BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
1111 ! 111 ! ! ! 1111111111 ! 111 ! 111111111
PUBLICATION BIMESTRIELLE
N° 316
JUILLET-AOUT 1975
111111
zoologie
223
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1975
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4079.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 316, juillet-août 1975, Zoologie 223
Révision des Rhyacionia buoliana et Rh. pinicolana
(Lepidoptera Torlrieidae)
contenues dans les collections du Laboratoire d’Entomologie
du Muséum de Paris et données préliminaires
sur la répartition de ces deux espèces en France 1
par Gérard Chr. Luquet
Résumé. — L’auteur, après avoir étudié les Rhyacionia buoliana Schilf. et Rh. pinicolana
Dbld. conservées dans diverses collections, et plus particulièrement dans celles du Muséum natio¬
nal d’Histoire naturelle de Paris, apporte quelques données préliminaires sur la répartition géo¬
graphique de ces deux espèces en France.
Zusammenfassung. — Auf Grund einer Untersuchung von Rhyacionia buoliana Schifï. und
Rh. pinicolana Dbld. — Material aus verschiedenen Sammlungen, insbesondere aus dem Natio-
nalmuseum fiir Naturkunde in Paris, wird die geographische Verbreitung beider Àrten in Frank-
reich erbrtet.
Dans une précédente note (Luquet, 1975), je me suis proposé de préciser les caractères
de différenciation marquants permettant de séparer les deux Tortricidae (Olethreutinae
Eucosmini) Rhyacionia buoliana Denis & Schiffermüllcr, 1775 (la « Tordeuse des pousses
du Pin ») et Rh. pinicolana Doubledav, 1849. Dans le même travail, j’ai tenté de rassembler
et de compléter nos connaissances actuelles sur les états préimaginaux, le rôle de ravageur
et la bionomie de Rhyacionia pinicolana. Lors de la rédaction de cette publication, je ne
disposais pas de données assez complètes pour aborder le problème des répartitions de ces
deux espèces. La révision du matériel contenu dans les collections du Laboratoire d’Ento¬
mologie du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, celle des collections du Labora¬
toire de Faunistique du CNRA (Versailles) 2 , ainsi que quelques observations personnelles,
bien qu’elles ne permettent pas encore d’esquisser une image satisfaisante delà répartition
des deux Rhyacionia dans notre pays, méritent néanmoins de faire l’objet d’un aperçu
préliminaire destiné, entre autres, à rectifier les erreurs commises par les anciens auteurs
et à attirer l’attention des écologistes, qui travaillent actuellement à combattre la « Tor-
* Laboratoire d'Entomologie du Muséum national d’Histoire naturelle, 45 bis, rue de Buffon, 75005
Paris.
1. Extrait du rapport de D.E.A. de Biologie animale, option Entomologie, octobre 1974.
2. Ce m’est un agréable devoir que de remercier ici MM. Viette (Muséum), Chambon, Chevin et de
Sacy (CNRA) pour l’amabilité avec laquelle ils m’ont autorisé à consulter les collections conservées dans
ces établissements.
316, 1
Fig .12. — Imagos des deux Rhyacionia (x 5) : 1, R. pinicolana Dbld., 9, forêt de Fontainebleau, « Poly¬
gone » Seine-&-Marne), e.L, 23-VII-1974 ; 2, R. buoliana Schifï., a’, Le Ruscas, forêt du Dom, près de
Bormes-les-Mimosas (Var), e.l., 2-VII-1974.
[G. Chr. Luquet praep. ; phot. J. Boudinot.)
Fig. 3-4. — Imagos de Iihyacionia buoliana Schiff. ( X 5) : 3, $, mont Ventoux, Bédouin (Vaucluse), e.l.,
4-VII-1974, exemplaire aux dessins moyennement marqués ; 4, $, mont Ventoux Bédouin (Vaucluse),
e.l,. 2-VII-1974, exemplaire aux dessins très prononcés. Remarquer la grande variabilité de Rh. buo¬
liana ; Rh. pinicolana présente en revanche un dessin très constant.
(G. Chr. Luquet praep. ; phot. J. Boudinot.)
932
GÉRARD CHR. LUQUET
deuse des pousses du Pin », sur la présence dans certaines régions de l’espèce très voisine
Rh. pinicolana.
Les deux espèces ont été la plupart du temps confondues jusqu’à présent, aussi semble-
t-il dilFicile de donner dès maintenant une idée même générale de leurs répartitions respec¬
tives en France, d’autant plus que de nombreux auteurs n’ont considéré Rh. pinicolana
qu’en tant que simple forme de Rh. buoliana (Escherich, 1931), citant cette dernière espèce
dans leurs publications, mais s’abstenant le plus généralement de préciser à quelle « forme »
de buoliana ils faisaient allusion.
Rhyacionia buoliana Denis et Schiffermüller
Léon Lhomme (1946) indique Rh. buoliana de très nombreux départements, mais
ne cite Rh. pinicolana que de quelques localités disséminées, pour les raisons évoquées
ci-dessus.
Rh. buoliana, comme l’affirment les nombreux travaux qui lui sont consacrés, vole
dans presque toute l’Europe, à l’exclusion de sa partie la plus septentrionale. D. Schrô-
der (1966) donne la carte de répartition que nous reproduisons ci-dessous (carte 1).
Carte 1. — Aire de répartition européenne de Rh. buoliana et de sa variété thurificana (Europe méridionale),
d’après L). Schrüder.
REVISION DES RHYACIONIA BUOLIANA ET RH. RINICOLANA
Il est probable qu’en France elle vole dans la plupart de nos départements, puisqu’elle
semble présente partout où poussent les diverses espèces de Pins. A l’aide des données du
catalogue de L. Liiomme, j’ai tenté de dresser une carte 1 de la répartition de Rh. buoliana
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Département non cité dans la littérature
OISE Département cité par le Catalogue de L. LHOMME (indication non vérifiée)
BAS Département cité par le Catalogue de L. LHOMME : données confirmées par
l'étude des genitalia ou par des captures récentes.
IÇtJRSEj Département non cité par le Catalogue L. LHOMME: la présence de l’espèce
n’y a été constatée qu'asser récemment.
Aire de répartition de Rh. buoliana (la « Tordeuse des pousses du Pin »,
der « Kiefern(knospen)triebwickler ») en France.
Carte 2
1. Les deux cartes, dressées pour la France, qui accompagnent celte note sont inévitablement fort
incomplètes ; elles ne figuient ici que pour illustrer les données sûres dont nous disposons actuellement
et pour faire apparaître les régions qu’il serait intéressant de prospecter avec soin, en particulier celles où
les deux espèces sont susceptibles de cohabiter.
934
GÉRARD CHR. LUQUET
dans nos différents départements (carte 2). J’ai vérifié les indications de cet auteur par
l’examen des exemplaires (détermination par les genitalia) qu’il cite, chaque fois qu’ils
étaient accessibles, et j’ai complété celles-ci par les renseignements que j’ai pu trouver
dans la littérature ou par l’examen des séries entreposées à la station de Zoologie et de
Biocœnotique forestière (INRA) de La Minière (près de Versailles), séries issues de dégâts
dont les provenances sont connues, et identifiées par l’examen des genitalia (ces séries
renferment des exemplaires des deux espèces).
Il reste néanmoins plus ou moins hasardeux de se fonder sur les différentes publica¬
tions parues, le risque de confusion entre Rh. buoliana et Rh. pinicolana demeurant la
plupart du temps entier, puisque la seconde espèce reste le plus généralement méconnue,
et du fait que rien ne permet, dans lesdites publications, d’affirmer absolument que l’espèce
mentionnée est réellement Rh. buoliana, en l’absence de toute description, de toute figure
ou de toute indication précisant qu les individus ont été déterminés par l’étude des geni-
taba.
Il est, par exemple, très difficile de vérifier les indications de L. Lhomme : d faudrait
pouvoir examiner les genitalia de tous les exemplaires recensés dans son catalogue ; or,
les collections dans lesquelles ils figuraient sont disséminées çà et là et, bien souvent, les
spécimens demeurent introuvables. Sans doute la plupart des données sont-elles exactes,
mais rien ne le prouve irréfutablement lorsque les collections font défaut ou sont inacces¬
sibles. C’est pour cette raison que certaines données de la littérature n’entrent dans la
carte dressée ci-dessus qu’à titre indicatif. Il y a tout beu de penser qu’elles se fondent
sur une bonne détermination, lorsqu’elles confirment les indications du catalogue de
L. Lhomme ; mais ce n’est pas toujours le cas ; aussi la prudence semble-t-elle devoir être
de rigueur. C’est ainsi que les références suivantes n’ont pu être vérifiées : Champagne
(H. de Meirleire, 1969) et Gard (Jonquières-Saint-Vincent, J. Suire, 1951). Certaines
autres, comme la Loire-Atlantique (N. Mahieu, 1962), et l’Alsace (sud de l’Ungersberg,
M. H. de Peyerimhoff, 1882) ont été confirmées par l’examen d’anciennes collections.
L’étude des genitalia de nombreux exemplaires contenus dans ces anciennes collec¬
tions permet d’ajouter au catalogue de L. Lhomme un certain nombre de départements
non cités par cet auteur. En voici la liste (classement régional, du nord au sud) :
— Somme : Le Crotoy (H. Jeanson leg.), plusieurs ex. de 1902 ;
— Yvelines : Achères, 1 Ç, 30-VI-1946 (Le Marchand leg.) ;
— Essonne : Saclas, 1 6-VII-1948 (H. Legrand leg.) ; Lardy, de nombreux ex.
(Legrand, Viard, Pelletier) ;
— Haut-Rbin : Trois Epis, plusieurs ex. du 28-VI et du 30-VI-1872 (de Peyerimhoff
leg.) ; Bollenberg, près Guebwiller, 1 (Fischer leg., in coll. Lhomme) ;
— Ain : Bourg[-en-Bresse], sans date (coll. J. de Joannis) ;
— Alpes de Haute-Provence (ex-Basses-Alpes) : Saint-André-les-Alpes, 1 $, 12-VII-
1917 (L. Viard leg.) ; Annot, 1 $, VI-1913 (Legrand leg.).
D’autre part, les prélèvements mis en éclosoirs à La Minière ont révélé la présence
de Rh. buoliana dans d’autres départements non cités par L. Lhomme :
— Seine-Maritime : Étretat, 1 Ç le 23-VII1-1972 ;
REVISION DES RHYACIONIA BUOLIANA ET RH. PINICOLANA
935
— Meurthe-et-Moselle : environs de Nancy, Arboretum d’Amance (Champenoux),
26-VI au 20-VII-1972 ;
—- Yvelines : La Minière, près Versailles, 12-VI à 31-VII-1974 ;
— Loiret : Saint-Cyr-en-Val, près Orléans, 5-VI à 22-VII-1974 ;
—- Dordogne : Cendrieux (1 Ç, 14-VI-1974) ; Cadouin, 11-VI au 16-VII-1974 ;
— Drôme : Montélimar, 1 ex. le 23-VI-1972 ;
— Corse : Cervione, 22 au 29-VII-1974.
L’examen des collections évoquées ci-dessus et la détermination des imagos issus
des éclosoirs de La Minière permettent ensuite de confirmer la présence de fih. buoliana
dans les départements suivants (déjà cités par L. Lhomme) :
— Ardennes : Vendresse, 1-12-VII (coll. J. de Joannis) ;
— Calvados : 1 $, sans autre indication que le nom du département, P. Lesne leg.,
coll. Pelletier ;
— Eure : Pont-de-1’Arche, 28-VI-1897 (Le Marchand leg.) ; forêt de Bord, près Rouen
(1-VII à ll-VII-1974) ; Évreux, 19-VI (coll. J. de Joannis) ;
— Seine (ex-) : bois de Boulogne (Homberg leg., in coll. Lhomme) ;
—- Seine-et-Marne : Fontainebleau (Dattin leg.) ; forêt de Fontainebleau, dans de
nombreux biotopes (plaine de La Solle, 1 ex. 26-VI-1974 ; parcelle de La Hase, 5-VI à début
VII1-1974 ; parcelle Décamps, 5-VI à 22-VII-1974 ; environs d’Arbonne, 19-VI à 29-VII-
1974 ; mare aux Couleuvreux, route de la Haute-Borne, sous l’autoroute A6, 18-VI à 29-
VII-1974 ; « Polygone », 1 ex. le 19-VII-1974) ;
— Aube : « Les Riceys », sans date ni indication de département ; « Lusigny, chenille
sur Pin noir d’Autriche, 25-VI-[18]78, mon jardin ». Grâce à l’obligeance de M. P. Viette,
j’ai pu retrouver les références exactes se rapportant à cette collection constituée par Camille
Jourdheuille dans le Catalogue des Lépidoptères de l’Aube publié par cet auteur.
— Bas-Rhin : Saverne (donnée relatée par R. Agenjo, 1961, légende de la planche
en couleurs) ;
— Morbihan : environs de Vannes, très commun, 7-VI, 16-VI, 30-VI, etc. (coll. J. de
Joannis) ;
— Loire-Atlantique : La Baule (Dattin leg.) ;
— Vendée : Fromentine (Dattin leg.) ; La Fosse, près Barbâtre, île de Noirmoutier,
9-VII-1970 (Luquet leg.) ;
— Charente-Maritime : Saint-Palais-sur-Mer (Le Marchand leg.) ;
— Gironde : Gazinet, 7-VI-1927 (Le Marchand leg.) ; Pierroton, près Cestas (14-VI
au 26-VII-1971) ;
— Landes : Contis (17-VI au 15-VII-1971) ;
— Lot : Douelle, 2-VI-1930 (Lhomme leg.) ; Figeac (5-VI à 29-VII-1974) ;
— Haute-Garonne : Toulouse, 20-VI (coll. J. de Joannis) ;
— Pyrénées-Orientales : Fourmiguières (Lhomme leg.) ;
—- Haute-Loire : Tence, 5-VII-1927 (H. Maneval leg.) ;
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GÉRARD CHR. LUQUET
— Allier : Bout, forêt de Bourbon-1’Archambault (14-VI au 28-VI-1973) ;
— Hautes-Alpes : Saint-Julien-en-Beauchêne, 1 <$, 7-VI-1932 (Lhomme leg.) ;
— Ardèche : La Louvesc (coll. J. de Joannis) ;
— Vaucluse : mont Ventoux, route des Cèdres (21-VI au 18-VI1-1974) et Bédouin
(21-VI au 22-VII-1974) ;
-— Var : Le Laquinat, forêt de Collobrières (29-VI à l-VIII-1974) ; Le Ruscas, forêt
du Dom, près de Bormes-les-Mimosas (4-V1 à 1-V111-1974) ; forêt de Pellenq, commune
de Montmeyan (4-VI à 29-V11-1974).
Enfin, certaines indications rapportées par Liiomme dans son catalogue s’appuyent
sur de mauvaises déterminations : il convient ainsi de supprimer du n° 2426 (E. buoliana )
les localités suivantes :
Calvados : Bretteville-sur-Laize (Le Marchand) ;
— Bas-Rhin : Villé (Ungemach) ;
— Haute-Vienne : Limoges (Dattin).
Toutes ces données se rapportent, en effet, à Rli. pinicolana (voir plus loin). Une autre
localité demeure suspecte :
— Alpes-Maritimes : Saint-Martin-Vésuhie (Lafon). Tous les exemplaires de cette
provenance sont des Rh. pinicolana, et je n’ai malheureusement pas retrouvé les spéci¬
mens de Lafon.
Rhyacionia pinicolana Doubleday
Selon les indications du catalogue de L. Lhomme, l’aire de répartition de Rh. pini¬
colana serait en revanche très discontinue, couvrant les massifs montagneux (Alpes, Pyré¬
nées, Massif central), une partie du Bassin parisien et de la Basse-Normandie.
J’ai pu vérifier moi-même certaines localités citées par Lhomme en examinant les
genitalia des spécimens conservés dans la collection de cet auteur, collection déposée pour
partie au Laboratoire de Faunistique du Centre national de Recherches agronomiques
(CNRA) de Versailles (Yvelines). Il s’y trouve 4 <$<$ et une Ç du Rozier (Lozère, L. Lhomme
leg., V 11-1919 ; 5 et 7-VIÏ-I935), 1 de Colmars (Alpes de Haute-Provence, L. Lhomme
leg., 1 0- V11-1924), J £ de Saclas (Essonne, L. Lhomme leg., 7-V1II-1922) et 2 de la
Bessée (Hautes-Alpes, du Üresnay leg., 13 et 14-V11-1931).
L’autre partie de la collection Lhomme, conservée au Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris, renferme quelques autres exemplaires des mêmes localités (3 du
Rozier, VII-1918 ; I de Colmars, 2-VII-1924, 1 de la Bessée, 13-VI1-1931 : 2 de
Saclas, 7-VIII-1922), ainsi qu’un £ d’Etampes (Essonne, 7-VI-1916). L’espèce vole encore
aujourd’hui dans ce dernier département : mon ami Patrice Leraut l’v a prise en juillet
1974, à La Ferté-AIais.
D’autre part, il m’a été permis d’examiner au Muséum les collections de divers anciens
récolteurs cités ou non par L. Lhomme. 11 s’y trouve d’assez nombreux exemplaires de Rh.
pinicolana ; certains proviennent de localités déjà connues, d’autres constituent des élé-
REVISION DES RHYACIONIA BUOLIANA ET RII. PINICOLANA
937
ments nouveaux pour la répartition de l’espèce. Je dresse ci-après la liste des différents
spécimens dont j’ai vu les genitalia.
— Petite collection de référence (Microlépidoptères de France) : 1 $ étiquetée « Forêt
de Cainors, 21-VII, coll. J. de Joannis ». M. Viette a bien voulu me signaler le Catalogue
des Lépidoptères du Morbihan dans lequel j’ai trouvé des précisions sur cette localité,
qui se trouve située sur une arête granitique d’orientation W.N.W.-E.S.E., connue sous
le nom de « Landes de Lanvaux ». J. de Joannis omet de citer l’espèce dans son catalogue ;
cette station est donc nouvelle pour la littérature et étend nettement l’aire de répartition
de Rh. pinicolana vers l’ouest.
— Collection P. Chrétien (in coll. Viette) : 2 exemplaires, l’un sans indication de
localité (9-V111 -1884), l’autre étiqueté « 11-VI11-96, Bri. », correspondant vraisembla¬
blement à l’indication du catalogue Lhomme : « Hautes-Alpes, Briançon ».
— Collection Dattin : quelques exemplaires de Fontainebleau, avec la mention
« Parquet, en battant les pins » (2 ex. du 1-VI1I-1903, 2 ex. du 16-VII-1904, 1 ex. du 29-
VII-1904) : 1 Ç de la Haute-Vienne (Limoges, 8-VIII-1909). Ces exemplaires sont mention¬
nés par erreur sous le nom de buoliana dans le catalogue de L. Lhomme.
— Collection J. de Joannis : L S du Morbihan (Vannes, 22-VI).
— Collection Legrand : 2 SS de l’Essonne (Saclas, 12-VII-1942, Legrand leg. ;
Lardy, 25-VI-1905, L. Viard leg.) ; 1 Ç des Yvelines (Le Vésinet, 28-VII-1911, L. Viard
leg.) ; 1 S des Alpes de Haute-Provence (Saint-André-les-Alpes, 20-VII-1917, L. Viard
leg.) ; l cj de la Lozère (Le Rozier, 10-VII-1939, R. A. leg.) et i Ç de l’Aisne (Saint-Simon,
31-V1I-1945, Legrand leg.). Ce dernier département n’avait jamais été cité dans la litté¬
rature.
— Collection Le Marchand : nombreux exemplaires du Calvados (Moult, 1 Ç, 22-
VII-1908, 2 SS, H-VIII-1926 et 13-VII-1929 ; Chicheboville, 1 ex., 6-VIII-1919 ; Reviers,
1 Ç, 8-VIII-1924 ; Merville, 1 S, 21-VII-1924; Bretteville-sur-Laize, 2 SS, 3-V1II-1919
et 15-VI1-1923 ; Saint-Martin-de-Fontenay, I ex., 3-VII1-1909) et 4 ex. des Yvelines (Achè-
res, 1 Ç, 6-VII-1941, 3 ÇÇ, l-VIII-1942). Les exemplaires de cette collection dépourvus
d’abdomen ont été identifiés antérieurement (sans doute par leur collecteur) par les prépa¬
rations génitales. L’aspect de leur habitus ne laisse du reste aucun doute sur leur iden¬
tité.
— Collection Pelletier : quelques exemplaires de Lardy (Essonne), mélangés avec
des buoliana provenant de la même localité.
— Collection de Peyerimhoff : 4 ex. dont un étiqueté « 1-VIII-[18]72, Erkheim »
sans indication de département. Cette localité se situe vraisemblablement dans le Bas-Rhin
ou le Haut-Rhin.
— Collection Praviel : 2 SS des Alpes-Maritimes (Saint-Martin-Vésubie) étiquetés
« Vallée du Borréon, VII-1934 [et] VI11-1935 ».
— Collection Ragonot : les exemplaires de cette collection sont inutilisables, car
ils ne comportent aucune étiquette.
- Collection Ungemach : cette collection ne contient pas le moindre exemplaire de
buoliana, mais renferme plusieurs spécimens de pinicolana provenant de Villé (Bas-Rhin)
(VI1-1922, 1 S ', 17-VIII-1924, 1 $ ; 12-VII-1931, 1 S)- Ces exemplaires sont mentionnés
par erreur sous le nom de buoliana dans le catalogue Lhomme.
938
GÉRARD CHR. LUQUET
Or, c’est selon toute vraisemblance l’un des exemplaires de cette série qui a été figuré
par l’aquarelliste R. Préchac dans les « Lépidoptères de France » (fasc. 3, pl. X, fig. 257)
de Cl. Herbulot (1960), sous le nom erroné de « buoliana ». La figure représente de toute
évidence une femelle de pinicolana, faisant ressortir les particularités du dessin de cette
espèce : stries blanches très nettement marquées, ligne submarginale blanche bien dévelop¬
pée, tache triangulaire (à proximité du tornus) bien délimitée, aux contours très précis.
Le texte qui correspond à la figure mentionne l’origine et la date de capture du spécimen
représenté : « Bas-Rhin, Villé, 6 août 1932 ». Il semble donc hors de doute que ce papillon
ait été capturé par Ungemach, qui n’a pas identifié correctement l’insecte, et qui, par
suite, a communiqué des données erronées à L. Lhomme, lors de l’établissement du cata¬
logue. Cl. LIerbulot, s’étant inspiré de l’ouvrage de Lhomme pour publier ses « Lépidop¬
tères de France », n’a fait que reproduire une erreur plus ancienne. Signalons au passage
que Rh. buoliana ne se développe pas sur Abies, contrairement à ce qu’affirment les deux
ouvrages que nous venons de citer (reprenant sans doute l’erreur d’un ancien auteur) et
qu’ainsi l’expression « Tordeuse des pousses du Sapin » (Herbulot, loc. cit. : 110) est par¬
faitement erronée. L’usage impropre du terme « sapin » pourrait avoir pour origne une
confusion courante entre pin et sapin ; de même, le « sapin » de Noël est en réalité un épicéa
dans la plupart des cas.
Bien que toutes les données que nous venons de recenser soient déjà assez anciennes,
il est justifié de penser que Rh. pinicolana vole encore dans les lieux signalés par ces divers
auteurs, à l’exception peut-être des localités les plus proches de Paris. Les Microlépidoptères
sont en effet beaucoup moins exposés que les espèces de plus grande taille aux destructions
en tous genres, du fait qu’ils n’exigent pas des biotopes d’étendue considérable pour pouvoir
subsister.
A cette liste d’anciennes localités, nous pouvons ajouter un certain nombre de localités
nouvelles, en particulier grâce aux dégâts mis en éclosoirs à La Minière, qui, comme nous
l’avons évoqué plus haut, hébergent les deux Rhyacionia. Ces données récentes, bien qu’elles
ne permettent pas d’étendre considérablement nos connaissances sur Faire de dispersion
de Rh. pinicolana, confirment cependant la présence de l’espèce dans des régions déjà citées
antérieurement par la littérature.
Les départements suivants peuvent donc également être joints à la liste du catalogue
Lhomme :
— Seine-et-Marne : forêt de Fontainebleau (sur Pinus silvestris) :
a) L’espèce est abondante au sud-ouest de la ville de Fontainebleau, sur une ancienne
zone militaire (que nous nommerons ici pour plus de commodité le « Polygone »). Elle sem¬
ble même s’y substituer presque totalement à Rh. buoliana, puisque, parmi 22 Rhyacionia
obtenues en éclosoir en 1974 à partir de pousses attaquées récoltées dans ce biotope, 21
exemplaires appartiennent à l’espèce Rh. pinicolana, tandis qu’un seul exemplaire se ra-
porte à Rh. buoliana. Notons cependant que six cônes de Pin sylvestre attaqués par ces
Tordeuses, récoltés dans la même parcelle, hébergeaient, pour cinq d’entre eux, Rh. buo¬
liana, alors qu’un seul contenait Rh. pinicolana (A. Roques, 1974).
b) Plaine de la Solle : 1 seul exemplaire de Rh. pinicolana obtenu à partir d’un cône
(A. Roques, 1974, loc. cit.).
RÉVISION DES RHYACIONIA BUOLIANA ET RH. PINICOLANA
939
c) Parcelle de La Ilase : 1 exemplaire (relevés de 1973) ; un autre spécimen en 1974,
à partir d’une pousse.
d) Route de la Haute-Borne, sous l’autoroute A6 : 1 seul exemplaire (relevés de 1973).
e) Parcelle Décamps : 1 exemplaire, dont l’émergence se situe après le 1 er août (1974).
(Ce spécimen a été trouvé en septembre, lors de l’ouverture des éclosoirs en vue de la récolte
et de la détermination des insectes qui y sont restés emprisonnés.)
Dans ces quatre derniers biotopes, Rh. buoliana est très abondant, ce qui semblerait
confirmer la thèse selon laquelle deux insectes occupant exactement la même niche écolo¬
gique ne peuvent coexister dans la même biocœnose.
— Yvelines :
a) La Minière, près de Versailles (sur Pinus nigra ) : 1 seul exemplaire, obtenu d’un
lot de pousses qui contenait par ailleurs Rh. buoliana en nombre important.
Carte 3.
Aire de répartition de Rh. pinicolana en France. Se reporter à la légende de la carte 2.
940
GÉRARD CHR. LUQUET
b) Forêt de Rambouillet, environs de l’Etoile de Maintenon, près du Perray-en-Yve-
1 inés : j’ai constaté dans cet endroit la présence de Rh. pinic.olana au cours d'une chasse
de nuit (tube à rayons U.-V.) ; de nombreux individus étaient venus s’abattre sur le drap,
parmi lesquels je n’ai trouvé aucun Rh. buoliana (l-VIII-1970).
•—• Eure : forêt de Bord, au sud de Rouen (sur Pinus silvestris ) : 1 seul exemplaire ;
les dégâts provenant de cette localité hébergeaient un bon nombre de Rh. buoliana.
— Bouches-du-Rhône : environs d’Arles. Cette localité nous est livrée par D. Schro-
der (1966, loc. cit. : 373) qui a observé la présence de l’espèce sur Pinus pinea.
Il est intéressant de constater que les départements dans lesquels voie Rh. pinicolana,
à l’exception de cinq d’entre eux, constituent des « noyaux régionaux », l’un septentrional
( Normandie Bassin parisien — Picardie), l’autre méridional (Alpes-Provence-Languedoc),
mais que ceux-ci ne sont pas totalement isolés l’un par rapport à l’autre, puisque l’espèce
existe également dans le Centre. 11 est hautement probable que Rh. pinicolana vole dans
les départements limitrophes de ces « noyaux régionaux », comme par exemple dans les
départements situés entre les Alpes et la Lozère, et dans les régions situées entre les Cévennes
et les Pyrénées-Orientales (Languedoc-Roussillon), habitant le Midi sans discontinuité de
la frontière italienne à la frontière espagnole — encore que je n’aie pas pu retrouver les
exemplaires originaires des Pyrénées-Orientales et qu’un doute subsiste donc sur la présence
de l’espèce dans cette région. Mais il est également vraisemblable que Rh. pinicolana se trouve
aussi dans de nombreux autres départements français, ce que semble prouver sa présence
dans I rois régions fort éloignées l’une de l’autre, l’Alsace, le Limousin et la Bretagne.
Une récolte systématique et une étude approfondie de dégâts provenant de départe¬
ments non encore prospectés permettrait sans doute de vérifier cette hypothèse.
Il semble néanmoins relativement malaisé d interpréter le vide important qui s’étend
entre la région parisienne et le Midi. On serait tenté de penser qu’il résulte du manque de
prospections dans le Centre, ce qui n’est pourtant pas tout à fait le cas, si l’on en croit le
nombre de départements cités dans ces provinces pour Rh. buoliana. Reste bien sûr l’hypo¬
thèse, qu’il n’est pas interdit d’écarter, des erreurs de détermination, ou des confusions
consécutives à la méconnaissance même de l’existence d’une espèce aussi proche de Rh.
buoliana que l’est, Rh. pinicolana.
Cependant, cette répartition discontinue corrobore les données relatées par D. Scu ro¬
der (1966, loc. cit.) et rassemblées sur la carte (dressée par cet auteur) que nous reprodui¬
sons ci-dessous.
La confrontation des deux cartes (Europe et France) permet déjà de constater que
les limites occidentale et orientale de l’aire de répartition de Rh. pinicolana , telles que les
figure D. Sc u rôder, doivent être repoussées respectivement vers l’ouest et vers l’est.
En effet, la Haute-Vienne, le Morbihan et le Bas-Rhin se trouvent en dehors des limites
esquissées par cet auteur. Des données ultérieures devraient permettre de compléter et
d’étendre l’aire de répartition de l’espèce, en particulier vers l'ouest et vers l’est.
Des investigations plus poussées devraient être menées dans les régions pour lesquelles
nous ne disposons d’aucune donnée ; il faudrait également vérifier, pour un bon nombre
de départements d'où la « Tordeuse des pousses du Pin » a été signalée dans la littérature,
si l’espèce qui y vole est réellement Rh. buoliana, ou bien s’il s’agit de Rh. pinicolana, ou
même encore si les deux espèces y cohabitent.
REVISION DES RHYACIONIA BUOLIANA ET RH. PINICOLANA
941
D. Schrôder signale Rh. pinicolana comme une espèce « n’apparaissant généralement,
dans tous les pays où elle est présente, que de manière isolée » (p. 391). Sur ce point, il reste
plus réservé que G. A. Bentinck et A. Diakonoff qui écrivent : « Un peu moins commune
que buoliana, mais a été bien souvent confondue avec cette dernière ; vole vraisemblable¬
ment dans de nombreuses pineraies... » et citent l’espèce d'un bon nombre de localités situées
dans diverses provinces néerlandaises (1968, loc. cit. : 104) Une question reste donc sans
réponse dans l’immédiat : Rh. pinicolana est-elle partout réellement rare ou localisée, et
les populations de cette espèce sont-elles effectivement très disséminées sur l’aire de dis¬
persion qu’elle occupe ? L’examen d’un très grand nombre de dégâts, provenant des contrées
les plus diverses, devrait permettre, à la lumière d’une étude systématique, de mieux appré¬
hender le problème dans l’avenir.
LISTE DES TRAVAUX CITÉS
Agen.to, R., 1961. — Rhyacionia pinicolana (Dbld., 1849) plaga del Pinus silvestris L., en las
Sierras de Guadarrama y Albarracin, y espeeie nueva para la Peninsula Ibérica (Lep. Tor-
tricidae). Boln Serv. Plagas for., 4 (7) : 21-27, 1 pl. couleurs.
942 GÉRARD CHR. LUQUET
Bentinck, G. A., en A. Diakonoff, 1968. — De Nederlandse Bladrollers (Tortricidae). Mono-
grafieën van de Nederlandsche Entomologische Vereeniging, Amsterdam, 3 : 103-104,
pl. 15 & 63.
Escherich, K., 1931. — Die Forstinsekten Mitteleuropas, Bd. III, Lepidopteroidea. Verlag Paid
Parey, Berlin : 283.
Herbui.ot, Cl., 1960. — Atlas des Lépidoptères de France, Belgique, Suisse. III. Ilétérocères
(fin). N. Boubée & C le Édit., Paris : 110 et pl. X, fig. 257.
•Toannis, J. de, 1908. — Lépidoptères du Morbihan. Annls Soc. enl. Fr.. 77, 1909 : 689-838.
Jotjrdheuille, C., 1882. Catalogue des Lépidoptères du département de l’Aube. Société académique
de l’Aube, Troyes, 1883.
Lhomme, L., 1946. — Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique. II (3), Le Carriol,
par Douelle (Lot) : 311.
Luquet, G. Chr., 1975. — Observations sur Rhyacionia pinicolana Dbld. (= Evetria pinicolana),
espèce très voisine de Rh. buoliana Schiff. [Lep. Tortricidae, Olethreutinae Eucosmini],
Alexanor (sous presse).
Mahieu, N., 1962. — La Tordeuse des pousses du Pin en Loire-Atlantique. Phyloma, 14 (142) :
29-30.
Meirleire, IL de, 1969. — Observations sur quelques ennemis des conifères en Champagne.
Phytoma, n° 213 : 17-19.
Peyerimhoff, M. H. de, 1882. — Catalogue des Lépidoptères d’Alsace (2 e édition). Bull. Soc.
Hist. nat. Colmar, 22-23 : 83-85.
Roques, A., 1974. — Étude de la mérocoenose des cônes de Pin sylvestre en forêt de Fontaine¬
bleau (thèse à paraître).
Schrôder, D., 1966. — Zur Kenntnis der Systematik und Okologie der « Evetria »-Arten (Lepid.
Tortricidae). Z. angew. Ent., 57 (4) : 333-429, und 58 (3) : 279-308.
Suire, J., 1951. — Contribution à la mise en valeur de la Costière du Gard : Microlépidoptères
des plantes caractérisant les zones naturelles de la Costière. Mémoires Soc. Études Sci. nat.
Nîmes, n° 8.
Manuscrit déposé le 24 décembre 1974.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 316, juillet-août 1975,
Zoologie 223 : 929-942.
Achevé d’imprimer le 31 octobre 1975.
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
* auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Iiist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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