BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
245
N° 352 JANVIER-FÉVRIER 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum, national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 352, janvier-février 1976, Zoologie 245
Nématodes des sables fins infralittoraux de la Pierre Noire
(Manche occidentale)
II. Chromadorida
par Guy Boucher *
Résumé. — Neuf nouvelles espèces de Chromadorida sont décrites et quatre espèces redécrites.
Quelques modifications de nomenclature sont proposées : Adeuchromadora megamphida Boucher
et de Bovée, 1972, est synonyme de Actinonema pachydermatum Cobb, 1920 ; Nygmatonchus fossi-
ferus est transféré dans le nouveau genre Endeolophos. Nygmatonchus minimus Juario, 1974,
est transféré dans le genre Trochamus. Deux clés dichotomiques sont proposées : une pour les
espèces de Chromadoridae munies de 10 soies céphaliques et une pour les espèces de Latronema.
Abstract. — Sublittoral fine sand Nematodes from Pierre Noire collecting site (West Chan-
nel). II. Chromadorida. — Nine Chromadorida new species are described and four redescribed.
Some nomenclaturical changes are proposed : Adeuchromadora megamphida Boucher and de Bovée,
1972, is a synonvm of Actinonema pachydermatum Cobb, 1920 ; Nygmatonchus fossiferus is trans-
ferred in the new genus Endeolophos. Nygmatonchus minimus Juario, 1974, is transferred in the
genus Trochamus. Two keys of identification are proposed : one for the Chromadoridae species
with ten cephalic setae and one for the Latronema species.
Dans les sables fins de la Pierre Noire, en baie de Morlaix (Manche occidentale), dont
les caractéristiques ont été fournies dans un précédent travail (Boucher, 1975), les prin¬
cipales espèces de l’ordre des Chromadorida ont été recensées.
Dans la famille des Chromadoridae, six espèces nouvelles ont été découvertes : Acti¬
nonema celtica n. sp., Trochamus complexus n. sp., Neochrotnadora paramunita n. sp., Chro-
madorita mucrocaudata n. sp., Chromadorella salicaniensis n. sp., et Chromadorella proble-
matica n. sp., associées à des espèces déjà connues : Prochromadorella ditleoseni (De Man,
1922), Prochromadorella longicaudata (Kreis, 1929), Prochromadorella attenuata (Gerlach,
1952), Dichromadora cucullata Lorenzen, 1973, Rhips ornata Cobb, 1920, Hypodontolaimus
ponticus (Filipjev, 1918), Neochrotnadora poecilosomoides (Filipjev, 1918), Chromadorita
nana Lorenzen, 1973. Seule la redescription de Neochromadora poecilosomoides (Filipjev,
1918) a été reprise pour préciser certaines caractéristiques cuticulaires.
Dans la famille des Cyatholaimidae, deux espèces nouvelles ont été découvertes :
Paracyatholaimoides asymmetricus n. sp. et Pomponema effilatum n. sp., associées à huit
espèces déjà connues : Paracyatholaimus occultus Gerlach, 1956, Pomponema multipapilla-
* Laboratoire de Zoologie (Vers), associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue
Cuber, 75231 Paris, et Station biologique, 29211 Roscoff.
352, 1
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GUY BOUCHER
tum (Filipjev, 1922), Pomponema ammophilum Lorenzen, 1972, Craspodema octogoniata
(Gerlach, 1954), Nannolairnoides decoratus Ott., 1972, Neotonchus Chamberlaini Wieser
et Hopper, 1966.
Craspodema octogoniata a été redécrite pour préciser la structure de la capsule buccale
et des spiculés, ainsi que Neotonchus chamberlaini pour signaler quelques légères différences
avec la description-type.
Dans la famille des Comesomatidae, sept espèces ont été recensées. Deux seulement
ont pu être déterminées : Sabatiera celtica Southern, 1914, dont je fournis une description
du fait de sa variabilité apparente et Nannolaimus volutus (Gerlach, 1956) que je classe
après observation dans les Comesomatidae. Les autres espèces appartiennent aux genres
Laimella, Vasostoma et Cervonema mais sont trop peu représentées dans le matériel pour
pouvoir être étudiées.
Dans la famille des Choniolaimidae, une espèce nouvelle a été découverte : Latronema
deconincki n. sp., dont les caractères cuticulaires sont à rapprocher de ceux des Richter-
siidae.
Dans la famille des Selachinematidae, une espèce de Synonchiella sp., trop peu repré¬
sentée pour être décrite, a été recensée.
Famille des CI1ROMADORIDAE Filipjev, 1917
Actinonema celtica n.
(Fig. 1 A-H)
sp.
Matériel étudié : Plusieurs centaines d’individus. Holotype : R5069AB. Allotype : R5165AB.
Paratypes : R5068 AB — R4275 AB — R5167 AB — R5154 AB — R781 AB — R1875 AB.
Mesures (en [im) de 6 et 2 ?, indiquées dans l’ordre des types : Longueur totale : 1 113 ; 1 082 ;
990 ; 1 095 ; 1 140 ; 924 ; 772 ; 992. Longueur de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) :
173 (20) ; 168 (22) ; 129 (19,5) ; 160 (20,5) ; 112 (20,5) ; 147 (20,5) ; 147 (20) ; 163 (21). Dia¬
mètre céphalique : 10, 10,5 ; 12,5 ; 10,5 ; 10 ; 10 ; 10,5 ; 12. Diamètre corporel au niveau de
l’amphide : 11,5 ; 12 ; 12,5 ; 12,5 ; 11,5 ; 12 ; 12,5 ; 12,5. Diamètre corporel maximum : 20 ;
25,5 ; 21 ; 20 ; 22 ; 23 ; 20 ; 24. Longueur de la queue : 117 ; 124 ; 119 ; 102 ; 119 ; 104 ; 105 ;
116. Diamètre anal : 19 ; 20,5 ; 19 ; 18 ; 20 ; 20 ; 19 ; 18. Longueur du telamon de l’appareil
copulateur : 17 ; — ; 18 ; 18 ; 18 ; 17 ; 22 ; 14 ; —. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure :
__ . 558 . _. _. _. _. 497 ^
’ Coefficients de De’ Man : a = 55,6 ; 42,4 ; 47,1 ; 54,7 ; 51,8 ; 40,1 ; 38,6 ; 41,3. b = 6,4 ;
6,4 ; 7,6 ; 6,8 ; 10,1 ; 6,2 ; 5,2 ; 6,0. c = 9,0 ; 8,7 ; 8,3 ; 10,7 ; 9,5 ; 8,8 ; 7,3 ; 8,5. v = 51,5 ;
50,1.
Description
Aspect général : Corps cylindrique de la base de l’œsophage à l’anus, assez svelte et
peu coloré. Caractéristiques très proches de celles de A. pachydermatum Cobb, 1920, sensu
Lorenzen, 1972, mais ligne latéral de structure différente.
Région antérieure : Organisation identique à celle de l’espèce signalée ci-dessus (fig. A, B).
Les amphides occupent cependant 100 % du diamètre correspondant et, en position ven¬
trale et dorsale, leurs extrémités sont distantes de 2 à 4 pm. Soies cervicales et corporelles
Moitié antérieure
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GUY BOUCHER
Fig. 1. — Actinonema cellica n. sp. : A, vue apicale ; B, vue latérale de la région antérieure d’un mâle ;
C, ornementation de la différenciation latérale à différents niveaux du corps ; D, appareil copulateur.
E, Actinonema pachydermatum (matériel Lorenzen, 1972) : ornementation de la différenciation laté¬
rale dans la partie médiane et postérieure du corps ; F, G, Actinonema pachydermatum (matériel War-
wick, 1970) : F, région antérieure — Gl, différenciation latérale à la base de l’œsophage — G2, diffé¬
renciation latérale dans la région postérieure du corps ; H, Diagramme de différenciation de A. pachy¬
dermatum et A. celtica (-[- : A. celtica ; O : A. pachydermatum de Lorenzen, 1972 ; A : A. pachyder¬
matum de Warwick, 1970 ; ■ : A. pachydermatum de Ward, 1973 ; • : A. pachydermatum syn. Adeu-
chromadora megamphida Boucher et de Bovée, 1972).
très longues (10-15 p), souvent brisées. Leur point d’insertion apparaît comme un pore
à la surface de la cuticule.
Cuticule : Dans la région sous-amphidiale, le dessin de la cuticule est conforme à celui
de la figure b, p. 291, de la description de Lorenzen (1972), c’est-à-dire que chaque anneau
porte deux rangées transversales de baguettes réfringentes donnant aux limites un aspect
festonné sur toute la circonférence du corps (fig. Cl). Progressivement, ces baguettes ne
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. Il
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persistent que sur les champs latéraux et, sur le reste de la circonférence, les anneaux
divisés en deux sous-anneaux sont lisses. Vers le milieu de l’œsophage, apparaissent en
position latérale des interruptions claires triangulaires, en forme de trapèze isocèle, entou¬
rées de quelques baguettes réfringentes (lig. C2). Au niveau de la hase de l’œsophage, la
périphérie de ces interruptions s’organise en dentelle (fig. C3). A une distance comprise
entre environ 455 et 625 pm de l’extrémité antérieure, des crochets se développent sur cha¬
cun des sous-anneaux (fig. C4). Les deux crochets du sous-anneau antérieur sont dirigés
vers l’arrière et plus internes que les deux crochets du sous-anneau postérieur, dirigés
vers l’avant. A 625 pm de l’extrémité antérieure, la disposition s’inverse (fig. C5) et se
transforme peu à peu selon la disposition de la figure C6. Vers 880 pm de l’extrémité anté¬
rieure, les crochets s’estompent progressivement (fig. C7). Cette organisation de base décrite
sur l’holotype présente cependant de fortes variations, quant à l’importance des différents
motifs, probablement en fonction de l’état de maturité sexuelle. Chez les juvéniles, la diffé¬
renciation latérale est homogène à partir du milieu de l’œsophage et apparaît comme une
interruption des anneaux, bordée de quelques petites boules arrondies (fig. C9). Chez les
adultes de petite taille les stades d’ornementation représentés dans les figures C4-5-6 n’appa¬
raissent pas. Jusque dans la région anale, l’ornementation est conforme à la figure C8 qui
est une variante du stade C3, c’est-à-dire que les deux sous-anneaux se séparent complète¬
ment même au niveau de la différenciation latérale.
Région caudale : Queue conique, allongée, longue de 5,2 à 6,4 fois le diamètre cloacal,
présentant quelquefois autour du cloaque trois petits mamelons subventraux de chaque
côté du corps.
Appareil copulateur : Telamons massifs en forme de L, longs de 14 à 22 pm, présentant
un rétrécissement à leur partie proximale, souvent confondus avec les spiculés dans les
différentes descriptions. Ceux-ci, filiformes, sont en effet assez difficiles à observer (fig. D).
Gubernaculum peu visible, parallèle aux spiculés.
Discussion
Après observation des spécimens du genre assimilés à Actinonema pachydermatum
Cobb, 1920, et aimablement fournis par F. Riemann (collection du Bremerhaven Institut ;
dépôt Lorenzen, 1972), par R. Warwick, 1970 (vases du Northumberland) et par A. Ward,
1973 (vases et sables de la baie de Liverpool), il est apparu que les espèces décrites ou signa¬
lées sous ce même nom, bien que très homogènes par leur aspect général, leur structure
céphalique et leur appareil copulateur, différaient par leurs proportions corporelles, le dia¬
mètre amphidial et surtout par la structure et l’ornementation de la différenciation latérale.
La description de l’espèce-type A. pachydermatum Cobb, 1920, apporte peu de précisions
en ce qui concerne la différenciation latérale. La description de Lorenzen (1972) est la
plus précise. Cependant, la structure de la différenciation latérale dans la région médiane
et postérieure du corps (fig. h, p. 291) ne correspond pas à ce que j’ai observé (fig. E). Elle
est constituée d’un alignement d’écailles lancéolées, allongées (9pm), à base bifide, dirigée
vers l’avant dans la moitié antérieure du corps et vers l’arrière dans la moitié postérieure,
légèrement saillantes par rapport aux anneaux corporels, enrobées dans une membrane
transparente. L’amphide occupe 76 % du diamètre correspondant, et le coefficient a de
De Man est voisin de 35-36 chez les mâles, 26-30 chez les femelles.
352 , 2
30
GUY BOUCHER
La structure en plaques lancéolées de la différenciation latérale se retrouve également
chez les spécimens signalés par Warwick (1970) et Ward (1973), bien que les plaques soient
nettement plus courtes (4 pm) (fig. G1 et G2). L’amphide mesure 62 % (fig. F) et le coeffi¬
cient a varié entre 17,9 et 26,9 chez les spécimens de mer du Nord. Chez les spécimens de
la haie de Liverpool le coefficient apparaît plus fort (28,5 à 32,2).
Le genre Adeuchromadora Boucher et de Bovée, 1972, proposé, alors que la redescrip¬
tion de Actinonema pachydermatum par Lorenzen (1972) n’était pas encore parue, pour
rendre compte de la présence de dix soies labiales et céphaliques et de denticules subven¬
traux dans la cavité buccale, non signalés dans la description de Cobb (1920), est en fait
synonyme du genre Actinonema, dès lors que l’on accepte de placer dans ce genre les espèces
dotées d’une couronne de 10 soies céphaliques. Les spécimens présentent également des
écailles lancéolées bifides sur la ligne latérale dans la partie médiane et postérieure du corps,
qui semblent caractéristiques de cette espèce.
En reportant sur un graphique les coefficients de De Man a et c des différents spécimens
observés (fig. H), on constate que les individus recensés dans les différentes localités s’ordon¬
nent selon une droite où il est possible de séparer deux lots selon qu’ils possèdent ou non
des écailles lancéolées bifides sur la différenciation latérale.
Le premier lot comprend tous les spécimens décrits ou signalés dont les caractères
morphologiques varient d’autant plus que leur taille est différente. Ainsi, A. pachyderma¬
tum Cobb, 1920, sensu Lorenzen, 1972, est proche des spécimens signalés par Warwick
(1970) et Ward (1973). Ces derniers sont eux-mêmes proches des spécimens décrits sous le
nom de Adeuchromadora megamphida Boucher et de Bovée, 1972, en Méditerranée. Il est,
par contre, assez difficile de rapprocher ces derniers des spécimens de Lorenzen, sans
connaître la forme « intermédiaire ». Malgré cette dérive progressive des caractères spéci¬
fiques en fonction de la localité de prélèvement et du type de sédiment il ne me paraît pas
nécessaire de scinder en sous-espèces l’espèce Actinonema pachydermatum syn. Adeuchro¬
madora megamphida.
Le deuxième lot est constitué par les spécimens décrits sous le nom de Actinonema
celtica n. sp., caractérisés par un fort élancement corporel (a supérieur à 38), par l’absence
de plaques bifides, en saillie dans la région postérieure de la différenciation latérale, rempla¬
cées à ce niveau par des crochets complexes peu saillants, par la forme de l’extrémité dis¬
tale des télamons présentant un décrochement et par leur faible taille, f4-22 pm au lieu
de 22-27 [im, chez les spécimens de Warwick et Lorenzen.
Trochamus complexus n. sp.
(Fig. 2 A-K)
Matériel étudié : 4 2 Ç et 1 juvénile. Iîolotype : R5306AB. Allotype : R4883AB. Paratypes :
R148AB — R713AB — R5257AB — R156AB — R1491AB.
Mesures (en pm) de 3 (J (lames : R5306AB — R713AB — R1491AB) : Longueur totale : 727 ;
728 ; 672. Longueur de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) : 103 (17) ; 107 (17) ; 111 (20).
Diamètre céphalique : 9 ; 9 ; 10. Longueur des soies céphaliques : 2,5 ; ? ; 3. Diamètre de
l’amphide : 4,5 ; ? ; 5,5. Distance de la glande excrétrice à l’extrémité antérieure : 72 ; 73 ; 62.
Diamètre corporel maximum : 20 ; 19 ; 31. Longueur de la queue : 101 ; 88 ; 122. Diamètre
NÉMATODES DES SABLES FINS INFHALITTORAUX. II
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anal : 17; 16 ; 19,5. Longueur des spicules(développement et corde) : 22 (18) ; 22 (18) ; 41 (33).
Coefficients de De Man : a = 36,3 ; 38,3 ; 21,6. b = 7,0 ; 6,8 ; 6,0. c = 7,2 ; 8,2 ; 5,5.
Description
Aspect général : Espèce de petite taille, à extrémité antérieure peu distincte, caracté¬
risée par une différenciation latérale saillante s’étendant de la base de l’extrémité œsopha¬
gienne à l’extrémité de la queue.
Région antérieure : Partie cheilorhabdiale portant douze baguettes mobiles (fig. A, B, C).
Dix soies labiales externes et céphaliques, longues de 25 à 30 % du diamètre correspondant,
disposées en une seule couronne. Capsule buccale peu cuticularisée, dotée d’une dent dor¬
sale pointue et de petits décrochements subventraux à peine visibles. La dent dorsale semble
creuse lorsque la capsule buccale est relaxée (fig. B, C) mais paraît pleine, en forme de griffe,
lorsque celle-ci est extrovertie (fig. D). A cette région transparente et fragile fait suite une
plaque cuticularisée annulaire haute de 3 (tm, au sommet de laquelle est située une amphide
réniforme, à parois fines, large d’environ 50 % du diamètre correspondant (fig. B, C). Chez
le mâle holotype, deux groupes caractéristiques de deux soies accolées sont visibles en
position submédiane ventrale sur le huitième anneau et en position submédiane dorsale
sur le onzième (fig. B), mais ils ne sont pas détectables chez tous les spécimens. Bulbe œso¬
phagien très allongé, présentant deux légères interruptions plasmatiques (fig. H). Glande
excrétrice sphérique située à 68-69 % de la longueur œsophagienne par rapport à l’extré¬
mité antérieure.
Différenciation latérale et cuticule : La cuticule se différencie latéralement dès la base
de la plaque céphalique par une interruption longitudinale des anneaux. Progressivement,
de fines plaques translucides, non saillantes, s’individualisent à la jonction de chaque
anneau (fig. B2). Dès la base du bulbe œsophagien, ces plaques s’organisent en carène laté¬
rale saillante, dissymétrique, recourbée vers la partie ventrale du corps (coupe transversale
fig. 1). En vue latérale, les plaques constitutives de la carène apparaissent superficiellement
comme de simples baguettes accolées par leurs extrémités, mais il est possible de distinguer
leur recourbement ventral par le fait qu’elles dessinent une ligne nette vers la partie ventrale
du corps, alors qu’elles se fondent progressivement dans les anneaux vers la partie dorsale.
En coupe optique frontale (fig. G), la carène latérale est constituée par trois couches :
— une zone superficielle transparente, formée par la succession de plaques dissymé¬
triques, orientées vers l’avant dans la région antérieure du corps, et vers l’arrière dans la
partie postérieure ;
— une zone de jonction sur laquelle s’insèrent les lamelles de la zone précédente ;
— un alignement de renforcements cuticularisés, délimitant entre eux des vides.
La cuticule présente un aspect différent suivant le niveau du corps considéré. Dans la
région antérieure de l’œsophage, elle est constituée d’anneaux larges d’un micron, dont les
lignes de suture claires recouvrent deux files transversales de petites baguettes réfrin¬
gentes (fig. B 1, 2). Dès que la carène latérale s’organise, le dessin de la cuticule se complique.
La disposition des motifs répond à la symétrie bilatérale, mais ceux-ci se reproduisent quatre
fois sur la circonférence du corps. Les figure E, F, G schématisent cette disposition observée
sur un quart du corps, projeté sur un plan. Les anneaux présentent deux files transversales
de cinq ou six baguettes réfringentes au niveau des lignes de suture dans leurs parties subla-
milieu
NEMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
33
Fig. 2. — Trochamus complexus n. sp. : A, vue apicale ; B, vue latérale de la région antérieure de l’holotype ;
C et D, vue latérale de la région antérieure de paratypes ; E, F, G, schéma de un quart de la circon¬
férence corporelle, projeté sur un plan ; H, partie basale de la région œsophagienne ; I, section corpo¬
relle ; J, région caudale de l’holotype ; K, appareil copulateur du paratype R 1491AB ; L, interpréta¬
tion d’une moitié de la circonférence corporelle projetée sur un plan ; M, schéma de la section corporelle
et de la structure de la carène latérale de Trochamus carinatus (1) et Trochamus minimus (Juario, 1974)
( 2 ).
térales, puis une plage claire de forme ovoïde dans leurs parties submédianes, puis de nou¬
veau une zone striée par deux files de 12 fines baguettes dans leurs parties dorsale et ventrale.
A ce niveau, la disposition est très comparable à celle observée sur toute la circonférence
de la région antérieure de l’œsophage.
Région caudale : Queue conique, allongée (5,5-5,9 fois le diamètre cloacal), dont la lar¬
geur diminue assez brusquement en arrière du cloaque (fig. J). Carène latérale s’estompant
progressivement, mais visible jusqu’aux trois quarts de la longueur caudale. Chez l’holo-
type, faible différenciation des anneaux dans la région précloacale ventrale. A 45-50 pm
du cloaque, leur section présente une forme de bouton saillant. Entre 30 et 45 pin du cloaque,
elle n’est plus décelable. Cette zone est relativement lisse et le corps présente une légère cons-
triction à cet endroit. Juste en avant du cloaque, la section des anneaux redevient visible.
Chez les autres spécimens, aucune différenciation des anneaux précloacaux n’a été observée.
Appareil reproducteur : Spiculés simples, nettement recourbés, longs de 1,3 fois le
diamètre cloacal. Le spécimen R1491AB possède un spiculé beaucoup plus long, mesurant
2,3 fois le diamètre cloacal (fig. K). Toutes les autres caractéristiques étant identiques,
il est préférable de l’assimiler à l’espèce en soulignant la valeur relative des dimensions des
spiculés. Capitulum légèrement globuleux. Gubernaculum peu développé, parallèle à la
portion dorsale des spiculés.
Discussion
Cette espèce présente toutes les caractéristiques du genre Trochamus, défini à partir
de spécimens récoltés dans les vases sublittorales de Banyuls-sur-mer (Boucher et de
Bovée, 1972), soit : 12 baguettes cheilorhabdiales, 10 soies labiales externes et céphaliques
insérées sur le même niveau, une amphide lenticulaire à contours fins, une capsule buccale
34
GUY BOUCHER
dotée d’une dent dorsale pointue et de deux petits denticules subventraux, un bulbe allongé
à deux interruptions plasmatiques, une cuticule d’aspect différent suivant le niveau du
corps considéré, constituée dans la région médiane d’un motif se reproduisant quatre fois
sur la circonférence corporelle, une carène latérale saillante formée de plaques de structure
complexe, et des spiculés fins de structure simple.
La figure L fournit une tentative d’interprétation de la structure de la cuticule, inspi¬
rée par le travail d’iNGLis (1969) sur la cuticule d’ Euchromadora. Chaque anneau se divise
en deux parties : le corpus (« innermost annule » de Inglis), et l’auvent (« outermost annule »)
qui recouvre légèrement la partie postérieure du corpus de l’anneau précédent dans la moi¬
tié antérieure du corps, et celle de l’anneau suivant dans la moitié postérieure. En effet,
l’orientation des anneaux s’inverse vers le milieu du corps. A certains niveaux, des files
transversales de baguettes réfringentes cuticulaires (processes de Inglis) sont insérées
sur le corpus. Chez Trochamus, la section des anneaux est comparable à celle de Parapin-
nanema, car leur corpus porte des baguettes à l’avant et à l’arrière, alors que chez Euchro¬
madora il n’en présente que sur une face, sous l’auvent. Cependant, ces baguettes n’existent
qu’à certains niveaux privilégiés chez Trochamus (régions sublatérales, dorsale et ventrale)
et chez Euchromadora (régions latérales), alors qu’elles sont présentes sur toute la circon¬
férence du corps chez Parapinnanema.
Chez Trochamus, la largeur de la base du corpus de l’anneau, le rayon de courbure
de sa surface externe, l’importance du recouvrement de l’auvent, varient selon le niveau
considéré sur la circonférence du corps, comme c’est le cas également chez Euchromadora.
Le recouvrement de l’auvent est plus prononcé dans les régions sublatérales et surtout
dorsale et ventrale que dans les régions médianes. Le rayon de courbure de la partie dorsale
du corpus est probablement différente dans la région médiane du corps, ce qui explique¬
rait la présence des plages ovoïdes observées (troisième « subannule » de Inglis ?).
Une certaine confusion systématique rend nécessaire de préciser les caractéristiques
des genres Nygmatonchus Cobb, 1933, Austranema Inglis, 1969, et Trochamus Boucher
et de Bovée, 1972. Ainsi que l’ont noté tous les auteurs ayant décrit des espèces attribuables
au genre Nygmatonchus Cobb, 1933, ou à des genres proches, la description originale du
type Nygmatonchus peut prêter à confusion, du fait de l’absence d'illustration. Cobb pré¬
cise que le genre possède une différenciation latérale nette (« wing single, prominent »),
un bulbe œsophagien piriforme, une cuticule préanale épaissie chez le mâle, un appareil
copulateur constitué de deux spiculés, d’une paire de télamons et d’un faible gubernaculum.
De nombreuses espèces décrites depuis ont été placées dans le genre Nygmatonchus sans
que leurs caractéristiques correspondent strictement à celles du type. Ainsi, Wieser (1954)
fournit une description de Nygmatonchus fossiferus dans laquelle il définit la différenciation
latérale comme un sillon sans plaques particulières (« there are no spécial latéral dots, and
there is no latéral membrane, but the wings give the. impression of two long, regular fur-
rows »), et il observe un spiculé de forme simple, sans télamons. Gerlach (1957) décrit
une espèce à carène latérale saillante et à appareil copulateur sans télamons qu’il assimile
à l’espèce-type, N. Scriptus Cobb, 1933. Muiîpuy (1965) pense avoir retrouvé le genre avec
N. alii, caractérisé par l’absence de différenciation latérale nette et par un appareil copnla-
teur avec télamons. Gerlach (1967) fournit une bonne description de N. minutus, espèce
à différenciation latérale en creux, dont la cuticule est homogène sur la circonférence cor¬
porelle, et à appareil copulateur simple. Inglis (1969) distingue les espèces dotées de téla-
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
35
mons et celles qui en sont dépourvues. Il crée le genre Austranema, dans lequel il place
N. alii, et considère d’après la description de Wieser (1954) que le genre Nygmatonchus
possède un appareil copulateur simple, sans télamons. Riemann (1970) redécrit N. bico-
ronatus (Wieser, 1954), caractérisée par une différenciation latérale en creux et une cuti¬
cule homogène sur toute la circonférence, par un spiculé de structure simple, sans télamons.
Boucher et de Bovée (1972) créent le genre Trochamus pour une espèce, T. carinatus,
caractérisée par une forte carène latérale saillante, une cuticule hétérogène sur la circon¬
férence corporelle et un appareil copulateur de structure simple sans télamons. Ils le séparent
du genre Nygmatonchus par l’absence de modifications précloacales et par l’absence de téla-
mon, en se fondant sur les caractères fournis par Cobb. Riemann et Rachor (1973) mettent
en synonymie N. bicoronatus et N. spinosus (Gerlach, 1957). Juario (1974) décrit N. mini¬
ums, caractérisée par une carène latérale saillante, une cuticule à structure hétérogène sur
la circonférence corporelle et un appareil copulateur simple, sans télamons. La description
de N. scriptus Cobb, 1933, sensu Andrassy, 1959, ne peut être considérée comme signifi¬
cative, car cet auteur n’a trouvé que des femelles et les caractères qu’il mentionne peuvent
s’appliquer à plusieurs genres, Actinonema et Rhips compris. Cette espèce doit être considé¬
rée comme species incertae sedis.
J’ai pu observer des paratypes ou des spécimens des espèces Nygmatonchus minutus,
Nygmatonchus spinosus, Nygmatonchus minimus, Austranema alii, Trochamus carinatus
et Trochamus com plexus. Aucune de ces espèces ne possède réunis l’ensemble des caractères
fournis par Cobb dans sa description-type. En effet, aucune de ces espèces ne possède des
amphides à double contour. Seule Austranema alii présente des modifications précloacales
nettes et un appareil copulateur doté de télamons, mais sa cuticule ne présente pas de
véritable différenciation latérale et ses anneaux ont une structure différente de celle des
autres espèces. Inglis (1969) a aussi montré que la capsule buccale possédait des plaques
latérales armées de denticules en plus de la dent dorsale et des dents subventrales. Il a donc
créé le genre Austranema, et redéfini le genre Nygmatonchus sur la base des descriptions
de Cobb (1933) et de Wieser (1954). Or, ces deux descriptions diffèrent par un certain
nombre de caractères, notamment par la forme de l’amphide, la présence ou l’absence de
différenciations précloacales, et la structure de l’appareil copulateur, avec ou sans télamons.
Il me semble préférable d’isoler, pour l’instant, le genre Nygmatonchus en adoptant stric¬
tement la définition originale de Cobb (1933), et de placer les espèces décrites ultérieure¬
ment (N. fossiferus, N. minutus, N. spinosus) dans un genre nouveau Endeolophos n. g. *,
dont l’espèce-type est E. minutus (Gerlach, 1967).
Ce genre nouveau est caractérisé par : douze baguettes cheilorhabdiales ; six soies
labiales externes et quatre soies céphaliques de taille voisine, disposées en une seule cou¬
ronne ; capsule buccale armée d’une dent dorsale pointue et de deux petites dents sub¬
ventrales ; amphides lenticulaires, à bords fins ; léger élargissement basal de l’œsophage ;
anneaux cuticulaires portant des baguettes réfringentes à leurs parties antérieure et posté¬
rieure en positions sublatérales seulement ; différenciation latérale nette, en creux, consti¬
tuée par une interruption longitudinale des anneaux ; absence de différenciations pré¬
cloacales ; spiculés de structure simple (« Neochromadora- like »), dépourvus de télamons.
1. Référence à l’absence de carène latérale saillante.
36
GUY BOUCHER
Le genre Trochamus se distingue de Endeolophos n. g. par une cuticule hétérogène
sur la circonférence du corps dans la région moyenne —• c’est-à-dire que les baguettes rélrin-
gentes, disposées sur les faces antérieure et postérieure des anneaux, n’existent que dans
les régions sublatérales, dorsale et ventrale — et par une différenciation latérale particu¬
lièrement saillante, constituée de plaques complexes.
Trochamus complexus se distingue de T. carinatus par la possession d’une carène laté¬
rale nettement recourbée ventralement, constituée de plaques dissymétriques complexes
(fig. G et I) au lieu d’une carène droite constituée de plaques symétriques simples et étroites.
Nygmatonchus minimus Juario, 1974, est synonyme de Trochamus carinatus, comme
j’ai pu l’observer, car les caractéristiques générales sont identiques et surtout la carène
latérale saillante n’est pas recourbée et la structure des plaques constitutives est la même
(fig. M).
Les spécimens signalés en mer du Nord diffèrent simplement par un nombre de baguettes
réfringentes légèrement plus élevé sur les champs latéraux de la cuticule (environ 24 au
lieu de 12). De ce fait, les champs médians clairs sont un peu plus étroits chez ces derniers
(fig- M).
Nygmatonchus fossiferus Wieser, 1954, qui avait été placée dans le genre Trochamus
par Boucher et de Bovée (1972), appartient en fait au genre Endeolophos n. g. puisque sa
différenciation latérale est en creux et que sa cuticule semble homogène sur la circonférence.
Les genres de Chromadoridae présentant une couronne de 10 soies labiales et cépha¬
liques, insérées sur le même plan, peuvent donc être séparés selon les critères de la clé sui¬
vante :
Appareil eopulateur doté d’un télamon (L. Shaped). 2
Appareil eopulateur normal ( NeochromadoraAike) . 5
Amphides à doubles contours. 3
Amphides à simples contours. 4
Spiculés simples, très fins. Actincnerna
Spiculés en deux parties, épais. Rhips
Présence d’une différenciation latérale nette. Nygmatonchus
Absence de différenciation latérale. Austranema
Carène latérale saillante. Présence de baguettes cuticulaires en positions sublatérales, dorsale
et ventrale. Champs lenticulaires en positions médianes. Trochamus
Carène latérale non saillante. Absence de champs lenticulaires en position médiane. Baguettes
cuticulaires uniquement en positions sublatérales. Endeolophos n. g.
Neochromadora poecilosomoid.es (Filipjev, 1918)
(Fig. 3 A-I)
Matériel étudié : 3 Lames R4982AB — R8AB.
Mesures (en p.m) de 2 £ : Longueur totale : 1 027 ; 1 078. Longueur de l’œsophage (diamètre cor¬
porel à sa base) : 109 (21) ; 122 (22). Diamètre céphalique : 11 ; 11. Longueur des soies cépha¬
liques : 9 ; 9. Longueur des soies cervicales : 10 ; ? Diamètre de l’amphide : 8,5 ; 8 . Diamètre
corporel maximum : 31 ; 28. Longueur de la queue : 124 ; 126. Diamètre anal : 25 ; 22. Lon¬
gueur des spiculés (développement et corde) : 32 (26) ; 30 (24). Longueur des apophyses du
gubernaculum : 19 ; 19.
Coefficients de De Man : a = 33,1 ; 38,5. b = 9,4 ; 8,8. c = 8,2 ; 8,5.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II 37
Description
Aspect général : Corps doté d’une carène latérale allant de la base du bulbe œsopha¬
gien à la moitié de la queue et apparaissant, en coupe optique, comme la succession de deux
files de points.
Fig. 3. — Neochromadora poecilosomoides (Filipjev, 1918) : A, vue apicale ; B, vue latérale de la région
antérieure ; C, région basale de l’œsophage ; D et E, vues superficielle et profonde de la différenciation
latérale ; F, vue latérale de la différenciation latérale ; G, section corporelle ; H, région caudale du
mâle ; I, vue ventrale de l’appareil copulateur.
352 , 3
38
GUY BOUCHER
Région antérieure : 12 baguettes cheilorhabdiales portant de petits diverticules mobiies.
6 papilles labiales internes, à peine marquées, 6 papilles labiales externes, longues de 2 pin,
et 4 soies céphaliques longues de 81-91 % du diamètre céphalique. Capsule buccale réduite,
portant une petite dent dorsale pointue et deux diverticules bifides subventraux (fig. A et B).
Amphides elliptiques, réniformes, larges de 72-77 % du diamètre correspondant, à bordure
fine bien visible et saillante en vue dorsale ou ventrale. Zone sous-amphidiale légèrement
ornementée de petites baguettes disposées en rangées transversales superposées. Quelques
longues soies cervicales. Bulbe œsophagien allongé (fig. C).
Cuticule et ligne latérale : Dans la région cervicale, la cuticule a le même aspect sur toute
la circonférence du corps. Les anneaux présentent des contours crénelés, assez grossiers
(fig. B). Au niveau de la base de l’œsophage des plaques latérales apparaissent peu à peu
pour former une carène latérale saillante (fig. G). En coupe optique (fig. E), la différencia¬
tion apparaît comme une succession de points accolés en deux files longitudinales. En vue
frontale, tout à fait superficielle (fig. D), ces formations ponctiformes se soudent en formant
un pont. Une membrane transparente recouvre le tout et sa limite apparaît nettement
au-dessus des anneaux, de chaque côté de la carène. En vue latérale, cette carène est cons¬
tituée par la succession de plaques quadrangulaires (fig. F).
Plus bas, les limites entre anneaux deviennent rectilignes excepté de part et d’autre
de la carène latérale où deux files transversales de fines baguettes réfringentes occupent
les parties antérieures et postérieures des anneaux, dans les champs sublatéraux (fig. D).
Les champs dorsaux et ventraux sont lisses.
Région caudale : Queue conique, longue de 5 à 5,7 fois le diamètre cloacal (fig. H).
Carène latérale s’estompant progressivement à sa moitié. Mucron terminal translucide,
Quelques soies sublatérales longues de 8 (xm. Huit papilles précloacales quadrangulaires.
de petite taille.
Appareil copulateur : Spiculés arqués, longs de 1,2-1,3 fois le diamètre cloacal, à extré¬
mités distales en crochet, dépourvus de capitulum. Gubernaculum parallèle aux spiculés,
à deux apophyses dorsales et à extrémité distale également en crochet (fig. I).
Discussion
Les spécimens récoltés sont assimilables à Neochromadora poecilosomoides (Filipjev,
1918). Ils ne diffèrent de la description-type que par quelques détails mineurs tels que
l’absence de crénelures marquées à l’arrière des anneaux corporels dans la région médiane
du corps, ou la présence de longues soies cervicales et corporelles. Il est intéressant de noter
l’existence d’une différenciation latérale nettement saillante, qui n’apparaît qu’au niveau
de la base de l’œsophage, et dont la structure semble différente de celle de Trochamus ou
Actinonema.
Neochromadora paramunita n. sp.
(Fig. 4 A-I)
Matériel étudié : 4 2 $ et 2 juvéniles. Holotype : R9334AB. Allotype : R5203AB. Paratypes :
R1675AB — R9570AB — R1646AB — R5645AB.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
39
Mesures (en (im) de 4 et 2 Ç : Longueur totale : 988 ; 1 005 ; 990 ; 1 110 ; 1 421 ; 1 133. Longueur
de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) : 121 (23) ; 130 (25) ; 111 (26) ; 130 (27,5) ; 166 (35) ;
130 (29). Diamètre céphalique : 16,5 ; 16,5 ; 17 ; 19 ; 17 ; 19. Longueur des soies céphaliques :
— ; — ; 16 ; 16 ; 20 ; 12. Diamètre corporel maximum : 23,5 ; 25 ; 25 ; 26 ; 39 ; 30. Longueur
de la queue : 116 ; 111 ; 108 ; 117 ; 174 ; 138. Diamètre anal : 23,5 ; 23,5 ; 24 ; 26 ; 28,5 ; 22.
Longueur des spiculés (développement et corde) : 39 (31) ; 38,5 (30) ; 36 (27,5) ; 38 (30) ; — ; —.
Longueur du gubernaculum (développement et corde) : 25 (22) ; 26,5 (24) ; 26 (21) ; 25 (22) ;
— ; —. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; — ; — ; 667 ; 546.
Coefficients de De Man : a = 42,0 ; 40,2 ; 39,6 ; 42,6 ; 36,4 ; 37,7. b = 8,1 ; 7,7 ; 8,9 ; 8,5 ;
8,5 ; 8,7. c = 8,5 ; 9,0 ; 9,1 ; 9,4 ; 8,1 ; 8,2. v = — ; — ; — ; — ; 46,9 ; 48,1.
Description
Aspect général : Différenciation latérale dès la base de l’amphide. Anneaux solides,
crénelés, dans la région cervicale. 12 papilles précloacales saillantes. Queue, le plus souvent,
enroulée.
Région céphalique : 12 baguettes cheilorhabdiales pétaloïdes, bien développées. 6 soies
labiales internes (0,5 fim), 6 soies labiales externes (1,5 fini) et 4 soies céphaliques (environ
un diamètre céphalique), paroi dorsale de la capsule buccale, échancrée dans sa partie
médiane, portant une forte dent. Deux plaques sublatérales, armées de nombreux petits
denticules (au moins deux rangées de cinq), présentant chacune à leur base une petite dent
subventrale (fig. A). Amphides en large fente, à contours très nets, larges d’environ 63 %
du diamètre correspondant. Quelques granules cuticulaires dans la région sous-amphi-
diale (fig. B). Bulbe œsophagien bien développé (fig. C). Longues soies corporelles (12 fini)
disposées, en position latérale, sur toute la longueur du corps.
Cuticule et différenciation latérale : Dans la région cervicale, la cuticule est constituée
d’anneaux solides à contours largement crénelés, interrompus dans leur partie latérale
par une différenciation latérale plus claire, large de 4 fini. Dans cette dernière, on devine
les striations transversales joignant les granules correspondant aux extrémités de chacun
des anneaux (fig. B). L’ampleur des crénelures antérieures et postérieures des anneaux
diminue progressivement pour se transformer, au niveau de la base de l’œsophage, en files
transversales de baguettes cuticulaires réfringentes. Ces dernières ne persistent que sur
les champs sublatéraux de la cuticule (10 à 12 pour la rangée antérieure et 6-8 pour la ran¬
gée postérieure de chaque côté de la différenciation latérale) (fig. D). Les anneaux, en posi¬
tion dorsale et ventrale, présentent des limites lisses et sont divisés en deux sous-anneaux.
La différenciation latérale, en coupe optique superficielle, paraît constituée par l’aligne¬
ment de deux files longitudinales de gros points. La coupe transversale du corps montre
qu’à ce niveau la cuticule forme une sorte de passerelle légèrement bombée au-dessus d’une
zone creuse (fig. E). Chez certains spécimens, la structure de la différenciation latérale
change dans la région postérieure du corps. En vue latérale, des plaques en forme de fer
de lance tronqué apparaissent sous une membrane transparente à contours nets (fig. F).
La vue sagittale montre qu elles sont nettement saillantes, dissymétriques (dirigées vers
l’arrière) (fig. G). La coupe transversale du corps montre que la différenciation latérale,
au lieu d’être simplement bombée comme dans la région antérieure du corps, forme une
aile saillante et triangulaire (fig. H).
Région caudale : Queue conique, longue de 4,5 à 4,9 fois le diamètre cloacal chez les mâles
et 6,1 à 6,2 chez les femelles, portant la différenciation latérale jusqu’à la base du mucron
40
GUY BOUCHER
Fig. 4. — Neochromadora parant imita n. sp. : A, vue apicale ; B, vue latérale de la région antérieure ; C, région
basale de l’œsophage ; D, dessin cutioulaire dans la région moyenne du corps ; E, section corporelle
dans la région moyenne du corps ; F, différenciation latérale dans la région postérieure ; G, vue latérale
de la différenciation latérale ; H, section corporelle dans la région postérieure du corps ; I, vue latérale
de l’appareil copulateur.
terminal. Quelques soies somatiques courtes. Douze papilles précloacales saillantes, en
nombre constant chez tous les adultes observés. Chez les juvéniles mâles, elles apparaissent
avant la formation des spiculés et sont au nombre de 10.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
41
Appareil copulateur : Forts spiculés, régulièrement recourbés, longs de 1,6 fois le dia¬
mètre cloacal, dépourvus de capitulum individualisé. Solide gubernaculum, constitué de
deux pièces distinctes, à partie centrale renflée et à apophyses dorsales recourbées (fig. I).
Discussion
Cette espèce est très proche de Neochromadora munita Lorenzen, 1972, par la structure
de la région antérieure, le dessin de la cuticule et les proportions générales. Elle diffère de
celle-ci par des soies céphaliques légèrement plus longues (100 % au lieu de 65 %), des
spiculés plus courts (corde de 30-32 p.m au lieu de 43 pm), et surtout par la présence cons¬
tante de 12 papilles précloacales au lieu de 9-10.
Cette espèce nouvelle se distingue facilement par ses 12 papilles précloacales saillantes
des autres espèces du genre N eochromadora, dotées d’anneaux crénelés solides cervicaux
et d’une forte différenciation latérale dès la base de l’amphide.
Chromadorita mucrocaudata n. sp.
(Fig. 5 A-E)
Matériel étudié : 10 çj ; 2 $ ; 4 jeunes $. Holotype : R679AB. Paratypes : R1452AB — R5021AB
R5250AB - R7761AB — R8130AB.
Mesures (en [ira) de 4 : Lames R1452 — 679 — 730 — 5021AB. Longueur totale : 404 ; 514 ;
357 ; 404. Longueur de l’œsophage (diamètre à sa base) : 94 (17) ; 108 (20) ; 86 (16,5) ; 93 (21,5).
Diamètre céphalique : 8 ; 9 ; 8 ; 8. Longueur des soies céphaliques : 3,2 ; 3,5 ; — ; —. Diamètre
de l’amphide : 5,5 ; 6 ; — ; —. Diamètre corporel maximum : 18 ; 23 ; 16,5 ; 22,5. Longueur
de la queue : 69 ; 94 ; 65 ; 63. Diamètre anal : 17 ; 20 ; 16 ; 20. Longueur des spiculés (dévelop¬
pement et corde) : 28 (21) ; 35 (26) ; 29 (21,5) ; 31,5 (23,5).
Coefficients de De Man : a = 22,4 ; 22,3 ; 21,6 ; —f b = 4,3 ; 4,7 ; 4,1 ; 4,3. c = 5,8 ; 5,4 ;
5,4 ; 6,4.
Longueur d’une femelle : 398. V = 57.
Description
Aspect général : Corps trapu à cuticule homogène sur toute sa longueur, sans diffé¬
renciation latérale marquée.
Région antérieure : Six papilles labiales externes, longues d’un micron et quatre soies
céphaliques mesurant 38-40 % du diamètre correspondant, insérées aux extrémités de
l’amphide. Douze baguettes cheilorhabdiales peu développées. Dent dorsale creuse et poin¬
tue, opposée à deux petits décrochements subventraux. Amphide ovale disposée transver¬
salement, occupant 60-66 % du diamètre céphalique (fig. A). Cuticule présentant une orne¬
mentation de type « basket-work » qui s’individualise juste à la base de l’amphide, mais
dont les motifs s’organisent en anneaux plus bas (environ 4 uni de la base de l’amphide).
Chaque anneau est constitué par l’alignement transversal de baguettes ovoïdes, collées
1. Le mâle de la lame R 5021AB, bien que très caractéristique, est légèrement aplati, aussi les coeffi¬
cients de De Man ne sont pas significatifs.
42
GUY BOUCHER
Fig. 5. — Chromadorita mucrocaudala n. sp. : A, vue latérale de la région antérieure ; B, dessin cuticulaire
à la base de l'œsophage ; C, région caudale du mâle ; D, vue latérale de l'appareil copulateur ; E, vue
ventrale de la partie distale de l’appareil copulateur.
les unes aux autres, et se distingue nettement des anneaux adjacents par une zone de sépa-
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
43
ration claire (fig. B). Quelques longues soies cervicales caractéristiques, mesurant environ
un diamètre céphalique, sont insérées ventralement, au niveau du 7 e ou 8 e anneau et latéra¬
lement entre le 15 e et le 17 e anneau. Léger bulbe œsophagien piriforme, doté de deux faibles
interruptions plasmatiques, en position antérieure. Grosse glande ventrale, située au niveau
du début de l’intestin.
Chez le spécimen R1452AB, la cuticule présente une très légère différenciation latérale
dans la région médiane du corps qui consiste en une interruption des striations cuticulaires,
constituées par l’accolement des baguettes ovoïdes, et en une fine brisure dans la continuité
des anneaux. Cette disposition n’apparaît dans aucun des autres spécimens étudiés.
Région caudale : Queue conique à atténuation régulière, longue de 4-4,7 fois le dia¬
mètre anal, dotée d’un mucron terminal non strié (fig. C). Présence de trois soies subter¬
minales bien développées. Chez le mâle, le premier anneau postcloacal présente un décro¬
chement ventral triangulaire très caractéristique, sur lequel viennent s’appuyer guberna-
culum et spiculés. Chez certains spécimens mâles, la partie ventrale, située entre le quatrième
et le huitième anneau en avant du cloaque, est légèrement plus saillante (fig. D).
Appareil copulateur : Spiculés arqués, fins, dotés d’un fort vélum ventral, long de 1,5-
1,8 fois le diamètre cloacal et présentant un léger capitulum. Gubernaculum de structure
complexe, montrant en vue latérale une pièce distale d’où partent deux pièces latérales
renforcées (quelquefois difficiles à observer) et une apophyse dorsale médiane. En vue
latérale, la pièce distale apparaît comme une coupe entourant les spiculés (fig. E), en avant
de laquelle se détache l'épine cuticulaire postcloacale.
Discussion
Chromadorila mucrocaudata n. sp. se distingue des espèces du genre précédemment
décrites par la présence de longues soies cervicales en disposition dissymétrique, par la
forme de son gubernaculum à apophyses subventrales, et surtout par la présence d’un
renforcement postcloacal ventral de la cuticule, unique dans le genre. La disposition du
gubernaculum, doté d’apophyses latérales, rappelle quelque peu celle de Chromadorila
pharetra Ott, 1972, bien que cette dernière espèce soit très différente en ce qui concerne
les autres caractéristiques. L’aspect général du corps de C. mucrocaudata est assez compa¬
rable, bien que plus trapu, à celui de C. ahnorbis (Kreis, 1929) sensu Lorenzen, 1969.
Chromadorella salicaniensis 1 n. sp.
(Fig. 6 A-E)
Matériel étudié : 5 14 Ç et 4 juvéniles. Holotype : R1799AB. Paratypes mâles : R1996AB
— R9889AB. Paratypes femelles : R1806AB — R9698AB.
Mesures (en pm) de 3 et 5 Ç : Longueur totale : 1 073 ; 1 097 ; 1 107 ; 1 216 ; 1 032 ; 1 028 ; 1 240 ;
1 175. Longueur de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) : 152 (20) ; 164 (20) ; 168 (20) ;
172 (22,5) ; 163 (20) ; 153 (20) ; 146 (19) ; 179 (25). Diamètre céphalique : 16,5 ; 17 ; 16 ; 17 ;
18 ; 16 ; 13 ; 18. Longueur des soies céphaliques : 13 ; 14 ; ? ; 13,5 ; 11 ; 13,5 ; ? ; 14. Diamètre
1. Référence au port romain de la baie de Morlaix = Portas Salicanius.
44
GUY BOUCHER
corporel maximum : 20 ; 22 ; 20 ; 27 ; 22 ; 23 ; 24 ; 29,5. Longueur de la queue : 152 ; 141 ;
140 ; 261 ; 210 ; 219 ; 226 ; 226. Diamètre anal : 21 ; 22 ; 22 ; 17,5 ; 16 ; 16 ; 15,5 ; 19. Longueur
des spiculés (développement et corde) : 33 (24) ; 32 (23,5) ; 30 (24,5)
Longueur des apophyses du gubernaculum : 2l,5 ; 18 ; 18,5 ; —■; ■—
de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; —■ ; 515 ; 457 ; 439 ; 520
Coefficients de De Man : a = 53,6 ; 49,8 ; 53,1 ; 45,0 ; 46,9 ; 44,7
6,6 ; 6,5 ; 7,0 ; 6,3 ; 6,6 ; 8,3 ; 6,5. c = 7,0 ; 7,7 ; 7,9 ; 4,6 ; 4,9 ; 4,6 ; 5,4 ; 5,1.
— ; — ; —. Distance
525.
51,6 ; 39,9. b = 7,0 ;
Description
Aspect général : Corps assez élancé sans atténuation cervicale, à tête globuleuse. Dimor¬
phisme sexuel portant sur la longueur de la queue. Chez les mâles, les caractères céphaliques
et cuticulaires sont identiques à ceux de l’espèce, Chromadorella problematica n. sp., trouvée
dans les mêmes prélèvements.
Région antérieure : 12 globules cheilorhabdiaux, 6 papilles labiales externes longues
de moins d'un micron, et 4 fines soies céphaliques longues de 77-81 % du diamètre corres¬
pondant (fig. A et B). Trois dents pleines, en crochet, de taille voisine, souvent extroverties.
Lorsqu’elles sont placées à l’intérieur de la capsule buccale, il est difficile de se rendre compte
qu’elles sont pleines. Amphides elliptiques, à contours nets, occupant plus de 60 % du
diamètre correspondant chez le mâle. Cuirasse céphalique, un peu plus large que haute,
nettement ponctuée en dessous de l’amphide. Ornementation cuticulaire de la région cer¬
vicale constituée d’anneaux pleins, fortement cuticularisés, à contours crénelés, du fait
de la présence de files transversales de baguettes réfringentes sur leurs faces antérieures
et postérieures. Différenciation latérale, large de 3 qm, en creux, finement striée transver¬
salement par la prolongation des anneaux. A la base de l’œsophage, l'aspect de la cuticule
et du champ latéral se transforme. Les anneaux présentent des contours rectilignes et trans¬
parents et portent, dans les régions sublatérales, une file transversale de 5 ou 6 baguettes
réfringentes en leur centre, et une deuxième file de 4 ou 5 baguettes plus petites à leur
partie postérieure. La différenciation latérale est constituée de deux files longitudinales
de gros dominos séparés par une zone claire. Quelques longues soies cervicales et corporelles
Bulbe œsophagien allongé, à deux interruptions plasmatiques.
Région caudale : Les mâles sont dotés de trois grosses papilles précloacales saillantes
dont deux sont collées au cloaque, la troisième est quelquefois arrachée et seule la zone
d’insertion est discernable. La queue des mâles mesure 6,4 à 7,2 fois le diamètre cloacal.
Celle des femelles est beaucoup plus longue et atteint 11,8 à 15 fois ce diamètre. Sa partie
cylindrique représente environ 50 % de la longueur totale.
Appareil reproducteur : Les spiculés sont trapus, fortement recourbés, avec un capitu-
lum en forme de bec d’oiseau. Ils mesurent 1,3 à 1,5 fois le diamètre cloacal. Le guberna¬
culum est bien développé et présente une partie distale bifide dont la pointe postérieure
est plus développée que la pointe antérieure. Les ovaires sont pairs.
Discussion
Les mâles de cette espèce se distinguent de tous ceux décrits, jusqu’à présent, dans
le genre Chromadorella par le nombre de papilles et la forme de l’appareil copulateur. Les
femelles ont été attribuées arbitrairement à cette espèce.
6. — Chromadorella salicaniensis n. sp. : A, vue apicale ; B, vue latérale de la région antérieure et du
dessin cuticulaire dans la région moyenne du corps ; C, vue de la région basale de l’oesophage ; D, région
caudale du mâle ; E, vue latérale de l’appareil copulateur ; F, Chromadorella problematica n. sp. : vue
de la région caudale du mâle.
46
GUY BOUCHER
Chromadorella problematica n. sp.
(Fig. 6 A-C et F)
Matériel étudié : 7 Holotype : R394ÀB. Paratypes : R495ÀB — R408AB.
Mesures (en pm) de deux (J : Longueur totale : 1 191 ; 1 186. Longueur de l’œsophage (diamètre
corporel à sa base) : 140 (18) ; 149 (17,5). Diamètre céphalique : 12,5 ; 12. Longueur des soies
céphaliques : 8,5 ; ?. Diamètre corporel maximum : 19,5 ; 18,5. Longueur de la queue : 130 ;
158. Diamètre anal : 17 ; 16. Longueur des spiculés (développement et corde) : 24 (19) ; 22 (17).
Longueur du gubernaculum : 15 ; 15.
Coefficients de De Man : a = 61 ; 64,1. b = 8,5 ; 7,9. c = 9,1 ; 7,5.
Description
Aspect général : Comparable à celui de Chromadorella salicaniensis n. sp. Taille équi¬
valente (fig. A, B, C).
Région antérieure : Les caractéristiques de la région antérieure et de la cuticule sont
en tous points comparables à celles de Chromadorella salicaniensis n. sp.
Région caudale : Les mâles possèdent 5 ou 6 petites papilles précloacales, non saillantes.
La queue mesure 7,6 à 8,5 fois le diamètre cloacal (fig. F).
Appareil reproducteur : Les spiculés sont coudés à angle droite et mesurent 1,3 fois le
diamètre cloacal. L’aspect de leur capitulum est variable et présente quelquefois un aspect
de bec d’oiseau.
Discussion
Les mâles placés dans cette espèce nouvelle sont proches de ceux de Chromadorella
vanmetrae Wieser et Hopper, 1967, par le nombre de papilles précloacales et la disposi¬
tion de la différenciation latérale, mais ils se rapprochent plutôt de C. trilix Wieser et Hop¬
per, 1967, par la forme des spiculés.
Dans les prélèvements, deux types de mâles attribués aux deux espèces nouvelles
C. salicaniensis n. sp. et C. problematica n. sp. sont rencontrés associés à un seul type de
femelle que j’ai attribué arbitrairement à la première espèce. Les caractères céphaliques
et cuticulaires sont absolument identiques quel que soit l’espèce ou le sexe. Seuls les carac¬
tères sexuels varient. Les femelles peuvent donc appartenir aussi bien à C. problematica
qu’à C. salicaniensis et même aux deux espèces.
Il est possible aussi que les deux types de mâles considérés par principe comme des
espèces différentes, ne représentent que deux stades dans le cycle reproducteur d’une même
espèce, mais seule l’analyse du cycle pourra résoudre le problème.
Famille des CYATHOLAIMIDAE Filipjev, 1918
Paracyatholaimoides asymmetricus n. sp.
(Fig. 7 A-F)
Matériel étudié : 2 6 Ç, 2 juvéniles. Holotype : R7628AB. Paratypes : R4696AB — R3015AB
— R4396AB.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
47
Mesures (en |xm) de deux $ et deux Ç : Longueur totale : 1 023 ; — ; 964 ; 829. Longueur de l’œso¬
phage : 105 ; 100 ; 110 ; 92. Diamètre céphalique : 18 ; 15 ; 18 ; 18. Longueur des soies labiales
et céphaliques : 9 (13) ; 7 (10) ; 6 (9) ; — (8). Diamètre de l’amphide (diamètre correspondant) :
19,5 (23,5) ; 16 (21) ; 5 (25) ; 4 (25). Diamètre corporel maximum : 23 ; — ; 41 ; 36. Longueur
de la queue : 110 ; 106 ; 87 ; 85. Diamètre anal : 21 ; 21 ; 24 ; 23. Longueur des spiculés (déve¬
loppement et corde ): 28 (22,5) ; 28 (26) ; — ; —. Longueur du gubernaculum : 10 ; 11 ; — ; —.
Distance de la vulve à l’extrémité antérieure : — ; — ; 464 ; 420.
Coefficients de De Man : a = 44,4 ; — ; 23,5 ; 23,0. b = 9,7 ; — ; 8,7 ; 9,0. c = 9,3 ; — ;
11,0 ; 9,7. V = — ; — ; 48,1 ; 50,6.
Description
Aspect général : Capsule buccale nettement décalée dorsalement. Cuticule fortement
épaissie, grossièrement ponctuée dans la région cervicale.
Région céphalique : 12 baguettes cheilorhabdiales faiblement développées (fig. A).
Une couronne de dix soies labiales et céphaliques, non décalées par rapport à l’axe de symé¬
trie, dont les plus longues mesurent environ 50 % du diamètre céphalique chez les femelles
(fig. B), 66-72 % chez le mâle (fig. C). Une seule dent dorsale courte dans la capsule buc¬
cale, peu visible en vue latérale. Mamelon transparent occupant la région apicale axiale.
Amphides multispirales occupant 16-20 % du diamètre correspondant chez la femelle
(environ 4,5 tours), et 76-83 % chez le mâle (environ 9,5 tours), où elle est légèrement
ovale dans le sens longitudinal. Cuticule grossièrement ponctuée, nettement plus épaissie
dans la région cervicale que sur le reste du corps. En coupe optique, celle-ci est constituée
de canalicules (« punctation canals » selon Inglis, 1964), à base légèrement élargie et à
apex fortement coudé vers l’avant, qui donnent l’impression que la périphérie du corps
porte des épines. A une distance de l’extrémité antérieure correspondant environ à 2,5 fois
le diamètre céphalique apparaissent latéralement deux files de gros pores disposés en quin¬
conce, espacés d’environ 10 p.m. Dans la région médiane du corps, la cuticule est très fine¬
ment ponctuée en files transversales. Quelques soies somatiques courtes. Œsophage très
légèrement élargi à sa base.
Région postérieure : Queue conique (fig. F), à faible atténuation, longue de 3,6-3,7 fois
le diamètre cloacal chez la femelle, et 5-5,2 fois chez le mâle, terminée par un mucron.
3 papilles précloacales très fines, tubulaires, légèrement saillantes.
Spiculés effilés dans leur partie distale, à capitulum globuleux, longs de 1,3 fois le dia¬
mètre cloacal. Gubernaculum en forme de S, disposé entièrement dans la partie dorsale
des spiculés, à extrémité distale en crochet (fig. D et E).
Discussion
Cette espèce, originale par sa dissymétrie de la région antérieure, peut être placée dans
le genre Paracyatholaimoides Gerlach, 1953, car elle possède la plupart des caractéristiques
du genre, soit : cuticule épaissie dans la région cervicale, amphides ovales multispiralées
à fort dimorphisme sexuel, 10 soies labiales et céphaliques, capsule buccale à dent dorsale
courte, des papilles précloacales correspondant au type C 2 de Wieser et Hopper, 1967.
La dissymétrie provoquée par le déplacement de la capsule buccale en position dorsale
n’est pas forcément un caractère générique important, puisque certains genres, comme
Diplopeltula, comportent des espèces à capsule buccale déportée dorsalement, et d’autres
48
GUY BOUCHER
Fig. 7. — Paracyatholaimoides asymmetricus n. sp. : A, vue apicale de la femelle ; B, vue latérale de la région
antérieure du mâle ; C, vue latérale de la région antérieure de la femelle ; D, vue ventrale de l’appareil
copulateur ; E, vue latérale de l’appareil copulateur ; F, région caudale du mâle.
à capsule buccale centrale. Cette espèce diffère de toutes les espèces du genre par le dépla¬
cement de sa capsule buccale en position dorsale, l’aspect de l’épaississement cuticulaire
cervical dont les canalicules sont fortement évasés vers l’avant. La structure du guberna-
culum est proche de celle de P. serpens Gerlach, 1957, mais les papilles précloacales sont
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
49
beaucoup plus fines, comme chez P. multispiralis Gerlach, 1953. P. asymmetricus est la
première espèce de Cyatholaimidae où une dissymétrie dans la position de la capsule buc¬
cale a été observée.
Craspodema octogoniata (Gerlach, 1954)
(Fig. 8 A-E)
Mesures (en jxm) de 1 (J et 1 Ç : Longueur totale : 1 074 ; 1 117. Longueur de l’œsophage : 184 ; 197.
Diamètre céphalique : 18,5 ; 19,5. Longueur des soies labiales et céphaliques : 5 (6) ; 4 (6,5).
Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 8 (20,5) ; 7 (21). Diamètre corporel
maximum au niveau des crêtes et entre les crêtes : 25 (22) ; 27 (25). Longueur de la queue :
124 ; 140. Diamètre anal : 20; 18. Longueur des spiculés (développement et corde) : 33,5 (25,5) ;
— (—). Longueur des apophyses du gubernaculum : 19 ; —. Distance de la vulve à l’extrémité
antérieure : — ; 589.
Coefficients de De Man : a = 43,0 ; 41,3. b = 5,8 ; 5,6. c = 8,6 ; 7,9. Y = 52,7.
Description
Les caractéristiques des spécimens trouvés sont conformes à celles des types que j’ai
pu observer, aimablement fournis par le Pr Gerlach. Quelques points sont cependant à
préciser :
— Présence de 6 soies labiales et 6 soies céphaliques (fig. A et 13).
- Cavité buccale dotée d’une grosse dent dorsale pointue, 2 dents latérales, 2 dents
bifides subventrales (fig. A).
— Cuticule portant 8 crêtes longitudinales particulièrement saillantes (fig. C), sur
toute la longueur du corps, à l’exception de la queue et de la région cervicale où il
n’y a que deux crêtes latérales. Cette crête triangulaire s’atténue progressivement
en un arceau bombé dans la région sous-amphidiale. La cuticule paraît ponctuée
en coupe optique, mais, en vue tout à fait superficielle, elle semble simplement striée trans¬
versalement. Chez les types, la structure ponctuée de la cuticule pigmentée est nettement
mieux visible que chez les spécimens de Roscoff, et chaque anneau est constitué par une
rangée transversale de grosses ponctuations.
— Appareil copulateur (fig. D) constitué de deux spiculés arqués à capitulum pleins
comparables à ceux des Pomponema.
— Gubernaculum à 2 apophyses dorsales parallèles aux spiculés à extrémité distale
en crochet (fig. E).
Discussion
Les spécimens étudiés sont très proches de Craspodema octogoniata (Gerlach, 1954)
par les caractéristiques générales, la forme de la région céphalique, la structure cuticulaire,
le nombre de papilles précloacales, la forme de la queue. Ils se distinguent par une taille
nettement plus faible et l’absence de pigmentation mais aucun caractère différentiel objec¬
tif ne peut être retenu.
La description originale laissait planer quelque doute sur la structure buccale, que
la vue apicale a éclaircie, et sur la structure du spiculé. Il est assez étonnant que cette
50
GUY BOUCHER
Fig. 8. — Craspodema oclogoniata (Gerlach, 1954) : A, vue apicale ; B, vue latérale de la région anté¬
rieure ; C. section transversale du corps ; D et E, vue latérale et vue ventrale de l’appareil copulateur.
espèce signalée dans les eaux souterraines littorales de Saint-Honorat et de Sète (Méditerra¬
née) ait été retrouvée dans les sables sublittoraux de la baie de Morlaix, dans une zone
peu soumise aux influences des écoulements littoraux.
NEMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
51
L’espèce décrite sous le nom Craspodema reflectans Gerlach, 1964, n’appartient proba¬
blement pas au genre car elle possède une capsule buccale de structure différente et un
télamon à la partie distale du gubernaculum. Il est cependant trop tôt pour la placer dans
un genre nouveau, d’autant plus que le type n’existe plus.
Pomponema effilatum n. sp.
(Fig. 9 A-C)
Matériel étudié : 2 <J, 1 $. Holotype : R3619AB. Allotype : R3878AB. Paratype : R8963AB
Mesures (en pm) de 2 £ et 1 Ç (lames R3619AB — R8963AB — R3878AB) : Longueur totale :
1 975 ; 2 203 ; 1 869. Longueur de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) : 304 (32,5) ; 280
(32,5) ; 271 (22). Diamètre céphalique : 25 ; 26 ; 22. Longueur des soies labiales et céphaliques :
8 (15) ; — (15) ; 8 (12,5). Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 11 (30) ;
11,5 (30,5) ; 12 (28). Diamètre corporel maximum : 34 ; 38,5 ; 33. Longueur de la queue :
328 ; 336 ; 334. Diamètre anal : 30 ; 33,5 ; 27. Longueur des spiculés (développement et corde) :
55 (50) ; 55 (50) ; — (—). Longueur du gubernaculum : 25 ; 26 ; —. Distance de la vulve à
l’extrémité antérieure : — ; —■ ; 1 023.
Coefficients de De Man : a = 58,0 ; 57,2 ; 56,6. b = 6,5 ; 7,8 ; 6,9. c = 6,0 ; 6,5 ; 5,6. V =
— ; 54,6.
Description
Aspect général : Corps cylindrique de grande taille, sans atténuation cervicale, doté
d’une longue queue effilée. Absence de différenciation latérale.
Région céphalique : 12 baguettes cheilorhabdiales pétaloïdes, mobiles. Six soies labiales
internes, longues de 6 pm. 10 soies labiales externes et céphaliques, dont les six plus longues
mesurent 53 à 57 % du diamètre céphalique. Capsule buccale bien développée, profonde
de 15 pm environ, dotée d’une forte dent dorsale et de deux dents subventrales pointues.
Amphides multispirales, à 5,5 tours, occupant 36-37 % du diamètre correspondant chez
le mâle et 44 % chez la femelle. Cuticule finement ponctuée en rangées transversales bien
marquées. Une rangée de ponctuations reliées par une barre cuticulaire interne alterne
avec une rangée de ponctuations libres. En position sublatérale, présence de quelques
gros pores cuticulaires. Absence totale de différenciation latérale dans la disposition de la
ponctuation, sauf dans la région postanale conique de la queue, où s’individualise une grosse
file de ponctuations. Absence de bulbe œsophagien.
Région postérieure : Queue cylindroconique, particulièrement allongée, longue de 10-
10,9 fois le diamètre cloacal chez le mâle, et 12 fois chez la femelle, constituée d’une partie
conique à forte atténuation (1/5 de la longueur totale) et d’une partie cylindrique non ponc¬
tuée, avec une extrémité renflée. Quelques soies somatiques courtes au niveau de l’atténua¬
tion de la queue. 10 à 14 papilles précloacales en forme de bouton, auxquelles s’ajoute un
léger mamelon portant une soie, juste en avant du cloaque.
Spiculés assez allongés, fins dans leur tiers distal et proximal, élargis dans leur tiers
médian, longs de 1,8 fois le diamètre cloacal. Gubernaculum à deux apophyses dorsales
parallèles aux spiculés, se réunissant distalement en une carène triangulaire.
caudale
NEMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
53
du spiculé à tiers médian enflé et du gubernaculum dépourvu d’extrémité distale pointue,
la présence de 11-14 papilles précloacales. Elle est la seule espèce du genre, avec P. tautraensis
(Allgen, 1933), à être dépourvue de différenciation latérale. Elle est proche de cette espèce
par les caractéristiques de la région antérieure, l’allure des spiculés, le nombre de papilles
précloacales (11-14 au lieu de 14-15), mais en diffère par la structure de la ponctuation euti-
culaire, des soies céphaliques plus courtes, et surtout par la longueur de la queue (10-12 fois
le diamètre cloacal au lieu de 4-7).
Neotonchus chamberlaini Wieser et Ilopper, 1966
(Fig. 10 A-E)
Matériel étudié : 3 g, 2 $ et 7 juvéniles. Lames : R528AB — R10929AB.
Mesures (en pm) de 1 : Longueur totale : 739. Longueur de l’œsophage : 106. Diamètre cépha¬
lique : 17. Diamètre de l’amphide : 10,5. Profondeur de la capsule buccale : 12. Diamètre cor¬
porel maximum : 25. Longueur de la queue : 67. Diamètre anal : 20. Longueur des spiculés : 20.
Longueur du gubernaculum : 9.
Coefficients de De Man : a = 29,5. b = 7,0. c = 11,0.
Description
Les caractéristiques de ces spécimens sont conformes à celles signalées dans la descrip¬
tion-type. Quelques différences sont cependant à signaler. Les douze baguettes cheilorhab-
diales sont nettement regroupées deux par deux (fig. A et B). Présence de sept papilles
précloacales au lieu de huit (fig. D et E).
Discussion
Aucun caractère objectif ne permet de distinguer ces spécimens de Neotonchus charn-
berlaini si ce n’est le regroupement des baguettes cheilorhabdiales par deux. Si les propor¬
tions des soies sont conformes à celles signalées dans la description-type, l’allure générale
semble plus proche de celle de N. meeki Warwick, 1971.
Famille des GOMESOMATIDAE Filipjev, 1918
Sabatiera celtica Southern, 1914
(Fig. 11 A-D)
Matériel étudié : 3 3 Ç et 2 juvéniles. Lames : R1305AB — R1259AB — R77AB — R216AB
R308AB
Mesures (en (im) de 3 et 2 Ç : Longueur totale : 1 368 ; 1 525 ; 1 340 ; 1 667 ; 1 497. Longueur
de l’œsophage (diamètre corporel à sa base) : 195 (27) ; 189 (26,5) ; 177 (26,5) ; 200 (30,5) ;
190 (30). Diamètre céphalique : 12 ; 13 ; 13 ; 13 ; IL Longueur des soies céphaliques (rapport
avec le diamètre) : 18 (150 %) ; 16,5 (127 %) ; 18 (138 %) ; 18,5 (142 %) ; 19 (172 %). Dia¬
mètre de l’amphide (nombre de tours) : 11,5 (2 3/4) ; 12,5 (2 3/4) ; 11 (2 3/4) ; 8 (2,5) ; 8 (2,5).
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
55
Profondeur de la capsule buccale : 3,5 ; 4 ; 4 ; 4,5 ; 4. Distance du pore excréteur à l’extrémité
antérieure : 110 ; 114 ; 117 ; 126 ; 94. Diamètre corporel maximum : 30 ; 30 ; 29 ; 33,5 ; 35.
Longueur de la queue (rapport avec le diamètre anal) : 142 (5,4) ; 135 (5,6) ; 137 (5,6) ; 175
(7,4) ; 156 (4,4). Diamètre anal : 26 ; 24 ; 24 ; 23,5 ; 24. Longueur des spiculés (développement
et corde) : 36 (30) ; 35,5 (30) ; 35 (30) ; — ; —. Distance de la vulve à l’extrémité antérieure :
— ; — ; — ; 749 ; 705.
Coefficients de De Man : a = 45,6 ; 50,8 ; 46,2 ; 49,7 ; 42,7. b = 7,0 ; 8,0 ; 7,5 ; 8,3 ; 7,8.
c = 9,6 ; 11,2 ; 9,7 ; 9,5 ; 9,6. V = — ; — ; — ; 44,9 ; 47,1.
Description
Aspect général : Ponctuation corporelle légèrement hétérogène par la présence d’un
champ latéral plus grossier, large de 10 pm, bordé par des files de courtes soies. Légère
atténuation cervicale.
Région antérieure : 6 papilles labiales internes très petites, 6 papilles labiales externes
de 2 [im, 4 soies céphaliques longues de 127 et 172 % du diamètre céphalique. Cavité buc¬
cale en coupe, armée de petites dents à sa base, profonde de 3,5 à 4 pm. Légers décroche¬
ments dans le tube œsophagien au niveau du centre de l’amphide. Amphide en forme de
spirale à 2 tours 3/4 occupant 84 à 96 % du diamètre correspondant chez le mâle (fig. A)
et à 2,5 tours occupant 61 à 72 % chez la femelle (fig. B), et dont le bord supérieur est situé
à 6 |im de l’extrémité antérieure. Première soie cervicale latérale située à 23 pm de l’extré¬
mité antérieure, quelquefois absente. Les soies bordant le champ latéral apparaissent par
paire à environ 30 pm de l’extrémité antérieure. Œsophage large de 7 pm dans sa région
antérieure, terminé par un léger bulbe. Pore de l’appareil excréteur situé à 110-117 pm
de l’extrémité antérieure soit 56 à 66 % de la longueur œsophagienne.
Région caudale : Queue cylindrique à extrémité très globuleuse, longue de 5,4 à 5,6 fois
le diamètre cloacal chez le mâle (fig. C). Soies dispersées. 15 à 16 papilles précloacales dont
les 4 premières sont groupées, s’échelonnant sur 113 à 142 pm.
Appareil copulateur : Spiculés longs de 1,4 fois le diamètre cloacal, à capitulum très
légèrement globuleux et dont le corpus présente un décrochement interne à son tiers proxi¬
mal (fig. D). Gubernaculum massif à deux apophyses dorsales recourbées ventralement
et à extrémité distale en forme de pointe.
Di SCUSSION
Cette espèce est très proche de S. celtica Southern, 1914, sensu Lorenzen, 1972, mais
diffère par sa taille nettement plus faible, sa queue plus longue relativement, la forme et
la taille des spiculés et surtout la forme du gubernaculum. Ses caractéristiques semblent
plus proches de celles des spécimens récoltés par le Dr Riemann dans un sable grossier
sublittoral dans l’embouchure de l’Elbe, signalés par Lorenzen (1972) et assimilés à S. cel¬
tica. Les spiculés se rapprocheraient plutôt de ceux de Sabatiera strigosa Lorenzen, 1972,
par leur forme générale.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
57
Famille des CHONIOLAIMIDAE Stekhoven et Adam, 1931
Latronema deconincki n. sp.
(Fig. 12 A-G)
Matériel étudié : 1 <$ et 1 Ç. Holotype : R1937AB. Allotype : R3101AB.
Mesures (en [xm) de 1 et 1 Ç : Longueur totale : 988 ; 970. Longueur de l’œsophage (diamètre
corporel à sa base) : 208 (70) ; 256 (83). Diamètre céphalique : 40 ; 52. Longueur des soies cépha¬
liques : 11 ; 9. Diamètre de l’amphide (diamètre corporel correspondant) : 3,5 (42) ; — (52).
Longueur de la capsule buccale : 34 ; (ouverte). Diamètre corporel maximum : 79 ; 104. Lon¬
gueur de la queue : 52 ; 70. Diamètre anal : 65 ; 48. Longueur des spiculés (développement
et corde) : 71 (56) ; — (—). Longueur des apophyses du gubernaculum : 30 ; —. Distance de
la vulve à l’extrémité antérieure : — ; 634.
Coefficients de De Man : a = 12,5 ; 9,3. b = 4,7 ; 3,8. c = 15,2 ; 13,8. V = —- ; 65.
Description
Aspect général : Corps extrêmement trapu. Instestin fortement pigmenté en brun
foncé.
Région antérieure : Six soies labiales internes, insérées sur les bords de la membrane
périorale, fortement striées et formées de fines baguettes accolées (fig. A et B). Dix soies
labiales externes et céphaliques de longueur identique, bien séparées les unes des autres
et disposées en une seule couronne à la base des lèvres. Chacune des soies présente une cloi¬
son centrale longitudinale. Capsule buccale cupuliforme, constituée de deux chambres
distinctes à parois renforcées de larges baguettes cuticularisées. Les parois de la chambre
prostomiale sont constituées de douze renforcements dont l’extrémité apicale fait saillie
intérieurement au niveau des lèvres en formant l’équivalent de douze mâchoires. La jonc¬
tion avec la chambre mésostomiale s’effectue par un système complexe de rotules présen¬
tant en vue apicale dans sa partie supérieure sept épines par paroi, soit 21 au total (fig. C).
Le nombre de renforcements des parois de la chambre mésostomiale n’a pu être déterminé
mais il est probablement de douze. La chambre prostomiale est capable de s’ouvrir complè¬
tement et les 12 baguettes des parois s’articulent sur les rotules selon un angle d’environ
160° (fig. D). La chambre inférieure est alors elle-même dilatée mais ses parois restent paral¬
lèles, formant une lumière cylindrique. Amphides minuscules, de forme circulaire, souvent
peu visibles, occupant 8 % du diamètre correspondant. Quatre soies cervicales submédianes
insérées un peu plus bas que l’amphide. Cuticule ponctuée dans la région sous-labiale,
finement striée transversalement sur toute la longueur du corps, présentant dès le niveau
de l’amphide des files longitudinales d’épines cuticulaires courtes, celles-ci se résolvant
en double files de granules lorsque la mise au point du microscope n’est pas correcte (fig. G a,
b, c). Dans la région cervicale, le nombre de files d’épines est de l'ordre de 38. Dans la région
médiane du corps, il se réduit à 25-28 suivant le niveau considéré. Soies corporelles dispo¬
sées en 8 files sur toute la longueur du corps. Œsophage musculeux, dépourvu de bulbe.
Région caudale : Queue conique courte (0,76 fois le diamètre anal chez le mâle, et 1,4
chez la femelle), fortement pincée en avant du mucron terminal non strié (fig. E). Huit
Fig. 12. — Latronema deconincki n. sp. : A, vue apicale ; B, vue latérale de la région antérieure du male ;
C, coupe optique de la capsule buccale ; D, capsule buccale ouverte ; E, région caudale du mâle ; F,vue
latérale des papilles précloacales ; G : a et b, vue superficielle et coupe optique de la cuticule, c, section
transversale de la paroi corporelle.
NÉMATODES DES SABLES FINS INFRALITTORAUX. II
59
files de soies corporelles se terminant en un verticille au niveau du milieu de la queue. Chez
le mâle, 20 papilles précloacales en forme de bouton (fig. F), dont les deux plus proches
du cloaque sont peu développées. La plus éloignée d’entre elles est située à 430 p.m de l’ex¬
trémité antérieure.
Appareil reproducteur : Spiculés arqués, longs de 1,1 fois le diamètre cloacal, à capitu-
lum anguleux, présentant deux petits épaississements internes dorsaux sur les cloisons
ventrale et médiane du spiculé, et un bourrelet ventral dans la zone de contact du guberna-
culum (fig. E). Gubernaculum engainant, constitué de deux ailes latérales et deux apophyses
dorsales. Ovaires pairs.
Discussion
Latronema deconincki n. sp. est caractérisée par la présence de 25 à 28 files d’épines
cuticulaires dans la région médiane du corps, et de 38 files dans la région cervicale (celles-ci
se résolvent en doubles files de ponctuations longitudinales par défaut de mise au point),
par une couronne de 10 soies labiales et céphaliques bien séparées et de taille identique,
par 12 renforcements dans les parois de la chambre prostomiale, par 21 épines centripètes
insérées à la limite des chambres pro- et mésostomiales, par un spiculé long de 71 p.m et
20 papilles précloacales. Bien que proche de L. sertata Wieser, 1959, par l’allure générale
et le nombre des papilles précloacales, elle diffère des espèces du genre par le nombre et
l’apparence des files d’épines cuticulaires corporelles et par la forte taille des spiculés.
L'analyse des caractéristiques de cette espèce pose le problème de l’appartenance du
genre Latronema Wieser, 1954, à la famille des Choniolaimidae Stekhoven et Adam, 1931.
Plusieurs caractères du genre nous conduisent à le rapprocher des représentants de la famille
des Richtersiidae Kreis, 1929. En effet, les différents auteurs ayant analysé des espèces
du genre ont tous interprété les striations longitudinales de la cuticule comme des files
doubles de ponctuations. Une analyse au microscope interférentiel et la réalisation de
sections transversales du corps montrent que ces files de ponctuations sont les coupes
optiques de files d’épines comparables à celles du genre Richtersia. Les proportions générales
du corps, celles de la queue, celles de la région antérieure, le dimorphisme sexuel de la forme
de l’amphide et sa variabilité, la présence éventuelle de soies labiales et céphaliques cons¬
tituées de deux parties, l’existence de lèvres charnues striées et d’un œsophage musculeux,
sont des caractères de Richtersiidae. La disposition des soies et la structure buccale, bien
que différentes, ne sont pas en contradiction avec cette appartenance.
Le genre Latronema se distingue du genre Richtersia, seul représentant des Richter¬
siidae, par la taille plus réduite de l’amphide, le renforcement de$, parois de la capsule
buccale dont les deux chambres sont séparées par des épines cuticulaires, la présence de
papilles précloacales bien développées et de spiculés de taille identique.
Clé du genre 1
1 —-2 e couronne de soies labiales et céphaliques composée de 10 soies. 2
2 e couronne composée de 14 soies. 24 files cuticulaires. Spiculés : 45-60 pm. 12 à 19 papilles
précloacales. L. orcinum (Gerlach, 1952).
1. Voir la clé de Gerlach (1964).
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GUY BOUCHER
2 — Soies céphaliques plus longues que les soies labiales externes. 3
Soies céphaliques de même taille que les soies labiales externes. 4
3 — Soies labiales externes submédianes collées aux soies céphaliques. 28 files cuticulaires. Spi¬
culés : 50 jj.m. 15 pores précloacaux. L. conglobatum Gerlaeh, 1964.
Soies labiales externes submédianes séparées des soies céphaliques. 12-18 files longitudinales.
Spiculés : 27 (Am. 1 épine et 12 papilles précloacales. L. annulatum (Gerlaeh, 1953).
4 — Spiculés fortement recourbés dans leur partie proximale
Spiculés faiblement arqués.
5 — 18-20 files cuticulaires.
50 files cuticulaires. Spiculés : 50 (Ain. 20 papilles précloacales. Alternance de ponctuations
cuticulaires et de striations transversales. L. sertata Wieser, 1959.
6 — Spiculés : 33 (Am. 1 épine et 10-12 papilles précloacales. Cuticule d’aspect strié transversa¬
lement. L. botulum Gerlaeh, 1956.
Spiculés : 42 (Am. 13 papilles précloacales. Cuticule d’aspect ponctué transversalement. .
L. aberrans (Allgen, 1934).
7 — Nombre de files cuticulaires supérieur à 24. Spiculés : 50 (Am. 23 papilles précloacales. . . .
L. piraticum Wieser, 1954.
25-28 files dans la région médiane du corps, 38 dans la région cervicale. Spiculés : 71 (Am.
20 papilles précloacales. L. deconincki n. sp.
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Manuscrit déposé le 10 mars 1975.
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 352, janv.-févr. 1976,
Zoologie 245 : 25-61.
Achevé d’imprimer le 30 avril 1976.
IMPRIMERIE NATIONALE
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« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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