,00
D
0
0
Rc
0
Oms
Mmf
(0) (2)
Halcuriidae Carlgren, 1918
2,00
D
0
0
Rc
0
Oms
Of
2
Actinernidae Stephenson, 1922
3,00
P
0
0
Rc
0
C
Mmf
0
Edwardsiidae Quatrefages, 1842
Halcampoididae (Appellof, 1896)
4,00
P
0
0
Rc
0
0
Of
0
5,00
P
(0) (E)
0
Rc
P V
0
Of
0
Haloclavidae Verrill, 1899
6,00
P
0
0
0
0
0
Mmf
0
Limnactiniidae Carlgren, 1921
7,00
P
E
0
Rc
0
0
Of
0
Andresiidae Stephenson, 1922
8,00
P
M
0
Rc
P
C
Mmf
0
Ilalcampidae Andres, 1883
9,00
D
0
0
Rc
0
Om
Os
0
Boloceroididae Carlgren, 1924
Nevadneidae Carlgren, 1925
Aliciidae Duerden, 1897
10,00
D
0
0
R
0
Om
Os
2
11,00
D
0
0
Rc
E
0
Osf
2
12,00
D
0
0
Rc
0
C
Mm
0
Condylanthidae Stephenson, 1922
13,00
D
(0) (E)
0
Rc
(V) (P)
0
Osf
0
Actiniidae Gosse, 1858
14,00
D
E
0
Rs 2
0
0
Of
2
Actinodendronidae Haddon, 1898
Homostichanthidae Carlgren, 1900
15,00
16,00
D
E
0
Rs 2
V
0
Osf
2
Thalassianthidae Milne-Edw., 1857
17,00
D
E
0
Rs 1
(0) (V)
0
Of
0
Aurelianidae Andres, 1883
18.00
D ?
E
0
Rs 2
P
0
0
0
Minyadidae (Milne-Edwards, 1857)
19,00
D
E
0
Rs 3
V
0
Of
0
Stoichactiidae Carlgren, 1900
Phymanthidae Andres, 1883
20,00
D
(E; (0)
0
Rsc
V
0
Of
0
21,00
D
0
Al .2
Rc
0
0
Mmf
0
Acontiophoridae Carlgren, 1938
22,00
D
(E) (0)
Al.4
Rc
0
0
Of
2
Aiptasiomorphidae Carlgren, 1949
Diadumenidae Stephenson, 1920
Hormathiidae Carlgren, 1925
23,00
24,00
D
M
Al
Rc
(0) (P) (N)
oc
0 (s)
(0) (1)
25,00
D
M
Al
Rc
0
c
Mmf
0
Bathyphelliidae Carlgren, 1932
26,00
D
M
Al.2
Rc
0
c
Mmf
0
Isophelliidae Stephenson, 1935
27,00
D
M
A2
Rc
0
0
Os
0
Sagartiomorphidae Carlgren, 1934
28,00
D
M
Al.2
Rc
V
0
Of
0
Sagartiidae Gosse, 1858
29,00
D
M
A3.2
Rc
0
0
Os
0 ?
Metriidae Carlgren, 1893
30,00
D
M
Al.4
Rc
0
Om
Of
2
Aiptasiidae Carlgren, 1924
31,00
D
M
A ?
Rc
0
0
Os
0
Nemanthidae Carlgren, 1940
Isanthidae Carlgren, 1938
32,00
D
M
0
Rc
0
0
Mmf
0
33,00
D
M
0
Rc
(0) (P) (N)
0
Osf ?
0
Actinostolidae Carlgren, 1922
34,00
D
M
0
IR
(0) (N)
0
Os
2
Exocoelactiidae Carlgren, 1928
35,00
() signifie que les caractères ne sont pas toujours existants.
? signifie que le caractère est douteux ou peu affirmé.
194
DOMINIQUE DOUMENC
2 : — 0 : sans cuticule
m : avec muscles ectodermiques
s : avec spirocystes
— C : avec cuticule
t : cuticule différenciée tissulairement (tenaculi)
fi —• Mésentères :
— Mm : divisibles en macrocnèmes et en microcnèmes
— O : non divisibles en macrocnèmes et microcnèmes
f : fertilité des mésentères parfaits
s : stérilité des mésentères parfaits
7 — Disque oral :
— 0 : non lobé
— 1 : bilobé
— 2 : plurilobé (ou marge tentaculée)
ANNEXE 2
Caractères considérés au niveau df. la famille des Hormatfiudae :
clé KG 25,00
1 — Aspect de la colonne :
— 1 : symétrique
— 2 : bilobé
— 3 : nettement asymétrique
2 — Cinclides :
— 0 : absents
— 1 : en haut de la colonne
— 2 : sur les endocœles directeurs
— 3 : en bas, près de la sole pédieuse
3 — Tentacules :
— O : coniques sans épaississement
— Ea : avec un épaississement à la base, sur la face aborale
4 — Disposition des mésentères :
— + : le même nombre à tous les niveaux de la colonne
— + : plus nombreux en haut qu’en bas de la colonne
— + : plus nombreux en bas qu’en haut de la colonne
— ïjï : pl us nombreux au milieu de la colonne
5 — Nombre de mésentères parfaits :
— 12 : 6 couples
— 24 : 12 couples
s : stériles
f : fertiles
6 — Seapulus :
— O : absent
—• S : sillonné
— N : nu
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
195
1
2
3
4
5
6
Genres
Clés
1
0
0
+
+
12 s
N
Hormathia Gosse, 1859
25,01
Hormathianthus Carlgren, 1943
25,10
1
0
Ea
+
+
12 s
S
Actinciuge Verrill, 1883
25,02
1
(0)
0
+
+
12 s
S
Allantactis Danielssen, 1890
25,09
1
0
0
+
+
12 s
S
Chondrophellia Carlgren, 1928
25,13
1
0
0
+
12 s
N ?
Cricophorus Carlgren, 1924
25,07
1
0
0
+
12 (24 ?) s
N
Paraphellia Haddon, 1889
25,08
1
3
0
+
12 s
N
Calliactis Verrill, 1943
25,11
1
3
0
+
+
12 s
S
Cataphellia Stephenson, 1929
25,05
1
2
0
+
12 (+ ?) f
N
Amphianthus Hertwig, 1882
25,14
1
(0) (2)
0
+
12 (24 ?) f
N
Stephanauge Verrill, 1889
25,15
3
(1) (3)
0
+
+
24 s
0
Adamsia Forbes, 1840
25,12
2
0
Ea
+
(12) (16) s
S
Phelliactis Simon, 1892
25,09
3
0
0
+
+
12 s
s
Paracalliactis Carlgren, 1928
25,04
() sigrifie que les caractères ne sont pas toujours existants.
? signifie que le caractère ou le genre est douteux.
196
DOMINIQUE DOUMENC
ANNEXE 3
Caractères considérés au niveau de la famille des Actinostolidae :
clé KG 34,00
1 — Colonne :
— 0 : non divisible en scapus, scapulus
— 1 : divisible en scapus, scapulus
— 2 : bilobée au niveau du disque oral
— m : présence d’une marge
— t : cette marge est tentaculée
— p : présence de papilles
2 — Couronne tentaculaire :
— 1 : 1 ou 2 cycles de tentacules seulement à la périphérie du disque oral
— 2 : plus de deux cycles de tentacules à la périphérie du disque oral
Ea : épaississement de la base des tentacules sur leur face aborale
mb : présence dans l’ectoderme tentaculaire de nématocystes microbasiques
b-mastigophores
3 — Arrangement des mésentères :
— N : normal
— A : de type actinostolien (cf. texte)
4 — Fertilité des mésentères parfaits :
— 1 : premiers cycles fertiles
— 2 : derniers cycles fertiles
mf : avec filaments mésentériques
0 : sans
5 — Sole pédieuse :
— D : de grande taille
— R : très réduite, ou de très petite taille
6 — Tentacules :
— 1 : égaux dans tous les cycles
-— 2 : les plus externes sont moins développés que les plus internes
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD 197
1
9
3
4
5
6
Genres
Clés
0
2Ea mb
A
2
P
2
Actinostola Yerrill, 1883
34,01
0
2Ea mb
A
2m f
P
2
Paractinostola Carlgren, 1928
34,02
Imt
2mb
A
(1) (2)
P
1
Stomphia Gosse, 1859
34,03
lmt
1
A
2
P
1
Ophiodiscus Hertwig, 1882
34,04
Imt
2
(N) (A)
2mf
P
2
Parasicyonis Carlgren, 1921
34,05
0
2Ea
(N) (A)
(l)(2)mf
P
2
Sicyonis Hertwig, 1882
34,06
0
2
(N) (A)
(1) (2)
P
2
Synsicyonis Carlgren, 1921
34,07
Op
2mb
N
1
P
(1) (2)
Tealidium Hertwig, 1882
34,08
0
2mb
N
1
P
2
Anthosactis Danielssen, 1890
34,09
lin
2mb
N
(1) (2)
P
2
Hormosorna Stephenson, 1918
34,10
Cnidanthus Carlgren, 1927
34,11
0
2
N
1
R
2
Paranthus Andres, 1883
34,12
0
2
N
(1) (2)
P
1
Bathydactilus Carlgren, 1928
34,13
Isoparacds Stephenson, 1920
34,14
0.2
lEa
N
2
R
1
Actinoscyphia Stephenson, 1920 34,15
0
(1) (2)
N
1
P
2
Epiparactis Carlgren, 1941
34,16
lmt
(1) (2)
N
2
P
1 ?
Antiparactis Verrill, 1899
34,17
lmt
2
N
2
P
1
Pseudoparactis Stephenson, 1920 34,18
lmt
2
N
2
P
2
Pycnanthus Mac Murrich, 1893
34,19
0
2
N
2
P
1
Antholoba Hertwig, 1882
34,20
() signifie que les caractères ne sont pas toujours existants.
? signifie que le caractère ou le genre est douteux.
198
DOMINIQUE DOUMENC
ANNEXE 4
Liste des espèces récoltées par le navire océanographique « Jean Charcot « au cours des missions
Noratlante (1969) et Biaçores (1971), ayant servi de types pour la construction des clés tabulaires.
Famille des Alcudae Duerden, 1897 (KG 12,00)
Genre Alicia Johnson, 1861
Alicia mirabilis Johnson, 1861
Biaçores P 3 (côtier) Ponta Malbusca. 12-25 m
Famille des Actiniidae Gosse, 1858 (KG 14,00)
Genre Isadamsia Carlgren, 1928
Isadanisia cancrisocia Carlgren, 1928
Biaçores st. 251 : 47°38'N — 8°56'W. 3 360-3 600 m
Genre Pseudactinia Carlgren, 1928
Pseudactinia flagellifera Hertwig, 1882
Biaçores L 20 (côtier) Caldeira inferno. 5 m
Genre Bolocera Gosse, 1860
Bolocera tuediae Johnson, 1832
Biaçores st. 155 : 37°40'N — 25°56'W. 820 m
st. 255 : 45°47'N — 7°56'W. 900-960 m
Famille des Actinostolidae Carlgren, 1932 (KG 34,00)
Genre Sicyonis R. Hertwig, 1882
Sicyonis tuberculata Carlgren, 1921
Noratlante B 4 : 52°07'N — 45°29'W. 4 094 m
P 24 : 55°42'N — 49«20'W. 3 680 m
Genre Actinoscyphia Stephenson, 1920
Actinoscyphia saginata Verrill, 1882
Noratlante B 19 : 47°29'N — 8°22'W. 2 110 m
Biaçores st. 254 : 47°44'N — 8°05'W. 1 050 m
Actinoscyphia aurelia Stephenson, 1918
Biaçores st. 66 : 38°34'N — 28°19'W. 1 225-1 260 m
Famille des Bathyphellidae Carlgren, 1932 (KG 26,00)
Genre Bathyphellia Carlgren, 1932
Bathyphellia margaritacea Danielssen, 1890
Biaçores st. 249 : 45°50'N — 17°32'W.
Noratlante B 4 : 52°07'N —- 45°33'W.
4 620-4 690 m
4 094 m
ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD 199
Famille des Isophelliidae Stephenson, 1935 (KG 27,00)
Genre Telmatactis Gravier, 1918
Telmatactis valle-flori Gravier, 1918
Biaçores P 35 (côtier) punta ross. 5-10 m
Famille des FIormathiidae Carlgren, 1925 (KG 25,00)
Genre Actinauge Verrill, 1883
Actinauge richardi Marion, 1882
Biaçores st. 204 : 37°40'N — 25°15'W. 1 074-1 170 m
st. 148 : 37°34'N — 25°34'W. 850 m
Actinauge abyssorum Carlgren, 1934
Noratlante B 9 : 38°21'N — 42°55'W. 5 090 m
B 10 : 36°58'N — 26°20'W. 2 900 m
Biaçores st. 249 : 45°50'N — 17°32'W. 4 020-4 690 m
Genre Stephanauge Verrill, 1889
Stephanauge abyssicola-(Stephanauge tuberculata) Hertwig, 1881
Biaçores st. 237 : 37°2.1'N — 25°45'W. 645-760 m
Stephanauge inornata Gravier, 1918
Biaçores st. 191 : 37°56'N — 24°49'W. 1 650-1 760 m
Noratlante C 1 : 63°10'N — 53°40'W. 1 097 m
Genre Phelliactis Simon, 1892
Phelliactis liertwigi Simon, 1892
Biaçores st. 254 : 47°44'N — 8°05'W. 1 050 m
Phelliactis robusta Carlgren, 1928
Noratlante B 1 : 55°07'N — 15°07'W. 2 165 m
B 19 : 47°29'N — 8°22'W. 2 110 m
Phelliactis incerta Carlgren, 1934
Biaçores st. 254 : 47°44'N — 8°05'\V. 1 050 m
Phelliactis carlgreni n. sp.
Biaçores st. Il : 38°56'N — 27°41'W. 2 480 m
Genre Paracalliactis Carlgren, 1928
Paracalliaclis azorica, n. sp.
Biaçores st. 202 : 37°26'N — 25°00'W. 2 900 m
st. 221 : 36®59'N — 24°30'W. 3 506 m
Paracalliaclis michaelsarsi Carlgren, 1928
Biaçores st. 249 : 45°50'N — 17°32'W. 4 620-4 690 m
Noratlante B 4 : 52°07'N — 45°33'W. 4 094 m
Paracalliactis stephensoni Carlgren, 1928
Biaçores st. 196 : 37°50'N — 24°55 , W. 1 146-1 191 m
st. 179 : 38°05'N — 25«46'W. 1 590-1 665 m
st. 252 : 45°35'N — 8°47'W. 1 590-2 700 m
Genre Amphianthus R. Hertwig, 1882
Amphianthus radiatus Carlgren, 1928
Biaçores st. 235 : 37°18'N — 25°32'W. 2 215 m
st. 202 : 37°26'N — 25«00'W. 2 900 m
st. 185 : 38°00'N — 24°57'W. 2 150-2 240 m
200
DOMINIQUE DOUMENC
Amphianthus sp.
Biaçores st. 95 : 39°03'N — 28°25'W. 2 440 m
st. 237 : 37°21'N — 25°45'\V. 645-760 m
Amphianthus sp.
Biaçores st. 235 : 37°18'N — 25°32'W. 2 085-2 115 m
Genre Adamsia Forbes, 1840
Adamsia palliata Bohadsch, 1761
Biaçores st. 259 : 48°07'N — 7°51'W. 190 m
Famille des Sagartiidae Gosse, 1858 (KG 29,00)
Genre Cereus Oken, 1815
Cereas pedunculatus Pennant, 1777
Biaçores st. P 11 : (côtier) Castelo Branco. 0-12 m
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ACTINIES BATHYALES ET ABYSSALES DE L’ATLANTIQUE NORD
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Coast of the United States. Report Americ. Fish Comm. Washington : 503-536.
Manuscrit déposé le 22 janvier 1974.
202
DOMINIQUE DOUMENC
PLANCHE I
A : Phelliactis incerta (X 1).
B : Phelliactis hertwigi (X 2).
C : Phelliactis robusta (X 2/3).
D : Actinoscyphia saginata (sole pédieuse en disque) (x 1/2).
E : Actinoscyphia saginata (sole pédieuse entourant un tube de polychète) (W 1/2).
204
DOMINIQUE DOUMENC
PLANCHE II
Phelliactis carlgreni (x 3).
A : Vue de la face orale ; B : Vue latérale.
PLANCHE II
Bull. Mus. nain. Iiist. nat., Paris, 3 e sér., n° 287, janv.-févr. 1975,
Zoologie 197 : 157-206.
Achevé i Vimprimer le 19 juillet 1975.
IMPRIMERIE NATIONALE
5 564 001 5
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Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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