BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 296
PUBLICATION BIMESTRIELLE
III I
zoologie
206
MARS-AVRIL 1975
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-IIilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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36, rue Geoffroy-Saint-IIilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 296, mars-avril 1975, Zoologie 206
K tude de quelques Bagridae (Siluriformes, Pisces) du Cambodge.
Description d’une espèce nouvelle : Mystus aubentoni
par Martine Desoutter *
Résumé. — Les Bagridae étudiés se répartissent en trois genres : Mystus Scopoli, 1777, Hete¬
robagrus Bleeker, 1864, Bagroides Bleeker, 1851. Dans le genre Mystus on distingue six espèces
abondamment représentées au Cambodge : M. cavasius (Hamilton Buchanan, 1822), M. rnicra-
canthus (Bleeker, 1846), M. wolffii (Bleeker, 1851), M. nemurus (Val., in Cuv. Val., 1839), M. pla-
niceps (Val., in Cuv. Val., 1839), Mystus wyckii (Bleeker, 1858). Une espèce nouvelle est décrite :
Mystus aubentoni. Une seule espèce dans le genre Heterobagrus : H. bocourti, Bleeker, 1854. Dans
le genre Bagroides, deux espèces : B. macropterus Bleeker, 1853, et B. macracanthus Bleeker, 1854.
1. Introduction
Les Poissons qui font l’objet de cette étude ont été récoltés dans le Mékong pendant
la mission d’Aubenton au Cambodge, au cours des années 1960-1964. Les premiers résultats
ont fait l’objet des travaux de d’Aubenton (1965) et de Stauch et d’Aubenton (1966).
Les Ariidae et les Bagridae ont souvent été confondus en une seule famille (Bertin
et Arambourg, 1958). Avec Weber et de Beaufort (1913), Smith (1945), Greenwood
et. al. (1966), nous considérerons ici les Bagridae sensu stricto. Les Bagridae d’Extrême-
Orient ont été revus ces dernières années par Jayaram (1955).
Les Bagridae ne constituent pas un groupe homogène. Leur taille moyenne peut
atteindre presque un mètre. Leur nageoire dorsale est courte et située assez en avant ;
elle comprend 2 épines et 7 rayons mous. La première épine est très courte et sa présence
a échappé à de nombreux auteurs ; souvent, elle n’est visible que sur des radiographies.
Ils possèdent tous une nageoire adipeuse plus ou moins longue. Les nageoires pelviennes
ont une épine plus ou moins forte, le plus souvent denticulée sur son bord interne. La nageoire
anale est courte ; la caudale est fourchue. Les narines antérieures et postérieures sont sépa¬
rées ; les postérieures portent un barbillon. Il existe une paire de barbillons maxillaires,
deux paires de barbillons mandibulaires. Les yeux sont soit libres ( Mystus et Heterobagrus),
soit sous-cutanés dans tous les autres genres. Les membranes branchiostèges peuvent être
soudées entre elles ( Bagroides et Bagrichthys) ou non ( Mystus, Heterobagrus) ; dans le genre
Leiocassis, elles commencent à se souder dans la partie antérieure.
D’après tous ces caractères, il semble que les genres Mystus et Heterobagrus se séparent
quelque peu des autres genres qui semblent être moins différenciés.
* Laboratoire des Reptiles et Poissons , Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005
Paris.
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442
MARTINE DESOUTTER
Dans la collection étudiée, nous n’avons observé que trois genres : Mystus, Hetero-
bagrus, Bagroides. Un genre pourtant bien représenté en Extrême-Orient n’a pas été récolté :
il s’agit du genre Leiocassis qui semble être un intermédiaire entre les groupes Mystus —
IIeterobagrus et Bagroides — Bagrichthys. Le genre Bagrichthys n’est pas, non plus, repré¬
senté dans cette collection. Il ne semble avoir été signalé qu’une seule fois dans la péninsule
indochinoise.
2. Matériel et méthodes
Le matériel provient de pêches effectuées dans les eaux douces du Cambodge (lig. 1)
à l’aide de « days » ; ce système permet de pêcher en formant un barrage sur le fleuve aux
Fig. 1. — Lieux de capture des spécimens étudiés.
BAGRIDAE DU CAMBODGE
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endroits les plus larges et les plus profonds. Les autres engins employés sont l’épervier,
le barrage à plongeur sadang, la grande senne. La description de tous ces engins de pêches
a été faite par Chevey et Le Poulain (1940).
Tous les spécimens ont été mesurés en projection. Des radiographies de tous les exem¬
plaires ont été faites. Pour toutes les espèces citées, nous avons essayé de retrouver les
types.
3. Descriptions
3.1. Genre MYSTUS Scopoli, 1777
Mystus Scopoli, 1777, Introd. Hist. nat. : 451 (type : Bagrus halepensis Valenciennes, in Cuvier
et Valenciennes, proposé par Fowler, 1928).
Bagrus (pro parte) Valenciennes, 1839, in Cuvier et Valenciennes, Histoire naturelle des Pois¬
sons, 14 : 8.
Macrones Duméril, 1856, Ichthyologie analytique... : 484 (type : Bagrus larnarii Valenciennes, in
Cuvier et Valenciennes).
Bagrus (Bleeker, 1858) (pro parte), Ichthyologie Archipel, lnd. Prodr. 1. Siluri : 144.
llemibagrus, Hypselobagrus, Aspidobagrus Bleeker, 1862, Atlas Ichthyol. Ind. Orient. Neerl.,
II : 9-10.
Aoria Jordan, 1918, Proc. Acad. nat. Sci. Philad., 70 : 341 (type : Bagrus larnarii Valenciennes,
in Cuvier et Valenciennes).
Le statut du genre Mystus a été pendant longtemps très controversé ; il provient de
la division du genre Bagrus sensu Cuvier et Valenciennes, 1839, et sensu Bleeker, 1858.
Jayaram (1954-55) a mis en évidence que tous les synonymes du genre et en particulier
Macrones, le plus couramment utilisé, ne sont pas valables et que seul Mystus Gronow,
1763 (corrigé par Scopoli, 1777), doit être utilisé.
Le genre Mystus comprend un grand nombre d’espèces. 11 a une importante distri¬
bution géographique puisqu’on le rencontre dans tout l’Extrême-Orient (de l’Inde à la
Chine et dans tout l'archipel Indo-Malais). Day' (1889) a suggéré de subdiviser le genre
Mystus en deux sous-genres, subdivision qui serait fondée sur la présence ou l’absence
d’un bouclier interneural entre le processus occipital et la plaque basale de la nageoire
dorsale, mais sans donner de noms. Jayaram (1954) a basé sa subdivision sur ce caractère
en donnant le nom de Mystus ( Mystus ) à ceux qui ne possèdent pas de bouclier interneural
entre le processus occipital et la plaque basale et le nom de Mystus ( Osteobagrus ) aux autres.
Dans la collection étudiée, nous n’avons observé que des Mystus (Mystus).
Le genre Mystus se distingue des autres genres de Bagridae par le fait que les yeux
sont libres. La bouche est en position terminale. Les lèvres forment à chaque mâchoire
un petit bourrelet. Il existe des dents, petites, nombreuses et pointues, disposées en deux
bandes en forme de croissant, sur les prémaxillaires et les vomers. Les membranes bran-
chiostèges ne sont pas soudées entre elles et sont libres de l’isthme. Sur le dessus de la tête,
il existe une fontanelle médiane de longueur variable. Le processus occipital est plus ou
moins visible suivant les espèces.
Quatre paires de barbillons : deux paires de barbillons mandibulaires, une paire de
maxillaires, une paire de nasaux sur les narines postérieures. Leur longueur est variable
suivant les espèces.
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MARTINE DESOUTTER
Deux nageoires dorsales : une antérieure qui possède toujours 2 épines et 7 rayons ;
la première épine n’est souvent visible que sur les radiographies, la deuxième est toujours
plus courte que les plus grands rayons. Une nageoire postérieure adipeuse. Les pectorales
ont une épine assez forte qui est plus ou moins denticulée sur le bord interne et 8 à 12 rayons.
Elles s’insèrent en avant du niveau de la dorsale. Les pelviennes ont toujours 6 rayons.
Elles sont situées à l’aplomb de l’extrémité de la première dorsale et n’atteignent pas l’anale.
Les nageoires paires sont en position horizontale. L’anale est courte, elle a moins de 15
rayons et n’atteint pas la caudale. Cette dernière est fourchue, le lobe supérieur ayant
des rayons plus longs que le lobe inférieur.
Clé de détermination des espèces de Mystus au Cambodge
1 (4). Nageoire adipeuse contiguë à la dorsale rayonnée.
2 (3). Fontanelle atteignant le processus occipital. Mystus cavasius
3 (2). Fontanelle n’atteignant pas le processus occipital. Mystus micracanthus
4 (1). Nageoire adipeuse séparée de la dorsale rayonnée.
5 (6). Processus occipital atteignant la dorsale. Mystus woljfii
6 (5). Processus occipital n’atteignant pas la dorsale.
7 (10). Barbillons maxillaires atteignant l’anale.
8 (9). Épine dorsale denticulée. Mystus nemurtts
9 (8). Épine dorsale lisse. Mystus aubentoni
10 (7). Barbillons maxillaires courts (n’atteignant pas l’anale).
11 (12). Hauteur du corps comprise environ 7 fois dans la longueur standard.
Mystus planiceps
12 (11). Hauteur du corps comprise entre 5 et 5,5 fois dans la longueur standard.
Mystus wyckii
3.1.1. Mystus cavasius (Hamilton Buchanam, 1822)
Pimelodus cavasius Hamilton Buchanam, 1822, Gangetic Fishes : 203 (pl. 11, fig. 67) (Gange).
Bagrus nigriceps Valenciennes, 1839, in Cuvier et Valenciennes, Histoire naturelle des Poissons,
14 : 412 (Java) (Holotype : R.M.N.H. 1 : 2953).
Bagrus macronemus Bleeker, 1846, Nat. Geneesk. Arch. Ned. Indië, 3 (2) : 150 (type non retrouvé).
Bagrus singaringan Bleeker, 1846, Nat. Geneesk. Arch. Ned. Indië, 3 (2) : 150 (type non retrouvé).
Hypselobagrus macronema Bleeker, 1862, Atl. Ichth., Il : 58.
Mystus reghrna Fowler, 1935, Proc. Acad. nat. Sci. Philad., 87 : 102 (fig. 27) (Bangkok) (Holotype :
A.N.S.P. 2 : 61 748).
Spécimens examinés : 5 capturés à Tonlé Sap, km 9, de longueur standard 54,5 mm
à 100 mm. Pêchés aux days.
Ce poisson a une forme allongée. La longueur standard comprend 4,2-5,4 fois la hauteur
du corps, 4,0-4,5 fois la longueur de la tète. Elle a une forme conique, un peu plus haute
que large ; sa largeur est comprise 1,7 fois dans sa longueur. Les yeux sont situés à peu
près au tiers de la longueur de la tête. Leur diamètre est compris 3,4-4,5 fois dans la tête.
Ils sont en position relativement basse.
Le nombre de branchiospines est de 15 (14-16), plus un ou deux rudiments sur la base
du premier arc.
1. R.M.N.H. : Rijksmuseum van Natuurlijke Historié, Leiden, Nederland.
2. A.N.S.P. : The Academy of Natural Science of Philadelphia, U.S.A.
BAGRIDAE DU CAMBODGE
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Sur le dessus de la tête, une fontanelle occupe toute la longueur du crâne. Elle atteint
le processus occipital. Ce dernier, étroit et long, s’étend jusqu’à la plaque dorsale.
Quatre paires de barbillons :
— deux paires de barbillons mandibulaires : les barbillons médians atteignent à peu près
la base des nageoires pectorales ; les barbillons latéraux parviennent jusqu’à l’extré¬
mité postérieure de la pectorale ;
— les barbillons maxillaires étendus jusqu’à la caudale ;
— les barbillons nasaux aussi longs (pie la tête.
Le nombre des rayons de la nageoire dorsale est 11-7. La deuxième épine est un peu
plus longue que la tête : elle est comprise 1,3 fois dans la tète. Son bord externe est lisse ;
son bord interne est très légèrement denticulé. Les rayons mous dépassent la deuxième
épine dorsale. Ils sont tous branehus. La longueur de la dorsale est peu importante ; elle
est comprise 7,7 fois dans la longueur standard. L’adipeuse est continue avec la nageoire
dorsale. Elle s’étend jusqu’au pédoncule caudal. Elle est comprise 2,1 fois dans la longueur
standard. Elle est relativement haute.
La nageoire anale a 9 rayons mous. Sa longueur est plus faible que celle de la dorsale.
Elle commence à peu près sous le milieu de l’adipeuse et se termine un peu en avant de
l'extrémité postérieure de cette dernière.
Les nageoires pectorales ont 1-10 rayons ; deux spécimens examinés ont 8 et 9 rayons
mous. L’épine de la nageoire pectorale est beaucoup plus forte que celle de la dorsale. Sa
longueur est à peu près égale à celle de l’épine de la dorsale. Son bord externe est lisse.
Elle est fortement denticulée sur le bord interne. Le nombre de denticules est à peu près
constant : on en trouve il le long de l’épine. Il semble que les denticules se forment dans
la région supérieure tandis qu’ils s’atténuent et tendent à disparaître à la partie inférieure.
Le nombre de vertèbres est de 36 (un exemplaire : 37).
La coloration des spécimens conservés dans l’alcool est marron clair. On peut obser¬
ver une raie blanche au niveau de la ligne latérale et une tache brune sur le pédoncule
caudal. Les nageoires sont un peu plus claires que le corps. On peut voir aux extrémités
des taches noires dont le contour n’est pas précis. La nageoire adipeuse est à peu près de
la même couleur que le corps.
Mystus cavcisius (Hamilton Buchanan) et Mystus nigriceps (Valenciennes) ne consti¬
tuent qu’une seule espèce, de répartition géographique très étendue : de l’Inde au Cam¬
bodge et dans toutes les îles de l’Indo-Malaisie. Il peut se produire quelques variations
géographiques.
Fowler décrit son espèce Mystus reghma à partir d’un seul spécimen de 67 mm de
longueur totale. Une de ses différences avec Mystus cavasius est l'espace entre la dorsale
et l’adipeuse. Après avoir examiné le type, nous avons pu observer que cet espace était
moins important que sur le dessin de Fowler. De plus, après avoir étudié des spécimens
pe tailles différentes, nous arrivons à la conclusion qu’il doit s’agir, comme l'a déjà signalé
Smith (1945), de variations individuelles à l’intérieur d’une espèce qui a une grande exten¬
sion géographique.
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3.1.2. Mystus micracanthus (Bleeker, 1846)
Bagrus micracanthus Bleeker, 1846, Nat. Geneesk. Arch. Ned. Indië, 3 (2) : 151 (Sumatra, Bornéo,
Java) (Syntypes : R.M.N.H. : 5216. La description originale de Bleeker repose sur l’étude
de 32 spécimens. Dans la collection du Muséum de Leiden, nous n’avons retrouvé que 29 pois¬
sons. Günther, dans son Catalogue de Types du British Muséum, signale qu’un syntype
existe au British Muséum),
Les dimensions des syntypes qui sont donnés ici comme référence sont une moyenne
des dimensions de deux syntypes pris au hasard.
Spécimen examiné : 1 de Tonlé Sap, km 9, de 87 mm de longueur standard. Pêché
aux days.
De forme oblongue, son profil est légèrement pointu en avant. La longueur standard
comprend 4,3 fois (syntypes : 5,6) la hauteur du corps, 3,4 fois la longueur de la tète (syn¬
types : 3,9 et 4,1). Elle a une forme conique : sa largeur est égale à sa hauteur et est comprise
1,8 fois (syntypes : 1,2 et 1,5) dans sa longueur. Les yeux sont situés assez bas sur les côtés
de la tète. Ils sont dans le premier tiers de la tête. Leur diamètre est compris 5,1 fois (syn¬
types : 4,3) dans la tête et 2,5 fois dans l’espace interorbitaire (syntypes : 1,6 et 1,8). La
bouche est relativement grande puisqu’elle est comprise 2,6 fois dans la tète. Deux plages
de dents en forme de croissant, une sur les prémaxillaires et une sur les vomers.
Line fontanelle longitudinale occupe le milieu de la tête. Elle n’atteint pas le processus
occipital. Ce dernier, bien marqué, s’étend jusqu’à la plaque dorsale.
Le nombre de branchiospines est de 44 sur la base du premier arc. Elles sont très
serrées et très grandes.
Quatre paires de barbillons assez fins :
— deux paires de barbillons mandibulaires : le médian atteignant la base de la nageoire
pectorale et le latéral atteignant presque la base de la nageoire ventrale ;
— une paire de barbillons maxillaires parvenant jusqu’à la caudale ;
— une paire de barbillons nasaux plus longs que la tête.
La nageoire dorsale a 11-7 rayons. La deuxième épine, à peu près égale à la moitié
de la longueur de la tête, porte 5 petits denticules sur son bord interne. La dorsale rayon-
née est plus haute que l’épine : sa hauteur est comprise 1,5 fois dans la tête. La longueur
de sa base est à peu près égale à la hauteur de l’épine.
La nageoire adipeuse est contiguë à la dorsale. Elle n’est pas très haute. Elle débute
par un simple repli de tissu adipeux qui s’élève progressivement vers barrière et se termine
en avant du niveau postérieur de banale.
La nageoire anale a il rayons visibles (14 sur radiographies) (syntypes : 10 et 11).
Elle prend naissance à l'aplomb de la région moyenne de l’adipeuse. Sa hauteur est égale
à sa longueur.
Les nageoires pectorales ont 1-8 rayons (syntypes : 1-9). L’épine de la pectorale est
plus longue et beaucoup plus forte que celle de la dorsale : elle est comprise 1,5 fois dans
la tête (syntype : 1,2 et 1,3). Elle est très denticulée sur le bord interne : 12 denticules.
Le nombre de vertèbres est de 31.
Coloration : en alcool, le corps est blanchâtre. L’extrémité des nageoires est jaunâtre.
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3.1.3. Mystus wolffii (Bleeker, 1851)
Bagrus <.\’ol/lii Bleeker, 1851, Ned. Tijdschr. Natuurk. Indië, 2 : 205 (Bornéo) (Ilolotype : B.M. 1 :
1863.12,4.94).
Spécimens examinés : 2 provenant de Tonlé Sap, km 9, de 104 mm et 70 mm de lon¬
gueur standard. Pêchés aux days. — 2 de Prek Tasom (Snoc Trou), de 82 mm et de 103,5 mm
de longueur standard. Pêchés aux days. — 2 de Cheng Chamias, km 9, de 59 mm et de
95,5 mm de longueur standard. Pêchés au barrage à plongeurs sadang.
Le corps est oblong avec le profil pointu vers l’avant, La longueur standard comprend
3,8-5,9 fois (type : 4,3) la hauteur du corps, 3,8-4,2 fois la longueur de la tête (type : 4,2).
Elle a une forme conique. Sa hauteur est à peu près égale à sa largeur. Les yeux sont en
position basse, situés environ au tiers antérieur de la tête. L’espace interorbitaire est un
peu plus large que le diamètre de l’œil : 1,2.
Une fontanelle occupe le milieu de la tête. Elle atteint le processus occipital. Ce der¬
nier s’étend jusqu’à la nageoire dorsale. Son extrémité antérieure est relativement large.
Quatre paires de barbillons :
deux paires de barbillons mandibulaires : le médian atteignant le milieu de la nageoire
pectorale ; le latéral allant jusqu’à la base des pelviennes ;
- une paire de barbillons maxillaires atteignant soit l’extrémité de l’anale, soit le début
de la caudale ;
— une paire de barbillons nasaux presque aussi longs que la tête.
Ils sont fins et de couleur claire.
Le nombre de brancbiospines est de 19 sur la base du premier arc ; elles sont relative¬
ment grandes.
La nageoire dorsale a II-7 rayons. La deuxième épine est comprise 1,4 fois dans la
tête. Elle est denticulée sur son bord interne : on trouve environ de 8 à 9 très petits denti-
cules. Le premier rayon mou est nettement plus grand que l’épine et il est plus long que la
tête.
L’espace entre la nageoire adipeuse et la nageoire dorsale est environ 1/5 de la longueur
standard. L’adipeuse est à peine plus longue que la dorsale.
La nageoire anale a 14 rayons (un exemplaire 13). Sa longueur est à peu près égale
à sa hauteur et à la longueur de la base de l’adipeuse. Elle commence légèrement en arrière
du niveau de l'adipeuse.
Les nageoires pectorales ont 1-9 rayons (un spécimen 7 et un autre 8). L’épine de la
nageoire pectorale est plus longue et plus forte que celle de la dorsale. Le nombre de denti-
cides est d’environ une dizaine. Il semble varier en fonction de la longueur de l’épine.
Le nombre de vertèbres est de 33 (un exemplaire : 32) (type : 34).
Coloration blanche sur la partie ventrale, marron très clair sur la partie dorsale. Le
dessus de la tête est plus foncé. Les nageoires sont plus claires.
1. B.il. : British Muséum (Natural History), London, Grande-Bretagne.
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3.1.4. Mystus nemurus (Valenciennes, 1839)
Bagrus nemurus Valenciennes, 1839, in Cuvier et Valenciennes, Histoire naturelle des Poissons,
14 : 423 (Java) (llolotype : R.M.N.H. : 2935).
Bagrus hoevenii Bleeker, 1846, Nat. Geneesk. Arch. Ned. Indië, 3 (2) : 154 (type non retrouvé).
Bagrus siebolclii Bleeker, 1846, Nat. Geneesk. Arch. Ned. Indië, 3 (2) : 155 (type non retrouvé'.
Macrones bleekeri, Yolz, 1903, Zool. Anz., 26 (703) : 556 (Holotype : Muséum Berne 1 ).
Macrones howong Popta, 1904, Notes Leyden Mus., 24 : 181 (Bornéo central : llowong) ■ Holotvpe :
R.M.N.H. : 7547).
Macrones bongan Popta, 1904, Notes Leyden Mus., 24 : 182 (Bornéo central : Bongan) (Holotype :
R.M.N.H. : 7548),
Macrones bd Popta, 1904, Notes Leyden Mus., 24 : 183 ( Bornéo central : Bit) (llolotype : R.M.N.H. :
7549).
Macrones kajan Popta, 1904, Notes Leyden Mus., 24 : 184 (Bornéo central : Kajan) (Holotype :
R.M.N.H. : 7550).
Macrones fortis Popta, 1904, Notes Leyden Mus., 24 : 185 (Bornéo central : Bô) (Syntypes :
R.M.N.H. : 7551).
Macrones fortis var. capitulum Popta, 1904, Notes Leyden Mus., 24 : 186 (Bornéo central : Bô
(Holotype : 7552).
Spécimens examinés : I de Tuk-Chkou-Kampot, de 134mm de longueur standard.
Pêché à l’épervier. — 25 de Tonlé Sap, km 9, de 30 mm à 149 mm de longueur standard.
Pêchés aux days. — 1 de Prek Tamen, de 181 mm de longueur standard. Pêché aux barrages
à plongeurs sadangs. I de Snoctrou-Tasom, de 86 mm de longueur standard. Pêché
aux days. — 1 du Grand Lac du Cambodge, de 246 mm de longueur standard. Pêché à
la grande senne.
Le corps est allongé, le profil s’élève progressivement jusqu’à la dorsale. La longueur
standard comprend 4,9 fois (3,9-5,6) (type : 5,7) la hauteur du corps, 3,0 fois (2,6-3,4)
(type : 3,2) la longueur de la tête. Elle est plus ou moins aplatie en dessus. Sa largeur est
comprise 1,7 fois dans sa longueur (type : 1,6). Le museau est inclus 2,6 fois (1,4-3,1) (type :
2,7) dans la longueur de la tête. Le diamètre des yeux est compris 5,6 fois (3,7-7,9) dans
la longueur de la tête (type : 2,2). La bouche est assez grande : sa largeur entre les commis¬
sures est comprise 2,4 fois dans la tête (1,7-3,3). Il y a deux plages de petites dents pointues
sur les prémaxillaires et les voiliers.
Lme fontanelle médiane occupe toute la longueur de la tête et s’étend jusqu’au proces¬
sus occipital. Chez les petits spécimens elle est bien marquée. Au fur et à mesure que l’espèce
grandit, elle devient beaucoup moins visible. Le processus occipital, à peine perceptible,
est triangulaire et très court. Il n’atteint pas la plaque dorsale.
Le nombre de branchiospines est de 10 sur la base du premier arc (9-12) (type : 12).
Elles sont grandes et espacées.
Quatre paires de barbillons :
— deux paires de barbillons mandibulaires : le médian atteignant l’extrémité de la tête,
le latéral allant jusqu’au milieu de la pectorale. Ils sont très fins et de couleur claire
eu général.
1. Muséum Berne : Naturhistorisclies Muséum, Bern, Suisse.
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une paire de barbillons maxillaires qui atteint le plus souvent l’extrémité de l’anale,
une paire de barbillons nasaux qui vont jusqu’au milieu de l’œil. Ils sont très fins. Tout
le long de la phase d'accroissement de cette espèce, les barbillons gardent les mêmes
proportions par rapport au corps.
La nageoire dorsale a 11-7 rayons. La deuxième épine est comprise 2,2 fois dans la
tête (1,6-4,0) (type : 2,2). Le rapport tête/épine est beaucoup plus élevé chez les spécimens
de petite taille. Ce rapport diminue au fur et à mesure que l’animal grandit, pour se sta¬
biliser assez rapidement. Chez les petits spécimens l’épine est lisse, par la suite elle devient
très légèrement denticulée sur le bord interne : de 4 à 9 petits dentieules suivant la tadle.
Les rayons mous sont plus hauts (pie l’épine : leur hauteur est comprise 1,6 fois dans la tête.
La longueur de la dorsale est comprise 6,1 fois dans la longueur standard.
L’espace entre la nageoire adipeuse et la nageoire dorsale est compris 7,8 fois dans la
longueur standard (5,1-12,5). Nous avons pu observer qu’il était peu important chez les
petits spécimens et qu'il augmentait au cours de la croissance. La nageoire adipeuse est
comprise 6,8 fois dans la longueur standard (4,8-9,2). Elle n’est pas très haute ; elle s’élève
progressivement. Elle n’atteint pas la caudale.
La nageoire anale a le plus souvent 11 ou 12 rayons (9-13) (type : 12). Elle est à peu
près au même niveau (pie l’adipeuse. Elle est légèrement plus courte que l’adipeuse ou de
même taille.
Les pectorales ont 1-8 ou 9 rayons (4 spécimens : 7, un : 6) (type : 1-9). L’épine de
la nageoire pectorale est plus forte que celle de la dorsale. Elle est denticulée sur le bord
interne. Le nombre de dentieules varie en fonction de la taille de l’épine. Chez les plus
grands spécimens elle est aussi légèrement denticulée sur le bord externe. Elle est plus longue
que l’épine dorsale : sa longueur est légèrement supérieure à la hauteur de la nageoire
dorsale.
Le nombre de vertèbres varie de 36 à 39.
La coloration des spécimens conservés dans l’alcool est blanchâtre avec des zones
plus foncées dans la région dorsale. Les nageoires sont un peu plus foncées. On observe
chez certains une tache brune sur l’adipeuse.
Cette espèce est extrêmement répandue, non seulement au Cambodge, mais aussi
en Thaïlande et dans la péninsule indienne.
3.1.5. Mystus aubentoni n. sp.
Spécimens examinés : Holotype : n° 1974-39 provenant de Stung Treng, de longueur
standard : 304 mm. — Paratype : n° 1974-40 provenant de Stung Treng, de longueur stan¬
dard : 370 mm. —• Paratype : n° 1974-42 provenant de Stung Treng, de longueur standard :
460 mm. — Paratype : n° 1974-41 provenant de Stung Treng, de longueur standard :
465 mm. — Paratype : n° 1974-38 provenant du nord de la rivière de Battambang, de lon¬
gueur standard : 195 mm.
Di AGNOSE (fig. 2)
Cette espèce atteint une taille relativement importante. La longueur standard com¬
prend 5,7 fois la hauteur du corps et 3,4 fois la longueur de la tète. Cette dernière (fig. 3),
450
MARTINE DESOUTTER
Fig. 2. — Mystus aubentoni (profil).
Fig. 3. — Mystus aubentoni (dessus de la tête).
plate, est beaucoup plus large que haute, sa hauteur est comprise 2,1 fois dans sa longueur.
Les yeux sont situés au tiers antérieur de la tête. Leur diamètre est compris 10,0 fois dans
la longueur de la tète. L’espace interorbitaire est égal à 3,4 fois le diamètre de l’œil. La largeur
de la bouche entre les commissures est comprise 2,5 fois dans la tête. Les prémaxillaires
et les vomers portent deux bandes de petites dents pointues en forme de croissant.
La fontanelle médiane, à peine marquée, n’atteint pas le processus occipital. Ce der¬
nier est peu visible : il est très court ; il n’atteint pas la dorsale. Aucun processus osseux
ne recouvre la tête.
Quatre paires de barbillons :
— deux paires de barbillons mandibulaires : le médian, très court, compris 2,3 fois dans
la tête, le latéral atteignant le milieu de la pectorale ;
BAGRIDAE DU CAMBODGE
451
— une paire de barbillons maxillaires atteignant le milieu de l’anale ;
— une paire de barbillons nasaux atteignant le milieu de l’œil.
Le nombre de branchiospines est de 8 sur la base du premier arc.
La nageoire dorsale a U-7 rayons. La deuxième épine, au contraire de toutes les espèces
de Mystus étudiées ici, est très peu ossifiée. Mlle est courte et comprise 2,5 fois dans la tête.
Elle est lisse. La dorsale rayonnée est plus haute que l’épine ; la longueur de sa base est
comprise 7,3 fois dans la longueur standard.
La nageoire adipeuse est séparée de la dorsale par un espace compris 11,7 fois dans
la longueur standard. La longueur de l’adipeuse est comprise 4,4 fois dans la longueur
standard. Elle est plutôt basse.
La nageoire anale a 13-14 rayons. Elle est silnée en arrière du niveau du début de
l'adipeuse. Sa base est égale à celle de I adipeuse. Elle est moins liante que longue sauf
chez un exemplaire de petite taille.
Les nageoires pectorales ont 9 (8) rayons et une épine beaucoup plus forte que celle
de la dorsale. Sa longueur est comprise 2,2 fois dans la tête. Elle est assez fortement denti-
culée (14 à 20 denticules sur le bord interne).
Les nageoires pelviennes ont 6 rayons. Elles sont situées à l’aplomb de l’extrémité
postérieure de la dorsale. Elles n’atteignent pas l’anale.
Le nombre de vertèbres est de 46 (45-47).
Les spécimens en alcool sont marron foncé, plus clairs sur la face ventrale. Le dessus
de la tète est souvent plus foncé que le reste du corps. L’adipeuse est de même couleur
que le corps. Les autres nageoires sont plus claires.
Mystus aubentoni est très proche de M. wyckoides (Fang et Chaux, 1949). Il en diffère
Cependant par quelques caractères :
— la fontanelle n’atteint pas le processus occipital alors que chez M. wyckoides elle I atteint ;
•— 1 l’espace entre la dorsale et l’adipeuse est plus important que chez M. wyckoides ;
- le diamètre de l’œil est moins important pour des individus de même taille.
Il diffère de M. wyckii par la présence d'une épine dorsale lisse et les dimensions rela¬
tives des barbillons.
Il se pourrait que cette espèce soit la même que Mystus rubicauda, « espèce nouvelle
probable », citée par Bardacii (1959) dans son travail sur la pêche au Cambodge, mais
n'ayant donné lieu à aucune description.
3.1.6. Mystus planiceps (Valenciennes, 1839)
Bagrus planiceps Valenciennes, 1839, in Cuvier et 5 alenciennes, Histoire naturelle des Poissons,
14 : 421 (Java) (Syntypes : R.M.N.H. : 2941 et R.M.N.H. : 2959).
Bagrus anisurus Valenciennes, 1839, in Cuvier et 4 alenciennes, Histoire Naturelle des Poissons,
14 : 422 (Java) (Holotype : R.M.N.H. : 2956).
Bagrus flavus Bleeker, 1846, Nat. Geneesk. Arch. Ned. Indië, 3 (2) : 156 (type non retrouvé).
Macrones pluriradiatus Vaillant, 1892, Bull. Soc. Philomath. Parts, 8 e sér., 4 : 126 (Tonkin) (Holo¬
type : M.X.H.P. : 92-48).
Spécimen examiné : I capturé sur la route de Sianoukville, km 170, de longueur stan¬
dard : 88 mm. Pêché à l’épervier.
452
MARTINE DESOUTTER
Les références données sont celles des deux syntypes de Bagrus planiceps Valenciennes.
De forme allongée, son profil est rectiligne du museau jusqu’à la dorsale. La longueur
standard comprend 7,0 lois la hauteur du corps (types : 6,0-8,3), 3,2 fois la longueur de la
tête (types : 3,6-3,8). Sa hauteur est presque égale à la hauteur du corps et sa largeur est
le double de sa longueur. La bouche est relativement grande, bien qu’elle n’atteigne pas
le niveau des yeux. Ceux-ci sont latéraux : leur diamètre est compris 4,5 fois (types : 5,5-5,6)
dans la longueur de la tête et 1,3 fois (types : 1,7) dans l’espace interorbitaire. Sur la tête,
on observe une grande fontanelle longitudinale prolongée jusqu’au processus occipital.
Ce dernier, court et étroit, n’est pas très visible : il n’atteint pas la dorsale.
Quatre paires de barbillons relativement fins :
— deux paires de barbillons mandibulaires : le médian atteignant l’opercule, le latéral
allant jusqu’à la base de la pectorale ;
— une paire de barbillons maxillaires atteignant la base des pelviennes ;
— une paire de barbillons nasaux courts, n’atteignant pas les yeux.
Le nombre de branchiospines est de 12 (types : 12 et 14) sur la base du premier arc.
La nageoire dorsale a 11-7 rayons. La première épine, très petite, n’est visible que sur
radiographie. La deuxième est comprise 2,1 (types : 2,3-2,7) fois dans la tête. Elle est très
légèrement denticulée sur le hord interne. Les rayons mous sont plus grands que la deuxième
épine : la hauteur de la dorsale est comprise 1,5 (types : 1,5) fois dans la tête et sa longueur
1,7 (types : 1,8) fois.
La nageoire adipeuse est séparée de la dorsale par un espace égal à 1/11 de la longueur
standard. Sa base est comprise 5,8 fois (types : 5,6-6,6) dans la longueur standard.
La nageoire anale a 13 rayons mous. Sa longueur est égale à sa hauteur. Elle est située
légèrement en arrière du début de l’adipeuse.
Les nageoires pectorales ont 8 rayons (types : 8 et 9) et une épine de longueur égale
à celle de la dorsale, mais un peu plus épaisse que celle-ci. Elle est denticulée sur le bord
interne.
Le nombre de vertèbres est de 40.
Coloration brune ; les nageoires un peu plus claires.
3.1.7. Mystus wyckii (Bleeker, 1858)
Bagrus wyckii Bleeker, 1858, Ichthyologiae Archipelagi Indici Prodomus, vol. 1. Siluri : 156 (Java)
Syntypes : B.M. : 1863. 12.4.88, R.M.N.H. : 6867).
Spécimens examinés : 2 de Beng Cha, Mékong, de 191 mm et 302 mm de longueur
standard. Pêchés au grand épervier. — 1 de Prek-Tuk-Kampot, de 132 mm de longueur
standard. Pêché à l’épervier.
Le profil s’élève très lentement de la tête jusqu’à la dorsale. La tête, très plate, est
beaucoup plus large que haute : sa hauteur est égale à 1,5 fois sa largeur. Les yeux, situés
dans le premier tiers de la tête, sont relativement petits.
La fontanelle médiane est à peine inarquée : elle atteint le processus occipital. Ce der¬
nier est très réduit : il n’atteint pas la dorsale. L’exemplaire M.N.H.P. 1974-43 a un pro¬
cessus occipital plus long sans atteindre la dorsale. A la hase de la dorsale, on peut observer
BAGRIDAE DU CAMBODGE
455
R.M.N.H.
B.M. 1863.
M.N.H.P.
M.N.H.P.
M.N.H.P.
6867
12.4.88
1974-36
1974-37
1974-43
L.S.
332 mm
243 mm
191 mm
302 mm
132 mm
H.
72 mm
41 mm
34,5 mm
61,5 mm
18 mm
T.
110 mm
75 mm
59 mm
67 mm
38,5 mm
0 .
10 mm
7,5 mm
5 mm
8 mm
5 mm
Int.
34 mm
22,5 mm
17 mm
30 mm
10,5 mm
L.S. /H.
4,6
5,9
5,5
4,9
7,3
L.S./T.
3,0
3,2
3,2
3,2
3,4
Int./O.
3,4
3,0
3,4
3,7
2,1
Anale
10 rayons
9 rayons
8 rayons
9 rayons
10 rayons
Pectorales
1-12
i-ii
1-10
1-10
1-11
Vertèbres
41
44
45
45
46
une plaque basale ossifiée étendue vers l’avant, n’atteignant pas toutefois le processus
occipital (fig. 4). Le dessus de la tète est lisse : il n'y a aucun processus osseux qui recouvre
la tête.
Quatre paires de barbillons :
— deux paires de barbillons mandibulaires : l’interne très court, compris 3,5-4,4 fois dans
la longueur de la tête ; l’externe atteignant la membrane branchiostège ;
— une paire de barbillons maxillaires atteignant le milieu de la pectorale ;
— une paire de barbillons nasaux très fins et courts n’atteignant pas les yeux.
Le nombre de branchiospines est de 8 ou 9 sur la base du premier arc (types : 10).
La nageoire dorsale a II-7 rayons. La deuxième épine est très légèrement denticidée
sur le bord interne (7 petits denticules). Elle est comprise 2,2 fois dans la tête. Les rayons
mous de la dorsale sont plus hauts que la seconde épine. La longueur totale de la dorsale
rayonnée est comprise 6,9-8,3 fois dans la longueur standard.
La nageoire adipeuse est séparée de la nageoire dorsale. Cet espace est à peu près égal
à la longueur de la dorsale. La base de l’adipeuse est comprise 4,6-5,2 fois dans la longueur
standard. Sa hauteur est égale à la moitié de l’espace dorsale — adipeuse.
La nageoire anale a 10 ou 11 rayons mous (types : 13). Elle est située en arrière de
l’aplomb de l'adipeuse. Sa longueur est comprise 8,5-9,4 fois dans la longueur standard.
Elle est plus haute que longue.
Les nageoires pectorales ont I-10 ou 11 rayons (types : 1-12/11). Leur épine est beau¬
coup plus forte que celle de la dorsale. Elle est beaucoup plus longue puisqu’elle est comprise
1,6 fois dans la longueur de la tête. Elle est fortement denticulée sur le bord interne. Sur
son bord externe on observe quelques petits denticules émoussés.
Les nageoires pelviennes ont 6 rayons. Elles sont situées au niveau de l’extrémité de
la dorsale. Elles n’atteignent pas l’anale.
Le nombre de vertèbres est de 45-46 (types : 41 et 44).
Coloration en alcool, marron clair : la partie ventrale est plus claire. Le dessus de la
tête est légèrement plus foncé que le reste du corps. Les nageoires sont sombres.
Nous pouvons observer quelques différences entre les données relatives aux types de
Mystus wyckii et celles de spécimens :
454
MARTINE D3SOUTTER
— le nombre de rayons des nageoires pectorales : 12-11 chez les types et 10-11 chez nos
spécimens.
- le nombre de vertèbres : 45 chez nos spécimens, 41 et 44 chez les types.
— quelques variations de certains rapports. Les syntypes proviennent de l’île de Java
tandis que les spécimens étudiés ont été péchés au Cambodge. Les variations obser¬
vées sur nos spécimens seraient peut-être dues à un début d’isolement d’une variété
géographique. Pour pouvoir mieux définir ceci, il faudrait examiner un grand nombre
d’exemplaires de cette espèce. Celle-ci a une extension géographique limitée : elle
est connue surtout dans les îles de Sumatra et de Java. Fowler la signale en Thaï¬
lande et Bardach (1959) au Cambodge. Cette espèce est très rare sur le continent
asiatique.
Le spécimen M.N.H.P. 1974-43 présente des caractères biométriques un peu différents
de ceux de la description originale :
— la hauteur du corps comprise 7,3 fois dans la longueur standard, au lieu de l’être envi¬
ron 5 fois ;
— le diamètre de l'œil compris 7,7 fois dans la longueur de la tète au lieu de l'être entre
10 et 11 fois.
— le processus occipital un peu plus long.
De plus, il faut noter l'existence de cette plaque basale au niveau de la dorsale qui peut
faire croire que le processus occipital atteint la dorsale. D’après ces données, nous pensons
BAGRIDAE DU CAMBODGE
455
que ce spécimen n'a peut-être pas encore atteint le stade adulte : c’est un juvénile. Enfin
la situation géographique de Kampot est différente de celle des eaux du Mékong où ont
été pêchés les deux autres spécimens.
3.2. Genre HETEROBAGRUS Bleeker, 1864
Heterobagrus Bleeker, 1864, VersI. Meded. Akad. Wet. Amsterdam, 16 : 355 (espèce-type : Hetero-
bagrus bocourti, Bleeker, par monotypie).
Prajadhipokia Fowler, 1934, Proc. Acad. nat. Sci. Pliilad., 86 : 339 (espèce-type : Prajadhipokia
rex Fowler, par monotypie).
Il ressemble beaucoup aux Poissons du genre Mystus. Il a un corps long. Sa tête est
petite ; la bouche est en position terminale. Les yeux sont libres du bord marginal. Il a
quatre paires de barbillons : deux mandibulaires, une maxillaire et une nasale. Les mem¬
branes branchiostégales sont libres l’une de l’autre ; elles ne sont pas soudées à l’isthme.
La nageoire dorsale a 1-7 rayons. L’épine est très grande : la tête est comprise environ
2 lois dans sa longueur. La nageoire adipeuse est continue avec la dorsale ; elle est haute.
La nageoire caudale est bilobée ; les rayons du lobe supérieur sont plus longs que ceux du
lobe inférieur.
Ce genre ne comporte qu’une seule espèce : Heterobagrus bocourti Bleeker.
3.2.1. Heterobagrus bocourti Bleeker, 1864
Heterobagrus bocourti Bleeker, 1864, Versl. Meded. Akad. Wet. Amsterdam, 16 : 355-356 (1 fig.)
(fleuve Mé Nam, Siam) (Holotype : M.N.H.P. : 1553).
Prajadhipokia rex Fowler, 1934, Proc. Acad. nat. Sci. Philad., 86 : 339 (Bangkok, Siam) (IIolo-
type : A.N.S.P. : 60179).
Spécimens examinés : 6 provenant de Snoctrou (Prek Thlok), ayant une longueur
standard de 131 mm à 160 mm. Pêchés aux barrages à plongeurs sadangs.
La longueur standard comprend 3,2-4,4 fois la hauteur du corps (type : 4,8) et 3,4-
4,0 fois la longueur de la tête. Elle a une forme conique, sa largeur est comprise 1,3-1,5 fois
dans sa longueur (type : 1,5). Sa hauteur est un peu plus petite que sa largeur. La longueur
du museau est incluse 2,2-2,3 (type : 2,4) fois dans la longueur de la tête. Les yeux ont un
diamètre de 4,0-5,1 (type : 4,8) fois dans la longueur de la tête. La bouche, de taille moyenne,
est arrondie ; elle est en position terminale. Il y a deux plaques de dents petites et pointues
sur les vomers et les palatins. Sur certains spécimens, ces deux plaques se rejoignent pour
former une bande.
Le nombre de branchiospines est de 12 sur la base du premier arc (type : 13).
Une fontanelle médiane s’étend depuis les narines postérieures jusqu’au processus
occipital. Elle est très bien marquée. Le processus occipital, très visible, atteint la plaque
basale de la nageoire dorsale. Un bouclier interneural est présent.
Quatre paires de barbillons :
— deux paires de barbillons mandibulaires : les médians atteignant presque la base des
456
MARTINE DESOUTTER
nageoires pectorales ou même un peu plus petits ; les latéraux atteignant l’extrémité
des nageoires pectorales ; ces barbillons sont relativement fins et de couleur claire ;
une paire de barbillons mandibulaires très longs, atteignant la caudale ;
— une paire de barbillons nasaux atteignant l’extrémité de la tête ; ils sont très lins.
La nageoire dorsale a 11-7 rayons. La deuxième épine est beaucoup plus grande que
la tète puisque la longueur de cette dernière est comprise 2,3-1,7 fois dans celle de l’épine.
Elle est lisse. Le premier rayon mou est plus grand que l’épine. La longueur de la dorsale
est comprise 6,0-7,0 fois dans la longueur standard. La nageoire adipeuse est continue
avec la nageoire dorsale. Elle n’atteint pas la nageoire caudale. Elle est comprise 2,1-2,5
fois dans la longueur standard. Elle est très haute.
La nageoire anale a 10 rayons (9-11) (type : 10). Elle est plus petite que la nageoire
dorsale. Elle est beaucoup plus haute que longue. Elle commence à peu près au niveau
du milieu de l’adipeuse. Elle n’atteint pas la caudale.
Les nageoires pectorales ont I-11/10 rayons (type : 1-11). L’épine, beaucoup plus petite
que celle de la dorsale, est comprise 1,4 fois dans la longueur de la tête. Elle est très denti-
cnlée sur les bords internes : on compte de 17 à 21 denticules très pointus.
Les nageoires pelviennes ont, 6 rayons mous. Leur point d’attache correspond à l’extré¬
mité de la dorsale. Elles n’atteignent pas l’anale.
Les spécimens examinés sont tous de couleur heige clair. Ils ont été décolorés par le
formol.
3.3. Genre BAGROIDES Bleeker, 1851
Bagroides Bleeker, 1851, Ned. Tijdschr. Natuurk. Indië, 2 : 204 (espèce-type : Bagroides melapterus
Bleeker, par monotypie).
Pseudobagrichthys Bleeker, 1862, Atlas Ichth. Il : 50 (espèce-type : Bagroides macracanthus Bleeker).
Le corps est allongé. La tête, petite, se termine par un museau court de forme conique.
Les lèvres sont épaisses. Les yeux sont sous-cutanés. Les membranes branchiostèges sont
soudées entre elles mais libres de l’isthme. Le processus occipital atteint l’os basal de la
dorsale. A la base de la nageoire pectorale, il existe un processus huméral de forme trian¬
gulaire très développé.
Quatre paires de barbillons courts :
— deux paires de barbillons mandibulaires ;
—- une paire de barbillons maxillaires ;
— une paire de barbillons nasaux.
La nageoire dorsale a 11-7 rayons. La première épine est très petite et souvent n’est
visible que sur les radiographies. La deuxième épine est plus importante ; elle est denticu-
lée sur son bord interne, les denticules sont dirigés vers le haut. La nageoire adipeuse est
longue. La nageoire anale est courte. Les nageoires pectorales ont une épine un peu plus
forte que celle de la nageoire dorsale. Les nageoires pectorales ont 6 rayons ; elles n’attei¬
gnent pas l’anale. La caudale est fourchue.
Ce genre a une répartition géographique plus restreinte que le genre Mystus. On le
trouve dans les îles de Bornéo et de Sumatra. Sur le continent asiatique, il est limité à la
presqu’île indochinoise (Thaïlande, Cambodge, Viet Nam).
BAGRIDAE DU CAMBODGE
457
Jayaram (1968) estime que Bagroidets macracanthus et B. macropterus appartiennent
au genre Bagrichthys. B. macracanthus est proche du genre Bagrichthys par la forme du
corps : profil très aigu en avant de la dorsale ; par la présence de dents pointues sur les
mâchoires supérieure et inférieure. Mais il en diffère par le nombre de vertèbres : 38 (37-39)
pour le genre Bagroides, au fieu de 42 pour le genre Bagrichthys ; l’épine dorsale beaucoup
plus petite dans le genre Bagroides que chez Bagrichthys.
Ces deux espèces semblent plus proches du genre Bagroides que du genre Bagrichthys.
Cependant, si on veut les séparer du genre Bagroides, on pourrait adopter le nom de Pseu-
dohagrichthys Bleeker au titre de sous-genre ; mais seul Bagroides macracanthus fait partie
de ce sous-genre, les caractères de Bagroides macropterus ne nous permettant pas de le ran¬
ger dans cette dernière catégorie. La forme du corps et de ses dents le rapprochent plus du
genre Bagroides tel ([ue le décrit Blef.ker.
Ce genre comprend trois ou quatre espèces dont deux seulement sont connues dans
la région étudiée.
Clé de détermination
1. Epine de la dorsale aussi longue que l’épine pectorale et que la longueur de la tête.
Bagroides macropterus
2. Epine de la dorsale plus grande que l’épine pectorale et que la longueur de la tête.
Bagroides ( Pseudohagrichthys ) macracanthus
3.3.1. Bagroides macropterus Bleeker, 1853
Bagroides macropterus Bleeker, 1853, Ked. Tijdsc.hr. Natuurk. Indië, 5 : 515 (Moara, Sumatra)
(llolotype : B.M. 1863.12.4.108).
Spécimens examinés : 7 de Tonlé Sap, km 9, de 87 mm à 169 mm de longueur stan¬
dard. Pêchés aux days.
Le corps, allongé, est comprimé latéralement. La longueur standard comprend 3,7-
4,7 fois la hauteur du corps (type : 4,6) et 4,6-5,0 fois la longueur de la tête (type : 5,4).
Eli e a une forme conique ; sa hauteur est un peu plus longue ou égale à sa largeur. Elle se
termine par un petit museau pointu qui est compris 2,6-3,1 fois dans la tète (type : 3,5).
Les yeux, petits, sont sous-cutanés. Leur diamètre est compris 6,8-9,1 fois dans la longueur
de la tête (type : 7,0). La bouche, ventrale, a une largeur égale au diamètre des yeux et
porte de très petites dents disposées en plaques qui sont à peine visibles.
Le nombre de branchiospines est de 5 sur la base du premier arc (un spécimen : 6).
Elles ont une forme conique, sont très petites et relativement espacées.
Une fontanelle, parfois difficile à voir sur certains spécimens, atteint le processus
occipital. Ce dernier, assez large, s’étend jusqu’à la plaque basale de la nageoire dorsale.
Quatre paires de barbillons :
— deux paires de barbillons mandibulaires : les médians très courts ; les latéraux attei¬
gnant la membrane branchiostège et égalant la longueur du museau ;
— une paire de fins barbillons maxillaires atteignant plus ou moins la base des nageoires
pectorales ;
458
MARTINE DESOUTTER
— une paire de très fins barbillons nasaux dépassant l’œil et dont la longueur est comprise
1,6-2,5 fois dans la tête.
La nageoire dorsale a 11-7 rayons. La deuxième épine est plus courte que la tête :
elle est comprise 1,2 fois dans sa longueur. Elle est légèrement denticulée sur le bord interne.
La base de la nageoire dorsale est comprise 9,0-10,6 fois dans la longueur standard (type :
10,4). Les rayons mous sont plus hauts que l’épine.
La nageoire adipeuse est contiguë à la nageoire dorsale: elle est égale à 4,1-5,0 fois
la base de la nageoire dorsale (type : 5,4). Elle atteint le début de la caudale. Elle est haute.
La nageoire anale a 14 rayons (un spécimen : 12, un autre : 13) (type : 14). Sa longueur
est égale à celle de la dorsale rayonnée. La hauteur est égale à la largeur de la tête. Elle
commence au niveau du tiers de l’adipeuse. Elle n’atteint pas la caudale.
Les nageoires pectorales ont 1-9 (8 ou 7) (type : 1-8 rayons). L’épine est presque égale
à l’épine dorsale mais un peu plus forte qu’elle. Elle est denticulée sur le bord interne.
Le nombre de denticules varie en fonction de la taille de l’épine.
Les nageoires pelviennes ont 6 rayons. Elles commencent au niveau du début de l’adi¬
peuse et n’atteignent pas l’anale.
Le nombre de vertèbres est de 37-39 (type : 39).
Coloration : en alcool, ils sont complètement décolorés, uniformément blanchâtres.
Cette espèce a une répartition géographique restreinte. On la trouve dans toute la
presqu’île indochinoise (Siam, Cambodge, Viet Nam) et dans l’île de Sumatra.
3.3.2. Bagroides (Pseudobagrichthys) macracanthus Illeeker, 1854
Bagroides macracanthus Bleeker, 1854, Ned. Tijdschr. Natuurk. Indië, 7 : 88 (Sumatra) (Holo-
type : B.M. : 1863.12.4.60).
Spécimens examinés : 1 de Tonlé Sap, de longueur standard 176 mm. — 1 de Stung
Treng, de longueur standard 93,5 mm.
Le corps est comprimé latéralement. La longueur standard comprend 3,2-4,4 fois la
hauteur du corps (type : 4,5) et 4,9-5,1 fois la longueur de la tête (type : 5,4). Sa hauteur
est presque égale à sa largeur : elle est comprise 1,2-1,4 fois dans la longueur de la tète (1,5).
Les yeux, petits, sont situés à peu près au tiers de la tête. Leur diamètre est compris 4,7-
6,8 fois dans la longueur de la tête (type : 4,3). L’espace interorbital est égal à 1,5-2,4 (type :
1,1) fois le diamètre de l’œil. La bouche, ventrale, est égale à 1-2 fois le diamètre de l’œil.
Sur la mâchoire supérieure, les dents, pointues, sont disposées en deux plaques.
Le nombre de branchiospines est de 7 sur la base du premier arc.
Une fontanelle, plus ou moins visible, atteint le processus occipital. Ce dernier s’étend
jusqu’à la dorsale.
Quatre paires de fins barbillons très courts :
— deux paires de barbillons mandibulaires : les médians aussi longs que le diamètre trans¬
versal de l’œil ; les latéraux égaux à 1,7 fois le même diamètre ; au-dessus de ces
barbillons, on observe 6 pores ;
— une paire de barbillons maxillaires n’atteignant pas tout à fait la fente operculaire ;
— une paire de barbillons nasaux atteignant le centre de l’œil.
BAGRIDAE DU CAMBODGE
459
La nageoire dorsale a 11-7 rayons. La deuxième épine, denticulée sur le bord interne,
est plus longue que la tête. Elle est comprise 0,7-0,8 lois dans la longueur de celle-ci (type :
0,7). La hauteur des rayons est égale à celle de la deuxième épine. La longueur de la dorsale
est égale à la moitié de sa hauteur.
La nageoire adipeuse est contiguë à la première dorsale. Elle atteint la caudale. Sa
longueur est comprise 1,9-2,3 fois dans la longueur standard (type : 1,9). Elle est assez
haute.
La nageoire anale a 14-15 rayons (type : 14). Sa longueur est presque égale à sa hauteur.
Elle commence au niveau du quart antérieur de l’adipeuse.
Les nageoires pectorales ont 1-8 ou 9 rayons (type : 1-8). L’épine est plus courte que
celle de la dorsale : elle est plus courte que la tête : elle est comprise 1,1-1,2 fois dans la
longueur de celle-ci (type : 1,0), mais elle est légèrement plus robuste et plus denticulée
sur le bord interne que l’épine de la dorsale.
Le nombre de vertèbres est de 37 ou 39 (type : 38).
La coloration d’un exemplaire en formol a complètement disparu ; l’autre spécimen
est marron avec les nageoires noires.
Cette espèce a une répartition géographique restreinte. On la rencontre dans les îles
de Sumatra et de Bornéo (Weber et de Beaufort). Smith (1945) la signale pour la pre¬
mière fois en Thaïlande. On l’a aussi trouvée au Cambodge (Durand, 1940). Mais Fowlek
ne l’a pas signalé dans son étude de la faune du Siam. C’est un poisson qui semble rare dans
cette zone.
Nous observons des variations dans les rapports des dimensions entre I holotype et
les spécimens que nous avons examinés. Il s’agil. peut-être, du même phénomène que nous
avons noté pour Mystus wyckii.
Leiocassis macropterus Vaillant, 1902, a été décrit comme appartenant au genre
Bagroides sous le nom de Bagroides vaillantii par Porta (1906). Bagroides vaillantii a été
mis en synonymie avec Bagroides macracanthus par Weber et de Beaufort (1913). Les
membranes branchiostèges de cette espèce ne sont pas soudées sur toute leur longueur.
C’est une des caractéristiques du genre. Certains rapports, comme L.S/IL, L.S./T., T./O.,
sont très éloignés de ceux du type de Bagroides macracanthus. Les barbillons nasaux sont
plus longs chez Leiocassis macropterus que chez Bagroides macracanthus. Il semble que
cette espèce décrite par Vaillant soit bien un Leiocassis.
4. Conclusion
Le nombre de vertèbres des espèces appartenant au genre Mystus varie de 31 pour
Mystus micracanthus à 46 pour Mystus aubentoni. Les autres espèces ont un nombre de
vertèbres se situant entre ces deux extrêmes. Cette différence de 15 vertèbres dans un genre
semble importante, étant donné ce que l’on sait chez les Poissons en général. Ce fait aurait
pu nous conduire à séparer le genre Mystus en deux sous-genres d’après le nombre de ver¬
tèbres. Ceci n’a pu être fait car nous n’avons pas de groupes bien séparés par ce caractère.
Pour le genre Bagroides, le nombre de vertèbres des espèces varie très peu (37-39).
Les Bagridae du Cambodge sont les mêmes que ceux que l’on trouve eu Thaïlande et
dans les îles de Sumatra et de Bornéo, mis à part Mystus filamentus (Fang et Chaux, 1949)
460
MARTINE DESOUTTER
et Mystus wyckoides (Fang et Chaux, 1949) qui ne sont connues jusqu’alors que du Cam¬
bodge où elles semblent très rares. En effet, ces espèces n’ont pas été récoltées lors de la
mission d’Aubenton.
Nous avons noté, au cours de cette étude, des différences dans les caractères biomé¬
triques et méristiques entre les spécimens étudiés et les types : Mystus wyckii, Mystus
micracanthus, Bagroides macraccmthus. Les descriptions originales de ces espèces ont été
faites à parlir de spécimens trouvés dans les îles de Sumatra ou de Bornéo. Depuis, on les
a aussi trouvés dans la péninsule indochinoise. Nous assistons peut-être à une évolution
différente de l’espèce sur le continent et dans les îles. Ce phénomène est plus net pour Mystus
wyckii.
Deux espèces ont une grande répartition géographique : Mystus nemurus et Mystus
ccwasius. On les trouve de l’Inde au Viet Nam et les différences présentées par les individus
relèvent vraisemblablement de variations géographiques.
Remerciements
Nous tenons à exprimer nos remerciements à M. d’Aubenton qui a bien voulu nous donner
sa collection du Cambodge. Nous exprimons toute notre gratitude à M. Palmer du Britisli Muséum
et à M. Bceseman du Rijksmuseum Natural Historié de Leiden, pour tous les renseignements et
ses envois de matériel qu’ils ont bien voulu nous adresser. Nous n’oublierons pas non plus M. Bôiilke
de Philadelphie, ainsi que le Muséum de Berne. Les dessins sont dus au talent de M me Poullaouec ;
les radiographies ont été effectuées dans notre laboratoire par M lle Abel. Nous tenons aussi à expri¬
mer toute notre reconnaissance à M. le Pr Guibé et à M. Boux, qui ont bien voulu nous conseiller
au cours de cette étude.
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Achevé d’imprimer le 19 juillet 1975.
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