BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
N° 26
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
20
JANVIER-FÉVRIER 1972
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l'illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris, (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 26, janvier-février 1972, Zoologie 20
Contribution à la connaissance des Blenniidae
de Méditerranée
Étude de Blennius rubriceps Valenciennes, 1836, in Cuv. Val.,
et son identification au mâle de Blennius pavo Risso, 1810
par Jacques Sardou *
Zusammenfassung. — Der Autor hat den Holotypus von Blennius rubriceps Val., 1836,
studiert und nach einer erneuten Beschreibung mit zwei Blennius Arten vergleichen die mit ihm
eine gewisse Âhnlichleit haben : Blennius basiliscus Val., 1836, und Blennius pavo Risso, 1810.
Aus diesem Studien geht hervor dass der Holotypus von Bl. rubriceps ein Blennius pavo Risso
(J ist. Bl. rubriceps Val., 1836, ist Synonym Bl. pavo Risso, 1810.
Abstract. — The Author has studied the holotype of Blennius rubriceps Val., 1836, and,
before a new description, lie compares it to two species of Blennius showing some resemblances
to it : Bl. basiliscus Val., 1836, and Bl. pavo Risso, 1810.
From this study it emerges that the holotype of Bl. rubriceps Val. is a Bl. pavo Risso $. Bl.
rubriceps Val., 1836, is synonym with Bl. pavo Risso, 1810.
Dans T « Histoire Naturelle des poissons » de Cuvier et Valenciennes, 1836, Valen¬
ciennes décrit Blennius rubriceps et indique : « on le prend sur les rochers de Nice... ».
Ayant entrepris l’étude des Blenniidae de cette région et récolté un matériel assez important,
représenté par quinze espèces, sans trouver Bl. rubriceps, nous avons voulu savoir à quoi
correspondait ce poisson.
Nous avons obtenu en prêt l’holotype de Blennius rubriceps Val., 1836, et avons été
frappé par sa ressemblance avec Blennius pavo Risso, 1810, dont le mâle possède une crête
sur la tète. Une certaine ressemblance peut également être trouvée avec Bl. basiliscus
Val., 1836, in C. V., en ce qui concerne la forme générale du corps, la coloration et la pré¬
sence d’une crête chez le mâle.
Nous avons fait une étude comparative entre l’holotype de Bl. rubriceps et des indi¬
vidus appartenant aux deux espèces précitées.
Station zoologique, 06230 Villefranche-sur-Mer.
114
JACQUES SARDOU
Matériel étudié
Blennius erythrocephalus Risso, holotype de Bl. rubriceps Val., 1836, MNHN, A. 1722,
Naples, Savigny.
Blennius erythrocephalus llisso : 2 exemplaires, MNHN, A.2764.
Blennius pavo Risso : 15 exemplaires numérotés de 1 à 15, pêchés dans la rade de
Villefranche-sur-Mer ; 2 exemplaires, MNHN, A. 1850, Martigues — Delalande.
Blennius basiliscus Val. : 5 exemplaires :
MNHN, A. 1829 Syntype — Sardaigne — Bonnelli.
MNHN, A. 1842 Syntypes (2 ex.) — Toulon — Kiener.
MNHN, A. 1779 Syntype — Gènes — Savigny.
MNHN, 90-247 Tunisie — exposition universelle 1889.
I — Description originale de Blennius rubriceps
« Le Blennie à tête rouge de M. llisso ressemble au blennie paon pour les formes, si ce n’est
que :
les trois premiers rayons de sa dorsale forment une pointe plus élevée, séparée du reste de la nageoire
par une échancrure arrondie ; elle s’unit d’ailleurs à la caudale de la même manière ; il a une crête
sur la tête, et au sourcil un très petit tentacule simple. Ses canines sont assez fortes. Je lui ai compté
vingt-six dents ordinaires en haut et vingt en bas. Il a trente-trois rayons à la dorsale, dont les six
ou sept derniers sont sensiblement rameux ; les douze premiers paraissent simples, et les suivants
articulés.
D.12P/21 ; A.22, etc.
L’individu que nous avons dans la liqueur paraît noirâtre, et on lui voit sur l’arrière du corps des
points bruns ou bleus épars. Les pointes des rayons de l’anale sont blanches. »
Valenciennes indique ensuite la coloration, mais « d’après un dessin de M. Risso »
qu’il a eu sous les yeux.
Nous pensons inutile de reproduire ce passage qui ne correspond pas aux observations
personnelles de Valenciennes, mais à la description de Risso de Blennius erythrocephalus.
Valenciennes termine :
« Notre individu est long de trois pouces et demi. Il a été rapporté de Naples par M. Savigny.
Nous le croyons bien de l’espèce décrite par M. Risso (2 e édition ; p. 236, n° 125) quoique dans
sa figure la pointe antérieure de la dorsale soit échancrée. On le prend sur les rochers de Nice en
mars, en juillet, en septembre. Il fraie en avril. »
1. MNHN : Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
BLENNIUS RUBRICEPS VALENCIENNES
115
II — Redescription de l’iiolotype de Blennius rubriceps Val., 1836
Longueur totale : 93 mm, longueur standard : 79 mm.
L’holotype, conservé actuellement dans l’alcool, a dû être, à l’origine, fixé au formol
car il est très rigide. Il présente dans sa partie antérieure, au niveau des premiers rayons
de la dorsale, une contracture anormale provenant sans doute d’un traumatisme ou d’une
mauvaise position au moment de la fixation. (La radiographie montre une légère lésion
des muscles et des vertèbres au niveau de la nuque.) Ceci donne à l’échantillon un profil
dorsal antérieur convexe, avec la tête inclinée vers la partie ventrale (fig. 1 et pl. 1-A).
Fig. 1. — Holotype de Blennius rubriceps Val., 1836.
Corps allongé comprimé latéralement sur toute sa longueur. Anus situé à la moitié
de la longueur standard (LS/LPA = 2,07). Hauteur du corps contenue 4,64 fois dans la
longueur standard. Tête aussi haute que longue, contenue environ 4 fois (4,05) dans la lon¬
gueur standard, comprimée fortement (hauteur 19 mm — épaisseur 10 mm). Crête sur
la tête (rabattue sur le côté chez cet individu), commençant au-dessus de l’œil, à l’aplomb
du bord antérieur de celui-ci et se terminant sur la nuque à un diamètre oculaire du 1 er
rayon de la dorsale. Le profil antérieur, rectiligne, incliné obliquement jusqu’au-dessus
de l’œil, où commence la crête, s’arrondit doucement jusqu’à la dorsale. Bouche à peu près
horizontale, le maxillaire supérieur dépasse légèrement, en arrière, l’aplomb du milieu de
l’œil. Œil moyen, contenu
4,53 fois dans la longueur de
la tête, situé à mi-chemin
entre la lèvre et la nuque.
Espace antéorbitaire
compris 2 fois dans le dia¬
mètre de l’œil. Un très petit
appendice simple (1/4 du
diamètre oculaire) surmon¬
te ce dernier (fig. 2).
Fig. 2.
Holotype de Blennius rubriceps Val., 1836.
Détail des narines, de l’œil
et de l’appendice supraoculaire.
26 , 2
116
JACQUES SARDOU
Narine antérieure située assez bas, pourvue d’un court tube frangé. La narine posté¬
rieure, simple, s’ouvre au niveau du diamètre horizontal de l’œil, au milieu de l’espace
antéorbitaire.
La disposition des pores céphaliques est indiquée sur la figure 3 B.
Fig. 3. — Système des pores céphaliques chez :
A, Blennius basiliscus o ; B, Blennius rubriceps : holotype ; C, Blennius pavo d-
Dents petites et longues, disposées sur une seule rangée, insérées obliquement vers
l’avant, serrées les unes contre les autres. Leur taille décroît d’avant en arrière. Elles sont
suivies en arrière par de fortes canines recourbées, les inférieures étant plus puissantes
que les supérieures (fig. 4 A et 4 B).
BLENNIUS RUBRICEPS VALENCIENNES
117
Fig. 4. — A, représentation schématique de la formule dentaire de Bl. rubriceps : holotvpe ;
B, demi-mâchoire inférieure de profil.
A la mâchoire supérieure on compte 22 dents régulières (et au moins 2 alvéoles vides,
ce qui fait 24) -|~ 1 canine de chaque côté, soit 26 dents en tout ; à la mâchoire inférieure,
17 dents régulières + 2 canines d’un côté et 1 de l’autre soit 20 dents en tout.
La formule dentaire peut s’écrire :
1 + 24+1
11 + 17 + 1
La ligne latérale part de l’angle supérieur de l’opercule, décrit vers le haut un léger
are de cercle jusqu’au bout de la pectorale et descend brusquement vers le milieu du corps :
à partir de cet endroit on la distingue fort mal. Il semble qu’elle se prolonge en ligne droite
vers la queue sur une certaine distance.
La radiographie montre un total de 40 vertèbres (10 + 30) y compris celles qui portent
les hypuraux (pl. II,A).
Nageoires. La dorsale commence légèrement en avant de l’aplomb de l’angle supérieur
de l’opercule et se termine au niveau de la nageoire caudale à laquelle elle est unie par une
membrane. Il n’y a pas d’échancrure entre la partie épineuse et la partie molle mais on peut
voir sur notre échantillon une très forte échancrure arrondie en arrière du 3 e rayon épi¬
neux ; ceci est dû au fait que le 4 e rayon a été sectionné : la base et l’apex sont encore visi¬
bles si on observe attentivement cet endroit. D’autre part, la radiographie aux rayons X
ne laisse absolument aucun doute sur la présence de ce rayon.
Cette blessure avait induit Valenciennes en erreur lorsqu'il observait que « les 3
premiers rayons de la dorsale forment une partie plus élevée, séparée du reste de la nageoire
par une échancrure arrondie ». Nous avons donc une dorsale régulière, non échancrée,
avec 12 épines et 22 rayons segmentés. Les rayons sont reliés entre eux par une membrane
épaisse. La nageoire anale débute par 2 rayons épineux très courts, cachés sous les replis
lamelleux de 2 petits organes que l’on retrouve à cet endroit chez les mâles de certaines
118
JACQUES SARDOU
espèces de Blennius ; suivent 23 rayons mous. L’anale est reliée par une membrane au pédon¬
cule caudal mais non à la nageoire caudale.
Les pectorales possèdent 14 rayons articulés ; leur extrémité atteint à peu près l’anus.
Ventrale en position jugulaire, insérées à l’aplomb du 1 er rayon de la dorsale.
Caudale arrondie à 13 rayons segmentés.
Nous pouvons écrire la formule radiaire de la façon suivante :
D = XII + 22
A = II + 23
P = 14
V = 1 + 2
C = 13
Les principaux caractères métriques et numériques sont réunis dans le tableau I.
Nous avons utilisé pour nos tableaux les abréviations suivantes :
LT = longueur totale
LS = longueur standard
LPA = longueur préanale
H = hauteur du corps
T = longueur de la tête
O = diamètre oculaire
10 = espace interorbitaire
D = rayons de la nageoire dorsale
A = rayons de la nageoire anale
P, V, C = rayons des nageoires pectorales, ven¬
trales et caudales.
Tableau I. — Caractères métriques et numériques de Blennius erythrocephalus Risso, 1820,
hololype de Blennius rubriceps Val., 1836 (MNHN A. 1722).
LT
LS LPA H
T
LS LS
T II
LS
LPA
O
IO
T
CT
O
ÎO
93
79 38 17
19,5
4,05 4,64
2,07
4,3
3,7
4,53
1,16
D
A
Vertèbres
Dents
34
25
40
1 +
24 + 1
26
(XII + 22)
(10 + 30)
11 +
17 + 1 “
20
Coloration. L’exemplaire, dont la coloration a dû souffrir de la très longue conservation,
est brun très pâle ; il possède; sur la tête, en arrière de l’œil, une tache noire très nette,
arrondie sur la partie antérieure. On distingue sur la nageoire dorsale, et également un peu
sur le haut du corps, 7 bandes verticales plus foncées, d’intensité décroissant de la première
à la dernière. L’anale est sombre ; l’extrémité des rayons mous, sensiblement élargie, est.
blanche.
BLENNIUS RUBRICEPS VALENCIENNES
119
III — Étude du matériel servant à la comparaison
Nous avons indiqué précédemment le matériel que nous avons eu à notre disposition.
Nous avons tout d’abord écarté les deux exemplaires MNHN n° A.2764, enregistrés
comme Blennius erythrocephalus Risso, et qui se sont révélés être :
Blennius pava femelle (grand spécimen)
Blennius galerita L. (petit spécimen)
Il est inutile de décrire ici Blennius pavo Risso (pl. I,B) et Blennius basiliscus Val.
(pl. I,C). Nous nous contentons de présenter dans les tableaux II, III, IV et V, les caractères
numériques et métriques des exemplaires étudiés ainsi que quelques rapports et les moyen¬
nes.
Tableau II. — Mensurations de seize exemplaires de Bl. pcivo Risso.
Ex. n°
LT
LS
LPA
H
T
LS
LS
LS
O
IO
T
O
Sexe
1
H
LPA
0
10
i - <?
79
67
31,5
13,5
15
4,46
4,96
2,12
3.5
2,5
4,28
1,40
2 - o
80
69
31,5
14
17
4,05
4,92
2,19
3,5
2,5
4,85
1,40
3 - d
92
78
38
16
19
4,10
4,87
2,05
3,5
2,5
5,42
1,40
4 - $
71
60
31
12,5
14
4,28
4,80
1,93
3
2
4,66
1,50
5 - <?
75
63
34
15
15,5
4,06
4,20
1,85
3
2
5,16
1,50
6 - $
71
61
30,5
12
14,5
4,20
5,08
2,00
3
2
4,83
1,50
7 - $
63
53
27
11
15
3,53
4,81
1,96
3
2
5
1,50
8 - <?
80
68
33
14
17
4
4,85
2,06
3,5
2,3
4,85
1,52
9 - $
60
52
22,5
9
12
4,33
5,77
2,31
2,5
2
4,80
1,25
10—0
?
63
32
11
15
4,20
5,72
1,96
3,5
2
4,28
1,75
ii - d
80
68
29,5
12
16
4,25
5,66
2,30
3
2,3
5,33
1,30
12 — $
78
67
36
14
16,5
4,06
4,78
1,86
3,5
2
4,71
1,75
13 — ?
p
57
27
12
14,5
3,93
4,75
2,11
3
2
4,83
1,50
14 — V
88
75
38
15
19
3,94
5,00
1,97
3,5
3
5,42
1,16
i5 - d
99
84
41
17
20
4,20
4,94
2,04
4
3,5
5
1,14
MNHN
A 1850
94
80
40
2,00
?
Moyenne — — — — — 4,10 5,00 2,04 — — 4,89 1,43
120
JACQUES SARDOU
Tableau III. -
— Données
numériques sur
dix-sept exemplaires
de
Bl. pavo
Risso.
Ex. n°
D
A
Vertèbres : nombre total
(vertèbres pré-
et postanales)
Dents
1
35
25
41
i
+
24 +
1
20
XII +
22
(11 + 30)
0
+
19 +
1
26
2
33
XII +
21
24
40
(10 + 30)
—
3
34
XII +
22
25
40
(10 + 30)
—
4
34
XII +
22
25
40
(10 + 30)
—
5
33
21
25
39
1
+
24 +
1
26
XII +
(10 + 29)
1
+
17 +
1
19
6
34
XI +
23
25
39
(10 + 29)
—
7
34
XII +
22
25
40
(10 + 30)
—
8
34
22
26
40
1
+
26 +
1
28
XII +
(10 + 30)
1
+
19 +
1
21
9
34
XI +
23
25
40
(10 + 30)
—
10
34
XII +
22
25
40
(10 + 30)
—
11
34
XII +
22
25
40
(10 + 30)
—
12
33
XII +
21
25
39
(10 + 29)
—
13
33
XII +
21
25
40
(10 + 30)
—
14
34
25
39
1
+
25 +
1
27
XII +
22
(10 + 29)
1
+
22 +
1
24
15
33
25
39
1
+
26 +
1
28
XII +
21
(10 + 29)
1
+
19 +
1
21
MNHN
34
24
1
+
26 +
1
28
A 1850 (1)
XII +
22
1
+
22 +
1
24
MNHN
A 1850 (2)
1
+
24 +
1
26
1
+
20 +
1
22
33 75 39 73
(11,93 + 21,81) 24,93 (10,06 + 29,66)
Moyenne
BLENNIUS RUBRICEPS VALENCIENNES
121
Tableau
IV. —
Mensurations
de cinq exemplaires de
Bl. basiliscus Val.
LS
LPA
H
T
LS
LS
LS
0
T
0
Ex. n°
LT
10
T
H
LPA
0
io
A 1842 (1)
178
153
66
33
33
4,63
4,63
2,31
6
6
5,5
1
A 1842 (2)
152
125
51
30
28
4,46
4,16
2,45
5,5
5,5
5,09
1
90-247 (3)
160
136
56
33
30
4,53
4,12
2,42
5,5
5,5
5,45
1
A 1779 (4)
162
135
56
31
31
4,35
4,35
2,41
5,5
5,5
5,63
1
A 1829 (5)
119
100
43
21
23,5
4,25
4,76
2,32
5
5
4,70
1
Moyenne
—
—
—
—
—
4,44
4,40
2,38
—
—
5,27
1
Tableau V.
— Données
numériques
sur cinq exemplaires de
Bl. basiliscus
Val.
Nombre total de vertèbres
Ex. n°
D
A
(vertèbres pré-
et postanales)
Dents
MNHN A 1842
36
26
42
1 + 29+1
31
(1)
XII +
24
(10 + 32)
1 + 22 + 1
24
MNHN A 1842
36
26
40
(2)
XII +
24
(10 + 30)
MNHN 90-247
36
28
42
XII +
24
(10 + 32)
MNHN A 1779
36
28
42
1 + 28+1
30
XII +
24
(10 + 32)
1 + 24+1
26
MNHN A 1829
36
28
42
11 + 27+1
30
XII +
24
(10 + 32)
1 + 20+1
22
Moyenne
36
27,2
41,6
30 — 31
XII +
24
(10 + 31,6)
22 — 26
122
JACQUES SARDOU
Le système des pores céphaliques est représenté sur les figures 3A (. Bl. basiliscus $)
et 3C (Bl. pavo rj).
Nous ferons remarquer quelques différences : Bl. basiliscus a la tète plus courte que
Bl. pavo et, en moyenne, l’œil plus petit. La partie postérieure de son corps, ou postanale,
est au contraire plus allongée, aux dépens de la partie préanale. La moyenne vertébrale
est plus élevée que chez Bl. pavo ; il y a en moyenne deux vertèbres postanales en plus
(radiographies pl. II,B et C).
La crête, chez Bl. basiliscus, se trouve sur la nuque, en arrière de l’aplomb du bord
postérieur de l’œil ; chez Bl. pavo mâle, au contraire, elle commence bien en avant de l’œil,
sur le profil rectiligne du museau.
Chez les exemplaires qui conservent des traces de pigmentation noire, nous observons
à peu près la même disposition des taches chez les deux espèces :
— sept bandes verticales dédoublées sur la dorsale et le dos ;
— une bande commençant sur le dessus de la tête et se terminant sous le menton, après
avoir traversé l’œil et les lèvres ;
— une bande à peu près parallèle à la précédente, débutant sur la nuque. Sur la joue, au
niveau de l’œil, elle semble se diviser en deux chez Bl. basiliscus , tandis que chez Bl.
pavo on la discerne mal. Par contre, chez ce dernier poisson, on trouve, en arrière de
l’œil une tache ocellée, noire cerclée de blanc sur les poissons vivants (pl. III,B et C) ;
chez les individus fixés, seule subsiste la tache noire, le tracé blanc n’étant plus visible.
IV — Discussion
Nous pouvons maintenant comparer les résultats obtenus.
Les valeurs de
LS LS
LPA’ T ’
T
- trouvées chez Bl. rubriceps ne sont pas compati¬
bles avec Bl. basiliscus mais correspondent bien à Bl. pavo.
— La dorsale de Bl. basiliscus possède un nombre plus grand de rayons : 36 (XII -f-
24), contre 34 pour Bl. rubriceps (XII -f- 22) et 33-35 (moyenne 33,75) pour Bl. pcivo dont
on peut encore écrire la formule radiaire dorsale sous la forme :
D = (XI) — XII — (XIII) + (21) — 22 — (23).
— L’anale, également, a davantage de rayons chez Bl. basiliscus (27,2 en moyenne
pour des extrêmes de 26 et 28) ; il y en a 25 chez Bl. rubriceps et 24,93 (extrêmes 24 et 26)
chez Bl. pavo.
— Le nombre de vertèbres de Bl. rubriceps (40) correspond à la moyenne vertébrale
de Bl. pavo (39,73) ; celle de Bl. basiliscus (41,6) est trop élevée.
— Les pores céphaliques, si utiles pour distinguer certaines blennies, ne nous appor¬
tent pas grand chose ici, car le système de pores est identique chez les trois espèces : il y
a d’ailleurs des variations de 1 à 2 pores.
BLENNIUS RUBRICEPS VALENCIENNES
123
— La dentition présente peu de différences : cependant Bl. basiliscus semble posséder
un plus grand nombre de dents que Bl. rubriceps et Bl. pavo, à la mâchoire supérieure (30
contre 26 et 26-28).
— On retrouve chez les trois espèces, nous l’avons vu, la même pigmentation noire
répartie en sept bandes verticales sur la dorsale et le dos, mais la tache noire en arrière de
l’œil chez Bl. rubriceps correspond exactement à la tache ocellée de Bl. pavo.
Quant à la coloration de la tête dont parle Valenciennes, nous n’y attachons pas
d’importance car il la décrit d’après un dessin de Bl. erythrocephalus de Risso. Or, ou ce
dessin est fantaisiste, ou il correspond à un poisson qui n’est certainement pas une Blennie.
Nous y voyons le corps recouvert de belles écailles !
— La crête a une position identique chez Bl. pavo et Bl. rubriceps.
— La forme de la tête est bien différente. Le profil antérieur de la tête est rectiligne
oblique chez Bl. pavo et chez Bl. rubriceps (pl. III, A et B), alors qu'il est arrondi chez Bl.
basiliscus (pl. I, G et fig. 3 A) formant un arc de cercle presque parfait. La bouche est en
position terminale dans les deux cas, presque subterminale chez Bl. basiliscus, le museau
étant proéminent au niveau de la narine antérieure.
— Alors que les dents sont dirigées obliquement vers l’avant chez Bl. pavo et Bl.
rubriceps, elles sont très peu inclinées et nettement en retrait chez Bl. basiliscus.
Nous sommes maintenant amené à quelques considérations sur l’espèce Bl. erythro¬
cephalus Risso, 1820.
Valenciennes semble avoir eu quelques hésitations avant de créer l’espèce Bl. rubri¬
ceps ; il avait remarqué, en effet, la ressemblance avec Bl. pavo, mais l’anomalie (blessure)
de la dorsale de son échantillon a été le point de départ de l’erreur. Il a aussi, avec quelques
réserves, indiqué Bl. erythrocephalus comme synonyme. Avec seulement les deux descrip¬
tions et le dessin de Risso (1820 et 1826) il est hasardeux de mettre en synonymie Bl. rubri¬
ceps Val. et Bl. erythrocephalus Risso, dont l’holotype n’a pas été retrouvé. Nous ne pour¬
rons donc pas apporter une réponse définitive ; cependant, de même que pour rubriceps,
nous n’avons jamais retrouvé trace de Bl. erythrocephalus dans la région niçoise où cepen¬
dant Risso la signalait, ni ailleurs.
Ainsi que nous l’avons dit précédemment, les seuls échantillons étiquetés Bl. erythro¬
cephalus au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, et que nous avons observés, sont l’un
un Bl. pavo femelle, et l’autre un Bl. ga.lerita L.
Nous pensons donc que Risso, comme Valenciennes, a eu affaire à un individu
anormal de Bl. pavo.
V — Conclusion
L’ensemble des caractères que nous venons de voir, caractères métriques et numériques,
ainsi que la morphologie et les restes de pigmentation, nous amènent à conclure que l’holo-
type de Blennius rubriceps Val., 1836, est un mâle de Blennius pavo Risso, donc que Bl.
rubriceps Val. est synonyme de Bl. pavo Risso, 1810.
124
JACQUES SARDOU
Quant à l’espèce Blennius erythrocephalus Risso, 1820, sans toutefois pouvoir l’affirmer
puisque l’holotype a disparu, nous la considérons, ainsi que l’avait fait Valenciennes,
comme synonyme de Bl. rubriceps. Elle deviendrait donc également synonyme de Bl. pavo
Risso, 1810
Nous tenons à témoigner notre profonde reconnaissance à Madame le Dr M. L. Bau-
chot, sous-directeur au Muséum national d’Histoire naturelle, pour le prêt du matériel
et les services qu’elle nous a rendus, et à la remercier très cordialement.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 1 er avril 1971.
126
JACQUES SARDOU
PLANCHE I
Photographies de spécimens conservés dans l’alcool.
A : Blennius rubriceps Val., 183G. Holotype (MNHN A. 1722).
B : Blennius pavo -J.
C : Blennius basiliscus .y (MNHN).
Wmmm
! §Mé
PLANCHE I
128
JACQUES SARDOU
PLANCHE II
Radiographies aux rayons X durs du squelette de :
A : Bl. rubriceps Val., holotype.
B : Bl. pavo
C : Bl. basiliscus
130
JACQUES SARDOU
PLANCHE III
A : Bl. rubriceps Val., holotype. Partie antérieure du corps.
B : Bl. pavo photographié en aquarium. Partie antérieure du corps.
C : BL pavo Ç, photographiée en aquarium.
PLANCHE III
IMPRIMERIE
Achevé (Timprimer le 15 octobre 1972.
NATIONALE
2 564 001 5
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compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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